2026-137. De Sainte Marguerite d’Antioche, vierge et mégalomartyre, membre du « conseil » de Sainte Jeanne d’Arc.
20 juillet,
Fête de Saint Elie, prophète (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Sainte Marguerite d’Antioche, vierge et martyre ;
Mémoire de Saint Jérôme Emilien, confesseur.

Sainte Marguerite (Marina, en grec) est née à Antioche de Pisidie, qui était alors l’une des villes les plus prospères d’Asie Mineure (aujourd’hui, le village turc de Yalvac, dans le district d’Iconium). Saint Paul y avait fait halte, avec Saint Barnabé, lors de son premier voyage apostolique, il y avait fait des conversions.
Sa naissance a eu lieu au cours du dernier quart du troisième siècle : on ne peut pas vraiment donner une date certaine : certains auteurs ont avancé la date de 275 et d’autres celle de 290 ; pour nous, nous dirons que ce sont les dates extrêmes entre lesquelles on peut placer cette naissance.
Son père, Ædésius, était un prêtre païen, et sa mère, dont on ne sait pratiquement rien mourut peu de temps après sa naissance. Son père la confia à une nourrice vivant dans la campagne environnante.
Cette dernière, secrètement chrétienne, éleva Marguerite dans la foi et, lorsqu’elle la jugea prête, la présenta au baptême. Cela se fit, bien sûr, à l‘insu de son père.
Arriva l’année 297, et avec elle les prémices de la persécution de Dioclétien. La jeune Marguerite entendait les récits rapportant la résistance héroïque de ses frères dans la foi, qui refusaient de sacrifier aux idoles et d’apostasier ; elle puisait dans le Saint Evangile l’amour et la force qui allaient alimenter son courage, et, dans ses prières, elle demandait à Notre-Seigneur Jésus-Christ – auquel elle avait voué sa virginité – d’être digne de Lui être trouvée fidèle quoi qu’il dût lui en coûter..
Sainte Marguerite d’Antioche, anonyme italien du début du XIXème siècle.
Son père, qui ignorait donc tout cela, décida de ramener à Antioche sa fille, alors âgée d’une quinzaine d’années. Marguerite se sentit immédiatement mal à l’aise, tant à cause de la séparation d’avec sa nourrice que du train de vie luxueux qui était celui de la maison paternelle, mais plus encore en raison des idoles qui y étaient vénérées.
Ædésius, estimant que Marguerite n’avait pas reçu l’éducation religieuse liée au statut social de sa famille, la confia à un précepteur – païen évidemment -, qui ne fit qu’augmenter l’horreur de Marguerite pour le paganisme : la jeune fille finit par s’en ouvrir à son père en lui révélant sa foi chrétienne.
Indigné et furieux, il la chassa, et Marguerite retourna chez sa nourrice.
A la campagne, Marguerite se rendit utile en gardant le troupeau et en répondant aux besoins qui se présentaient ; elle consacrait beaucoup de temps à la prière, notamment à l’intention de son père, dont elle souhaitait la conversion, et à celle de ses frères chrétiens, de plus en plus persécutés.
Un jour qu’elle menait les moutons au pâturage, elle fut remarquée par Olybrius, le nouveau gouverneur de la province : dès qu’il la vit, il fut frappé par sa beauté, et il ordonna qu’on la lui amenât.
Après une longue conversation, le gouverneur ne parvint pas à convaincre Marguerite de l’épouser. Avec fermeté, elle se déclara chrétienne et resta inébranlable dans sa profession de foi. Au terme d’un long interrogatoire, le gouverneur, exaspéré par les réponses de Marguerite, la fit flageller et emprisonner.
Sainte Marguerite et le dragon (anonyme italien du XVIIème siècle).
Selon la tradition, en prison, le diable apparut à Marguerite sous la forme d’un terrible dragon qui l’avala ; mais, armée d’une croix, elle déchira le ventre du monstre et le vainquit. De cet épisode extraordinaire est née la dévotion populaire selon laquelle Sainte Marguerite posséderait le pouvoir d’obtenir une délivrance facile aux parturiantes qui l’invoqueraient avant le début du travail.
Se succédèrent alors des journées d’interrogatoires et de supplices, pendant lesquelles Marguerite resta inflexible, proclamant sa foi et affirmant sans crainte son engagement dans la virginité consacrée, persistant malgré la cruauté des tortures auxquelles elle fut soumise : flagellations sanglantes, lacération avec des ongles de fer, écartèlement, application de torches ardentes, plongée dans une chaudière d’eau bouillante.
A plusieurs reprises, pendant ses incarcérations nocturnes, elle fut guérie de ses blessures et consolée et fortifiée par des apparitions célestes.
Plusieurs de ceux qui assistèrent à ces journées d’interrogatoires et de supplices furent gagnés au Christ par l’intrépidité et l’héroïsme de la jeune vierge et demandèrent le baptême par la suite ; et certains d’entre eux furent eux aussi mis à mort en haine de l’unique Sauveur.
Finalement, voyant qu’il ne parviendrait pas à la faire apostasier, Olybrius ordonna que l’on décapitât Marguerite. C’était un 20 juillet, en 304 ou 305.
Son corps fut recueilli et mis en lieu sûr par les fidèles, où il devint l’objet d’une grande vénération.
Sainte Marguerite – Salzburg, vers 1470.
Le culte de Sainte Marguerite se répandit en Occident à partir de la fin du Xème siècle et y devint extrêmement populaire. De nombreuses églises et chapelles lui furent dédiées en Angleterre, dans les Etats du Saint Empire romain, en France, en Italie et dans la péninsule ibérique. Celle à laquelle les Chrétiens d’Orient décernent le titre de « grande martyre – mégalomartyre », fut placée au nombre des « Quatorze Saints Auxiliaires (ou Auxiliateurs) », et son prénom fut donné au baptême à d’innombrables jeunes filles.
En France, on se souvient très particulièrement du fait qu’elle a été choisie par la divine Providence pour instruire et former une jeune pucelle des Marches de Lorraine qui, comme elle l’avait fait elle-même, gardait son troupeau en priant : avec l’archistratège Saint Michel et Sainte Catherine d’Alexandrie, Sainte Marguerite d’Antioche est la troisième « voix » du « conseil » de Sainte Jeanne d’Arc.
Aussi, ne devons-nous pas omettre de la prier, elle aussi, pour la conversion et le salut de la France.
Nous le ferons avec d’autant plus de ferveur et de détermination que les impies et rationalistes qui ont œuvré à la prétendue réforme liturgique consécutive au concile vaticandeux l’ont placée dans la catégorie des « Saints qui présentent de graves difficultés historiques - Sancti qui graves historicas difficultates praebent » (Calendarium Romanum ex decreto sacrosancti œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli P.P. promulgatum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, p. 68.), et ont banni son culte, ce qui – n’omettons pas de le dire au passage – est une contradiction pratique des volontés œcuméniques ostensiblement affichées à la suite du dit concile, puisque le culte de Sainte Marguerite d’Antioche demeure extrèmement fort et populaire dans les Eglises orientales et russes.
Mais toute personne capable de réflexion et d’intelligence sait bien que, dans « l’Eglise conciliaire », l’œcuménisme n’est qu’un prétexte pour flirter avec l’hérésie, voire la flatter, et non une recherche d’un plus grand enracinement dans la Tradition spirituelle et liturgique des Pères !
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.
Sainte Marguerite d’Antioche, Sainte Catherine d’Alexandrie et l’archange Saint Michel :
le conseil de Sainte Jeanne d’Arc.


































