Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2014-73. « Une grande nation est celle qui sait s’inscrire dans le temps. »

Discours prononcé
par

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
le dimanche 27 juillet 2014
à l’occasion des célébrations du huitième centenaire
de la Bataille de Bouvines

N.B. : Nous nous sommes permis de mettre en caractères gras les passages qui nous paraissent comporter le fond du message – un message politique plus important qu’il ne peut y paraître pour celui qui lirait de manière trop rapide et superficielle – délivré par notre Prince en cet anniversaire glorieux qui, notons-le, a semblé être totalement ignoré d’un gouvernement d’incultes qui, aujourd’hui, essaie de faire croire que l’histoire de la France a commencé en 1789…

Duc d'Anjou à Bouvines 27 juillet 2014

Monseigneur le  Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
aîné de tous les Capétiens,
ce dimanche 27 juillet 2014, à Bouvines.

Excellence, (*) 
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Madame le Vice-président du Conseil Régional,
Monsieur le Maire de Bouvines,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs,

1214-2014.
Huit cent ans séparent ces deux dates, et Bouvines demeure un repère essentiel dans l’histoire de France. Une date charnière.
Croyez-bien que je ressens un grand honneur d’avoir été invité à cet anniversaire. J’y suis comme successeur, bien lointain il faut le dire puisque tant de siècles nous séparent, de Philippe-Auguste, le vainqueur de Bouvines.

De telles commémorations nous font entrer profondément au cœur de l’histoire de notre Pays. Il y a quelque chose d’exceptionnel pour notre nation que de pouvoir s’inscrire dans une si longue durée, qui est aussi une occasion de réfléchir à notre destinée.

Pourquoi nous souvenons nous de Bouvines alors que les mots ont changé de sens, alors que des concepts nouveaux sont apparus, forgés par les événements si nombreux vécus par notre pays ? 

Ainsi, que dire après 800 ans, d’encore audible pour nos concitoyens ?
Au-delà de la victoire elle-même, victoire un peu miraculeuse puisque les troupes royales étaient deux fois moins nombreuses que celles des coalisés du roi Plantagenêt et de l’Empereur, nous pouvons retenir trois enseignements de Bouvines :

- Le premier est l’affirmation de l’État.
Cela paraît à la fois lointain et parfois aussi, très présent. Lointain, car nous avons du mal à nous imaginer ce qu’était la société féodale, divisée en de multiples souverainetés avec quelques grands féodaux essayant de conquérir toujours plus de pouvoirs. Le Roi de France qui était le plus petit des grands, les a vaincus à Bouvines. Philippe en ce jour de juillet 1214, a affirmé, pour son temps comme pour le nôtre, qu’au-dessus des intérêts particuliers il y a le bien commun dont la fonction royale est garante. Ce n’est pas un hasard si la renommée lui a donné le surnom d’ « Auguste » (**) lui reconnaissant ce vieux titre hérité de Rome qui restait encore le modèle de l’État, c’est-à-dire d’un pouvoir non dépendant des hommes et de leurs égoïsmes passagers.
Oui, Bouvines marque la renaissance de l’État.

- Le second vient de la nouveauté de la bataille de Bouvines où, au-delà des troupes habituelles des chevaliers et de leurs servants, ce qui fit la différence, ce furent les milices bourgeoises des communes. Pour la première fois la société française, organisée en corps constitués, autour de ses métiers et de ses chartes communales, se manifestait.

- À Bouvines, unis sous la bannière de Saint-Denis, sont venus combattre ceux qui étaient fiers de leur autonomie et de leurs libertés à se gérer.
Ce droit qui en avait fait, pour la première fois de vrais sujets libérés de la tutelle des seigneurs, ils le devaient aux premiers capétiens qui favorisèrent les chartes de franchise contre la toute-puissance des féodaux.
La conscience politique du peuple de France est née à Bouvines. Ainsi, et c’est le troisième enseignement que je vois dans cette commémoration, se souvenir de Bouvines, huit cents ans après la victoire, permet de comprendre l’intérêt de l’histoire. Parfois la France donne l’impression d’oublier son passé, or c’est dans le temps long que notre pays s’explique. Il s’est constitué génération après génération. Les grandes dates que les écoliers apprennent sont autant de repères qui donnent du sens à nos vies.

Il faut nous en souvenir pour écrire de nouvelles pages, pour entrer dans l’avenir.

Une grande nation est celle qui sait s’inscrire dans le temps.
En m’invitant ici, en ce jour, à côté de toutes les autorités, héritier de la dynastie millénaire, j’imagine que c’est, Monsieur le Maire, ce que vous avez souhaité montrer.
Soyez remercié de m’avoir permis de le rappeler.

Grandes armes de France

Notes :
(*) Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Lille.
(**) Philippe-Auguste.

2014-71. Philippe Pichot-Bravard : « La révolution française ».

Jeudi 17  juillet 2014,
220ème anniversaire du martyre des seize Bienheureuses Carmélites de Compiègne,
le 17 juillet 1794 (voir ce que j’en avais écrit ici > www).

Le martyre des Carmélites de Compiègne

L’anniversaire du martyre des Bienheureuses Carmélites de Compiègne me donne l’occasion de vous recommander, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, un excellent ouvrage dont nous venons d’achever la lecture et que nous devons à la plume experte du professeur Philippe Pichot-Bravard, docteur en droit et maître de conférences en histoire du droit public.
Je ne saurais trop vous en recommander la lecture à vous aussi – si toutefois, bien sûr, vous ne l’avez pas déjà fait – , tant cet ouvrage est judicieux et profond.
Plusieurs publications en ont déjà fait l’éloge, aussi n’ai-je rien de mieux à faire que de vous en livrer ci-dessous quelques citations choisies… Bonne lecture !

Lully.

Cachet chouan

Présentation des éditions « Via Romana » :

« Cette histoire de la Révolution française n’a pas pour but de narrer à nouveau des événements ou des anecdotes mille fois ressassées. 
Son ambition ? Susciter une relecture complète de la Révolution nourrie par les recherches récentes publiées au cours de ces dernières décennies. Ces découvertes permettent d’affirmer que la Révolution a eu pour dessein essentiel la régénération de la société et de l’homme, la création d’un monde nouveau et d’un homme nouveau adapté à ce monde bâti par la mise en œuvre des idées rationalistes, individualistes, contractualistes, matérialistes et laïcistes des Lumières. Comprendre ce qu’a été réellement la Révolution française semble dès lors indispensable pour saisir les enjeux de la politique contemporaine. 
Rédigé dans une langue claire, l’ouvrage est destiné au grand public. »

Philippe Pichot-Bravard la révolution française

Quelques échos glanés ça et là :

« Philippe Pichot-Bravard n’a pas choisi la simplicité pour son nouveau livre. Il nous propose une puissante réflexion sur l’un des événements les plus décisifs de notre histoire. Baignant dans le monde post-révolutionnaire, nous ne remarquons même plus ce qu’a d’inouï le projet révolutionnaire de régénérer la société et de fabriquer un « homme nouveau » en faisant « table rase » du passé. L’auteur nous aide à entrer dans cette logique, qui connut une telle postérité au XXe siècle. Il nous aide aussi à comprendre que, selon le mot de M. Peillon, la Révolution n’est pas terminée. Tout simplement parce qu’elle ne peut pas l’être, puisque son but est la Révolution elle-même – ce qui lui impose de se radicaliser à mesure qu’elle semble avoir gain de cause… »

(in « Les 4 vérités hebdo », n° 931 du 21 février 2014)

* * * * * * *

« Pour l’historien Philippe Pichot-Bravard, le fil rouge de la Révolution, c’est la régénération. Les hommes de 1789 ont voulu non pas réformer la France, comme a tenté de le faire Louis XVI, mais mettre en place une France nouvelle, et donc un homme nouveau, selon des principes abstraits. Il s’agit de régénérer le pays, de régénérer l’homme. Cette ambition « régénératrice » mènera au régime jacobin, dont on peut dire qu’il est la première expérience totalitaire du monde contemporain.
Au XVIIIe siècle, s’impose une idéologie qui veut du passé faire table rase, invente le progrès, diffuse une nouvelle conception de la connaissance. Une nouvelle conception de la société aussi, due notamment à Locke, à Hobbes, à Rousseau. Pour eux, l’homme à l’état de nature est isolé ; ce n’est que par intérêt qu’il s’associe avec ses semblables, avec lesquels il conclut un pacte social. Ce contrat donne naissance à des institutions et à un droit qui sont donc artificiels – et modelables à loisir. Et pour faire tenir ensemble des êtres que rien ne relie entre eux, sinon leur égoïsme, il faudra avoir recours à la contrainte, à la propagande, à l’État. La Révolution ne s’en privera pas. [...]
Philippe Pichot-Bravard cite un texte de Saint-Just dans lequel le député « vertueux » appelle tranquillement l’État à s’immiscer dans les moindres recoins de la vie intime, puisque « l’enfant, le citoyen appartiennent à la patrie ». On croirait du Taubira. Ou du Peillon, dont l’auteur cite les propos suivants : « La Révolution implique l’oubli total de ce qui précède la Révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qu’opère dans l’école et par l’école cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses tables de la loi ». Lignes extraites d’un livre dont le titre dit tout : La Révolution française n’est pas terminée. »

(Charles-Henri d’Andigné, in « Famille Chrétienne » n° 1886 du 8 mars 2014)

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« La sobriété du titre ne laisse pas soupçonner l’ampleur du propos : saisir l’intention qui a animé la Révolution française à la lumière des publications les plus récentes sur le sujet, celles de Jean de Viguerie et de Frédéric Rouvillois entre autres. Rigoureux et parfaitement documenté, il brosse un récit clair de la Révolution en plongeant d’abord aux racines de l’Ancien Régime. La société française y formait une « famille de familles », à base de corps et de communautés. La rupture individualiste introduite au XVIIIe siècle par le cartésianisme préparait les élites au grand saut : non pas celui d’une réforme, mais d’une régénération complète de la société au prix d’une politique assumée de table rase. Philippe Pichot-Bravard montre ainsi comment le recours permanent au « peuple », redéfini par les hérauts de la Révolution comme le seul cercle des hommes qui approuvent leur but et leurs moyens, ne parvient plus, au fil de ses épisodes sanglants, à dissimuler l’indifférence ou l’hostilité que le peuple réel leur inspire. Robespierre tombé, la Terreur prend fin. Mais la Révolution perdure par la volonté de Napoléon, soucieux d’en conserver les acquis, au premier rang desquels l’omnipotence de l’État. Le siècle qui s’ouvre avec lui sera celui de l’obsession d’achever la Révolution : Gambetta, Clemenceau et Jaurès s’y employèrent ; l’homme soviétique inventé par Lénine y parviendra. Tout près de nous, un Vincent Peillon a repris le flambeau dans des lignes éloquentes : « La Révolution française est (…) un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français (…). La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. » La messe est dite, et Philippe Pichot-Bravard en décrypte parfaitement la liturgie. »

(G.C. in « Le Figaro Histoire » n° 13 avril-mai 2014)

* * * * * * *

« Au fil des pages, le lecteur découvrira le tableau hallucinant d’une France précipitée au bord du gouffre par une minorité d’hommes politiques qui feront déchoir la Patrie du règne de la Justice vers les abimes du totalitarisme et de l’arbitraire

Spécialiste de l’Histoire institutionnelle et auteur d’une thèse consacrée à la genèse de l’Etat de droit en France sous l’Ancien Régime, Philippe Pichot-Bravard rappelle ce qu’était la France de l’Ancien droit : une Patrie charnelle où le Roi justicier, lié par le droit naturel, les lois fondamentales et conseillé par des sages, régnait sur ses peuples. Cette France, qui était avant tout une famille de familles, marquée par l’amitié politique et l’importance des corps intermédiaires et des libertés provinciales, a été attaquée par la funeste Révolution.

Drapés des oripeaux du triptyque Liberté-Egalité-Fraternité, les disciples des prétendues Lumières ont inversé l’ordre social. Ils ont détruit la vision classique et catholique de la légitimité, héritée des Anciens et de S. Thomas d’Aquin. Cette légitimité, jadis finalisée en vue du bien commun que devait garantir un monarque débiteur de justice et garant des libertés concrètes, a été détournée. Depuis 1789, la légitimité n’est plus assise sur le Bien commun vers lequel elle doit tendre, mais sur la puissance politique de représentants. La fameuse Déclaration des droits de l’Homme, dont la France légale se vante tant, est l’illustration de cette inversion du sens du droit et de la politique. »

(in « Le Rouge et le Noir – antichroniques du temps présent » du samedi 22 février 2014)

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Enfin sur le site Polémia une autre recenssion qui me paraît excellente et que je vous engage à aller lire dans son intégralité, ici > Retour sur la révolution française.

Cachet chouan

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 17 juillet, 2014 |1 Commentaire »

2014-67. « Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Jeudi 3 juillet 2014.

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues 1er dit Capet, le 3 juillet 987.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 3 juillet 987, dans la cathédrale de Noyon (selon la date et le lieu le plus communément admis), Hugues 1er dit Capet fut sacré roi de France. 
Il succédait au dernier souverain carolingien, Louis V, dont il était un parent, mais pas le plus proche. Cette accession au trône, il la devait essentiellement à l’archevêque Adalbéron de Reims et à son secrétaire, le moine Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

La dynastie capétienne a présidé aux destinées de la France – et de l’Europe – pendant des siècles glorieux.
Les descendants d’Hugues Capet n’ont pas seulement régné sur la France, mais aussi en Espagne, au Portugal, au Brésil, à Naples, à Parme, au Luxembourg ainsi que, si l’on compte la descendance par les femmes, dans presque tous les royaumes européens qui ont existé et qui existent encore…

C’est ainsi que, mille-vingt-sept ans après l’accession d’Hugues Capet au trône de France, huit-cent ans après la naissance de Saint Louis, quatre-cent-vingt ans après le couronnement d’Henri IV et trois-cent-soixante ans après celui de Louis XIV, un descendant de tous ces souverains français vient, le 19 juin dernier, de monter sur le trône d’Espagne.
Trois-cent-quatorze ans après le petit-fils de Louis XIV, devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V - et dont il est un descendant direct en ligne agnatique – , voici le roi Philippe VI.

Philippe duc d'Anjou proclamé roi d'Espagne par son grand'père Louis XIV

16 novembre 1700 : « Messieurs, voici le roi d’Espagne »
par ces mots le roi Louis XIV annonce à la cour de Versailles qu’il a accepté le testament de Charles II d’Espagne,
et que son petit-fils, Philippe duc d’Anjou, accède au trône d’Espagne sous le nom de Philippe V.

A son petit-fils de dix-sept ans qui partait prendre possession du trône d’Espagne, le Grand Roi remit un mémoire dans lequel étaient consignées trente-trois instructions sur le métier de roi.
Ce soir, je vous en livre trois extraits :
« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu.
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire.
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Trois-cent-quatorze ans plus tard, je ne pense pas que ces instructions soient dépassées ou qu’on puisse dire qu’elles sont tombées en désuétude, puisque, selon les Saintes Ecritures, qui nous enseignent des vérités éternelles, « omnis potestas a Deo : tout pouvoir vient de Dieu » ; ce qui est la condamnation sans appel du faux principe qui prétend que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ; nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » (déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789).

Cela étant rappelé, je vous invite à regarder quelques photographies.

En voici tout d’abord trois qui ont été prises le 22 novembre 1975 lorsque Sa Majesté le Roi Jean-Charles 1er a prêté serment devant les Cortes :

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (1)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (2)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (3)

Sur ces trois photos, on voit très bien que, à côté de la couronne et du sceptre, avait été placé un Crucifix d’argent, ce qui ne nécessite finalement aucune exégèse.
Sur les deux dernières, on remarque la présence d’un évêque : le concordat de 1953 (en vigueur jusqu’en 1979) donnait en effet une place prépondérante à l’Eglise catholique dans les institutions espagnoles ; il s’agissait bien alors véritablement d’une monarchie catholique.

Voici maintenant trois clichés pris le 19 juin dernier lors de la prestation de serment de Sa Majesté le Roi Philippe VI :

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (1)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (2)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (3)

Moins de quarante plus tard, le Saint Crucifix a disparu et il n’y a plus de prélat auprès du nouveau souverain : la cérémonie a été volontairement et très strictement « laïque ».
Aucune bénédiction de l’Eglise n’est venue accompagner l’accession au trône du descendant de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV et de Philippe V auquel son aïeul avait recommandé – je me répète, mais c’est intentionnel – :

« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu. 
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire. 
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Je ne peux m’empêcher de penser que le règne du roi Jean-Charles 1er a accompli, années après années, une sorte d’apostasie pour la royauté espagnole…
Mais le pis est sans doute que, de nos jours, les hommes d’Eglise ont eux aussi – dans leur grande majorité – apostasié la doctrine de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et professent, pour ce qui concerne la place du catholicisme dans la société, des théories expressément et solennellement condamnées par les papes Grégoire XVI, Pie IX et saint Pie X.

Me reviennent alors à la mémoire les paroles du vénéré cardinal Pie à l’adresse de Napoléon III :
« Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Lully.                          

Sacré-Coeur Roi

2014-54. «… le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang. »

30 mai, fête de Sainte Jeanne d’Arc
(en France, fête double de première classe).

En cette fête de Sainte Jeanne d’Arc, je vous propose de lire (ou pour certains d’entre vous de relire) l’intégralité de la déposition de Jean Massieu, un huissier qui assista aux derniers instants de Jeanne, déposition qui figure dans les actes authentiques du procès de notre héroïne.
L’exemple de Sainte Jeanne d’Arc n’est-il pas bien propre à nous encourager quand les avenirs terrestres paraissent chargés de lourds nuages, à nous fortifier dans la foi, à nous entretenir dans l’espérance surnaturelle, à nous élever à une compréhension spirituelle de notre histoire, à nous stimuler à la générosité pour le sacrifice et la pénitence, à nous porter à collaborer de toutes nos forces aux desseins divins, et – en un mot – à nous sanctifier ?

Jeanne d'Arc sur le bûcher,  Jules-Eugène Lenepveu (1886-90)

Jules-Eugène Lepneveu : Sainte Jeanne d’Arc sur le bûcher

Déposition de Jean Massieu, huissier :

« Le mercredi suivant eut lieu l’exécution. Dès le matin, après avoir ouï deux fois Jeanne en confession, frère Martin Ladvenu m’envoya trouver l’évêque de Beauvais pour l’informer qu’elle s’était confessée et demandait la communion.
L’évêque réunit quelques docteurs.
Après qu’ils eurent délibéré il revint me dire : « Dites à frère Martin de lui donner la communion et tout ce qu’elle demandera ». Je revins au château et avisai frère Martin.

Certain clerc, messire Pierre apporta à Jeanne le corps de Notre-Seigneur, mais avec bien de l’irrévérence, sur une patène enveloppée du conopée dont on couvre le calice, sans lumière, sans cortège, sans surplis et sans étole.
Frère Martin en fut mécontent. Il envoya quérir une étole et de la lumière, puis il communia Jeanne. J’y étais. Elle reçut l’hostie très dévotement et en répandant beaucoup de larmes.

Cela fait, Jeanne fut conduite au Vieux-Marché ; frère Martin et moi nous la conduisîmes. Il y avait plus de huit-cents hommes d’escorte portant haches et glaives. Sur le chemin, Jeanne faisait de si pieuses lamentations que frère Martin et moi ne pouvions nous tenir de pleurer.

Au Vieux-Marché, Jeanne ouït le sermon de maître Nicolas Midi bien paisiblement.
Le sermon fini, maître Midi dit à Jeanne : « Jeanne, va en paix, l’Eglise ne peut plus te défendre et te livre au bras séculier ».
A ces mots, Jeanne, s’étant agenouillée, fit à Dieu les plus dévotes oraisons. Elle eut une merveilleuse constance, montrant apparences évidentes et grands signes de contrition, pénitence et ferveur de foi, tant par ses piteuses et dévotes lamentations que par ses invocations de la benoîte Trinité, de la benoîte glorieuse Vierge Marie et de tous les benoîts saints du paradis, parmi lesquels elle en nommait expressément plusieurs. Au milieu de ses lamentations, dévotions et attestations de vraie foi, elle demandait merci très humblement à toute manière de gens, de quelque condition ou état qu’ils fussent, tant de l’autre parti que du sien, en requérant qu’ils voulussent prier pour elle et en leur pardonnant le mal qu’ils lui avaient fait. Elle continua ainsi longtemps, environ une demi-heure.
A cette vue les juges assistants se mirent à pleurer avec abondance. Plusieurs des Anglais présents reconnaissaient et confessaient le nom de Dieu au spectacle d’une si notable fin. Ils étaient joyeux d’y avoir assisté, disant que ç’avait été une bonne femme.

Quand Jeanne fut abandonnée par l’Eglise, j’étais encore avec elle.
Elle requit avec grande dévotion qu’on lui donnât une croix. Un Anglais en fit une avec le bout d’un bâton et la lui donna. Jeanne la reçut dévotement, la baisa tendrement, faisant de piteuses lamentations et oraisons à Dieu notre Rédempteur qui souffrit en la croix pour notre salut ; de laquelle croix elle avait le signe et la représentation. Elle mit cette croix en son sein, entre sa chair et son vêtement.
De plus, elle me demanda humblement de lui faire avoir la croix de l’église afin qu’elle la vît continuellement jusqu’à la mort. Je fis tant que le clerc de la paroisse Saint-Sauveur la lui apporta. Quand on la lui eut apportée, Jeanne l’embrassa bien fort et longuement en pleurant, et elle la serra dans ses mains jusqu’à ce que son corps fût lié au poteau.

Pendant que Jeanne faisait ses dévotions et pieuses lamentations, les soldats anglais et plusieurs de leurs capitaines nous harcelaient, ayant hâte qu’elle fût mise entre leurs mains pour la faire plus tôt mourir.
Je réconfortais Jeanne sur l’échafaud du mieux que je pouvais quand ils me dirent : « Comment, prêtre, nous ferez-vous dîner ici ? » Et incontinent, sans aucune forme ni signe de jugement, ils l’envoyèrent au feu en disant au bourreau : « Fais ton office ».

Accompagnée de frère Martin, Jeanne fut conduite et liée, et jusqu’au dernier moment elle continua les louanges et lamentations dévotes envers Dieu, saint Michel, sainte Catherine et tous les saints.
En mourant, elle cria à haute voix : Jésus !

Je tiens de Jean Fleury, clerc et greffier du bailli, qu’au rapport du bourreau, le corps étant réduit en cendres, le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang.
On donna ordre au bourreau de recueillir tout ce qui restait de Jeanne et de le jeter à la Seine, il le fit. »

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

Autres textes relatifs à Sainte Jeanne d’Arc dans ce blogue :
- Eloge de Jeanne d’Arc par Monseigneur Pie > www
- Prière à Sainte Jeanne d’Arc pour la France et cantique du Père Doncoeur > www
- Jeanne, sainte de la légitimité dynastique > www

2014-52. 28 mai 1794 : le massacre de Bédoin (Comtat Venaissin).

Blason de Bédoin (Comtat Venaissin)

Blason de Bédoin – Comtat Venaissin :
« D’azur à la montagne à trois coupeaux d’argent, une croix d’or sur celui du milieu » ;
la montagne représente le Mont Ventoux sur les flancs duquel le village est construit,
et la Croix symbolise la chapelle Sainte-Croix qui fut édifiée au XVe s. à son sommet .

Bâti au pied du Mont Ventoux, le village de Bédoin appartient au Comtat Venaissin et faisait donc partie des Etats de l’Eglise, depuis 1274 jusqu’à leur annexion par la France révolutionnaire en septembre 1791.

Contrairement à d’autres paroisses du Comtat, dans lesquelles des agitateurs avaient oeuvré pour qu’elles demandassent leur rattachement à la France, la population de Bédoin - qui était alors d’un peu plus de deux mille âmes – demeurait profondément attachée à l’administration pontificale, au catholicisme et à ses traditions séculaires.
Les lois persécutrices de la révolution ne firent que renforcer ces sentiments de fidélité : après le vote de la constitution civile du clergé et les lois contre les congrégations, six prêtres réfractaires et deux religieuses insermentées vinrent chercher asile dans la paroisse.
La proclamation de la république, l’exécution du Roi et l’établissement de la Terreur ne contribuèrent qu’à stimuler la résistance au régime opresseur : certains auteurs écrivent même que Bédoin reçut le surnom de « Vendée du midi ».

En janvier 1794, la publication de la liste générale des émigrés entraîna la confiscation des biens de treize habitants de Bédoin.
Les révolutionnaires du lieu se livrèrent au trafic des biens spoliés (pudiquement appelés « biens nationaux »), et s’adonnèrent à des orgies ou des beuveries qui scandalisèrent la population.

Bédoin 2

Bédoin – carte postale du début du XXe siècle.

Dans la nuit du 1er au 2 mai 1794, l’ « arbre de la liberté » qu’avaient planté les révolutionnaires, fut arraché et traîné hors des remparts, abandonné dans le « pré aux porcs », tandis que le bonnet phrygien qui le surmontait était jeté dans un puits partiellement comblé. Dans le même temps, les décrets de la convention qui avaient été affichés devant la mairie étaient arrachés, lacérés et piétinés…

Dès le 2 mai, la municipalité révolutionnaire ouvrit une enquête afin de trouver les coupables, mais en vain ; l’administrateur du département du Vaucluse, Agricol Moureau, et le jacobin Etienne-Christophe Maignet, représentant de la convention, mandatèrent donc à Bédoin le quatrième bataillon de l’Ardèche commandé par Louis-Gabriel Suchet – futur maréchal d’empire – et l’agent national Le Go, qui arrêtèrent les nobles et les prêtres dont ils purent se saisir, ainsi que tous ceux qu’ils considéraient comme suspects, mais également les membres de la municipalité et du comité de surveillance, coupables de ne pas avoir empêché cet épouvantable crime de lèse-révolution !
Tous les habitants de sexe masculin rassemblés dans l’église furent – avec toutes les intimidations et menaces dont étaient coutumiers les apôtres de la liberté, de l’égalité et de la fraternité –  sommés de dénoncer les coupables… sans résultat.
Les troupes de Suchet et Le Go perquisitionnèrent, volèrent, pillèrent, profanèrent les objets du culte et renversèrent la flèche du clocher.

Bédoin 1

Bédoin : carte postale du début du XXe siècle.

Le tribunal criminel du département de Vaucluse, saisi de l’affaire, vint, à partir du 9 mai, siéger à Bédoin
Le décret qui lui donne mission est typique de la grandiloquente phraséologie terroriste : « Considérant que la justice ne saurait donner trop d’éclat à la vengeance nationale dans la punition du crime abominable qui s’est commis à Bédouin (sic), que ce n’est qu’en frappant sur le lieu même où il a été commis […] que l’on pourra porter l’épouvante dans l’âme de ceux qui oseraient encore méditer de nouveaux attentats […] le Tribunal Criminel du département de Vaucluse […] se transportera dans le plus court délai à Bédouin (sic), pour y instruire la procédure et y faire exécuter de suite le jugement qu’il rendra » (extraits de l’arrêté du 17 floréal de l’an II, c’est-à-dire du 6 mai 1794 en langage chrétien).
Ce même arrêté précise encore sans ambigüité « que le pays qui a osé renverser le siège auguste de la Liberté est un pays ennemi que le fer et la flamme doivent détruire ».

Le tribunal s’était déplacé avec une guillotine et trois bourreaux.
Au terme du procès, soixante-trois habitants furent condamnés à mort, dix « mis hors la loi », une personne fut condamnée aux fers, treize à la réclusion et une dernière à une année de détention.
Le jugement fut publié et exécuté le 28 mai 1794 en présence de toute la population rassemblée et à l’emplacement de l’arbre arraché : trente-cinq
 personnes furent guillotinées et vingt-huit fusillées.
Les corps dépouillés furent ensuite jetés dans une fosse commune.

Bédoin la chapelle de Béccaras

Bédoin : la chapelle de Béccaras
élevée après la révolution au-dessus de la fosse commune où furent jetés les corps des suppliciés.

Le 1er juin, Le Go fit savoir aux habitants de Bédoin qu’il leur accordait un délai de vingt-quatre heures pour quitter le village.
Le 3 juin, les volontaires du quatrième bataillon de l’Ardèche livrèrent le village aux flammes : c
inq-cents maisons ou édifices publics ainsi que huit chapelles furent détruits ; ils firent aussi sauter une partie de la voûte de l’église paroissiale.
Les terrains agricoles du village furent rendus infertiles, les habitants de Bédoin assignés à résidence dans les communes environnantes furent soumis à des taxations, à des contrôles et à des mesures vexatoires.
En langage révolutionnaire, Bédoin devint « l’infâme », « l’incendié », ou « l’anéanti ».
Trois révolutionnaires modérés, André Brun, ancien maire, Louis Abril, procureur, et l’abbé Pierre-Louis Ripert, ex-curé constitutionnel, seront eux aussi exécutés le 27 juillet 1794.

Le 4 mai 1795 néanmoins, afin de signifier la fin de la Terreur, un représentant en mission sera mandaté à Bédoin pour y célébrer une cérémonie de réhabilitation et permettre la reconstruction du village.
C’est à cette occasion que, à l’emplacement de la guillotine, un monument commémoratif fut élevé, couramment appelé par les habitants : la pyramide.

En 1821, des libéralités de Sa Majesté le Roi Louis XVIII et de Madame la duchesse d’Angoulème permirent la restauration de l’église paroissiale ainsi que nous pouvons le lire dans « L’Ami de la Religion et du Roi » (ici > bénédiction de l’église de Bédoin rénovée).

Bédoin la pyramide

Bédoin : la pyramide.

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 27 mai, 2014 |3 Commentaires »

2014-49. C’est justement parce qu’il est religieux que mon blogue est politique !

Mercredi 14 mai 2014.
404e anniversaire de l’assassinat d’Henri IV le grand.
371e anniversaire de la sainte mort de Louis XIII le juste.

Rubens l'apothéose d'Henri IV - détail

Pierre-Paul Rubens : l’apothéose d’Henri IV le grand (détail)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui nous ramène deux grands (et doubles) anniversaires royaux : d’une part celui de l’assassinat d’Henri IV le grand, le 14 mai 1610, et donc de l’avènement de son fils Louis XIII ; et d’autre part celui de la sainte mort – assisté par Saint Vincent de Paul – de ce même Louis XIII le juste, le 14 mai 1643, et donc également encore de l’avènement du Grand Roi : Louis XIV.

Fleur de Lys

Dans la continuité de mes précédentes publications depuis le 23 avril dernier, je veux profiter de ces anniversaires pour quelques nouvelles clarifications.
En effet, parmi les critiques qui m’ont été adressées à l’occasion de ce que j’écrivais les 23 et 24 avril (ici > www et ici > www), il m’était reproché comme une incongruité – voire une inconvenance – que j’écrivisse sur des thèmes « politiques », alors que nous étions dans l’octave de Pâques, parce que l’on attendait de moi des textes uniquement spirituels accordés au temps liturgique…

La première réponse que j’ai à donner là-dessus, c’est que je n’oblige personne à me lire et que si, donc, certains n’en apprécient pas la teneur, ils n’ont qu’à s’abstenir ou s’arrêter de les parcourir – lorsqu’ils se rendent comptent que mes publications ne sont pas à leur goût – , plutôt que se donner à eux-mêmes des aigreurs d’estomac.

Il est aussi un second élément que je veux notifier : notre Frère Maximilien-Marie a proposé aux personnes qui le souhaitaient un parcours de carême en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion (cf. > www) ; les personnes intéressées ont donc pu, depuis le Mercredi des Cendres jusqu’au dimanche de Quasimodo inclus, recevoir quotidiennement dans leur boite aux lettres électronique un texte spirituel marquant la progression vers Pâques et cela s’est continué pendant tout l’octave de Pâques, puisque la fête de Pâques dure liturgiquement huit jours. C’était donc de ce côté-là qu’il fallait espérer des publications en rapport avec la liturgie.
Si vous voulez acheter des croquettes pour votre chat et que vous les cherchez dans la partie du magasin où l’on vend des conserves de légumes, ne reprochez pas aux vendeurs de ne pas proposer à la vente cet article que vous désirez, mais faites plutôt tout simplement l’effort d’aller voir dans le bon rayonnage ; et, si vous ne savez pas où il se trouve, demandez-le poliment à l’accueil !

P. de Champaigne Louis XIII couronné par la victoire

Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire.

Au Mesnil-Marie, nous cherchons autant que possible à être cohérents.
Sans faire de confusion entre les domaines temporels et spirituels, mais parce que notre religion est celle de l’Incarnation, nos convictions religieuses ont le plus naturellement du monde des implications sociales et politiques (j’emploie ce mot dans son sens le plus noble, qui est aussi le plus général).

La distinction entre le temporel et le spirituel ne peut en aucune manière être une séparation absolue, de la même manière que la foi et les oeuvres ne peuvent être séparées : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? (…) La foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14… 17).
Nous ne sommes pas adeptes du « césaropapisme », pas plus que de la « théocratie pontificale », mais nous n’adhérons pas non plus aux funestes erreurs qui enseignent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, plusieurs fois condamnées – en particulier par les saints papes Pie IX et Pie X – .
Ainsi que l’a encore rappelé le vénérable Pie XII dans une phrase justement célèbre : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».

Mon blogue est donc « politique »,
justement parce qu’il est religieux !

Et si nous célébrons à Pâques le grand triomphe surnaturel et spirituel sur le mal, rien ne s’oppose – bien au contraire – à ce que, forts de cette grâce pascale et armés de la Sainte Croix victorieuse, nous dénoncions avec encore davantage de fervente pugnacité les forces maléfiques qui sont à l’oeuvre en nos temps, qui pervertissent la société, qui corrompent la civilisation, qui sont aujourd’hui diffusées et appliquées par des systèmes politiques téléguidés par les loges, et qui pourrissent l’âme de nos contemporains jusqu’à compromettre gravement leur salut éternel…

Charles le Brun apothéose de Louis le grand

Charles Le Brun : apothéose de Louis le Grand.

Notre ami Florian, dans les réponses qu’il a données aux questions que lui posait Monsieur F. Abed (entretien publié ici > www) a bien mis en valeur combien le Légitimisme harmonise le coeur, l’intelligence et l’esprit surnaturel : l’amour, la raison et la foi.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est le seul et unique mouvement politique qui soit absolument, intégralement, et en tous points, conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise Catholique et à la tradition royale capétienne, mais ce n’est pas un « parti » et ce ne le sera jamais (parce que justement la « logique » des partis est une pratique issue des principes révolutionnaires).
Il est notoire – d’ailleurs nous ne cherchons pas à le cacher, puisque cela n’a rien de honteux ! – que, au Mesnil-Marie, nous sommes fermement attachés à la Légitimité et à ce que représente et défend l’UCLF.
Nos convictions légitimistes ne sont pas un attachement superficiel et sentimental à la seule personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, mais elles forment un corps de doctrine complet et parfaitement équilibré qui n’est ni plus ni moins que la conséquence rigoureusement logique de notre foi et une mise en oeuvre sociétale cohérente des principes spirituels qui nous animent.

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a pu déjà, en plus d’une occasion, affirmer qu’il était « entré en Légitimité » de la même manière qu’il était entré en religion. Ce pourquoi aussi l’anneau bénit dont est ceint son annulaire droit – anneau de profession religieuse en tous points comparable à ce qu’est l’alliance pour les époux – porte des fleurs de lys.

anneau de profession de frère Maximilien-Marie

J’en viens maintenant à quelques autres critiques qui m’ont été adressées, toujours au sujet de mes précédentes publications, dont le légitimisme indispose certains.

L’une d’elles portait sur l’accent de Monseigneur le duc d’Anjou, qualifié d’épouvantablement « espagnol ».
Je laisse tout spécialement mes amis et lecteurs hispanisants « apprécier » la profondeur intellectuelle et spirituelle d’une telle critique…
Nul doute que mon charitable censeur, s’il eut vécu en ces temps là, eût égalemement été un farouche opposant à l’accession au trône d’Henri IV, puisque celui-ci parlait avec l’accent béarnais !
Derrière le ridicule de cet argument pointe le pseudo « principe de nationalité », inventé de toutes pièces par les royalistes qui ont gobé les théories révolutionnaires – génératrices des plus basses formes de xénophobie – , à fin de barrer la route du trône à la branche aînée des Bourbons.
Ces nationalistes à l’esprit étriqué devraient toutefois se mieux informer : ils apprendraient que Monseigneur le Prince Louis possède la nationalité française, ainsi d’ailleurs que la Princesse Marguerite son épouse !

On m’a aussi écrit pour contester la mort de l’infortuné Louis XVII dans la prison du Temple, arguant que le coeur authentifié comme celui du pauvre petit Roi, et déposé depuis lors à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, serait celui de son frère aîné, Louis-Joseph, mort le 4 juin 1789.
Aucun de ceux qui soutiennent cette théorie n’a jamais été capable de m’expliquer comment le coeur embaumé du fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette avait échappé, seul, au pillage de l’église du Val de Grâce où il avait été déposé, quelle histoire aurait été la sienne (puisqu’il n’existe pas l’ombre d’un document ou d’un témoignage à ce propos) jusqu’à sa réapparition, ni comment un coeur qui n’avait pas été plongé dans de l’alcool mais embaumé se retrouverait aujourd’hui durci par l’alcool et sans aucune trace d’embaumement…
Quant aux récentes remises en question de la mort de Louis XVII au Temple par le descendant et les sectateurs de Naundorff, prétextant d’une parenté génétique avec les Bourbons, dont « le Figaro » s’est imprudemment fait l’écho il y a peu de temps, sans vérification scientifique de telles allégations, voici les conclusions du professeur Cassiman, généticien de renom internationnal :
« Le profil de Hugues de Bourbon-Naundorff démontre clairement qu’il n’est pas un Bourbon. Tout au plus il appartient à un groupe de chromosome Y frère. Les SNP du chromosome Y indiquent que Hugues et les Bourbons ont un ancêtre commun… il y a quelques milliers d’années. Les STR ne peuvent être employés que pour déterminer des parentés récentes. De toute façon pour déterminer une parenté de moins de 500 ans, moins de 3 à 4 STR au maximum peuvent être différents. Ici il y en a 6. Il y a beaucoup d’erreurs techniques et d’interprétation. Le groupe R1b1a2a1ac n’existe pas… Cela démontre le manque d’expertise des auteurs. Donc les résultats obtenus par le laboratoire de Louvain selon lesquels Naundorff n’était pas Louis XVII sont confirmés. Pas besoin de réécrire l’Histoire ».

Monseigneur le Prince Louis à Saint-Denys devant le monument de Louis XVI

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens,
à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, devant le monument de S.M. le Roi Louis XVI.

Au deuxième dimanche de mai, nous avons fêté la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, la sainte de la légitimité dynastique (voir ce que j’en écrivais ici, il y a trois ans > www) : puisse-t-elle, aujourd’hui encore où cela est plus que jamais nécessaire, intercéder et – du haut du Ciel – agir pour que, dans notre France menacée, se réalisent l‘unité des esprits dans la vérité et l’union des coeurs dans la charité.

Lully.                        

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

 

Prière pour demander des grâces par l’intercession de Madame Elisabeth de France.

1764 – 1794 – 2014

3 mai & 10 mai

En cette année 2014, nous commémorons, à quelques jours d’intervalle, le deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Madame Elisabeth de France, à Versailles, le 3 mai 1764, puis le deux-cent-vingtième anniversaire de son martyre, à Paris, le 10 mai 1794, alors qu’elle était âgée de trente ans et sept jours.

Beaucoup d’entre vous connaissent déjà – au moins succinctement – la biographie de Madame Elisabeth, que je ne vais pas reprendre ici. Je me contente de rappeler à quel point cette pieuse et vertueuse princesse se montra un grand soutien spirituel et moral – au milieu de leurs épouvantables épreuves qu’elle partagea – pour son frère et sa belle-soeur, Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que pour sa nièce, Marie-Thérèse de France, « Madame Royale ».
Et puis, tout le monde sait qu’elle mourut, au sens propre du terme, « en odeur de sainteté », puisque – par un prodige qui frappa de stupeur tous les assistants et dont ils rendirent témoignage – , lorsque sa tête tomba sous le couperet, un parfum de rose véritablement surnaturel se répandit sur toute la place alors nommée « de la révolution », c’est-à-dire l’actuelle place de la concorde.

En ces jours anniversaires de sa naissance et de son martyre, avec une grande ferveur, supplions-la d’intercéder pour la France, puisqu’elle a tant prié pour que la foi catholique n’y périsse pas.
Prions-la aussi aux intentions de nos familles, et demandons-lui pour chacun d’entre nous la grâce de demeurer – comme elle-même – forts et fidèles, constants et persévérants, confiants et abandonnés au divin Coeur de Jésus, au milieu des intenses combats actuels contre l’esprit du mal déchaîné…

Alexandre Kucharski portrait de Madame Elisabeth à la prison du Temple - 1793

Alexandre Kucharski : portrait de Madame Elisabeth à la prison du Temple – 1793

Prière pour demander des grâces
par l’intercession de Madame Élisabeth de France :

O Dieu, qui par un effet admirable de Votre Providence, avez daigné enrichir le cœur de Votre servante Madame Élisabeth de France, des trésors les plus précieux de la nature et de la grâce : pour que ces dons ne demeurent pas stériles en son âme, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession (on peut ici énumérer les intentions recommandées à l’intercession de la servante de Dieu), et donnez-nous d’imiter, avec son abandon à cette même Providence, son abnégation et sa générosité dans le sacrifice, afin que, par une sainte vie, nous méritions tous d’avoir part à la joie dont Vous couronnez Vos élus.

Ainsi soit-il.

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri…

Imprimatur
A. Laveille, Vic. Capit.

Meaux, le 11 juillet 1921

On trouvera la fameuse prière de confiance et d’abandon de Madame Elisabeth ici > www.

Ex-voto envoyé par Madame Elisabeth à la cathédrale de Chartres - 1791

Les deux Coeurs unis de Jésus & Marie :
ex-voto en vermeil envoyé à la cathédrale de Chartres par Madame Elisabeth en 1791
pour demander à Notre-Dame la conservation de la foi catholique en France.

2014-45. « Le retour des Princes français à Paris » – hymne de la Restauration.

1814 – 2 & 3 mai – 2014

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Bicentenaire de la déclaration de Saint-Ouen
et de
l’entrée de Sa Majesté le Roi Louis XVIII dans Paris

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Le 3 mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII faisait une entrée triomphale dans Paris, accueilli par une foule en liesse.

Un mois plus tôt, le 2 avril, le Sénat et le Corps Législatif, avaient proclamé la déchéance de « l’empereur », qui abdiqua le 6.
En même temps, qu’ils avaient mis fin au règne de l’usurpateur, Sénat et Corps Législatif, après avoir fait de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord le chef du gouvernement provisoire, avaient officiellement appelé au trône le frère puiné du Roi-martyr Louis XVI : Louis Stanislas Xavier de France, communément appelé comte de Provence, qui était déjà roi de droit depuis la mort – dans les conditions épouvantables que l’on connaît - de son neveu, le jeune Louis XVII.

Alors que les puissances alliées victorieuses du Buonaparte étaient loin d’être acquises à l’idée d’une restauration monarchique au profit des Bourbons, Talleyrand, réussit à convaincre le Tsar Alexandre 1er que le retour des Bourbons était la meilleure chose ; les autres souverains européens se rallièrent finalement eux aussi à cette solution.
Dans le même temps, en plusieurs points du Royaume, et grâce en particulier à l’action des Chevaliers de la Foi, avant même que le Buonaparte n’abdique, des villes avaient hissé le drapeau blanc de la Légitimité.

Le comte d’Artois, lieutenant général du Royaume, arrive à Paris le 12 avril et prend la tête du gouvernement provisoire.
Des négociations serrées s’engagent : les puissances alliées et le Corps Législatif voulaient imposer à Louis XVIII une constitution, incompatible avec les principes de la monarchie traditionnelle. Le comte d’Artois doit jouer serré pour que, d’une part, ne soient pas trahis les principes de la royauté, et pour que, d’autre part, les souverains étrangers aussi bien que les esprits des français profondément pollués par les insidieux poisons de la pensée révolutionnaire ne soient pas indisposés et ne fassent pas avorter la Restauration monarchique

Sa Majesté le Roi Louis XVIII débarque à Calais le 24 avril 1814 ; son voyage à travers les provinces est une succession de scènes de liesse, d’ovations, de discours de bienvenue, de cérémonies d’action de grâces dans les églises… etc.

Le 2 mai, sur les cinq heures du soir, le Roi arrive au château de Saint-Ouen.
Talleyrand vient lui présenter un projet de déclaration qu’il avait soumis, après l’avoir rédigé, à un groupe de sénateurs et au Tsar Alexandre.
Déjà, les jours précédents, depuis Compiègne, Sa Majesté avait déclaré 1) qu’elle conserverait le titre de Roi de France et de Navarre, 2) qu’elle se conformerait aux Lois Fondamentales du Royaume en continuant à faire remonter le début de son Règne à la mort de son prédécesseur, Louis XVII, et 3) qu’elle ne recevrait pas de constitution imposée par le Sénat, mais promulguerait un acte de sa propre volonté qui ne trahirait pas les principes monarchiques traditionnels.

La lecture du projet de déclaration de Talleyrand souleva une véritable tempête au conseil privé de Sa Majesté tant les atteintes aux droits fondamentaux de la Couronne s’y succédaient. Talleyrand s’efforça en vain de défendre son projet, mais le Roi se montra inébranlable : « Si je jurais la constitution, vous seriez assis et je serais debout ! » lui lança-t-il avec autorité.
Le soir arrivait, aucun accord n’était trouvé. Talleyrand fit prévenir le Tsar qui prit pour une injure cette résistance à l’adoption d’un acte sur le texte duquel on l’avait consulté et dont il avait approuvé les termes. Il aurait fait passer au « prince de Bénévent » un billet ainsi conçu : « Si la déclaration n’est pas publiée ce soir telle qu’elle a été convenue, on n’entrera pas demain dans Paris ».

Finalement, un texte de compromis fut publié et affiché dans Paris. Resté dans l’histoire comme la « Déclaration de Saint-Ouen », le manifeste royal ne trahit pas les principes essentiels de la royauté traditionnelle sans cependant marquer un retour à l’Ancien Régime : la déclaration est en quelque sorte le prélude de la Charte constitutionnelle qui sera octroyée le 4 juin suivant.
Pour l’immense majorité des Français, cette déclaration présageait d’un avenir de paix. Ce pourquoi, le lendemain 3 mai, l’entrée de Sa Majesté dans Paris fut un véritable triomphe : on en trouve le récit circonstancié dans « L’Ami de la Religion et du Roi » – 1814, tome 1 à partir de la page 65 (ici > Ami de la Religion et du Roi).

Legrand - allégorie de l'entrée de Louis XVIII dans Paris 3 mai 1814 - (Musée Carnavalet)

Allégorie de l’entrée de Louis XVIII à Paris, le 3 mai 1814
(par Legrand – musée Carnavalet)

On entend souvent dire que le chant « Vive Henri IV ! » fut l’hymne de la Restauration. Ce n’est pas tout à fait exact.

Le chant « Vive Henri IV ! » fut au départ, dit-on, le couplet d’un auteur anonyme pour lequel Eustache Ducaurroy adapta vers 1600 la mélodie d’un ancien noël populaire.
Vers 1770, trois autres couplets furent composés par Charles Collé pour les besoins d’une comédie intitulée « La partie de chasse d’Henri IV ». Ce fut dès lors un chant très populaire.

En avril 1814, lorsque le Buonaparte fut vaincu et que le peuple apprit le retour des Bourbons, sur cette mélodie toujours très populaire un auteur anonyme composa à la hâte d’autres paroles – celles que nous donnons ci-dessous – , auxquelles on donna pour titre « Le retour des Princes français à Paris ».
Dès lors, la mélodie devint une sorte d’hymne de la Restauration. Néanmoins, en raison des couplets un peu lestes de Collé qui restaient dans beaucoup de mémoires, on ne jouait habituellement pas cet hymne en présence de la famille royale.

Les paroles du « retour des Princes français à Paris » ne sont pas extraordinaires : la versification est faible, les assonances (puisqu’on ne peut même pas parler de rimes) sont approximatives, néanmoins on ne peut qu’être touché par la véritable ferveur populaire – puisqu’il est une véritable émanation du peuple de Paris – dont ce chant est le témoignage, et – quoi qu’il en soit – il est bien meilleur à entendre que les rugissements vindicatifs et l’appel au sang d’un prétendu hymne national hérité de la révolution !!!

La divine Providence nous donnera-t-elle l’immense joie de connaître une nouvelle Restauration monarchique ? Nous le Lui demandons dans une ardente prière.

Lully.

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Le retour des Princes français à Paris
(air : Vive Henri IV)

La paix ramène
Tous les Princes Français !
Chantons l’antienne,
Aujourd’hui désormais
Que ce bonheur tienne :
Vive le Roi ! Vive la Paix !

Vive la France
Et les sages Bourbons,
Pleins de clémence,
Dont tous les cœurs sont bons !
La Paix, l’abondance
Viendront dans nos cantons.

Quelle joie extrême
Vive, vive d’Artois !
Duc d’Angoulême !
Chantons tous à la fois
Louis dix-huitième,
Descendant de nos Rois !

Le diadème
De France est pour un Roi,
Notre vœu même
Est la raison pourquoi,
Oui, Louis nous aime,
Vive, vive le Roi !

Plus de tristesse,
Vive, vive Louis !
Princes, princesses,
Nous sommes réjouis !
Que les allégresses
Règnent dans tous pays !

Ne boudons pas notre plaisir et écoutons l’orchestration majestueuse que lui a donnée Piotr Ilitch Tchaïkovsky, en hommage à la France de l’Ancien Régime, pour en faire l’apothéose de son ballet « La Belle au Bois Dormant » :

Image de prévisualisation YouTube

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2014-44. « Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… »

Fleur de lys

Pour donner une espèce de point d’orgue à toutes les publications que j’ai faites ici depuis le 23 avril, je souhaite aujourd’hui vous proposer, chers Amis, un texte important où l’un de nos jeunes amis légitimistes, Florian, président du cercle légitimiste Saint-Materne, répond aux questions de Monsieur F. Abed.
Cet entretien a été publié le 28 mars 2014 sur le site « Vu de France » (en abrégé ci-dessous : VdF) de Monsieur F. Abed, qui nous a donné l’autorisation, ainsi que Florian, de le reproduire dans nos pages, ce pourquoi nous voulons ici leur en témoigner, à l’un comme à l’autre, notre profonde gratitude.
La découverte de la légitimité dynastique et de la doctrine monarchique traditionnelle pour laquelle oeuvre le mouvement légitimiste, telle que Florian la raconte pour lui-même est aussi, à peu de choses près, la manière dont notre Frère Maximilien-Marie y était arrivé lui-aussi, et la façon dont de nombreux jeunes les découvrent à leur tour de nos jours : un attrait que l’on peut d’abord qualifier d’amoureux, sur lequel se greffent ensuite de solides raisons spirituelles et intellectuelles. Amour, foi et raison !
Tous les propos tenus ici par Florian, nous y adhérons nous aussi totalement et nous le remercions d’avoir su exprimer avec autant de brio la quintessence de nos convictions…

Lully.

Fleur de lys

Introduction de « Vu de France » :
Nous vous proposons en ce jour un entretien très enrichissant, réalisé avec un jeune royaliste (légitimiste) de l’est du royaume de France. Membre de l’UCLF, Florian répond à toutes nos questions sans jamais perdre de vue l’essentiel : La France est catholique et royale ou n’est pas…

VdF                                      

* * * * * * *

VdF : Bonjour. Pourriez-vous prendre la peine de vous présenter ?

Âgé de bientôt vingt-cinq ans, je suis étudiant en master et prépare les concours de l’enseignement de l’histoire-géographie à Strasbourg. Né à Nice de parents aux origines diverses (allemandes, italiennes, franc-comtoises), je suis cependant très attaché à l’Alsace où je vis depuis près de vingt ans maintenant. Royaliste et légitimiste, c’est à dire fidèle à l’aîné des Capétiens en la personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Louis XX, je suis président depuis sa création du Cercle Saint-Materne, seule association légitimiste d’Alsace. Nous sommes rattachés à l’Union des Cercles Légitimistes de France à laquelle notre cercle est en train d’adhérer.

VdF : Pour quelles principales raisons êtes-vous royaliste ?

Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… Si je puis me permettre, je les résumerais en trois mots : amour, foi et raison.
Le premier dans l’ordre chronologique est pour moi d’ordre sentimental. Depuis tout petit, j’ai toujours été fasciné par les Rois, je connaissais la liste des Rois de France par cœur. J’avais conscience qu’ils avaient fait la gloire de ce pays que j’aimais tant.
A l’adolescence, j’étais déjà royaliste même si je n’avais pas de doctrine solide. Je m’en suis hélas un peu éloigné au lycée, sans jamais renier, avant d’y revenir pendant mes études. Ce fût presque inconsciemment que mon regard se tourna alors vers celui que les règles dynastiques bénies par la Providence désignaient, et ce avant même de connaître les Lois Fondamentales.

La deuxième raison est religieuse. C’est ma découverte de la Tradition catholique qui opéra en moi une véritable conversion, qui me fit réellement apprécier tous les bienfaits de la monarchie et, surtout, son extrême cohérence avec la doctrine catholique. Je ne peux entrer ici dans les détails mais par exemple, l’alliance du Trône et de l’Autel qui épouse on ne peut mieux la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, ou encore la recherche du Bien commun que poursuit le monarque, la volonté de faire vivre les sujets selon la vertu qui est caractéristique de la véritable autorité, très éloignée du pouvoir sans freins moral et religieux qu’ont nos dirigeants modernes ! Enfin, l’action de la Providence se vérifie dans l’histoire. L’épisode le plus éclatant étant bien évidemment sainte Jeanne d’Arc qui reçut pour mission divine de faire sacrer le Roi légitime, Charles VII. C’est un exemple frappant pour tous les catholiques qui pensent que Dieu ne se préoccupe pas de la politique des hommes ! Je peux ainsi faire mienne cette affirmation du comte Maurice d’Andigné, « Avant d’être royaliste, je suis catholique et français. Je dirais même que je ne suis royaliste que parce que je suis catholique et français ».

Je me suis ensuite intéressé de plus près à la Monarchie française, à son histoire et à ses institutions. C’est là qu’est venue la troisième raison qui ne fit qu’affirmer mon attachement au Roi. En effet, mes lectures me firent découvrir toute la beauté des institutions de l’Ancienne France, ainsi que la cohérence et l’intégrité de la doctrine royale capétienne traditionnelle. Je découvris alors l’ampleur des mensonges républicains, notamment sur les valeurs erronées ou faussées que l’on retrouve dans la devise républicaine que nous connaissons tous. Je me rendis compte à quel point la démocratie, en plus d’être une utopie, était un leurre et plus que jamais dans nos sociétés modernes ! Au contraire, il m’apparut comme évident que le gouvernement d’un seul, désigné par une règle intangible sans que les hommes puissent intervenir, d’un homme qui n’a pas besoin de séduire les foules pour obtenir et garder son pouvoir et qui doit transmettre à son fils un royaume en bon état, était à la fois bien plus naturel et surtout meilleur. Comme Claude de Seyssel, le célèbre conseiller de Louis XII, il est pour moi évident que la monarchie est meilleure que toutes les autres formes de gouvernement, et que, comme il le dit lui même dans sa Monarchie de France, la Monarchie française est « mieux réglée que nulle autre », principalement grâce à l’œuvre sublime que sont les Lois Fondamentales du Royaume, la constitution non écrite qui régissait les institutions de l’Ancienne France.

VdF : Vous êtes membre de l’UCLF. Merci de nous la présenter. D’une manière générale ne trouvez-vous pas que cette association est trop peu visible ?

L’UCLF a été fondée en 1979 par Monsieur Gérard Saclier de la Bâtie. Celle-ci prenait en fait la suite de l’Association Générale des Légitimistes de France, fondée en 1956 à la demande de Monseigneur le Prince Jacques-Henri de Bourbon, dit Henri VI, le grand-père de notre Prince Louis. C’est lors de la même année 1956 que fût créée La Gazette Royale, qui est toujours aujourd’hui le bulletin trimestriel de l’UCLF.
Il est nécessaire de préciser immédiatement que l’UCLF n’est pas un parti. En tant que royalistes, nous sommes évidemment contre la logique des partis qui divise le pays et paralyse la politique nationale. L’histoire depuis la Révolution nous a également appris que la participation au jeu démocratique ne pouvait que faire reculer nos idées et qu’utiliser les armes de l’ennemi ne serait d’aucun bénéfice pour notre combat. Pire encore, elle nous a divisé, nous a fait perdre des forces et fait tomber beaucoup d’anciens royalistes dans les partis républicains.
L’UCLF a donc pour but de coordonner les diverses associations légitimistes qui agissent dans le cadre des anciennes provinces. C’est un système volontairement décentralisé, avec des associations autonomes se développant au sein des provinces historiques et non pas des départements républicains qui sont, pour un grand nombre, des entités factices et totalement déracinées.
Le but premier de l’UCLF, visible sur leur site internet, est « d’étudier et de faire connaître la légitimité historique française et de servir de lien entre les associations ayant le même but ».
L’accent est donc mis sur la formation doctrinale politique, philosophique et aussi historique.
Le président de l’UCLF est actuellement Monsieur Pierre Bodin.

Concernant votre deuxième question, l’UCLF est visible sur internet par un site officiel (www.uclf.org), sa bibliothèque en ligne Vive le Roy (www.viveleroy.fr) qui met à disposition une documentation de plus en plus abondante pour la formation à la doctrine monarchiste capétienne traditionnelle, ainsi que par son Forum du Royaume de France (royaume-de-france.clicforum.com/) qui connaît une activité non négligeable. Les universités d’été Saint Louis ont de plus en plus de succès auprès des jeunes. Des cercles possèdent leur propre site internet, voire une presse (Bretagne, Lorraine, Provence, etc.)
Il est vrai que l’UCLF ne possède pas le même éclairage que d’autres mouvements royalistes. L’association a fait le choix de privilégier le contenu à la forme. C’est d’ailleurs ce qui m’a attiré chez eux. La qualité de la formation doctrinale y est incomparable par rapport à celle que l’on trouve dans la plupart des autres associations royalistes qui tombent fréquemment dans le piège de l’activisme et du combat démocratique, combat perdu d’avance.
Cependant, de nombreux membres de l’UCLF sont conscients qu’il est nécessaire de développer notre audience et que pour cela, il nous fallait par exemple utiliser au mieux et plus fréquemment de nouveaux formats et faire des efforts de communication. Le forum notamment rencontre un succès important et permet, non seulement aux légitimistes d’échanger sur de nombreux sujets, mais aussi à des visiteurs curieux de découvrir nos idées. Parallèlement, une page Facebook de l’UCLF a été créée très récemment.
Les présidents de cercles ont des projets divers. Chez nous en Alsace, nous prévoyons par exemple de réaliser quelques vidéos ainsi que des conférences.
Plus généralement, plusieurs membres de l’UCLF témoignent du nombre croissant de jeunes intéressés par notre combat, ce qui montre le dynamisme de l’association. Cependant, si nous désirons améliorer notre visibilité, notre but reste de ne faire aucun compromis sur la doctrine et sur nos principes. Cette droiture, cette cohérence et cette rectitude font selon moi partie des atouts majeurs de l’UCLF.

VdF : Il n’existe pas que l’UCLF comme association royaliste. Toutes ces associations sont également peu connues, voire inconnues de nos compatriotes. Le regrettez-vous ? Comment l’expliquez-vous ?

En effet, il existe des myriades d’associations royalistes, plus ou moins valables d’ailleurs. Elles sont, pour la plupart, peu connues des Français car elles n’ont pas accès aux grands médias. C’est regrettable mais le système est ainsi. Tout ce qui est hostile à la République, à l’Union européenne ou à d’autres forces qui dominent notre société, n’a aucune place dans les médias. De plus, il faut ajouter que les associations royalistes ont en général très peu de moyens. Cela rend la tâche encore plus difficile. Beaucoup de Français ne pensent même pas à se tourner vers nous, car pour eux l’alternative royale n’est plus envisageable. On voit ici que la propagande républicaine a porté ses fruits. Heureusement, le développement d’internet est un très grand apport pour nous et a permis aux royalistes d’être bien plus visibles. C’est d’ailleurs grâce à internet que j’ai pu en partie me former et aussi découvrir l’UCLF, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant.

VdF : Le royalisme prône l’unité, mais les royalistes sont divisés en multiples chapelles (légitimisme, orléanisme, survivantisme, providentialisme). Déplorez-vous cet état de fait ? Comment expliquez-vous cette multiplicité doctrinale ?

Il est vrai que la base du royalisme est normalement l’unité autour du souverain. Hélas, cela n’est pas le cas. Tout comme avec l’Église où certains que l’on nomme hérétiques se sont séparés de la foi, certains courants royalistes se sont éloignés à la fois du souverain légitime et de la doctrine capétienne traditionnelle. Cela est le cas depuis le début de la Révolution quand les monarchiens qui souhaitaient une monarchie plus libérale, à l’anglaise, se sont dressés contre le Roi. Aujourd’hui, un grand nombre de mouvements royalistes se sont laissé tenter par le libéralisme et pas seulement les fidèles de la branche des Orléans. C’est en effet déplorable mais cela est l’œuvre de la Révolution qui ne cesse de diviser depuis 1789.
Dans nos cercles, nous répétons à temps et à contretemps que l’unité des royalistes, et même des Français, ne peut se faire qu’autour du Roi légitime et de la tradition monarchique capétienne traditionnelle. En aucun cas une union œcuménique provisoire à des fins électorales ne porterait des fruits, puisqu’elle ne ferait que repousser à un hypothétique et utopique lendemain les querelles dynastiques et faire avancer les idées libéralo-orléanistes révolutionnaires parmi les royalistes. Je passerai sur le survivantisme qui, à mes yeux, n’est pas très intéressant puisqu’il concerne des gens qui n’acceptent pas les preuves historiques désormais irréfutables de la mort de Louis XVII en 1795. Le providentialisme est en revanche plus problématique, puisque c’est une position qui peut facilement séduire des catholiques. Cette position se résume à une attente d’un monarque envoyé par Dieu. Dans ce cas, aucune promotion du Roi ne peut être faite vu qu’il ne s’est pas encore manifesté. Les providentialistes peuvent donc assez facilement se laisser gagner par la passivité. Notre position est de rester fidèles à la dynastie choisie par Dieu pour la France. En témoigne l’exemple glorieux de Jeanne d’Arc. Nous ne pouvons connaître à l’avance les plans de Dieu et nous agissons dans le présent.

VdF : Qui, selon les lois fondamentales du royaume, serait ou est le roi de France ?

Les Lois fondamentales sont la constitution non écrite de l’Ancienne France. On entend souvent dire que la France n’avait pas de constitution avant la République. C’est absolument faux ! Simplement, elle n’était pas écrite, tout comme le Royaume-Uni aujourd’hui n’a pas de constitution à proprement parler, mais un ensemble de lois et de textes législatifs.
C’est peut-être l’œuvre majeure des Capétiens car c’est elle qui assurait « la tranquillité de l’ordre » dont parle saint Augustin, ainsi que « l’unité de la paix » chère à saint Thomas d’Aquin. En effet, ces institutions permettent la continuité du Bien commun en soustrayant la désignation du dirigeant au choix des hommes, ce qui permet d’éviter les passions et conflits qu’entrainent indubitablement ce choix. Nous pouvons d’ailleurs voir ces passions en action à chaque élection…
Les Lois Fondamentales représentent donc le principal héritage de la monarchie capétienne, avec l’alliance du Trône et de l’Autel. Nous y sommes particulièrement attachés.
Pour revenir à votre question après cette brève explication, les Lois fondamentales sont claires et irréfutables pour désigner le Roi, ce qui fait qu’il n’y a pas normalement de « prétendant » au trône de France. Le Roi de France est Louis XX, et ce depuis la mort tragique de son père Alphonse II le 30 janvier 1989. En France, nous avons ainsi toujours un roi, jamais de vacance du pouvoir. C’est ce que signifie l’adage « le Roi est mort, vive le Roi ! ». Cela faisait dire à notre Prince, à la suite de son père, « je ne prétends à rien, je suis ».
Henri d’Orléans est 81e dans l’ordre de succession. Je suis obligé de le préciser puisque les Orléanistes revendiquent le trône pour ce dernier en niant ainsi les Lois fondamentales. Ne pas tenir compte de ces lois, c’est tout simplement faire fi de l’héritage construit patiemment par nos rois. Je rappelle également que ces lois permettent aussi que le monarque ne tombe pas dans la tyrannie. En effet, il n’est pas propriétaire de la couronne et ne peut modifier l’ordre de succession.

VdF : Comprenez-vous que des royalistes soient attirés par le vote contestataire, représenté à tort ou à raison par le Front national depuis les années 1980 ?

Il faut d’abord lever une première ambiguïté. Le « vote contestataire » est un leurre qu’utilisent les Républicains depuis 1870 principalement pour nous convertir aux idées révolutionnaires. Léon Gambetta ne disait-il pas que « l’esprit de démocratie a envahi toutes les cervelles et pénétré jusqu’à nos adversaires les plus avérés » ?
Saint Thomas avançait très justement l’idée que « la forme dépend nécessairement de la fin de l’action », autrement dit que l’on doit agir comme l’on pense, mais aussi que nos actions modèlent notre façon de penser. C’est ce qui s’est passé avec les catholiques, surtout depuis le ralliement à la République prôné à tort, comme il l’a reconnu lui-même à la fin de sa vie, par le pape Léon XIII. A force d’agir en libéraux, les catholiques et les royalistes ont fini par penser de plus en plus en libéraux. Le Front National, héritier du Boulangisme populiste mais aussi de l’Orléanisme politique et de l’Action Française maurrassienne, s’est présenté dans les années 1980 comme un parti voulant restaurer les valeurs originelles de la France. Le FN de Jean-Marie Le Pen jouait volontairement sur les symboles catholiques et royalistes pour les attirer. Beaucoup de ces royalistes furent séduits et se mirent à penser que le FN pouvait être un moyen de salut pour lutter contre le système républicain, voire un tremplin vers une restauration monarchique.
Cependant, le FN de Marine Le Pen n’entretient aujourd’hui plus aucune ambiguïté. Il est clairement républicain, démocrate et laïciste. Les positions de Marine Le Pen, notamment sur l’avortement, sont anticatholiques. Voter, pour quelque parti que ce soit, c’est entretenir la machine. Ce n’est pas pour rien que l’abstention affole tant les politiciens ainsi que les médias. Le vote FN est utilisé pour canaliser les mécontentements dans une forme républicaine et démocrate, aux faux airs dissidents et antisystèmes. Il suffit de voir la place occupée par Marine Le Pen et son parti dans les médias pour se rendre compte de la supercherie, quand on sait qu’aucune place n’est destinée aux vrais contestataires antirépublicains, et même aux opposants sérieux à l’Union européenne.
Voter FN, c’est donc à la foi inutile et contraire à la doctrine catholique, notamment à cause de la position du parti sur l’avortement.

VdF : Quel est votre avis sur les manifestations de rue contre les lois anti-naturelles ?

Il faut d’abord noter qu’il est rassurant de voir qu’un nombre conséquent de Français sont encore choqués par les attaques républicaines contre les lois naturelles et la famille. Je ne serai donc pas méprisant envers ces révoltes de personnes de tous âges qui se sont levées afin de montrer leur indignation devant ces abominations. Notre Prince les a d’ailleurs qualifiées récemment, dans un entretien au Mouvement Catholique des Familles, de réactions « admirables », en évoquant ces « millions de personnes dans la rue, ces familles, ces parents et grands-parents, ces enfants, (qui) tous ont voulu montrer leur attachement à la famille traditionnelle, creuset de la société ».
Cependant, ce constat positif ne nous empêche pas d’analyser ces mouvements, leur composition et leur efficacité.
En effet, nous avons vu avec ces manifestations, l’idée de rassembler tous les opposants au « mariage » contre-nature, sans aucune étiquette politique ou religieuse. Penchons nous sur les résultats. En effet, nous pouvons nous réjouir du nombre très important de participants à ces manifestations. Cependant, quelles en furent les conséquences ? La loi a-t-elle été retirée ? Aucunement. La pétition auprès du Conseil économique et social rassemblant plus de 700.000 signatures n’eut pas plus de succès. Cela nous montre que la démocratie est bel et bien un mythe et qu’en plus de cela, ce n’est pas le nombre qui permet de remporter des victoires.
Je pense que ces manifestations sont typiques de la manière de procéder des catholiques depuis au moins plus de cent ans. Ils sont toujours à la remorque des progressistes, à répondre à leurs attaques. La République fait tout pour détruire la famille depuis la Révolution : divorce, mariage civil, contraception, avortement, pacs, etc. Ce n’est pas nouveau ! Au lieu de s’attaquer à la source de ces maux, c’est à dire la République, les catholiques s’obstinent à protester, de manière impuissante et isolée, simplement contre ses méfaits. La plupart du temps, cela se fait en plus en employant les méthodes révolutionnaires que sont le vote, les manifestations ou encore les pétitions, méthodes qui ne peuvent que faire avancer la Révolution puisqu’on finit toujours par penser comme on agit. Pire encore, nous avons vu en tête des « Manif Pour Tous » des jeunes femmes coiffées de bonnets phrygiens ! « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet…
Tant que les catholiques et les hommes de bon sens n’auront pas compris que, pour en finir durablement avec toutes ces attaques aux lois naturelles, il faut d’abord en finir avec leur cause qui est la République, tout cela ne fera qu’aller de mal en pis.

VdF : N’est-il pas utopique au 21ème siècle de vouloir le retour du roi très chrétien dans nos sociétés athées, démocratiques et fondamentalement libertariennes ?

Vous savez, il semblait bien utopique d’imaginer la Monarchie Capétienne huit fois centenaire être renversée à la veille de la Révolution. Pourtant, cela est bien arrivé, malheureusement.
En effet, la République semble si bien ancrée dans notre société et dans les esprits de nos contemporains, avec tout son cortège de valeurs mortifères et de mensonges, qu’il paraît difficile voire impossible d’espérer une véritable restauration. Cependant, les illusions sur ce système tombent de plus en plus à l’heure actuelle entre les crises et les scandales auxquels la République n’arrive pas à faire face. Les Français voient bien le niveau de corruption de nos pseudo-élites. Les travaux récents de certains historiens permettent aussi à un nombre croissant de personnes de se rendre compte des mensonges construits par la République sur la Monarchie et l’Ancien Régime. Le taux de suicide chez les jeunes, à un niveau jamais connu à toutes les époques et dans toutes les sociétés, devrait interloquer les derniers crédules.
Notre société est malade. Et pour soigner un malade, on ne lui administre pas un peu de remède, mêlé à du poison. On lui donne ce que l’on a de mieux comme médicament. Ce remède, c’est bien la Monarchie capétienne qui a fait ses preuves pendant plus de huit siècles, apportant à la France le bonheur et la prospérité, malgré les vicissitudes inévitables des hommes.
Nous savons que le combat est difficile. Mais nous devons prendre exemple sur nos prédécesseurs, apprendre de leurs erreurs et s’enrichir de leur expérience, afin de tout mettre en œuvre pour faire connaître ce trésor qu’est la Monarchie traditionnelle française.
Je ne sais pas si, de mon vivant, je verrai le retour des Lys. Mais je pourrai au moins me satisfaire d’avoir transmis cette flamme qui ne s’est jamais éteinte depuis 1789.
En tant que jeune royaliste, confiant dans l’avenir et la Providence, je finirai sur ces paroles pleines d’espoir du Général vendéen de Charette :
« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. [...] Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… »

Fleur de lys

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