Archive pour la catégorie 'Memento'

2020-108. Sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

A l’occasion des destructions et actes de vandalisme qui se sont produits aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde, sous le prétexte du respect dû aux « hommes de couleur », des émeutiers ont voulu s’en prendre à la magnifique statue équestre de Saint Louis qui trône au centre de la ville de Saint-Louis du Missouri. Un prêtre courageux, l’abbé Stephen Schumacher a été l’une des figures majeures des défenseurs – dont un grand nombre de catholiques – qui ont protégé la statue du saint Roi et l’on nettoyée des insanités dont elle avait été souillée.
A l’occasion de la fête de Saint Louis, ce 25 août 2020, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, dont on sait qu’il nourrit une très grande dévotion envers son saint patron et ancêtre, a adressé à ces courageux défenseurs un message de remerciement qui, au-delà des propos simplement circonstanciels, énonce une fois de plus de grandes et belles vérités qui constituent une nouvelle leçon politique universelle

Statue de Saint Louis - Saint-Louis du Missouri

Statue de Saint Louis à Saint-Louis du Missouri

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Sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

Message de Sa Majesté le Roi Louis XX
adressé
aux défenseurs de la statue de Saint Louis
à Saint-Louis du Missouri

25 août 2020

En cette fête de Saint Louis, mon aïeul et mon saint patron, mes pensées et mes prières se tournent avec reconnaissance vers ces Américains courageux qui ont empêché la destruction de la statue du saint roi à Saint-Louis du Missouri. Je pense tout particulièrement à l’abbé Stephen Schumacher, mais aussi à tous les laïcs anonymes qui ont fait bloc autour de lui.

Les violences contre le patrimoine et contre notre histoire participent toujours du même processus révolutionnaire et totalitaire qui coûta la vie à Louis XVI à qui les États-Unis doivent tant, et, depuis, à des dizaines de millions d’êtres humains. Ce processus vise à faire table rase du passé pour créer un « homme nouveau ».
Mais les hommes sont davantage que leur propre nature biologique : ils sont façonnés par l’œuvre des générations précédentes et ils ont une destinée surnaturelle. Nos saints et nos héros nous sont nécessaires pour mener une vie réellement humaine en nous offrant des modèles. Sans eux, nous ne sommes plus que des objets que les puissants du jour peuvent aisément réduire en esclavage.
Ce n’est pas en vain que la piété filiale, le respect de ce que nous ont transmis nos ancêtres, l’amour de la patrie constituent le quatrième commandement du Décalogue : sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

Aussi, je voudrais associer à ma prière reconnaissante tous ceux qui travaillent, dans les familles, les écoles, les universités – et partout ailleurs dans nos sociétés –, à transmettre la culture occidentale qui puise aux sources gréco-romaines et chrétiennes. Seuls des barbares irresponsables pourraient vouloir jeter aux orties ce trésor si riche et si essentiel à l’épanouissement de l’homme. 

Puisse Saint Louis, saint patron des chefs d’État, veiller sur leur mission et bénir une nouvelle floraison de la culture chrétienne pour le XXIème siècle ! 

Louis,
Duc d’Anjou

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Défenseurs de la statue de Saint Louis à Saint-Louis du Missouri

Les défenseurs de la statue de Saint Louis fermes et paisible en face de la fureur des émeutiers

Abbé Stephen Shumacher et fidèles

Avec d’autres prêtres et de nombreux fidèles, chapelets en mains,
le jeune et courageux abbé Stephen Schumacher a défendu la statue de Saint Louis
contre la violence destructrice des émeutiers

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2020-105. « Les principes de la monarchie traditionnelle en France que j’incarne de nos jours ».

24 août,
Fête de l’apôtre Saint Barthélémy ;
Anniversaire du rappel à Dieu de SMTC le Roi Henri V, dit « le Comte de Chambord ».

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En ce 24 août, anniversaire du rappel à Dieu de Monseigneur le Comte de Chambord, de jure SMTC le Roi Henri V, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure SMTC le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un message qui, s’il ne comporte qu’une unique phrase, n’en est pas moins de la plus grande importance puisque, en rendant hommage à son prédécesseur, notre Souverain légitime se place, encore une fois, sans ambiguïté, dans l’exacte continuité de la pensée politique du Roi Henri V, renvoyant explicitement aux principes de la monarchie traditionnelle, c’est-à-dire sans compromission avec les faux principes issus de la révolution.
L’affirmation catégorique que le Prince incarne les principes de la royauté, que d’aucuns ne manqueront pas de critiquer, loin d’être une forme d’orgueil, est l’expression même de l’humilité du Souverain qui a conscience qu’il n’est que par les principes dont il est le serviteur, en raison des dispositions de la divine Providence qui s’exprime et agit au moyens des Lois fondamentales ; de là la phrase justement fameuse : « Ma personne n’est rien, c’est mon principe qui est tout ».
L’affirmation de ce très court et néanmoins magnifique message de ce jour est dans la parfaite lignée de la pensée du Grand Roi, dont Monseigneur le Prince Louis est aujourd’hui l’aîné des descendants, et des puissants rappels que fit Louis XV dans le splendide « discours de la Flagellation » (3 mars 1766).  

Que Dieu bénisse et garde le Roi Louis XX !

Comte de Chambord - Henri V

Henri d’Artois, « Comte de Chambord »,
de jure SMTC le Roi Henri V

En ce 24 août, anniversaire de sa mort, mes pensées se tournent vers le Comte de Chambord qui a maintenu avec tant de courage et d’abnégation, les principes de la monarchie traditionnelle en France, que j’incarne de nos jours.

Louis,
Duc d’Anjou

Armes de France & Navarre

Dans les pages de ce blogue, vous pouvez lire ou relire :
- Bref exposé des Lois fondamentales du Royaume de France > ici
- Les petites phrases de l’héritier du Grand Roi > ici
- La lettre du Comte de Chambord datée du 15 novembre 1869 > ici
- Actualité du Comte de Chambord > ici
- « Et d’abord, votre Prince, pourquoi n’habite-t-il pas en France ? > ici

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2020-85. Nous avons lu et nous avons aimé « Les Martyres d’Orange », par Alexis Neviaski.

9 juillet,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange ;
Au couvent de Picpus, à Paris, la fête de Notre-Dame de Paix.
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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
Dans les pages de ce blogue (très précisément > ici), feu le Maître-Chat Lully avait déjà succinctement évoqué les trente-deux religieuses guillotinées à Orange du 6 au 26 juillet 1794 : religieuses appartenant à plusieurs Ordres monastiques, mais pour le plus grand nombre Religieuses du Très Saint-Sacrement (appelées de ce fait « Sacramentines »), et provenant de plusieurs monastères ou couvents du Comtat ou de Provence.
Toutes furent jugées et exécutées à Orange, d’où le nom de « Martyres d’Orange » qui leur est habituellement donné.
Liturgiquement, on parle de la Bienheureuse Madeleine de la Mère de Dieu et de ses trente-et-une compagnes, vierges et martyres.
Cette année 2020 est celle du 95ème anniversaire de leur béatification (qui fut célébrée à Rome le 10 mai 1925), et nous nous réjouissons grandement de ce que, depuis plusieurs mois déjà, leur cause de canonisation a été réactivée par l’archidiocèse d’Avignon.
C’est dans la nouvelle dynamique insufflée à leur culte que les éditons Artège ont publié il y a quelques mois (novembre 2019), un nouvel ouvrage intitulé « Les Martyres d’Orange », que nous avons lu avec le plus grand intérêt et (en particulier parce que d’autres ouvrages plus anciens sont aujourd’hui difficiles à trouver) que nous nous permettons de recommander à nos amis.
Nous émettons seulement une réserve pour la postface, dont la lecture ne présente de toute manière pas grand intérêt, car sa creuse redondance semble vouloir à tout prix et à n’importe quel prix en profiter pour nous refourguer un concile vaticandeux et ses pseudo-prophètes, qui n’ont pas grand’chose à voir avec le très édifiant martyre de ces religieuses qui n’eussent sans aucun doute pas davantage souscrit à « Gaudium et Spes » et à « Dignitatis humanae » qu’elles ne le firent au serment de « liberté-égalité » !
Cela mis à part, le corps de l’ouvrage est un bon résumé de ce que fut la réalité de la révolution et nous fait entrer dans la très belle histoire de ces martyres, racontée dans un style alerte et vivant qui nous les rend extraordinairement proches et attachantes.
Vous trouverez donc ci-dessous, pour achever cette rapide présentation, le texte de la « quatrième de couverture » et une brève notice sur leur auteur que, à plusieurs détails significatifs dans la lecture de cet ouvrage, l’on comprend familier de la pratique de la liturgie latine traditionnelle : la liturgie intensément vécue et aimée des ces moniales exemplaires.
Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud
Quatrième de couverture :
Le rideau s’ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d’être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion Sœur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s’annonce…
Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l’Église, et somment les religieuses d’apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d’Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n’hésite et leur courage édifie jusque sur l’échafaud.
Les 32 martyres d’Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s’ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l’attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.

Les martyres d'Orange - Alexis Neviaski

L’auteur :
Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, « Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant », est paru chez Tallandier en 2015.

2020-76. Dixième anniversaire de Monseigneur le Dauphin et de Monseigneur le Duc de Berry.

Jeudi 28 mai 2020,
Octave de l’Ascension.

Ce jeudi 28 mai 2020, à l’occasion du dixième anniversaire de la naissance de Nos Seigneurs les Princes Louis, duc de Bourgogne et Dauphin de France, et Alphonse, duc de Berry (cf. l’annonce de leur naissance que nous avions faite « in illo tempore » > ici), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux cette photographie de ses deux fils jumeaux avec ce message, court mais rempli d’amour et de fierté paternels.

Nous nous unissons de tout cœur à la joie de cet anniversaire et prions avec ferveur pour que Dieu protège notre famille royale et la comble de grâces.

10ème anniversaire des Princes Louis et Alphonse 28 mai 2020

Nos jeunes princes à l’occasion de leur dixième anniversaire :
à droite, Monseigneur le Dauphin Louis, titré duc de Bourgogne,
et à gauche Monseigneur le Prince Alphonse, titré duc de Berry.

C’est avec beaucoup d’émotion que nos fils Louis et Alphonse atteignent aujourd’hui l’âge de Louis XVII.

Avec Marie-Marguerite, nous leur souhaitons un joyeux anniversaire et les incitons à continuer à être sages, responsables, généreux et gais.

Nous vous aimons et vous souhaitons une belle journée d’anniversaire en ces temps difficiles.

 Louis,
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2020-73. Où, pour marquer le premier anniversaire du trépas de Monseigneur le Maître-Chat Lully, on publie une anecdote relative à la célébration de la première Messe dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Samedi 23 mai 2020,
Fête de Notre-Dame du Cénacle (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr ;
Mémoire de Sainte Jeanne-Antide Thouret, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Bernard de Morlaas, confesseur (cf. > ici).

Lully portrait en reflet

Son souvenir et son image imprègnent indélébilement le Mesnil-Marie…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je n’ai pas à strictement parler le cœur à écrire ce matin, parce qu’il y a trop de choses – joyeuses et tristes – qui se bousculent dans mon âme et dans mes souvenirs, et qu’il m’est encore parfois bien difficile de maîtriser mes émotions…
Et cependant je ne puis pas non plus me taire !
Ce 23 mai 2020 est le premier anniversaire du trépas de mon très cher compagnon Monseigneur le Maître-Chat Lully, et je sais que ceux qui l’ont approché seront sensibles à cette date.

Lorsque, le vendredi 24 mai 2019, je vous ai fait part de sa mort (cf. > ici), je vous écrivais ces paroles : « Je pourrais écrire de très nombreuses choses : récits, anecdotes, facéties, leçons de sagesse et de vies apprises à son école. Il était véritablement un don de Dieu à mes côtés… »
Je mesure chaque jour la vérité de ces mots.
Un an après son trépas, je la mesure avec une intensité peut-être plus grande même que dans les jours qui l’ont suivi, et son absence n’en est pas moins une souffrance continue : je ris et je pleure tout à la fois au souvenir de nos jeux, au souvenir de notre complicité de tous les instants, au souvenir des milliers de détails de l’intimité qui était la nôtre, au souvenir de la manière dont – en véritable seigneur et prince du Mesnil-Marie -, il m’avait imposé sa merveilleusement despotique et jalouse amitié féline !

9- Lully à l'oratoire sur les genoux de Fr.Max.M.

Le Maître-Chat aimait beaucoup s’installer sur mes genoux pendant l’oraison, s’il arrivait que j’y fusse assis, ainsi qu’en témoigne la photo ci-dessus.

L’oratoire du Mesnil-Marie était un de ses lieux favoris et il m’y accompagnait fidèlement lorsque j’y montais pour mes temps de prière… En revanche, il aimait beaucoup moins lorsqu’il y venait du monde et si, mû par la curiosité du maître qui veut s’assurer que tout se passe bien, il y pointait les moustaches de l’inspecteur lorsque des personnes y venaient prier, il n’y restait alors pas très longtemps.

A ce propos, il est une anecdote que je veux vous livrer aujourd’hui et qui se rapporte à la première célébration d’une Sainte Messe dans notre oratoire, à l’occasion de la fête de Marie Auxiliatrice, le 24 mai 2011 : j’ai déjà évoqué cet événement (cf. > ici), mais je ne vous en avais alors pas livré tous les détails. 

C’est un prêtre ami, connu lorsque j’étais jeune religieux (cela fait donc si longtemps !!!) qui, étant de passage en Vivarais, nous avait fait l’honneur d’une étape chez nous et, en conséquence, de la première célébration de la Sainte Messe dans notre oratoire.
Cet oratoire du Mesnil-Marie, en attendant la construction d’une véritable chapelle, a été aménagé dans l’ancienne grange à foin, à l’étage de notre vieille bastide. On y monte par une sorte d’échelle meunière, et comme il n’y a jamais eu de porte qui lui en interdit l’accès, le Maître-Chat a toujours pu y aller à sa guise.

Oratoire (provisoire) du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2011 pour la première fois qu’une Sainte Messe y fut célébrée

Lors donc que notre ami prêtre se préparait à revêtir les ornements sacrés pour la célébration de la Messe, Monseigneur le Maître-Chat vint, de sa démarche ondulante et souveraine, voir ce qui se passait à l’oratoire et l’Abbé marqua un certain étonnement en voyant que je le laissais faire.
Je lui répondis en souriant qu’il était toujours très sage et respectueux dans ce lieu de prière.
Pour corroborer mes dires, Lully monta sur une chaise et s’y installa, pour assister à la célébration du Saint Sacrifice qu’il suivit avec intérêt, ne perdant pas un instant le fil de ce qui se déroulait à l’autel.

Quand, à l’issue de la célébration, Monsieur l’Abbé eût déposé les ornements et se fut installé pour son action de grâces, Lully, quittant la chaise où il était jusqu’alors resté, alla, en ronronnant très fort pour manifester un contentement non équivoque, se placer à côté du prêtre qui, se tournant vers moi, s’écria : « Mais c’est incroyable ! on dirait qu’il sent la Présence de Notre-Seigneur… »
Avec un grand sourire je lui répondis : « Pour moi, cela ne fait aucun doute… et je vous rappelle que les hommes et les chats ont le même Dieu ! »

Comme cet ami prêtre est un fidèle lecteur de ce blogue, il pourra attester, s’il en est besoin, de la vérité de mes paroles.

Je dois ici ajouter une autre précision : pendant toute sa vie de chat monastique exemplaire, et alors qu’il lui arrivait régulièrement de s’aller blottir avec un bonheur manifeste contre le gisant de Sainte Philomène exposé dans notre oratoire sur un autel latéral, je puis certifier que Monseigneur le Maître-Chat n’est JAMAIS monté sur l’autel du Très Saint-Sacrement.
Je le puis affirmer non seulement parce que je ne l’ai jamais vu le faire, mais aussi parce que s’il l’eût fait pendant mon absence j’en eusse immanquablement vu les traces (ne serait-ce que par la présence de poils sur le tapis de l’autel : ceux qui ont un chat comprendront très bien ce que je veux dire !).
Au risque de passer pour un doux dingue ou un illuminé, j’ai toujours été persuadé que Monseigneur le Maître-Chat Lully percevait la Présence de son divin Créateur dans le saint tabernacle.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Lully et Sainte Philomène

2020-69. Le 12 mai, nous fêtons Saint Jean Stone, prêtre de l’Ordre de Saint Augustin et martyr.

12 mai,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de Saint Jean Stone, prêtre martyr ;
Commémoraison des Saints Nérée, Achille, Domitille et Pancrace.

Saint Jean Stone

Dans le calendrier traditionnel de l’Ordre de Saint Augustin, on trouve à la date du 12 mai la fête de Saint Jean Stone, prêtre et martyr (dans le calendrier réformé il a été déplacé au 25 octobre ou bien au 23 décembre).

Nous ne connaissons pas la date de sa naissance et ne savons rien de sa famille, de son enfance, de sa jeunesse, de son éducation et de sa vocation… En revanche nous sommes certains qu’il était prêtre, docteur en théologie  et qu’il avait exercé des responsabilités comme professeur, puis comme prieur du couvent de Droitwuitch dans le Worcestershire, avant d’être appelé au couvent de Canterbury, probablement sa communauté d’origine, où nous le trouvons au moment où le roi Henri VIII tente de faire déclarer nul son mariage avec Catherine d’Aragon.

C’est en 1527 qu’Henri VIII a entamé les procédures et tenté de mobiliser en sa faveur tout ceux qui comptaient dans l’univers des juristes et des théologiens.
Le Père Jean Stone fut approché par les agents du roi, afin de soutenir les prétentions royales et justifier le divorce d’avec la Reine Catherine, mais ce fut en vain : le Père Stone dénonça l’injustice d’une procédure contraire à la morale et à la justice. Dès ce moment-là, il dénonça aussi publiquement la volonté du roi de se proclamer chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. Ce qui arriva bientôt.

Le 3 novembre 1534 est promulgué « l’Acte de Suprématie » qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « Chef unique et suprême de l’Eglise d’Angleterre ». Henri VIII, déjà excommunié, est maintenant schismatique. Cet « Acte de Suprématie » est suivi d’une série de mesures sévères à l’encontre des opposants, en particulier la déclaration comme coupable de haute trahison toute personne qui n’y souscrirait pas. Les prêtres, religieux, évêques doivent signer un document officiel reconnaissant le roi comme chef de l’Eglise d’Angleterre.
Henri VIII décide aussi de supprimer monastères et couvents et de confisquer leurs biens. C’est en décembre 1538 que l’évêque Richard Yngworth, agent dévoué du roi, vint au couvent des Augustins de Canterbury pour demander aux religieux de signer, chacun individuellement, deux documents : le premier reconnaissant Henri VIII comme unique et suprême chef de l’Eglise en Angleterre, et le second attestant que les religieux cèdent leur couvent de plein gré…
Seul de tous ses frères, le Père Stone refuse de signer et exprime sans ambiguïté ses objections aux prétentions du roi sur l’Église. Il est immédiatement séparé du reste de la communauté, afin de prévenir toute influence sur les autres moines, et on tente par des menaces de le faire changer d’attitude.
Comme il demeure ferme, on l’envoie à Londres où Thomas Cromwell lui-même s’efforce de le faire plier… en vain. Il est alors emprisonné à la Tour de Londres.

Saint Jean Stone en prison

En octobre 1539, il est renvoyé à Canterbury pour y être jugé, accusé de haute trahison…
Le Père Stone n’a aucune illusion sur l’issue du procès, et il a passé tout le temps de sa captivité à prier afin de se préparer au martyre.
La sentence est rendue le 6 décembre 1539 et normalement l’exécution suit de peu.
Mais un événement va la différer : Anne de Clèves, qui va devenir la quatrième épouse d’Henri VIII, doit passer par Canterbury, normalement le 7 décembre, mais son arrivée a été retardée par le mauvais temps. L’exécution du Père Jean Stone était programmée pour faire partie des festivités organisée en l’honneur de la future (et très éphémère) souveraine.
C’est très probablement le samedi 27 décembre 1539 (tous les historiens ne sont pas d’accord) qu’eurent lieu le passage d’Anne de Clèves et l’exécution de l’héroïque et inébranlable moine de Saint Augustin.
En revanche on est certain que cette exécution ne se fit pas au lieu ordinaire, mais dans un endroit où pouvait se rassembler un grand concours de peuple, et où le supplice pouvait être très bien vu de tous.

Il ne fut pas seulement pendu, mais aussi éventré et écartelé. Son cœur et ses entrailles furent jetés dans un bûcher et sa tête, coupée, fut exposée avec les restes de son corps, à l’une des entrées les plus fréquentées de la ville, pour servir d’avertissement à tous ceux qui seraient tentés de se rebeller.

« Voici que je signe mon apostolat avec mon sang. Dans la mort, je trouverai la vie, car je mourrai pour une cause sainte : la défense de l’Église de Dieu, infaillible et immaculée », avait-il déclaré au moment d’être supplicié.

Le pape Grégoire XIII (élu le 13 mai 1572 – mort le 10 avril 1585) avait voulu qu’une fresque représentant son martyre fut réalisée au Collège Anglais de Rome, puis qu’une gravure soit imprimée.
Le nom du Père Jean Stone fut placé en tête de la liste des martyrs de la persécution anglicane lorsqu’on commença à instruire leur cause de béatification.
Le Père Jean Stone fut béatifiée par le pape Léon XIII le 9 décembre 1886, et canonisé par Paul VI le 25 octobre 1970 avec trente-neuf autres martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles de la période 1535-1679.

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2020-68. Nous avons écouté et nous avons aimé : les « Te Deum » qui furent interprétés pour célébrer la victoire de Fontenoy.

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne et confesseur, instituteur des Rogations ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (11 mai 1745).

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En octobre 1740, la mort de l’empereur Charles VI du Saint-Empire sans héritier mâle entraîne la guerre de succession d’Autriche. La France, d’abord simple soutien militaire dans la coalition anti-autrichienne, va bientôt devenir un belligérant à part entière, puis la clef de voûte de cette coalition. Pris dans l’engrenage de la guerre, Louis XV ne désire qu’une seule chose : en sortir ! Mais la paix ne peut être proposée qu’en position de force : il veut donc frapper un grand coup dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et décide de s’emparer de Tournai, bastion de la barrière des Flandres. Il confie le commandement des troupes au Maréchal Maurice de Saxe, qui s’est déjà brillamment illustré dans cette guerre, et se rend en personne sur le front, accompagné par le Dauphin (qui paraît pour la première fois sur un champ de bataille).
Le 11 mai 1745, dans la plaine de Fontenoy, les troupes françaises subissent un assaut féroce des troupes anglo-austro-hanovriennes, qui peu après midi, semblent l’emporter ; mais dans un sursaut héroïque, l’armée française transforme une défaite quasi-assurée en une victoire éclatante, provoquant la retraite anglaise : le Royaume des Lys vient de remporter la plus grande bataille du XVIIIème siècle, la dernière grande victoire terrestre de l’Ancien Régime.

Horace Vernet - Louis XV à Fontenoy - château de Versailles

Le Maréchal de Saxe présentant à Louis XV et au Dauphin les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi
à l’issue de la victoire de Fontenoy, le 11 mai 1745
(Horace Vernet – 1828 -  « galerie des batailles », au château de Versailles)

La nouvelle parvint rapidement à Versailles et dès le lendemain, 12 mai, un Te Deum fut chanté à la Chapelle Royale. Mais le grand hymne d’action de grâces à Dieu pour la victoire du Roi fut l’occasion de ce que l’on a appelé « la querelle des Te Deum« .

Le Surintendant le la Musique de la Chambre du Roi était, depuis 1719, François Colin de Blamont (1690-1760) et, se prévalant d’un usage ancien selon lequel en cette occurrence la direction du Te Deum à la Chapelle Royale lui revenait à lui et non aux Sous-Maîtres de la Chapelle, il se rendit en hâte à la chapelle. Mais Esprit Joseph Antoine Blanchard (1696-1770), l’un des Sous-Maîtres de la Chapelle, l’avait devancé, avait déjà distribué aux musiciens et chanteurs les partitions d’un « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » qu’il avait composé l’année précédente, et lança la musique sitôt que la Reine prit place, sans laisser à Colin de Blamont le temps d’intervenir.

L’affaire remonta jusqu’au front, et le duc de Richelieu, au nom du Roi, écrivit à Blanchard pour blâmer sa conduite. Aussi, quelques jours plus tard, ce fut le Te Deum de Colin de Blamont qui fut interprété à la Chapelle Royale pendant la Messe du Roi (qui était donc absent) pour célébrer la victoire de Tournai, tandis qu’à la Messe de la Reine, qui le soutenait, était redonné le Te Deum de Blanchard, lequel, depuis, reste souvent nommé « Te Deum de Fontenoy » !

La Guerre des Te Deum - CD

Dans un concert enregistré à la Chapelle Royale du château de Versailles le 30 juin 2018, l’ensemble Stradivaria, dirigé par Daniel Cuiller, et le Chœur Marguerite Louise ont interprété ces deux Te Deum concurrents pour célébrer la victoire de Fontenoy.
C’est un CD de la collection « Château de Versailles – spectacles » que nous avons fort prisé…
Nous espérons que, dans leur éternité, Blanchard et Colin de Blamont sont aujourd’hui réconciliés (!!!) et nous, ici-bas, sommes heureux d’élever notre âme à Dieu dans la louange et l’action de grâces en écoutant ces deux œuvres qui ne sont pas antagonistes dans notre cœur et notre prière…

Les deux Te Deum peuvent être également écoutés sur un site de vidéos à la demande très connu.
Vous pouvez donc entendre ici le « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » d’Esprit-Antoine Blanchard > ici
Et le Te Deum de François Colin de Blamont > ici

 » Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique « , a dit Platon.
En glosant sur cette réflexion du philosophe, et pour contrer les images calomnieuses que l’histoire républicaine a colportées et largement répandues, je veux simplement conclure en disant que si l’on veut en vérité connaître nos Rois, il faut écouter la musique sur laquelle ils priaient et faisaient prier le Dieu des Victoires au cœur de leur palais.  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Maurice Quentin de La Tour - Louis XV en armure

Louis XV en armure (Maurice Quentin de La Tour – 1748)

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2020-57. Nous fêtons le 30 avril Sainte Hildegarde de Vintzgau, épouse de Saint Charlemagne et Reine des Francs.

30 avril,
fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs ;
Commémoraison de Sainte Catherine de Sienne, vierge.

St Charlemagne et Ste Hildegarde - fresque de la Résidence des Princes-Abbés à Kempten

Saint Charlemagne et son épouse Sainte Hildegarde de Vintzgau
(détail d’une fresque baroque des salles d’apparat de la Résidence des Princes-Abbés de Kempten [en français Campidoine] en Souabe)

Armoiries de Charlemagne

Avec Sainte Jeanne de France (cf. > ici), Sainte Bathilde (cf. > ici), Sainte Radegonde et, bien sûr, Sainte Clotilde, Sainte Hildegarde de Vintzgau  est la cinquième Reine des Francs ou Reine de France à avoir été élevée sur les autels et à être honorée d’un culte public par la Sainte Eglise. Elle n’est toutefois pas la plus connue des cinq, il faut bien le reconnaître !

Issue de la famille des Agilolfinges, vieille famille franque proche des Mérovingiens, à laquelle le Roi Clotaire 1er donna le duché de Bavière aux alentours de l’an 555, Hildegarde est née en 758.

A l’âge de 13 ans, en 771, elle épouse le Roi des Francs Charles 1er le GrandSaint Charlemagne – qui a dix ou 15 ans de plus qu’elle (on ne sait pas exactement s’il naquit en 742 ou en 747). Elle lui donnera neuf enfants (dont Louis 1er dit le Pieux).
On ne possède pas aujourd’hui une abondance de détails sur sa vie, si ce n’est que, épouse très aimée et très aimante, elle accompagnait Charlemagne dans ses campagnes militaires. Vers la fin du carême de 774, elle était aussi à ses côtés à Rome, où le Roi des Francs avait été appelé au secours par le pape Adrien 1er lorsque Didier, roi des Lombards, envahissait le Patrimoine de Saint Pierre constitué par Pépin le Bref. Les chroniques de l’époque ont retenu que, à cette occasion, elle offrit au Souverain Pontifie une riche parure pour l’autel de la basilique vaticane.

Profondément chrétienne, on sait qu’elle était liée d’amitié avec Sainte Lioba de Tauberbischofsheim (+ 782) qui demeura quelque temps auprès d’elle à la cour et la conseillait ; qu’elle exerçait de nombreuses charités et qu’elle dotait généreusement les monastères : elle fut la bienfaitrice tout particulièrement des abbayes de Saint-Martin de Tours et de Saint-Denys de ce côté-ci du Rhin, ainsi que de celles de Reichenau en Bade-Wurtemberg et de Kempten en Souabe. Pour cette dernière, elle rapporta, en 774, les reliques des saints Gordien et Épimaque  qu’elle avait obtenues en Italie.

Le 30 avril 783, elle mourut des suites de ses neuvièmes couches, à l’âge de vingt-cinq ans seulement, dans la résidence impériale de Thionville.
Elle fut inhumée le lendemain, 1er mai, à l’ abbaye Saint-Arnould de Metz, et Charlemagne ordonna que des cierges et des lampes fussent allumés sur sa tombe chaque jour ; son épitaphe, magnifiant une épouse très aimée, incarnation de la sagesse et de la vertu, fut composée par le célèbre poète Paul Diacre, auquel nous devons les hymnes liturgiques « Ave, maris Stella » (vêpres de la Sainte Vierge) et « Ut queant laxis » (vêpres de Saint Jean-Baptiste).
Le pape Adrien 1er écrivit au saint Roi franc une lettre de condoléances exprimant ses vifs regrets pour la mort prématurée de cette épouse tendrement chérie.

Charlemagne fit alors de Saint-Arnould de Metz la nécropole d’une partie de sa famille : les sœurs du Roi, certains de ses enfants – dont l’évêque Drogon – et plus tard son successeur Louis le Pieux y furent inhumés.
Malheureusement cette abbaye fut pillée, détruite, incendiée à plusieurs reprises, et ce qui subsistait des tombeaux impériaux fut transféré dans l’église (XIIIe siècle) du couvent des dominicains, elle-même reconstruite au XVIIe siècle puis saccagée à la révolution : autant dire qu’il ne reste – hélas ! – quasi rien du tombeau et des reliques de Sainte Hildegarde de Vintzgau !

Karl Baumeister - Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde

Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde
(panneaux peints en 1895 par Karl Baumeister pour l’église Saint-Jean-Baptiste « auf dem Bussen » en Haute-Souabe)

Armoiries de Charlemagne

2020-56. De la solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, jadis fête du Patronage de Saint Joseph, célébrée au mercredi de la deuxième semaine après l’Octave de Pâques.

Mercredi de la 2ème semaine après l’Octave de Pâques,
Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle.

Trois lys blancs

Dans les pages de ce blogue (voir > ici), nous avons publié un article traitant de la grande dévotion de Sainte Thérèse de Jésus, réformatrice du Carmel, envers Saint Joseph.
Le Carmel thérésien eut assez vite une fête du Patronage de Saint Joseph dans son calendrier particulier, pour célébrer la protection et la dévotion spéciales du Carmel, héritée de sa sainte réformatrice, et remercier le Patriarche du Nouveau Testament pour toutes ses attentions et prévenances envers l’Ordre.

Le 10 septembre 1847, par un décret nommé « Inclytus Patriarcha Ioseph », le Bienheureux Pie IX étendit à toute l’Eglise latine cette fête du Patronage de saint Joseph, qu’il fixa au troisième dimanche après Pâques sous le rite double de deuxième classe.
Puis, le 8 décembre 1870, par un décret « Urbi et orbi » intitulé « Quemadmodum Deus », dont nous donnons ci-dessous la traduction, ce même Bienheureux Pie IX déclara officiellement Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, et il statua alors que la fête du 19 mars serait désormais célébrée sous le rite double de première classe (mais sans octave, en raison du carême).

En 1911, Saint Pie X changea l’intitulé de cette Fête du Patronage de Saint Joseph qu’il renomma Solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, en même temps qu’il la dotait d’une octave commune (le jour de l’octave étant célébré sous le rite double majeur).
Toutefois, en 1913, dans la volonté de « libérer » les dimanches dont la célébration était trop régulièrement empêchée par celle des fêtes de saints, Saint Pie X déplaça cette solennité au mercredi précédant le troisième dimanche après Pâques, puisque selon la dévotion traditionnelle le mercredi est le jour spécialement dédié à Saint Joseph.

En 1955, les réformes entreprises sous le pontificat du Vénérable Pie XII, supprimèrent cette Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, au profit d’une nouvelle fête, dite de « Saint Joseph ouvrier », fixée au 1er mai dans l’espoir de christianiser la « fête du travail » célébrée ce jour-là par les syndicats d’inspiration marxiste.
Cette tentative se solda, n’hésitons pas à le dire, par un lamentable échec, au point que moins de quinze ans plus tard le calendrier de la réforme liturgique post-conciliaire rétrograda de manière significative cette fête du 1er mai en « mémoire facultative » (sic) !!!

En revanche, pour les vétérocalendaires - qui conservent un calendrier liturgique propre et les rubriques  antérieurs à toutes les réformes intervenues depuis 1950 (dont nous sommes) -, la Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, avec son octave, demeurent.

Eglise St Joseph à Angers - Pie IX proclame Saint Joseph patron de l'Eglise universelle

Eglise Saint-Joseph, à Angers :
Pie IX proclame Saint Joseph patron de l’Eglise universelle
(l’Eglise étant représentée sous la figure d’un navire dont le saint Pontife tient le gouvernail)

Armoiries de Pie IX

 Décret « Urbi et orbi » Quemadmodum Deus

Pie IX, Pape pour perpétuelle mémoire

De même que Dieu établit le Patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Egypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Eternel allait envoyer sur la terre Son Fils unique, pour racheter le monde, Il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; Il l’établit seigneur et prince de Sa maison et de Ses biens ; Il commit à sa garde Ses plus riches trésors.
En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu du Saint-Esprit, est né Jésus-Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir, non seulement Joseph Le vit, mais il conversa avec Lui, il Le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il Le couvrit de baisers ; avec un soin jaloux et une sollicitude sans égale, il nourrit Celui que les fidèles devaient manger comme le Pain de l’éternelle vie.

En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva Son très fidèle serviteur, toujours l’Eglise a exalté et honoré Saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance.
Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Eglise elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle (cf. note ci-dessous), les vénérables Pasteurs de l’Univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude, ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle.

Ces prières ayant été renouvelées plus vives et plus instantes durant le saint concile du Vatican, Notre Saint-Père Pie IX, profondément ému par l’état si lamentable des choses présentes et voulant se mettre, lui et tous les fidèles, sous le très puissant patronage du saint patriarche Joseph, a daigné se rendre aux vœux de tant de vénérables Pontifes.

C’est pourquoi il déclare solennellement Saint Joseph Patron de l’Eglise catholique.

Sa Sainteté ordonne en même temps que la fête du saint, fixée au 19 mars, soit désormais célébrée sous le rite double de première classe, sans octave toutefois, à cause du saint Carême.

Elle a voulu en outre que la présente déclaration fût faite par décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en ce jour consacré à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, épouse du très chaste Joseph, et que ce décret ait force de loi, nonobstant toute opposition ou disposition contraire.

S. Congrégation des Rites, Rome,
le 8 décembre 1870

Note : Ce décret du 8 décembre 1870 fait évidemment allusion aux persécutions contre le Saint Siège et le Souverain Pontife menée par la secte maçonnique qui, depuis le milieu du XIXe siècle, a voulu abattre l’Eglise catholique romaine en spoliant les Etats de l’Eglise, garantie de son indépendance depuis Pépin le Bref. Le 20 septembre précédent (cf. > ici), au terme de dix années de combats, et d’invasions progressives du Patrimoine de Saint-Pierre, la ville de Rome a été envahie par les soldats piémontais et le Bienheureux Pie IX s’est, de fait, retrouvé prisonnier dans l’enceinte du Vatican.

Pie IX place l'Eglise sous le patronage de Saint Joseph - église de Saint-Ouën-des-Toits

Le Bienheureux Pie IX plaçant l’Eglise universelle sous le patronage de Saint Joseph
(église de Saint-Ouën des Toits – Bas Maine, diocèse de Laval)

On trouvera dans les pages de ce blogue :
- La BD « Ite ad Joseph » > ici
- Le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle » > ici
- Les salutations à Saint Joseph composées par Saint Jean Eudes > ici
- D’autres prières à Saint Joseph, dont la prière spéciale publiée par Léon XIII marquant son patronage sur l’Eglise universelle > ici

Trois lys blancs

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