Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2026-80. Marie, notre médiatrice.

8 mai,
En certains lieux, fête de Marie Médiatrice de toutes grâces (double de 2ème classe - cf > ici) ;
Mémoire de l’apparition de Saint Michel archange au Mont Gargan ;
Anniversaire de la délivrance d’Orléans par Sainte Jeanne d’Arc (cf. ici).

Marie Médiatrice de toutes grâces - blogue

L’intercession de Marie

nous est nécessaire pour nous sauver :

       La foi nous enseigne qu’il est, non seulement permis, mais encore utile et conforme à la piété, d’invoquer et de prier les saints, et principalement leur Reine, la Très Sainte Vierge Marie, afin d’obtenir la grâce divine par leur intercession.
Cette vérité, l’Eglise l’a définie en divers conciles, et elle a condamné comme hérétiques ceux qui réprouvaient l’invocation des saints comme injurieuse à Jésus-Christ, notre unique Médiateur.
Si, après sa mort, Jérémie prie pour Jérusalem ; si les vieillards de l’Apocalypse présentent à Dieu les prières des justes ; si Saint Pierre promet à ses disciples de se souvenir d’eux dans l’autre vie ; si Saint Étienne prie pour ses persécuteurs ; si Saint Paul prie pour ses compagnons et ses amis ; il est clair que les saints peuvent prier pour nous ; mais alors, pourquoi ne pourrions-nous pas supplier les saints d’intercéder en notre faveur ?
D’un autre côté, Saint Paul se recommande aux prières de ses disciples : Priez pour nous, dit-il aux Thessaloniciens ; Saint Jacques exhorte les fidèles en ces termes : Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés. Nous pouvons donc, nous aussi, quêter les prières d’autrui, et en particulier celles des saints.

   Que Jésus-Christ soit notre unique Médiateur de justice ; que Lui seul nous ait obtenu par Ses mérites la réconciliation avec Dieu, qui le nie ?
Mais, d’autre part, c’est une impiété de nier que Dieu Se plaise à octroyer Ses grâces en ayant égard à l’intercession des saints, et surtout à celle de la divine Mère, Marie, que Jésus désire tant de voir aimée et honorée de nous.
Qui ne sait que l’honneur rendu aux parents rejaillit sur leurs enfants ? Les pères sont la gloire de leur fils, selon le Sage. Qu’on ne craigne donc pas d’obscurcir la gloire du Fils à force de louer la Mère, car honorer la Mère, c’est louer le Fils :  » Il n’est nullement douteux, dit Saint Bernard, que toutes les louanges que nous donnons à la Mère et à la Reine, retournent au Fils et au Roi ». En effet, personne n’en doute, c’est en considération des mérites de Jésus-Christ que Marie fut investie de ce grand pouvoir qui la constitue Médiatrice, disons-nous non pas à titre de justice, mais à titre de grâce et par intercession. Saint Bonaventure n’hésite pas à l’appeler ainsi ; et Saint Laurent Justinien demande : Comment ne serait-elle pas pleine de grâce, celle qui est devenue l’Echelle du paradis, la Porte du ciel, la véritable Médiatrice entre Dieu et les hommes ?

   A ce propos, Suarez observe avec raison que prier la Sainte Vierge de nous obtenir des grâces, c’est témoigner que nous nous défions, non pas de la miséricorde divine, mais de nous-mêmes et de notre indignité ; nous nous recommandons à Marie, afin que sa dignité supplée à notre misère.

   Ainsi, que ce soit une chose utile et sainte de recourir à l’intercession de Marie, ceux-là seuls peuvent le révoquer en doute qui renoncent à la foi. Mais le point que nous prétendons établir ici, c’est que l’intercession de Marie nous est même nécessaire pour le salut, c’est-à-dire, pour parler avec précision, non pas absolument, mais moralement nécessaire. Et nous disons que cette nécessité découle de la volonté de Dieu même, Lequel ne veut pas nous faire de grâces qui ne passent par les mains de Marie. C’est le sentiment de Saint Bernard ; et nous pouvons ajouter, avec l’auteur du Règne de Marie, que ce sentiment est communément suivi aujourd’hui par les théologiens et les docteurs. Ainsi ont enseigné Vega, Mendoza, Paciuchelli, Segneri, Poiré, Crasset et un très grand nombre d’autres savants écrivains. Le Père Noël Alexandre lui-même, pourtant si réservé dans ses propositions, affirme aussi que la volonté de Dieu est que nous attendions toutes les grâces par l’intercession de Marie ; et il cite à l’appui le mot célèbre de Saint Bernard : « La volonté de Dieu est que nous ayons tout par Marie ». Le Père Contenson soutient la même doctrine ; il explique en ce sens les paroles adressées par Jésus du haut de la croix à Saint Jean, et il les commente en ces termes : « Voilà votre Mère, comme si le Sauveur eût dit : Personne n’aura part aux mérites du sang que Je répands, si ce n’est par l’intercession de ma Mère. Mes plaies sont les sources de la grâce ; mais les ruisseaux n’en couleront sur aucune âme que par le canal de Marie. Jean, Mon cher disciple, vous serez aimé de moi en proportion de l’amour filial que vous aurez pour elle ».

   Selon Saint Bernard, Dieu a comblé Marie de toutes les grâces, afin que tous les biens destinés aux hommes leur arrivent par elle comme un canal céleste : « Pareil à un aqueduc plein jusqu’au bord, elle donne à tous sa plénitude ». Le saint fait en outre une réflexion bien remarquable ! Si, dit-il, avant la naissance de la bienheureuse Vierge, on ne voyait pas dans le monde ce courant de grâces qui s’épanchent aujourd’hui sur tous les hommes, c’est qu’alors cet Aqueduc si désirable y manquait. Marie a été donnée au monde afin que, par ce canal de grâces, les dons célestes descendent continuellement jusqu’à nous.

   Le démon le sait bien ; aussi, de même que, pour réduire la ville de Béthulie, Holopherne en fit couper les aqueducs, cet esprit malin s’attache de tout son pouvoir à détruire dans les âmes la dévotion envers la Mère de Dieu ; car, ce canal salutaire une fois fermé, il lui devient facile de les subjuguer. « Voyez donc, conclut le même Père, voyez, âmes fidèles avec quelle affectueuse dévotion le Seigneur veut que nous honorions notre Reine ! Il a mis en elle la plénitude de tous les biens, afin de nous obliger à recourir sans cesse à elle avec une entière confiance en sa protection, et à reconnaître ainsi que, désormais, s’il est pour nous quelque espérance d’obtenir la grâce et d’arriver à la gloire, nous ne pouvons la voir réaliser que par l’entremise de Marie ». – Saint Antonin dit pareillement : « Toutes les grâces qui ont jamais été départies aux hommes, leur sont venues par le moyen de Marie ».

   Voilà pourquoi elle est comparée à la lune. Placée entre le soleil et la terre, dit Saint Bonaventure, la lune renvoie à cette dernière la lumière qu’elle-même reçoit du soleil ; et Marie reçoit du soleil divin les célestes influences de la grâce, pour nous les transmettre ici-bas.

   C’est pour le même motif que la Sainte Eglise l’invoque sous le titre de Porte du ciel : Felix coeli porta. Toute lettre de grâce émanée du roi passe par la porte de son palais ; ainsi, remarque Saint Bernard, nulle grâce ne descend du ciel sur la terre, sans passer par les mains de Marie. Et, rendant raison de la même appellation, Saint Bonaventure ajoute que nul ne peut entrer dans le ciel, sans passer par cette bienheureuse Porte qui est Marie.

   Nous sommes encore confirmés dans notre sentiment par Saint Jérôme, ou, comme certains le veulent, par un autre auteur ancien, dont le sermon sur l’Assomption a été inséré parmi les œuvres de ce Père. On lit dans ce sermon que la plénitude de la grâce est en Jésus-Christ comme dans la tête, d’où découlent et se répandent en nous, ses membres, tous les esprits vitaux, c’est-à-dire, les secours divins nécessaires au salut ; et que la même plénitude se trouve en Marie comme dans le cou par lequel les esprits vitaux descendent dans les membres.
Saint Bernardin s’empare de cette pensée et la développe : « C’est par la Bienheureuse Vierge, dit-il, que toutes les grâces de la vie spirituelle descendent de Jésus-Christ, Chef sacré de l’Eglise, dans Son corps mystique, c’est-à-dire dans les fidèles ». Et, rendant compte de cette prérogative de la divine Mère, il ajoute : « Depuis qu’il a plu au Seigneur d’habiter dans le sein de la Bienheureuse Vierge, elle a en quelque sorte acquis une certaine juridiction sur toutes les grâces ; car Jésus-Christ, en sortant de ses chastes entrailles, fit en même temps sortir d’elle, comme d’un céleste réservoir, tous les courants des dons divins ».
Le saint répète la même chose ailleurs, et en tire cette conclusion qu’à partir de l’Incarnation du Verbe, « nulle créature n’a obtenu de Dieu une grâce quelconque, si ce n’est par les mains de notre bonne et tendre Mère ».

   Un auteur interprète dans le sens de notre thèse, le passage où Jérémie prédit, à propos de l’Incarnation du Verbe dans le sein de Marie, qu’une Femme environnera l’Homme-Dieu. « De même, dit-il, qu’une ligne tirée du centre d’un cercle ne peut en sortir sans passer par la circonférence, ainsi aucune grâce ne peut nous venir de Jésus-Christ, centre de tout bien, sans passer par Marie, qui, en recevant le Fils de Dieu dans son sein, l’a réellement environné de toute part ».

   Il résulte de là, selon Saint Bernardin, que tous les dons, toutes les vertus et toutes les grâces, sont dispensés par les mains de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut.

   Richard de Saint-Laurent dit pareillement : « Dieu n’accorde aucun bien à Ses créatures sans le faire passer par les mains de la Vierge Mère ». Aussi le vénérable abbé de Celles exhorte chacun de nous à recourir à cette Trésorière des grâces, comme il l’appelle, assurant qu’elle est le seul canal par où le monde et chaque homme en particulier puissent recevoir les faveurs qu’ils attendent de Dieu.

   On le voit clairement : en affirmant que toutes les grâces nous viennent par l’entremise de Marie, tous ces saints, tous ces pieux auteurs n’ont pas voulu attacher à leurs paroles ce sens restreint, à savoir : que de Marie nous avons reçu Jésus-Christ, la source de tout bien. Ils nous déclarent en termes formels, qu’à partir de la naissance de Jésus-Christ, et cela en vertu d’un décret divin, toutes les grâces provenant de Ses mérite furent distribuées aux hommes, le sont actuellement, et le seront jusqu’à la fin du monde par les mains et moyennant l’intercession de Marie.

   Pour conclure, nous dirons avec le Père Suarez que, selon le sentiment aujourd’hui universel de l’Eglise, l’intercession de Marie ne nous est pas seulement utile, mais encore nécessaire.
Il ne s’agit pas ici, nous le répétons, d’une nécessité absolue : la médiation de Jésus nous est seule absolument nécessaire ; nous parlons d’une nécessité morale fondée sur cette raison que, comme le pense l’Eglise, d’accord avec Saint Bernard, Dieu a décrété de ne nous accorder aucune grâce, si ce n’est par l’entremise de Marie.
Et avant Saint Bernard, Saint Ildephonse avec affirmé la même chose, en parlant ainsi à la glorieuse Vierge : « O Marie ! il a plu au Seigneur de remettre entre vos mains tous les biens qu’il a préparés aux hommes ; Il vous a confié tous les trésors et toutes les richesses de Ses grâces ».
Selon Saint Pierre Damien, si Dieu n’a pas voulu Se faire homme sans le consentement de Marie, c’est pour deux raisons : premièrement, afin de nous obliger à une extrême reconnaissance envers cette divine Mère ; secondement, pour nous apprendre que le salut de tous les hommes est remis à sa décision.

   Saint Bonaventure considère le passage où le prophète Isaïe annonce, sous l’emblême d’une tige et de sa fleur, la naissance de Marie et celle du Verbe fait chair : il sortira une tige de la Racine de Jessé, et une fleur s’élèvera de sa racine, et sur cette fleur reposera l’Esprit du Seigneur ; or voici la réflexion que lui inspire ce beau texte : « Quiconque désire obtenir la grâce du Saint-Esprit, doit chercher la Fleur sur la Tige, c’est-à-dire Jésus en Marie : car par la Tige nous arrivons à la Fleur, et par la Fleur nous arrivons à Dieu. Et voulez-vous, ajoute-t-il, avoir cette Fleur ? tâchez, à force de prières, d’incliner vers vous la Tige, et vous l’aurez ». Le Docteur Séraphique appuie ce conseil sur le texte de l’Evangile : Les Mages trouvèrent l’Enfant avec Marie Sa Mère. Jamais, dit-il, on ne trouve Jésus qu’avec Marie et par Marie ; ainsi donc, conclut-il, celui-là cherche en pure perte Jésus-Christ, qui ne cherche pas à le trouver avec Marie ». De là ce mot de Saint Ildephonse : « Pour être serviteur du Fils, je veux l’être de la Mère ». J’aspire à être le serviteur du Fils ; et, comme cela est impossible à quiconque ne l’est pas de la Mère, toute mon ambition est de mériter le titre de serviteur de Marie.

Saint Alphonse-Marie de Ligori, docteur de l’Eglise,
in « Les Gloires de Marie », chapitre V, 1ère partie.

Monogramme de Marie vitrail avec anges - blogue

2026-79. Pour le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale à l’intention du Roi et de la France auprès de Notre-Dame du Puy, et pour les pèlerinages associés.

Jeudi 7 mai 2026.

Blason Confrérie Royale petite taille

Très Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

       Ainsi que cela vous a été annoncé, un accident handicapant ayant rendu inopérant Frère Maximilien-Marie, il a semblé plus raisonnable de réduire les dimensions du pèlerinage annuel pour le Roi et la France au Puy-en-Velay au seul jour de l’Ascensionjeudi 14 mai 2026 : nous n’oublierons d’ailleurs pas que, en 1643 également, le 14 mai coïncidait avec le jeudi de l’Ascension, et que c’est ce jour-là que notre très pieux Roi Louis XIII rendit sa belle âme à Dieu (cf. > ici) et que c’était exactement trente-trois années après son accession au trône, le 14 mai 1610, jour de l’assassinat de son père, Henri IV le Grand, notre premier Roi Bourbon.

Saint Vincent de Paul assistant Louis XIII en son agonie - vitrail de l'église Saint-Séverin à Paris

Louis XIII mourant dans les bras de Saint Vincent de Paul
[vitrail de l'église Saint-Séverin, à Paris].

   En parallèle avec ce pèlerinage aux pieds de Notre-Dame du Puy, nous invitons tous ceux qui avaient prévu de venir de loin, même si c’est en petits groupes de deux ou trois seulement, d’accomplir le même jour, une démarche spirituelle d’union avec les pèlerins qui se trouveront au Puy-en-Velay.

I – Pèlerinage aux pieds de Notre-Dame du Puy :

   Jeudi de l’Ascension 14 mai 2026, donc, un prêtre membre de la Confrérie Royale dirigera la démarche du pèlerinage au Puy-en-Velay : pour connaître les horaires (Sainte Messe en particulier), le lieu de rendez-vous et le déroulement du pèlerinage, nous contacter au moyen de l’adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com.
A noter 1) que chacun prévoit son pique-nique pour le déjeuner, et que 2) le pèlerinage n’est pas réservé aux membres de la Confrérie Royale, mais qu’il est ouvert à toute personne de bonne volonté qui veut prier pour le Roi et la France.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

II – Pèlerinages associés :

   Ce même jour, nous invitons tous les membres de la Confrérie Royale, où qu’ils se trouvent, à se retrouver avec d’autres personnes, membres ou amis de la Confrérie, ou simplement désireuses d’accomplir quelque démarche spirituelle pour le Roi et la France, et d’organiser, selon les lieux et les opportunités soit un petit pèlerinage, soit un moment de prière, en sus de la Sainte Messe du jour de l’Ascension (fête d’obligation, il n’est jamais inutile de le rappeler).
Nous invitons nos amis de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) et du Cercle d’Action Légitimiste (CAL) à faire de même.

- De quelle manière ?
En se retrouvant si possible pour la Messe, puis – pourquoi pas ? – en déjeunant ensemble (pique-nique), enfin en se rendant soit dans un lieu de pèlerinage, pas forcément un « grand » pèlerinage, ce peut être une belle chapelle en l’honneur de la Madone ou d’un saint, un sanctuaire dans lequel se trouve une statue particulière ou lié à notre histoire, ou encore le lieu du martyre ou de la sépulture de quelque victime de la révolution… etc. (les villes et les campagnes de notre beau Royaume n’en manquent pas : c’est à chaque groupe de choisir celui qui lui semble le plus adapté).
Vous manquez d’idée ? Contactez-nous, et nous pourrons peut-être vous aider.
Si les lieux s’y prêtent – je pense en particulier dans les campagnes – ce peut-être l’occasion de faire une petite marche en récitant le chapelet ou le saint rosaire, et en chantant nos beaux cantiques traditionnels.
S’il y a dans le groupe quelque personne capable, elle peut, bien sûr, dispenser aux autres un enseignement spirituel…

   Le seul « impératif » c’est que la démarche et les prières soient offertes pour notre Roi et pour la France. Autour de cela, chaque groupe peut adapter son « pèlerinage associé » en fonction de ses possibilités. Ce n’est pas plus compliqué que cela !

   Certaines personnes se sont déjà manifestées à nous, et nous les remercions. S’il y a des personnes qui seraient désireuses de s’unir à cette démarche mais ne connaissent pas de groupe, elles peuvent nous contacter et nous pouvons les mettre en contact avec les groupes qui se sont signalés à nous s’il s’en trouve dans leurs parages… 

   Nous souhaitons seulement que les groupes se fassent connaître à nous, pour que les pèlerins qui seront au Puy puissent les présenter à Notre-Dame, dans ce sanctuaire où une vingtaine de nos souverains est venue se recueillir et prier.
Là encore, une adresse électronique de contact : pelerinage.confrerie@gmail.com.

Pèlerins en procession

Prières à Notre-Dame de Fourvière :

Canivet Notre-Dame de Fourvière

       Glorieuse Notre-Dame de Fourvière, vous qui n’avez jamais abandonné ceux qui ont imploré votre secours, plein de confiance en votre bonté, je viens réclamer votre puissante protection auprès de Jésus-Christ votre Fils, persuadé que ce Fils chéri ne me refusera pas les grâces qui Lui seront demandées par l’intercession de Sa Très-Sainte Mère ; mais quoique je sois indigne de vos bontés, ô Vierge sainte, veuillez jeter sur moi un regard de miséricorde et me permettre de venir souvent prier dans votre sanctuaire afin d’obtenir de vous les grâces toutes particulières que vous accordez aux personnes pieuses qui viennent vous visiter dans votre sainte chapelle de Fourvière.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O très auguste Mère, Notre-Dame de Fourvière, puissante protectrice des chrétiens, consolatrice des affligés, je me jette, ainsi que tous ceux qui me sont chers, dans le sein de votre clémence et de votre amour ; je les remets entre vos mains et sous la garde spéciale de votre protection.

   Recommandez-nous, présentez-nous tous à votre divin Fils, afin qu’après avoir béni nos travaux temporels sur la terre, il nous fasse participer à sa gloire et à son bonheur éternel.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O divine Mère de notre Sauveur, vous qui avez toujours préservé du mal ceux qui ont recours à vous dans leurs moments de détresse et de douloureuse souffrance, combien parmi nous, misérables pécheurs que nous sommes, ont été soulagés par l’appui de votre clémente bonté en exauçant les vœux qu’ils vous adressaient !…

   Veuillez donc, ô bonne Vierge Marie, source infaillible de consolations, nous assister dans nos calamités, qui sont souvent bien terribles sur cette terre d’exil et de cruelles épreuves.

   Soutenez-nous dans nos découragements, faites pénétrer dans nos cœurs la Foi, l’Espérance et la Charité, ces trois vertus théologales indispensables pour obtenir vos grâces infinies, pour être secourus et sauvés.

   Gémissant sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons à vos pieds, ô Mère du Verbe, daignez exaucer nos prières en nous accordant votre divine protection.

   Nous mettons toute notre confiance en vous, ô Marie, car vous êtes la Mère de Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui règne dans le ciel.

Ainsi soit-il !

Chapelle et basilique Notre-Dame de Fourviere - blogue

2026-62. Lettre de Pâques du Prieur de la Confrérie Royale.

Dimanche de Quasimodo, 12 avril 2026.

       Voici la lettre adressée par le Prieur de la Confrérie Royale aux membres et sympathisants de la dite Confrérie à l’occasion des fêtes pascales ; il nous semble qu’elle peut être profitable à tous ceux qui, en dehors de la Confrérie Royale elle-même, ont le souci de développer sans cesse leur vie spirituelle.

autel du Calvaire - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
l’autel (grec) érigé à l’emplacement du Calvaire
(sous la table de l’autel, affleure le rocher et l’on peut y vénérer le trou creusé dans la roche en lequel était plantée la Croix de notre Rédemption).

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Avec ce dimanche de l’Octave de Pâques – appelé aussi « dimanche de Quasimodo » – s’achève la fête de la Résurrection de notre divin Sauveur : une fête de huit jours qui sont comme un seul (c’est le principe même des octaves) : à la fête de la Résurrection (puisque chaque jour de l’octave nous donne d’approfondir la réalité de cette résurrection selon la chair, avec les preuves que Notre-Seigneur Lui-même en a donné en apparaissant), succède maintenant le temps pascal où l’Eglise nous fait méditer les grâces que, chacun, nous recevons sans cesse du Sacrifice rédempteur du Calvaire, par lequel s’accomplit la grande victoire divine sur l’enfer et la mort, Sacrifice renouvelé quotidiennement de manière sacramentelle sur les autels.

   Pâques, le mystère pascal, c’est – en même temps et de manière indissociée – l’unique réalité de la Cène, du Calvaire, de la descente aux enfers, du tombeau vide et de l’ouverture glorieuse des portes du Ciel :

   « Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae passionis, nec non et ab inferis resurrectionis, sed et in caelos gloriosae ascensionis : offerimus praeclarae Majestatis tuae de tuis donis, ac datis, Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam, Panem sanctum vitae aeternae, et Calicem salutis perpetuae : c’est pourquoi en mémoire, Seigneur, de la bienheureuse Passion du Christ Votre Fils, Notre-Seigneur, de Sa Résurrection des enfers, et aussi de Sa glorieuse Ascension dans les cieux, nous, Vos serviteurs, et avec nous Votre peuple saint, nous présentons à Votre glorieuse Majesté – offrande choisie parmi les biens que Vous nous avez donnés -, la Victime pure, la Victime sainte, la Victime immaculée, le Pain sacré de la vie éternelle et le Calice de l’éternel salut ».

   Cette première prière récitée à l’autel par le prêtre après la consécration, dans le Canon romain, exprime parfaitement cette unité du mystère pascal : ce que nous célébrons les Jeudi, Vendredi, Samedi Saints et Dimanche de Pâques, ne se trouve distinct et séparé que dans le caractère événementiel de la succession dans le temps, mais il ne s’agit en réalité que de diverses facettes d’un unique et indivisible mystère.

   La grâce que je vous souhaite donc en ce temps pascal, chers Amis, est celle de vivre toujours plus intensément ce mystère auquel nous assistons dans la Sainte Messe.
Approfondissez sans cesse et toujours davantage la réalité de la Messe : vivez la Messe selon cette réalité mystique qui en est l’essence, et soyez vivifiés par la Messe.
La Messe est le pôle de toute notre vie chrétienne.
La Messe est l’axe de notre vie.
Que Dieu nous préserve d’y assister dans une routinière passivité !

   Vous êtes-vous déjà demandé de quelle manière la Très Sainte Mère de Dieu assistait à la Sainte Messe pendant les quinze années où elle est restée encore sur la terre après l’Ascension de son divin Fils ?
Que celle qui s’est tenue debout au pied du sanglant autel de la Croix le Vendredi Saint nous enseigne à tous à mieux être présents – à ses côtés, comme le furent Sainte Marie-Magdeleine ou Saint Jean – à la réalité mystique de la Sainte Messe catholique. Ainsi soit-il !

   Je demeure votre humble et dévoué serviteur,
dans le Cœur de Jésus et Marie,
pour Dieu et pour le Roi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, Prieur.

autels de la Crucifixion et de la Mère des Douleurs - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
les deux autels (latins) érigés sur le côté droit du rocher du Calvaire ;
le premier [tout à droite] est l’autel de la Crucifixion
(à l’emplacement du lieu où Jésus fut cloué à la Croix),
et le second [à gauche] avec le buste de la Mère des Douleurs
est dédié à la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

2026-55. L’Annonciation méditée par l’Ecole française de spiritualité.

25 mars,
Fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.

   Voici le texte de la lettre mensuelle adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale à l’occasion du 25 mars 2026 :

Guido Reni Louvre - blogue

Guido Reni (1575-1642) : Annonciation (entre 1625 et 1642)
[Musée du Louvre]

L’Annonciation

méditée par l’Ecole française de spiritualité.

       Dans l’un de ses ouvrages consacré à la spiritualité du sacerdoce, le Révérend Père rédemptoriste Clément Dillenschneider († 1969) vante les richesses doctrinales « de notre incomparable École française de spiritualité. La grandeur de la spiritualité bérullienne est d’être, selon le mot d’Henri Brémond : ‘‘chargée de dogme’’, ce qui fait sa solidité et sa perpétuelle jeunesse. Or la spiritualité de l’École française est empreinte d’un double cachet : elle est par excellence une spiritualité mariale et une spiritualité sacerdotale. Et elle est l’une et l’autre parce qu’elle est centrée sur le mystère de l’Incarnation qui explique à la fois le mystère de Marie et le mystère du prêtre ». L’abbé Brémond précité n’hésite pas à son tour à qualifier ce courant spirituel d’École « sans contredit la plus originale, la plus riche et la plus féconde de celles que vit naître l’âge d’or de notre littérature religieuse ».

   Or, s’il est une prière qui résume admirablement cette spiritualité centrée sur l’Incarnation, c’est bien celle de l’Angélus, qui nous donne de revivre trois fois par jour le mystère de l’Annonciation. Les Maîtres de l’École française ont médité ce passage crucial de l’Évangile avec une profondeur théologique et contemplative remarquable. Parmi eux, le cardinal Pierre de Bérulle († 1629), de pieuse mémoire, l’introducteur du Carmel en France et le chef de file de ce courant spirituel, que le pape Paul V appelait « l’apôtre du Verbe incarné », nous offre une méditation particulièrement riche sur l’Annonciation. Prenons le temps d’en goûter toute la profondeur en lisant ces lignes posément, car une lecture rapide ne nous permettrait pas de tirer toute la saveur spirituelle contenue dans ces paroles inspirées. Comme avec le latin liturgique, la concision terminologique favorise la précision dogmatique.

Ave Maria vignette pour le blogue

L’humilité devant l’ange

            L’Angélus reprend les paroles-mêmes de l’Évangile selon saint Luc :

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je vous salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec vous » (Lc 1, 26-27).

            Pendant la visite de l’ange, l’humilité [de la Sainte Vierge] est si grande qu’elle ne voit pas que Dieu l’élève en un trône pour la couronner comme reine de l’univers et mère de Celui qui l’a créée… Dès longtemps on vous prépare à le concevoir dignement ; mais vous ne l’apercevez pas, ô Vierge humble et sacrée ! Vous ne voyez pas vos grandeurs… car Dieu joint à votre esprit une simplicité divine avec une fidélité parfaite, et vous coopérez sans cesse à une grâce que vous ne discernez pas.

L’Évangile poursuit : À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation (Lc 1, 29)

            Mais ce trouble, explique Bérulle, n’est nullement un ébranlement de faiblesse :

            Si elle se trouble à la parole de Gabriel, ce n’est pas qu’elle ait peur à l’apparition de cet ange en une forme humaine, car sa pureté est solide, innocente et tranquille ; elle est céleste, angélique, et divine ; elle n’est pas faible, défiante, ombrageuse et la garde d’icelle est sans timidité, sans trouble et sans inquiétude… Vous êtes tout angélique d’esprit, de grâce et de condition, vous êtes accoutumée de traiter avec les anges. L’étonnement de la Vierge est un étonnement de l’esprit et non des sens, un étonnement produit par la grâce et non par la nature, un étonnement de lumière et non de faiblesse.

            D’avance, elle adhère fermement à ce qu’elle n’entend pas encore, et quand l’ange reprend : ‘‘Que Vous êtes si heureuse en la recherche de la grâce de Dieu, que vous avez trouvé même la grâce des grâces’’, c’est-à-dire le Fils unique de Dieu, elle répond par une parole de foi signalée, de pureté virginale, de prudence céleste, de conduite divine, de fécondité heureuse.

Ave Maria vignette pour le blogue

Lumière de la foi

            L’échange entre l’ange et Marie conduit alors à la fameuse question : « Quomodo fiet istud ? Comment cela se produira-t-il ? ». Cette interrogation a parfois été mal comprise. Bérulle en souligne au contraire toute la pureté spirituelle :

            Ce n’est pas une parole d’infidélité ni même de curiosité. Avant que cet ange paraisse, la Vierge est trop bien instruite de la naissance du Messie (qui était l’article principal de la foi des juifs) et de la puissance de Dieu (qui est le premier article de la foi du monde) pour avoir peine à croire que le Messie naîtra d’une Vierge, et pour restreindre la puissance divine à le faire naître par le seul moyen commun et ordinaire à la naissance de tous les mortels. Sa lumière est trop grande et sa foi trop élevée pour une erreur si grossière.

            Sans peine donc et sans retardement, elle croit ce qui lui est annoncé, il n’y a pas lieu d’en douter, en la grandeur de sa foi, en la lumière qu’elle a des Écritures et à l’autorité de l’ange qui l’annonce. Mais en la supposant, elle sait qu’il y a plusieurs voies cachées dans les trésors de la puissance divine pour accomplir cet œuvre, et cette connaissance est lumière. Elle exclut cette seule voie qui répugne à son vœu, et c’est fidélité. Elle n’ouvre point son esprit à en conjecturer aucune, et c’est simplicité. Elle ne prend point l’autorité d’en vouloir, d’en choisir, d’en prescrire, d’en affecter une, et c’est humilité. Et puisque Dieu veut faire cet œuvre en elle et avec elle, elle croit pouvoir et devoir s’enquérir du moyen choisi et ordonné dans le conseil de Dieu, et c’est vérité et équité. La Vierge considère ce que cet ange lui propose, et c’est prudence ; elle se rend à la première ouverture qui lui est faite, et c’est facilité ; elle conclut et répond aussitôt, et c’est obéissance.

            Ainsi la foi de Marie apparaît déjà comme parfaite, pleinement docile à l’action divine et contenant tout le chapelet des vertus chrétiennes.

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Le Fiat de Marie

Vient alors la réponse décisive de la Vierge : Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon votre parole » (Lc 1, 38)

            Bérulle contemple longuement la portée de ces quelques mots :

            Par obéissance, elle se déclare la servante de Dieu. Elle est au terme de grâce qui termine tout le cours de sa vie précédente, vie très haute et préparant à l’état nouveau où elle va entrer à la fin de ces saintes paroles. Cette parole donc n’est pas une parole de piété commune et d’un sens ordinaire, c’est une parole et d’abaissement et d’élévation très grande tout ensemble… Lorsque cette Vierge humble, silencieuse et modeste ouvre la bouche pour la proférer, elle est en la main du Verbe éternel qui est avec elle, qui va s’incarner en elle… Elle correspond dignement à la qualité de sa personne, à la sublimité de sa grâce, à la sainteté de son état, à la divinité de son appartenance au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Son acquiescement est un vœu et une profession solennelle de son abaissement, de sa servitude, de son abandon.

            Le Père oratorien Guillaume Gibieuf († 1650) scrute à son tour toute la portée de ce mot :

            Fiat : c’est une parole non d’étonnement comme la première mais de consentement. C’est une parole non d’inquisition humaine mais de résolution divine. C’est une parole non de suspension mais d’inclination vive et ardente à l’accomplissement du vouloir de Dieu et de son œuvre. Cette simple parole porte en un simple mot deux choses dignes de grands poids : elle porte et un désir d’amour, et un consentement par obéissance, et un consentement si important que d’icelui dépend un œuvre si grand et si nécessaire au ciel et à la terre.

            Et lorsque Marie ajoute :

            Ecce ancilla Domini : par ces paroles, la Vierge change de qualité et entre en un nouvel état. L’ange se retire et Dieu s’approche, et la Vierge demeure en son élévation. Ô merveille ! Ô grandeur ! Les paroles de l’ange s’effectuent : le ciel s’ouvre, le Saint-Esprit descend en la Vierge, la vertu du Très-Haut la remplit, l’œuvre des œuvres s’accomplit.

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Le mystère de l’Incarnation

            Gibieuf contemple alors le mystère qui vient de s’accomplir dans le silence de Nazareth :

            Et en cet heureux moment, le Créateur se fait créature pour ses créatures : l’architecte du ciel et de la terre se forme un corps terrestre pour sanctifier la terre et le ciel ; Dieu se fait homme pour le salut des hommes, et la Vierge devient Mère de Dieu.

            C’est en Nazareth que se font ces merveilles ; c’est en un profond silence et en une nuit obscure ; c’est en un moment, ou pour mieux dire dans les mesures de votre éternité. Mais il faut du temps, de la grâce, de la lumière pour penser dignement à des choses si grandes. Celui qui est la splendeur du Père et vient pour être la lumière du monde daigne éclairer nos ténèbres.

Et l’Évangile conclut sobrement : Alors l’ange la quitta (Lc 1, 38). La sensibilité de Gibieuf lui fait remarquer :

            Et discessit ab illa angelus : c’est la seule dureté que je trouve en un sujet si doux et si délicieux, et dureté pratique au regard d’un si grand ange, et d’un ange qui a grande part à ce mystère. Mais la dignité de l’œuvre de Dieu et la grandeur suprême de la Trinité qui l’opère le porte ainsi.

            Au vrai, c’est toute la cohorte des bons esprits qui accourt auprès de Marie et l’environne pour saluer en elle la Regina angelorum : la Reine des anges, et s’émerveiller devant un tel mystère d’une jeune vierge concevant le Fils de Dieu.

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Marie, temple vivant du Verbe incarné

            À partir de ce moment béni commence pour Marie une vie nouvelle entièrement tournée vers le mystère qu’elle porte en elle :

            Après l’Incarnation, écrit Bérulle, Marie est consommée en grâce très rare et très élevée, mais ce comble n’est qu’un fondement et un commencement d’un nouvel édifice. Car une nouvelle vie commence pour elle, vie pleine de grâces, de lumière et de désir de servir à Dieu en ce haut ministère. Il est plus facile de dire ce qu’elle ne fait pas que ce qu’elle fait : elle est non en un mouvement, mais en un repos, car elle est tranquille ; non en un repos, mais en un mouvement, car elle tend à Dieu et y tend par une vigueur et vivacité admirables.

            Désormais, tous ses actes vont se rapporter à Jésus et à sa mission : la Vierge est occupée en Jésus et elle est seule en toute la terre occupée en Jésus ; seule elle adore le mystère de l’Incarnation [ajoutons : avec tous les saints anges], y applique et absorbe tous ses sens, toutes ses facultés. La grâce et la nature conspirent en elle à établir une disposition éminente et ravissante son cœur et son esprit en Jésus son Fils. Il est présent en elle, il est puissant en elle, il est opérant en elle. Elle est parfaitement disposée à recevoir ces saintes opérations, et à les recevoir selon toute leur énergie et étendue. Elle entre en connaissance de ses secrets puisqu’ils se passent en elle, elle est disposée à en favoriser l’exécution, en acceptant avec lui l’abaissement et la croix qui lui sont réservés. En attendant, elle est tout occupée de lui par admiration qui est une occupation sublime, rare et ravissante, occupée par conservation et garde d’un dépôt sacré.

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Marie médiatrice

            De ce mystère découle également la mission spirituelle de Marie envers les âmes :

            La fonction de la Sainte Vierge est de donner Jésus aux âmes. Comme conséquence de la naissance temporelle qu’il a reçue d’elle, elle acquiert un droit sur lui, et non seulement elle, mais le Père aussi. C’est vous ô Marie qui, lui donnant une nouvelle naissance, donnez commencement au pouvoir du Père vers le Fils parce que vous le mettez en état auquel le Père puisse exercer son pouvoir sur lui. Le Père éternel, qui vous devance une éternité en la production de son Fils, ne vous devance pas d’un seul moment en l’exercice de son autorité sur lui. Tous les deux ont contribué à le former, tous les deux peuvent le donner aux âmes et le Père ne veut point réserver à soi seul cette nouvelle puissance qui lui est donnée par le mystère de l’Incarnation ; car il la communique à la Sainte Vierge et la met en puissance et autorité maternelle sur celui sur lequel il prend puissance et autorité paternelle. Ainsi le Père éternel honore et partage son pouvoir sur son Fils avec la Vierge, à laquelle celui qui est le Fils de Dieu et Dieu même est assujetti pour notre exemple et pour notre amour.

            Dans un sens très proche, Bossuet dira : « Dieu ayant une fois voulu nous donner Jésus-Christ par la Sainte Vierge, cet ordre ne change plus. Il est et sera toujours véritable qu’ayant reçu par elle une fois le principe universel de la grâce, nous en recevions encore, par son entremise, les diverses applications dans tous les états différents qui composent la vie chrétienne ».

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Une vie d’adoration silencieuse

            La vocation profonde de Marie se résume alors en une attitude intérieure : « C’est son état, c’est sa voie, c’est sa vie. Sa vie est une vie de silence qui adore la Parole éternelle ».

            C’est dans la même ligne que le Père Gibieuf médite lui aussi cet événement :

            Au jour de l’Annonciation, l’huile qui la sacre est la plénitude de la divinité dont elle est imbue et pénétrée pour l’accomplissement du mystère ineffable de l’Incarnation. L’auteur ne veut pas que l’on dise qu’elle est devenue Mère seulement à ce moment-là : Ne dites pas que c’est une créature humaine, élevée à la dignité de Mère de Dieu, mais dites plutôt que c’est la dignité incomparable de Mère de Dieu, établie dans une créature humaine. Ce n’est pas une forme qui s’ajoute, c’est son fonds, c’est sa substance, c’est son tout et elle n’est que cela et elle n’est que capacité de cela. En raison de cela, elle est immaculée dans sa conception, impeccable, incapable même de commettre une faute ; Dieu donne une attention particulière à former son corps, revêtu d’une beauté éminente qui s’explique par celle de son Fils ; il la prépare à sa mission en la conduisant au temple par dispensation et conduite spéciale de son conseil ; elle y est en communication incessante avec Dieu et ses anges qui tiennent à dignation et faveur particulière d’être employés à lui rendre service.

            Quand Marie a prononcé le Fiat, émanation singulière du désir que le Père éternel a de donner son Fils au monde, elle entre en société et communication spéciale avec le Verbe : elle a donc en elle le Père et le Fils, le Père comme Époux, le Fils comme Fils et le Saint-Esprit comme le lien sacré et indissoluble du Père et du Fils. Le sein de la Vierge devient un temple où Dieu est plus saintement adoré que dans le ciel ; son Fils, qui remplit ses entrailles de son petit corps, remplit son âme de son esprit et de sa vie. C’est de lui qu’elle reçoit les paroles qui sanctifient saint Jean dès avant sa naissance : y eut-il jamais rien de si efficace et de si puissant ? Quand sa cousine la magnifie, elle magnifie le Seigneur et supprime ainsi les louanges de la créature par les louanges du Créateur.

            À la visite de l’ange, elle entre dans le soin de garder son vœu de virginité et c’est être fidèle à ce Seigneur à qui elle s’est engagée ; et, dans le soin de garder son vœu, elle demande comment cela se pourra faire, et c’est une prudence céleste ; et, après que l’Ange a éclairci tous ses doutes, voyant la volonté de Dieu clairement proposée, ce qui lui reste est de rendre obéissance à son Souverain. Elle accepte dans la double disposition d’abaissement en elle-même et d’élévation à Dieu dont témoigne sa réponse.

            Suivons cet ange pas à pas, et voyons comme il va non à Rome la triomphante, ni à Athènes la savante, ni à Babylone la superbe, ni même à Jérusalem la sainte. Il va en un coin de la Galilée, à une bourgade inconnue, à un Nazareth dont Nathanaël dira un jour : « A Nazareth aliquid boni esse ? De Nazareth, peut-il en sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46).

            Puis : L’Ave Maria est la première parole angélique adressée à la première personne du Nouveau Testament, c’est la première parole évangélique annoncée à la terre : c’est l’Évangile du Père éternel à la Vierge que cet ange porte du ciel.

            Et sur l’intervention du Saint-Esprit comme acteur de ce mystère : La nature ne prendra point part à cet œuvre. Les anges mêmes, employés d’ordinaire dans les œuvres de Dieu, n’y seront point appelés. La main seule du Tout-Puissant y sera appliquée ; et la fécondité de la Vierge sera élevée par puissance divine à concevoir et produire saintement le Saint des saints, le Fils propre et unique de Dieu-même. Rien d’impur et de terrestre ne sera mêlé en cette opération ; tout y sera céleste et divin. Vous aurez, ô Vierge sacrée, et la fleur et le fruit tout ensemble : la fleur de votre virginité et le fruit de votre fécondité.

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L’angélus rythme notre vie chrétienne

            La méditation de l’Angélus n’est pas seulement la contemplation d’un événement passé : elle ouvre sur la vie spirituelle des chrétiens eux-mêmes. Gibeuf évoque à ce propos la parole du Christ :

            “Quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, il est mon frère, ma sœur, ma mère” (Mt 12, 50) : parole mystérieuse mais dont nous apercevons quelque lueur dans la doctrine de votre grand apôtre qui nous apprend que nous sommes vos membres, que vous naissez en nous, que vous y êtes formé, que vous y croissez, que votre corps ne sera consommé et parfait que quand tous ceux que votre Père vous a donnés seront en vous vivant de votre esprit et subsistant en l’unité de votre divine personne ; et que, partant, tous ceux qui servent à la conversion et sanctification des âmes (or tous doivent y servir plus ou moins, selon la grâce qui leur est départie) servent à former et édifier votre corps et vous font office de Mère.

            Ainsi, en récitant l’Angélus, le chrétien est invité à entrer lui-même dans la dynamique du mystère de l’Incarnation : accueillir le Verbe, coopérer à son œuvre et participer à la naissance spirituelle du Christ dans les âmes.

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Par l’intercession de saint Gabriel

            Toute la tradition spirituelle de l’École française converge vers cette vérité : le mystère de l’Incarnation est inséparable de la mission de Marie dans l’histoire du Salut. C’est pourquoi saint Louis-Marie Grignion de Montfort († 1716) peut résumer ainsi cette doctrine : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde et c’est aussi par Elle qu’Il doit régner dans le monde ».

            Confions notre avancement spirituel au héraut de l’Incarnation, l’archange saint Gabriel, que nous fêtions liturgiquement hier et qui eut pour mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à la Vierge Marie et de l’éclairer. Lui qui, dans l’Ancien Testament, apparut au prophète Daniel lui annonçant : « Nunc egressus sum ut docerem te et intelligeres : Je suis venu maintenant pour t’instruire et pour que tu comprennes » (Dn 9, 22), qu’il daigne nous instruire dans les voies sprirituelles et nous faire voir la volonté de Dieu en toutes choses ; lui qui, à l’aube du Nouveau Testament, se manifesta à Zaccharie (cf. Lc 1, 13 : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta prière a été entendue : ta femme Élisabeth te donnera un fils ») puis à la Très Sainte Vierge Marie pour leur annoncer la naissance de leurs fils respectifs, que « l’Archange de la fertilité » rende fructueuses nos actions et nous fasse croître dans l’intimité du Verbe incarné.

R.P. Clément de Sainte-Thérèse

Guido Reni Louvre - détail

2026-54. Récapitulatif des publications de ce blogue relatives à la fête de l’Annonciation :

25 mars,
L’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie (double de 1ère classe),
Au Royaume de France, la fête de l’Annonciation était une fête chômée.

Luca Giordano -Annunciation 1672

Luca Giordano (1634-1705) : Annonciation (1672)
[Musée métropolitain de New-York].

A – Neuvaine préparatoire à la fête de l’Annonciation > ici

B – Textes pour approfondir et méditer :

- « O Annonciation miraculeuse » (Saint Augustin) > ici
- Sermon de Saint Pierre Chrysologue sur l’Annonciation à la Bienheureuse Vierge Marie > ici
- La première oblation du Verbe Incarné : commentaires de Pierre cardinal de Bérulle sur le psaume XXXIX > ici
- Avant l’Annonciation, les Epousailles de Notre-Dame avec Saint Joseph > ici

C – Dans les lettres mensuelles de la Confrérie Royale :

- Le trésor de l’Angélus > ici
- « Marie, notre Amour, notre Vocation, notre Protection » > ici
- Marie, protectrice de la France royale > ici
- L’Annonciation méditée par l’Ecole française de spiritualité > ici

D – Apparitions, sanctuaires et pèlerinages :

- Le miracle de l’osier sanglant (Notre-Dame de l’Osier – 25 mars 1649) > ici

E – Autres événements liés à la date du 25 mars :

- Le 25 mars est le « dies natalis » du saint Bon Larron > ici
- 25 mars 1794 : massacre perpétré dans la forêt de Vezins par les colonnes infernales > ici

Vignette Ave Maria blogue

2026-32. Texte de la bulle « Sacratissimo culmine » du pape Jean XXII, appelée « bulle sabbatine ».

3 mars,
Chez les Ermites de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Nicolas Albergati, confesseur (cf. > ici) ;
Fête du Bienheureux Pierre-René Rogue, prêtre et martyr (+ 3 mars 1796 – cf. ici) ;
En Carême, mémoire de la férie ;
Anniversaire de la « bulle sabbatine » du pape Jean XXII (3 mars 1322).

Jean XXII en 1316

Le pape Jean XXI en 1316

       La date du 3 mars 1322 est associée à un document pontifical du pape Jean XXII (né en 1244, élu au Souverain Pontificat le 7 août 1316, mort le 4 décembre 1334) qui a reçu le nom de « bulle sabbatine » : ce document, en réalité, porte le nom de « Sacratissimo culmine » (selon la coutume, ce sont les deux premiers mots latins d’un document qui lui donnent son nom d’usage).

   Le surnom de « bulle sabbatine » donné à cette lettre apostolique dérive du fait que c’est dans ce texte que le pape Duèze parle de l’apparition de la Vierge du Carmel dont il a été lui-même gratifié, et qu’il y révèle aussi à tout l’univers catholique ce que la Très Sainte Mère de Dieu lui a fait connaître en se manifestant à lui : les porteurs de l’habit du Carmel (dont on considère que le scapulaire est une « réduction »), qui, durant leur vie, auront été fidèles à un certain nombre de conditions précisées par le texte, auront la grâce d’être délivrés du Purgatoire par la Madone elle-même le samedi qui suivra leur mort.
Comme le mot français « samedi » se dit « sabbatum, -i, n. », on désigne cette grâce particulière promise aux porteurs de l’habit du Carmel sous le nom de « privilège sabbatin », et c’est donc par une espèce de synecdoque que le contenant a reçu un nom dérivant du contenu.

Notre-Dame du Mont Carmel et le privilège sabbatin - blogue

   En ce 3 mars, nous nous contenterons de donner le texte de cette bulle « Sacratissimo culmine ».
Nous réserverons à d’autres publications les problèmes de son interprétation et de l’étude des conditions particulières requises pour bénéficier du « privilège sabbatin ».

   Nous nous contenterons de remarquer que le manuscrit original signé de Jean XXII semble avoir été détruit ou perdu : on n’en trouve que des copies ou des copies de copies.
Encore est-il difficile d’en trouver le texte intégral : la plupart des auteurs traitant des grâces attachées au scapulaire du Carmel ne citent jamais le texte entier de la bulle de Jean XXII.
Nous-mêmes, n’en avons trouvé qu’une traduction française dans un ouvrage de la seconde moitié du XIXème siècle : la vie de Saint Simon Stock publiée par Monsieur Alfred Monbrun, sans que, par ailleurs, nous sachions où cet auteur relativement prolixe a trouvé ce texte.

   Nous ne doutons toutefois pas de l’authenticité de la « bulle sabbatine », puisque elle a été citée par plusieurs Pontifes postérieurs qui en garantissaient le contenu : Clément VII dans la Bulle « Ex clementis » du 12 août 1530, Paul III en 1530 et 1549, Pie IV en 1561, et Saint Pie V dans la bulle « Superna dispositione » du 18 février 1566.

   Ajoutons encore que beaucoup de présentations du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel parlent de la « bulle sabbatine » en lui assignant pour date l’année 1317.
Le texte que nous publions ci-dessous est précis : il parle de la sixième année du pontificat de Jean XXII, lequel, nous l’avons vu ci-dessus, a été élu le 7 août 1316. La sixième année de son pontificat s’étend du 7 août 1315 au 6 août 1316. C’est indubitable ! La date du 3 mars 1322 est donc bien une date exacte ; et les auteurs qui mentionnent la date de 1317, sont indéniablement dans l’erreur.

scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel

   Voici maintenant le texte de la « bulle sabbatine » tel qu’il se trouve dans l’ouvrage de Monsieur Montbrun :

       Jean, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à tous et à chacun des fidèles, tant présent que futurs, qui verront ces lettres, salut et bénédiction apostolique.

   De même que sur le saint sommet du Paradis, on entend l’harmonie si douce et si suave des Anges dans le chant de la vision, quand on y contemple Jésus uni à la Divinité paternelle selon ces paroles : Seigneur, Moi et le Père nous sommes un et qui Me voit, voit aussi Mon Père ; et que le chœur des Anges ne finit pas de chanter : Saint, Saint, Saint ; ainsi l’assemblée [céleste] ne cesse d’adresser des louanges à la sublime Vierge, en s’écriant : Vierge, Vierge, Vierge, sois notre miroir et aussi notre modèle.
Elle est, en effet, munie du don des grâces, ainsi que le chante la Sainte Eglise : Marie, pleine de grâce, et Mère de misericorde.

   C’est par là que se recommanda la montagne de l’Ordre du Carmel, en exaltant par des hymnes et en prônant cette Mère de grâces, et en disant : Salut, Reine, Mère de miséricorde et notre espoir.

   Priant ainsi à genoux, la Vierge m’apparut en carmélite, proférant le discours suivant :

   « Jean ! Jean ! Vicaire de mon Fils bien-aimé, de même que je ne te délivrerai de ton adversaire, que par une faveur éclatante je te fais Pape et Vicaire, faveur que j’ai gracieusement obtenue de mon très-doux Fils, L’interpellant à l’aide de mes supplications, de même tu dois auparavant accorder une grâce et une ample confirmation à mon saint et dévoué Ordre des Carmes, commencé au Mont-Carmel par Elie et Elisée.

   Comme Vicaire de mon fils, ce qu’Il a statué et réglé dans les Cieux, tu dois le confirmer sur la terre ; que quiconque, faisant profession, observera et gardera inviolablement la Règle, dressée par mon serviteur Albert, Patriarche, et approuvée par mon cher fils Innocent, et qui aura persévéré dans la sainte obéissance, la pauvreté et la chasteté, ou qui entrera dans le saint Ordre, sera sauvé : et si d’autres, par motif de dévotion, entrent dans la sainte religion, portant le signe du saint habit, s’appelant frères et sœurs du susdit Ordre, qu’à commencer du jour qu’ils entreront dans cet Ordre, ils sont délivrés et absous de la troisième partie de leurs péchés, si dans la viduité ils promettent la continence ; si dans le célibat ils gardent la chasteté virginale ; si dans le mariage ils conservent inviolablement la fidélité conjugale, comme le prescrit la Sainte Mère Eglise.

  Que les frères profès du dit Ordre sont absous de la peine et de la coulpe, et à commencer du jour qu’ils sortent de ce monde et s’empressent, à pas précipités vers le Purgatoire, moi, leur Mère, j’y descendrai gracieusement le samedi après leur décès, et je délivrerai tous ceux que je trouverai dans le Purgatoire, et je les ramènerai sur la sainte montagne de la vie éternelle.

   Il est vrai que ces frères et sœurs sont tenus de réciter de la manière convenable, les heures canoniales, selon la Règle donnée par Albert ; que ceux qui ne le savent pas, doivent jeûner aux jours que prescrit la Sainte Eglise, à moins qu’ils en soient empêchés par quelque nécessité ; qu’ils doivent s’abstenir de viande le mercredi et le samedi, excepté à la Nativité de mon Fils. »

   J’accepte donc cette indulgence, je la ratifie et je la confirme sur la terre, comme Jésus-Christ l’a gracieusement accordée dans les Cieux, à cause des mérites de la Très-Sainte Vierge Marie.

   Qu’il ne soit donc permis à personne d’anuler cet écrit, qui contient notre présente indulgence, ce statut et règlement, ou d’y contrevenir par une téméraire hardiesse.
Si quelqu’un a cette coupable présomption, qu’il sache qu’il encourra l’indignation de Dieu tout-puissant et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul.

       Donné à Avignon, le troisième jour de mars, la sixième année de notre pontificat.

Source : Alfred Monbrun, Vie de saint Simon de Stock, 1869.

Bulle pontificale de Jean XXII - blogue

Bulle pontificale de Jean XXII.

2026-20. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives à Notre-Dame de Lourdes.

11 février,
Fête de l’apparition de la Bienheureuse Vierge Marie immaculée, à Lourdes (11 février 1958 – double majeur) ;
Anniversaire de l’encyclique « Vehementer nos » (11 février 1906 – cf. ici).

Image d'Epinal apparition de Lourdes

A – Prières en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes :

- Litanies de Notre-Dame de Lourdes > ici
- Prière du Vénérable Pie XII à Notre-Dame de Lourdes > ici

B – Textes pour méditer sur le message de Notre-Dame à Lourdes et sur le sens de son apparition :

- La compassion aimante et souriante de Notre-Dame à Lourdes (homélie de Benoît XVI) > ici
-

C – Sanctuaires et « grottes » érigés en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes à travers la Chrétienté :

- La « grotte de Lourdes » des jardins du Vatican > ici
- Le sanctuaire champêtre du Rosaire, à Gravières, dans le diocèse de Viviers > ici
- A l’occasion d’un pèlerinage à la grotte de l’ermite Saint Montan, on parle aussi brièvement de la reproduction de la grotte de Lourdes qu’on peut visiter au village de Saint-Montan > ici

D – Et aussi au Mesnil-Marie :

- Une relique de la grotte de Massabielle en notre Mesnil-Marie > ici
- Notre projet de « grotte de Lourdes » au Mesnil-Marie > ici

Tota pulchra es o Maria - la Vierge immaculée

2026-19. Le très original sanctuaire en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes, érigé à Gravières dans le sud de notre diocèse.

11 février,
Fête de l’apparition de la Bienheureuse Vierge Marie immaculée, à Lourdes (11 février 1958 – double majeur ; cf. > ici) ;
Anniversaire de l’encyclique « Vehementer nos » (11 février 1906 – cf. > ici).

Gravières paroisse de l'ancien Uzège

Gravières, dans le sud du département de l’Ardèche, au pied des Cévennes,
appartenait avant la grande révolution au diocèse d’Uzès.

       Dans le sud de l’actuel département de l’Ardèche, à l’ouest du gros bourg des Vans, se trouve le très ancien village de Gravières, au pied des contreforts cévenols.
Située sur la rive droite du Chassezac, qui fait, peu ou prou, la limite entre le Vivarais et l’Uzège, c’est historiquement une paroisse du diocèse et du duché-pairie d’Uzès.

   En 1874, sous l’impulsion de l’Abbé Maurice Canaud (né en 1821, vicaire puis curé à Gravières de 1846 à sa mort en 1896), prêtre pieux, pasteur zélé et véritable érudit, fut érigé, à moins d’un quart de lieue au sud du centre du village, un original sanctuaire en pierres de quartz (matériau particulièrement résistant mais très difficile à tailler) : il se compose d’une chapelle en forme de tour crénelée, surmontée d’une statue de Notre-Dame de Lourdes, entouré de quinze petits oratoires dédiés à chacun des quinze mystères du Rosaire.
Une petite sacristie en pierres de schiste disposées en arêtes de poisson fut adjointe à cet ensemble.
Entre l’église paroissiale et ce sanctuaire champêtre, le chemin fut jalonné des quatorze stations du chemin de la Croix.

   Nous en donnons ci-dessous deux photographies : la première, prise en hiver, présente l’avantage d’avoir une vue dégagée des feuilles et branchages, qui, en été – comme on le voit sur la deuxième – donnent à ce lieu un aspect plus riant et agréable.

Gravières - Le Rosaire vue d'ensemble - blogue

L’ensemble du « Rosaire » avec les oratoires des quinze mystères
disposés autour de la tour-chapelle.

Gravières - Le Rosaire vue d'ensemble en été - blogue

   Faisant face à la statue de la Vierge immaculée, qui culmine à une quinzaine de mètres de hauteur, a été également placée, sur un piedestal, une statue de Sainte Marie-Bernard Soubirous (Bernadette), à genoux en prière.

   Il y a eu une période faste, à la fin du XIXème et dans la première moitié du XXème siècle, où ce sanctuaire fut très fréquenté : le principal pèlerinage avait lieu le 9 juillet, pour la fête des Prodiges de la Bienheureuse Vierge Marie (une fête qui se trouve au propre des Ermites de Saint Augustin – voir > ici – ainsi que dans le propre à certains autres lieux ou congrégations), et les pèlerins avaient à disposition de l’eau de la source miraculeuse de la grotte de Massabielle, à Lourdes, qu’on faisait venir spécialement.
L’historien Albin Mazon – dit Docteur Francus -, incontournable historien vivarois, et en outre ami du curé Canaud, écrit que l’on a vu quelque cinq mille pèlerins à ce pèlerinage.

   La Sainte Messe était originellement célébrée toutes les semaines dans la tour-chapelle.
Mais après la première guerre mondiale le pèlerinage amorça un déclin, jusqu’à ce que, après la seconde guerre mondiale, on n’y célébrât plus la Messe que deux fois l’an : une fois en mai, pour le « mois de Marie », et une autre fois en octobre, pour le « mois du Rosaire ».

   Les conséquences du concile vaticandeux (perte du sens du sacré, déclin de la dévotion mariale, clergé moderniste hostile aux pèlerinages et au culte de la Très Sainte Vierge, chute drastique des vocations et de la pratique religieuse… etc.) aboutirent à un quasi abandon du lieu qui, au début de ce XXIème siècle, présentait un état de délabrement inquiétant, même si, en 1974, des travaux avaient été réalisés sur la tour et la toiture de la sacristie.

La tour-chapelle du Rosaire à Gravières

La tour-chapelle du « Rosaire » de Gravières.

Sacristie du Rosaire à Gravières

La sacristie en pierres de schiste disposées en arêtes de poisson,
mode de construction traditionnel dans les Cévennes.

   En 2001, des amoureux du patrimoine ont constitué une association pour la restauration et l’entretien du site : grâce à la générosité de donateurs et aux aides publiques (Conseil général, DRAC, municipalité), les quinze oratoires ont été restaurés, ainsi que la sacristie, en 2003-2004.

  Les niches des oratoires ont été décorées de carreaux de faïence blanche créés et peints par l’artiste-peintre local Jean-Marc Fraisse, qui a représenté de façon stylisée, en quelques traits et jets de couleurs bleue, jaune, ocre et verte, les scènes du Nouveau Testament que l’on médite au long des quinze mystères du Rosaire.

   Nous nous réjouissons grandement de voir ce sanctuaire champêtre, en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes et de la prière du saint Rosaire, sauvé de la ruine ; et nous espérons le jour où la ferveur qui a suscité sa création refleurira, grâce à une nécessaire conversion, et permettra à notre Mère immaculée de répandre à nouveaux laargement ses grâces et d’accomplir de nouveaux prodiges…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

L'oratoire de la Visitation au Rosaire de Gravières

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