Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2026-166. Prière du Bienheureux Marc d’Aviano avant la bataille de Vienne, le 12 septembre 1683.

       Avertissement :
Nous déconseillons de la manière la plus ferme aux adeptes des théories de « Nostra aetate », de la fraternité universelle, de l’inclusion et de la « synodalité », de lire la prière du Bienheureux Marc d’Aviano qui se trouve ci-dessous car elle risquerait de leur provoquer des accidents vasculaires cérébraux, apoplexies et autres suffocations mortelles, tant ce texte est aux antipodes des errements actuels de la pensée religieuse dominante… Nous déclinons toute responsabilité sur les effets que produirait cette lecture s’ils décidaient malgré notre avertissement de ne pas aller plus loin dans la découverte de la véritable doctrine catholique traditionnelle et de l’expression de la ferveur des saints authentiques.

frise

Prière du Bienheureux Marc d’Aviano

qui fut lue aux troupes chrétiennes

à la fin de la Messe célébrée au matin de la bataille de Vienne

le 12 septembre 1683 :

Messe du Bienheureux Marc d'Aviano servie par Jean III Sobieski

Messe du Bienheureux Marc d’Aviano servie par Jean III Sobieski
le matin du 12 septembre 1683
avant l’engagement de la bataille de Kahlenberg (Vienne).

       O grand Dieu des armées, regardez-nous prosternés ici aux pieds de Votre Majesté pour implorer Votre pardon pour nos offenses.

   Nous savons bien que nous avons mérité que les infidèles prennent les armes contre nous, car les iniquités que nous commettons chaque jour contre Votre bonté ont justement provoqué Votre colère.

   O grand Dieu, nous Vous demandons pardon du fond du cœur ; nous avons le péché en horreur, car Vous l’abhorrez ; nous sommes affligés d’avoir souvent irrité Votre souveraine Bonté.

   Par amour pour Vous, nous préférerions mille fois mourir plutôt que de commettre le moindre acte qui Vous déplaise.

   Secourez-nous par Votre grâce, ô Seigneur, et ne permettez pas que nous, Vos serviteurs, rompions l’alliance que nous avons conclue avec Vous seul.

   Ayez donc pitié de nous ; ayez pitié de Votre Eglise, contre laquelle la fureur et la puissance des infidèles se déchaînent déjà.

   Bien que ce soit par notre propre faute qu’ils aient envahi ces belles terres chrétiennes, et que tous les maux qui nous accablent ne soient que la conséquence de notre perversité, soyez-nous néanmoins propice, ô bon Dieu, et ne méprisez pas l’œuvre de Vos mains. Souvenez-vous que, pour nous arracher à la servitude de Satan, Vous avez donné tout Votre précieux Sang.

   Permettrez-Vous qu’il soit foulé aux pieds par ces chiens ?

   Permettrez-Vous que la foi — cette perle magnifique que Vous avez cherchée avec tant de zèle et rachetée au prix de tant de souffrances — soit jetée devant ces pourceaux ?

   N’oubliez pas, ô Seigneur, que si Vous permettez aux infidèles de triompher de nous, ils blasphèmeront Votre saint Nom et bafoueront Votre Puissance, répétant mille fois : « Où est leur Dieu, ce Dieu qui n’a pu les délivrer de nos mains ? »

   Ne permettez pas, ô Seigneur, que l’on puisse dire que Vous as laissé libre cours à la fureur des loups au moment même où nous Vous invoquions dans notre misérable angoisse.

   Venez à notre secours, ô grand Dieu des batailles ! Si Vous êtes avec nous, les armées des infidèles ne sauraient nous nuire.

   Dispersez ceux qui ont cherché la guerre ! Quant à nous, nous ne désirons rien tant que d’être en paix avec Vous, avec nous-mêmes et avec notre prochain.

   Affermissez par Votre grâce Votre serviteur et notre Empereur Léopold ; fortifiez l’esprit du roi de Pologne, du duc de Lorraine, des ducs de Bavière et de Saxe, ainsi que de cette noble armée chrétienne qui s’apprête à combattre pour l’honneur de Votre Nom et pour la défense et la propagation de Votre sainte Foi. Accordez aux princes et aux chefs de l’armée l’audace de Josué, le dessein de David, la fortune de Jephté, la constance de Joab et la puissance de Salomon — tous, Vos soldats — afin que, encouragés par Votre faveur, fortifiés par Votre Esprit et rendus invincibles par la puissance de Votre bras, ils puissent détruire et anéantir les ennemis communs du nom chrétien, démontrant au monde entier qu’ils ont reçu de Vous la puissance que Vous avez jadis manifestée chez ces grands chefs.

   Accordez, Seigneur, que tout concoure à Votre gloire et à Votre honneur, ainsi qu’au salut de nos âmes.

   Je Vous le demande, Seigneur, au nom de Vos soldats.

   Regardez leur foi : ils croient en Vous, ils attendent tout de Vous et ils Vous aiment sincèrement de tout leur cœur.

   Je le demande aussi par cette sainte bénédiction que je vais leur donner en Votre Nom, espérant — par les mérites de Votre Précieux Sang, en qui j’ai mis toute ma confiance — que Vous exaucerez ma prière.

   Si ma mort pouvait servir ou contribuer à leur obtenir Votre faveur, alors je Vous l’offre ici et maintenant, ô mon Dieu, comme une offrande agréable ; et si je dois mourir, j’en serai content.

   Délivrez donc l’armée chrétienne des maux qui la menacent ; retenez le bras de Votre colère suspendu au-dessus de nous ; et faites comprendre à nos ennemis qu’il n’y a de Dieu que Vous, et que Vous seul avez le pouvoir d’accorder ou de refuser la victoire et le triomphe, selon Votre bon plaisir.

   A l’exemple de Moïse, j’étends les bras pour bénir Vos soldats ; soutenez-les et fortifiez-les par Votre Puissance, pour la ruine de Vos ennemis et des nôtres, et pour la gloire de Votre Nom.

Ainsi soit-il !

Le Bienheureux Marc d'Aviano à la bataille de Vienne

Tableau naïf représentant le Bienheureux Marc d’Aviano
encourageant les troupes chrétiennes contre l’armée ottomane.

2026-165. Du Bienheureux Marc d’Aviano « sauveur de l’Europe chrétienne », que l’on fête le 13 août.

13 août,
Fête de Sainte Radegonde, Reine des Francs et veuve (cf. > ici) ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin, mémoire de Saint Simplicien, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Cassien et Hippolyte, martyrs ;
Mémoire de Saint Jean Berchmans, confesseur ;
Mémoire du Bienheureux Marc d’Aviano, confesseur ;
Honteux anniversaire de l’emprisonnement du Roi et de sa famille au Temple (13 août 1792).

Portrait du Bienheureux Marc d'Aviano vendu à Paris de son vivant

Portrait du Bienheureux Marc d’Aviano qui était vendu à Paris de son vivant !

       Le Bienheureux Marc d’Aviano, prêtre capucin, est entré dans l’histoire comme le moine qui a magnifiquement soutenu les troupes catholiques et les a divinement encouragées dans la défense de Vienne, contre l’assaut des troupes mahométanes en 1683. 

   Né Charles-Dominique (Carlo-Domenico) Cristofori, le 17 novembre 1631, à Aviano (cité qui se trouvait alors dans le territoire de la république de Venise), il était le troisième d’une fratrie de onze enfants ; les parents, personnes dignes et distinguées soucieuses de son éducation, après lui avoir donné un précepteur pour sa première formation, le placèrent ensuite, à l’âge de 12 ans, au Collège jésuite de Gorizia.

   A l’âge de 16 ans, le jeune homme fugua… avec le dessein de se rendre en Turquie pour y convertir les sectateurs de Mahomet à Jésus-Christ !
Après deux jours de marche, affamé, épuisé, il dut renoncer à ce projet et alla frapper à la porte du couvent des Capucins de Koper (ville de la côte adriatique, de nos jours en Slovénie), en demandant à y entrer ; mais on le renvoya chez lui.
L’année suivante, le 21 novembre 1648, il fut admis chez les Capucins de Conegliano (Vénétie) où il reçut le nom de Marc.
Il fut ordonné prêtre le 18 septembre 1655, et, dès lors, employé de manière presque exclusive au ministère de la prédication.

Gravure représentant la prédication enflammée du Bienheureux Marc d'Aviano

   En 1670, ses supérieurs le nommèrent gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent de Belluno (Vénétie), et quelques années plus tard de celui d’Oderzo (Vénétie), mais ces responsabilités lui pesaient et il demanda à ses supérieurs d’en être relevé afin de pouvoir se consacrer davantage à la solitude et à la prière : cela lui fut accordé, et il fut envoyé au couvent de Padoue. Toutefois, si on accédait à sa demande pour le décharger de fonctions “hiérarchiques” on lui confia de plus en plus celle de la prédication dans laquelle il excellait ; d’autant plus que, à partir de 1676, Dieu accompagnait sa parole persuasive et embrasée de dons de guérisons.
Le premier miracle eut lieu le 18 septembre 1676 : une religieuse paralysée depuis 13 ans fut subitement guérie après l’avoir entendu prêcher ! Ce n’était qu’un début, si bien que sa renommée franchit rapidement les frontières de la Vénétie, des Etats voisins, puis de l’Italie puisque les évêques des Etats du Saint-Empire demandèrent à ses supérieurs de le leur envoyer.
Sa renommée crut de manière phénoménale : là, où sa prédication était annoncée, c’étaient des foules innombrables qui accouraient pour s’entendre appeler énergiquement à la conversion et à la pénitence, dans des sermons de feu prononcés en italien – au milieu duquel il plaçait quelques mots d’allemand – qui avaient sur des auditeurs ne comprenant pas ou peu l’italien des effets surnaturels inouïs, que renforçaient d’innombrables guérisons.
A Anvers, Augsbourg, Cologne, Mayence, Salzbourg, Worms… etc., il prêchait en plein air, sur les plus grandes places, ou bien en dehors des remparts, parce que plus grandes églises n’avaient pas la capacité de contenir les foules qui foulaient l’entendre.
On cherchait à l’approcher, à le toucher, à arracher des parcelles de sa bure pour s’en faire des reliques. Les évêques et les princes ne s’adressaient plus seulement à ses supérieurs mais carrément au pape pour qu’on l’envoie dans les pays dont ils avaient la charge. En 1680, alors qu’il prêchait en Bavière, au Tyrol et en Autriche, l’empereur Léopold Ier de Habsbourg le demanda comme conseiller particulier à Vienne !

Rencontre du Bienheureux Marc d'Aviano et de Léopold Ier de Habsbourg

Représentation naïve de la rencontre du Bienheureux Marc d’Aviano avec Léopold Ier de Habsbourg.

   Depuis la prise de Constantinople, le 29 mai 1453 (cf. > ici, en E), les Turcs ont toujours regardé vers l’Europe : le 22 juillet 1456 à Belgrade, ou le 7 octobre 1571 à Lépante, leurs tentatives avaient reçu des coups de frein miraculeux, mais qui n’avaient nullement réduit à néant leurs projets de conquête : la partie occidentale de l’Ukraine, la Moldavie, la Valachie, la Transylvanie, sont tour à tour tombées sous le joug ottoman.
Au printemps 1683, le grand vizir Kara Mustafa, généralissime du sultan Mahomet IV, marche en direction de l’Occident à la tête d’une armée de plus de 150 000 hommes.

   L’empereur Léopold Ier a confié le commandement de l’armée impériale au duc Charles V de Lorraine, qui reçoit le secours du prince Eugène de Savoie-Carignan, de troupes de Bavière, Saxe, Souabe et Franconie, mais surtout du roi de Pologne Jean III Sobieski. La situation est alors critique puisque, depuis le 14 juillet, Vienne est assiégée.
De son côté, le pape Innocent XI nomme le Père Marc d’Aviano comme légat pontifical, avec mission d’œuvrer spécialement à la concorde et à l’unité des princes chrétiens, toujours trop prompts à se quereller entre eux et à faire passer leurs susceptibilités et autres questions de préséance avant l’intérêt général. Il doit aussi exhorter les troupes elles-mêmes et leur communiquer sa flamme, en ravivant leurs convictions chrétiennes et en les incitant à demander ardemment l’aide de Dieu par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie.

   C’est ainsi que la présence du Père Marc d’Aviano rétablit l’unité dans cette coalition de la dernière chance (car si Vienne fût tombée, la route de Rome eût été ouverte pour les Ottomans qui ne faisaient pas mystère de leur volonté de se soumettre la capitale du monde catholique) fut un élément essentiel de cette victoire de Vienne – dite aussi bataille de Kahlenberg – du 12 septembre 1683, dont nous avons déjà longuement parlé > ici. Comme nous l’avons déjà écrit dans ce texte auquel nous vous renvoyons, le “cappucinno” (Kapuziner, en allemand), cette boisson devenue si populaire, doit son nom à la couleur de la bure de notre bienheureux capucin : le Père Marc d’Aviano, qui fut salué du titre de « sauveur de l’Europe ».

12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican

Jean III Sobieski à la bataille de Kahlenberg
(derrière lui, sur un cheval, est représenté le Bienheureux Marc d’Aviano).

   Son prestige et sa détermination, ainsi que la confiance du Bienheureux Innocent XI, le poussèrent à poursuivre cette mission initiée à Vienne : ainsi fut-il appelé à conseiller, rassembler et organiser les princes et soldats chrétiens, jusqu’à provoquer des défaites encore plus retentissantes pour l’Islam en Europe, avec les batailles de Budapest (1684-1686), de Neuhäusel (1685), de Mohacz (1687), de Belgrade (1688) et avec la paix de Karlowitz (1689), véritable porte-étendard de la Chrétienté contre le péril ottoman !

   Après cette période de guerres, le Père Marc dut reprendre ses tournées de prédication : homme de batailles, il lui était demandé de combattre le péché, sans relâche, et de porter le feu de la purification et de l’amour divin au plus intime des consciences.

   En 1699 – il a 68 ans -, il est un homme usé. En fait, il est rongé par une tumeur… Innocent XII lui confie une nouvelle mission auprès de l’empereur, à Vienne : “je n’en peux plus, mais le pape l’ordonne”, dit-il.
Le 25 juillet, il doit s’aliter. Informé, l’empereur Léopold Ier vient à son chevet pour le soigner. 

Léopold Ier de Habsbourg

Léopold Ier de Habsbourg vers 1672
(portrait réalisé par Benjamin von Block [16231-1690], détail).

   Le 2 août, l’empereur et le roi des Romains (futur Joseph Ier), accompagnés de leurs épouses et de toute la famille impériale, viennent lui rendre visite au couvent.
Les médecins les plus compétents de la cour sont chargés de lui prodiguer tous les soins possibles. En vain.
Les personnalités les plus illustres de Vienne affluent à son chevet, parmi lesquelles les cardinaux Léopold Kollonitz et Vincenzo Grimani.
Le nonce apostolique, Monseigneur Andrea Santa Croce, à l’immense consolation du malade, vient en personne lui apporter la bénédiction apostolique d’Innocent XII. Le 12 août, il reçoit les derniers sacrements avec une grande dévotion et renouvelle ses vœux.
Il s’éteint paisiblement le lendemain, jeudi 13 août 1699.

   Après des funérailles solennelles, il fut inhumé dans la crypte des Capucins à Vienne, juste au-dessus de la crypte où reposent les dépouilles des Habsbourg, mais en 1803, au moment où les troupes de la révolution française menacèrent Vienne, son corps fut transféré dans la crypte impériale (il se trouve désormais dans la chapelle de la Piéta, dans l’église des Capucins).
Plusieurs archiducs de la Maison d’Autriche ont reçu son patronage au baptême.
C’est le pape Saint Pie X qui a introduit sa cause de béatification en 1904, et celle-ci a été célébrée le 27 avril 2003.

Tombe actuelle du Bienheureux Marc d'Aviano

Eglise des Capucins, à Vienne : chapelle de la Piéta,
devant l’autel de laquelle on vénère désormais la tombe du
Bienheureux Marc d’Aviano.

2026-164. « O Marie, notre Reine, nous périssons ! »

12 août,
Fête de Sainte Claire d’Assise, vierge (cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Philippe de Champaigne (+ 12 août 1674 – cf. > ici) ;
Septième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption de Notre-Dame, principale fête patronale du Royaume de France (cf. > ici).

Monogramme de Marie couronné - vignette

       Parmi les petits trésors contenus dans les collections de Frère Maximilien-Marie, il y a le canivet dont nous publions ci-dessous la reproduction ; canivet sur lequel des inscriptions manuscrites (que - en raison de leur caractère très personnel – nous avons préféré couper : ce pourquoi la reproduction du verso, ci-dessous, ne comporte pas la bordure de « dentelle »), nous permettent d’affirmer qu’elle a été imprimée [chez Charles Letaille, éditeur au 15 rue Garancière, à Paris] avant 1874.
Outre le fait que la dentelle de papier est absolument intacte, on admire le dessin et la finesse de la gravure de cette image pieuse : on s’unit surtout à l’élan de ferveur, de dévotion et de supplication qui sous-tend la publication de ce canivet, et que plus de 150 ans plus tard, nous faisons également nôtre dans ces jours de préparation spirituelle à la grande et belle fête patronale du Royaume des Lys.

Tolbiac.

Canivet Notre-Dame de France - Letaille - blogue

Canivet Notre-Dame de France - texte du verso

« Montrez à Jésus la foi de Clovis, le zèle de Charlemagne,
la piété de Saint Louis, la consécration de Louis XIII,
le vœu du roi martyr à Son Cœur sacré !…»

Monogramme de Marie couronné - vignette

2026-163. “Gustave Thibon : un certain regard”.

Gustave Thibon un certain regard

       C’est une magnifique surprise qui nous a été faite il y a quelques jours : la découverte de la mise en ligne, sur une célèbre chaîne de vidéos, des enregistrements – réalisés en 1975 au Mas de Libian par Christian Chabanis et Gérard Guillaume -, d’entretiens avec le « paysan philosophe », qui seront ensuite publiés justement sous le titre d’ « Entretiens avec Christian Chabanis » [éd. Fayard - 1975].

   Tous ceux qui ont connu Gustave Thibon, qui l’ont entendu en conférence, qui l’ont rencontré ou qui encore lui ont rendu visite – ces visites inoubliables à Saint-Marcel d’Ardèche -, retrouveront donc ici – avec un immense bonheur et beaucoup d’émotion, je n’en doute pas – la voix, la diction, la phraséologie et l’accent inimitables de celui qui nous a tant marqués, qui nous a tant apporté, qui nous a tant donné.

   Cet enregistrement est long : deux heures et treize minutes ! Mais il y a ici réunis trois entretiens nettement distincts, et il est aisé – sinon recommandé – de savourer par séquences, ce précieux document, afin justement d’en tirer le meilleur profit spirituel.

A écouter et à méditer longuement, en cliquant > ici.

Monogramme de Gustave Thibon - blogue

Et pour retrouver la liste de toutes nos publications consacrées à Gustave Thibon, cliquer > ici

2026-162. L’apparition de Notre-Dame de Grâces à Cotignac, le 10 août 1519.

10 août,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr (cf. > ici) ;
Anniversaire du martyre de Sainte Philomène, puis de l’arrivée de ses reliques à Mugnano del Cardinale (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de Grâces à Cotignac, le 10 août 1519 ;
Cinquième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici & > ici).

Apparition de Notre-Dame de Grâces à Jean de la Baume - blogue

       Lundi 10 août 1519 : en cette fête de Saint Laurent de Rome, diacre et martyr, un bûcheron nommé Jean de la Baume – qu’on appelle aussi parfois Jean de la Saque -, gravit le mont Verdaille qui surplombe le gros bourg de Cotignac. Il a 22 ans et il est seul dans ce bois de chênes verts où il a décidé de travailler aujourd’hui. Toutefois, avant de se mettre à l’ouvrage, le jeune homme se signe et récite une prière…
C’est alors qu’une nuée lui apparaît, au milieu de laquelle se trouve, debout, la Très Sainte Vierge Marie portant dans ses bras son divin Fils ; ils sont accompagnés de l’archange Saint Michel, de Saint Bernard et de Sainte Marguerite d’Antioche.

   L’auguste Mère de Dieu s’adresse alors à Jean à peu près en ces termes :

   « Siou la Viergé Mario. Vaï diré ei capelan et ei Consé dé Coutigna, de mi basti, eici, une capello souto lou Voucablé dé Nostro Damo deï Gracis, et que li vingoun in proucessioum per recubré leï doun que vouali espandi : Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux consuls de Cotignac de me bâtir ici-même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces, et qu’on vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. »

   La vision disparaît. Jean – qui sans doute n’a guère envie qu’on le prenne pour un illuminé – garde pour lui le message.

   Le lendemain, mardi 11 août, il revient au même endroit pour achever sa coupe. L’apparition se reproduit, et il reçoit de nouveau le même message. Il se précipite alors au village pour annoncer ce qu’il a vu et entendu.

   Jean est un bon garçon, pieux et sérieux : sans doute est-ce la raison pour laquelle son témoignage est bien reçu, tant par le bon peuple fidèle que par les prêtres et consuls de la paroisse.
Le 14 septembre suivant, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, à l’issue d’une grande procession à laquelle prend part toute la paroisse – clergé et consuls en tête -, qui s’est rendue au lieu de l’apparition, où le terrain a été apprêté et où les fondations ont commencé à être creusées, se déroule la cérémonie de la bénédiction de la première pierre de la chapelle demandée.

   Les travaux furent certainement accomplis avec diligence, puisque les archives nous apprennent que le pape Léon X, au mois de mars 1521, accordait diverses indulgences aux pèlerins qui viendraient en ce sanctuaire, auquel l’évêque attribue des chapelains pour y assurer messes, confessions et accueil des pèlerins.
C’est le signe indubitable que, même si l’on ne garde pas de traces d’une enquête canonique telle qu’on en diligenterait de nos jours, l’apparition est crue authentique et digne de foi par les autorités religieuses, et que la dévotion à Notre-Dame de Grâces de Cotignac est grandement encouragée.

   En ce 10 août, que nos cœurs soient pleins et débordants de reconnaissance pour cette céleste visite, très simple et cependant très riche, de notre Mère céleste, entourée de saints choisis par elle, et approfondissons avec ferveur les signes et les paroles qu’elle nous a donnés à tous, à travers le pieux bûcheron Jean de la Baume :

   Allez dire au clergé et aux consuls de Cotignac de me bâtir ici-même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces, et qu’on vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre.

Tableau de Notre-Dame de Grâces - Cotignac

Tableau de Notre-Dame de Grâces
(sanctuaire de Cotignac).

2026-161. De Saint Laurent, archidiacre et martyr, que l’on fête le 10 août.

10 août,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Anniversaire du martyre de Sainte Philomène, puis de l’arrivée de ses reliques à Mugnano del Cardinale (cf. > ici) ;
Cinquième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici & > ici).

Saint Laurent archidiacre et martyr - blogue

       Saint Laurent, diacre et martyr, dit aussi Saint Laurent de Rome, serait né en 225 – ou aux environs de cette date – dans la ville d’Huesca en Espagne. Ses parents, Orence et Patience, chrétiens convaincus, l’envoyèrent tout jeune à Saragosse pour y suivre des études de théologie : il eut ainsi comme professeur le philosophe grec devenu prêtre Xyste, futur pape Xyste II (ou Sixte II).
Lorsque celui-ci fut élu
 au Souverain Pontificat, le 30 août 257, Laurent le suivit à Rome où il fut ordonné diacre. Saint Xyste II fit même de lui l’archidiacre du diocèse de Rome, c’est-à-dire qu’il était en quelque manière le premier des diacres de la Ville, fonction qui le faisait non seulement participer à la vie liturgique pontificale, mais l’amenait en particulier à gérer les biens de l’Eglise.

Ordination diaconale de Saint Laurent - Fra Angelico

Saint Laurent est ordonné diacre par Saint Sixte II
[Fra Angelico, détail d'une fresque de la Chapelle Nicoline, Cité du Vatican].

   En 257, l’empereur Valérien déclencha la huitième persécution générale de l’Empire romain (années 257-258) : le culte chrétien fut proscrit et ordre fut donné aux clercs de sacrifier aux idoles. En 258 la persécution se durcit encore, et les clercs refusant de sacrifier furent déclarés immédiatement passibles de mort.

   Le 6 août, le pape Saint Sixte II fut surpris par des soldats dans la catacombe de Prétextat, où, malgré l’interdiction, il avait réuni des chrétiens pour la célébration des saints mystères.
Saint Sixte fut mis à mort avec quatre de ses diacres (Januarius, Vincentius, Magnus, Stephanus) : certains pensent qu’il furent mis à mort ce 6 août alors que d’autres avancent qu’ils n’auraient été martyrisés que le lendemain après avoir comparu ; deux autres diacres (Félicissimus et Agapitus) furent martyrisés au cimetière de Prétextat.
Le septième diacre, Laurent, aurait été pris en même temps que les autres ou peu après, et fut mis à part.

   Selon la tradition, alors qu’il voyait Saint Sixte être emmené pour être exécuté, il se serait adressé à lui en disant : «  Où allez-vous mon Père sans votre fils ? Où allez-vous Saint Pontife sans votre diacre ? » Et Saint Sixte l’aurait alors “rassuré” en lui prophétisant sa mort trois jours plus tard, dans des épreuves bien plus pénibles qu’une simple décapitation : « Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours ».

Saint Sixte confie à Saint laurent les trésors de l'Eglise - Chapelle Nicoline Vatican

Saint Sixte confie à Saint Laurent les trésors de l’Eglise
[Fra Angelico, détail d'une fresque de la Chapelle Nicoline, Cité du Vatican].

   De fait, le préfet de Rome (Dacianus) avait momentanément épargné le saint diacre dans le but de se faire livrer les trésors de l’Eglise.
Saint Laurent promit de les lui apporter, mais, suivant les ordres de Saint Sixte II, il vendit tout ce qu’il put monnayer et en distribua le prix aux pauvres et aux orphelins. Ce sont ensuite ces derniers qu’il présenta au préfet en disant : « Voici les seuls trésors de l’Eglise ; et s’y ajoutent les perles et les pierres précieuses qui sont les vierges et les veuves consacrées à Dieu ».
Alors, furieux, le Préfet ordonna de le dénuder, de le faire déchirer à coups de fouet, puis de l’étendre sur un gril où les charbons ardents placés en-dessous devaient lentement consumer ses chairs.

   Il faut, avant de parler plus en détail du martyre de Saint Laurent, mentionner aussi que, là encore selon la tradition, Saint Laurent aurait protégé le Saint Calice de la Cène, qui se trouvait alors à Rome, en le remettant à un légionnaire originaire d’Espagne – en lequel il avait pleine confiance -, pour qu’il l’emmenât à Huesca et l’y remît à ses parents.
C’est ainsi que, après quelques pérégrinations, le Saint Calice de la Cène se trouve aujourd’hui conservé dans la cathédrale de Valence (Valencia).

Le Saint Calice de la Cène présentation actuelle cathédrale de Valencia - blogue

Le Saint Calice de la Cène
(seule la coupe est d’origine, et elle a été plus tard disposée dans cette actuelle présentation)
envoyé par Saint Laurent en Espagne, à ses parents, afin de le soustraire à la profanation
et aujourd’hui conservé dans la cathédrale de Valence (Valencia).

   Un certain nombre d’historiens contemporains conteste que Saint Laurent ait été soumis au supplice du gril et de la lente brûlure – circonstance qui est cependant attestée par une tradition unanime et immémoriale -, et ils prétendent qu’il aurait été décapité comme Saint Sixte II et ses compagnons.
Nous nous contentons simplement de signaler cette contestation sans lui attribuer d’autre valeur que celle de la démangeaison d’entendre des nouveautés prophétisée par Saint Paul (2 Tim. IV, 1-8).

   Mentionnons aussi que, ayant été confié à la garde d’un centenier prénommé Hippolyte, qui l’enferma dans un sous-sol de sa demeure, Laurent s’y trouva compagnon de captivité d’un certain Lucillus, aveugle.
Saint Laurent réconforta son codétenu, l’encouragea, lui parla de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le convertit, et, utilisant une source d’eau qui sourdait dans ce sous-sol, le baptisa. Avec le baptême, Lucillus recouvra la vue et le centurion Hippolyte n’ayant pu que constater le prodige, en même temps qu’il était frappé par la sérénité et la douceur des prisonniers, fut touché par la grâce de Dieu et demanda à son tour le baptême, que Saint Laurent lui administra.
Par la suite, Hippolyte, subit lui aussi le martyre : attaché à la queue de chevaux, il fut traîné sur les pierres et à travers les ronces qui le déchiquetèrent jusqu’à la mort.

martyre de Saint Laurent - Fra Angelico

Martyre de Saint Laurent
[Fra Angelico, détail d'une fresque de la Chapelle Nicoline, Cité du Vatican].

   Condamné donc à être brûlé vif en étant grillé lentement, Saint Laurent  subit son martyre sans plainte, priant pour l’Eglise de Rome jusqu’à son dernier soupir.
Pendant ce supplice, la tradition – exprimée en particulier par les textes de la liturgie – lui prête les paroles suivantes à l’adresse de son bourreau  : « Voici, misérable, que tu as rôti un côté ; retourne maintenant et mange ».
C’est vraisemblablement pour ces paroles qu’il est considéré comme un personnage à l’esprit particulièrement subtil et fin.
Saint Laurent rendit son âme à Dieu le 10 août de l’an 258, à l’âge de 33 ans.

   Sur les lieux de ces événements, trois églises furent érigées : San-Lorenzo-in-Fonte (au lieu de son emprisonnement, dont le nom évoque la source avec l’eau de laquelle il baptisa Lucillus et Hippolyte), San-Lorenzo-in-Panisperna (au lieu de son martyre) et San-Lorenzo-al-Verano, basilique appelée aussi San-Lorenzo-fuori-le-mura - Saint-Laurent-hors-les murs – sur la Voie Tiburtine, qui est le lieu de sa sépulture.
Historiquement, cependant, il y a eu quelque trente églises (dont il ne reste plus que sept) dédiées à Saint Laurent à Rome même, ville dont il est le saint co-patron très aimé du peuple.

Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs - tombe des Saints Etienne et Laurent - blogue

Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs :
sous le maître-autel, la confession où l’on vénère la tombe de Saint Laurent.

   Son culte s’est diffusé dans toute la Chrétienté, et, avec Saint Etienne, ils sont fréquemment invoqués ensemble (comme nous l’avons vu > ici, leurs corps ont d’ailleurs été réunis dans le même tombeau).
A la fin du IVème siècle, Saint Ambroise de Milan et Prudence lui ont consacré des hymnes. Il est représenté tantôt 
subissant son martyre, ou bien debout, portant la dalmatique des diacres, avec son gril et la palme du martyre, ou encore avec le Saint Calice, ou bien tenant une bourse ou des pièces d’or.

   Saint Laurent, en raison de son supplice sur le gril a été choisi comme saint patron par les cuisiniers et les rôtisseurs (!!!), mais il est aussi celui des libraires et des pauvres, et il est, après Sainte Barbe, l’un des saints patrons des pompiers.
On l’invoque aussi, évidemment, pour la guérison des brûlures.

   La nuit de la fête de Saint Laurent étant providentiellement liée au phénomène des étoiles filantes (les Perséides), ces dernières ont parfois été considérées comme un symbole des larmes versées par le saint dans les tortures qu’il endura, et d’autres fois elles sont interprétées comme un symbole des charbons ardents sur lesquels il consomma son martyre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Martyre de Saint Laurent - Pierre Lehoux 1874 - Musée d'Orsay

Pierre Lehoux (1844-1896) : le martyre de Saint Laurent (1874)
[Musée d'Orsay, Paris].

2026-160. La question est de savoir si les catholiques s’en souviendront avant qu’il ne soit trop tard.

8 août 2026,
Au Mesnil-Marie, fête de Saint Venance, ou Venant, évêque de Viviers et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Cyriaque, diacre, Large et Smaragde, et leurs compagnons, martyrs ;
Neuvième jour du carême de la Mère de Dieu (cf. > ici) ;
Troisième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici).

Monseigneur Joseph Strickland

S. Exc. Monseigneur Joseph Strickland.

       Comme nous avons apprécié les quelques lignes – traduites et reproduites ci-dessous – d’introduction à la vidéo conférence d’à peine une demi-heure de Son Excellence Monseigneur Joseph Strickland, ancien évêque de Tyler qui fut « démissionné » de force par François pour la seule raison qu’il était « trop catholique » et ne se taisait pas au triste spectacle des dérives imposées par la piteuse évolution placée sous le couvercle de la « synodalité » !
Ceux de nos lecteurs qui entendent la langue anglaise dans sa version « étasunienne » pourront bien sûr écouter l’ensemble de cet entretien que l’on peut retrouver sur le site Lifesite > ici.

   « Autrefois, chaque prêtre catholique prêtait serment contre le modernisme. Ce serment était obligatoire de 1910 à 1967. Evêques, théologiens et professeurs de séminaire prêtaient tous serment. Le pape Saint Pie X qualifiait le modernisme de « synthèse de toutes les hérésies ». Il ne s’agissait pas d’une simple mise en garde, mais du diagnostic d’une maladie spirituelle qui menaçait le fondement même de la Révélation divine.

   Aujourd’hui, demandez à un catholique lambda ce qu’est le modernisme. Nombreux sont ceux qui l’ignoreront. Demandez-lui quand il a entendu pour la dernière fois un sermon à ce sujet. Beaucoup répondront jamais. L’avertissement solennel est devenu invisible, non pas abrogé, non pas nié, mais négligé jusqu’à devenir pratiquement insignifiant.

   Elle pose la question que les catholiques fidèles ne peuvent éviter : si le modernisme demeure la synthèse de toutes les hérésies, pourquoi n’est-il jamais prêché ? Pourquoi n’est-il jamais enseigné ?

   La réponse n’est ni la colère, ni le désespoir. La réponse est la fidélité. Approfondissez votre foi. Priez pour l’Eglise. Demeurez enracinés en Jésus-Christ, qui est le même hier, aujourd’hui et éternellement. La crise est bien réelle. L’avertissement a été donné. La question est de savoir si les catholiques s’en souviendront avant qu’il ne soit trop tard.»

Mgr Athanasius Schneider

S. Exc. Monseigneur Athanasius Schneider.

   Ce même site [Lifesite] publiait également il y a quelques jours le résumé d’une conférence donnée par Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider en Irlande (cf. > ici), résumé qui tient en quelques mots :

   « Le plus grand don que nous ayons reçu, c’est la foi, la foi catholique… la vraie foi catholique. Nous devons donc être catholiques à 100 %, pas à 50 % ni à 80 %, mais à 100 %. C’est la foi divine.»

   La gravité des temps que nous vivons depuis maintenant plusieurs décennies découle du fait qu’au sein de l’Eglise catholique le modernisme, un temps contenu par l’action du pape Saint Pie X, ayant poursuivi de manière larvée et souterraine son travail de sape, a subrepticement relevé la tête déjà sous le pontificat du Vénérable Pie XII pour s’afficher ensuite progressivement au grand jour à l’occasion du second concile du Vatican et de ses mises en application, jusqu’à atteindre de nos jours un point critique.
Les actuelles divisions ne portent pas à strictement parler sur la liturgie ou sur la discipline ecclésiastique, mais en vérité sur un choix entre la préservation de la doctrine catholique traditionnelle dans son intégrité et sa pureté, et l’adoption d’une religion nouvelle et moderniste.

Saint Pie X

Saint Pie X, pape de 1903 à 1914.

   Toutes les tensions et controverses concernant la Messe latine traditionnelle d’une part, et d’autre part la « synodalité » avec toutes les implications ou conséquences que nous voyons se développer sous l’égide des actuelles autorités romaines jusqu’au plus haut niveau, ne sont que des formes contemporaines du conflit entre la foi catholique telle qu’elle a été reçue et transmise pendant vingt siècles, et la vision anthropocentrique du monde privilégiée par la « modernité », depuis son émergence au moment de la « Renaissance », depuis surtout son éclatement violent et destructeur à la fin du XVIIIème siècle par les « révolutions », et des avatars sous lesquelles ce conflit se perpétue depuis lors.

   N’importe quelle personne dotée d’un peu d’intelligence et de capacité d’analyse peut s’en rendre compte, peut l’étudier et l’approfondir, peut aussi étudier les réponses que les Pontifes romains et le Magistère authentiquement catholique ont opposées à ce modernisme, en particulier avec Grégoire XVI, le Bienheureux Pie IX et, au plus haut point Saint Pie X.
Il y a déjà eu trop de victimes ! Si nous ne voulons pas sombrer à notre tour dans le piège diabolique qui détourne le vocabulaire et les idées chrétiens pour leur faire prendre la teneur des idéologies politiques et sociales modernes au détriment de la doctrine catholique authentique, nous devons – à tout moment – non pas seulement nous tenir sur nos gardes, non pas seulement nous enfermer dans de solides forteresses bien closes, mais surtout – encore et toujours – nous former et approfondir « à temps et à contretemps » (cf. 2 Tim. IV, 2) la doctrine de vérité.

   Comme le rappelle avec justesse Son Excellence Monseigneur Joseph Strickland : « La question est de savoir si les catholiques s’en souviendront avant qu’il ne soit trop tard ».

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

vignette livre ouvert & Saint-Esprit

   Pour approfondir encore avec des textes publiés dans les pages de ce blogue :

- Le texte du serment antimoderniste > ici.
- Le texte de la profession de foi tridentine > ici.
- Ce magnifique passage de « l’homélie de Lille » (29 août 1976) de S. Exc. Monseigneur Lefebvre dénonçant « l’alliance adultère de l’Eglise avec la révolution » > ici.
- Une chronique du Maître-Chat Lully de juillet 2017 : “La « nouvelle messe » n’est pas un rempart pour la foi catholique mais, dans les faits, elle a favorisé la perte de la foi et la diffusion de l’hérésie” > ici.
- Le sectarisme de ceux qui se réclament du concile vaticandeux et notre inébranlable fidélité > ici.
- Notre attachement à la Sainte Messe latine traditionnelle n’est pas une question de goûts, mais il est lié à la défense de l’intégrité de la foi catholique > ici.

Veritas blogue

2026-159. Récapitulatif de nos publications concernant le Révérend Père Jean-Marie Charles-Roux (1914-2014).

7 août,
Au Mesnil-Marie, la fête des Bienheureux Pierre et Jean Becchetti, confesseurs de l’Ordre des Ermites de Saint Augustin (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Gaëtan de Thienne, confesseur ;
Mémoire de Saint Donat d’Arezzo, évêque et martyr ;
2ème jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption ;
6ème jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène ;
8ème jour du carême de la Mère de Dieu ;
Anniversaire du rappel à Dieu du Rd Père Jean-Marie Charles-Roux.

PèreJean-Marie Charles-Roux noir et blanc - blogue

Le Révérend Père Jean-Marie Charles-Roux (12 décembre 1914 – 7 août 2014).

A – Eléments biographiques et commentaires :

- Article que nous avons publié sur ce blogue lorsque nous avons appris le rappel à Dieu du Père Charles-Roux (+ jeudi 7 août 2014) : courte évocation biographique > ici
- Article écrit à l’occasion du septième anniversaire (7 août 2014 – 7 août 2021) du rappel du Rd. Père Charles-Roux, pour exhorter au courage et à la fidélité dans les oppositions hiérarchiques à la libre célébration du « vetus ordo missae » > ici
- Nous avons retrouvé et traduit l’article nécrologique publié par « The Telegraph » le 20 août 2014 pour annoncer la mort du Rd. Père Charles-Roux, article qui contient de précieux détails biographiques > ici

B – Textes du Révérend Père Charles-Roux :

- S.M. la Reine Marie-Antoinette partant de la Conciergerie pour l’échafaud le 16 octobre 1793 > ici
- L’arrivée de S.M. la Reine sur la place alors dite « de la révolution », le 16 octobre 1793 > ici
- .

frise lys

2026-158. Le “prêtre qui a prié pour la restauration du Saint Empire romain germanique”.

7 août,
Au Mesnil-Marie, la fête des Bienheureux Pierre et Jean Becchetti, confesseurs de l’Ordre des Ermites de Saint Augustin (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Gaëtan de Thienne, confesseur ;
Mémoire de Saint Donat d’Arezzo, évêque et martyr ;
2ème jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption ;
6ème jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène ;
8ème jour du carême de la Mère de Dieu ;
Anniversaire du rappel à Dieu du Rd Père Jean-Marie Charles-Roux (7 août 2014 – cf. > ici).

       Nous donnons ci-dessous une traduction d’un article paru (en langue anglaise « of course ») le 24 août 2014, sans nom d’auteur, dans « The Telegraph » – source : texte originel > ici.

Rd Père Jean-Marie Charles-Roux - blogue

Le Révérend Père Jean-Marie Charles-Roux (12 décembre 1914 – 7 août 2014).

       Le Père Jean-Marie Charles-Roux, décédé à l’âge de 99 ans, a apporté à Londres l’aura mystique du royalisme français en tant que prêtre catholique romain de l’ordre rosminien ; il était profondément attaché à la nature divine de la monarchie ainsi qu’à la liturgie tridentine.

   Grand, élégant et doté d’une voix théâtralement soyeuse, Charles-Roux portait des chaussures à boucles et des médailles commémorant les souverains martyrs, et il utilisait un monocle pour lire le journal, pendant les plus de quarante années qu’il passa à l’église médiévale de Sainte-Etheldrède à Ely Place, près de Holborn. Là, il célébrait chaque matin la messe latine dos à l’assemblée. Recherché comme confesseur, il prêchait des sermons vivants et éloquents, flattant et choquant ses auditeurs dans une égale mesure.

   Il soulignait le devoir chrétien envers les pauvres tout en affirmant que la parabole des talents prouvait que le capitalisme était non seulement acceptable mais aussi un impératif moral. Il a clairement exprimé son horreur des bombardements alliés de Dresde en célébrant la messe pour ses victimes. Et un jour, comparant la transformation de l’âme à la cuisine, il a expliqué qu’elle avait plus de chances de réussir dans des casseroles noires (désignant ainsi les prêtres) que dans des casseroles en cuivre plus grandes (jetant un coup d’œil au cardinal Hume assis à proximité).

   Même lorsqu’il s’entretenait avec les plus humbles, Charles-Roux agissait avec la même aisance simple que celle dont il usait avec la famille du prétendant Anjou au trône de France, le roi d’Espagne et les membres d’autres familles royales européennes ; il militait par ailleurs pour la canonisation de Louis XVI et de Marie-Antoinette, de Marie Stuart et même de Charles Ier d’Angleterre qui, selon lui, devrait être reconnu comme saint par l’Eglise catholique romaine.

   Alors que le communisme vacillait en Europe de l’Est en 1989, on pouvait voir les ambassadeurs de Pologne et de Hongrie (peut-être par prudence) agenouillés lors d’une cérémonie commémorative pour l’impératrice Zita d’Autriche, tandis que Charles-Roux dirigeait leurs prières pour la restauration du Saint Empire romain germanique.

   Jean-Marie Charles-Roux est né à Marseille dans une famille de diplomates français, le 12 décembre 1914. Ses premiers souvenirs sont liés à Rome, où son père était en poste à l’ambassade de France auprès du roi d’Italie. Lui et ses sœurs – Cyprienne, pianiste talentueuse devenue Princesse del Drago, et Edmonde Defferre, écrivain et membre du jury du Prix Goncourt, épouse d’un ministre socialiste – trouvaient leurs parents aimants mais distants. En revanche, il appréciait beaucoup les soins de sa gouvernante “Nanny Carter”, qui lui enseignait l’anglais et lui faisait réciter, avant de se coucher, des prières  (les « collectes ») du « Prayer book » anglican de 1662.

   Après avoir étudié à la Sorbonne, Jean-Marie a intégré l’armée française pour y accomplir ses deux années de service militaire ; il se préparait au concours d’entrée dans la carrière diplomatique lorsqu’il fut mobilisé en 1939. Il rejoignit le peloton de cavalerie d’un groupe de reconnaissance à la frontière allemande, en Lorraine, mais alors que les Allemands progressaient en France, il reçut l’ordre de se rendre au nord de Paris ; c’est là qu’il découvrit le corps d’un jeune garçon sur la route, devant l’hôtel où il avait passé la nuit.

   Le lendemain soir, il fut envoyé vers le sud à la tête d’une patrouille, avec des vers luisants fixés dans la queue de son cheval pour servir de repère. Lorsqu’ils durent traverser une route empruntée par les Allemands, ses hommes formèrent une ligne et chargèrent sabre au clair, prenant l’ennemi par surprise ; la seule perte à déplorer fut celle d’un Français tombé de cheval. Charles-Roux et sa patrouille rejoignirent leur division à Limoges au moment même où l’armistice était proclamé.

   Après sa démobilisation, Charles-Roux fut nommé sous-préfet dans la zone sud (sous le régime de Vichy), mais il partit bientôt pour la Tunisie, où il rejoignit un régiment de cavalerie de la France libre patrouillant à la frontière libyenne. Après avoir été blessé par un coup de sabot, il fut renvoyé en France pour convalescence.

   Il s’enfuit en Espagne par les Pyrénées, où il prétendit être un officier anglais, le capitaine Charles Russell (ce qui correspondait aux initiales sur son uniforme). Il fut fait prisonnier et incarcéré dans plusieurs prisons espagnoles, dont il finit par être libéré grâce à l’intervention de l’ambassade britannique.

   Envoyé, une nouvelle fois, en Afrique du Nord, il devint officier d’état-major du général français libre Giraud, puis du général de Gaulle, pour lequel il travailla également comme traducteur. Plus tard, il servit dans l’état-major du général “Jumbo” Maitland, participant à la planification du débarquement dans le sud de la France.

   Charles-Roux a qualifié la libération de la France de cauchemar. Il était révolté que de Gaulle n’ait pas empêché ses partisans de raser la tête des femmes accusées de “collaboration” et de les traîner déshabillées dans les rues. A Toulouse, lui et un officier supérieur furent stupéfaits d’être emmenés par trois chefs de la Résistance dîner dans un bordel, où deux de leurs hôtes s’endormirent tandis que l’autre, ivre, avoua avoir commis des meurtres avant de se glisser sous la table.

   Lorsque les Alliés envahirent l’Allemagne, Charles-Roux s’attendait à des atrocités bien pires encore ; au lieu de cela, il vit des soldats français donner leurs rations à des civils allemands déguenillés, reconnaissant en eux des personnes ayant souffert autant que leurs propres compatriotes.

   Au retour de la paix, il passa quatre ans comme premier secrétaire à l’ambassade de France à Athènes, pendant la guerre civile. Puis, de retour à Paris, il retrouva son confesseur jésuite à la Sorbonne et répondit à l’appel qu’il avait ressenti en tant qu’étudiant, entrant dans un séminaire français, avant d’aller au Collège Beda de Rome [note du traducteur : c'est l'un des séminaires pontificaux de langue anglaise].

   A la recherche d’une congrégation qui ne fût ni trop importante, ni trop austère, ni trop exigeante, il rejoignit les Rosminiens (l’Institut de la Charité) en Angleterre, et y acheva sa formation à Wadhurst, dans le Sussex de l’est. Il a d’abord enseigné le français au Ratcliffe College dans le Leicestershire, puis a rejoint une paroisse au Pays de Galles avant de s’installer à Ely Place.

   Lorsque le Concile Vatican II autorisa la messe en langue vernaculaire, Charles-Roux se plia consciencieusement à la nouvelle règle pendant dix-huit mois, puis il sollicita une audience avec le pape Paul VI à Castel Gandolfo, pour demander de pouvoir recommencer à célébrer la messe en latin. “Certainement”, répondit le pape. “Je n’ai jamais interdit la célébration de l’ancienne messe ; j’ai seulement proposé une alternative”.

Beaucoup estimaient que le statut de Charles-Roux en tant que membre d’un si petit ordre en Angleterre l’empêchait de jouer un rôle plus important dans la mission de l’Eglise. Il a toutefois exercé son ministère dans les milieux les plus huppés, notamment à Eton à l’occasion des célébrations du 4 juin [note du traducteur : en Angleterre, le 4 juin est la date de célébration de l'anniversaire du Souverain, indépendamment de la date de naissance réelle de ce dernier], tout en se liant d’amitié avec des familles de la classe moyenne qui lui demandaient de célébrer les mariages puis de baptiser leurs enfants. Il a pris la défense de membres de familles royales qu’il considérait comme injustement calomniés, réfutant les insultes envers la reine Frederika des Hellènes et agissant comme conseiller spirituel de la princesse Michael de Kent lorsqu’elle obtint l’annulation de son premier mariage pour épouser le prince Michael. Son livre “L’Apostasie Nationale” était un plaidoyer pour le rétablissement du trône et à l’autel, et un récit de la vie de l’épouse et des enfants de Louis XVI.

   Alors que la retraite approchait, Charles-Roux refusa de s’installer en France, déclarant le pays en proie à une “affreuse maladie républicaine”. Au lieu de cela, en 1999, il s’installa au siège des Rosminiens, via di Porta Latina, à Rome.

   C’est alors qu’ il a servi comme aumônier auprès de Mel Gibson lors du tournage du film “La Passion du Christ” (2004), appréciant particulièrement de célébrer la messe quotidienne sur le plateau à 6 h 45. Lorsque l’acteur incarnant Jésus venait communier, Charles-Roux devait veiller à ne pas se piquer à la couronne d’épines. »

 Mel Gibson et Jim Caviezel - tournage de la Passion du Christ - blogue

Mel Gibson et Jim Caviezel sur le tournage de « La Passion du Christ ».

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