Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2019-77. Fête de Saint Louis Roi de France à Versailles avec la Confrérie Royale ce 25 août 2019.

Tous les membres et amis de la Confrérie Royale,
tous les membres de l’UCLF,
tous les sympathisants de la cause légitimiste d’Ile de France,
sont chaleureusement invités à fêter Saint Louis, Roi de France,
céleste protecteur de la France, de l’auguste Famille Capétienne
et de la Confrérie Royale,

saint patron de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne notre Roi Louis XX, ainsi que de Monseigneur le Dauphin,

ce dimanche 25 août 2019, à Versailles

Messe de la St-Louis 2019 Versailles

2019-76. Le 107ème Pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray.

Le pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray se déroule chaque année le dernier « ouiquinde » du mois de septembre, au plus près du jour anniversaire de la naissance de Monseigneur le Comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V (29 septembre 1820).

Le premier pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray eut lieu en 1844, pour le 25ème anniversaire de Henri V. Interrompu par le déclenchement des hostilités en 1914, il fut relevé en 1983 par l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) qui en confie l’organisation à la Fédération Bretonne Légitimiste (FBL).
En cette année 2019, le dimanche 29 septembre correspond exactement au 199ème anniversaire de la naissance de Henri V. 

affiche pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2019

Nous ne pouvons qu’insister auprès de tous ceux qui sont disponibles (ou peuvent se rendre disponibles), membres des cercles légitimistes, sympathisants de la Légitimité, membres ou amis de la Confrérie Royale, catholiques conscients de l’impasse républicaine et de ses conséquences catastrophiques pour le salut des âmes, la santé des sociétés et de tous les corps organiques qui les composent, à prendre part à ce pèlerinage.

Pour en télécharger le tract > ici.

Pour de plus amples renseignements sur le programme et les modalités pratiques > ici.

Logo UCLF

2019-74. « Notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité.»

Au lendemain de la fête de l’Assomption de Notre-Dame, qui, ainsi que nous l’a rappelé notre Souverain légitime (cf. > ici), est l’occasion de nous inciter à prier toujours davantage pour que le Royaume des Lys revienne à la fidélité à sa vocation, nous sommes heureux de publier le texte de la prédication donnée par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin au Puy, à l’occasion du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale, le jour de la fête de Sainte Jeanne d’Arc (samedi 1er juin 2019, puisque le 30 mai cette année était le jeudi de l’Ascension).
Voici, en effet, un texte qu’il est bon de relire et de méditer, afin de toujours plus comprendre et approfondir les desseins de Dieu sur notre Patrie.

Vitrail de Sainte Jeanne d'Arc

Cher Monsieur le Recteur,
Cher Monsieur le Prieur,
Cher Monsieur le Chanoine,
Chers Messieurs les Abbés
Bien chers Confrères et amis,                             

En ce 1er samedi du mois, consacré à la dévotion et réparation au Cœur Immaculé de Marie, disons avec Pie XI il y a moins de 100 ans, le 2 mars 1922, dans sa lettre apostolique France, Fille aînée de l’Église : 

« En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des Saints (cela fera un siècle l’an prochain), personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et rempli mission de sauver la France.
Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-même. […]
En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Église romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie ».                  

Et le pape d’ajouter, comme s’il craignait que quelque force s’y opposât à l’avenir :

« Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires ».                                

Les plus attentifs parmi vous auront sans doute remarqué que nous célébrons cette année le 590e anniversaire de l’épopée de notre héroïne nationale, sainte Jeanne d’Arc. En 1429, voici que cette demoiselle venue de l’une des dernières enclaves fidèles à son roi, avec le Mont Saint-Michel ; cette jeune fille, donc, envoyée de Dieu et de saint Michel, va de manière proprement inattendue et incroyable surmonter un à un les obstacles qui la séparent du roi, puis de Reims, puis de Paris.

En début d’année, c’étaient les rencontres successives à Chinon, l’examen minutieux de Poitiers. Le 8 mai, c’était l’entrée triomphale dans les rues d’Orléans. Le 18 juin, ce sera la victoire de Patay, et le 17 juillet, le grand sacre de Charles VII le Bien-Servi, dont le Conseil poussera ensuite de plus en plus à la freiner dans ses élans.

A tous nos contemporains bons chrétiens qui nous répètent que la moindre prise de position est un acte politique, et m’appuyant sur le Souverain Pontife qui soutient que toute homélie est en soi un acte politique en quelque sorte, je répondrai que Jehanne dévoile le caractère spécieux de leurs discours.

A les écouter en effet, un Catholique doit être pratiquement un fataliste, se laisser imposer toute sorte de régime par les mauvais, puisque toute autorité vient de Dieu. Adeptes sans le savoir du syndrome de Stockholm, leur solution de facilité – qui non seulement les retient mais bloque tout autour d’eux, puisqu’aucune tête ne doit dépasser –, ils stérilisent toute action catholique, quand ce n’est pas toute réflexion.

Mais notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité. 

Cela, les amoureux de la Sagesse l’ont compris depuis Aristote ; je cite :

« Que l’homme soit un animal politique à un plus haut degré qu’une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l’état grégaire, cela est évident. La nature en effet ne fait rien en vain ; et l’homme, seul de tous les animaux, possède la parole. […] Le discours sert à exprimer l’utile et le nuisible, et par suite aussi, le juste et l’injuste : car c’est le caractère propre de l’homme, par rapport aux animaux, d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, et des autres notions morales, et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre la famille et la cité » (Politique ; I, 2).                     

Les valeurs morales existent à notre époque comme elles existaient sous Notre-Seigneur, comme elles s’appliquaient de même en 1429. Le roi anglais revendique le trône de France ; on argue même d’une renonciation des Valois à la Couronne à son profit, par le sinistre et invalide traité de Troyes (21 mai 1420) ; il possède par les armes la moitié du pays (Nord et Aquitaine) ; il se fera même prétendument sacrer roi de France par un Anglais à Notre-Dame de Paris, le 17 décembre 1431.

Sans doute entendez-vous nos chers amis s’applatir : par la force des choses (mais surtout des armes), Henri VI est roi, c’est comme cela ; le sacre à la mode anglaise renforce son pouvoir ; les troupes françaises font pâle figure, après un siècle de combats et la défaite d’Azincourt (1415) ; et plusieurs évêques reconnaissent déjà Henri et militent pour sa cause. Parmi eux : Pierre Cauchon. Aucune tête mitrée n’aimerait aujourd’hui se voir comparer à cet indigne juge de notre Pucelle, Régine Pernoud titrant même l’un de ses ouvrages : Jeanne devant les Cauchons ! Et pourtant… Se plier devant la loi du plus fort, aux droits contraires aux traditions françoises, faire montre d’opportunisme n’est pas digne d’un successeur des Apôtres, et nos prélats nous ont par le passé habitués à plus de panache et d’héroïcité : je vous renvoie à saint Martin, Hilaire de Poitiers et son lointain successeur le cardinal Pie, comme à nos pasteurs sous la Révolution.

Mais voilà : les faits sont là ; et pensez : Cauchon fut recteur de l’Université ! Et puis Jeanne a bien été capturée sur le territoire de son diocèse (Beauvais), encore un peu et il passerait presque pour légitime juge. Mais l’historien Jean Favier le prouve « acharné à perdre Jeanne », et même Voltaire – horresco referens – l’appelle « l’indigne évêque, l’indigne Français et l’indigne homme » ; Michelet dit qu’ « il se fit anglais, parla anglais […], se faisant l’agent des Anglais », et Quicherat, pourtant plus modéré, qu’« il ne se révéla dans l’affaire de Jeanne que comme un homme passionné, artificieux, corrompu ». Sans doute sont-ils mus par un jacobinisme qui nous est étranger, mais franchement, quel vrai Français n’a pas de haut-le-cœur en entendant prononcer un tel nom ?

Il ne m’appartient certainement pas de dire si l’évêque Cauchon est damné ou non ; sa dévotion à la Très Sainte Vierge, pour laquelle il fit ensuite édifier la chapelle axiale de la cathédrale de Lisieux, quand il en devint évêque, l’a sans doute sauvé : paix à son âme !

Mais il est des actes d’une petite partie de notre vie qui collent – parfois injustement – à la peau ; et reconnaissez que l’anglophilie continuelle de cet évêque français né à Reims, conseiller actif des rois d’Angleterre, relève – en pleine Guerre de Cent ans – de la haute trahison.

Ce jugement est certes rendu aisé par les siècles ; mais pourtant, dès ces années, Dieu a clairement manifesté Son choix, Son camp, car Il attend de Ses témoins qu’ils prennent parti quand il le faut, notamment pour défendre le droit et la justice. Le fameux « Évêque, c’est par vous que je meurs », résonne encore à nos oreilles, et c’est peut-être, par la bouche de cette Sainte qu’il condamne avec maints stratagèmes, sa propre parole de condamnation. C’est la sentence qu’entendraient nombre d’hommes d’Église aujourd’hui, si la voix de leur conscience n’était pas tout simplement étouffée, dans les innombrables conflits actuels : du silence face à des condamnations iniques de la part des structures de péchés, jusqu’aux « simples » et ordinaires médisances cléricales, qui tuent à petit feu, voire plus directement, lorsqu’elles sont bien acérées. Rien n’est plus honteux que la couardise et la petitesse d’hommes de Dieu qui devraient être Ses prophètes !

Le pape Benoît XVI eut (le 26 janvier 2011) de magnifiques paroles d’analyse de l’inique procès fait à Jehanne, qu’il dit « citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l’Église catholique » : 

« Quand Jeanne naît, en 1412, il y a un pape et deux antipapes. […] Au début de l’année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération […] ». Aux Anglais assiégeant la ville d’Orléans, « sa proposition est une véritable paix entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des Noms de Jésus et Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s’engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai ».                  

Sachons utiliser l’expérience passée, la leçon des erreurs comme des actes héroïques. Les Saints nous conseillent par leurs propres actions ce que nous pouvons faire  hic et nunc : un rappel à l’ordre avant de sévir… et d’utiliser s’il le faut une force raisonnée, selon l’enseignement-même de la doctrine sociale de l’Église.

Et voilà où je voulais en venir : 

« C’est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. […] Ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité ».

Qu’y a-t-il de plus abject qu’un mauvais homme se servant de ses pouvoirs ecclésiastiques ? « Ainsi les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une Sainte », aveuglés qu’ils étaient par leur propre orgueil et leurs passions humaines.

« Environ 25 ans plus tard, le procès de nullité […] se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456)  […] et met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Église. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920 » : c’en sera le centenaire l’an prochain, et j’espère d’ores et déjà que nous pourrons en faire le thème du pèlerinage, même si elle répond déjà parfaitement à celui de cette année, puisqu’elle figure en bonne place sur la mosaïque du Sacré-Coeur, à côté de S. Michel et de la France, au choeur de la basilique du Voeu national à Montmartre.                                        

« Que le témoignage lumineux de Ste Jeanne d’Arc, patronne en second de la France avec Ste Thérèse de Lisieux, soit un appel à aimer le Christ, poursuivait le pape, et à vous engager avec foi et détermination au service des autres dans la charité », dont l’une des plus belles manifestations est dans le service de la Cité, la politique.                         

Jeanne n’est pas une pseudo-mystique, une voyante qui nous dit d’elle-même ce qui serait le mieux pour la France : elle s’enracine totalement dans l’âme française, et Dieu prouve qu’Il en fait Son instrument par des miracles. Dans Fides et Ratio, Jean-Paul II luttait contre le fidéisme ; et le concile Vatican I stipulait :                  

« Pour que l’hommage de notre foi soit conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de Sa Révélation, à savoir des faits divins et surtout les miracles et les prophéties qui, en montrant de manière impressionnante la toute-puissance de Dieu et Sa science sans borne, sont des signes très certains de la Révélation divine, adaptés à l’intelligence de tous » (Dei Filius).              

Ces conditions s’accomplissent en Jeanne, qui entérine et déploie ainsi les traditions institutionnelles de la France, face à tous les obstacles qu’elle surmonte audacieusement.                            

Et le concile suivant de nous dire : 

« Les Chrétiens doivent vivre pour Dieu et le Christ selon les usages de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie […]. La vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture ; les traditions particulières, avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’évangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique » (Ad gentes).

Rappelons enfin l’adjuration de saint Pie X aux évêques de France, il y a 100 ans, et qui est le cœur de mon allocution aujourd’hui, fondée sur l’exemple de Ste Jeanne d’Arc :                                 

« L’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé, et il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale(que vous devez être, chers membres de la Confrérie Royale),  les organismes brisés par la Révolution, et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes ».         

Car Jehanne doit être pour nous, notre Église comme notre pays, un cas d’école !

Cela s’applique à tous les domaines, tant institutionnels que familiaux, car ce sont les sophismes et prétextes sentimentalistes qui conduisent aujourd’hui à reconnaître chef de famille un autre homme que l’époux de la femme et père des enfants. Tout peut être justifié, quand on renonce aux principes ; et c’est malheureusement le cas aujourd’hui dans notre Sainte Église. Le simple fait de demander une clarification sur les principes passe aujourd’hui pour acte de malotru : grand Dieu ! Et face à l’audace des méchants, nous avons l’affreux spectacle de l’autoparalysie des bons, toujours communicative.

Quand saint Pierre tire l’épée du fourreau pour défendre son Seigneur arrêté à Gethsémani, le Christ le rabroue car Il doit parfaire Son Sacrifice. Mais la réaction du premier pape est digne de notre âme française, du « génie catholique et français » dont parlait saint Pie X à nos évêques, puisqu’à l’enseignement de la Passion, notre roi Clovis, premier Fils aîné de l’Église, n’eut pas d’autre réaction, lui qui s’exclama : « Que n’ai-je été là avec mes Francs ! ». Avouez que nous en sommes bien loin aujourd’hui, avec nos nostalgies et velléités…        

« S’engager personnellement pour la libération de son peuple » : voilà le programme de Jehanne, voilà le vôtre, chers Amis ! Le pape Jean-Paul II, qui nous appelait comme S. Remi à la fidélité aux promesses de notre baptême, en témoigna lui-même dans son propre pays, et c’en fut fini de la dictature communiste il y a 30 ans, pour le bicentenaire de la Révolution, sans qu’il y ait eu besoin de coup férir.

« L’un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille, poursuivait Benoît XVI, est précisément ce lien entre l’expérience mystique et la mission politique ». Par la fidélité à vos engagements et au triple angélus quotidien, par une vie chrétienne redoublant de ferveur, en prenant au sérieux votre vocation à la sainteté, réformez-vous et changez ce monde. Car de par l’enseignement de l’Ange de l’Annonciation, à la Pologne de 1989, en passant par Ste Jeanne d’Arc, nous savons qu’« à l’homme, c’est impossible ; mais rien n’est impossible à Dieu ».

Ainsi soit-il.

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2019-69. Des reliques des Saints Abdon et Sennen, et de leur arrivée à Arles-sur-Tech.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans ma première publication consacrée aux Saints Abdon et Sennen (cf. > ici), je vous annonçais une deuxième partie relative à l’histoire de leurs reliques.
Il est en effet important de la connaître, pour ensuite aborder et bien comprendre une troisième partie qui traitera de « la sainte tombe » et de son eau miraculeuse.

En conclusion de ma première partie, je vous disais donc que le sous-diacre Quirinus, ayant soustrait les corps des martyrs à la profanation après qu’ils étaient restés exposés à l’extérieur de l’amphithéâtre pendant trois jours, les avait ensevelis dans sa maison ; mais lui-même ayant été pris et martyrisé quelques années plus tard, la tombe des Saints Abdon et Sennen demeura oubliée…
Et il en fut ainsi pendant près de trois-quart de siècle.

La « Légende dorée », que nous avons précédemment citée, dit simplement que « du temps de Constantin, ces martyrs révélèrent où étaient leurs corps que les chrétiens transférèrent dans le cimetière de Pontien » ; en cela elle ne fait que résumer les Actes de ces martyrs, qui ne précisent pas de quelle manière les Saints Abdon et Sennen se manifestèrent ni à qui.

La catacombe de Pontien est située à Rome dans l’actuel quartier du Janicule, et après le transfert des saints corps de nos deux martyrs, elle fut parfois appelée « Catacombe des Saints Abdon et Sennen ». Le Pape Saint Damase y fit aménager une basilique souterraine pour le culte de ces saints martyrs.
Il faut aussi signaler ici qu’il y a dans cette catacombe une source pure et abondante qui alimente un baptistère.

Une fresque, dont je n’ai pu trouver qu’une reproduction sous forme de gravure, et non une photographie, représente Notre-Seigneur Jésus-Christ en buste, sur une nuée, qui, d’une main, place une couronne sur la tête d’Abdon et de l’autre une couronne sur celle de Sennen.
L
es deux martyrs sont habillés à l’orientale, avec sur la tête le « pileus », c’est-à-dire une espèce de bonnet phrygien par lequel l’art paléochrétien identifie les Perses et les peuples avoisinants.
À droite et à gauche, sont représentés deux autres saints, Milix et Bicentius (Vincent), dans l’attitude de la prière. Chacun des personnages est identifiable grâce au nom inscrit verticalement à côté de lui.

Abdon et Sennen - Catacombe de Pontien

Catacombe de Pontien : fresque représentant les Saints Abdon et Sennen couronnés par le Christ Sauveur

Toutefois au début du IXème siècle, la catacombe de Pontien et la basilique souterraine des Saints Abdon et Sennen étaient dans un état de vétusté dangereux, et les reliques des saints martyrs ne s’y trouvaient plus en sécurité.
Pascal 1er, pape de janvier 817 à février 824, fit donc transférer les saints corps dans la basilique de Saint-Marc, sur l’actuelle place de Venise, dans le centre historique de Rome.
C’est probablement à l’occasion de cette translation que l’abbaye de Fulda, en Germanie, l’église Saint-Médard de Soissons, et quelques autres sanctuaires ou abbayes, obtinrent quelques reliques des Saints Abdon et Sennen.

nika

Au temps de Saint Charlemagne, dans la vallée du Tech – fleuve côtier qui descend des hauteurs pyrénéennes vers la plaine du Roussillon -, un moine bénédictin, du nom de Castellanus, vint d’outre-Pyrénées pour établir un ermitage sur une éminence où subsistaient des ruines de bâtiments antiques.
Les disciples affluèrent, attirés par la réputation de sainteté de Castellanus, et l’ermitage devint une abbaye bénédictine, qui dut même essaimer en raison de l’afflux des vocations. Comme bien souvent, une bourgade se développa autour de l’abbaye : ainsi naquit la petite ville aujourd’hui nommée Arles-sur-Tech.

Arles-sur-Tech vue aérienne

Arles-sur-Tech : au centre du bourg, l’abbatiale Sainte-Marie (état actuel)

Après un siècle de prospérité, vers le milieu du IXème siècle, un raid de Normands qui avaient pillé les Baléares, accosta en Roussillon, y semant ruines et désolation. Remontant la vallée du Tech, ils parvinrent jusqu’à l’abbaye Sainte-Marie d’Arles qu’ils dévastèrent pendant trois jours, y massacrant ceux des moines qui n’avaient pu s’enfuir.
Les décennies qui suivirent furent difficiles, comme d’ailleurs en beaucoup d’endroits : les chroniques du temps, un peu partout en Europe, parlent de phénomènes effrayants dans le ciel, de tremblements de terre, d’incendies, de grêles dévastatrices, de bandes d’animaux sauvages quittant les forêts pour s’en prendre aux populations… etc.

Le Vallespir (ainsi nomme-t-on ce pays qui s’étend autour du Tech) ne fut pas épargné par les malheurs du temps, et les récits nous parlent de créatures effrayantes, que les gens appelèrent simiots (le « t » final se prononce), qui terrorisaient et décimaient la population, en particulier dévorant les enfants.

Moines et paysans multipliaient les jeûnes, les pénitences, les processions de supplication et les prières pour obtenir la cessation de ces fléaux.
Nous étions sous le pontificat de Jean XIII – pape d’octobre 965 à septembre 972 – et l’abbé de Sainte-Marie d’Arles, un homme d’une grande foi et ferveur qui avait pour nom Arnulfe, décida de se rendre à Rome pour y implorer le secours des saints apôtres et des martyrs, mais aussi dans l’espoir d’obtenir des reliques de saints dont l’intercession serait ensuite une protection surnaturelle pour ces contrées, et leur obtiendrait le retour à la paix avec la bénédiction de Dieu.

Façade principale de l'abbatiale Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech monstres sculptés

De part et d’autre de l’arc sculpté qui surmonte la porte de la façade principale de l’abbaye Sainte-Marie d’Arles,
on voit des créatures monstrueuses et cruelles dont on dit qu’elles sont la réprésentation des simiots
qui terrorisaient le pays avant le voyage de l’abbé Arnulfe à Rome.

Simiot dévorant un enfant - détail de la façade principale

Sculpture sur la façade de l’abbatiale :
simiot en train de dévorer un enfant

Arnulfe arriva à Rome au moment du grand carême. Il assista aux cérémonies solennelles, conformes à la liturgie grégorienne, qui se développaient quotidiennement, en présence du Souverain Pontife en personne, dans les églises stationnales.

Le lundi de la troisième semaine de carême, jour où la station se fait à la basilique Saint-Marc, la ferveur silencieuse d’Arnulfe fut remarquée de beaucoup et impressionna le pape Jean XIII lui-même qui le fit quérir et l’interrogea.
Arnulfe expliqua donc au Souverain Pontife la triste situation de son abbaye et du Vallespir.
Emu, le pape lui promis de lui accorder des reliques de saints (à l’exception de celles des Saints Pierre et Paul, Etienne et Laurent, s’empressa-t-il de préciser !).
L’abbé Arnulfe sollicita un délai pendant lequel il prierait le Ciel de lui faire savoir quelles reliques saintes il lui serait plus convenable de demander.

Au cours de la nuit qu’il passa en prière, Arnulfe reçut une vision, par laquelle il comprit qu’il devait demander au Souverain Pontife les reliques des deux martyrs persans qui reposaient dans la crypte de la basilique Saint-Marc, ce à quoi le pape consentit.
Jean XIII fit donc procéder à l’ouverture du tombeau des Saints Abdon et Sennen et il y fit prélever une part importante de leurs ossements sacrés qui furent remis à l’abbé Arnulfe.
Les chroniques rapportent qu’au moment de l’ouverture du tombeau, une suave odeur en sortit, qui émerveilla tous les participants à cette cérémonie, et que plusieurs malades furent alors guéris.

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Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau de l’extrémité gauche du registre inférieur :
ouverture du tombeau des Saints Abdon et Sennen et prélèvement d’une partie des ossements des martyrs
remis à l’abbé Arnulfe.

Avant de quitter la Ville Eternelle, Arnulfe se rendit aussi à la catacombe de Pontien, où les saints corps avaient reposé pendant plus de cinq siècles. A la vue de l’eau pure et abondante qui sourdait dans le baptistère proche de l’ancienne basilique des Saints Abdon et Sennen, il fut inspiré pour en prélever une part afin de l’emporter avec lui.

Ayant reçu une dernière bénédiction de Jean XIII, Arnulfe reprit la route de son abbaye.
Par précaution, car il craignait que son précieux chargement n’excitât quelque convoitise, il résolut de cacher les reliques des saints à l’intérieur d’un tonneau compartimenté qu’il fit confectionner spécialement : les saintes reliques se trouvaient au centre, dans un compartiment bien étanchéifié, mais aux extrémités duquel se trouvaient des compartiments remplis d’un côté par de l’eau et de l’autre par du vin, afin de faire croire qu’il n’y avait là que des provisions pour son voyage.

IMG_2350 - Copie

Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau du centre gauche du registre inférieur :
Arnulfe quitte Rome avec les reliques dissimulées dans des tonneaux compartimentés ;
il emporte aussi avec lui de l’eau prise dans le baptistère de la catacombe de Pontien.

Le voyage de retour vers la Catalogne fut plein de péripéties. 

Avant son embarquement à Gênes, par exemple, alors qu’une possédée s’était mise à vociférer au passage de l’abbé et de son précieux baril, Arnulfe expulsa le démon en faisant boire à cette femme un peu du vin de ce tonneau qui se trouvait sanctifié par la proximité des saintes reliques qui y étaient cachées.
En cours de voyage, une violente tempête menaça de faire sombrer le navire, mais Arnulfe se mit à invoquer à haute voix les Saints Abdon et Sennen avec une immense ferveur, bientôt imité par l’équipage : l’on vit alors apparaître deux jeunes hommes d’une grande beauté aux deux extrémités du bâteau, l’empêchant de sombrer.
Ayant posé le pied sur la terre catalane, Arnulfe, sollicité par deux enfants aveugles qui mendiaient, les guérit en leur faisant boire un peu de vin de son tonneau.
Pour la dernière partie de son chemin, pour gravir les sentiers escarpés du Vallespir, il loua les services d’un muletier. On rapporte qu’à l’approche des villages, les cloches se mettaient à sonner sans qu’aucune main humaine n’en tirât les cordes, ce qui fit que le muletier craignit quelque diablerie…

Enfin, alors que du sentier escarpé où ils cheminaient ils apercevaient déjà au loin les toits de l’abbaye Sainte-Marie d’Arles, la mule fit un faux-pas et dégringola dans le ravin avec son précieux chargement. Un moment Arnulfe craignit que les précieuses reliques ne fussent à jamais perdues. Cependant, le muletier et lui-même aperçurent, au fond du ravin, la mule qui se relevait, parfaitement saine et son chargement entièrement sauf, qui reprenait d’elle-même le chemin d’Arles, comme si de rien n’était, en suivant le lit du Tech, si bien qu’elle arriva aux portes de l’abbaye avant eux, tandis que des mains invisibles en faisaient sonner les cloches à toute volée ! 

IMG_2351 - Copie

Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau du centre droit du registre inférieur :
le miracle de la mule tombée dans le ravin avec les précieuses reliques.

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Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau de l’extrémité droite du registre inférieur :
devant l’abbatiale Sainte-Marie dont les cloches sonnent à toute volée mues par des mains invisibles,
Arnulfe retire les saintes reliques de leur cachette.

Selon certains, avant que des reliquaires adéquats ne fussent réalisés, Arnulfe aurait déposé les ossements des Saints Abdon et Sennen dans un sarcophage antique (du IVe ou Ve siècle) en marbre, alors vide.
Pour d’autres, c’est seulement l’eau rapportée de la catacombe de Pontien qu’Arnulfe aurait versée dans ce sarcophage.
En fait, ces deux propositions ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Il est en effet certain, puisque plusieurs témoignages relevés au cours des siècles le signalent, que de petits ossements des Saints ont été présents dans le sarcophage, et qu’aujourd’hui encore il y a une trentaine de petits ossements dans ce sarcophage que l’on appelle communément « la sainte tombe ».

Sarcophage antique - la sainte tombe

Le sarcophage antique dans lequel furent originellement déposées les reliques des Saints Abdon et Sennen
et aujourd’hui dénommé « la sainte tombe », visible à l’extérier de l’abbatiale Sainte-Marie.

A partir de l’arrivée des saintes reliques des bienheureux martyrs Abdon et Sennen, les simiots disparurent et ne terrorisèrent plus le pays qui recouvra peu à peu tranquillité et prospérité.
La dévotion aux deux frères martyrs se développa, attira des pèlerins, suscita des vocations pour l’abbaye, si bien qu’aux XIe et XIIe siècles l’église abbatiale dut être rebâtie, plus grande : c’est – à peu de choses près – l’édifice actuel.

Abbatiale Sainte-Marie - intérieur

Abbatiale Sainte-Marie d’Arles
la grand nef dans son état actuel

On peut voir dans l’église Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech, d’assez vastes cavités pratiquées en hauteur dans les gros piliers de la nef, qui ont servi, à certaines époques, pour enfermer les reliquaires des Saints Abdon et Sennen.
Elles ont gardé leur décoration d’origine, et on y voit, en particulier, la représentation des simiots que leur arrivée a fait disparaître à jamais.

Ancien coffre pour les reliquaires

L’un des « placards » aménagés dans l’un des gros piliers de la nef
pour conserver en toute sécurité les reliquaires des Saints Abdon et Sennen

Enfin, en 1647, pour la chapelle des Saints Abdon et Sennen, qui se trouve dans le bas-côté droit de l’abbatiale, fut réalisé le grand et somptueux retable avec ses douze tableaux en demi-reliefs illustrant les principaux épisodes du martyre des deux martyrs Persans et de la translation de leurs reliques que j’ai moi-même photographiés au début du mois d’avril 2019, à l’occasion de mon pèlerinage à Arles-sur-Tech, et que je vous ai présentés dans ces deux articles.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

A suivre : La sainte tombe d’Arles-sur-Tech et son eau miraculeuse : « l’eau des saints ».

enluminure des Saints Abdon et Sennen au Mesnil-Marie

Les Saints Abdon et Sennen,
enluminure originale d’une artiste catalane contemporaine,
qui m’a été offerte par le Cercle Légitimiste du Roussillon Hyacinthe Rigaud,
à l’occasion de mon pèlerinage à Arles-sur-Tech,

et qui se trouve depuis lors dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

palmes

2019-68. Des Saints Abdon et Sennen.

30 juillet,
Fête des Saints Abdon et Sennen, martyrs ;
Mémoire de Saint Léopold de Castelnuovo (courte biographie > ici, et prière > ici).

Arles-sur-Tech : abbatiale Sainte Marie. Chapelle des Saints Abdon et Sennen et grand retable contenant leurs reliques

Abbatiale Sainte-Marie, à Arles-sur-Tech
Chapelle des Saints Abdon et Sennen avec le grand retable de 1647 dans lequel sont enfermées leurs reliques.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les Saint Abdon et Saint Sennen, dont nous célébrons la fête en ce 30 juillet, sont deux grands saints envers lesquels nous nourrissons une très grande dévotion en notre Mesnil-Marie, et je voudrais commencer par vous citer la notice que l’on peut lire à leur sujet dans la « Légende dorée » :

« Abdon et Sennen souffrirent le martyre sous l’empereur Dèce, qui, après avoir soumis la Babylonie avec d’autres provinces, et y avoir trouvé des chrétiens, les emmena avec lui à la ville de Cordoue où il les fit mourir par différents supplices. Deux vice-rois, Abdon et Sennen, prirent leurs corps et les ensevelirent. On les accusa de cette action auprès de Dèce qui les fit comparaître devant lui. On les chargea de chaînes et on les conduisit à Rome, où ils comparurent devant l’empereur et devant le Sénat ; on leur dit qu’ils avaient ou à sacrifier et qu’alors ils rentreraient libres dans leurs états, ou à se voir condamnés à être la pâture des bêtes féroces.
Ils ne manifestèrent que du mépris pour les idoles sur lesquelles ils crachèrent ; après quoi ils furent traînés à l’amphithéâtre où on lâcha sur eux deux lions et quatre ours, qui, loin de toucher ces saints, en furent même les gardiens.
On les fit donc mourir par le glaive, après quoi on leur lia les pieds et on les traîna jusqu’à l’idole du soleil devant laquelle on les jeta. Au bout de trois jours, le sous-diacre Quirinus vint les recueillir et les ensevelit dans sa maison. Ils souffrirent vers l’an du Seigneur 253. Du temps de Constantin, ces martyrs révélèrent où étaient leurs corps que les chrétiens transférèrent dans le cimetière de Pontien. Par leur mérite Dieu y accorde de nombreux bienfaits au peuple »

Statue des Saints Abdon et Sennen et coffre de leurs reliques

Abbatiale Sainte-Marie à Arles-sur-Tech
Partie centrale du retable des Saints Abdon et Sennen
Statues des deux martyrs et coffre dans lequel sont enfermées leurs reliques

Le grand retable réalisé en 1647 pour la chapelle des Saints Abdon et Sennen dans l’abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech, en Vallespir (le Vallespir est une région historique correspondant à la vallée du Tech, et qui relie les hauts sommets pyrénéens à la plaine du Roussillon), illustre de manière magnifique l’histoire des deux martyrs dont les saintes reliques sont conservées dans l’espèce de grand coffre aménagé au centre, en arrière du tabernacle, sous les statues des saints.
Tout autour, les panneaux sculptées illustrent le martyre des deux saints et l’histoire de leurs reliques.
Une examen plus détaillé de ce retable nous permettra de préciser certaints points de cette belle histoire sur laquelle se sont penchés de grands érudits chrétiens. 

Détail des statues des Saints Abdon et Sennen - Arles-sur-Tech

Détail des statues des Saints Abdon et Sennen
(retable – abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech)

La patrie des Saints Abdon et Sennen – dont certaines traditions font des frères de sang – est une région qui, dans l’Antiquité, était nommée Gordyène, au sud du lac de Van (dans l’actuelle Turquie, proche de la frontière iranienne), dont la capitale est appelée Cordoue dans « La Légende dorée ».
Il faut bien se garder de faire la confusion avec la ville de Cordoue (Cordoba en espagnol, Corduba en latin) en Andalousie : la capitale de la Gordyène se nomme en latin Cordula (mais on trouve aussi parfois les formes « Cordua » ou « Corduena »).

Selon les antiques traditions encore, Abdon et Sennen étaient de race princière et avaient embrassé la foi chrétienne lorsqu’ils étaient de jeunes adultes. L’on était vers le milieu du IIIème siècle et, à la suite de l’apôtre Saint Barthélémy, premier évangélisateur de ces contrées, de nombreux missionnaires de l’Evangile avaient œuvré, de sorte que la Sainte Eglise se trouvait déjà fermement implantée dans ces régions où elle jouissait d’une relative tolérance.
La Gordyène était depuis quelques années sous la domination perse : comme beaucoup de nobles de Gordyène et d’Arménie, Abdon et Sennen avaient été enrolés dans l’armée du roi Sapor (Chapour 1er) qui fut en lutte pendant plusieurs années contre l’empire romain.
C’est au cours de ces luttes qu’Abdon et Sennen furent faits prisonniers : en qualité de princes, ils jouissaient toutefois d’un statut de semi-liberté dans l’entourage du général Dèce.
Lorsque ce dernier déclencha une persécution contre les chrétiens de Babylonie puis de Gordyène, Abdon et Sennen, bravant les édits du persécuteur, profitèrent de la semi liberté qui leur était concédée pour ensevelir les corps des martyrs et protéger certains de leurs frères dans la foi.
Ils furent découverts et dénoncés au général qui les fit arrêter.

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Abdon et Sennen sont dénoncés à Dèce comme chrétiens
et sont condamnés à être emprisonnés :
panneaux du côté droit de la prédelle du retable des Saints Abdon et Sennen,
abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech

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Lorsqu’il succéda à Gordien III, en 244, Philippe – dit l’Arabe – conclut une paix (éphémère) avec le roi de Perse Sapor. Il commença son règne à Antioche avant de s’imposer à Rome.
Le général Dèce commença alors une carrière politique (sénateur et gouverneur de province) après avoir célébré son triomphe à Rome, triomphe auquel les princes Abdon et Sennen furent exhibés.

Philippe l’Arabe se montra plutôt favorable aux chrétiens (certains ont même pensé qu’il était chrétien en secret) : sous son règne ils ne furent pas persécutés et les deux frères Abdon et Sennen décidèrent de rester à Rome où ils purent vivre leur foi paisiblement avec la communauté chrétienne romaine.

Tout changea lorsque Dèce accéda au pouvoir (249). Il déclancha preque aussitôt une persécution violente contre les disciples du divin Crucifié : la septième persécution générale. L’un des premiers arrêtés fut le pape Saint Fabien, torturé puis décapité le 20 janvier 250.
Les Saints Abdon et Sennen ne pouvaient être oubliés de Dèce, auxquels ils avaient déjà tenu tête et ne le leur pardonnait pas. Il les fit donc appréhender et jeter en un cachot où ils subirent divers mauvais traitements avant de faire comparaître et qu’on leur intime l’ordre de rendre un culte au dieu du soleil.

IMG_2342 - Copie (2)

Abdon et Sennen sont emprisonnés
puis on veut les contraindre à rendre un culte au dieu du soleil :
panneaux du côté gauche de la prédelle du retable des Saints Abdon et Sennen,
abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech

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Comme on ne pouvait les faire apostasier, Abdon et Sennen furent alors soumis au supplice de la flagellation, puis, comme ils restaient innébranlables dans leur confession de la foi chrétienne, ils furent conduits à l’amphithéâtre pour y être livrés en pâture aux fauves.

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Flagellation des Saints Abdon et Sennen (panneau supérieur gauche du retable)
Abdon et Sennen avec les fauves dans l’amphithéâtre (panneau supérieur droit du retable)

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Mais les deux ours et les quatre lions affamés auxquels on livra les intrépides confesseurs, au lieu de les dépecer et de les dévorer se couchèrent à leurs pieds.
Alors le préfet ordonna que des gladiateurs, armés de tridents, de filets et de glaives, fussent introduits dans l’arène. Comme les fauves se faisaient les défenseurs d’Abdon et Sennen, ils furent massacrés, puis ce fut le tour des deux martyrs…

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Les Saints Abdon et Sennen livrés aux rétiaires (panneau supérieur au centre gauche du retable)

… qui furent finalement décapités.

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Décollation des Saints Abdon et Sennen (panneau supérieur au centre droit du retable)

Leurs dépouilles sanglantes furent exposées pendant trois jours au pied de la statue du soleil, à l’extérieur de l’amphithéâtre, quand enfin, de nuit, un sous-diacre nommé Quirinus put emporter les corps des martyrs et, faute de pouvoir les ensevelir dans les catacombes, qui étaient alors extrêmement surveillées, il leur donna une sépulture dans sa propre maison.
Quelques années plus tard, lors de la persécution de Valérien, huitième persécution générale, le sous-diacre Quirinus fut lui-même martyrisé, et les corps des Saints Abdon et Sennen cachés dans sa demeure, furent oubliés.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

A suivre : l’histoire des reliques des Saints Abdon et Sennen > ici.

palmes

2019-65. Samedi 10 août 2019 : fête de Sainte Philomène au Mesnil-Marie.

C’est une tradition désormais solidement établie en notre Mesnil-Marie, comme aussi dans l’esprit de nos amis, qui nous interrogent à l’avance au sujet de sa célébration…

la fête de Sainte Philomène

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Attention !
En raison du fait que, en cette année 2019, le 11 août est un dimanche et que le prêtre qui vient célébrer la Sainte Messe de cette fête est évidemment pris par son ministère un dimanche matin, la fête de Sainte Philomène sera anticipée au samedi 10 août.

Programme :

- 11 h : Sainte Messe chantée (dans l’oratoire du Mesnil-Marie).
- Repas tiré du sac et échanges amicaux (un grand barnum sera installé sur la terrasse Saint-Charlemagne pour pouvoir déjeuner à l’ombre ; apporter vos sièges pliants).
- 15 h 30 : Chapelet, litanies de Sainte Philomène, vénération de sa relique.

Nota bene : afin de prévoir au mieux un nombre de places suffisant, en particulier à l’oratoire, merci de nous annoncer votre participation > ici (ou bien par téléphone).

palmes

2019-63. Deux ouvrages de Marie-Joëlle Guillaume qui ont retenu notre attention.

Vendredi 19 juillet 2019,
Fête de Saint Vincent de Paul, confesseur (cf. > ici, > ici, et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je profite de cette fête de Saint Vincent de Paul pour vous parler de deux ouvrages dus à la plume du même auteur : Madame Marie-Joëlle Guillaume.

Née en 1949, agrégée de lettres classiques, Madame Guillaume a été éditorialiste à l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », membre – entre autres – de l’Académie d’Éducation et d’Études sociales, et auteur de très nombreux articles et conférences.
Elle s’intéresse depuis fort longtemps à l’histoire de l’Eglise, en particulier au XVIIe siècle, ainsi qu’aux rapports entre la culture, la politique et la spiritualité.

Elle avait publié deux ouvrages d’entretiens avec Son Eminence Révérendissime le Cardinal Paul Poupard, en 2001 chez Plon puis en 2003 chez Perrin. En 2007, aux éditions de La Table ronde, elle publie « Un printemps de gloire : souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet » ; puis en 2010, toujours chez Perrin, un ouvrage consacré à « Rémy Montagne : un démocrate chrétien dans le siècle »

Mis à part l’essai fort réussi de reconstitution des souvenirs de la Marquise de Rambouillet qui avait retenu mon attention, in illo tempore, il n’y avait pas jusqu’alors dans la bibliographie de Marie-Joëlle Guillaume d’autres éléments qui m’attirassent particulièrement, jusqu’à ce qu’en avril 2015 elle fit paraître une biographie de Saint Vincent de Paul qui m’a beaucoup intéressé.

Marie-Joëlle Guillaume Vincent de Paul un saint au grand siècle

A – « Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle » (Perrin – avril 2016) :

- Quatrième de couverture :
« Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l’illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d’évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable. 
Peu à peu, Vincent de Paul s’affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l’engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l’œuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d’Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l’Etat et s’engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d’un siècle plus tard. 
Homme de prière, homme d’action, meneur d’hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l’humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire. »

- Mon avis :
J’ai découvert cet ouvrage au début de l’été 2017 et je m’en suis servi de lecture de préparation à la fête de Saint Vincent de Paul cette année-là. C’est une excellente biographie dont on peut dire qu’elle s’impose par ses qualités d’écriture, par son sérieux et par sa profondeur spirituelle. Je n’hésiterai pas à parler d’une véritable « biographie de référence ».
Un bémol toutefois : Madame Guillaume est une catholique marquée par l’esprit de la « démocratie chrétienne » et par le pseudo œcuménisme post-vaticandeux et c’est ainsi que, en quelques petites touches qui pour être discrètes n’en sont pas moins réelles et récurrentes, elle semble avoir du mal à comprendre la gravité de l’hérésie protestante et de ses conséquences ecclésiologiques, spirituelles et politiques. Ainsi, conformément à la tendance dominant de nos jours dans l’ « Eglise officielle », elle s’emploie à mettre des guillemets relativisants aux termes d’hérésie et d’hérétiques chaque fois qu’elle ne peut faire autrement que de les utiliser, en conformité pourtant avec l’authentique théologie catholique et aux affirmations de Saint Vincent de Paul qui, pour être parfaitement claires n’en sont pas moins justement pleinement charitables puisque habitées par la vérité. C’est en effet une fausse charité, ou du moins une charité bien imparfaite, qu’une charité qui néglige de donner le nom d’erreurs aux fourvoiements de ceux que l’on prétend aimer.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Marie-Joëlle Guillaume Pour Dieu et pour le Roi

B – « Pour Dieu et pour le Roi » (Perrin – avril 2019) :

- Quatrième de couverture :
« La nature et l’évolution des relations entre le Trône et l’Autel, l’Église et l’État sous l’Ancien Régime sont difficiles à comprendre pour nos contemporains. De même que les conflits religieux qui l’émaillent – guerres de Religion, jansénisme, quiétisme… – et qui ont de multiples implications au plus haut sommet de l’État. Marie-Joëlle Guillaume en livre les arcanes par le biais des portraits de douze grands prélats français, du règne d’Henri III à celui de Louis XVI. 
Pierre de Gondi, François de La Rochefoucauld, Pierre de Bérulle, Richelieu, Bossuet, Fénelon, Valentin-Esprit Fléchier, Louis-Antoine de Noailles, Jean-Baptiste Massillon, André-Hercule de Fleury, Christophe de Beaumont et François-Joachim de Bernis : hommes d’État, hommes d’action, noms illustres des Lettres françaises ou prédicateurs en vue, tous sont de grandes âmes aux prises avec de grands débats. La présentation fouillée de leurs fortes personnalités, l’explication de leurs œuvres et de leurs actions conduisent à une plongée passionnante dans les XVIIe et XVIIIe siècles. Alliant la rigueur de l’historien à la limpidité du style, Marie-Joëlle Guillaume éclaire un pan encore largement méconnu de l’histoire politique et religieuse de la France moderne. »

- Mon avis :
Comme sa biographie de Saint Vincent de Paul, cet ouvrage de Madame Guillaume est largement positif. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tout en recevoir comme si cela était « parole d’Evangile » !!!
Les douze prélats qu’elle a choisis pour illustrer le rôle unique de l’Eglise au service de la royauté très chrétienne dans ces deux magnifiques XVIIe et XVIIIe siècles sont véritablement emblématiques, et Madame Guillaume a su en dresser des portraits intelligents et plutôt sympathiques.
Avec un réel talent, elle fait ressortir les mérites et rend très attachantes d’admirables figures un peu laissées dans l’ombre aujourd’hui, comme le sont les cardinaux de Gondi, de La Rochefoucauld ou de Fleury ; elle fait sortir de la légende noire et lave des calomnies qui les ont injustement salis les cardinaux de Richelieu et de Bernis ; elle démontre (bien que je ne sois pas certain que ce soit son intention initiale) combien de très intelligents prélats, véritables hommes de Dieu, ont su établir un équilibre politique très judicieux, profondément réaliste et rigoureusement fidèle à la doctrine évangélique, en se tenant éloignés des excès des dévots lorsqu’ils prétendaient se constituer en parti ; elle écrit finalement une belle apologie de cette religion royale dont on a trop souvent perdu la compréhension profonde aujourd’hui, ou que l’on a fort injustement décriée et calomniée en la faisant passer pour du « gallicanisme » frisant l’hérésie…
Mais Madame Guillaume persiste dans son entêtement à vouloir relativiser les gravissimes erreurs du protestantisme, et s’obstine donc à entourer de guillemets édulcorants les termes d’hérésie ou d’hérétique qui lui conviennent pourtant en toute vérité. Ses sympathies envers la démocratie-chrétienne la portent aussi, par exemple, à minimiser les errements politiques de Fénelon ou à interpréter certains passages de Massillon dans un sens favorable à une évolution (sans doute nécessaire pour elle) de la monarchie absolue vers des formes prétendûment plus démocratiques…
Il n’en demeure pas moins que, pour un esprit averti et formé qui a compris quels handicaps intellectuels dus à la modernité postconciliaire dans laquelle elle évolue, grèvent un peu la pensée de Madame Guillaume, cet ouvrage présente un réel intérêt et peut servir de base de départ pour des études plus approfondies dont elle inspire finalement le goût.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

2019-62. Où, en l’honneur de l’anniversaire du sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII, le 17 juillet 1429, vous est présentée une remarquable maquette…

Jeudi 18 juillet 2019,
Fête de Saint Arnould de Metz, évêque et confesseur, aïeul de Saint Charlemagne ;
Mémoire de Saint Camille de Lellis, confesseur ;

A Paris, la fête de Notre-Dame de Bonne Délivrance (cf. > ici) ;
110ème anniversaire du rappel à Dieu de Sa Majesté le Roi Charles XI de France (+ 18 juillet 1909).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous savent déjà que j’ai eu le bonheur, au début de ce mois, à l’occasion du dixième anniversaire d’ordination d’un excellent ami prêtre, de me rendre à Reims, ville si importante au cœur des Français puisque c’est dans les fonts baptismaux de sa cathédrale que naquit notre France catholique et royale.

Entre autres pieuses visites et pèlerinages, nous y avons eu la joie de bénéficier d’une visite de la cathédrale des plus intéressantes, puisqu’elle nous a permis d’accéder à certains lieux qui ne font ordinairement pas partie des visites proposées.
C’est ainsi que, dans l’une des sacristies, l’excellent et bienveillant chanoine qui nous servait de guide, nous a permis de découvrir et d’admirer, dans deux longues et étroites vitrines (chacune avoisine les 2 m de longueur), la représentation très réaliste de deux moments importants des cérémonies du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII : 1) l’arrivée du cortège royal, au-devant duquel carracolait Sainte Jeanne d’Arc ; et 2) la procession de la Sainte Ampoule (voir > ici).

Ce 17 juillet 2019 a marqué l’exact 590ème anniversaire du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII, célébré le dimanche 17 juillet 1429.

C’est en l’honneur de cet anniversaire que je veux vous présenter ci-dessous les clichés que j’ai réalisés des deux maquettes mentionnées ci-dessus.
Leur longueur et la disposition des lieux ne permettaient pas de réaliser une vue d’ensemble satisfaisante, j’ai donc pris des photographies séquentielles de ces deux reconstitutions, afin de vous en pouvoir proposer une suite permettant d’apprécier les détails de cette admirable réalisation, œuvre d’un seul homme (nota bene : la taille des personnages est d’environ 10 cm de hauteur).

Il n’est nullement besoin de commenter chacune de ces photographies, et les détails de la représentation suffisent à nous établir non seulement dans l’admiration, mais également dans une prière de louange pour ce que Dieu a accompli à travers l’épopée de Sainte Jeanne d’Arc.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

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A – L’arrivée de Charles VII à Reims le samedi 16 juillet 1429 :

arrivée du Roi 1

arrivée du Roi 2

arrivée du Roi 3

arrivée du Roi 4

arrivée du Roi 5

arrivée du Roi 6

arrivée du Roi 7

arrivée du Roi 8

arrivée du Roi 9

arrivée du Roi 10

arrivée du Roi 11

arrivée du Roi 12

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B – La procession de la Sainte Ampoule, le 17 juillet 1429 :

cortège Ste Ampoule 1

cortège Ste Ampoule 2

cortège Ste Ampoule 3

cortège Ste Ampoule 4

cortège Ste Ampoule 5

cortège Ste Ampoule 6

Prions :

O Dieu, qui avez miraculeusement suscité Sainte Jeanne d’Arc pour la défense de la foi et de la patrie, accordez à Votre Eglise, par son intercession, de triompher des attaques de ses ennemis, pour jouir d’une paix perpétuelle.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, Votre Fils, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

Jeanne au Sacre 17 juillet 1429

Cathédrale Notre-Dame de Reims :
statue de Sainte Jeanne d’Arc au Sacre de Charles VII
œuvre de Prosper d’Epinay (1900) :
Armure en bronze argenté, visage en ivoire,
huque (tunique) en marbre jaune de Sienne, semée de fleurs de lys incrustées en lapis-lazuli.

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2019-61. De la réconciliation de la chapelle de l’ancien monastère de la Visitation du Puy-en-Velay après plus de deux siècles de profanation.

Mercredi 17 juillet 2019,
Fête des Bienheureuses Carmelites de Compiègne martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Alexis, confesseur ;
Anniversaire du Sacre de Charles VII (le 17 juillet 1429 – cf. > ici) ;
Anniversaire du massacre de la famille impériale Russe (le 17 juillet 1918 – cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai eu, ce mardi 16 juillet 2019, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (cf. > ici), l’immense joie spirituelle d’assister à un véritable événement historique ; je tiens à vous en parler ici.

Oh ! Il n’appartient pas à la catégorie des faits qui font la une des revues « pipoles », ou qui alimentent des heures de parlotte creuse sur des chaînes d’informatin continue ; il n’alimentera pas l’émotion des foules télécommandées, ni ne suscitera l’enthousiasme d’une opinion publique soigneusement « préparée » et « soutenue » par l’AFP ou de grands organes de presse…
Il s’agit cependant d’un authentique événement, dont la portée symbolique, voire prophétique, ne peut échapper aux regards et à l’intelligence de ceux qui sont attentifs aux choses divines, aux réalités spirituelles et aux forces invisibles qui sous-tendent la geste humaine ici-bas.

Ancienne chapelle de la Visitation du Puy - extérieur

Façade de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy (XVIIe siècle)
ce mardi 16 juillet 2019

« De quoi s’est-il donc agi ? » m’interrogerez-vous sans doute après que j’ai ainsi excité votre curiosité.
Eh bien, j’ai été personnellement et fort aimablement invité, par un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, à assister à la cérémonie de réconciliation de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation, au Puy-en-Velay, profanée depuis la grande révolution.

Le monastère de la Visitation Sainte-Marie du Puy avait été fondé le 21 novembre 1630, en la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple, par la Révérende Mère Anne-Elisabeth Perrin, venue du premier monastère de la Visitation de Lyon (monastère dit de Bellecour, où Saint-François de Sales était mort huit ans plus tôt, le 28 décembre 1622). Je n’en ai pas encore la certitude absolue, mais il est plus que probable que Sainte Jeanne-Françoise de Chantal soit elle-même passée en ce monastère du Puy.
Les moniales de la Visitation ont sanctifié ces lieux depuis 1630 jusqu’au 17 août 1792 où elles furent expulsées.
Après la révolution, le 24 mars 1808, le monastère du Puy sera rétabli, mais pas dans ces bâtiments : il s’installera dans ceux de l’ancien « Refuge Saint-Maurice », près de l’Hôtel-Dieu, où il subsistera jusqu’à la fin du XXe siècle.

Plaque apposée sur la façade de l'ancienne chapelle de la Visitation au Puy

Plaque apposée sur la façade de l’ancienne chapelle de la Visitation du Puy.

Après l’expulsion des Visitandines, lors de l’instauration de la Terreur, le monastère fut transformé en prison et la chapelle, profanée, devint le siège du tribunal révolutionnaire de la Haute-Loire.

La plaque actuellement apposée sur la façade de cette chapelle rappelle qu’une partie des « Compagnons de Jésus » – déformés en « Compagnons de Jéhu » par le roman éponyme d’Alexandre Dumas père (1857) – y fut jugée en 1799. A la vérité, les dits « Compagnons de Jésus » constituaient un vaste mouvement royaliste contrerévolutionnaire qui, en lien avec d’autres mouvements chouans tel que celui des « Compagnons de la ganse blanche », fut actif principalement dans la région lyonnaise, les Dombes, le Forez et le nord du couloir rhodanien.
Lorsque 228 d’entre eux furent pris, au temps du Directoire, ils furent amenés au Puy pour y être jugés, parce que les révolutionnaires craignaient que, si leur procès fût instruit à Lyon ou dans ses environs, leurs complices et partisans ne fissent un coup de force pour les délivrer.
Mais au grand dam des jacobins, cette mesure ne leur fut d’aucune utilité et le procès tourna court : si les 228 prévenus furent bien emprisonnés dans les locaux de l’ancien monastère transformés en prison (ils sont aujourd’hui en grande partie détruits et se situaient pour l’essentiel sur la gauche de la façade dont je vous ai montré la photographie ci-dessus – la rue qu’on y voit aujourd’hui n’existant pas), ils ne furent point condamnés. En effet, en une seule nuit, et sans qu’aucune explication ait pu m’être donnée par une archiviste départementale que j’avais interrogée en 2005, les « Compagnons de Jésus » disparurent de la prison et ne furent jamais retrouvés !

Les Compagnons de Jéhu - 1857

Gravure de 1857 illustrant le roman d’Alexandre Dumas : « Les Compagnons de Jéhu »

En revanche, plusieurs prêtres, religieux et fidèles furent jugés dans cette chapelle et partirent d’ici pour le martyre. De leur nombre fut l’abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl, prêtre du diocèse de Viviers pour lequel j’ai une profonde affection et vénération, dont j’ai résumé la vie dans l’une des chroniques de ce blogue (cf. > ici). Sa sœur, Mère Marie-Séraphie (née Marie-Henriette du Graïl) était justement religieuse dans ce monastère de la Visitation du Puy : elle fut contrainte par les « patriotes » à assister à son exécution et à faire le tour de l’échafaud en marchant dans son sang. Après la révolution, elle participera au rétablissement du monastère de la Visitation.

Sur l’un des gros piliers de la cathédrale du Puy se trouve apposée un grande plaque de marbre blanc sur laquelle se trouvent gravés les noms de plusieurs autres prêtres martyrs (la procédure diocésaine en vue d’une béatification va d’ailleurs être officiellement ouverte pour plusieurs d’entre eux).
C’est également dans sa cellule de la prison attenante à cette chapelle que fut assassiné, le 5 octobre 1797, le comte François-Dominique Cavey de la Motte, l’un des chefs de la chouannerie vellave (voir sa biographie > ici), et c’est encore d’ici que partit, pour être fusillé contre le mur sud de l’église Saint-Laurent, le 18 octobre 1798, le marquis Joseph-Etienne de Surville (cf. > ici), lui aussi admirable chef de la chouannerie vivaro-vellave.

Cathédrale du Puy - Plaque de marbre portant les noms des prêtres martyrisés

Basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
plaque commémorative des prêtres « qui périrent victimes de leur fidélité à Dieu et au Roi ».

Tout ce que je viens d’écrire vous montre à l’évidence pour quelles raisons – et depuis de fort nombreuses années – je nourris un véritablement attachement à cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy, et pour quels motifs j’étais profondément affligé de l’état de profanation et d’abandon dans lequel elle se trouvait jusqu’à ces derniers jours, puisque, après la fermeture du tribunal révolutionnaire, pendant deux siècles, cette chapelle servit essentiellement d’entrepôt.

Depuis déjà plusieurs années, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, par l’intermédiaire de ses prêtres résidant au Prieuré Saint Jean-François Régis établi à Unieux, près de Saint-Etienne, s’intéressait à ce bâtiment.
Il y a eu des péripéties multiples dans l’entreprise de rachat de cette vénérable chapelle parce que – cela n’étonnera personne – les héritiers du sectarisme révolutionnaire et pontifes autoproclamés de la bien-pensance maçonnico-républicaine, sont montés au créneau afin d’empêcher, par tous les moyens à leur disposition (au premier rang desquels se trouvent le mensonge, la calomnie, le « lobbying » et l’agitation de l’opinion publique), que cette chapelle ne revienne à sa destination originelle et ne soit à nouveau un lieu où sera célébrée la Sainte Messe latine traditionnelle et où soit enseignée l’authentique doctrine catholique.
Malgré leurs agissements ténébreux, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a pu l’emporter et c’est la raison pour laquelle, ce mardi 16 juillet 2019, Monsieur l’abbé Pierre Barrère, pour encore un peu de temps Prieur d’Unieux, a procédé à la cérémonie de réconciliation de cette chapelle emblématique.
Certes, il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elle soit véritablement restaurée ; il y aura d’importantes tranches de travaux à y mener à bien. Il importait néanmoins de pouvoir, après 227 années de profanation, de la rendre à Dieu par une cérémonie significative.

Puisse la réconciliation de cette chapelle être une prophétie en acte de la réconciliation du Royaume de France – profané et occupé par un régime et des institutions contraires à sa vocation – avec son histoire sainte !

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Le rite de la réconciliation d’une église profanée commence à l’extérieur de l’édifice par la récitation du psaume L (« miserere ») avec l’antienne « Asperges me » dite en intégralité avant et après le psaume.
Puis le célébrant asperge d’eau bénite tout l’extérieur de l’édifice :

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Après l’aspersion extérieure le prêtre récite une oraison demandant à Dieu Notre-Seigneur de renouveler Sa sainte bénédiction sur cet édifice, d’en chasser les influences diaboliques, et d’y faire entrer Ses saints anges.

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Et c’est alors que le clergé et les fidèles entrent dans l’édifice…

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L’intérieur de cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation a été déblayé, nettoyé, mais il reste actuellement avec tous les stigmates de la profanation qu’il a subie pendant plus de deux siècles, ainsi que marqué par les outrages du temps et des intempéries.
Un autel provisoire y a été placé, qui à ce moment-là est encore entièrement dépouillé.

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Le célébrant, ses ministres et les fidèles, agenouillés récitent alors les litanies des saints, au cours desquelles est ajoutée cette invocation particulière :
« Ut hanc ecclesiam purgare et reconciliare digneris, Te rogamus audi nos – Pour que Vous daigniez purifier et réconcilier cette église, nous Vous en prions, écoutez nous ! » 

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Ensuite le célébrant fait le tour intérieur de l’édifice en aspergeant ses murs d’eau bénite.

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Le rite de la réconciliation s’achève par une oraison, l’invocation « Deus, in adjutorium meum intende… etc. », le chant du psaume LXVII au cours duquel on répète après chaque verset : « Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus, et fugiant qui oderunt eum a facie ejus : Que Dieu se lève, que Ses ennemis soient dispersés et que ceux qui Le haïssent fuient devant Sa face ! », et une dernière oraison conclusive.

Puis pendant que le prêtre va déposer la chape et endosser les ornements pour la célébration de la Sainte Messe, l’autel est revêtu de ses nappes, chandeliers, bouquets ; il reçoit les canons d’autel et le missel.

La souillure de la profanation a été lavée et, même s’il y aura maintenant d’importants travaux de restauration à y accomplir, cette chapelle est à nouveau apte à ce que le Saint Sacrifice y soit célébré.

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Et voici que pour la première fois depuis août 1792 des voix de religieuses s’élèvent pour chanter l’introït « Gaudeamus » :
« Réjouissons-nous tous ensemble dans le Seigneur, célébrons ce jour de fête en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie ! De cette solennité, les anges se réjouissent et ils en louent tous ensemble le Fils de Dieu ! »

Tandis que, pour la première fois depuis août 1792, au pied d’un autel relevé entre ces murs, le prêtre dialogue avec ses ministres le sublime psaume « Judica me » : « Et introibo ad altare Dei : et j’entrerai vers l’autel de Dieu… »

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Pour la première fois depuis août 1792, le chant du Saint Evangile retentit entre ces murs :

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Pour la première fois depuis que la diabolique révolution l’avait abolie, la Sainte Messe catholique est célébrée en ce lieu qu’avaient sanctifié des générations de saintes religieuses ! 

Pour la première fois depuis que les Visitandines en furent chassées et que des prêtres y furent condamnés en raison de leur fidélité à la foi catholique, à la Sainte Eglise romaine, et aux engagements solennels de leur sacerdoce, un prêtre catholique, renouant en quelque sorte la chaîne des temps sacrés rompue par la Terreur, a fait descendre sur cet autel notre divin Rédempteur et a élevé, aux regards des fidèles en adoration, l’Hostie Sainte et le Calice du Salut, en même temps que, pour la première fois depuis l’apostasie révolutionnaire, la clochette retentissait et que montaient vers la divine Victime les volutes de l’encens !

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Pour la première fois depuis plus de deux siècles de profanation, un prêtre s’est retourné vers les fidèles en tenant la Sainte Hostie entre ses doigts consacrés et leur a présenté, entre ces murs rendus à l’usage pour lequel ils ont été édifiés, le Pain Vivant descendu du Ciel, l’Agneau sans tache, qu’ils ont pu recevoir dans leurs âmes par la sainte communion !

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Nous sommes dans une immense action de grâces pour la réconciliation de cette chapelle, et pour tout ce que cela représente et symbolise, bien au-delà de l’événement factuel.
Et nous sommes fortifiés dans notre espérance surnaturelle, en nous souvenant de la promesse que fit Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même à la sainte Visitandine de Paray-le-Monial :
« Il régnera, ce divin Cœur, malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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