Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2017-77. D’un pèlerinage à l’ermitage d’Ucel.

15 septembre,
Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Coeur de Marie aux sept glaives

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion et du Mesnil-Marie, j’ai décidé de vous « emmener » en pèlerinage dans un lieu remarquable de notre Vivarais, au moyen des photographies réalisées dimanche dernier, 10 septembre 2017, par Frère Maximilien-Marie.
Notre Frère connaît bien cet endroit, où il se rendait souvent lorsqu’il était adolescent puis jeune adulte, mais où il n’était pas retourné depuis le dimanche de la Passion 12 mars 1989, date à laquelle il y avait conduit les jeunes religieux dont il avait alors en charge la formation.

Ce lieu est un ermitage pluriséculaire situé sur la paroisse d’Ucel.
Ucel est un village millénaire à moins d’une lieue d’Aubenas et moins d’une lieue de Vals-les-Bains : un château féodal construit au XIème siècle sur une éminence qui domine une courbe de la rivière Ardèche est à l’origine du bourg et de la paroisse. En bonne partie détruit par les troupes du comte Raymond IV de Toulouse, en 1213, le château ne fut pas reconstruit et ses éléments ruinés ont servi de carrière pour la reconstruction du village ancien.
L’ermitage, sis sur les flancs escarpés d’un vallon au nord de l’ancien site castral, n’en est distant que d’environ un quart de lieue. La construction de nombreuses maisons à la fin du XXe siècle l’ont encore considérablement rapproché de la zone d’habitation ; il demeure néanmoins un lieu de recueillement et de paix, fort heureusement !

Frère Maximilien-Marie avait résolu de s’y rendre en pèlerinage ce 10 septembre parce que nous étions dans la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs et que justement la chapelle est dédiée à la Mère des Douleurs.

Ermitage Ucel 1

Arrivé à la limite de la zone d’habitation et de la route goudronnée, Frère Maximilien-Marie a laissé la voiture et, muni d’une canne, s’est engagé sur le chemin de l’ermitage : la première partie du chemin est relativement plane, mais bientôt l’on parvient a un embrachement. C’est là, du côté droit, que se trouve le chemin plus escarpé et plus caillouteux qu’il faut emprunter pour monter vers l’ermitage.

Ermitage Ucel 2

Bordé de rochers parfois imposants sur la droite, et d’une pente parfois bien raide sur la gauche, le sentier, parfois empierré s’étire sous les châtaigniers et les chênes, et au milieu d’arbustes typiques de la Cévenne vivaroise.

Ermitage Ucel 3

Frère Maximilien-Marie marchait très lentement, appuyé sur sa canne : il a récité en montant un chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici) qu’il achevait au moment où il est arrivé à ce replat où l’on aperçoit une croix de fer, peinte en blanc, scellée dans un rocher du bord du chemin : 

Ermitage Ucel 4

Un peu plus loin, dans un rocher en surplomb, une niche a été sculptée pour y placer une statuette émaillée de la Vierge à l’Enfant :

Ermitage Ucel 5

Et c’est à ce moment que l’ermitage se découvre à vos regards.
A cet endroit le rocher constitue une véritable muraille sur votre droite : au début haute de quelque 3 mètres elle va en s’élevant plus encore.

Ermitage Ucel 6

Selon une légende, Blanche d’Ucel, épouse de Raymond, seigneur d’Ucel au début du XIIIème siècle, aurait péri lorsque le château aurait été pris et en bonne partie détruit par les troupes de Raymond IV de Toulouse en 1213. Son époux aurait voulu l’ensevelir en ce lieu retiré et aurait érigé la chapelle au-dessus de sa tombe, ainsi que l’ermitage attenant. Il aurait alors légué l’ermitage et les terres qui l’entourent à des ermites pour qu’ils se succèdent ici, priant pour le repos de l’âme de Blanche et de sa propre âme.

Les historiens n’accordent aucun crédit à cette légende et affirment que ce n’est que vers 1471-1475 que l’ermitage aurait été bâti par noble Raymond de Serre (ou du Serre) co-seigneur d’Ucel.

Ermitage Ucel 7

Les ermites se sont succédé ici jusqu’à la révolution où l’ermitage fut dévasté.

En 1955, grâce en particulier au zèle de Monsieur l’abbé Jean Charay, historien d’Aubenas et de ses environs, conservateur des antiquités et objets d’art du département de l’Ardèche, l’ermitage fut restauré et un moine revint s’y installer.
Lorsque Frère Maximilien-Marie était adolescent, l’ermite qu’il avait plaisir à rencontrer était le Rd Père Yvan de Pontbriand, prêtre, bénédictin venu de l’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire, en Morvan (+ 11 novembre 2015).

Sur la photo ci-dessous, on voit bien la porte d’entrée de la chapelle, à laquelle on accède par quelques marches, et au-dessus de laquelle se dresse le campanile avec sa petite cloche.
La porte de l’ermitage se trouve en contrebas, tout à gauche, et permet d’entrer dans la zone de clôture.

Ermitage Ucel 8

Du côté de la colline, le rocher formant muraille que l’on a longé en arrivant atteint ici une grande hauteur et forme une sorte de corniche qui  domine et abrite l’ensemble des bâtiments de l’ermitage :

Ermitage Ucel 9

« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer… »
Paul Claudel : « La Vierge à midi » (in « Poèmes de guerre » 1957). 

Ermitage Ucel 10

Dans la niche qui surplombe le larmier de la porte, une Piéta a été installée lors de la restauration de l’ermitage.

Ermitage Ucel 11

La chapelle est toute petite. Il eut fallu que Frère Maximilien-Marie eût un objectif permettant une prise de vue en très grand angle pour pouvoir « la faire entrer tout entière » dans un cliché.
Voici néanmoins ce qu’il a pu réaliser en se trouvant sur le seuil.

L’autel est correctement orienté.
Le tabernacle n’abrite malheureusement pas la Sainte Présence Eucharistique de Notre-Seigneur.
Un double degré et une porte communiquent avec l’intérieur de l’ermitage.

Ermitage Ucel 12

Du côté de l’épître, sous le vitrail (caractéristique du style que certains ecclésiastiques affectionnaient en 1955 et qui a très mal veilli), se trouvent un bas-relief endommagé et un bénitier brisé, à coté du bénitier qui fut mis en place lors de la restauration :

Ermitage Ucel 13

Détail du bas-relief : on distingue deux personnages assez grossièrement figurés, qui tiennent un blason dont le contenu est assez difficile à décrire.

Ermitage Ucel 14

Du côté de l’Evangile, une gracieuse niche de style gothique est occupée par une reproduction de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir devant laquelle sont disposées une veilleuse et des bougies.

Ermitage Ucel 15

Dans le mur du fond de la chapelle une niche [dans laquelle est placée une espèce de « boite aux lettres » qui permet aux visiteurs de déposer leurs intentions de prière ou leurs messages à l’adresse de l’actuel ermite, frère Serge-Marie] est surmontée d’une ouverture – habituellement obstruée par un volet – par laquelle l’ermite peut, depuis sa cellule, avoir une vue directe sur l’autel de la chapelle.

Ermitage Ucel 16

Frère Maximilien-Marie est resté un long moment en silence dans la chapelle. Il n’a pas cherché à rencontrer le père ou frère ermite qui occupe actuellement l’ermitage : il ne faut pas déranger les ermites !

Après un long moment de contemplation, comme enfermé dans le Coeur de la Mère des Douleurs et de toute Compassion, reprenant sa canne dans une main et son chapelet des Sept-Douleurs dans l’autre, notre Frère est reparti, non sans avoir eu l’immense bonheur de voir et photographier ce silène, qui après avoir voleté légèrement dans la chapelle, est venu se poser pendant près de trois quart d’heure sur la Bible qui reste à la disposition des visiteurs dans la chapelle :

Ermitage Ucel 17

Ce cliché n’exprime-t-il pas, chers Amis, ce qu’il convient que chacune de nos âmes accomplisse : « se poser » sur la Sainte Parole de Dieu pour la butiner et en extraire le suc nourrissant de la Révélation ; se reposer sur la Sainte Parole de Notre-Seigneur et s’abandonner à elle dans une sereine et absolue confiance ; cesser de papillonner des séductions du monde aux attraits de la sensibilité, pour s’établir longuement dans la méditation des mystères sacrés de notre magnifique religion, en laquelle seule sont les Vérités du salut.
C’est la grâce que je vous souhaite.

Belle, bonne et surtout très fervente fête
de Notre-Dame des Sept-Douleurs !

pattes de chatLully.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2017-76. Où, à l’occasion de la fête du Saint Nom de Marie, le Maître-Chat publie quelques réflexions et citations à propos de la décadence de la société, des invasions, et de la trahison des clercs.

Mardi 12 septembre 2017,
Fête du Saint Nom de Marie,
Anniversaire de la victoire de Vienne.

Je vous ai déjà entretenus, mes chers Amis, du sens et de l’origine de cette fête du Saint Nom de Marie (cf. > ici).
Dans l’exacte continuité de ce que j’écrivais alors, souffrez que je vous livre ci-dessous quelques réflexions et citations.

Ave Maria et lys

Pas le même Dieu !

Ce n’est pas parce que des non-catholiques (et parfois aussi des personnes qui se prétendent catholiques !) vous disent qu’ils ont une croyance en un Dieu unique, que, pour autant, ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont ipso facto « le même Dieu » que vous !
Avant de dire qu’ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont le même Dieu que vous, assurez-vous qu’ils croient à la Très Sainte Trinité et qu’ils confessent que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, est en même temps vrai Dieu et vrai homme : s’ils n’adhèrent pas à cela, quoiqu’ils prétendent être monothéistes, leur « dieu » n’est pas le vrai Dieu !

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Principe de non contradiction :

« Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose » (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 19-20).
Assurément, une chose peut être blanche aujourd’hui et d’une autre couleur demain. De même, cette chose est plus grande ou plus petite qu’une autre à un moment donné. Mais, il est impossible que ces déterminations apparaissent simultanément et s’appliquent du même point de vue à cette chose. Il est donc impossible qu’à la fois une chose soit et ne soit pas.

Il est impossible, sans porter atteinte au principe de non-contradiction, qu’un chrétien, un catholique, un prêtre ou un évêque professe que Jésus-Christ est Dieu, Fils de Dieu, consubtantiel au Père, qu’Il est mort sur la Croix en sacrifice de Rédemption, qu’Il est la Voie, la Vérité et la Vie, l’unique Sauveur des hommes, le fondateur de l’Eglise en dehors de laquelle il ne peut y avoir de salut… etc., et que ce même chrétien, catholique, prêtre ou évêque, affirme ensuite que « toutes les religions se valent », que « toutes les religions sont des voies de salut », que la secte mahométane est une véritable religion, alors que justement elle nie la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son sacrifice sur la Croix, et ne Le considère que comme un prophète préparant la venue de Mahomet !
Mais en fait ce qui est « impossible » selon la logique la plus stricte, nous le constatons dans les faits – hélas ! trois fois hélas ! –  quotidiennement en France, en Europe, dans le monde entier de nos jours… et dans la Sainte Eglise.

Conclusion :
Ces chrétiens, ces catholiques, ces prêtres et ces évêques soit ont moins de capacité de réflexion logique et d’intelligence que la plus fruste des huitres, soit sont des apostats plus ou moins conscients.

« Quos vult Jupiter perdere, dementat prius : Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison » (Boissonade de Fontarabie, adaptant librement Euripide).

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Extrait d’un courriel reçu :
« (…) je tenais à vous faire par d’une question, d’une inquiétude. A plusieurs reprises j’ai été confronté aux témoignages de personnes m’assurant que des musulmans souhaitant se convertir au catholicisme et s’informant auprès de prêtres parisiens sur la façon de devenir catholiques, ont eu pour seule réponse de rester dans leur religion. Comment cela est-il possible ? que peut-on faire ? »
Réponse de Frère Maximilien-Marie :
« (…) J’ai presque envie de vous demander sur quelle planète vous vivez [sourire] pour réaliser cela juste maintenant : malheureusement l’esprit d’erreur et de mensonge répandu dans l’Eglise depuis plusieurs décennies fait que ce qui semble vous étonner n’est pas un fait nouveau. Déjà lorsque j’étais au collège au début des années 70 du précédent siècle, les modernichons répandaient ce genre de calembredaines ! C’est pratiquement depuis la fin du concile V2 que beaucoup de clercs ou de fidèles pensent et affirment qu’il n’est nul besoin d’évangéliser et que chacun fait son salut dans sa religion. Contrairement à ce que prétend un document de V2 (qui n’a qu’un statut de « déclaration », et donc dans lequel ne se trouve aucun enseignement doctrinal magistériel), les mahométans n’adorent pas le vrai Dieu. Plusieurs oraisons du missel antique affirment qu’ils sont des païens (donc adorant un faux dieu). »

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Citation de Saint Vincent de Paul :

« Je crains fort que Dieu ne permette l’anéantissement de l’Eglise en Europe à cause de nos moeurs corrompues de tant de diverses opinions étranges que nous voyons s’élever de tous côtés et du peu de progrès que font ceux qui s’emploient pour tâcher de remédier à tous ces maux-là… »

Que dirait-il, près de quatre siècles plus tard en voyant l’état de l’Eglise en France, les ravages de l’hérésie en elle, l’invasion mahométane, le renouveau du paganisme, et ce que sont devenues les moeurs publiques ?

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Lorsque l’on refuse de se soumettre au Règne du Christ (et ce Règne divin passe par l’observation de tous Ses commandements), on finit fatalement par être sous le règne de l’Antéchrist, en ses multiples avatars.

Vous avez détesté tous ces attentats perpétrés à Paris, en France et en beaucoup d’autres endroits du monde, et vous avez crié : « Nous ne voulons plus de cela ! »
Ne vous leurrez pas, ils n’étaient qu’un prélude.
Quand la stratégie globale des combattants de ce faux dieu entrera dans une nouvelle phase de conquête destructrice, tout ce dont nous avons été témoins ces dernières années semblera, en comparaison, totalement dérisoire et insignifiant.

Lorsque les conducteurs des nations jadis chrétiennes et les hiérarques de la Sainte Eglise ne prêchent plus qu’une bouillie informe d’idées humanitaires et fraternalistes horizontales, en refusant de nommer l’origine du mal et d’en dénoncer les causes réelles, et – de ce fait – refusent de porter le fer rouge sur la plaie, dites-vous bien qu’en ces moments futurs que j’ai évoqué ci-dessus, ni les autorités civiles ni les autorités spirituelles ne seront là pour défendre vos églises contre la profanation, l’incendie et la destruction, pour défendre vos maisons contre le pillage, pour défendre votre propre vie, celles de vos enfants et celles de vos petits-enfants.
Vous serez alors terriblement seuls contre la barbarie.

Alors, ce ne sera plus le moment de se présenter en face des nouveaux fellouzes avec des « plus jamais ça », en brandissant de jolies petites pancartes « je suis ceci ou cela », et en scandant tous les slogans du « vivre ensemble ».

En revanche il faudra alors savoir ce que vous défendez et pour quoi vous le défendez : et si vous ne vous y êtes pas préparés physiquement, psychologiquement, moralement et – par dessus tout – spirituellement, dès aujourd’hui, vous ne résisterez ; vous ne tiendrez pas…

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Ecclesia Dei afflicta :

Situation affligeantissime et douloureuse de la Sainte Eglise qui fait que, lorsque des personnes viennent vers vous pour être instruites dans la foi et se rapprocher de Dieu et des sacrements, vous avez le devoir, en même temps que vous leur inculquez l’amour de la Sainte Eglise, de les mettre en garde contre ce que dit l’écrasante majorité des clercs, et de les dissuader de se rendre dans le plus grand nombre des paroisses, afin de ne pas être exposées au scandale et au naufrage dans la foi.

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Ils n’en ont pas…

Société d’émasculés que celle où, en réponse à l’égorgement des siens, on entasse des bougies et des nounours en peluche – « pour dire que nous n’avons pas peur » – , en attendant le prochain massacre et en continuant de se vautrer dans la veulerie de toutes les abdications intellectuelles et spirituelles.

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12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican

Jean III Sobiesky, vainqueur des Turcs à Vienne le 12 septembre 1683
(tableau monumental de Jan Mateiuko – Palais du Vatican, Salle Sobiesky)

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Vous connaissez vos actes de foi, d’espérance et de charité. Vous connaissez aussi votre acte de contrition.
Je vous propose aujourd’hui le texte d’une prière qui s’inspire du même principe : l’ « Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout ».

Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout :

« Mon Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, m’opposer à ce raz de marée de fausses croyances et de moeurs exogènes qui déferle sur le Royaume de France, avec la complicité, active ou tacite, de ceux qui ont usurpé le gouvernement depuis quelque deux siècles et de l’écrasante majorité de ses sujets devenus semblables à de stupides moutons de Panurge.
Mon Dieu, vrai Roi de France – ce Royaume en lequel Vous Vous êtes complu et que Vous avez comblé de tant de grâces de premier ordre, au moyen de sa royauté très chrétienne providentiellement instituée dans les fonts baptismaux de Reims – , accordez-moi, aujourd’hui et chaque jour, tant dans ma vie privée qu’aux regards de tous, de savoir toujours choisir les pensées, les mots, les gestes et les actes qui seront les plus conformes aux exemples de nos Saints et de nos Rois très chrétiens, pour résister aux modes intellectuelles de ce siècle décadent, combattre l’invasion d’une pseudo religion suscitée par l’antéchrist, lutter contre la secte satanique qui dirige la république, mener le combat spirituel et témoigner des merveilles de la civilisation catholique, dussé-je y perdre la vie d’ici-bas, pourvu que je conquière la couronne d’immortalité.  Ainsi soit-il ! »

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

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2017-69. Le triomphe de la Sainte Vierge dans le ciel, est la consommation de tous les mérites de cette auguste Reine du ciel et de la terre.

22 août,
Fête du Coeur immaculé de Marie.

« Jusqu’à l’intervention de Pie XII pendant la seconde guerre mondiale, ce jour était celui de l’Octave de l’Assomption : on y disait la même Messe que le 15 août après avoir fait mémoire de l’Assomption tous les jours en seconde oraison. En 1942, Pie XII institua la fête du Cœur Immaculé, on ne fit plus rien du jour Octave de l’Assomption, sauf dans le cas où une fête particulière de 1ère ou de 2ème classe l’aurait emporté sur la fête du Cœur Immaculé : dans ce cas-là, on faisait mémoire du jour octave avec la même oraison que le 15 août et on ne faisait rien de la fête du Cœur Immaculé. La suppression de l’Octave de l’Assomption en 1955 a supprimé cette rubrique » (citation de l’excellent site Introibo).
C’est néanmoins dans la continuité logique de cet octave de l’Assomption et dans la perspective du triomphe du Coeur immaculé de Marie prophétisé lors des apparitions de Fatima dont nous commémorons le centenaire en cette année 2017, que nous vous invitons à lire et à méditer sur ce sermon du Saint Curé d’Ars.

Assomption - église de la Nativité de la Vierge à Montréal

L’Assomption
(vitrail de l’église de la Nativité de Marie, à Montréal, Québec)

fleur de lys gif2

Sermon de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars,
sur les grandeurs de Marie,
à l’occasion de la fête de l’Assomption.

Quia respexit humilitatem ancillæ suæ.
Parce que le Seigneur a regardé la bassesse de sa servante.

(S. Luc, I, 48.)

Si nous voyons, M.F., la sainte Vierge s’abaisser, dans son humilité, au-dessous de toutes les créatures, nous voyons aussi cette humilité l’élever au-dessus de tout ce qui n’est pas Dieu. Non, ce n’est point les grands de la terre qui l’ont fait monter à ce suprême degré de dignité où nous avons le bonheur de la contempler aujourd’hui. Les trois personnes de la Très Sainte Trinité l’ont placée sur ce trône de gloire ; elles l’ont proclamée Reine du ciel et de la terre, en la rendant dépositaire de tous les célestes trésors. Non, M.F., nous ne comprendrons jamais assez les grandeurs de Marie, et le pouvoir que Jésus-Christ son divin Fils lui a donné ; nous ne connaîtrons jamais bien le désir qu’elle a de nous rendre heureux. Elle nous aime comme ses enfants ; elle se réjouit du pouvoir que Dieu lui a donné, afin de nous être plus utile. Oui, Marie est notre médiatrice c’est elle qui présente à son divin Fils toutes nos prières, nos larmes et nos gémissements ; c’est elle qui nous attire les grâces nécessaires pour notre salut. Le Saint-Esprit nous dit que Marie, entre toutes les créatures, est un prodige de grandeur, un prodige de sainteté et un prodige d’amour. Quel bonheur pour nous, M.F., quelle espérance pour notre salut ! Ranimons notre confiance envers cette bonne et tendre Mère, en considérant 1° sa grandeur ; 2° son zèle pour notre salut ; 3° ce que nous devons faire pour lui plaire et mériter sa protection.

I. – Parler des grandeurs de Marie, M.F., c’est vouloir diminuer l’idée sublime que vous vous en faites ; car saint Ambroise nous dit que Marie est élevée à un si haut degré de gloire, d’honneur et de puissance, que les anges mêmes ne peuvent le comprendre ; cela est réservé à Dieu seul. De là, je conclus que tout ce que vous pourrez entendre, ne sera toujours rien ou presque rien, auprès de ce qu’elle est aux yeux de Dieu. Le plus bel éloge que l’Église puisse nous en donner, c’est de dire que Marie est la Fille du Père Éternel, la Mère du Fils de Dieu Sauveur du monde, l’Épouse du Saint-Esprit. Si le Père Éternel a choisi Marie pour sa fille par excellence, quel torrent de grâces ne doit-il pas verser dans son âme ? Elle en reçut, à elle seule, plus que tous les anges et tous les saints ensemble. Il commença par la préserver du péché originel, grâce qui n’a été accordée qu’à elle seule. Il l’a fixée dans cette grâce, avec une parfaite assurance qu’elle ne la perdrait jamais. Oui, M.F., le Père Éternel l’enrichit des dons du ciel, à proportion de la grande dignité à laquelle il devait l’élever. Il forma en elle un temple vivant des trois Personnes de la Très Sainte Trinité. Disons encore mieux, il fit pour elle tout ce qu’il était possible de faire pour une créature. Si le Père Éternel a pris tant de soin à l’égard de Marie, nous voyons aussi le Saint-Esprit venir l’embellir lui-même à un tel degré, que dès l’instant de sa conception, elle devint l’objet des complaisances des trois Personnes divines. Marie seule a le bonheur d’être la fille du Père Éternel, elle a aussi celui d’être la mère du Fils et l’épouse du Saint-Esprit. Par ces dignités incomparables, elle se voit associée aux trois Personnes de la Sainte Trinité, pour former le corps adorable de Jésus-Christ. C’est d’elle que Dieu devait se servir pour renverser ou ruiner l’empire du démon. C’est elle que les trois Personnes divines employèrent pour sauver le monde, en lui donnant un Rédempteur. Auriez-vous jamais pensé que Marie fût un tel abîme de grandeur, de puissance et d’amour ? Après le corps adorable de Jésus-Christ, elle fait le plus bel ornement de la cour céleste…

Nous pouvons dire que le triomphe de la sainte Vierge dans le ciel, est la consommation de tous les mérites de cette auguste Reine du ciel et de la terre. Ce fut dans ce moment qu’elle reçut le dernier ornement de son incomparable dignité de Mère de Dieu. Après avoir subi quelque temps les misères diverses de la vie et les humiliations de la mort, elle alla jouir d’une vie, la plus glorieuse et la plus heureuse dont une créature puisse jamais jouir. Nous nous étonnons parfois que Jésus, qui aimait tant sa mère, l’ait laissée si longtemps sur la terre après sa résurrection. La raison de ceci, c’est qu’il voulait, par ce retard, lui procurer une plus grande gloire, et que du reste, les apôtres avaient encore besoin de sa personne pour être consolés et conduits. C’est Marie qui a révélé aux apôtres les plus grands secrets de la vie cachée de Jésus-christ. C’est encore Marie qui a levé l’étendard de la virginité, qui en a fait connaître tout l’éclat, toute la beauté, et nous montre l’inestimable récompense réservée à ce saint état.

Mais reprenons, M.F., continuons à suivre Marie jusqu’au moment où elle quitte ce monde. Jésus-Christ voulut qu’avant d’être élevée au ciel, elle pût revoir encore une fois tous ses apôtres. Tous, saint Thomas excepté, furent miraculeusement transportés autour de son pauvre lit. Par un excès de cette humilité qu’elle avait toujours portée à un très haut degré, elle leur baisa à tous les pieds, et leur demanda leur bénédiction. Cet acte la préparait à l’éminente gloire à laquelle son Fils devait l’élever. Ensuite Marie leur donna à tous sa bénédiction. Il me serait impossible de vous faire comprendre les larmes que répandirent en ce moment les apôtres, sur la perte qu’ils allaient faire. La sainte Vierge n’était-elle pas, après le Sauveur, tout leur bonheur, toute leur consolation ? Mais Marie, pour adoucir un peu leur peine, leur promit de ne pas les oublier auprès de son divin Fils. On croit que le même ange qui lui avait annoncé le mystère de l’Incarnation, vint lui marquer, de la part de son Fils, l’heure de sa mort. La sainte Vierge répondit à l’ange : « Ah ! quel bonheur ! et combien je désirais ce moment ! » Après cette heureuse nouvelle, elle voulut faire son testament, qui fut bientôt fait. Elle avait deux tuniques, elle les donna à deux vierges, qui la servaient depuis longtemps. Elle se sentit alors brûler de tant d’amour que son âme, semblable à une fournaise ardente, ne pouvait plus rester dans son corps. Heureux moment !…

Pouvons-nous voir, M.F., les merveilles qui s’opèrent à cette mort, sans nous sentir un ardent désir de vivre saintement pour mourir saintement ? C’est vrai, nous ne devons pas nous attendre à mourir d’amour, mais au moins ayons l’espérance de mourir dans l’amour de Dieu. Marie ne craint nullement la mort, puisque la mort va la mettre en possession du bonheur parfait ; elle sait que le ciel l’attend, et qu’elle en sera un des plus beaux ornements. Son Fils et toute la cour céleste s’avancent pour célébrer cette brillante fête, tous les saints et saintes du ciel n’attendent que les ordres de Jésus, pour venir chercher cette Reine et l’emmener en triomphe dans son royaume. Tout est préparé dans le ciel pour la recevoir ; elle va goûter des honneurs au-dessus de tout ce que l’on peut concevoir. Pour sortir de ce monde, Marie ne subit point la maladie, car elle est exempte de péché. Malgré son grand âge, son corps ne fut jamais décrépit comme celui des autres mortels, au contraire, il semblait qu’à mesure qu’il approchait de la fin, il prenait un nouvel éclat. Saint Jean Damascène nous dit que ce fut Jésus-Christ lui-même qui vint chercher sa mère. Ainsi disparaît ce bel astre qui pendant soixante et douze ans a éclairé le monde. Oui, M.F., elle revoit son Fils, mais sous un aspect bien différent de celui où elle l’avait vu, lorsque, tout couvert de sang, il était cloué à la croix.

O Amour divin, voilà la plus belle de vos victoires et de toutes vos conquêtes ! Vous ne pouviez rien faire de plus, mais aussi vous ne pouviez rien faire de moins. Oui, M F., s’il fallait que la mère d’un Dieu mourût, elle ne pouvait mourir que d’un transport d’amour. O belle mort ! ô mort heureuse ! ô mort désirable ! Ah ! qu’elle est dédommagée de ce torrent d’humiliations et de douleurs dont sa sainte âme a été inondée pendant sa vie mortelle ! Oui, elle revoit son Fils, mais tout autre que le jour où elle l’avait vu pendant sa douloureuse passion, entre les mains de ses bourreaux, portant sa croix, couronné d’épines, sans pouvoir le soulager. Oh ! non, elle ne le voit plus sous ce triste appareil, capable d’anéantir les créatures tant soit peu sensibles ; mais elle le voit, dis-je, tout brillant de lumière, revêtu d’une gloire qui fait toute la joie et le bonheur du ciel ; elle voit les anges et les saints qui tous l’environnent, le louent, le bénissent et l’adorent jusqu’à l’anéantissement. Oui, elle revoit ce tendre Jésus, exempt de tout ce qui peut le faire souffrir. Ah ! qui de nous ne voudrait pas travailler à aller rejoindre la Mère et le Fils dans ce lieu de délices ? Quelques moments de combats et de souffrances sont grandement récompensés.

Ah ! M.F., quelle mort heureuse ! Marie ne craint rien, parce qu’elle a toujours aimé son Dieu ; elle ne regrette rien, parce qu’elle n’a jamais rien possédé que son Dieu., Voulons-nous mourir sans crainte ? Vivons, comme Marie, dans l’innocence ; fuyons le péché, qui fait tout notre malheur pour le temps et pour l’éternité. Si nous avons été assez malheureux pour le commettre, à l’exemple de saint Pierre, pleurons jusqu’à notre mort, et que nos regrets ne finissent qu’avec la vie. A l’exemple du saint roi David, descendons dans le tombeau en versant des pleurs ; lavons nos âmes dans l’amertume de nos larmes. Voulons-nous, comme Marie, mourir sans chagrin ? Vivons comme elle, sans nous attacher aux choses créées ; faisons comme elle, n’aimons que Dieu seul, ne désirons que lui seul, ne cherchons qu’à lui plaire dans tout ce que nous faisons. Heureux le chrétien, qui ne quitte rien pour trouver tout !…

Approchons encore un instant de ce pauvre grabat, qui est si heureux de soutenir cette perle précieuse, cette rose toujours fraîche et sans épines, ce globe de gloire et de lumière, qui doit donner un nouvel éclat à toute la cour céleste. Les anges, dit-on, entonnèrent un cantique d’allégresse dans l’humble demeure où était le saint corps, et elle était remplie d’une odeur si agréable, qu’il semblait que toutes les douceurs du ciel y fussent descendues. Allons, M.F., accompagnons du moins en esprit, ce convoi sacré ; suivons ce tabernacle où le Père avait renfermé tous ses trésors, et qui va être caché, pour quelque temps, comme l’a été le corps de son divin Fils. La douleur et les gémissements rendirent silencieux les apôtres et tous les fidèles venus en foule pour voir encore une fois la Mère de leur Rédempteur. Mais étant revenus à eux-mêmes, ils commencèrent tous à chanter des hymnes et des cantiques pour honorer le Fils et la Mère. Une partie des anges monta au ciel pour conduire en triomphe cette âme sans égale ; l’autre, resta sur la terre pour célébrer les obsèques du saint corps. Je vous le demande, M.F., qui serait capable de nous faire la peinture d’un si beau spectacle ? D’un côté, l’on entendait les esprits bienheureux employer toute leur industrie céleste, pour témoigner la grande joie qu’ils avaient de la gloire de leur Reine ; de l’autre, on voyait les apôtres et un grand nombre de fidèles, élever aussi leurs voix pour seconder l’harmonie de ces chantres célestes. Saint Jean Damascène nous dit qu’avant de mettre le saint corps dans le tombeau, ils eurent tous le bonheur de baiser ses mains saintes et sacrées, qui, tant de fois, avaient porté le Sauveur du monde. Dans ce moment, il n’y eut pas un malade qui ne reçût sa guérison ; il n’y eut pas une personne dans Jérusalem qui ne demandât quelque grâce au bon Dieu par la médiation de Marie et qui ne l’obtînt. Dieu le voulait ainsi pour nous montrer que tous ceux qui, dans la suite, auraient recours à elle, étaient bien sûrs de tout obtenir.

Quand chacun, nous dit le même saint, eut contenté sa dévotion et reçu l’effet de ses demandes, l’on pensa à la sépulture de la Mère de Dieu. Les apôtres, selon la coutume des Juifs, ordonnèrent de laver le saint corps et de l’embaumer. Ils chargèrent donc de cet office deux vierges au service de Marie. Celles-ci, par un fait tout miraculeux, ne purent voir ni toucher le saint corps. L’on crut reconnaître en cela la volonté de Dieu, et l’on ensevelit le corps avec tous ses vêtements. Si Marie, sur la terre, fut d’une humilité sans égale, sa mort et sa sépulture furent aussi sans égales, par la grandeur des merveilles qui s’opérèrent alors. Ce furent les apôtres eux-mêmes qui portèrent le précieux dépôt, et ce cortège saint et sacré traversa la ville de Jérusalem jusqu’au lieu de la sépulture, qui était le bourg de Gethsémani, dans la vallée de Josaphat. Tous les fidèles l’accompagnèrent avec des flambeaux à la main, plusieurs se joignaient à cette troupe pieuse, qui portait l’arche de la nouvelle alliance et la conduisait au lieu de son repos. Saint Bernard nous dit que les anges faisaient eux-mêmes leur procession, précédant et suivant le corps de leur Souveraine avec des cantiques d’allégresse ; tous ceux qui étaient présents entendaient le chant de ces anges, et partout où passait ce saint corps, il répandait une odeur délicieuse, comme si toutes les douceurs et les parfums célestes étaient descendus sur la terre. Il y eut, ajoute ce saint, un malheureux juif, qui, mourant de rage de voir que l’on rendait tant d’honneurs à la Mère de Dieu, se jeta sur le corps pour le faire tomber dans la boue ; mais il ne l’eut pas plus tôt touché, que ses deux mains tombèrent desséchées. S’étant repenti, il pria saint Pierre qu’on le fît approcher du corps de la sainte Vierge. En le touchant, ses deux mains se replacèrent d’elles-mêmes sans qu’elles parussent avoir été jamais séparées. Le corps de la Mère de Dieu ayant été déposé avec respect dans le sépulcre, les fidèles se retirèrent à Jérusalem ; mais les anges continuèrent à chanter, pendant trois jours, les louanges de Marie. Les apôtres venaient les uns après les autres, pour s’unir aux anges qui restaient au-dessus du tombeau. Au bout de trois jours, saint Thomas, qui n’avait pas assisté à la mort de la Mère de Dieu, vint demander à saint Pierre le bonheur de voir encore une fois le corps virginal. Ils allèrent donc au sépulcre, et n’y trouvèrent plus que les vêtements. Les anges l’avaient emportée dans le ciel, car on ne les entendait plus. Pour vous faire une fidèle description de son entrée glorieuse et triomphante dans le ciel, il faudrait, M.F., être Dieu lui-même, qui, dans ce moment, voulut prodiguer à sa Mère toutes les richesses de son amour, de sa reconnaissance. Nous pouvons dire qu’il rassembla alors tout ce qui fut capable d’embellir son triomphe dans le ciel. « Ouvrez-vous, portes du ciel, voici votre Reine qui quitte la terre pour embellir les cieux par la grandeur de sa gloire, par son immensité de mérites et de dignité. » Quel spectacle ravissant ! jamais le ciel n’avait vu entrer dans son enceinte une créature si belle, si accomplie, si parfaite et si riche de vertus. « Quelle est celle-ci, dit l’Esprit-Saint, qui s’élève du désert de cette vie, toute comblée de délices et d’amour, appuyée sur le bras de son bien-aimé ?… » Approchez, les portes du ciel s’ouvrent, et toute la cour céleste se prosterne devant elle comme devant sa Souveraine. Jésus-Christ lui-même la conduit dans son triomphe, et la fait asseoir sur le plus beau trône de son royaume. Les trois Personnes de la Très Sainte Trinité lui mettent sur la tête une brillante couronne et la rendent dépositaire de tous les trésors du ciel. Oh ! M.F., quelle gloire pour Marie ! mais aussi quel sujet d’espérance pour nous, de la savoir si élevée en dignité, et de connaître le grand désir qu’elle a de sauver, nos âmes !

II. – Quel amour n’a-t-elle pas pour nous ? Elle nous aime comme ses enfants ; elle aurait voulu mourir pour nous si cela eût été nécessaire. Adressons-nous à elle avec une grande confiance, et nous sommes sûrs que, quelque misérables que nous soyons, elle nous obtiendra la grâce de notre conversion. Elle prend tant de soin du salut de notre âme, elle désire tant notre bonheur !… Nous lisons dans la vie de saint Stanislas, grand dévot envers la Reine du ciel, qu’un jour, étant en prière, il dit à la Sainte Vierge de vouloir bien se montrer à lui avec le saint Enfant Jésus. Cette prière fut si agréable au bon Dieu, que dans le même moment Stanislas vit paraître devant lui la sainte Vierge, tenant le saint Enfant entre ses bras. Une autre fois, se trouvant malade dans une maison de luthériens qui ne voulaient pas lui permettre de communier, il s’adressa à la sainte Vierge, et la pria de lui procurer ce bonheur. Sa prière à peine achevée, il vit venir un ange qui lui apportait la sainte Hostie et qui était accompagné de la sainte Vierge. Dans une circonstance à peu près semblable, la même chose lui arriva, un ange lui apporta Jésus-Christ et lui donna la sainte communion. Voyez, M.F., combien Marie prend soin du salut de ceux qui ont confiance en elle !

Que nous sommes heureux, d’avoir une Mère pour nous précéder dans la pratique des vertus que nous devons avoir, si nous voulons aller au ciel et plaire à Dieu ! Mais prenons bien garde de ne jamais mépriser ni elle, ni le culte qu’on lui rend. Saint François de Borgia nous raconte qu’un grand pécheur, à son lit de mort, ne voulait entendre parler ni de Dieu, ni de son âme, ni de confession. Saint François qui se trouvait alors dans le pays de ce malheureux, se mit à prier Dieu pour lui ; comme il priait avec larmes, il entendit une voix qui lui dit: « Allez, François, allez porter ma croix à ce malheureux, exhortez-le à la pénitence. » Saint François court vers le malade déjà dans les bras de la mort. Hélas ! il avait déjà fermé son cœur à la grâce. Saint François le pria d’avoir pitié de son âme, de demander pardon au bon Dieu ; mais non, tout était perdu pour lui. Le saint entendit encore deux fois la même voix qui lui dit « Allez, François, portez ma croix à ce malheureux. » Le saint montra encore son crucifix, qui se trouva tout couvert de sang et qui coulait de toutes parts ; il dit au pécheur que ce sang adorable lui obtiendrait son pardon s’il voulait lui demander miséricorde. Mais non, tout fut perdu pour lui, il mourut en blasphémant le saint nom de Dieu: et son malheur venait de ce qu’il avait raillé et méprisé la sainte Vierge, dans les honneurs qu’on lui rendait. Ah ! M.F., prenons bien garde de ne jamais rien mépriser de ce qui se rapporte au culte de Marie, cette Mère si bonne, si portée à nous secourir à la moindre confiance que nous avons en elle ! Voici quelques exemples qui vous montreront que, si nous avons été fidèles à la moindre pratique de dévotion envers la sainte Vierge, jamais elle ne permettra que nous mourions dans le péché.

Il est rapporté dans l’histoire qu’un jeune libertin se livrait, sans aucun remords, à tous les vices de son cœur. Une maladie l’arrêta au milieu de ses désordres ; tout libertin qu’il était, il n’avait pourtant jamais manqué de dire tous les jours un Ave Maria ; c’était la seule prière qu’il faisait, et encore la faisait-il bien mal : ce n’était pas autre chose qu’une simple habitude. Dès que l’on sut que sa maladie était sans espérance de guérison, on alla chercher le prêtre de la paroisse qui vint le visiter, et l’exhorta à se confesser. Mais le malade lui répondit que s’il avait à mourir, il voulait mourir comme il avait vécu, et que, s’il venait à en échapper, il ne voulait pas vivre autrement que jusqu’alors. Ce fut la réponse qu’il fit à tous ceux qui voulurent lui parler de confession. On était dans une grande consternation ; personne n’osait plus lui en parler, dans la crainte de lui donner occasion de vomir les mêmes blasphèmes et les mêmes impiétés. Sur ces entrefaites, un de ses camarades, mais plus sage que lui, qui souvent l’avait repris de ses désordres, alla le trouver. Après lui avoir parlé de différentes choses, il lui dit sans détours : « Tu devrais bien, mon camarade, penser à te convertir. » – « Mon ami, répliqua le malade, je suis un trop grand pécheur ; tu sais bien la vie que j’ai menée. » – « Eh bien ! prie la sainte Vierge qui est le refuge des pécheurs. » – « Ah ! j’ai bien dit tous les jours un Ave Maria ; mais voilà toutes les prières que j’ai faites. Crois-tu que cela me serve de quelque chose ? » – « Comment ! répliqua l’autre, cela te servira de tout. Ne lui as-tu pas demandé de prier pour toi à l’heure de la mort ? C’est donc à présent qu’elle va prier pour toi. » – « Puisque tu penses que la sainte Vierge prie pour moi, va chercher M. le curé pour me confesser tout de bon. » En prononçant ces paroles, il se mit à verser des torrents de larmes. « Pourquoi pleurer ? lui dit son ami. » – « Ah ! pourrais-je jamais assez pleurer, après avoir mené une vie si criminelle, après avoir offensé un Dieu si bon, qui veut encore me pardonner ! Je voudrais pouvoir pleurer des larmes de sang pour montrer au bon Dieu combien je suis lâché de l’avoir tant offensé ; mais, mon sang est trop impur pour être offert à Jésus-Christ en expiation de mes péchés. Ce qui me console, c’est que Jésus-Christ mon Sauveur a offert le sien à son Père pour moi, c’est en lui que j’espère. » Son ami entendant ce discours, et voyant couler ses larmes, se mit à pleurer de joie avec lui. Ce changement était si extraordinaire, qu’il l’attribua à la protection de la sainte Vierge. Dans ce moment, le curé revint, et, fort étonné de les voir pleurer tous deux, il leur demanda ce qui était arrivé. – « Ah ! Monsieur, répondit le malade, je pleure mes péchés ! Hélas ! je commence bien tard à les pleurer ! Mais je sais que les mérites de Jésus-Christ sont infinis et que sa miséricorde est sans bornes ; j’ai encore espoir que le bon Dieu aura pitié de moi. » Le prêtre, étonné, lui demanda qui avait fait en lui un pareil changement ? « La sainte Vierge, dit le malade, a prié pour moi, c’est ce qui m’a fait ouvrir les yeux sur mon misérable état. » – « Vous voulez bien vous confesser ? » – « Oh ! oui, Monsieur, je veux me confesser, et même tout haut ; puisque j’ai scandalisé par ma mauvaise vie, je veux que l’on soit témoin de non repentir. » Le prêtre lui dit que cette mesure n’était pas nécessaire, qu’il suffisait, pour réparer les scandales, de savoir qu’il avait été administré. Il se confessa avec tant de douleur et de larmes, que le prêtre fut obligé plusieurs fois de s’arrêter pour le laisser pleurer. Il reçut les sacrements avec de si grandes marques de repentir, qu’on aurait cru qu’il allait en mourir.

Saint Bernard n’avait-il pas raison de nous dire que celui qui est sous la protection de Marie est en sûreté ; et que jamais l’on a vu la sainte Vierge abandonner une personne qui a fait quelque acte de piété en son honneur ? Non, M.F., jamais cela ne s’est vu et ne se verra. Voyez comme la sainte Vierge a récompensé un Ave Maria, que ce jeune homme avait dit tous les jours et encore, comment le disait-il ? Cependant, vous venez de voir qu’elle fit un miracle, plutôt que de le laisser mourir sans confession. Quel bonheur pour nous d’invoquer Marie, puisque ainsi elle nous sauve et nous fait persévérer dans la grâce ! Quel sujet d’espérance de penser que malgré nos péchés, elle s’offre sans cesse à Dieu pour demander notre pardon ! Oui, M.F., c’est elle qui ranime notre espérance en Dieu, c’est elle qui lui présente nos larmes, c’est elle qui nous empêche de tomber dans le désespoir à la vue de nos péchés.

Le bienheureux Alphonse de Liguori raconte qu’un de ses compagnons, prêtre, vit un jour entrer dans une église un jeune homme dont l’extérieur annonçait une âme dévorée de remords. Le prêtre s’approcha du jeune homme et lui dit : « Voulez-vous vous confesser, mon ami ? » Celui-ci répond que oui, mais, en même temps, il demande à être entendu dans un lieu retiré, car sa confession devait être longue. Quand ils furent seuls, le nouveau pénitent parla en ces termes : « Mon père, je suis étranger et gentilhomme ; mais je ne crois pas pouvoir jamais devenir l’objet des miséricordes d’un Dieu que j’ai tant offensé par ma vie si criminelle. Sans vous parler des meurtres et des infamies dont je me suis rendu coupable, je vous dirai qu’ayant désespéré de mon salut, je me suis livré à toutes sortes de péchés, moins pour contenter mes passions, que pour outrager le bon Dieu et satisfaire la haine que j’avais contre lui. J’avais un crucifix sur moi, je l’ai jeté par mépris. Ce matin même, je suis allé à la table sainte pour commettre un sacrilège, mon intention était de fouler aux pieds la sainte hostie, si les personnes qui étaient présentes ne m’en avaient empêché ; et dans ce moment, il remit à son confesseur la sainte hostie qu’il avait conservée dans un papier. En passant devant cette église, ajouta-t-il, je me suis senti pressé d’entrer, au point que je n’ai pu résister ; j’ai éprouvé des remords si violents, ils déchiraient tellement ma conscience, qu’à mesure que je me suis approché de votre confessionnal, je tombai dans un grand désespoir. Si vous n’étiez pas sorti pour venir à moi, j’allais m’en aller de l’église, je ne sais vraiment pas comment il a pu se faire que je sois ainsi à vos genoux pour me confesser. » Mais le prêtre lui dit : « N’avez-vous pas fait quelques bonnes oeuvres qui vous ont mérité une telle grâce ? peut-être avez-vous offert quelques sacrifices à la sainte Vierge ou imploré son assistance, car de telles conversions ne sont ordinairement que des effets de la puissance de cette bonne mère ? » – « Mon père, vous vous trompez, j’avais un crucifix, je l’ai jeté par mépris. » – « Mais, réfléchissez bien, ce miracle ne s’est pas fait sans quelque raison. » – « Mon père, dit le jeune homme portant la main sur son scapulaire, voilà tout ce que j’ai conservé. » – « Ah ! mon ami, lui dit le prêtre en l’embrassant, ne voyez-vous pas que c’est la sainte Vierge qui vous a obtenu cette grâce, que c’est elle qui vous a attiré dans cette église qui lui est consacrée ? » A ces paroles, le jeune homme fondit en larmes ; il entra dans tous les détails de sa vie criminelle, et sa douleur croissant toujours, il tomba aux pieds de son confesseur comme mort ; revenu à lui, il acheva sa confession. Avant de quitter l’église, il promit de raconter partout la grande miséricorde que Marie avait obtenue de son Fils pour lui.

III. – Que nous sommes heureux, M.F., d’avoir une Mère si bonne, si dévouée au salut de nos âmes ! Cependant il ne faut pas se contenter de la prier, il faut encore pratiquer toutes les autres vertus que nous savons être agréables à Dieu. Un grand serviteur de Marie, saint François de Paule, fut un jour appelé par Louis XI, espérant obtenir de lui sa guérison. Le saint trouva dans le roi toutes sortes de bonnes qualités, il s’adonnait à quantité de bonnes couvres et de prières en l’honneur de Marie. Il disait tous les jours son chapelet, faisait beaucoup d’aumônes pour honorer la sainte Vierge, portait sur lui plusieurs reliques ; mais sachant qu’il n’avait pas assez de modestie et de retenue dans ses paroles, et qu’il souffrait chez lui des gens de mauvaise vie, saint François de Paule lui dit en pleurant : « Prince, croyez-vous que toutes vos dévotions soient agréables à la sainte Vierge ? Non, non, prince, commencez à imiter Marie, et vous êtes sûr qu’elle vous tendra les mains. » En effet, ayant fait une confession de toute sa vie, il reçut tant de grâces et tant de moyens de salut, qu’il mourut de la manière la plus édifiante, en disant que Marie lui avait valu le ciel par sa protection. Le monde est plein de monuments qui nous attestent les grâces que la sainte Vierge nous obtient ; voyez tous ces sanctuaires, tous ces tableaux, toutes ces chapelles en l’honneur de Marie. Ah ! M.F., si nous avions une tendre dévotion envers Marie, que de grâces nous obtiendrions tous pour notre salut ! Oh ! pères et mères, si tous les matins vous mettiez tous vos enfants sous la protection de la sainte Vierge, elle prierait pour eux, elle les sauverait et vous aussi. Oh ! comme le démon redoute la dévotion envers la sainte Vierge !… Il se plaignait un jour hautement au bienheureux François que deux sortes de personnes le faisaient bien souffrir. D’abord, celles qui contribuent à répandre la dévotion à la sainte Vierge, puis celles qui portent le saint Scapulaire.

Ah ! M.F., en faut-il davantage pour nous inspirer une grande confiance à la sainte Vierge et le désir de nous consacrer entièrement à elle en mettant notre vie, notre mort et notre éternité entre ses mains ? Quelle consolation pour nous dans nos chagrins, dans nos peines, de savoir que Marie veut et peut nous secourir ! Oui, nous pouvons dire que celui qui a le bonheur d’avoir une grande confiance en Marie a son salut en sûreté ; et jamais on n’aura entendu dire que celui qui a mis son salut entre les mains de Marie, ait été damné. Nous reconnaîtrons à l’heure de la mort combien la sainte Vierge nous a fait éviter de péchés, et comme elle nous a fait faire du bien que nous n’aurions jamais fait sans sa protection. Prenons-la pour notre modèle, et nous sommes sûrs de bien marcher dans le chemin du ciel. Admirons en elle cette humilité, cette pureté, cette charité, ce mépris de la vie, ce zèle pour la gloire de son Fils et le salut des âmes. Oui, M.F., donnons-nous et consacrons-nous à Marie pour toute notre vie. Heureux celui qui vit et meurt sous la protection de Marie, le ciel lui est assuré ! C’est ce que je vous souhaite.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2017-53. Du sanctuaire de Notre-Dame de Bon-secours et de Consolation à Fresneau.

Samedi 6 mai 2017,
Premier samedi du mois de Marie ;

Fête de Saint Jean devant la Porte Latine.

Ave pretiosa - Fresneau détail du vitrail d'Adhémar de Monteil

« Ave Pretiosa »
Armoiries du village de Marsanne sur le territoire duquel se trouve le sanctuaire de Fresneau :
« D’azur à une croix de légat pommelée d’argent »
La devise – qui est celle qu’Adhémar de Monteil choisit lors de son élévation à l’épiscopat (en 1077),
constitue une invocation à la Madone : à la fois Notre-Dame de Fresneau, si proche des fiefs des Adhémar, et Notre-Dame du Puy, siège de son évêché – est aussi devenue celle du sanctuaire.

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Ce lundi 1er mai 2017, premier jour du mois de Marie, des membres ou amis de la Confrérie Royale, du Cercle légitimiste Crillon le Brave (Dauphiné), du Cercle légitimiste Saint Louis Roi de France (vicomté de Nîmes) et du Cercle légitimiste abbé Claude Allier (Vivarais), se sont retrouvés pour une journée de prière, d’amitié et de découverte patrimoniale.

A l’invitation du Cercle légitimiste Crillon le Brave du Dauphiné, ils ont visité le sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau, y ont assisté à la Sainte Messe, puis se sont rendus à Crest où ils ont visité la fameuse tour : le plus haut donjon de France.

En ce premier samedi du mois de Marie, à l’aide des photographies prises lors de ce pèlerinage accompli en début de semaine, je souhaite vous présenter cet antique sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau

Lully.

Fresneau : le sanctuaire originel

Fresneau : la chapelle « originelle »
plusieurs fois reconstruite au même lieu depuis le XIème siècle.

A un peu moins de neuf lieues au sud de Valence et à quelque quatre lieues au nord-est de Montélimar, se trouve le très ancien village de Marsanne.
Un peu à l’extérieur du village, dans le vallon boisé appelé la Combe de Fresneau, se trouve un sanctuaire millénaire en l’honneur de la Madone, toujours bien fréquenté par les pèlerins.
La statue de la Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame de Fresneau, y a été solennellement couronnée au nom du Bienheureux pape Pie IX, le 8 septembre 1855.

C’est probablement dans la deuxième moitié du Xème siècle ou la première moitié du XIème siècle qu’il faut placer les origines du sanctuaire.
Là, à l’entrée de la Combe de Fresneau, près d’une source fraîche et abondante, un berger avait placé une rustique statue de la Vierge Marie qu’il avait lui-même sculptée.

Un maçon, tailleur de pierre de Marsanne, qui avait une fille aveugle de naissance et dont l’épouse était morte en mettant cette enfant au monde, remontait souvent ce vallon de Fresneau jusqu’à une petite carrière en amont de la source.
La jeune fille, qui restait près de la source et du modeste oratoire à y prier la Sainte Mère de Dieu, entendit un jour cette dernière lui demander de faire construire une chapelle en ce lieu, lui promettant en retour de lui accorder la vue.

Fresneau vitrail représentant l'apparition

Fresneau : vitrail représentant l’apparition…
(à la vérité, la représentation est assez fantaisiste, bien dans le style « troubadour » du XIXème siècle où ce vitrail fut réalisé ; en effet une jeune fille du XIème siècle dont le père était maçon n’était certainement pas vêtue de la sorte).

La jeune fille révéla à son père la demande de la Madone, qu’il accueillit fort mal. La Vierge insista auprès de la jeune fille, et la jeune fille auprès de son père, lequel s’entêta dans son refus jusqu’à ce que…

Le curé de Marsanne avait commandé un bénitier pour son église. Une fois le travail accompli, le tailleur de pierre le scella dans l’église à l’endroit désigné par le prêtre, mais à trois reprises, au matin des jours suivants, le bénitier fut retrouvé à l’entrée du vallon de Fresneau, à proximité de la source.

Fresneau vitrail illustrant le bénitier miraculeux

Cet événement insolite ne put rester caché et les curieux commencèrent à affluer.
Le père, ébranlé, finit par dire : « Eh bien ! Tu l’auras ta chapelle, à condition que la vue te soit donnée… » L’enfant passa sur ses yeux de l’eau de la source et s’écria : « Je vois ! »

Une petite chapelle fut donc construite, en l’honneur de Notre-Dame des Bois : le bénitier miraculeux y prit tout naturellement sa place… et s’y trouve toujours car il n’a plus eu l’envie de déménager depuis lors !

Fresneau le bénitier miraculeux

Fresneau : le bénitier miraculeux dans la chapelle originelle.

A côté de la chapelle, souvent appelée aujourd’hui « petit sanctuaire », la source dont l’eau avait guéri la jeune fille de sa cécité, sourd toujours, abondante et fraîche, et de très nombreuses personnes viennent s’y approvisionner.

Depuis le premier miracle, c’est une succession innombrable de grâces et de prodiges – physiques et spirituels – dont cette eau a été la cause.

Fresneau la source miraculeuse

Surplombant la vasque dans laquelle s’écoule la source miraculeuse, une croix de pierre porte en son centre l’inscription : « Si scires donum Dei : si vous connaissiez le don de Dieu ». C’est l’une des paroles dites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la Samaritaine, au puits de Jacob, et il convient de penser à ce qui suit immédiatement : « Si vous connaissiez le don de Dieu et qui est Celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, peut-être Lui en eussiez-vous demandé vous-même et Il vous eût donné d’une eau vive » (Johan. IV, 10) et « (…) Celui qui boira de l’eau que Je lui donnerai n’aura jamais soif ; mais l’eau que Je lui donnerai deviendra une fontaine d’eau jaillissante jusque dans la vie éternelle » (Johan. IV, 13).
Une autre inscription latine, non tirée des Saintes Ecritures, est gravée au pied de la cette croix : « Ad fontem fidei veniat languidus : que le languide vienne à la source de la foi ».

Fresneau croix de la source

La croix au-dessus de la source miraculeuse.

La chapelle originelle, qui n’était guère plus qu’un oratoire, fut visitée en 1449 par le Dauphin de France, futur Louis XI.
Elle fut malheureusement entièrement dévastée et rasée par les fanatiques huguenots en 1589.
En 1605, les habitants de Marsanne relevèrent l’abside et la dédièrent à Notre-Dame de Bon-Secours, puis, dans les années qui suivirent, ils y adjoignirent une petite nef, laquelle fut prolongée vers 1682.
Au XVIIIème siècle, la chapelle fut ornée de peintures murales à la gloire de la Très Sainte Vierge et reçut un campanile ; en action de grâces pour sa conversion, un gentilhomme heureux d’avoir recouvré la foi de ses aïeux obtint que l’on adjoignît au vocable de Notre-Dame de Bon-Secours celui de Notre-Dame de Consolation.

Aux jours de la satanique révolution, le sanctuaire fut à nouveau pillé et saccagé : tout ce qu’il contenait fut brûlé par les « patriotes », y compris la statue en bois de la Madone. Le bâtiment dévasté fut vendu comme « bien national » en 1796.
L’acquéreur la restitua en 1803 et le mouvement de dévotion reprit tandis que les villageois s’employaient à réparer, consolider et réapproprier les lieux.
C’est alors que fut sculptée une nouvelle statue de la Très Sainte Vierge Marie, pour remplacer celle qui avait été livrée aux flammes par les doux et pacifiques disciples des « lumières »

La construction d’un sanctuaire plus vaste, plus apte à accueillir des foules et à la célébration de cérémonies solennelles (comme nous le verrons plus loin), entraîna malheureusement un nouveau déclin de la petite chapelle, au point qu’à la veille de la première guerre mondiale elle menaçait ruine. 

Une nouvelle restauration eut lieu de 1925 à 1928, et encore une autre en 2005 , très peu de temps après laquelle la chapelle fut odieusement profanée et dut être réconciliée une nouvelle fois : l’autel « face au peuple » qui y fut édifié et consacré en 2007 reçut alors des reliques des Bienheureux Jacinthe et François, les deux plus jeunes voyants de Fatima.

Fresneau intérieur de la chapelle originelle

L’intérieur de la chapelle originelle, appelée aussi « petit sanctuaire » dans son état actuel.

Mais avant d’aller plus loin il nous faut revenir au XIème siècle.

Né en 1055, Adhémar de Monteil, issu de la Maison des Adhémar, branche de la lignée des comtes de Valence, bien qu’aîné de sa fratrie et destiné par ses parents à la carrière des armes, embrassa l’état ecclésiastique.
Prévôt de la cathédrale de Valence, Adhémar de Monteil fut choisit en 1077 par le pape Saint Grégoire VII pour devenir évêque du Puy en remplacement du simoniaque Etienne de Polignac, excommunié et déposé. Le nouvel évêque, acteur de la réforme grégorienne, devra lutter contre les abus et s’opposer avec énergie aux empiètements et exactions des puissants féodaux du Velay.
En 1086, il se rendit en pèlerinage à Jérusalem. A cette époque la route de Jérusalem passait par Marsanne : la tradition rapporte qu’il serait revenu s’agenouiller dans l’humble sanctuaire de Fresneau, qui devait déjà être bien cher au coeur d’Adhémar de Monteil.
Selon la tradition encore, sa devise épiscopale « Ave Pretiosa : je vous salue, ô Précieuse ! » est une invocation mariale adressée en même temps à la Madone de Fresneau dont il s’éloignait en partant pour le Velay, et à la Vierge du Puy dans la cathédrale de laquelle il allait prendre possession de son siège épiscopal. 

Ainsi Adhémar de Monteil est-il un vivant trait d’union entre le petit sanctuaire de Fresneau et la très fameuse « chambre angélique » du Puy.

Fresneau vitrail d'Adhémar de Monteil

Adhémar de Monteil (1055-1098)
vitrail du « grand sanctuaire » de Notre-Dame de Fresneau

Chacun se souvient qu’Adhémar de Monteil est particulièrement lié à l’histoire de la première croisade. Il accueillit le Bienheureux Urbain II au Puy vers la fin de l’été 1095, alors que ce Pontife se dirigeait vers Clermont où il réunit le concile qui, après avoir pris un certain nombre de mesures disciplinaires relatives au contexte ecclésial de l’époque, se termina par l’appel du pape à prendre la croix pour aller délivrer les Lieux Saints tombés au pouvoir des sectateurs de Mahomet.

Adhémar de Monteil, enthousiasmé, fut le premier à s’engager pour la croisade. Urbain II le nomma son légat pontifical au milieu des troupes croisées.

Le 1er août 1098, à Antioche de Syrie, Adhémar de Monteil, victime d’une épidémie, rendit son âme à Dieu. Avant de mourir, il exprima le désir que soient donnés au prieuré Saint-Félix de Marsanne, dont les religieux étaient en charge du culte dans la petite chapelle de Fresneau,  tous les objets de sa chapelle pontificale.
C’est ce qui explique la croix de légat qui figure depuis lors dans les armoiries de Marsanne, et aussi que la devise épiscopale de l’illustre évêque du Puy, « Ave Pretiosa », soit devenue celle du sanctuaire de Fresneau.
Quant aux objets que Marsanne hérita d’Adhémar de Monteil, ils furent bien évidemment les malheureuses victimes de la liberté, de l’égalité et de la fraternité révolutionnaires…

Fresneau mort d'Adhémar de Monteil

Vitrail du « grand sanctuaire » de Fresneau représentant la mort d’Adhémar de Monteil,
à Antioche le 1er août 1098,
et le leg des objets de sa chapelle pontificale au prieuré de Marsanne
dont les religieux étaient en charge du culte dans la chapelle de Fresneau.

Dans le grand mouvement de reconquête catholique qui anime le XIXème siècle français, la dévotion mariale occupe une place de choix : les apparitions ou manifestations de la Sainte Mère de Dieu sur le sol de France y contribuent puissamment (1830 rue du Bac et 1836 Notre-Dame des Victoires, à Paris ; 1846 à La Salette ; 1858 à Lourdes ; 1871 à Pontmain ; 1875 à Pellevoisin), et les anciens lieux de pèlerinage qui renaissent après les dévastations révolutionnaires sont des lieux privilégiés de ré-évangélisation.

En 1854, l’année où fut proclamé le dogme de la conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie, le Bienheureux pape Pie IX fut directement sollicité de divers côtés (le colonel de Baillencourt, qui était à la tête du 40ème Régiment d’Infanterie en garnison à Rome, et qui était soutenu par Monseigneur de Ségur ; S.Exc.Mgr Chatrousse, évêque de Valence, présent à Rome pour les cérémonies du 8 décembre 1854… etc.) en faveur du petit sanctuaire de Fresneau, si bien que, par des brefs apostoliques en date du 15 janvier 1855, le Bienheureux Pie IX accorda de précieuses indulgences aux pèlerins de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation ainsi que les honneurs du couronnement à sa statue : le Souverain Pontife bénit d’ailleurs lui-même à Rome la couronne de vermeil qui serait bientôt solennellement placée sur la tête de la Madone.

Le couronnement de Notre-Dame de Fresneau fut célébré solennellement le 8 septembre 1855 au milieu d’un grand concours de peuple.

Fresneau vitrail du Bx Pie IX

Le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne de vermeil destinée à Notre-Dame de Fresneau
(détail d’un vitrail du « grand sanctuaire »)

Ce renouveau du pèlerinage, en particulier au moment des cérémonies du couronnement, fit vivement ressentir la nécessité d’un lieu de culte plus vaste.
Le curé de Marsanne et quelques autres zélés dévots de Notre-Dame, encouragés par l’évêque de Valence, se dépensaient sans compter pour la construction d’une grande chapelle, mais les difficultés surgissaient à chaque pas, toujours plus nombreuses, toujours plus décourageantes.

Les promotteurs du projet, décontenancés, se rendirent à Ars afin d’y requérir l’avis du saint curé. La réponse de Saint Jean-Marie Vianney fut sans ambiguïté : « La Sainte Vierge veut à Fresneau un sanctuaire. Les difficultés disparaîtront. Il s’y fera beaucoup de bien ! »

Effectivement, la prophétie du saint curé ne tarda pas à se réaliser : les difficultés disparurent bientôt. La première pierre du « grand sanctuaire » fut bénite le 8 septembre 1857, et trois ans plus tard, le 8 septembre 1860, la Sainte Messe put être célébrée dans cette nouvelle chapelle.

Le Saint Curé d'Ars encourage les promotteurs de la construction du sanctuaire

Le saint curé d’Ars encourage l’édification du grand sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau
(détail du vitrail de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire »)

Le lien du sanctuaire de Fresneau avec le saint curé d’Ars est aujourd’hui signifié par un important reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney accroché au mur de la grande chapelle, juste au-dessous du vitrail représentant le saint et son intervention si encourageante.

Fresneau reliques du Saint Curé d'Ars

Reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire » de Fresneau.

Ce sanctuaire plus vaste achevé en 1860 a été édifié dans le style néo gothique que l’on affectionnait à l’époque.
A l’extérieur, il possède la particularité d’avoir, sur les deux contreforts qui encadrent le grand porche d’entrée, deux canons portant les aigles impériales russes.
Ces deux canons ont été offerts par Napoléon III (c’était le temps où cet homme au « coeur double » – ainsi que l’avait décrit Notre-Dame de La Salette – cherchait hypocritement à s’assurer le soutien des catholiques) ; ils ont été pris aux Russes lors de la bataille de Malakoff, le 8 septembre 1855, c’est-à-dire le jour même où fut couronnée Notre-Dame de Fresneau.

Fresneau le sanctuaire du XIXe siècle

Façade du « grand sanctuaire » de Fresneau

L’intérieur de la grande chapelle est une seule large nef, lumineuse et bien équilibrée. Il n’a fort heureusement pas été massacré par les aménagements post-conciliaires : mis à part l’installation d’un autel « face au peuple », aisément escamotable, dans l’avant-choeur, on apprécie que le maître-autel (dans les gradins duquel sont disposés de nombreux reliquaires), les stalles, la table de communion, la chaire de vérité, les confessionnaux, les statues et les bannières soient restés à leur place.

Fresneau intérieur du grand sanctuaire

Intérieur du « grand sanctuaire » de Fresneau

Dès que l’on entre, le regard est attiré par la Vierge couronnée qui trône, entourée de deux anges musiciens agenouillés, dans une espèce de grand ciborium néo-gothique édifié à l’arrière du maître-autel.

Fresneau la Vierge couronnée

Le ciborium dans lequel trône la statue couronnée de Notre-Dame de Fresneau ;
on remarque du côté de l’Evangile le vitrail représentant l’apparition, la guérison de la jeune aveugle
et le miracle du bénitier,
et du côté de l’épître le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne destinée à la statue de Notre-dame de Fresneau.

C’est dans ce sanctuaire que nos pèlerins de la Confrérie Royale, des Cercles Légitimistes du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes, et du Vivarais, auxquels s’étaient joints quelques amis et pèlerins de passage, ont eu la joie, ce lundi 1er mai 2017, d’assister à la Sainte Messe célébrée – dans le rite latin traditionnel bien sûr – par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin, grand prieur de la Confrérie Royale.

Fresneau le maître-autel prêt pour la Sainte Messe tridentine

Le maître-autel du sanctuaire de Fresneau apprêtée pour la célébration de la Sainte Messe traditionnelle,
ce lundi 1er mai 2017

Depuis combien d’années (voire de décennies) la Sainte Messe latine traditionnelle n’avait-elle pas été célébrée sur ce maître-autel du sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau ?
Depuis combien de temps l’introït « Salve Sancta Parens » et la sublime Messe IX « cum jubilo » n’avaient-ils pas résonné sous cette voûte ?
Quant au « Domine, salvum fac Regem », étant donné que le sanctuaire fut édifié sous le second empire (en pire), il est vraisemblable qu’il n’y avait jamais été chanté…

Fresneau Sainte Messe tridentine le 1er mai 2017

L’élévation du calice lors de la Sainte Messe célébrée par le Grand Prieur de la Confrérie Royale
en présence de membres et d’amis des Cercles Légitimistes du Dauphiné, du Vivarais et de la Vicomté de Nîmes,
ce 1er mai 2017

Très touchant humble et sublime sanctuaire de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation de Fresneau !
Il nous rappelle, par ses liens avec la grande histoire de notre patrie pendant près d’un millénaire, que le Royaume de France est le Royaume de Marieregnum Galliae, regnum Mariae – ; et nous y trouvons une nouvelle et urgente invitation à prier avec toujours plus d’intensité et de ferveur, à offrir toujours davantage de pénitences et de sacrifices, à oeuvrer avec toujours plus d’ardeur à notre propre conversion et à celle de ceux qui nous entourent, pour que notre France, pénitente et dévouée – Gallia poenitens et devota – revienne aux Coeurs de Jésus et Marie, afin de renouer avec la vocation qui lui a été donnée dans les fonts baptismaux de Reims, et pour redevenir le beau Royaume des Lys !

Notre-Dame de Fresneau

Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation,
priez pour nous,
priez pour la France égarée,
priez pour que le lieu-tenant sacré du Roi des Cieux puisse bientôt rétablir
le règne du divin Coeur de Jésus

en ce doux Royaume de France qui gémit sous un pouvoir oppresseur !

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2017-36. La Sainte Vierge au pied de la Croix, en qualité de Mère de douleur.

Vendredi de la Passion 7 avril 2017,
Commémoraison solennelle de la Compassion de Notre-Dame.

Ignaz Günther Pietà de Weyarn

Piétà de l’église des Augustins de Weyarn (Bavière)
oeuvre d’Ignaz Günther (1725-1775)

* * * * * * *

Pour marquer la commémoraison solennelle de la Compassion de Notre-Dame, voici un texte écrit par « Monsieur Baudrand » : il est extrait d’une « Neuvaine à l’honneur du saint Coeur de Marie » que nous avons trouvée dans « L’âme embrasée de l’amour divin, par son union aux Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie », ouvrage imprimé à Angers en 1712 (ce n’est pas la première édition que nous possédons au Mesnil-Marie).
Henry Baudrand, né à Paris en 1637, était un prêtre sulpicien, docteur en théologie, qui fut curé de Saint-Sulpice de 1689 à 1696. En 1696, il échangea sa charge de curé contre celle de prieur de Saint-Côme, près de Tours. C’est pendant son séjour dans ce prieuré qu’il rédigea plusieurs ouvrages de dévotion. Il mourut le 18 octobre 1699 à Beaune, dans le Gâtinais (aujourd’hui Beaune-la-Rolande) et fut inhumé dans l’église de Beaune.
Dans l’extrait suivant, nous avons modernisé la graphie (vg. « avait » au lieu d’ « avoit », « tourments » au lieu de « tourmens »… etc.) mais nous avons scrupuleusement conservé le style, la ponctuation et les majuscules telles qu’elles se trouvent dans l’ouvrage que nous avons sous les yeux

L'âme embrasée - Baudrand

La Sainte Vierge au pied de la Croix,
en qualité de Mère de douleur.

« 1 – Le saint Vieillard Siméon avait annoncé à Marie qu’un jour viendrait, que le glaive de douleur percerait son âme : depuis ce moment la prophétie commença à s’accomplir dans elle ; mais elle eut son accomplissement parfait au pied de la croix.
Le temps de la passion du Fils, aussi bien que celle de la Mère, étant venu, on ne saurait exprimer quelle fut sa douleur quand elle apprit que Jésus était arrêté, qu’on le traînait de tribunal en tribunal, au milieu des opprobres et des ignominies : douleur plus grande encore quand il fut condamné à la mort ; mais douleur excessive, immense, au-dessus de toute douleur, quand elle le vit sur la croix.
Jamais Mère n’aima son Fils unique avec tant de tendresse, et jamai aussi Mère ne vit un Fils dans de si cruels tourments. Tous les SS. Pères disent qu’elle seule a souffert plus que tous les Martyrs ensemble, dont elle est appelée à juste titre la Reine, Regina Martyrum ; et ils conviennent que, sans un miracle, elle n’aurait pu soutenir le spectacle de cette douloureuse et ingnominieuse Passion de son Fils.
Soumise à la volonté et aux ordres de Dieu, sur le sacrifice de ce divin Fils, non seulement elle ne fit aucune démarche pour le soustraire à la mort, mais elle se résolut même par un courage surnaturel, et bien au-dessus de son sexe, d’accompagner Jésus-Christ sur le Calvaire, et d’assister à sa mort, au pied même de la Croix. Là, tout ce que les bourreaux faisaient souffrir à son Fils, toutes les imprécations, tous les blasphèmes qu’on vomissait contre lui, étaient autant de coups mortels qu’on portait au coeur de la Mère.
Ici, si nous avons quelque sentiment de dévotion pour Marie, quelles doivent être nos dispositions envers elle ?

2 – Jésus, en qualité de victime pour le genre humain, était mourant sur la croix, et Marie, en qualité de Mère de douleur, était agonisante au pied de la croix. L’amour faisant l’office de Sacrificateur, immolait Jésus à son Père céleste sur l’autel de la croix, pour l’expiation de tous les péchés des hommes, et le même amour immolait Marie au pied de cette croix, en lui faisant souffrir dans son coeur tous les tourments que son Fils endurait dans son corps.
Mais ce qui acheva de mettre le comble à cette incompréhensible douleur de cette Mère affligée, ce furent les dernières paroles que lui adressa son Fils expirant ; ces dernières paroles renouvelèrent toutes les plaies dont le coeur de cette Mère mourante était déjà percé. Jésus ayant aperçu au pied de sa croix, sa tendre Mère et son cher Disciple, dit à sa Mère : voilà votre fils ; et à St Jean : voilà votre Mère ; comme s’il disait à Marie : vous n’avez plus en moi de Fils sur la terre ; voilà celui qui vous tiendra ma place et qui prendra soin de vos jours. Quel nouveau glaive de douleur fut alors enfoncé dans le coeur de cette tendre Mère ! Et les SS. Pères ne disent-ils pas avec juste raison, que le martyre de Marie, en ce seul moment, fut plus douloureux et plus violent que celui de tous les Martyrs ensemble, dans tout le cours de leur martyre et de leurs souffrances ?

Depuis ce moment, ô Mère affligée, vous ne menâtes plus sur la terre qu’une vie languissante d’amour ; et ce fut l’excès de cet amour qui termina enfin votre course en ce monde.
Vierge sainte ! en compatissant à vos douleurs, nous devons nous souvenir toujours que c’est par amour pour nous, et par zèle pour notre salut, que vous les avez souffertes, et que vous vous êtes comme immolée vous-même, en consentant à l’immolation de votre Fils. Quels sentiments d’amour, de tendresse, de reconnaissance et de vénération ne devons-nous pas avoir pour vous tant que nous vivrons ?

Je vous les demande, ô mon Dieu ! ces pieux sentiments envers votre tendre Mère, qui veut bien aussi être la mienne ; daignez recevoir et confirmer pour toujours, le dévouement que je lui renouvelle en ce jour pour toute ma vie.

O Mère de douleur par excellence ! faites-moi ressentir les traits douloureux qui percent votre âme, afin que je joigne mes soupirs aux vôtres, mes larmes aux vôtres, et que le reste de ma vie je partage l’affliction que vous avez ressentie au pied de la croix.
Je me reprocherai d’y avoir été jusqu’à présent si peu sensible.
Je réparerai ce coupable oubli, par le zèle que j’aurai désormais pour votre service.
J’irai souvent au pied de la croix unir mes sentiments et mon sacrifice au vôtre.
J’entrerai dans toutes les pratiques de piété capables de vous honorer, et j’honorerai spécialement vos saints Mystères douloureux, que l’Eglise célèbre dans le cours de l’année.

C’est une sainte pratique  de réciter le Stabat Mater tous les Vendredis. »

Abbé Henry Baudrand
in « Neuvaine à l’honneur du Sacré-Coeur de Jésus et du Saint Coeur de Marie »
Pavie éd. Angers 1712 – p. 153 et sv.

Ignaz Günther Pietà de Weyarn - détail

Piétà de l’église des Augustins de Weyarn – détail.

Autres publications de ce blogue en l’honneur de Notre-Dame de Compassion
A – Prières :
- Ave, Maria en l’honneur de la Vierge de Compassion > ici
- Prière de Compassion et de supplication > ici
- Le chapelet des Sept Douleurs > ici
- Confiante supplication à Notre-Dame de Compassion > ici
- Prière de St Alphonse en l’honneur des 7 Douleurs > ici

B – Stabat Mater :
- Stabat Mater de Pergolèse > ici
- Stabat Mater de Kodaly > ici

C – Textes de méditation :
- Jean-Jacques Olier : « Marie au Calvaire » (3 textes) à partir d’ > ici
- St François de Sales sur la souffrance de Marie > ici
- Rd. Père Lépicier sur les douleurs de la Vierge > ici

Coeur de Marie aux sept glaives

Acte de donation à la Très Sainte Vierge.

15 décembre,
Octave de l’Immaculée Conception.

Dans un vieux livre de piété provenant d’un monastère de la Visitation aujourd’hui fermé, j’ai découvert, entre les pages, un petit feuillet manuscrit, soigneusement calligraphié, contenant un « Acte de donation à la Très Sainte Vierge ».
En ce jour octave de la fête de l’Immaculée Conception de Notre-Dame, je le recopie à votre intention car il me semble que les admirables dispositions de cette prière peuvent – et même doivent – être aussi celles de chacune de nos âmes, si elles aiment en vérité notre Très Sainte Mère du Ciel…

Nota : Je retranscris exactement le feuillet qui se trouve devant moi, tant pour la ponctuation que pour les majuscules.

Immaculée Conception

Acte de donation à la Très Sainte Vierge - titre

O Marie ! Admirable Mère de Jésus et mon aimable Mère ! puissante Souveraine de l’univers et mon aimbable Souveraine ! me voici à vos pieds avec une joie d’enfant, pour me donner à vous ! à vous, ô ma Bien Aimée, avec tout ce que je suis, tout ce que j’ai, tout ce que je possède et pourrai acquérir dans l’ordre de la nature et de la grâce. Je me remets entre vos mains d’une manière si parfaite, ô ma Mère ! ô Vie de mon âme ! que non seulement je n’aie plus rien après vous avoir tout donné, mais encore qu’à tout jamais, dans le temps, dans l’éternité, je ne puisse plus rien avoir ; mon âme, avec ses facultés, ses affections, ses espérances, mon corps avec ses sens et sa vie corruptible : tout mon être sans la moindre réserve, sans le moindre retour, étant, dès à présent, livré à vous, abandonné à vous, à votre Direction maternelle, à votre Providence pleine d’amour. Aujourd’hui en particulier, je vous donne toutes mes pensées, tous mes sentiments, toutes mes oeuvres de religion, de charité, de pénitence… Je ne suis plus à moi, ô Marie, je suis à vous.
Mais, ô ma ravissante Mère ! quelque absolue que soit ma donation, mon désir, mon vouloir, ne peuvent suffire aux besoins de mon coeur, à mon extrême amour. C’est pourquoi, vous qui êtes si bonne, ô ma Souveraine, faites, je vous prie, mieux encore que je ne puis faire moi-même. Daignez m’attacher et m’unir à vous, me faire votre bien, m’enclore en vos pouvoirs et privilèges de la manière la plus intime, la plus absolue, la plus irrévocable, de la manière que vous connaissez seule, et que je ne connais pas, de sorte que je sois à vous et que je vous serve non seulement par mes actions, mais encore par un état spécial et une condition nouvelle, dans lesquels vous m’aurez vous-même établi.
O Jésus ! Fils du Dieu éternel et Fils de Marie ! qui unissez par votre grâce miséricordieuse nos âmes à votre aimable Mère, daignez me tenir et considérer désormais comme son serviteur et son esclave d’amour ; daignez daignez être vous-même, ô Lien de tous les coeurs ! l’indissoluble lien de mon coeur au Coeur très aimant de votre Mère.
O Jésus ! ô mon Bien ! ô mon Tout ! je vous demande cette précieuse grâce, avec toute l’ardeur dont mon pauvre coeur est capable ; je vous la demande pour la vie, pour l’heure de la mort et pour toute l’éternité.

Ainsi soit-il !

Trois lys blancs

2016-89. « O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! »

Extrait du « Coeur admirable de la Très Sainte Mère de Dieu »
de
Saint Jean Eudes

Basilique supérieure Lourdes - La Trinité et l'Immaculée

La Sainte Trinité et la Vierge immaculée
(vitrail de la basilique supérieure à Lourdes)

« O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! Car véritablement vous êtes admirable en toutes choses et en toutes manières.

Admirable en la beauté angélique et en la pureté séraphique de votre corps virginal. Admirable en la sainteté très éminente de votre âme bienheureuse. Admirable en toutes les facultés de l’un et de l’autre, dont vous avez toujours fait un très saint usage pour la gloire du Saint des saints.

Admirable en toutes vos pensées, en toutes vos paroles, en toutes vos actions : en vos pensées, qui n’ont jamais eu d’autre but que de plaire à Dieu seul ; en vos paroles, qui ont toujours été comme les paroles de Dieu, conformément à ce divin précepte : « Si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme les paroles de Dieu » (1 Petr. IV, 11) ; en vos actions, qui ont toutes été consacrées à sa divine Majesté.

Admirable en vos souffrances, qui vous ont rendue digne d’être associée avec le Sauveur en l’oeuvre de la Rédemption du monde.

Admirable en tous les états et en tous les mystères de votre vie, qui sont autant d’abîmes de merveilles.
Admirable en votre Conception immaculée, qui est pleine de merveilles.
Admirable en votre Naissance, qui a été le sujet d’une joie indicible et éternelle à tout l’univers.
Admirable en votre saint Nom de Marie.
Admirable en votre entretien avec l’Archange saint Gabriel, quand il vous a annoncé le mystère ineffable de l’Incarnation.
Admirable dans toutes les choses grandes qui se sont passées en vous, au moment heureux où ce mystère incomparable y a été accompli.
Admirable en tous les moments des neuf mois que le Verbe incarné a résidé en qualité de Fils unique de Marie dans vos bénites entrailles.
Admirable en toutes les paroles contenues dans le divin cantique que vous avez prononcé après avoir salué votre cousine Elisabeth.
Admirable en tous les pas que vous avez faits allant à Bethléem pour y enfanter le Sauveur du monde.
Admirable dans le mystère de son Epiphanie, c’est-à-dire de sa manifestation aux saints Rois qui ont trouvé l’Enfant de Bethléem avec Marie sa mère, et l’ont adoré avec elle.
Admirable dans la sainte conversation que vous avez eue avec ce Fils bien-aimé, spécialement durant les trente premières années de sa vie.
Admirable dans la part que votre charité vous a donnée dans le premier miracle qu’il a fait aux noces de Cana.
Admirable en la communication qu’il vous a faite de sa croix et de ses souffrances, et dans le sacrifice que vous avez fait de lui-même au pied de sa croix.
Admirable dans les choses qui se sont passées, lorsque étant ressuscité il vous a visitée.
Admirable dans les dispositions avec lesquelles vous avez reçu le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte.
Admirable en votre sainte mort, en votre glorieuse Assomption, en la vie bienheureuse que vous avez dans le ciel.

Admirable en toutes les qualités dont Dieu vous a ornée, de Fille aimée du Père, de Mère du Fils de Dieu, d’Epouse du Saint-Esprit, de sanctuaire de la très sainte Trinité, de Reine des hommes et des Anges, de Mère des chrétiens, de Consolatrice des affligés, d’Avocate des pécheurs, de Refuge de tous les misérables. »

Saint Jean Eudes,
in « le Coeur admirable de la très sainte Mère de Dieu » (1681) – livre 1er, chapitre 1.

Trois lys blancs

Voir aussi :
- Tota pulchra es > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici
- Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée > ici
- Saint Jean Eudes : « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » > ici
- Saint Jean Eudes : « C’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité » > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

2016-88. « Je protégerai, dans l’arche de mon Coeur immaculé, ceux qui lui seront consacrés ».

7 décembre,
Fête de Saint Ambroise ;
Vigile de la Conception immaculée de la Bse Vierge Marie.

L'Immaculée Conception - Monastère de la Visitation rue de Vaugirard à Paris

L’Immaculée Conception
(tableau du Monastère de la Visitation de la rue de Vaugirard, Paris)

Trois lys blancs

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En guise d’ultime préparation à la très grande et si belle fête de la Conception sans tache de la Très Sainte Mère de Dieu, je vous propose, ci-dessous, une autre des petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie.
En réalité, elle était originellement la suite de celle qui s’intitule « la Nouvelle Arche » et que j’avais publiée à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Pontmain, en 2014 (cf. > ici).
Je vous souhaite d’entrer saintement dans cette fête si chère à la piété catholique et d’honorer avec ferveur notre Mère céleste dans le mystère de sa conception immaculée.
Et si vous le pouvez, ne négligez pas d’illuminer vos fenêtres au soir du 8 décembre (explications > ici).

Patte de chat Lully.

Dans l'arche du Coeur immaculé recto

Dans l'arche du Coeur immaculé verso

Trois lys blancs

Autres publications en rapport avec le 8 décembre :
- Tota pulchra es > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- Le 8 décembre illuminons nos fenêtres > ici

Et retrouvez toutes les bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie publiées dans ce blogue en cliquant > ici

2016-72. Prendre son chapelet, c’est aller à la bataille.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire.

Lépante - tableau illustrant la bataille

Tableau de la bataille de Lépante représentant, au-dessus, des flottes chrétienne et mahométane,
la Très Sainte Vierge Marie, brandissant un glaive, intervenant avec l’armée des anges,
pour venir en aide aux combattants de la Chrétienté.

Cessons de donner de la prière du Saint Rosaire l’image d’un doux et pieux ronronnement de fidèles inoffensifs cantonnés dans leurs églises et leurs paisibles « groupes de prière »…

Non ! Le rosaire est une arme de guerre, un glaive meurtrier, un fléau d’arme, une « kalach » spirituelle.
Les fidèles qui le prient doivent l’avoir en main pour s’en servir comme d’une arme impitoyable.

Prendre son chapelet, c’est aller à la bataille !
Réciter son chapelet est un acte militant au sens étymologique du terme : un acte de militaire.
Et souvenons-nous bien que par le sacrement de la confirmation qu’il a reçu chacun d’entre nous a été fait combattant : « miles Christi ».
Eh bien ! la prière du rosaire est vraiment un acte de guerre, un acte combattant, un acte tout à la fois défensif et offensif qui blessera l’ennemi, qui l’empêchera de nuire, qui tâchera de le faire saigner, jusqu’à le vider de son sang et le faire mourir.

On doit dire le rosaire avec l’esprit du chevalier qui, après avoir revêtu cotte de maille et armure, enfourche son destrier caparaçonné et s’en va au combat pour en découdre sans ménagement, pour faire du mal à l’ennemi, pour le terrasser et le tuer, sans pitié.
Vaincre à tout prix et ne pas mourir n’ont pas d’autre alternative.

A chaque mystère, je suis dans un corps à corps avec l’ennemi.
Lutte sans merci contre le traître tapi au fond de moi ; lutte sans merci contre le monde, l’esprit du monde et tous leurs hideux sattelites : hérésies, maçonnerie, révolution, libéralisme, socialisme, capitalisme, sectes diaboliques, islamisme, hypersexualisme… etc. ; lutte sans merci contre l’enfer déchaîné, répandu sur la terre, et oeuvrant sans répît pour faire tomber les âmes en enfer.

A chaque « Ave, Maria », je suis dans la mêlée et je frappe – un coup après l’autre, inlassablement répété, continûment réitéré – sur l’ennemi, pour défoncer sa cuirasse, pour la percer, lui transpercer le corps et le mettre à mort.
Et il faudra recommencer, encore et encore : « Ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue », disait notre bienheureux Père Saint Augustin. Trop de chrétiens l’ont oublié et négocient leurs petits arrangements avec l’ennemi pour mener une vie chrétienne sans gêne et sans combat ; c’est sans nul doute l’une des raisons pour laquelle la Chrétienté se porte si mal.

Rappelons nous que la fête de Notre-Dame du Très Saint Rosaire, a été originellement nommée Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire, instituée comme une débordante action de grâce pour le salut de la Chrétienté, menacée par l’islam, obtenu de manière spectaculaire à la bataille de Lépante.
Ainsi la fête du 7 octobre n’est-elle pas une fête mineure de dévotion pour bigottes iréniques : elle est la célébration jubilatoire de la victoire, bien plus que ne peuvent l’être les commémorations civiles d’armistice !
Fête de la victoire contre tous les ennemis du règne du Christ, victoire de Son Eglise, victoire de la Chrétienté.
Chaque fois que je saisis mon chapelet, je ne dois pas seulement me souvenir de Lépante, mais je dois en vérité actualiser Lépante : je dois transposer la lutte acharnée de Lépante, et sa victoire, à tous les combats actuels de la Sainte Eglise.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Lépante  - détail

Voir aussi la bande dessinée
« Du Saint Rosaire redoutable aux démons » > ici

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