Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2018-42. Les leçons à tirer de l’assassinat légal du petit Alfie Evans.

Communiqué commun de
l’Union des Cercles Légitimistes de France
et de la Confrérie Royale

- 15 mai 2018 -

Beaucoup de médias ont évoqué, avec plus ou moins d’objectivité, la fin de vie du petit Alfie Evans et le combat ô combien courageux de ses parents.
À notre connaissance, peu de journalistes ont osé dénoncer publiquement les dessous angoissants de cette mise à mort, légale.
Force est de constater que, de plus en plus, la culture de mort l’emporte sur le respect de la vie. Il nous appartient, à nous légitimistes, de réfléchir sur cette dernière bataille et d’en tirer les leçons.

Alfie Evans

 La courte vie d’Alfie

Un petit enfant malade

  • Alfie est né le 9 mai 2016.
  • Quelques mois après sa naissance, l’enfant présente des troubles cérébraux. Il est atteint d’une maladie neuro-dégénérative jusqu’ici inconnue et pour laquelle il n’existerait pas de traitement. Il est conduit à l’hôpital pour enfants Alder Hey, à Liverpool (Angleterre). Moins d’un mois après, l’équipe médicale, le jugeant incurable, décide qu’il faut arrêter les soins.
  • Le 11 décembre, l’hôpital saisit la Haute Cour pour arrêter l’assistance respiratoire d’Alfie. Les médecins ont déclaré qu’il était inhumain de le garder en vie dans ces conditions. Les jeunes parents de l’enfant s’opposent fermement à cette décision et entament une bataille judiciaire.
  • Le 20 février 2018, la Haute Cour de Manchester juge inutile la poursuite des soins et donne raison aux médecins. Les parents font appel, mais la Cour d’appel rejette leur requête le 6 mars.
  • Le 28 mars, la Cour européenne des droits de l’Homme fait de même et refuse d’intervenir.
  • Le 18 avril, le père d’Alfie, Tom Evans, est reçu par le pape François, lequel demande à l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, propriété du Saint-Siège, de faire « le possible et l’impossible » pour accueillir l’enfant. Il encourage Tom et le félicite de tout faire pour défendre la vie de son fils.
  • Le 20 avril, à son tour, la Cour suprême du Royaume-Uni déclare inadmissible le recours présenté par les parents.
  • Le 22 avril, quarante-neuf mamans d’enfants hospitalisés à l’hôpital Bambino Gesù adressent une lettre au directeur de l’hôpital de Liverpool pour exprimer leur soutien au petit Alfie Evans et à ses parents. Elles rappellent que soigner ne signifie pas seulement guérir, car

    chaque instant de vie passé ensemble a une valeur inestimable pour nous parents 1.

  • Après la confirmation des deux premières sentences, Alfie doit être « débranché ». C’est donc

    la thèse que le « meilleur intérêt » d’Alfie est de ne pas vivre qui prévaut, regrette Vatican News, malgré le fait que les parents demandent de l’assister jusqu’à sa mort naturelle et que l’hôpital Bambino Gesù soit prêt à l’accueillir à ses frais 2.

  • Mariella Enoc, présidente de cet établissement, se rend à Liverpool pour rencontrer les parents et les autorités de l’hôpital Alder Hey afin de trouver une solution commune.

    J’espérais pouvoir parler avec quelqu’un mais cela n’a pas été possible. L’hôpital sait que je suis là mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me recevoir […] C’est une situation vraiment difficile. Je vis dans une réalité où les cas comme Alfie sont nombreux et les mamans de l’hôpital m’ont demandé de faire quelque chose. Elles m’ont dit « vous ici, vous laissez vivre nos enfants ». Personne ne veut faire d’acharnement thérapeutique mais un accompagnement plus serein pourrait être fait.[…] Je ressens toute mon impuissance… 3

  • Tom lance un pressant appel pour essayer de sauver la vie de son enfant : « Ils vont tuer mon fils », dénonce-t-il dans un entretien à l’hebdomadaire italien Famiglia Cristiana, « les médecins de Liverpool, déplore-t-il, refusent de le laisser partir 4 ».

Lundi 23 avril : le jour de l’échéance, le petit garçon reçoit la nationalité italienne

  • La procédure létale, prévue le 23 avril à 14 heures, a pu être retardée Dans l’après-midi, Tom Evans annonce que l’ambassadeur d’Italie en Grande-Bretagne doit être reçu par le juge Anthony Hayden dans la soirée.
    Dans le même temps, le pape François intervient à nouveau publiquement par un message sur le réseau Twitter :

    Ému par les prières et la grande solidarité en faveur du petit Alfie Evans, je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé 5.

  • C’est alors que les médias du Vatican rapportent que l’Italie a concédé la nationalité italienne au petit Alfie. De cette façon, le gouvernement italien souhaite que la nouvelle nationalité de l’enfant permette son transfert immédiat en Italie.
  • À la suite d’une entrevue avec l’ambassadeur d’Italie au Royaume-Uni, le juge Hayden, considérant que l’enfant est un citoyen britannique, estime qu’il est soumis aux décisions de la justice de ce pays. Il donne encore le feu vert aux médecins pour mettre fin aux soins apportés au petit Alfie. La nouvelle arrive alors que les manifestations se poursuivent devant l’hôpital de Liverpool.
  • À 22 h 17, l’assistance respiratoire est retirée à Alfie. L’équipe médicale d’Alder Hey a pronostiqué une mort très rapide. Mais contre toute attente, l’enfant continue à vivre, ce qui prouve, selon son père, qu’il peut respirer seul et que son état de santé est « significativement meilleur » qu’évalué.

Des soutiens internationaux pour Alfie

Les parents reçoivent plusieurs soutiens de poids.

  • Le sénateur américain Ted Cruz, ancien rival de Donald Trump lors de la primaire républicaine.
  • Le président polonais Andrzej Duda.
  • le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

D’autres encore se prononcent en faveur de l’enfant et de ses parents :

  • Malgré l’opposition, scandaleuse, de nombreux évêques d’Angleterre, l’appui du pape François est total.
  • Le gouvernement italien se joint au souverain pontife et offre une alternative à la mort d’Alfie, un avion sanitaire de l’armée italienne est à Liverpool, prêt à décoller pour emmener l’enfant à Rome.

L’affaire cristallise une telle émotion au Royaume-Uni que de nombreuses manifestations sont organisées et le groupe « Alfie’s Army» (« L’armée d’Alfie »), rassemble jusqu’à 800 000 membres sur Facebook.

Mardi 24 avril : Alfie survit au débranchement

  • Alfie a survécu, déjouant les pronostics : « Ils l’ont laissé pendant neuf heures sans nourriture, ni eau, ni oxygène 6», explique Tom Evans. Les parents demandent à la justice de revoir sa position : une requête de nouveau rejetée le lendemain par la Haute Cour de Manchester. Cette juridiction estime que le dossier d’Alfie a atteint son « chapitre final ».
  • Une nouvelle audience « décisive » est obtenue à 15 h 30 ce 24 avril.
    Le juge Hayden, qui a signé la sentence ordonnant le débranchement d’Alfie, s’entretient une nouvelle fois avec les représentants légaux de la famille.
  • Pendant ce temps, un groupe de médecins britanniques a vivement condamné la manière dont on traite le petit garçon et s’étonne qu’on empêche ses parents de l’emmener en Italie.
  • Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a fait une déclaration publique réclamant qu’on donne une nouvelle chance à Alfie et qu’on le laisse aller en Italie où on tentera de le sauver.
  • Alfie a déjà survécu plus de 18 heures sans être ventilé. Son père a dû parlementer avec les médecins de l’hôpital pour obtenir qu’on lui administre enfin de l’eau et de l’oxygène.
  • Le juge Hayden confirme qu’il ne sera pas transféré en Italie. La nouvelle fait la une des journaux télévisés britanniques.
  • Mais un nouveau rebondissement a lieu le soir même : l’avocat de la famille Evans obtient pour le lendemain un examen en urgence de son recours devant la Cour d’appel. Dans l’attente, la famille Evans communique sur les réseaux sociaux :

    On nous avait dit que notre enfant ne tiendrait pas 5 minutes sans ventilation artificielle ; or cela fait 36 heures maintenant 7.

Les pronostics pour le moins pessimistes des médecins de l’hôpital se révélaient erronés.

Mercredi 25 avril : La Cour d’appel décide la mort

Dans la soirée du 25 avril, la Cour d’appel annonce que les ultimes recours sont rejetés. Dans un communiqué, la direction de l’hôpital Alder Hey ose dénoncer les pressions dont les professionnels de santé ont fait l’objet.
Dans sa chambre d’hôpital, auprès des parents, Alfie est assisté par un prêtre italien, don Gabriele Brusco, qui témoigne que l’enfant « a envie de vivre ». Tom obtient que son fils soit nourri, cela fait 36 heures qu’il a été extubé, un délai interminable pour cet enfant qui avait déjà subi le choc de l’arrêt violent de sa ventilation.

Jeudi 26 et vendredi 27 avril : Le petit Alfie s’éteint

Tom essaie de calmer les médias dans l’espoir sans doute de voir l’hôpital Alder Hey accepter le transfert en Italie, mais il déclare encore à TV 2000 que son fils est otage de l’hôpital.

Alfie Evans est mort à 2 h 30 le matin du 28 avril 2018, entouré de ses parents.
Réinformation TV rapporte les révélations de La Nuova Bussola Quotidiana et de LifeSite. Deux heures avant de mourir, peu après minuit le samedi matin du 28 avril, le petit Alfie Evans a reçu quatre médicaments. Sa situation s’est rapidement dégradée, de telle sorte que la journaliste Benedetta Frigerio le certifie :

il n’est plus possible aujourd’hui d’affirmer avec certitude, comme on avait pu le penser, qu’Alfie est mort de mort naturelle. Si on l’a effectivement poussé à mourir, l’hôpital Alder Hey a appliqué une forme d’euthanasie doublée d’une torture aussi cruelle pour l’enfant que pour ses parents 8.

Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie, écrit le pape François ce samedi 28 avril, alors que ce bébé de 23 mois est mort cette nuit, à 2 h 30, à l’hôpital de Liverpool où il était hospitalisé depuis décembre 2016 9.

Vatican News en français fait observer que :

ce drame cristallise les inquiétudes de ceux qui voient dans ces décisions de la justice britannique et européenne une légalisation de fait de l’euthanasie des mineurs, non pas par la voie parlementaire, mais par celle d’une jurisprudence susceptible d’inspirer les autres États européens 10.

Les dessous angoissants d’une mise à mort

Des journalistes ne se sont pas contentés de reproduire les communiqués de l’AFP. Par leurs investigations, ils ont voulu nous dévoiler les dessous de la condamnation du petit Alfie :

Bastien Lejeune, dans Valeurs actuelles, voit, dans la décision des médecins et de la justice britannique de faire mourir le petit Alfie Evans contre la volonté de ses parents, une obstination euthanasique qui relève du totalitarisme le plus inquiétant. Les parents sont spoliés de leur droit le plus absolu de décider du sort de leur enfant 11, obligés d’accepter la sentence de la Cour européenne des droits de l’homme qui affirme « qu’aucune violation des droits de l’Homme n’a été constatée 12» .

Sur le site Boulevard Voltaire, Anne Merlin-Chazelas, après avoir évoqué la situation de Vincent Lambert, écrit :

Ce qui est scandaleux et doit être combattu, c’est la prétention de certains médecins (en France comme en Grande-Bretagne) d’avoir le droit de décider pour des personnes qui ne sont ni mourantes ni malades que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’il faut donc y mettre fin par une euthanasie, et même d’être les seuls – excluant les proches – à avoir ce droit 13.

Jeanne Smits révèle sur le site Réinformation TV que :

Le juge Anthony Paul Hayden qui a rendu plusieurs décisions de mort dans l’affaire Alfie Evans fait partie d’une association judiciaire pro-LGBT, et il est également le coauteur d’un manuel juridique sur les enfants des couples de même sexe. L’histoire ne dit pas s’il est également franc-maçon, mais il est à l’évidence l’homme de la situation, le magistrat qu’il fallait pour aider la culture de mort à faire sa mue en dictature de la culture de mort.
[…] En tant que membre du BLAGG (Bar Lesbian and Gay Group : groupe lesbien et gay du barreau), Anthony Paul Hayden fait partie de ces juristes qui soutiennent les « lesbiennes, hommes gays, bisexuels et personnes transgenres à tous les niveaux» des professions judiciaires. BLAGG s’est ainsi réjoui de sa nomination en tant que juge de la Haute Cour de Manchester en 2013, avec une spécialisation dans les affaires familiales 14.

Le même site reproduit le communiqué de presse, traduit en français, des médecins britanniques de la Medical Ethics Alliance.
Extraits :

Nous sommes profondément préoccupés et outrés par le traitement et les soins offerts à Alfie Evans. […] La tyrannie médicale doit prendre fin. Le pauvre Alfie ne doit pas être tué de cette manière. Nous demandons que les autorités permettent à Alfie de rejoindre Rome en toute sécurité 15. »

Réinformation TV commente également une vidéo où Tom Evans montre que les forces de l’ordre, y compris des policiers en uniforme, mais aussi des représentants du personnel, étaient omniprésentes et pistaient ses moindres déplacements dans les couloirs de l’hôpital. Il a aussi raconté comment lui et sa femme ont dû dormir par terre pour passer ce qui s’annonçait comme leur dernière nuit auprès de leur fils, l’hôpital ayant refusé de leur procurer des lits. Et Jeanne Smits d’ajouter :

Cette poussée en direction d’une étatisation de l’euthanasie se perçoit aux quatre coins du monde. Derrière son ricanement, elle porte toujours la marque de la cruauté, du mensonge, du refus de la vie et du mépris de la famille 16.

Dans son édition du 19 avril, le même site avait évoqué le cas du docteur Asperger, ce médecin autrichien soupçonné d’avoir organisé la mort de dizaines de jeunes patients.

« L’Allemagne nazie éliminait les plus vulnérables – comme Vincent Lambert ? Le programme d’euthanasie Aktion T4 autorisé par Hitler s’est étendu à l’ensemble de l’Allemagne, de l’Autriche, la Pologne et de la République tchèque – le chiffre de 300 000 victimes est aujourd’hui admis, adultes et enfants confondus. Les médias n’ont pas de mots assez durs pour cette manière de s’en prendre aux plus vulnérables. Des mots qu’ils ne trouvent pas pour l’affaire Vincent Lambert… 17

Trop rares sont les voix d’évêques qui s’insurgent à l’instar de Monseigneur Negri :

Aujourd’hui, le petit Alfie recueille toute la grandeur idéale de nos peuples et juge toute la mesquinerie et la dépravation de beaucoup, de trop d’institutions, trop de structures scientifiques. Et ici, je pense aussi au triste spectacle de l’Église anglaise que nous n’aurions jamais pensé voir: le silence et le soutien ouvert au comportement des médecins de l’Alder Hey Hospital. Je ne peux pas ne pas y voir une grave trahison contre la vérité et la liberté du peuple 18

Laissons au site benoit-et-moi.fr  une dernière analyse de ce drame :

Ceux qui entendent sacrifier la vie d’Alfie à leur conception malade de l’eugénisme assument une terrible responsabilité. Et dans l’horizon de nos consciences apparaissent des images dont nous pensions qu’elles ne se présenteraient plus. Ces horribles expérimentateurs sur la chair vivante du peuple allemand et au-delà, à Auschwitz et dans d’autres camps de concentration. Dans ce cas, cependant, nous sommes confrontés à un crime immense, compte tenu de l’acharnement impressionnant et coordonné des institutions britanniques dans leur désir de supprimer un petit innocent. Ici, il doit s’agir de quelque chose de tellement inavouable qu’il justifie le risque d’une crise diplomatique avec le gouvernement italien qui, pour pouvoir l’arracher aux griffes de ces possédés a été jusqu’à accorder la citoyenneté à Alfie Evans L’enfant doit avoir secrètement fait l’objet d’une expérimentation ratée de nouveaux vaccins ou d’un prélèvement d’organes, dont le commerce illégal est estimé à quelque 13 milliards de livres sterling par an rien qu’en Grande-Bretagne. Le refus aussi inébranlable qu’irrationnel de le laisser aller dans un autre hôpital disposé à le recevoir ne s’explique pas autrement. Le personnel du Bambino Gesù à Rome est sur place, prêt à le déplacer ; mais, évidemment, les examens effectués dans une autre structure sanitaire révéleraient immédiatement ce qu’en Angleterre, ils veulent qu’on ne sache jamais 19.

Les leçons de cette bataille

Après chaque crise, nous entendons les braves gens qui se sont battus généreusement, à leur façon, se lamenter « Nous avons touché le fond. » Et de s’en aller, vaincus, vaquer à leur quotidien.
C’est bien mal connaître notre adversaire. L’oligarchie mondialiste a encore bien des « progrès » à imposer pour réaliser son rêve révolutionnaire : régénérer l’humanité… pour en faire une masse d’esclaves dociles. Si cette « marche en avant » a subi quelques revers, bien vite ceux-ci ont été effacés et l’hédonisme ambiant rend très difficile un retour à la loi naturelle.

Comme on le voit à travers les condamnations d’Alfie Evans, de Vincent Lambert et de beaucoup d’autres, l’euthanasie ciblée et l’eugénisme seront proposés puis imposés dans un proche avenir. Pour légiférer à propos du « Mariage pour tous », le gouvernement avait juré que jamais gestation pour autrui (GPA) et procréation médicalement assistée (PMA) sans père ne seraient acceptées. Ces deux mesures sont de plus en plus contournées. Un jour pas si lointain, au nom de l’égalité, la GPA sera légalisée aussi en France, puis encouragée, avec une contrepartie obligatoire : les couples hors normes révolutionnaires auront l’interdiction d’avoir des enfants. Déjà, dans les pays nordiques, on relève plusieurs cas d’enfants retirés à leurs familles trop chrétiennes.

Qui peut nous certifier que des laboratoires ne travaillent pas sur le clonage humain ?
Peut-on baisser les bras ? Bien sûr que non. Quelle que soit la force de l’oligarchie, notre devoir de chrétien est de combattre. Mais il nous faut combattre intelligemment, c’est-à-dire, entre autres, ne pas renouveler les erreurs qui nous ont valu tant de défaites depuis 230 ans.

Chrétiens, réveillez-vous. À la fin du XIXe siècle, les nôtres, majoritaires dans la population, ont échoué lamentablement. Aujourd’hui, ultra minoritaires, certains recherchent encore des alliances pour faire nombre. Depuis la chute de la monarchie légitime, ils se rallient générations après générations aux moins mauvais des démocrates avec l’espoir de renverser le cours des choses, mais en politique le nombre n’a jamais fait gagner. Les anciens devraient se souvenir des millions de manifestants qui ont défilé à Paris en 1984 pour défendre, en vain, l’école libre. Plus près de nous, la « Manif pour tous » a tout juste retardé l’application des lois contre la famille. Alfie’s Army (« L’armée d’Alfie »), avec ses 800 000 membres, n’a pas été écoutée.
L’oligarchie dispose des forces de police et surtout des principaux médias, elle se moque du nombre. Mieux, parfois elle suscite elle-même les réactions pour compter ses adversaires, les canaliser et les annihiler.

En ces temps d’ignorance, une bonne formation politique

évitera aux esprits facilement malléables de se fourvoyer dans des impasses politiques, à l’instar d’un Léon Degrelle dont certains épigones ratés voudraient faire un modèle de chef catholique (sic). S’il put être un meneur d’hommes et montrer de la bravoure sur le front de l’Est, il fut surtout un mégalomane sans doctrine, un bateleur égaré dans le national-socialisme, traître à son pays et hitléromane impénitent. 20

Royalistes craintifs et courtisans, cessez de rêver à une étape intermédiaire, à une royauté à l’espagnole ou à l’anglaise. La reine Élisabeth a-t-elle pu empêcher le drame de Liverpool ? La Norvège, la Suède et le Danemark sont des royautés. N’oublions pas que nos lois fondamentales précisent que le roi de France doit être catholique. Et ce roi légitime n’est que le lieu-tenant de Dieu auquel il devra rendre compte de son gouvernement du royaume qui lui a été confié.

N’attendez pas que les autres travaillent pour vous, pour vos enfants, pour les générations à venir. Vous ne pouvez pas prendre prétexte que vous avez trop peu de temps disponible ou que vous n’avez pas la compétence voulue pour aider au retour de la monarchie. Les cercles légitimistes veulent mobiliser toutes les bonnes volontés au service de la France.

Saint Michel archange, ange gardien de la France, priez pour nous.

 Louis-XX

Monseigneur le duc d’Anjou, Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, seul lieu-tenant de Dieu pour le royaume de France.

Références :

1, 4. « Alfie Evans : lettre des mères d’enfants malades du Bambino Gesù », Zenit.org
2. « Royaume-Uni : les parents d’Alfie Evans déboutés », Zenit.org.
3. « Alfie Evans : sur place, Mariella Enoc apporte le soutien du Bambino Gesù », Zenit.org.
5. « Alfie Evans : le pape plaide pour « de nouvelles possibilités de traitement » », Zenit.org.
6. « Alfie Evans’ dad claims ‘son’s life support has been withdrawn’ », Miror.co.uk
7. « Alfie Evans est mort à l’hôpital de Liverpool », FSSPX.
8. « Ecco come hanno fatto morire Alfie », La Nuova Boussola.
9. « « Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie », écrit le pape François « , Zenit.org.
10. « Le décès d’Alfie Evans cristallise les inquiétudes sur la fin de vie », Vatican News.
11. L’autorité parentale, comme l’autorité royale, est de droit divin : voir « Le droit divin selon Monseigneur de Ségur »
12. Valeurs actuelles, Vendredi 27 avril 2018 à 16:25.
13. Anne Merlin-Chazelas, « Vincent Lambert, Alphie Evans : des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues »Boulevard Voltaire.
14. Jeanne Smits, « De l’affaire Alfie Evans au lobby LGBT : le juge Anthony Hayden qui refuse son transfert est un activiste pro-gay« , Réinformation TV.
15. Communiqué de la Medical Ethics Alliance repris par Réinformation TV.
16. Jeanne Smits, « Un sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – et il est désormais citoyen de l’Italie« , Réinformation TV.
17. Jeanne Smits, « Hans Asperger a participé au programme d’euthanasie des handicapés de l’Allemagne nazie », Réinformation TV.
18, 19. Mgr Negri, « Alfie, un conflit entre deux anthropologies« , Benoît et moi.
20. « Recension : l’idéologie du progressisme mise à nu », Vu de Haut n°23, hiver 2017.

armoiries confrérie royale

2018-41. La procession des Rogations au Mesnil-Marie.

Dimanche soir 13 mai 2018,
Solennité de Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France en second ;
Dimanche dans l’octave de l’Ascension ;
Saint Servais de Tongres, « saint de glace » ;
Anniversaire de la 1ère apparition de Notre-Dame à Fatima.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La semaine qui vient de s’écouler a été très dense et chargée, en particulier parce qu’elle a été celle du troisième pèlerinage annuel « pour le Roi et la France » organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale, confrérie dont Frère Maximilien-Marie est l’un des fondateurs (cf. > ici) et dont il a été désigné Prieur le 21 novembre dernier (cf. > ici).

Je vous rappelle au passage que c’est désormais quelque chose de rigoureusement institutionnalisé et un événement qu’aucun de nos amis ne devrait oublier, mais bien au contraire réserver systématiquement d’année en année.
Ce pèlerinage annuel est la conséquence de la démarche accomplie conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) à l’occasion du Grand Jubilé de 2016, et il a lieu tous les ans les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension (ce sont donc des dates mobiles qui dépendent de la date de Pâques).
Le choix de ces jours, qui sont chômés pour un grand nombre de personnes (le fameux « pont de l’Ascension »), permet en outre aux prêtres membres ou amis de la Confrérie Royale chargés de paroisses, d’être à leur poste le jour de l’Ascension et le dimanche.

Mais avant l’Ascension, il y a les trois jours des Rogations et, cette année, profitant de la présence de nos deux amis les chanoines du chapître séculier de Saint-Rémi, venus quelques jours avant le pèlerinage pour les ultimes préparatifs, nous avons donc pu accomplir une procession – bien modeste certes, mais procession tout de même – avec la bénédiction de la campagne qui environne notre Mesnil-Marie, suivie de la Sainte Messe propre des Rogations.
Outre nos deux amis prêtres présents au Mesnil-Marie tous ces jours, un troisième nous a rejoints pour la procession et la Sainte Messe, ainsi que quelques amis fidèles qui sont relativement proches géographiquement.

En prévision de cette procession, le samedi 5 mai, quatre amis fidèles étaient venus donner un « sacré » coup de main à mon papa-moine, pour faire du nettoyage autour du Mesnil-Marie, transporter de la terre et des pierres, améliorer l’accès à l’oratoire par l’extérieur, couper de l’herbe… etc. ; toutes choses nécessaires pour faciliter la marche de notre petite procession sur un terrain naturellement accidenté.
J’en profite d’ailleurs pour remercier très chat-leureusement ces bienfaiteurs qui ont donné de leur temps et de leur personne pour ces travaux fort utiles !

Ainsi donc – juste pour le plaisir des yeux – permettez-moi de vous montrer trois clichés qui ont été réalisés à l’occasion de cette modeste, mais très fervente procession au cours de laquelle nous avons supplié Notre-Seigneur, par l’invocation et l’intercession de tous Ses saints, pour qu’Il répande abondamment Ses bénédictions sur la campagne qui nous entoure ainsi que sur les travaux des hommes, et pour qu’Il les couvre de Sa paternelle protection.

pattes de chatLully.

Procession des Rogations au Mesnil-Marie le lundi 7 mai 2018 :

Station devant la Croix de la terrasse Saint-Constantin,
depuis laquelle a eu lieu la bénédiction de la campagne environnante
.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 1

Ut fructus terræ dare et conservare digneris, te rogamus, audi nos.
Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre, nous Vous en prions écoutez-nous.

 

Rogations lundi 7 mai 2018 - 2

O Dieu, qui Vous montrez clément et bon en tout lieu où s’exerce Votre domination,
nous Vous en prions : exaucez-nous, et accordez que dorénavant Votre inviolable bénédiction demeure en ce lieu,
et que la totalité de ces fidèles, qui vous supplie, mérite de recevoir les dons de Votre munificence.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 3

Nous implorons Votre pitié, ô Dieu tout-puissant,
pour que Vous répandiez la rosée de Votre bénédiction sur les fruits de la terre,
que Vous daigniez les nourrir en leur ménageant chaleur et pluie,
et que Vous accordiez à ce peuple qui est Vôtre de toujours vous rendre grâces pour vos dons, afin que,
comblés des biens que par la fertilité de la terre Vous répandez avec abondance sur les affamés,
le pauvre et l’indigent célèbrent le nom de Votre gloire.

Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant,
Père +, Fils + et Saint-Esprit +,
descende et demeure toujours sur les champs et sur toutes les sortes de biens qui se trouvent en ce lieu.
Ainsi soit-il.

nika

2018-40. La Messe solennelle du Saint Jour de Pâques.

13ème et dernière partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques 

Mercredi 9 mai 2018,
Fête de Saint Grégoire de Nazianze, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Mémoire de Saint Pacôme le Grand, abbé et confesseur ;
Mémoire du mercredi des Rogations en la vigile de l’Ascension de Notre-Seigneur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici arrivés au terme de la sainte quarantaine – parallèle à celle du grand carême -, pendant laquelle Notre-Seigneur s’est montré vivant à Ses apôtres et à Ses disciples après Sa résurrection et les a instruits de tout ce qui concerne les sacrements et les mystères de Son Eglise. Ce jeudi de l’Ascension, au cours de la Grand’Messe, après le chant du Saint Evangile, le cierge pascal – bénit et allumé pendant la Vigile de Pâques – est éteint solennellement.
Le soir de cette vigile de l’Ascension est donc bien le moment idoine pour conclure mes comptes-rendus de la Semaine Sainte passée auprès du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet et pour en publier la dernière série de photographies : celles de la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques.

Je ne ferai pas de très grands commentaires liturgiques : la Grand’Messe de Pâques ne comporte en effet pas de particularités, hormis le fait qu’elle est riche d’une magnifique séquence (« Victimae paschali laudes ») et qu’à l’ « Ite missa est » est rajouté un double alléluia.
Les trente-trois photos qui suivent, je les ai donc seulement sélectionnées pour le plaisir des yeux. Elles couvrent presque tout le déroulement de la Sainte Messe, et je vous laisse être portés par elles vers la contemplation du mystère pascal, actualisé à la Sainte Messe ; mystère qui nous ouvre les portes de l’éternité bienheureuse.

pattes de chatLully.

Le prêtre et ses ministres récitent les prières au bas de l’autel pendant que le choeur chante l’introït « Resurrexi » :

IMG_9241

Après avoir encensé l’autel, le célébrant est lui-même encensé :

IMG_9245

Après l’encensement, le prêtre lit l’introït puis récite le Kyrie, que le choeur est en train de chanter :

IMG_9246

Après le chant du Kyrie et du « Gloria in excelsis Deo » le « Dominus vobiscum » qui introduit…

IMG_9248

… le chant de la collecte :

IMG_9250

A la fin de la collecte, le cérémoniaire remet le lectionnaire au sous-diacre,

IMG_9251

… qui chante l’épître :

IMG_9253

Puis il va recevoir la bénédiction du prêtre.

IMG_9254

Le prêtre lit l’Evangile au missel à voix basse :

IMG_9256

Puis le diacre se prépare pour la procession et le chant de l’Evangile…

IMG_9258

… et il reçoit pour cela la bénédiction du prêtre :

IMG_9259

Procession de l’Evangile :

IMG_9261

Encensement de l’Evangile :

IMG_9264

Après le chant de l’Evangile le sous-diacre a porté l’évangéliaire au prêtre qui l’a vénéré par un baiser avant d’être encensé par le diacre.

IMG_9266

Début de l’offertoire , le sous-diacre, qui a endossé le voile huméral, a apporté le calice et la patène à l’autel , il aide à la préparation du calice :

IMG_9272

Oblation du vin :

IMG_9276

Encensement des oblats et de l’autel :

IMG_9279

Achèvement de l’offertoire avec la récitation de la secrète :

IMG_9289

Le prêtre a chanté la préface, le diacre et le sous-diacre l’entourent à l’autel pour la récitation du « Sanctus » :

IMG_9291

Première partie du canon :

IMG_9292

Consécration et élévation du Corps du Christ :

IMG_9295

Consécration et élévation du Sang du Christ :

IMG_9297

Achèvement du canon :

IMG_9299

Après le « Pater » et l’ « Agnus Dei », le baiser de paix du célébrant au diacre…

IMG_9304

… puis du diacre au sous-diacre :

IMG_9305

Le « confiteor » avant la sainte communion :

IMG_9309

Sainte communion des servants d’autel et des fidèles :

IMG_9312

Ablutions et purifications après la sainte communion :

IMG_9315

Diacre et sous-diacre changeant le missel de côté et portant le voile pour recouvrir le calice.

IMG_9316

Chant de la postcommunion :

IMG_9318

Bénédiction finale :

IMG_9321

Alléluia pascal 1

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 9 mai, 2018 |5 Commentaires »

2018-39. De l’exhumation de l’ Alléluia au matin de Pâques.

12ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

l’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques 

Samedi 5 mai 2018,
Fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin (cf. > ici  et aussi > ici) ;
Mémoire de Saint Pie V, pape et confesseur ;

1er samedi du mois dédié à la réparation envers le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au matin de Pâques, ce dimanche 1er avril 2018, à la fin de l’office de prime au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, Frère Maximilien-Marie a été témoin d’une cérémonie à laquelle il ne s’attendait pas du tout : je vais vous raconter – images à l’appui (puisqu’il avait son appareil photographique avec lui) – ce dont il s’est agi, en reprenant au maximum ses propos quand il me l’a ensuite racontée.

« Eh bien, mon Lully, je vais te raconter quelque chose auquel je viens d’assister et que je n’avais même pas imaginé !
Ce matin, à la fin de l’office de prime, alors que je pensais rester dans l’église pour y faire oraison, j’ai vu Dom Alcuin – le prieur du monastère – partir à la sacristie où il a revêtu un surplis et endossé une chape dorée, tandis que les autres clercs ou servants d’autel présents revêtaient aussi leurs surplis. Je me demandais pour quelle cérémonie, parce que rien n’était écrit sur le programme du Triduum Sacré affiché à l’entrée de l’église. Ils se sont rangés devant l’autel, ont commencé à chanter l’un des cantiques latins du jour de Pâques et ont génuflecté puis, derrière la croix de procession, se sont dirigés vers la sortie.
Dom Alcuin m’a fait signe de les suivre… mais sans me donner d’explication.
Monsieur le chanoine Frédéric, qui venait d’achever sa Messe basse, a lui aussi été invité à suivre cette procession dont je n’avais pas la clef d’interprétation.
Dehors, après la tempête qui s’était déchaînée une bonne partie de la nuit, le ciel s’était dégagé, mais un vent froid et désagréable continuait à tournoyer dans les ruelles médiévales. Les rayons du soleil éclairaient déjà les collines alentour mais n’avaient pas encore atteint le village…

IMG_9225

« Traversant la place et s’engouffrant dans la ruelle montante qui longe le mur du monastère, la petite procession a franchi une porte qui justement permet d’entrer dans l’enceinte monastique. Qu’allions-nous donc y faire ?

IMG_9226

« Nous sommes entrés dans une courette dont la moitié est dallée, mais dont l’autre moitié est occupée par le poulailler des moines.
J’ai alors pensé que nous allions y chercher les oeufs pour qu’ils soient bénits à la Grand’Messe.
Mais non ! Dom Ildefonse a donné au prieur, non pas un panier pour collecter les oeufs, mais… une bêche – sans d’ailleurs omettre aucun des baisers liturgiques : baiser à la bêche, baiser à la main du prieur – , et les chantres continuaient le chant de la cantilène pascale alors que Dom Alcuin, en chape dorée, se mettait à creuser avec ardeur dans un espace compris entre un rosier et le poulailler…

IMG_9229

« Je ne comprenais toujours pas ce que Dom Alcuin cherchait en creusant de la sorte.
Il a pratiqué un trou relativement profond et, pendant un moment, il semblait même hésiter et on « voyait » presque au-dessus de sa tête et de celles de ses acolytes les bulles, comme dans les bandes dessinées, dans lesquelles étaient inscrits ces mots  « Mais où diable est-il passé ? »…

IMG_9231

« Enfin, après encore quelques coups de bêche énergiques, Dom Alcuin s’est agenouillé au bord du trou, s’est profondément incliné pour y plonger ses deux bras et en a retiré – « je vous le donne en cent, je vous le donne en mille », comme aurait dit ma chère marquise de Sévigné – une espèce de grand bristol plastifié sur lequel était écrit l’Alléluia qu’il a présenté à tous les assistants…

IMG_9232

« A ce moment-là, j’ai failli m’exclamer comme le fameux commissaire Bourrel : « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! »
Tu te souviens, mon Lully, qu’à la conclusion des premières vêpres du dimanche de la Septuagésime, il y a les « Adieux à l’Alléluia » : tu as d’ailleurs publié un texte à ce propos dans ton blogue (cf. > ici).
Eh bien ! Il se trouve que cet Alléluia – qui est quasi personnifié -, en certains endroits (et de toute évidence cela bien été le cas au monastère Saint-Benoît), on lui fait de véritables funérailles et on le met en terre lorsqu’on commence la Septuagésime ; le célébrant étant alors revêtu d’une chape noire. Au matin de la Résurrection, il est donc tout à fait logique de l’exhumer de la tombe dans laquelle il est demeuré pendant quelque septante jours. 

IMG_9233

« La procession s’est alors reformée, toujours chantant des mélodies pascales avec de joyeux Alléluia, et s’en est retournée à l’église.

IMG_9235

« Dom Alcuin a déposé l’Alléluia sur l’autel, au pied du saint tabernacle…

IMG_9237

« Il l’a encensé. Et ce carton portant le chant de l’Alléluia est resté à cet endroit (couvert par le canon d’autel central) pendant la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques. »

IMG_9238

Voici donc le récit de la cérémonie de l’exhumation de l’Alléluia - « Et celui qui l’a vu en a rendu témoignage et son témoignage est véridique. Et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyez vous aussi » (cf. Johan. XIX 35) – tel que je l’ai recueilli de la bouche de mon papa-moine qui était tout à la fois ravi, ému et enthousiaste d’avoir assisté pour la première fois de sa vie (et en trente-huit ans de vie religieuse) à cette tradition pascale.

pattes de chatLully.

A suivre :
La Grand’Messe du Saint Jour de Pâques > ici.

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 4 mai, 2018 |5 Commentaires »

2018-38. De la Vigile Pascale célébrée selon le rite antérieur à la réforme de 1955.

11ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Vigile Pascale 

Vendredi 4 mai 2018,
Fête de Sainte Monique (cf. > ici)
1er vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Notre ami Henri Adam de Villiers n’a pas achevé la publication de ses études sur la réforme de la Semaine Sainte infligée à l’Eglise en 1955 : nous espérons de tout coeur qu’il continuera prochainement à faire paraître ses textes très instructifs permettant de faire la comparaison entre la liturgie authentiquement tridentine et les rites imposés par la commission liturgique qui oeuvra à la fin du pontificat de Pie XII. Je n’ai donc (malheureusement) plus d’étude de référence à vous conseiller ici en ce qui concerne la liturgie de la Vigile Pascale.
Mais on pourra toujours se reporter à la savoureuse conférence de Monseigneur Gromier que publie le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) dans laquelle il relève, « cum grano salis », toutes les incohérences et les présupposés pseudo-scientifiques – mais authentiquement idéologiques – qui ont présidé à cette réforme de 1955, annonçant celles de 1965 et de 1969, et aborde donc au passage les réformes qui ont été opérées sur les rites de la Vigile Pascale.

Comme je l’ai déjà expliqué en introduction à ma présentation de la cérémonie du « Mandatum », l’indult accordé pour la reprise des rites antérieurs à la réforme de 1955 spécifiait toutefois qu’en ce qui concerne les heures de célébration on devrait se conformer aux usages imposés par la réforme pacellienne : Frère Maximilien-Marie ne m’a pas caché qu’il regrette cette demi-mesure, qui ne permet donc pas une véritable restauration des usages tridentins.
Avec lui, j’espère de tout coeur que nous pourrons un jour (que nous voudrions proche) reprendre dans leur intégralité les rites antiques.
En attendant, nous avons assisté ce Samedi Saint 31 mars dernier, à une Vigile Pascale qui a commencé avec la fin du jour et dont je vous invite maintenant à découvrir une sélection de photographies.

Lully.

feu gif

A – Bénédiction du feu et de l’encens :

A la porte de l’église, on allume un feu. Sa flamme doit être tirée de la pierre - ainsi que le dit la première oraisons de bénédiction – : pas question donc de se servir d’allumettes, il faut utiliser un briquet.
Ce détail n’en est pas vraiment un : le « feu nouveau tiré de la pierre » (la première oraison en parle) renvoie évidemment à la banquette de pierre du tombeau sur laquelle le corps supplicié du Fils de Dieu incarné a été déposé et sur laquelle il a repris vie.

Ce Samedi Saint dernier, en Provence, il faisait un temps épouvantable : le vent soufflait furieusement et mugissait sauvagement dans les ruelles médiévales autour de l’église de La Garde-Freinet. Le feu fut allumé au fond de l’église, plutôt que devant la porte où il eût été impossible de le faire prendre et de le garder allumé.
Point n’est besoin d’ailleurs que ce feu que l’on va bénir soit un bûcher ou un brasier – nous ne sommes pas à la Saint-Jean ! – : il suffit qu’il y ait une flamme.

IMG_9094

Le célébrant est revêtu de la chape violette, il est accompagné du diacre et du sous-diacre – celui-ci portant la croix de procession – , qui sont revêtus des chasubles pliées violettes.
Il bénit le feu nouveau au moyen de trois oraisons, puis l’encens, avec une autre oraison, et il les asperge d’eau bénite. 

IMG_9101

Alors un acolyte, au moyen d’un cierge, prélève la flamme dans le feu bénit, tandis que le diacre dépose la chasuble pliée violette et revêt la dalmatique blanche ou dorée ; puis il prend le « roseau », sorte de canne (originellement faite d’une tige de roseau, rappelant le roseau dont les soldats firent un sceptre de dérision au Christ durant les outrages qu’il subit dans le prétoire) surmontée d’un cierge à trois branches.

IMG_9175

Les trois branches de ce cierge sont allumées successivement dans la procession qui a alors lieu en direction du sanctuaire : durant cette marche, chaque fois qu’est allumée l’une des branches de ce cierge, le diacre chante – en montant le ton à chaque fois – : « Lumen Christi », et le choeur répond : « Deo gratias ».

IMG_9108

IMG_9110

IMG_9111

B – Bénédiction du Cierge pascal :

Après sa bénédiction, le Cierge pascal symbolisera le Christ Rédempteur : la cire figure Son corps, la mèche Son âme, la flamme Sa divinité, et ces trois principes intimement unis symbolisent l’union de la nature divine et de la nature humaine dans la Personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
La cérémonie de bénédiction du Cierge se fait pendant et par le chant de l’ « Exultet ».
Avant de le chanter, le diacre a demandé la bénédiction du célébrant.

IMG_9116

Le diacre a interrompu son chant pour fixer sur le Cierge les cinq grains d’encens qui ont été bénits en même temps que le feu : il les fixe en forme de croix.

IMG_9119

Puis il reprend son chant…

IMG_9120

… et l’interrompt à nouveau pour allumer le Cierge avec la flamme bénite prélevée sur le roseau.

IMG_9121

Peu après, les lampes de l’église sont allumées à leur tour, et le diacre achève le chant de l’ « Exultet ».

C – Lecture des douze prophéties :

Vient alors la lecture des douze prophéties, qui constituent une espèce de résumé de l’histoire du salut et des mystères de la foi liés à la Résurrection et au renouveau produit par le baptême.
Les prophéties sont chantées par un lecteur, tandis que le célébrant (qui a déposé la chape violette et revêtu la chasuble de même couleur) les lit à voix basse au missel, du côté de l’épître ; le diacre (qui a repris la chasuble pliée violette) et le sous-diacre sont en ligne derrière lui, comme à l’accoutumée.

IMG_9126

Chaque prophétie est suivie d’une oraison, introduite par l’ « oremus » du célébrant, le « flectamus genua » du diacre, et le « levate » du sous-diacre (sauf après la douzième prophétie où l’on ne génuflecte pas).
En outre, trois des prophéties sont suivies du chant d’un trait avant l’oraison.

IMG_9125

D – Bénédiction des fonts :

Le célébrant reprend la chape violette. La procession se forme, derrière le Cierge pascal, et la croix de procession, entourée par les acotytes qui portent leurs cierges allumés, et pendant que l’on chante le trait « Sicut cervus », on se rend aux fonts baptismaux.

IMG_9133

Le prêtre récite une oraison introductive, avant de commencer la bénédiction à proprement parler.

IMG_9137

La bénédiction commence par une oraison et continue par le chant d’une préface au cours de laquelle sont accomplis divers rites : division de l’eau en forme de croix, toucher de l’eau, signes de croix… etc.

IMG_9147

Le Cierge pascal est plongé à trois reprises dans les fonts baptismaux…

IMG_9152

… et à la troisième fois il le maintient dans l’eau pendant qu’il souffle sur celle-ci en formant la lettre grecque ψ :

IMG_9159

Puis il asperge les fidèles présents avec cette eau, que l’on prélève aussi pour les bénédictions des maisons.
Il verse ensuite dans les fonts baptismaux de l’huile des catéchumènes en forme de croix, puis du saint chrême de la même manière…

IMG_9163

… et enfin, toujours en forme de croix, simultanément l’huile sainte et le saint chrême :

IMG_9167

S’il devait y avoir des baptêmes ils se placeraient à ce moment-ci.

Le clergé revient ensuite vers le sanctuaire et les fidèles regagnent leurs places.

E – La Sainte Messe :

Le chant de l’introït est en quelque manière remplacé par celui des litanies des saints, qui étaient chantées autrefois pendant que la procession du clergé et des nouveaux baptisés quittait le baptistère (lequel, dans l’antiquité, était distinct de l’église) et entrait dans la basilique.
Le célébrant et ses ministres déposent les ornements violets et se prosternent au pied de l’autel.

IMG_9173

Au verset « Peccatores, te rogamus audi nos », le prêtre et ses ministres se relèvent pour se rendre à la sacristie où ils vont revêtir les ornements festifs pour la célébration de la Sainte Messe.
Dans le même temps, les cierges de l’autel sont allumés et les reliquaires, déjà disposés sur les gradins mais qui étaient voilés, sont découverts.

IMG_9224

A la fin des litanies, tandis que le prêtre et ses ministres s’avancent vers l’autel, tous se lèvent et l’on commence le chant du Kyrie.
Le prêtre dialogue avec ses ministres les prières au bas de l’autel, et la Messe est célébrée ensuite comme l’est toute Messe solennelle habituelle.

IMG_9174

Les seules particularités de la Messe de la Vigile Pascale sont :
1 – le chant de l’Alléluia, à trois reprises en élevant le ton, après l’épître. Cet Alléluia est suivi d’un verset du psaume CXVII puis d’un trait, constitué des deux versets du psaume CXVI.
2 – qu’à la procession de l’Evangile les acolytes ne portent pas leurs cierges,
3 – et l’on ne récite pas le Credo après le chant de l’Evangile.

IMG_9205

IMG_9209

4 – Il n’y a pas non plus d’Agnus Dei.
5 – Après la sainte communion, on chante, en guise de vêpres, le psaume CXVI avec son antienne qui est un triple alléluia, puis le Magnificat avec son antienne, pendant lequel on encense l’autel.

6 – Après l’oraison conclusive et le « Dominus vobiscum » du prêtre, le diacre chante « Ite missa est, alleluia, alleluia » auquel le choeur et les fidèles répondent : « Deo gratias, alleluia, alleluia ».

IMG_9219

La messe se termine normalement avec la récitation du dernier Evangile.

A suivre :
L’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques > ici.

feu gif

2018-37. La Messe des Présanctifiés, au Vendredi de la Parascève.

10ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Messe des Présanctifiés le Vendredi « in Parasceve »

Jeudi 3 mai 2018,
Fête de l’Invention de la Sainte Croix (cf. > ici)
Anniversaire du massacre des prêtres de Lamastre par les huguenots le 3 mai 1587 (cf. > ici et > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vais continuer aujourd’hui mes « reportages » photographiques sur les célébrations du Triduum Sacré selon les véritables et vénérables rites tels qu’ils figurent dans le missel tridentin, auxquelles Frère Maximilien-Marie et ses amis ont assisté lors de la dernière Semaine Sainte, auprès du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet.
Ainsi donc, après mon compte-rendu de la Sainte Messe « in Cœna Domini » (cf. > ici), nous allons, très opportunément en cette fête de l’Invention de la Sainte Croix, revoir la cérémonie du Vendredi Saint, traditionnellement nommé Vendredi « in Parasceve ».

Encore une fois, nous renvoyons aux études publiées par Henri Adam de Villiers sur le blogue de la Schola Sainte-Cécile concernant la réforme de 1955, et en particulier > ici pour ce qui concerne la liturgie du Vendredi-Saint puisque les modifications « apportées au Vendredi Saint sont à la fois plus nombreuses et parfois plus complexes à analyser » et parce que « leur portée est aussi bien plus lourde de conséquences ».

La première modification subie par le missel tridentin lors de la réforme de 1955 est une modification de nom : depuis la plus haute antiquité (et parce que le terme est utilisé par les Saints Evangélistes eux-mêmes), la célébration liturgique du Vendredi-Saint porte le nom de « Feria sexta in Parasceve » c’est-à-dire : vendredi de la Parascève. Ce mot est passé directement du grec au latin et du latin au français sans être traduit : s’il signifie « préparation », son acception va toutefois bien au-delà de la simple évocation des préparatifs tels qu’on les conçoit dans la vie courante.
La Parascève des Juifs portait en elle toute la préparation sacrée du grand sabbat de la Pâque, et comprenait donc en particulier l’immolation de l’agneau pascal et tous les préparatifs rituels, conformes aux prescriptions de Moïse, pour le mémorial de cette nuit d’Egypte au cours de laquelle les maisons marquées par le sang de l’agneau avaient été préservées du passage de l’ange exterminateur, avant que le peuple Hébreu ne passe de l’esclavage à la liberté et ne franchisse la Mer Rouge. La Parascève chrétienne est celle de l’immolation de l’Agneau de Dieu véritable, qui prélude au passage de l’esclavage du péché à la liberté spirituelle des rachetés, communiquée par le saint baptême. L
e changement de dénomination survenu en 1955, sous le sempiternel prétexte bidon d’adopter un langage « plus adapté à la compréhension des hommes de ce temps » (sans doute devenus beaucoup moins intelligents que leurs ancêtres du VIIème, du XIIIème ou du XVIIème siècles !) abandonne un terme précis, lourd d’une évocation mystique séculaire, et c’est une grande perte.
Et dans le même temps, à l’intérieur de la Sainte Eglise de la même manière que dans la société civile, ceux qui prônent l’abandon de ces termes précis prétendûment mal compris ne se privent pas d’user et d’abuser de mots ou de formulations nouveaux, de néologismes, de sigles et d’abréviations, dont on se demande s’ils sont vraiment compréhensibles par les « hommes de ce temps » !

L’autre modification, bien mise en évidente par l’article du blogue de la Schola sainte-Cécile (cf. > ici), consiste, à travers de très nombreuses suppressions, en une atténuation des caractères antiques et traditionnels d’une Messe des Présanctifés, au point que la partie « eucharistique » de la liturgie du Vendredi-Saint dans le rite réformé en 1955 n’est plus à proprement parler une Messe des Présanctifiés mais se trouve réduite à une espèce de rite de communion en dehors de la Messe.
Je ne peux tout développer ici, aussi insisté-je vraiment pour que mes lecteurs se plongent avec la plus grande attention dans cette excellente étude rédigée par Henri Adam de Villiers.

Lully.

nika

Au début de la cérémonie, l’autel est nu, avec la croix voilée de violet et ses cierges éteints :

Vendredi Saint 1

Vendredi Saint 2

Le clergé entre en procession : il n’y a pas d’encens ni cierges pour les acolytes. Le célébrant est revêtu de la chasuble ; le diacre et le sous-diacre portent des chasubles pliés. Ces ornements sont de couleur noire comme à une messe des morts, puisqu’on célèbre la mort du Christ.
Le célébrant et ses ministres se prosternent de tout leur long au bas de l’autel, tandis que les autres clercs sont à genoux à leurs places respectives. Pendant ce temps, les acolytes disposent une seule nappe sur l’autel.

Vendredi Saint 3

Quand ils se relèvent, le célébrant et ses ministres génuflectent et montent à l’autel.
Après avoir baisé l’autel, le prêtre va au missel – du côté de l’épître – et commence à voix basse la lecture de la prophétie d’Osée. Le diacre et le sous-diacre sont en ligne derrière lui.

Vendredi Saint 4

Pendant ce temps, un lecteur fait à haute-voix la lecture de la prophétie d’Osée…

Vendredi Saint 5

… prophétie à la fin de laquelle le choeur chante le trait extrait du prophète Habacuc.
Lorsque le célébrant a terminé la lecture du trait au missel, il va à son siège, accompagné de ses ministres.

Vendredi Saint 6

A la fin du trait, le célébrant et ses ministres reviennent à l’autel. Le prêtre chante « Oremus », puis le diacre « Flectamus genua »

Vendredi Saint 7

Après un temps de prière silencieuse à genoux, le sous-diacre chante « Levate ! »
Tous se lèvent alors et le prêtre chante la collecte qui est la même qu’à la Messe « in Cœna Domini » : « Cette oraison commune aux deux Messes du Jeudi et du Vendredi Saint affirme magnifiquement l’unité théologique du Mystère pascal » (cf. article référencé ci-dessus).

Vendredi Saint 8

Le sous-diacre ayant déposé la chasuble pliée et reçu le lectionnaire des mains du cérémoniaire chante sur le ton commun la lecture du passage du livre de l’Exode relatif à l’agneau pascal.
Cette lecture est suivie d’un trait.

Vendredi Saint 9

Puis trois diacres chantent la Passion selon Saint Jean, de la même manière que l’on a chanté la Passion selon Saint Matthieu le dimanche des Rameaux (cf. > ici) et les Passions selon Saint Marc et selon Saint Luc les mardi et mercredi saints (cf. > ici).

Vendredi Saint 10

Génuflexion et temps de recueillement silencieux au moment où a été chantée la mort du Christ Notre-Seigneur :

Vendredi Saint 11

Lorsque les trois diacres ont achevé le chant de la Passion, le diacre ministre du célébrant dépose la chasuble pliée, revêt le stolon, reçoit l’évangéliaire mais  – comme aux Messes de Requiem – il ne reçoit pas la bénédiction du célébrant, et accompagné des acolytes qui – là encore comme aux Messes de Requiem – ne portent pas de cierges, il accomplit la procession de l’Evangile.

Vendredi Saint 12

Il chante la suite de la suite de la Passion selon Saint Jean qui raconte l’ensevelissement de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
L’évangéliaire n’est pas porté par le sous-diacre à baiser au prêtre, lequel n’est pas non plus encensé par le diacre.

Vendredi Saint 13

Après l’Evangile, le prêtre se place devant le missel, du côté de l’épître, avec le diacre et le sous-diacre en ligne derrière lui, et commence le chant des oraisons solennelles : chaque oraison est précédée d’une monition chantée par le prêtre les mains jointes sur le ton de la préface fériale, espèce d’invitatoire dans lequel est présentée l’intention ; cette monition est suivie d’un « Oremus », puis – sauf pour la huitième – d’un « Flectamus genua » du diacre et d’un « Levate » du sous-diacre. Puis vient l’oraison proprement dite, que le prêtre chante sur le ton férial les mains étendues.

Vendredi Saint 14

Vendredi Saint 15

 « Après les oraisons, le célébrant et ses deux ministres vont à la banquette, retirent leurs manipules. Le célébrant dépose sa chasuble noire, le sous-diacre sa chasuble pliée noire. Le diacre avait déjà déposé sa chasuble pliée noire pour le chant de l’Evangile de la Messe, pour lequel il avait pris le stolon ou étole large (originalement, une chasuble roulée en travers sur ses épaules), qu’il conserve.
Le diacre va alors chercher la croix voilée du maître-autel et l’apporte au prêtre. On procède au dévoilement de la croix en trois étapes :
1 – Le célébrant, qui s’est placé au coin postérieur de l’autel, côté épître (en ligne avec les chandeliers), reçoit la croix du diacre. Le célébrant découvre la partie haute de la croix, jusqu’à la traverse, de sorte qu’on ne puisse voir la tête du Christ. Il l’élève des deux mains, tournée vers le peuple, le diacre et le sous-diacre à ses côtés, à demi tournés vers la croix. Le célébrant chante une première fois Ecce lignum Crucis & ses ministres continuent avec lui pour chanter la suite : In quo salus mundi pependit. Le chœur répond Venite, adoremus. Tous s’agenouillent alors pour adorer le Christ, sauf le célébrant qui tient la croix » (citation de l’article référencé ci-dessus).

Vendredi Saint 16

« 2 – La même cérémonie se reproduit une seconde fois, cette fois au coin antérieur de l’autel, côté épître. Le prêtre dévoile cette fois le bras droit & la tête du Christ, et entonne un ton plus haut Ecce lignum Crucis qui est poursuivi par les ministres et auquel on répond comme précédemment » (ibid.).

Vendredi Saint 17

Vendredi Saint 18

« 3 – La même cérémonie est effectuée une troisième fois devant le milieu de l’autel, le célébrant découvre complètement le crucifix cette fois et entonne l’Ecce lignum Crucis un ton plus haut. Après le 3ème Venite, adoremus, tous demeurent à genoux cette fois (…) » (ibid.).

Vendredi Saint 19

Vendredi Saint 20

Puis la croix dévoilée est déposée sur un coussin posé au sol au lieu où se déroulera la cérémonie de l’adoration. Le célébrant et ses ministres vont à leurs places pour y retirer leurs chaussures, ce que font aussi tous les clercs présents, en signe de pénitence.
Pendant que le chœur interprête les chants prévus (les impropères, l’antienne « Crucem tuam » et l’hymne de Saint Venance Fortunat « Crux fidelis »), le célébrant, ses ministres, le clergé présent et les servants, vont adorer la croix, deux par deux, après avoir fait trois genuflections. 

Vendredi Saint 21

Vendredi Saint 22

Vendredi Saint 23

Lorsque les fidèles ont adoré la croix à la suite du clergé, celle-ci est est placée sur l’autel dont les cierges ont été allumés.
Puis, comme à une Messe, le diacre porte à l’autel la bourse contenant le corporal, qu’il déploie, ainsi qu’un purificatoire qu’il pose à côté.

Vendredi Saint 24

Le prêtre a repris la chasuble après l’adoration de la croix. Le sous-diacre a repris sa chasuble pliée.
Derrière la croix de procession, porté par un sous-diacre, accompagné des acolytes portant leurs cierges allumés, tout le clergé se rend au reposoir par le plus court chemin, suivi par les fidèles…

Vendredi Saint 25

Après un temps de recueillement silencieux, le diacre ouvre le tabernacle dans lequel se trouvent le calice et la patène contenant la grande Hostie consacrée la veille. Le célébrant se lève, impose l’encens dans deux encensoirs, se remet à genoux et encense le Saint-Sacrement.

Vendredi Saint 26

Puis ayant reçu le voile huméral, il prend le Saint-Sacrement que lui présente le diacre. Tous le clergé tient des cierges allumés et l’on retourne vers le sanctuaire en formant une procession solennelle qui est l’exacte réplique de celle qui, la veille, a amené le Saint-Sacrement au reposoir. On chante l’hymne « Vexilla Regis prodeunt ».

Vendredi Saint 27

Lorsque la procession arrive à l’autel, le diacre reçoit le Saint Sacrement des mains du prêtre, pose le calice sur le corporal au centre de l’autel, et défait le ruban qui retient le voile au calice : ce voile est alors disposé de la même manière qu’un voile de calice à une messe ordinaire.
Le Saint-Sacrement est alors à nouveau encensé par le célébrant agenouillé. C’est alors que commence le rite original de la Messe des Présanctifié tel qu’il a été fixé à l’époque de Saint Grégoire le Grand.

Vendredi Saint 28

« Le célébrant et ses ministres montent à l’autel et génuflectent. Le diacre retire le voile du calice, la patène et la pale, puis tient des deux mains la patène au dessus du corporal. Le prêtre prend alors le calice et fais glisser la grande hostie qu’il contient sur la patène, puis pose le calice sur le corporal. Il reçoit du diacre la patène et dépose l’hostie consacrée sur le corporal. Le diacre verse ensuite le vin dans le calice, et le sous-diacre un peu d’eau, comme à l’offertoire d’une messe. Le diacre donne le calice au prêtre, qui le replace sur le corporal et le couvre de la pale. Toutes les prières habituelles de l’offertoire – offrande du pain et du vin en vue du sacrifice, invocation de l’Esprit Saint sur les offrandes – sont ici totalement omises. Cette omission est intéressante car significative : on n’offre pas le pain, puisqu’il est déjà le Corps du Christ, on n’offre pas le vin, car il ne deviendra pas le Sang du Christ »  (article cité).

Vendredi Saint 29

« Cependant, le célébrant procède à l’encensement des oblats, de la croix et de l’autel, comme à l’offertoire ordinaire, avec les prières usuelles, mais il n’est pas encensé et on n’encense personne. Il génuflecte avec ses ministres à chaque fois qu’il passe devant le Corps du Seigneur. Il se lave les mains à l’ordinaire côté épître, mais sans accompagner ce lavabo du psaume habituel. Il revient au centre de l’autel pour dire la prière d’offertoire habituelle In spiritu humilitatis, laquelle indique bien qu’on accomplit un sacrifice (& sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie). Puis il baise l’autel et il se tourne à moitié, côté évangile, afin de ne pas tourner le dos au Saint Sacrement et dit : Orate fratres, invitation qui indique bien la réalisation d’un sacrifice : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum Patrem omnipotentem » (ibid.).

Vendredi Saint 30

Vendredi Saint 31

« La réponse habituelle Suscipiat n’est pas faite par les ministres, mais le célébrant passe directement au Pater, en omettant tout le canon de la messe (puisque l’hostie est déjà présanctifiée). Le Pater noster est chanté comme à l’ordinaire par le célébrant, sur le ton férial. A la suite du Pater, le célébrant chante les mains étendues le Libera nos, quæsumus Domine sur le ton férial des oraisons (là où d’ordinaire, il le récite en secret), en omettant du coup tous les gestes de la fraction de l’hostie qu’il accomplit à cet endroit en temps normal » (ibid).

Vendredi Saint 32

« A ce moment-là, le célébrant procède à l’élévation de l’hostie, qui est faite comme à une messe ordinaire et qui symbolise plus particulièrement en ce jour l’élévation du Corps du Christ sur la Croix, qui offre son sacrifice parfait au Père éternel : le diacre et le sous-diacre s’agenouillent un peu derrière le célébrant pour soulever sa chasuble. On utilise les crécelles à la place des clochettes, mais on n’encense pas » (ibid.).

Vendredi Saint 33

« Les ministres s’étant levés, le diacre découvre le calice. Le célébrant fait ensuite en silence la fraction de l’hostie, il la rompt en trois parts de la manière habituelle et laisse tomber la petite parcelle dans le calice comme à l’ordinaire. Puis il omet tout (Pax Domini, baiser de paix, Agnus Dei, etc…) jusqu’à la troisième oraison secrète avant la communion du célébrant (Perceptio Corporis tui). Notons que la seconde de ces oraisons secrètes – Domine Jesu Christe -, ici omise, fait référence au Corps et au Sang du Seigneur, ce qui n’est pas le cas de Perceptio Corporis tui qui elle ne parle que du Corps.
Le célébrant communie au Corps du Christ de la manière habituelle avec les oraisons communes. Puis il communie à la parcelle dans le calice et consomme le vin de celui-ci, mais en silence, sans les prières habituelles pour la communion au Sang du Christ.
Le célébrant est seul à communier en ce jour, selon un usage fort ancien » (ibid).

Vendredi Saint 34

« Le célébrant purifie ses doigts et le calice comme à l’ordinaire, et dit incliné à voix basse devant l’autel l’oraison habituelle Quod ore sumpsimus, mais omet la seconde, Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, & Sanguis quem potavi, pour la même raison que précédemment : il communie bien au Corps du Christ mais pas au Sang du Christ. Le sous-diacre redispose le calice avec son voile comme à une messe puis le porte à la crédence, le diacre dépose son stolon pour reprendre sa chasuble pliée, comme à une messe de Carême. Tout le reste de la messe (antienne de communion, Postcommunion, Benedicamus Domino, Placeat, bénédiction, dernier évangile) est omis…

Vendredi Saint 35

Vendredi Saint 36

Vendredi Saint 37

« Comme l’autel du reposoir a été ôté, et que tous les tabernacles sont vides et laissés ouverts, l’église – où domine la croix du Seigneur – semble alors comme vide de la présence divine, sentiment qui marque puissamment la mort du Christ et représente symboliquement ce moment si particulier du Samedi Saint qui commence dès les vêpres : la mise au tombeau et la descente de Notre-Seigneur aux Enfers » (ibid.).

Vendredi Saint 38

A suivre :
La Vigile Pascale > ici.

2018-34. De la Sainte Messe « in Cœna Domini » le Jeudi Saint.

9ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Messe « in Cœna Domini »
(c’est-à-dire « de la Cène du Seigneur »)

Sainte Eucharistie

Après avoir rapporté la cérémonie du « Mandatum » (cf. > ici), venons-en à la Sainte Messe du Jeudi Saint : la Messe « in Cœna Domini », c’est-à-dire la Messe de la Cène du Seigneur, en laquelle est commémoré l’anniversaire de l’institution de la Sainte Eucharistie et celle du sacrement de l’Ordre.
Citons une fois de plus la présentation de la Sainte Messe du Jeudi Saint donnée par Henri Adam de Villiers dans le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) :

« Dans le rit romain traditionnel, la messe du Jeudi Saint est celle d’une fête du Seigneur, celle de la fête où le Christ institua deux sacrements : celui de l’Eucharistie et celui du sacerdoce. Aussi les ornements sont-ils blancs, on chante le Gloria & le Credo, et le célébrant renvoie le peuple avec l’Ite, missa est à la fin.

Toutefois trois particularités significatives contribuent à resituer cette messe dans le Triduum pascal :

  • On sonne toutes les cloches de l’église et on touche les orgues durant tout le chant du Gloria, après quoi celles-ci ne se feront plus entendre jusqu’au Gloria de la vigile pascale où elles marqueront la joie de la résurrection. Entre ces deux moments, on doit utiliser la crécelle toutes les fois où l’on sonne habituellement les cloches. Le son âpre des crécelles contribue à marquer le deuil que prend l’Eglise : c’est aussi en cette nuit qu’a lieu l’agonie du Christ, abandonné par les disciples, trahi par Juda et livré à ses bourreaux.
  • Au cours de cette messe, le baiser de paix n’est pas donné, rappelant que Juda avait livré son maître par un baiser. Néanmoins, le rite de la communion du célébrant reste identique à celui des autres messes.
  • Le célébrant consacre deux grandes hosties à la messe de ce jour : une pour la messe elle-même, avec laquelle il communiera, et une seconde qu’il va réserver pour la messe des Présanctifiés le lendemain. Cette seconde grande hostie est mise, après la communion du prêtre et avant les ablutions, dans un second calice (et non un ciboire), qu’on recouvre d’une patène tournée à l’envers et d’une pale. Un voile léger et blanc est placé sur le tout et attaché avec un ruban au nœud du calice. L’hostie ainsi enfermée dans le calice est posée au centre de l’autel sur le corporal jusqu’à la fin de la messe. Le prêtre donne alors la communion aux fidèles de la manière habituelle.
    Cet usage de mettre le Corps du Seigneur dans un calice rappelle symboliquement la prière que Notre Seigneur fait au Jardin des Oliviers dans la nuit de sa passion :
    « Mon Père ! s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi : néanmoins, non comme je le veux, mais comme vous le voulez » ( Matth. XXVI, 39).
    Le calice, la patène et le voile dans lequel est enfermée cette grande hostie serviront le lendemain à la messe des Présanctifiés du Vendredi Saint. La liturgie marque par là le lien indéfectible qui existe entre la Cène du Seigneur et le sacrifice de la Croix.
    A partir du moment où la seconde grande hostie a été renfermée dans le calice, le reste de la messe est célébré avec les rubriques de la Missa coram Sanctissimo :

    • le célébrant et ses ministres font la génuflexion devant le Saint Sacrement chaque fois qu’ils s’approchent ou se retirent du milieu de l’autel,
    • lorsque le célébrant ou le diacre s’adressent au peuple (pour le Dominus vobiscum, l’Ite, missa est et la bénédiction finale), ils se placent de biais côté évangile afin de ne pas tourner le dos au Très-Saint Sacrement
    • au cours du dernier évangile, le célébrant génuflecte à Et Verbum caro factum est en se tournant vers le Corps du Seigneur. (…) »

Pour tout ce qui concerne les modifications apportées en 1955 à ces rites pluriséculaires codifiés par le missel promulgué par Saint Pie V consécutivement au saint concile de Trente, on lira encore une fois avec grand profit ce qu’a publié Henri Adam de Villiers (cf. > ici).

Pour moi, ces choses étant supposées assimilées, je vais simplement publier ci-dessous des photographies de cette Sainte Messe du Jeudi Saint célébrée selon le rite traditionnel au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet le 28 mars de cette année 2018 : elles parlent d’elles-mêmes et n’ont pas besoin de longs commentaires.
Frère Maximilien-Marie, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, en a pris un très grand nombre et vous n’en trouverez ici « que » 50, qui ne sont pas toutes de la même qualité, mais j’ai pris le parti de les publier ici parce qu’elles permettent de suivre dans sa totalité la célébration d’une Sainte Messe solennelle. Ainsi, beaucoup de fidèles, qui ne sont pas toujours près du sanctuaire, pourront-ils en voir davantage les détails, et – je l’espère – y puiseront de plus vifs sentiments d’admiration et d’amour pour notre sainte liturgie traditionnelle

Lully.

Pour la Messe du Jeudi-Saint, la croix de l’autel doit être voilée de blanc :

01

Prières au bas de l’autel (dont le psaume « Judica » est omis) : le « confiteor » du célébrant…

02

… suivi du « confiteor » de ses ministres et du choeur :

03

Encensement de l’autel :

04

Encensement du célébrant :

05

Après avoir lu l’introït et récité le « Kyrie » (qui ont été chantés pendant ce temps), le célébrant entonne le « Gloria in excelsis Deo », puis le récite mezzo voce à l’autel avec le diacre et le sous-diacre. Les cloches sonnent pendant le temps où le célébrant le récite.
Après l’intonation du célébrant, l’assemblée et le choeur continuent le chant.

06

Quand ils ont terminé la récitation du « Gloria », le célébrant et ses ministres vont à leurs sièges, s’assoient et se couvrent, tandis que le chant du « Gloria » se poursuit.

07

Lorsque le chant s’achève, le célébrant retourne à l’autel, et après le « Dominus vobiscum », il chante la collecte.

08

A la conclusion de la collecte, le cérémoniaire remet le lectionnaire au sous-diacre :

09

Chant de l’épître par le sous-diacre :

10

L’épître achevée, le sous-diacre va à l’autel, s’agenouille et reçoit la bénédiction du célébrant dont il baise la main :

11

Pendant que la schola exécute le graduel, que le célébrant a récité, le sous-diacre a porté le missel du côté de l’Evangile. Le célébrant lit l’Evangile à voix basse.

12

Puis le diacre qui a pris l’évangéliaire posé sur l’autel reçoit la bénédiction du célébrant et accompagné du cérémoniaire, du thuriféraire et des acolytes portant leurs cierges il procède à la procession de l’Evangile.

13

Le diacre encense l’Evangile avant de le chanter :

14

Après le chant de l’Evangile, il indique au sous-diacre l’endroit de la péricope qu’il vient de chanter…

15

… et le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui vénère par un baiser le texte qui vient d’être chanté.

16

Dans la liturgie traditionnelle le « Credo » n’est pas omis.
Après le chant de l’intonation par le célébrant, celui-ci poursuit la récitation mezzo voce avec le diacre et le sous-diacre, tandis que l’assemblée et le choeur continuent le chant.
Quand le célébrant a terminé la récitation du « Credo », il va à son siège.

17

Le diacre porte la bourse, contenant le corporal, sur l’autel.

18

Offertoire : le sous-diacre, ayant mis le voile huméral, porte le calice à l’autel, puis présente les burettes au diacre, lequel lui remet la patène une fois que le célébrant a déposé l’hostie sur le corporal. Le diacre soutient le calice pendant l’oblation.

19

Le sous-diacre porte la patène couverte du voile huméral. Il va se tenir au bas des marches de l’autel (sauf pour la récitation du « Sanctus ») jusqu’après le chant du « Pater ».

20

Pendant ce temps, l’offertoire se poursuit. Le prêtre encense les oblats :

21

Puis il encense la croix et l’autel…

22

Il est lui-même encensé :

23

Puis sont encensés les prêtres présents au choeur, les religieux…

24

… le sous-diacre, le diacre lui-même, les autres ministres…

25

… et enfin les fidèles présents :

26

Chant de la préface :

27

Début du canon :

28

Consécration du Pain :

29

Aussitôt après avoir prononcé les paroles de la consécration sur le Pain, le célébrant adore ce qui est désormais le Corps sacré de Notre-Seigneur :

30

Elévation :

31

32

Consécration du Vin :

33

Elévation du calice contenant désormais le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur :

34

Après le canon, le chant du « Pater », les prières de préparation à la sainte communion, le chant de l’ « Agnus Dei » et la communion du célébrant, le diacre récite le troisième « confiteor » auquel s’unissent tous les assistants :

35

Sainte communion : les prêtres et les autres ministres ordonnés présents reçoivent la communion revêtus de l’étole.
C’est ensuite la communion des servants et religieux présents au choeur, puis la communion des fidèles.

36

A cette Messe du Jeudi Saint, le célébrant a consacré une seconde grande hostie qui est déposée dans un calice, lequel est ensuite enveloppé d’un voile qui est noué au niveau du pied du calice. Ce calice reste sur l’autel. Le célébrant et ses ministres accomplissent donc les purifications comme on le fait lors de la Messe « coram Sanctissimo » (voir supra).

37

Pour les « Dominus vobiscum » de la postcommunion et de la conclusion de la Messe, le prêtre se décale de biais sur le côté de l’Evangile :

38

De même pour la bénédiction :

39

Et lors du dernier Evangile, il fait la génuflexion tourné vers le Saint-Sacrement aux paroles « Et Verbum caro factum est » :

40

La Messe achevée, le célébrant dépose la chasuble et le manipule et revêt la chape.
Le chœur et l’assemblée entonnent le « Pange lingua gloriosi », le célébrant encense le Saint-Sacrement.

41

Tandis que la procession se forme, derrière la croix voilée de violet portée par un sous-diacre :

43

Départ de la procession pour le reposoir.

44

Les fidèles suivent la croix, puis viennent les religieux et les prêtres ; tous portent des cierges.
Devant le Saint-Sacrement deux encensoirs.

45

A l’arrivée au reposoir, le Saint-Sacrement ayant été déposé sur l’autel, on chante les deux dernières strophes du « Pange lingua » : « Tamtum ergo » et « Genitori ».
Encensement, puis le diacre place le Saint-Sacrement dans le tabernacle.

46

Le reposoir.

47

Quand on retourne au choeur on chante les vêpres, terminées par le « miserere ».

48

Et enfin a lieu la cérémonie du dépouillement de l’autel, pendant qu’est psalmodié le psaume XXI.

49

Le tabernacle est vide, sa porte reste ouverte.

50

A suivre :
La Messe des Présancifiés le Vendredi Saint > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 26 avril, 2018 |6 Commentaires »

2018-33. La cérémonie du Mandatum.

8ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

le Mandatum

Le lavement des Pieds Pierre-Paul Rubens

Pierre-Paul Rubens : le lavement des pieds.

Avant les réformes de 1955, la cérémonie du lavement des pieds, communément appelée « Mandatum » (comme pour beaucoup de dimanches, cette cérémonie a reçu ce nom en raison du premier mot latin de la première antienne qui y est chantée « Mandatum novum do vobis : Je vous donne un commandement nouveau ») a lieu au cours d’une cérémonie à part.
Traditionnellement, la Sainte Messe anniversaire de la Cène de Notre-Seigneur a lieu au matin du Jeudi Saint, et donc la cérémonie du « Mandatum » se trouve dans les missels après celle du dépouillement des autels, et elle est généralement célébrée à un autre moment de la journée bien séparé du reste des cérémonies de ce jour.

En principe, la cérémonie du « Mandatum » ne se déroule pas dans le sanctuaire ni devant l’autel majeur, mais plutôt dans le choeur – si celui-ci est distinct du sanctuaire -, dans une salle capitulaire, dans une sacristie ou dans quelque autre salle annexe de l’église.
Le décret « In una Urbis » du 22 mars 1817 précise même qu’on ne peut accomplir cette cérémonie dans l’église que si celle-ci est très vaste et peut offrir un endroit approprié hors de la vue de la chapelle du reposoir.
Ceci, redisons-le, parce que le lavement des pieds était accompli après la Sainte Messe, et donc après la procession au reposoir, et qu’il était bien évidemment hors de question que les mouvements particuliers au « Mandatum » troublassent en quelque manière le silence et le très grand recueillement qui doivent toujours règner auprès du reposoir.

L’indult autorisant la reprise des cérémonies de la Semaine Sainte selon l’usage antérieur aux réformes de 1955 accordé cette année par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, précisait néanmoins que ceux qui bénéficieraient de cette autorisation devraient toutefois se conformer aux prescriptions horaires des réformes pacelliennes : ainsi donc, à La Garde-Freinet, la Sainte Messe de la Cène avait lieu l’après-midi et non le matin, et c’est pourquoi la cérémonie du « Mandatum » dut, contrairement à l’usage antique, être célébrée antérieurement à la Messe, dans la matinée du Jeudi Saint.
De même, le transfet du Saint-Sacrement au reposoir n’ayant point eu lieu, le rite fut accompli dans l’église, mais en dehors du sanctuaire, parce qu’il n’y avait pas d’autre lieu assez vaste pour contenir le célébrant, ses ministres, les clercs et messieurs auxquels furent lavés les pieds, et les fidèles présents.

0 - début

Après la salutation à l’autel, le diacre va demander la bénédiction du prêtre pour ensuite chanter l’Evangile.

1 - bénédiction du diacre

Pour cette cérémonie, le célébrant est en chape violette mais ses ministres – diacre et sous-diacre – ont revêtu les ornements blancs, comme à la Sainte Messe, car le diacre va commencer par chanter l’évangile « Ante diem festum Paschæ » (Jean XIII, 1-15) de la Messe de la Cène, avec toutes les cérémonies ordinaires, l’évangéliaire étant tenu par le sous-diacre, et les deux acolytes portant leurs cierges allumés (alors que ceux de l’autel ne l’étaient point).

2 - chant de l'Evangile

Encensement de l’évangéliaire avant le chant de l’Evangile

3 - le célébrant baise l'évangéliaire

Et comme à la Sainte Messe, après le chant de l’Evangile par le diacre,
le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui le vénère par un baiser

Le célébrant dépose ensuite la chape, se ceint d’un linge, comme l’Evangile nous rapporte que le fit Notre-Seigneur, et il commence à laver les pieds de treize hommes – ici il y avait des prêtres, des religieux, les servants d’autel et quelques laïcs – qui avaient pris place sur des sièges préparés à cet effet sur le haut de la nef de l’église.

Pourquoi treize ?
Le nombre et la qualité de ceux dont on lave le pied ne sont pas précisés par les rubriques du Missel Romain, tandis que le Cérémonial des Evêques (livr. II, c. XXIV, nn. 2, 3 et 4) mentionne à plusieurs reprises le chiffre treize, tout en laissant une relative liberté pour ce qui touche à la qualité de ces personnes : pauvres, chanoines, ou autres.
Henri Adam de Villiers, toujours dans les excellentes études qu’il a publiées sur le site de la Schola Sainte-Cécile au sujet des réformes de la Semaine Sainte (cf. > ici), a relevé que, à Notre-Dame de Paris, Eudes de Sully (évêque de 1197 à 1208) avait institué qu’on laverait les pieds de cinquante pauvres le Jeudi Saint ; il note aussi qu’en certains endroits on lava les pieds d’une centaine d’hommes.
Mais revenons à la question de ce chiffre treize : il semble qu’originellement, conformément au fait que Notre-Seigneur a lavé les pieds de Ses douze apôtres, c’était à douze hommes que le célébrant lavait les pieds. Cependant l’usage est passé à treize à la suite d’un miracle dont bénéficia le pape Saint Grégoire le Grand : alors qu’il s’acquittait de ce rituel auprès de douze pauvres, on vit un jeune homme, que personne n’avait vu entrer, s’adjoindre à ces douze, et qui déclara être un ange envoyé du ciel pour montrer à Grégoire combien son geste était considéré par le Christ comme fait à Lui-même.
Le savant Benoît XIV et de nombreux liturgistes expliquent donc ce chiffre treize par le souvenir de ce miracle, mais il en est quelques uns qui pensent que le treizième serait le propriétaire du Cénacle qui aurait été joint aux apîtres le Jeudi saint, ou encore qu’il s’agirait de la représentation de Saint Paul, qui est un bien un apôtre, même s’il n’était pas présent à la Sainte Cène.

4 - lavement des pieds

Le célébrant lave le pied droit de chacun des treize hommes choisis pour l’accomplissement de ce sacramental

Le rite du lavement des pieds doit s’accomplir de cette manière : le célébrant se met à genoux devant celui dont il va laver le pied, comme fit le Christ, le sous-diacre tient le pied droit que le célébrant lave puis embrasse, ensuite le diacre essuie le pied avec une serviette.
Notons que seul le célébrant – qui figure le Christ – se met à genoux devant celui dont il lave les pieds – qui représente un apôtre. Pendant toute la durée du lavement des pieds, le chœur chante neuf magnifiques antiennes.

5 - lavement des pieds

6 - lavement des pieds

7 - lavement des pieds

Après qu’il a lavé le pied d’un homme, l’a essuyé et baisé, le diacre remet au prêtre une aumône : celui-ci la donne à celui auquel il vient de laver le pied qui lui baise la main.

8 - remise de l'aumône

Après quoi le célébrant, s’étant lavé les mains et ayant déposé le linge dont il s’était ceint, reprend la chape violette : il monte au coin de l’épître accompagné de ses ministres et il chante « Pater noster », mais celui-ci est ensuite continué tout bas, puis « Et ne nos inducas in tentationem » auquel tous répondent « Sed libera nos a malo ».  Suivent quatre versets et leurs répons, et enfin une oraison termine la cérémonie. 

9 - conclusion

Cette cérémonie n’est pas strictement ecclésiastique : de tous temps, pour obéir au commandement de Notre-Seigneur, et particulièrement le Jeudi Saint, les supérieurs ont lavé les pieds de leurs inférieurs, en particulier les rois, les princes et les prélats.
Dans les pages de ce blogue, j’ai rapporté « Le dernier Jeudi Saint de la monarchie très chrétienne » (cf. > ici). Il semblerait que cet usage fut introduit à la Cour de France par Robert II dit le Pieux (972-1031), fils de Hugues Capet.

Henri Adam de Villiers, toujours dans l’article sus-cité, nous précise : « Ainsi, à la cour de France, le Roi, la Reine et le Dauphin lavaient chacun les pieds de 13 pauvres chaque Jeudi Saint, Louis XIV avait commencé à pratiquer cette cérémonie à l’âge de 4 ans et le fit jusqu’à sa mort ».
Cet usage se maintint longtemps dans les cours chrétiennes (même protestantes). Dans son « dictionnaire pratique de liturgie romaine », Robert Lesage rapporte qu’en 1907, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph, lava les pieds à douze vieillards dont la somme totale des années de leurs âges était de mille ans !

Le « Mandatum », remis à sa place traditionnelle et multicéculaire, c’est-à-dire en dehors de la Messe de la Cène dans le cours de laquelle il perd en importance et en valeur symbolique, est un sacramental à part entière qui mérite bien une cérémonie spéciale pour lui tout seul.

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

A suivre :
La célébration de la Sainte Messe du Jeudi Saint > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 23 avril, 2018 |1 Commentaire »

2018-32. Des offices des Ténèbres, les trois derniers jours de la Semaine Sainte.

7ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

les offices des Ténèbres

Après leur pèlerinage du mercredi saint auprès des reliques de Sainte Roseline de Villeneuve (cf. > ici), Frère Maximilien-Marie et ses amis se trouvaient au seuil du Triduum Sacré, sommet de toute l’année liturgique, au cours duquel la Sainte Eglise actualise et revit les mystères de notre rédemption.

Au nombre des cérémonies les plus impressionantes des jeudi, vendredi et samedi saints, dans la liturgie latine traditionnelle, se trouvent les offices des Ténèbres.
Ainsi que je l’ai fait pour les saintes messes des lundi, mardi et mercredi saints (cf. > ici), je me contenterai d’un résumé et de la publication de quelques photographies.

Comme pour mes précédentes publications consacrées à cette célébration de la Semaine Sainte selon le rite antérieur aux réformes qui furent menées sous le pontificat de Pie XII, je vous renvoie une fois de plus aux excellentes publications réalisées par Henri Adam de Villiers sur le blogue de la Schola Sainte Cécile, et pour ce qui concerne les offices des Ténèbres à l’étude qu’il en a faite > ici.

1 - début office

Début de l’office des Ténèbres du jeudi saint.

Les offices des Ténèbres ne sont ni plus ni moins que les offices de matines et de laudes, qui sont le plus souvent accolés dans l’usage traditionnel.
Les matines commencent habituellement par le psaume XCIV, appelé invitatoire, suivi d’une hymne, puis, aux offices célébrés selon les rites doubles et semi-doubles elles sont divisées en trois parties, appelées nocturnes (on parle ainsi du premier, du deuxième et du troisième nocturne). Chaque nocturne est composé de trois psaumes avec leurs antiennes, puis de trois lectures (appelées leçons) précédées d’absolutions et de bénédictions et suivies d’un répons. Aux fêtes, les matines s’achèvent par le chant du Te Deum. Aux féries, vigiles et fêtes célébrées selon le rite simple, les matines n’ont qu’un unique nocturne composé de neuf psaumes, d’une absolution, de trois bénédictions et de trois leçons suivies chacune d’un répons.
Les laudes, elles, se composent de cinq psaumes avec leurs antiennes, suivis d’une lecture brève, d’une hymne, du cantique de Zacharie (Benedictus) et de l’oraison conclusive.
Avec leurs 15 psaumes, leurs hymnes, leurs lectures et leurs répons, matines et laudes constituent l’office le plus long du bréviaire.

Originellement, c’était un office célébré vers le milieu de la nuit – usage conservé dans certaines communautés monastiques – de sorte que les laudes s’achevassent au moment où la nuit pâlit.
Toutefois, pendant des siècles et sans que cela ne soit en aucune manière le fait du relâchement ou de la tiédeur, l’usage a finalement prévalu d’anticiper matines et laudes la veille, dans l’après-midi (un décret de la Sacrée Congrégation des Rites établissait qu’on pouvait réciter les matines du jour suivant à partir de 14 h) ou dans la soirée.

Les offices des trois derniers jours de la Semaine Sainte ont conservé la forme la plus primitive de l’office romain et se composent uniquement de psaumes, antiennes et répons : on y omet donc le verset d’introduction l’invitatoire, les hymnes, les absolutions et les bénédictions, et l’on ne dit pas le Gloria Patri à la fin des psaumes.

2 - extinction herse

Extinction du premier des 15 cierges du chandelier des Ténèbres à la fin du premier psaume

« Une cérémonie toute particulière marque le chant des offices des Ténèbres et contribue à conférer à celui-ci un caractère inhabituel : un grand chandelier – appelé triangle ou herse – est placé dans le chœur côté épître et porte 15 cierges de cire jaune. Après la reprise de chacune des antiennes de l’office (il y en a 15), on éteint un à un chacun des cierges, sauf le 15ème, qui symbolise le Christ, peu à peu délaissé par ses disciples (les 12 apôtres, Marie Madeleine & Marie de Cléophas) : à la reprise de l’ultime antienne, celle du cantique de Zacharie Benedictus, ce dernier cierge est placé sur l’autel le temps du chant de l’antienne, puis provisoirement caché derrière l’autel pour les ultimes prières : le Christus factus est, le Miserere et l’oraison finale Respice, de sorte que toute cette fin de l’office est célébrée dans l’obscurité totale (les six cierges de l’autel, qui encadrent la croix, ont été éteints lors des six derniers versets du cantique Benedictus). Une fois l’office terminé, le cierge symbolisant le Christ est replacé, toujours allumé, sur le chandelier de Ténèbres » (citation de l’article d’Henri Adam de Villiers référencé supra).

3 - herse et cierges autel

Le chandelier des Ténèbres, appelé « triangle » ou « herse » avec ses 15 cierges de cire jaune

« L’office des Ténèbres, écrit encore Henri Adam de Villiers, comprend 3 nocturnes et les laudes, comme aux jours de fête. Chaque nocturne comporte 3 psaumes avec antiennes, un verset, 3 leçons suivies chacune par un répons. Au premier nocturne, les leçons de Ténèbres sont tirées des Lamentations du prophète Jérémie, sur une mélodie particulière justement célèbre. Les plus grands compositeurs de musique sacrée d’Occident ont rivalisé pour laisser de très nombreux chefs d’œuvres sur le texte admirable de ces 9 leçons de Jérémie, ainsi que les 27 répons et même certains des psaumes de l’office des Ténèbres (le premier psaume était ainsi chanté en musique à la Cour de Versailles, le dernier de chaque premier nocturne fut mis en musique par Marc-Antoine Charpentier pour la Sainte-Chapelle, nous reviendrons plus loin sur le chant du Miserere final) ainsi que le Benedictus final (il était le plus souvent chanté en musique à la Chapelle royale de Versailles) : le prolixe répertoire musical qui a été composé au cours des siècles pour les 3 offices des Ténèbres est un vrai joyau de toute la culture européenne » (cf. référence supra).
Mais bien évidement, dans le cadre du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, ce sont les mélodies grégoriennes traditionnelles et non des compositions des âges baroques qui furent exécutées.

4 - deuxième nocturne

Première leçon du deuxième nocturne du vendredi saint

Lorsque l’office s’achève, 14 des 15 cierges du grand chandelier des Ténèbres ont été progressivement éteints, puis les 6 cierges de l’autel. Le dernier cierge allumé au sommet du triangle est emmené derrière l’autel si bien que l’office s’achève dans l’obscurité totale, comme cela a déjà été dit plus haut.
L’usage veut alors que l’on fasse un véritable vacarme en frappant sa stalle ou son livre : c’est le Tremblement, qui symbolise la confusion de la création à la mort de son Créateur et le tremblement de terre qui se produisit au moment où Notre-Seigneur expira.

« Le tremblement s’étant arrêté, le 15ème chandelier, qui symbolise le Christ lumière du Monde, dont la splendeur de la gloire qui sans s’éteindre fut éclipsée dans sa passion et sa mort, est enfin ramené de derrière l’autel et replacé en haut du chandelier, image de la lumineuse victoire de notre Sauveur sur les ténèbres de la mort par sa résurrection » (citation de l’article référencé supra
).

Cette cérémonie accomplie pendant des siècles faisait partie des rites les plus populaires du Triduum Pascal, étant particulièrement propre à marquer les imaginations et à susciter les sentiments qui conviennent à ces jours.

5 - Benedictus

Chant du cantique de Zacharie « Benedictus » au cours duquel les 6 cierges de l’autel vont être progressivement éteints

Si la réforme de 1955 n’a que peu touché aux textes eux-mêmes des offices des Ténèbres, elle ne les a toutefois pas totalement épargnés et l’on trouvera le détail de ces suppressions ou modifications dans l’article d’Henri Adam de Villiers que j’ai déjà largement cité dans ce compte-rendu.
A La Garde-Freinet, nous avons regretté que l’usage antérieur d’anticiper les offices des Ténèbres la veille au soir ne fut pas rétabli mais que la communauté bénédictine, qui récite habituellement les matines à 4 h puis les laudes à 6 h, ait placé les Ténèbres à 5 h du matin : ainsi, au lieu que l’office s’achevât dans l’obscurité – en pleine correspondance logique avec le nom de Ténèbres qui lui est attribué – se terminait-il au moment où la clarté du jour entrait dans l’église !

J’achève ici en faisant mienne la conclusion d’Henri Adam de Villiers, toujours dans l’article sus-cité, ces usages imposés en 1955 ont contribué « à détruire le symbolisme bouleversant de ces offices. Ces modifications vont contribuer à la décadence générale de cet office vénérable, quasiment oublié désormais dans les paroisses. Cette désaffection a entraîné l’oubli de pans entiers de la culture occidentale, par la perte du riche patrimoine musical associé au chant des Ténèbres : leçons, répons & Miserere sont devenues désormais au mieux de simples œuvres de concert ».

Lully.

A suivre :
La cérémonie du Mandatum > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 20 avril, 2018 |4 Commentaires »
12345...81

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi