Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2018-41. La procession des Rogations au Mesnil-Marie.

Dimanche soir 13 mai 2018,
Solennité de Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France en second ;
Dimanche dans l’octave de l’Ascension ;
Saint Servais de Tongres, « saint de glace » ;
Anniversaire de la 1ère apparition de Notre-Dame à Fatima.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La semaine qui vient de s’écouler a été très dense et chargée, en particulier parce qu’elle a été celle du troisième pèlerinage annuel « pour le Roi et la France » organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale, confrérie dont Frère Maximilien-Marie est l’un des fondateurs (cf. > ici) et dont il a été désigné Prieur le 21 novembre dernier (cf. > ici).

Je vous rappelle au passage que c’est désormais quelque chose de rigoureusement institutionnalisé et un événement qu’aucun de nos amis ne devrait oublier, mais bien au contraire réserver systématiquement d’année en année.
Ce pèlerinage annuel est la conséquence de la démarche accomplie conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) à l’occasion du Grand Jubilé de 2016, et il a lieu tous les ans les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension (ce sont donc des dates mobiles qui dépendent de la date de Pâques).
Le choix de ces jours, qui sont chômés pour un grand nombre de personnes (le fameux « pont de l’Ascension »), permet en outre aux prêtres membres ou amis de la Confrérie Royale chargés de paroisses, d’être à leur poste le jour de l’Ascension et le dimanche.

Mais avant l’Ascension, il y a les trois jours des Rogations et, cette année, profitant de la présence de nos deux amis les chanoines du chapître séculier de Saint-Rémi, venus quelques jours avant le pèlerinage pour les ultimes préparatifs, nous avons donc pu accomplir une procession – bien modeste certes, mais procession tout de même – avec la bénédiction de la campagne qui environne notre Mesnil-Marie, suivie de la Sainte Messe propre des Rogations.
Outre nos deux amis prêtres présents au Mesnil-Marie tous ces jours, un troisième nous a rejoints pour la procession et la Sainte Messe, ainsi que quelques amis fidèles qui sont relativement proches géographiquement.

En prévision de cette procession, le samedi 5 mai, quatre amis fidèles étaient venus donner un « sacré » coup de main à mon papa-moine, pour faire du nettoyage autour du Mesnil-Marie, transporter de la terre et des pierres, améliorer l’accès à l’oratoire par l’extérieur, couper de l’herbe… etc. ; toutes choses nécessaires pour faciliter la marche de notre petite procession sur un terrain naturellement accidenté.
J’en profite d’ailleurs pour remercier très chat-leureusement ces bienfaiteurs qui ont donné de leur temps et de leur personne pour ces travaux fort utiles !

Ainsi donc – juste pour le plaisir des yeux – permettez-moi de vous montrer trois clichés qui ont été réalisés à l’occasion de cette modeste, mais très fervente procession au cours de laquelle nous avons supplié Notre-Seigneur, par l’invocation et l’intercession de tous Ses saints, pour qu’Il répande abondamment Ses bénédictions sur la campagne qui nous entoure ainsi que sur les travaux des hommes, et pour qu’Il les couvre de Sa paternelle protection.

pattes de chatLully.

Procession des Rogations au Mesnil-Marie le lundi 7 mai 2018 :

Station devant la Croix de la terrasse Saint-Constantin,
depuis laquelle a eu lieu la bénédiction de la campagne environnante
.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 1

Ut fructus terræ dare et conservare digneris, te rogamus, audi nos.
Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre, nous Vous en prions écoutez-nous.

 

Rogations lundi 7 mai 2018 - 2

O Dieu, qui Vous montrez clément et bon en tout lieu où s’exerce Votre domination,
nous Vous en prions : exaucez-nous, et accordez que dorénavant Votre inviolable bénédiction demeure en ce lieu,
et que la totalité de ces fidèles, qui vous supplie, mérite de recevoir les dons de Votre munificence.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 3

Nous implorons Votre pitié, ô Dieu tout-puissant,
pour que Vous répandiez la rosée de Votre bénédiction sur les fruits de la terre,
que Vous daigniez les nourrir en leur ménageant chaleur et pluie,
et que Vous accordiez à ce peuple qui est Vôtre de toujours vous rendre grâces pour vos dons, afin que,
comblés des biens que par la fertilité de la terre Vous répandez avec abondance sur les affamés,
le pauvre et l’indigent célèbrent le nom de Votre gloire.

Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant,
Père +, Fils + et Saint-Esprit +,
descende et demeure toujours sur les champs et sur toutes les sortes de biens qui se trouvent en ce lieu.
Ainsi soit-il.

nika

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018 pour préparer le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay :

Tous les participants au désormais tout proche 3ème pèlerinage « Pour le Roi et la France » au Puy-en-Velay ces 11 et 12 mai 2018,
et tous les membres et sympathisants de la Confrérie Royale, même s’ils ne peuvent être présents physiquement à ce pèlerinage mais auxquels nous demandons instamment de s’y unir par le coeur et la prière,
ainsi que tous les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
auront à coeur de participer à cette neuvaine préparatoire au pèlerinage, du 2 au 10 mai,
pour demander à Notre-Seigneur et à Sa Très Sainte Mère de le bénir
et d’accorder
à toute la Confrérie Royale, en particulier à ceux qui s’engageront dans la Confrérie à cette occasion,
à tout le mouvement légitimiste et à chacun de ses cercles,
à la France,
à notre Roi et à sa famille,
toutes les grâces et forces – spirituelles et temporelles – qui leur sont nécessaires…

chasuble Ascension

Chasuble du Mesnil-Marie
pour le temps pascal et le temps de l’Ascencion

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018
pour préparer le pèlerinage de la Confrérie Royale
au Puy-en-Velay

O Dieu qui, pour révéler les grandeurs de Votre Majesté, avez voulu, après Votre Résurrection d’entre les morts, monter au ciel sous les yeux de Vos apôtres et disciples : dans Votre bonté, accordez-nous Votre secours en demeurant, selon Votre promesse, toujours avec nous sur cette terre ; disposez Vous-même nos coeurs à accueillir comme il convient le divin Paraclet que Vous avez promis, pour que nous soyons enrichis de Ses sept dons ; donnez-nous de vivre ici-bas en dignes témoins du Royaume éternel, dont le royaume de la terre doit être la préparation et l’image ; et lorsque prendra fin notre séjour ici-bas, assistez-nous dans nos ultimes combats pour qu’ils soient victorieux des pièges du démon, et ordonnez à Vos saints anges d’élever nos âmes auprès de Vous dans le ciel où Vous régnez.

Vierge très sainte du Cénacle, autour de laquelle se sont réunis les apôtres et les disciples du Seigneur, après qu’Il a été élevé dans les Cieux, vous les avez entraînés dans une prière ardente qui a parfaitement disposé leurs cœurs à la réception des grâces célestes : regardez dès à présent avec bienveillance les pèlerins qui vont se retrouver à vos pieds dans la « chambre haute », de ce sanctuaire que vous avez vous-même demandé – l’un des tout-premiers à vous dédié sur le sol de ce qui deviendra le royaume de France -, « la chambre angélique » où vous tenez votre cour au Puy-en-Velay, et réservez-leur vos plus maternelles bénédictions ; recevez dès à présent leurs ardentes supplications pour la France et pour son Souverain légitime, et accordez à ce pays de revenir dans les voies du Roi du Ciel, dans la conversion et la pénitence, dans l’obéissance aux lois divines et dans une fidélité renouvelée.

Coeur Sacré de Jésus, notre Roi, ayez pitié de nous !
Reine de France, priez pour nous !
Notre-Dame du Puy, priez pour nous !
Saint Michel archange, priez pour nous !
Saint Louis, priez pour nous !
Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous !
Tous les saints et saintes de France, intercédez pour nous !

Bannière de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy

« Domine, salvum fac Regem ! »

25 avril,
Fête de Saint Marc, évangéliste et martyr ;
en France, les litanies mineures ;
anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon (25 avril 1974),
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

grandes armes de France

Si nous avons à coeur de prier quotidiennement, avec ferveur et plusieurs fois dans la journée, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, le jour anniversaire de sa naissance, le 25 avril, est l’un des moments de l’année où nous manifestons avec encore davantage d’ardeur et de piété filiale notre amour pour notre Souverain légitime.

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Dans l’épître lue au troisième dimanche après Pâques (1 Petr. II, 11-19), le Prince des Apôtres nous rappelle à deux reprises les devoirs de respect, d’amour et d’obéissance que doit avoir tout chrétien envers son Roi légitime : cela découle de la vertu de religion et de l’honneur dû à Dieu, parce que Celui-ci a placé en lui Sa propre autorité et l’a élevé au-dessus des autres hommes.
C’est donc un devoir religieux impératif que de faire monter vers le Ciel de fréquentes supplications, aussi instantes qu’aimantes, pour celui que les Lois fondamentales (cf. > ici) désignent indubitablement comme Roi légitime, parce qu’il est l’aîné de tous les Capétiens ; l’aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; le successeur de Charles X, de Louis XIX, d’Henri V, de Jean III, de Charles XI, de Jacques 1er, de Charles XII, d’Alphonse 1er, d’Henri VI et d’Alphonse II : très haut, très puissant et très excellent Prince Louis XX, Roi de France et de Navarre.

Il est plus que jamais important de prier pour notre Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe.
Prier pour que celui en lequel -  du fait des dispositions de la divine Providence - s’incarne les principes de la royauté capétienne traditionnelle ait toutes les grâces de lumière, de prudence, de tempérance, de force, de justice, de foi, d’espérance, de charité, de crainte du Seigneur, de piété, de science, de force, de conseil, d’intelligence et de sagesse, qui lui sont nécessaires, afin de transmettre intacts les valeurs et les principes de la monarchie de droit divin, et pour oeuvrer à sa digne restauration.

En ce 25 avril, je me permets de vous inviter à prier à l’aide d’un « Domine, salvum fac Regem » qui constitue la conclusion du « Te Deum pour les victoires de Louis XV » composé en 1744 par Henri Madin (1698-1748), sous-maître de la Musique de la Chapelle du Roi.
Aujourd’hui plus que jamais, et tous les jours, que nos coeurs redisent avec dévotion et chantent avec ardeur :

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Mini vidéo enregistrée ce 25 avril 2018 dans l’oratoire du Mesnil-Marie :

Trois lys blancs

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 26 avril, 2018 |2 Commentaires »

2018-31. Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve.

6ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve :

Mardi 17 avril 2018 ;
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il est temps que je poursuive la narration de ce qui s’est passé à l’occasion de cette belle Semaine Sainte en Provence, et, après le récit de la visite à nos amis Messieurs les Chanoines de Saint-Remi (cf. > ici), que je vous raconte le pèlerinage qui fut accompli auprès de Sainte Roseline de Villeneuve, aux Arcs-sur-Argens.
C’était le mercredi saint 28 mars.

A – Qui est Sainte Roseline de Villeneuve ?

Fille d’Arnaud II de Villeneuve et de Sybille de Burgolle de Sabran, Roseline (en latin « Rossolina » mais en provençal « Roussouline ») aînée de six enfants, naquit le 12 janvier 1263 au château des Arcs (aujourd’hui les Arcs-sur-Argens).
Les familles de Villeneuve et de Sabran sont au nombre des principales familles nobles de Provence, tant par leur ancienneté, leur origine, leurs alliances et les services qu’elles rendirent.
Par sa mère, Roseline est cousine de Saint Elzéar de Sabran (1285-1323), de 22 ans son cadet mais qui décèdera 6 ans avant elle.

Roseline fut imprégnée d’un profond esprit évangélique dès son enfance, du fait d’une éducation profondément et authentiquement chrétienne, mais aussi en raison d’une prédilection divine manifestée dès avant sa naissance.
Pendant sa grossesse, sa mère avait entendu une voix lui dire : « Tu enfanteras une rose sans épine, une rose dont le parfum embaumera toute la contrée », et l’on raconte qu’un doux parfum de rose l’enveloppait souvent.
Elle faisait preuve d’une grande sollicitude envers les pauvres et leur distribuait d’abondantes aumônes sous forme de vivres, ce qui mettait à mal les réserves du château. Son père la réprimanda à plusieurs reprises pour ces largesses qu’il considérait comme exagérées, mais Roseline, mue par une ardente charité, considérait qu’il était plus important de nourrir les pauvres que de conserver d’abondantes réserves. Un jour où elle était âgée d’une douzaine d’années, elle se fit surprendre par son père alors qu’elle avait rempli son tablier de pains pris à la cuisine. « Que portes-tu là ? » lui demanda-t-il. Toute rougissante, elle répondit : « Ce sont des roses, père » ; et dépliant son tablier, elle laissa échapper une brassée de roses des plus odorantes.
Cet épisode connu sous le nom de « miracle des roses » eut lieu en plein mois de janvier ; cela convainquit Arnaud II que la main de Dieu reposait sur sa fille. Le souvenir de cet événement subsiste aujourd’hui dans les lieux, puisque dans les ruines du château des Arcs on montre la « porte du miracle », à côté du donjon.

Miracle des roses - Ste Roseline - retable chapelle Sainte-Roseline 1635

Statue de Sainte Roseline rappelant le miracle des roses
(statue du retable principal réalisée en 1635, dans la chapelle Sainte-Roseline – Les Arcs)

A l’âge de 15 ans (en 1278), Roseline entra à la chartreuse de Saint-André-de-Ramières, près de Prébayon, au pied du mont Ventoux. Puis elle fut envoyée, pour continuer son noviciat, à la chartreuse Notre-Dame de Bertaud près de Gap.
Elle fut admise à la profession religieuse à la Noël 1280, quelques jours avant son dix-huitième anniversaire.

Alors qu’un soir, elle était chargée de préparer le repas de la communauté, elle tomba en extase : Notre-Seigneur se tenait près d’elle et elle s’entretint avec lui « dans le doux secret de son cœur », ainsi que le rapporte la chronique...
Mais quand la communauté entra au réfectoire, rien n’était prêt. La prieure était sur le point de réprimander Soeur Roseline, quand apparurent des anges qui dressèrent les tables et y disposèrent la nourriture.
Ce miracle inspira à Marc Chagall une mosaïque qui occupe tout une travée de la chapelle Sainte-Roseline : « le repas des anges »

Mosaïque de Marc Chagall

Marc Chagall : « le repas des anges » (1975)
Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens

En 1285, Soeur Roseline est appelée à la chartreuse de la Celle-Roubaud, proche des Arcs, dont l’une de ses tantes, Jeanne de Villeneuve, était la fondatrice et la prieure.
A la mort de cette dernière, en 1300, Soeur Roseline est élue pour lui succéder et elle exercera cette charge priorale pendant 28 ans.
Elle reçut la consécration abbatiale de Jacques d’Euse, évêque de Fréjus, futur pape Jean XXII.

Bien que soumise à une clôture stricte, Roseline garde un continuel souci pour les pauvres et les nécessiteux. A la porte du couvent, les malheureux sont toujours accueillis comme Notre-Seigneur Lui-même et ils reçoivent nourriture, vêtements, paroles d’encouragement et de consolation.

Le plus célèbre des nombreux miracles qui lui sont attribués est celui de la libération de son frère Henrion, commandeur des Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem : en 1310 il était tombé aux mains des Sarrasins et se trouvait emprisonné sur l’île de Rhodes.
Par la puissance de sa prière, Roseline fit tomber ses chaînes et il fut transporté miraculeusement en Provence.

En 1328, Mère Roseline, usée par les responsabilités de sa tâche et par ses mortifications, se démet de la charge priorale en demandant à redevenir simple religieuse.
Elle meut moins d’un an après, le 17 janvier 1329, âgée de 66 ans.

B – Miracles de Sainte Roseline :
conservation miraculeuse de son corps et de ses yeux.

Dès l’annonce de sa mort, de nombreux pèlerins affluent et des miracles se produisent, en particulier des guérisons de paralytiques et d’aveugles.
Ensevelie dans le cimetière du couvent, la dépouille mortelle exhalait depuis sa tombe une puissante odeur de rose : le pape Jean XXII chargea donc Elzéar de Villeuneuve, frère de la sainte et évêque de Digne, de présider à l’exhumation de son corps et de le transférer dans le cloître : il apparut parfaitement conservé, et ses yeux avaient même gardé tout leur éclat, comme s’ils étaient vivants.

D’autres translations eurent lieu (en 1344 et en 1360), puis le corps fut caché par les moniales à l’occasion des troubles de la guerre de cent-ans. Tellement bien caché qu’on perdit le souvenir du lieu où il avait été mis à l’abri !
Deux-cent-quatre-vingt ans plus tard, Sainte Roseline se manifesta elle-même à un aveugle pour lui révéler l’endroit où reposait son corps et, en signe de la vérité de cette apparition, elle lui rendit la vue : la redécouverte du corps toujours intact de Sainte Roseline donna lieu à une nouvelle translation, le 20 octobre 1657.
Le miracle de l’éclat vivant des yeux de Sainte Roseline entraîna la décision de les conserver à part, dans une boite d’argent, tandis que le corps incorrompu était renfermé dans une châsse de bois.

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline :
monstrance du XIXe siècle, chef-d’œuvre d’Armand Caillat grand prix de l’exposition universelle de Paris en 1889,
dans lequel se trouve la boite d’argent du XVIIème siècle, scellée, où sont enfermés les yeux de Sainte Roseline ;
cette boite d’argent a, sur le devant, la forme d’un masque percé de deux ouvertures laissant apparaître les yeux.

Le 21 février 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère la Reine Anne d’Autriche, se rendit à Cotignac pour y rendre grâce de sa naissance (puisque la chapelle de Notre-Dame de Grâces de Cotignac avait été l’un des trois sanctuaires désignés par la Sainte Mère de Dieu au Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, en 1637, pour l’accomplissement des neuvaines par lesquelles sa naissance avait été obtenue).
Entendant parler du miracle de la conservation des yeux de Sainte Roseline, le Grand Roi dépêcha aux Arcs son médecin personnel – Antoine Vallot – pour en vérifier l’authenticité. C’est lui qui, pour s’assurer qu’il n’y avait point de supercherie et qu’il s’agissait bien d’yeux véritables, eut l’idée de percer l’un d’eux avec son stylet : aussitôt l’œil s’obscurcit tandis qu’un liquide s’en échappait.
Voilà pourquoi, de nos jours, dans la monstrance qui les présente aux fidèles, l’oeil gauche de Sainte Roseline est comme desséché.

yeux de Sainte Roseline

Yeux de Sainte Roseline de Villeneuve :
on voit ici, incluse dans le reliquaire d’Armand Caillat, la boite d’argent du XVIIème siècle dont la face présente la forme d’un masque.
L’oeil gauche – donc à droite sur la photo – est celui que le Docteur Vallot a percé en 1660, et se présente sous une forme grisâtre, amorphe et desséchée.
L’œil droit – à gauche sur la photo – dont l’éclat semble encore « vif », semble avoir conservé sa forme mais l’iris est indissociable de la pupille.

D’autres translations eurent lieu, en 1835 et en 1894.
En 1881, le corps ne présentait pas de trace de corruption mais avait subi des dégradations provoquées par des insectes qui s’étaient introduits dans la châsse, dont l’étanchéité n’était pas des meilleures.
En 1894, la situation était si critique qu’une intervention rapide s’imposait. Le travail fut confié au Docteur Pietro Neri qui, après des examens minutieux, conclut que les dommages « n’auraient pas été si grands si le corps n’avait pas été transporté dans une atmosphère pareille où, en raison de puissantes causes, il n’aurait jamais pu à la longue conserver son intégrité ».

Pour sauver ce qui pouvait l’être, le Docteur Neri procéda non pas à un embaumement, comme on le trouve parfois écrit, mais à une véritable restauration. Le squelette lui-même était attaqué : après un énergique traitement contre les parasites, il fallut maintenir ensemble les ossements à l’aide d’une structure metallique, puis, sur ce squelette remis en forme sur lequel il ne restait que très peu de tissus organiques, le Docteur Neri reconstitua un corps modelé en cire d’abeilles donnant l’apparence d’un corps momifié.
De nouveaux travaux de conservation furent à nouveaux pratiqués en 1995 et les examens pratiqués à cette époque ont permis de comprendre et de prendre la mesure de tout ce qu’avait fait le Docteur Neri un siècle plus tôt et au sujet duquel on n’avait finalement peu de détails.
Depuis les travaux de restauration de 1995 et la reconnaissance et l’authentification des restes de Sainte Roseline attestés par l’évêque de Fréjus et Toulon en janvier 1996, la dépouille de Sainte Roseline de Villeneuve est à nouveau exposée dans la chapelle Sainte-Roseline, dans une châsse vitrée.

châsse avec les restes de Sainte Roseline

Châsse exposant la dépouille mortelle de Sainte Roseline de Villeneuve :
c’est-à-dire son squelette sur lequel un corps d’apparence momifié a été reconstitué en cire d’abeilles teinte.

C – La chapelle Sainte Roseline :
des splendeurs baroques dans un austère écrin roman.

Comme je l’ai écrit en commençant ce récit, Frère Maximilien-Marie et ses amis se sont rendus à la chapelle Sainte-Roseline, aux Arcs-sur-Argens, le mercredi saint 28 mars.
A la veille d’entrer dans le Triduum Sacré, c’était un pèlerinage pour demander à cette sainte la grâce de vivre avec ferveur les célébrations du mystère pascal.

La chapelle Sainte-Roseline se trouve dans la campagne, au milieu des vignobles : propriété de la commune des Arcs, elle est attenante aux bâtiments de l’ancienne chartreuse, aujourd’hui appelés « Château Sainte-Roseline », car ils sont pour l’essentiel occupés par une exploitation vinicole qui produit des vins de prestige.

IMG_8817 - Copie

La chapelle elle-même est, pour la plus grande partie, un bâtiment du XIème siècle. A l’origine il y eut ici l’ermitage d’un certain Roubaud : « la Celle-Roubaud », qui est le nom originel du monastère, signifie « la cellule de Roubaud ».

Du XIème au XIIème siècle, ce fut d’abord un monastère de bénédictines.
En 1260, les bénédictines cédèrent la place à un groupe de moniales chartreusines qui essaimaient à partir de la chartreuse Notre-Dame de Bertaud, près de Gap, sous la conduite de Mère Jeanne de Villeneuve, tante de Sainte Roseline.
En 1420, les chartreusines quitteront les lieux et en 1505 des franciscains prendront leur place et mettront le monastère sous le vocable de Sainte Catherine d’Alexandrie.
Ce n’est qu’au XIXème siècle que le nom de « chapelle Sainte-Roseline » s’imposera.

chapelle Sainte-Roseline arrivée

Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens :
l’arrivée à la chapelle depuis la route qui passe en dessous du chevet.

La route qui permet d’arriver à la chapelle Sainte-Roseline passe sur le côté est des anciens bâtiments claustraux, une large voie bordée d’arbres monte depuis la route vers la chapelle : déjà peu visible de loin, on imagine qu’elle l’est encore moins lorsque les feuilles ont poussé.
On longe la façade nord de la chapelle…

chapelle Sainte-Roseline façade nord

Chapelle Sainte-Roseline, façade nord

… pour arriver devant façade principale de l’église : la façade occidentale, puisque l’édifice est correctement orienté.

chapelle Sainte-Roseline façade occidentale

Chapelle Sainte-Roseline, façade occidentale : entrée principale.

Quand on entre dans la chapelle par la porte de cette façade principale, l’oeil est aussitôt ravi par un spectacle sublime : la sobriété de l’architecture romane – massive et austère à l’extérieur, épurée à l’intérieur – est merveilleusement enrichie par les décors baroques des retables dont la luxuriance dorée transporte d’un saisissement qui confine à l’extase.

chapelle Sainte-Roseline vue intérieure générale

Chapelle Sainte-Roseline :
ce qui se découvre au regard dès que l’on franchit le porche d’entrée.

Le cancel (c’est-à dire la clôture du choeur) en bois de noyer daté de 1658, porte des éléments décoratifs qui appartiennent encore au style maniériste, propre à la dernière partie de la renaissance. Les stalles qui se trouvent derrière sont de même style. Au-dessus de la porte se trouve une statuette de Sainte Catherine d’Alexandrie, figurée avec la roue de son martyre : c’est l’une des marques laissées par le vocable donné au couvent par les Franciscains qui ont occupé les lieux à partir du début du XVIème siècle.  

chapelle Sainte-Roseline entrée du choeur

Chapelle Sainte-Roseline : l’entrée du choeur

Quand on franchit la porte du cancel, le sompteux retable baroque du sanctuaire apparaît dans toute sa richesse.
Il est daté de 1635.
Son décor foisonnant d’anges et de colonnes torses surmonté du saint Crucifix, est l’écrin d’une descente de croix du XVème siècle, en bois polychrome.
Les statues de Sainte Catherine d’Alexandrie (du côté de l’Evangile) et de Sainte Roseline (du côté de l’épître) encadrent cette déposition, en dessous de laquelle sont représentées des scènes d’apparition du Christ ressuscité.

chapelle Sainte-Roseline retable

Le grand retable baroque de 1635 dans le sanctuaire.

chapelle Sainte-Roseline panneau central du retable

La déposition de Croix du XVème siècle enchâssée au centre du grand retable de 1635.

Malheureusement, les vandales de « l’après-concile », afin de faire place à un ridicule « autel-face-au-peuple », ont carrément découpé la table de l’autel lui-même pour la réduire au format d’une tablette de quelque 10 cm de large !

Dans une chapelle latérale que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on se trouve dans la nef et qui s’ouvre directement sur le côté gauche du sanctuaire, se trouve un retable secondaire, dédié à Saint Antoine de Padoue.
Ce retable, quoique d’une grande simplicité, est lui aussi merveilleusement baroque et sert d’écrin à des oeuvres antérieures, comme la prédelle qui représente des saints de l’Ordre franciscain de par et d’autre d’un Christ de pitié.

Chapelle Sainte-Roseline retable de Saint Antoine de Padoue

Autel de Saint Antoine de Padoue.

Un troisième retable baroque enrichit cette chapelle : il se trouve dans la nef, à main gauche, juste à l’entrée principale.
Il comprend en son centre une merveilleuse Nativité, attribuée à l’école des frères Bréa, peintres niçois du XVIème siècle spécialistes des retables. Certains commentateurs l’attribuent à François Bréa (1495-1562).

chapelle Sainte-Roseline retable de la Nativité

Retable de la Nativité

Les donateurs en prière se trouvent de part et d’autre de Saint Joseph et de Notre-Dame. Juste au-dessus de l’Enfant Jésus est représentée Sainte Roseline, de petite taille, entourée des enfants des donateurs et de petits anges.
Derrière la donatrice est représenté Saint François d’Assise aisément identifiable par les stigmates dont il est blessé.

panneau central du retable de la Nativité

La Nativité, datée de 1541, attribuée à l’école des frères Bréa.

A la fin des années soixante du précédent siècle, la chapelle Sainte-Roseline se trouvait dans un état déplorable, quasi à l’abandon.
C’est le mécénat de Marguerite et Aimé Maeght qui fut à l’origine de sa renaissance et de sa restauration. C’est aussi ce qui explique la présence d’oeuvres contemporaines à l’intérieur de l’édifice : nous avons mentionné plus haut la grande mosaïque de Marc Chagall, mais on trouve aussi là des vitraux de Jean Bazaine et Raoul Ubac ainsi qu’un lutrin en bronze de Diego Giacometti. Mais il faut bien reconnaître que nous n’avons pas plus prêté d’attention à ces représentations d’ « art contemporain » que si elles eussent été totalement invisibles.
En revanche, nous nous attardâmes avec délices à l’examen des ex-votos populaires et naïfs, bien restaurés, qui célèbrent les miracles accomplis par l’intercession de Sainte Roseline et expriment la reconnaissance des bénéficiaires de ces grâces signalées.

L’aboutissement de cette restauration entreprise depuis 1969 a été le classement de la chapelle Sainte-Roseline par les Monuments Historiques, en 1980.

D – L’étole et le manipule des moniales chartreusines.

Il reste à donner quelques explications au fait que, dans sa châsse, le corps de Sainte Roseline, revêtu de l’habit des moniales chartreusines, porte également une étole diaconale, depuis l’épaule gauche vers la hanche droite, et un manipule sur le poignet gauche.

Reliques de Sainte Roseline

Gisant contenant les reliques de Sainte Roseline de Villeneuve :
conformément à la tradition des moniales chartreusines elle porte l’étole diaconale et le manipule.

Il s’agit là d’une coutume particulière des moniales chartreuses – ou chartreusines – : lors de leur consécration (car leur profession religieuse s’accompagne d’un rituel de consécration des vierges qui est une survivance de l’usage antique), elles reçoivent le manipule et l’étole diaconale.
Elles ne les portent ensuite que le jour du cinquantième anniversaire de leur consécration, et elles en sont revêtues sur leur lit de mort avant d’être exposées et ensevelies avec.

Cet usage ne signifie pas du tout qu’elles ont été considérées comme des « diacres féminins » ni même comme des « diaconesses » : ces dernières d’ailleurs – n’en déplaise aux modernistes dont l’ampleur de l’ignorance n’a d’égale que leur empressement à adhérer aux stupidités issues de la contestation des prétendus réformés -, n’ont jamais reçu quelque degré que ce soit du sacrement de l’Ordre.
De très savantes études sur les rituels cartusiens de consécration des vierges ont démontré que la collation de l’étole et du manipule est un usage qui apparaît tardivement – au XVème siècle -, d’abord dans les Flandres, avant de se généraliser progressivement dans tout l’Ordre.
Il est probable que ce privilège fut accordé aux chartreusines par imitation de ceux dont jouissaient quelques (peu nombreux) monastères italiens de contemplatives.

Cela signifie donc que Sainte Roseline, à la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème, n’a en réalité jamais porté l’étole ni le manipule, puisqu’ils ne commencent à apparaître dans quelques maisons flamandes de l’Ordre qu’au XVème siècle.
Leur attribution à sa dépouille mortelle constitue donc un fabuleux anachronisme !

L’innovation audacieuse des moniales chartreusines flamandes du XVème siècle n’a bien évidemment jamais constitué une revendication de type féministe à une ordination diaconale, comme cela peut se trouver aujourd’hui au milieu des autres délires de type moderniste ; elle n’est qu’une espèce de représentation symbolique du statut particulier de la femme consacrée à Dieu et ensevelie dans la solitude du désert, désert que veulent reproduire les monastères cartusiens : par l’immolation silencieuse et cachée de sa consécration totale à Dieu, la moniale chartreusine participe à l’immolation du Christ Lui-même, le Christ souverain prêtre, le Christ serviteur (le mot grec « diakonos » signifie « serviteur »), le Christ immolé au service du salut des hommes.

chapelle Sainte-Roseline croix du pignon occidental

Chapelle Sainte-Roseline : croix au faîte du pignon occidental.

A suivre :
Les offices des Ténèbres > ici

2018-23. De la divine efficacité de la troisième parole de Notre-Seigneur sur la Croix.

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls

Crucifixion
Verrière de l’église Sainte-Marguerite d’Antioche à Durham (Angleterre)

Arrêtons-nous pour réfléchir à l’un des aspects de la troisième parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix :

« Femme, voilà votre fils » – « Voici ta Mère ».

Il faut insister sur le fait, dont nous devons avoir une certitude absolue, que les paroles divines du Verbe de Dieu incarné ont le pouvoir de rendre absolument réel ce qu’elles énoncent.

Ainsi, lorsque le Fils de Dieu dit au vent et aux flots déchaînés : « Calmez-vous ! », il se fait aussitôt un grand calme ; lorsque le Fils de Dieu dit aux infirmes : « Soyez guéris ! », ceux qui avaient été sourds, muets, aveugles, paralysés… etc. n’ont plus aucune séquelle de leur infirmité et sont parfaitement guéris ; lorsque le Fils de Dieu commande aux corps morts de la fille de Jaïre, du fils de la veuve de Naïm, ou de son ami Lazare – qui est en décomposition putride depuis quatre jours - : « Cessez d’être morts, soyez à nouveau vivants ! », ces corps ne sont effectivement plus morts, mais à nouveau pleins de vie.

Et lorsque le Fils de Dieu dit sur le pain qui n’est encore réellement que du pain et sur le vin qui n’est encore réellement que du vin : « Ceci est Mon Corps… Ceci est Mon Sang… », la substance du pain et la substance du vin cessent d’être, et il n’y a plus, en leur lieu et place, que la substance de la chair et la substance du sang du divin Sauveur, ne conservant que les apparences du pain et du vin !

Oui, la parole du Verbe incarné est toujours efficace : elle accomplit toujours, dans une réalité parfaite, ce qu’elle énonce, ce qu’elle ordonne.
C’est une parole créatrice.

Le Christ Jésus l’a fait comprendre à ceux qui murmuraient en l’entendant dire au paralytique de Capharnaüm : « Tes péchés sont pardonnés ».
Le miracle de la guérison physique du paralytique démontre que la parole du Sauveur est toujours efficace, et que ce n’est pas parce qu’elle énonce le changement d’une réalité invisible qu’elle ne serait plus efficace : si la parole de Jésus accomplit le miracle de la guérison, c’est bien le signe qu’elle est tout aussi efficace lorsqu’elle dit que le péché est pardonné. « Afin donc que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Je te le commande – dit-il au paralytique -, lève-toi, emporte ton grabat, et va dans ta maison ! » (Marc II, 10).

Et donc, de la même manière, lorsque le Fils de Dieu en Croix, déclare : « Voici, votre fils… Voici, ta Mère… », Sa parole a autant d’efficacité réelle que lorsqu’elle opère des miracles physiques et que lorsqu’elle change la substance du pain en Corps véritable et la substance du vin en Sang véritable.

La Très Sainte Vierge Marie ne devient pas symboliquement la mère des hommes, et les sauvés ne deviennent pas « en quelque sorte » ses enfants : non ! La parole créatrice du Verbe Incarné opère le changement ontologique en même temps qu’elle l’énonce.
La parole créatrice du Verbe Incarné change une réalité en une autre, indépendamment de la subsistance des apparences.

Notre-Dame devient réellement, substantiellement et ontologiquement ma mère au pied de la Croix, et dès le moment où Jésus a prononcé cette parole du haut de Sa croix, et avant même que je ne vienne au jour, je suis devenu réellement son enfant, d’une réalité bien plus forte et profonde que n’est la maternité charnelle de celle qui m’a formé dans ses entrailles et qui m’a mis au jour !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls - détail

2018-22. Deux avis importants et urgents…

 

- Pèlerinage du Puy : plus qu’une semaine pour vous inscrire !

Attention ! A ce jour, 16 mars, il reste moins de 10 jours pour adresser vos inscriptions pour le pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy des 11 & 12 mai (voir ou revoir le programme > ici) au Secrétariat de la Confrérie Royale.

En effet, nous devons impérativement transmettre aux services d’intendance du grand séminaire du Puy-en-Velay les réservations des chambres au début du mois d’avril.
En outre, à partir du samedi 24 mars au petit matin et jusqu’au mardi 3 avril, il n’y aura personne dans les locaux du secrétariat (Semaine Sainte oblige) : débrouillez-vous donc pour que vos courriers d’inscription nous parviennent au plus tard le vendredi 23 mars.

La célèbre citation de Nicolas Boileau « Hâtez-vous lentement » n’a donc pas de place ici !!!

 Pèlerinage Légitimiste le Puy-en-Velay 4 juin 2016

 Photo du premier pèlerinage légitimiste à la sortie de la cathédrale du Puy,
lors du grand jubilé de 2016

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- Semaine Sainte : il reste deux ou trois places !

De quoi s’agit-il ?
De vivre la totalité de la Semaine Sainte [c'est-à-dire depuis le samedi 24 mars, jusqu'au lundi de Pâques 2 avril], en Provence, dans un lieu idyllique, rustique et très au calme, à 20 km de la mer envion, et surtout auprès d’un monastère où sera pratiquée la liturgie latine selon les rites antérieurs à la réforme de 1955, c’est-à-dire selon les rites qui ont eu cours pendant plus de mille ans en Occident (puisque les rites de la Semaine Sainte ont été retouchés sous le pontificat de Pie XII et que la cheville ouvrière de cette réforme fut déjà le Père Bugnini qui oeuvrera ensuite pour l’élaboration de la « nouvelle messe » après le concile V2).

L’hébergement se fait dans un petit mas, en compagnie de Frère Maximilien-Marie et du Maître-Chat Lully (oui, vous avez bien lu : le Maître-Chat sera présent !), avec des laïcs de confiance, dans une ambiance de simplicité et d’amitié. Deux prêtres éminents de la Confrérie Royale seront aussi présents à proximité.
Le coût de l’hébergement (9 nuits) reste modique. Les frais de nourriture seront à partager.
Au moment où ces lignes sont publiées, il reste deux places disponibles, éventuellement trois.

Les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion qui souhaiteraient participer et disposer de plus amples renseignements sont invités à se manifester dans les plus brefs délais  > contact.

Semaine Sainte église

L’église du monastère dans laquelle seront célébrés les offices de la Semaine Sainte

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2018-18. Un chef-d’œuvre de Poussin retrouvé : « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste ».

9 mars,
Fête de Sainte Françoise Romaine.

A – Qui est Sainte Françoise Romaine ?

Sainte Françoise, communément appelée Françoise Romaine, née en 1384 de Paolo Bussa de Leoni et de Giacobella de Roffredeschi, appartient par sa naissance à la haute noblesse de Rome. Bien qu’attirée depuis l’enfance par la vie religieuse, elle est mariée à l’âge de 13 ans à Lorenzo Ponziani, lui aussi d’une grande famille romaine.
Epouse exemplaire et mère aimante (elle mettra au monde trois enfants), elle mêne une vie de grande piété et de pénitence tout en assurant parfaitement ses responsabilités domestiques et sociales.
A Rome, la seconde moitié du « trecento » et la première moitié du « quatrocento » constituent une période de grands troubles sociaux et politiques  (ceux-là même qui ont contraint les papes à fuir la Ville où ils ne s’estimaient plus en sécurité et où l’indépendance du pouvoir spirituel n’était plus garantie, pour s’installer en Avignon). Et comme un malheur n’arrive jamais seul, ces turbulences et ces violences sont accompagnées d’épidémies mortifères : à plusieurs reprises, la peste ravage la cité.
Françoise se dévoue auprès des malades et entraîne des dames de la haute société à se mettre au service des nécessiteux, vendant toilettes et parures pour subvenir à leurs besoins. Cette pratique de la charité va de pair avec un développement de la vie intérieure et de la ferveur. Ainsi, Françoise qui a des liens spirituels avec la congrégation bénédictine olivétaine et qui est favorisée de grâces mystiques très élevées (vision constante de son ange gardien, apparitions de saints, états d’oraison supérieurs, union transformante avec le Christ… ), se trouve-t-elle bientôt à la tête d’un groupe de femmes pour lesquelles elle fonde un couvent d’oblates bénédictines, dans lequel elle se retire à la mort de son époux (1436). Elle y passe les quatre dernières années de sa vie, s’adonnant avec prédilection aux tâches les plus humbles de la vie de communauté.
Elle rend son âme à Dieu le 9 mars 1440, et le peuple romain non seulement reconnaît en elle l’un de ses plus beaux fleurons de sainteté mais il la prend en outre d’une manière toute particulière comme protectrice : exemple d’une vie conjugale harmonieuse, les jeunes mariés se confient spécialement à sa prière ; modèle des mères, elle qui a perdu un enfant encore jeune, elle devient la consolatrice des familles éprouvées par le deuil ; active pour le soulagement des nécessiteux, son exemple stimule la pratique des œuvres de miséricorde ; se dépensant lors des épidémies, on l’invoque avec succès quand la peste réapparait ; éducatrice d’âmes tendues vers la perfection chrétienne, les religieux prennent exemple sur sa ferveur et ses vertus ; veuve courageuse, elle est le parangon des femmes auxquelles la mort a ravi l’époux très aimé…
Dès le moment de sa mort, le pape Eugène IV (pape de 1431 à 1447) va œuvrer pour sa glorification, mais sa canonisation ne sera finalement célébrée qu’en 1608.

Sainte Françoise Romaine - châsse

Châsse renfermant le squelette de Sainte Françoise Romaine
(crypte de l’église Santa Maria Novella, au forum, à Rome)

frise

B – Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste :

B1 – Contexte dans lequel l’œuvre voit le jour.

Au printemps de l’année 1656, la peste a fait sa réapparition dans la moitié sud de la péninsule italienne, remontant de la région napolitaine jusqu’à Rome.
La hiérarchie ecclésiastique a ordonné des prières publiques pour obtenir de Dieu la cessation de l’épidémie, et le peuple des fidèles s’est tourné avec un redoublement de ferveur vers ses saints intercesseurs de prédilection. A Rome même, la très populaire Sainte Françoise a été ardemment sollicitée, elle que les Romains surnomment « l’Avocate de Rome ».

La cessation du fléau a été relativement rapide et c’est pourquoi le cardinal secrétaire d’Etat Giulio Rospigliosi, futur pape Clément XI (de juin 1667 à décembre 1669), a commandé à Nicolas Poussin un ex-voto pour commémorer l’intercession bénéfique de la sainte protectrice de Rome.

Nicolas Poussin (1594-1667), après un court séjour en France est revenu vivre à Rome à l’automne 1642. Au moment de cette commande du cardinal Rospigliosi il est âgé de 60 ans, et bien qu’il lui reste encore onze années de vie il se trouve déjà, dans une phase déclinante. Déclin non de son art, qui est en pleine maturité, mais en raison de sa santé : il est en particulier affecté par un tremblement de la main qui s’accentue de mois en mois. Véritable drame pour un perfectionniste tel que lui, qui malgré ce handicap grandissant produit encore de purs chefs-d’œuvre !
Le tableau, intitulé « Sainte Françoise Romaine annonce à Rome la fin de la peste » (mais on lui trouve aussi parfois comme nom « la vision de Sainte Françoise Romaine ») mesure 1,21 m de hauteur et 1,02 m de largeur : il fut livré à son commanditaire en 1657 ou 1658, mais ne fut jamais exposé dans une église. Destiné à la collection particulière du cardinal Rospigliosi, ce dernier ne le fit pas entrer dans les collections pontificales lorsqu’il devint le pape Clément XI, et le tableau revint à ses parents et héritiers après sa mort. 

B2 – Histoire rocambolesque d’un chef-d’œuvre perdu pendant deux-cents ans.

Le tableau reste dans les collections privées des héritiers du pape Clément XI jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où l’on perd sa trace :  au cours des XIXe et XXe siècles, il ne sera plus connu que grâce à deux gravures dues à Giacomo del Po et à Girard Audran.
Or, en 1998, l’œuvre réapparait sur le marché de l’art parisien : les experts l’identifient formellement. C’est alors que l’on va parvenir à reconstituer ce que fut son étonnant destin pendant exactement deux-cents ans.
En effet, en 1798 le tableau fut vendu avec une partie de la collection Rospigliosi-Pallavicini : le honteux traité de Tolentino imposé au Pape Pie VI et aux Etats de l’Eglise par le Directoire (cf. > ici) eut de telles conséquences pour les familles romaines que certaines en furent réduites à liquider une partie de leur patrimoine artistique.
On ne sait pas vraiment chez qui fut le tableau pendant la première moitié du XIXe siècle, mais on le retrouve dans la collection du secrétaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexis Le Go, qui, en 1873, amène le tableau dans son château de Jean Val (commune de Le Val, au nord de Brignoles). Passant d’héritiers en héritiers, le chef-d’œuvre perd son identité et, à la fin du XXe siècle, n’est plus considéré par son détenteur que comme un « nid à poussière » encombrant, dont – sait-on jamais ? – on pourra peut-être tirer un peu d’argent…
C’est ainsi qu’il arrive entre les mains d’un expert qui le reconnaît parce qu’il connaît les gravures réalisées à la fin du XVIIe siècle par Giacomo del Po et Girard Audran.
Le musée du Louvre s’en porte alors acquéreur pour quelque 45 millions d’euros.
Restauré, le « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste » se trouve désormais habituellement exposé dans le département des peintures de l’aile Richelieu (2ème étage, salle 12), y venant fort heureusement compléter la période de la maturité du peintre, assez faiblement représentée.

Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste - Nicolas Poussin

« Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste »
Nicolas Poussin (musée du Louvre)

B3 – Lecture de l’œuvre.

Nicolas Poussin a fait de cet ex-voto en l’honneur de Sainte Françoise Romaine une composition plutôt solennelle, dans laquelle on retrouve les références classiques – antiques ou modernes – qui sont l’une de ses caractéristiques.
La scène se déroule sur le devant d’une imposante architecture marquée par des pilastres classiques encadrant une grande arcade.
La peste y est personnifiée, au second plan sur le côté droit, et cette représentation reprend les traits du « Gladiateur emportant un enfant mort », célèbre statue antique des collections Farnèse (aujourd’hui au musée archéologique de Naples). Quant à la femme allongée en-dessous de la nuée qui porte la sainte et figurant l’une des victimes de l’épidémie, elle n’est ni plus ni moins qu’une citation de la très fameuse « Sainte Cécile » de Carlo Maderno réalisée en 1600 (église Sainte-Cécile au Transtévère, à Rome).

Le tableau représente les forces spirituelles qui ont concouru à obtenir du Ciel l’éloignement du fléau et, par delà l’épidémie, il célèbre la victoire sur le démon qui répand ou aggrave les maux qui affligent l’humanité.
La mise en scène est articulée autour d’une diagonale qui descend depuis l’angle supérieur gauche jusqu’à l’angle inférieur droit : c’est sur cette diagonale que se trouvent les deux personnages principaux, au premier plan.
On voit donc la sainte patronne et protectrice de Rome, Françoise Romaine, apparaître dans une nuée : elle tient en ses mains des flèches brisées, symbole de la défaite de la peste dont les traits frappaient le peuple romain. Ce message est adressé à un personnage féminin agenouillé à même le sol, qui personnifie Rome. Remarquez la correspondance des regards et des visages qui expriment avec une réelle intensité la compassion victorieuse de la sainte et la confiante imploration de la cité.
La plupart des commentateurs pense que la femme personnifiant la ville de Rome est probablement un portrait.
Certains avancent le nom de la princesse Anna Colonna, qui décéda en 1658 justement et qui était alliée à toutes les grandes familles romaines – dont les Rospigliosi-Pallavicini – en sus du fait qu’elle était apparentée au pape Urbain VIII Barberini (lequel avait lui-même été l’officiant de son mariage).
D’autres y voient une carmélite, qui personnifierait donc alors la prière d’intercession.
D’autres commentateurs en revanche voient dans la femme agenouillée la représentation de Sainte Françoise Romaine intercédant, et dans la femme qui apparaît dans la nuée soit la Vierge Marie soit la figure allégorique de la miséricorde divine.

En arrière des deux personnages principaux, on voit, bien séparées par la diagonale qui scinde le tableau en deux parties bien distinctes, en bas à gauche une victime qui a succombé à la peste et qui suggère donc la victoire (pour un temps du moins) du fléau, tandis que, dans la partie supérieure à droite, on voit la personnification de la peste qui fuit, chassée par un archange guerrier (ce qui n’est pas sans évoquer l’épisode de la peste qui ravageait Rome au début du pontificat de Saint Grégoire le Grand et qu’apparut Saint Michel rengainant son épée au sommet du môle d’Hadrien, appelé depuis lors « château Saint-Ange ») : la figure de l’épidémie entraîne dans sa fuite deux autres victimes : un jeune homme étendu à terre qu’elle tire par le pied, et un enfant qu’elle porte sur son épaule gauche.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 1

Au-delà des querelles d’interprétation qui agitent les experts, ce qui nous importe à nous, et particulièrement en ce saint temps de carême, c’est la puissance avec laquelle le génie de Nicolas Poussin, malgré sa main malade, a exprimé la force de la prière et l’efficacité de l’intercession des saints, en même temps qu’il illustre magnifiquement ce que la liturgie nous fait répéter :
« O Dieu que la faute offense et que la pénitence apaise, jetez les yeux avec bonté sur Votre peuple en prière, et détournez les châtiments de Votre colère que nous méritons pour nos péchés : Deus, qui culpa offenderis, paenitentia placaris : preces populi tui supplicantis propitius respice, et flagella tuae iracundiae, quae pro peccatis nostris meremur, averte » (collecte du jeudi après les cendres).

pattes de chat Lully.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 2

frise

2018-17. Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale.

Le site « Vexilla Galliae », en plein renouvellement après un changement de directeur de la publication, de contributeurs et d’esprit profond, a sollicité Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur en sa qualité de Prieur de la Confrérie Royale, pour un entretien, à l’occasion du prochain pèlerinage légitimiste  qu’elle organise auprès de Notre-Dame du Puy (cf. > ici).
Nous remercions Monsieur Loïc Baverel de nous avoir aimablement autorisés à reproduire cette « intervioue » sur les divers blogues de la Confrérie Royale et dans ces pages-ci, qui leur sont étroitement liées…

Bannière de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy

La bannière de la Confrérie Royale auprès de la Vierge Noire du Puy
lors du pèlerinage légitimiste à l’occasion du grand jubilé, en 2016.

Fleur de Lys

Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale


Source > Vexilla Galliae « Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale »

Pour la troisième année consécutive la Confrérie Royale organise un pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay. L’occasion pour nous de découvrir, ou de redécouvrir, la Confrérie Royale.
Entretien avec son Prieur, Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

VG – Bonjour Mon Frère, vous êtes le Prieur de la Confrérie Royale. En quelques mots, quel est son objet, son charisme propre ?


Fr.Mx.M.
La Confrérie Royale est née de la rencontre providentielle de prêtres et de religieux dont la vocation propre (je parle bien de vocation, c’est-à-dire d’appel divin authentifié par leurs conseillers spirituels respectifs) comporte une mission très spéciale de prière et de service spirituel de la France, en totale conformité avec les desseins particuliers de Dieu sur ce Royaume, et donc – en toute logique – de prière et de service spirituel de son Roi légitime, dans lequel s’incarnent les principes de la royauté capétienne traditionnelle.
Cette royauté traditionnelle, qui est parvenue à un degré d’équilibre et de perfection inégalé sous le règne du Grand Roi, nous en souhaitons ardemment la pleine restauration, car elle seule peut assurer l’avenir et la prospérité de la France, ainsi que le bonheur de ses peuples.
Or cette restauration ne se pourra faire qu’à la suite d’une conversion profonde et générale : en renvoyant à la célèbre formule de Sainte Jeanne d’Arc, je dirais que s’il convient que les hommes d’armes bataillent, il ne faut jamais oublier que c’est Dieu qui donne la victoire. Il est vain d’attendre de Dieu la victoire – et la conversion qui la précédera – si l’engagement militant en faveur de la royauté traditionnelle et les efforts de reconquête des intelligences, des cœurs et des âmes, ne sont pas soutenus par un vrai, profond et solide mouvement spirituel, qui attire sur le Royaume et sur son Souverain légitime toutes les grâces nécessaires à cette restauration.
Conscients que des fidèles laïcs peuvent eux aussi éprouver cet attrait surnaturel à prier spécialement pour le bien spirituel du Royaume et, au premier chef, pour l’Aîné des Capétiens, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, les fondateurs de la Confrérie Royale, laquelle s’adresse en priorité au clergé de France, ont également prévu que des fidèles puissent y être associés.
En résumé donc, l’objet propre de la Confrérie Royale est la prière pour la France et donc très spécialement pour le Prince, son Souverain légitime, dans lequel s’incarnent les principes de la royauté capétienne traditionnelle.


VG  - Quelle est la situation de la Confrérie vis-à-vis de l’Eglise ? Quel statut avez-vous ?


Fr.Mx.M.
Composée de prêtres, de religieux et de fidèles de la Sainte Eglise catholique romaine, la Confrérie Royale professe la foi catholique traditionnelle, et dans le cadre de ses activités et pèlerinages célèbre la liturgie latine traditionnelle. De ce fait, la Confrérie Royale est pleinement catholique.
Elle est pleinement catholique même si, pour l’heure, elle ne bénéficie pas d’une reconnaissance canonique particulière, qui n’est ni indispensable ni nécessaire pour exister et pour être catholique. En l’état actuel des choses, ce n’est pas le « label » qui fait la catholicité : on connaît des œuvres ou des mouvements qui bénéficient d’une reconnaissance officielle alors qu’ils sont des instruments de l’apostasie !
La Confrérie Royale est catholique parce qu’elle professe la foi catholique en communion avec tous les pasteurs légitimes de l’Eglise catholique. Le code de droit canonique promulgué en 1983 affirme : « Les fidèles ont la liberté de fonder et de diriger librement des associations ayant pour but la charité ou la piété, ou encore destinées à promouvoir la vocation chrétienne dans le monde, ainsi que de se réunir afin de poursuivre ensemble ces mêmes fins » (canon 215). Cela suffit pour le moment.
Vous savez, il ne faut pas de crispation juridique. Un canoniste qui travaillait au Vatican sous le pontificat de Benoît XVI, m’a dit un jour en substance : « En France, beaucoup de catholiques marchent sur la tête parce qu’ils veulent toujours avoir des autorisations avant de faire exister les choses. Mais ce n’est pas ainsi que le Saint-Esprit a agi dans l’Eglise : le Saint-Esprit suscite des fondateurs et des œuvres. C’est lorsqu’elles se développent que l’Eglise les observe, exerce son discernement et les authentifie, mais pas avant. Imaginez ce qui ce serait passé si Saint Benoît et Saint François, par exemple, avaient commencé par demander des autorisations : nous n’aurions jamais eu ni bénédictins ni franciscains ! Non ce n’est pas ainsi que le Saint-Esprit agit dans les fondations. Il faut d’abord vivre… »
Voilà pourquoi, pour l’heure, alors que la Confrérie Royale n’a que deux ans et demi d’existence, il ne faut pas – selon une expression de Saint Vincent de Paul – « enjamber sur les marches de la Providence ». La Confrérie Royale croît doucement, « en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (cf. Luc II, 52) et c’est d’abord cela qui importe.


VG - La Confrérie Royale organise à l’Ascension son 3ème pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay. Comment cela est-il accueilli par les autorités diocésaines ?


Fr.Mx.M.
A l’occasion du grand jubilé de Notre-Dame du Puy, la Confrérie Royale – qui avait tout juste neuf mois – a en effet organisé, conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France, un pèlerinage au Puy-en-Velay, les 4 et 5 juin 2016. Ce pèlerinage, auquel Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a alors adressé un message particulièrement chaleureux, a été l’occasion de très grandes grâces.
Ce pèlerinage officiellement légitimiste de 2016 a été accueilli avec bienveillance par les autorités diocésaines, Son Excellence Monseigneur Luc Crépy lui ayant accordé sa bénédiction.
Nous n’avions alors pas particulièrement envisagé une reconduction systématique de ce pèlerinage. Toutefois, en considération d’une part des liens historiques très spéciaux qui unissent le sanctuaire de Notre-Dame du Puy avec la royauté française, et d’autre part des fruits de grâce reçus au Puy-en-Velay, nous avons commencé à penser qu’il serait peut-être bon d’annualiser ce pèlerinage pour le Roi et la France.
Nous en avons donc entretenu le Recteur de la basilique-cathédrale du Puy, qui en a bien évidemment conféré avec Monseigneur l’Evêque, et nous en avons reçu une réponse très favorable. C’est donc en plein accord avec les autorités diocésaines que désormais tous les ans, les vendredi et samedi qui suivent la fête de l’Ascension, a lieu et aura lieu ce pèlerinage auprès de Notre-Dame du Puy, pour le Roi et la France.


VG - Comment un pèlerinage peut-il être légitimiste ? Que répondez-vous à ceux qui disent que c’est confondre la Foi et le politique ?


Fr.Mx.M.
Ah ! Cette pernicieuse accusation de confondre la Foi et le politique !!!
La Confrérie Royale est, je me répète, pleinement catholique, et en tant que telle elle adhère totalement aux condamnations de la « séparation de l’Eglise et de l’Etat » formulées et argumentées par le pape Saint Pie X. Nous n’adhérons en aucune manière au divorce (même « par consentement mutuel » !) entre l’Eglise et l’Etat : dans la saine compréhension des rapports entre ces deux domaines de compétence, il y a une distinction, non une séparation.
C’est ainsi qu’ont pensé et agi nos Souverains légitimes, depuis Clovis, en passant par Saint Charlemagne, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XIII et Louis XIV ; c’est aussi ainsi qu’ont pensé et agi les grands serviteurs de la Couronne et de la France tels le cardinal de Richelieu ; c’est enfin ainsi qu’ont aussi pensé et agi les saints de France, depuis Sainte Geneviève et Saint Remi, et, après eux, une longue litanie de saints dont il n’est pas possible d’énumérer ici tous les noms, mais dont émerge très spécialement Sainte Jeanne d’Arc et les glorieux martyrs de la grande révolution…
L’accusation de confusion entre la Foi et le politique n’émane que d’esprits viciés par les pseudo « lumières » et par le modernisme.
Alors, oui, un pèlerinage peut être légitimiste ! Parce que ce qui est légitimiste est ce qui est conforme à la loi : la sainte loi de Dieu d’abord, et ensuite les desseins providentiels de Dieu sur la France dont, en définitive, les lois fondamentales du Royaume terrestre ont été indubitablement suscitées par la divine Providence.
C’est aussi simple que cela ! Et nous n’allons pas renier ce que Dieu a fait en France depuis Clovis à travers treize siècles de royauté catholique, par complaisance envers la secte impie qui poursuit d’une même haine le trône et l’autel.


VG - Y a-t-il d’autres projets dans la besace de la Confrérie Royale ?


Fr.Mx.M.
Le but de la Confrérie Royale, je le redis, c’est la prière pour le Roi légitime et pour le Royaume de France. En conséquence, tous les projets de la Confrérie Royale consistent à obtenir du Roi du Ciel, toutes les grâces dont le Roi de la terre a besoin : grâces de lumière et de discernement, grâces de force et de prudence, grâces pour accomplir la mission qui lui est dévolue par sa naissance.
Les projets de la Confrérie Royale, ce sont aussi la croissance en ferveur et en vertu – et donc la sanctification – de ses membres : sanctification qui rejaillit immanquablement en fruits de grâce pour Monseigneur le Prince Louis, pour sa famille et pour la famille de ses peuples dans tout le Royaume.
A partir de là, la Confrérie Royale, en fonction des opportunités, des anniversaires historiques, des invitations qui lui sont adressées par les légitimistes de telle ou telle province pour telle ou telle occasion particulière, peut être présente, s’associer ou organiser des pèlerinages ou récollections.
Ces événements sont alors annoncés, en temps opportun, sur les deux blogues de la Confrérie Royale : « l’Ami de la Religion et du Roi » et « Confrérie Royale », ainsi que sur sa page Facebook. 


VG - Qui peut rejoindre la Confrérie Royale et à quoi s’engage-t-on lorsqu’on la rejoint ?


Fr.Mx.M.
Tout homme de bonne volonté professant la foi catholique et convaincu de la nécessité de la restauration de la monarchie traditionnelle peut devenir membre de la Confrérie Royale (des non-catholiques peuvent également y être associés nous le dirons plus loin).
Tous les membres de la Confrérie Royale s’engagent
1) à la triple récitation de l’angélus (matin, midi et soir) en conclusion duquel ils ajoutent l’oraison pour le Roi,
2) à sanctifier plus spécialement le 25 de chaque mois,
3) à être dans une communion de prière et de charité avec les autres membres de la Confrérie,
4) à prier pour la béatification des membres de la Famille Royale martyrisés par la révolution,
5) à restaurer, maintenir et promouvoir autant qu’il est en leur pouvoir les fêtes et traditions du Royaume…


Il existe diverses catégories de membres :
1) les membres pléniers, qui prononcent un vœu de consécration à la Couronne de France et dont de ce fait toutes les prières et la valeur de leurs bonnes actions sont offertes pour le Roi et la France ;
2) les membres simples, qui s’engagent à l’observance des pratiques propres de la Confrérie ;
3) les membres associés, qui n’appartiennent pas à l’Eglise catholique mais veulent toutefois s’unir en leur for intérieur à la Confrérie par la prière pour le Roi et la France.
Enfin il y a les sympathisants, qui sont proches de l’esprit de la Confrérie Royale et qui s’associent plus ou moins, selon leurs possibilités, à ses prières ou à ses manifestations.

Pour rejoindre la Confrérie Royale, il convient de nous contacter via l’un des deux blogues.

 Propos recueillis par Loïc Baverel

Rappel : pour les renseignements et les inscriptions au pèlerinage > ici

armoiries confrérie royale

Fleur de Lys

« Rejetez donc loin de nous l’esprit mauvais et muet, ô Seigneur ! »

3ème dimanche de carême.

L’abbé Isaac de l’Etoile (vers 1105 – vers 1178) a écrit cette prière comme une sorte de développement personnalisé de l’Evangile que nous entendons au troisième dimanche de carême (Luc XI, 14-28).

Luc XI 14 expulsion du démon muet

Luc XI, 14 : « En ce temps-là, Jésus expulsait un démon, et c’était un démon muet.
Et lorsqu’Il eût chassé le démon, le muet parla et les foules furent dans l’admiration. »

Seigneur Jésus, qui ouvrez, sans que personne ne puisse fermer, et qui êtes apparu pour dissiper les oeuvres du démon, chassez de Votre serviteur toute complaisance pour le péché, et donnez-moi un coeur contrit et repentant.
En m’inspirant des désirs plus purs, une crainte plus vive, une réserve plus vigilante, déliez le frein qui retient ma langue. Et moi, après avoir été muet, j’ouvrirai la bouche pour publier Vos louanges, à la grande admiration, non seulement des hommes, mais des anges et même des démons. Voici en effet que nous sommes devenus un spectacle pour le monde, pour les anges et pour les hommes, pour les bons et pour les méchants.
Faites donc qu’on admire les paroles de Votre serviteur ; non pas seulement celles que profère sa bouche, mais celles qui résonnent dans ses actions, car les actes sont eux-mêmes des paroles.
Faites que Votre serviteur prononce des paroles d’humilité pour Votre grande gloire et l’édification du prochain, et ceci dans sa parole, dans son coeur et dans ses actes.
Qu’il n’ait pas à craindre de perdre ce qui peut être conservé dans l’éternité. Qu’il n’hésite pas à abandonner un espoir qui l’aurait trompé, afin de ne pas perdre ce qui donne un réconfort éternel.
Rejetez donc loin de nous l’esprit mauvais et muet, ô Seigneur, Vous qui êtes le Verbe du Père. Faites que la parole de vérité nous donne le pouvoir de la parole pour Vous confesser et Vous rendre gloire. O Vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles. Ainsi soit-il !

expulsion du démon muet - détail

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 3 mars, 2018 |5 Commentaires »
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