Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2017-80. Des Quatre-Temps.

Vendredi 22 septembre 2017,
Octave de Notre-Dame des Sept-Douleurs,
Mémoire du vendredi des Quatre-Temps d’automne,
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs de la Légion Thébaine,
Mémoire de Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce matin, après que mon papa-moine a mis son thé à infuser, je me suis installé – ainsi que je le fais souvent – à côté de son bol.
J’attendais, j’attendais, j’attendais…
Je regardais Frère Maximilien-Marie avec insistance…
Mais rien ne venait…

Lully et le jeûne des Quatre-Temps

Ah ! J’avais oublié les Quatre-Temps… et de toute façon, nous sommes vendredi, jour d’abstinence !
Il paraît que j’avais un air particulièrement dépité.
J’ai bien essayé d’attendrir Frère Maximilien-Marie, mais il a été intraitable : « Tu es un chat monastique : tu bénéficies de tous les « privilèges » de la vie religieuse et tu dois en assumer aussi les obligations quant à la pénitence ! »
Je n’ai donc pas eu ma lichette de beurre.
Frère Maximilien-Marie est de plus en plus strict pour l’observance des jours de jeûne et d’abstinence, parce que nous ne nous contentons pas des seules obligations imposées par le droit canonique actuellement en vigueur mais que, au Mesnil-Marie, nous avons repris la discipline et les usages monastiques antiques, ce qui fait que nous avons un peu plus du tiers de l’année en jours d’abstinence (et chez nous l’abstinence est la privation de tout met d’origine animale, ce qui englobe non seulement la viande mais aussi le poisson, les oeufs et tous les laitages), dont environ la moitié sont des jours de jeûne.

Alors, parce que vous aussi bien que moi avons tous besoin qu’on nous rafraîchisse la mémoire, je me suis décidé à vous rapporter ici ce que l’abbé Meusy expliquait à propos des Quatre-Temps dans son excellent « Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales » (deuxième édition, 1775).

pattes de chatLully.

Prière et jeûne pour la France

Histoire des Quatre-Temps :

« Plusieurs critiques prétendent que les Quatre-Temps ne sont point d’institution apostolique, parce que, disent-ils, dans les monuments ecclésiastiques, qui peuvent constater ce fait, nous n’en voyons aucun qui leur assure cette origine ; d’ailleurs, ajoutent-ils, Tertullien, Eusèbe, Saint Jérôme, qui ont parlé très souvent des jeûnes, ne font aucune mention de ceux des Quatre-Temps. Ces auteurs sont contredits par un grand nombre d’autres dont les preuves semblent décisives, au-moins pour ce qui regarde les Quatre-Temps de la Pentecôte & ceux du mois de septembre, qui paraissent remonter jusqu’aux Apôtres. Suivant le Père Thomassin, Saint Augustin parle des Quatre-Temps établis à Rome : Saint Chrysostome dit formellement que les Quatre-Temps après la Pentecôte viennent des Apôtres, & ce saint Docteur était très instruit des usages de l’Eglise. Saint Léon, dans ses Sermons des jeûnes du dixième mois (septembre), assure que les Apôtres ont établi les Quatre-Temps qu’on y observe, ex Apostolica traditione ; & il ajoute que ceux-ci ont été ordonnés immédiatement après la récolte, afin de nous apprendre à user sobrement des biens que nous recueillons, & à en faire part aux pauvres. Le saint Docteur dit encore que les Quatre-Temps ont été fixés dans les quatres saisons de l’année, pour expier par les jeûnes & la prière les négligences & les fautes qui nous échappent sans cesse. Les Quatre-Temps étaient observés universellement dans l’Eglise Latine au temps du Pape Grégoire VII.
Le Pape Gélase, sur la fin du cinquième siècle, fixa les ordinations des Prêtres & des Diacres aux samedis des Quatre-Temps & à la mi-Carême, ce qui distingua ces jours d’une manière particulière : cette fixation néanmoins ne fut pas rigoureusement observée ; on ordonnait souvent des Ministres pour l’Autel suivant le besoin de l’Eglise, & sans égard au temps. Grégoire III au huitième siècle, Urbain II au onzième, renouvellèrenet ce point de discipline ; il le fut encore sous ce dernier Pape par un décret du concile de Plaisance, qui fixa enfin les Quatre-Temps aux jours où ils s’observent encore ; de là est venue la coutume de regarder les Quatre-Temps comme des jours consacrés au jeûne & à la prière, dans la vue d’obtenir de Dieu de dignes Ministres des saints Autels.
Il y eut de la variété dans les différentes Eglises sur le jeûne des Quatre-Temps. Quoique ce jeûne fut au moins connu, suivant les uns, depuis Saint Léon, suivant d’autres depuis Saint Silvestre, probablement même depuis les Apôtres, il ne fut admis en France qu’au temps de Charlemagne. Ce Prince & Louis le Débonnaire son fils le prescrivirent dans leurs capitulaires. L’usage des jeûnes n’étant pas encore uniforme, Grégoire XII, au rapport du Micrologue, les fixa enfin comme nous les voyons. »

Catéchisme sur les Quatre-Temps

Demande. Qu’est-ce que les Quatre-Temps ?
Réponse. Ce sont des jours de jeûne que l’Eglise ordonne de trois mois en trois mois les mercredi, vendredi & samedi de la même semaine.
Nota. Ces jours de jeûne sont appelés les Quatre-Temps, parce qu’ils arrivent quatre fois par an.

D. Les Quatre-Temps sont-ils anciens dans l’Eglise ?
R. On croit que ceux de la Pentecôte & ceux du mois de septembre ont été établis par les Apôtres.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle ordonné le jeûne des Quatre-Temps ?
R. Pour trois raisons principales.

D. Quelle est la première raison qu’a eue l’Eglise en instituant les Quatre-Temps ?
R. C’est afin que les chrétiens sanctifient chaque saison de l’année par la pénitence de quelques jours.
Explication. L’Eglise voit avec douleur ses enfants se souiller par le péché ; ne pouvant les empêcher de se rendre coupables, elle s’empresse de leur fournir les moyens de cesser de l’être ; elle les rappelle à eux-mêmes, elle les engage à la pénitence ; & en les y contraignant, comme elle le fait par ses préceptes, elle leur apprend que la pénitence doit être pour eux un exercice de toute la vie, parce qu’ils sont toujours pécheurs.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour demander à Dieu de répandre ses bénédictions sur les biens de la terre, & pour le remercier de ceux qu’il nous a déjà accordés.
Explication. Combien de chrétiens qui ne pensent pas plus à remercier Dieu de ses bienfaits, que s’ils ne les tenaient pas de lui ? Serait-ce par l’ingratitude qu’on mériterait de nouvelles grâces ? Combien ne nous en fait-il pas sans cesse ? Je ne parle pas ici des dons surnaturels, je ne parle que des biens temporels que sa bonté nous accorde. C’est sa providence admirable qui nourrit tous les hommes & qui pourvoit à tous leurs besoins ; il est donc bien juste de le remercier & de lui demander de continuer à répandre ses bénédictions sur les biens de la terre ; les Quatre-Temps sont établis pour cette fin.

D. Qu’elle est la troisième raison ?
R. C’est de prier Dieu d’accorder de saints ministres à son Eglise.
Explication. Il y a longtemps que les ordinations des ministres de l’autel sont fixées aux Quatre-Temps : l’Eglise a voulu intéresser tous les fidèles à prier pour les ordinants, & à demander unaniment à Dieu de saints ministres qui concourent également à sa gloire & au salut des âmes. Tout le monde y est intéressé, parce que le salut ou la réprobation des chrétiens dépendent du succès du ministère des prêtres.

D. Que doit-on faire pendant les Quatre-Temps pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut se renouveler dans l’esprit de pénitence, remercier Dieu des biens temporels qu’il nous a accordés, & former la résolution d’en faire un saint usage.

D. Que doit-on faire particulièrement les samedis des Quatre-Temps ?
R. Il faut faire quelques œuvres de piété pour ceux qui reçoivent les saints ordres.

Catéchisme des fêtes abbé Meusy

2017-77. D’un pèlerinage à l’ermitage d’Ucel.

15 septembre,
Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Coeur de Marie aux sept glaives

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion et du Mesnil-Marie, j’ai décidé de vous « emmener » en pèlerinage dans un lieu remarquable de notre Vivarais, au moyen des photographies réalisées dimanche dernier, 10 septembre 2017, par Frère Maximilien-Marie.
Notre Frère connaît bien cet endroit, où il se rendait souvent lorsqu’il était adolescent puis jeune adulte, mais où il n’était pas retourné depuis le dimanche de la Passion 12 mars 1989, date à laquelle il y avait conduit les jeunes religieux dont il avait alors en charge la formation.

Ce lieu est un ermitage pluriséculaire situé sur la paroisse d’Ucel.
Ucel est un village millénaire à moins d’une lieue d’Aubenas et moins d’une lieue de Vals-les-Bains : un château féodal construit au XIème siècle sur une éminence qui domine une courbe de la rivière Ardèche est à l’origine du bourg et de la paroisse. En bonne partie détruit par les troupes du comte Raymond IV de Toulouse, en 1213, le château ne fut pas reconstruit et ses éléments ruinés ont servi de carrière pour la reconstruction du village ancien.
L’ermitage, sis sur les flancs escarpés d’un vallon au nord de l’ancien site castral, n’en est distant que d’environ un quart de lieue. La construction de nombreuses maisons à la fin du XXe siècle l’ont encore considérablement rapproché de la zone d’habitation ; il demeure néanmoins un lieu de recueillement et de paix, fort heureusement !

Frère Maximilien-Marie avait résolu de s’y rendre en pèlerinage ce 10 septembre parce que nous étions dans la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs et que justement la chapelle est dédiée à la Mère des Douleurs.

Ermitage Ucel 1

Arrivé à la limite de la zone d’habitation et de la route goudronnée, Frère Maximilien-Marie a laissé la voiture et, muni d’une canne, s’est engagé sur le chemin de l’ermitage : la première partie du chemin est relativement plane, mais bientôt l’on parvient a un embrachement. C’est là, du côté droit, que se trouve le chemin plus escarpé et plus caillouteux qu’il faut emprunter pour monter vers l’ermitage.

Ermitage Ucel 2

Bordé de rochers parfois imposants sur la droite, et d’une pente parfois bien raide sur la gauche, le sentier, parfois empierré s’étire sous les châtaigniers et les chênes, et au milieu d’arbustes typiques de la Cévenne vivaroise.

Ermitage Ucel 3

Frère Maximilien-Marie marchait très lentement, appuyé sur sa canne : il a récité en montant un chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici) qu’il achevait au moment où il est arrivé à ce replat où l’on aperçoit une croix de fer, peinte en blanc, scellée dans un rocher du bord du chemin : 

Ermitage Ucel 4

Un peu plus loin, dans un rocher en surplomb, une niche a été sculptée pour y placer une statuette émaillée de la Vierge à l’Enfant :

Ermitage Ucel 5

Et c’est à ce moment que l’ermitage se découvre à vos regards.
A cet endroit le rocher constitue une véritable muraille sur votre droite : au début haute de quelque 3 mètres elle va en s’élevant plus encore.

Ermitage Ucel 6

Selon une légende, Blanche d’Ucel, épouse de Raymond, seigneur d’Ucel au début du XIIIème siècle, aurait péri lorsque le château aurait été pris et en bonne partie détruit par les troupes de Raymond IV de Toulouse en 1213. Son époux aurait voulu l’ensevelir en ce lieu retiré et aurait érigé la chapelle au-dessus de sa tombe, ainsi que l’ermitage attenant. Il aurait alors légué l’ermitage et les terres qui l’entourent à des ermites pour qu’ils se succèdent ici, priant pour le repos de l’âme de Blanche et de sa propre âme.

Les historiens n’accordent aucun crédit à cette légende et affirment que ce n’est que vers 1471-1475 que l’ermitage aurait été bâti par noble Raymond de Serre (ou du Serre) co-seigneur d’Ucel.

Ermitage Ucel 7

Les ermites se sont succédé ici jusqu’à la révolution où l’ermitage fut dévasté.

En 1955, grâce en particulier au zèle de Monsieur l’abbé Jean Charay, historien d’Aubenas et de ses environs, conservateur des antiquités et objets d’art du département de l’Ardèche, l’ermitage fut restauré et un moine revint s’y installer.
Lorsque Frère Maximilien-Marie était adolescent, l’ermite qu’il avait plaisir à rencontrer était le Rd Père Yvan de Pontbriand, prêtre, bénédictin venu de l’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire, en Morvan (+ 11 novembre 2015).

Sur la photo ci-dessous, on voit bien la porte d’entrée de la chapelle, à laquelle on accède par quelques marches, et au-dessus de laquelle se dresse le campanile avec sa petite cloche.
La porte de l’ermitage se trouve en contrebas, tout à gauche, et permet d’entrer dans la zone de clôture.

Ermitage Ucel 8

Du côté de la colline, le rocher formant muraille que l’on a longé en arrivant atteint ici une grande hauteur et forme une sorte de corniche qui  domine et abrite l’ensemble des bâtiments de l’ermitage :

Ermitage Ucel 9

« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer… »
Paul Claudel : « La Vierge à midi » (in « Poèmes de guerre » 1957). 

Ermitage Ucel 10

Dans la niche qui surplombe le larmier de la porte, une Piéta a été installée lors de la restauration de l’ermitage.

Ermitage Ucel 11

La chapelle est toute petite. Il eut fallu que Frère Maximilien-Marie eût un objectif permettant une prise de vue en très grand angle pour pouvoir « la faire entrer tout entière » dans un cliché.
Voici néanmoins ce qu’il a pu réaliser en se trouvant sur le seuil.

L’autel est correctement orienté.
Le tabernacle n’abrite malheureusement pas la Sainte Présence Eucharistique de Notre-Seigneur.
Un double degré et une porte communiquent avec l’intérieur de l’ermitage.

Ermitage Ucel 12

Du côté de l’épître, sous le vitrail (caractéristique du style que certains ecclésiastiques affectionnaient en 1955 et qui a très mal veilli), se trouvent un bas-relief endommagé et un bénitier brisé, à coté du bénitier qui fut mis en place lors de la restauration :

Ermitage Ucel 13

Détail du bas-relief : on distingue deux personnages assez grossièrement figurés, qui tiennent un blason dont le contenu est assez difficile à décrire.

Ermitage Ucel 14

Du côté de l’Evangile, une gracieuse niche de style gothique est occupée par une reproduction de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir devant laquelle sont disposées une veilleuse et des bougies.

Ermitage Ucel 15

Dans le mur du fond de la chapelle une niche [dans laquelle est placée une espèce de « boite aux lettres » qui permet aux visiteurs de déposer leurs intentions de prière ou leurs messages à l’adresse de l’actuel ermite, frère Serge-Marie] est surmontée d’une ouverture – habituellement obstruée par un volet – par laquelle l’ermite peut, depuis sa cellule, avoir une vue directe sur l’autel de la chapelle.

Ermitage Ucel 16

Frère Maximilien-Marie est resté un long moment en silence dans la chapelle. Il n’a pas cherché à rencontrer le père ou frère ermite qui occupe actuellement l’ermitage : il ne faut pas déranger les ermites !

Après un long moment de contemplation, comme enfermé dans le Coeur de la Mère des Douleurs et de toute Compassion, reprenant sa canne dans une main et son chapelet des Sept-Douleurs dans l’autre, notre Frère est reparti, non sans avoir eu l’immense bonheur de voir et photographier ce silène, qui après avoir voleté légèrement dans la chapelle, est venu se poser pendant près de trois quart d’heure sur la Bible qui reste à la disposition des visiteurs dans la chapelle :

Ermitage Ucel 17

Ce cliché n’exprime-t-il pas, chers Amis, ce qu’il convient que chacune de nos âmes accomplisse : « se poser » sur la Sainte Parole de Dieu pour la butiner et en extraire le suc nourrissant de la Révélation ; se reposer sur la Sainte Parole de Notre-Seigneur et s’abandonner à elle dans une sereine et absolue confiance ; cesser de papillonner des séductions du monde aux attraits de la sensibilité, pour s’établir longuement dans la méditation des mystères sacrés de notre magnifique religion, en laquelle seule sont les Vérités du salut.
C’est la grâce que je vous souhaite.

Belle, bonne et surtout très fervente fête
de Notre-Dame des Sept-Douleurs !

pattes de chatLully.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2017-76. Où, à l’occasion de la fête du Saint Nom de Marie, le Maître-Chat publie quelques réflexions et citations à propos de la décadence de la société, des invasions, et de la trahison des clercs.

Mardi 12 septembre 2017,
Fête du Saint Nom de Marie,
Anniversaire de la victoire de Vienne.

Je vous ai déjà entretenus, mes chers Amis, du sens et de l’origine de cette fête du Saint Nom de Marie (cf. > ici).
Dans l’exacte continuité de ce que j’écrivais alors, souffrez que je vous livre ci-dessous quelques réflexions et citations.

Ave Maria et lys

Pas le même Dieu !

Ce n’est pas parce que des non-catholiques (et parfois aussi des personnes qui se prétendent catholiques !) vous disent qu’ils ont une croyance en un Dieu unique, que, pour autant, ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont ipso facto « le même Dieu » que vous !
Avant de dire qu’ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont le même Dieu que vous, assurez-vous qu’ils croient à la Très Sainte Trinité et qu’ils confessent que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, est en même temps vrai Dieu et vrai homme : s’ils n’adhèrent pas à cela, quoiqu’ils prétendent être monothéistes, leur « dieu » n’est pas le vrai Dieu !

frise

Principe de non contradiction :

« Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose » (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 19-20).
Assurément, une chose peut être blanche aujourd’hui et d’une autre couleur demain. De même, cette chose est plus grande ou plus petite qu’une autre à un moment donné. Mais, il est impossible que ces déterminations apparaissent simultanément et s’appliquent du même point de vue à cette chose. Il est donc impossible qu’à la fois une chose soit et ne soit pas.

Il est impossible, sans porter atteinte au principe de non-contradiction, qu’un chrétien, un catholique, un prêtre ou un évêque professe que Jésus-Christ est Dieu, Fils de Dieu, consubtantiel au Père, qu’Il est mort sur la Croix en sacrifice de Rédemption, qu’Il est la Voie, la Vérité et la Vie, l’unique Sauveur des hommes, le fondateur de l’Eglise en dehors de laquelle il ne peut y avoir de salut… etc., et que ce même chrétien, catholique, prêtre ou évêque, affirme ensuite que « toutes les religions se valent », que « toutes les religions sont des voies de salut », que la secte mahométane est une véritable religion, alors que justement elle nie la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son sacrifice sur la Croix, et ne Le considère que comme un prophète préparant la venue de Mahomet !
Mais en fait ce qui est « impossible » selon la logique la plus stricte, nous le constatons dans les faits – hélas ! trois fois hélas ! –  quotidiennement en France, en Europe, dans le monde entier de nos jours… et dans la Sainte Eglise.

Conclusion :
Ces chrétiens, ces catholiques, ces prêtres et ces évêques soit ont moins de capacité de réflexion logique et d’intelligence que la plus fruste des huitres, soit sont des apostats plus ou moins conscients.

« Quos vult Jupiter perdere, dementat prius : Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison » (Boissonade de Fontarabie, adaptant librement Euripide).

frise

Extrait d’un courriel reçu :
« (…) je tenais à vous faire par d’une question, d’une inquiétude. A plusieurs reprises j’ai été confronté aux témoignages de personnes m’assurant que des musulmans souhaitant se convertir au catholicisme et s’informant auprès de prêtres parisiens sur la façon de devenir catholiques, ont eu pour seule réponse de rester dans leur religion. Comment cela est-il possible ? que peut-on faire ? »
Réponse de Frère Maximilien-Marie :
« (…) J’ai presque envie de vous demander sur quelle planète vous vivez [sourire] pour réaliser cela juste maintenant : malheureusement l’esprit d’erreur et de mensonge répandu dans l’Eglise depuis plusieurs décennies fait que ce qui semble vous étonner n’est pas un fait nouveau. Déjà lorsque j’étais au collège au début des années 70 du précédent siècle, les modernichons répandaient ce genre de calembredaines ! C’est pratiquement depuis la fin du concile V2 que beaucoup de clercs ou de fidèles pensent et affirment qu’il n’est nul besoin d’évangéliser et que chacun fait son salut dans sa religion. Contrairement à ce que prétend un document de V2 (qui n’a qu’un statut de « déclaration », et donc dans lequel ne se trouve aucun enseignement doctrinal magistériel), les mahométans n’adorent pas le vrai Dieu. Plusieurs oraisons du missel antique affirment qu’ils sont des païens (donc adorant un faux dieu). »

frise

Citation de Saint Vincent de Paul :

« Je crains fort que Dieu ne permette l’anéantissement de l’Eglise en Europe à cause de nos moeurs corrompues de tant de diverses opinions étranges que nous voyons s’élever de tous côtés et du peu de progrès que font ceux qui s’emploient pour tâcher de remédier à tous ces maux-là… »

Que dirait-il, près de quatre siècles plus tard en voyant l’état de l’Eglise en France, les ravages de l’hérésie en elle, l’invasion mahométane, le renouveau du paganisme, et ce que sont devenues les moeurs publiques ?

frise

Lorsque l’on refuse de se soumettre au Règne du Christ (et ce Règne divin passe par l’observation de tous Ses commandements), on finit fatalement par être sous le règne de l’Antéchrist, en ses multiples avatars.

Vous avez détesté tous ces attentats perpétrés à Paris, en France et en beaucoup d’autres endroits du monde, et vous avez crié : « Nous ne voulons plus de cela ! »
Ne vous leurrez pas, ils n’étaient qu’un prélude.
Quand la stratégie globale des combattants de ce faux dieu entrera dans une nouvelle phase de conquête destructrice, tout ce dont nous avons été témoins ces dernières années semblera, en comparaison, totalement dérisoire et insignifiant.

Lorsque les conducteurs des nations jadis chrétiennes et les hiérarques de la Sainte Eglise ne prêchent plus qu’une bouillie informe d’idées humanitaires et fraternalistes horizontales, en refusant de nommer l’origine du mal et d’en dénoncer les causes réelles, et – de ce fait – refusent de porter le fer rouge sur la plaie, dites-vous bien qu’en ces moments futurs que j’ai évoqué ci-dessus, ni les autorités civiles ni les autorités spirituelles ne seront là pour défendre vos églises contre la profanation, l’incendie et la destruction, pour défendre vos maisons contre le pillage, pour défendre votre propre vie, celles de vos enfants et celles de vos petits-enfants.
Vous serez alors terriblement seuls contre la barbarie.

Alors, ce ne sera plus le moment de se présenter en face des nouveaux fellouzes avec des « plus jamais ça », en brandissant de jolies petites pancartes « je suis ceci ou cela », et en scandant tous les slogans du « vivre ensemble ».

En revanche il faudra alors savoir ce que vous défendez et pour quoi vous le défendez : et si vous ne vous y êtes pas préparés physiquement, psychologiquement, moralement et – par dessus tout – spirituellement, dès aujourd’hui, vous ne résisterez ; vous ne tiendrez pas…

frise

Ecclesia Dei afflicta :

Situation affligeantissime et douloureuse de la Sainte Eglise qui fait que, lorsque des personnes viennent vers vous pour être instruites dans la foi et se rapprocher de Dieu et des sacrements, vous avez le devoir, en même temps que vous leur inculquez l’amour de la Sainte Eglise, de les mettre en garde contre ce que dit l’écrasante majorité des clercs, et de les dissuader de se rendre dans le plus grand nombre des paroisses, afin de ne pas être exposées au scandale et au naufrage dans la foi.

frise

Ils n’en ont pas…

Société d’émasculés que celle où, en réponse à l’égorgement des siens, on entasse des bougies et des nounours en peluche – « pour dire que nous n’avons pas peur » – , en attendant le prochain massacre et en continuant de se vautrer dans la veulerie de toutes les abdications intellectuelles et spirituelles.

frise

12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican

Jean III Sobiesky, vainqueur des Turcs à Vienne le 12 septembre 1683
(tableau monumental de Jan Mateiuko – Palais du Vatican, Salle Sobiesky)

frise

Vous connaissez vos actes de foi, d’espérance et de charité. Vous connaissez aussi votre acte de contrition.
Je vous propose aujourd’hui le texte d’une prière qui s’inspire du même principe : l’ « Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout ».

Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout :

« Mon Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, m’opposer à ce raz de marée de fausses croyances et de moeurs exogènes qui déferle sur le Royaume de France, avec la complicité, active ou tacite, de ceux qui ont usurpé le gouvernement depuis quelque deux siècles et de l’écrasante majorité de ses sujets devenus semblables à de stupides moutons de Panurge.
Mon Dieu, vrai Roi de France – ce Royaume en lequel Vous Vous êtes complu et que Vous avez comblé de tant de grâces de premier ordre, au moyen de sa royauté très chrétienne providentiellement instituée dans les fonts baptismaux de Reims – , accordez-moi, aujourd’hui et chaque jour, tant dans ma vie privée qu’aux regards de tous, de savoir toujours choisir les pensées, les mots, les gestes et les actes qui seront les plus conformes aux exemples de nos Saints et de nos Rois très chrétiens, pour résister aux modes intellectuelles de ce siècle décadent, combattre l’invasion d’une pseudo religion suscitée par l’antéchrist, lutter contre la secte satanique qui dirige la république, mener le combat spirituel et témoigner des merveilles de la civilisation catholique, dussé-je y perdre la vie d’ici-bas, pourvu que je conquière la couronne d’immortalité.  Ainsi soit-il ! »

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

frise

2017-75. Du dixième anniversaire du blogue du Maître-Chat Lully.

2007 – 10 septembre – 2017

Bon anniversaire gif

Dimanche 10 septembre 2017
XIVème dimanche après la Pentecôte, « dimanche de la divine Providence » ;
Mémoire de Saint Nicolas de Tolentino, grand thaumaturge de l’Ordre de Saint Augustin. 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est aujourd’hui même le 10ème anniversaire de ce blogue - auquel vous me faites l’honneur de porter quelque attention – , puisque j’ai publié mon premier article (celui-ci > Prologue) le 10 septembre 2007.
J’étais alors un tout jeune chat, et j’ai déjà eu l’occasion de vous raconter comment ce blogue est né d’une boutade de mon papa-moine (voir > ici).

Aujourd’hui, nos compteurs de statistiques ont enregistré pour ces dix années écoulées quelque 2.098.000 visiteurs et près de 3.330.000 pages consultées.
Le nombre de visites quotidiennes n’est jamais inférieur à 600, et il n’est pas rare qu’il dépasse le millier.
Mes lecteurs sont essentiellement Français, mais je suis aussi lu dans plusieurs pays d’Europe, dans les deux Amériques et au Proche Orient.

Il est de plus en plus fréquent que mon papa-moine, à l’occasion de déplacements, soit abordé en ces termes : « C’est vous le Chat Lully ? » Question à laquelle il répond en toute honnêteté et vérité : « Oh non ! Je ne suis que son humble secrétaire… »

Destiné au départ aux amis des débuts de notre humble Refuge Notre-Dame de Compassion, je dois dire aujourd’hui que mes publications m’ont valu la joie de faire la connaissance de très nombreuses personnes qui, nonobstant les distances géographiques, me sont devenues proches par l’esprit, par le partage des convictions spirituelles et légitimistes, par l’amitié et par la prière.

Je sais aussi qu’il n’y a pas que des amis qui me lisent mais que des opposants à nos idéaux viennent chercher dans ces pages les arguments sur lesquels ils veulent assoir leurs critiques et avec lesquels ils alimentent leur réquisitoire. « C’est de bonne guerre ! » (car nous sommes en guerre).
J’en ai parfaitement conscience. Je sais que ce peut même être apprécié comme une façon de « donner des verges pour se faire battre ». Ce n’est pourtant pas cela qui me fera taire : si je me tais, un jour les pierres crieront.
Avec la souveraine liberté et l’indépendance qui caractérisent les chats, je peux vous certifier que les oppositions et contradictions ne servent qu’à renforcer ma détermination et à me donner davantage de « gnaque ».

En me souhaitant un bon anniversaire de blogue, mon papa-moine m’a demandé de tenir encore cette place pendant de très nombreuses années.
Je lui ai bien sûr répondu que cela dépend uniquement des dispositions de la divine Providence, auxquelles je m’abandonne en toute confiance ainsi que nous le recommande tout particulièrement la péricope évangélique de ce quatorzième dimanche après la Pentecôte (cf. > ici).
Je lui ai demandé de réaliser une toute petite bande dessinée pour marquer cet anniversaire, en lui indiquant de manière très précise ce que j’y voulais voir figurer. Vous la trouverez ci-dessous.

Pour terminer, je veux remercier chat-leureusement tous mes lecteurs : ceux de la première heure et ceux qui, au fil des ans, sont venus en grossir le nombre.

Que le Bon Dieu vous bénisse et vous garde, mes chers Amis !

Patte de chat Lully.

Chat gif

BD 10 ans du Blogue du Maître-Chat Lully

Fleur de Lys

Lully à l'ordinateur !!!

Recette du Mesnil-Marie : Spaghettis aux courgettes.

Chats en cuisine

Cela fait presque deux ans que je n’ai pas publié de recette dans les pages de mon blogue !
J’ai décidé aujourd’hui de corriger cette carence en vous livrant, à la requête d’ailleurs de quelques unes de nos amies qui ont été informées de ce que nous avons mangé hier, les secrets de fabrication d’un plat très simple à préparer qui a régalé les convives que Frère Maximilien-Marie recevait à déjeuner : en apportant le plat sur la table, il leur a dit qu’il les prenait pour cobayes parce que c’était la première fois qu’il le réalisait… Mais les cobayes ont eu l’air de se régaler et, pour preuve, ils se sont resservis sans se faire prier !

Les quantités que je donne ci-dessous correspondent à une tablée de cinq hommes dotés d’un appétit d’ « homme normal » : ni obsédés par leur tour de taille et par la balance, ni émules de Gargantua !

Ingrédients :

- 300 grammes de spaghettis.
- 1 grosse courgette (elle pesait presque 2 kg avant d’être évidée de ses graines).
- 1 gros oignon.
- 25 cl de crème fraîche épaisse.
- 60 gr. de parmesan râpé.
- Huile d’olive, sel et poivre.

Préparation :

- Emincer l’oignon et le mettre de côté.
- Faire cuire les spaghettis « al dente », les égoutter et les réserver.
- Pendant que les spaghettis cuisent, râper la courgette après en avoir retiré les graines mais sans l’éplucher.
- Dans une grande poêle, un wok ou un fait-tout, mettre un fond d’huile d’olive, y faire dorer l’oignon et rajouter la courgette râpée en remuant régulièrement pour que tout soit bien également cuit : cuisson d’environ 10 minutes.
- Mélanger la crème fraîche et le parmesan râpé.
- Ajouter les spaghettis aux courgettes, bien mélanger, puis incorporer le mélange crème fraîche et parmesan.
- Salez et poivrez à votre convenance.

- Bien mélanger, laisser quelques minutes à feu doux, tout en remuant délicatement.
- Servir bien chaud.

Courgettes

Retrouver toutes les recettes du Mesnil-Marie publiées dans ce blogue en cliquant > ici

Publié dans:Recettes du Mesnil-Marie |on 9 septembre, 2017 |3 Commentaires »

2017-74. Jean ne savait point taire la vérité.

Sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin
sur
le martyre de Saint Jean-Baptiste

29 août,
fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Voici le texte d’un sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin qui, quoique prononcé à l’occasion de la nativité du Précurseur, développe, avec une certaine exubérance, les circonstances du martyre de Saint Jean-Baptiste.

Mattia Pretti - Jean Baptiste reprochant à Hérode son inconduite - 1665

Mattia Preti : Saint Jean-Baptiste reprochant à Hérode son inconduite (1665)

Jean ne savait point taire la vérité.

§ 1. Les chrétiens sont des agneaux au milieu des loups.

Notre Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ ne S’est pas contenté de nous arracher à la mort éternelle, Il a voulu aussi nous apprendre et nous commander, par les paroles du saint Evangile, la manière dont nous devons nous conduire ici-bas ; en effet, voici en quels termes Il S’exprime: « Voici que Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » (Matth. X, 16). N’est-ce point pour nous le comble du bonheur que notre Dieu, le pasteur et le maître des brebis, nous ait aimés jusqu’à nous permettre d’avoir leur simplicité, si nous vivons sincèrement pour Lui ?
Qu’Il soit le pasteur du troupeau, ces autres paroles nous en donnent la certitude : « Je suis le bon pasteur, le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean X, 11). C’est donc à bon droit qu’en raison de l’innocence de leur vie, Il compare Ses disciples à des brebis ; et Il donne, à non moins juste titre, le nom de loups à ceux qui, après Sa mort, ont cruellement persécuté les Apôtres et les fidèles attachés à Lui.
Comment nous conduire au milieu des bêtes sauvages ? Notre dévoué pasteur nous le dit : « Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes » (Matth. X, 16). Voici donc la volonté du Sauveur à notre égard : les colombes n’ont ni malignité, ni fiel ; elles ne savent point se fâcher : soyons, comme elles, à l’abri de la ruse méchante : n’ayons pas de fiel, c’est-à-dire n’ayons pas l’amertume du péché ; oublions les injures, et ne nous mettons pas en colère ; vivons si humblement en ce monde, que nous recevions, un jour, la récompense promise par Dieu à nos efforts.
Le Sauveur ajoute : « Et prudents comme des serpents » (Matth. X, 16). Qui ne connaît l’astuce du serpent ? S’il tombe au pouvoir d’un homme, et que cet homme veuille le tuer, il expose, aux coups de son adversaire, toutes les parties de son corps : peu lui importe de se voir blesser n’importe où, pourvu qu’il sauvegarde sa tête : c’est à quoi il veille avec toute l’adresse possible. Cette prudence du serpent doit nous servir de modèle : si donc, en temps de persécution, nous venons à tomber au pouvoir des ennemis de notre foi, exposons notre corps tout entier aux tourments, aux supplices, et même à la mort, pour conserver notre tête, c’est-à-dire le Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

§ 2 – Saint Jean fut jeté en prison pour avoir fait une légitime réprimande.

Au moment où tous les membres de son corps perdaient leur tête, saint Jean-Baptiste, dont la grâce du Christ nous permet de célébrer aujourd’hui la nativité, se réjouissait de se reposer dans le sein de la Divinité toute parfaite.
Entraîné par l’ardeur de ses passions, jusqu’à suivre, dans sa conduite, l’exemple des bêtes sauvages, Hérode avait souillé la couche de son frère : à ce moment-là, saint Jean, qui ne savait point taire la vérité, déclara formellement au roi que sa conduite était opposée à toutes les lois. Le roi avait fait des lois pour empêcher de pareils désordres, et il les enfreignait lui-même ! Si, par ses moeurs, il condamnait ses décrets et ses lois, les lois et le droit ne le condamneraient-ils pas à leur tour ?
En ce temps-là donc, pour ne point se trouver sans cesse en butte aux publiques, indépendantes et légitimes protestations de saint Jean, le libertin couronné avait fait mettre la main sur lui et l’avait fait jeter dans une obscure prison, où la loi divine devait être son unique soutien.
A cet événement vint s’en adjoindre un autre, l’anniversaire de la naissance de ce roi sacrilège : il réunit alors autour de lui les officiers et les grands personnages de son royaume, et il fit préparer un repas scandaleux pour ses compagnons de dévergondage sacrilège : en cette circonstance, la maison royale se transforma en cirque, si je puis m’exprimer ainsi.

§ 3 – Danse voluptueuse de la fille d’Hérodiade.

La fille du roi se présente au milieu du festin, et, par ses mouvements désordonnés, elle foule aux pieds le sentiment de la pudeur virginale.
Aussitôt, le père prend à témoins tous les compagnons de sa débauche, il jure par son bouclier, qu’avant de terminer sa danse joyeuse et ses valses, elle aura obtenu tout ce qu’elle lui aura demandé. La tête couverte de sa mitre, elle se livre, sur ce dangereux théâtre, aux gestes les plus efféminés que puisse imaginer la corruption ; mais voilà que tout à coup s’écroule le factice échafaudage de sa chevelure ; elle se disperse en désordre sur son visage : à mon avis, n’eût-elle pas mieux fait alors de pleurer que de rire ? Du théâtre où saute la danseuse, les instruments de musique retentissent ; on entend siffler le flageolet : les sons de la flûte se mêlent au nom du père, dont ils partagent l’infamie : sous sa tunique légère, la jeune fille apparaît dans une sorte de nudité ; car, pour exécuter sa danse, elle s’est inspirée d’une pensée diabolique : elle a voulu que la couleur de son vêtement simulât parfaitement la teinte de ses chairs. Tantôt, elle se courbe de côté et présente son flanc aux yeux des spectateurs ; tantôt, en présence de ces hommes, elle fait parade de ses seins, que l’étreinte des embrassements qu’elle a reçus a fortement déprimés ; puis, jetant fortement sa tête en arrière, elle avance son cou et l’offre à la vue des convives ; puis elle se regarde, et contemple avec complaisance celui qui la regarde encore davantage. A un moment donné, elle porte en l’air ses regards pour les abaisser ensuite à ses pieds ; enfin, tous ses traits se contractent, et quand elle veut découvrir son front, elle montre nonchalamment son bras nu.
Je vous le dis, les témoins de cette danse commettaient un adultère, quand ils suivaient d’un œil lubrique les mouvements voluptueux et les inflexions libertines de cette malheureuse créature.
O femme, ô fille de roi ! tu étais vierge au moment où tu as commencé à danser, mais tu as profané ton sexe et ta pudeur ; tous ceux qui t’ont vue, la passion en a fait pour toi des adultères. Infortunée ! tu as plu à des hommes passés maîtres dans la science du vice ; je dirai davantage : pour leur plaire, tu t’es abandonnée à des amants sacrilèges !

§ 4 – Corrupteur de cette jeune fille, assassin de Jean, Hérode tombe sous les coups de la justice divine et meurt.

O l’atrocité ! Le père lui-même se fait corrupteur de sa fille, et personne n’élève la voix contre lui ! J’entends protester contre toi, les lois, tes remords, et, aux yeux de ceux qui ont encore quelque respect pour la pudeur, la voix d’un mari !
Mais, je veux le juger moins sévèrement ; supposons qu’un reste d’honnêteté l’ait empêché de jeter sur sa fille des regards licencieux, il n’en reste pas moins évident qu’elle a dansé, et, à ce titre, son père l’a corrompue, et elle a conquis le coeur d’un incestueux. Il serait bien étonnant que la chasteté se montrât sous de pareils dehors !
O père, embrasse la femme de ton frère : mais tu as sacrifié un père à la passion du sang. Elle t’enseigne à faire tomber la tête de Jean, car tu méprisais les avertissements du martyr, et ne pouvais goûter le bonheur de la chaste innocence.
O race ! O moeurs ! O nom ! O erreur sans remède ! c’est donc à juste titre que, comme le disent nos divines Ecritures, « tes membres sont tombés en putréfaction, et que les vers y ont trouvé leur pâture » (cf. Act. XII, 23). Ta fille a eu la tête coupée par la glace, et ta femme illégitime est morte aveugle.
Ainsi Dieu retranche-t-Il l’homme de blasphème ; ainsi disparaît le péché ; ainsi se trouve vengée la sainteté de la vie.
Pour nous, qui aimons la chasteté et la paix, conjurons tous le Seigneur de nous préserver des moindres atteintes du libertinage. Ainsi soit-il.

Mattia Preti - Salomé avec la tête de Jean

Mattia Preti : Salomé recevant la tête de Saint Jean-Baptiste (vers 1630-1640)

2017-70. Deuxième anniveraire de la Confrérie Royale.

Mercredi 23 août 2017,
Vigile de Saint Barthélémy, apôtre ;
Anniversaire de la naissance de SM le Roi Louis XVI (23 août 1754).

armoiries confrérie royale

Bien chers Amis,

Il y a deux ans, nous vous informions de la fondation de la Confrérie Royale (cf. > ici). Depuis lors, ce mouvement spirituel poursuit son développement.
Ainsi, à ce jour, la Confrérie Royale dispose de deux blogues :

- le blogue « Confrérie Royale« , sur lequel on trouve des publications quotidiennes diverses (nouvelles, réflexions, informations… etc.) : voir > ici
- le blogue « L’Ami de la Religon et du Roi« , avec lequel on peut s’abonner à la lettre de liaison et d’exhortation ou d’approfondissement publiée à l’occasion du 25 de chaque mois : voir > ici 
Elle administre aussi une page Facebook > ici

A la veille de son deuxième anniversaire, la Confrérie Royale réunit 74 membres, répartis en quatre catégories :
- les membres voués (35 à ce jour), fidèles de l’Eglise catholique romaine qui prononcent le Voeu de Consécration à la Couronne de France.
- les membres simples, fidèles de l’Eglise catholique romaine qui s’engagent, sans voeu, à prier quotidiennement pour le Roi et la France, en particulier par la récitation du triple angélus.
- les membres associés, non-catholiques qui associent leurs prières à celles de la Confrérie Royale, ou catholiques qui ne s’engagent pas formellement au triple angélus.
- les sympathisants, inscrits aux divers média de la Confrérie Royale (par exemple : plus de 280 personnes sont inscrites pour en recevoir la lettre mensuelle).

Notez enfin que plus d’une douzaine d’ecclésiastiques, prêtres ou religieux, sont membres de la Confrérie Royale.

A l’occasion du deuxième anniversaire de la fondation de la Confrérie Royale, Monsieur le Grand Prieur, célèbrera à Paris une sainte Messe (selon le rite latin traditionnel, évidemment) ce vendredi 25 août 2017, à 10 h 30, en l’église Saint-Germain l’Auxerrois (qui était l’église paroissiale de nos Souverains lorsqu’ils résidaient au Louvre ou aux Tuileries).

Cette sainte Messe n’est pas réservée aux seuls membres de la Confrérie Royale : toutes les personnes présentes à Paris ce 25 août, et qui souhaitent prier pour le Roi et pour la France en cette fête de Saint Louis, y sont bien évidemment chaleureusement invitées.

25 août 2017 Saint Germain l'Auxerrois

Et pour tout autre renseignement sur la Confrérie Royale, son organisation et les engagements qu’elle propose, voir > ici

fleur de lys gif2

2017-65. « Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance… »

Mercredi 19 juillet 2017,
Fête de Saint Vincent de Paul (cf. > ici).

Il y a deux jours, je vous donnais un compte-rendu de la journée de mémoire et de pèlerinage organisée par le Cercle Légitimiste du Vivarais ce dernier 14 juillet, à l’occasion de l’anniversaire du massacre des prêtres et des fidèles serviteurs de Dieu et du Roi le 14 juillet 1792 et les jours alentour dans le sud du Vivarais (cf. > ici), et je vous promettais la publication de l’homélie prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qui fut célébrée par Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale.
Voici donc aujourd’hui ce texte qui mérite d’être lu avec attention et médité dans un profond recueillement.

Sermon 14 juillet 1

frise lys deuil

« Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance… »

Chers Amis,

L’occasion de notre pèlerinage en ce jour ne diffère pas fondamentalement de celle qui nous réunit chaque 21 janvier. Au dernier pèlerinage au Puy, à l’Ascension, nous vous avons expliqué pourquoi « Le Roi et la France, c’est tout un ». Aujourd’hui, nous célébrons le martyre des membres de ce Corps mystique du Royaume que furent les ecclésiastiques, les aristocrates et les bons Français assassinés par les terroristes de l’époque ; le 21 janvier, tout est réuni dans la commémoraison du sacrifice de celui qui en est la tête. Que l’on s’attaque à la tête ou aux membres, c’est la même personne mystique (la France catholique et royale) que l’on outrage.

Me permettrez-vous de reprendre les paroles du pape Pie VI aux cardinaux réunis en consistoire à Rome, le 11 juin 1793, dix-huit ans jour pour jour après le sacre du roi Louis XVI ? En pleurant la mort du roi très-chrétien, et en s’élevant au-dessus des contingences dramatiques de cette seule année, le Souverain Pontife y inclut tous les autres martyrs dans une magnifique et courageuse analyse d’un mouvement né bien plus tôt. Ses paroles restent aujourd’hui d’une brûlante actualité.

« Dès le commencement de Notre Pontificat, prévoyant les exécrables manœuvres d’un parti si perfide, Nous-même annoncions le péril imminent qui menaçait l’Europe. […] Si l’on avait écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires », « une conjuration impie ».

Car la mise à mort du roi et l’extermination en règle de ses loyaux sujets en pleine Révolution (appelée Perturbation par la sainte Liturgie) n’est pas « l’acte isolé d’un déséquilibré » selon l’expression aujourd’hui consacrée par la grosse presse, mais un attentat contre Dieu Lui-même, à chaque fois que la dignité d’un innocent est bafouée, et d’autant plus quand cet innocent défend l’économie divine et l’ordre chrétien, à la suite du premier contre-révolutionnaire : saint Michel.

« Ces hommes dépravés », « la portion la plus féroce de ce peuple », « tant de juges pervers et tant de manœuvres employées » ont éliminé tous les piliers, aussi humbles soient-ils, de cette construction magnifique de la Chrétienté en France, qui alliait Dieu et la France, le Trône et l’Autel, la nature et le surnaturel. Le roi fut sacrifié « non pour avoir commis un crime, mais parce qu’il était Roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes », et ses sujets fidèles, parce qu’ils étaient de fidèles sujets, dénonçant, activement ou passivement, la tyrannie des serviteurs du premier Révolutionnaire, du père du mensonge, « celui qui est homicide depuis le commencement ».

« D’après cette suite ininterrompue d’impiétés qui ont pris leur origine en France, aux yeux de qui n’est-il pas démontré qu’il faut imputer à la haine de la religion les premières trames de ces complots qui troublent et ébranlent toute l’Europe ? Personne ne peut nier que la même cause n’ait amené la mort funeste de Louis XVI. […] Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ? », et les héros que nous commémorons aujourd’hui, ses compagnons ?

« Tous les Français qui se montraient encore fidèles dans les différents ordres de l’État […] étaient aussitôt accablés de revers et voués à la mort. On s’est hâté de les massacrer indistinctement ; on a fait subir les traitements les plus barbares à un grand nombre d’ecclésiastiques, sous les bannières tricolores et au chant de La Marseillaise, que l’on veut nous vendre aujourd’hui pour drapeau et hymne nationaux ! On a égorgé des Évêques… Ceux que l’on persécutait avec moins de rigueur se voyaient arrachés de leurs foyers et relégués dans des pays étrangers, sans aucune distinction d’âge, de sexe, de condition par les ancêtres spirituels des prétendus antiracistes… On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ! Et cependant la seule religion catholique était proscrite, comme dans l’empire romain païen depuis Néron.

Or, l’Église enseigne que « la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique ».

« Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. Ils ne pouvaient trouver aucune sûreté dans les États voisins où ils étaient venus chercher asile … Tel est le caractère constant des hérésies. Tel a toujours été, dès les premiers siècles de l’Église, l’esprit des hérétiques ». C’est hélas ce que, peu à peu, est en train de redécouvrir l’Europe.

Alors que, souvent sans connaître les horreurs qui en sont l’acte de naissance et – il faut bien l’avouer – la marque de fabrique, beaucoup de Français se réunissent aujourd’hui pour fêter la Révolution et le régime qui en est la fille aînée, il nous faut entendre résonner encore à nos oreilles, à deux cents ans de distance : « Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? » ; « N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur […] devant […] le spectacle que l’on vit », entre autres, beaucoup d’autres, aux Vans en juillet 1792 ? 

Quand la Royauté très-chrétienne se fondait sous l’infusion baptismale de saint Remi aux fonts baptismaux de Reims, la Révolution commence, elle, dès le début par les assassinats : lorsque le gouverneur de la Bastille est décapité le 14 juillet 1789 avec ses soldats, il illustre malgré lui à merveille la coupable bêtise de tous les Chrétiens qui capitulent devant le mal au nom de prétendus bons sentiments : « Ne voyons pas le mal partout, faisons confiance aux ennemis de l’Église ! » et à ces patriotes qu’on a vu à la Messe… constitutionnelle, c’est-à-dire du culte schismatique d’État. Regardez donc ces loups, ils ont de si beaux pelages d’agneaux ! Cette attitude se renouvelle hélas face à tous les adversaires du nom chrétien : athéisme, laïcisme, islamisme. Et nos nouveaux Marquis de Launais finiront comme lui, après avoir par leur faute laissé ruiner toute la société, tout le bien commun…

« Il est impossible de ne pas être pénétré d’horreur quand on n’a point abjuré tout sentiment d’humanité ». Nous le savons, beaucoup, même chez les pieux Catholiques, ne sont aucunement « pénétrés d’horreur », justement parce qu’ils ont « abjuré tout sentiment d’humanité », de même pour les Français qui ne sont pas scandalisés par le « crime abominable » de l’avortement (selon les paroles du concile Vatican II lui-même, pourtant généralement abondamment cité), crime qui est, selon le pape François, « le mal absolu », affirmation elle aussi bien peu reprise par ses thuriféraires.

Après la récente mort de l’initiatrice officielle du massacre légal de masse des enfants dans le ventre de leur mère, plus petits sujets de l’ordre naturel divin, ne peut-on voir dans nos prétendues élites – il y a quarante ans comme lors de la dernière campagne électorale – les dignes successeurs de ces « ci-devant Chrétiens constitutionnels », qui pour ne pas paraître s’opposer à la Révolution en marche, donnent des gages à ses partisans les plus enragés en les dépassant dans l’horreur ? En allant jusqu’à s’indigner d’avoir pu être ne serait-ce que soupçonnés d’avoir été défenseurs de la vie ? En exhibant leur participation positive à chacun des votes étendant, législature après législature, le massacre ?

Alors que sous la Révolution, tout le monde avait peur, les Révolutionnaires les premiers, au sein d’un courant qu’ils ne maîtrisaient pas vraiment, de nos jours : combien se soucient vraiment des nouvelles victimes de la fille de la Révolution, toujours aussi avide de sang ? Combien de temps notre société endormie s’habituera-t-elle à certains massacres, par un silence criant, tandis que d’autres sont quant à eux très régulièrement sur les lèvres des journalistes et hommes de pouvoir ?

N’attirent-ils pas à chaque instant la colère du Ciel, tel le sang d’Abel ? Plus d’un avortement par seconde dans le monde ; un toutes les 11 secondes en France, soit 327 avortements depuis une heure, et 7800 ce soir. Lorsque Mère Teresa lançait au monde : « Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître », ne s’agit-il pas encore une fois d’« instaurer et restaurer sans cesse », selon le mot de saint Pie X aux évêques français, « la cité catholique, la civilisation chrétienne » qui seule promeut le vrai respect de la vie humaine, consacrée par l’Incarnation du Fils de Dieu ? La Sainte Église n’est-elle pas aujourd’hui (pas par tous ses membres, hélas) presque l’unique défenseur du caractère sacré de la vie humaine innocente ? Le seul obstacle aux actuelles politiques mondiales ?

« Quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit [de] Chrétien[s] qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières », cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, à savoir la tranquillité de l’ordre, de l’ordre voulu par Dieu, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance, ce qui sera bientôt manifesté, nous l’espérons, par le passage de la couleur noire des ornements à la couleur rouge, le jour où Rome aura le courage d’appeler « saints » ceux que Pie VI appelait déjà « martyr[s] pour la foi ». La plus belle et importante sentence de l’allocution pontificale est celle-ci : « Qui pourra jamais douter que ce monarque (et j’ajoute : et tous ses compagnons, ainsi que leurs successeurs) n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? », notamment aujourd’hui celui du respect de la vie de la conception à la mort naturelle.

Face aux paroles racistes d’un hymne célèbre, le pape Pie VI parle bien lui-même de (je cite) « l’effusion d’un sang si pur ». Et souvenons-nous que le roi-martyr s’était exclamé, et nos héros avec lui : « Je meurs innocent des crimes que l’on m’impute, et je prie afin que mon sang ne retombe pas sur la France ». Ses sujets ne disaient pas autre chose. Et nos petits martyrs de chaque seconde, ne les entendez-vous pas s’écrier la même chose, nouveaux fils de Rachel et saints Innocents de Bethléem, le crime invoqué étant pour eux la maladie ou la simple gêne d’un confort hédoniste et égoïste !

Ces paroles que je vous ai livrées, et qui en scandalisent sans doute plus d’un aujourd’hui, sont les paroles-mêmes du Souverain Pontife ayant affronté la Révolution. Quand bien même les lâches deviendraient majoritaires parmi les Catholiques, « serions-Nous obligés pour cela de changer de sentiment au sujet de [leur] martyre ? », demandait ce pape. « Non, sans doute, répondrons-nous avec lui, car si Nous avions eu pareil dessein, Nous en serions détournés […] par [leur] mort-même[…] en haine de la religion catholique ; de sorte qu’il paraît difficile que l’on puisse rien contester de la gloire de [leur] martyre ».

Pour terminer, voici l’inégalable conclusion du discours papal aux princes de l’Église : « Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l’inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marches pas à la suite des autres nations, mais les précèdes toutes : que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !

Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! […]

Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fût pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. […]

Ô jour de triomphe pour Louis XVI [et tous ses compagnons], à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de [leur] supplice ! Nous avons la confiance qu’il[s ont] heureusement échangé une couronne royale toujours fragile, et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les Anges ont tissé de lys immortels. […]

« Laissons donc, écrit avec douleur le Père commun, ce peuple révolté s’endurcir dans sa dépravation puisqu’elle a pour lui tant d’attraits, et espérons que le sang innocent de Louis crie en quelque sorte et intercède pour que la France reconnaisse et déteste son obstination à accumuler sur elle tant de crimes, et qu’elle se souvienne des châtiments effroyables qu’un Dieu juste, Vengeur des forfaits, a souvent infligés à des Peuples qui avaient commis des attentats beaucoup moins énormes.

Telles sont les réflexions que Nous avons jugées les plus propres à vous offrir quelques consolations dans un si horrible désastre ». Fin de citation.

Face en effet à tous les attentats contre la vie humaine innocente et tous les martyres niés, méprisés et oubliés, les Légitimistes seront toujours là pour entretenir la fidèle mémoire, honorant le sacrifice des uns, publiant le crime des autres, expiant pour ceux-là en vue de la restauration de l’ordre et du bien outragés, et de la conversion des bourreaux et de leurs complices en vue de leur éviter des peines éternelles. Comment ne pas penser aux paroles de N.S. : « Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront ! » (Luc. XIX, 40) ?

Les fidèles Catholiques français attachés à l’ordre très-chrétien de leur Patrie terrestre sont de ces pierres qui crient, et font honneur au nom français au milieu de notre époque bien trouble. Comme le rappelle souvent S.M. le Roi, il ne s’agit pas de nostalgie, mais de fidélité à Dieu en trois Personnes, à Son lieutenant sur terre, à ses fervents et bons sujets s’étant conduits en héros, en un mot à ces principes qui continuent d’inspirer toute notre conduite et chacune de nos actions.

Avec le premier pape, sur les écrits duquel je tombais hier, écrions-nous : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon Sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps! C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, Lui Que vous aimez sans L’avoir vu, en Qui vous croyez sans Le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.

Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations […]. Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Evangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards » (I Petr. I, 3). Ainsi soit-il.

Sermon 14 juillet 2

frise lys deuil

2017-62. D’un fervent pèlerinage sur les pas de nos héros et de nos martyrs.

Lundi 17 juillet 2017,
Fête des Bienheureuses Carmélites martyres de Compiègne (cf. > ici).

Massacre des prêtres aux Vans 12-14 juillet 1792

Gravure de la fin de l’année1792 illustrant le massacre des prêtres aux Vans le 14 juillet précédent
ainsi que l’exécution du comte François-Louis de Saillans le 12 juillet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est désormais une tradition : chaque 14 juillet, Frère Maximilien-Marie et les membres du Cercle Légitimiste du Vivarais, ainsi que quelques autres personnes sympathisantes, commémorent les terribles événements du mois de juillet 1792 dans le sud du Vivarais.

J’ai déjà eu l’occasion de publier (par exemple > ici) quelques textes relatifs aux Camps de Jalès, dont le dénouement tragique, à peine un mois avant l’attaque des Tuileries et l’emprisonnement de la Famille Royale (cf. > ici ou ici), fut l’occasion d’épouvantables massacres, en particulier ceux du comte François-Louis de Saillans et de plusieurs ecclésiastiques, fidèles et courageux serviteurs de Dieu et du Roi.

Monsieur de Saillans fut assassiné aux Vans, petite ville de l’ancien diocèse et duché d’Uzès aujourd’hui rattachée au Vivarais, au soir du 12 juillet 1792 avec Messieurs les abbés Pradons et Boissin, ainsi que le vétéran Nadal et un domestique du comte.
Deux jours plus tard, au même lieu, furent sauvagement exécutés neuf prêtres dont le seul crime était d’avoir refusé le serment schismatique : ils s’étaient retirés dans une grotte isolée sur le territoire de la paroisse voisine de Naves, et y menaient une vie de prière et de pénitence dans l’espérance de jours meilleurs pour l’Eglise de France…

Ce 14 juillet dernier donc, plus de vingt-cinq personnes venues de l’Uzège, de la vicomté de Nîmes, du Dauphiné, du Velay et du Vivarais, se sont retrouvées dès 9 h du matin aux Vans.
Après avoir bénéficié des explications et commentaires de l’historienne locale sur la vieille ville, son histoire, ses maisons remarquables et son église, nos pèlerins se sont rendus sur la place qui porte aujourd’hui le nom de Léopold Ollier, au pied de la grande croix, dite Croix de la Grave, érigée en l’honneur des victimes de la révolution massacrées en ce lieu.

Les Vans - croix de la Grave

Les Vans : la « Croix de la Grave » marque le lieu du martyre du comte de Saillans
et des onze prêtres fidèles qui furent horriblement massacrés par les révolutionnaires.

Comme il n’existe plus aucune inscription lisible qui explique la raison de l’implantation de cette croix et que la liste des victimes n’y figure pas non plus, il n’est pas inutile de la donner ici :

Massacrés le 12 juillet 1792 :
- François-Louis, comte de Saillans.
- son domestique.
- Nadal, soldat vétéran.
- Abbé Joseph Boissin.
- Abbé Pradons, curé de Bannes.

Massacrés le 14 juillet 1792 :
- Abbé Henri-Claude Clémenceau de La Bouillerie, natif de Rennes, curé de la cathédrale Saint-Castor à Nîmes (il est le grand oncle du fameux Georges Clémenceau).
- Abbé Michel Faure, natif de Chamaury à Saint-Martial (hameau voisin du Mesnil-Marie), curé de Mons (diocèse d’Alais).
- Messieurs Claude Bravard, natif d’Arlanc, et Victor-Pierre Lejeune, natif d’Orléans, tous deux prêtres de Saint-Sulpice et directeurs au séminaire Saint-Charles d’Avignon.
- Abbé Jean-Laurent Drome, natif de Vers (diocèse d’Uzès), vicaire de St-Victor-la-Coste.
- Abbé Jean Bonijol, natif de Nîmes, chanoine de la cathédrale d’Uzès.
- Abbé Jacques Montagnon, natif de Genolhac, curé de Valabri près de Bagnols.
- Abbé Victor Nadal, natif de Bannes, curé d’Apailhargues (diocèse d’Uzès).
- Abbé Jean-Matthieu Novi, jeune prêtre natif des Vans, vicaire d’Auzac, exécuté sous les yeux de son propre père.

Chambonas

Chambonas : vue générale
Sur l’avant du château on distingue l’église romane dédiée à Saint Martin
et le prieuré qu’avait reconstruire l’abbé Claude Allier

Après s’être recueilli au pied de cette croix, le groupe s’est rendu à Chambonas, paroisse dont l’abbé Claude Allier, instigateur et âme des Camps de Jalès (cf. > ici), fut le curé-prieur.

Eglise de Chambonas extérieur

Chambonas : l’église Saint-Martin
Le chevet, le côté nord et la façade « côté cour » du presbytère de l’abbé Claude Allier

Eglise et presbytère de Chambonas

Chambonas : le presbytère reconstruit par l’abbé Claude Allier « côté jardin »
le clocher et la toiture de l’église Saint-Martin au sud. 

Eglise de Chambonas intérieur

Chambonas : intérieur de l’église Saint-Martin

Avec l’aimable autorisation du prêtre desservant, Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale, présent à cette journée, chanta une Sainte Messe de Requiem à la mémoire des victimes de la révolution. Vous pouvez retrouver le texte de sa prédication > ici.
Ce fut un moment d’une grande ferveur.

Messe de Requiem pour les victimes de la révolution 1

Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire des victimes de la révolution,
célébrée par Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale ce 14 juillet 2017.

Sainte Messe de Requiem pour les victimes de la révolution 2

L’élévation de la Sainte Hostie.

Messe de Requiem l'absoute

L’absoute à la fin de la Sainte Messe de Requiem

Monogramme de l'abbé Claude Allier à la porte du presbytère de Chambonas

Monogramme de l’abbé Claude Allier au dessus de la porte d’entrée du presbytère de Chambonas

Après le temps des nourritures spirituelles, vint celui des nourritures terrestres : nos pèlerins se rendirent en convoi jusqu’à la Commanderie de Jalès et pique-niquèrent sous les tilleuls de l’allée nord, avant de parcourir les vestiges de ce haut-lieu dont le nom résume trois années d’épisodes contre-révolutionnaires dans le sud du Vivarais.

Jalès vestiges du porche fortifié

Commanderie de Jalès : les vestiges du porche fortifié.

Jalès la cour d'honneur

Commanderie de Jalès : ce qui fut jadis la cour d’honneur.

Jalès porte de la chapelle

Commanderie de Jalès : l’ancienne porte d’entrée de la chapelle du XIIe siècle
depuis la cour d’honneur.

Le convoi se reforma et nos pèlerins prirent la route de Joyeuse, l’ancienne cité ducale dont la légende rapporte qu’elle doit son nom à l’épée de Charlemagne.

Ici, il s’agissait de vénérer le lieu où fut exécuté le chanoine Clément de La Bastide de La Molette, ancien officier entré dans les ordres, chanoine de la cathédrale d’Uzès, qui s’était engagé aux côtés du comte de Saillans à la fois comme prêtre et comme ancien militaire, puisqu’il aidait à former au maniement des armes les paysans cévenols qui voulaient se battre pour Dieu et pour le Roi.

Après l’incendie du château de Bannes et de la Commanderie de Jalès, le chanoine de La Bastide de La Molette parvint à s’enfuir en direction du Gévaudan, en compagnie du chevalier d’Entremeaux, mais ils furent pris en chasse et capturés le 12 juillet dans l’après-midi.  
Ils furent emmenés sous escorte jusqu’à Joyeuse, où se trouvait François-Antoine de Boissy d’Anglas, alors procureur général du département de l’Ardèche.
Ils y arrivèrent le dimanche 13 juillet à  l’heure où les patriotes sortaient de la messe du curé jureur : pris de rage, ceux-ci se jetèrent sur les prisonniers et les massacrèrent sans pitié sur le parvis même de l’église Saint-Pierre, tandis que Boissy d’Anglas, depuis la fenêtre du premier étage de l’ancien collège des Oratoriens, assistait à la scène sans faire le moindre geste ni prononcer la moindre parole pour faire respecter un semblant de justice…

Joyeuse parvis de l'église Saint-Pierre

Joyeuse :  parvis de l’église Saint-Pierre
La croix marque le lieu où fut sauvagement assassiné le chanoine Clément de La Bastide de La Molette ;
sur la gauche, la fenêtre du 1er étage de l’ancien collège des Oratoriens où se tenait Boissy d’Anglas.

Joyeuse croix du parvis

Joyeuse : vue depuis l’intérieur de l’église Saint-Pierre, la croix du parvis qui marque le lieu où fut massacré le chanoine Clément de La Bastide de La Molette.

Nos pèlerins se mirent ensuite en route pour la dernière étape de cette journée de mémoire : Largentière, où ils se rendirent à l’église Notre-Dame des Pommiers, au sommet de la petite cité médiévale.

Largentière chevet de l'église ND des Pommiers

Largentière : chevet de l’église Notre-Dame des Pommiers

En effet, après l’exécution du comte de Saillans, sa tête fut promenée dans plusieurs villages du sud du Vivarais, afin d’inspirer la terreur à tous les fidèles sujets du Roi et les dissuader de s’opposer à la révolution.
Elle parvint à Largentière, où un enragé, un cabaretier surnommé « La Paille », la suspendit à sa devanture.

Au bout de quelque temps cependant, le crâne de Monsieur de Saillans fut inhumé dans un jardin, où il fut retrouvé vers le milieu du XIXème siècle.
Mais alors, au lieu de rendre cette vénérable relique à la famille du comte, elle fut placée sur la corniche d’un chapiteau au sommet d’un pilier, dans le fond de l’église Notre-Dame des Pommiers… et elle s’y trouve toujours, aussi incroyable et scandaleux que cela paraisse.

Crâne de Monsieur de Saillans - église de Largentière

Largentière, église Notre-Dame des Pommiers : le crâne de Monsieur de Saillans.

Ici s’acheva ce périple de mémoire et de fidélité accompli en ce 14 juillet par ceux qui ont aujourd’hui pour ambition et pour gloire de servir eux aussi Dieu et le Roi, ainsi que l’ont fait, jusqu’au don suprême, ces vaillants héros et martyrs.

Vive Dieu ! Vive le Roi !

Lully.

Croix du clocher de Chambonas

Croix fleurdelysée au faîte du clocher de Chambonas

Publié dans:Chronique de Lully, Memento, Vexilla Regis |on 17 juillet, 2017 |3 Commentaires »
12345...75

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi