Archive pour la catégorie 'Memento'

2022-122. Une question qui touche au fond des choses.

19 novembre 2022,
Fête de Saint Elisabeth de Hongrie, reine et veuve ;
Mémoire de Saint Pontien, pape et martyr ;
Trentième anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton.

Eglise catholique de Bury St Edmund

Eglise catholique de Bury St Edmund (état actuel)
dont l’abbé Bryan Houghton fut curé de 1954 à 1969

       « J’ai été ordonné prêtre le 30 mars 1940 et, en juin de la même année, nommé à Slough, banlieue ouvrière de Londres. Ainsi naquit la paroisse Saint-Antoine dans une cité dortoir londonienne. En septembre 1954, je fus envoyé à Bury St Edmund où je me suis occupé de la paroisse St Edmund jusqu’au 29 novembre 1969. J’ai en effet démissionné de ma charge ce jour-là et, à minuit, j’ai quitté les lieux. Pourquoi ? Parce que le lendemain matin, premier dimanche de l’Avent, le nouvel Ordo Missae entrait en vigueur.
C’est, dira-t-on, beaucoup d’intrinsigeance et même d’extravagance. Peut-être. Mais il s’agissait d’une question qui touchait au fond des choses. Le fond des choses, c’est-à-dire la conduite des réformes en général et de la réforme liturgique en particulier…»
     
(Abbé Bryan Houghton, premières lignes de la « Dédicace » qui sert de préface à son livre « Le Mariage de Judith »).

   Nous avons déjà publié une brève notice biographique de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton à l’occasion du centenaire de sa naissance (cf. > ici), et nous avons aussi cité le passage de son autobiographie dans lequel il raconte son arrivée à Viviers au mois de décembre 1969 (cf. > ici).
Ce samedi 19 novembre 2022, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort, les fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, se recueilleront d’une manière particulière à sa pieuse mémoire, puisque c’est l’abbé Houghton qui a rendu cette chapelle au culte, et qu’il y a officié jusqu’à ce que Dieu le rappelât à Lui.

   Celui qui, enfant, avait reçu de son camarade cette magistrale leçon : « La Messe EST Jésus » (cf. > ici), avait bien compris, dès son instauration, que la réforme liturgique postconciliaire aboutissait à une protestantisation de la Messe catholique multiséculaire, et que, dans ces nouvelles liturgies de « l’Eglise du bavardage » (cf. > ici), tout comme dans les cultes issus de la prétendue Réforme, on y parlerait de Jésus, mais que ce ne serait plus exactement Jésus ! « Il s’agissait d’une question qui touchait au fond des choses » (cf. supra) : et le fond des choses, ce n’est rien moins que la doctrine catholique dans son intégralité.

abbé Bryan Houghton

   Si nous sommes attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle, il faut le dire et le répéter à temps et à contretemps, c’est parce qu’elle est l’expression non équivoque de la foi traditionnelle de la Sainte Eglise : la foi reçue des Apôtres. Ce n’est pas une question de goûts personnels et de sensibilité, c’est une question de salut puisque « Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité » (Saint Athanase – cf. > ici).
Et si nous ne voulons pas de la messe promulguée par Paul VI, c’est parce que cette liturgie protestantisée ne nous nourrit pas de la foi catholique, ne permet plus la transmission non équivoque de la foi traditionnelle (la preuve en est par le fait que, partout, elle a eu pour conséquence un affaiblissement de la foi, et des remises en question de l’enseignement traditionnel), ne nous greffe plus sur la Tradition vivante (et la preuve s’en trouve dans l’effondrement catastrophique de la pratique religieuse, et la débâcle des noviciats et des séminaires) : la liturgie postconcilaire n’est en définitive rien moins que mortifère ; depuis un demi-siècle elle engendre et accroît le déclin de la Chrétienté.
Notre-Seigneur nous a donné un critère infaillible de discernement : « A fructibus eorum cognoscetis eos : vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Matth. VII, 16).

   Il y a, certes, dans les diocèses, quelques bons prêtres qui, quoique célébrant le Novus Ordo, ont la foi, sont pieux et zélés, et maintiennent encore vivants certains îlots de catholicité.
Outre le fait qu’ils sont d’une manière générale aux prises avec les méthodes terroristes des « laïcs engagés » modernistes, et qu’ils sont rarement soutenus par leurs confrères et par leur hiérarchie, on peut affirmer qu’ils sont catholiques malgré le nouvel Ordo Missae bien plus que grâce à lui, et parce qu’ils ont, par ailleurs, la volonté et prennent des moyens pour rester greffés sur la Tradition vivante de l’Eglise par une spiritualité forte, nourrie des écrits des Pères et des Docteurs, nourrie des exemples des saints, nourrie du Magistère authentique.

   La réforme liturgique postconciliaire a touché au fond des choses : elle a fragilisé les fondations, ébranlé le fondement, et, depuis, l’édifice a perdu sa stabilité, se lézarde, menace ruine.
L’actuel occupant du trône pontifical, dans son motu sordido intitulé « Les geoliers de la Tradition » ou « les gardiens de la trahison » (puisque ce sont des traductions également valables des mots latin Traditionis custodes) argumente en faveur de l’extermination de la célébration de la Messe latine traditionnelle en tentant de récupérer en sa faveur l’antique adage « Lex orandi, lex credendi » (La loi de la prière, c’est la loi de ce que l’on croit) et en prétextant qu’il ne peut donc, en raison de l’unité de la foi, y avoir deux missels. Cette argumentation de sophiste constitue en réalité un aveu : l’aveu que ce n’est pas la même foi qui est exprimée dans le missel latin traditionnel et dans le missel réformé après le concile vaticandeux, l’aveu que le changement de liturgie avait bien pour finalité de changer le fond des choses, l’aveu que si le Novus Ordo doit être hégémonique c’est afin de faire disparaître la foi traditionnelle et en imposer une nouvelle

    La fidélité à la foi reçue des Apôtres, la fidélité à la Tradition bimillénaire, la fidélité aux Pères et Docteurs de l’Eglise, la fidélité au Magistère authentique, la fidélité aux exemples des saints nous impose, au contraire, de conserver la Messe latine traditionnelle afin de rester pleinement catholiques nonobstant les menaces et objurgations des hiérarques qui ne remplissent plus leur mission d’authentiques gardiens de la Tradition et qui collaborent au travail de sape de la Chrétienté.

   Gratitude éternelle envers Monsieur l’Abbé Bryan Houghton, dont la vie et les exemples sont là pour nous rappeler que toucher au fond des choses c’est trahir la vérité, et qu’il vaut mieux être rejeté, calomnié, marginalisé, tenu pour rien et persécuté plutôt que d’abandonner notre sublime liturgie latine traditionnelle, vecteur et gardienne de la foi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Cimetière de Viviers - tombe abbé Bryan Houghton

Tombe de Monsieur l’Abbé Houghton au cimetière de Viviers
(lui-même a insisté pour qu’on n’en retirât pas la mousse)

2022-113. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion du troisième centenaire du Sacre de son prédécesseur le Roi Louis XV.

1722 – 25 octobre – 2022

Troisième centenaire du Sacre
de
Sa Majesté le Roi Louis XV

     Au matin de ce 25 octobre 2022, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, afin non seulement de commémorer le troisième centenaire du Sacre de son prédécesseur, Sa Majesté le Roi Louis XV (dimanche 25 octobre 1722), mais aussi pour donner une fois encore une brève mais magnifique leçon politique à notre temps.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les parties les plus « percutantes » de ce texte magistral.

Sacre de Louis XV

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       Nous commémorons aujourd’hui le tricentenaire du Sacre du Roi Louis XV à Reims, le 25 octobre 1722. J’aurais dû assister aux cérémonies qui s’y sont déroulées les 22 et 23 octobre, en présence des autorités religieuses, culturelles et politiques, mais des contraintes de dernière minute m’ont, hélas !, empêché de m’y rendre.

   Cette commémoration est l’occasion de rappeler ce que représente le Sacre, un événement parmi les plus éminents de la Royauté. A ce titre, le Sacre compte encore de nos jours parmi les cérémonies les plus connues de l’ancienne France, et ce alors même qu’il était assez rare : il y en eut seulement deux au XVIIIème siècle, deux au XVIIème.
C’est que le Sacre revêt une dimension politique de tout premier plan. Il permet en effet de réaffirmer, roi après roi, la transcendance sans laquelle il n’est pas de vrai pouvoir, à la fois fort et équilibré. Mettre le divin au cœur du pouvoir permet d’abord au Souverain d’avoir toujours présent à l’esprit qu’il n’est pas un maître absolu, parce qu’il n’est pas lui-même à l’origine de son propre pouvoir, et qu’il devra par suite rendre des comptes de l’exercice de ce pouvoir devant Dieu. Cela permet aussi à ses sujets de se souvenir qu’il y a un ordre des choses, qui dépasse la volonté et les désirs des hommes, et qui ne saurait être enfreint sans péril.

   Comment ne pas y être tout particulièrement sensibles en des jours où les événements tragiques se multiplient dans notre pays, jusqu’à parfois atteindre des sommets d’horreur, comme tout dernièrement avec le meurtre barbare de cette jeune enfant à Paris ?

   L’onction du Roi consacrait ainsi le bien commun comme principe qui légitime le pouvoir, celui du plus grand et du plus puissant comme celui du plus humble. Le Sacre rappelait que, tous, nous sommes responsables de nos actes. Les Rois, mes ancêtres, le savaient et le serment qu’ils prononçaient au jour du sacre demeurait pour toujours leur principale loi. C’est ce qui fit la grandeur de leur office pouvant aller jusqu’au sacrifice, comme pour Louis XVI.

   Puisse ce tricentenaire nous donner l’occasion de redécouvrir le sens du pouvoir comme service de la communauté, d’un pouvoir qui revêt de ce fait par nature une dimension transcendante. Ainsi une nouvelle fois la commémoration servira l’action ; la mémoire servira au présent.

Grandes Armes de France

2022-109. Hommage à la Révérende Mère Geneviève Gallois qui, par une « Simple Question », m’a ouvert des perspectives spirituelles infinies…

19 octobre,
Fête de Saint Théofrède de Carméri (cf. > ici) ;
Mémoire de la Bienheureuse Agnès de Jésus (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Pierre d’Alcantara ;
Anniversaire du rappel à Dieu de S.M. la Reine Marie-Thérèse de France (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de la Révérende Mère Geneviève Gallois, osb.

Bédoin - chapelle de la Madelène

Bédoin (Comtat Venaissin) : chapelle de la Madeleine

moine perplexe gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

      A l’heure où je vous écris – l’heure où « le soir étend sur la terre son grand manteau de velours » -, en ce 18 octobre 2022, cela fait exactement quarante-cinq ans un mois et onze jours, que, en conclusion de la fête de la Nativité de Notre-Dame, le jeudi 8 septembre 1977, je descendais de voiture sur l’aire de stationnement aménagée au chevet d’une toute petite chapelle romane du XIème siècle édifiée sur l’un des contreforts méridionaux du Mont Ventoux, au débouché de la « Combe obscure », en contrebas de la route départementale qui vient de Malaucène et se dirige vers le village de Bédoin (nota bene : nous avons déjà évoqué ce village dans les pages de ce blogue, à propos du massacre des catholiques auquel les révolutionnaires se livrèrent le 28 mai 1794 – cf. > ici).
Cette chapelle, dite de la Madeleine (ou de la Madelène selon la graphie héritée du provençal), était alors le siège du « Prieuré Sainte Madeleine » fondé par Dom Gérard Calvet (1927-2008), et j’y venais assister à la prise d’habit d’un ami, condisciple de lycée pendant l’année scolaire précédente, qui, sitôt l’obtention du baccalauréat, avait rejoint la jeune et dynamique communauté bénédictine traditionnelle, dont les moines, en raison de l’exigüité des lieux, vivaient dans des caravanes devenues légendaires !

   L’ami à la prise d’habit duquel je venais assister était plus âgé que moi. En cette fin d’été 1977 je venais juste d’avoir 15 ans, j’entrais en classe de première, et, depuis une année (il y avait eu « l’été chaud » 1976 où avait éclaté « l’affaire Lefebvre », puis, en février 1977, la libération de Saint-Nicolas du Chardonnet… etc) la découverte de l’existence et de la vitalité du mouvement traditionnel avait provoqué en moi un sursaut salutaire : feu le Maître-Chat Lully a déjà eu l’occasion d’en parler dans les pages de ce blogue (cf. > ici), et il avait justement cité cette soirée au Prieuré Sainte Madeleine et l’électrochoc spirituel que j’y ai reçu…

Bédoin Sainte-Madeleine

carte postale datant de l’époque où la communauté fondée par Dom Gérard Calvet occupait l’ancien Prieuré de la Madeleine à Bédoin,
avant la construction de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux 

   Mais il y a un détail que je n’avais pas mentionné dans l’interrogatoire que Monseigneur le Maître-Chat Lully m’avait alors fait subir et dont je veux parler ce soir : ce soir spécialement parce que ce 19 octobre 2022 marque le soixantième anniversaire du rappel à Dieu d’une moniale bénédictine qui, sans l’avoir jamais rencontrée (puisqu’elle est morte le 19 octobre 1962, je n’avais que trois mois et demi à cette date !), a exercé sur moi une influence durable : Mère Geneviève Gallois.

   En effet, aux murs de la pièce d’accueil où nous avions pu rencontrer les moines, se trouvaient accrochés quelques cadres : je suis bien incapable de dire ce qu’ils représentaient, sauf pour l’un d’eux qui m’a marqué pour la vie et qui montrait exactement ceci :

Simple question - Mère Geneviève Gallois - Vie du Petit Saint Placide

   Le trait, caricatural mais tellement éloquent, et surtout la légende de la scène, eurent sur mon âme un effet percutant.

   Je n’eus pas alors le loisir de poser des questions au sujet de ce cadre, mais à quelque temps de là, écrivant à mon ami novice, je lui demandais s’il pouvait m’en recopier le texte et surtout s’il pouvait me dire d’où provenait cette image.
Il me répondit que c’était la reproduction d’une page d’un ouvrage un peu inclassable d’une bénédictine, Mère Geneviève Gallois, qui s’intitulait « La vie du Petit Saint Placide » et que, bien que sa première publication datât de 1953, on pouvait encore le trouver en librairie.
Je fonçai aussitôt chez un libraire et commandai l’ouvrage…

  Je ne le lus pas : je le dévorai !
Pas une fois, mais plusieurs à la suite.
Inlassablement, je reprenais ma lecture au début dès que j’arrivais à la fin !
Avec une avidité spirituelle qui croissait à chaque relecture, je réfléchissais à ces leçons que je découvrais à travers ces dessins tellement improbables et expressifs : j’interrogeais ce prêtre érudit – mon professeur de grec – dont j’ai parlé dans le récit des souvenirs sus mentionné (cf. > ici), et je réfléchissais encore, et encore, et encore…
En fait, je disais que je « réfléchissais » mais je crois que c’est par cet ouvrage que je suis alors entré, sans le savoir, dans les voies de la méditation.

   Ce que Marcelle Auclair a écrit dans la préface se vérifiait : « La Vie du Petit Saint Placide est un exquis traité d’oraison par l’image (…) Les images de Mère Geneviève tendent à notre futilité un piège subtil. On feuillette, et on est pris ; l’œil est distrait, mais l’esprit, de traits de plume en traits de lumière, se recueille. Et le divin tour est joué, ou plutôt ce que Mère Geneviève appelle : « ce drame poignant qui se joue entre l’âme et Dieu ». Notre cœur est tout entier « aspiré comme par un siphon » : c’est ainsi que le petit saint Placide fut aspiré par Dieu ».

moine perplexe gif

   « La Vie du Petit Saint Placide » ne me quitta pas de toute l’année de première ; elle était toujours dans la sacoche qui me tenait lieu de cartable, afin de l’avoir partout avec moi et de pouvoir m’y replonger à tout moment : pendant les études où je m’ennuyais, et pendant les cours qui m’ennuyaient (et dont, en définitive, les professeurs, résignés, préféraient que je fusse absorbé par un livre – alors pourquoi pas un livre avec des caricatures de moines réalisées par une bonne sœur ! – plutôt que je dissipasse tout le reste de la classe).
J’étais totalement « accro ».

   Et je le suis resté.
« La Vie du Petit Saint Placide » est un ouvrage qui m’accompagne depuis quarante-cinq ans. Dans mon bureau, toujours à portée de main, à côté des ouvrages de Gustave Thibon. Dans tous mes déménagements, toujours dans un carton spécial : celui dont on sort le contenu en priorité.

   Bien sûr, j’ai voulu savoir qui était cette Mère Geneviève Gallois, qui avait quitté cette terre alors que je venais d’y entrer. J’ai été étonné du « parcours » de cette jeune artiste inclassable qui, convertie par la liturgie grégorienne des Bénédictines de la Rue Monsieur, entra chez elles en 1917, mais dut attendre vingt-deux ans pour être admise à la profession solennelle, tant son tempérament original et fort déroutaient ses supérieures !
J’ai été émerveillé du travail de la grâce dans cette âme dont les dessins, franchement moches – osons le mot -, sont porteurs d’une telle force et fécondité spirituelles !

   Je me suis souvent posé cette question : si Mère Geneviève Gallois, au lieu de s’éteindre à 74 ans le 19 octobre 1962, avait connu les soubresauts du concile vaticandeux et la période de folie qui l’a suivi, n’aurait-elle pas eu quelques coups de crayons bien sentis, pour traduire en images suréloquentes la vérité pérenne et paisible découlant du bon sens spirituel et de l’authentique vie intérieure en des temps qui, dans la Sainte Eglise, en ont cruellement manqué ?  

   Quoi qu’il en soit, à titre personnel, au jour anniversaire de sa mort, je ne peux que rendre à Dieu de très ferventes actions de grâces pour tout ce qu’elle a fait pour moi à travers son Petit Saint Placide !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

« Mais, mon cher Père, la leçon de la guerre n’a pas porté !
Le monde ne se convertit pas ! etc. etc… »
Petit Placide réfléchissait :
Et les Bons Pères, est-ce qu’ils se convertissent ?
Et Moi ? Ce Moi qui est le seul pays de Mission sur lequel j’ai pouvoir,
et dont j’aurai à rendre compte.

moine perplexe gif

2022-108. Nous avons lu et nous avons aimé : « Pour Dieu et le Roi… avec Bonchamps ».

18 octobre,
Fête de Saint Luc, évangéliste ;
Anniversaire de l’Edit de Fontainebleau (cf. > ici et > ici) ;
Anniversaire de la mort du marquis de Bonchamps (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’exécution du marquis de Surville (cf. > ici).

      En 2013, Brigitte Lundi commençait la collection « Pour Dieu et le Roi… », aux éditions Les Petits Chouans, avec un premier volume intitulé « Pour Dieu et le Roi… en Vendée ».

Brigitte Lundi - Pour Dieu et le Roi en Vendée

   Cette série s’adresse prioritairement aux enfants… mais de très très grands enfants – tel que mon papa-moine aujourd’hui sexagénaire – trouvent eux aussi un très très grand plaisir à la lecture de ces ouvrages, puisque cette collection compte aujourd’hui quatre volumes : après « Pour Dieu et le Roi… en Vendée » (2014) sont venus « Pour Dieu et le Roi… avec Cathelineau » (2014), « Pour Dieu et le Roi… avec Stofflet » (2015) et « Pour Dieu et le Roi… avec Bonchamps » (2018). Et maintenant, j’attends la suite avec impatience !

   Pour moi, qui suis en pleine période d’éducation, c’est une manière tout-à-fait passionnante d’aborder l’histoire de ces héros dont Frère Maximilien-Marie me parle avec enthousiasme et ferveur.
C’est également parfait pour des parents ou des grands parents désireux de transmettre à leur descendance la flamme sacrée qui anima ces grandes figures de notre histoire catholique et royale !

pattes de chatTolbiac.

L’auteur :

   Tombée dans la marmite de la contre révolution quand elle était petite, Brigitte Lundi a pris sa plume pour transmettre l’amour de la France et de la civilisation européenne et chrétienne. Petite fille de réfractaires vendéens et d’officiers, elle a raconté les guerres de Vendée pour les enfants. Elle fait partie du comité de lecture de Livres en Famille (où l’on peut trouver tous ses ouvrages), et contribue à la collection jeunesse Bulle d’Or. Devant la décrépitude du pays, elle a écrit un récit de politique fiction L’Aube de Jéricho, un « 25 ans après » La Nuit de Jéricho, co-écrit par Alain Sanders et Serge de Beketch. Elle collabore occasionnellement à TV Libertés et Boulevard Voltaire pour la défense de la culture française et européenne. Son dernier ouvrage, Les Derniers Croisés, préfacé par Alain Sanders, est paru au printemps 2022, inspiré par une idée de Jean Raspail.

Brigitte Lundi - Pour Dieu et le roi avec Bonchamps

Pour Dieu et le Roi… avec Bonchamps :

   Ce quatrième volume, comme les précédents, se présente sous la forme du récit d’un adulte à des enfants avides d’apprendre. Cette fois, c’est leur oncle, religieux montfortain à Saint-Laurent-sur-Sèvre, qui – à travers huit lettres – raconte à ses neveux la geste de Monsieur de Bonchamps, sans oublier son voyage aux Indes, avant le déclenchement de la grande révolution, épisode que beaucoup ne connaissent que d’une manière indicative et très superficielle. Il se lit avec plaisir et facilité, et cependant on n’y trouve aucune superficialité : le sujet ne saurait le permettre. On suit donc Charles-Melchior de Bonchamps à Paris, dans la défense de la personne sacrée du Roi aux Tuileries, jusqu’au sinistre 10 août 1792, puis dans son retour en Anjou et dans les péripéties de la guerre de Vendée, jusqu’à sa mort en héros et en héros chrétien, pour lequel le pardon n’est pas un vain mot ! Quant au dernier chapitre de l’ouvrage, il constitue une belle et émouvante surprise, que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes…

Tombeau de Bonchamps à St-Florent-le-Vieil

2022-107. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

- 16 octobre 2022 -

Armes de France pour le deuil

   A l’occasion de l’anniversaire de l’odieux assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, ce dimanche 16 octobre, en début d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

   N’oublions pas notre histoire de France !

En ce 16 octobre, nos pensées et nos prières vont à la Reine Marie-Antoinette, odieusement assassinée, après un procès inique.
Durant les derniers mois qu’elle a vécus, d’abord avec le Roi Louis XVI et leur famille, puis seule, séparée de ses proches et notamment de ses enfants, Marie-Antoinette a montré comment savait mourir une Reine de France.
Jusqu’au bout elle a tenu tête à ses ennemis.

   Plus de deux siècles après elle demeure un modèle pour les chefs d’état qui savent que le sacrifice fait partie de leur devoir et de la charge qu’ils ont reçue de Dieu pour gouverner les hommes.

SM la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine avec ses enfants - Elisabeth Vigée-Lebrun

Célèbre portrait de S.M. la Reine Marie-Antoinette avec ses enfants
par Elisabeth Vigée-Lebrun

2022-106. Du Requiem en ré mineur de Charles-Henri Plantade à la pieuse mémoire de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

16 octobre,
En France : fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’assassinat de S.M. la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine ;
Anniversaire de la fondation de la Milice de l’Immaculée (cf. > ici).

Reconstitution de la cellule de la Reine à la Conciergerie

Reconstitution de la cellule de la Reine à la Conciergerie

Charles-Henri Plantade (1764-1839) :

   Claveciniste et compositeur né à Paris le 19 octobre 1764, Charles-Henri Plantade entra à l’école des pages du Roi à Versailles : choisis pour leurs capacités musicales, ces jeunes gens se formaient sous la conduite d’un maître de musique et égayaient la cour par le chant et la pratique orchestrale.
Les aptitudes vocales du jeune Plantade le firent rapidement remarquer. Elles lui valurent d’interpréter plusieurs « soli » dans les grandes messes solennelles de Versailles. Plus encore, distingué par Gluck il fut choisi par lui pour chanter des duos avec la jeune Reine. Durant cette période, selon plusieurs biographes, Plantade apprit la composition et s’initia à la maîtrise instrumentale avec plusieurs grands maîtres de l’époque. Cette solide formation fit de lui un claveciniste de très bon niveau, capable d’accompagner de multiples ensembles à la partition, mérite encore rare à cette époque. Ces compétences lui ouvrirent les portes des salons aristocratiques, toujours à l’affut d’une musique de qualité pour agrémenter les bals et les réceptions. Mais ces premiers succès tournèrent à la coqueluche quand il s’attacha au genre musical qui devint à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime : la romance. Ces romances de Plantade se faisaient remarquer par la qualité des accompagnements qui tranchaient sur la foule des pièces médiocres qui fleurissaient un peu partout. Ces succès toutefois étant insuffisant pour lui assurer une vie décente, Plantade entra alors dans l’orchestre de l’Opéra Comique et se lança en même temps dans le professorat de chant.
En 1799 il est nommé professeur de chant au Conservatoire et enseigne aussi au pensionnat de jeunes filles fondé par Madame Campan à Saint-Germain-en-Laye. Il y rencontre alors Hortense de Beauharnais, belle-fille du Buonaparte, qui y est élève, à laquelle il s’attache de manière durable, et dont la protection va propulser sa carrière.
En 1806, Hortense de Beauharnais devenue Reine de Hollande, se l’attache en qualité de maître de chapelle et le fait nommer directeur de la musique du Roi. Quatre ans plus tard, quand l’éphémère royaume est annexé à l’empire français, Plantade revient à Paris avec sa protectrice qui lui conserve toutes ses fonctions auprès d’elle.
Après quelques incertitudes, Charles-Henri Plantade va survivre honorablement au changement de régime : d’abord réformé de sa chaire du conservatoire en 1816, il la retrouve deux ans plus tard lorsque l’institution devient l’Ecole royale de chant et de déclamation. Son retour en grâce avait déjà été marqué par sa nomination, à la maîtrise de la Chapelle Royale (1816-1830), dirigée par Cherubini. Dans ce poste, Plantade se consacre pleinement au genre religieux. Il écrit ainsi plusieurs messes de Requiem exécutées à la nécropole royale de Saint-Denys lors de cérémonies officielles. Il compose surtout le Te Deum et le Salve Regina joués à Reims à l’occasion du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles X, le 29 mai 1825.

Avec la révolution de 1830, Plantade perd la plupart de ses charges, hors ses fonctions de chef de chant à l’opéra. Ressentant une grande amertume de cette mise à l’écart, il se retire aux Batignolles. Malade, il rejoint Paris en 1839 pour y mourir le 18 décembre à l’âge de soixante-quinze ans.

Le Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette :

   Les spécialistes ont du mal à dater précisément la composition de la Messe de Requiem à grand orchestre, « composée et dédiée à Mme la Baronne de La Bouillerie » d’après la page de titre. Cette œuvre semble préexister à l’événement qui l’a rendue célèbre : la commémoration, en 1823, du trentième anniversaire de la mort de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.
Le répertoire de la Chapelle des Tuileries ne comportait pas alors beaucoup de messes funèbres, et on demanda à Charles-Henri Plantade – qui n’était pas du nombre des principaux maîtres de Chapelle (comme Le Sueur ou Cherubini) de retravailler une Messe en ré mineur inédite, bien que sans doute déjà jouée, qu’il avait en réserve. Une édition luxueuse, publiée par Frey à cette occasion, est due pour une bonne part à la générosité de la Baronne de La Bouillerie, et à une liste importante de souscripteurs sollicités par la baronne.
« La musique de ce Requiem offre un pont saisissant entre les modèles d’Ancien Régime et le premier romantisme. Le chœur est écrit avec trois parties d’hommes (les ténors étant toujours divisés) et une seule ligne de femmes. La sonorité, de ce fait, se rapproche des anciens motets hérités de l’esthétique lullyste puis ramiste. La découpe conserve le plan traditionnel Introït / Kyrie / Graduel / Prose / Offertoire / Sanctus / Pie Jesu / Agnus. Après une introduction dont le chromatisme représente l’affliction devant la mort, et dont les coups de tam-tam semblent rappeler l’implacable destin de l’homme, le Kyrie opte pour une fugue plus énergique, débutée en faux plain-chant, et dont les volutes ne sont pas sans imiter certains mélismes haendéliens. Le Graduel, intimiste, divise par moment la ligne de sopranos en deux parties et aspire à la plénitude de l’homorythmie, en opposition complète avec le Kyrie. La prose – par la longueur de son texte – est la section la plus développée de la messe des morts, et c’est aussi celle où Plantade fera montre de toute la richesse de son inventivité : on y sent passer les frémissements opératiques des ouvrages révolutionnaires de Méhul et Cherubini, et même la nervosité du style de Rossini, alors en pleine vogue. Le très beau Pie Jesu qui conclut cette section offre un magnifique exemple de style rétrospectif, où altos et violoncelles résonnent comme un consort de violes louis-quatorzien. Mais c’est précisément dans le « véritable » Pie Jesu – celui qui précède l’Agnus, plus loin dans la messe – que Plantade utilisera l’effet d’orchestration le plus moderne de sa partition : un gémissement plaintif du cor en note « ouverte » et chromatique, produisant un son inquiétant que Berlioz dut particulièrement apprécier » (livret du CD).

Voici les enregistrements de cette œuvre réalisés en 2016 par « Le Concert Spirituel » dirigé par Hervé Niquet, dans la collection « Château de Versailles » (Alpha-Classics).
Pour écouter, faire un clic droit sur l’image, puis « ouvrir dans un nouvel onglet ».

L’introït Requiem :

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Le Kyrie :

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Le graduel Requiem :

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La prose Dies Irae :

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L’offertoire Domine Iesu Christe :

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Le Sanctus :

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Le Pie Iesu :

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L’Agnus Dei :

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Armes de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine

 

2022-105. De Sainte Angadrême de Renty, vierge et abbesse, céleste protectrice de Beauvais, que l’on invoque pour être préservé de l’incendie et des méfaits du feu.

14 octobre,
Fête de Sainte Angadrême de Renty, vierge ;
Mémoire de Saint Calliste 1er, pape et martyr.

Statue de Sainte Angadrême dans l'église Notre-Dame du Marissel à Beauvais

Statue de Sainte Angadrême
église Notre-Dame du Marissel, à Beauvais

   La fête de Sainte Angadrême (en latin : Angadrisma, d’où Angadresme, puis aujourd’hui Angadrême) nous ramène au VIIème siècle et nous permet d’admirer l’un des magnifiques fleurons de la sainteté des temps mérovingiens.

   Angadrême était la fille unique de Robert (Chrodobertus dans les textes latins : d’où le fait qu’on le trouve aussi nommé Chrodobert ou Chrodebert) resté dans l’histoire sous le nom de Robert le Référendaire.
On ne connaît pas le nom de sa mère.
De même, on ne connaît pas la date de sa naissance, qui doit se situer au plus tard vers 615 selon l’âge qui lui est donné au moment de sa mort. Elle serait née à Thérouanne ou dans les environs : le village de Renty, en Artois, qui est associé au nom de Sainte Angadrême, est situé à un peu plus de quatre lieues à l’ouest de Thérouanne ; ce pourrait être le lieu de sa naissance, ou celui du domaine où elle a grandi.

   Par son père, elle appartient à la haute noblesse franque : il est hautement probable que c’est cette lignée de laquelle est issue la famille royale des Robertiens, à laquelle, après Hugues Capet, est attribué le nom de Capétiens.
Robert, dit le Référendaire, exerça cette fonction, qui cumule à peu près les charges de chancelier et de garde des sceaux, pour les Rois Dagobert 1er et Clotaire III (fils de Sainte Bathilde). Ami et disciple de Saint Ouen (v. 603 – 686), fonctionnaire royal puis archevêque de Rouen, Robert, comme lui, embrassera la carrière ecclésiastique et deviendra évêque de Tours et peut-être aussi de Paris.
Robert donna pour précepteur à sa fille Audemar de Thérouanne (600-667) (en latin : Audomarus, aujourd’hui connu comme Saint Omer) : auprès de lui, Angadrême acquit non seulement une vaste culture profane, mais aussi de solides connaissances religieuses et développa une profonde vie spirituelle et une grande piété.
C’est ainsi que, grandissant en âge, en sagesse et en grâce, Angadrême, éprise du Christ, lui voua sa virginité.

   Ignorant du vœu de sa fille, Robert avait résolu de la marier à Ansbert, fils du riche et noble Siwin (Silvinus), seigneur de Chaussy dans le Vexin français.
Il se trouve que le jeune homme, lui aussi, à l’insu de sa famille, avait fait vœu de virginité.
Les deux fiancés malgré eux, ayant de toute évidence compris quelle flamme intérieure les animait, s’ouvrirent l’un à l’autre de leur aspiration à la vie consacrée, mais l’un comme l’autre redoutaient de désobéir à leurs pères et de les contrister, en un temps où ces sortes d’engagement revêtaient des importances peu comprises aujourd’hui, et où leur rupture pouvaient avoir de redoutables conséquences.
Ansbert et Angadrême supplièrent Dieu de leur permettre de répondre à leur vocation, et Dieu les exauça d’une surprenante manière : Angadrême, qui était d’une grande beauté, avait demandé : « Que périssent ces charmes qui m’exposent à manquer à mes promesses ! qu’ils soient remplacés par des traits propres à éloigner de moi les vaines adulations des hommes » ; elle eut soudain le visage couvert d’une maladie de peau – qualifiée de lèpre – qui la rendit repoussante, et, les médecins jugeant qu’il n’y avait point de remède à ce mal, les parents durent naturellement convenir que les arrangements qu’ils avaient conclus étaient rendus caducs par cette maladie.
C’est ainsi qu’Ansbert, après avoir dû exercer un temps la charge de référendaire à la cour de Clotaire III, put finalement réaliser sa vocation et entrer à l’abbaye de Fontenelle (aujourd’hui Saint Wandrille). A la mort de Saint Wandrille (+ 668), Lambert, cousin germain d’Angadrême (il était fils d’Erlebert, frère de Robert), fut élu abbé, mais une dizaine d’années plus tard, Lambert fut choisi pour devenir archevêque de Lyon et Ansbert devint le troisième abbé de Fontenelle. A la mort de Saint Ouen (+ 684), à son corps défendant, il fut élu archevêque de Rouen.
Saint Ansbert est fêté le 9 février.
Saint Ouen, Saint Omer, Sainte Bathilde, Saint Lambert, Saint Ansbert… et quelques autres que les limites de cette publication ne me donnent pas le loisir de citer : on est frappé par cette « concentration » de sainteté dans la parenté et l’entourage de celle qui va devenir Sainte Angadrême !

Statue de Sainte Angadrême - cathédrale de Beauvais

Statue de Sainte Angadrême
cathédrale Saint-Pierre de Beauvais

Certaine qu’elle pourrait désormais accomplir sa vocation, Angadrême avoua à son père« J’ai pris Jésus-Christ pour époux. Il veut que je n’appartienne à nul autre qu’à Lui. C’est pour me protéger et me défendre qu’Il m’a envoyé cette difformité ». Robert la conduisit lui-même à Rouen devant Saint Ouen qui lui remit le voile des vierges consacrées. Angadrême ne trouva pas seulement la paix et la joie de l’âme dans la reconnaissance de sa vocation et son accomplissement, mais elle fut aussi guérie de sa maladie de peau et retrouva toute sa beauté.
Ce miracle rendit encore plus éclatant l’authenticité de l’appel exclusif de Dieu envers la noble jeune fille.

Vers 660, après avoir vécu de manière exemplaire les vertus religieuses et la discipline communautaire, elle est contrainte d’accepter la charge d’abbesse, dans le monastère de vierges et de veuves que son Père, Robert, avait fait construire à quelque deux lieues de Beauvais, sur la route d’Amiens, entre Guignecourt et Abbeville-Saint-Lucien, à côté de l’oratoire de Saint Evrou (ou Evroult), au lieu-dit Oroër (nom dérivé du verbe latin orare – qui signifie prier – en raison du fait qu’il y avait un grand nombre d’oratoires qui permettaient de faire monter vers le ciel une sorte de louange continue).
Un jour l’oratoire de Saint Evrou fut en proie aux flammes. Angadrême se précipita pour saisir la châsse des reliques de Saint Evrou qu’elle opposa à l’incendie, lequel céda aussitôt.
La tradition rapporte aussi qu’Angadrême, étant allée faire des dévotions dans l’église Saint-Michel de Beauvais (à cette époque la clôture monastique des femmes n’était pas aussi stricte qu’elle le devint par la suite, et les moniales pouvaient sortir pour visiter les pauvres, soigner les malades et accomplir des pèlerinages) et y trouvant la lampe du Saint Sacrement éteinte, alla demander du feu à un boulanger voisin. Celui-ci, importuné, lui jeta violemment des charbons ardents qu’elle reçut dans ses habits sans qu’ils brûlassent. Effrayé, le boulanger se prosterna à ses pieds.
C’est cet événement qui fit que lorsque le monastère d’Oroër fut détruit par les normands (en l’an 851), on choisit de transférer les reliques de Sainte Angadrême dans l’église Saint-Michel plutôt qu’à la cathédrale (malheureusement cette église Saint-Michel fut à son tout détruite en 1810).
Ces deux faits – l’incendie de l’oratoire de Saint Evrou et le miracle des charbons ardents lancés par le boulanger – font que Sainte Angadrême est très spécialement invoquée contre les incendies et les méfaits du feu.

La prière de Sainte Angadrême protégeant Beauvais de l'incendie - attribué à Claude François, dit Frère Luc (1614-1685) cathédrale de Beauvais

La prière de Sainte Angadrême préservant Beauvais de l’incendie
Tableau de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais
attribué à Claude François, dit Frère Luc (1614-1685)

   Dans son monastère, Angadrême conduisit ses compagnes à la vertu bien plus par la force de ses exemples que par l’autorité de son commandement. En effet, ses compagnes, la voyant si assidue à la prière, si humble dans son gouvernement, si modeste dans sa tenue et sa vêture, ayant grand soin des pauvres et des nécessiteux, toujours attentive aux détresses spirituelles de ses sœurs, et utilisant un langage nourri par la méditation des saintes Ecritures pour les entraîner à l’amour de Dieu, voulurent la garder comme abbesse pendant plus de trente années !
Elle, toujours plus humble, leur tiendra ce langage au moment où elle allait recevoir les derniers sacrements : « Sur le point de recevoir mon Dieu et mon juge, moi, votre indigne abbesse, je vous demande pardon de tous les mauvais exemples que j’ai pu vous donner, et des peines dont j’ai été pour vous la cause. Je ne mérite pas ce pardon, je le sais ; mais vous aurez pitié de moi et de mes faiblesses ».

Elle rendit son âme à Dieu un 14 octobre, probablement en 695, âgée de plus de 80 ans.

Après sa mort, des miracles éclatants eurent lieu sur sa tombe, qui devint donc un lieu de pèlerinage, jusqu’à ce que les Normands détruisissent le monastère (il sera reconstruit ailleurs près de deux-cents ans plus tard), ce qui fut, comme nous l’avons dit plus haut, l’occasion du transfert de ses reliques dans l’église Saint-Michel de Beauvais.
La ville de Beauvais, en revanche, fut protégée du pillage et de la destruction des Normands, et depuis lors, Sainte Angadrême est la patronne principale de la ville (et la patronne secondaire du diocèse de Beauvais-Noyon-Senlis).

   Cette protection se fit sentir d’une manière toute particulière lors de la guerre de Cent-Ans. En 1472, Beauvais fut assiégée par plus de 80.000 Bourguignons (alliés des Anglais), conduits par Charles le Téméraire.
La ville est à toute extrémité, les assiégés sont épuisés. C’est alors que les jeunes filles de Beauvais courent à l’église Saint-Michel et se chargent de la châsse de Sainte Angadrême qu’elles portent en procession sur les remparts : à cette vue, le courage renaît et une force quasi surnaturelle saisit les défenseurs : une ardeur guerrière s’empare des femmes elles-mêmes et, au plus fort du combat, au moment où un soldat bourguignon va planter son étendard sur le sommet du rempart où il vient de parvenir, une jeune fille, Jeanne Laîné (ou Laisné), l’abat avec une hachette. L’étendard bourguignon tombe dans le fossé, les défenseurs sont galvanisés et reprennent l’avantage.
Repoussés de toutes parts, les Bourguignons s’enfuient, laissant plus de 3.000 cadavres ou blessés, tandis qu’on ne déplore la perte que de 80 combattants parmi les Beauvaisiens, convaincus que la protection de Sainte Angadrême a été leur salut.

Jeanne Laîné ne sera plus désormais appelée que Jeanne Hachette.
Louis XI ordonna que chaque année, le dimanche le plus proche du 27 juin (jour de cette victoire), fut célébrée une procession solennelle pour rappeler la protection de Sainte Angadrême et la mémoire de l’héroïque Jeanne Hachette.

Cette procession fut accomplie jusqu’à la révolution qui l’abolit. Rétablie en 1805, elle fut supprimée par la « monarchie de juillet », à nouveau rétablie après la révolution de 1848 jusqu’en 1885 où les lois anti-catholiques de la république vont d’abord entraîner la dissociation (un cortège laïc nommé « fête de Jeanne Hachette » d’une part, et la procession religieuse avec la châsse de Sainte Angadrême d’autre part) puis la disparition pure et simple de la procession religieuse après les lois dites de « séparation ».

La procession de la châsse de Sainte Angadrême le 27 juin 1472 et l'héroïsme de Jeanne Hachette

Les jeunes filles de Beauvais portant la châsse de Sainte Angadrême le 27 juin 1472
et l’héroïsme de Jeanne Hachette
(détail d’un tableau de la chapelle de Sainte Angadrême dans la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais)

frise fleurs de lys

Prière à Sainte Angadrême
pour lui demander
la fidélité dans notre quête de la perfection

   Nous recourrons à vous, puissante Sainte Angadrême, et nous vous supplions de nous assister de vos prières dans les nécessités de notre vie chrétienne :
- dès votre enfance, vous avez compris qu’il ne fallait rien préférer à l’amour de Jésus-Christ et vous êtes demeurée inébranlable dans votre résolution malgré les oppositions qu’elle rencontrait : aidez-nous à demeurer fidèles à nos devoirs de chrétiens, aux promesses de notre baptême, à nos engagements de piété et de charité, aux exigences de notre devoir d’état, et, ainsi, à croître chaque jour dans la pratique de l’amour de Dieu ;

- vous avez préféré sacrifier votre beauté et une situation enviée plutôt que de renier vos engagements : enseignez-nous à être généreux dans la pratique des renoncements qui s’imposent pour demeurer fidèles aux exigences de notre vocation chrétienne ;
- vous avez vécu humblement les vertus évangéliques dans l’obscur quotidien de la vie monastique : apprenez-nous à être fidèles dans les petites choses que nous imposent nos devoirs de chaque jour, en les accomplissant avec beaucoup d’exactitude et sans lassitude, avec l’esprit qui convient aux actions héroïques les plus éclatantes ;
- vous avez combattu les flammes de l’incendie par la prière et la foi dans l’intercession des saints : communiquez-nous votre ardeur pour nous opposer aux flammes des passions mauvaises et à la contagion du mal ;
- vous avez entendu les prières et les supplications de ceux qui criaient vers vous à l’heure du péril : soutenez notre espérance et fortifier notre confiance pour que nous ne nous découragions jamais, et puissions parvenir au bonheur éternel du ciel en votre compagnie et celle de tous les saints, dans la vision de Dieu Notre-Seigneur !

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Tableau de la procession de la châsse de Sainte Angadrême - détail

2022-103. Où, à l’occasion du quinzième anniversaire de ce blogue, on voit y intervenir un nouveau contributeur.

Mardi 4 octobre 2022,
Fête de Saint François d’Assise, confesseur ;
Mémoire de Saint Ammon de Nitrie, abbé et confesseur ;
Mémoire de Sainte Aure de Paris, vierge et abbesse.

Tolbiac article 4 octobre - 1

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

    La fête de Saint François d’Assise a semblé à mon « papa-moine » une bonne date pour que je commence à mettre le pied à l’étrier, ou, pour être plus exact, la patte au clavier : car oui, c’est bien moi, Tolbiac, dont vous avez appris l’arrivée au Mesnil-Marie à la mi-mai (cf. > ici) et que vous avez vu grandir (cf. > ici), qui vous rejoins en ce jour à travers un premier article sur ce blogue.

   Frère Maximilien-Marie m’y prépare depuis déjà plusieurs jours, et, même si je suis particulièrement intrépide et audacieux pour escalader les arbres et les rayonnages des bibliothèques, pour aller me promener sur le toit ou pour étendre autour du Mesnil-Marie le périmètre de mes explorations, la perspective de cette première publication ici m’a fait éprouver un peu de crainte. Je sais, en effet, que les lecteurs du Blogue du Mesnil-Marie sont, pour beaucoup, de fins lettrés, des personnes savantes et sages, cultivées et intelligentes, et je me demande ce que vous allez penser de mes pauvres balbutiements de chroniqueur…

   Ma formation n’est pas achevée : j’ai encore beaucoup à apprendre, et je ne prétends pas égaler un jour la maestria, la verve et la grande science de feu Monseigneur le Maître-Chat Lully. Ce blogue restera d’ailleurs toujours son blogue : je ne le remplace pas, je lui succède.
Humblement.

   J’implore d’ailleurs votre indulgence, et je sollicite autant votre charitable patience que votre bienveillante aménité envers mes éventuelles maladresses et mes imperfections. 

Tolbiac article 4 octobre - 2

   Ces derniers temps, j’ai voulu me pénétrer de l’esprit le plus authentique que le Maître-Chat Lully a donné à ce blogue. Je me suis donc attaché à en lire, chronologiquement, un à un, chacun des articles.
Savez-vous que, lors de ce mois de septembre 2022, le « Blogue du Maître-Chat Lully » a accompli quinze années d’existence ?
Au cours de ces quinze années ce sont 1655 articles qui ont été publiés et un peu plus de 4.069.000 visites qui ont été comptabilisées.
J’en suis tout impressionné, et ce vertige que je n’éprouve pas le moins du monde en escaladant les grands noyers qui poussent autour du Mesnil-Marie, il vient me saisir à la pensée de la responsabilité que Frère Maximilien-Marie fait peser sur mes épaules !

Tolbiac article 4 octobre - 3

    Je viendrai ici de temps en temps, pour commencer en douceur, vous raconter la vie au Mesnil-Marie.
Puis, au fur et à mesure de mes études et approfondissements, j’essaierai d’avoir les mots justes pour vous faire part de mes réflexions sur la société des hommes et sur ce qui se passe dans la Sainte Eglise, pour laquelle, avec le talent que le Bon Dieu a donné aux chats et toute l’ardeur de ma jeunesse, je veux ronronner en parlant de ses incroyables trésors de sainteté et de beauté, mais aussi sortir des griffes acérées pour en défendre la Sainte Tradition, la doctrine authentique et la liturgie multiséculaire.

   Je vous parlerai aussi de politique, bien évidemment puisque, je suis un légitimiste convaincu et militant, qui n’aspire qu’à faire davantage connaître et aimer la royauté capétienne traditionnelle – monarchie de droit divin – et ses principes, incarnés aujourd’hui en un Prince qui est l’aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV : Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

Tolbiac article 4 octobre - 4

    Voici donc mon programme, mes bien chers Amis.
Cela n’a rien à voir avec un « programme électoral », puisque je ne cherche en aucune manière l’obtention de suffrages ni l’approbation des foules. J’agirai selon ce que j’ai dit, sans me préoccuper de plaire ou non à une « majorité », mais uniquement soucieux d’être en conformité avec ce que notre divin Créateur a révélé, félinement et souverainement libre dans la cohérence de l’obéissance à la Tradition catholique et royale, dans la pleine adhésion aux desseins de Dieu sur Son Eglise et sur Sa France !

Que Notre-Seigneur Jésus-Christ et Sa Très Sainte Mère, Notre-Dame de Compassion, vous bénissent et vous gardent.

pattes de chatTolbiac.

Tolbiac article 4 octobre - 5

2022-92. Soyons des Mousquetaires spirituels !

Mercredi 24 août 2022,
139ème anniversaire de la sainte mort de Henri V, « Comte de Chambord ».

Domine salvum fac Regem - fresque au dessus de l'orgue de la chapelle royale à Versailles

« Domine, salvum fac Regem ! »
au-dessus de l’orgue à la voûte de l’abside de la Chapelle Royale de Versailles

Blason de la Confrérie Royale

2015 – 25 août – 2022

septième anniversaire de la fondation
de la
Confrérie Royale

Bien chers membres et amis de la Confrérie Royale,

   Ce 25 août 2022 marque donc le septième anniversaire de la fondation de notre si chère Confrérie Royale : l’usage associe au septième anniversaire des personnes l’expression d’ « âge de raison », et j’espère qu’il en est bien ainsi pour cette Confrérie dont les membres s’engagent solennellement, et certains par un vœu – ce qui est loin d’être anodin – à prier quotidiennement, et plusieurs fois par jour, pour notre Roi légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

   Qu’il me soit permis, en ma qualité de cofondateur de la Confrérie (mais ce titre de « cofondateur » n’est pas un motif d’orgueil, car nous avons bien conscience que nous avons été mus et poussés par une inspiration et une détermination qui ne sont pas de notre fait, mais nous poussent à n’être toujours davantage que d’humbles et dociles instruments entre les mains de la divine Providence), de vous renvoyer à l’annonce que j’en avais faite dans le modeste « Blogue du Mesnil-Marie » le 25 août 2015, et de vous inviter avec une certaine insistance à relire la présentation de Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin qui y était publiée et qui a marqué le commencement de cette aventure (voir > ici).
   Il est important que nous revenions souvent aux fondamentaux de ce qui nous anime et que nous en ravivions la ferveur et l’enthousiasme des débuts !
   Il est important que nous nous efforcions de lutter, de toutes les manières possibles, contre les habitudes qui ont tendance à se transformer en ronronnements affadis et en routines mortifères !
   Il ne serait pas superflu qu’à l’occasion de ce septième anniversaire de notre fondation, chacun des membres de la Confrérie, dans son cœur, en présence de Dieu Trois Fois Saint, en présence de notre très douce Mère et Reine – Notre-Dame de l’Assomption -, et en présence des Saints protecteurs de la France, renouvelle son engagement, et prie pour qu’en lui le sel ne s’affadisse pas, afin de ne pas mériter d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les passants (cf. Matth. V, 13).

   Je reviens maintenant sur le mot principal qui se trouve dans l’expressions « âge de raison » : notre attachement à la Monarchie capétienne traditionnelle de droit divin, et à Celui qui aujourd’hui en incarne les Principes, c’est-à-dire l’Aîné des Capétiens, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, n’est pas un attachement de sensiblerie ni de sentiment ; il est fondé dans des faits solides, attestés par l’histoire la plus certaine, et dans une logique rationnelle imparable qui découle de ces événements, qui ne sont pas de fumeuses légendes.

   Quels sont ces événements ?
-         C’est la fondation de la Royauté franque indissociablement unie à la foi catholique romaine, en la personne de Clovis, entouré de saints et de circonstances où il est impossible de ne pas voir le doigt de Dieu : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, la miraculeuse victoire de Tolbiac et le don surnaturel du Chrême céleste apporté par une colombe qui n’était pas de la terre, pour ne citer que les principaux.
-         C’est la manière dont Dieu a suscité tout au long de l’histoire des deux premières races de nos Rois, des nuées de saints, dont la prière et les sacrifices ont, malgré les infidélités et les péchés malheureusement liés à nos vies humaines grevées par l’héritage d’Adam, enraciné en profondeur la foi chrétienne et sa pratique assidue dans ce Royaume des Lys.
-         C’est enfin l’aboutissement et la plénitude apportées par les Capétiens qui ont fait de la Royauté franque la plus achevée, la plus équilibrée, la plus sage et la plus rayonnante de toutes les monarchies, montrée en exemple et soutenue par les exhortations des plus grands hommes de Dieu.
-         C’est la geste johannique qui vint, en un temps de crise et de désarroi profond, faire briller au sommet du firmament les principes de la Légitimité, leur conférant un éclat incomparable pour la suite des siècles !
-         C’est aussi, a contrario, l’acharnement de tout ce qu’il y a d’impie et de révolté contre l’ordre divin pour détruire cette Monarchie capétienne de droit divin dont la fondation n’appartient pas aux hommes mais à Dieu : la révolution, par ses principes, par ses hommes, par ses actes, et par ce qu’elle a mis en œuvre depuis la fin du XVIIIème siècle et jusqu’à ces jours que nous vivons, prouve de manière évidente combien cette Royauté qu’elle abhorre est de Dieu ! Car ce que la révolution a combattu, en 1789 et en 1830, et depuis à travers toutes les institutions républicaines, ce ne sont pas les imperfections inhérentes à toute société terrestre, mais bien ce que la Monarchie traditionnelle de droit divin avait de plus pur et de plus saint, pour y substituer les faux principes de l’ange révolté et de ses suppôts !

   Les légitimistes d’aujourd’hui ne sont pas des irréalistes perdus dans d’évanescentes rêveries, ne sont pas d’inconsistants nostalgiques des perruques poudrées et des chaises à porteurs, ne sont pas d’inconséquents déconnectés du monde où la Providence a permis qu’ils naquissent : leurs convictions sont enracinées dans ce qu’il y a de plus raisonnable au regard de l’histoire et du plan de Dieu, leur action est ce qui est aujourd’hui de plus conforme à la raison quand on veut bien se donner la peine d’être pleinement cohérent.

   Puisse la lumière immarcescible de cette raison divine et royale non seulement habiter en nous, mais rayonner à travers nous, par notre vie de cohérence totale avec les principes de la Royauté traditionnelle auxquels nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit !

   Nous sommes indubitablement à une heure grave, très grave, pour la France, pour l’Eglise, pour l’humanité tout entière.
C’est l’heure de la puissance des ténèbres.
C’est l’heure où les forces du mal sont coalisées dans un assaut peut-être jamais vu encore dans l’histoire humaine pour achever le triomphe de la révolution.
C’est l’heure où ceux qui veulent être du côté de Dieu et de Sa loi, du côté de Ses desseins de salut, du côté de Ses projets miséricordieusement grandioses sur la France à travers l’institution et la conservation de sa Royauté sacrée, ne doivent pas s’assoupir, mais redoubler de générosité et de zèle, redoubler de ferveur et de don d’eux-mêmes, redoubler de vigilance et d’ardeur au combat !

   Il se trouve que cette année 2022 est aussi celle du quatrième centenaire de la création, par SM le Roi Louis XIII, de la Compagnie des Mousquetaires du Roi.
Je ne vais pas entreprendre ici une histoire, même résumée, de ce que fut ce corps d’élite. Nous essaierons toutefois de nous extraire des fantaisies romanesques par lesquelles le génial Alexandre Dumas a conféré une aura légendaire à ces soldats, en prenant malheureusement des libertés coupables avec l’histoire, pour nous attacher à la réalité :

-         Les Mousquetaires étaient un corps d’élite : nous devons aspirer à l’être nous aussi !
-         Les Mousquetaires étaient prioritairement au service de la Personne auguste du Souverain : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires étaient réputés pour leur intrépidité, leur vaillance, leur courage : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires ne se ménageaient pas : nous ne le devons pas non plus !
-         Les Mousquetaires se sont distingués en de nombreuses batailles : distinguons-nous aujourd’hui dans les batailles qu’il faut soutenir pour Dieu et pour le Roi !
-         Les Mousquetaires étaient des hommes au mérite reconnu : que nos exemples de fidélité et d’exactitude dans l’accomplissement de nos devoirs de bons et authentiques catholiques, et de loyaux sujets de Sa Majesté soient notre meilleure recommandation !

   Oui, chers membres de la Confrérie Royale, soyons aujourd’hui, et chaque jour, ces Mousquetaires spirituels qui luttent par la prière, la pratique fervente des sacrements et l’usage assidu des sacramentaux que la Sainte Eglise met à notre disposition, et qui tiennent à distance de la Personne aimée de notre Souverain légitime, tout ce qui cherche à Lui nuire et à entraver Son action.

Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum !
Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

   Je vous souhaite à tous un joyeux et saint anniversaire, puisque nous sommes les membres du corps spirituel de la Confrérie Royale,

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Mousquetaires du Roi

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