Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2018-2. Du somptueux reliquaire renfermant les corps des trois Saints Rois Mages, à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : châsse renfermant les corps des trois Saints Rois Mages.

La châsse des Saints Rois Mages est le plus important des grands reliquaires du Moyen-Âge qui subsitent, tant par ses dimensions (longueur : 2,20 m ; largeur : 1,10 m ; hauteur : 1,53 m) et par sa richesse ornementale que par son contenu.

Réalisée entre (environ) 1190 et 1220 pour recevoir les corps des trois Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthasar, transférés de Milan à Cologne en 1164, elle est l’oeuvre de l’orfèvre Nicolas de Verdun, puis des ateliers colonais et mosans qui lui ont succédé.
Cette œuvre maîtresse met en scène un ensemble de personnages réalisés en or et en argent repoussés, dorés à chaud, de plaques filigranes à pierres enchâssées (précieuses, fines, gemmes au clivage antique, camées), d’émaux sur ses piliers, arcatures et profilés. Les scènes en relief relatent ensemble l’histoire du salut, depuis le commencement des temps jusqu’au Jugement Dernier.

Mise à l’abri du pillage des troupes révolutionnaires françaises en 1794, la châsse dut cependant être restaurée au début du XIXème siècle, mais elle fut alors modifiée.
La dernière restauration, réalisée entre 1961 et 1973, lui a permis de recouvrer la quasi-intégralité de sa forme originelle, bien que certains éléments aient été à jamais perdus.

Cette grande châsse est exposée à la vénération des fidèles en proéminence derrière le maître-autel médiéval de la cathédrale de Cologne et constitue ainsi le centre de cette majestueuse et imposante cathédrale, elle-même conçue comme un grandiose reliquaire de pierre construit spécialement pour elle.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : face antérieure de la châsse des Saints Rois Mages

La partie antérieure de la châsse a été réalisée à partir d’un don de l’empereur Otton IV de Brunswick au tout début du XIIIème siècle.
Cette face avant de la châsse est la seule à avoir été ouvrée à l’or pur. C’est également ici que sont réunis les gemmes et camées les plus précieux.

Le bas relief supérieur montre le Christ en majesté entre deux anges : cette représentation du Christ-Roi rappelle évidemment que l’autorité royale des souverains chrétiens de la terre émane de la Royauté divine.
Le bas relief inférieur présente deux des aspects du mystère liturgique de l’Epiphanie : à gauche, les trois Saints Rois - suivis par un quatrième personnage portant lui-aussi une cassette et qui n’est probablement autre qu’Otton IV lui-même – s’avancent vers la Vierge Marie, assise sur un trône et couronnée, présentant l’Enfant Jésus à leur adoration ; à droite, c’est la scène du baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ par Jean-Baptiste.

Châsse des Rois Mages - détail l'adoration des Rois

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : l’Adoration des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail Otton IV derrière les Rois Mages

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : Otton IV à la suite des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail le baptême de NS

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : le baptême de Notre-Seigneur.

La partie trapézoidale intermédiaire entre les bas-reliefs du bas et du haut de cette face antérieure de la châsse  constitue en réalité une espèce de volet qui peut être retiré : en l’ôtant on dévoile une grille derrière laquelle sont les crânes des trois Saints Rois.
Ce dispositif permettait non seulement aux regards des pélerins de les apercevoir, mais également, à travers cette grille et à l’aide d’une pince, de faire toucher aux saintes reliques de petits morceaux de toile ou des images de papier portant une prière ainsi que, bien souvent, une représentation des Saints Rois Mages.
Ces reliques de contact, étaient ensuite emportées par les pélerins et attestaient de leur pélerinage à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages ouverte

Châsse des Saints Rois Mages ouverte.
A travers la grille on aperçoit les noms des Saints Rois Mages :
- à gauche Gaspard, au centre Melchior et à droite Balthasar -
juste en arrière se trouvent leurs chefs (têtes).

Au Mesnil-Marie, à défaut de posséder un fragment des ossements des Saints Rois Mages (ce que nous souhaiterions beaucoup !), nous conservons précieusement plusieurs de ces images qui ont été mises en contact avec leurs chefs et qui ont valeur de reliques de troisième classe (cf. explication > ici). 

Relique de contact Saints Rois Mages

Image-relique des Saints Rois Mages provenant de Cologne conservée au Mesnil-Marie
Traduction :

Trois Saints Rois
Gaspard – Melchior – Balthasar
Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
* * *
Depuis les temps anciens les trois Saints Rois sont vénérés comme des modèles de foi,
et protecteurs contre les dangers des voyages ainsi que contre beaucoup de maladies.
Cette image a touché aux reliques des trois Saints Rois dans la cathédrale de Cologne.

Lors de sa création, au XIIIème siècle, la châsse des Saints Rois Mages fut ornée de 222 pierres précieuses, semi-précieuses et camées antiques. De ces 222 originelles seulement 138 sont encore en place.
Aujourd’hui, toutefois, les pierres qui s’y trouvent serties sont au nombre de 304. Les 166 pierres qui sont en sus des 138 originelles correspondent à des dons, des rajouts ou des restaurations effectués tout au long des siècles.

La présence de ces pierres et camées est liée, certes, à un désir d’ornementation avec le dessein de faire de la châsse une oeuvre particulièrement riche et précieuse, mais ce niveau de compréhension, le plus basique, ne suffit pas : il y a en effet un aspect symbolique qui, au Moyen-Âge, est absolument prioritaire et fondamental.
La forme architecturale de la châsse, est celle d’un édifice religieux : une basilique chrétienne à trois nefs. En cela la châsse représente la Ville Sainte, la Jérusalem céleste, dont nos églises d’ici-bas sont une préfiguration. Or la Cité céleste est peuplée par les saints, et Saint Jean, dans l’Apocalypse, nous la décrit en des termes qui ne sont pas sans rappeler l’orfèvrerie, d’autant qu’il précise qu’elle est construite d’or pur et de jaspe, et que ses murailles sont constellées de pierres précieuses dont il dresse la liste (cf. Apoc. XXI).

Camée antique sur la châsse des Saints Rois

L’un des camées antiques qui est serti sur la châsse des Saints Rois Mages.

Les deux côtés de la châsse sont habituellement désignés par les appelations « côté de David » et « côté de Salomon » : un même programme iconographique s’y développe.
Au niveau inférieur, sous une série de sept arcatures trilobées, sont représentés quatorze prophètes, parmi lesquels se trouve, à chaque fois au centre, d’un côté le roi David et de l’autre le roi Salomon (ce qui explique les noms donnés à chacune de ces faces). Comme les Saints Rois Mages, David et Salomon sont des modèles pour tous les souverains chrétiens.
Sur la toiture en pente de ce niveau inférieur se trouvaient (elles ont aujourd’hui disparu) des scènes de la vie du Christ.
Au niveau supérieur, sous sept arcatures encore, sont représentés les douze apôtres et, au centre, d’un côté un chérubin et de l’autre un séraphin. Chacun des apôtres est figuré avec la représentation d’une ville : celle dans laquelle il a établi son siège épiscopal.
Sur la toiture du niveau supérieur, elles aussi disparues, se trouvaient des représentations relatives à la fin du monde et au Jugement Dernier.

De la sorte, de bas en haut, se trouvaient figurés, dans une sorte de progression chronologique autant que théologique, le temps des préparations (Ancien Testament, temps de la synagogue), l’avènement du Christ Sauveur, le temps de l’Eglise (symbolisée par les apôtres) et la fin des temps.

Dans les écoinçons, en outre, se trouvent ou se trouvaient des représentations des vertus (en partie disparues ou ayant changé de place) dont le Christ a été le modèle, et que ses fidèles doivent imiter pour parvenir à la sainteté.

Châsse des Saints Rois - côté de David

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de David » : le saint roi prophète se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Châsse des Saints Rois - côté de Salomon

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de Salomon » : le roi pacifique, figure du Christ-Roi, se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Enfin, examinons la face arrière de la châsse : plus que la face antérieure, elle donne l’impression de deux sarcophages accolés l’un à l’autre au niveau inférieur, et par dessus lesquels on en a posé un troisième.

Dans son niveau supérieur, on y voit la représentation du Christ, au centre, qui couronne, à sa droite et à sa gauche, les Saints Félix et Nabor, représentés en costume de soldats du début du XIIIème siècle, avec leurs côtes de maille.
En effet, en 1164, ce ne furent pas seulement les corps des trois Saints Rois Mages qui furent rapportés de Milan (où ils se trouvaient depuis que la sainte Basilissa Hélène, mère de Saint Constantin le Grand, les y avaient déposées) par Renaud de Dassel (+ 1167), archevêque de Cologne et chancelier de l’Empire, mais aussi celles de ces deux soldats maures de l’armée de Maximien, martyrisés probablement en 303, et dont les reliques jusqu’alors se trouvaient également à Milan. Leurs ossements furent placés avec les corps des trois Saints Rois dans cette châsse.

L’effigie de l’archevêque Renaud de Dassel, auquel Cologne doit d’avoir bénéficié de la translation de ces saintes reliques, se trouve, en buste, en dessous des pieds du Christ rémunérateur.

Châsse des Saints Rois Mages - face arrière

Cathédrale de Cologne : face arrière de la châsse des Saints Rois Mages

Au niveau inférieur de cette face arrière de la châsse, sont représentés deux épisodes de la Passion du Christ, grâce à laquelle les hommes peuvent être sauvés et accéder à la Jérusalem céleste : à gauche, la Flagellation et, à droite, la Crucifixion.
Entre les deux scènes est figuré Isaïe qui, plus que tous les autres prophètes, a décrit prophétiquement avec une précision quasi chirurgicale la Passion du divin Rédempteur.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Flagellation

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Flagellation ;
au-dessus de la scène se trouve la représentation de la Patience entre deux anges qui compatissent.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Crucifixion

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Crucifixion ;
au-dessus de la scène un ange tient l’Ancien Testament qui annonçait le Saint Sacrifice rédempteur,
il est entouré des représentations du soleil et de la lune.

Il y aurait sans nul doute encore de très nombreux détails de cette merveilleuse châsse des Saints Rois Mages que l’on pourrait expliquer et commenter, mais je crois vous avoir donné ici, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, un aperçu déjà exhaustif du trésor artistique et spirituel qu’elle représente, et j’espère qu’à travers ces quelques lignes, c’est une sorte de petit « pélerinage par la pensée » que vous aurez accompli avec moi jusqu’à Cologne auprès des précieuses reliques des Saints Gaspard, Melchior et Balthasar.

Lully.

On pourra aussi lire ou relire ce qui concerne
l’Etoile miraculeuse des Saints Mages > ici

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Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints |on 12 janvier, 2018 |5 Commentaires »

Prières à Saint Nicolas de Myre.

Je ne publie pas seulement de belles images anciennes à la gloire de Saint Nicolas (cf. > ici et > ici) mais je vous invite à le prier avec ferveur. Pour vous aider en cela, je vous recopie ci-dessous deux belles prières héritées de la tradition des chrétiens orientaux.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 1

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

Prière au grand thaumaturge Saint Nicolas pour toutes les nécessités du peuple fidèle :

Ô Saint Nicolas, hiérarque digne de toute louange et de tout honneur, grand thaumaturge et saint du Christ, homme de Dieu et fidèle serviteur, homme de désir, vase élu, ferme pilier de l’Eglise, flambeau très brillant, étoile qui illumine et éclaire l’univers entier : vous êtes un juste florissant comme le palmier planté dans les parvis de votre Seigneur.
Vivant à Myre, vous avez répandu le parfum de la myrrhe et vous avez déversé la myrrhe jaillissante de la Grâce Divine. Par votre présence, très saint père, la mer fut bénie lorsque vos reliques très miraculeuses furent transférées à la ville de Bari, de l’orient à l’occident, pour louer le Nom du Seigneur.

Ô très gracieux et merveilleux thaumaturge, prompt secours, fervent intercesseur, bon berger qui sauvez votre troupeau spirituel de toutes sortes de maux, nous vous glorifions et vous magnifions comme l’espoir de tous les chrétiens, la source de miracles, le protecteur des fidèles, le très sage docteur, le nourricier des affamés, la joie des affligés, le vêtement de ceux qui sont nus, le guérisseur des malades, le pilote de ceux qui voguent en mer, le libérateur des prisonniers, le nourricier et défenseur des veuves et des orphelins, le gardien de la chasteté, le doux tuteur des enfants, le support des vieillards, le guide de ceux qui jeûnent, le repos de ceux qui peinent, la richesse abondante des pauvres et des nécessiteux.
Ecoutez-nous qui vous prions et qui avons recours à votre protection : intercèdez en notre faveur auprès du Très-Haut et obtenez par vos puissantes prières tout ce qui est utile pour le salut de nos âmes et de nos corps.
Par votre puissant secours, protègez de tout mal cette (selon le cas) [famille - communauté - chapelle - église - paroisse], ainsi que toute ville, tout village et tout pays chrétien et le peuple ici présent. Car nous savons que la prière d’un juste est une grande et puissante force pour le bien. Et après la Toute bénie Vierge Marie, nous vous avons comme juste intercesseur auprès de Dieu très miséricordieux, et nous avons humblement recours à votre fervente intercession et protection, très gracieux Père.
Sous votre houlette, comme un berger attentif et bon, gardez-nous de tous les ennemis, des fléaux, des tremblements de terre, de la grêle, de la famine, de l’inondation, du glaive, de l’invasion étrangère, de la guerre civile et de toutes nos adversités et afflictions.
Tendez-nous une main secourable et ouvrez-nous les portes de la miséricorde divine, car nous sommes indignes de contempler les hauteurs célestes à cause de la multitude de nos iniquités ; nous sommes garrottés par les liens du péché et nous n’avons pas accompli la volonté de notre Créateur, ni gardé Ses commandements. C’est pourquoi dans la pénitence et l’humilité nous fléchissons les genoux de notre coeur devant notre Créateur et nous sollicitons votre intercession paternelle auprès de Lui.
Secourez-nous, Saint de Dieu, afin que nous ne périssions pas dans nos péchés ; délivrez-nous de tout mal et de toute puissance hostile, dirigez notre esprit et affermissez notre cœur dans la vraie foi qu’avec votre médiation et votre intercession, ni les plaies, ni les menaces, ni les fléaux, ni la colère de notre Créateur ne diminueront ; mais accordez-nous de pouvoir mener une vie paisible ici-bas et de contempler les biens dans la terre des vivants, glorifiant le Père, le Fils et le Saint Esprit, un seul Dieu glorifié dans la Trinité, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale st Nicolas de Newcastle

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle)

Prière pour les enfants et pour tout le peuple chrétien :

Saint Père et Pontife Nicolas, vous nous enseignez la douceur et l’humilité du Christ notre Dieu ; vous Lui présentez nos prières, nos supplications et nos chants de gratitude. Par votre vie, vous nous donnez l’exemple d’un vrai disciple de Jésus Christ, en proclamant la vérité de Dieu et en vous montrant tendre et compatissant avec tous, riches et pauvres. Vous êtes aussi, par votre puissante prière, celui qui protège, qui garde les enfants et les inspire pour tout ce qui est bien, bon et beau.
En ce jour et à cette heure, nous vous prions pour les enfants du monde entier, ceux qui connaissent Dieu et ceux qui ne le connaissent pas encore, en particulier pour… (les nommer).
Nous te prions également pour nos évêques… , pour nos prêtres… , pour nos diacres… , pour notre Roi… , pour nos parents… , pour nos parrains…, et pour tous nos frères dans la vraie foi.
Nous vous prions pour nous-mêmes… (si l’on a quelque intention particulière on la cite ici).
Et nous vous prions enfin pour tous ceux qui se sont endormis dans la foi, en premier lieu pour les membres de notre famille, et pour tous les défunts du monde entier.
Saint Père Nicolas, glorifiez et priez avec nous le Père, le Fils et le Saint-Esprit, unique et seul Dieu, Trinité dans l’Unité, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 2

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

2017-93. Et quand revient la fête du grand Saint Nicolas, le Maître-Chat Lully offre quelques belles images aux enfants sages qui sont ses lecteurs…

5 décembre au soir.

mitre de saint Nicolas

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si vous n’avez pas encore compris que Saint Nicolas est un saint pour lequel nous avons une très très très grande affection et dévotion au Mesnil-Marie, c’est que vous n’avez jamais rien lu de mes précédentes publications (en particulier > ici et > ici) !!!
Bref ! Saint Nicolas est un très grand saint que nous aimons beaucoup et dont la fête nous réjouit au-delà de ce que les mots peuvent dire. Alors, comme l’année dernière (cf. > ici), et parce que je sais qu’il y a parmi vous une majorité d’enfants sages, dans ma publication de ce jour je veux seulement faire briller vos yeux d’un éclat enfantin avec quelques images que j’ai extraites de la réserve de mon papa-moine…

Bonne, belle et fervente fête de Saint Nicolas !

pattes de chatLully.

St Nicolas 2017-93 1

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St Nicolas 2017-93 2

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St Nicolas 2017-93 3

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St Nicolas 2017-93 4

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St Nicolas 2017-93 7

mitre de saint Nicolas

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints |on 5 décembre, 2017 |5 Commentaires »

2017-87. O felix Caecilia !

22 novembre,
fête de Sainte Cécile.

Ste Cécile - Vitrail de la chapelle des Marins à Cayeux-sur-Mer

Sainte Cécile touchant l’orgue
accompagnée par des anges musiciens et chanteurs
(chapelle des marins, à Cayeux-sur-Mer – Picardie)

notes de musiques animées

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de cette hymne du XVème siècle en l’honneur de Sainte Cécile (cf. > ici) et je me permets d’y revenir aujourd’hui encore : vous savez que nous avons une grande dévotion pour cette vaillante martyre en notre Mesnil-Marie, et que nous ne pouvons qu’exhorter nos amis à l’aimer, à la vénérer et à se confier en son intercession.

Sainte Cécile a failli être « dégagée » du calendrier liturgique du missel réformé de 1969 et n’a dû qu’au fait de la dévotion populaire à son endroit d’y subsister, comme « mémoire facultative » et en se voyant privée de la mention de sa virginité dans sa collecte !!!.
En effet, les rationalistes et iconoclastes promotteurs de cette sinistre réforme ne croyaient pas aux traditions concernant Sainte Cécile, et ils eussent volontiers remisés aux oubliettes la sainte et son culte. Mais, comme je l’écrivais ci-dessus, il y avait la dévotion populaire et l’attachement des musiciens à leur céleste protectrice, ainsi que toutes les manifestations artistiques organisées autour de sa fête : une fête qui est la véritable « fête de la musique », plutôt que ce 21 juin où de trop nombreux braillards et cogneurs de casseroles font tant souffrir nos oreilles !
Dans le missel et le bréviaire traditionnels, évidemment, rien n’a changé et la liturgie de Sainte Cécile nourrit notre âme et notre ferveur de merveilleux textes que nous avons une joie incommensurable à retrouver chaque année.

Si je reviens aujourd’hui sur l’hymne du XVème siècle « Tubas cum cytharis » que j’avais déjà publié il y a quatre ans, c’est parce qu’en sus de la partition et de la traduction que je vous en avais déjà donné, j’en ai découvert un enregistrement.
Je vous livre donc à nouveau tout ceci ci-dessous avec en sus le dit enregistrement (en cliquant sur la fenêtre où vous voyez la partition encadrée de noir) :

Tuba cum cytharis - Sancta Caecilia

notes de musiques animées

Image de prévisualisation YouTube

1. Tubas cum cytharis jam nunc assumite, Emparez-vous maintenant de trompettes et de cithares :
2. Triumphum Mártyris jam nunc celebráte, Célébrez maintenant le triomphe d’une martyre,
3. Angelórum et Vírginum ágmina, O choeurs des anges et des vierges,
4. Et cum voce lætítiæ dícite : Et dites avec la voix de l’allégresse :
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
5. Præclára sítiens illa victóriæ, Cette (vierge) glorieuse étant assoiffée de la victoire,
6. In corpus sæviens virtúte grátiæ En son corps souffrant par la force de la grâce,
7. Tradit furéntibus A livré
8. Membra mucrónibus. Ses membres aux impitoyables instruments de supplice.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
9. Et nos qui gémimus favens nos respíce ; Et nous qui gémissons, regardez-nous favorablement ;
10. Sæpe quem læsimus sta coram Júdice. Tenez-vous devant le Juge que nous avons souvent offensé !
11. Líberis det méntibus ad cælum téndere. Qu’Il donne à nos âmes, lorsqu’elles seront détachées de leurs corps, d’aller vers le ciel.
12. Purgatósque sórdibus fac tecum vívere. Purifiés de leurs souillures, faites qu’elles vivent en votre compagnie.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !

notes de musiques animées

Eh bien voilà, vous avez maintenant tout ce qu’il faut pour célébrer dignement la céleste patronne des chanteurs et des musiciens, en chantant avec moi à pleine voix…

pattes de chatLully.

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notes de musiques animées

Voir aussi :
- L’extase de Sainte Cécile, peinte par Raphaël > ici

2017-84. Centenaire de la fondation de la « Militia Immaculatae » par Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1917 – 16 octobre – 2017

16 octobre 2017,
En France, fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici)
Anniversaire de l’assassinat de SM la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici, ou > ici et > ici)

médaille miraculeuse

C’est au soir du 16 octobre 1917 que Saint Maximilien-Marie Kolbe, alors dans sa vingt-quatrième année, fonda la « Militia Immaculatae » (la Milice de l’Immaculée, en abrégé MI). 

Le jeune franciscain se trouvait alors à Rome pour ses études (il y sera ordonné prêtre l’année suivante : le 28 avril 1918).
Il écrit lui-même :
« Lorsque les francs-maçons commencèrent à se démener de plus en plus effrontément et qu’ils eurent dressé leur étendard sous les fenêtres mêmes du Vatican, cet étendard où, sur un fond noir, Lucifer foulait sous ses pieds l’archange Michel, lorsqu’ils se mirent à distribuer des tracts invectivant contre le saint Père, l’idée se fit jour de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer ».

Ce qu’écrit ici le futur Saint Maximilien-Marie n’est pas une exagération : à l’occasion du deuxième centenaire de la fondation de la maçonnerie moderne, en cette année 1917, les francs-maçons se livraient à Rome-même à de sacrilèges parodies.
Sur la place Saint-Pierre, des énergumènes – c’est bien le terme qui convient – brandissaient cette bannière diabolique que décrit le jeune franciscain polonais, et que l’on a aussi vue en France en 1996 lorsque les libres-penseurs ont manifesté à Reims et à Valmy pour protester contre la venue du pape Jean-Paul II en France pour les célébrations du quinzième centenaire du baptême de Clovis.

En 1917, les francs-maçons qui s’exhibaient à Rome avaient aussi des banderoles proclamant : « Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave ! ». Chaque jour des incidents se produisaient dans la Ville éternelle dont la spoliation – il ne faut pas l’oublier – remontait à moins de 50 ans (20 septembre 1870 – cf. > ici) et où le Souverain Pontife se trouvait prisonnier de la royauté impie de la Maison de Savoie, cette dernière ayant été l’instrument de la maçonnerie pour détruire les Etats de l’Eglise.

C’est bien le spectacle direct de ces manifestations blasphématoires qui inspira à Saint Maximilien-Marie l’idée « de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer » pour reprendre ses propres termes.

Ayant mûri ce dessein pendant les heures de repos auquel il fut contraint en raison de la tuberculose dont il ressentit les premières atteintes au cours de l’été 1917, le Frère Maximilien-Marie Kolbe, avec la permission de son directeur spirituel et de ses supérieurs, réunit donc, à Rome, dans une modeste cellule de la maison romaine de formation des franciscains conventuels, six autres jeunes religieux qu’il avait gagné à ce projet pour fonder la Militia Immaculatae : ce fut au soir du 16 octobre 1917.

Cette date ne fut pas choisie au hasard ; elle porte une signification bien précise : le 16 octobre au soir, c’est donc après la célébration des premières vêpres de la fête du 17 octobre, et le 17 octobre est le jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie (en 1917 elle n’était encore que bienheureuse).
C’est dire que, pour le futur Saint Maximilien-Marie Kolbe, cette fondation de la Milice de l’Immaculée est placée dans la perspective du règne du divin Coeur de Jésus, Lui qui a promis à Sainte Marguerite-Marie : « Je régnerai malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! ».

Ainsi donc il est très clair que Saint Maximilien-Marie Kolbe est dans la parfaite continuité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « A Jésus par Marie ! » ; « C’est par Marie que le salut du monde a commencé et c’est par Marie qu’il doit être consommé » ; « Pour qu’advienne le règne du Coeur de Jésus, il faut travailler au règne du Coeur de Marie » …etc.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Saint Maximilien-Marie Kolbe
jeune religieux franciscain conventuel

Voici le texte de la « charte fondamentale » (entendre fondamentale en son sens étymologique : « qui est au fondement », c’est-à-dire que cette charte est à la Militia Immaculatae ce que les fondations sont à une maison) par laquelle Saint Maximilien-Marie Kolbe a résumé le but, les conditions et les moyens de la Milice de l’Immaculée :

 « Elle t’écrasera la tête ». (Genèse 3,15)
« Par toi, toutes les hérésies du monde ont été vaincues ». 

I. But :
     Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc… et particulièrement des francs-maçons, et la sanctification de tous sous la protection et par le moyen de la Vierge Immaculée.

II. Conditions :
     1) Consécration totale de soi-même à l’Immaculée, comme instrument dans ses mains immaculées.
     2) Porter la Médaille miraculeuse.

III. Moyens :
     1) Autant que possible dire chaque jour l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous, spécialement pour les francs-maçons »
     2) Utiliser tous les moyens légitimes dans la mesure du possible, selon la diversité des états de vie, conditions et circonstances de chacun, et cela avec zèle et prudence. Et surtout porter la Médaille miraculeuse.

médaille miraculeuse

Malheureusement, opérant une véritable trahison de la pensée de Saint Maximilien-Marie Kolbe, dans la continuité des apostasies consécutives au concile vaticandeux, l’actuelle branche officielle de la Militia Immaculatae en France, contaminée par le venin moderniste et considérant que le terme est par trop combatif et militaire, ne veut plus se présenter comme une « Milice » et a choisi de changer son nom en « Mission de l’Immaculée« .
De la même manière, l’invocation particulière de la MI a été modifiée de telle sorte que les francs-maçons n’y sont plus nommément désignés !!!

C’est oublier totalement que Saint Maximilien-Marie voulait explicitement une référence militaire, employait un langage militaire, usait de comparaisons militaires, présentant le chapelet comme une arme, les médailles miraculeuses comme des munitions, et voulant que ceux qui s’agrègent à la MI soient des chevaliers.
Ainsi au nom d’un pacifisme idiot trahit-on la pensée du fondateur pour lequel la Militia Immaculatae était une machine de guerre opposée aux forces du mal à l’oeuvre contre la Sainte Eglise, et qui désignait clairement la maçonnerie comme l’instrument de choix de Satan dans son combat contre le règne de Dieu !

Fort heureusement, il n’en est pas ainsi en Pologne, à Niepokalanow, la « Cité de l’Immaculée », fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe.
Chaque nuit du 16 au 17 de chaque mois, les franciscains conventuels y organisent des prières « pour la conversion des pécheurs, en particulier des juifs et des francs-maçons » : cela commence à 17h dans la basilique et se termine à 5h par une messe.
En outre, chaque association locale de la Militia Immaculatae est encouragée à organiser semblable veillée dans sa propre paroisse.

Niepokalanow - prière pour les francs-maçons

En Pologne, à l’entrée de Niepokalanow,
la Cité de l’Immaculée fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe,
un grand panneau invite à venir prier pour la conversion des francs-maçons.

En France, en réaction aux dévoiements modernistes du mouvement, il existe une branche traditionnelle de la Militia Immaculatae, fidèle aux objectifs et consignes de Saint Maximilien-Marie Kolbe, sous l’égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (cf. > ici).

Membres ou non de la Militia Immaculatae, tout fidèle catholique qui a pris conscience de ce qu’est la réalité profonde de la lutte qui se déroule sous nos yeux, et de ses enjeux, ne peut qu’adhérer, dans son for interne et dans ses engagements externes, à la désignation claire de l’ennemi accomplie par Saint Maximilien-Marie Kolbe et vouloir, à son exemple et à sa suite, combattre les forces diaboliques à l’oeuvre sur cette terre, forces diaboliques dont la maçonnerie est l’un des principaux organes.

On se reportera avec fruit aux études que nous avons déjà publiées :
– Un catholique ne peut appartenir à la franc-maçonnerie > ici
– Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) ici
- La question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise > ici
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- La maçonnerie, religion officielle de la république française > ici
- Prière pour la conversion des francs-maçons > ici

Le Chevalier de l'Immaculée - couverture du premier numéro

Couverture du premier numéro de la revue « Le Chevalier de l’Immaculée »,
fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe en janvier 1922,
sur laquelle on peut nettement voir :
- les glaives qui illustrent sans ambiguité le caractère « militaire » de la Militia Immaculatae
- l’hérésie et la maçonnerie clairement désignées comme les ennemis à combattre avec l’aide de la Vierge Immaculée.

« O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous
et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous,
spécialement pour les francs-maçons »

médaille miraculeuse

2017-83. « Ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien ».

8 octobre,
Fête de Sainte Brigitte de Suède, veuve.
9 octobre,
Fête de Saint Denis, évêque et martyr.

Au sanctoral du 8 octobre figure la fête de Sainte Brigitte, puis au jour suivant nous fêtons Saint Denis, aréopagite converti par Saint Paul, qui fut ensuite le premier évêque de Paris (car il faut maintenir fermement la tradition qui a identifié l’aréopagite et le premier évêque de Paris), qui subit le martyre à Montmartre (Mons martyrum), dont les écrits théologiques sont d’une importance exceptionnelle et dont le lieu de la sépulture devint la principale nécropole de nos Souverains à partir de Dagobert 1er (dédicace de la première basilique en 636).

Outre le fait que leurs deux fêtes sont voisines, il existe un lien spirituel très fort entre Sainte Brigitte de Suède et Saint Denis, en dépit des séparations temporelles et géographiques.
Au deuxième nocturne des matines de Sainte Brigitte nous lisons en effet ceci :
« Mariée à Ulfon, prince de Méricie, elle le porta aux œuvres de piété autant par ses excellents exemples que par ses paroles convaincantes. Remplie de piété dans l’éducation qu’elle donnait à ses enfants, elle s’occupait aussi des pauvres et surtout des malades et les servait avec un si grand amour dans une maison disposée pour eux, qu’elle avait coutume de leur laver et de leur baiser les pieds. Au retour d’un pèlerinage qu’elle avait fait avec son époux au tombeau de l’Apôtre saint Jacques, à Compostelle, Ulfon étant tombé dangereusement malade à Arras, Saint Denis apparut à Brigitte pendant la nuit, et lui prédit la guérison de son mari et d’autres événements à venir ».  

Sainte Brigitte, dont les voies mystiques ont été reconnues pour authentiques par de nombreux pontifes et saints, a bénéficié d’autres apparitions de Saint Denis. J’ai choisi aujourd’hui de vous retranscrire ci-dessous deux extraits qui m’ont paru spécialement importants et stimulants.
Avec la Sainte Mère de Dieu, avec Sainte Brigitte et avec Saint Denis, redoublons de prière pour la France et implorons la miséricorde de Notre-Seigneur pour le Royaume des Lys !

Lully.

Fleur de Lys

Cristóbal de Villalpando - apparition de la Vierge à Ste Brigitte 1680-89

Apparition de la Très Sainte Vierge à Sainte Brigitte
par Cristobàl de Villalpando (vers 1680-1689)

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 103 :

Prière de Saint Denis à la Très Sainte Vierge Marie
pour le Royaume de France.

« Alors que je priais, je vis en esprit saint Denis qui parlait à la Vierge Marie, lui disant :

Vous êtes Reine de miséricorde, à laquelle toute miséricorde est donnée. Vous avez été faite Mère de Dieu pour le salut des misérables : ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien :  le vôtre d’autant que ses habitants vous honorent de tout leur pouvoir ; le mien, d’autant que j’en suis le patron et qu’ils ont confiance en moi.
En vérité, vous voyez combien d’âmes sont en danger chaque heure, et les corps des hommes y sont tués comme des bêtes, et ce qui est pis, les âmes descendent en enfer comme de la neige.
Consolez-les donc et priez pour eux, car vous êtes leur Dame, l’aide et le secours de tous
».

Fleur de Lys

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 104 :

Prière de la Sainte Mère de Dieu et de Saint Denis
pour le Royaume de France.

« La Mère de Dieu parle à son Fils, lui disant :

Béni soyez-vous, ô mon Fils ! Il est écrit que j’ai été appelée bienheureuse, d’autant que je Vous avais porté au ventre, et Vous répondîtes que celui-là est aussi béni, qui écouterait Vos paroles et les garderait. Or, mon Fils, je suis celle-là qui ai gardé de cœur Vos paroles et les ai conservées dans mon sein. Je me souviens aussi d’une parole que Vous avez dite à Saint Pierre ; lorsqu’il demandait combien de fois il pardonnerait aux pécheurs, si ce serait jusques à sept fois, Vous lui répondîtes : Septante-sept fois sept fois, marquant par cela que tout autant de fois que quelqu’un s’humilie avec volonté de s’amender, Vous étiez autant de fois prêt et préparé à lui faire miséricorde.

Le Fils répondit :

Je vous rends témoignage que Mes paroles ont été enracinées en vous, comme la semence qui est jetée en une terre bien grasse, donnant de soi le fruit centième. Mais aussi vos œuvres vertueuses donnent à tous ce fruit de joie. Partant, demandez ce que vous voulez.

La Mère répondit :

Je Vous en prie avec Saint Denis et les autres saints dont les corps sont ensevelis en ce Royaume de France, et dont les âmes sont au ciel, jouissant de la gloire : ayez miséricorde de ce Royaume (…) »

Saint Denis - Cathédrale Notre-Dame de Paris

Saint Denis, premier évêque de Paris
(cathédrale Notre-Dame de Paris)

2017-78. Où, à propos de la messe en sol majeur de Cherubini pour le Sacre de Louis XVIII, le Maître-Chat rétablit quelques vérités au sujet de ce Roi Très Chrétien.

Samedi 16 septembre 2017,
Fête des Saints Corneille, pape, et Cyprien, évêque, martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII.

Mort de SM le Roi Louis XVIII le 16 sept 1824

16 septembre 1824 : mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII
Sur cette représentation on reconnaît en particulier :
- assise en pleurs à son chevet Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulème ;
- près d’elle son époux, Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulème, futur Louis XIX ;
- incliné et baisant la main du mourant, Charles Philippe de France, qui va devenir Charles X au moment où son frère va rendre le dernier soupir ;
- à droite Marie-Caroline de Bourbon-Siciles avec ses deux enfants Louise d’Artois et Henri d’Artois, duc de Bordeaux, futur Henri V.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour conclure mes publications relatives au 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini (cf. > ici), j’accorde une grande importance, en ce 16 septembre qui est le jour anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, à la publication de la Messe solennelle en sol majeur que, justement, Cherubini composa pour le Sacre de Louis XVIII.

Louis XVIII en costume de sacre par François Gérard

Louis XVIII en costume de sacre, par François Gérard.

Ici, j’imagine la tête de certains de mes lecteurs qui pensent aussitôt : « Mais Louis XVIII n’a pas été sacré ! »
Et c’est bien vrai.
De tous nos Souverains Capétiens, seuls deux n’ont pas reçu les onctions du Sacre : 1) Jean 1er, dit le Posthume,  fils de Louis X, qui mourut cinq jours après sa naissance (+ 19 novembre 1316) ; et 2) Louis XVIII.

Mais le fait de ne pas avoir été sacré ne signifie pas qu’il n’a pas eu l’intention de l’être.
Contrairement à ce qu’affirment
a) d’une part quelques ignorants qui prétendent que Louis XVIII aurait été « d’esprit voltairien » (sic) et qu’il n’attachait pas d’importance au Sacre ;
b) et d’autre part quelques cinglés qui se cramponnent aux affabulations de quelques illuminés.

Roi depuis la mort de son neveu – l’infortuné Louis XVII – survenue le 8 juin 1795, dès qu’Elle put revenir en France au début du mois de mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII aspira ardemment à être sacrée à Reims conformément à la tradition capétienne.

Fleur de Lys

1 – Louis XVIII tint toujours à se montrer comme le Roi Très Chrétien :

Philip Mansel, un historien anglais qui est probablement à ce jour le plus grand spécialiste de la personne et du règne de Louis XVIII, fait bien ressortir que ce Souverain complexe resta toujours un homme du XVIIIème siècle, fidèle à ce qu’il avait reçu de l’héritage versaillais : sans un être un roi à la piété aussi profonde et démonstrative que celle de son frère puiné, il resta toujours fidèle à la foi catholique : et nombre de ses ministres ou de ses proches ont pu en témoigner.
Il assistait tous les jours à la Sainte Messe, communiait deux ou trois fois l’an (selon les usages de l’époque) et, durant son règne, fit toujours publiquement ses Pâques à Saint-Germain-l’Auxerrois, église paroissiale des Tuileries, sauf quand il en fut empêché par la maladie (cf. Philip Mansel, in « Louis XVIII » éd. Perrin 2013 p. 331).
En matière religieuse, Louis XVIII, pleinement conscient qu’il était le Très Chrétien, se montra particulièrement peu soucieux de ménager les libéraux et les libres-penseurs : il encouragea la reconstitution des congrégations religieuses, soutint les missions intérieures « qui perturbaient tant certains secteurs de l’opinion publique – une des médailles commémorant son  règne représente même l’érection d’une croix. Il voulut aussi que Frayssinous, célèbre prédicateur dont il avait fait son premier aumônier en 1821 – honneur extraordinaire pour un roturier – devînt grand maître de l’Université en 1822, ce qui le plaçait à la tête de l’enseignement secondaire. Louis fut ravi d’élever dix-neuf évêques à la pairie en 1822 et Frayssinous, encore lui, reçut en outre le portefeuille des affaires ecclésiastiques en août 1824″ (Philip Mansel, op.cit. pp. 447-448).
« Quand il monta sur le trône, l’état de l’Eglise lui parut pire que dans les années 1790. Il n’y avait plus que 36.000 prêtres en 1814, contre 72.000 en 1789 et il écrivait au pape : « Toutes les doctrines antireligieuses autant qu’antisociales ont inondé mes provinces. » Il était résolu à y mettre bon ordre. En 1814-1816, pour récompenser les évêques restés fidèles à la cause de la royauté et éliminer quatorze des autres, bonapartistes ou anciens révolutionnaires, le gouvernement de Louis avait voulu que l’Eglise revînt en France au statu quo de 1789. Attitude incroyable de sa part, alors qu’il essayait précisément d’apaiser la crainte d’un tel retour au passé dans la vie politique. Mais la papauté refusa de remettre en question le Concordat, conclu en 1801 avec la République » (Philip Mansel, ibid. p. 408).

Ces vérités étant rétablies, il est aisé de comprendre à quel point la question du Sacre n’était pas secondaire pour Louis XVIII, mais qu’il souhaitait en recevoir les onctions saintes. C’est dans la perspective des préparatifs de cette cérémonie qu’il commanda au surintendant de sa chapelle, le maestro Luigi Cherubini, une messe solennelle qui serait exécutée à cette occasion.

Ce sont uniquement les soubressauts politiques de la première Restauration, les funestes Cent-Jours et les difficultés intérieures et extérieures des années 1816-1819, puis enfin l’état de santé de plus en plus précaire de Sa Majesté à partir de 1820 qui empêchèrent la réalisation de ce souhait pourtant très ardent.

Fleur de Lys

Thomas Martin de Gallardon prétendue apparition

Prétendue apparition de « l’ange Raphaël » à Thomas Martin, de Gallardon,
sur une gravure de 1859 s’inspirant de la description du « visionnaire ».

2 – Des affabulations entretenues par des illuminés :

A rebours de la vérité historique cependant, il y a toujours aujourd’hui quelques illuminés de tendance « survivantiste » qui colportent la fable selon laquelle Louis XVIII n’aurait pas voulu être sacré, parce qu’il aurait su qu’il occupait un trône qui ne lui revenait pas, et qu’il aurait parfaitement eu conscience de la vérité de la menace selon laquelle, s’il osait se présenter pour le sacre, la justice de Dieu le foudroierait à mort en pleine cérémonie !
Rien que cela…

Cette légende se fonde sur les prétendues apparitions de l’ange Raphaël à un paysan de Gallardon : Thomas Martin (1783-1834).
Le bonhomme Martin, pieux et exemplaire paroissien d’après son curé, jugé sain d’esprit par les médecins qui l’ont examiné, prétendit avoir ces « apparitions » dans les premiers mois de l’année 1816.
Passons outre l’accoutrement bizarre de « l’ange », sanglé dans une redingote de ville à la mode romantique et coiffé d’un haut-de-forme (!!!) : Thomas Martin devait rencontrer le Roi et lui révéler quelque chose qui ne lui serait communiqué (à lui, Thomas Martin) qu’à ce moment-là, en sus de quelques exhortations pour faire respecter le repos dominical et combattre l’impiété dans le Royaume.
Grâce à l’insistance de certains ennemis influents de la politique menée alors par Decazes, Martin eut l’insigne privilège d’être reçu aux Tuileries le 2 avril 1816. Son tête à tête avec le Roi dura environ une demi-heure et, dans les mois qui suivirent, le bonhomme Martin affirma qu’il avait aussitôt oublié ce qu’il avait dit à Sa Majesté sous l’inspiration immédiate de « l’ange ».
Mais ensuite des récits plus ou moins circonstanciés furent publiés : les premiers imprimés, vers 1817, se contentaient d’attribuer à « l’ange » des paroles critiquant la politique de Decazes et encourageant le Roi à aller dans le sens des Ultras, mais, quatre ans après la mort de Louis XVIII, en 1828, Thomas Martin dicta un récit qui fut publié, et c’est là que l’on trouve des « révélations » concernant la prétendue survivance de Louis XVII et les menaces contre Louis XVIII s’il avait l’audace de prétendre au Sacre.
Il y aurait beaucoup à écrire sur toutes les incohérences qui se trouvent dans le récit de Thomas Martin. Contentons-nous de relever que, entre temps, à partir de 1820, le « paysan prophète » (sic) de Gallardon avait commencé à envoyer des lettres qu’il signait « Dieu » (excusez du peu !), puis que, en 1833, il « reconnut » Naundorff comme Louis XVII…

Bien sûr, jamais aucune autorité ecclésiastique compétente n’a reconnu l’authenticité des « apparitions » de Gallardon, lesquelles demeurent encore de nos jours une juteuse aubaine pour alimenter les fantasmes des illuminés qui s’obstinent à nier la réalité des faits historiques les mieux établis.

Car si Louis XVIII, ainsi que le prétendit Martin dans son récit de 1828, avait acquiescé au fait qu’il occupait une place qui revenait à son neveu toujours vivant et s’était incliné devant la menace d’être frappé à mort par la justice de Dieu en pleine cérémonie du Sacre, on comprend mal pourquoi ce Roi aurait par la suite demandé à Cherubini de composer une messe solennelle pour ce Sacre, et aurait, jusqu’en 1820, espéré pouvoir se rendre à Reims pour y recevoir les onctions saintes !
Et si ces prétendues menaces à l’encontre de Louis XVIII avaient été vraies, parce qu’il aurait usurpé le trône d’un Louis XVII toujours vivant, pourquoi ne se sont-elles pas réalisées le 29 mai 1825 lors du Sacre de Charles X ?
En effet, si Louis XVIII avait occupé un trône qui ne lui revenait pas du fait de la « survivance » de son neveu, il en eût aussi été de même pour son frère et successeur : Charles X. Or, non seulement ce dernier a été sacré et non seulement il n’a pas été foudroyé par la justice divine en cours de cérémonie, mais en sus il a accompli, dans les jours qui suivirent, les guérisons miraculeuses des écrouelles attestant qu’il était bien le Roi légitime (on peut lire la relation complète du toucher des écrouelles par SM le Roi Charles X > ici).

On cherche en vain un peu de cohérence dans cet illuminisme survivantiste.

Fleur de Lys

3 – La messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre, pour le Sacre de Louis XVIII (1819) :

Comme je vous l’annonçai au début, et même si j’ai dû faire quelques détours pour y arriver, cette publication a pour dessein de vous inviter à écouter maintenant la messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre pour le Sacre de Louis XVIII composée par Luigi Cherubini.

Le Kyrie a une belle intensité dramatique, et le Gloria qui le suit contraste par le dynamisme des choeurs qui se répondent, alternant avec bonheur des séquences d’allégresse triomphante et de vénération intériorisée, comme le poignant « Suscipe deprecationem nostram ».
Le Credo est tout rayonnant de la joie de l’adhésion aux Vérités révélées transmises par l’Eglise, qui sont déroulées à la manière d’une cavalcade pleine de gloire. On remarquera l’imposante dignité de l’ « Et incarnatus est », puis le côté désolé du « Crucifixus » où les voix d’hommes accompagnées des seuls trombones revêtent un aspect lugubre auquel les trompettes du « Et resurrexit » apportent un fin saisissante.
Le Sanctus et l’ O Salutaris Hostia, conformément à l’usage alors en vigueur en France, constituent une seule et même pièce dans laquelle alternent l’exultation des choeurs célestes dans les cieux et l’expression de l’adoration profonde des Saintes Espèces Eucharistiques sur l’autel.
L’Agnus Dei exprime tous les transports d’un recueillement solennel, paisible et confiant, préparant à la communion du Souverain, laquelle, rappelons-le, à la messe du Sacre, par un privilège unique, se faisait sous les deux espèces.

L’enregistrement proposé ci-dessous a été réalisé par le London Philarmonic Choir et le London Philarmonic Orchestra sous la direction du toujours excellent Maître Riccardo Mutti qui reste une référence, sinon « la » référence, dans l’interprétation de l’oeuvre de Cherubini.

Patte de chat Lully.

Image de prévisualisation YouTube

Autres articles de ce blogue consacrés aux compositions de Luigi Cherubini :
- Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI > ici
- Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes > ici
- Messe solennelle en la majeur pour le Sacre de Charles X > ici

grandes armes de France

2017-74. Jean ne savait point taire la vérité.

Sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin
sur
le martyre de Saint Jean-Baptiste

29 août,
fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Voici le texte d’un sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin qui, quoique prononcé à l’occasion de la nativité du Précurseur, développe, avec une certaine exubérance, les circonstances du martyre de Saint Jean-Baptiste.

Mattia Pretti - Jean Baptiste reprochant à Hérode son inconduite - 1665

Mattia Preti : Saint Jean-Baptiste reprochant à Hérode son inconduite (1665)

Jean ne savait point taire la vérité.

§ 1. Les chrétiens sont des agneaux au milieu des loups.

Notre Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ ne S’est pas contenté de nous arracher à la mort éternelle, Il a voulu aussi nous apprendre et nous commander, par les paroles du saint Evangile, la manière dont nous devons nous conduire ici-bas ; en effet, voici en quels termes Il S’exprime: « Voici que Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » (Matth. X, 16). N’est-ce point pour nous le comble du bonheur que notre Dieu, le pasteur et le maître des brebis, nous ait aimés jusqu’à nous permettre d’avoir leur simplicité, si nous vivons sincèrement pour Lui ?
Qu’Il soit le pasteur du troupeau, ces autres paroles nous en donnent la certitude : « Je suis le bon pasteur, le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean X, 11). C’est donc à bon droit qu’en raison de l’innocence de leur vie, Il compare Ses disciples à des brebis ; et Il donne, à non moins juste titre, le nom de loups à ceux qui, après Sa mort, ont cruellement persécuté les Apôtres et les fidèles attachés à Lui.
Comment nous conduire au milieu des bêtes sauvages ? Notre dévoué pasteur nous le dit : « Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes » (Matth. X, 16). Voici donc la volonté du Sauveur à notre égard : les colombes n’ont ni malignité, ni fiel ; elles ne savent point se fâcher : soyons, comme elles, à l’abri de la ruse méchante : n’ayons pas de fiel, c’est-à-dire n’ayons pas l’amertume du péché ; oublions les injures, et ne nous mettons pas en colère ; vivons si humblement en ce monde, que nous recevions, un jour, la récompense promise par Dieu à nos efforts.
Le Sauveur ajoute : « Et prudents comme des serpents » (Matth. X, 16). Qui ne connaît l’astuce du serpent ? S’il tombe au pouvoir d’un homme, et que cet homme veuille le tuer, il expose, aux coups de son adversaire, toutes les parties de son corps : peu lui importe de se voir blesser n’importe où, pourvu qu’il sauvegarde sa tête : c’est à quoi il veille avec toute l’adresse possible. Cette prudence du serpent doit nous servir de modèle : si donc, en temps de persécution, nous venons à tomber au pouvoir des ennemis de notre foi, exposons notre corps tout entier aux tourments, aux supplices, et même à la mort, pour conserver notre tête, c’est-à-dire le Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

§ 2 – Saint Jean fut jeté en prison pour avoir fait une légitime réprimande.

Au moment où tous les membres de son corps perdaient leur tête, saint Jean-Baptiste, dont la grâce du Christ nous permet de célébrer aujourd’hui la nativité, se réjouissait de se reposer dans le sein de la Divinité toute parfaite.
Entraîné par l’ardeur de ses passions, jusqu’à suivre, dans sa conduite, l’exemple des bêtes sauvages, Hérode avait souillé la couche de son frère : à ce moment-là, saint Jean, qui ne savait point taire la vérité, déclara formellement au roi que sa conduite était opposée à toutes les lois. Le roi avait fait des lois pour empêcher de pareils désordres, et il les enfreignait lui-même ! Si, par ses moeurs, il condamnait ses décrets et ses lois, les lois et le droit ne le condamneraient-ils pas à leur tour ?
En ce temps-là donc, pour ne point se trouver sans cesse en butte aux publiques, indépendantes et légitimes protestations de saint Jean, le libertin couronné avait fait mettre la main sur lui et l’avait fait jeter dans une obscure prison, où la loi divine devait être son unique soutien.
A cet événement vint s’en adjoindre un autre, l’anniversaire de la naissance de ce roi sacrilège : il réunit alors autour de lui les officiers et les grands personnages de son royaume, et il fit préparer un repas scandaleux pour ses compagnons de dévergondage sacrilège : en cette circonstance, la maison royale se transforma en cirque, si je puis m’exprimer ainsi.

§ 3 – Danse voluptueuse de la fille d’Hérodiade.

La fille du roi se présente au milieu du festin, et, par ses mouvements désordonnés, elle foule aux pieds le sentiment de la pudeur virginale.
Aussitôt, le père prend à témoins tous les compagnons de sa débauche, il jure par son bouclier, qu’avant de terminer sa danse joyeuse et ses valses, elle aura obtenu tout ce qu’elle lui aura demandé. La tête couverte de sa mitre, elle se livre, sur ce dangereux théâtre, aux gestes les plus efféminés que puisse imaginer la corruption ; mais voilà que tout à coup s’écroule le factice échafaudage de sa chevelure ; elle se disperse en désordre sur son visage : à mon avis, n’eût-elle pas mieux fait alors de pleurer que de rire ? Du théâtre où saute la danseuse, les instruments de musique retentissent ; on entend siffler le flageolet : les sons de la flûte se mêlent au nom du père, dont ils partagent l’infamie : sous sa tunique légère, la jeune fille apparaît dans une sorte de nudité ; car, pour exécuter sa danse, elle s’est inspirée d’une pensée diabolique : elle a voulu que la couleur de son vêtement simulât parfaitement la teinte de ses chairs. Tantôt, elle se courbe de côté et présente son flanc aux yeux des spectateurs ; tantôt, en présence de ces hommes, elle fait parade de ses seins, que l’étreinte des embrassements qu’elle a reçus a fortement déprimés ; puis, jetant fortement sa tête en arrière, elle avance son cou et l’offre à la vue des convives ; puis elle se regarde, et contemple avec complaisance celui qui la regarde encore davantage. A un moment donné, elle porte en l’air ses regards pour les abaisser ensuite à ses pieds ; enfin, tous ses traits se contractent, et quand elle veut découvrir son front, elle montre nonchalamment son bras nu.
Je vous le dis, les témoins de cette danse commettaient un adultère, quand ils suivaient d’un œil lubrique les mouvements voluptueux et les inflexions libertines de cette malheureuse créature.
O femme, ô fille de roi ! tu étais vierge au moment où tu as commencé à danser, mais tu as profané ton sexe et ta pudeur ; tous ceux qui t’ont vue, la passion en a fait pour toi des adultères. Infortunée ! tu as plu à des hommes passés maîtres dans la science du vice ; je dirai davantage : pour leur plaire, tu t’es abandonnée à des amants sacrilèges !

§ 4 – Corrupteur de cette jeune fille, assassin de Jean, Hérode tombe sous les coups de la justice divine et meurt.

O l’atrocité ! Le père lui-même se fait corrupteur de sa fille, et personne n’élève la voix contre lui ! J’entends protester contre toi, les lois, tes remords, et, aux yeux de ceux qui ont encore quelque respect pour la pudeur, la voix d’un mari !
Mais, je veux le juger moins sévèrement ; supposons qu’un reste d’honnêteté l’ait empêché de jeter sur sa fille des regards licencieux, il n’en reste pas moins évident qu’elle a dansé, et, à ce titre, son père l’a corrompue, et elle a conquis le coeur d’un incestueux. Il serait bien étonnant que la chasteté se montrât sous de pareils dehors !
O père, embrasse la femme de ton frère : mais tu as sacrifié un père à la passion du sang. Elle t’enseigne à faire tomber la tête de Jean, car tu méprisais les avertissements du martyr, et ne pouvais goûter le bonheur de la chaste innocence.
O race ! O moeurs ! O nom ! O erreur sans remède ! c’est donc à juste titre que, comme le disent nos divines Ecritures, « tes membres sont tombés en putréfaction, et que les vers y ont trouvé leur pâture » (cf. Act. XII, 23). Ta fille a eu la tête coupée par la glace, et ta femme illégitime est morte aveugle.
Ainsi Dieu retranche-t-Il l’homme de blasphème ; ainsi disparaît le péché ; ainsi se trouve vengée la sainteté de la vie.
Pour nous, qui aimons la chasteté et la paix, conjurons tous le Seigneur de nous préserver des moindres atteintes du libertinage. Ainsi soit-il.

Mattia Preti - Salomé avec la tête de Jean

Mattia Preti : Salomé recevant la tête de Saint Jean-Baptiste (vers 1630-1640)

2017-68. Du 450ème anniversaire de la naissance de Saint François de Sales.

1567 – 21 août – 2017
450e anniversaire de la naissance de
Saint François de Sales

Timbre édité pour le 4e centenaire de la naissance de St François de Sales 1567-1967

En 1967, la Poste française avait édité un timbre pour commémorer
le 4ème centenaire de la naissance de Saint François de Sales…

Lundi 21 août 2017,
Fête de Sainte Jeanne-Françoise de Chantal,
450ème anniversaire de la naissance de Saint François de Sales.

Saint François de Sales est né le 21 août 1567, au château de Sales, près de Thorens, dans le duché de Savoie.
A l’occasion de la fête du Saint-Suaire, célébrée le vendredi de la deuxième semaine de Carême, nous avions rappelé de quelle manière la jeune Madame de Boisy, priant devant cette précieuse relique exposée à la vénération des fidèles le 21 juillet 1566 dans l’église Notre-Dame de Liesse d’Annecy, avait demandé au Ciel la grâce de donner le jour à un fils qui serait consacré au service des autels (voir > ici). Profitons aujourd’hui du 450ème anniversaire de la naissance du « Docteur de l’Amour divin » pour relire les pages que Monseigneur Francis Trochu a consacrées à cet événement.

Songes prémonitoires de Madame de Boisy :

« Pendant le carême de 1567, Mme de Boisy connut qu’elle allait être mère. Dans l’attente de l’événement qui mettrait le comble à ses voeux, confiante que sa prière à Notre-Dame de Liesse était exaucée et qu’elle aurait un fils comme premier-né, elle se mit de nouveau à l’offrir au Seigneur.
Certains de ses rêves la confirmèrent d’ailleurs dans sa créance. « Janine Copier, qui fut femme de chambre de cette illustre dame, conte un chroniqueur du temps, a déposé que sa vertueuse maîtresse eut de merveilleuses visions dans son sommeil, qu’elle racontait fort innocemment tous les matins, mais son mari (qui lui en faisait une petite guerre) ne voulait point souffrir qu’elle s’y arrêtât. Un jour entre autres, il se fâcha deux fois contre cette naïve simplicité, parce qu’elle avait déclaré s’être aperçue qu’au lieu de voir naître un cavalier, elle n’avait simplement mis au monde qu’un petit berger qui courait çà et là après des troupeaux qu’on ne pouvait nombrer… Une autre fois, elle dit tout bonnement qu’elle avait songé qu’elle avait un fils, et que ce fils portait toutes sortes d’habits, qui sont d’usage dans tous les ordres de l’Eglise de Dieu » (in « La Maison naturelle, historique et chronologique de saint François de Sales », par Nicolas de Hauteville, Paris 1669, p. 193).
Ces songes berçaient doucement notre jeune châtelaine. Tout semblait devoir se passer normalement. Le vendredi 15 août, en la fête de l’Assomption de Notre-Dame, elle se rendit à pied, comme de coutume, jusqu’à l’église de Thorens distante seulement d’un quart de lieue, se confessa, entendit la messe et communia, puis, de retour au château, elle reprit ses oeuvres de dévotion et de charité. »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 24-25

Chapelle de Sales extérieur

Chapelle de Sales, à environ 200 mètres du château de Thorens-Glières :
Cette chapelle a été édifiée en 1672 à l’emplacement de la chambre où naquit Saint François de Sales :
en effet, le château de Sales a été détruit par ordre de Louis XIII et de Richelieu en 1630
lors de l’invasion du duché de Savoie par les troupes françaises.

Naissance de Saint François de Sales :

« La chambre de M. et de Mme de Boisy avait été remise à neuf au temps de leur mariage. Située sur la cour intérieure où il y avait un parterre de rosiers, elle était vaste, bien éclairée, ayant « trois fenêtres, l’une à l’orient, deux au midi, bien et gaiement vitrées, avec peinture sur le verre des armoiries de Sales et de Sionnaz ». Une tapisserie de Flandre tendait le long des murs ses pentes rigides ; au manteau de la cheminée, il y avait suspendu « un vieux tableau en détrempe de saint François d’Assise, prêchant aux oiseaux, aux quadrupèdes et aux poissons », et, « à cause de cette vieille image la chambre portait le nom de saint François » (in « Le Pourpris historique de la maison de Sales », par Charles-Auguste de Sales, Annecy 1659, p.100).
C’est là que, prématurément, treize mois jour pour jour après le voeu de Notre-Dame de Liesse, dans la soirée du jeudi 21 août, entre neuf et dix heures, vint au monde un petit garçon « de bonne complexion », mais « extrêmement délicat et tendre » (déposition de J.F. de Blonay pour le procès de béatification), si frêle, qu’on dut presque aussitôt le mettre dans le coton.
Tandis que le crépuscule de ce long soir d’été achevait de s’éteindre sur la vallée silencieuse, ce furent par tout le château des appels, un va-et-vient affolés. Toutefois, le seigneur de Boisy gardait son calme et donnait ses ordres : bien avant l’aurore, il envoyait un domestique, Thomas Puthod, quérir au village de Thorens sa femme née Pétremande Lombard, forte savoyarde de vingt-deux ans qui servirait au nouveau-né de nourrice. »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 25-26

Fonts baptismaux de saint François de Sales

Fonts baptismaux de l’église Saint-Maurice de Thorens
où fut baptisé Saint François de Sales le 28 août 1567

Baptême de Saint François de Sales :

« Le baptême eut lieu sept jours plus tard, le jeudi 28 août, dans l’église paroissiale Saint-Maurice de Thorens, « bâtie à la gothique de très solides et épaisses murailles »(in « Le Pourpris historique… » p. 108). Vint à cette cérémonie, conte un fermier, « grande quantité de personnes nobles et autres » (déposition de François Terrier au procès en vue de la béatification). Toute une escorte accompagna en effet à Saint-Maurice l’enfant que portait, dans son berceau même, Jacquine Ranyot, « mère-sage ».
En tête des parents, amis et métayers, marchaient, à côté de M. de Boisy, le parrain et la marraine. La volontaire jeune maman les avait choisis tous deux dans sa propre famille : c’était l’un de ses oncles maternels, dom François de la Fléchère, protonotaire apostolique, prieur du monastère bénédictin de Sillingy, proche de Thorens, et sa belle-mère, damoiselle Bonaventure de la Fléchère, qui, veuve en secondes noces de feu Melchior de Sionnaz, père de Françoise, avait épousé successivement depuis feu Pierre de Monthoux et Jacques de la Fléchère.
Le petit fut baptisé par le prêtre économe du Chapitre de l’église cathédrale, – la paroisse dépendait directement des chanoines de Saint-Pierre de Genève qui en étaient, à proprement parler, les curés et qui déléguaient à Thorens un ou même plusieurs vicaires. 
L’enfant hérita les prénoms de son parrain et de sa marraine : il fut appelé François-Bonaventure ; seulement, sur le registre on le nomma non pas de Boisy comme son père, mais de Sales comme ses ancêtres.
Toute une foule se tenait dans l’église ; il n’y eut, à ce qu’on assure, aucune dissipation, même dans les rangs les plus éloignés, parmi les gens de peine, fermiers, serviteurs et servantes. Tous étaient recueillis et priaient.
Sur le chemin du retour, dom de la Fléchère confia qu’ « en touchant son filleul sur les fonts, il avait eu une consolation si grande qu’il ne la pouvait exprimer, lui venant en la pensée que cet enfant conserverait toute sa vie la robe de l’innocence baptismale ». Sans doute pour remonter le robuste père inquiet malgré tout d’avoir un enfant si chétif, deux cousins du seigneur de Boisy, MM. de Beaumont et de Lucinge, émirent des réflexions analogues.
Puis, dans la chambre de la mère, tandis que la noble compagnie admirait le baptisé tranquille dans son berceau comme un petit ange, le même baron de Lucinge, qui avait la plaisanterie facile, dit au père, rasséréné, qu’il serait bien inspirer de demander à Dieu d’autres fils pour soutenir sa maison, car ce premier-né certainement serait d’Eglise.
En ce 28 août, « non seulement – tant cette naissance apportait de joie – on fit festin, dans la grand’salle du château tapissée de drap de Bergame, à toute la noblesse amie qui avait honoré le baptême, mais encore dès l’aube du jour jusqu’à la nuit ce fut l’aumône générale aux pauvres » (dépositions au procès de canonisation). »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 26-28

Chapelle de Sales : le retable

Chapelle de Sales, à l’emplacement de la chambre où naquit Saint François de Sales :
le retable (1677)

Vous trouverez aussi dans les pages de ce blogue :
- Les liens qui unissent Saint François de Sales au Saint Suaire de NSJC > ici
– Les préludes à la fondation de la Visitation > ici
– 6 juin 1610 : la fondation de la Visitation > ici
– Lettre de Sainte Jeanne de Chantal après la mort de Saint François de Sales > ici
– 350ème anniversaire de la béatification de Saint François de Sales > ici
– Catéchèse de Benoît XVI sur Saint François de Sales > ici
– Livres pour mieux connaître Saint François de Sales > ici
–  Litanies de Saint François de Sales > ici

Armoiries de Saint François de Sales

Armoiries de Saint François de Sales

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints |on 20 août, 2017 |4 Commentaires »
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