Archive pour la catégorie 'Memento'

2025-189. La première leçon d’Iñigo de Loyola à Don Francisco de Jasso y Azpilicueta.

3 décembre,
Fête de Saint François Xavier, confesseur (double majeur) ;
Mémoire de la férie de l’Avent.

Reliquaire de l'avant-bras droit de Saint François Xavier

Reliquaire dans lequel est exposé l’avant-bras droit de Saint François Xavier
[Rome, église du "Gesù"]

       Il ne faut jamais oublier que, avant d’être un grand missionnaire, avant d’être un des premiers compagnons de Saint Ignace de Loyola, François de Xavier (Francisco de Jasso y Azpilicueta), futur Saint François Xavier, est un converti.
A vues humaines, rien ne prédisposait ce jeune cadet de famille pétri d’ambitions – religieuses certes mais néanmoins mondaines (il briguait un très honorable et confortable bénéfice de chanoine à la cathédrale de Pampelune) – à entendre et à suivre cet ancien soldat devenu bigot, sans allure, mendiant, son aîné d’une quinzaine d’années, car tout semblait les opposer ; en effet, s’ils étaient tous deux Basques, leur histoire personnelle ou familiale les plaçait dans deux camps qui s’étaient opposés lors de l’annexion d’une partie du Royaume de Navarre par celui de Castille.

   La divine Providence a cependant voulu que celui qui s’appelait encore Iñigo, en débarquant à Paris pour y suivre ses études, y fût en quelque sorte imposé, malgré l’instinctive répugnance et méfiance de Don Francisco de Jasso, comme son cochambriste (avec Pierre Favre [appelé Fèvre dans le récit suivant]).
La patience d’Iñigo de Loyola et le travail de la grâce feront le reste…

   Dans le texte reproduit ci-dessous, l’écrivain catholique Louis de Wohl, auteur de plusieurs belles hagiographies, met en scène la conversation nocturne que l’ombrageux jeune hidalgo Navarrais condescent, pour la première fois, à avoir avec celui qu’il a jusque là méprisé et tenu à distance.

Blason compagnie de Jésus IHS

       « Il m’arrive quelquefois, murmura François, de rêver d’une épée de duc, d’un bâton de maréchal ou d’un chapeau de Cardinal. Et alors le Chapitre des chanoines de Pampelune me paraît beaucoup trop paisible et calme.
- Je connais ce sentiment, murmura l’homme dont la paillasse était à deux mètres de la sienne. Je voulais tout cela pour moi, et bien d’autres choses encore, quand j’avais à peu près votre âge.
- Tout cela et… encore autre chose ? Quoi d’autre ?
- Je rêvais de conquérir de nouveaux territoires pour le Roi et de les gouverner pour lui… Je rêvais de me gagner l’amour d’une reine, lorsque mon épée m’aurait valu le rang que je désirais pour servir mon ambition. »

   Un homme pâle, à moitié chauve, avec une barbiche pointue.
Un homme que le doux Pierre Fèvre avait dû initier aux éléments rudimentaires de la philosophie aristotélicienne.
Un petit infirme boiteux qui passait ses vacances scolaires à mendier dans les provinces, en Hollande, en Angleterre, et qui, tout à coup, versait des pièces d’or pour permettre à un noble de ne pas vendre son cheval [Note : Don Francisco appartenait à la petite noblesse navarraise qui avait beaucoup perdu lors de l’annexion de la Basse-Navarre par la Castille ; désargenté, il lui était difficile de garder un cheval et un valet dont il ne pouvait toutefois envisager de se passer, et Iñigo de Loyola lui était venu en aide].

   « Vous faisiez de beaux rêves, Pourquoi y avez-vous renoncé ?
- Parce qu’ils n’étaient pas assez beaux.
- Quoi ! » s’exclama François presque trop fort.
Il regarda et écouta, mais personne ne bougea. Fèvre et de Pena dormaient profondément.

   « Pas assez beaux, répéta son voisin de paillasse. Un duc est moins grand qu’un roi, et le roi peut être injuste envers lui. Une reine est une grande dame, mais elle peut accorder et retirer ses faveurs au gré de sa fantaisie. Tandis que celui qui sert le Roi des rois et la Reine du Ciel n’a à redouter que ses propres faiblesses, et sa récompense dépassera le rêve de toute ambition humaine. »
- Mais, sur terre, doit-il mener une vie de mendiant ?
- Lorsque l’ambition d’un homme est infinie, il ne doit pas la gaspiller en bêtises. Il n’a besoin de rien. Il trouve tout en Dieu. Il n’a pas besoin de rang. Il a le plus haut rang en Dieu. Servir Dieu, c’est gouverner. »

   François secoua la tête.
« Ce n’est pas de l’Aristote. Ce n’est pas non plus du Pierre Lombard, ni du Thomas d’Aquin…
- J’ai découvert cela dans la chambre à baldaquin de Loyola quand, pour la troisième fois, on me cassa la jambe pour la remettre en place. J’ai découvert cela pendant mes insomnies à Montserrat, et dans une petite caverne près de Manresa, où j’ai écrit mon livre » [Note : Pendant l’année qu’il passa à Manresa – Manrèse -, Ignace de Loyola notait dans un cahier, en rouge les paroles et inspirations de Notre-Seigneur, et en bleu les paroles et inspirations de Notre-Dame : c’est l’origine du livre des « Exercices spirituels »].

   (…) – Pourquoi vous a-t-on cassé la jambe ?
- J’ai été blessé au siège de Pampelune, dit l’homme sur la paillasse. Les chirurgiens français m’ont mal soigné, et les Espagnols, plus tard, n’ont pas fait mieux. On m’a cassé deux fois la jambe parce qu’un morceau d’os dépassait et faisait une bosse sur mon genou, ce qui eût été disgracieux, surtout à cheval. C’était par vanité. Pourtant, c’est à ce moment-là que j’ai décidé de servir Dieu plutôt que le Roi. C’était une vie nouvelle. Et toute vie nouvelle a son enfance. La mienne débuta à Manresa. Puis j’allai en Terre Sainte.
- Mais vous aviez renoncé à tous vos biens ; comment avez-vous fait pour la traversée ?
- Dieu s’en occupa. Tout cela se trouve dans le Sermon sur la Montagne. Si Dieu veut, je retournerai en Terre Sainte, avec d’autres cette fois, et nous le servirons de la même manière.
- En tant que mendiant ?
- La mendicité ne joue qu’un rôle infime dans l’affaire. Elle est bonne pour notre humilité, bonne aussi pour la charité des autres. La pauvreté procure la liberté. On n’envie pas l’homme pauvre, à quelques exceptions près, et ces exceptions peuvent aisément satisfaire leur envie en l’imitant. L’homme qui ne possède rien a l’esprit aussi libre que les mains. Ceux qui servent la richesse nous traitent de fous. Ils oublient qu’un fou a plus de force qu’un homme sensé, non parce que ses muscles sont plus vigoureux, mais parce qu’il ne songe pas à se protéger. Il peut employer toute sa force à écraser son ennemi.
- Raisonnement de soldat, dit François.
- C’est que je suis précisément un soldat, dit l’homme sur la paillasse. Et ceux qui suivent la même route que moi en sont aussi. Bonne nuit ! Don François.
- Bonne nuit ! » répondit François en écho.

   C’est alors seulement qu’il prit conscience de la façon brusque, bien que polie, avec laquelle son original voisin avait mis un terme à leur conversation. Son « Bonne nuit ! » avait ressemblé au déclenchement de la cloche du collège annonçant la fin de la leçon.
C’était en effet la fin de la première leçon.
Il aurait voulu être irrité, mais il n’y parvint pas.
Il entendit alors l’homme respirer paisiblement et régulièrement sur sa paillasse. Il s’était endormi.

Louis de Wohl (1903-1961),
in « Va et incendie le monde – Saint François Xavier », ed. Mame 1953.

Conversion de Saint François Xavier

2025-188. « Cette défaite valait mieux pour la France que la victoire elle-même ! »

2 décembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Jean de Ruysbroeck (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Sainte Bibiane, vierge et martyre ;
En Avent, mémoire de la férie de l’Avent ;
Anniversaire de la bataille de Loigny (cf. aussi ici).

La charge des Zouaves à Loigny - 2 décembre 1870 - blogue

Loigny, le 2 décembre 1870, la charge des Zouaves Pontificaux
autour de la bannière du Sacré-Cœur.

Sacré-Coeur

Votre drapeau vous a conduits au martyre ;

il lui reste de vous conduire à la victoire.

       En juin 1873, à Paray-le-Monial, à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, eut lieu un grand pélerinage national auquel participèrent un grand nombre de députés français.
Le Révérend Père Célestin Joseph Félix (1810-1891), de la Compagnie de Jésus, célèbre prédicateur de ce temps (il assura les Conférences de Carême à Notre-Dame de Paris de 1853 à 1870), y prit la parole, en présence de la bannière du Sacré-Cœur – qui avait été hissée par les Zouaves Pontificaux sur le champ de bataille de Loigny – et nous reproduisons ci-dessous un extrait de ce remarquable sermon. 

a

       « Que n’ai-je le temps de vous dire l’histoire de ce drapeau miraculeux ? Drapeau désormais historique que nous voyons ici avec une religieuse émotion, couvert ou plutôt embelli par le sang de nos braves, et que nous avons vu ce matin couvert de vos baisers et embelli de vos larmes, environné qu’il était, entre l’autel du Sacré-Cœur et la châsse de sa bienheureuse confidente, d’un culte religieux et patriotique : drapeau catholique et français qui nous demeurera désormais comme un signe d’espérance, et comme la légende vénérée du courage et du dévouement poussé jusqu’au martyre.
Dessiné sur un lit de mort par la main défaillante d’un chrétien de noble race [Note : le marquis de Montagu], puis, exécuté par les angéliques mains des filles de la Visitation, au lieu même où le Sacré-Cœur a révélé son doux mystère, offert ensuite, comme un pieux talisman, au chef à jamais illustre de nos Zouaves Pontificaux devenus les défenseurs les plus héroïques de la France, ce drapeau du Sacré-Cœur, à l’une de nos heures les plus fécondes en désastres pour la patrie, fut déployé sur un champ de bataille ; horrible champ de bataille déjà inondé de notre sang, et d’où la victoire s’enfuyait de partout, à travers les morts jonchant la terre de leurs cadavres, et les vivants donnant de tous côtés le spectacle d’une déroute à peu près universelle ; situation humainement désespérante, qui ne laissait plus à choisir qu’entre la fuite ou la mort !…

   C’est dans ce champ de carnage à nul autre pareil, c’est devant cette foudre du canon grondant de toutes parts, et faisant de tous côtés pleuvoir les funérailles comme la grêle en un moment d’orage, oui, c’est à cette heure et sur ce théâtre que l’immortel drapeau fut déployé.

   Oh ! Les voyez-vous d’ici ces Volontaires victimes de la patrie, à genoux devant la bannière du sacrifice, demandant au Sacré-Cœur l’une de ces deux choses, les seules dignes de leur ambition, la victoire ou le martyre ?
Entendez-vous la voix d’un général illustre [Note : le Général de Sonis], survivant mutilé de ses compagnons d’armes, grand débris de ce grand désastre que j’aperçois d’ici sous les plis de ce drapeau sanglant, l’entendez-vous s’écrier en remettant aux mains d’un de ces braves ce drapeau du martyre : « En avant ; Vive Pie IX ; Vive la France ! »
Et tous ces héros, électrisés par cette parole, les voyez-vous qui se précipitent dans cette tempête de feu, en s’écriant à leur tour : « Vive Pie IX ! Vive la France ! En avant !… »

   O frères héroïques, magnanimes soldats de la Papauté captive et de la Patrie en deuil, en marchant à la mort sous ce drapeau qui porte les saintes reliques de votre sang, ah ! vous avez montré dans une éclatante lumière ce que la France peut attendre de vous à l’heure de ses grands désastres !
Champs de Loigny et de Patay à jamais illustrés par nos malheurs et par notre héroïsme, vous l’avez vu flotter ce drapeau si glorieux dans la défaite ; et vous avez vu comment, sous cette bannière symbole d’amour, de sacrifice et d’immolation, ces nobles fils de la France savaient mourir pour elle !

   Alors, en effet, dans cette lutte inégale, où, sans un miracle, il n’y avait plus de place que pour le sacrifice et la mort, que n’a-t-on pas vu ?
Fils de l’Eglise et de la France, quel spectacle vous avez donné, en cette heure solennelle, à la patrie étonnée et à ses ennemis plus étonnés encore !
Spectacle inouï, même dans l’histoire de nos dévouements patriotiques et de nos héroïsmes militaires : ces nobles Fils de la France courant à une mort certaine, portant dans leur main le drapeau du martyre déjà couvert de leur sang ; chacun d’eux passant la mort à ses frères d’armes en leur passant le drapeau ; tous tombant les uns après les autres, dans la plus belle fleur de leur vie ; et les regards tournés encore vers l’ennemi, redisant de leur dernier soupir leur cri héroïque : «Vive Pie IX, vive la France, vive le Sacré-Cœur ! »
Jamais vit-on, dites-moi, sur nos champs de bataille quelque chose de pareil ?

   Matériellement ils n’ont pas vaincu ; ils ne pouvaient vaincre.
Au lieu de la victoire Dieu leur avait prédestiné le martyre dans la défaite ; mais cette défaite valait mieux pour la France que la victoire elle-même.
Car cette défaite, s’il est permis de la nommer ainsi, c’était un exploit plein d’honneur, c’était une gloire dans le désastre ; et ce martyre volontaire d’une jeunesse française dévouée jusqu’au sacrifice de la vie, c’était un triomphe plein d’espérance ; car ce sang versé, le plus pur et le meilleur sang de la France, c’était une rançon de la Patrie, bien autrement rassurante pour notre avenir que la rançon de nos milliards.
Ah ! Ces tombes de nos héros morts sous le drapeau du Sacré-Cœur, prophétisent ; et jusque dans leur silence, elles disent à tous ceux qui savent entendre cette grande voix du sang, ce que la France peut attendre un jour de tels soldats, conduits par de tels chefs et sous un tel drapeau, à la défense d’une telle patrie !
Glorieux survivants de cette hécatombe immortelle, vous qui portez ici sur des fronts purs et fiers le reflet de cette gloire qui brille sur la tombe de vos frères morts ; vous surtout qui portez dans des membres mutilés le témoignage d’un héroïsme qui perce malgré vous à travers le voile de votre chrétienne humilité, c’est à vous surtout que j’en appelle !
Ah ! Ce spectacle grandiose, cette bravoure magnanime, cet héroïsme à nul autre pareil, vous seuls pourriez nous les peindre dans toute leur vérité sublime. Ce qui se passait dans ces nobles cœurs, à l’heure de leur sanglante immolation, vous seuls pouvez bien le savoir et le dire ; car, ce qu’ils sentaient vous le sentiez ; ce qu’ils voulaient vous le vouliez ; ce qu’ils cherchaient vous le cherchiez avec une ardeur et une bravoure pareilles : la victoire ou la mort, le salut de la France par le sacrifice de votre vie !…

   Honneur et gloire à vous ; la France vous bénit ; la France vous applaudit ; la France vous remercie : avec vos frères morts, vous êtes sa gloire, et vous êtes son espérance.
Oui, fiers, avec vous et comme vous, de ce passé qui vous illustre, nous sommes confiants dans l’avenir qu’il nous prépare. Si mes pressentiments et mes espérances ne me trompent, j’ose le proclamer tout haut, votre rôle n’est pas fini. Votre drapeau vous a conduits au martyre ; il lui reste de vous conduire à la victoire.
Ah ! Ce drapeau décoré par votre Sang, gardez-le bien, gardez-le pour nos heures décisives. Je ne sais quoi me dit qu’un jour ce drapeau sera déployé sur d’autres champs de bataille ; et j’entends comme une voix qui crie du fond de mon âme et de cette fête : Un jour vous sauverez la France sous le drapeau du Sacré-Cœur !…
Vous avez glorieusement inauguré le mouvement national qui emporte aujourd’hui la France vers le Sacré-Cœur [Note : le commencement des travaux de la Basilique du Vœu national au Sacré-Cœur, sur la colline de Montmartre], en déployant sur les champs de bataille ce drapeau du sacrifice ; au Sacré-Cœur il appartient de nous sauver par vous, sous cette bannière désormais devenue pour nous le drapeau du salut !  »

Rd. Père Célestin Joseph Félix s.j.
In : « La France Devant le Sacré-Cœur – discours prononcé à Paray-le-Monial, le 20 Juin 1873″.

Bannière de Loigny - blogue

2025-178. 10 novembre 496 : date traditionnellement admise pour avoir été celle de la bataille de Tolbiac.

10 novembre,
Fête de Saint Georges du Velay, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Date traditionnellement reçue comme celle de la bataille de Tolbiac : 10 novembre 496.

Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac Joseph-Paul Blanc 1880 - basilique de Ste Geneviève Paris

Joseph-Paul Blanc (1846-1904) :
Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac (1880)
[Paris, Basilique royale de Sainte Geneviève, spoliée et profanée en "Panthéon"]

Fleur de lys et lauriers - blogue vignette

   Selon une tradition qui repose pour l’essentiel sur l’Histoire des Francs, écrite par Saint Grégoire de Tours (538-594) reprise (et parfois complétée) par la Chronique de Frédégaire (vers 660), tradition qui a été popularisée dans l’enseignement depuis le XIXème siècle et toute la première moitié du XXème, c’est quinze ans après son accession au trône, donc en 496, que Clovis 1er le Grand, roi des Francs saliens, ayant reçu un appel à l’aide de son homologue roi des Francs rhénans menacé par les Alamans, remporta la victoire de Tolbiac (en latin : Tolbiacum, aujourd’hui Zülpich, en Rhénanie, proche de Cologne), au 4ème jour des ides de novembre, c’est-à-dire le 10 novembre selon notre façon courante de nommer les dates.

   Nous n’ignorons pas que, depuis le dernier quart du XIXème siècle, des historiens – laïcs ou ecclésiastiques – ont remis en question cette date de l’année 496 attribuée à la conversion et au baptême de Clovis, pour les repousser tantôt en 498, tantôt en 501, tantôt encore en 506 voire en 508…
Ils invoquent différents éléments, parfois communs, parfois divergents, afin d’arriver à des conclusions sur lesquelles ils s’opposent parfois âprement l’un à l’autre. La seule chose qui leur soit commune, en définitive, c’est leur détermination « pour en finir avec la bataille de Tolbiac, prétendu lieu du Vœu de Clovis », comme le titrait, au printemps 2025, l’article de l’un de ces historiens qui se croient contestataires alors même qu’ils sont devenus des hyper-conformistes dans leur opposition à l’histoire sainte de notre France catholique et royale.
J’en ai même trouvé qui sont arrivés à contester que le lieu du baptême de Clovis fût le baptistère de Reims, et le situent à Tours !

Fleur de lys et lauriers - blogue vignette

   Pour nous, loin de ces montagnes d’arguties, nous nous contenterons de recopier très humblement ici la traduction du texte même de Saint Grégoire de Tours, puisque nous trouvons tout simplement avec lui en présence du plus ancien récit de cet événement, celui qui en est donc le plus proche.

   Après avoir fait le récit du mariage de Clovis avec Clotilde et raconté comment la naissance de leurs premiers fils fut marquée par des tensions entre les deux époux, voici en quels termes Saint Grégoire de Tours rapporte la bataille de Tolbiac et la conversion du Roi suivie de celle de ses guerriers : 

   « (…) La reine ne cessait de supplier le roi de reconnaître le vrai Dieu et d’abandonner les idoles ; mais rien ne put l’y décider, jusqu’à ce qu’une guerre s’étant engagée avec les Alamans, il fut forcé, par la nécessité, de confesser ce qu’il avait jusque-là voulu nier.

   Il arriva que les deux armées se battant avec un grand acharnement, celle de Clovis commençait à être taillée en pièces ; ce que voyant, Clovis éleva les mains vers le ciel, et le cœur touché et fondant en larmes, il dit : « Jésus-Christ, que Clotilde affirme être Fils du Dieu vivant, qui, dit-on, donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, j’invoque avec dévotion la gloire de ton secours : si tu m’accordes la victoire sur mes ennemis, et que je fasse l’épreuve de cette puissance dont le peuple, consacré à ton nom, dit avoir relu tant de preuves, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom ; car j’ai invoqué mes dieux, et, comme je l’éprouve, ils se sont éloignés de mon secours ; ce qui me fait croire qu’ils ne possèdent aucun pouvoir, puisqu’ils ne secourent pas ceux qui les servent. Je t’invoque donc, je désire croire en toi ; seulement que j’échappe à mes ennemis ».

   Comme il disait ces paroles, les Allemands, tournant le dos, commencèrent à se mettre en déroute ; et voyant que leur roi était mort, ils se rendirent à Clovis, en lui disant : « Nous te supplions de ne pas faire périr notre peuple, car nous sommes à toi. Clovis, ayant arrêté le carnage et soumis le peuple rentra en paix dans son royaume, et raconta à la reine comment il avait obtenu la victoire en invoquant le nom du Christ ».

   Alors la reine manda en secret Saint Remi, évêque de Reims, le priant de faire pénétrer dans le coeur du roi la parole du salut.
Le pontife, ayant fait venir Clovis, commença à l’engager secrètement à croire au vrai Dieu, Créateur du ciel et de la terre, et à abandonner ses idoles qui n’étaient d’aucun secours, ni pour elles-mêmes, ni pour les autres.
Clovis lui dit : « Très saint père, je t’écouterai volontiers ; mais il reste une chose, c’est que le peuple qui m’obéit ne veut pas abandonner ses dieux ; j’irai à eux et je leur parlerai d’après tes paroles ».

   Lorsqu’il eut assemblé ses sujets, avant qu’il eût parlé, et par l’intervention de la puissance de Dieu, tout le peuple s’écria unanimement : « Pieux roi, nous rejetons les dieux mortels, et nous sommes prêts à obéir au Dieu immortel que prêche Saint Remi ».

   On apporta cette nouvelle à l’évêque qui, transporté d’une grande joie, ordonna de préparer les fonts sacrés… »

Saint Grégoire de Tours, in « Histoire des Francs », livre 2. 

Vœu de Clovis à Tolbiac détail - blogue

2025-176. « Continuons à entretenir le souvenir de nos Rois, et cultivons la mémoire de ces souverains… »

6 novembre,
Fête de Saint Léonard de Noblat (cf. ici) ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Charles X (cf. > ici).

Armes de France & Navarre

       En ce jour anniversaire de la mort de son prédécesseur SMTC le Roi Charles X, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, qui établit un lien pertinent avec l’actualité politique de la France en même temps qu’il rend un hommage des plus judicieux à la pieuse mémoire d’un très grand Souverain injustement calomnié.

Charles X en costume de Sacre - détail

       Aujourd’hui nous commémorons la mort de mon aïeul Charles X, dernier Roi de France à avoir effectivement régné.
En cette année du bicentenaire de son sacre, si bien mis en valeur par le Mobilier national, il me semblait important de rendre hommage à la mémoire de ce monarque qui fut remarqué, loin des caricatures, par son esprit chevaleresque, sa grandeur d’âme, et sa bonté envers les Français.
Son départ en 1830 fut avant tout une preuve manifeste de son amour des Français, dont il refusa de répandre le sang.

   A l’heure où certains s’agrippent désespérément au pouvoir, préférant prolonger les malheurs de notre pays, le message n’est pas anodin.

   Enfin, je souhaite également saluer la fidélité et la constance des Franciscains qui veillent sur sa dépouille en Slovénie, à Gorizia.
Dans ce petit Saint-Denis de l’exil, là où sont également inhumés les membres de la famille royale partis avec le vieux Roi, c’est toute une partie de notre histoire qui repose aux confins de l’Europe.
Ces sépultures, si loin de notre patrie, sont porteuses de sens. Elles symbolisent l’absence de la monarchie en France, et la douloureuse déchirure qui a été provoquée dans notre pays par la séparation d’un peuple avec la famille qui avait tant fait pour lui et qui l’avait profondément aimé.

   Continuons à entretenir le souvenir de nos Rois, et cultivons la mémoire de ces souverains qui, malgré leurs imperfections, surent toujours cultiver ce qui manque le plus à nos politiciens : le lien charnel et affectif qu’ils entretenaient avec la France et les Français.

>>> Voir aussi la publication et la prise de parole de Monseigneur le duc d’Anjou à l’occasion de son pèlerinage sur la tombe de Charles X au couvent franciscain de la Castagnavizza (Kostanjevica), le 18 février 2017 > ici

Louis XX en prière devant le tombeau de Charles X

Louis XX en prière devant le tombeau de Charles X
dans la crypte du couvent de la Castagnavizza.

2025-175. Récapitulatif de nos publications relatives à la commémoraison des trépassés, à la mort, au Purgatoire… etc.

Délivrance des âmes du Purgatoire - image d'Epinal

A – Rappel : Indulgence plénière applicable uniquement aux défunts accordée le jour de la Toussaint et pendant toute son octave ici.

- Corollaire 1 : Sermon de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, expliquant la doctrine catholique des indulgences ici
- Corollaire 2 : Que signifie « prier aux intentions du Souverain Pontife » lorsqu’il s’agit d’obtenir une indulgence plénière ici

B – Textes doctrinaux à l’occasion de la commémoraison solennelle des trépassés :

- Bref rappel de la foi catholique à rebours de la pensée dominante et des usages contemporains > ici
- Sermon CLXXII de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur les devoirs à rendre aux morts > ici
- Les trois états de l’unique Eglise (et la communion des saints) > ici

C – Prières à l’intention des âmes du Purgatoire :

- Litanies pour le soulagement des âmes du Purgatoire > ici
- La prose latine « Languentibus » > ici
- Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > ici
-

D – A Rome, le « Musée du Purgatoire » > ici

E – Textes variés concernant la mort, les funérailles (et les cérémonies modernistes qui en tiennent lieu), l’inhumation, le Purgatoire, les fins dernières… etc. :

- Sainte Catherine de Gènes et le « Traité du Purgatoire » > ici
- Sainte Françoise Romaine et la vision de l’enfer > ici
- BD « Les autruches » > ici
- Inhumation ou incinération ? > ici
- « Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde » (paroles de Notre-Dame de Fatima) > ici
- A propos de l’expression « repos éternel » > ici
- Des réflexions de feu le Maître-Chat Lully en novembre 2013 > ici
- Tout ce que l’on doit subir lorsqu’on doit se rendre à des funérailles dans une église « conciliaire » > ici
- A propos d’une autre « messe » (?) de funérailles dans une église « conciliaire » > ici

Memento mori - vignette blogue

Memento mori

2025-173. Récapitulatif de nos publications relatives à la fête de tous les Saints.

1er novembre :
Fête de tous les Saints (double de 1ère classe avec octave commune).

Albrecht Dürer - Adoration de la Sainte Trinité

Albrecht Dürer (1471-1528) : tableau de l’adoration de la Sainte Trinité
appelé aussi retable de tous les Saints (1511)
[musée d'histoire de l'art de Vienne, Autriche]

A – Indulgence plénière applicable uniquement aux défunts accordée le jour de la Toussaint et pendant toute son octave > ici.

- Corollaire 1 : Sermon de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, expliquant la doctrine catholique des indulgences > ici
- Corollaire 2 : Que signifie « prier aux intentions du Souverain Pontife » lorsqu’il s’agit d’obtenir une indulgence plénière > ici

B – Textes pour se préparer à la fête de tous les Saints :

- Sermon CXLI de Saint Augustin sur le Christ Vérité et Vie, qui S’est aussi fait pour nous la Voie du salut > ici
- Le fameux texte extrait de « La Cité de Dieu », sur les deux amours et les deux cités > ici

C – Le 1er novembre, jour de la fête de tous les Saints :

- Méditation pour le jour de la Toussaint > ici
- Le motet « Angeli, archangeli » d’Heinrich Isaac > ici

D – Des contes de Toussaint :

- « Des saints et des animaux » (retrouverons nous les animaux au Ciel ?) – conte en quatre parties, à partir d’ > ici
- Le conte de Saint Glinglin et de la belle Lurette (Robert Escarpit) > ici
- L’histoire de l’homme qui s’ennuyait (à partir d’une idée de Charles Péguy) > ici
-

E – Textes pour approfondir (en particulier pendant l’octave et le jour octave de la Toussaint) :

- Le 3 novembre : Sermon LXXXIV de Saint Augustin sur « les deux vies » > ici
- Le 7 novembre : Sermon LXV de Saint Augustin sur la vraie vie > ici
- Le jour octave de la Toussa
int : Comment on peut acquérir le Royaume des Cieux (texte extrait du Manuel de Saint Augustin) > ici
- Le jour octave de la Toussaint : « J’ai reçu ce qui m’était promis » (texte extrait du Pré spirituel de Jean Moschos) > ici
- Le jour octave de la Toussaint : Une B.D. sur notre vocation à la sainteté : « Camille-chenille et Edmond-papillon » > ici

F – Le 13 novembre, fête de tous les Saints de l’Ordre de Saint Augustin :

- Sermon XXXI de Saint Augustin sur les larmes et la joie des justes > ici
- La joie du Paradis (texte extrait du Manuel de Saint Augustin) > ici

A suivre :
Récapitulatif des publications de ce blogue relatives au 2 novembre (commémoraison solennelle des trépassés), au Purgatoire, aux funérailles… etc. > ici

frise gravure anges en farandole - blogue

2025-162. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion du deux-cent-trente-deuxième anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

Jeudi 16 octobre 2025,
Anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg.

frise lys deuil

   Ce 16 octobre, à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié dans Le Figaro puis sur les réseaux sociaux un nouveau message à l’adresse des Français :

Départ de Sa Majesté la Reine pour l'échafaud

       Aujourd’hui nous commémorons avec tristesse la décapitation de mon aïeule la Reine Marie-Antoinette. Et à cette occasion je veux, avec tous les Français, que nous nous interrogions à nouveau. Mais cette fois-ci, les institutions actuelles ne seront pas mon propos.

   Il s’agit des symboles et du récit fondateur que certains ont imposés à la France depuis 150 ans.
Chaque peuple, chaque pays se construit autour de figures fédératrices, d’une histoire commune plus ou moins mythifiée et de moments fondateurs. En France, malheureusement, nos moments fondateurs sont racontés à travers l’histoire macabre de la Révolution.

   Au sein de celle-ci, les assassinats du Roi et de la Reine tiennent lieu d’actes paroxystiques pour un peuple soi-disant régénéré.
Encore aujourd’hui, on veut faire peuple, comme il est d’usage de formuler, autour de cet acte : l’assassinat d’une mère, d’une femme, d’une personne d’origine étrangère. Quel paradoxe au XXIème siècle !

   Nos gouvernants, toujours si prompts à s’excuser de notre passé, semblent au contraire s’enorgueillir de cet acte, pourtant aux antipodes des valeurs de notre société. Nos responsables ont alors beau jeu d’honorer la mémoire de Robert Badinter, s’ils n’hésitent pourtant pas à montrer la tête sanguinolente de la Reine aux yeux du monde entier lors de l’ouverture des JO.
Plutôt que d’évoquer des figures inspirantes, des moments de grandeur ou des références communes qui ont fait la grandeur et la noblesse de notre pays, ils s’accrochent à une culture de la mort, à des souvenirs de destruction quand d’autres voix parlent au contraire de relever le pays.

   Et ne nous y trompons pas. La Révolution n’est pas finie.
La laïcisation du calendrier scolaire, les luttes récentes autour des croix, la destruction de notre patrimoine religieux sont autant de signes que certains veulent encore détruire, veulent encore saccager, veulent encore purifier notre pays de ses racines.
Ils ne s’arrêteront pas tant qu’il restera encore des traces de ce qui a fait l’unité des peuples de France.

   Je propose de briser ce cycle. D’en finir avec l’œuvre de divisions et de destructions. Retrouvons le chemin de l’unité, retrouvons la culture de ce qui fédère par le beau et le bon. Voyons dans notre histoire ce qu’il y a de vivificateur, d’inspirant et de pacificateur.
Peut-être qu’il est temps de retrouver le chemin d’un régime source d’unité, en paix avec son passé, et solidement arrimé à l’histoire millénaire de la France pour affronter avec courage et apaisement les épreuves actuelles et ainsi envisager sereinement notre futur.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Louis XX à la Chapelle expiatoire

2025-161. De Sainte Aurélie, Fille de France, vierge et recluse à Ratisbonne.

15 octobre,
Fête de Sainte Thérèse de Jésus, vierge, réformatrice du Carmel (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Aurélie, Fille de France, vierge et solitaire.

Sainte Aurélie de Ratisbonne

       Selon la tradition, Sainte Aurélie de France, mais plus couramment appelée Sainte Aurélie de Ratisbonne, était fille du Roi Hugues 1er le Grand, dit Capet, et de la Reine Adélaïde d’Aquitaine ; sa naissance serait survenue environ trois ans après celle de son frère Robert (972), futur Roi Robert II dit le Pieux.

   La jeune princesse était dotée d’une grande beauté, mais surtout riche d’une très profonde piété. Désireuse d’être entièrement à Dieu et à Lui seul, lorsque, vers l’âge de quinze ans, elle apprit que son père avait le dessein de la marier à un jeune prince du nom d’Elwien, elle résolut de s’enfuir de la cour sous un déguisement et dirigea ses pas vers la Bavière.

   A Ratisbonne (Regensburg), Saint Wolfgang, évêque de cette cité depuis 972, qui avait reçu le don de prophétie, fut instruit par Dieu de l’identité de celle qui, sous des apparences de pèlerine mendiant sa subsistance, lui avait demandé l’aumône : il s’entretint avec elle, admira sa vertu, fut édifié par son mépris des honneurs et des richesses, vit la solidité de son amour du Christ crucifié et de Sa Croix, et la voyant disposée à passer toute sa vie dans la retraite et la contemplation, lui fit bâtir un ermitage dans lequel il l’enferma.

Saint Wolfgang reconnaît Sainte Aurélie

Saint Wolfgang de Ratisbonne reconnaît Sainte Aurélie
malgré son déguisement de mendiante

   Sainte Aurélie demeura de nombreuses années dans son ermitage : les cinquante-deux années dont parlent certaines relations, si l’on veut conserver l’année 1027 donnée par la tradition comme étant celle de sa mort, doivent donc vraisemblablement être comprises comme l’âge qu’elle avait atteint lorsqu’elle rendit son âme à Dieu et non comme cinquante-deux années dans son ermitage, ce qui retardait sa bienheureuse mort à l’année 1042.
Mais, à la limite, ces calculs sont de peu d’importance en regard de la réalité spirituelle, qui est celle d’une vie uniquement consacrée à la prière et à l’humilité : ignorée des hommes, mais chérie de Dieu, Aurélie fut semble-t-il gratifiée de grandes grâces mystiques, et opéra de son vivant plusieurs miracles en faveur de personnes qui venaient à la grille de son réclusoir se recommander à ses prières.

   Ce fut le 15 octobre 1027 que l’Epoux céleste vint la chercher. Sa dépouille fut solennellement transportée à l’abbaye de Saint-Emmeran (Kloster Sankt Emmeram) de Ratisbonne, où les bénédictins honorèrent presque aussitôt sa tombe comme celle d’une sainte, en y faisant graver cette inscripion : « Hic pia florescit Aurelia virgo sepulta : quae pœnas nescit, cœli dulcedine fulta » dont Monseigneur Paul Guérin donne la traduction dans cette forme versifiée :

« Sous ce marbre est le corps de la vierge Aurélie,
que le ciel favorisa de mille bienfaits ;
elle goûte sans fin la véritable vie,
pour l’éclat des faux biens que son cœur sut mépriser ».

   Au XIVème siècle, on plaça au-dessus de sa tombe un gisant tel qu’on en réalisait à l’époque et qui est parvenu jusqu’à nous :

Tombe de Sainte Aurélie

Détail de la tombe de Sainte Aurélie

2025-158. Des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs.

10 octobre,
Fête des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs ;
Mémoire de Saint François de Borgia, confesseur.

Viviers - beffroi de la cathédrale et toits de la cité

Viviers, capitale religieuse du Vivarais :
le beffroi de la cathédrale dominant les toits de la vieille cité.

       Le calendrier particulier du diocèse de Viviers mentionne, à la date du 10 octobre, Saint Firmin, évêque et confesseur, qu’il ne faut pas confondre avec Saint Firmin d’Uzès, lui aussi évêque et confesseur, fêté le lendemain.
Au Mesnil-Marie, avec un certain nombre d’anciens ouvrages hagiographiques, nous associons à Saint Firmin, en une même fête, ses trois successeurs : Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin.
Nous allons brièvement présenter ces quatres saints évêques dont les quatre pontificats couvrent la presque totalité du VIIème siècle.

Blason Vivarais

   La fin du VIème siècle fut terrible dans le Vivarais, principalement en raison de plusieurs passages des troupes franques du Roi Gontran (futur Saint Gontran) avec leurs inévitables pillages et dévastations, puis épidémies et famines à partir de 590 : Saint Grégoire de Tours place Viviers parmi les villes les plus dépeuplées cette année-là.

   Saint Firmin était un noble gallo-romain, marié à Aula et père d’au moins un fils et une fille : Aulus – ou Aule – et Macedonia, laquelle épousa un patricien du nom d’Alcinius.
Firmin était donc engagé dans les liens du mariage lorsqu’il fut élevé à l’épiscopat, succédant à Saint Eucher (dont l’épiscopat dure une trentaine d’années, environ 580 à 610).
En accord avec son épouse, qui, alors, fit aussi ses adieux au monde, il disposa d’une partie de ses richesses et terres en faveur de l’Eglise de Viviers et de ses œuvres. Ses enfants ne furent pas en reste, et ils contribuèrent eux aussi à de généreuses dotations. Macedonia et Alcinius, en particulier, fondèrent l’église de Notre-Dame de Coussignac, sur le territoire de l’actuel Bourg-Saint-Andéol.
On estime que l’épiscopat de Saint Firmin couvre, plus ou moins, la deuxième partie du premier quart du VIIème siècle.

   Saint Aule, est le fils de Saint Firmin. Remarqué pour sa piété, sa ferveur, sa connaissance des Saintes Ecritures et des écrits des Pères dès son adolescence, il ajouta à sa sure doctrine une éloquence particulière qu’il utilisait, évidemment, pour prêcher inlassablement la bonne parole et répandre des consolations sur les affligés. Respecté des grands, en raison de sa noblesse et de son autorité naturelles, et aimé des humbles en raison de ses abondantes charités, il combattit l’esclavage et l’éradiqua des terres d’Eglise. Il travailla aussi à embellir les églises et à y faire célébrer des offices les plus solennels possibles.
A sa mort (vers 650), il fut enseveli dans une église édifiée hors-les-murs qui fut détruite par les Anglais lors de la guerre de Cent-Ans et ses reliques, alors mises en sûreté à la cathédrale, furent brûlées par les calvinistes deux siècles plus tard.

   Saint Eumachius, fut désigné par Saint Aule lui-même pour être son successeur. Il se montra en tout digne de la confiance de celui qui l’avait remarqué et désigné comme l’un des plus vertueux parmi ses clercs, et continua l’œuvre entreprise par ses deux prédécesseurs : évangélisation des campagnes, lutte contre l’esclavage, soin apporté aux œuvres de charité, embellisement des édifices du culte et  développement de la liturgie… etc.
Son épiscopat semble avoir duré une vingtaine d’années.

   Saint Longin, enfin, eut le malheur de régner à Viviers lorsque, en 673, le roi des Wisigoths, le terrible Wamba, ravagea la Septimanie qui avait voulu s’affranchir du joug des rois de Tolède. Wanda, ayant pris la ville de Nîmes, fit des incursions dans les territoires francs voisins. Viviers fut mise à sac, et c’était la cinquième ou sixième fois dans l’espace de deux-cents ans !
Le reste de son épiscopat fut employé à relever les ruines matérielles, morales et spirituelles.

Saint Firmin - Saint Aule - Saint Eumachius - Saint Longin

Saint Firmin, Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin,
priez pour l’Eglise diocésaine de Viviers,
priez pour le Vivarais,
et priez pour ceux qui, à votre exemple, doivent en protéger les fidèles
contre les invasions, contre l’ignorance religieuse,
contre l’esprit du monde et contre les nouvelles hérésies !

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