Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2021-47. « Un tel rapprochement n’est pas pour augmenter le prestige déjà médiocre de cette monarchie sans gloire, née dans le bourbier libéral de 1830 et prédestinée à s’éteindre sans honneur dans le cloaque économique de 1848.»

19 septembre,
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de La Salette.

Si Léon Bloy n’était pas un légitimiste – loin s’en faut !!! -, il n’était pas non plus – encore bien moins !!! – un orléaniste.
Dans son livre « Celle qui pleure », où il livre ses interprétations (parfois très hasardeuses) de l’apparition de Notre-Dame à La Salette, il s’est au passage livré, dans le chapitre IV, à un véritable pamphlet anti-louisphilippard qui ne manque ni d’esprit ni de saveur.
Aussi, malgré la gravité du sujet, nous semble-t-il assez plaisant de recopier ici l’intégralité de ce chapitre dont nombre de saillies constituent une présentation de la « monarchie de juillet » et de son roi-maçon d’une implacable lucidité. 

Louis-Philippe - photographie

Photographie de Louis-Philippe « roi des Français »

Louis-Philippe, le 19 septembre 1846.

« Il est environ deux heures et demie. Le Roi, la Reine, leurs Altesses Royales, Mme la Princesse Adélaïde, Mgr le Duc et Mme la Duchesse de Nemours, le Prince Philippe de Wurtemberg et le Comte d’Eu, accompagnés de M. le ministre de l’Instruction publique, de MM. les généraux de Chabannes, de Lagrange, de Ressigny, de M. le colonel Dumas et de plusieurs officiers d’ordonnance, sortent pour faire une promenade dans le parc. Après la promenade, Leurs Majestés et Leurs Altesses rentrent au château vers cinq heures pour dîner, en attendant les illuminations du soir.»
C’est ainsi qu’un correspondant plein de diligence, dans une dépêche datée de la Ferté-Vidame, annonce au Moniteur universel l’événement le plus considérable de la journée du 19 septembre 1846.

Je suis, par bonheur, en état de rappeler cet événement à l’univers qui paraît l’avoir oublié. À la distance de plus de soixante ans, il n’est pas sans intérêt de contempler, par l’imagination ou la mémoire, cette promenade du roi de Juillet accompagné de son engeance dans un honnête parc, en vue de prendre de l’appétit pour le dîner et de se préparer, par le naïf spectacle de la nature, aux magnificences municipales de l’illumination du soir.

Ce divertissement historique, mis en regard de l’autre Promenade Royale qui s’accomplissait au même instant sur la montagne de la Salette, est, je crois, de nature à saisir fortement la pensée. Le contraste vraiment biblique d’un tel rapprochement n’est pas pour augmenter le prestige déjà médiocre de cette monarchie sans gloire, née dans le bourbier libéral de 1830 et prédestinée à s’éteindre sans honneur dans le cloaque économique de 1848. Il serait curieux de savoir ce qui se passait dans l’âme du Roi Citoyen au moment même où la Souveraine des Cieux, tout en pleurs, se manifestait à deux enfants sur un point inconnu de cette belle France polluée et mourante sous l’abjecte domination de ce thaumaturge d’avilissement.

Il fallait sous les platanes ou les marronniers, rêvant ou parlant des grandes choses d’un règne de seize ans et des résultats magnifiques d’une administration exempte de ce fanatisme d’honneur qui paralysait autrefois l’essor généreux du libéralisme révolutionnaire. Tout venait à souhait, au dehors comme à l’intérieur. Par un amendement resté célèbre dans les fastes parlementaires, le comte de Morny prétendait que les grands Corps de l’État étaient satisfaits. Dieu et le Pape étaient convenablement outragés, l’infâme jésuitisme allait enfin rendre le dernier soupir et le pays légal n’avait pas d’autres vœux à former que de voir s’éterniser, dans une aussi bienfaisante dynastie, les félicités inespérées de cet adorable gouvernement. On allait enfin épouser l’Espagne, on allait devenir immense. À l’exemple de Charles-Quint et de Napoléon, le patriarche de l’Orléanisme pouvait aspirer à la domination universelle. La ventrée de la lice avait, d’ailleurs, suffisamment grandi et Leurs Altesses caracolaient assez noblement autour de Sa Majesté dans la brise automnale de cette sereine journée de septembre. Le roi des Français pouvait dire comme le prophète de la terre de Hus : « Je mourrai dans le lit que je me suis fait et je multiplierai mes jours comme le palmier ; je suis comme un arbre dont la racine s’étend le long des eaux et la rosée descendra sur mes branches. Ma gloire se renouvellera de jour en jour et mon arc se fortifiera dans ma main.»

À deux cents lieues, la Mère de Dieu pleure amèrement sur son peuple. Si Leurs Majestés et Leurs Altesses pouvaient, un instant, consentir à prendre l’attitude qui leur convient, c’est-à-dire à se vautrer sur le sol et qu’ils approchassent de la terre leurs oreilles jusqu’à ce jour inattentives, peut-être que cette créature humble et fidèle leur transmettrait quelque étrange bruit lointain de menaces et sanglots qui les ferait pâlir. Peut-être aussi que le dîner serait alors sans ivresse et l’illumination sans espérance…

Pendant que l’Orléanisme se congratule dans la vesprée, les deux pâtres choisis pour représenter toutes les majestés triomphantes ou déchues, vivantes ou défuntes, se sont approchés de leur Reine. C’est à ce moment que la Mère douloureuse élève la voix par-dessus le murmure indistinct de l’hymne des Glaives chanté autour d’Elle dans dix mille églises :

Si mon peuple ne veut pas se soumettre, Je suis forcée de laisser aller le Bras de mon Fils…

Léon Bloy, « Celle qui pleure » – chap. IV

Notre-Dame de la Salette - la conversation

2021-46. « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… »

1846 – 19 septembre – 2021

Méditation au jour du
175ème anniversaire
de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu
sur la sainte montagne de La Salette

frise

Notre-Dame de La Salette 1

« Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

C’est par ces mots que la Très Sainte Mère de Dieu – et notre Mère – a commencé à s’adresser aux deux jeunes bergers.

« N’ayez pas peur !… Une grande nouvelle ». On ne peut s’empêcher de penser aux paroles avec lesquelles quelques 1846 années auparavant l’ange s’était adressé aux bergers dans la nuit sainte de Bethléem : « Ne craignez point, car voici que je vous apporte la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple : Nolite timere, ecce enim evangelizo vobis gaudium magnum, quod erit omni populo ! » (Luc. II, 10). Ce peuple auquel encore, en conclusion de son apparition, la Vierge pure et sainte demandera avec insistance que l’on transmette ses paroles : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! ».

Dans cette fascinante manifestation de la Mère de miséricorde – Mater misericordiae – du samedi 19 septembre 1846, au moment où la Sainte Eglise catholique s’apprêtait à entrer dans la fête solennelle de ses Sept-Douleurs (car en ce temps-là la fête des Sept-Douleurs de Notre-Dame était célébrée non pas le 15 septembre mais au troisième dimanche de septembre), il y a les paroles, certes si importantes (on les trouve en intégralité > ici) qu’on n’en finit jamais de les relire, de les approfondir et de les méditer, mais il y a aussi ce que les mots ne peuvent traduire et qui parle bien plus haut que toutes les paroles : il y a les larmes de Notre-Dame. Ces larmes appartiennent pleinement à l’essence de l’apparition, sont une part essentielle de la grande nouvelle que la Mère de Dieu est venue annoncer ici, ne doivent ni ne peuvent en aucune manière être retranchées de ce qu’il convient et qu’il est nécessaire de faire passer à tout son peuple.

Notre-Dame de La Salette 2

Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! La grande nouvelle que la Très Sainte Mère de Dieu vient rappeler à deux enfants dans la grandiose et silencieuse solitude des sommets, est d’abord celle de sa Compassion : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! » La remarque de Maximin pour décrire l’impression produite par la vision de cette femme en larmes, assise, le visage enfoui dans ses mains, a quelque chose de poignant, quelque chose de bouleversant qui nous émeut au plus profond des entrailles : « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… » Voici la maman qui nous a été donnée pour Mère au pied de la Croix ! Voici la maman que, nous, enfants misérables avons battue ! Voici la maman que nos méchancetés ont poussée à s’« ensauver » dans la montagne pour qu’elle y puisse donner libre cours à ses larmes, avec pour uniques témoins la pureté des cimes et la naïveté de deux enfants qui gardaient leurs vaches ! « Depuis le temps que je souffre pour vous autres !… Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir.«  Celle qui a reçu pour nous – pour chacun d’entre nous – des entrailles maternelles par l’action efficace des paroles de son divin Fils mourant, s’est « ensauvée » loin de tout pour laisser éclater son chagrin de mère : « Mon peuple ne veut pas se soumettre » et je n’en puis plus, je suis à bout de force tant le bras du juste Juge, que je m’emploie à retenir encore, est fort et pesant…  « … Je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! »

Notre-Dame de La Salette 3

Accepter d’être établie Mère des hommes, pour lesquels le Sauveur S’immolait, c’était accepter d’assumer un rôle de médiation entre LE Fils, que la mystérieuse opération du Saint-Esprit avait façonné de sa chair virginale, et les enfants pécheurs en faveur desquels le Fils unique répandait jusqu’à la dernière goutte de Son Sang Précieux. Accepter d’être établie Mère des hommes, c’était accepter d’être établie continuelle intercessrice, jusqu’à la fin des temps, pour que ceux qui « ne feraient pas cas » des grâces de la rédemption et du salut finissent par se laisser toucher et reçoivent miséricorde, pour que ce peuple à elle confié veuille enfin « se soumettre » et n’encoure plus les châtiments réservés aux rebelles, aux infidèles et aux ingrats.

En devenant Mère des hommes, elle les a laissés entrer dans sa vie jusqu’à avoir un lien intime et viscéral avec eux, jusqu’à devenir responsable et à se porter garante d’eux, jusqu’à accepter le poids de leurs errements et de leurs résistances à la grâce, jusqu’à accepter de ne plus être en repos tant qu’ils s’égareront dans les chemins de l’insoumission à la sainte loi de Dieu, jusqu’à s’épuiser en quelque sorte dans la prière et dans les larmes pour obtenir leur retour  : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

C’est ainsi que la Très Sainte Mère de Dieu toujours Vierge accomplit continûment son devoir de maternelle intercession pour le monde, son devoir de maternelle intercession pour chacun de nous. Sa vie terrestre fut pénible et semée de douleurs, mais l’obédience d’intercession pour le monde qui lui échoit encore dans sa vie glorieuse est elle aussi lourde d’angoisses et de peines : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! » Nouvelle Esther intercédant « sans cesse » devant le Trône divin, elle offre ses larmes pour les péchés de l’humanité qui méprise les grâces de salut et de sainteté acquises au prix fort par son divin Fils : « Je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

Notre-Dame de La Salette 4

A La Salette, la Mère de Dieu toute sainte et immaculée vient nous montrer ses larmes, qui plaident notre cause devant la Majesté du juste Juge. A La Salette, la Toute Sainte Médiatrice que le Christ Sauveur nous a donnée pour Mère, se manifeste comme la perpétuelle suppliante intercédant pour notre salut. A La Salette, notre Mère miséricordieuse, apparaît comme la veilleuse qui jamais ne s’éteint dans la pénombre du sanctuaire et dont la flamme obstinée porte symboliquement devant la divine Présence du tabernacle la prière des cœurs fervents. A La Salette, la Vierge de Compassion nous crie par les larmes qui baignent son visage, qu’elle ne se résout jamais à « laisser aller le bras de son Fils » et que, malgré le poids accablant de la justice méritée par notre opiniâtreté dans le mal, elle s’entête plus encore à « prier sans cesse » pour que ce Fils « ne nous abandonne pas » !   

La principale raison des larmes de notre Sainte Mère et Reine réside dans nos résistances à la grâce : c’est elle, cette résistance à la grâce pourtant toujours offerte, qui nourrit notre insubordination aux lois et préceptes divins, c’est elle qui engraisse notre paresse pour la prière, c’est elle qui produit nos manques de générosité dans la pratique de la pénitence, c’est elle qui engendre nos chutes charnelles, c’est elle qui endort notre foi, c’est elle qui fournit des armes aux démons qui nous assaillent, c’est elle qui nous paralyse dans les voies du relèvement et de la guérison… Puisse le souvenir des larmes de Marie dissiper nos tiédeurs, réveiller notre ferveur !

Notre-Dame de La Salette 5

Nous devrons tous un jour rendre compte à son divin Fils des larmes que nous avons fait jaillir des yeux de Sa Très Sainte Mère ! Au dernier jugement, devant toute la cour céleste, devant tous les anges et tous les démons, devant tous les élus et tous les damnés, nous devrons répondre de chacune des larmes que nos infidélités ont tiré du Cœur de la Mère de toute Compassion. Serons-nous alors dans la honte et la confusion pour l’avoir attristée par l’indignité de nos comportements et parce que nous aurons tenu en échec ses chagrins maternels et ses larmes ? Alors qu’en tant de prières nous lui répétons « Réjouissez-vous », en réalité nous ne lui donnons pas assez de raisons de se réjouir !

Ne contristons plus la Toute Sainte ! Efforçons-nous de tarir la source de ses larmes et de répondre pleinement aux espérances de son amour maternel qui ne veut jamais désespérer de notre conversion, de notre amendement, de notre redressement, de notre pleine adhésion à la grâce… Et lorsque montent les flots agités de la tentation, tournons-nous de tout notre cœur vers Notre-Dame de La Salette et souvenons-nous de ses larmes ; souvenons-nous de ses soupirs maternels : « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur
19 septembre 2021

frise

Tous les textes de ce blogue où il est question de Notre-Dame de La Salette >>>
– Texte intégral du message et des « secrets » > ici
– Quelques considérations générales > ici
– Prière de Mélanie pour les temps de calamité > ici
– Texte de Gustave Thibon pour le centenaire de l’apparition > ici
– La Salette et la réforme liturgique > ici
« Les plaies de la France pansées par Marie » > ici
– Prières à Notre-Dame de La Salette > ici

2020-104. « Ainsi la Vierge rendit sans peine et sans violence sa sainte et bienheureuse âme entre les mains de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

Monsieur l’Abbé S.D., chapelain des fidèles du diocèse de Valence attachés à la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle, à l’occasion de la fête de l’Assomption 2020, a donné un sermon répondant à la question que se posent certains : « La Sainte Vierge est-elle morte ? »
Ce sermon nous a beaucoup touchés et nous sommes très profondément reconnaissants à Monsieur l’Abbé de nous avoir donné l’autorisation de le publier dans les pages de ce blogue, car il nous semble qu’il sera utile à bon nombre de nos lecteurs.

Hugo van der Goes - dormition de Notre-Dame

La dormition de Notre-Dame
tableau de Hugo van der Goes (1440-1482)

frise avec lys naturel

« Ainsi la Vierge rendit sans peine et sans violence sa sainte et bienheureuse âme entre les mains de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

Bossuet disait que « Marie fut laissée au monde après [l’Ascension de] Jésus-Christ pour consoler l’Eglise ».

La vie terrestre de ND devait pourtant bien un jour s’achever et c’est aujourd’hui que nous célébrons son triomphe ; jour où elle finit une si pure et si belle vie ; jour où elle commence une autre vie si heureuse et si pleine de gloire ; jour où le Ciel, pour lequel elle était faite, enlève à la terre le plus précieux dépôt que le Fils de Dieu y eût laissé : la Très Sainte Vierge Marie.

Mais comment fût la mort de Notre-Dame ? Est-elle vraiment morte ? De quoi est-elle morte ?

Autant de questions qui jaillissent en ce jour des âmes chrétiennes qui cherchent toujours à mieux connaître la vie la Mère de Dieu pour mieux l’aimer, la vénérer et l’imiter.

La pensée des saints est que la Très Sainte Vierge Marie mourut d’amour pour son divin Fils.

Marie est morte, mais pas en raison du péché, ni non plus en raison d’une maladie : Marie est morte d’amour, sa mort fut causée par la force de son amour pour son divin Fils.

Il n’est pas pensable qu’elle soit morte d’une autre sorte de mort que celle d’amour : « Mort la plus noble de toutes, remarque saint François de Sales, et due par conséquent à la plus noble vie. »

Attention ! Il ne s’agit pas ici d’une image romantico-sirupeuse, d’une façon de parler exaltée ou à l’eau de rose, mais d’une réalité, il s’agit d’un acte réel, unique et extraordinaire qui est de l’ordre de la vertu théologale de charité.

La force de l’amour a fait quitter, a séparé, l’âme de la Très Sainte Vierge Marie de son corps, comme un papillon à maturité déchire le cocon qui l’enfermait.

Notre-Dame est morte d’amour.

Les théologiens les plus sérieux affirment que la sanctification, donc en fait la croissance de la charité dans une âme, est un mouvement accéléré : comme la chute d’une pierre (plus elle tombe, plus elle va vite) ou l’attirance d’une pièce en fer par un aimant (plus elle s’en rapproche, plus elle va vite).

Ainsi en est-il des saints, plus ils se rapprochent du terme de leur vie, plus leur sainteté croît.

Cela se fit en Marie : l’amour qu’elle portait à Dieu et son divin Fils ne fit que croître depuis sa Conception immaculée jusqu’à la fin de sa vie terrestre.

Pourtant imaginez l’intensité de l’amour de la Très Sainte Vierge Marie pour son Fils dans l’étable de Bethléem.

Imaginez surtout la force de son amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ lors de la Passion et au pied de la Croix : amour immense d’une mère qui souffre avec son Fils unique et qui offre son sacrifice pour le salut des âmes.

On a peine à croire que cet amour maternel au pied de la Croix ait pu encore s’accroître et, en plus, de manière accélérée.

Pourtant cela se fit. L’amour de Notre-Dame pour son Fils a connu une croissance de plus en plus rapide.

Chaque jour cet amour qui régnait dans son cœur sans aucun obstacle, augmentait, se perfectionnait, de sorte que la terre ne fut plus capable de le contenir. Alors que se passa-t-il ?

Notre-Dame a déchiré le voile qui la séparait de son Fils, la sainte impatience qu’elle avait d’être à nouveau unie à lui fut trop forte.

Ainsi la Vierge rendit sans peine et sans violence sa sainte et bienheureuse âme entre les mains de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Sainte dormition.

« Comme la plus légère secousse détache de l’arbre un fruit déjà mur, disait Bossuet, ainsi fut cueillie cette âme bénite pour être tout d’un coup transportée au ciel ; ainsi mourut la divine Vierge par un élan de l’amour divin et son âme fut portée au ciel par une nuée de désirs sacrés. »

Puis Notre-Dame passa par le même chemin que son Fils en ressuscitant et en montant au Ciel, par la puissance divine, portée par les anges, avec son corps glorifié.

Le Saint Esprit dit dans le Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort ».

Cette fête de l’Assomption nous le montre.

La vie des Saints également manifeste la force, la puissance, de l’amour de Dieu.

Saint Paul disait dans l’épître aux Philippiens : « Pour moi vivre c’est le Christ et mourir m’est un gain. »

Le grand Apôtre souhaitait de tout son cœur que sa vie terrestre s’achève pour rejoindre le Christ : « Mourir m’est un bénéfice » !

Les Saints soupiraient tous après le Ciel et, à la suite de Notre-Dame, plusieurs saints sont aussi morts d’amour : comme Sainte Imelda, cette toute jeune fille, mourut d’amour pour Jésus après avoir communié pour la première fois.

Et combien de saints sont morts ayant des paroles d’amour pour NS et son saint nom sur leurs lèvres : « O Jésus, Dieu de mon cœur » dit saint François Xavier avant de rendre son âme à Dieu.

« Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie » souffla sainte Elisabeth de la Trinité dans un dernier soupir.

Puisqu’il s’agit d’amour, nous pouvons penser que la mort d’un chrétien, c’est un peu comme le mariage : l’épouse quitte son père et sa mère pour se joindre à son bien-aimé, ainsi l’âme sainte quitte la terre pour rejoindre son Bien-aimé : Jésus pour les noces éternelles.

Ainsi douce est la fin de la vie terrestre d’une âme en état de grâce, terrible est la mort du pécheur qui s’accroche à ce qui passe.

Car nous sommes faits pour le bonheur éternel du Ciel : enfants de Dieu par notre baptême, nous acquérons un droit réel à l’héritage du Christ, le bonheur éternel du Ciel. Tel est l’objet de notre espérance chrétienne.

Alors aujourd’hui prions Notre-Dame en son Assomption glorieuse pour qu’à l’heure de notre mort nous quittions cette vie, cette terre, comme elle, avec un amour et un grand désir de voir Dieu, désir détachant notre cœur de tous les biens et plaisirs passagers pour l’attacher de plus en plus intimement à Dieu seul.

« Oui, bon Jésus, nous sommes à vous.
En mourant, nous serons à vous pour toujours, et vous serez aussi tout à nous, pourvu que le dernier soupir de notre vie soit un soupir d’amour pour vous. Ainsi soit-il. »

Abbé S.D. – Valence & Montélimar, 15 août 2020.

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2020-99. Alors que beaucoup de processions du Vœu de Louis XIII ne pourront avoir lieu ce 15 août 2020, ce que nous pouvons et même devons faire pour suppléer :

Jeudi 13 août 2020,
Fête de Sainte Radegonde, Reine des Francs et moniale.

Ingres : le voeu de Louis XIII

Jean-Dominique Ingres : le Vœu de Louis XIII
(tableau de la cathédrale de Montauban)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans les circonstances présentes, hélas ! beaucoup de processions célébrées le 15 août pour renouveler le Vœu de Louis XIII ne pourront avoir lieu, soit parce que nos prêtres – même avec la meilleure volonté du monde – n’ont pas la possibilité matérielle ou le temps de les préparer, soit parce que les conditions dans lesquelles se trouvent ces jours-ci nos chapelles ou nos paroisses – et en particulier les contraintes prétendument sanitaires imposées par les diocèses ou les autorités civiles – n’autorisent pas les processions…

Loin de nous une mentalité défaitiste et une passive résignation cependant !
En ce saint jour de l’Assomption de Notre-Dame, il ne nous est pas permis de renoncer purement et simplement au renouvellement de la consécration de la France à Notre-Dame en qualité de souveraine.
Il  nous appartient donc à chacun, individuellement, en famille, ou avec quelques amis, d’y suppléer autant qu’il est en notre pouvoir, et de nous organiser pour placer cette année encore le Royaume des Lys – qui en a plus que jamais besoin – entre les mains de sa céleste souveraine et principale protectrice.

Ce que nous pouvons concrètement faire :

- Au moment qui nous sera le plus opportun dans la journée ou la soirée de ce 15 août, afin de rendre à Notre-Dame de l’Assomption, Reine et céleste protectrice du Royaume de France, l’hommage et la dévotion qui lui sont dus, dans notre maison, dans notre oratoire domestique, voire dans notre jardin si nous en avons un et que nous pouvons y dresser une sorte de petit reposoir avec une statue ou une belle image de la Mère de Dieu, ou bien encore si nous avons la possibilité de nous rendre dans une chapelle dédiée à la Très Sainte Vierge Marie, récitons les prières liturgiques traditionnelles prescrites pour le renouvellement du Vœu de Louis XIII (on peut les trouver > ici) ;

– Nous pouvons aussi, si la disposition des lieux le permet, placer à l’une de nos fenêtres donnant sur la rue une image ou une statue de la Très Sainte Mère de Dieu avec quelques fleurs, un cierge ou une veilleuse ;

– En sus des prières liturgiques traditionnelles, je vous engage à réciter la prière dont vous pouvez trouver le texte > ici.

Puisse notre ferveur et notre dévotion se faire inventives et audacieuses pour suppléer aux impossibilités qui nous sont imposées par ces temps malheureux qui sont aujourd’hui les nôtres…
Plus que jamais, nous avons le grave devoir de prier pour le Royaume des Lys, devenu majoritairement terre d’impiété et d’apostasie ; de prier pour notre Roi légitime, afin qu’il reçoive de Dieu toutes les grâces nécessaires à la charge que la Providence a déposée sur ses épaules, et de prier pour sa famille ; de prier les uns pour les autres, unis par les liens invisibles de la communion des saints, afin de nous soutenir et pour que cette prière fraternelle nous soit une force pour les jours difficiles qui s’approchent…

Très sainte et très fervente fête de l’Assomption, mes bien chers Amis !
Vôtre,
in Corde Jesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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PS. Et n’oubliez pas – pour tous ceux qui le peuvent – de vous inscrire sans retard au pèlerinage organisé au Puy à l’occasion de la solennité de Saint Louis, les 29 et 30 août prochains cf. > ici

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2020-94. Solennité de la Saint Louis au Puy-en-Velay avec la Confrérie Royale.

Pèlerinage légitimiste au Puy - message du Prince 4 juin 2016

Communiqué du secrétariat de la Confrérie Royale :

Le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, pour le Roi et la France, a été empêché par les restrictions de déplacement et de rassemblement, imposées par les autorités civiles et ecclésiastiques, conséquentes à l’épidémie du Covid-19.
Les 21, 22 et 23 mai, nous avons néanmoins pu en maintenir l’esprit et la démarche de manière uniquement spirituelle puisque quelques dizaines de membres et sympathisants de la Confrérie Royale se sont pliés, depuis leur lieu de résidence, à des exercices communs de prière et d’approfondissement, en se transportant par le cœur et la prière jusqu’à la ville sainte du Puy (cf. > ici).

Voici toutefois qu’une opportunité nous est donnée d’organiser un petit rassemblement au Puy les 29 et 30 août prochains, afin d’y célébrer la solennité de Saint Louis, saint patron de notre Roi légitime et de Monseigneur le Dauphin.

Nous venons d’obtenir l’accord du Lycée qui nous avait accueillis en 2019 pour y être hébergés cette fois encore : la nuitée est à 18 euros (petit-déjeuner compris) et les repas à 12 euros.

Monsieur le Recteur de l’insigne basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation nous permet de célébrer la Sainte Messe au maître-autel, au-dessus duquel trône la célèbre Vierge Noire (copie de celle qui avait été offerte par Saint Louis, malheureusement brûlée à la révolution), le samedi 29 août à 9 h.
Nous devrions pouvoir célébrer la Sainte Messe du dimanche 30, solennité de Saint Louis, à la chapelle des Pénitents blancs.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Pour ceux qui viennent de loin, il y a donc possibilité d’être accueillis à partir du vendredi 28 en fin d’après-midi : un programme détaillé sera communiqué aux inscrits, avec toutes les indications de lieux et d’horaires.

Il est aussi possible de nous rejoindre seulement pour la Sainte Messe du samedi (9h), ou de ne participer qu’à la journée du samedi.
En sus des Saintes Messes et autres temps de prière, il y aura quelques visites et temps d’enseignement spirituel.

Enfin, si certains souhaitent profiter de ce pèlerinage pour faire leur entrée dans la Confrérie, qu’ils se signalent sans aucun retard.

Si vous désirez prendre part à ce pèlerinage, merci de nous le signifier le plus rapidement possible
1) d’abord par courriel à l’adresse suivante : pelerinage@confrerieroyale.com
2) et en nous renvoyant également le bulletin d’inscription (à télécharger ici > fichier pdf Bulletin d’inscription au pèlerinage de la solennité de Saint Louis août 2020) rempli le plus exactement possible avec votre chèque d’acompte (à l’ordre du Cercle Légitimiste du Vivarais) à l’adresse qui s’y trouve mentionnée.

Statue de Saint Louis - Le Puy

Statue de Saint Louis dans la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay

2020-63. Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay (21-23 mai 2020) : par la force des choses, une formule différente !

Nous reproduisons ici à l’intention des amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, qui sont aussi pour beaucoup des amis de la Légitimité et de la Confrérie Royale, le courriel envoyé aujourd’hui par le Prieur de cette dernière pour ce qui concerne le pèlerinage annuel au Puy-en-Velay que les circonstances rendent physiquement impossible à la date prévue, mais qui aura cependant bien lieu d’une manière spirituelle

Nous vous invitons instamment à faire connaître ce « pèlerinage à distance » autour de vous, et vous engageons à être très nombreux à y prendre part.

frise lys

Mercredi 6 mai 2020,

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,                      

Ainsi que je vous l’annonçais dans ma lettre du mardi de Pâques (cf. ici), notre pèlerinage annuel au Puy, qui commence habituellement le jeudi de l’Ascension en fin d’après-midi et se déroule sur la journée du vendredi et la matinée du samedi, ne peut avoir lieu, en raison des dispositions imposées aux fidèles par la bêtise d’un gouvernement impie et la lâcheté d’un épiscopat sans virilité (dispositions contraires à la justice, contraires aux droits des fidèles, et – par dessus tout – contraires aux droits de Dieu Notre-Seigneur et à l’honneur qui Lui est dû).
Du moins ne peut-il pas avoir lieu dans les formes souhaitées et prévues, mais nous le maintenons d’une manière spirituelle par le moyen d’internet.

mains jointes - prière

- Concrètement, cela signifie qu’il n’y aura pas de rassemblement « physique » dans la chère cité du Puy-en-Velay (donc pas de frais de voyage, pas de frais d’hébergement et de restauration !!!), et cependant une forme de rassemblement spirituel, aux mêmes dates, à des moments particuliers de la journée, afin de prier ensemble pour le Roi et la France (c’est le but premier de ce pèlerinage), en nous « transportant » par la pensée et la prière, dans ce sanctuaire qui est le lieu de la première apparition mariale connue sur le territoire qui deviendra la France, et qui fut toujours si cher à la piété de nos Rois.

- Concrètement aussi, cela signifie aussi qu’il y a des inscriptions et que les « pèlerins de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay » de ce mois de mai 2020, par le fait même de leur inscription, s’engagent à se rendre disponibles aux moments prévus dans le programme du pèlerinage pour prier en s’unissant aux autres pèlerins inscrits, et qu’ils offrent leurs prières, mais aussi quelques sacrifices ou pénitences volontaires (laissés à la discrétion et générosité de chacun, mais en ayant conscience qu’il ne saurait y avoir de vrai pèlerinage sans pénitence) à l’intention de notre Souverain légitime, ainsi que pour la conversion des cœurs et des intelligences des Français.     

- Concrètement encore, il n’y aura pas de diffusion de cérémonie ou de conférence par internet, nous n’avons pas les moyens ni les capacités pour mettre cela en place, en revanche rien n’empêche que certains participants à ce pèlerinage spirituel, qui se trouvent géographiquement proches, se rassemblent pour l’un ou plusieurs de ces moments de prière en commun programmés.    

- A tous ceux qui seront inscrits, sera envoyé – le mercredi 20 mai – par internet un dossier comprenant le programme détaillé des temps de prière, mais aussi quelques photos du Puy facilitant le « déplacement virtuel » aux pieds de la Vierge Noire devant laquelle se sont agenouillés papes, rois et saints, ainsi que des textes à lire et approfondir, tenant lieu des conférences qui eussent dû avoir lieu au Puy.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

- Voici un premier aperçu du programme de ce pèlerinage un peu particulier :                

1) Jeudi soir 21 mai - Fête de l’Ascension de Notre-Seigneur :

- à 20 h 30 : « Veni Creator » avec son oraison ; lecture du texte d’introduction au pèlerinage et récitation d’une dizaine de chapelet.

Ad libitum : ceux qui le peuvent, sont invités à faire ce soir-là une heure sainte pour la France, chez eux (devant une belle image ou une statue du Sacré-Cœur s’ils en ont une) ou – si cela est possible – dans une église ou une chapelle devant le Saint Tabernacle.                 

2) Vendredi 22 mai :

- Après la prière du matin : lecture du texte de la première conférence.

- A 11 h, en union avec la Sainte Messe à laquelle se trouveront les fondateurs de la Confrérie Royale : récitation du chapelet.

- A 15 h : Chemin de Croix pour la France (si possible dans une église ou une chapelle, sinon chez soi).

- A 18 h : lecture du texte de la deuxième conférence.

- A 20 h 30 : lecture de la 3ème conférence ; litanies de la Sainte Vierge.

3) Samedi 23 mai :

- Après la prière du matin : lecture de la quatrième conférence.

- A 11 h, en union avec la Sainte Messe à laquelle se trouveront les fondateurs de la Confrérie Royale : récitation du chapelet.

- Selon les possibilités de chacun, nous vous encourageons, dans l’après-midi de ce samedi, à accomplir un petit pèlerinage en vous rendant dans un sanctuaire proche de chez vous (lieu de pèlerinage régional, ou simplement à défaut église ou chapelle de votre village ou de votre quartier si elle est ouverte), pour y prier pour le Roi et la France, en faisant le déplacement à pied, même si ce n’est que sur quelques centaines de mètres.
Aux membres de la Confrérie Royale, je demande qu’à ce moment-là ils renouvellent chacun avec ferveur leur engagement ou leur vœu de consécration à la Couronne de France.

prière à Notre-Dame

Inscriptions (elles sont ouvertes dès maintenant et jusqu’au 19 mai, date butoir) ou demandes de renseignements complémentaires : pelerinage.confrerie@gmail.com              

Enfin, il faut préciser que ce pèlerinage n’est pas réservé aux seuls membres de la Confrérie, mais qu’il est ouvert à toutes les âmes de bonne volonté, qui veulent prier pour le Roi et la France.

Soyons plus que jamais unis et généreux,
pour Dieu et pour le Roi !  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Armoiries Frère Maximilien Marie

Affiche Pèlerinage Puy-en-Velay 2020

2020-58. Pour bien commencer le « mois de Marie », comprenons toute l’importance de la place et du rôle de Notre-Dame et de son culte.

1er mai,
Fête des Saints Apôtres Philippe et Jacques ;
Commencement du mois de Marie.

Madone à l'Enfant

frise

A toute vraie dévotion il faut des bases solides. Rien ne nous est donc plus opportun, que de nous convaincre tout d’abord du caractère sérieux du culte professé à l’égard de notre bonne Mère du ciel.
Saint Augustin nous enseigne que « la vertu de religion, c’est celle qui nous relie au Dieu tout puissant » (De vera relig. III, 113). Un acte n’est religieux que dans la mesure où il nous unit à notre Père qui est aux cieux : Si elle ne produisait pas ce résultat, notre dévotion à Marie serait vaine, illusoire, par conséquent inutile. Or, précisément, le meilleur moyen de nous approcher de Dieu, c’est notre piété envers la Reine du ciel. Nous la lui manifestons, en effet, par les prières que nous lui adressons et l’imitation que nous nous proposons de ses vertus ? Or tout cela réalise pleinement le but de la religion.

La prière unit le cœur et l’esprit à celui auquel on l’offre. Nous adressant à Marie, nous nous unissons à elle, créature excellente, très intimement unie à Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle est unie à Jésus par l’unité du sang : elle est mère, il est fils.
Elle est unie à Jésus par l’unité des souffrances : ils ont la même vie cachée, obscure, de pauvreté et de labeur ; à l’heure du sacrifice rédempteur de l’Agneau de Dieu, ils ont même martyre ; les mêmes coups tombent, à la fois, sur le corps du Fils, sur l’âme de la Mère, et si, pour celle-ci, l’effusion du sang n’est pas réelle ni visible, elle n’en est pas moins douloureuse.

Marie, enfin, est unie à Jésus par la plénitude de la gloire. Si le Maître a promis de partager son trône avec nous, combien plus et mieux le donne-t-il à sa Mère : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. XLIV, 10). Le Christ est assis à la droite du Père, la Reine du ciel à la droite du Christ, et cette expression : « être assis », signifiant, participation à l’autorité suprême, au ciel, sur la terre, Jésus et Marie ne font qu’un.

Tout ce que la nature a de plus tendre, tout ce que la grâce a de plus puissant, concourt à fusionner l’âme de Marie et l’âme de Jésus. Il est donc hors de doute que la piété de nos vœux cherche Jésus en Marie, et que nos prières, nous unissant à la Mère, par le fait même, nous unissent au Fils.

C’est encore le résultat de l’imitation des vertus de la très sainte Vierge. Saint Paul disait (Galat., II, 20) : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Et il ajoutait (1 Cor., IV) : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ ». Notre-Seigneur est tout entier dans ses saints. Alors, que penser de la Reine de tous les saints ? Elle est la traduction, aussi parfaite qu’elle est humainement possible, des vertus du divin modèle. Comme il pense, elle pense ; comme il aime, elle aime ; comme il agit, elle agit. La suivre, c’est suivre Jésus ; l’imiter, c’est imiter Jésus ; l’atteindre, c’est atteindre Jésus.

Rien donc de plus sérieux que le culte de Marie, rien de plus intelligent que la piété envers cette bonne Mère ! Que nos cœurs se réjouissent d’avoir, durant ce mois béni, l’occasion en exerçant leur dévotion, de la réchauffer, de la rendre plus fervente, de la montrer plus délicatement généreuse : qu’ils fassent dans ce but, les efforts les plus aimants : Jésus, par Marie, les en bénira.

Résolution : Etre fidèle à l’exercice chaque jour durant ce mois consacré à la sainte Vierge.
Bouquet spirituel : A Jésus par Marie ! Ad Jesum per Mariam !

Monseigneur Augustin Gonon, évêque de Moulins (1869-1942)
in « Un mois à la Sainte Vierge »
Chapitre introductif : « ouverture des exercices »

Trois lys blancs

2020-34. « Illuminons l’Annonciation ! »

Nos Seigneurs les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France ont publié il y a quelques jours un texte qui s’adresse pour une part à tous les Français, et pour une autre part à tous les catholiques de France, demandant à ce que, ce prochain mercredi 25 mars, fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie et jour anniversaire de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à 19 h 30, toutes les cloches des églises de France sonnent pendant dix minutes (rappelons au passage que le son des cloches, lesquelles reçoivent une bénédiction très particulière, a un pouvoir d’exorcisme contre les puissances maléfiques), et que dans le même moment les Français allument sur leurs fenêtres au moins une bougie, ou des lumignons ainsi qu’on le fait au soir du 8 décembre, en signe d’espérance, et pour les catholiques en signe d’une grande prière commune montant à ce moment-là vers le Ciel par l’intercession de Notre-Dame…
Voici le texte introductif de Son Excellence Révérendissime Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Evêques de France et l’appel co-signé de tous les Evêques de France. 

Annonciation

« L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires. »

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des Evêques de France.

illuminons l'Annonciation

La première partie de ce texte s’adresse à tous les Français de bonne volonté :

« Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction. 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes. 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain. 

Le mercredi 25 mars, à 19h30 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !

Ce qui suit s’adresse maintenant spécifiquement aux catholiques :

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1ère dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2ème dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3ème dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous !» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4ème dizaine.]

[5ème dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition ! »

Les Évêques de France

l'apparition de ND de Lourdes

2020-24. « Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.»

Ce 10 février 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, pour commémorer l’anniversaire de l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638) cf. ici, dans lequel son ancêtre SM le Roi Louis XIII rendait publique la consécration qu’il avait faite de la France à Notre-Dame.
Notre Souverain légitime a accompagné son message de l’illustration suivante.

Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

Monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

« En ce jour anniversaire de la consécration solennelle de la France à Marie par mon aïeul Louis XIII, je formule à nouveau ma confiance en l’avenir de la France.
L’avenir repose dans les mains des couples qui mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les entrepreneurs animés par le souci du bien commun, l’avenir repose sur tous ceux qui défendent le pays à ses frontières plus ou moins lointaines ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.
Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France. »

Armes de France & Navarre

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