Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2026-9. « Le nouvel « Ordo Missae » : vers une messe œcuménique » (abbé Raymond Dulac).

18 janvier,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome ;
Mémoire de Saint Paul apôtre ;
Mémoire de Sainte Prisque, vierge et martyre ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Raymond Dulac (+ 18 janvier 1987 – cf. > ici et > ici).

   Nous avons présenté Monsieur l’Abbé Raymond Dulac (a

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Vers une Messe polyvalente :

       Ce qui nous décide aujourd’hui, à parler, c’est la publication, ces jours-ci, du nouvel Ordo Missae : c’est-à-dire de la nouvelle ordonnance de la Messe romaine. Préparée (… c’est ainsi qu’on parle aujourd’hui, à propos des prières les plus saintes !) préparée, disons-nous, par la « Commission » de Liturgie issue du Concile, cette ordonnance a été promulguée par le Pape Paul VI, le 3 avril de cette année, dans une Constitution Apostolique qui commence par les mots : Missale Romanum.

   C’est bien, en effet, un nouveau « missel » qui est ainsi promulgué, mais il faut savoir et dire que les nouveautés de ce missel ne touchent pas seulement… un choix nouveau des « lectures », encore sur le chantier. Ces nouveautés portent sur ce que nous appellerons, pour aller vite, la partie fixe de la Messe : l’ordinaire : paroles, gestes, rites.

En la comparant à la précédente ordonnance, promulguée par le Pape Saint Pie V, le 14 juillet 1570 (mais qui consacrait, en les unifiant, des textes ou des rites vieux de 400, 600, 1000 ans), on constate que l’Ordo de Paul VI apporte, sur des points capitaux, les autre nouveautés suivantes :

1) Des suppressions.
2) Des modifications.
3)Des additions.
4)
 Des rites laissés au choix du célébrant.

   Bornons-nous à dire, respectueusement, les sentiments que ces innovations, prises dans leur généralité, nous inspirent.
Ce faisant, nous ne nous hausserons pas au-dessus de notre rang dans l’Eglise. Nous parlerons comme peuvent parler les prêtres et les fidèles à l’intention de qui, précisément, cette nouvelle Messe a été fabriquée. Puisque nous devons prier sur ces prières, offrir, selon ces rites, le Saint Sacrifice, il est naturel, n’est-ce pas, que nous fassions connaître notre… goût ?

   Il eût été, certes, préférable de le manifester avant qu’après, mais on ne nous a pas consultés !…
Bien plus, ce nouvel « Ordo », tel qu’il nous arrive, contredit des vœux, des instances, presque des supplications, que des milliers de fidèles n’ont cessé de porter au Siège de Pierre, dès qu’ils ont eu le soupçon du but où on voulait les mener en considérant les étapes qu’on les forçait insensiblement à parcourir.

   Ce but de la réforme du Missel, nous allons le laisser déclarer par un protestant. Un protestant « modéré » : M. Max Thurian, « frère de Taizé ». Dans un article (nous disons bien : un article), paru dans « La Croix » du 30 mai 1969, sous le titre : « Le nouvel ordre de la messe va dans un sens profondément œcuménique », il écrit, en conclusion :

   « Le nouvel ordre de la messe, quelles que soient ses imperfections relatives, dues au poids de la collégialité et de l’universalité, est un exemple de ce souci fécond d’unité ouverte et de fidélité dynamique, de véritable catholicité : un des fruits en sera peut-être que des communautés non catholiques pourront célébrer la Sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique. Théologiquement c’est possible ».

   Entendons, maintenant, l’un des motifs capitaux de l’adhésion de ce protestant à cette nouvelle messe. Motif qui nous parait le plus caractéristique de tous ; il s’agit de ce que l’on continuerait à appeler l’Offertoire, après qu’on l’a anéanti

   « Cet offertoire simplifié, dit M. Thurian, n’apparaît plus comme un doublet de la prière eucharistique (= le Canon), ni comme un acte sacrificiel anticipé ; ainsi s’atténuent les difficultés que créait l’ancien offertoire, dans la recherche œcuménique ».

   Voilà qui est dit, assurément, avec la délicatesse d’un séparé qui veut rester un frère et d’un frère qui veut rester un séparé.
Mais nous avons, nous, le droit et le devoir de parler avec plus de clarté, sinon de franchise. Et, d’abord, de poser des questions de grammaire, qui se prolongent dans des questions de philosophie, puis de théologie :

       - 1) Qu’est-ce qu’une « unité ouverte » ? Il n’est pas absolument nécessaire d’être thomiste et aristotélicien, pour définir l’un : ce qui est indivis en soi et qui est divisé de tout autre : car c’est le sens commun qui nous le dit.
Mais nous aimons ajouter à cette définition la réponse que saint Thomas fait à la question : « L’unité ajoute-t-elle quelque chose à l’être ? » (Ia, XI, 1) :

   « L’unité ne surajoute à l’être aucune réalité, mais uniquement la négation de la division. Car l’un ne signifie rien d’autre que l’être indivis. D’où il résulte avec évidence que l’un et l’être sont interchangeables (convertitur)… »

   Et voici la conclusion, qui s’applique directement à notre sujet : « De là vient que toute chose, comme elle défend son être, défend aussi son Unité ». Et réciproquement !
Donc, parler, comme M. Thurian, d’une « unité ouverte », c’est, du même coup, parler d’un Etre ouvert. Un être ouvert, qu’est-ce donc ? C’est ou bien un être en devenir, ou bien un être composé : composé de parties hétérogènes, en voie de dissolutions et de transformations perpétuelles.

   Nous tenons ainsi, de la bouche d’un protestant qui le proclame tranquillement dans « La Croix » (laquelle passe communément pour un journal catholique), nous tenons, disons-nous, un jugement que nous n’aurions osé prononcer nous-même qu’avec d’immenses scrupules. Ce jugement, le voici en clair :

Le nouvel Ordo Missae introduit ou favorise un nouveau concept de l’unité religieuse.

Il permet, en effet, d’exprimer avec des mots identiques des idées différentes. Ce qui, évidemment, n’est devenu possible que parce que les mots sont équivoques ou les idées indécises.

Dans les deux cas, comment peut-on continuer à nommer la Messe « Le mystère de la Foi » ? Où est le mystère, et de quelle foi ?

Et puis, que devient l’article du Symbole que « l’unité » est le signe de reconnaissance (la « Nota ») de l’Eglise véritable de Jésus-Christ, distinguée ainsi des fausses ?

Enfin, que devient la formule (attribuée au pape Célestin Ier) et devenue un « lieu commun théologique » : « Que la règle de la prière détermine la règle de la Foi » ? Quel dogme le fidèle, quel approfondissement le théologien pourront-ils désormais tirer d’une « Messe » célébrée tranquillement par un calviniste qui est décidé à rester calviniste ?

L’acte le plus sublime de l’homme religieux n’apparaît-il pas ainsi, par le fait de cette indétermination, avili au niveau d’une convention diplomatique, rendue assez vague pour que les deux parties contractantes puissent, à tout moment, se dégager ?

Mais alors, et c’est la question qui résume et domine toutes les autres : la Messe est-elle un acte du culte divin ou un geste de fraternité humaine ? Ne posons pas la question, puisque l’« Instruction générale » qui précède le nouveau Missel nous donne la réponse (Typographie Vaticane : p. 15, n° 7) :

« La Cène du Seigneur, appelée aussi la Messe est la sainte assemblée ou le rassemblement du peuple de Dieu qui se réunit sous la présidence d’un prêtre (sacerdote praeside), afin de célébrer la mémoire du Seigneur. C’est pourquoi, à ce rassemblement de l’Eglise dans un même lieu (local) s’applique éminemment la promesse du Christ : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis au milieu d’eux ».

Rien, on le voit, dans cette définition, qu’on ne trouve également dans un réveillon de Noël, dans un feu de camp boy-scout, ou dans une réunion de famille pour célébrer les noces d’or du grand-père. Dieu n’y est ni plus ni moins présent, et il n’est pas question de demander aux invités s’ils sont d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ; pourvu que chacun garde la politesse et la bonne humeur : ce qui est, nous semble-t-il, le résumé de toute la « théologie » de l’œcuménisme.

       - 2) Quant à la « Fidélité dynamique » dont M. Max Thurian découvre pareillement les signes heureux dans le nouvel Ordo Missae, elle n’est que le prolongement de l’unité ouverte : car la fidélité est la forme sensible de l’unité, nous dirions : son expression affectueuse. Une épouse est fidèle à son époux, quand elle s’est donnée à lui et à lui seul. Il n’y a de cœur « ouvert », de cœur « dynamique », que le cœur des artichauts : ils se donnent, mais feuille par feuille.

Pas de Messe catholique véritable sans offrande préalable du pain et du vin :

   Nous n’avançons cette proposition qu’à la manière d’une pierre d’attente. Mais il convenait de poser, dès à présent, le principe. Comme une borne : la borne qui marque la frontière irréductible du monde catholique et du protestant.

   On sait que, dès l’origine, les protestants, quels qu’ils fussent, se sont acharnés contre les prières et les cérémonies de l’Offertoire. Pourquoi ? Parce qu’elles exprimaient, sans laisser de doute possible, le sacrifice de l’Eglise : elles indiquaient un acte sacerdotal personnel, réel, actuel, et pas seulement la commémoration purement narrative de la Cène du Jeudi Saint.

   Or, le nouvel Ordo anéantit l’Offertoire, et il le fait expressément :

1) Les nouvelles rubriques qui se rapportent à cet endroit (n° 49 à 53) portent comme titre : « Préparation des dons ». Il n’y est dit, en aucune façon que ces « dons » sont offerts, offerts dans un acte d’oblation proprement sacerdotal : ils sont apportés (afferuntur), présentés (praesentantur - quel latin !) : puis ils sont déposés (deponuntur) sur l’autel (soit par le prêtre, soit par un diacre). On peut ensuite les encenser (au cours de ce qu’on appelait jusqu’ici la grand-messe), mais ce n’est pas obligatoire.
Suit le lavement des mains par le prêtre ; l’Orate fratres ; l’ex-Secrète ; la Préface et la suite, que l’on n’appelle plus Canon, mais « prière eucharistique ». Et, de fait, comment appellerait-on encore « Canon », comme, Saint Ambroise, comme Saint Optat, comme Saint Grégoire, ce qui a cessé d’être une « règle » immuable ?

2) Les trois prières qui exprimaient l’oblation, faite par le prêtre, du pain et du vin (Suscipe… hanc immaculatam hostiam… Offerrimus titi calicem salutaris… Veni, sanctificator..) sont supprimées. On leur substitue une formule ambigu, qui peut exprimer à égalité, une oblation et une simple offrande : comme serait celle des premiers fruits de la saison ou un cierge. Exemple (pour le pain) :

« Béni sois-tu, Seigneur de l’Univers, parce que nous avons, de ta largesse, reçu le pain : nous te l’offrons, comme le fruit de la terre et de l’ouvrage des mains humides. Il deviendra pour nous un pain de vie ».

Et de même pour le vin.

   Quel dévot de Cérès et de Bacchus ne serait prêt à souscrire à de pareilles formules ? Que dis-je ! Quel adepte du « Grand Architecte de l’Univers » ? Où donc se trouve exprimé non seulement le sacrifice « d’action de grâces », mais le sacrifice propitiatoire pour des péchés, qui renouvelle, mystiquement, mais réellement, sur l’autel de l’Eglise, le sacrifice de la Croix ?

   Vous dites : on l’exprimera plus loin : avant la Consécration.
Je vous réponds : d’abord, cela n’est exact que pour la « première » des « Prières eucharistiques ». Cela est faux des trois autres, que vous avez ajoutées au vieux Canon romain, et qui, presque partout, l’ont déjà supplanté.
Et puis : pourquoi ne dirait-on pas deux fois, et trois, et quatre, une vérité qui faisait fondre d’émotion l’âme des saints ?
Parlant des Ave Maria du Rosaire, dits et redits des dizaines de fois, Lacordaire a cette parole : « L’amour n’a qu’un mot et, en le redisant toujours, il ne le répète jamais ».

   Allons ! Qu’on ne fasse pas les hypocrites ! On a volatilisé l’Offertoire pour « faire plaisir » aux protestants ! On a fabriqué une liturgie comme la Secrétairerie d’Etat fignole un concordat avec une nouvelle république africaine. On a pris ainsi des hommes profondément sérieux pour des gobe-mouches. Voilà le fond de l’œcuménisme !

   La réponse ? Le Pape l’a eue, l’autre jour, en traversant les rues de Genève [note : il s’agissait du voyage de Paul VI à Genève le 10 juin 1969 pour répondre à l’invitation du Conseil œcuménique des Eglises] : un silence glacé d’indifférence, comme s’il s’était agi du Négus ou du Dalaï Lama. Nous en avons rougi pour le Pape d’un jour, nous en avons pleuré pour la Rome éternelle.

   Cette messe qui se cache, vous ne la ferez pas avaler par surprise aux calvinistes, comme vous espérez l’ingurgiter de force aux catholiques !
Si souples que vous ayez rendu ceux-ci par vos réformes successives, ou bien ils se seront faits, à la fin, protestants, ou bien, après avoir trempé les lèvres dans votre calice laïcisé et mal offert, ils referont le geste de leur Seigneur en croix, à qui les Juifs avaient présenté – eux aussi ! – « du vin mêlé de fiel » : « Quand Il en eut goûté, Il n’en voulut point boire » (Matth. XXVII, 34).

   Car, pour le vrai catholique, « tout sacrifice est une oblation, mais ce n’est pas réciproque » ; pour que l’offrande devienne vraiment sacrificielle, il faut que « quelque chose soit fait sur les choses qui sont offertes . : ainsi, dans les sacrifices antiques, l’animal offert devait être tué, brûlé ; le pain devait être rompu, dévoré béni. – C’est saint Thomas qui parle ainsi, avec la tradition de l’humanité tout entière (2-2de 85, 3 ad 3). Mais, comme « le Christ ressuscité ne meurt plus », il ne peut, à la Messe, être mis lui-même dans un état quelconque de victime. Il ne peut l’être que mystiquement, sous les espèces du pain et du vin. Ce pain et ce vin entrent donc, comme « parties intégrantes » dans le sacrifice. C’est là l’expression de Bellarmin : « l’oblation du pain et du vin qui précède la consécration, appartient à l’intégrité et à la plénitude du sacrifice, quoique non pas à son essence » (De sacrif. Missae, c 27, éd. Vives 1872, p. 365).

   L’essence de la Messe, elle est dans la consécration, par laquelle les éléments profanes du pain et du vin cessent, par leur transsubstantiation, d’être profanes pour devenir l’objet sacré donné à Dieu : le Corps et le Sang de Son Fils immolé.

   Mais comme, d’autre part, il n’y a de sacrifice véritable que sensible, l’oblation du Corps et du Sang de Jésus-Christ doit être exprimée dans une oblation visible préalable, claire et formelle, celle du pain et du vin.

   Nous n’ignorons pas les bavardages des « historiens » sur cet article. Mais nous tenons les historiens comme de simples manœuvres au service du théologien. Celui-ci est instruit par une révélation qui est inscrite dans des livres sacres, expliquée ensuite par une tradition séculaire, qui ne peut plus changer dans ses énoncés essentiels.
Sur l’ancienneté plus ou moins grande des prières de l’Offertoire, sur les « remaniements » du Canon et autres questions curieuses, nous laisserons d’abord les « historiens » se mettre d’accord entre eux. Puis, nous interpréterons leurs « certitudes » d’après la certitude supérieure de la théologie.
Et la théologie elle-même, nous la subjuguerons, comme dit saint Paul, à Jésus-Christ.

   L’autel catholique n’est pas une « table ronde » de rabbins, mais la table de famille des enfants.

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La voie droite de l’Evangile : 

   Nous reprenons, dans le titre de ce paragraphe, l’expression de Saint Paul, dans son épître aux Galates (Gal. II, 14).

Ce que M. Thurian déclare joyeusement, nous le redisons avec lui, mais douloureusement et la mort dans l’âme : « Le nouvel Ordre de la Messe va dans un sens œcuménique ».
Et puisque le Frère de Taizé ajoute : « Des communautés non catholiques pourront célébrer la sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique », notre choix est aujourd’hui fixé, par cela même.

   Nous refusons de donner notre appoint, si petit soit-il, à une équivoque qui, hier encore, nous aurait fait taxer de : « suspects d’hérésie ».
C’est d’abord l’honneur de Dieu qui nous le demande : le Dieu Un qui veut être servi dans l’Eglise Une.
C’est la fidélité à Jésus-Christ qui nous a commandé, la veille de Sa Passion, de faire, en souvenir de Lui, la même chose, qu’Il avait faite : une oblation sacerdotale de Son Corps et de Son Sang sous les espèces sensibles du pain et du vin.
C’est l’obéissance à la Tradition universelle, immuable, ininterrompue, des communautés catholiques d’Orient et d’Occident.
C’est la soumission aux engagements de notre baptême ou de notre sacerdoce.
C’est la charité envers nos frères que notre duplicité scandaliserait.

   En approuvant ce « nouveau Missel » Paul VI n’a pas pu enlever la liberté que son prédécesseur canonisé Saint Pie V avait eu le scrupule de laisser expressément à ceux qui désiraient continuer l’usage au moins deux fois déjà séculaire d’un missel autre que celui qu’il ordonnait.

Nous refusons de suivre le nouvel Ordo Missae.

Abbé Raymond Dulac.

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2026-6. Le « Retable des trois baptêmes ».

13 janvier,
Octave de l’Epiphanie (cf. > ici et > ici) ;
Anniversaire de la mort de Saint Remi de Reims (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Saint Hilaire de Poitiers (cf. > ici).

Basilique et abbaye Saint Remi - Reims

Reims : abbaye et basilique Saint-Remi

       La basilique Saint-Remi de Reims, où sont conservés le tombeau et les reliques de l’Apôtre des Francs, abrite un monument qui fut réalisé en 1610, œuvre du sculpteur Nicolas Jacques (né vers 1578 et mort en 1649, il appartenait à une famille réputée de sculpteurs rémois), sur une commande de Dom Jean-Remy Lespagnol, Grand Prieur de l’abbaye Saint-Remi (note : à partir de 1480, ce sont les archevêques de Reims qui sont les abbés de l’abbaye de Saint-Remi, dont l’administration et la direction habituelles reviennent au Grand Prieur ; Dom Jean-Remy Lespagnol, en cette qualité, sera celui qui apportera la Sainte Ampoule à la cathédrale pour le Sacre de Louis XIII le 17 octobre 1610).

   Ce monument est dit « Retable des trois baptêmes », quoiqu’il ne soit qu’improprement un retable : en effet, ce monument n’a jamais été en retrait et élévation de la table d’un autel, bien qu’il se trouvât originellement dans le chœur.
Il fut placé dans le bras sud du transept lors des travaux de restauration de l’abbatiale en 1847. 

Le retable des trois baptêmes

Reims, basilique de Saint-Remi : le retable des trois baptêmes (1610)

   L’œuvre porte encore les caractérisques de la fin de la Renaissance mais annonce aussi par certains détails l’âge baroque.

   En bas, on trouve un soubassement relativement simple, où des décrochements mettent en évidence une plaque de marbre noir sur laquelle est gravée la dédicace : les deux parties en retrait sont ornées de guirlandes de fleurs et feuilles réunies par des rubans noués, typiques de la fin du maniérisme.
En architecture, ce soubassement porte un nom précis : il s’agit d’un stylobate, c’est-à-dire une sorte de piédestal long et continu, comportant des corniches et moulures servant de base à une rangée de colonnes. Ce stylobate donc porte effectivement quatre colonnes de marbre noir à chapiteaux composites, timbrés d’une tête d’ange souriante, qui supportent elles-mêmes un entablement.

   Ces colonnes ménagent trois travées dans lesquelles sont placés trois blocs de calcaire, sculptés en haut-relief, qui étaient autrefois peints (on ne distinque plus aujourd’hui que les traces de leur polychromie).

Les trois baptêmes - basilique Saint-Remi de Reims

Les trois baptêmes

   Ce « retable » porte évidemment les stigmates d’une histoire mouvementée : le vandalisme révolutionnaire et les bombardements de la première guerre mondiale sont passés par là… Mais, même si certaines sculptures sont mutilées, on est finalement heureusement surpris en constatant que ce pourrait être bien plus catastrophique !

   La scène du baptême de Notre-Seigneur par Saint Jean-Baptiste est placée au centre : cette scène est très souvent figurée comme ornement des baptistères ou chapelles des fonts baptismaux. Nous avons cependant précisé que tel n’était pas l’usage originel de ce retable qui se trouvait dans le chœur de l’abbatiale (d’une part une église abbatiale, qui n’est donc ni cathédrale ni église paroissiale, ne possède normalement pas de fonts baptismaux, et d’autre part ces derniers n’ont de toute manière pas leur place dans un chœur).
La représentation du baptême du Christ – la deuxième des trois Epiphanies que l’on célèbre lors de la fête de l’Epiphanie, le 6 janvier, et que l’on commémore plus spécialement encore le jour octave de cette fête – n’est ici que pour donner une clef de lecture des deux scènes historiques qui l’encadrent : le baptême de Constantin par Saint Sylvestre 1er, à main gauche pour celui qui regarde, et le baptême de Clovis par Saint Remi, à main droite donc.

   Sur cette sculpture du Baptême de Notre-Seigneur, remarquons simplement que Saint Jean-Baptiste, en pied, debout sur le rivage est représenté imberbe, et que les deux personnages qui lui font face, sur l’autre rive, sont deux anges, dont l’un d’eux est aujourd’hui extrêmement endommagé.
Au centre de la scène, Jésus est immergé jusqu’à mi-mollets ; Il croise Ses bras sur Sa poitrine ;  au-dessus de Lui la colombe, emblème du Saint-Esprit, déchire les nuées pour révéler qu’Il est la deuxième Personne de la Sainte-Trinité, venue en notre chair.

   La gravure réalisée au XVIIIème siècle reproduisant ce monument, et conservée à la bibliothèque municipale Carnégie de Reims, nous montre les sculptures encore (presque) intactes.

Retable des trois baptêmes gravure de la bibliothèque Carnégie de Reims

Gravure du XVIIIème siècle conservée à la Bibliothèque Carnégie de Reims

   Les baptêmes de Constantin, à main gauche, et de Clovis, à main droite, présentent une composition similaire à la scène du Baptême du divin Rédempteur : le personnage historique est à demi immergé dans une cuve baptismale, à l’intérieur d’un édicule de plan centré à entablement,  supporté par des pilastres (Constantin), ou des arcades reposant sur des piliers carrés (Clovis).

   Sur le panneau de gauche, des soldats et des clercs, en pied – certains portent des armes un autre un flambeau liturgique – entourent Constantin qui reçoit le baptême les bras croisés sur la poitrine.
Le pape Saint Sylvestre 1er, portant la tiare, a les deux mains élevées au-dessus de la tête de l’empereur : en l’état actuel la main droite, celle qui fait couler l’eau sur la tête du catéchumène, a disparu, tandis que, avec sa main gauche, il tient lui-même la hampe d’une croix à double traverse (une croix archiépiscopale donc : il eût été plus normal que ce fût une croix papale à triple traverse).

Baptème de Constantin

   A droite, Clovis, les bras tendus vers l’avant, mains jointes appuyées sur le rebord de la cuve baptismale, vient d’être ondoyé et attend l’onction du Saint-Chrème, la tête légèrement tournée vers Saint Remi – debout à sa senestre – qui est accompagné de deux acolytes (l’un tenant la croix de procession, l’autre un flambeau liturgique) : Saint Remi lève la main droite pour recevoir la Sainte Ampoule apportée miraculeusement – dans son bec – par la colombe surgissant de nuées rayonnantes.

   Sainte Clotilde, couronnée, assiste à la scène debout à dextre de son royal époux, accompagnée de deux femmes.

Baptème de Clovis

   Nous l’avons dit, ce « retable » n’était pas destiné à orner un baptistère ou une chapelle de fonts baptismaux : sa signification n’est donc pas simplement d’illustrer le sacrement de baptême en donnant les exemples édifiants de célèbres baptisés. Cela va bien au-delà : ce qu’il montre au fidèle qui se place en face de lui n’est pas seulement théologique, mais également politique (au sens le plus noble de ce mot).

   Le baptême de Notre-Seigneur, au début de Sa vie publique, manifeste le mystère de l’Incarnation ordonné au mystère de la Rédemption (par l’expiation des péchés dont le Christ, Agneau de Dieu, Se charge entièrement).
Ces mystères de l’Incarnation et de la Rédemption ont leurs prolongements dans la conversion des empires et des nations, au-dessus desquels le Christ Sauveur va établir Son règne, par des lieu-tenants : les princes chrétiens.
L’Incarnation se prolonge par la dimension temporelle de la Chrétienté, en laquelle le catholicisme imprègne et anime la société – la Sainte Eglise étant à la société ce que l’âme est au corps – afin de conduire le plus grand nombre d’âmes possible au salut.

   Les princes chrétiens – qui ont été oints de l’onction royale afin de devenir des représentants du Christ Roi des nations – sont éminemment des figures christiques. Le don de la Sainte Ampoule miraculeuse lors du baptême de Clovis en apporte une preuve tangible, tandis que la guérison de la lèpre dont Constantin avait été atteint, purifié lorsqu’il fut baptisé par Saint Sylvestre, est le signe de la purification et de la sanctification des sociétés soumises à la loi divine sous le sceptre de souverains eux-mêmes soumis au Christ Sauveur.
L’organisation temporelle de la société en Chrétienté, appartient bien à la terre, mais elle est ordonnée à la vie éternelle et au salut des âmes : c’est pour cela que les princes chrétiens, établis pour gouverner l’ordre politique terrestre, sont des prolongements et des collaborateurs du Christ Rédempteur.

   Voilà sans nul doute pourquoi, Dieu, dont la Providence ne se trompe jamais dans la manière dont elle dispose toutes choses (cf. collecte du septième dimanche après la Pentecôte), a très éloquemment voulu que le bienheureux trépas de celui qui, en baptisant le Roi Clovis 1er le Grand, est devenu le « baptiste » de la royauté franque tout entière, arrivât en l’octave de l’Epiphanie – fête des Rois -, où l’on rappelle particulièrement le Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Retable des trois baptêmes - détail - colombe miraculeuse

2026-5. Retenez dès à présent cette date : samedi 24 janvier 2026, Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Prolégomènes :
1) Pourquoi continuer à faire célébrer des Messes de Requiem pour le Roi-martyr alors que nous avons la conviction qu’il est au ciel ? > ici ;
2) Préparation spirituelle aux célébrations anniversaires du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici.

frise lys deuil

Le Refuge Notre-Dame de Compassion,
la Confrérie Royale et
le Cercle légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier,

vous prient de bien vouloir assister,
ou de vous unir d’intention à la célébration d’une

Sainte Messe de Requiem

célébrée à la pieuse mémoire de

Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI

à l’occasion du 233ème anniversaire de son martyre

apothéose de Louis XVI

Samedi 24 janvier 2026

à 11 h 30 (très précises)

dans l’Oratoire du Mesnil-Marie

frise lys deuil

Renseignements pratiques :

1) Nota bene : l‘Oratoire du Mesnil-Marie est une chapelle privée aux capacités limitées : afin de prévoir correctement les places dans l’Oratoire, nous vous demandons impérativement de nous signaler votre présence avant le mardi 20 janvier au moyen de l’espace destiné aux commentaires, ci-dessous (ce ne sera pas publié). Merci pour votre aimable compréhension.
2) Un déjeuner partagé (abstinence de viande) aura lieu à l’issue de la cérémonie : les personnes qui désirent y prendre part, voudront bien nous le faire savoir dans les plus brefs délais, et avant le mardi 20 janvier, au moyen de l’espace destiné aux commentaires, ci-dessous (ce ne sera pas publié).

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail 2

2026-4. La prose « Virgo decus patriae » en l’honneur de Sainte Geneviève.

3 janvier ,
Fête de Sainte Geneviève, vierge ;
Octave de Saint Jean l’Evangéliste.

monogramme baroque Sainte Geneviève - vignette blogue

Source > Schola Sainte-Cécile

   Vous trouverez ci-dessous, pouvant servir de prière personnelle à celle qui est la céleste protectrice de Paris et également l’une des grandes intercessrice pour la France, le texte et la partition d’une prose (ou séquence) tirée d’une messe pour la fête de Sainte Geneviève, au 3 janvier, provenant du propre de l’église paroissiale de Saint-Etienne-du-Mont au XVIIIème siècle.
Il est probable que cette séquence était alors aussi en usage à l’abbaye voisine des Génovéfains. A cette époque, le reste du diocèse ne possédait plus de séquence pour la messe de Sainte Geneviève depuis la suppression de l’antique prose Genovefæ solemnitas d’Adam de Saint-Victor (encore présente de le Missel parisien de Monseigneur de Gondy de 1602) dans le Missel parisien de Mgr de Vintimille de 1755. La vieille séquence d’Adam de Saint-Victor fut réintégrée au propre du diocèse de Paris lorsque celui-ci adopta les livres romains à la fin du XIXème siècle.

   L’auteur de la prose Virgo decus Patriæ est inconnu. Il n’est toutefois pas impossible qu’il s’agisse du Révérend Père Pinchon, chanoine régulier de l’Abbaye de Sainte-Geneviève au XVIIIème siècle, qui composa les textes des hymnes Gallicæ custos et Cœlo receptam plaudite Cœlites introduites dans le Bréviaire de Mgr de Vintimille en 1736.

Sainte Geneviève - image de dévotion

Virgo decus pátriæ,
Spes salúsque Gálliæ,
Cara sponso Vírgini.
O Geneviève, vous êtes la gloire de notre patrie, l’espérance & le salut de la France, l’objet de la tendresse de Jésus-Christ votre époux.
Dei ductus lúmine,
Gérmanus ex ómine
te consécrat númini.
Guidé par une lumière divine et une inspiration prophétique, Germain vous consacre à votre Dieu.
Plebi dum placas Deum,
In te virus ímpium
Livor edax éxplicat.
Tandis que vous n’êtes occupée qu’à attirer les faveurs de Dieu sur votre peuple, l’envie distille sur vous son poison.
Dépulsis calúmniis,
Missis et eulógiis,
Póntifex te víndicat.
Mais le saint Pontife repousse la calomnie, et venge votre innocence en vous envoyant des eulogies (nota : paroles de bénédiction).
Hvnnvs ferox úlulet,
Parisios ádvolet ;
Mox repéllis fúrias.
Que le féroce Hun fasse entendre ses hurlements, qu’il vole vers Paris ; vous rendez sa fureur impuissante.
Fame cives péreant,
Tabe carnes árdeant ;
Clades sistis nóxias.
Que la famine exerce ses ravages, qu’un feu brûlant dévore ses malheureuses victimes : vous arrêtez tous ces fléaux.
Mvtvs voces élicit,
Surdus audit, áspicit
Cæcus, claudus ámbulat.
Vous commandez, et le muet parle, le sourd entend, l’aveugle voit, le boiteux marche.
Mors tuis et nútibus
Súbditur, corpóribus
Fremens dæmon éxulat.
La mort elle-même reconnaît votre empire ; et le démon, frémissant de rage, sort du corps des possédés.
Æstvs agros tórreat,
Imbre tellus mádeat,
Præsens fers auxílium.
Si une chaleur excessive brûle nos campagnes, si des pluies trop abondantes les inondent, aussitôt vous portez le secours nécessaire.
Per te menti cáritas,
Córpori sit sánitas ;
Sit perénne gáudium. Amen.
Que par vous la charité règne dans nos cœurs ; que nous jouissions en cette vie de la santé du corps, et dans le ciel des joies éternelles. Amen.

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monogramme baroque Sainte Geneviève - vignette blogue

2025-210. La douceur du joug divin.

31 décembre,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur (cf. > ici) ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité ;
Dernier jour de l’année civile (cf. > ici et aussi > ici).

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Enfant Jésus aux bras étendus - blogue

       Le sermon LXX de Saint Augustin commente les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ affirmant (en Saint Matthieu XI, 28-30) que Son joug est doux et Son fardeau léger. Le Docteur d’Hippone développe ici les apparentes contradictions de cette assertion, et montre combien, en définitive, c’est l’amour qui rend doux le joug de Jésus-Christ et léger Son fardeau.
Ce court sermon nous a paru tout-à-fait indiqué pour nourrir la méditation et la prière pour conclure une année et donner des fondements solides aux résolutions de  qu’il est sonseillé de prendre au commencement d’une année nouvelle…

La douceur du joug divin :

1. Il semble qu’il y a une contradiction flagrante entre les paroles de Notre-Seigneur sur la douceur de Son joug, et la dure réalité que Ses disciples doivent affronter !

   Plusieurs s’étonnent, mes frères, d’entendre dire au Seigneur : « Venez à Moi, vous tous qui fatiguez et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai. Prenez Mon joug sur vous et apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes ; car Mon joug est doux et Mon fardeau léger » (Matth. XI, 28-30).

   Ceux qui sans frémir se sont courbés sous ce joug et qui ont avec une docilité parfaite présenté leurs épaules à ce fardeau, leur [note : ce leur désigne ces « plusieurs (qui) s’étonnent » du précédent paragraphe] semblent tourmentés et éprouvés par tant de difficultés dans ce siècle, qu’ils les considèrent comme étant appelés, non pas du travail au repos, mais du repos au travail, l’Apôtre disant lui-même : «Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ souffriront persécution » (2 Tim. III, 12). 

   Comment donc, s’écrie-t-on, le joug du Seigneur serait-il doux et Son fardeau léger, puisque porter ce joug et ce fardeau n’est autre chose que de vivre pieusement en Jésus-Christ ?
Comment aussi le Sauveur dit-Il : « Venez à Moi, vous tous qui fatiguez et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai » ?
Ne devrait-Il pas dire au contraire : « Vous qui êtes en repos, venez travailler » ?
Ainsi trouva-t-Il en repos les ouvriers qu’Il loua et qu’Il envoya à Sa vigne pour y porter le poids de la chaleur (cf. Matth. XX, 3-7).

   Et sous ce joug si doux, sous ce fardeau si léger, l’Apôtre nous dit encore : « Montrons-nous en toutes choses comme des ministres de Dieu par une grande patience dans les tribulations, dans les nécessités, dans les angoisses, sous les coups » (2 Cor. VI, 4).
Ailleurs encore, dans la même épître : « Cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ; j’ai été trois fois déchiré de verges, lapidé une fois ; trois fois j’ai fait naufrage ; j’ai été un jour et une nuit au fond de la mer » (2 Cor. XI, 24, 25).
Combien d’autres dangers encore qu’il est facile d’énumérer, mais que l’on ne saurait affronter qu’avec l’aide de l’Esprit-Saint !

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2. Les tribulations que l’on endure pour le Christ valent à ceux qui les supportent dans la fidélité une récompense éternelle. Saint Augustin établit une comparaison avec les souffrances que s’infligent ceux qui briguent des biens terrestres.

   L’Apôtre ressentait donc souvent et abondamment les travaux et les angoisses dont il parle : mais il était sans aucun doute soutenu par l’Esprit de Dieu ; et pendant que l’homme extérieur s’usait, cet Esprit renouvelait l’homme intérieur de jour en jour, il le comblait de saintes délices, lui faisait goûter ainsi le repos de l’âme ; et l’espoir du bonheur futur aplanissait toutes les aspérités de la vie, et relevait toutes les pesanteurs.
Voilà comment le joug du Christ devenait doux et Son fardeau léger.

   Paul allait même, jusqu’à nommer tribulation légère toutes ces afflictions et toutes ces extrémités dont on ne saurait entendre le récit sans frémir. Ah! son œil intérieur saisissait parfaitement à quel prix on doit acheter, dans te temps, cette vie future où l’on est exempt des éternelles souffrances des impies, et où l’on jouit sans inquiétude de l’éternelle félicité des justes.
On se laisse tailler et brûler les chairs afin d’échapper, par ces douleurs aigües, à d’autres douleurs qui ne sont pas éternelles, mais qui viennent d’un mal dont la durée se prolonge un peu plus.

   Dans l’espoir incertain d’obtenir un court et languissant repos sur la fin de ses jours, le soldat use sa vie au milieu des guerres les plus horribles ; exposé à passer plus d’années dans l’agitation et la fatigue que dans la paix et le repos.
A quelles tempêtes, à quels écueils, à quelles affreuses et redoutables colères du ciel et de la mer ne s’exposent pas les négociants pour acquérir de volages richesses, des richesses d’où s’échapperont plus de dangers et de tempêtes qu’il n’en a fallu braver pour les acquérir ?
A quelles chaleurs, à quels frimas, à quels périls ne s’exposent pas les chasseurs ? Chevaux, fossés, précipices, fleuves et bêtes sauvages, tout est pour eux plein de dangers. Comme ils souffrent la faim et la soif, comme ils se contentent des aliments les plus vils et de la plus insuffisante quantité, quand il s’agit de s’emparer d’un animal, dont parfois, malgré tout ce qu’ils endurent, la chair ne saurait être offerte sur leurs tables ! Il faut même le reconnaître, s’il leur arrive de prendre un sanglier ou un cerf, la pensée de l’avoir pris les flatte plus que le plaisir de le manger.
A quels tourments et à quels coups ne sont pas exposés chaque jour les plus tendres enfants ? A combien de veilles, à combien de dures abstinences on les condamne, dans les écoles, non pour les former à la sagesse, mais pour les préparer aux vaines richesses et aux vains honneurs, pour leur enseigner le calcul et les lettres, pour leur apprendre les détours trompeurs de l’éloquence !

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3. C’est l’amour qui rend le joug doux et le fardeau léger :

   Observons-le néanmoins : quand on n’aime pas on trouve tout cela difficile, et la difficulté disparaît quand on aime ; car l’amour rend léger – il ne laisse presque pas sentir – ce qui est en soi lourd et accablant.

   Quelle fermeté donc, et quelle facilité bien plus grandes ne donne pas la charité pour faire en vue de l’éternelle béatitude ce que fait la concupiscence en vue de la misère présente ! Avec quelle aisance on endure toutes les peines temporelles pour échapper aux éternels châtiments et parvenir à l’éternel repos ! Ce n’est pas sans motif que ce Vaisseau d’élection [note : il s’agit de Saint Paul] s’écriait avec de si vifs transports : « Les souffrances de ce temps ne sont point comparables à la gloire future qui sera révélée en nous » (Rom. VIII, 18).
Voilà ce qui rend ce joug doux et ce fardeau léger.

   S’il en coûte au petit nombre de le prendre sur leurs épaules, l’amour le fait supporter à tous aisément : « A cause des paroles de Vos lèvres, dit le Psalmiste, j’ai gardé de dures voies » (Ps. XVI, 4).
Mais ce qui est dur en soi, s’adoucit par l’amour.

   Aussi admirez la sage économie de la bonté divine. Elle veut qu’affranchi de la loi et déchargé par la grâce du poids de ces innombrables observantes qui faisaient du joug divin un joug réellement lourd, quoiqu’il dût être tel pour les opiniâtres qui le portaient alors, l’homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour (cf. 2 Cor. IV, 16), trouve allégées par la joie intérieure, par la facilité de pratiquer la foi pure, l’espérance qui soutient et la sainte charité, toutes les vexations produites contre l’homme extérieur par le prince rebelle qui a été mis dehors.
Rien ne pèse moins à la bonne volonté que cette volonté même, et Dieu s’en contente.

   Quelles que soient donc les persécutions du monde, c’est avec une incontestable vérité que les Anges s’écrièrent après la naissance temporelle du Seigneur : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté » ; car l’Enfant nouveau-né n’apportait qu’un joug doux et un fardeau léger ; d’ailleurs, comme s’exprime l’Apôtre : « Dieu est fidèle, il ne souffre pas que nous soyons  tentés au dessus de nos forces; mais il nous fait tirer profit de la tentation même, afin que nous puissions persévérer » (1 Cor. X, 13).

Pax hominibus bonae voluntatis - blogue

2025-209. Leçons historiques des matines de la fête de Saint Thomas de Cantorbéry au Bréviaire traditionnel.

29 décembre,
Fête de Saint Thomas de Cantorbéry, évêque et martyr ;
Cinquième jour dans l’octave de la Nativité ;
Deuxième jour du carême de l’Epiphanie et de la neuvaine aux Saints Rois Mages ;
Anniversaire de la canonisation de Saint Charlemagne (cf. > ici).

Thomas Becket - vitrail

Leçons du deuxième nocturne des matines de la fête de

Saint Thomas de Cantorbéry

au Bréviaire romain traditionnel (avant 1960)

Quatrième leçon : 

   Thomas, né à Londres, en Angleterre, succéda à Théobald, évêque de Cantorbéry. Il avait exercé auparavant, et avec honneur, la charge de chancelier et il se montra fort et invincible dans les devoirs de l’épiscopat.
Henri II, roi d’Angleterre, ayant voulu, dans une assemblée des prélats et des grands de son royaume, porter des lois contraires à l’intérêt et à la dignité de l’Eglise, Thomas s’opposa à la cupidité du roi avec tant de constance, que, n’ayant voulu fléchir, ni devant les promesses ni devant les menaces, il se vit obligé de se retirer secrètement, parce qu’il allait être emprisonné.
Bientôt tous ses parents, ses amis et ses partisans furent chassés du royaume, après qu’on eut fait jurer à tous ceux dont l’âge le permettait, d’aller trouver Thomas, afin d’ébranler, par la vue de l’état pitoyable des siens, cette sainte résolution, dont ne l’avaient nullement détourné ses propres souffrances. Il n’eut égard ni à la chair ni au sang, et aucun sentiment trop humain n’ébranla sa constance pastorale.

Henri II et Thomas Becket

Henri II et Thomas Becket
[manuscrit du XIVème siècle de la "British Library" MS Royal 20 A.II fol 7v]

Cinquième leçon : 

   Il se rendit auprès du pape Alexandre III, qui le reçut avec bonté et le recommanda aux moines du monastère de Pontigny, de l’Ordre de Cîteaux, vers lequel il se dirigea.
Dès qu’Henri l’eut appris, il envoya des lettres menaçantes au Chapitre de Cîteaux, dans le but de faire chasser Thomas du monastère de Pontigny. Le saint homme, craignant que cet Ordre ne souffrît quelque persécution à cause de lui, se retira spontanément, et sur l’invitation de Louis, roi de France, il alla demeurer auprès de lui.
Il y resta jusqu’à ce que, par l’intervention du Souverain Pontife et du roi, il fût rappelé de l’exil et rentrât en Angleterre à la grande satisfaction du royaume entier.
Comme il s’appliquait, sans rien craindre, à remplir les devoirs d’un bon pasteur, des calomniateurs vinrent rapporter au roi qu’il entreprenait beaucoup de choses contre le royaume et la tranquillité publique : en sorte que ce prince se plaignait souvent de ce que, dans son royaume, il y avait un évêque avec lequel il ne pouvait avoir la paix.

Michael Pacher - martyre de Saint Thomas Becket

Michaël Pacher (vers 1435 – 1498) : martyre de Saint Thomas Becket ;
détail du retable de Saint Thomas Becket (1465)
conservé aujourd’hui au château d’Eggenberg, « Alte Galerie » à Graz (Autriche).

Sixième leçon : 

   Ces paroles du roi ayant fait croire à quelques détestables satellites qu’ils lui causeraient un grand plaisir s’ils faisaient mourir Thomas, ils se rendirent secrètement à Cantorbéry, et allèrent attaquer l’évêque, dans l’église même où il célébrait l’Office des Vêpres. Les clercs voulant leur fermer l’entrée du temple, Thomas accourut aussitôt, et ouvrit lui-même la porte, en disant aux siens : « L’église de Dieu ne doit pas être gardée comme un camp ; pour moi, je souffrirai volontiers la mort pour l’Eglise de Dieu ». Puis, s’adressant aux soldats : « De la part de Dieu, dit-il, je vous défends de toucher à aucun des miens ».
Il se mit ensuite à genoux, et après avoir recommandé l’Eglise et son âme à Dieu, à la Bienheureuse Marie, à Saint Denys et aux autres patrons de sa cathédrale, il présenta sa tête au fer sacrilège, avec la même constance qu’il avait mise à résister aux lois très injustes du roi.
Ceci arriva le quatre des calendes de janvier, l’an du Seigneur onze cent soixante et onze ; et la cervelle du Martyr jaillit sur le pavé du temple.
Dieu l’ayant bientôt illustré par un grand nombre de miracles, le même pape Alexandre l’inscrivit au nombre des Saints.

reliquaire de Saint Thomas Becket musée de Cluny Paris - fin XIIe

Petite châsse reliquaire de la fin du XIIème ou des premières années du XIIIème siècle
ayant renfermé des reliques de Saint Thomas de Cantorbéry
[Paris, musée de Cluny] :
les émaux limousins de cette face représentent le martyre et la sépulture
de Saint Thomas Becket.

2025-208. Du carême de l’Epiphanie.

27 décembre,
Fête de Saint Jean, apôtre et évangéliste ;
Troisième jour de l’octave de la Nativité de NSJC ;
Après les complies, commencement du « Carême de l’Epiphanie ».

Les Mages découvrent l'étoile miraculeuse

       Concomitamment à la neuvaine en l’honneur des Saints Rois Mages (cf. > ici) en préparation de la fête de l’Epiphanie, en notre Mesnil-Marie, nous célébrons un « petit carême » de neuf jours : il commence le 27 décembre après l’office de complies et s’achève au moment où entonnons les premières vêpres de la fête de l’Epiphanie.

   Cette sublime fête de l’Epiphanie est à Noël ce que la Pentecôte est à Pâques : une plénitude, un épanouissement suprême, une absolue maturation. Si Noël est le bouton, l’Epiphanie en est la fleur. Si Noël est une aurore, l’Epiphanie est le resplendissement du grand jour. Si Noël est une graine jetée dans un petit trou creusé en terre, l’Epiphanie est la plante vigoureuse et rayonnante dans le déploiement de sa splendeur.

   A la neuvaine qui la précède nécessairement, cette fête majeure de l’année chrétienne requiert forcément l’association d’une préparation ascétique, en laquelle, le corps s’unit à l’effort de l’esprit, pour, en quelque manière, avancer avec les Saints Rois traversant les contrées arides de l’Orient en direction du berceau du « Roi qui vient de naître » (cf. Matth. II, 2).

   Ce « carême » de l’Epiphanie, comme tout véritable carême, est fait de jeûne et d’abstinence, mais comme nous l’expliquions déjà > ici, l’abstinence y est allégée : seule la viande en est absolument prohibée ; les œufs, les laitages et le poisson y sont autorisés (mais on ne mange pas dans la même journée du poisson et des œufs : c’est l’un ou l’autre). Tous les jours, sauf la Vigile de l’Epiphanie où s’impose le « grand jeûne », sont jours de jeûne ordinaire, et pour la fête de la Circoncision de NSJC (au jour octave de Sa Nativité) le jeûne est suspendu (mais l’abstinence simple demeure).
Cet engagement concret du jeûne et de l’abstinence (même s’ils sont allégés) est une forme de transposition de la démarche des Saints Balthasar, Gaspard et Melchior, qui ont quitté le confort de leurs demeures princières, se sont détachés d’une partie de leurs biens et ont dû se contenter de bagages réduits, pour partir en quête du divin Sauveur et de Sa Très Sainte Mère.

La caravane en marche vers Jésus et Marie

2025-207. Prosternés devant Sa crèche, recevons de Lui la force et le courage : nous en aurons besoin !

Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie Royale

- Saint Jour de Noël, 25 décembre 2025 -

Saint Enfant Jésus notre Roi bénissez-nous - blogue

Mes très chers Amis,

       Au soir du 25 décembre, nombre de nos contemporains sont déjà retournés dans la bulle imperméable de leurs petits égoïsmes et de leurs petites préoccupations personnelles très terre-à-terre : ils ont mis toutes leurs énergies à un « réveillon » (qui n’en est pas un, puisque le réveillon c’est une deuxième veillée : celle que l’on faisait au retour de la Messe de Minuit [célébrée à minuit et non à la manière d’une « messe anticipée » du jour de Noël]), « réveillon » qui n’est le plus souvent que superficialité et apparences. 

   Pour un catholique qui vit véritablement de la foi et de la liturgie catholiques, au soir du 25 décembre, après le plus souvent de légitimes, mais raisonnables, réjouissances familiales et amicales, nous ne faisons que commencer les fêtes spirituelles, les fêtes surnaturelles, qui vont aller crescendo jusqu’à la conclusion de l’octave de l’Epiphanie, et qui nous vont remplir et combler de grâces selon la mesure de notre générosité et de notre ferveur.

   Voilà pourquoi j’ai attendu ce soir du 25 décembre pour vous envoyer cette lettre mensuelle et vous souhaiter, en ma qualité de Prieur, de saintes et joyeuses fêtes de la Nativité de notre divin Rédempteur.

   Joyeuses et saintes fêtes de Noël ! Que notre Sauveur, en ces célébrations de Sa merveilleuse et très humble naissance, vous donne Sa paix : cette paix que Ses anges ont promise aux hommes « de bonne volonté », ou plus exactement – « pax hominibus bonae voluntatis » – aux hommes objets de la bienveillance de Celui qui trône au plus haut des cieux.

   Je pense que, pour la plupart, vous avez pu prendre part aux célébrations de la Nuit sainte ou du jour de Noël (ou des deux) dans des conditions à peu près « normales » ou habituelles.
Parenthèse appréciable dans un contexte difficile ou éprouvant : tous les problèmes – qu’ils soient politiques, sociaux, économiques, spirituels… etc. – sont certes toujours présents, mais les célébrations de Noël nous offrent un instant de pause psychologique et spirituelle, d’autant plus appréciables que la situation générale est anxiogène, lourde de menaces. L’année 2025 qui s’achève a été pénible et douloureuse à bien des égards, et je vous puis certifier que l’année 2026 qui se profile sera au moins tout aussi éprouvante, sinon davantage.

   Je n’éprouve aucun plaisir malsain ou cruel à écrire ces choses ; je crois être seulement lucide. Sereinement lucide.

   Sur cette terre de France, très vite, lorsque ce n’est pas déjà le cas,  l’échéance des élections municipales (comme à chaque fois qu’il y a des élections républicaines) va encore une fois mettre notre beau Royaume – occupé par un système idéologique pervers et mis à sac par un pouvoir illégitime qui, sous ses apparences d’incompétence et de « cafouillages », poursuit un plan très calculé et minutieusement programmé de destruction de tout ce qui peut encore subsister de sain -, dans une forme de guerre civile politique et psychologique.

   Mais, ainsi que nous l’avons déjà fait jusqu’ici et ainsi que nous le ferons encore, nous nous efforcerons de garder la tête froide, l’esprit lucide, la vue claire, l’âme enracinée dans les principes pérennes de la tradition monarchique capétienne, afin de continuer, inébranlablement, à servir « Dieu et le Roi », à la place qui nous a été assignée par la divine Providence et selon la mesure des dons et des grâces qui nous ont été accordés.

   Ce que nous célébrons à Noël – le Verbe divin apparu en notre chair, le mystère sacré de l’Incarnation de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, « descendue » parmi nous afin d’accomplir le seul véritable Sacrifice rédempteur – n’est pas l’« anniversaire » d’un fait du passé, c’est une réalité présente et quasi tangible, qui, depuis la Sainte Nuit de Bethléem, il y a 2025 ans, continue à être présente et efficace aujourd’hui et chaque jour.
Notre foi catholique et l’exemple des saints doivent toujours et à tout moment nous en apporter une certitude plus intense, plus forte, plus roborative, plus enthousiasmante, plus motivante, plus exaltante, plus stimulante pour l’accomplissement de notre vocation et de nos engagements…

   Nous avons l’évidence que nous sommes immergés dans une période, et surtout un système, de violences et de haines amplifiées, qui prennent chaque jour des proportions effrayantes.

   Mais Noël nous rappelle aussi à tous – et cela doit être chaque jour plus fortement enraciné et vivant dans notre âme – que, à travers mêmes ces horreurs accumulées et cet écroulement général, Dieu entre dans notre histoire et dans nos vies à la manière d’un nouveau-né, à la manière de l’être le plus fragile et le plus vulnérable qui soit, pour ensuite, comme le petit caillou détaché de la montagne vu en songe par le roi Nabuchodonosor et interprété par le prophète Daniel (Livre de Daniel chapitre II), faire tomber et réduire en morceaux tous ces « colosses aux pieds d’argile » qui sont, en vrac : la conquête mahométane, les intrigues talmudiques, les complots des sectes maçonniques, la prétendue philosophie des « lumières » et toutes les idéologies – de droite ou de gauche nées de la grande révolution -, la perversion morale érigée en modèle vertueux, le macronisme et tous les avatars du libéralisme, les crimes contre la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, le laïcisme fer de lance des nouveaux paganismes, le modernisme théologique qui continue à dévaster la Sainte Eglise, les hérésies – antiques et nouvelles – qui grouillent dans tous les recoins des presbytères ou des sacristies… etc. …etc.

   Dieu, par Jésus-Christ Notre-Seigneur et par les incompréhensibles et providentiels cheminements de Sa grâce, entre dans nos vies, entre dans notre histoire personnelle, entre dans notre histoire sociale et politique, à la manière du tout petit caillou qui percute et renverse tous les colosses aux pieds d’argile.

   Dieu entre aussi dans nos nuits ; les nuits de nos épouvantes, les nuits de nos craintes, les nuits de nos vulnérabilités, les nuits de nos tentations, les nuits qui nous instillent de sournoises pensées de découragement et de manques de confiance. « J’avais dit : Peut-être les ténèbres me couvriront-elles ? Mais voici que la nuit devient lumière autour de moi dans mes plaisirs. Parce que les ténèbres ne seront point obscures pour Vous, et la nuit sera éclairée comme le jour…» (cf. Psaume CXXXVIII 11-12).

   Cet Enfant nouveau-né, si faible et si fragile à vues humaines – que nous allons contempler et que nous allons prier dorénavant en nous plaçant en face de nos crèches, pendant toute la sainte quarantaine qui nous conduit jusqu’à la Chandeleur -, cet Enfant, si faible et si fragile, a déjà en grande partie changé le monde, changé l’histoire des hommes, changé le cœur des hommes. Et toutes les nations, tous les peuples, tous Ses ennemis, bon gré mal gré, Lui seront soumis.

   Prosternés devant Sa crèche, recevons de Lui la force et le courage : nous en aurons besoin ! Recevons de Lui une foi plus ardente et une espérance sans faille, pour nous relever toujours, militer sans relâche sous Son étendard de Salut, pour « donner sans compter » et « combattre sans souci des blessures », pour « travailler sans chercher le repos » et « nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons Sa très sainte et tout adorable Volonté » !

   Joyeux et saint Noël : un Noël de force et de courage, indéfectiblement entés sur le Christ notre Sauveur et notre Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Blason Confrérie Royale petite taille

2025-206. Vœux de Noël de Sa Majesté le Roi (25 décembre 2025).

Soir du 24 décembre 2025.

grandes armes de France

       Un peu avant 21 h 30 (heure officielle), en cette Vigile de la Nativité, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur ses réseaux sociaux ce message de vœux de Noël à l’adresse des Français, illustré par la « Nativité mystique » de Sandro Boticelli :

   En cette fête de Noël, ma femme, mes enfants et moi-même se tenons devant la crèche dans laquelle repose l’Enfant-Dieu, qui a voulu se faire pauvre parmi les pauvres.

   Nous prions pour la France et pour les Français, afin que chacun puisse trouver la douceur et la paix qui sont les fruits de cette fête.
Nous vous souhaitons du fond du cœur un très joyeux Noël à tous !

Sandro Boticelli - Nativité mystique

   En ces jours de crise profonde de la société, on relira avec profit le message, toujours actuel, que nous donnait en 2022 > ici

Guirlande de Noël

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