Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

« Je mets ma confiance, Vierge, en votre secours ».

- Cantique attribué à Saint Louis-Marie Grignon de Montfort -

1er février,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin
et de ses 98 Bienheureux compagnons – prêtres, religieuses et laïcs – martyrs,
à Angers et à Avrillé, dans les premières semaines de l’année 1794.
Voir > ici, > ici et > ici.

La première édition de ce célèbre cantique se trouve, en 1749, dans un recueil de cantiques pour les missions publié à Lyon par les Jésuites. Une tradition très ancienne en attribue les paroles à Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, sans que l’on puisse toutefois l’attester de manière irréfragable : on note que certaines expressions et les idées de ce chant sont plutôt favorables à cette attribution.
Plusieurs témoignages nous rapportent que les ecclésiastiques, religieuses et humbles fidèles massacrés dans les provinces de l’Ouest pendant la grande terreur chantaient ce cantique dans la charette qui les conduisait vers l’échafaud ou dans ces longues files qu’on emmenait à la fusillade.
En cette fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses compagnons, martyrs à Angers et à Avrillé, en complément des textes que j’ai déjà publiés à leur sujet (voir les liens ci-dessus), je veux publier ci-dessous les paroles de ce cantique, telles qu’elles figurent dans l’édition de référence des cantiques de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

Martyrs d'Avrillé

Les Bienheureux Martyrs d’Avrillé fusillés au bord des fosses dans lesquels leurs corps vont être jetés
(détail d’un vitrail de la chapelle du Champ des Martyrs)

Je mets ma confiance.

Je mets ma confiance,
Vierge, en votre secours,
Servez-moi de défense,
Prenez soin de mes jours ;
Et quand ma dernière heure
Viendra fixer mon sort,
Obtenez que je meure
De la plus sainte mort.

Sainte Vierge Marie,
Asile des pécheurs,
Prenez part, je vous prie,
A mes justes frayeurs :
Vous êtes mon refuge,
Votre Fils est mon Roi,
Mais Il sera mon Juge,
Intercédez pour moi.

Ah ! Soyez-moi propice
Avant que de mourir,
Apaisez Sa justice,
Je crains de la subir ;
Mère pleine de zèle,
Protégez votre enfant,
Je vous serai fidèle
Jusqu’au dernier instant.

A dessein de vous plaire,
O Reine de mon coeur !
Je promets de rien faire
Qui blesse votre honneur :
Je veux que, par hommage,
Ceux qui me sont sujets,
En tous lieux, à tout âge,
Prennent vos intérêts.

Voyez couler mes larmes,
Mère du bel Amour ;
Finissez mes alarmes
Dans ce mortel séjour :
Venez rompre ma chaîne,
Pour m’approcher de vous,
Aimable Souveraine,
Que mon sort serait doux !

Vous êtes, Vierge Mère,
Après Dieu, mon support ;
Je sais qu’Il est mon Père,
Mais vous êtes mon fort :
Faites que dans la gloire,
Parmi les bienheureux,
Je chante la victoire
Du Monarque des cieux.

« Les Oeuvres du Bx de Montfort »
Ses cantiques avec notes par le R.P. F.Fradet smm, édition type
Librairie mariale – Pontchâteau 1932.

Enfin, voici un autre enregistrement que celui que j’avais déjà publié (tout en bas de page ici), puisque les paroles de ce cantique peuvent-être chantées sur deux mélodies différentes. Dans ma première publication, c’était la mélodie du très ancien noël populaire « Or nous dites Marie » ; ci-dessous voici la seconde version, interprétée par la Schola Sainte-Cécile, avec pour les couplets des paroles qui différent de celles du recueil de référence : le cantique a en effet connu un certain nombre de variantes au XIXe siècle, selon les recueils et leurs diverses éditions.

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Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 1 février, 2016 |Pas de commentaires »

2016-9. De Sainte Bathilde, Reine des Francs, que l’on fête le 30 janvier.

30 janvier,
Fête de Sainte Bathilde,
Mémoire de Sainte Martine,

Anniversaire de la mort de S.A.R. le Prince Alphonse de Bourbon (cf. > ici).

Il y a des saints que nous aimons tout particulièrement au Mesnil-Marie.
A ce propos, permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse anecdotique amusante : un jour, dans une conversation qui roulait sur l’histoire de l’Eglise et la sainteté, à plusieurs reprises Frère Maximilien-Marie s’était exclamé à la mention de certains noms de saints : « L’une de mes saintes préférées ! » ou encore : « Un de  mes saints de prédilection ! ». Le bon père dominicain qui était son interlocuteur finit par lui rétorquer, dans un soupir : « Dites-nous plutôt quels sont les saints que vous ne préférez pas… La liste sera plus courte ! »

Il y a donc, oui, des saints que nous aimons tout particulièrement au Mesnil-Marie.
Et Sainte Bathilde, dont le propre de France mentionne la fête à la date du 30 janvier, est de ce nombre.

Sainte Bathilde sur un vitrail de l'église Ste Radegonde à Poitiers

Sainte Bathilde représentée sur un vitrail de l’église Sainte Radegonde à Poitiers

Anglo-Saxonne de naissance (elle était probablement née en 626 mais d’autres avancent la date de 630), Bathilde avait été emmenée en captivité et vendue comme esclave alors qu’elle était à peine adolescente. Elle avait été achetée par Archambaud (ou Erchinoald), Maire du palais de Clovis II, Roi de Neustrie et de Bourgogne. Clovis II était fils du fameux Roi Dagobert 1er et il n’avait que quatre ans à la mort de son père, en 639. 

Bathilde gagna rapidement la faveur de tous, en raison de son charme, de sa beauté et de sa nature gracieuse et douce. Elle était aimée aussi bien de ses compagnes esclaves, envers lesquelles elle témoignait de nombreuses attentions telles que le nettoyage de leurs chaussures et de leurs vêtements, que de ses maîtres, si bien que lorsque Archambaud perdit son épouse, il résolut d’épouser la jeune esclave.
Bathilde, alarmée par cette perspective, se déguisa avec de vieux vêtements et des haillons, et se cacha le temps de se faire oublier.
Archambaud, p
ensant qu’elle s’était définitivement enfuie, épousa une autre femme. Lorsque Bathilde l’apprit, elle revint au palais pour reprendre son service, essuyant force moqueries parce qu’elle avait préféré la condition d’esclave à celle de princesse. 

Elle attira toutefois l’attention du Roi Clovis II qui était à peine plus âgé qu’elle (il était né en 625), et qui l’épousa : en 649, la jeune esclave devint donc Reine des Francs. 
Elle donna à Clovis II cinq enfants, dont trois fils qui furent Rois après lui : Clotaire III (Roi de Neustrie et de Bourgogne), Childéric II (Roi d’Austrasie puis de tous les Francs après la mort de Clotaire III) et Thierry III (Roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de Clotaire III, rapidement détroné par Childéric II, puis Roi de tous les Francs à la mort de Childéric II et de son cousin Dagobert II). 

Ste Bathilde statue dans les jardins du Palais du Luxembourg (Paris)

Sainte Bathilde : statue érigée dans les jardins du Palais du Luxembourg à Paris (détail).

A la mort de son époux (survenue le 31 octobre 657, alors qu’il n’avait que 22 ans), Bathilde fut nommée régente pour son fils aîné, Clotaire III, Roi de Neustrie, qui n’avait que cinq ans. 
Elle gouverna avec compétence et sagesse pendant huit ans, s’attachant à réformer les abus et à rendre son peuple heureux, ayant pour principaux conseillers Saint Éloi, évêque de Noyon, et Saint Ouen, évêque de Rouen.

N’oubliant jamais qu’elle avait été esclave, Bathilde usa en particulier de son pouvoir pour soulager ceux qui étaient en captivité. A cette époque, il n’était pas rare que les plus pauvres vendissent leurs propres enfants comme esclaves quand ils n’avaient plus de ressources. Bathilde réduisit les impôts, interdit l’achat d’esclaves chrétiens et la vente de sujets francs, et déclara que tout esclave qui mettait le pied dans le Royaume serait libre, dès cet instant. 

Bathilde soutint le travail de l’Eglise de tout son pouvoir, tant en ce qui concerne l’évangélisation de ses peuples que dans les oeuvres d’instruction et de charité. Elle lutta contre la simonie et favorisa la vie religieuse : elle fonda deux abbayes royales – celles de Corbie et de Chelles – et soutenait de ses largesses les abbayes royales de Saint-Denys et de Saint-Martin de Tours, les abbayes de Jumièges, de Saint-Wandrille, de Jouarre, de Luxeuil… etc. et nombre d’autres établissements ecclésiastiques et sanctuaires.
Elle fonda et dota des hospices, n’hésitant pas à vendre ses propres bijoux pour venir en aide aux nécessiteux.
Sous sa gouvernement enfin, des forêts furent défrichées afin de permettre l’extension des terres agricoles. 

Ste Bathilde près du lit mortuaire de St Eloi

Sainte Bathilde près du lit de mort de Saint Eloi (tableau du XVIIe siècle)

Quand son fils, Clotaire III, fut en âge de gouverner, Bathilde se retira à l’abbaye royale de Chelles, qu’elle avait fondée dans la vallée de la Marne. On raconte qu’elle eut par trois fois la vision de Saint Eloi, rappelé à Dieu peu de temps auparavant, qui lui enjoignait de quitter le siècle et de prendre le voile.
C’est de tout coeur qu’elle avait renoncé au monde et aux honneurs, aussi ne voulut-elle avoir aucun statut particulier dans la communauté, vivant l’humilité et la parfaite obéissance comme la dernière des moniales : « Il me semble que le plus grand bonheur qui me puisse arriver, c’est d’être foulée aux pieds de tout le monde », aurait-elle déclaré.

Elle mourut à Chelles le 30 janvier 680.
A l’heure de rendre le dernier soupir, elle déclara qu’elle voyait une échelle partant de l’autel de la Sainte Vierge et dressée jusqu’au ciel, et que, sur celle-ci, elle se voyait elle-même montant en compagnie des anges.

Elle fut inhumée à Chelles, et non à Saint-Denis auprès de son époux Clovis II.

Vénérée dès après sa mort, son culte fut promu par les abbesses de Chelles (nombre d’entre elles étaient de la famille royale), en particulier par Sainte Gisèle (+ 810), abbesse de Chelles, et soeur de Saint Charlemagne.
Quoique ses reliques eussent déjà fait l’objet d’une élévation (ce qui, à cette époque, correspondait à peu de choses près à ce que nous appelons aujourd’hui une canonisation), présidée par l’évêque de Paris, et de translations, Sainte Bathilde fut définitivement canonisée par le pape Nicolas II, au Xe siècle.
Ses reliques furent protégées par les habitants de Chelles lors des pillages et profanations révolutionnaires, et nous ont donc été conservées.

Leonhard Beck 1480-1552 vision de Ste Bathilde

Vision de Sainte Bathilde (gravure de Leonhard Beck – XVe siècle)

Oraison propre de la Messe de Sainte Bathilde :

O Dieu, qui avez enseigné à la Bienheureuse Bathilde à passer de tout son coeur de la grandeur du monde à l’humilité de la Croix, accordez-nous que, par son intercession et son exemple, nous apprenions à fouler aux pieds les délices périssables de la terre, et par l’embrassement de Votre Croix nous triomphions de tout ce qui nous est contraire.
O Vous qui vivez et régnez… etc.

Oraison de la fête de Ste Bathilde

2016-5. Abbé Edgeworth de Firmont : correspondance, récits, lettres inédites.

frise lys

Plutôt que de dire que « nous lisons », il est plus exact de dire que « nous étudions » en ce moment, au Mesnil-Marie, le gros volume (presque 600 pages), que le Révérend Père Pic o.p. - bien connu pour sa sûreté doctrinale, théologique et politique – a fait paraître aux éditions du Cerf en 2013.

Cet ouvrage est remarquable à plus d’un titre : d’une part il réunit tous les écrits actuellement connus sortis sous la plume de l’Abbé Edgeworth de Firmont, ce prêtre dont la mémoire reste à jamais bénie pour le ministère qu’il accomplit auprès de Sa Majesté le Roi Louis XVI les 20 et 21 janvier 1793 ; mais d’autre part, à travers une longue et rigoureuse introduction, puis par des notes précises, il nous permet d’entrer  de manière exacte dans l’univers de cet ecclésiastique et d’en saisir au mieux toute l’envergure et l’importance, qui ne se réduit pas à sa seule présence auprès du Roi-martyr à l’instant suprême.

Un ouvrage qui devrait figurer dans toutes les bibliothèques de ceux qui s’intéressent au vrai visage de la révolution et qui vénèrent la famille royale immolée.
Un ouvrage qui ne doit pas seulement être bien placé sur une étagère, mais qu’il convient de lire plus d’une fois, d’approfondir et même, en certains passages, de méditer assidûment afin de se bien pénétrer de toute sa richesse historique et spirituelle.

Edgeworth Pic

Abbé Edgeworth de Firmont : « Correspondance, récits, lettres inédites »
Edition établie, présentée et annotée par le Rd. Père Augustin Pic op
(Ed. du Cerf – 2013)

Quatrième de couverture :

Les brefs mémoires et la correspondance de l’abbé Edgeworth de Firmont, ultime confesseur de Louis XVI, ont été publiés presque huit ans après sa mort en 1807, sous la Restauration. L’essentiel en a été repris en Angleterre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans une petite monographie traduite en France à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. Ces textes et cette étude n’avaient toutefois donné lieu à aucune approche historique de fond. La découverte d’une trentaine de lettres manuscrites nous a donné l’occasion de reprendre l’ensemble de ces textes pour les faire mieux connaître.
On trouvera réunis ici les textes de 1815 et 1818, dont la Relation des derniers instants du Roi et ces lettres nouvelles sont aussi intéressantes sur la vie et l’esprit de leur auteur qu’utiles pour vérifier l’authenticité des pièces déjà publiées. L’introduction fait état des connaissances sur le personnage, par la mise en lumière de ses réseaux de relations et d’amitiés en France, en Irlande, en Angleterre et ailleurs, de son statut institutionnel dans l’Eglise de Paris pendant la crise révolutionnaire (historiquement douteux avant ces nouvelles lettres), de son lien à la famille royale aux Tuileries puis au Temple, de ses fonctions auprès de Louis XVIII émigré, de ses convictions sur le rapport du politique et du religieux, et de sa spiritualité.
Cette première étude sur un homme dont le souvenir qu’on en garde se réduit le plus souvent au célèbre « Fils de saint Louis, montez au ciel », qu’il ne se souvenait plus d’avoir prononcé un certain 21 janvier 1793, permet aussi d’entrevoir quelques personnalités, maintenant bien oubliées, du clergé contre-révolutionnaire.

Augustin Pic, dominicain, docteur en théologie de l’université de Strasbourg, est enseignant en spiritualité à l’université catholique de l’Ouest (Angers).

Abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont

frise lys

Tous les textes relatifs à Sa Majesté le Roi Louis XVI et à son martyre
publiés dans les pages de ce blogue :
- Un récit des dernières heures du Souverain > ici
- Le testament de Louis XVI > ici

– Son voeu au Sacré-Coeur > ici
– Maximes et pensées de Louis XVI > ici
– La complainte « Louis XVI aux Français » > ici
– L’allocution consistoriale du Pape Pie VI sur le martyre de Louis XVI > ici
– L’oraison funèbre de Louis XVI prononcée à Rome devant le Pape > ici
– Le récit de l’exhumation des restes de Louis XVI et Marie-Antoinette en janvier 1815 – à partir d’ > ici
– Le transfert des dépouilles royales à Saint-Denis (21 janvier 1815) > ici
– Les funérailles solennelles des Souverains martyrs le 21 janvier 1815 > ici
– La Messe de Requiem composée par Cherubini à la mémoire de Louis XVI (20 janvier 1816) > ici

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 20 janvier, 2016 |1 Commentaire »

2015-108. Du huit-cent-cinquantième anniversaire de la canonisation de Saint Charlemagne et de la séquence « Urbs Aquensis » en son honneur.

1165 – 29 décembre – 2015

Charlemagne trésor d'aix la chapelle détail de la chasse 1215 orfèvre rhénan anonyme

Trésor de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle : le Bienheureux Charlemagne
(détail de l’un des reliquaires – bronze doré 1215)

C’est aujourd’hui, 29 décembre 2015, le huit-cent-cinquantième anniversaire de la cérémonie de canonisation du Bienheureux Charlemagne (rappelons qu’à cette époque on ne faisait pas encore de différence entre les « bienheureux » et les « saints »), qui fut célébrée à Aix-la-Chapelle le 29 décembre 1165.

Je n’ai aucune envie de redire ici ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire à ce sujet le 28 janvier 2014 à l’occasion du douzième centenaire de la mort du grand Roi des Francs et Empereur (cf. > ici), même si quelques « catho-hyper-coincés » – qui s’estiment sans doute mieux inspirés que le pape Benoît XIV (1740-1758) qui trancha pourtant la question, au terme d’une polémique de plusieurs siècles – continuent à nous faire grief de conserver et de défendre le culte liturgique du Bienheureux Charlemagne.

Justement, dans un premier temps, la fête de la translation de Saint Charlemagne (on entend par translation l’acte de transporter des reliques d’un lieu à un autre, en l’occurrence il s’agissait ici de la cérémonie par laquelle on avait retiré ses restes de son tombeau pour les déposer dans une chasse et les exposer à la vénération des fidèles, le 29 décembre 1165) fut célébrée avec plus d’éclat que son dies natalis (le jour anniversaire de sa mort, c’est-à-dire le 28 janvier).
Ce n’est qu’après 1215 que la fête de Saint Charlemagne au 28 janvier supplanta en solennité l’anniversaire du 29 décembre.

C’est du temps où la principale fête du saint roi et empereur était donc celle du 29 décembre que date la séquence « Urbs Aquensis », dont je publie aujourd’hui, à l’occasion de ce huit-cent-cinquantième anniversaire, le texte latin et la traduction ci-dessous.

Cette pièce constitue l’un des plus anciens témoins qui soient parvenus jusqu’à nous de la liturgie de Saint Charlemagne.
D’Aix-la-Chapelle pour laquelle elle avait été composée, cette prose se répandit assez rapidement dans tout l’empire (parfois avec des adaptations : des villes qui avaient été elles aussi des résidences impériales substituant leur nom à celui d’Aix à la première ligne).
Abandonné au XIX ème siècle, l’usage de cette séquence a été rétabli à Aix-la-Chapelle en 1931 (on en trouvera la partition sur le site de la Schola Sainte-Cécile > ici).

Au temps de la guerre de cent ans, Sainte Jeanne d’Arc voyait Saint Louis et Saint Charlemagne à genoux devant le trône de Dieu, Le suppliant pour la France et pour son Roi légitime.
Ainsi donc de même, en nos temps troublés et malheureux, recourrons avec ferveur à l’intercession du saint empereur pour que Dieu délivre la France et l’Europe des grands maux dont elles sont menacées…

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Urbs Aquensis, urbs regalis,
Regni sedes principalis,
Prima regni curia,

Regi regum pange laudes
Quae de magni regis gaudes
Caroli praesentia.

Iste coetus psallat laetus,
Psallat chorus hic sonorus
Vocali concordia.

At dum manus operatur
Bonum, quod cor meditatur,
Dulcis est psalmodia.

Hac in die duo festa
Magni regis magna gesta
Recolat Ecclesia.

Reges terrae et omnes populi
Omnes simul plaudant et singuli
Celebri laetitia.

 

Hic est Christi miles fortis
Et invictae dux cohortis
Decem sternit millia.

Terram purgat lolio
Atque metis gladio
Ex messe zizania.

Hic est magnus imperator,
Boni fructus bonus sator
Et prudens agricola.

Infideles hic convertit
Fana, deos, hic evertit
Et confregit idola.

Hic superbos domat reges,
Hic regnare santas leges
Fecit cum justitia.

Quam tuetur sine fine
Ut et justus, sed nec sine
Sit misericordia.

Oleo laetitiae unctus dono gratiae
Ceteris prae regibus, cum corona gloriae
Majestatis regiae, insignitur fascibus.

 

O Rex mundi triumphator,
Jesu Christi conregator,
Sit pro nobis exorator,
Sancte Pater Carole,

Emundati a peccatis,
Ut in regno claritatis
Nos, plebs tua, cum beatis
Caeli simus incolae.

Stella maris, ô Maria,
Mundi salus, vitae via,
Vacillantum rege gressus
Et ad Regem des accessus
In perenni gloria.

Christe, splendor Dei Patris,
Incorruptae Fili Matris,
Per hunc sanctum, cujus festa
Celebramus, nobis praesta
Sempiterna gaudia.

Amen.

Cité d’Aix, cité royale,
Siège principal de la royauté,
Palais préféré de nos princes,

du Roi des rois chante la louange,
en ce jour où tu te réjouis de la fête
du grand roi Charles.

Que notre chœur chante dans l’allégresse, que le clergé fasse entendre le mélodieux accord des voix.

Quand la main est occupée aux bonnes œuvres, ce que le cœur médite
est une douce psalmodie.

En ce double jour de fête,
que l’Église honore
la grande geste du grand roi.

Que les rois de la terre et tous les peuples applaudissent ensemble et fassent entendre un unique concert joyeux.

C’est ici le fort soldat du Christ,
et le chef de l’invincible cohorte
qui en renverse dix mille.

Il purge la terre de l’ivraie,
et de son glaive il affranchit la moisson
en extirpant l’ivraie.

C’est là le grand Empereur,
bon semeur d’une bonne semence
et prudent cultivateur.

Il convertit les infidèles,
il renverse temples et dieux,
et il brise les idoles.

Il dompte les rois superbes,
il fait régner les saintes lois
avec la justice.

Les yeux sans cesse fixés sur elle,
De sorte qu’en étant juste, il ne soit
Cependant pas sans miséricorde.

Il est sacré de l’huile de liesse, par un don de grâce, plus que tous les autres rois.
Avec la couronne de gloire, il reçoit les insignes de l’Impériale Majesté.

Ô Roi triomphateur du monde,
toi qui règnes avec Jésus-Christ,
sois pour nous un intercesseur,
ô Charles, notre père saint !

Afin que, purs de tout péché,
dans le royaume de la lumière,
nous, ton peuple, avec les bienheureux
Nous soyons habitants du Ciel.

Étoile de la mer, ô Marie,
salut du monde, voie de la vie,
dirige nos pas vacillants
et donne-nous accès auprès du Roi
dans la gloire sans fin.

Ô Christ, splendeur de Dieu le Père,
fils d’une Mère sans tache,
par ce Saint dont nous célébrons la fête, daigne nous accorder
l’éternelle joie.

Ainsi soit-il !

Aix-la-Chapelle, cathédrale

Aix-la-Chapelle : la cathédrale

2015-107. Où l’on évoque, au jour du centenaire de sa naissance, la figure d’Edith Piaf et ses liens privilégiés avec Sainte Thérèse de Lisieux.

Samedi des Quatre-Temps d’hiver 19 décembre 2015,
mémoire du Bienheureux Urbain V (cf. > ici),
centenaire de la naissance d’Edith Piaf.

Edith Piaf enfant

Edith toute petite fille

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je fais partie de ceux que sa voix émeut et chamboule jusqu’au plus intime de l’être – cela ne se contrôle pas, c’est physique – , je suis aussi du nombre de ceux que sa vie si chaotique touche profondément, et ce n’est pas en raison d’une frénésie « pipole ». Voilà pourquoi je ne veux pas laisser passer ce 19 décembre 2015 sans évoquer le centenaire de la naissance d’Edith Giovanna Gassion, née à Paris le 19 décembre 1915, mondialement connue sous son nom de scène : Edith Piaf.

Certaines bonnes âmes réprouveront peut-être mon attachement à cette « fille de rien », élevée dans une maison close, sans éducation religieuse, aux défauts si marqués, à la vie sentimentale si agitée et scandaleuse, et à laquelle l’Eglise refusera les funérailles ecclésiastiques (note *) : « J’ai péché… Mea culpa !… Que ceux qui n’ont jamais péché me jettent la première pierre ; que ceux qui n’ont jamais aimé me refusent une prière… » a-t-elle chanté dans « Mea culpa ».
Et finalement, même si la grâce de Dieu nous a préservés de semblables errements, n’en est-il pas pourtant ainsi aussi pour chacun d’entre nous ?

Tout à la fois ange et démon, Edith, même si elle n’a pas fait de déclarations ni de déballages intimes sur cet aspect encore largement ignoré de sa vie, était en dépit de tout animée par une profonde et sincère croyance : la foi des pauvres gens qui n’ont pas reçu d’instruction religieuse et auxquels la rue a servi d’école de vie.
Une foi authentique toutefois, qui ne se pose pas de questions théologiques mais croit en une vie éternelle au-delà de la mort et qui, dans l’ignorance pratique du Bon Dieu, de Sa Loi et de Ses sacrements, cherche cependant à aller vers Lui par l’intercession de Ses saints.
« Il n’est pas possible qu’une fois mort on ne soit vraiment que poussière… Il y a quelque chose qui nous échappe, que nous ne connaissons pas… Je crois en Dieu. Il serait trop injuste que ceux qui ont souffert sur cette terre ne trouvent la paix que réduits en poussière. Le Paradis viendra… après le Jugement dernier » dit-elle à son infirmière quelques jours avant de mourir. Et aussi : « Je n’ai pas peur de la mort. C’est une autre vie qui commence », et elle lui demande d’aller à l’église Sainte-Rita de Nice pour y faire brûler un cierge. L’infirmière objecte : « Mais, Edith, j’y suis allée la semaine dernière… » et s’attire cette réponse : « Retournes-y, deux cierges valent mieux qu’un ! »

La foi fruste d’Edith s’exprimait dans le culte des saints, et au plus haut point par la relation privilégiée qu’elle eut avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Ses proches en ont témoigné : Edith la colérique, Edith la jalouse, Edith la luxurieuse, et malgré tout Edith au coeur d’enfant vivait dans une proximité quotidienne et quasi physique avec la petite carmélite de Lisieux.

On le sait, à l’âge de six ans, devenue aveugle à cause d’une kératite aigüe, Edith fut guérie à la suite d’un pélerinage à Lisieux.
Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de sourire en pensant à ce pèlerinage si peu conventionnel où l’on vit une mère maquerelle et ses « filles » – qui, même si elles avaient fait de gros efforts de tenue afin de paraître « respectables », ne pouvait pas passer inaperçues – venir s’agenouiller et prier sur la tombe de la bienheureuse, avec une petite fille portant un bandeau noir sur les yeux…
Depuis lors, Edith a toujours gardé un lien intime et profond avec la sainte carmélite : elle retournera souvent prier à Lisieux (y emmenant parfois ses amants !) ; tous les soirs, elle s’agenouillait pour prier devant l’image de Thérèse posée en évidence sur son chevet, lors même qu’il y avait un homme dans son lit ; il lui est arrivé de monter à genoux – incognito – les escaliers de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, pour demander pardon à la sainte après une mauvaise action ; et plusieurs fois aussi il est arrivé à Edith de sentir un parfum de rose surnaturel, signe des grâces de Thérèse…
Chaque fois qu’elle entrait en scène, Edith se signait et embrassait la croix qu’elle portait toujours autour du cou.

« Edith et Thérèse, la Sainte et la Pécheresse » : Jacqueline Cartier et Hugues Vassal ont cosigné, il y a déjà plusieurs années, cet ouvrage qu’on ne peut lire (ou relire) sans émotion.
N
ous touchons là au mystère des âmes et à la stupéfiante manière dont le Bon Dieu peut établir des relations privilégiées entre certaines d’entre elles pour, malgré tout, communiquer Ses grâces et oeuvrer au salut des pécheurs.

Ici, je ne peux m’empêcher de vous rapporter, en guise de conclusion, cette admirable citation du chanoine Antoine Crozier, ce prêtre lyonnais stigmatisé que j’aime tant et qui fut l’ami intime du Bienheureux Charles de Foucauld (cf. > ici et ici) :
« De même qu’Il va prendre très loin, sur l’immensité des mers, les pluies qu’Il fait tomber dans nos champs, Dieu va prendre plus loin encore les grâces qu’Il nous donne. Et c’est ainsi que, dans le livre de nos vies, les plus belles pages sont souvent écrites par les mérites des autres, par les prières de quelque moine ou de quelque carmélite, immolés silencieusement au fond de leur cloître »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.       

Edith et Thérèse la sainte et la pécheresse

« Edith et Thérèse – la Sainte et la Pécheresse »
Jacqueline Cartier et Hugues Vassal (ed. Anne Carrière)

Note * : on remarquera toutefois que malgré le refus des funérailles à l’église (l’Osservatore Romano faisant remarquer qu’elle avait vécu en état de péché public), plusieurs ecclésiastiques furent présents au cimetière lors des obsèques d’Edith. Outre le curé de sa paroisse parisienne et le Rd Père Leclerc, dominicain et aumônier du monde des spectacles, fut aussi présent Monseigneur Martin, venu spécialement de Rome pour la circonstance, qui gardait à Edith une reconnaissance éternelle parce que, à Marseille, « elle l’avait sauvé du suicide et lui avait rendu la foi ».

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints |on 19 décembre, 2015 |8 Commentaires »

2015-102. Du Bienheureux Charles de Foucauld que nous fêtons avec ferveur le 1er décembre.

Mardi 1er décembre 2015,
Fête du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire statue Charles de Foucauld

Statue du Bienheureux Charles de Foucauld
érigée devant l’ancien grand séminaire de Viviers,
aujourd’hui « maison diocésaine Charles de Foucauld ».

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (ici > 2015-100), notre Frère Maximilien-Marie était ce dernier dimanche à Montélimar et à Viviers, pour la Sainte Messe du premier dimanche de l’Avent et pour participer à l’hommage filial rendu par les fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Rose au cher abbé Bryan Houghton.
Mais, comme je vous l’écrivais également hier, il y a une seconde partie au compte-rendu de ce dimanche : en prévision de la fête liturgique de ce jour, celle du Bienheureux Charles de Foucauld, prêtre du diocèse de Viviers, Frère Maximilien-Marie, lorsqu’il avait compris dimanche matin que l’état des routes ne lui permettrait pas de se rendre à notre paroisse de Ceyssac, avait pris la résolution de se rendre à la Sainte Messe à Montélimar avec la pensée qu’il se rendrait ensuite à Viviers pour y visiter l’exposition consacrée au Bienheureux Père de Foucauld.

En effet, le diocèse de Viviers a inauguré le dimanche 22 novembre dernier une « année Charles de Foucauld » : commencée en novembre 2015 en commémorant le dixième anniversaire de la béatification du célèbre ermite du Sahara (à Rome, le 13 novembre 2005), elle s’achèvera au début décembre 2016 par la célébration du centenaire de sa mort (à Tamanrasset, le 1er décembre 1916).

Viviers séminaire Porche

Viviers, porche de la « maison diocésaine » – ancien grand séminaire -
avec l’annonce de l’ « année Charles de Foucauld ».

A l’occasion de cette année particulière, jalonnée de diverses manifestations, la « maison diocésaine Charles de Foucauld » (ancien grand séminaire), a mis en place une exposition qui présente des photographies, des objets de culte, des souvenirs… etc. du Bienheureux Charles de Foucauld.
Cette exposition se trouve dans ce qui fut naguère la chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire dans laquelle le Bienheureux Charles reçut l’ordination sacerdotale, le 9 juin 1901.

J’avais déjà, dans les pages de ce blogue, évoqué les liens du Père de Foucauld avec le diocèse de Viviers à l’occasion du cent-dixième anniversaire de son ordination (voir ici > 2011-46), et je vous renvoie au texte et aux photographies que je publiais alors (en particulier la grande chapelle du séminaire dans son état ancien et la chasuble de la première Messe du Bienheureux Charles).

Frère Maximilien-Marie a lui-même des liens spirituels très forts avec le Bienheureux Charles de Foucauld, dont les écrits, depuis l’époque de son noviciat, l’ont régulièrement nourri.
En outre, en novembre 2005 – conjuguant d’une part la générosité d’une grande amie qui lui avait offert le voyage et le séjour à Rome, et d’autre part la confiante amitié du prêtre qui en était alors l’aumônier et l’avait sollicité pour guider dans la Ville Eternelle et accompagner à la cérémonie de béatification la délégation de l’Ecole de Cavalerie de Saumur - , la divine Providence avait, d’une manière vraiment merveilleuse, ménagé à notre Frère de remarquables rencontres avec des ecclésiastiques prudents et avisés travaillant à la Curie, lesquels lui avaient alors prodigué de sages conseils pour l’établissement du Refuge Notre-Dame de Compassion, si bien que la béatification du Père Charles de Foucauld représente une date très importante pour notre très modeste oeuvre…

Viviers séminaire grande chapelle

Viviers, grande chapelle (état actuel) de la « maison diocésaine »
- ancien grand séminaire - ,

dans laquelle le Bienheureux Charles de Foucauld fut ordonné prêtre, le 9 juin 1901.

Lorsqu’il était jeune religieux, Frère Maximilien-Marie a également un peu connu l’un des derniers chanoines de la cathédrale de Viviers, le chanoine Briand : mort à la veille de ses cent ans en 1993, ce prêtre atypique, avait passé son enfance à Viviers où il était enfant de choeur à la paroisse.
Le 9 juin 1901, alors qu’il était âgé de sept ans, son curé l’avait emmené à la chapelle du grand séminaire pour y assister à l’ordination sacerdotale de Charles de Foucauld par Monseigneur Montéty, en présence de Monseigneur Bonnet, évêque de Viviers.

Grâce aux souvenirs du chanoine Briand, nous ont été transmis quelques détails de cette ordination dont les biographes n’ont pas toujours eu connaissance.

Mais il est bien temps de vous présenter quelques unes des photographies de cette exposition réalisées par Frère Maximilien-Marie, dimanche dernier à Viviers.

Viviers séminaire ancienne chapelle de la Vierge exposition Foucauld

Viviers, ancienne chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire :
sur l’autel sont présentés quelques uns des éléments de l’exposition consacrée au Bienheureux Charles de Foucauld…

Viviers séminaire expo Foucauld étole et bourse 1ère Messe

en particulier, dans cette vitrine,
l’étole, le manipule  et le voile de calice de l’ornement de la première Messe
du Bienheureux Charles de Foucauld

(prêtées par l’abbaye de Notre-Dame des Neiges)

Viviers séminaire expo Foucauld

Viviers, ancienne chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire,
vitrines présentant des photographies, souvenirs, ou objets ayant été à l’usage du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire expo Foucauld linge d'autel

Dessin de Notre-Seigneur en prière réalisé par le Bienheureux Charles de Foucauld
et pale de calice qui a été à son usage.

Viviers séminaire expo Foucauld ostensoir

Photographies de la « khaoua » de Beni-Abbès,
ostensoir et chandeliers à l’usage du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire expo Foucauld chemin de croix

Petites stations, en bois, du Chemin de Croix (stations XI, XII et XIII)
réalisées et dessinées par le Bienheureux Charles de Foucauld pour sa chapelle.

Viviers séminaire expo Foucauld bréviaire

Bréviaire du Bienheureux Charles de Foucauld, sur la page de garde sont écrites de sa main les lignes suivantes (sous le titre « Breviarium Romanum ») :

VIS COMME SI TU DEVAIS MARTYR AUJOURD’HUI.
Sacré-Coeur Foucauld
Plus tout nous manque sur terre,
plus nous trouvons
ce que peut nous donner de meilleur la terre :
la CROIX.
Sacré-Coeur Foucauld

Plus nous embrassons la Croix,
plus nous étreignons étroitement
JESUS
qui y est attaché.

Sacré-Coeur Foucauld

+ Armand de Foucauld, Prêtre, Vicaire Général de Mgr. du Lau archevêque
d’Arles ; mort Martyr à la prison du Couvent des Carmes, le 2 septembre 1792.
(mon arrière grand-oncle.)
+ Jean-Marie du Lau, Archevêque d’Arles ; mort Martyr à la prison du
couvent des Carmes, le 2 septembre 1792. (mon arrière-grand-oncle à
la mode de Bretagne.)                                                                             

Grâce à ces quelques photographies, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, qui pour la plupart êtes très loin de notre Vivarais et n’y viendrez pas forcément dans les prochains mois afin de visiter « pour de vrai » cette exposition, j’ai néanmoins voulu vous permettre d’en profiter un peu à la suite de Frère Maximilien-Marie, qui avait très spécialement pour dessein, en se recueillant devant toutes ces précieuses reliques, de recommander au Bienheureux Charles de Foucauld la centaine de participants (soit via Facebook soit par un envoi quotidien direct dans leur boite aux lettres électronique) à la préparation spirituelle de cet Avent 2015 (cf. > ici), préparation qui est tout imprégnée des textes du Père de Foucauld et de son cher directeur spirituel, l’abbé Henri Huvelin.

 Belle et fervente fête du Bienheureux Charles de Foucauld à vous tous !
Qu’il intercède pour chacun d’entre nous !
Qu’il prie pour notre France qui en a si grand besoin !

Lully.

Relique du Bienheureux Charles de Foucauld

Relique du Bienheureux Charles de Foucauld dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

2015-91. Lettres par lesquelles Sainte Marguerite-Marie a révélé les desseins du Sacré-Coeur du Christ-Roi pour le Roi de France.

Vendredi 23 octobre 2015,
fête des Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, martyres (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous approchons de la fête du Christ-Roi, aussi, en cette année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, et pour compléter ce que j’avais publié à l’occasion du trois-cent-soixante-quinzième anniversaire de sa naissance au sujet de son prétendu « refus d’obéir au Sacré-Coeur » (le 5 septembre 2013 > ici), je voudrais publier ci-dessous les textes exacts de Sainte Marguerite-Marie concernant Sa Majesté le Roi Louis XIV et le message particulier que le divin Coeur de Jésus voulait que la sainte visitandine de Paray-le-Monial lui fît parvenir.
Il s’agit bien ici du règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les nations et les sociétés terrestres, en commençant par la France, pour qu’ensuite l’exemple de celle-ci entraîne tous les peuples de la terre à se soumettre au Coeur adorable du Christ-Roi.

Avant de lire ces textes, il convient d’insister pour rappeler que l’existence et le contenu de ce message ne sont pas discutables pour un catholique fidèle : en effet, dans la bulle de canonisation de Sainte Marguerite-Marie (Benoît XV, Acta Apostolicae Sedis, 13 mai 1920) cette mission à l’intention du Roi de France est explicitement mentionnée ; or, une bulle de canonisation est un acte du magistère pontifical infaillible.

Ces textes de Sainte Marguerite-Marie sont extraits de deux longues lettres écrites à la Révérende Mère de Saumaise, supérieure du monastère de la Visitation de Dijon. Nous en citons le texte d’après la troisième édition de « Vie et oeuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque », par Monseigneur Gauthey (1915 – tome 2).

Apparition du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie

A – Lettre N° 100.
Cette lettre a été écrite « après la fête du Sacré-Coeur, juin 1689″ (note : la fête du Sacré-Coeur, c’est-à-dire le vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint-Sacrement, fut célébrée cette année-là le vendredi 17 juin ; cela ne signifie toutefois pas que les communications célestes dont fait état Sainte Marguerite-Marie dans cette lettre lui aient été révélées le jour de cette fête du Sacré-Coeur comme l’ont hâtivement conclu quelques auteurs).

Sainte Marguerite-Marie commence par se réjouir de la ferveur avec laquelle la fête du Sacré-Coeur a été marquée dans les monastères de Paray-le-Monial et de Dijon. C’est alors qu’elle écrit : « Il règnera cet aimable Coeur, malgré Satan. Ce mot me transporte de joie et fait toute ma consolation. » Puis elle parle de toutes les grâces et bénédictions que l’Ordre de la Visitation va recevoir par cette dévotion, et va faire découler sur les âmes.
C’est alors qu’elle ajoute :

Mais Il ne veut pas s’en arrêter là : Il a encore de plus grands desseins qui ne peuvent être exécutés que par Sa toute-puissance qui peut tout ce qu’elle veut. Il désire donc, ce me semble, entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des rois, pour y être honoré autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en Sa Passion, et qu’Il reçoive autant de plaisir de voir les grands de la terre abaissés et humiliés devant Lui, comme Il a senti d’amertume de Se voir anéanti à leurs pieds. Et voici les paroles que j’entendis au sujet de notre Roi : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Coeur, que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à Mon Coeur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise. »

La sainte Visitandine continue ensuite sa lettre en parlant du rôle que doit jouer la Compagnie de Jésus dans la diffusion du culte du Sacré-Coeur, et l’achève en faisant allusion aux communautés et aux coeurs qui sont réfractaires à cette dévotion.

lys vitrail

B – Lettre N° 107.
Cette lettre est datée du 28 août 1689 : il semble qu’entre la lettre du mois de juin (cf. supra) et celle-ci, il y ait eu des échanges entre Sainte Marguerite-Marie et la Mère de Saumaise, dont les textes ne nous soient point parvenus.
On est frappé par le ton particulièrement solennel avec lequel elle commence, qui fonde d’emblée le contenu du message qui va suivre dans la volonté du Père Eternel Lui-même : selon toute vraisemblance, il avait été entendu entre elles que Sainte Marguerite-Marie rédigerait le texte de sa lettre de manière à ce que, conformément aux inspirations reçues sur la manière dont il fallait procéder pour atteindre le Roi, la Révérende Mère de Saumaise puisse la transmettre telle quelle à la supérieure du monastère de la Visitation de Chaillot, afin que cette dernière la porte à la connaissance du Révérend Père de La Chaise, confesseur de Sa Majesté (voir ce que nous avons expliqué à ce sujet > ici).
C’est le texte intégral de la lettre 107 que nous publions ci-dessous.

Vive + Jésus !

Ce 28 août 1689.

Le Père Eternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Coeur de Son divin Fils a ressenties dans la maison des princes de la terre, parmi les humiliations et outrages de Sa Passion, veut établir Son empire dans la cour de notre grand monarque, duquel Il Se veut servir pour l’exécution de ce dessein qu’Il désire s’accomplir en cette manière, qui est de faire faire un édifice où serait le tableau de ce divin Coeur pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. De plus, ce divin Coeur se voulant rendre portecteur et défenseur de sa sacrée personne, contre tous ses ennemis visibles et invisibles, dont Il le veut défendre, et mettre son salut en assurance par ce moyen ; c’est pourquoi Il l’a choisi comme Son fidèle ami pour faire autoriser la messe en Son honneur par le Saint-Siège apostolique (*), et en obtenir tous les autres privilèges qui doivent accompagner cette dévotion de ce Sacré-Coeur, par laquelle Il lui veut départir les trésors de Ses grâces de sanctification et de salut, en répandant avec abondance Ses bénédictions sur toutes ses entreprises, qu’Il fera réussir à sa gloire, en donnant un heureux succès à ses armes, pour le faire triompher de la malice de ses ennemis. Heureux donc qu’il sera, s’il prend goût à cette dévotion, qui lui établira un règne éternel d’honneur et de gloire dans ce Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lequel prendra soin de l’élever et le rendre grand dans le ciel devant Dieu Son Père, autant que ce grand monarque en prendra de relever devant les hommes les opprobres et anéantissements que ce divin Coeur y a soufferts ; qui sera en Lui rendant et Lui procurant les honneurs, l’amour et la gloire qu’Il en attend.
Mais comme Dieu a choisi le Révérend Père de La Chaise pour l’exécution de ce dessein, par le pouvoir qu’Il lui a donné sur le coeur de notre grand Roi, ce sera donc à lui de faire réussir la chose, en procurant cette gloire à ce Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; secondant en cela l’ardent désir qu’Il a de Se faire connaître en Se manifestant aux hommes, pour en être aimé et en recevoir un honneur et hommage tout particulier. Si donc Sa bonté inspire à ce grand serviteur de Sa divine Majesté d’employer le pouvoir qu’Il lui a donné, pour Lui faire ce plaisir qu’Il désire si ardemment, il peut bien s’assurer qu’il n’a jamais fait d’action plus utile à la gloire de Dieu ni plus salutaire à son âme, et dont il soit mieux récompensé, et toute sa sainte congrégation, dont il se rendra par ce moyen l’honneur et la gloire, par les grands trésors de grâce et de bénédictions que ce Sacré-Coeur y répandra, Lequel, S’étant communiqué premièrement aux Filles de la Visitation, auxquelles Il a donné de Le manifester et faire connaître par l’établissement de cette même dévotion de ce Coeur tout aimable, de laquelle dévotion Il veut que les RR. PP. Jésuites fassent connaître l’utilité et la valeur, cela leur étant réservé. C’est pourquoi vous ferez bien, si vous en trouvez de bonne volonté, de les y employer, car par ce moyen l chose réussira plus facilement, quoique tout y paraisse très difficile, tant pour les grands obstacles que Satan se propose d’y mettre, que pour toutes les autres difficultés. Mais Dieu est sur tout, Lequel Se plaît souvent de Se servir des moindres et des plus méprisables choses pour l’exécution de Ses plus grands desseins, tant pour aveugler et confondre le raisonnement humain, que pour faire voir Sa puissance, qui peut tout ce qui Lui plaît, quoiqu’Il ne le fasse pas toujours, ne voulant pas violenter le coeur de l’homme, afin que le laissant en liberté, Il ait plus de moyens de le récompenser ou châtier. Il me semble, ma chère Mère, que vous ferez chose fort agréable à ce divin Coeur, de vous servir du moyen qu’Il vous a insipiré, d’écrire à ma très honorée soeur la supérieure de Chaillot pour le dessein que Votre Charité nous marque. Au reste, il faut beaucoup prier et faire prier pour cela. Je crois que vous ferez bien de lui envoyer un petit livre de Moulins, avec un des vôtres (**).
Voilà tout ce que je vous peux dire pour le présent, n’ayant ps d’autre intelligence que celle qui m’est donnée à moi pauvre pécheresse, l’indigne esclave et victime de l’adorable Coeur de mon Sauveur, qui se sert d’un sujet plus propre à détruire un si grand dessein qu’à le faire réussir ; mais c’est afin que toute la gloire soit donnée au souverain Maître, et non à l’outil dont Il Se sert, lequel est de même que cette boue dont ce divin Sauveur Se servit pour mettre sur les yeux de l’aveugle-né. Suivez donc courageusement les vues qu’Il vous donnera ; car pour moi je ne peux rien ajouter de moi-même, ni chercher d’ajustement à tout ce que je vous dis par obéissance, et de la part de ce Sacré-Coeur, qui veut que je vous manifeste tout simplement ce qu’Il me fait connaître, car si j’en usais autrement, Il rendrait tout ce que je pourrais dire inutile, d’autant qu’Il en retirerait Sa grâce. De plus, Il me rend si ignorante que je ne peux rien ajouter. Suppléez donc à mon ignorance, et demeurons toujours en paix, de quelle manière qu’Il veuille faire réussir nos peines. Je Le prie de tout mon coeur qu’Il bénisse vos saintes entreprises et vous donne le courage de supporter généreusement toutes les difficultés. Que nous serions heureuses, ma chère Mère, si nous pouvions sacrifier nos vies pour cela ! Amen.

D.S.B. (***)

note (*) : la messe en l’honneur du Sacré-Coeur n’existait alors que dans le diocèse de Langres, instituée par l’autorité diocésaine, or ce qui est demandé ici c’est une autorisation apostolique pour tous les diocèses de la catholicité.
note (**) : Sainte Marguerite-Marie fait ici allusion aux livrets sur la dévotion au Sacré-Coeur, contenant une explication et des prières, qui avaient été réalisés par les soins des monastères de Moulins et de Dijon.
note (***) : abréviation de la formule « Dieu soit béni ! », qu’utilisent les religieuses de la Visitation pour se saluer.

Vitrail du Christ Roi

Autres textes concernant la Royauté du Christ :
– L’importance significative de la fête du Christ Roi au dernier dimanche d’octobre > ici
– « Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Coeur » > ici
–   »Dieu vivra, Il règnera pleinement et éternellement » (Cardinal Pie) > ici
– « Comme les nations font à Dieu, Dieu fait aux nations » (Cardinal Pie) > ici

Et bien sûr, prescrit (et indulgentié) à l’occasion de la fête du Christ-Roi :
Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi > ici

lys vitrail

2015-85. Du lion de Saint Jérôme.

30 septembre,
fête de Saint Jérôme.

Saint Jérôme - Thierry Bouts 1458 triptyque du martyre de St Erasme

Saint Jérôme
Thierry Bouts, triptyque du martyre de Saint Erasme (1458)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous n’ignorez sans doute pas à quel point, au Mesnil-Marie, nous avons une grande vénération pour Saint Jérôme (cf. sa présentation par Sa Sainteté le pape Benoît XVI > ici), tant en raison de la radicalité avec laquelle il s’est donné à Dieu dans la vie monastique, de l’ardeur impitoyable qu’il a mise en oeuvre pour dompter son caractère et ses passions, du zèle qu’il a déployé pour la défense de la Vérité, et de la ferveur et de la compétence avec lesquelles il a étudié, commenté et traduit les Saintes Ecritures.
Pour ce qui me concerne très personnellement, je dois ajouter à toutes ces vertus celle d’être presque toujours représenté en compagnie d’un mien parent : un lion (chacun sait en effet qu’un lion n’est jamais qu’un gros chat).

L’iconographie de Saint Jérôme est particulièrement intéressante par le fait qu’elle a consacré, dans les attributs donnés à ce très grand saint, deux confusions historiques :
1) d’une part, Saint Jérôme est représenté soit en tenue de cardinal, soit avec un chapeau de cardinal posé près de lui, et la couleur rouge – couleur des cardinaux – se retrouve souvent prédominante dans ses vêtements (même lorsque il n’est revêtu que d’une espèce de pagne) ;
2) et d’autre part, on retrouve quasi systématiquement un lion à ses côtés.

Saint Jérôme ne fut en réalité jamais cardinal. Il fut pendant un temps le secrétaire du pape Saint Damase 1er, et c’est parce que – par la suite – ce poste de secrétaire fut souvent dévolu à un cardinal que Saint Jérôme s’est trouvé transformé en cardinal par les artistes.
Quant à l’histoire du lion – popularisée par la « Légende dorée » (vous pourrez en lire le texte ci-dessous) – , c’est probablement une confusion entre le nom de Saint Jérôme (en latin Hieronymus) et celui de Saint Gérasime (en latin Gerasimus) qui a finalement fait attribuer au premier une anecdote arrivée au second : Saint Gérasime fut en effet lui aussi un moine vivant en Palestine, quelques années après Saint Jérôme.

Il n’en demeure pas moins que, dans mes études d’histoire de l’art, je porte une attention très spéciale aux représentations du chat… heu non, pardon ! du lion de Saint Jérôme : certaines sont parfois très fantaisistes – voire très drôles – , car les peintres du Moyen-Age et de la Renaissance n’avaient pas toujours vu un lion « pour de vrai », alors ils essayaient de le figurer d’après des descriptions écrites ou à partir de dessins ou de peintures plus ou moins réussis réalisés par des artistes venus avant eux.

Aujourd’hui toutefois, je veux vous présenter un magnifique bronze du XVème siècle qui montre Saint Jérôme avec son lion : cette oeuvre se trouve à Paris, au musée du Louvre (département des objets d’art – période Renaissance).
Ce petit bronze (14 cm sur 20 cm à la base et haut de 25 cm) est attribué à Bartolomeo Bellano (né vers 1437 et mort vers 1497), dit aussi Vellano da Padova, sculpteur et architecte padouan, élève et continuateur de Donatello.
Sur le cliché ci-dessous, prenez le temps d’admirer la délicatesse des détails et l’harmonie de la composition.

Saint Jérôme, assis sur une espèce de chaise curiale, est représenté en costume de cardinal du XVème siècle, enveloppé dans une cappa prélatice dont le chaperon est relevé sur sa tête, on aperçoit même le rochet qui dépasse du drapé de la cappa.
A ses pieds, on voit son chapeau de cardinal avec ses houppes, mais aussi le livre qui symbolise ses travaux sur les Saintes Ecritures.
Le lion, quoique représenté avec la taille d’un chien, est un lion adulte, comme le montre sa crinière ; son regard est planté, avec une expression d’attente confiante, dans le regard de Saint Jérôme qui, les paupières baissées, est concentré sur la patte de l’animal de laquelle il retire délicatement l’écharde qui s’y trouve plantée.

Il y a dans ce bronze une espèce d’intensité touchante : le lourd drapé des vêtements prélatices et la barbe du saint moine de Bethléem faisant mieux ressortir, par contraste, la sollicitude quasi maternelle de Saint Jérôme pour l’animal blessé et l’attitude de gracieuse confiance enfantine du félin appuyé sur ses genoux.

Alors, même si l’anecdote est finalement apocryphe, en raison de l’abondante et remarquable iconographie qu’elle a suscitée, je souhaite une très bonne fête de Saint Jérôme à tous les amis des félins !

Patte de chat Lully.

Saint Jérôme et le lion - Bartolomeo Bellano musée du Louvre

Saint Jérôme et le lion – bronze attribué à Bartolomeo Bellano XVème siècle (Louvre)

Saint Jérôme et le lion :

Une fois, vers le soir, alors que Saint Jérôme était assis avec ses frères pour écouter une lecture de piété, tout à coup un lion entra tout boitant dans le monastère.
A sa vue, les frères prirent tous la fuite ; mais Jérôme s’avança au-devant de lui comme il l’eût fait pour un hôte. Le lion montra alors qu’il était blessé au pied, et Jérôme appela les frères en leur ordonnant de laver les pieds du lion et de chercher avec soin la place de la blessure. On découvrit que des ronces lui avaient déchiré la plante des pieds. Toute sorte de soins furent employés et le lion, guéri, s’apprivoisa et resta avec la communauté comme un animal domestique.
Mais Jérôme voyant que ce n’était pas tant pour guérir le pied du lion que pour l’utilité qu’on en pourrait retirer que le Seigneur le leur avait envoyé, de l’avis des frères, il lui confia le soin de mener lui-même au pâturage et d’y garder l’âne qu’on emploie à apporter du bois de la forêt. Ce qui se fit : car l’âne ayant été confié au lion, celui-ci, comme un pasteur habile, servait de compagnon à l’âne qui allait tous les jours aux champs, et il était son défenseur le plus vigilant durant qu’il paissait çà et là. Néanmoins, afin de prendre lui-même sa nourriture et pour que l’âne pût se livrer à son travail d’habitude, tous les jours, à des heures fixes, il revenait avec lui à la maison.

Or, il arriva que, comme l’âne était à paître, le lion s’étant endormi d’un profond sommeil, passèrent des marchands avec des chameaux : ils virent l’âne seul et l’emmenèrent au plus vite.
A son réveil, le lion ne trouvant plus son compagnon, se mit à courir çà et là en rugissant. Enfin, ne le rencontrant pas, il s’en vint tout triste aux portes du monastère, et n’eut pas la hardiesse d’entrer comme il le faisait d’habitude, tant il était honteux.
Les frères le voyant rentrer plus tard que de coutume et sans l’âne, crurent que, poussé par la faim, il avait mangé cette bête, et ils ne voulurent pas lui donner sa pitance accoutumée, en lui disant : « Va manger ce qui t’est resté de l’ânon, va assouvir ta gloutonnerie ».
Cependant comme ils n’étaient pas certains qu’il eût commis cette mauvaise action, ils allèrent aux pâtures voir si, par hasard, ils ne rencontreraient pas un indice prouvant que l’âne était mort, et comme ils ne trouvèrent rien, ils vinrent raconter le tout à Saint Jérôme. D’après les avis du saint, on chargea le lion de remplir la fonction de l’âne ; on alla couper du bois et on le lui mit sur le dos. Le lion supporta cela avec patience : mais un jour qu’il avait rempli sa tâche, il alla dans la campagne et se mit à courir çà et là, dans le désir de savoir ce qui était advenu de son compagnon, quand il vit venir au loin des marchands conduisant des chameaux chargés, et un âne en avant. Car l’usage de ce pays est que quand on va au loin avec des chameaux, ceux-ci afin de pouvoir suivre une route plus directe, soient précédés par un âne qui les conduit au moyen d’une corde attachée à son cou.
Le lion ayant reconnu l’âne, se précipita sur ces gens avec d’affreux rugissements et les mit tous en fuite.
En proie à la colère, frappant avec force la terre de sa queue, il força les chameaux épouvantés d’aller par devant lui à l’étable du monastère, chargés comme ils l’étaient. Quand les frères virent cela, ils en informèrent Saint Jérôme : « Lavez, très chers frères, dit le saint, lavez les pieds de nos hôtes ; donnez-leur à manger et attendez là-dessus la volonté du Seigneur ».
Alors le lion se mit à courir plein de joie dans le monastère comme il le faisait jadis, se prosternant aux pieds de chaque frère. Il paraissait, en folâtrant avec sa queue, demander grâce pour une faute qu’il n’avait pas commise. Saint Jérôme, qui savait ce qui allait arriver, dit aux frères : « Allez, mes frères, préparer ce qu’il faut aux hôtes qui viennent ici ».
Il parlait encore quand un messager annonça qu’à la porte se trouvaient des hôtes qui voulaient voir l’abbé. Celui-ci alla les trouver ; les marchands se jetèrent de suite à ses pieds, lui demandant pardon pour la faute dont ils s’étaient rendus coupables. L’abbé les fit relever avec bonté et leur commanda de reprendre leur bien et de ne pas voler celui des autres. Ils se mirent alors à prier Saint Jérôme d’accepter la moitié de leur huile et de les bénir. Après bien des instances, ils contraignirent le saint à accepter leur offrande. Or, ils promirent de donner aux frères, chaque année, une pareille quantité, d’huile et d’imposer la même obligation à leurs héritiers.

in « Légende dorée », du Bienheureux Jacques de Voragine.

Lazzaro Bastiani - les funérailles de Saint Jérôme - 1470-72

Les funérailles de Saint Jérôme… auxquelles assiste dévotement le lion attristé
(huile sur toile des années 1470-1472, par Lazzaro Bastiani – Galerie de l’Académie, Venise)

Voir aussi le conte « Des Saints et des animaux » > ici

Neuvaine du 20 au 28 septembre pour préparer la fête de l’archange Saint Michel.

Neuvaine en l’honneur de Saint Michel Archange
et
des neuf Choeurs des Anges

Le texte de cette neuvaine est justement célèbre et largement répandu, en raison même des grâces qu’elle obtient à ceux qui la pratiquent avec ferveur et confiance.
Néanmoins, dans la progression des jours de cette neuvaine, il nous a paru plus conforme à l’ordre des choses – contrairement au texte habituellement diffusé – de « remonter » depuis le Choeur des Anges jusqu’au Choeur des Séraphins, Choeur qui est le plus près de Dieu et auquel appartient Saint Michel.

Si chacun a bien sûr à coeur de se placer personnellement sous la protection du Grand Archange et de le prier à ses intentions particulières ; chacun a aussi le devoir de recommander instamment la Sainte Eglise à la protection du Prince des Armées Célestes dans les combats qu’elle doit mener aujourd’hui contre l’esprit des ténèbres, et également d’invoquer l’archange victorieux très spécialement pour la France, que plusieurs de nos Souverains ont placée d’une manière spéciale sous sa protection.

Conformément à l’usage de l’Eglise, nous proposons d’accomplir cette neuvaine préparatoire à la fête de Saint Michel en la faisant débuter le 20 septembre, de sorte qu’elle s’achève le 28 au moment des premières vêpres de la fête.

bandeau fleurs de lys

Archange Saint Michel

Chaque jour de la neuvaine :

  1. Réciter le « Confiteor » ;

  2. Puis réciter cette prière :
    Saint Michel Archange, rempli de la Sagesse de Dieu, fort dans le combat, venez à mon aide, soutenez-moi dans les difficultés, les épreuves, quand je souffre, quand je doute, quand je pleure. Obtenez-moi le courage, la force, la volonté, pour ne pas me laisser abattre. Saint Michel Archange, soyez mon défenseur et mon protecteur contre les forces du Mal. Me confiant en l’intercession du Bienheureux Archange Saint Michel, je Vous supplie, Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit, de m’accorder la grâce…

  3. Réciter ensuite la prière attribuée à chaque jour (voir ci-dessous).

  4. Terminer en récitant un « Pater noster », un « Ave, Maria » et un « Gloria Patri », suivis de l’invocation :
    « Saint Michel Archange, priez pour nous, défendez-nous !».

Premier jour : en l’honneur des Anges.

Glorieux Archange Saint Michel, grand zélateur de la gloire de Dieu et protecteur de l’Église universelle, vous à qui le Tout-Puissant a confié la mission de recevoir les âmes à la sortie du corps pour les présenter au très juste Juge ; daignez me secourir dans mon dernier combat. Accompagné de mon bon Ange gardien, venez à mon aide et chassez loin de moi tous les esprits infernaux. Ne permettez pas qu’ils m’épouvantent alors. Fortifiez-moi dans la Foi, l’Espérance et la Charité, afin que mon âme, portée par vous à son juge, soit introduite aussitôt au lieu du repos, pour y régner éternellement avec son Rédempteur, dans la société des Esprits bienheureux.
Ainsi soit-il.

* * *

 Deuxième jour : en l’honneur des Archanges.

Archange Saint Michel, qui avez pour mission de recueillir nos prières, de diriger nos combats et de peser nos âmes, je rends hommage à votre beauté, – si semblable à celle de Dieu, qu’après son Verbe éternel aucun autre esprit céleste ne vous est comparable, – à votre pouvoir sans limites en faveur de ceux qui vous sont dévots; à votre volonté, harmonieusement unie à celle du Cœur Sacré de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, pour le bien de l’homme. Défendez-moi contre les ennemis de mon âme et de mon corps. rendez-moi sensible au réconfort de votre assistance invisible et les effets de votre vigilante tendresse.
Ainsi soit-il.

 * * *

Troisième jour : en l’honneur des Principautés.

Ô Saint Michel, Prince trois fois saint de la Milice sacrée, chargé par Dieu d’organiser et conduire les phalanges angéliques, très digne de tout culte, de toute louange et de tout éloge : éclairez mes sens intérieurs, fortifiez mon pauvre cœur agité par les tempêtes de cette vie, élevez vers les hauteurs de la céleste sagesse mon esprit incliné vers les choses de la terre ; affermissez mes pas chancelants et ne permettez pas que j’abandonne le sentier qui conduit aux Cieux ; guérissez les plaies de mon âme ; faites disparaître la trace de toutes les souffrances qu’engendrent en moi mes misères et mes malheurs.
Ainsi soit-il.

 * * *

Quatrième jour : en l’honneur des Vertus.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du redoutable jugement. prince très glorieux, souvenez-vous de nous, partout et toujours. Quand vous combattiez le dragon, on entendit dans le ciel la voix de ceux qui disaient : « Salut, honneur et gloire au Dieu Tout-Puissant ! » La mer se souleva, la terre trembla, quand vous descendîtes du Ciel, venez au secours du peuple de Dieu.
Ainsi soit-il.
 

* * *

Cinquième jour : en l’honneur des Puissances.

Saint Michel Archange, vous que la sainte Église vénère comme son gardien et protecteur, à vous le Seigneur a confié la mission d’introduire dans la Céleste Félicité les âmes rachetées. Priez donc le Dieu de paix d’écraser Satan sous nos pieds afin qu’il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l’Église. présentez au Très-Haut nos prières, afin que, sans tarder, le Seigneur nous fasse Miséricorde. Vous-même, saisissez le dragon, l’antique serpent, qui est le diable et Satan, et jetez-le enchaîné dans l’abîme, pour qu’il ne séduise plus les nations.
Ainsi soit-il.

 * * *

Sixième jour : en l’honneur des Dominations.

Ô vous, qui êtes le prince et le Porte-Étendard des bons Anges, assistez-moi toujours dans votre bonté et sauvez-moi. Des légions de l’ange des ténèbres préservez-moi, afin que, sous votre conduite, je partage la lumière des bons Anges. Devant le trône du Juge Suprême, soyez mon défenseur, plaidez ma cause et conjurez la colère du Juste Vengeur. Que, par vous, à mes travaux, à mon repos, à mes jours et à mes nuits soit donnée la prospérité ; que ma pensée soit toujours prête pour les œuvres de Dieu.
Ainsi soit-il.

* * *

Septième jour : en l’honneur des Trônes.

Grand défenseur du peuple chrétien, Saint Michel Archange, pour remplir dignement la mission qui vous a été confiée de défendre l’Église, terrassez l’hérésie, exterminez les schismes et confondez l’incrédulité. Multipliez vos victoires sur les monstres infernaux qui veulent détruire notre Foi. Que l’Église de Jésus-Christ accueille de nouveaux fidèles et s’agrège des royaumes entiers afin qu’elle puisse peupler le Ciel d’âmes élues, pour la plus grande Gloire du Divin Rédempteur, à qui vous-même devez vos triomphes, vos mérites et votre éternelle félicité.
Ainsi soit-il.

* * *

Huitième jour : en l’honneur des Chérubins.

Saint Michel, Prince de la Milice des Anges, je vous invoque, exaucez-moi. Je vous supplie de prendre mon âme, au dernier jour, sous votre très sainte garde et de la conduire au lieu de rafraîchissement, de la paix et du repos, où les âmes des saints attendent dans la joie ineffable le jugement à venir et la gloire de la résurrection glorieuse. Que je parle ou me taise, que je veille, que je marche ou me repose, gardez-moi dans l’accomplissement de toutes mes œuvres, dans tous les actes de ma vie. Préservez-moi des tentations des démons et des peines de l’enfer.
Ainsi soit-il.

* * *

Neuvième jour : en l’honneur des Séraphins.

Prince très Glorieux de la Milice Céleste, Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les princes et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants répandus dans l’air. Venez au secours des hommes que Dieu a faits à l’image de Sa propre Nature, et rachetés à grand prix de la tyrannie du démon.
Ainsi soit-il.

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Autres prières à Saint Michel publiées dans ce blogue :
- prières pour demander l’assistance de St Michel > ici
- Collecte de la Messe de l’apparition de St Michel le 16 octobre > ici
-  Litanies de St Michel et prière pour toute nécessité > ici
- Prière à St Michel pour la France > ici
- Prière pour solliciter le secours de l’archistratège St Michel > ici
et aussi
- Invocations aux neuf Choeurs des Anges > ici

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 17 septembre, 2015 |1 Commentaire »
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