Archive pour la catégorie 'Memento'

2020-76. Dixième anniversaire de Monseigneur le Dauphin et de Monseigneur le Duc de Berry.

Jeudi 28 mai 2020,
Octave de l’Ascension.

Ce jeudi 28 mai 2020, à l’occasion du dixième anniversaire de la naissance de Nos Seigneurs les Princes Louis, duc de Bourgogne et Dauphin de France, et Alphonse, duc de Berry (cf. l’annonce de leur naissance que nous avions faite « in illo tempore » > ici), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux cette photographie de ses deux fils jumeaux avec ce message, court mais rempli d’amour et de fierté paternels.

Nous nous unissons de tout cœur à la joie de cet anniversaire et prions avec ferveur pour que Dieu protège notre famille royale et la comble de grâces.

10ème anniversaire des Princes Louis et Alphonse 28 mai 2020

Nos jeunes princes à l’occasion de leur dixième anniversaire :
à droite, Monseigneur le Dauphin Louis, titré duc de Bourgogne,
et à gauche Monseigneur le Prince Alphonse, titré duc de Berry.

C’est avec beaucoup d’émotion que nos fils Louis et Alphonse atteignent aujourd’hui l’âge de Louis XVII.

Avec Marie-Marguerite, nous leur souhaitons un joyeux anniversaire et les incitons à continuer à être sages, responsables, généreux et gais.

Nous vous aimons et vous souhaitons une belle journée d’anniversaire en ces temps difficiles.

 Louis,
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2020-73. Où, pour marquer le premier anniversaire du trépas de Monseigneur le Maître-Chat Lully, on publie une anecdote relative à la célébration de la première Messe dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Samedi 23 mai 2020,
Fête de Notre-Dame du Cénacle (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr ;
Mémoire de Sainte Jeanne-Antide Thouret, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Bernard de Morlaas, confesseur (cf. > ici).

Lully portrait en reflet

Son souvenir et son image imprègnent indélébilement le Mesnil-Marie…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je n’ai pas à strictement parler le cœur à écrire ce matin, parce qu’il y a trop de choses – joyeuses et tristes – qui se bousculent dans mon âme et dans mes souvenirs, et qu’il m’est encore parfois bien difficile de maîtriser mes émotions…
Et cependant je ne puis pas non plus me taire !
Ce 23 mai 2020 est le premier anniversaire du trépas de mon très cher compagnon Monseigneur le Maître-Chat Lully, et je sais que ceux qui l’ont approché seront sensibles à cette date.

Lorsque, le vendredi 24 mai 2019, je vous ai fait part de sa mort (cf. > ici), je vous écrivais ces paroles : « Je pourrais écrire de très nombreuses choses : récits, anecdotes, facéties, leçons de sagesse et de vies apprises à son école. Il était véritablement un don de Dieu à mes côtés… »
Je mesure chaque jour la vérité de ces mots.
Un an après son trépas, je la mesure avec une intensité peut-être plus grande même que dans les jours qui l’ont suivi, et son absence n’en est pas moins une souffrance continue : je ris et je pleure tout à la fois au souvenir de nos jeux, au souvenir de notre complicité de tous les instants, au souvenir des milliers de détails de l’intimité qui était la nôtre, au souvenir de la manière dont – en véritable seigneur et prince du Mesnil-Marie -, il m’avait imposé sa merveilleusement despotique et jalouse amitié féline !

9- Lully à l'oratoire sur les genoux de Fr.Max.M.

Le Maître-Chat aimait beaucoup s’installer sur mes genoux pendant l’oraison, s’il arrivait que j’y fusse assis, ainsi qu’en témoigne la photo ci-dessus.

L’oratoire du Mesnil-Marie était un de ses lieux favoris et il m’y accompagnait fidèlement lorsque j’y montais pour mes temps de prière… En revanche, il aimait beaucoup moins lorsqu’il y venait du monde et si, mû par la curiosité du maître qui veut s’assurer que tout se passe bien, il y pointait les moustaches de l’inspecteur lorsque des personnes y venaient prier, il n’y restait alors pas très longtemps.

A ce propos, il est une anecdote que je veux vous livrer aujourd’hui et qui se rapporte à la première célébration d’une Sainte Messe dans notre oratoire, à l’occasion de la fête de Marie Auxiliatrice, le 24 mai 2011 : j’ai déjà évoqué cet événement (cf. > ici), mais je ne vous en avais alors pas livré tous les détails. 

C’est un prêtre ami, connu lorsque j’étais jeune religieux (cela fait donc si longtemps !!!) qui, étant de passage en Vivarais, nous avait fait l’honneur d’une étape chez nous et, en conséquence, de la première célébration de la Sainte Messe dans notre oratoire.
Cet oratoire du Mesnil-Marie, en attendant la construction d’une véritable chapelle, a été aménagé dans l’ancienne grange à foin, à l’étage de notre vieille bastide. On y monte par une sorte d’échelle meunière, et comme il n’y a jamais eu de porte qui lui en interdit l’accès, le Maître-Chat a toujours pu y aller à sa guise.

Oratoire (provisoire) du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2011 pour la première fois qu’une Sainte Messe y fut célébrée

Lors donc que notre ami prêtre se préparait à revêtir les ornements sacrés pour la célébration de la Messe, Monseigneur le Maître-Chat vint, de sa démarche ondulante et souveraine, voir ce qui se passait à l’oratoire et l’Abbé marqua un certain étonnement en voyant que je le laissais faire.
Je lui répondis en souriant qu’il était toujours très sage et respectueux dans ce lieu de prière.
Pour corroborer mes dires, Lully monta sur une chaise et s’y installa, pour assister à la célébration du Saint Sacrifice qu’il suivit avec intérêt, ne perdant pas un instant le fil de ce qui se déroulait à l’autel.

Quand, à l’issue de la célébration, Monsieur l’Abbé eût déposé les ornements et se fut installé pour son action de grâces, Lully, quittant la chaise où il était jusqu’alors resté, alla, en ronronnant très fort pour manifester un contentement non équivoque, se placer à côté du prêtre qui, se tournant vers moi, s’écria : « Mais c’est incroyable ! on dirait qu’il sent la Présence de Notre-Seigneur… »
Avec un grand sourire je lui répondis : « Pour moi, cela ne fait aucun doute… et je vous rappelle que les hommes et les chats ont le même Dieu ! »

Comme cet ami prêtre est un fidèle lecteur de ce blogue, il pourra attester, s’il en est besoin, de la vérité de mes paroles.

Je dois ici ajouter une autre précision : pendant toute sa vie de chat monastique exemplaire, et alors qu’il lui arrivait régulièrement de s’aller blottir avec un bonheur manifeste contre le gisant de Sainte Philomène exposé dans notre oratoire sur un autel latéral, je puis certifier que Monseigneur le Maître-Chat n’est JAMAIS monté sur l’autel du Très Saint-Sacrement.
Je le puis affirmer non seulement parce que je ne l’ai jamais vu le faire, mais aussi parce que s’il l’eût fait pendant mon absence j’en eusse immanquablement vu les traces (ne serait-ce que par la présence de poils sur le tapis de l’autel : ceux qui ont un chat comprendront très bien ce que je veux dire !).
Au risque de passer pour un doux dingue ou un illuminé, j’ai toujours été persuadé que Monseigneur le Maître-Chat Lully percevait la Présence de son divin Créateur dans le saint tabernacle.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Lully et Sainte Philomène

2020-69. Le 12 mai, nous fêtons Saint Jean Stone, prêtre de l’Ordre de Saint Augustin et martyr.

12 mai,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de Saint Jean Stone, prêtre martyr ;
Commémoraison des Saints Nérée, Achille, Domitille et Pancrace.

Saint Jean Stone

Dans le calendrier traditionnel de l’Ordre de Saint Augustin, on trouve à la date du 12 mai la fête de Saint Jean Stone, prêtre et martyr (dans le calendrier réformé il a été déplacé au 25 octobre ou bien au 23 décembre).

Nous ne connaissons pas la date de sa naissance et ne savons rien de sa famille, de son enfance, de sa jeunesse, de son éducation et de sa vocation… En revanche nous sommes certains qu’il était prêtre, docteur en théologie  et qu’il avait exercé des responsabilités comme professeur, puis comme prieur du couvent de Droitwuitch dans le Worcestershire, avant d’être appelé au couvent de Canterbury, probablement sa communauté d’origine, où nous le trouvons au moment où le roi Henri VIII tente de faire déclarer nul son mariage avec Catherine d’Aragon.

C’est en 1527 qu’Henri VIII a entamé les procédures et tenté de mobiliser en sa faveur tout ceux qui comptaient dans l’univers des juristes et des théologiens.
Le Père Jean Stone fut approché par les agents du roi, afin de soutenir les prétentions royales et justifier le divorce d’avec la Reine Catherine, mais ce fut en vain : le Père Stone dénonça l’injustice d’une procédure contraire à la morale et à la justice. Dès ce moment-là, il dénonça aussi publiquement la volonté du roi de se proclamer chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. Ce qui arriva bientôt.

Le 3 novembre 1534 est promulgué « l’Acte de Suprématie » qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « Chef unique et suprême de l’Eglise d’Angleterre ». Henri VIII, déjà excommunié, est maintenant schismatique. Cet « Acte de Suprématie » est suivi d’une série de mesures sévères à l’encontre des opposants, en particulier la déclaration comme coupable de haute trahison toute personne qui n’y souscrirait pas. Les prêtres, religieux, évêques doivent signer un document officiel reconnaissant le roi comme chef de l’Eglise d’Angleterre.
Henri VIII décide aussi de supprimer monastères et couvents et de confisquer leurs biens. C’est en décembre 1538 que l’évêque Richard Yngworth, agent dévoué du roi, vint au couvent des Augustins de Canterbury pour demander aux religieux de signer, chacun individuellement, deux documents : le premier reconnaissant Henri VIII comme unique et suprême chef de l’Eglise en Angleterre, et le second attestant que les religieux cèdent leur couvent de plein gré…
Seul de tous ses frères, le Père Stone refuse de signer et exprime sans ambiguïté ses objections aux prétentions du roi sur l’Église. Il est immédiatement séparé du reste de la communauté, afin de prévenir toute influence sur les autres moines, et on tente par des menaces de le faire changer d’attitude.
Comme il demeure ferme, on l’envoie à Londres où Thomas Cromwell lui-même s’efforce de le faire plier… en vain. Il est alors emprisonné à la Tour de Londres.

Saint Jean Stone en prison

En octobre 1539, il est renvoyé à Canterbury pour y être jugé, accusé de haute trahison…
Le Père Stone n’a aucune illusion sur l’issue du procès, et il a passé tout le temps de sa captivité à prier afin de se préparer au martyre.
La sentence est rendue le 6 décembre 1539 et normalement l’exécution suit de peu.
Mais un événement va la différer : Anne de Clèves, qui va devenir la quatrième épouse d’Henri VIII, doit passer par Canterbury, normalement le 7 décembre, mais son arrivée a été retardée par le mauvais temps. L’exécution du Père Jean Stone était programmée pour faire partie des festivités organisée en l’honneur de la future (et très éphémère) souveraine.
C’est très probablement le samedi 27 décembre 1539 (tous les historiens ne sont pas d’accord) qu’eurent lieu le passage d’Anne de Clèves et l’exécution de l’héroïque et inébranlable moine de Saint Augustin.
En revanche on est certain que cette exécution ne se fit pas au lieu ordinaire, mais dans un endroit où pouvait se rassembler un grand concours de peuple, et où le supplice pouvait être très bien vu de tous.

Il ne fut pas seulement pendu, mais aussi éventré et écartelé. Son cœur et ses entrailles furent jetés dans un bûcher et sa tête, coupée, fut exposée avec les restes de son corps, à l’une des entrées les plus fréquentées de la ville, pour servir d’avertissement à tous ceux qui seraient tentés de se rebeller.

« Voici que je signe mon apostolat avec mon sang. Dans la mort, je trouverai la vie, car je mourrai pour une cause sainte : la défense de l’Église de Dieu, infaillible et immaculée », avait-il déclaré au moment d’être supplicié.

Le pape Grégoire XIII (élu le 13 mai 1572 – mort le 10 avril 1585) avait voulu qu’une fresque représentant son martyre fut réalisée au Collège Anglais de Rome, puis qu’une gravure soit imprimée.
Le nom du Père Jean Stone fut placé en tête de la liste des martyrs de la persécution anglicane lorsqu’on commença à instruire leur cause de béatification.
Le Père Jean Stone fut béatifiée par le pape Léon XIII le 9 décembre 1886, et canonisé par Paul VI le 25 octobre 1970 avec trente-neuf autres martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles de la période 1535-1679.

palmes

2020-68. Nous avons écouté et nous avons aimé : les « Te Deum » qui furent interprétés pour célébrer la victoire de Fontenoy.

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne et confesseur, instituteur des Rogations ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (11 mai 1745).

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En octobre 1740, la mort de l’empereur Charles VI du Saint-Empire sans héritier mâle entraîne la guerre de succession d’Autriche. La France, d’abord simple soutien militaire dans la coalition anti-autrichienne, va bientôt devenir un belligérant à part entière, puis la clef de voûte de cette coalition. Pris dans l’engrenage de la guerre, Louis XV ne désire qu’une seule chose : en sortir ! Mais la paix ne peut être proposée qu’en position de force : il veut donc frapper un grand coup dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et décide de s’emparer de Tournai, bastion de la barrière des Flandres. Il confie le commandement des troupes au Maréchal Maurice de Saxe, qui s’est déjà brillamment illustré dans cette guerre, et se rend en personne sur le front, accompagné par le Dauphin (qui paraît pour la première fois sur un champ de bataille).
Le 11 mai 1745, dans la plaine de Fontenoy, les troupes françaises subissent un assaut féroce des troupes anglo-austro-hanovriennes, qui peu après midi, semblent l’emporter ; mais dans un sursaut héroïque, l’armée française transforme une défaite quasi-assurée en une victoire éclatante, provoquant la retraite anglaise : le Royaume des Lys vient de remporter la plus grande bataille du XVIIIème siècle, la dernière grande victoire terrestre de l’Ancien Régime.

Horace Vernet - Louis XV à Fontenoy - château de Versailles

Le Maréchal de Saxe présentant à Louis XV et au Dauphin les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi
à l’issue de la victoire de Fontenoy, le 11 mai 1745
(Horace Vernet – 1828 -  « galerie des batailles », au château de Versailles)

La nouvelle parvint rapidement à Versailles et dès le lendemain, 12 mai, un Te Deum fut chanté à la Chapelle Royale. Mais le grand hymne d’action de grâces à Dieu pour la victoire du Roi fut l’occasion de ce que l’on a appelé « la querelle des Te Deum« .

Le Surintendant le la Musique de la Chambre du Roi était, depuis 1719, François Colin de Blamont (1690-1760) et, se prévalant d’un usage ancien selon lequel en cette occurrence la direction du Te Deum à la Chapelle Royale lui revenait à lui et non aux Sous-Maîtres de la Chapelle, il se rendit en hâte à la chapelle. Mais Esprit Joseph Antoine Blanchard (1696-1770), l’un des Sous-Maîtres de la Chapelle, l’avait devancé, avait déjà distribué aux musiciens et chanteurs les partitions d’un « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » qu’il avait composé l’année précédente, et lança la musique sitôt que la Reine prit place, sans laisser à Colin de Blamont le temps d’intervenir.

L’affaire remonta jusqu’au front, et le duc de Richelieu, au nom du Roi, écrivit à Blanchard pour blâmer sa conduite. Aussi, quelques jours plus tard, ce fut le Te Deum de Colin de Blamont qui fut interprété à la Chapelle Royale pendant la Messe du Roi (qui était donc absent) pour célébrer la victoire de Tournai, tandis qu’à la Messe de la Reine, qui le soutenait, était redonné le Te Deum de Blanchard, lequel, depuis, reste souvent nommé « Te Deum de Fontenoy » !

La Guerre des Te Deum - CD

Dans un concert enregistré à la Chapelle Royale du château de Versailles le 30 juin 2018, l’ensemble Stradivaria, dirigé par Daniel Cuiller, et le Chœur Marguerite Louise ont interprété ces deux Te Deum concurrents pour célébrer la victoire de Fontenoy.
C’est un CD de la collection « Château de Versailles – spectacles » que nous avons fort prisé…
Nous espérons que, dans leur éternité, Blanchard et Colin de Blamont sont aujourd’hui réconciliés (!!!) et nous, ici-bas, sommes heureux d’élever notre âme à Dieu dans la louange et l’action de grâces en écoutant ces deux œuvres qui ne sont pas antagonistes dans notre cœur et notre prière…

Les deux Te Deum peuvent être également écoutés sur un site de vidéos à la demande très connu.
Vous pouvez donc entendre ici le « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » d’Esprit-Antoine Blanchard > ici
Et le Te Deum de François Colin de Blamont > ici

 » Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique « , a dit Platon.
En glosant sur cette réflexion du philosophe, et pour contrer les images calomnieuses que l’histoire républicaine a colportées et largement répandues, je veux simplement conclure en disant que si l’on veut en vérité connaître nos Rois, il faut écouter la musique sur laquelle ils priaient et faisaient prier le Dieu des Victoires au cœur de leur palais.  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Maurice Quentin de La Tour - Louis XV en armure

Louis XV en armure (Maurice Quentin de La Tour – 1748)

frise lys

2020-57. Nous fêtons le 30 avril Sainte Hildegarde de Vintzgau, épouse de Saint Charlemagne et Reine des Francs.

30 avril,
fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs ;
Commémoraison de Sainte Catherine de Sienne, vierge.

St Charlemagne et Ste Hildegarde - fresque de la Résidence des Princes-Abbés à Kempten

Saint Charlemagne et son épouse Sainte Hildegarde de Vintzgau
(détail d’une fresque baroque des salles d’apparat de la Résidence des Princes-Abbés de Kempten [en français Campidoine] en Souabe)

Armoiries de Charlemagne

Avec Sainte Jeanne de France (cf. > ici), Sainte Bathilde (cf. > ici), Sainte Radegonde et, bien sûr, Sainte Clotilde, Sainte Hildegarde de Vintzgau  est la cinquième Reine des Francs ou Reine de France à avoir été élevée sur les autels et à être honorée d’un culte public par la Sainte Eglise. Elle n’est toutefois pas la plus connue des cinq, il faut bien le reconnaître !

Issue de la famille des Agilolfinges, vieille famille franque proche des Mérovingiens, à laquelle le Roi Clotaire 1er donna le duché de Bavière aux alentours de l’an 555, Hildegarde est née en 758.

A l’âge de 13 ans, en 771, elle épouse le Roi des Francs Charles 1er le GrandSaint Charlemagne – qui a dix ou 15 ans de plus qu’elle (on ne sait pas exactement s’il naquit en 742 ou en 747). Elle lui donnera neuf enfants (dont Louis 1er dit le Pieux).
On ne possède pas aujourd’hui une abondance de détails sur sa vie, si ce n’est que, épouse très aimée et très aimante, elle accompagnait Charlemagne dans ses campagnes militaires. Vers la fin du carême de 774, elle était aussi à ses côtés à Rome, où le Roi des Francs avait été appelé au secours par le pape Adrien 1er lorsque Didier, roi des Lombards, envahissait le Patrimoine de Saint Pierre constitué par Pépin le Bref. Les chroniques de l’époque ont retenu que, à cette occasion, elle offrit au Souverain Pontifie une riche parure pour l’autel de la basilique vaticane.

Profondément chrétienne, on sait qu’elle était liée d’amitié avec Sainte Lioba de Tauberbischofsheim (+ 782) qui demeura quelque temps auprès d’elle à la cour et la conseillait ; qu’elle exerçait de nombreuses charités et qu’elle dotait généreusement les monastères : elle fut la bienfaitrice tout particulièrement des abbayes de Saint-Martin de Tours et de Saint-Denys de ce côté-ci du Rhin, ainsi que de celles de Reichenau en Bade-Wurtemberg et de Kempten en Souabe. Pour cette dernière, elle rapporta, en 774, les reliques des saints Gordien et Épimaque  qu’elle avait obtenues en Italie.

Le 30 avril 783, elle mourut des suites de ses neuvièmes couches, à l’âge de vingt-cinq ans seulement, dans la résidence impériale de Thionville.
Elle fut inhumée le lendemain, 1er mai, à l’ abbaye Saint-Arnould de Metz, et Charlemagne ordonna que des cierges et des lampes fussent allumés sur sa tombe chaque jour ; son épitaphe, magnifiant une épouse très aimée, incarnation de la sagesse et de la vertu, fut composée par le célèbre poète Paul Diacre, auquel nous devons les hymnes liturgiques « Ave, maris Stella » (vêpres de la Sainte Vierge) et « Ut queant laxis » (vêpres de Saint Jean-Baptiste).
Le pape Adrien 1er écrivit au saint Roi franc une lettre de condoléances exprimant ses vifs regrets pour la mort prématurée de cette épouse tendrement chérie.

Charlemagne fit alors de Saint-Arnould de Metz la nécropole d’une partie de sa famille : les sœurs du Roi, certains de ses enfants – dont l’évêque Drogon – et plus tard son successeur Louis le Pieux y furent inhumés.
Malheureusement cette abbaye fut pillée, détruite, incendiée à plusieurs reprises, et ce qui subsistait des tombeaux impériaux fut transféré dans l’église (XIIIe siècle) du couvent des dominicains, elle-même reconstruite au XVIIe siècle puis saccagée à la révolution : autant dire qu’il ne reste – hélas ! – quasi rien du tombeau et des reliques de Sainte Hildegarde de Vintzgau !

Karl Baumeister - Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde

Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde
(panneaux peints en 1895 par Karl Baumeister pour l’église Saint-Jean-Baptiste « auf dem Bussen » en Haute-Souabe)

Armoiries de Charlemagne

2020-56. De la solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, jadis fête du Patronage de Saint Joseph, célébrée au mercredi de la deuxième semaine après l’Octave de Pâques.

Mercredi de la 2ème semaine après l’Octave de Pâques,
Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle.

Trois lys blancs

Dans les pages de ce blogue (voir > ici), nous avons publié un article traitant de la grande dévotion de Sainte Thérèse de Jésus, réformatrice du Carmel, envers Saint Joseph.
Le Carmel thérésien eut assez vite une fête du Patronage de Saint Joseph dans son calendrier particulier, pour célébrer la protection et la dévotion spéciales du Carmel, héritée de sa sainte réformatrice, et remercier le Patriarche du Nouveau Testament pour toutes ses attentions et prévenances envers l’Ordre.

Le 10 septembre 1847, par un décret nommé « Inclytus Patriarcha Ioseph », le Bienheureux Pie IX étendit à toute l’Eglise latine cette fête du Patronage de saint Joseph, qu’il fixa au troisième dimanche après Pâques sous le rite double de deuxième classe.
Puis, le 8 décembre 1870, par un décret « Urbi et orbi » intitulé « Quemadmodum Deus », dont nous donnons ci-dessous la traduction, ce même Bienheureux Pie IX déclara officiellement Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, et il statua alors que la fête du 19 mars serait désormais célébrée sous le rite double de première classe (mais sans octave, en raison du carême).

En 1911, Saint Pie X changea l’intitulé de cette Fête du Patronage de Saint Joseph qu’il renomma Solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, en même temps qu’il la dotait d’une octave commune (le jour de l’octave étant célébré sous le rite double majeur).
Toutefois, en 1913, dans la volonté de « libérer » les dimanches dont la célébration était trop régulièrement empêchée par celle des fêtes de saints, Saint Pie X déplaça cette solennité au mercredi précédant le troisième dimanche après Pâques, puisque selon la dévotion traditionnelle le mercredi est le jour spécialement dédié à Saint Joseph.

En 1955, les réformes entreprises sous le pontificat du Vénérable Pie XII, supprimèrent cette Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, au profit d’une nouvelle fête, dite de « Saint Joseph ouvrier », fixée au 1er mai dans l’espoir de christianiser la « fête du travail » célébrée ce jour-là par les syndicats d’inspiration marxiste.
Cette tentative se solda, n’hésitons pas à le dire, par un lamentable échec, au point que moins de quinze ans plus tard le calendrier de la réforme liturgique post-conciliaire rétrograda de manière significative cette fête du 1er mai en « mémoire facultative » (sic) !!!

En revanche, pour les vétérocalendaires - qui conservent un calendrier liturgique propre et les rubriques  antérieurs à toutes les réformes intervenues depuis 1950 (dont nous sommes) -, la Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, avec son octave, demeurent.

Eglise St Joseph à Angers - Pie IX proclame Saint Joseph patron de l'Eglise universelle

Eglise Saint-Joseph, à Angers :
Pie IX proclame Saint Joseph patron de l’Eglise universelle
(l’Eglise étant représentée sous la figure d’un navire dont le saint Pontife tient le gouvernail)

Armoiries de Pie IX

 Décret « Urbi et orbi » Quemadmodum Deus

Pie IX, Pape pour perpétuelle mémoire

De même que Dieu établit le Patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Egypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Eternel allait envoyer sur la terre Son Fils unique, pour racheter le monde, Il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; Il l’établit seigneur et prince de Sa maison et de Ses biens ; Il commit à sa garde Ses plus riches trésors.
En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu du Saint-Esprit, est né Jésus-Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir, non seulement Joseph Le vit, mais il conversa avec Lui, il Le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il Le couvrit de baisers ; avec un soin jaloux et une sollicitude sans égale, il nourrit Celui que les fidèles devaient manger comme le Pain de l’éternelle vie.

En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva Son très fidèle serviteur, toujours l’Eglise a exalté et honoré Saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance.
Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Eglise elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle (cf. note ci-dessous), les vénérables Pasteurs de l’Univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude, ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle.

Ces prières ayant été renouvelées plus vives et plus instantes durant le saint concile du Vatican, Notre Saint-Père Pie IX, profondément ému par l’état si lamentable des choses présentes et voulant se mettre, lui et tous les fidèles, sous le très puissant patronage du saint patriarche Joseph, a daigné se rendre aux vœux de tant de vénérables Pontifes.

C’est pourquoi il déclare solennellement Saint Joseph Patron de l’Eglise catholique.

Sa Sainteté ordonne en même temps que la fête du saint, fixée au 19 mars, soit désormais célébrée sous le rite double de première classe, sans octave toutefois, à cause du saint Carême.

Elle a voulu en outre que la présente déclaration fût faite par décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en ce jour consacré à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, épouse du très chaste Joseph, et que ce décret ait force de loi, nonobstant toute opposition ou disposition contraire.

S. Congrégation des Rites, Rome,
le 8 décembre 1870

Note : Ce décret du 8 décembre 1870 fait évidemment allusion aux persécutions contre le Saint Siège et le Souverain Pontife menée par la secte maçonnique qui, depuis le milieu du XIXe siècle, a voulu abattre l’Eglise catholique romaine en spoliant les Etats de l’Eglise, garantie de son indépendance depuis Pépin le Bref. Le 20 septembre précédent (cf. > ici), au terme de dix années de combats, et d’invasions progressives du Patrimoine de Saint-Pierre, la ville de Rome a été envahie par les soldats piémontais et le Bienheureux Pie IX s’est, de fait, retrouvé prisonnier dans l’enceinte du Vatican.

Pie IX place l'Eglise sous le patronage de Saint Joseph - église de Saint-Ouën-des-Toits

Le Bienheureux Pie IX plaçant l’Eglise universelle sous le patronage de Saint Joseph
(église de Saint-Ouën des Toits – Bas Maine, diocèse de Laval)

On trouvera dans les pages de ce blogue :
- La BD « Ite ad Joseph » > ici
- Le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle » > ici
- Les salutations à Saint Joseph composées par Saint Jean Eudes > ici
- D’autres prières à Saint Joseph, dont la prière spéciale publiée par Léon XIII marquant son patronage sur l’Eglise universelle > ici

Trois lys blancs

2020-47. Message de Sa Majesté à l’occasion du premier anniversaire de l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris.

A l’occasion du premier anniversaire de l’incendie de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris, ce mercredi 15 avril 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Incendie de Notre-Dame de Paris - 15 avril 2019

Il y a un an, Notre-Dame a failli disparaître dans un déluge de feu et d’eau, créant un véritable traumatisme non seulement chez tous les catholiques mais aussi chez toutes les personnes de cœur.
Grâce au professionnalisme des pompiers dont le courage et le sens du devoir méritent une nouvelle fois d’être salués, elle a pu être sauvée ainsi que les précieuses reliques qu’elle contenait.
Par la suite, les premiers travaux menés par les meilleurs spécialistes, ont pu commencer pour la faire progressivement revivre pendant que des milliers de dons affluaient. La première cérémonie s’y est tenue pour Pâques alors que la France était confrontée à une nouvelle épreuve.

Je salue tous ceux qui sont engagés dans cette oeuvre effectuée sous l’autorité et la compétence de l’Architecte en Chef des Monuments historiques. Aujourd’hui, je ne peux que reformuler le souhait exprimé en avril 2019 : que nos corps de métiers restaurent à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres et dont notre siècle a tant besoin.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

2020-46. Un grand défenseur de la foi catholique : Monseigneur Louis-Gaston de Ségur.

1820 – 15 avril – 2020

Bicentenaire de la naissance
de
Mgr Louis-Gaston de Ségur

 frise

Ce mercredi 15 avril 2020 est l’exact deuxième centenaire de la naissance de Monseigneur de Ségur, dont les nombreuses publications demeurent d’une grande actualité en raison de leur sûreté doctrinale, de leur profondeur spirituelle et de la pertinence des réponses qu’elles apportent à nombre de sujets mis à mal par l’anticatholicisme et le modernisme.
Dans les pages de ce blogue, vous trouverez de sa plume l’explication de « Ce qu’est le droit divin » (cf. > ici) et le beau texte « Passion, Résurrection et triomphe final de Jésus-Christ en Son Eglise » (cf. > ici).
Nous sommes très reconnaissants à notre amie M.V. d’avoir bien voulu rédiger à l’intention de nos lecteurs (et à la mémoire de Monseigneur le Maître-Chat Lully pour lequel elle avait beaucoup d’affection) une présentation biographique de ce saint prélat.

frise

Mgr de Ségur est une figure marquante du catholicisme français de la deuxième moitié du XIXe siècle, mais le connaissons-nous vraiment ?
En ce jour, 15 avril 2020, où nous célébrons le deux-centième anniversaire de sa naissance, en voici un rapide portrait.

Louis-Gaston, Adrien de Ségur naquit à Paris le 15 avril 1820.
Son père, Eugène de Ségur, était le petit-fils de Louis-Philippe de Ségur, membre de l’Académie Française, et sa mère, la Comtesse Sophie de Ségur, née Rostopchine, était la fille de Fiodor Rostopchine, ancien ministre du tsar Paul Ier et ancien gouverneur de Moscou.

Il fut baptisé le 17 avril 1820 en l’église Saint-Thomas d’Aquin, paroisse de sa famille.
Son parrain était son arrière-grand-père paternel Louis-Philippe de Ségur, et sa marraine, sa grand-mère maternelle, Catherine Rostopchine.

La famille Ségur n’était pas réputée pour sa ferveur religieuse. Ils étaient ce qu’on appelait à l’époque des « libéraux ». Ils avaient servi l’empire, avec zèle pour certains, tel le général Philippe de Ségur, oncle d’Eugène de Ségur, qui fut aide de camp de Napoléon Ier et était présent à Moscou en 1812 lors de l’incendie de Moscou.
Même Sophie de Ségur, convertie au catholicisme sous l’influence de sa mère Catherine Rostopchine, ne faisait preuve que d’une piété très tiède.

Louis-Gaston grandit à Paris et en Normandie, au Château des Nouettes (Aube, Orne), acquis par ses parents en 1822, grâce à la générosité du Comte Rostopchine.

Il était très proche de sa mère et fut désespéré lorsque son père décida de le mettre en pension dans un collège de Fontenay-aux-Roses, alors qu’il n’avait que 6 ans.

De cette période, Mgr de Ségur conserva un très mauvais souvenir. La séparation d’avec sa mère les fit souffrir l’un et l’autre.
Son éducation religieuse fut très superficielle. Il fit sa première communion le 16 juin 1833 et fut confirmé une semaine plus tard. On ne sait pas grand-chose de la pratique religieuse de Mgr de Ségur pendant son enfance et son adolescence, mais il avouera beaucoup plus tard à son secrétaire, l’abbé Diringer : « Quand je pense que l’année qui a suivi ma première communion, personne ne nous a dit de faire nos pâques !».

Quand il eut 15 ans, le Comte de Ségur son père le changea d’école et le mit au Collège royal de Bourbon (maintenant Lycée Condorcet) à Paris. Il y obtint le baccalauréat en février 1838.

GASTON DE SEGUR AUTOPORTRAIT

Gaston de Ségur, jeune homme : Autoportrait

L’année 1838 est une année-clef pour Louis-Gaston de Ségur. C’est celle de sa conversion, certainement due en grande partie à sa grand-mère Rostopchine qui était venue en France voir sa fille et ses petits-enfants et resta 18 mois auprès d’eux. Cette dernière lui avait offert l’ « Introduction à la vie dévote » de St François de Sales.
Sur sa conversion elle-même, nous ne savons pratiquement rien. Seule une inscription de sa main au dos d’une image pieuse en fait foi « Souvenir de ma conversion à Aube, Notre Dame de Septembre 1838 (le 8)».

C’est à ce moment-là que Gaston de Ségur fit connaissance de son cousin le prince Augustin Galitzine, petit-fils de sa grand-tante Alexandra Galitzine, sœur aînée de sa grand-mère Rostopchine.
C’est Augustin qui le fit entrer dans la Conférence Saint-Vincent de Paul où il fit la connaissance de Pierre Olivaint, qui devint lui aussi prêtre et fut assassiné par les communards. Tous les trois exerçaient leur charité infatigable auprès des plus pauvres.

A la fin de l’été 1838, il commença les études de droit que son père avait choisies pour lui, car il le destinait à la carrière diplomatique. Il obtint sa licence en droit en mai 1841.

Parallèlement à ses études de droit, il fréquenta l’atelier du peinte Paul Delaroche. Mais il le quitta au bout de six mois, tant il était rebuté par la liberté de mœurs qui y régnait.

Dès la fin de ses études de droit, Eugène de Ségur fit entrer son fils dans la diplomatie, grâce à ses relations et en particulier avec son amitié avec le Comte de Latour-Maubourg qui était alors ambassadeur de France près le Saint-Siège. C’est ainsi que Gaston de Ségur fut nommé attaché d’ambassade à Rome au début de l’année 1842, Grégoire XVI étant alors le pape régnant.

Dès son arrivée à Rome le 1er mars 1842, il fit la connaissance du Père de Villefort, sj.
Ce dernier sut très vite discerner la vocation latente du jeune attaché d’ambassade. Il l’amena progressivement à accepter l’appel de Dieu et, à la fête de Noël 1842, le père de Villefort reçut dans la chapelle de Saint Ignace, au Gesu de Rome, son vœu de perpétuelle chasteté et sa promesse d’entrer dans les ordres.

Gaston de Ségur en informa rapidement ses parents.
Son père fut absolument furieux de sa décision et essaya par tous les moyens de le faire changer d’avis. Sa mère fut désespérée et essaya elle aussi de le faire changer d’avis, usant de sa tendresse comme moyen d’action. Mais il resta inébranlable et rentra au Séminaire de Saint-Sulpice à Issy en octobre 1843.
Gaston aurait voulu faire ses études à Rome, mais son père s’y opposa catégoriquement.

Le 18 décembre 1847, Louis-Gaston de Ségur fut ordonné prêtre à Saint-Sulpice par Mgr Affre, archevêque de Paris qui devait tomber l’année suivante sous les balles en se rendant comme médiateur de paix à la barricade du faubourg Saint-Antoine.

Des amis à qui il avait confié son secret rapportèrent plus tard que lors de sa première messe, dite le lendemain de son ordination à la chapelle de la Sainte Vierge, à Saint-Sulpice, et alors qu’il tenait pour la première fois dans ses mains le Corps de Jésus, il demanda à la Sainte Vierge de lui envoyer, comme grâce spéciale et bénédiction de son sacerdoce, l’infirmité qui le crucifierait le plus, sans nuire à la fécondité de son ministère.

Louis-Gaston de Ségur prêtre

Après son ordination, l’abbé de Ségur n’exerça pas de ministère en paroisse, mais auprès des pauvres, des enfants, des ouvriers, des soldats avec un groupe de prêtres réunis en communauté rue Cassette.
Tout en menant une vie austère, il se dépensa sans compter dans son apostolat, au point qu’au bout d’un an il tomba sérieusement malade. Il dut garder la chambre pendant six semaines. C’est pendant cette période de réclusion forcée qu’il rédigea le premier de ses ouvrages : « 
Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion ».
C’est ainsi qu’il se découvrit une nouvelle « vocation », celle de l’écriture. Tout au long de sa vie il rédigea de très nombreux ouvrages sur la doctrine catholique la plus rigoureuse s’adressant aux publics les plus divers.

Une fois guéri, il reprit son ministère à Paris.
De grands changements avaient eu lieu depuis son ordination : la « révolution » de 1848, l’élection du Prince Napoléon comme président de la république en décembre de la même année et le coup d’état de ce dernier le 2 décembre 1851, qui mit fin à la deuxième république et lui permit de rétablir l’empire l’année suivante.

Les Ségur qui avaient été bonapartistes sous Napoléon Ier, puis monarchistes sous Charles X et Louis-Philippe, redevinrent bonapartistes sous Napoléon III !
Mgr de Ségur avait pour règle de ne pas se mêler de politique. Mais il accueillit avec satisfaction le rétablissement de l’ordre en France qui devait permettre à l’Eglise d’être à l’abri des impiétés et des violences révolutionnaires. Il ignorait alors que ce coup d’état allait changer beaucoup de choses pour lui dans la poursuite de son ministère.

Peu après son arrivée au pouvoir, Napoléon III songea à envoyer un auditeur de Rote à Rome pour rétablir de bonnes relations avec la Papauté. Elu en 1846, Pie IX était alors le pape régnant.

Le choix de Napoléon III se porta sur l’abbé de Ségur en raison de ses qualités personnelles bien sûr, mais aussi de ses origines familiales, de sa formation juridique et de son expérience diplomatique à Rome dix ans auparavant. L’abbé de Ségur hésita longuement avant d’accepter, car il n’appréciait pas la vie mondaine, mais il y vit la main de Dieu qui lui permettait ainsi d’œuvrer pour le plus grand bien de l’Eglise.

Il partit donc pour Rome en mars 1852 et fut désigné depuis lors sous le nom de « Mgr de Ségur ».
Il fut accueilli à son arrivée par Mgr Xavier de Mérode, son cousin, qui était alors aumônier du pape. Il fut reçu immédiatement par Pie IX qui l’accueillit avec la plus grande bienveillance. De ce jour, Pie IX et Mgr de Ségur furent très proches et cette proximité perdura jusqu’à la mort du Souverain Pontife en 1878.

A Rome, Mgr de Ségur trouva en Mgr de Mérode et Mgr Bastide, chapelain de Saint-Louis des Français et attaché en qualité d’aumônier aux armées françaises et pontificales, de véritables amis.

Dès octobre 1852, Mgr de Ségur reçut la visite de sa mère et de ses sœurs Sabine, Henriette, accompagnée de son mari Armand Fresnaut, et Olga. C’est à cette occasion que la famille Ségur fit la connaissance de Louis Veuillot, journaliste ultramontain, qui devait reste leur ami jusqu’à la fin de ses jours.

A Rome Mgr de Ségur remplit son rôle d’auditeur, c’est-à-dire de juge, avec une grande conscience de ses devoirs. Il put mener à bien l’une des difficiles négociations dont il s’était chargé, à savoir le rétablissement progressif de la liturgie romaine en France. Il réussit pleinement dans ses négociations entre le Saint-Siège et le Séminaire de Saint-Sulpice, qui devait l’introduire dans sa règle, et un accord fut signé en novembre 1853. L’autre grande négociation à laquelle il prit part n’aboutit jamais : le sacre de Napoléon III à Paris par le Pape.

C’est en cette année 1853 qu’un événement personnel changea pour toujours la destinée de Mgr de Ségur.
Le 1er
 mai, il sentit une sorte de voile rouge s’étendre sur son œil gauche. Il venait de perdre partiellement la vue. Devant ce malheur, Mgr de Ségur ne se révolta pas. Il était résigné et était persuadé que bientôt il perdrait totalement la vue.

Pendant l’année qui suivit la perte de son œil, Mgr de Ségur continua ses fonctions d’auditeur de Rote et et ses bonnes œuvres à Rome. Il s’appliqua à apprendre tous les gestes de la vie quotidienne, sans le secours de son œil droit encore valide. Il apprit par cœur le maximum de textes de la messe et de l’écriture sainte.
Le 2 septembre 1854, alors qu’il était en vacances au château des Nouettes avec sa famille, il perdit définitivement la vue. Sa mère et ses frères et sœurs en furent bouleversés, mais lui accepta cette infirmité avec une grande résignation.

Mgr de Ségur prélat

A l’automne 1854 il accepta de retourner à Rome, mais il savait que c’était provisoire. Il fut accueilli avec une grande bonté par le Pape Pie IX. Il eut le grand bonheur d’assister en décembre à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.
Il resta à Rome jusqu’à la fin 1855, tout en préparant son retour en France. De son côté, le Pape Pie IX cherchait tous les moyens de nommer Mgr de Ségur à une haute charge. Finalement il le nomma Chanoine du chapitre de Saint-Denis, honneur normalement réservé aux évêques en retraite, mais, à cause de sa cécité, un obstacle canonique empêchait de le sacrer évêque. Pie IX y suppléa en publiant le 4 janvier 1856 un bref enregistré au Conseil d’Etat qui disait : « Nous vous conférons et accordons les insignes et privilèges d’honneur qui sont propres aux évêques, de sorte que vous en puissiez user et jouir librement et licitement ».
Aussitôt après, il donna sa démission d’auditeur de Rote et reprit le chemin de la France.

Il revint à Paris pour reprendre son apostolat auprès de tous les déshérités. Il y joignit l’autre grande œuvre de sa vie : son combat contre l’erreur sous toutes ses formes, notamment contre la franc-maçonnerie et contre le protestantisme. Par ses écrits, ses prédications, il se dévoua totalement à cet apostolat. Il continua bien sûr ses œuvres de charité. C’est ainsi qu’ en 1859 il participa notamment à la fondation de l’Association catholique Saint François de Sales pour la défense et la conservation de la foi.
Il fut également l’un des initiateurs des Congrès Eucharistiques, dont le premier eut lieu en 1881, l’année de sa mort.

Mgr de Ségur s’éteignit à Paris le 9 juin 1881.
Ses funérailles furent célébrées le 13 juillet en l’église de Saint-Thomas d’Aquin, où il avait été baptisé. Le 19, son corps fut transporté en Bretagne, à Pluneret près de Sainte-Anne d’Auray, où il repose aux côtés de sa mère la Comtesse de Ségur.

M.V.

Pluneret - tombe de Mgr de Ségur

2020-41. Trois brefs messages de Sa Majesté.

Mardi 31 mars 2020,
Mardi de la Passion.

Armes de France & Navarre

Au cours de la semaine écoulée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié, par le moyen des réseaux sociaux trois communiqués dont vous trouverez ci-dessous les textes :

A – Le 24 mars 2020 – Hommage appuyé au Cercle Saint Louis Roi de France de Nîmes, membre de l’UCLF, pour son action caritative nommée « La Poule au pot d’Henri IV » :

« Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.

Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !
Les Lys servent le bien commun. »

Pour plus de renseignements sur cette belle œuvre – et éventuellement pour lui adresser des dons pour soutenir son action -, voir > ici

La Poule au pot - Cercle légitimiste de Nîmes

frise lys

B – 26 mars 2020 – Mort de la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme :

Troisième enfant du Prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset, née à Paris le 28 juillet 1933, la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme était la filleule de sa tante paternelle l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme (cf. > ici). Célibataire et connue pour des engagements que nous pouvons qualifier de non conformistes qui lui ont parfois valu le surnom de « princesse rouge », la Princesse Marie-Thérèse s’est éteinte à Paris ce 26 mars 2020 dans sa 87ème année : elle est le premier membre d’une famille royale à succomber à l’épidémie de COVID-19.
A l’annonce de sa mort Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a publié le 28 mars le communiqué suivant :

« J’apprends avec regret le décès jeudi de ma cousine la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, atteinte par le covid-19. J’assure sa famille et ses proches de mes prières et de ma sympathie dans ce deuil. »

Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme

frise lys

C – 26 mars 2020 au soir – Libération des bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient retenus captifs en Irak depuis le 20 janvier :

La belle association SOS Chrétiens d’Orient (que nous avions évoquée > ici) et tous ses amis qui priaient en union avec elle depuis l’enlèvement à Bagdad de trois de ses bénévoles français et de leur accompagnateur irakien, le 20 janvier dernier, a eu la très grande joie d’apprendre, le 26 mars au soir, leur libération. Ce fut une explosion d’action de grâces à Dieu pour cet heureux dénouement.
Le 29 mars, Monseigneur a publié le communiqué suivant :

Grande joie d’avoir appris la libération jeudi des quatre otages de l’association SOS Chrétiens d’Orient enlevés à Bagdad le 20 janvier dernier. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement avec le soutien des autorités irakiennes.
En ces jours de prière intense pour les catholiques et à l’aube de Pâques, n’oublions pas les chrétiens d’Orient et leur espérance obstinée. N’oublions pas ces communautés qui ont pratiquement l’âge du Christ et qui sont très souvent les otages d’une politique qui les dépasse et qui les broie.
Leur courage reste extraordinaire.
Que Saint Louis les protège !

Louis,
Duc d’Anjou

SOS Chrétiens d'Orient

Nous nous permettons de recommander chaleureusement à votre générosité, particulièrement en ces jours où il faut concrétiser nos offrandes de carême, cette association amie.

frise lys

12345...30

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi