Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

Litanies et prières à Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Gisant de cire de St Louis-Marie - détail

Détail du gisant de cire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
à Saint-Laurent-sur-Sèvvre (maison-mère des Filles de la Sagesse),
montrant le saint au moment de son dernier soupir.

frise

Litanies de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis). 
Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 

Jésus-Christ, écoutez-nous (bis). 
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis).

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 

Sainte Marie, priez pour nous. 
Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous. 
Reine des coeurs, priez pour nous. 

Saint Louis-Marie de Monfort, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, chantre du Sacre-Coeur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, apôtre du très saint Rosaire, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, homme d’oraison, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prodige de mortification, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, amant passionné de la pauvreté, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, champion intrépide de la vérité, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, défenseur ardent de la foi catholique, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, zélateur infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, père des pauvres, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, secours des infirmes et des malades, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, instituteur de l’enfance et de la jeunesse, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fondateur de congrégation religieuses, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, modèle des prêtres et des missionnaires, priez pour nous.

Obtenez-nous la véritable sagesse, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de foi, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de prière, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit d’humilité, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’amour de la croix, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre vraie dévotion à Marie, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour pour l’Église, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre obéissance filiale au Pape infaillible, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre courage dans les épreuves, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour de la vie cachée, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre zèle pour la conversion des pécheurs, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la persévérance dans le bien, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la grâce d’une bonne mort, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous le règne de Jésus par Marie, saint Louis-Marie de Monfort.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Saint Louis-Marie de Monfort 
R/. Intercédez pour nous.

Prions :

Ô Dieu, qui avez fait de saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de votre Fils unique, et par lui avez suscité dans votre Église une double famille religieuse ; daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la grâce de servir toujours sous le joug suave de la bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils bien-aimé qui vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Chapelet

Collecte de la messe propre de Saint Louis-Marie :

O Dieu, qui avez fait du Bienheureux Louis-Marie, Votre confesseur, le héraut merveilleux du mystère de la Croix et du très saint Rosaire, et donné par lui à l’Eglise une famille nouvelle : accordez-nous, grâce à ses mérites et à son intercession, d’arriver aux récompenses du salut éternel par la vie, la mort et la résurrection de Votre Fils unique. Nous Vous le demandons par le même Jésus-Christ, Votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Deus, qui beatum Ludovicum-Mariam, confessorem tuum, Crucis mysterii et sanctissimi Rosarii praeconem exinium effecisti, ac nova per eum familia Ecclesiam fecundasti : ejus meritis et intercessione concede : ut per Unigeniti Filii tui vitam, mortem ac resurrectionem, salutis aeternae praemia consequamur. Per eumdem Dominum…

Amen.

Saint Louis-Marie

frise

Prière pour demander à Saint Louis-Marie
la grâce de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge :

Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si admirablement enseigné, par votre vie autant que par vos écrits, de quelle manière il nous faut aimer la Bienheureuse Mère de Dieu, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de vivre moi aussi, en esprit et en vérité, cette parfaite dévotion à la Sainte Vierge, de sorte qu’en lui étant totalement et pleinement consacré, je puisse être toujours plus totalement et plus pleinement à Jésus mon divin Sauveur.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si merveilleusement montré, par votre vie autant que par vos écrits, ce qu’est le véritable amour de la Croix, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de renoncer à moi-même et d’embrasser généreusement la pauvreté, les humiliations et les douleurs de la Croix, en ne me dérobant jamais aux mille et un petits sacrifices quotidiens, de sorte qu’en portant fidèlement le joug de Jésus-Christ, je puisse oeuvrer, à Sa suite et selon mon humble mesure, au salut et à la sanctification des âmes.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si extraordinairement contribué, par votre vie autant que par vos écrits, à faire aimer la Sagesse Eternelle, le Verbe divin par qui tout a été créé, qui est venu en notre chair, qui a souffert la Passion et qui demeure mystérieusement au milieu de nous dans la Sainte Eucharistie, Jésus-Christ Notre-Seigneur, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce d’appartenir sans réserve au Christ Sagesse Eternelle, goûtant Son ineffable douceur et marchant dans la douceur de Ses voies, pour parvenir, au terme de cet exil, à Le posséder dans l’éternité bienheureuse.

Ainsi soit-il.

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

A Jésus par Marie

A Jésus par Marie !

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 27 avril, 2016 |2 Commentaires »

Prière pour demander la glorification de l’abbé Antoine Crozier.

Le chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort

- l’Abbé Antoine Crozier (1850-1916) sur son lit de mort -
prêtre de l’archidiocèse de Lyon, chanoine honoraire de la cathédrale de Belley,
remarquable conducteur d’âmes, stigmatisé,
rappelé à Dieu le 10 avril 1916.

Sainte Eucharistie

Prière pour demander à Dieu la glorification de Son fidèle serviteur l’abbé Antoine Crozier :

Dieu notre Père,
Vous appelez des hommes à tout quitter pour Vous suivre,
et Vous en faites des prêtres selon Votre Coeur.

Vous nous avez donné,
en la personne d’Antoine Crozier,
un prêtre admirable de fidélité,
apôtre de Votre miséricorde,
associé en sa chair à la Passion de Votre Fils.

Accordez-nous, par son intercession,
la grâce que nous Vous demandons (…).

Et faites qu’un jour l’Eglise proclame sa sainteté
pour le renouveau des vocations sacerdotales
et du peuple chrétien tout entier.

O Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

(Prière approuvée par Son Eminence le Cardinal-archevêque de Lyon)

Merci de bien vouloir signaler tout grâce particulière
reçue par l’intercession de l’abbé Crozier,
à l’adresse suivante :

Paroisse de l’Immaculée Conception – Abbé Crozier
34, rue Servient. 69003 Lyon.

Sainte Eucharistie

On lira aussi avec profit dans les pages de ce blogue :
- Florilège de citations extraites de la correspondance spirituelle du Père Crozier > ici
- Le texte de son opuscule « Vivons pour le Bon Dieu » > ici
- Son Chemin de Croix pour la France > ici

Triomphez ! Triomphez, ô Jésus !

Prière du Vénérable Pie XII
à
Jésus Ressuscité

(Prière extraite du discours prononcé en italien le Saint Jour de Pâques 25 mars 1951. Encore une fois, nous ne pouvons pas ne pas être frappés par l’actualité de cette prière du « Pasteur angélique »…)

Passignano le Christ ressuscité

Domenico Cresti, dit Le Passignano : la Résurrection – détail (Pinacothèque Vaticane)

Afin que la joie pascale ne s’éteigne pas avec le déclin du jour, mais qu’elle se prolonge longtemps et qu’elle pénètre les coeurs plus fortement frappés par la tourmente qui bouleverse aujourd’hui le monde, que Votre bénédiction, ô Jésus, descende, pour apporter le renouveau et la paix sur ce peuple qui fait monter vers Vous, d’une voix unanime, un hymne de louange, de gratitude et d’imploration !

Bénissez, ô divin Rédempteur, la hiérarchie sacrée, les ministres du sanctuaire et les aspirants au sacerdoce, tous ceux qui renonçant au monde, se sont consacrés à Vous sous les formes les plus diverses de la vie religieuse.

Bénissez les troupes hardies de l’apostolat des laïques et ravivez en eux, dans la mesure la plus complète, le courage de professer la foi chrétienne, l’ardeur du zèle, la fermeté virile de la fidélité !

Bénissez les dirigeants des nations et inspirez-leur des desseins de justice et de paix, de fraternelle entente et d’aide réciproque, afin que libérés de toute soif de domination et de violence, les peuples puissent vivre et servir Dieu dans un travaill pacifique et une sereine tranquillité, et passer ainsi de la laborieuse journée terrestre à la béatitude de la céleste patrie !

Bénissez les familles dans le sein protecteur desquelles croissent les générations qui formeront l’Eglise de demain ! Bénissez et soutenez les jeunes gens et les jeunes filles, dont la pureté, la valeur, la joie spirituelle sont une des plus ferventes sollicitudes de votre Epouse immaculée !

Bénissez et réconfortez ceux que les plaisirs terrestres et les erreurs insidieuses ont atteints dans leurs sentiments et dans leurs pensées, dans leur conduite et dans leurs oeuvres, et, dans la confusion de la tiédeur, de l’indifférence, de l’éloignement de Dieu, aidez-les à retrouver la voie qui seule conduit à la Vérité et au salut !

Répandez Votre bénédiction sur tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme !
Suscitez en nombre toujours plus grand des âmes généreuses, prêtes à accourir partout où se fait entendre un cri, une plainte, un soupir, prêtes à consacrer leur esprit, leurs bras et leurs biens au soin de tant d’enfants abandonnés dans les rues, au soutien de tant de vieillards privés de tout secours, de tant de miséreux qui ont peine à vivre entre la nécessité et la maladie, de tant de réfugiés errant à la recherche d’une nouvelle patrie, de tant d’opprimés victimes des injustices humaines !
Donnez le courage à tous ceux qui gémissent dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les lieux d’exil et de souffrance, injustement peut-être !
Accroissez la fermeté de ceux qui pâtissent dans leur honneur, leur liberté et leur chair pour la défense de leur foi : exemples lumineux de fidélité à Vous, divin Triomphateur de l’enfer et de la mort !

Triomphez ! Triomphez, ô Jésus ! Que Votre règne arrive et s’étende ! Que Votre empire resplendisse sur la terre, mieux connu, mieux aimé, plus puissant, comme est infinie la puissance de Votre Sang divin, répandu pour la rédemption du monde entier !

Ainsi soit-il.

Armoiries de Pie XII

Offrande au Père Eternel de la Passion de Son Fils bien-aimé.

Ste Trinité - peinture sur bois déb. XVIe s basil. St Hilaire Poitiers provenance abbaye de la Trinité

Le Père Eternel tenant en Ses bras le corps supplicié du Verbe incarné
(peinture sur bois du début du XVIe siècle, provenant de l’abbaye de la Trinité,
aujourd’hui conservé dans l’église Saint-Hilaire, Poitiers)

Offrande au Père Eternel de la Passion de Son Fils bien-aimé :

« Jetez les yeux, ô Père de miséricorde, sur Votre Fils, qui par l’excès d’une charité incompréhensible, a voulu souffrir pour moi tous les maux que la cruauté des hommes les plus inhumains et les plus détestables qui furent jamais, ont voulu Lui faire endurer !
Considérez, ô Roi plein de compassion et de clémence, quel est Celui qui souffre, et ressouvenez-Vous de celui pour qui Il souffre !
Celui qui souffre, ô souverain Seigneur, qui êtes l’innocence même, c’est Votre Fils bien-aimé, dans lequel Vous avez mis toute Votre affection, et que Vous avez néanmoins livré à la mort pour Votre esclave. C’est Celui qui étant l’auteur de la vie, et qui voulant Vous obéir jusques au dernier soupir, n’a pas craint de S’exposer au supplice cruel et horrible de la Croix.
Celui pour qui Il souffre, c’est Votre créature, c’est l’ouvrage de Vos mains, c’est Votre image.

Représentez-Vous, ô dispensateur redoutable et adorable du salut de tous les hommes, que ce Dieu souffrant est Celui-là même que Vous avez engendré de toute éternité par Votre puissance, et que Vous avez néanmoins voulu faire participer à mes faiblesses et à mes misères. C’est ce fruit précieux de Votre sein ; c’est ce Verbe éternel qui s’étant revêtu de ma chair, a voulu subir le châtiment que j’avais mérité, et souffrir le supplice le plus cruel et le plus infame qui fut jamais, pour m’acquiter pleinement envers Votre justice.

Mon Seigneur et mon Dieu, souffrez que je Vous conjure encore une fois de jeter les yeux sur l’ouvrage de Votre miséricorde, sur ce cher Fils étendu sur cette Croix, qui est l’objet le plus auguste et le plus charmant que Vous puissiez jamais regarder.
Considérez ces mains sacrées d’où le sang coule avec tant d’abondance, et pardonnez-moi les oeuvres criminelles des miennes.
Voyez ce côté adorable, où plutôt ce Coeur amoureux qu’une lance cruelle a ouvert, et fiates couler sur moi quelques gouttes de ce sang précieux et de cette eau mystérieuse qui en sont sortis : plongez-moi et renouvellez-moi dans cette fontaine salutaire.
Voyez ces pieds sacrés qui ne s’étant jamais engagés dans le voie spacieuse du péché, mais qui ayant toujours marché dans le chemin étroit de Votre loi, sont cloués d’une manière qui fait horreur. Conduisez mes pas dans la voie de Votre justice, et donnez-moi de l’éloignement pour toutes les routes égarées de l’erreur et du mensonge. 
Je Vous supplie, ô source éternelle de sainteté, par Celui-là même qui est le Saint des saints et mon Rédempteur, de me faire courir avec joie dans la voie de Vos commandments, afin que je puisse m’unir en esprit avec ce Sauveur adorable qui n’a point eu horreur de Se revêtir de ma chair, et de S’assujetir à ma mortalité.

Serait-il bien possible, ô Père très miséricordieux, que Vous puissiez consentir à détourner Vos yeux de dessus cette tête sacrée de Votre Fils que la mort fait pencher sur Son sein, ou plutôt que l’amour incline pour nous faire donner ce baiser amoureux qui est le signe de notre réconciliation ?
Regardez, très aimable Créateur, Son humanité sainte, et ayez pitié de mes misères, et regardez avec attendrissement l’ouvrage de Vos mains.
Cette poitrine dont la blancheur aurait terni celle des lis, a perdu son éclat : ce côté est tout rouge de Son sang ; ce ventre est tout desséché ; ces yeux si beaux sont étients ; ces lèvres vermeilles sont toutes livides ; ces bras qui étaient ouverts à tous les misérables sont roides et sans mouvement ; ces pieds, qui ont parcouru tant de villes et de campagnes et essuyé tant de fatigues pour chercher les pécheurs, sont percés et tout baignés des ruisseaux de sang qui en coulent ; et ces mains sacrées qui n’ont cessé de faire du bien à tout le monde, de répandre des bénédictions et de produire des miracles, sont cramponnées à un infame poteau et déchirées par de cruels clous et par la pesanteur du corps qu’elles soutiennent.

Regardez, ô Père très glorieux, ces membres tout disloqués et tout ensanglantés de Votre divin Fils, et écoutez les sentiments que Vous inspire Votre miséricorde en ma faveur, et pardonnez-moi mes infidélités et mes faiblesses.
Considérez les peines de cet Homme-Dieu, et tirez l’homme pécheur de celles que ses crimes lui ont méritées.
Jetez les yeux sur le supplice de mon Sauveur, et remettez les offenses qu’a commises celui qu’Il a daigné racheter.

C’est Lui, Seigneur, que Vous avez frappé pour les péchés de Votre peuple, quoi qu’Il fût votre Fils unique, et que Vous eussiez mis en Lui toute Votre affection ; et c’est Lui qui nonobstant Sa justice et Son innocence, a été mis au rang des criminels et des scélérats, afin de mettre ceux-ci au rang des innocents et des justes ! »

(« Manuel de Saint Augustin », chapitre VI)

Philippe de Champaigne : Sainte Face

2016-18. « Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils… »

Vendredi de la Passion,
Fête de la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire (en particulier ici), ce vendredi de la semaine de la Passion est le jour de la plus ancienne des fêtes des Douleurs – ou de la Compassion – de Notre-Dame, et c’est donc l’une des fêtes patronales du Refuge Notre-Dame de Compassion.
A cette occasion, voici un extrait du sermon de Saint François de Sales prononcé en l’église Saint-Jean-en-Grève, à Paris, pour la fête de l’Assomption de Notre-Dame de l’an 1602. Le saint évêque de Genève y  fait un long développement sur les douleurs de la Très Sainte Vierge dont voici quelques paragraphes.

Mater Dolorosa

Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils…

« (…) Notre-Dame, Mère de Dieu, est morte de la mort de son Fils ; la raison fondamentale est parce que  Notre-Dame n’avait qu’une même vie avec son Fils, elle ne pouvait donc avoir qu’une même mort ; elle ne vivait que de la vie de son Fils, comment pouvait-elle mourir d’autre mort que de la Sienne ?
C’étaient à la vérité deux personnes, Notre-Seigneur et Notre-Dame, mais en un coeur, en une âme, en un esprit, en une vie ; car si le lien de charité liait et unissait tellement les chrétiens de la primitive Eglise que Saint Luc assure qu’ils n’avaient qu’un coeur et une âme, aux Actes deuxièmes, combien avons-nous plus de raison de dire et de croire que le Fils et la Mère, Notre-Seigneur et Notre-Dame, n’étaient qu’une âme et qu’une vie.
Oyez le grand apôtre Saint Paul, il sentait cette union et liaison de charité envers son Maître et lui, qu’il faisait profession de n’avoir point d’autre vie que celle du Sauveur : « Vivo ego, etc. Je vis, mais non jà moi, ains Jésus-Christ vit en moi ». O peuple ! cette union, ce mélange et liaison du coeur était grande, qui faisait dire telles paroles à Saint Paul ; mais non pas comparable avec celle qui était entre le coeur du Fils Jésus et celui de la Mère Marie ; car l’amour que Notre-Dame portait à son Fils surpassait celui que Saint Paul portait à son Maître, d’autant que les noms de mère et de fils sont plus excellents en matière d’affection, que les noms de maître et de serviteurs : c’est pourquoi si Saint Paul ne vivait que de la vie de Notre-Seigneur, Notre-Dame aussi ne vivait que de la même vie, mais plus parfaitement, mais plus excellement, mais plus entièrement que si elle vivait de sa vie ; aussi est-elle morte de Sa mort.

Et certes, le bon vieillard Siméon avait longtemps auparavant prédit cette sorte de mort à Notre-Dame quand tenant son enfant en ses bras il lui dit : « Tuam ipsius animam pertransibit gladius, Ton âme sera transpercée par le glaive, le glaive transpercera ton âme » ; car considérons ces paroles, il ne dit pas : Le glaive transpercera ton corps ; mais il dit : Ton âme. Quelle âme ? La tienne même, dit le prophète. L’âme donc de Notre-Dame devoit être transpercée, mais par quelle épée ? par quel couteau ? et le prophète ne le dit pas ; néanmoins puisqu’il s’agit de l’âme, et non pas du corps, de l’esprit, et non pas de la chair, il ne faut pas l’entendre d’un glaive matériel et corporel, ains d’un glaive spirituel et qui puisse atteindre l’âme et l’esprit.

Or je trouve trois glaives qui peuvent porter leurs coups en l’âme. Premièrement le glaive de la parole de Dieu, lequel, comme parle l’apôtre, est plus pénétrant qu’aucune épée à deux taillants. Secondement le glaive de douleur duquel l’Eglise entend les paroles de Siméon : « Tuam, dit-elle, ipsius animam doloris gladius pertransibit : cujus animam moerentem, contristatam et dolentem, pertransivit gladius ». Troisièmement le glaive d’amour, duquel Notre-Seigneur parle : « Non veni mittere pacem, sed gladium, Je ne suis pas venu mettre la paix mais le glaive », qui est le même que quand Il dit : « Ignem veni mittere, Je suis venu mettre le feu ». Et au Cantique des Cantiques, l’Epoux estime que l’amour soit une épée par laquelle il a été blessé, disant : « Tu as blessé mon coeur, ma soeur, mon épouse ».
De ces trois glaives fut transpercée l’âme de Notre-Dame en la mort de son Fils, et principalement du dernier qui comprend les deux autres.

Quand on donne quelque grand et puissant coup sur une chose, tout ce qui la touche de plus près en est participant et en reçoit le contre-coup : le corps de Notre-Dame n’était pas joint et ne touchait pas à celui de son Fils en la Passion ; mais quant à son âme, elle était inséparablement unie à l’âme, au coeur, au corps de son Fils, si que les coups que le béni corps du Sauveur reçu en la croix ne firent aucune blessure au corps de Notre-Dame, mais ils firent des grands contre-coups en son âme, dont il fut vérifié ce que Siméon avait prédit.

L’amour a accoutumé de faire recevoir les contre-coups des afflictions de ceux que l’on chérit : « Quis infirmatur, et ego non infirmor ? Qui est malade, que je ne le sois ? Qui reçoit un coup de douleur, que je n’en reçoive le contre-coup ? » dit le saint apôtre ; et néanmoins l’âme de Saint Paul ne touchait pas de si près au reste des fidèles, comme l’âme de Notre-Dame touchait et attouchait de fort près, et de si près que rien plus, à Notre-Seigneur, à Son âme et à Son corps, duquel elle était la source, la racine, la mère. Ce n’est donc pas merveille si je dis que les douleurs du Fils furent les épées qui transpercèrent l’âme de la Mère. Disons un peu plus clairement : une flèche dardée rudement contre une personne, ayant outre-percé son corps, percera encore celui qui se trouvera tout touchant et joint à lui. L’âme de Notre-Dame était jointe en parfaite union à la personne de son Fils, elle était collée sur elle (…) ; et partant les épines, les clous, la lance qui percèrent la tête, les mains, les pieds, le côté de Notre-Seigneur, passèrent encore et outre-percèrent l’âme de la Mère.

Or, je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils ; car quand à Son amour, ô comme il vous blessa, lorsque vous voyez mourir un Fils qui vous aimait tant, et que vous adoriez tant ? Quant à Sa douleur, comme elle vous toucha vivement, touchant si mortellement tout votre plaisir, votre joie, votre consolation ? Et quant à Ses paroles si douces et si aigres tout ensemble, hélas ! ce vous furent autant de vents et d’orages pour enflammer votre amour et vos douleurs, et pour agiter le navire de votre coeur presque brisé en la tempête d’une mer tant amère ! L’amour fut l’archer ; car sans lui la douleur n’eût pas eu assez de mouvement pour atteindre votre âme ; la douleur fut l’arc qui lançait les paroles intérieures et extérieures, comme autant de dards qui n’avaient d’autre but que votre coeur. Hélas ! Comme fut-il possible que des sagettes tant amoureuses fussent si douloureuses ? Ainsi les aiguillons emmiellés des abeilles font extrême douleur à ceux qui en sont piqués, et semble que la douceur du miel avive la douleur de la pointe. C’est la vérité, ô peuple ! plus les paroles de Notre-Seigneur furent douces, et plus furent-elles cuisantes à la Vierge Sa Mère, et le seraient à nous si nous aimions son Fils. Quelle plus douce parole que celle qu’Il dit à Sa Mère et à Saint Jean, paroles témoins assurés de la constance de Son amour, de Son soin, de Son affection à cette sainte Dame ; et néanmoins ce furent des paroles qui sans doute lui furent extrêmement douloureuses. (…) Ce fut donc alors que l’âme de Notre-Dame fut transpercée du glaive… »

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Autres textes publiés dans ce blogue relatifs à la dévotion envers les Sept Douleurs et la Compassion de Notre-Dame :
–  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion www
– Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici www
– Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs www
– Chapelet des Sept Douleurs www
– Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion www
– Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame www
- Texte du Rd Père Lépicier sur le mystère des Douleurs de Marie > www

2016-17. Du 280e anniversaire de la mort de Jean-Baptiste Pergolèse.

1736 – 17 mars – 2016

Jean-Baptiste Pergolèse

Jean-Baptiste Draghi, dit Pergolèse

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 17 mars 2016, nous ne célébrons pas seulement la mémoire de Sainte Gertrude de Nivelles, céleste protectrice des chats (cf. > ici) – fête patronale que mon papa-moine n’a pas manqué de me fêter, vous le pensez bien ! – mais nous commémorons aussi le rappel à Dieu d’un jeune artiste de 26 ans, qui s’éteignit en ce jour il y a 280 ans : Jean-Baptiste Draghi, dit Pergolèse.
Ce surnom de PergolèsePergolesi en italien – lui vient de ce que sa famille était originaire de la ville de Pergola, dans les Marches.

Né le 4 janvier 1710, à Jesi, dans la province d’Ancône, Giovanni-Battista Draghi était un enfant remarquablement doué : ce pourquoi, à l’âge de 12 ans, il fut envoyé pour étudier au « Conservatoire des pauvres de Jésus-Christ » (Conservatorio dei poveri di Gesù Cristo) où il fut un élève brillant sous la férule de professeurs exigeants et réputés de l’école napolitaine de musique alors en pleine gloire. La formation musicale y était axée sur les beautés et les prouesses de l’opéra napolitain et de la polyphonie religieuse en vogue.
A sa sortie du Conservatoire, à l’âge de 21 ans (1731), porté par un véritable succès, Jean-Baptiste Pergolèse reçoit des commandes d’opéras et d’oeuvres religieuses : dès l’année suivante (1732), il est appelé à la charge de maître de chapelle du prince Ferdinando Colonna Stigliano, écuyer du vice-roi de Naples.

Je ne m’étends pas ici sur sa carrière et sur sa production musicale… fort courte, puisque dès l’année 1735 il commence à manifester les signes de la maladie qui va l’emporter : la tuberculose.
Au début de l’année 1736, alors qu’il vient tout juste de célébrer son 26e anniversaire, son état de santé l’oblige à se retirer hors de Naples : il est accueilli au couvent des Capucins de Pouzzoles.
Il compose là quelques dernières oeuvres religieuses pour l’église conventuelle des Pères Capucins ; et c’est aussi très probablement là qu’il a écrit la toute dernière, son Stabat Mater, commande du duc de Maddaloni, son mécène, qui lui aurait demandé cette oeuvre pour l’église napolitaine de la Vierge des Sept Douleurs (Santa Maria dei Sette Dolori), église dans laquelle le duc possédait une chapelle votive et où il faisait exécuter des œuvres religieuses chaque troisième dimanche de septembre (pour la solennité des Sept Douleurs de Notre-Dame).

Jean-Baptiste Pergolèse rend son âme à Dieu le 17 mars 1736, âgé de 26 ans deux mois et treize jours.

Dernier chef d’oeuvre d’un jeune compositeur qui a traversé le firmament de la musique baroque napolitaine avec la fulgurance d’une étoile filante d’un éclat particulier, le Stabat Mater de Pergolèse est bien justement l’un des plus célèbres du genre.
Sa renommée fut rapide à travers l’Europe baroque au point que plusieurs compositeurs de renom lui feront des emprunts, le reprendront ou l’adapteront. Pour n’en citer qu’un, et non des moindres : Jean-Sébastien Bach, dès 1740, dans sa cantate « Tilge, Höchster, meine Sünde » (BWV 1083).
En France, le « Manuscrit des Menus Plaisirs du Roy » en conserve aussi une transcription comportant quelques variantes.

En cette veille de la Commémoraison solennelle des Sept Douleurs de Notre-Dame, fête liturgique assignée au vendredi de la Passion, et qui est si importante pour le Refuge Notre-Dame de Compassion, il m’a semblé opportun de rappeler ce deux-cent-quatre-vingtième anniversaire et de vous offrir les enregistrements de deux interprétations de ce sublime Stabat Mater : le premier est un enregistrement public réalisé au Théâtre des Champs-Elysées le 27 janvier 2014, avec Andreas Scholl et Klara Ek, accompagnés par l’ « Academy of Ancient Music » ; le second restitue la version du « Manuscrit des Menus Plaisirs du Roy » évoquée ci-dessus, interprétée par « les Pages & les chantres de la Chapelle Royale » sous le direction d’Olivier Schneebeli.

Puisse cette écoute être pour vous, comme elle l’est pour nous au Mesnil-Marie, bien chers Amis, le support d’une méditation fervente à l’occasion de cette Commémoraison solennelle de la Compassion de Notre-Dame

Lully.

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Coeur de Marie aux sept glaives

Publié dans:De liturgia, Memento, Prier avec nous |on 17 mars, 2016 |1 Commentaire »

Le cantique « Au sang qu’un Dieu va répandre » :

Dimanche de Laetare, au soir.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce saint temps de Carême, où nous intensifions notre contemplation des souffrances rédemptrices de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et à quelques jours de l’entrée dans le temps de la Passion, je voulais publier dans ces pages les paroles originelles du si populaire cantique « Au sang qu’un Dieu va répandre ».

Il existe en effet plusieurs adaptations, plus ou moins approchantes, des paroles d’origine de ce cantique.
La version la plus répandue est sans doute celle qui a été publiée par Monseigneur Joseph Besnier dans son fameux « Recueil de cantiques populaires ».

Lorsqu'un Dieu daigne répandre (Besnier)

Ainsi que vous le pouvez voir ci-dessus, les paroles y sont dites « d’après Fénelon » ; quant à la musique, c’est celle d’une mélodie tirée d’un opéra de Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736), mélodie qui fut réutilisée pour le générique de la série télévisée pour les enfants « Bonne nuit, les petits » diffusée de 1962 à 1973.

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Ce sont, selon toute vraisemblance, les Sulpiciens, dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, qui ont adapté cette mélodie bien profane, alors très à la mode, pour en faire le support des paroles écrites par Fénelon.
Henri Adam de Villiers, maître de chapelle à l’église Saint-Eugène & Sainte-Cécile, à Paris, précise que les paroles françaises qui avaient fait le succès de cette mélodie disaient : « Que ne suis-je la fougère / Où sur la fin du jour, / Se repose ma bergère, / Sous la garde de l’amour ?… » !

Mais revenons au texte lui-même.
A quelle période et pour quelles raisons le texte de Fénelon a-t-il été plus ou moins modifié ? Je ne saurais le dire.
Mais, même si plusieurs motifs, d’ordre religieux aussi bien que politique, font que je me tiens habituellement à une prudente distance de Fénelon, pour cette occurrence on ne peut qu’admirer le style et les sentiments qu’il a exprimés dans ce cantique.
Voici les paroles originelles :

1. Au sang qu’un Dieu va répandre,
Ah ! mêlez du moins vos pleurs,
Chrétiens qui venez entendre
Le récit de ses douleurs.
Puisque c’est pour vos offenses
Que ce Dieu souffre aujourd’hui,
Animés par ses souffrances,
Vivez & mourez pour lui.
 

 

2. Dans un jardin solitaire
Il sent de rudes combats ;
Il prie, il craint, il espère,
Son cœur veut et ne veux pas.
Tantôt la crainte est plus forte,
Et tantôt l’amour plus fort :
Mais enfin l’amour l’emporte
Et lui fait choisir la mort. 

 

3. Judas, que la fureur guide,
L’aborde d’un air soumis ;
Il l’embrasse… et ce perfide
Le livre à ses ennemis !
Judas, un pécheur t’imite
Quand il feint de L’apaiser ;
Souvent sa bouche hypocrite
Le trahit par un baiser. 

 

4. On l’abandonne à la rage
De cent tigres inhumains ;
Sur son aimable visage
Les soldats portent leurs mains
Vous deviez, Anges fidèles,
Témoins de leurs attentats,
Ou le mettre sous vos ailes,
Ou frapper tous ces ingrats. 

 

5. Ils le traînent au grand-prêtre,
Qui seconde leur fureur,
Et ne veut le reconnaître
Que pour un blasphémateur.
Quand il jugera la terre
Ce sauveur aura son tour :
Aux éclats de son tonnerre
Tu le connaîtras un jour. 

 

6. Tandis qu’il se sacrifie,
Tout conspire à l’outrager :
Pierre lui-même l’oublie,
Et le traite d’étranger.
Mais Jésus perce son âme
D’un regard tendre et vainqueur,
Et met d’un seul trait de flamme
Le repentir dans son cœur. 

 

7. Chez Pilate on le compare
Au dernier des scélérats ;
Qu’entends-je ! ô peuple barbare,
Tes cris sont pour Barabbas !
Quelle indigne préférence !
Le juste est abandonné ;
On condamne l’innocence,
Et le crime est pardonné. 

 

8. On le dépouille, on l’attache,
Chacun arme son courroux :
Je vois cet Agneau sans tache
Tombant presque sous les coups.
C’est à nous d’être victimes,
Arrêtez, cruels bourreaux !
C’est pour effacer vos crimes
Que son sang coule à grands flots. 

 

9. Une couronne cruelle
Perce son auguste front :
A ce chef, à ce modèle,
Mondains, vous faites affront.
Il languit dans les supplices,
C’est un homme de douleurs :
Vous vivez dans les délices,
Vous vous couronnez de fleurs. 

 

10. Il marche, il monte au Calvaire
Chargé d’un infâme bois :
De là, comme d’une chaire,
Il fait entendre sa voix :
« Ciel, dérobe à la vengeance
Ceux qui m’osent outrager ! »
C’est ainsi, quand on l’offense,
Qu’un chrétien doit se venger. 

 

11. Une troupe mutinée
L’insulte et crie à l’envi :
S’il changeait sa destinée,
Oui, nous croirions tous en lui !
Il peut la changer sans peine
Malgré vos nœuds et vos clous :
Mais le nœud qui seul l’enchaîne,
C’est l’amour qu’il a pour nous. 

 

12. Ah ! de ce lit de souffrance,
Seigneur, ne descendez pas :
Suspendez votre puissance,
Restez-y jusqu’au trépas.
Mais tenez votre promesse,
Attirez-nous près de vous ;
Pour prix de votre tendresse,
Puissions-nous y mourir tous ! 

 

13. Il expire, et la nature
Dans lui pleure son auteur :
Il n’est point de créature
Qui ne marque sa douleur.
Un spectacle si terrible
Ne pourra-t-il me toucher ?
Et serai-je moins sensible
Que n’est le plus dur rocher ?

 

Amédée Gastoué (1873-1943), maître de chapelle, professeur de chant grégorien et de chant choral, président de la Société française de musicologie, trouvant que la mélodie de Pergolèse manquait de profondeur religieuse (et pour cause) en composa une nouvelle, plus conforme à la gravité du sujet du cantique de Fénelon.
Lorsqu’il était jeune religieux, notre Frère Maximilien-Marie a d’ailleurs eu un supérieur qui avait fait ses études sacerdotales à Paris avant la seconde guerre mondiale et qui, pour les chemins de Croix des vendredis de Carême, préférait chanter le cantique de Fénelon sur cette mélodie de Gastoué.

Henri Adam de Villiers, déjà cité ci-dessus, a réalisé une harmonisation à quatre voix pour l’air d’Amédée Gastoué (voir > ici), et c’est cette version qui est interprêtée à l’église Saint-Eugène & Sainte-Cécile de Paris, pendant le temps de la Passion.
En voici un enregistrement :

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Je vous encourage à prendre du temps pour intérioriser et pour méditer sur les paroles de ce cantique plus que trois fois centenaire, et même – pourquoi pas ? – à en apprendre par coeur quelques strophes que vous puissiez ainsi chanter, lorsque cela est possible, au cours de vos occupations quotidiennes : Frère Maximilien-Marie fait souvent ainsi lorsqu’il jardine ou qu’il effectue quelque travail manuel, c’est une manière de continuer l’oraison et de garder son âme unie à Notre-Seigneur dans l’accomplissement des tâches ordinaires…

Je vous souhaite toujours plus de ferveur et de générosité pendant cette seconde partie du Carême !

Lully.

Lamentation sur le Christ mort - Nicolas Poussin - 1628

Nicolas Poussin : Lamentation sur le Christ mort (1628)

Publié dans:Prier avec nous |on 6 mars, 2016 |3 Commentaires »

« Je mets ma confiance, Vierge, en votre secours ».

- Cantique attribué à Saint Louis-Marie Grignon de Montfort -

1er février,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin
et de ses 98 Bienheureux compagnons – prêtres, religieuses et laïcs – martyrs,
à Angers et à Avrillé, dans les premières semaines de l’année 1794.
Voir > ici, > ici et > ici.

La première édition de ce célèbre cantique se trouve, en 1749, dans un recueil de cantiques pour les missions publié à Lyon par les Jésuites. Une tradition très ancienne en attribue les paroles à Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, sans que l’on puisse toutefois l’attester de manière irréfragable : on note que certaines expressions et les idées de ce chant sont plutôt favorables à cette attribution.
Plusieurs témoignages nous rapportent que les ecclésiastiques, religieuses et humbles fidèles massacrés dans les provinces de l’Ouest pendant la grande terreur chantaient ce cantique dans la charette qui les conduisait vers l’échafaud ou dans ces longues files qu’on emmenait à la fusillade.
En cette fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses compagnons, martyrs à Angers et à Avrillé, en complément des textes que j’ai déjà publiés à leur sujet (voir les liens ci-dessus), je veux publier ci-dessous les paroles de ce cantique, telles qu’elles figurent dans l’édition de référence des cantiques de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

Martyrs d'Avrillé

Les Bienheureux Martyrs d’Avrillé fusillés au bord des fosses dans lesquels leurs corps vont être jetés
(détail d’un vitrail de la chapelle du Champ des Martyrs)

Je mets ma confiance.

Je mets ma confiance,
Vierge, en votre secours,
Servez-moi de défense,
Prenez soin de mes jours ;
Et quand ma dernière heure
Viendra fixer mon sort,
Obtenez que je meure
De la plus sainte mort.

Sainte Vierge Marie,
Asile des pécheurs,
Prenez part, je vous prie,
A mes justes frayeurs :
Vous êtes mon refuge,
Votre Fils est mon Roi,
Mais Il sera mon Juge,
Intercédez pour moi.

Ah ! Soyez-moi propice
Avant que de mourir,
Apaisez Sa justice,
Je crains de la subir ;
Mère pleine de zèle,
Protégez votre enfant,
Je vous serai fidèle
Jusqu’au dernier instant.

A dessein de vous plaire,
O Reine de mon coeur !
Je promets de rien faire
Qui blesse votre honneur :
Je veux que, par hommage,
Ceux qui me sont sujets,
En tous lieux, à tout âge,
Prennent vos intérêts.

Voyez couler mes larmes,
Mère du bel Amour ;
Finissez mes alarmes
Dans ce mortel séjour :
Venez rompre ma chaîne,
Pour m’approcher de vous,
Aimable Souveraine,
Que mon sort serait doux !

Vous êtes, Vierge Mère,
Après Dieu, mon support ;
Je sais qu’Il est mon Père,
Mais vous êtes mon fort :
Faites que dans la gloire,
Parmi les bienheureux,
Je chante la victoire
Du Monarque des cieux.

« Les Oeuvres du Bx de Montfort »
Ses cantiques avec notes par le R.P. F.Fradet smm, édition type
Librairie mariale – Pontchâteau 1932.

Enfin, voici un autre enregistrement que celui que j’avais déjà publié (tout en bas de page ici), puisque les paroles de ce cantique peuvent-être chantées sur deux mélodies différentes. Dans ma première publication, c’était la mélodie du très ancien noël populaire « Or nous dites Marie » ; ci-dessous voici la seconde version, interprétée par la Schola Sainte-Cécile, avec pour les couplets des paroles qui différent de celles du recueil de référence : le cantique a en effet connu un certain nombre de variantes au XIXe siècle, selon les recueils et leurs diverses éditions.

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Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 1 février, 2016 |Pas de commentaires »

2016-9. De Sainte Bathilde, Reine des Francs, que l’on fête le 30 janvier.

30 janvier,
Fête de Sainte Bathilde,
Mémoire de Sainte Martine,

Anniversaire de la mort de S.A.R. le Prince Alphonse de Bourbon (cf. > ici).

Il y a des saints que nous aimons tout particulièrement au Mesnil-Marie.
A ce propos, permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse anecdotique amusante : un jour, dans une conversation qui roulait sur l’histoire de l’Eglise et la sainteté, à plusieurs reprises Frère Maximilien-Marie s’était exclamé à la mention de certains noms de saints : « L’une de mes saintes préférées ! » ou encore : « Un de  mes saints de prédilection ! ». Le bon père dominicain qui était son interlocuteur finit par lui rétorquer, dans un soupir : « Dites-nous plutôt quels sont les saints que vous ne préférez pas… La liste sera plus courte ! »

Il y a donc, oui, des saints que nous aimons tout particulièrement au Mesnil-Marie.
Et Sainte Bathilde, dont le propre de France mentionne la fête à la date du 30 janvier, est de ce nombre.

Sainte Bathilde sur un vitrail de l'église Ste Radegonde à Poitiers

Sainte Bathilde représentée sur un vitrail de l’église Sainte Radegonde à Poitiers

Anglo-Saxonne de naissance (elle était probablement née en 626 mais d’autres avancent la date de 630), Bathilde avait été emmenée en captivité et vendue comme esclave alors qu’elle était à peine adolescente. Elle avait été achetée par Archambaud (ou Erchinoald), Maire du palais de Clovis II, Roi de Neustrie et de Bourgogne. Clovis II était fils du fameux Roi Dagobert 1er et il n’avait que quatre ans à la mort de son père, en 639. 

Bathilde gagna rapidement la faveur de tous, en raison de son charme, de sa beauté et de sa nature gracieuse et douce. Elle était aimée aussi bien de ses compagnes esclaves, envers lesquelles elle témoignait de nombreuses attentions telles que le nettoyage de leurs chaussures et de leurs vêtements, que de ses maîtres, si bien que lorsque Archambaud perdit son épouse, il résolut d’épouser la jeune esclave.
Bathilde, alarmée par cette perspective, se déguisa avec de vieux vêtements et des haillons, et se cacha le temps de se faire oublier.
Archambaud, p
ensant qu’elle s’était définitivement enfuie, épousa une autre femme. Lorsque Bathilde l’apprit, elle revint au palais pour reprendre son service, essuyant force moqueries parce qu’elle avait préféré la condition d’esclave à celle de princesse. 

Elle attira toutefois l’attention du Roi Clovis II qui était à peine plus âgé qu’elle (il était né en 625), et qui l’épousa : en 649, la jeune esclave devint donc Reine des Francs. 
Elle donna à Clovis II cinq enfants, dont trois fils qui furent Rois après lui : Clotaire III (Roi de Neustrie et de Bourgogne), Childéric II (Roi d’Austrasie puis de tous les Francs après la mort de Clotaire III) et Thierry III (Roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de Clotaire III, rapidement détroné par Childéric II, puis Roi de tous les Francs à la mort de Childéric II et de son cousin Dagobert II). 

Ste Bathilde statue dans les jardins du Palais du Luxembourg (Paris)

Sainte Bathilde : statue érigée dans les jardins du Palais du Luxembourg à Paris (détail).

A la mort de son époux (survenue le 31 octobre 657, alors qu’il n’avait que 22 ans), Bathilde fut nommée régente pour son fils aîné, Clotaire III, Roi de Neustrie, qui n’avait que cinq ans. 
Elle gouverna avec compétence et sagesse pendant huit ans, s’attachant à réformer les abus et à rendre son peuple heureux, ayant pour principaux conseillers Saint Éloi, évêque de Noyon, et Saint Ouen, évêque de Rouen.

N’oubliant jamais qu’elle avait été esclave, Bathilde usa en particulier de son pouvoir pour soulager ceux qui étaient en captivité. A cette époque, il n’était pas rare que les plus pauvres vendissent leurs propres enfants comme esclaves quand ils n’avaient plus de ressources. Bathilde réduisit les impôts, interdit l’achat d’esclaves chrétiens et la vente de sujets francs, et déclara que tout esclave qui mettait le pied dans le Royaume serait libre, dès cet instant. 

Bathilde soutint le travail de l’Eglise de tout son pouvoir, tant en ce qui concerne l’évangélisation de ses peuples que dans les oeuvres d’instruction et de charité. Elle lutta contre la simonie et favorisa la vie religieuse : elle fonda deux abbayes royales – celles de Corbie et de Chelles – et soutenait de ses largesses les abbayes royales de Saint-Denys et de Saint-Martin de Tours, les abbayes de Jumièges, de Saint-Wandrille, de Jouarre, de Luxeuil… etc. et nombre d’autres établissements ecclésiastiques et sanctuaires.
Elle fonda et dota des hospices, n’hésitant pas à vendre ses propres bijoux pour venir en aide aux nécessiteux.
Sous sa gouvernement enfin, des forêts furent défrichées afin de permettre l’extension des terres agricoles. 

Ste Bathilde près du lit mortuaire de St Eloi

Sainte Bathilde près du lit de mort de Saint Eloi (tableau du XVIIe siècle)

Quand son fils, Clotaire III, fut en âge de gouverner, Bathilde se retira à l’abbaye royale de Chelles, qu’elle avait fondée dans la vallée de la Marne. On raconte qu’elle eut par trois fois la vision de Saint Eloi, rappelé à Dieu peu de temps auparavant, qui lui enjoignait de quitter le siècle et de prendre le voile.
C’est de tout coeur qu’elle avait renoncé au monde et aux honneurs, aussi ne voulut-elle avoir aucun statut particulier dans la communauté, vivant l’humilité et la parfaite obéissance comme la dernière des moniales : « Il me semble que le plus grand bonheur qui me puisse arriver, c’est d’être foulée aux pieds de tout le monde », aurait-elle déclaré.

Elle mourut à Chelles le 30 janvier 680.
A l’heure de rendre le dernier soupir, elle déclara qu’elle voyait une échelle partant de l’autel de la Sainte Vierge et dressée jusqu’au ciel, et que, sur celle-ci, elle se voyait elle-même montant en compagnie des anges.

Elle fut inhumée à Chelles, et non à Saint-Denis auprès de son époux Clovis II.

Vénérée dès après sa mort, son culte fut promu par les abbesses de Chelles (nombre d’entre elles étaient de la famille royale), en particulier par Sainte Gisèle (+ 810), abbesse de Chelles, et soeur de Saint Charlemagne.
Quoique ses reliques eussent déjà fait l’objet d’une élévation (ce qui, à cette époque, correspondait à peu de choses près à ce que nous appelons aujourd’hui une canonisation), présidée par l’évêque de Paris, et de translations, Sainte Bathilde fut définitivement canonisée par le pape Nicolas II, au Xe siècle.
Ses reliques furent protégées par les habitants de Chelles lors des pillages et profanations révolutionnaires, et nous ont donc été conservées.

Leonhard Beck 1480-1552 vision de Ste Bathilde

Vision de Sainte Bathilde (gravure de Leonhard Beck – XVe siècle)

Oraison propre de la Messe de Sainte Bathilde :

O Dieu, qui avez enseigné à la Bienheureuse Bathilde à passer de tout son coeur de la grandeur du monde à l’humilité de la Croix, accordez-nous que, par son intercession et son exemple, nous apprenions à fouler aux pieds les délices périssables de la terre, et par l’embrassement de Votre Croix nous triomphions de tout ce qui nous est contraire.
O Vous qui vivez et régnez… etc.

Oraison de la fête de Ste Bathilde

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