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2017-84. Centenaire de la fondation de la « Militia Immaculatae » par Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1917 – 16 octobre – 2017

16 octobre 2017,
En France, fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici)
Anniversaire de l’assassinat de SM la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici, ou > ici et > ici)

médaille miraculeuse

C’est au soir du 16 octobre 1917 que Saint Maximilien-Marie Kolbe, alors dans sa vingt-quatrième année, fonda la « Militia Immaculatae » (la Milice de l’Immaculée, en abrégé MI). 

Le jeune franciscain se trouvait alors à Rome pour ses études (il y sera ordonné prêtre l’année suivante : le 28 avril 1918).
Il écrit lui-même :
« Lorsque les francs-maçons commencèrent à se démener de plus en plus effrontément et qu’ils eurent dressé leur étendard sous les fenêtres mêmes du Vatican, cet étendard où, sur un fond noir, Lucifer foulait sous ses pieds l’archange Michel, lorsqu’ils se mirent à distribuer des tracts invectivant contre le saint Père, l’idée se fit jour de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer ».

Ce qu’écrit ici le futur Saint Maximilien-Marie n’est pas une exagération : à l’occasion du deuxième centenaire de la fondation de la maçonnerie moderne, en cette année 1917, les francs-maçons se livraient à Rome-même à de sacrilèges parodies.
Sur la place Saint-Pierre, des énergumènes – c’est bien le terme qui convient – brandissaient cette bannière diabolique que décrit le jeune franciscain polonais, et que l’on a aussi vue en France en 1996 lorsque les libres-penseurs ont manifesté à Reims et à Valmy pour protester contre la venue du pape Jean-Paul II en France pour les célébrations du quinzième centenaire du baptême de Clovis.

En 1917, les francs-maçons qui s’exhibaient à Rome avaient aussi des banderoles proclamant : « Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave ! ». Chaque jour des incidents se produisaient dans la Ville éternelle dont la spoliation – il ne faut pas l’oublier – remontait à moins de 50 ans (20 septembre 1870 – cf. > ici) et où le Souverain Pontife se trouvait prisonnier de la royauté impie de la Maison de Savoie, cette dernière ayant été l’instrument de la maçonnerie pour détruire les Etats de l’Eglise.

C’est bien le spectacle direct de ces manifestations blasphématoires qui inspira à Saint Maximilien-Marie l’idée « de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer » pour reprendre ses propres termes.

Ayant mûri ce dessein pendant les heures de repos auquel il fut contraint en raison de la tuberculose dont il ressentit les premières atteintes au cours de l’été 1917, le Frère Maximilien-Marie Kolbe, avec la permission de son directeur spirituel et de ses supérieurs, réunit donc, à Rome, dans une modeste cellule de la maison romaine de formation des franciscains conventuels, six autres jeunes religieux qu’il avait gagné à ce projet pour fonder la Militia Immaculatae : ce fut au soir du 16 octobre 1917.

Cette date ne fut pas choisie au hasard ; elle porte une signification bien précise : le 16 octobre au soir, c’est donc après la célébration des premières vêpres de la fête du 17 octobre, et le 17 octobre est le jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie (en 1917 elle n’était encore que bienheureuse).
C’est dire que, pour le futur Saint Maximilien-Marie Kolbe, cette fondation de la Milice de l’Immaculée est placée dans la perspective du règne du divin Coeur de Jésus, Lui qui a promis à Sainte Marguerite-Marie : « Je régnerai malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! ».

Ainsi donc il est très clair que Saint Maximilien-Marie Kolbe est dans la parfaite continuité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « A Jésus par Marie ! » ; « C’est par Marie que le salut du monde a commencé et c’est par Marie qu’il doit être consommé » ; « Pour qu’advienne le règne du Coeur de Jésus, il faut travailler au règne du Coeur de Marie » …etc.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Saint Maximilien-Marie Kolbe
jeune religieux franciscain conventuel

Voici le texte de la « charte fondamentale » (entendre fondamentale en son sens étymologique : « qui est au fondement », c’est-à-dire que cette charte est à la Militia Immaculatae ce que les fondations sont à une maison) par laquelle Saint Maximilien-Marie Kolbe a résumé le but, les conditions et les moyens de la Milice de l’Immaculée :

 « Elle t’écrasera la tête ». (Genèse 3,15)
« Par toi, toutes les hérésies du monde ont été vaincues ». 

I. But :
     Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc… et particulièrement des francs-maçons, et la sanctification de tous sous la protection et par le moyen de la Vierge Immaculée.

II. Conditions :
     1) Consécration totale de soi-même à l’Immaculée, comme instrument dans ses mains immaculées.
     2) Porter la Médaille miraculeuse.

III. Moyens :
     1) Autant que possible dire chaque jour l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous, spécialement pour les francs-maçons »
     2) Utiliser tous les moyens légitimes dans la mesure du possible, selon la diversité des états de vie, conditions et circonstances de chacun, et cela avec zèle et prudence. Et surtout porter la Médaille miraculeuse.

médaille miraculeuse

Malheureusement, opérant une véritable trahison de la pensée de Saint Maximilien-Marie Kolbe, dans la continuité des apostasies consécutives au concile vaticandeux, l’actuelle branche officielle de la Militia Immaculatae en France, contaminée par le venin moderniste et considérant que le terme est par trop combatif et militaire, ne veut plus se présenter comme une « Milice » et a choisi de changer son nom en « Mission de l’Immaculée« .
De la même manière, l’invocation particulière de la MI a été modifiée de telle sorte que les francs-maçons n’y sont plus nommément désignés !!!

C’est oublier totalement que Saint Maximilien-Marie voulait explicitement une référence militaire, employait un langage militaire, usait de comparaisons militaires, présentant le chapelet comme une arme, les médailles miraculeuses comme des munitions, et voulant que ceux qui s’agrègent à la MI soient des chevaliers.
Ainsi au nom d’un pacifisme idiot trahit-on la pensée du fondateur pour lequel la Militia Immaculatae était une machine de guerre opposée aux forces du mal à l’oeuvre contre la Sainte Eglise, et qui désignait clairement la maçonnerie comme l’instrument de choix de Satan dans son combat contre le règne de Dieu !

Fort heureusement, il n’en est pas ainsi en Pologne, à Niepokalanow, la « Cité de l’Immaculée », fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe.
Chaque nuit du 16 au 17 de chaque mois, les franciscains conventuels y organisent des prières « pour la conversion des pécheurs, en particulier des juifs et des francs-maçons » : cela commence à 17h dans la basilique et se termine à 5h par une messe.
En outre, chaque association locale de la Militia Immaculatae est encouragée à organiser semblable veillée dans sa propre paroisse.

Niepokalanow - prière pour les francs-maçons

En Pologne, à l’entrée de Niepokalanow,
la Cité de l’Immaculée fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe,
un grand panneau invite à venir prier pour la conversion des francs-maçons.

En France, en réaction aux dévoiements modernistes du mouvement, il existe une branche traditionnelle de la Militia Immaculatae, fidèle aux objectifs et consignes de Saint Maximilien-Marie Kolbe, sous l’égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (cf. > ici).

Membres ou non de la Militia Immaculatae, tout fidèle catholique qui a pris conscience de ce qu’est la réalité profonde de la lutte qui se déroule sous nos yeux, et de ses enjeux, ne peut qu’adhérer, dans son for interne et dans ses engagements externes, à la désignation claire de l’ennemi accomplie par Saint Maximilien-Marie Kolbe et vouloir, à son exemple et à sa suite, combattre les forces diaboliques à l’oeuvre sur cette terre, forces diaboliques dont la maçonnerie est l’un des principaux organes.

On se reportera avec fruit aux études que nous avons déjà publiées :
– Un catholique ne peut appartenir à la franc-maçonnerie > ici
– Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) ici
- La question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise > ici
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- La maçonnerie, religion officielle de la république française > ici
- Prière pour la conversion des francs-maçons > ici

Le Chevalier de l'Immaculée - couverture du premier numéro

Couverture du premier numéro de la revue « Le Chevalier de l’Immaculée »,
fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe en janvier 1922,
sur laquelle on peut nettement voir :
- les glaives qui illustrent sans ambiguité le caractère « militaire » de la Militia Immaculatae
- l’hérésie et la maçonnerie clairement désignées comme les ennemis à combattre avec l’aide de la Vierge Immaculée.

« O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous
et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous,
spécialement pour les francs-maçons »

médaille miraculeuse

2017-81. Du 450ème anniversaire de la « Michelade » de Nîmes.

1567 – 30 septembre – 2017

La Michelade de Nîmes gravure de Frans Hogenberg

La « Michelade » de Nîmes, gravure de Frans Hogenberg (1535 – 1590)

palmes

A – Contexte et prétexte :

La deuxième « guerre de religion » commence lorsque les chefs protestants Louis 1er de Bourbon-Condé et Gaspard de Coligny, tentent d’enlever Sa Majesté le Roi Charles IX, ainsi que la Reine-mère Catherine de Médicis et d’autres membres de la famille royale, au château de Montceaux-en-Brie le dimanche 28 septembre 1567.
Fort heureusement, le Roi et les siens parviennent à s’échapper et se réfugient à Meaux avant de regagner Paris.
Cet épisode est entré dans l’histoire sous le nom de « surprise de Meaux ».

Louis 1er de Bourbon-Condé, Coligny et les conjurés, qui avaient été certains de réussir leur tentative criminelle et de s’emparer du pouvoir pour gouverner au nom de Charles IX devenu leur otage, avaient déjà envoyé des émissaires dans les provinces afin de provoquer un soulèvement général des sectateurs de Calvin. 

A Nîmes, c’est Jacques de Crussol, baron d’Acier, frère d’Antoine premier duc d’Uzès, qui porte les ordres du prince de Condé.
Ces consignes sont finalement très simples : prendre les armes, égorger les prêtres, les religieux et les principaux catholiques.
Ces ordres sont communiqués aux huguenots nîmois le lundi 29 septembre 1567 pour être exécutés le lendemain.

Le prétexte invoqué – car les protestants sont toujours habiles à se poser en victimes innocentes des méchants catholiques – est le suivant : une huguenote venant à Nîmes pour y vendre ses légumes à la « Michelade » – c’est-à-dire à la foire de la Saint-Michel (29 septembre) -  aurait été insultée par des soldats catholiques qui auraient aussi piétiné ses légumes…
Si cette histoire a quelque fondement (ce qui n’est absolument pas certain), il ne faut pas douter du fait que la « pauvre femme » ne soit en réalité une fanatique qui a elle-même commencé la provocation, car sinon qu’est-ce qui aurait pu permettre à des soldats, simplement chargés du maintien de l’ordre sur une foire, de distinguer cette protestante-là au milieu de toutes les très nombreuses autres femmes venues vendre leurs légumes ? Ses convictions religieuses n’étaient certainement pas écrites sur son nez ou sur ses salades !

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B – La réalité des faits :

L’ordre du massacre ayant été donné le lundi 29 septembre 1567, il commence à être mis en application le mardi 30.
Vers midi, les protestants en armes se répandent dans les rues de Nîmes avec des cris invitant à mettre à mort les « papistes ». Ils annoncent aussi que le Roi a été fait prisonnier, que la Reine-mère (Catherine de Médicis), le duc d’Anjou (futur Henri III), le duc d’Alençon (François, dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis) et les Guise ont été tués, et que les principales villes du Royaume sont désormais aux mains des protestants.
Ces fausses nouvelles ont pour but de décupler la hargne des huguenots et de les exciter à ne pas faire de quartier.

Ces fanatiques vont chercher les principaux catholiques dans leurs maisons et partout où on pense les trouver.
Quelques uns toutefois parviennent à s’enfuir jusqu’à ce que les huguenots s’emparent des portes, les barricadent et empêchent quiconque de quitter la ville : les catholiques sont pris au piège.
Plusieurs autres catholiques se réfugient et s’enferment à l’intérieur du château de Nîmes (il était attenant à la porte d’Auguste et a été démoli depuis) ; les religionnaires en feront le siège, mais les catholiques le soutiendront victorieusement et en sortiront libres et saufs le 15 octobre.

Outre les notables, les protestants se saisissent en priorité des religieux et des prêtres : ils tentent de se saisir de l’évêque lui-même, lequel parviendra néanmoins à se cacher et à échapper à la mort.

Le conseil des calvinistes qui a ordonné ces massacres, a également décidé la démolition de la cathédrale, de l’évêché, des maisons du chapitre, des monastères et des églises.
Ils voulurent commencer les démolitions par le grand clocher de la cathédrale, monument du XIe siècle d’une masse énorme, en le sapant par la base ; ils avaient déjà écorné la première rangée de pierres, quand ils s’avisèrent que son écroulement  risquait d’écraser toutes les maisons voisines, dont plusieurs appartenaient à des calvinistes : ils en restèrent donc là pour ce qui est du clocher, mais le reste de la cathédrale fut abattu, après des scènes de profanation et de pillage indescriptibles…
Toutes les autres églises et chapelles de la ville, tant paroissiales que conventuelles, ont à subir des pillages, profanations ou destructions, et certaines ne s’en relèveront jamais.
Quantité de documents anciens d’un grand intérêt historique autant que juridique sont livrés aux flammes en même temps que les ornements sacerdotaux et nombre d’objets du culte.

Au soir de ce mardi 30 septembre, les huguenots rassemblent une centaine de catholiques (prêtres, religieux et laïcs) dans la cour de l’évêché, proche de la cathédrale.
De coups d’épée en coups de dague, ils les égorgent et les massacrent, puis ils dénudent les corps avant de les jeter dans le puits qui se trouvait alors dans cette cour.

Après ces événements, ce puits fut fermé et surmonté d’une croix : il portera longtemps le nom de « puits de malemort », mais aujourd’hui, tout comme l’ancien évêché, il n’existe plus : des constructions ont été élevées au-dessus.

Certains corps en ont été exhumés et ont été ensevelis sous le dallage de la « chapelle des martyrs », au pied du clocher de la cathédrale (rebâtie au XVIIème siècle) ou bien en d’autres édifices religieux proches, puisque Monseigneur Valentin Esprit Fléchier, évêque de Nîmes de 1689 à 1710, note dans son registre, après la visite pastorale qu’il accomplit le 30 mai 1693 à la chapelle Sainte-Eugénie« Nous avons trouvé des ossements, sous le maître-autel de la chapelle, qui proviennent du puits de l’évêché. Il s’agit bien entendu des victimes de la « Michelade ».

Certains historiens tentent, bien évidemment, de minimiser les exactions alors commises par les sectateurs de Calvin, et ne donnent qu’un chiffre très bas en ce qui concerne les catholiques mis à mort en haine de la foi et de l’Eglise lors de cette « Michelade » : certains osent ne parler que d’une vingtaine de tués !
En réalité, pour être juste, il ne faut pas limiter le nombre des victimes seulement à celles qui furent égorgées dans la cour de l’évêché et précipitées ensuite dans ce puits : il y eut sans nul doute d’autres catholiques martyrisés en d’autres endroits de la cité.

Dans les jours qui suivirent, des troupes protestantes se livrèrent à des pillages et des massacres dans les environs de Nîmes, dans l’Uzège et dans le sud du Vivarais, dans la vallée du Rhône, et jusqu’à Valence où presque toutes les églises de la ville furent mises à sac et incendiées.  

La Michelade de Nîmes lavis de Louis Boulanger vers 1838

La « Michelade » de Nîmes : lavis à l’encre de Louis Boulanger (1806 – 1867)

palmes

Publié dans:Memento |on 29 septembre, 2017 |1 Commentaire »

2017-78. Où, à propos de la messe en sol majeur de Cherubini pour le Sacre de Louis XVIII, le Maître-Chat rétablit quelques vérités au sujet de ce Roi Très Chrétien.

Samedi 16 septembre 2017,
Fête des Saints Corneille, pape, et Cyprien, évêque, martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII.

Mort de SM le Roi Louis XVIII le 16 sept 1824

16 septembre 1824 : mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII
Sur cette représentation on reconnaît en particulier :
- assise en pleurs à son chevet Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulème ;
- près d’elle son époux, Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulème, futur Louis XIX ;
- incliné et baisant la main du mourant, Charles Philippe de France, qui va devenir Charles X au moment où son frère va rendre le dernier soupir ;
- à droite Marie-Caroline de Bourbon-Siciles avec ses deux enfants Louise d’Artois et Henri d’Artois, duc de Bordeaux, futur Henri V.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour conclure mes publications relatives au 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini (cf. > ici), j’accorde une grande importance, en ce 16 septembre qui est le jour anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, à la publication de la Messe solennelle en sol majeur que, justement, Cherubini composa pour le Sacre de Louis XVIII.

Louis XVIII en costume de sacre par François Gérard

Louis XVIII en costume de sacre, par François Gérard.

Ici, j’imagine la tête de certains de mes lecteurs qui pensent aussitôt : « Mais Louis XVIII n’a pas été sacré ! »
Et c’est bien vrai.
De tous nos Souverains Capétiens, seuls deux n’ont pas reçu les onctions du Sacre : 1) Jean 1er, dit le Posthume,  fils de Louis X, qui mourut cinq jours après sa naissance (+ 19 novembre 1316) ; et 2) Louis XVIII.

Mais le fait de ne pas avoir été sacré ne signifie pas qu’il n’a pas eu l’intention de l’être.
Contrairement à ce qu’affirment
a) d’une part quelques ignorants qui prétendent que Louis XVIII aurait été « d’esprit voltairien » (sic) et qu’il n’attachait pas d’importance au Sacre ;
b) et d’autre part quelques cinglés qui se cramponnent aux affabulations de quelques illuminés.

Roi depuis la mort de son neveu – l’infortuné Louis XVII – survenue le 8 juin 1795, dès qu’Elle put revenir en France au début du mois de mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII aspira ardemment à être sacrée à Reims conformément à la tradition capétienne.

Fleur de Lys

1 – Louis XVIII tint toujours à se montrer comme le Roi Très Chrétien :

Philip Mansel, un historien anglais qui est probablement à ce jour le plus grand spécialiste de la personne et du règne de Louis XVIII, fait bien ressortir que ce Souverain complexe resta toujours un homme du XVIIIème siècle, fidèle à ce qu’il avait reçu de l’héritage versaillais : sans un être un roi à la piété aussi profonde et démonstrative que celle de son frère puiné, il resta toujours fidèle à la foi catholique : et nombre de ses ministres ou de ses proches ont pu en témoigner.
Il assistait tous les jours à la Sainte Messe, communiait deux ou trois fois l’an (selon les usages de l’époque) et, durant son règne, fit toujours publiquement ses Pâques à Saint-Germain-l’Auxerrois, église paroissiale des Tuileries, sauf quand il en fut empêché par la maladie (cf. Philip Mansel, in « Louis XVIII » éd. Perrin 2013 p. 331).
En matière religieuse, Louis XVIII, pleinement conscient qu’il était le Très Chrétien, se montra particulièrement peu soucieux de ménager les libéraux et les libres-penseurs : il encouragea la reconstitution des congrégations religieuses, soutint les missions intérieures « qui perturbaient tant certains secteurs de l’opinion publique – une des médailles commémorant son  règne représente même l’érection d’une croix. Il voulut aussi que Frayssinous, célèbre prédicateur dont il avait fait son premier aumônier en 1821 – honneur extraordinaire pour un roturier – devînt grand maître de l’Université en 1822, ce qui le plaçait à la tête de l’enseignement secondaire. Louis fut ravi d’élever dix-neuf évêques à la pairie en 1822 et Frayssinous, encore lui, reçut en outre le portefeuille des affaires ecclésiastiques en août 1824″ (Philip Mansel, op.cit. pp. 447-448).
« Quand il monta sur le trône, l’état de l’Eglise lui parut pire que dans les années 1790. Il n’y avait plus que 36.000 prêtres en 1814, contre 72.000 en 1789 et il écrivait au pape : « Toutes les doctrines antireligieuses autant qu’antisociales ont inondé mes provinces. » Il était résolu à y mettre bon ordre. En 1814-1816, pour récompenser les évêques restés fidèles à la cause de la royauté et éliminer quatorze des autres, bonapartistes ou anciens révolutionnaires, le gouvernement de Louis avait voulu que l’Eglise revînt en France au statu quo de 1789. Attitude incroyable de sa part, alors qu’il essayait précisément d’apaiser la crainte d’un tel retour au passé dans la vie politique. Mais la papauté refusa de remettre en question le Concordat, conclu en 1801 avec la République » (Philip Mansel, ibid. p. 408).

Ces vérités étant rétablies, il est aisé de comprendre à quel point la question du Sacre n’était pas secondaire pour Louis XVIII, mais qu’il souhaitait en recevoir les onctions saintes. C’est dans la perspective des préparatifs de cette cérémonie qu’il commanda au surintendant de sa chapelle, le maestro Luigi Cherubini, une messe solennelle qui serait exécutée à cette occasion.

Ce sont uniquement les soubressauts politiques de la première Restauration, les funestes Cent-Jours et les difficultés intérieures et extérieures des années 1816-1819, puis enfin l’état de santé de plus en plus précaire de Sa Majesté à partir de 1820 qui empêchèrent la réalisation de ce souhait pourtant très ardent.

Fleur de Lys

Thomas Martin de Gallardon prétendue apparition

Prétendue apparition de « l’ange Raphaël » à Thomas Martin, de Gallardon,
sur une gravure de 1859 s’inspirant de la description du « visionnaire ».

2 – Des affabulations entretenues par des illuminés :

A rebours de la vérité historique cependant, il y a toujours aujourd’hui quelques illuminés de tendance « survivantiste » qui colportent la fable selon laquelle Louis XVIII n’aurait pas voulu être sacré, parce qu’il aurait su qu’il occupait un trône qui ne lui revenait pas, et qu’il aurait parfaitement eu conscience de la vérité de la menace selon laquelle, s’il osait se présenter pour le sacre, la justice de Dieu le foudroierait à mort en pleine cérémonie !
Rien que cela…

Cette légende se fonde sur les prétendues apparitions de l’ange Raphaël à un paysan de Gallardon : Thomas Martin (1783-1834).
Le bonhomme Martin, pieux et exemplaire paroissien d’après son curé, jugé sain d’esprit par les médecins qui l’ont examiné, prétendit avoir ces « apparitions » dans les premiers mois de l’année 1816.
Passons outre l’accoutrement bizarre de « l’ange », sanglé dans une redingote de ville à la mode romantique et coiffé d’un haut-de-forme (!!!) : Thomas Martin devait rencontrer le Roi et lui révéler quelque chose qui ne lui serait communiqué (à lui, Thomas Martin) qu’à ce moment-là, en sus de quelques exhortations pour faire respecter le repos dominical et combattre l’impiété dans le Royaume.
Grâce à l’insistance de certains ennemis influents de la politique menée alors par Decazes, Martin eut l’insigne privilège d’être reçu aux Tuileries le 2 avril 1816. Son tête à tête avec le Roi dura environ une demi-heure et, dans les mois qui suivirent, le bonhomme Martin affirma qu’il avait aussitôt oublié ce qu’il avait dit à Sa Majesté sous l’inspiration immédiate de « l’ange ».
Mais ensuite des récits plus ou moins circonstanciés furent publiés : les premiers imprimés, vers 1817, se contentaient d’attribuer à « l’ange » des paroles critiquant la politique de Decazes et encourageant le Roi à aller dans le sens des Ultras, mais, quatre ans après la mort de Louis XVIII, en 1828, Thomas Martin dicta un récit qui fut publié, et c’est là que l’on trouve des « révélations » concernant la prétendue survivance de Louis XVII et les menaces contre Louis XVIII s’il avait l’audace de prétendre au Sacre.
Il y aurait beaucoup à écrire sur toutes les incohérences qui se trouvent dans le récit de Thomas Martin. Contentons-nous de relever que, entre temps, à partir de 1820, le « paysan prophète » (sic) de Gallardon avait commencé à envoyer des lettres qu’il signait « Dieu » (excusez du peu !), puis que, en 1833, il « reconnut » Naundorff comme Louis XVII…

Bien sûr, jamais aucune autorité ecclésiastique compétente n’a reconnu l’authenticité des « apparitions » de Gallardon, lesquelles demeurent encore de nos jours une juteuse aubaine pour alimenter les fantasmes des illuminés qui s’obstinent à nier la réalité des faits historiques les mieux établis.

Car si Louis XVIII, ainsi que le prétendit Martin dans son récit de 1828, avait acquiescé au fait qu’il occupait une place qui revenait à son neveu toujours vivant et s’était incliné devant la menace d’être frappé à mort par la justice de Dieu en pleine cérémonie du Sacre, on comprend mal pourquoi ce Roi aurait par la suite demandé à Cherubini de composer une messe solennelle pour ce Sacre, et aurait, jusqu’en 1820, espéré pouvoir se rendre à Reims pour y recevoir les onctions saintes !
Et si ces prétendues menaces à l’encontre de Louis XVIII avaient été vraies, parce qu’il aurait usurpé le trône d’un Louis XVII toujours vivant, pourquoi ne se sont-elles pas réalisées le 29 mai 1825 lors du Sacre de Charles X ?
En effet, si Louis XVIII avait occupé un trône qui ne lui revenait pas du fait de la « survivance » de son neveu, il en eût aussi été de même pour son frère et successeur : Charles X. Or, non seulement ce dernier a été sacré et non seulement il n’a pas été foudroyé par la justice divine en cours de cérémonie, mais en sus il a accompli, dans les jours qui suivirent, les guérisons miraculeuses des écrouelles attestant qu’il était bien le Roi légitime (on peut lire la relation complète du toucher des écrouelles par SM le Roi Charles X > ici).

On cherche en vain un peu de cohérence dans cet illuminisme survivantiste.

Fleur de Lys

3 – La messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre, pour le Sacre de Louis XVIII (1819) :

Comme je vous l’annonçai au début, et même si j’ai dû faire quelques détours pour y arriver, cette publication a pour dessein de vous inviter à écouter maintenant la messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre pour le Sacre de Louis XVIII composée par Luigi Cherubini.

Le Kyrie a une belle intensité dramatique, et le Gloria qui le suit contraste par le dynamisme des choeurs qui se répondent, alternant avec bonheur des séquences d’allégresse triomphante et de vénération intériorisée, comme le poignant « Suscipe deprecationem nostram ».
Le Credo est tout rayonnant de la joie de l’adhésion aux Vérités révélées transmises par l’Eglise, qui sont déroulées à la manière d’une cavalcade pleine de gloire. On remarquera l’imposante dignité de l’ « Et incarnatus est », puis le côté désolé du « Crucifixus » où les voix d’hommes accompagnées des seuls trombones revêtent un aspect lugubre auquel les trompettes du « Et resurrexit » apportent un fin saisissante.
Le Sanctus et l’ O Salutaris Hostia, conformément à l’usage alors en vigueur en France, constituent une seule et même pièce dans laquelle alternent l’exultation des choeurs célestes dans les cieux et l’expression de l’adoration profonde des Saintes Espèces Eucharistiques sur l’autel.
L’Agnus Dei exprime tous les transports d’un recueillement solennel, paisible et confiant, préparant à la communion du Souverain, laquelle, rappelons-le, à la messe du Sacre, par un privilège unique, se faisait sous les deux espèces.

L’enregistrement proposé ci-dessous a été réalisé par le London Philarmonic Choir et le London Philarmonic Orchestra sous la direction du toujours excellent Maître Riccardo Mutti qui reste une référence, sinon « la » référence, dans l’interprétation de l’oeuvre de Cherubini.

Patte de chat Lully.

Image de prévisualisation YouTube

Autres articles de ce blogue consacrés aux compositions de Luigi Cherubini :
- Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI > ici
- Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes > ici
- Messe solennelle en la majeur pour le Sacre de Charles X > ici

grandes armes de France

2017-68. Du 450ème anniversaire de la naissance de Saint François de Sales.

1567 – 21 août – 2017
450e anniversaire de la naissance de
Saint François de Sales

Timbre édité pour le 4e centenaire de la naissance de St François de Sales 1567-1967

En 1967, la Poste française avait édité un timbre pour commémorer
le 4ème centenaire de la naissance de Saint François de Sales…

Lundi 21 août 2017,
Fête de Sainte Jeanne-Françoise de Chantal,
450ème anniversaire de la naissance de Saint François de Sales.

Saint François de Sales est né le 21 août 1567, au château de Sales, près de Thorens, dans le duché de Savoie.
A l’occasion de la fête du Saint-Suaire, célébrée le vendredi de la deuxième semaine de Carême, nous avions rappelé de quelle manière la jeune Madame de Boisy, priant devant cette précieuse relique exposée à la vénération des fidèles le 21 juillet 1566 dans l’église Notre-Dame de Liesse d’Annecy, avait demandé au Ciel la grâce de donner le jour à un fils qui serait consacré au service des autels (voir > ici). Profitons aujourd’hui du 450ème anniversaire de la naissance du « Docteur de l’Amour divin » pour relire les pages que Monseigneur Francis Trochu a consacrées à cet événement.

Songes prémonitoires de Madame de Boisy :

« Pendant le carême de 1567, Mme de Boisy connut qu’elle allait être mère. Dans l’attente de l’événement qui mettrait le comble à ses voeux, confiante que sa prière à Notre-Dame de Liesse était exaucée et qu’elle aurait un fils comme premier-né, elle se mit de nouveau à l’offrir au Seigneur.
Certains de ses rêves la confirmèrent d’ailleurs dans sa créance. « Janine Copier, qui fut femme de chambre de cette illustre dame, conte un chroniqueur du temps, a déposé que sa vertueuse maîtresse eut de merveilleuses visions dans son sommeil, qu’elle racontait fort innocemment tous les matins, mais son mari (qui lui en faisait une petite guerre) ne voulait point souffrir qu’elle s’y arrêtât. Un jour entre autres, il se fâcha deux fois contre cette naïve simplicité, parce qu’elle avait déclaré s’être aperçue qu’au lieu de voir naître un cavalier, elle n’avait simplement mis au monde qu’un petit berger qui courait çà et là après des troupeaux qu’on ne pouvait nombrer… Une autre fois, elle dit tout bonnement qu’elle avait songé qu’elle avait un fils, et que ce fils portait toutes sortes d’habits, qui sont d’usage dans tous les ordres de l’Eglise de Dieu » (in « La Maison naturelle, historique et chronologique de saint François de Sales », par Nicolas de Hauteville, Paris 1669, p. 193).
Ces songes berçaient doucement notre jeune châtelaine. Tout semblait devoir se passer normalement. Le vendredi 15 août, en la fête de l’Assomption de Notre-Dame, elle se rendit à pied, comme de coutume, jusqu’à l’église de Thorens distante seulement d’un quart de lieue, se confessa, entendit la messe et communia, puis, de retour au château, elle reprit ses oeuvres de dévotion et de charité. »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 24-25

Chapelle de Sales extérieur

Chapelle de Sales, à environ 200 mètres du château de Thorens-Glières :
Cette chapelle a été édifiée en 1672 à l’emplacement de la chambre où naquit Saint François de Sales :
en effet, le château de Sales a été détruit par ordre de Louis XIII et de Richelieu en 1630
lors de l’invasion du duché de Savoie par les troupes françaises.

Naissance de Saint François de Sales :

« La chambre de M. et de Mme de Boisy avait été remise à neuf au temps de leur mariage. Située sur la cour intérieure où il y avait un parterre de rosiers, elle était vaste, bien éclairée, ayant « trois fenêtres, l’une à l’orient, deux au midi, bien et gaiement vitrées, avec peinture sur le verre des armoiries de Sales et de Sionnaz ». Une tapisserie de Flandre tendait le long des murs ses pentes rigides ; au manteau de la cheminée, il y avait suspendu « un vieux tableau en détrempe de saint François d’Assise, prêchant aux oiseaux, aux quadrupèdes et aux poissons », et, « à cause de cette vieille image la chambre portait le nom de saint François » (in « Le Pourpris historique de la maison de Sales », par Charles-Auguste de Sales, Annecy 1659, p.100).
C’est là que, prématurément, treize mois jour pour jour après le voeu de Notre-Dame de Liesse, dans la soirée du jeudi 21 août, entre neuf et dix heures, vint au monde un petit garçon « de bonne complexion », mais « extrêmement délicat et tendre » (déposition de J.F. de Blonay pour le procès de béatification), si frêle, qu’on dut presque aussitôt le mettre dans le coton.
Tandis que le crépuscule de ce long soir d’été achevait de s’éteindre sur la vallée silencieuse, ce furent par tout le château des appels, un va-et-vient affolés. Toutefois, le seigneur de Boisy gardait son calme et donnait ses ordres : bien avant l’aurore, il envoyait un domestique, Thomas Puthod, quérir au village de Thorens sa femme née Pétremande Lombard, forte savoyarde de vingt-deux ans qui servirait au nouveau-né de nourrice. »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 25-26

Fonts baptismaux de saint François de Sales

Fonts baptismaux de l’église Saint-Maurice de Thorens
où fut baptisé Saint François de Sales le 28 août 1567

Baptême de Saint François de Sales :

« Le baptême eut lieu sept jours plus tard, le jeudi 28 août, dans l’église paroissiale Saint-Maurice de Thorens, « bâtie à la gothique de très solides et épaisses murailles »(in « Le Pourpris historique… » p. 108). Vint à cette cérémonie, conte un fermier, « grande quantité de personnes nobles et autres » (déposition de François Terrier au procès en vue de la béatification). Toute une escorte accompagna en effet à Saint-Maurice l’enfant que portait, dans son berceau même, Jacquine Ranyot, « mère-sage ».
En tête des parents, amis et métayers, marchaient, à côté de M. de Boisy, le parrain et la marraine. La volontaire jeune maman les avait choisis tous deux dans sa propre famille : c’était l’un de ses oncles maternels, dom François de la Fléchère, protonotaire apostolique, prieur du monastère bénédictin de Sillingy, proche de Thorens, et sa belle-mère, damoiselle Bonaventure de la Fléchère, qui, veuve en secondes noces de feu Melchior de Sionnaz, père de Françoise, avait épousé successivement depuis feu Pierre de Monthoux et Jacques de la Fléchère.
Le petit fut baptisé par le prêtre économe du Chapitre de l’église cathédrale, – la paroisse dépendait directement des chanoines de Saint-Pierre de Genève qui en étaient, à proprement parler, les curés et qui déléguaient à Thorens un ou même plusieurs vicaires. 
L’enfant hérita les prénoms de son parrain et de sa marraine : il fut appelé François-Bonaventure ; seulement, sur le registre on le nomma non pas de Boisy comme son père, mais de Sales comme ses ancêtres.
Toute une foule se tenait dans l’église ; il n’y eut, à ce qu’on assure, aucune dissipation, même dans les rangs les plus éloignés, parmi les gens de peine, fermiers, serviteurs et servantes. Tous étaient recueillis et priaient.
Sur le chemin du retour, dom de la Fléchère confia qu’ « en touchant son filleul sur les fonts, il avait eu une consolation si grande qu’il ne la pouvait exprimer, lui venant en la pensée que cet enfant conserverait toute sa vie la robe de l’innocence baptismale ». Sans doute pour remonter le robuste père inquiet malgré tout d’avoir un enfant si chétif, deux cousins du seigneur de Boisy, MM. de Beaumont et de Lucinge, émirent des réflexions analogues.
Puis, dans la chambre de la mère, tandis que la noble compagnie admirait le baptisé tranquille dans son berceau comme un petit ange, le même baron de Lucinge, qui avait la plaisanterie facile, dit au père, rasséréné, qu’il serait bien inspirer de demander à Dieu d’autres fils pour soutenir sa maison, car ce premier-né certainement serait d’Eglise.
En ce 28 août, « non seulement – tant cette naissance apportait de joie – on fit festin, dans la grand’salle du château tapissée de drap de Bergame, à toute la noblesse amie qui avait honoré le baptême, mais encore dès l’aube du jour jusqu’à la nuit ce fut l’aumône générale aux pauvres » (dépositions au procès de canonisation). »

Francis Trochu : « Saint François de Sales », tome 1, ed. E.Vitte Lyon 1941, pp. 26-28

Chapelle de Sales : le retable

Chapelle de Sales, à l’emplacement de la chambre où naquit Saint François de Sales :
le retable (1677)

Vous trouverez aussi dans les pages de ce blogue :
- Les liens qui unissent Saint François de Sales au Saint Suaire de NSJC > ici
– Les préludes à la fondation de la Visitation > ici
– 6 juin 1610 : la fondation de la Visitation > ici
– Lettre de Sainte Jeanne de Chantal après la mort de Saint François de Sales > ici
– 350ème anniversaire de la béatification de Saint François de Sales > ici
– Catéchèse de Benoît XVI sur Saint François de Sales > ici
– Livres pour mieux connaître Saint François de Sales > ici
–  Litanies de Saint François de Sales > ici

Armoiries de Saint François de Sales

Armoiries de Saint François de Sales

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints |on 20 août, 2017 |4 Commentaires »

2017-65. « Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance… »

Mercredi 19 juillet 2017,
Fête de Saint Vincent de Paul (cf. > ici).

Il y a deux jours, je vous donnais un compte-rendu de la journée de mémoire et de pèlerinage organisée par le Cercle Légitimiste du Vivarais ce dernier 14 juillet, à l’occasion de l’anniversaire du massacre des prêtres et des fidèles serviteurs de Dieu et du Roi le 14 juillet 1792 et les jours alentour dans le sud du Vivarais (cf. > ici), et je vous promettais la publication de l’homélie prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qui fut célébrée par Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale.
Voici donc aujourd’hui ce texte qui mérite d’être lu avec attention et médité dans un profond recueillement.

Sermon 14 juillet 1

frise lys deuil

« Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance… »

Chers Amis,

L’occasion de notre pèlerinage en ce jour ne diffère pas fondamentalement de celle qui nous réunit chaque 21 janvier. Au dernier pèlerinage au Puy, à l’Ascension, nous vous avons expliqué pourquoi « Le Roi et la France, c’est tout un ». Aujourd’hui, nous célébrons le martyre des membres de ce Corps mystique du Royaume que furent les ecclésiastiques, les aristocrates et les bons Français assassinés par les terroristes de l’époque ; le 21 janvier, tout est réuni dans la commémoraison du sacrifice de celui qui en est la tête. Que l’on s’attaque à la tête ou aux membres, c’est la même personne mystique (la France catholique et royale) que l’on outrage.

Me permettrez-vous de reprendre les paroles du pape Pie VI aux cardinaux réunis en consistoire à Rome, le 11 juin 1793, dix-huit ans jour pour jour après le sacre du roi Louis XVI ? En pleurant la mort du roi très-chrétien, et en s’élevant au-dessus des contingences dramatiques de cette seule année, le Souverain Pontife y inclut tous les autres martyrs dans une magnifique et courageuse analyse d’un mouvement né bien plus tôt. Ses paroles restent aujourd’hui d’une brûlante actualité.

« Dès le commencement de Notre Pontificat, prévoyant les exécrables manœuvres d’un parti si perfide, Nous-même annoncions le péril imminent qui menaçait l’Europe. […] Si l’on avait écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires », « une conjuration impie ».

Car la mise à mort du roi et l’extermination en règle de ses loyaux sujets en pleine Révolution (appelée Perturbation par la sainte Liturgie) n’est pas « l’acte isolé d’un déséquilibré » selon l’expression aujourd’hui consacrée par la grosse presse, mais un attentat contre Dieu Lui-même, à chaque fois que la dignité d’un innocent est bafouée, et d’autant plus quand cet innocent défend l’économie divine et l’ordre chrétien, à la suite du premier contre-révolutionnaire : saint Michel.

« Ces hommes dépravés », « la portion la plus féroce de ce peuple », « tant de juges pervers et tant de manœuvres employées » ont éliminé tous les piliers, aussi humbles soient-ils, de cette construction magnifique de la Chrétienté en France, qui alliait Dieu et la France, le Trône et l’Autel, la nature et le surnaturel. Le roi fut sacrifié « non pour avoir commis un crime, mais parce qu’il était Roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes », et ses sujets fidèles, parce qu’ils étaient de fidèles sujets, dénonçant, activement ou passivement, la tyrannie des serviteurs du premier Révolutionnaire, du père du mensonge, « celui qui est homicide depuis le commencement ».

« D’après cette suite ininterrompue d’impiétés qui ont pris leur origine en France, aux yeux de qui n’est-il pas démontré qu’il faut imputer à la haine de la religion les premières trames de ces complots qui troublent et ébranlent toute l’Europe ? Personne ne peut nier que la même cause n’ait amené la mort funeste de Louis XVI. […] Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ? », et les héros que nous commémorons aujourd’hui, ses compagnons ?

« Tous les Français qui se montraient encore fidèles dans les différents ordres de l’État […] étaient aussitôt accablés de revers et voués à la mort. On s’est hâté de les massacrer indistinctement ; on a fait subir les traitements les plus barbares à un grand nombre d’ecclésiastiques, sous les bannières tricolores et au chant de La Marseillaise, que l’on veut nous vendre aujourd’hui pour drapeau et hymne nationaux ! On a égorgé des Évêques… Ceux que l’on persécutait avec moins de rigueur se voyaient arrachés de leurs foyers et relégués dans des pays étrangers, sans aucune distinction d’âge, de sexe, de condition par les ancêtres spirituels des prétendus antiracistes… On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ! Et cependant la seule religion catholique était proscrite, comme dans l’empire romain païen depuis Néron.

Or, l’Église enseigne que « la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique ».

« Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. Ils ne pouvaient trouver aucune sûreté dans les États voisins où ils étaient venus chercher asile … Tel est le caractère constant des hérésies. Tel a toujours été, dès les premiers siècles de l’Église, l’esprit des hérétiques ». C’est hélas ce que, peu à peu, est en train de redécouvrir l’Europe.

Alors que, souvent sans connaître les horreurs qui en sont l’acte de naissance et – il faut bien l’avouer – la marque de fabrique, beaucoup de Français se réunissent aujourd’hui pour fêter la Révolution et le régime qui en est la fille aînée, il nous faut entendre résonner encore à nos oreilles, à deux cents ans de distance : « Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? » ; « N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur […] devant […] le spectacle que l’on vit », entre autres, beaucoup d’autres, aux Vans en juillet 1792 ? 

Quand la Royauté très-chrétienne se fondait sous l’infusion baptismale de saint Remi aux fonts baptismaux de Reims, la Révolution commence, elle, dès le début par les assassinats : lorsque le gouverneur de la Bastille est décapité le 14 juillet 1789 avec ses soldats, il illustre malgré lui à merveille la coupable bêtise de tous les Chrétiens qui capitulent devant le mal au nom de prétendus bons sentiments : « Ne voyons pas le mal partout, faisons confiance aux ennemis de l’Église ! » et à ces patriotes qu’on a vu à la Messe… constitutionnelle, c’est-à-dire du culte schismatique d’État. Regardez donc ces loups, ils ont de si beaux pelages d’agneaux ! Cette attitude se renouvelle hélas face à tous les adversaires du nom chrétien : athéisme, laïcisme, islamisme. Et nos nouveaux Marquis de Launais finiront comme lui, après avoir par leur faute laissé ruiner toute la société, tout le bien commun…

« Il est impossible de ne pas être pénétré d’horreur quand on n’a point abjuré tout sentiment d’humanité ». Nous le savons, beaucoup, même chez les pieux Catholiques, ne sont aucunement « pénétrés d’horreur », justement parce qu’ils ont « abjuré tout sentiment d’humanité », de même pour les Français qui ne sont pas scandalisés par le « crime abominable » de l’avortement (selon les paroles du concile Vatican II lui-même, pourtant généralement abondamment cité), crime qui est, selon le pape François, « le mal absolu », affirmation elle aussi bien peu reprise par ses thuriféraires.

Après la récente mort de l’initiatrice officielle du massacre légal de masse des enfants dans le ventre de leur mère, plus petits sujets de l’ordre naturel divin, ne peut-on voir dans nos prétendues élites – il y a quarante ans comme lors de la dernière campagne électorale – les dignes successeurs de ces « ci-devant Chrétiens constitutionnels », qui pour ne pas paraître s’opposer à la Révolution en marche, donnent des gages à ses partisans les plus enragés en les dépassant dans l’horreur ? En allant jusqu’à s’indigner d’avoir pu être ne serait-ce que soupçonnés d’avoir été défenseurs de la vie ? En exhibant leur participation positive à chacun des votes étendant, législature après législature, le massacre ?

Alors que sous la Révolution, tout le monde avait peur, les Révolutionnaires les premiers, au sein d’un courant qu’ils ne maîtrisaient pas vraiment, de nos jours : combien se soucient vraiment des nouvelles victimes de la fille de la Révolution, toujours aussi avide de sang ? Combien de temps notre société endormie s’habituera-t-elle à certains massacres, par un silence criant, tandis que d’autres sont quant à eux très régulièrement sur les lèvres des journalistes et hommes de pouvoir ?

N’attirent-ils pas à chaque instant la colère du Ciel, tel le sang d’Abel ? Plus d’un avortement par seconde dans le monde ; un toutes les 11 secondes en France, soit 327 avortements depuis une heure, et 7800 ce soir. Lorsque Mère Teresa lançait au monde : « Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître », ne s’agit-il pas encore une fois d’« instaurer et restaurer sans cesse », selon le mot de saint Pie X aux évêques français, « la cité catholique, la civilisation chrétienne » qui seule promeut le vrai respect de la vie humaine, consacrée par l’Incarnation du Fils de Dieu ? La Sainte Église n’est-elle pas aujourd’hui (pas par tous ses membres, hélas) presque l’unique défenseur du caractère sacré de la vie humaine innocente ? Le seul obstacle aux actuelles politiques mondiales ?

« Quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit [de] Chrétien[s] qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières », cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, à savoir la tranquillité de l’ordre, de l’ordre voulu par Dieu, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance, ce qui sera bientôt manifesté, nous l’espérons, par le passage de la couleur noire des ornements à la couleur rouge, le jour où Rome aura le courage d’appeler « saints » ceux que Pie VI appelait déjà « martyr[s] pour la foi ». La plus belle et importante sentence de l’allocution pontificale est celle-ci : « Qui pourra jamais douter que ce monarque (et j’ajoute : et tous ses compagnons, ainsi que leurs successeurs) n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? », notamment aujourd’hui celui du respect de la vie de la conception à la mort naturelle.

Face aux paroles racistes d’un hymne célèbre, le pape Pie VI parle bien lui-même de (je cite) « l’effusion d’un sang si pur ». Et souvenons-nous que le roi-martyr s’était exclamé, et nos héros avec lui : « Je meurs innocent des crimes que l’on m’impute, et je prie afin que mon sang ne retombe pas sur la France ». Ses sujets ne disaient pas autre chose. Et nos petits martyrs de chaque seconde, ne les entendez-vous pas s’écrier la même chose, nouveaux fils de Rachel et saints Innocents de Bethléem, le crime invoqué étant pour eux la maladie ou la simple gêne d’un confort hédoniste et égoïste !

Ces paroles que je vous ai livrées, et qui en scandalisent sans doute plus d’un aujourd’hui, sont les paroles-mêmes du Souverain Pontife ayant affronté la Révolution. Quand bien même les lâches deviendraient majoritaires parmi les Catholiques, « serions-Nous obligés pour cela de changer de sentiment au sujet de [leur] martyre ? », demandait ce pape. « Non, sans doute, répondrons-nous avec lui, car si Nous avions eu pareil dessein, Nous en serions détournés […] par [leur] mort-même[…] en haine de la religion catholique ; de sorte qu’il paraît difficile que l’on puisse rien contester de la gloire de [leur] martyre ».

Pour terminer, voici l’inégalable conclusion du discours papal aux princes de l’Église : « Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l’inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marches pas à la suite des autres nations, mais les précèdes toutes : que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !

Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! […]

Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fût pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. […]

Ô jour de triomphe pour Louis XVI [et tous ses compagnons], à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de [leur] supplice ! Nous avons la confiance qu’il[s ont] heureusement échangé une couronne royale toujours fragile, et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les Anges ont tissé de lys immortels. […]

« Laissons donc, écrit avec douleur le Père commun, ce peuple révolté s’endurcir dans sa dépravation puisqu’elle a pour lui tant d’attraits, et espérons que le sang innocent de Louis crie en quelque sorte et intercède pour que la France reconnaisse et déteste son obstination à accumuler sur elle tant de crimes, et qu’elle se souvienne des châtiments effroyables qu’un Dieu juste, Vengeur des forfaits, a souvent infligés à des Peuples qui avaient commis des attentats beaucoup moins énormes.

Telles sont les réflexions que Nous avons jugées les plus propres à vous offrir quelques consolations dans un si horrible désastre ». Fin de citation.

Face en effet à tous les attentats contre la vie humaine innocente et tous les martyres niés, méprisés et oubliés, les Légitimistes seront toujours là pour entretenir la fidèle mémoire, honorant le sacrifice des uns, publiant le crime des autres, expiant pour ceux-là en vue de la restauration de l’ordre et du bien outragés, et de la conversion des bourreaux et de leurs complices en vue de leur éviter des peines éternelles. Comment ne pas penser aux paroles de N.S. : « Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront ! » (Luc. XIX, 40) ?

Les fidèles Catholiques français attachés à l’ordre très-chrétien de leur Patrie terrestre sont de ces pierres qui crient, et font honneur au nom français au milieu de notre époque bien trouble. Comme le rappelle souvent S.M. le Roi, il ne s’agit pas de nostalgie, mais de fidélité à Dieu en trois Personnes, à Son lieutenant sur terre, à ses fervents et bons sujets s’étant conduits en héros, en un mot à ces principes qui continuent d’inspirer toute notre conduite et chacune de nos actions.

Avec le premier pape, sur les écrits duquel je tombais hier, écrions-nous : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon Sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps! C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, Lui Que vous aimez sans L’avoir vu, en Qui vous croyez sans Le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.

Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations […]. Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Evangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards » (I Petr. I, 3). Ainsi soit-il.

Sermon 14 juillet 2

frise lys deuil

2017-62. D’un fervent pèlerinage sur les pas de nos héros et de nos martyrs.

Lundi 17 juillet 2017,
Fête des Bienheureuses Carmélites martyres de Compiègne (cf. > ici).

Massacre des prêtres aux Vans 12-14 juillet 1792

Gravure de la fin de l’année1792 illustrant le massacre des prêtres aux Vans le 14 juillet précédent
ainsi que l’exécution du comte François-Louis de Saillans le 12 juillet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est désormais une tradition : chaque 14 juillet, Frère Maximilien-Marie et les membres du Cercle Légitimiste du Vivarais, ainsi que quelques autres personnes sympathisantes, commémorent les terribles événements du mois de juillet 1792 dans le sud du Vivarais.

J’ai déjà eu l’occasion de publier (par exemple > ici) quelques textes relatifs aux Camps de Jalès, dont le dénouement tragique, à peine un mois avant l’attaque des Tuileries et l’emprisonnement de la Famille Royale (cf. > ici ou ici), fut l’occasion d’épouvantables massacres, en particulier ceux du comte François-Louis de Saillans et de plusieurs ecclésiastiques, fidèles et courageux serviteurs de Dieu et du Roi.

Monsieur de Saillans fut assassiné aux Vans, petite ville de l’ancien diocèse et duché d’Uzès aujourd’hui rattachée au Vivarais, au soir du 12 juillet 1792 avec Messieurs les abbés Pradons et Boissin, ainsi que le vétéran Nadal et un domestique du comte.
Deux jours plus tard, au même lieu, furent sauvagement exécutés neuf prêtres dont le seul crime était d’avoir refusé le serment schismatique : ils s’étaient retirés dans une grotte isolée sur le territoire de la paroisse voisine de Naves, et y menaient une vie de prière et de pénitence dans l’espérance de jours meilleurs pour l’Eglise de France…

Ce 14 juillet dernier donc, plus de vingt-cinq personnes venues de l’Uzège, de la vicomté de Nîmes, du Dauphiné, du Velay et du Vivarais, se sont retrouvées dès 9 h du matin aux Vans.
Après avoir bénéficié des explications et commentaires de l’historienne locale sur la vieille ville, son histoire, ses maisons remarquables et son église, nos pèlerins se sont rendus sur la place qui porte aujourd’hui le nom de Léopold Ollier, au pied de la grande croix, dite Croix de la Grave, érigée en l’honneur des victimes de la révolution massacrées en ce lieu.

Les Vans - croix de la Grave

Les Vans : la « Croix de la Grave » marque le lieu du martyre du comte de Saillans
et des onze prêtres fidèles qui furent horriblement massacrés par les révolutionnaires.

Comme il n’existe plus aucune inscription lisible qui explique la raison de l’implantation de cette croix et que la liste des victimes n’y figure pas non plus, il n’est pas inutile de la donner ici :

Massacrés le 12 juillet 1792 :
- François-Louis, comte de Saillans.
- son domestique.
- Nadal, soldat vétéran.
- Abbé Joseph Boissin.
- Abbé Pradons, curé de Bannes.

Massacrés le 14 juillet 1792 :
- Abbé Henri-Claude Clémenceau de La Bouillerie, natif de Rennes, curé de la cathédrale Saint-Castor à Nîmes (il est le grand oncle du fameux Georges Clémenceau).
- Abbé Michel Faure, natif de Chamaury à Saint-Martial (hameau voisin du Mesnil-Marie), curé de Mons (diocèse d’Alais).
- Messieurs Claude Bravard, natif d’Arlanc, et Victor-Pierre Lejeune, natif d’Orléans, tous deux prêtres de Saint-Sulpice et directeurs au séminaire Saint-Charles d’Avignon.
- Abbé Jean-Laurent Drome, natif de Vers (diocèse d’Uzès), vicaire de St-Victor-la-Coste.
- Abbé Jean Bonijol, natif de Nîmes, chanoine de la cathédrale d’Uzès.
- Abbé Jacques Montagnon, natif de Genolhac, curé de Valabri près de Bagnols.
- Abbé Victor Nadal, natif de Bannes, curé d’Apailhargues (diocèse d’Uzès).
- Abbé Jean-Matthieu Novi, jeune prêtre natif des Vans, vicaire d’Auzac, exécuté sous les yeux de son propre père.

Chambonas

Chambonas : vue générale
Sur l’avant du château on distingue l’église romane dédiée à Saint Martin
et le prieuré qu’avait reconstruire l’abbé Claude Allier

Après s’être recueilli au pied de cette croix, le groupe s’est rendu à Chambonas, paroisse dont l’abbé Claude Allier, instigateur et âme des Camps de Jalès (cf. > ici), fut le curé-prieur.

Eglise de Chambonas extérieur

Chambonas : l’église Saint-Martin
Le chevet, le côté nord et la façade « côté cour » du presbytère de l’abbé Claude Allier

Eglise et presbytère de Chambonas

Chambonas : le presbytère reconstruit par l’abbé Claude Allier « côté jardin »
le clocher et la toiture de l’église Saint-Martin au sud. 

Eglise de Chambonas intérieur

Chambonas : intérieur de l’église Saint-Martin

Avec l’aimable autorisation du prêtre desservant, Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale, présent à cette journée, chanta une Sainte Messe de Requiem à la mémoire des victimes de la révolution. Vous pouvez retrouver le texte de sa prédication > ici.
Ce fut un moment d’une grande ferveur.

Messe de Requiem pour les victimes de la révolution 1

Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire des victimes de la révolution,
célébrée par Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale ce 14 juillet 2017.

Sainte Messe de Requiem pour les victimes de la révolution 2

L’élévation de la Sainte Hostie.

Messe de Requiem l'absoute

L’absoute à la fin de la Sainte Messe de Requiem

Monogramme de l'abbé Claude Allier à la porte du presbytère de Chambonas

Monogramme de l’abbé Claude Allier au dessus de la porte d’entrée du presbytère de Chambonas

Après le temps des nourritures spirituelles, vint celui des nourritures terrestres : nos pèlerins se rendirent en convoi jusqu’à la Commanderie de Jalès et pique-niquèrent sous les tilleuls de l’allée nord, avant de parcourir les vestiges de ce haut-lieu dont le nom résume trois années d’épisodes contre-révolutionnaires dans le sud du Vivarais.

Jalès vestiges du porche fortifié

Commanderie de Jalès : les vestiges du porche fortifié.

Jalès la cour d'honneur

Commanderie de Jalès : ce qui fut jadis la cour d’honneur.

Jalès porte de la chapelle

Commanderie de Jalès : l’ancienne porte d’entrée de la chapelle du XIIe siècle
depuis la cour d’honneur.

Le convoi se reforma et nos pèlerins prirent la route de Joyeuse, l’ancienne cité ducale dont la légende rapporte qu’elle doit son nom à l’épée de Charlemagne.

Ici, il s’agissait de vénérer le lieu où fut exécuté le chanoine Clément de La Bastide de La Molette, ancien officier entré dans les ordres, chanoine de la cathédrale d’Uzès, qui s’était engagé aux côtés du comte de Saillans à la fois comme prêtre et comme ancien militaire, puisqu’il aidait à former au maniement des armes les paysans cévenols qui voulaient se battre pour Dieu et pour le Roi.

Après l’incendie du château de Bannes et de la Commanderie de Jalès, le chanoine de La Bastide de La Molette parvint à s’enfuir en direction du Gévaudan, en compagnie du chevalier d’Entremeaux, mais ils furent pris en chasse et capturés le 12 juillet dans l’après-midi.  
Ils furent emmenés sous escorte jusqu’à Joyeuse, où se trouvait François-Antoine de Boissy d’Anglas, alors procureur général du département de l’Ardèche.
Ils y arrivèrent le dimanche 13 juillet à  l’heure où les patriotes sortaient de la messe du curé jureur : pris de rage, ceux-ci se jetèrent sur les prisonniers et les massacrèrent sans pitié sur le parvis même de l’église Saint-Pierre, tandis que Boissy d’Anglas, depuis la fenêtre du premier étage de l’ancien collège des Oratoriens, assistait à la scène sans faire le moindre geste ni prononcer la moindre parole pour faire respecter un semblant de justice…

Joyeuse parvis de l'église Saint-Pierre

Joyeuse :  parvis de l’église Saint-Pierre
La croix marque le lieu où fut sauvagement assassiné le chanoine Clément de La Bastide de La Molette ;
sur la gauche, la fenêtre du 1er étage de l’ancien collège des Oratoriens où se tenait Boissy d’Anglas.

Joyeuse croix du parvis

Joyeuse : vue depuis l’intérieur de l’église Saint-Pierre, la croix du parvis qui marque le lieu où fut massacré le chanoine Clément de La Bastide de La Molette.

Nos pèlerins se mirent ensuite en route pour la dernière étape de cette journée de mémoire : Largentière, où ils se rendirent à l’église Notre-Dame des Pommiers, au sommet de la petite cité médiévale.

Largentière chevet de l'église ND des Pommiers

Largentière : chevet de l’église Notre-Dame des Pommiers

En effet, après l’exécution du comte de Saillans, sa tête fut promenée dans plusieurs villages du sud du Vivarais, afin d’inspirer la terreur à tous les fidèles sujets du Roi et les dissuader de s’opposer à la révolution.
Elle parvint à Largentière, où un enragé, un cabaretier surnommé « La Paille », la suspendit à sa devanture.

Au bout de quelque temps cependant, le crâne de Monsieur de Saillans fut inhumé dans un jardin, où il fut retrouvé vers le milieu du XIXème siècle.
Mais alors, au lieu de rendre cette vénérable relique à la famille du comte, elle fut placée sur la corniche d’un chapiteau au sommet d’un pilier, dans le fond de l’église Notre-Dame des Pommiers… et elle s’y trouve toujours, aussi incroyable et scandaleux que cela paraisse.

Crâne de Monsieur de Saillans - église de Largentière

Largentière, église Notre-Dame des Pommiers : le crâne de Monsieur de Saillans.

Ici s’acheva ce périple de mémoire et de fidélité accompli en ce 14 juillet par ceux qui ont aujourd’hui pour ambition et pour gloire de servir eux aussi Dieu et le Roi, ainsi que l’ont fait, jusqu’au don suprême, ces vaillants héros et martyrs.

Vive Dieu ! Vive le Roi !

Lully.

Croix du clocher de Chambonas

Croix fleurdelysée au faîte du clocher de Chambonas

Publié dans:Chronique de Lully, Memento, Vexilla Regis |on 17 juillet, 2017 |3 Commentaires »

2017-60. La « nouvelle messe » n’est pas un rempart pour la foi catholique mais, dans les faits, elle a favorisé la perte de la foi et la diffusion de l’hérésie.

Jeudi 6 juillet 2017.

La Sainte Messe

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Demain, vendredi 7 juillet 2017, nous célèbrerons le dixième anniversaire de la publication du motu proprio « Summorum Pontificum » par lequel Sa Sainteté le Pape Benoît XVI fit sauter – autant que cela lui était alors possible sans accentuer les divisions et les déchirures dans l’Eglise romaine – quelques verrouillages totalement injustes (c’est-à-dire totalement contraires à la justice) qui empêchaient la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle.

Nous avons bien conscience que ce texte
1) d’une part demeurait – et demeure – une sorte de pis-aller qui ne rend pas pleinement à la liturgie traditionnelle la place qui lui est due dans l’Eglise latine,
2) d’autre part, bien qu’il ait permis une réelle augmentation de la célébration des Saintes Messes selon l’usus antiquior et de leur fréquentation, présente des ambiguïtés qu’il faudra bien lever un jour,
3) reste encore, dans la pratique, étrangement ignoré de nombre de prêtres diocésains, voire d’évêques, et donc aussi de la très grande majorité des fidèles qui ne sont pas informés de leurs droits.

Mais je ne veux ni épiloguer ni polémiquer au sujet de ce motu proprio ; à l’occasion de son dixième anniversaire, je veux simplement vous livrer quelques réflexions relatives à la réforme liturgique issue du second concile du Vatican.

ouverture vatican II

Concile Vatican II

Je ne crains pas de le dire et de le répéter avec insistance : depuis la fin de l’année 1969 (date de son entrée en vigueur), ce que, par facilité de langage nous appelons « la nouvelle liturgie », dans les faits et malgré les annonces d’une tapageuse outrecuidance qui promettaient qu’à travers elle s’accompliraient un renouveau et un développement de la vie chrétienne, n’a pas contribué à la vitalité de l’Eglise.
Tout au contraire, presque cinquante ans après sa mise en application, tout observateur objectif et lucide peut affirmer que cette liturgie réformée a plutôt contribué à la diminution de la pratique religieuse, qu’elle a joué un rôle considérable dans la désaffection des fidèles, et qu’elle a concouru à la perte de la foi.

Attention ! Je ne suis pas manichéen (ce serait un comble pour un disciple de Saint Augustin) : je ne dis pas que la « nouvelle messe » est la cause, et encore moins la cause unique, des malheurs énumérés ci-dessus : j’ai parfaitement conscience qu’il faut en même temps, pour être juste,
1) tenir compte de l’évolution de la société et des mentalités au tournant des années 60 du précédent siècle,
2) faire la part à l’action larvée du modernisme qui avait miné le terrain bien avant « le » concile dans les séminaires, les maisons religieuses, les presbytères et les évêchés,
3) mentionner une catéchèse et une prédication qui, dans l’ensemble, se sont révélées d’une indigence et d’une inconsistance affligeantissimes,
4) et rappeler que, bien souvent – malheureusement ! – , ni la solidité d’une authentique vie spirituelle ni la fermeté de saines bases intellectuelles ne se trouvaient alors au-rendez-vous pour opposer un rempart inexpugnable aux assauts de la décadence généralisée et galopante.

Plutôt que de cause première ou de racine de la crise de l’Eglise, nous pouvons dire en toute exactitude, je crois, que l’instauration de la « nouvelle liturgie », tout comme le second concile du Vatican lui-même, ont été les occasions, ou encore les causes déclenchantes, d’un mouvement convulsionnaire dévastateur qui parut alors au grand jour mais qui leur préexistait depuis de nombreuses décennies.

Toutefois, il faut aussi affirmer que la liturgie, qui est le signe le plus visible de la vie ecclésiale a été, en quelque sorte, le point de cristallisation de la crise et le noeud stratégique dont dépendit alors la vitalité et le développement de la Chrétienté.

Attention encore ! Je ne veux pas dire que tous ceux qui assistent à la « nouvelle messe » ont perdu la foi catholique : nous savons qu’il y a (heureusement !) des évêques, des prêtres, des religieux et des fidèles du rang qui la pratiquent quotidiennement, et dont la vie spirituelle et la foi catholiques subsistent véritablement.
Sans nul doute est-ce parce qu’ils ont en même temps gardé un lien authentique avec la Tradition doctrinale et spirituelle : ici, je serais presque tenté d’écrire que s’ils gardent la foi ce n’est pas grâce à la « nouvelle liturgie » mais malgré elle et parce qu’ils demeurent – oui malgré elle – entés sur la Tradition vivante et séculaire de l’Eglise.

Messe latine traditionnelle dans la chapelle de l'ancienne Visitation du Puy en Velay

L‘attachement à la liturgie latine traditionnelle n’est pas une question de « sensibilité », ni une question de préférence d’un type particulier de célébration pour des raisons de « goûts personnels », mais il se fonde sur un problème doctrinal.
Il s’agit d’une question de fond plus que de forme.

Jean Guitton, ami de Paul VI, a rapporté dans ses souvenirs que le pape Montini lui avait explicitement affirmé qu’il avait voulu cette réforme de la liturgie afin que désormais la « nouvelle version » de la messe puisse être acceptée – et célébrée – par les protestants.
Il ressort de cela avec évidence que si l’on fabrique une liturgie afin qu’elle soit acceptée par les protestants lors même que ceux-ci ne renoncent pas à leurs erreurs doctrinales graves au sujet du Saint-Sacrifice, du Sacerdoce et de l’Eucharistie, cela signifie donc immanquablement que cette « nouvelle liturgie » est moins catholique, qu’elle atténue et minimise la doctrine catholique, qu’elle édulcore les dogmes catholiques sur le Saint-Sacrifice, le Sacerdoce et l’Eucharistie, qu’elle protestantise le culte catholique…

De fait, que constatons-nous chez beaucoup de « catholiques pratiquants » qui assistent à la « nouvelle messe » ?
La plupart – et je n’écris pas cela à la légère mais parce que je l’ai pu constater des centaines de fois en parlant avec eux – ne savent pas faire la différence entre les catholiques et les protestants, entre la foi catholique et les doctrines protestantes, entre l’assistance à la messe et celle au culte protestant, et ne voient que des différences mineures (considérées même comme insignifiantes) entre le catholicisme et le protestantisme.

Car force est de constater que non seulement l’instauration et la mise en pratique de « la nouvelle liturgie » n’a pas contribué à la vitalité de l’Eglise, mais qu’en outre elle a favorisé l’ignorance religieuse, le relativisme, le synchrétisme et quelques autres erreurs anciennes qui ont repris du poil de la bête.
Beaucoup de « catholiques pratiquants » des paroisses ordinaires se fabriquent leur « petite-foi-perso » avec laquelle « on en prend et on en laisse » dans l’enseignement authentique hérité de deux mille ans de Magistère. Ils n’ont plus à proprement parler la Foi, mais ils se sont fabriqué une croyance subjective – aux contours imprécis et mouvants – comparable à un plateau repas de self-service : chacun fait son choix selon ses goûts ou réflexions du moment et ne conserve du véritable catholicisme que ce dont il a envie ou qui l’arrange hic et nunc.

Rappelons au passage que pour NN.SS. les évêques de France aujourd’hui un « catholique pratiquant » n’est pas quelqu’un qui va à la messe tous les dimanches, mais quelqu’un qui y va une fois par mois (question subsidiaire : qu’en est-il pour eux du troisième commandement de Dieu et du deuxième commandement de l’Eglise ?).
Or ces « catholiques pratiquants » ne représentent plus qu’environ 3% de la population française.
Eh bien, des sondages réguliers publiés dans ce qui fut jadis « la bonne presse » (mais ne l’est plus depuis belle lurette : « la Croix », « la Vie », « le Pèlerin »… etc.), nous apprennent – je ne l’invente pas – que des pourcentages énormes de ces « catholiques pratiquants » ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ni à Sa résurrection selon la chair (ou bien confondent résurrection et réincarnation), ni à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, ni au caractère sacrificiel de la messe, ni à l’existence de l’enfer, ni au péché originel, ni même parfois à la Sainte Trinité (excusez du peu) : cette liste est loin d’être exhaustive… hélas !
Et on appelle cela des « catholiques pratiquants » !!!

Si donc ces « pratiquants » de la messe de Paul VI n’adhèrent plus à la doctrine catholique reçue des Apôtres, ou bien « en prennent et en laissent » dans cette doctrine catholique, n’est ce pas la démonstration que la « nouvelle messe » n’est pas le rempart de la foi catholique, comme peut l’être la sainte messe latine traditionnelle, mais que, dans les faits, elle a favorisé la perte de cette foi, l’apostasie et l’hérésie ?
Contra factum non fit argumentum : en face des faits, il n’y a pas à discutailler.

Lully.

pleurant

2017-55. La messe en la majeur de Cherubini pour le sacre de Charles X.

Lundi 29 mai 2017.
Fête de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi ;
Douloureux anniversaire de la chute de Constantinople (cf. § E > ici) ;
Joyeux anniversaire du Sacre de Charles X.

Sacre de Charles X 29 mai 1825

Sacre de SMTC le Roi Charles X (Reims, dimanche 29 mai 1825) :
le Roi donne l’accolade au Dauphin
(tableau de François Gérard)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Outre la date anniversaire terrible et douloureuse de la chute de Constantinople (29 mai 1453), évoquée ci-dessus, ce 29 mai est aussi l’anniversaire du Sacre de Charles X (29 mai 1825).
J’ai déjà eu l’occasion de vous écrire quelques réflexions à ce sujet (voir > ici) et je m’autorise à vous y renvoyer, pour le cas où vous ne vous en souviendriez pas bien. Au § A de ce texte, écrit il y a deux ans – à l’occasion du 190ème anniversaire de ce sacre – , j’évoquais, entre autres, la Messe en la majeur pour choeur et orchestre composée à cette occasion par Luigi Cherubini, et je vous disais que je n’avais pas d’enregistrement à vous en proposer… Mais, cette remarque n’est plus d’actualité puisque désormais il en existe un qui est disponible et auquel vous pourrez avoir accès ci-dessous.

En ce 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini, déjà évoqué > ici, et au jour anniversaire de ce sacre, je ne pouvais faire autrement que de vous le signaler : 

Messe en la majeur pour le Sacre de Charles X
Philarmonia Chorus / maître de choeur : Roberto Benaglio
Philarmonia Orchestra / direction : Riccardo Muti

Image de prévisualisation YouTube

Je profite également de cette circonstance pour vous inviter à lire le récit complet (il n’avait encore jamais été publié dans son intégralité) du compte-rendu du toucher des écrouelles par Sa Majesté le Roi Charles X après son Sacre, le 31 mai 1825.
En effet, jusqu’à ce que « La Gazette Royale » le fasse paraître dans les colonnes de son numéro 148 il y a quelques mois, seules des relations incomplètes de cette cérémonie étaient disponibles : Dom Thierry Barbeau osb en a gracieusement communiqué le texte complet, dont le manuscrit se trouve à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, à l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) pour qu’elle en assure la publication et la diffusion. Une reproduction en ligne se trouve sur le site « L’Ami de la Religion et du Roi » > ici. Ne la manquez donc pas !

Charles X en costume de sacre par Alexandre-François Caminade

SMTC le Roi Charles X en costume de sacre
(tableau d’Alexandre-François Caminade)

Publié dans:De liturgia, Memento, Vexilla Regis |on 29 mai, 2017 |2 Commentaires »

2017-50. Où l’on reparle des ecclésiastiques martyrisés par les huguenots à Lamastre le 3 mai 1587 et de la chapelle des Saints Os.

1587 – 3 mai – 2017

Lamastre : quartier de Macheville

Ancienne carte postale montrant le quartier de Macheville à Lamastre
tel qu’il était au début du XXe siècle

Mercredi 3 mai 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Parce que ce 3 mai 2017 marque l’exact 430ème anniversaire de cet évènement à la fois tragique et glorieux, je voudrais aujourd’hui évoquer à nouveau avec vous le martyre de sept ecclésiastiques catholiques (prêtres et religieux), perpétré par les fanatiques huguenots à Lamastre le 3 mai 1587.
J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de ces martyrs il y a quatre ans (cf. > ici). Permettez-moi donc de reprendre en partie ce que j’écrivais alors :

« Lamastre – en occitan La Mastra – est aujourd’hui une commune d’environ 2500 habitants, formée en 1790 par la réunion de trois petites communautés d’Ancien Régime, dans cette partie du Haut Vivarais qui appartenait alors à l’ancien diocèse de Valence.
Sur un éperon rocheux qui domine la bourgade, se trouve le quartier de Macheville – qui était l’une de ces trois communautés historiques – serré autour de l’église catholique et des bâtiments de l’ancien prieuré bénédictin.
A côté du cimetière et mitoyenne de l’église, existe une petite chapelle du XVIIe siècle, couramment appelée « Chapelle des Saints Os » : une tradition orale constante et un mouvement de vénération populaire très vif parmi les paroissiens sous l’Ancien Régime, rapportaient qu’en ce lieu avaient été ensevelis sept prêtres et religieux martyrisés par les huguenots.

Chapelle des Saints Os au chevet de l'église de Macheville à Lamastre

Chapelle des Saints Os au chevet de l’église de Macheville à Lamastre

« En 1863, un court texte manuscrit fut découvert venant confirmer cette tradition, précisant la date du massacre – le 3 mai 1587 – et son auteur : le capitaine protestant Jacques de Chambaud (dont nous avons eu l’occasion d’évoquer la figure à propos du pèlerinage de Notre-Dame de Pradelles > ici).
Voici le texte de cette notice, mise en français moderne et publiée par l’Abbé Mollier dans son ouvrage « Saints et pieux personnages du Vivarais » (ouvrage publié en 1895 avec l’approbation de Son Excellence Monseigneur Bonnet, évêque de Viviers – tome 2) :

« Bientôt, après avoir saccagé la ville de Desaignes, tous les brigands et le capitaine Chambaud se mirent en chemin pour le bourg de La Mastre, où se trouvaient bon nombre des leurs et avaient grande puissance dans le château. Il y avait dans ce pays quelques catholiques qui s’étaient cachés dans les murailles du prieuré.
Or, comme ce jour il se faisait toutes les années une procession jusqu’en un lieu où était une chapelle et une Vierge miraculeuse, le prieur de l’endroit nommé P. de La Gruterie et le sieur Gaspard de La Roche, prêtre de ce même lieu, et un bon nombre de prêtres et de fidèles réfugiés dans le prieuré, allèrent pieusement et avec ferveur, sans armes que croix et bannière, obtenir la clémence de Dieu.
Les massacreurs aperçurent les fidèles catholiques, qui priaient comme sans crainte, et se précipitèrent avec fureur sur eux sans défense, car les gens s’étaient enfuis dans les champs. Ils firent passer plusieurs fois leurs chevaux sur leurs corps, puis les jetèrent dans le ravin après en avoir occis les têtes qu’ils jetèrent du bas des murailles dans l’intérieur du prieuré. » 

Or j’ai quelques éléments nouveaux à ajouter aujourd’hui…

Reproduction naïve du tableau des martyrs de Lamastre

Petite reproduction naïve du  grand tableau des martyrs du 3 mai 1587
qui se trouvait jadis dans la chapelle des Saints Os à Lamastre

En effet, au cours de l’été 2016, Frère Maximilien-Marie a eu l’occasion de se rendre à Lamastre et, grâce à l’amicale bienveillance du prêtre alors en charge de la paroisse, il a pu accéder à l’intérieur de la dite « Chapelle des Saints Os » habituellement fermée parce qu’elle ne sert plus guère que comme annexe de rangement de la sacristie avec laquelle elle communique.

Le grand tableau représentant les sept ecclésiastiques martyrs que les anciens textes mentionnent et qui dataient selon toute vraisemblance du début du XVIIème siècle, lors de la construction de cette chapelle, ne s’y trouve plus.
Au presbytère cependant s’en trouve une reproduction naïve d’environ 30 cm x 25 cm, dont la photographie se trouve ci-dessus.

Soulevant une grande trappe pratiquée dans le plancher de la chapelle, Monsieur le Curé permit à Frère Maximilien-Marie de descendre dans la crypte où, après les fouilles pratiquée en 1863 par le curé de l’époque consécutivement à la découverte de la notre manuscrite sus-citée, furent déposés, dans un châsse en bois sur le devant de laquelle sont pratiquées cinq ouvertures vitrées, les sept crânes et les principaux ossements que l’on découvrit alors.

Châsse en bois dans la crypte de la chapelle des saints os

La châsse en bois renfermant les crânes et les principaux ossements des martyrs du 3 mai 1587
dans la crypte de la chapelle des Saints Os à Lamastre

Cette modeste châsse maintenue à environ 1,20 m au-dessus du sol par des barres de fer.
Au-dessous, on voit une sorte de trou qui montre que le niveau de cette crypte n’est pas le plus bas : il y a en effet au-dessous une sorte de cavité ou de caveau grossièrement maçonné qui est le lieu de la sépulture des martyrs, retrouvé lors des fouilles de 1863.

Trou dans le sol de la crypte de la chapelle des saints os

Dans le sol de la crypte de la chapelle des Saints Os de Lamastre
au pied de la châsse de bois renfermant les principaux ossements des martyrs du 3 mai 1587
un trou permet de deviner le niveau inférieur où les corps ont été découverts

Voici donc les quelques compléments et illustrations que je pouvais apporter à l’histoire des saints martyrs de Lamastre, en ce jour du 430ème anniversaire de leur martyre.
Je reprends aujourd’hui en guise de conclusion les paroles que Monseigneur Joseph Guibert (ancien évêque de Viviers, alors archevêque de Tours et futur cardinal-archevêque de Paris) écrivait en 1863 au curé de Lamastre qui avait dirigé ces fouilles et fait recuillir les « Saints Os » dans cette châsse : « Les catholiques doivent trouver dans ce fait historique un nouveau motif de fidélité à notre sainte religion pour laquelle leurs ancêtres savaient mourir. Les protestants eux-mêmes pourraient recueillir d’utiles leçons de ces découvertres. Prions Dieu qu’il les éclaire et qu’il les touche ».

Lully.

Martyrs Lamastre 3 mai 1587

Reliquaire en buis renfermant des parcelles d’ossements des martyrs du 3 mai 1587 à Lamastre
conservé dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints |on 3 mai, 2017 |3 Commentaires »
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