Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

A mon Ange Gardien

Poème composé par
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face.

La fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face - le 3 octobre – suit, dans le calendrier traditionnel, celle des Saints Anges Gardiens (2 octobre). Profitons-en donc pour lire (ou relire) ce poème composé par la carmélite de Lisieux et surtout pour prier notre bon ange avec les mêmes paroles que la sainte.
Ce poème (qui comme tous les poèmes de Sainte Thérèse a été composé pour être chanté sur une mélodie d’emprumpt) date de février 1897 : il ne reste alors à Soeur Thérèse qu’à peine huit mois de vie ; elle sait qu’elle est malade et qu’elle sera bientôt emportée par cette tuberculose qui l’épuise ; Thérèse est également plongée dans d’épaisses ténèbres spirituelles… tout ceci est en filigrane derrière ces vers qui donneraient pourtant au lecteur superficiel l’impression de couler d’une âme remplie de consolations et inondée des rayons d’une foi facile.

Peinture murale de l'oratoire carmel de Lisieux

Oratoire du Saint-Sacrement à l’intérieur de la clôture du Carmel de Lisieux :
les anges entourant le tabernacle.
Peinture murale de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face
(retouchée par la suite par Soeur Geneviève de la Sainte Face)

A mon Ange gardien.

Air : Par les chants les plus magnifiques.

Glorieux gardien de mon âme,
Toi qui brilles dans le beau ciel
Comme une douce et pure flamme.
Près du trône de l’Eternel ;
Tu viens pour moi sur cette terre,
Et m’éclairant de ta splendeur,
Bel Ange, tu deviens mon frère,
Mon ami, mon consolateur ! 

Connaissant ma grande faiblesse,
Tu me diriges par la main
Et je te vois, avec tendresse,
Oter la pierre du chemin.
Toujours ta douce voix m’invite
A ne regarder que les cieux ;
Plus tu me vois humble et petite,
Et plus ton front est radieux.

O toi qui traverses l’espace
Plus promptement que les éclairs,
Vole bien souvent à ma place
Auprès de ceux qui me sont chers ;
De ton aile sèche leurs larmes,
Chante combien Jésus est bon !
Chante que souffrir a des charmes,
Et tout bas murmure mon nom.

Je veux, pendant ma courte vie,
Sauver mes frères les pécheurs
O bel Ange de la patrie,
Donne-moi tes saintes ardeurs.
Je n’ai rien que mes sacrifices,
Et mon austère pauvreté ;
Unis à tes pures délices,
Offre-les à la Trinité. 

A toi, le royaume et la gloire,
Les richesses du Roi des rois.
A moi, le Pain du saint ciboire,
A moi, le trésor de la Croix.
Avec la Croix, avec l’Hostie,
Avec ton céleste secours,
J’attends en paix, de l’autre vie,
Le bonheur qui dure toujours !

angelot peint par Ste Thérèse de l'Enfant Jésus

Invocations aux neuf choeurs des Anges composées par Frère Maximilien-Marie > www

2014-82. 20 août 1914 : Saint Pie X rend son âme à Dieu.

Saint Pie X sur son lit de mort

Saint Pie X sur son lit de mort 

Eté 1914 : le déclenchement des hostilités déchire le coeur du pape Pie X.
Le saint Pontife, qui a célébré le 2 juin précédent son soixante-dix-neuvième anniversaire, affaibli par une bronchite, est plus que tout accablé par ce qu’il pressent de cette guerre. L’auguste malade passe littéralement ses jours et ses nuits à prier, demandant à Dieu le retour de la paix ; il s’épuise rapidement. 

Le 19 août 1914, le Prélat Sacriste lui administre les derniers sacrements, qu’il reçoit avec beaucoup de piété : le pape Sarto avait déjà perdu l’usage de la parole, mais gardait toute sa lucidité et comprenait tout.
Dans la nuit du 19 au 20 août, une heure et quart après minuit, le saint Pape rendit son âme à Dieu.

La dépouille mortelle de Pie X, revêtue des ornements pontificaux, fut d’abord exposée dans la Salle du Trône, puis transportée dans la Basilique Vaticane pour être exposée dans la chapelle du Très Saint-Sacrement.
Les funérailles furent célébrées le 23 août.

Dépouille de Saint Pie X exposée dans la Basilique Vaticane

Exposition de la dépouille de Saint Pie X dans la chapelle du Très Saint-Sacrement de la Basilique Vaticane.

Le premier procès en vue de la canonisation du pape Pie X fut introduit le 14 février 1923 et dura jusqu’en 1931. Douze ans plus tard, deux guérisons de cancers ayant été reconnues miraculeuses, le pape Pie XII ouvrit le second procès, qui aboutit, au matin du 3 juin 1951, à la cérémonie de béatification, puis – deux nouveaux miracles ayant été authentifiés – à la canonisation, le samedi 29 mai 1954.
Cette année 2014 marque donc tout à la fois le centenaire de la mort et le soixantième anniversaire de la canonisation de Saint Pie X.

Pour cette canonisation – qui était la première d’un pape depuis celle de Saint Pie V, en 1712 – , l’affluence s’annonçait telle qu’il fallut prévoir la cérémonie à l’extérieur de la Basilique Saint-Pierre, ce qui était tout à fait inhabituel en 1954, et le trône papal fut dressé devant la porte centrale de la basilique.
Le rite solennel de la canonisation eut lieu le samedi 29 mai 1954, en fin d’après-midi. Il n’était – évidemment – pas inclus dans une Messe et culminait par la proclamation de la formule solennelle :
« En l’honneur de la Sainte et Indivisible Trinité, pour l’exaltation de la foi catholique et pour l’accroissement de la religion chrétienne, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et la Nôtre,  après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l’avis de nos vénérables frères les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, les Patriarches, Archevêques et Evêques présents dans la ville, Nous décrétons et définissons Saint et Nous inscrivons au catalogue des Saints le bienheureux Pie X, confesseur ».

Après le chant du Te Deum, la châsse de Saint Pie X fut exposée devant l’autel papal, autel sur lequel il avait célébré la messe, au-dessus de la tombe de Saint Pierre.
Le lendemain, dimanche 30 mai, Son Eminence le cardinal Tisserant célébra la messe de la Chapelle Papale, Pie XII assistant au trône.

Il nous a paru judicieux de publier ci-dessous le discours que prononça Sa Sainteté le pape Pie XII à l’occasion de cette canonisation : tandis que nous rappelons le centenaire de la mort de Saint Pie X, un tel texte mérite d’être lu, relu, approfondi et médité, spécialement dans les circonstances présentes de l’Eglise et de la société…
Je ne pense pas qu’il y ait de plus bel hommage que celui rendu à ce saint Pontife par un autre saint Pontife.

   Lully.    

Pie XII cérémonie de canonisation de St Pie X 29 mai 1954

Sa Sainteté le Pape Pie XII à genoux pendant le Veni Creator
du rite de la canonisation de Saint Pie X,
sur le parvis de la basilique Vaticane, le soir du samedi 29 mai 1954

Armoiries de Pie XII

Discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie XII
le 29 mai 1954
lors de la
canonisation de Saint Pie X :

« Cette heure d’éclatant triomphe que Dieu, qui élève les humbles, a préparée et comme hâtée, pour sceller l’ascension merveilleuse de son fidèle serviteur Pie X à la gloire suprême des autels, comble Notre âme d’une joie à laquelle, Vénérables Frères et chers fils, vous participez largement par votre présence.
Nous rendons donc de ferventes actions de grâces à la divine bonté pour Nous avoir permis de vivre cet événement extraordinaire, d’autant plus que, pour la première fois peut-être dans l’histoire de l’Eglise, la canonisation formelle d’un Pape est proclamée par Celui qui eut jadis le privilège d’être à son service dans la Curie Romaine.

Date heureuse et mémorable, non seulement pour Nous qui la comptons parmi les jours fastes de Notre Pontificat, auquel la Providence avait cependant réservé tant de douleurs et de sollicitudes, mais aussi pour l’Eglise entière qui, groupée spirituellement autour de Nous, exulte à l’unisson d’une vive émotion religieuse.

Le nom si cher de Pie X traverse en ce soir radieux toute la terre, d’un pôle à l’autre, scandé par les voix les plus diverses ; il suscite partout des pensées de céleste bonté, des élans puissants de foi, de pureté, de piété eucharistique, et résonne comme un témoignage éternel de la présence féconde du Christ dans son Eglise. Par un retour généreux, en exaltant son serviteur, Dieu atteste la sainteté éminente, par laquelle plus encore que par son office suprême, Pie X fut pendant sa vie le champion illustre de l’Eglise et se trouve par là aujourd’hui le Saint que la Providence présente à notre époque.

Or, Nous désirons que vous contempliez précisément dans cette lumière la figure gigantesque et douce du Saint Pontife, pour que, une fois l’ombre descendue sur cette journée mémorable et rentrées dans le silence les voix de l’immense Hosanna, le rite solennel de sa canonisation reste une bénédiction pour vos âmes et pour le monde un gage de salut.

§1 – Pie X fut d’abord préoccupé de rendre l’Eglise plus accessible, notamment en formulant le Droit Canon.

Le programme de son Pontificat fut annoncé solennellement par lui dès la première Encyclique (« E Supremi » du 4 octobre 1903) où il déclarait que son but unique était d’ « instaurare omnia in Christo » (Eph. I, 10), c’est-à-dire de récapituler, de ramener tout à l’unité dans le Christ.
Mais quelle est la voie qui nous ouvre l’accès à Jésus-Christ ? se demandait-il, en regardant avec amour les âmes perdues et hésitantes de son temps. La réponse, valable hier comme aujourd’hui et dans les siècles à venir, est : l’Eglise !
Ce fut donc son premier souci, poursuivi incessamment jusqu’à sa mort, de rendre l’Eglise toujours plus concrètement apte et ouverte au cheminement des hommes vers Jésus-Christ.
A cette fin, il conçut l’entreprise hardie de renouveler le corps des lois ecclésiastiques de manière à donner à l’organisme entier de l’Eglise un fonctionnement plus régulier, une sûreté et une promptitude de mouvements plus grandes, comme le demandait un monde extérieur imprégné d’un dynamisme et d’une complexité croissants. Il est bien vrai que cette entreprise, définie par lui-même, « une oeuvre assurément difficile » était digne de son sens pratique éminent et de la vigueur de son caractère ; cependant il ne semble pas que la seule considération de son tempérament donne le dernier motif de la difficile entreprise.
La source profonde de l’oeuvre législative de Pie X est à chercher surtout dans sa sainteté personnelle, dans sa persuasion intime que la réalité de Dieu perçue par lui dans une incessante communion de vie, est l’origine et le fondement de tout ordre, de toute justice, de tout droit dans le monde. Là où est Dieu, régnent l’ordre, la justice et le droit ; et, vice versa, tout ordre juste protégé par le droit, manifeste la présence de Dieu. Mais quelle institution sur la terre devait manifester plus éminemment que l’Eglise, corps mystique du Christ même, cette relation féconde entre Dieu et le droit ? Dieu bénit largement l’oeuvre du Bienheureux Pontife, si bien que le Code de droit canon restera à jamais le grand monument de son Pontificat et qu’on pourra le considérer lui-même comme le Saint providentiel du temps présent.

Puisse cet esprit de justice, dont Pie X fut un exemple et un modèle pour le monde contemporain pénétrer les salles de Conférences des Etats où l’on discute de très graves problèmes, concernant la famille humaine, en particulier la manière de bannir pour toujours la crainte de cataclysmes terribles et d’assurer aux peuples une ère durable de tranquillité et de paix.

§2 – Pie X fut aussi un intrépide défenseur de la foi.

Pie X se révèle aussi champion convaincu de l’Eglise et Saint providentiel de nos temps dans la seconde entreprise qui distingue son oeuvre et ressembla, par ses épisodes parfois dramatiques, à la lutte engagée par un géant pour la défense d’un trésor inestimable : l’unité intérieure de l’Eglise dans son fondement intime : la foi.

Déjà depuis son enfance, la Providence divine avait préparé son élu dans son humble famille, édifiée sur l’autorité, les bonnes moeurs et sur la foi elle-même vécue scrupuleusement. Sans doute tout autre Pontife, en vertu de la grâce d’état, aurait combattu et rejeté les assauts destinés à frapper l’Eglise à la base.
Il faut cependant reconnaître que la lucidité et la fermeté avec lesquelles Pie X conduisit la lutte victorieuse contre les erreurs du modernisme, attestent à quel degré héroïque la vertu de foi brûlait dans son coeur de saint. Uniquement soucieux de garder intact l’héritage de Dieu au troupeau qui lui était confié, le grand Pontife ne connut de faiblesse en face de quiconque, quelle que fût sa dignité ou son autorité, pas d’hésitations devant des doctrines séduisantes mais fausses, dans l’Eglise et au dehors, ni aucune crainte de s’attirer des offenses personnelles et de voir méconnaître injustement la pureté de ses intentions. Il eut la conscience claire de lutter pour la cause la plus sainte de Dieu et des âmes.
A la lettre, se vérifièrent en lui les paroles du Seigneur à l’Apôtre Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point, et toi… confirme tes frères » (Luc XXII, 32). La promesse et l’ordre du Christ suscitèrent encore une fois, dans la fermeté indéfectible d’un de ses Vicaires, la trempe indomptable d’un athlète.

Il est juste que l’Eglise, en lui décernant à cette heure la gloire suprême à l’endroit même où depuis des siècles brille sans se ternir celle de Pierre et en confondant ainsi l’un et l’autre dans une seule apothéose, chante à Pie X sa reconnaissance et invoque en même temps son intercession pour se voir épargner de nouvelles luttes du même genre.
Mais ce dont il s’agissait précisément alors, c’est-à-dire la conservation de l’union intime de la foi et de la science, est un bien si grand pour toute l’humanité que cette seconde grande oeuvre du Pontife est, elle aussi, d’une importance telle qu’elle dépasse largement les frontières du monde catholique.

Lorsque, comme le modernisme, on sépare, en les opposant, la foi et la science dans leur source et leur objet, on provoque entres ces deux domaines vitaux, une scission tellement funeste que « la mort l’est à peine plus ». On l’a vu en pratique : au tournant du siècle, on a vu l’homme divisé au fond de lui-même, et gardant cependant encore l’illusion de conserver son unité dans une apparence fragile d’harmonie et de bonheur basés sur un progrès purement humain, se briser pour ainsi dire sous le poids d’une réalité bien différente.

Le regard vigilant de Pie X vit s’approcher cette catastrophe spirituelle du monde moderne, cette déception spécialement amère dans les milieux cultivés. Il comprit qu’une foi apparente de ce genre, c’est-à-dire une foi qui au lieu de se fonder sur Dieu révélateur s’enracine dans un terrain purement humain, se dissoudrait pour beaucoup dans l’athéisme ; il perçut également le destin fatal d’une science qui, à l’encontre de la nature et par une limitation volontaire, s’interdisait de marcher vers le Vrai et le Bien absolus et ne laissait ainsi à l’homme sans Dieu, devant l’invincible obscurité où gisait pour lui tout l’être, que l’attitude de l’angoisse ou de l’arrogance.

Le Saint opposa à un tel mal le seul moyen de salut possible et réel : la vérité catholique, biblique, de la foi acceptée comme « un hommage raisonnable » (Rom. XII, 1) rendu à Dieu et à sa révélation. Coordonnant ainsi foi et science, la première en tant qu’extension surnaturelle et parfois confirmation de la seconde, et la seconde comme voie d’accès à la première, il rendit au chrétien l’unité et la paix de l’esprit, conditions imprescriptibles de la vie.

Si beaucoup aujourd’hui se tournent à nouveau vers cette vérité, poussés vers elle en quelque sorte par l’impression de vide et l’angoisse de leur abandon, et s’ils ont ainsi le bonheur de pouvoir la trouver fermement possédée par l’Eglise, ils doivent en être reconnaissants à l’action clairvoyante de Pie X. C’est à lui en effet que revient le mérite d’avoir préservé la vérité de l’erreur, soit chez ceux qui jouissent de toute sa lumière, c’est-à-dire les croyants, soit chez ceux qui la cherchent sincèrement. Pour les autres, sa fermeté envers l’erreur peut encore demeurer un scandale ; en réalité, c’est un service d’une extrême charité, rendu par un Saint, en tant que Chef de l’Eglise, à toute l’humanité.

§3 – Pie X vécut uni à Dieu, principalement dans l’Eucharistie.

La sainteté, qui se révèle comme inspiratrice et comme guide des entreprises de Pie X que Nous venons de rappeler, brille encore plus immédiatement dans ses actions quotidiennes. C’est en lui-même d’abord qu’il réalisa, avant de le réaliser dans les autres, le programme qu’il s’était fixé : tout rassembler, tout ramener à l’unité dans le Christ.
Comme humble curé, comme évêque, comme Souverain Pontife, il fut toujours persuadé que la sainteté à laquelle Dieu le destinait était la sainteté sacerdotale. Quelle sainteté peut en effet plaire davantage à Dieu de la part d’un prêtre de la Loi nouvelle, sinon celle qui convient à un représentant du Prêtre Suprême et Eternel, Jésus-Christ, Lui qui laissa à l’Eglise le souvenir continuel, le renouvellement perpétuel du sacrifice de la Croix dans la Sainte Messe, jusqu’à ce qu’il vienne pour le jugement final (1
 Cor. XI, 24-26) ; Lui qui par le sacrement de l’Eucharistie se donna Lui-même en nourriture aux âmes : « Qui mange de ce pain vivra éternellement » ? (Joan. VI, 58).

Prêtre avant tout dans le ministère eucharistique, voilà le portrait le plus fidèle du saint Pie X.
Servir comme prêtre le mystère de l’Eucharistie et accomplir le commandement du Seigneur : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc. XXII, 19), ce fut sa vie. Du jour de son ordination, jusqu’à sa mort comme Pontife, il ne connut pas d’autre sentier possible pour arriver à l’amour héroïque de Dieu et pour payer généreusement de retour le Rédempteur du monde qui par le moyen de l’Eucharistie « a épanché en quelque sorte les richesses de son amour divin pour les hommes » (Conc. Trente. Session XIII, chap. 2).
Une des preuves les plus significatives de sa conscience sacerdotale fut l’ardeur avec laquelle il s’efforça de renouveler la dignité du culte et spécialement de vaincre les préjugés d’une pratique erronée, en promouvant résolument la fréquentation même quotidienne de la table du Seigneur par les fidèles, et en y conduisant sans hésiter les enfants, qu’il souleva en quelque sorte dans ses bras pour les offrir aux embrassements du Dieu caché sur les autels ; par là l’Epouse du Christ vit s’épanouir un nouveau printemps de vie eucharistique.

Grâce à la vision profonde qu’il avait de l’Eglise comme société, Pie X reconnut dans l’Eucharistie le pouvoir d’alimenter substantiellement sa vie intime et de l’élever bien haut au-dessus de toutes les autres associations humaines. L’Eucharistie seule, en qui Dieu se donne à l’homme, peut fonder une vie de société digne de ses membres, cimentée par l’amour avant de l’êtrs par l’autorité, riche en oeuvres et tendant au perfectionnement des individus, c’est-à-dire « une vie cachée en Dieu avec le Christ ».

Exemple providentiel pour le monde moderne dans lequel la société terrestre devenue toujours plus une sorte d’énigme à elle-même cherche avec anxiété une solution pour se redonner une âme ! Qu’il regarde donc comme un modèle l’Eglise réunie autour de ses autels. Là, dans le mystère eucharistique, l’homme découvre et reconnaît réellement son passé, son présent et son avenir comme une unité dans le Christ. Conscient et fort de cette solidarité avec le Christ et avec ses propres frères, chaque membre de l’une et de l’autre société, celle de la terre et celle du monde surnaturel, sera en état de puiser à l’autel la vie intérieure de dignité personnelle et de valeur personnelle, qui est actuellement sur le point d’être submergée par le caractère technique et l’organisation excessive de toute l’existence, du travail et même des loisirs. Dans l’Eglise seule, semble répéter le Saint Pontife, et par elle dans l’Eucharistie, qui est « une vie cachée avec le Christ en Dieu », se trouvent le secret et la source de rénovation de la vie sociale.

De là vient la grave responsabilité de ceux à qui il incombe en tant que ministres de l’autel, d’ouvrir aux âmes la source salvifique de l’Eucharistie.
En vérité, l’action que peut déployer un prêtre pour le salut du monde moderne revêt de multiples formes, mais l’une d’elles est sans aucun doute la plus digne, la plus efficace et la plus durable dans ses effets : se faire dispensateur de l’Eucharistie après s’en être soi-même abondamment nourri. Son oeuvre ne serait plus sacerdotale si, fût-ce même par zèle des âmes, il faisait passer au second rang sa vocation eucharistique.
Que les prêtres conforment leurs pensées à la sagesse inspirée de Pie X et orientent avec confiance dans la lumière de l’Eucharistie toute leur activité personnelle et apostolique. De même, que les religieux et les religieuses, qui vivent avec Jésus sous le même toit et se nourrissent chaque jour de sa chair, considèrent comme une règle sûre ce que le saint Pontife déclare dans une circonstance importante, à savoir que les liens qui les unissent à Dieu par le moyen des voeux et de la vie communautaire ne doivent être sacrifiés à aucun service du prochain, si légitime soit-il.

L’âme doit plonger ses racines dans l’Eucharistie pour en tirer la sève surnaturelle de la vie intérieure, qui n’est pas seulement un bien fondamental des coeurs consacrés au Seigneur, mais aussi une nécessité pour tout chrétien, car Dieu l’appelle à faire son salut. Sans la vie intérieure, toute activité, si précieuse soit-elle, se dévalue en action presque mécanique, et ne peut avoir l’efficacité propre d’une opération vitale.
Eucharistie et vie intérieure : voici la prédication suprême et la plus générale que Pie X adresse en cette heure, du sommet de la gloire, à toutes les âmes. En tant qu’apôtre de la vie intérieure il se situe, à l’âge de la machine, de la technique, de l’organisation, comme le saint et le guide des hommes d’aujourd’hui.

Prière conclusive :

Oui, ô Saint Pie X, gloire du Sacerdoce et honneur du Peuple chrétien ; — Toi en qui l’humilité parut fraterniser avec la grandeur, l’austérité avec la mansuétude, la piété simple avec la doctrine profonde ; Toi, Pontife de l’Eucharistie et du catéchisme, de la foi intègre et de la fermeté impavide ; tourne ton regard vers la Sainte Eglise, que Tu as tant aimée et à laquelle Tu as donné le meilleur des trésors que la divine Bonté, d’une main prodigue, avait déposés dans ton âme ; obtiens-lui l’intégrité et la constance au milieu des difficultés et des persécutions de notre temps ; soulève cette pauvre humanité, aux douleurs de qui Tu as tellement pris part qu’elles finirent par arrêter les battements de Ton grand coeur ; fais que la paix triomphe dans ce monde agité, la paix qui doit être harmonie entre les nations, accord fraternel et collaboration sincère entre les classes sociales, amour et charité entre les hommes, afin que de la sorte les angoisses qui épuisèrent Ta vie apostolique se transforment grâce à Ton intercession, en une réalité de bonheur, à la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui avec le Père et le Saint-Esprit vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ! »

Exposition de la chasse de St Pie X devant le maître autel de St Pierre après la canonisation

Exposition de la chasse de Saint Pie X devant l’autel de la confession de Saint-Pierre
après la cérémonie de canonisation, le 29 mai 1954

Armoiries de Saint Pie X

Voir aussi :
Prophétie et prière de Saint Pie X pour la France > www

« De ce trône de gloire où vous êtes assise, ne dédaignez pas d’abaisser encore sur nous vos regards… »

Prière à la Très Sainte Vierge
pour
la fête de sa glorieuse Assomption :

14 août, vigile de l’Assomption,
et mémoire de Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre martyr.

Vous trouverez ci-dessous, chers Amis, le texte d’une très belle prière que l’un de nos amis vient de porter à ma connaissance et qui m’a véritablement ravi : elle est extraite du « Diurnal ou Office Complet – latin et français – pour les laïques, à l’usage du diocèse de Bayeux, imprimé par ordre de Mgr. Ch.-Fr. Duperrier, évêque de Bayeux », publié en 1825.
Cette prière fait suite aux prières prescrites pour la procession du renouvellement du Voeu de Louis XIII (sensiblement les mêmes que ce qui a été publié ici > www), et elle me semble toujours pertinente et conforme aux nécessités actuelles de notre pays

Ingres : le voeu de Louis XIII

Ingres : le Voeu de Louis XIII

O Marie, ô la plus pure, la plus sainte et la plus auguste de toutes les créatures ! de ce trône de gloire où vous êtes assise, ne dédaignez pas d’abaisser encore sur nous vos regards. Du milieu des concerts de louange que forment en votre honneur les esprits célestes dont vous êtes la Reine, souvenez-vous encore de ces pauvres exilés dont vous êtes la Mère.

Après nous être réjouis avec toute l’Eglise de votre triomphe, nous venons avec toute la France nous prosterner à vos pieds, nous consacrer à vous de nouveau, et vous conjurer de renouveler aussi l’adoption que vous avez faite de chacun de nous. Il nous semble en ce moment entendre notre divin Sauveur nous adresser cette consolante parole : « Enfants, voilà votre Mère! »
O mon Dieu ! nous la recevons avec action de grâces cette Mère si bonne, si tendre, si compatissante et si digne d’être aimée. Nous lui jurons un amour vraiment filial.
Mais vous aussi, Vierge Sainte, entendez votre Fils qui vous dit : « Femme, voilà vos enfants ! »
O Marie ! recevez-nous pour votre famille, aimez-nous, protégez-nous, comblez-nous de bienfaits.

Hélas ! nous ne méritons plus, nous n’avons jamais mérité votre protection. Mais quelque ingrats, quelque criminels que nous ayons été et que nous soyons encore, pouvez-vous oublier que vous êtes Mère, que vous nous avez enfantés dans la douleur, que vous avez sacrifié pour nous ce que vous aviez de plus cher, Jésus-Christ votre Fils bien-aimé ?
Faites donc éclater encore en faveur de ce Royaume les miracles de grâce et de miséricorde dont la piété de nos pères fut récompensée par votre intercession.
Obtenez-nous de les mériter comme eux, en marchant sur leurs traces dans la simplicité de la foi, dans l’attachement inviolable à l’Eglise, dans la soumission parfaite aux Pasteurs légitimes, dans l’éloignement absolu de toute nouveauté de doctrine, dans l’horreur du péché, dans l’union des coeurs, dans la paix et les saintes douceurs de la charité.
Ramenez à Dieu ceux qui l’ont oublié, convertissez à la Religion ceux qui la combattent, fortifiez dans les voies droites ceux qui sont demeurés fidèles.
Rendez-nous une nation sainte et un peuple choisi. Donnez au Roi la sagesse, aux dépositaires de son autorité l’intelligence et la justice, au peuple l’obéissance aux lois et l’amour pour son Prince, afin que la France soit toujours le Royaume Très Chrétien, et l’heureux apanage du Fils Aîné de l’Eglise.

Misérable pécheur, je n’oserais pas vous adresser ma prière : mais je m’unis à tant d’âmes ferventes qui redoublent aujourd’hui de dévotion pour vous, et qui se consacrent à votre Saint Coeur avec un zèle tout nouveau.
O Mère de miséricorde ! ô Refuge des pécheurs ! ne rejettez pas mon offrande. Je veux aussi désormais être tout à vous. Je vous consacre aujourd’hui ma vie et tout ce qui est en moi. Je vous consacre mes parents et mes amis. Je vous consacre mes biens, mon industrie, mes travaux. 
Je ne vous demande qu’une chose : c’est que vous me preniez sous votre protection ; alors je ne craindrai rien, ni du côté de mes péchés, parce que vous m’obtiendrez le remède aux maux qu’ils m’ont causé ; ni du côté des démons, puisque vous êtes plus puissante que tout l’enfer ; ni du côté de mon Juge, parce qu’une seule de vos prières suffit pour l’apaiser.

Ainsi soit-il !

Armes de France

Autres prières ou textes accordés à la fête du 15 août :
1 – Textes traditionnels
pour la procession du renouvellement du Voeu de Louis XIII > www

2 – Lettre apostolique du Pape Pie XI
proclamant N.D. de l’Assomption patronne principale de la France > www

3 – Célèbre prière de l’abbé H. Perreyve :
« Vierge Sainte, au milieu de vos jours glorieux… » > www

4 – Prière à N.D. de l’Assomption composée par le vénérable Pie XII > www
5 – Paraphrase du Salve Regina composée par Saint Bonaventure > www

2014-81. Rappel à Dieu du Révérend Père Jean Charles-Roux.

Un nouveau deuil pour la famille légitimiste.

Nous avons appris hier soir, 8 août, le rappel à Dieu, à Rome, du Révérend Père Jean Charles-Roux : né le 12 décembre 1914, il était donc dans sa centième année.

Rd Père Jean Charles-Roux

Fils aîné du diplomate, homme d’affaires et historien François Charles-Roux, le Père Jean Charles-Roux était le frère de la redoutable Edmonde Charles-Roux (et donc le beau-frère de Gaston Defferre !) et de Cyprienne Charles-Roux, devenue par son mariage Princesse Marcello del Drago.
Il avait lui-même embrassé la carrière diplomatique avant d’entrer dans les ordres : son choix s’était alors porté sur l‘Institut de la Charité (dit des Pères Rosminiens), ce qui avait provoqué l’ire de son père qui avait vu dans cette voie un obstacle aux dignités ecclésiastiques ; il avait alors fallu l’intervention de Sa Sainteté le Pape Pie XII pour que l’ambassadeur de France près le Saint-Siège accepte la vocation de son fils.
Le Père Jean Charles-Roux avait été ordonné prêtre en 1954, dans sa quarantième année.

Une grande partie de son ministère s’est déroulée à Londres, dans l’église des Pères Rosminiens – où il a toujours célébré la Sainte Messe latine traditionnelle – , avant de se retirer à Rome auprès de sa soeur Cyprienne.
Il racontait lui-même avec beaucoup d’humour (un des traits particuliers de son caractère) que lorsque la nouvelle messe avait été imposée, il l’avait « essayée » mais s’était promptement rendu compte de l’indigence du nouveau rite : « J’ai donc écrit au pape Paul, que j’avais connu quand il était cardinal Montini, et dit : Saint-Père, soit vous me permettez de célébrer l’ancienne messe, soit je quitte la prêtrise et j’épouse la première jolie fille que je rencontre. »

Homme d’une immense culture, d’un raffinement exquis, d’un humour toujours très subtil – même s’il était parfois un peu décapant – , d’une charité sacerdotale exemplaire, il fut non seulement fidèle à la Sainte Messe traditionnelle (et l’on se souvient que c’est lui qui la célébrait quasi tous les jours dans les studios du tournage du film de Mel Gibson « La Passion du Christ »), mais il fut également fidèle à la légitimité dynastique : nous nous souvenons tous de sa silhouette fine et racée, de son sourire et de son extrême affabilité, lorsqu’il venait à Paris ou à Saint-Denys pour les cérémonies religieuses en l’honneur du Roi-martyr, de la Reine Marie-Antoinette, ou pour la Messe de fondation des Invalides…

Le Père Charles-Roux est l’auteur d’un ouvrage émouvant intitulé « Louis XVII – la mère et l’enfant martyrs », publié en janvier 2007 aux éditions du Cerf, dont voici la dédicace :
« Ces pages sont dédiées à la mémoire, sainte et sacrée, de Marie-Antoinette d’Autriche, de France et de Navarre, en tant que Reine mère, selon le Cœur Immaculé de Marie ; et toujours, en les palais comme en les prisons, à l’image de ces lys, inscrits en trinité dans les armes de France, et proposés par Jésus en modèle de beauté ! 
Ainsi qu’au Sang de France, très particulièrement en ces princes prometteurs à avoir souffert et expiré enfants, tels le Duc de Valois, fils d’Henriette d’Angleterre, Duchesse d’Orléans, et le Duc de Bourgogne, frère aîné de Louis XVI, et le Dauphin Louis Joseph, fils aîné des souverains martyrs, et, jusqu’en notre siècle, le Prince François de France, Duc de Bourbon, frère aîné de Louis XX ! 
À ce Sang, en effet, qui pour refléter en son cours le destin et la mission d’un peuple et d’une nation, incite si intensément à se demander avec Novalis : « Wer kann sagen daß er das Blut versteht ? » (*)
À ce Sang, qui est pour le peuple français celui choisi par Jésus, afin d’être, en aval de Son Incarnation, l’équivalent de ce qu’avait été en amont celui de David pour le Peuple élu ; c’est-à-dire le flot qui, par communion avec le Sang de la Personne même du Rédempteur, entraîne les destins des États et des populations, à affluer en la sereine vallée aux « vertes pâtures », entre « les collines éternelles » du Royaume des cieux. » 

Que le Roi du Ciel lui accorde la récompense qu’Il a promise pour Ses bons et fidèles serviteurs !

frise lys

(*) traduction : « Qui peut dire qu’il comprend le sang ? » (in  Geistliche Lieder (1798) VII Hymne ici)

Publié dans:Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 9 août, 2014 |2 Commentaires »

2014-78. Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794 (3ème & 4ème parties).

(suite de ce qui a été publié ici > www et ici > www)

palmes

3ème partie – Les Soeurs de Saint-Joseph de Vernosc.

Vernosc, où l’abbé Barthélémy Montblanc était venu se réfugier en mai 1794 avait cette particularité que trois Soeurs de Saint-Joseph, malgré la persécution qui s’était abattue sur les congrégations religieuses, avaient continué à y mener la vie commune. Ce sont elles qui avaient recueilli l’ « oncle Barthélémy », tout heureuses de bénéficier du ministère d’un « bon prêtre », car le curé de Vernosc était un jureur.

Il faut ici préciser un point de l’ancien droit ecclésiastique : seules étaient appelées « religieuses » les femmes consacrées qui avaient prononcé des voeux solennels de religion – ordinairement dans un ordre cloîtré.
Les « filles dévotes » qui vivaient en communauté, portaient un habit distinctif, avaient prononcé des voeux dits privés, n’étaient pas astreintes à la clôture mais se dévouaient dans les oeuvres charitables (dispensaires, visites et soins aux malades, aide au clergé paroissial…) et tenaient des écoles rurales ou des orphelinats, étaient appelées « Soeurs ». C’est ce qui permettra à certaines d’entre elles, devant les tribunaux révolutionnaires, de soutenir sans mensonge qu’elles n’étaient pas des « religieuses ».

Les Soeurs de Saint-Joseph de Vernosc appartenaient à cette seconde catégorie de femmes consacrées. Il s’agissait de
Soeur Sainte-Croix, née Antoinette Vincent, originaire de la paroisse de Burdignes (dans l’actuel département de la Loire, limitrophe de l’Ardèche), âgée de soixante-trois ans, elle était la supérieure de la petite communauté ;
Soeur Madeleine, née Marie-Anne Sénovert, originaire d’Empurany (dans le nord du Vivarais), âgée d’une quarantaine d’années ;
- Soeur Toussaint, née Madeleine Dumoulin, originaire de Sainte-Sigolène (Velay), âgée de trente-et-un ans.

Selon plusieurs auteurs, il y avait avec ces trois Soeurs une jeune fille, auxquels certains donnent le nom de « pensionnaire » et d’autres celui de « novice » : ni son nom, ni son origine ne nous sont connus, mais, selon un témoin, elle pouvait être âgée d’environ 17 ans.

Comme nous l’avons vu ci-dessus, jusqu’à ce mois de juin 1794, elles avaient continué la vie commune et leurs oeuvres de bienfaisance et d’instruction : raison sans doute pour laquelle on ne les avait pas trop inquiétées jusqu’alors, puisqu’elles étaient utiles à la population.
Le lendemain de l’arrestation de l’abbé Barthélémy Montblanc, c’est-à-dire le mardi de Pentecôte 10 juin 1794, les gendarmes furent envoyés d’Annonay à Vernosc pour se saisir d’elles.
Elles étaient accusées d’avoir refusé le serment civique, continué à vivre en congrégation au mépris de la loi, donné asile à un prêtre réfractaire, permis qu’il célébrât la messe chez elles et favorisé son ministère auprès de la population, caché ses ornements sacerdotaux et facilité son évasion : c’était donc, aux yeux des « patriotes » du plus pur « fanatisme », et cela faisait d’elles de très grandes coupables.
Le samedi de Pentecôte 14 juin, elles furent emmenées à Privas dans la même charette que l’abbé Montblanc.

Les Soeurs de Saint Joseph au pied de l'échafaud - Privas 5 août 1794

Les Soeurs de Saint-Joseph au pied de l’échafaud.

4ème partie – Le martyre.

Le lieu de l’incarcération de nos martyrs n’existe plus aujourd’hui : l’emplacement des anciennes prisons de Privas serait sous l’actuel hôtel de ville, à l’angle sud-est, dans la ruelle qui le sépare de la préfecture (ancien hôtel particulier du marquis de Faÿ-Gerlande).
C’étaient des cachots particulièrment insalubres, très humides et mal aérés, où la chaleur de l’été rendait l’atmosphère irrespirable, tandis que la vermine grouillait dans la paille rare qui servait de litière aux prisonniers, à même le sol…

Comme nous l’avons vu précédemment, l’abbé Bac y avait été transféré le 9 juin 1794, rejoint le 14 juin par l’abbé Montblanc et les Soeurs de Saint-Joseph, le 16 juin par l’abbé Gardès, le 9 juillet par l’abbé d’Allemand et enfin le 14 juillet par le Père Rouville.

Interrogés les uns après les autres, dans l’ordre de leur arrivée, par le tribunal révolutionnaire qui siégeait, nous l’avons dit, dans la chapelle profanée du couvent des Récollets, nos héroïques confesseurs avaient tous été condamnés à mort, ce qui, en ces temps de fervent patriotisme, semblait le moyen souverain pour faire régner la liberté, l’égalité et la fraternité. La sentence était normalement exécutoire dans les vingt-quatre heures.

Le problème, car problème il y avait et non des moindres, c’est que le département de l’Ardèche, s’il possédait bien une guillotine, n’avait – bien que la place soit grassement payée – pas de bourreau pour la faire fonctionner !
En outre, l’accusateur public Marcon – un « vrai tigre » selon les contemporains – avait fait lui-même l’objet de dénonciations et avait passé quelques semaines en prison : il avait fallu un  décret, signé de Robespierre, Couthon et Collot d’Herbois pour l’en faire sortir. Lorsqu’il reprit ses fonctions, le 8 juillet 1794, Marcon était bien résolu à montrer qu’il n’avait pas faibli dans son zèle révolutionnaire.

Dans leur cachot, soumis à de rudes traitements, nos futurs martyrs priaient, s’encourageaient et se fortifiaient mutuellement pour se préparer à la mort.
Quelques uns purent écrire à leurs proches ou à des paroissiens fidèles : certaines de ces admirables lettres, interceptées par les « patriotes » et ajoutées aux pièces de leurs procès, nous ont été conservées.
Quelques bonnes âmes s’efforçaient d’adoucir leur captivité en leur faisant passer des fruits ; un jeune homme courageux venait, en qualité de barbier, raser et rafraîchir la tonsure des abbés.

Enfin s’approcha la perspective de la consommation de leur martyre : le bourreau, prêté par le département de la Drôme voisine, revenant d’une « tournée » dans le sud de l’Ardèche, fit annoncer qu’il pourrait « opérer » à Privas au matin du 18 thermidor.
A Paris, depuis une semaine déjà, les têtes de Robespierre et des enragés de son entourage avaient elles-mêmes roulées dans le panier de la guillotine : la nouvelle en parvint à Privas le 17 thermidor dans la soirée !
Nos révolutionnaires locaux ne virent pas dans cet évènement l’annonce de la fin de la terreur, puisque les Tallien, les Fouché et les nouveaux maîtres de la convention accusaient Robespierre et ses affidés d’avoir voulu « arrêter le cours majesteux et terrible » de la révolution.
Comme ils s’interrogeaient toutefois de l’opportunité de surseoir à l’exécution, le féroce Marcon emporta néanmoins l’avis des juges en déclarant : « La guillotine est prête ; elle a soif de sang. Force à la loi ! »

Un juge et un greffier se rendirent donc dans les cellules attenantes au tribunal révolutionnaire où on les avait transférés, pour notifier aux cinq prêtres et aux trois Soeurs qu’ils seraient exécutés le lendemain.
Abasourdis devant le calme et la force qui les animaient, les deux agents du tribunal entendirent un vibrant « Deo gratias ! » comme réponse à la lecture de la sentence. L’abbé Montblanc ajouta même : « C’est un vrai bonheur, Messieurs, que vous venez nous annoncer. Nous vous pardonnons de grand coeur, et nous prions Dieu qu’Il vous pardonne de répandre le sang innocent… »
Seule la Soeur Toussaint, d’après certains témoignages, se lamentait et exprimait des sentiments voisins de la révolte devant cette injustice.

Ils passèrent la nuit à psalmodier l’Office des morts et à chanter les pièces de la messe de Requiem, s’exhortèrent  à l’ultime sacrifice, puis se donnèrent la sainte absolution.
Lorsque, au matin de ce 5 août 1794, on les fit sortir de leur cachot pour descendre la rue vers « la Placette », les religieuses entonnèrent le chant des litanies, puis les prêtres psalmodièrent le Miserere en ajoutant entre chaque verset : « Parce, Domine ! Parce populo tuo : Pardonnez, Seigneur ! Pardonnez à votre peuple ! »
La population privadoise était bouleversée par ces chants qu’elle n’avait pas entendus depuis longtemps, et par le spectacle de ces martyrs qui se rendaient à la mort comme à une fête.

Les condamnés se rangèrent autour de l’échafaud comme autour d’un autel, continuant leur psalmodie et leurs chants.
Les Soeurs furent exécutées les premières : selon certains témoignages, mais ils ne sont pas unanimes, la Soeur Toussaint fut prise de défaillance, et c’est à demi-inconsciente qu’elle fut liée sur la bascule ; selon d’autres, c’est la jeune « pensionnaire » ou « novice », condamnée avec les Soeurs, qui aurait été la victime de ce moment de faiblesse.
Les prêtres gravirent les marches de l’échafaud avec assurance, l’un après l’autre sans attendre de se faire appeler. Le bon Père Rouville fut le troisième d’entre eux à être guillotiné ; le dernier fut l’abbé Bac qui continua à chanter d’une voix assurée jusqu’au moment-même où le couperet lui trancha la tête.

Rd.P.Rouville et martyrs de Privas du 5 août 1794

Le Révérend Père Rouville et ses compagnons arrivant sur « la Placette » de Privas
où ils vont être martyrisés, le 5 août 1794.

Epilogue :
« culte » des martyrs et grâces signalées. 

Le bourreau s’appropria les hardes et les effets de nos martyrs et laissa leurs dépouilles totalement nues exposées en tas sur « la Placette ». Les juges durent réquisitionner un tombereau pour les faire enlever avant la fin de la journée et les faire emporter au cimetière, qui se trouvait alors en contrebas de la ville, au lieu-dit Gratenas.

Le fossoyeur, huguenot mais honnête homme, avait reçu l’ordre de les ensevelir dans une fosse commune ; mais en réalité il prépara pour le Révérend Père Rouville une sépulture à part, séparée des autres corps par un muret de pierres sèches, et il refusa de livrer la tête du bon Père aux « patriotes » d’Aubenas qui étaient venus la lui réclamer afin de la promener triomphalement dans leur ville.
Vers la minuit, un habitant de Privas vint avec son neveu pour planter une croix sur la tombe des martyrs : ils témoignèrent par la suite devant leur prêtre que, lorsqu’ils enfoncèrent cette croix dans le sol, ils furent saisis par une merveilleuse odeur d’encens.

Cette même nuit du 5 au 6 août 1794, le fossoyeur eut en songe la vision du Père Rouville, resplendissant de gloire, qui le remercia de n’avoir point voulu livrer sa tête aux profanateurs, et qui lui déclara : « Pour prix de ton courage, dans un an et un jour tu auras ta récompense : tu seras où je suis. Mais auparavant, de protestant tu seras devenu catholique. »
L’homme, en effet, abjura le protestantisme entre les mains d’un prêtre réfractaire dès qu’il put en rencontrer un. Le 6 août de l’année 1795, il rentra chez lui en portant quatre planches, disant à sa fille : « Voici pour mon cercueil, demain. » La jeune fille se récria : « Mais, père, vous n’êtes point malade ! » Il lui rétorqua : « Je mourrai cette nuit, comme le saint me l’a dit ».
Et au matin, la fille trouva sans vie le corps de son père, sur le visage duquel s’était figé un paisible sourire.

Dès les années 1795-1796, la sépulture des martyrs devint un véritable lieu de pèlerinage, malgré les gendarmes envoyés pour disperser les fidèles qui venaient s’y agenouiller en très grand nombre. Jusqu’à la fin de la révolution, les catholiques privadois, sans église, s’y rassemblèrent – parfois  jusqu’à trois cent, les jours de dimanche et aux fêtes – pour y réciter les prières de la messe dont ils étaient privés.

Nous avons vu que certains des Judas qui avaient contribué à l’arrestation des martyrs avaient été très rudement châtiés.
La tradition privadoise raconte aussi qu’un impie, qui avait renversé à coups de pieds la croix de bois élevée sur leur tombe, fut frappé de paralysie jusqu’à ce que, faisant pénitence et demandant publiquement pardon, il soit guéri de son mal en invoquant le bon Père Rouville.

Ce qui fut plus remarquable encore fut la conversion des juges et de l’accusateur public Marcon : rentrant en eux-mêmes, après la révolution, ils firent publiquement, et à plusieurs reprises, amende honorable de leurs crimes et menèrent ensuite une vie de pénitence et de réparation. Marcon légua même sa maison du Pouzin pour qu’on y établit une école tenue par les religieuses, et c’est à son emplacement que s’élève aujourd’hui l’église de ce village.

A Privas, à la suite de la désaffection du cimetière de Gratenas (au milieu du XIXe siècle) et de l’ouverture d’un nouveau cimetière dans le quartier du Vanel, on fit exhumer les ossements du Révérend Père Rouville, qui furent identifiés, mais – malheureusement – on ne prit pas la peine de reconnaître les restes des autres martyrs, qui furent donc perdus.
Sur la nouvelle tombe du Père Rouville, en 1884, une généreuse paroissienne fit édifier une chapelle, dans le pavement de laquelle fut incrustée la croix de pierre qui se dressait à Gratenas sur la tombe du martyr.

A l’intérieur de cette chapelle, de nombreux ex-voto, des fleurs, ainsi qu’un cahier sur lequel les « pélerins » peuvent écrire les intentions qu’ils recommandent à l’intercession du Père Rouville et leurs messages de remerciement, témoignent de la permanence d’une vénération : les fidèles de la région, sans toujours bien connaître aujourd’hui l’histoire du bon Père et de ses compagnons martyrs, placent toujours en lui leur confiance et viennent encore volontiers solliciter sa prière…

Cimetière de Privas - chapelle sur la tombe du Père Rouville

Cimetière du Vanel, à Privas : chapelle édifiée sur la tombe du Révérend Père Rouville.

palmes

Prière pour demander des grâces par l’intercession de Saint Léopold de Castelnuovo :

30 juillet,
fête de Saint Léopold de Castelnuovo.

Dans ma chronique du 30 juillet 2013, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je vous ai déjà parlé de Saint Léopold de Castelnuovo (né Bogdan Mandic) et de la vénération que nous avons au Mesnil-Marie pour cet admirable fils de Saint François d’Assise (cf. > www), que je ne puis que vous exhorter à vénérer vous aussi, à aimer et à invoquer avec ferveur.

Voici donc une prière pour demander à Dieu des grâces par son intercession :

Saint Léopold confessant

O Dieu Tout Puissant, qui avez enrichi Saint Léopold de l’abondance de vos grâces, accordez-nous, par son intercession, de vivre dans l’abandon confiant à Votre sainte volonté, dans la ferme espérance en Vos promesses, et dans l’attention amoureuse à Votre présence.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

O Dieu, qui manifestez Votre toute puissance, surtout dans la miséricorde et le pardon, et qui avez voulu que Saint Léopold fut Votre témoin fidèle très spécialement dans le ministère du sacrement de pénitence, accordez-nous, par ses mérites, d’avoir un grand amour pour ce sacrement et d’y recourir avec les dispositions du coeur qui permettront à la grandeur de Votre amour de se déployer pleinement en nous.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

O Dieu notre Père, qui, en Votre Fils mort et ressuscité, avez sanctifié notre douleur, et qui avez voulu que Saint Léopold fut pour les âmes affligées une paternelle présence de consolation, par son intercession, nous Vous le demandons humblement, répandez dans nos coeurs la force dont nous avons besoin pour tenir bon dans les épreuves, et la générosité pour les offrir en union avec Jésus pour la rédemption et la sanctification de nos frères.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

O Dieu, Unité dans la Trinité, Source et modèle de l’unité que Vous désirez pour tous ceux qui croient en Vous et qui invoquent Votre Saint Nom, par l’intercession de Saint Léopold, qui a tant prié et offert « pour qu’ils soient un et que le monde croie en Celui que Vous avez envoyé », remplissez-nous de Votre Esprit d’unité et de paix, afin que nous sachions prier et nous sacrifier pour la parfaite unité de tous ceux qui croient en Vous.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

O Dieu, qui avez voulu que la Bienheureuse Vierge Marie, la Mère très sainte de Votre Verbe Incarné, devienne aussi la Mère de l’Eglise, et qui avez réjoui la vie de Saint Léopold d’une si tendre dévotion envers cette Vierge admirable, par son intercession et ses mérites, accordez-nous à nous aussi la grâce d’un amour filial envers elle et d’une indéfectible confiance en sa toute puissante bonté maternelle.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

O Dieu, notre Roi de gloire et notre Père infiniment aimant, nous confions à Votre Coeur tous nos espoirs et tous nos besoins, toutes nos intentions et toutes celles pour lesquelles nous devons Vous supplier (…) ; à la prière de Saint Léopold, daignez répondre favorablement à nos demandes, si elles sont conformes à vos insondables et très sages desseins, et gardez-nous fidèles, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il !

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit…

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie en s’inspirant d’une prière en langue italienne)

Relique de St Léopold

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 29 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

Deux prières de Sainte Marguerite-Marie au Sacré-Coeur de Jésus :

Vitrail de la chapelle du Sacré-Coeur église de Bagnères de Luchon

Vitrail de la chapelle du Sacré-Coeur dans l’église de Bagnères de Luchon

« O Coeur divin, qui nous avez montré sur la Croix l’excès de votre amour et de votre miséricorde en Vous laissant ouvrir pour donner une entrée aux nôtres, recevez-les donc maintenant en les attirant par les liens de votre ardente charité, pour les consommer par la véhémence de votre amour.

O Coeur très libéral, soyez tout notre trésor et notre seule suffisance.
O Coeur très aimant et très désirable, apprenez-nous à Vous aimer et à ne désirer que Vous.
O Coeur très favorable et qui prenez tant de plaisir de nous faire du bien, faites-moi celui d’acquitter ma dette envers la divine justice.
Je suis insolvable, payez pour moi. Réparez les maux que j’ai faits, par les biens que Vous avez faits.
Et afin que je Vous doive tout, recevez-moi, ô Coeur charitable, à l’heure redoutable de ma mort.
Cachez mon âme de la divine colère, que j’ai souvent irritée.
Paraissez et répondez pour moi ; car je n’ai rien fait qui ne me condamne à un supplice éternel, si Vous ne me justifiez.

Hélas ! Ne souffrez pas que je sois privée de Vous aimer éternellement.
Je languis du désir d’être unie à Vous, de Vous posséder et m’abîmer dans Vous, pour ne plus vivre que de Vous qui êtes ma demeure pour toujours.

C’est en Vous, ô Coeur tout aimable, que je veux aimer, agir et souffrir.
Consommez donc en moi tout ce qu’il y a de moi-même ; et mettez en place ce qui est de Vous et me transformez en Vous.
Que je ne vive que de Vous et pour Vous. Soyez donc ma vie, mon amour et mon tout. Amen. »

(in « Vie et oeuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque », 1915. T.2 p.790)

Vitrail du Sacré-Coeur église de Bagnères de Luchon - détail 1

« O Coeur embrasé et vivant d’amour ! ô sanctuaire de la Divinité, temple de la majesté souveraine, autel de la divine charité, Coeur qui brûlez d’amour et pour Dieu et pour moi, je Vous adore, je Vous aime, je me fonds d’amour et de respect devant Vous !
Je m’unis à vos saintes dispositions ; je veux, oui je veux et brûler de vos feux et vivre de votre vie.
Que j’ai de joie de Vous voir heureux et content ! Que je prends part à vos grâces, à vos douleurs et à votre gloire, et que de bon coeur je voudrais mourir et souffrir, plutôt que de Vous déplaire !
O mon coeur, il ne faut plus agir que par les mouvements du Coeur sacré de Jésus ; il faut expirer en silence devant Lui à tout ce qui est humain et naturel.

O Coeur divin, je m’unis à Vous et me perds en Vous. Je ne veux plus vivre que de Vous, par Vous et pour Vous.
Ainsi tout mon emploi sera de demeurer en silence et en respect, anéantie devant Vous comme une lampe ardente qui se consomme devant le Saint Sacrement.
Aimer, souffrir et mourir ! Amen. »

(ibid. p.807)

Vitrail du Sacré-Coeur église de Bagnères de Luchon - détail 2

Autres prières au Sacré-Coeur publiées dans ce blogue :
- neuvaine de confiance > www
- prière de Sainte Madeleine-Sophie Barat > www
- « Souvenez-Vous » au Sacré-Coeur > www
- acte d’offrande de Saint Claude de La Colombière > www
- prière d’union en forme de litanies > www
- consécration au Coeur de Jésus > www
- salutations au Coeur de Jésus par Sainte Marguerite-Marie > www
- prière au Coeur Eucharistique de NSJC > www
- cantiques au Sacré-Coeur > www

Chapelet pour demander les sept dons du Saint-Esprit.

Mercredi des Quatre-Temps d’été
(mercredi dans l’octave de la Pentecôte).

Après nous être préparés avec ferveur par une neuvaine à la magnifique fête de la Pentecôte, la célébration de son octave nous donne d’approfondir toujours davantage notre connaissance et notre amour de la troisième Personne de la Très Sainte Trinité.

Parmi les pratiques de dévotion en l’honneur du Saint-Esprit, en voici une qui est très simple mais de laquelle on pourra retirer de grands fruits spirituels : c’est le chapelet des sept dons du Saint-Esprit.
Il consiste en sept « septaines » au cours desquelles on récite les prières et invocations suivantes :

Les sept dons du Saint-Esprit

On commence par réciter le Credo (le symbole de Nicée-Constantinople, plutôt que le symbole des Apôtres), suivi du Pater noster, de trois Ave Maria et d’un Gloria Patri puis…

Première septaine :
- Venez en nous, Esprit de la crainte du Seigneur !
- puis sept fois :
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Deuxième septaine :
- Venez en nous, Esprit de Piété !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Troisième septaine :
- Venez en nous, Esprit de science !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Quatrième septaine :
- Venez en nous, Esprit de force !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Cinquième septaine :
- Venez en nous, Esprit de conseil !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Sixième septaine :
- Venez en nous, Esprit d’intelligence !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

Septième septaine :
- Venez en nous, Esprit de sagesse !
- puis sept fois : 
V./ : Venez, Esprit-Saint, remplissez le coeur de vos fidèles.
R./ : Et allumez en eux le feu de votre amour.

On termine ce « chapelet » par trois Gloria Patri.

Vitrail Saint-Esprit Basilique Vaticane

Publié dans:Prier avec nous |on 11 juin, 2014 |1 Commentaire »

2014-55. Juin, mois du Sacré-Coeur de Jésus.

Mois du Sacré-Coeur

1er juin,
commencement du mois du Sacré-Coeur de Jésus.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la dévotion catholique, depuis le début du XIXe siècle, le mois de juin est particulièrement dédié à honorer le Sacré-Coeur de Jésus et à approfondir les mystères qu’Il renferme.

Il existe d’excellents ouvrages consacrés au culte du Sacré-Coeur, à son histoire, aux saints par lesquels cette dévotion a été insufflée dans l’Eglise, mais il en est un, dont je vous ai déjà parlé, et que je recommande tout particulièrement ; il s’intitule : « Le Sacré-Coeur de Jésus, deux mille ans de miséricorde ».
Cet ouvrage est une véritable somme spirituelle et doctrinale, fruit d’un patient et long travail, inspiré par l’amour et la gratitude.

Pour de plus amples renseignements, vous pouvez donc vous reporter à ce que je vous en écrivais ici > le Sacré-Coeur de Jésus, deux mille ans de miséricorde.

Toujours dans les pages de ce blogue vous pourrez lire ou relire avec fruit plusieurs de mes précédentes publications…

1) des textes de notre glorieux Père Saint Augustin concernant le mystère du Coeur du Christ :
- dans les traités sur l’Evangile de Saint Jean > le Coeur ouvert.
- l’homélie sur l’unique passage du Saint Evangile dans lequel Jésus a Lui-même parlé de Son Coeur doux et humble de coeur.

2) des textes rappelant les révélations accordées à Sainte Marguerite-Marie :
- la première « grande révélation » Coeur passionné d’amour pour les hommes.
- la deuxième « grande révélation » l’image du Sacré-Coeur.
- la troisième « grande révélation » la communion des premiers vendredis et l’heure sainte.
- la « grande révélation » de 1675 la fête réparatrice en l’honneur du Sacré-Coeur.
- les grâces promises à ceux qui pratiqueront la dévotion envers le Sacré-Coeur les promesses du Sacré-Coeur.
- Un texte pour approfondir les liens entre la Sainte Eucharistie et le Sacré-Coeur > Sacré-Coeur & Eucharistie.
- une bande dessinée reprenant les grands thèmes des révélations accordées à Sainte Marguerite-Marie Je veux que tu me serves d’instrument

3) l’encyclique du Pape Pie XI « Miserentissimus Redemptor ».

4) des textes pour la prière :
Neuvaine de confiance.
Prière de Sainte Madeleine-Sophie Barat.
- Le « Souvenez-vous » au Sacré-Coeur.
- L’Acte d’offrande de Saint Claude de La Colombière.
- Une prière d’union en forme de litanies.
- Une consécration au Sacré-Coeur de Jésus.
- Des salutations du Coeur de Jésus composées par Sainte Marguerite-Marie.
- Une prière au Coeur eucharistique de Notre-Seigneur.
- Deux cantiques que nous aimons spécialement au Mesnil-Marie.

Je vous souhaite un bon et surtout très fervent mois du Sacré-Coeur de Jésus !

Lully.    

Sacré-Coeur gif

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