Archive pour mars, 2011

2011-36. De Sœur Marie-Marthe Chambon et de la dévotion aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur.

21 mars,
Fête de Saint Benoît de Nursie, abbé et confesseur ;
Mémoire de Saint Nicolas de Flüe, ermite et confesseur ;
Anniversaire de la mort de Sœur Marie-Marthe Chambon, vierge ;
Anniversaire de l’assassinat de Louis-Antoine de Bourbon-Condé, duc d’Enghien.

nika

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       En concluant mes publications relatives au quatrième centenaire de la fondation de la Visitation (cf. > ici), je vous annonçais que nous approfondirions encore la fécondité spirituelle et mystique de cet Ordre : j’avais dès alors évoqué le 170ème anniversaire de la naissance de Sœur Marie-Marthe Chambon.
Le 21 mars est l’anniversaire du rappel à Dieu de cette sainte âme.
En outre le
vendredi de la troisième semaine de carême est aussi, en certains lieux, la fête des Saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ : il est donc tout à fait opportun de rappeler qui fut Sœur Marie-Marthe et la mission qui lui fut confiée.

Soeur Marie-Marthe Chambon converse de la Visitation

   Sœur Marie-Marthe Chambon est née le 6 mars 1841, au hameau de la Croix-Rouge, paroisse de Saint-Pierre de Lémenc, en périphérie de Chambéry.
Elle fut baptisée le jour même dans l’église de sa paroisse qui était alors attenante au monastère de la Visitation. Elle reçut au baptême le prénom de Françoise et était la première d’une fratrie de huit.

   La famille Chambon était très pauvre, mais le père (qui, notons-le au passage, avait été miraculeusement guéri par l’intercession de Sainte Philomène) aussi bien que la mère étaient riches de vertus vécues et de foi profonde : ils élevèrent leurs enfants dans la piété et l’honnêteté les plus exemplaires.

   Quoique peu portée aux « rêveries mystiques » et étrangère à toute forme d’exaltation, la jeune Françoise (elle avait huit ou neuf ans) eut une première vision de Jésus en Croix le Vendredi Saint (1849 ou 1850). Sa vie spirituelle, déjà ardente, s’en trouve comme décuplée.
Quoique ne sachant ni lire ni écrire (elle ne le saura d’ailleurs jamais), elle apprend très rapidement tout le catéchisme et en a une compréhension parfaite ; cela lui vaut d’être admise à la première communion le 8 septembre 1850 : elle a neuf ans et demi et c’est précoce pour l’époque. Le jour de sa première communion, elle le racontera plus tard avec une extraordinaire candeur en répondant aux questions de ses Supérieures, « c’est le petit Jésus que j’ai vu et que j’ai reçu. (…) Il m’a dit que chaque fois que je communierais, ce serait comme cela. (…) Et depuis je l’ai toujours vu.»

   Ame remarquable de pureté et de simplicité, absolument étrangère à toute malice, comme cela est arrivé pour d’autres « âmes privilégiées », Françoise va alors avoir le Saint Enfant Jésus comme compagnon de sa vie ordinaire : il l’accompagne quand  elle coupe de l’herbe pour sa chèvre, marche auprès d’elle dans les sentiers où elle ramasse du bois, travaille avec elle… et elle – qui est, bien évidemment, seule à le voir – grandit dans une espèce d’oraison perpétuelle, de coeur à coeur incessant avec Jésus. Elle voit aussi parfois la Très Sainte Vierge : Jésus et Marie sont dans une société familière et habituelle avec elle.

   Françoise est admise à la communion fréquente : là encore il s’agit d’une faveur rare à cette époque car, même dans les couvents, les religieuses les plus ferventes ne peuvent pas communier plus de deux ou trois fois par semaine! Tout naturellement, la jeune fille aspire à entrer au couvent ; son confesseur la met à l’épreuve pendant un temps et elle est finalement admise comme postulante converse au Monastère de la Visitation.  Elle a 21 ans.

Ancienne Visitation de Chambéry

Le monastère de la Visitation de Chambéry où vécut Sœur Marie-Marthe.

   Après la grande révolution, les Visitandines avaient reçu l’autorisation de rouvrir le monastère de Chambéry à la condition qu’elles y tinssent une pension de jeunes filles. La communauté dans laquelle entre Françoise Chambon, doit donc assurer l’équilibre entre la vie contemplative propre aux moniales de la Visitation et un pensionnat prospère – près de 80 élèves – qui occupe une partie des religieuses comme maîtresses et qui nécessite aussi le travail soutenu de plusieurs sœurs « domestiques ».

   Le 29 avril 1863,  au terme de neuf mois de postulat, elle est admise au noviciat et reçoit le voile blanc des converses avec le nom de Sœur Marie-Marthe. Elle fait profession le 2 août 1864 : elle a 23 ans et elle appartient irrévocablement à Jésus!

   Sœur Marie-Marthe frappe tous ceux qui l’approchent par sa candeur enfantine, au point que certains la croient « simplette » et que certaines élèves ne manqueront pas, à l’occasion, de prendre sa simplicité et son manque d’instruction comme cibles de leurs malices d’adolescentes… Mais les Supérieures ont eu tôt fait de déceler en elle, sous ses dehors frustes et ses maladresses, une âme d’exception ; leur maternelle sollicitude et leur esprit surnaturel amèneront la petite Sœur Marie-Marthe à devenir, dans des emplois très ordinaires où elle ne ménage jamais ses forces ni sa peine, une parfaite fille de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal.

   Elle est affectée au pensionnat en qualité de «réfectorière» et s’active inlassablement tous les jours aux tâches les plus humbles : entretien de la chapelle, jardinage, récolte des fruits du verger, vaisselle… etc. Et très souvent, comme lorsqu’elle était enfant, l’Enfant Jésus l’accompagne dans ses humbles tâches. Mais qui pourrait imaginer que, la nuit venue et sa cellule rejointe, Sœur Marie-Marthe continue un intense face-à-face avec son  Epoux, et que Celui-ci lui impose des sacrifices et de sévères exercices pénitentiels à travers lesquels elle vit le mystère de la réparation et « accomplit dans sa propre chair ce qui manque à la passion du Christ, pour Son Corps qui est l’Eglise » (cf. Col. I, 24)?

Christ miraculeux de Chambéry

Grand Christ miraculeux, vénéré à la Visitation de Chambéry au temps de Sœur Marie-Marthe :
la tradition rapporte qu’il avait projeté des rayons lumineux sur Saint François de Sales
alors qu’il prêchait devant le Souverain Sénat de Savoie.

   Jésus donne à Sœur Marie-Marthe l’ordre de tout raconter à ses Supérieures, auxquelles il demande de tout noter en détail (souvenons-nous qu’elle ne sait pas écrire). Les Révérendes Mères ont demandé conseil à des prêtres prudents et éclairés qui se sont prononcés en faveur de l’authenticité des voies mystiques de l’humble converse. Tout sera donc soigneusement noté, mais conservé dans le secret le plus absolu.

   Il est impossible de résumer en quelques lignes les quarante-quatre années de vie religieuse de Sœur Marie-Marthe : derrière l’apparente routine de ses humbles travaux domestiques indéfiniment répétés, se multiplient les apparitions, les révélations, les prophéties, les extases, les stigmates et les miracles… Mais par dessus tout, la « mission » particulière que Notre-Seigneur confie à l’humble Visitandine est de faire redécouvrir à toute l’Eglise les trésors de grâce contenus dans la dévotion à Ses Saintes Plaies (voir ci-dessous toutes les « promesses » que Jésus fait à Sœur Marie-Marthe au sujet de la fécondité spirituelle et des fruits de grâce de cette dévotion) . A propos du « Chapelet des Saintes Plaies » (voir > ici), Jésus lui dit : « En vérité, cette prière n’est pas de la terre, mais du Ciel ; elle peut tout obtenir… Les grâces que vous obtenez par ces invocations sont des grâces de feu. Elles viennent du Ciel, il faut qu’elles retournent au Ciel! »

Soeur Marie-Marthe Chambon sur son lit de mort le 22 mars 1907

Sœur Marie-Marthe sur son lit de mort.

   Au début du mois de mars 1907, Sœur Marie-Marthe achevait sa soixante-sixième année ; elle était épuisée par les travaux et par les austérités qu’elle avait joyeusement embrassées pour suivre Jésus. Atteinte d’un gros rhume, auquel vinrent se joindre diverses complications très graves, elle reçut avec joie l’extrême-onction au début du Carême. Il lui restait toutefois à gravir encore plusieurs semaines d’un douloureux calvaire : ultimes purifications pen­dant lesquelles son Sauveur l’identifia, plus que jamais, pour la rendre davantage semblable à Lui, aux agonies physiques et morales de sa Passion. A l’avance, Il l’avait prévenue : «Le mal qui te donnera la mort sortira de mes Plaies.»

   Enfin, le 21 mars 1907 – qui était cette année là le jeudi de la Passion -, après une nuit de souffrances terri­bles, un grand calme et un grand silence se firent. Toute la communauté entourait la mourante, en récitant des milliers de fois les invocations du chapelet des Saintes Plaies. Et à huit heures du soir, alors que venaient d’être célébrées les premières vêpres de la Compassion de Notre-Dame, Marie vint recueillir le dernier souffle de l’enfant à laquelle elle avait appris à aimer Jésus…

   D’abord inhumée dans la concession des Visitandines au cimetière de Chambéry, la dépouille mortelle de Sœur Marie-Marthe fut ensuite ramenée au monastère et ensevelie dans la chapelle de Notre-Dame des Douleurs. Lorsque le monastère de Chambéry fut transféré à Saint-Pierre d’Albigny (1957), les moniales y amenèrent bien évidemment le corps de leur sainte converse. Puis lorsque, en 2005, la Visitation de Saint-Pierre d’Albigny dut fermer et fusionna avec celle de Marclaz (près de Thonon les Bains), les restes de Sœur Marie-Marthe furent déposés dans la chapelle de ce monastère.

   Il y a quelques jours, la Mère Supérieure de Marclaz me disait au téléphone qu’elle souhaitait relancer la cause de béatification de Sœur Marie-Marthe, abandonnée depuis des décennies.

   Puissent ces quelques lignes donner à ceux qui les auront lues d’approfondir la dévotion aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur – d’une manière très spéciale en ce saint temps de carême – et l’idée de recourir, dans leurs besoins spirituels, à l’intercession de cette très humble fille de Saint François de Sales par laquelle Il a voulu faire éclater Sa miséricorde : « Seigneur Jésus, daignez  maintenant glorifier votre servante, Soeur Marie-Marthe Chambon, qui Vous a glorifié pendant sa vie par son humilité et par son zèle à faire connaître les mérites de Vos Saintes Plaies. Ainsi soit-il! »

Frère Maximilien-Marie,du Sacré-Cœur.

Monastère de la Visitation de Marclaz (Thonon les Bains)

Monastère de la Visitation de Marclaz (Thonon les Bains)
où sont aujourd’hui conservés les restes de Sœur Marie-Marthe.

Sacré-Coeur Foucauld

Promesses faites par Notre-Seigneur à Sœur Marie-Marthe
en faveur de la dévotion à Ses Saintes Plaies :

1 – Je donnerai tout ce qu’on me demande par l’invocation de mes saintes Plaies. On doit en répandre la dévotion.

2 – En vérité, cette prière ne vient pas de la terre, mais du Ciel et elle peut tout obtenir.

3 – Mes Saintes Plaies soutiennent le monde. Demande-moi de les aimer toujours, parce qu’elles sont sources de grâce. On doit les invoquer souvent, y attirer notre prochain pour imprimer dans son cœur le dévouement envers les âmes.

4 – Quand vous avez des peines à souffrir, apportez-les tout de suite dans mes Plaies et elles seront adoucies.

5 – Cette invocation est à répéter souvent auprès des malades : « Mon Jésus, pardonne-moi et prends pitié de moi, par les mérites de tes Saintes Plaies ». Cette prière élèvera l’âme et le corps.

6 – Le pécheur qui dira : « Père Éternel, je t’offre les Plaies de notre Seigneur Jésus Christ, pour guérir celles de nos âmes », obtiendra la conversion.

7 – Mes plaies panseront les vôtres.

8 – L’âme qui mourra dans mes plaies ne connaîtra pas la mort : elles donnent la vraie vie.

9 – À chaque mot de ce Rosaire de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon sang sur l’âme d’un pécheur.

10 – L’âme qui honorera mes Saintes Plaies et les offrira au Père Éternel pour les âmes du Purgatoire, sera accompagnée à sa mort par la Très Sainte Vierge et par les Anges, et moi, resplendissant de gloire, je la recevrai pour la couronner.

11 – Les Saintes Plaies sont le trésor des trésors pour les âmes du Purgatoire.

12 – La dévotion à mes Saintes Plaies est le remède pour ce temps d’iniquité.

13 – De mes plaies viennent les fruits de la sainteté. En les méditant, vous y trouverez toujours une nouvelle nourriture pour votre amour.

Armoiries de la Visitation

Pour réciter le chapelet des Saintes Plaies, voir > ici
Voir aussi le « Chemin de Croix pour honorer les Saintes Plaies » > ici

2011-35. « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée… »

   Le 4 janvier, à l’occasion de la fête de la Bienheureuse Angèle de Foligno, nous avons publié sur ce blog l’enseignement que lui a consacré notre Saint-Père le Pape Benoît XVI lors d’une catéchèse du mercredi (cf. > ici), puis le texte particulièrement poignant de l’une des visions de la Bienheureuse dans laquelle Jésus lui enseignait « les voies de la délivrance » (cf. > ici).

   Au cours de notre itinéraire spirituel personnel, il me semble qu’un autre texte de cette très grande mystique est à relire et à méditer avec attention, avec la certitude qu’il s’adresse à chacun de nous d’une manière unique et intime : c’est ce passage justement célèbre dans lequel Sainte Angèle relate comment Notre-Seigneur Jésus-Christ lui fit entendre ces mots : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée… »

Sainte Angèle de Foligno - blogue

L’Amour vrai et l’amour menteur.

(au chapitre 33ème du livre des révélations de Sainte Angèle de Foligno)

   (…) C’était le quatrième jour de la semaine sainte, j’étais plongée dans une méditation sur la mort du Fils de Dieu, et je méditais avec douleur, et je m’efforçais de faire le vide dans mon âme, pour la saisir et la tenir tout entière recueillie dans la Passion et dans la mort du Fils de Dieu, et j’étais abîmée tout entière dans le désir de trouver la puissance de faire le vide, et de méditer plus efficacement.

   Alors cette parole me fut dite dans l’âme : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée. »

   Cette parole me porta dans l’âme un coup mortel, et je ne sais comment je ne mourus pas ; car mes yeux s’ouvrirent, et je vis dans la lumière de quelle vérité cette parole était vraie. Je voyais les actes, les effets réels de cet amour, jusqu’où en vérité il avait conduit le Fils de Dieu. Je vis ce qu’il supporta dans sa vie et dans sa mort pour l’amour de moi, par la vertu réelle de cet amour indicible qui lui brûlait les entrailles, et je sentais dans son inouïe vérité la parole que j’avais entendue ; non, non, il ne m’avait pas aimée pour rire, mais d’un amour épouvantablement sérieux, vrai, profond, parfait, et qui était dans les entrailles.

   Et alors mon amour à moi, mon amour pour lui, m’apparut comme une mauvaise plaisanterie, comme un mensonge abominable. Ici ma douleur devint intolérable, et je m’attendis à mourir sur place.

   Et d’autres paroles vinrent, qui augmentèrent ma souffrance : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ; ce n’est pas par grimace que je me suis fait ton serviteur ; ce n’est pas de loin que je t’ai touchée ! »

   Ma douleur, déjà mortelle, allait toujours en augmentant, et je criais : « Eh bien ! moi, c’est tout le contraire. Mon amour n’a été que plaisanterie, mensonge, affectation. Je n’ai jamais voulu approcher de vous, en vérité, pour partager les travaux que vous avez soufferts pour moi, et que vous avez voulu souffrir ; je ne vous ai jamais servi dans la vérité et dans la perfection, mais dans la négligence et dans la duplicité. »

   Lorsque je vis ces choses, lorsque, je vis de mes yeux la vérité de son amour et les signes de cette vérité, comment il s’était livré tout entier et totalement à mon service, comment il s’était approché de moi, comment il s’était vraiment fait homme pour porter et sentir en vérité mes douleurs ; quand je vis en moi tout le contraire absolument, je crus mourir de douleur. Il me semblait que ma poitrine allait se disjoindre et mon coeur éclater. Et comme j’étais occupée spécialement de cette parole : « Ce n’est pas de loin que je t’ai touchée », il en ajouta une autre, et j’entendis qu’il disait : « Je suis plus intime à ton âme qu’elle-même ».

   Et ma douleur augmenta. Plus je voyais Dieu intime à moi, plus je me voyais éloignée de lui. Il ajouta d’autres paroles qui me firent voir les entrailles de l’éternel amour : « Si quelqu’un voulait me sentir dans son âme, je ne me soustrairais pas à lui ; si quelqu’un voulait me voir, je lui donnerais avec transport la vision de ma face ; si quelqu’un voulait me parler, nous causerions ensemble avec d’immenses joies ».

   Ces paroles excitèrent en moi un désir : ne rien sentir, ne rien voir, ne rien dire, ne rien faire qui pût déplaire à Celui qui parlait. Je sentis que Dieu demande spécialement à ses fils, à ses élus, aux élus de sa vision et de la parole divine, de n’avoir pas l’ombre d’un rapport avec son ennemi.

   Il me fut encore dit : « Ceux qui aiment et suivent la voie que j’ai suivie, la voie des douleurs, ceux-là sont mes fils légitimes. Ceux dont l’œil intérieur est fixé sur ma Passion et sur ma mort, sur ma mort, vie et salut du monde, sur ma mort, et non pas ailleurs, ceux-là sont mes enfants légitimes, et les autres ne le sont pas ».

2011-35.

2011-34. Du massacre de la forêt de Vezins, le 25 mars 1794, et de la permanence de l’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française.

Jeudi 24 mars 2011, 19 heures.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Je redescends de l’oratoire où j’ai accompagné Frère Maximilien-Marie qui a célébré les premières vêpres de la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, et donc aussi de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

   Tandis que la nuit s’étend doucement sur nos montagnes, je ne vais pas gloser sur l’importance de cette fête ; je me contenterai de rappeler que la cathédrale du Puy, très important sanctuaire où notre Frère aime souvent à se rendre et qu’il se plaît à faire découvrir à ses amis, est placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Annonciation.
Les dévots de Notre-Dame se souviendront  aussi peut-être du miracle de Notre-Dame de l’Osier, dont j’avais parlé > ici, et qui se produisit le 25 mars 1649.

   Ce soir, je voudrais surtout attirer votre attention sur un évènement vraiment tragique, que l’histoire « officielle » préfère passer sous silence et dont c’est également l’anniversaire. Il s’agit des massacres qui eurent lieu le 25 mars 1794 dans la forêt de Vezins.

   Vezins est une commune sise dans l’actuel département du Maine et Loire, à quelques kilomètres à l’est de Cholet.
La forêt dite de Vezins s’étend sur les communes de Nuaillé, Chanteloup et Yzernay.

   Au terme de la Virée de Galerne, l’écrasement de la Grande Armée Catholique et Royale, dans les marais de Savenay, le 23 décembre 1793, décide la Convention à se livrer à une « vengeance exemplaire ».
Le général Turreau met au point un plan : il s’agit de quadriller méthodiquement toute la Vendée militaire (soit 735 communes, peuplées au début de la guerre par quelque 755 000 habitants).
Douze colonnes incendiaires ont pour ordre d’exterminer de manière systématique ceux que la Convention nomme « les brigands », femmes et enfants inclus, de saisir les récoltes et les bestiaux, d’incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée un  « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

Général Turreau

Le général Turreau, organisateur des colonnes infernales.

   De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ».
Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises

   C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.

   C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.

   Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins.
Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort.
Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.

   On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres.
Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

   Le document ci-dessous établit une liste partielle des victimes pour les paroisses d’Yzernay et de Chanteloup, tout en précisant : « La presque totalité des noms des victimes des grands massacres de la forêt en mars 1794 n’est connue que de Dieu seul…»

Liste partielle de victimes du massacre de la forêt de Vezins

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

   En 1821, une croix de bois fut élevée sur le lieu du massacre.  Un peu plus tard, on édifia un oratoire au dos duquel le comte de Colbert-Maulévrier fit bâtir en 1863 une chapelle de style néo-gothique, qui dès lors servit d’enfeu à sa famille.

Chapelle du cimetière des martyrs dans la forêt de Vezins

Chapelle de la forêt de Vezins sur les lieux du massacre.

   Sur la façade de cette chapelle, de part et d’autre de l’ogive du tympan, sont les statues de  Jacques Cathelineau (cf. > ici) et de Jean-Nicolas Stofflet (cf. > ici).
C’est un lieu solitaire, propice au recueillement. Mais cet isolement l’a aussi – hélas ! – exposé très souvent au vandalisme.
Deux cents ans après, la même haine diabolique s’acharne encore sur la chapelle qui perpétue le souvenir des martyrs. En 1988, la statue de Stofflet avait été décapitée et la crypte  ossuaire profanée : des ossements de victimes en avaient été extraits et dispersés dans la forêt !
Depuis, on compte au moins cinq saccages : vases jetés à terre, statues renversées et brisées, bancs et prie-Dieu cassés, ex-voto lacérés, vitraux explosés, portes dégondées, inscriptions funéraires arrachées et réduites en morceaux… etc.

   Plus que toutes les descriptions, la mini-vidéo suivante témoigne de cet acharnement. Elle a été filmée après les profanations perpétrées au cours de l’été 2010 :

(faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

   Ces images me navrent le cœur et je pense qu’il en est de même pour chacun d’entre vous. Elles ne sont après tout qu’une illustration, sur une toute petite échelle, de ce qu’a accompli la « grande » révolution dans les églises et les sanctuaires du beau Royaume de France, jusque dans ses villages les plus reculés.

   Je ne peux m’empêcher de voir dans les vandalismes contemporains – dont nombre d’églises, de chapelles, d’oratoires, de calvaires et de cimetières sont la cible aujourd’hui en France – , la conséquence logique des principes mêmes de cette sanglante révolution de 1789.
La constitution de l’Ancienne France, depuis Clovis, proclamait dans son préambule : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! ».
La république française, qui a érigé le vol en institution fondatrice pour tout ce qui concerne les biens de l’Eglise, qui a massacré prêtres, religieux et fidèles, qui a profané les sanctuaires les plus vénérables, brûlé les reliques des saints et commis les plus ignobles sacrilèges, qui a persécuté et fait prisonnier le Souverain Pontife jusqu’à le faire mourir d’épuisement et à l’enterrer civilement, … etc. n’a rien renié de ce passé et n’a fait aucune « repentance ».

   Depuis plus de deux siècles, en alternance avec des périodes où elle semble se faire plus « tolérante » (sans doute pour endormir la méfiance et mieux préparer de nouvelles périodes de vexations ou de persécutions), la république française – fille des loges maçonniques – ne cesse, par paliers successifs, de surenchérir dans ses attentats contre le christianisme. Les lois qu’elle a produites pour cela sont si nombreuses qu’il faudrait un gros catalogue pour les contenir toutes.
L’antichristianisme a été le principal motif de la révolution, et il appartient à l’essence de la république qui est née d’elle !

   Mais le seul salut, pour l’homme, dans sa dimension personnelle comme dans sa dimension sociale, ne réside que dans le Christ, Verbe de Dieu incarné.

   En cette fête de l’Annonciation, en cet anniversaire de l’Incarnation, demandons instamment à Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils éternel de Dieu né de la Vierge Marie, de convertir le coeur de ceux qui travaillent aujourd’hui encore à Le chasser des structures de la société ; prions Marie, Reine de France, pour qu’elle ramène ce pays dans l’obéissance aux lois divines ; et que tous ces martyrs, qui ont versé leur sang plutôt que de renier leur foi et de se soustraire à la royauté d’amour de Jésus-Christ, intercèdent pour nous et nous gardent tous dans la fidélité, quoi qu’il puisse nous en coûter !

Lully.                                             

Fleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleucoeurvendeen.gifFleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleu

   Autres articles publiés sur ce blog concernant les martyrs et victimes de la révolution : les bienheureuses Martyres d’Orange (> ici), les bienheureuses Carmélites de Compiègne (> ici), les bienheureuses Ursulines de Valenciennes (> ici), le bienheureux Noël Pinot (> ici), les victimes des massacres de septembre 1792 (> ici), Jacques Cathelineau, le « Saint d’Anjou » (> ici), Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou » (< ici), Maurice d’Elbée (> ici) .

Salutations à Saint Joseph composées par Saint Jean Eudes :

Saint Joseph

Je vous salue Joseph, image de Dieu le Père
Je vous salue Joseph, père de Dieu le Fils
Je vous salue Joseph, Sanctuaire du Saint-Esprit
Je vous salue Joseph, bien-aimé de la très Sainte Trinité
Je vous salue Joseph, très digne époux de la Vierge Mère
Je vous salue Joseph, père de tous les fidèles
Je vous salue Joseph, fidèle observateur du silence sacré
Je vous salue Joseph, amant de la sainte pauvreté
Je vous salue Joseph, modèle de douceur et de patience
Je vous salue Joseph, miroir d’humilité et d’obéissance
Vous êtes béni entre tous les hommes

Et bénis soient vos yeux qui ont vu ce que vous avez vu
et bénies soient vos oreilles qui ont entendu ce que vous avez entendu
et bénies soient vos mains qui ont touché le Verbe fait chair
et bénis soient vos bras qui ont porté Celui qui porte toutes choses
et béni soit votre coeur embrasé pour Lui du plus ardent amour
et béni soit le Père Eternel qui vous a choisi
et béni soit le Fils qui vous a aimé
et béni soit le Saint-Esprit qui vous a sanctifié
et bénie soit Marie, votre épouse, qui vous a chéri comme un époux et comme un frère
et bénis soient à jamais tous ceux qui vous aiment et qui vous bénissent.

Ainsi soit-il!

lys2.gif

Autres publications en l’honneur de Saint Joseph sur ce blogue :

Florilèges de prières à Saint Joseph ici
Tous les textes de ce blogues relatifs à Saint Joseph ici

2011-33. De la fête patronale des chats et d’un Pape qui aime les chats et qui est aimé d’eux.

animauxchats00130.gif

Jeudi soir 17 mars 2011.

Sainte Gertrude de Nivelles, céleste protectrice des chats

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Saviez-vous que notre fête patronale à nous, les chats, est célébrée en ce jour du 17 mars ?
Certains vont peut-être penser de prime abord que je plaisante, mais je vous assure qu’il n’en est rien !

   De même que les cordonniers ont pour fête patronale le jour de la fête des Saints Crépin et Crépinien, les boulangers et pâtissiers celle de Saint Honoré, les apiculteurs celle de Saint Ambroise, les parfumeurs et gantiers celle de Sainte Marie-Magdeleine et les serruriers celle du grand Saint Pierre … etc. , ainsi aussi les chats ont leur fête patronale, et elle se trouve le 17 mars.

   Certes, si vous regardez vos calendriers, vous allez vous demander : « Mais pourquoi diable Saint Patrick est-il le saint patron des chats ? Des Irlandais, nous le savions ! Des cultivateurs de trèfles, cela se comprendrait. Mais… des chats ???!!! »

   En fait, ce n’est pas Saint Patrick le protecteur des chats, même si c’est lui qui apparaît aujourd’hui sur les calendriers.
Vous le savez en effet, l’Eglise a produit de très nombreux fruits de sainteté et chaque jour, même si la liturgie n’en retient la plupart du temps qu’un seul, il y a en réalité de très nombreux saints dont c’est aussi la fête. Leurs noms sont recueillis dans un gros livre dont on lit chaque jour une page à l’office de Prime : le martyrologe.
Et donc, à la date du 17 mars, le martyrologe fait mention, en plus de Saint Patrick et de beaucoup d’autres saints, d’une sainte qui est honorée, entre autres, comme la céleste protectrice des chats : c’est Sainte Gertrude de Nivelles.

Sainte Gertrude de Nivelles portant un chat dans ses bras

Sainte Gertrude portant un chat.

   Il existe plusieurs saintes qui ont porté le nom de Gertrude ; la plus célèbre est Sainte Gertrude d’Helfta, dite aussi Sainte Gertrude la Grande dont j’avais déjà eu l’occasion de vous entretenir (cf. > ici) et dont on célèbre la fête le 16 novembre.

   La Sainte Gertrude du 17 mars, Sainte Gertrude de Nivelles, est une sainte qui a vécu au VIIème siècle : fille de Pépin de Landen (et donc grand’ tante de Charles Martel), elle est née en 625 ou 626.
Refusant un mariage prestigieux, parce qu’elle voulait se consacrer entièrement à Dieu, elle suivit sa mère lorsque cette dernière – à la mort de Pépin – se retira dans une propriété qu’elle possédait dans le Brabant, à Nivelles.
Là, elles fondèrent un monastère de femme en 649 et y prirent toutes deux le voile. Gertrude fut élue abbesse.
Plus tard, sous l’influence des moines missionnaires irlandais, elle fonda aussi une communauté d’hommes, dans un monastère voisin de celui des moniales : les religieux y étaient soumis à l’autorité de l’abbesse.
Le corps épuisé par de grandes austérités, elle déposa l’abbatiat vers 656 pour ne plus se consacrer qu’à la prière.
Elle mourut le 17 mars 659, dans sa trente-troisième année, et fut aussitôt vénérée comme un sainte.

   Deux récits (écrits l’un vers 691 et l’autre environ un siècle plus tard) font état de miracles survenus dès le moment de sa mort au contact de ses reliques : des guérisons spectaculaires en particulier.
Son culte se répandit dans tout le Brabant, où il jouit d’une immense popularité, puis dans toute la Rhénanie, les Pays-Bas et une partie de la Picardie.

   On l’invoqua pour être protégé dans les voyages, les fileuses la prirent pour sainte patronne, et comme sa fête est célébrée au moment où on doit reprendre les travaux du jardin, les jardiniers à leur tour la choisirent pour céleste protectrice, la priant spécialement de les protéger des invasions de rats et de souris (ce pourquoi elle est souvent représentée avec des souris qui grimpent le long de sa crosse d’abbesse) ; enfin, puisqu’elle excellait à faire fuir ces nuisibles, elle devint tout bonnement la sainte patronne des prédateurs naturels des rats, souris, mulots et autres musaraignes : c’est-à-dire nous, les chats !

Sainte Gertrude de Nivelles avec des souris grimpant le long de sa crosse

Gravure du XVIIe siècle représentant Sainte Gertrude de Nivelles
(remarquez les souris qui montent le long de sa crosse abbatiale).

   Les chats ont bien d’autres amis célestes.
J’avais déjà évoqué (par exemple > ici) celui qui est sans doute le plus connu d’entre eux : Saint Philippe Néri, célèbre pour ses « originalités », dont le chat assistait à la Sainte Messe, très dévotement pelotonné sur les gradins de l’autel.
Mais savez vous qu’il y a eu aussi des Papes, et non des moindres, qui ont beaucoup aimé les chats ?

   J’ai lu par exemple que Saint Grégoire le Grand, qui régna de 590 à 604, avait réprimandé un ermite qui lui suggérait de se débarrasser des chats : « Ils ne sont pas superflus » répondit-il, « ce sont de précieux dons de Dieu ».
Saint Grégoire III, pape de 737 à 741, avait trois chats auprès de lui.
L’infortuné Pie VII (1800-1823) emmena avec lui son chat lorsque le tyran Napoléon le fit captif à Fontainebleau.
Léon XII qui lui succéda (1823-1829) était très attaché au chat Micetto.

   Et voici qu’en nos temps, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, est aussi un fervent ami des chats.
La presse n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner au moment de son accession au Souverain Pontificat et les journalistes ont essayé de savoir s’il avait pu emmener avec lui, dans le palais apostolique, les deux chats avec lesquels il partageait son appartement de cardinal dans le quartier du Borgo.

   Moi-même, dans les « pages » de ce modeste blog, je vous ai parlé de Chico, le gros chat roux de la ferme de Pentling, en Bavière.
C’est Chico qui avait choisi pour ami un certain Joseph Ratzinger, et qui venait s’installer chez lui chaque fois que le cardinal prenait quelques jours de repos dans la petite maison qu’il avait achetée en vue d’y passer une retraite paisible et studieuse !!!

   Après l’élévation de son ami sur le trône de Saint Pierre, Chico a publié pour les enfants un livre racontant la vie de son grand ami Joseph (cf. > ici mais à ma connaissance cet ouvrage n’a malheureusement toujours pas été traduit en français…).

Joseph e Chico

   Le cardinal Tarcisio Bertone, qui a travaillé plus de sept ans avec le cardinal Ratzinger à la Congrégation pour la doctrine de la foi et qui est maintenant Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a témoigné de cette passion de Benoît XVI pour les chats :
« Une de ses grandes amours» n’a-t-il pas hésité à dire. « Il leur apportait toujours quelque chose à manger et il les emmenait dans le jardin derrière le palais de la congrégation… Il parle avec eux : ni en allemand, ni en italien, mais en utilisant un langage particulier et transcendant, et les félins l’écoutent avec ravissement ».

   Et le cardinal Bertone a raconté :
« Lors de nos après-midi passés à nous promener à Borgo Pio, le quartier proche du Vatican où nous habitions tous les deux, nous rencontrions souvent dans les petites ruelles que nous parcourrions ensemble, un grand nombre de chats vagabondant. En les voyant, Ratzinger les saluait comme s’il saluait un être humain. Puis il s’arrêtait toujours pour les caresser amoureusement, manifestant toute l’affection qu’il éprouvait pour ces animaux. Il s’entretenait et parlait avec eux parfois, et même plutôt longuement. Une fois, il rentra dans la Cité du Vatican suivi par une dizaine de chats. Et pendant qu’il continuait à marcher il leur parlait. Je me rappelle que nous fûmes interrompus par un Garde Suisse qui, le sourire aux lèvres, lui dit : « Eminence, voyez! Les chats montent à l’assaut du Saint Siège! » A quoi Ratzinger répondit : « Oh ! il ne me semble pas qu’ils soient vraiment dangereux… »

   Je termine ce soir en vous livrant cette magnifique photo prise lorsque, rencontrant les Oratoriens britanniques, on a présenté au Saint-Père le chat de la communauté portant ruban aux couleurs pontificales… Ah ! Combien j’eusse aimé être à sa place !

Lully.

Le chat d'une communauté religieuse présenté au Saint Père Benoît XVI

(cliquer sur l’image pour la voir en plus grande taille)

pattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chat

2011-32. Supplique adressée au Cardinal Bertone au sujet des pouvoirs de la commission Ecclesia Dei.

Le 10 mars 2011, le Mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise a remis ce texte au Cardinal Bertone, Secrétaire d’État du saint-Siège, afin d’attirer son attention sur l’insuffisance de pouvoir de la Commission Pontificale Ecclesia Dei pour faire appliquer les mesures généreuses et apaisantes du motu proprio Summorum Pontificum en faveur des milliers de fidèles qui y aspirent.

Messe latine traditionnelle dans la chapelle de l'ancienne Visitation du Puy en Velay

Sainte Messe célébrée dans la chapelle de l’ancienne Visitation du Puy-en-Velay

* * * * * * *

TEXTE DE LA SUPPLIQUE  :

Éminence,

Nous voudrions attirer votre attention sur le fait que le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 semble dépourvu de force obligatoire.

Les laïcs qui s’adressent à vous sont particulièrement sensibles aux effets bénéfiques qu’a produit et va continuer à produire sur les formes du culte divin cette Lettre apostolique de notre Saint-Père le Pape. Elle a sanctionné la liberté de célébration de la messe et des sacrements selon l’usus antiquior. Elle a aussi, ce qui est sans doute plus important encore, introduit le germe d’une émulation puissamment restauratrice de dignité et de beauté pour la liturgie réformée après le dernier concile. Elle est devenue pour de nombreux jeunes prêtres et séminaristes, dont le cœur de la vocation est par définition eucharistique et liturgique, bien au-delà des cercles qu’il est convenu de nommer traditionalistes, une source de grande espérance.

Mais pour que ce texte diffuse toutes ses virtualités ecclésiales, il faut qu’il soit réellement appliqué. La célébration privée de la liturgie ancienne ne pose pas de problème, justement parce qu’elle est privée. Mais, dans le domaine de la célébration publique du culte, qui exigerait une force exécutive, le motu proprio semble n’être qu’exhortatif. Certes, cela est déjà beaucoup quand l’exhortation émane du Pape, mais c’est aussi malheureusement, comme l’expérience le prouve, notoirement insuffisant dans un grand nombre de cas.

Depuis quelques semaines, vous le savez, des inquiétudes se sont manifestées à propos d’une possible interprétation plus restrictive de Summorum Pontificum. Pour notre part, notre souci porte plus formellement sur la force exécutive du texte lui-même : si sa disposition principale (la célébration de la liturgie antérieure à 1970 en paroisse) n’est pas accompagnée d’un dispositif qui puisse la faire respecter, il semble ne représenter, en définitive, qu’un souhait ardent du Souverain Pontife.

Sa lecture, en effet, éclairée par tout ce que l’on peut connaître de la volonté du Législateur, montre que sa disposition principale se trouve dans son article 5 § 1, qui invite à instaurer dans les paroisses une coexistence harmonieuse entre les deux formes du rite : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la messe selon le rite du Missel romain édité en 1962 ». En un certain nombre d’endroits, conformément au désir du Pape, cette coexistence s’est établie, avec des fruits tout à fait remarquables pour les pratiquants de l’une et l’autre formes, qui sont d’ailleurs en bien des cas les mêmes. Mais de nombreuses résistances ont aussi empêché l’heureuse propagation de ces bénéfices, tant sont pesantes les habitudes acquises et contraignants les malentendus entretenus.

Or, l’art. 1 (« Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 »), et son complément, l’art. 5 § 1 déjà cité, reconnaissent un droit spécifique aux fidèles du Christ laïcs. Il y aurait une haute convenance à ce que soit explicitée la force exécutive que ce droit appelle de soi.

En son état actuel, instituée le 2 juillet 1988 et refondée le 2 juillet 2009, la Commission Pontificale Ecclesia Dei voit ses diverses compétences encadrées par trois textes :

> 1°) Concernant les personnes et les groupes qui avaient été liées à la Fraternité Saint-Pie-X, le rescrit du 18 octobre 1988 a concédé des facultés spéciales au Cardinal Président la Commission Pontificale pour régler la situation des personnes (dispenses d’irrégularités, sanations in radice mariages) et des groupes (les ériger en Instituts, Sociétés, Associations, et exercer sur eux toute l’autorité du Saint-Siège).

> 2°) Concernant la résolution des questions doctrinales qui demeurent avec la Fraternité Saint-Pie-X, le Motu Proprio Ecclesiae unitatem, 2 juillet 2009, a disposé que la Commission soumettrait les questions faisant difficulté à l’étude et au discernement des instances ordinaires de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

> 3°) Et concernant enfin « l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 » le Motu Proprio Summorum Pontificum 7 juillet 2007 en a confié la charge à ladite Commission (art. 12 : « Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions »).

Mais alors que le rescrit du 18 octobre 1988 concède à la Commission, en la personne de son Président, des pouvoirs déterminés sur les personnes et les communautés, et alors que le Motu Proprio du 2 juillet 2009 dispose que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, à laquelle est désormais liée la Commission, traitera selon ses procédures ordinaires (et donc juridictionnelles) des questions doctrinales que lui soumettra la Commission, le Motu Proprio de 2007 ne précise aucune modalité d’exercice des pouvoirs de la Commission ou de son Président pour le faire appliquer. De sorte que sa disposition principale (art. 5 § 1), à savoir la demande à remplir par le curé d’une célébration paroissiale de la messe (sans parler de la demande de sacrements ou de cérémonies occasionnelles, art. 5 § 3 et art. 9), est généralement considérée comme purement incitative.

Un recours est certes prévu si le curé refuse au groupe de fidèles qui la demande la célébration paroissiale de la messe : ce groupe peut en informer l’évêque, et si l’évêque ne pourvoit pas à la demande du groupe, il peut en référer à la Commission Pontificale Ecclesia Dei (art. 7). 

La difficulté que nous vous signalons, comme le prouve amplement plus de trois années d’existence de Summorum Pontificum, marquée par une très grande quantité de refus suivis d’informations à l’évêque puis de recours, sans effet, à la Commission Pontificale, porte donc sur cette absence de précision juridique :

> un droit des fidèles du Christ laïcs, d’ordre liturgique, est affirmé (usage d’un missel jamais abrogé – art. 1 – dont un groupe de fidèles peut demander l’usage paroissial public – art. 5, § 1) ;

> une Commission Pontificale liée à un Dicastère de la Curie Romaine, et aujourd’hui présidée par le cardinal Préfet de la Congrégation, est déclarée compétente pour faire respecter ce droit (art. 12) ;

> un recours auprès de cette Commission est prévu pour faire respecter ce droit lorsqu’il n’est pas satisfait (art. 7) ;

> mais le moyen juridictionnel pour faire appliquer le droit des fidèles n’est pas donné à l’organisme compétent qui reçoit le recours au nom du Saint Siège. Plus exactement, ce moyen n’est pas explicité, car en bonne logique juridique il ne peut pas ne pas exister. Sauf à inviter les demandeurs déboutés par le curé et par l’évêque à se pourvoir devant les tribunaux ecclésiastiques.

Notre présente supplique porte donc uniquement sur une précision qui semble nécessaire à propos de l’art. 7 du Motu Proprio : lorsque le groupe de fidèles dont le droit n’est pas satisfait a introduit un recours auprès de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, que préside le cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qu’il soit indiqué que la Commission a pouvoir de faire prendre au curé toutes dispositions pour satisfaire ce droit.

Nous demandons à Votre Éminence de considérer notre respectueuse demande visant une disposition ponctuelle mais essentielle de ce texte, avec toute l’attention que nous semble appeler ce problème technique, et nous La prions de recevoir l’hommage de notre profond et religieux respect.

Christian Marquant et tout le bureau du mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise autour du souverain pontife.

2011-31. De Saint Joseph et du Carême.


Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Nous sommes en Carême : j’espère que vous êtes tous animés d’une grande ferveur et remplis d’une mâle détermination pour ce grand temps du combat spirituel aux côtés de Notre-Seigneur (cf. Evangile du premier dimanche de Carême) !

   Nous sommes au mois de mars, et ce mois est traditionnellement dédié à Saint Joseph.
Dans les petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie, j’en ai justement trouvé une qui associe la dévotion à Saint Joseph et le temps du Carême, aussi ai-je pensé qu’elle pourrait tout à la fois vous plaire et vous être de quelque utilité spirituelle. Elle ne nécessite pas de plus ample commentaire de ma part, et je vous laisse donc la découvrir et en méditer les leçons.

   Que Saint Joseph vous soit en aide pour correspondre toujours plus et mieux à l’amour du divin Coeur de Jésus !

pattes de chat  Lully.    

 Saint Joseph

Pour voir ces dessins dans un format plus grand faire dessus un clic droit
puis  : « ouvrir l’image dans un nouvel onglet »

Saint Joseph et le placage 1

Saint Joseph et le placage 2

rabot gif

Rappels :

- Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > ici.
- Sermon de Saint Augustin sur le devoir que nous avons de faire pénitence > ici.

Quelques autres bandes dessinées précédemment publiées sur ce blogue :
- « Une lettre pour toi » (> ici) ; – « La préférée de Dieu » (> ici) ; – « Concurrence » (> ici) ; – « J’enrage! » (> ici) ; – « Pas meilleur que les autres » (> ici) ; – « Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions » (> ici) ; – « Comment se forment les perles » (> ici).

Et aussi :
- Prières à Saint Joseph pour le mois de mars > ici
- Prière de Léon XIII à Saint Joseph « Nous recourrons à vous dans notre tribulation » > ici
- Salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > ici
et bande dessinée « Allez à Joseph » > ici.

2011-30. Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence.

       Avec le Mercredi des Cendres, nous commençons la grande aventure spirituelle du carême.
Nous avons cru opportun de livrer  à votre méditation ce sermon de « notre glorieux Père Saint Augustin » sur la nécessité de la pénitence.

imposition des cendres - blogue

Synthèse de ce sermon :

1. La pénitence est nécessaire à tous. — 2. Cette nécessité se prouve par l’état de notre conscience et aussi dans l’Ecriture par l’exemple des Ninivites. — 3. La pénitence doit être pratiquée par les justes eux-mêmes. — 4. Personne ne peut se soustraire à la pénitence en prétextant d’être juste : une telle prétention serait à elle seule un crime. — 5. Conclusion.

Ronces

   1. Dans la lecture de l’Evangile, nous avons entendu ces paroles : «Faites pénitence, car le Royaume des Cieux est proche» (Matth. IV, 17). Le Royaume des Cieux, c’est Jésus-Christ, qui sait discerner les bons d’avec les méchants et juger de toutes choses. Prévenons donc le courroux de Dieu en confessant nos péchés et, avant de paraître en jugement, purifions nos âmes de toutes leurs erreurs. Le danger serait de ne point savoir quel remède nous devons appliquer au péché ; comprenons du moins que, devant expier les causes de notre négligence, c’est pour nous une obligation de faire pénitence. Sachez, mes frères, quel amour nous a prodigué le Seigneur notre Dieu, puisqu’il veut que nous expiions nos fautes avant de paraître à son tribunal, où nous ne trouverions que la justice. Il nous prévient donc à l’avance, afin de n’avoir pas à nous traiter dans toute sa sévère équité. Si donc notre Dieu demande que de nos yeux découlent des larmes abondantes, c’est afin de nous faire recouvrer par la pénitence ce que nous avons perdu par notre négligence. Dieu connaît toute la mobilité et la fragilité humaines ; il sait que notre corps est une cause fréquente de péchés et que nos discours sont pleins d’imperfections. Voilà pourquoi il nous prescrit la pénitence, afin que par elle nous corrigions nos défauts et réparions nos fautes. Si l’homme est assuré de son pardon, il n’en doit pas moins s’inquiéter de la satisfaction. Je sais qu’ici nous sommes exposés à bien des blessures, et cependant personne ne doit désespérer, car le Seigneur est infini dans sa miséricorde et il est tout-puissant pour guérir nos langueurs.

   2. Quelqu’un me dira peut-être qu’il ne trouve en lui-même aucun motif de pleurer. Mais alors qu’il rentre dans sa conscience, et il y rencontrera le souvenir toujours vivant de quelque péché. L’un soupire en raison d’une plaie du coeur, l’autre d’une injure du corps ; celui-ci est dominé par l’orgueil, celui-là brûle de telle ou telle cupidité ; ici c’est le mensonge, là c’est l’avarice qui a été peut-être jusqu’à réduire le prochain à la pauvreté ; tel a versé injustement le sang de son frère, tel s’est souillé par des relations criminelles avec une femme de mauvaise vie. Devant des plaies si grandes et si nombreuses de l’esprit ou du corps, se peut-il qu’il n’y ait lieu de pousser aucun gémissement, de verser aucune larme? Que personne ne rougisse de présenter à Dieu ses blessures. Si la honte vous empêche de découvrir vos plaies, jamais vous n’en obtiendrez le remède. Parmi les maladies, les unes sont plus faciles, les autres plus difficiles à guérir. Mais, de tous les malades, le plus difficile à soigner, c’est assurément celui qui ne veut pas l’être. C’est l’Ecriture elle-même qui en fait l’observation. Aucun de ceux qui ont cherché le remède n’a péri, tandis que celui qui l’a méprisé n’a pu échapper à la mort. Ninive était menacée de périr après trois jours si elle ne faisait pas pénitence. Voici ce qu’avait dit le Prophète : «Trois jours encore et Ninive sera détruite. Et cette parole arriva jusqu’aux oreilles du roi de Ninive ; il se leva de son siège, se dépouilla de ses vêtements, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre» (Jonas, III, 4, 6). Satisfaction bien méritoire, mes frères ; ce roi se dépouille de ses vêtements royaux et se couvre d’un cilice. Il aime mieux se sauver dans le cilice que de périr dans la pourpre. Où était alors ce faste du trône? Pour échapper au châtiment de son orgueil, il cherche un refuge dans les bras de l’humilité, afin de vous faire comprendre que Dieu attache plus de prix à l’humilité qu’à la puissance. En effet, c’en était fait du royaume de Ninive, si la pénitence n’était venue le protéger contre les châtiments du ciel.

   3. Une circonstance frappante dans cette pénitente des Ninivites, c’est que le jeûne fut imposé aux enfants et aux animaux eux-mêmes. Mais pourquoi faire jeûner des enfants qui étaient sans péché? C’est que les innocents jeûnaient, afin de procurer le salut aux coupables. L’enfant implorait pardon, afin que le vieillard ne pérît pas. Le jeûne des enfants, soit encore, mais pourquoi le jeûne des animaux? Pour que la faim ressentie par les animaux prouvât mieux la pénitence des hommes ; leur rugissement devait être comme une prière lancée vers le ciel pour en faire redescendre la miséricorde en faveur des coupables. Nous aussi, mes frères, formons un saint accord entre notre coeur et notre foi, afin de crier plus efficacement vers le Seigneur notre Dieu. Les Ninivites imploraient, après s’être rendus coupables ; pour nous, sachons implorer afin que nous ne tombions pas dans le péché. Bienheureux celui que la crainte de Dieu dispense de tout châtiment et qui, pour faire le bien, n’a besoin que de connaître la loi de Dieu, et non d’en subir la punition! Il n’y a pas de châtiment à redouter pour celui qui sait craindre la justice de Dieu.

   4. Quelqu’un de la foule me répondra peut-être : que puis-je craindre, puisque je ne fais aucun mal? Ecoutez cette parole de l’apôtre Saint Jean : «Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous» (I Jean, I, 8). Que personne ne vous séduise ; la pire espèce de péché, c’est de ne pas connaître ses péchés. Ceux qui les connaissent peuvent se réconcilier avec Dieu par la pénitence. Parmi les pécheurs, celui dont l’état est le plus alarmant, c’est celui qui se flatte qu’il n’y a pas eu en lui de quoi alarmer. Beaucoup de péchés sont regardés comme légers et n’en sont pas moins très-dangereux, précisément parce qu’ils ne sont pas considérés comme péchés. Le mal le plus séduisant, c’est celui qui ne paraît pas un mal. Je ne parle pas des homicides, des adultères, des mauvaises persuasions – plaise à Dieu qu’aucun chrétien ne s’y laisse entraîner!- et s’il succombe, le sentiment de son crime le portera à le pleurer aussitôt. Je parle de ces autres péchés qui passent pour beaucoup plus légers. Qui de vous pourrait se dire exempt de toute intempérance, de toute ambition, de toute jalousie, de toute cupidité, de toute avarice? Voilà pourquoi, selon la parole de l’Ecriture, je vous exhorte à vous humilier sous la puissante main de Dieu ; puisque personne n’est sans péché, que personne ne s’exempte de la pénitence, car ce serait être coupable que de se croire innocent. On peut n’avoir que des péchés légers, toujours est-il qu’on n’est jamais sans péché : «Personne n’est exempt de toute faute» (Job, XIV, 4).

   5. Que ceux donc qui sont plus gravement coupables, implorent leur pardon avec plus d’instance. Que ceux qui se sont abstenus des plus grandes fautes, demandent d’en être délivrés, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il !

Ronces

2011-29. Comment on fait le mur au Mesnil-Marie.

Lundi gras 7 mars 2011.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Oui, vous avez bien lu : au « Mesnil-Marie« , on a fait le mur! Oh, rassurez-vous : on n’a pas fait le mur à la manière des pensionnaires turbulents qui veulent fausser compagnie à leurs surveillants pour aller faire un petit tour en ville. Nous sommes d’ailleurs tellement bien ici que nous n’avons pas envie d’en partir.

Le mur que l’on a fait est un vrai mur, et même un très beau mur qui fait maintenant l’admiration de tous. Mais plutôt que de faire de trop longs discours, je vous ai préparé une espèce de reportage photographique (comme à chaque fois, vous savez qu’en cliquant sur chaque photo vous pouvez la voir dans un plus grand format).

En début de semaine dernière, les automobilistes qui ont l’habitude de traverser notre hameau ont été tout surpris de devoir s’arrêter à des feux tricolores qui régulaient la circulation…

Feu clignotant à l'entrée du hameau

Passé le tournant, ils découvraient un chantier. Ce chantier, Frère Maximilien-Marie l’avait soigneusement prévu depuis des mois : il l’avait préparé avec notre entrepreneur et avait mené à bien toutes les démarches auprès de la direction des routes départementales du Conseil Général. Il s’agissait de stabiliser le talus qui se trouve entre la façade sud du « Mesnil-Marie » et la route, de bien marquer la limite entre notre terrain et le fossé, et de préparer ainsi – pour l’avenir – un joli espace fleuri à la gloire de Notre-Dame. Il a donc fallu commencer par bien recreuser le fossé et par entailler le talus pour que le mur soit élevé sur le tracé exact demandé par les services départementaux :

Commencement des travaux

Ces préparatifs terminés, les maçons ont pu commencer à monter le mur. Voici une mini vidéo prise depuis la fenêtre du bureau au moment de la pose de la première pierre:

Image de prévisualisation YouTube

Vous avez pu apercevoir sur cette mini vidéo que les blocs dont ce mur est constitué sont de belle taille – et aussi d’un bon poids!- ; sur la photo suivante vous pouvez vous en faire une idée un peu plus précise grâce à la pioche que l’on a intentionnellement laissée devant.

Les blocs posés à la base du mur

Lorsque les maçons s’absentaient, pour aller chercher les blocs de pierre ou pour la pause déjeuner, j’allais vite inspecter pour m’assurer que tout était bien conforme aux désirs de mon papa-moine…

Lully inspecte les travaux

Frère Maximilien-Marie voulait en effet que ce mur de soutènement soit accordé aux autres murs du hameau construits aux siècles précédents. Notre entrepreneur était d’ailleurs enchanté d’avoir à faire ce genre de travail, qui préserve le caractère de notre hameau tout en participant à son embellissement. Il en a profité pour encastrer une nouvelle boite aux lettres dans le mur : la précédente, que Frère Maximilien-Marie avait provisoirement installée sur un petit tronc d’arbre, ayant été vandalisée par malveillance!

Boite aux lettres insérée dans le mur

Vendredi 3 mars dans l’après-midi, le mur était achevé et il ne restait plus qu’à aplanir et à égaliser la terre. A la place du talus difficile d’entretien, nous allons désormais travailler à faire un bel espace fleuri…

Achèvement des travaux

J’étais tellement content que je me suis roulé par terre en manifestant longuement ma volupté féline!

Lully très content

Avant de vous tirer ma révérence, je vous souhaite une fervente entrée dans le saint temps du Carême!

pattes de chat Lully.

Vous pouvez nous aider à continuer les travaux d’aménagement du Refuge Notre-Dame de Compassion : pour faire un don cliquer ci-dessous.

2011-29. Comment on fait le mur au Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

 

Publié dans:Chronique de Lully |on 7 mars, 2011 |4 Commentaires »
12

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi