Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2020-26. « Votre foi est notre victoire ! »

13 février,
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Avit de Vienne.

Sextus Alcimus Ecditius Avitus, en français Avit, né à Vienne vers 450, est issu d’une lignée de haute noblesse gallo-romaine d’origine arverne : il est le fils du sénateur Esychius (qui, vers 475, fut élu archevêque de Vienne à la mort de Saint Mamert), et le petit neveu de l’empereur Aparchus Avitus (455-456).
Avit fut d’abord marié et père de famille mais, veuf à 40 ans, il distribue ses biens aux pauvres et entre au monastère : on ne l’y laissera pas longtemps car en 490 il est élu pour succéder à son père à la tête de l’archidiocèse de Vienne où il demeurera une trentaine d’années environ. Théologien, lettré et poète, Avit fut un pasteur exemplaire. C’est lui qui présida en 517 le concile d’Epaone qui restaura la discipline ecclésiastique. Saint Avit est le frère de Saint Apollinaire, évêque de Valence (qu’il ne faut pas confondre avec Saint Sidoine Apollinaire évêque de Clermont, avec lequel il a aussi des liens de parenté).
Il eut à cœur de lutter contre l’arianisme alors triomphant dans le royaume burgonde auquel appartenait la province ecclésiastique de Vienne : s’il ne parvint pas à convertir le roi Gondebaud, il eut une influence décisive sur le fils de celui-ci, Sigismond, qu’il convertit à la foi de Nicée, et sur sa nièce, Clotilde, future reine des Francs.

Saint Avit mourut un 5 février (peut-être en l’an 518). C’est à ce jour qu’il figure au martyrologe romain.
Toutefois, dans le diocèse de Viviers, jadis suffragant de l’archevêché de Vienne et qui, lors de la suppression de ce siège épiscopal, a hérité de ses paroisses situées sur la rive droite du Rhône, le calendrier traditionnel le fête à la date du 13 février.

Saint Avit - Jörg Breu

Saint Avit de Vienne (œuvre de Jörg Breu).

On cite souvent la formule « votre foi est notre victoire » extraite de la lettre que Saint Avit écrivit au Roi Clovis, empêché qu’il fut alors de se rendre à Reims pour son baptême. Mais qui connaît l’intégralité de cette lettre ? Nous avons donc résolu de vous en donner le texte intégral ci-dessous.

« Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre de leurs discours aux idées changeantes, divergents dans leur multitude, vides de la vérité du christianisme (note 1).Tandis que nous renvoyons ces disputes à l’éternité, tandis que nous réservons au jugement dernier de connaître le bien fondé de chaque opinion, dès à présent a jailli le trait de lumière de la vérité. Car c’est de nos jours que la divine Providence a trouvé un arbitre. En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire (note 2). Dans ces cas-là, d’ordinaire, la plupart des hommes objectent les coutumes nationales et l’observance religieuse de leurs pères, si par hasard ils sont poussés à rechercher la saine croyance par les encouragements des prêtres ou les suggestions de quelque compagnon. Ainsi préfèrent-ils coupablement le respect humain au salut, et, en observant, dans les chaînes de l’incrédulité, un vain respect de leurs ancêtres, avouent-ils en quelque sorte ne savoir quoi choisir ; que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle. Vous, ne gardant de toute une lignée d’antique origine que la seule noblesse, vous avez voulu extraire de vous-même, pour votre race, tout ce qui peut rehausser le rang d’une haute naissance. Vous avez des modèles du bien, vous avez voulu être celui du mieux (note 3). 

Vous êtes digne de vos ancêtres puisque vous régnez en ce monde ; vous avez fondé pour vos descendants afin de régner au ciel. Que la Grèce, évidemment, se réjouisse d’un prince de notre loi, mais non plus de ce qu’elle mérite seule la faveur d’un tel don. L’éclat en illumine aussi votre pays, et, du côté de l’occident, resplendit sur le roi la lumière de l’antique étoile du matin (note 4). Elle commença de luire à la bienvenue naissance de notre Sauveur. Que l’onde de la régénération vous dispose donc au salut en ce jour où le monde a reçu le maître du ciel né pour sa rédemption. Que ce jour soit votre anniversaire comme il est celui du Seigneur, le jour où vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né au monde, le jour où vous avez consacré votre âme à Dieu, votre vie aux hommes d’aujourd’hui, votre gloire à la postérité. Que dire donc de cette très glorieuse solennité de votre régénération ? Si, je ne me suis pas rendu personnellement à ses offices, je n’ai pourtant pas manqué de communier à ses joies, dès le moment où la bonté divine a envoyé cette grâce à vos pays et que, avant votre baptême, nous est parvenue la nouvelle de la très-sublime humilité avec laquelle vous faisiez profession de catéchumène ; en suite de quoi, après cette attente, la nuit sainte nous a trouvé sans inquiétude à votre sujet. Car nous parlions et nous discutions entre nous de l’événement, tandis qu’une troupe nombreuse d’évêques assemblés, ranimait les membres royaux avec les eaux de vie, dans la pompe du service divin, tandis que se courbait devant les serviteurs de Dieu cette tête terrible aux nations, tandis que, grandi sous un casque de cheveux, vous assumiez le casque du salut, l’onction sacrée, tandis que, ayant un instant déposé la protection des cuirasses, vos membres immaculés resplendissaient de la blancheur immaculée des vêtements (note 5). Elle fera, comme vous le croyez, ô le plus heureux des rois, elle fera dis-je, cette faiblesse de vos vêtements, que dorénavant s’accroisse la force de vos armes ; et tout ce qui avait fait jusqu’à présent la chance, c’est à la sainteté que vous le devez désormais. Je voudrais bien attacher à vos louanges quelque exhortation, si quelque chose échappait à votre science ou à votre attention (note 6). Mais faut-il que nous prêchions dans ses détails la foi, que vous avez aperçue sans prédicateur et sans exposé complet ? Ou peut-être l’humilité, que vous nous avez déjà manifestée par attachement et que vous nous devez désormais par votre profession de foi ? Ou bien la miséricorde qu’un peuple encore récemment captif, délivré par vous, manifeste au monde par sa joie, à Dieu par ses larmes ? (note 7) Il n’y a qu’une chose que nous désirions voir s’accroître, puisque, par vous, Dieu va faire votre nation toute sienne, répandez aussi, du trésor de votre cœur, des semences de foi vers les peuples d’au-delà, encore fixés dans l’ignorance naturelle et que n’ont pas corrompus les germes des fausses doctrines. N’ayez ni honte ni regret, même en envoyant des ambassades à ce sujet, de construire l’édifice du Dieu qui a tant élevé le vôtre » (note 8).  

Baptême de Clovis

Saint Avit, archevêque d’une métropole située à l’intérieur du royaume burgonde dont le roi arien Gondebaud était ennemi de Clovis, ne put se rendre au baptême de ce dernier, comme le firent de nombreux évêques gallo-romains, et c’est pourquoi il lui adressa cette lettre demeurée fameuse.

Notes : 

[1] « Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre… » : Saint Avit fait allusion à toutes les manœuvres par lesquelles les hérétiques ariens ont essayé d’empêcher la conversion de Clovis à la foi de Nicée.

[2] « En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire » : Saint Avit note ici l’importance de la conversion de Clovis, dont la situation de roi et de fils de l’Eglise romaine fait désormais un arbitre dans les Gaules : c’est lui qui tranchera en cas de litige entre les diverses communautés, et il tranchera selon sa foi, la foi catholique. Ainsi la conversion de Clovis à la foi nicéenne est-elle la victoire de l’épiscopat catholique.

[3] Se réfugiant dans le respect des coutumes ancestrales, le roi burgonde Gondebaud ainsi que les autres rois ariens rejetaient toute idée de conversion. Le miracle de la conversion du roi païen des Francs saliens balaie les croyances païennes ou hérétiques et fait des autres souverains qui se partagent alors les terres de l’Empire d’Occident des coupables, puisqu’ils résistent à la grâce.

[4] Il est le premier roi germanique converti au catholicisme. Digne de ses ancêtres, car il règne, il offre par sa conversion le royaume de Dieu à ses descendants.

[5] Avit fait allusion à la cérémonie même du baptême qui eut lieu le jour de Noël. Toute la cérémonie est évoquée : le roi comme catéchumène (candidat au baptême), les eaux de la vie (le baptême d’eau), l’onction sainte (l’onction du saint Chrême, qui n’a rien à voir avec le sacre royal), la blancheur des vêtements (les vêtements blancs dont sont revêtus les nouveaux baptisés).

[6]  Le royaume, dirigé jusqu’alors sans ligne directrice, sans autre objectif que l’intérêt immédiat du roi, trouve à travers le baptême de celui-ci le chemin qui conduira son peuple au salut. Un lien est créé avec le Dieu chrétien, par la foi.

 [7] Avit fait probablement allusion à la libération des prisonniers de guerre gallo-romains auxquels Clovis a rendu la liberté. Mais cela peut aussi s’entendre plus largement du sentiment de libération éprouvé par tous les gallo-romains, catholiques, qui, se trouvant sous la domination de rois ariens ou païens, saluent la conversion du Roi des Francs (et ses victoires sur les rois ariens) comme une libération.

[8] Saint Avit invite Clovis à un véritable travail missionnaire : il lui suggère d’œuvrer à la conversion des peuples païens « les peuples d’au-delà, » en dehors de ceux qui sont corrompus par les fausses doctrines (arianisme). C’est une vue prophétique de l’œuvre missionnaire des Rois Francs.

Saint Avit entre Saint Mamert et Saint Apollinaire

Saint Avit de Vienne, représenté entre Saint Mamert et Saint Sidoine Apollinaire

2020-25. 13 & 14 février 1820 : Monseigneur le duc de Berry n’est plus !

- 13 & 14 février 1820 -

Duc de Berry en 1820 par Jean-François Thuaire

Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry (1778-1820)
Portrait réalisé en 1820 par Jean-François Thuaire
(musée Carnavalet)

frise lys deuil

Nous avons choisi de respecter scrupuleusement la graphie de l’époque en reproduisant ci-dessous un article relatant l’assassinat de Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, au soir du 13 février 1820, et sa pieuse mort au matin du 14 février.

« Un attentat épouvantable a jeté dans les cœurs la consternation et l’effroi : Mgr le duc de Berry n’est plus ! il a péri victime d’un horrible assassinat. Dimanche dernier, ce prince avoit assisté au spectacle. Sur les onze heures et demie, il étoit descendu avec Mme la duchesse de Berry, et la princesse étoit déjà montée en voiture, lorsqu’un scélérat saisit le duc par derrière, et passant la main par-dessus son épaule, lui enfonce, au-dessous du sein, un instrument long et aigu appelé tire-point. Le monstre se nomme Pierre-Joseph Louvel (note *), employé aux selleries même du Roi ; il avoit été soldat du train de l’artillerie de la garde sous Buonaparte, et il avoit fait, dit-on, le voyage de l’île d’Elbe. Le prince se sentit frappé, et arracha lui-même le fer que l’assassin avoit laissé en fuyant ; on le porta à l’instant dans une pièce attenante à la salle du spectacle, et des gens de l’art furent appelés ; la famille royale accourut. Le malheureux prince ne se dissimula point son état, et pendant qu’on lui prodiguoit tous les secours, il demanda sa Fille et M. de Latil, premier aumônier de Monsieur. Le prélat accourut, et reçut la confession du prince, qui y ajouta l’aveu public des fautes qui pesoient le plus à sa conscience ; il en demanda pardon à Dieu et aux hommes de la manière la plus touchante. M. le curé de Saint-Roch fut appelé, et administra au prince les derniers sacrements. Dans le peu d’heures qui s’écoulèrent, le duc montra le même calme ; pas la moindre plainte ; il déclara pardonner à son assassin, et recommanda au Roi les objets de ses affections.
Autour de son lit, une épouse éplorée, un père, un frère, une sœur, se livroient tour à tour à la douleur et à l’espérance. Sur les cinq heures le Roi arriva, car on n’avoit averti S.M. qu’à la dernière extrémité. Elle put entendre encore les dernières paroles du prince, qui lui recommanda Mme la duchesse et sa fille, et demanda le pardon du coupable. Il expira vers six heures ; on l’a transporté dans les appartemens du gouverneur du Louvre.
L’assassin avoit fui ; il a été arrêté sous l’arcade Colbert, et a déclaré, dès les premiers momens qu’il avoit voulu délivrer la France de ses plus cruels ennemis ; que les Bourbons étoient des tyrans ; et qu’il avoit exprès porté ses premiers coups à celui qui pouvoit perpétuer la famille. Le monstre a parlé de ses opinions, et n’a témoigné ni émotion ni repentir.
Cet affreux événement, appris le matin dans Paris, a glacé tout le monde. Les tribunaux ont vaqué, les divertissemens publics et particuliers ont été contremandés. Le peuple paroissoit pénétré d’horreur de cet attentat. On dit pourtant que des cris séditieux se sont fait entendre, et qu’une joie mal dissimulée a paru sur quelques figures. Puisse du moins cet horrible résultat des plus perverses doctrines convaincre de la nécessité d’en réprimer les auteurs ! On voit assez d’où part le coup, et de quoi sont capables les suppôts du fanatisme. Laissera-t-on toujours abuser le peuple par de coupables déclamations ? Telle est la pensée qui a frappé tous les hommes sages, au milieu des premiers mouvemens de leur profonde et juste douleur. »

Annonce de l’assassinat du duc de Berry
dans « L’Ami de la Religion et du Roi »
Tome vingt-troisième (1820), pp.30-31

Note * : « L’Ami de la Religion et du Roi » dans ce premier compte-rendu de l’assassinat du duc de Berry donne les prénoms de Pierre-Joseph à Louvel. En réalité, il se prénommait Louis-Pierre.

Les derniers moments du duc de Berry

Les derniers moments du duc de Berry, entouré par toute la famille royale
toile d’Alexandre Menjaud (1773-1832)

frise lys deuil

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 12 février, 2020 |1 Commentaire »

2020-24. « Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.»

Ce 10 février 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, pour commémorer l’anniversaire de l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638) cf. ici, dans lequel son ancêtre SM le Roi Louis XIII rendait publique la consécration qu’il avait faite de la France à Notre-Dame.
Notre Souverain légitime a accompagné son message de l’illustration suivante.

Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

Monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

« En ce jour anniversaire de la consécration solennelle de la France à Marie par mon aïeul Louis XIII, je formule à nouveau ma confiance en l’avenir de la France.
L’avenir repose dans les mains des couples qui mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les entrepreneurs animés par le souci du bien commun, l’avenir repose sur tous ceux qui défendent le pays à ses frontières plus ou moins lointaines ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.
Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France. »

Armes de France & Navarre

2020-16. Adresse de Louis XX aux Français.

Mardi 28 janvier 2020,
Fête de Saint Charlemagne (cf. > ici et > ici).

En cette fête de Saint Charlemagne, le magazine « Valeurs Actuelles » (cf. > ici) a rendu publique une adresse de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à tous les Français, à l’occasion des vœux pour l’année 2020.
C’est un long message, profond et lucide qui requiert une grande attention et demande d’être lu, relu et médité.

Vœux Louis XX 28 janvier 2020

Mes Chers Compatriotes,

En ce début de l’année 2020, présenter des vœux n’est pas simple. Nous aimerions parler accomplissement, prospérité, bonheur, mais nous nous adressons à un pays confronté à une crise profonde. Elle est morale et matérielle. Tant de menaces extérieures comme intérieures pèsent sur la France. Confronté à cette situation et à une certaine inertie d’un pouvoir qui a déjà abdiqué et refuse d’affronter les problèmes, le devoir du successeur légitime des Rois de France est de s’exprimer. Tel est me semble-t-il le devoir des dynastes ! Simplement faire preuve de courage et de réalisme.

Je sais les Français malheureux dans un pays très largement découragé et pessimiste. Le Pays connait une crise profonde qui s’amplifie d’année en année et a pris, depuis plus d’un an, une tournure plus radicale avec la mobilisation populaire qui ne faiblit pas. Elle est fondée non pas sur des revendications d’intérêts individuels ou de classe, mais sur un appauvrissement général, un recul de la qualité de la vie et une angoisse pour l’avenir dans les grandes agglomérations comme dans les campagnes. Ainsi, le pays qui attendait beaucoup de l’Europe ou de la mondialisation des échanges, connaît désillusions et déceptions devant une situation qui ne cesse de se détériorer, d’où son trouble et son inquiétude pour l’avenir. Soyons reconnaissants envers ceux qui continuent, vaille que vaille, à entreprendre et à innover pour tenter de maintenir la France dans le concert des grandes puissances ; à ceux qui assurent les services publics dans des conditions toujours plus difficiles comme le constatent pompiers, médecins ou policiers ; aux familles qui ne désespèrent pas et assurent la relève démographique et aux derniers gardiens de notre souveraineté qui veillent aux frontières au prix parfois du sacrifice de leur vie. A tous ceux-là j’adresse des vœux les plus sincères pour 2020 en leur disant combien ce qu’ils font est juste et doit être encouragé. Mais au-delà de cette avant-garde, il faut penser à relever la France.

Résidant au-delà des frontières, à cheval sur deux continents, j’ai le recul nécessaire pour me pencher sur la situation de la France. Cela me permet d’aborder l’avenir sereinement et, malgré tout, avec optimisme. Les siècles d’histoire sur lesquels la tradition que j’incarne repose, permettent d’identifier certains des ressorts qui actuellement manquent cruellement au pays.

Depuis des années la France s’est engourdie et s’est laissé bercer par des idées qui l’éloignent du réel. Pourtant on ne peut ni oublier ni gommer les réalités comme si elles n’existaient pas. Le réel est plus fort que les idéologies car il est la vie. La vie quotidienne de tout un chacun ; la vie familiale ; la vie qu’il faut transmettre car sinon c’est la mort qui gagne. Or les Français veulent vivre et transmettre car ils savent, au fond d’eux-mêmes, qu’ils sont les héritiers d’une histoire millénaire à poursuivre. Ils savent qu’au-delà des apparences, le pays a encore un patrimoine spirituel et moral et des richesses à apporter au monde. Cela passe par la redécouverte des valeurs. Le mot a été bien galvaudé ces derniers temps. Quand je parle de valeurs il s’agit de celles qui ont fait la France, portées par quinze siècles de royauté, les valeurs que sont le sens du travail, de l’effort, du bien commun, de la morale et du sacrifice s’il le faut. Valeurs issues du christianisme et de l’héritage de la pensée gréco-latine. Celles de la civilisation française et européenne. Non pas celles inspirées d’idéologies aussi fausses que perverses qui sous-tendent les reniements, les repentances, l’abandon des traditions et la destruction des Institutions. Les Français ne s’y trompent pas et ne se reconnaissent plus dans un pouvoir qui déconstruit au lieu de bâtir. Les Français aspirent à un changement, à une rupture avec des décennies de politiques fatales et mortifères.

Rompre, c’est redonner du sens à l’existence en revenant aux fondamentaux. Le premier demeure la place reconnue à la vie naturelle, de la conception à la mort, car tel est le fondement anthropologique sur lequel repose notre  société; le second de ces fondamentaux, c’est  le bien commun. Il est le guide qui indique à chacun ce qu’il doit faire. Du plus humble au plus puissant. Est-ce que mon action apporte quelque chose à la société et notamment aux plus faibles ? Est-ce qu’elle la fait progresser ? Est-elle morale ?

Or ces fondamentaux n’ont pas perdu de leur nécessité ni de leur utilité pour organiser la société civile. Bien au contraire ! Il s’agit de leur redonner leur place dans la vie sociale. Dès lors la sphère du politique s’éclairera d’un jour nouveau et la société pourra y puiser les forces nécessaires pour progresser et améliorer la vie des uns et des autres. Les grandes espérances qui manquent tant actuellement, renaîtront. Croire en l’avenir pour le reconstruire en donnant toute sa place à l’enfant, en lui donnant une éducation basée sur la transmission, visant à l’élever et à en faire un adulte à la fois instruit et responsable. Croire en l’avenir en garantissant aux plus anciens qu’ils seront assurés de trouver des conditions décentes d’existence, juste retour de leur vie de labeur, puis toute l’assistance et la compassion qu’ils peuvent espérer pour leur fin de vie.

Le bien commun est quant à lui le contraire de l’individualisme forcené dans lequel la société s’est abîmée depuis une cinquantaine d’années. Parti des fausses prémisses du bonheur confondu avec la seule consommation, il s’est perdu dans une société déréglée qui, n’ayant plus de finalité, ne sait plus produire que déchets et nuisances, pollutions et expériences contre-nature. Heureusement nous sentons une remise en cause de cette spirale du mal. Appuyée sur l’Evangile, l’Eglise a ouvert une réflexion nouvelle reposant sur la nature, fille de la création divine et donc inscrite, avec l’homme et pour l’homme, dans le plan de Dieu. Son audience s’élargit et les veilleurs conscients deviennent plus nombreux.

Ainsi des ferments pour une société meilleure existent. Il appartient à ceux qui en font déjà les moteurs de leur action de mieux les faire connaître. L’avenir repose dans les mains des jeunes couples qui ne désespèrent pas et mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les jeunes entrepreneurs animés par le souci du bien commun, qui mettent leurs talents, leur savoir, leur énergie, leurs capitaux, au service des entreprises qu’ils créent ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.

Voyez-vous, Chers compatriotes, j’ai confiance en l’avenir de la France, car même blessée, elle a du ressort, celui des Français héritiers de siècles d’histoire. Il y a une longue route à parcourir encore une fois retrouvé  le sens de ses traditions. Tels sont les vœux que je forme, en ce début d’année 2020, pour tous les Français. Que Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc continuent à veiller sur nous et la France.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

grandes armes de France

Publié dans:Vexilla Regis |on 28 janvier, 2020 |7 Commentaires »

2020-14. Pèlerinage à Domremy à l’occasion du centenaire de la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc.

Pèlerinage Donremy mai 2020 - 1

Dans le message qu’il a délivré ce 19 janvier 2020 à l’occasion de la Messe commémorative célébrée à la Chapelle Expiatoire à Paris (cf. > ici), notre Souverain légitime a terminé en nous souhaitant « une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc. »

C’est qu’en effet, cette année 2020 est celle du centenaire de la canonisation de celle dont on ne redira jamais assez que plutôt que « la sainte de la patrie » – ainsi qu’a voulu la récupérer une certaine phraséologie à tendance nationaliste – Sainte Jeanne d’Arc est avant tout la sainte de la Légitimité, puisque son rôle premier et principal a été de faire reconnaître la légitimité d’un prince qui en avait lui-même douté et, en conséquence de cette légitimité, de l’amener à recevoir son « digne sacre ». Ses victoires militaires ne furent que les preuves tangibles de cette mission que lui confia le Roi du Ciel.

Il importe donc de prier et d’invoquer Sainte Jeanne d’Arc avec une ferveur renouvelée tout au long de cette année.
Voilà pourquoi, l’Ordre de Saint Remi organise un pèlerinage à Domremy au jour même du centenaire de la canonisation de Jeanne. Vous en trouverez ci-dessous le programme et les indications.

Pèlerinage Donremy mai 2020 - 2

Renseignements et inscriptions : ordredesaintremi@gmail.com

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2020-13. « Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois.»

Dimanche 19 janvier 2020,
2ème dimanche après l’Epiphanie ;
19ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (cf. > ici).

A l’occasion de la Sainte Messe commémorative de la mort de SMTC le Roi Louis XVI, célébrée comme de coutume le dimanche le plus proche du 21 janvier à la Chapelle Expiatoire, et du déjeuner qui a suivi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a lu le message suivant.

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à la Chapelle Expiatoire, ce dimanche 19 janvier 2020

Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

Louis,
Duc d’Anjou

 grandes armes de France

2020-10. Samedi 18 janvier 2020 : Messe commémorative de la mort du Roi-Martyr.

annonce Messe de Requiem Louis XVI Montélimar 2020

Le Cercle Légitimiste du Dauphiné « Crillon le Brave » et le Cercle Légitimiste du Vivarais « abbé Claude Allier », vous encouragent à venir nombreux, ou à défaut à vous unir par la prière, à cette cérémonie qui constitue toujours un moment important en lequel s’exprime d’une manière suréminente notre devoir de fidélité filiale, en même temps qu’il est une protestation surnaturelle contre l’abomination révolutionnaire.

Chapelle Notre-Dame de la Rose
36 Avenue Saint-Martin
26200 Montélimar

Fleur de Lys

2020-8. Rappel à Dieu de Monsieur le Duc de Bauffremont.

frise lys deuil

Ce jeudi 9 janvier 2020 au matin, à Versailles, Monsieur le Duc Jacques de Bauffremont Courtenay (note en bas de page), président émérite de l’Institut de la Maison de Bourbon, a été rappelé à Dieu dans sa 98ème année.

Né le 6 février 1922, Monsieur le Duc avait été contacté en 1946 par « Don Jaime », de jure Sa Majesté le Roi Henri VI de France, grand-père de notre Souverain légitime actuel, afin de relancer en France le mouvement légitimiste : c’est donc une figure historique de la Légitimité qui disparaît avec lui.
Président de l’Institut de la Maison de Bourbon de 1976 à 2009, il fut également Président du Mémorial de France à Saint-Denys, où il a procédé au dépôt du coeur de Louis XVII dans la crypte des Bourbons en 2004. Il a également été promoteur de la cause de béatification de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Les funérailles de Monsieur le Duc seront célébrées en l’église Saint-Roch, à Paris, ce vendredi 17 janvier à 10 h.

Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

Duc de Bauffremont avec la duchesse de Ségovie et Louis XX

Monsieur le Duc de Bauffremont aux côtés de Sa Majesté le Roi Louis XX
et de feue Madame la Duchesse de Ségovie à l’occasion d’une cérémonie commémorative

A l’annonce de la mort de Monsieur le Duc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le message suivant : 

Avec beaucoup d’émotion et une grande tristesse j’ai appris ce matin la mort de mon cousin, Monsieur le duc de Bauffremont.

Appelé à son service par mon grand-père puis mon père, il a toujours assuré notre famille de son plus profond et fidèle dévouement. Nous le garderons dans notre souvenir.

La Princesse et moi-même nous assurons ses enfants de notre communion de prières en leur apportant le soutien de nos sentiments les plus affectueux.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou

frise lys deuil

Note : La titulature complète de Monsieur le Duc était la suivante :
Jacques Yblet Napoléon Marie Laurent Alexandre de Bauffremont Courtenay, huitième duc de Bauffremont, dixième prince de Marnay, prince du Saint Empire romain germanique, prince de Listenois, prince de Courtenay, prince de Carency, duc et comte de Pont-de-Vaux, duc de Randan, duc d’Atrisco, marquis d’Arc-en-Barrois, marquis de Meximeux, marquis de Marnay, marquis de Sennecey, marquis de Mirebeau, marquis de Leganes, marquis de Morata de la Vega, comte de l’Empire, comte de Charny, comte de Cruzille, vicomte de Marigny, vicomte de Salins, baron et seigneur de Bauffremont, baron de Sombernon, baron de Scey-sur-Saône, seigneur de Jonvelle, seigneur de Clairvaux, seigneur de Valangin, seigneur de Bulgnéville, seigneur de Ruppes, seigneur de Montfort, pair de France, cousin de l’Empereur, cousin du Roi, deux fois grand d’Espagne de première classe, grand chambellan héréditaire de l’archevêque de Besançon.

2020-2. « Notre résolution : la contre-révolution ! »

Vœux du Prieur de la Confrérie Royale
pour l’an de grâce 2020

Blason de la Confrérie Royale

Vendredi 3 janvier 2020 ;
Fête de Sainte Geneviève, vierge (cf. > ici et > ici) ;
Premier vendredi du mois.

Sainte Geneviève

Bien chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

Il me semble particulièrement opportun de venir à vous en cette fête de Sainte Geneviève, dont la vie, la prière et l’œuvre furent d’une importance capitale pour le passage de la Gaule romaine, livrée aux envahisseurs (dont la plupart étaient hérétiques), à la France catholique.
Au moyen de ces quelques mots, je tiens en premier lieu à vous présenter mes vœux de bonne et surtout sainte année 2020 ; sachant que, du point de vue de notre humble – et néanmoins si importante - Confrérie, il importe, avant toute autre chose, que ce soit par notre vie spirituelle, notre ferveur, notre générosité et notre zèle que cette année soit bonne et sainte ! 

Bien sûr, vous avez entendu dire que, au début de la nouvelle année, il faut prendre des « bonnes résolutions » (lesquelles, avouons-le, ne vont souvent pas beaucoup plus loin que la période des vœux !!!).
Je veux insister sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’en prendre beaucoup, mais qu’en définitive une seule est nécessaire : une seule qui, en étant renouvelée tous les matins au réveil, est capable de fédérer toutes les autres et de leur donner la cohérence et la force dont toutes les autres, dispersées, manquent bien souvent.                      

Une seule résolution : la contre-révolution !
Notre résolution : la contre-révolution !

Je l’ai dit, je le redis et je le redirai encore : la révolution a commencé dans le Ciel aux origines, par la révolte de Lucifer qui a entraîné après lui une multitude d’anges qui ont refusé à Dieu l’obéissance et le service qui Lui étaient dus ; elle s’est poursuivie par la désobéissance de nos premiers parents qui, à l’instigation de l’ange déchu, ont voulu « être comme des dieux » en se faisant eux-mêmes la norme du bien et du mal ; elle se perpétue tout au long de l’histoire de l’humanité par l’accumulation des refus d’obéissance à la Loi divine et des refus de coopération aux desseins divins ; elle s’incarne d’une manière toute particulière dans la révolution française qui substitue aux affirmations de la Sainte Ecriture qui fait de Dieu la source et le fondement de toute autorité terrestre - « Omnis potestas a Deo » (cf. Rom. XIII, 1) - le principe blasphématoire selon lequel « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément », avec sa conséquence logique : « La loi est l’expression de la volonté générale » (articles 3 et 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789).

La contre-révolution est d’abord spirituelle, et parce qu’elle est spirituelle elle défend les vérités de la Révélation (il n’y en a qu’une !), les vérités de la Sainte Ecriture et de la Tradition authentique de l’Eglise : voilà pourquoi la contre-révolution est nécessairement dogmatique.
Parce qu’elle est dogmatique, elle est logiquement liturgique puisque la liturgie est l’expression et la célébration de la Foi (« lex orandi, lex credendi »), et elle est tout aussi logiquement morale et donc sociale et politique. Tout se tient, tout est cohérent : à nous de nous montrer rigoureusement obéissants à cette cohérence.              

Je lis très souvent des messages, qui ne manquent certes ni d’enthousiasme ni de ferveur, souhaitant que notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, prenne rapidement les rênes du pouvoir (il en est même qui voudraient qu’il se présente aux élections !!!) ou fasse un « coup d’état », voire aille très prochainement à Reims pour y recevoir le Sacre. 
A lire ou entendre ceux qui professent ainsi leur légitimisme, il semble que, dès que Louis XX sera sacré ou aux postes de commande, tout rentrera dans l’ordre en France, comme par un coup de baguette magique.

Mais Louis XX n’est pas un « deus ex machina » !
Qui peut raisonnablement penser que la restauration royale – à laquelle nous aspirons ardemment et à laquelle nous nous efforçons de travailler selon toutes nos possibilités et forces – puisse devenir une réalité sans une conversion générale des intelligences polluées, sans une conversion générale des mœurs – privées et publiques -, sans une conversion générale des cœurs ?
Qui peut raisonnablement penser que le Royaume de France, occupé par près de deux siècles de régimes impies, puisse être rétabli sans pénitence, sans les efforts longs et patients, sans les sacrifices généreux des sujets fidèles de Sa Majesté œuvrant chacun à leur place à gagner profondément à Dieu et au Roi les cœurs de ceux qu’il côtoie chaque jour ?
Qui peut raisonnablement imaginer que notre Roi pourrait se maintenir et changer les choses, seul, en se plaçant à la tête d’un pays où la majorité des habitants n’en a rien à fiche de Dieu et de Ses commandements, où la majorité des habitants n’adore pas le vrai Dieu comme il convient, où la majorité des habitants ne va pas à la Messe le dimanche (et où le clergé lui-même participe à l’apostasie générale), où la majorité des habitants accepte le divorce, la contraception, l’avortement, les unions illégitimes et contre-nature, le concubinage et toutes les formes du libertinage ?

Il ne faut pas voir les choses à l’envers ! La restauration du Roi Très Chrétien au Royaume des Lys sera la conséquence et non la cause du retour des peuples de France à la foi catholique et à l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Or ce n’est pas au Roi à « faire le boulot » de la conversion de la France, mais à chacun d’entre nous (en commençant par notre propre amendement et notre propre conversion, laquelle est un travail qu’il faut recommencer et approfondir chaque jour).
C’est tout le sens de la phrase par laquelle Sa Majesté le Roi Henri V a résumé tout ceci : « Pour que la France soit sauvée, il faut que Dieu y rentre en Maître pour que je puisse régner en roi » !

Retenez d’ailleurs que cette année 2020 va marquer, entre autres, le bicentenaire de la naissance de Henri V, dit « comte de Chambord » (29 septembre 1820), le centenaire de la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc (16 mai 1920), et le seizième centenaire de la naissance de Sainte Geneviève (420 – date supposée – à un jour inconnu).
Ce sont trois modèles de cohérence légitimiste absolue, trois modèles de parfaite cohérence dans la manière de recevoir les principes chrétiens et de les mettre en œuvre, trois modèles de cette cohérence que je vous souhaite, pleinement et en toute votre vie, à l’occasion de ces vœux !       

Très bonne et très cohérente année légitimiste !

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Armoiries Frère Maximilien Marie

 Et n’oubliez pas nos rendez-vous :

1) Quotidiens : avec les trois angélus suivis de l’oraison pour le Roi ;
2) Mensuels : le 25 de chaque mois ;
3) Annuels, avec cette année en particulier trois importants pèlerinages : les 16 & 17 mai à Domremy avec l’Ordre de Saint Remy ; du 21 au 23 mai au Puy pour le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale ; et les 26 & 27 septembre à Sainte-Anne d’Auray avec l’UCLF.

La Croix et lys - le Puy 2019

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