Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

Prières à Saint Nicolas de Myre.

Je ne publie pas seulement de belles images anciennes à la gloire de Saint Nicolas (cf. > ici et > ici) mais je vous invite à le prier avec ferveur. Pour vous aider en cela, je vous recopie ci-dessous deux belles prières héritées de la tradition des chrétiens orientaux.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 1

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

Prière au grand thaumaturge Saint Nicolas pour toutes les nécessités du peuple fidèle :

Ô Saint Nicolas, hiérarque digne de toute louange et de tout honneur, grand thaumaturge et saint du Christ, homme de Dieu et fidèle serviteur, homme de désir, vase élu, ferme pilier de l’Eglise, flambeau très brillant, étoile qui illumine et éclaire l’univers entier : vous êtes un juste florissant comme le palmier planté dans les parvis de votre Seigneur.
Vivant à Myre, vous avez répandu le parfum de la myrrhe et vous avez déversé la myrrhe jaillissante de la Grâce Divine. Par votre présence, très saint père, la mer fut bénie lorsque vos reliques très miraculeuses furent transférées à la ville de Bari, de l’orient à l’occident, pour louer le Nom du Seigneur.

Ô très gracieux et merveilleux thaumaturge, prompt secours, fervent intercesseur, bon berger qui sauvez votre troupeau spirituel de toutes sortes de maux, nous vous glorifions et vous magnifions comme l’espoir de tous les chrétiens, la source de miracles, le protecteur des fidèles, le très sage docteur, le nourricier des affamés, la joie des affligés, le vêtement de ceux qui sont nus, le guérisseur des malades, le pilote de ceux qui voguent en mer, le libérateur des prisonniers, le nourricier et défenseur des veuves et des orphelins, le gardien de la chasteté, le doux tuteur des enfants, le support des vieillards, le guide de ceux qui jeûnent, le repos de ceux qui peinent, la richesse abondante des pauvres et des nécessiteux.
Ecoutez-nous qui vous prions et qui avons recours à votre protection : intercèdez en notre faveur auprès du Très-Haut et obtenez par vos puissantes prières tout ce qui est utile pour le salut de nos âmes et de nos corps.
Par votre puissant secours, protègez de tout mal cette (selon le cas) [famille - communauté - chapelle - église - paroisse], ainsi que toute ville, tout village et tout pays chrétien et le peuple ici présent. Car nous savons que la prière d’un juste est une grande et puissante force pour le bien. Et après la Toute bénie Vierge Marie, nous vous avons comme juste intercesseur auprès de Dieu très miséricordieux, et nous avons humblement recours à votre fervente intercession et protection, très gracieux Père.
Sous votre houlette, comme un berger attentif et bon, gardez-nous de tous les ennemis, des fléaux, des tremblements de terre, de la grêle, de la famine, de l’inondation, du glaive, de l’invasion étrangère, de la guerre civile et de toutes nos adversités et afflictions.
Tendez-nous une main secourable et ouvrez-nous les portes de la miséricorde divine, car nous sommes indignes de contempler les hauteurs célestes à cause de la multitude de nos iniquités ; nous sommes garrottés par les liens du péché et nous n’avons pas accompli la volonté de notre Créateur, ni gardé Ses commandements. C’est pourquoi dans la pénitence et l’humilité nous fléchissons les genoux de notre coeur devant notre Créateur et nous sollicitons votre intercession paternelle auprès de Lui.
Secourez-nous, Saint de Dieu, afin que nous ne périssions pas dans nos péchés ; délivrez-nous de tout mal et de toute puissance hostile, dirigez notre esprit et affermissez notre cœur dans la vraie foi qu’avec votre médiation et votre intercession, ni les plaies, ni les menaces, ni les fléaux, ni la colère de notre Créateur ne diminueront ; mais accordez-nous de pouvoir mener une vie paisible ici-bas et de contempler les biens dans la terre des vivants, glorifiant le Père, le Fils et le Saint Esprit, un seul Dieu glorifié dans la Trinité, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale st Nicolas de Newcastle

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle)

Prière pour les enfants et pour tout le peuple chrétien :

Saint Père et Pontife Nicolas, vous nous enseignez la douceur et l’humilité du Christ notre Dieu ; vous Lui présentez nos prières, nos supplications et nos chants de gratitude. Par votre vie, vous nous donnez l’exemple d’un vrai disciple de Jésus Christ, en proclamant la vérité de Dieu et en vous montrant tendre et compatissant avec tous, riches et pauvres. Vous êtes aussi, par votre puissante prière, celui qui protège, qui garde les enfants et les inspire pour tout ce qui est bien, bon et beau.
En ce jour et à cette heure, nous vous prions pour les enfants du monde entier, ceux qui connaissent Dieu et ceux qui ne le connaissent pas encore, en particulier pour… (les nommer).
Nous te prions également pour nos évêques… , pour nos prêtres… , pour nos diacres… , pour notre Roi… , pour nos parents… , pour nos parrains…, et pour tous nos frères dans la vraie foi.
Nous vous prions pour nous-mêmes… (si l’on a quelque intention particulière on la cite ici).
Et nous vous prions enfin pour tous ceux qui se sont endormis dans la foi, en premier lieu pour les membres de notre famille, et pour tous les défunts du monde entier.
Saint Père Nicolas, glorifiez et priez avec nous le Père, le Fils et le Saint-Esprit, unique et seul Dieu, Trinité dans l’Unité, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 2

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

2017-92. Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique !

couronne de l'avent avec petits animaux

Aux premières vêpres du premier dimanche de l’Avent.

Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique,
chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion !

C’est en effet au premier dimanche de l’Avent que le cycle de l’année liturgique recommence, et ce cycle est celui de notre croissance dans la grâce et l’union à notre divin Sauveur.
Puisse donc cette nouvelle année liturgique vous apporter de grandes bénédictions du Ciel pour être toujours davantage et toujours plus profondément conduits par Dieu et unis à Lui…

« Mon Dieu, Verbe du Père, qui Vous êtes fait chair pour notre amour, qui avez assumé un corps mortel afin de pouvoir souffrir et Vous immoler pour nous, je voudrais me préparer à Votre venue avec les ardents désirs  des prophètes et des justes qui, dans l’Ancien Testament, ont soupiré après Vous, l’unique Sauveur et Rédempteur. « Oh ! Seigneur, envoyez Celui que Vous devez envoyer… Comme Vous l’avez promis, venez et délivrez-nous ! » (…)
O mon très doux Sauveur, Vous venez à ma rencontre avec un amour infini, avec l’abondance de Votre grâce ; Vous voulez envahir mon âme avec des torrents de miséricorde et de charité, afin de l’attirer à Vous. Venez, ô Seigneur, venez ! Moi aussi je veux courir avec amour à Votre rencontre mais, malheureusement, mon amour est si limité, si faible, si imparfait ; rendez-le fort et généreux, rendez-moi capable de me surmonter moi-même pour me donner totalement à Vous. (…)
Accordez-moi, ô Seigneur un amour fort ! Je le désire ardemment, non seulement pour échapper, un jour, à Votre regard sévère de juge, mais aussi et surtout pour payer de retour, en quelque manière, Votre charité infinie.
O Seigneur, ne permettez pas, je Vous prie, que cet amour excessif, qui Vous a conduit à Vous incarner pour mon salut, m’ait été donné en vain ! Ma pauvre âme a tant besoin de Vous ! Elle soupire après Vous comme après le médecin très compatissant qui, seul, peut guérir ses blessures, la tirer de la langueur et de la tiédeur où elle gît, et lui infuser enfin une vigueur nouvelle, un nouvel élan, une nouvelle vie. Venez, Seigneur, venez !
Je me prépare à accueillir Votre oeuvre d’un coeur humble et docile, prêt à se laisser guérir, purifier, pétrir par Vous. Oui, avec Votre aide, je veux faire n’importe quel sacrifice, je veux renoncer à tout ce qui pourrait retarder en moi Votre oeuvre rédemptrice.
Déployez, Seigneur, Votre puissance et venez ! venez sans plus tarder ! »

Extrait de « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année »,
par le Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd
au premier dimanche de l’Avent.

Etoiles

Textes pour l’Avent déjà publiés dans ce blogue :
- La couronne de l’Avent (explication) > ici
- BD « Tendus vers Son avènement » > ici
- La spiritualité de l’Avent (Benoît XVI) > ici
- Autre texte sur la spiritualité de l’Avent > ici
-  Conseils de St François de Sales pour la nouvelle année liturgique > ici
-  Autres voeux pour le début de l’année liturgique > ici
- Sermon de Saint Augustin sur l’avènement du Seigneur > ici

Enfin, pour écouter l’antienne mariale du temps de l’Avent et de Noël dans son ton solennel,
faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous > ouvrir dans un nouvel onglet.

Traduction :
Auguste Mère du Rédempteur, porte du ciel toujours ouverte et étoile de la mer,
secourez un peuple qui tombe mais qui travaille à se relever :
ô vous qui, au grand étonnement de la nature, avez enfanté votre Créateur ;
Vierge avant comme après l’enfantement, recevant le salut de Gabriel, ayez pitié des pécheurs !

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Guirlande de sapin - gif

2017-91. « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ! »

24 novembre,
Fête de Saint Jean de la Croix (cf. > ici, > ici et > ici).

Saint Ambroise convertissant Théodose -Pierre Subleyras 1745

Saint Ambroise de Milan convertissant l’Empereur Théodose 1er
(Pierre Subleyras – 1745)

ChiRho couronné

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 24 novembre n’est pas seulement le jour de la fête de Saint Jean de la Croix, mais il est également l’anniversaire de la publication de l’Edit de Thessalonique par l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand.
Décrété le 27 février 380, cet édit ne fut cependant publié que le 24 novembre suivant.

Le 13 juin 313, par l’Edit de Milan (cf. > ici et > ici), l’Empereur Saint Constantin 1er le Grand avait mis fin aux persécutions contre les chrétiens. Soixante-sept ans plus tard, par cet Edit de Thessalonique, l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand interdit tous les cultes païens dans l’Empire et fit du christianisme la religion officielle et unique de l’Etat.

Cette date est grande.
Cette date est importante.
Cette date réconforte et réjouit les âmes de tous ceux qui sont profondément attachés à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa royauté, à Son triomphe, à Sa gloire, à la ruine des fausses divinités dont le culte est inspiré par satan, et au salut des âmes.

En revanche, cette date est honnie des impies et des modernistes.

Sous le fallacieux prétexte d’ « une Eglise libre dans un Etat libre », et donnant une fausse interprêtation de la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matth. XXII, 21), ils oublient – ou feignent d’oublier – que César lui-même a des devoirs envers Dieu et n’est pas dispensé, dans son rôle même de César, de se soumettre à Ses commandements et d’obéir à Ses lois.
De ce fait donc, les pouvoirs publics en tant que tels, se doivent d’adorer et d’aimer Dieu (1er commandement), de respecter son Saint Nom (2ème commandement), de sanctifier et faire sanctifier le jour qui Lui est consacré (3ème commandement) et de promulguer des lois civiles qui interdisent ce que les commandements de Dieu condamnent et qui favorisent leur observance par tous les hommes…

La distinction naturelle des pouvoirs et de leurs domaines de compétence et d’action respectifs, qui a toujours été l’un des soucis majeurs des Rois de France (même quand ils ont dû pour cela donner des leçons aux Souverains Pontifes eux-mêmes et les « remettre dans les clous » parce que, outrepassant l’ordre naturel voulu par Dieu, ils tendaient à l’instauration d’une « théocratie pontificale » – cf. Boniface VIII et Philippe le Bel, voir > ici), n’est en rien leur indépendance ni leur séparation absolues.

Aussi, lorsque nous entendons aujourd’hui des ecclésiastiques, prêtres ou évêques, se féliciter et faire l’apologie de la loi du 9 décembre 1905, dite « de séparation des Eglises et de l’Etat », en tenant des propos et professant des opinions qui ont été explicitement condamnées, entre autres, par le Bienheureux Pie IX et par Saint Pie X, nous bondissons et avons de fortes poussées d’adrénaline !
Et lorsque nous nous souvenons qu’un président de la république, exprimant tout haut ce que la maçonnerie qui les téléguide fait obligation de penser à tous les dignitaires ou représentants de la république : « Il n’y a pas de loi morale au-dessus de la loi civile », alors, par fidélité au Christ-Roi sous les étendards duquel nous mettons notre gloire à combattre [« sub Christi Regis vexillis militare gloriamur » – postcommunion de la fête du Christ-Roi], nous sommes dans l’obligation morale de nous insurger !

Vitrail du Christ Roi

Je me suis autorisé à résumer toute l’histoire de l’humanité, depuis ses origines jusqu’en nos temps actuels, sous la forme de sept courtes séquences qui sont autant de paliers ascendants dans la révolte contre le Règne du Christ Jésus Notre-Seigneur en ce monde, et de paliers descendants dans l’ordre de la décadence.
Je vous laisse les lire et les méditer.

1 – Dans le Ciel, aux origines.
Le plus beau et le plus élevé des anges, Lucifer : « Non serviam : je ne servirai pas ! Je ne veux pas qu’un Fils de l’homme - fut-il le Verbe de Dieu incarné et fut-il Roi par droit de naissance et par droit de conquête - soit élevé au-dessus de nous et règne sur nous… »

2 – Au commencement de l’humanité, dans le jardin d’Eden (5199 avant notre ère).
Adam et Eve : « Oui, comme nous l’a suggéré le serpent, nous serons comme des dieux ! Oui, nous serons à nous-mêmes la norme du bien et du mal. Nous ne voulons pas que Dieu règne dans nos consciences, nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous… »

3 – Pâques de l’an 33, à Jérusalem.
Les Princes des prêtres et les pharisiens : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Nazaréen, ce Jésus qu’on appelle Christ, soit notre roi ! Nous préférons être soumis au César païen qui prétend à se faire honorer comme un dieu, plutôt que de nous soumettre au Christ Rédempteur ! »

4 – Le 26 août 1789, à Versailles.
L’assemblée auto-proclamée constituante : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément (déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Nous ne voulons plus de la loi salique et de son préambule : « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous à travers Son lieu-tenant, le Roi sacré de droit divin nous n’acceptons plus de reconnaître que tout pouvoir procède de Dieu… »

5 – France, 9 décembre 1905.
« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte : derrière ces dispositions, nous travaillons à l’extinction du catholicisme en France. Nous l’avons spolié de ses biens et de son statut de premier ordre de l’Etat lors de la révolution : désormais nous lui refusons les rétributions compensatoires qu’il était juste de lui attribuer ; nous avons déclaré illégales les congrégations religieuses, et maintenant nous confisquons les édifices du culte et tous les bâtiments qui sont nécessaires à l’Eglise, afin de l’obliger à se soumettre à la tutelle de l’Etat. En effet, nous ne pouvons tolérer que les catholiques placent leur religion au-dessus de la république maçonnique, nouveau César auquel doivent être soumis les intelligences, les consciences et les coeurs ! Le seul « temple » auquel se soumet la république est celui de la rue Cadet et c’est uniquement de là que nous recevons nos dogmes et nos règles de conduite ! »

6 – France, 4 octobre 1958 : constitution de la 5e république.
« La France est une république laïque (article 1er) : nous ne voulons même plus de référence à Dieu ni même à « l’Etre Suprême », ni à de quelconques valeurs spirituelles en France ! Après l’URSS, la France sera le deuxième pays au monde à avoir une constitution politique totalement athée, et le laïcisme dans toute sa rigueur va devenir la norme absolue dans ce pays : il régira la vie publique, les moyens de communication, l’éducation, et finira par devenir la norme de la vie privée elle-même ! »  

7 – A Rome et à l’intérieur de l’Eglise catholique, depuis 1962.
Conséquences pratiques du second concile du Vatican : « Chacun est libre de demeurer dans la religion de son choix : nous ne voulons plus de catholicisme religion d’Etat ou religion officielle : foin de l’Edit de Thessalonique ! Il importe bien plus de nous mettre à égalité avec « ceux qui ne partagent pas notre foi » pour un dialogue sans prosélytisme que de chercher à les convertir…  Aux Etats qui ont des concordats faisant du catholicisme la religion officielle ou qui le favorisent par trop, nous demandons de les corriger dans un sens plus libéral et de ne plus privilégier l’Eglise catholique : au nom de l’oecuménisme et de la liberté religieuse nous ne pouvons plus revendiquer que le Christ règne sur tous les hommes et sur toutes les sociétés humaines… »

Et cependant, nous-mêmes, nous ne cessons de nous réjouir avec une immense fierté des événements de notre histoire, tels l’Edit de Milan ou l’Edit de Thessalonique au temps de l’Empire romain d’Occident sur son déclin, ou encore – plus proche de nous – l’Edit de Fontainebleau promulgué par le Grand Roi (cf. > ici ou > ici), et avec la liturgie latine traditionnelle, nous chantons l’hymne « Te saeculorum Principem » aux vêpres de la fête du Christ-Roi (hymne qui a disparu de la liturgie issue du concile vaticandeux) :

1. Te sæculórum Príncipem, te, Christe, Regem géntium,
te méntium, te córdium unum fatémur árbitrum.
C’est Vous, ô Prince des siècles, c’est Vous, ô Christ, Roi des Nations, c’est Vous que nous reconnaissons pour l’unique arbitre des esprits et des cœurs.

2. Scelésta turba clámitat : regnáre Christum nólumus ;
te nos ovántes ómnium Regem suprémum dícimus.
Une foule criminelle crie : Nous ne voulons pas que le Christ règne ;
c’est Vous que nous, avec transport, nous proclamons Roi suprême de tous.

3. O Christe, Princeps pacifer, Mentes rebelles subjice :
Tuoque amore devios, ovile in unum congrega ! [...]
O Christ, Roi pacificateur, soumettez les esprits rebelles :
Réunissez dans l’unique bercail ceux qui s’éloignent de Votre amour ! [...]

6. Te natiónum prǽsides honóre tollant público,
colant magístri, iúdices, leges et artes éxprimant.
A Vous, que les chefs des nations rendent les honneurs publics ;
que Vous confessent les maîtres et les juges, que les lois et les arts portent Votre empreinte.

7. Submíssa regum fúlgeant tibi dicáta insígnia :
mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium.
Que, soumis, les insignes des rois brillent, à Vous consacrés;
à Votre doux sceptre soumettez la patrie et les demeures des citoyens !

Ainsi soit-il !

Mosaïque Christ Roi de France abside sud Donremy

Mosaïque du Christ, Roi de France, à la basilique de Domremy.

2017-87. O felix Caecilia !

22 novembre,
fête de Sainte Cécile.

Ste Cécile - Vitrail de la chapelle des Marins à Cayeux-sur-Mer

Sainte Cécile touchant l’orgue
accompagnée par des anges musiciens et chanteurs
(chapelle des marins, à Cayeux-sur-Mer – Picardie)

notes de musiques animées

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de cette hymne du XVème siècle en l’honneur de Sainte Cécile (cf. > ici) et je me permets d’y revenir aujourd’hui encore : vous savez que nous avons une grande dévotion pour cette vaillante martyre en notre Mesnil-Marie, et que nous ne pouvons qu’exhorter nos amis à l’aimer, à la vénérer et à se confier en son intercession.

Sainte Cécile a failli être « dégagée » du calendrier liturgique du missel réformé de 1969 et n’a dû qu’au fait de la dévotion populaire à son endroit d’y subsister, comme « mémoire facultative » et en se voyant privée de la mention de sa virginité dans sa collecte !!!.
En effet, les rationalistes et iconoclastes promotteurs de cette sinistre réforme ne croyaient pas aux traditions concernant Sainte Cécile, et ils eussent volontiers remisés aux oubliettes la sainte et son culte. Mais, comme je l’écrivais ci-dessus, il y avait la dévotion populaire et l’attachement des musiciens à leur céleste protectrice, ainsi que toutes les manifestations artistiques organisées autour de sa fête : une fête qui est la véritable « fête de la musique », plutôt que ce 21 juin où de trop nombreux braillards et cogneurs de casseroles font tant souffrir nos oreilles !
Dans le missel et le bréviaire traditionnels, évidemment, rien n’a changé et la liturgie de Sainte Cécile nourrit notre âme et notre ferveur de merveilleux textes que nous avons une joie incommensurable à retrouver chaque année.

Si je reviens aujourd’hui sur l’hymne du XVème siècle « Tubas cum cytharis » que j’avais déjà publié il y a quatre ans, c’est parce qu’en sus de la partition et de la traduction que je vous en avais déjà donné, j’en ai découvert un enregistrement.
Je vous livre donc à nouveau tout ceci ci-dessous avec en sus le dit enregistrement (en cliquant sur la fenêtre où vous voyez la partition encadrée de noir) :

Tuba cum cytharis - Sancta Caecilia

notes de musiques animées

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1. Tubas cum cytharis jam nunc assumite, Emparez-vous maintenant de trompettes et de cithares :
2. Triumphum Mártyris jam nunc celebráte, Célébrez maintenant le triomphe d’une martyre,
3. Angelórum et Vírginum ágmina, O choeurs des anges et des vierges,
4. Et cum voce lætítiæ dícite : Et dites avec la voix de l’allégresse :
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
5. Præclára sítiens illa victóriæ, Cette (vierge) glorieuse étant assoiffée de la victoire,
6. In corpus sæviens virtúte grátiæ En son corps souffrant par la force de la grâce,
7. Tradit furéntibus A livré
8. Membra mucrónibus. Ses membres aux impitoyables instruments de supplice.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
9. Et nos qui gémimus favens nos respíce ; Et nous qui gémissons, regardez-nous favorablement ;
10. Sæpe quem læsimus sta coram Júdice. Tenez-vous devant le Juge que nous avons souvent offensé !
11. Líberis det méntibus ad cælum téndere. Qu’Il donne à nos âmes, lorsqu’elles seront détachées de leurs corps, d’aller vers le ciel.
12. Purgatósque sórdibus fac tecum vívere. Purifiés de leurs souillures, faites qu’elles vivent en votre compagnie.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !

notes de musiques animées

Eh bien voilà, vous avez maintenant tout ce qu’il faut pour célébrer dignement la céleste patronne des chanteurs et des musiciens, en chantant avec moi à pleine voix…

pattes de chatLully.

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notes de musiques animées

Voir aussi :
- L’extase de Sainte Cécile, peinte par Raphaël > ici

2017-84. Centenaire de la fondation de la « Militia Immaculatae » par Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1917 – 16 octobre – 2017

16 octobre 2017,
En France, fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici)
Anniversaire de l’assassinat de SM la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici, ou > ici et > ici)

médaille miraculeuse

C’est au soir du 16 octobre 1917 que Saint Maximilien-Marie Kolbe, alors dans sa vingt-quatrième année, fonda la « Militia Immaculatae » (la Milice de l’Immaculée, en abrégé MI). 

Le jeune franciscain se trouvait alors à Rome pour ses études (il y sera ordonné prêtre l’année suivante : le 28 avril 1918).
Il écrit lui-même :
« Lorsque les francs-maçons commencèrent à se démener de plus en plus effrontément et qu’ils eurent dressé leur étendard sous les fenêtres mêmes du Vatican, cet étendard où, sur un fond noir, Lucifer foulait sous ses pieds l’archange Michel, lorsqu’ils se mirent à distribuer des tracts invectivant contre le saint Père, l’idée se fit jour de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer ».

Ce qu’écrit ici le futur Saint Maximilien-Marie n’est pas une exagération : à l’occasion du deuxième centenaire de la fondation de la maçonnerie moderne, en cette année 1917, les francs-maçons se livraient à Rome-même à de sacrilèges parodies.
Sur la place Saint-Pierre, des énergumènes – c’est bien le terme qui convient – brandissaient cette bannière diabolique que décrit le jeune franciscain polonais, et que l’on a aussi vue en France en 1996 lorsque les libres-penseurs ont manifesté à Reims et à Valmy pour protester contre la venue du pape Jean-Paul II en France pour les célébrations du quinzième centenaire du baptême de Clovis.

En 1917, les francs-maçons qui s’exhibaient à Rome avaient aussi des banderoles proclamant : « Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave ! ». Chaque jour des incidents se produisaient dans la Ville éternelle dont la spoliation – il ne faut pas l’oublier – remontait à moins de 50 ans (20 septembre 1870 – cf. > ici) et où le Souverain Pontife se trouvait prisonnier de la royauté impie de la Maison de Savoie, cette dernière ayant été l’instrument de la maçonnerie pour détruire les Etats de l’Eglise.

C’est bien le spectacle direct de ces manifestations blasphématoires qui inspira à Saint Maximilien-Marie l’idée « de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer » pour reprendre ses propres termes.

Ayant mûri ce dessein pendant les heures de repos auquel il fut contraint en raison de la tuberculose dont il ressentit les premières atteintes au cours de l’été 1917, le Frère Maximilien-Marie Kolbe, avec la permission de son directeur spirituel et de ses supérieurs, réunit donc, à Rome, dans une modeste cellule de la maison romaine de formation des franciscains conventuels, six autres jeunes religieux qu’il avait gagné à ce projet pour fonder la Militia Immaculatae : ce fut au soir du 16 octobre 1917.

Cette date ne fut pas choisie au hasard ; elle porte une signification bien précise : le 16 octobre au soir, c’est donc après la célébration des premières vêpres de la fête du 17 octobre, et le 17 octobre est le jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie (en 1917 elle n’était encore que bienheureuse).
C’est dire que, pour le futur Saint Maximilien-Marie Kolbe, cette fondation de la Milice de l’Immaculée est placée dans la perspective du règne du divin Coeur de Jésus, Lui qui a promis à Sainte Marguerite-Marie : « Je régnerai malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! ».

Ainsi donc il est très clair que Saint Maximilien-Marie Kolbe est dans la parfaite continuité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « A Jésus par Marie ! » ; « C’est par Marie que le salut du monde a commencé et c’est par Marie qu’il doit être consommé » ; « Pour qu’advienne le règne du Coeur de Jésus, il faut travailler au règne du Coeur de Marie » …etc.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Saint Maximilien-Marie Kolbe
jeune religieux franciscain conventuel

Voici le texte de la « charte fondamentale » (entendre fondamentale en son sens étymologique : « qui est au fondement », c’est-à-dire que cette charte est à la Militia Immaculatae ce que les fondations sont à une maison) par laquelle Saint Maximilien-Marie Kolbe a résumé le but, les conditions et les moyens de la Milice de l’Immaculée :

 « Elle t’écrasera la tête ». (Genèse 3,15)
« Par toi, toutes les hérésies du monde ont été vaincues ». 

I. But :
     Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc… et particulièrement des francs-maçons, et la sanctification de tous sous la protection et par le moyen de la Vierge Immaculée.

II. Conditions :
     1) Consécration totale de soi-même à l’Immaculée, comme instrument dans ses mains immaculées.
     2) Porter la Médaille miraculeuse.

III. Moyens :
     1) Autant que possible dire chaque jour l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous, spécialement pour les francs-maçons »
     2) Utiliser tous les moyens légitimes dans la mesure du possible, selon la diversité des états de vie, conditions et circonstances de chacun, et cela avec zèle et prudence. Et surtout porter la Médaille miraculeuse.

médaille miraculeuse

Malheureusement, opérant une véritable trahison de la pensée de Saint Maximilien-Marie Kolbe, dans la continuité des apostasies consécutives au concile vaticandeux, l’actuelle branche officielle de la Militia Immaculatae en France, contaminée par le venin moderniste et considérant que le terme est par trop combatif et militaire, ne veut plus se présenter comme une « Milice » et a choisi de changer son nom en « Mission de l’Immaculée« .
De la même manière, l’invocation particulière de la MI a été modifiée de telle sorte que les francs-maçons n’y sont plus nommément désignés !!!

C’est oublier totalement que Saint Maximilien-Marie voulait explicitement une référence militaire, employait un langage militaire, usait de comparaisons militaires, présentant le chapelet comme une arme, les médailles miraculeuses comme des munitions, et voulant que ceux qui s’agrègent à la MI soient des chevaliers.
Ainsi au nom d’un pacifisme idiot trahit-on la pensée du fondateur pour lequel la Militia Immaculatae était une machine de guerre opposée aux forces du mal à l’oeuvre contre la Sainte Eglise, et qui désignait clairement la maçonnerie comme l’instrument de choix de Satan dans son combat contre le règne de Dieu !

Fort heureusement, il n’en est pas ainsi en Pologne, à Niepokalanow, la « Cité de l’Immaculée », fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe.
Chaque nuit du 16 au 17 de chaque mois, les franciscains conventuels y organisent des prières « pour la conversion des pécheurs, en particulier des juifs et des francs-maçons » : cela commence à 17h dans la basilique et se termine à 5h par une messe.
En outre, chaque association locale de la Militia Immaculatae est encouragée à organiser semblable veillée dans sa propre paroisse.

Niepokalanow - prière pour les francs-maçons

En Pologne, à l’entrée de Niepokalanow,
la Cité de l’Immaculée fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe,
un grand panneau invite à venir prier pour la conversion des francs-maçons.

En France, en réaction aux dévoiements modernistes du mouvement, il existe une branche traditionnelle de la Militia Immaculatae, fidèle aux objectifs et consignes de Saint Maximilien-Marie Kolbe, sous l’égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (cf. > ici).

Membres ou non de la Militia Immaculatae, tout fidèle catholique qui a pris conscience de ce qu’est la réalité profonde de la lutte qui se déroule sous nos yeux, et de ses enjeux, ne peut qu’adhérer, dans son for interne et dans ses engagements externes, à la désignation claire de l’ennemi accomplie par Saint Maximilien-Marie Kolbe et vouloir, à son exemple et à sa suite, combattre les forces diaboliques à l’oeuvre sur cette terre, forces diaboliques dont la maçonnerie est l’un des principaux organes.

On se reportera avec fruit aux études que nous avons déjà publiées :
– Un catholique ne peut appartenir à la franc-maçonnerie > ici
– Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) ici
- La question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise > ici
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- La maçonnerie, religion officielle de la république française > ici
- Prière pour la conversion des francs-maçons > ici

Le Chevalier de l'Immaculée - couverture du premier numéro

Couverture du premier numéro de la revue « Le Chevalier de l’Immaculée »,
fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe en janvier 1922,
sur laquelle on peut nettement voir :
- les glaives qui illustrent sans ambiguité le caractère « militaire » de la Militia Immaculatae
- l’hérésie et la maçonnerie clairement désignées comme les ennemis à combattre avec l’aide de la Vierge Immaculée.

« O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous
et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous,
spécialement pour les francs-maçons »

médaille miraculeuse

Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ?

Supplication
de
Saint Germain de Constantinople

pour
implorer la protection
de la

Sainte Mère de Dieu

frise

Depuis les temps apostoliques lors même qu’elle était encore en vie sur cette terre (apparition à Saint Jacques à Saragosse en l’an 44, première apparition au Puy en l’an 45), et depuis son élévation dans la gloire céleste à travers tous les âges de l’Eglise jusqu’en nos temps, la Très Sainte Vierge Marie ne cesse d’intervenir auprès des hommes dont Notre-Seigneur Jésus-Christ en mourant sur la Croix lui a confié la maternité spirituelle.
Ces interventions sont innombrables et multiformes, mais elles peuvent toutes se résumer en ce mot : protection
En effet, la Sainte Mère de Dieu qui est aussi la nôtre, lorsqu’elle se manifeste dans l’histoire de l’Eglise et dans la vie de ses fidèles – que ce soit par des apparitions, des visions symboliques, des locutions intérieures, des illuminations spirituelles… etc. – , le fait toujours pour nous protéger : nous protéger des voies du malheur, nous protéger des maladies et des dangers de cette vie, nous protéger de la malice et des embûches du démon, nous protéger des tentations, nous protéger des fléaux mérités par nos péchés, nous protéger de la damnation éternelle…
Et pour mieux étendre sur nous sa maternelle protection et nous conduire sur les chemins du salut et de la sainteté, elle nous rappelle toujours la nécessaire conversion dont nous avons tous besoin et à tous moments jusqu’à notre dernier souffle, ainsi que la non moins nécessaire obéissance aux commandements de Dieu et de l’Eglise.
Voilà pourquoi il nous faut toujours recourir avec davantage de ferveur à cette Mère infiniment attentionée et miséricordieuse, notre Médiatrice auprès du Médiateur.
Voilà pourquoi je vous propose aujourd’hui cette magnifique supplication de Saint Germain de Constantinople (+ 733).

frise

Icône de la protection de la Mère de Dieu

Icône de la protection de la Mère de Dieu

frise

Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ?

O Vous, toute pure, toute bonne et pleine de miséricorde, ô Souveraine, consolation des chrétiens, baume généreux de ceux qui souffrent, refuge le plus assuré des pécheurs, ne nous laissez pas comme des orphelins sans Votre protection. Si nous étions abandonnés de Vous, où donc pourrions-nous nous réfugier ? Qu’adviendrait-il de nous, ô toute sainte Mère de Dieu ?
Vous êtes le souffle et la vie des chrétiens. Votre très saint nom qui est inlassablement proféré par la bouche de Vos serviteurs, en tout temps, en tout lieu et de toute manière, est non seulement la preuve, mais la cause de la vie, de la joie et du secours.
Protégez-nous sous les ailes de Votre bonté, gardez-nous par Vos intercessions. Accordez-nous la vie éternelle, ô Vous, l’espoir jamais confondu des chrétiens !
Lorsque nous, qui sommes pauvres en oeuvres et en Esprit de Dieu, nous voyons les richesses de bonté que Vous nous montrez, nous pouvons dire : la terre est remplie de la miséricorde du Seigneur.
Nous qui étions éloignés de Dieu par la multitude de nos péchés, nous avons cherché Dieu par Vous et nous L’avons trouvé, nous avons été sauvés. Puissant est Votre secours pour le salut, ô Mère de Dieu, et il n’est point besoin d’un autre médiateur auprès de Dieu.

Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ? Qui nous défend inlassablement dans nos tribulations ? Qui nous délivre aussi vite des tentations qui nous assaillent ? Qui s’évertue autant pour supplier en faveur des pécheurs ? Qui, dans les cas irrémédiables, plaide avec tant d’ardeur pour les excuser ?
Votre maternité Vous a donné auprès de Votre Fils franchise et puissance ; nous avons beau être condamnés pour nos fautes et ne plus oser lever les yeux vers les hauteurs du Ciel, Vous nous sauvez, par Vos supplications et Vos interventions, des peines éternelles.
Aussi, celui qui est dans la détresse se réfugie-t-il auprès de Vous ; celui qui a été lésé accourt vers Vous ; celui qui est accablé par le malheur invoque Votre secours. Vos oeuvres, ô Mère de Dieu, sont merveilleuses ; elles dépassent la nature, excèdent raison et puissance. C’est pourquoi Votre protection surpasse, elle aussi, toute pensée.

Jetez vos regards, du haut de Votre sainte demeure, sur l’armée des fidèles, dont la richesse consiste à pouvoir Vous appeler leur Reine et leur Souveraine.
Par Votre sainte protection, ô Mère de Dieu, délivrez-les de tout malheur et de toute affliction ; gardez-les de la maladie, des catastrophes et de toute épreuve.
Comblez-les de toute joie, de toute santé, de toute grâce.
Enfin, à la venue de Votre Fils, le Dieu miséricordieux, lorsque nous nous tiendrons tous devant Lui pour le jugement, délivrez-nous, par Votre main puissante, du feu éternel – puisque Votre maternité Vous donne franchise et puissance – et faites que nous ayons part aux biens impérissables.
Par la grâce et la bonté de Celui qui est né de Vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soient la gloire et la puissance, maintenant et dans tous les siècles.

Ainsi soit-il !

frise

Voir aussi :
- Consécration du genre humain au Coeur Immaculé de Marie (Pie XII, 31 octobre 1942) > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 13 octobre, 2017 |3 Commentaires »

2017-83. « Ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien ».

8 octobre,
Fête de Sainte Brigitte de Suède, veuve.
9 octobre,
Fête de Saint Denis, évêque et martyr.

Au sanctoral du 8 octobre figure la fête de Sainte Brigitte, puis au jour suivant nous fêtons Saint Denis, aréopagite converti par Saint Paul, qui fut ensuite le premier évêque de Paris (car il faut maintenir fermement la tradition qui a identifié l’aréopagite et le premier évêque de Paris), qui subit le martyre à Montmartre (Mons martyrum), dont les écrits théologiques sont d’une importance exceptionnelle et dont le lieu de la sépulture devint la principale nécropole de nos Souverains à partir de Dagobert 1er (dédicace de la première basilique en 636).

Outre le fait que leurs deux fêtes sont voisines, il existe un lien spirituel très fort entre Sainte Brigitte de Suède et Saint Denis, en dépit des séparations temporelles et géographiques.
Au deuxième nocturne des matines de Sainte Brigitte nous lisons en effet ceci :
« Mariée à Ulfon, prince de Méricie, elle le porta aux œuvres de piété autant par ses excellents exemples que par ses paroles convaincantes. Remplie de piété dans l’éducation qu’elle donnait à ses enfants, elle s’occupait aussi des pauvres et surtout des malades et les servait avec un si grand amour dans une maison disposée pour eux, qu’elle avait coutume de leur laver et de leur baiser les pieds. Au retour d’un pèlerinage qu’elle avait fait avec son époux au tombeau de l’Apôtre saint Jacques, à Compostelle, Ulfon étant tombé dangereusement malade à Arras, Saint Denis apparut à Brigitte pendant la nuit, et lui prédit la guérison de son mari et d’autres événements à venir ».  

Sainte Brigitte, dont les voies mystiques ont été reconnues pour authentiques par de nombreux pontifes et saints, a bénéficié d’autres apparitions de Saint Denis. J’ai choisi aujourd’hui de vous retranscrire ci-dessous deux extraits qui m’ont paru spécialement importants et stimulants.
Avec la Sainte Mère de Dieu, avec Sainte Brigitte et avec Saint Denis, redoublons de prière pour la France et implorons la miséricorde de Notre-Seigneur pour le Royaume des Lys !

Lully.

Fleur de Lys

Cristóbal de Villalpando - apparition de la Vierge à Ste Brigitte 1680-89

Apparition de la Très Sainte Vierge à Sainte Brigitte
par Cristobàl de Villalpando (vers 1680-1689)

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 103 :

Prière de Saint Denis à la Très Sainte Vierge Marie
pour le Royaume de France.

« Alors que je priais, je vis en esprit saint Denis qui parlait à la Vierge Marie, lui disant :

Vous êtes Reine de miséricorde, à laquelle toute miséricorde est donnée. Vous avez été faite Mère de Dieu pour le salut des misérables : ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien :  le vôtre d’autant que ses habitants vous honorent de tout leur pouvoir ; le mien, d’autant que j’en suis le patron et qu’ils ont confiance en moi.
En vérité, vous voyez combien d’âmes sont en danger chaque heure, et les corps des hommes y sont tués comme des bêtes, et ce qui est pis, les âmes descendent en enfer comme de la neige.
Consolez-les donc et priez pour eux, car vous êtes leur Dame, l’aide et le secours de tous
».

Fleur de Lys

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 104 :

Prière de la Sainte Mère de Dieu et de Saint Denis
pour le Royaume de France.

« La Mère de Dieu parle à son Fils, lui disant :

Béni soyez-vous, ô mon Fils ! Il est écrit que j’ai été appelée bienheureuse, d’autant que je Vous avais porté au ventre, et Vous répondîtes que celui-là est aussi béni, qui écouterait Vos paroles et les garderait. Or, mon Fils, je suis celle-là qui ai gardé de cœur Vos paroles et les ai conservées dans mon sein. Je me souviens aussi d’une parole que Vous avez dite à Saint Pierre ; lorsqu’il demandait combien de fois il pardonnerait aux pécheurs, si ce serait jusques à sept fois, Vous lui répondîtes : Septante-sept fois sept fois, marquant par cela que tout autant de fois que quelqu’un s’humilie avec volonté de s’amender, Vous étiez autant de fois prêt et préparé à lui faire miséricorde.

Le Fils répondit :

Je vous rends témoignage que Mes paroles ont été enracinées en vous, comme la semence qui est jetée en une terre bien grasse, donnant de soi le fruit centième. Mais aussi vos œuvres vertueuses donnent à tous ce fruit de joie. Partant, demandez ce que vous voulez.

La Mère répondit :

Je Vous en prie avec Saint Denis et les autres saints dont les corps sont ensevelis en ce Royaume de France, et dont les âmes sont au ciel, jouissant de la gloire : ayez miséricorde de ce Royaume (…) »

Saint Denis - Cathédrale Notre-Dame de Paris

Saint Denis, premier évêque de Paris
(cathédrale Notre-Dame de Paris)

2017-82. Cette dévotion est comme un puissant engin de guerre.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire ;
Anniversaire de la victoire de Lépante (7 octobre 1571).

Il nous a semblé particulièrement utile et profitable de publier le texte intégral de cette encyclique du Pape Léon XIII sur la dévotion au Très Saint Rosaire : au-delà du contexte historique particulier dans lequel elle fut écrite, on y trouve surtout de très nombreux éléments pérennes et des vérités toujours actuelles, particulièrement propres à stimuler notre dévotion et notre ferveur.
En reproduisant ci-dessous le texte de cette encyclique nous avons cru bon de transcrire quelques passages en caractères gras parce qu’ils nous semblaient tout spécialement importants et adaptés à nos temps actuels.

Lépante Grazio Cossali (1563-1629)

Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire
Tableau de Grazio Cossali (1563-1629) célébrant la victoire de Lépante.

Chapelet

Lettre encyclique
« Supremi apostolatus officio »
de Sa Sainteté le Pape Léon XIII
sur la dévotion au
Très Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie.

 A tous nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères Salut et Bénédiction Apostolique

Le devoir du suprême apostolat qui Nous a été confié, et la condition particulièrement difficile des temps actuels, Nous avertissent chaque jour instamment, et pour ainsi dire Nous pressent impérieusement, de veiller avec d’autant plus de soin à la garde et à l’intégrité de l’Eglise que les calamités dont elle souffre sont plus grandes.

C’est pourquoi autant qu’il est en Notre pouvoir, en même temps que Nous Nous efforçons par tous les moyens de défendre les droits de l’Eglise comme de prévoir et de repousser les dangers qui la menacent et qui l’assaillent, Nous mettons aussi Notre plus grande diligence à implorer l’assistance des secours divins, avec l’aide seule desquels Nos labeurs et Nos soins peuvent aboutir.

A cette fin, Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d’aider du secours de sa protection les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Eternelle.

C’est pourquoi, à l’approche des solennels anniversaires qui rappellent les bienfaits nombreux et considérables qu’a valus au peuple chrétien la dévotion du Saint Rosaire, Nous voulons que cette année, cette dévotion soit l’objet d’une attention toute particulière dans le monde catholique en l’honneur de la Vierge Souveraine, afin que, par son intercession, nous obtenions de son divin Fils un heureux adoucissement et un terme à nos maux. Aussi, avons-Nous pensé, Vénérables Frères, à Vous adresser ces lettres, afin que Notre dessein Vous étant connu, Votre autorité et Votre zèle excitent la piété des peuples à s’y conformer religieusement.

Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir. Aussi, puisqu’il lui est doux et agréable par-dessus toute chose d’accorder son secours et son assistance à ceux qui les lui demandent, il n’est pas douteux qu’elle ne veuille, et pour ainsi dire qu’elle ne s’empresse d’accueillir les vœux que lui adressera l’Eglise universelle.

Cette piété, si grande et si confiante envers l’Auguste Reine des cieux, n’a jamais brillé d’un éclat aussi resplendissant que quand la violence des erreurs répandues, ou une corruption intolérable des mœurs, ou les attaques d’adversaires puissants, ont semblé mettre en péril l’Eglise militante de Dieu.

L’histoire ancienne et moderne et les fastes les plus mémorables de l’Eglise, rappellent le souvenir des supplications publiques et privées à la Mère de Dieu, ainsi que les secours accordés par Elle, et en maintes circonstances la paix et la tranquillité publiques obtenues par sa divine intervention. De là ces qualifications d’Auxiliatrice, de Bienfaitrice, et de Consolatrice des chrétiens, de Reine des armées, de Dispensatrice de la victoire et de la paix, dont on l’a saluée. Entre tous ces titres, est surtout remarquable et solennel celui qui lui vient du Rosaire, et par lequel ont été consacrés à perpétuité les insignes bienfaits dont lui est redevable le nom de chrétien.

Aucun de Vous n’ignore, Vénérables Frères, quels tourments et quels deuils ont apportés à la sainte Eglise de Dieu, vers la fin du XIIe siècle, par les hérétiques Albigeois qui, enfantés par la secte des derniers Manichéens, ont couvert le midi de la France et tous les autres pays du monde latin de leurs pernicieuses erreurs. Portant partout la terreur de leurs armes, ils étendaient partout leur domination par le meurtre et les ruines.

Contre ce fléau, Dieu a suscité, dans sa miséricorde, l’insigne père et fondateur de l’Ordre dominicain. Ce héros, grand par l’intégrité de sa doctrine, par l’exemple de ses vertus, par ses travaux apostoliques, s’avança contre les ennemis de l’Eglise catholique, animé de l’Esprit d’en haut ; non avec la violence et avec les armes, mais avec la foi la plus absolue en cette dévotion du Saint Rosaire que le premier il a divulguée et que ses enfants ont portée aux quatre coins du monde. Il prévoyait, en effet, par la grâce divine, que cette dévotion, comme un puissant engin de guerre, mettrait en fuite les ennemis et confondrait leur audace et leur folle impiété. Et c’est ce qu’a, en effet, justifié l’événement.

Grâce à cette nouvelle manière de prier, acceptée et ensuite mise régulièrement en pratique, par l’institution de l’Ordre du saint Père Dominique, la piété, la bonne foi, la concorde commencèrent à reprendre racine, et les projets des hérétiques, ainsi que leurs artifices, à tomber en ruines. Grâce à elle encore, beaucoup d’égarés ont été ramenés à la voie droite ; et la fureur des impies a été réfrénée par les armes catholiques qui avaient été levées pour repousser la force par la force.

L’efficacité et la puissance de cette prière ont été aussi expérimentées au XVIe siècle, alors que les armées innombrables des Turcs étaient à la veille d’imposer le joug de la superstition et de la barbarie à presque toute l’Europe. Dans ce temps, le Souverain Pontife saint Pie V, après avoir réveillé chez tous les princes chrétiens le sentiment de la défense commune, s’attacha surtout et par tous les moyens à rendre propice et secourable au nom chrétien la toute-puissante Mère de Dieu, en l’implorant par la récitation du Rosaire. Ce noble exemple, offert en ces jours à la terre et aux cieux, rallia tous les esprits et persuada tous les cœurs. Aussi les fidèles du Christ, décidés à verser leur sang et à sacrifier leur vie pour le salut de la religion et de leur patrie, marchaient sans souci du nombre aux ennemis massés non loin du golfe de Corinthe ; pendant que les invalides, pieuse armée de suppliants, imploraient Marie, saluaient Marie, par la répétition des formules du Rosaire et demandaient la victoire de ceux qui combattaient.

La Souveraine ainsi suppliée ne resta pas sourde, car l’action navale s’étant engagée auprès des îles Echinades (Curzolaires) la flotte des chrétiens, sans éprouver elle-même de grandes pertes, remporta une insigne victoire et anéantit les forces ennemies.

C’est pourquoi le même Souverain et saint Pontife, en reconnaissance d’un bienfait si grand, a voulu qu’une fête en l’honneur de Marie Victorieuse, consacrât la mémoire de ce combat mémorable. Grégoire XIII a consacré cette fête en l’appelant fête du Saint Rosaire.

De même, dans le dernier siècle, d’importants succès furent remportés sur les forces turques, soit à Temesvar, en Pannonie, soit à Corcyre, et ils coïncidèrent avec des jours consacrés à la Sainte Vierge Marie et avec la clôture des prières publiques célébrées par la récitation du Rosaire.

Par conséquent, puisqu’il est bien reconnu que cette formule de prière est particulièrement agréable à la Sainte Vierge, et qu’elle est surtout propre à la défense de l’Eglise et du peuple chrétien en même temps qu’à attirer toutes sortes de bienfaits publics et particuliers, il n’est pas surprenant que plusieurs autres de nos prédécesseurs se soient attachés à la développer et à la recommander par des éloges tout spéciaux. Ainsi Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l’honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; Léon X a déclaré qu’elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l’a appelée la gloire de l’Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire, que, dans la divulgation de cette sorte de prières, les fidèles ont commencé à s’échauffer dans la méditation, à s’enflammer dans la prière, puis sont devenus d’autres hommes ; les ténèbres de l’hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par Saint Dominique, pour apaiser la colère de Dieu et implorer l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie.

Guidé par cette pensée et par les exemples de nos prédécesseurs Nous avons cru tout à fait opportun d’établir pour la même cause, en ce temps, des prières solennelles, et de tâcher, au moyen de prières solennelles adressées à la Sainte Vierge par la récitation du Rosaire, d’obtenir de son Fils Jésus-Christ un semblable secours contre les dangers qui Nous menacent. Vous voyez, Vénérables Frères, les graves épreuves auxquelles l’Eglise est journellement exposée : la piété chrétienne, la moralité publique, la foi elle-même qui est le bien suprême et le principe de toutes les autres vertus, tout cela est chaque jour menacé des plus grands périls.

Non seulement Vous savez combien cette situation est difficile et combien Nous en souffrons, mais encore Votre charité Vous en a fait éprouver avec Nous les sympathiques angoisses. Car c’est une chose des plus douloureuses et des plus lamentables de voir tant d’âmes rachetées par le Sang de Jésus-Christ arrachées au salut par le tourbillon d’un siècle égaré, et précipitées dans l’abîme et dans une mort éternelle. Nous avons, de nos jours, autant besoin du secours divin qu’à l’époque où le grand Dominique leva l’étendard du Rosaire de Marie à l’effet de guérir les maux de son époque.

Ce grand Saint, éclairé par la lumière céleste, entrevit clairement que, pour guérir son siècle, aucun remède ne serait plus efficace que celui qui ramènerait les hommes à Jésus-Christ, qui est la voie la vérité et la vie, et les pousserait à s’adresser à cette Vierge, à qui il est donné de détruire toutes les hérésies, comme à leur patronne auprès de Dieu.

La formule du Saint-Rosaire a été composée de telle manière par saint Dominique, que les mystères de Notre salut y sont rappelés dans leur ordre successif, et que cette manière de méditation est entremêlée et comme entrelacée par la prière de la Salutation angélique, et par une oraison jaculatoire à Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous qui cherchons un remède à des maux semblables, Nous avons le droit de croire qu’en Nous servant de la même prière qui a servi à saint Dominique pour faire tant de bien à tout le monde catholique, Nous pourrons voir disparaître de même les calamités dont souffre Notre époque.

Non seulement Nous engageons vivement tous les chrétiens à s’appliquer soit en public, soit dans leur demeure particulière et au sein de leur famille, à réciter ce pieux office du Rosaire et à ne pas cesser ce saint exercice, mais Nous désirons que spécialement le mois d’octobre de cette année soit consacré entièrement à la Sainte Reine du Rosaire. Nous décrétons et Nous ordonnons que, dans tout le monde catholique, pendant cette année, on célèbre solennellement par des services spéciaux et splendides, les offices du Rosaire.

Qu’ainsi donc, à partir du premier jour du mois d’octobre prochain jusqu’au second jour du mois de novembre suivant, dans toutes les paroisses, et, si l’autorité le juge opportun et utile, dans toutes les autres églises ou chapelles dédiées à la Sainte Vierge, on récite cinq dizaines du Rosaire, en y ajoutant les Litanies Laurétanes. Nous désirons que le peuple accoure à ces exercices de piété et qu’en même temps l’on dise la messe et l’on expose le Saint Sacrement, et que l’on donne ensuite avec la Sainte Hostie la bénédiction à la pieuse assemblée. Nous approuvons beaucoup que les confréries du Saint Rosaire de la Vierge fassent, conformément aux usages antiques, des processions solennelles à travers les villes, afin de glorifier publiquement la Religion. Cependant si, à cause des malheurs des temps, dans certains lieux, cet exercice public de la religion n’était pas possible, qu’on le remplace par une visite assidue aux églises, et qu’on fasse éclater la ferveur de sa piété par un exercice plus diligent encore des vertus chrétiennes.

En faveur de ceux qui doivent faire ce que Nous avons ordonné ci-dessus, il Nous plaît d’ouvrir les célestes trésors de l’Eglise pour qu’ils y puisent à la fois les encouragements et les récompenses de leur piété. Donc, à. tous ceux qui, dans l’intervalle de temps désigné, auront assisté à l’exercice de la récitation publique du Rosaire avec les Litanies, et auront prié selon Notre intention, Nous concédons sept années et sept quarantaines d’indulgences applicables à toutes fins. Nous voulons également faire jouir de cette faveur ceux qu’une cause légitime aura empêchés de concourir à ces prières publiques dont Nous venons de parler, pourvu que, dans leur particulier, ils se soient consacrés à ce pieux exercice et qu’ils aient prié Dieu selon Notre intention. Nous absolvons de toute coulpe ceux qui dans le temps que nous venons d’indiquer, auront au moins deux fois, soit publiquement dans les temples sacrés, soit dans leurs maisons (par suite d’excuses légitimes) pratiqué ces pieux exercices et qui, après s’être confessés, se seront approchés de la Sainte Table. Nous accordons encore la pleine remise de leurs fautes à ceux qui, soit dans ce jour de la fête de la Bienheureuse Vierge du Rosaire, soit dans les huit jours suivants, après avoir également épuré leur âme par une salutaire confession, se seront approchés de la Table du Christ, et auront dans quelque temple prié à Notre intention Dieu et la Sainte Vierge pour les nécessités de l’Eglise.

Agissez donc, Vénérables Frères ! Plus Vous avez à cœur l’honneur de Marie et le salut de la société humaine, plus Vous devez Vous appliquer à nourrir la piété des peuples envers la grande Vierge, à augmenter leur confiance en Elle. Nous considérons qu’il est dans les desseins providentiels que, dans ces temps d’épreuves pour l’Eglise, l’ancien culte envers l’auguste Vierge fleurisse plus que jamais dans l’immense majorité du peuple chrétien. Que maintenant, poussées par Nos exhortations, enflammées par Vos appels, les nations chrétiennes recherchent avec une ardeur de jour en jour plus grande la protection de Marie ; qu’elles s’attachent de plus en plus à l’habitude du Rosaire, à ce culte que Nos ancêtres avaient la coutume de pratiquer, non seulement comme un remède toujours présent à leurs maux, mais comme un noble ornement de la piété chrétienne. La Patronne céleste du genre humain exaucera ces prières et ces supplications, et Elle accordera facilement aux bons la faveur de voir leurs vertus s’accroître, aux égarés celle de revenir au bien et de rentrer dans la voie du salut, elle obtiendra que le Dieu vengeur des crimes, inclinant vers la clémence et la miséricorde, rende au monde chrétien et à la société, tout péril étant désormais écarté, cette tranquillité si désirable.

Encouragé par cet espoir, Nous supplions Dieu, par l’entremise de Celle dans laquelle il a mis la plénitude de tout bien, Nous le supplions de toutes Nos forces de répandre sur Vous, Vénérables Frères, ses faveurs célestes. Et comme gage de Notre bienveillance, Nous Vous donnons de tout Notre cœur, à Vous, à Votre clergé et aux peuples commis à Vos soins, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 1er septembre 1883, sixième année de Notre Pontificat.

armoiries Léon XIII

Voir aussi :
- Prières pour le mois du Très Saint Rosaire > ici
- BD « Du Saint Rosaire redoutable aux démons » > ici

2017-80. Des Quatre-Temps.

Vendredi 22 septembre 2017,
Octave de Notre-Dame des Sept-Douleurs,
Mémoire du vendredi des Quatre-Temps d’automne,
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs de la Légion Thébaine,
Mémoire de Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce matin, après que mon papa-moine a mis son thé à infuser, je me suis installé – ainsi que je le fais souvent – à côté de son bol.
J’attendais, j’attendais, j’attendais…
Je regardais Frère Maximilien-Marie avec insistance…
Mais rien ne venait…

Lully et le jeûne des Quatre-Temps

Ah ! J’avais oublié les Quatre-Temps… et de toute façon, nous sommes vendredi, jour d’abstinence !
Il paraît que j’avais un air particulièrement dépité.
J’ai bien essayé d’attendrir Frère Maximilien-Marie, mais il a été intraitable : « Tu es un chat monastique : tu bénéficies de tous les « privilèges » de la vie religieuse et tu dois en assumer aussi les obligations quant à la pénitence ! »
Je n’ai donc pas eu ma lichette de beurre.
Frère Maximilien-Marie est de plus en plus strict pour l’observance des jours de jeûne et d’abstinence, parce que nous ne nous contentons pas des seules obligations imposées par le droit canonique actuellement en vigueur mais que, au Mesnil-Marie, nous avons repris la discipline et les usages monastiques antiques, ce qui fait que nous avons un peu plus du tiers de l’année en jours d’abstinence (et chez nous l’abstinence est la privation de tout met d’origine animale, ce qui englobe non seulement la viande mais aussi le poisson, les oeufs et tous les laitages), dont environ la moitié sont des jours de jeûne.

Alors, parce que vous aussi bien que moi avons tous besoin qu’on nous rafraîchisse la mémoire, je me suis décidé à vous rapporter ici ce que l’abbé Meusy expliquait à propos des Quatre-Temps dans son excellent « Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales » (deuxième édition, 1775).

pattes de chatLully.

Prière et jeûne pour la France

Histoire des Quatre-Temps :

« Plusieurs critiques prétendent que les Quatre-Temps ne sont point d’institution apostolique, parce que, disent-ils, dans les monuments ecclésiastiques, qui peuvent constater ce fait, nous n’en voyons aucun qui leur assure cette origine ; d’ailleurs, ajoutent-ils, Tertullien, Eusèbe, Saint Jérôme, qui ont parlé très souvent des jeûnes, ne font aucune mention de ceux des Quatre-Temps. Ces auteurs sont contredits par un grand nombre d’autres dont les preuves semblent décisives, au-moins pour ce qui regarde les Quatre-Temps de la Pentecôte & ceux du mois de septembre, qui paraissent remonter jusqu’aux Apôtres. Suivant le Père Thomassin, Saint Augustin parle des Quatre-Temps établis à Rome : Saint Chrysostome dit formellement que les Quatre-Temps après la Pentecôte viennent des Apôtres, & ce saint Docteur était très instruit des usages de l’Eglise. Saint Léon, dans ses Sermons des jeûnes du dixième mois (septembre), assure que les Apôtres ont établi les Quatre-Temps qu’on y observe, ex Apostolica traditione ; & il ajoute que ceux-ci ont été ordonnés immédiatement après la récolte, afin de nous apprendre à user sobrement des biens que nous recueillons, & à en faire part aux pauvres. Le saint Docteur dit encore que les Quatre-Temps ont été fixés dans les quatres saisons de l’année, pour expier par les jeûnes & la prière les négligences & les fautes qui nous échappent sans cesse. Les Quatre-Temps étaient observés universellement dans l’Eglise Latine au temps du Pape Grégoire VII.
Le Pape Gélase, sur la fin du cinquième siècle, fixa les ordinations des Prêtres & des Diacres aux samedis des Quatre-Temps & à la mi-Carême, ce qui distingua ces jours d’une manière particulière : cette fixation néanmoins ne fut pas rigoureusement observée ; on ordonnait souvent des Ministres pour l’Autel suivant le besoin de l’Eglise, & sans égard au temps. Grégoire III au huitième siècle, Urbain II au onzième, renouvellèrenet ce point de discipline ; il le fut encore sous ce dernier Pape par un décret du concile de Plaisance, qui fixa enfin les Quatre-Temps aux jours où ils s’observent encore ; de là est venue la coutume de regarder les Quatre-Temps comme des jours consacrés au jeûne & à la prière, dans la vue d’obtenir de Dieu de dignes Ministres des saints Autels.
Il y eut de la variété dans les différentes Eglises sur le jeûne des Quatre-Temps. Quoique ce jeûne fut au moins connu, suivant les uns, depuis Saint Léon, suivant d’autres depuis Saint Silvestre, probablement même depuis les Apôtres, il ne fut admis en France qu’au temps de Charlemagne. Ce Prince & Louis le Débonnaire son fils le prescrivirent dans leurs capitulaires. L’usage des jeûnes n’étant pas encore uniforme, Grégoire XII, au rapport du Micrologue, les fixa enfin comme nous les voyons. »

Catéchisme sur les Quatre-Temps

Demande. Qu’est-ce que les Quatre-Temps ?
Réponse. Ce sont des jours de jeûne que l’Eglise ordonne de trois mois en trois mois les mercredi, vendredi & samedi de la même semaine.
Nota. Ces jours de jeûne sont appelés les Quatre-Temps, parce qu’ils arrivent quatre fois par an.

D. Les Quatre-Temps sont-ils anciens dans l’Eglise ?
R. On croit que ceux de la Pentecôte & ceux du mois de septembre ont été établis par les Apôtres.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle ordonné le jeûne des Quatre-Temps ?
R. Pour trois raisons principales.

D. Quelle est la première raison qu’a eue l’Eglise en instituant les Quatre-Temps ?
R. C’est afin que les chrétiens sanctifient chaque saison de l’année par la pénitence de quelques jours.
Explication. L’Eglise voit avec douleur ses enfants se souiller par le péché ; ne pouvant les empêcher de se rendre coupables, elle s’empresse de leur fournir les moyens de cesser de l’être ; elle les rappelle à eux-mêmes, elle les engage à la pénitence ; & en les y contraignant, comme elle le fait par ses préceptes, elle leur apprend que la pénitence doit être pour eux un exercice de toute la vie, parce qu’ils sont toujours pécheurs.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour demander à Dieu de répandre ses bénédictions sur les biens de la terre, & pour le remercier de ceux qu’il nous a déjà accordés.
Explication. Combien de chrétiens qui ne pensent pas plus à remercier Dieu de ses bienfaits, que s’ils ne les tenaient pas de lui ? Serait-ce par l’ingratitude qu’on mériterait de nouvelles grâces ? Combien ne nous en fait-il pas sans cesse ? Je ne parle pas ici des dons surnaturels, je ne parle que des biens temporels que sa bonté nous accorde. C’est sa providence admirable qui nourrit tous les hommes & qui pourvoit à tous leurs besoins ; il est donc bien juste de le remercier & de lui demander de continuer à répandre ses bénédictions sur les biens de la terre ; les Quatre-Temps sont établis pour cette fin.

D. Qu’elle est la troisième raison ?
R. C’est de prier Dieu d’accorder de saints ministres à son Eglise.
Explication. Il y a longtemps que les ordinations des ministres de l’autel sont fixées aux Quatre-Temps : l’Eglise a voulu intéresser tous les fidèles à prier pour les ordinants, & à demander unaniment à Dieu de saints ministres qui concourent également à sa gloire & au salut des âmes. Tout le monde y est intéressé, parce que le salut ou la réprobation des chrétiens dépendent du succès du ministère des prêtres.

D. Que doit-on faire pendant les Quatre-Temps pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut se renouveler dans l’esprit de pénitence, remercier Dieu des biens temporels qu’il nous a accordés, & former la résolution d’en faire un saint usage.

D. Que doit-on faire particulièrement les samedis des Quatre-Temps ?
R. Il faut faire quelques œuvres de piété pour ceux qui reçoivent les saints ordres.

Catéchisme des fêtes abbé Meusy

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