Archive pour la catégorie 'Lectures & relectures'

2024-89. Méditation pour le dimanche du Bon Pasteur.

Deuxième dimanche après Pâques,
Dimanche du Bon Pasteur.
Epître : 1 Pierre II, 21-25 ; Evangile : Jean X, 11-16.

Bon Pasteur - église ND des Blancs Manteaux - atelier de Philippe de Champaigne - blogue

Bon Pasteur de l’atelier de Philippe de Champaigne
[église Notre-Dame des Blancs-Manteaux - Paris]

Présence de Dieu :

   Je viens à Vous, ô Jésus, mon bon Pasteur, conduisez-moi aux pâturages de la vie éternelle.

Méditation :

   1 – La liturgie de ce dimanche résume, dans la douce figure du Bon Pasteur, tout ce que Jésus a fait pour nos âmes.
Le pasteur est tout pour ses brebis : leur vie, leur nourriture, leur garde est entièrement entre ses mains et, si le pasteur est bon, elles n’auront rien à craindre sous sa protection, et rien ne leur manquera.
Jésus est le Bon Pasteur par excellence : non seulement Il aime, nourrit, garde Ses brebis, mais Il leur donne la vie au prix de la Sienne. Par le mystère de l’Incarnation, le Fils de Dieu vient sur terre pour chercher les hommes qui, semblables à des brebis errantes, se sont éloignés de la bergerie et égarés dans les vallées ténébreuses du péché. Il vient en Pasteur très aimant qui, pour mieux secourir Son troupeau, ne craint pas de partager son sort.
Saint Pierre nous Le montre, dans l’épître, se chargeant de nos péchés, afin de nous guérir pas Sa Passion : « Il a Lui-même porté nos péchés sur le bois (de la Croix), afin que morts au péché nous vivions pour la justice ; c’est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes, mais maintenant vous êtes venus à Celui qui est le Pasteur et l’Evêque de vos âmes ».
« Je suis le Bon Pasteur, a dit Jésus, et je donne Ma vie pour Mes brebis » ; et dans l’office du temps pascal, l’Eglise chante à diverses reprises : « Il est ressuscité, le Bon Pasteur, qui donna Sa vie pour Ses brebis et daigna mourir pour Son troupeau ».
Comment pourrait-on mieux synthétiser toute l’œuvre de la Rédemption ? Celle-ci apparaît encore plus grandiose lorsque nous entendons dire de la bouche même de Jésus : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’elles soient dans l’abondance » (Jean X, 10).
En vérité, Il pourrait répéter à chacun de nous : « Qu’aurais-Je pu faire pour toi que Je n’aie fait ? » (cf. Is. V, 4).
Oh ! Si nous pouvions nous donner à Lui avec une générosité égale à la Sienne, lorsqu’Il S’est donné à nous !

Vignette Agneau pascal - blogue

   2 – Jésus dit encore : « Je connais Mes brebis et elles Me connaissent, comme le Père Me connaît et que Je connais le Père ». Bien qu’il n’y ait pas question d’égalité, mais de simple similitude, il est pourtant très réconfortant et glorieux pour nous de constater comment Jésus aime à comparer les relations qu’Il a avec nous, à celles qu’Il a avec Son Père. A la dernière Cène aussi, Il avait dit : « Comme Mon Père M’a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés », et encore : « Comme Vous, Mon Père, Vous êtes en Moi, et Moi en Vous, qu’eux aussi soient un en Nous » (Jean XVII, 21). Cela nous montre qu’entre nous – les brebis -, et Jésus – notre Pasteur -, il n’existe pas seulement un rapport de connaissance, mais aussi d’amour et, mieux encore, de communauté de vie, semblable à celui qui existe entre le Fils et le Père. C’est par la grâce, la foi et la charité, que le Bon Pasteur nous a acquises en donnant Sa vie pour nous, que nous arrivons à de tels rapports avec notre Dieu – liens si profonds qu’ils nous font participer à Sa propre vie intime.
Une étroite relation de connaissance amoureuse s’établit donc entre le Bon Pasteur et Ses brebis ; elle est si intime que le Pasteur connaît Ses brebis une à une et les appelle par leur nom, et elles reconnaissent Sa voix et le suivent docilement. Chaque âme peut se dire : Jésus me connaît et m’aime, non d’une façon générale et abstraite, mais dans l’aspect concret de mes nécessités, de mes désirs, de ma vie ; et pour Lui, me connaître et m’aimer, cela signifie me faire du bien, m’entourer toujours davantage de Sa grâce, me sanctifier.
C’est parce que Jésus m’aime qu’Il m’appelle par mon nom. Il le fait pendant l’oraison, en m’ouvrant de nouveaux horizons de vie spirituelle, ou en me montrant plus clairement mes défauts, ma misère ; Il m’appelle quand Il me réprimande ou me purifie par l’aridité, et aussi quand Il me console et m’encourage en répandant sur moi une ferveur nouvelle ; Il m’appelle lorsqu’Il me fait sentir l’urgence d’une plus grande générosité, qu’Il me demande des sacrifices ou m’accorde des joies et, plus encore, quand Il éveille en mon âme un plus profond amour.
Je dois répondre à ces appels, comme la brebis aimante qui reconnaît la voix de son Pasteur et Le suit toujours.

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Colloque :

   « O Seigneur, Vous êtes mon Pasteur, je ne manque de rien ; Vous me faites reposer dans de verts pâturages, Vous me conduisez près des eaux rafraîchissantes, Vous renouvelez mon âme et me dirigez dans des sentiers de justice. Même si je marche dans le ravin, par de sombres vallées, je ne craindrai aucun mal, parce que Vous êtes avec moi. Votre bâton et votre houlette, voilà ma consolation. Vous dressez devant moi une table, en dépit de mes adversaires. Vous oignez ma tête de parfum et ma coupe déborde (cf. Ps. XXII).
O Seigneur, mon doux Pasteur, qu’auriez-Vous pu faire de plus pour moi que Vous n’ayez fait ? Qu’auriez-Vous pu me donner que je n’aie reçu ? Vous avez voulu devenir Vous-même ma nourriture et mon breuvage. Et quel pâturage plus délicieux et salutaire, plus nourrissant et fortifiant, auriez-Vous jamais pu trouver que celui de Votre Corps et de Votre Sang ?
O très bon Seigneur jésus-Christ, mon doux Pasteur, que Vous rendrai-je pour tout ce que j’ai reçu de Vous ? Que Vous donnerai-je pour le don que Vous m’avez fait de Vous-même ?
Si je pouvais me donner à Vous mille fois, ce ne serait rien encore, puisque je suis néant par rapport à Vous. Vous, l’immensité même, avez eu un amour si grand et si gratuit pour moi, si chétif, si méchant et ingrat !
Je sais, ô Seigneur, que Votre amour tend à l’immensité, à l’infini, puisque Vous êtes immense, infini. De grâce, ô Seigneur, dites-moi donc de quelle manière je puis Vous aimer.
Mon amour, ô Seigneur, n’est pas gratuit, il Vous est dû… Bien que je ne puisse Vous aimer autant que je le devrais, Vous agréez ce faible amour.
Je pourrai Vous aimer davantage, lorsque Vous daignerez accroître ma vertu ; mais jamais je ne pourrai Vous donner autant que Vous méritez.
Donnez-moi donc Votre très ardent amour par lequel, avec Votre grâce, je Vous aimerai, Vous plairai, Vous servirai, accomplirai Vos préceptes et ne serai séparé de Vous ni dans le temps présent ni pour l’éternité, Vous demeurant uni dans l’amour pendant les siècles éternels » (Vénérable R. Jourdain).

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine ».

Bon Pasteur - Blogue

2024-85. « La persévérance est nécessaire pour ne pas perdre le fruit des efforts que nous avons faits… »

Homélie de Saint Léon le Grand

pour le temps de Pâques

Agneau Pascal Roi - blogue

La persévérance est nécessaire
pour ne pas perdre le fruit des efforts que nous avons faits :

       « Je vous ai fait connaître dans mon dernier discours, mes chers frères, les moyens propres à vous faire participer aux mérites de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, afin que, vivant de la vie de la foi, votre vie soit une continuelle représentation de la Sienne. C’est ainsi qu’en conformant vos mœurs à votre croyance, vous honorerez dignement le mystère que nous célébrons dans la fête de Pâques.

   Vous avez éprouvé vous-mêmes combien les pratiques de la piété sont utiles, et votre ferveur vous a fait jouir des grands biens que procurent à l’âme et au corps les jeûnes longtemps prolongés, les prières assidues et les aumônes abondantes. Il n’y a, sans doute, personne d’entre vous qui n’ait profité de ces saints exercices, et n’ait trouvé dans le fond de sa conscience quelque juste sujet de consolation. Mais la persévérance est nécessaire pour ne pas perdre le fruit des efforts que nous avons faits, car il est à craindre que la paresse naturelle interrompant nos travaux, la jalousie du démon ne nous enlève les biens que nous avons acquis avec la grâce de Dieu.

   En observant les jeûnes du Carême, votre intention a été de prendre part à la Croix de Jésus-Christ, dans le temps où nous honorons la mémoire de Sa Passion. Tâchons maintenant de ressentir en nous les effets que produit Sa Résurrection et de passer de la mort à la vie, dès à présent même, pendant que nous sommes encore renfermés dans ce corps mortel.
Lorsqu’un changement important s’opère dans un homme, il cesse d’être ce qu’il était auparavant ; et il commence à être ce qu’il n’était pas. Mais le choix que nous faisons du genre de vie ou de mort que nous voulons embrasser, est d’une extrême importance, parce qu’il y a une mort qui est un principe de vie, et il y a une vie qui devient un principe de mort. Le siècle présent est le seul où nous puissions faire utilement cette recherche, puisque la différence de notre sort éternel dépend de la qualité des œuvres que nous aurons faites dans le temps. Il faut donc mourir au démon et vivre pour Dieu ; renoncer à toute iniquité pour ressusciter à la justice. Dépouillons-nous du vieil homme, et faisons naître le nouveau. Celui qui est la Vérité même, ayant dit : « Personne ne peut servir deux maîtres » (Matth. VI, 24), prenons pour maître Celui dont la grâce élève à la gloire ceux qui sont tombés, et non pas celui qui cherche à renverser ceux qui sont debout.
L’Apôtre nous apprend que le premier homme est le terrestre formé de la terre, et que le second est le céleste qui est descendu du ciel. Comme le premier homme a été terrestre, ses enfants le sont aussi, et comme le second est céleste, ses enfants sont aussi célestes. Ainsi, puisque nous avons porté l’image de l’homme terrestre, portons aussi l’image de l’homme céleste. (1 Cor. XV, 47-49)

   Quels motifs n’avons-nous pas, mes chers frères, de nous réjouir d’un changement si admirable qui nous a tirés de notre bassesse naturelle, pour nous faire passer à la dignité de l’homme céleste, par l’ineffable miséricorde de Celui qui, pour nous élever jusqu’à Lui, est descendu jusqu’à nous, non seulement en Se revêtant de notre substance, mais en prenant sur Lui-même les infirmités de la nature qui avait péché, et en permettant que la divinité, quoique impassible, fût exposée à toutes les misères auxquelles notre mortalité nous assujettit !
Afin d’opérer plus promptement ce changement si désirable, et de ne pas laisser longtemps dans le trouble Ses disciples affligés de Sa séparation, Il abrégea tellement le séjour qu’Il devait faire dans le tombeau que la dernière partie du premier jour et la première partie du troisième, s’unissant au jour d’entre les deux qui s’écoula tout entier, suffirent pour former un intervalle assez court et remplir le nombre qu’Il avait prédit.
L’âme du Sauveur ne resta pas longtemps dans les limbes ; et Son corps sortit bientôt du tombeau ; la Résurrection, qui ranima Sa chair exempte de toute corruption, fut si prompte, que la mort de Jésus-Christ ressembla plutôt à un sommeil qu’à une mort véritable, parce que la divinité toujours unie hypostatiquement au corps et à l’âme qu’Il avait pris, réunit par Sa puissance ce qu’elle n’avait divisé que pour un temps.

   Combien d’instructions les circonstances de cette Résurrection n’ont-elles pas fournies pour affermir l’autorité de la foi que les apôtres devaient prêcher par toute la terre !
La pierre levée, le sépulcre trouvé vide, les linges qui avaient servi à l’ensevelissement du corps, déposés dans un endroit à part, le témoignage des anges qui rendirent compte de ce qui s’était passé, étaient assurément des preuves bien fortes de la Résurrection du Sauveur. Il les confirma en apparaissant Lui-même plusieurs fois, et en Se rendant visible aux yeux des saintes femmes et des apôtres.
Non seulement Il leur parlait, mais il demeurait au milieu d’eux ; Il mangeait avec eux, et permettait à ceux qui doutaient encore de Le toucher et de s’assurer par un minutieux examen de la vérité du fait. C’est pour cela qu’Il entrait au milieu de Ses disciples, les portes étant fermées, leur communiquait les dons du Saint-Esprit en soufflant sur eux, et les inondait de Sa divine clarté en leur donnant l’intelligence des mystères cachés dans les Saintes Ecritures. Il leur montrait la plaie de Son côté, les cicatrices des clous et toutes les marques encore récentes de la Passion qu’Il venait de souffrir. Il leur faisait ainsi reconnaître d’une manière sensible que les propriétés de la nature divine et de la nature humaine subsistaient individuellement en Lui ; et Il nous apprenait que la substance du Verbe est différente de celle de la chair de l’homme, afin qu’en distinguant les deux natures, nous fissions toujours profession de croire que le Fils unique de Dieu les réunit en Sa personne.

   La doctrine de l’apôtre Saint Paul, le docteur des nations, n’est pas contraire à cet article de notre foi, lorsqu’il dit : « Quoique nous ayons connu Jésus Christ selon la chair, nous ne Le connaissons plus de cette manière » (1 Cor. V,16). La Résurrection du Seigneur n’a pas anéanti Sa chair, elle l’a seulement changée ; et la substance corporelle n’a pas été détruite par l’accroissement des perfections qui lui ont été communiquées. Elle a, quant à la qualité, cessé d’être ce qu’elle était, mais sa nature est toujours demeurée la même : ce corps qui, semblable au nôtre, a pu souffrir le supplice de la croix a été rendu impassible ; il a été mis à mort, et il est devenu immortel. C’est donc avec raison que l’Apôtre nous dit qu’il ne connaît plus la chair de Jésus Christ dans l’état où on l’avait vue auparavant, parce qu’il n’y a plus rien en elle de passible, et qu’il ne lui est resté aucune des infirmités qu’elle avait prises ; en sorte que l’essence corporelle subsistant toujours, la gloire dont elle est revêtue la rend toute différente de ce qu’elle était. Est-il étonnant, au reste, que l’Apôtre s’exprime ainsi en parlant du corps de Jésus-Christ, puisqu’il dit, en parlant de tous les chrétiens qui vivent d’une vie vraiment spirituelle : « Nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair » (2 Cor. V, 16) ?
Que veut-il dire par là, sinon que la Résurrection de Jésus-Christ étant le principe de la nôtre, nous commençons déjà à en ressentir les effets par la grâce de Celui qui est devenu le fondement de notre espérance ? Ce divin Sauveur ayant voulu mourir pour tous les hommes, nous n’avons plus aucun doute, nous ne flottons plus dans l’incertitude ; mais, trouvant en Jésus-Christ le gage de la promesse qui nous est faite, nous voyons déjà des yeux de la foi les choses qui doivent arriver, et, remplis de joie à la vue du degré de gloire où notre nature a été élevée, nous jouissons dès à présent des biens dont notre croyance nous assure la possession.

   Ne nous laissons donc pas entraîner, mes chers frères, par l’illusion des choses qui passent avec le temps, et ne laissons pas ramper sur la terre notre esprit fait pour s’élever à la contemplation des biens célestes.
Regardons comme déjà passés, des objets qui ne subsistent qu’imparfaitement, et qu’une âme appliquée à considérer des biens toujours durables n’aspire plus qu’à jouir de ceux qui lui sont offerts, puisqu’ils sont éternels. Quoique nous ne soyons encore sauvés qu’en espérance, et que nous portions une chair mortelle et corruptible, c’est avec raison qu’on dit de nous que nous ne vivons plus selon la chair, lorsque nous ne sommes plus dominés par les affections charnelles ; car lorsque nous cessons d’être assujettis à leur empire, nous devenons d’autres hommes. Ainsi, lorsque l’Apôtre nous adresse ces paroles : « Gardez-vous de flatter votre chair, et ne suivez point vos désirs » (Rom. XIII, 14) nous n’entendons pas qu’il nous défende l’usage de choses qui peuvent contribuer à la santé du corps et aux soulagements dont l’infirmité humaine a besoin. Mais comme il ne faut pas obéir à toute sorte de désirs, ni accorder à la chair tout ce qu’elle demande, nous comprenons qu’il nous avertit de vivre avec une sage tempérance, de sorte qu’en retranchant à la chair qui doit être soumise à l’esprit, tout ce qui lui serait superflu, nous ne lui refusions cependant pas le nécessaire ; aussi le même Apôtre dit-il ailleurs : « Personne ne hait sa propre chair, mais chacun la nourrit et l’entretient » (Eph. V, 29). Nous le devons, sans doute, non pour favoriser sa pente aux vices et à la luxure, mais afin que la nature régénérée conserve un ordre parfait ; et de peur que les parties supérieures en nous, ne soient honteusement assujetties aux inférieures, et que les vices usurpant l’empire qui convient à l’esprit, ils ne le réduisent en servitude, quoiqu’il soit fait pour commander.

   Que le peuple de Dieu reconnaisse donc qu’il est devenu une nouvelle créature en Jésus-Christ ; qu’il fasse de sérieuses réflexions, et comprenne la grandeur de l’adoption que lui procure l’alliance du Chef avec Lequel il est si intimement uni. Puisqu’il a été renouvelé ; qu’il ne retourne plus à ses anciennes habitudes, et que celui qui a mis une fois la main à la charrue, ne cesse pas de travailler ; mais qu’il fasse fructifier avec grand soin la semence qu’il a jetée, sans regarder désormais derrière lui. Qu’aucun de vous ne retombe dans les vices auxquels il a renoncé ; et si l’infirmité humaine fait encore éprouver au pécheur converti des langueurs qui sont les suites de ses anciennes maladies ; qu’il demande avec instance sa guérison au souverain Médecin de nos âmes.

   Telle est, mes chers frères, la voie qui conduit au salut éternel. C’est ainsi qu’on commence à participer à la Résurrection dont Jésus Christ est le principe et le modèle, et qu’on s’avance avec assurance dans le chemin pénible de cette vie, où les occasions de chute sont si fréquentes, et le terrain si glissant. Il est écrit, en effet : « Les pas de l’homme sont conduits par le Seigneur ; et il se complaira dans ses voies. S’il arrive au juste de tomber, il ne se brisera point, parce que le Seigneur étendra sa main pour le soutenir » (Ps. XXXVI, 23). La méditation de ces vérités, mes chers frères, ne convient pas seulement au temps pascal, mais elle doit servir à la sanctification de toute notre vie ; la fin des exercices auxquels nous nous livrons maintenant consiste pour les vrais chrétiens à se faire une habitude des observances de ce saint temps, qui leur a procuré tant de satisfaction, afin que leur fidélité les mette en état de jouir des fruits qu’elles procurent, et que s’ils viennent à commettre quelque faute considérable, ils l’effacent promptement par une sincère pénitence. Puisque la cure des maladies devient plus difficile et plus longue lorsqu’elles sont anciennes, ayons recours, sans différer, aux remèdes qui nous sont présentés pendant que nos blessures sont encore récentes ; c’est ainsi que, nous relevant parfaitement de nos chutes et expiant nos offenses, nous mériterons de parvenir à la gloire de la résurrection qui rendra nos corps incorruptibles en Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et règne avec son Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ! »

in « Homélies de Saint Léon le Grand sur les mystères de Jésus-Christ et pour le temps de Carême »
par M. l’abbé P. 
Chauvièrre (Félix Girard éditeur, Paris, 1866, pp. 425-433)

Résurrection du Christ - détail d'une tapisserie exposée dans les musées du  - blogue

Le Christ ressuscité
(détail d’une tapisserie exposé dans les musées du Vatican)

2024-79. Le Sacré-Cœur l’a promis…

Vendredi dans l’octave de Pâques.

Je mettrai la paix dans leur famille… Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à l’heure de la mort.
Les pécheurs trouveront dans Mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.
Les âmes tièdes deviendront ferventes… Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

Extrait des Promesses du Sacré-Cœur de Jésus
(pour voir la totalité > ici)

Sacré-Coeur

Un moderne « bon larron »…

       « Le jour même de sa sortie de prison, un jeune New-Yorkais, pris dans une rixe, tombe blessé à mort.
Sa mère, fervente Irlandaise, est bientôt à son chevet. Sa suprême angoisse, c’est l’âme de son pauvre Joseph : « Tu es bien mal, mon enfant, songe donc à sauver ton âme ! »
Nulle autre réponse qu’une bordée d’injures et d’imprécations. Et, de sa main valide, il tente de lui lancer les objets à sa portée.
Alors elle se dit : « Seuls les Cœurs de Jésus et Marie pourront triompher de ce malheureux monstre ». Et la voilà qui attache au pied du grabat l’image du Sacré-Cœur. Puis elle court à la Messe durant laquelle elle redit mille fois : « Seigneur, dans Votre Royaume, souvenez-Vous de mon fils ! »

   Elle regagne la couche du mourant. Oh ! ce n’est plus lui : un regard clair, un visage calme, souriant, éclairé…
« Maman ! » fait-il « Maman ! voyez-vous, le Sacré-Cœur m’est apparu et m’a dit : Aujourd’hui, tu seras avec Moi en paradis ».
L’heureuse femme, toute bouleversée, comprend tellement bien cependant. Elle lui demande aussitôt : « Dis, mon Joseph, tu veux un prêtre ? »« Oui ! oui et tout de suite ! »

   Le prêtre l’écoute, remué jusqu’aux larmes. Sortant pour aller chercher le Saint Viatique, il dit à la mère : « Non, jamais je n’ai entendu pareille confession… Il était vraiment en extase ».

   Père et fils ne se rencontraient guère sans se disputer, voire sans se battre. Comme le père rentrait, la mère s’empresse de lui annoncer la conversion du terrible Joseph.
Mais le père est déjà tout retourné. Ces yeux qui brillent, cette voix si douce, cette étonnante tranquillité : tout le ravit. Et surtout ces trois mots du nouveau bon larron : « Le Sacré-Cœur est venu. Il m’a dit : Aujourd’hui, tu seras avec Moi en paradis. Priez-Le, mon père, et Il vous sauvera aussi ».

   Joseph mourut en prédestiné et son père devint un chrétien modèle.
Et lorsqu’on félicitait la mère au sujet de ces merveilles, elle répondait, presque surprise : « Tout cela est bien simple : le Sacré-Cœur ne l’a-t-Il pas promis ? »

D’après J. Milliot : « Trésor d’histoires sur le Sacré-Cœur ».

Sacré-Cœur convertissant - blogue

2024-71. « Ce qu’il y a de plus divin peut-être dans le christianisme… »

Mercredi Saint.

   Au seuil du Triduum Sacré, je veux confier – à la manière dont on confie un bien très précieux – à votre réflexion et à votre méditation un paragraphe de notre cher Gustave Thibon : une citation à « ruminer » longuement dans le silence et en face de la Croix, en considérant chacun, d’une part nos propres fautes, nos lâchetés et nos trahisons, nos lamentables péchés… etc. ; et d’autre part l’inépuisable miséricorde de notre divin Rédempteur qui s’exerce d’une manière personnelle et très intime à notre endroit par les incommensurables abaissements et douleurs de Sa bienheureuse Passion.

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       « Ce qu’il y a de plus divin peut-être dans le christianisme, c’est son attitude en face du mal. D’une part, il repousse tout compromis avec lui (si ton œil te scandalise…) et, de l’autre, il proclame sa nécessité, sa fécondité divines (O felix culpa !… Peccata vestra quasi nix dealbabuntur…). La morale du monde, au contraire, enveloppe théoriquement les moindres fautes d’une réprobation absolue (voir par exemple l’attitude de la conscience bourgeoise devant la plus légère infraction au code de l’honnêteté ou de la « pureté »), mais, pratiquement, elle compose bassement avec le mal.

   Ce paradoxe de l’Evangile et cette hypocrisie du monde s’expliquent pourtant d’eux-mêmes. Le monde ne peut pas transformer le mal en bien : comment croirait-il en la beauté et en la profondeur du mal ? Et ce mal qu’il est impuissant à détruire, comment ne transigeraitil pas avec lui ? Mais le christianisme croit à la fécondité du mal parce qu’il sait tirer du mal les suprêmes fruits de l’amour. Et c’est pour la même raison qu’il repousse tout compromis avec le mal : Il n’a pas besoin de composer avec la pourriture, celui qui peut ressusciter Lazare… » 

Gustave Thibon (1903-2001)
in « L’Echelle de Jacob »
dans l’édition de 1946 – Lardanchet Lyon – pp. 83-84

nika

2024-70. « Maintenant Il nous octroie Sa miséricorde, mais alors Il exigera la justice et rendra à chacun selon ses œuvres… »

fin de texte croix glorieuse 1 - blogue

Mardi Saint.

   Nous publions ci-dessous, pour votre méditation un sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin intitulé « sur les grandeurs du Christ dans Sa mort ».
Selon les indications que l’on trouve dans le texte lui-même, les auditeurs du grand Docteur africain avaient au préalable entendu lecture de la prophétie du chapitre LIII d’Isaïe décrivant le Messie méconnu de Son peuple, Sa naissance obscure, Ses humiliations et Ses souffrances, Sa vie nouvelle et Sa postérité, puis entendu le récit de la Passion.
Comme les auditeurs de Saint Augustin, pour bien profiter de toutes les subtilités de ce sermon, il faudrait que nous ayons nous-mêmes sous les yeux le texte d’Isaïe, pour, en quelque manière, le suivre en synoptique de ce sermon, qui en constitue le commentaire.
Dans ses explications, qui manifestent une fois de plus combien il était tellement pétri des Ecritures sacrées, Saint Augustin prémunit ses auditeurs contre deux sortes d’ennemis : 1) contre les hérétiques qui nient la divinité de l’Eglise, et 2) contre les Juifs qui contestent la Résurrection et la divinité du Sauveur… Compte-tenu des combats actuels que doivent soutenir les fidèles en face d’une société civile qui redonne vigueur à de semblables attaques, ce sermon revêt donc une grande actualité !
Au final, Saint Augustin montre comment la grandeur du Fils de Dieu se reflète dans la gloire de l’Eglise catholique, et dans le triomphe remporté sur la mort. Et sa conclusion est très pratique pour chacun d’entre nous : Profitons avec soin des grâces que le Fils de Dieu nous a méritées dans Sa Passion, car il nous en sera demandé un compte rigoureux.

Crucifixion anonyme flamand XVIIe s - blogue

Crucifixion (anonyme flamand XVIIe siècle)

Sermon XLIV de notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur

les grandeurs du Christ dans Sa mort 

§ 1. Les Saintes Ecritures donnent au Christ le nom prophétique de « racine ».

   Depuis des siècles nombreux, frères bien-aimés, il a été prédit de notre Seigneur et Sauveur qu’« Il S’élèvera comme un arbrisseau et comme une racine d’une terre aride ». Pourquoi comme une racine ? Parce qu’« Il n’a ni éclat ni beauté ». Il a souffert, Il a été humilié, conspué : Il était alors sans beauté ; Il était Dieu et on ne voyait en Lui que l’homme. Mais si la racine n’est pas belle en elle-même, elle a une vigueur intérieure qui fait son mérite. Écoutez, mes frères, et considérez la miséricorde de Dieu.
Voici un arbre magnifique, délicieux, son feuillage est vert, il est chargé de fruits. On admire cet arbre, on se plaît à en cueillir quelques fruits, à s’asseoir sous son ombre, à s’y abriter contre la chaleur. Tout cela est beau. Qu’on t’en montre la racine, tu n’y vois rien à admirer. Ne la méprise pas néanmoins ; cette partie abjecte est le principe de ce qui te ravit. C’est pourquoi le Christ est comparé à la racine qui sort d’une terre aride. Contemplez maintenant cet arbre dans sa gloire.

§ 2. De la racine méprisée du Christ s’est élevée l’Eglise qui est glorieuse.

   L’Église a grandi, les gentils ont reçu la foi, les princes de la terre ont été vaincus au nom du Christ afin d’être vainqueurs dans l’univers. Ils ont courbé la tête sous le joug du Sauveur. Autrefois ils persécutaient les Chrétiens à cause de leurs idoles, ils renversent maintenant les idoles à cause du Christ. Dans toutes les calamités et toutes les angoisses tous ont recours à l’Eglise. C’est le grain de sénevé qui a grandi et qui s’est élevé au dessus de toutes les plantes ; les oiseaux du ciel, c’est-à-dire les orgueilleux du siècle accourent et reposent sous ses rameaux (Matth. XIII, 31-32).
D’où lui vient tant de beauté ? Cette beauté si honorée vient de je ne sais quelle racine. Cherchons Celui qui est cette racine. Il a été conspué, humilié, flagellé, crucifié, blessé, méprisé. Ici donc, Il est sans beauté : mais quelle gloire Il a dans l’Eglise !
C’est ici la description de l’Epoux, de l’Epoux dédaigné, déshonoré, rejeté. Mais vous pouvez voir à l’instant même l’arbre sorti de cette racine : il couvre l’univers.
« Racine d’une terre aride » !

§ 3. La beauté du Christ n’est pas révélée à tous ; les superficiels et les incrédules ne la peuvent percevoir. Les rachetés au cœur plein d’amour la perçoivent derrière le voile de Ses souffrances. 

« Il est sans éclat et sans gloire ; et nous L’avons vu : Il n’avait ni éclat ni beauté » : « N’est-ce pas le fils du charpentier ? » (Marc VI, 3). Ne fallait-il pas qu’Il fut étrangement privé de cette beauté mystérieuse quand on disait : « N’avons-nous pas droit de soutenir que tu es livré au démon ? » (Jean VIII, 48). A Son nom seulement les démons prenaient la fuite, et on Lui reproche d’être livré au démon ! Pourquoi ? « Nous L’avons vu, et Il n’avait ni éclat ni beauté ».
De quel éclat ne brille-t-Il pas dans ce sanctuaire intérieur où ne pénètre point l’œil ! « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jean I, 1).
Quelle est encore Sa beauté ?
Il avait la nature de Dieu, et Il n’a point regardé « comme une usurpation de S’égaler à Dieu » (Philip. II, 6).
Mais où a-t-Il paru sans éclat et sans beauté ? « Et Il était sans éclat, Il avait la face abjecte et l’attitude difforme aux yeux de tous les hommes. Homme de plaies ». Couvert de plaies, Il est homme, auparavant Il est Dieu, après Il est homme-Dieu.
«Homme de plaies et qui sait supporter les infirmités » : Les infirmités de qui ? De ceux mêmes qui Le torturent. C’est le médecin qui souffre des infirmités du phrénétique.
Aussi quand on Le crucifiait, Il priait en disant : « Père, pardonnez-leur car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc, XXIII, 34).
Ah ! n’oubliez point, mais aimez l’Epoux. Plus Il nous semble difforme, plus Il nous doit être cher, plus Il est aimable pour Son épouse.
« C’est pourquoi Il S’est détourné » : Il S’est détourné pour n’être pas reconnu de ceux qui Le crucifiaient : « Sa face a été couverte d’outrages et méprisée ».

§ 4. La prophétie est si claire et ne correspond qu’à Jésus seul : comment les Juifs peuvent-ils rester incrédules ? Saint Augustin compare l’incrédulité des Juifs concernant le Christ à l’incrédulité des hérétiques concernant l’Eglise.

   « Il supporte nos infirmités, pour nous Il est livré à la douleur ; et nous L’avons contemplé en proie aux souffrances, chargé de plaies et de châtiments. Mais c’est à cause de nos péchés qu’Il a été blessé, à cause de nos iniquités qu’Il a été meurtri. Le supplice qui devait nous assurer la paix est tombé sur Lui et nous avons été guéri par Ses meurtrissures. Nous nous sommes tous égarés comme des brebis errantes, et le Seigneur L’a sacrifié pour nos crimes ».
Est-ce ici l’Evangile ou une prophétie ? Qu’objectent les Juifs ? N’est-il pas étrange qu’ils entendent cela, qu’ils l’aient entre les mains, qu’ils le lisent, qu’ils ne puissent appliquer ces traits qu’à Celui dont la gloire se publie avec l’Evangile dans tout l’univers, et que cependant ils ne soient pas encore chrétiens et demeurent plongés dans l’aveuglement en face de prophéties aussi claires ?
Mais pourquoi s’étonner de l’aveuglement des Juifs en ce qui concerne le Christ ? Ce qui s’applique à Lui passe et le prophète commence à parler aussi de Son Eglise. Si donc tu ne t’expliques point l’aveuglement des Juifs en face de l’Epoux ; comment t’expliquer l’aveuglement des hérétiques en face de l’Epouse ?
Maintenant toutefois contemplons avec surprise l’aveuglement des Juifs.
« Le Seigneur L’a sacrifié pour nos crimes, et Lui, malgré les mauvais traitements, n’a pas ouvert la bouche. Comme une brebis, Il a été conduit à l’immolation ; et comme l’agneau silencieux sous la main qui le tond, Il a gardé le silence. Son jugement a été enlevé au milieu des humiliations ».
Et pour détourner ton dédain : « Qui racontera Sa génération ? » Laquelle ? « Je T’ai engendré avant l’aurore » (Ps. CIX, 3). Voilà là première. « Avant l’aurore », avant tous les siècles créés ; avant tous les anges, avant toute créature. Pourquoi ? Parce que « tout a été fait par Lui » (Jean I, 3).
Mais ne peut-on raconter Sa seconde génération ? Qui le pourrait ? Il est conçu par la seule foi, et il sort du sein de Sa mère comme un époux du lit nuptial (Ps. XVIII, 6). Cette génération aussi est donc admirable. Elle est admirable parce qu’Il y est sans père, comme la première est admirable parce qu’Il y est sans mère.

§ 5. Le Christ, victime se substituant aux véritables coupables.

   « Comme une brebis, Il a été conduit à l’immolation et, comme l’agneau sous la main qui le tond, Il a gardé le silence. Son jugement a été enlevé au milieu des opprobres. Qui racontera Sa génération ? Car Sa vie sortira de la terre ». C’est la prophétie de la Résurrection. Vous voyez donc que le Seigneur disait avec vérité – et comment la Vérité même pouvait-elle parler autrement ? – : « Il est écrit de Moi dans la Loi, dans les Prophètes et dans les Psaumes. Car il fallait que le Christ souffrît et ressuscitât ».
Vous avez appris cela, et vous venez encore d’entendre parler de Sa Résurrection : « Car Sa vie sortira de la terre ».
Il faut de plus : « Qu’on prêche en Son nom la pénitence et la rémission des péchés parmi toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Luc, XXIV, 44, 46, 47). Vous l’apprendrez aussi du prophète que nous expliquons. Non que nous devions le préférer au Seigneur : le prophète est le héraut qui précède ; le Seigneur, le juge qui le suit. Le héraut ne publiait point ses propres paroles mais celles du juge ; et le juge en le suivant montra que c’étaient vraiment les Siennes.
« Sa vie sortira de la terre. Les iniquités de mon peuple l’ont conduit à la mort ». Vous l’entendiez tout-à-l’heure demander : Que vous ai-Je fait ? Condamnez-Moi si vous avez en Moi découvert quelque faute. Et eux : « Crucifiez ! crucifiez-Le ! » (Jean, XIX, 6). Ils Le croyaient un homme, mais pourtant un homme innocent. C’est ainsi qu’ « Il a été conduit à la mort par les iniquités de mon peuple ».

§ 6. Qui sont les riches et les méchants de la prophétie d’Isaïe .

   « Je Lui donnerai donc les méchants pour Sa sépulture ». Que signifie : « Je Lui donnerai les méchants pour Sa sépulture et les riches pour Sa mort » ? Les méchants pour Sa sépulture et les riches pour Sa mort. Ce riche d’Arimathie, Joseph, se présenta à Pilate lorsque le Seigneur était suspendu à la croix et demanda d’enlever Son corps ; Pilate consentit qu’Il fût enseveli. Ainsi des riches Lui ont été donnés pour Sa mort, et Joseph ensevelit ce Pauvre en qui il voyait son trésor véritable. Ainsi s’expliquent « les riches pour Sa mort ».
Ce que le prophète dit en dernier lieu s’est accompli d’abord, et ce qu’il dit d’abord ne s’accomplit qu’ensuite. « Et les méchants pour Sa sépulture ».
Où montrer la réalisation ? « Les Juifs abordèrent Pilate et lui dirent : Seigneur, nous avons appris que cet imposteur a dit à Ses disciples qu’Il ressuscitera après Sa mort ; ordonnez de garder Son sépulcre, dans la crainte que ces mêmes disciples ne viennent la nuit et ne L’enlèvent, car cet artifice serait pire que le premier. Vous avez des soldats, leur répondit Pilate, allez et gardez-le comme vous l’entendez »Ils prirent donc des soldats et les placèrent prés du sépulcre (Matth. XXXVII, 67-68).
Ne sont-ce pas là les méchants donnés pour Sa sépulture, pour garder Son tombeau ? Comment prouver que c’était des méchants ? Ils ne sont pas coupables pour avoir été envoyés : le juge leur a donné ses ordres, ils sont venus près du sépulcre et l’ont gardé.
Mais pour savoir qu’ils sont méchants, lis l’Evangile. Le Seigneur étant ressuscité, ces soldats virent l’Ange, furent frappés de terreur et consternés. L’Ange disait à d’autres : « Ne craignez pas ! », mais ceux-ci furent accablés de frayeur parce qu’ils n’étaient point soulevés par la foi. Malgré ce qu’ils avaient vu, ils vinrent trouver les Juifs et leur rapportèrent tout ce qui s’était passé. Voici de l’argent, répartirent les Juifs. Ces soldats étaient donc corrompus, puisqu’ils voilèrent la vérité et vendirent le mensonge. Et comment le vendirent-ils ? Il n’est pas étonnant qu’aveugles ils aient vendu le mensonge à des aveugles. « Publiez, leur dit-on, que pendant votre sommeil Ses disciples sont venus et L’ont enlevé » (Matt. XXVIII, 1-15).
O vanité marchande de vanité pour les hommes vains ! Les hommes vains en effet écouteront cette fable et y croiront. Tel est encore aujourd’hui ce qui se dit parmi les Juifs, telle est l’opinion publique ; et qui pourrait exprimer combien elle est vaine, fausse, ridicule ?  Ils refusent de se rendre au témoignage des martyrs pour y puiser la vie, et pour se perdre ils se rendent à la déposition de témoins endormis. Si les gardes dormaient, comment ont-elles pu savoir qui L’a enlevé du tombeau ? Dans le cas contraire, ô méchant, pourquoi veillais-tu ? O méchant, ce n’est pas sans motif que le prophète a dit de toi : « Je Lui donnerai des méchants pour Sa sépulture ». O méchants, ô pervers : ou bien vous veilliez, et vous avez dû garder le sépulcre ; ou bien vous dormiez, et vous ignorez ce qui s’est passé. Ici donc nous voyons ce que longtemps auparavant le Saint-Esprit avait annoncé par la bouche du Psalmiste : « Ils ont conçu un dessein qu’ils n’ont pu faire prévaloir » (Ps. XX, 12).

§ 7. Nous pouvons obtenir la miséricorde dans la Passion de Jésus : empressons-nous de le faire avant que n’arrive le temps de la justice.

   Par conséquent, mes très-chers frères, nous tous pour le salut desquels ont été faites et accomplies toutes ces prédictions, rendons grâces à la divine miséricorde, et travaillons de toutes nos forces à puiser dans les bienfaits de Dieu, non pas notre condamnation, mais notre profit, afin qu’au jour redoutable du jugement et qu’au moment de rendre nos comptes, nous rendions intégralement au Seigneur et Sauveur qui nous jugera ce qu’Il nous a obtenu après avoir été jugé.
Il doit sans doute, à Son dernier avènement, accorder ce qu’Il a promis ; mais aussi doit-Il réclamer ce qu’Il a racheté et redemander alors ce qu’Il a donné à l’époque de Son premier avènement.
Nous devons présumer beaucoup de la miséricorde de Dieu ; mais nous ne devons pas redouter indolemment Sa justice, car s’Il t’a racheté avec miséricorde, Il te jugera avec justice : et si nous péchons, s’Il nous épargne si longtemps, ce n’est point négligence, mais patience ; ce n’est point qu’Il ait perdu Sa puissance, c’est qu’Il nous invite à la pénitence.
Donc en désirant Sa miséricorde, craignons Sa justice. Il nous épargne aujourd’hui, mais Il ne Se tait pas, et s’Il Se taisait Il ne le ferait pas toujours ; et si nous voulons qu’Il nous épargne quand Il parlera au jugement, écoutons-Le maintenant qu’Il nous donne Ses commandements. Maintenant en effet Il nous octroie Sa miséricorde, mais alors Il exigera la justice et rendra à chacun selon ses œuvres ; ainsi s’accomplira ce que dit un Apôtre : « Jugement sans miséricorde à qui n’a point fait miséricorde » (Jac. II, 13).

Détail du Jugement dernier - Paris cathédrale Notre-Dame - blogue

Paris, cathédrale Notre-Dame – tympan du Jugement dernier (détail) :
Le Christ notre Juge,
montrant les plaies de Sa Crucifixion
entouré d’anges portant les instruments de Sa Passion

2024-63. De l’anniversaire du pieux trépas de la Servante de Dieu, Zita de Bourbon, Princesse de Parme, Impératrice d’Autriche et Reine apostolique de Hongrie.

14 mars,
Fête de Sainte Mathilde, impératrice, aïeule de Hugues Capet ;
Fête de la Bienheureuse Eve de Saint-Martin, vierge (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Sa Majesté Impériale et Royale Zita de Bourbon de Parme (14 mars 1989).

L'Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme sur son lit de mort

L’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme sur son lit de mort

       Aux premières heures du 14 mars 1989, à Zizers (Suisse), Sa Majesté Impériale et Royale Zita de Bourbon de Parme rendit paisiblement sa belle âme entre les mains de son Créateur, entourée d’une partie des siens ; moins de deux mois plus tard elle aurait fêté son 97ème anniversaire (elle était née le 9 mai 1892).
Sa santé avait commencé à décliner doucement depuis son nonantième anniversaire, mais surtout, au cours de l’été, elle avait contracté une pneumonie – la même maladie qui avait emporté son époux, le Bienheureux Charles 1er de Habsbourg-Lorraine, 67 ans plus tôt à Madère -, et e
lle avait passé la majeure partie de l’automne et de l’hiver alitée.

   Finalement, au début du mois de mars 1989, elle appela elle-même son fils aîné, Othon (1912-2011), de jure Empereur d’Autriche et Roi apostolique de Hongrie, pour lui annoncer sa mort prochaine, et à partir de ce moment-là les siens se relaieront à son chevet, jusqu’à ce petit matin du 14 mars.

   L’une des dernières joies de l’Impératrice douairière avait été d’apprendre qu’en ce début d’année 1989, la Hongrie avait restitué officiellement à ce fils aîné la nationalité hongroise, et qu’il avait été reçu triomphalement à Budapest, à l’occasion du rétablissement de la statue de l’Impératrice et Reine Elisabeth (« Sissi »).
Le rideau de fer se fissurait et la servante de Dieu, qui avait accompagné son époux en 1921 lorsqu’il avait tenté de reprendre son trône à Budapest : « Les Habsbourg en Hongrie ! La liberté pour les peuples danubiens ? Dieu est grand ! Il faut Le rejoindre : mission terminée… »

Couronnement comme Reine de Hongrie le 30 décembre 1916

Couronnée Reine apostolique de Hongrie le 30 décembre 1916

   A l’occasion de l’anniversaire de ce trépas, qui a couronné une vie profondément chrétienne et édifiante, nous nous permettons de vous proposer de voir (ou de revoir) le magnifique dialogue qui, après la messe de funérailles célébrées en la cathédrale Saint-Etienne (Stephansdom en langue allemande), a préludé à l’entrée du cercueil de la défunte dans la chapelle des Capucins, sous laquelle se trouvent les cryptes dans lesquelles les Habsbourg sont inhumés depuis 1617 : c’est le fameux rituel dit « du cognement », qui voit le maître des cérémonies cogner à trois reprises trois coups contre la porte fermée de l’église des Capucins, tandis que se déroule un dialogue très protocolaire entre ce maître ces cérémonies et le Père Gardien (ainsi appelle-t-on les supérieurs des couvents dans la tradition capucine), qui se trouve derrière la porte avec un cierge à la main. 

(pour visionner la séquence, faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

Voici la traduction du dialogue qui s’est alors produit dans le cadre des funérailles de la feue Impératrice et Reine :

Trois coups sont frappés contre la porte fermée.

— Qui demande à entrer ?
Zita, impératrice d’Autriche,
R
eine apostolique de Hongrie,
R
eine de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie, de Lodomérie et d’Illyrie,
R
eine de Jérusalem,
A
rchiduchesse d’Autriche,
G
rande-duchesse de Toscane et de Cracovie,
Duchesse de Lorraine, de Parme, de Salzbourg, de Styrie, de Carinthie, de Carniole et de Bucovine,
Grande-princesse de Transylvanie,
Margravine de Moravie,
Duchesse de Haute et Basse Silésie, de Modène, de Plaisance et de Guastalla, d’Auchwitz et de Zator, de Teschen, du Frioul, de Raguse et de Zara,
Comtesse princière de Habsbourg et du Tyrol, de Kybourg, de Göritz et de Gradisca,
Princesse de Trente et de Bressanone,
Margravine de Haute et Basse-Lusace et d’Istrie,
Comtesse de Hohenems, de Feldkirch, Bregenz, Sonnenberg,
Souveraine de Trieste, de Cattaro et de la Marche des Vendes,
Grande voïvode de la Voïvodie de Serbie,
Infante d’Espagne, Princesse de Portugal et de Parme.
— Je ne la connais pas !

Trois coup sont à nouveau donnés.
— Qui demande à entrer ?

Zita, Sa Majesté l’Impératrice et Reine.
— Nous ne la connaissons pas !

Trois autres coups sont donnés.
— Qui demande à entrer ?

Zita, une personne mortelle et pécheresse.
— Alors, vous pouvez entrer !

Tombe de l'Impératrice et Reine Zita

Tombe de l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon de Parme
dans la crypte du couvent des Capucins, à Vienne

   Pour les personnes qui souhaiteraient voir ou revoir l’intégralité de la cérémonie de funérailles de la défunte Impératrice et Reine, issue du Sang de France, à Vienne, le 1er avril 1989, on peut la retrouver sous la forme de onze vidéos d’environ une demi-heure chacune > ici

   On peut aussi se contenter de retrouver la procession de sortie du clergé à l’issue de la Messe de Requiem, alors que retentit sous les voûtes l’hymne impérial « Gott erhalte », dont voici la traduction de la première strophe :

Que Dieu préserve, que Dieu protège
notre Empereur, notre patrie !

Puissant par le soutien de la foi,
il nous conduit d’une main sage !
Protégeons la couronne de ses pères contre tous les ennemis ;
le destin de l’Autriche reste intimement lié au trône des Habsbourg.

Armes personnelles de l'Impératrice et Reine Zita de Bourbon de Parme

Armes personnelles de Sa Majesté l’Impératrice et Reine
Zita de Bourbon de Parme

   Nous vous rappelons aussi qu’il existe une association officielle qui soutient la cause de béatification de Sa Majesté Impériale et Royale, dont la cause a été officiellement ouverte en 2009. Voici le lien qui conduit au site de cette association > ici.

   Et nous vous renvoyons aussi bien sûr à la prière pour demander à Dieu des grâces par l’intercession de Sa servante afin d’obtenir sa béatification, que nous avons déjà publiée > ici.

L'Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme dans les dernières années de sa vie

L’Impératrice et Reine Zita de Bourbon de Parme
dans les dernières années de sa vie

2024-61. Le 12 mars, on fête également Saint Maximilien de Théveste, un martyr de 21 ans.

12 mars,
Fête de Saint Grégoire 1er le Grand, pape et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Syméon le Nouveau Théologien (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Maximilien de Théveste, martyr ;
Mémoire de la férie de Carême ;
Anniversaire du couronnement du Vénérable Pie XII (cf. > ici).

   Note : Le Saint Maximilien qui figure au 12 mars dans le martyrologe n’est pas directement le saint patron de mon papa-moine, puisque le sien est Saint Maximilien-Marie Kolbe qu’on fête le 14 août (cf. > ici), toutefois nous ne manquons pas d’honorer avec une ferveur particulière ce jeune et intrépide martyr qui donne aux catholiques de ce temps un magnifique modèle de comportement en face des modernes dioclétiens qui affirment que la loi morale et la religion ne saurait primer sur la loi civile ni prévaloir sur les « valeurs » de la république.

Tolbiac.

Saint Maximilien de Théveste - blogue

Sancte Maximiliane, ora pro nobis !

palmes

       Le 12 mars 295, à Théveste, en Numidie [aujourd’hui Tébessa, en Algérie], sous le consulat de Tuscus et d’Anulin, fut amené à comparaître devant le proconsul d’Afrique Dion Cassius, le vétéran Fabius Victor avec son fils Maximilien (Maximilianus).
Le père était préposé à la levée des nouvelles recrues pour les armées impériales, et Maximilien, son fils, déclarait qu’en sa qualité de chrétien, il ne lui était pas permis de servir comme soldat.

   Vainement Dion Cassius insista, le jeune homme répondait, invariablement : « Je ne serai point soldat, je ne combattrai pas pour le siècle, je suis le soldat de mon Dieu ! » Et encore : « Je ne reçois point de marque du siècle ; si l’on m’impose le signe de l’empereur, je le briserai, car il est pour moi sans valeur. Je suis chrétien ; il ne m’est pas permis de porter au cou la bulle de plomb, moi qui porte déjà le signe sacré du Christ, Fils du Dieu vivant. C’est Lui que nous servons, nous tous chrétiens ; c’est Lui que nous suivons, car Il est le Prince de la vie, l’auteur du Salut ».

   Finalement, le proconsul fit effacer sur les tablettes le nom de Maximilien, et il ajouta : « Puisque, d’une âme insoumise, tu as refusé le service militaire, tu encourras la sentence de mort qui servira d’exemple aux autres ».
« Grâces en soient rendues à Dieu ! », répondit Maximilien.

   Pourquoi Maximilien refusait-il, au nom de sa foi, de porter l’uniforme militaire et le jugeait-il incompatible avec le service de Notre-Seigneur ?
C’est parce que dans le contexte précis de cette fin du troisième siècle, où régnait le terrible empereur Dioclétien, ce tyran avait décidé, pour consolider le civisme et renforcer la cohésion des troupes, de restaurer le vieux paganisme romain et de supprimer les religions « inassimilables », au premier rang desquels se trouvait le christianise contre lequel il prit des mesures particulièrement coercitives : destruction des églises, confiscation des livres saints, emprisonnement des évêques.. etc. La « grande persécution » fit des milliers et des milliers de martyrs.
Accepter de porter au cou la bulle de plomb marquée du signe de l’empereur, c’était nécessairement participer au culte de Rome et de l’empereur, consentir à l’adoration des faux dieux, participer aux sacrifices idolâtres. Voilà pourquoi Maximilien opposa si fermement la « marque du siècle », le « signe de l’empereur », la « bulle de plomb », au « Signe sacré du Christ », peut-être déjà la Croix, qu’il portait autour du cou .

   Ce jeune homme, né en 273,  était âgé de vingt et un ans, trois mois et dix-huit jours lorsqu’il consomma son martyre.
Comme on le conduisait au supplice, il dit aux chrétiens qui l’entouraient : « Frères bien-aimés, de toutes vos forces et de toute l’ardeur de vos désirs, hâtez-vous afin d’obtenir de voir Dieu et de mériter une semblable couronne ».
Ensuite, le visage tout rayonnant de joie, il ajouta en se tournant vers son père : « Donne au soldat qui va me frapper le vêtement neuf que tu m’avais préparé pour la milice. Que les fruits de cette bonne oeuvre se multiplient pour toi au centuple, et que je puisse bientôt te recevoir au ciel. Tous deux, nous nous glorifierons dans le Seigneur ».

   Il fut aussitôt décapité.
Une matrone, nommée Pompéiana, obtint du juge le corps du martyr. Elle le plaça sur une litière et le transporta à Carthage, où il fut enterré sous un monticule auprès du grand pontife martyr : Saint Cyprien.  

   Treize jours après, Pompéiana mourut à son tout et fut ensevelie dans le même lieu.
Quant à Victor, père de Maximilien, il rentra plein de joie dans sa maison, remerciant Dieu de lui avoir permis d’envoyer un tel présent au ciel. Il ne devait pas tarder à le suivre.

   Les Actes de la passion de Saint Maximilien de Théveste sont l’un des documents historiques les plus solides dont on dispose sur la grande persécution de la fin du IIIe siècle en Afrique du nord. 

palmes

2024-54. De Sainte Colette de Corbie, vierge, réformatrice de l’Ordre séraphique, que nous fêtons le 6 mars.

6 mars,
Fête de Sainte Colette de Corbie, vierge ;
Mémoire des Saintes Perpétue et Félicité, martyres ;
Mémoire de Saint Chrodegang, évêque de Metz et confesseur ;
En Carême, mémoire de la férie.

Abbaye royale de Corbie sur un plan de 1677 - blogue

L’abbaye royale de Corbie sur un plan de 1677

       Colette Boëllet est née le 13 janvier 1381 à Corbie, en Picardie.
Son père, Robert Boëllet, était maître-charpentier au service de l’illustre abbaye royale Saint-Pierre de Corbie, fondée au VIIème siècle par Sainte Bathilde (cf. > ici). Sa mère, Marguerite Moyon, vivait intensément de la spiritualité franciscaine en se dévouant aux pauvres et en méditant quotidiennement la Passion du Christ.
Pour ces deux fervents chrétiens la naissance d’une fille fut de l’ordre du miracle : leur union était restée stérile pendant de très longues années, et Marguerite était sexagénaire lorsque son sein devint fécond.
Comme ils avaient ardemment prié Saint Nicolas de leur donner une descendance, ils donnèrent à cette petite fille inespérée le prénom de Nicolette, en reconnaissance au saint thaumaturge. Et Nicolette deviendra par la suite Colette.

   Les témoins de son enfance ont rapporté que très tôt Colette fut attirée par la solitude, afin de prier, qu’elle redistribuait ses repas aux pauvres, qu’elle aimait assister aux longs offices des bénédictins, bien souvent même de nuit à l’insu de ses parents.
Quand elle atteignit l’âge de 18 ans, sa mère étant déjà décédée, son père, avant de mourir, la confia au Révérend Père Jean Bassand, de l’Ordre des Célestins, prieur du monastère Saint-Benoît d’Amiens, qui devint alors son tuteur.
Elle refusa plusieurs demandes en mariage, et, à 19 ans, elle prononça le vœu de virginité.

   Eprise d’absolue et soucieuse d’une certaine radicalité, Colette cherche sa voie : elle fait trois expériences de vie religieuse. D’abord chez les Béguines de Corbie, pendant une année ; ensuite comme converse chez les Bénédictines ; et enfin comme servante chez les Clarisses urbanistes près de Senlis. Mais aucune de ces tentatives ne la satisfait. Il faut dire qu’en ces dernières années du XIVème siècle et premières du XVème, le relâchement s’est introduit en plusieurs communautés ; or Colette a soif d’une pauvreté radicale.
Elle revient à Corbie et rencontre alors le Père Jean Pinet, supérieur du couvent franciscain de Hesdin, qui, va finalement lui proposer de vivre en recluse sous la règle du tiers-ordre franciscain.

Sainte Colette recluse - blogue

   Le 17 septembre 1402, à l’âge de 21 ans, Colette entre en réclusion perpétuelle dans une cellule adossée à l’église Notre-Dame de Corbie (église qui sera plus tard appelée Saint-Etienne). La cérémonie est présidée par le Révérendissime Raoul de Roye, abbé de Corbie, entre les mains duquel elle prononce les vœux de pauvreté, chasteté et clôture perpétuelle. La prédication est assurée par le Révérend Père Jean Pinet. Colette est ensuite conduite à son reclusoir et y est emmurée.

   Pendant quatre ans, Colette mène là une vie pénitente : « se vêtant d’une haire (note : chemise de crin ou de poil de chèvre, très rude sur la peau). Elle dormait sur la terre nue, avec sous la tête pour oreiller un dur bloc de bois ».
La recluse est très respectée, soutenue par les fidèles qui lui apportent sa maigre pitance. Surtout, elle acquiert assez rapidement une réputation d’âme privilégiée à laquelle Dieu Se communique. On vient solliciter ses prières, et on lui demande conseil : sans aucune prétention, Colette devient pourtant une « directrice spirituelle » expérimentée.

   C’est alors qu’un événement va la contraindre à changer de vie. Dans une vision, Colette reçoit la mission de réformer les trois branches de l’Ordre franciscain. Elle lutte d’abord contre cette inspiration, la prenant pour une illusion diabolique afin de lui faire abandonner sa réclusion. Elle s’en ouvre à plusieurs religieux de bon jugement, et tous concluent à l’authenticité de cet appel et l’engagent à y répondre.
Il lui faut d’abord obtenir la dispense de son vœu de réclusion, qui lui est accordée par l’évêque d’Amiens le 1er août 1406. Le lendemain, 2 août, fête de Notre-Dame des Anges, si importante pour l’Ordre séraphique (cf. > ici), avec le soutien non seulement de son confesseur, Henri de Baume, mais aussi de quelques membres influents de la noblesse, parmi lesquels la Baronne de Brissay, Colette se met en route pour Nice. 

Sainte Colette aux pieds de Benoît XIII - blogue

Sainte Colette aux pieds de Sa Sainteté le Pape Benoît XIII
(miniature de la vie de Sainte Colette dit manuscrit de Gand – milieu du XVe siècle)

   Pourquoi Nice ? Parce que c’est près de là, à Cimiez très exactement, que se trouve en ces temps de grands troubles la cour pontificale autour de Sa Sainteté le Pape Benoît XIII, que Colette rencontre le 14 octobre 1406.
Ce saint pontife a été prévenu par plusieurs rapports élogieux sur la jeune femme. Après l’avoir entendue, après avoir lui-même, dans sa prière, été gratifié de lumières à son sujet, après avoir aussi reçu l’avis favorable de ses cardinaux, le Pape Benoît XIII remet l’habit de clarisse et le voile noir de professe à celle qui va, dans l’instant, devenir Mère Colette, puisque le Souverain Pontife confirme sa mission et la nomme Mère et Abbesse de toutes les religieuses qui devaient venir à la réforme de l’Ordre séraphique. Il scelle aussi les bulles qui l’autorisent à fonder un monastère selon la Règle primitive de Sainte Claire.

   Mère Colette revient à Corbie désirant fonder son premier monastère dans sa ville natale. Mais elle y est très mal accueillie : les Corbéens n’ont pas compris son départ et lui sont devenus hostiles.
Pendant un temps, l’Abbesse réformatrice, autour de laquelle des jeunes filles commencent à se regrouper, est hébergée par la comtesse Blanche de Genève, jusqu’à ce que, e
n janvier 1409, le Pape Benoît XIII confie à Colette le monastère des Clarisses urbanistes de Besançon : il ne s’y trouve plus que deux religieuses, dont l’une va embrasser la réforme (l’autre va préférer entrer chez les Bénédictines).
A partir du moment où Colette y restaure la stricte pauvreté de la Règle de Sainte Claire, les vocations affluent.

   De 1410 à 1447, Colette va fonder seize monastères et en refonder deux. Des couvents franciscains s’agrègent à la réforme colettine. Des familles nobles se lient d’amitié avec elle et l’aident dans ses nombreuses fondations.
En 1430, elle écrit ses propres Constitutions, approuvées quatre ans plus tard par le Ministre général de l’Ordre, Guillaume de Casal : elle y reprend la Règle de Sainte Claire avec la pratique d’une pauvreté stricte, et aux vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, elle ajoute le vœu de clôture. Autre particularité, elle ne désire pas de sœurs converses.
Pour les offices liturgiques, elle établit un mode de psalmodie lente et suppliante qui deviendra une caractéristique des moniales colettines.
Elle insère également dans ses Constitutions la pratique de la Sainte Communion hebdomadaire, contrairement aux sept réceptions annuelles inscrites dans la Règle de Sainte Claire. Elle-même a été autorisée par ses directeurs à communier fréquemment, parfois quotidiennement, usage tout-à-fait inhabituel pour l’époque.

Extase de Sainte Colette alors qu'elle est en déplacement - blogue

Extase de Sainte Colette alors qu’elle est montée sur une mule, en déplacement pour une fondation
[vitrail XIXème siècle du Monastère des Clarisses du Puy-en-Velay, fondé par Sainte Colette en 1425)

   Dans chacun des monastères qu’elle fonde, Mère Colette se fait construire une cellule avec un oratoire donnant directement sur la chapelle par une petite ouverture munie de grilles. Ainsi peut-elle, comme au temps de sa réclusion à Corbie, suivre la Sainte Messe en privé, afin de préserver une certaine discrétion autour de sa vie mystique et des phénomènes extraordinaires qui l’accompagnent.
Bien qu’elle doive voyager beaucoup pour établir ses fondations, les visiter, mais aussi rencontrer des prélats et des grands de ce monde, la sainte réformatrice unit parfaitement Marthe et Marie en sa personne.
Gratifiée du don des miracles en plusieurs occasions, Mère Colette est aussi la sujette d’extases, de lévitations ; son corps répand des effluves odoriférants, et ce qu’elle touche se retrouve imprégné d’odeurs célestes ; il lui fut donné de voir l’enfer, de connaître l’état des âmes après la mort (si elles étaient damnées, ou admises au Ciel, ou encore languissantes dans le Purgatoire). En maintes occasions elle fut dotée de dons de clairvoyance et de prophétie.

   Le 6 décembre 1446, Mère Colette arrive au monastère de Bethléem, à Gand, dans la Flandre orientale. Trois mois plus tard, le 6 mars 1447, à l’âge de 66 ans, elle y meurt entourée de ses sœurs et de ses frères colettins.
A sa demande, elle est enterrée dans le cimetière du monastère, à même la terre, sans cercueil ni linceul. Mais des miracles se produisent sur sa tombe, et dès 1471 l’évêque de Tournai diligente une enquête : on se rend alors compte que d’autres miracles ont lieu en d’autres endroits. Sa béatification est célébrée en 1625 par le Pape Urbain VIII, mais sa canonisation fut retardée, en particulier par la crise joséphiste (note : du nom de l’empereur Joseph II, adepte des idées jansénistes, lequel imposa un joug pesant à l’Eglise dans ses Etats, diminuant en particulier le nombre des couvents et des monastères), qui a pour conséquence, en 1783, la translation du corps de Sainte Colette au monastère de Poligny, en Franche-Comté, où il se trouve toujours, puisque – une fois n’est pas coutume ! – il fut préservé de la profanation et de la destruction durant la grande révolution.
Enfin, le 24 mai 1807, la Bienheureuse Colette fut canonisée par le Pape Pie VII.

   En 1952, en France, sur 54 monastères de Clarisses, 34 étaient issus de la Règle de Sainte Colette ; et en Belgique, sur les 39 monastères, 38 étaient des Clarisses colettines… Mais, à la suite du concile vaticandeux les Clarisses colettines ont abandonné les Constitutions de Sainte Colette pour – comme tous les autres monastères de « pauvres Dames » – adopter une Règle de Claire soumise à « l’aggiornamento », ou prétendu tel, qui dans les décennies suivantes a entraîné la fermeture d’un grand nombre de monastères.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Sommet de la châsse de Sainte Colette à Poligny représentant Sainte Colette confirmée dans sa mission par le Pape Benoît XIII

Monastère Sainte-Claire de Poligny
Sculpture d’orfèvrerie au sommet de la châsse de Sainte Colette
représentant la réformatrice confirmée dans sa vocation par Sa Sainteté le Pape Benoît XIII
et nommée Mère et Abbesse de la réforme de l’Ordre séraphique

2024-45. L’État totalitaire et antireligieux qui exige une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines…

20 février.

Claves Petri - blogue

Très chers Amis,

   En triant des notes, j’en ai retrouvé une sur laquelle j’avais griffonné des citations du Vénérable Pie XII relevées à l’occasion d’une lecture, et leur teneur m’a poussé à rechercher l’intégralité du texte qui est un discours daté du dimanche 20 février 1949, prononcé devant la foule des fidèles de Rome réunis sur la Place Saint-Pierre. Ce discours ne se trouve qu’en langue italienne sur le site du Saint-Siège, vous en trouverez ci-dessous une traduction.

   Ce 20 février 1949, Sa Sainteté le Pape Pie XII protestait solennellement contre la condamnation inique qui venait de frapper, au terme d’un procès ignoble, le Vénérable Joseph cardinal Mindszenty, archevêque métropolitain d’Esztergom et primat de Hongrie (1892-1975). C’était un temps de persécutions terribles pour les catholiques dans tous les pays d’Europe et d’Asie tombés sous le joug communiste.

   Au-delà des circonstances historiques de cette courageuse prise de parole du « Pasteur Angélique », nous trouvons dans ce texte des phrases remarquables (nous nous sommes permis d’en mettre certaines en caractères gras) qui sont absolument intemporelles… et qui se trouvent aussi particulièrement adaptées à nos temps où, sous une autre forme que la persécution qui sévissait en 1949, des formes totalitaires de l’Etat, soutenu par une opinion désormais majoritaire – chez nous, en France, en particulier ! – habilement manipulée, s’acharnent à faire passer pour coupables et méprisables la foi et l’Eglise catholiques.

   Mais il y a pis encore.
Ce 20 février 1949, le peuple romain avait interrompu par de vibrants et énergiques « No ! » le discours de Pie XII, dont les questions présentaient des situations qui paraissaient alors impossibles et impensables, ces mêmes questions, lues aujourd’hui, nous permettent de prendre la mesure de la décadence inouïe dans laquelle s’enlisent l’Eglise et la société : un Pontife romain, fort et fidèle, qui poseraient aujourd’hui les mêmes questions entendrait-il la foule répondre un « Non » unanime et vigoureux ? Les situations morales les plus évidemment contraires aux commandements de Dieu sont considérées comme quasi normales, ou du moins devant être tolérées, par une majorité de prétendus catholiques (en dehors des églises et chapelles traditionnelles) ; tandis que les hiérarques eux-mêmes, jusqu’à des degrés très élevés de la hiérarchie – je l’écris dans les larmes et l’effroi ! -, se comportent comme les représentants de commerce d’« une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines, alors qu’elle devrait la proclamer et la défendre » !

Parce, Domine ! Parce populo tuo !
ne in aeternum irascaris nobis !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Sa Sainteté le pape Pie XII - blogue

Romains! Fils et filles bien-aimés !

   Une fois de plus, en une heure grave et douloureuse, le peuple fidèle de la Ville éternelle a afflué vers son évêque et Père.
Une fois de plus, cette superbe colonnade semble pouvoir difficilement étreindre de ses bras gigantesques les foules qui, comme des vagues mues par une force irrésistible, se sont pressées au seuil de la basilique vaticane, pour assister à la Messe d’expiation, au point central de tout le monde catholique, et pour répandre les sentiments dont leurs âmes débordent.

   La condamnation infligée, au milieu de la condamnation unanime du monde civilisé, sur les bords du Danube, à un éminent cardinal de la Sainte Église romaine, a soulevé sur les bords du Tibre un cri d’indignation digne de la ville.
Mais le fait qu’un régime hostile à la religion ait frappé cette fois un prince de l’Église, vénéré par l’immense majorité de son peuple, n’est pas un cas isolé ; c’est l’un des maillons de la longue chaîne de persécutions que certains États dictatoriaux mènent contre la doctrine et la vie chrétiennes.
Une caractéristique bien connue des persécuteurs de tous les temps est que, non contents de tuer physiquement leurs victimes, ils veulent aussi les rendre méprisables et haineuses pour la patrie et la société.

   Qui ne se souvient des protomartyrs romains, dont parle Tacite (Annal. 15, 44), immolés sous Néron et représentés comme des incendiaires, des malfaiteurs abominables, des ennemis du genre humain ?
Les persécuteurs modernes se montrent des disciples dociles de cette école peu glorieuse.
Ils copient, pour ainsi dire, leurs maîtres et leurs modèles, s’ils ne les surpassent pas en grossièreté, habiles qu’ils sont dans l’art d’utiliser les progrès les plus récents de la science et de la technique dans le but de dominer et d’asservir le peuple, tels qu’ils n’auraient pas été concevables autrefois.

   Romains ! L’Église du Christ suit le chemin tracé pour elle par le divin Rédempteur. C’est éternel ; elle sait qu’elle ne peut périr, que les tempêtes les plus violentes ne pourront pas la submerger. Elle ne mendie pas de faveurs ; les menaces et les malheurs des puissances terrestres ne l’effraient pas. Elle ne se mêle pas de questions purement politiques ou économiques, et ne se soucie pas non plus de contester l’utilité ou le mal de l’une ou l’autre forme de gouvernement. Elle désire toujours, dans la mesure où cela dépend d’elle, avoir la paix avec tous (cf. Rom. XII, 18), elle donne à César ce qui lui revient de droit, mais elle ne peut ni trahir ni abandonner ce qui est à Dieu.

   On sait maintenant ce que l’État totalitaire et antireligieux exige et attend de vous comme prix de sa tolérance ou de sa reconnaissance problématique. C’est-à-dire qu’il voudrait une Église qui se tait quand elle devrait parler ; une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines, alors qu’elle devrait la proclamer et la défendre avec tant d’importance ; une Église qui se détache du fondement inébranlable sur lequel le Christ l’a bâtie, pour s’étendre confortablement sur le sable mouvant des opinions du jour ou pour s’abandonner au courant qui passe ; une Église qui ne résiste pas à l’oppression des consciences et qui ne protège pas les droits légitimes et les justes libertés du peuple ; une Église qui, avec une servilité inconvenante, reste enfermée entre les quatre murs du temple, oublieuse du mandat divin reçu du Christ : Allez à la croisée des chemins (Matth. XXII, 9) ; instruisez toutes les nations (Matth. XXVIII, 19).

   Fils et filles bien-aimés ! Héritiers spirituels d’une légion innombrable de confesseurs et de martyrs ! Est-ce là l’Église que vous vénérez et aimez ? Reconnaîtriez-vous dans une telle Église les traits du visage de votre Mère ? Pouvez-vous imaginer un successeur du premier Pierre qui se plierait à de telles exigences ?

   Le Pape a des promesses divines ; même dans sa faiblesse humaine, il est invincible et inébranlable ; Proclamateur de la vérité et de la justice, principe de l’unité de l’Église, sa voix dénonce les erreurs, l’idolâtrie et les superstitions, condamne les iniquités et fait aimer la charité et la vertu.
Peut-il donc garder le silence, lorsque, dans une nation, les Églises qui lui sont unies sont arrachées par la violence ou par la ruse au centre de la chrétienté, à Rome, lorsque tous les évêques gréco-catholiques sont emprisonnés parce qu’ils refusent d’apostasier leur foi, que les prêtres et les fidèles sont persécutés et arrêtés parce qu’ils refusent de se séparer de leur véritable Mère l’Église ?
Le Pape peut-il garder le silence quand le droit d’éduquer ses enfants est retiré aux parents par un régime minoritaire qui veut les éloigner du Christ ?
Le Pape peut-il garder le silence lorsqu’un État, dépassant les limites de sa compétence, s’arroge le pouvoir de supprimer des diocèses, de déposer des évêques, de bouleverser l’organisation ecclésiastique et de la réduire au-dessous des exigences minimales pour le soin efficace des âmes ?
Le Pape peut-il garder le silence lorsqu’il s’agit de punir d’emprisonnement un prêtre coupable de ne pas vouloir violer le plus sacré et le plus inviolable des secrets, le secret de la confession sacramentelle ?
S’agit-il d’une ingérence illégitime dans les pouvoirs politiques de l’État ? Qui pourrait honnêtement dire cela ? Vos exclamations ont déjà donné la réponse à ces questions et à bien d’autres semblables.

   Que le Seigneur Dieu, fils et filles bien-aimés, récompense votre fidélité. Puisse-t-Il vous donner de la force dans les luttes présentes et futures. Qu’Il vous rende vigilants contre les coups de Ses ennemis et les vôtres. Qu’Il éclaire de Sa lumière l’esprit de ceux dont les yeux sont encore fermés à la vérité. Puisse-t-Il accorder à tant de cœurs, encore loin de Lui aujourd’hui, la grâce d’un retour sincère à cette foi et à ces sentiments fraternels dont la négation menace la paix de l’humanité.

   Et maintenant, que Notre Bénédiction apostolique descende largement, paternellement et affectueusement sur vous tous, sur la Cité et sur le monde.

Sa Sainteté le Pape Pie XII,
discours aux fidèles de Rome réunis sur la Place Saint-Pierre,
le dimanche 20 février 1949
in « Discours et messages radiophoniques du Pape Pie XII », tome X, dixième année de pontificat pp. 389 – 391

(Typographie polyglotte du Vatican)

Pie XII face à la foule de la place Saint-Pierre - blogue

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