Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2026-113. Rendez-vous légitimiste : mardi 14 juillet 2026.

Journée contrerévolutionnaire

et légitimiste

au Mesnil-Marie

Mardi 14 juillet 2026

Drapeau fleurdelysé avec citation

   La Fédération Rhodanienne Légitimiste invite les adhérents des Cercles qui la composent ainsi que les sympathisants de la cause légitimiste à marquer le 14 juillet autrement : elle organise donc une journée contrerévolutionnaire, qui, pour cette année 2026, se tiendra dans le cadre du Mesnil-Marie, à Saint-Martial (07310).

   Le programme détaillé en sera communiqué personnellement aux personnes intéressées : nous mentionnons seulement ici que cette journée sera composée de temps spirituels et d’enseignements, et également de moments d’échanges.

Renseignements : fede.legi.rhod@gmail.com

Lys de la Madone

2026-110. De la communion spirituelle.

Mercredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

Image souvenir de communion - blogue

       La communion spirituelle, appelée aussi parfois « communion de désir », est probablement du nombre des plus puissants et aussi des plus faciles parmi les moyens de sanctification à notre portée – tous les jours et à chaque instant du jour -, mais il est peut-être aussi l’un des plus ignorés, spécialement à notre époque.
Déjà au XVIIIème siècle Saint Léonard de Port-Maurice s’exclamait avec tristesse :

   « O salutaire communion spirituelle ! Trésor caché et connu de bien peu de chrétiens… Autant vous êtes précieuse, autant vous êtes peu connue, et surtout peu pratiquée des chrétiens de nos jours ! »

   Depuis des siècles, les grands spirituels, de très nombreux saints, des docteurs de l’Eglise, des pontifes – jusqu’au Vénérable pape Pie XII -, et même le concile de Trente ont enseigné et recommandé sa pratique : on ne peut donc qu’être frappé par l’ignorance de tant de fidèles à son sujet et, en conséquence, par cette négligence d’une pratique de dévotion si fructueuse, qui peut être accomplie par tous, tandis que la communion sacramentelle exige des dispositions de corps et d’âme qui rendent parfois nécessaire que l’on s’en abstienne.

Figure eucharistique - vignette - blogue

I – Qu’est-ce que la communion spirituelle ?

   On appelle communion spirituelle un acte intérieur d’union à Notre-Seigneur Jésus-Christ réellement et substantiellement présent dans la Sainte Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception :

   « Elle consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement » (concile de Trente, session XIII, ch. 8).

II- Quels éléments comporte la communion spirituelle ?

   Elle est constituée essentiellement par un désir.
Avec sa précision coutumière, Saint Thomas d’Aquin affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit la Sainte Eucharistie seulement en désir, comme c’est le cas dans la communion spirituelle.
C’est aussi ce qu’enseigne Saint François de Sales :

   « Quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la Sainte Messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur » (Introduction à la vie dévote, chap. 21).

   C’est un désir explicite du sacrement, inspiré par la charité.
La communion spirituelle requiert l’état de grâce. Nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle.
Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile de Trente, ce sont celles qui sont indiquées ci-dessous et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : « actes avant et après la sainte communion ».

Image souvenir de communion - blogue

III- La valeur de la communion spirituelle repose sur deux principes :

   -III a. Premier principe : la foi en la présence de Notre-Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.
On ne peut bien comprendre le désir de la Sainte Eucharistie, si on n’accepte pas le principe de sa valeur sanctifiante : c’est parce que l’on croit à la Présence réelle et vivifiante du Christ dans l’Eucharistie, qu’on désire recevoir le sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’Eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le Pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.
Les textes de la liturgie catholique nous rappellent à tout moment – très particulièrement dans les oraisons « secrète » et « postcommunion » des Messes – et déclinent ce caractère propre du sacrement.

   -III b. Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.
C’est un principe admis par les théologiens qu’en beaucoup de cas le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même. Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement mais le désir atteint la réalité sans passer par le signe sacramentel.
Ainsi, l’âme qui tend ardemment à s’unir à la vie du Christ-Sauveur dans la Sainte Eucharistie la trouve, par Sa grâce, car Notre-Seigneur ne saurait manquer à ceux qui Le cherchent.

Figure eucharistique - vignette - blogue

IV- Quels sont les effets de la communion spirituelle ?

   Les effets produits par la communion spirituelle sont semblables à ceux de la communion eucharistique : augmentation de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité.

   On rapporte de Sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on ne lui permettait pas la réception de la sainte communion (en un temps où la communion quotidienne était très exceptionnelle), elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles dans le cours de la Sainte Messe, et elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles.

   Ces effets peuvent parfois être supérieurs à ceux produits par la communion sacramentelle, si les dispositions de l’âme sont très pures et très ferventes : 

   « Il peut arriver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez au moins autant de grâces qu’on en obtient par la communion sacramentelle », écrit le Vénérable Louis Dupont s.j.

Image souvenir de communion - blogue

V- Comment la communion spirituelle doit-elle être pratiquée ?

   Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce texte :

   « Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son cœur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur.
Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans cet auguste Mystère.
Puis elle considérera la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des Saintes Espèces : qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels Il désire S’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère.

   Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir : d’humilité, à la vue de sa propre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu.

   Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’Eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à Lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille.

   Elle terminera la communion spirituelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu sacramentellement dans son cœur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle Lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Jean-Baptiste Scaramelli s.j. , « Méthode de direction spirituelle »).

Figure eucharistique - vignette - blogue

Prière de Saint Alphonse-Marie de Ligori

pour la communion spirituelle :

   Mon Jésus,
je crois à Votre Présence
dans le Très Saint Sacrement.
Je Vous aime plus que toute chose
et je desire que Vous veniez dans mon âme.

   Je ne puis maintenant Vous recevoir sacramentellement dans mon coeur :
venez-y au moins spirituellement.

   Je Vous embrasse comme si Vous étiez déjà venu,
et je m’unis à Vous tout entier.

   Ne permettez pas que j’aie jamais
le malheur de me séparer de Vous.

Ainsi soit-il !

gravure de missel - fête-Dieu

2026-108. Méditation proposée pour la fête du Très-Saint-Sacrement.

Jeudi après le dimanche de la Sainte Trinité :
Fête du Très-Saint-Sacrement.

Adoration du Très Saint Sacrement

Présence de Dieu :

« O Pain Vivant, qui caches mon Trésor,
prosterné devant Toi, je T’adore ! »
                                      (Saint Jean de la Croix – poésies).

Méditation :

       1 – D’étape en étape, nous sommes montés, au cours de l’année liturgique, de la considération des mystères de la vie de Jésus, jusqu’à la contemplation de la Très Sainte Trinité, dont nous avons célébré la fête dimanche dernier. Jésus, notre Médiateur, notre vie, nous a pris par la main et nous a conduits vers la Trinité ; et, aujourd’hui, il semble que la Trinité Elle-même veuille nous ramener à Jésus, considéré dans Son Eucharistie.
« Nul ne vient au Père que par Moi » (Jean XIV, 6), a déclaré Jésus, et Il a ajouté : « Nul ne peut venir à Moi si Mon Père [...] ne l’attire » (Jean VI, 4).
Tel est l’itinéraire de l’âme chrétienne : de Jésus au Père, à la Trinité ; de la Trinité, du Père, à Jésus. Jésus nous porte au Père, le Père nous attire vers Jésus.
Le chrétien ne peut absolument se passer du Christ ; Il est, au sens le plus strict du mot, notre Pontife, Celui qui fait le pont entre Dieu et nous.
A la fin du cycle liturgique, dans lequel nous commémorons les mystères du Sauveur, l’Eglise, en bonne Mère, sachant que notre vie spirituelle ne peut subsister sans Jésus, nous conduit vers Celui qui vit véritablement dans le Très-Saint-Sacrement de l’autel. La solennité du « Corpus Domini » n’est pas le simple souvenir d’un fait historique qui se pasa il y a environ deux mille ans, au soir de la dernière Cène ; c’est la fête d’un fait actuel, d’une réalité toujours présente, toujours vivante au milieu de nous, grâce à laquelle nous pouvons dire que Jésus ne nous a pas « laissés orphelins », mais qu’Il a voulu S’établir auprès de nous, dans l’intégrité de Sa Personne, avec toute Son Humanité, toute Sa Divinité.
« Il n’est point – et il n’y eut jamais – d’autre nation si grande, chante avec enthousiasme l’Office du jour, qui ait des dieux proches d’elle, comme notre Dieu nous est présent » (Bréviaire).
Dans l’Eucharistie, Jésus est vraiment l’Emmanuel, le Dieu avec nous.

Philippe de Champaigne - la petite Cène - Louvre

Philippe de Champaigne (1602-1674) : la Cène, dite « la petite Cène » (1652)
[Musée du Louvre, Paris].

       2 – L’Eucharisite n’est pas seulement Jésus vivant véritablement parmi nous, mais Jésus en tant qu’Il S’est fait notre nourriture. Tel est l’aspect principal sous lequel la liturgie du jour nous présente ce mystère ; on peut dire qu’il n’est aucune partie de la Messe qui ne s’y rapporte directement ou, tout au moins n’y fasse allusion.
L’introït s’y réfère en mentionnant le froment et le miel dont Dieu nourrit jadis les Hébreux au désert, – aliments miraculeux, et cependant très pauvres images du « Pain vivant et vivifiant » (séquence) de l’Eucharistie.
L’épître en parle, en rappelant l’institution du Sacrement, lorsque Jésus « prit du pain et, rendant grâces à Dieu, le rompit et dit : ‘Prenez et mangez : ceci et Mon Corps’ » ; le graduel le chante : « Les yeux de tous les êtres attendent tournés vers Vous, Seigneur, et Vous leur donnez la nourriture en temps opportun ».
La très belle séquence du Lauda Sion le célèbre longuement, tandis que l’Evangile, faisant écho à l’Alléluia, cite le passage le plus significatif du discours dans lequel Jésus Lui-même annonça l’Eucharitie : « Ma Chair est vraiment une nourriture, et Mon Sang vraiment un breuvage ».
Reprenant une phrase de l’épître, la Communion nous rappelle ensuite le devoir de recevoir dignement le Corps du Seigneur.
La Postcommunion, enfin, nous dit que la communion eucharistique est le gage de l’éternelle communion du Ciel.

   Mais pour mieux comprendre la valeur immense de l’Eucharistie, il faut se rapporter aux paroles mêmes de Jésus, rappelées très opportunément dans l’Evangile du jour : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, vit en Moi et Moi en lui ».
Jésus S’est fait notre nourriture pour nous assimiler à Lui, nous faire vivre de Sa vie, nous faire vivre en Lui, comme Lui-même vit en Son Père.
L’Eucharistie est vraiment le sacrement de l’union, en même temps que la preuve la plus claire et la plus covaincante que Dieu nous aime et nous appelle à l’union intime avec Lui.  

 Luca Giordano - la communion des Apôtres - Bilbao

Luca Giordano (1634-1705) : la communion des Apôtres (vers 1700)
[Musée d'art sacré de Bilbao].

Colloque :

       « O Dieu, ô Créateur, ô Esprit de vie qui comblez Vos créatures de grâces, Vous accordez à Vos élus le don qui toujours se renouvelle : le Corps et le Sang de Jésus-Christ !
O Jésus, Vous avez institué ce Sacrement, non par crainte, ni dans le désir d’en retirer quelque avantage, mais uniquement sous la motion d’un amour qui n’a pas d’autre mesure que d’être sans mesure. Vous avez institué ce Sacrement, parce que Votre amour surpasse toute expression.
Brûlant d’amour pour nous, Vous avez voulu Vous donner à nous et avez pris place dans l’Hostie consacrée, tout entier et pour toujours, jusqu’à la consommation des siècles.
Vous l’avez fait, non seulement pour nous rappeler le souvenir de Votre mort qui est notre salut, mais encore pour demeurer avec nous tout entier et à jamais.

   « O mon âme, si tu veux pénétrer dans la profondeur de ce mystère, il faut que l’amour éclaire ton regard pour que tu discernes et comprennes ! Considère la dernière Cène : vois Jésus-Christ, conscient  d’avoir à Se séparer bientêt de Son Humanité, et voulant pourtant S’unir à nous à jamais ; contemple l’amour par lequel Il institua le Sacrement qui Lui permet de S’unir corporellement et pour toujours à l’humanité.
O amour inextinguible ! O amour du Christ, ô amour du genre humain ! Quel véritable foyer d’amour ! O Jésus, Vous aviez déjà sous les yeux la mort qui Vous attendait, les douleurs et les tourments atroces de la Passion Vous déchiraient le Cœur, et néanmoins Vous voulûtes Vous offrir à Vos bourreux et faireen  sorte que, grâce à ce Sacrement, ils puissent Vous posséder toujours commedon d’éternité, ô Vous, dont les délices sont d’être avec les enfants des hommes !

   « O mon âme, comment ne te plongerais-tu pas toujours davantage dans l’amour du Christ sur qui l’oubli n’eut prise ni dans la vie ni dans la mort, mais qui a voulu Se donner tout entier à nous et nous unir à jamais à Lui ? » (Sainte Angèle de Foligno).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
In « Intimité divine », tome II pp. 3-6.

Première Communion de Saint Louis de Gonzague - Pietro Sindico 1939

Pietro Sindico (1818-1893) : Première communion de Saint Louis de Gonzague
de la main de Saint Charles Borromée (1839)
[Palazzo Sordello Mantoue].

2026-107. Historique de l’Institution de la fête du Très-Saint-Sacrement.

Mercredi après le dimanche de la Sainte Trinité.
Veille de la fête du Très-Saint-Sacrement.

       A la veille de la fête du Très-Saint-Sacrement, il n’est pas inutile d’y préparer nos intelligences en se replongeant dans l’historique de son institution, d’autant que cette histoire est riche d’éléments aptes à nourrir nos cœurs et nos âmes d’éléments spirituels forts qui nous stimuleront à célébrer cette fête avec toujours plus de ferveur et d’amour.

   Voici donc le récapitulatif des textes que nous avons publiés à ce sujet, avec les liens pour les atteindre :

Pierre-Paul Rubens - les défenseurs de l'Eucharistie

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) : les défenseurs de l’Eucharistie (1625)
[Musée du Prado, Madrid].

1 – Sainte Julienne du Mont-Cornillon : sa vie et sa mission pour toute l’Eglise > ici.

2 – La première célébration de la Fête-Dieu, à Liège, en 1246 > ici

3 – Le miracle eucharistique de Bolsena, en décembre 1263 > ici

4 – L’institution de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle, en 1264 > ici

4 – Le texte de la Bulle « Transiturus » (1264) du pape Urbain IV : un texte magnifique à méditer > ici

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gravure de missel - fête-Dieu

Neuvaine de Saint Pie de Pietrelcina au Sacré-Cœur de Jésus, dite « Neuvaine irrésistible » :

Saint Pie de Pietrelcina avec le Sacré-Cœur

   O Jésus, Vous qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira ! » voici que je frappe, je cherche et je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

   O Jésus, qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, tout ce que vous demanderez à Mon Père en Mon Nom, Il vous l’accordera », voici qu’en Votre Nom je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

   O Jésus, qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, le ciel et la terre passeront, mais Mes paroles ne passeront point », voici qu’en m’appuyant sur l’infaillibilité de Vos saintes paroles je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

On trouvera la liste des autres prières au Sacré-Cœur publiées dans ce blogue > ici

2026-106. Du temps après la Pentecôte.

Dimanche de la Très Sainte Trinité.

cycle liturgique

       Le Temps après la Pentecôte couvre environ la moitié de l’année liturgique : 23 à 28 semaines, en fonction de la date de Pâques. Lorque la fête de Pâques arrive tôt, les dimanches après l’Epiphanie sont moins nombreux et les dimanches après la Pentecôte s’augmentent d’autant.

   Les dimanches du Temps après la Pentecôte se succèdent d’une manière quasi uniforme, avec une importance égale : ils sont tous de rite semi-double.
Les vêpres sont également toujours les mêmes chaque dimanche ; seules varient l’antienne du Magnificat, prise à l’Evangile, et l’oraison, qui est celle de la Messe.
Les ornements sont verts.

   Toutes les fêtes, à l’exception de celles de Notre-Seigneur et des fêtes de première ou de deuxième classe, cèdent le pas au dimanche, fussent-elles d’un rite supérieur au rite semi-double du dimanche lui-même (les fêtes de rite double ou double majeur donc) : on se contente d’en faire mémoire. Ainsi l’a voulu le pape Saint Pie X.

   Lorsque la Messe d’un dimanche après la Pentecôte est empêchée en raison de la coïncidence d’une grande fête, on doit toujours en faire la mémoire à la Messe de la fête et en lire l’Evangile à la fin (au lieu de la lecture du commencement de l’Evangile selon Saint Jean). De plus, lorsque la chose est possible, cette Messe du dimanche devra être reprise en semaine.
Ces dispositions permettent au sanctoral, particulièrement fourni au Temps après la Pentecôte, de se développer sans nuire au temporal.

   Introduite tardivement dans le cycle liturgique et étendue à l’Eglise universelle au XIVème siècle seulement, la fête de la Très Sainte Trinité supplante le premier dimanche après la Pentecôte, et, dans la liturgie traditionnelle, on fait donc mémoire de celui-ci selon la règle précisée ci-dessus (nota bene : en revanche dans la liturgie déjà-un-peu-réformée de 1960 [missel de Jean XXIII], cette commémoraison du dimanche a disparu et la Messe de ce dimanche ne peut plus être célébrée qu’en semaine).

   Pendant le Temps après la Pentecôte, dans tous les pays où toutes les fêtes de précepte (explications > ici) impérées par l’Eglise qui arrivent en semaine ne sont pas chômées, elles doivent être solennisées au dimanche suivant : elles le sont alors au détriment du « dimanche vert » dont on fait la mémoire conformément à ce qui a été dit ci-dessus : en France, par exemple, c’est le cas pour la Fête du Très Saint Sacrement, qui est donc solennisée au deuxième dimanche après la Pentecôte, et c’est la même chose pour la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, qui prime sur le dimanche tantôt parce qu’il coïncide avec la date du 29 juin, tantôt parce qu’il coïncide avec le 30 juin ou les jours qui vont du 1er au 6 juillet.
Si par malheur il arrivait que l’impiété républicaine supprimât le caractère chômé du 15 août ou du 1er novembre, il faudrait, semblablement, solenniser ces fêtes le dimanche suivant en observant les mêmes règles.
Cela vaut également pour toutes les fêtes d’obligation particulières ou locales (qui ont été énumérées > ici) qui arrivent pendant cette période de l’année liturgique.

   Quoiqu’elle ne soit pas une fête d’obligation, la fête du Sacré-Cœur de Jésus, qui est célébrée – selon la demande de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même – le vendredi qui suit l’octave de la Fête du Très Saint Sacrement, peut, elle aussi, être solennisée au dimanche suivant, c’est-à-dire au troisième dimanche après la Pentecôte.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Messe solennelle ornements verts

2026-105. La charité réunit ce qu’avait séparé la discorde.

Samedi dans l’octave de la Pentecôte :
Samedi des Quatre-Temps d’été.

       Pour ce dernier jour de l’octave de la Pentecôte, lisons, relisons et méditons ce court sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin, qui porte le n° CCLXXI et fait partie de la série des sermons prononcés à l’occasion de la fête de la Pentecôte.
C’est un sermon qui développe l’opposition entre la tour de Babel et le mystère de la Pentecôte ; opposition souvent commentée par les Pères de l’Eglise ; opposition entre la confusion des langues et la division de l’humanité d’une part, et d’autre part le don des langues, accordé aux Apôtres par le Saint-Esprit, qui en quelque manière rétablit l’unité de l’humanité dans l’unique Eglise. 

Mattia Bortoloni construction de la tour de Babel

Mattia Bortoloni (1696-1750) : construction de la tour de Babel (1716-1717),
fresque de la Villa Cornaro à Piombino Dese (province de Padoue).

   Voici, mes frères, un beau jour ; c’est le jour où la lumière de la Sainte Eglise brille aux yeux des fidèles, où la charité embrase leurs murs ; c’est le jour solennel où après Sa Résurrection et après la gloire de Son Ascension, Jésus-Christ Notre-Seigneur a envoyé l’Esprit-Saint.
« Si quelqu’un a soif, disait-Il au rapport de l’Evangile, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. Celui qui croit en Moi, des fleuves d’eau vive couleront dans son sein ». Or l’Evangéliste explique ainsi les paroles du Sauveur : « Il disait cela, observe-t-il, de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui ; car l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean VII, 37-39). Une fois donc que Jésus fut glorifié par Sa Résurrection d’entre les morts et Son Ascension aux cieux, Il devait donner le Saint-Esprit, l’envoyer après l’avoir promis.

   C’est ce qui eut lieu. Après avoir effectivement passé avec ses disciples les quarante jours qui suivirent Sa Résurrection, le Seigneur monta au ciel, et le cinquantième jour, le jour dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire, Il envoya l’Esprit-Saint, comme l’atteste l’Ecriture : « Soudain, dit-elle, il se fit un bruit du ciel, comme celui d’un vent impétueux qui s’élève ; et il leur apparut comme plusieurs langues de feu, et ce feu se reposa sur chacun d’eux, et ils se mirent à parler toutes les langues, comme l’Esprit-Saint leur donnait de parler » (Act. II, 1-4).

   Ce souffle emportait la paille sous laquelle étaient ensevelis leurs cœurs ; ce feu consumait en eux l’antique concupiscence, et ces langues que parlaient tous ceux que remplissait l’Esprit-Saint, annonçaient que l’Eglise se répandrait partout où les Gentils parlent leurs langues diverses.
De même donc qu’après le déluge l’impiété superbe voulut bâtir malgré le Seigneur une tour fort élevée et que le genre humain mérita alors que lui fût infligé le supplice de la division des langues, chaque nation parlant un idiome que ne comprenaient pas les autres nations (Gen. XI, 1-9) ; ainsi l’humble piété des fidèles assujettit cette diversité de langage à l’unité de l’Eglise, la charité réunissant ce qu’avait séparé la discorde, et le genre humain s’attachant au Christ, comme à la tête s’attachent les membres d’un même corps, pour être comme fondus dans cette unité sainte par le feu de la charité.

   A ce don de l’Esprit-Saint demeurent donc étrangers ceux qui ont en horreur la grâce de la paix, ceux qui ne restent pas en communion avec l’unité.
S’ils sont aujourd’hui solennellement rassemblés, s’ils entendent ces leçons sacrées où il est question de la promesse et de l’envoi du Saint-Esprit, ils les entendent pour leur condamnation et non pour leur sanctification.
Qu’importe de prêter l’oreille quand le cœur repousse, et de fêter le jour de Celui dont on rejette la lumière ?

   Pour vous, mes frères, pour vous, membres du Corps du Christ, enfants de l’unité et fils de la paix, célébrez ce jour avec joie, célébrez le sans inquiétude, car en vous s’accomplit ce que promettait l’Esprit-Saint quand il descendit alors.
De même en effet que chacun de ceux qui recevaient en ce moment le Saint-Esprit parlait toutes les langues : ainsi s’exprime aujourd’hui dans tous les idiomes l’unité de l’Eglise répandue parmi toutes les nations ; et c’est dans son sein que vous possédez le Saint-Esprit, vous, qui n’êtes séparés par aucun schisme de cette Eglise du Christ qui parle toutes les langues.

Louis Galloche - la Pentecôte  - musée des Beaux-Arts de Nantes - blogue

Louis Galloche (1670-1761) : la Pentecôte
[Musée des Beaux-Arts de Nantes].

2026-103. Oraisons liturgiques pour le Roi et sa famille, ainsi que pour le Dauphin.

28 mai,
Anniversaire de la naissance de LL.AA.RR. NN.SS. Louis, duc de Bourgogne, Dauphin de France & Alphonse, duc de Berry, Fils de France (28 mai 2010 – cf. > ici).

grandes armes de France

   Voici les oraisons liturgiques que l’on trouve dans les anciens missels des diocèses du Royaume de France.

Pro Rege et ejus Familia :

(pour le Roi et sa Famille)

Oratio :

   Deus, a quo omnis potestas ordinata est : da famulo tuo Regi nostro N. et universae familiae ejus cor docile ; ut potestatem suam majestatis tuae famulam facientes, regnum illud ambiant et obtineant, in quo non timent habere consortes. Per Dominum…

   Dieu, par lequel tout pouvoir est ordonné : accordez un cœur docile à votre serviteur notre Roi N. et à toute sa famille ; afin que, mettant leur pouvoir au service de Votre Majesté, ils recherchent et possèdent ce royaume, dans lequel ils ne craignent pas d’avoir leur part.

Secreta :

   Ut prosit, Domine, famulo tuo N. Regi nostro et Regiae ejus familiae sacrificium, quod pro iis offerimus : da ut ipsi pro peccatis suis sacrificium humilitatis, miserationis et orationis tibi Deo suo vero semper studeant immolare. Per Dominum…

   Seigneur, que ce sacrifice que nous offrons pour eux soit profitable à Votre serviteur notre Roi N., et à sa royale famille : accordez-leur de s’efforcer toujours de Vous offrir, à Vous, leur vrai Dieu, le sacrifice d’humilité, de miséricorde et de prière pour leurs péchés.

Postcommunio :

   Invocantes et sperantes in nomine tuo, Domine Deus noster, fac nos in salutari Regis nostri N. et cunctae familiae ejus laetari : ut, dum vivifico mysterio reples in bonis desiderium nostrum, tuis benedictionibus eos praevenire digneris. Per Dominum…

   En invoquant Votre nom et en espérant en lui, ô Seigneur notre Dieu, faites que nous nous réjouissions du salut de notre Roi N. et de celui de toute sa famille : afin que, tandis que Vous comblez de biens notre désir par le mystère vivifiant, Vous daignez les prévenir de Vos bénédictions

Armes de Monseigneur le Dauphin

Pro Delphino :

(pour le Dauphin)

Oratio :

   Omipotens sempiterne Deus, miserere famulo tuo N., Delphino Franciae, et dirige eum secundum tuam clementiam in via salutis aeternae : ut, te donante, tibi placita cupiat, et tota virtute perficiat. Per Dominum…

   Dieu éternel et tout-puissant, regardez avec une amoureuse miséricorde Votre serviteur, N., Dauphin de France, et conduisez-le par Votre clémence en la voie du salut éternel, afin que par Votre grâce il ne souhaite que ce qui Vous est agréable, et se porte de tout son cœur à le pratiquer en sa perfection.
(traduction de Pierre Corneille).

Secreta :

   Oblatis, quaesumus, Domine, placare muneribus : et famulum tuum Delphinum N. assidua protectione guberna. Per Dominum…

   Nous Vous en supplions, Seigneur, par ces dons qui Vous sont offerts rendez-Vous propice : et guidez Votre serviteur le Dauphin N. par une protection continue.

Postcommunio :

   Haec nos, quaesumus, Domine, divini sacaramenti perceptio protegat : et famulum tuum Delphinum N. salvet semper eet muniat. Per Dominum…

Que cette réception du divin sacrement, nous Vous en supplions, Seigneur, nous protége ; et qu’elle sauve et fortifie toujours Votre serviteur le Dauphin N.

Domine salvum fac Regem - fresque au dessus de l'orgue de la chapelle royale à Versailles

2026-100. D’utiles rappels au sujet de Saint Michel Archange, Sainte Jeanne d’Arc et Notre-Dame du Puy.

   Note préliminaire :
Le texte qui suit est celui d’un sermon qui fut prononcé le jour de l’Ascension 29 mai 2025 à l’occasion de l’une des Saintes Messes célébrées au cours du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy. Il nous a semblé que les rappels qui s’y trouvent méritaient d’être en « possession » de tous les membres et amis de la Confrérie Royale, et, bien plus largement, de tous les Légitimistes, de tous les catholiques, de tous les Français auxquels on tente de faire perdre la mémoire de leur « histoire sainte », voilà pourquoi nous publions ce texte en guise de lettre mensuelle pour ce 25 mai 2026.

Angers - tapisserie de l'Apocalypse - Saint Michel

Angers, « Tapisserie de l’Apocalypse » (2ème moitié du XIVème siècle) :
le combat de Saint Michel et de ses anges contre les anges rebelles.

« Quis ut Deus ? Qui est comme Dieu ? »
dit Saint Michel à Lucifer révolté.

       Que pouvait désirer Saint Michel, le grand archange et stratège de Dieu, le deuxième des Séraphins avant d’en devenir le premier lors de la chute de Lucifer dans l’enfer ? Dans son humilité, dont il avait fait preuve en acceptant d’adorer la sainte Humanité assumée par la Divinité du Sauveur, il ne désirait qu’une chose : servir Dieu (le contraire de l’orgueil de Lucifer), tant il est vrai que le devoir de chacun est de servir.

   Mais Dieu avait Ses vues sur lui. Sans parler de ses nombreuses actions dans l’Ancien et le Nouveau Testament, le Seigneur fit de lui l’ange gardien d’Israël: le prophète Saint Daniel (Dan. X) le dit « prince d’Israël », Saint Denys l’Aréopagite l’appelle « guide sacré des Juifs », et Saint Daniel de nouveau (Dan. XII) dit qu’il « se tient en faveur des Fils du peuple d’Israël ».

   Il devint lors de l’Incarnation l’Ange gardien du Sauveur « afin de Le garder en toutes ses voies », dit le Psaume (Ps. XC).

   Après la promulgation du Nouveau Testament, il fut l’Ange gardien de la Sainte Eglise, le nouvel Israël, comme le dit Saint Chrysostome, et ce fut lui qui montra le Labarum à l’Empereur Saint Constantin.
Il prit possession du mont Gargan le 8 mai 490 et en consacra lui-même la grotte le 29 septembre 493.

Statue de Saint Michel dans la grotte du Mont Gargan

La statue de marbre de Saint Michel
vénérée dans la grotte-sanctuaire du mont Gargan.

   Mais Dieu voulait qu’il devint aussi l’Ange gardien du saint Royaume de France, la nouvelle tribu de Juda du nouvel Israël, comme le dit le Pape Grégoire IX.

   Lorsqu’à la bataille de Tolbiac en 496 le saint Roi Clovis invoqua le Dieu de Clothilde, l’Archange apparut au Roi pour lui prédire la victoire en vertu de la Croix et assista victorieusement le Roi dans la bataille. Après celle-ci le Roi, reconnaissant, lui consacra sa personne et son Royaume. Il est chronologiquement le plus ancien des patrons du Royaume.

   Tout don à Dieu est définitif, et Dieu est fidèle. Aussi, lors du sacre de ce Roi à Rheims à la Noël suivante, il fut l’instrument du Saint-Esprit pour apporter la sainte Ampoule, selon une antienne du sacre.

   Pour manifester à perpétuité son patronnage et sa garde, il apparut le 16 octobre 708 à Saint Aubert, évêque d’Avranches,  pendant son sommeil, lui notifiant sa volonté que l’on bâtit une église sous son patronnage au sommet du mnt Tombe. Saint Aubert se crut l’objet d’une illusion. A la troisième apparition, l’Archange lui pressa le front avec son doigt et y laissa une empreinte que l’on voit encore sur le côté gauche de son crâne en l’église Saint-Gervais d’Avranches, qui est l’église principale de la ville depuis la destruction de la cathédrale par la révolution.

Chef de Saint Aubert vue de l'arrière avec le trou laissé par le doigt de l'archange

Relique du Chef de Saint Aubert.

   Malgré la difficulté du lieu due à la montagne et à la mer, l’église fut construite et des reliques furent apportées du mont Gargan. Et le jour prévu pour la dédicace le 16 octobre 709, ce fut Notre-Seigneur Lui-même qui en fit la cérémonie.
Cette petite église sert aujourd’hui de crypte à l’actuelle abbatiale.

   Ayant appris l’apparition de Saint Michel, le Roi Childebert III le juste voulut s’y rendre en pèlerinage. Au moins dix-sept Rois y vinrent prier l’Archange.

   Comme le dit une hymne, « à ce sanctuaire le Français aime à venir chercher le secours dans le danger ; il y accourt dans l’allégresse pour accomplir ses vœux et rendre grâces à Dieu ».
Ce fut l’un des pèlerinages les plus fréquentés de la Chrétienté.
Plusieurs Rois, comme Saint Charlemagne ou Charles VII, placèrent Saint Michel sur leur étendard. Et l’ancienne chapelledu palais royal de la Cité à Paris était dédiée à Saint Michel, de là la fontaine de la rive gauche avec la grande statue de l’Archange au-delà du pont du même nom.

Saint Michel - Paris fontaine Saint-Michel

Statue en bronze de Saint Michel
dominant la Fontaine Saint-Michel, à Paris.

   Au Puy même, le chanoine Truan édifia sur le mont Aiguilhe et fit consacrer le 18 juillet 961 une église à Saint Michel, avec trois ou quatre moines résidant à côté sur la cime, et dont l’abbé était membre du chapitre cathédral.

   Saint Michel répondit à la dévotion des Français. Alors que les moines, les habitants et les soldats du Mont-Saint-Michel résistaient à un siège de près de quarante ans, alors que le Roi Charles VII venait supplier humblement Notre-Dame du Puy à plusieurs reprises, Notre-Dame du Puy envoya Saint Michel à une petite bergère de douze ans, pour l’envoyer sauver la France, en l’année 1424.
Bien formée par l’Archange, Sainte Jeanne d’Arc partit à 17 ans à l’approche du jubilé du Puy trouver le roi à Chinon en 1429. Ce fut Saint Michel qui, en compagnie de Sainte Jeanne, apporta une couronne au Roi. La sainte plaça Saint Michel et Saint Gabriel sur son étendard, et l’Annonciation de Notre-Dame du Puy sur son pennon ; et, assistée de Saint Michel, elle délivra Orléans le 8 mai 1429 en la fête de l’Archange, puis mena sacrer le Roi à Rheims le 17 juillet 1429, pendant l’octave de Notre-Dame du Puy.
Sa mission achevée, elle périt en martyre et Saint Michel vint prendre sa belle âme.

   Ce fut en reconnaissance que le Roi Louis XI fonda le 1er août 1469 « l’Ordre et aimable Compagnie de Monsieur Saint Michel » en « commémoration et honneur de Monsieur Saint Michel Archange, premier Chevalier », dont, par la grâce de nos Rois, il reste encore quelques membres.

Louis XI préside le chapitre de l'Ordre de Saint Michel

Jean Fouquet (vers 1420 – vers 1480) :
Louis XI présidant le chapitre de l’Ordre de Saint Michel
(manuscrit des statuts de l’Ordre de Saint Michel – Bibliothèque nationale de France).

   En 1594, lors de l’entrée d’Henri IV à Paris, il apparut en petit enfant éclatant de blancheur aux côtés du Roi pendant la Messe à la cathédrale.

   En 1758 les évêques de Bretagne instituèrent à la date du 5 janvier, veille de l’Epiphanie, une fête en « l’honneur des Saints Anges gardiens du Roi et du Royaume », ce dernier étant Saint Michel.

   Après les reniements révolutionnaires (et l’expulsion des moines du Mont), Saint Michel n’abandonna pas son cher Royaume.
Les évêques de France essayèrent de compenser l’absence du Roi en consacrant leurs diocèses à Saint Michel le 19 mai 1912 (Nota bene : on trouve le texte de cette consécration > ici).
A la première guerre mondiale l’archevêque de Paris fit le vœu de construire une église en l’honneur de Saint Michel si la guerre épargnait la capitale. L’église fut construite aux Batignolles dans les villages de Paris.

Statue de Saint Michel sur le pignon de Saint-Michel-des-Batignolles

Sur le pignon de la façade de l’église Saint-Michel-des-Batignolles,
la statue dorée de l’Archange s’inspire de celle qui se trouve
au sommet de la flèche de l’abbatiale du Mont-Saint-Michel.

   Et ce fut encore le grand Archange qui arrêta la seconde guerre moniale le 8 mai 1945, en sa fête. Sans doute interviendra-t-il pour la future délivrance de notre pays.

   Il serait trop long de citer ses nombreuses interventions bénéfiques jusqu’au 15 août 1900 à Pékin ou en 1916 à Fatima, sans compter sa protection au moment du Jugment divin lors de la mort de chacun de nous.

   A la cathédrale angélique du Puy une fresque du XIème siècle le représente sur 5 mètres 55 de haut dans la tribune du transept septentrional, car il était à la tête des Anges apparus deux fois avec la Sainte Vierge, et à la tête des Anges qui consacrèrent la cathédrale le 11 juillet 225.

   Prions donc l’Archistratège de Dieu pour la Sainte Eglise, pour le saint Royaume, pour le Roi, pour nous-mêmes, et pour notre pèlerinage.
Comme le dit une antienne, « Archange Michel, venez au secours du peuple de Dieu ». Ainsi soit-il.

+ Abbé G.E.

Fresque de Saint Michel cathédrale du Puy

Basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, au Puy-en-Velay :
fresque de Saint Michel (XIème siècle) à la tribune du transept nord.

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