Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2015-78. L’hymne « Magne Pater Augustine » pour la fête de Saint Augustin.

28 août,
la fête de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

Sacré-Coeur gif

En cette fête de notre glorieux Père Saint Augustin, je veux livrer à votre méditation et à votre louange l’hymne latine traditionnelle propre à tous les religieux vivant sous la Règle de Saint Augustin : dont je vous ai aussi préparé une traduction en langue française.

Saint Augustin avec la Vierge et l'Enfant Jésus lui transverbérant le coeur - musée des beaux arts Séville

Le Saint Enfant Jésus, tenu par la Très Sainte Vierge Marie,
transverbérant le coeur de Saint Augustin
(musée des Beaux-Arts, Séville)

Magne Pater Augustine,
preces nostras suscipe.
et per eas Conditori
nos unire sátage,
atque rege gregem tuum
summum decus Proesulum.

Amatorem paupertatis
te collaudant páuperes :
assertorem veritatis
amant veri judices :
frangis nobis favos mellis,
de scripturis disserens.

Quae obscura prius erant,
nobis plana faciens ;
tu de verbis Salvatoris
dulcem panem cónficis,
et propinas potum vitae
de psalmorum néctare.

Tu de vita monachorum
sanctam scribis regulam,
quam qui amant, et sequuntur,
viam tenent regiam,
atque tuo sancto ductu
redeunt ad patriam.

Regi regum salus, vita,
Decus et imperium,
Trinitati laus et honor
sit per omne saeculum,
quae concives nos adscribat
supernorum civium.

Amen.

 


O notre illustre Père Augustin,
accueillez nos prières.
Par elles, à notre Créateur
employez-vous à nous unir,
et dirigez votre troupeau,
ô vous la gloire de l’épiscopat.      

C’est l’amant de la pauvreté
qu’en vous fêtent les pauvres :
c’est le défenseur de la vérité
que chérissent les juges véritables :
Vous rompez pour nous des rayons de miel
en commentant les Ecritures.

Les passages auparavant obscurs,
vous les aplanissez pour nous ;
Vous, avec les paroles du Sauveur,
vous pétrissez un pain savoureux,
et vous composez un breuvage de vie
avec le nectar des psaumes.

Pour la conduite de vos moines,
vous rédigez une règle sainte,
par laquelle ceux qui l’aiment et la suivent
tiennent une voie royale,
et, sous votre sainte direction,
ils regagnent la Patrie.

Au Roi des rois, salut, vie,
gloire et empire ;
Qu’à la Trinité louange et honneur
soit pour tous les siècles,
qu’Elle daigne nous inscrire au nombre
des citoyens de la Cité d’en-haut.

Ainsi soit-il !

 

St Augustin avec la Vierge et l'Enfant Jésus - Séville (détail)

Sacré-Coeur gif

A lire, à relire et à méditer :
- Les cinq catéchèses du Saint-Père Benoît XVI consacrées à Saint Augustin en  2008, à partir d’ici > www
– La catéchèse du Saint Père Benoît XVI du 25 août 2010 sur Saint Augustin > www
– L’homélie consacrée aux « trois conversions de Saint Augustin » prononcée par le Saint-Père Benoît XVI lors de son pélerinage à Pavie en avril 2012 > www
– L’importance de la part monastique dans la vie de Saint Augustin > www
– Prière pour la conversion de ses moeurs, attribuée à Saint Augustin > www
– Le génie, les mérites et la gloire de Saint Augustin (Poujoulat) > www
- La Règle de notre Bienheureux Père Saint Augustin > www

2015-77. D’un important communiqué que nous répercutons à l’occasion de cette fête de Saint Louis de l’an de grâce 2015.

Mardi 25 août 2015,
Fête de Saint Louis, Roi de France.

Bien chers Amis,

Nous attribuons la plus haute importance à ce qui suit – les publications des deux jours précédents en constituaient une forme de préparation (cf. > ici et > ici) – et nous vous demandons de lui accorder la plus grande attention.
Après l’avoir lu très lentement devant Dieu, après avoir prié et réfléchi
1) d’une part vous y donnerez la réponse que vous dictera votre coeur,
2) et d’autre part, si vous en comprenez l’importance et communiez à l’esprit qui l’anime, vous aurez à coeur de le faire suivre, avec la prudence et le discernement qui conviennent, à toutes les personnes qui vous sembleront pouvoir partager et vivre les mêmes aspirations.

A – La divine Providence a permis que se rencontrent plusieurs ecclésiastiques – prêtres et religieux – qui se sont fraternellement ouverts les uns aux autres des inspirations constantes, véritablement constitutives de leur consécration au service du Christ et de l’Eglise, à se dévouer d’une manière particulière à la France et à son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.
Ces quelques ecclésiastiques ont l’intime conviction qu’ils ne sont pas les seuls : ils se proposent donc de réunir les prêtres, séminaristes et religieux qui ont au coeur le même idéal en un mouvement spirituel, un peu comme les confréries de jadis ou comme une sorte de « chapitre », spécialement dédié à la prière pour le Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe.
A cet effet, ces prêtres et religieux pourront trouver dans le texte publié ci-dessous la réunion de précieux éléments spirituels et liturgiques suggérant de quelle manière concrète, dès à présent, ils peuvent s’associer à ce mouvement de prière et agir de la plus haute et de la plus « efficace » manière qui soit possible ici-bas pour le service de cette cause.
Par ailleurs, si ces prêtres, séminaristes et religieux, ne souhaitent pas seulement un mouvement spirituel informel, mais bien la constitution d’une espèce de « confrérie » ou de « chapitre » qui leur permette de se soutenir et de s’encourager mutuellement dans ce zèle et cette ferveur, qu’ils n’hésitent pas à se mettre en relation avec nous. Dans un premier temps au moins, et pour diverses raisons pratiques, le Refuge Notre-Dame de Compassion s’est offert pour servir de « boite aux lettres » – tant électronique que postale – à cette initiative > contact.

B – Nous avons également conscience que les fidèles laïcs peuvent eux aussi vivre profondément de cet esprit.
Tous les légitimistes conscients que l’engagement militant pour la royauté traditionnelle et les efforts divers auxquels ils participent ne pourront porter du fruit que s’ils sont portés par un vrai et profond courant spirituel, peuvent donc être « associés » ou « affiliés », selon des modalités particulières, à cette « confrérie ».
Que les fidèles qui désirent cet engagement se fassent eux aussi connaître (cf. supra).

Les idées qui président à ce mouvement sont simples et claires, même si – dans l’état actuel des choses – les configurations pratiques d’organisation ne sont pas toutes précisées ; néanmoins, en cette fête de la Saint Louis et en l’année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, il nous a semblé important d’en publier l’annonce et de faire de ce 25 août 2015 le jour, à la portée hautement symbolique, de sa création.

Je vous laisse maintenant prendre connaissance de l’excellent texte préparé par notre ami, Monsieur l’abbé Louis de Saint-Taurin. 

Puisse le Ciel nous être en aide !

Lully.

Simon Vouet - St Louis recevant du Christ la Ste Couronne d'épines

Simon Vouet : Saint Louis recevant du Christ la Sainte Couronne d’épines.

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En cette heure tragique de l’histoire humaine…

« En cette heure tragique de l’histoire humaine » (Pie XII), le premier Ordre du Royaume se doit de montrer l’exemple, éclairant et confortant le peuple chrétien. En effet, infidèle à sa mission et à l’ordre voulu par Dieu, la France s’enfonce toujours davantage dans la décadence, la crise et l’enfer d’une vie sans Dieu.

Le Clergé catholique, de par le Sacrement de l’Ordre qu’il a reçu malgré son indignité, a un rôle essentiel à mener dans le plan de restauration de l’ordre divin, de réévangélisation de la France et de l’Occident, en remplissant pleinement son rôle d’intermédiaire, de médiateur entre Dieu et la France, confiée au Fils aîné de Son Église.

Depuis quelques décennies foisonnent en notre Patrie de belles initiatives en faveur de la France catholique : des neuvaines de prières ou Messes, au tout récent carillonnement des cloches (à la valeur exorciste) en faveur des Chrétiens d’Orient persécutés.

Mais puisque la mission sacrée de la France passe par la restauration de son roi légitime, « fils aîné [du] Sacré-Cœur », ses ministres sacrés se doivent de renouveler et appliquer les protestations de fidélité de leurs ancêtres à leurs souverains, régulièrement affirmées lors des Assemblées du Clergé d’Ancien Régime et au serment de fidélité prêté à chaque investiture de bénéfice ecclésiastique.

La première mission des ministres du Très-Haut étant d’assurer le Culte divin, prière publique de l’Épouse du Christ, c’est en la prière liturgique qu’évêques, prêtres, diacres, sous-diacres, séminaristes et religieux doivent concentrer le meilleur de leurs efforts.

Pendant près de mille cinq cents ans, le Clergé de France a offert le Très-Saint-Sacrifice de la Messe pour le salut de ses souverains, la prospérité de la France et la fidélité de celle-ci à Dieu et à l’Église.
La célébration de la Messe pro Rege et Francia (individuelle, en triduum ou neuvaine) est donc le plus grand service que peuvent rendre les prêtres ; une tradition remontant à Anne d’Autriche et Monsieur Olier y consacre d’ailleurs le premier mardi de chaque mois par la célébration de la Messe votive de saint Michel.

L’offrande de l’Office divin à l’intention de la France et du lieutenant du Christ, lors de la récitation du bréviaire ou lors du chant des Heures, est le second service du Clergé ; diacres et sous-diacres, religieux et religieuses s’y associent aux prêtres.

La sainte Liturgie regorge de richesses que le Clergé se doit de connaître voire redécouvrir, et surtout répandre et dispenser, à travers les :

invocations : acclamations carolingiennes, strophe pour la France à l’O Salutaris Hostia après la double élévation, prière pour le Roi après le dernier évangile de toutes les Messes et surtout de la grand’Messe dominicale (cf. Belgique et Royaume-Uni), prières fériales intercédant pour le Roi dans la « forme extraordinaire du rite romain », prière pour le Roi au Canon de la Messe après la mention de l’évêque diocésain, au Præconium paschale le Samedi Saint, aux Litanies des Saints et comme oraison votive (note 1) (collecte/secrète/postcommunion) comme le prévoit le Missel romain (Orationes diversæ), ainsi qu’aux Saluts du Très-Saint-Sacrement devant le trône du Roi des rois, ou comme prière spéciale, peut-être juste après l’angélus : verset Domine salvum fac Regem (Ps. XIX, 10) chanté trois fois, puis Gloria Patri et verset et oraison pour le Roi (note 1).

bénédictions : drapeaux et objets de dévotion fleurdelysés, bannière de sainte Jeanne d’Arc, vœux privés de prière voire de consécration à la France.

processions d’action de grâces (comme celle du Vœu de Charles VII le 12 août pour le Recouvrement de la Normandie), de consécration (comme celle du Vœu de Louis XIII le 15 août), ainsi que de pénitence.

solennisation des fêtes des saints rois et reines de France, en premier lieu desquelles la Saint-Louis le 25 août ; de leurs anniversaires (800e anniversaire de la naissance de S. Louis et 12e centenaire de la mort de S. Charlemagne en 2014, tricentenaire de la mort de Louis XIV en 2015, etc.)

pèlerinages auprès de nos protecteurs (S. Michel,  Ste Thérèse, S. Curé d’Ars), aux tombeaux de nos rois (Saint-Denis) ou des Apôtres de la France (S. Remi, S. Martin).

fidélité aux demandes du Seigneur, comme la prière pour la France révélée au Rédemptoriste Marcel Vân (1928-1959), dont la cause de béatification est en cours, afin que chaque Français la récite quotidiennement : « Seigneur Jésus, ayez pitié de la France, daignez l’étreindre dans Votre amour et lui en montrer toute Votre tendresse. Faites que, remplie d’amour pour Vous, elle contribue à Vous faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de Vous rester à jamais fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre Votre règne dans tout l’univers. Ainsi soit-il ».

association de prières (confréries cléricales, etc.) selon le commandement du Seigneur : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par Mon Père Qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je Suis au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 19-20), et « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira ; car quiconque demande, reçoit ; celui qui cherche, trouve ; et l’on ouvre à celui qui frappe » ((Matth. VII, 7-8).

Que tout clerc soit bien convaincu que ces prières liturgiques sont toutes-puissantes sur le Cœur de Dieu, d’un Dieu Qui a toujours montré en France Son soutien à la légitimité, comme le manifeste plus que tout l’épopée de sainte Jeanne d’Arc, envoyée restaurer Charles VII (malgré sa pusillanimité puis ses infidélités postérieures) face à un roi anglais pourtant catholique… Et n’oublions pas que contrairement aux autres pays, la fidélité des régnicoles en France n’est pas nostalgique, puisqu’à la mort d’un roi, un autre lui succède automatiquement : merveille des Lois Fondamentales !

Que le Clergé se souvienne bien que ce sont ses évêques qui, « en nom Dieu », ont confirmé et affermi les trois dynasties ayant régné sur la France. Les gouvernements passent, nous ne le savons que trop. Si Dieu nous exauce demain, il faudra que Son Clergé soit apte à encourager et soutenir le grand mouvement de régénération et rechristianisation de la société et de ses institutions. Aussi le Christ doit-Il nous trouver en état de veille…

Le Clergé doit faire de la mission de la France et de la restauration du Prince promis et espéré, le sujet de ses panégyriques, de ses sermons, de ses conférences, de ses exhortations, de ses discussions, rallumant le feu de la fidélité chez le peuple français, qui attend de vrais et courageux pasteurs. Que les prêtres incitent tout particulièrement les familles et surtout les enfants à prier quotidiennement pour le Roi, multipliant invocations, neuvaines et sacrifices. Père des familles, le roi est en effet le principal garant de la protection de l’institution sacrée de la famille.

Qu’ecclésiastiques, religieux et laïques multiplient et approfondissent l’enseignement de la Chrétienté et de l’Histoire de la France catholique. Qu’ils fassent eux-mêmes de la prière pro Rege et Francia le refrain de leurs oraisons jaculatoires, méditant sans cesse sur l’épanouissement admirable et la contribution au salut de nos ancêtres de la Royauté très-chrétienne en France.

« Demandez et vous recevrez » : la culpabilité des « orants » sera grande lorsque viendra l’Époux, s’Il ne les trouve pas vigilants. Qu’Il n’ait pas à reprocher à Son Clergé de ne Lui avoir pas demandé de toutes ses forces, naturelles comme surnaturelles, la restauration de la Chrétienté : « La civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la Civilisation chrétienne, c’est la Cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo » (S. Pie X : Lettre Notre charge apostolique aux évêques de France sur le Sillon, du 25 août 1910).

Et puisque la valeur de nos actes repose sur la vertu de charité, c’est avec une grande amitié surnaturelle que les ecclésiastiques et religieux se doivent unir pour cette sublime mission, avec humilité et magnanimité, avec une âme d’enfants de Dieu, une espérance et confiance à déplacer les montagnes, en bannissant tout esprit de supériorité, de jalousie et d’acédie, et bénissant avec bienveillance et reconnaissance toute initiative en faveur du Beau, du Bien et du Vrai, en faveur de la Légitimité, pour une France catholique revigorée.

Afin d’approfondir et développer ces quelques lignes, nous recommandons à MM. les ecclésiastiques la lecture des très riches ouvrages de M. Alexandre Maral parus ces dernières années, en particulier La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV, cérémonial, liturgie et musique (Wavre, Mardaga, 2002).
A la demande de saint Pie X, qu’ils fassent leurs les testaments de S. Remi, Charlemagne et S. Louis, et les œuvres du grand cardinal Pie. Qu’ils récitent et méditent enfin cette prière des Francs :
« Dieu Tout-puissant et Éternel, Qui pour servir d’instrument à Votre divine volonté dans le monde, et pour le triomphe et la défense de Votre Sainte Église, avez établi l’empire des Francs, éclairez toujours et partout leurs fils de Vos divines lumières, afin qu’ils voient ce qu’ils doivent faire pour établir Votre règne dans le monde et que, persévérant dans la charité et dans la force, ils réalisent ce qu’ils auront vu devoir faire. Ainsi soit-il ».

Abbé Louis de Saint-Taurin.               

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Note 1 : Prière pour le Roi à la Messe :
En France, la prière pour le Roi était, avant la Révolution, prévue à la Messe comme suit :

« V/ Domine salvum fac Regem. R/ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te » juste après l’antienne de communion, puis oraison pour le Roi après la dernière postcommunion sous la même conclusion :
« Quaesumus, omnipotens Deus, ut famulus Tuus N. Rex noster, qui Tua misericordia suscepit regni gubernacula, virtutum etiam omnium percipiat incrementa quibus decenter ornatus est, et vitiorum monstra devitare, hostes superare (note 2) et ad Te, Qui via, veritas et vita es, gratiosus valeat pervenire. Per Dominum nostrum… »
Sous le bienheureux pape Pie IX, la S. C. des Rites confirma cet ordre liturgique, mais pour Napoléon III.

Note 2 : Ces mots Hostes superare n’apparaissent pas dans la prière pour les rois (pro Rege) du Missel romain, mais appartiennent bien à la prière pour le Roi de France et sont nécessaires !

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Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 25 août, 2015 |5 Commentaires »

Prière à Notre-Dame des Neiges :

miracle de la neige 5 août

Leçons du bréviaire
pour le deuxième nocturne des matines
de la fête du 5 août :

Quatrième leçon : 
Sous le pontificat de Libère (1), le patricien romain Jean et sa noble épouse, n’ayant point d’enfants pour hériter de leurs biens, vouèrent leurs possessions à la très sainte Vierge Mère de Dieu, et ils lui demandèrent instamment, par des prières multipliées, de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pie elle voulait que ces richesses fussent employées. La bienheureuse Vierge Marie écouta favorablement des supplications et des vœux si sincères et y répondit par un miracle.

Cinquième leçon :
Aux nones d’août, époque où les chaleurs sont très grandes à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige pendant la nuit. Cette nuit même, tandis que Jean et son épouse dormaient, la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige, et de dédier cette église sous le nom de la Vierge Marie ; c’est ainsi qu’elle voulait être instituée leur héritière. Jean rapporta la chose au Pontife Libère, qui affirma avoir eu la même vision pendant son sommeil.

Sixième leçon :
En conséquence, Libère, accompagné de son clergé et de son peuple, vint, au chant des litanies, à la colline couverte de neige, et il y marqua l’emplacement de l’église, qui fut construite aux frais de Jean et de son épouse.
Sixte III restaura plus tard cette église (2). On la désigna d’abord sous divers noms : basilique de Libère, Sainte-Marie-de-la Crèche (3). Mais comme il existait déjà à Rome beaucoup d’églises consacrées à la sainte Vierge, on finit par l’appeler église de Sainte-Marie-Majeure, pour que, venant s’ajouter à la nouveauté du miracle et à l’importance de la basilique, cette qualification même de majeure la mît au-dessus de toutes les autres ayant le même vocable. L’anniversaire de la dédicace de cette église, rappelant la neige qui tomba miraculeusement en ce jour, est célébré solennellement chaque année.

ange du miracle de la neige

Notes :
(1) - Libère, pape de 352 à 366. La date communément admise aujourd’hui pour le miracle de la neige célébré en ce jour est celle du 5 août 358.
(2) - Saint Sixte III, pape de 432 à 440 (il est mentionné au martyrologe à la date du 19 août). La restauration et les embellissements qu’il fait entreprendre sur la basilique libérienne dédiée à la Sainte Mère de Dieu s’inscrivent dans la continuité du concile d’Ephèse (431). Les extraordinaires mosaïques que l’on admire aujourd’hui encore à l’arc triomphal de la basilique datent de son pontificat. 
(3) - On n’a pas de certitude sur la date exacte à laquelle les reliques de la Crèche de Notre-Seigneur furent apportées à Rome et déposées dans l’oratoire de la crèche édifié à côté de la basilique. Pour de plus amples informations historiques, se reporter à l’article publié ici dans ce blogue > Histoire de la dévotion à la Crèche.

Niccolò Soggi - Miracle de la neige 1520-24 -Musée diocésain d'Arezzo

Niccolo Soggi  (1479-1551) : le miracle de la neige
(musée diocésain d’Arezzo)

Prière à Notre-Dame des Neiges :

I. Par la très sainte résolution que vous avez vous-même inspirée dans les âmes du patricien romain Jean et de sa digne épouse, afin de leur faire consacrer à votre honneur tous leurs biens, puisque privés d’héritier par une stérilité invétérée, obtenez-nous, ô très Sainte Mère de Dieu, de savoir toujours tirer profit des contraditions et oppositions qui nous assaillent sur cette terre pour travailler plus ardemment à l’acquisition des biens éternels du Ciel, spécialement en soutenant les œuvres qui concourrent à votre gloire.

Je vous salue, Marie…

II. Vous avez révélé au même moment, tant au saint patricien Jean, à son épouse stérile et et au pape Libère, votre souhait de voir une église érigée en votre honneur, là où l’on trouverait le sol couvert de la neige miraculeusement envoyée par vous au plus fort de la chaleur estivale : par cette illustre révélation, obtenez-nous, ô très illustre Vierge, de toujours reconnaître clairement vos très saintes volontés pour que nous nous y conformions avec exactitude dans toute notre conduite.

Je vous salue, Marie…

III. Sous les yeux de Rome toute entière, vous avez recouvert d’une neige miraculeuse le sommet du Mont Esquilin, et vous l’avez conservée intacte sous l’ardent soleil d’août, afin d’indiquer le lieu et les dispositions du sanctuaire que vous demandiez en votre honneur : par ce miracle inédit, obtenez-nous, ô puissante Reine céleste, de ne jamais douter de l’ampleur de votre pouvoir, aussi bien dans l’ordre de la nature que dans celui de la grâce, et de nous confier toujours en votre toute puissance.

Je vous salue, Marie…

IV. Par cette leçon mystérieuse que vous avez donnée au monde entier en envoyant de la neige au mois d’août sur une des collines de Rome, vous avez symboliquement manifesté le devoir qui nous incombe de garder nos âmes pures, afin de bénéficier de votre sainte protection : obtenez-nous donc, ô Sainte Vierge des vierges, de nous préserver toujours des souillures de l’âme et de garder intacte la chasteté de notre état, afin d’avoir par aux bénédictions célestes que Dieu se plaît à répandre par vos mains.

Je vous salue, Marie…

V. L’église qui vous fut ainsi dédiée sous le vocable de Sainte-Marie aux Neiges, rendue encore plus illustre par les saintes reliques de la Crèche de Notre-Seigneur rapportées de Bethléem et pour le titre de Sainte-Marie-Majeure qu’elle reçut enfin, fut de tout temps l’objet d’une sollicitude particulière des pontifes romains et de la dévotion de nombreux saints : par la gloire particulière que vous avez procurée à cette basilique, obtenez-nous, ô notre Mère et notre Souveraine, de toujours travailler à votre gloire, de nous dédier, autant qu’il est en notre pouvoir, à l’entretien et à l’ornementation de vos sanctuaires et de vos autels, afin que nous puissions, au terme de cette vie, être introduits auprès de vous dans le Temple du Ciel, pour y chanter avec vous un « Magnificat » éternel.

Je vous salue, Marie…

Oraison :
Accordez à Vos serviteurs, nous Vous en prions, Seigneur notre Dieu, de jouir toujours de la santé de l’âme et du corps : et par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, d’être délivrés des tristesses du temps présent et d’avoir part aux joies de l’éternité.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Icône Salus populi romani Sainte Marie aux Neiges à Rome

Icône miraculeuse « Salus populi romani », attribuée à Saint Luc
(chapelle Borghese de la basilique Sainte-Marie-aux-Neiges, Rome)

2015-63. Coeur de Jésus, sauvez la France, ne l’abandonnez pas !

Jeudi soir 11 juin 2015,
Après les premières vêpres de la fête du Sacré-Coeur de Jésus.

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C’est une autre image ancienne – trouvée dans les « trésors » de Frère Maximilien-Marie –  que je veux vous présenter à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Elle n’est pas en excellent état : elle porte les stigmates de ses cent-quarante-trois ans, ayant été souvent manipulée, puisqu’elle était utilisée comme marque-page dans un ouvrage de dévotion qui a beaucoup servi.
Elle porte la date du 7 juin 1872, qui fut, cette année-là, le vendredi de la fête du Sacré-Coeur.
Au-dessus de cette date, sur un globe bleuté, est inscrit le nom « France » : le quatrain – en alexandrins faciles – qui est imprimé en dessous explicite l’image (voir infra).

Rappelons le contexte très précis de ces années politiquement et religieusement agitées :

1) – En France, la guerre franco-prussienne, déclarée le 19 juillet 1870, a eu pour conséquences l’effondrement du second empire (4 septembre 1870), puis Paris assiégée, l’enchaînement des défaites militaires, l’occupation d’une grande partie du territoire, la proclamation de l’empire allemand dans la galerie des glaces du palais de Versailles (18 janvier 1871), l’armistice (26 janvier 1871), la cession de l’Alsace et de la Lorraine, les atrocités de la Commune insurrectionnelle de Paris (18 mars – 28 mai 1871), les espérances d’une restauration monarchique…

2) – Dans le domaine spirituel, outre l’interruption du concile du Vatican dès la déclaration de guerre puis la spoliation de Rome par les troupes italiennes (voir > ici), en France même ces tragiques événements on vu le lancement du « Voeu national » par deux députés – Messieurs Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury – , soutenus par Monseigneur Pie (il n’est pas encore cardinal), la célèbre bataille de Loigny (2 décembre 1870), l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871, voir > ici). Secouée en outre par les pillages d’église, profanations et exécutions de religieux lors de la Commune (voir > ici), l’Eglise de France connaît un sursaut spirituel : les évêques, les prêtres et les fidèles se tournent vers le Coeur de Jésus.
C’est le temps où est composé le fameux cantique « Pitié, mon Dieu ! » : un an plus tard, en juin 1873, un nombre important de députés fera le pélerinage de Paray-le-Monial et, le 24 juillet 1873, l’assemblée nationale votera l’utilité publique de la construction de l’église votive du Sacré-Coeur au sommet de la colline de Montmartre

Ce sont tous ces faits qu’il convient d’avoir à la mémoire en regardant cette image et en lisant les invocations qui y sont imprimées.

Oui, nous nous consacrons à son coeur !

Image pour la fête du Sacré-Coeur 7 juin 1872

Texte imprimé au recto (je conserve la graphie d’origine) :

Vois à tes pieds la France catholique
Se vouant à ton Coeur, réclamant tes bienfaits :
Daigne lui pardonner son offence (sic) publique.
Coeur sacré, donne-lui l’espérance et la paix.

et au verso on peut lire :

Sauvez la France, ne l’abandonnez pas !
Nous vous la consacrons, cette France chérie.
Son titre glorieux, royaume de Marie,
A des droits tout puissants sur votre coeur si bon.
Grâce, grâce, mon Dieu ! pitié pour sa misère !
Seigneur, pour apaiser votre juste colère,
Vos enfants à genoux implorent son pardon.

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Mais, si le contexte socio-politique n’est pas vraiment le même, ces textes sont-ils pour autant totalement « dépassés », sans rapport avec les nécessités actuelles de notre pays ?
Qui oserait soutenir qu’aujourd’hui la « France officielle » ne multiplie pas les offenses publiques envers la sainte loi de Dieu, et ne blesse pas le divin Coeur de Jésus ?
La France n’a-t-elle pas besoin de revenir au Sacré-Coeur, d’implorer Son pardon et Ses grâces, de retrouver l’espérance et la paix ?

Aussi est-il bien nécessaire de reprendre souvent et avec ferveur ces invocations qui furent celles de nos pères :

Coeur de Jésus, sauvez la France !
Coeur de Jésus, n’abandonnez pas Votre France !
Coeur de Jésus, faites miséricorde à Votre France !

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Voir aussi :
- les plaies de la France pansées par Marie > ici
- le Voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus > ici
- la prophétie et la prière de Saint Pie X pour la France > ici

2015-60. Le Pain des forts.

Samedi dans l’octave du Saint-Sacrement, 6 juin 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai déjà eu l’occasion d’y faire allusion, Frère Maximilien-Marie a recueilli un certain nombre d’images pieuses anciennes.
Comme nous sommes à la veille de la solennité du Très Saint-Sacrement (puisqu’en France, depuis Bonaparte, le jeudi où cette fête doit normalement être célébrée n’est plus chômé), appelée aussi Fête-Dieu (cf. > ici et également ici), je voudrais donner en « aliment » à votre piété l’une de ces images qui se rapporte à la Très Sainte Eucharistie (* Note 1).
C’est une image de 6 x 12 cm, qui s’ouvre comme un petit livret : la première page représente, dans un vignette en taille douce, la dernière communion de Sainte Jeanne d’Arc, dans sa prison, avant d’aller au supplice.
La double page intérieure ne comporte que du texte : deux citations de Saint Pierre-Julien Eymard, une troisième de S. Coubé (le Rd Père Stephen Coubé, jésuite, né à Lyon en 1857 et mort à Paris en 1938), une quatrième du Général de Sonis, et enfin une courte oraison. 

Le choix que j’ai fait de cette image – l’illustration et la prière finale – est évidemment en rapport avec les textes que j’ai publiés à l’occasion de la fête de Sainte Jeanne d’Arc (cf. > ici). 

Puisse cette image de dévotion vous plaire autant qu’à moi !

Lully. 

Le Pain des forts image pieuse après 1920

- Où trouverons-nous le courage nécessaire pour surmonter les épreuves de la vie, sinon dans le Sacrement qui fait les forts, dans l’Hostie salutaire à laquelle nous adressons si souvent cette prière : Bella premunt hostilia : Da robur, fer auxilium (*Note 2).
C’est elle qui est la source de la sainteté, le préservatif des consciences, la nourriture qui soutient les martyrs jusqu’au triomphe, le ferment divin qui empêche les âmes de se corrompre.

Qu’ils sont abondants les secours que nous apporte Notre-Seigneur en venant, par la Sainte Communion, s’unir à nos âmes et les revêtir, avec la plénitude de la grâce, de sa force et de sa toute-puissance !
Il connaissait ce principe de force surhumaine, Saint Augustin, lorsqu’il disait : « Je suis en Dieu ! Qu’y a-t-il de plus fort ? » Heureux de la possession de Jésus, il ne craignait pas de dire au démon : Malheureux, le sang que tu as versé est ta perte, mais il est ma force et mon salut !
Et de fait, que peut craindre cette âme, qui, par la Communion, se trouve inséparablement unie à la puissance même de Jésus-Christ ?
Oui, que le monde et l’enfer se liguent contre le fidèle Communiant, que des armées entières viennent fondre sur lui, nous le verrons se rire de leurs vains efforts.
Revêtu, par la Sainte Communion, de la vertu de Dieu, nous l’entendrons défier toutes les puissances de pouvoir jamais le séparer de l’amour de Jésus-Christ.
Oui, allez à Jésus, allez à son Sacrement d’amour, vous qui désirez rester fidèles au service du Divin Maître : Il daignera vous armer contre votre faiblesse.
Usez de ce puissant levier de la bonne volonté ; que la grâce de l’Eucharistie dont vous êtes si souvent participants, en soit le solide point d’appui.

(P. Eymard)

* * *

- L’Eucharistie est le Pain des faibles et des forts, elle est nécesaire à ceux qui sont faibles et à ceux qui sont forts, parce qu’ils portent leur trésor dans des vases d’argile. Assurons-nous donc une garde, une escorte sûre, un viatique fortifiant : ce sera Jésus, notre Pain de vie, Jésus, le Pain des forts.

(P. Eymard)

* * *

- Comment l’Eucharistie qui, aux jours de persécution, était l’école de l’héroïsme, ne serait-elle pas dans la vie ordinaire, l’école de la virilité ?
Si donc vous voulez être puissants pour le bien, communiez, communiez avec ferveur, communiez souvent, communiez tous les jours.

(S. Coubé)

* * *

- La vraie force, la force indomptable est le partage du chrétien en qui Jésus-Christ est en permanence.

(Général de Sonis)

* * *

- Prière :

Par votre intercession, obtenez-nous, ô Sainte Jeanne d’Arc, votre amour pour l’Eucharistie, pour ce Pain des forts que vous avez reçu avec tant de piété pendant votre vie et au moment d’aller au supplice.

Le Pain des forts image pieuse après 1920 - détail

Notes :

(* Note 1) : Cette image a été imprimée et diffusée par la célèbre Maison Bouasse-Lebel (reprise par Lecène et Cie) dans la collection de laquelle elle porte le N° 464. Comme le texte imprimé parle de Jeanne d’Arc comme sainte, elle est donc – en toute logique – postérieure à la canonisation de celle-ci (16 mai 1920), mais comme d’autre part Pierre-Julien Eymard n’y est cité que comme le Père Eymard, on doit aussi en conclure qu’elle est antérieure à la béatification de ce dernier (12 juillet 1925). Nous avons ainsi une idée relativement précise de la date d’impression de cette image.

(* Note 2) : « Bella premunt hostilia : da robur, fer auxilium » – citation de la strophe « O Salutaris Hostia » de l’hymne des laudes du Saint-Sacrement composé par Saint Thomas d’Aquin. Traduction : « les armées ennemies nous poursuivent, donnez-nous la force, portez-nous secours. »

2015-50. Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi !

Vendredi 24 avril 2015,
Fête de Sainte Marie de Sainte Euphrasie Pelletier,
Fête de Saint Fidèle de Sigmaringen,
et anniversaire du baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise.

Grandes armes de France

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La divine Providence a permis à Frère Maximilien-Marie de gagner une impression photo sur toile (de format 30 cm x 40 cm) ; sur mes conseils – car les chats sont toujours de bon conseil ! – il a donc commandé un portrait de Monseigneur le duc d’Anjou, notre Roi Louis XX, à partir de la photo de bonne résolution qui nous a été communiquée par un ami (que je remercie chat-leureusement au passage).
La livraison du tableau nous a été faite ce lundi 20 avril : il ne restait plus qu’à lui trouver la place, digne et juste, où nous l’installerions.

Peut-être vous souvenez-vous qu’il y a tout juste un an, le 25 avril 2014, à l’occasion du quarantième anniversaire de notre Souverain légitime et de la cérémonie à laquelle Frère Maximilien-Marie avait été si heureux de participer, à Aigues-Mortes, pour célébrer le huitième centenaire de la naissance de Saint-Louis (voir > ici), notre Frère a pu dire à Monseigneur que nous prions quotidiennement pour Lui et que d’ailleurs nous avons son portrait dans notre oratoire : le portrait en question étant un petit buste, d’à peine dix centimètres de haut, qui avait été autrefois diffusé par l’Institut de la Maison de Bourbon.

L’arrivée de ce tableau nous a permis de donner un peu plus d’importance à cette « présence » de notre Roi dans l’oratoire du Mesnil-Marieen sortant des réserves de la sacristie un chevalet, un tissu de soie blanche, une couronne, nous eûmes tôt fait cette installation, juste à l’entrée de l’oratoire. 

Portrait de Louis XX - oratoire du Mesnil-Marie

Il y a déjà fort longtemps que Frère Maximilien-Marie insiste pour dire qu’il est très important que tous les Légitimistes aient chez eux, en une place d’honneur, le portrait de notre Roi légitime : pas une minuscule photo dans un coin confidentiel, mais un portrait bien visible par tous.
Avant la sinistre révolution, le portrait du Souverain se trouvait dans nombre de demeures, jusqu’en de très modestes chaumières, par tout le Royaume.

Il y a quelques semaines, en relisant « Athalie », j’ai relevé une réplique de Joad à l’adresse des lévites (Act. V, sc. 7) et, me permettant d’en changer un unique mot (ce dont je suis certain que le cher Jean Racine ne peut me tenir rigueur : j’ai remplacé le nom de Jacob par celui de Clovis), j’en ai fait une véritable consigne d’action :

« Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi :
Qu’il lui vienne en ses mains renouveler sa foi.
Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance,
De Clovis avec Dieu confirmer l’alliance,
Et saintement confus de nos égarements,
Nous rengager à lui par de nouveaux serments. »

Montrons notre Roi ! 
En ces temps de confusion spirituelle et intellectuelle, que les Légitimistes français considérent qu’il est de leur devoir – par un rayonnement serein qui attire les coeurs et les esprits, mais aussi en présentant son portrait bien visible dans leurs maisons – de manifester à qui appartient l’autorité légitime, à qui revient de droit la charge de régir notre pays, qui les lois plus que millénaires de notre beau Royaume désignent comme successeur de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI, de Charles X et d’Henri V !

Et bien sûr, en ce 25 avril, jour anniversaire de la naissance de notre Prince Dieu-donné, d’une manière plus fervente et plus instante encore qu’à l’accoutumée, nous avons à coeur de prier pour sa personne, pour sa famille et pour ses intentions :
« Domine, salvum fac Regem ; et exaudi nos in die qua invocaverimus Te : ô Seigneur, gardez notre Roi ; et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquons ! »

Lully.

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2015-47. Où le Maître-Chat Lully donne le compte-rendu d’un petit pélerinage au pays natal de Saint Bénézet à l’occasion de sa fête.

Jeudi soir 16 avril 2015,
fête de Saint Benoît-Joseph Labre (cf. > ici).

Jean Laurent - Saint Bénézet, pâtre burzétin - 1996

Saint Bénézet, le pâtre Burzétin fondateur du pont d’Avignon,
opuscule publié par Jean Laurent en  1996.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai expliqué qui est Saint Bénézet (ici > www), et vous avez pu lire au passage qu’il est natif de ce diocèse de Viviers dans lequel est établi notre Mesnil-Marie.

Mardi dernier, 14 avril, jour de la fête liturgique de Saint Bénézet, Frère Maximilien-Marie a réalisé un souhait qui l’habitait depuis longtemps : se rendre en pélerinage au lieu où est né ce saint que nous aimons beaucoup, c’est-à-dire au hameau du Villard, sur la paroisse de Burzet, à 8 ou 9 lieues d’ici.

Le village de Burzet est célèbre pour son chemin de croix du Vendredi Saint, pour lequel, comme dans les mistères médiévaux, les habitants sont costumés pour une représentation sacrée qui aide les fidèles à entrer dans la méditation de la Passion de Notre-Seigneur. J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler (voir ici).

Burzet - église Saint André vue depuis le calvaire

Burzet, l’église Saint-André (XVe siècle),  vue depuis le calvaire.

La divine Providence, dans son admirable disposition des choses, a fait que Frère Maximilien-Marie a rencontré, à l’église Saint-André – où il s’est rendu en premier lieu – , Monsieur Jean Laurent, qui a publié en 1996 un opuscule fort bien fait résumant l’histoire de Saint Bénézet et de son culte, dont il a offert un exemplaire à notre Frère (cf. photographie du tout début de ce compte-rendu).

L’église Saint-André a été rebâtie au XVe siècle ; elle n’est donc pas celle qu’a connue Saint Bénézet.
Toutefois, ayant été reconstruite au même emplacement que la précédente, il est néanmoins permis de dire que c’est dans ce lieu que Saint Bénézet reçut la grâce du saint baptême.

Quand on rentre dans l’édifice, relativement austère, on est aussitôt attiré par le sanctuaire et son élégant retable.

Burzet église Saint-André, le sanctuaire et le rétable du 19e siècle

Le sanctuaire de l’église Saint-André de Burzet avec son rétable.

En 1794, l’église de Burzet avait été entièrement dépouillée de son mobilier (un précieux rétable du XVIIIe siècle disparut alors).
Le rétable actuel, de style classique, fut commandé en 1810 par un curé zélé, l’abbé Riffard : le tableau central représente l’apôtre Saint André, titulaire de l’église ; il est encadré par deux niches dans lesquelles se trouvent, du côté de l’Evangile Saint Jean-François Régis – apôtre du Vivarais et du Velay (voir > ici) – , et du côté de l’épître Saint Bénézet.

Eglise de Burzet, rétable - statue de Saint Bénézet

Statue de Saint Bénézet – rétable de l’église de Burzet (XIXe siècle)

Le jeune Burzétin est représenté en berger, dans un costume du XVIIIe siècle, une houlette à la main.
L’expression donnée au visage de cette statue est empreinte d’une douceur tout angélique.

Eglise de Burzet, rétable - statue de Saint Bénézet - détail

En dessous de cette statue, une sculpture en bas relief représente la rencontre de Saint Bénézet avec l’ange qui le guida jusqu’au Rhône et l’instruisit de sa mission.

Eglise de Burzet, détail du rétable -  Saint Bénézet rencontre l'ange

Monsieur Laurent étant le gardien des clefs de l’église, il a eu l’extrême obligeance d’inviter Frère Maximilien-Marie à la sacristie, dans laquelle sont conservées d’une part une statue de Saint Bénézet du XVIIIe siècle, vraisemblablement taillée par un imagier local et qui a échappé au vandalisme de 1794…

Eglise de Burzet - statue de Saint Bénézet du XVIIIe s.

… et d’autre part une chasse renfermant deux reliquaires :
- l’un est un médaillon comme on en confectionna beaucoup au XIXe siècle,
- l’autre a été réalisé dans un coffret de cristal semblable à une boite à bijoux, et renferme la tête d’un os de la jambe de Saint Bénézet.

Vous connaissez tous, chers Amis, la dévotion de notre Frère envers les saintes reliques, et vous pouvez donc sans peine imaginer la ferveur et l’émotion avec lesquelles il vénéra ce précieux ossement !!!

Eglise de Burzet relique de Saint Bénézet

L’église Saint-André de Burzet possède encore deux autres éléments liés au culte de Saint Bénézet :

1) un vitrail, posé au milieu du XXe siècle, où l’on peut reconnaître - en haut, le jeune berger sur lequel repose la colombe symbolisant le Saint Esprit, agenouillé face à l’ange qui fut son guide ; - au centre, Saint Bénézet et ses compagnons en train de construire le pont ; - et en bas, la mort de Saint Bénézet.

Eglise de Burzet vitrail Saint Bénézet XXe siècle

2) une statue taillée dans la pierre en 1996 par un monsieur natif de Burzet dont la carrière professionnelle s’exerça en Avignon et qui, de ce fait, se sentait encore plus spécialement lié à Saint Bénézet

Eglise de Burzet statue de Saint Bénézet 1996

… Pour cette statue, on sent que le sculpteur s’est inspiré des traits du visage de la statue du XVIIIe siècle ; il a aussi voulu, par l’agneau et le chien, évoquer l’enfance pastorale du jeune saint, tandis que la construction du pont et l’oeuvre des Frères Pontifes sont symbolisées par le chapiteau du premier plan et le pilier de l’arrière plan.

Monsieur Jean Laurent a ensuite fort obligeamment accompagné Frère Maximilien-Marie jusqu’au hameau du Villard, à quelque trois kilomètres du village.

En cette radieuse et chaude après-midi de printemps, le hameau était splendide. A travers les arbres, on aperçoit la chapelle édifiée à partir de 1727 en avant des maisons.

Burzet - le Villard et sa chapelle

Burzet : le hameau du Villard et sa chapelle aperçus depuis la route en contrebas.

Pillée par les révolutionnaires, la chapelle du Villard fut restaurée et agrandie au XIXe siècle, puis fit l’objet d’une nouvelle restauration intérieure en 1970.

Burzet - hameau du Villard, la chapelle

La chapelle du Villard, extérieur.

Burzet - chapelle du Villard porte d'entrée

Chapelle du Villard, porche.

Burzet, chapelle du Villard - intérieur

Chapelle du Villard, intérieur.

Ayant échappé au vandalisme sacrilège des patriotes, la chapelle conserve un tableau sculpté dans un panneau de noyer qui fut offert en 1729 par Son Excellence Monseigneur François Renaud de Villeneuve Forcalqueiret, évêque de Vivers de 1723 à 1748. Cette oeuvre représente Saint Bénézet gardant son troupeau lorsque Dieu se communique à lui.

Burzet, chapelle du Villard - tableau offert en 1729 par Mgr de Villeneuve

Vocation de Saint Bénézet :
tableau sculpté en bas-relief, offert en 1729 par Mgr de Villeneuve.

La maison natale de Saint Bénézet est l’une des plus anciennes du hameau, au sommet duquel elle se trouve : elle ne se visite pas et nécessiterait une restauration.

Burzet, le Villard - maison natale de Saint Bénézet

Il ne faut pas quitter le Villard sans saluer Monsieur René Chabaud, dont la maison est voisine de la chapelle : le rayonnement de cet homme a beaucoup touché Frère Maximilien-Marie.
Marchant avec peine, appuyé sur deux cannes, Monsieur Chabaud est le gardien de la chapelle dont il vient, avec une exemplaire fidélité, tous les matins ouvrir la porte et revient la fermer à clef tous les soirs.
Notre Frère a été touché par son accueil souriant et par la conversation qu’il a eu avec lui.

Monsieur René Chabaud fidèle gardien de la chapelle de Saint Bénézet

Le fidèle gardien de la chapelle de Saint Bénézet au Villard.

Après cette pieuse visite au Villard, Monsieur Laurent et Frère Maximilien-Marie, redescendant dans la vallée, se sont rendus, sur la départemantale 26, jusqu’au lieu dit Lamadès.
Là, sur le bord de la route, se trouve une pierre sculptée sur laquelle, à une date très récente, a été fixée une croix en fer.
Cette pierre est dite « pierre de Saint Bénézet » et garde le souvenir de son départ : ce serait à cet endroit qu’il aurait rencontré l’ange, caché sous les apparences d’un pélerin, qui devait le conduire jusqu’au Rhône.

Lamadès - la pierre de Saint Bénézet au bord de la route

Lamadès : la « pierre de Saint Bénézet »
- ci-dessus, dans son site ;
- et ci-dessous, gros plan sur l’inscription gravée. 

Lamadès - la pierre de Saint Bénézet gros plan

Voilà, bien chers Amis, le compte-rendu détaillé de ce pélerinage : soyez certains que, dans son coeur, Frère Maximilien-Marie emportait toutes les intentions qui lui sont confiées et qu’il a recommandées à l’intercession de Saint Bénézet : puisse aujourd’hui celui auquel Dieu demanda jadis de construire un pont sur le Rhône, établir de nouveaux ponts de grâces et de bénédictions pour nous relier en toutes circonstances à Notre-Seigneur, le Roi du Ciel !

Lully.

Burzet, hameau du Villard, campanile de la chapelle Saint Bénézet

Campanile de la chapelle du Villard sur fond de nature vivaroise au printemps.

2015-46. De Saint Benoît du Pont, couramment appelé Saint Bénézet, dont nous célébrons la fête le 14 avril.

Reconstitution numérique en 3 D du Pont Saint Bénézet, tel qu’il pouvait se présenter au milieu du XVIe siècle :

Image de prévisualisation YouTube

16 avril,
fête de Saint Benoît-Joseph Labre (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si je vous parle du pont d’Avignon, vous allez probablement immédiatement penser à la célèbre chanson enfantine… et peut-être même vous mettre à la fredonner de façon spontanée.
Mais le « grand public » sait-il que le nom propre de ce pont fameux entre tous est « Pont Saint Bénézet » ?
Et combien savent encore qui est ce Saint Bénézet qui a donné son nom à ce pont ?
C’est ce que je me propose de vous expliquer maintenant, avant de vous emmener – un peu plus tard – en pélerinage sur les lieux de sa naissance.

Sur le pont d'Avignon refrain

La célèbre chanson « Sur le Pont d’Avignon » remonterait au XVe siècle
mais elle a connu un regain de popularité depuis le milieu du XIXe siècle.

Bénézet est un diminutif provençal du prénom latin Benedictus, en francais Benoît.
Dans les livres liturgiques, Saint Bénézet est donc officiellement appelé tantôt « Saint Benoît le jeune » ou « le petit » (en latin : Benedictus junior), en rapport avec sa petite taille et son jeune âge – nuances exprimées par la forme provençale – , tantôt « Saint Benoît du Pont » (en latin : Benedictus de Ponte), ce qui est bien sûr le rappel de l’oeuvre pour laquelle Dieu le suscita.

Selon toute vraisemblance, son patronyme était Chautard.
Il naquit au hameau du Villard, paroisse de Burzet, au diocèse de Viviers, dans la seconde moitié du XIIe siècle (d’aucuns disent en 1165, d’autres entre 1154 et 1159).
Tous les textes néanmoins sont unanimes pour situer en l’an 1177 son arrivée en Avignon.

Les sources de l’histoire de Saint Bénézet sont des plus fiables. Elles se trouvent principalement
- 1) dans deux chartes, de 1180 et 1181, donc rédigées du vivant du jeune saint ;
- 2) dans une charte de 1185 (année qui suivit sa mort), qui nous est parvenue à travers une copie authentique qui en fut réalisée au XIVe siècle ;
- 3) dans la chronique de Robert d’Auxerre (+ 1212), commencée en 1190 ;
- 4) dans une « légende » du début du XIIIe siècle, en langue provençale : le mot légende ne doit pas être entendu au sens de « récit fantaisiste sans consistance historique », mais compris dans son sens latin le plus strict : « ce qui doit être lu ». Ainsi la « légende de Saint Bénézet » est-elle bien un texte historique (on pourrait dire une version officielle) destiné à faire connaître l’oeuvre de Saint Bénézet et de ses continuateurs.

Lithographie fin XIXe s - Pont Saint Bénézet vu du rocher des Doms

Le Pont Saint Bénézet vu depuis le rocher des Doms – lithographie de la fin du XIXe siècle..

Sans qu’il ne nous soit rien révélé sur la vie du jeune homme depuis sa naissance, les récits les plus anciens nous racontent d’emblée sa vocation.
Alors que le jeune homme était en train de garder les brebis, il entendit distinctement des paroles qui s’adressaient à lui, sans voir cependant qui lui parlait.
Voici une traduction de ce que rapporte la « légende » en provençal : 

- Bénézet, mon fils, entends la voix de Jésus-Christ.
- Qui êtes-vous, Seigneur, qui me parlez ? J’entends votre voix mais ne vous vois pas.
- Ecoute donc, Bénézet, et n’aie point peur. Je suis Jésus-Christ qui, par une seule parole, ai créé le ciel, la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment.
- Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?
- Je veux que tu quittes les brebis que tu gardes, car tu me feras un pont sur le fleuve Rhône.
- Seigneur, je ne sais où est le Rhône et je n’ose abandonner les brebis de ma mère !
- Ne t’ai-je pas dit de croire ? Viens donc hardiment, car je ferai surveiller tes brebis et je te donnerai un compagnon qui te conduira jusqu’au Rhône. 

L’injonction divine se serait renouvelée à trois reprises avant que Bénézet ne se mette en route.

Comme le lui avait assuré la voix divine, il rencontra bientôt un homme vêtu comme un pélerin qui s’offrit à lui comme compagnon de route. Il s’agissait en réalité, comme pour le jeune Tobie dans l’Ancien Testament, d’un ange qui avait revêtu une apparence humaine.
L’ange conduisit Bénézet jusqu’au Rhône : Bénézet fut d’abord effrayé par la taille du fleuve et se demandait comment il serait possible de mener à bien une telle mission. Mais son céleste compagnon lui prodigua des conseils pour arriver jusqu’en Avignon et pour ce qu’il devrait y accomplir.

Statue reliquaire de Saint Bénézet - Avignon

Statue reliquaire de Saint Bénézet, Avignon :
elle représente le jeune homme portant une énorme pierre (voir ci-dessous).

Bénézet, entré dans la cité d’Avignon, alla trouver l’Evêque qui était en train de prêcher au peuple ; il lui dit à haute voix : « Ecoutez-moi et comprenez-moi, car Jésus-Christ m’a envoyé vers vous afin que je fasse un pont sur le Rhône » (texte traduit de la « légende » provençale).

En entendant ces paroles, l’évêque pensa avoir affaire à un insensé et perturbateur de l’ordre public ; il fit donc appel au prévot (ou viguier), devant lequel Bénézet maintint ses allégations :  « Mon Seigneur Jésus-Christ m’a envoyé en cette cité afin que je fasse un pont sur le Rhône ». 
Le viguier lui répondit : 
« C’est toi, si chétif personnage et qui ne possède rien, qui déclare que tu feras un pont où Dieu, ni Saint Pierre, ni Saint Paul, ni encore Charlemagne, ni aucun autre n’a pu le faire ? Ce serait merveilleux.
Attends ! je sais qu’un pont est fait de pierres et de chaux : je te donnerai une pierre que j’ai dans mon palais et, si tu peux la remuer et la porter, je croirais que tu pourras faire le pont ».

Bénézet, mettant sa confiance en Notre-Seigneur, retourna vers l’évêque et lui dit qu’il le ferait aisément.
L’Evêque dit : « Allons donc, et voyons les merveilles que tu nous promets ! » 
Il partit avec l’évêque, et le peuple avec eux ; et Bénézet prit seul la pierre que trente hommes n’auraient pu déplacer, aussi légèrement que s’il se fût agi d’un caillou, et il la mit au lieu où le pont a son pied. 
Les gens voyant cela crièrent au miracle et disaient que grand et puissant est Notre-Seigneur dans ses œuvres.  Et alors le viguier fut le premier à le nommer Saint Bénézet, lui baisant les mains et les pieds, et lui offrit trois cents sous, et dans ce lieu lui furent donnés cinq mille sous.
Maintenant vous avez entendu de quelle manière, frères, le pont fut commencé afin que vous tiriez profit de ce grand bienfait.
Et Dieu fit nombre de miracles en ce jour : par lui, il rendit la vue, fit entendre les sourds et marcher les paralytiques
 (texte traduit de la « légende » provençale).

Les deux chapelles superposées dédiées à Saint Bénézet et à Saint Nicolas

Avignon, Pont Saint Bénézet : les deux chapelles superposées.
La chapelle inférieure est dédiée à Saint Bénézet et la chapelle supérieure à Saint Nicolas.

Des compagnons, les « Frères de l’oeuvre du pont » ou « Frères pontifes », rejoignirent Bénézet. Après la mort de Bénézet, ce sont eux qui achevèrent la construction du pont (1188).

A côté du chantier, Bénézet avait acquis une maison qui, en sus d’être le lieu où ces pieux laïcs menaient une forme de vie commune, partagée entre les exercices de piété, le travail et la mendicité – car il fallait recueillir des aumônes pour la construction – , était ouverte à l’accueil des pélerins et au soin des malades.

Bénézet rendit son âme à Dieu le 14 avril 1184, entouré d’une immense vénération populaire, une vénération principalement due aux miracles de guérison qu’il accomplissait.
Les diverses enquêtes ecclésiastiques menées après sa mort citent un grand nombre de témoins directs attestant de ses dons de thaumaturge.

Son corps fut d’abord enseveli dans la chapelle construite sur le pont même : la chapelle Saint Bénézet (par la suite, le pont sera exhaussé et cette chapelle se retrouva en contrebas : on édifia au-dessus une deuxième chapelle, dédiée à Saint Nicolas, si bien que la chapelle Saint Bénézet en devint en quelque sorte la crypte).
En 1331, sans qu’il s’agisse à proprement parler d’une « canonisation » au sens moderne du mot, le pape Jean XXII, officialisa le culte qui était rendu à Saint Bénézet depuis sa mort, et que ses prédécesseurs avaient accepté, en composant pour lui un office liturgique propre et en fixant sa fête au 14 avril.

Le corps de Saint Bénézet fut retiré de la chapelle du pont au XVIIe siècle, à la suite d’une série de crues exceptionnelles qui avaient fait craindre pour la sécurité du lieu, et il fut déposé dans l’église du couvent des Célestins : à cette occasion, on constata que ce corps était incorrompu et exhalait une odeur suave.

Lors de la détestable révolution, malheureusement, la tombe fut violée et les restes de Saint Bénézet furent horriblement profanés. Une partie cependant put ensuite être récupérée, mise en lieu sûr, puis finalement déposée dans la collégiale Saint-Didier d’Avignon.
En 1849, l’archevêque d’Avignon procéda à une nouvelle reconnaissance des reliques de Saint Bénézet : il en donna une partie au diocèse de Viviers, où ces reliques furent distribuées entre la cathédrale, le grand séminaire et sa paroisse natale de Burzet.

L’examen des ossements montre qu’il devait avoir entre 25 et 30 ans au moment de sa mort, et qu’il mesurait environ 1,60 m.

Tombeau de Saint Bénézet dans la collégiale Saint-Didier - Avignon

Actuel tombeau de Saint Bénézet dans la collégiale Saint-Didier, en Avignon.

A suivre : petit pélerinage à la maison natale de Saint Bénézet > ici

2015-43. Si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix.

Lundi Saint 30 mars 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien Frère Maximilien-Marie ne seront nullement étonnés si je leur dis que notre Frère a rassemblé une assez importante collection d’ « images pieuses », parmi lesquelles se trouvent quelques très beaux canivets.
Parmi ceux-ci, il y en a un que j’avais mis en réserve à votre intention pour ce commencement de la Semaine Sainte : vous trouverez ci-dessous les reproductions du recto et du verso.
Comme les textes qui y sont imprimés sont inspirés de « L’Imitation de la Sainte Vierge » (*), je vous recopie aussi, en dessous le chapitre complet auquel ces citations renvoient.

« Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus… »

Lully.

(*) L’ « Imitation de la Sainte Vierge sur le modèle de l’Imitation de Jésus-Christ » est un petit ouvrage de spiritualité paru au XIXe siècle sans nom d’auteur et qui connut une assez grande diffusion dans les milieux fervents jusque dans le premier tiers du XXe siècle : je n’ai pas trouvé trace de réimpression après 1935.

canivet Vierge des Douleurs

canivet verso

Que celui qui aime Jésus doit monter avec Jésus au Calvaire,
et y souffrir avec Lui.

(Imitation de la Sainte Vierge – Livre III, chapitre 1)

Marie :

Jésus monte au Calvaire. Venez, mon fils ; Il nous invite à y monter avec Lui. Si vous L’aimez vous ne L’abandonnerez pas.
Notre amour pour Jésus serait-il digne de Lui, si nous Le délaissions dans Ses douleurs, et lorsque tous les homme Le méconnaissent et L’outragent ?
Nous ne pouvons Lui donner aucun secours ; mais du moins nous prendrons part à Ses souffrances en mêlant nos larmes avec Son Sang, et nous Lui donnerons la consolation de voir que nous sommes prêts à souffrir pour Son amour tout ce qu’Il ordonnera.

Le serviteur :

Mais, Vierge généreuse, ne saurait-on témoigner son amour à Jésus que dans les souffrances ? Ne le peut-on dans le calme et la paix ?

Marie :

Mon fils, dans le calme et la paix, il est facile de donner des témoignages de cet amour ; mais on ne peut bien juger de sa solidité que dans un temps d’orage.
Jésus a dit : Celui qui ne porte pas sa croix et ne Me suit pas, ne saurait être Mon disciple.
Vous devez donc mettre au nombre des jours heureux ceux où vous avez des occasions d’endurer quelque chose pour l’amour de Lui.
Bien des chrétiens n’aiment guère le divin Bienfaiteur qu’à cause de Ses bienfaits, et ressemblent aux amis de la terre, qui n’aiment point gratuitement.
Ils disent qu’ils aiment Jésus de tout leur coeur ; cependant ils n’ont pas le courage de veiller seulement une heure avec Lui dans le jardin de Son agonie.
Ils protestent qu’ils Le suivront partout, même à la mort ; mais la crainte des souffrances affaiblit bientôt en eux l’amour, et ils ne suivent plus Jésus que de loin.
Pour vous, mon fils, si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix ; et, si vous L’aimez de tout votre coeur, vous embrasserez de tout votre coeur les différentes croix qu’Il vous enverra.
Celui qu’il ne faut pas forcer, comme Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus, et qui participe volontiers à l’amertume du fiel qui Lui fut présenté sur le Calvaire, celui-là aime Jésus véritablement.
Le feu de la tribulation éprouve l’or de l’amour ; il le purifie, il le perfectionne.
Jésus a vécu dans les larmes. Devez-vous vous attendre, et pourriez-vous vous résoudre à vivre dans les délices ?
Un véritable chrétien est un homme formé sur Jésus souffrant, mourant et mort en croix.
Vous Le trouvez si aimable quand vous pensez aux souffrances qu’Il a endurées pour votre amour ; ah ! combien ne devez-vous pas aimer ce qui Le rend un si digne objet de vos affections, ces souffrances même dont Il ne vous fait part que parce qu’Il vous aime !
Des hommes rachetés par la croix doivent regarder la croix comme leur partage et leur gloire.
Jésus n’est entré dans Sa gloire que par la voie des souffrances. Il n’y a pas eu pour moi une voie différente, ni pour les Saints. Il faut que vous y marchiez, si vous voulez parvenir au même terme.

Le serviteur :

Ô Vierge, mère d’un Dieu, si vous avez enduré tant de souffrances, si vous en avez conçu tant d’estime, c’est que vous aimiez Dieu plus que tous les martyrs, plus que tous les Saints ensemble.
Aidez-moi par votre intercession à vaincre ma délicatesse, ma sensibilité, l’horreur naturelle que j’ai de la croix, afin que mon coeur, mon esprit et tout ce qui est en moi prouve à mon Dieu que je L’aime.
Vous avez été la vierge la plus sainte et néanmoins la plus affligée. Je consens de participer à vos souffrances, pourvu que je participe à votre amour.
Faites que j’aime la croix de Jésus, que je mette mes délices dans la croix, afin qu’à ma mort Jésus en croix soit ma force et ma consolation.

Marie :

Comment, en effet, pourrez-vous à la mort embrasser avec confiance le crucifix, si vous avez vécu en ennemi de la croix ?
A la mort, bien loin d’être fâché d’avoir souvent été sur la croix, on voudrait y avoir été toujours, parce que’on aurait eu continuellement l’avantage de ressembler à Jésus par où Il veut surtout qu’on Lui soit conforme.
Mon fils, si, exposé aux mépris, aux mauvais traitements, aux sanglantes persécutions, vous les enduriez avec soumission, avec patience, avec constance, je verrais en vous une ravissante image de Jésus.

Le serviteur :

Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus ; mais en même temps quel avantage pour moi que celui de penser que mon état et mes dispositions m’attireront d’une manière spéciale votre protection et votre amour !

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

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