Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2018-54. Saint Vincent de Paul : un saint éminemment politique.

19 juillet,
Fête de Saint Vincent de Paul.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Saint Vincent de Paul nous permet de célébrer dans la joie et l’action de grâces à Dieu, l’un des très grands saints de notre chère France : la vraie France, celle qui est née dans les fonts baptismaux de Reims et qui a été grande à la face de tous les peuples tant qu’elle est restée fidèle, en tant même que royaume, à la doctrine évangélique, et tant qu’elle s’est enorgueillie de proclamer dans le prologue de ses institutions sociales et politiques : « Vive le Christ qui aime les Francs ! »
En un temps où l’on confond quasi universellement la pratique de la charité chrétienne avec les oeuvres humanitaires ou la bienfaisance naturelle, il me semble utile de livrer à votre réflexion et méditation des extraits d’un texte très juste et très intéressant tiré d’un petit ouvrage de feu le Révérend Père Yves-Marie Salem-Carrière (+ 1994), lequel était un prêtre lazariste, c’est-à-dire un fils spirituel de Saint Vincent de Paul dont il avait bien approfondi les écrits et la pensée. Ce livre, publié en 1993 aux éditions Dominique Martin Morin, s’intitule « Saint Vincent de Paul et la Politique ».
Voici donc ces extraits du premier chapitre qui rappellent quelques vérités bien peu comprises et acceptées, aujourd’hui où la séparation absolue des domaines spirituels et temporels est professée comme une espèce de dogme non seulement par les laïcistes, mais également par un certain nombre d’hommes d’Eglise qui manquent cruellement de formation philosophique, de doctrine catholique… et de bon sens !

Lully.

Autres textes relatifs à Saint Vincent de Paul dans les pages de ce blogue :
- Témoignage de Saint Vincent de Paul sur la mort de Louis XIII > ici
- Le cœur de Saint Vincent de Paul et la France > ici
- Histoire des reliques de Saint Vincent de Paul > ici

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d'Autriche

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d’Autriche
(gravure d’après le tableau de Jean-François de Troy)

Un saint nécessairement politique
parce qu’il était au service du salut accompli par Notre-Seigneur.

« (…) Saint Vincent de Paul n’est pas un philanthrope, un précurseur de l’Internationale socialiste, un pionnier de la démocratie chrétienne. Il est le contraire même de l’esprit rousseauiste. « Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ ». L’incarnation, la Rédemption, l’Eglise sont la source de son dévouement envers les créatures de Dieu.

(…) La pensée politique de Saint Vincent n’est pas didactique, mais elle est formulée, ou du moins clairement exprimée, par deux certitudes qui la fondent et sans lesquelles on ne peut construire ou maintenir une Cité, un Peuple, un Etat, une Civilisation. 
(…) Première certitude vincentienne : la notion de « nature humaine », la définition de l’être humain et de son « infection » par le péché. Ce réalisme tragique, il faut le compléter par l’espérance dans le Salut en notre Sauveur Jésus-Christ. Cette notion de nature humaine a déjà des conséquences dans la politique, selon que le laxisme et le libéralisme seront de règle, ou bien qu’une nécessaire discipline et une autorité ferme empêcheront la déliquescence des peuples et des Etats.
Deuxième certitude : les vérités éternelles, vitales, enseignées par le Sauveur. Qu’on le veuille ou non, on ne peut gouverner ni diriger si on ignore les principes fondamentaux que le Christ a donnés au monde.
Un responsable politique, surtout au plus haut niveau, est bien obligé de se faire une idée sur l’homme. Cette « idée sur l’homme » va imprégner toute l’activité de la personne, même dans l’ordre économique et social, dans la législation, le Code civil, la Défense. La vie n’est pas neutre : les erreurs ou les rêveries s’achèvent dans le malheur. Le Seigneur est clair : « Celui qui bâtit sa maison sur le rocher, les ouragans, les pluies, les tempêtes déferleront sur elle, elle résistera. Celui qui a bâti sur le sable… elle sera détruite. »
A ces deux certitudes, Saint Vincent ajoute la constatation des évidences historiques, des expériences de chaque génération.
Nous pouvons donc affirmer que, si la pensée politique vincentienne n’a jamais pris le tout d’un traité de politique, sa réflexion, sa connaissance des rois et des peuples, assurent qu’il travailla solidement et pour toutes les époques. Sa pensée n’est pas celle d’une génération, influencée par les sentiments de son siècle : elle est, elle sera toujours, actuelle, classique, universelle. Car l’Histoire montre la vérité de la nature humaine et des enseignements évangéliques confiés à l’Eglise.
La politique vincentienne est une politique du salut des âmes, du salut des nations, c’est-à-dire de la conversion. Sinon, il y a perdition de l’homme et de la société. Pour un catholique, il n’y a pas d’autre politique : le refus de la rédemption, c’est la défaite pour toute société. Tout a été essayé, de l’Eglise assermentée au Ralliement. Il serait temps de repenser aux « deux Cités » de Saint Augustin ou aux « deux Etendards » de Saint Ignace de Loyola. Ce n’est pas du manichéisme, car la victoire du Bien est déjà assurée « per Christum ».
Cela dit et exposé, il faut « parler politique » ou « faire de la politique », comme M. Jourdain faisait de la prose. Saint Vincent s’est engagé sur ce terrain, non comme politicien, mais pour servir, sauver l’âme du peuple, l’âme de la Cité. L’idée de servir le Royaume du Christ en France est celle qui anime tous les prêtres, tous les baptisés qui savent leur devoir de collaborer à l’œuvre du « Salut des Nations », depuis la vocation du Peuple d’Israël, jusqu’à l’avènement final du Seigneur « quand les temps seront accomplis ».
Saint Vincent a noué des relations et des amitiés, non pas avec des politiciens principalement préoccupés par les joutes électorales, mais avec de vrais « hommes d’Etat », serviteurs du pays, poussés par un idéal noble, à l’intelligence lucide et à la volonté persévérante.

Entre 1601 et 1660, Saint Vincent a rencontré en tête-à-tête Henri IV puis Louis XIII, la Reine Anne d’Autriche après la Reine Marie de Médicis, et aussi Richelieu, Mazarin, le général de Gondi, ministre de la marine, les présidents de divers parlements, la duchesse d’Aiguillon, etc. Il s’occupera des affaires de Pologne, des troubles civils de la Fronde, des Croquants, des persécutions en Irlande ; il sera, bien sûr, en relations avec le pape et ses légats, avec des quantités d’évêques. Et, quotidiennement, la menace islamique ou arable l’occupera. Ainsi, grâce à son intelligence et à son cœur, il aura bien servi son pays en veillant aux intérêts de Dieu.

(…) Saint Vincent de Paul, qui a pesé la relativité de toutes choses humaines (…) affirme que les fondements de tout jugement, de toutes décisions, doivent se faire à la lumière des enseignements du Sauveur.
C’est ainsi, en se référant aux valeurs absolues de la doctine catholique, qu’il va mener son action politique (…).
Les réalités temporelles seront alors animées, vivifiées, par les vérités éternelles et l’unique finalité : « la gloire de Dieu et le salut des âmes » !

Quand il parle de l’autorité, de l’opinion, de l’emploi de la force, de l’éducation, de l’action caritative, sa pensée est d’abord imprégnée de la pensée du Christ. Dans ses relations avec les rois, les reines, les ministres, les parlements, on peut ainsi vérifier l’application de sa devise : « Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ ».
Etrange programme politique, aux yeux de nos contemporains, qui n’a plus rien à voir avec l’électoralisme et la démagogie devenus, chez nous, tabous et mythologiques.
Il y a un Sauveur, Il a parlé, Il a confié sa parole et ses sacrements à une Eglise catholique ; Il sauve les individus et les peuples, et Lui seul est Sauveur, pas un autre. Chacun est sauveur dans la mesure où il travaille avec Lui. »

Rd. Père Yves-Marie Salem-Carrière,
in « Saint Vincent de Paul et la Politique », éd. DMM 1993
(pp. 7, 8-11, 16)

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d'Autriche - détail

2018-53. Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion du centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le 17 juillet 1918.

1918 – 17 juillet – 2018

Icône sainte famille impériale russe

Icône de la sainte famille impériale russe martyre

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, vers le petit matin, dans la cave de la maison Ipatiev à Ekaterinbourg, petite ville de l’Oural, Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch et la Tsarine Alexandra Feodorovna, ainsi que leurs cinq enfants : les grandes duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia et le Tsarévitch Alexis furent horriblement massacrés, puis leurs corps furent jetés dans une fosse à quelque deux kilomètres de là.

Il n’est point dans mon intention de relater les détails de cette abominable boucherie, ni même de rappeler les circonstances qui ont conduit à la chute de l’empire des Romanov.

Je veux en revanche insister sur le fait que, selon les paroles de Notre-Dame de Fatima quelques mois plus tôt, l’écroulement de cet empire russe chrétien, allait permettre que la Russie répandrait ses erreurs dans le monde provoquant guerres et persécutions.

A la suite de la famille impériale martyre, des centaines de milliers de moines, de moniales, de fidèles adultes et enfants, en Russie puis dans tous les pays où le communisme triomphant exporta ses doctrines abominables, derrière les rideaux de fer ou de bambou et sur tous les continents, ont subi le martyre sanglant en raison de leur fidélité au Christ.

Je veux en revanche insister sur le fait que les deux révolutions russes (1905 et 1917), ne sont que les filles et les épigones de l’abominable révolution de 1789, et que les bourreaux de 1917 et des décennies suivantes ne sont que les successeurs et continuateurs de ceux qui ont conduit à l’échafaud Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette, Madame Elisabeth, les Bienheureuses Martyres d’Orange, les Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, les Bienheureuses Carmélites de Compiègne (dont la fête liturgique se trouve justement en ce 17 juillet – cf. > ici), et tant de milliers d’autres connus ou anonymes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fait mourir à petit feu emmuré Sa Majesté le Roi Louis XVII, ou confiné plusieurs milliers de religieux et de prêtres dans les pontons des navires-mouroirs de Rochefort ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fusillé et percé de baïonnettes les Bienheureux Martyrs d’Angers et d’Avrillé, les milliers de défenseurs de Lyon s’insurgeant contre la Convention ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont brûlé vifs les villageois et les tout petits enfants des Lucs sur Boulogne et les habitants de nombreux bourgs de nos bocages et de nos campagnes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont égorgé avec une liesse satanique les détenus des prisons et des hôpitaux de Paris en septembre 1792, ou organisé des noyades en série dans des mises en scène aussi cruelles qu’impudiques… etc. …etc.

Je veux en revanche insister sur le fait que les millions de victimes des deux guerres mondiales du XXe siècle, ainsi que des guerres liées aux combats d’ « unification nationale » au XIXe siècle (par exemple pour l’Italie et l’Allemagne), ou des guerres dites d’indépendance au XXe siècle, comme encore les millions de victimes de toutes les idéologies qui découlent des divers avatars du nationalisme (dont les plus célèbres sont le fascisme et le national socialisme hitlérien) – ce nationalisme vers lequel lorgnent pourtant certains catholiques qui, ce faisant, croient être contre-révolutionnaires ! -, toutes, absolument toutes, sont en fait des victimes de la révolution dite française continuée, exportée, diversifiée, démultipliée, à la manière des têtes sans cesse renaissantes d’une hydre sortie de l’enfer.

Je pourrai développer cette sanglante et sinistre litanie sur des pages et des pages encore…

La nuit prochaine, nuit de l’exact centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le Patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou conduira une imposante procession sur 21 km – oui, vous avez bien lu : sur 21 km ! – à Ekaterinbourg.

Certes, je ne suis pas orthodoxe et je ne méconnais ni ne minimise les obstacles doctrinaux qui empêchent l’unité et la pleine communion entre orthodoxes et catholiques, néanmoins je ne peux que souscrire et reprendre à mon propre compte et pour le compte de toute la Confrérie Royale cette déclaration du Patriarche Cyrille : « Lavés par le sang de nos martyrs nous devons devenir un autre peuple qui ne permettra jamais plus d’outrager ses valeurs sacrées, de se refuser à Dieu » ; et l’on voudrait qu’aujourd’hui en Occident et dans l’Eglise catholique romaine des évêques aient des convictions suffisantes et assez de courage pour tenir le même langage au sujet de la révolution de 1789 et de toutes ses continuations : pour tenir le même langage lorsqu’ils sont interrogés par nos médias pourris, pour tenir le même langage en face des politiques marionnettes des loges, pour tenir le même langage surtout dans nos églises et nos cathédrales dévastées par la crise moderniste en face de fidèles qui, dans leur écrasante majorité, ne professent plus que des bribes de la foi authentique révélée par Notre-Seigneur !

Mon Dieu, donnez-nous des évêques et des prêtres capables de prêcher la pénitence et l’expiation au sujet de la satanique révolution, et, ce faisant, entraînant les âmes vers une authentique conversion des intelligences, une authentique conversion des cœurs et une authentique conversion des mœurs pour que la pureté et l’intégralité de la foi divine soit restaurée non seulement dans les âmes mais dans la société tout entière !

Le but de la révolution en effet, en 1789 comme en 1917, a été de détruire les monarchies chrétiennes, remparts de l’Eglise et de la foi, ce pourquoi la seule véritable et nécessaire contre-révolution se fonde sur la conversion profonde des individus, des institutions et des sociétés pour restaurer dans leur pureté et leur splendeur spirituelle des Rois et des Princes authentiquement chrétiens, participant de toute leur légitimité et de toute leur volonté aux desseins rédempteurs et sanctificateurs de Dieu, dans l’ordre social et politique qui leur a été départi par la divine Providence.

J’ai cru nécessaire de le rappeler avec force à l’occasion du centième anniversaire du massacre de Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch, la Tsarine Alexandra Feodorovna, et leurs cinq enfants, authentiques martyrs comme la famille royale française lors de la grande révolution, parce que c’est en haine de la royauté chrétienne dont ils incarnaient les principes (malgré leurs faiblesses personnelles), en haine du Droit Divin, et donc en haine du Christ Notre-Seigneur, qu’ils ont été mis à mort.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

Blason Frère Maximilien-Marie

2018-47. Deo gratias !

Grâce de renouveau de vie spirituelle et de ferveur
reçue lors du pèlerinage de la Légitimité
au Puy-en-Velay :

Le Puy-en-Velay

Nous avons reçu ces jours-ci le témoignage suivant, qui tient en peu de mots mais qui illustre cependant de manière éloquente les grandes grâces dont le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay peut être l’occasion. S’il y a – et nous en avons publié les récits – des grâces de guérison physique, les grâces de guérison intérieure, moins spectaculaire, ne sont toutefois pas les moindres.
Merci à T. qui a tenu à témoigner de la grâce reçue, et – par dessus-tout – merci à Notre-Seigneur et à Notre-Dame pour leurs bienfaits et leur sollicitude !

« Je vous fais parvenir la grâce que j’ai reçue lors du pèlerinage du Puy.
Jusqu’au pèlerinage au Puy en 2018 et ce, depuis presque une année, je m’étais fortement éloigné de la religion, ayant décidé de vivre ma vie. Je ne priais que très peu. Durant ce dernier pèlerinage, au cours de l’adoration guidée par vous-même, vos paroles ont suscité en moi un grand réveil de foi de façon instantanée. A partir de ce moment là, je me suis remis à prier de toute la ferveur de mon âme, priant par exemple un rosaire par jour (chose que je ne faisais pas avant). J’ai l’intime conviction d’avoir reçu du Ciel une immense grâce pour ce retour à la Foi. T. »

Sacrés Coeurs de Jésus et Marie

L’hymne « Salve, virilis pectoris Virgo ! » des vêpres de Sainte Jeanne d’Arc.

30 mai,
fête de Sainte Jeanne d’Arc, vierge,
céleste protectrice de la France avec Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, après Notre-Dame de l’Assomption
(en France, fête double de 2ème classe).

Pour nos amis qui ne seraient pas toujours très à l’aise avec la langue latine mais qui souhaiteraient néanmoins s’associer à la prière officielle de la Sainte Eglise au moyen des hymnes propres par lesquels le bréviaire chante la gloire de Sainte Jeanne d’Arc, voici le texte et une traduction de l’hymne « Salve, virilis pectoris Virgo » que l’on trouve aux premières et secondes vêpres de sa fête.

Vitrail Sainte Jeanne d'Arc - église Saint-Georges de Néris-les-Bains

Vitrail de Sainte Jeanne d’Arc
église Saint-Georges de Néris-les-Bains

fleur de lys gif2

Salve, virílis pectóris
Virgo, Patróna Gálliæ !
Torménta dira sústinens,
Christi refers imáginem.

Salut, ô Vierge au cœur viril,
Patronne de la France !
En supportant de cruels tourments,
Tu reproduis l’image du Christ.

Voces supérnas áudiens,
Iesu repléta lúmine,
Dum fata pandis pátriæ,
Silent pavéntque iúdices.

Lorsque, entendant les voix célestes,
Remplie de la lumière de Jésus,
Tu dévoiles les destins du pays,
Les juges se taisent et sont saisis de crainte.

Oppréssa flammis, clámitas
Iesum, crucémque fórtiter
Ampléxa, ad Ipsum, símplicis
Instar colúmbæ, pérvolas.

Étouffée par les flammes,
Tu appelles Jésus, et embrassant
Etroitement la croix, c’est vers Lui que,
Semblable à la candide colombe, tu t’envoles.

Choris beátis Vírginum
Adscrípta, cives ádiuva :
Te deprecánte, síngulis
Detur coróna glóriæ.

Admise parmi les chœurs bienheureux des Vierges,
Viens en aide à tes concitoyens ;
Que par ta prière, à chacun
soit donnée la couronne de gloire.

Sit laus Patri, sit Fílio :
Sancto decus Paráclito,
Qui corda amóre sáuciat,
Vires et auget lánguidis.

Louange soit au Père et au Fils,
Honneur au Saint Paraclet,
Qui blesse d’amour les cœurs
Et augmente la force des languissants.

Amen.

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

Autres publications consacrées à Sainte Jeanne d’Arc dans les pages de ce blogue :

- A Sainte Jeanne d’Arc : prière pour la France et cantique du Père Doncœur > ici
– Extrait du panégyrique de Jeanne d’Arc par Monseigneur Pie > ici
– Sainte Jeanne d’Arc et la légitimité > ici
« Le cœur de Jeanne était resté intact et plein de sang » > ici
- Témoignage des dominicains qui assistèrent Jeanne d’Arc en son supplice > ici

– Témoignage du Frère Jean Pasquerel aumônier et confesseur de Jeanne > ici

2018-46. Ils ne pouvaient concevoir une politique qui fût détachée du sacré.

29 mai,
fête de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, vierge ;
anniversaire de la prise de Constantinople par les Turcs (cf. § E > ici) ;
anniversaire du Sacre de SMTC le Roi Charles X (cf. > ici et > ici).

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 29 mai, le souvenir ému du Sacre de SMTC le Roi Charles X (29 mai 1825) m’amène à livrer à votre lecture, et plus encore à votre méditation et réflexion, quelques lignes extraites de l’introduction d’un ouvrage récent dont nous saluons avec bonheur la parution au cours de ce premier semestre de l’année 2018 : « Le Comte de Saillans – 1790-1792 : le premier combattant de la contre-révolution »  écrit par Edouard et Bernard Ferrand (éditions SPM – avril 2018).
J’aurais l’occasion de reparler de cet ouvrage qui vient heureusement commencer à combler des lacunes et rendre justice à ce héros trop méconnu dont le Cercle Légitimiste du Vivarais essaie de maintenir la pieuse mémoire (cf. > ici).  Pour aujourd’hui, il me semble important de publier ici les lignes suivantes : elles résument de manière très intéressante ce qui fut l’esprit de l’Ancien Régime, l’esprit duquel nous nous efforçons de vivre par souci de cohérence absolue avec notre foi chrétienne, l’esprit qui anime les véritables légitimistes et le combat qu’il leur incombe de mener de nos jours, ce qui ne constitue en rien un « passéisme » : aurait-on l’idée de qualifier de « passéiste » le médecin qui s’efforce de ramener à la santé dont il jouissait auparavant un patient en grande souffrance ?

Lully.

Note :
Dans la citation qui suit, nous avons conservé la manière d’écrire des auteurs. Il est évident que si ce texte eût été de notre plume, nous aurions mis des majuscules à « Roi » et à « Souverain », par exemple, et que nous n’en eussions point mis à « révolution »… etc.

Baptême-Sacre du Roi Clovis

Le Baptême-Sacre du Roi Clovis 1er
acte de naissance de la France

« De même que leur vie quotidienne était imprégnée de sacré,
ils ne pouvaient concevoir une politique qui en fût détachée ».

« La société d’avant 1789 était une société où la vie était rythmée par les fêtes religieuses. C’était aussi la soumission à l’ordre naturel que l’on avait la certitude qu’il fut établi par Dieu dans sa Création, le respect de la nature dans ses fonctions essentielles, dans ses permanences, l’acceptation du réel, l’adhésion aux sages pratiques coutumières et donc le respect de la diversité humaine que l’on corrigeait par la charité, l’observation de la réalité sociale avec ses inégalités rendues protectrices au sein des communautés familiales, paroissiales, régionales, corporatives. Chacun, même si tous n’avaient pas lu saint Thomas d’Aquin, admettait de s’élever au Vrai, au Beau, au Bien, au sein de la communauté à laquelle il appartenait, sachant que son bien particulier était fonction de son bon ordonnancement au tout.
Si les hommes formés dans cet esprit de chrétienté n’envisageaient pas un autre régime, ce n’était pas par indigence d’esprit. De même que leur vie quotidienne était imprégnée de sacré, ils ne pouvaient concevoir une politique qui en fût détachée. La personne du roi, un souverain revêtu par la naissance d’une autorité transcendante pour assurer la paix civile et fédérer les diverses communautés en vue du bien commun, cela constituait pour eux l’irremplaçable garantie d’un harmonieux déploiement des activités de chacun selon ses finalités naturelles et surnaturelles.
La Révolution s’opposait à cet ordre politique. Ayant posé le principe de la souveraineté de l’individu, elle ne pouvait que vouloir infuser en chacun une âme d’essence individuelle, en révolte systématique contre toutes les lois présentées comme divines et naturelles. C’est pourquoi, il lui fallait changer l’homme, le « régénérer », le forcer à se plier à l’idéologie libertaire, égalitariste et humanitariste des principes de 1789. Une telle prétention revenait à pousser les hommes sous le joug d’une entité dès lors totalement différente. De graves réactions dans une population à laquelle on arrachait son univers séculaire prirent alors une ampleur d’autant plus forte.
Comme devait le dire Alexandre Soljenitsyne le 25 septembre 1993 inaugurant le Mémorial des Lucs-de-Boulogne en Vendée :

De siècle en siècle, les hommes ont fini par se convaincre, à partir de leur propre malheur, de ce que les révolutions détruisent le caractère organique de la société, qu’elles ruinent le cours naturel de la vie, qu’elles annihilent les meilleurs éléments de la population, en donnant libre champ aux pires. Aucune révolution ne peut enrichir un pays, tout juste quelques débrouillards sans scrupules sont cause de morts innombrables, d’une paupérisation étendue et, dans les cas les plus graves, d’une dégradation durable de la population. La Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagoniques l’une de l’autre ! La liberté détruit l’égalité sociale – c’est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l’égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille. Ce n’est qu’un aventureux slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d’ordre spirituel. Au surplus, à ce slogan ternaire, on ajoutait sur le ton de la menace : « ou la mort », ce qui en détruisait toute la signification. Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de grande Révolution.

Il est bien vrai que tous les totalitarismes du XXe siècle se sont inspirés de la Révolution française pour entraîner des peuples jusqu’à « l’abîme de la perdition ». Cette thèse fut notamment développée par François Furet, un des grands historiens de la Révolution française, pourtant marxiste à l’origine (…). »

Edouard Ferrand – Bernard Ferrand,
in « Le Comte de Saillans – 1790-1792 : le premier combattant de la contre-révolution »
Editions SPM avril 2018, introduction pp. 12-14.

guillotine-Terreur

Le symbole le plus éloquent de ce que fut en vérité la révolution…

2018-45. « Je n’avais plus ce mal dans la jambe ; je n’en revenais pas ! »

Vendredi des Quatre-Temps d’été, 25 mai 2018.

En corollaire à mes deux publications précédentes (cf. > ici et > ici) relatives au pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy, je voudrais  publier, afin que vous en rendiez grâce avec nous, le témoignage d’une personne – qui ne sera désignée ici que par l’initiale de son prénom – qui, à l’occasion du pèlerinage organisé par la Confrérie Royale en mai 2017, a éprouvé une sensible amélioration de sa santé. Elle a bien voulu en faire un compte-rendu écrit, que nous avons remis à Monsieur le Recteur de la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation, car même s’il n’y a pas au Puy-en-Velay un « bureau des constations » comme il en existe un à Lourdes, ni de commission médicale pour étudier les guérisons, les autorités diocésaines du Puy et le rectorat de la cathédrale tiennent à réunir les témoignages des grâces, tant spirituelles que physiques, reçues dans le sanctuaire.
Lors du premier pèlerinage légitimiste au Puy, à l’occasion du Grand Jubilé, en juin 2016, un pèlerin avait bénéficié d’une guérison remarquable d’un glaucome (voir > ici) ; lors du deuxième pèlerinage, en mai 2017, il y a eu la grâce physique dont vous allez lire le récit ; si d’aventure quelque participant à ce troisième pèlerinage avait éprouvé quelque bienfait signalé obtenu par l’intercession de Notre-Dame du Puy, qu’il n’hésite pas à nous en faire part.
Pour nous, nous ne pouvons pas ne pas y voir le signe que le Roi du Ciel et Sa Très Sainte Mère ont pour agréables les pèlerinages de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay et qu’ils le manifestent !

Pierre des fièvres - Cathédrale du Puy

La « pierre des fièvres » dans la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation au Puy-en-Velay :
lors de ses deux apparitions en l’an 45 et en l’an 225,
la Sainte Mère de Dieu a demandé aux deux femmes auxquelles elle s’est manifestées et qu’elle a guéries
de se coucher sur cette grande dalle de basalte.

  • - Petit résumé de ma guérison :

« Je me suis rendue en mai 2017 au pèlerinage organisé par la « Confrérie Royale » au Puy-en-Velay.
Cela faisait presque 10 mois que j’avais mal à une jambe.

En effet, le 26 juillet 2016 dans la soirée j’ai eu subitement une sorte de mal dans la jambe, un peu comme une sciatique. C’était très douloureux pour macher car je n’arrivais pas à plier le genou, cela me faisait comme une barre et, à chaque sortie, je m’arrêtais très souvent pour m’asseoir sur un banc. Aussi lorsque j’allais faire des courses cela était assez pénible de rester debout devant les rayons. Cependant je ne suis jamais allée consulter un docteur.

Arrivée à la cathédrale du Puy, je me suis allongée sur la Pierre aux fièvres en pensant surtout à la guérison d’un petit garçon handicapé et j’ai beaucoup demandé pour lui. J’ai un peu demandé pour moi, mais je pensais que pour lui c’était pire et, à chaque fois que j’ai eu l’occasion de m’allonger dessus, jusqu’au dernier jour, le dimanche matin, j’ai demandé de tout mon coeur à la Sainte Vierge et à Jésus de guérir cet enfant.

Dans le milieu de la semaine qui a suivi mon retour du pèlerinage, quelqu’un au bureau s’est rendu compte que je marchais mieux. Effectivement, je n’avais plus ce mal dans la jambe ; je n’en revenais pas ! Ayant porté cette souffrance pendant 10 mois environ, j’étais soulagée et agréablement surprise.

A l’heure actuelle, j’ai toujours parfois mal aux genoux mais c’est à cause du poids et cela n’a plus rien à voir avec ce mal dans la jambe qui me faisait souvent boiter.

J’ai pensé d’abord que peut-être une personne aurait pu prier pour moi car cela m’arrive aussi de le faire sans en parler spécialement, mais j’ai bien sûr pensé également à la Pierre aux fièvres.

J’ai remercié notre chère Mère du Ciel ainsi que son Fils tout-puissant, Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour m’avoir guérie.

Alléluia !

A. »

Statue de la Vierge Noire

Notre-Dame du Puy, priez pour nous !

2018-44. Après le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : 2ème partie.

Jeudi dans l’octave de la Pentecôte, 24 mai 2018 ;
7ème anniversaire de la première Sainte Messe célébrée au Mesnil-Marie (cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du massacre des religieux otages des communards en 1871 (cf. > ici).

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Notre-Dame du Puy :
Vierge Noire, copie du XVIIème siècle de la statue offerte par Saint Louis brûlée le 8 juin 1794,
couronnée le 8 juin 1856 au nom du Bienheureux Pie IX

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la première partie de mes quelques considérations consécutives au troisième pèlerinage légitimiste « pour le Roi et la France » organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, je vous faisais part de cinq raisons principales pour lesquelles il convient par-dessus tout que se pèlerinage se perpétue et prenne de l’ampleur précisément en ce lieu (cf. > ici).
Si vous le voulez bien, je vais maintenant développer à votre intention deux autres points de mes réflexions relatives à ce pèlerinage des 11 et 12 mai dernier : cela a trait à sa qualité spirituelle et à l’esprit particulier qui y a présidé.

  • B – Un pèlerinage d’une grande densité spirituelle :

Il importe d’abord de souligner qu’en fixant le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay aux vendredi et samedi dans l’octave de l’Ascension, ses fondateurs l’ont placé, et cela n’a rien d’un hasard, au commencement de la neuvaine préparatoire à la Pentecôte, c’est-à-dire dans le moment particulièrement intense où la Sainte Eglise, avec les Apôtres et les disciples, se retrouve dans « la chambre haute » – le Cénacle – autour de Notre-Dame, afin d’être entraînée par elle dans la prière, afin de se préparer à l’irruption du divin Paraclet, afin d’être enrichie par une nouvelle plénitude du Don septiforme.
La « Chambre angélique », puisqu’il se faut bien souvenir que tel est le nom propre donné par les âges de foi à l’insigne cathédrale du Puy édifiée sur les hauteurs du Mont Anis, est une bien belle figuration de cette « chambre haute » désignée par le livre des Actes des Apôtres : les grands escaliers ou les ruelles pentues de la vieille ville qu’il faut nécessairement gravir pour entrer dans le sanctuaire vénéré sont bien le signe réel et le symbole expressif de la hauteur surnaturelle de ce lieu choisi et désigné par la Très Sainte Vierge Marie elle-même pour y dispenser les grâces que le Saint-Esprit, son divin Epoux, veut répandre par sa médiation, par son intercession.
Ainsi donc, tant par le lieu que par la période de l’année liturgique où il est établi, ce pèlerinage légitimiste est providentiellement fixé dans une dimension d’une portée symbolique et prophétique dont nous ne cesserons pas, à l’avenir, d’approfondir la richesse.

Ajoutons à cela, malgré certes des imperfections et d’évidentes nécessités d’amélioration dont les organisateurs ont conscience et qu’ils s’efforcent de résoudre chaque année, la rare qualité des célébrations liturgiques et l’excellence des enseignements donnés lors des conférences : il convient au premier chef d’en remercier nos chanoines, nos abbés, les lévites et servants d’autel, qui apportent un si grand soin aux cérémonies ; il convient ensuite d’en savoir gré aux intervenants qui ont approfondi avec une érudite méticulosité les sujets qu’ils ont traités.

A la clef, j’ai pu entendre ou lire les témoignages de plusieurs personnes qui ont signifié à Frère Maximilien-Marie que ces deux jours de pèlerinage légitimiste au Puy avaient porté des fruits de grâce tels qu’il leur semblait avoir accompli une semaine complète de retraite et qu’elles avaient eu bien du mal à « aterrir » lors de leur retour dans le quotidien, et même plusieurs jours après encore…

Qu’à Dieu Notre-Seigneur et à Notre-Dame en soient toute la gloire et notre vive action de grâces !

Encensement de la Vierge Noire

Encensement de la Vierge Noire
dans l’insigne cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
le samedi 12 mai 2018

  • C – Une véritable réunion de famille :

Enfin, il est un autre écho qui est parvenu de divers côtés à mes oreilles et qui se trouve excellemment résumé par ces lignes touchantes qu’un pèlerin a adressées à Frère Maximilien-Marie : « Si je devais retenir un mot de ce séjour, c’est celui que vous avez judicieusement prononcé, cher Frère Maximilien, et qui résume parfaitement ces journées, c’est le mot « FAMILLE ». Ceci est tellement vrai que, le moment venu, il était difficile de se séparer, le hall du Grand Séminaire se transformant en quai de gare… »
Ce n’est en effet pas un propos en l’air d’affirmer que l’esprit qui a présidé à ce pèlerinage a été un esprit de famille : celui de la famille légitimiste.
Un autre pèlerin confiait à Frère Maximilien-Marie qu’il avait eu l’évidence spirituelle de se trouver comme à une grande réunion de famille : ces « cousinades » qui sont à la mode et qui permettent de réunir pendant une journée ou deux tout ce qu’il est possible des descendants d’une même lignée, pour re-former ou reserrer des liens que les circonstances de la vie auraient tendance à distendre. Il y a des cousins que l’on connaît plus que d’autres, certains que, en raison simplement parfois de la proximité géographique, l’on côtoie plus fréquemment, et il en est d’autres que l’éloignement ne permet pas de connaître aussi bien qu’on le souhaiterait. Ainsi en est-il de la Légitimité, ainsi en est-il de l’UCLF, ainsi en est-il de la Confrérie Royale et de ses sympathisants.
Ce sentiment était renforcé par la présence de familles ou de plusieurs membres de mêmes familles naturelles, et de la présence de pèlerins de toutes les générations, mais cela a également une autre cause, qui 
a été justement soulignée par Frère Maximilien-Marie dans son intervention du samedi matin 12 mai, comme l’évoquait la citation faite ci-dessus.

Bien sûr, et ce ne sont pas de vains mots, la monarchie capétienne traditionnelle réalise (et ce mot signifie : rend réel, concret, incarné dans les choses) un système politique au sommet duquel se trouve la figure du Père.
Le Roi est père de son peuple, et le Royaume est la famille des familles. Le droit naturel et divin qui régit la royauté monarchique légitime est l’extension dans l’ordre social du droit naturel et divin qui régit les familles.
De fait, lorsque les légitimistes sont réunis, même si le Roi n’est pas physiquement présent, on peut dire qu’il exerce cependant à cet endroit-là une présence spirituelle prépondérante qui est exactement du même ordre que ce qui réunit ontologiquement des frères de sang lorsqu’ils se retrouvent.
Mais il convient d’aller plus loin encore.
Qu’est-ce qui caractérise une famille ?
Ce sont, cela a été dit ci-dessus, les liens du sang.
Or, on peut très légitimement (!) parler de la famille légitimiste, parce que ce sont de véritables liens du sang qui en unissent les membres : premièrement parce que chrétiens et catholiques, sujets du Roi Très Chrétien, ils sont nourris de la Sainte Eucharistie qui fait couler en eux substantiellement le Sang Précieux de l’Agneau rédempteur ; mais encore et aussi, parce que le sang sacré de deux Rois martyrs – Louis XVI et Louis XVII -, d’une Reine et d’une Fille de France guillotinées, et d’innombrables martyrs de la révolution persécutrice coule spirituellement en eux, les fait vivre, anime leurs engagements et leur espérance, eux qui sont les successeurs et les héritiers du combat contre-révolutionnaire.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

La sainte icône de nos Souverains Martyrs
bénite lors du premier pèlerinage légitimiste au Puy
à l’occasion du Grand Jubilé de l’an de grâce 2016
(voir > ici)

Voilà donc, chers Amis, quelques réflexions que je tenais à partager avec vous, dans l’action de grâces et dans un zèle renouvelé et stimulé à la suite de ce troisième pèlerinage de la Légitimité organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale.

Souhaitons maintenant que ce pèlerinage connaisse de nouveaux développements et prions ardemment pour cela.

Lully.

Retenez dès à présent les dates du 4ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, pour le Roi et la France :
il commencera au soir du jeudi de l’Ascension 30 mai 2019, et se poursuivra dans la journée du vendredi 31 mai – fête de Marie Reine – , pour s’achever en début d’après-midi le samedi 1er juin, nous permettant d’inaugurer magnifiquement le mois du Sacré-Coeur de Jésus.
Notez dès à présent ces dates et réservez-les !

Bannière de la Confrérie Royale à la cathédrale du Puy

La bannière de la Confrérie Royale quittant la cathédrale du Puy
pour y revenir en tête de pèlerins toujours plus nombreux…

2018-43. Après le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : 1ère partie.

Mercredi des Quatre-Temps d’été 23 mai 2018.

Sortie de la cathédrale samedi 12 mai 2018

Les pèlerins au sortir de la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay
le samedi 12 mai 2018 après la cérémonie de réception dans la Confrérie Royale.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dix jours après la conclusion du troisième pèlerinage organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, « pour le Roi et la France », et alors que Frère Maximilien-Marie a, dès le soir du 12 mai, publié sur les deux blogues de la Confrérie Royale un billet d’action de grâces (cf. > ici ou > ici), je veux à mon tour revenir sur cet événement, et y ajouter quelques commentaires.
En outre, j’ai eu le temps de recueillir plusieurs échos de participants à ces journées, et cela n’a pas manqué d’alimenter ma réflexion.

Procession vers la cathédrale

Les pèlerins de la Légitimité en procession vers la cathédrale

  • A – Le Puy-en-Velay, lieu suréminemment idéal pour un pèlerinage légitimiste :

Bien sûr, il y a sur tout le territoire du Royaume de France une très impressionnante quantité de lieux de pèlerinage et de sanctuaires qui sont intimement liés à notre histoire, à notre histoire catholique et royale, aux grâces de prédilection que le Roi du Ciel a accordées à ce Royaume des Lys, par Sa Très Sainte Mère ou par Ses saints.
Bien sûr, il ne s’agit pas ici d’engager une « guerre des Madones » en opposant une basilique à une autre, un vocable à un autre, une représentation de Notre-Dame à une autre…
Néanmoins il faut bien réaliser que le Puy-en-Velay est un lieu suréminemment idéal pour un pèlerinage légitimiste reconduit d’année en année, 1) en raison de son antiquité, 2) en raison de la place particulière qu’il a eu dans la dévotion royale, 3) en raison de la situation et de la grâce unique de cette cité, 4) en raison de la place qu’a tenu ce sanctuaire dans la mystique contre-révolutionnaire, et 5) en raison l’accueil que l’on peut qualifier d’officiel qui y est réservé aux pèlerinages de la Confrérie Royale.

A 1 – En raison de son antiquité :
Selon la Tradition, authentifiée par le Saint-Siège en de nombreuses occasions (par exemple pour les leçons de matines dans les bréviaires du diocèse antérieurs à la révolution liturgique), la Très Sainte Mère de Dieu est apparue ici d’abord en l’an 45 de notre ère, sous le pontificat de Saint Georges, premier évêque du Velay qui avait été envoyé par Saint Pierre, puis une seconde fois en l’an 225. Il s’agit donc de la plus ancienne de toutes les apparitions de la Madone sur le sol de ce qui deviendra la France.
Beaucoup de catholiques et de Français l’ignorent malheureusement aujourd’hui (d’autant plus que, au mépris des traditions les plus solidement établies, la « version officielle » actuellement distillée mentionne cette apparition au conditionnel et la situe au Vème siècle !!!). Dans le combat contre-révolutionnaire qui s’impose aujourd’hui, il importe de réaffirmer non seulement par les paroles et les écrits la tradition authentique, mais en outre il sied de la faire revivre plus intensément par nos pèlerinages qui renouent avec la procession vingt fois séculaire des pèlerins qui ont accouru ici de toutes les provinces du Royaume, et de bien au-delà.

Aux pieds de la Vierge Noire le 12 mai 2018

Les pèlerins de la Légitimité aux pieds de la Vierge Noire
dans la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation le samedi 12 mai 2018

A 2 – En raison de la place particulière que ce sanctuaire a eu dans la dévotion royale :
L’un de nos bons abbés, présent lors de tous les pèlerinages qu’a organisés la Confrérie Royale au Puy, a pu cette année, dans une communication aussi savante et bien documentée que fervente et pieuse, dérouler sous les yeux de ses auditeurs la frise magnifique des vingt souverains qui, de Dagobert 1er (au milieu de la 1ère moitié du VIIème siècle) jusqu’à Alphonse II (le 25 août 1979) sont venus se prosterner ici devant la Reine du Ciel.
Quel est le sanctuaire qui a vu autant de nos Rois pèlerins ?
Sans omettre de signaler la dévotion très particulière de Saint Charlemagne, de Saint Louis et de Charles VII pour la Madone du Puy, ni les faveurs royales accordées au sanctuaire par des souverains et princes qui, s’ils n’y purent venir, ne manquèrent cependant pas, de loin, d’honorer et de maintenir les privilèges de ce haut-lieu spirituel unique.

A 3 – En raison de la situation et de la grâce unique de cette cité :
Si l’on ne se rend pas aussi aisément au Puy qu’à Paris, surtout lorsque l’on part de provinces éloignées telles que la Lorraine, l’Artois, la Bretagne, la Normandie, la Guyenne ou le Roussillon, la situation géographique de l’antique cité des Vellaves demeure néanmoins assez centrale et ne nécessite jamais plus de 12 h de route. Je sais bien qu’il y en a qui voudraient toujours tout avoir juste à côté de chez eux et sans effort ; toutefois les Légitimistes – du moins osé-je l’espérer ! – n’appartiennent pas à la race des « ramollos » mais à celle des intrépides, des ardents, des preux, des chouans que la difficulté stimule bien plus qu’elle ne les abat…
Et il faut ajouter qu’il règne au Puy-en-Velay une atmosphère unique : tout concourt ici à donner à l’âme de profondes et durables impressions.
Quand je dis « tout », c’est véritablement « tout » : le cadre naturel, prodigieusement façonné par les volcans ; l’architecture particulière et audacieuse de la cité ; le sentiment de croiser les siècles passés, vivants, à chaque coin de rue ; l’imprégnation spirituelle – qui demeure palpable malgré la déchristianisation, la sécularisation et la profanation -, résultat de longs siècles de ferveur religieuse pendant lesquels de pieux fidèles, de ferventes moniales, des religieux héroïques et sacrifiés, de grands prélats, ainsi que de nombreux saints, ont en quelque sorte durablement ensemencé la grâce divine dans une « ville sainte », si bien que lorsqu’une âme bien disposée arrive au Puy, de nos jours encore, elle éprouve tout-à-la-fois le sentiment d’un dépaysement et celui de revenir dans la maison ancestrale et familière qu’elle n’eût jamais dû quitter : la Chrétienté !

Vue générale du Puy-en-Velay

Le Puy-en-Velay : vue générale depuis le parvis du sanctuaire de Saint-Joseph de Bon-Espoir à Espaly-Saint-Marcel

A 4 – En raison de la place qu’a tenu ce sanctuaire dans la mystique contre-révolutionnaire :
Le Puy est une cité éminemment contre-révolutionnaire.
- Contre-révolutionnaire, parce que c’est le premier et le plus antique de tous les lieux connus d’apparition mariale sur le sol de ce qui deviendra la France, le premier et le plus antique de tous les lieux du futur Royaume des Lys où la Très Sainte Mère de Dieu a demandé que l’on mît à part un lieu pour qu’il lui fût dédié, le premier et le plus antique des sanctuaires consacrés par les Anges eux-mêmes. Or Saint Michel et ses anges, dans le combat qui eut lieu dans le ciel aux commencements du monde, et Notre-Dame dans le « Fiat » de sa bienheureuse Annonciation, sont les chefs de file de la lutte victorieuse contre le premier de tous les révolutionnaires : Lucifer, l’ange révolté, l’inspirateur et le soutien de tous les révolutionnaires.
- Contre-révolutionnaire, parce que c’est là que la vierge guerrière de Donremy, au commencement de sa mission manda sa mère et ses frères pour la représenter au Grand Jubilé du Vendredi Saint 1429, afin d’obtenir de la Vierge du Puy toutes les grâces qui permettraient de rendre le Royaume à son Roi légitime, si bien que – en le préservant de la domination des Godons – il serait aussi préservé de l’hérésie au siècle suivant.
- Contre-révolutionnaire, parce que le dernier évêque-comte du Velay, Son Excellence Monseigneur Marie-Joseph de Galard de Terraube (1735-1804), fut l’un des plus lucides et des plus courageux parmi les évêques d’Ancien Régime, et qu’avant d’être contraint à l’exil il organisa admirablement la résistance de son clergé et de ses fidèles contre la révolution et contre la « constitution civile du clergé », de sorte que, malgré la persécution, la spoliation et la profanation de la cathédrale, le Velay fut une terre exemplaire de fidélité catholique et royale pendant la tourmente.
- Contre-révolutionnaire, parce que, dès 1790 puis en 1792, l’abbé Claude Allier, initiateur des Camps de Jalès (cf. > ici) et le comte de Saillans (cf. > ici), soutenus par les Princes en exil, voyaient prophétiquement dans la ville du Puy le point de ralliement, tant au point de vue spirituel qu’au point de vue stratégique, à partir duquel une « grande armée catholique et royale d’Orient » pourrait se former et marcher sur Paris pour rendre au Roi son trône de droit divin, et – ce faisant – rendre à l’Eglise et aux peuples de France leur protecteur naturel et le garant de leurs libertés.

Statue de Sainte Jeanne d'Arc cathédrale du Puy

Cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay :
détail de la statue de Sainte Jeanne d’Arc.

A 5 – En raison l’accueil que l’on peut qualifier d’officiel qui y est réservé aux pèlerinages de la Confrérie Royale :
Fondée le 25 août 2015, en la fête de Saint Louis et en l’année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, la Confrérie Royale s’est aussitôt employée à organiser un pèlerinage « pour le Roi et la France », conjointement avec l’UCLF, à l’occasion du Grand Jubilé du Puy pour l’an de grâce 2016 (cf. > ici).
L’accueil sympathique et la bénédiction accordés à ce pèlerinage, officiellement légitimiste, par Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Puy, le message officiel adressé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, message dont la teneur n’est pas simplement circonstantielle mais pérenne (cf. > ici), ainsi que de grandes grâces obtenues lors de ce pèlerinage jubilaire (par exemple > celle-ci), ont convaincu les fondateurs de la Confrérie Royale de reconduire d’année en année ce pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy. Ainsi, de la même manière qu’il y a tous les ans un pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray le dernier dimanche de septembre, il y a désormais tous les ans un pèlerinage légitimiste les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension, au Puy-en-Velay. Il faut absolument que tous les légitimistes le considèrent comme une institution et une date majeure de leur calendrier.
Cette décision de reconduire chaque année le pèlerinage au Puy « pour le Roi et la France » a été accueillie avec bienveillance et respect par les autorités diocésaines (cf. > ici), auxquelles nous voulons témoigner de la plus profonde gratitude, et cela aussi constitue un élément important qu’il faut noter et appécier dans toute sa consistance et sa valeur surnaturelle.

J’aurais encore plusieurs choses à vous livrer au sujet de ce pèlerinage, mais ce sera pour plus tard, car déjà ce soir je vous laisse ample matière à réflexion…

Lully. 

A suivre > ici

Le plus jeune pèlerin 6 ans

Le plus jeune des pèlerins de ce 3ème pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay,
âgé de 6 ans, très fier de porter une reproduction de la bannière de Sainte Jeanne d’Arc lors de la procession à la cathédrale.

2018-42. Les leçons à tirer de l’assassinat légal du petit Alfie Evans.

Communiqué commun de
l’Union des Cercles Légitimistes de France
et de la Confrérie Royale

- 15 mai 2018 -

Beaucoup de médias ont évoqué, avec plus ou moins d’objectivité, la fin de vie du petit Alfie Evans et le combat ô combien courageux de ses parents.
À notre connaissance, peu de journalistes ont osé dénoncer publiquement les dessous angoissants de cette mise à mort, légale.
Force est de constater que, de plus en plus, la culture de mort l’emporte sur le respect de la vie. Il nous appartient, à nous légitimistes, de réfléchir sur cette dernière bataille et d’en tirer les leçons.

Alfie Evans

 La courte vie d’Alfie

Un petit enfant malade

  • Alfie est né le 9 mai 2016.
  • Quelques mois après sa naissance, l’enfant présente des troubles cérébraux. Il est atteint d’une maladie neuro-dégénérative jusqu’ici inconnue et pour laquelle il n’existerait pas de traitement. Il est conduit à l’hôpital pour enfants Alder Hey, à Liverpool (Angleterre). Moins d’un mois après, l’équipe médicale, le jugeant incurable, décide qu’il faut arrêter les soins.
  • Le 11 décembre, l’hôpital saisit la Haute Cour pour arrêter l’assistance respiratoire d’Alfie. Les médecins ont déclaré qu’il était inhumain de le garder en vie dans ces conditions. Les jeunes parents de l’enfant s’opposent fermement à cette décision et entament une bataille judiciaire.
  • Le 20 février 2018, la Haute Cour de Manchester juge inutile la poursuite des soins et donne raison aux médecins. Les parents font appel, mais la Cour d’appel rejette leur requête le 6 mars.
  • Le 28 mars, la Cour européenne des droits de l’Homme fait de même et refuse d’intervenir.
  • Le 18 avril, le père d’Alfie, Tom Evans, est reçu par le pape François, lequel demande à l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, propriété du Saint-Siège, de faire « le possible et l’impossible » pour accueillir l’enfant. Il encourage Tom et le félicite de tout faire pour défendre la vie de son fils.
  • Le 20 avril, à son tour, la Cour suprême du Royaume-Uni déclare inadmissible le recours présenté par les parents.
  • Le 22 avril, quarante-neuf mamans d’enfants hospitalisés à l’hôpital Bambino Gesù adressent une lettre au directeur de l’hôpital de Liverpool pour exprimer leur soutien au petit Alfie Evans et à ses parents. Elles rappellent que soigner ne signifie pas seulement guérir, car

    chaque instant de vie passé ensemble a une valeur inestimable pour nous parents 1.

  • Après la confirmation des deux premières sentences, Alfie doit être « débranché ». C’est donc

    la thèse que le « meilleur intérêt » d’Alfie est de ne pas vivre qui prévaut, regrette Vatican News, malgré le fait que les parents demandent de l’assister jusqu’à sa mort naturelle et que l’hôpital Bambino Gesù soit prêt à l’accueillir à ses frais 2.

  • Mariella Enoc, présidente de cet établissement, se rend à Liverpool pour rencontrer les parents et les autorités de l’hôpital Alder Hey afin de trouver une solution commune.

    J’espérais pouvoir parler avec quelqu’un mais cela n’a pas été possible. L’hôpital sait que je suis là mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me recevoir […] C’est une situation vraiment difficile. Je vis dans une réalité où les cas comme Alfie sont nombreux et les mamans de l’hôpital m’ont demandé de faire quelque chose. Elles m’ont dit « vous ici, vous laissez vivre nos enfants ». Personne ne veut faire d’acharnement thérapeutique mais un accompagnement plus serein pourrait être fait.[…] Je ressens toute mon impuissance… 3

  • Tom lance un pressant appel pour essayer de sauver la vie de son enfant : « Ils vont tuer mon fils », dénonce-t-il dans un entretien à l’hebdomadaire italien Famiglia Cristiana, « les médecins de Liverpool, déplore-t-il, refusent de le laisser partir 4 ».

Lundi 23 avril : le jour de l’échéance, le petit garçon reçoit la nationalité italienne

  • La procédure létale, prévue le 23 avril à 14 heures, a pu être retardée Dans l’après-midi, Tom Evans annonce que l’ambassadeur d’Italie en Grande-Bretagne doit être reçu par le juge Anthony Hayden dans la soirée.
    Dans le même temps, le pape François intervient à nouveau publiquement par un message sur le réseau Twitter :

    Ému par les prières et la grande solidarité en faveur du petit Alfie Evans, je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé 5.

  • C’est alors que les médias du Vatican rapportent que l’Italie a concédé la nationalité italienne au petit Alfie. De cette façon, le gouvernement italien souhaite que la nouvelle nationalité de l’enfant permette son transfert immédiat en Italie.
  • À la suite d’une entrevue avec l’ambassadeur d’Italie au Royaume-Uni, le juge Hayden, considérant que l’enfant est un citoyen britannique, estime qu’il est soumis aux décisions de la justice de ce pays. Il donne encore le feu vert aux médecins pour mettre fin aux soins apportés au petit Alfie. La nouvelle arrive alors que les manifestations se poursuivent devant l’hôpital de Liverpool.
  • À 22 h 17, l’assistance respiratoire est retirée à Alfie. L’équipe médicale d’Alder Hey a pronostiqué une mort très rapide. Mais contre toute attente, l’enfant continue à vivre, ce qui prouve, selon son père, qu’il peut respirer seul et que son état de santé est « significativement meilleur » qu’évalué.

Des soutiens internationaux pour Alfie

Les parents reçoivent plusieurs soutiens de poids.

  • Le sénateur américain Ted Cruz, ancien rival de Donald Trump lors de la primaire républicaine.
  • Le président polonais Andrzej Duda.
  • le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

D’autres encore se prononcent en faveur de l’enfant et de ses parents :

  • Malgré l’opposition, scandaleuse, de nombreux évêques d’Angleterre, l’appui du pape François est total.
  • Le gouvernement italien se joint au souverain pontife et offre une alternative à la mort d’Alfie, un avion sanitaire de l’armée italienne est à Liverpool, prêt à décoller pour emmener l’enfant à Rome.

L’affaire cristallise une telle émotion au Royaume-Uni que de nombreuses manifestations sont organisées et le groupe « Alfie’s Army» (« L’armée d’Alfie »), rassemble jusqu’à 800 000 membres sur Facebook.

Mardi 24 avril : Alfie survit au débranchement

  • Alfie a survécu, déjouant les pronostics : « Ils l’ont laissé pendant neuf heures sans nourriture, ni eau, ni oxygène 6», explique Tom Evans. Les parents demandent à la justice de revoir sa position : une requête de nouveau rejetée le lendemain par la Haute Cour de Manchester. Cette juridiction estime que le dossier d’Alfie a atteint son « chapitre final ».
  • Une nouvelle audience « décisive » est obtenue à 15 h 30 ce 24 avril.
    Le juge Hayden, qui a signé la sentence ordonnant le débranchement d’Alfie, s’entretient une nouvelle fois avec les représentants légaux de la famille.
  • Pendant ce temps, un groupe de médecins britanniques a vivement condamné la manière dont on traite le petit garçon et s’étonne qu’on empêche ses parents de l’emmener en Italie.
  • Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a fait une déclaration publique réclamant qu’on donne une nouvelle chance à Alfie et qu’on le laisse aller en Italie où on tentera de le sauver.
  • Alfie a déjà survécu plus de 18 heures sans être ventilé. Son père a dû parlementer avec les médecins de l’hôpital pour obtenir qu’on lui administre enfin de l’eau et de l’oxygène.
  • Le juge Hayden confirme qu’il ne sera pas transféré en Italie. La nouvelle fait la une des journaux télévisés britanniques.
  • Mais un nouveau rebondissement a lieu le soir même : l’avocat de la famille Evans obtient pour le lendemain un examen en urgence de son recours devant la Cour d’appel. Dans l’attente, la famille Evans communique sur les réseaux sociaux :

    On nous avait dit que notre enfant ne tiendrait pas 5 minutes sans ventilation artificielle ; or cela fait 36 heures maintenant 7.

Les pronostics pour le moins pessimistes des médecins de l’hôpital se révélaient erronés.

Mercredi 25 avril : La Cour d’appel décide la mort

Dans la soirée du 25 avril, la Cour d’appel annonce que les ultimes recours sont rejetés. Dans un communiqué, la direction de l’hôpital Alder Hey ose dénoncer les pressions dont les professionnels de santé ont fait l’objet.
Dans sa chambre d’hôpital, auprès des parents, Alfie est assisté par un prêtre italien, don Gabriele Brusco, qui témoigne que l’enfant « a envie de vivre ». Tom obtient que son fils soit nourri, cela fait 36 heures qu’il a été extubé, un délai interminable pour cet enfant qui avait déjà subi le choc de l’arrêt violent de sa ventilation.

Jeudi 26 et vendredi 27 avril : Le petit Alfie s’éteint

Tom essaie de calmer les médias dans l’espoir sans doute de voir l’hôpital Alder Hey accepter le transfert en Italie, mais il déclare encore à TV 2000 que son fils est otage de l’hôpital.

Alfie Evans est mort à 2 h 30 le matin du 28 avril 2018, entouré de ses parents.
Réinformation TV rapporte les révélations de La Nuova Bussola Quotidiana et de LifeSite. Deux heures avant de mourir, peu après minuit le samedi matin du 28 avril, le petit Alfie Evans a reçu quatre médicaments. Sa situation s’est rapidement dégradée, de telle sorte que la journaliste Benedetta Frigerio le certifie :

il n’est plus possible aujourd’hui d’affirmer avec certitude, comme on avait pu le penser, qu’Alfie est mort de mort naturelle. Si on l’a effectivement poussé à mourir, l’hôpital Alder Hey a appliqué une forme d’euthanasie doublée d’une torture aussi cruelle pour l’enfant que pour ses parents 8.

Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie, écrit le pape François ce samedi 28 avril, alors que ce bébé de 23 mois est mort cette nuit, à 2 h 30, à l’hôpital de Liverpool où il était hospitalisé depuis décembre 2016 9.

Vatican News en français fait observer que :

ce drame cristallise les inquiétudes de ceux qui voient dans ces décisions de la justice britannique et européenne une légalisation de fait de l’euthanasie des mineurs, non pas par la voie parlementaire, mais par celle d’une jurisprudence susceptible d’inspirer les autres États européens 10.

Les dessous angoissants d’une mise à mort

Des journalistes ne se sont pas contentés de reproduire les communiqués de l’AFP. Par leurs investigations, ils ont voulu nous dévoiler les dessous de la condamnation du petit Alfie :

Bastien Lejeune, dans Valeurs actuelles, voit, dans la décision des médecins et de la justice britannique de faire mourir le petit Alfie Evans contre la volonté de ses parents, une obstination euthanasique qui relève du totalitarisme le plus inquiétant. Les parents sont spoliés de leur droit le plus absolu de décider du sort de leur enfant 11, obligés d’accepter la sentence de la Cour européenne des droits de l’homme qui affirme « qu’aucune violation des droits de l’Homme n’a été constatée 12» .

Sur le site Boulevard Voltaire, Anne Merlin-Chazelas, après avoir évoqué la situation de Vincent Lambert, écrit :

Ce qui est scandaleux et doit être combattu, c’est la prétention de certains médecins (en France comme en Grande-Bretagne) d’avoir le droit de décider pour des personnes qui ne sont ni mourantes ni malades que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’il faut donc y mettre fin par une euthanasie, et même d’être les seuls – excluant les proches – à avoir ce droit 13.

Jeanne Smits révèle sur le site Réinformation TV que :

Le juge Anthony Paul Hayden qui a rendu plusieurs décisions de mort dans l’affaire Alfie Evans fait partie d’une association judiciaire pro-LGBT, et il est également le coauteur d’un manuel juridique sur les enfants des couples de même sexe. L’histoire ne dit pas s’il est également franc-maçon, mais il est à l’évidence l’homme de la situation, le magistrat qu’il fallait pour aider la culture de mort à faire sa mue en dictature de la culture de mort.
[…] En tant que membre du BLAGG (Bar Lesbian and Gay Group : groupe lesbien et gay du barreau), Anthony Paul Hayden fait partie de ces juristes qui soutiennent les « lesbiennes, hommes gays, bisexuels et personnes transgenres à tous les niveaux» des professions judiciaires. BLAGG s’est ainsi réjoui de sa nomination en tant que juge de la Haute Cour de Manchester en 2013, avec une spécialisation dans les affaires familiales 14.

Le même site reproduit le communiqué de presse, traduit en français, des médecins britanniques de la Medical Ethics Alliance.
Extraits :

Nous sommes profondément préoccupés et outrés par le traitement et les soins offerts à Alfie Evans. […] La tyrannie médicale doit prendre fin. Le pauvre Alfie ne doit pas être tué de cette manière. Nous demandons que les autorités permettent à Alfie de rejoindre Rome en toute sécurité 15. »

Réinformation TV commente également une vidéo où Tom Evans montre que les forces de l’ordre, y compris des policiers en uniforme, mais aussi des représentants du personnel, étaient omniprésentes et pistaient ses moindres déplacements dans les couloirs de l’hôpital. Il a aussi raconté comment lui et sa femme ont dû dormir par terre pour passer ce qui s’annonçait comme leur dernière nuit auprès de leur fils, l’hôpital ayant refusé de leur procurer des lits. Et Jeanne Smits d’ajouter :

Cette poussée en direction d’une étatisation de l’euthanasie se perçoit aux quatre coins du monde. Derrière son ricanement, elle porte toujours la marque de la cruauté, du mensonge, du refus de la vie et du mépris de la famille 16.

Dans son édition du 19 avril, le même site avait évoqué le cas du docteur Asperger, ce médecin autrichien soupçonné d’avoir organisé la mort de dizaines de jeunes patients.

« L’Allemagne nazie éliminait les plus vulnérables – comme Vincent Lambert ? Le programme d’euthanasie Aktion T4 autorisé par Hitler s’est étendu à l’ensemble de l’Allemagne, de l’Autriche, la Pologne et de la République tchèque – le chiffre de 300 000 victimes est aujourd’hui admis, adultes et enfants confondus. Les médias n’ont pas de mots assez durs pour cette manière de s’en prendre aux plus vulnérables. Des mots qu’ils ne trouvent pas pour l’affaire Vincent Lambert… 17

Trop rares sont les voix d’évêques qui s’insurgent à l’instar de Monseigneur Negri :

Aujourd’hui, le petit Alfie recueille toute la grandeur idéale de nos peuples et juge toute la mesquinerie et la dépravation de beaucoup, de trop d’institutions, trop de structures scientifiques. Et ici, je pense aussi au triste spectacle de l’Église anglaise que nous n’aurions jamais pensé voir: le silence et le soutien ouvert au comportement des médecins de l’Alder Hey Hospital. Je ne peux pas ne pas y voir une grave trahison contre la vérité et la liberté du peuple 18

Laissons au site benoit-et-moi.fr  une dernière analyse de ce drame :

Ceux qui entendent sacrifier la vie d’Alfie à leur conception malade de l’eugénisme assument une terrible responsabilité. Et dans l’horizon de nos consciences apparaissent des images dont nous pensions qu’elles ne se présenteraient plus. Ces horribles expérimentateurs sur la chair vivante du peuple allemand et au-delà, à Auschwitz et dans d’autres camps de concentration. Dans ce cas, cependant, nous sommes confrontés à un crime immense, compte tenu de l’acharnement impressionnant et coordonné des institutions britanniques dans leur désir de supprimer un petit innocent. Ici, il doit s’agir de quelque chose de tellement inavouable qu’il justifie le risque d’une crise diplomatique avec le gouvernement italien qui, pour pouvoir l’arracher aux griffes de ces possédés a été jusqu’à accorder la citoyenneté à Alfie Evans L’enfant doit avoir secrètement fait l’objet d’une expérimentation ratée de nouveaux vaccins ou d’un prélèvement d’organes, dont le commerce illégal est estimé à quelque 13 milliards de livres sterling par an rien qu’en Grande-Bretagne. Le refus aussi inébranlable qu’irrationnel de le laisser aller dans un autre hôpital disposé à le recevoir ne s’explique pas autrement. Le personnel du Bambino Gesù à Rome est sur place, prêt à le déplacer ; mais, évidemment, les examens effectués dans une autre structure sanitaire révéleraient immédiatement ce qu’en Angleterre, ils veulent qu’on ne sache jamais 19.

Les leçons de cette bataille

Après chaque crise, nous entendons les braves gens qui se sont battus généreusement, à leur façon, se lamenter « Nous avons touché le fond. » Et de s’en aller, vaincus, vaquer à leur quotidien.
C’est bien mal connaître notre adversaire. L’oligarchie mondialiste a encore bien des « progrès » à imposer pour réaliser son rêve révolutionnaire : régénérer l’humanité… pour en faire une masse d’esclaves dociles. Si cette « marche en avant » a subi quelques revers, bien vite ceux-ci ont été effacés et l’hédonisme ambiant rend très difficile un retour à la loi naturelle.

Comme on le voit à travers les condamnations d’Alfie Evans, de Vincent Lambert et de beaucoup d’autres, l’euthanasie ciblée et l’eugénisme seront proposés puis imposés dans un proche avenir. Pour légiférer à propos du « Mariage pour tous », le gouvernement avait juré que jamais gestation pour autrui (GPA) et procréation médicalement assistée (PMA) sans père ne seraient acceptées. Ces deux mesures sont de plus en plus contournées. Un jour pas si lointain, au nom de l’égalité, la GPA sera légalisée aussi en France, puis encouragée, avec une contrepartie obligatoire : les couples hors normes révolutionnaires auront l’interdiction d’avoir des enfants. Déjà, dans les pays nordiques, on relève plusieurs cas d’enfants retirés à leurs familles trop chrétiennes.

Qui peut nous certifier que des laboratoires ne travaillent pas sur le clonage humain ?
Peut-on baisser les bras ? Bien sûr que non. Quelle que soit la force de l’oligarchie, notre devoir de chrétien est de combattre. Mais il nous faut combattre intelligemment, c’est-à-dire, entre autres, ne pas renouveler les erreurs qui nous ont valu tant de défaites depuis 230 ans.

Chrétiens, réveillez-vous. À la fin du XIXe siècle, les nôtres, majoritaires dans la population, ont échoué lamentablement. Aujourd’hui, ultra minoritaires, certains recherchent encore des alliances pour faire nombre. Depuis la chute de la monarchie légitime, ils se rallient générations après générations aux moins mauvais des démocrates avec l’espoir de renverser le cours des choses, mais en politique le nombre n’a jamais fait gagner. Les anciens devraient se souvenir des millions de manifestants qui ont défilé à Paris en 1984 pour défendre, en vain, l’école libre. Plus près de nous, la « Manif pour tous » a tout juste retardé l’application des lois contre la famille. Alfie’s Army (« L’armée d’Alfie »), avec ses 800 000 membres, n’a pas été écoutée.
L’oligarchie dispose des forces de police et surtout des principaux médias, elle se moque du nombre. Mieux, parfois elle suscite elle-même les réactions pour compter ses adversaires, les canaliser et les annihiler.

En ces temps d’ignorance, une bonne formation politique

évitera aux esprits facilement malléables de se fourvoyer dans des impasses politiques, à l’instar d’un Léon Degrelle dont certains épigones ratés voudraient faire un modèle de chef catholique (sic). S’il put être un meneur d’hommes et montrer de la bravoure sur le front de l’Est, il fut surtout un mégalomane sans doctrine, un bateleur égaré dans le national-socialisme, traître à son pays et hitléromane impénitent. 20

Royalistes craintifs et courtisans, cessez de rêver à une étape intermédiaire, à une royauté à l’espagnole ou à l’anglaise. La reine Élisabeth a-t-elle pu empêcher le drame de Liverpool ? La Norvège, la Suède et le Danemark sont des royautés. N’oublions pas que nos lois fondamentales précisent que le roi de France doit être catholique. Et ce roi légitime n’est que le lieu-tenant de Dieu auquel il devra rendre compte de son gouvernement du royaume qui lui a été confié.

N’attendez pas que les autres travaillent pour vous, pour vos enfants, pour les générations à venir. Vous ne pouvez pas prendre prétexte que vous avez trop peu de temps disponible ou que vous n’avez pas la compétence voulue pour aider au retour de la monarchie. Les cercles légitimistes veulent mobiliser toutes les bonnes volontés au service de la France.

Saint Michel archange, ange gardien de la France, priez pour nous.

 Louis-XX

Monseigneur le duc d’Anjou, Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, seul lieu-tenant de Dieu pour le royaume de France.

Références :

1, 4. « Alfie Evans : lettre des mères d’enfants malades du Bambino Gesù », Zenit.org
2. « Royaume-Uni : les parents d’Alfie Evans déboutés », Zenit.org.
3. « Alfie Evans : sur place, Mariella Enoc apporte le soutien du Bambino Gesù », Zenit.org.
5. « Alfie Evans : le pape plaide pour « de nouvelles possibilités de traitement » », Zenit.org.
6. « Alfie Evans’ dad claims ‘son’s life support has been withdrawn’ », Miror.co.uk
7. « Alfie Evans est mort à l’hôpital de Liverpool », FSSPX.
8. « Ecco come hanno fatto morire Alfie », La Nuova Boussola.
9. « « Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie », écrit le pape François « , Zenit.org.
10. « Le décès d’Alfie Evans cristallise les inquiétudes sur la fin de vie », Vatican News.
11. L’autorité parentale, comme l’autorité royale, est de droit divin : voir « Le droit divin selon Monseigneur de Ségur »
12. Valeurs actuelles, Vendredi 27 avril 2018 à 16:25.
13. Anne Merlin-Chazelas, « Vincent Lambert, Alphie Evans : des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues »Boulevard Voltaire.
14. Jeanne Smits, « De l’affaire Alfie Evans au lobby LGBT : le juge Anthony Hayden qui refuse son transfert est un activiste pro-gay« , Réinformation TV.
15. Communiqué de la Medical Ethics Alliance repris par Réinformation TV.
16. Jeanne Smits, « Un sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – et il est désormais citoyen de l’Italie« , Réinformation TV.
17. Jeanne Smits, « Hans Asperger a participé au programme d’euthanasie des handicapés de l’Allemagne nazie », Réinformation TV.
18, 19. Mgr Negri, « Alfie, un conflit entre deux anthropologies« , Benoît et moi.
20. « Recension : l’idéologie du progressisme mise à nu », Vu de Haut n°23, hiver 2017.

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