Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2023-20. Messe de la fête de Saint Charlemagne dans le propre du diocèse de Paris.

28 janvier,
Fête de Saint Charlemagne, Roi des Francs et empereur d’Occident, confesseur (cf. > ici, > ici, et > ici) ;
Mémoire de Sainte Véronique Binasco, vierge de l’Ordre de Saint-Augustin ;
Mémoire de Saint Pierre Nolasque, confesseur ;
Mémoire de Sainte Agnès, vierge et martyre, pour la seconde fois ;
Anniversaire de la mort d’Henri du Vergier de La Rochejaquelein, 3e généralissime de la Grande Armée Catholique et Royale (+ 28 janvier 1794).

Armoiries de Charlemagne

   Voici les textes propre de la Messe de Saint Charlemagne tels qu’ils se trouvaient dans le propre du diocèse de Paris. Les trois évêques de la famille de Gondi qui romanisèrent la liturgie de la capitale supprimèrent cette fête, qui subsista cependant en certaines églises, en particulier celles liées à l’université de la Sorbonne – dont Saint Charlemagne était le saint patron –, jusqu’à la révolution.

Cathédrale ND de Paris - chapelle du déambulatoire

Basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris :
fresque de Saint Charlemagne
au-dessus de l’autel de la chapelle Saint-Louis (dans le déambulatoire).

frise fleurs de lys

Introït (Ps. XXXV, 30-31 & 1)

   Os iusti * meditábitur sapiéntiam, et lingua ejus loquétur judícium : lex Dei ejus in corde ipsíus. – Ps. Noli æmulári in malignántibus : * neque zeláveris faciéntes iniquitátem. – ℣. Glória Patri.    La bouche du juste méditera la sagesse et sa langue proférera l’équité ; la loi de son Dieu est dans son cœur. – Ps. Ne porte pas envie au méchant et ne sois pas jaloux de ceux qui commettent l’iniquité. – ℣. Gloire au Père.

Collecte

   Deus qui superabundanti fœcunditáte bonitatis tuæ beatum Carolum imperatorem & confessorem tuum, deposito carnis velamine, immortalitatis trabea sublimasti, concede, quæsumus, ut quem ad laudem & gloriam tui nominis honore imperii exaltasti in terris, pium ac propitium intercessorem habere mereamur in cœlis.    O Dieu, qui, dans la surabondante fécondité de Votre bonté, avez décoré du manteau de la glorieuse immortalité le bienheureux Empereur Charlemagne , après qu’il a eu déposé le voile de la chair : accordez à nos prières de mériter pour pieux intercesseur dans les cieux, celui que Vous avez élevé sur la terre à l’honneur de l’Empire, pour la louange & la gloire de Votre nom.

On ajoute les collectes des mémoires du jour.

Lectio libri Sapientiæ (X, 10-14) :

   Justum deduxit Dominus per vias rectas, & ostendit illi regnum Dei, & dedit illi scientiam sanctorum : honestavit illum in laboribus, & complevit labores illius. In fraude circumvenientium illum affuit illi, & honestum fecit illum. Custodivit illum ab inimicis, & a seductoribus tutavit illum, & certamen forte dedit illi, ut vinceret & sciret, quoniam omnium potentior est sapientia. Hæc venditum justum non dereliquit, sed a peccatoribus liberavit eum : descenditque cum illo in foveam, & in vinculis non dereliquit illum, donec afferret illi sceptrum regni, & potentiam adversus eos, qui eum deprimebant : et mendaces ostendit, qui maculaverunt illum, et dedit illi claritatem æternam, Dominus Deus noster.    Le Seigneur a conduit le juste par des voix droites & lui a fait voir le royaume de Dieu, & lui a donné la science des saints ; Il l’a enrichi dans ses travaux, & lui en a fait recueillir de grands fruits. Il l’a aidé contre ceux qui voulaient le surprendre par leurs tromperies, & Il l’a fait devenir riche. Il l’a protégé contre ses ennemis, l’a défendu des séducteurs, & l’a engagé dans un rude combat, afin qu’il demeurât victorieux, & qu’il sût que la sagesse est plus puissante que toutes choses. C’est elle qui n’a point abandonné le juste lorsqu’il fut vendu, mais l’a délivré des mains des pécheurs : elle est descendue avec lui dans la fosse, & elle ne l’a point quitté dans ses chaînes, jusqu’à ce qu’elle lui eût mis entre les mains le sceptre royal, & qu’elle l’eût rendu maître de ceux qui l’avaient traité si injustement ; elle a convaincu de mensonges ceux qui l’avaient déshonoré, & lui a donné un nom éternel.

Graduel (Ps. XX, 4-5) :

   Dómine, * prævenísti eum in benedictiónibus dulcédinis : posuísti in cápite ejus corónam de lápide pretióso. – ℣. Vitam pétiit a te, & tribuísti ei longitúdinem diérum in sæculum sæculi.    Seigneur, vous l’avez devancé par vos bénédictions de choix ; vous avez posé sur sa tête une couronne ornée de pierres précieuses. – ℣. Il vous a demandé la vie, & vous la lui avez accordée au long des jours dans les siècles des siècles.

Alleluia (Osée 14, 6) :

   Alleluia, alleluia. – ℣. Justus germinábit sicut lílium : et florébit in ætérnum ante Dóminum. Alleluia.    Alléluia, alléluia. – ℣. Le juste germera comme le lis, & il fleurira éternellement devant le Seigneur. Alléluia.

Après la Septuagésime - Trait (Ps. CXI, 1-3) :

   Beátus vir, * qui timet Dóminum : in mandátis ejus cupit nimis. – ℣. Potens in terra erit semen ejus : generátio rectórum benedicétur. ℣. Glória & divítiæ in domo ejus : & justítia ejus manet in sæculum sæculi.    Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, & qui met sa joie à observer Ses commandements. ℣. Puissante sur la terre sera sa descendante ; la postérité des justes sera bénie. ℣. La gloire & la richesse sont dans sa maison, & sa justice demeure dans les siècles des siècles.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam (XII, 35-40) :

   In illo témpore : Dixit Jesus discípulis suis : Sint lumbi vestri præcíncti, et lucernæ ardéntes in mánibus vestris, et vos símiles homínibus exspectántibus dóminum suum, quando revertátur a núptiis : ut, cum vénerit et pulsáverit, conféstim apériant ei.Beáti servi illi, quos, cum vénerit dóminus, invénerit vigilántes : amen, dico vobis, quod præcínget se, et fáciet illos discúmbere, et tránsiens ministrábit illis. Et si vénerit in secúnda vigília, et si in tértia vigília vénerit, et ita invénerit, beáti sunt servi illi. Hoc autem scitóte, quóniam, si sciret paterfamílias, qua hora fur veníret, vigiláret útique, et non síneret pérfodi domum suam. Et vos estóte paráti, quia, qua hora non putátis, Fílius hóminis véniet.    En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que, lorsqu’il arrivera et frappera, ils lui ouvrent aussitôt. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ; en vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira. Et, s’il vient à la seconde veille, s’il vient à la troisième veille, et qu’il les trouve en cet état, heureux sont ces serviteurs ! Or, sachez que, si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait certainement, et ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, soyez prêts ; car, à l’heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme viendra.

Offertoire (Ps. LXXXVIII, 25) :

   Véritas mea & misericórdia mea cum ipso : & in nómine meo exaltábitur cornu ejus.    Ma fidélité & ma miséricorde lui sont acquises, & Mon Nom exaltera sa corne.

Secrète :

   Hostias tibi, Dómine, per sancti Caroli imperatóris & confessóris tui commemoratióne deferimus : suppliciter exorántes, ut peccatórum indulgentiam nobis quos pariter mentis & corporis conferant salutem.    Nous Vous apportons, Seigneur, ces offrandes pour la commémoraison de Votre saint empereur & confesseur Charles, afin qu’elles nous apportent, à nous qui Vous supplions, le pardon des péchés et nous confèrent également le salut de l’âme & du corps.

Communion (Matth. XXIV, 46-47) :

   Beátus servus, quem, cum vénérit Dóminus, invénerit vigilántem : amen, dico vobis, super ómnia bona sua constítuet eum.    Bienheureux le serviteur que son maître, à son retour, trouvera veillant ; en vérité, je vous le dit, il l’établira sur tous ses biens.

Postcommunion :

   Sanctificet nos, omnipotens Deus, sancti corporis & sanguinis tui veneranda perceptio : ut intercendente beato Carolo imperatore & confessore tuo : per hæc mysteria nostre salutis et fidei in præsenti peccatórum veniam : & in futuro vitam consequi mereámur ætérnam.    Que la respectueuse réception, Dieu tout-puissant, de Votre saint Corps & de Votre Sang, nous sanctifie ; que par l’intercession du bienheureux Charles Votre empereur & Votre confesseur, & par ces mystères de notre salut et de notre foi, nous méritions de recevoir aujourd’hui le pardon des péchés & dans le futur la vie éternelle.

 

Saint Charlemagne - vitrail de l'église de Chatou

Saint Charlemagne
(vitrail de l’église de Chatou – diocèse de Versailles)

2023-19. Nous avons lu et nous avons aimé : « Pour Dieu et le Roi… avec la Rochejaquelein ».

28 janvier,
Fête de Saint Charlemagne (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Anniversaire de la mort d’Henri de La Rochejaquelein [+ 28 janvier 1794].

pour-dieu-et-le-roi-avec-la-rochejaquelein

       Au mois d’octobre dernier, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Monsieur de Bonchamps, j’ai évoqué (et chaudement recommandé) l’excellente collection « Pour Dieu et le Roi… », dans laquelle Brigitte Lundi publie les biographies des héros de la Vendée militaire, à l’intention des enfants (cf. > ici). Mais, ainsi que je le faisais remarquer alors, des adultes y trouveront aussi leur compte avec un immense plaisir, comme en une sorte d’ »apéritif » pour des lectures conséquentes plus fouillées.

   J’ai donc la joie de vous annoncer la parution du cinquième ouvrage de cette collection, dédié à « Monsieur Henri » : « Pour Dieu et le Roi… avec la Rochejaquelein ».

4ème de couverture :

   Après avoir entendu le récit de Grand-Mère Zénaïde (dans Pour Dieu et le Roi, en Vendée), celui de l’Oncle Mathurin (dans Pour Dieu et le Roi, avec Cathelineau), celui de l’Oncle Joseph (dans Pour Dieu et le Roi, avec Stofflet), celui de l’oncle Ernest (dans Pour Dieu et le Roi, avec Bonchamps) nos petits amis vendéens se posent encore mille questions !
Dans ce volume, l’oncle René raconte à ses neveux la grande épopée vendéenne avec La Rochejaquelein.
Un récit palpitant qui devrait passionner nos p’tits Chouans de 10-12 ans !

   L’année 2022 a été celle du deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance d’Henri du Vergier de La Rochejaquelein (30 août 1772), que Monseigneur Pie, futur cardinal, surnomma « l’Achille de la Vendée », tué à 21 ans et demi par un « Bleu » qu’il venait de gracier.

   Pour compléter l’hommage que lui rend avec brio Brigitte Lundi, je veux vous montrer, ci-dessous, l’authentique étendard de « Monsieur Henri », photographié par Frère Maximilien-Marie en octobre 2021 (avec l’aimable autorisation de ses propriétaires) dans l’un des salons de la famille, apparentée aux La Rochejaquelein, qui en a aujourd’hui le précieux dépôt.

drapeau de La Rochejaquelein - collection privée

   Puisse donc ses beaux exemples nous inspirer et stimuler notre manière d’agir, lui auquel sa cousine par alliance et future belle-sœur a rendu ce bel hommage : « Il avait un courage ardent et téméraire qui le faisait surnommer l’Intrépide. Dans les combats, il avait le coup d’œil juste et prenait des résolutions promptes et habiles. Il inspirait beaucoup d’ardeur et d’assurance aux soldats » (Mémoires de Victoire de Donissan, marquise de Lescure puis de La Rochejaquelein).

pattes de chatTolbiac.

Blason_Famille_La_Rochejaquelein.svg

Du Vergier de La Rochejaquelein :
de sinople à la croix d’argent cantonnée de quatre coquilles du même
et chargée d’une coquille de gueules en abîme
.

2023-17. «La France ne doit pas seulement retrouver sa puissance ; elle doit, plus encore, retrouver son âme.»

21 janvier 2023,
230ème anniversaire de l’assassinant de SMTC le Roi Louis XVI.

   A l’occasion du deux-cent-trentième anniversaire de l’exécution de Sa Majesté le Roi Louis XVI, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX a publié en début d’après-midi sur les réseaux sociaux le texte des vœux aux Français qu’il fait paraître en même temps dans « Le Figaro » de ce même jour.
Notre Roi légitime y dresse un bilan de l’état de la France, et rappelle combien les exemples de la royauté française traditionnelle peuvent nous servir de guide en ces temps d’épreuve.
Nous nous permettons de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement importants.

Cénotaphe Louis XVI & Marie-Antoinette - basilique Saint-Denys - détail

Détail du cénotaphe de LL.MM. le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine
Basilique nécropole royale de Saint-Denys

Armes de France pour le deuil

   Janvier, temps de vœux ! Et pour moi, chef de la Maison de Bourbon, successeur des Rois de France, temps d’une réflexion sur le fait politique, réflexion toujours renouvelée en souvenir de la mort du Roi Louis XVI il y a 230 ans, qui continue à donner lieu à de nombreuses cérémonies. Elles ne sont plus seulement expiatoires mais, ce premier procès politique incite à réfléchir à la finalité du pouvoir, son lien avec la société qui, s’il est perdu, rompt le pacte de confiance entre le peuple et ses institutions et donc brise ce qui fait la raison même de l’État.

   En 2022, la France a connu des situations que nous pensions ne plus jamais avoir à vivre, à l’époque contemporaine.
Notre pays a été soumis à des pénuries dans des domaines aussi vitaux que certains produits alimentaires ou certains médicaments ; son horizon s’ouvre sur des perspectives de restrictions en matière d’énergie. A ces maux s’ajoutent l’insécurité grandissante et la hausse du coût de la vie.
De tels fléaux ne fragilisent pas seulement les familles : ils révèlent la dissolution de notre souveraineté. Cet état de fait découle de décisions prises depuis des décennies, sans considération ni du bien public, ni du réel.
Le mirage de la consommation effrénée reposant sur une mondialisation non maîtrisée, ajouté au relativisme et au reniement des valeurs les plus élémentaires, se révèle peu à peu au grand jour, dans sa triste réalité. Malgré les cris d’alarme autant que de détresse que l’autisme politique n’a pas voulu entendre, la situation d’un nombre croissant de nos concitoyens s’est détériorée.

Les pauvres sont encore plus pauvres et toujours plus nombreux, puisque la pauvreté touche désormais les anciennes classes intermédiaires et les retraités ; certaines provinces sont de véritables déserts sociaux, économiques, sanitaires, et bien sûr culturels. La crise s’est étendue et frappe toute la société matériellement et spirituellement. Déjà, nous voyons s’annoncer des lois inhumaines qui mettront en péril l’existence même des plus âgés et des malades.
Alimentée par la démagogie ou le souci de plaire à quelques groupes de pression, une telle politique trahit sa mission la plus haute. Exactement le contraire de ce qu’avait voulu montrer par son sacrifice, le Roi Louis XVI qui, dans son testament demande à Dieu de pardonner ses ennemis.

   A bien des égards, notre société est à reconstruire.
L’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites peut servir de guide à tous les Français de bonne volonté qui voudront s’atteler à cette tâche immense. L’histoire nous montre que ces sursauts sont possibles quand l’espérance en une destinée commune reprend le dessus. Ce fut le cas après la guerre de Cent Ans, ce le fut après les guerres de religion ; ce le fut lors de la Restauration, après les errements tragiques de la Révolution et de ses suites. Soucieux de son avenir voulu et non subi, le peuple de France a toujours su retrouver son énergie, son esprit d’initiative et sa volonté.

   Or, au-delà du marasme et des crises, je constate que de nouvelles initiatives, courageuses et positives, font jour dans de nombreux domaines.
De tels sursauts suffisent à nous redonner espoir. Il est de mon devoir de les soutenir et de les encourager, partout où cela est possible.
Ce renouveau se manifeste en particulier dans le domaine de l’éducation, si gravement touché par des réformes absurdes inspirées d’idéologies destructrices. A l’heure actuelle, des écoles cherchent à retrouver le véritable sens des études, à transmettre les valeurs essentielles de la culture, si nécessaires à l’épanouissement des jeunes. Le mouvement, qui avait commencé par les petites classes, atteint désormais l’enseignement supérieur.
Un mouvement similaire s’observe parmi ceux que l’on nomme les nouveaux agriculteurs. Ces hommes et ces femmes ont le courage de placer leur si belle mission – nourrir leurs concitoyens – avant les objectifs que la technocratie cherche à leur imposer.

   Je tiens aussi tout particulièrement à souligner la contribution au bien commun des entreprises locales, qui luttent pour développer, partout en France, l’activité économique et l’emploi. C’est en général par leur souci d’authenticité, leur fidélité aux traditions des provinces où elles sont implantées que se distinguent ces entreprises plaçant l’éthique avant le seul profit financier. On ne saurait trop encourager les entrepreneurs qui acceptent les risques inhérents à une telle aventure. Leur énergie et leur enthousiasme contribuent à faire vivre notre pays.
Il n’est pas moins réconfortant d’observer qu’en matière de santé, de nouveaux établissements – tant de soin que de recherche – accomplissent un travail admirable. Là encore, les initiatives personnelles et le dévouement viennent remédier à l’incurie des pouvoirs publics et assurent un service essentiel, y compris dans des zones souvent délaissées par l’État. L’extraordinaire abnégation des soignants, la haute idée qui les guide dans l’accomplissement de leur tâche, contribuent à rendre notre société plus humaine.

   Les Français savent renouer avec les vertus de leur histoire pour eux-mêmes et le monde. La France ne doit pas seulement retrouver sa puissance ; elle doit, plus encore, retrouver son âme.
En cela, elle se montrera fidèle au programme millénaire de la monarchie tout en étant un exemple pour les autres nations.

   Chacun d’entre nous, quelle que soit la place que la providence lui a assignée, doit contribuer pour sa part à ce sursaut. Autant que possible, notre engagement pour le bien commun doit se manifester en toutes circonstances, dans nos vies professionnelles aussi bien que familiales.
La société ne se réformera que si nous savons prendre nos responsabilités, ce qui signifie pour les Français être fidèles aux promesses de leur histoire. Tels sont les vœux que je forme pour la France à l’aube de cette année nouvelle.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Nota bene : A quelques phrases près, Sa Majesté a repris ce texte le dimanche 22 janvier,
à l’adresse des personnes qui étaient présentes au déjeuner qui a suivi la Messe célébrée à la Chapelle Expiatoire, cf. > ici.

Louis XX

2023-16. Préparation spirituelle aux célébrations anniversaires du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

20 janvier 2023,
Fête des Saints Fabien, pape, et Sébastien, martyrs.

       Cette journée du 20 janvier est particulièrement propice à une préparation spirituelle au terrible anniversaire que tout vrai bon Français commémore avec émotion et ferveur chaque 21 janvier : celui de l’exécution, de l’assassinat, du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI.
Ce modeste blogue a déjà beaucoup publié à l’occasion du retour annuel des commémorations de ce régicide, au point qu’il devient difficile de retrouver ces textes. C’est pourquoi, nous vous proposons ci-dessous une liste de liens vers une partie des articles qui se trouvent déjà dans ces pages, et qui peuvent déjà, comme en une sorte de vigile, aider à entrer dans l’esprit des célébrations de demain.

Louis XVI consacrant la France au Sacré-Coeur - église de Saint-Vran

Louis XVI consacrant la France au Sacré-Cœur
(détail d’un vitrail de l’église de Saint-Vran, diocèse de Saint-Brieuc)

frise lys

A – Textes de Sa Majesté le Roi Louis XVI

- « Maximes écrites de la main de Louis XVI » (pendant sa formation ou les premières années de son règne) > ici
- Le Vœu de Louis XVI au Sacré-Cœur de Jésus (1792> ici
- Précisions supplémentaires au sujet du Vœu de Louis XVI au Sacré-Cœur > ici
- Testament de Sa Majesté le Roi Louis XVI (25 décembre 1792) > ici

B – Complainte : « O mon peuple, que vous ai-je donc fait ? » :

- Cette complainte fut composée, selon toute vraisemblance, en 1792, sans doute après la violation des Tuileries et l’emprisonnement de la Famille Royale au Temple, et elle se répandit parmi les Français fidèles. Elle reprend la forme des Impropères du Vendredi Saint > ici

C – Les dernières heures du Roy-martyr :

- Récit circonstancié des dernières heures de Sa Majesté (20 et 21 janvier 1793) > ici

D – Pourquoi Louis XVI est véritablement un martyr au sens religieux exact de ce mot :

- Sermon de Saint Augustin sur ce qui constitue le martyre > ici
- Paroles de Sa Sainteté le Pape Pie VI sur la mort de Louis XVI (11 juin 1793) > ici

E – Textes de réflexion et d’approfondissement :

- Réflexions pour bien comprendre ce que fut en réalité l’assassinat de S.M. le Roi Louis XVI > ici
- Pourquoi continuer à faire célébrer des Messes de Requiem pour le Roi-martyr alors que nous avons la conviction qu’il est au ciel ? > ici

F – La Sainte Icône de la Famille Royale et la prière pour obtenir des grâces par l’intercession de nos Princes martyrs :

- Cette icône, écrite selon le strict canon iconographique des Eglises d’Orient a été écrite par une artiste russe en 2016, et se trouve vénérée dans l’oratoire de notre Mesnil-Marie : on peut en obtenir des reproductions au format A4 (pour encadrer et exposer) ou au format carte postale. Au verso figure une prière pour demander des grâces par l’intercession de nos Princes martyrs. Voir > ici 

Louis XVI enlevé à l'affection des siens

Louis XVI enlevé à l’affection des siens
(gravure réalisé lorsque le Roi fut isolé pour son procès)

2023-15. « Ce n’est pas la souffrance, c’est la cause qui fait le martyr. »

20 janvier,
Fête des Saints Fabien, pape, et Sébastien, martyrs.

palmes

       Vous trouverez ci-dessous, chers Amis, le texte d’un très court sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin, prononcé à l’occasion de la fête d’un martyr, ou de plusieurs, dont le nom n’a pas été retenu.
Le saint Docteur de toute façon n’y parle pas de la vie ni du supplice de ce martyr, ou de ces martyrs, mais y développe une argumentation très pertinente sur ce qui constitue le fait d’être martyr, qu’il résume en cette sentence : « Ce n’est pas la souffrance, c’est la cause qui fait le martyr ».

   Nous publions ce texte à l’occasion de la fête des Saints Fabien et Sébastien, glorieux martyrs au temps des persécutions des césars, non seulement pour eux, mais aussi dans la perspective de l’anniversaire, demain, du martyre de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI, puisque le Pape Pie VI a publiquement affirmé que sa mort était bien celle d’un authentique martyr : « (…) qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? » (cf. > ici).
Puisque donc « c’est la cause qui fait le martyr », et que Louis XVI a été immolé en haine de la Foi catholique et de ses dogmes ainsi que l’a reconnu et proclamé la plus haute autorité spirituelle sur terre, n’hésitons pas à notre tour à l’affirmer clairement…

Saint Fabien et Saint Sébastien - église Saint-Roch à Kratecko en Croatie

Les Saints Fabien et Sébastien
représentés dans l’église Saint-Roch de Kratecko (Croatie)

palmes

Sermon CCCXXVII de Saint Augustin :
« pour une fête de martyr ».

Ce qui fait le martyr, c’est le motif pour lequel il a été mis à mort
et non l’ampleur de ses souffrances.

§ 1 -  Les martyrs en appellent au mérite de la cause qu’ils soutiennent. 

   En empruntant la parole des martyrs, nous avons chanté devant Dieu : « Jugez-moi, Seigneur, et distinguez ma cause de celle d’un peuple impie » (Ps. XLII, 1). C’est bien là le cri des martyrs.
Qui oserait dire : « Jugez-moi, Seigneur », s’il n’était pour la bonne cause ?
Les promesses et les menaces servent à tenter l’âme : charmée par le plaisir, elle est torturée par la douleur ; mais tout cela, pour le Christ, a été vaincu par les invincibles martyrs. Ils ont vaincu le monde avec ses promesses, le monde aussi avec ses rigueurs, sans être arrêtés, ni par ses caresses, ni par ses tourments. Une fois purifié dans la fournaise, l’or ne craint plus le feu de l’enfer. Aussi, parce qu’il est purifié par le feu de l’affliction, le bienheureux martyr dit-il en paix : « Jugez-moi, Seigneur ». Quel que soit le bien que Vous trouviez en moi, jugez. C’est Vous qui m’avez donné de quoi vous plaire ; voyez-le en moi, et jugez-moi. Les appâts du siècle ne m’ont point charmé, ses tourments ne m’ont point éloigné de vous : « Jugez-moi, et distinguez ma cause de celle d’un peuple impie ».
Beaucoup supportent des tourments ; avec les mêmes souffrances ils ne soutiennent pas la même cause. Que n’endurent pas les adultères, les malfaiteurs, les larrons, les homicides, les scélérats de tous genres ? Et moi, Votre martyr, que n’ai-je pas à endurer ? Mais « distinguez ma cause de celle d’un peuple impie», de celle des larrons, des meurtriers, de tous les scélérats. Ils peuvent souffrir ce que je souffre ; ils ne sauraient défendre la même cause. La fournaise me purifie, elle les réduit en cendres. Les hérétiques souffrent aussi, la plupart du temps ils se font souffrir eux-mêmes et veulent passer pour martyrs. C’est contre eux que nous nous sommes écriés : « Distinguez ma cause de celle d’un peuple impie ».

§ 2 - Ce qui prouve que c’est la cause, plutôt que la souffrance, qui fait le martyr, c’est que les coupables souffrent souvent comme les justes, c’est que le mauvais larron a souffert comme le bon, mais n’a pas été récompensé comme lui.

   Durant la Passion du Seigneur, trois croix étaient dressées ; le supplice était le même, la cause était bien différente.
A la droite était un larron, un autre à la gauche, au milieu le Juge, le Juge élevé entre l’un et l’autre pour prononcer l’arrêt du haut de Son tribunal. Il entendit l’un Lui dire : « Délivre-toi, si tu es juste !» ; et l’autre, au contraire, reprendre ainsi son compagnon : « Tu ne crains donc pas Dieu ? Nous souffrons pour nos crimes, nous ; mais Lui est juste ».
La cause de ce larron était mauvaise, et il en distinguait la cause des martyrs. N’est-ce pas ce que signifient ces mots : « Nous souffrons, nous, pour nos crimes, mais lui est juste ?»
N’est-ce pas distinguer ici la cause des martyrs de la cause des impies quand ils sont châtiés ? Lui, dit-il, est reconnu pour être juste ; nous, au contraire, nous souffrons pour nous-mêmes, pour nos crimes.

   « Seigneur !» : n’oublie pas ce que le bon larron vient de dire à son compagnon de supplice.
Le Christ, sans doute, était crucifié comme lui, mais à ses yeux Il n’était pas digne du même mépris. Pendu à côté de Lui, il voyait en Lui le Seigneur. Tous deux étaient sur la croix, la récompense n’était pas la même pour tous deux.
Mais pourquoi parler des récompenses, quand il s’agit du Christ qui les distribue ? « Seigneur, dit donc le bon larron, souvenez-Vous de moi lorsque Vous serez arrivé dans Votre royaume ».
Il Le voyait cloué, crucifié, et il espérait qu’Il régnerait ! « Souvenez-vous de moi », Lui dit-il, non pas maintenant, mais « lorsque Vous serez arrivé dans Votre royaume ». J’ai fait beaucoup de mal, je ne compte point parvenir promptement au repos ; mais contentez-Vous de ce que je souffrirai jusqu’au jour de Votre avènement. Je consens à être maintenant châtié, mais pardonnez-moi quand Vous reviendrez.
Ainsi s’ajournait-il lui-même ; mais, sans qu’il le demandât, le Christ lui offrit le paradis.
« Souvenez-vous de moi » ; quand ? « quand Vous serez arrivé dans Votre royaume ». — « En vérité, Je te l’assure, reprit le Seigneur, tu seras aujourd’hui avec Moi dans le paradis » (Luc, XXIII, 39-43). Mes disciples M’ont abandonné, Mes disciples ont désespéré de Moi ; et toi, tu M’as reconnu sur la croix, tu ne M’as point méprisé quand J’expire, tu comptes que Je régnerai : « Aujourd’hui tu seras avec Moi dans le paradis ». Je ne te quitte point.
La cause ici est différente, la peine l’est-elle ?
Il est donc bien de dire : « Jugez-moi,  Seigneur, et distinguez ma cause de celle d’un peuple impie ». Nous tous qui vivons en ce siècle, ah ! travaillons pour la bonne cause ; et si quelque accident nous survient durant la vie, que notre cause soit bonne quand nous en sortirons.

palmes

Fils de Saint Louis montez au ciel

« Fils de Saint Louis, montez au ciel ! »

2023-14. Rétrospectives des publications de ce blogue relatives à Gustave Thibon : 2008-2023.

19 janvier 2023,
22ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon.

   Depuis la création de ce blogue, à l’automne 2007, nous avons souvent et abondamment cité Gustave Thibon. Il nous a paru au moins utile, sinon nécessaire, de rassembler en une seule page les liens vers tous les articles où nous avons parlé de lui ou bien où nous l’avons cité.

Gustave Thibon lisant

A – Publications biographiques, bibliographiques & souvenirs personnels :

- Résumé biographique > ici
- Parution du livre « Les hommes de l’éternel » (2012) > ici
- Parution du livre « La leçon du silence » (2014) > ici
- Parution du livre « Au secours des évidences » (2022) > ici
- De la discussion la lumière ??? [souvenir d’entretien privé - 1979] > ici
- Le témoignage de Gustave Thibon concernant Simone Weil > ici

B – Textes de Gustave Thibon :

- Analyses spirituelles :

- « Libertés » [extrait de « Diagnostics » – 1940] > ici
- « Dépendance et liberté »
[extrait de « Retour au réel » – 1943] > ici
- « Eloignement et connaissance »
 [extrait de "Retour au réel" - 1943] > ici 
- « Le message de N.D. de La Salette au monde paysan » [publication pour le centenaire de l'apparition - 1946] > ici
- Christianisme et liberté 1ère partie [article de 1952] > ici
- Christianisme et liberté 2ème et 3ème parties [article de 1952> ici
- Christianisme et liberté 4ème et 5ème parties [article de 1952] > ici
- Christianisme et liberté 6ème partie [article de 1952] > ici
- Christianisme et liberté 7ème partie [article de 1952> ici
- L’un et l’unique [in « Notre regard qui manque à la lumière » – 1955] > ici
- L’intemporalité [extrait d’une conférence de 1973] > ici
- Adaptation au monde moderne ? [extrait d’une conférence de 1973ici
- Saint Jean de la Croix [extrait d’une conférence] > ici

- Analyses politiques :

- La révolution une maladie infectieuse [extrait de « Diagnostics » – 1940] > ici
- La révolution essaimage du vice [extrait de « Diagnostics » – 1940] > ici
- La corruption des dirigeants suscite la haine des peuples [extrait de « Diagnostics » – 1940> ici
- La destruction révolutionnaire nie les besoins éternels de l’homme   > ici
- « Ce que je hais dans la démocratie… » [citations d’une conférence de 1971] > ici
- Une cinglante critique de la pseudo démocratie républicaine [in « Entretiens avec Christian Chabanis » – 1975] > ici
- L’essence de la révolution française est d’ordre métaphysique [préface pour un livre du Rd Père Salem-Carrière – 1989] > ici
- « Quel avenir pour l’occident ? »
[cité dans « La leçon du silence » – 2014] > ici

- Poésie :

- « Deus omnium » [in « Offrande du Soir » - 1946] > ici

- Religion :

- « Dieu aura le dernier mot, mais… » [extrait de « L’équilibre et l’harmonie » – 1976] > ici

- Royauté :
Voir ci-dessous dans les entretiens et ci-dessus dans les analyses politiques…

- Sport :

- « Le sport dans la société moderne » [extrait de « L’équilibre et l’harmonie » – 1976] > ici

C – Entretiens avec Gustave Thibon (ou extraits d’entretiens) :

-  Gustave Thibon interrogé sur sa foi [entretien à un hebdomadaire – 1962] > ici
- Eglise et politique [in « Entretiens avec Christian Chabanis » – 1975] > ici
- Réponses de Gustave Thibon aux questions de journalistes, en 1993 > ici
- A propos de ses racines paysannes [
retranscription d’un entretien radiophonique de 1993] > ici
- La monarchie se définit d’abord par sa référence au transcendant [extrait d’un entretien avec Philippe Barthelet] > ici

D – Chroniques du Mesnil-Marie contenant des citations de Gustave Thibon :

- A propos de l’inversion des valeurs dans le monde et dans l’Eglise > ici
- Dans un article d’octobre 2012 > ici
- Dans un florilège de citations en juillet 2013 > ici
- Dans des commentaires d’actualité en août 2013 > ici
- Dans une chronique d’octobre 2013 > ici
- Dans une chronique de la fin novembre 2013 > ici
- Dans un florilège de réflexions et citations de la fin février 2014 > ici
- Dans une chronique de juillet 2014 > ici
- Dans une chronique et un florilège de réflexions de la fin août 2014 > ici
- Dans un ensemble de réflexions incorrectes du début janvier 2016 > ici
- Dans un ensemble de commentaires d’actualité toujours très incorrectes en mars 2017 > ici

Gustave Thibon - une vue du mas de Libian

Une vue du Mas de Libian : propriété ancestrale de la famille Thibon

2023-13. Nous avons lu et nous avons aimé : Gustave Thibon « Au secours des évidences ».

19 janvier 2023,
22ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon.

Gustave Thibon

Gustave Thibon (1903-2001)

   Dire que Gustave Thibon est inépuisable est au moins une litote. 

   Il est inépuisable parce que ses lecteurs n’en finissent jamais de revenir à ses ouvrages pour les relire, les méditer, les relire encore et les méditer toujours plus profondément ; il est inépuisable parce que ceux qui l’ont lu continuent de se nourrir de sa pensée, de ses réflexions, de ses interrogations et de la fulgurance des éclairs de son esprit bien au-delà de la lecture à strictement parler, puisque Thibon va ensuite alimenter, soutenir et leur permettre de développer leur propre réflexion et servir de propulsion à leur cheminement spirituel ; il est inépuisable encore parce qu’il a laissé des milliers de pages inédites et que des personnes de confiance, des années après sa mort, continuent de trier, classer et enfin publier ces pépites d’intelligence et de foi ; il est inépuisable toujours parce qu’en sus des volumes qu’il a publiés lui-même, il a également rédigé des centaines d’articles pour des revues, des recueils d’études, des journaux… etc. Peu à peu, ceux-ci sont retrouvés et publiés à nouveau, comme c’est le cas avec « Au secours des évidences ».
C’est en effet de cette manière qu’au mois de janvier 2022 est paru, chez Mame, grâce au travail de Françoise Chauvin, un nouveau volume venant allonger la bibliographie du « paysan philosophe » de Saint-Marcel d’Ardèche. Il s’agit, si je ne me trompe pas, du sixième volume posthume de celui auquel, personnellement, je dois tant, et cela a été pour moi un énième enchantement et bonheur spirituel.

   Comme à chaque fois, les phrases du « cher Gustave » - ainsi que nous l’appelions entre nous de son vivant – ne se lisent pas : elles se goûtent et se savourent, de la même manière qu’un œnologue déguste un très grand cru.

   A consommer sans aucune modération et sans aucun risque de tomber dans les travers de l’intempérance !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur       

Gustave Thibon au secours des évidences

Quatrième de couverture :

   « Les mots les plus simples suffisent à délivrer la vérité que tout homme porte en lui… Le philosophe devrait toujours garder les yeux fixés sur Socrate, fils de la sage-femme et accoucheur des esprits – de tous les esprits, y compris celui de l’esclave du Ménon », nous dit Gustave Thibon.
Dans ces pages, écrites à l’intention du grand public, une intelligence souveraine circule incognito, qui peut éclairer tout le monde sans éblouir personne. On la reconnaîtra pourtant à certains indices, en particulier celui-ci : Gustave Thibon ne se retranche jamais dans un parti pris, pas plus qu’il ne se laisse aller à la moindre concession. Unir tant de souplesse à tant de fermeté n’appartient qu’aux grads esprits, dont la marque infaillible est d’être parfaitement libres.

Citation :

   « Tout ce qu’on peut demander à l’Etat, c’est de ne pas prétendre faire notre bonheur à notre place. C’est-à-dire de se cantonner à sa tâche essentielle qui consiste à nous assurer la paix, la sécurité, la justice, tout en nous laissant la plus grande liberté possible de penser, d’aimer et d’entreprendre. Et pour cela, à l’inverse du courant centralisateur et bureaucratique qui submerge les nations modernes, il doit restreindre ses attributions au lieu de les étendre comme il le fait aujourd’hui. Le vampire a beau se déguiser en donneur de sang : par la force des choses, il retient à son profit la plus grande partie du liquide vital qu’il prélève… »

Gustave Thibon, in « Au secours des évidences », p.259.

2023-12. De Saint Théodose 1er le Grand, empereur, triomphateur de l’arianisme et du paganisme.

17 janvier,
Fête de Saint Antoine le Grand, abbé et confesseur (cf. > ici, > ici, > ici, et > ici) ;
Mémoire de Saint Théodose 1er le Grand, empereur ;
Mémoire de Sainte Roseline de Villeneuve (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain (cf. > ici, > ici et > ici).

buste moderne de Théodose dans sa ville natale de Coca

Buste moderne de Saint Théodose 1er le Grand,
dans sa ville natale de Coca (province de Ségovie – Espagne)

       Le saint empereur Théodose Ier, également appelé Théodose le Grand, n’est pas mentionné au martyrologe romain, mais figure dans plusieurs martyrologes particuliers et, tout spécialement dans ceux des Eglises d’Orient. Il fut le dernier empereur à régner sur les deux parties de l’Empire Romain, l’orientale et l’occidentale, unifiées une dernière fois sous son règne, de 379 à 395.
Saint Théodose Ier est connu, en particulier, pour avoir fait du christianisme la religion officielle de l’Empire Romain, la religion d’Etat (cf. > ici).
Il était un ardent et zélé défenseur de la foi chrétienne orthodoxe, la foi de Nicée.
Sa fête est célébrée le 17 janvier.

A – Sa vie.

   Issu d’une lignée aristocratique, Flavius Théodose est né le 11 janvier 347 à Cauca, dans la province romaine de Carthaginoise (aujourd’hui Coca dans l’actuelle province de Ségovie) : il était le fils de Théodose l’ancien, que l’on nomme souvent « le comte Théodose », et de Thermantia, tous deux chrétiens nicéens.
Il épousa Aelia Flacilla, dont il eut trois enfants ; deux fils : Arcadius et Honorius (qui lui succédèrent), et une fille, Pulcheria.
Aelia Flacilla (parfois appelée Aelia Placilla ou Aelia Plakilla) est elle aussi commémorée comme une sainte à la date du 14 septembre. Aelia, son épouse, et Pulcheria, leur fille, sont toutes deux mortes en 385.
Après la mort d’Aelia, Théodose épousa Galla, la fille de Valentinien Ier, dont il eut une fille, Galla Placidia, qui sera la mère de Valentinien III.

   Fils d’un officier supérieur de l’armée romaine, Flavius Théodose accompagna son père, le comte Théodose », en Britannia (aujourd’hui Grande Bretagne) pour réprimer la « Grande Conspiration », dite aussi « coalition barbare de 368 », qui avait vu l’alliance des Pictes de Calédonie, des Scots et Attacoti d’Irlande, et peut-être aussi de Saxons et de Francs, pour envahir la province romaine de Britannia.
En 374, il devint le commandant militaire (dux) de Mésie, sur le Danube inférieur, où il se distingua dans les batailles avec les Sarmates.
Son père ayant été disgracié puis exécuté au début de l’année 376, pour des raisons encore obscures, Théodose se retira dans ses domaines hispaniques (376-378), se tenant dans une prudente réserve.

   A cette époque, deux coempereurs, Valentinien Ier et Valens, gouvernaient l’Empire Romain : Valentinien Ier en Occident et Valens en Orient. A la mort de Valentinien Ier, le 17 novembre 375, ses fils, Valentinien II et Gratien, lui succédèrent à la tête de l’Empire Romain d’Occident. Théodose retrouva d’abord sa mission de chef d’armée contre les Sarmates, puis, à la mort de Valens à la bataille d’Andrinople (9 août 378) fut nommé, par Gratien, Auguste pour l’Orient.
Le 25 août 383, à Lyon (Lugdunum), Gratien fut assassiné lors d’une rébellion. C’est une période de grands troubles politiques. Théodose, qui a nommé 
son fils aîné Arcadius co-auguste en Orient, se retrouve unique empereur pour l’Empire Romain réunifié en 392, après la mort de Valentinien II, qui était devenu son beau-frère lorsqu’il avait épousé Galla.

   En devenant empereur pour la partie orientale, Théodose avait eu comme préoccupation principale la préservation des frontières de l’Empire menacées par les Goths retranchés dans les Balkans, si bien que, nommé Auguste en 378, ce n’est que le 24 novembre 380, que Théodose avait enfin pu entrer dans Constantinople, sa capitale. Après 380, avec le souci continu de la protection des frontières de l’empire d’Orient, il devra en outre venir en aide en Occident à son beau-frère Valentinien II qui combattait l’usurpateur Clemens Maximus (ce dernier sera exécuté le 28 août 388).
Après 
la mort de Valentinien II, Théodose donna à son second fils, Honorius, le rang d’Auguste d’Occident (janvier 393), mais dut encore faire face avec lui à une autre tentative d’usurpation du pouvoir, celle d’Eugénius, lequel fut finalement battu à la bataille de Frigidus (5 et 6 septembre 394).
Le premier jour de la bataille ne s’était pas bien passé pour les forces de Théodose, mais un brusque retournement des forces se fit le second jour après qu’il avait été réconforté par l’apparition de deux « cavaliers célestes tout vêtus de blanc » et que des vents cycloniques s’étaient levés, contrant les forces d’Eugénius, et semant le désordre dans ses troupes. Eugenius fut capturé et bientôt après exécuté.

monnaie de Théodose

Monnaie de Théodose

B – Le triomphe du christianisme nicéen.

   Bien que né dans une famille chrétienne, Théodose n’a été baptisé qu’en 380, lorsque, à Thessalonique, une grave maladie lui fit enfin comprendre qu’il était temps de passer du rang de catéchumène à celui de véritable chrétien.
Il fut été baptisé par l’évêque Ascholios de Thessalonique, après s’être assuré que celui-ci n’était pas arien.
Dès les débuts de son règne, une part considérable des activités de Théodose avait été consacrée à la défense de la foi orthodoxe et à la suppression de l’arianisme.
Le 27 février 380, avec Gratien, il signa l’édit (cf. > ici) déclarant que tous les sujets de l’Empire devaient professer la foi de Nicée.
En entrant à Constantinople (le 24 novembre 380 comme nous l’avons dit ci-dessus), Théodose commença à en expulser le parti arien. Saint Grégoire de Nazianze (cf. > ici) fut alors élu patriarche de Constantinople par le deuxième concile œcuménique, convoqué en 381.
Tout en se tenant strictement à la foi de Nicée, il tenta, mais en vain, des conciliations de paix avec les hérétiques ; il prit aussi des mesures sévères contre les rites et les temples païens, mit fin aux Jeux Olympiques (qui avaient été institués en l’honneur des dieux de l’Olympe ainsi que leur nom l’indique et comportaient des cultes païens) ; il refusa de restaurer l’autel de la Victoire au Sénat romain, et lutta contre les mœurs du paganisme (dès lors, l’homosexualité fut punie de mort) ; l’empereur cessa aussi de porter le titre de Pontifex Maximus, pontife suprême des anciens cultes de Rome (note : le titre sera relevé par le pape Théodore Ier en 642, mais alors dans le seul sens sacerdotal chrétien et en considération de la primauté romaine sur les autres patriarches).

   C’est dans ce contexte du combat, parfois ardu, contre les subsistances des cultes et des mœurs païennes qu’eut lieu le massacre de Thessalonique : en avril 390, en application des lois nouvelles, le responsable militaire d’Illyrie fit arrêter un célèbre aurige qui était coupable de mœurs infâmes ; mais la population réclamait sa libération à cause des courses de chars – divertissement très populaire – qui allaient avoir lieu : l’affaire dégénéra en émeute et plusieurs dignitaires impériaux furent assassinés. Théodose mena une répression sanglante qui fit plusieurs milliers de victimes.
Alors qu’il voulait rendre grâces à Dieu pour cette victoire sur les séditieux dans la cathédrale de Milan, qui à ce moment-là était la capitale de l’Empire, Saint Ambroise (cf. > ici), lui en interdit l’accès et l’obligea à une sévère pénitence publique, à laquelle il se soumit de manière très édifiante.

Federico Barocci - Saint Ambroise absout l’empereur Théodose Ier - Duomo de Milan - détail

Federico Fiori dit Fiori da Urbino ou Baroccio - le Baroche en français – (1535-1612) :
Saint Ambroise absolvant Théodose après sa pénitence publique (détail)
[cathédrale de Milan]

C – Sa mort, et son héritage spirituel.

   Souffrant d’hydropisie, Saint Théodose rendit son âme à Dieu, à Milan, le 17 janvier 395. Saint Ambroise prêcha son oraison funèbre (« De obitu Theodosii » P.L. XVI, 1385).
Sous son règne, pour la première fois depuis trente ans, l’Empire Romain avait été réunifié, mais aussi pour la dernière fois puisque, après sa mort, il fut à nouveau partagé entre ses fils Arcadius (empereur d’Orient) et Honorius (empereur d’Occident). Cette division marque une étape importante dans l’histoire : le monde romain ne sera plus jamais uni !
Moins d’un siècle plus tard, le 4 septembre 476, l’Empire d’Occident succombera sous les coups répétés des barbares ; tandis que l’empire d’Orient subsistera jusqu’au 29 mai 1453 (cf. > ici) : ces deux dates marquent, traditionnellement, le commencement et la fin de cette grande et riche période que nous appelons communément « le Moyen-Age ».

   Je suis bien convaincu que la carrière militaire et la manière autoritaire dont il gouverna l’Empire, en défendit les frontières contres les envahisseurs barbares, et œuvra pour l’extirpation de l’hérésie et des cultes païens, sont aujourd’hui des motifs de critiques, et peut-être même de scandale, pour nombre d’esprits « modernes » complètement émasculés par les fausses notions de « liberté religieuse », de « tolérance », d’ « acceptation » de toutes les opinions et de tous les comportements – même les plus déviants -, et cela jusque dans les rangs du clergé, même à des postes très élevés…
Pour moi, au contraire, avec les générations vigoureuses de l’antique Chrétienté, je suis profondément édifié par ce zèle pour la défense de la vraie foi et la promotion des bonnes mœurs, même si ce zèle s’est montré indiscret lors de l’affaire de Thessalonique, ce qu’il dut reconnaître et ce pourquoi il s’est soumis à une pénitence absolument exemplaire.

   Le devoir d’un authentique chef d’Etat chrétien est de mettre la puissance temporelle, dans l’ordre d’action qui est le sien, au service de la Vérité et du salut des citoyens commis à sa garde, dont il aura à rendre compte devant le tribunal divin, tout en les protégeant dans leur vie d’ici-bas.
A ce titre, je préfère de loin le zèle de Saint Théodose le Grand à l’attitude prétendument « tolérante » et « respectueuse des droits de l’homme » (ces prétendus droits inspirés par la révolte contre Dieu et Sa loi) des gouvernants modernes, qui sont responsables de la corruption et de la licence des mœurs de leurs peuples, de l’assassinat « légal » de milliards d’innocents, de l’avilissement et de la perversion des consciences, du détournement du bien commun, de l’inversion des valeur, de l’abrutissement et, peut-être, de la damnation éternelle de milliards d’êtres humains.

   Vraiment, il nous faut être fiers d’avoir eu de grands chefs d’Etat, des empereurs, des rois, des chefs de guerre, des princes et des hommes d’armes profondément chrétiens, qui ont mis leur sceptre, leur puissance et leur glaive au service du Christ Sauveur, unique Rédempteur du monde. Et nous, dans tous nos divers états de vie, clercs ou laïcs, célibataires ou mariés, responsables de familles (naturelles ou spirituelles), engagés dans les milieux professionnels ou associatifs, … etc., nous n’avons rien à renier de leurs prestigieux héritages ; nous devons tirer des leçons de leurs fautes mêmes – ainsi que de leur pénitence -, et nous devons aujourd’hui à notre tour nous montrer de véritables et dignes soldats du Christ.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Pierre-Paul Rubens - Saint Ambroise absolvant Théodose - détail

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) :
Saint Théodose se voit refuser l’accès à la cathédrale de Milan par Saint Ambroise (détail)

2023-1. Vœux de Leurs Majestés pour l’an de grâce 2023.

1er janvier 2023,
Fête de la Circoncision de NSJC et octave de la Nativité (cf. > ici) ;
Jour de l’an (cf. > ici).

Trois lys blancs

1er janvier 2023 - Louis XX et la Famille Royale

En ce premier jour de l’année, la Princesse Marie-Marguerite et moi, vous souhaitons une bonne année 2023.

Ayons l’espérance au cœur et la volonté d’être les serviteurs du bien
pour une société plus juste et pour une France unie.

Que Saint Louis, modèle des gouvernants, veille sur notre pays et son salut.

Armes de France & Navarre

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