Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2016-63. « Je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir ».

Message de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à tous les Français,
à l’occasion de la fête de Saint Louis,
25 août 2016.

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Jeudi 25 août 2016,
Fête de Saint Louis, Roi de France.

Quelle consolation et quel magnifique encouragement de recevoir, en cette fête de Saint Louis, le message que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, adresse en ce jour à tous les Français !
Nous ne pouvons que souhaiter la diffusion maximale de ce texte en tous points remarquable – qu’il faut lire, relire, approfondir et méditer – , dans lequel nous nous sommes permis d’imprimer en caractères gras les passages qui nous semblent les plus percutants.

Bonne et belle fête de Saint Louis à tous !

Bonne et belle fête surtout à notre Roi légitime !
Vive le Roi !

Mgr le duc d'Anjou de jure Louis XX

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

Mes chers compatriotes,

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques événements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ ennemi désigné.

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce qu’elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du matérialisme ; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Grandes armes de France

Dans ce blogue :
- Enseignements de Saint Louis à son fils > ici
- Récit de la mort de Saint Louis > ici
- Prières et litanies en l’honneur de Saint Louis > ici

Publié dans:Vexilla Regis |on 25 août, 2016 |2 Commentaires »

2016-61. D’une nouvelle parure offerte à notre statue-relique du Saint Enfant Jésus.

Vendredi 12 août 2016,
Fête de Sainte Claire (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête de Sainte Claire, alors qu’un radieux soleil enveloppe notre Mesnil-Marie, nos coeurs sont aussi illuminés par une joie que d’aucuns peut-être trouveront puérile, mais qui est pour nous véritablement spirituelle, puisqu’elle touche à l’honneur rendu à notre divin Sauveur et à Sa glorification.

Conformément à l’exemple des plus grands saints qui, lors même qu’ils étaient profondément mortifiés et animés d’un zèle scrupuleux pour l’observance de la pauvreté évangélique, faisaient tout leur possible pour que tout ce qui a trait au culte divin soit le plus digne, le plus beau et même le plus riche possible, nous aimons à redire avec Saint François d’Assise que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».
Voilà pourquoi, dès qu’il en a l’opportunité et les moyens, Frère Maximilien-Marie apporte beaucoup de soin à embellir notre modeste oratoire : au Mesnil-Marie on ne trouvera pas, par exemple, de ces ornements liturgiques en tissus vulgaires et sans tenue que certains prêtres et même certains dignitaires ecclésiastiques semblent affectionner !

Au soir de cette fête de Sainte Claire, ce qui nous réjouit très spécialement, c’est d’avoir pu offrir à notre Enfant Jésus de Prague, une nouvelle parure.

Enfant Jésus de Prague robe verte 1

Je vous ai déjà parlé de cette statue, qui présente la caractéristique de pouvoir être appelée « statue-relique » (voir > ici).

Jusqu’à ce jour nous n’avions que trois ensembles (robes et manteaux), ce qui est bien peu en comparaison des 46 qui composent la garde-robe de la statue originale vénérée dans l’église Sainte Marie de la Victoire à Prague.
On m’a même assuré que l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, malgré les lourds devoirs de sa charge et malgré sa nombreuse famille, avait confectionné elle-même une robe et un manteau qu’elle avait offerts au Petit Roi de Grâce.

Enfant Jésus de Prague robe verte 2

Ce n’est pas une impératrice, mais c’est l’une de nos amies – mère de famille nombreuse et généreusement investie en pas mal d’activités – qui a répondu à l’appel de Frère Maximilien-Marie lorsque, il y a quelques mois, il avait demandé de l’aide sur un célèbre réseau social…

Nous avions en effet dans une armoire un joli coupon de tissu vert damassé d’or, des dentelles, et quelques autres éléments de passementerie dont il pensait qu’ils pourraient convenir à la confection, pour notre « statue-relique » de l’Enfant Jésus de Prague, d’une parure accordée à la couleur liturgique du temps après la Pentecôte.
Mais ni notre Frère ni moi-même n’étions assez dégourdis pour en faire quelque chose de convenable !!!

Notre amie M. a des doigts de fée, du goût, de bonnes idées, et de la patience… qu’elle a mis au service de notre Petit Roi d’Amour.
Vraiment, elle a fait merveille : il est donc tout-à-fait normal que j’exprime ici publiquement nos plus vifs remerciements et notre joie.

Enfant Jésus de Prague robe verte 3

Je ne résiste pas à vous conter une anecdote à propos du travail de notre amie M.

Frère Maximilien-Marie lui avait envoyé le coupon de tissu vert damassé d’or, et avait un peu pensé – sans avoir d’idée trop précise là-dessus – que le manteau aurait pu être en quelque autre ton de vert…
La seule chose dont il était certain, c’est qu’il voulait trois fleurs de lys sur chacun des revers.

M. a fait quelques recherches – en magasin et sur les sites spécialisés – , et elle a découvert un tissu vert qui eût pu s’harmoniser avec les tons de la robe ; mais lorsqu’elle s’est rendue compte que cette teinte avait été dénommée « vert islamique », elle en a été, à très juste titre, abasourdie.
Elle a fait part de sa perplexité à Frère Maximilien-Marie qui lui a répondu (j’ai le texte de leurs échanges sous les yeux) : « Oh purée ! j’hallucine grave… j’allahlucine même ! »
M. : « Ah ! Je savais bien que cela vous ferait bondir… »
Frère Maximilien-Marie : « J’ai tellement bondi que je me suis même fait une bosse en me cognant au plafond ! »
Il exagérait un tantinet, certes, mais il y avait bien de quoi éprouver de l’horreur et de l’indignation.

Sans nul doute, si un fabricant de tissu appelait l’une de ses créations par le qualificatif « catholique romain », nous assisterions aux protestations indignées des pintades médiatiques et des dindes laïcistes…
Ceux qui ne veulent pas du règne du Christ auront – voire ont déjà – pour maître l’antéchrist en ses multiples avatars : maçonnerie ou mahométisme, république ou néopaganisme, sectes laïques ou satanisme… etc.
Mais au Mesnil-Marie nous ne revêtirons pas le Petit Roi de Grâce d’un manteau « vert islamique » et nous ne cesserons de prier et de supplier pour que, sur la terre comme au Ciel, Son Règne advienne.

Bref, notre amie M. a suggeré de confectionner la cape dans un satin qui ne soit pas vert, et Frère Maximilien-Marie s’en est remis à son bon goût.
Il ne pouvait mieux faire : le résultat est magnifique !
Nous l’avons découvert lorsque M. est venue l’apporter à notre Petit Roi et a réalisé sur lui les derniers ajustements, aujourd’hui même.

pattes de chatLully.

Enfant Jésus de Prague robe verte 4

2016-58. De la légitime défense des individus et des sociétés.

La justice n’est pas la vengeance. Et, comme l’écrit Saint Jacques  « La colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieu : ira enim viri justitiam Dei non operatur » (Jac. I, 20).
Cela ne signifie évidemment pas non plus qu’il faille être – ou même seulement paraître – faible en face de tout ce qui porte atteinte au droit et à la justice.
Il ne sera donc pas inutile de relire et de méditer sur l’enseignement de l’Eglise au sujet de la légitime défense  : celle des individus comme celle des sociétés…

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

Jean-Marc Nattier : « la justice châtiant l’injustice » (1737)

La légitime défense

2263 - La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. « L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur … L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2264 - L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
« Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2265 - En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité.

2266 - L’effort fait par l’Etat pour empêcher la diffusion de comportements qui violent les droits de l’homme et les règles fondamentales du vivre ensemble civil, correspond à une exigence de la protection du bien commun. L’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnelles à la gravité du délit. La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d’expiation. La peine, en plus de protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, a un but médicinal : elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l’amendement du coupable.

2267 - L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56).

in « Catéchisme de l’Église Catholique »,
Explication du 5e commandement de Dieu

Saint Michel gif

2016-56. « Depuis que je suis sur la terre, je n’ai vu mourir personne plus chrétiennement. »

19 juillet,
Fête de Saint Vincent de Paul.

Je profite de ce que ce jour est celui de la fête de Saint Vincent de Paul pour publier ci-dessous la lettre que le saint écrivit au Révérend Père Codoing, supérieur de la communauté des Lazaristes de Rome, le 15 mai 1643, c’est-à-dire le lendemain de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XIII à laquelle il avait assisté, ayant veillé le Souverain mourant pendant ses trois derniers jours.
Voici donc le témoignage d’un saint sur la sainte mort d’un Roi qui a justement mérité son titre de Très Chrétien.

Lully.

Saint Vincent de Paul assistant Louis XIII en son agonie - vitrail de l'église Saint-Séverin à Paris

Saint Vincent de Paul assistant le Roi Louis XIII dans son agonie
(vitrail de l’église Saint-Séverin, Paris)

« Depuis que je suis sur la terre, je n’ai vu mourir personne plus chrétiennement. »

15 mai 1643.

Monsieur,

Il a plu hier à Dieu de disposer de notre bon Roi, le jour auquel il avait commencé à l’être, il y a trente-trois-ans (note 1). Sa Majesté désira que j’assistasse à sa mort avec nosseigneurs de Lisieux (note 2) et de Meaux, son premier aumônier (note 3) et le Révérend Père Dinet, son confesseur (note 4). Depuis que je suis sur la terre, je n’ai vu mourir personne plus chrétiennement. Il y a environ quinze jours qu’il me fit recommander d’aller le voir ; et pour ce qu’il se porta mieux, le lendemain je m’en revins. Il me fit redemander il y a trois jours, pendant lesquels Notre-Seigneur m’a fait la grâce d’être auprès de lui. Je n’ai jamais vu plus d’élévation à Dieu, plus de tranquillité, plus d’appréhensions des moindres atomes qui paraissent péché, plus de bonté ni plus de jugement en une personne en cet état.
Avant-hier, les médecins l’ayant vu assoupi et les yeux tournés, appréhendèrent qu’il ne dût passer et le dirent au Père confesseur, qui l’éveilla tout aussitôt et lui dit que les médecins estimaient que le temps était venu, auquel il fallait faire la recommandation de son âme à Dieu. Au même instant, cet esprit plein de celui de Dieu embrassa tendrement et longtemps ce bon Père et le remercia de la bonne nouvelle qu’il lui donnait ; et incontinent après, levant les yeux et les bras au ciel, il dit le Te Deum laudamus et l’acheva avec tant de ferveur, que le seul ressouvenir m’attendrit tant à l’heure que je vous parle. Et pour ce que la cloche m’appelle qui m’empêche de vous en dire davantage, je finis en le recommandant à vos prières et à celles de la Compagnie.

Vincent Depaul            
prêtre indigne de Saint-Lazare.

Saint Vincent de Paul assisant Louis XIII en son agonie - détail

Note 1 : Le règne de Louis XIII a commencé le 14 mai 1610, au moment de l’assassinat de son père Henri IV et s’est achevé trente-trois ans plus tard, comme le fait remarquer Saint Vincent de Paul, le 14 mai 1643.
Note 2 : L’évêque de Lisieux était Monseigneur Philippe Cospéan – ou Cospéau, ou encore Cospeaux – (1571-1646). D’abord évêque d’Aire-sur-l’Adour (1607), c’est lui qui prononça l’éloge funèbre d’Henri IV à Notre-Dame de Paris lors des funérailles du Souverain ; il fut ensuite transféré à l’évêché de Nantes (1622), et enfin à celui de Lisieux (1636).
Note 3 : Monseigneur Dominique Séguier (+ 1659), frère du chancelier de France Pierre Séguier, doyen de Notre-Dame de Paris et nommé alors premier aumônier du Roi, il est alors archevêque in partibus de Corinthe ; en 1631, Louis XIII le nomma à l’évêché d’Auxerre, puis en 1637 le fit transférer à Meaux. Il était réputé pour sa charité envers les nécessiteux.
Note 4 : Le Rd. Père Jacques Dinet, de la Compagnie de Jésus, qui avait été professeur de René Descartes au collège de La Flèche devint confesseur du Roi le 18 mars 1643 ; il était proche de Mazarin.

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2016-45. D’une délicate attention du Ciel dont a bénéficié l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay…

Le mardi 7 juin dernier, l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay, devait être opéré d’un glaucome dûment diagnostiqué, mais ce matin-là, lorsque le chirurgien a procédé aux ultimes examens préparatoires à l’intervention, il a constaté que l’opération n’était plus nécessaire et il l’a tout bonnement annulée…

En publiant le témoignage qui suit, nous n’entendons bien évidemment pas nous substituer au diagnostic des médecins ni au jugement de l’Eglise. Voilà pourquoi nous nous garderons d’utiliser le mot « miracle » puisque, pour l’heure, personne ne peut dire si cette notable amélioration constatée (au point, redisons-le, d’avoir eu pour effet immédiat l’annulation d’une intervention chirurgicale) est entière et définitive.
Toutefois, comme le disait l’ange Raphaël à Tobie, s’ « il est bon de cacher le secret du roi (…), révéler et publier les oeuvres de Dieu est une chose honorable » (Tob. XII, 7), car nous ne pouvons pas douter que c’est ici l’oeuvre de Dieu – par la médiation de Ses saints – , et nous ne voudrions pas manquer à notre devoir de reconnaissance envers le Dieu des miséricordes, sous le prétexte d’une prudence trop humaine.

Pierre des fièvres & chapelle du Crucifix

Cathédrale du Puy-en-Velay : la pierre des fièvres, dans la chapelle du Saint Crucifix.
C’est cette pierre qui fut désignée à deux reprises par la Sainte Mère de Dieu, aux origines du sanctuaire du Puy, comme lieu des guérisons qu’elle voulait accorder.

Laissons la parole à notre pèlerin qui, pour l’heure, entend rester dans l’ombre mais a consenti à nous écrire son témoignage :

« – MES YEUX : historique.

Vers le 22 avril 2015, je souffre de démangeaisons devenant brûlantes, avec l’impression de sable dans les yeux. Les paupières rougissent, enflent, s’infectent : le pharmacien consulté me donne une pommade  antibiotique…

30 avril 2015, je suis aux urgences du centre ophtalmologique de I.S. Diagnostic : inflammation aiguë avec chalazion ; on me prescrit une autre pommade antibiotique - anti inflamatoire, des lavages avec du sérum, des gouttes lubrifiantes.
Dans les jours qui suivent, les symptômes diminuent mais les paupières résistent en partie aux soins.

Je consulte trois ophtalmologistes : deux internes exerçant à ce cabinet médical pour les urgences à I.S., puis, le 27 mai 2015, un médecin à M…
Les internes ont  fait le bon diagnostic : blépharite aiguë infectée. 

Juillet 2015 : la même pommade antibiotique m’est prescrite par le généraliste, cette fois, en raison d’un orgelet énorme et d’une inflammation.

En septembre, de nouveau je souffre, je revois un interne qui renouvelle une ordonnance suivant un protocole classique : lavages avec sérum, compresses chaudes une fois par jour et massage des paupières, suivi d’application d’un gel stérile, gouttes lubrifiantes. 

5 octobre 2015. Consultation – prévue depuis six mois – avec le « patron », ophtalmologiste et chirurgien : toujours l’inflammation… C’est un médecin peu bavard : il me prescrit pour trois mois un antibiotique par voie buccale, en alternant trois jours par mois avec des gouttes oculaires et un autre antibiotique, et toujours le lavage avec du sérum, des compresses chaudes suivies d’un massage des paupières (glandes meibomius), le nettoyage avec un gel stérile et des gouttes lubrifiantes plusieurs fois par jour. Cela tous les jours.
Traitement « de routine » prescrit pour six mois, sauf que les antibiotiques sont au degré maximum.
Ma vie est rythmée par ces soins.  J’ai une surveillance régulière par le spécialiste.

Ce même 5 octobre 2015, on a même évoqué la pose de bouchons… 
Je réfléchis et m’interroge : « Jusqu’à quand mes yeux vont ils m’ennuyer ? Jusqu’à quand ces douleurs (jusqu’à ressentir l’impression que les yeux vont sortir de l’orbite), ces brûlures, ces démangeaisons intolérables ? »  
Pour conduire ou lire, c’est parfois difficile.  

Mars 2016 : contrôle. 
Le docteur est mécontent car l’inflammation a diminué, mais persiste. Il m’informe, avec insistance, que le traitement est très long : pathologie chronique avec des hauts et des bas. La prescription est à peu près la même, mais ce jour là : « Vos paupières sont correctes, mais vous avez encore des manifestations inflammatoires, alors j’ajoute « Ikervis » (ciclosporine), prévu pour les cas rebelles. En plus, soyez prudent les jours de vent… »

Un an de douleurs, de démangeaisons intolérables, de brûlures, d’impression de grains de sable, de traitement contraignant, avec en plus un nouveau diagnostic : glaucome !

Le spécialiste me dit : « Attention ! Lorsque vous prendrez des médicaments vous êtes concerné par les contre indications se référant au  glaucome : c’est pour vous ! » 

Ensuite, sortant une maquette, il m’explique que le liquide aqueux de l’oeil, subissant des pressions, déforme la cornée :   »Pour éviter les effets irréversibles (c’est-à-dire la cécité), je vais percer la cornée d’un trou microscopique à cet endroit précis, au moyen d’un rayon laser, pour permettre au liquide en trop de s’échapper et d’arriver dans la partie visible de vos yeux et d’être évacué ».

Je reste paralysé, sans défense. Cependant je l’interroge pour savoir si cette intervention sera unique et où ? 
- Cela se fait en une fois. 
Comme je me dirige vers la porte, il me demande de prendre rendez vous après avoir donné des instructions à la secrétaire.

Je suis ressorti très étourdi par cette consultation. 

Je réfléchis : laser = brûlure…
Impuissant, je patiente jusqu’au 7 juin, date qui a été fixée afin de me permettre de me rendre au pèlerinage légitimiste au Puy. 

Et je m’en remets au Seigneur.

Ce 7 juin je me rends donc au centre pour l’opération. 
Je passe plusieurs examens préparatoires. Puis le médecin scrute longuement les croquis, l’échographie, avec les résultats, et me dit :  »L’examen est bon ; il n’y a pas de tension ; je n’interviens pas. C’est bon ! » 
Un éclair me traverse : « Ça, c’est la Sainte Vierge ! Merci, Vierge Marie ! »

Le médecin ajoute :  »Cependant vous resterez sous surveillance pendant trois ans avec une consultation annuelle. D’ici là votre cataracte – légère – aura évolué, et peut-être aurai-je à intervenir si des modifications survenaient (glaucome). Pour l’instant, pas de problème ».

Je repars avec le sempiternel traitement quotidien pour les paupières, qui est un autre problème, indépendant du glaucome disparu.

Je suis libéré, échappant à une intervention délicate aux suites longtemps douloureuses.

En m’allongeant sur la pierre noire (note 1), samedi, j’ai dit intérieurement et avec confiance : « Sainte Vierge Marie : libérez mon corps et mon esprit de tous les maux qui m’envahissent et entravent ma vie ».   

Ce 7 juin au matin devant le médecin, j’ai immédiatement remercié mentalement la Vierge Marie. Est-ce elle ? Avec  le petit Roi Louis XVII intercédant aussi pour moi ? Je le prie souvent, à la messe et en privé. Après la bénédiction de l’icône (note 2), je l’ai embrassée justement là où est le petit Louis XVII, au coin en bas à gauche…

Je réalise peu à peu que je suis passé à travers une épreuve délicate qui m’inquiétait. Alors louons la Sainte Trinité, Marie, Joseph, St Michel, mon ange gardien : tous évoqués dans mes oraisons : le monde céleste. 
Rendons grâce : ALLELUIA ! »

icône des martyrs de la famille royale détail : Louis XVII dans son cachot

Sainte icône des martyrs de la famille royale, détail : Louis XVII dans son cachot.

Note 1 : il s’agit de la « pierre des fièvres », dans la cathédrale du Puy, sur laquelle lors des apparitions qui ont fondé le pèlerinage à Notre-Dame du Puy, la Sainte Mère de Dieu a opéré des guérisons miraculeuses.

Note 2 : l’icône représentant les martyrs de la famille royale (LL.MM. les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth) qui a été présentée et bénite lors de la conclusion du pèlerinage légitimiste, le dimanche 5 juin : icône réalisée afin de « relancer » la cause de béatification de nos martyrs royaux et déposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie (lire plus en détail ici).

Monogramme Marie 2

2016-44. Du sage, de la lune et du doigt : actualisation d’un proverbe chinois…

Samedi 11 juin 2016,
Fête de Saint Barnabé, apôtre.

« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt… »

Actualisation :

Quand le légitimiste montre l’ensemble cohérent – dans l’ordre naturel et dans l’ordre surnaturel conjugués en une totale harmonie – des Lois Fondamentales du Royaume et des dispositions providentielles (et même miraculeuses) qui ont fait la France depuis la Noël 496 jusqu’au 26 août 1789 (1), cet ensemble parfaitement cohérent de la raison et de la foi qui a présidé à la constitution et à la grandeur de la France, eh bien, de la même manière que cela est dénoncé dans le proverbe chinois, l’imbécile lui, ignorant le Principe, regarde la seule personne du Prince (la plupart du temps avec la lunette déformante et très réductrice de son ignorance) pour déchaîner la petitesse de sa mesquinerie… (2)

Louis XX 4 juin 2016

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
aîné des Capétiens,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
(photo prise à l’occasion de la première communion de sa fille, la Princesse Eugénie, le 4 juin 2016)

(1) Plus que la date du 14 juillet 1789, nous retenons celle du 26 août 1789 comme représentative de la révolution et de l’apostasie de la France : c’est en effet à ce jour que fut adoptée par la pseudo assemblée constituante le texte de la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » qui renverse totalement l’ordre – naturel et surnaturel – voulu par Dieu en proclamant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation, nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » (article 3), ce qui constitue un blasphème et s’oppose directement aux enseignements des Saintes Ecritures.

(2) Ce très court article que je mets en ligne aujourd’hui est le 950e de mon blogue : il m’est l’occasion de redire brièvement que rien n’oblige ceux qui ne sont pas d’accord avec ce que j’exprime en ces pages de venir le lire : ma ligne politique est clairement définie depuis toujours, et les vieux râleurs professionels, rabâcheurs de griefs anti-légitimistes, mystico-dingo-survivantistes ou mystico-dingo-providentialistes, feraient mieux d’aller déverser leur bile malade en d’autres lieux…

pattes de chatLully.

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2016-43. De la sainte icône des martyrs de la famille royale désormais exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Mercredi 8 juin 2016,
221e anniversaire du rappel à Dieu de S.M. le Roi Louis XVII (cf. > ici).

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est très intentionnellement que j’ai choisi cette date du 8 juin pour vous dévoiler, après que Frère Maximilien-Marie l’a lui-même dévoilée dimanche dernier aux participants du pèlerinage jubilaire de la Légitimité au Puy-en-Velay (cf. > ici), une icône que nous avons commandée à une artiste, Madame Olga Platonova, iconographe originaire de Saint-Petersbourg, professeur d’iconographie à la paroisse orthodoxe russe de la Présentation de Marie (rue Olivier de Serre, Paris XVe).

Pour vous en parler, il faut que je revienne deux ou trois ans en arrière.
Romain, l’un de nos amis, et Frère Maximilien-Marie s’étaient demandé à plusieurs reprises comment il serait possible de relancer la cause de béatification des membres de la famille royale mis à mort pendant la grande révolution : Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth, soeur du Roi. En effet, si diverses tentatives ont existé au cours des XIXe et XXe siècles, elles n’ont jusqu’ici pas abouti.

Il est bien certain que c’est principalement en haine de la foi catholique, en haine de l’Eglise catholique et en haine des desseins de Dieu sur la France, que le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth ont été envoyés à la guillotine, et que le Roi Louis XVII a été condamné à des sévices physiques et psychologiques innommables, puis à une mort lente dans la plus dégradante des réclusions.
Mais il est tout aussi certain que, d’une part, ni la république, ni la maçonnerie – qui en est la pseudo religion officielle – ne souhaitent cette glorification qui mettrait davantage en lumière leurs actions diaboliques ; et que, d’autre part, un épiscopat d’une désolante inconsistance, continûment empêtré dans ses compromissions avec un régime impie, n’a ni la capacité spirituelle et intellectuelle ni la volonté d’entreprendre les démarches en vue de leurs béatifications, au contraire de l’Eglise russe qui a élevé sur les autels la famille impériale massacrée en 1917.

Nous en sommes donc arrivés à formuler ce raisonnement :
1 – puisque nous avons les plus solides raisons de penser que Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth sont au Ciel, rien ne nous empêche de les invoquer pour obtenir des grâces par leur intercession (sans que cela prenne les formes d’un « culte public » tel que défini par le droit canonique) ;
2 – puisque en guise de preuve qu’ils sont au Ciel, l’Eglise demande toujours des grâces et des miracles par l’intercession des « serviteurs de Dieu », rien ne s’oppose à ce que l’on diffuse une prière pour demander l’intercession de nos martyrs royaux ;
3 – puisque, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas attendre de la timorée hiérarchie de l’Eglise, leur béatification, ce doivent être les grâces et les miracles obtenus par les fidèles qui doivent en quelque manière « forcer » cette hiérarchie à sortir de sa langueur ;
4 – il nous faut donc diffuser une image permettant de matérialiser – si l’on peut dire – ou de concentrer ces prières et supplications ; toutefois ni les portraits de cour réalisés de leur vivant, ni les représentations plus ou moins romantiques postérieures à la révolution ne conviennent à une saine démarche religieuse : il serait donc opportun de proposer une représentation strictement religieuse et spirituelle qui mette en valeur leur martyre ;
5 – une icône, comme les russes en ont fait réaliser pour la famille impériale martyre, possède toutes les caractéristiques voulues pour cette expression spirituelle et permettrait la mise en évidence de la mise à mort en haine de la religion ; en sus, outre le fait que les icônes sont de plus en plus comprises et vénérées par la piété latine, cette représentation facilitera aussi la dévotion des fidèles des rites orientaux dont un très grand nombre – en France mais pas uniquement – sont royalistes et légitimistes…

Après quelques tâtonnements, grâce à une religieuse orthodoxe sympathisante de la Confrérie Royale, nous avons été mis en relation avec Madame Olga Platonova qui a parfaitement compris notre dessein et y a adhéré de toute son âme et de tout son talent.
Madame Platonova a travaillé pendant plusieurs mois – mettant en oeuvre les canons de l’iconographie sacrée – , et notre Frère Maximilien-Marie, dans le même temps, économisait sou par sou afin de pouvoir la rétribuer en toute justice.

Enfin, grâce à une amie proche qui devait se rendre à Paris et se l’est vue remettre par Madame Platonova, l’icône est arrivée au Mesnil-Marie le dimanche de la Sainte Trinité 22 mai 2016.
Frère Maximilien-Marie l’a déposée dans l’oratoire, mais elle y est restée voilée tant qu’elle n’était pas bénite : c’est ce dernier dimanche, 5 juin 2016, que, après avoir été dévoilée aux participants du pèlerinage jubilaire légitimiste au Puy, elle a reçu cette bénédiction.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Comme je l’ai expliqué plus haut, ce sont les canons de la représentation sacrée dans les Eglises d’Orient qui ont présidé à la réalisation de cette icône : loin des portraits de cour et des figurations réalistes ou sentimentalo-romantiques, l’icône exprime une réalité spirituelle et montre symboliquement les serviteurs de Dieu dans leur éternité de gloire. En cela, elle tire celui qui la contemple et qui prie devant elle hors des contingences terrestres pour l’amener à un contact spirituel avec les saints.
Sur cette icône, Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette sont donc figurés portant les insignes canoniques de leur royauté (avec le manteau fleurdelysé propre à la royauté française), et Madame Elisabeth est représentée en princesse de sang royal : leur appartenance à une race royale particulièrement favorisée des dons divins subsiste dans l’éternité, spiritualisée.
Chacun d’un porte à la main une croix, symbole de leur martyre qui les a unis d’une manière spéciale au Christ, Roi des martyrs.

En arrière-plan sont peints les lieux de leur chemin de croix : les Tuileries, le donjon du Temple et la Conciergerie, tandis que dans les angles sont évoquées les scènes de leurs morts.
Leurs noms sont écrits en toutes lettres : Louis-Auguste Roi de France, Louis-Charles Roi de France, Marie-Antoinette Reine de France, Elisabeth-Philippine Fille de France.

J’espère pouvoir très bientôt vous proposer des reproductions imprimées de cette sainte icône de nos martyrs royaux ainsi que la prière destinée à demander des grâces par leur intercession, mais il me semblait important de pouvoir déjà vous la présenter en ce jour, marqué par un si poignant anniversaire (cf. > ici).

Lully.

Trois lys blancs

2016-42. « Redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice ».

fleur de lys gif2

Nous avons l’immense joie de vous transmettre le message particulier que Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a adressé aux pèlerins de l’Union des Cercles Légitimistes de France et de la Confrérie Royale présents au Puy-en-Velay , ces 4 et 5 juin, à l’occasion du Grand Pardon de cette année 2016.

Le message, envoyé par le Secrétariat du Prince au Président de l’UCLF a été lu par ce dernier au groupe des pèlerins avant que ceux-ci ne commencent leur démarche jubilaire, ce qui était bien propre à stimuler la ferveur de leur prière.
Au-delà de ceux qui étaient présents ce jour d’hui au Puy-en-Velay, ce message touche aussi tous ceux qui, étant empêchés d’être physiquement présents, nous étaient unis par la prière.

Nous nous sommes autorisés à mettre en caractères gras quelques passages qui nous paraissent particulièrement importants et qui nous semblent une invitation à approfondir toujours davantage notre connaissance aimante de notre histoire royale et des principes de la royauté létitime, la monarchie de droit divin.
Nous relevons aussi avec bonheur la conviction finale exprimée par notre Souverain légitime : la prière, aujourd’hui comme jadis, est un moyen très important – et même essentiel – pour travailler au bien temporel et spirituel de notre France…

Pèlerinage légitimiste au Puy - message du Prince 4 juin 2016

Message de Monseigneur le duc d’Anjou
au Président de l’UCLF
à l’occasion du pèlerinage jubilaire au Puy-en-Velay

(4 et 5 juin 2016)

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Chers Amis,

Vous m’aviez invité à votre pèlerinage jubilaire au Puy et je vous en remercie. A défaut de pouvoir être présent parmi vous, je suis là par la pensée et mes prières accompagnent tous ceux qui accomplissent ce geste immémorial de dévotion.

En cette année 2016, alors qu’un tel Jubilé ne se reproduira que dans 141 ans, je mesure toute l’importance de cet acte.

Je la mesure d’autant plus que pour tous mes prédécesseurs, les Rois de France au souvenir desquels votre association est si attachée, venir ici, au Puy, a toujours été la marque d’un renouveau profitable à tout le royaume.

La venue de Charles VII, par exemple, implorant le secours de Notre-Dame pour sauver son royaume, demeure en ce sens un symbole marquant. Il est encore plus parlant en cette année où la présence de Jeanne d’Arc est si manifeste. Elle-même envoya sa mère la représenter au jubilé de 1429, convaincue que sa mission de renaissance du pays, alors, presque tout abandonné aux mains étrangères, passait par l’intercession miraculeuse de la Vierge du Puy.

Or ce renouveau n’est-il pas toujours d’actualité dans notre société si déchirée et inquiète ? Un vieux monde né à la fin du XVIIIe siècle disparait et un monde nouveau retrouvant le sens de la transcendance et de l’unité est en train de se mettre en place. Le Saint-Père l’appelle de ses vœux dans tous ses récents écrits. Les jeunes y contribuent grandement par leur action et leur engagement pour une société redonnant au bien commun toute sa réalité. Beaucoup ont, justement, placé leur espérance dans le pèlerinage jubilaire du Puy.

Vous prierez durant le vôtre pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême.

Pour tout cela soyez remerciés.

Et que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France.

Louis, duc d’Anjou.

Pèlerinage Légitimiste le Puy-en-Velay 4 juin 2016

Les pèlerins de l’UCLF et de la Confrérie Royale au sortir de la cathédrale Notre-Dame du Puy
après le parcours jubilaire

2016-41. Hymne de foi et d’espérance pour la Restauration du Roi légitime.

Fête du Sacré-Coeur de Jésus 2016.

Il y a quelques jours, alors qu’il s’affairait dans les préparatifs du pèlerinage légitimiste organisé à l’occasion du Grand Pardon du Puy-en-Velay (cf. > ici), Frère Maximilien-Marie me faisait part de ses regrets au sujet du fait qu’il n’existe pas de véritable hymne royaliste conforme aux principes de la Légitimité.
Il me disait : « Ce qui fut considéré comme l’hymne quasi officiel de la Restauration, en 1814, c’est-à-dire « le retour des Princes français à Paris » (cf. > ici), a des paroles trop circonstanciées impropres pour exprimer les convictions et l’espérance des légitimistes d’aujourd’hui (cf. > ici), mais par ailleurs la mélodie reprise du très populaire « Vive Henri IV » est vraiment splendide – au point que de très grands musiciens tels que Rossini, Lizst ou Tchaïkovsky n’ont pas hésité à la mettre en valeur dans leurs compositions – , et elle est chargée de magnifiques souvenirs historiques… Cependant les paroles originelles de « Vive Henri IV » ne sont pas très convenables pour exprimer le sérieux de nos convictions… »
Je lui ai donc répondu : « Eh bien, la solution toute simple qui, d’évidence, s’impose à toi, c’est de composer de nouvelles paroles sur la mélodie traditionnelle ! »
Tout en continuant de travailler, notre Frère s’est mis à fredonner, et j’ai remarqué que, de temps en temps, il s’arrêtait pour griffoner à la hâte des bouts de phrase sur les petits bouts de brouillon dont il est toujours entouré…
Et le lendemain, il m’a demandé de lui donner mon avis à propos de six couplets qu’il avait retranscrits bien au propre, en me disant : « J’ai très intentionnellement conservé quelques citations – que tu reconnaîtras aisément – empruntées aux couplets de « Vive Henri IV » et au « Retour des Princes français à Paris », afin de constituer une sorte de rappel historique et de placer mon modeste travail dans cette continuité de la tradition de fidélité aux Bourbons. De la même manière, j’ai gardé le caractère populaire des versions précédentes : il ne s’agit pas à proprement parler de versification classique ni de rimes ; ce sont plutôt des assonances. Les diérèses qu’il faut faire sur le prénom Louis et le mot alliance s’inscrivent dans ce même souci de continuité et d’évocation historiques… »
J’ai donné mon nihil obstat à la composition de Frère Maximilien-Marie et, à la veille du pèlerinage légitimiste au Puy, où il pourra être chanté par les fidèles présents, j’ai voulu en faire ici la publication : ainsi peut-être quelques uns de mes lecteurs qui ne peuvent participer à ce rassemblement, pourront-ils s’y unir, non seulement par la prière, mais aussi par ce chant qui veut humblement contribuer à faire davantage connaître et aimer le combat de la légitimité

Lully.

grandes armes de France

Hommage filial à Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

Vivent nos Princes ! Vive, vive Louis !
Dans nos provinces aussi bien qu’à Paris
Que les Lys évincent le règne des impies !

Au diable guerres, rancunes et partis !
Comme nos pères, sous un seul Chef unis,
Qu’à nouveau en France soit « Dieu premier servi » !

Que Dieu entende le cri des bons Français !
Que nos prières soient enfin exaucées
Et que sur nous règne le sang de Saint Louis.

Que l’espérance raffermisse nos cœurs :
Un jour en France reviendra le bonheur
Avec l’alliance de la Croix et des Lys !

Qu’à notre Prince longue vie soit donnée !
Que la couronne, avec l’onction sacrée,
Brillent sur sa tête : Vive, vive Louis !

Seigneur, de grâce, protégez notre Roi :
Soutenez-le, gardez-le dans Vos voies ;
Qu’en lui resplendissent et la Loi et le Droit !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
au Mesnil-Marie, le 1er juin 2016.

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Publié dans:Vexilla Regis |on 3 juin, 2016 |3 Commentaires »
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