Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2024-151. De la dédicace de l’insigne basilique-cathédrale angélique Notre-Dame de l’Annonciation au Puy.

11 juillet,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête de Sainte Véronique Giuliani, vierge (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Hélène (née Olga) de Kiev ;
Mémoire de Saint Pie 1er, pape et martyr ;
Au diocèse du Puy, la dédicace de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation.

Le Puy-en-Velay

Le Puy-en-Velay : la ville haute, avec son remarquable ensemble cathédral
blotti sous le rocher Corneille sur lequel a été érigée au XIXème siècle la statue de Notre-Dame de France.

* * * * * * *

       Nos amis savent combien nous sommes attachés à la ville du Puy-en-Velay, à son histoire et à ses traditions. C’est la ville de quelque importance la plus proche du Mesnil-Marie (à peine une heure de route en automobile dans des conditions normales de circulation), et nous nous y rendons souvent, soit pour des raisons spirituelles soit pour des raisons pratiques.
Voilà pourquoi, dans ce modeste blogue, il se trouve déjà bon nombre de publications relatives à la capitale du Velay, dont certaines ont déjà évoqué les faits dont je vais présenter ci-dessous en un résumé conforme aux anciennes traditions, déclarées authentiques par la Sainte Eglise, puisqu’elles figurent par exemple dans les lectures des matines des offices propres au diocèse du Puy approuvés par le Saint-Siège avant les réformes d’inspiration moderniste qui se sont imposées de manière tout-à-fait abusive depuis le milieu du XXème siècle.

ange porte flambeau volant vers la droite

La mission et l’apostolat de Saint Georges :

   Le premier évêque du Velay fut, au premier siècle, Saint Georges (qu’il ne faut évidemment pas confondre avec Saint Georges le mégalomartyr qu’on fête le 23 avril) : il fut envoyé dans les Gaules par Saint Pierre, avec Saint Front, premier évêque de Périgueux, pour seconder Saint Martial (cf. > ici) dans l’évangélisation de la Gaule Aquitaine.
Nous avons déjà consacré un article entier à Saint Georges et à la moitié du bâton miraculeux de Saint Pierre, avec lequel Saint Front ressuscita Saint Georges à Bolsena, tandis qu’ils étaient en route pour les Gaules : cette insigne relique que nous avons pu photographier et présenter > ici.
Le premier siège épiscopal du Velay fut placé par Saint Georges à Ruessium, aujourd’hui Saint-Paulien, cité où le bâton miraculeux fut conservé jusqu’à la révolution.

   Saint Georges évangélisa le Velay pendant une quarantaine d’années, il inculqua à ses fidèles une vénération particulière pour la Très Sainte Mère de Dieu, et il rendit paisiblement son âme à son Seigneur – une seconde fois (!) -, un 10 novembre, vraisemblablement en l’an 84.
Il fut enseveli sur le Mont Anis (Anicium est l’ancien nom de la cité du Puy et reste le nom latin de l’évêché), près du lieu où la Bienheureuse Vierge Marie était apparue, comme nous l’allons rappeler ci-dessous, et là où s’élève aujourd’hui l’église Saint-Georges du grand séminaire, ancienne collégiale.

Pierre des fièvres - Cathédrale du Puy

La « Pierre des fièvres », dans sa présentation actuelle dans la cathédrale du Puy

La première apparition de Notre-Dame, vers l’an 45 :

   C’est sous l’épiscopat de Saint Georges, vers l’an 45, que Notre-Dame se manifesta à l’une des nouvelles converties vellaves, une veuve qui avait été baptisée par Saint Front, très malade, bien qu’elle se fût soumise à tous les traitements de la médecine des hommes… sans succès.
Elle s’était alors adressée à la Sainte Vierge qui lui fit entendre ces paroles :

« Levez-vous, ma fille, du lit où vous ne sauriez trouver la santé, et allez la chercher sur le Mont Anis où elle vous sera rendue ».

   La femme se fit donc porter au lieu indiqué, et y trouva, comme cela lui avait été dit, une grande pierre noire rectangulaire (c’était un ancien autel druidique, semble-t-il), sur laquelle elle s’allongea. Elle fut alors prise d’un sommeil mystérieux durant lequel lui apparut une Dame rayonnante de clarté entourée d’anges. Elle s’enhardit à demander quelle était cette Reine :

« C’est, répondit l’un des anges, l’auguste Mère du Sauveur qui, entre tous les lieux du monde, s’est choisi spécialement cet endroit, pour y être servie et honorée jusqu’à la fin des siècles ; et afin que vous ne preniez pas ce que vous voyez pour un vain songe, sachez que la guérison que vous désirez vous est accordée ».

   Averti de ce miracle, Saint Georges accourut sur le Mont Anis et fut doublement étonné car, en ce 11 juillet, il trouva le lieu couvert de neige, neige dans laquelle un cerf gambadant traça l’enceinte du sanctuaire que Notre-Dame voulait voir ériger en ce lieu.
Saint Georges ne put alors que planter des branches d’aubépines sur le tracé de la course du cerf, et le lendemain, 12 juillet, si la neige avait disparu on pouvait en revanche voir l’aubépine qui avait pris racine et s’épanouissait comme une couronne virginale.

   Saint Martial fut bien évidemment informé de ces événements et, premier pèlerin du Mont Anis, il vint, bénit l’enclos miraculeux, y consacra le premier autel, et laissa à l’Eglise naissante des Vellaves une relique de très grand prix : une chaussure de la Très Sainte Vierge (qui se trouve toujours conservée dans le trésor de la cathédrale).

   Toutefois, les circonstances ne permirent pas à ce moment-là d’édifier un véritable sanctuaire.

Chaussure de la Très Sainte Vierge - trésor de la cathédrale du Puy

Chaussure de la Très Sainte Vierge Marie (trésor de la cathédrale du Puy)

La seconde apparition de Notre-Dame vers l’an 220 :

   Il fallut attendre l’épiscopat de Saint Evode (en latin Evodius), dont le nom est devenu Vosy du fait des déformations populaires, septième évêque du Velay, vers l’an 220 selon la tradition, et une nouvelle guérison miraculeuse pour que fût enfin entreprise la construction du sanctuaire réclamé à nouveau par la Vierge Marie.

   La Madone apparut à « la Dame de Ceyssac » [ Note : Ceyssac est un village périphérique du Puy, très ancien, où la Sainte Messe latine traditionnelle fut célébrée pendant une dizaine d’années, jusqu’en août 2016, cf. > ici. La noble et illustre famille de Polignac s’enorgueillit de descendre de la « Dame de Ceyssac »], très malade, lui enjoignant de se rendre elle aussi sur le Mont Anis et de se coucher sur cette pierre où elle avait déjà opéré une guérison au temps de Saint Georges, et qu’on appellera désormais « la Pierre des fièvres ».

   « La Dame de Ceyssac » se fit donc transporter sur cette grande pierre rectangulaire, qui se trouvait depuis l’intervention de Saint Georges et de Saint Martial à l’intérieur de l’enclos qu’avait désigné la neige miraculeuse, et, allongée sur la pierre, elle fut elle aussi favorisée d’une vision de la Très Sainte Mère de Dieu :

« Ma fille, dit-elle à la malade, c’en est fait, vous êtes guérie. Allez trouver mon serviteur Vosy ; dites-lui, de ma part, qu’il ne manque pas de jeter ici au plus tôt les fondements du sanctuaire que n’ont pu m’y élever ses prédécesseurs. C’est ici que j’accorderai aux supplications de la piété le soulagement des malades et la consolation des affligés. J’ai choisi cette montagne entre mille pour donner une audience favorable à ceux qui viendront m’y présenter leurs demandes et leurs requêtes ».

   En confirmation de cela, la neige tomba à nouveau sur ce lieu prédestiné.
Saint Vosy décida alors de transférer le siège épiscopal de Saint-Paulien, où il avait été établi par Saint Georges, à Anicium ou Mont Anis, devenant – si l’on veut être rigoureux – le premier évêque du Puy, puisque ce nom sera finalement donné au Mont Anis au début du XIème siècle : les prédécesseurs de Saint Vosy sont plutôt appelés « évêques des Vellaves ».

   Aidé de Saint Scutaire (en latin Scutarius), un patricien romain qui s’y entendait en architecture, qu’il ordonna prêtre, et qui sera l’un de ses successeurs, il fit édifier en pierre le sanctuaire demandé par la Très Sainte Vierge, sur l’emplacement qui correspond actuellement à l’abside (là où se trouve le maître-autel surmonté de la Vierge Noire), à l’espace compris à la croisée du transept, sous le dôme, là où a été aménagé le sanctuaire de la liturgie réformée, et au début de la première travée de la nef. Cet espace est appelé « la chambre angélique » (nous allons voir pourquoi). Il renfermait la « Pierre des fièvres ».

Statue de la Vierge Noire

« J’ai choisi cette montagne entre mille
pour donner une audience favorable
à ceux qui viendront m’y présenter leurs demandes et leurs requêtes
 »

La consécration angélique, le 11 juillet 225 :

   Lorsque les travaux furent achevés, il fallut procéder à la consécration de cette nouvelle cathédrale : Saint Vosy et Saint Scutaire voulurent se rendre à Rome pour y obtenir des reliques, mais à peine avaient-ils parcouru un quart de lieue que, au lieu-dit Corsac (on y trouve aujourd’hui un rond-point qui porte le nom de Saint-Vosy), ils furent abordés par deux vieillards vêtus de blanc qui les arrêtèrent, leur remirent deux coffrets contenant des reliques, leur enjoignirent de retourner à la cathédrale nouvellement édifiée en leur expliquant que la consécration en avait été faite par le ministère des Anges.

   Se déchaussant, par respect pour les reliques qui leur avaient été confiées, ils s’en retournèrent au Mont Anis : les portes de l’église qu’ils avaient édifiée s’ouvrirent toute seules à leur approche, et ils purent constater que l’on trouvait sur les murs et sur l’autel les marques de leur récente chrismation, tandis que d’innombrables torches célestes illuminaient l’édifice.
Les anciennes chroniques disent qu’on recueillit 300 de ces flambeaux, et le trésor de la cathédrale en conserve encore de nos jours (mais ces dernières années ils n’étaient pas exposés, malheureusement !).

   C’était le 11 juillet de l’an 225, et cette consécration accomplie par les Anges a valu depuis à la cathédrale du Puy le surnom de « chambre angélique « .

ange porte flambeau volant vers la gauche

Encore une précision :

   Nous le savons, les traditions que j’ai résumées ici, sont aujourd’hui combattues, même par des personnes qui – en principe – font profession de piété et de dévotion mariale : c’est ainsi que, lorsque l’on visite la cathédrale du Puy de nos jours, il vous y est dit qu’il y « aurait eu une apparition de la Vierge », et que l’on vous y enseigne péremptoirement que la dévotion mariale au Puy n’a pas pu être initiée avant le concile d’Ephèse (431).

   Pourtant ces traditions ont été crues pendant deux millénaires, et pas uniquement par des imbéciles dépourvus d’esprit critique dont on aurait abusé de la crédulité, mais par des papes, de grands et doctes prélats, des théologiens sûrs, de très nombreux saints, des rois et des princes, qui y sont venus en pèlerinage justement à cause de ces vénérables traditions dont l’Eglise romaine – ne serait-ce que par les textes des offices liturgiques qu’elle a autorisés – assurait le caractère authentique !

   Mais il y a toujours, en nos temps, des impies qui, sous prétexte de rigueur scientifique, se révèlent n’être que de pauvres rationalistes, sans originalité véritable, niant le surnaturel et les miracles, tristes et pitoyables exemplaires de l’incrédulité de notre époque, même parmi les prêtres et les religieux.

   Pour nous, nous ne nous pensons pas supérieurs en intelligence et en science à tous les saints et pieux évêques qui se sont succédé sur le siège épiscopal du Puy, à tous les papes qui y sont venus en pèlerinage et ont délivré bulles et indulgences qui attestent l’authenticité de ces traditions, à tous les savants chanoines, prêtres et religieux qui ont, pendant plusieurs siècles, publié des études corroborant les antiques récits, à tous les saints qui sont venus prier dans la Chambre angélique en ayant foi en ces vénérables traditions, sans lesquelles on ne peut expliquer ni comprendre que Le Puy fut un pèlerinage aussi réputé et aussi couru aux âges de foi.
Nous n’ambitionnons que de nous inscrire dans leur continuité, et de ne point opposer de limites à la toute puissance de Dieu. Donc « si quelqu’un paraît amer à contester, pour nous, ce n’est point notre coutume ni celle de l’Eglise de Dieu » (1 Cor. XI, 16).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Maître-autel de la cathédrale du Puy avec la statue de la Vierge Noire - 25 mars 2019

Le maître-autel de la cathédrale du Puy avec la célèbre « Vierge Noire » couronnée

2024-149. De Sainte Amalberge de Maubeuge, veuve et moniale, que l’on fête le 10 juillet.

10 juillet,
Fête de Sainte Amalberge de Maubeuge, veuve et moniale ;
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange (cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de l’abbé Henri Huvelin (+ 10 juillet 1910 – cf. > ici & > ici).

Sainte Amalberge veuve et Sainte Amalberge vierge

Sainte Amalberge, vierge, et Sainte Amalberge, veuve, de l’Ordre de Saint Benoît
fêtées toutes les deux le 10 juillet

   Il existe au moins trois saintes qui portent le nom d’Amalberge (ou Amelberge), toutes trois Bénédictines, dont deux sont fêtées à la date du 10 juillet :

- l’une est une vierge, mentionnée au martyrologe romain : « Apud Gandávum, in Flándria, sanctæ Amelbérgæ Vírginis : près de Gand, en Flandre, Sainte Amalberge vierge », appelée Amelberge de Gand ou Amelberge de Tamise : originaire des Ardennes et issue de lignée aristocratique, morte en 772, qui vécut près de Tamise (en flamand Temse, dans l’actuelle province de Flandre orientale en Belgique) dont les reliques ont été transportées à Gand en 870 ;
- l’autre est une veuve puis moniale qui a vécu un siècle avant la précédente : Amalberge ou Amelberge de Maubeuge, que Monseigneur Guérin cite à deux reprises dans les notices particulières aux martyrologes des Eglises des Gaules, le 10 juin et le 10 juillet (in « Les Petits Bollandistes », tome VI p.543 & tome VIII p.226 ; c’est à cette dernière date qu’il rédige une courte biographie), dont les reliques furent transportées à la collégiale Saint-Ursmer de Binche (la date du 10 juin pourrait être celle de cette translation).
C’est d’elle que nous parlons aujourd’hui.

   La troisième Sainte Amelberge ou Amalberge, fut abbesse de l’abbaye bénédictine de Susteren (dans la partie du Limbourg aujourd’hui néerlandais) à la fin du IXème et au commencement du Xème siècle, qui éleva dans son monastère les deux filles d’un roi de Lorraine. Elle est fêtée le 21 novembre. 

 De cet ancien prénom germanique, latinisé en Amelberga ou Amalberga, découle le moderne prénom Amélie.

Livre d'heures - vignette blogue

   Sainte Amalberge de Maubeuge nous intéresse particulièrement parce qu’elle est une nouvel astre resplendissant dans la prodigieuse constellation de sainteté qui environne l’avènement de la dynastie carolingienne

   Pour certains auteurs Amalberge est sœur de Saint Pépin de Landen (cf. > ici) pour d’autres elle est sa nièce ; certains autres enfin – pour ne pas trop se mouiller – se contentent d’écrire qu’elle est d’illustre extraction dans l’aristocratie franque austrasienne proche des Pépinides.
La notice qui lui est consacrée dans une célèbre « encyclopédie en ligne » (cf. > ici) la fait fille de Saint Germer de Fly, qui fut conseiller des Rois Dagobert 1er et Clovis II avant d’entrer au monastère.

   Selon les recherches conjuguées de plusieurs historiens, archivistes et généalogistes, il semble aujourd’hui plus vraisemblable de penser que Saint Pépin de Landen a bien eu une sœur prénommée Amalberge (que l’on distingue en l’appelant Amalberge de Landen). Celle-ci, de son union avec Walbert, comte de Hainaut (qui ne serait pas identifiable avec Saint Germer de Fly), aurait eu deux enfants – un garçon et une fille – prénommés comme leurs parents Walbert et Amalberge, et ce serait cette dernière que nous appelons désormais Sainte Amalberge de Maubeuge.

   Nièce de Saint Pépin de Landen, Sainte Amalberge est donc cousine germaine de Sainte Begge d’Andenne - trisaïeule de Saint Charlemagne – (cf. > ici), et de Sainte Gertrude de Nivelles (cf. > ici)
Quant à son frère Walbert, dit Walbert le jeune pour le distinguer de son père, il épousera Bertille et sera le père de Sainte Waudru et de Sainte Aldegonde de Maubeuge (cf. > ici).

   Amalberge, née probablement vers l’an 600, à Saintes en Hainaut, près de Tubize et de Braine-le-Comte, aurait d’abord été mariée à Thierry – ou Théodoric – un noble franc que l’on dit avoir été un homme pacifique, vivant sur ses terres, en Hainaut et en Brabant. Plus âgé qu’elle, veuf et père de deux enfants, il aura, de son union avec Amalberge, une fille prénommée Pharaïlde, qui sera canonisée (on la fête le 4 janvier).

   Veuve de Thierry, Amalberge se remaria avec le comte Witger, seigneur de Condace et de Vergÿ, auquel elle donna plusieurs enfants dont trois sont canonisés : Saint Emébert (ou Hildebert), évêque de Cambrai et Arras (+ vers l’an 700) ; Sainte Renelde (ou Reinelde ou encore Ernelle), vierge et martyre (+ vers 680) ; et Sainte Gudule, vierge, qui est la co-patronne de Bruxelles (+ 714).

   Witger et Amalberge, une fois que leurs enfants n’eurent plus besoin d’eux, décidèrent de se séparer pour entrer au service exclusif de Dieu : Witger entra à l’abbaye de Lobbes, en Hainaut, où il mourut peu de temps après ; et Amalberge entra au monastère de Maubeuge, fondé par sa nièce Sainte Aldegonde.
Elle reçut le voile des mains de Saint Aubert de Cambrai, évêque d’Arras et Cambrai (+ vers 669), et ne se préoccupa plus désormais qu’à vivre avec application sa vie de prières et de sacrifices.

   Sainte Amalberge rendit son âme à Dieu en 670, probablement le 10 juillet.
Après son décès, son corps fut transporté à Lobbes pour être déposé auprès de celui de son saint époux.
Par la suite, ses reliques furent transférées à la collégiale Saint-Ursmer de Binche, mais elles furent profanées et détruites par les révolutionnaires français en 1794.

gravure baroque de Sainte Amalberge

« Ne crains pas, Amalberge, tes larmes, tes prières et tes aumônes sont montées vers le Seigneur »

2024-145. De la résistance à l’occupation idéologique du Royaume des Lys.

3 juillet,
En notre Mesnil-Marie, nous célébrons en ce jour une fête particulière en l’honneur des Saints Anges protecteurs de Sa Majesté le Roi, de la fonction royale, de l’auguste Maison de France et du Royaume de France ;
Mémoire de Saint Léon II, pape et confesseur ;
Mémoire du 5ème jour dans l’octave des Saints Pierre et Paul ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave de Saint Martial ;
Anniversaire du couronnement de S.M. le Roi Hugues 1er dit Capet (3 juillet 987) ;
Anniversaire du décret « Lamentabili » (3 juillet 1907 – cf. ici).

Ange gardien de la Couronne de France - blogue

L’ange gardien de la Couronne de France

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Tous les véritables Légitimistes le savent : tant qu’il existe un descendant mâle de Hugues Capet issu d’un mariage catholique, il y a un Roi de France ; un article de ce blogue l’avait déjà répété avec force il y a quelques années (cf. > ici et cela découle tout simplement des Lois fondamentales concernant la dévolution de la Couronne et la succession au Trône de France – cf. > ici).

   Et tant qu’il y a des Français (quand bien même n’en subsisterait-il qu’un seul) qui proclament leur adhésion aux principes de la monarchie capétienne traditionnelle – qui ont fait la France -, et qui se proclament sujets du Roi de France, il y a un Royaume de France.

   Certes, c’est un royaume qui subsiste ontologiquement, lors même que le Roi est empêché d’exercer sa royauté, lors même que le Royaume est occupé (cf. > ici) par un système politique établi sur les bases d’une idéologie étrangère à ce que Dieu a voulu en faisant naître la France, par l’union de la royauté franque et du catholicisme, dans les fonts baptismaux de Reims (cf. > ici).

   De la même manière que l’on a vu au cours du XXème siècle des royaumes dont le territoire était quasi entièrement occupé par un envahisseur, et dont le souverain et le gouvernement, obligés de s’exiler, impuissants à continuer la lutte armée, maintenaient toutefois l’identité et l’unité du royaume, et qu’ils incarnaient malgré tout la résistance ou la lutte qui se continuaient, petitement mais réellement ; de même aussi, tant qu’il y a un Roi de France et un Royaume de France – malgré l’occupation du territoire et des structures étatiques par la république maçonnique et anticatholique -, nous maintenons l’essence et la raison d’être du Royaume des Lys, nous maintenons sa vocation, nous maintenons sa résistance aux idéologies mortifères, nous maintenons non seulement son espérance mais également le gage de son relèvement.

   Ce n’est pas parce que l’occupation dure depuis plus de deux siècles qu’elle a acquis une « légitimité » ou qu’elle subsistera pour toute la succession des siècles.

   Alors bien sûr, il y a des gens – nous en connaissons tous, n’est-ce pas -, qui, tout en prétendant admirer ce qui existait avant l’occupation se sont résignés, et qui sont peu à peu entrés dans le système d’occupation, à des degrés divers : ils sont « orléanistes », « nationalistes », « patriotes », « républicains conservateurs » ou arborent je ne sais quelle autre cocarde encore, mais, dans les faits comme dans leur mentalité, ils se sont laissés embarquer par les doctrines de l’occupant (cf. > ici).

   Les Légitimistes, quant à eux, refusent absolument et fermement d’être les « collabos » de ces forces d’occupation qui sont la république et ses pseudos valeurs, ses fausses institutions, ses élections, son drapeau, son hymne et, bien sûr, sa législation terroriste

   Les Légitimistes sont les authentiques et invincibles résistants, témoins d’une réalité qui les dépasse, témoins d’une espérance indéfectible, témoins d’un véritable avenir de relèvement fondé sur des promesses divines, témoins de la fidélité et de l’honneur.

   Et même si la situation présente – qui n’en finit pas de dégringoler et de pourrir depuis 1830, sans qu’on aperçoive encore le fond de l’abîme -, est pour eux la cause de très grandes souffrances, ils ne peuvent arguer de ces douleurs pour justifier la trahisons des principes : dépassant l’amertume et transcendant les épreuves du temps présent, il leur est donné d’habiter intérieurement dans une étonnante et en quelque manière exaltante liberté intérieure.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Lire aussi :
- Actualité du comte de Chambord > ici
- Réflexions sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale > ici
- Qualités que doit revêtir l’amour que nous portons à notre Roi légitime > ici

Henri V comte de Chambord

2024-144. De la royauté divine sur la France.

3 juillet,
En notre Mesnil-Marie, nous célébrons en ce jour une fête particulière en l’honneur des Saints Anges protecteurs de Sa Majesté le Roi, de la fonction royale, de l’auguste Maison de France et du Royaume de France ;
Mémoire de Saint Léon II, pape et confesseur ;
Mémoire du 5ème jour dans l’octave des Saints Pierre et Paul ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave de Saint Martial ;
Anniversaire du couronnement de S.M. le Roi Hugues 1er dit Capet (3 juillet 987) ;
Anniversaire du décret « Lamentabili » (3 juillet 1907 – cf. > ici).

Vignette Lys - blogue

       Le texte qui suit a été envoyé aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale à l’occasion du 25 novembre 2017.
Chacun sait que le 25 novembre est le jour de la fête de Sainte Catherine d’Alexandrie, l’une des saintes qui apparurent à Sainte Jeanne d’Arc afin de la préparer à sa mission : délivrer Orléans et faire sacrer le Roi, et par là, restaurer le Roi légitime et rappeler la Royauté divine sur la France.

Mosaïque Christ Roi de France abside sud Donremy

Mosaïque du Christ Roi de France
(basilique du Bois-Chenu à Domrémy)

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La Royauté divine sur la France.

       Comme pour le Saint-Sacrifice de la Messe et tout acte de culte, la reconnaissance de la Royauté de Dieu a quatre fins : l’adoration et l’action de grâces envers Dieu qui maintient l’Etat et le pays, et la sanctification et la protection du peuple par Dieu.

I – Adoration et action de grâces envers Dieu.

   Comme le disait Louis XIV, « il y a un souverain infiniment élevé au-dessus des rois de la terre. C’est à nous à nous soumettre à ses ordres suprêmes ».
De là, comme le disait le Cardinal-duc de Richelieu, « le règne de Dieu est le principe du gouvernement des Etats ».
Henri IV disait déjà : « Il ne faut pas diviser l’Etat d’avec la Religion. La Religion et la justice sont les colonnes et les fondements de ce Royaume ».

   L’ordre de Dieu est un ordre hiérarchique et monarchique (Saint Denys l’Aréopagite). Ce qui fit dire à Monseigneur Henri Delassus : « La monarchie existe dans le ciel. Il n’y a qu’un Dieu qui règne sur tout l’univers. Dieu a fait la famille et l’Eglise, ces deux sociétés principales, à l’image de ce qui est au plus haut des cieux : un père souverain et un pape souverain comme un Dieu souverain Seigneur. L’histoire montre avec la plus lumineuse clarté, que les nations ont prospéré d’autant plus que leur constitution se rapprochait davantage de la constitution si admirable dont la Providence avait doté la France ».

   En conséquence de l’ordre divin, Saint Thomas d’Aquin écrivait : le Roi est « dans son royaume comme l’âme dans le corps et comme Dieu dans le monde, établi pour exercer dans son royaume l’office de juge à la place de Dieu ».
Et le philosophe Antoine Blanc de Saint-Bonnet écrivait : « La légitimité des rois est l’anneau par lequel les nations se rattachent à Dieu pour demeurer vivantes et honorées ».

   Le respect dû au Roi est donc en vue du respect dû à Dieu, devant qui le Roi s’efface. Bossuet pouvait dire : « Il y a quelque chose de religieux dans le respect qu’on rend au Prince. Le service de Dieu et le respect pour les Rois sont choses unies. Ce que Tertullien appelle très bien « la religion de la seconde majesté ». Cette seconde majesté n’est qu’un écoulement de la première ; c’est-à-dire de la divine, qui pour le bien des choses humaines, a voulu faire rejaillir quelque partie de son éclat sur les rois ».
Et ailleurs il dit : « Je n’appelle pas majesté cette pompe qui environne les rois. C’est le rejaillissement de la majesté et non la majesté elle-même. La majesté est l’image de la grandeur de Dieu dans le prince. Elle est empruntée de Dieu, qui la lui donne pour le bien de ses peuples ».

   Monseigneur de Ségur écrivait : « Pour un souverain quelconque, régner de droit divin, c’est tout simplement régner légitimement, en vertu des droits légitimes ; c’est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d’une société, d’un peuple ».

   En conséquence, comme le dit Louis XX, le sacre était « l’onction divine, le renouvellement de la société, un nouveau souffle dans la continuité du pays, un espoir, celui de tout un peuple pour celui qui incarnait l’unité de la France ».

   Le Roi est donc seul responsable de ses sujets, devant Dieu (sur son salut éternel) et en présence des hommes (malgré toutes les théories démocratiques des monarchies constitutionnelles ou parlementaires).
C’est ainsi que l’Empereur d’Autriche François-Joseph disait : « Toutes ces histoires de responsabilités ministérielles ne sont au fond qu’une plaisanterie. En réalité, la responsabilité, c’est nous qui la portons ! »
Et le Bienheureux Charles 1er d’Autriche ajoutait : « Le monarque est seul responsable devant l’histoire ».

Le Cardinal de Faulhaberg, archevêque de Freysing, disait aux funérailles du Roi (détrôné) de Bavière Louis III : « Les rois par la grâce du peuple ne sont pas une grâce pour le peuple, et lorsque le peuple est son propre roi, il sera tôt ou tard son propre fossoyeur ».

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues Capet

II – Sanctification et protection du peuple.

   De cette légitimité divine provient le rôle du Roi envers ses sujets. « Ce qu’un souverain, touché par la grâce de Dieu, peut faire dans l’intérêt de l’Eglise et des âmes, mille missions ne le feront jamais », disait Saint Alphonse-Marie de Liguori.

   C’est ainsi que Monseigneur Freppel disait : « Le plus grand missionnaire de tous les temps fut Constantin ».
Et les papes Saint Grégoire II et Saint Grégoire III dirent de Charles Martel, maire du Palais, qu’il avait le plus contribué après Dieu (avant même Saint Boniface) à la conversion de cent mille idolâtres par l’assistance qu’il donna à Saint Boniface en Germanie.
Ainsi Saint Grégoire 1er le Grand écrivait-il aux Empereurs de Byzance : « Le pouvoir a été donné d’en-haut à mes seigneurs sur tous les hommes, pour guider ceux qui veulent faire le bien, pour ouvrir plus largement la voie qui mêne au ciel, pour que le royaume terrestre soit au service du royaume des cieux ».

   C’est bien le rôle du souverain, tel qu’il est compris par les humbles. Il n’est pas question de forcer les consciences, mais de leur montrer l’exemple et de les guider par des institutions et des actes vers Dieu et le salut.
Un paysan russe en pèlerinage à Ekaterinbourg en 2008 disait de l’Empereur Nicolas II de Russie : « Nicolas était un souverain, et un souverain ce n’est pas un président. Il guide son peuple vers Dieu ».
Un paysan français interrogé par Daniel Halévy au début du XXème siècle, disait, associant Dieu et le Roi avec confiance : « Les maux de la nature, c’est à Dieu d’en garder, les maux de la société, c’est au Roi ».

   Le Roi gouverne en bon père de famille, soucieux du corps et de l’âme de ses sujets.
Comme le disait le marquis de Roux, « la Restauration a été le dernier gouvernement français qui ait compté parmi ses devoirs d’Etat l’appui à donner à l’Eglise pour le bien des âmes ».

   L’humilité des Rois s’incline devant la Loi divine, la miséricorde est introduite dans les jugements, la sainteté du mariage chrétien et de la famille est favorisée, la sanctification de la vie quotidienne et donc le salut éternel sont plus faciles.
En effet, le vénérable Pie XII déclarait : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».
Les sujets en sont protégés, élevés, sanctifiés, et même leur obéissance est plus facile. Car, comme le dit Louis de Bonald, « la religion chrétienne, réunissant par les liens d’une charité fraternelle des hommes que séparent des inégalités naturelles et des distinctions sociales, rend le gouvernement plus débonnaire et la dépendance moins chagrine ».

Louis XX à Argenteuil le 1er avril 2016

Sa Majesté le Roi Louis XX en prière
devant la Sainte Tunique de NSJC
à Argenteuil (avril 2016) 

III – Devoirs des rois envers Dieu.

   Ce rôle du Roi entraîne de grands devoirs envers Dieu en une grande conversion et sanctification personnelle. C’est le Roi qui gouverne, certes, et non pas le clergé, mais le gouvernement en est surélevé.

   Saint Grégoire de Nazianze prêchait aux Empereurs de Byzance : « Ô monarques ! Respectez votre pourpre, révérez votre propre autorité qui un rayon de celle de Dieu. Les choses hautes sont à lui seul ; il partage avec vous les inférieures : soyez les sujets de Dieu, comme vous en êtes les images ».
Le serviteur de Dieu Louis XIII reconnaissait donc : « Dieu ne m’a fait Roi que pour lui obéir et donner l’exemple ».
Et Saint Louis IX recommandait à son fils, le futur Philippe III : « Je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir ».
Le Roi Louis XIV disait donc à son petit-fils le nouveau Roi d’Espagne Philippe V : « Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire » ; et à son arrière-petit-fils, le futur Roi Louis XV : « Mettez en Dieu toute votre confiance, vivez en chrétien plus qu’en roi ».
Le vénérable Louis XVI résumait en disant : « Régner c’est connaître et faire connaître Dieu ».

   En conséquence, le Roi doit d’abord entraîner ses sujets par son exemples et ses décisions vers Dieu et la sanctification.
Saint Childebert 1er disait : « Il est de devoir et de nécessité que Nous fassions observer dans Notre Royaume les ordonnances des premiers Ministres de l’Eglise ».
Saint Charlemagne recommandait à ses sujets « de servir fidèlement le Seigneur et de persévérer constamment dans son service ».
Saint Louis IX disait à son fils le futur Philippe III : « Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre ».
Philippe IV le Bel affirmait : « Je suis chargé de la part du Roi des cieux de la défense de la Religion ».
Et le serviteur de Dieu Louis XIII demandait aux évêques « d’admonester tous Nos Peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge ».

Ingres : le voeu de Louis XIII

Vœu de Louis XIII
(Jean-Dominique Ingres, cathédrale de Montauban)

IV – Devoirs des rois envers leurs sujets.

   Mais ce rôle du Roi entraîne de grands devoirs envers ses sujets, qui lui ont été donnés par Dieu pour fils et pour filles. Tous les devoirs matériels des Rois et des sujets demeurent, mais ils sont transfigurés, le Roi est plus humble et les sujets plus aimés et plus aimants.

La Reine Blanche de Castille disait à son fils Saint Louis IX : « N’oubliez jamais que vous appartenez aux deux cités : que vous êtes dans la cité terrestre le suzerain de vos sujets, et que vous êtes dans la cité céleste le serviteur de vos serfs ».
Ce que disait Dante : « Si le consul ou le roi ont seigneurie sur les autres au regard de la route à suivre, il n’empêche qu’au regard du but ils sont serviteurs des autres ».
Louis XV, qui disait de ses sujets : « Ils sont tous mes enfants » ; enseignait à son fils le Dauphin : « Il est bon que vous vous accoutumiez à vous regarder comme le père, plutôt que le maître, des peuples qui doivent être un jour vos sujets ».
Louis XIV écrivait de même : « Comme je tiens lieu de père à mes sujets, je dois préférablement à toute autre considération songer à leur conservation ». Et il écrivait à son petit-fils Philippe V : « Quoique rebelles, ils sont vos sujets, et vous devez les traiter en père ».
Et Louis XVIII disait encore à la naissance du futur Henri V : « Il nous est né un enfant. Un jour il sera votre père. Il vous aimera comme je vous aime ».

   Cela change tout dans les relations entre le Prince et ses sujets. Les ordres mêmes du Prince sont faits pour le bien commun de ses sujets. Louis XX est notre père : le voyons-nous comme tel ?
Christine de Pisan parlait de « l’amour réciproque du roi et de son peuple, fondement de la monarchie ».
Et Bossuet disait : « La crainte servile nous fait un tyran, l’espérance mercenaire nous donne un maître, mais l’amour soumis par devoir et engagé par inclination donne à notre cœur un roi légitime ».
Louis XIV enseignait donc à son fils le Dauphin : « Nous devons considérer le bien de nos sujets bien plus que le nôtre propre ». Et encore : « S’il y a quelque caractère singulier dans cette monarchie, c’est l’accès libre et facile des sujets au prince ».

   En d’autres circonstances Louis XIV put écrire : « Je ne veux point qu’on soit dur à mon peuple ». Et à un général : « Ayez grand soin des malades et des blessés ».
Charles X disait encore : « Descendez jusque dans la cabane du pauvre pour y interroger ses besoins, et je vous y suivrai ».
L’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche pouvait donc dire : « Nous, les Rois, sommes dans ce monde pour faire du bien aux autres ».
Et le Roi Charles V disait : « Je ne connais qu’un seul bonheur attaché au pouvoir. C’est de pouvoir faire du bien à autrui ».

Saint Louis lavant les pieds des pauvres et des mendiants

Saint Louis lavant les pieds des pauvres et des mendiants

* * * * * * * 

Conclusion :

   La monarchie française est éminemment divine et catholique, familiale et populaire.
Tous ses Rois l’on comprise ainsi et ont donné l’exemple à leurs peuples. A nous de suivre cet exemple et de reconstruire autour de nous, selon nos possibilités et notre devoir d’état, cette société divine et catholique, familiale et populaire, et bientôt, espérons-le, royale et monarchique.

   En ce sens, même le moins vertueux des Rois de France est supérieur au meilleur des présidents de la République (même catholique à titre privé), car le Roi procure tout le bien (même surnaturel) de son peuple et le conduit à Dieu pour le salut temporel et éternel du peuple et de son souverain.

   Et ce caractère de la monarchie française impressionne même ses adversaires. Ainsi même Jean Jaurès parlait du « charme séculaire de la monarchie ». Et l’abbé Sieyès avouait : « Il y a plus de liberté pour le citoyen en la monarchie qu’en la république ».

   Souvenez-vous que le vénérable Philippe II Auguste pouvait dire avant la bataille de Bouvines dans un mélange d’humilité personnelle et de conscience royale de son devoir : « Seigneur, je ne suis qu’un homme, mais roi de France est cet homme ».

   Ayons nous-mêmes cet esprit catholique et surnaturel, et songeons à nous sanctifier, là où Dieu nous a placés, par les moyens voulus par Dieu : la prière et le devoir d’état personnel, dans la fidélité à Dieu, à Marie et au Roi. La Confrérie Royale est un moyen de sanctification.

   Rappelons-nous cette phrase de la Mère Camille de Soyecourt, carmélite qui traversa fortement la Révolution : « Bien comprise, la fidélité à la monarchie est un hommage rendu à la Majesté divine ».

   Et selon le mot de Julie Lavergne, « la terre de France ne produira que des épines, tant que les lys n’y refleuriront pas ».

« Seigneur, sauvez le Roi :
Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons ».
(prière pour le Roi tirée du Psaume XIX, 10)

                                              Abbé Gabriel Equin +

grandes armes de France

2024-143. Pèlerinage sur les pas de Saint Montan et de Saint Remi, le 14 juillet 2024.

frise lys

Attention !

       C’est une habitude que nous avons depuis plusieurs années, presque une tradition : chaque 14 juillet, le Cercle légitimiste du Vivarais et le Refuge Notre-Dame de Compassion proposent, à tous ceux qui le souhaitent, une journée d’esprit contrerévolutionnaire.

   Pour ce 14 juillet 2024, qui coïncide avec un dimanche, nous vous invitons à une journée de pèlerinage sur les pas de Saint Montan, ermite qui prédit à Sainte Céline la naissance de Saint Remi, futur évêque de Reims qui baptisa Clovis (cf. > ici , > ici, et encore > ici), puisque notre Vivarais possède l’insigne privilège d’avoir été le lieu où le saint ermite, fuyant les foules, vint passer une trentaine d’années de solitude dans une grotte, et qu’il y fut visité par Saint Remi lui-même

   Ce pèlerinage nous donnera donc l’occasion, à rebours des gesticulations superficielles républicaines, de nous connecter aux sources vives de l’histoire de notre France catholique et royale.

Saint Montan jeune ermite

Saint Montan en prière dans sa grotte

frise lys

- A qui s’adresse cette journée d’amitié et de pèlerinage ?

   A tous ceux qui le souhaitent et qui souhaitent découvrir sur site les lieux où vécut Saint Montan lors de son séjour en Vivarais, les membres du Cercle légitimiste du Vivarais sont certes particulièrement concernés, les membres des Cercles légitimistes voisins (Dauphiné, Lyonnais, Languedoc… etc.) qui veulent s’associer à cette journée sont les bienvenus, ainsi que toutes les personnes qui, sans être membres de Cercles légitimistes s’intéressent à l’histoire de la France chrétienne…

- Que faut-il prévoir d’apporter ?

   Chacun apporte son pique-nique, ses couverts… etc, ainsi qu’un siège pliant, une gourde, un couvre-chef (en principe, le 14 juillet il fait chaud et nous ne tenons pas du tout à ce que les participants prennent des coups de soleil et des insolations), mais aussi son missel et son chapelet !
Ceux qui veulent monter à la grotte de l’ermite (c’est un trajet de 20 mn à pied sur une pente pierreuse) penseront à prendre des chaussures de marche et, éventuellement, un bâton de marche ou une canne.
En revanche, on évitera les vêtements qui laissent les bras, les dos, les gorges et les cuisses nus : c’est un pèlerinage où la décence chrétienne est de mise, pas une journée à la plage !!!

- Quel est le programme précis ?

   Le rendez-vous pour tous sera à 10 h précises, dans les alentours de Viviers : mais nous n’en communiquerons le lieu exact ainsi que le détail du programme que par messages privés.

- Comment s’inscrire ?

   En nous écrivant au moyen du formulaire pour les commentaires, ci-dessous (ce ne sera pas publié).
L’inscription est obligatoire… et le plus tôt est toujours le mieux !

Dans la joyeuse attente de vous lire,
et surtout de vous retrouver,
soyons unis dans la prière pour notre chère France
et pour son retour à Dieu…

Trois lys blancs

2024-142. Le mystère du Sang versé

1er juillet,
Fête du Très Précieux Sang de NSJC (double de 1ère classe).

Nota bene :
Le texte qui suit fut envoyé le 25 juillet 2018 en guise de lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale ; mais il constitue de fait un document bien plus vaste qu’un écrit circonstanciel : il nous semble donc très important de le proposer aussi aux lecteurs de notre blogue au commencement du mois de juillet. 

Jésus-Christ outragé - blogue

Le mystère du Sang versé 

    Le mois de juillet est consacré au mystère du Précieux Sang du Sauveur.

   Le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, S’est fait homme pour assumer notre chair et notre âme et ainsi nous rejoindre en notre pauvre humanité blessée. Dieu fait homme, Il S’est offert Lui-même en offrande salutaire. Assumant tous les sacrifices de l’ancienne Alliance, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs S’est offert Lui-même en holocauste d’agréable odeur à Son Père pour notre Salut et celui du monde entier. Par cet unique et parfait sacrifice du Golgotha, une fois pour toute, l’humanité a été plongée dans l’infinie miséricorde de notre Dieu qui jaillit de chacune de Ses plaies et de Son Cœur transpercé.

   Le Docteur angélique, Saint Thomas d’Aquin, nous rappelle qu’une seule goutte de ce Sang précieux aurait suffi à laver le monde de tous ses crimes. Pourtant, une goutte ne Lui suffit pas. Dans Son Amour infini pour notre humanité blessée, c’est tout Son Sang qu’Il versa pour nous et la multitude. Et Il ne cesse, d’âge en âge, de nous L’offrir par le moyen de Ses prêtres quand nous venons participer à la divine liturgie et que nous communions au Saint Sacrement de l’autel, à la divine Eucharistie.

Croix Hostie et calice - blogue

   Tout au long du mois de juillet, nous sommes appelés à contempler la grandeur de l’amour infini de notre Dieu. Mystérieusement, les paroles acrimonieuses de la foule s’accomplirent comme promesse de Salut. Ils criaient : « A mort ! A mort ! Crucifie-Le ! ~ Que Son Sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Au lieu d’une juste vengeance, d’une seule parole qui aurait pu convoquer à l’instant-même des légions d’Anges pour l’annihilation de ce monde pécheur, notre Dieu laissa couler Son Sang pour racheter tous les peuples de la terre et rendre la vie à ceux qui, comme le larron, ouvriraient leur cœur à Son amour infini. Son Sang injustement versé couvre une multitude de péché car c’est, pour l’éternité, le sacrifice suprême de la charité.

   Si les gouvernements qui se succèdent depuis 1789 célèbrent le 14 juillet comme une grande fête de la libération du peuple français de l’Ancien Régime, de son carcan religieux et de ses antiques traditions ainsi que de ceux qui l’asservissaient, l’historien – comme tout homme de bien – ne peut que tristement constater l’effroyable boucherie sacrilège que fut la Révolution.

révolution sanglante

   Des milliers de meurtres plus abominables les uns que les autres furent perpétrés au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Au nom des fameuses « valeurs » de la république naissante, on tuait, on pillait et on violait impunément. Hommes, femmes, vieillards ou enfants, rien ni personne ne pouvait trouver grâce aux yeux de ce nouveau Moloch prêt à engloutir l’humanité entière au nom de son idéologie meurtrière. Les églises étaient détruites. Les mystères sacrés, singés. Les saintes espèces, profanées. Les prêtres, religieux et consacrés, avilis avant d’être sauvagement exterminés. Ce fut jusqu’au principe-même de la France, son histoire, sa foi, sa famille royale qui incarnait dans sa chair notre pays ; tout fut odieusement et systématiquement souillé de manière sacrilège pour l’annihiler.

   Si le 14 juillet est un jour de deuil et de honte, le 17 juillet, lui, est pour nous source d’espérance et de joie. En 1794, seize femmes, seize bienheureuses carmélites du couvent de Compiègne offrirent leurs vies place de la Barriere du Trône renversé (aujourd’hui place de la Nation) pour le Salut et la paix de la France. Unissant leur sang au Sang du Sauveur, elles permirent la fin de la Terreur et de mettre un terme à la folie meurtrière de Robespierre qui fut guillotiné dix jours plus tard.

carmélites de Compiègne broderie - blogue

   « O mon Dieu, écrivait un directeur de conscience à la bienheureuse Mère Thérèse de Saint-Augustin ocd, une âme simple et touchée a tout réparé ; ô miséricordes divines, que vous êtes adorables ! Faite pour aimer Dieu sans réserve, livrez-vous toujours à l’attrait qui vous conduira toute à Lui, ne consultez que cet attrait, même au milieu des désolations que doit nécessairement produire la vue de quelque chute : commencez par aimer mieux, et finissez par aimer parfaitement. Le calvaire vaudra toujours mieux pour le ciel que tous les plaisirs. Que Dieu vous y fixe avec Lui, et nous donne la grâce d’y mourir comme Lui ». 

   Et la Bienheureuse Sœur Julie-Louise de Jésus, ocd, disait à ses sœurs :

   « Nous sommes les victimes du siècle et nous devons nous immoler pour sa réconciliation avec Dieu. Une éternité de bonheur m’attend, hâtons-nous donc, courons vers ce terme, et souffrons volontiers pendant les courts moments de cette vie. Aujourd’hui la tempête gronde, mais demain nous serons dans le port » (témoignage de Sr. Marie de l’Incarnation, ocd.).

   Le roi Louis XVI, dans son testament écrit à la prison du Temple le 25 décembre 1792, s’offrit à ses bourreaux dans le même esprit :

   « Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne. Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai. Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis. Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi ». 

Louis XVI dans sa prison

   Le mystère du Sang versé pour le pardon de l’humanité assuma tous les crimes et révoltes du monde. Puisque le Sang du Sauveur versé sur la Croix offrit le Salut au monde entier, prions pour que le sang de ses martyrs et de ses saints apporte le Salut et la paix à notre monde, à notre pays en particulier. 

   Unissons nos prières et nos sacrifices pour le salut et la grandeur de la France. Qu’elle retrouve sa place dans le concert des nations et redevienne en vérité « Fille aînée de l’Eglise » !

   Que Dieu bénisse la France, sa famille royale, et nous donne la grâce de Le servir de tout notre cœur !

   « Seigneur Jésus, ayez compassion de la France, daignez l’étreindre dans Votre Amour et lui en montrer toute la tendresse. Faites que, remplie d’Amour pour Vous, elle contribue à Vous faire aimer de toutes les nations de la terre. O Amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de Vous rester fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre Votre Règne dans tout l’univers. Ainsi soit-il. » (prière dictée par le Seigneur Jésus au Vénérable Marcel Van).

lys rouge - blogue

Voir aussi :
Prières au Précieux Sang pour le mois de juillet > ici
Sept offrandes du Précieux Sang de Jésus-Christ au Père éternel > ici
Texte sur la dévotion au Précieux Sang (abbé Christian-Philippe Chanut) > ici

2024-139. Le nationalisme, phase dialectique de la révolution.

28 juin,
Fête de Saint Irénée, évêque et martyr (cf. > ici) ;
Vigile des Saints Apôtres Pierre et Paul.

       Nous reproduisons ici des extraits d’une lettre que le Révérend Père Grasset, des Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi (C.P.C.R.) - parfois appelés « Pères de Chabeuil », du nom du village de la Drôme où ils furent fondés pour la prédication des Exercices spirituels de Saint Ignace - écrivit en janvier 1959 à l’un de ses confrères, le Révérend Père Vinson.

   Ces lignes méritent d’être lues avec attention : on y trouve en effet l’exposition d’importants principes pour éviter certains confusions de notions et pièges dont les catholiques doivent avoir conscience, afin de ne pas se fourvoyer dans leurs engagements politiques et pour ne pas faire le jeu de la révolution qu’ils prétendent toutefois combattre.

   L’authentique patriotisme qui découle du quatrième commandement de Dieu, n’est pas le patriotisme idéologique né de la révolution, et il ne peut en aucune manière non plus se confondre avec le nationalisme et ses divers avatars. Le nationalisme est, en effet, une conséquence des faux principes que les doctrines révolutionnaires ont substitués aux sains fondements d’une pensée politique véritablement chrétienne : les lignes du Révérend Père Grasset sont éclairantes, et elles nous invitent à la plus grande prudence et au discernement.

Vitrail du Christ-Roi - blogue

29 janvier 1959.

        »[...] Certes, beaucoup de points défendus par les nationalistes les plus catholiques sont authentiquement contenus et exprimés dans l’enseignement traditionnel de l’Église. Nous pourrons même concéder que quelques nationalistes ne visent que la restauration de l’ordre social chrétien…
Mais, je le répète, ce qui compte, c’est le formel et non le matériel. On peut à l’extrême se faire les champions de la lettre du catholicisme, avoir pour objet la matière de l’enseignement catholique. Cependant on n’en est pas pour autant formellement catholiques, si on ne possède pour cela l’esprit du catholicisme.

   [...] Il manque aux nationalistes comme à la majeure partie des catholiques modernes cette lumière spécifique, ce lumen sub quo des scolastiques.
Cette cécité n’est pas nouvelle, elle est le péché de tous les naturalistes, ou mieux le châtiment de leur orgueil naturaliste.
Charles Maurras, le grand Charles Maurras, était frappé de cette cécité intellectuelle. Il admirait profondément l’Église catholique. Il chantait en elle la civilisatrice par antonomase. Il lutta pour elle contre ses ennemis. Mais il ne voyait pas que cet ordre, qui le séduisait tant, était l’effet d’une action surnaturelle.

   L’Église est un corps harmonieux, mais c’est la mutiler que d’y supprimer son âme vivifiante : l’Esprit-Saint de Jésus, son époux. L’erreur des nationalistes est une erreur sur l’Incarnation du Verbe.
[...] Ils voudraient, ils veulent même, l’ordre admirable causé par l’Église catholique romaine. Ils le veulent pour plusieurs motifs : par tradition catholique ; par amour de l’ordre et de la raison ; par opposition à des adversaires qui combattent cette même Église romaine. Mais ils ne savent pas – ou s’ils le savent, c’est sans influence formelle sur leur action, c’est-à-dire que leur action n’est pas informée par cette vue, cette connaissance – que cet ordre naturel est impossible sans le surnaturel, qu’il est le fruit de la grâce du Christ rédempteur, [...] et, par suite, qu’il ne peut se défendre ou se conquérir que par les moyens naturels surnaturalisés.
Le grand péché des nationalistes est ce naturalisme pratique, je dirai cette praxis athée (pour employer le langage marxiste) avec lesquels ils s’efforcent de vaincre leurs adversaires et d’instaurer l’ordre social chrétien. Effort tragiquement stérile.

   Voilà la raison profonde des échecs répétés de la Contre-Révolution.
Elle s’oppose matériellement à la Révolution, à savoir son but ; son objet matériel est contradictoire, objectivement contradictoire du but, de l’objet matériel de la Révolution, mais formellement, elle voit cet objet sous une lumière analogue à la lumière marxiste, naturaliste, et par suite elle agit en naturaliste travaillant sans s’en rendre compte dans le sens de la Révolution.
Elle est une phase de la Révolution, une phase dialectique, qui, opposée diamétralement (mais sur le même plan) à d’autres phases extrêmes de la Révolution, reste contraire, formellement contraire et non contradictoire à l’action révolutionnaire [...].

   Pour bien comprendre ceci, je vais donner quelques exemples.

   Le Parti. Cette conception moderne du parti est une idée révolutionnaire. Elle échappe rarement à l’orgueil de caste et à la tyrannie de la partie sur le tout. Elle s’origine d’une pensée, plus ou moins confuse ou précise, subjectiviste, individualiste.
Le parti, c’est l’individu collectif. Par principe, il est antinaturel, donc source de désordre. Il a une conception de l’homme qui n’est pas organique, divine. Il forme des forces au service d’une idéologie abstraite. L’homme de parti est de type standard interchangeable. Vous vous rappellerez ce que dit notre ami, l’autre jour, en parlant des ouvriers : « Ce sont les nôtres ». Le sens de la propriété est très nuisible à l’harmonie chrétienne. On pourrait croire que notre ami est jaloux de voir que d’autres s’occupent d’un problème qu’il se croit seul capable de résoudre. Voilà un bien grand danger.
Le Parti veut être celui qui fait tout. Il s’achève, quand il triomphe, en un étatisme dictatorial insupportable et sa tyrannie se maintient par la persécution, jusqu’à ce qu’un autre naturalisme, un autre parti le détruise. [...]
Le parti, par essence, se sépare du peuple parce que le peuple se rend très vite compte (et les autres tyrans de demain se chargent de le mettre en évidence) que le parti ne le sert pas, mais qu’au contraire il est, lui [le peuple], l’esclave (selon divers degrés de confort) du parti (quelle que soit la chose désignée par ce mot de parti : soit une classe, soit un individu, soit un consortium, etc.). Comme ceci est contraire à l’esprit de Jésus-Christ qui, Lui, est venu non pour être servi, mais pour servir !
Comment vaincre la Révolution qui a engendré l’esprit de parti, avec un autre parti ?
Erreur, profonde et grave erreur, même si la cause proposée à l’activité du parti est le règne de Jésus-Christ. Ne croyez pas que ceci soit dit à la légère. Que s’examinent sincèrement nos nationalistes (une bonne retraite de cinq jours !) et ils découvriront qu’ils ne souffrent pas avec patience que d’autres qu’eux-mêmes travaillent à la même cause et puissent récolter la gloire du succès.
Avec cet esprit partisan, [...] comment comprendre la complémentarité catholique des œuvres ? Les partis de droite crèvent chroniquement parce qu’ils veulent tout faire comme l’État totalitaire. Et ceci vient de leur fausse vision du réel, essentiellement parce qu’ils oublient que la Contre-Révolution, l’ordre social chrétien, est avant tout l’œuvre de Dieu. Ils feraient bien de méditer la doctrine du Corps Mystique [...] exposée dans saint Paul (1 Cor. XII). Divers membres, mais un seul Esprit, diverses fonctions, mais un seul Esprit.
Leur naturalisme inconscient leur fait croire qu’ils sont la source unique de l’ordre. De là au rationalisme positiviste, il n’y a qu’un pas ; au marxisme, deux pas, ce dernier mettant la source de toute réalité dans la pure action humaine… Je ne parle pas des confusions que cet esprit de parti (qui a pour origine l’orgueil au service du bien tandis que le marxisme est l’orgueil au service du mal) engendre entre l’ordre spéculatif et l’ordre pratique. Vous savez, vous, combien on a vite fait d’ériger en dogme ce qui n’est que norme d’action et ne relève que de la prudence. [...] « Ma, ou notre position est la seule ». On dogmatise – on exclut – on a vite fait de douter de la bonne foi des autres… Ces autres, bientôt, on les haïra…

   [...] Prenons un autre exemple caractéristique.
En fait, c’est dire la même chose sous un autre aspect.
A méconnaître (par défaut de voir les choses dans la lumière de la foi et des dons de science et d’intelligence) le surnaturel, ou, du moins, à le méconnaître pratiquement, dans leur action politique et sociale, les nationalistes se dépensent inutilement à répondre aux ennemis sur leur propre terrain.
Folie dont les conséquences sont fatales !
Que d’efforts, que de sacrifices pour la bonne cause !
Et, pour récolte, une série renouvelée d’échecs de plus en plus graves !
On s’arme de sa plume, on polémique, on se bat, on fait le coup de feu même et puis, que voit-on ? Les ennemis plus forts que la veille et les champions de la bonne cause découragés et divisés…

   Il faut le dire, on a perdu le sens du combat contre-révolutionnaire parce qu’on n’a plus le sens surnaturel, l’esprit surnaturel. On ne sait plus que s’il faut combattre, certes, c’est cependant « Dieu qui donne la victoire ». On néglige de prier sans discontinuer, selon la recommandation du Christ Lui-même. On oublie pratiquement que sans Dieu nous ne pouvons rien faire. Sans doute, la raison peut connaître quelques vérités, mais pas toutes, sans la grâce qui la fortifie et l’élève. Sans doute, la volonté peut faire des actes des vertus naturelles, mais pas pratiquer sans la grâce toutes les vertus et s’y maintenir.
[...] Alors, pas d’ordre social stable et durable sans Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire concrètement, sans la doctrine de Jésus-Christ éclairée dans la lumière de Jésus-Christ, sans la grâce et la charité de Jésus-Christ distribuées et produites par les moyens surnaturels, en particulier les sacrements. Et comme le péché (originel et actuel) est le grand obstacle à l’ordre divino-humain, pas d’ordre social sans la croix de Jésus-Christ, c’est-à-dire sans l’abnégation, la pauvreté, la contradiction.

   Voilà des années que Dieu nous donne la leçon des faits et nous ne voulons pas comprendre.
Notre naturalisme pratique échoue. Que faut-il de plus pour y renoncer une bonne fois ?
Allons-nous recommencer les mêmes erreurs suivies des mêmes châtiments ?
Allons-nous enfin comprendre, selon le mot du cardinal Pie, que Jésus-Christ n’est pas facultatif ?
Saurons-nous apprécier à sa juste valeur la cause que nous voulons servir ?
Saurons-nous voir l’ordre enchanteur du christianisme avec les yeux de la foi, dans la haute et nécessaire lumière du catholicisme formel ?

   [...] Les vrais hommes d’action sont des contemplatifs. Ils voient tout dans le Verbe de Dieu comme le Père voit toutes choses dans Son Verbe, Sa propre splendeur. Alors, ainsi élevés et fortifiés de cette lumière qui est vie (Jn. I, 1), ils découvrent mieux que les autres quels sont les moyens les plus efficaces et les plus sûrs (cf. Principe et fondement des Exercices de saint Ignace [1]) pour arriver au but.
Les vrais (il y en a de faux qui ne sont que des rêveurs séparés du réel, des idéalistes fumeux) contemplatifs sont les plus prudents. [...]

Note :
[1] Exercices spirituels de Saint Ignace, Principe et fondement, n° 23 : « Désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés ».

Sacré-Coeur Roi

2024-137. Nous avons lu et nous avons aimé : « Sainte Théodechilde, vierge, fille de Clovis, fondatrice du monastère de St-Pierre-le-Vif, à Sens… »

26 juin,
Fête de Sainte Théodechilde, Fille de France, vierge ;
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, martyres (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
10ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

   Parmi les ajouts au Martyrologe Romain propres à la France, nous trouvons la notice suivante en deuxième position après la mention de Saint Babolein, premier abbé de Saint-Maur-des-Fossés :

    »A Sens, Sainte Tendechilde, fille de Clovis 1er et de Sainte Clotilde, laquelle, ayant consacré à Dieu sa virginité, fonda un monastère de filles aux portes de cette ville ».

Sainte Théodechilde - blogue

       Sainte Théodechilde – appelée aussi Sainte Tendechilde, Sainte Teutechilde ou encore Sainte Téchilde – est la cinquième enfant et première fille née de l’union de Clovis 1er le Grand et de Sainte Clotilde.
Elle vint au monde selon toute vraisemblance en l’an 498, et, à partir de l’an 509, alors qu’elle avait déjà résolu – dans une maturité spirituelle précoce dont on a d’autres exemples dans la vie des saintes de l’Eglise catholique – de garder la virginité pour se donner au Christ comme unique époux. Soutenue par les libéralités du Roi son père, elle jeta les fondations du monastère dit de Saint-Pierre-le-Vif dans le faubourg est de la ville de Sens.

   Tandis que commençait la construction des bâtiments du monastère de Sens, Théodechilde alla visiter les terres auvergnates dont elle avait obtenu la propriété pour assurer des revenus à sa fondation : c’est à cette occasion que, à la suite d’une manifestation miraculeuse et d’une apparition de la très Sainte Vierge Marie, elle jeta les fondements du pèlerinage de Notre-Dame des Miracles, là où s’est développée depuis la ville qui est aujourd’hui Mauriac.
Lorsque les bâtiments du monastère de Sens furent achevés, Théodechilde y installa une communauté masculine, et patronna la fondation, à proximité, entre 515 et 520, d’un monastère de vierges dans lequel elle se retira, « persévérant dans la justice et la sainteté », ainsi que l’assure une ancienne chronique, qui ajoute :

   « Son cœur fut toujours une demeure digne de l’Esprit-Saint. Elle fut généreuse et large dans ses aumônes, assidue au jeûne, à l’abstinence, aux disciplines et aux oraisons. Elle servait le Seigneur avec une grande maturité et une grande tranquillité d’âme. Enfin, après qu’elle eût accompli le cours de cette vie, d’une manière digne de tout éloge, elle émigra de ce monde dans la paix du Christ pour aller vivre à jamais avec Lui ».

   Selon les anciens témoignages corroborés par plusieurs inscriptions lapidaires, son trépas advint un 28 juin, en la vigile de Saint Pierre, pour auquel elle avait toujours eu une grande dévotion, et vraisemblablement en l’année 560. Toutefois, en raison justement des célébrations de la vigile et de la fête du Prince des Apôtres, sa fête a été anticipée au 26 juin.

Vitrail de la basilique ND des Miracles à Mauriac

Vitrail de Sainte Théodechilde
dans l’actuelle basilique de Notre-Dame des Miracles, à Mauriac
(diocèse de Saint-Flour)

       L’ouvrage intitulé « Sainte Théodechilde, vierge, fille de Clovis, fondatrice du monastère de Saint-Pierre-le-Vif à Sens, et du pèlerinage de Notre-Dame des Miracles à Mauriac », a été publié à Aurillac en 1883 avec les approbations et recommandations de trois évêques, ainsi que de la Société archéologique de Sens, qui le récompensa. Il est le fruit de patients et très sérieux travaux de l’abbé Jean-Baptiste Chabau, aumônier du monastère de la Visitation d’Aurillac.
Signalons tout de suite au passage que cet ouvrage peut être lu en ligne (il a été numérisé par « Gallica » et on le trouve > ici), mais il peut également être acheté (nous sommes de ceux pour lesquels rien ne remplace les livres matériels, imprimés sur papier) en le commandant soit chez des bouquinistes soit en le faisant réimprimer grâce aux dispositions prévues par la BNF.

   Bien que publié en 1883, le livre de Monsieur l’abbé Chabau ne consiste pas en une biographie « naïvement hagiographique » sans aucun esprit critique : s’il fut homme de foi, et de grande foi, l’abbé Chabau, pour cet ouvrage, travailla aussi en authentique savant, recherchant toutes les sources anciennes auxquelles il était possible d’accéder (et on n’en a pas trouvé d’autres depuis !), qu’elles fussent écrites, orales, épigraphiques, ou autres.
C’est ce qui lui permit de publier cet ouvrage dont on peut dire qu’il fait autorité, toujours à l’heure actuelle, en éliminant par exemple les confusions – entretenues par les modernes – entre Sainte Théodechilde, vierge, fille de Clovis, et Théodechilde la jeune, sa nièce, reine par son mariage avec le roi des Warnes, fille de Thierry 1er, qui était le demi-frère de Sainte Théodechilde, puisqu’il était né de Clovis avant que ce dernier n’épousât Sainte Clotilde.
Au récit à proprement parler est adjoint une annexe volumineuse citant une impressionnante documentation historique, à laquelle l’abbé a aussi ajouté des textes liturgiques et les prières traditionnelles en l’honneur de Sainte Théodechilde.
Ainsi, toute l’argumentation de l’abbé Chabau apparaît véritablement irréfragable ; ses sources sont sérieuses, sans équivoque, et son raisonnement ne peut être pris en défaut : ce n’est donc pas sans raison que l’ouvrage fut chaleureusement salué et récompensé par la Société archéologique de Sens.

Basilique Notre-Dame des Miracles à Mauriac

Basilique romane de Notre-Dame des Miracles
à Mauriac, dans le diocèse de Saint-Flour
(carte postale du début de la seconde moitié du XXe siècle)

2024-135. De la Primauté de Pierre.

Lettre mensuelle aux membres et amis

de la

Confrérie Royale

- 25 juin 2024 -

La Primauté de Pierre

« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »*

Chers Amis,

       Que nous regardions la société, la politique ou même l’Église, nous pourrions avoir la tentation de penser que notre époque est la plus noire qui puisse être. Il nous faut pourtant savoir apprécier les petites perles d’espérance que le Seigneur nous accorde. L’une d’elle brille dans le bourbier politique des futures élections législatives : le projet de loi sur l’euthanasie est désormais repoussé aux calendes grecques. Même s’il reviendra probablement sur la table, nous avons gagné quelques temps de répit. De même, en bon péroniste qu’il est, le Souverain Pontife, tout en faisant le contraire avec James Martin, a dénoncé par deux fois les « tarlouzes » et la culture gay qui s’épanouissent dans les séminaires ou dans la Curie Romaine. Le Pape chéri des médias perd en côte de popularité en dénonçant les dérives qu’il n’est pas politiquement correct de dénoncer. Cherchons ces perles rares et sachons les apprécier, même si leur beauté est éphémère. N’oublions pas cette belle vertu théologale de l’Espérance qui est si souvent délaissée aujourd’hui en faveur d’un fatalisme pessimiste.

   Notre-Seigneur, dans le passage cité plus haut, nous donne un motif d’espérance : les portes de l’Enfer ne prévaudront jamais sur Son Église. Comment concilier ces paroles du Verbe et la situation actuelle de l’Église et de l’Office Pétrinien ? Quelle attitude adopter quand les actes du Souverain Pontife contredisent la Tradition et le Magistère de l’Église ? Entre ultramontanisme et sedevacantisme l’adage In medio stat virtus est, encore une fois, gage d’une sainte réflexion.

clefs de l'Eglise - vignette

L’ultramontanisme ou l’omnipotence papale

   La captation de nombreux pouvoirs temporels et spirituels par la papauté n’est pas une nouveauté contemporaine qui serait apparue au concile Vatican I [1]. La primauté papale divise déjà les Chrétiens depuis avant le Grand Schisme d’Orient [2]. Certains considèrent que le pape n’est qu’un évêque parmi d’autres avec seulement un honneur particulier conféré par le Patriarcat de Rome, siège du Prince des Apôtres, saint Pierre. La position catholique est que le pape, en tant que successeur de saint Pierre, l’est aussi bien sur le siège épiscopal de Rome que comme chef du collège épiscopal. Cela veut dire que le Pontife exerce « un pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel que [il] peut exercer librement [3] ». Ce pouvoir est dit ordinaire, car il est exercé habituellement et pas seulement dans des circonstances exceptionnelles ; suprême, car il n’y a pas d’instance au-dessus de l’évêque de Rome à laquelle avoir recours ; plénier, car il touche à tous les aspects de la vie de l’Église ; immédiat, car il le détient directement de Dieu lui-même ; universel car il s’exerce sur l’ensemble de l’Église et de ses membres ainsi que sur toutes les Églises particulières et leurs regroupements ; enfin il est libre dans la mesure où il est indépendant de toute autorité humaine, séculière ou religieuse.

   Certains vont interpréter cette définition en présentant le pape comme un « super-évêque » qui peut, tel un potentat séculier, décider de ce qui lui plaît. « Majesté, vos désirs sont des ordres ». Le pape pourrait donc faire ce qui bon lui semble, changer le catéchisme, l’interprétation de la Révélation selon ses propres interprétations subjectives. Une telle ligne de pensée est absurde : le pape, ainsi que les évêques, sont les gardiens de la Tradition, les Traditionis custodes. Malheureusement pour cette ligne de pensée, la Tradition est sa propre autorité : ce que l’Église fait sienne depuis des siècles unanimement et universellement est la vérité. La promulgation d’un nouveau dogme n’est pas une invention du pape mais un développement théologique déjà contenu dans la Révélation. Comme pour le dogme de l’Assomption, proclamé par Pie XII en 1950, se fonde sur une vérité étant présente dans la Sainte Écriture (même de manière obscure) partout, de tout temps et par tous. Le pape n’invente rien. Au contraire il affermi ses frères dans la foi.

   Quand un pape parle, ce qui sort de sa bouche n’est pas parole divine. Ce ne sont, souvent, que les paroles d’un homme pécheur comme les autres. Pourtant comment devons-nous prendre des paroles et des actes qui semblent être contraires à la Tradition catholique ? Devons-nous les accepter en invoquant l’obéissance comme justification à ce qui se passe ? La réponse est simple : Non.

   En effet l’obéissance n’est pas, contrairement à ce qui est souvent présenté, la vertu par excellence, elle est une fille de la justice à laquelle elle est soumise. Il est juste de se soumettre à la loi divine même si par obéissance on nous dit de faire le contraire. L’obéissance disparaît lorsque ce qui est demandé est contraire à la foi et aux mœurs. En justice il nous faut choisir les commandements de Dieu face aux demandes des hommes.

   Si nous poussons cette ligne de questionnement plus loin, nous arrivons à celle, cruciale, de ce qu’est l’autorité. Est-ce que l’autorité invente la réalité et la vérité ou doit-elle être à leur service ? Dit différemment : une loi positive est-elle vraie ontologiquement et doit-on toujours la suivre ? Ou bien est-elle subordonnée à des biens supérieurs ? Quand une l’autorité est abusée et commande des choses contre la loi divine ou naturelle, doit-on lui obéir ?

   Doit-on alors rejeter toute autorité si la personne qui l’exerce en abuse ?

Pierre-Etienne Monnot - statue de Saint Pierre - basilique du Latran

Le sedevacantisme : une solution ou un problème en plus ?

   Peut-on considérer que la mauvaise utilisation d’une autorité suffit à ce que cette autorité soit automatiquement enlevée à celui qui l’exerce ? Un mauvais pape – voire un pape hérétique – peut-il perdre la papauté si son enseignement contredit la doctrine et la Tradition de l’Église ?

   L’histoire nous montre que non. Durant sa longue histoire l’Église eût de mauvais, et même de très mauvais Pontifes, et pourtant les portes de l’Enfer n’ont pas prévalu contre elle. De même, tous les rois de France ne furent pas des saints et firent parfois des erreurs de gouvernement ou de jugement. Dans ces cas il faut, tel un roseau ou un chêne, attendre que l’orage passe, car il passera. Considérons que Dieu, dans Sa prévoyance éternelle, permet que nous vivions une telle crise politique et religieuse. Pourquoi laisse-t-Il faire ? Que devons-nous faire ?

   La réponse encore une fois est simple : poursuivre comme l’Église l’a toujours fait en suivant les pasteurs qui sont sains. Nous avons plusieurs exemples : les Cardinaux Sarah, Burke, Müller, Branmüller ou encore Monseigneur Schneider. Certes les voix sont peu nombreuses mais lorsque saint Athanase combattit l’arianisme, il était presque seul face aux hérétiques. Il ne faut pas perdre espoir et rejeter l’Église car sinon nous ne faisons que créer des problèmes encore plus nombreux qu’il serait impossible de régler et qui, finalement, seraient des indications que l’Église n’est plus.

   La Tradition est sa propre autorité. Ceux qui la suivent ne font que confirmer leurs frères dans la foi. Ceux qui la contredisent se condamnent eux-mêmes par leurs propres actes et paroles. Il est donc important d’être formé mais également de se lier, au moins moralement pour les fidèles et ecclésiastiquement (autant que cela est possible) pour les clercs, avec une autorité saine.

   Les exemples plus récents de Monseigneur Lebfevre ou encore de Dom Gérard Calvet montrent qu’il est parfois nécessaire de faire un pas en arrière afin de survivre avant que l’autorité, assainie au moins pour un temps, reconnaisse le bienfondé des actes de « désobéissance » matérielle.

   La media via est donc la communion avec l’autorité, même exercée d’une mauvaise manière, tout en « désobéissant » si elle demande des choses contraires à la foi et aux mœurs. Le plus important est de garder et de cultiver la vertu d’espérance. Nous pouvons, et devons, par charité, prier et faire des sacrifices pour tous les pasteurs ; pour leur courage ou leur conversion. Implorons le Très-Haut qu’Il daigne abréger cette crise et redonner à Son Épouse sa splendeur et sa sainteté visible dans ce monde qui en a tant besoin.

clefs de l'Eglise - vignette

   En guise de conclusion, nous pouvons méditer ces mots de Léon XIII :

   « À qui veut régénérer une société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines. La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d’où est née la société. Aussi, s’écarter de la fin, c’est aller à la mort ; y revenir, c’est reprendre vie [4] ».

   Voilà ce qui assainira l’Église : le retour à la Tradition car si nous somme coupée d’elle :

   « Nous voyons cette approche non seulement dans la théologie morale, mais aussi dans la liturgie. Des traditions sacrées qui ont bien servi l’Église pendant des centaines d’années sont maintenant présentées comme dangereuses. L’accent mis sur l’horizontal repousse le vertical, comme si Dieu était une expérience plutôt qu’une réalité ontologique [5] ».

   Soyons donc fort et pleins d’espérance pour aller de l’avant : Duc in altum !

+ G.     

* Mat. 16, 17-18.

[1] 1869 – suspendu sine die en 1870
[2] 1054

[3] CDC 1983, LII, I, 1, art. 1.
[4] Léon XIII, Encyclique Rerum novarum
[5] Conférence de SER card. Sarah donnée le 14 juin 2024 au NAPA Institute.

Vitrail Saint-Esprit Basilique Vaticane

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