28 juillet,
Au Mesnil-Marie, nous célébrons en ce jour les Bienheureux Martyrs des pontons de Rochefort ;
Mémoire des Saints Nazaire et Celse, martyrs, Saint Victor 1er, pape et martyr, et Innocent 1er, pape et confesseur ;
Anniversaire du sacre de Pépin le Bref à Saint-Denis par le pape Etienne II (28 juillet 754) ;
Anniversaire de la mort de Don Antonio Vivaldi (+ 28 juillet 1741 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Jean Cottereau, dit Jean Chouan (+ 28 juillet 1794).

Illustration de la couverture du livret de la
cérémonie de béatification (Rome, le 1er octobre 1995)
des 64 Bienheureux Martyrs
des Pontons de Rochefort et de l’Ile Madame.
Refusant de prêter le serment schismatique à la constitution civile du clergé du 12 juillet 1790, au moins 829 prêtres et religieux (chiffre de ceux qui ont été identifiés, mais il se peut qu’il y en ait en réalité mille à deux milles car nous ne possédons pas tous les documents), venus de Lorraine, de Normandie, du Limousin, de Guyenne, de la Marche, du Poitou… etc., ont été déportés à Rochefort, à partir d’avril 1794, et embarqués sur deux anciens vaisseaux négriers français – les « Deux Associés » et le « Washington » -, en vue d’être envoyés en Guyane.
Ces navires, ancrés dans la rade de l’Île d’Aix, ne partirent jamais d’une part en raison de leur état de vétusté qui les rendait véritablement impropres à la navigation, et d’autre part à caise du blocus anglais qui interdisait la sortie en haute mer.
Dans le but inavoué de les faire disparaître sans faire trop d’éclat, les équipages de ces navires devenus de véritables « camps de concentration » firent subir les pires souffrances à ces héroïques confesseurs de la foi : tortures – physiques et morales -, maladies, menaces, avanies… La plupart des prêtres déportés décéderont du typhus dû à l’insalubrité extrême, à l’absence totale d’hygiène, à la nourriture rare et très malsaine et aux mauvais traitements.
En dix mois, 547 d’entre eux moururent de ces mauvais traitements qui leurs furent infligés.
La majorité d’entre eux fut enterrée sur l’Île d’Aix et sur l’Île Madame.
Après la chute de Robespierre et la fin de la grande Terreur, la Convention, à partir de février 1795, libéra ceux qui restaient en vie, au nombre de 282 !
Les procès canoniques, diocésains et romains, ont finalement retenu 64 d’entre eux, pour lesquels on avait suffisamment de documentation et la certitude absolue qu’ils avaient été mis à mort en haine de la foi et de l’Eglise catholiques : leur béatification a été célébrée à Rome le 1er octobre 1995.
On trouvera ci-dessous les noms de ces 64 Bienheureux : nous les avons classés selon l’ordre hiérarchique, et à l’intérieur de chaque catégorie selon la date de leur trépas.
Dans les diocèses, instituts ou congrégations dont ils sont issus, leur fête est célébrée à des dates différentes, souvent en fonction de la date de la mort de ceux qui appartiennent à ces diocèses ou congrégations.
Au Mesnil-Marie, où nous vivons selon la Règle de Saint Augustin, nous plaçons en “première ligne” le seul de ce groupe à avoir vécu sous cette même Règle que nous, à savoir le Bienheureux Gabriel Pergaud (29 octobre 1752 – 21 juillet 1794), puisqu’il était génovéfain (chanoine régulier de Saint Augustin de la Congrégation de France), et nous célébrons donc leur fête à tous au jour de notre calendrier qui était disponible au plus près du 21 juillet, dies natalis du Bienheureux Gabriel Pergaud.

Sur l’Île Madame, oratoire de la Reine des Martyrs.
A – Morts en 1794 :
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A1 -Du clergé séculier :
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Un prélat domestique :
- Monseigneur Raymond Pétiniaud de Jourgnac, vicaire général de l’évêque de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juin 1794.
Cinq chanoines de cathédrales :
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- Le chanoine Pierre-Joseph Le Groing de La Romagère, chanoine à la cathédrale de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.
- Le chanoine Scipion-Jérôme Brigeat de Lambert, doyen du chapitre d’Avranches. Déporté sur le Washington ; mort le 4 septembre 1794.
- Le chanoine François d’Oudinot de La Boissière, chanoine du diocèse de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.
- Le chanoine François Mayaudon, chanoine à Saint-Brieuc puis à Soissons. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 septembre 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine de la cathédrale de Mâcon. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 septembre 1794.
- Douze chanoines de collégiales :
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- Le chanoine Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juin 1794.
- Le chanoine Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juillet 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste de Bruxelles, du chapitre collégial de Saint-Léonard (Limousin) : déporté sur les Deux-Associés, mort le 18 juillet 1794.
- Le chanoine Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 31 juillet 1794.
- Le chanoine Pierre Jarrige de La Morelie de Puyredo, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 août 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste Ménestrel, chanoine à Remiremont (Lorraine). Déporté sur le Washington ; mort le 16 août 1794.
- Le chanoine Charles-Arnould Hanus, curé et doyen du chapitre de Ligny (Barrois). Déporté sur le Washington ; mort le 28 août 1794.
- Le chanoine Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, du chapitre collégial du Dorat (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.
- Le chanoine Georges-Edme René, chanoine à Vézelay. Déporté sur le Washington ; mort le 2 octobre 1794.
- Le chanoine François Hunot, chanoine de Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 6 octobre 1794.
- Le chanoine Jean Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 7 octobre 1794.
- Le chanoine Sébastien-Loup Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 17 novembre 1794.

Cette croix est conservée à l’évêché de La Rochelle :
elle a été sculptée par l’un des prêtres déportés.
Mutilée, elle est l’un des symboles forts et émouvants
du calvaire enduré par les confesseurs de la foi.
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Cinq curés ou prieurs :
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- L’Abbé Philippe Papon, curé de Contigny (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 juin 1794.
- L’Abbé Jacques Lombardie, curé de Saint-Hilaire-Foissac (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 juillet 1794.
- L’Abbé Pierre Gabilhaud, curé de Saint-Christophe (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 août 1794.
- L’Abbé Antoine Banassat, curé de Saint-Fiel (Limousin) : déporté sur les Deux-Associés ; mort le 18 août 1794.
- L’Abbé Elie Leymarie de Laroche, prieur de Coutras (Guyenne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 août 1794.
- L’Abbé Joseph Marchandon, curé de Marsac (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 septembre 1794.
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Onze vicaires et ecclésiastiques exerçant divers emplois :
- L’Abbé Antoine Auriel-Constant, vicaire à Calviac et Sainte-Mondane (Gascogne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juin 1794.
– L’Abbé Jacques-Morelle Dupas, vicaire à Ruffec (Berry). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juin 1794.
- L’Abbé Michel-Bernard Marchand, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 15 juillet 1794.
- L’Abbé Marcel-Gaucher de La Biche de Reignefort, missionnaire à Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.
- L’Abbé Pierre-Michel Noël, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 5 août 1794.
- L’Abbé Noël-Hilaire Le Conte, ancien musicien de la cathédrale de Bourges où il portait le titre de « vicaire de résidence ». Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 août 1794.
- L’Abbé Jean-Baptiste Étienne Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle : déporté sur les Deux-Associés, mort le 27 août 1794.
- L’Abbé Louis-Wulphy Huppy, prêtre du diocèse de Limoges ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 août 1794.
- L’Abbé Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 5 septembre 1794.
- L’Abbé Claude Dumonet, professeur au collège de Mâcon. Déporté sur le Washington ; mort le 13 septembre 1794.
- L’Abbé Claude Laplace, prêtre à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 14 septembre 1794.
Trois Sulpiciens :
- Monsieur Charles-René Collas du Bignon, supérieur du petit séminaire de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 3 juin 1794.
- Monsieur Joseph Juge de Saint-Martin, directeur de séminaire ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 juillet 1794.
– Monsieur Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, supérieur du petit séminaire d’Autun. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.
Un Eudiste :
- Le Père Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 juillet 1794.

Sur l’Île Madame, la célèbre « Croix de galets » :
au lieu où furent découverts en 1913 plusieurs cadavres de prêtres,
les pèlerins ont peu à peu apporté des galets qui ont formé cette
impressionnante croix à la mémoire des prêtres martyrs.
A2 – Du clergé régulier :
Un chanoine régulier de Saint Augustin de la Congrégation de France :
- Le Rd. Père Gabriel Pergaud, génovéfain de l’abbaye Notre-Dame de Beaulieu (dans le diocèse de Saint-Malo). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juillet 1794.
Quatre Carmes :
- Le Rd. Père Léonard (né Jean-Baptiste) Duverneuil, carme de la maison d’Angoulême ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juillet 1794.
- Le Rd. Père Michel-Louis Brulard, carme de la maison de Charenton. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 juillet 1794.
– Le Rd. Père Jacques Retouret, carme de la maison de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 août 1794.
– Le Rd. Père Hubert de Saint-Claude (né Jacques Gagnot), carme de la maison de Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 septembre 1794.
Trois Bénédictins :
- Dom Barthélemy Jarrige de La Morelie de Biars, clunisien de l’abbaye Saint-Antoine et Saint-Pierre de Lezat (diocèse de Couserans) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.
- Dom Claude Richard, bénédictin de la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe, à l’abbaye Saint-Hydulphe de Moyenmoutier (Lorraine). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 août 1794.
– Dom Louis-François Le Brun, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.
Trois Cisterciens :
- Le Rd. Père Paul (né Paul-Jean) Charles, moine cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 août 1794.
- Le Frère Elie (né Augustin-Joseph) Desgardin, frère convers de l’abbaye de Sept-Fons (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 6 juillet 1794.
– Le Rd. Père Gervais-Protais Brunel, moine cistercien de la stricte observance de la Grande-Trappe (Perche). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.
Deux Chartreux :
- Dom Claude Béguignot, de la Chartreuse Saint-Julien du Petit-Quevilly (Normandie). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.
– Dom Lazare Tiersot, de la Chartreuse Notre-Dame de Fontenay-lès-Beaune (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 10 août 1794.

Sur l’Île d’Aix : monument à la mémoire des prêtres déportés.
Franciscains :
a) Deux Cordeliers :
- Le Rd. Père Louis-Armand-Joseph Adam, cordelier à Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.
- Le Rd. Père Nicolas Sauvouret, cordelier à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.
b) Trois Capucins :
- Le Rd. Père Jean-Baptiste-Xavier (né Jean-Louis) Loir, capucin du couvent du Petit-Forez de Lyon. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 19 mai 1794.
– Le Rd. Père Sébastien (né François) François, capucin. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.
- Le Rd. Père Protais (né Jean) Bourdon, capucin à Sotteville, près de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 23 août 1794.
Un Dominicain :
- Le Rd. Père Thomas (né Jean-Georges) Rehm, dominicain au couvent de Schlestadt (Alsace). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 août 1794.
Deux Jésuites :
- Le Rd. Père Joseph Imbert, jésuite. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 juin 1794.
– Le Rd. Père Jean-Nicolas Cordier, jésuite. Déporté sur le Washington ; mort le 30 septembre 1794.
Trois Frères des Ecoles chrétiennes :
- Le Cher Frère Léon (Jean) Mopinot, des frères des écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 mai 1794.
- Le Cher Frère Uldaric (né Jean-Baptiste) Guillaume, des frères des écoles chrétiennes à Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 août 1794.
- Le Cher Frère Roger (né Pierre-Sulpice-Christophe) Faverge [ou Favergne], des frères des écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 septembre 1794.
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B – Mort en 1795 :
- L’Abbé Nicolas Tabouillot, curé de Méligny-le-Grand (diocèse de Verdun). Déporté sur le Washington ; mort le 23 février 1795.

A l’estuaire de la Charente, la commune de Port-des-Barques possède l’Île Madame dans son territoire :
on y trouve un sanctuaire des prêtres déportés où est érigé cette croix
entourée des statues des Saints Apôtres Pierre et Paul.