Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2026-14. Des dates et des événements à noter dans vos agendas pour cette année 2026.

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

   Voici une sorte de calendrier prévisionnel d’activités qui, au long des prochains mois, vont

- soit se dérouler au Mesnil-Marie même,
- soit auxquelles le Refuge Notre-Dame de Compassion en tant que tel, ou bien le Cercle légitimiste du Vivarais, ou encore la Confrérie Royale participeront à des degrés divers,

et que vous pouvez dès à présent noter dans vos agendas.

   Pour toutes ces activités, nos amis sont les bienvenus, bien sûr.
Nous insistons toutefois sur la nécessité de signaler sa venue : d’une part pour que nous préparions l’Oratoire et éventuellement la salle à manger, en conséquence ; et d’autre part pour que, en cas d’imprévu (problèmes de circulation, liés à la météorologie par exemple), nous puissions contacter sans retard les personnes et les en informer.

   1) Chaque premier samedi du mois, de mars à novembre (au Mesnil-Marie):
C’est-à dire les samedis 7 mars, 2 mai, 6 juin, 4 juillet, 1er août, 5 septembre, 3 octobre et 7 novembre [nota bene : en avril, le premier samedi du mois coïncidera avec le Samedi-Saint et il ne pourra donc y avoir le programme habituel] : matinée de services au Mesnil-Marie, et, l’après-midi, enseignement spirituel, possibilité de se confesser, chapelet, méditation silencieuse, Sainte-Messe (cf. > ici).

Philippe de Champaigne : Sainte Face

   2) Fête réparatrice de la Sainte Face (au Mesnil-Marie)Le mardi de la Quinquagésime (mardi gras) 17 février : petite récollection de préparation au carême.

   3) Fête de Saint Joseph (au Mesnil-Marie)Jeudi 19 mars.

   4) Commémoraison solennelle de la Compassion de Notre-Dame [fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion]Vendredi 27 mars.  

   5) Semaine Sainte (au Mesnil-Marie) :
Toute la liturgie de la Grande Semaine : à partir du samedi de la Passion 28 mars au lundi de Pâques 6 avril.

   6) Pèlerinage avec la Fédération légitimiste rhodanienne : samedi 25 avril (jour de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi).

   7) Procession des Rogations (au Mesnil-Marie) : mercredi 13 mai.

Le Puy-en-Velay

   8) Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay « Pour la France et le Roi » : du jeudi de l’Ascension 14 mai au samedi 16 mai.

Notez aussi que la Confrérie Royale aura son chapitre propre lors du Pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres (23, 24 et 25 mai) : le Chapitre Saint Léonard de Noblat.

   9) Fête du Sacré-Cœur de Jésus (au Mesnil-Marie) : Vendredi 12 juin.

   10) Sur les pas des martyrs et confesseurs de la foi en Vivarais pendant la grande révolution : Journée contre-révolutionnaire organisée par la Fédération légitimiste rhodanienne, mardi 14 juillet.

   11) Camp chouan de formation légitimiste : du dimanche 26 au vendredi 31 juillet, sous l’égide de l’Union des Cercles légitimistes de France, en Dauphiné (à une centaine de kilomètres au sud de Lyon), dans une belle propriété privée (cf. > ici).

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

   12) Fête de Sainte Philomène (au Mesnil-Marie) : Mardi 11 août.

   13) Fête de Saint Louis, Roi de France (au Mesnil-Marie), avec la Fédération légitimiste rhodanienne : Mardi 25 août.

   14) Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie (au Mesnil-Marie) : Mardi 8 septembre.

   15) Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs (au Mesnil-Marie – fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion pour une seconde fois) : Mardi 15 septembre.

Notez également que la Confrérie Royale aura son chapitre propre lors du Pèlerinage traditionnel en Provence « Nosto Fe », de Cotignac à Saint-Maximin(3 & 4 octobre) : le Chapitre Sainte Pétronille.

   16) Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette (au Mesnil-Marie) : Samedi 17 octobre.

17 ) Fête de la Conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie (au Mesnil-Marie – sous réserve des conditions météorologiques) : Mardi 8 décembre.

Vierge immaculée Fr.Mx.M. - blogue

2026-13. Du « songe des deux colonnes » dont fut gratifié Saint Jean Bosco.

31 janvier,
Fête de la Bse Marie-Christine de Savoie, Reine des Deux-Siciles (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Véron de Lembecq, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

Tableau représentant le songe des deux colonnes - basilique de Marie Auxiliatrice Turin

Basilique de Notre-Dame Auxiliatrice (Turin), chapelle du Sacré-Cœur :
tableau représentant le songe de Saint Jean Bosco appelé « songe des deux colonnes ».

   Parmi les moyens dont Dieu Se sert pour faire connaître aux hommes Ses desseins, il y a les songes.
Gardons-nous bien de confondre les rêves et les songes : les rêves appartiennent au fonctionnement naturel de l’âme (et pas seulement de l’âme humaine, puisque les animaux aussi rêvent), tandis que les songes sont un mode surnaturel de communication de Dieu avec l’âme humaine pendant le sommeil corporel.
L’interprétation des rêves est du domaine de la science – très relative – humaine (psychologie, psychiatrie… etc.), tandis que l’interprétation des songes est donnée par Dieu soit à la personne-même qui en est favorisée soit à un prophète (comme on le voit par exemple avec le prophète Daniel qui interprète le songe de Nabuchodonosor). 

   Dans l’Ancien Testament, Dieu S’est communiqué par des songes aux saints patriarches Jacob et Joseph d’une façon très spéciale. Dans le Nouveau Testament, Saint Joseph et les Saints Rois Mages en sont gratifiés.
Tout au long de l’histoire de l’Eglise, certains saints ont eux aussi bénéficié de songes : commes les visions spirituelles et les apparitions, cela fait partie des « grâces mystiques » par lesquelles s’opèrent les « révélations privées », au sujet desquelles il convient toujours d’observer la plus grande prudence.
A l’époque moderne, Saint Jean Bosco (1815-1888) est connu pour certains de ses songes. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute celui qu’on appelle le « songe des deux colonnes », qu’il raconta lui-même aux quelque cinq-cents garçons qui fréquentaient alors son œuvre, au soir du 30 mai 1862 (la date est certaine), en disant que ce songe lui avait été donné « il y a quelques jours ».

Saint Jean Bosco - blogue

Saint Jean Bosco (1815-1888)

   Voici la traduction très exacte du récit de Saint Jean Bosco racontant ce songe aux enfants et adolescents qui se trouvaient à l’Oratoire :

       « (…) Imaginez-vous avec moi au bord de la mer, ou plutôt, sur un rocher isolé, ne voyant d’autre étendue de terre que celle qui se trouve sous vos pieds. Sur cette vaste surface d’eau, vous voyez une multitude innombrable de navires prêts au combat, dont les proues sont terminées par un éperon de fer acéré comme une flèche, qui, où qu’il soit poussé, blesse et transperce tout. Ces navires sont armés de canons, chargés de fusils, d’autres armes de toutes sortes, de matières incendiaires, et même de livres , et ils avancent vers un navire bien plus grand et plus haut que tous les autres, cherchant à le frapper avec son éperon, à l’incendier ou à lui causer tous les dommages possibles.

   Ce majestueux navire est escorté par de nombreuses petites embarcations qui reçoivent ses ordres et exécutent des manœuvres pour se défendre contre les flottes ennemies. Le vent leur est contraire et la mer agitée semble favoriser l’ennemi.

    Au milieu de l’immensité de la mer, deux colonnes robustes et très hautes émergent des flots, non loin l’une de l’autre. Au-dessus de l’une se trouve la statue de la Vierge Immaculée, à laquelle est suspendue une grande pancarte portant l’inscription : « Auxilium Christianorum ». Sur l’autre, beaucoup plus haute et plus imposante, se trouve une hostie de taille proportionnelle à la colonne, et en dessous une autre pancarte portant l’inscription : « Salus credentium ».

   Le commandant suprême du grand navire, le pape, voyant la fureur des ennemis et la détresse de ses fidèles, décide de réunir les pilotes des navires secondaires en conseil afin de décider de la marche à suivre. Tous les pilotes embarquent et se rassemblent autour du pape. Ils tiennent l’assemblée, mais comme le vent et la tempête redoublent de violence, ils sont renvoyés à la barre de leurs propres navires.

   Après un bref calme, Le pape rassemble une seconde fois les pilotes autour de lui, tandis que le navire du capitaine poursuit sa route. Mais la terrible tempête se lève à nouveau.

   Le pape se tient à la barre et concentre tous ses efforts pour diriger le navire entre les deux colonnes, au sommet desquelles pendent de nombreuses ancres et de grands crochets reliés à des chaînes.

   Les navires ennemis se jettent tous sur elle, usant de tous les moyens pour l’arrêter et la couler. Certains tentent de jeter à bord les écrits, les livres et les substances incendiaires qu’ils contiennent ; d’autres utilisent canons, fusils et évents : les combats s’intensifient. Les proues ennemies la frappent violemment, mais leurs efforts sont vains. Ils recommencent en vain, gaspillant leurs forces et leurs munitions : le grand navire poursuit sa route, sûr et confiant. Parfois, frappé par des coups formidables, il subit une large et profonde brèche dans sa coque, mais aussitôt, un souffle d’air s’engouffre par les deux piliers, les fuites se referment et les trous sont colmatés.

   Pendant ce temps, les canons des assaillants explosent, les fusils, toutes les autres armes et les évents sont brisés ; de nombreux navires sont détruits et sombrent dans la mer. Alors, les ennemis furieux se battent à mains nues, à coups de poing, en proférant blasphèmes et malédictions.

   Alors, voici que le Pape, grièvement blessé, s’effondre. Aussitôt, ceux qui l’accompagnent accourent à son secours et le relèvent. Le Pape est frappé une seconde fois, retombe et meurt.
Un cri de victoire et de joie retentit parmi les ennemis ; une jubilation indescriptible se fait sentir sur leurs navires. Mais à peine le Pontife meurt-il qu’un autre Pape prend sa place. Les pilotes réunis l’ont élu si soudainement que la nouvelle de la mort du Pape arrive en même temps que celle de l’élection de son successeur. Les adversaires commencent à perdre courage.

   Le nouveau Pape, déjouant et surmontant tous les obstacles, guide le navire jusqu’aux deux colonnes et, s’étant positionné entre elles, l’amarre, à l’aide d’une chaîne suspendue à la proue, à une ancre de la colonne où se trouve l’Hostie. Puis, avec une autre petite chaîne suspendue à la poupe, il l’amarre, du côté opposé, à une autre ancre de la colonne où est placée la Vierge Immaculée.

   Alors se produit un grand bouleversement. Tous les navires qui, jusqu’alors, avaient combattu celui sur lequel était assis le Pape, fuient, se dispersent, s’entrechoquent et s’écrasent les uns contre les autres. Certains coulent et tentent d’en couler d’autres. Quelques petites embarcations qui avaient vaillamment combattu le Pape sont les premières à venir s’amarrer à ces colonnes.

   De nombreux autres navires, qui, ayant battu en retraite par crainte du combat, se trouvent au loin, observent prudemment, jusqu’à ce que l’épave de tous les navires naufragés, ayant disparu dans les tourbillons de la mer, rament avec grand effort vers ces deux colonnes, où, arrivés, ils s’attachent aux crochets qui y pendent et là ils demeurent calmes et en sécurité, avec le navire principal sur lequel est assis le Pape.
Un grand calme règne sur la mer ».

Saint Jean Bosco et les adolescents - blogue

   A ce moment-là, Don Bosco se tourna vers son collaborateur (et futur successeur), Don Rua, et lui demanda : « Que pensez-vous de cette histoire ? »
Don Rua répondit : « Il me semble que le navire du Pape est l’Eglise, dont il est le Chef : les navires sont les hommes, la mer est ce monde. Ceux qui défendent le grand navire sont les justes, dévoués au Saint-Siège ; les autres sont ses ennemis, qui, par tous les moyens, tentent de le détruire. Les deux piliers du salut me semblent être la dévotion à la Vierge Marie et au Très Saint Sacrement de l’Eucharistie ».

   Le Bienheureux Michel Rua ne parla pas du Pape déchu et mort, et Saint Jean Bosco garda également le silence à ce sujet, ajoutant seulement :

   « Vous avez raison. Il suffit de corriger une expression. Les navires des ennemis sont les persécutions. De très graves troubles se préparent pour l’Eglise. Ce qui s’est passé jusqu’à présent n’est presque rien comparé à ce qui va arriver. Ses ennemis sont représentés par les navires qui tentent de couler, s’ils y parviennent, le navire amiral. Il ne nous reste que deux moyens de nous sauver dans un tel chaos : la dévotion à la Vierge Marie et communier fréquemment, en utilisant tous les moyens et en faisant de notre mieux pour les pratiquer et les faire pratiquer partout et par tous… »

   On le voit – sans qu’il soit besoin de gloser davantage -, ce songe n’est pas celui des « trois blancheurs » : cette expression n’a jamais été utilisée par Saint Jean Bosco, par ses successeurs et par les éditeurs de ses textes, qui, en revanche, l’ont toujours nommé « songe des deux colonnes ».
Il ne constitue pas un exposé symbolique des critères de catholicité, mais il est une prophétie concernant l’avenir de l’Eglise : Saint Jean Bosco est formel : « Ce qui s’est passé jusqu’à présent n’est presque rien comparé à ce qui va arriver » !

   Et « ce qui s’est passé jusqu’à présent » (donc jusqu’en mai 1862), ce sont les conséquences de la révolution française, exportée dans toute l’Europe – et spécialement en Italie – par les troupes du Directoire, du Consulat et de l’Empire : l’équilibre politique multiséculaire a été déstabilisé ; les Français ont emmené à deux reprises les papes en captivité (Pie VI puis Pie VII) ; les ferments d’impiété ont germé et se sont répandus ; le Bienheureux Pie IX a été chassé de Rome par une révolution qui a proclamé à Rome une éphémère république ; et désormais, le royaume de Piémont-Sardaigne soutenu par les sectes maçonniques, est engagé dans la spoliation des Etats Pontificaux, laquelle sera consommée le 20 septembre 1870.

   La fin des Etats Pontificaux et du pouvoir temporel des Papes, n’était elle-même qu’une étape dans une vaste entreprise de perversion interne de l’Eglise contre laquelle le Bienheureux Pie IX (encyclique « Quanta cura » et catalogue des idées condamnées intitulé « Syllabus ») et Saint Pie X (tous les textes destinés à dénoncer et contrer le modernisme) opposèrent des barrages, qui retardèrent précisément d’un siècle (1862-1962) la catastrophe entrevue par Saint Jean Bosco.

   Le « songe des deux colonnes » est une prophétie des menaces qui pesaient dès cette époque sur l’Eglise catholique romaine, et qui allaient se déployer et s’amplifier jusqu’à nos jours ; ainsi qu’une leçon forte sur les remèdes à cette crise majeure dont nous sommes encore aujourd’hui les témoins attristés.

Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster

Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster (1880-1954)

   Le 13 septembre 1953, à l’occasion de la Messe pontificale de clôture du Congrés eucharistique national de Turin, où il était légat pontifical, le Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster (1880-1954), cardinal-archevêque de Milan, dans sa prédication, insista sur l’actualité de ce songe, disant notamment :

   « En cette heure solennelle, dans le Turin eucharistique de Cottolengo et Don Bosco, une vision prophétique me revient à l’esprit, celle que le fondateur du Temple de Marie Auxiliatrice fit à ses disciples en mai 1862. Il lui sembla voir la flotte de l’Eglise ballottée par les vagues d’une terrible tempête ; à tel point qu’à un certain moment, le commandant suprême du navire amiral – Pie IX – convoqua un concile des hiérarques des navires plus petits.

   Malheureusement, la tempête, qui rugissait de plus en plus menaçante, interrompit le concile du Vatican en son milieu » (Il est à noter que Don Bosco avait annoncé ces événements huit ans avant qu’ils ne se produisissent). Durant ces années tumultueuses, les Grands Hiérarques eux-mêmes furent soumis à l’épreuve à deux reprises. Lors de la troisième apparition, deux colonnes commencèrent à émerger de l’océan déchaîné, surmontées des symboles de l’Eucharistie et de la Vierge Immaculée.

   A cette apparition, le nouveau Pontife, le bienheureux Pie X, prit son courage à deux mains et, à l’aide d’une solide chaîne, attacha le navire du Capitaine Pierre à ces deux piliers inébranlables, puis jeta l’ancre à la mer. Alors, les embarcations plus petites se mirent à ramer avec force pour se rassembler autour du navire du Pape et ainsi éviter le naufrage.

   L’histoire a confirmé la prophétie du Voyant. Le début du pontificat de Pie X, avec l’ancre sur ses armoiries, coïncida précisément avec le cinquantième jubilé de la proclamation dogmatique de l’Immaculée Conception de Marie, et fut célébré dans tout le monde catholique. Nous, les plus âgés, nous souvenons tous du 8 décembre 1904, lorsque le Pontife, en la basilique Saint-Pierre, orna le front de l’Immaculée Conception d’une précieuse couronne de pierres précieuses, consacrant à la Mère toute la famille que Jésus crucifié lui avait confiée.

   Conduire les enfants innocents et les malades à la Table eucharistique devint également une part du programme du généreux Pontife, qui souhaitait restaurer le monde entier dans le Christ. Ainsi, durant le pontificat de Pie X, il n’y eut pas de guerre, et il gagna le titre de Pontife pacifique de l’Eucharistie.

   Depuis lors, la situation internationale ne s’est guère améliorée. Ainsi, l’expérience de trois quarts de siècle nous confirme que le navire du pêcheur, en pleine tempête, ne peut espérer le salut qu’en s’ancrant aux deux colonnes de l’Eucharistie et de Marie Auxiliatrice, apparues en songe à Don Bosco ».

(Texte paru en italien dans « L’Italia », 13 septembre 1953).

   Le même saint cardinal Schuster dit un jour à un salésien : « J’ai vu la reproduction de la vision des deux colonnes. Dites à vos supérieurs de la faire reproduire sur des estampes et des cartes postales, et de la diffuser dans tout le monde catholique, car cette vision de Don Bosco est d’une grande actualité aujourd’hui : l’Eglise et le peuple chrétien seront sauvés par ces deux dévotions : l’Eucharistie et Marie Auxiliatrice ».

 songe des deux colonnes - détail

2026-3. La Révérende Mère Marie de Jésus, née Alessandra di Rudinì.

2 janvier,
Fête de Saint Odilon de Mercœur, abbé et confesseur ;
Octave de Saint Etienne, diacre et protomartyr ;
Anniversaire de la mort de la Révérende Mère Marie de Jésus (di Rudini), prieure du Carmel du Reposoir.

       La Révérende Mère Marie de Jésus (di Rudini), carmélite déchaussée, est une âme d’exception pour laquelle nous avons nourri – depuis environ quatre décennies – une fervente admiration : sa conversion, la radicalité de son don total au service de Dieu, sa vie mystique et son zèle pour le salut des âmes nous ont profondément marqués.
Chaque 2 janvier nous célébrons avec ferveur sa pieuse mémoire.

Mère Marie de Jésus di Rudini

La jeune aristocrate indomptable :

       Fille d’Antoine (Antonio) Starabba marquis di Rudinì (1839-1908) de la noblesse sicilienne d’origine espagnole, et de la comtesse Marie de Barral, issue de la noblesse de robe du Dauphiné, Alexandra (Alessandra Maria Antonietta Livia) est née à Naples le 5 octobre 1876.
Sa mère, femme d’une grande douceur, mais de santé très fragile (ce qui l’obligea à de fréquents séjours en sanatorium), lui inculqua les rudiments de la vie chrétienne. Marie de Barral mourut le 7 février 1896 et six mois plus tard le marquis di Rudinì convola en secondes noces.
Cet Antoine Starabba di Rudinì était un grand propriétaire terrien, avait suivi des études de droit pour être avocat, appartenait à la droite libérale anti-bourbonienne dès avant la conquète de la Sicile par les soudards de Garibaldi, rallié à la cause des Savoie unifiant l’Italie sous leur sceptre. Le Grand Orient le revendique comme l’un des siens. Sa participation aux gouvernements qui spolièrent les Etats de l’Eglise (il fut député pendant plus de quatre décennies, préfet, ministre, et même à deux reprises président du conseil du jeune royaume d’Italie) faisait de lui un excommunié.

   Dans ce contexte familial (une mère fragile et souvent absente, et un père entièrement pris par la politique), l’éducation d’Alexandra – « Sandra » -, fut confiée aux meilleurs pensionnats d’Italie : à la villa di Poggio Imperiale, à Florence (Florence fut capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1871), et, à Rome, à la très huppée maison d’éducation de la Trinité-des-Monts.
A la Trinité-des-Monts, l’adolescente se montra des plus rebelles envers les Dames du Sacré-Cœur de Sainte Madeleine-Sophie Barat, malgré la patience et la douceur préconisées par cette dernière afin de conquérir son âme rétive.
Anecdote restée célèbre : « Sandra » remplaça l’eau bénite du bénitier de l’entrée de la chapelle par de l’encre, puis, avec la satisfaction d’une vengeresse triomphante, elle assista à la procession d’entrée des religieuses, qui, en se signant avec une gravité toute cérémonielle, se marquaient elles-mêmes au front d’une réprobatrice tache sombre !

Eglise et couvent de la Trinité-des-Monts

Rome : église et couvent de la Trinité des Monts
où la jeune Alexandra di Rudinì fut une élève rebelle des Dames du Sacré-Cœur.

   A quinze ans, la jeune fille ayant finalement été « virée » par les religieuses, Alexandra est toute grisée par la vie mondaine que lui permet la position de son père : elle est alors une jeune fille « parfaite ». Grande (elle mesure plus d’un mètre quatre-vingts), svelte, un visage « d’une beauté grecque époustouflante », une épaisse chevelure blonde, des yeux d’un bleu intense, une intelligence vive, un caractère enjoué et, surtout, une volonté inflexible. On la comparaît à une déesse émergeant des flots.
Elle dominait les salons par son charme, par une sorte de majesté naturelle, et par une élégance extrême, quoiqu’elle ne se montrât jamais esclave des modes.
Sa grande passion était les chevaux : elle possédait une écurie personnelle avec quatorze pur-sang, qu’elle montait avec une fougue incroyable.

   Son père rêvait pour elle d’un mariage avec un prince. Il envisagea un moment de lui faire épouser un grand-duc de la famille Romanov, mais Alexandra s’y opposa catégoriquement, car, même s’il elle n’était pas spécialement dévote elle tenait à sa religion et gardait un attachement sincère à Notre-Seigneur, or un tel mariage aurait signifié qu’elle eût du abandonner le catholicisme pour se convertir à l’orthodoxie.

   En octobre 1894, elle épousa l’homme dont elle était profondément amoureuse : Marcel (Marcello) Carlotti marquis di Riparbella, un musicien, un sceptique adepte du stoïcisme. Elle avait dix-huit ans, il en avait vingt-sept.
Elle se donna à lui avec une fidélité sans faille, et devint bientôt la mère de deux enfants : Antonio et Andrea.
Dans son somptueux « Palazzo Carlotti » à Vérone, ou dans sa splendide « Villa Carlotti Canossa », au bord du lac de Garde, Sandra, épouse et mère, aurait pu se croire heureuse, mais elle ne l’était pas, bien qu’elle ne manquât de rien.
C’est qu’en effet un poison pernicieux avait été instillé dans son âme : on lui avait offert et elle avait lu avec intérêt la « Vie de Jésus », écrite par l’apostat Ernest Renan : « Ce jour-là, dira-t-elle plus tard, fut l’un des plus tristes de ma vie, car je perdis ma seule raison d’être : Jésus ».

Villa Carlotti sur les rives du lac de Garde

La « Villa Carlotti Canossa » sur les rives du lac de Garde.

Veuve à vingt-quatre ans !

   A peine six ans après leur mariage, au printemps 1900, Marcel fut terrassé par une tuberculose foudroyante.
Sa jeune épouse le soigna avec un dévouement héroïque : bien qu’elle traversât une profonde crise religieuse et se fût éloignée de toute pratique chrétienne, elle fit appel à un prêtre vénérable de Vérone, Don Francesco Serenelli, pour son époux mourant.
Marcel mourut, la laissant veuve dans sa vingt-quatrième année, avec deux jeunes enfants.

   Son père, le marquis di Rudinì, s’efforça de la distraire par des voyages et des réceptions : ainsi en avril 1903, à Rome, fut-elle remarquée et admirée lors de la visite de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, et, en mai, pour celle du tsar Nicolas II.
A Paris, elle fréquenta les cercles littéraires, et assista à des déjeuners avec Emile Zola et Anatole France, qui la laissèrent de marbre.
Un seul de ces voyages la marqua profondément : celui qu’elle fit au Maroc, en 1901. Là, un vieux marabout qu’elle avait consulté, lui déclara après l’avoir longuement dévisagée : « Vous aurez tout : splendeur, richesse, amour… Puis vous aurez tout à nouveau : souffrance, pauvreté, froid… Sur votre front, il y a trois voiles : vous en aurez un de plus. Le plus beau ».
Elle s’était éloignée en silence, sans oser interroger davantage. Il n’était pas compliqué de comprendre ce qu’étaient ces trois voiles qui couvraient déjà son front : celui de sa première communion, celui de son mariage, et celui de veuve… Que serait donc ce voile supplémentaire : « Le plus beau » ?

   Si Alexandra demeurait une mondaine, prenant un plaisir subtil à éclipser les autres femmes dans les salons, il n’en était pas moins vrai que son cœur se caractérisait par une immense capacité d’aimer. Sa richesse lui permettait, en particulier, de faire de très larges aumônes pour les nécessiteux.

Alexandra marquise Carlotti

La maîtresse de Gabriele d’Annunzio :

   Au mois de novembre 1903, à Florence, à l’occasion du mariage de son frère Carlo, dont il était le témoin, elle rencontra Gabriele d’Annunzio.
Le poète était alors l’amant de l’actrice Eleonora Duse – « la divine » – , mais il fut conquis par la jeune veuve… L’actrice, déchue de son rang de maîtresse affichée, se retira. La relation d’Alexandra et de Gabriele fut bientôt notoire et fit scandale.
Le marquis di Rudinì était furieux, mais sa fille n’en avait cure : tout au contraire, au printemps 1904, elle l’officialisa en allant s’installer dans la villa de Gabriele d’Annunzio, en périphérie de Florence, rehaussant de sa beauté et de son esprit un cercle d’intellectuels de la haute société qui se riaient des conventions sociales et de la morale religieuse.
Mais Alexandra, aussi brillante et enjouée qu’elle se montrât, n’était pas heureuse au fond d’elle-même.

   En 1906, elle dut subir trois opérations dans une clinique florentine. On lui avait découvert un cancer de l’utérus. Ni son père, ni son frère ne la vinrent visiter. Un temps suspendue entre la vie et la mort, elle fut soutenue par d’Annunzio, qui lui dédia une page de Faville del maglio ainsi que le poème Solus ad solam.
Pourtant, dès le début de la convalescence d’Alexandra, le regard et les désirs du poète s’étaient portés sur une autre femme : Amaranta.

L’aventure avec le « prophète de l’Italie » était terminée ; l’encore jeune marquise était, en son for interne, perdue ; et pourtant c’est là que la véritable aventure intérieure allait réellement commencer.
A Renata, fille de Gabriele, qui était croyante, elle dit un jour : « Tu es bénie ; et prie pour que tu sois épargnée par l’angoisse terrible du doute ».

   Très cultivée, polyglotte, Alexandra pouvait lire les Evangiles et Saint Paul en grec, aussi bien que les philosophes allemands contemporains en allemand. Plongée dans le déni de Dieu, elle ne trouvait pas la réponse aux grandes questions existentielles et ne se satisfaisait pas des réponses de la foi sur la souffrance et la mort.
Elle échangeait souvent avec Don Francesco Serenelli, ce prêtre qu’elle avait fait venir auprès de Marcel, dans ses derniers jours. Elle parlait aussi beaucoup avec l’abbé Gorel, prêtre français qu’elle avait fait venir en 1909 pour lui confier l’aumônerie de la Villa Carlotti, à Vérone.

Alexandra du Rudini Carlotti

La conversion :

    L’abbé Gorel joua un rôle déterminant. Comprenant que ce ne seraient pas des conversations restant dans le domaine intellectuel qui pouvaient l’aider, il lui recommanda d’aller à Lourdes. Elle quitta Vérone au volant de sa luxueuse voiture.
Le doute la rongeait, bien que – désormais pleinement consciente que seule la Vérité absolue et éternelle résidait dans le catholicisme – elle eût repris une pratique régulière des sacrements. Mais elle aspirait à une foi qui ne soit pas simplement reçue et comme « extérieure », mais qui passerait à une adhésion personnelle totalement éclairée.

   A Lourdes, elle fut bouleversée au spectacle de l’immense et multiforme souffrance humaine qui venait se jeter aux pieds de la Vierge immaculée.
Devant elle, une Française complètement aveugle fut guérie. Ainsi, à Lourdes, Jésus, le Dieu-Homme, accomplissait des miracles par l’intermédiaire de sa Mère ? C’était possible.
Puis Alexandra fit l’expérience du miracle intérieur de la Charité divine, à la Grotte Sainte. Elle s’agenouilla devant l’image de la Madone, l’invoquant avec l’énergie désespérée d’une enfant perdue. Tous ses doutes furent dissipé par la puissance de la Vierge Marie qui conquiert les cœurs, et qui guide les âmes vers le Christ.
« Naturalisme, positivisme, rationalisme ? Ce n’étaient que des chimères. Seul Jésus-Christ est la Vérité », dira-t-elle plus tard. Elle étreignit Jésus de manière absolue et définitive : Jésus que Sa Mère lui offrait en cadeau.
Dans la petite église du Carmel de Lourdes, elle se confessa et communia avec la certitude absolue d’avoir touché Dieu en personne, et d’avoir enfin trouvé le bonheur : « Le plus grand miracle à présent est celui de ma conversion en ce lieu saint. Seule la grâce divine peut faire naître une vie nouvelle, une véritable renaissance ».

Grotte de Lourdes état ancien

La grotte de Massabielle dans la première moitié du XXème siècle.

Le quatrième voile : le plus beau ! 

   Revenue de Lourdes, dans sa « villa » du lac de Garde, Alexandra commença à vivre comme une carmélite dans le monde : longues heures de prière devant le tabernacle, récitation quotidienne du chapelet et du bréviaire. Elle lut et médita avec les œuvres de Sainte Thérèse de Jésus et de Saint Jean de la Croix. Et elle prit cette décision : « Je serai carmélite pour toujours, pour n’aimer que le Christ, pour faire réparation, pour intercéder pour l’Eglise et pour les âmes ».

   Sans rien dire à son entourage, elle se rendit en visite au Carmel de Paray-leMonial, et son entrée y fut décidée. Entrée qui fut effective le 28 octobre 1911, à l’âge de 35 ans et 23 jours.
Dans le cours de l’année suivante, elle reçut le saint habit du Carmel (janvier 1912) puis prononça ses vœux (mai 1912) : la marquise Alexandra Starabba di Rudinì Carlotti n’était plus que l’humble Sœur Marie de Jésus. Selon la prédiction du vieux marabout marocain une dizaine d’années plus tôt, après que trois voiles avaient couvert son front, un autre lui était donné : le plus beau, celui d‘épouse du Christ.

   Les années 1912 et 1913 furent traversées de très dures épreuves intérieures ; la prieure, cependant, voyant la qualité de cette âme et ses progrès rapides dans les voies spirituelles décrites par les maîtres du Carmel, la nomma maîtresse des novices.
En 1916, ses deux fils furent emportés par la tuberculose, comme l’avait été leur père : « Sur cette terre, je n’ai plus aucun lien, aucun amour, aucune tendresse : la seule richesse, le seul amour qui me reste, c’est la Croix du Christ ».
Dès l’année suivante, elle est élue prieure de ce monastère de Paray-le-Monial, puis, en 1924, elle est choisie par les supérieurs de l’Ordre pour fonder le Carmel de Valenciennes. Suivra quatre ans plus tard (1928) la fondation du Carmel de Montmartre, au chevet de la basilique du Sacré-Cœur.
Partout, cette authentique fille de Sainte Thérèse se montre une immense contemplative dans l’activité écrasante que la sainte obéissance requiert d’elle : la charge de ses priorats successifs, les soucis matériels des fondations, la direction de ses filles qu’elle entraîne irrésistiblement dans les voies du plus grand amour : « La vie religieuse au Carmel devait être une vie d’amour sans bornes et non la simple observance formelle de règles » ; « Se consacrer à Lui, c’est L’aimer et, en Lui, aimer l’Église et toutes les âmes, et faire l’expérience de Son amour fou pour nous ».
De fait, Mère Marie de Jésus est une grande « contagieuse ». Contagieuse à l’intérieur du cloître, pour ses moniales, et, comme à travers les murs de la clôture, sur un grand nombre d’âmes, fidèles ou clercs – voire prélats – qui ont recours à son intercession, à ses conseils, à sa direction…
Elle est favorisée de grâces mystiques… et les manifestations diaboliques ne lui sont pas épargnées.

Paray-le-Monial - chapelle intérieure du carmel

Carmel de Paray-le-Monial : chapelle à l’intérieur de la clôture.

   Après la mort de ses fils s’était posée la question de la liquidation de son immense fortune, et les supérieurs de l’Ordre lui avaient demandé de conserver ses avoirs en vue des fondations que l’on prévoyait.
Or, avant même de fonder les Carmels de Valenciennes et de Montmartre, Mère Marie de Jésus était travaillée par une demande de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui la pressait de Lui offrir « le Carmel de la Montagne ».
C’est ainsi que, dès 1922, sur ses fonds propres, elle s’était portée acquéreuse des bâtiments d’une ancienne chartreuse, dont Son Excellence Monseigneur de la Villerabel, évêque d’Annecy, lui avait parlé : la Chartreuse du Reposoir qui était à l’abandon, et où il souhaitait qu’elle vint, avec ses filles prendre la relève de la prière.

   Fondée en 1151, la Chartreuse du Reposoir doit son nom au fait que son fondateur, le Bienheureux Jean d’Espagne, en découvrant ce site exceptionnel, à quelque 1000 mètres d’altitude face à la chaîne des Aravis, s’était écrié : « C’est ici mon reposoir !».
Les Chartreux y avaient demeuré jusqu’à la grande révolution qui les en avait chassés. Ils y étaient revenus en 1846, en avaient été à nouveau expulsés en 1855 en raison des lois contre les ordres monastiques en vigueur dans le royaume de Piémont-Sardaigne, avaient repris possession des lieux en 1866 lorsque la Savoie était devenue française, et en avaient été bannis une troisième fois en septembre 1901 en application des lois anticongréganistes de la république française.

Le Carmel du Reposoir

L’ancienne Chartreuse devenue « le Carmel de la Montagne » demandé par Notre-Seigneur.

   Les monastères du Carmel sont habituellement des monastères urbains ou péri-urbains. Exceptionnellement, Notre-Seigneur demandait donc qu’on Lui transformât cette ancienne chartreuse très isolée en monastère carmélitain.
Il fallut des années de travaux pour réparer, aménager, voire adapter et transformer ces bâtiments multiséculaires pour les rendre aptes à la vie des moniales du Carmel. Mère Marie de Jésus supervisa ces travaux, tout en menant de front les fondations et toutes les autres tâches dont nous avons parlé.
Elle mourra sans voir la fondation achevée, laissant à Mère Cécile « le soin d’achever l’oeuvre ».

   Sa santé était précaire.
Epuisée par les fatigues et les souffrances, mais bien plus encore consummée par le feu d’un holocauste spirituel comparable à celui de Jésus sur la croix, à la fin de l’année 1930, elle dut subir quatre nouvelles interventions chirurgicales.
A Genève, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1931, elle entendit la voix de l’Epoux qui l’appelait à Lui. Enveloppée de paix et de joie, après avoir reçu les sacrements, elle murmura : « Entre Vos mains, Seigneur, je remets mon esprit », et rendit l’esprit.
Elle était âgée de 54 ans.

Carmel du Reposoir en hiver, vue aérienne

Vue aérienne du Carmel du Reposoir en hiver.

2025-198. Nous avons lu et nous recommandons chaleureusement : « La France en son âme » du Révérend Père Jean-François Thomas s.j.

Mercredi des Quatre-Temps d’hiver,
17 décembre 2025.

Vignette Tolbiac lisant - blogue

       L’ouvrage que nous présentons ci-dessous est déjà publié depuis la fin de l’hiver de cette année 2025 qui s’achève, aux éditions Via Romana : nous nous étions promis d’en parler dans les modestes pages de ce blogue depuis fort longtemps – et nous vous demandons humblement de nous pardonner de ne pas l’avoir fait plus tôt -, mais, puisqu’il en est ainsi, nous profiterons de cette publication tardive, en cette période marquée par les cadeaux, pour suggérer à tous nos lecteurs, s’ils ne l’ont déjà fait, de s’offrir à eux-mêmes ce petit ouvrage (170 pages à peine) et de ne pas hésiter non plus à l’offrir, sans retenue, aux personnes de leur entourage capables de réflexion… et d’espérance.

La France en son âme - Père Jean-François Thomas

Quatrième de couverture :

   Le déclin de la France suscite l’inquiétude croissante de nos compatriotes. La France, « le plus beau royaume après celui du Ciel », semble frappée par le virus d’une désintégration inéluctable.
   Le Père Jean-François Thomas se porte à son chevet pour tenter d’identifier les causes, les idées et les acteurs à l’origine de ce nouveau mal français, avec comme ressorts principaux l’abandon par nos élites du bon sens et la relégation générale et obstinée du surnaturel.
   Au fil de ses réflexions, habité par la conviction que le Christ agit au cœur de notre histoire, il rappelle aux fils prodigues et désorientés que nous sommes la réalité des charismes extraordinaires octroyés par la Providence à notre nation. Pour lui, le retour à l’accomplissement des promesses de notre baptême est la condition première de l’espérance et du sursaut.
   Depuis notre première reine sainte Clotilde, l’onction de Clovis, l’Occident chrétien de Charlemagne, les leçons politiques et spirituelles de Jeanne d’Arc, la patiente œuvre d’éducation sous l’Ancien Régime, la vertu de courtoisie si propre à l’esprit français et les splendeurs de nos architectes, poètes et philosophes, est tombée la nuit des fausses Lumières qui obscurcit désormais l’humanité livrée à la tyrannie de la Révolution française dont l’inventaire des crimes constitue à lui seul une preuve éclatante de l’action du Malin.
   Le Père Jean-François Thomas aime et fait aimer la vérité, il cultive la longue mémoire contre ceux qui promeuvent l’abolition de tous les liens de piété et de fidélité traditionnelles. Il réconcilie l’ordre et le progrès, car « l’équipage lumineux qui traversa notre royaume n’est pas une apparition passagère du fait avéré que notre terre de France est terre de sainteté ».

   Prêtre jésuite né en 1957, Jean-François Thomas fut professeur de philosophie et missionnaire aux Philippines où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il a notamment publié chez Via Romana quatre livrets de Méditations quotidiennes (2022-2023) et Les Vertus méditées (2023).

frise lys

Entretien avec le Révérend Père J.F. Thomas
au sujet de cet ouvrage

dans une émission de TV Libertés [à 12 mn 15 s]
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

Vignette Tolbiac lisant - blogue

Prière du Pape Pie XI à Marie Corédemptrice :

Mère de Dieu des Douleurs

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XI

à

Marie Corédemptrice :

   O Mère de piété et de miséricorde, qui assistiez votre doux Fils tandis qu’Il accomplissait sur l’autel de la croix la Rédemption du genre humain, comme corédemptrice et associée de ses douleurs ; conservez en nous et accroissez chaque jour, nous vous en prions, les précieux fruits de Sa Rédemption et de votre compassion.

   Vous êtes la Mère de tous, faites que, dans la pureté des mœurs, dans l’unité des esprits et la concorde des âmes, nous puissions enfin jouir sans inquiétude des dons d’une paix désormais assurée.

Ainsi soit-il !

Pie XI, 28 avril 1935.

Cœur douloureux et immaculé de Marie

2025-175. Récapitulatif de nos publications relatives à la commémoraison des trépassés, à la mort, au Purgatoire… etc.

Délivrance des âmes du Purgatoire - image d'Epinal

A – Rappel : Indulgence plénière applicable uniquement aux défunts accordée le jour de la Toussaint et pendant toute son octave ici.

- Corollaire 1 : Sermon de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, expliquant la doctrine catholique des indulgences ici
- Corollaire 2 : Que signifie « prier aux intentions du Souverain Pontife » lorsqu’il s’agit d’obtenir une indulgence plénière ici

B – Textes doctrinaux à l’occasion de la commémoraison solennelle des trépassés :

- Bref rappel de la foi catholique à rebours de la pensée dominante et des usages contemporains > ici
- Sermon CLXXII de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur les devoirs à rendre aux morts > ici
- Les trois états de l’unique Eglise (et la communion des saints) > ici

C – Prières à l’intention des âmes du Purgatoire :

- Litanies pour le soulagement des âmes du Purgatoire > ici
- La prose latine « Languentibus » > ici
- Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > ici
-

D – A Rome, le « Musée du Purgatoire » > ici

E – Textes variés concernant la mort, les funérailles (et les cérémonies modernistes qui en tiennent lieu), l’inhumation, le Purgatoire, les fins dernières… etc. :

- Sainte Catherine de Gènes et le « Traité du Purgatoire » > ici
- Sainte Françoise Romaine et la vision de l’enfer > ici
- BD « Les autruches » > ici
- Inhumation ou incinération ? > ici
- « Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde » (paroles de Notre-Dame de Fatima) > ici
- A propos de l’expression « repos éternel » > ici
- Des réflexions de feu le Maître-Chat Lully en novembre 2013 > ici
- Tout ce que l’on doit subir lorsqu’on doit se rendre à des funérailles dans une église « conciliaire » > ici
- A propos d’une autre « messe » (?) de funérailles dans une église « conciliaire » > ici

Memento mori - vignette blogue

Memento mori

2025-172. Où, pour la clôture du mois du Saint Rosaire, nous vous racontons comment nous avons découvert le motet « Ave gratia plena » de Cornelis Verdonck.

31 octobre,
Fête de Sainte Notburge de Cologne, vierge (cf. ici) ;
Vigile de la Toussaint (cf. ici) ;
Conclusion du mois du Très Saint Rosaire (cf. > ici).

Gravure Sainte Anne oratoire du Mesnil-Marie - blogue

Gravure de Sainte Anne avec la Vierge et l’Enfant Jésus,
dans l’Oratoire du Mesnil-Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Ceux d’entre vous qui fréquentent, de manière régulière ou occasionnelle, notre Oratoire du Mesnil-Marie, ont peut-être prêté attention, près de l’autel de la Très Sainte Vierge Marie, à une gravure encadrée, sur laquelle est figurée Sainte Anne, en compagnie de la Vierge Marie, sa fille, et du Saint Enfant Jésus.

   Cette gravure, qui présente toutes les caractéristiques de la période maniériste ou du premier baroque, nous a été offerte par un ami, aujourd’hui défunt – hélas ! – qui l’avait chinée dans quelque brocante et avait pensé qu’elle pourrait être à notre goût. Comme elle est très correctement encadrée, dans un cadre doré simple mais élégant qui présente des marques d’ancienneté tout-à-fait charmantes, nous l’avons laissé tel quel.

   Lorsque nous nettoyâmes la vitre protectrice, nous pûmes noter l’inscription qui figure sur l’espèce de petite contremarche de la surélévation du trône sur lequel les deux saintes sont assises : « Mater mea et fratres mei hi sunt qui verbum Dei audiunt et faciunt : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique – Luc VIII, 21″.
Nous remarquâmes aussi sur la gauche l’inscription « P Bailly excu » et sur la droite « M de Vos pinx ». S’il était aisé de comprendre que la seconde désignait le peintre dont s’est inspiré le graveur, pour nous (mais peut-être l’un de nos lecteurs saura-t-il nous éclairer), la première inscription demeure énigmatique premièrement parce que nous ne savons pas de quel mot « excu » est l’abréviation, et deuxièmement parce que s’il y a bien eu un célèbre graveur parisien du nom de Bailly l’initiale de son prénom  n’était pas « P » (si ce « P » est bien une initiale de prénom) puisqu’il se prénommait Jacques.

Gravure Sainte Anne oratoire du Mesnil-Marie - détail 2

- Jacques Bailly, dit Jacques Bailly l’Ancien, né en 1629 et mort en 1679, fut un peintre, miniaturiste et graveur français, honoré du titre de peintre du Roi. On ne trouve pas dans sa descendance d’homme dont le prénom commence par la lettre P. Pour l’anecdote, notons qu’il fut l’arrière-grand-père de Jean-Sylvain Bailly, connu pour avoir été le premier maire de Paris au moment de la grande révolution.
De toute façon, le style de la gravure présente des caractères antérieurs à 1650. Nous ignorons s’il y a eu d’autres graveurs dans cette lignée avant Jacques Bailly, tout comme nous n’avons pas trouvé – pour l’instant – d’autre graveur portant ce patronyme. 

- Maarten de Vos, en français Martin de Vos, né en 1532 à Anvers, où il est aussi mort le 4 décembre 1603, est un peintre flamand de sujets religieux, allégoriques ou historiques, et de portraits. Il est l’un des principaux représentants du maniérisme flamand et le précurseur de la grande école baroque d’Anvers. Ses œuvres ont très fréquemment servi d’inspiration pour des graveurs et des maîtres-verriers.
Son tableau « la Famille de Sainte Anne » est  daté de 1585. Il semble évident que ce tableau est l’inspirateur de notre gravure, même s’il existe de très grandes différences entre les deux.

Martin de Vos - la famille de Sainte Anne - blogue

Martin de Vos (1532-1603) : la famille de Sainte Anne (1585)
[musée des Beaux-Arts de Gand]

   1) Dans le tableau de Martin de Vos, ce n’est pas Sainte Anne qui se trouve juste à côté de la Vierge Marie, et à laquelle l’Enfant Jésus fait un câlin, mais Sainte Elisabeth, comme le prouve le jeune Saint Jean-Baptiste qui se trouve devant elle ; les deux autres femmes portant des enfants que l’on voit au premier plan sont les deux premières filles de Sainte Anne, laquelle se trouve dans la partie supérieure droite, debout, déposant la Vierge Marie, petite enfant, dans les bras de Saint Joachim.

   2) Dans notre gravure, Sainte Anne a été substituée à Sainte Elisabeth, tous les autres personnages ont été supprimés, et on a un « effet miroir » (ce qui était à droite dans l’original se retrouve à gauche et vice versa) ; cependant la parenté demeure évidente comme on peut le constater dans la position de l’Enfant Jésus, et par la grappe de raisin qu’il dépose dans la main de Sa Mère.

Gravure Sainte Anne oratoire du Mesnil-Marie - détail 1

Martin de Vos - la famille de Sainte Anne - détail

(sur ce détail du tableau de Martin de Vos nous avons fait jouer l’effet miroir)

   Vous aurez peut-être remarqué que, dans le haut de la gravure il se trouve une partition, portée par sept chérubins – deux d’entre eux portant des instruments de musique – voletant dans des nuées…

Gravure Sainte Anne oratoire du Mesnil-Marie - détail 3

   Jusqu’à l’année dernière, nous ne nous étions pas vraiment intéressés à cette partition, jusqu’à ce qu’un jeune ami, organiste, regardant de près cette gravure, nous déclarât : « Savez-vous que cette partition n’est pas du tout fantaisiste mais peut vraiment se chanter ? »
Toutefois les choses en restèrent là à ce moment.

   Puis, en juillet 2025, un autre ami, maître de chœur dans sa paroisse, venu nous rendre visite, s’est lui aussi intéressé à cette gravure et à sa partition ; mais cette fois nous eûmes le fin mot de l’affaire puisque quelques jours seulement après le passage de cet ami, il nous adressa un courriel nous annonçant avoir trouvé la réponse, m’expliquant que cette partition est celle d’un motet de Cornelis Verdonck (1563-1525), compositeur flamand de la fin de la renaissance plutôt « conservateur », c’est à dire défendant la manière de composer de la seconde moitié du XVIème siècle en relative opposition aux évolutions stylistiques qui vont donner naissance au baroque.

   La partition originale du motet « Ave gratia plena » est difficilement exploitable pour un non spécialiste de la musique médiévale. Elle se retrouve sur de nombreuses gravures religieuses flamandes de la fin du XVIème et du début du XVIIème siècle. Et notre ami nous en a envoyé la transcription selon les façons actuelles d’écrire la musique : qu’il en soit chaleureusement remercié !

Ave gratia plena Cornelis Verdonck - blogue

   Voilà donc comment la gravure ancienne qui nous a été offerte il y a de nombreuses années a été l’occasion d’une espèce de jeu de piste – dont je viens de vous donner les péripéties et maintenant résolu -, qui, en ce dernier jour du mois du Très Saint Rosaire, nous permet de méditer encore une fois les paroles de la salutation angélique - que nous récitons sur les grains de nos chapelets -, mises en musique par Cornelis Verdonck :

(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

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2025-165. « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé ».

Vendredi 17 octobre 2025,
Fête de Sainte Marguerite-Marie, vierge de l’Ordre de la Visitation et messagère du divin Cœur de Jésus (cf. ici) ;
Mémoire du 2ème jour dans l’octave de Saint Michel ;
Anniversaire du Sacre de S.M.T.C. le Roi Louis XIII (17 octobre 1610) ;
Anniversaire du massacre de la Glacière en Avignon (17 octobre 1791 – cf. ici).

Apparition de Pontevedra - 10 décembre 1925

« Aie compassion du Coeur de ta Très Sainte Mère
entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment,
sans qu’il n’y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer »
(Paroles de NSJC à Sœur Lucie, Pontevedra, le 10 décembre 1925).

Cœur douloureux et immaculé de Marie

Préparer le centenaire de la demande de

de la dévotion réparatrice des premiers samedis

Source > ici

   Le mois dernier, le cardinal Burke a appelé les fidèles à prier pendant neuf semaines, du 8 octobre au 9 décembre 2025, pour préparer l’anniversaire, le 10 décembre prochain, des cent ans de la demande de Notre-Dame concernant les premiers samedis du mois. Le but de ces prières est d’obtenir que le Saint-Père accepte d’approuver et recommander officiellement cette dévotion pour toute l’Eglise (Voir lettre de liaison n° 178).

   Voilà maintenant deux semaines que cette neuvaine a commencé. Pendant les sept prochaines semaines, n’oublions pas de réciter quotidiennement la prière composée par le cardinal. Le Cœur Immaculé de Marie attend notre mobilisation. 

Cap Fatima, Salve Corda et l’Alliance des premiers samedis de Fatima

Cœur douloureux et immaculé de Marie

Prière quotidienne

du 8 octobre au 9 décembre 2025

pour obtenir que le Saint-Père
approuve et recommande
la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois

   O Vierge Mère de Dieu, ma Mère très chérie, Notre Dame de Fatima et du Très Saint Rosaire, je contemple votre Cœur Douloureux et Immaculé, transpercé par tant d’épines à cause de l’ingratitude et des graves péchés de vos enfants. Je regrette profondément et à jamais la façon dont mes péchés ont offensé votre Divin Fils ainsi que vous-même, Sa Mère sans péché. Le cœur humble et contrit, je voudrais réparer les offenses – grandes et petites – faites à votre Cœur par les péchés de vos enfants. 

   Par l’effet de votre amour maternel, vous m’avez appris à travers votre fille, la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos, comment faire réparation pour les péchés au moyen de la dévotion des premiers samedis. A
A l’occasion du centième anniversaire de votre apparition avec l’Enfant-Jésus à la vénérable servante de Dieu, le 10 décembre 1925, je vous promets d’observer le premier samedi du mois en faisant, de tout cœur, réparation pour les péchés, par la confession sacramentelle de mes péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, par la récitation du Chapelet, et en restant en votre compagnie pendant quinze minutes tout en méditant sur les mystères du Rosaire.
Je vous prie d’intercéder pour moi afin que ma pratique de la dévotion des premiers samedis puisse servir au salut de nombreuses âmes et à la paix dans le monde. 

   Aidez-moi aussi à transmettre à d’autres votre message au sujet de la dévotion réparatrice des premiers samedis.
Puisse l’Eglise à travers le monde entier, par obéissance envers votre conseil maternel, vous offrir cet acte d’amour, issu de cœurs humbles et contrits, en réparation sincère des péchés commis. Je donne entièrement mon cœur à votre Cœur Douloureux et Immaculé et, avec vous, je repose mon cœur pour toujours dans le Très Saint Cœur de Jésus. De tout mon cœur, j’offre cette prière à Celui qui, seul, est mon salut. Amen

Raymond Leo cardinal Burke

Notre-Dame de Fatima

2025-159. Méditation pour la fête de la Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie.

11 octobre,
Fête de la Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie (double de 2ème classe).

Marie Mère de Dieu - 11 octobre - blogue

Présence de Dieu :

Marie, Mère de Dieu, agréez mes humbles hommages
et faites que je puisse goûter, moi aussi, les doux fruits de votre maternité !

Méditation :

   1 – La fête que nous célébrons a pour objet le plus beau titre de Marie, sa prérogative la plus glorieuse, solennellement proclamée par le concile d’Ephèse contre l’hérésie de Nestorius : Marie est Mère de Dieu.
Aujourd’hui, l’Eglise félicite Marie de cette dignité suprême qui la place au-dessus de toute créature ordinaire, aux confins de l’infini, et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi des anges.

   Toute la Messe du jour s’inspire de ce thème.
L’introït rapporte la prophétie d’Isaïe qui avait entrevu, dès l’Ancien Testament, la grandeur de cette femme unique : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un Fils et Il sera appelé Emmanuel », c’est-à-dire Dieu avec nous.
L’épître, appliquant à la Vierge un passage du livre de la Sagesse, chante les louanges de sa maternité divine : « Marie est la vigne féconde qui produit le plus beau des fruits : Jésus ; elle est la Mère du bel amour », en elle est « toute la grâce de la voie et de la vérité, toute l’espérance de la vie et de la vertu » puisque c’est par elle seule que Dieu a donné au monde Son Fils unique, le Sauveur des hommes.

   Qui veut Jésus, doit le chercher entre les bras de Marie. Si nous voulons nous rendre propice le Sauveur, recourons à Sa Mère.
Qu’elle est donc douce, l’invitation maternelle : « Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et rassasiez-vous des fruits que je porte ».

   Oui, allons à Marie, et nous ne serons jamais déçus. En elle, nous trouverons de quoi nous rassasier, car Marie nous donne Jésus, le Rédempteur, le Père, l’Aliment de nos âmes.
En outre, par les exemples de sa vie admirable, Marie nous apprend à L’aimer, à L’imiter, à Le suivre, à profiter aussi pleinement que possible, de Son œuvre rédemptrice et sanctificatrice. De la sorte, Marie étend sa maternité également à nous, elle remplit à notre égard sa fonction de mère et nous permet de répéter en toute confiance la prière que l’Eglise met aujourd’hui sur nos lèvres : « Faites, Seigneur, que croyant qu’elle est vraiment la Mère de Dieu, nous soyons secourus par ses prières auprès de Vous » (collecte).

Monogramme de Marie couronné - vignette

   2 – La fête de la Maternité de Marie doit éveiller en nos cœurs la confiance en celle qui, en raison de sa dignité de Mère, a tous les pouvoirs auprès de son divin Fils.
En louant la Mère de Dieu, prions-la d’user en notre faveur de son pouvoir maternel : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs ».

   Quel meilleur avocat pourrions-nous trouver ? Quelle plus puissante patronne ? Jésus ne peut résister à la prière de Sa Mère, et Marie ne refuse rien à ceux qui l’invoquent par sa très douce maternité.
Toute femme qui s’ententend appeler « maman » est attendrie ; combien plus Marie ne sera-t-elle pas émue de s’entendre appeler « Mère de Dieu » ?
Invoquons-la donc sous ce titre, traitons-la en mère, Mère de Dieu avant tout et aussi notre Mère, car Jésus, en mourant sur la Croix, a voulu mettre à notre disposition les trésors de sa maternité.

   La Sainte Vierge a une mission maternelle à accomplir envers nos âmes ; Jésus Lui-même la lui a confiée. Elle lui est donc très chère et elle désire vivement l’accomplir.
Oui, Marie veut être notre Mère, elle veut user à notre avantage des privilèges et des trésors de sa maternité, mais elle ne peut le faire si nous ne nous confions à elle comme des enfants dociles et aimants.

   Même parmi les consacrés à Dieu, tous ne comprennent pas suffisamment la nécessité de se donner à Marie en enfants, d’ouvrir leur âme à son influence maternelle, de recourir à elle avec une confiance totale, d’implorer son secours dans toutes les difficultés, tous les périls, de mettre leur vie spirituelle sous son patronage.

   De même que, dans l’ordre naturel, l’enfant a besoin de sa mère et qu’il souffre moralement et spirituellement quand elle vient à lui manquer, ainsi dans l’ordre surnaturel, les âmes ont besoin d’une mère, la Très Sainte Vierge Marie.
Sans elle, sans ses soins maternels, les âmes souffrent, leur vie spirituelle est pénible, souvent étiolée, ou tout au moins elle n’est pas aussi vigoureuse qu’elle pourrait l’être.
lorsqu’au contraire les âmes se donnent à Marie, la cherchent et se confient en elle, leur vie intérieure progresse rapidement, leur marche vers Dieu devient plus aisée et plus agile, tout est plus facile, grâce au réconfort d’un cœur maternel.

Vierge avec des saints anonyme 17e siècle - blogue

La Vierge Marie entourée de saints (anonyme XVIIème siècle)

Colloque :

   « Votre nom, ô Mère de Dieu, est rempli de toutes les grâces et bénédictions divines. Vous avez porté dans votre sein Celui que les cieux ne peuvent contenir. Vous avez nourri Celui qui nourrit tout le créé. Le Seigneur de l’univers a voulu avoir besoin de vous, parce que que vous Lui aviez donné cette chair qu’Il n’avait pas auparavant. Réjouissez-vous, ô Mère et Servante de Dieu ! Réjouissez-vous ! Vous avez pour débiteur Celui qui donne l’être à toutes les créatures. Tous, nous sommes débiteurs de Dieu, mais Dieu est votre débiteur !
O très Sainte Vierge, vous avez plus de bonté, plus de charité que tous les autres saints ; plus qu’eux, vous avez accès auprès de Dieu, puisque vous êtes sa Mère. Je vous supplie donc, moi qui célèbre vos gloires et loue votre grande bonté, de vous souvenir de moi et de mes misères » (Saint Méthode).

   « O grande Mère de Dieu, je vous dirai, moi aussi, avec Saint Bernard : ‘Parlez, ô Dame, car votre Fils écoute, et Il vous accordera tout ce que vous Lui demanderez’. Parlez donc, ô Marie, ô mon avocate, en faveur du misérable que je suis. Souvenz-vous que c’est également pour mon bien que vous avez reçu tant de puissance et de dignité ! Dieu a voulu être votre débiteur en prenant de vous la nature humaine, afin que vous puissiez dispenser librement aux misérables les richesses de la divine miséricorede.
Si vous faites du bien à tous, ô vous, l’immensément Bonne, même à ceux qui ne vous connaissent ni ne vous honrent, à combien plus forte raison pourrons-nous espérer en votre bonté, nous qui voulons vous honorer, vous aimer, et qui nous confions en votre secours ? O Marie, vous pouvez nous sauver, même si nous sommes pécheurs, parce que Dieu vous a enrichie d’une miséricorde et d’une puissance plus grande que toute notre iniquité. O très douce Mère, je vous offre mon âme, daignez la purifier, la sanctifier et faire en sorte qu’elle appartienne toute à Jésus » (Saint Alphonse).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine »

Monogramme de Marie - roses et lis - couronne - vignette blogue

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