Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2014-23. Il y a 220 ans : le martyre de l’abbé Claude de Bernard de Talode du Grail.

Dimanche de la Septuagésime, 16 février 1794
Dimanche de la Septuagésime, 16 février 2014

- 220ème anniversaire du martyre de l’abbé Claude du Grail -

Château du Grail façades sud et est

Saint-Agrève : le Château du Grail (état actuel – façades sud et est)
il portait autrefois des poivrières aux quatre angles.

Le 21 juillet 1760, à Saint-Agrève, paroisse du haut-Vivarais, naquit, et fut baptisé le jour même, Claude Joseph Thérèze de Bernard de Talode du Grail. Il était le sixième de onze enfants.
Les Bernard de Talode sont une vieille famille noble du Velay, dont un cadet, en épousant en 1621 l’héritière de la famille du Grail (se prononce comme « aïe »), vint s’établir à Saint-Agrève, dans le diocèse de Viviers.
Sa famille maternelle, celle des Malosse, famille terrienne bien alliée, est de la paroisse de Chaudeyrolles, aujourd’hui commune de la Haute-Loire, mais qui appartint au Vivarais jusqu’en 1790.

Nous n’avons pratiquement pas de détails sur l’enfance et la jeunesse de Claude du Grail.
Il fit ses études classiques au collège du Puy-en-Velay (qui avait été fondé puis dirigé par les Jésuites jusqu’à la dissolution de la Compagnie), dont il sortit à l’âge de 20 ans. Il fut ensuite au petit séminaire de Bourg-Saint-Andéol pour le cours de philosophie, et enfin au grand séminaire de Viviers pour la théologie. Il y reçut les ordres mineurs, le 20 décembre 1788, mais en juillet 1789 il revint dans sa famille sans avoir reçu les ordres majeurs.

Château du Grail façade ouest

Château du Grail (état actuel – façade ouest)

Lorsque éclate la grande révolution, le siège épiscopal de Viviers est occupé depuis 1778 par un prélat un peu « particulier », Charles de La Font de Savine, dont il convient de dire quelques mots.

Né le 17 février 1742, cadet de famille noble, il fut destiné à l’Eglise alors qu’il était davantage nourri de Rousseau que d’ouvrages de solide piété : sa lecture favorite fut pendant de nombreuses années « L’Emile ». Il est écrit que Charles de Savine avait « juste assez de foi pour n’être pas impie », et qu’ « il montrait une inconcevable instabilité d’esprit, un goût immodéré des plaisirs du monde, et, avec cela, il était bon, généreux, sensible, plein de courtoisie et d’urbanité » (Auguste Roche, in « Armorial généalogique et bibliographique des évêques de Viviers »).
Il fut d’abord vicaire général de son oncle, Monseigneur Jean-Arnaud de Castellane, évêque de Mende et dernier comte de Gévaudan (nota : après avoir résisté par tous les moyens, y compris militaires, à la révolution et à l’usurpation de son siège épiscopal, Monseigneur de Castellane sera horriblement massacré à Versailles le 9 septembre 1792).

Charles de La Font de Savine fut promu à l’évêché de Viviers à l’âge de 37 ans : « Je suis devenu évêque comme tant d’autres parce que mon oncle étoit un grand seigneur, un gouverneur de province », écrira-t-il lui-même en 1792.
De fait, « il restait parfois, dit-on, un mois entier sans célébrer la messe et faisait réciter le bréviaire par son valet de chambre ; puis, le mois suivant, il célébrait la messe tous les jours et récitait le bréviaire à genoux » (Auguste Roche, « Armorial »).
Néanmoins, en dépit de ses idées novatrices, Monseigneur de Savine appartenait à cette catégorie de prélats mondains de l’Ancien Régime, très imbu de son rang et très attaché à son train de vie, désireux avant tout de briller en société. Député du clergé de son diocèse aux Etats Généraux, il adopta avec enthousiasme les idées de la révolution… et la constitution civile du clergé.

Viviers - palais épiscopal

Viviers : le palais épiscopal (aujourd’hui mairie)
dans lequel Monseigneur de Savine donna des bals et des banquets patriotiques…

Le 6 février 1791, dans sa cathédrale, à la suite d’un long discours justificatif, Monseigneur de Savine prêta le serment constitutionnel (il sera suivi par 44% de son clergé : certains prêtres accompagneront leur serment de restrictions et beaucoup de ceux-là se rétracteront lorsque le bref du Souverain Pontife sera connu).
Lorsque, dans son bref daté du 13 avril 1791, le Pape Pie VI enjoignit aux membres du clergé français qui aurait prêté le serment de se rétracter sous peine d’excommunication, il se moqua du Souverain Pontife, et reçut en conséquence les félicitations des révolutionnaires : dans ses mandements, il se nommera désormais « Lafont-Savine, de par la constitution française et l’assemblée nationale, évêque constitutionnel de l’Ardèche ».

Vers la fin de l’année 1791, après avoir lui-même ordonné la fermeture des monastères et congédié les directeurs du séminaire, après avoir encouragé son clergé à prêter le serment schismatique et critiqué les dogmes et la discipline catholiques, il fit peindre aux trois couleurs de la révolution son trône, les stalles du choeur et les orgues de la cathédrale, dont il orna la nef d’oriflammes rouges portant des slogans révolutionnaires ; il organisa aussi  - horresco referens ! – une cérémonie sacrilège en l’honneur de la liberté au cours de laquelle, portant le Très Saint-Sacrement, il fut escorté de braillards hurlant « la marseillaise » et le « ça ira »… etc.

Le Pape ayant patienté le plus longtemps possible, l’excommunication de Monseigneur de Savine fut effective à la fin du printemps 1792 ; le diocèse de Viviers fut alors confié à l’administration de Monseigneur Charles François d’Aviau du Bois de Sanzay, archevêque de Vienne, qui organisa l’Eglise clandestine. 

Monseigneur de Savine mettra le comble à son parjure en apostasiant solennellement en décembre 1793 ; il avait encouragé les prêtres jureurs à se « déprêtriser » et à se marier. Il mènera ensuite une vie des plus mouvementées – presque rocambolesque – , avant de mourir, pénitent et réconcilié avec l’Eglise, le 1er janvier 1815… Mais tout cela n’est plus dans notre propos.
Pour être juste, il faut néanmoins signaler que, en 1792-1793, le fantasque prélat se déclara ouvertement hostile aux mesures de persécution des prêtres réfractaires.

Cathédrale de Viviers intérieur

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers, l’intérieur.

Nous ignorons les raisons qui avaient poussé l’abbé du Grail - minoré ainsi que nous l’avons dit plus haut – à quitter le séminaire, et nous ignorons aussi les raisons qui le poussèrent à y retourner : faut-il y voir une influence de sa soeur aînée, moniale visitandine au Puy ? faut-il penser qu’à la vue des évènements de juin et juillet 1789, il eût un moment de crainte puis qu’il se ressaisit ? fut-ce pour des raisons de santé (car il n’était pas d’une constitution très robuste) ? Rien ne nous permet de trancher en faveur de l’une ou l’autre de ces hypothèses.
Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il revint au séminaire en 1790 : il fut ordonné sous-diacre le 18 décembre 1790, diacre le 9 avril 1791, et prêtre le 24 septembre 1791 (à l’âge de 31 ans et deux mois). 
Il reçut donc le diaconat et le sacerdoce des mains d’un évêque jureur qui s’était déjà signalé par ses « excentricités », mais qui conservait encore une forme de légitimité puisque le bref pontifical porteur des sanctions ecclésiastiques ne le frappera qu’en 1792. Parmi les condisciples de l’abbé du Grail, certains préférèrent ne pas être ordonnés par Monseigneur de Savine et soit se débrouillèrent pour se faire imposer les mains par d’autres évêques fidèles, soit durent attendre de longues années.

L’abbé Claude du Grail, d’après le témoignage de ses contemporains, avait un physique plutôt ingrat : « (…) son extérieur n’avait rien qui pût lui attirer la considération. Sa taille était à peine médiocre, son air était fort commun, sa physionomie peu agréable » (note manuscrite de l’abbé Péala).
Au moral, il est décrit comme un homme doux et humble, patient, d’une grande pureté de moeurs et d’une admirable charité pour son prochain, mais aussi d’un esprit lent et d’une intelligence médiocre, froid et distant, objet facile des railleries des autres, n’ayant rien qui attirât la sympathie…
Et cependant, ce prêtre auquel ses contemporains attribuent un caractère difficile et un aspect disgracieux va se révéler un courageux confesseur de la foi.
Pour ne pas avoir à prêter le serment schismatique, l’abbé du Grail n’accepte aucun ministère et demeure dans sa famille.

Linteau armorié château du Grail

Linteau de porte portant les armes de France, au château du Grail (Saint-Agrève)

Mais la persécution se déchaîne : la surveillance se fait plus étroite, les tracasseries et les risques empirent, d’autant que tous les prêtres demeurés à Saint-Agrève sont des jureurs. Aussi Madame du Grail encourage-t-elle son fils à partir pour des lieux plus sûrs : en l’occurrence, les alentours du Mont Mézenc.
L’abbé du Grail va passer les derniers mois de sa vie essentiellement aux environs des paroisses de Borée et de Chaudeyrolles : paroisses assez difficiles d’accès (il n’y a pas de routes, seulement des chemins muletiers), où le relief et les forêts offrent de nombreux lieux de refuge. Là se cachent d’ailleurs de nombreux ecclésiastiques fidèles.

Côté vivarois, à Borée, le curé, l’abbé Jean-Augustin Lamargerie, soutenu par l’ensemble de ses paroissiens, parviendra à célébrer la messe dans son église presque tous les dimanches et fêtes du temps de la persécution.
Deux lieues plus bas, à Saint-Martial, le curé Chacornac et ses deux vicaires qui ont pris le maquis, continuent clandestinement un ministère très actif et déjouent pendant près de dix ans les traquenards de la garde nationale.
Sur le côté vellave du massif, aux Estables, le prêtre jureur, mortifié de se trouver en face d’une église vide, en fait le reproche aux paroissiens ; le dimanche suivant, quand il ouvre les portes de l’église, il la trouve remplie de porcs et les villageois se gaussent en lui disant qu’ils lui ont trouvé des paroissiens dignes de lui.
A Chaudeyrolles, le curé intrus se heurte lui-aussi à l’hostilité sans concession des fidèles et du curé légitime, l’abbé Pierre Ginhoux, qui non seulement ne veut pas lui céder la place mais donne asile à d’autres farouches réfractaires, des prêtres zélés qui exercent leur ministère de manière clandestine dans les paroisses alentours (Champclause, Saint-Front, Lausonne, Saint-Julien-Chapteuil, Freycenet-Latour, …etc.).

Malgré la bienveillance massive des populations à leur endroit, et malgré la protection tacite de la plupart des maires, ils sont toutefois obligés à une extrême vigilance, contraints de changer souvent de cachette et de déguisement, acculés à passer les nuits dans des abris de fortune, alors que le climat est particulièrement rude.
Le clergé constitutionnel ne cesse de les poursuivre de sa vindicte et d’inciter à la délation, tandis que les « patriotes » organisent de véritables chasses à l’homme.
A la fin de l’année 1793, la surveillance se ressere et des sommes alléchantes sont promises afin de susciter des vocations de Judas.

Chaudeyrolles au début du XXe siècle

Chaudeyrolles : le village au pied du Mont Signon (photographie du début du XXe siècle)

Au début de l’année 1794, l’abbé Claude du Grail, de constitution chétive et de faible santé, est à bout de forces.
Un soir de la mi-janvier 1794, il vient frapper à la porte d’une petite ferme isolée de la vallée de l’Aubépin : il est non seulement malade, mais il a en outre fait une mauvaise chute sur le verglas et s’est violemment cogné la tête, qui lui fait très mal.
A Jacques et Rose Vincent, ses hôtes, il dévoile son identité. Au bout de quelques jours, il consent à ce que l’on appelle un brave chirurgien de Lausonne, qui est lui aussi mis dans la confidence. 

Malheureusement, le chirurgien tombe dans le piège tendu par un tailleur d’habit de Lausonne qui prétend chercher un « bon prêtre » : c’est lui qui va ensuite vendre l’abbé du Grail pour la somme de cent livres.

La garde nationale de Laussone vient sans pitié et sans ménagement arracher le malade à son lit, le hisse sur un cheval et l’emmène quasi mourant au Puy. L’abbé, épuisé, ne s’est pas dérobé : « Je suis prêtre, et je veux mourir en prêtre ». Il a trente-trois ans et demi.

Il comparaît une première fois le 25 janvier devant le tribunal révolutionnaire, qui siège dans la chapelle de la Visitation : avec autant de fermeté que de courage, le jeune prêtre témoigne de sa fidélité à l’Eglise catholique et, en conséquence, de son refus des divers serments. Il sait quel sort l’attend.
Cependant la sentence n’est pas prononcée tout de suite. Le tribunal voudrait d’une part trouver des motifs pour condamner aussi ses hôtes, Jacques et Rose Vincent (mais ils seront finalement relaxés), et doit d’autre part se débattre avec un problème de procédure suscité par les défenseurs : n’ayant jamais exercé de ministère paroissial, l’abbé du Grail n’aurait, en rigueur, pas été soumis à l’obligation du serment…

Chapelle de la Visitation 17e s. tribunal révolutionnaire - Le Puy

Le Puy-en-Velay : ancienne chapelle de la Visitation
dans laquelle siégea le tribunal révolutionnaire (état actuel)

Le dimanche 16 février 1794 (28 pluviose an II selon le ridicule calendrier révolutionnaire), le tribunal criminel de la Haute-Loire condamne à mort « Claude Dugrail, prêtre, ci-devant noble, de la commune de St-Agrève, comme réfractaire à la loi ».
La sentence doit être appliquée aussitôt.

Avec lui est également guillotiné l’abbé Jean-Jacques Gérentes, arrêté le 11 décembre 1793 dans un hameau de Tence ; ce dernier est non seulement un réfractaire mais en outre – comble du sacrilège ! – il a poussé le « fanatisme » jusqu’à faire ses besoins sur l’arbre de la liberté ! 
Les deux prêtres, emprisonnés ensemble, se sont mutuellement encouragés, exhortés et réconfortés pendant le temps de leur captivité, et ils continuent à le faire jusqu’au pied de l’échafaud.
Leurs dépouilles mortelles sont ensuite jetées dans une fosse commune au cimetière des Carmes, pour qu’on ne puisse les vénérer comme des corps de martyrs.

La tradition familiale rapporte que la mère de l’abbé du Grail et sa soeur (Marie-Henriette du Grail, religieuse visitandine sous le nom de Mère Marie-Séraphie) furent contraintes de faire le tour de l’échafaud dégoulinant de sang.

guillotine

Ce 16 février 1794 était le dimanche de la Septuagésime, tout comme, deux-cent-vingt ans plus tard, ce 16 février 2014.
La liturgie, autour de l’exhortation de Saint Paul à ne pas faiblir dans le combat (épître : 1 Cor. IX, 24 – X, 5), développe d’admirables chants appelant le secours de Dieu dans les tribulations et les épreuves de cette vie, tel ce poignant introït « Circumdederunt me » : « Les gémissements de la mort m’ont assiégé, les douleurs de l’enfer m’ont entouré, et dans ma tribulation j’ai invoqué le Seigneur, et, depuis Son saint temple, Il a entendu ma voix ! Je vous aime, ô Seigneur, ma force ! Le Seigneur est mon ferme appui, mon refuge et mon libérateur ! » 

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Pour plus de détails voir les « Cahiers de la Haute-Loire » n° 96-147 :
« Guillotiné  au Puy, Claude du Grail, prêtre de Saint-Agrève »,
par Christian de Seauve.

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 14 février, 2014 |1 Commentaire »

2014-19. L’exemple des Martyrs d’Avrillé.

Discours prononcé par
Monseigneur le duc d’Anjou
au Champ des Martyrs d’Avrillé,
le 25 septembre 2006 :

Armes de France gif

Monsieur le Duc,
Mesdames et Messieurs les descendants des victimes,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

A quelques kilomètres de Baugé où nous avons, mon épouse, la Princesse Marie-Marguerite, et moi-même, vénéré la Sainte Croix d’Anjou, nous voici maintenant sur la terre sacrée du Champ des Martyrs d’Avrillé.
Vénération d’une sainte relique ce matin et, maintenant, souvenir de morts tragiques de la révolution. Une nouvelle fois nous voici plongés au coeur des destinées de notre cher pays, de notre chère France.
Fille ainée de l’Eglise, puisant au plus profond des valeurs chrétiennes, la France a su montrer par le passé combien elle était fervente et prête à accomplir de grands sacrifices. Mais cet exemple d’hier doit être un ferment pour demain.
Les martyrs d’Avrillé sont morts pour leur foi. La foi au quotidien qui animait tous les Français d’alors, du Roi au plus humble d’entre eux. Cette foi leur faisait honorer les saints et les reliques. Elle leur donnait, surtout, chaque jour, la force de savoir vivre en chrétiens, animés des sentiments de charité, de justice et de paix. Leur salut passait par les actes de la vie quotidienne qui se trouvaient ainsi tout à la fois sanctifiés et ordonnés.
Les martyrs que nous honorons aujourd’hui, ont montré que cette vie ordinaire pouvait aller jusqu’au sacrifice, et cet exemple doit être un modèle pour notre génération. La vertu et les qualités de dévouement au bien commun ne sont pas des valeurs du passé mais des valeurs toujours actuelles.
Notre société souvent égoïste ne peut-elle pas retrouver le sens des valeurs et du don ?
Tel est 
le message, qu’en ce lieu si imprégé de grandeur, je veux adresser notamment aux jeunes.
Le Pape Jean Paul II le rappelait il y a juste dix ans : France, qu’as tu fait de ton histoire ? de ton baptême ? C’est aux jeunes d’aujourd’hui, de ma génération et de celle de la Princesse Marie-Marguerite de répondre et de construire une société plus juste.
Demain nous serons à Domrémy, patrie de Jeanne d’Arc, et nous retrouverons la même interrogation. Sainte Jeanne d’Arc et les Martyrs d’Avrillé rappellent aux générations à venir que les vertus de l’héroïsme et de la défense des valeurs sont confiées à tous.
Voilà une belle 
leçon d’histoire à méditer au quotidien. Elle nous apprend que les destinées de notre Pays sont en chacun de nous, et que nous sommes tous responsables de l’avenir.
A ma place, et désormais avec la Princesse Marie-Marguerite à mes côtés, je reste fidéle aux 
devoirs légués par mes aïeux, les Rois de France, et depuis un siècle par les ducs d’Anjou qui se sont succédés comme chef de la Maison de Bourbon. Nous assumerons cet héritage qui est toujours celui du progrès pour demain.
Nous savons que nous pouvons compter sur vous tous, attachés aux valeurs de toujours. Elles ont vu le sacrifice de vos ancêtres. Elles nous permettront, demain, ensemble, de renouer avec la longue et glorieuse destinée de la France.

Martyrs d'Avrillé

Les 99 Bienheureux Martyrs d’Angers et d’Avrillé > www
Courte biographie du Bx Guillaume Repin > www

2014-18. Courte biographie du Bienheureux Guillaume Repin.

1er février,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons martyrs.

Bx Guillaume Repin & socii image béatification

Le Bienheureux Guillaume Repin et ses compagnons martyrs
(image distribuée à Rome en 1984 à l’occasion de leur béatification)

Guillaume Repin est le doyen d’âge des quatre-vingt-dix-neuf martyrs d’Angers et d’Avrillé béatifiés le 19 février 1984 et fêtés le 1er février.

Né à Thouarcé (actuel département du Maine-et-Loire), le 26 août 1709, Guillaume Repin entra à l’âge de dix-neuf ans au séminaire d’Angers et fut ordonné prêtre pour ce diocèse.
De 1734 à 1749, il exerça son ministère sacerdotal à la paroisse de Saint-Julien d’Angers, puis fut nommé curé de Martigné-Briand, enfin il fut élévé au canonicat.
Pendant les longues années de son ministère, il fut un pasteur plein de ferveur et de zèle, très aimé de ses paroissiens

Lorsque, le 10 février 1791, en application de la constitution civile du clergé, le maire de Martigné-Briand vint lui réclamer les clefs de l’église et lui demander la prestation de serment, le vieux chanoine Repin (il était dans sa quatre-vingt-deuxième année) refusa : il dut donc quitter sa paroisse et partit se réfugier à Angers.
Arrêté une première fois le 17 juin 1792, il fut emprisonné au séminaire, avec un très grand nombre de prêtres, comme lui réfractaires. Etant le plus âgé, c’est lui qui, le plus souvent, célébrait la Sainte Messe pour ses confrères.

Le 14 août 1792, le serment dit « de liberté-égalité » fut rendu obligatoire pour les fonctionnaires puis, le 2 septembre suivant, cette obligation fut étendue à tous les citoyens. C’était le début de la grande Terreur.
Le chanoine Repin refusa évidemment ce second serment : il fut interné avec d’autres prêtres âgés dans une ancienne école des Frères de la Doctrine Chrétienne, surnommée la Rossignolerie.

La colère des paysans du Bas-Poitou et de l’Anjou (ce que l’on appelera plus tard la Vendée militaire) éclate à la mi-mars 1793 et bientôt se forme la « Grande Armée Catholique et Royale ».
Le 17 juin 1793, les Vendéens s’emparent d’Angers. Le chanoine Repin, libéré, mais affaibli par l’âge et par deux années de captivité, ne peut suivre les Blancs ; néanmoins il s’efforce de se cacher des Bleus : ce sont six mois de vie errante et de cachettes au milieu des troubles que l’on sait.
Il fut pris, la veille de Noël, 24 décembre 1793, à Mauges, et conduit en prison à Chalonnes. Ensuite il fut déféré devant le comité révolutionnaire d’Angers où il subit des interrogatoires. Le 1er janvier 1794, la commission militaire le condamné à être guillotiné.

La sentence fut exécutée, le 2 janvier 1794, sur la place Saint-Maurille, rebaptisée « du ralliement » depuis 1791. Avec lui, furent guillotinés l’abbé Laurent Batard, curé de la paroisse Notre-Dame de Chalonnes, et deux autres victimes.

Ce sont environ cent-soixante-dix-sept condamnés qui furent guillotinés sur cette place pendant la Terreur, tandis que, ainsi que nous avons eu l’occasion de le dire, à Avrillé notamment à Avrillé, quelque deux mille victimes étaient fusillées.

Le Bx Guillaume Repin célébrant la Messe la nuit dans les bois

Le Bienheureux Guillaume Repin célébrant la Sainte Messe de nuit dans les bois.

Liste complète des 99 Martyrs d’Angers et d’Avrillé > www
Discours de Mgr. le duc d’Anjou au Champ des Martyrs d’Avrillé > www

2014-17. Le 1er février nous fêtons le Bienheureux Guillaume Repin et ses 98 compagnons martyrs.

1er février,
Fête de Saint Ignace d’Antioche, évêque et martyr
Mémoire du Bx Guillaume Repin et de ses 98 compagnons, martyrs à Angers et Avrillé.

Place du ralliement Angers

Angers : l’ancienne place Saint-Maurille, nommée place du ralliement depuis 1791,
sur laquelle la guillotine était dressée en 1793-1794

Angers, 1793-1794 :
Les prisons sont pleines. D’ailleurs ce qui tient lieu de prisons, ce sont les couvents, les églises, et même – pendant un temps – la cathédrale Saint-Maurice. Les prisonniers y sont entassés. On trouve là de nombreux villageois originaires de la Vendée militaire, des prêtres réfractaires, des religieuses, quelques personnes de la bonne société.
En ce temps, il suffit de fort peu de chose pour être réputé suspect… et tout suspect est promptement emprisonné.
Malgré la guillotine, les prisons ne désemplissent pas. Une commission militaire tient lieu de tribunal : elle envoie à la mort des centaines et des centaines de « fanatiques » et d’ « aristocrates ».
La guillotine est installée sur la place que l’on appelle depuis 1791 « place du ralliement ».
Mais l’exécution au moyen de la guillotine est jugée trop lente et trop onéreuse, on ne la gardera que pour des exemples choisis : les prêtres, quelques nobles, quelques catholiques particulièrement actifs…
Pour tous les autres, envoyés à la mort par centaines, il faut quelque chose de plus expéditif ; on opte pour la fusillade.
Le fermier du Claux, à Avrillé, farouche patriote, met un champ à la disposition de la commission militaire : ce champ est idéalement situé, il n’est ni trop loin, ni trop près d’Angers. Des fosses y sont creusées. On fusillera les groupes devant elles, les victimes y tomberont directement (si nécessaire on les achèvera à la baïonnette), on jettera de la chaux sur les corps, puis on refermera : ce sera bien plus rapide !

La commission militaire interroge sommairement les prisonniers. Il n’y a presque jamais d’acquittement. Le lendemain, les condamnés sont conduits, attachés deux par deux, en longue file sur la route de la Meignanne, jusqu’au champ, lieu de leur exécution.
Neuf fusillades ont lieu depuis le mois de janvier jusqu’au mois d’avril 1794. Selon une liste établie par l’abbé Gruget, ce sont quelque deux mille personnes qui furent fusillées à Avrillé.

Fusillade Avrillé

Fusillade au bord des fosses dans lesquelles les corps sont ensevelis à la hâte.

Dès 1795, les Angevins viennent se recueillir dans ce champ : une croix de bois y est érigée. En 1816, les propriétaires font don du champ à la paroisse d’Avrillé, et comme les pèlerins affluent de plus en plus nombreux, en 1848 on commence la construction d’une chapelle : achevée en 1852, dédiée à Saint Louis, elle sera agrandie dans les dernières années du XIXe siècle.

De 1863 à 1867, des fouilles sont réalisés et permettent de retrouver dix des douze fosses contenant les corps : ces dix fosses sont signalées par des croix ; les deux fosses qui n’ont pas été mises à jour se trouvent sous la chapelle

En 1905, Son Excellence Monseigneur Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes, toutes celles dont les documents subsistants permettent d’affirmer qu’elles ont été clairement et indubitablement mises à mort en haine de la foi et de l’Eglise catholiques, indépendamment de toute cause politique.

Mgr Rumeau au Champ des Martyrs 30 août 1914

Pèlerinage au Champ des Martyrs d’Avrillé pour la solennité de Saint Louis (le 30 août 1914) :
S.Exc. Mgr. J. Rumeau bénit la foule des pèlerins après l’avoir haranguée depuis la porte de la chapelle.

Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix neuf de ces victimes est rendu en 1983 et leur béatification est célébrée le 19 février 1984 : ces bienheureux martyrs sont au total douze prêtrestrois religieusesquatre hommes et quatre-vingt femmes ou jeunes filles.
Leur fête liturgique est fixée au 1er février - anniversaire de l’éxécution de quarante-sept d’entre eux – et dans l’impossibilité de les nommer tous on parle du Bienheureux Guillaume Repin (qui était le plus âgé de tous les prêtres martyrisés) et de ses quatre-vingt-dix huit compagnons

L’abbé Noël Pinot, curé réfractaire du Louroux-Béconnais, guillotiné le 21 février 1794 revêtu par dérision de ses ornements sacerdotaux, avait déjà été béatifié par le Pape Pie XI le 31 octobre 1926, et fait l’objet d’une fête particulière (cf. > www et www).

Nous publions ci-après un résumé biographique pour le Bienheureux Guillaume Repin (cf.> www).
Voici la liste des quatre-vingt-dix-neuf martyrs que nous célébrons en ce jour (par ordre chronologique d’exécution) :

Guillotiné à Angers, le 30 octobre 1793 :

1 – Abbé JEAN-MICHEL LANGEVIN, prêtre du diocèse d’Angers : 62 ans (né le 28 septembre 1731 à Ingrandes – Maine-et-Loire).

Guillotinés à Angers, le 1er janvier 1794 :

2 – Abbé RENÉ LEGO, prêtre du diocèse d’Angers : 29 ans (né le 5 octobre 1764 à La Flèche, Sarthe).
3 – Abbé JEAN LEGO, prêtre du diocèse d’Angers : 27 ans (né le 13 mai 1766 La Flèche, Sarthe).

Guillotinés à Angers, le 2 janvier 1794 :

4 – Chanoine GUILLAUME REPIN, prêtre du diocèse d’Angers : 85 ans (né le 26 août 1709 à Thouarcé, Maine-et-Loire).
5 – Abbé LAURENT BATARD, prêtre du diocèse d’Angers : 50 ans (né le 4 février 1744 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).

Guillotinés à Angers, le 5 janvier 1794 :

6 – Abbé JACQUES LEDOYEN, prêtre du diocèse d’Angers : 34 ans (né le 3 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
7 – Abbé FRANÇOIS PELTIER, prêtre du diocèse d’Angers : 66 ans (né le 26 avril 1728 à Savennières, Maine-et-Loire).
8 – Abbé PIERRE TESSIER, prêtre du diocèse d’Angers : 28 ans (né le 11 mai 1766 à La Trinité-d’Angers, Maine-et-Loire).

Avrillé champ des martyrs début XXe siècle

Avrillé : le Champ des Martyrs avec le grand calvaire au fond de l’enclos au début du XXe siècle.

Fusillé à Avrillé, le 12 janvier 1794 :

9 – ANTOINE FOURNIER, laïc : 58 ans (né le 26 janvier 1736 à La Poitevinière, Maine-et-Loire).

Fusillés à Avrillé, le 18 janvier 1794 :

10 – VICTOIRE GUSTEAU, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Deux-Sèvres).
11 – CHARLOTTE LUCAS, laïque : 42 ans (née le 1er avril 1752 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
12 – MONIQUE PICHERY, laïque : 32 ans (née le 4 avril 1762 Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
13 – FÉLICITÉ PRICET, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 26 janvier 1794 :

14 – MARIE DE LA DIVE, veuve DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, laïque : 71 ans (née le 18 mai 1723 à Saint-Crespin-sur-Moine, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 27 janvier 1794 :

15 – Mère ROSALIE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, moniale Bénédictine de Notre-Dame du Calvaire : 49 ans (née le 12 août 1745 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire). 

Angers Bénédictines du Calvaire

Angers : vue aérienne du Monastère des Bénédictines du Calvaire,
dont la Bienheureuse Rosalie du Verdier de la Sorinière était religieuse.
Pendant la terreur le monastère était transformé en prison.

Fusillées à Avrillé, le 1er février 1974  :

16 – Soeur MARIE-ANNE VAILLOT, Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul : 58 ans (née le 13 mai 1736 à Fontainebleau).
17 – Soeur ODILE BAUMGARTEN, Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul : 44 ans (née le 15 novembre 1750 à Gondrexange, Moselle).
18 – GABRIELLE ANDROUIN, laïque : 39 ans (née le 6 septembre 1755 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
19 – PERRINE ANDROUIN, laïque : 34 ans (née le 31 août 1760 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
20 – SUZANNE ANDROUIN, laïque : 37 ans (née le 16 mars 1757 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
21 – VICTOIRE BAUDUCEAU épouse RÉVÉLIÈRE, laïque : 49 ans (née le 20 septembre 1745 à Thouars, Deux-Sèvres).
22 – FRANÇOISE BELLANGER, laïque : 59 ans (née le 24 juin 1735 à La Trinité-d’Angers, Maine-et-Loire).
23 – PERRINE BESSON, laïque : environ 52 ans (née vers 1742 à Essarts, Vendée).
24 – MADELEINE BLOND, laïque : environ 31 ans (née vers 1763 à Angers, Maine-et-Loire).
25 – FRANÇOISE BONNEAU, laïque : environ 31 ans (née vers 1763 à Saint-Léger-en-Anjou, Maine-et-Loire).
26 – JEANNE BOURIGAULT, laïque : 37 ans (née le 24 octobre 1757 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
27 – RENÉE CAILLEAU épouse GIRAULT, laïque : 42 ans (née le 6 juillet 1752 à Saint-Aubin-de-Luigné, Maine-et-Loire).
28 – MARIE CASSIN épouse MOREAU, laïque : 44 ans (née le 21 janvier 1750 à Chanteloup, Maine-et-Loire).
29 – SIMONE CHAUVIGNÉ veuve CHARBONNEAU, laïque : 66 ans (née le 12 mars 1728 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
30- MARIE-JEANNE CHAUVIGNÉ épouse RORTEAU, laïque : 39 ans (née le 21 février 1755 à La Jumellière, Maine-et-Loire).
31 – CATHERINE COTTANCEAU, laïque : environ 61 ans (née vers 1733 à Bressuire, Deux-Sèvres).
32 – CHARLOTTE DAVY, laïque : 34 ans (née le 19 octobre 1760 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
33 – LOUISE DÉAN DE LUIGNÉ, laïque : 37 ans (née le 17 novembre 1757 à Argeton-Notre-Dame, Mayenne).
34 – ANNE-FRANÇOISE DE VILLENEUVE, laïque : 53 ans (née le 11 septembre 1741 à Seiches-sur-le-Loir, Maine-et-Loire).
35 – MARIE FAUSSEUSE épouse BANCHEREAU, laïque : environ 54 ans (née vers 1740 à Boësse, Deux-Sèvres).
36 – JEANNE FOUCHARD épouse CHALONNEAU, laïque : 47 ans (née le 10 septembre 1747 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
37 – MARIE GALLARD épouse QUESSON, laïque : environ 55 ans (née vers 1739 à Saint-Laurent-de-la-Plaine, Maine-et-Loire).
38 – MARIE GASNIER épouse MERCIER, laïque : 38 ans (née le 8 novembre 1756 à Ménil, Mayenne).
39 – MARIE GRILLARD, laïque : 41 ans (née le 5 octobre 1753 à Saint-Pierre de Cholet, Maine-et-Loire).
40 – RENÉE GRILLARD, laïque : 28 ans (née le 10 février 1766 à Saint-Pierre de Cholet, Maine-et-Loire).
41 – PERRINE GRILLE, laïque : 52 ans (née le 6 février 1742 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
42 – JEANNE GRUGET veuve DOLY, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Deux-Sèvres). 
43 – ANNE HAMARD, laïque : environ 52 ans (née vers 1742 à Saint-Clément, Maine-et-Loire).
44 - PERRINE LEDOYEN, laïque : 30 ans (née le 16 septembre 1764 à Saint-Aubin-de Luigné, Maine-et-Loire).
45 – MARIE LENÉE épouse LEPAGE DE VARANCÉ, laïque : 65 ans (née le 14 juillet 1729 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
46 – MARIE LEROY épouse BREVET, laïque : environ 39 ans (née vers 1755 – lieu inconnu).
47 – MARIE LEROY, laïque : 23 ans (née le 19 mai 1771 à Montilliers, Maine-et-Loire).
48 – RENÉE MARTIN épouse MARTIN, laïque : environ 42 ans (née vers 1752 – lieu inconnu).
49 – FRANÇOISE MICHAU, laïque : environ 29 ans (née vers 1765 – lieu inconnu).
50 – JACQUINE MONNIER, laïque : 68 ans (née le 16 janvier 1726 à Saint-Melaine, Maine-et-Loire).
51 – FRANÇOISE PAGIS épouse RAILLEAU, laïque : 62 ans (née le 14 octobre 1732 à Gouis, Maine-et-Loire).
52 – MADELEINE PERROTIN veuve ROUSSEAU, laïque : 50 ans (née le 30 mars 1744 à Saint-Germain-des-Prés, Maine-et-Loire).
53 – PERRINE-CHARLOTTE PHELIPPEAUX épouse SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 54 ans (née le 13 mai 1740 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
54 – MARIE ANNE PICHERY épouse DELAHAYE, laïque : 40 ans (née le 30 juillet 1754 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
55 – ROSE QUENION, laïque : 30 ans (née le 20 janvier 1764 à Mozé-sur-Louet, Maine-et-Loire).
56 – LOUISE OLYMPE RALLIER DE LA TERTINIÈRE veuve DÉAN DE LUIGNÉ, laïque : 62 ans (née le 24 avril 1732 à Château-Gontier, Mayenne).
57 – MARGUERITE RIVIÈRE épouse HUAU, laïque : 38 ans (née le 20 août 1756 à La Ferrière-de-Flée, Maine-et-Loire).
58 – MARIE ROUAULT épouse BOUJU, laïque : 50 ans (née le 26 octobre 1744 à Vezins, Maine-et-Loire).
59 – PERRINE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 26 ans (née le 24 mars 1768 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
60 – JEANNE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 25 ans (née le 3 juillet 1769 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
61 – MADELEINE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 24 ans (née le 9 août 1770 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
62 – RENÉE VALIN, laïque : 34 ans (née le 8 mars 1760 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).

Avrillé champ des martyrs chapelle St Louis

Chapelle Saint-Louis au Champ des Martyrs d’Avrillé – début XXe siècle.

Fusillés à Avrillé, le 10 février 1794 :

63 – LOUISE BESSAY DE LA VOUTE, laïque : 73 ans (née le 22 août 1721 à Saint-Mars-des-Prés, Vendée).
64 – CATHERINE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE,  laïque : 36 ans (née le 29 juin 1758 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire).
65 – MARIE-LOUISE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, laïque : 29 ans (née le 27 juin 1765 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire).
66 – PIERRE FRÉMOND, laïc : 40 ans (né le 16 septembre 1754 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
67 – MARIE-ANNE HACHER DU BOIS, laïque : 29 ans (née le 3 avril 1765 à Jallais, Maine-et-Loire).
68 – LOUISE POIRIER épouse BARRÉ, laïque : 40 ans (née le 22 février 1754 au Longeron, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 22 mars 1794 : 

69 – Abbé FRANÇOIS CHARTIER, prêtre du diocèse d’Angers : 42 ans (né le 6 juin 1752 à Marigné, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 28 mars 1794 :

70 – RENÉE MARIE FEILLATREAU épouse DUMONT, laïque : 43 ans (née le 8 février 1751 à Angers, Maine-et-Loire).

Avrillé chapelle St Louis intérieur vers 1940

Avrillé : chapelle Saint-Louis du Champ des Martyrs (intérieur vers 1940)

Fusillés à Avrillé, le 16 avril 1794 :

71 – PIERRE DELÉPINE, laïc : 62 ans (né le 24 mai 1732 à Marigné, Maine-et-Loire).
72 – JEAN MÉNARD, laïc marié : 58 ans (né le 16 novembre 1736 à Andigné, Maine-et-Loire).
73 – RENÉE BOURGEAIS veuve JURET, laïque : 43 ans (née le 12 novembre 1751 à Montjean, Maine-et-Loire).
74 – PERRINE BOURIGAULT, laïque : 51 ans (née le 7 août 1743 à Montjean, Maine-et-Loire).
75 – MADELEINE CADY épouse DESVIGNES, laïque : 38 ans (née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
76 – MARIE FORESTIER, laïque : 26 ans (née le 16 janvier 1768 à Montjean, Maine-et-Loire).
77 – MARIE GINGUENEAU veuve COIFFARD, laïque : environ 55 ans (née vers 1739 – lieu inconnu).
78 – JEANNE GOURDON veuve MOREAU, laïque : 61 ans (née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine, Maine-et-Loire).
79 – MARIE LARDEUX, laïque : environ 46 ans (née vers 1748 – lieu inconnu).
80 – PERRINE LAURENT, laïque : 48 ans (née le 2 septembre 1746 à Louvaines, Maine-et-Loire).
81 – JEANNE LEDUC épouse PAQUIER, laïque : 40 ans (née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
82 – ANNE MAUGRAIN, laïque : 34 ans (née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
83 – FRANÇOISE MICHENEAU veuve GILLOT, laïque : 57 ans (née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois, Maine-et-Loire).
84 – JEANNE ONILLON veuve ONILLON, laïque : 41 ans (née le 19 avril 1753 à Montjean, Maine-et-Loire).
85 – MARIE PIOU épouse SUPIOT, laïque : 39 ans (née le 19 mai 1755 à Montrevault, Maine-et-Loire).
86 – PERRINE POTTIER épouse TURPAULT, laïque : 44 ans (née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon, Maine-et-Loire).
87 – MARIE GENEVIEVE POULAIN DE LA FORESTRIE, laïque : 53 ans (née le 3 janvier 1741 au Lion-d’Angers, Maine-et-Loire).
88 – MARTHE POULAIN DE LA FORESTRIE, laïque : 51 ans (née le 2 octobre 1743 au Lion-d’Angers, Maine-et-Loire).
89 – RENÉE RIGAULT épouse PAPIN, laïque : 44 ans (née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire).
90 – MARGUERITE ROBIN, laïque mariée : 69 ans (née le 22 décembre 1725 à Montjean, Maine-et-Loire).
91 – MARIE RECHARD, laïque : 31 ans (née le 29 avril 1763 à Montjean, Maine-et-Loire).
92 – MARIE ROGER veuve CHARTIER, laïque : 67 ans (née le 14 janvier 1727 à Montjean, Maine-et-Loire).
93 – MADELEINE SALLÉ épouse HAVARD, laïque : environ 43 ans (née vers 1751 – lieu inconnu).
94 – RENÉE SECHET veuve DAVY, laïque : 41 ans (née le 28 décembre 1753 à Montjean, Maine-et-Loire).
95 – FRANÇOISE SUHARD veuve MÉNARD, laïque : 63 ans (née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné, Maine-et-Loire).
96 – JEANNE THOMAS veuve DELAUNAY, laïque : environ 64 ans (née vers 1730 – lieu inconnu).

Avrillé champ des martyrs calvaire et fosses

Avrillé : le Champ des Martyrs, état actuel.
Calvaire du fond de l’enclos – les croix sur les côtés indiquent les lieux des fosses.

Guillotiné à Angers, le 18 avril 1794 :

97 – Abbé JOSEPH MOREAU, prêtre du diocèse d’Angers : 31 ans (né le 21 octobre 1763 à Saint-Laurent-de-la-Plaine, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 24 août 1794 :

98 – Abbé ANDRÉ FARDEAU, prêtre du diocèse d’Angers : 33 ans (né le 19 novembre 1761 à Soucelles, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 14 octobre 1794 :

99 – Abbé JACQUES LAIGNEAU DE LANGELLERIE, prêtre du diocèse d’Angers : 47 ans (né le 17 Avril 1747 à La Flèche, Sarthe).

A la fin de cette impressionnante liste de martyrs, je veux ajouter ci-dessous le cantique « Je mets ma confiance » : les paroles en ont été écrites par Saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Sur le chemin du martyre, c’était l’un des cantiques qui été le plus souvent chanté par ceux qui allaient donner leur vie par fidélité à Notre-Seigneur et à Son Eglise :

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Courte biographie du Bienheureux Guillaume Repin > www.
Discours prononcé par Mgr. le duc d’Anjou, au Champ des Martyrs d’Avrillé > www.

2014-15. A notre regretté Prince Alphonse.

1989 – 30 janvier – 2014

Armes de France

Le vingt-cinquième anniversaire de la mort « accidentelle » de notre regretté Prince Alphonse de Bourbon, de jure Roi Alphonse II de France, est l’occasion de relire certains beaux témoignages qui lui ont été rendus.
Cette publication permettra à nos amis, grâce aux liens que nous plaçons ci-dessous, de s’y reporter :

1) le blogue du Cercle Légitimiste de Lorraine Robert de Baudricourt, reproduit ainsi un témoignage de Monsieur le duc de Baufremont, rédigé à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du Prince, et une lettre-préface de feue Madame la duchesse de Ségovie rédigée quelques semaines après le tragique accident qui causa la mort de son fils. C’est à lire ici www .
La Province Légitimiste de Provence reproduit également cette lettre-préface de Madame la duchesse de Ségovie en publiant en outre un résumé rappelant les circonstances de la mort du Prince, ses funérailles et en publiant la photo de sa sépulture > www.

2) Le témoignage, déjà ancien, du Baron Pinoteau, intitulé : « Le Prince que j’ai servi », est toujours intéressant à relire. Ici > www.

3) Différent et beaucoup plus court, le texte d’hommage de Jean Raspail peut également être lu ici > www.

Prince Alphonse de Bourbon duc d'Anjou

Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Cadix (1936 -1989)

4) Et puis il y a ce toujours très émouvant enregistrement de l’oraison funèbre que feu Monsieur l’Abbé Chanut - aumônier du Prince retourné à Dieu l’été dernier –  prononça lors de la Sainte Messe de Requiem célébrée en la basilique nécropole royale de Saint-Denys le 9 février 1989,  dans laquelle il dévoile le dessein qu’avait formé Monseigneur le Prince Alphonse de consacrer sa personne, sa famille et la France au Sacré-Coeur de Jésus > www.

Terminons cette évocation dans le recueillement, en nous laissant porter dans la prière de l’introït du « Requiem des Roys de France » d’Eustache du Caurroy (1549-1609) :

Image de prévisualisation YouTube

Note : la « Missa pro defunctis » à cinq voix de du Caurroy, composée en 1606, fut chantée aux funérailles de Sa Majesté le Roi Henry IV en 1610, et par la suite, selon le chanoine et musicologue Sébastien de Brossard, elle aurait été interprêtée aux funérailles royales au cours des deux siècles qui suivirent, d’où son surnom qui lui est resté attaché.

frise lys

Publié dans:Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 30 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

2014-14. Du Bienheureux Charlemagne dans quelques représentations sacrées.

28 janvier,
Fête du Bienheureux Charlemagne.

Ainsi que je vous l’ai annoncé dans ma précédente publication (cf. > www), je souhaite vous donner un aperçu iconographique du Bienheureux Charlemagne.
Je ne veux pas, et de toute façon je ne peux pas, reproduire ici des tableaux de type historique ou destinés à un usage profane, mais je voudrais vous présenter quelques oeuvres qui appartiennent spécifiquement au patrimoine religieux, voire liturgique.

Je dois avant tout préciser, car beaucoup l’ignorent aujourd’hui (où l’on se permet de placer dans les églises de prétendues oeuvres d’art qui non seulement ne sont pas belles et ne portent pas à la piété, mais qui en outre ne correspondent pas aux règles traditionnelles de l’art religieux, conforme à la rectitude de la foi), que, jusqu’à une date relativement récente, les représentations admises dans les édifices religieux étaient soumises à des règles très strictes et que, par exemple, jamais il n’eût été admis d’y faire figurer un personnage avec un nimbe (auréole) si son culte public n’avait pas été officiellement autorisé.

Commençons notre aperçu iconographique à Rome :

Dans le nartex de la basilique de Saint-Pierre au Vatican, faisant face à une autre statue équestre – celle de l’Empereur Constantin 1er le Grand, due au ciseau du Bernin – se trouve une statue équestre du Bienheureux Charlemagne, qui fut ici couronné Empereur d’Occident à la Noël de l’an 800.
Cette oeuvre a été réalisée en 1725-1735 par Agostino Cornacchini :

Basilique St Pierre Charlemagne par Cornacchini

Sur la façade de la principale église française de Rome, Saint-Louis des Français, le Bienheureux Charlemagne est représenté en parallèle avec Saint Louis.
Voici un gros plan de détail de cette statue particulièrement belle, où, comme pour la précédente, le Bienheureux Charlemagne est en costume d’Empereur antique :

église Saint Louis des Français - façade - Rome

Une troisième représentation romaine : celle qui se trouve dans le cloître de l’église de la Trinité-des-Monts.  
On sait que cette église et le couvent auquel elle est rattachée furent voulus par le Roi Charles VIII et qu’ils eurent toujours un lien privilégié avec  les Rois de France.
De fait, on trouve dans le cloître les portraits peints de tous les souverains français légitimes, depuis Pharamond jusqu’à Charles X.

On remarquera que le visage du Bienheureux Charlemagne est auréolé :

Rome cloître de la Trinité des Monts

Venons maintenant à Paris.
Tout le monde connaît – on ne peut pas la manquer – la monumentale (et fantaisiste) statue de bronze du Bienheureux Charlemagne, accompagné de ses preux, Olivier et Roland, qui a été installée sur le parvis de Notre-Dame de Paris – après une histoire mouvementée qu’il serait trop long de raconter ici – dans les toutes dernières années du XIXe siècle…

Statue du parvis de Notre-Dame gravure

… toutefois, bien peu savent qu’à l’intérieur même de la Cathédrale, une chapelle et un autel du déambulatoire sont dédiés au Bienheureux Charlemagne et à quelques autres saints de souche royale.
Le saint Empereur y est représenté dans une peinture murale ; là aussi, il est nimbé :

Cathédrale ND de Paris - chapelle du déambulatoire

On trouve aussi une représentation du Bienheureux Charlemagne sur un bas relief de la cathédrale Saint-Louis de Versailles.
L’Empereur, siégeant casqué, foule d’un pied la dépouille de l’hérésie et se trouve encadré par les figures allégoriques de la vertu théologale de foi (portant la croix et le calice eucharistique) et de la vertu cardinale de force (tenant la palme de la victoire) :

Cathédrale de versailles - bas relief

On trouve également une sculpture du Bienheureux Charlemagne, à la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.
Comme à la façade de Saint-Louis des Français à Rome, il y est mis en parallèle avec Saint Louis :

Cathédrale de Nantes St Charlemagne & St Louis

Sur la façade de la double église Saint-Louis des Invalides (Paris), on retrouve encore la statue du Bienheureux Charlemagne :

Façade église St-Louis - du dôme - aux Invalides

Mais ce qui en surprendra plus d’un sans doute, c’est que le Bienheureux Charlemagne est aussi représenté dans… la chapelle du palais de l’Elysée !

Cette chapelle avait été créée sous le second empire.
Sous l’actuelle république, des Messes y furent célébrées au temps du général de Gaulle, mais il n’y en a pas eu depuis. Elle fut toutefois gardée en l’état, entretenue – voire restaurée – par Messieurs Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac… Sous le président Sarkozy elle fut utilisée pour y entreposer des cadeaux de Noël, puis aménagée en salon d’attente où, parait-il, un grand portrait de ce président avait été mis à la place de l’autel : excusez du peu !

Je ne pense pas que l’actuel occupant de l’Elysée ait rendu le lieu à sa destination cultuelle…
Il n’empêche, le lieu a gardé ses peintures d’origine, dues à un certain Sébastien Cornu (1804-1870), bien oublié aujourd’hui, mais dont on trouve d’autres oeuvres à Saint-Germain l’Auxerrois et à saint Roch.
Faisant toujours le parallèle avec Saint Louis, le Bienheureux Charlemagne figure donc en bonne place dans le décor de cette chapelle :

Chapelle de l'Elysée - oeuvre de Sébastien Cornu

Pour terminer, je veux faire place à la magnifique représentation du Bienheureux Charlemagne qui figure au sommet du sceptre de Charles V (1364), couronnant une fleur de Lys au naturel.
Ce sceptre, dit de Charlemagne, se voit aujourd’hui au musée du Louvre : c’est l’un des rares objets liturgiques du sacre de nos Rois qui soit parvenu jusqu’à nous :

Sceptre dit de Charlemagne

Conservé dans le trésor de l’abbaye de Saint-Denys, il en sortait pour être apporté à Reims chaque fois qu’un Roi était sacré. Il ne fut pas détruit en 1793, ce qui est quasi miraculeux…
Sur le noeud qui soutient le Lys sont représentées des apparitions de l’apôtre Saint Jacques au Bienheureux Charlemagne.

Que le Bienheureux Charlemagne continue d’intercéder pour la France et nous tienne en sa sainte garde. Ainsi soit-il !

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 28 janvier, 2014 |2 Commentaires »

2014-13. Du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.

Mardi soir 28 janvier 2014,
Fête du Bienheureux Charlemagne.

Fête du Bx Charlemagne

Cathédrale d’Aix-la-Chapelle : fête du Bienheureux Charlemagne – encensement du reliquaire du Chef de l’Empereur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous n’en faisons pas un mystère – et nous en sommes même très fiers ! – , chaque 28 janvier, nous célébrons la fête liturgique du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.
En ce 28 janvier de l’an de grâce 2014, nous marquons cette fête avec d’autant plus de ferveur que c’est le jour exact du douzième centenaire de la mort du grand Souverain.

Malgré l’épouvantable ignorance qui désole nos temps (car les jeunes générations, en particulier, ne savent pas toujours le situer chronologiquement ni même citer quelques grands évènements de son règne), la haute figure du grand Roi Franc domine l’histoire de l’Occident chrétien et rayonne encore aujourd’hui sur l’Europe, puisque certains n’hésitent pas à dire qu’il en est l’un des pères : Pater Europae.

Bien sûr, de modernes historiens – qui voudraient nous faire croire qu’ils sont bien plus au courant de la vie de Charlemagne que ceux qui ont vécu à ses côtés et qui lui ont rendu témoignage ! – , des ecclésiastiques retors et complexés – dont le prurit oecuménique et le souci du dialogue inter-religieux supportent mal l’idée que l’on puisse vouloir étendre le Règne du Christ – , et quelques autres inquisiteurs de la bien-pensance démocratique auxquels la seule idée d’un Royaume chrétien déclenche des éruptions de furoncles, ont mené de véritables campagnes de dénigrement pour salir sa mémoire. 
Et les voilà (eux qui ne sont pourtant habituellement pas très regardants sur le respect de la morale imposée par l’Eglise et se feraient volontiers les chantres de la libération des moeurs) qui décrètent de manière dogmatique (eux, les ennemis du dogme) que l’Empereur aurait été polygame !
Et les voilà (eux, les thuriféraires de la révolution qui voudraient minimiser les épouvantables massacres qu’elle généra, en France et jusqu’au bout de l’Europe) qui dépeignent les guerres contre les Saxons ou contre les mahométans dans des couleurs que seules les démocraties populaires du XXe siècle ont été capables d’appliquer !

Châsse de St Charlemagne

Châsse renfermant la plus grande partie du corps du Bienheureux Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

D’autres plus savants que moi, ont su faire justice de ces accusations : je me contenterai de vous renvoyer, par exemple, à la notice que lui a consacré Dom Guéranger dans sa célèbre « Année liturgique » (ici > 28 janvier, le Bienheureux Charlemagne).

Pour moi, j’ai sorti mes griffes et j’ai poussé un miaulement de (sainte) colère, l’autre jour, en lisant, sur les pages d’un site Internet que je ne nommerai pas (sur lequel sévit un « professeur de religion » à la théologie douteuse), que Charlemagne aurait été « décanonisé » (sic) par l’Eglise Romaine !
Ceux qui, tétanisés par les critiques modernes, se dandinent d’un pied sur l’autre en parlant à demi-mots gênés de la canonisation de Charlemagne, s’empressent généralement d’ajouter, comme pour s’excuser eux-mêmes et pour disculper l’Eglise, que cette canonisation aurait été prononcée par l’antipape Pascal III…
Ce qui est faux !

Si Frédéric Barberousse fut bien le promoteur de la cause de canonisation de Charlemagne, si Frédéric Barberousse soutenait effectivement l’antipape Pascal III, et si Frédéric Barberousse voyait dans cette canonisation un geste d’une grande portée politique en sa faveur, il n’en demeure pas moins que la canonisation de Charlemagne fut accomplie d’une manière tout à fait conforme au droit de l’époque, par des pasteurs légitimes.
En effet, jusqu’à ce moment-là, les canonisations n’étaient pas réservées au Saint-Siège et n’étaient pas accomplies selon les procédures que nous connaissons aujourd’hui (lesquelles ont été définitivement fixées au XVIIIe siècle par le pape Benoît XIV, et ont été ensuite simplifiées à la fin du XXe siècle).

Au XIIe siècle donc encore, comme pendant tous les premiers siècles de la Chrétienté, ce que nous appelons aujourd’hui une « canonisation » consistait en une cérémonie solennelle que l’on appelait souvent « élévation (ou exaltation) des reliques », puisque il y était procédé, par l’évêque du lieu (ou le métropolitain), en reconnaissance de la sainteté d’un personnage et des miracles accomplis sur sa tombe, au placement de ses restes mortels dans une châsse que l’on disposait sur un autel.
Dès lors, ces reliques seraient publiquement honorées et le saint auquel elles avaient appartenu ferait l’objet d’un culte officiel, ce qui était confirmé par la proclamation de la date à laquelle on célébrerait dorénavant sa fête.
A cette époque, il n’y avait pas non plus de disctinction entre « bienheureux » et « saint ».

L’élévation des reliques de Charlemagne eut lieu le 29 décembre 1165, et fut accomplie de manière régulière par l’archevêque Renaud de Dassel, de Cologne, et par l’évêque Alexandre II, de Liège, qui, redisons-le, étaient des évêques légitimes de la Sainte Eglise Catholique Romaine, et qui jouissaient de la pleine autorité pour le faire.
Il est vrai qu’ils reçurent pour cela l’aval d’un décret de l’antipape Pascal III ; mais quand bien même Pascal III eut-il été un pape légitime, son décret n’aurait rien ajouté à la régularité de l’acte accompli.

Reliquaire du bras

Reliquaire du bras du Bienheureux Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

Comme l’a très bien fait observer Dom Guéranger dans la notice qu’il a consacrée au Bienheureux Charlemagne (cf. supra), les contestations ne se firent jour que sous l’influence et en conséquence du poison que l’hérésie protestante distilla dans la Chrétienté… Et le culte séculaire que l’on rendait publiquement à Saint Charlemagne dans de très nombreux diocèses de France et d’Allemagne, s’estompa, perdit en popularité, passa au second plan et, au fur et à mesure des réformes liturgiques de l’époque moderne (un peu selon la technique dite « du voleur chinois »), ne subsista pratiquement plus qu’à Aix-la-Chapelle et dans quelques diocèses voisins.
Mais de « décanonisation », point !

Bien au contraire, au XVIIIe siècle, le pape Benoît XIV (celui-là même qui fixa les règles des béatifications et des canonisations telles qu’elles ont été observées jusqu’au XXe siècle) - grand canoniste et aussi « spécialiste » du culte des saints - , auquel on soumit le cas de Charlemagne, car certains le jugeaient litigieux en raison du soutien apporté par l’antipape Pascal III à sa canonisation, trancha de manière non équivoque : là où ce culte était établi, on ne pouvait ni le blâmer ni l’éradiquer ; et il fut statué très officiellement qu’on pouvait l’honorer et l’invoquer comme « Bienheureux Charlemagne ».
Fin de la contestation.

Je vous propose, bien que les commentaires y soient en langue allemande – que vous ne comprenez sans doute pas tous – , de visionner ce mini reportage qui permet de voir en détail l’admirable buste reliquaire qui contient le chef (c’est-à-dire la tête) du Bienheureux Charlemagne.
A partir de la troisième minute de cette vidéo, vous pourrez apercevoir, le sommet du reliquaire étant soulevé, le crâne du saint Empereur :

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Et pour terminer, je vous propose enfin d’écouter le « Planctus de obitu Karoli : lamentation sur la mort de Charles », texte remarquable comprenant vingt distiques qui alternent avec un refrain, composé très probablement par un moine de l’abbaye de Bobbio en 814-815, c’est à dire au moment où la nouvelle du trépas du Souverain se répandit à travers l’empire.

Image de prévisualisation YouTube

Dès que je le pourrai, je ferai suivre cet article par un autre qui sera uniquement dédié à des représentations - que j’aime particulièrement – du Bienheureux Charlemagne.

Pour l’heure, prions-le avec ferveur d’intercéder pour l’Europe, pour la France, et spécialement pour l’héritier légitime du Royaume de France.
Déjà, au XVe siècle, c’était le rôle particulier qui lui était assigné dans le Ciel, puisque Sainte Jeanne d’Arc put dire à Charles VII : « Sire, je vous dis que Dieu a pitié de vous, de votre royaume et de votre peuple, car Saint Louis et Saint Charlemagne sont à genoux devant Lui, faisant prière pour vous ».

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Du Bienheureux Charlemagne dans quelques représentations sacrées > www
Les textes liturgiques de la fête de St Charlemagne dans le propre parisien > www

2014-12. Les Saintes Hosties et le « ciboire » miraculeux de Pézilla-la-Rivière.

Pézilla la Rivière

Pézilla-la-Rivière : vue aérienne du centre ville – l’église des Saintes Hosties.

Dans la vallée de la Têt, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Perpignan, Pézilla-la-Rivière (en catalan Pesillà de la Ribera) est aujourd’hui une petite ville peuplée d’un peu plus de trois-mille habitants, mais qui à la fin du XVIIIe siècle comptait à peine 900 âmes.
Au centre du bourg ancien, se dresse une imposante église de briques et de pierres qui, à la fin du XIXe siècle, a remplacé un édifice plus ancien.
Le vocable de cette église est peu courant : en effet, elle ne porte pas le nom d’un saint, ou de la Vierge Marie, mais elle est dédiée aux « Saintes Hosties ».
Cette dédicace se rapporte à un évènement miraculeux, qui s’est passé lors de la sinistre révolution, dont je veux vous entretenir aujourd’hui…

blason de Pézilla la Rivière

Armoiries de Pézilla-la-Rivière.

Il y a 220 ans : en pleine Terreur…

1793 : la Terreur.
En Roussillon, comme partout, les « patriotes » font la guerre au catholicisme et à ses ministres sacrés : les églises sont fermées, le culte (même celui des prêtres jureurs schismatiques) est officiellement aboli, les prêtres fidèles – pour échapper à la mort – n’ont pas eu d’autre recours que l’exil ou une clandestinité pleine de dangers.

Il arrivait cependant que la vigilance des révolutionnaires se relâchât parfois quelques jours, laissant croire à une accalmie. L’abbé Jacques Pérone, curé légitime de Pézilla, se hasardait alors à reparaître dans sa paroisse, et, en bon pasteur soucieux de leur salut, il administrait les sacrements à ses fidèles.
C’est ainsi que, le dimanche 15 septembre 1793, il osa même célébrer la Sainte Messe dans son église, en présence de nombreux paroissiens.
Le bon prêtre était tellement convaincu que la persécution allait prendre fin qu’il avait replacé le Très Saint Sacrement dans le tabernacle, à savoir quatre petites Hosties dans un ciboire – pour le cas où il eût dû administrer un malade en urgence – et la grande Hostie réservée pour les saluts du Saint Sacrement.

Las ! Les espérances du zélé pasteur furent déçues : apprenant son retour et ce qu’il avait osé faire, les révolutionnaires des environs s’émurent et s’agitèrent ; dès le mardi 17 septembre, prévenu in extremis avant qu’ils ne l’appréhendent, l’abbé Pérone dut s’enfuir et prendre précipitamment le chemin de l’exil.
Il était à environ une lieue de Pézilla lorsque, en présence d’un petit groupe de paroissiens qui l’accompagnait, il laissa s’échapper cette plainte émue : « Ah ! Que ne donnerais-je pour revenir à Pézilla et y passer ne fut-ce qu’un quart d’heure !… »

Une pieuse jeune fille, Rose Llaurens, qui avait entendu cette plainte et vu le trouble de son curé, s’interrogea sur ce qui en pouvait être le motif, et elle finit par penser que c’était la crainte de voir la profanation des Saintes Espèces qui était la cause du trouble et des soupirs du bon prêtre. Il lui était toutefois impossible d’en avoir la certitude : les révolutionnaires étaient à nouveau maîtres de Pézilla, l’église était fermée, et les clefs étaient entre les mains d’un maire dont elle ne pouvait rien espérer.

délivrance des Saintes Hosties

Délivrance des Saintes Hosties :

Un trimestre s’écoula. Le 26 décembre 1793 la municipalité fut changée. Celui auquel la charge de maire fut imposée, Monsieur Jean Bonafos, était fondamentalement un homme droit : si les idées libérales l’avaient un peu entraîné, il était néanmoins resté sincèrement chrétien dans son cœur et il s’affligeait des excès des « patriotes ».
Rose Llaurens ne craignit alors pas d’aller le trouver discrètement et de lui faire part de ses inquiétudes, puis – non sans audace – elle lui demanda de pouvoir s’assurer qu’aucune Hostie consacrée n’avait été laissée dans le tabernacle.

Le maire se laissa convaincre et, avec la pieuse jeune fille, ils élaborèrent un plan. Quelques semaines plus tard (dans les derniers jours de janvier ou les premiers jours de février 1794), en grand secret, Monsieur Bonafos et Rose Llaurens s’en furent de nuit dans l’église ; ils ouvrirent le tabernacle et y découvrirent les Saintes Hosties : quatre petites Hosties – dont l’une divisée en deux parcelles – dans le ciboire, et la grande Hostie dans son soleil d’argent (car à cette époque, les ostensoirs n’avaient pas forcément une lunule : la grande Hostie pour l’exposition du Saint Sacrement était placée directement entre les deux verres du « soleil » et ce dernier, qui se détachait du pied de l’ostensoir, était conservé ainsi dans le tabernacle).

Aussitôt, ils résolurent de soustraire les Saintes Espèces à toute éventualité de profanation : le maire, qui voulait « avoir sa part du Bon Dieu », emporterait le soleil d’argent avec la grande Hostie, tandis que Rose garderait les petites Hosties, enveloppées dans un purificatoire. Ils laissèrent en effet dans le tabernacle le ciboire et le pied de l’ostensoir qui avaient été inventoriés par l’administration au début de la révolution.

Jean Bonafos, de retour chez lui, enferma le soleil qui contenait la grande Hostie, dans un coffret que l’on dissimula sous un plancher : il y demeura depuis le 7 février 1794 jusqu’au 9 décembre 1800.
On ne l’en retira qu’en quelques très rares occasions, par crainte des visites domiciliaires. La position de Monsieur Bonafos, premier magistrat de la commune, ne lui permettait pas de faire savoir à d’autres ce qu’il cachait dans sa demeure ; toutefois il réussit à faire parvenir un message à l’abbé Pérone, alors en exil à Gérone dans le Royaume d’Espagne, l’informant du sauvetage des Saintes Hosties. Il lui demandait même de célébrer une Sainte Messe d’action de grâces.

Tout autre fut la destinée des quatre petites Hosties confiées à Rose Llaurens : la jeune fille avait mis dans la confidence sa mère et une religieuse Augustine que la suppression des ordres monastiques avait contrainte à rentrer dans sa famille, Mère Joséphine de Romaya. Les trois pieuses femmes voulurent que les Saintes Espèces fussent conservées avec le plus d’honneur possible, et que l’on pût convenablement les adorer…

Les Saintes Hosties chez les Llaurens

Les Saintes Hosties chez les Llaurens :

Comme elles n’avaient pas de ciboire, elles les déposèrent – toujours enveloppées du purificatoire – dans un sucrier de cristal : c’était le récipient le plus précieux de leur humble demeure.
Ce petit sucrier était en cristal ordinaire, uni et transparent, sans dorure ni aucun ornement, avec un couvercle de cristal lui aussi sans aucun ornement. Avec un petit coupon de soie rouge, Mère Joséphine lui fabriqua un pavillon. Tel sera le ciboire improvisé de Jésus-Eucharistie jusqu’au mois de décembre 1800.

Le sucrier des Llaurens

Le petit sucrier de cristal de Rose Llaurens.

En guise de tabernacle, on lui aménagea un petit placard mural dans lequel on suspendit une veilleuse.
Moins exposée aux soupçons que celle du maire, la maison Llaurens devint le lieu de rendez-vous d’un certain nombre de fidèles que l’on mit dans la confidence. Il fallait toutefois user de discrétion, voire de ruse, pour s’approcher du divin Maître sans éveiller la sourcilleuse surveillance des révolutionnaires et des traitres.
Les âmes pieuses qui étaient dans le secret s’abordaient dans la rue en se demandant quelque objet ou aliment – une marmite, du persil ou des oeufs par exemple -, et si la réponse était affirmative on entrait chez Rose… pour adorer et prier devant le tabernacle clandestin.
Tous les ans, le Jeudi-Saint, les fidèles dressaient devant cette armoire un reposoir aussi solennel et beau que les circonstances le leur permettaient, et rendaient au Dieu de l’Eucharistie des actions de grâces et des réparations que le climat de persécution rendait encore plus ferventes.

Plus d’une fois, malgré les précautions prises, la famille Llhaurens fut l’objet de suspicions de la part des enragés : un jour, menacée par une visite domiciliaire, Rose n’eut pas d’autre recours que de sortir juste à temps le sucrier de l’armoire pour le cacher dans un sac de farine ! Une autre fois, l’un des plus farouches révolutionnaires de la ville monta sur le toit des Llaurens afin d’écouter, par le conduit de cheminée, ce qui se passait dans la maison… Cependant, à n’en pas douter, une grâce toucha son coeur puisque l’homme rencontrant ensuite Rose Llaurens lui déclara : « Je sais que tu caches chez toi les Saintes Hosties, mais je te jure de n’en rien dire… »

Il est un point sur lequel il faut insister ici : pendant tout le séjour des Saintes Espèces chez Rose, dans leur petit « ciboire » de fortune, ce dernier resta couvert du pavillon de soie rouge qu’avait confectionné Mère Joséphine de Romaya ; les fidèles ne pouvaient donc pas le voir directement, non plus que les Saintes Hosties qu’il contenait et qui étaient toujours enveloppées dans le purificatoire avec lequel Rose les avait rapportées de l’église.

Retour des Saintes Hosties à l'église

Fin de la persécution, retour des Saintes Hosties à l’église ;
leur conservation miraculeuse :

Enfin l’aurore de jours meilleurs se leva pour l’Eglise de France. Au cours de l’année 1800, les églises furent rendues au culte ; les prêtres qui avaient survécu sortirent de la clandestinité ou revinrent d’exil. 
Le premier prêtre qui rentra à Pézilla fut le vicaire, l’abbé Honoré Siuroles : c’est lui qui vint chercher chez Rose Llaurens les Saintes Hosties, le 5 décembre 1800, pour les ramener dans le tabernacle de l’église.
Quelques jours plus tard, l’abbé Jacques Pérone, curé, rentra à son tour, et c’est lui qui, le 9 décembre – comme nous l’avons écrit plus haut – , alla sortir la grande Hostie de sa cachette chez le maire, pour la ramener solennellement à l’église, dans une procession que l’on fit la plus belle possible.

Le premier point sur lequel il convient d’insister tout d’abord, c’est que, les quatre petites Hosties conservées chez Rose et la grande Hostie gardée par Jean Bonafos étaient absolument intactes et ne présentaient aucun signe de corruption : cette conservation parfaite des Saintes Hosties pendant plus de sept ans était déjà en elle-même un prodige, car qu’y a-t-il de plus fragile et de plus périssable que les Espèces Eucharistiques
Ramenées dans le tabernacle de l’église, elles ne furent pas consommées à ce moment, et, depuis, jamais l’autorité ecclésiastique – pourtant très vigilante sur ce point – n’a donné l’ordre de les consommer.
Des enquêtes canoniques furent diligentées par les évêques de Perpignan en 1804, 1845 et 1874, reconnaissant la permanence du miracle de leur conservation.
A partir du milieu du XXe siècle, des marques de corruption furent constatées sur les petites Hosties et, dès lors, ne furent-elles plus exposées au regard des fidèles, mais l’autorité ecclésiastique ne demanda toujours pas qu’elles fussent consommées.
A l’heure actuelle, nous avons appris, lors d’un entretien avec l’actuel curé de Pézilla, qu’il n’en subsiste plus qu’une « poussière » d’Hosties, conservée comme une sorte de « relique ».

Il n’en est pas de même pour la grande Hostie, que l’on peut toujours voir, comme en témoigne cette photo récente envoyée par une amie roussillonaise :

La grande Hostie miraculeuse de Pézilla

Le « ciboire » miraculeusement doré :

Mais il est un autre miracle, lui aussi toujours visible, qui fut constaté par l’abbé Siuroles et toutes les personnes présentes chez Rose Llaurens dès le 5 décembre 1800.
On se souvient, bien sûr, que Rose avait déposé les quatre petites Hosties enveloppées d’un purificatoire dans un petit sucrier de cristal ordinaireuni et transparentsans dorure ni aucun ornement : or lorsque l’abbé Siuroles souleva le pavillon de soie rouge confectionné par la Mère de Romaya, ce petit sucrier présentait une teinte dorée qu’on ne lui connaissait pas…

Lui aussi fit l’objet d’examens attentifs : les parties dorées sont celles, et uniquement celles, qui ont été en contact avec le purificatoire enveloppant les Saintes Hosties, c’est-à-dire la coupe et une bande circulaire de la partie inférieure du couvercle.
Cette dorure est humainement inexplicable : elle ne consiste pas, en effet, en un placage déposé à la surface extérieure du cristal ; si l’on touche cette surface, on ne touche que le cristal, et si l’on essaie de gratter, on ne peut rien enlever car il semblerait que cette dorure consiste en une espèce de paillettes introduites dans l’épaisseur, dans la texture même du cristal !

Le sucrier miraculeusement doré

Le sucrier miraculeusement doré exposé dans un reliquaire.

Monseigneur Anatole de Cabrières, évêque de Montpellier et futur cardinal, dans le discours qu’il prononça en 1893 à l’occasion des fêtes du centenaire de la consécration des Saintes Hosties, décrivit ce miracle comme « le procès verbal de Jésus-Christ Lui-même reconnaissant avec joie qu’Il avait trouvé là un refuge de piété et de tendresse ».

Le sucrier miraculeux de Pézilla

Le sucrier miraculeux de Pézilla dans son état actuel.

Nota bene : Nous adressons nos plus vifs remerciements à Monsieur l’abbé Joël Adoue, curé de la communauté de paroisses à laquelle Pézilla-la-Rivière est actuellement intégrée, qui a fort aimablement répondu à nos questions et nous a donné un beau témoignage de foi dans le miracle des Saintes Hosties, ainsi qu’à Madame Anne-Marie Cortade pour les très belles photos qu’elle nous a envoyées et dont nous nous sommes servis pour illustrer cette brève notice historique.

Lully.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 24 janvier, 2014 |4 Commentaires »

2014-11. De trois réflexions qui paraîtront certainement très incorrectes à certains…

Vendredi 24 janvier 2014.

Grandes armes de France - grille de Versailles

Les grandes armes de France à la grille du château de Versailles

Je voudrais partager avec vous trois réflexions que je me suis faites, et qui sont dans la continuité du triste anniversaire de la mort du Roi-martyr, que nous avons commémorée le 21 janvier (cf. > www).

Fleur de Lys

1 – Mon beau sapin ♪♫♪…

Imagineriez-vous que l’on puisse chanter : « Mon beau sapin, président de la république des forêts, que j’aime ta parure… » ?
Si on le faisait, cela perdrait non seulement toute forme de poésie, mais aussi toute espèce de crédibilité.
Dans la nature, il n’y a pas de « présidence de la république » : d’un animal qui domine par sa force et sa beauté, on dit qu’il est le roi ; d’une fleur qui surpasse les autres par son élégance et son parfum, on dit qu’elle est la reine ; d’un sommet qui culmine au-dessus de toutes les cimes d’un massif, on dit qu’il est le roi…
C’est spontané ! C’est évident ! C’est naturel !
Et deux siècles de lavage de cerveau et de matraquage idéologique, en France, n’ont pas encore réussi à changer cette spontanéité de la dénomination, cette évidence qui ne se discute pas parce qu’elle est universellement comprise, sans effort, naturellement…
Et on tomberait dans le ridicule le plus absolu si l’on se mettait à dire que la rose est la présidente de la république des fleurs, que le lion est le président de la république des animaux, que le Mont Mézenc est le président de la république des sucs des Boutières !
Alors pourquoi ce qui est ridicule dans l’ordre naturel, n’apparaît-il pas aussi à tous comme également ridicule dans l’ordre politique ?

Fleur de Lys

2 – Jeux d’enfants :

Avez-vous aussi remarqué que l’idée royale appartient à la nature humaine la plus saine et la plus spontanée ?
Cela se vérifie par exemple au niveau des jeux des enfants : dans leurs jeux, en effet, il y a des rois, des reines, des princes et des princesses. Cela les fait rêver et les porte à imaginer des prouesses, des actions héroïques, de belles choses…
A ma connaissance, les enfants ne jouent pas au président de la république, et les petites filles n’ont guère envie de s’identifier à une concubine !

Voyez par exemple le si sympathique Babar : enlevez lui sa délicate couronne royale ; faites-en un président, flanqué de l’hyper-pachydermique et inélégante lourdeur des prétendues « institutions » de la république ; remettez en cause son pouvoir tous les quatre ou cinq ans… Vous verrez alors que le bon roi qui règne à Célesteville perdra aussitôt toute espèce d’intérêt aux yeux de nos chérubins !

Ainsi encore des contes qui façonnent notre conscience et notre imaginaire depuis la plus tendre enfance : remplacez-y les rois par des présidents démocratiquement élus, et les princesses par des femmes ministres ou députés, et ce sera la fin de la littérature enfantine la plus belle, et – aujourd’hui encore – la plus prisée.

Ce qui est vrai des jeux des enfants et des contes, l’est à un degré bien plus cruel et réaliste dans la société des personnes adultes : qui peut rêver de prouesses, d’héroïsme, de magninimité, de grandeur, de noblesse de coeur, d’esprit chevaleresque et de belles réalisations, en aspirant à être « président élu » ?

Fleur de Lys

3 – Cohérence républicaine ?

Comment les hommes de l’actuelle république peuvent-ils réclamer, au nom de la justice et des « droits de l’homme », la restitution des oeuvres d’art volées aux Israëlites par les Allemands sous le troisième reich, alors qu’ils n’imaginent pas un seul instant qu’il serait cohérent (et exemplaire) de restituer semblablement :
- en France même, les bâtiments (cathédrales, églises, abbayes, évêchés, couvents, presbytères… ), les objets du culte (tableaux, sculptures, pièces d’orfévrerie, reliquaires…), ou instruments de formation intellectuelle et spirituelle (par exemple les bibliothèques), qui ont été volés à l’Eglise, au nom d’une idéologie qui a inventé toutes les méthodes de répression et d’extermination que le troisième reich ne fera que lui emprunter et développer…
- dans toute l’Europe, et au-delà (dans ces terres qui sont aujourd’hui la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Cité du Vatican, la Grèce et l’Egypte…), toutes les oeuvres d’art et monuments de la civilisation dont les guerres de la révolution, de la république et de l’empire ont fourni l’occasion d’un pillage planifié et ordonné, et qui remplissent aujourd’hui nombre de musées français ?

Lully défenseur de la couronne

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