Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2022-63. L’arrivée du Prince Tolbiac au Mesnil-Marie.

Mercredi 18 mai 2022,
Fête de Saint Venant, martyr ;
Mémoire de Saint Félix de Cantalice, confesseur de l’Ordre séraphique ;
Mémoire de la Bienheureuse Blandine Merten, vierge ;
Anniversaire de la mort de Louis Edouard cardinal Pie, évêque de Poitiers (+ 18 mai 1880).

Papillons et chatons

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Certains d’entre vous le savent déjà, notre Mesnil-Marie vient d’accueillir ce lundi 16 mai (jour où dans l’Ordre de Saint Augustin on célèbre la fête de Saint Possidius de Calame : disciple de notre Bienheureux Père Saint Augustin, membre de sa première communauté à Hippone, il fut évêque de Calame, en Numidie, et assista le grand Docteur de la Grâce dans ses derniers instants : il en fut aussi le premier biographe) un chaton, élu pour succéder à feu Monseigneur le Maître-Chat Lully dont nous approchons du troisième anniversaire du trépas (23 mai 2019cf. > ici).
J’ai mis plus de deux ans à faire mon deuil du Maître-Chat, n’arrivant d’ailleurs pas à achever le vitrail que j’ai commencé à sa mémoire. A l’automne dernier, j’ai commencé à comprendre que j’étais prêt à adopter un nouveau félin domestique. Peut-être d’ailleurs serait-il plus exact d’écrire : à me laisser adopter par un nouveau félin domestique. Au côté affectif et psychologique s’ajoutant la grande nécessité d’avoir dans nos murs un impitoyable chasseur de muridés, ces fléaux des bibliothèques, des sacristies et des celliers monastiques !

1ère photo de Tolbiac 24 avril 2022 - blogue

La première photo de Tolbiac, le dimanche de Quasimodo 24 avril 2022

   J’avais des idées très tranchées au sujet du profil et des caractéristiques du petit félin qui viendrait prendre la succession du Maître-Chat au Mesnil-Marie : je désirais que ce fût un mâle, tout jeune, dont la date de naissance fût connue, et si possible angora… Sans hâte, mais de manière régulière, je consultais les sites de petites annonces.
Le samedi in albis 23 avril (et fête de Saint Georges de Lydda, céleste protecteur de la Cavalerie et des Chevaliers), une petite annonce qui venait juste d’être mise en ligne retint mon attention : elle proposait à l’adoption trois chatons mâles (un tigré roux, un gris uni et un tigré gris), nés le 10 mars au Puy-en-Velay. La dame qui avait publié l’annonce fut très rapidement submergée de messages et d’appels, mais, entre toutes, ma candidature fut retenue pour le chaton gris tigré, auquel je pus rendre visite dès le lendemain avant de me rendre à la Sainte Messe. La dame, qui nourrit une grande dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie, était heureusement surprise de faire la connaissance d’un moine et que l’un de ses chatons fût destiné à « entrer dans les ordres » !
Bien sûr, à un mois et demi, les petites boules de poil n’étaient pas sevrées et, dans les semaines qui suivirent, je téléphonai à plusieurs reprises pour prendre des nouvelles et m’enquérir du développement du chaton. Ses deux frères furent emmenés par leurs familles d’accueil le 9 avril : la dame nous avait prévenus que leur mère cherchait désormais à les emmener loin de la maison où ils sont nés.
En ce qui me concerne, j’avais à effectuer un déplacement en Provence : c’est la raison pour laquelle je ne suis allé le chercher qu’une semaine après le départ de ses frères.

Tolbiac dans son panier de voyage 16 mai 2022 - blogue

Tolbiac dans son panier de voyage, ce lundi 16 mai 2022

   Tout avait été bien préparé pour que ce premier voyage en automobile ne fut pas trop pénible pour le jeune félin : un sac de voyage spacieux et bien conditionné avait été acquis grâce à un don. Ce fut toutefois un peu stressant pour lui : il faut presque une heure de route entre la belle cité mariale et le Mesnil-Marie, et pendant ce trajet Tolbiac fit entendre ses plaintes et exprima de manière non équivoque son grand mécontentement de se retrouver derrière des grilles !
A l’arrivée, quand son sac de voyage fut ouvert, le petit Prince sortit de manière prudentissime et commença à explorer la pièce inconnue dans laquelle il se trouvait…

arrivée au Mesnil-Marie - blogue

   Après un premier tour de pièce, en rasant les murs et reniflant tout, estimant que l’endroit semblait plutôt sûr, le chaton ne dédaigna pas de grignoter quelques croquettes et de laper quelques gorgées d’eau fraîche qui lui étaient offertes en guise de buffet de joyeuse entrée.

première collation - blogue

   Il repéra aussi très vite son lieu d’aisance dans lequel il se rendit avec satisfaction, puis accepta de se laisser conduire en sa couche princière, héritée de feu le Maître-Chat, qu’il trouva fort à sa guise : douce et moelleuse, située un peu en hauteur, elle lui offrait un point d’observation complet sur la pièce – qu’il considéra longuement – avant de s’y pelotonner, ne s’endormant toutefois que d’un œil, attentif au moindre bruit, au moindre mouvement…

Tolbiac en son couffin royal - blogue

 Très rapidement, Tolbiac s’est laissé prendre dans les bras, caresser et papouiller avec un plaisir évident, émettant même des débuts de ronronnements encore timides ; lorsque j’apportai une petite balle de mousse pour jouer avec lui, la glace fut définitivement rompue et j’ai compris que j’étais adopté, puisque, lorsque je disparaissais de sa vue, il émettait de petits miaulements aigus pour m’appeler !
Si bien que lorsque vint le soir et que je gravis les échelons de la mezzanine où se trouve la planche qui me tient lieu de lit, Tolbiac n’envisagea pas un seul instant qu’il dût dormir ailleurs qu’avec moi !
Certes, l’endormissement fut précédé d’une épique « partie de chasse »… aux pieds : le chaton à l’affut du moindre mouvement de mes pieds sous la couette, du moindre frémissement du tissu, déploya tout son art cybernétique et me prouva qu’il serait sans aucune pitié pour les souris, mulots et autres musaraignes qui se hasarderont désormais à l’intérieur du Mesnil-Marie ! Vaincu par la fatigue d’une journée si forte en émotions il finit par sombrer dans un sommeil réparateur, pelotonné dans un repli de la couette, et se tint tranquille jusqu’aux premières lueurs du jour, où il vint frotter son museau contre mon visage en ronronnant.

à l'aube du premier jour - blogue

« A l’aube du premier jour » : le mardi 17 mai au matin…

   Ces deux journées des 17 et 18 mai ont été consacrées à de multiples explorations : Tolbiac a trouvé ses repères dans les deux pièces qui lui sont actuellement accessibles, c’est-à-dire la salle principale et mon bureau… Là, quel bonheur ! Entre les fils électriques qui pendouillent et grouillent derrière toute installation bureautique digne de ce nom, les piles de courrier que l’on peut très facilement renverser, la corbeille à papier en osier que l’on peut escalader pour s’y nicher afin d’y procéder à sa toilette, la fenêtre depuis laquelle on a une vue imprenable sur le poulailler, les gommes et crayons que l’on peut faire rouler d’un agile coup de patte, et les rayonnages de livres derrière lesquels on peut se cacher, il ne sait plus où donner de la tête et des pattes !!!

Explorations 1 - blogue

   Tolbiac s’initie également aux règles de la vie monastique : la clochette (ornée d’une médaille de Notre-Dame de Lourdes) qui annonce que les croquettes sont versées dans son écuelle, et qui n’avait pas fait entendre son tintement depuis le trépas du Maître-Chat Lully, a retrouvé du service, et il doit apprendre qu’on ne doit pas mordiller les statuettes et images saintes qui sont répandues dans toute la maison !
Il semble que faire la sieste sous la protection des Saints Abdon et Sennen lui convient spécialement : il est vrai que c’étaient des Princes Persans et qu’ils devaient donc avoir de l’affection pour les chats.

Dévotion aux Sts Abdon et Sennen - blogue

   Par petites étapes, Tolbiac découvre aussi la terrasse et, au-delà, de vastes horizons vers lesquels il ne se hasarde pas. Il reste toujours à quelques mètres de moi, ne s’occupant que des insectes qu’il voit courir au sol et de l’ondulation des herbes que le vent balance, sur lesquelles il saute comme s’il s’agissait d’horribles monstres à terrasser !

Exploration terrasse - blogue

   Comme vous vous en doutez bien, et ainsi qu’en témoigne la photo ci-dessous, la vie de ce chaton au Mesnil-Marie promet d’être terriblement triste et épouvantablement malheureuse : s’il existait aujourd’hui un Emile Zola ou un Jules Vallès parmi les chats lettrés, il vous décrirait sans nul doute de la plus noire manière l’oppression de l’éducation cléricale et légitimiste que l’on inflige encore à de pauvres petits chats soustraits à la liberté républicaine et aux lumières égalitaires de la fraternité universelle, après lui avoir donné un nom qui renvoie aux siècles d’obscurantisme dominés par l’Eglise catholique qui n’avait d’autre ambition que d’endoctriner des Rois pour les utiliser ensuite afin d’établir sa domination fanatique ! 

opération séduction - blogue

   Car – est-il vraiment besoin de le dire ? -, parce qu’en cette année 2022, il est préconisé de donner aux chiens et aux chats des noms commençant par la lettre « t », le prénom Tolbiac renvoie à cette victoire de Clovis qui décida de sa reddition à la grâce et de sa conversion, et inaugura cette « gesta Dei per Francos » dont nous voulons raviver le souvenir et célébrer la mémoire, afin qu’en revenant aux sources vives de la fontaine baptismale de Reims et renouant son « alliance avec la Sagesse éternelle », la France abjure ses erreurs, se convertisse et revive !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Papillons et chatons

2022-62. Il y aura toujours un avenir pour la monarchie, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale !

Vendredi 13 mai 2022,
Fête de Saint Robert Bellarmin, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Trois lys blancs

Ce vendredi, dans les premières heures de la matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le texte suivant qui, au-delà de l’aspect très circonstanciel des paroles qu’il retransmet, délivre une fois encore une grande leçon de Légitimité et manifeste tout-à-la-fois Ses droits pérennes à la Couronne de France et l’actualité de l’institution monarchique [nota : Nous nous permettons de retranscrire en caractères gras les passages les plus importants de cette prise de parole] :

J’étais présent jeudi dernier à New-York à la soirée de soutien de la Versailles Foundation, dirigée par notre chère Barbara de Portago.
Voici un extrait de mon discours :

« Je suis le Chef de la Maison de Bourbon, mais je n’habite pas un palais et je ne porte pas de couronne.
De par ma naissance, je suis l’héritier de la tradition monarchique française, fondée sur les Lois Fondamentales du Royaume.
Ces lois de succession des Rois de France désignent, génération après génération, l’héritier de la couronne : premier-né, mâle et de confession catholique.

Selon ces Lois, la monarchie est indisponible, et ni le Roi, ni aucun conseil ne peut abdiquer, ni nommer son successeur.
Ainsi, une continuité est donnée à la monarchie, résumée par l’expression française : « Le Roi est mort, Vive Le Roi ».

La monarchie française est l’oeuvre de mes ancêtres, elle a été façonnée par tous les Rois qui se sont succédé depuis Hugues Capet au Xème siècle, jusqu’à Charles X au XIXème siècle, sans interruption en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV et Louis XVI (qui a tant contribué à l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1787).

Bel héritage, aujourd’hui plus moral que matériel, qui me confère, des devoirs de tradition et de charité :
- Je participe à de nombreuses manifestations commémoratives en France et à l’étranger, liées à la mémoire de l’œuvre des Rois de France, mes ancêtres.
- Je témoigne des valeurs qui ont fait la France antique, telles que : la justice à l’image de Saint Louis, la paix sociale et la richesse du peuple avec Henri IV, la beauté et la culture magnifiées par Louis XIV.

Je ne peux pas conclure sans aborder la question qui préoccupe tout le monde. Y a-t-il un avenir pour la monarchie ? Il y en aura toujours, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale. Nous avons tous besoin de références claires.
Un tel patrimoine commun, partagé par toute la société civile, qui m’amène aujourd’hui à vous encourager, à faire vivre Versailles, et surtout à vous remercier de votre générosité, qui contribue à la splendeur d’un des plus beaux lieux du monde. »

Le Roi et la Reine à la soirée de la Versailles Foundation New-York 12 mai 2022

Leurs Majestés à la soirée de la Versailles Foundation à New-York

Trois lys blancs

2022-61. « Robert Bellarmin enseigne qu’il ne peut pas y avoir de véritable réforme de l’Eglise si auparavant il n’y a pas notre réforme personnelle et la conversion de notre cœur ».

13 mai,
Fête de Saint Robert Bellarmin, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Dans le diocèse de Viviers, fête de Saint Andéol, sous-diacre et martyr, premier évangélisateur du diocèse.

Saint Robert Bellarmin gravure du XVIIe siècle

Saint Robert Bellarmin

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
dispensée lors de l’audience pontificale générale
du mercredi 23 février 2011

Chers frères et sœurs,

   Saint Robert Bellarmin, dont je désire vous parler aujourd’hui, nous ramène en esprit à l’époque de la douloureuse scission de la chrétienté occidentale, lorsqu’une grave crise politique et religieuse provoqua l’éloignement de nations entières du Siège Apostolique.

   Né le 4 octobre 1542 à Montepulciano, près de Sienne, il est le neveu, du côté de sa mère, du Pape Marcel II.
Il reçut une excellente formation humaniste avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus le 20 septembre 1560. Les études de philosophie et de théologie, qu’il accomplit au Collège Romain, à Padoue et à Louvain, centrées sur Saint Thomas et les Pères de l’Eglise, furent décisives pour son orientation théologique. Ordonné prêtre le 25 mars 1570, il fut pendant quelques années professeur de théologie à Louvain. Appelé par la suite à Rome comme professeur au Collège Romain, il lui fut confiée la chaire d’«Apologétique »; au cours de la décennie où il occupa cette fonction (1576-1586), il prépara une série de leçons qui aboutirent ensuite aux « Controverses », œuvre devenue immédiatement célèbre en raison de la clarté et de la richesse de son contenu et de son ton essentiellement historique.
Le Concile de Trente s’était conclu depuis peu et, pour l’Eglise catholique, il était nécessaire de renforcer et de confirmer son identité notamment face à la réforme protestante. L’action de Robert Bellarmin s’inscrit dans ce contexte. De 1588 à 1594, il fut d’abord père spirituel des étudiants jésuites du Collège Romain, parmi lesquels il rencontra et dirigea Saint Louis Gonzague, puis supérieur religieux. Le Pape Clément VIII le nomma théologien pontifical, consulteur du Saint-Office et recteur du Collège des pénitenciers de la Basilique Saint-Pierre. C’est à la période 1597-1598 que remonte son catéchisme, Doctrine chrétienne abrégée, qui fut son œuvre la plus populaire.

Le 3 mars 1599, il fut créé cardinal par le Pape Clément VIII et, le 18 mars 1602, il fut nommé archevêque de Capoue. Il reçut l’ordination épiscopale le 21 avril de la même année. Au cours des trois années où il fut évêque diocésain, il se distingua par son zèle de prédicateur dans sa cathédrale, par la visite qu’il accomplissait chaque semaine dans les paroisses, par les trois synodes diocésains et le concile provincial auquel il donna vie.
Après avoir participé aux conclaves qui élurent les Papes Léon XI et Paul V, il fut rappelé à Rome, où il devint membre des Congrégations du Saint-Office, de l’Index, des Rites, des évêques et de la Propagation de la foi. Il reçut également des charges diplomatiques, auprès de la République de Venise et de l’Angleterre, pour défendre les droits du Siège Apostolique.
Dans ses dernières années, il rédigea divers livres de spiritualité, dans lesquels il résuma le fruit de ses exercices spirituels annuels. Le peuple chrétien tire aujourd’hui encore une profonde édification de leur lecture.
Il mourut à Rome le 17 septembre 1621.
Le Pape Pie XI le béatifia en 1923, le canonisa en 1930 et le proclama docteur de l’Eglise en 1931.

Saint Robert Bellarmin joua un rôle important dans l’Eglise des dernières décennies du XVIème siècle et des premières du siècle suivant. Ses Controversiae constituèrent un point de référence, encore valable, pour l’ecclésiologie catholique sur les questions concernant la Révélation, la nature de l’Eglise, les Sacrements et l’anthropologie théologique. Dans celles-ci, l’aspect institutionnel de l’Eglise se trouve accentué, en raison des erreurs qui circulaient à l’époque sur ces questions. Toutefois, Bellarmin clarifia également les aspects invisibles de l’Eglise comme Corps mystique et les illustra à travers l’analogie du corps et de l’âme, afin de décrire le rapport entre les richesses intérieures de l’Eglise et les aspects extérieurs qui la rendent perceptible. Dans cette œuvre monumentale, qui tente de systématiser les diverses controverses théologiques de l’époque, il évite toute approche polémique et agressive à l’égard des idées de la réforme, mais en utilisant les arguments de la raison et de la Tradition de l’Eglise, il illustre de manière claire et efficace la doctrine catholique.

Toutefois, son héritage tient à la manière dont il conçut son travail.
Les tâches prenantes du gouvernement ne lui empêchèrent pas, en effet, de tendre quotidiennement vers la sainteté en fidélité aux exigences de son statut de religieux, de prêtre et d’évêque. C’est de cette fidélité que découle son engagement dans la prédication. Etant, en tant que prêtre et évêque, avant tout un pasteur d’âmes, il ressentit le devoir de prêcher assidûment. Il prononça des centaines de sermones — les homélies — dans les Flandres, à Rome, à Naples et à Capoue à l’occasion des célébrations liturgiques. Tout aussi nombreuses, ses expositiones et les explanationes destinées aux curés, aux religieuses, aux étudiants du Collège Romain, ont souvent pour objet les Saintes Ecritures, en particulier les Lettres de Saint Paul. Sa prédication et ses catéchèses présentent ce même caractère d’essentialité qu’il avait appris au cours de son éducation ignacienne, visant tout entière à concentrer les forces de l’âme sur le Seigneur Jésus intensément connu, aimé et imité.

Dans les écrits de cet homme de gouvernement on perçoit de manière très claire, malgré la réserve derrière laquelle il cache ses sentiments, le primat qu’il accorde aux enseignements du Christ. Saint Bellarmin offre ainsi un modèle de prière, âme de toute activité : une prière qui écoute la Parole du Seigneur, qui se satisfait d’en contempler la grandeur, qui ne se replie pas sur elle-même, mais est heureuse de s’abandonner à Dieu.
Un signe distinctif de la spiritualité de Robert Bellarmin est la perception vivante et personnelle de l’immense bonté de Dieu, grâce à laquelle notre saint se sentait vraiment le fils bien-aimé de Dieu, et c’était une source de grande joie que de se recueillir, avec sérénité et simplicité, en prière, en contemplation de Dieu. Dans son livre De ascensione mentis in Deum — Elévation de l’esprit à Dieu — composé sur le schéma de l’Itinerarium de Saint Bonaventure, il s’exclame : «O mon âme, ton exemple est Dieu, beauté infinie, lumière sans ombres, splendeur qui dépasse celle de la lune et du soleil. Lève les yeux vers Dieu dans lequel se trouvent les archétypes de toutes les choses, et dont, comme d’une source d’une infinie fécondité, dérive cette variété presque infinie des choses. C’est pourquoi tu dois conclure : celui qui trouve Dieu trouve toute chose, qui perd Dieu perd toute chose».

Dans ce texte, on entend l’écho de la célèbre contemplatio ad amorem obtinendum — contemplation pour obtenir l’amour — des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Robert Bellarmin, qui vit dans la société fastueuse et souvent malsaine de la fin du XVIème siècle et du début du XVIIème siècle, tire de cette contemplation des aspects pratiques et y projette la situation de l’Eglise de son temps avec un vif souffle pastoral.
Dans l’ouvrage De arte bene moriendi — l’art de bien mourir — il indique, par exemple, comme règle sûre d’une bonne vie, et également d’une bonne mort, de méditer souvent et sérieusement le fait que l’on devra rendre compte à Dieu de ses propres actions et de sa propre façon de vivre, et de chercher à ne pas accumuler de richesses sur cette terre, mais à vivre simplement et avec charité de manière à accumuler des biens au Ciel.
Dans l’ouvrage De gemitu colombae — le gémissement de la colombe, où la colombe représente l’Eglise — il rappelle avec force tout le clergé et les fidèles à une réforme personnelle et concrète de leur propre vie, en suivant ce qu’enseignent les Saintes Ecritures et les saints, parmi lesquels il cite en particulier Saint Grégoire de Nazianze, Saint Jean Chrysostome, Saint Jérôme et Saint Augustin, en plus des grands fondateurs des Ordres religieux, tels que Saint Benoît, Saint Dominique et Saint François.
Robert Bellarmin enseigne avec une grande clarté et à travers l’exemple de sa propre vie qu’il ne peut pas y avoir de véritable réforme de l’Eglise si auparavant il n’y a pas notre réforme personnelle et la conversion de notre cœur.

Robert Bellarmin puisait aux Exercices spirituels de Saint Ignace des conseils pour communiquer de manière profonde, également aux plus simples, les beautés des mystères de la foi. Il écrit : «Si tu es sage, tu comprends que tu es créé pour la gloire de Dieu et pour ton salut éternel. Cela est ton but, le centre de ton âme, le trésor de ton cœur. Estime donc comme un vrai bien pour toi ce qui te conduit à ton objectif, un vrai mal ce qui te le fais manquer. Les événements bénéfiques ou l’adversité, la richesse et la pauvreté, la santé et la maladie, les honneurs et les outrages, la vie et la mort, le sage ne doit ni les chercher, ni les fuir pour lui-même. Ils ne sont bons et désirables que s’ils contribuent à la gloire de Dieu et à ton bonheur éternel, ils sont mauvais et à fuir s’ils lui font obstacle» (De ascensione mentis in Deum, grad. 1).

Ces paroles ne sont assurément pas passées de mode, ce sont des paroles que nous devons méditer longuement aujourd’hui pour orienter notre chemin sur cette terre. Elles nous rappellent que le but de notre vie est le Seigneur, le Dieu qui s’est révélé en Jésus-Christ, en qui Il continue à nous appeler et à nous promettre la communion avec Lui. Elles nous rappellent l’importance de s’en remettre au Seigneur, de nous prodiguer dans une vie fidèle à l’Evangile, d’accepter et d’illuminer par la foi et par la prière toute circonstance et toute action de notre vie, toujours tendus vers l’union avec Lui. 

ihs couleur

2022-60. Qui sont les Saints de glace ?

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne en Dauphiné, confesseur ;
Anniversaire de la translation des reliques de Saint Antoine le Grand (cf. > ici) ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (cf. > ici).

Saints de glace

   Ah ! Les fameux « Saints de glace » !!!
Même ceux qui ne croient plus trop aux saints et à leur pouvoir d’intercession, s’ils vivent en dehors des grands centres urbains (déconnectés des cycles de la nature) et s’intéressent un peu au jardinage, y prêtent attention chaque année, car les bulletins météorologiques de la radio ou de la télévision y font allusion, voire les citent.

   Il y a toutefois un problème : les saints en question ont figuré dans les calendriers liturgiques pendant plus de mille ans, et au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe, leurs noms étaient écrits dans tous les almanachs populaires, dont l’incontournable « Almanach des P.T.T. » que l’on trouvait accroché en bonne place dans quasi toutes les cuisines de nos campagnes…
Mais il y eut le concile vaticandeux, avec ses prémisses – dès 1950 – et ses conséquences, qui ont bouleversé bien des habitudes… et le calendrier lui-même : des saints, jadis très populaires, se sont trouvés relégués au second rang ou changés de place, quand ils n’ont pas été purement et simplement éliminés, tandis que les « curés modernes » n’en parlaient plus ou traitaient de superstitions les dictons populaires attachés à leurs fêtes.
S’adaptant aux « mentalités modernes », le calendrier des Postes a modifié les noms des saints de chaque jour, au grand dam des jardiniers;

Mais bref ! Revenons à nos Saints de glace si redoutés : qui sont-ils ? et pourquoi sont-ils craints ?

   En fait, l’expression « les Saints de glace » désigne en premier lieu une période climatologique observée depuis le haut Moyen-Age d’une manière assez générale en Europe occidentale vers la mi-mai : période au cours de laquelle les dernières gelées sont encore possibles en plaine (puisque, évidemment, en zone montagneuse elles peuvent arriver plus tard).
Ces gelées tardives peuvent avoir des effets désastreux dans les jardins où les jeunes pousses, encore très fragiles donc, peuvent être irrémédiablement endommagées ; de même dans les vergers où, après la floraison, les fruits commencent à se former.

   Dans une civilisation profondément chrétienne, où les dates des fêtes des Saints – surtout si ces derniers sont très populaires – constituent des repères pour toute la société, il était naturel que les Saints fêtés en ces jours redoutés des jardiniers donnassent lieu à des dictons très mnémotechniques, avec des variantes selon les provinces, rappelant aux cultivateurs trop pressés combien il importe qu’ils restent très prudents tant que ces jours des dernières gelées ne sont pas passés.

   Dans la plupart des provinces, ce sont donc les 11, 12 et 13 mai, qui sont appelés jours des « Saints de glace », mais en certains lieux on ne parle pas du 11 et l’on mentionne le 14.
Trois jours qui se suivent donc… Mais on oublie fréquemment le quatrième et dernier jour redouté des jardiniers : le 25 mai, fête de Saint Urbain 1er, pape et martyr.
- Le 11 mai est la fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne (en Dauphiné), mort le 11 mai, probablement en 475, il est demeuré célèbre pour avoir institué les prières des Rogations, qui se célèbrent les lundi, mardi et mercredi qui précèdent la fête de l’Ascension.
- Le 12 mai, est fêté un jeune saint de 14 ans originaire de Phrygie, martyrisé en 304, pendant la persécution de Dioclétien : Saint Pancrace. On fête en même temps que lui les Saints Nérée et Achillée, martyrs eux aussi, et Sainte Domitille, vierge et martyre, qui, elle, vécut à la fin du premier siècle et appartenait à la famille impériale.
- Le 13 mai, le martyrologe des Eglises des Gaules mentionne Saint Servais de Tongres, premier évêque de cette cité, objet d’une grande vénération populaire, qui rendit son âme à Dieu le 13 mai 384. Son nom n’étant toutefois plus très répandu, il est parfois confondu avec Saint Gervais, frère de Saint Protais, dont la fête est célébrée le 19 juin.
- Avec le pape et martyr Saint Urbain 1er, déjà mentionné, voilà donc le groupe traditionnellement nommé « Saints de glace », illustrés par ce dicton très facile à mémoriser : « Mamert, Pancrace et Servais sont les trois saints de Glace, mais Saint Urbain les tient tous dans sa main ».

   Est-il nécessaire de préciser que ces bons Saints ne sont pas les responsables (ni les coupables) des gelées tardives qui peuvent se produire en cette période critique de la mi-mai ? Quelques mécréants, toujours prompts à accuser l’Eglise et les dévots, le croient peut-être, tandis que les personnes pieuses, elles, profitent de l’occurrence de la fête de ces Saints avec les jours des dernières gelées possibles pour demander leur protection et leur intercession…
Qu’ils veillent donc sur vos jardins et vos vergers, sur vos semis et vos jeunes pousses, et puissiez-vous éprouver en ces petites choses de chaque jour combien nous avons de nombreux et puissants amis dans le Ciel !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

chatons jardiniers

2022-59. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la solennité et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 8 mai 2022, 2ème dimanche de mai :
Solennité liturgique et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc ;
Commémoraison de l’apparition de Saint Michel au Mont Gargan ;
Commémoraison de Marie, Médiatrice de toutes grâces ;
Commémoraison du 3ème dimanche après Pâques.

Armes de France & Navarre

   Quelques minutes après 7 h du matin (heure officielle), en ce deuxième dimanche de mai, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, qui a été très rapidement relayé des centaines de fois et chaleureusement commenté par les fidèles sujets de Sa Majesté.
Encore une fois, en quelques mots, notre Souverain légitime nous renvoie à l’essentiel et nous oriente vers les points de réflexion et d’action vers laquelle Il souhaite voir les Français accentuer leurs efforts :

    »En ce jour de la fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme, pensons à la Sainte et à la France. Après le terrible premier conflit mondial, Jeanne a été reconnue comme le symbole de l’amour et du dévouement que les Français peuvent et doivent porter à leur Patrie.
Les siècles et les années passent, Sainte Jeanne d’Arc demeure le modèle de la lutte sans cesse recommencée, pour la souveraineté et l’identité si nécessaires pour l’unité d’un Etat.

   Que Sainte Jeanne d’Arc continue à protéger la France ».

Statue Sainte Jeanne d'Arc Reims

2022-58. Importance de Sainte Monique et de Saint Augustin pour les temps actuels.

4 et 5 mai,
Fêtes de Sainte Monique
et de la Conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

   Voici un court texte d’évocation des Saints Monique et Augustin que nous devons à ce fervent disciple du grand Docteur d’Hippone qu’est le Pape Benoît XVI : en quelques phrases, il met en exergue l’actualité de la grande leçon de leurs deux vies et l’importance qu’ils peuvent avoir aujourd’hui pour les fidèles et pour leurs familles.
Ce texte est spécialement adapté aux deux célébrations qui se suivent les 4 et 5 mai : le « dies natalis » de Sainte Monique d’une part, et – au lendemain de sa fête et pour bien montrer l’importance du rôle que cette sainte mère a joué – la fête de la conversion de notre Bienheureux Père, fête propre à l’Ordre de Saint Augustin, d’autre part.

Saint Augustin et Sainte Monique

Courte exhortation de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
à l’occasion de la récitation de l’Angélus
le dimanche 27 août 2006
au balcon de la résidence pontificale d’été à Castel Gandolfo

Chers frères et sœurs,

   Nous rappelons aujourd’hui (…) Sainte Monique et demain, nous rappellerons (…) son fils Saint Augustin.

Leurs témoignages peuvent être d’un grand réconfort et d’une grande aide pour tant de familles à notre époque également. Monique, née à Tagaste, aujourd’hui Souk-Aharàs, en Algérie, au sein d’une famille chrétienne, vécut de façon exemplaire sa mission d’épouse et de mère, aidant son mari Patrice à découvrir la beauté de la foi dans le Christ et la force de l’amour évangélique, capable de vaincre le mal par le bien. Après la mort de celui-ci, survenue de façon prématurée, Monique se consacra avec courage au soin de ses trois enfants, parmi lesquels Augustin, qui au début, la fit souffrir par son tempérament plutôt rebelle. Comme le dira Augustin lui-même par la suite, sa mère l’engendra deux fois ; la seconde exigea un long travail spirituel, fait de prière et de larmes, mais couronné à la fin par la joie de le voir non seulement embrasser la foi et recevoir le Baptême, mais également se consacrer entièrement au service du Christ.
Combien de difficultés existent aujourd’hui également dans les relations familiales et combien de mères sont préoccupées parce que leurs enfants empruntent de mauvais chemins !
Monique, femme sage et solide dans la foi, les invite à ne pas se décourager, mais à persévérer dans leur mission d’épouses et de mères, en conservant fermement la confiance en Dieu et en se raccrochant avec persévérance à la prière.

   Quant à Augustin, toute son existence fut une recherche passionnée de la Vérité.
À la fin, non sans un long tourment intérieur, il découvrit dans le Christ le sens ultime et plénier de sa vie et de toute l’histoire humaine. Au cours de son adolescence, attiré par la beauté terrestre, « il se jeta » sur elle – comme il le confie lui-même (cf. Confessions 10, 27-38) – de façon égoïste et possessive, à travers des comportements qui furent la cause d’une grande douleur pour sa pieuse mère. Mais, à travers un parcours difficile, notamment grâce aux prières de sa mère, Augustin s’ouvrit toujours plus à la plénitude de la vérité et de l’amour, jusqu’à sa conversion, qui eut lieu à Milan sous la direction de l’évêque Saint Ambroise. Il demeurera ainsi le modèle du chemin vers Dieu, Vérité et Bien suprême. « Je vous ai aimée tard – écrit-il dans le célèbre livre des Confessions – beauté si ancienne, beauté si nouvelle, je vous ai aimée tard. Mais quoi ! Vous étiez au dedans, moi au dehors de moi-même ; et c’est au dehors que je vous cherchais [...] Vous étiez avec moi et je n’étais pas avec vous… Vous m’appelez, et voilà que votre cri force la surdité de mon oreille, votre splendeur rayonne, elle chasse mon aveuglement » (ibid.).
Que saint Augustin obtienne le don d’une rencontre sincère et profonde avec le Christ à tous les jeunes qui, assoiffés de bonheur, la recherchent en parcourant les mauvais sentiers et se perdent dans des voies sans issue.

   Sainte Monique et saint Augustin nous invitent à nous adresser avec confiance à Marie, Siège de la Sagesse.
Nous lui confions les parents chrétiens afin que, comme Monique, ils accompagnent par l’exemple et la prière le chemin de leurs enfants.
Nous confions la jeunesse à la Vierge Mère de Dieu, afin que, comme Augustin, elle tende toujours vers la plénitude de la Vérité et de l’Amour, qui est le Christ. Lui seul peut satisfaire les désirs profonds du cœur humain.

Pavie : exposition des reliques de Saint Augustin

Exposition des reliques de Saint Augustin
(basilique basilique San Pietro in Ciel d’Oro, à Pavie)

Prière à Sainte Monique, pour demander la conversion d’un enfant égaré.

L'extase d'Ostie  Sainte Monique et Saint Augustin Ary Scheffer

Sainte Monique et Saint Augustin : l’extase d’Ostie
Ary Scheffer (1795-1858)

     Sainte Monique,
pendant de très longues années, avec une inlassable patience et une admirable persévérance,
vous avez prié et supplié en demandant au Dieu des miséricordes la conversion de votre fils Augustin :
vous avez répandu vos larmes pour celui qui tardait à se repentir ;
vous avez espéré contre toute espérance pour celui qui résistait aux appels de la grâce ;
vous n’avez jamais cédé à la tentation du découragement lors même qu’il semblait si loin de revenir dans les voies du Seigneur.

Quel prodigieux oubli de vous-même, ô mère vraiment exemplaire, dans votre incessante poursuite du salut de votre fils !
Que vous importaient ses succès dans le monde, alors que vous songiez aux périls éternels qu’il encourrait,
et que vous trembliez de le voir éternellement séparé de Dieu !

J’implore votre assistance et votre intercession pour cet enfant, N… , mon enfant, qui comme jadis le vôtre,
vit aujourd’hui éloigné de la foi et de la vie chrétienne.
Du sein de la félicité dont vous jouissez désormais éternellement avec Saint Augustin,
qui, après la vie du corps, doit aussi à vos prières la vie de son âme,

jetez vos regards compatissants sur mon enfant égaré, et joignez vos prières aux miennes pour obtenir de Dieu sa conversion,
son plein retour à Dieu et donnez-lui de revenir à l’observance de Ses commandements.

Cette mission que vous avez accomplie pour votre fils Agustin, je vous supplie de la remplir encore pour mon enfant :
adoptez-le dans votre intercession charitable, afin que se renouvelle en lui le triomphe de la grâce et que soit hâtée sa résurrection spirituelle !

Je vous demande aussi pour moi des grâces d’inlassable patience, de persévérance et de confiante sérénité,
et de m’aider à me cramponner, comme vous l’avez fait vous-même, à la main de Notre-Dame de Consolation,
la toute compatissante Mère de Dieu, modèle et espérance de toutes les mères.

Sainte Monique, priez pour moi !
Sainte Monique, priez pour mon enfant !
Sainte Monique, intercédez pour nous !

Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Voir aussi :
- Récit de la mort de Sainte Monique par Saint Augustin > ici
- Litanies de Sainte Monique > ici

Autel du corps de Sainte Monique - Rome basilique Saint Augustin au champ de Mars

Autel où se trouve le corps de Sainte Monique
Basilique de Saint Augustin au Champ de Mars, à Rome

2022-57. Saint Athanase, « l’un des Pères de l’Eglise antique les plus importants et les plus vénérés ».

2 mai,
Fête de Saint Athanase d’Alexandrie, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. aussi > ici)

Saint Athanase fresque de la voûte de l'église Santa Maria sopra Minerva Rome

Saint Athanase
fresque à la voûte de l’église Santa Maria sopra Minerva, à Rome

frise

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
à l’occasion de l’audience pontificale générale
du
mercredi 20 juin 2007

St-Esprit & Ste Bible

Chers frères et sœurs,

En poursuivant notre évocation des grands Maîtres de l’Eglise antique, nous voulons aujourd’hui tourner notre  attention  vers  saint Athanase d’Alexandrie. Cet authentique protagoniste de la tradition chrétienne, déjà quelques années avant sa mort, fut célébré comme « la colonne de l’Eglise » par le grand théologien et Evêque de Constantinople Grégoire de Nazianze (Discours 21, 26),  et il a toujours été considéré  comme un modèle d’orthodoxie, aussi bien en Orient qu’en Occident. Ce n’est donc pas par hasard que Gian Lorenzo Bernini en plaça la statue parmi celles des quatre saints Docteurs de l’Eglise orientale et occidentale – avec Ambroise, Jean Chrysostome et Augustin -, qui dans la merveilleuse abside la Basilique vaticane entourent la Chaire de saint Pierre.

Athanase a été sans aucun doute l’un des Pères de l’Eglise antique les plus importants et les plus vénérés. Mais ce grand saint est surtout le théologien passionné de l’incarnation, du Logos, le Verbe de Dieu, qui – comme le dit le prologue du quatrième Evangile – « Se fit chair et vint habiter parmi nous » (Jean I, 14). C’est précisément pour cette raison qu’Athanase fut également l’adversaire le plus important et le plus tenace de l’hérésie arienne, qui menaçait alors la foi dans le Christ, réduit à une créature « intermédiaire » entre Dieu et l’homme, selon une tendance récurrente dans l’histoire et que nous voyons en œuvre de différentes façons aujourd’hui  aussi.

Probablement né à Alexandrie vers l’an 300, Athanase reçut une bonne éducation avant de devenir diacre et secrétaire de l’évêque de la métropole égyptienne, Alexandre.
Proche collaborateur de son Evêque, le jeune ecclésiastique prit part avec lui au Concile de Nicée, le premier à caractère œcuménique, convoqué par l’empereur Constantin en mai 325 pour assurer l’unité de l’Eglise. Les Pères Nicéens purent ainsi affronter diverses questions et principalement le grave problème né quelques années auparavant à la suite de la prédication du prêtre alexandrin Arius.
Celui-ci, avec sa théorie, menaçait l’authentique foi dans le Christ, en déclarant que le Logos n’était pas le vrai Dieu, mais un Dieu créé, un être « intermédiaire » entre Dieu et l’homme, ce qui rendait ainsi le vrai Dieu toujours inaccessible pour nous.
Les évêques réunis à Nicée répondirent en mettant au point et en fixant le « Symbole de la foi » qui, complété plus tard par le premier concile de Constantinople, est resté dans la tradition des différentes confessions chrétiennes et dans la liturgie comme le Credo de Nicée-Constantinople. Dans ce texte fondamental – qui exprime la foi de l’Eglise indivise, et que nous répétons aujourd’hui encore, chaque dimanche, dans la célébration eucharistique – figure le terme grec homooúsios, en latin consubstantialis :  celui-ci veut indiquer que le Fils, le Logos est « de la même substance » que le Père, il est Dieu de Dieu, il est sa substance, et ainsi est mise en lumière la pleine divinité du Fils, qui était en revanche niée par le ariens.

A la mort de l’Evêque Alexandre, Athanase devint, en 328, son successeur comme évêque d’Alexandrie, et il se révéla immédiatement décidé à refuser tout compromis à l’égard des théories ariennes condamnées par le concile de Nicée. Son intransigeance, tenace et parfois également très dure, bien que nécessaire, contre ceux qui s’étaient opposés à son élection épiscopale et surtout contre les adversaires du Symbole de Nicée, lui valut l’hostilité implacable des ariens et des philo-ariens. Malgré l’issue sans équivoque du concile, qui avait clairement affirmé que le Fils est de la même substance que le Père, peu après, ces idées fausses prévalurent à nouveau – dans ce contexte, Arius lui-même fut réhabilité -, et elles furent soutenues pour des raisons politiques par l’empereur Constantin lui-même et ensuite par son fils Constance II. Celui-ci, par ailleurs, qui ne se souciait pas tant de la vérité théologique que de l’unité de l’empire et de ses problèmes politiques, voulait politiser la foi, la rendant plus accessible – à son avis – à tous ses sujets dans l’empire.

La crise arienne, que l’on croyait résolue à Nicée, continua ainsi pendant des décennies, avec des événements difficiles et des divisions douloureuses dans l’Eglise. Et à cinq reprises au moins – pendant une période de trente ans, entre 336 et 366 – Athanase fut obligé d’abandonner sa ville, passant dix années en exil et souffrant pour la foi. Mais au cours de ses absences forcées d’Alexandrie, l’évêque eut l’occasion de soutenir et de diffuser en Occident, d’abord à Trèves puis à Rome, la foi nicéenne et également les idéaux du monachisme, embrassés en Egypte par le grand ermite Antoine, à travers un choix de vie dont Athanase fut toujours proche. Saint Antoine, avec sa force spirituelle, était la personne qui soutenait le plus la foi de saint Athanase. Réinstallé définitivement dans son siège, l’évêque d’Alexandrie put se consacrer à la pacification religieuse et à la réorganisation des communautés chrétiennes. Il mourut le 2 mai 373, jour où nous célébrons sa mémoire liturgique.

L’oeuvre doctrinale la plus célèbre du saint évêque alexandrin est le traité sur l’incarnation du Verbe, le Logos divin qui S’est fait chair en devenant comme nous pour notre salut. Dans cette œuvre, Athanase dit, avec une affirmation devenue célèbre à juste titre, que le Verbe de Dieu « S’est fait homme pour que nous devenions Dieu ; Il S’est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible, et Il a Lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l’incorruptibilité » (54, 3). En effet, avec Sa résurrection le Seigneur a fait disparaître la mort comme « la paille dans le feu » (8, 4). L’idée fondamentale de tout le combat théologique de saint Athanase était précisément celle que Dieu est accessible. Il n’est pas un Dieu secondaire, Il est le vrai Dieu, et, à travers notre communion avec le Christ, nous pouvons nous unir réellement à Dieu. Il est devenu réellement « Dieu avec nous ».

Parmi les autres œuvres de ce grand Père de l’Eglise – qui demeurent en grande partie liées aux événements de la crise arienne – rappelons ensuite les autres lettres qu’il adressa à son ami Sérapion, Evêque de Thmuis, sur la divinité de l’Esprit-Saint, qui est affirmée avec netteté, et une trentaine de lettres festales, adressées en chaque début d’année aux Eglises et aux monastères d’Egypte pour indiquer la date de la fête de Pâques, mais surtout pour assurer les liens entre les fidèles, en renforçant leur foi et en les préparant à cette grande solennité.

Enfin, Athanase est également l’auteur de textes de méditation sur les Psaumes, ensuite largement diffusés, et d’une œuvre qui constitue le best seller de la littérature chrétienne antique : la « Vie d’Antoine », c’est-à-dire la biographie de saint Antoine abbé, écrite peu après la mort de ce saint, précisément alors que l’évêque d’Alexandrie, exilé, vivait avec les moines dans le désert égyptien. Athanase fut l’ami du grand ermite, au point de recevoir l’une des deux peaux de moutons laissées par Antoine en héritage, avec le manteau que l’évêque d’Alexandrie lui avait lui-même donné. Devenue rapidement très populaire, traduite presque immédiatement en latin à deux reprises et ensuite en diverses langues orientales, la biographie exemplaire de cette figure chère à la tradition chrétienne contribua beaucoup à la diffusion du monachisme en Orient et en Occident. Ce n’est pas un hasard si la lecture de ce texte, à Trèves, se trouve au centre d’un récit émouvant de la conversion de deux fonctionnaires impériaux, qu’Augustin place dans les Confessions (VIII, 6, 15) comme prémisses de sa conversion elle-même.

Du reste, Athanase lui-même montre avoir clairement conscience de l’influence que pouvait avoir sur le peuple chrétien la figure exemplaire d’Antoine. Il écrit en effet dans la conclusion de cette œuvre :  « Qu’il fut partout connu, admiré par tous et désiré, également par ceux qui ne l’avaient jamais vu, est un signe de sa vertu et de son âme amie de Dieu. En effet, ce n’est pas par ses écrits ni par une sagesse profane, ni en raison de quelque capacité qu’Antoine est connu, mais seulement pour sa piété envers Dieu. Et personne ne pourrait nier que cela soit un don de Dieu. Comment, en effet, aurait-on entendu parler en Espagne et en Gaule, à Rome et en Afrique de cet homme, qui vivait retiré parmi les montagnes, si ce n’était Dieu lui-même qui l’avait partout fait connaître, comme il le fait avec ceux qui lui appartiennent, et comme il l’avait annoncé à Antoine dès le début ? Et même si ceux-ci agissent dans le secret et veulent rester cachés, le Seigneur les montre à tous comme un phare, pour que ceux qui entendent parler d’eux sachent qu’il est possible de suivre les commandements et prennent courage pour parcourir le chemin de la vertu » (Vie d’Antoine 93, 5-6).
Oui, frères et sœurs ! Nous avons de nombreux motifs de gratitude envers Athanase. Sa vie, comme celle d’Antoine et d’innombrables autres saints, nous montre que « celui qui va vers Dieu ne s’éloigne pas des hommes, mais qu’il se rend au contraire proche d’eux » (encyclique Deus caritas est, n. 42).

Corps des Saints Zacharie, père du Précurseur, et Athanase, patriarche d'Alexandrie - église Saint-Zacharie, Venise

Venise, église Saint-Zacharie :
autel où sont conservés les corps de
Saint Zacharie, père de Saint jean-Baptiste,
et Saint Athanase, patriarche d’Alexandrie.

2022-56. Rex autem prudenter tantum aperit orem : mais le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Samedi 30 avril 2022 ;
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici).

Ange du silence - Fourvière tour de la force - Jean Larrivée sculpteur

L’ange du silence
(sculpture de Jean Larrivé -1920 – pour la tour de la Force, basilique de Fourvière à Lyon)

   Il n’est pas rare que des personnes de sensibilité monarchique, ou se disant même légitimistes, expriment une forme de regret de ne pas entendre davantage la « voix du Prince » sur des sujets d’actualité.
Il en est même qui eussent souhaité que le Roi de droit s’exprimât à l’occasion de la campagne pour les élections pestilentielles, voire donnât des « consignes de vote » !!!

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   1) La première réponse qu’il faut apporter à ces plaintes, c’est que – nonobstant ce que prétendent ces critiques voilées – le Prince parle.

   1a – Bien évidemment, Il ne fréquente pas avec assiduité les plateaux des chaînes de télévision ni les émissions pendant lesquelles des journalistes et des « spécialistes » autoproclamés – ou présentés comme tels par leurs pairs -, s’écoutent longuement pérorer avec autant de complaisance que de suffisante superfluité : Dieu merci !
Il ne court pas non plus après les journalistes afin de donner Son avis sur tout et « faire le beuze » à tous moments sur les réseaux sociaux : Dieu merci !
Néanmoins, chaque fois que Sa Majesté estime devoir communiquer quelque chose, Elle le fait, par le moyen de Ses propres canaux de communication : comptes officiels Twitter et Facebook, et site tout aussi officiel > ici.
Ainsi donc, toute personne qui veut savoir ce que notre Prince dit et publie le peut, sans avoir à déployer une énergie ou des moyens extraordinaires. Il suffit juste de le vouloir.

   1b – Notons-le bien, le Roi s’exprime par devoir, et non par fantaisie égocentrée ou volonté de mettre Sa Personne en avant ; et à chaque fois Ses messages gardent une forme de sobriété, renvoyant, de manière explicite ou allusive (car beaucoup de choses sont dites « entre les lignes » pour qui a l’intelligence d’y prêter attention), à la sage et prudente doctrine royale traditionnelle avec ses siècles d’expérience.
Si certaines personnalités profitent de tous leurs déplacements en avion pour mettre en scène la diffusion de leurs opinions plus ou moins orthodoxes (ainsi n’a-t-on jamais eu autant de « paroles en l’air » au sens propre comme au figuré), plutôt que de prêcher la doctrine traditionnelle depuis la chaire de vérité, notre Souverain Légitime fait, Lui, preuve d’une exemplaire sagesse et sobre pondération.
Cela ne donne que davantage d’importance à Ses messages.

   1c – Evidemment, ceux qui, selon l’expression de Saint Paul, sont atteints de prurit aux oreilles (cf. 2 Tim. IV, 3), s’en trouvent déçus et vont se plaindre de ne pas avoir de « nouveautés » à colporter, tandis que ceux qui ne sont qu’en quête de sensationnel ruminent leur déception.
Mais où a-t-on vu que la vérité se trouve dans la nouveauté ?
Pour toute personne de bonne volonté, qui fait marcher un minimum son intelligence et ses capacités de réflexion, et plus encore son esprit surnaturel animé par la grâce divine (car notre Monarque de droit Se montre digne de Son titre de Roi Très Chrétien et, sans faire de « sermons » puisque ce n’est pas dans S
es attributions, renvoie toujours aux valeurs spirituelles, à la foi catholique, et très souvent à l’exemple et l’intercession des saints), ces messages de notre Prince peuvent être à chaque fois l’objet de réflexions profondes, et même de méditations.

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   2) N’en déplaise à ceux qui baignent avec délices dans une société où l’on parle et communique à tout bout de champ à propos de tout et de n’importe quoi, il demeure important que la parole du Roi soit relativement rare et concise.

   2a – La fonction royale elle-même ne s’en trouve que mieux et n’en acquiert que davantage de force dans son rayonnement.
Laissons aux présidents de la république et à leurs ministricules ces interminables allocutions que les journalistes nous annoncent « solennelles », mais qui n’ont en guise de solennité que la prétention à vouloir imposer à tous leurs opinions mortifères, encadrée par les accents pompiers d’un chant sanguinaire…

Les présidents prétendent convaincre et emporter l’adhésion à leur politique hasardeuse par la rhétorique et la séduction. Le Roi, Lui, ne prétend à rien : simplement, Il est !
Le droit dynastique, la force de la coutume, les Lois fondamentales du Royaume, et Sa naissance font de Lui le Roi, malgré deux siècles d’usurpation et de gouvernements illégitimes : Sa seule présence, le seul fait qu’Il soit là pour maintenir la Légitimité et rappeler les principes pérennes de la monarchie catholique suffisent. Il est !
Ses déclarations, toujours bien ciblées, en des occasions précises, se suffisent et suffisent à Ses sujets loyaux et aimants. Il n’est pas candidat à une élection, Il ne prétend à rien, Il n’a pas à présenter un « programme » : Il est !
En Lui reposent le Droit et le dépôt sacré de la France véritable née dans les fonts baptismaux de Reims, et près de treize siècles de civilisation chrétienne et de gloire témoignent en Sa faveur ; cela vaut tous les arguments
.

   2b – Les silences eux-mêmes de Sa Majesté sur certains sujets d’actualité, où les esprits tordus par deux siècles de révolution institutionnalisée seraient à l’affût de tout ce qui s’éloigne du prêt-à-penser médiatique afin de soulever ensuite contre Elle des indignations de pintades apeurées, sont des leçons plus éloquentes que des prises de parole.
La Légitimité ne gagnerait rien à des interventions qui seraient relayées de manière tendancieuse par des journalistes qui ne cherchent qu’à créer de l’agitation. La Légitimité ne veut pas créer de troubles à l’ordre public, à la manière des syndicats, ou comme le firent les « ligues » et les maurassiens dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale. La Légitimité a pour vocation de rétablir en France le pouvoir légitime dans ses fondements naturels et non d’accroître le désordre. Ainsi que l’a merveilleusement exprimé Joseph de Maistre : « La contre-révolution n’est pas une révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution ».
Ceux qui attentent à l’ordre public aujourd’hui, ce ne sont pas les légitimistes, mais les républicains eux mêmes avec l’anti-éducation, la manipulation des cerveaux, les conditionnements psychologiques et politiques inspirés par les Loges, la défiguration de l’histoire, l’entreprise plus que jamais subversive et violente d’aliénation de notre France, avec toutes les conséquences désastreuses qui en résultent pour les Français !

   2c - « Le silence est un ami qui ne trahit jamais », disait Confucius.
La Légitimité progresse, malgré tout : elle ne le fait pas à la manière de ces partis politiques républicains qui apparaissent en se parant de noms ronflants, et connaissent une croissance comparable à celle des champignons de « L’Etoile mystérieuse » - dans les indémodables albums de notre bon vieux Tintin – avant d’exploser.
La Légitimité progresse dans la discrétion et la profondeur, à la manière du grain de sénevé donné en exemple par Notre-Seigneur Lui-même. Elle progresse lentement, mais sûrement, fondée sur les bases solides de la tradition monarchique multiséculaire, dont Sa Majesté témoigne avec constance et sérénité dans Ses messages ; elle progresse sans avoir besoin des artifices de la politique politicienne ; elle progresse en dehors du bruit et de l’agitation savamment entretenue par la superficialité des médias.
« Bonum est praestolari cum silentio salutare Dei : Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu ». Le Saint-Esprit nous l’affirme par la bouche du saint prophète Jérémie (Thren. III, 26). Voilà pourquoi la parole du Roi demeure rare et sobre, voilà pourquoi le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Que Dieu garde, protège et inspire toujours Sa Majesté le Roi Louis XX !

Couronne

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