Archive pour la catégorie 'Memento'

2020-41. Trois brefs messages de Sa Majesté.

Mardi 31 mars 2020,
Mardi de la Passion.

Armes de France & Navarre

Au cours de la semaine écoulée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié, par le moyen des réseaux sociaux trois communiqués dont vous trouverez ci-dessous les textes :

A – Le 24 mars 2020 – Hommage appuyé au Cercle Saint Louis Roi de France de Nîmes, membre de l’UCLF, pour son action caritative nommée « La Poule au pot d’Henri IV » :

« Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.

Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !
Les Lys servent le bien commun. »

Pour plus de renseignements sur cette belle œuvre – et éventuellement pour lui adresser des dons pour soutenir son action -, voir > ici

La Poule au pot - Cercle légitimiste de Nîmes

frise lys

B – 26 mars 2020 – Mort de la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme :

Troisième enfant du Prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset, née à Paris le 28 juillet 1933, la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme était la filleule de sa tante paternelle l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme (cf. > ici). Célibataire et connue pour des engagements que nous pouvons qualifier de non conformistes qui lui ont parfois valu le surnom de « princesse rouge », la Princesse Marie-Thérèse s’est éteinte à Paris ce 26 mars 2020 dans sa 87ème année : elle est le premier membre d’une famille royale à succomber à l’épidémie de COVID-19.
A l’annonce de sa mort Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a publié le 28 mars le communiqué suivant :

« J’apprends avec regret le décès jeudi de ma cousine la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, atteinte par le covid-19. J’assure sa famille et ses proches de mes prières et de ma sympathie dans ce deuil. »

Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme

frise lys

C – 26 mars 2020 au soir – Libération des bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient retenus captifs en Irak depuis le 20 janvier :

La belle association SOS Chrétiens d’Orient (que nous avions évoquée > ici) et tous ses amis qui priaient en union avec elle depuis l’enlèvement à Bagdad de trois de ses bénévoles français et de leur accompagnateur irakien, le 20 janvier dernier, a eu la très grande joie d’apprendre, le 26 mars au soir, leur libération. Ce fut une explosion d’action de grâces à Dieu pour cet heureux dénouement.
Le 29 mars, Monseigneur a publié le communiqué suivant :

Grande joie d’avoir appris la libération jeudi des quatre otages de l’association SOS Chrétiens d’Orient enlevés à Bagdad le 20 janvier dernier. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement avec le soutien des autorités irakiennes.
En ces jours de prière intense pour les catholiques et à l’aube de Pâques, n’oublions pas les chrétiens d’Orient et leur espérance obstinée. N’oublions pas ces communautés qui ont pratiquement l’âge du Christ et qui sont très souvent les otages d’une politique qui les dépasse et qui les broie.
Leur courage reste extraordinaire.
Que Saint Louis les protège !

Louis,
Duc d’Anjou

SOS Chrétiens d'Orient

Nous nous permettons de recommander chaleureusement à votre générosité, particulièrement en ces jours où il faut concrétiser nos offrandes de carême, cette association amie.

frise lys

2020-26. « Votre foi est notre victoire ! »

13 février,
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Avit de Vienne.

Sextus Alcimus Ecditius Avitus, en français Avit, né à Vienne vers 450, est issu d’une lignée de haute noblesse gallo-romaine d’origine arverne : il est le fils du sénateur Esychius (qui, vers 475, fut élu archevêque de Vienne à la mort de Saint Mamert), et le petit neveu de l’empereur Aparchus Avitus (455-456).
Avit fut d’abord marié et père de famille mais, veuf à 40 ans, il distribue ses biens aux pauvres et entre au monastère : on ne l’y laissera pas longtemps car en 490 il est élu pour succéder à son père à la tête de l’archidiocèse de Vienne où il demeurera une trentaine d’années environ. Théologien, lettré et poète, Avit fut un pasteur exemplaire. C’est lui qui présida en 517 le concile d’Epaone qui restaura la discipline ecclésiastique. Saint Avit est le frère de Saint Apollinaire, évêque de Valence (qu’il ne faut pas confondre avec Saint Sidoine Apollinaire évêque de Clermont, avec lequel il a aussi des liens de parenté).
Il eut à cœur de lutter contre l’arianisme alors triomphant dans le royaume burgonde auquel appartenait la province ecclésiastique de Vienne : s’il ne parvint pas à convertir le roi Gondebaud, il eut une influence décisive sur le fils de celui-ci, Sigismond, qu’il convertit à la foi de Nicée, et sur sa nièce, Clotilde, future reine des Francs.

Saint Avit mourut un 5 février (peut-être en l’an 518). C’est à ce jour qu’il figure au martyrologe romain.
Toutefois, dans le diocèse de Viviers, jadis suffragant de l’archevêché de Vienne et qui, lors de la suppression de ce siège épiscopal, a hérité de ses paroisses situées sur la rive droite du Rhône, le calendrier traditionnel le fête à la date du 13 février.

Saint Avit - Jörg Breu

Saint Avit de Vienne (œuvre de Jörg Breu).

On cite souvent la formule « votre foi est notre victoire » extraite de la lettre que Saint Avit écrivit au Roi Clovis, empêché qu’il fut alors de se rendre à Reims pour son baptême. Mais qui connaît l’intégralité de cette lettre ? Nous avons donc résolu de vous en donner le texte intégral ci-dessous.

« Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre de leurs discours aux idées changeantes, divergents dans leur multitude, vides de la vérité du christianisme (note 1).Tandis que nous renvoyons ces disputes à l’éternité, tandis que nous réservons au jugement dernier de connaître le bien fondé de chaque opinion, dès à présent a jailli le trait de lumière de la vérité. Car c’est de nos jours que la divine Providence a trouvé un arbitre. En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire (note 2). Dans ces cas-là, d’ordinaire, la plupart des hommes objectent les coutumes nationales et l’observance religieuse de leurs pères, si par hasard ils sont poussés à rechercher la saine croyance par les encouragements des prêtres ou les suggestions de quelque compagnon. Ainsi préfèrent-ils coupablement le respect humain au salut, et, en observant, dans les chaînes de l’incrédulité, un vain respect de leurs ancêtres, avouent-ils en quelque sorte ne savoir quoi choisir ; que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle. Vous, ne gardant de toute une lignée d’antique origine que la seule noblesse, vous avez voulu extraire de vous-même, pour votre race, tout ce qui peut rehausser le rang d’une haute naissance. Vous avez des modèles du bien, vous avez voulu être celui du mieux (note 3). 

Vous êtes digne de vos ancêtres puisque vous régnez en ce monde ; vous avez fondé pour vos descendants afin de régner au ciel. Que la Grèce, évidemment, se réjouisse d’un prince de notre loi, mais non plus de ce qu’elle mérite seule la faveur d’un tel don. L’éclat en illumine aussi votre pays, et, du côté de l’occident, resplendit sur le roi la lumière de l’antique étoile du matin (note 4). Elle commença de luire à la bienvenue naissance de notre Sauveur. Que l’onde de la régénération vous dispose donc au salut en ce jour où le monde a reçu le maître du ciel né pour sa rédemption. Que ce jour soit votre anniversaire comme il est celui du Seigneur, le jour où vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né au monde, le jour où vous avez consacré votre âme à Dieu, votre vie aux hommes d’aujourd’hui, votre gloire à la postérité. Que dire donc de cette très glorieuse solennité de votre régénération ? Si, je ne me suis pas rendu personnellement à ses offices, je n’ai pourtant pas manqué de communier à ses joies, dès le moment où la bonté divine a envoyé cette grâce à vos pays et que, avant votre baptême, nous est parvenue la nouvelle de la très-sublime humilité avec laquelle vous faisiez profession de catéchumène ; en suite de quoi, après cette attente, la nuit sainte nous a trouvé sans inquiétude à votre sujet. Car nous parlions et nous discutions entre nous de l’événement, tandis qu’une troupe nombreuse d’évêques assemblés, ranimait les membres royaux avec les eaux de vie, dans la pompe du service divin, tandis que se courbait devant les serviteurs de Dieu cette tête terrible aux nations, tandis que, grandi sous un casque de cheveux, vous assumiez le casque du salut, l’onction sacrée, tandis que, ayant un instant déposé la protection des cuirasses, vos membres immaculés resplendissaient de la blancheur immaculée des vêtements (note 5). Elle fera, comme vous le croyez, ô le plus heureux des rois, elle fera dis-je, cette faiblesse de vos vêtements, que dorénavant s’accroisse la force de vos armes ; et tout ce qui avait fait jusqu’à présent la chance, c’est à la sainteté que vous le devez désormais. Je voudrais bien attacher à vos louanges quelque exhortation, si quelque chose échappait à votre science ou à votre attention (note 6). Mais faut-il que nous prêchions dans ses détails la foi, que vous avez aperçue sans prédicateur et sans exposé complet ? Ou peut-être l’humilité, que vous nous avez déjà manifestée par attachement et que vous nous devez désormais par votre profession de foi ? Ou bien la miséricorde qu’un peuple encore récemment captif, délivré par vous, manifeste au monde par sa joie, à Dieu par ses larmes ? (note 7) Il n’y a qu’une chose que nous désirions voir s’accroître, puisque, par vous, Dieu va faire votre nation toute sienne, répandez aussi, du trésor de votre cœur, des semences de foi vers les peuples d’au-delà, encore fixés dans l’ignorance naturelle et que n’ont pas corrompus les germes des fausses doctrines. N’ayez ni honte ni regret, même en envoyant des ambassades à ce sujet, de construire l’édifice du Dieu qui a tant élevé le vôtre » (note 8).  

Baptême de Clovis

Saint Avit, archevêque d’une métropole située à l’intérieur du royaume burgonde dont le roi arien Gondebaud était ennemi de Clovis, ne put se rendre au baptême de ce dernier, comme le firent de nombreux évêques gallo-romains, et c’est pourquoi il lui adressa cette lettre demeurée fameuse.

Notes : 

[1] « Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre… » : Saint Avit fait allusion à toutes les manœuvres par lesquelles les hérétiques ariens ont essayé d’empêcher la conversion de Clovis à la foi de Nicée.

[2] « En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire » : Saint Avit note ici l’importance de la conversion de Clovis, dont la situation de roi et de fils de l’Eglise romaine fait désormais un arbitre dans les Gaules : c’est lui qui tranchera en cas de litige entre les diverses communautés, et il tranchera selon sa foi, la foi catholique. Ainsi la conversion de Clovis à la foi nicéenne est-elle la victoire de l’épiscopat catholique.

[3] Se réfugiant dans le respect des coutumes ancestrales, le roi burgonde Gondebaud ainsi que les autres rois ariens rejetaient toute idée de conversion. Le miracle de la conversion du roi païen des Francs saliens balaie les croyances païennes ou hérétiques et fait des autres souverains qui se partagent alors les terres de l’Empire d’Occident des coupables, puisqu’ils résistent à la grâce.

[4] Il est le premier roi germanique converti au catholicisme. Digne de ses ancêtres, car il règne, il offre par sa conversion le royaume de Dieu à ses descendants.

[5] Avit fait allusion à la cérémonie même du baptême qui eut lieu le jour de Noël. Toute la cérémonie est évoquée : le roi comme catéchumène (candidat au baptême), les eaux de la vie (le baptême d’eau), l’onction sainte (l’onction du saint Chrême, qui n’a rien à voir avec le sacre royal), la blancheur des vêtements (les vêtements blancs dont sont revêtus les nouveaux baptisés).

[6]  Le royaume, dirigé jusqu’alors sans ligne directrice, sans autre objectif que l’intérêt immédiat du roi, trouve à travers le baptême de celui-ci le chemin qui conduira son peuple au salut. Un lien est créé avec le Dieu chrétien, par la foi.

 [7] Avit fait probablement allusion à la libération des prisonniers de guerre gallo-romains auxquels Clovis a rendu la liberté. Mais cela peut aussi s’entendre plus largement du sentiment de libération éprouvé par tous les gallo-romains, catholiques, qui, se trouvant sous la domination de rois ariens ou païens, saluent la conversion du Roi des Francs (et ses victoires sur les rois ariens) comme une libération.

[8] Saint Avit invite Clovis à un véritable travail missionnaire : il lui suggère d’œuvrer à la conversion des peuples païens « les peuples d’au-delà, » en dehors de ceux qui sont corrompus par les fausses doctrines (arianisme). C’est une vue prophétique de l’œuvre missionnaire des Rois Francs.

Saint Avit entre Saint Mamert et Saint Apollinaire

Saint Avit de Vienne, représenté entre Saint Mamert et Saint Sidoine Apollinaire

2020-25. 13 & 14 février 1820 : Monseigneur le duc de Berry n’est plus !

- 13 & 14 février 1820 -

Duc de Berry en 1820 par Jean-François Thuaire

Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry (1778-1820)
Portrait réalisé en 1820 par Jean-François Thuaire
(musée Carnavalet)

frise lys deuil

Nous avons choisi de respecter scrupuleusement la graphie de l’époque en reproduisant ci-dessous un article relatant l’assassinat de Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, au soir du 13 février 1820, et sa pieuse mort au matin du 14 février.

« Un attentat épouvantable a jeté dans les cœurs la consternation et l’effroi : Mgr le duc de Berry n’est plus ! il a péri victime d’un horrible assassinat. Dimanche dernier, ce prince avoit assisté au spectacle. Sur les onze heures et demie, il étoit descendu avec Mme la duchesse de Berry, et la princesse étoit déjà montée en voiture, lorsqu’un scélérat saisit le duc par derrière, et passant la main par-dessus son épaule, lui enfonce, au-dessous du sein, un instrument long et aigu appelé tire-point. Le monstre se nomme Pierre-Joseph Louvel (note *), employé aux selleries même du Roi ; il avoit été soldat du train de l’artillerie de la garde sous Buonaparte, et il avoit fait, dit-on, le voyage de l’île d’Elbe. Le prince se sentit frappé, et arracha lui-même le fer que l’assassin avoit laissé en fuyant ; on le porta à l’instant dans une pièce attenante à la salle du spectacle, et des gens de l’art furent appelés ; la famille royale accourut. Le malheureux prince ne se dissimula point son état, et pendant qu’on lui prodiguoit tous les secours, il demanda sa Fille et M. de Latil, premier aumônier de Monsieur. Le prélat accourut, et reçut la confession du prince, qui y ajouta l’aveu public des fautes qui pesoient le plus à sa conscience ; il en demanda pardon à Dieu et aux hommes de la manière la plus touchante. M. le curé de Saint-Roch fut appelé, et administra au prince les derniers sacrements. Dans le peu d’heures qui s’écoulèrent, le duc montra le même calme ; pas la moindre plainte ; il déclara pardonner à son assassin, et recommanda au Roi les objets de ses affections.
Autour de son lit, une épouse éplorée, un père, un frère, une sœur, se livroient tour à tour à la douleur et à l’espérance. Sur les cinq heures le Roi arriva, car on n’avoit averti S.M. qu’à la dernière extrémité. Elle put entendre encore les dernières paroles du prince, qui lui recommanda Mme la duchesse et sa fille, et demanda le pardon du coupable. Il expira vers six heures ; on l’a transporté dans les appartemens du gouverneur du Louvre.
L’assassin avoit fui ; il a été arrêté sous l’arcade Colbert, et a déclaré, dès les premiers momens qu’il avoit voulu délivrer la France de ses plus cruels ennemis ; que les Bourbons étoient des tyrans ; et qu’il avoit exprès porté ses premiers coups à celui qui pouvoit perpétuer la famille. Le monstre a parlé de ses opinions, et n’a témoigné ni émotion ni repentir.
Cet affreux événement, appris le matin dans Paris, a glacé tout le monde. Les tribunaux ont vaqué, les divertissemens publics et particuliers ont été contremandés. Le peuple paroissoit pénétré d’horreur de cet attentat. On dit pourtant que des cris séditieux se sont fait entendre, et qu’une joie mal dissimulée a paru sur quelques figures. Puisse du moins cet horrible résultat des plus perverses doctrines convaincre de la nécessité d’en réprimer les auteurs ! On voit assez d’où part le coup, et de quoi sont capables les suppôts du fanatisme. Laissera-t-on toujours abuser le peuple par de coupables déclamations ? Telle est la pensée qui a frappé tous les hommes sages, au milieu des premiers mouvemens de leur profonde et juste douleur. »

Annonce de l’assassinat du duc de Berry
dans « L’Ami de la Religion et du Roi »
Tome vingt-troisième (1820), pp.30-31

Note * : « L’Ami de la Religion et du Roi » dans ce premier compte-rendu de l’assassinat du duc de Berry donne les prénoms de Pierre-Joseph à Louvel. En réalité, il se prénommait Louis-Pierre.

Les derniers moments du duc de Berry

Les derniers moments du duc de Berry, entouré par toute la famille royale
toile d’Alexandre Menjaud (1773-1832)

frise lys deuil

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 12 février, 2020 |1 Commentaire »

2020-24. « Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.»

Ce 10 février 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, pour commémorer l’anniversaire de l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638) cf. ici, dans lequel son ancêtre SM le Roi Louis XIII rendait publique la consécration qu’il avait faite de la France à Notre-Dame.
Notre Souverain légitime a accompagné son message de l’illustration suivante.

Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

Monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

« En ce jour anniversaire de la consécration solennelle de la France à Marie par mon aïeul Louis XIII, je formule à nouveau ma confiance en l’avenir de la France.
L’avenir repose dans les mains des couples qui mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les entrepreneurs animés par le souci du bien commun, l’avenir repose sur tous ceux qui défendent le pays à ses frontières plus ou moins lointaines ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.
Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France. »

Armes de France & Navarre

2020-17. Où, en la fête de Saint François de Sales, on célèbre aussi le jubilé d’argent d’une affiliation à l’Ordre de la Visitation.

Mercredi 29 janvier 2020,
Fête de Saint François de Sales (cf. > ici, > ici, et > ici).

Saint François de Sales

Saint François de Sales
(ce tableau se trouvait naguère dans la chapelle de l’ancien monastère de la Visitation au Puy-en-Velay
dont les bâtiments ont été vendus il y a peu par le diocèse au Conseil départemental de la Haute-Loire)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a dix ans exactement, le 29 janvier 2010, le Maître-Chat Lully, vous parlait de l’ouverture de l’année jubilaire du quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation par Saint François de Sales et Sainte Jeanne-Françoise de Chantal (cf. > ici) et, à cette occasion, il vous entretenait du quinzième anniversaire de mon affiliation à cet Ordre.

Comme il me semble savoir encore un peu compter [15 + 10 = 25, n'est-ce pas ?], cela signifie que je suis parvenu au vingt-cinquième anniversaire de cette affiliation : un quart de siècle !
D’une certaine manière donc, je célèbre aujourd’hui, dans l’intimité de mon cœur, un jubilé : un jubilé d’argent, pour reprendre l’attribution symbolique des matériaux et métaux que l’on associe aux anniversaires.

Dans sa publication du 29 janvier 2010, Monseigneur le Maître-Chat vous expliquait en quoi consiste l’affiliation à l’Ordre de la Visitation et reproduisait le texte du dialogue qui eut lieu au monastère de la Visitation de Chartres (monastère hélas fermé depuis !) ce 29 janvier 1995 (aller voir > ici) en présence du tableau intitulé « Le Rêve de l’Enfant Jésus » peint par Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face (présenté > ici).
Au terme des six mois de ce « quasi noviciat » (c’est l’expression utilisée à la Visitation pour parler du temps de préparation spirituelle à cette affiliation pratiqué sous la direction de l’une des Chères Mères), la présence de ce tableau, apporté spécialement à la chapelle pour l’occasion, était évidemment chargée d’une très forte valeur symbolique que vous comprendrez aisément.

Cela fait donc un quart de siècle que je suis devenu fils spirituel de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal ; un quart de siècle que je suis humblement fier de porter cette croix d’argent qui me fut alors remise, et dans laquelle j’ai placé des reliques (de troisième classe) de ces saints fondateurs, ainsi que de Sainte Marguerite-Marie, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, Sœur Marie-Marthe Chambon (cf. > ici) et d’une autre mystique du XXe siècle à laquelle je dois beaucoup ; un quart de siècle que, plusieurs fois par jour, je vénère cette croix par un baiser, dont je puis certifier qu’il n’est jamais accompli par routine.

Croix de l'Ordre de la Visitation

Croix de l’Ordre de la Visitation
reçue le dimanche 29 janvier 1995

Permettez-moi, chers et fidèles Amis, à l’occasion de ce jubilé d’argent, d’offrir à votre lecture et à votre méditation quelques lignes des notes abondantes que j’avais prises lors de ma préparation de cette affiliation sous la direction de la Révérende Mère Supérieure du monastère de Chartres :

- La « spiritualité » n’est rien d’autre que la connaissance de la voie et des moyens qui conduisent à la perfection.
Quelle voie ? « Je suis la voie – Ego sum via » ; « Nul ne vient au Père que par Moi » ; « Celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres » : il ne peut y avoir d’autre voie que Jésus Lui-même.
Quels moyens ? fondamentalement la Loi et les préceptes, perfectionnés par les « conseils évangéliques » : ce sont les guides infaillibles de la vie parfaite. Mais « la plénitude de la loi, c’est l’amour » (Rom. XIII, 10). Il ne faut jamais confondre les moyens et la fin : préceptes et conseils ne sont pas une fin en eux-mêmes ; leur raison d’être, c’est la perfection de la charité. La charité surnaturelle – et non ses déformations humaines – est le but, la fin dont les yeux ne se doivent jamais détacher.  

- Le propre de Saint François de Sales est d’avoir mis en valeur le concept d’amour : son titre est d’ailleurs « Docteur de l’Amour divin ». Tout son enseignement spirituel tend à établir cet amour divin dans les cœurs et à l’y faire croître. Il insiste pour que cet amour soit non seulement au terme de la vie spirituelle, mais pour qu’il en soit le moteur constant, pour qu’il soit tout en tout, et pour que cet amour soit filial, confiant et paisible, joyeux, aimable et énergique [...].

- En réaction contre l’hérésie calviniste, lourde de conséquences désastreuses pour la vie intérieure, puis du jansénisme naissant, Saint François de Sales ne préconise en fait de crainte et de tremblement devant Dieu, que la peur de l’enfant qui aime son Père et qui, à tout prix, ne veut ni le contrister, ni désirer ou penser que ce qu’Il veut ou pense.
C’est ainsi que notre Bienheureux Père « faisait toutes ses actions purement et simplement pour le seul amour de Dieu, Lequel il craignait parce qu’il L’aimait, et L’aimait pour Lui-même » (déposition au procès de béatification).

- La spiritualité de Saint François de Sales produit un profond équilibre : la constatation des misères humaines est portée par lui à produire non seulement le sentiment de l’infinie perfection divine, mais aussi de Son Amour méconnu ou offensé, et partant au désir de la réparation par la pénitence, ou de la prévention par la mortification.
Mais loin de plonger l’âme dans un repliement sur soi, après sa faute, il va jusqu’à lui faire trouver sans ses chutes le moyen d’intensifier son amour filial !

Saint François de Sales (image d'Epinal)

Saint François de Sales, Docteur de l’Amour divin
(image d’Epinal du XIXème siècle)

En conclusion, s’il m’est permis de formuler un souhait, c’est celui-ci : que chacun d’entre vous connaisse toujours davantage l’esprit de Saint François de Sales ; que vous lisiez et relisiez ses œuvres – en particulier l’incontournable « Introduction à la vie dévote » et le non moins important « Traité de l’Amour de Dieu » – œuvres en lesquelles on trouve constamment de nouveaux trésors ; et que, nourris de cette nourriture substantielle, remède puissant contre nombre d’erreurs et spiritualités frelatées répandues à notre époque, vous marchiez joyeusement sous sa conduite dans les voies d’une authentique sainteté.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Et dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
- La présentation de Saint François de Sales par Benoît XVI > ici
- Les litanies de Saint François de Sales > ici
- Quelques bons ouvrages d’introduction à Saint François de Sales > ici
- Une prière célèbre de Saint François de Sales à la Très Sainte Vierge > ici
- Les préludes de la fondation de l’Ordre de la Visitation > ici
- Le récit de la journée de la fondation de la Visitation > ici
- La fin et l’esprit de l’Ordre de la Visitation > ici

Armoiries de Saint François de Sales

2020-13. « Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois.»

Dimanche 19 janvier 2020,
2ème dimanche après l’Epiphanie ;
19ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (cf. > ici).

A l’occasion de la Sainte Messe commémorative de la mort de SMTC le Roi Louis XVI, célébrée comme de coutume le dimanche le plus proche du 21 janvier à la Chapelle Expiatoire, et du déjeuner qui a suivi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a lu le message suivant.

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à la Chapelle Expiatoire, ce dimanche 19 janvier 2020

Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

Louis,
Duc d’Anjou

 grandes armes de France

2020-12. Où, à l’occasion de la fête de Saint Antoine le Grand, nous sommes invités à découvrir le monastère implanté au lieu où vécut le « Père de tous les moines ».

17 janvier,
Fête de Saint Antoine le Grand (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Théodose 1er le Grand, empereur ;
Mémoire de Sainte Roseline de Villeneuve, vierge (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain (cf. > ici et > ici).

Icône copte 1777 détail - St Antoine le grand & St Paul ermite

Saint Antoine le Grand (à gauche) et Saint Paul ermite (à droite)
Détail d’une icône copte de 1777 (musée copte du Caire)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si, fréquentant ce blogue depuis un certain temps, vous ne vous êtes pas encore rendus compte que, au Mesnil-Marie, nous avons une immense vénération et un amour très fort pour Saint Antoine le Grand, « père de tous les moines d’Orient et d’Occident », j’en conclurai que vous ne savez peut-être pas lire !!!

Je vous ai entretenus (cf. > ici) de Saint Paul, premier ermite, dont nous célébrons la fête le 15 janvier. Deux jours après, c’est la fête de Saint Antoine le Grand.
Après vous avoir « emmenés » l’année dernière à l’abbatiale de Saint-Antoine en Dauphiné (cf. > ici) où sont conservées les reliques du « Père des moines », j’ai le plaisir de vous faire voyager aujourd’hui jusqu’en Egypte, jusqu’au Monastère Saint-Antoine, construit dès après la mort du Saint à proximité de son ermitage.
Ce « voyage » est possible grâce à Benjamin Blanchard, cofondateur et directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, dont l’amitié nous a valu les magnifiques clichés qui vont suivre, et grâce à Jérôme Cochet, chef de mission en Egypte pour cette association (que nous recommandons chaleureusement), rédacteur du texte que nous publions ci-dessous : qu’ils soient l’un et l’autre très vivement remerciés !

Ainsi que vous le verrez en lisant cette présentation du Monastère Saint-Antoine, ce lieu historique de la première communauté de moines, qui a fait l’objet de huit années de restauration (2002-2010), est aussi le lieu d’un intense renouveau spirituel. Ce nous est une grande joie que de l’apprendre.

Dieu est admirable en tous Ses saints. Mais Il l’est d’une manière très spéciale en Saint Antoine le Grand dont la postérité spirituelle ne se dément pas depuis plus de seize siècles et demi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur  

Monastère Saint Antoine 1

Monastère de Saint-Antoine le Grand,
le phénix originel du monachisme chrétien.

A 3h de route du Caire, la capitale-mégalopole de l’Egypte et ses 23 millions d’habitants, le silence demeure roi en plein désert de la Mer Rouge.

Entre la ville tentaculaire et les plages bariolées d’hôtels et de résidences de villégiatures, se dresse à flanc de montagne un éden de murailles, de jardins, de clochers et d’églises millénaires. L’immensité aride du désert joue bien sûr sur l’isolement du lieu, mais plus encore les prières continuelles et mystiques ont rendu le Monastère de Saint-Antoine le Grand, un lieu incontournable pour toute la chrétienté !

Monastère Saint Antoine 2

Ici, dans le père de tous les monastères du monde chrétien, la quiétude et la beauté du lieu sont saisissantes dans une terre pourtant si inhospitalière : le thermomètre indique cinquante degrés à l’ombre l’été et peut descendre en dessous du 0 en hiver ; aucune végétation ne pousse hormis dans l’enceinte du monastère dans le potager et dans les jardins des moines.

C’est toutefois ici qu’Antoine le Grand, également connu comme Antoine l’Ermite ou Antoine d’Égypte s’isola au début du IVème siècle et devint le premier ermite, ou plutôt le second après Paul de Thèbes, un autre copte (voir la note en bas de page) de Haute-Egypte qui partit hors du monde pour contempler, comprendre, prier et adorer Dieu.

Si Antoine est vu comme le premier ermite moine dans la tradition chrétienne, c’est parce qu’à la mort de Paul, Antoine sur les conseils de ce dernier, commença à organiser la vie des premiers ermites qui étaient venus le rejoindre. Par ses conseils oraux, ses prières et surtout ses écrits sur des parchemins et des papyrus, il développa sans le savoir les premières règles du monachisme chrétien.

Monastère Saint Antoine 3

Ainsi et de manière chronologique, le monachisme s’est donc tout d’abord développé en Egypte dès le début du IVème siècle sous la forme érémitique avec saint Paul de Thèbes (234-347), la forme anachorétique avec saint Antoine le Grand (251-356) et la forme cénobitique avec saint Pacôme (276-439), disciple de saint Antoine le Grand et qui, le premier, institua la règle monastique laquelle, traduite par saint Jérôme, servit de base à saint Benoît pour les premières fondations monastiques en Europe. Rappelons aussi que c’est saint Athanase d’Alexandrie qui importa le premier le monachisme au sein de la ville de Rome ou encore que les premiers monastères d’Irlande furent fondés par sept moines venus d’Egypte…

L’âge d’or du monastère Saint-Antoine se situe entre 1230 et 1300, car c’est durant ce laps de temps que l’on y copie ou compose le plus de manuscrits en copte, grec, syriaque et arabe et que l’on consigne et retranscrit fidèlement les paroles et les papyrus anciens laissés par saint Antoine, saint Pacôme, saint Athanase ou encore saint Evagre.

En parallèle du cheminement monastique, l’Egypte, pays des pharaons subit la conquête arabo-musulmane dès le VIIème siècle. Relativement épargné, le monastère résiste à plusieurs attaques sporadiques de bandes armées mais connaît une période de déclin puis d’abandon total entre le XIVème et le XVIème siècles, suite aux pillages successifs puis aux massacres sans pitié des moines et à l’occupation des lieux par les troupes islamiques.

De nos jours, ce sont 120 moines et quelques 30 novices qui continuent de vivre selon l’exemple de saint Antoine. Accueillant pèlerins et visiteurs, ils travaillent à faire de ce lieu un havre de paix et de prières verdoyant et cela malgré toutes les périodes de déclin et de massacres.

Monastère Saint Antoine 4

Si nous faisons un petit retour en arrière, nous pouvons constater que le renouveau actuel prend racine au cours du XXème siècle : la communauté copte s’est peu à peu investie dans la vie politique du pays. En effet, en s’engageant de manière précoce dans l’indépendance de l’Egypte, les chrétiens d’Egypte ont pu obtenir une reconnaissance sociale et politique, tandis que dans le même temps, d’autres ont préféré participer à un renouveau spirituel global. Complété par la découverte de l’histoire copte en Europe et grâce à l’intérêt porté par l’archéologie égyptienne, les coptes ont entamé dès les années 20-30 leur renaissance identitaire. Cependant, la communauté copte n’a jamais été pleinement reconnue en Egypte : elle fait l’objet de discriminations et d’attaques régulières et, même si certains de ses membres ont acquis une relative célébrité, elle demeure peu représentée politiquement.

Dans les années 50-60, qui marquent l’apogée du renouveau spirituel pour la religion copte, une renaissance globale s’effectue sous les patriarcats des papes saint Cyril VI puis Chenouda III ; cela a une influence sur la vie quotidienne des coptes mais aussi sur l’art et l’architecture ecclésiastiques : la période est marquée par un retour aux origines.

Monastère Saint Antoine 5

En 1968, la Vierge Marie apparait au Caire pour plusieurs jours dans le quartier populaire de Zeitoun. Les apparitions sont reconnues par l’Eglise copte et l’Eglise catholique mais aussi par les musulmans d’Egypte… elles seront le point d’orgue de la renaissance copte. Les monastères du désert sont à nouveau habités et de nombreux coptes se font moines et prêtres. Ainsi, tandis qu’une partie de la communauté copte s’implique dans la vie publique du pays, une autre rejoint les anciens monastères et mène une vie ascétique dans le désert. Rappelons en effet que pour la majorité des coptes, la vie monacale est considérée comme moralement et spirituellement supérieure à toute autre vie. Mais ce mode de vie n’est pas le seul effet du renouveau religieux : les coptes redécouvrent d’anciennes traditions chrétiennes : le culte des saints antiques est renforcé par la découverte de reliques (en mai 1968, notamment, une partie des reliques de saint Marc sont rendues par l’Eglise romaine et de Venise sont déposées dans la crypte de la nouvelle cathédrale Saint-Marc d’Abbassiya au Caire), les monastères sont rénovés, embellis et agrandis pour accueillir les nouveaux moines, des cours de langue copte, d’iconographie et d’études bibliques sont crées par centaines à travers le pays pour former cette nouvelle génération de consacrés et de laïcs coptes…

Bénéficiant de ce renouveau et de cette renaissance, le monastère Saint-Antoine va dès les premiers temps attirer de nombreux nouveaux moines. De 10 moines dans les années 50, on en dénombre le double une décennie plus tard et donc plus de 120 de nos jours.

Monastère Saint Antoine 6

L’explosion des vocations sacerdotales et monastiques remplit séminaires et monastères et dure à présent sur trois générations. Les monastères quasi abandonnés où végétaient cinq à six moines il y a un demi-siècle en comptent maintenant en moyenne cent, cent cinquante ou même trois cents pour les plus imposants.

Partout, on agrandit avec de nouvelles ailes de cellules, de nouvelles églises et chapelles ou encore de nouveaux lieux d’accueils pour les pèlerins et autres personnes de passage. On relève des monastères en ruines depuis des siècles. Dans une Eglise où la hiérarchie épiscopale se compose uniquement de moines, il était vital et primordial d’assister à ce renouveau identitaire et spirituel, et sous l’impulsion donnée par le pape Chenouda III, les efforts soutenus quant à la formation des nouveaux moines portent désormais leurs fruits, l’Egypte, terres sacrée du christianisme et de l’humanité est toujours bénie, prête à accueillir de nouvelles vocations et de nouveaux prêtres.

Jérôme Cochet,
chef de mission en Egypte de SOS Chrétiens d’Orient

Jeunes en mission avec SOS Chrétiens d'Orient avec Jérôme Cochet

Jérôme Cochet, rédacteur de cet article (au second rang le 3ème en partant de la droite), chef de mission en Egypte, avec des jeunes bénévoles de SOS Chrétiens d’Orient

Note :
Le mot « copte » tire son origine de l’arabe « qibt », un mot lui-même issu d’une forme abrégée et altérée du grec « Aïgyptios » qui signifie « égyptien ». Les Coptes sont donc appelés « les Egyptiens ». Cette particularité linguistique s’est opérée lors du passage de l’Egypte sous la domination arabe en 641 : les Arabes se servaient de ce mot pour se distinguer, dans leur langue, des autochtones nouvellement conquis.
Toutefois, les envahisseurs Arabes étant de confession musulmane et les Coptes chrétiens, le mot « copte » a fini par désigner les Chrétiens égyptiens. D’un sens ethnique, le mot « copte » est donc progressivement passé à un sens religieux.
Par extension, le terme a été appliqué à tout ce qui ressortait de la vie religieuse des chrétiens d’Egypte. Aujourd’hui, même s’il est difficile d’avoir des statistiques fiables, on peut estimer que les Coptes représentent à peu près 15 à 20 % de la population égyptienne qui compte en 2019 plus de 100 millions d’habitants.

Monastère Saint Antoine 7

2020-10. Samedi 18 janvier 2020 : Messe commémorative de la mort du Roi-Martyr.

annonce Messe de Requiem Louis XVI Montélimar 2020

Le Cercle Légitimiste du Dauphiné « Crillon le Brave » et le Cercle Légitimiste du Vivarais « abbé Claude Allier », vous encouragent à venir nombreux, ou à défaut à vous unir par la prière, à cette cérémonie qui constitue toujours un moment important en lequel s’exprime d’une manière suréminente notre devoir de fidélité filiale, en même temps qu’il est une protestation surnaturelle contre l’abomination révolutionnaire.

Chapelle Notre-Dame de la Rose
36 Avenue Saint-Martin
26200 Montélimar

Fleur de Lys

2020-8. Rappel à Dieu de Monsieur le Duc de Bauffremont.

frise lys deuil

Ce jeudi 9 janvier 2020 au matin, à Versailles, Monsieur le Duc Jacques de Bauffremont Courtenay (note en bas de page), président émérite de l’Institut de la Maison de Bourbon, a été rappelé à Dieu dans sa 98ème année.

Né le 6 février 1922, Monsieur le Duc avait été contacté en 1946 par « Don Jaime », de jure Sa Majesté le Roi Henri VI de France, grand-père de notre Souverain légitime actuel, afin de relancer en France le mouvement légitimiste : c’est donc une figure historique de la Légitimité qui disparaît avec lui.
Président de l’Institut de la Maison de Bourbon de 1976 à 2009, il fut également Président du Mémorial de France à Saint-Denys, où il a procédé au dépôt du coeur de Louis XVII dans la crypte des Bourbons en 2004. Il a également été promoteur de la cause de béatification de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Les funérailles de Monsieur le Duc seront célébrées en l’église Saint-Roch, à Paris, ce vendredi 17 janvier à 10 h.

Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

Duc de Bauffremont avec la duchesse de Ségovie et Louis XX

Monsieur le Duc de Bauffremont aux côtés de Sa Majesté le Roi Louis XX
et de feue Madame la Duchesse de Ségovie à l’occasion d’une cérémonie commémorative

A l’annonce de la mort de Monsieur le Duc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le message suivant : 

Avec beaucoup d’émotion et une grande tristesse j’ai appris ce matin la mort de mon cousin, Monsieur le duc de Bauffremont.

Appelé à son service par mon grand-père puis mon père, il a toujours assuré notre famille de son plus profond et fidèle dévouement. Nous le garderons dans notre souvenir.

La Princesse et moi-même nous assurons ses enfants de notre communion de prières en leur apportant le soutien de nos sentiments les plus affectueux.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou

frise lys deuil

Note : La titulature complète de Monsieur le Duc était la suivante :
Jacques Yblet Napoléon Marie Laurent Alexandre de Bauffremont Courtenay, huitième duc de Bauffremont, dixième prince de Marnay, prince du Saint Empire romain germanique, prince de Listenois, prince de Courtenay, prince de Carency, duc et comte de Pont-de-Vaux, duc de Randan, duc d’Atrisco, marquis d’Arc-en-Barrois, marquis de Meximeux, marquis de Marnay, marquis de Sennecey, marquis de Mirebeau, marquis de Leganes, marquis de Morata de la Vega, comte de l’Empire, comte de Charny, comte de Cruzille, vicomte de Marigny, vicomte de Salins, baron et seigneur de Bauffremont, baron de Sombernon, baron de Scey-sur-Saône, seigneur de Jonvelle, seigneur de Clairvaux, seigneur de Valangin, seigneur de Bulgnéville, seigneur de Ruppes, seigneur de Montfort, pair de France, cousin de l’Empereur, cousin du Roi, deux fois grand d’Espagne de première classe, grand chambellan héréditaire de l’archevêque de Besançon.

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