Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2017-58. Dieu Lui-même est légitimiste.

Vendredi 16 juin 2017,
Fête de Saint Jean-François Régis (cf. > ici).

Baptême de Clovis

Le baptême de Clovis est la naissance de la France.

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Plusieurs personnes ont demandé à Frère Maximilien-Marie le texte de son intervention du samedi matin 27 mai dernier dans le cadre du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay.  Mais en réalité, il n’y avait pas de texte écrit ce jour-là, il y avait seulement des notes dans un plan…
A force d’insistance, avec quelques autres amis, nous avons obtenu de lui qu’il reprenne ces notes et les développe afin de me donner un texte que je puisse publier. Je suis maintenant en mesure de le faire, mais ce ne sera pas en une seule fois. En effet, pour plus de clarté et force, il y aura trois publications, correspondant aux trois idées maîtresses de l’exposé donné par Frère Maximilien-Marie.

Lully.

Fleur de Lys

Parce que Dieu Lui-même est légitimiste !

Lorsque l’on me demande pourquoi je suis légitimiste, et pourquoi – en tant que religieux – je suis si ostensiblement légitimiste, et même prosélyte dans mon légitimisme, j’ai désormais l’habitude de répondre : « Parce que Dieu Lui-même est légitimiste ! »

C’est là une formule à l’emporte-pièce qui résume le fait que la légitimité n’est pas une option facultative, mais qu’être légitimiste aujourd’hui découle d’une manière strictement logique des dispositions de la divine Providence, et donc de la sainte volonté de Dieu.
C’est Dieu Lui-même - « Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : Dieu dont la Providence ne se trompe jamais dans ses dispositions » (collecte du 7ème dimanche après la Pentecôte) – , à travers l’histoire, à travers les événements qu’Il a voulus ou permis, à travers les hommes qu’Il a suscités, éclairés et guidés, qui a fait que la France soit un royaume catholique, qui a fait de la France « le Royaume des Lys », et qui lui a donné ses Lois fondamentales (cf. > ici).

A – La France est par essence catholique et royale :

C’est une idée sur laquelle j’insiste et sur laquelle j’insisterai encore et encore, jusqu’à mon dernier souffle sans doute : la France est née de la rencontre et de l’union de deux éléments qui lui sont essentiels – c’est-à-dire qui appartiennent à son essence, à la réalité profonde et substantielle de son être – : la royauté franque et la foi catholique.
C’est la raison pour laquelle le baptême de Clovis est l’événement fondateur de la France : avant le baptême de Clovis, il y a un territoire, qui est la Gaule romaine, en proie à la division, à l’invasion, à la décadence… etc. A partir du baptême de Clovis, sur la base d’une royauté qui est désormais unie à la foi catholique – la foi de Nicée – , il y a véritablement la constitution du Royaume catholique des Francs, la constitution du Royaume de France, la constitution de la France : notre France en même temps et indissociablement catholique et royale.

Certes, il y aura bien des développements, une croissance, une maturation, un épanouissement, comme il y en a pour tout corps vivant ; mais la rencontre, l’alliance, l’union, presque la fusion, de ces deux éléments – la foi catholique et la royauté des Francs – dans les Fonts Baptismaux de Reims, est bien la source de laquelle découle indubitablement toute l’histoire, toutes les caractéristiques, toute la civilisation, toute la culture propre et tout le génie particulier de la France.
Cela est aussi vrai que le fleuve est tout entier dans la source, aussi vrai que l’arbre et ses fruits sont tout entiers dans la graine dont ils sont issus, aussi vrai que l’homme est déjà tout entier dans la première cellule fécondée dans le sein maternel.

B – C’est par vocation divine que la France est, dans son essence, catholique et royale, et la Providence l’a maintes fois confirmé dans l’histoire :

Nous savons que toutes les nations ont une vocation propre et unique qui leur est assignée par la divine Providence.
Ici, je vous renvoie au sublime et inépuisable discours que prononça, au titre de légat pontifical a latere du pape Pie XI auquel il allait bientôt succéder, Son Eminence Révérendissime le cardinal Eugenio Pacelli, le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris (cf. > ici). Nous avons là un texte essentiel et fondamental qu’il convient de lire et de relire, de méditer et d’approfondir car une seule lecture ne peut permettre d’en saisir toutes les richesses et de s’en pénétrer.
Que nous dit le cardinal Pacelli ? Quelle idée maîtresse développe-t-il ? Quelle leçon intemporelle nous donne-t-il et prouve-t-il par les faits ?
Que « (…) les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation.  » 

Les faits eux-mêmes démontrent, comme je vous le rappelais précédemment, que ce qui a fait la France c’est la rencontre et l’union de la royauté franque et de la foi catholique, et que tant que ces deux éléments ont été préservés, fortifiés et développés, la France a été prospère et rayonnante, pour reprendre les termes du cardinal Pacelli. Les faits eux-mêmes démontrent que dès lors qu’on a voulu mettre fin à la royauté catholique et qu’on a porté atteinte à cette union essentielle de laquelle le Royaume de France était né, nous sommes entrés dans des temps de misère et de stérilité.

Les faits sont les signes et les preuves des dispositions de la Providence de Dieu.
Les faits nous montrent la volonté de Dieu à travers des personnages tels que Saint Remi et Sainte Geneviève, Sainte Clotilde et Clovis, Saint Charlemagne et Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc et Louis XVI, pour ne citer que quelques figures suréminentes de notre histoire.
En France, la royauté chrétienne, née dans la fontaine baptismale de Reims où Clovis reçut la grâce, perfectionnée par Saint Charlemagne, conduite à sa perfection par Hugues capet et ses descendants, sanctifiée par Saint Louis, élevée à un degré de gloire inégalé par le Grand Roi, « fils aîné du Sacré-Coeur », et amenée à un degré d’union avec l’Agneau de Dieu immolé qui n’a jamais été égalé en Louis XVI et Louis XVII, a vu ses Lois fondamentales et la valeur absolument unique de son Sacre défendues et confirmées de manière éclatante par la geste inouïe et miraculeuse d’une jeune vierge venue des marches de Lorraine, placée par Dieu à la tête des armées !

Schématiquement, depuis la Noël 496 jusqu’à nos jours, quinze siècles d’histoire de la France nous montrent d’une part qu’il y a eu, malgré des crises et des événements douloureux, treize siècles de croissance organique et de montée en puissance et en gloire sous un seul régime politique : la royauté chrétienne traditionnelle ; et d’autre part que, depuis le reniement de 1789, source de toutes les apostasies sociales et spirituelles, il y a un peu plus de deux siècles d’instabilité et de décadence inéluctable. « Contra factum non fit argumentum », dit l’antique adage juridique : contre les faits, il n’y a pas d’argumentation qui tienne.

C – Etre légitimiste, c’est donc être fidèle aux dispositions de la divine Providence :

Parce que la Providence de Dieu s’est exprimée par les faits dans l’établissement de la royauté chrétienne en France et tout au long de son histoire, parce que « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (Rom. XI, 29), parce que « Dieu est fidèle » (1 Cor. I, 9) et parce que « si nous sommes infidèles, Lui reste fidèle car Il ne peut Se renier Lui-même » (2 Tim. II, 13), nous pouvons et même nous devons affirmer que c’est être dans l’obéissance à Dieu, c’est être dans la fidélité à Ses dispositions providentielles que d’être légitimiste, que de conserver et de défendre, que de promouvoir et de se faire l’apôtre de ce que Dieu a voulu pour la France et de la manière dont Il l’a voulu : la monarchie chrétienne traditionnelle, la royauté capétienne de droit divin, avec ses Lois fondamentales qui règlent la succession au trône et qui ont assuré pendant des siècles la stabilité et la prospérité du Royaume de France.

Nous le devons dire et répéter avec d’autant plus de force que ces vérités sont aujourd’hui occultées, déformées et décriées : on ne veut pas parler des interventions de Dieu dans l’histoire ; on ne veut pas parler des châtiments qui découlent, dans la vie des peuples, de leur infidélité à Dieu ; on ne veut pas parler de l’obéissance à Dieu dans la conduite des nations. On veut reléguer la référence à Dieu – réputée facultative – à la seule sphère privée et lui dénier tout « ingérence » dans l’ordre public et social ; on veut substituer à l’obéissance à Dieu, une autonomie complète de « l’homme moderne ».

Reniement de l’homme, tandis que Dieu lui reste fidèle !
Où avons-nous vu, en effet que Dieu aurait renié l’alliance conclue dans les Fonts Baptismaux de Reims ? Où avons-nous vu que Dieu aurait changé d’avis et qu’Il démentirait désormais de ce qu’Il a voulu pendant treize siècles ? Où avons-nous vu qu’Il se repentirait d’avoir suscité Saint Remi, Clovis, Saint Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc ? Où est-il écrit que Dieu bénirait la révolution et les principes maçonniques qui l’ont suscitée ? Où est-il dit que Dieu se plierait aux modes de pensée des hommes et qu’Il accepterait désormais, à rebours de ce qu’Il a montré par Sa Providence à travers d’innombrables faits, des sociétés et des Etats qui refusent de faire référence à Lui ? Où est-il montré que Dieu aurait changé d’idée, serait devenu républicain, serait maintenant partisan de régimes athées, laïcistes et hostiles aux lois qu’Il a données à la nature et aux lois qu’Il a voulu voir établir dans des sociétés qui se faisaient honneur de Le servir ?

Le Dieu fidèle « en qui il n’y a ni changement ni ombre de vicissitudes » (Jac. I, 17) ne peut qu’être encore et toujours favorable à ce qu’Il a voulu et suscité aux origines de la France. Le Dieu fidèle ne peut qu’être légitimiste, aujourd’hui comme hier et pour toujours.

Puisque les Saintes Ecritures nous exhortent sans cesse à être fidèles au Dieu fidèle et à nous faire les imitateurs de Dieu, soyons bien certains que nous sommes dans l’imitation de Dieu en étant inébranlablement légitimistes.
- Pourquoi donc êtes-vous légitimiste ?
- Mais parce que Dieu Lui-même est légitimiste !

Grandes armes de France - grille de Versailles

Les grandes armes de France sur la grille du château de Versailles.

2017-57. Le vandalisme toujours à l’oeuvre !

Vendredi dans l’octave de Pentecôte 9 juin 2017,
Quatre-Temps d’été.

Cathédrale de Viviers - sanctuaire

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers, vue générale du sanctuaire
(carte postale vers 1960)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce que je vais écrire risque (une fois de plus) de m’attirer de véritables représailles ecclésiastiques, et c’est la raison pour laquelle j’ai attendu un trimestre entier avant de le faire : j’ai hésité, j’ai réfléchi, j’ai médité, j’ai mis la chose en réserve, jusqu’à ce que, au bout de trois mois donc, je me décide fermement aujourd’hui à sortir de mon silence.

Vous savez que le Refuge Notre-Dame de Compassion est implanté sur le territoire du diocèse de Viviers, dans lequel je suis né moi-même, dans lequel j’ai de très anciennes racines familliales, à l’histoire duquel je suis très attaché, comme en témoignent d’ailleurs nombre de textes publiés dans ce blogue.

J’ai un lien spirituel très fort avec l’histoire spirituelle et ecclésiastique de ce diocèse dont la première évangélisation fut l’oeuvre de Saint Andéol, missionné dans les Gaules par Saint Polycarpe, ce qui rattache directement cette Eglise diocésaine à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, l’intime du Sacré-Coeur (cf. > ici et > ici).
Tout au long des dix-huit siècles de son existence, l’Eglise diocésaine de Viviers (d’abord établie à Alba Augusta Helviorum puis transférée à Viviers au début du Ve siècle) a connu des périodes glorieuses et des temps moins reluisants.

Le diocèse de Viviers a été enraciné et fortifié par les labeurs de très remarquables et saints pontifes pendant le haut Moyen-Age, illustré par des évêques véritablement prestigieux depuis l’époque carolingienne jusqu’au XXe siècle ; son chapître cathédral fut puissant et influent ; les lettres et les arts lui doivent des oeuvres magnifiques ; et il faut aussi souligner que – nolens volens – c’est par ses évêques, néanmoins soucieux d’en préserver ses particularismes, que cette petite province du Vivarais a été rattachée au Royaume de France.
Le diocèse de Viviers peut se glorifier d’avoir donné à la Sainte Eglise des saints et de pieux personnages de tout premier ordre ; il fut aussi, pendant l’infâme révolution, une terre de fidélité héroïque à Dieu et au Roi, malgré l’apostasie et la conduite scandaleuse de son évêque (cf. > ici)… etc.

On peut retrouver toute l’histoire du diocèse de Viviers résumée dans sa cathédrale, la cathédrale Saint-Vincent, avec laquelle j’ai une véritable histoire d’amour : si elle porte aussi les stigmates des malheurs des siècles, de la décadence de l’institution ecclésiastique, des trahisons de ses clercs parfois ou de leurs étranges aberrations (cf. > ici), elle n’en demeure pas moins – agrippée à son acropole, derrière les hauts murs de l’antique quartier canonial – le témoignage d’une histoire humaine, artistique et spirituelle à laquelle je me sens viscéralement, amoureusement et indéfectiblement lié.

Et, ce qui me la rend encore plus chère, il me faut spécialement signaler que la cathédrale Saint-Vincent de Viviers fut, jusqu’en 1992, l’une des très rares cathédrales de France (sinon l’unique) où la Sainte Messe latine traditionnelle fut quasi quotidiennement célébrée par feu Monsieur l’abbé Bryan Houghton (cf. > ici), grande figure de la résistance à la décadence doctrinale et liturgique post-concilaire, retiré à Viviers, et auquel le très moderniste évêque d’alors avait accordé cette permission (à la condition que cette Messe demeurât une messe privée).

Cathédrale de Viviers : le maître-autel

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers : le remarquable maître-autel du XVIIIe siècle

A propos de ce remarquable maître-autel du XVIIIe siècle, prodigieuse marquetterie de marbre qui constitue l’une des oeuvres d’art majeures de notre cathédrale, j’ai pu constater avec horreur qu’il a été exécré, c’est-à-dire qu’il a perdu sa consécration, parce que le « tombeau » – ainsi nomme-t-on en liturgie la cavitée aménagée dans la table de l’autel où sont renfermées les reliques lors de la consécration d’un autel – a été fracturé et que les reliques en ont été retirées.
S’agit-il d’un acte de malveillance accompli par un profanateur ou d’une action concertée par quelque ecclésiastique dans un but bien précis ? je l’ignore ; je constate simplement le fait. A quelle date cela a-t-il été commis ? Je ne le sais pas davantage, mais je peux affirmer que cela est postérieur au 28 février 2016, puisque ce jour-là j’ai réalisé des clichés du maître-autel qui attestent qu’il était encore intègre.
Quoi qu’il en soit, cela m’amène à conclure qu’il n’y a actuellement pas d’autel consacré à l’intérieur de la cathédrale de Viviers (puisque ce qui tient lieu d’ « autel face au peuple » ne l’est pas et ne peut l’être – cf. > ici), ce qui est contraire à toutes les règles liturgiques traditionnelles et rendrait aujourd’hui impossible toute célébration selon l’usus antiquior dans la cathédrale elle-même  (nota : il existe des chapelles adjacentes à la cathédrale dans lesquelles subsistent les autels consacrés, mais ces chapelles sont en dehors du périmètre de la cathédrale elle-même).

Mais ce n’est pas – ou du moins pas seulement – au sujet de l’exécration du maître-autel de la cathédrale que j’ai repris ici le titre d’un article du bulletin n°39 (mai 2017) du Centre International Construction et Patrimoine (CICP), association dont je dois dire au passage que je suis très heureux d’être membre.
Cet article, intitulé donc « Le vandalisme toujours à l’oeuvre », aborde, entre autres, un fait relativement récent survenu à la cathédrale de Viviers : un fait survenu il y a trois mois exactement. Ces trois mois justement dont je vous parlais en commençant ces lignes.

« Le vandalisme toujours à l’oeuvre ! »

J’en viens donc au fait.
Le vendredi 10 mars dernier, j’étais de passage à Viviers et je me suis tout naturellement proposé de faire une halte à notre chère cathédrale, afin de m’y recueillir quelques instants. 
Quelle ne fut pas ma douloureuse stupeur en entrant dans la cathédrale ! La table de communion, très belle balustre de style XVIIIe siècle en marbre de Carrare, parfaitement accordée au maître-autel, venait d’être enlevée.
Le méfait était tout-à-fait récent, puisque un monsieur (le sacristain ?) était en train d’épousseter les stalles recouvertes par la poussière de marbre produite par les disqueuses des ouvriers mandatés par les vandales.

Le lendemain, samedi 11 mars 2017, je publiais sur Facebook une photo ancienne de la cathédrale sur laquelle cette table de communion est bien visible – celle-là même qui se trouve en-tête de cet article – avec le texte suivant :
« Vous voyez la magnifique table de communion de style balustre et semi-circulaire, en marbre blanc éclatant, parfaitement accordée au maître-autel, de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers ?
Eh bien ! regardez-la bien sur cette photo… car vous ne pourrez plus la voir in situ : elle avait résisté aux élucubrations liturgiques post-conciliaires jusqu’à ces jours-ci, mais il a – hélas ! – fallu qu’en mars 2017 les barbares iconoclastes (même pas respectueux des règles officielles du N.O.M.) s’acharnassent sur elle : elle a été sciée et démontée ! Elle a été enlevée !
Et maintenant, « ils » doivent se réjouir d’avoir un « espace ouvert » pour des « célébrations plus conviviales », et toutes les autres sornettes protestantisantes dont « ils » se gargarisent !!!
Lorsque nous nous en sommes rendus compte, hier, vendredi 10 mars, il n’y avait plus que les marques au sol, et la poussière produite par les disqueuses des marbriers que le sacristain s’employait à faire disparaître.
Et nous, nous n’avions plus que nos yeux pour pleurer !!! »

Putti - maître-autel de la cathédrale de Viviers

Putti du maître-autel de la cathédrale de Viviers

On m’objectera que cette table de communion n’était pas ancienne puisque elle ne datait que des années 20 du précédent siècle, où elle en avait remplacé une en fer forgé (je possède des cartes postales anciennes sur lesquelles en effet elle n’existe pas encore) : elle avait alors été en bonne partie offerte par les barons Pavin de Lafarge, grands bienfaiteurs du diocèse de Viviers.
A cette objection de la non-ancienneté de cette table de communion, l’article du bulletin n°39 du CICP répond : « (…) le style des balustres s’adaptait parfaitement à un sanctuaire fermé avec au milieu l’autel du XVIIIe siècle ». Et il ajoute, ce que j’ignorais jusqu’alors et que je souligne : « Ce démontage s’est fait sans l’avis des Bâtiments de France ; l’affaire est entre les mains du préfet. »

Il y a d’autres éléments de réponse, d’ordre liturgique eux (ce qui n’est donc pas du domaine de compétence propre du CICP), que je veux ajouter en complément de ma réaction du 11 mars publiée sur Facebook :

1) Ce démontage n’est même pas conforme aux dispositions de la liturgie réformée de 1969 dans laquelle, nonobstant la mode de la communion dans la main, imposée pour des motifs de pure idéologie, la manière officielle de recevoir la sainte communion demeure toujours à genoux et sur la langue : ce pourquoi il doit toujours être proposé aux fidèles de la recevoir ainsi.
Notre cher pape Benoît XVI, dans la célébration du nouvel ordo, donnait l’exemple de ce qui reste la règle liturgique officielle, en dépit des usages contraires généralisés.
La suppression de la table de communion de la cathédrale de Viviers est un témoignage supplémentaire de ce « du passé faisons table rase » (c’est – hélas ! – bien le cas de le dire) qui anime encore un clergé ignorant des normes liturgiques et de ses devoirs, un clergé attardé qui reste crispé sur des modes pseudo-liturgiques qui ont plus d’un demi-siècle et qui sont aujourd’hui récusées par les jeunes générations de prêtres et de fidèles, un clergé modernichon vieillissant figé dans son opposition systématique à tout ce qui porte le nom de tradition mais qui se cramponne à une fausse tradition tenace : celle des abus de pouvoir et du mépris cléricaliste.

2) Tout liturgiste sérieux, qui connaît les plus anciens rites, d’Orient comme d’Occident, sait que c’est un usage général, universel, dont on peut légitimement penser qu’il appartient à la Tradition Apostolique, qu’il DOIT y avoir une séparation entre le sanctuaire, espace sacré dans lequel se tiennent les ministres sacrés, et la partie de l’église où se trouvent les fidèles.
Les élucubrations modernichonnes qui, au prix d’aberrations telles que celle que nous pleurons et dénonçons aujourd’hui, n’ont rien à voir avec un retour à des usages antiques ou à la liturgie de l’Eglise des premiers âges : i
ci encore, il s’agit de pure idéologie.
L’on ne peut donc que déplorer qu’en 2017, alors que justement le peuple fidèle aspire ardemment à retrouver une dimension véritablement sacrée dans les rites qui lui sont proposés, nous devions encore subir les effets dévastateurs de la dictature de clercs ignorants et bornés qui se comportent comme de minables petits chefs.

angelot du maître-autel de la cathédrale de Viviers

Angelot (détail du maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers)

Ainsi que le fait judicieusement remarquer l’article sus-cité du bulletin n°39 du CICP : « On sait que les trois grands moments du vandalisme du patrimoine religieux ont été les Guerres de religion, la Révolution et… le concile de Vatican II. (…) Depuis longtemps le clergé de Viviers veut la disparition de l’autel du XVIIIe siècle et de la table de communion de la cathédrale. (…) On vient de supprimer la table de communion. (…) L’autel risque de faire les frais de la phase suivante de destruction : on voudrait, paraît-il, lui enlever toute sa superstructure pour en faire une table à utiliser pour le culte actuel. Cela n’a aucun sens. Qui plus est, le dispositif actuel permet de montrer l’évolution de la liturgie au visiteur.
Et puis il n’y aura plus de raison de s’arrêter : pourquoi ne pas supprimer les stalles qui ne servent plus à rien, comme cela s’est fait ailleurs ? Et les tapisseries qui rappellent une époque révolue, avant que l’Eglise ne s’entiche d’une soi-disant simplicité ? Voudrait-on un bâtiment nu, vide de tout élément artistique ? »

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, chers amis de l’art et du patrimoine religieux toujours exposé au vandalisme – un vandalisme d’autant plus scandaleux lorsqu’il émane de ceux qui devraient au contraire s’employer à préserver et à chérir les monuments sacrés hérités du passé – , priez avec moi pour que le dépeçage du maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers n’ait pas lieu et pour que, s’il est encore possible, le préfet de l’Ardèche, ordonne le rétablissement de la table de communion.
Vous penserez peut-être que je suis insensé d’espérer cela, mais je crois que Dieu peut accomplir des miracles, même quand il lui faut parfois les faire à l’encontre de l’action dévastatrice de Ses ministres…

                                                                                            Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Miséricorde de l'une des stalles de la cathédrale de Viviers

Miséricorde de l’une des stalles de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers.

2017-56. Le « moindre mal » et le « vote utile ».

Parce que d’une part l’immonde république nous agresse de manière continue par sa surenchère d’élections, et parce que d’autre part le texte sur le moindre mal que j’ai précédemment publié (cf. > ici) nous a valu, à Frère Maximilien-Marie et à moi-même quelques remarques fort peu amènes, certaines allant jusqu’à accuser les Légitimistes qui s’en tiennent strictement à la ligne de conduite établie par le Comte de Chambord (cf. > ici) et maintenue jusqu’ici par ses successeurs légitimes, de favoriser la défaite et l’instauration du mal, j’ai décidé d’en « remettre une couche », comme l’on dit familièrement.

En effet l’abandon des principes, est toujours la source de très grands dommages.
Sous prétexte d’éviter Crécy, Azincourt, Pavie, Trafalgar, Waterloo, Sedan et Dien Bien Phû, on se précipite vers les urnes en voulant opposer le moindre mal à une défaite totale. Mais dans les faits non seulement on n’évite ni Crécy, ni Azincourt, ni Pavie, ni Traflagar, ni Waterloo, ni Sedan, ni Dien Bien Phû mais, en sus, on se couvre de déshonneur pour s’être compromis avec de faux principes, infâmes et blasphématoires !

Aussi, pour bien enfoncer le clou, ai-je résolu de publier ici un texte encore plus développé et plus percutant sur la question des élections, du « moindre mal » et du « vote utile ».
Evidemment, comme il ne s’agit pas d’une historiette facile à lire, je crains que ceux que l’effort de réflexion logique et d’intelligence rebute, n’en fassent qu’une lecture superficielle, ou même renoncent à le lire… J’ose néanmoins espérer que ce n’est pas le cas de la majorité des lecteurs de ce blogue.

Ce texte a pour auteur Javier Garisoain, secrétaire général de la Junta de Gobierno de la Communion Tardicionalista Carlista.
Monsieur Garisoain avait autorisé l’UCLF à publier la traduction de son article intitulé El mal menor y el voto util, daté du 13 juillet 2011, dans le numéro 131 de La Gazette Royale (2ème trimestre 2012). En cette période électorale agitée, il nous semble utile de le faire connaître également aux lecteurs de ce blogue.

Lully.

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

La justice châtiant l’injustice (Jean-Marc Nattier)

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 Le « moindre mal » et le « vote utile »

Cet article se propose, en premier lieu, de distinguer la doctrine morale du moindre mal, qui est licite, et la tactique politique du moindre mal, qui est plus discutable. En second lieu, il se propose d’examiner les circonstances historiques qui ont vu naître cette tactique et la façon dont elle a évolué dans le monde catholique. En final, il s’agira d’émettre quelques réflexions quant à la moralité et à l’efficacité de ce que l’on nomme le vote utile.

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Les bons philosophes expliquent que le mal n’a pas d’identité propre, car il n’est que l’absence de bien. Le moindre mal n’est donc qu’une insuffisance de bien. Et, dans ce sens, le moindre mal est exactement la même chose que le plus grand bien possible. Comme dans l’exemple de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide, nous savons que le niveau peut être chargé de plus à moins. Nous savons que les diverses contraintes internes et externes nous éloignent toujours de la perfection individuelle et sociale. C’est pour cela que la doctrine du moindre mal, qui exige toujours de rechercher le plus grand bien possible et d’éviter le mal autant que possible, est toujours valable. Face à un choix – en supposant que notre unique responsabilité soit de choisir – il n’y a pas d’autre possibilité de rectitude morale que de choisir le meilleur. Et, si tout est mauvais, il faut choisir le moindre mal. Et il ne sera pas superflu de convenir que, dans certains cas, refuser de choisir, c’est-à-dire, l’abstention, en dépit d’être un mal, peut être le véritable moindre mal que nous recherchons. Tout cela, en supposant – j’insiste là-dessus – que notre seule responsabilité soit de choisir.
Les choses changent, comme nous le verrons, si notre responsabilité n’est pas de choisir, mais de faire ou de proposer.
En fin de compte, nous vivons dans une société pluraliste dans laquelle nous avons le devoir de participer. Ce devoir sera-t-il rempli par le simple choix passif du moindre mal ? Si nous sommes invités à participer, à faire, à construire, il faudra faire le bien.

La tactique politique du moindre mal

La tactique politique du moindre mal n’est pas limitée à la période électorale, car elle consiste à proposer des maux (moindres) pour éviter que ne triomphent d’autres maux (pires). C’est la tentation politique qui nous assaille quand nous avons la responsabilité de faire des propositions. Et, à ce sujet, je suis arrivé à la conclusion : du point de vue moral, il ne peut jamais être licite de proposer un mal, même si c’est un mal mineur.

Voici quelques arguments qui démontrent que la tactique du moindre mal n’est pas bonne.

- La doctrine catholique est claire : elle affirme que la conscience ordonne « d’accomplir le bien et d’éviter le mal » (Catéchisme de l’Eglise Catholique – en abrégé CEC – § 1706 et 1777), que l’on ne peut « faire le mal », si l’on recherche le salut (CEC § 998) et qu’il n’est « jamais permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien » (CEC § 1789).

- La responsabilité des laïcs catholiques ne peut se limiter à choisir passivement parmi les maux que les ennemis de l’Église veulent bien offrir, mais doit être une participation active et directe, « ouvrant les portes au Christ ».

- La tactique du moindre mal revient à attribuer aux catholiques un rôle médiocre et passif dans le nouveau système « confessionnellement » laïque. – La tactique du moindre mal transforme en quotidienne une situation exceptionnelle.

- Une situation de moindre mal prolongée fait que le moindre mal est de plus en plus grave. Les moindres maux d’aujourd’hui sont trop importants pour ne pas mettre en évidence une confrontation radicale avec l’Évangile. L’individualisme, la relativisation de l’autorité, la primauté de l’opinion publique, la vision scientifico-rationaliste du monde, etc. se manifestent par la perte de la foi, la crise de la famille, la corruption, l’injustice et les déséquilibres à l’échelle mondiale.

- La tactique du moindre mal s’est révélée inefficace dans le passé pour atteindre le pouvoir ou, même, pour réduire le mal.

- Il est nécessaire d’annoncer dans son intégralité le message de l’Évangile, compte tenu que « là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la conversion des cœurs et à la grâce de Dieu (…) » et « il n’y a pas de solution à la question sociale en dehors de l’Évangile » (CEC § 1896).

- La proposition d’un mal de la part de celui qui devrait proposer un bien donne lieu au très grave péché de scandale qu’est « l’attitude ou le comportement qui porte autrui à faire le mal » (Cat. 2284). À cet égard, l’enseignement de Pie XII est très clair : « Se rendent coupables de scandale ceux qui instituent des lois ou des structures sociales menant à la dégradation des mœurs et à la corruption de la vie religieuse, ou à des conditions sociales qui, volontairement ou non, rendent ardue et pratiquement impossible une conduite chrétienne conforme aux commandements (.) Il en va de même (.) de ceux qui, manipulant l’opinion publique, la détournent des valeurs morales » (Discours du 01/06/1941 – CEC § 2286).

- Un mal est toujours un mal et « il est erroné de juger de la moralité des actes en ne considérant que l’intention ou les circonstances » (CEC § 1756).

Comment naît la tactique du moindre mal ?

Historiquement la tactique du moindre mal naît dans l’Europe chrétienne postrévolutionnaire et est le fait de deux mouvements politiques catholiques : le catholicisme libéral et la démocratie chrétienne. Il est difficile de discerner les motifs qui conduisent leurs promoteurs à l’adopter dans la théorie. Et il y a contradiction entre les faits et les décisions adoptées dans la pratique. Je ne vais pas entreprendre de juger des intentions. Les tenants du moindre mal sont souvent des ecclésiastiques et des catholiques inquiets des progrès de la révolution et désireux de faire quelque chose dans un contexte dune faiblesse de la réponse catholique face à la révolution libérale.

On peut arriver à la tactique du moindre mal pour des raisons diverses qui se chevauchent et s’entremêlent.

- Par « contamination » de la pensée révolutionnaire et éblouissement devant l’apparente perfection des nouvelles idéologies. En recherchant, par exemple, un compromis entre l’Église et un système politique (nationalisme, parlementarisme, régime des partis, …).

- Par exagération des « maux » de l’Ancien Régime et son identification avec la doctrine catholique elle-même.

- Par fatigue dans la lutte contre-révolutionnaire, par le conformisme conservateur de ceux qui sont appelés à la bravoure.

- Par une défaite militaire des politiques catholiques ou après une intense période de persécution religieuse.

- Dans une apparente urgence de transaction avec les ennemis de l’Église afin qu’un travail apostolique minimum soit, au moins, toléré par des autorités hostiles.

- Par les manœuvres des partis révolutionnaires qui, intentionnellement, cherchent à semer le doute et la division parmi les catholiques.

- En raison de l’absence de véritables hommes politiques catholiques, ce qui encourage l’ingérence du clergé dans le domaine politique.

- Par la candeur des catholiques qui ont une confiance absolue envers des règles du jeu établies par leurs ennemis.

- Par la mise en avant d’une réussite politique immédiate en oubliant que : « Le Royaume ne s’accomplira (…) pas par un triomphe historique de l’Église selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement du mal » (CEC § 677).

- Par une perte croissante d’orientation et un manque de formation du peuple catholique qui génèrent le pessimisme ou le manque de foi en l’efficacité salvifique des principes chrétiens de droit public.

- Par un refroidissement de la foi. En effet, sans le secours de la grâce, il est très difficile de « découvrir « le sentier, souvent étroit, entre la lâcheté qui cède au mal et la violence qui, croyant le combattre, l’aggrave » (Centesimus Annus, 25 – CEC § 1889).

Comment la tactique du moindre mal a-t-elle évolué ?

La tactique du moindre mal ne s’est pas introduite d’un seul coup. Elle l’a fait progressivement au cours des deux derniers siècles.

Dans l’histoire politique des pays européens, on peut identifier les phases suivantes :

- Dans un premier temps, après le choc violent de la révolution, et en arguant de la contingence des régimes politiques au regard de l’Église, les tenants du moindre mal tolèrent, permettent et même favorisent la dissolution des structures politiques et sociales traditionnelles (monarchie, corporations, institutions religieuses, biens communaux, etc.), qui étaient, de fait, un obstacle à la révolution.

- Parallèlement à la sécularisation de la politique et en disciples de Machiavel, ils commencent, au moment de faire des propositions, à taire les arguments religieux dans l’espoir de capter ainsi le soutien des non-catholiques.
D’aucuns en viennent à affirmer, pour ne pas mentionner la Rédemption que « La doctrine chrétienne est plus importante que le Christ », ce qui est du pur pélagianisme.

- L’étape suivante consiste en une tentative d’union des catholiques autour d’un programme minimum, non pour présenter une solution alternative au nouveau régime, mais pour mieux s’y intégrer avec l’idée de « le changer de l’intérieur ». Et l’on en vient, ainsi, à discréditer les autres tactiques catholiques.

- Une technique fréquente chez les tenants du moindre mal est d’essayer de gagner la sympathie de la hiérarchie (catholique) par des promesses « de paix et de réconciliation » qui permettent la reconstruction matérielle des églises et le maintien régulier du culte. Il s’agit d’une tentative désespérée de sauver « ce qui peut être sauvé », de séduire la hiérarchie de l’Église par une orientation politique qui ne lui est pas propre. Cela pourrait être une option exceptionnelle mais non le type courant de la participation politique catholique.

- Parfois, ce sont des évêques ou des membres du clergé eux-mêmes qui font la promotion des groupes politiques de cette tendance. Cette ingérence appauvrit l’action politique des catholiques, la fait « aller à la remorque » des propositions révolutionnaires et compromet l’Église. Quand un évêque espagnol influent demande de faire de l’action sociale « pour que les travailleurs de l’Église ne disparaissent pas », il fausse la finalité de la véritable action sociale, qui ne peut être un simple instrument de catéchèse, mais un devoir de justice et de responsabilité pour les laïcs.

- La cas du Ralliement proposé par Léon XIII, qui a encouragé les ennemis de l’Église en France, ou la véritable trahison de certains évêques mexicains envers les Cristeros, miraculeusement excusée par les fidèles, sont deux exemples des conséquences désastreuses auxquelles peut conduire la tactique du moindre mal.
En ce domaine, le concile Vatican II, quand il exige que les membres du clergé s’abstiennent de toute activité politique, représente une correction importante. Le lâche acharnement de certains chrétiens qui recherchent la survie purement matérielle de l’Église est un contre-témoignage scandaleux. Ils oublient que le mal moral est « sans commune mesure plus grave » que le mal physique (CEC § 311).

- Plus récemment, dans l’euphorie qui a suivi le concile Vatican II, on a cherché la désintégration des États, associations et institutions catholique, avec l’idée de tenter de gagner, ainsi, l’opinion publique et d’atteindre tous les recoins du tissu social. Non seulement, on a détruit les vieux outils mais rien n’a été conquis – ou si peu – qui n’était déjà catholique !

- La dernière étape de la tactique du moindre mal est la promotion du « vote utile » qui, paradoxalement, est en contradiction avec la doctrine du moindre mal.
Elle préconise, en effet, que l’on ne vote plus pour l’option la moins mauvaise, mais pour celle qui a les plus grandes chances de succès, même si elle est pire que les options qui ont moins de chances !

L’inefficacité de la tactique du moindre mal :

Il n’est pas question, ici, de condamner ceux qui ont soutenu ou soutiennent les différents aspects de la tactique du moindre mal. Il s’agit seulement de mettre en évidence son échec.

Pourquoi un tel échec ?

- Parce que les énergies qu’il faudrait consacrer à proposer des biens parfaits se perdent à proposer des moindres maux.

- Parce que c’est une option de retrait, pessimiste, dans laquelle l’homme politique catholique cache ses talents par crainte ou fausse prudence.

- Parce que la tactique du moindre mal prêche la résignation ; et non précisément la résignation chrétienne, mais la soumission et la tolérance au tyran, à l’injustice et à la violation des droits.
Avec 
la tactique du moindre mal, on n’aurait jamais décidé le soulèvement national espagnol de 1936 et le Mur de Berlin ne serait jamais tombé. Il n’y aurait pas eu la Guerre d’Indépendance espagnole, ni l’insurrection catholique en Vendée, ni les Carlistes en Espagne, ni les Cristeros au Mexique. Et la propagation de l’islam en Europe n’aurait peut-être pas trouvé d’opposition. Ni Lépante, ni les croisades, ni la Reconquista n’auraient eu lieu…

- Parce que le moindre mal est présenté comme une façon intelligente d’avantager l’Église économiquement et matériellement.
L’on oublie seulement que la plus grande richesse de l’Église – sa seule richesse – est le témoignage de la Vérité, témoignage qui, s’il est encore vivant aujourd’hui, est dû au sang des martyrs.

- Parce que les exemples abondent qui montrent que la tactique du moindre mal a donné le pouvoir à des partis qui, en se servant du vote catholique, ont mis en place une législation anti-chrétienne (divorce, avortement, majorité précoce, etc.). Cela s’est passé dans plus de la moitié de l’Europe !

En définitive, la tactique du moindre mal est, elle-même, une défaite anticipée, une sorte de commode suicide collectif. C’est le recul, la position honteuse et défensive, le complexe d’infériorité.
En défendant une tactique du moindre mal, les chrétiens renoncent à tenir le premier rôle dans l’histoire, comme si le Christ n’était pas Seigneur de l’histoire. Ils se croient machiavéliques alors qu’ils ne sont qu’une ombre en déroute. Ils nient, dans la pratique, la possibilité d’une doctrine sociale chrétienne et nient la réalité historique d’une société qui, avec toutes ses imperfections, a été chrétienne. La tactique du moindre mal, en tant que contrepoids nécessaire à une révolution – fondamentalement anti-chrétienne -, a toujours échoué, dès son origine.

Au contraire, l’histoire de l’Église et des peuples chrétiens est remplie de magnifiques exemples à travers lesquels l’optimisme – ou mieux, l’espérance chrétienne – nous enseigne qu’il est possible, avec l’aide de Dieu, de construire de véritables sociétés chrétiennes.

La politique chrétienne n’est pas un mythe dans la mesure où, aujourd’hui encore, nous vivons des acquis de la société chrétienne occidentale ancienne.

Conclusion :

Il est encourageant de constater que, grâce à Dieu, les erreurs philosophiques ou théologiques, quand elles s’incarnent dans des mouvements, restent soumises à la réalité des choses et arrivent rarement à développer les ultimes conséquences de leurs principes.

C’est pourquoi le résultat de l’action politique, même si elle part de principes erronés, est incertain et surprenant. De la même façon, l’accession au gouvernement politique de saintes personnes ne suffirait pas à garantir la perfection des actions. Ayant reconnu cette limitation considérable de la réalité politique, notre responsabilité de laïcs catholiques ne peut être la résignation, mais la lutte pour s’approcher de l’idéal de perfection que propose également l’Évangile au plan social.

La doctrine de l’Église demande aux laïcs catholiques une participation active à la vie politique, qu’ils soient seuls ou accompagnés. Un appel à l’unité entre les catholiques ne peut exiger plus qu’une union autour d’une même idée du bien commun. Et cette action politique catholique est de la seule responsabilité des laïcs, et non de l’Institution hiérarchique : des laïcs seuls ou des laïcs regroupés, mais, des laïcs !

En résumé :

- la doctrine morale du moindre mal est valable si notre responsabilité est uniquement le choix.

- Le moindre mal en tant que tactique politique naît dans l’Europe postrévolutionnaire dans un contexte de faiblesse des options politiques chrétiennes.

- la tactique politique du moindre mal est dangereuse et inefficace.

- la tactique politique du vote utile est pur machiavélisme. Bien qu’elle contredise, en apparence la tactique du moindre mal, c’est une variation du même concept qui stérilise l’action politique des laïcs catholiques et donne la victoire à leurs ennemis.

Javier Garisoain

Javier Garisoain

Source > ici

frise avec lys naturel

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 7 juin, 2017 |2 Commentaires »

2017-54. Du caractère satanique de la révolution française.

Mercredi 10 mai 2017 ;
Anniveraire de l’exécution de Madame Elisabeth de France (10 mai 1794).

Fleur de lys

Voici quelques citations de Joseph de Maistre, extraites de ses « Considérations sur la France ».
Tous ceux qui connaissent la réalité de ce que fut la révolution française, bien loin des mythes parés de nobles idéaux et des héroïsmes généreux enseignés par l’histoire officielle, ne pourront que relever la justesse des vues qui y sont exprimées ; et, en conséquence logique, ne pourront que souscrire à cette évidence : ce qui est pourri, vicieux, pervers, satanique en ses gênes, ne peut qu’être pourri, vicieux, pervers et satanique dans ses développements. Ainsi de l’actuelle république qui se réclame ouvertement de la révolution.

Dès lors, comment s’imaginer qu’avec de « bonnes intentions » supposées corriger la perversité du système, en se pliant aux faux principes établis par cette république et en utilisant les moyens qu’elle a mis en place, on puisse en redresser quelque chose, petit à petit, de « moindre mal » en « moindre mal » (en allant, à chaque élection, voter conscienscieusement pour le moindre des maux) ?
Illusion funeste qui a jeté nombre de catholiques et de monarchistes dans les bras de la révolution et qui les tient aujourd’hui encore dans un véritable esclavage, non seulement esclavage dans leur rapport avec les structures de ces fausses institutions, mais encore esclavage d’une pensée qui reconnaît au moins implicitement la « légitimité » de cette république et s’imagine qu’on peut la transformer en utilisant ses propres armes…

Lully.

Joseph de Maistre

Du caractère satanique de la révolution française :

« (…) Ce qui distingue la révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n’y soulage l’oeil de l’observateur ; c’est le plus haut degré de corruption connu ; c’est la pure impureté.
Dans quelle page de l’histoire trouve-t-on une aussi grande quantité de vices agissant à la fois sur le même théâtre ? Quel assemblage épouvantable de bassesse et de cruauté ! Quelle profonde immoralité ! Quel oubli de toute pudeur !

« (…) Comment croire à la durée d’une liberté qui commence par la gangrène ? Ou, pour parler plus exactement, comment croire que cette liberté puisse naître (car elle n’existe point encore), et que du sein de la corruption la plus dégoûtante, puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres ? Lorsqu’on entend ces prétendus républicains parler de liberté et de vertu, on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d’une vierge avec une pudeur de carmin. 

« (…) La révolution française a parcouru, sans doute, une période dont tous les moments ne se ressemblent pas ; cependant son caractère général n’a jamais varié, et dans son berceau même, elle prouva tout ce qu’elle devait être. C’était un certain délire inexplicable, une impétuosité aveugle, un mépris scandaleux de tout ce qu’il y a de respectable parmi les hommes : une atrocité d’un nouveau genre, qui plaisantait de ses forfaits ; surtout une prostitution impudente du raisonnement, et de tous les mots faits pour exprimer des idées de justice et de vertu. »

« Il y a dans la révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu, et peut-être de tout ce qu’on verra. » 

Joseph comte de Maistre
in « Considérations sur la France » – 1796.
Extraits des chapitres IV et V

Fleur de lys

2017-53. Du sanctuaire de Notre-Dame de Bon-secours et de Consolation à Fresneau.

Samedi 6 mai 2017,
Premier samedi du mois de Marie ;

Fête de Saint Jean devant la Porte Latine.

Ave pretiosa - Fresneau détail du vitrail d'Adhémar de Monteil

« Ave Pretiosa »
Armoiries du village de Marsanne sur le territoire duquel se trouve le sanctuaire de Fresneau :
« D’azur à une croix de légat pommelée d’argent »
La devise – qui est celle qu’Adhémar de Monteil choisit lors de son élévation à l’épiscopat (en 1077),
constitue une invocation à la Madone : à la fois Notre-Dame de Fresneau, si proche des fiefs des Adhémar, et Notre-Dame du Puy, siège de son évêché – est aussi devenue celle du sanctuaire.

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Ce lundi 1er mai 2017, premier jour du mois de Marie, des membres ou amis de la Confrérie Royale, du Cercle légitimiste Crillon le Brave (Dauphiné), du Cercle légitimiste Saint Louis Roi de France (vicomté de Nîmes) et du Cercle légitimiste abbé Claude Allier (Vivarais), se sont retrouvés pour une journée de prière, d’amitié et de découverte patrimoniale.

A l’invitation du Cercle légitimiste Crillon le Brave du Dauphiné, ils ont visité le sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau, y ont assisté à la Sainte Messe, puis se sont rendus à Crest où ils ont visité la fameuse tour : le plus haut donjon de France.

En ce premier samedi du mois de Marie, à l’aide des photographies prises lors de ce pèlerinage accompli en début de semaine, je souhaite vous présenter cet antique sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau

Lully.

Fresneau : le sanctuaire originel

Fresneau : la chapelle « originelle »
plusieurs fois reconstruite au même lieu depuis le XIème siècle.

A un peu moins de neuf lieues au sud de Valence et à quelque quatre lieues au nord-est de Montélimar, se trouve le très ancien village de Marsanne.
Un peu à l’extérieur du village, dans le vallon boisé appelé la Combe de Fresneau, se trouve un sanctuaire millénaire en l’honneur de la Madone, toujours bien fréquenté par les pèlerins.
La statue de la Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame de Fresneau, y a été solennellement couronnée au nom du Bienheureux pape Pie IX, le 8 septembre 1855.

C’est probablement dans la deuxième moitié du Xème siècle ou la première moitié du XIème siècle qu’il faut placer les origines du sanctuaire.
Là, à l’entrée de la Combe de Fresneau, près d’une source fraîche et abondante, un berger avait placé une rustique statue de la Vierge Marie qu’il avait lui-même sculptée.

Un maçon, tailleur de pierre de Marsanne, qui avait une fille aveugle de naissance et dont l’épouse était morte en mettant cette enfant au monde, remontait souvent ce vallon de Fresneau jusqu’à une petite carrière en amont de la source.
La jeune fille, qui restait près de la source et du modeste oratoire à y prier la Sainte Mère de Dieu, entendit un jour cette dernière lui demander de faire construire une chapelle en ce lieu, lui promettant en retour de lui accorder la vue.

Fresneau vitrail représentant l'apparition

Fresneau : vitrail représentant l’apparition…
(à la vérité, la représentation est assez fantaisiste, bien dans le style « troubadour » du XIXème siècle où ce vitrail fut réalisé ; en effet une jeune fille du XIème siècle dont le père était maçon n’était certainement pas vêtue de la sorte).

La jeune fille révéla à son père la demande de la Madone, qu’il accueillit fort mal. La Vierge insista auprès de la jeune fille, et la jeune fille auprès de son père, lequel s’entêta dans son refus jusqu’à ce que…

Le curé de Marsanne avait commandé un bénitier pour son église. Une fois le travail accompli, le tailleur de pierre le scella dans l’église à l’endroit désigné par le prêtre, mais à trois reprises, au matin des jours suivants, le bénitier fut retrouvé à l’entrée du vallon de Fresneau, à proximité de la source.

Fresneau vitrail illustrant le bénitier miraculeux

Cet événement insolite ne put rester caché et les curieux commencèrent à affluer.
Le père, ébranlé, finit par dire : « Eh bien ! Tu l’auras ta chapelle, à condition que la vue te soit donnée… » L’enfant passa sur ses yeux de l’eau de la source et s’écria : « Je vois ! »

Une petite chapelle fut donc construite, en l’honneur de Notre-Dame des Bois : le bénitier miraculeux y prit tout naturellement sa place… et s’y trouve toujours car il n’a plus eu l’envie de déménager depuis lors !

Fresneau le bénitier miraculeux

Fresneau : le bénitier miraculeux dans la chapelle originelle.

A côté de la chapelle, souvent appelée aujourd’hui « petit sanctuaire », la source dont l’eau avait guéri la jeune fille de sa cécité, sourd toujours, abondante et fraîche, et de très nombreuses personnes viennent s’y approvisionner.

Depuis le premier miracle, c’est une succession innombrable de grâces et de prodiges – physiques et spirituels – dont cette eau a été la cause.

Fresneau la source miraculeuse

Surplombant la vasque dans laquelle s’écoule la source miraculeuse, une croix de pierre porte en son centre l’inscription : « Si scires donum Dei : si vous connaissiez le don de Dieu ». C’est l’une des paroles dites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la Samaritaine, au puits de Jacob, et il convient de penser à ce qui suit immédiatement : « Si vous connaissiez le don de Dieu et qui est Celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, peut-être Lui en eussiez-vous demandé vous-même et Il vous eût donné d’une eau vive » (Johan. IV, 10) et « (…) Celui qui boira de l’eau que Je lui donnerai n’aura jamais soif ; mais l’eau que Je lui donnerai deviendra une fontaine d’eau jaillissante jusque dans la vie éternelle » (Johan. IV, 13).
Une autre inscription latine, non tirée des Saintes Ecritures, est gravée au pied de la cette croix : « Ad fontem fidei veniat languidus : que le languide vienne à la source de la foi ».

Fresneau croix de la source

La croix au-dessus de la source miraculeuse.

La chapelle originelle, qui n’était guère plus qu’un oratoire, fut visitée en 1449 par le Dauphin de France, futur Louis XI.
Elle fut malheureusement entièrement dévastée et rasée par les fanatiques huguenots en 1589.
En 1605, les habitants de Marsanne relevèrent l’abside et la dédièrent à Notre-Dame de Bon-Secours, puis, dans les années qui suivirent, ils y adjoignirent une petite nef, laquelle fut prolongée vers 1682.
Au XVIIIème siècle, la chapelle fut ornée de peintures murales à la gloire de la Très Sainte Vierge et reçut un campanile ; en action de grâces pour sa conversion, un gentilhomme heureux d’avoir recouvré la foi de ses aïeux obtint que l’on adjoignît au vocable de Notre-Dame de Bon-Secours celui de Notre-Dame de Consolation.

Aux jours de la satanique révolution, le sanctuaire fut à nouveau pillé et saccagé : tout ce qu’il contenait fut brûlé par les « patriotes », y compris la statue en bois de la Madone. Le bâtiment dévasté fut vendu comme « bien national » en 1796.
L’acquéreur la restitua en 1803 et le mouvement de dévotion reprit tandis que les villageois s’employaient à réparer, consolider et réapproprier les lieux.
C’est alors que fut sculptée une nouvelle statue de la Très Sainte Vierge Marie, pour remplacer celle qui avait été livrée aux flammes par les doux et pacifiques disciples des « lumières »

La construction d’un sanctuaire plus vaste, plus apte à accueillir des foules et à la célébration de cérémonies solennelles (comme nous le verrons plus loin), entraîna malheureusement un nouveau déclin de la petite chapelle, au point qu’à la veille de la première guerre mondiale elle menaçait ruine. 

Une nouvelle restauration eut lieu de 1925 à 1928, et encore une autre en 2005 , très peu de temps après laquelle la chapelle fut odieusement profanée et dut être réconciliée une nouvelle fois : l’autel « face au peuple » qui y fut édifié et consacré en 2007 reçut alors des reliques des Bienheureux Jacinthe et François, les deux plus jeunes voyants de Fatima.

Fresneau intérieur de la chapelle originelle

L’intérieur de la chapelle originelle, appelée aussi « petit sanctuaire » dans son état actuel.

Mais avant d’aller plus loin il nous faut revenir au XIème siècle.

Né en 1055, Adhémar de Monteil, issu de la Maison des Adhémar, branche de la lignée des comtes de Valence, bien qu’aîné de sa fratrie et destiné par ses parents à la carrière des armes, embrassa l’état ecclésiastique.
Prévôt de la cathédrale de Valence, Adhémar de Monteil fut choisit en 1077 par le pape Saint Grégoire VII pour devenir évêque du Puy en remplacement du simoniaque Etienne de Polignac, excommunié et déposé. Le nouvel évêque, acteur de la réforme grégorienne, devra lutter contre les abus et s’opposer avec énergie aux empiètements et exactions des puissants féodaux du Velay.
En 1086, il se rendit en pèlerinage à Jérusalem. A cette époque la route de Jérusalem passait par Marsanne : la tradition rapporte qu’il serait revenu s’agenouiller dans l’humble sanctuaire de Fresneau, qui devait déjà être bien cher au coeur d’Adhémar de Monteil.
Selon la tradition encore, sa devise épiscopale « Ave Pretiosa : je vous salue, ô Précieuse ! » est une invocation mariale adressée en même temps à la Madone de Fresneau dont il s’éloignait en partant pour le Velay, et à la Vierge du Puy dans la cathédrale de laquelle il allait prendre possession de son siège épiscopal. 

Ainsi Adhémar de Monteil est-il un vivant trait d’union entre le petit sanctuaire de Fresneau et la très fameuse « chambre angélique » du Puy.

Fresneau vitrail d'Adhémar de Monteil

Adhémar de Monteil (1055-1098)
vitrail du « grand sanctuaire » de Notre-Dame de Fresneau

Chacun se souvient qu’Adhémar de Monteil est particulièrement lié à l’histoire de la première croisade. Il accueillit le Bienheureux Urbain II au Puy vers la fin de l’été 1095, alors que ce Pontife se dirigeait vers Clermont où il réunit le concile qui, après avoir pris un certain nombre de mesures disciplinaires relatives au contexte ecclésial de l’époque, se termina par l’appel du pape à prendre la croix pour aller délivrer les Lieux Saints tombés au pouvoir des sectateurs de Mahomet.

Adhémar de Monteil, enthousiasmé, fut le premier à s’engager pour la croisade. Urbain II le nomma son légat pontifical au milieu des troupes croisées.

Le 1er août 1098, à Antioche de Syrie, Adhémar de Monteil, victime d’une épidémie, rendit son âme à Dieu. Avant de mourir, il exprima le désir que soient donnés au prieuré Saint-Félix de Marsanne, dont les religieux étaient en charge du culte dans la petite chapelle de Fresneau,  tous les objets de sa chapelle pontificale.
C’est ce qui explique la croix de légat qui figure depuis lors dans les armoiries de Marsanne, et aussi que la devise épiscopale de l’illustre évêque du Puy, « Ave Pretiosa », soit devenue celle du sanctuaire de Fresneau.
Quant aux objets que Marsanne hérita d’Adhémar de Monteil, ils furent bien évidemment les malheureuses victimes de la liberté, de l’égalité et de la fraternité révolutionnaires…

Fresneau mort d'Adhémar de Monteil

Vitrail du « grand sanctuaire » de Fresneau représentant la mort d’Adhémar de Monteil,
à Antioche le 1er août 1098,
et le leg des objets de sa chapelle pontificale au prieuré de Marsanne
dont les religieux étaient en charge du culte dans la chapelle de Fresneau.

Dans le grand mouvement de reconquête catholique qui anime le XIXème siècle français, la dévotion mariale occupe une place de choix : les apparitions ou manifestations de la Sainte Mère de Dieu sur le sol de France y contribuent puissamment (1830 rue du Bac et 1836 Notre-Dame des Victoires, à Paris ; 1846 à La Salette ; 1858 à Lourdes ; 1871 à Pontmain ; 1875 à Pellevoisin), et les anciens lieux de pèlerinage qui renaissent après les dévastations révolutionnaires sont des lieux privilégiés de ré-évangélisation.

En 1854, l’année où fut proclamé le dogme de la conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie, le Bienheureux pape Pie IX fut directement sollicité de divers côtés (le colonel de Baillencourt, qui était à la tête du 40ème Régiment d’Infanterie en garnison à Rome, et qui était soutenu par Monseigneur de Ségur ; S.Exc.Mgr Chatrousse, évêque de Valence, présent à Rome pour les cérémonies du 8 décembre 1854… etc.) en faveur du petit sanctuaire de Fresneau, si bien que, par des brefs apostoliques en date du 15 janvier 1855, le Bienheureux Pie IX accorda de précieuses indulgences aux pèlerins de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation ainsi que les honneurs du couronnement à sa statue : le Souverain Pontife bénit d’ailleurs lui-même à Rome la couronne de vermeil qui serait bientôt solennellement placée sur la tête de la Madone.

Le couronnement de Notre-Dame de Fresneau fut célébré solennellement le 8 septembre 1855 au milieu d’un grand concours de peuple.

Fresneau vitrail du Bx Pie IX

Le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne de vermeil destinée à Notre-Dame de Fresneau
(détail d’un vitrail du « grand sanctuaire »)

Ce renouveau du pèlerinage, en particulier au moment des cérémonies du couronnement, fit vivement ressentir la nécessité d’un lieu de culte plus vaste.
Le curé de Marsanne et quelques autres zélés dévots de Notre-Dame, encouragés par l’évêque de Valence, se dépensaient sans compter pour la construction d’une grande chapelle, mais les difficultés surgissaient à chaque pas, toujours plus nombreuses, toujours plus décourageantes.

Les promotteurs du projet, décontenancés, se rendirent à Ars afin d’y requérir l’avis du saint curé. La réponse de Saint Jean-Marie Vianney fut sans ambiguïté : « La Sainte Vierge veut à Fresneau un sanctuaire. Les difficultés disparaîtront. Il s’y fera beaucoup de bien ! »

Effectivement, la prophétie du saint curé ne tarda pas à se réaliser : les difficultés disparurent bientôt. La première pierre du « grand sanctuaire » fut bénite le 8 septembre 1857, et trois ans plus tard, le 8 septembre 1860, la Sainte Messe put être célébrée dans cette nouvelle chapelle.

Le Saint Curé d'Ars encourage les promotteurs de la construction du sanctuaire

Le saint curé d’Ars encourage l’édification du grand sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau
(détail du vitrail de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire »)

Le lien du sanctuaire de Fresneau avec le saint curé d’Ars est aujourd’hui signifié par un important reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney accroché au mur de la grande chapelle, juste au-dessous du vitrail représentant le saint et son intervention si encourageante.

Fresneau reliques du Saint Curé d'Ars

Reliquaire de Saint Jean-Marie Vianney dans le « grand sanctuaire » de Fresneau.

Ce sanctuaire plus vaste achevé en 1860 a été édifié dans le style néo gothique que l’on affectionnait à l’époque.
A l’extérieur, il possède la particularité d’avoir, sur les deux contreforts qui encadrent le grand porche d’entrée, deux canons portant les aigles impériales russes.
Ces deux canons ont été offerts par Napoléon III (c’était le temps où cet homme au « coeur double » – ainsi que l’avait décrit Notre-Dame de La Salette – cherchait hypocritement à s’assurer le soutien des catholiques) ; ils ont été pris aux Russes lors de la bataille de Malakoff, le 8 septembre 1855, c’est-à-dire le jour même où fut couronnée Notre-Dame de Fresneau.

Fresneau le sanctuaire du XIXe siècle

Façade du « grand sanctuaire » de Fresneau

L’intérieur de la grande chapelle est une seule large nef, lumineuse et bien équilibrée. Il n’a fort heureusement pas été massacré par les aménagements post-conciliaires : mis à part l’installation d’un autel « face au peuple », aisément escamotable, dans l’avant-choeur, on apprécie que le maître-autel (dans les gradins duquel sont disposés de nombreux reliquaires), les stalles, la table de communion, la chaire de vérité, les confessionnaux, les statues et les bannières soient restés à leur place.

Fresneau intérieur du grand sanctuaire

Intérieur du « grand sanctuaire » de Fresneau

Dès que l’on entre, le regard est attiré par la Vierge couronnée qui trône, entourée de deux anges musiciens agenouillés, dans une espèce de grand ciborium néo-gothique édifié à l’arrière du maître-autel.

Fresneau la Vierge couronnée

Le ciborium dans lequel trône la statue couronnée de Notre-Dame de Fresneau ;
on remarque du côté de l’Evangile le vitrail représentant l’apparition, la guérison de la jeune aveugle
et le miracle du bénitier,
et du côté de l’épître le Bienheureux Pie IX bénissant la couronne destinée à la statue de Notre-dame de Fresneau.

C’est dans ce sanctuaire que nos pèlerins de la Confrérie Royale, des Cercles Légitimistes du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes, et du Vivarais, auxquels s’étaient joints quelques amis et pèlerins de passage, ont eu la joie, ce lundi 1er mai 2017, d’assister à la Sainte Messe célébrée – dans le rite latin traditionnel bien sûr – par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin, grand prieur de la Confrérie Royale.

Fresneau le maître-autel prêt pour la Sainte Messe tridentine

Le maître-autel du sanctuaire de Fresneau apprêtée pour la célébration de la Sainte Messe traditionnelle,
ce lundi 1er mai 2017

Depuis combien d’années (voire de décennies) la Sainte Messe latine traditionnelle n’avait-elle pas été célébrée sur ce maître-autel du sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau ?
Depuis combien de temps l’introït « Salve Sancta Parens » et la sublime Messe IX « cum jubilo » n’avaient-ils pas résonné sous cette voûte ?
Quant au « Domine, salvum fac Regem », étant donné que le sanctuaire fut édifié sous le second empire (en pire), il est vraisemblable qu’il n’y avait jamais été chanté…

Fresneau Sainte Messe tridentine le 1er mai 2017

L’élévation du calice lors de la Sainte Messe célébrée par le Grand Prieur de la Confrérie Royale
en présence de membres et d’amis des Cercles Légitimistes du Dauphiné, du Vivarais et de la Vicomté de Nîmes,
ce 1er mai 2017

Très touchant humble et sublime sanctuaire de Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation de Fresneau !
Il nous rappelle, par ses liens avec la grande histoire de notre patrie pendant près d’un millénaire, que le Royaume de France est le Royaume de Marieregnum Galliae, regnum Mariae – ; et nous y trouvons une nouvelle et urgente invitation à prier avec toujours plus d’intensité et de ferveur, à offrir toujours davantage de pénitences et de sacrifices, à oeuvrer avec toujours plus d’ardeur à notre propre conversion et à celle de ceux qui nous entourent, pour que notre France, pénitente et dévouée – Gallia poenitens et devota – revienne aux Coeurs de Jésus et Marie, afin de renouer avec la vocation qui lui a été donnée dans les fonts baptismaux de Reims, et pour redevenir le beau Royaume des Lys !

Notre-Dame de Fresneau

Notre-Dame de Bon-Secours et de Consolation,
priez pour nous,
priez pour la France égarée,
priez pour que le lieu-tenant sacré du Roi des Cieux puisse bientôt rétablir
le règne du divin Coeur de Jésus

en ce doux Royaume de France qui gémit sous un pouvoir oppresseur !

lys.gif

2017-52. A propos du 90ème anniversaire de Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI.

Samedi 6 mai 2017,
Premier samedi du mois
dédié à la réparation envers le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

90 ans de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI
photographié à l’occasion de son nonantième anniversaire
lors de la réception de la délégation bavaroise au monastère « Mater Ecclesiae »

Armoiries de Benoît XVI

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce premier samedi du mois de Marie, nous avons reçu au courrier un pli qui nous a comblés d’émotion et de joie profondes : émotion et joie que nous voulons partager avec vous.

Je pense que vous avez tous su que Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI a fêté le Saint Jour de Pâques 16 avril dernier le 90ème anniversaire de sa naissance : 16 avril 1927 – 16 avril 2017 !

Pour l’occasion, notre Frère Maximilien-Marie avait adressé à Sa Sainteté une carte de voeux, très symboliquement datée du Jeudi Saint.

90 ans de Benoît XVI enveloppe

90 ans de Benoît XVI carte recto

90 ans de Benoît XVI carte verso

La réponse (dont nous ne doutions pas, et c’est la raison pour laquelle nous avons attendu pour évoquer ce 90e anniversaire dans les pages de ce blogue), réponse émanant de la Secrétairerie d’Etat et transmise par la Nonciature Apostolique à Paris, nous est arrivée en ce jour et c’est elle qui nous a tant émus et réjouis.

Réponse aux voeux d'anniversaire de Benoît XVI

Nous continuons à prier pour ce très grand Pontife auquel nous devons tant et, dans l’action de grâces, nous le recommandons ardemment à la Très Sainte Mère de Dieu, et la nôtre.

Lully.

frise avec lys naturel

2017-51. Du moindre mal.

« Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. »

Hannah Arendt

élections républicaines

Nota bene au sujet de l’illustration ci-dessus :
on peut rajouter tous les couloirs que l’on veut, aux « extrêmes » aussi bien qu’au « centre », cela ne change absolument rien à l’unique issue de ce système.

Du moindre mal :

Motif et occasion :
Parce qu’en période d’élections républicaines l’on entend – jusqu’à une nauséeuse satiété – des catholiques, voire des prêtres et des évêques, rabâcher à la manière d’un dogme (en ce qui concerne les prêtres et les évêques c’est même bien plus qu’à la manière d’un dogme puisque la plupart d’entre eux ne parlent plus des dogmes de la Sainte Eglise au point qu’on peut légitimement se demander s’ils savent qu’ils existent) qu’en politique « il faut choisir le moindre mal », ou que « de deux maux il faut choisir le moindre ».
Notez au passage que dans ce « il faut » ils mettent un caractère d’obligation absolue.

Note préliminaire :
« De deux maux il faut choisir le moindre », est une citation qui n’est tirée ni du décalogue ni de la Sainte Bible.
A ce que je sache, l’expression viendrait du « Roman de Renart ».

Première remarque préliminaire immédiatement consécutive à cette note préliminaire :
Je ne puise pas mes références morales dans « Le Roman de Renart », même si au demeurant les facéties du goupil m’amusent beaucoup.

Deuxième remarque préliminaire consécutive à la note préliminaire :
Un « moindre mal » est un mal qui est estimé (selon des critères d’appréciation souvent subjectifs) moindre par rapport à un mal considéré, lui, comme plus grand (selon les mêmes critères d’appréciation souvent très subjectifs), mais il demeure toujours un mal.
Le fait qu’il soit jugé « moindre » ne transforme pas un mal en un bien ! 

Exemple :
Dévaliser une banque est un mal que l’on n’aura jamais moralement le droit d’accomplir ; dévaliser la banque et, à cette occasion, tuer le banquier est un mal plus grave.
Dévaliser la banque sans tuer le banquier est donc réellement un « moindre mal ».
Choisir le « moindre mal », c’est-à-dire choisir de dévaliser la banque sans tuer le banquier, plutôt que de choisir la vol avec meurtre, ne rend pas pour autant le vol sans effusion de sang licite, légitime et moral.

Conclusion générale de l’exemple :
Un mal, même moindre, demeure un mal, demeure un acte intrinsèquement désordonné, et le fait qu’on choisisse de le commettre « moindre » plutôt que « plus grand » ne le justifie en aucune manière à mes yeux.
Dès lors qu’un acte ou un choix sont considérés comme étant un « mal », et même s’il est « moindre » par rapport à de plus grands maux, il n’est jamais permis de le commettre délibérément, et il ne saurait en aucune manière y avoir d’obligation morale à l’accomplir (ce fameux « il faut » dont on accompagne le « moindre mal » !).

Application :
Mon exemple du cambriolage, avec ou sans meurtre, peut être aisément transposé au plan politique.
Voter pour un candidat dont le programme comporte « relativement moins » de points négatifs que son adversaire, revient tout de même en pratique – quelque restriction mentale que l’on apporte à ce soutien –  à apporter en même temps son soutien aux points que l’on a identifiés comme négatifs figurant dans le programme de ce candidat. Il n’y en en effet aucune possibilité de panachage du programme d’un candidat lorsqu’on introduit un bulletin de vote à son nom dans l’urne républicaine.
Il n’y a aucune différence entre le bulletin de celui qui adhère totalement au programme d’un candidat et le bulletin de celui qui ne vote pour ce candidat que parce qu’il le considère comme un « moindre mal » et qui émet des réserves sur certains points de son programme ou formule intérieurement des restrictions mentales à son endroit.
En pratique, le candidat qui a présenté un programme et qui lorsqu’il est élu le met en oeuvre, ne se soucie en aucune manière des restrictions mentales de ceux qui ont contribué à son élection : il fait du nombre de scrutins en sa faveur le principal argument de sa « légitimité » d’action pour la totalité du programme qu’il avait présenté. 

Ainsi donc…
… un candidat qui est favorable à des lois contraires à l’ordre naturel, à la loi divine et à la loi morale peut-il recevoir les suffrages des catholiques au seul prétexte que son adversaire est favorable à davantage de mesures contraires à l’ordre naturel, à la loi divine et à la loi morale ?
Il a été rappelé à plusieurs reprises par le Magistère et par de nombreux hiérarques de l’Eglise qu’un catholique ne peut en aucune manière accorder son vote à un candidat favorable à l’avortement. Monsieur le Cardinal Raymond Burke à une date encore récente a rappelé qu’un homme politique favorable à l’avortement est excommunié et que les catholiques qui, le sachant, lui apportent leur soutien électoral peuvent eux aussi encourir l’excommunication.

Je me répète et j’insite :
Ce n’est pas parce que ses adversaires (ou son adversaire) sont (ou est) favorable(s) à davantage de lois contraires à l’ordre naturel et à la loi divine, qu’il devient licite de favoriser, sous prétexte de « moindre mal », un candidat qui a des positions un peu moins contraires, mais néanmoins contraires, à l’ordre naturel et à la loi divine !
En reprenant mon exemple du cambriolage de la banque : ce n’est pas parce que voler sans tuer est un « moindre mal » en comparaison du vol avec meurtre qu’il m’est permis d’attaquer la banque simplement parce que j’ai la ferme intention de ne tuer personne.

Les circonstances ou les intentions subjectives ne peuvent jamais et en aucune manière transformer un « moindre mal » en un bien.

Note complémentaire (et nécessaire) :
Ceux qui élisent un candidat, ce sont ceux qui votent pour lui en introduisant un bulletin à son nom dans une enveloppe ensuite déposée dans une urne, et ceux-là seuls.
Ceux qui s’abstiennent de participer à un suffrage, ceux qui ne vont pas urner, n’élisent personne (contrairement au reproche qu’on leur fait souvent).
Accuser les abstentionnistes de contribuer à l’élection de quelqu’un est un non-sens total : c’est exactement comme si l’on accusait ceux qui vivent dans la chasteté absolue de participer à la diffusion du sida au prétexte qu’ils n’utilisent pas de préservatifs !

Lully.

Chat gif en marche

2017-49. De l’étrange inversion des valeurs et des critères, dans le monde d’aujourd’hui et dans la Sainte Eglise elle-même…

Samedi 29 avril 2017,
Dans le diocèse de Viviers, fête de Saint Aule, évêque et confesseur.

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

Jean-Marc Nattier : la justice châtiant l’injustice

Nous vivons dans un monde dans lequel l’inversion des valeurs et des critères est arrivée à un tel point que c’est celui qui rappelle ce qu’est le bien, ce qu’est la norme juste, ce qu’est la règle dictée par la nature, ce qu’est la loi bonne édictée par l’Eglise, ce qu’est le commandement de Dieu pour vivre conformément au bien et pour aller au Ciel, ce qu’est la vérité conforme à l’ordre naturel et à l’ordre surnaturel, qui fait l’objet d’une réprobation quasi unanime : par le seul fait qu’il dit ce qui est conforme à l’ordre voulu par Dieu dans Sa création, il est taxé d’intransigeance, d’intolérance, de manquement à la charité…
Tandis que celui qui n’obéit pas aux règles, qui transgresse l’ordre et la loi divins, et qui, ce faisant, lèse la justice et la charité conformes au dessein du Créateur sur ce monde qui Lui appartient, eh bien, celui-là, fait l’objet de toutes les prévenances, de toutes les excuses et de toutes les complaisances.

Nous vivons dans une société dans laquelle, en raison d’un sentimentalisme dégoulinant et de la perte des repères fondamentaux, la plupart des raisonnements et des réactions sont faussés.
Et cela est également vrai dans la Sainte Eglise (laquelle ressemble désormais en certains lieux à un véritable champ de ruines).
Ainsi, celui qui est blâmé, ce n’est pas celui qui enseigne l’erreur – l’hérésie -, mais celui qui relève qu’une erreur a été enseignée.
Celui qui est réprimandé, ce n’est pas celui qui agit contre la loi de Dieu mais celui qui fait remarquer que la loi de Dieu a été transgressée.
Celui qui est désavoué, ce n’est pas le prêtre qui célèbre mal la Messe (au risque qu’elle soit souvent invalide), mais celui qui rappelle les règles de la liturgie et fait observer qu’elles ne sont pas respectées.
Celui qui est dénoncé, ce n’est pas le criminel, mais celui qui a dit qu’un crime avait été commis.
Celui qui est lynché verbalement par toutes sortes d’accusations, ce n’est pas le mauvais pasteur, mais celui qui s’élève contre une fausse « pastorale » dévoyeuse des consciences et des moeurs.
Celui qui est accusé de manquer de charité, ce n’est pas celui qui égare les âmes, mais celui qui vient redire qu’il n’y a pas de charité sans vérité et que la perte de la grâce de Dieu conduit en enfer.

De Gustave Thibon :
« (…) Il faut donc opérer une révolution en soi-même, se créer une conscience à l’épreuve des modes, des opinions, des pressions de la foule, pour se dégager des conformismes sociaux et s’y opposer – par fidélité au dieu intérieur, comme disaient les stoïciens. Nous en sommes au point où les usages de la cité contredisent de plus en plus les exigences de la conscience – ce que Gabriel Marcel appelait « le conformisme de l’aberrant » (…) » (in « Entretiens avec Gustave Thibon« , Philippe Barthelet – Ed. du Rocher, 2001. p.217).

Ordre du Saint-Esprit

2017-48. Où le Chat chouan vous livre quelques unes de ses réflexions et quelques citations au sujet des élections républicaines.

« Loi du nombre, suffrage universel. – Etre « élu aux voix »… Mais parmi ces voix, combien ne sont que des échos ? »

Gustave Thibon,
in « Parodie et mirages ou la décadence d’un monde chrétien »
Ed. du Rocher – 2011, p. 126

Lully chat chouan

Elections = aliénation.

Je trouve absolument incroyable qu’il y ait encore tant de gens qui s’imaginent que c’est en votant qu’ils exercent leur liberté. C’est justement tout le contraire ! En allant urner, ils aliènent totalement leur liberté.
En « donnant leur voix » – peu importe à qui, en l’occurrence – ils se plient à la règle du « jeu démocratique » (sic), c’est-à-dire qu’ils acceptent à l’avance le « verdict des urnes », et qu’en conséquence ils remettent de fait leur liberté entre les mains de celui qui sortira vainqueur du suffrage, qu’il ait été leur « candidat » ou pas.

Quel que soit le candidat d’ailleurs, on se rend compte que – sauf pour une toute petite minorité de « militants » dont le dévouement inconditionnel confine à l’hystérie – les électeurs qui votent pour lui ne lui accordent jamais une pleine confiance. Si vous n’en êtes pas convaincus, allez écouter les conversations du tout-venant : vous verrez bien qu’à l’évidence les électeurs sont généralement assez désabusés et votent rarement parce qu’ils sont convaincus qu’un candidat est le « meilleur », mais seulement parce qu’ils pensent qu’il est le « moins mauvais ». La nuance est d’importance.
Le « moins mauvais » : c’est celui dont ils s’imaginent, ou dont ils font semblant de croire, ou encore dont ils espèrent (sans trop d’illusions souvent), qu’il les trompera un peu moins que les autres, qu’il abusera un peu moins que les autres du crédit qu’ils lui accordent au travers de leur suffrage, qu’il lèsera leurs intérêts un peu moins que les autres… peut-être (car on n’en est jamais complètement sûr).
C’est dire que par ce système électoral tel qu’il est aujourd’hui pratiqué, l’immense majorité des citoyens a conscience de se remettre pieds et poings liés aux décisions d’élus sur lesquels ils ne pourront plus exercer aucun contrôle, qui ne leur rendront aucun compte, et contre lesquels le seul et unique recours sera de ne plus voter pour eux à l’élection suivante, après les avoir subis pendant un certain nombre d’années (ce qui leur permet de jouir jusqu’à leur mort de retraites et de prébendes en comparaison desquelles les privilèges de l’Ancien Régime sont peu de choses)… Et avec en arrière-plan la quasi certitude que celui pour lequel ils voteront alors ne vaudra sans doute pas mieux !

Néanmoins ils continuent de prétendre que voter leur permet d’exercer leur liberté ! Ils continuent de donner à cela le nom quasi magique de démocratie !

Je me demande s’il s’agit d’un aveuglement volontaire ou bien d’un manque de réflexion qui, à un tel niveau, doit être appelé ilotisme absolu, aliénation mentale, esclavage consenti, bêtise, stupidité, crétinerie et abrutissement.

Objection :
« Mais ceux qui s’abstiennent de voter subissent la même chose que ceux qui sont allés voter : l’abstention ne leur épargne pas de subir  les mêmes inconvénients. Ils ne sont pas en dehors de la société ! »
Réponse :
« Certes ! Etant dans la société, ils subissent comme leurs concitoyens les résultats des élections, mais du moins n’ont-ils pas contribué en « idiots utiles » à l’esclavage que leur impose la république et n’ont-ils pas prostitué leur honneur et leur conscience, ce qui fait qu’ils demeurent malgré tout intérieurement libres et forts ! »

Voter - conjugaison

De Jacques Brel :

« Mettez onze imbéciles d’un côté, dix philosophes de l’autre ; les imbéciles l’emporteront. C’est ça, la démocratie ! »

soir d'élections

Chèque en blanc.

Vous arrive-t-il souvent de signer des chèques en blanc ?
Moi je connais beaucoup de personnes qui ne le font jamais, même pour des très proches, même pour ceux avec lesquels elles partagent leur existence et dans lesquels elles disent cependant avoir confiance : ce n’est pas une confiance illimitée ; et il est tout simplement « raisonnable » et « prudent » qu’il en soit ainsi.

Alors, ce que vous ne faites pas pour ce qui concerne votre compte en banque, pourquoi le faites-vous pour la gestion de l’Etat, pour l’administration de votre pays, pour votre avenir et celui de vos enfants ?
D’autant plus que, ce chèque en blanc, vous le remettez à des personnes dans lesquelles vous n’avez pas totalement confiance, dont vous ne savez finalement pas grand-chose, envers lesquelles vous savez que vous devez garder une méfiance certaine (méfiance que les faits justifient par trop souvent)…
Alors, un « chèque électoral en blanc », est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien prudent ?

Le système électoral actuel est l’exacte antithèse de la démocratie : il ne consiste en rien d’autre qu’en la remise sans aucun contrôle d’un chèque en blanc à des inconnus qui prétendent être vos amis… le temps d’une campagne électorale.
Et pas seulement à eux.
Car derrière eux, en réalité, il y a des inconnus – partis, lobbies, groupes d’intérêts, sociétés secrètes, trusts, groupes de pressions, systèmes politico-financiers complexes, officines occultes… etc. – , il y a toute la partie immergée d’un iceberg dont vous ne savez rien ou presque rien ; et c’est là que se trouvent les véritables décideurs, les véritables acteurs de la vie politique aujourd’hui. Les candidats et les élus ne sont que leurs pantins articulés dont ils tirent les ficelles dans l’ombre.

Le chèque en blanc que vous signez inconditionnellement lorsque vous glissez votre bulletin dans l’urne ne va pas simplement au candidat, au mouvement ou au parti auxquels vous donnez votre voix : il tombe en réalité dans la poche de ces décideurs occultes qui se chargeront, eux, d’y écrire un chiffre et beaucoup de zéros derrière…

A de très rares exceptions près (et uniquement à l’échelon local), quelle que soit la marionnette « élue démocratiquement », l’actuel système prétendûment représentatif vous livre pieds et poings liés à la maçonnerie dont la république est l’émanation, vous livre pieds et poings liés aux grands groupes financiers internationaux, vous livre pieds et poings liés aux décideurs de l’ombre qui méprisent au plus haut point et ce que vous pensez et ce que vous êtes.

Votez Ali Baba

Du « contrat social »…

La prétendue démocratie, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, repose sur une fiction : celle du « contrat social » théorisé par Rousseau (que sa mémoire soit en malédiction !).
Mais le « contrat social » - auquel même certains mitrés croient bon devoir se référer quand ils veulent parler de politique – n’a historiquement jamais existé. Jamais !

L’idée de « contrat social » est une fiction philosophique qui se fonde sur une fausse notion de la nature humaine : la notion rousseauiste de la bonté naturelle de l’homme.
Mais la nature humaine n’est pas une nature bonne que corromprait la société, c’est une nature créée bonne, certes, mais qui est déchue – pas en totalité cependant – et qui, laissée à elle-même, incline vers le mal ; une nature déchue qui toutefois porte aussi en elle la capacité d’être relevée, d’être réparée, d’être – par la grâce de Dieu, par les grâces de la rédemption accomplie par le Christ Sauveur – élevée à l’ordre surnaturel (pour lequel elle a été créée).

Il n’existe pas de « contrat social » : l’homme est par nature un « animal social » (« Zoon politikon » selon la définition aristotélicienne) ; l’homme est par nature un être vivant fait pour vivre en société, un être vivant qui ne peut vraiment devenir un homme que s’il grandit dans la société de ses semblables (sans société, l’homme n’est qu’un enfant-loup).
L’individu en tant qu’individu n’existe que parce qu’il vit en société (famille, village, paroisse, corps de métier, corporations, associations diverses…), c’est la société qui lui permet de devenir pleinement un individu unique. Tandis que le menteur Rousseau a échafaudé son système (système idéologique directement inspirateur de la révolution et de la république française) en faisant abstraction des faits réels et en imaginant que l’individu préexiste de manière parfaite avant la société.

élections truc cochon

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