Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2015-43. Si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix.

Lundi Saint 30 mars 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien Frère Maximilien-Marie ne seront nullement étonnés si je leur dis que notre Frère a rassemblé une assez importante collection d’ « images pieuses », parmi lesquelles se trouvent quelques très beaux canivets.
Parmi ceux-ci, il y en a un que j’avais mis en réserve à votre intention pour ce commencement de la Semaine Sainte : vous trouverez ci-dessous les reproductions du recto et du verso.
Comme les textes qui y sont imprimés sont inspirés de « L’Imitation de la Sainte Vierge » (*), je vous recopie aussi, en dessous le chapitre complet auquel ces citations renvoient.

« Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus… »

Lully.

(*) L’ « Imitation de la Sainte Vierge sur le modèle de l’Imitation de Jésus-Christ » est un petit ouvrage de spiritualité paru au XIXe siècle sans nom d’auteur et qui connut une assez grande diffusion dans les milieux fervents jusque dans le premier tiers du XXe siècle : je n’ai pas trouvé trace de réimpression après 1935.

canivet Vierge des Douleurs

canivet verso

Que celui qui aime Jésus doit monter avec Jésus au Calvaire,
et y souffrir avec Lui.

(Imitation de la Sainte Vierge – Livre III, chapitre 1)

Marie :

Jésus monte au Calvaire. Venez, mon fils ; Il nous invite à y monter avec Lui. Si vous L’aimez vous ne L’abandonnerez pas.
Notre amour pour Jésus serait-il digne de Lui, si nous Le délaissions dans Ses douleurs, et lorsque tous les homme Le méconnaissent et L’outragent ?
Nous ne pouvons Lui donner aucun secours ; mais du moins nous prendrons part à Ses souffrances en mêlant nos larmes avec Son Sang, et nous Lui donnerons la consolation de voir que nous sommes prêts à souffrir pour Son amour tout ce qu’Il ordonnera.

Le serviteur :

Mais, Vierge généreuse, ne saurait-on témoigner son amour à Jésus que dans les souffrances ? Ne le peut-on dans le calme et la paix ?

Marie :

Mon fils, dans le calme et la paix, il est facile de donner des témoignages de cet amour ; mais on ne peut bien juger de sa solidité que dans un temps d’orage.
Jésus a dit : Celui qui ne porte pas sa croix et ne Me suit pas, ne saurait être Mon disciple.
Vous devez donc mettre au nombre des jours heureux ceux où vous avez des occasions d’endurer quelque chose pour l’amour de Lui.
Bien des chrétiens n’aiment guère le divin Bienfaiteur qu’à cause de Ses bienfaits, et ressemblent aux amis de la terre, qui n’aiment point gratuitement.
Ils disent qu’ils aiment Jésus de tout leur coeur ; cependant ils n’ont pas le courage de veiller seulement une heure avec Lui dans le jardin de Son agonie.
Ils protestent qu’ils Le suivront partout, même à la mort ; mais la crainte des souffrances affaiblit bientôt en eux l’amour, et ils ne suivent plus Jésus que de loin.
Pour vous, mon fils, si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix ; et, si vous L’aimez de tout votre coeur, vous embrasserez de tout votre coeur les différentes croix qu’Il vous enverra.
Celui qu’il ne faut pas forcer, comme Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus, et qui participe volontiers à l’amertume du fiel qui Lui fut présenté sur le Calvaire, celui-là aime Jésus véritablement.
Le feu de la tribulation éprouve l’or de l’amour ; il le purifie, il le perfectionne.
Jésus a vécu dans les larmes. Devez-vous vous attendre, et pourriez-vous vous résoudre à vivre dans les délices ?
Un véritable chrétien est un homme formé sur Jésus souffrant, mourant et mort en croix.
Vous Le trouvez si aimable quand vous pensez aux souffrances qu’Il a endurées pour votre amour ; ah ! combien ne devez-vous pas aimer ce qui Le rend un si digne objet de vos affections, ces souffrances même dont Il ne vous fait part que parce qu’Il vous aime !
Des hommes rachetés par la croix doivent regarder la croix comme leur partage et leur gloire.
Jésus n’est entré dans Sa gloire que par la voie des souffrances. Il n’y a pas eu pour moi une voie différente, ni pour les Saints. Il faut que vous y marchiez, si vous voulez parvenir au même terme.

Le serviteur :

Ô Vierge, mère d’un Dieu, si vous avez enduré tant de souffrances, si vous en avez conçu tant d’estime, c’est que vous aimiez Dieu plus que tous les martyrs, plus que tous les Saints ensemble.
Aidez-moi par votre intercession à vaincre ma délicatesse, ma sensibilité, l’horreur naturelle que j’ai de la croix, afin que mon coeur, mon esprit et tout ce qui est en moi prouve à mon Dieu que je L’aime.
Vous avez été la vierge la plus sainte et néanmoins la plus affligée. Je consens de participer à vos souffrances, pourvu que je participe à votre amour.
Faites que j’aime la croix de Jésus, que je mette mes délices dans la croix, afin qu’à ma mort Jésus en croix soit ma force et ma consolation.

Marie :

Comment, en effet, pourrez-vous à la mort embrasser avec confiance le crucifix, si vous avez vécu en ennemi de la croix ?
A la mort, bien loin d’être fâché d’avoir souvent été sur la croix, on voudrait y avoir été toujours, parce que’on aurait eu continuellement l’avantage de ressembler à Jésus par où Il veut surtout qu’on Lui soit conforme.
Mon fils, si, exposé aux mépris, aux mauvais traitements, aux sanglantes persécutions, vous les enduriez avec soumission, avec patience, avec constance, je verrais en vous une ravissante image de Jésus.

Le serviteur :

Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus ; mais en même temps quel avantage pour moi que celui de penser que mon état et mes dispositions m’attireront d’une manière spéciale votre protection et votre amour !

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

2015-42. Où au jour du cinquième centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus il est rappelé, par son exemple, qu’on n’entre dans les voies de l’amour de Dieu et de la sainteté qu’en passant par la porte de la Passion du Verbe Incarné.

Samedi de la Passion 28 mars 2015,
Fête de Saint Jean de Capistran
Cinquième centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus.

Statue de Sainte Thérèse par Gregorio Fernandez - 1625

Sainte Thérèse de Jésus, réformatrice du Carmel et « mère des spirituels »
(oeuvre de Gregorio Fernandez – 1625)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A la veille d’entrer dans la Grande Semaine, l’attention de notre âme est aujourd’hui retenue par un anniversaire qui intéresse au premier chef non seulement l’Ordre du Carmel réformé, non seulement le Royaume d’Espagne et non seulement la ville d’Avila, mais tous ceux qui veulent « voir Dieu » et vivre avec Lui une vie d’amour et d’intimité féconde : 28 mars 1515 – 28 mars 2015, c’est aujourd’hui l’exact cinquième centenaire de la naissance de Teresa Sanchez de Cepeda Davila y Ahumada, religieuse carmélite, réformatrice de son Ordre, fondatrice de monastères, maîtresse de vie spirituelle, et pour l’éternité Sainte Thérèse de Jésus (plus communément appelée Sainte Thérèse d’Avila).

J’ose espérer que tous nos amis ont déjà lu l’autobiographie de Sainte Thérèse (on peut même la lire « en ligne » en totalité).
Il n’y a rien de mieux, en effet, que d’aller puiser à la source même, plutôt que dans des récits de tiers – aussi remarquables soient-ils – : ce cinquième centenaire est l’occasion propice pour lire et relire les textes sortis de la plume de la Grande Thérèse, et je me garderai bien d’en faire ici le résumé !

Néanmoins, comme nous sommes aujourd’hui le samedi de la Passion et que nous entrons ce soir dans la célébration des souffrances rédemptrices de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je rappelerai seulement qu’il a fallu attendre l’année 1555 - l’année de son quarantième anniversaire donc – pour que Soeur Thérèse de Ahumada, comme l’on disait couramment alors dans son monastère de l’Incarnation, se convertisse vraiment à une vie fervente, entre dans les voies de l’oraison et de la véritable union à Dieu.

Sainte Thérèse aux pieds du Christ à la colonne - Gregorio Fernandez

La « conversion » de Sainte Thérèse devant une représentation du Christ à la colonne, en 1555
(oeuvre de Gregorio Fernandez)

Après avoir raconté sans fard qu’elle était sa vie de tiédeur et ses résistances à la grâce, Sainte Thérèse commence le chapitre IX de son autobiographie par ces lignes :
« Mon âme fatiguée aspirait au repos, mais de tristes habitudes ne lui permettaient pas d’en jouir. Or, il arriva un jour qu’entrant dans un oratoire, j’aperçus une image de Jésus-Christ couvert de plaies, qui se trouvait là pour être exposée dans une fête prochaine. Elle était si touchante, c’était une représentation si vive de ce que Notre-Seigneur endura pour nous, qu’en voyant le divin Maître dans cet état, je me sentis profondément bouleversée. Au souvenir de l’ingratitude dont j’avais payé tant d’amour, je fus saisie d’une si grande douleur qu’il me semblait sentir mon cœur se fendre. Je tombai à genoux près de mon Sauveur, en versant un torrent de larmes, et je le suppliai de me fortifier enfin de telle sorte que je ne l’offense plus désormais. »

Après cet événement déterminant, la carmélite s’attacha à méditer sur les mystères de la vie de notre divin Rédempteur, elle précise que la contemplation de la Sainte Agonie de Gethsémani lui fut spécialement profitable : « Je méditais avec prédilection sa prière au jardin des Olives. Là, je me plaisais à lui tenir compagnie. Je considérais la sueur et la tristesse qu’il avait endurées en ce lieu. »

Notons bien cette constante que l’on retrouve dans la vie de très nombreux saints : la contemplation de la douloureuse Passion de Jésus, la méditation assidue de la Passion du Sauveur, l’approfondissement jamais épuisé des mystères sacrés de la Passion de Notre-Seigneur sont essentiels à la connaissance de l’amour de Jésus-Christ et au progrès dans la vie spirituelle.

Nul besoin d’en dire beaucoup plus.
En ces célébrations de la Semaine Sainte, puissiez-vous, chers Amis, à l’exemple de Sainte Thérèse de Jésus, entrer vous aussi toujours plus avant dans les voies de l’amour de Dieu et de la sainteté, en passant avec ferveur et générosité par la seule véritable porte de la vie spirituelle, la seule véritable porte de la vie nouvelle, la seule véritable porte de la vie éternelle : la bienheureuse Passion du Verbe Incarné.

Lully.

Christ à la colonne, détail - Gregorio Fernandez

Christ à la colonne, détail
(oeuvre de Gregorio Fernandez – couvent d’Avila)

2015-41. « Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Vendredi de la Passion,
Commémoraison solennelle de la compassion de Notre-Dame.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce vendredi dans la semaine de la Passion a été consacré, depuis de très nombreux siècles, à honorer les douleurs de la Très Sainte Vierge Marie, et à célébrer liturgiquement sa compassion.

Historiquement c’est la première, et donc en un sens la plus importante, des deux fêtes de Notre-Dame des Douleurs célébrées au calendrier liturgique traditionnel. Celle que l’on trouve actuellement fixée au 15 septembre est, en effet, d’institution récente.
Aussi ne peut-on qu’être étonné par le fait que ceux qui, à partir du milieu du XXe siècle, ont prétendu réaliser un travail de « restauration de la liturgie » se sont employés à minimiser (jusqu’à faire la disparaître totalement dans le calendrier liturgique de la réforme consécutive au second concile du Vatican) la fête de la compassion de la Vierge célébrée le vendredi de la Passion.

Au Refuge Notre-Dame de Compassion, nous maintenons bien sûr cette célébration, la considérant comme l’une de nos fêtes patronales.

A cette occasion, je veux proposer à votre réflexion un très bel extrait d’un ouvrage qu’il est aujourd’hui devenu assez difficile – voire quasi impossible – de trouver : « Mater Dolorosa », du Révérend Père Augustin-Marie Lépicier (1880-1963) de l’Ordre des Servites de Marie, livre publié en 1948.
Chacune des phrases, chacun des mots de ce texte doivent être approfondis, longuement médités, lentement assimilés et compris avec le coeur de notre âme.

Nota bene : les phrases ou extraits de phrases qui sont en caractères gras dans le texte ci-dessous, l’ont été mis par nous, parce qu’ils nous semblaient particulièrement importants.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Notre-Dame de Compassion
(Piéta de taille naturelle conservée au Mesnil-Marie)

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« Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Quiconque a tant soit peut médité « le mystère de Marie » n’ignore rien de la tragique réalité de la souffrance dans sa vie – de la cause et des sources de ses souffrances – de l’immensité de cet océan d’amertume dont les flots inondèrent son âme. Il sait que depuis le Fiat de l’Annonciation auquel devait faire écho le Fiat du Calvaire, la vie de la Mère du Rédempteur fut surtout une suite de jours dont l’angoisse enveloppa de brumes ses heures les plus heureuses.
Ne devait-il pas en être ainsi ? La Toute Sainte, Celle que les générations proclameront bienheureuse ne devait-Elle pas être plongée dans l’abîme de toutes les afflictions ?
Car la sainteté est faite d’amour et le degré de sainteté est en proportion du degré d’amour pour Dieu. Or, ici-bas, la mesure de notre amour pour Dieu c’est la somme de souffrances que nous endurons par amour pour Lui.

Puisque Marie fut prédestinée, en tant que Mère du Verbe Incarné, à aimer Dieu comme jamais créature ne pourra L’aimer, il fallait, dans son amour pour Celui qui devait, par Sa Passion et par Sa Croix, sauver le monde, qu’Elle endurât une somme de souffrances supérieure à celle de toutes les créatures.
Aussi la dévotion à ses douleurs est-elle la « reine des dévotions envers Marie », comme l’assure le Père Faber : elle est à la base de ses grandeurs, le témoignage de son amour et de sa sainteté.

Quand on pense à tout cela, on se demande comment ils se fait que la dévotion aux Douleurs de Marie n’est pas mieux comprise et davantage pratiquée dans le monde foncièrement chrétien, voire dans le monde sacerdotal ; qu’elle n’occupe pas l’une des premières places dans les associations mariales et que, dans la plupart des ouvrages de mariologie, l’on en fassse, trop souvent, si peu mention…
« Enfermons-nous donc dans le jardin secret des Douleurs de Marie. C’est un des plus chers paradis de Dieu » (Père Faber).

Mais avant d’aller plus loin, répondons à une objection qui se présente peut-être, naturellement, à l’esprit de beaucoup : ne devons-nous pas croire que les joies de Marie compensèrent largement ses Douleurs ?
Tout d’abord, qui pénétrera assez intimement dans le mystère de Marie pour les départager et établir dans quelles proportions les joies contrebalancèrent ses souffrances ?
Certes, l’amour de Dieu est le suprême bonheur et, dès ici-bas, depuis Saint Paul (cf. 2 Cor. VII, 4), que de saints n’ont pas laissé échapper le cri de leur surabondante allégresse au milieu de leurs tribulations ?

Remarquons toutefois qu’entre Marie et les saints la distance est immense. Car la cause principale des souffrances de la Mère des Douleurs fut précisément Celui qui était aussi l’objet de son incomparable amour – Celui dont Elle était, d’une façon ineffable, la Mère et l’Epouse, comme Elle en était la sublime rachetée – , tandis que les saints mettaient leur joie dans la souffrance, par imitation et en esprit d’amoureuse immolation pour le Christ qui S’était immolé par amour pour eux.
Ensuite, si la présence de Jésus, depuis la Crèche jusqu’à ce qu’Il la quittât pour sauver Ses frères, fut pour Sa divine Mère une source de fréquentes joies, elle Lui fut aussi source de douleurs qui assombrissaient singulièrement ses instants de bonheur. Car, en ces moments, son âme profonde ne pouvait oublier le souvenir des douleurs passées et la certitude de plus grandes douleurs à venir.
Enfin, graduellement, tandis qu’Elle voyait sous ses yeux grandir l’Agneau pour le sacrifice, la souffrance s’implantait en son âme d’une façon de plus en plus permanente, ne lui laissant guère, surtout au cours de la douloureuse Passion, pendant et après la mort effroyable de son Fils et de son Dieu, que l’ineffable, mais aussi bien amère jouissance de réaliser dans son coeur tout ce que réalisait dans Son corps comme dans Son âme sainte le Divin Rédempteur.

Joie toute surnaturelle qui se nourrit de larmes et de souffrances : joie faite d’admiration pour le courage de son Divin Fils ; joie aussi dans l’union du martyre de Jésus à son propre martyre – du partage de Son immolation expiatrice, pour venger l’honneur dû à Dieu et réhabiliter, par son courage maternel, joint à celui du Christ, toute l’humanité.

Marie est heureuse, enfin, car c’est dans cette union de ses souffrances avec celles de Jésus, qu’Elle devient, au pied de la Croix, la Mère de tous les rachetés.
C’est ainsi qu’il faut entendre certains auteurs qui nous assurent que Marie, au pied de la Croix, connut plus grande joie qu’aux jours de l’Annonciation et de Noël. N’offrit-Elle pas de grand coeur, et même « avec joie », comme l’asssure Sainte Mechtilde, « son Fils bien-aimé à l’immolation pour le salut du monde » ?

D’autre part, nouvelle Eve du nouvel Adam, Elle devait être aussi, dans son amour sublime pour son divin Fils comme pour l’humanité qu’Elle enfantait à la grâce, par son offrande et son sacrifice, la Mère des Douleurs de l’Homme des Douleurs, Sa Co-Rédemptrice dans l’oeuvre de la Rédemption.

Elle fut donc doublement Mater Dolorosa : crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous !

Rd.P. Augustin-Marie Lépicier, « Mater Dolorosa » p.2 et suivantes.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie - détail

Pour honorer Notre-Dame de Compassion :
-  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion > www
- Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici > www
- Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs > www
- Chapelet des Sept Douleurs > www
- Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion > www
- Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame > www

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Les sept offrandes du Précieux Sang de Jésus-Christ au Père Eternel.

Vendredi de la quatrième semaine de carême,
Commémoraison solennelle du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

Déjà, dans les pages de ce blogue, on peut trouver (cf. > ici) les litanies du Précieux Sang de Notre-Seigneur et une supplique au Père Eternel par l’invocation des mérites du Précieux Sang.
Comme nous l’expliquions alors en introduction, si, dans le Missel traditionnel, il existe une fête très solennelle du Précieux Sang à la date du 1er juillet, les anciens calendriers propres de plusieurs diocèses et congrégations religieuses font aussi des commémoraisons particulières de certains mystères ou de certaines reliques de la Passion lors des vendredis du carême, et il existe donc une autre célébration du Précieux Sang de Notre-Seigneur au vendredi de la quatrième semaine de carême.

Le retour de cette date nous est donc l’occasion de publier, ci-dessous, une belle prière que l’on trouve dans quelques vieux ouvrages de dévotion ou dans le manuel de l’archiconfrérie du Précieux Sang.

Elévation du Calice

Ceci est le Calice de Mon Sang, le Sang de l’Alliance nouvelle et éternelle
- mystère de foi -
qui sera répandu pour vous et pour beaucoup en rémission des péchés.

Première offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour la propagation et l’exaltation de notre mère la sainte Eglise, pour la conservation et la prospérité de son chef visible, le souverain Pontife, pour les cardinaux, les évêques, les pasteurs d’âmes, et pour tous les ministres du sanctuaire.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Deuxième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour la conservation de la paix et de la concorde entre les rois et princes catholiques, pour l’humiliation des ennemis de la sainte foi, et pour la félicité du peuple chrétien.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Troisième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour le retour des incrédules à la lumière de la foi, pour l’extirpation des hérésies et pour la conversion des pauvres pécheurs.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Quatrième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour mes parents, pour mes amis et pour mes ennemis, pour les indigents et pour les malades, pour tous ceux qui souffrent, et aussi pour tous ceux qui se confient en mes pauvres prières et dont Vous connaissez les besoins…

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !


Cinquième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous ceux qui vont mourir aujourd’hui : daignez les arracher aux peines de l’enfer, abréger leur séjour au Purgatoire, et les admettre au plus tôt à la jouissance de Votre gloire.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Sixième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous ceux qui ont au coeur une fervente et sincère dévotion envers un si grand trésor, pour tous ceux qui me sont unis dans l’adoration et la vénération de ce Sang adorable, et pour ceux qui propagent cette sainte dévotion.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Septième offrande :

Père éternel et tout-puissant, je Vous offre les mérites du Précieux Sang de Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous mes propres besoins spirituels et temporels, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, spécialement celles qui ont été dévotes à ce Sang adorable, ainsi qu’aux douleurs et souffrances de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit… etc.

Louanges et action de grâces éternelles
à Jésus qui nous a sauvés par Son Sang !

Prière conclusive :

Dieu éternel et tout-puissant qui avez constitué Votre Fils unique, Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par Son Sang, accordez-nous, nous Vous en prions, que, vénérant le prix de notre salut et étant, par lui, protégés sur la terre contre les périls de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel.
Nous Vous le demandons par ce même Jésus-Christ, Votre Fils, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec Vous et le Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles.

Ainsi-soit-il !

Calice & Sacré-Coeur

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 20 mars, 2015 |2 Commentaires »

Le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle ».

Saint Joseph Protecteur de la Ste Eglise

Saint Joseph, protecteur de la Sainte Eglise, priez pour nous !

10 mars.

C’est aujourd’hui que commence la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Joseph (cf. > ici), chers Amis.
Sans plus de discours, je tiens seulement à publier, pour les personnes que cela pourrait intéresser, un cantique en l’honneur de Saint Joseph que nous aimons beaucoup en notre Mesnil-Marie.
Il reprend une mélodie de Nicolas Clérambault adaptée par Monseigneur Joseph Besnier, et – à la lecture de ce nom vous devez vous en douter – ce cantique est extrait du fameux « Manuel de chants du chanoine Besnier », dont j’ai déjà eu l’occasion de parler dans ces pages.

Bonne et fervente neuvaine à tous !

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Cantique Saint Joseph ô pur modèle - Clérambault

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On trouvera aussi dans les pages de ce blogue
- une proposition de neuvaine pour préparer la fête de St Joseph > www ;
- les salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > www ;
- une prière à Saint Joseph de Bon Espoir > www ;
Plus plaisamment, vous pourrez aussi vous reporter aux deux petites B.D. consacrées à Saint Joseph :
« Saint Joseph et le placage », ici > www,
et « Ite ad Ioseph ! », ici > www .

2015-38. De la vénérable Marie-Clotilde de France, reine de Sardaigne.

7 mars.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, toujours vigilants aux dates et aux anniversaires, nous sommes particulièrement unis, par le coeur et par la prière, aux cérémonies qui se célèbrent à Naples dans l’église Santa Catarina a Chiaia, tous les 7 mars, et qui ont été précédées par un triduum solennel.

Peut-être allez-vous m’interroger : « Qu’y a-t-il dans cette église Santa Catarina a Chiaia qui vous paraisse si important pour qu’à quelque 1300 km de là vous teniez à vous y unir d’une manière très spéciale ? »

C’est que dans cette église, dans une chapelle latérale située du côté de l’épître, se trouve, entourée d’une grande vénération, la tombe d’une Fille de France – petite-fille de Sa Majesté le Roi Louis XV, soeur de Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, épouse de Sa Majesté le Roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne – la vénérable Marie-Clotilde de France, dont on espère la béatification.
Les cérémonies de ce jour et le triduum qui les précèdent sont justement célébrés pour demander à Dieu la glorification de Sa servante.

Naples - église Santa Catarina a Chiaia - tombe de la Vénérable Marie-Clotilde de France

Naples, église Santa Catarina a Chiaia : tombe de la vénérable Marie-Clotilde de France.

Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde, est née au palais de Versailles, le 23 septembre 1759.
Elle est la onzième des treize enfants (dont huit morts-nés, morts dans leur premier âge ou pendant l’enfance) issus du second mariage de Louis Ferdinand (1729-1765), Dauphin de France, avec Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).

Selon l’usage, ondoyée à la naissance, elle est officiellement baptisée deux ans plus tard, le 19 octobre 1761, c’est-à-dire le lendemain du baptême des futurs Louis XVI et Louis XVIII, et le même jour que le futur Charles X.
Elle a pour parrain son frère : Louis-Auguste, duc de Berry, futur Louis XVI ; et pour marraine sa tante, Madame Louise, future Mère Thérèse de Saint-Augustin, carmélite à Saint-Denis (cf. > Princesse et carmélite).

Madame Clotilde était très liée à sa soeur – Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth – , née quatre ans et demi après elle.
Comme toute la fratrie, Madame Clotilde fut placée sous l’autorité de Marie-Louise de Rohan, gouvernante des Enfants de France, communément appelée Madame de Marsan. Mais alors que l’éducation de Madame Elisabeth, jugée « rebelle », fut laissée à une sous-gouvernante – Madame de Mackau – , Madame Clotilde, docile et studieuse, fut totalement prise en charge par Madame de Marsan qui entendait lui donner une éducation complète, telle qu’aux garçons, chose assez inouïe à l’époque.

Marie-Clotilde était âgée de 6 ans à la mort de son père et de sept ans et demi à la mort de sa mère.

D’un physique assez ingrat, Madame Clotilde souffrit des méchancetés de la cour qui l’avait surnommée « Gros Madame », en raison de son embonpoint.
On disait d’elle qu’elle était passive, apathique, insensible…

Madame Clotilde à l'âge de 12 ou 13 ans - attribué à François-Hubert Drouais (musée de Versailles)

Madame Clotilde à l’âge de 12 ou 13 ans
portrait attribué à François-Hubert Drouais
(musée national des châteaux de Versailles et Trianon)

Le 6 septembre 1775, à Chambéry, ancienne capitale des ducs souverains de Savoie, Marie-Clotilde de France, à peine âgée de seize ans, épouse Charles-Emmanuel de Savoie, fils aîné de Sa Majesté le Roi Victor-Amédée III de Sardaigne, duc de Savoie et prince souverain de Piémont.

Les liens entre les Bourbons et la Maison de Savoie sont alors très forts : tout d’abord, la mère de Charles-Emmanuel est elle-même une arrière-petite-fille de Louis XIV, puisque fille de Philippe V d’Espagne ; ensuite, deux des soeurs de Charles-Emmanuel ont déjà épousé deux des frères de Marie-Clotilde : Marie-Josèphe-Louise de Savoie, Louis-Stanislas-Xavier de France, comte de Provence, en 1771 ; et Marie-Thérèse de Savoie, Charles-Philippe de France, comte d’Artois, en 1773.
Enfin, Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, dite la Princesse de Lamballe, veuve de Louis-Alexandre de Bourbon, sera – on s’en souvient – l’indéfectible amie de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette, jusqu’à la fin tragique que l’on sait.

Si le mariage de Madame Clotilde avec le prince héritier de Piémont-Sardaigne a été dicté par la politique, il n’en deviendra pas moins un authentique « mariage d’amour » : Charles-Emmanuel, né le 24 mai 1751, a huit ans et demi de plus que sa jeune épouse ; il va aimer tendrement et choyer Marie-Clotilde, qui va pleinement s’épanouir et perdra son embonpoint.
Animés par une piété sincère et profonde, Charles-Emmanuel et Marie-Clotilde fondent leur union sur la foi chrétienne : c’est elle qui leur donne la force de porter avec abandon et sérénité l’épreuve de la stérilité, et qui les porte à une grande maturité spirituelle, au point que, en 1794, ils embrasseront tous les deux la règle du tiers-ordre de Saint Dominique.

Depuis Turin, Marie-Clotilde et Charles-Emmanuel observent avec une grande inquiétude l’évolution politique du Royaume de France : évolution qui se transforme en révolution.
Dès l’été 1789, ils accueillent à Turin le comte d’Artois et sa famille, qui sont parmi les premiers à prendre le chemin de l’exil. Dans les premiers mois de 1791, ce sont Mesdames Victoire et Adélaïde, seules survivantes des filles de Louis XV, qui font escale à la cour de Savoie avant de s’aller établir à Rome.

Les procès iniques et l’assassinat des Souverains français plongeront la cour de Savoie dans une douloureuse stupeur.

armes Reine Clotilde de Sardaigne

Armes de Marie-Clotilde de France, reine de Sardaigne.

Les terroristes parisiens avaient déclaré la guerre à tous les souverains d’Europe et ils déchaînèrent particulièrement la fureur de leurs troupes barbares sur  la Savoie, le comté de Nice et le Piémont.
Après quatre années de guerre soutenues avec vaillance, les troupes du roi Victor-Amédée III furent finalement défaites par le Buonaparte : à la suite de l’armistice de Cherasco, signé le 28 avril 1796, le royaume de Piémont-Sardaigne, contraint de se retirer de la première coalition, dut céder à la France la Savoie, le comté de Nice ainsi que quelques places fortes, et laisser les troupes françaises circuler librement en Piémont.
Cinq mois plus tard (16 octobre 1796), Victor-Amédée III s’éteignait, laissant la couronne à Charles-Emmanuel.

Charles-Emmanuel IV, roi de Piémont-Sardaigne, s’efforça dans un premier temps d’adoucir le traitement du Piémont, en temporisant avec la république ; mais en 1798 le Directoire ordonna l’occupation militaire du Piémont, et la famille de Savoie dut fuir : d’abord à Parme, puis à Florence, ensuite en Sardaigne…
Enfin, en 1799, toujours en fuite devant la révolution mais ne cessant cependant jamais leurs tentatives pour soulager leurs peuples et chasser l’envahisseur, le roi Charles-Emmanuel IV et la reine Clotilde s’établirent à Naples.
Ils fréquentaient assidument l’église Sainte Catherine (Santa Catarina a Chiaia), l’église des tertiaires. Leur vie de prière et de charité était remarquable, car ils consacraient beaucoup de temps aux nécessiteux.

Ils se rendirent à Rome pour les cérémonies de la Semaine Sainte de 1801, occasion de rencontrer le pape Pie VII (ce dernier avait été élu à Venise à la mi-mars 1800 et n’avait pu entrer à Rome que le 3 juillet de la même année), mais ils durent quitter précipitamment la Ville Sainte et rentrer à Naples, ayant été avertis juste à temps des ordres donnés par le Consulat pour les faire enlever.

La reine Marie-Clotilde succomba à la fièvre typhoïde, le 7 mars 1802, à Naples. Elle n’avait pas atteint son quarante-troisième anniversaire.
La souveraine fut inhumée dans l’église Santa Catarina a Chiaia et aussitôt sa tombe devint le centre d’un intense mouvement de ferveur populaire…

Jean-Pierre Franque tombe de la reine Marie-Clotilde acquis par Louis XVIII en 1818 -musée des Ursulines à Macon

La tombe de la reine Marie-Clotilde
(tableau de Jean-Pierre Franque, acquis en 1818 par Louis XVIII pour la collection royale,
aujourd’hui au « Musée des Ursulines » à Macon)

Dès que ses sujets apprirent la mort de leur reine, ils commencèrent à l’invoquer comme « l’ange gardien du Piémont ».
Six ans plus tard, seulement, le pape Pie VII la déclara « vénérable » (10 avril 1808) et autorisa les démarches en vue de sa béatification.

Plusieurs fois retardé – principalement en raison des agitations politiques des XIXe et XXe siècles (et aussi du fait des infiltrations révolutionnaires dans l’Eglise, qui entravent considérablement l’élévation des souverains aux honneurs des autels quand ils ont été des adversaires de l’esprit révolutionnaire) – , le décret proclamant l’héroïcité des vertus de la vénérable Marie-Clotilde de France a été signé par le pape Jean-Paul II le 11 février 1982.

Il est curieux de constater que les Français connaissent finalement moins bien que les Piémontais et les Napolitains cette Fille de France, d’une grande sainteté : il n’existe pas de biographie récente en langue française, et il faut déployer des trésors de patience et de persévérance pour mettre la main sur les ouvrages anciens.

Après la mort de son épouse, le roi Charles-Emmanuel IV abdiqua en faveur de son frère puiné, Victor-Emmanuel 1er. En 1807, à la mort du cardinal-duc d’York, dernier des Stuart, il fut néanmoins reconnu par les Jacobites comme l’héritier de la succession légitime aux trônes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, sous le nom de Charles IV.

Mais Charles-Emmanuel avait bel et bien dit adieu au monde et, après le rétablissement de la Compagnie de Jésus (1814), il entra le 11 février 1815 au noviciat des jésuites, à Rome, âgé de 64 ans. Il fut admis à la profession des voeux simples, et mourut saintement le 6 octobre 1819.
Il a été inhumé, revêtu de la soutane noire, dans l’église de Saint-André au Quirinal, où sa tombe n’est signalée que par une croix de Savoie – blanche sur fond rouge – gravée dans le marbre, avec cette seule mention : Charles-Emmanuel de Savoie, fils de la Sainte Église Catholique Apostolique et Romaine.
Sans doute mériterait-il lui aussi qu’on s’intéresse à sa cause et que l’on  instruise un procès en béatification…

La Vénérable Marie-Clotilde de France en habit de tertiaire

Prière pour demander des grâces
par l’intercession de la vénérable Clotilde de France, reine de Sardaigne
(traduite par nos soins)

O Dieu, qui, dans votre infinie bonté, donnez la gloire aux âmes qui ont observé votre sainte loi jusqu’au sacrifice, en se conformant à votre Fils bien-aimé crucifié, accueillez l’humble prière que j’élève vers Vous avec foi.
Vous qui êtes admirable dans vos saints et qui les placez comme des lampes allumées sur le chemin enténébré de l’homme, accordez-moi la grâce dont j’ai tant besoin, par les mérites de la vénérable Marie-Clotilde.
Ses vertus, sa vie profondément chrétienne, sa force héroïque dans les souffrances, sa totale conformité à votre volonté dans les événements pénibles qui ont endolori sa brève existence, ont reçu leur juste récompense dans votre Royaume éternel ; qu’elles soient également glorifiées dans votre Eglise en recevant les honneurs des autels.
Accordez-moi, avec l’aide de votre grâce, d’imiter ses vertus, maintenant que Vous l’avez placée près de nous comme modèle, et daignez me rendre digne de sa céleste protection.

Ainsi soit-il !

Trois « Gloria Patri » en l’honneur de la Très Sainte Trinité.

(avec approbation ecclésiastique)

Les personnes qui reçoivent des grâces par l’intercession de la vénérable Marie-Clotilde de France sont priées de le faire connaître au Recteur de l’église Santa Catarina a Chiaia – via S. Catarina a Chiaia, 76 – 80121 Napoli (Italie).

2015-37. Où le Maître-Chat, à l’occasion de la fête du Saint-Suaire de Notre-Seigneur, rappelle les liens qui unissent Saint François de Sales à cette précieuse relique.

Vendredi de la deuxième semaine de carême.

Ensevelissement du Christ et développement du Saint Suaire - fresque des frères della Rovere

L’ensevelissement du Christ & anges montrant le Saint Suaire
fresque des frères G.B. et G.M. della Rovere

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le vendredi de la deuxième semaine de carême, dans le propre des anciens calendriers d’un grand nombre de diocèses et de congrégations religieuses, est marqué comme le jour propre de la fête du Saint Suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aussi voudrais-je profiter de cette occasion pour vous parler – ou rappeler pour certains qui le savent déjà – qu’il existe des liens particuliers entre cette exceptionnelle relique et Saint François de Sales, si important dans la spiritualité vécue au Mesnil-Marie.

A – L’ostension du Saint Suaire à Annecy le 21 juillet 1566 :

Au printemps de l’an de grâce 1566, à Saint-Maur des Fossés, Jacques de Savoie, duc de Genevois et de Nemours (qui inspira à Madame de Lafayette le personnage de Monsieur de Nemours dans « la Princesse de Clèves »), avait épousé Anne d’Este, veuve de François 1er de Lorraine, deuxième duc de Guise.
Le mercredi 17 juillet suivant, Annecy – « la bonne ville de Nessy » comme l’on disait alors – , pavoisait et faisait fête pour l’arrivée de ses suzerains : fanfares, sonneries de cloches, foule joyeuse et chatoyante, oriflammes à la croix de Savoie flottant au vent, guirlandes de verdure, draperies et tapisseries tendues aux façades… Le somptueux cortège des nouveaux époux et de leur suite – dans laquelle on voyait les cardinaux de Lorraine et de Guise, parents de l’époux défunt d’Anne d’Este – , entrant dans la cité, se dirigea immédiatement vers l’église Notre-Dame de Liesse (l’actuelle église Notre-Dame de Liesse d’Annecy a été reconstruite au milieu du XIXe siècle : l’édifice précédent avait été gravement endommagé par les révolutionnaires, seul le clocher – mutilé – subsiste de la collégiale qui vit ces festivités de 1566) : « C’est qu’en ce jour-là, la collégiale d’Annecy possédait un trésor inestimable. Pour satisfaire à la dévotion d’Anne d’Este, Son Altesse Sérénissime Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, de qui, depuis un an, Jacques de Nemours tenait son apanage – le comté de Genevois, les baronnies de Faucigny et de Beaufort – avait permis que fût apporté de Chambéry à Notre-Dame de Liesse le suaire dans lequel, suivant une pieuse tradition, fut enveloppé le corps de Notre-Seigneur. Le cortège passerait donc par l’église avant de monter au château. Et bien des gens poussés par leur dévotion avaient fait le voyage principalement pour vénérer la précieuse relique » (Mgr. Francis Trochu, in « Saint François de Sales », tome 1, pp.20-21).
« Le grand reliquaire où se trouve enfermé le linceul de Notre-Seigneur était placé, à l’entrée du sanctuaire, sur le jubé de la collégiale. Notre-Dame d’Annecy possédait alors un choeur assez vaste pour recevoir les souverains et leur suite. Le temps pressant un peu, ce matin-là on vénéra rapidement, sans la voir, la très insigne relique ; l’ostension solennelle en serait faite le dimanche suivant » (ibid. p.22).

Ostension du Saint Suaire à la fin du XVIe siècle

Gravure de la fin du XVIe siècle montrant une ostension du Saint Suaire par un grand nombre d’évêques.

Dans le cortège de la noblesse savoisienne qui accompagnait Jacques de Savoie-Nemours et Anne d’Este, se trouvaient François de Boisy, seigneur de Sales, châtelain de Thorens, gentilhomme d’une quarantaine d’années, et sa toute jeune épouse (une quinzaine d’années environ) née Françoise de Sionnaz.

Redonnons la parole à Monseigneur Trochu :
« Le dimanche 21 juillet, l’affluence dans Annecy dépassa toute prévision (…). Aussitôt après leur messe, les cardinaux de Lorraine et de Guise, aidés par les évêques présents, déplièrent le linge sacré, le montrèrent à la foule, puis le laissèrent pendre de toute sa longueur le long du jubé. Ainsi pourrait-on contempler à loisir la double effigie laissée dans le suaire par le corps du Sauveur flagellé et crucifié.
« M. et Mme de Boisy, s’étant rendus de bonne heure à l’église collégiale, avaient pu trouver place dans la balustrade de la chapelle de Notre-Dame de Grâce, contre un pilier. Comme beaucoup d’âmes ferventes, la petite châtelaine était venue principalement pour vénérer ce très saint et précieux linge. A sa vue, elle fut saisie d’une émotion indicible.
« Elle se prosterna aux côtés de son pieux mari, lui-même agenouillé. Les sentiments secrets de leurs deux coeurs, ils se les étaient communiqués l’un à l’autre : ils désiraient une postérité, mais qui demeurât inviolablement catholique : à neuf lieues seulement de leur demeure sévissait l’hérésie protestante ; ce Calvin, dont la poigne rude et froide avait fait de Genève la citadelle de la Réforme était en terre depuis deux années seulement, et il semblait se survivre, car l’audace de Genève n’en était guère diminuée : le village de Thorens ne serait-il pas englobé bientôt dans sa conquête ? Contre cette menace le seigneur de Boisy, les doigts crispés, implorait le secours céleste.
« Mais la jeune épouse, tout en contemplant avec une compassion mouillée de larmes les traits sanglants du Sauveur, allait plus loin dans sa prière : avec une instante ferveur, elle demandait à Dieu de lui donner un fils, et que ce fils, particulièrement béni, se consacrât au service des autels. Nouvelle Anne, elle offrait d’avance au Seigneur ce nouveau Samuel » (ibid. pp.22-23).

plaque commémorative ND de Liesse Annecy

Sur la façade de l’actuelle église Notre-Dame de Liesse d’Annecy, une inscription lapidaire rappelle la prière de Madame de Boisy le 21 juillet 1566, ainsi qu’un autre événement de la vie de Saint François de Sales : l’intervention d’une colombe qui reposa sur lui au cours d’une cérémonie pontificale.

Au cours du carême suivant, Madame de Boisy connut qu’elle allait être mère, et treize mois jour pour jour après le voeu qu’elle avait intérieurement prononcé devant le Saint Suaire, dans la soirée du jeudi 21 août 1567, elle mit au monde, prématurément, un petit garçon « de bonne complexion » mais si « délicat et tendre » que l’on craignit d’abord pour sa vie.
Huit jours plus tard, le 28 août 1567 – jour de la fête de Saint Augustin, ce qui constituait une joie particulière pour le saint – , l’enfant fut baptisé dans l’église Saint-Maurice de Thorens et reçut les prénoms de François-Bonaventure ; sur les registres de catholicité toutefois, il ne fut pas nommé de Boisy, comme son père, mais de Sales, ainsi que ses ancêtres.

On sait de quelle manière, par la suite, la prière de Madame de Boisy fut magnifiquement exaucée, et quelle lumière fut et demeure, pour toute la Sainte Eglise, l’enfant dont la naissance fut demandée lors de cette ostension annécienne du 21 juillet 1566.

Armoiries de Saint François de Sales

Armoiries de Saint François de Sales.
Saint François de Sales a conservé dans son blason épiscopal les armes de sa famille qui sont :
« d’azur à deux fasces d’or vuidées de gueules, au croissant montant d’or en chef, et deux étoiles de même, l’une au milieu et l’autre en pointe ».
La devise de la famille de Sales est « Ny plus ny moins », le saint en adoptera une traduction latine : « non excidet ».

B – L’ostension du Saint-Suaire à Turin, le 4 mai 1613 :

En septembre 1578, le Saint Suaire quitta définitivement la sainte chapelle de Chambéry, pour être déposé à Turin, ville dont les ducs souverains de Savoie avaient fait leur capitale depuis 1562 : n’oublions pas que la relique appartenait à la Maison de Savoie (jusqu’en 1983, date où le roi Humbert II en a fait don au Saint-Siège).

Quelque quarante-sept ans après l’ostension annécienne, Saint François de Sales, âgé de 45 ans et demi, prince-évêque de Genève depuis dix ans et demi, de retour d’une série de pèlerinages en Italie, vint à Turin à l’occasion de la fête du Saint Suaire du 4 mai 1613 : en effet, de 1578 et jusqu’en 1720, les ostensions ont été annuelles à la date des 4 et 5 mai.
Ces présentations à la foule, massée à l’extérieur sur une place, se faisaient depuis un balcon ou une tribune d’apparat construite pour l’occasion.

Je laisse encore une fois la parole à Monseigneur Trochu :
« De nombreux évêques s’étaient réunis à Turin pour cette « fête solennelle du très saint Suaire » ; une foule innombrable venue de tout le Piémont, avait envahi la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et ses parvis. Arrivé dans la capitale probablement l’avant-veille, Mgr de Sales fut grandement étonné quand on lui vint apprendre que Son Altesse le désignait pour prendre la parole à la cérémonie, puis pour exposer la relique aux regards de la foule.
« Aux premiers jours de mai, comme l’a noté Charles-Auguste (note : Charles-Auguste de Sales, neveu et biographe du saint, prince-évêque de Genève de 1645 à 1660) « les chaleurs sont déjà extrêmes en ces quartiers-là ». Monseigneur de Genève, que son discours avait fait transpirer grandement, gravit l’escalier monumental qui accède au reliquaire ; ensuite avec le prince-cardinal Maurice de Savoie et quelques évêques, il se mit à déplier la longue pièce de lin où se voient les empreintes du corps crucifié. « Or, il arriva qu’en penchant la tête, quelques gouttes, tant de son front que de ses larmes » (récit de Charles-Auguste de Sales) roulèrent par hasard « dedans le saint Suaire même ».
« Ma très chère Mère, écrira-t-il un an plus tard jour pour jour à sainte Jeanne de Chantal, le prince-cardinal crut se fâcher de quoi ma sueur dégouttait sur le saint Suaire de mon Sauveur ; mais il me vint au coeur de lui dire que Notre-Seigneur n’était pas si délicat, et qu’Il n’avait point répandu de sueur ni de sang que pour les mêler avec les nôtres, afin de leur donner le prix de la vie éternelle »
(Mgr Francis Trochu, in « Saint François de Sales », tome 2, p.573).

Antonio Tempesta, Ostension du 4 mai 1613 à Turin - Bibliothèque royale de Turin

L’ostension du Saint Suaire du 4 mai 1613, à Turin, à laquelle prit part Saint François de Sales
(gravure d’Antonio Tempesta – bibliothèque royale de Turin)

C – Hymne liturgique en l’honneur du Saint Suaire :

Voici, pour terminer ce rappel historique et hagiographique, l’hymne liturgique en l’honneur du Saint Suaire qui se trouve dans le bréviaire de Frère Maximilien-Marie, pour ce vendredi de la deuxième semaine de carême.
Je vous en donne tout d’abord une traduction :
(1) Célébrons tous la gloire du Linceul sacré : honorons par des hymnes joyeux et par de pieux hommages les témoignages irréfragables de notre salut (2) que rappelle ce Linceul, que l’on doit vénérer à jamais, orné qu’il est par des empreintes glorieuses, en caractères de sang, reçues lorsque il recueillit, enveloppé, le Corps de Jésus descendu de la croix. (3) Il rappelle les douleurs cruelles que le Christ, Rédempteur du genre humain, prenant en pitié la chute d’Adam, a souffertes en détruisant la mort. (4) Cette image montre le côté ouvert par le fer, les paumes et les pieds percés de clous, les membres lacérés par les fouets, et la couronne d’épines enfoncée sur la tête. (5) Qui pourrait pieusement considérer l’oeil sec et sans avoir le coeur brisé ces représentations vives et sensibles d’un mort ignominieuse ? (6) O Christ, puisque nos péchés seuls ont été la cause de tant de souffrances, notre vie Vous est due : et, cette vie même, nous Vous l’avons donnée. (7) Qu’à Vous soient la gloire et la puissance, ô Fils qui rachetez le monde par votre Sang, et qui règnez avec le Père Très Haut et l’Esprit Saint. Ainsi soit-il !

Et voici maintenant l’hymne latine :

Gloriam sacrae celebremus omnes
Sindonis : laetis recolamus hymnis,
Et piis votis monumenta nostrae
Certa salutis,

Quae refert semper veneranda Sindon,
Sanguine impressis decorata signis,
Dum cruce ex alta tullit involutum
Corpus Iesu.

 Reddit haes caevos animo dolores,
Quos tulit, casum miseratus Adae,
Christus humani generis Redemptor,
Morte perempta.

Saucium ferro latus, atque palmas
Et pedes clavis, lacerata flagris
Membra, et infixam capiti coronam
Monstrat imago.

Quis pius siccis oculis, et absque
Intimi cordis gemitu notata
Vivaque indignae simulacra mortis
Cernere possit ?

Nostra cum solum tibi, Christe, culpa
Causa tantorum fuerit malorum,
Nostra debetur tibi vita : vitam
Dedimus ipsam.

Sit tibi, Fili, decus atque virtus,
Qui tuo mundum redimis cruore,
Quique cum summo Genitore, et almo
Flamine regnas.
Amen.

Sainte Trinité avec le Saint Suaire

Neuvaine à Saint François-Xavier, dite « neuvaine de la grâce », du 4 au 12 mars.

Parmi les neuvaines les plus populairesde la tradition catholique, il en est une qui a mérité le surnom de « neuvaine de la grâce » tant les bénédictions et bienfaits divins ont répondu aux prières de ceux qui l’ont pratiquée.
C’est une neuvaine de prières adressées à Saint François-Xavier, le célèbre missionnaire jésuite du XVIe siècle, compagnon de Saint Ignace de Loyola, apôtre des Indes et de l’Extrême-Orient, céleste protecteur des missions catholiques.
La fête liturgique de Saint François-Xavier est célébrée le 3 décembre, toutefois cette neuvaine – qui peut bien sûr être faite en tout temps – se pratique spécialement du 4 au 12 mars, parce que ce sont les dates qui ont été indiquées par le Saint lui-même. Le 12 mars est, en effet, la date anniversaire de la canonisation de Saint François-Xavier (en 1622, en même temps que Saint Ignace de Loyola, Sainte Thérèse d’Avila, Saint Philippe Néri et Saint Isidore le laboureur).

Nicolas Poussin miracle de Saint François-Xavier

Nicolas Poussin (1594-1665) :
Saint François-Xavier ressuscitant la fille d’un habitant de Cangoxima (Japon).
Commandée en 1641 pour le maître-autel de la chapelle du noviciat des Jésuites du faubourg Saint-Germain, à Paris, cette toile fut acquise par Louis XV en 1763, lors de la suppression de la Compagnie,
et se trouve aujourd’hui au musée du Louvre.

Origine de la neuvaine :

En décembre 1633, à Naples, un jeune jésuite, le Père Marcello Mastrilli, qui attendait de partir pour la mission du Japon (l’une des plus périlleuses à l’époque, en raison d’une persécution particulièrement féroce), fut victime d’un grave accident : gravement blessé à la tête par la chute d’un objet lourd, il était entre la vie et la mort, lorsque saint François-Xavier lui apparut et l’invita à renouveler son vœu de partir en mission. Le saint ajouté : « Tous ceux qui imploreront mon aide chaque jour, pendant neuf jours consécutifs, du 4 au 12 mars, et recevront dignement les sacrements de pénitence et d’Eucharistie connaîtront ma protection et peuvent espérer avec pleine assurance obtenir de Dieu toute grâce demandée pour le bien de leur âme et la gloire de Dieu ».
La vision disparut. Le Père Mastrilli était parfaitement guéri.
Peu de temps après, il fut envoyé pour la mission du Japon, où il reçut la grâce du martyre (
17 octobre 1637).

D’abord pratiquée à Naples, dans le collège des jésuites où le miracle s’était produit, la neuvaine se répandit rapidement dans le royaume, dans toute l’Italie, à Rome puis dans toute la Chrétienté, en raison des abondants fruits de grâce qu’elle obtenait.
Elle fut encouragée par plusieurs Souverains Pontifes qui l’enrichirent de précieuses indulgences.

Poussin -Miracle de saint François-Xavier - détail 1

Nicolas Poussin : le miracle de Saint François-Xavier – détail.

Prière de la neuvaine :

Saint très aimable et plein de charité, Saint François-Xavier, j’adore respectueusement avec vous la Majesté Divine, et parce que je me complais singulièrement dans la pensée des dons éminents de grâce qu’Elle vous a départis pendant votre vie, et de gloire après votre mort, je Lui en rends les plus ferventes actions de grâces, et je vous supplie, de tout mon cœur, de m’obtenir par votre puissante intercession la grâce si importante pour moi de vivre et de mourir saintement ; je vous supplie de m’obtenir aussi… (ici on mentionne la grâce spirituelle ou temporelle que l’on désire obtenir)
Mais, si ce que je vous demande n’est point selon la Gloire de Dieu et le plus grand bien de mon âme, obtenez-moi ce qu’il y a de plus conforme à l’un et à l’autre.

Ainsi soit-il.

Il est coutume d’ajouter aussi :
V. : Priez pour nous, Saint François-Xavier.
R. : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

O Dieu qui, par la prédication et les miracles de Saint François-Xavier, avez réuni à Votre Eglise les nations des Indes, accordez-nous, nous Vous en supplions, que, vénérant ses glorieux mérites, nous imitions aussi l’exemple de ses vertus, nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il !

On ajoute enfin 5 Pater noster, 5 Ave Maria et 5 Gloria Patri.

Poussin - Miracle de saint François-Xavier détail 2

Nicolas Poussin : miracle de Saint François-Xavier – détail

Texte latin :

Novemdiales preces a gratia nuncupatæ in honorem Sancti Francisci Xaverii, Indiarum Apostoli (dicendæ a die iv ad diem xii mensis martii)

O valde amabilis et caritate plene, sancte Francisce Xaveri, tecum Maiestatem divinam reverenter adoro ; et quoniam summopere gaudeo, de singularibus gratiæ donis, quæ ipsa tibi contulit in hac vita, et gloriæ post mortem, Ei máximas ago gratias, teque toto cordis affectu deprecor, ut efficaci tua intercessione præcipuam mihi gratiam velis obtinere sanctam vitam agendi sancteque moriendi. Insuper te rogo, ut mihi impetres … (hic exprimatur gratia sive spiritualis sive temporalis imploranda). Si vero id, quod a te suppliciter peto, ad Dei gloriam et ad maius bonum animæ meæ minime confert, tu, quæso, mihi impetres quod utrique est utilius. Amen.

Pater, Ave et Gloria (quinquies)

V. Ora pro nobis, sancte Francisce Xaveri.
R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

Oremus. Deus, qui Indiarum gentes beati Francisci prædicatione et miraculis Ecclesiæ tuæ aggregare voluisti : concede propitius ; ut, cuius gloriosa merita veneramur, virtutum quoque imitemur exempla. Per Christum Dominum nostrum. R. Amen.

Frise maniériste

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 4 mars, 2015 |2 Commentaires »

2015-36. Du sanctuaire Saint Joseph de Bon Espoir, à Espaly-Saint-Marcel.

Lundi 2 mars 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 2 mars, au Mesnil-Marie, entre autres commémoraisons, nous nous souvenons du martyre – malheureusement bien oublié par notre diocèse de Viviers – d’une quarantaine d’ecclésiastiques qui, le 2 mars 1573, furent massacrés de la plus horrible manière par les huguenots, en haine de la foi et de l’église catholiques, à Villeneuve-de-Berg, où ils étaient réunis en synode.
Nous rappelons aussi le martyre, pendant la grande révolution, de l’abbé Pierre Montagne, prêtre du diocèse de Viviers guillotiné à Paris le 2 mars 1794.

Mais ce dont je veux vous entretenir aujourd’hui, c’est du mois de Saint Joseph, qui a commencé hier.

Saint Joseph

Bien sûr, nous ne prions pas Saint Joseph uniquement pendant le mois de mars : c’est en tous temps que nous recourrons à son intercession.
De plus, comme je vous l’avais expliqué dans ma chronique de l’été 2009 (> ici), sa statue se trouve dans une niche au pied de l’escalier qui monte à notre oratoire : ainsi, à chaque fois que nous passons devant, nous tournons notre coeur vers Saint Joseph et nous l’invoquons.

Mais puisque la piété chrétienne lui a particulièrement dédié le mois de mars, nous n’omettons pas, tout au long de ce mois, de nous recommander à lui davantage encore, et de lui recommander plus instamment les intentions qui nous sont confiées.
C’est pour cela que, hier dimanche 1er mars, après la Sainte Messe, notre Frère Maximilien-Marie a tenu, avant de rentrer au Mesnil-Marie, à faire une halte au sanctuaire de Saint Joseph de Bon Espoir, à Espaly-Saint-Marcel : il ne s’agissait pas de faire un très « grand » et long pélerinage, mais juste de prendre le temps de monter jusqu’à la grotte-chapelle pour y déposer symboliquement, aux pieds de la statue de Saint Joseph qui a choisi ce lieu pour y répandre d’abondantes grâces, tant de soucis, de peines, de souffrances, de maladies, d’inquiétudes, d’espérances, de projets, de familles… etc. pour lesquels on sollicite nos pauvres prières.

Saint Joseph de Bon Espoir - Espaly-Saint-Marcel

Vue générale du sanctuaire de Saint Joseph de Bon Espoir, à Espaly-Saint-Marcel.

Comme cette année 2015 marque le cent-soixantième anniversaire du commencement de la dévotion à Saint Joseph en ce lieu, laissez-moi vous conter cette histoire.

Espaly-Saint-Marcel, est une commune qui touche celle du Puy-en-Velay : ce n’était d’ailleurs à l’origine qu’un faubourg de la ville.
En 1855, deux dentellières de ce village trouvent une image de Saint Joseph. Elles la déposent dans une anfractuosité du rocher volcanique où avait été érigé au Moyen-Age un château, totalement détruit depuis.

A partir de ce moment, les pieuses femmes de cette humble paroisse prennent l’habitude de venir devant ce rustique oratoire pour confier à Saint Joseph leurs intentions : on y vient en groupe, on s’y retrouve pour réciter ensemble le chapelet et chanter des cantiques…
Puis on y revient pour dire « merci » parce que, de toute évidence, Saint Joseph aime qu’on le prie en ce lieu puisqu’il exauce les prières qu’on y vient lui adresser.

Alors, une modeste construction de planches est édifiée en avant de l’anfractuosité où est exposée l’image de Saint Joseph.

A partir de 1865 (il y a donc cent-cinquante ans cette année), voyant les fruits de grâce de ce minuscule pélerinage qui s’est implanté tout doucement – mais solidement – depuis dix ans, un vicaire zélé, l’abbé Fontanille, lequel est lui-même depuis sa plus tendre enfance un fervent dévôt de Saint Joseph, décide de s’investir totalement dans le développement et la promotion du culte de Saint Joseph sur ce rocher.
En remplacement de la cabane de planches et de l’anfractuosité où a été déposée la première image de Saint Joseph, on creuse dans la roche une grotte-chapelle, avec un autel et une « vraie » statue de Saint Joseph en bois doré. C’est la grotte-étable de Bethléem qui est ainsi évoquée, et – à travers elle – tout le rôle de Saint Joseph dans l’économie du mystère de l’Incarnation.

Espaly-Saint-Marcel -grotte-chapelle de Saint Joseph - état ancien

La grotte-chapelle dans son état ancien.
On remarque l’autel de marbre et la table de communion, les statues, les très nombreux ex-voto et le chemin de croix :
tout cela a disparu aujourd’hui ainsi que le montre la photo suivante, prise ce 1er mars 2015…

Espaly-Saint-Marcel - grotte chapelle état au 1er mars 2015

Et puisque les voeux de ceux qui grimpent jusque là pour lui confier, dans la prière, leurs espérances, sont si bien exaucés, le vocable de Saint Joseph de Bon Espoir va s’imposer.
C’est ce vocable qui explique aussi que, sur la satue de la grotte-chapelle, Saint Joseph tient une ancre, qui, dans la symbolique chrétienne traditionnelle, représente l’espérance.

Statue de Saint Joseph de Bon Espoir

Statue de Saint Joseph de Bon Espoir, dans la grotte-chapelle.

La grotte-chapelle, bientôt trop petite pour contenir les fidèles qui affluent, sera agrandie.
Puis, sur le sommet du rocher, l’abbé Fontanille, décide de faire ériger une statue monumentale de Saint Joseph qui fera en quelque sorte le pendant de la statue monumentale de Notre-Dame de France érigée au Puy sur le rocher Corneille, au-dessus de la cathédrale.

Achevée et bénite lors d’une cérémonie solennelle le 11 avril 1910, la statue – en ciment armé – est l’oeuvre d’un frère jésuite : elle représente Saint Joseph tenant l’Enfant Jésus debout sur son établi, tandis que, de sa main droite, il montre le ciel.

Espaly-Saint-Marcel - statue monumentale de Saint Joseph

Sanctuaire de Saint Joseph de Bon Espoir : la statue monumentale en 2015 ;
et ci-dessous une carte postale montrant une vue d’ensemble avant la construction de la grande église.

Espaly-Saint-Marcel sanctuaire de Saint Joseph et statue monumentale avant la construction de la basilique

Ensuite (1918), l’abbé Fontanille fera construire une grande église, accolée au rocher.
L’architecture de ce nouveau sanctuaire a voulu évoquer l’ancien château médiéval qui s’élevait ici avant le XVIIe siècle : on ne peut pas dire que ce soit une merveille d’élégance et de bon goût religieux, mais du moins cet édifice présente-t-il l’avantage très pratico-pratique de contenir un assez grand nombre de pélerins aux jours de fête.
Depuis son parvis, on découvre un splendide panorama de la ville du Puy et de ses remarquables sanctuaires : la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, la statue de Notre-Dame de France (cf. > www) et la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe.

panorama du Puy-en-Velay depuis le parvis du sanctuaire de Saint Joseph de Bon Espoir

Panorama du Puy-en-Velay contemplé ce 1er mars 2015 depuis le parvis du sanctuaire de Saint Joseph de Bon Espoir.

Bon et fervent mois de Saint Joseph, chers amis : nous nous retrouvons par la prière auprès de lui, comme auprès de Notre-Dame de Compassion et du Sacré-Coeur de Jésus

Lully.

frise avec lys naturel

Prière à Saint Joseph de Bon espoir
(diffusée par le sanctuaire)

Saint Joseph, vous avez été choisi par Dieu pour être l’époux de Marie, mère virginale du verbe fait chair. En Jésus vous avez contemplé le don du Père. Vous vous êtes mis à l’école du Sauveur, tout en veillant à sa subsistance et à son éducation dans un climat de respect, de prière et d’amour.
Par votre travail humble et persévérant, vous avez servi, avec la joie du coeur donné, ceux que l’unique Père des cieux vous avait confiés.
Modèle parfait de l’autorité paternelle, nous vous prions pour que nos familles dans l’amour et la prière glorifient toujours mieux la Trinité divine, notamment en étant source de réconciliation et d’espérance à l’égard de ceux qui sont blessés dans leur coeur par des divisions ou par des séparations douloureuses.
Glorieux Saint Joseph que nous aimons à invoquer sous le vocable de Saint Joseph de Bon Espoir, nous vous prions aussi pour l’Eglise, la famille universelle des enfants du Père. Vous êtes son protecteur et gardien. Veuillez lui obtenir la grâce d’une unité de plus en plus forte dans la charité.
Nous vous confions à nouveau nos familles de la terre, afin que par la sainteté exemplaire de leurs membres, elles contribuent à l’expansion du Royaume de Dieu parmi les hommes et au salut de toute l’humanité.

Ainsi soit-il !

frise avec lys naturel

Prières pour le mois de Saint Joseph > www
Salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > www
Neuvaine du 10 au 18 mars pour préparer la fête de Saint Joseph > www
BD – Allez à Joseph > www
BD – Saint Joseph et le placage > www

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