Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2017-80. Des Quatre-Temps.

Vendredi 22 septembre 2017,
Octave de Notre-Dame des Sept-Douleurs,
Mémoire du vendredi des Quatre-Temps d’automne,
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs de la Légion Thébaine,
Mémoire de Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce matin, après que mon papa-moine a mis son thé à infuser, je me suis installé – ainsi que je le fais souvent – à côté de son bol.
J’attendais, j’attendais, j’attendais…
Je regardais Frère Maximilien-Marie avec insistance…
Mais rien ne venait…

Lully et le jeûne des Quatre-Temps

Ah ! J’avais oublié les Quatre-Temps… et de toute façon, nous sommes vendredi, jour d’abstinence !
Il paraît que j’avais un air particulièrement dépité.
J’ai bien essayé d’attendrir Frère Maximilien-Marie, mais il a été intraitable : « Tu es un chat monastique : tu bénéficies de tous les « privilèges » de la vie religieuse et tu dois en assumer aussi les obligations quant à la pénitence ! »
Je n’ai donc pas eu ma lichette de beurre.
Frère Maximilien-Marie est de plus en plus strict pour l’observance des jours de jeûne et d’abstinence, parce que nous ne nous contentons pas des seules obligations imposées par le droit canonique actuellement en vigueur mais que, au Mesnil-Marie, nous avons repris la discipline et les usages monastiques antiques, ce qui fait que nous avons un peu plus du tiers de l’année en jours d’abstinence (et chez nous l’abstinence est la privation de tout met d’origine animale, ce qui englobe non seulement la viande mais aussi le poisson, les oeufs et tous les laitages), dont environ la moitié sont des jours de jeûne.

Alors, parce que vous aussi bien que moi avons tous besoin qu’on nous rafraîchisse la mémoire, je me suis décidé à vous rapporter ici ce que l’abbé Meusy expliquait à propos des Quatre-Temps dans son excellent « Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales » (deuxième édition, 1775).

pattes de chatLully.

Prière et jeûne pour la France

Histoire des Quatre-Temps :

« Plusieurs critiques prétendent que les Quatre-Temps ne sont point d’institution apostolique, parce que, disent-ils, dans les monuments ecclésiastiques, qui peuvent constater ce fait, nous n’en voyons aucun qui leur assure cette origine ; d’ailleurs, ajoutent-ils, Tertullien, Eusèbe, Saint Jérôme, qui ont parlé très souvent des jeûnes, ne font aucune mention de ceux des Quatre-Temps. Ces auteurs sont contredits par un grand nombre d’autres dont les preuves semblent décisives, au-moins pour ce qui regarde les Quatre-Temps de la Pentecôte & ceux du mois de septembre, qui paraissent remonter jusqu’aux Apôtres. Suivant le Père Thomassin, Saint Augustin parle des Quatre-Temps établis à Rome : Saint Chrysostome dit formellement que les Quatre-Temps après la Pentecôte viennent des Apôtres, & ce saint Docteur était très instruit des usages de l’Eglise. Saint Léon, dans ses Sermons des jeûnes du dixième mois (septembre), assure que les Apôtres ont établi les Quatre-Temps qu’on y observe, ex Apostolica traditione ; & il ajoute que ceux-ci ont été ordonnés immédiatement après la récolte, afin de nous apprendre à user sobrement des biens que nous recueillons, & à en faire part aux pauvres. Le saint Docteur dit encore que les Quatre-Temps ont été fixés dans les quatres saisons de l’année, pour expier par les jeûnes & la prière les négligences & les fautes qui nous échappent sans cesse. Les Quatre-Temps étaient observés universellement dans l’Eglise Latine au temps du Pape Grégoire VII.
Le Pape Gélase, sur la fin du cinquième siècle, fixa les ordinations des Prêtres & des Diacres aux samedis des Quatre-Temps & à la mi-Carême, ce qui distingua ces jours d’une manière particulière : cette fixation néanmoins ne fut pas rigoureusement observée ; on ordonnait souvent des Ministres pour l’Autel suivant le besoin de l’Eglise, & sans égard au temps. Grégoire III au huitième siècle, Urbain II au onzième, renouvellèrenet ce point de discipline ; il le fut encore sous ce dernier Pape par un décret du concile de Plaisance, qui fixa enfin les Quatre-Temps aux jours où ils s’observent encore ; de là est venue la coutume de regarder les Quatre-Temps comme des jours consacrés au jeûne & à la prière, dans la vue d’obtenir de Dieu de dignes Ministres des saints Autels.
Il y eut de la variété dans les différentes Eglises sur le jeûne des Quatre-Temps. Quoique ce jeûne fut au moins connu, suivant les uns, depuis Saint Léon, suivant d’autres depuis Saint Silvestre, probablement même depuis les Apôtres, il ne fut admis en France qu’au temps de Charlemagne. Ce Prince & Louis le Débonnaire son fils le prescrivirent dans leurs capitulaires. L’usage des jeûnes n’étant pas encore uniforme, Grégoire XII, au rapport du Micrologue, les fixa enfin comme nous les voyons. »

Catéchisme sur les Quatre-Temps

Demande. Qu’est-ce que les Quatre-Temps ?
Réponse. Ce sont des jours de jeûne que l’Eglise ordonne de trois mois en trois mois les mercredi, vendredi & samedi de la même semaine.
Nota. Ces jours de jeûne sont appelés les Quatre-Temps, parce qu’ils arrivent quatre fois par an.

D. Les Quatre-Temps sont-ils anciens dans l’Eglise ?
R. On croit que ceux de la Pentecôte & ceux du mois de septembre ont été établis par les Apôtres.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle ordonné le jeûne des Quatre-Temps ?
R. Pour trois raisons principales.

D. Quelle est la première raison qu’a eue l’Eglise en instituant les Quatre-Temps ?
R. C’est afin que les chrétiens sanctifient chaque saison de l’année par la pénitence de quelques jours.
Explication. L’Eglise voit avec douleur ses enfants se souiller par le péché ; ne pouvant les empêcher de se rendre coupables, elle s’empresse de leur fournir les moyens de cesser de l’être ; elle les rappelle à eux-mêmes, elle les engage à la pénitence ; & en les y contraignant, comme elle le fait par ses préceptes, elle leur apprend que la pénitence doit être pour eux un exercice de toute la vie, parce qu’ils sont toujours pécheurs.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour demander à Dieu de répandre ses bénédictions sur les biens de la terre, & pour le remercier de ceux qu’il nous a déjà accordés.
Explication. Combien de chrétiens qui ne pensent pas plus à remercier Dieu de ses bienfaits, que s’ils ne les tenaient pas de lui ? Serait-ce par l’ingratitude qu’on mériterait de nouvelles grâces ? Combien ne nous en fait-il pas sans cesse ? Je ne parle pas ici des dons surnaturels, je ne parle que des biens temporels que sa bonté nous accorde. C’est sa providence admirable qui nourrit tous les hommes & qui pourvoit à tous leurs besoins ; il est donc bien juste de le remercier & de lui demander de continuer à répandre ses bénédictions sur les biens de la terre ; les Quatre-Temps sont établis pour cette fin.

D. Qu’elle est la troisième raison ?
R. C’est de prier Dieu d’accorder de saints ministres à son Eglise.
Explication. Il y a longtemps que les ordinations des ministres de l’autel sont fixées aux Quatre-Temps : l’Eglise a voulu intéresser tous les fidèles à prier pour les ordinants, & à demander unaniment à Dieu de saints ministres qui concourent également à sa gloire & au salut des âmes. Tout le monde y est intéressé, parce que le salut ou la réprobation des chrétiens dépendent du succès du ministère des prêtres.

D. Que doit-on faire pendant les Quatre-Temps pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut se renouveler dans l’esprit de pénitence, remercier Dieu des biens temporels qu’il nous a accordés, & former la résolution d’en faire un saint usage.

D. Que doit-on faire particulièrement les samedis des Quatre-Temps ?
R. Il faut faire quelques œuvres de piété pour ceux qui reçoivent les saints ordres.

Catéchisme des fêtes abbé Meusy

2017-78. Où, à propos de la messe en sol majeur de Cherubini pour le Sacre de Louis XVIII, le Maître-Chat rétablit quelques vérités au sujet de ce Roi Très Chrétien.

Samedi 16 septembre 2017,
Fête des Saints Corneille, pape, et Cyprien, évêque, martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII.

Mort de SM le Roi Louis XVIII le 16 sept 1824

16 septembre 1824 : mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII
Sur cette représentation on reconnaît en particulier :
- assise en pleurs à son chevet Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulème ;
- près d’elle son époux, Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulème, futur Louis XIX ;
- incliné et baisant la main du mourant, Charles Philippe de France, qui va devenir Charles X au moment où son frère va rendre le dernier soupir ;
- à droite Marie-Caroline de Bourbon-Siciles avec ses deux enfants Louise d’Artois et Henri d’Artois, duc de Bordeaux, futur Henri V.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour conclure mes publications relatives au 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini (cf. > ici), j’accorde une grande importance, en ce 16 septembre qui est le jour anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, à la publication de la Messe solennelle en sol majeur que, justement, Cherubini composa pour le Sacre de Louis XVIII.

Louis XVIII en costume de sacre par François Gérard

Louis XVIII en costume de sacre, par François Gérard.

Ici, j’imagine la tête de certains de mes lecteurs qui pensent aussitôt : « Mais Louis XVIII n’a pas été sacré ! »
Et c’est bien vrai.
De tous nos Souverains Capétiens, seuls deux n’ont pas reçu les onctions du Sacre : 1) Jean 1er, dit le Posthume,  fils de Louis X, qui mourut cinq jours après sa naissance (+ 19 novembre 1316) ; et 2) Louis XVIII.

Mais le fait de ne pas avoir été sacré ne signifie pas qu’il n’a pas eu l’intention de l’être.
Contrairement à ce qu’affirment
a) d’une part quelques ignorants qui prétendent que Louis XVIII aurait été « d’esprit voltairien » (sic) et qu’il n’attachait pas d’importance au Sacre ;
b) et d’autre part quelques cinglés qui se cramponnent aux affabulations de quelques illuminés.

Roi depuis la mort de son neveu – l’infortuné Louis XVII – survenue le 8 juin 1795, dès qu’Elle put revenir en France au début du mois de mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII aspira ardemment à être sacrée à Reims conformément à la tradition capétienne.

Fleur de Lys

1 – Louis XVIII tint toujours à se montrer comme le Roi Très Chrétien :

Philip Mansel, un historien anglais qui est probablement à ce jour le plus grand spécialiste de la personne et du règne de Louis XVIII, fait bien ressortir que ce Souverain complexe resta toujours un homme du XVIIIème siècle, fidèle à ce qu’il avait reçu de l’héritage versaillais : sans un être un roi à la piété aussi profonde et démonstrative que celle de son frère puiné, il resta toujours fidèle à la foi catholique : et nombre de ses ministres ou de ses proches ont pu en témoigner.
Il assistait tous les jours à la Sainte Messe, communiait deux ou trois fois l’an (selon les usages de l’époque) et, durant son règne, fit toujours publiquement ses Pâques à Saint-Germain-l’Auxerrois, église paroissiale des Tuileries, sauf quand il en fut empêché par la maladie (cf. Philip Mansel, in « Louis XVIII » éd. Perrin 2013 p. 331).
En matière religieuse, Louis XVIII, pleinement conscient qu’il était le Très Chrétien, se montra particulièrement peu soucieux de ménager les libéraux et les libres-penseurs : il encouragea la reconstitution des congrégations religieuses, soutint les missions intérieures « qui perturbaient tant certains secteurs de l’opinion publique – une des médailles commémorant son  règne représente même l’érection d’une croix. Il voulut aussi que Frayssinous, célèbre prédicateur dont il avait fait son premier aumônier en 1821 – honneur extraordinaire pour un roturier – devînt grand maître de l’Université en 1822, ce qui le plaçait à la tête de l’enseignement secondaire. Louis fut ravi d’élever dix-neuf évêques à la pairie en 1822 et Frayssinous, encore lui, reçut en outre le portefeuille des affaires ecclésiastiques en août 1824″ (Philip Mansel, op.cit. pp. 447-448).
« Quand il monta sur le trône, l’état de l’Eglise lui parut pire que dans les années 1790. Il n’y avait plus que 36.000 prêtres en 1814, contre 72.000 en 1789 et il écrivait au pape : « Toutes les doctrines antireligieuses autant qu’antisociales ont inondé mes provinces. » Il était résolu à y mettre bon ordre. En 1814-1816, pour récompenser les évêques restés fidèles à la cause de la royauté et éliminer quatorze des autres, bonapartistes ou anciens révolutionnaires, le gouvernement de Louis avait voulu que l’Eglise revînt en France au statu quo de 1789. Attitude incroyable de sa part, alors qu’il essayait précisément d’apaiser la crainte d’un tel retour au passé dans la vie politique. Mais la papauté refusa de remettre en question le Concordat, conclu en 1801 avec la République » (Philip Mansel, ibid. p. 408).

Ces vérités étant rétablies, il est aisé de comprendre à quel point la question du Sacre n’était pas secondaire pour Louis XVIII, mais qu’il souhaitait en recevoir les onctions saintes. C’est dans la perspective des préparatifs de cette cérémonie qu’il commanda au surintendant de sa chapelle, le maestro Luigi Cherubini, une messe solennelle qui serait exécutée à cette occasion.

Ce sont uniquement les soubressauts politiques de la première Restauration, les funestes Cent-Jours et les difficultés intérieures et extérieures des années 1816-1819, puis enfin l’état de santé de plus en plus précaire de Sa Majesté à partir de 1820 qui empêchèrent la réalisation de ce souhait pourtant très ardent.

Fleur de Lys

Thomas Martin de Gallardon prétendue apparition

Prétendue apparition de « l’ange Raphaël » à Thomas Martin, de Gallardon,
sur une gravure de 1859 s’inspirant de la description du « visionnaire ».

2 – Des affabulations entretenues par des illuminés :

A rebours de la vérité historique cependant, il y a toujours aujourd’hui quelques illuminés de tendance « survivantiste » qui colportent la fable selon laquelle Louis XVIII n’aurait pas voulu être sacré, parce qu’il aurait su qu’il occupait un trône qui ne lui revenait pas, et qu’il aurait parfaitement eu conscience de la vérité de la menace selon laquelle, s’il osait se présenter pour le sacre, la justice de Dieu le foudroierait à mort en pleine cérémonie !
Rien que cela…

Cette légende se fonde sur les prétendues apparitions de l’ange Raphaël à un paysan de Gallardon : Thomas Martin (1783-1834).
Le bonhomme Martin, pieux et exemplaire paroissien d’après son curé, jugé sain d’esprit par les médecins qui l’ont examiné, prétendit avoir ces « apparitions » dans les premiers mois de l’année 1816.
Passons outre l’accoutrement bizarre de « l’ange », sanglé dans une redingote de ville à la mode romantique et coiffé d’un haut-de-forme (!!!) : Thomas Martin devait rencontrer le Roi et lui révéler quelque chose qui ne lui serait communiqué (à lui, Thomas Martin) qu’à ce moment-là, en sus de quelques exhortations pour faire respecter le repos dominical et combattre l’impiété dans le Royaume.
Grâce à l’insistance de certains ennemis influents de la politique menée alors par Decazes, Martin eut l’insigne privilège d’être reçu aux Tuileries le 2 avril 1816. Son tête à tête avec le Roi dura environ une demi-heure et, dans les mois qui suivirent, le bonhomme Martin affirma qu’il avait aussitôt oublié ce qu’il avait dit à Sa Majesté sous l’inspiration immédiate de « l’ange ».
Mais ensuite des récits plus ou moins circonstanciés furent publiés : les premiers imprimés, vers 1817, se contentaient d’attribuer à « l’ange » des paroles critiquant la politique de Decazes et encourageant le Roi à aller dans le sens des Ultras, mais, quatre ans après la mort de Louis XVIII, en 1828, Thomas Martin dicta un récit qui fut publié, et c’est là que l’on trouve des « révélations » concernant la prétendue survivance de Louis XVII et les menaces contre Louis XVIII s’il avait l’audace de prétendre au Sacre.
Il y aurait beaucoup à écrire sur toutes les incohérences qui se trouvent dans le récit de Thomas Martin. Contentons-nous de relever que, entre temps, à partir de 1820, le « paysan prophète » (sic) de Gallardon avait commencé à envoyer des lettres qu’il signait « Dieu » (excusez du peu !), puis que, en 1833, il « reconnut » Naundorff comme Louis XVII…

Bien sûr, jamais aucune autorité ecclésiastique compétente n’a reconnu l’authenticité des « apparitions » de Gallardon, lesquelles demeurent encore de nos jours une juteuse aubaine pour alimenter les fantasmes des illuminés qui s’obstinent à nier la réalité des faits historiques les mieux établis.

Car si Louis XVIII, ainsi que le prétendit Martin dans son récit de 1828, avait acquiescé au fait qu’il occupait une place qui revenait à son neveu toujours vivant et s’était incliné devant la menace d’être frappé à mort par la justice de Dieu en pleine cérémonie du Sacre, on comprend mal pourquoi ce Roi aurait par la suite demandé à Cherubini de composer une messe solennelle pour ce Sacre, et aurait, jusqu’en 1820, espéré pouvoir se rendre à Reims pour y recevoir les onctions saintes !
Et si ces prétendues menaces à l’encontre de Louis XVIII avaient été vraies, parce qu’il aurait usurpé le trône d’un Louis XVII toujours vivant, pourquoi ne se sont-elles pas réalisées le 29 mai 1825 lors du Sacre de Charles X ?
En effet, si Louis XVIII avait occupé un trône qui ne lui revenait pas du fait de la « survivance » de son neveu, il en eût aussi été de même pour son frère et successeur : Charles X. Or, non seulement ce dernier a été sacré et non seulement il n’a pas été foudroyé par la justice divine en cours de cérémonie, mais en sus il a accompli, dans les jours qui suivirent, les guérisons miraculeuses des écrouelles attestant qu’il était bien le Roi légitime (on peut lire la relation complète du toucher des écrouelles par SM le Roi Charles X > ici).

On cherche en vain un peu de cohérence dans cet illuminisme survivantiste.

Fleur de Lys

3 – La messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre, pour le Sacre de Louis XVIII (1819) :

Comme je vous l’annonçai au début, et même si j’ai dû faire quelques détours pour y arriver, cette publication a pour dessein de vous inviter à écouter maintenant la messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre pour le Sacre de Louis XVIII composée par Luigi Cherubini.

Le Kyrie a une belle intensité dramatique, et le Gloria qui le suit contraste par le dynamisme des choeurs qui se répondent, alternant avec bonheur des séquences d’allégresse triomphante et de vénération intériorisée, comme le poignant « Suscipe deprecationem nostram ».
Le Credo est tout rayonnant de la joie de l’adhésion aux Vérités révélées transmises par l’Eglise, qui sont déroulées à la manière d’une cavalcade pleine de gloire. On remarquera l’imposante dignité de l’ « Et incarnatus est », puis le côté désolé du « Crucifixus » où les voix d’hommes accompagnées des seuls trombones revêtent un aspect lugubre auquel les trompettes du « Et resurrexit » apportent un fin saisissante.
Le Sanctus et l’ O Salutaris Hostia, conformément à l’usage alors en vigueur en France, constituent une seule et même pièce dans laquelle alternent l’exultation des choeurs célestes dans les cieux et l’expression de l’adoration profonde des Saintes Espèces Eucharistiques sur l’autel.
L’Agnus Dei exprime tous les transports d’un recueillement solennel, paisible et confiant, préparant à la communion du Souverain, laquelle, rappelons-le, à la messe du Sacre, par un privilège unique, se faisait sous les deux espèces.

L’enregistrement proposé ci-dessous a été réalisé par le London Philarmonic Choir et le London Philarmonic Orchestra sous la direction du toujours excellent Maître Riccardo Mutti qui reste une référence, sinon « la » référence, dans l’interprétation de l’oeuvre de Cherubini.

Patte de chat Lully.

Image de prévisualisation YouTube

Autres articles de ce blogue consacrés aux compositions de Luigi Cherubini :
- Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI > ici
- Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes > ici
- Messe solennelle en la majeur pour le Sacre de Charles X > ici

grandes armes de France

2017-77. D’un pèlerinage à l’ermitage d’Ucel.

15 septembre,
Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Coeur de Marie aux sept glaives

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion et du Mesnil-Marie, j’ai décidé de vous « emmener » en pèlerinage dans un lieu remarquable de notre Vivarais, au moyen des photographies réalisées dimanche dernier, 10 septembre 2017, par Frère Maximilien-Marie.
Notre Frère connaît bien cet endroit, où il se rendait souvent lorsqu’il était adolescent puis jeune adulte, mais où il n’était pas retourné depuis le dimanche de la Passion 12 mars 1989, date à laquelle il y avait conduit les jeunes religieux dont il avait alors en charge la formation.

Ce lieu est un ermitage pluriséculaire situé sur la paroisse d’Ucel.
Ucel est un village millénaire à moins d’une lieue d’Aubenas et moins d’une lieue de Vals-les-Bains : un château féodal construit au XIème siècle sur une éminence qui domine une courbe de la rivière Ardèche est à l’origine du bourg et de la paroisse. En bonne partie détruit par les troupes du comte Raymond IV de Toulouse, en 1213, le château ne fut pas reconstruit et ses éléments ruinés ont servi de carrière pour la reconstruction du village ancien.
L’ermitage, sis sur les flancs escarpés d’un vallon au nord de l’ancien site castral, n’en est distant que d’environ un quart de lieue. La construction de nombreuses maisons à la fin du XXe siècle l’ont encore considérablement rapproché de la zone d’habitation ; il demeure néanmoins un lieu de recueillement et de paix, fort heureusement !

Frère Maximilien-Marie avait résolu de s’y rendre en pèlerinage ce 10 septembre parce que nous étions dans la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs et que justement la chapelle est dédiée à la Mère des Douleurs.

Ermitage Ucel 1

Arrivé à la limite de la zone d’habitation et de la route goudronnée, Frère Maximilien-Marie a laissé la voiture et, muni d’une canne, s’est engagé sur le chemin de l’ermitage : la première partie du chemin est relativement plane, mais bientôt l’on parvient a un embrachement. C’est là, du côté droit, que se trouve le chemin plus escarpé et plus caillouteux qu’il faut emprunter pour monter vers l’ermitage.

Ermitage Ucel 2

Bordé de rochers parfois imposants sur la droite, et d’une pente parfois bien raide sur la gauche, le sentier, parfois empierré s’étire sous les châtaigniers et les chênes, et au milieu d’arbustes typiques de la Cévenne vivaroise.

Ermitage Ucel 3

Frère Maximilien-Marie marchait très lentement, appuyé sur sa canne : il a récité en montant un chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici) qu’il achevait au moment où il est arrivé à ce replat où l’on aperçoit une croix de fer, peinte en blanc, scellée dans un rocher du bord du chemin : 

Ermitage Ucel 4

Un peu plus loin, dans un rocher en surplomb, une niche a été sculptée pour y placer une statuette émaillée de la Vierge à l’Enfant :

Ermitage Ucel 5

Et c’est à ce moment que l’ermitage se découvre à vos regards.
A cet endroit le rocher constitue une véritable muraille sur votre droite : au début haute de quelque 3 mètres elle va en s’élevant plus encore.

Ermitage Ucel 6

Selon une légende, Blanche d’Ucel, épouse de Raymond, seigneur d’Ucel au début du XIIIème siècle, aurait péri lorsque le château aurait été pris et en bonne partie détruit par les troupes de Raymond IV de Toulouse en 1213. Son époux aurait voulu l’ensevelir en ce lieu retiré et aurait érigé la chapelle au-dessus de sa tombe, ainsi que l’ermitage attenant. Il aurait alors légué l’ermitage et les terres qui l’entourent à des ermites pour qu’ils se succèdent ici, priant pour le repos de l’âme de Blanche et de sa propre âme.

Les historiens n’accordent aucun crédit à cette légende et affirment que ce n’est que vers 1471-1475 que l’ermitage aurait été bâti par noble Raymond de Serre (ou du Serre) co-seigneur d’Ucel.

Ermitage Ucel 7

Les ermites se sont succédé ici jusqu’à la révolution où l’ermitage fut dévasté.

En 1955, grâce en particulier au zèle de Monsieur l’abbé Jean Charay, historien d’Aubenas et de ses environs, conservateur des antiquités et objets d’art du département de l’Ardèche, l’ermitage fut restauré et un moine revint s’y installer.
Lorsque Frère Maximilien-Marie était adolescent, l’ermite qu’il avait plaisir à rencontrer était le Rd Père Yvan de Pontbriand, prêtre, bénédictin venu de l’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire, en Morvan (+ 11 novembre 2015).

Sur la photo ci-dessous, on voit bien la porte d’entrée de la chapelle, à laquelle on accède par quelques marches, et au-dessus de laquelle se dresse le campanile avec sa petite cloche.
La porte de l’ermitage se trouve en contrebas, tout à gauche, et permet d’entrer dans la zone de clôture.

Ermitage Ucel 8

Du côté de la colline, le rocher formant muraille que l’on a longé en arrivant atteint ici une grande hauteur et forme une sorte de corniche qui  domine et abrite l’ensemble des bâtiments de l’ermitage :

Ermitage Ucel 9

« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer… »
Paul Claudel : « La Vierge à midi » (in « Poèmes de guerre » 1957). 

Ermitage Ucel 10

Dans la niche qui surplombe le larmier de la porte, une Piéta a été installée lors de la restauration de l’ermitage.

Ermitage Ucel 11

La chapelle est toute petite. Il eut fallu que Frère Maximilien-Marie eût un objectif permettant une prise de vue en très grand angle pour pouvoir « la faire entrer tout entière » dans un cliché.
Voici néanmoins ce qu’il a pu réaliser en se trouvant sur le seuil.

L’autel est correctement orienté.
Le tabernacle n’abrite malheureusement pas la Sainte Présence Eucharistique de Notre-Seigneur.
Un double degré et une porte communiquent avec l’intérieur de l’ermitage.

Ermitage Ucel 12

Du côté de l’épître, sous le vitrail (caractéristique du style que certains ecclésiastiques affectionnaient en 1955 et qui a très mal veilli), se trouvent un bas-relief endommagé et un bénitier brisé, à coté du bénitier qui fut mis en place lors de la restauration :

Ermitage Ucel 13

Détail du bas-relief : on distingue deux personnages assez grossièrement figurés, qui tiennent un blason dont le contenu est assez difficile à décrire.

Ermitage Ucel 14

Du côté de l’Evangile, une gracieuse niche de style gothique est occupée par une reproduction de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir devant laquelle sont disposées une veilleuse et des bougies.

Ermitage Ucel 15

Dans le mur du fond de la chapelle une niche [dans laquelle est placée une espèce de « boite aux lettres » qui permet aux visiteurs de déposer leurs intentions de prière ou leurs messages à l’adresse de l’actuel ermite, frère Serge-Marie] est surmontée d’une ouverture – habituellement obstruée par un volet – par laquelle l’ermite peut, depuis sa cellule, avoir une vue directe sur l’autel de la chapelle.

Ermitage Ucel 16

Frère Maximilien-Marie est resté un long moment en silence dans la chapelle. Il n’a pas cherché à rencontrer le père ou frère ermite qui occupe actuellement l’ermitage : il ne faut pas déranger les ermites !

Après un long moment de contemplation, comme enfermé dans le Coeur de la Mère des Douleurs et de toute Compassion, reprenant sa canne dans une main et son chapelet des Sept-Douleurs dans l’autre, notre Frère est reparti, non sans avoir eu l’immense bonheur de voir et photographier ce silène, qui après avoir voleté légèrement dans la chapelle, est venu se poser pendant près de trois quart d’heure sur la Bible qui reste à la disposition des visiteurs dans la chapelle :

Ermitage Ucel 17

Ce cliché n’exprime-t-il pas, chers Amis, ce qu’il convient que chacune de nos âmes accomplisse : « se poser » sur la Sainte Parole de Dieu pour la butiner et en extraire le suc nourrissant de la Révélation ; se reposer sur la Sainte Parole de Notre-Seigneur et s’abandonner à elle dans une sereine et absolue confiance ; cesser de papillonner des séductions du monde aux attraits de la sensibilité, pour s’établir longuement dans la méditation des mystères sacrés de notre magnifique religion, en laquelle seule sont les Vérités du salut.
C’est la grâce que je vous souhaite.

Belle, bonne et surtout très fervente fête
de Notre-Dame des Sept-Douleurs !

pattes de chatLully.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2017-76. Où, à l’occasion de la fête du Saint Nom de Marie, le Maître-Chat publie quelques réflexions et citations à propos de la décadence de la société, des invasions, et de la trahison des clercs.

Mardi 12 septembre 2017,
Fête du Saint Nom de Marie,
Anniversaire de la victoire de Vienne.

Je vous ai déjà entretenus, mes chers Amis, du sens et de l’origine de cette fête du Saint Nom de Marie (cf. > ici).
Dans l’exacte continuité de ce que j’écrivais alors, souffrez que je vous livre ci-dessous quelques réflexions et citations.

Ave Maria et lys

Pas le même Dieu !

Ce n’est pas parce que des non-catholiques (et parfois aussi des personnes qui se prétendent catholiques !) vous disent qu’ils ont une croyance en un Dieu unique, que, pour autant, ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont ipso facto « le même Dieu » que vous !
Avant de dire qu’ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont le même Dieu que vous, assurez-vous qu’ils croient à la Très Sainte Trinité et qu’ils confessent que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, est en même temps vrai Dieu et vrai homme : s’ils n’adhèrent pas à cela, quoiqu’ils prétendent être monothéistes, leur « dieu » n’est pas le vrai Dieu !

frise

Principe de non contradiction :

« Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose » (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 19-20).
Assurément, une chose peut être blanche aujourd’hui et d’une autre couleur demain. De même, cette chose est plus grande ou plus petite qu’une autre à un moment donné. Mais, il est impossible que ces déterminations apparaissent simultanément et s’appliquent du même point de vue à cette chose. Il est donc impossible qu’à la fois une chose soit et ne soit pas.

Il est impossible, sans porter atteinte au principe de non-contradiction, qu’un chrétien, un catholique, un prêtre ou un évêque professe que Jésus-Christ est Dieu, Fils de Dieu, consubtantiel au Père, qu’Il est mort sur la Croix en sacrifice de Rédemption, qu’Il est la Voie, la Vérité et la Vie, l’unique Sauveur des hommes, le fondateur de l’Eglise en dehors de laquelle il ne peut y avoir de salut… etc., et que ce même chrétien, catholique, prêtre ou évêque, affirme ensuite que « toutes les religions se valent », que « toutes les religions sont des voies de salut », que la secte mahométane est une véritable religion, alors que justement elle nie la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son sacrifice sur la Croix, et ne Le considère que comme un prophète préparant la venue de Mahomet !
Mais en fait ce qui est « impossible » selon la logique la plus stricte, nous le constatons dans les faits – hélas ! trois fois hélas ! –  quotidiennement en France, en Europe, dans le monde entier de nos jours… et dans la Sainte Eglise.

Conclusion :
Ces chrétiens, ces catholiques, ces prêtres et ces évêques soit ont moins de capacité de réflexion logique et d’intelligence que la plus fruste des huitres, soit sont des apostats plus ou moins conscients.

« Quos vult Jupiter perdere, dementat prius : Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison » (Boissonade de Fontarabie, adaptant librement Euripide).

frise

Extrait d’un courriel reçu :
« (…) je tenais à vous faire par d’une question, d’une inquiétude. A plusieurs reprises j’ai été confronté aux témoignages de personnes m’assurant que des musulmans souhaitant se convertir au catholicisme et s’informant auprès de prêtres parisiens sur la façon de devenir catholiques, ont eu pour seule réponse de rester dans leur religion. Comment cela est-il possible ? que peut-on faire ? »
Réponse de Frère Maximilien-Marie :
« (…) J’ai presque envie de vous demander sur quelle planète vous vivez [sourire] pour réaliser cela juste maintenant : malheureusement l’esprit d’erreur et de mensonge répandu dans l’Eglise depuis plusieurs décennies fait que ce qui semble vous étonner n’est pas un fait nouveau. Déjà lorsque j’étais au collège au début des années 70 du précédent siècle, les modernichons répandaient ce genre de calembredaines ! C’est pratiquement depuis la fin du concile V2 que beaucoup de clercs ou de fidèles pensent et affirment qu’il n’est nul besoin d’évangéliser et que chacun fait son salut dans sa religion. Contrairement à ce que prétend un document de V2 (qui n’a qu’un statut de « déclaration », et donc dans lequel ne se trouve aucun enseignement doctrinal magistériel), les mahométans n’adorent pas le vrai Dieu. Plusieurs oraisons du missel antique affirment qu’ils sont des païens (donc adorant un faux dieu). »

frise

Citation de Saint Vincent de Paul :

« Je crains fort que Dieu ne permette l’anéantissement de l’Eglise en Europe à cause de nos moeurs corrompues de tant de diverses opinions étranges que nous voyons s’élever de tous côtés et du peu de progrès que font ceux qui s’emploient pour tâcher de remédier à tous ces maux-là… »

Que dirait-il, près de quatre siècles plus tard en voyant l’état de l’Eglise en France, les ravages de l’hérésie en elle, l’invasion mahométane, le renouveau du paganisme, et ce que sont devenues les moeurs publiques ?

frise

Lorsque l’on refuse de se soumettre au Règne du Christ (et ce Règne divin passe par l’observation de tous Ses commandements), on finit fatalement par être sous le règne de l’Antéchrist, en ses multiples avatars.

Vous avez détesté tous ces attentats perpétrés à Paris, en France et en beaucoup d’autres endroits du monde, et vous avez crié : « Nous ne voulons plus de cela ! »
Ne vous leurrez pas, ils n’étaient qu’un prélude.
Quand la stratégie globale des combattants de ce faux dieu entrera dans une nouvelle phase de conquête destructrice, tout ce dont nous avons été témoins ces dernières années semblera, en comparaison, totalement dérisoire et insignifiant.

Lorsque les conducteurs des nations jadis chrétiennes et les hiérarques de la Sainte Eglise ne prêchent plus qu’une bouillie informe d’idées humanitaires et fraternalistes horizontales, en refusant de nommer l’origine du mal et d’en dénoncer les causes réelles, et – de ce fait – refusent de porter le fer rouge sur la plaie, dites-vous bien qu’en ces moments futurs que j’ai évoqué ci-dessus, ni les autorités civiles ni les autorités spirituelles ne seront là pour défendre vos églises contre la profanation, l’incendie et la destruction, pour défendre vos maisons contre le pillage, pour défendre votre propre vie, celles de vos enfants et celles de vos petits-enfants.
Vous serez alors terriblement seuls contre la barbarie.

Alors, ce ne sera plus le moment de se présenter en face des nouveaux fellouzes avec des « plus jamais ça », en brandissant de jolies petites pancartes « je suis ceci ou cela », et en scandant tous les slogans du « vivre ensemble ».

En revanche il faudra alors savoir ce que vous défendez et pour quoi vous le défendez : et si vous ne vous y êtes pas préparés physiquement, psychologiquement, moralement et – par dessus tout – spirituellement, dès aujourd’hui, vous ne résisterez ; vous ne tiendrez pas…

frise

Ecclesia Dei afflicta :

Situation affligeantissime et douloureuse de la Sainte Eglise qui fait que, lorsque des personnes viennent vers vous pour être instruites dans la foi et se rapprocher de Dieu et des sacrements, vous avez le devoir, en même temps que vous leur inculquez l’amour de la Sainte Eglise, de les mettre en garde contre ce que dit l’écrasante majorité des clercs, et de les dissuader de se rendre dans le plus grand nombre des paroisses, afin de ne pas être exposées au scandale et au naufrage dans la foi.

frise

Ils n’en ont pas…

Société d’émasculés que celle où, en réponse à l’égorgement des siens, on entasse des bougies et des nounours en peluche – « pour dire que nous n’avons pas peur » – , en attendant le prochain massacre et en continuant de se vautrer dans la veulerie de toutes les abdications intellectuelles et spirituelles.

frise

12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican

Jean III Sobiesky, vainqueur des Turcs à Vienne le 12 septembre 1683
(tableau monumental de Jan Mateiuko – Palais du Vatican, Salle Sobiesky)

frise

Vous connaissez vos actes de foi, d’espérance et de charité. Vous connaissez aussi votre acte de contrition.
Je vous propose aujourd’hui le texte d’une prière qui s’inspire du même principe : l’ « Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout ».

Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout :

« Mon Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, m’opposer à ce raz de marée de fausses croyances et de moeurs exogènes qui déferle sur le Royaume de France, avec la complicité, active ou tacite, de ceux qui ont usurpé le gouvernement depuis quelque deux siècles et de l’écrasante majorité de ses sujets devenus semblables à de stupides moutons de Panurge.
Mon Dieu, vrai Roi de France – ce Royaume en lequel Vous Vous êtes complu et que Vous avez comblé de tant de grâces de premier ordre, au moyen de sa royauté très chrétienne providentiellement instituée dans les fonts baptismaux de Reims – , accordez-moi, aujourd’hui et chaque jour, tant dans ma vie privée qu’aux regards de tous, de savoir toujours choisir les pensées, les mots, les gestes et les actes qui seront les plus conformes aux exemples de nos Saints et de nos Rois très chrétiens, pour résister aux modes intellectuelles de ce siècle décadent, combattre l’invasion d’une pseudo religion suscitée par l’antéchrist, lutter contre la secte satanique qui dirige la république, mener le combat spirituel et témoigner des merveilles de la civilisation catholique, dussé-je y perdre la vie d’ici-bas, pourvu que je conquière la couronne d’immortalité.  Ainsi soit-il ! »

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

frise

2017-73. Les Saintes Epines de la cathédrale de Namur.

26 août,
Dans le diocèse du Puy, fête de la susception de la Sainte Epine.

Il y a déjà quelques années, chers Amis, je vous ai parlé de cette fête de la susception de la Sainte Epine qui figure au propre du diocèse du Puy, et je vous en ai expliqué l’origine (cf. > ici).
Au cours du dernier jubilé de Notre-dame du Puy (25 mars – 15 août 2016), nous avons été très heureux que la Sainte Epine offerte par Saint Louis se trouvât à nouveau dans la cathédrale du Puy, et nous fûmes témoins de l’extraordinaire ferveur des pélerins en présence de cette insigne relique.

Je vous ai aussi transmis le témoignage de notre amie Marie-Christine Ceruti-Cendrier qui se trouvait à Andria le Vendredi Saint 25 mars 2016 lors du miracle de la Sainte Epine (cf. > ici). 

La Sainte Epine d’Andria, comme celle du Puy, proviennent des dons de Saint Louis.
Toutefois, il faut signaler qu’il existe en Occident d’autres reliques de la Sainte Couronne d’Epines qui, elles, ne proviennent pas des dons accomplis par Saint Louis : tel est le cas de deux Epines de la Sainte Couronne de Notre-Seigneur, conservées à la cathédrale Saint-Aubin de Namur depuis les premières années du XIIIe siècle.

Comme nous avons au Mesnil-Marie une très grande dévotion envers la Sainte Couronne d’Epines de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et que, de ce fait, nous nous intéressons à tout ce qui touche à sa vénération et à son culte, nous avons demandé à l’un de nos jeunes amis namurois, qui est un médiéviste, de nous rédiger une note historique à ce sujet : vous la trouverez ci-dessous, et vous pourrez aussi, grâce au lien qui se trouve à la fin de cette présentation historique, accéder aux textes liturgiques propres du diocèse de Namur pour la fête de la Sainte Couronne d’Epines.
Que notre ami Patrick soit très chaleureusement remercié pour ce travail !

Lully.

* * *

Namur - cathédrale Saint-Aubin

Namur : la cathédrale Saint-Aubin
au sommet du dôme et du campanile de laquelle on remarque les croix à double traverse.

* * *

Les reliques de la Sainte Couronne d’Epines
de Notre-Seigneur Jésus-Christ
à la Cathédrale Saint-Aubain de Namur

En 1559, le Pape Pie IV, à la demande du roi d’Espagne Philippe II, procède à la création de nouveaux diocèses dans les territoires des Pays-Bas espagnols. La restructuration de ces différentes provinces ecclésiastiques avait pour but de contrer l’influence des calvinistes de France et des Provinces-Unies ainsi que celle des luthériens allemands. Parmi les nouveaux diocèses, créés lors du Consistoire du 12 mai 1559, se trouve celui de Namur.
La création d’un nouveau diocèse signifiant également la recherche d’une cathédrale, on choisit la collégiale Saint-Aubain qui fut donc élevée au rang d’église cathédrale.

Mais l’existence du chapitre Saint-Aubain de Namur est bien antérieure à ces changements.
C’est le Comte de Namur Albert II qui fait reconstruire l’église Saint-Aubain en 1047, elle fut ensuite érigée en collégiale et dotée d’un chapitre de chanoines.

On possède peu d’informations sur l’ancienne église démolie par le Comte Albert II. Même l’identification du vocable est incertaine. Certains émirent l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’une église dédiée à la Sainte-Croix. On peut, néanmoins, affirmer avec certitude qu’un autel en l’honneur de la Sainte-Croix se dressait au milieu du chœur de l’église. La tradition veut même qu’il fût consacré par le Pape saint Corneille. La présence de cet autel permet de comprendre le lien existant entre le culte à la Passion du Seigneur Jésus et la future cathédrale namuroise.

Croix reliquaire - cathédrale de Namur

Cathédrale Saint-Aubin de Namur : croix reliquaire
(or, émaux, brillants et cristal, XVIe s. – pied du XVIIe s.)

En 1205, l’Empereur latin de Constantinople Henri Ier envoya à son frère Philippe, Marquis et Comte de Namur, des reliques de la Passion du Seigneur qui furent remises à la collégiale Saint-Aubain.
Ces reliques se composaient d’un morceau de la Vraie Croix ainsi que de deux épines de la Sainte Couronne.

La relique de la Croix fut enchâssée dans une croix en or sur le modèle des reliquaires provenant de Jérusalem, tandis que les reliques de la Couronne d’Epines furent placées dans une couronne sertie de pierres précieuses.
La présence de ces reliques insignes dans le Trésor de la Cathédrale namuroise explique la présence d’une croix à double traverse au sommet du Campanile et du Dôme de l’église.

Couronne reliquaire des saintes épines - cathédrale de Namur

Cathédrale Saint-Aubin de Namur : couronne reliquaire des Saintes Epines
(or, pierres et perles : art mosan, début du XIIIe siècle)

Liturgiquement, le diocèse de Namur célèbre la Sainte Couronne d’Epines le vendredi après le dimanche in albis.
On trouvera les textes propres de la Messe et de l’office ici fichier pdf Office de la Sainte Couronne d’Epines de NS – propre de Namur

couronne reliquaire des saintes épines - cathédrale de Namur

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 26 août, 2017 |Pas de commentaires »

2017-70. Deuxième anniveraire de la Confrérie Royale.

Mercredi 23 août 2017,
Vigile de Saint Barthélémy, apôtre ;
Anniversaire de la naissance de SM le Roi Louis XVI (23 août 1754).

armoiries confrérie royale

Bien chers Amis,

Il y a deux ans, nous vous informions de la fondation de la Confrérie Royale (cf. > ici). Depuis lors, ce mouvement spirituel poursuit son développement.
Ainsi, à ce jour, la Confrérie Royale dispose de deux blogues :

- le blogue « Confrérie Royale« , sur lequel on trouve des publications quotidiennes diverses (nouvelles, réflexions, informations… etc.) : voir > ici
- le blogue « L’Ami de la Religon et du Roi« , avec lequel on peut s’abonner à la lettre de liaison et d’exhortation ou d’approfondissement publiée à l’occasion du 25 de chaque mois : voir > ici 
Elle administre aussi une page Facebook > ici

A la veille de son deuxième anniversaire, la Confrérie Royale réunit 74 membres, répartis en quatre catégories :
- les membres voués (35 à ce jour), fidèles de l’Eglise catholique romaine qui prononcent le Voeu de Consécration à la Couronne de France.
- les membres simples, fidèles de l’Eglise catholique romaine qui s’engagent, sans voeu, à prier quotidiennement pour le Roi et la France, en particulier par la récitation du triple angélus.
- les membres associés, non-catholiques qui associent leurs prières à celles de la Confrérie Royale, ou catholiques qui ne s’engagent pas formellement au triple angélus.
- les sympathisants, inscrits aux divers média de la Confrérie Royale (par exemple : plus de 280 personnes sont inscrites pour en recevoir la lettre mensuelle).

Notez enfin que plus d’une douzaine d’ecclésiastiques, prêtres ou religieux, sont membres de la Confrérie Royale.

A l’occasion du deuxième anniversaire de la fondation de la Confrérie Royale, Monsieur le Grand Prieur, célèbrera à Paris une sainte Messe (selon le rite latin traditionnel, évidemment) ce vendredi 25 août 2017, à 10 h 30, en l’église Saint-Germain l’Auxerrois (qui était l’église paroissiale de nos Souverains lorsqu’ils résidaient au Louvre ou aux Tuileries).

Cette sainte Messe n’est pas réservée aux seuls membres de la Confrérie Royale : toutes les personnes présentes à Paris ce 25 août, et qui souhaitent prier pour le Roi et pour la France en cette fête de Saint Louis, y sont bien évidemment chaleureusement invitées.

25 août 2017 Saint Germain l'Auxerrois

Et pour tout autre renseignement sur la Confrérie Royale, son organisation et les engagements qu’elle propose, voir > ici

fleur de lys gif2

2017-64. Le coeur de Saint Vincent de Paul et la France.

19 juillet,
Fête de Saint Vincent de Paul.

apparitions du coeur de Saint Vincent de Paul à Sainte Catherine Labouré

Apparitions du coeur de Saint Vincent de Paul à Sainte Catherine Labouré
dans la chapelle de la rue du Bac pendant l’octave de la translation de Saint Vincent (25 avril – 2 mai 1830) :
le graveur a représenté comme un seul moment la vision des trois couleurs différentes du coeur de Saint Vincent, blanc, rouge feu et rouge noir, alors que cela fut montré sur trois jours consécutifs.

lys 2

Du coeur de Saint Vincent de Paul montré à Sainte Catherine Labouré
comme particulièrement affligé pour la France,
et des leçons qui découlent de cette vision :

Sainte Catherine Labouré (1806-1876) a vu Saint Vincent de Paul pour la première fois dans un songe alors qu’elle avait 15 ou 16 ans. Sur le coup elle ne comprit pas ce que ce prêtre âgé, qu’elle ne connaissait pas, lui signifiait en l’appelant à venir vers lui ; elle ne le réalisa que plus tard lorsque, dans le parloir des Filles de la Charité de Châtillon-sur-Seine, elle vit au mur le portrait de ce prêtre inconnu et apprit qu’il s’agissait de Saint Vincent de Paul. Tout devint alors limpide : Saint Vincent voulait qu’elle entrât chez les Filles de la Charité.

Catherine arriva au noviciat (on disait alors « le séminaire ») des Filles de la Charité, rue du Bac, à Paris, le 21 avril 1830.
Soeur Catherine prit part avec joie et ferveur à la grande procession de la translation du corps de Saint Vincent depuis la cathédrale Notre-Dame jusqu’à la chapelle des Lazaristes, le dimanche 25 avril (cf. > ici), puis à l’octave de prières et d’actions de grâces qui suivit, octave pendant lequel les novices allaient souvent prier dans la chapelle des Lazaristes.

Soeur Catherine aimait particulièrement ces moments de recueillement auprès de la châsse du saint fondateur, et elle avait un peu de peine de la laisser pour rentrer au « séminaire ».
Toutefois, dans la chapelle de la rue du Bac, Soeur Catherine fut, pendant trois jours consécutifs, favorisée de visions pendant lesquelles il lui fut donné de contempler le coeur de Saint Vincent de Paul (Nota bene : le reliquaire du coeur de Saint Vincent de Paul ne se trouvait alors pas à Paris dans la chapelle des soeurs, ainsi que nous l’avons vu > ici).

Voici ce qu’elle a écrit : 
« J’avais la consolation de voir son cœur au-dessus de la petite châsse où ses reliques sont exposées. Il m’apparut trois jours de suite d’une manière différente : blanc couleur de chair, et cela annonçait la paix, le calme, l’innocence et l’union. Puis, je l’ai vu couleur de feu, ce qui était le symbole de la charité qui s’allumera dans les cœurs. Il me semblait que la charité devait se renouveler et s’étendre jusqu’aux extrémités du monde. Enfin, il m’apparut rouge-noir, ce qui me mettait la tristesse dans le cœur. Il me venait des tristesses que j’avais peine à surmonter. Je ne savais ni pourquoi ni comment cette tristesse se portait sur le changement de gouvernement ». 
Une voix intérieure lui dit alors distinctement :
« Le cœur de Saint Vincent est profondément affligé des grands malheurs qui vont fondre sur la France ».
Le dernier jour de l’octave, elle voit le même cœur, d’un rouge vermeil, tandis que la voix intérieure lui explique : 
« Le cœur de Saint Vincent est un peu consolé, parce qu’il a obtenu de Dieu, par la médiation de Marie, que ses deux familles ne périraient pas au milieu de ces malheurs et que Dieu s’en servirait pour ranimer la foi ». Ses deux familles, ce sont les deux congrégations religieuses fondées par Saint Vincent de Paul : les Filles de la Charité et les Pères Lazaristes.

Ces grands malheurs qui vont fondre sur la France, ce sont en tout premier lieu la révolution – dite des « trois glorieuses » - qui va se déchaîner trois mois plus tard et remplacera la monarchie légitime par une royauté d’usurpation acquise aux idées maçonniques et soumise aux faux principes hérités de la révolution.
On le voit bien ici : Le Ciel n’est pas favorable aux révolutions ; Dieu et ses saints sont légitimistes, ils ne sont ni orléanistes ni républicains !

Cela fut confirmé le 6 juin suivant, dimanche de la Sainte Trinité, où Soeur Catherine fut gratifiée d’une nouvelle vision encore plus explicite : 
« Le jour de la Sainte Trinité, Notre-Seigneur m’apparut dans le Très Saint-Sacrement pendant la Sainte Messe, comme un roi, avec la croix sur sa poitrine. Au moment de l’Evangile, il m’a semblé que la croix et tous ses ornements royaux coulaient à terre sous ses pieds, et que Notre-Seigneur restait dépouillé. C’est là que j’ai eu les pensées les plus noires et les plus tristes, comprenant que le roi serait dépouillé de ses habits royaux et les dommages qui en résulteraient ».

Cette identification entre le Roi céleste, Notre-Seigneur Jésus-Christ et son lieu-tenant sur terre, le Roi Charles X, sacré à Reims, n’a guère besoin de commentaires !

Coeur de Saint Vincent de Paul

Coeur de Saint Vincent de Paul dans son reliquaire

Ces grands malheurs qui vont fondre sur la France, ces grands malheurs qui affligent profondément le coeur de Saint Vincent de Paul, ce sont ensuite les progrès de l’impiété.
En effet, les dommages qui résultent du rejet de la monarchie catholique traditionnelle, liée d’une manière unique et privilégiée à la foi et à l’Eglise catholiques, ce sont la cessation du régime privilégié du catholicisme au sein de l’Etat et de la protection des autorités civiles sur le culte catholique, sur les ecclésiastiques et les religieux catholiques, sur les oeuvres apostoliques et caritatives catholiques ; ce sont l’indifférentisme, qui met toutes les religions sur un pied d’égalité, et, en conséquence, la liberté laissée aux hérétiques et aux païens de répandre leurs croyances infestées d’erreur ; ce sont encore le développement de la maçonnerie et des doctrines politiques et économiques contraires à l’ordre social chrétien ; ce sont aussi les troubles sociaux, les idéologies qu’ils vont engendrer, ainsi que les guerres civiles et internationales qui en découleront et vont empoisonner toute la suite du XIXe siècle et tout le XXe siècle jusqu’aux jours d’hui.
De toutes ces choses, la Madone elle-même viendra parler à Soeur Catherine (cf. > ici), dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, c’est à dire à l’occasion de la fête liturgique de Saint Vincent de Paul.   

Ces grands malheurs qui vont fondre sur la France, ces grands malheurs qui font que le coeur de Saint Vincent de Paul apparaît d’un rouge-noir inspirant une incoercible tristesse, ce sont l’apostasie de plus en plus affirmée des gouvernements successifs de la France, les lois anti-chrétiennes ou contraires à la loi naturelle, ce sont les infiltrations des idées de Rousseau et de la révolution dans l’esprit des ecclésiastiques eux-mêmes, ne rêvant plus dès lors que d’ « ouverture au monde », et abandonnant pour une illusoire et superficielle concorde terrestre les nécessaires combats pour la défense de l’unique Vérité révélée…

Que de sombres et tristes réalités prophétisées dans ce coeur de Saint Vincent de Paul apparaissant avec cette couleur rouge-noir pour montrer son affliction profonde à la vue des grands malheurs qui allaient fondre sur la France, en raison du changement de gouvernement, en raison de la chute de Charles X, en raison de la révolution, en raison du rejet de la monarchie légitime, en raison de l’usurpation orléaniste, puis en raison de l’établissement de la république !!!

Lully.

Reliquaire du coeur de Saint Vincent de Paul

Reliquaire du coeur de Saint Vincent de Paul

Prière à Saint Vincent de Paul pour la Famille Royale
et pour la France :

Glorieux Saint Vincent de Paul, que la divine Providence a voulu si proche de trois de nos plus grands souverains : vous que le Bon Roi Henri se plaisait à rencontrer et à entendre ; vous qui avez assisté Louis XIII à ses derniers instants et avez aidé son âme à laisser une glorieuse couronne terrestre pour aller prendre possession de la couronne mille fois plus glorieuse de l’éternelle félicité ; vous dont les avis et conseils ont éclairé la minorité du règne de Louis XIV et préparé sa fécondité spirituelle ; souvenez-vous aujourd’hui de la descendance de ces grands souverains, et obtenez à Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Roi légitime, toutes les grâces de sagesse, de prudence, de force et de courage qui sont nécessaires à la charge qui a été déposée sur ses épaules du fait de sa naissance et des Lois fondamentales du Royaume.
Du haut du Ciel, assistez-le, guidez-le et conseillez-le, comme vous fîtes jadis ici-bas pour ses glorieux ancêtres : que votre bienveillante intercession lui obtienne les bonnes inspirations pour toutes ses paroles et pour tous ses actes.

Glorieux Saint Vincent, qui fûtes le conseiller avisé de la Reine Anne, veillez sur la Princesse Marie-Marguerite et priez pour qu’elle soit toujours pour notre Prince Louis l’appui aimant, solide et dévoué, sur lequel il pourra toujours compter.

Glorieux Saint Vincent, qui aviez une prédilection spéciale pour les petits enfants, protégez les Enfants de France, et ayez un soin tout particulier de Monseigneur le Dauphin Louis.

Saint Vincent de Paul très compatissant, priez pour ce Royaume de France dont les grands malheurs empirent chaque jour et dont la descente vers l’abîme semble ne plus devoir s’arrêter…
Priez ! Oh, priez pour la France en si grand danger ! Priez pour qu’elle revienne de ses égarements et redevienne en vérité ce Royaume des Lys en tout conforme aux desseins mystérieux de la Providence !
Vous dont le coeur manifesta une si grande tristesse à la vue des maux qui allaient fondre sur la France, obtenez aujourd’hui aux Français les grâces de la conversion et de la pénitence, indispensables au relèvement et à la guérison de ce pays pour lequel vous vous êtes déjà tant dépensé !
Saint Vincent de Paul, modèle ardent de la plus pure charité, obtenez-nous à tous, Princes et sujets, de progresser sans cesse dans la connaissance et la pratique de l’amour de Dieu et du prochain, afin que votre et notre France revive et marche à nouveau dans les voies de la fidélité et de la sainteté, à votre suite, pour la plus grande gloire du Roi des Cieux.

Ainsi soit-il !

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

lys.gif

Voir aussi :
Lettre de Saint Vincent de Paul faisant le récit de la mort de Louis XIII > ici

 

2017-57. Le vandalisme toujours à l’oeuvre !

Vendredi dans l’octave de Pentecôte 9 juin 2017,
Quatre-Temps d’été.

Cathédrale de Viviers - sanctuaire

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers, vue générale du sanctuaire
(carte postale vers 1960)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce que je vais écrire risque (une fois de plus) de m’attirer de véritables représailles ecclésiastiques, et c’est la raison pour laquelle j’ai attendu un trimestre entier avant de le faire : j’ai hésité, j’ai réfléchi, j’ai médité, j’ai mis la chose en réserve, jusqu’à ce que, au bout de trois mois donc, je me décide fermement aujourd’hui à sortir de mon silence.

Vous savez que le Refuge Notre-Dame de Compassion est implanté sur le territoire du diocèse de Viviers, dans lequel je suis né moi-même, dans lequel j’ai de très anciennes racines familliales, à l’histoire duquel je suis très attaché, comme en témoignent d’ailleurs nombre de textes publiés dans ce blogue.

J’ai un lien spirituel très fort avec l’histoire spirituelle et ecclésiastique de ce diocèse dont la première évangélisation fut l’oeuvre de Saint Andéol, missionné dans les Gaules par Saint Polycarpe, ce qui rattache directement cette Eglise diocésaine à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, l’intime du Sacré-Coeur (cf. > ici et > ici).
Tout au long des dix-huit siècles de son existence, l’Eglise diocésaine de Viviers (d’abord établie à Alba Augusta Helviorum puis transférée à Viviers au début du Ve siècle) a connu des périodes glorieuses et des temps moins reluisants.

Le diocèse de Viviers a été enraciné et fortifié par les labeurs de très remarquables et saints pontifes pendant le haut Moyen-Age, illustré par des évêques véritablement prestigieux depuis l’époque carolingienne jusqu’au XXe siècle ; son chapître cathédral fut puissant et influent ; les lettres et les arts lui doivent des oeuvres magnifiques ; et il faut aussi souligner que – nolens volens – c’est par ses évêques, néanmoins soucieux d’en préserver ses particularismes, que cette petite province du Vivarais a été rattachée au Royaume de France.
Le diocèse de Viviers peut se glorifier d’avoir donné à la Sainte Eglise des saints et de pieux personnages de tout premier ordre ; il fut aussi, pendant l’infâme révolution, une terre de fidélité héroïque à Dieu et au Roi, malgré l’apostasie et la conduite scandaleuse de son évêque (cf. > ici)… etc.

On peut retrouver toute l’histoire du diocèse de Viviers résumée dans sa cathédrale, la cathédrale Saint-Vincent, avec laquelle j’ai une véritable histoire d’amour : si elle porte aussi les stigmates des malheurs des siècles, de la décadence de l’institution ecclésiastique, des trahisons de ses clercs parfois ou de leurs étranges aberrations (cf. > ici), elle n’en demeure pas moins – agrippée à son acropole, derrière les hauts murs de l’antique quartier canonial – le témoignage d’une histoire humaine, artistique et spirituelle à laquelle je me sens viscéralement, amoureusement et indéfectiblement lié.

Et, ce qui me la rend encore plus chère, il me faut spécialement signaler que la cathédrale Saint-Vincent de Viviers fut, jusqu’en 1992, l’une des très rares cathédrales de France (sinon l’unique) où la Sainte Messe latine traditionnelle fut quasi quotidiennement célébrée par feu Monsieur l’abbé Bryan Houghton (cf. > ici), grande figure de la résistance à la décadence doctrinale et liturgique post-concilaire, retiré à Viviers, et auquel le très moderniste évêque d’alors avait accordé cette permission (à la condition que cette Messe demeurât une messe privée).

Cathédrale de Viviers : le maître-autel

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers : le remarquable maître-autel du XVIIIe siècle

A propos de ce remarquable maître-autel du XVIIIe siècle, prodigieuse marquetterie de marbre qui constitue l’une des oeuvres d’art majeures de notre cathédrale, j’ai pu constater avec horreur qu’il a été exécré, c’est-à-dire qu’il a perdu sa consécration, parce que le « tombeau » – ainsi nomme-t-on en liturgie la cavitée aménagée dans la table de l’autel où sont renfermées les reliques lors de la consécration d’un autel – a été fracturé et que les reliques en ont été retirées.
S’agit-il d’un acte de malveillance accompli par un profanateur ou d’une action concertée par quelque ecclésiastique dans un but bien précis ? je l’ignore ; je constate simplement le fait. A quelle date cela a-t-il été commis ? Je ne le sais pas davantage, mais je peux affirmer que cela est postérieur au 28 février 2016, puisque ce jour-là j’ai réalisé des clichés du maître-autel qui attestent qu’il était encore intègre.
Quoi qu’il en soit, cela m’amène à conclure qu’il n’y a actuellement pas d’autel consacré à l’intérieur de la cathédrale de Viviers (puisque ce qui tient lieu d’ « autel face au peuple » ne l’est pas et ne peut l’être – cf. > ici), ce qui est contraire à toutes les règles liturgiques traditionnelles et rendrait aujourd’hui impossible toute célébration selon l’usus antiquior dans la cathédrale elle-même  (nota : il existe des chapelles adjacentes à la cathédrale dans lesquelles subsistent les autels consacrés, mais ces chapelles sont en dehors du périmètre de la cathédrale elle-même).

Mais ce n’est pas – ou du moins pas seulement – au sujet de l’exécration du maître-autel de la cathédrale que j’ai repris ici le titre d’un article du bulletin n°39 (mai 2017) du Centre International Construction et Patrimoine (CICP), association dont je dois dire au passage que je suis très heureux d’être membre.
Cet article, intitulé donc « Le vandalisme toujours à l’oeuvre », aborde, entre autres, un fait relativement récent survenu à la cathédrale de Viviers : un fait survenu il y a trois mois exactement. Ces trois mois justement dont je vous parlais en commençant ces lignes.

« Le vandalisme toujours à l’oeuvre ! »

J’en viens donc au fait.
Le vendredi 10 mars dernier, j’étais de passage à Viviers et je me suis tout naturellement proposé de faire une halte à notre chère cathédrale, afin de m’y recueillir quelques instants. 
Quelle ne fut pas ma douloureuse stupeur en entrant dans la cathédrale ! La table de communion, très belle balustre de style XVIIIe siècle en marbre de Carrare, parfaitement accordée au maître-autel, venait d’être enlevée.
Le méfait était tout-à-fait récent, puisque un monsieur (le sacristain ?) était en train d’épousseter les stalles recouvertes par la poussière de marbre produite par les disqueuses des ouvriers mandatés par les vandales.

Le lendemain, samedi 11 mars 2017, je publiais sur Facebook une photo ancienne de la cathédrale sur laquelle cette table de communion est bien visible – celle-là même qui se trouve en-tête de cet article – avec le texte suivant :
« Vous voyez la magnifique table de communion de style balustre et semi-circulaire, en marbre blanc éclatant, parfaitement accordée au maître-autel, de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers ?
Eh bien ! regardez-la bien sur cette photo… car vous ne pourrez plus la voir in situ : elle avait résisté aux élucubrations liturgiques post-conciliaires jusqu’à ces jours-ci, mais il a – hélas ! – fallu qu’en mars 2017 les barbares iconoclastes (même pas respectueux des règles officielles du N.O.M.) s’acharnassent sur elle : elle a été sciée et démontée ! Elle a été enlevée !
Et maintenant, « ils » doivent se réjouir d’avoir un « espace ouvert » pour des « célébrations plus conviviales », et toutes les autres sornettes protestantisantes dont « ils » se gargarisent !!!
Lorsque nous nous en sommes rendus compte, hier, vendredi 10 mars, il n’y avait plus que les marques au sol, et la poussière produite par les disqueuses des marbriers que le sacristain s’employait à faire disparaître.
Et nous, nous n’avions plus que nos yeux pour pleurer !!! »

Putti - maître-autel de la cathédrale de Viviers

Putti du maître-autel de la cathédrale de Viviers

On m’objectera que cette table de communion n’était pas ancienne puisque elle ne datait que des années 20 du précédent siècle, où elle en avait remplacé une en fer forgé (je possède des cartes postales anciennes sur lesquelles en effet elle n’existe pas encore) : elle avait alors été en bonne partie offerte par les barons Pavin de Lafarge, grands bienfaiteurs du diocèse de Viviers.
A cette objection de la non-ancienneté de cette table de communion, l’article du bulletin n°39 du CICP répond : « (…) le style des balustres s’adaptait parfaitement à un sanctuaire fermé avec au milieu l’autel du XVIIIe siècle ». Et il ajoute, ce que j’ignorais jusqu’alors et que je souligne : « Ce démontage s’est fait sans l’avis des Bâtiments de France ; l’affaire est entre les mains du préfet. »

Il y a d’autres éléments de réponse, d’ordre liturgique eux (ce qui n’est donc pas du domaine de compétence propre du CICP), que je veux ajouter en complément de ma réaction du 11 mars publiée sur Facebook :

1) Ce démontage n’est même pas conforme aux dispositions de la liturgie réformée de 1969 dans laquelle, nonobstant la mode de la communion dans la main, imposée pour des motifs de pure idéologie, la manière officielle de recevoir la sainte communion demeure toujours à genoux et sur la langue : ce pourquoi il doit toujours être proposé aux fidèles de la recevoir ainsi.
Notre cher pape Benoît XVI, dans la célébration du nouvel ordo, donnait l’exemple de ce qui reste la règle liturgique officielle, en dépit des usages contraires généralisés.
La suppression de la table de communion de la cathédrale de Viviers est un témoignage supplémentaire de ce « du passé faisons table rase » (c’est – hélas ! – bien le cas de le dire) qui anime encore un clergé ignorant des normes liturgiques et de ses devoirs, un clergé attardé qui reste crispé sur des modes pseudo-liturgiques qui ont plus d’un demi-siècle et qui sont aujourd’hui récusées par les jeunes générations de prêtres et de fidèles, un clergé modernichon vieillissant figé dans son opposition systématique à tout ce qui porte le nom de tradition mais qui se cramponne à une fausse tradition tenace : celle des abus de pouvoir et du mépris cléricaliste.

2) Tout liturgiste sérieux, qui connaît les plus anciens rites, d’Orient comme d’Occident, sait que c’est un usage général, universel, dont on peut légitimement penser qu’il appartient à la Tradition Apostolique, qu’il DOIT y avoir une séparation entre le sanctuaire, espace sacré dans lequel se tiennent les ministres sacrés, et la partie de l’église où se trouvent les fidèles.
Les élucubrations modernichonnes qui, au prix d’aberrations telles que celle que nous pleurons et dénonçons aujourd’hui, n’ont rien à voir avec un retour à des usages antiques ou à la liturgie de l’Eglise des premiers âges : i
ci encore, il s’agit de pure idéologie.
L’on ne peut donc que déplorer qu’en 2017, alors que justement le peuple fidèle aspire ardemment à retrouver une dimension véritablement sacrée dans les rites qui lui sont proposés, nous devions encore subir les effets dévastateurs de la dictature de clercs ignorants et bornés qui se comportent comme de minables petits chefs.

angelot du maître-autel de la cathédrale de Viviers

Angelot (détail du maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers)

Ainsi que le fait judicieusement remarquer l’article sus-cité du bulletin n°39 du CICP : « On sait que les trois grands moments du vandalisme du patrimoine religieux ont été les Guerres de religion, la Révolution et… le concile de Vatican II. (…) Depuis longtemps le clergé de Viviers veut la disparition de l’autel du XVIIIe siècle et de la table de communion de la cathédrale. (…) On vient de supprimer la table de communion. (…) L’autel risque de faire les frais de la phase suivante de destruction : on voudrait, paraît-il, lui enlever toute sa superstructure pour en faire une table à utiliser pour le culte actuel. Cela n’a aucun sens. Qui plus est, le dispositif actuel permet de montrer l’évolution de la liturgie au visiteur.
Et puis il n’y aura plus de raison de s’arrêter : pourquoi ne pas supprimer les stalles qui ne servent plus à rien, comme cela s’est fait ailleurs ? Et les tapisseries qui rappellent une époque révolue, avant que l’Eglise ne s’entiche d’une soi-disant simplicité ? Voudrait-on un bâtiment nu, vide de tout élément artistique ? »

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, chers amis de l’art et du patrimoine religieux toujours exposé au vandalisme – un vandalisme d’autant plus scandaleux lorsqu’il émane de ceux qui devraient au contraire s’employer à préserver et à chérir les monuments sacrés hérités du passé – , priez avec moi pour que le dépeçage du maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers n’ait pas lieu et pour que, s’il est encore possible, le préfet de l’Ardèche, ordonne le rétablissement de la table de communion.
Vous penserez peut-être que je suis insensé d’espérer cela, mais je crois que Dieu peut accomplir des miracles, même quand il lui faut parfois les faire à l’encontre de l’action dévastatrice de Ses ministres…

                                                                                            Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Miséricorde de l'une des stalles de la cathédrale de Viviers

Miséricorde de l’une des stalles de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers.

2017-53. Du sanctuaire de Notre-Dame de Bon-secours et de Consolation à Fresneau.

Samedi 6 mai 2017,
Premier samedi du mois de Marie ;

Fête de Saint Jean devant la Porte Latine.

Ave pretiosa - Fresneau détail du vitrail d'Adhémar de Monteil

« Ave Pretiosa »
Armoiries du village de Marsanne sur le territoire duquel se trouve le sanctuaire de Fresneau :
« D’azur à une croix de légat pommelée d’argent »
La devise – qui est celle qu’Adhémar de Monteil choisit lors de son élévation à l’épiscopat (en 1077),
constitue une invocation à la Madone : à la fois Notre-Dame de Fresneau, si proche des fiefs des Adhémar, et Notre-Dame du Puy, siège de son évêché – est aussi devenue celle du sanctuaire.

lys.gif

Ce lundi 1er mai 2017, premier jour du mois de Marie, des membres ou amis de la Confrérie Royale, du Cercle légitimiste Crillon le Brave (Dauphiné), du Cercle légitimiste Saint Louis Roi de France (vicomté de Nîmes) et du Cercle légitimiste abbé Claude Allier (Vivarais), se sont retrouvés pour une journée de prière, d’amitié et de découverte patrimoniale.

A l’invitation du Cercle légitimiste Crillon le Brave du Dauphiné, ils ont visité le sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau, y ont assisté à la Sainte Messe, puis se sont rendus à Crest où ils ont visité la fameuse tour : le plus haut donjon de France.

En ce premier samedi du mois de Marie, à l’aide des photographies prises lors de ce pèlerinage accompli en début de semaine, je souhaite vous présenter cet antique sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau

Lully.

Fresneau : le sanctuaire originel

Fresneau : la chapelle « originelle »
plusieurs fois reconstruite au même lieu depuis le XIème siècle.

A un peu moins de neuf lieues au sud de Valence et à quelque quatre lieues au nord-est de Montélimar, se trouve le très ancien village de Marsanne.
Un peu à l’extérieur du village, dans le vallon boisé appelé la Combe de Fresneau, se trouve un sanctuaire millénaire en l’honneur de la Madone, toujours bien fréquenté par les pèlerins.
La statue de la Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame de Fresneau, y a été solennellement couronnée au nom du Bienheureux pape Pie IX, le 8 septembre 1855.

C’est probablement dans la deuxième moitié du Xème siècle ou la première moitié du XIème siècle qu’il faut placer les origines du sanctuaire.
Là, à l’entrée de la Combe de Fresneau, près d’une source fraîche et abondante, un berger avait placé une rustique statue de la Vierge Marie qu’il avait lui-même sculptée.

Un maçon, tailleur de pierre de Marsanne, qui avait une fille aveugle de naissance et dont l’épouse était morte en mettant cette enfant au monde, remontait souvent ce vallon de Fresneau jusqu’à une petite carrière en amont de la source.
La jeune fille, qui restait près de la source et du modeste oratoire à y prier la Sainte Mère de Dieu, entendit un jour cette dernière lui demander de faire construire une chapelle en ce lieu, lui promettant en retour de lui accorder la vue.

Fresneau vitrail représentant l'apparition

Fresneau : vitrail représentant l’apparition…
(à la vérité, la représentation est assez fantaisiste, bien dans le style « troubadour » du XIXème siècle où ce vitrail fut réalisé ; en effet une jeune fille du XIème siècle dont le père était maçon n’était certainement pas vêtue de la sorte).

La jeune fille révéla à son père la demande de la Madone, qu’il accueillit fort mal. La Vierge insista auprès de la jeune fille, et la jeune fille auprès de son père, lequel s’entêta dans son refus jusqu’à ce que…

Le curé de Marsanne avait commandé un bénitier pour son église. Une fois le travail accompli, le tailleur de pierre le scella dans l’église à l’endroit désigné par le prêtre, mais à trois reprises, au matin des jours suivants, le bénitier fut retrouvé à l’entrée du vallon de Fresneau, à proximité de la source.

Fresneau vitrail illustrant le bénitier miraculeux

Cet événement insolite ne put rester caché et les curieux commencèrent à affluer.
Le père, ébranlé, finit par dire : « Eh bien ! Tu l’auras ta chapelle, à condition que la vue te soit donnée… » L’enfant passa sur ses yeux de l’eau de la source et s’écria : « Je vois ! »

Une petite chapelle fut donc construite, en l’honneur de Notre-Dame des Bois : le bénitier miraculeux y prit tout naturellement sa place… et s’y trouve toujours car il n’a plus eu l’envie de déménager depuis lors !

Fresneau le bénitier miraculeux

Fresneau : le bénitier miraculeux dans la chapelle originelle.

A côté de la chapelle, souvent appelée aujourd’hui « petit sanctuaire », la source dont l’eau avait guéri la jeune fille de sa cécité, sourd toujours, abondante et fraîche, et de très nombreuses personnes viennent s’y approvisionner.

Depuis le premier miracle, c’est une succession innombrable de grâces et de prodiges – physiques et spirituels – dont cette eau a été la cause.

Fresneau la source miraculeuse

Surplombant la vasque dans laquelle s’écoule la source miraculeuse, une croix de pierre porte en son centre l’inscription : « Si scires donum Dei : si vous connaissiez le don de Dieu ». C’est l’une des paroles dites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la Samaritaine, au puits de Jacob, et il convient de penser à ce qui suit immédiatement : « Si vous connaissiez le don de Dieu et qui est Celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, peut-être Lui en eussiez-vous demandé vous-même et Il vous eût donné d’une eau vive » (Johan. IV, 10) et « (…) Celui qui boira de l’eau que Je lui donnerai n’aura jamais soif ; mais l’eau que Je lui donnerai deviendra une fontaine d’eau jaillissante jusque dans la vie éternelle » (Johan. IV, 13).
Une autre inscription latine, non tirée des Saintes Ecritures, est gravée au pied de la cette croix : « Ad fontem fidei veniat languidus : que le languide vienne à la source de la foi ».

Fresneau croix de la source

La croix au-dessus de la source miraculeuse.

La chapelle originelle, qui n’était guère plus qu’un oratoire, fut visitée en 1449 par le Dauphin de France, futur Louis XI.
Elle fut malheureusement entièrement dévastée et rasée par les fanatiques huguenots en 1589.
En 1605, les habitants de Marsanne relevèrent l’abside et la dédièrent à Notre-Dame de Bon-Secours, puis, dans les années qui suivirent, ils y adjoignirent une petite nef, laquelle fut prolongée vers 1682.
Au XVIIIème siècle, la chapelle fut ornée de peintures murales à la gloire de la Très Sainte Vierge et reçut un campanile ; en action de grâces pour sa conversion, un gentilhomme heureux d’avoir recouvré la foi de ses aïeux obtint que l’on adjoignît au vocable de Notre-Dame de Bon-Secours celui de Notre-Dame de Consolation.

Aux jours de la satanique révolution, le sanctuaire fut à nouveau pillé et saccagé : tout ce qu’il contenait fut brûlé par les « patriotes », y compris la statue en bois de la Madone. Le bâtiment dévasté fut vendu comme « bien national » en 1796.
L’acquéreur la restitua en 1803 et le mouvement de dévotion reprit tandis que les villageois s’employaient à réparer, consolider et réapproprier les lieux.
C’est alors que fut sculptée une nouvelle statue de la Très Sainte Vierge Marie, pour remplacer celle qui avait été livrée aux flammes par les doux et pacifiques disciples des « lumières »

La construction d’un sanctuaire plus vaste, plus apte à accueillir des foules et à la célébration de cérémonies solennelles (comme nous le verrons plus loin), entraîna malheureusement un nouveau déclin de la petite chapelle, au point qu’à la veille de la première guerre mondiale elle menaçait ruine. 

Une nouvelle restauration eut lieu de 1925 à 1928, et encore une autre en 2005 , très peu de temps après laquelle la chapelle fut odieusement profanée et dut être réconciliée une nouvelle fois : l’autel « face au peuple » qui y fut édifié et consacré en 2007 reçut alors des reliques des Bienheureux Jacinthe et François, les deux plus jeunes voyants de Fatima.

Fresneau intérieur de la chapelle originelle

L’intérieur de la chapelle originelle, appelée aussi « petit sanctuaire » dans son état actuel.

Mais avant d’aller plus loin il nous faut revenir au XIème siècle.

Né en 1055, Adhémar de Monteil, issu de la Maison des Adhémar, branche de la lignée des comtes de Valence, bien qu’aîné de sa fratrie et destiné par ses parents à la carrière des armes, embrassa l’état ecclésiastique.
Prévôt de la cathédrale de Valence, Adhémar de Monteil fut choisit en 1077 par le pape Saint Grégoire VII pour devenir évêque du Puy en remplacement du simoniaque Etienne de Polignac, excommunié et déposé. Le nouvel évêque, acteur de la réforme grégorienne, devra lutter contre les abus et s’opposer avec énergie aux empiètements et exactions des puissants féodaux du Velay.
En 1086, il se rendit en pèlerinage à Jérusalem. A cette époque la route de Jérusalem passait par Marsanne : la tradition rapporte qu’il serait revenu s’agenouiller dans l’humble sanctuaire de Fresneau, qui devait déjà être bien cher au coeur d’Adhémar de Monteil.
Selon la tradition encore, sa devise épiscopale « Ave Pretiosa : je vous salue, ô Précieuse ! » est une invocation mariale adressée en même temps à la Madone de Fresneau dont il s’éloignait en partant pour le Velay, et à la Vierge du Puy dans la cathédrale de laquelle il allait prendre possession de son siège épiscopal. 

Ainsi Adhémar de Monteil est-il un vivant trait d’union entre le petit sanctuaire de Fresneau et la très fameuse « chambre angélique » du Puy.

Fresneau vitrail d'Adhémar de Monteil

Adhémar de Monteil (1055-1098)
vitrail du « grand sanctuaire » de Notre-Dame de Fresneau

Chacun se souvient qu’Adhémar de Monteil est particulièrement lié à l’histoire de la première croisade. Il accueillit le Bienheureux Urbain II au Puy vers la fin de l’été 1095, alors que ce Pontife se dirigeait vers Clermont où il réunit le concile qui, après avoir pris un certain nombre de mesures disciplinaires relatives au contexte ecclésial de l’époque, se termina par l’appel du pape à prendre la croix pour aller délivrer les Lieux Saints tombés au pouvoir des sectateurs de Mahomet.

Adhémar de Monteil, enthousiasmé, fut le premier à s’engager pour la croisade. Urbain II le nomma son légat pontifical au milieu des troupes croisées.

Le 1er août 1098, à Antioche de Syrie, Adhémar de Monteil, victime d’une épidémie, rendit son âme à Dieu. Avant de mourir, il exprima le désir que soient donnés au prieuré Saint-Félix de Marsanne, dont les religieux étaient en charge du culte dans la petite chapelle de Fresneau,  tous les objets de sa chapelle pontificale.
C’est ce qui explique la croix de légat qui figure depuis lors dans les armoiries de Marsanne, et aussi que la devise épiscopale de l’illustre évêque du Puy, « Ave Pretiosa », soit devenue celle du sanctuaire de Fresneau.
Quant aux objets que Marsanne hérita d’Adhémar de Monteil, ils furent bien évidemment les malheureuses victimes de la liberté, de l’égalité et de la fraternité révolutionnaires…

Fresneau mort d'Adhémar de Monteil

Vitrail du « grand sanctuaire » de Fresneau représentant la mort d’Adhémar de Monteil,
à Antioche le 1er août 1098,
et le leg des objets de sa chapelle pontificale au prieuré de Marsanne
dont les religieux étaient en charge du culte dans la chapelle de Fresneau.

Dans le grand mouvement de reconquête catholique qui anime le XIXème siècle français, la dévotion mariale occupe une place de choix : les apparitions ou manifestations de la Sainte Mère de Dieu sur le sol de France y contribuent puissamment (1830 rue du Bac et 1836 Notre-Dame des Victoires, à Paris ; 1846 à La Salette ; 1858 à Lourdes ; 1871 à Pontmain ; 1875 à Pellevoisin), et les anciens lieux de pèlerinage qui renaissent après les dévastations révolutionnaires sont des lieux privilégiés de ré-évangélisation.

En 1854, l’année où fut proclamé le dogme de la conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie, le Bienheureux pape Pie IX fut directement sollicité de divers côtés (le colonel de Baillencourt, qui était à la tête du 40ème Régiment d’Infanterie en garnison à Rome, et qui était soutenu par Monseigneur de Ségur ; S.Exc.Mgr Chatrousse, évêque de Valence, présent à Rome pour les cérémonies du 8 décembre 1854… etc.) en faveur du petit sanctuaire de Fresneau, si bien que, par des brefs apostoliques en date du 15 janvier 1855, le Bienheureux Pie IX accorda de précieuses indulgences aux pèlerins de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation ainsi que les honneurs du couronnement à sa statue : le Souverain Pontife bénit d’ailleurs lui-même à Rome la couronne de vermeil qui serait bientôt solennellement placée sur la tête de la Madone.

Le couronnement de Notre-Dame de Fresneau fut célébré solennellement le 8 septembre 1855 au milieu d’un grand concours de peuple.

Fresneau vitrail du Bx Pie IX

Le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne de vermeil destinée à Notre-Dame de Fresneau
(détail d’un vitrail du « grand sanctuaire »)

Ce renouveau du pèlerinage, en particulier au moment des cérémonies du couronnement, fit vivement ressentir la nécessité d’un lieu de culte plus vaste.
Le curé de Marsanne et quelques autres zélés dévots de Notre-Dame, encouragés par l’évêque de Valence, se dépensaient sans compter pour la construction d’une grande chapelle, mais les difficultés surgissaient à chaque pas, toujours plus nombreuses, toujours plus décourageantes.

Les promotteurs du projet, décontenancés, se rendirent à Ars afin d’y requérir l’avis du saint curé. La réponse de Saint Jean-Marie Vianney fut sans ambiguïté : « La Sainte Vierge veut à Fresneau un sanctuaire. Les difficultés disparaîtront. Il s’y fera beaucoup de bien ! »

Effectivement, la prophétie du saint curé ne tarda pas à se réaliser : les difficultés disparurent bientôt. La première pierre du « grand sanctuaire » fut bénite le 8 septembre 1857, et trois ans plus tard, le 8 septembre 1860, la Sainte Messe put être célébrée dans cette nouvelle chapelle.

Le Saint Curé d'Ars encourage les promotteurs de la construction du sanctuaire

Le saint curé d’Ars encourage l’édification du grand sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau
(détail du vitrail de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire »)

Le lien du sanctuaire de Fresneau avec le saint curé d’Ars est aujourd’hui signifié par un important reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney accroché au mur de la grande chapelle, juste au-dessous du vitrail représentant le saint et son intervention si encourageante.

Fresneau reliques du Saint Curé d'Ars

Reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire » de Fresneau.

Ce sanctuaire plus vaste achevé en 1860 a été édifié dans le style néo gothique que l’on affectionnait à l’époque.
A l’extérieur, il possède la particularité d’avoir, sur les deux contreforts qui encadrent le grand porche d’entrée, deux canons portant les aigles impériales russes.
Ces deux canons ont été offerts par Napoléon III (c’était le temps où cet homme au « coeur double » – ainsi que l’avait décrit Notre-Dame de La Salette – cherchait hypocritement à s’assurer le soutien des catholiques) ; ils ont été pris aux Russes lors de la bataille de Malakoff, le 8 septembre 1855, c’est-à-dire le jour même où fut couronnée Notre-Dame de Fresneau.

Fresneau le sanctuaire du XIXe siècle

Façade du « grand sanctuaire » de Fresneau

L’intérieur de la grande chapelle est une seule large nef, lumineuse et bien équilibrée. Il n’a fort heureusement pas été massacré par les aménagements post-conciliaires : mis à part l’installation d’un autel « face au peuple », aisément escamotable, dans l’avant-choeur, on apprécie que le maître-autel (dans les gradins duquel sont disposés de nombreux reliquaires), les stalles, la table de communion, la chaire de vérité, les confessionnaux, les statues et les bannières soient restés à leur place.

Fresneau intérieur du grand sanctuaire

Intérieur du « grand sanctuaire » de Fresneau

Dès que l’on entre, le regard est attiré par la Vierge couronnée qui trône, entourée de deux anges musiciens agenouillés, dans une espèce de grand ciborium néo-gothique édifié à l’arrière du maître-autel.

Fresneau la Vierge couronnée

Le ciborium dans lequel trône la statue couronnée de Notre-Dame de Fresneau ;
on remarque du côté de l’Evangile le vitrail représentant l’apparition, la guérison de la jeune aveugle
et le miracle du bénitier,
et du côté de l’épître le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne destinée à la statue de Notre-dame de Fresneau.

C’est dans ce sanctuaire que nos pèlerins de la Confrérie Royale, des Cercles Légitimistes du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes, et du Vivarais, auxquels s’étaient joints quelques amis et pèlerins de passage, ont eu la joie, ce lundi 1er mai 2017, d’assister à la Sainte Messe célébrée – dans le rite latin traditionnel bien sûr – par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin, grand prieur de la Confrérie Royale.

Fresneau le maître-autel prêt pour la Sainte Messe tridentine

Le maître-autel du sanctuaire de Fresneau apprêtée pour la célébration de la Sainte Messe traditionnelle,
ce lundi 1er mai 2017

Depuis combien d’années (voire de décennies) la Sainte Messe latine traditionnelle n’avait-elle pas été célébrée sur ce maître-autel du sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau ?
Depuis combien de temps l’introït « Salve Sancta Parens » et la sublime Messe IX « cum jubilo » n’avaient-ils pas résonné sous cette voûte ?
Quant au « Domine, salvum fac Regem », étant donné que le sanctuaire fut édifié sous le second empire (en pire), il est vraisemblable qu’il n’y avait jamais été chanté…

Fresneau Sainte Messe tridentine le 1er mai 2017

L’élévation du calice lors de la Sainte Messe célébrée par le Grand Prieur de la Confrérie Royale
en présence de membres et d’amis des Cercles Légitimistes du Dauphiné, du Vivarais et de la Vicomté de Nîmes,
ce 1er mai 2017

Très touchant humble et sublime sanctuaire de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation de Fresneau !
Il nous rappelle, par ses liens avec la grande histoire de notre patrie pendant près d’un millénaire, que le Royaume de France est le Royaume de Marieregnum Galliae, regnum Mariae – ; et nous y trouvons une nouvelle et urgente invitation à prier avec toujours plus d’intensité et de ferveur, à offrir toujours davantage de pénitences et de sacrifices, à oeuvrer avec toujours plus d’ardeur à notre propre conversion et à celle de ceux qui nous entourent, pour que notre France, pénitente et dévouée – Gallia poenitens et devota – revienne aux Coeurs de Jésus et Marie, afin de renouer avec la vocation qui lui a été donnée dans les fonts baptismaux de Reims, et pour redevenir le beau Royaume des Lys !

Notre-Dame de Fresneau

Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation,
priez pour nous,
priez pour la France égarée,
priez pour que le lieu-tenant sacré du Roi des Cieux puisse bientôt rétablir
le règne du divin Coeur de Jésus

en ce doux Royaume de France qui gémit sous un pouvoir oppresseur !

lys.gif

12345...30

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi