Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2024-82. Neuvième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay (9-11 mai 2024).

Lundi 8 avril 2024,
Fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.

Blason de la Confrérie Royale

Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale

au Puy-en-Velay

du 9 au 11 mai 2024

pour le Roi et pour la France

Trois lys blancs

   - Pourquoi n’avez-vous pas annoncé plus tôt le Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay ?
- Le pèlerinage a lieu chaque année à l’occasion du « pont » de la fête de l’Ascension : c’est une institution. Le propre des institutions est d’être stables et pérennes. Seules les années 2020 et 2021 nous ont exceptionnellement empêché d’accomplir ce pèlerinage annuel aux dates normales, en raison des restrictions à prétexte sanitaire, mais les choses sont revenues dans leur configuration normale.
Nous avons rappelé les dates du pèlerinage 2024 lors de la conclusion du pèlerinage de 2023, nous les avons rappelées à diverses occasions depuis, et encore lors de la dernière lettre mensuelle de la Confrérie, précisant que nous donnerions les indications pour les inscriptions après la fête de Pâques.
Les personnes conséquentes et convaincues de l’importance de ce pèlerinage savent agir en légitimistes responsables et n’attendent pas qu’on soit derrière elles à multiplier les rappels avant d’inscrire, d’une année sur l’autre, cette date dans leur agenda prévisionnel…

En ce 8 avril, fête reportée de l’Annonciation, nous pouvons vous le dire : les inscriptions sont ouvertes à compter de ce jour, et elles seront closes (sans dérogation possible) le samedi 27 avril dernier délai.

   - Quel est le thème retenu pour ce 9ème pèlerinage annuel ?
- L’année 2024 est riche de plusieurs anniversaires royaux importants, que nous évoquerons plus ou moins longuement, soit lors du pèlerinage lui-même, soit en d’autres occasions.
Compte-tenu du fait que la date du 10 mai se trouvera dans les jours de notre pèlerinage, nous ne pouvons pas ne pas mentionner le 250ème anniversaire de la mort de Louis XV (10 mai 1774), et le 230ème anniversaire de l’assassinat de Madame Elisabeth (10 mai 1794). Des conférences leur seront donc consacrées lors des approfondissements prévus, et je ne doute pas qu’ils seront pour les participants l’occasion de véritables découvertes, tant dans l’ordre spirituel qu’en ce qui concerne la doctrine monarchique traditionnelle.

Louis XV en costume de Sacre par Louis-Michel van Loo - blogue

Louis-Michel van Loo : Louis XV en costume de Sacre

   - Y a-t-il des nouveautés dont vous pouvez nous faire part ?
- Oui, et d’importance ! Tout en maintenant fermement la démarche de pèlerinage au Puy - ce sanctuaire primordial de la dévotion mariale sur le sol de ce qui deviendra la France, ce sanctuaire lié par tant de points historiques à nos Souverains et à la Gesta Dei per Francos -, nous ne logerons pas dans la cité du Puy elle-même, dans laquelle nous nous rendrons bien sûr, mais nous nous réunirons à quelque distance de là.
Certaines circonstances, absolument indépendantes de notre volonté, mais liées à la malice des ennemis du Trône et de l’Autel, nous ont contraints à cette décision, qui nous semble la meilleure, en l’état actuel des choses, afin de conserver à notre démarche de pèlerins un esprit paisible et serein.

   - Concrètement qu’est-ce que cela entraîne pour les pèlerins qui désirent participer au pèlerinage ?
- Le lieu du séjour ne sera communiqué qu’aux personnes qui feront la démarche pour s’inscrire : appelons cela une « mesure de prudence ».
Les personnes qui veulent donc participer au pèlerinage, qui, je le rappelle, commence le jeudi de l’Ascension 9 mai dans l’après-midi et s’achève le samedi 11 mai dans le début de l’après-midi, nous contactent au moyen de l’adresse électronique suivante : pelerinage.confrerie@gmail.com.
Pour les personnes qui ont déjà participé à nos activités et qui nous sont connues, elles recevront alors en retour un document plus précis leur permettant de finaliser leur inscription. Les personnes qui n’ont jamais participé à nos pèlerinages ou activités devront impérativement nous communiquer un numéro de téléphone afin que nous puissions avoir avec elles un contact personnel préalable.
Attention ! Les demandes concernant l’hébergement seront traitées dans l’ordre de leur arrivée. Il est donc raisonnable de prendre contact avec nous sans tarder pour que nous puissions gérer ces questions pratiques le mieux possible.

Supplice de Madame Elisabeth - blogue

   - Que devons-nous souhaiter à ce neuvième pèlerinage ?
- Plus que des souhaits – qui n’engagent pas à grand chose -, nous demandons à toutes les âmes de bonne volonté, qui aiment la France et soutiennent le combat légitimiste, de nous soutenir de leurs prières dans ces semaines de préparatifs de notre pèlerinage, et, si elles souhaitent nous aider plus concrètement en quelque manière (cela peut aller à de l’aide pour le secrétariat, à l’acceptation de responsabilités pratiques pendant les jours du pèlerinage, et aux dons manuels pour soutenir l’organisation et aider à la prise en charge financière des ecclésiastiques), de bien vouloir se manifester à nous sans retard. Nous les en remercions !

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Notre-Dame du Puy

2024-73. « Considérez quels furent les mouvements du Sacré-Cœur de Jésus ressuscité envers Sa Sainte Mère… »

Saint Jour de Pâques. 

     L’apparition de Jésus ressuscité à la Très Sainte Vierge Marie, Sa Sainte Mère, n’est pas mentionnée dans les Saints Evangiles, mais elle nous a été transmise par les plus anciennes traditions et confirmée par le témoignage d’authentiques grands mystiques et plusieurs Docteurs de l’Eglise.
Les quelques brèves lignes qui suivent, extraites d’un ouvrage de méditations de Dom Innocent Le Masson (1628-1703), Prieur de la Grande Chartreuse, sont une invitation à méditer chacun sur ce mystère en lequel, comme le souligne le docte et pieux Chartreux, se fit une sorte de fusion des deux Cœurs de Jésus et Marie :

Le Christ ressuscité, vainqueur de la mort,  apparaissant à la Vierge Marie, Theodor van Thulden

Theodor van Thulden (1606-1669) :
Le Christ ressuscité apparaissant à Sa Mère
[musée du Louvre]

Vignette - Agneau pascal - blogue

       Considérez, ô mon âme, quels furent les mouvements du Sacré-Cœur de Jésus Ressuscité envers Sa Sainte Mère ; avec quelle ardeur de Charité, Il Se porta à l’aller consoler des afflictions qu’Il savait que Sa Passion et Sa Mort lui avaient causées. Quels furent les mouvements des Cœurs du Fils et de la Mère dans cette rencontre.

   Ô Saint Cœur de Marie ! ce fût bien ici, que votre Cœur se fondit à la première parole du Sacré-Cœur ressuscité de votre cher Bien-Aimé ; ou plutôt le Cœur du Fils et celui de la Mère Se fondirent ensemble !

   Dites à ces deux Cœurs se parlant d’un langage ineffable, se fondant l’Un dans l’Autre d’une manière toute divine, dites-leur, dis-je, ce que votre cœur vous dira, et demandez-leur une part à leur protection et à leur sainteté.

   Sacré-Cœur de Jésus Ressuscité, pénétrant le Cœur de Votre Mère d’une manière ineffable ; je Vous adore et je Vous prie de me faire ressentir que Vous êtes le Dieu et le Roy de mon cœur.
Pénétrez mon cœur de Votre sainte crainte filiale ; gouvernez-le, et ne permettez point qu’il s’écarte jamais de Vous.

   Vive le Cœur de Jésus, le Roy des cœurs ; et qu’Il règne éternellement sur tous les cœurs !
Sacré-Cœur de Jésus, Vous êtes la source des joies et de la sainteté des Anges et des hommes ; c’est de Votre plénitude que nous recevons tout ce que nous pouvons avoir et désirer au Ciel et en la terre.
Je Vous conjure par Votre Charité, et par celle du Cœur de Votre Sainte Mère, qu’il Vous plaise de me donner part à la sainte paix de la charité, et de rendre mon cœur toujours souple et obéissant aux mouvements de Votre sainte grâce.

   Le Seigneur est ressuscité comme Il vous l’avait prédit !
Dieu Tout-Puissant, accordez-nous, en considération du Sacré-Cœur de Jésus ressuscité, que nos âmes soient renouvelées dans la vie de la grâce par Votre Esprit, et que nous ressentions la joie de l’érection de nos âmes par la Résurrection de ce Cœur-Sacré. Lui qui vit et règne avec Vous en l’unité du Saint-Esprit pour tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Dom Innocent Le Masson (1628-1703)
in « Exercice de dévotion au Sacré Cœur de Jésus » pp. 57-59, chez Claude Faure (1695) :
Prière à l’Apparition de Jésus ressuscité à Marie.

Agneau Pascal Roi - blogue

2024-69. Marie notre Amour, notre Vocation, notre Protection.

Note :

   Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois de la manière suivante, en sus des 3 angélus quotidiens qu’ils offrent habituellement en y ajoutant l’oraison pour le Roi extraite du Missel romain. Chaque 25 du mois donc, ils redoublent de prières, et offrent avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices de leur devoir d’état ainsi que les peines et les joies de ce jour ; ils travaillent plus méticuleusement à leur sanctification ; et, lorsque cela leur est possible, ils assistent à la Sainte Messe et offrent la sainte communion à l’intention du Roi ; ou bien encore, ils accomplissent quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire, offerts à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Le but de cette lettre est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et des approfondissements, qui sont toujours nécessaires.

Monogramme Prince Louis de Bourbon - Louis XX

Lettre mensuelle aux membres et amis de la

Confrérie Royale

- 25 mars 2024 -

armoiries confrérie royale

Marie notre Amour, notre Vocation, notre Protection.

       L’Annonciation, fête instituée par les Apôtres (Saint Augustin), est de droit fête d’obligation. Quand elle était encore en France, sous le doux règne des Lys, d’obligation de fait, la Sainte Vierge vint sanctionner la violation du chômage de cette fête par le huguenot Pierre Port-Combet en 1649 et le convertit, car la Toute-Puissance de Marie est Médiatrice de grâces. C’est dire que la Sainte Vierge tient à être honorée ce jour-là.

1 – Notre Amour de Dieu par Marie.

   L’Annonciation est le mystère de la Charité de Dieu communiquée aux hommes. Car en « Dieu, qui est charité » (1ère épître de Saint Jean IV, 8 et 16), « Charité du Père » (1ère épître de Saint Jean II, 15), « Charité du Christ » (épitres aux Romains VIII, 35, seconde aux Corinthiens V, 14, et aux Ephésiens III, 19) et « Charité du Saint-Esprit (épîtres aux Romains XV, 30 et aux Galates V, 13), en l’unité de la Très-Sainte-Trinité, « tend à se communiquer » aux hommes par l’Incarnation, qui est donc « le mystère de la Charité du Seigneur » (Saint Denys l’Aréopagite).

    »La conduite que les trois Personnes de la Très-Sainte-Trinité ont tenue dans l’Incarnation (…), elles la gardent tous les jours, d’une manière invisible, dans la Sainte Eglise », c’est-à-dire dans les âmes (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort) : elle est « le trésor de toutes les grâces » de Dieu le Père, « la trésorière des mérites, des vertus et des grâces » de Dieu le Fils, « la dispensatrice des dons ineffables » de Dieu le Saint-Esprit (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort).

   C’est pourquoi, autrefois, dans tout l’Occident du IXème siècle au XIIème, et plus tard encore en de nombreux lieux, dont l’Auvergne, le Velay, la Lorraine, l’Ecosse et la Toscane, l’année commençait le jour de l’Annonciation, début de notre Rédemption. Et les Papes firent de même dans leurs bulles jusqu’au début du XXème siècle.

   Dieu veut nous « donner la charité » (1ère épître de Saint jean III, 1) pour que « nous soyons réellement enfants de Dieu » (ibid.), parce que « celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1ère épître de Saint Jen IV, 16), ce qui est incompatible avec « l’amour du monde » (1ère épître de Saint Jean II, 15), ne l’oublions pas.

   La Reine de France Sainte Jeanne de France était si profondément inspirée de cette Charité de Dieu et de Marie par l’Annonciation qu’elle fonda l’ordre de la Très-Sainte Annonciade. L’Angélus trois fois quotidien devrait nous rappeler le salut que nous devons à l’amour de Marie pour Dieu et pour nous.

vitrail de l'Annonciation église de Vals-les-Bains - blogue

2 – Notre Vocation par Marie.

   C’était la première fois, nous dit Saint Thomas d’Aquin, qu’un Ange s’inclinait devant une créature humaine, et il s’inclinait pour trois raisons : « en raison de sa plénitude de grâce », « en raison de sa familiarité avec Dieu », « en raison de sa pureté ».

   Voyons donc l’Archange Saint Gabriel s’incliner devant Marie : « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous », lui dit-il à la Fontaine de Dame Marie. Puis chez elle, tandis qu’elle méditait ces paroles, il reprit la prophétie de Saint Isaïe (VII, 14) : « Vous avez trouvé grâce auprès de Dieu ; voici que vous concevrez en votre sein et enfanterez un Fils, et vous l’appellerez du nom de Jésus ». Et, après la question de la Très-Sainte Vierge sur la préservation de sa virginité : « Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ». Immédiatement elle répondit : « Fiat, oui » (Evangile selon Saint Luc 1, 28-38).

   Ce jour là, selon la prophétie de Saint Jérémie (XXXI, 22), « elle porta en son sein un Homme adulte » doué du plein usage de la raison. En témoignage et mémoriel de sa prophétie, il sculpta une statue de la Vierge à l’Enfant, plus tard apporté e par le Roi Saint Louis IX au Puy-Sainte-Marie.

   C’est pourquoi l’Annonciation est la fête de la Vocation de Mère de Dieu de Notre-Dame, et donc la fête patronale des vocations. D’abord sans doute la vocation de chrétien par notre baptême ; puis que les jeunes gens pensent à l’invoquer pour leur vocation sacerdotale ou religieuse et sachent comme Marie répondre oui à la Charité de Dieu par Marie.

   Les Anges ont toujours entouré leur Reine depuis lors, comme lors de son Apparition au Puy le 11 juillet 45, avant de consacrer eux-mêmes sa cathédrale le 11 juillet 225. Pourquoi n’accompagnerions-nous pas chaque 25 du mois notre Ange gardien présentant ses hommages et les nôtres à la Mère de Dieu et la nôtre ?

   Chantons avec eux la prophétie de Saint Isaïe (XXXV, 1) dans l’office de nuit de cette fête : « La gloire du Liban lui a été donnée ; la beauté du Carmel et de Saron ».

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Notre-Dame du Puy
la Vierge Noire couronnée, copie de la statue sculptée par le prophète Jérémie brûlée en 1794

3 – Notre Protection par Marie.

   L’Annonciation fut le début de l’œuvre divine de la Rédemption accomplie le Vendredi-Saint. Il convenait donc que les deux mystères eussent lieu le même jour, 25 mars et 15 nisan, jour de la fête pascale, selon les Pères dont Saint Augustin et les martyrologes dont le Martyrologe romain. Et c’était ainsi la Pâque en l’année de l’Annonciation.

   La première Apparition de l’Ange à la Fontaine de Dame Marie le 24 mars ou 14 nisan au soir eut lieu à l’heure du sacrifice de l’agneau pascal et de la Dernière Cène (heure de l’Angélus du soir).
La seconde Apparition en la maison de Notre-Dame au début de la nuit du 25 mars ou 15 nisan eut lieu à l’heure de l’Agonie du Christ. Saint Gabriel lui apparut comme Saint Michel apparut au Christ agonisant (Evangile selon Saint Luc XXII, 43).
La Sainte Vierge donna son Fiat à minuit du 25 mars ou 15 nisan (Evangile selon Saint Luc I, 38), à l’heure de l’Arrestation du Christ peu après son Fiat (Evangile selon Saint Luc XXII, 42 – heure de l’Angélus de minuit chez les Chartreux).

   La Sainte Vierge médita ensuite les paroles de l’Archange en extase, comme le Vendredi Saint elle contempla au Cénacle le début de la Passion de son Fils en extase, avant de Le suivre sur le chemin du Calvaire (heure de l’Angélus du matin).
Et elle passa toute sa journée en extase, comme le vendredi Saint elle contemplait son Fils au pied de la Croix (heure de l’Angélus de midi, institué au Puy en 1449).

   Encore maintenant, lors de la coïncidence entre l’Annonciation et le Vendredi Saint, a lieu un grand jubilé en la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy, avec indulgence plénière, à l’image de celle que Notre-Seigneur accorda au Bon Larron Saint Dismas (Evangile selon Saint Luc XXIII, 43).

   Ce fut à l’occasion d’un de ces jubilés, en 1429, que Notre-Dame du Puy envoya Saint Michel chercher Sainte Jeanne d’Arc pour délivrer Orléans et sacrer le Roi Charles VII, en réponse à la grande dévotion manifestée par ce Roi à Notre-Dame du Puy pour le salut de son Royaume.
Vénérée par vingt Rois de France, sachons invoquer sa protection sur « le saint Royaume » de France (Sainte Jeanne d’Arc).

   L’Annonciation est une fête de l’Avent (rappelée en Avent le 18 décembre par l’Expectation de Marie) et de la Nativité (rappelée après Noël le 1er janvier par la Maternité divine commémorée par les oraisons de la Circoncision). Et Marie nous prépare à recevoir Jésus dans la communion.

   Mais elle est aussi, comme nous venons de le voir, une fête de la Passion. Et d’ailleurs sa date moyenne dans le calendrier lunaire (de Pâques) est le dimanche de la Passion. Et inversement la date moyenne de ce dimanche est le 25 mars. Car Marie, connaissant les Ecritures, savait que son Fils souffrirait la Passion (Isaïe LIII), et fut la Vierge des Douleurs et la Vierge Fidèle, et elle nous aide dans nos croix.

   L’Annonciation peut tomber encore après Pâques. Car, comme pour son Fils, le Fiat de Marie mérite la gloire pascale de l’Annonciation, et elle est pour nous la Porte du Ciel (genèse XXVIII, 17).

   Comme le dit Henri Pourrat au jubilé du Puy de 1932 :

« Et c’est vrai, nul de ceux qui sont venus à vous
N’est jamais reparti sans avoir assistance. »

   C’est ce que nos ancêtres avaient bien compris. Sans compter les cathédrales dédiées à l’Assomption ou à la Nativité, cinq cathédrales françaises sont dédiées à l’Annonciation : le Puy en raison de sa dédicace par les Anges, protectrice de la France, Cavaillon, Nancy, où est vénéré le corps du Roi de France Saint Sigebert III, Moulins, et à titre secondaire Saint-Pol de Léon. Comme le disait le serviteur de Dieu Roi Louis XIII : « C’est chose bien raisonnable qu’ayant été Médiatrice de ses bienfaits [de Dieu], elle le soit de nos actions de grâces ».

   Louis XIV, agonisant et déjà inconscient, pendant que les aumôniers récitaient leurs prières à son chevet, récita avec eux et plus fort qu’eux le « Je vous salue, Marie », par la grande habitude qu’il avait eue toute sa vie de réciter le chapelet quotidiennement.

   Suivons l’exemple du Grand Roi, et, selon la demande de Notre-Dame à Lourdes et à Fatima, récitons le chapelet « maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort » dans les bras de Marie.

   « O notre Patronne, jetez un regard sur votre peuple pieux ;
Que la vraie foi ramène ceux que ravit l’erreur ;
O très bonne Mère qui avez pour nous enfanté le Christ,
Soyez aussi la Mère qui, tels des fils, nous engendre pour le Christ »

(ancienne hymne de la Délivrance du Puy par le secours de Marie).

   « O guerrière très vaillante,
O notre très douce espérance,
De nos ennemis protégez-nous
Dans le dernier combat »

(nouvelle hymne de la Délivrance du Puy par le secours de Notre-Dame).

Ainsi soit-il !

Abbé Gabriel Equin +

Messe solennelle au maître-autel - Cathédrale du Puy

2024-42. La Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix, vierge de l’Ordre de Saint Augustin, fondatrice du premier monastère de moniales Augustines.

18 février,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de la Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix, vierge ;
Fête de Sainte Marie-Bernard Soubirous, vierge ;
Mémoire de Saint Siméon de Jérusalem, évêque et martyr ;
En Carême, mémoire de la férie.

Symboles de l'Ordre de Saint Augustin - blogue

       La fécondité de la Règle de Saint Augustin n’est pas à démontrer : elle a produit une immense constellation de saints des deux sexes aussi bien dans les Chapitres canoniaux que dans les Monastères, d’hommes et de femmes ou les Ermitages.

   La Bienheureuse qui figure dans les livres liturgiques propres des Ermites de Saint Augustin à cette date du 18 février, la Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix, en est une nouvelle illustration.
Sa vie nous est connue par le récit d’un biographe qui fut son contemporain, a été lui-même témoin d’un grand nombre des faits qu’il rapporte, ou a recueilli les témoignages des religieuses qui ont vécu avec elle.

la Bienheureuse Chrétienne priant dans les champs - blogue

La Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix priant dans les champs

       Née dans un famille de pauvres paysans vers 1237, dans un hameau proche de la petite cité de Santa Croce sull’Arno (à environ deux lieues à l’est de Pise), elle reçut au saint baptême le prénom d’Oringa.

   Oringa Menabuoi était semble-t-il la seule fille au milieu de plusieurs frères.
Si ses parents étaient pauvres de biens terrestres, ils étaient riches d’une grande et vivante foi qu’ils surent transmettre à Oringa. Dès sa plus tendre enfance, elle fut ardemment éprise de la vertu de chasteté et elle s’attacha avec un soin jaloux à garder son esprit et son cœur dans une rigoureuse pureté.
On l’envoyait garder les troupeaux, et elle aimait ces moments de solitude qu’elle passait à prier et à méditer.

   Elle avait une dizaine d’années, semble-t-il, lorsqu’elle perdit sa mère ; son père la suivit dans la tombe quelques années plus tard.
Oringa, devenue une belle adolescente, soucieuse de ne pas être importunée par les jeunes gens, s’efforçait de cacher sa beauté, parfois même en se passant de la boue ou de la cendre sur le visage.
Ses frères qui, eux, n’avaient ni sa foi ni sa délicatesse d’âme, mais étaient plutôt rustres, la pressaient de se marier, arguant qu’avec sa beauté elle trouverait facilement un époux de bonne condition et qu’ainsi elle les tirerait tous de la misère.
Comme elle leur résistait, ils en vinrent à la maltraiter.

   Oringa, âgée d’une vingtaine d’années, résolut alors de s’enfuir.

la Bienheureuse Chrétienne part pour Lucques - blogue

La Bienheureuse Chrétienne s’enfuit de Santa Croce

   Elle se rendit à Lucques, où, pendant environ cinq années, elle fut au service d’un homme de bonne condition, vertueux, et d’une vie exemplaire. Elle ne gardait pour elle que le strict nécessaire et utilisait ses gages pour venir en aide aux pauvres, aux malades et à d’autres jeunes filles qui, comme elle, avaient dû se placer mais ne recevaient pas toujours le juste salaire pour leur service.
Oringa, dont la vie spirituelle s’intensifiait, édifiait tellement son entourage qu’on en vint à ne plus l’appeler que « Cristiana : Chrétienne », parce qu’on voyait avec admiration en elle l’exemple incarné de toutes les vertus chrétiennes.
Ce qui était à l’origine un surnom, devint finalement son nom et elle ne fut plus appelée qu’ainsi désormais.
Cela marquait aussi une forme de désappropriation totale d’elle-même, comme si sa propre personne n’avait plus d’importance : la seule chose qui comptait désormais était son appartenance au Christ et l’imitation de ses vertus.

   Pendant toute cette période, Chrétienne était très proche de la spiritualité franciscaine, et sans doute fréquentait-elle des groupes de tertiaires ou de pèlerins fervents qui allaient en groupes visiter des sanctuaires, participaient aux processions, se rassemblaient dans les rues des villes pour prier et chanter en marchant d’églises en chapelles et d’oratoires en calvaires, s’encourageaient aux œuvres de charité et se rendaient avec assiduité aux prédications…

Statue de Saint Michel sur la façade de la basilique du Mont Gargan - blogue

Statue de Saint Michel archange
sur la façade de la basilique du Mont Gargan (état actuel)

   Son séjour à Lucques prit fin lorsque, avec quelques compagnons très religieux, elle partit en pèlerinage au sanctuaire de l’archange Saint-Michel sur le mont Gargan. Elle nourrissait une dévotion particulière, depuis son enfance, pour le grand Archange auquel elle avait confié la protection de sa pureté, et qui l’inspirait, voire venait lui-même prendre sa défense en certaines occurrences périlleuses.

   Après ce pèlerinage, elle s’arrêta à Rome où, pendant une dizaine années, elle fut au service d’une noble et pieuse veuve, avec laquelle, aux alentours de l’année 1277, elle se rendit en pèlerinage à Assise.
Dans la Ville Eternelle, dont elle avait visité avec assiduité les si nombreux sanctuaires, auprès de tant de tombes et de reliques de saints et de martyrs, sa vie spirituelle crût encore ; en outre, toujours dans la mouvance franciscaine où se popularisait la dévotion à la Conception immaculée de la Très Sainte Mère de Dieu, elle reçut elle-même, par inspiration mystique, de grandes lumières sur ce mystère.

   Mais à l’occasion du pèlerinage à Assise, le Seigneur, dans une vision, lui montra avec précision une maison, le lieu où elle se trouvait et la manière dont elle était construite, et Il lui demanda d’en faire un monastère.

la Bienheureuse Chrétienne reçoit des lumières célestes sur la Conception immaculée de la Mère de Dieu - blogue

La Bienheureuse Chrétienne reçoit des lumières célestes
au sujet du mystère de la Conception immaculée de la Mère de Dieu

   Obéissant à cette inspiration, Chrétienne, qui avait alors une quarantaine d’années, retourna dans son pays natal et commença à mettre en pratique son idéal de vie religieuse. Quelques jeunes filles attirées par son exemple la rejoignirent pour mener une vie consacrée au service de Dieu : une sorte de vie semi-érémitique, en réclusion, sous un règlement inspiré de celui des tertiaires franciscaines.

   L’administration municipale de Santa Croce sull’Arno consentit à mettre à leur disposition la maison à l’abandon que Chrétienne avait vue distinctement dans sa vision d’Assise. Ce fut d’abord sous la forme d’un prêt, conditionné à la vie édifiante des recluses, auxquelles la municipalité permettait d’être jusqu’à douze ; puis, le 24 décembre 1279, la même autorité déclara que ce qui avait été accordé avait la valeur d’un don.

   Originellement, nous l’avons vu, cet ermitage urbain où vivaient des recluses, était marqué par la spiritualité franciscaine. Mais dans les années qui suivirent, et de nouvelles vocations se présentant, c’est la Règle de Saint Augustin qui prévalut. Nous en avons la confirmation par un documents officiel de janvier 1294 adressé « à l’abbesse et au couvent des religieuses de Sainte Marie la Neuve (Santa Maria Novella) et Saint Michel de Santa Croce de l’Ordre de Saint Augustin ».
En revanche, on ne connaît pas les détails de la transition : cela s’accomplit-il de manière progressive ? sur des conseils extérieurs ? sur des inspirations de Mère Chrétienne ? 

   L’appartenance à part entière à l’Ordre des Ermites de Saint Augustin fut confirmée en 1295 par le nouveau Supérieur général des Augustins, Simon de Pistoia, qui déclara qu’il faisait partager « l’abbesse et la communauté du monastère de Santa Maria Novella, du bourg de Santa Croce » aux biens spirituels de l’Ordre pour l’affection qu’elles avaient manifestée envers l’Ordre des Augustins, « comme nous l’avons appris du rapport de nos religieux ».

   C’est une cinquantaine d’années auparavant, en décembre 1243, que le pape Innocent IV avait consenti, à leur demande, à l’union de plusieurs petites communautés érémitiques vivant sous la Règle de Saint Augustin et qu’il en avait fait le quatrième Ordre mendiant de l’Eglise latine (après les Franciscains, les Carmes et les Dominicains).
Jusqu’à cette date de 1294, il n’existait pas de congrégation féminine correspondant aux Ermites de Saint Augustin, il n’y avait que des abbayes de Chanoinesses régulières : ainsi, le monastère fondé à Santa Croce par Mère Chrétienne se trouve-t-il être le premier de tous les monastères de moniales Augustines.

la Bienheureuse Chrétienne et quelques compagnes entrent en réclusion - blogue

La Bienheureuse Chrétienne et ses premières compagnes entrent en réclusion
dans la maison qui leur était alors prêtée par la commune de Santa Croce sull’Arno
et qui deviendra le premier monastère de moniales Augustines

   Jusqu’au 4 janvier 1310, jour de sa mort, Mère Chrétienne demeura l’abbesse du monastère de Santa Maria Novella e San Michele, accueillant de nombreuses vocations et les formant ; les édifiant surtout par son admirable pureté, sa perfection dans l’observance de la Règle et des usages monastiques, son exemplarité dans la pratique des vertus, son don de pénétration des âmes, ses prophéties et ses visions…

   Un document très intéressant émanant de l’évêque de Lucques Enrico del Carretto, en 1303, atteste que la fête de la Conception de Notre-Dame, le 8 décembre, était célébrée au monastère, et c’est le motif qu’il met en avant pour encourager les fidèles à se montrer généreux dans leurs aumônes pour aider à l’achèvement des travaux : « car dans son oratoire la solennité de la Conception de la Très Glorieuse Vierge Marie est célébrée chaque année avec une dévotion particulière et sincère ».

   Du vivant même de Mère Chrétienne, il fallut agrandir à plusieurs reprises en raison de l’affluence des vocations.

La Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix âgée - blogue

   Lorsque Mère Chrétienne eut environ soixante-dix ans, elle fut contrainte à l’immobilisation, et cela dura trois ans : paralysée de tout le côté droit et affligée de douleurs aiguës dans toutes les parties du corps, mais rayonnante de joie et vivant dans une sorte de prière continue.
Les témoins affirment que la lumière éternelle qui inondait son âme transparaissait sur son visage, et qu’à l’heure de sa mort, son visage rayonnait d’une telle joie, qu’il était facile de comprendre que cette âme privilégiée qui quittait ce monde commençait déjà à vivre dans le bonheur éternel.
Elle appela ses sœurs autour d’elle, leur parlant avec tendresse et affection maternelle, et les consolant par de douces paroles, puis elle expira paisiblement…

   En raison des foules qui accoururent pour se recueillir devant sa dépouille exposée dans l’église, on ne put l’enterrer dans des délais normaux : en effet, les habitants de Santa Croce ainsi qu’une multitude extraordinaire de personnes, des deux sexes, venant des villages environnants et de villes plus lointaines, en procession et chantant des cantiques affluèrent pour vénérer le corps de celle qu’ils proclamaient déjà sainte… Et c’est ainsi que pendant les dix-huit jours que dura ce défilé ininterrompu, et alors qu’on ne lui avait fait subir aucun traitement de conservation ni embaumement, son corps demeura sans aucun signe de corruption.

   Dès le premier anniversaire de sa mort, les autorités de Santa Croce, qui la proclamèrent céleste protectrice de la ville, organisèrent des festivités en son honneur.
Aussitôt après sa mort, les fidèles commencèrent à l’invoquer et obtinrent des grâces par son intercession, si bien que son culte s’établit de manière pérenne. Dans un document du 26 octobre 1386, l’évêque de Lucques, Fra’ Giovanni Saluzzi, qualifie Mère Chrétienne de « bienheureuse ». 

Le corps demeura intact, cela fut vérifié à l’occasion d’une exhumation au début du XVIème siècle ; mais le 20 août 1515, un incendie qui ravagea une grande partie du monastère l’a irrémédiablement endommagé : les ossements ont alors été placés dans une statue.
Le culte de la Bienheureuse Chrétienne fut officiellement confirmé par Pie VI le 15 juin 1776.

   Bien que son dies natalis soit le 4 janvier, dans le calendrier traditionnel des Ermites de Saint Augustin la fête de la Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix est assignée au 18 février. 

Crucifix donné par le Bienheureux Grégoire X - blogue

Crucifix donné par le Bienheureux Grégoire X (pape du 1er septembre 1271 au 10 janvier 1276)
à la Bienheureuse Chrétienne de Sainte-Croix,
et toujours vénéré dans son monastère.

2024-36. Messe de la Bienheureuse Vierge Marie du Vœu de Louis XIII (10 février).

10 février,
Fête de la Bienheureuse Vierge Marie du Vœu de Louis XIII ;
Anniversaire de l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638 – cf. > ici) ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin, mémoire de Saint Guillaume de Maleval ;
Mémoire de Sainte Scholastique, vierge.

Champaigne - Vœu de Louis XIII - musée des beaux-arts Caen

Philippe de Champaigne (1602-1674) : le Vœu de Louis XIII

Monogramme Marie 2

Fête de la Bienheureuse Vierge Marie

en mémoire du Vœu de Louis XIII

Introitus (Ps. XLIV) :

   Vultum tuum deprecabuntur omnes divites plebis : adducentur Regi virgines post eam : proximae ejus adducentur tibi in laetitia et exsultatione.
V./ Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi. Gloria Patri…

   Tous les riches du peuple imploreront votre regard. Après elle, des vierges seront amenées au Roi ; ses compagnes Vous seront présentées dans la joie et l’allégresse.
De mon cœur ont jailli des paroles exquises : je dédie mes œuvres au Roi. Gloire au Père…

Oratio :

   Deus qui sanctissimam Virginem Mariam, genitricem tuam, super choros angelorum exaltatam fidelibus tuis patronam providisti : oculis misericordiae Francorum respicere digneris imperium : quod tutelae ejusdem Virginis rex piissimus voto perpetuo commendavit : qui vivis et regans…

   O Dieu, qui, après avoir élevé au-dessus des chœurs des anges la Très Sainte Vierge Marie Votre Mère, l’avez donnée pour patronne à Vos fidèles, daignez jeter des regards de miséricorde sur le royaume des Francs, qu’un roi très pieux, par un vœu perpétuel, a placé sous la garde de cette même Vierge : ô Vous qui vivez et régnez…

Et on fait les mémoires prescrites.

Lectio libri Sapientiae (Eccli. XXIV 14-16) :

   Ab inítio et ante sǽcula creáta sum, et usque ad futúrum sǽculum non désinam, et in habitatióne sancta coram ipso ministrávi. Et sic in Sion firmáta sum, et in civitáte sanctificáta simíliter requiévi, et in Ierúsalem potéstas mea. Et radicávi in pópulo honorificáto, et in parte Dei mei heréditas illíus, et in plenitúdine sanctórum deténtio mea.

   J’ai été créée dès le commencement et avant les siècles, et je ne cesserai point d’être dans la suite des âges ; et j’ai exercé devant Lui mon ministère dans la maison sainte. J’ai été ainsi affermie dans Sion ; j’ai trouvé mon repos dans la cité sainte, et ma puissance est établie dans Jérusalem. J’ai pris racine au milieu du peuple glorifié, dont l’héritage est le partage de mon Dieu, et j’ai établi ma demeure dans l’assemblée des saints.

Graduale :

   Benedícta et venerábilis es, Virgo María : quæ sine tactu pudóris invénia es Mater Salvatóris.
V./ Virgo, Dei Génetrix, quem totus non capit orbis, in tua se clausit víscera factus homo.

   Vous êtes bénie et digne de vénération, Vierge Marie, qui avez été mère du Sauveur, sans que votre pureté ait subi d’atteinte.
Vierge, Mère de Dieu, Celui que tout l’univers ne peut contenir, s’est enfermé dans votre sein en se faisant homme.

   Alleluia. Alleluia.
Per te, Dei Genitrix, nobis est vita perdita data : quae de caelo suscepisti prolem, et mundo genuisti Salvatorem. Alleluia.

   Alléluia. Alléluia.
Par vous, ô Mère de Dieu, la vie perdue nous a été rendue : du ciel, vous avez reçu votre Enfant, et vous avez donné un Sauveur au monde. Alléluia.

Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur

   Regina mundi dignissima, Maria Virgo perpetua, intercede pro nostra pace et salute, quae genuisti Christum Dominum Salvatorem omnium.

   Très digne Reine du monde, ô Marie perpeétuellement vierge, intercédez pour que nous soient donnés la paix et le salut, vous qui avez enfanté le Christ Seigneur, Sauveur de tous.

+ Sequentia Sancti Evangelii secundum Lucam (I, 41-47) :

   In illo témpore : Repléta est Spíritu Sancto Elisabeth et exclamávit voce magna, et dixit : Benedícta tu inter mulíeres, et benedíctus fructus ventris tui. Et unde hoc mihi ut véniat mater Dómini mei ad me ? Ecce enim ut facta est vox salutatiónis tuæ in áuribus meis, exsultávit in gáudio infans in útero meo. Et beáta, quæ credidísti, quóniam perficiéntur ea, quæ dicta sunt tibi a Dómino. Et ait María : Magníficat ánima mea Dóminum ; et exsultávit spíritus meus in Deo salutári meo.

   En ce temps-là : Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit et elle s’écria à haute voix, disant : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant a tressailli de joie dans mon sein. Heureuse vous qui avez cru ! Car elles seront accomplies les choses qui vous ont été dites de la part du Seigneur ! ». Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur ».

Credo.

Offertorium :

   Recordare, Virgo Mater, in conspectu Dei, ut loquaris pro nobis bona, et ut avertat indignationem suam a nobis.

   Souvenez-vous, Vierge Mère de Dieu, d’intercéder en notre faveur en présence du Seigneur, et de détourner de nous Sa colère.

Secreta :

   Deus, cui Francorum rex se suumque regnum consecravit : per hanc quam immolamus hostiam, et beatae Virginis Deiparae intercessionem, continuis regnum defende praesidiis. Per Dominum…

   O Dieu, auquel un roi des Francs a consacré sa personne et son royaume, par cette Hostie que nous Vous immolons, et par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Mère de de Dieu, défendez ce royaume par des secours continus. Par Jésus-Christ…

Et on fait les mémoires prescrites.

Præfatio de B. Maria Virg. : Et te in Festivitate.

Communio :

   O gloriosa Genitrix, Virgo semper Maria quae Dominum omnium meruisti portare, et Regem angelorum sola virgo lactare : nostri, quaeso, pia memorare et pro nobis Christum deprecare.

   O Mère glorieuse, Marie toujours vierge, qui avez mérité de porter le Seigneur de tous, et qui, seule, avez allaité le Roi des anges : souvenez-vous de nous avec bonté, je vous en prie, et priez le Christ pour nous.

Postcommunio :

   Deus, qui nos non desinis sanctis reficere sacramentis : fac ut, cum beata Maria semper Virgine, aeterni gaudii simus participes : qui eam gentis nostrae patronam sincera pietate veneramur. Per dominum…

   O Dieu, qui ne cessez de nous fortifier par vos sacrements saints : faites que, avec la bienheureuse Marie toujours Vierge, nous soyons participant des joies éternelles, nous qui, avec une piété sincère, la vénérons comme patronne de notre nation. Par Jésus-Christ…

Et on fait les mémoires prescrites.

Statue d'argent de Notre-Dame offerte par Charles X - trésor de Notre-Dame de Paris - blogue

La statue d’argent de la Très Sainte Vierge Marie offerte par SMTC le Roi Charles X à Notre-Dame de Paris
pour la procession du 15 août en accomplissement du Vœu de Louis XIII

2024-13. O admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses !

16 janvier,
Fête du Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Marcel 1er, pape et martyr.

C'est vous, bonne Marie, l'asile des pécheurs - blogue

Ô admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses !

       « Ne craignez point de vous confier à Marie, malheureux pécheurs ; jetez-vous dans son sein avec une entière confiance. Vous avez un moyen assuré de salut, et vous vous laisseriez périr ! La bonne Vierge Marie veut vous arracher à l’éternelle damnation, et vous iriez affronter la colère de Dieu, et vous vous condamneriez vous-mêmes aux souffrances de l’enfer. Oh ! non ; voilà que vous renoncez sans retour à tous vos dérèglements, à toute une vie de péchés et de scandales.

   Voilà que vous dites à la Très-Sainte Vierge : Me voici confus et humilié ; recevez votre enfant, qui ne mérite plus ce titre ; cachez-le sous vos ailes maternelles, et priez Dieu pour lui, pour qu’Il lui fasse miséricorde.
Marie aura pitié de vous. La considération de vos crimes pourrait vous arrêter peut-être. Vous avez foulé aux pieds toutes les vertus dont Marie vous donnait un si bel exemple. Vous avez profané peut-être cette angélique pureté si chère à la Vierge sans tache. Votre cœur, fait pour être la demeure des pensées chastes et saintes, s’est souillé de mille pensées impures, de mille désirs obscènes ; vous vous êtes abandonnés à tous vos penchants dépravés. Ah ! Marie a bien souffert d’une conduite si opposée à la sienne. Mais, enfin, elle est mère. A votre tour, pleurez sur toutes vos erreurs. Marie aura égard à vos larmes, elle vous aidera à recouvrer votre innocence. Quelque grands que soient vos crimes, sa bonté est plus grande encore ; pourvu que vous les détestiez, elle intercèdera pour vous, elle vous défendra auprès de Dieu, et Dieu Se laissera toucher.

   Ô admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses ! Souvent elle n’attend pas que le pécheur aille à elle. Comme le bon pasteur, elle court à la recherche de la brebis égarée. Que de conversions obtenues par sa protection toute puissante, que d’âmes arrachées à l’enfer par ses supplications auprès de Dieu !
Non, Chrétiens, elle ne vous laissera pas périr ; elle vous fera ouvrir les yeux à la lumière, elle vous montrera l’horrible état de votre conscience, et vous frémirez, et vous reviendrez à Dieu… Un peu de confiance, un peu de bonne volonté, et vous sentirez tous les effets de sa puissante intercession.

   Ô Marie, douce Vierge, ayez pitié de tous les coupables. Du haut du ciel, jetez un regard favorable sur les crimes de la terre. Assise sur le trône éclatant où vous ont élevé vos vertus, intercédez pour les pécheurs.
Dieu ne peut rien vous refuser. Jésus-Christ vous accordera, puissante souveraine, tout ce que vous Lui demanderez pour le salut des âmes. Ces âmes pécheresses, qui vous devront leur bonheur, vous loueront pendant toute une éternité ; toute une éternité, elles chanteront votre gloire.
Ô Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous ! »

Abbé Martin, in « Le Livre de Marie – Cours d’instructions neuves et surtout pratiques » (26ème jour)
[ouvrage édité chez Taillard-Jaunet, à Guincourt, en 1857]

Vignette typographique Vierge Marie attitude Médaille miraculeuse - blogue

2023-176. « Là Il vit dans un état de plus parfaite sainteté que dans tout autre mystère de Sa vie mortelle…»

18 décembre,
Fête de l’Expectation de l’enfantement de la Bienheureuse Vierge Marie,
(dont on fait ensuite la mémoire tous les jours suivants, jusqu’au 24 décembre inclus) ;
Mémoire de la férie de l’Avent ;
« O Adonaï » ;
Anniversaire du rappel à Dieu du Rd Père Joseph de Paris, né François Leclerc du Tremblay (+ 18 décembre 1638).

Monogramme Marie 2

       La fête de l’Expectation (c’est-à-dire de l’Attente) de l’enfantement de la Bienheureuse Vierge Marie, dont les origines se trouvent au dixième concile de Tolède en 654, est rapidement passée des Espagnes à de très nombreux diocèses du monde entier ainsi que dans les fêtes propres de très nombreuses congrégations religieuses.
Au Mesnil-Marie, nous l’avons non seulement gardée, mais, conformément aux usages traditionnels des Ermites de Saint-Augustin, nous conservons aussi l’usage d’en faire la commémoraison tous les jours suivants, jusqu’à la Nativité de NSJC.

   C’est une fête qui est d’une richesse spirituelle extraordinaire et inépuisable : elle nous entraîne à contempler les sentiments de la Très Sainte Vierge Marie pendant les jours de sa grossesse : elle qui est déjà instruite de l’identité réelle de cet Enfant qui est formé en elle et de Sa mission ici-bas ; elle qui est devenue le sanctuaire vivant où est formé, pour le Verbe Eternel et incréé, le Corps et le Sang qu’Il offrira en sacrifice de rédemption puis qui seront ensuite, jusqu’à la consommation des siècles, présents et offerts dans la Sainte Eucharistie ; elle qui, dans ses méditations et prières tout au long du jour, ne peut qu’avoir les échanges les plus sublimes avec le Verbe divin ; elle qui est la nouvelle Arche d’Alliance en laquelle Dieu réside d’une manière telle qu’il n’en a jamais existé auparavant et telle qu’il n’y en aura jamais plus… etc.
Sur tout cela, j’aurais beaucoup de choses à dire : peut-être, le développerai-je au fil des années, si Dieu me me donne vie et force.

   C’est aussi une fête qui nous invite à méditer sur les sentiments de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vivant en Marie, dont le Corps adorable est en train de se parachever et de croître dans le sein de cette Très Sainte Mère, jusqu’au moment de Sa naissance. Pour aujourd’hui, je vous livrerai, ci-dessous, les éléments qu’en a exposés Monsieur Olier, qui établissent d’ores et déjà de précieuses indications d’approfondissement et de méditation.  

Vierge de l'Attente 2 - Blogue

« Là Il vit dans un état de plus parfaite sainteté
que dans tout autre mystère de Sa vie mortelle…»

       « Le Verbe, venant au monde, a trouvé, dans le sein de la bienheureuse Vierge, un séjour de sainteté, semblable, autant qu’il pouvait l’être par l’opération du Saint-Esprit, à celui de Son Père.

   Là Il vit dans un état de plus parfaite sainteté que dans tout autre mystère de Sa vie mortelle.
Tandis que sur la terre Il vivra au milieu des créatures maudites à cause du péché, au milieu des pécheurs, dont les vices Lui causeront des peines intolérables ; dans Marie, qui est, après Dieu, ce qu’il y a de plus saint, Il est comme dans un monde de sainteté.
Cette demeure tient le milieu entre Son séjour dans la gloire, dans la sainteté du ciel, et le séjour qu’Il fera sur la terre, couverte des horreurs abominables du péché.

   Sa demeure au sein de Marie tempère cette immense opposition, Il y vit séparé de tout usage des créatures, ou plutôt Il n’use d’aucune d’elles que par Marie.
Par elle, Il use de la lumière ; par elle, Il use des aliments : en un mot, tout se convertit en Marie pour Jésus : Elle Lui est toutes choses : elle est Sa lumière, Sa force, Sa nourriture, Sa demeure, Son temple.

   Là Il bénit et loue la Majesté divine ; là Il sanctifie Sa Mère et la remercie de Lui aider à servir Dieu, et de Lui être un moyen de Le glorifier.

   Aussi y demeure-t-Il tout le temps qu’Il peut y faire Sa résidence sans en perdre un seul moment ; et, pour en partir, attend-Il jusqu’au dernier instant marqué par Son Père… »

Abbé Jean-Jacques Olier de Verneuil, dit « Monsieur Olier »
in « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge », chap. VIII

Guirlande de sapin - gif

2023-174. L’église Sainte-Marie de Coustouges, en Vallespir, et la statue de Notre-Dame de l’Espinas.

15 décembre,
Octave de l’Immaculée Conception (cf. > ici).

1 - Coustouges - vue générale

Le village de Coustouges, en Vallespir

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       A l’occasion des fêtes de la Très Sainte Vierge Marie, j’aime beaucoup, lorsque cela est possible, me rendre dans quelque sanctuaire ou chapelle qui lui est dédié ; et si ce n’est pas réalisable physiquement, je m’y « transporte » par l’esprit, pour saluer l’image de la Madone qui s’y trouve mise à l’honneur et lui réciter une prière…

   En ce jour octave de l’Immaculée Conception de Notre-Dame, je vous propose de vous « emmener » avec moi, pour nous rendre ensemble dans cette magnifique province qu’est le Roussillon, que j’apprécie fort, pour de multiples raisons.
A l’occasion de la fête de Saint Damase (cf. > ici), j’ai évoqué le village de Coustouges, tout en haut du Vallespir, où une tradition locale rapporte que naquit Laurentia, la mère du saint pontife, ajoutant qu’il aurait lui-même ordonné, en 370, qu’une chapelle y fut édifiée.
Cette tradition est gravée dans le marbre à Coustouges : voici la plaque qu’on trouve scellée dans un mur, à proximité de l’église.

3 - Coustouges église Sainte-Marie plaque à l'extérieur

   C’est cette église, dédiée à la Très Sainte Mère de Dieu, que je vous emmène donc visiter aujourd’hui.
Une petite église de village, qui n’est évidemment plus la chapelle qu’aurait voulue Saint Damase, mais une remarquable église romane du XIIème siècle, construite par les moines de l’abbaye Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech (celle-là même où sont conservées les reliques des Saints Abdon et Sennen – cf. > ici), qui eurent ici un prieuré.
C’est une petite église à une seule nef, sans transept, relativement massive, flanquée d’un haut et fin clocher carré dont l’élégance opère un intéressant contraste avec le reste de l’édifice.

2 - Coustouges église Sainte-Marie extérieur

4 - Coustouges église Sainte-Marie clocher

   L’accès à l’église se fait par une porte sans ornementation pratiquée dans le mur sud. Comme la majorité des églises anciennes en Vallespir, les vantaux sont ornés de remarquables ferrures formant rinceaux. Le loquet est lui-même travaillé de manière à se terminer en tête d’animal.

5 - Coustouges église Sainte-Marie porte

6 - Coustouges église Sainte-Marie détail ferronerie

   Franchissons cette porte.
Elle ne donne pas accès directement à la nef, mais dans son grand « vestibule » : sorte de narthex, de « sas » entre le monde profane et la maison de Dieu, et de baptistère : remarquez l’impressionnante cuve baptismale de granit qui s’y trouve placée.
En voyant les espèces de banquettes de pierre, comme des degrés, qui courent le long de la muraille, on pense aussitôt que ce lieu pouvait aussi être l’endroit où se faisaient les assemblées paroissiales, au temps où – pendant des siècles, avant la révolution supposée avoir apporté la « démocratie » au peuple – les décisions concernant la communauté villageoise étaient prises sur place par cette communauté villageoise, après avoir invoqué le Saint-Esprit ou entendu la Sainte Messe pour avoir les bonnes inspirations, sans qu’il soit besoin d’avoir à consulter les règlements, avis, consignes et normes départementaux, régionaux, nationaux et européens…

7 - Coustouges église Sainte-Marie entrée

   On le comprend, en regardant à main droite sur le cliché ci-dessus, c’est là que se trouve la véritable porte d’entrée de l’église.

8 - Coustouges église Sainte-Marie porche intérieur

   Flanquée de colonnes, surmontée d’un tympan sculpté de motifs géométriques élaborés, on est particulièrement émerveillé par le fin travail de sculpture de ses voussures : « Non est hic aliud nisi domus Dei, et porta cœli : ce n’est pas autre chose ici que la maison de Dieu, et la porte du ciel ! » (Gen. XXVIII, 17).

9 - Coustouges église Sainte-Marie détail voussures

   Le contraste entre cette nef romane très sobre et le sanctuaire est saisissant.
On comprend vite que, en réalité, ce grand retable de pierre, de style classique, auquel est adossé l’autel, est un aménagement du XVIIème ou XVIIIème siècle, et que le sanctuaire roman d’origine, semicirculaire et voûté en cul-de-four, se trouve au-delà.
En revanche, n’a pas bougée, l’extraordinaire grille de fer forgé, sans doute l’une des plus belles de la région, qui forme lâ clôture entre la nef et le sanctuaire.

   Le contraste lumineux entre la nef sombre et la clarté dégagée par l’ouverture pratiquée dans le retable au-dessus du tabernacle ne permet pas tout de suite de voir ce qui y est exposé : nous le découvrirons en nous approchant.

10 - Coustouges église Sainte-Marie intérieur

   Toutefois, avant que de nous avancer, profitons justement de ce que nous avons un peu de recul pour admirer spécialement le sommet de ce retable, qui culmine avec la représentation de la colombe du Saint-Esprit.

11 - Coustouges église Sainte-Marie détail autel partie supérieure

   Cette représentation de la colombe du Saint-Esprit au sommet du retable n’est certainement pas un « hasard ».
Il serait en effet très étonnant que, même dans un petit village juché sur un col près des sommets pyrénéens, le curé-prieur de l’époque et les artisans, artistes ou imagiers 
locaux, n’eussent pas eu l’intention expresse de représenter au-dessus de celle qui nous est présentée au centre du retable, Celui qui l’a « couverte de Son ombre » et rendue féconde : la Très Sainte Vierge Marie Mère de Dieu, invoquée ici sous le vocable de Notre-Dame de l’Espinas (c’est-à-dire Notre-Dame de l’Aubépine).

12 - Coustouges église Sainte-Marie ND de l'Espinas

   Notre-Dame de l’Espinas est une Vierge à l’Enfant du XVIIIème siècle, debout, portant son Petit Jésus sur le bras gauche, tenant un petit rameau d’aubépine dans la main droite. L’Enfant et la Mère sont couronnés.
La particularité de cette statue, c’est que les robes de la Vierge (elle en a plusieurs) sont faites avec des robes de mariées, qui lui sont offertes après les cérémonies d’épousailles ; et les robes de l’Enfant Jésus sont faites avec des robes de baptême d’enfants baptisés ici.

13 - Coustouges église Sainte-Marie ND de l'Espinas - Copie

   J’ai visité l’église Sainte-Marie de Coustouges en février 2022, et je l’ai beaucoup aimée… J’y fusse demeuré bien davantage que l’emploi du temps ce jour-là ne l’eût permis !

   J’y retourne aujourd’hui, avec vous, bien chers Amis, en ce jour octave de l’Immaculée Conception et alors que nous allons commencer demain la neuvaine préparatoire à la fête de la Nativité de notre divin Sauveur. Priez-la avec moi :

   Vous êtes au-delà de toute beauté, ô Vierge marie, ô ma Reine, ô ma Mère,
Vous en laquelle la tache originelle n’a jamais été,
Vous en laquelle, toute pure et toute sainte,
ne fut jamais la souillure du péché !

   Recouverte de la nuée divine,
comme il sied au Temple véritable et vivant
dédicacé par le vrai Salomon, Roi de paix,
pour qu’y réside la Présence cachée de l’Emmanuel ;
Vous êtes bénie, consacrée et sanctifiée à jamais,
Arche de l’Alliance nouvelle et éternelle,
renfermant la Loi vivante et la Manne éternelle !

   Votre vêtement est blanc plus que la neige :
mais plus immaculée encore est la splendeur de votre âme,
rejaillissant sur votre visage en rayons d’immarcescible gloire, 
Vous resplendissez comme le soleil,
ô Vous dont le Soleil de Justice a fait Son trône,
Vous choisissant entre toutes les femmes,
et Vous préparant de toute éternité pour être l’Eve nouvelle :
Vierge Mère portant Celui qui est la Vie,
Vierge Mère donnant la Vie au monde !

   Née en cette Jérusalem de la terre
pour devenir la figure de la Jérusalem céleste,
Vous en êtes l’ornement et la gloire ;
Vous êtes la joie de l’Israël véritable,
qui est la Sainte Eglise et le peuple des vrais fidèles,
qui n’ont point trahi l’Alliance
conclue dans le Sang de l’Agneau mystique,
ce Sang qu’Il a reçu de Vous !

   Entraînez-nous, ô Vierge immaculée :
nous mettrons dans les vôtres nos pas de pauvres pécheurs,
et nous remettant entre vos mains,
pour que Vous nous gardiez de tout égarement,
nous Vous suivrons, à l’odeur de vos parfums…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

14 - Coustouges église Sainte-Marie ND de l'Espinas

2023-173. Leçons du deuxième nocturne des matines de l’Octave de l’Immaculée Conception

15 décembre,
L’Octave de l’Immaculée Conception (double majeur).

       Au jour octave de la fête de la Conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie, qui couronne et achève cette fête si chère à nos âmes et à notre dévotion, les leçons du deuxième nocturne des matines de ce jour nous donnent à relire et à méditer, comme une forme de louange à Notre-Seigneur et à Sa Très Sainte Mère, les parties de la Constitution apostolique « Ineffabilis Deus » du 8 décembre 1854 dans lesquelles le Bienheureux Pie IX a affirmé que ce point de doctrine appartient bien au dépôt de la foi révélée, et qu’on ne peut se prétendre catholique si on n’y adhère pas de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa volonté.

Octave de l'Immaculée - Blogue

 Au deuxième nocturne :

De la Bulle dogmatique « Ineffabilis Deus » du Pape Pie IX.

Quatrième leçon.

   Dès les temps anciens, les évêques, les ecclésiastiques, les ordres réguliers et même les empereurs et les rois ont instamment prié le Siège apostolique de définir comme un dogme de la foi catholique l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu. De nos jours même, ces demandes ont été réitérées, et surtout elles ont été présentées à Notre prédécesseur Grégoire XVI d’heureuse mémoire, et à Nous-même, tant par les évêques, par le clergé séculier et par le clergé régulier, que par les princes souverains et les peuples fidèles.
Prenant donc en sérieuse considération, dans une joie profonde de Notre cœur, tous ces faits dont Nous avons une pleine connaissance ; à peine élevé sur la chaire de saint Pierre, malgré Notre indignité, par un secret dessein de la Providence, avions-Nous pris en main le gouvernail de toute l’Eglise, que Notre plus ardent désir a été, suivant la vénération, la piété et l’amour, dont Nous sommes animé depuis Nos plus tendres années envers la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, d’achever tout ce qui pouvait être encore dans les vœux de l’Eglise, afin d’accroître l’honneur de la bienheureuse Vierge et de répandre un nouvel éclat sur ses prérogatives.

Cinquième leçon.

   C’est pourquoi, plein de confiance et persuadé dans le Seigneur que le temps opportun est venu de définir l’Immaculée Conception de la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, que la parole divine, la vénérable tradition, le sentiment constant de l’Eglise, l’unanime accord des évêques catholiques et des fidèles, les actes mémorables de Nos prédécesseurs ainsi que leurs constitutions ont mise dans une admirable lumière et si formellement déclarée, après avoir mûrement pesé toutes choses, après avoir répandu devant Dieu d’assidues et de ferventes prières, Nous avons pensé qu’il ne fallait pas tarder davantage à décider et définir par Notre jugement suprême l’Immaculée Conception de la Vierge ; à satisfaire ainsi les si pieux désirs du monde catholique et Notre propre piété envers la très sainte Vierge, et en même temps à honorer de plus en plus en elle son Fils unique notre Seigneur Jésus-Christ, puisque tout l’honneur et toute la gloire qu’on rend à la Mère rejaillit sur le Fils.

Sixième leçon.

   En conséquence, après avoir offert sans relâche, dans l’humilité et le jeûne, Nos propres prières et les prières publiques de l’Eglise à Dieu le Père par son Fils, afin qu’il daignât, par la vertu de l’Esprit-Saint, diriger et confirmer Notre esprit ; après avoir imploré le secours de la cour céleste et invoqué avec gémissement l’Esprit consolateur, et ainsi, par sa divine inspiration, en l’honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et l’ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l’exaltation de la foi catholique et l’accroissement de la religion chrétienne ; par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu’elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles.
C’est pourquoi, si quelqu’un avait la présomption, ce qu’à Dieu ne plaise, de penser contrairement à Notre définition, qu’il apprenne et qu’il sache que, condamné par son propre jugement, il aurait souffert naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Église.

Monogramme Marie 2

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