Archive pour la catégorie 'Memento'

2026-107. Historique de l’Institution de la fête du Très-Saint-Sacrement.

Mercredi après le dimanche de la Sainte Trinité.
Veille de la fête du Très-Saint-Sacrement.

       A la veille de la fête du Très-Saint-Sacrement, il n’est pas inutile d’y préparer nos intelligences en se replongeant dans l’historique de son institution, d’autant que cette histoire est riche d’éléments aptes à nourrir nos cœurs et nos âmes d’éléments spirituels forts qui nous stimuleront à célébrer cette fête avec toujours plus de ferveur et d’amour.

   Voici donc le récapitulatif des textes que nous avons publiés à ce sujet, avec les liens pour les atteindre :

Pierre-Paul Rubens - les défenseurs de l'Eucharistie

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) : les défenseurs de l’Eucharistie (1625)
[Musée du Prado, Madrid].

1 – Sainte Julienne du Mont-Cornillon : sa vie et sa mission pour toute l’Eglise > ici.

2 – La première célébration de la Fête-Dieu, à Liège, en 1246 > ici

3 – Le miracle eucharistique de Bolsena, en décembre 1263 > ici

4 – L’institution de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle, en 1264 > ici

4 – Le texte de la Bulle « Transiturus » (1264) du pape Urbain IV : un texte magnifique à méditer > ici

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gravure de missel - fête-Dieu

2026-101. Le 25 mai 1802 : la découverte des reliques de Sainte Philomène.

25 mai 1802,
Découverte des reliques de Sainte Philomène, vierge et martyre.

   Nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité (mais en adoptant la graphie actuelle) le chapitre Ier du petit ouvrage suivant qui se trouve dans la bibliothèque du Mesnil-Marie ; ouvrage qui – compte-tenu de la date et de la mention de la ville de Lyon comme lieu d’implantation de l’une des librairies où l’on pouvait se le procurer – nous laisse à penser que c’est probablement l’un des « jumeaux » de celui qui fut donné en cette année 1835 à la Bienheureuse Pauline-Marie Jaricot, malade (cf. > ici et > ici), et dont la lecture éveilla en elle l’amitié spirituelle qui la lia dès lors à Sainte Philomène.

La Thaumaturge du XIXème siècle

Découverte du saint corps de Sainte Philomène :

       Le psalmiste disait (Ps. LXXVII) que Dieu est admirable dans Ses saints et dans les œuvres que par eux et pour eux Il opère en faveur de Son peuple. Le fruit, ajoutait-il, de ces œuvres merveilleuses est un accroissement de force et de courage dans le cœur de Ses enfants ; et il en bénissait le Seigneur. Nous trouvons une nouvelle preuve de cette parole divine dans l’invention des saintes reliques de notre thaumaturge (ce nom se donne aux saints que Dieu rend célèbres par un grand nombre de miracles).
Depuis à peu près quinze siècles, comme nous le dirons plus tard, elles étaient ensevelies et ignorées du monde entier ; et voilà que tout à coup elles apparaissent, couronnées d’honneur et de gloire, aux yeux de l’univers. Quel est donc ce prodige ? Qui peut l’avoir opéré, sinon la main de Celui qui dicta ces mots à Son prophète : La mémoire du juste survit à tous les siècles ; elle participe de Mon éternité… (Ps. III) ? Le juste seul mérite donc d’être appelé sage, puisque ce n’est pas sur le sable mouvant de ce monde qu’il élève l’édifice de ses vertus et de sa gloire, mais sur le roc impérissable, sur les montagnes de Dieu… (Ps. LXXXVI). Oh ! si les insensés habitants de la terre pouvaient comprendre et goûter ce langage ! Quoi qu’il en soit, telle est la leçon que Dieu a voulu leur donner ; si leur folie les empêche d’en profiter, elle n’en sera pas moins grandement utile à ceux qui marchent déjà dans la voie droite ; et à la vue de ce que le Seigneur a fait pour exalter Son humble servante Sainte Philomène, ils se sentiront animés d’une nouvelle ardeur, et ils courront, ils voleront avec la rapidité de l’aigle dans les sentiers étroits, mais aussi pleins de joie et d’espérance, dont le terme est la vie et la gloire éternelles.

   Le corps de Sainte Philomène fut donc trouvé en 1802 , le 25 du mois de mai, pendant les fouilles que l’on a coutume de faire à Rome, chaque année, dans les lieux consacrés par la sépulture des martyrs.
Ces opérations souterraines se faisaient, cette année-là, dans les catacombes de Sainte Priscille, sur la nouvelle voie Salaria. On découvrit d’abord la pierre sépulcrale, qui se fit remarquer par sa singularité. Elle était de terre cuite, et offrait aux regards plusieurs symboles mystérieux, qui faisaient allusion à la virginité et au martyre. Ils étaient coupés d’une ligne transversale, formée par une inscription dont les premières et les dernières lettres paraissaient avoir été effacées par les instruments des ouvriers qui cherchaient à la détacher de la tombe. Elle était ainsi conçue :

(FI) LUMENA PAX TECUM FI (AT)
(Philomène, la paix soit avec toi ! ainsi soit-il).

Plaques qui fermaient le loculus de Sainte Philomène

Les plaques de terre cuite qui fermaient le loculus remises dans l’ordre.

   Le savant Père Marien Partenio, jésuite, croit que les deux dernières lettres FI doivent se rattacher au premier mot de l’inscription, suivant l’ancien usage, dit-il, qui était commun aux Chaldéens, aux Phéniciens, aux Arabes, aux Hébreux ; et même aussi, ajoute-t-il, on en trouve quelque trace parmi les Grecs. Je laisse aux érudits à discuter ce point, et je me contente de faire remarquer, avec le même Père, que dans les pierres sépulcrales, mises par les chrétiens sur la tombe des martyrs qui confessèrent le nom de J.-C. dans les premières persécutions, au lieu de la formule IN PACE, généralement plus usitée, on mettait celle-ci, qui a quelque chose de plus animé et de plus vif : PAX TECUM.

   La pierre ayant été enlevée, apparurent les restes précieux de la Sainte Martyre, et tout à côté un vase de verre extrêmement mince, moitié entier, moitié brisé, et dont les parois étaient couvertes de sang desséché. Ce sang, indice certain du genre de martyre qui termina les jours de Sainte Philomène, avait été, selon l’usage de la primitive Eglise, recueilli par des chrétiens pieux, qui, lorsqu’ils ne le pouvaient pas par eux-mêmes, s’adressaient quelquefois aux païens, et même aux bourreaux de leurs frères, pour avoir, ainsi que leurs vénérables dépouilles, ce sang sacré, offert avec tant de générosité à Celui qui, sur la croix, sanctifia, par l’effusion du Sien, les sacrifices, les douleurs et la mort de Ses enfants.

   Pendant que l’on s’occupait à détacher des différentes pièces du vase brisé le sang qui y était collé, et que l’on en réunissait avec le plus grand soin les plus petites parcelles dans une urne de cristal, les personnes qui étaient présentes, et parmi lesquelles se trouvaient des hommes de talent et d’un esprit cultivé, s’étonnent en voyant tout à coup étinceler à leurs yeux l’urne sur laquelle, depuis quelques instants, leurs regards étaient attachés. Ils s’approchent de plus près ; ils considèrent à loisir ce prodigieux phénomène, et, dans les sentiments de la plus vive admiration jointe au plus profond respect, ils bénissent le Dieu qui se glorifie dans ses Saints. Les parcelles sacrées, en tombant du vase dans l’urne, se transformaient en divers corps précieux et brillants, et c’était une transformation permanente : les uns présentaient l’éclat et la couleur de l’or le mieux épuré ; les autres, de l’argent ; d’autres, des diamants, des rubis, des émeraudes et d’autres pierres précieuses : en sorte qu’au lieu de la matière dont la couleur, en se dégageant du vase, était brune et obscure, on ne voyait dans le cristal que l’éclat mélangé de couleurs diverses, telles qu’elles brillent dans l’arc-en-ciel.

Ensevelissement de Sainte Philomène

Ensevelissement de Sainte Philomène.

   Les témoins de ce prodige n’étaient pas hommes à douter de ce qu’ils avaient vu de leurs yeux, et de ce qu’ils avaient examiné avec une attention réfléchie. Au reste, ils savaient que Dieu n’est pas si avare de Ses dons, surtout envers ceux qu’Il comble, dans le ciel, de toutes les richesses de Sa gloire, qu’une semblable merveille dût Lui coûter beaucoup d’efforts ; ils la considéraient non-seulement en elle-même et comme une ombre de cette clarté toute céleste, promise dans les livres saints au corps et à l’âme du juste (Sap. III, 7), mais encore dans les heureux et salutaires effets qu’elle produisait dans leur cœur, dont ils sentaient se ranimer la foi… ; et s’ils eussent voulu rapprocher le présent du passé, pour se justifier à eux-mêmes leur pieuse croyance, ne pouvaient-ils pas se rappeler, entre plusieurs autres faits semblables, celui qu’on lit dans la vie de Saint Jean Népomucène, dont le corps, ayant été jeté dans la Moldave, fut distingué au milieu des eaux pendant la nuit, à la vive lumière qui lui servait comme de vêtement ?…
Ce que nous venons de dire de Sainte Philomène est plus admirable sans doute ; mais aussi, qu’il y a loin de ce prodige à celui dont il était et le signe et le gage, je veux dire à la résurrection des corps, quand les élus seront transformés en la gloire même de J.-C. 

   En lisant ce qui précède, on aura été frappé sans doute de la permanence de cette miraculeuse transformation. Aujourd’hui encore elle excite l’admiration de tous ceux qui vont vénérer cette précieuse relique… Ils voient encore dans la même urne les mêmes corps lucides, mais leur éclat n’a pas toujours la même vivacité, et les couleurs dont ils brillent ont, en divers moments, des nuances diverses : tantôt c’est le rubis, tantôt c’est l’émeraude qui domine ; tantôt leur éclat est comme terni par une légère couche de cendre. Une fois seulement on le vit s’effacer totalement, et les yeux épouvantés de ceux qui en furent les témoins ne virent plus dans l’urne sainte qu’un peu de terre ordinaire. Mais bientôt cette nouvelle merveille cessa, et ce fut quand les yeux indignes d’un personnage mort peu après, subitement, eurent aussi cessé de profaner de leurs regards la sainteté de ces vénérables reliques…
Dieu ! que les œuvres de Votre puissance sont à la fois aimables et terribles !

Autel avec les reliques de Sainte Philomène à Mugnano del Cardinale

Présentation du corps de Sainte Philomène de nos jours à Mugnano-del-Cardinale.

   Il se présente ici à mon esprit une difficulté qui se sera peut-être aussi présentée à celui de mes lecteurs. Ce prodige, comme nous l’avons dit, s’opéra d’abord au moment de l’extraction du saint corps des catacombes. Les témoins oculaires durent en parler, et par conséquent il dut s’ébruiter dans Rome. Comment donc s’est-il fait que, depuis le 25 du mois de mai de l’année 1802 jusqu’au milieu à peu près de l’an 1805, un objet digne de tant de respect, au lieu d’être exposé sur les autels pour y recevoir les hommages des fidèles, ait été tenu caché et confondu au milieu de plusieurs autres corps de saints Martyrs, qu’il n’avait pas plu au Seigneur d’honorer d’une manière si éclatante ?
Mais je pense à la sage lenteur et à la circonspection toute surnaturelle de la cour de Rome, quand il s’agit de prononcer sur ces événements extraordinaires ; je m’arrête surtout à considérer les vues de la Providence sur ce dépôt sacré, et la difficulté s’évanouit.
Oui, Dieu voulait, et tout ce qui est arrivé depuis concourt à le prouver, qu’après avoir jeté un premier éclat, semblable à celui de l’aurore, ce nouveau soleil, fait à l’image de Celui qui éclaire tout homme venant au monde, restât encore un peu de temps caché sous les nuages, jusqu’au jour où Il aurait tout disposé pour le montrer à la face de l’univers, brillant des plus éblouissantes splendeurs, et d’autant plus admirable qu’ayant en quelque sorte pour tente une autre Nazareth, sa gloire ainsi que celle de J.-C. paraîtrait avec évidence ne lui venir que du Père céleste, jaloux de la couronner seul, afin que l’on vît mieux ce que peut, ce que fait Son amour en faveur de ceux qu’Il honore.

Gloire Lui soit à jamais rendue !

Découverte du saint corps de Sainte Philomène

2026-98. Récapitulatif des publications concernant le trépas du Maître-Chat Lully.

23 mai,
Anniversaire du trépas du Maître-Chat Lully (+ 23 mai 2019).

       Voici, ci-dessous, la liste des textes publiés dans les pages de ce blogue relatifs à la mort de Monseigneur le Maître-Chat Lully, avec les liens pour les atteindre :

Lully chat augustinien

A – L’article annonçant la mort du Maître-Chat > ici

B – Parce que certains avaient imaginé que, Lully étant mort, ce blogue allait s’arrêter > ici

C – Premier anniversaire de la mort du Maître-Chat Lully, où une anecdote particulièrement belle est révélée > ici

D – Tolbiac rend hommage à Lully, son prédécesseur, en faisant découvrir une œuvre d’art exceptionnelle > ici

E – Tolbiac commémore l’anniversaire du trépas de Lully, en parlant des chats de S.M. le Roi Louis XV > ici

ange chat

Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 22 mai, 2026 |Pas de commentaires »

2026-96. L’église nationale des Bretons, à Rome : Saint-Yves-des-Bretons.

19 mai,
Fête de Saint Yves  [Erwan] Hélory de Kermartin, confesseur, céleste protecteur de tous ceux qui travaillent au service de la justice et du droit, copatron de la Bretagne ;
Mémoire de Saint Pierre Célestin V, pape et ermite, confesseur ;
Mémoire de Sainte Pudentienne, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Alcuin, abbé et confesseur, ami et conseiller de Saint Charlemagne.

Saint-Yves des Bretons - façade

Façade de l’église Saint-Yves-des-Bretons, à Rome,
au n° 8 du Vicolo della Campana.

       Saint Yves n’est pas seulement célébré à Tréguier et en Bretagne, mais sa fête est également marquée dans la Ville Eternelle, où – souvent le dimanche le plus proche du 19 mai – se déroule une procession avec l’une de ses reliques, accompagnée de drapeaux bretons et de sonneurs de binious.
Depuis le XVème siècle, en effet, la « nation bretonne » a son église nationale au cœur de la Chrétienté latine : l’ église Saint-Yves-des-Bretons, en italien : Sant’Ivo dei Bretoni .
C’est l’une des cinq églises françaises de Rome, administrée par la fondation des Pieux Etablissements de la France à Rome et à Lorette .

   A l’origine, il y avait une église appelée Saint-André de Mortariis, qui datait des VIIIème et IXème siècles. Un petit établissement monastique lui était adjoint.
A la demande du cardinal Alain de Coëtivy, qui était originaire du Léon mais qui fut, entre autres, archevêque d’Avignon, cette église fut concédée aux Bretons par le pape Nicolas V, attribution qui fut confirmée par Callixte III en 1455.
A l’église elle-même étaient adjoints des locaux hospitaliers (pour l’accueil des pèlerins bretons) et une confrérie (érigée au début du XVIème siècle) qui administrait l’ensemble.

La Bretagne fut réunie à la France en 1532, et l’église Saint-Yves-des-Bretons – sa Confrérie s’étiolant et ne pouvant suffire à l’administration des biens qui assuraient sa subsistance – fut elle aussi finalement réunie à la proche église Saint-Louis-des-Français en 1582 par le pape Grégoire XIII.

Sanctuaire de l'église Saint-Yves-des-Bretons

Sanctuaire de l’église Saint-Yves-des-Bretons
avec le buste reliquaire de Saint Yves.

Buste reliquaire de Saint Yves - église Saint-Yves-des-Bretons

   Quoique ayant été restaurée au XVIème siècle, l’église, après son rattachement à Saint-Louis-des-Français, ne fut pas toujours bien entretenue : elle subit aussi à plusieurs reprises les crues du Tibre, et au XIXème siècle, en très mauvais état, elle fut progressivement abandonnée, au point qu’en 1875 on la démolit.

   Paradoxalement, cette démolition est devenue un nouveau départ puisque, les Pieux Etablissements de la France à Rome et à Lorette entreprirent aussitôt sa reconstruction : intégrée dans un ensemble architectural fait d’immeubles de rapport, plus petite, avec une façade relativement austère qui ne laisse pas imaginer ce qui se trouve derrière elle, l’église Saint-Yves-des-Bretons est néanmoins renée de ses décombres.
Les architectes (Filippo Chiari puis Luca Carimini) lui ont donné un style néo-renaissance plutôt équilibré donnant un ensemble harmonieux plutôt satisfaisant, qui est aujourd’hui considéré comme un témoignage unique de l’art religieux de la seconde moitié du XIXème siècle (sic).

   En 2002-2003, à l’occasion du septième centenaire de la mort de Saint Yves (+ 19 mai 1303), avec un soutien financier important du Conseil régional de Bretagne, la façade de cette église a été restaurée, et, dans la suite, les Pieux Etablissements, ont lancé un important programme de rénovation intérieure (peintures murales, pavements cosmatesques, électricité… etc.).

Saint-Yves-des-Bretons - peinture murale de l'abside

Rome, église Saint-Yves-des-Bretons : peinture murale au cul-de-four de l’abside ;
on y voit, de gauche à droite : Sainte Clotilde, Saint Martin de Tours, Saint Yves,
Saint Louis IX, Saint Bernard de Clairvaux et enfin Sainte Geneviève.

2026-92. Réflexions philo-félines à l’occasion de l’anniversaire de l’arrivée du Prince Tolbiac en son Mesnil-Marie.

Tolbiac le 16 mai 2026 bis - blogue

       Il peut arriver que des personnes assez peu intéressantes et aux idées peu recommandables disent cependant, à quelque moment, de fulgurantes vérités.
On le sait, Caïphe, tout félon et ignoble qu’il fût, pleinement adonné à l’exécution de ses plans de jalousie et de haine à l’encontre du Fils de Dieu incarné, a cependant bien proféré une prophétie parfaitement exacte !

   Considérons donc qu’il y a quelque chose d’analogue lorsque – si l’attribution est bien exacte – Monsieur Hippolyte Taine déclare : « J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure ».

   Il y a en effet tant de leçons à tirer de l’exemple des chats !
Tant de richesses à acquérir en s’imprégnant des enseignements silencieux de leur manière d’agir !
Tant de conseils judicieux à retirer de l’observation attentive de leur conduite tout-à-la fois détachée et passionnée, indifférente et très impliquée, réfléchie et spontanée, impassible et curieuse à l’extrême, stoïque et vif-argent, voluptueuse et ascétique, patiente et fougueuse, empressée autant qu’indolente, si familière quoique jamais totalement domestique, gardant toujours quelque chose d’un fascinant caractère fauve dans leur irrésistible besoin de faire succomber l’homme à leurs charmes…
L’on pourrait presque à l’infini décliner les qualités et leurs indissociables contraires par lesquels nos maîtres les chats nous éduquent et nous façonnent, tantôt à notre insu et comme par osmose, tantôt en qualité de victimes consentantes, empressées à répondre aux exigences de leur captivante séduction.

   Oui, la sagesse des chats est infiniment supérieure à celle des philosophes, et même parfois à la somme de la sagesse de plusieurs philosophes. Cela ne se discute pas !
Et si les hommes – tout particulièrement les hommes politiques et les hommes d’Eglise – avaient la sagesse de se comporter un peu plus souvent comme des chats, et de régler les problèmes des Etats et de la Sainte Eglise selon la sage manière dont Dieu a voulu que les chats résolussent les leurs, je crois que l’on constaterait de très notables progrès dans le monde des hommes ! 

   Que de vibrantes et profondes actions de grâces soient rendues à Dieu qui aux contemplatifs a donné des chats pour compagnons d’oraison, et aux ermites de ravissants et néanmoins impitoyables petits prédateurs pour protéger des nuisibles leurs sacristies et leurs celliers !

   Et longue et heureuse vie au Prince-chat Tolbiac en ce Mesnil-Marie, où il a fait sa joyeuse entrée le 16 mai 2022 !

Articles « reportages » concernant l’arrivée de Tolbiac :

1) L’annonce de son arrivée > ici
2) La première semaine de Tolbiac au Mesnil-Marie > ici
3) Tolbiac a trois mois > ici
4) Premier anniversaire de l’arrivée de Tolbiac > ici
5) Deuxième anniversaire de l’arrivée de Tolbiac > ici

Tolbiac le 16 mai 2026 - blogue

2026-87. Combien y a-t-il eu de papes issus des Ordres religieux ? Deuxième partie : de la fin du grand schisme d’Occident à la fin du Moyen-Age.

12 mai,
Chez les Ermites de Saint Augustin, fête de Saint Jean Stone  (cf. ici) et du Bienheureux William [Guillaume] Tirry (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Nérée, Achille et Pancrace et de Sainte Domitille, martyrs.

La basilique Saint-Pierre au Vatican vers 1450

L’ancienne basilique de Saint-Pierre au Vatican vers 1450 :
reconstitution d’après les anciens documents et description
de la basilique de Constantin et de ses ajouts médiévaux,
avant son remplacement par l’actuelle basilique.

Seconde partie de notre survol historique de la papauté en réponse à la question : « Combien y a-t-il eu de papes issus des ordres religieux ou monastiques ? ».
- Première partie : Des origines à la fin du séjour avignonais – cf. > ici

- Et maintenant ci-dessous : De la fin du grand schisme d’occident jusqu’à la fin du Moyen-Age.

Claves Petri - blogue

       En 1378, après la mort de Grégoire XI, eut lieu un premier conclave qui appela au souverain pontificat Barthélémy (Bartolomeo) Prignano, archevêque de Bari, qui prit le nom d’Urbain VI.

   Mais le Sacré-Collège lui-même, qui avait fui Rome en raison du danger que lui faisait courir Urbain VI, personnage excessif et caractériel, dénonça la validité de cette élection à laquelle il avait procédé dans un complet manque de sérénité et de liberté, sous les menaces (cf. le récit que nous en avons déjà fait > ici) : les cardinaux se réunirent donc une seconde fois en conclave, à Fondi, et procéda à une nouvelle élection plus conforme aux règles canoniques. Robert de Genève fut l’élu ; il prit le nom de Clément VII, et, Rome étant occupée par Urbain VI, il alla s’installer en Avignon. Ainsi débuta le Grand Schisme d’Occident, qui allait durer jusqu’en 1417, soit presque trente-neuf années !
Trente-neuf années qui virent deux lignées de papes, l’une à Rome (Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII et Grégoire XII) et l’autre en Avignon (Clément VII et Benoît XIII), s’excommunier mutuellement tandis que les nations chrétiennes ne savaient plus vraiment sous quelle obédience se ranger et que les saints eux-mêmes étaient divisés…

   Les combinaisons canoniques, diplomatiques et politiques s’épuisant toutes sans résultat, les cardinaux des deux obédiences (vingt-quatre au total) quelque trois-cent prélats et des ambasadeurs représentant la plupart des nations chrétiennes, se réunirent en concile à Pise en 1409 et prirent des mesures pour le moins radicales : les deux papes rivaux de Rome et d’Avignon furent accusés d’hérésie et de sorcellerie, et déposés. En suite de quoi le dit concile procéda à l’élection d’un autre pontife supposé refaire l’unité autour de lui : Alexandre V.
Les pontifes de Rome et d’Avignon refusèrent évidemment de se soumettre et excommunièrent les cardinaux qui avaient pris part au concile de Pise ; et la situation empira : la Chrétienté n’avait plus deux papes, elle en avait trois !

Alexandre V - Pierre de Candie

   D’origine grecque, né en Crête – l’île de Candie, qui appartenait alors à la république de Venise -, vers 1339, Pierre (Pietro) Philargès, dit Pierre de Candie, était entré jeune chez les Franciscains, avait étudié à Padoue, Norwich et Oxford, avait enseigné à Paris et à Padoue, et, en 1402, avait été nommé archevêque de Milan puis créé cardinal par le pape de Rome.
Elu donc par le concile de Pise le 26 juin 1409, il prit le nom d’Alexandre V. Mais son pontificat dura mois d’une année : le 3 mai 1410 il mourut subitement à Bologne, où il fut inhumé (un groupe de cardinaux lui choisit un successeur en la personne du cardinal Balthazar (Baldassare) Cossa, qui avait été élevé à la pourpre romaine par Boniface IX de Rome, et qui prit le nom de Jean XXIII, mais cela c’est une autre histoire).

   Issu de l’ordre séraphique (franciscain), Alexandre V, fut-il un « vrai pape » ou un  « antipape » ? Si, de nos jours, le qualificatif d’antipape lui est généralement accolé, il faut avoir conscience que les plus hautes autorités romaines n’en ont pas toujours jugé ainsi : c’est la raison pour laquelle – alors qu’on retrouvera un Clément VII et un Benoît XIII dans la lignée romaine, nonobstant le fait que ces noms avaient été portés par des pontifes siégeant en Avignon -, le nom d’Alexandre V, lui, ne sera pas repris par des pontifes romains postérieurs et lorsqu’il montera sur le siège de Saint Pierre Rodrigue Borgia prendra le nom d’Alexandre VI. Par ailleurs, les listes officielles des papes, jusque vers le milieu du pontificat de Pie XII, contiendront bien le nom d’Alexandre V et celui de son successeur Jean XXIII, jusqu’à ce qu’un second Jean XXIII parût en 1958 !

 Eugène IV - blogue

   Le Grand Schisme prit officiellement fin le 11 novembre 1417 avec l’élection de Martin V Colonna, à la mort duquel (+ 20 février 1431), c’est à nouveau un religieux de la famille augustinienne qui accèda au souverain pontificat : Eugène IV.

   Né à Venise en 1383, Gabriel (Gabriele) Condulmer était le neveu du pape de Rome Grégoire XII. Entré chez les Chanoines réguliers de Saint Augustin de l’abbaye établie sur l’île de Saint-Georges in Alga (l’une des îles de la Sérénissime), c’était un moine pieux et modéré. Mais, dès l’âge de 24 ans, il fut nommé évêque de Sienne par son oncle le pape : cette nomination, faite d’une manière autoritaire au mépris du droit des autorités locales, suscita la colère des Siennois, et le jeune Gabriel renonça à cette charge ; il fut nommé protonotaire à Rome avant, en 1408 (il avait donc 25 ans), d’être nommé cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément.
Martin V lui confia des légations pontificales, et il lui succéda finalement sur le trône de Saint Pierre le 3 mars 1431, prenant le nom d’Eugène IV.

   Capable de diplomatie, Eugène IV avait été élu après s’être engagé par écrit à accorder d’importants avantages financiers aux cardinaux (!!!). Il fut beaucoup moins conciliant avec la famille de feu Martin V, les Colonna, qui se révoltèrent contre lui et lui retirèrent l’autorité sur la ville de Rome : il dut s’enfuir, déguisé en moine, sous les jets de pierres, le 4 mai 1434, et résida ensuite à Florence ou à Bologne, étant absent de Rome pendant près de dix ans !
La grande affaire de son pontificat fut le concile de Bâle-Ferrare-Florence : concile marqué par des oppositions parfois violentes entre le concile et le pape, concile qui élira même un éphémère antipape (Félix V), concile dont une partie des décisions sont hérétiques, concile qui a tenté de refaire l’unité avec les Eglises d’Orient… en vain.

   Sous le pontificat d’Eugène IV, en France, fut brûlée Sainte Jeanne d’Arc (30 mai 1431) et la Guerre de Cent-Ans entra dans sa dernière phase. C’est lui qui autorisa la fondation de l’Hôtel-Dieu de Beaune par le chancelier Rolin (1442).
A Milan, il tenta d’évincer radicalement le rite ambrosien pour imposer le rite romain, mais cette prétention, fort heureusement, échoua.

Tombe d'Eugène IV san salvaore in Lauro

Isaïe de Pise (1410-1464) : tombeau d’Eugène IV (1450-1455, détail),
Rome, basilique San-Salvatore-in-Lauro ;
autrefois érigé dans l’ancienne basilique vaticane, il a été déménagé
dans le réfectoire du couvent de cette basilique de San-Salvatore-in-Lauro
lors des travaux de démolition et de reconstruction de Saint-Pierre.

   Eugène IV s’éteignit le 23 février 1447, âgé de seulement 64 ans, après un pontificat de quinze ans, onze mois et vingt jours. Dans les dernières années, il avait pu se réinstaller à Rome.

* * * * * * *

   Cinq ans après le trépas d’Eugène IV, Constantinople succombait à l’assaut des païens mahométans et l’Empire romain d’Orient s’effondrait : le Moyen-Age prenait fin.
En Italie, c’était le Quattrocento, la première Renaissance, qui amorçait non seulement une efflorescence prodigieuse des arts et des techniques, mais aussi l’entrée dans ce que l’on appelle la modernité, où l’Eglise romaine et les papes allaient être affrontés à d’autres forces de dissolution.

   A Rome même, dès le pontificat de Nicolas V – successeur d’Eugène IV – on commença à envisager de démolir l’ancienne basilique constantinienne du Vatican, élevée au-dessus du tombeau de Saint Pierre, pour reconstruire un édifice totalement nouveau.

A suivre…

Horace Vernet - Jules II ordonne la reconstruction de la basilique Saint-Pierre

Horace Vernet (1789-1863) :
Jules II ordonne les travaux de reconstruction de la Basilique Saint-Pierre
à Bramante, Michel Ange et Raphaël (1827)
[Musée du Louvre].

2026-81. Combien y a-t-il eu de papes issus des Ordres religieux ? Première partie : des origines à la fin du séjour avignonais.

8 mai,
En certains lieux, fête de Marie Médiatrice de toutes grâces (double de 2ème classe - cf ici et > ici) ;
Mémoire de l’apparition de Saint Michel archange au Mont Gargan ;
Anniversaire de la délivrance d’Orléans par Sainte Jeanne d’Arc (cf. ici).

pouvoir des clefs - blogue

       Parmi les successeurs de Saint Pierre, combien y en a-t-il qui sont issus des Ordres monastiques ou religieux ?

   La plupart des historiens modernes affirment que le premier pape issu du clergé régulier fut, au XIIème siècle, Bernard Paganelli di Montemagno, abbé du monastère cistercien des « Trois Fontaines » à Rome, qui prit le nom d’Eugène III (1145-1153), mais ils ne tiennent pas compte de la tradition augustinienne, pourtant bien établie [nous l’avons montré dans notre publication > ici ] qui nous rapporte qu’avant de succéder à Félix III (+ 492), Saint Gélase Ier (pape du 1er mars 492 au 21 novembre 496) avait été « élevé à l’école et au monastère de notre Père Saint Augustin », en Afrique – selon la leçon du martyrologe propre des Ermites de Saint Augustin – avant de fonder un monastère en Campanie puis d’être appelé à Rome par Félix III son prédécesseur immédiat.
Ainsi donc, le premier souverain pontife issu de la vie monastique ne serait pas le Bienheureux Eugène III, au XIIème siècle, mais un fils spirituel de Saint Augustin au Vème siècle.

   Au XIIème siècle encore, deuxième pape choisi dans la famille augustinienne et troisième pape qui avait été religieux avant d’être élu au souverain pontificat, nous trouvons Albert di Morra, originaire de Bénévent mais vivant sa vie religieuse au Royaume de France puisqu’il était chanoine régulier de l’abbaye Saint-Martin de Laon : il prit le nom de Grégoire VIII. Son pontificat fut court : du 21 octobre au 17 décembre 1187, date de sa mort.

Grégoire VIII

   Dans le dernier quart du XIIIème siècle, nous trouvons le premier pape issu des ordres mendiants (qui avaient vu le jour au cours de ce siècle), le premier pape dominicain : le Bienheureux Innocent V. Né Pierre de Tarentaise, entré à l’âge de 16 ans dans l’Ordre des Prêcheurs, élève de Saint Thomas d’Aquin à la Sorbonne, où il enseigna ensuite, il fut choisi par Grégoire X pour être archevêque de Lyon et Primat des Gaules, et il lui succéda en 1276  pour un court pontificat de 5 mois (21 janvier – 22 juin 1276).
Puis, douze ans plus tard, fut élu le premier pape franciscain : Nicolas IV. Né dans les Marches en 1227, entré très jeune chez les Franciscains, élu Ministre général de l’Ordre à la mort de Saint Bonaventure, Jérôme d’Ascoli, fut élevé au souverain pontificat le 22 février 1288 au terme d’un conclave qui a duré 10 mois et 19 jours (c’est le quatrième conclave le plus long de l’histoire) ; son pontificat a duré quatre ans et un mois et demi (+ 4 avril 1292).

   Son successeur – on n’ose pas dire « immédiat » puisque le conclave qui suivit la mort de Nicolas IV dura deux ans et trois mois ! – fut le fameux Saint Pierre Célestin V. Les cardinaux, qui n’étaient pourtant qu’une douzaine, étaient profondément divisés entre partisans des deux grandes familles romaines rivales : Orsini et Colonna.
Pierre (Pietro) Angeleri, plus connu par la suite sous le nom de Pierre de Morrone, était né vers 1215 et était entré à l’âge de 15 ans chez les Bénédictins, mais, très rapidement, il avait obtenu l’autorisation de mener la vie érémitique, dans une grotte, pour suivre la Règle de Saint Benoît tel que ce dernier l’avait vécue à ses débuts : étant rejoint par des disciples, il fonda une nouvelle branche – érémitique – de la famille bénédictine, qui sera appelée plus tard l’Ordre des Célestins.
Pour sortir de l’enlisement dans lequel s’épuisait le conclave, les cardinaux élirent à l’unanimité Pierre de Morrone le 5 juillet 1294, étant tombés d’accord sur la nécessité d’aller chercher un homme de Dieu hors du Sacré-Collège. Mais, dépassé (ou écrasé) par la charge, par les intrigues de la Curie et les arcanes du gouvernement de l’Eglise universelle, dès le 13 décembre de cette même année, l’octogénaire qui avait pris le nom de Célestin V abdiqua le souverain pontificat et voulut retourner à son ermitage : son pontificat a donc duré cinq mois et huit jours. Le sinistre Boniface VIII qui lui succéda le fit enfermer afin de couper court à toute contestation de la validité de sa renonciation.

St Pierre Célestin V - blogue

L’Aquila, basilique Sainte-Marie de Collemaggio :
corps de Saint Pierre Célestin V dans sa châsse (détail).

   Après le pontificat orageux de Boniface VIII et les tensions permanentes qu’il alimenta entre les pouvoirs civil et ecclésiastique, les cardinaux trouvèrent une solution de conciliation dans l’élection d’un nouveau religieux, évêque d’Ostie, le cardinal Nicolas Boccasini de Trévise, qui avait été Ministre général des Dominicains ; cet homme doux et bon, préoccupé de mettre fin aux conflits, régna sous le nom de Benoît XI du 22 octobre 1303 au 7 juillet 1304. En effet, il mourut à Pérouse après seulement huit mois et quinze jours de pontificat.
Ce deuxième pape issu de l’Ordre des Prêcheurs eut l’intelligence de frapper de nullité les bulles intempestives et abusives de son prédecesseur.
Il a été béatifié en 1734.

   Trente ans après la mort du Bienheureux Benoît XI, l’Ordre cistercien donna un second pape à la Sainte Eglise, en la personne de Jacques Fournier (vers 1285 – 1342), qui prit le nom de Benoît XII. D’humble extraction, il était entré jeune à l’abbaye de Fontfroide où ses qualités l’avaient fait choisir pour abbé. Connu pour son érudition et sa rigueur, il fut tiré de son abbaye pour être nommé à l’évêché de Pamiers, puis à celui de Mirepoix. Il s’illustra comme inquisiteur dans la poursuite des hérétiques albigeois, et Jean XXII l’éleva au cardinalat : il garda toutefois son habit blanc de cistercien, ce qui lui valu d’être surnommé « le cardinal blanc ».
Elu pour succéder à Jean XXII le 20 décembre 1334, son pontificat de sept ans, quatre mois et cinq jours, fut marqué par une forme de rigueur, par la volonté de réformer les ordres religieux dans le sens de l’austérité et de la discipline, par le refus du népotisme, par les travaux d’agrandissement du palais pontifical d’Avignon devenus nécessaires quand il constata que la situation anarchique de Rome y rendait son retour impossible, et par le début de la Guerre de Cent Ans (10 novembre 1337).
Benoît XII mourut rongé par la gangrène le 25 avril 1342.

Tombeau de Benoît XII - Notre-Dame des Doms

Avignon, basilique-cathédrale et métropole Notre-Dame des Doms :
tombeau du pape Benoît XII.

   A l’ascétique cistercien Benoît XII succéda un bénédictin : Pierre Roger de Beaufort, né en 1291 dans une famille noble limousine, entré à peine âgé de 12 ans à l’abbaye de La Chaise-Dieu (cf. > ici), qui, après avoir étudié à Paris depuis l’âge de 16 ans et soutenu un doctorat de théologie, fut successivement prieur de plusieurs monastère, abbé de l’abbaye de la Trinité à Fécamp, évêque d’Arras, archevêque de Sens, membre du Conseil royal sous Philippe VI (et peut-être chancelier de France), archevêque de Rouen (1330), et enfin cardinal du titre des Saints Nérée et Achille (1338).
Le 7 mai 1342, au terme d’une seule journée de conclave
 et à l’unanimité, le Sacré-Collège le désigna pour successeur de Saint Pierre, et il prit le nom de Clément VI : Clément VI que l’on surnommera le Magnifique.
Aux constructions de Benoît XII il fit de somptueux ajouts, que l’on appelle le Palais neuf, donnant au Palais des papes, en Avignon, l’aspect qu’il a encore de nos jours. Théologien chevroné, orateur et prédicateur d’excellence, fin diplomate, il œuvra pour le rattachement du Dauphiné à la France.
Il expira dans de grandes souffrances, occasionnées par la gravelle et des fièvres purulentes qui en découlaient, le 6 décembre 1352, au bout de dix ans, six mois et vingt-neuf jours passés à la tête de l’Eglise.
Selon sa volonté explicite, il fut inhumé dans le chœur de l’abbatiale de La Chaise-Dieu.

   Après un autre pontificat de presque dix années – celui d’Innocent VI -, un autre moine bénédictin, Guillaume de Grimoard, fut élevé au souverain pontificat : nous avons déjà présenté dans les pages de ce blogue (cf. > ici) la vie de Guillaume de Grimoard, le Bienheureux Urbain V, qui lorsqu’il fut élu à l’unanimité par le Sacré-Collège pour succéder à Innocent VI, le 28 septembre 1362 (après quinze jours d’un conclave difficile – voir > ici), n’était ni cardinal ni même évêque, mais abbé de la prestigieuse abbaye de Saint-Victor, à Marseille, en laquelle il avait fait sa profession monastique.
Urbain V, pendant les huit ans, deux mois et vingt-et-un jours de son pontificat, ne se départit jamais de ses idéaux monastiques : il encouragea les sciences et la culture, en particulier bien sûr les sciences sacrées, supports indispensables de la transmission de l’orthodoxie doctrinale et de la solide piété. On a dit de lui qu’il resta un moine sur le trône de Saint Pierre.
Profitant de circonstances politiques qui semblaient favorables, il tenta de ramener à Rome la cour pontificale, à l’automne 1367. Néanmoins, en 1370, après de très nombreuses inquiétudes et souffrances, liées aux circonstances politiques et révoltes incessantes qui ravageaient la péninsule, et  malgré les objurgations et menaces de Sainte Brigitte, il fut contraint de fuir un contexte qui menaçait encore une fois l’indépendance du pouvoir spirituel, et de revenir en Avignon, où très affaibli physiquement et torturé spirituellement par les épreuves qu’il avait dû subir, il s’éteignit le 19 décembre 1370, alors qu’il n’avait que soixante ans.
D’abord inhumé dans la métropole Notre-Dame des Doms, son corps fut ensuite transporté dans sa chère abbaye de Saint-Victor, à Marseille, mais son tombeau de style gothique flamboyant a été la victime des pillages et vandalismes successifs, et son cercueil n’a pas été retrouvé.

A suivre > ici.

Urbain V - Mende

Parvis de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Privat, de Mende :
détail de la statue de bronze du Bienheureux Urbain V.

2026-78. Du Bienheureux Louis Doumain, prêtre du diocèse de Viviers, martyr du régime nazi.

5 mai,
Chez les Ermites de Saint Augustin, la fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin (double majeur) ;
Au calendrier romain traditionnel, la fête de Saint Pie V, pape et confesseur ;
En certains lieux, la fête des Bienheureux Martyrs français du nazisme, dont, au diocèse de Viviers, le Bienheureux Louis Doumain, prêtre.

Bx Louis Doumain

Le Bienheureux Louis Doumain (1920-1944)

Présentation du Bienheureux Louis Doumain sur le site officiel du diocèse de Viviers (cf. > ici) :

       Né le 7 février 1920 à Cardiff-Edmonton, au Canada, dans une famille ardéchoise émigrée, Louis Doumain revient en France avec ses parents en 1926. Après quelques années à Montpezat puis à Nîmes, il est orienté par son curé, l’abbé Chaudouard, vers le petit séminaire d’Aubenas en 1929.
A seulement 16 ans, il entre au grand séminaire de Viviers où il prend la soutane. Naturalisé français en 1941 tout en gardant la double nationalité, il est ordonné prêtre le 19 décembre 1942, à 22 ans.
Trop jeune pour une charge paroissiale, il devient professeur et surveillant au petit séminaire d’Annonay.

   En juillet 1943, il est réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire et envoyé en Allemagne, au camp du « Lager Marie » et dans une usine chimique de Bitterfeld, près de Leipzig. Malgré les conditions inhumaines, il garde sa soutane, ce qui lui vaut le surnom de « bagnard ». Privé de paroisse, il exerce néanmoins un ministère clandestin : messes, confessions, rencontres d’études, cercles de prière, préparation aux sacrements. Avec des jeunes ouvriers, notamment des jocistes, il anime une véritable vie chrétienne dans la clandestinité.

   Rapidement repéré, il devient une cible de la Gestapo.
Le 19 septembre 1944, après une messe célébrée en secret dans les bois, il est arrêté avec une quarantaine de prêtres et de militants chrétiens. Interrogé, on lui propose la liberté en échange de l’engagement de ne plus célébrer la messe. Il refuse :

« Tout ce que vous voudrez, mais pas ça. C’est pour cela qu’on m’a fait prêtre. »

   Déporté ensuite dans plusieurs camps disciplinaires où les conditions étaient plus rudes encore que dans les camps de concentration, il tombe malade et meurt à l’infirmerie de Spergau le 20 décembre 1944, à l’âge de 24 ans.
Sa tombe, marquée seulement d’un numéro matricule, fut heureusement identifiée par un compagnon.

   En 1949, son corps est rapatrié en France et inhumé à Saint-Quentin-la-Poterie, dans le Gard, en présence de Mgr Couderc, évêque de Viviers.
En 1988, le diocèse de Paris ouvre officiellement la cause de béatification collective des martyrs français de la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle figure le nom de l’abbé Louis Doumain.

   Il a été béatifié à Notre-Dame de Paris, avec 49 autres prêtres, religieux, séminaristes ou laïcs catholiques, le 13 décembre 2025 et leur fête commune a été fixée au 5 mai.

Messe clandestine dans les bois prêtre français sto

Messe clandestine célébrée en Allemagne dans les bois
par un prêtre français pour des jeunes réquisitionnés pour le Service du Travail obligatoire.

2026-77. « Avec Louis XVIII, et plus que jamais dans l’histoire de France, le roi a alors parfaitement incarné sa fonction de père pour nombre de Français qui aspiraient à la stabilité et à la prospérité.»

2 mai,
Fête de Saint Athanase d’Alexandrie :
Anniversaire de la déclaration de Saint-Ouen (2 mai 1814 – cf. > ici).

Monogramme de louis XX - blogue

   Au mois de mars 2026 est paru, aux éditions Via Romana, un ouvrage collectif publié sous la direction de Monsieur Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et dircteur honoraire de l’Ecole des Chartes, intitulé « Le Règne de Louis XVIII – Restauration & Modernité ».

   Ce livre est préfacé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Il y a un réel intérêt à lire avec attention cette préface royale qui manifeste une intelligence poussée de ce pragmatisme capétien qui a caractérisé la royauté française traditionnelle et lui a permis d’affronter de nombreux périls, de s’adapter à des situations complexes multiples, sans trahir son essence. Ainsi, au-delà de l’aspect circonstancié de sa rédaction, est-elle le témoin d’un véritable programme politique de notre Souverain légitime…

le règne de Louis XVIII - Restauration et Modernité

       L’Institut de la Maison de Bourbon a eu l’heureuse initiative de vouloir commémorer, à l’occasion du bicentenaire de sa mort, le roi Louis XVIII et, plus particulièrement, son règne effectif de 1814 à 1824. Initiative d’autant plus importante que ce souverain est très méconnu. Souvent, en effet, il est décrit à travers quelques clichés ou d’autres éléments anecdotiques, de peu d’intérêt pour ce qu’est un souverain.

   Pourtant, quel règne fécond ! D’autant plus qu’il devait faire face à la vague révolutionnaire loin d’être éteinte quand il est arrivé au pouvoir en 1814. Ce fut un règne charnière. Les années 1814-1824 font partie de celles qui ont compté pour la France qui devait reprendre le chemin de la tradition dans un monde totalement nouveau.
Le titre de votre ouvrage collectif est bien choisi puisque pour Louis XVIII il fallait concilier restauration et modernité. Plusieurs rois, avant lui, avaient eu à faire face à de tels enjeux, pensons à François Ier ou encore à Henri IV. Des souverains qui ont compté parce qu’ils surent adapter la France aux mutations de leur époque. Louis XVIII s’inscrit dans cette démarche.

   Vingt-cinq ans d’errements avaient mis la France à genoux, saignée à blanc par des guerres intérieures et extérieures continues. Lorsque Louis XVIII accéda à la réalité du pouvoir, il put reprendre consciencieusement le travail multiséculaire des Capétiens et des Bourbons : redonner à la France une place dans le concert européen grâce à une diplomatie audacieuse, œuvrer au maintien de la paix sur le continent tout en ramenant la prospérité, la concorde et l’unité dans un pays déchiré. Ainsi la figure royale allait de nouveau s’imposer comme un vecteur de paix sociale, d’harmonie européenne, en adaptant la monarchie aux exigences du temps, comme cela se fit depuis les origines capétiennes. Avec Louis XVIII, et plus que jamais dans l’histoire de France, le roi a alors parfaitement incarné sa fonction de père pour nombre de Français qui aspiraient à la stabilité et à la prospérité.

   Tous les travaux des historiens réunis dans ce volume permettent de comprendre la richesse de ce règne et ce qui fait son originalité. Il marque véritablement un temps de l’histoire qui, sur bien des points, a été positif. Au-delà des institutions elles-mêmes et des relations internationales, pensons à la technologie comme aux Beaux-Arts. Louis XVIII, comme ses prédécesseurs, avait une vision globale de la fonction royale.

   Ce bicentenaire et les études menées par les chercheurs et historiens depuis plusieurs décennies doivent nous encourager à être humbles devant l’histoire et savoir nous rappeler que le passé peut-être un flambeau qui éclaire notre marche du temps présent, résolument tournée vers l’avenir.

   Je remercie tous les auteurs qui ont cntribué à cet ouvrage. Il donnera bien du plaisir à ses lecteurs qui connaîtront ainsi mieux l’œuvre du roi Louis XVIII.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou

Trois lys blancs

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