Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2017-19. Où Saint Claude de La Colombière nous alimente en conseils spirituels contre les tentations de découragement.

15 février,
Fête de Saint Claude de La Colombière.

Saint Claude de La Colombière

Saint Claude de La Colombière (1641-1682) :
« Mon fidèle serviteur et parfait ami » a dit de lui Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie.

Sacré-Coeur gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai déjà eu l’occasion de vous entretenir de Saint Claude de La Colombière (cf. > ici), prêtre ô combien admirable de la Compagnie de Jésus, que le Sacré-Coeur Lui-même désigna à Sainte Marguerite-Marie comme Son « fidèle serviteur et parfait ami », et qui fut d’un si précieux secours spirituel à la sainte Visitandine.

En cette année 2017, nous commémorons en même temps le 335e anniversaire de sa mort (+ 15 février 1682) et le 25e anniversaire de sa canonisation (31 mai 1992).

C’est un saint dont les écrits spirituels sont une mine inépuisable pour les âmes en quête de perfection : on y trouve à chaque page d’admirables conseils, tout à la fois stimulants et consolants.
Frère Maximilien-Marie, qui s’en est longuement nourri lorsqu’il était jeune religieux, en a recopié plusieurs pages dans ses propres carnets de notes spirituelles, et je n’ai eu qu’à m’y plonger pour en extraire quelques uns qui me semblent particulièrement propres à vous encourager et vous aider vous aussi dans votre vie spirituelle, où la tentation du découragement est la plus redoutable que l’on puisse affronter.
Je vous laisse donc les découvrir, approfondir et méditer.

Lully.

Sacré-Coeur gif

- « De tous les péchés qui se présenteront à mon esprit, [...] je ferai comme un bloc que je jetterai aux pieds de notre Sauveur, pour être consumé par le feu de Sa miséricorde ; plus le nombre en sera grand, plus ils me paraîtront énormes, d’autant plus volontiers les Lui offrirai-je à consumer, parce que ce que je lui demanderai sera d’autant plus digne d’elle. »

- « La plus faible de toutes les créatures n’a pas plus de sujet de désespoir que la plus forte, parce que notre confiance est en Dieu, qui est également fort pour les forts et pour les faibles. »

- « C’est à Dieu à détruire nos passions, Il le fera quand il Lui plaira ; mais c’est à moi à les réprimer et à les empêcher d’éclater et de m’entraîner au mal. »

- « Il faudrait être dans un perpétuel chagrin s’il fallait se chagriner de toutes les fautes qu’on fait ; on doit se contenter de s’en humilier devant Dieu et d’accepter les mortifications qu’elles vous causent. »

- « Si j’étais en votre place, voici comment je me consolerais : je dirais à Dieu avec confiance :
Seigneur, voici une âme qui est au monde pour exercer Votre admirable miséricorde, et pour la faire éclater en présence du ciel et de la terre. Les autres Vous glorifient en faisant voir quelle est la force de Votre grâce, par leur fidélité et leur constance, combien Vous êtes doux et libéral envers ceux qui Vous sont fidèles. Pour moi, je Vous glorifierai en faisant connaître combien Vous êtes bon envers les pécheurs et que Votre miséricorde et au-dessus de toute malice, que rien n’est capable de l’épuiser, que nulle rechute, quelque honteuse et criminelle qu’elle soit, ne doit porter un pécheur au désespoir du pardon. Je Vous ai grièvement offensé, ô mon aimable Rédempteur ; mais ce serait bien encore pis si je Vous faisais cet horrible outrage de penser que Vous n’êtes pas assez bon pour me pardonner. »

- « Je ne sais ce que vous voulez dire avec votre désespoir : on dirait que vous n’avez jamais entendu parler de Dieu ni de Sa miséricorde infinie. Je ne puis plus vous pardonner ces sentiments ; je vous prie d’en prendre l’horreur que vous devez et vous souvenir que tout le mal que vous avez fait n’est rien en comparaison de celui que vous faites en manquant de confiance ; espérez donc jusqu’au bout, je vous le commande par tout le pouvoir que vous m’avez donné sur vous-même (note *) : si vous m’obéissez sur ce point, je vous réponds de votre conversion. »

Note * : On l’aura compris, Saint Claude de La Colombière s’adresse ici à une âme qui lui a demandé d’être son directeur spirituel.

Sacré-Coeur gif

Et on pourra redire avec fruit l’acte d’offrande au Sacré-Coeur de Saint Claude > ici 

2017-7. Quelques réflexions pour comprendre ce que fut en réalité la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI. Articles à lire, relire, approfondir et méditer à l’occasion du 21 janvier.

Statue de Louis XVI - Chapelle Expiatoire

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »
(paroles attribuées à l’abbé Edgeworth de Firmont au moment de l’exécution du Roi)

Chaque année, la date du 21 janvier ramène l’anniversaire, terrible et magnifique, de l’assassinat de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Terrible !

- Terrible, parce que la date du 21 janvier 1793 n’est pas seulement celle de la mort injuste d’un homme bon et innocent (des hommes bons et innocents meurent chaque jour depuis les origines de l’humanité, et il en mourra encore chaque jour jusqu’à la fin des temps), comme s’il s’agissait uniquement d’une simple « bavure » – regrettable mais finalement anecdotique – liée aux déchaînement de passions ponctuelles, aujourd’hui dépassées.

- Terrible, parce que le régicide du 21 janvier 1793 doit être compris comme un événement majeur de l’histoire, non seulement de la France, mais de toute l’ancienne Chrétienté, mais de toute l’humanité.

- Terrible, parce que le 21 janvier 1793 est une date-clef pour comprendre les enjeux profonds d’une révolution qui avait commencé bien avant le 14 juillet 1789 et qui se continue et se perpétue avec un impitoyable déroulement logique.

- Terrible, parce que l’exécution de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI fut, dans sa réalité profonde, une sorte de sacrifice humain – prélude à des milliers d’autres – offert à Satan par les ennemis du Règne de Dieu, à fin de sceller dans le sang d’une victime innocente, pure et pieuse, la construction d’une « société nouvelle », tournant le dos aux desseins de Dieu et s’opposant radicalement aux plans du Rédempteur sur le monde.

- Terrible, parce que tant que les faux principes qui ont conduit à l’accomplissement sordide de cette liturgie sacrificielle impie célébrée le 21 janvier 1793 sur la « place de la révolution », présideront aux destinées de la France et empoisonneront les consciences individuelles autant que les pseudo institutions qui constituent les rouages de son fonctionnement aujourd’hui, la France ne pourra en aucune manière se relever mais dégringolera d’abîmes en abîmes, entraînant dans sa chute une grande partie de l’humanité.

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail

François-Joseph Bosio (1768-1845) : détail de la statue de Louis XVI à la Chapelle Expiatoire.

Magnifique !

- Magnifique, parce que, en face d’un déferlement de haine et de l’exacerbation des plus basses passions déchaînées, Sa Majesté le Roi Louis XVI, qui, par bien des côtés était un enfant de son siècle – et donc plus ou moins consciemment imprégné par les idées des pseudo « Lumières » – , a opéré une admirable croissance dans l’ordre de la grâce, jusqu’à parvenir non seulement à sa pleine stature de chrétien sur un plan personnel, mais jusqu’à atteindre sa pleine dimension de Roi Très Chrétien.

- Magnifique, parce que, par l’acceptation libre et responsable du sacrifice de sa vie, ce Souverain profondément attaché à la foi catholique et resté ferme pour la défendre, est arrivé à une authentique conformation au Christ Sauveur en Sa douloreuse Passion : offrant sa vie, pardonnant à ses bourreaux, priant pour que ce crime ne leur soit point imputé, suppliant pour que sa propre mort – sacrilège – ne fasse pas le malheur des peuples sur lesquels la divine Providence l’avait établi roi.

- Magnifique, parce que que nous croyons que Louis est un authentique martyr et que son sacrifice a déjà été, et sera encore, fécond dans l’ordre de la grâce, tant pour ses successeurs que pour le Royaume de France et pour la Sainte Eglise tout entière.

- Magnifique, parce que loin de nous enfermer dans une mélancolie passéiste, le souvenir de ce 21 janvier 1793, revivifié d’année en année, solennellement commémoré et religieusement célébré, entretient et nourrit en nous la formidable espérance d’une résurrection authentique de la monarchie sacrée, d’une reviviscence de la royauté capétienne de droit divin, d’une pleine restauration de la Légitimité, et d’un entier triomphe de la Couronne des Lys sur toutes les puissances infernales auxquelles la révolution a livré la France et le monde

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.  

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail 2

Articles à lire, relire, approfondir et méditer à l’occasion du 21 janvier :

1) Les dernières heures de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici
2) Le testament de Louis XVI > ici
3) « Louis XVI aux Français », complainte > ici
4) Allocution consistoriale du pape Pie VI sur le martyre de Louis XVI > ici
5) Oraison funèbre de Louis XVI prononcée devant le pape Pie VI > ici
6) Oraison funèbre de Louis XVI prononcée à la basilique Saint-Denys, le 21 janvier 2016, par le Rd. Père Augustin Pic, op. > ici
7) Messe de Requiem composée par Cherubini à la mémoire de Louis XVI > ici
8) Maximes et pensées de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici
9) Voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus > ici
10) La sainte icône représentant Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth, exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie > ici

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Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 20 janvier, 2017 |3 Commentaires »

2017-4. « Afin de lui inspirer une humilité salutaire, le Sauveur abandonna Pierre pour un temps. »

Premier sermon
de

notre glorieux Père Saint Augustin
sur
la chute de Pierre.

* * * * * * *

Rombouts Theodor - le reniement de Pierre

Theodor Rombouts (Anvers 1597 – Anvers 1637) :
le reniement de Pierre ["Liechtenstein Museum", Vienne (Autriche)]

A l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome, je livre à votre réflexion et méditation ce premier sermon de notre glorieux Père Saint Augustin sur la chute de Pierre : je le tiens en réserve depuis le printemps 2013 – « Qui potest capere capiat » – et crois utile aux âmes et aux intelligences de le publier finalement en ce jour.
Utile pour chacune de nos âmes qui, toujours exposées aux dangers que leur fait courir leur propre fragilité ont toujours davantage besoin, comme le Prince des Apôtres lui-même, de s’humilier pour se mieux relever ; utile aussi pour être moins exposés aux scandales et conserver au mieux la sérénité intérieure dans les difficiles circonstances actuelles de la vie de la Sainte Eglise…

* * * * * * *

« Afin de lui inspirer une humilité salutaire,
le Sauveur abandonna Pierre pour un temps. »

§ 1. La présomption de Pierre. 

De Saint Pierre, vous connaissez la sublime profession de foi au sujet de la divinité de Jésus-Christ ; vous savez aussi que, à la voix d’une servante, il renie Celui qu’il avait adoré.
Pour confondre sa présomption, le Sauveur lui avait dit : « Tu me renieras » (Matth. XXVI, 75) ; plus tard aussi, pour affermir son amour, Jésus-Christ lui posa cette question : « M’aimes-tu ? ». C’est donc au moment même où Saint Pierre chancelait dans sa foi, qu’il présuma le plus de ses propres forces.

Le Psalmiste avait depuis longtemps formulé ce reproche : « Ceux qui mettent leur confiance dans leur vertu » (Ps. XLVIII, 7). Pierre méritait donc qu’on lui fît l’application de ces autres paroles : « J’ai dit dans mon abondance : jamais je ne me laisserai ébranler » (Ps. XXIX, 7). Dans son abondance, il avait dit au Sauveur : « Je suis avec Vous jusqu’à la mort » (Luc XXII, 33) ; dans son abondance, il avait dit : « Jamais je ne me laisserai ébranler ».

Toutefois Jésus-Christ, en Sa qualité de suprême Médecin, savait mieux que le malade lui-même ce que réclamait sa maladie. Ce que font les médecins dans les maladies du corps, Jésus-Christ peut le faire dans les maladies de l’âme.
Qu’importe, après tout, au malade, que le médecin lui rende toujours raison du traitement qu’il lui applique ? Le malade peut connaître les souffrances qu’il supporte ; mais quand il s’agit de décider si la maladie est dangereuse, d’en connaître les causes, et de juger de l’efficacité des remèdes, c’est l’oeuvre propre du médecin qui, après avoir examiné le corps, reste libre de communiquer à son malade les raisons du traitement qu’il lui applique.

Quand donc le Seigneur dit à Pierre : « Tu Me renieras trois fois », Il prouvait à Pierre qu’Il avait sondé son coeur.
Or, les prévisions du médecin se réalisèrent, et la présomption du malade se trouva confondue.

§ 2. Sa chute fut salutaire à Pierre parce qu’elle le fit entrer dans la voie de l’humilité.

Continuons à étudier dans le même psaume les révélations que nous fait le Saint-Esprit.
Après avoir dit : « Dans mon abondance, je ne me laisserai jamais ébranler », le Psalmiste, se reprochant d’avoir ainsi présumé de ses propres forces, s’empresse d’ajouter : « Seigneur, par l’effet de Votre volonté, Vous avez ajouté la force à ma beauté ; Vous avez détourné Votre face, et je suis tombé dans le trouble et la confusion » (Ps. XXIX, 8).
Que dit-il ?
Ce que j’avais ne venait que de Vous, et je croyais ne le tenir que de moi ; « mais Vous avez détourné Votre face » ; Vous avez repris ce que Vous m’aviez donné et « je suis tombé dans le trouble et la confusion » ; en Vous retirant de moi, Vous m’avez montré ce que je suis par moi-même.

Ainsi donc, afin de lui inspirer une humilité salutaire, le Sauveur abandonna Pierre pour un temps.
Jésus le regarda ensuite, et Pierre versa des larmes amères, comme parle l’Evangile ; c’est ainsi que s’accomplit la prédiction du Sauveur.

Que lisons-nous ? « Le Seigneur regarda Pierre, et celui-ci se souvint » (Luc XXII, 61).
Si Jésus-Christ ne l’eût pas regardé, Pierre aurait tout oublié. « Le Seigneur regarda Pierre, et celui-ci se souvint que Jésus lui avait dit : avant que le coq chante, vous Me renierez trois fois, et, étant sorti, il pleura amèrement » (Ibid. 62).
Pour laver le crime de son reniement, Pierre avait donc besoin du baptême des larmes. Mais ce baptême lui-même il n’aurait pu l’avoir si Dieu ne lui en avait fait la grâce.

Rombouts Theodor - reniement détail

Theodor Rombouts : le reniement de Pierre (détail)

2016-94. Se préparer à entrer dans le mystère de Noël avec la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin (Madame Louise de France).

23 décembre.

En ce jour anniversaire du rappel à Dieu de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, qui avait été dans le siècle Madame Louise de France, fille de Sa Majesté le Roi Louis XV (voir ici > Princesse et carmélite),  nous pouvons nous servir de l’une des méditations qu’elle a elle-même écrite pour se préparer à la fête de la Nativité de Notre-Seigneur, afin de mieux disposer nos âmes, nos coeurs et nos esprits à entrer dans la véritable dimension spirituelle du mystère de Noël, et à en vivre plus intensément.

Vénérable Thérèse de Saint-Augustin

La Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, carmélite,
qui avait été dans le siècle Madame Louise de France.

« Qu’un Prince puissant descendît de son trône pour venir se confondre dans les derniers rangs de ses sujets, s’asseoir à leur table, partager leur indigence, et essayer de leur rendre le fardeau de la pauvreté plus supportable, en le portant avec eux ; quelles impressions profondes d’amour et de vénération laisserait dans tous les coeurs le spectacle ou le récit d’un tel héroïsme de générosité !
Pour être plus accoutumés aux prodiges de la miséricorde divine, devons-nous en être moins touchés ? 
Ah ! Plutôt que de permettre, Seigneur, que je me rende coupable d’une ingratitude aussi monstrueuse, donnez-moi de recueillir dans mon âme toute la reconnaissance que l’univers vous doit.

Parmi les réflexions qui viennent tumultueusement se présenter à mon esprit, à la vue de Jésus naissant, cinq objets doivent principalement fixer le désir qu’il veut bien m’inspirer, de lui préparer dans mon coeur une demeure digne de lui.

1 – Son amour infini pour moi.
J’étais présente à ses yeux, dès les premiers moments d’un sacrifice qui a commencé avec l’éternité. Il a daigné pourvoir à tous mes besoins. Pas une de mes misères qui ait échappé au dessein qu’il a formé, de venir lui-même apporter aux plaies du genre humain, les seuls remèdes que pût admettre la justice irritée de son Père ! Les intérêts de sa propre gloire, les ignominies et les besoins de cette chair mortelle qu’il n’a pas dédaigné de revêtir, pour m’élever jusqu’à lui, en s’abaissant jusqu’à moi, rien n’a pu l’arrêter.
O Amour ! qui faites disparaître dans une Dieu tout ce qu’il doit à sa grandeur, échapperez-vous au juste retour dont je me sens redevable ? Ne dois-je pas me donner sans partage à celui qui vient se donner tout entier à moi ?

2 – Sa miséricordieuse charité.
C’est pour tous les hommes, c’est pour les délivrer tous de l’esclavage du péché, pour leur ouvrir à tous l’entrée du Ciel qu’il paraît sur la terre ; j’étais comprise dans cette multitude innombrable de pécheurs qu’il avait la vue et le désir de sauver. Mes infidélités à sa grâce qu’il prévoyait, n’ont pas mis d’obstacle à la générosité de ses démarches pour moi. Sa charité, comme me l’apprend son Apôtre, s’est manifestée en ma faveur, malgré toute mon indignité. Combien ce regard de bonté d’un Dieu naissant doit-il m’apprendre à renfermer dans ma charité ceux-mêmes qui me paraissent si souvent la moins mériter !

3 – Ses profondes abjections.
En quel état paraît à mes yeux le Roi des Rois, le Dieu de l’univers, le dominateur suprême du Ciel et de la terre ! Quelle escorte va l’environner dans la crèche ! Une étable sera son palais ; une cabane exposée à toutes les injures de l’air sera son asile ; de pauvres bergers composeront sa cour, le souffle de deux animaux sera l’unique adoucissement à ses premières souffrances ; telle est l’image abrégée de l’anéantissement auquel il s’est condamné pour moi.
Puis-je croire cette vérité et souffrir encore que mon coeur soit susceptible de cet orgueil qui est le poison de toute la grandeur humaine. En peut-il être d’autre pour une âme chrétienne, que celle qui lui donne une conformité parfaite avec Jésus anéanti dans la crèche ? Qu’il est grand, ce Dieu caché, malgré le voile d’abjection qui le couvre à mes yeux ! Que je serai grande moi-même, quand je m’efforcerai de me rabaisser en sa présence !

4 – Son état d’infirmité et de souffrances.
Jésus les embrasse dès sa naissance, pour m’apprendre à sanctifier les miennes, pour m’y fortifier, et pour m’y consoler. Mais, si le Saint des Saints accepte déjà dans un corps innocent ce douloureux partage, puis-je ne pas m’estimer heureuse des traits de ressemblance qu’il me fournira lui-même dans mille circonstances, où je pourrai unir mes souffrances aux siennes. En qualité de chrétienne et de pécheresse, je suis condamnée à la mortification et à la pénitence. La leçon qu’il me présente dans son berceau est un nouveau motif pour moi de me crucifier dans mes sensualités, et encore plus dans ma volonté propre. Plus je trouve de facilités à la satisfaire, plus j’apprendrai, dans ce premier sacrifice de Jésus naissant, à m’immoler dans tout ce que j’ai de plus intime pour les sens, pour l’esprit et pour le coeur.

5 – L’étendue de ses satisfactions.
C’est un Dieu qui me prévient, qui me recherche, qui paye pour moi à la justice de son Père. Que pourrais-je craindre avec une caution d’une valeur et d’une vertu aussi efficaces ? Je porterai à ses pieds bien des misères qu’il connaît, et dont il compassion, mais qu’il est disposé à me pardonner, dès que je les détesterai toutes, dès que je n’en aimerai aucune. Indépendamment de tant de promesses miséricordieuses, qu’il m’a adressées tant de fois, ne s’offrira-t-il pas aux yeux de ma foi, avec tous les charmes qui peuvent lui attirer toute ma confiance ?
Non, il ne viendra point à moi en juge, ni en vengeur, mais en Sauveur et en Père. Je me hâterai donc de me jeter entre les bras qu’il daigne me tendre ; je recueillerai avec ardeur ses soupirs ; je le conjurerai d’être mon Jésus et mon libérateur, à l’appui de ces tendres sentiments que je solliciterai au premier trône de son indulgence ; que ne trouverai-je pas de ressources auprès d’un coeur qui ne désire que la pleine confiance du mien.

Ce mystère d’un Dieu naissant, doit donc ranimer tout mon amour pour lui, servir de règle à ma charité pour le prochain, rectifier tous mes jugements et toute ma conduite sur ce qui fait la véritable grandeur, soutenir mon courage dans l’usage de la pénitence chrétienne, réveiller et confirmer toute ma confiance aux miséricordes si étendues, dont la crèche est la dépositaire.
Je demanderai donc avec un redoublement de ferveur, proportionné à tous mes besoins, ces heureux fruits de la fête qui approche ; je purifierai mon âme avec la plus exacte sincérité ; j’y ajouterai avec toutes les protestations de ma douleur, les promesses les plus sincères de ma fidélité future ; je réunirai tous mes désirs les plus ardents et les plus empressés pour attirer les grâces de ce divin Enfant.
Mille fois je lui réitérerai ma consécration entière à son service, ma dépendance, ma gratitude et mon amour.
Venez, lui dirai-je, venez, Auteur de tous les biens, répandez-les dans mon âme ; en la visitant, faites-lui goûter combien il est doux de vous aimer et d’être aimée de vous. Communiquez-moi ces saintes ardeurs dont le coeur de votre sainte Mère était pénétré ; faites passer dans le mien ce feu céleste qui en consume toutes les froideurs ; remplissez-moi de cet esprit de foi, de cette fervente piété, qui accompagnaient ce saint Roi, mon Patron, à votre divin banquet ; qu’il n’y ait rien en moi qui ne se ressente de ces profonds hommages que vous rendirent à la crèche les esprits bienheureux dont elle était investie ; couronnez enfin, ô Dieu naissant ! tous vos bienfaits par cette paix que vous apportez à la terre ; qu’elle règne en moi, comme un gage de votre grâce et de votre clémence ; et qu’elle y persévère par la confiance de ma fidélité et de mon amour !
Le péché seul peut m’en priver. Ah ! Que jamais il ne trouble, il ne ravisse un trésor dont la possession m’est plus chère que tous les biens de ce monde, que ma vie-même.
C’est, ô mon Jésus ! ce que je vous demande, et c’est ce que je ne cesserai de penser, et désirer jusqu’au dernier soupir ; il sera un soupir d’amour pour vous. »

Relique de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin

Relique de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin.

Quelques autres textes pour se préparer spirituellement à Noël :

- Préparation au mystère de la Nativité avec Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix > ici
- « Chemin de Bethléem, école d’oraison » (Frère Maximilien-Marie) > ici

2016-87. Où à l’occasion de la fête de Saint Nicolas, Maître-Chat Lully publie quelques images anciennes liées à cette fête.

6 décembre,
Fête de Saint Nicolas de Myre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous avons une grande dévotion pour Saint Nicolas de Myre : nous honorons en lui tout à la fois le grand défenseur de la foi de Nicée contre l’hérésie arienne, le coeur immensément charitable qui s’ingénia à soulager les misères matérielles et morales, le thaumaturge dont l’intercession suscita de prodigieux miracles, mais aussi le personnage si populaire dans la Chrétienté auquel se rattachèrent de pieuses légendes devenues inséparables de son culte, quand bien même leur historicité semble infondée…

En ce saint temps de l’Avent – qui même s’il n’est pas chargé par autant d’austérités que le Carême demeure toute de même un temps de pénitence et d’ascèse – , la fête de Saint Nicolas est une pause pendant laquelle nous nous laissons aller à une espèce de joie enfantine débordante : notre Frère Maximilien-Marie fredonne – ou parfois même chante à tue-tête – quasi toute la journée avec une mine ravie la célèbre légende de Saint Nicolas (à certains moments, il esquisse même des pas de danse !), et moi j’ai toujours droit à une friandise dont je me pourlèche les moustaches !!!

Je ne vous étonnerai sans doute pas si je vous dis que, dans les réserves d’images de Frère Maximilien-Marie, les représentations de Saint Nicolas sont très nombreuses.
Alors aujourd’hui, juste pour le plaisir, j’en ai extrait sept parmi les plus anciennes : en l’occurrence, il y a quatre cartes postales du début du XXe siècle et trois images en chromolithographie.
Leur naïveté m’enchante et j’espère que la reproduction que j’en fais ci-dessous vous plaira : c’est mon cadeau à votre intention pour la Saint Nicolas !

Puissent ces images de jadis faire briller en vos yeux, et plus encore en vos coeurs, des étoiles d’enfantine allégresse…

St Nicolas 2016-87 1

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St Nicolas 2016-87 2

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St Nicolas 2016-87 3

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St Nicolas 2016-87 4

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St Nicolas 2016-87 5

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St Nicolas 2016-87 6

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St Nicolas 2016-87 7

Comme vous l’avez remarqué, cette dernière carte postale met en scène un extrait de la légende de Saint Nicolas, avec des enfants costumés…
Comme je regrette que nous n’en possédions pas tous les épisodes, car cette carte devait, selon toute vraisemblance, appartenir à une série illustrant l’antique comptine !
Allez ! Pour terminer, vous la chanterez bien en entier avec nous :

Image de prévisualisation YouTube

Bonne et belle fête de Saint Nicolas !

pattes de chatLully.

St Nicolas gif

2016-84. « Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité. »

1916 – 1er décembre – 2016

Sacré-Coeur Foucauld

Centenaire de la mort
du

Bienheureux Charles de Jésus
prêtre du diocèse de Viviers
& ermite au Sahara

Bienheureux Charles de Foucauld

Sacré-Coeur Foucauld

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce 1er décembre 2016 nous donne la grâce de célébrer le centenaire de la mort du Bienheureux Charles de Jésus (plus connu sous le nom de Charles de Foucauld), au soir du 1er décembre 1916, premier vendredi du mois, spécialement dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus pour lequel le Père avait une si profonde dévotion, et dont il portait l’image stylisée sur la poitrine.

Vous savez tous qu’au Mesnil-Marie - ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le raconter dans les pages de ce blogue – , nous avons un grand amour pour le Bienheureux Charles de Jésus, duquel nous avons l’immense bonheur de posséder une relique dont j’ai publié la photographie à l’occasion du 110e anniversaire de son ordination ainsi que l’an dernier à cette même date (cf. > ici et > ici).

Dans sa méditation  sur le verset « ayant incliné la tête, Il remit l’esprit » (Johan. XIX, 30), le Père de Foucauld avait écrit ces lignes prophétiques :
« Mon Seigneur Jésus, Vous êtes mort et mort pour nous ! Si nous avions vraiment la foi en cela, comme nous désirerions de mourir, et de mourir martyrs, comme nous désirerions de mourir dans les souffrances, au lieu de les craindre ! Quel que soit le motif pour lequel on nous tue, si nous, dans l’âme, nous recevons la mort injuste et cruelle comme un don béni de Votre main, si nous Vous en remercions comme d’une douce grâce, comme d’une imitation bienheureuse de Votre fin… alors, quel que soit le motif qu’on a de nous tuer, nous mourrons dans le pur amour et notre mort Vous sera un sacrifice de très agréable odeur, et si ce n’est pas un martyre dans le sens strict du mot et aux yeux des hommes, c’en sera un à Vos yeux, et ce sera une très parfaite image de Votre mort et une fin très amoureuse qui nous conduira droit au ciel ».
Et dans ses notes spirituelles de 1895, il avait noté ces paroles également prophétiques :
« Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué… et désire que ce soit aujourd’hui… Considère que c’est à cette mort que doit aboutir toute ta vie. »

Cimetière de Tamanrasset - tombes de Laperrine et du P. de Foucauld

Cimetière de Tamanrasset :
on y voit, en avant du bordj devant lequel le Père de Foucauld fut assassiné le 1er décembre 1916, le mausolée du général François-Henry Laperrine d’Hautpoul (+ 5 mars 1920) en forme d’obélisque, derrière la première tombe du Bienheureux Charles de Jésus (son corps a par la suite été déplacé pour être enseveli à El-Goléa près de l’église des Pères Blancs).

Sacré-Coeur Foucauld

Cependant je ne veux pas, aujourd’hui, vous faire le récit de la mort du Bienheureux Charles de Jésus : d’autres l’ont fait bien mieux que moi, et il est facile de retrouver ces textes.
En revanche j’ai choisi de porter à votre connaissance deux textes de Son Excellence Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers, remarquable par son intelligence spirituelle et par sa profondeur surnaturelle : c’est lui qui, comprenant la vocation particulière de Charles de Foucauld, accepta de l’incardiner dans le diocèse de Viviers et lui fit conférer les Ordres sacrés. De fait, le Père de Foucauld entretiendra toujours avec lui une relation filiale et affectueusement reconnaissante.
Ces deux lettres de Monseigneur Bonnet sont adressées à Madame Raymond de Blic, soeur du Père de Foucauld, et constituent un remarquable témoignage spirituel (je me permets de mettre en caractères gras quelques expressions qui me paraissent spécialement importantes).

« Evêché de Viviers, 17 janvier 1917.

Madame,

le deuil qui vous afflige m’atteint trop douloureusement pour que je m’abstienne d’unir aux vôtres mes légitimes et profonds regrets.
J’ai le sentiment bien vif de ce que vous perdez en la personne du révérend Père de Foucauld. J’ai peu connu, dans ma longue vie, d’âmes plus aimantes, plus délicates, plus généreuses et plus ardentes que la sienne, et j’en ai rarement approché de plus saintes. Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité.
Vous savez mieux que moi quelle prise avaient sur son coeur et quelles ardeurs y allumaient les grandes et saintes amours de l’Eglise, de la patrie, de la famille ; vous savez à quel point fut héroïque son zèle pour le salut des âmes : son départ pour le ciel sera, pour les contrées dont il préparait si habilement et si courageusement le retour à la foi, un irréparable malheur, à moins que le sang qui vient de les arroser ne leur soit une semence de chrétiens.
Je ne me consolerais pas de ce malheur qui vous frappe, si je ne songeais que votre cher et vénéré martyr est plus vivant que jamais, qu’il a cessé de souffrir, mais qu’il n’a pas cessé de nous aimer ; qu’il est plus près de Dieu, plus puissant sur son coeur, et qu’il l’incline vers l’Eglise affligée, vers la France meurtrie, vers mon diocèse qui l’implore, vers sa famille qui le pleure.
Veuillez agréer, Madame, l’hommage de mes respectueuses et bien vives condoléances.

+ J.M. Frédéric,                         
Evêque de Viviers. »    

La seconde lettre – un billet plutôt – , datée du jour de la Toussaint 1917 est un remerciement pour l’image memento que Madame de Blic avait envoyée au saint prélat :

« Evêché de Viviers, 1er novembre 1917.

Cette précieuse image ne pouvait m’arriver plus opportunément que le jour où ma pensée le cherche, pour lui adresser un ardent souvenir et une fervente prière, dans l’immense légion de saints que l’Eglise propose aujourd’hui à notre particulière intention.
Ce culte public que je lui rends aujourd’hui d’une façon collective, je le lui rends tous les jours dans le secret de mon âme : je lui dois tant ! Il a si souvent efficacement prié pour mon diocèse et pour moi durant sa vie, et je dois taire tout ce qu’il m’a accordé de faveurs depuis qu’il est plus près de Dieu. »

Monseigneur Bonnet évêque de Viviers

Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers,
détail de son cénotaphe dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers.

A l’exemple du grand et saint évêque de Viviers qui nourrissait une si fervente dévotion pour celui qu’il avait amené au sacerdoce, et qui en raison de cela le considérait comme un véritable père en Dieu, que s’accroisse en nos coeurs notre ferveur envers celui qui « débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité », le Bienheureux Charles de Jésus, auquel nous recommandons nous aussi « l’Eglise affligée et la France meurtrie », en sus de toutes nos intentions particulières, sûrs de la puissance de son intercession…

Lully.

Armoiries de Mgr Bonnet

Armoiries de S. Exc. Mgr. Bonnet
(détail d’une verrière du choeur de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers)

2016-83. « Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

24 novembre,
Fête de Saint Jean de la Croix.

Saint Jean de la Croix - Avila monastère de l'Incarnation

Saint Jean de la Croix
(Avila, monastère de l’Incarnation)

A l’occasion de la fête de Saint Jean de la Croix, voici une page remarquable de Gustave Thibon : il s’agit du commencement d’une conférence que le philosophe avait intitulée « Saint Jean de la Croix et le monde moderne ». Le philosophe y fait ressortir, avec sa décapante pertinence accoutumée, à quel point la doctrine spirituelle du « Docteur mystique » nous est nécessaire et salutaire…

« Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

« Ce n’est pas sans une grande confusion intérieure que j’ose parler de Jean de la Croix. Je crains de ne vous apporter que des mots. Est-il possible de commenter un tel message sans le vivre intérieurement ? Je songe avec angoisse aux profondes vérités spirituelles qui nous ont été révélées par les sages, les prophètes et les saints. Tout ce que l’homme pouvait dire de Dieu, il l’a dit : les secrets de l’amour et de la vie éternelle traînent dans des livres que nous avons tous lus. Et ces choses que nous savons tous, nous les vivons si peu… C’est là un scandale dont l’habitude seule nous empêche de mesurer l’étendue.
Que je vous entretienne ce soir de Jean de la Croix, que vos esprits et le mien baignent pendant une heure dans ces certitudes nourricières qui sont l’âme de notre destin, et que nous retournions, vous et moi, avec le même coeur charnel empli des mêmes vanités, voilà bien la meilleure preuve du péché originel et du désordre profond installé dans notre nature.
Celui qui n’a pas médité anxieusement sur ce manque de force attractive des vérités suprêmes, sur cette inertie du verbe divin en nous, ne sait rien de la bassesse et de la malice de l’homme.
Il ne sert de rien d’invoquer ici notre faiblesse – nous savons être forts pour conquérir les choses d’en-bas – , ni notre égoïsme : un être fini ne peut pas être absolument égoïste, et nous nous immolons tous les jours aux objets les plus pauvres et les plus caducs. Quels sacrifices ne fait pas l’avare pour un peu d’or, ou l’ambitieux pour de vains honneurs !
Nous ne sommes lâches que devant Dieu.
Nous ne sommes ni faibles, ni égoïstes, nous sommes idolâtres.

Jean de la Croix est le grand médecin de l’idolâtrie, tout simplement parce qu’il croit en Dieu au sens fort, au sens vivant du mot. Etymologiquement « croire » signifie prêter, confier. Celui qui croit se confie à Dieu.
La doctrine de Jean peut se résumer en deux mots : tout et rien. Dieu est tout et la créature n’est rien. Plus que cela : il faut que la créature ne soit rien pour tout recevoir. Dieu, qui peut tout, ne travaille en quelque sorte qu’à partir du néant. Nous étions néant quand Dieu nous a appelés à la vie naturelle, il faut que nous redevenions néant pour recevoir dans sa plénitude la vie surnaturelle. C’est le sens du mot de Jésus à Nicodème : « Si l’homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».
Mais avant de renaître, il faut mourir. Nos échecs, nos lenteurs et nos reculs dans la voie divine procèdent de ce que nous n’avons pas fait le vide en nous, de ce que nous n’avons pas renoncé pour Dieu à tout ce qui n’est pas Dieu. Nous sommes des mendiants aux mains pleines… 
« Toute la beauté des créatures est souveraine laideur devant la beauté infinie de Dieu… Toute la grâce, tout le charme des créatures est matière insipide et répugnante en face de la beauté divine… Tout ce que les créatures du monde renferment de bonté n’est que suprême malice en présence de la bonté divine. Dieu seul est bon… Toute la sagesse du monde n’est que pure et souveraine ignorance devant la sagesse de Dieu… Toute la puissance, toute la liberté du monde n’est que servitude, détresse et captivité, vis-à-vis de la liberté et de la domination divines… » « Ne donnez rien aux créatures si vous voulez garder la face de Dieu présente, claire et pure en votre âme… Dieu et les créatures ne se ressemblent pas. »

Il faut choisir. On ne peut pas poursuivre à la fois le néant et l’absolu. Ces créatures qui ne sont rien, il faut que nous les traitions comme rien.
Le rien… Dans ce monde en délire, où tous les appuis naturels nous manquent à la fois, nous sommes mieux placés que jamais pour sonder le vide de tout le créé.
Biens matériels, liberté, sécurité, vie, patrie, êtres chers, tout ce que nous aimons est vertigineusement précaire et menacé, notre coeur de chair saigne par toutes ses fibres, le rien déborde de toutes parts sur le monde… Excellente préparation extérieure à l’enseignement de Jean de la Croix.
Mais à quoi sert que le rien déferle autour de nous, si nous gardons dans nos âmes les racines des affections dont l’objet nous est ravi ?
Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

Gustave Thibon,
« Saint Jean de la Croix et le monde moderne »
in « Ils sculptent en nous le silence » -Ed. François-Xavier de Guibert, 2003, pp. 29-32.

Christ en croix dessiné par Saint Jean de la Croix

Christ en croix dessiné par Saint Jean de la Croix

Sur Saint Jean de la Croix, voir aussi dans ce blogue :
– Résumé biographique et poème « C’est de nuit » > ici
– Bande dessinée : « Libérer le vol de l’âme » > ici

2016-81. De Saint Georges, premier évêque du Velay, et du bâton miraculeux de Saint Pierre.

Vendredi 11 novembre 2016,
Fête de Saint Martin de Tours (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Point n’est besoin que je vous explique une fois de plus de quelle dévotion nous entourons les saintes reliques (cf. > ici) ; aussi, après vous avoir raconté mon propre pèlerinage auprès de celles de Saint Antoine le Grand (cf. > ici), vais-je vous expliquer comment Frère Maximilien-Marie, après quelques mois de recherche, a pu, ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi, voir le bâton miraculeux de l’apôtre Saint Pierre

St Pierre -détail d'un vitrail de C.E. Kempé - église St-Jacques Hunstanworth, comté de Durham

Le premier évangélisateur et premier évêque du Velay se nommait Georges : selon la tradition, il était du nombre des septante-deux disciples de Notre-Seigneur et, en même temps que Front, qui deviendra le premier évêque de Périgueux, il fut envoyé dans les Gaules par Saint Pierre.
Alors que nos deux missionnaires étaient en route et qu’ils étaient arrivés près du lac de Bolsena, à plus de 27 lieues au nord de Rome, Georges mourut subitement. Son compagnon, Saint Front, repartit pour Rome où Saint Pierre lui remit son bâton de marche, lui demandant de le déposer sur la tombe du défunt.
Par l’imposition du bâton de Saint Pierre, Saint Georges fut rendu à la vie, et ce miracle fut d’ailleurs la cause de nombreuses conversions dans la région de Bolsena.

L’apostolat des deux missionnaires se déploya surtout dans la Gaule Aquitaine (province romaine qui était beaucoup plus vaste que ce que nous appelons aujourd’hui l’Aquitaine puisqu’elle englobait, par exemple, le Velay et le Berry). Saint Front s’établit en Périgord et Saint Georges travailla à l’évangélisation du Velay.
On admet habituellement – car tous les historiens ne sont pas d’accord – qu’il fixa son siège épiscopal à Ruessio (ou Ruessium), qui était alors la principale cité des Vellaves, et qui est aujourd’hui la petite ville de Saint-Paulien.

C’est dans le temps de l’apostolat de Saint Georges, en l’an 45 de notre ère, qu’eut lieu la première apparition de Notre-Dame qui est à l’origine du pèlerinage du Puy, ainsi que cela a été raconté dans ce blogue (cf. > ici).

Avant de se séparer, Saint Front et Saint Georges s’étaient partagés le bâton de Saint Pierre, et jusqu’à la grande révolution la moitié du bâton miraculeux fut pieusement conservée et vénérée dans l’église collégiale de Saint-Paulien

Statue de Saint Georges - église de Saint-Paulien

Saint Georges, fondateur de l’Eglise du Velay et son premier évêque
(statue dans l’église de Saint-Paulien).

Saint Georges évangélisa le Velay pendant de nombreuses années et, bien qu’il eut parfois à endurer de violentes oppositions de la part des païens, il mourut (une deuxième fois) sans avoir subi le martyre : il fut inhumé sur le Mont Anis, près du lieu que la Sainte Mère de Dieu avait désigné pour y être honorée et où Saint Martial  (cf. > ici) était venu consacrer le premier autel (là où est aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay) et apporter une des chaussures de la Très Sainte Vierge Marie.

Plus tard, au-dessus du tombeau de Saint Georges, fut construite une église, qui devint ensuite collégiale, puis aujourd’hui la chapelle Saint-Georges du grand séminaire du Puy.

Résurrection de Saint Georges - tableau du XVIIe s église de Saint-Paulien

Saint Front rendant la vie à Saint Georges en lui imposant le bâton de Saint Pierre
(tableau du XVIIe siècle dans l’église de Saint Paulien).

Je me demandais si, comme – hélas ! – un très grand nombre de précieuses reliques, et comme d’ailleurs l’autre moitié du bâton de Saint Pierre emportée en Périgord par Saint Front, la partie de ce bâton conservée à Saint-Paulien avait été détruite ou perdue lors de la grande révolution, jusqu’à ce que l’un de nos amis prêtres nous eût informés que non.
Soustrait aux pillages et profanations révolutionnaires par un prêtre de Saint-Paulien, le bâton de Saint Pierre fut remis par lui aux « Demoiselles de l’instruction » (congrégation fondée au Puy au XVIIe siècle sous l’impulsion d’Anne-Marie Martel et des prêtres de Saint-Sulpice qui dirigeaient le séminaire) – appelées aujourd’hui Soeurs de l’Enfant Jésus - , après la tourmente et conservé dans leur couvent du Puy.

Tout au long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, les élèves des « Demoiselles de l’instruction » étaient invités à entourer de vénération la relique du bâton de Saint Pierre.
Mais, après « LE concile » (!!!), cette dévotion disparut du paysage religieux vellave : l’histoire de Saint Georges fut reléguée par beaucoup au nombre des pieuses légendes sans fondement, ceux qui conservèrent son culte placèrent son existence au troisième siècle et non plus à l’âge apostolique, et les reliques – souvent suspectées d’être fausses ou douteuses, voire même accusées de favoriser la « superstition » (ne croirait-on pas entendre les sans-culottes et les patriotes de l’an II ?) – furent remisées au fond des placards de sacristie, quand elles ne furent pas brûlées ou cédées aux brocanteurs…

Vitrine renfermant le bâton de Saint Pierre - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Vitrine dans laquelle sont exposés le bâton de Saint Pierre et un buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Fort heureusement, le bâton de Saint Pierre – même s’il avait été mis à l’écart de la dévotion populaire – ne fut ni détruit ni perdu lors de cette seconde grande révolution qui a ravagé la Sainte Eglise après les années 60 du précédent siècle !

Après avoir interrogé plusieurs personnes, dont quelques prêtres parmi lesquels certains ignoraient tout de cette « légende » et d’autres en sourirent avec condescendance, au terme d’un véritable jeu de piste, Frère Maximilien-Marie finit par apprendre que le bâton de Saint Pierre se trouve actuellement dans l’une des vitrines d’une salle d’exposition présentant l’histoire et les souvenirs de la fondation des « Soeurs de l’Enfant Jésus » – salle d’exposition très rarement ouverte au public – dans la vieille ville du Puy.

Mais une chose était de savoir où se trouvait la relique, autre chose était de parvenir jusqu’à elle !

Appels téléphoniques réitérés en vue d’obtenir un rendez-vous, renvois d’une personne à une autre, demandes restées sans réponse précise ou se heurtant à une demande de rappel ultérieur : ainsi en fut-il pendant cinq mois.
Enfin, il y a quelques jours, frère Maximilien-Marie eut-il la joie de trouver une personne qui consentit à lui ouvrir les portes de la salle où se trouve ladite exposition quasi jamais ouverte au public, et qui lui donna rendez-vous pour ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi…

…Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 2

Relique du bâton de Saint Pierre et  feuillet manuscrit racontant l’histoire de ce bâton
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Comme nous ne croyons pas au hasard, mais aux mystérieuses dispositions de la Providence (« Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur » ainsi que le proclame l’admirable oraison du septième dimanche après la Pentecôte), nous n’avons pas manqué de remarquer que le 9 novembre en fin d’après-midi, c’est justement le moment où l’Eglise diocésaine du Puy entonne les premières vêpres de la fête de Saint Georges, son fondateur et premier évêque (fête double de première classe avec octave, dans la liturgie traditionnelle), puisque sa fête est célébrée à la date du 10 novembre !

Redisons-le donc : Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 3

Relique du bâton de Saint Pierre : seule partie visible de ce bâton extraite de sa housse
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Vous pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes, grâce aux photographies dont j’accompagne ce texte, puisque notre Frère a eu la permission de réaliser quelques clichés, ce bâton de Saint Pierre se trouve au milieu d’objets divers : livres de piété des XVIIe ou XVIIIe siècles dont usaient les « Demoiselles de l’instruction », documents relatifs à l’histoire de la congrégation,  reliquaires…

Cette moitié du bâton de Saint Pierre doit mesurer entre 70 et 80 centimètres ; elle est placée dans une housse de soie violette avec des motifs jaune d’or et on n’en voit que l’extrémité qui a été tirée hors de la housse.
Le bâton lui-même est de couleur noire ; à son extrémité lui est attaché un ruban de soie bleue, mais notre Frère n’a pas pu voir si ce ruban portait un sceau ; plusieurs feuillets de papier sur lesquels un texte est écrit sont enroulés autour du bâton à l’ouverture de la housse de soie ;  un feuillet manuscrit très endommagé, en partie déroulé, a été placé en dessous du bâton (le texte qui y est calligraphié a été retranscrit sur la feuille imprimée, enfilée dans une pochette plastique, que l’on voit à droite), il raconte les traditions concernant Saint Georges et le bâton de Saint Pierre.

Relique du bâton de Saint Georges 1

Relique du bâton de Saint Pierre dans sa vitrine
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Pour terminer mon compte-rendu de ce soir, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je me contenterai de vous transcrire la traduction que j’ai faite de l’oraison propre de Saint Georges, telle que je l’ai trouvée dans un exemplaire des offices propres du diocèse du Puy, vous invitant ainsi à entrer vous aussi dans le courant multiséculaire de dévotion envers l’apôtre et le premier évêque du Velay :

« O Dieu qui nous avez faits parvenir à la connaissance de Votre Nom par les enseignements salutaires du Bienheureux Georges, dans Votre bienveillance accordez-nous que, ayant conservé la foi dans son intégrité, persévérant jusqu’à la fin dans la pratique des bonnes oeuvres, nous méritions de parvenir aux éternelles récompenses des vertus. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur, Votre Fils, qui, avec Vous vit et règne dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Reliquaire de Saint Georges - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Litanies de Saint Martin, évêque de Tours et apôtre des Gaules.

Eglise de Saint-Epain (37) - Saint Martin

Saint Martin
(détail d’une verrière de l’église de Saint-Epain, diocèse de Tours)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, Pasteur de la province de Tours, priez pour nous.
Saint Martin, généreux soldat de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, parfait modèle des guerriers, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez su mépriser les biens et les plaisirs du monde, priez pour nous.
Saint Martin, qui n’étant encore que catéchumène, vous êtes dépouillé d’une partie de vos vêtements pour en couvrir un pauvre, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes un modèle de sobriété et d’abstinence, priez pour nous.
Saint Martin, qui ne parliez que de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, homme d’oraison, priez pour nous.
Saint Martin, ami de la pauvreté, priez pour nous.
Saint Martin, qui consoliez les affligés, priez pour nous.
Saint Martin, qui défendiez les opprimés, priez pour nous.
Saint Martin, homme vraiment apostolique, priez pour nous.
Saint Martin, qui supportiez les injures avec tant de patience, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été embrasé du feu de la charité, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez opéré tant de merveilles, priez pour nous.
Saint Martin, qui, sur la terre, avez conversé avec les Anges, priez pour nous.
Saint Martin, gloire du sacerdoce, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez si bien prêché par votre exemple l’humilité et la douceur, priez pour nous.
Saint Martin, pontife admirable, priez pour nous.
Saint Martin, la joie et le bonheur de l’Église, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été tout à la fois évêque et solitaire, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes l’apôtre des Gaules comme Saint Paul le fut des Gentils, priez pour nous.
Saint Martin, qui, en célébrant les saints mystères avez été environné d’une lumière miraculeuse, priez pour nous.
Saint Martin, qui portiez partout la bonne odeur de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez ressuscité des morts, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez renversé tant d’idoles, priez pour nous.
Saint Martin, qui étiez la terreur des démons, priez pour nous.
Saint Martin, défenseur de la foi catholique, priez pour nous.
Saint Martin de Tours, Confesseur du dogme de la Très Sainte Trinité, priez pour nous.
Saint Martin, qui meniez ici-bas une vie angélique, priez pour nous.
Saint Martin, qui aviez protégé la ville de Tours contre la fureur de ses ennemis, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes honoré du don de prophétie, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez si glorieusement continué les travaux de Saint Gatien, priez pour nous.
Saint Martin, zélé prédicateur de l’Évangile, priez pour nous.
Saint Martin, homme puissant en œuvres et en paroles, priez pour nous.
Saint Martin, dont le nom et la sainteté sont connus de toute la terre, priez pour nous.
Saint Martin, qui ne vous êtes jamais refusé au travail, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez montré jusqu’à la mort une entière soumission à la sainte Volonté de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez fait à Dieu le généreux sacrifice de votre vie, priez pour nous.
Saint Martin, en qui l’ennemi du salut ne trouva rien qui lui appartint, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été reçu dans le sein d’Abraham, priez pour nous.
Saint Martin, dont le tombeau a été illustré par tant de miracles, priez pour nous.
Saint Martin, dont le sépulcre est glorieux, priez pour nous.
Saint Martin, dont la vie et la mort sont admirables, priez pour nous.
Saint Martin, dont les funérailles furent un véritable triomphe, priez pour nous.
Saint Martin, qui régnez maintenant avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui êtes la joie de l’Église de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui, du haut du ciel, vous intéressez particulièrement à votre troupeau, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ : Saint Martin de Tours, priez pour nous,
R/ : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Oraison : 

Seigneur Dieu, Vous qui voyez que nous ne pouvons rien par nos propres forces, faites, dans Votre Miséricorde, que par l’intercession de Saint Martin de Tours, modèle des Évêques, nous sachions affronter toutes les adversités et sortions vainqueurs de tous nos ennemis visibles et invisibles. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Basilique st Martin à Tours - Charité de Saint Martin
Charité de Saint Martin
(détail d’une verrière de la basilique Saint-Martin, à Tours)
Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 10 novembre, 2016 |4 Commentaires »
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