Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2026-110. De la communion spirituelle.

Mercredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

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       La communion spirituelle, appelée aussi parfois « communion de désir », est probablement du nombre des plus puissants et aussi des plus faciles parmi les moyens de sanctification à notre portée – tous les jours et à chaque instant du jour -, mais il est peut-être aussi l’un des plus ignorés, spécialement à notre époque.
Déjà au XVIIIème siècle Saint Léonard de Port-Maurice s’exclamait avec tristesse :

   « O salutaire communion spirituelle ! Trésor caché et connu de bien peu de chrétiens… Autant vous êtes précieuse, autant vous êtes peu connue, et surtout peu pratiquée des chrétiens de nos jours ! »

   Depuis des siècles, les grands spirituels, de très nombreux saints, des docteurs de l’Eglise, des pontifes – jusqu’au Vénérable pape Pie XII -, et même le concile de Trente ont enseigné et recommandé sa pratique : on ne peut donc qu’être frappé par l’ignorance de tant de fidèles à son sujet et, en conséquence, par cette négligence d’une pratique de dévotion si fructueuse, qui peut être accomplie par tous, tandis que la communion sacramentelle exige des dispositions de corps et d’âme qui rendent parfois nécessaire que l’on s’en abstienne.

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I – Qu’est-ce que la communion spirituelle ?

   On appelle communion spirituelle un acte intérieur d’union à Notre-Seigneur Jésus-Christ réellement et substantiellement présent dans la Sainte Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception :

   « Elle consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement » (concile de Trente, session XIII, ch. 8).

II- Quels éléments comporte la communion spirituelle ?

   Elle est constituée essentiellement par un désir.
Avec sa précision coutumière, Saint Thomas d’Aquin affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit la Sainte Eucharistie seulement en désir, comme c’est le cas dans la communion spirituelle.
C’est aussi ce qu’enseigne Saint François de Sales :

   « Quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la Sainte Messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur » (Introduction à la vie dévote, chap. 21).

   C’est un désir explicite du sacrement, inspiré par la charité.
La communion spirituelle requiert l’état de grâce. Nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle.
Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile de Trente, ce sont celles qui sont indiquées ci-dessous et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : « actes avant et après la sainte communion ».

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III- La valeur de la communion spirituelle repose sur deux principes :

   -III a. Premier principe : la foi en la présence de Notre-Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.
On ne peut bien comprendre le désir de la Sainte Eucharistie, si on n’accepte pas le principe de sa valeur sanctifiante : c’est parce que l’on croit à la Présence réelle et vivifiante du Christ dans l’Eucharistie, qu’on désire recevoir le sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’Eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le Pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.
Les textes de la liturgie catholique nous rappellent à tout moment – très particulièrement dans les oraisons « secrète » et « postcommunion » des Messes – et déclinent ce caractère propre du sacrement.

   -III b. Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.
C’est un principe admis par les théologiens qu’en beaucoup de cas le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même. Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement mais le désir atteint la réalité sans passer par le signe sacramentel.
Ainsi, l’âme qui tend ardemment à s’unir à la vie du Christ-Sauveur dans la Sainte Eucharistie la trouve, par Sa grâce, car Notre-Seigneur ne saurait manquer à ceux qui Le cherchent.

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IV- Quels sont les effets de la communion spirituelle ?

   Les effets produits par la communion spirituelle sont semblables à ceux de la communion eucharistique : augmentation de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité.

   On rapporte de Sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on ne lui permettait pas la réception de la sainte communion (en un temps où la communion quotidienne était très exceptionnelle), elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles dans le cours de la Sainte Messe, et elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles.

   Ces effets peuvent parfois être supérieurs à ceux produits par la communion sacramentelle, si les dispositions de l’âme sont très pures et très ferventes : 

   « Il peut arriver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez au moins autant de grâces qu’on en obtient par la communion sacramentelle », écrit le Vénérable Louis Dupont s.j.

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V- Comment la communion spirituelle doit-elle être pratiquée ?

   Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce texte :

   « Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son cœur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur.
Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans cet auguste Mystère.
Puis elle considérera la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des Saintes Espèces : qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels Il désire S’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère.

   Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir : d’humilité, à la vue de sa propre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu.

   Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’Eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à Lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille.

   Elle terminera la communion spirituelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu sacramentellement dans son cœur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle Lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Jean-Baptiste Scaramelli s.j. , « Méthode de direction spirituelle »).

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Prière de Saint Alphonse-Marie de Ligori

pour la communion spirituelle :

   Mon Jésus,
je crois à Votre Présence
dans le Très Saint Sacrement.
Je Vous aime plus que toute chose
et je desire que Vous veniez dans mon âme.

   Je ne puis maintenant Vous recevoir sacramentellement dans mon coeur :
venez-y au moins spirituellement.

   Je Vous embrasse comme si Vous étiez déjà venu,
et je m’unis à Vous tout entier.

   Ne permettez pas que j’aie jamais
le malheur de me séparer de Vous.

Ainsi soit-il !

gravure de missel - fête-Dieu

2026-109. La question centrale concernant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (par S.Exc. Mgr. Athanasius Schneider).

Vendredi 5 juin 2026,
Premier vendredi du mois ;
Fête de Saint Boniface de Mayence, évêque et martyr ;
Vendredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

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       Moins d’un mois avant les Sacres annoncés par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), la dernière intervention publique de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider a été publiée ce jeudi 4 juin 2026 par la vaticaniste Diane Montagna sur son blog Substack.
Nous en avons eu connaissance par le site américain LifeSiteNews et nous avons choisi d’en publier intégralement ci-dessous la traduction française (qui a été générée par un traducteur automatique).
Nous sommes infiniment reconnaissants à Son Excellence Monseigneur Schneider pour son courage et sa lucidité, sa charité et sa pertinence.

Monseigneur Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider.

   Les questions et problèmes relatifs à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) font l’objet d’un débat largement stérile depuis plus de cinquante ans et ont abouti aux consécrations épiscopales annoncées, qui n’ont pas encore été approuvées par le Saint-Siège. Ce débat, souvent alimenté par l’émotion – parfois littéralement « cum ira et studio » –, est fréquemment mené par des personnes qui ne connaissent pas directement les documents pertinents ni n’ont d’expérience personnelle de la FSSPX. Dans bien des cas, leurs connaissances sont superficielles et influencées par des préjugés. De ce fait, le débat ressemble souvent à un dialogue de sourds, où les mêmes arguments sont répétés indéfiniment sans aucun progrès significatif.

   De plus, le débat élude largement la question centrale soulevée par la FSSPX. Cet échec découle d’une erreur méthodologique fondamentale et d’un manque de justification factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. Au fond, le conflit porte sur la question de la vérité.

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1. Vatican II dans le contexte des vingt autres conciles œcuméniques :

   La première erreur consiste à traiter un concile pastoral – en l’occurrence, le Concile Vatican II – comme s’il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses déclarations doivent être considérées comme définitives et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui agissent ainsi oublient que Paul VI lui-même a déclaré : « Certains se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile a entendu donner à ses enseignements, sachant qu’il s’est gardé d’émettre des définitions dogmatiques solennelles remettant en cause l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique ». La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, réitérée le 16 novembre 1964 : compte tenu du caractère pastoral du Concile, il s’est abstenu de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes revêtus de la note d’infaillibilité. » (Audience générale, 12 janvier 1966). Cela s’applique également aux deux constitutions « dogmatiques » du Concile, Dei Verbum et Lumen gentium, puisque l’adjectif « dogmatique » possède un sens plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés d’infaillibilité.

   Parmi les vingt autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents pastoraux ou disciplinaires qui ne sont plus applicables aujourd’hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran stipulant : « Si un seigneur temporel néglige de purifier son territoire de la souillure hérétique, il sera excommunié »), ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, sur la matière et la forme du sacrement de l’Ordre, du concile de Florence) qui ont été ultérieurement corrigées par le Magistère de l’Église. On ne saurait absolutiser toute forme historique concrète de leadership ecclésiastique, car cela reviendrait à supprimer la distinction nécessaire entre, d’une part, les vérités immuables et éternelles de la foi (Depositum Fidei) et, d’autre part, les divers modes de transmission de ces vérités (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), chacun ayant un degré d’autorité et de force contraignante différent.

   Aujourd’hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements pastoraux de Vatican II, qui, de par leur nature magistérielle, ne sont pas définitifs. Ceci soulève une question importante : pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’aucune exigence comparable n’existe concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?

   Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il en existe plusieurs — notamment ceux concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et la collégialité — dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière constante par le Magistère depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à la période qui a immédiatement précédé le Concile.

   Se pose également la question des carences rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. Ces préoccupations ne peuvent plus être écartées d’emblée, comme en témoigne, par exemple, l’archimandrite Boniface Luykx dans son ouvrage « A Wider View of Vatican II: Memories and Analysis of a Council Consultor » (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025). Les défauts du Novus Ordo Missae demeurent un sujet de débat sérieux et ne sauraient être passés sous silence. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d’accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.

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2. Deux excès modernes dans la vie de l’Église : le légalisme et le papacentrisme.

   La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à aborder, avec honnêteté intellectuelle, les questions doctrinales sous-jacentes et à reconnaître l’existence d’ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s’est développée au sein de l’Église au cours des derniers siècles : à savoir, la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, associée à un papacentrisme excessif qui frôle une quasi-divinisation de la fonction et de la personne du pape.

   Ces exagérations modernes dénaturent et restreignent la vie de l’Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du papacentrisme – un phénomène étranger aux Pères de l’Église et à la grande tradition. Dans cette forme exacerbée de papacentrisme, le Pape et son magistère, même lorsqu’ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, tendent à être considérés comme possédant un caractère absolu et quasi divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, au moins implicitement, par des conceptions qui se rapprochent de telles attitudes.

   La plupart des commentateurs de la controverse actuelle sur les consécrations épiscopales de la FSSPX restent, souvent inconsciemment, influencés par les excès de légalisme et le papisme exacerbé qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La loi selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale – ou contrairement à la volonté exprimée du Pape – constituent un acte schismatique était étrangère à l’époque des Pères de l’Église. En effet, cette loi n’est entrée en vigueur qu’au deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les « offenses contre les sacrements », et non parmi les « offenses contre la foi et l’unité de l’Église », où le schisme est sanctionné (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait classée parmi les offenses « contre l’unité de l’Église ». Le canon correspondant du Code de 1917 a également été inclus parmi les « Délits dans l’administration et la réception des ordres et autres sacrements » (Titre XVI), plutôt que parmi les « Délits contre la foi et l’unité de l’Église » (Titre XI).

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3. L’état de crise extraordinaire, voire d’urgence, au sein de l’Église :

   Depuis le Concile Vatican II, l’Église catholique traverse une période d’ambiguïté, de flou et d’incertitude concernant des doctrines essentielles telles que l’unicité du Christ Rédempteur, l’unicité de l’Église catholique, la structure monarchique instituée par Dieu (aux niveaux universel et local) et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniable que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint-Siège ces dernières décennies, et qui l’exercent encore aujourd’hui, exigent de la FSSPX, comme  condition sine qua non  à la pleine communion avec le Saint-Siège, l’acceptation de ce climat de fait d’ambiguïté et de relativisme doctrinal et liturgique, qui a atteint son paroxysme avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, au sein de toute l’Église. Depuis le Concile, et compte tenu de certains enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l’autorité du Pontife romain, une prétendue « Église de Vatican II » ou « Église conciliaire ». Ce courant, aujourd’hui désigné sous le nom d’« Église synodale », vise fondamentalement à devenir une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives visant à masquer cette nouvelle tendance vers une forme ambiguë, relativiste et mondaine de l’Église catholique par une herméneutique de la continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.

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4. Le dilemme de conscience de la FSSPX :

   Le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitive comme  condition sine qua non  à la pleine communion avec lui et à la régularisation canonique. Il s’agit notamment d’enseignements concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, l’affirmation de Lumen Gentium  16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, « adorent le Dieu unique et miséricordieux »), la collégialité épiscopale (entendue d’une manière qui diminue la structure monarchique de l’Église, instituée par Dieu), et les réformes liturgiques liées au Novus Ordo Missae. Le Saint-Siège exige également de la FSSPX qu’elle reconnaisse formellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires appartenant au magistère dit authentique et quotidien. Parmi ceux-ci figurent, par exemple, certaines déclarations d’Amoris Laetitia qui sapent gravement, voire contredisent, la Révélation divine ; l’autorisation formelle du pape François permettant aux personnes divorcées et remariées de recevoir la sainte communion ; et la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe, Fiducia Supplicans.2026-109. La question centrale concernant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (par S.Exc. Mgr. Athanasius Schneider). dans Annonces & Nouvelles

   Si l’on examine avec une honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui a frappé l’Église depuis le Concile – ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l’ont accompagnée –, alors l’existence et l’activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière des deux mille ans d’histoire de l’Église, comme une œuvre de la divine providence et comme une source d’assistance pour l’Église durant une crise d’une ampleur sans précédent.

   A la lecture des documents récemment publiés par le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et notamment la Déclaration de foi catholique  et son Message à la Fraternité et à ses fidèles (ci-joints), on ne peut manquer de constater un esprit profondément catholique, imprégné d’une foi véritable dans la primauté papale et d’une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.

   Le problème auquel est confrontée la FSSPX n’est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige qu’elle accepte, sans objection majeure, certains enseignements objectivement ambigus et imprécis du Concile Vatican II, des déclarations ambiguës du magistère pontifical post-conciliaire, ainsi que des failles doctrinales et rituelles objectives dans le Novus Ordo. Or, Dieu n’a jamais exigé l’acceptation de doctrines obscures ou formulées de manière ambiguë, et l’Église, tout au long de son histoire, a toujours agi en conséquence.

   La FSSPX considère comme une raison d’être essentielle d’appeler, avec parrêsia , à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l’Église s’est toujours efforcée de préserver à travers les siècles. Par le passé, les pontifes romains ont enduré persécution, martyre et même schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l’expression de la foi. Parmi les exemples les plus notables figurent le rejet du terme ambigu « homoiousios » ; le rejet de l’Hénotikon qui, bien que non formellement hérétique, a néanmoins nui à la clarté de la doctrine christologique et facilité la propagation du monophysisme ; et le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier (+638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pour hérésie, mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir contribué à la propagation de l’hérésie. L’unité n’est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L’histoire de l’Église connaît de nombreuses situations où des tensions ont existé entre la tradition et l’exercice effectif de l’autorité ecclésiastique.

   Le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, conjugués à la réforme liturgique, aient engendré – et continuent d’engendrer, tant en théorie qu’en pratique – un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le Pape, à l’exemple de nombre de ses prédécesseurs héroïques, à clarifier et, le cas échéant, à corriger ces enseignements. Il convient de le faire avec une précision et une clarté doctrinales renouvelées, afin qu’aucune interprétation ambiguë ou erronée ne puisse subsister. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les pontifes romains, demeure plus pertinent que jamais : « L’ambiguïté ne saurait être tolérée dans un synode (concile), dont la principale gloire consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout risque d’erreur » (Pie VI, Auctorem fidei ).

   Le drame de la situation actuelle réside dans le fait que le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte l’ambiguïté doctrinale et liturgique actuelle comme condition sine qua non à la pleine communion et à la régularisation canonique. Lors de la controverse monothélite, lorsque le pape Honorius Ier adopta une position ambiguë, le saint patriarche Sophronius de Jérusalem envoya à Rome son suffragant, Étienne, évêque de Dor, lui recommandant de se rendre auprès du Siège apostolique, où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe, et de ne cesser de prier et de supplier jusqu’à ce que les autorités compétentes examinent et condamnent cette nouvelle erreur. L’évêque Étienne demeura à Rome pendant dix ans, persévérant dans cette mission jusqu’à ce qu’il soit témoin de la condamnation de l’hérésie par le pape Martin Ier au concile de Latran de 649. D’une certaine manière, la FSSPX remplit aujourd’hui un rôle similaire, exhortant sans cesse le Saint-Siège à mettre fin à cette situation d’ambiguïté et d’incertitude doctrinales et liturgiques. La FSSPX a maintes fois affirmé n’avoir d’autre intention que de former les âmes confiées à sa charge pastorale à devenir de bons chrétiens et de véritables fils et filles de l’Église romaine. En définitive, il convient d’être reconnaissant à la FSSPX pour ce rôle, et les futurs papes le seront assurément.

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5. La solution pastorale du pape au problème de la FSSPX :

   Le Saint-Siège devrait accorder toute l’attention requise à la  Déclaration de foi catholique  et au  Message aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et actes comme suffisants et satisfaisant aux conditions minimales requises pour la communion ecclésiale. Une excommunication à l’heure actuelle ouvrirait une nouvelle blessure, inutile et évitable, au sein du Corps mystique du Christ.

   A la lumière de ces documents et actes de la FSSPX, le Pape, avec sa compassion paternelle, pourrait faire une exception et autoriser les consécrations épiscopales par un geste pastoral d’une grande générosité. En excommuniant les évêques consécrateurs et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement les fidèles de la FSSPX – une partie de son troupeau – qui l’aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, confrontés à un véritable dilemme de conscience, n’ont d’autre choix que de continuer à recevoir l’assistance pastorale de la FSSPX, dont l’épiscopat demeure indispensable à l’existence, notamment pour l’administration des sacrements de l’Ordre et de la Confirmation.

   Par conséquent, uniquement pour le salut des âmes et le bien de l’Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d’avoir des évêques et d’autoriser les consécrations épiscopales. Malheureusement, malgré ce qu’elle considère comme un dilemme de conscience objectif, la FSSPX est, pour la plupart, perçue comme schismatique et orgueilleuse.

   Dans un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en véritable père, pourrait établir un dialogue avec la FSSPX, cette partie de son troupeau, et autoriser, à titre exceptionnel, les consécrations épiscopales afin de favoriser un climat propice à une recherche patiente et progressive, fondée sur une confiance mutuelle accrue, des solutions aux questions doctrinales et aux arrangements juridiques correspondants. L’Église synodale de notre temps devrait être capable d’une telle ouverture pastorale et d’une telle générosité. À la lumière des nombreuses déclarations et initiatives œcuméniques généreuses de ces dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à aborder un grave problème ecclésial par le dialogue, la patience et la compréhension au sein même de l’Église catholique.

   Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a affirmé que, concernant les divergences des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions dégénèrent en mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l’Église doivent, chaque fois que cela est possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne serait-elle pas également appliquée à la FSSPX, qui ne renie aucun dogme, reconnaît la primauté du Pape, prie pour lui et lui professe une dévotion filiale, tout en conservant uniquement ce que l’Église a cru et célébré universellement jusqu’au Concile ? Parallèlement, le Chemin synodal allemand a avancé des déviations doctrinales manifestes qui promeuvent de facto des hérésies, voire des positions blasphématoires. Dès lors, pourquoi privilégier la réconciliation et le dialogue patient dans un cas et pas dans l’autre ?

   Si, cette année, le Pape prononçait une excommunication, un nouvel anathème, contre les évêques consacrants et consacrés, cela resterait dans l’histoire de l’Église comme une erreur d’une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les papes futurs le regretteraient. Pourquoi le Pape devrait-il faire aujourd’hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas tirer les leçons de l’histoire ? Le Pape, en tant que Souverain Pontife, n’est-il pas appelé avant tout à être un bâtisseur de ponts ?

Pièces jointes :

1) Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 5 février 2026 : https://fsspx.news/en/news/interview-superior-general-priestly-society-saint-pius-x-57064
2) Message aux fidèles et amis de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 7 mars 2026 :  https://fsspx.org/en/news/episcopal-consecrations-what-fr-pagliarani-told-members-society-saint-pius-x-59250
3) Déclaration de foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le 14 mai 2026 :  https://sspx.org/sites/default/files/documents/2026-05-14_declaration_of_catholic_faith_en.pdf

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2026-108. Méditation proposée pour la fête du Très-Saint-Sacrement.

Jeudi après le dimanche de la Sainte Trinité :
Fête du Très-Saint-Sacrement.

Adoration du Très Saint Sacrement

Présence de Dieu :

« O Pain Vivant, qui caches mon Trésor,
prosterné devant Toi, je T’adore ! »
                                      (Saint Jean de la Croix – poésies).

Méditation :

       1 – D’étape en étape, nous sommes montés, au cours de l’année liturgique, de la considération des mystères de la vie de Jésus, jusqu’à la contemplation de la Très Sainte Trinité, dont nous avons célébré la fête dimanche dernier. Jésus, notre Médiateur, notre vie, nous a pris par la main et nous a conduits vers la Trinité ; et, aujourd’hui, il semble que la Trinité Elle-même veuille nous ramener à Jésus, considéré dans Son Eucharistie.
« Nul ne vient au Père que par Moi » (Jean XIV, 6), a déclaré Jésus, et Il a ajouté : « Nul ne peut venir à Moi si Mon Père [...] ne l’attire » (Jean VI, 4).
Tel est l’itinéraire de l’âme chrétienne : de Jésus au Père, à la Trinité ; de la Trinité, du Père, à Jésus. Jésus nous porte au Père, le Père nous attire vers Jésus.
Le chrétien ne peut absolument se passer du Christ ; Il est, au sens le plus strict du mot, notre Pontife, Celui qui fait le pont entre Dieu et nous.
A la fin du cycle liturgique, dans lequel nous commémorons les mystères du Sauveur, l’Eglise, en bonne Mère, sachant que notre vie spirituelle ne peut subsister sans Jésus, nous conduit vers Celui qui vit véritablement dans le Très-Saint-Sacrement de l’autel. La solennité du « Corpus Domini » n’est pas le simple souvenir d’un fait historique qui se pasa il y a environ deux mille ans, au soir de la dernière Cène ; c’est la fête d’un fait actuel, d’une réalité toujours présente, toujours vivante au milieu de nous, grâce à laquelle nous pouvons dire que Jésus ne nous a pas « laissés orphelins », mais qu’Il a voulu S’établir auprès de nous, dans l’intégrité de Sa Personne, avec toute Son Humanité, toute Sa Divinité.
« Il n’est point – et il n’y eut jamais – d’autre nation si grande, chante avec enthousiasme l’Office du jour, qui ait des dieux proches d’elle, comme notre Dieu nous est présent » (Bréviaire).
Dans l’Eucharistie, Jésus est vraiment l’Emmanuel, le Dieu avec nous.

Philippe de Champaigne - la petite Cène - Louvre

Philippe de Champaigne (1602-1674) : la Cène, dite « la petite Cène » (1652)
[Musée du Louvre, Paris].

       2 – L’Eucharisite n’est pas seulement Jésus vivant véritablement parmi nous, mais Jésus en tant qu’Il S’est fait notre nourriture. Tel est l’aspect principal sous lequel la liturgie du jour nous présente ce mystère ; on peut dire qu’il n’est aucune partie de la Messe qui ne s’y rapporte directement ou, tout au moins n’y fasse allusion.
L’introït s’y réfère en mentionnant le froment et le miel dont Dieu nourrit jadis les Hébreux au désert, – aliments miraculeux, et cependant très pauvres images du « Pain vivant et vivifiant » (séquence) de l’Eucharistie.
L’épître en parle, en rappelant l’institution du Sacrement, lorsque Jésus « prit du pain et, rendant grâces à Dieu, le rompit et dit : ‘Prenez et mangez : ceci et Mon Corps’ » ; le graduel le chante : « Les yeux de tous les êtres attendent tournés vers Vous, Seigneur, et Vous leur donnez la nourriture en temps opportun ».
La très belle séquence du Lauda Sion le célèbre longuement, tandis que l’Evangile, faisant écho à l’Alléluia, cite le passage le plus significatif du discours dans lequel Jésus Lui-même annonça l’Eucharitie : « Ma Chair est vraiment une nourriture, et Mon Sang vraiment un breuvage ».
Reprenant une phrase de l’épître, la Communion nous rappelle ensuite le devoir de recevoir dignement le Corps du Seigneur.
La Postcommunion, enfin, nous dit que la communion eucharistique est le gage de l’éternelle communion du Ciel.

   Mais pour mieux comprendre la valeur immense de l’Eucharistie, il faut se rapporter aux paroles mêmes de Jésus, rappelées très opportunément dans l’Evangile du jour : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, vit en Moi et Moi en lui ».
Jésus S’est fait notre nourriture pour nous assimiler à Lui, nous faire vivre de Sa vie, nous faire vivre en Lui, comme Lui-même vit en Son Père.
L’Eucharistie est vraiment le sacrement de l’union, en même temps que la preuve la plus claire et la plus covaincante que Dieu nous aime et nous appelle à l’union intime avec Lui.  

 Luca Giordano - la communion des Apôtres - Bilbao

Luca Giordano (1634-1705) : la communion des Apôtres (vers 1700)
[Musée d'art sacré de Bilbao].

Colloque :

       « O Dieu, ô Créateur, ô Esprit de vie qui comblez Vos créatures de grâces, Vous accordez à Vos élus le don qui toujours se renouvelle : le Corps et le Sang de Jésus-Christ !
O Jésus, Vous avez institué ce Sacrement, non par crainte, ni dans le désir d’en retirer quelque avantage, mais uniquement sous la motion d’un amour qui n’a pas d’autre mesure que d’être sans mesure. Vous avez institué ce Sacrement, parce que Votre amour surpasse toute expression.
Brûlant d’amour pour nous, Vous avez voulu Vous donner à nous et avez pris place dans l’Hostie consacrée, tout entier et pour toujours, jusqu’à la consommation des siècles.
Vous l’avez fait, non seulement pour nous rappeler le souvenir de Votre mort qui est notre salut, mais encore pour demeurer avec nous tout entier et à jamais.

   « O mon âme, si tu veux pénétrer dans la profondeur de ce mystère, il faut que l’amour éclaire ton regard pour que tu discernes et comprennes ! Considère la dernière Cène : vois Jésus-Christ, conscient  d’avoir à Se séparer bientêt de Son Humanité, et voulant pourtant S’unir à nous à jamais ; contemple l’amour par lequel Il institua le Sacrement qui Lui permet de S’unir corporellement et pour toujours à l’humanité.
O amour inextinguible ! O amour du Christ, ô amour du genre humain ! Quel véritable foyer d’amour ! O Jésus, Vous aviez déjà sous les yeux la mort qui Vous attendait, les douleurs et les tourments atroces de la Passion Vous déchiraient le Cœur, et néanmoins Vous voulûtes Vous offrir à Vos bourreux et faireen  sorte que, grâce à ce Sacrement, ils puissent Vous posséder toujours commedon d’éternité, ô Vous, dont les délices sont d’être avec les enfants des hommes !

   « O mon âme, comment ne te plongerais-tu pas toujours davantage dans l’amour du Christ sur qui l’oubli n’eut prise ni dans la vie ni dans la mort, mais qui a voulu Se donner tout entier à nous et nous unir à jamais à Lui ? » (Sainte Angèle de Foligno).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
In « Intimité divine », tome II pp. 3-6.

Première Communion de Saint Louis de Gonzague - Pietro Sindico 1939

Pietro Sindico (1818-1893) : Première communion de Saint Louis de Gonzague
de la main de Saint Charles Borromée (1839)
[Palazzo Sordello Mantoue].

2026-107. Historique de l’Institution de la fête du Très-Saint-Sacrement.

Mercredi après le dimanche de la Sainte Trinité.
Veille de la fête du Très-Saint-Sacrement.

       A la veille de la fête du Très-Saint-Sacrement, il n’est pas inutile d’y préparer nos intelligences en se replongeant dans l’historique de son institution, d’autant que cette histoire est riche d’éléments aptes à nourrir nos cœurs et nos âmes d’éléments spirituels forts qui nous stimuleront à célébrer cette fête avec toujours plus de ferveur et d’amour.

   Voici donc le récapitulatif des textes que nous avons publiés à ce sujet, avec les liens pour les atteindre :

Pierre-Paul Rubens - les défenseurs de l'Eucharistie

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) : les défenseurs de l’Eucharistie (1625)
[Musée du Prado, Madrid].

1 – Sainte Julienne du Mont-Cornillon : sa vie et sa mission pour toute l’Eglise > ici.

2 – La première célébration de la Fête-Dieu, à Liège, en 1246 > ici

3 – Le miracle eucharistique de Bolsena, en décembre 1263 > ici

4 – L’institution de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle, en 1264 > ici

4 – Le texte de la Bulle « Transiturus » (1264) du pape Urbain IV : un texte magnifique à méditer > ici

-

gravure de missel - fête-Dieu

Neuvaine de Saint Pie de Pietrelcina au Sacré-Cœur de Jésus, dite « Neuvaine irrésistible » :

Saint Pie de Pietrelcina avec le Sacré-Cœur

   O Jésus, Vous qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira ! » voici que je frappe, je cherche et je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

   O Jésus, qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, tout ce que vous demanderez à Mon Père en Mon Nom, Il vous l’accordera », voici qu’en Votre Nom je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

   O Jésus, qui avez dit : « En vérité, Je vous le dis, le ciel et la terre passeront, mais Mes paroles ne passeront point », voici qu’en m’appuyant sur l’infaillibilité de Vos saintes paroles je demande la grâce …… (formulez votre demande).

Pater noster. Ave Maria. Gloria Patri.

Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance et j’espère en Vous !

Sacré-Coeur

On trouvera la liste des autres prières au Sacré-Cœur publiées dans ce blogue > ici

2026-106. Du temps après la Pentecôte.

Dimanche de la Très Sainte Trinité.

cycle liturgique

       Le Temps après la Pentecôte couvre environ la moitié de l’année liturgique : 23 à 28 semaines, en fonction de la date de Pâques. Lorque la fête de Pâques arrive tôt, les dimanches après l’Epiphanie sont moins nombreux et les dimanches après la Pentecôte s’augmentent d’autant.

   Les dimanches du Temps après la Pentecôte se succèdent d’une manière quasi uniforme, avec une importance égale : ils sont tous de rite semi-double.
Les vêpres sont également toujours les mêmes chaque dimanche ; seules varient l’antienne du Magnificat, prise à l’Evangile, et l’oraison, qui est celle de la Messe.
Les ornements sont verts.

   Toutes les fêtes, à l’exception de celles de Notre-Seigneur et des fêtes de première ou de deuxième classe, cèdent le pas au dimanche, fussent-elles d’un rite supérieur au rite semi-double du dimanche lui-même (les fêtes de rite double ou double majeur donc) : on se contente d’en faire mémoire. Ainsi l’a voulu le pape Saint Pie X.

   Lorsque la Messe d’un dimanche après la Pentecôte est empêchée en raison de la coïncidence d’une grande fête, on doit toujours en faire la mémoire à la Messe de la fête et en lire l’Evangile à la fin (au lieu de la lecture du commencement de l’Evangile selon Saint Jean). De plus, lorsque la chose est possible, cette Messe du dimanche devra être reprise en semaine.
Ces dispositions permettent au sanctoral, particulièrement fourni au Temps après la Pentecôte, de se développer sans nuire au temporal.

   Introduite tardivement dans le cycle liturgique et étendue à l’Eglise universelle au XIVème siècle seulement, la fête de la Très Sainte Trinité supplante le premier dimanche après la Pentecôte, et, dans la liturgie traditionnelle, on fait donc mémoire de celui-ci selon la règle précisée ci-dessus (nota bene : en revanche dans la liturgie déjà-un-peu-réformée de 1960 [missel de Jean XXIII], cette commémoraison du dimanche a disparu et la Messe de ce dimanche ne peut plus être célébrée qu’en semaine).

   Pendant le Temps après la Pentecôte, dans tous les pays où toutes les fêtes de précepte (explications > ici) impérées par l’Eglise qui arrivent en semaine ne sont pas chômées, elles doivent être solennisées au dimanche suivant : elles le sont alors au détriment du « dimanche vert » dont on fait la mémoire conformément à ce qui a été dit ci-dessus : en France, par exemple, c’est le cas pour la Fête du Très Saint Sacrement, qui est donc solennisée au deuxième dimanche après la Pentecôte, et c’est la même chose pour la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, qui prime sur le dimanche tantôt parce qu’il coïncide avec la date du 29 juin, tantôt parce qu’il coïncide avec le 30 juin ou les jours qui vont du 1er au 6 juillet.
Si par malheur il arrivait que l’impiété républicaine supprimât le caractère chômé du 15 août ou du 1er novembre, il faudrait, semblablement, solenniser ces fêtes le dimanche suivant en observant les mêmes règles.
Cela vaut également pour toutes les fêtes d’obligation particulières ou locales (qui ont été énumérées > ici) qui arrivent pendant cette période de l’année liturgique.

   Quoiqu’elle ne soit pas une fête d’obligation, la fête du Sacré-Cœur de Jésus, qui est célébrée – selon la demande de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même – le vendredi qui suit l’octave de la Fête du Très Saint Sacrement, peut, elle aussi, être solennisée au dimanche suivant, c’est-à-dire au troisième dimanche après la Pentecôte.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Messe solennelle ornements verts

2026-105. La charité réunit ce qu’avait séparé la discorde.

Samedi dans l’octave de la Pentecôte :
Samedi des Quatre-Temps d’été.

       Pour ce dernier jour de l’octave de la Pentecôte, lisons, relisons et méditons ce court sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin, qui porte le n° CCLXXI et fait partie de la série des sermons prononcés à l’occasion de la fête de la Pentecôte.
C’est un sermon qui développe l’opposition entre la tour de Babel et le mystère de la Pentecôte ; opposition souvent commentée par les Pères de l’Eglise ; opposition entre la confusion des langues et la division de l’humanité d’une part, et d’autre part le don des langues, accordé aux Apôtres par le Saint-Esprit, qui en quelque manière rétablit l’unité de l’humanité dans l’unique Eglise. 

Mattia Bortoloni construction de la tour de Babel

Mattia Bortoloni (1696-1750) : construction de la tour de Babel (1716-1717),
fresque de la Villa Cornaro à Piombino Dese (province de Padoue).

   Voici, mes frères, un beau jour ; c’est le jour où la lumière de la Sainte Eglise brille aux yeux des fidèles, où la charité embrase leurs murs ; c’est le jour solennel où après Sa Résurrection et après la gloire de Son Ascension, Jésus-Christ Notre-Seigneur a envoyé l’Esprit-Saint.
« Si quelqu’un a soif, disait-Il au rapport de l’Evangile, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. Celui qui croit en Moi, des fleuves d’eau vive couleront dans son sein ». Or l’Evangéliste explique ainsi les paroles du Sauveur : « Il disait cela, observe-t-il, de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui ; car l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean VII, 37-39). Une fois donc que Jésus fut glorifié par Sa Résurrection d’entre les morts et Son Ascension aux cieux, Il devait donner le Saint-Esprit, l’envoyer après l’avoir promis.

   C’est ce qui eut lieu. Après avoir effectivement passé avec ses disciples les quarante jours qui suivirent Sa Résurrection, le Seigneur monta au ciel, et le cinquantième jour, le jour dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire, Il envoya l’Esprit-Saint, comme l’atteste l’Ecriture : « Soudain, dit-elle, il se fit un bruit du ciel, comme celui d’un vent impétueux qui s’élève ; et il leur apparut comme plusieurs langues de feu, et ce feu se reposa sur chacun d’eux, et ils se mirent à parler toutes les langues, comme l’Esprit-Saint leur donnait de parler » (Act. II, 1-4).

   Ce souffle emportait la paille sous laquelle étaient ensevelis leurs cœurs ; ce feu consumait en eux l’antique concupiscence, et ces langues que parlaient tous ceux que remplissait l’Esprit-Saint, annonçaient que l’Eglise se répandrait partout où les Gentils parlent leurs langues diverses.
De même donc qu’après le déluge l’impiété superbe voulut bâtir malgré le Seigneur une tour fort élevée et que le genre humain mérita alors que lui fût infligé le supplice de la division des langues, chaque nation parlant un idiome que ne comprenaient pas les autres nations (Gen. XI, 1-9) ; ainsi l’humble piété des fidèles assujettit cette diversité de langage à l’unité de l’Eglise, la charité réunissant ce qu’avait séparé la discorde, et le genre humain s’attachant au Christ, comme à la tête s’attachent les membres d’un même corps, pour être comme fondus dans cette unité sainte par le feu de la charité.

   A ce don de l’Esprit-Saint demeurent donc étrangers ceux qui ont en horreur la grâce de la paix, ceux qui ne restent pas en communion avec l’unité.
S’ils sont aujourd’hui solennellement rassemblés, s’ils entendent ces leçons sacrées où il est question de la promesse et de l’envoi du Saint-Esprit, ils les entendent pour leur condamnation et non pour leur sanctification.
Qu’importe de prêter l’oreille quand le cœur repousse, et de fêter le jour de Celui dont on rejette la lumière ?

   Pour vous, mes frères, pour vous, membres du Corps du Christ, enfants de l’unité et fils de la paix, célébrez ce jour avec joie, célébrez le sans inquiétude, car en vous s’accomplit ce que promettait l’Esprit-Saint quand il descendit alors.
De même en effet que chacun de ceux qui recevaient en ce moment le Saint-Esprit parlait toutes les langues : ainsi s’exprime aujourd’hui dans tous les idiomes l’unité de l’Eglise répandue parmi toutes les nations ; et c’est dans son sein que vous possédez le Saint-Esprit, vous, qui n’êtes séparés par aucun schisme de cette Eglise du Christ qui parle toutes les langues.

Louis Galloche - la Pentecôte  - musée des Beaux-Arts de Nantes - blogue

Louis Galloche (1670-1761) : la Pentecôte
[Musée des Beaux-Arts de Nantes].

2026-104. Visite royale à Aix-en-Provence.

Vendredi 29 mai 2026,
Vendredi des Quatre-Temps d’été ;
Mémoire de Sainte Marie-Madeleine de’Pazzi, vierge.

       Ce vendredi 29 mai en fin de journée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a rendu public sur les réseaux sociaux le rapide compte-rendu d’une visite qu’Il vient d’accomplir à Aix-en-Provence, dans les termes suivants :

Aix en Pce 29 mai 2 - blogue

   « J’ai eu la joie de découvrir la superbe ville d’Aix-en-Provence et ses environs, avec un accueil très chaleureux de Sophie Joissans, maire de la ville, avec qui j’ai pu m’entretenir longuement pour connaître et comprendre les enjeux auxquels est confrontée sa commune.

   En compagnie d’une de ses adjointes, Perrine Meggiato et une équipe municipale, j’ai vécu une visite passionnante de la vieille ville, de l’hôtel de ville, de la cathédrale Saint-Sauveur, guidé par le le directeur de l’office de tourisme d’Aix, Michel Fraisset (Pro).

   Enfin, nous avons été reçus à l’Académie d’Aix-en-Provence où ses membres m’ont présenté un certain nombre de souvenirs liés au passage de mes ancêtres Louis XIII et Louis XIV dans cette belle ville. Un grand merci pour la qualité proverbiale de votre accueil tout provençal, et pour la hauteur de nos échanges ! »

Aix en Pce 29 mai 1 - blogue

2026-103. Oraisons liturgiques pour le Roi et sa famille, ainsi que pour le Dauphin.

28 mai,
Anniversaire de la naissance de LL.AA.RR. NN.SS. Louis, duc de Bourgogne, Dauphin de France & Alphonse, duc de Berry, Fils de France (28 mai 2010 – cf. > ici).

grandes armes de France

   Voici les oraisons liturgiques que l’on trouve dans les anciens missels des diocèses du Royaume de France.

Pro Rege et ejus Familia :

(pour le Roi et sa Famille)

Oratio :

   Deus, a quo omnis potestas ordinata est : da famulo tuo Regi nostro N. et universae familiae ejus cor docile ; ut potestatem suam majestatis tuae famulam facientes, regnum illud ambiant et obtineant, in quo non timent habere consortes. Per Dominum…

   Dieu, par lequel tout pouvoir est ordonné : accordez un cœur docile à votre serviteur notre Roi N. et à toute sa famille ; afin que, mettant leur pouvoir au service de Votre Majesté, ils recherchent et possèdent ce royaume, dans lequel ils ne craignent pas d’avoir leur part.

Secreta :

   Ut prosit, Domine, famulo tuo N. Regi nostro et Regiae ejus familiae sacrificium, quod pro iis offerimus : da ut ipsi pro peccatis suis sacrificium humilitatis, miserationis et orationis tibi Deo suo vero semper studeant immolare. Per Dominum…

   Seigneur, que ce sacrifice que nous offrons pour eux soit profitable à Votre serviteur notre Roi N., et à sa royale famille : accordez-leur de s’efforcer toujours de Vous offrir, à Vous, leur vrai Dieu, le sacrifice d’humilité, de miséricorde et de prière pour leurs péchés.

Postcommunio :

   Invocantes et sperantes in nomine tuo, Domine Deus noster, fac nos in salutari Regis nostri N. et cunctae familiae ejus laetari : ut, dum vivifico mysterio reples in bonis desiderium nostrum, tuis benedictionibus eos praevenire digneris. Per Dominum…

   En invoquant Votre nom et en espérant en lui, ô Seigneur notre Dieu, faites que nous nous réjouissions du salut de notre Roi N. et de celui de toute sa famille : afin que, tandis que Vous comblez de biens notre désir par le mystère vivifiant, Vous daignez les prévenir de Vos bénédictions

Armes de Monseigneur le Dauphin

Pro Delphino :

(pour le Dauphin)

Oratio :

   Omipotens sempiterne Deus, miserere famulo tuo N., Delphino Franciae, et dirige eum secundum tuam clementiam in via salutis aeternae : ut, te donante, tibi placita cupiat, et tota virtute perficiat. Per Dominum…

   Dieu éternel et tout-puissant, regardez avec une amoureuse miséricorde Votre serviteur, N., Dauphin de France, et conduisez-le par Votre clémence en la voie du salut éternel, afin que par Votre grâce il ne souhaite que ce qui Vous est agréable, et se porte de tout son cœur à le pratiquer en sa perfection.
(traduction de Pierre Corneille).

Secreta :

   Oblatis, quaesumus, Domine, placare muneribus : et famulum tuum Delphinum N. assidua protectione guberna. Per Dominum…

   Nous Vous en supplions, Seigneur, par ces dons qui Vous sont offerts rendez-Vous propice : et guidez Votre serviteur le Dauphin N. par une protection continue.

Postcommunio :

   Haec nos, quaesumus, Domine, divini sacaramenti perceptio protegat : et famulum tuum Delphinum N. salvet semper eet muniat. Per Dominum…

Que cette réception du divin sacrement, nous Vous en supplions, Seigneur, nous protége ; et qu’elle sauve et fortifie toujours Votre serviteur le Dauphin N.

Domine salvum fac Regem - fresque au dessus de l'orgue de la chapelle royale à Versailles

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