Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2022-62. Il y aura toujours un avenir pour la monarchie, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale !

Vendredi 13 mai 2022,
Fête de Saint Robert Bellarmin, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Trois lys blancs

Ce vendredi, dans les premières heures de la matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le texte suivant qui, au-delà de l’aspect très circonstanciel des paroles qu’il retransmet, délivre une fois encore une grande leçon de Légitimité et manifeste tout-à-la-fois Ses droits pérennes à la Couronne de France et l’actualité de l’institution monarchique [nota : Nous nous permettons de retranscrire en caractères gras les passages les plus importants de cette prise de parole] :

J’étais présent jeudi dernier à New-York à la soirée de soutien de la Versailles Foundation, dirigée par notre chère Barbara de Portago.
Voici un extrait de mon discours :

« Je suis le Chef de la Maison de Bourbon, mais je n’habite pas un palais et je ne porte pas de couronne.
De par ma naissance, je suis l’héritier de la tradition monarchique française, fondée sur les Lois Fondamentales du Royaume.
Ces lois de succession des Rois de France désignent, génération après génération, l’héritier de la couronne : premier-né, mâle et de confession catholique.

Selon ces Lois, la monarchie est indisponible, et ni le Roi, ni aucun conseil ne peut abdiquer, ni nommer son successeur.
Ainsi, une continuité est donnée à la monarchie, résumée par l’expression française : « Le Roi est mort, Vive Le Roi ».

La monarchie française est l’oeuvre de mes ancêtres, elle a été façonnée par tous les Rois qui se sont succédé depuis Hugues Capet au Xème siècle, jusqu’à Charles X au XIXème siècle, sans interruption en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV et Louis XVI (qui a tant contribué à l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1787).

Bel héritage, aujourd’hui plus moral que matériel, qui me confère, des devoirs de tradition et de charité :
- Je participe à de nombreuses manifestations commémoratives en France et à l’étranger, liées à la mémoire de l’œuvre des Rois de France, mes ancêtres.
- Je témoigne des valeurs qui ont fait la France antique, telles que : la justice à l’image de Saint Louis, la paix sociale et la richesse du peuple avec Henri IV, la beauté et la culture magnifiées par Louis XIV.

Je ne peux pas conclure sans aborder la question qui préoccupe tout le monde. Y a-t-il un avenir pour la monarchie ? Il y en aura toujours, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale. Nous avons tous besoin de références claires.
Un tel patrimoine commun, partagé par toute la société civile, qui m’amène aujourd’hui à vous encourager, à faire vivre Versailles, et surtout à vous remercier de votre générosité, qui contribue à la splendeur d’un des plus beaux lieux du monde. »

Le Roi et la Reine à la soirée de la Versailles Foundation New-York 12 mai 2022

Leurs Majestés à la soirée de la Versailles Foundation à New-York

Trois lys blancs

2022-59. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la solennité et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 8 mai 2022, 2ème dimanche de mai :
Solennité liturgique et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc ;
Commémoraison de l’apparition de Saint Michel au Mont Gargan ;
Commémoraison de Marie, Médiatrice de toutes grâces ;
Commémoraison du 3ème dimanche après Pâques.

Armes de France & Navarre

   Quelques minutes après 7 h du matin (heure officielle), en ce deuxième dimanche de mai, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, qui a été très rapidement relayé des centaines de fois et chaleureusement commenté par les fidèles sujets de Sa Majesté.
Encore une fois, en quelques mots, notre Souverain légitime nous renvoie à l’essentiel et nous oriente vers les points de réflexion et d’action vers laquelle Il souhaite voir les Français accentuer leurs efforts :

    »En ce jour de la fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme, pensons à la Sainte et à la France. Après le terrible premier conflit mondial, Jeanne a été reconnue comme le symbole de l’amour et du dévouement que les Français peuvent et doivent porter à leur Patrie.
Les siècles et les années passent, Sainte Jeanne d’Arc demeure le modèle de la lutte sans cesse recommencée, pour la souveraineté et l’identité si nécessaires pour l’unité d’un Etat.

   Que Sainte Jeanne d’Arc continue à protéger la France ».

Statue Sainte Jeanne d'Arc Reims

2022-56. Rex autem prudenter tantum aperit orem : mais le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Samedi 30 avril 2022 ;
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici).

Ange du silence - Fourvière tour de la force - Jean Larrivée sculpteur

L’ange du silence
(sculpture de Jean Larrivé -1920 – pour la tour de la Force, basilique de Fourvière à Lyon)

   Il n’est pas rare que des personnes de sensibilité monarchique, ou se disant même légitimistes, expriment une forme de regret de ne pas entendre davantage la « voix du Prince » sur des sujets d’actualité.
Il en est même qui eussent souhaité que le Roi de droit s’exprimât à l’occasion de la campagne pour les élections pestilentielles, voire donnât des « consignes de vote » !!!

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   1) La première réponse qu’il faut apporter à ces plaintes, c’est que – nonobstant ce que prétendent ces critiques voilées – le Prince parle.

   1a – Bien évidemment, Il ne fréquente pas avec assiduité les plateaux des chaînes de télévision ni les émissions pendant lesquelles des journalistes et des « spécialistes » autoproclamés – ou présentés comme tels par leurs pairs -, s’écoutent longuement pérorer avec autant de complaisance que de suffisante superfluité : Dieu merci !
Il ne court pas non plus après les journalistes afin de donner Son avis sur tout et « faire le beuze » à tous moments sur les réseaux sociaux : Dieu merci !
Néanmoins, chaque fois que Sa Majesté estime devoir communiquer quelque chose, Elle le fait, par le moyen de Ses propres canaux de communication : comptes officiels Twitter et Facebook, et site tout aussi officiel > ici.
Ainsi donc, toute personne qui veut savoir ce que notre Prince dit et publie le peut, sans avoir à déployer une énergie ou des moyens extraordinaires. Il suffit juste de le vouloir.

   1b – Notons-le bien, le Roi s’exprime par devoir, et non par fantaisie égocentrée ou volonté de mettre Sa Personne en avant ; et à chaque fois Ses messages gardent une forme de sobriété, renvoyant, de manière explicite ou allusive (car beaucoup de choses sont dites « entre les lignes » pour qui a l’intelligence d’y prêter attention), à la sage et prudente doctrine royale traditionnelle avec ses siècles d’expérience.
Si certaines personnalités profitent de tous leurs déplacements en avion pour mettre en scène la diffusion de leurs opinions plus ou moins orthodoxes (ainsi n’a-t-on jamais eu autant de « paroles en l’air » au sens propre comme au figuré), plutôt que de prêcher la doctrine traditionnelle depuis la chaire de vérité, notre Souverain Légitime fait, Lui, preuve d’une exemplaire sagesse et sobre pondération.
Cela ne donne que davantage d’importance à Ses messages.

   1c – Evidemment, ceux qui, selon l’expression de Saint Paul, sont atteints de prurit aux oreilles (cf. 2 Tim. IV, 3), s’en trouvent déçus et vont se plaindre de ne pas avoir de « nouveautés » à colporter, tandis que ceux qui ne sont qu’en quête de sensationnel ruminent leur déception.
Mais où a-t-on vu que la vérité se trouve dans la nouveauté ?
Pour toute personne de bonne volonté, qui fait marcher un minimum son intelligence et ses capacités de réflexion, et plus encore son esprit surnaturel animé par la grâce divine (car notre Monarque de droit Se montre digne de Son titre de Roi Très Chrétien et, sans faire de « sermons » puisque ce n’est pas dans S
es attributions, renvoie toujours aux valeurs spirituelles, à la foi catholique, et très souvent à l’exemple et l’intercession des saints), ces messages de notre Prince peuvent être à chaque fois l’objet de réflexions profondes, et même de méditations.

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   2) N’en déplaise à ceux qui baignent avec délices dans une société où l’on parle et communique à tout bout de champ à propos de tout et de n’importe quoi, il demeure important que la parole du Roi soit relativement rare et concise.

   2a – La fonction royale elle-même ne s’en trouve que mieux et n’en acquiert que davantage de force dans son rayonnement.
Laissons aux présidents de la république et à leurs ministricules ces interminables allocutions que les journalistes nous annoncent « solennelles », mais qui n’ont en guise de solennité que la prétention à vouloir imposer à tous leurs opinions mortifères, encadrée par les accents pompiers d’un chant sanguinaire…

Les présidents prétendent convaincre et emporter l’adhésion à leur politique hasardeuse par la rhétorique et la séduction. Le Roi, Lui, ne prétend à rien : simplement, Il est !
Le droit dynastique, la force de la coutume, les Lois fondamentales du Royaume, et Sa naissance font de Lui le Roi, malgré deux siècles d’usurpation et de gouvernements illégitimes : Sa seule présence, le seul fait qu’Il soit là pour maintenir la Légitimité et rappeler les principes pérennes de la monarchie catholique suffisent. Il est !
Ses déclarations, toujours bien ciblées, en des occasions précises, se suffisent et suffisent à Ses sujets loyaux et aimants. Il n’est pas candidat à une élection, Il ne prétend à rien, Il n’a pas à présenter un « programme » : Il est !
En Lui reposent le Droit et le dépôt sacré de la France véritable née dans les fonts baptismaux de Reims, et près de treize siècles de civilisation chrétienne et de gloire témoignent en Sa faveur ; cela vaut tous les arguments
.

   2b – Les silences eux-mêmes de Sa Majesté sur certains sujets d’actualité, où les esprits tordus par deux siècles de révolution institutionnalisée seraient à l’affût de tout ce qui s’éloigne du prêt-à-penser médiatique afin de soulever ensuite contre Elle des indignations de pintades apeurées, sont des leçons plus éloquentes que des prises de parole.
La Légitimité ne gagnerait rien à des interventions qui seraient relayées de manière tendancieuse par des journalistes qui ne cherchent qu’à créer de l’agitation. La Légitimité ne veut pas créer de troubles à l’ordre public, à la manière des syndicats, ou comme le firent les « ligues » et les maurassiens dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale. La Légitimité a pour vocation de rétablir en France le pouvoir légitime dans ses fondements naturels et non d’accroître le désordre. Ainsi que l’a merveilleusement exprimé Joseph de Maistre : « La contre-révolution n’est pas une révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution ».
Ceux qui attentent à l’ordre public aujourd’hui, ce ne sont pas les légitimistes, mais les républicains eux mêmes avec l’anti-éducation, la manipulation des cerveaux, les conditionnements psychologiques et politiques inspirés par les Loges, la défiguration de l’histoire, l’entreprise plus que jamais subversive et violente d’aliénation de notre France, avec toutes les conséquences désastreuses qui en résultent pour les Français !

   2c - « Le silence est un ami qui ne trahit jamais », disait Confucius.
La Légitimité progresse, malgré tout : elle ne le fait pas à la manière de ces partis politiques républicains qui apparaissent en se parant de noms ronflants, et connaissent une croissance comparable à celle des champignons de « L’Etoile mystérieuse » - dans les indémodables albums de notre bon vieux Tintin – avant d’exploser.
La Légitimité progresse dans la discrétion et la profondeur, à la manière du grain de sénevé donné en exemple par Notre-Seigneur Lui-même. Elle progresse lentement, mais sûrement, fondée sur les bases solides de la tradition monarchique multiséculaire, dont Sa Majesté témoigne avec constance et sérénité dans Ses messages ; elle progresse sans avoir besoin des artifices de la politique politicienne ; elle progresse en dehors du bruit et de l’agitation savamment entretenue par la superficialité des médias.
« Bonum est praestolari cum silentio salutare Dei : Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu ». Le Saint-Esprit nous l’affirme par la bouche du saint prophète Jérémie (Thren. III, 26). Voilà pourquoi la parole du Roi demeure rare et sobre, voilà pourquoi le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Que Dieu garde, protège et inspire toujours Sa Majesté le Roi Louis XX !

Couronne

2022-55. Réponse de Sa Majesté le Roi aux vœux reçus à l’occasion de son anniversaire.

Mardi 26 avril 2022 ;
Fête de Notre-Dame du Bon Conseil (cf. > ici).

Ce mardi 26 avril, en milieu de journée, Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a tenu à remercier – par le moyen des réseaux sociaux – toutes les personnes qui, ce 25 avril, à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance, lui ont adressé des messages d’amitié, d’affection, de loyale et sincère dilection, contenant très souvent l’expression de leur fidélité et de leur espérance.

La réponse donnée aujourd’hui par Sa Majesté est pleine de sagesse et, en quelques mots sobres, est encore une fois lourde de graves et belles leçons, politiques autant que spirituelles.  

Louis XX

Je vous remercie chaleureusement pour les nombreux messages que j’ai reçus à l’occasion de mon anniversaire hier.

Comme vous le savez sans doute, je suis né exactement 760 ans, jour pour jour, après Saint Louis, modèle des gouvernants.

Au quotidien, nous voyons tous combien en politique, et plus largement pour toute action humaine, sans la transcendance et le regard tourné vers Dieu, ce qu’avait incarné en son temps Louis IX et qui lui a valu d’être canonisé, il est bien difficile de « raison garder ».
Sans rendre à Dieu ce que l’on rend aussi à César, il est difficile de trouver le bien commun. Les égoïsmes des individualismes des uns et des autres ont tôt fait de faire perdre à la société ses finalités. Nous le voyons trop actuellement avec notre monde qui a oublié nombre de ses repères traditionnels, préférant le relativisme à la Vérité.

Armes de France & Navarre

 

2022-54. De la condition du pape et du roi.

Lettre mensuelle aux membres et amis de la
Confrérie Royale

- 25 avril 2022 -

armoiries confrérie royale

De la condition du pape et du roi

            Il fut un temps, heureux temps, où le chrétien pouvait s’appuyer sur les deux piliers du pape et du roi, non point qu’il eût constamment les yeux rivés vers deux personnages dont il ne savait que peu de chose, mais il savait qu’il pouvait faire confiance à leur autorité, dans leur domaine respectif, car toute autorité devait rendre des comptes à Dieu directement. Le Vicaire du Christ et le Lieutenant du Christ, même parfois opposés violemment, avaient bien conscience que leur parole n’aurait de prix que si obéissant à Celui qui les avait revêtus d’une puissance passagère et d’une autorité qui ne relevait point de leurs vertus.

Ce que saint Thomas d’Aquin écrivit au sujet de la royauté s’applique aussi, avec quelques nuances, à la papauté car chacun de ces princes ont la charge d’une partie de l’humain mais pour l’élever plus haut. Il souligne bien que la voie de la béatitude doit être dégagée de ses obstacles par l’enseignement de l’Église, mais que le roi, à l’image de la royauté décrite dans le Livre du Deutéronome (XVII. 18-19), doit recevoir et méditer chaque jour la loi divine pour gouverner et mener le peuple dans la droiture et la vérité : « Instruit donc par la loi divine, le roi doit principalement se préoccuper de la manière dont la multitude qui lui est soumise mènera une vie bonne. Cette préoccupation se divise en trois points : premièrement, instituer la vie bonne dans la multitude qui lui est soumise ; deuxièmement, celle-ci instituée, la conserver ; troisièmement, celle-ci conservée, la conduire vers une plus haute perfection. » (La Royauté, Livre II, Chapitre 4, a. 4) Ce triple et unique souci doit être partagé aussi par le pape, à un niveau encore plus haut puisqu’il s’agit de la vie intérieure et de foi, mais la préoccupation est similaire et une identique fidélité à cette mission est exigée de lui comme du roi, chacun dans son ordre. Si l’une ou l’autre autorité vient à manquer, l’édifice est ébranlé ; si les deux sont défaillantes et ne répondent plus à leur charge, tout risque bien de s’écrouler, et bien des âmes sont victimes de cette faiblesse. Deux conditions sont donc nécessaires pour mener une vie bonne : agir selon la vertu, comme le disait déjà Pierre Lombard : « La vertu est en effet ce par quoi on vit bien » (Sententiæ, II, d. 27, c. 1) ; et, secondairement, puisque cette condition est instrumentale : posséder des biens corporels suffisants pour pouvoir mettre en pratique des actions vertueuses, comme l’indiquait déjà Aristote dans son Éthique à Nicomaque (I, 9, 1098-1099). Pour que cette vie bonne de la multitude puisse être instituée, il est nécessaire que règne l’unité de la paix, ensuite que l’ensemble soit dirigé vers l’action bonne, et enfin, que le souverain veille à ce qui est suffisant, dans tous les ordres, pour une vie bonne. Après l’institution, premier devoir des dirigeants, vient le temps de la conservation. Le Docteur angélique signale qu’il y a trois obstacles à la permanence du bien public : le bien ne doit pas être ponctuel mais permanent, autant que faire se peut, car les hommes ne durent pas et leur constance est inégale tout au long de leur vie ; le deuxième obstacle provient de la perversité de la volonté qui néglige ce qui est nécessaire ou même qui nuit directement à la paix de la multitude ; enfin le troisième obstacle provient de l’adversité extérieure lorsque la paix est détruite par des invasions, des guerres, des destructions. Face à ces périls, le roi, ou le pape, prendra un triple soin : bien choisir les hommes et veiller à leur remplacement pour les différents offices du bien commun ; édicter des lois, des règlements, des récompenses, des punitions qui empêchent de commettre l’iniquité et qui encourage aux actes vertueux ; et protéger des ennemis extérieurs. Quant à la troisième préoccupation des souverains, elle sera celle de veiller au progrès en corrigeant les erreurs, les désordres, le but étant de toujours parfaire ce qui existe dans ce domaine. Nous renvoyons pour le détail à ce beau traité de saint Thomas.

            Comme nous le précisions, ce qui s’applique au roi temporel est d’autant plus valable pour le souverain pontife,  et  nous comprenons aisément que la responsabilité qui incombe au successeur de Pierre met en jeu son propre salut. Saint Bernard, écrivant à son ancien moine devenu le pape Eugène III, le mettait en face de ses devoirs écrasants : « Vous avez été élevé par la Providence à un poste bien plus haut que celui où vous étiez, mais non pas plus sûr. C’est quelque chose de terrible que ce lieu-ci : oui le lieu où vous êtes est une terre toute sainte. C’est la place de Pierre, c’est la place du Prince des Apôtres, de celui que le Seigneur a établi maître de sa maison et intendant de tous ses biens. Si par malheur vous venez à vous écarter de la voie du Seigneur, souvenez-vous que celui dont vous tenez la place a été enseveli dans le même lieu afin de s’élever et de servir de témoin contre vous. » (Lettres, CCXXXVII) Le même saint Bernard indiquera ailleurs que l’humilité doit être la pierre précieuse la plus brillante parmi les ornements pontificaux car l’humilité doit s’élever en qualité au même titre que l’élévation dans la dignité, la domination mondaine étant interdite aux Apôtres ( De consideratione, Livre II, Chapitre 6). Il invite aussi le pape à une grande sagesse de gouvernement, lui conseillant une immense réserve et donc la modération dans ses propos et ses déclarations, à partir de ce principe : « Il y a plusieurs choses que vous ne devez pas savoir. Il y en a encore plus que vous devez dissimuler, et il y en a quelques-unes dont vous ne devez point vous souvenir. » (De consideratione, Livre IV, Chapitre 6) Le grand moine ne manque pas non plus déloges lorsque le pontife est digne du trône qu’il occupe sans abus de sa part : « C’est le Grand Prêtre, le Pontife souverain, le Chef des Évêques, le successeur des Apôtres ; c’est un autre Abel par la primauté, un autre Noé par le droit de gouverner l’Arche, un autre Melkisédech par le rang qu’il tient entre les Prêtres du Dieu vivant, un autre Abraham par la qualité de Patriarche. Il réunit en sa personne la dignité d’Aaron, l’autorité de moïse, la judicature de Samuel, la puissance de Pierre, l’onction de Jésus-Christ. Enfin, c’est le Pasteur universel, non seulement des brebis, mais des Pasteurs mêmes. » (De consideratione, Livre II, Chapitre 8)  

            Ces quelques rappels sont proposés pour nous aider à garder la paix intérieure lorsque, d’aventure, nous sommes soudain orphelins ou amputés à cause de la faillite de telle ou telle autorité. L’édification de la cité terrestre ne va pas sans heurts, et notre pays souffre aujourd’hui d’erreurs au moins deux fois centenaires. L’Église n’est pas en bonne santé car elle ne répond pas pleinement à sa mission. Il n’empêche que tous les éléments sont encore en place et disponibles pour que les princes des deux ordres, chacun en son domaine, retrouvent un zèle et une foi indéracinables. Notre Seigneur a vaincu. Ne nous laissons pas abattre par des pensées tristes et par le découragement humain.

                                               P. Jean-François Thomas s.j.
                                               Samedi saint
                                               16 avril 2022

Mosaïque du Triclinum Leoninum VIIIeSiecle - ancien palais du Latran

Détail de la mosaïque de l’abside du « Triclinum leoninum » (VIIIème siècle) dans l’ancien palais pontifical au Latran :
Le Christ remet à Saint Sylvestre 1er les clefs de Saint Pierre, et le labarum à l’empereur Saint Constantin 1er le grand.

2022-53. Message de Sa Majesté le Roi après l’attentat contre un prêtre à Nice ce dimanche 24 avril 2022.

Dimanche de Quasimodo 24 avril 2022.

Ce dimanche matin 24 avril 2022, dans l’église Saint-Pierre d’Arène, à Nice, au moment de la célébration de la Messe paroissiale, un individu d’une trentaine d’années a porté un assez grand nombre de coups de couteau au thorax du vicaire d’origine polonaise, le Père Krzyzstof (Christophe) Rudzinski ; une vierge consacrée de la paroisse, Sœur Marie-Claude, qui a tenté de s’interposer, a elle aussi été blessée, à la main, mais sans trop de gravité. Le prêtre a été transporté au CHU Pasteur, de Nice. Dans l’après-midi il a été annoncé que le pronostic vital du prêtre n’est pas engagé. Quant à l’agresseur, il s’est rendu aux forces de l’ordre sans que ces dernières n’aient eu besoin de faire usage de leurs armes ; il a été placé en garde à vue. On parle de troubles bipolaires et de déséquilibre psychique. D’après une source policière, l’homme aurait spontanément déclaré à la Police qu’il est de confession juive et que, en ce jour d’élections, il voulait tuer Emmanuel Macron, mais qu’il s’était finalement rabattu sur une église…

Eglise Saint-Pierre d'Arène Nice 24 avril 2022

Secours et forces de police autour de l’église Saint-Pierre d’Arène, à Nice,
ce dimanche de Quasimodo 24 avril 2022 après l’attentat contre le Père Krzyzstof Rudzinski.

Après avoir appris cet attentat sacrilège contre l’ecclésiastique, Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a aussitôt publié ce communiqué par l’intermédiaire des réseaux sociaux :

Je viens d’apprendre avec une immense tristesse qu’un prêtre et qu’une religieuse ont été poignardés à plusieurs reprises dans l’église Saint-Pierre d’Arène de Nice.

J’adresse mes pensées et mes prières pour le Père Christophe et la Sœur Marie-Claude qui ont été pris en charge par les pompiers, leurs proches et toute la communauté catholique.

Grandes armes de France

2022-51. Message royal à l’occasion de la fête de Pâques.

Dimanche de Pâques au soir, 17 avril 2022.

Vers le milieu de cet après-midi du dimanche de Pâques, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le bref message suivant à l’adresse des Français.
On sent, par la brièveté même de ce message, que notre Souverain légitime veut éviter de gloser sur certaines actualités à la manière des commentateurs politiques qui enfoncent les portes ouvertes du prêt-à-penser avec lequel on façonne la prétendue opinion publique… En revanche en trois phrases courtes, notre Prince ramène les choses à l’essentiel, et même à l’Essentiel.

Armes de France & Navarre

Je vous adresse mes vœux de joyeuse fête de Pâques.

Qu’ils soient pour tous les Français l’occasion d’espérer et d’aimer et pour chaque chrétien, l’Esperance retrouvée dans le Christ qui a sauvé le monde.

Gardons dans nos prières les chrétiens persécutés du monde entier.

Louis XX octobre 2021

2022-47. La Sainte Messe vécue à l’intention de la France.

   En rangeant des livres anciens récemment acquis pour la bibliothèque du Mesnil-Marie, j’ai trouvé à l’intérieur de l’un d’eux, servant de marque-page, un feuillet jauni, imprimé, sans illustration, en-tête duquel sont écrits ces mots : « A la Messe ! A la Messe ! Pour la France ! ». Il a reçu l’imprimatur de l’évêché de Montpellier le 19 mars 1936 et il était diffusé par l’ « Oeuvre de propagande du Sacré-Cœur » à Lyon. Son texte est signé d’un pseudonyme : Fidelis.
Plus de huit décennies plus tard, ce texte garde une profonde actualité, j’ai donc résolu de le recopier ici dans son intégralité.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifixions avec anges

A la Messe ! A la Messe !
Pour la France !

   Il semble que nous arrivions à une de ces heures critiques dont Bossuet disait : « Dieu tient en Ses mains les rênes de tous les empires et Il donne aux peuples, quand il Lui plaît, de grandes et terribles leçons. »

   Souvenons-nous que l’humanité a toujours eu recours aux sacrifices pour obtenir son pardon. Dieu, sous Moïse, en avait fait une loi : « Si quelqu’un a péché, qu’il prenne dans le troupeau une jeune brebis ou une chèvre qu’il offrira, et le prêtre priera pour lui et pour son péché… et il lui sera pardonné » (Lev. V, 6).
Si ces sacrifices (qui n’étaient que l’ombre du nôtre) avaient le pouvoir d’obtenir le pardon, que dire de la Sainte Messe ? « Par l’oblation du Saint Sacrifice, déclare dès le second siècle le pape Alexandre Ier, le Seigneur est réconcilié et nous pardonne la multitude de nos péchés » – et Saint Thomas, de son côté, nous dit que « l’effet propre du Sacrifice de la Messe est de nous réconcilier avec Dieu ».

   Pour crier miséricorde il nous faut la voix puissante de Jésus ! Pour obtenir notre pardon il nous fait Sa prière et Ses immolations, s’interposant entre la Justice de Dieu et les péchés de la France ! Nous ne savons combien de Saints-Sacrifices – et de sacrifices personnels – seront nécessaires pour réparer l’innombrable multitude des péchés de la Patrie, mais nous savons qu’à chaque Messe entendue, et surtout célébrée pour elle, le Seigneur signe avec Son Sang l’expiation d’une part de ces péchés, connus de Lui, et que nous faisons ainsi, pour son salut, un grand travail !

   Vous qui aimez les âmes et voulez les sauver, vous qui aimez votre Pays et voulez le servir, tentez, de grâce, un grand effort de Messes pour la France, remises aux mains de Marie notre divine avocate, en l’honneur des Saintes Plaies de Jésus et de sa douloureuse Compassion elle-même !
Ce serait une excellente pensée, pendant ces Messes célébrées ou entendues en son honneur – qui lui donneront une nouvelle puissance auprès de Dieu – de redire, avec de telles supplications qu’elle n’y puisse résister, la prière très efficace : « Auguste Reine des Cieux et Maîtresse des Anges… » (cf. > ici).
Excellente pensée pensée aussi de propager de toutes nos forces et de redire avec toute notre foi le puissant « Exorcisme de Saint Michel », car c’est lui que, sur l’ordre de Dieu, la Reine des Anges enverra chasser les démons pour établir enfin, sur la terre purifiée, le Règne du Sacré-Cœur.

   Qu’un immense réseau de prières et de Saints Sacrifices enserre tout le sol français en cette période redoutable ! Pour amener, chaque jour, au pied des autels tous ceux qui peuvent entendre l’appel de la Patrie chrétienne, faisons de généreux efforts ! Pour faire célébrer des Messes en réparation des crimes de la France, soyons généreux !
Enfin, heureux habitués de la Messe quotidienne et de la Sainte Table, réveillons notre ferveur pour les Saints Mystères en y associant le souvenir de la France.
   Comment ? Par un moyen aussi simple qu’efficace. Les admirables prières de la Messe peuvent facilement s’accompagner de l’intercession pour la Patrie. Prenons notre missel, et marquons d’une croix les passages susceptibles de cette addition. Voici quelques exemples qu’il serait facile de multiplier.
Au Confiteor : « Je supplie la Bienheureuse Marie toujours vierge, le Bienheureux Archange Michel… etc. de prier pour la France et pour moi le Seigneur notre Dieu ». – A l’appel répété du Kyrie : « Ayez pitié de nous, ayez pitié de la France! » – A l’oblation de l’Hostie : « Recevez, ô Père Saint… cette Hostie sans tache que je Vous offre… pour mes péchés, pour les péchés de la France ! »
Et ainsi de suite. Faites vous-même ce travail personnel plein d’intérêt.
A l’Elévation, une prière ardente où la Patrie ait sa part : « Hostie pure, Hostie sainte, Hostie immaculée, ayez pitié de nous, pardonnez-nous, sauvez-nous, ayez pitié de la France, pardonnez à la France, sauvez la France ! » avec un fervent Parce Domine !
Au Pater : « Que Votre Nom soit sanctifié surtout en France ! Que Votre Règne arrive surtout en France… etc » – Insistons sur le Libera nos : la paix à la France, ô mon Dieu ! – Crions trois fois à l’Agneau de Dieu : « Ayez pitié de la France ! » – Enfin supplions Jésus et Sa Mère, dans notre communion, d’implorer pour elle les miséricordes du Père !

   Si, en plus, nous prions ardemment Jésus présent en nos cœurs qu’Il inspire à Ses prêtres de mettre en toute ferveur la France dans leur memento quotidien, à toutes Ses âmes religieuses d’intensifier leur prière pour la France, nous aurons bien travaillé pour elle !

   Il ne nous restera plus qu’à faire pénitence – toujours pour elle ! 
La France a terriblement offensé Dieu, la France doit expier.
Pour payer ces dettes, Jésus S’adresse à Ses amis, à ceux qui savent, comme Saint Paul, « accomplir en leur chair ce qui manque à la Passion du Christ », la part de souffrances que Ses disciples doivent nécessairement offrir.
Heureuses les âmes qui, en ces mois décisifs, entendent l’appel à la pénitence du Sauveur dans l’Evangile, de Marie à Lourdes !
L’arme à double tranchant de la prière et de la pénitence nous donnera la victoire, à l’heure de Dieu et par Ses moyens à Lui !
nulle prière, nul sacrifice ne se perd : tout concours au triomphe final !

Fidelis.

Imprimatur :
Montepessulano, die 19 Martii 1936.
P. Castel, v.g.

Coeur de Jésus, sauvez la France !

2022-36. L’engagement d’ecclésiastiques pour la royauté chrétienne est-il donc si incongru et si difficile à comprendre ?

Saint Bernard prêche la croisade - Vézelay 31 mars 1146 - Emile Signol

Saint Bernard de Clairvaux prêchant la croisade à Vézelay le Saint Jour de Pâques 31 mars 1146
en présence du Roi Louis VII et de la Reine Aliénor
Tableau d’Emile Signol (1804-1892)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   A plusieurs reprises, des prêtres ou des religieux, avec lesquels j’ai des relations sinon cordiales du moins bienveillamment urbaines, m’ont exprimé des réserves ou des remarques teintées de reproche au sujet de mes engagements et de mon militantisme légitimistes. Souvent, alors qu’eux-mêmes au for interne ont des sympathies royalistes, ils se faisaient les échos polis de critiques entendues. En définitive, à les entendre, un ecclésiastique se devant « être tout à tous », selon l’expression de Saint Paul (cf. 1 Cor. IX, 22), ne pourrait pas être connu pour ses « opinions politiques » : « Mon Frère, vos convictions très tranchées et, à l’occasion, votre prosélytisme – par vos écrits, par vos conférences et par beaucoup de vos actions – peuvent avoir quelque chose de carrément choquant pour nombre de personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise catholique. Celle-ci reconnaît désormais la république et a tourné la page de la royauté, avec laquelle elle a été jadis très (trop) liée. Léon XIII a prôné le « ralliement » : la sagesse de notre Eglise et de nos chefs spirituels nous demande de nous soumettre à cette attitude pragmatique, quelque légitimes que puissent par ailleurs être votre sensibilité et vos aspirations… »
En ces quelques phrases, j’ai résumé ce que j’ai entendu en d’assez nombreuses occasions.

Convaincu de ne pas être le seul à avoir dû faire face à de semblables objections, j’en parle aujourd’hui à seule fin de permettre à ceux auxquels on a fait le même genre de remarques de connaître les réponses que j’y donne : les fidèles laïcs eux-mêmes, me semble-t-il, y trouveront d’ailleurs aussi des arguments expliquant leur conduite, ou leur permettant de défendre les ecclésiastiques légitimistes qu’ils connaissent et dont, en leur présence, on critiquerait la conduite. 

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1) Nul ne trouve inconvenant ou déplacé qu’un prêtre ou un religieux parle de morale et rappelle les principes de celle-ci.
Or la morale n’est pas seulement une affaire individuelle : l’homme étant « un animal social et politique », la morale a nécessairement une dimension politique. La morale naturelle (accessible par la raison seule), qui étudie les comportements humains dans leur recherche du bonheur, a pour fondement la quête du bien commun. La morale personnelle et la morale familiale sont ordonnées à la politique.
Dans leur mission d’enseigner et de guider les âmes, les ecclésiastiques ont donc un vrai devoir d’éducation politique, non seulement en faisant connaître et en expliquant les préceptes de la morale surnaturelle (celle que Dieu a fait connaître par la Révélation), mais aussi en transmettant les fondements de la morale naturelle : en saine théologie, le surnaturel, comme l’indique son nom, vient se greffer sur l’ordre naturel qu’il complète et transcende. Si les fondements naturels font défaut, l’édifice surnaturel sera fragile et bancal.
« Vouloir tirer une ligne de séparation entre la religion et la vie, entre le surnaturel et le naturel, entre l’Église et le monde comme si l’un n’avait rien à faire avec l’autre, comme si les droits de Dieu ne s’appliquaient pas à toute la réalité multiforme de la vie quotidienne, humaine et sociale, est parfaitement contraire à la pensée chrétienne, et c’est nettement antichrétien », enseignait le Vénérable Pie XII (22 janvier 1947), et l’on pourrait multiplier les citations du Magistère authentique déclinant cette affirmation et ses conséquences.
Il n’y a donc rien d’inconvenant, tout au contraire, à ce que les prêtres et les religieux soient actifs et zélés pour rappeler et enseigner les bases et les règles d’une politique sainement ordonnée à la fin naturelle et surnaturelle de l’homme.
Comme le disait le Pape Saint Pie X : « Nous ne nous cachons pas que nous choquerons quelques personnes en disant que nous nous occupons de politique. Mais… le Souverain Pontife, investi par Dieu d’un magistère suprême, n’a pas le droit d’arracher les affaires politiques du domaine de la foi et des mœurs » (allocution Primum vos, du 9 novembre 1903). Cela est vrai aussi, en conséquence, des ecclésiastiques qui veulent être fidèles au mandat divin de l’Eglise catholique.

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2) « Mais, me direz-vous, cela ne signifie pas qu’il faille prôner un modèle politique particulier, en l’occurrence celui de la monarchie traditionnelle de droit divin, ainsi que vous le faites ! »
« Non, il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et en législateur, on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et de la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et l’impiété : omnia instaurare in Christo » (Saint Pie X, lettre « Notre charge apostolique », du 25 août 1910).
Or en France la civilisation chrétienne a été fondée et s’est développée sur l’alliance établie dans les fonts baptismaux de Reims au baptême de Clovis.
Véritablement, l’établissement de la royauté chrétienne en France a été voulu et suscité par la divine Providence, et l’ordre social chrétien s’est épanoui sous une monarchie qui est arrivée à sa plénitude avec les Capétiens.
Tout ce qui est arrivé ensuite, avec et à partir de la révolution, n’a été fait qu’en opposition avec l’alliance de Reims, en opposition avec l’ordre social chrétien.
Certes, toutes les institutions terrestres et toutes les sociétés ont leurs imperfections, et leurs dirigeants ne sont pas toujours exemplaires en tout (même dans l’Eglise). Cependant ce ne sont pas les imperfections de l’Ancien Régime que les révolutions de 1789 et de 1830 ont combattu, mais tout au contraire elles ont abattu et combattu jusqu’en ses fondations ce qui rapprochait le plus sa société de la perfection morale naturelle et surnaturelle à laquelle elle tendait, malgré les imperfections des hommes.
Ainsi que l’écrit encore Saint Pie X : « Qu’ils soient persuadés que la question sociale et la science sociale ne sont pas nées d’hier ; que de tous temps l’Église et l’État, heureusement concertés, ont suscité dans ce but des organisations fécondes ; que l’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé et qu’il lui suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires, ni novateurs, mais traditionnalistes » (lettre « Notre charge apostolique », du 25 août 1910). 

Blogue vœux 2022 14

3) Ayant la conviction profonde, selon l’enseignement des Saintes Ecritures (cf. Jac. I, 17), que lorsque Dieu veut et établit quelque chose Il le fait selon des desseins immuables, nous avons la certitude qu’Il ne change pas – par caprice ou par simple amour de la variété – Ses plans sur les nations et les peuples, qui, ainsi que le rappelait le futur Pie XII le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris : « (…) les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation » (Discours sur la vocation de la France – voir > ici).
Il n’est absolument pas possible de voir dans la révolution de 1789 et dans toutes ses conséquences (dont fait partie l’avènement d’une république laïciste dirigée – quels que soient les partis au pouvoir et la couleur des gouvernements qui se succèdent – par la franc-maçonnerie) une correspondance et une continuité avec les plans de Dieu sur la France tels qu’ils ont été manifestés depuis le baptême de Clovis, et à travers la « gesta Dei per Francos ».
La légitimité d’un régime ne lui est pas conférée par le fait qu’il dure depuis quelque deux siècles : elle lui est donnée par sa conformité à l’ordre moral naturel et surnaturel, et par les circonstances historiques à travers lesquelles Dieu a clairement manifesté Ses volontés.
En France, la république est le fait d’une usurpation qui perdure et qui s’aggrave avec les années : elle est illégitime ! Ses principes sont blasphématoires et impies ; ses fondations sont la révolte contre Dieu et Ses desseins ; ses fruits sont une cascade de sacrilèges et d’abominations, de lois injustes et de pratiques immorales.
Il faut une dose impressionnante d’incohérence et de confusion pour prétendre à une continuité entre le baptême de Clovis, la haute stature de Saint Charlemagne, la politique de Hugues Capet et de ses successeurs, le rayonnement universel de Saint Louis, l’épopée de Sainte Jeanne d’Arc, l’action réconciliatrice d’Henri IV et l’apogée de civilisation atteinte sous l’impulsion de Louis XIV d’une part, et les prétendus « immortels principes de 89″, la boursouflure napoléonienne, l’engrenage de désordres et d’injustices semés par la France républicaine dans le monde entier au cours des XIXe et XXe siècles, et encore en ce début de XXIe siècle !

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4) « Mais le régime républicain est un fait, et nous sommes bien obligés d’en tenir compte et d’agir avec… »
Oui, c’est un fait ! Mais un fait comparable à celui du péché…
Lorsqu’un prêtre reçoit au confessional des pénitents qui viennent égrener la liste de leurs manquements aux commandements de Dieu et de l’Eglise, et leurs fautes contre les vertus, il ne part pas du principe que, les faits étant là, le pragmatisme lui impose de les accepter tels quels et de ne rien tenter pour que cela change. Au contraire, avec l’absolution qu’il donne (si les dispositions du pénitent lui permettent de la recevoir), il prodigue conseils et recommandations pratiques pour que ce pécheur sorte des voies du péché, n’y retombe pas, en fuie les occasions, et fasse des progrès dans la vertu… etc.
Par ailleurs, prêtres et religieux ont une grave obligation morale, par leur vie et leurs enseignements, à travailler à la conversion des pécheurs, des impies, des hérétiques et des païens. Cette obligation incombe également à tous les fidèles, en conformité avec leur état de vie et leur situation individuelle.
Ces choses-là tombent sous le sens pour tous ceux qui veulent obéir à l’ordre donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ avant de quitter cette terre : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que Je vous ai commandé… » (Matth. XXVIII, 19). Notez au passage que Notre-Seigneur ne parle pas d’individus dans leur sphère privée, mais bien de nations.
Il ne saurait donc en être autrement avec les sociétés malades et pécheresses qu’avec les pauvres pécheurs : il faut travailler à leur conversion, il faut œuvrer pour les amener à Dieu, il faut se livrer avec zèle et générosité à leur conformité avec l’ordre social chrétien et à la fidélité à leur vocation particulière.
Nul ne reproche à un ecclésiastique de ne pas « être tout à tous » lorsqu’il combat le péché. Alors pourquoi faudrait-il le lui reprocher lorsqu’il s’oppose au péché et à l’apostasie des nations, et qu’il œuvre pour les ramener à leur vocation ?
La république, qui, en France, se manifeste comme un régime d’impiété et de révolte contre les lois naturelles et contre les préceptes de Dieu, doit être non pas reçue et acceptée comme une « institution légitime », mais combattue ainsi que l’on doit combattre toute structure de péché. La seule manière dont nous devons en « tenir compte » et « agir avec » est celle du prêtre qui montre les voies de la pénitence et du retour à l’ordre juste et légitime, celle du missionnaire qui dénonce haut et fort le péché et enseigne l’obéissance aux préceptes divins, celle de l’apôtre qui convertit pour amener à la conformité à la vocation naturelle et surnaturelle des peuples comme des individus.

L’engagement d’ecclésiastiques, prêtres et religieux, en faveur de la royauté chrétienne n’a donc, en vérité et toute saine logique, rien de si incongru et de si difficile à comprendre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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Pour approfondir :
- Discours du Cardinal Eugenio Pacelli sur la vocation de la France > ici
- Réflexions sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale > ici
- « Dieu Lui-même est légitimiste » > ici
- « Du Royaume occupé » > ici

- « Etre offert pour la victoire » (abbé Christian-Philippe Chanut) > ici
- « Notre résolution : la contre-révolution » > ici
- « La république en France n’est pas autre chose que la révolution institutionnalisée » > ici
- Actualité du Comte de Chambord > ici

Ingres : le voeu de Louis XIII

Jean-Dominique Ingres : Le vœu de Louis XIII
(cathédrale de Montauban)

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