Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2022-97. Le renouveau de la France passera par le retour des Lys.

Mercredi 21 septembre 2022,
Fête de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste (cf. > ici, et > ici) ;
230ème anniversaire de la proclamation, par dol et forfaiture, de la 1ère république (cf. > ici).

   La joie de la fête de l’apôtre Saint Matthieu – belle et grande fête d’un très grand et très admirable apôtre de Notre-Seigneur – est toutefois toujours un peu voilée de tristesse en raison de l’anniversaire historique attaché à cette date : le 21 septembre 1792, comme nous le rappelons ci-dessus (aller sur le lien proposé), au mépris de toute démocratie – dont elle prétend pourtant tirer sa force et sa « légitimité » – et des convictions plus que générales des Français, la Royauté française était déclarée abolie et la république proclamée…
Avec la république, la France allait s’enfoncer dans l’horreur et le chaos, la corruption et la barbarie, pour ensuite sombrer dans la dictature d’un petit caporal bouffi d’orgueil !

   A l’occasion de ce deux-cent-trentième anniversaire cependant, en guise de remède au « spleen » politique et d’antidote à la désespérance, nous avons un réel plaisir à vous proposer la lecture d’un texte paru au mois de juin dernier dans la revue publiée par le Cercle royal des enfants de France : ce sont les réponses données par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX aux questions posées par l’un des responsables du Cercle sus-nommé.
Voilà donc de quoi réfléchir, avec l’occasion de se dire que nous pouvons avoir la certitude que la « gueuse » périra de ce qui l’a fait naître  : le mensonge et la forfaiture, le crime et le terrorisme, la corruption et la barbarie, l’abrutissement et le sacrilège…
Les paroles fortes et sereines de l’Aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV, nous invitent à agir, à être « missionnaires » de la Légitimité, à saisir toutes les occasions et à être les acteurs d’une véritable restauration royale.

PS : Nous nous autorisons à reproduire en caractères gras les phrases qui nous semblent les plus importantes de cet entretien.

Couverture de la revue du cercle royal des enfants de France - juin 2022

Couverture de la revue de juin 2022 publiée par le Cercle Royal des Enfants de France
dans lequel est paru l’entretien reproduit ci-dessous

frise fleurs de lys

1. Que pensez-vous de l’avenir de la France avec la réélection de Emmanuel Macron en tant que président ?

   Je ne polémique pas avec l’actuel président de la république qui comme tous ses prédécesseurs passera…
Je suis plus intéressé par l’avenir de la France qui, elle, a vocation de durer. Je dois dire que je suis inquiet de ce qui se passe depuis des décennies dans la terre des Lys.
Comme nous le montre l’histoire, la France a été une terre de progrès, de culture, de civilisation ; un pays non seulement prospère et puissant mais, encore plus, regardé par de nombreux autres comme un modèle.
Pourtant, actuellement, nous voyons l’œuvre des siècles détruite. Pour une large part c’est le fait d’institutions inadaptées car elles ne permettent aux meilleurs de donner toute leur puissance au service de la collectivité. Où sont les Colbert, les Sully, les Michel de l’Hospital ? Pareillement elles appauvrissent des populations toujours plus nombreuses. La France a progressivement été déclassée, ce qui a des conséquences sur sa souveraineté et son moral. Or c’est contre cet esprit d’abandon qu’il faut réagir et, malheureusement les gouvernements actuels sont incapables de le faire puisque les institutions ne sont plus à même de répondre aux besoins. Bâties sur des idées fausses, minées par le scepticisme et le relativisme elles ne peuvent répondre aux interrogations du monde d’aujourd’hui. D’ailleurs depuis des décennies les gouvernements ont promis des réformes mais ils n’ont rien fait car c’est le système qui est mauvais.

2. Que pensez-vous de l’Union Européenne, trouvez-vous qu’elle remplit son rôle, ou va-t-elle trop loin ?

   Vous faites bien de poser la question en termes d’Union Européenne car c’est là où le bât blesse.
Un Capétien ne peut être que pour l’Europe, qui a été le creuset de la civilisation occidentale, à laquelle le monde entier doit tant. L’Europe a toujours eu le souci de transmettre sur les cinq continents ses valeurs inspirées par sa foi chrétienne et l’héritage gréco-romain.
Qu’a-t-telle à transmettre actuellement si ce n’est des idéologies délétères ? Avec l’Union européenne ce qui était un projet de civilisation rayonnant sur le monde, est devenu un mauvais modèle économique et financier technocratique menant à une mondialisation dangereuse puisqu’ordonnée à rien d’autres que l’esprit de profits à court terme.
Afin que l’Europe puisse de nouveau être un modèle et non un pion plus ou moins malmené dans un concert des nations toujours plus instable et dangereux, la France doit reprendre conscience de sa vocation d’éducatrice des nations.

3. Avez-vous l’impression que les Français désirent un roi ?

   Cela ne peut-être une question d’impression.
Le Roi sous-entend une volonté de partager un destin commun, un grand dessein dans lequel tous se retrouvent, heureuse alchimie entre les désirs individuels et la volonté de garantir ce que les anciens appelaient la chose publique. Les Français n’ont jamais totalement oublié le roi. Les dix siècles de royauté demeurent comme une sorte d’âge d’or auquel ils peuvent se référer ne serait-ce qu’en matière de patrimoine. Ce qui est « royal » par nature est « beau et glorieux ».
Sur un autre plan voyez aussi combien les Français regardent avec envie vers les princes étrangers que ce soit les Windsor ou les Grimaldi. Plus de Français ont suivi le Jubilé des 70 ans de règne de la Reine Elisabeth II que la cérémonie du second quinquennat de M. Macron.
Mais d’un certain sentiment en faveur de la royauté il conviendrait de passer à une volonté.

4. Avez-vous une impression que la civilisation européenne sombre dans un déclin profond à un point où toutes les valeurs qui l’ont bâtie ont été oubliées ? Quelle serait votre alternative face à ce déclin ?

   Comment ne pas voir qu’il y a un certain déclin européen ?
Il y a des causes extérieures, par exemple la poussée des pays émergents qui sont de nouveaux concurrents notamment économiques ; mais encore plus il y a des causes morales, une sorte de démission née d’une perte de confiance.

L’Europe rejette ses racines historiques, religieuses et civilisationnelles, comme si elle avait honte d’elle-même et de ce qu’elle a réussi par le passé et qui a fait sa grandeur. Elle semble oublier qu’elle a été le lieu de tous les progrès tant matériels que culturels. Elle a été l’espace où ont pu s’épanouir tous les arts. L’Europe peut être fière d’elle -même.
Quand elle abandonne sa mission, le monde retrouve les désordres : l’esclavage renait, comme la piraterie et tous les trafics ; les obscurantismes de tous ordres s’épanouissent, et donc l’insécurité pour tous.
Les périls extérieurs sont autant le fruit des démissions internes que des volontés hégémoniques de nos ennemis.
Quand la France et l’Europe montraient leur puissance et leur détermination elles n’ont pas été attaquées. C’est une des leçons que Louis XIV donnait au Dauphin. Elle n’a pas perdu de son actualité.

   Pour stopper le déclin il faut que l’Europe retrouve confiance en elle et revienne a plus de sens du réel, c’est-à-dire tire un trait sur les fausses idées et les idéologies. Les dernières crises, économiques, sociales et sanitaires, montrent nos fragilités en des domaines toujours plus larges et pourtant vitaux pour notre pays. Cette dépendance accompagne le déclin. Il faut en tirer les conséquences et savoir renouer avec une action politique réaliste permettant de retrouver les voies de la croissance et du développement équilibré.

5. Que pensez-vous de la place de la jeunesse dans le royalisme actuel ? Les encouragez-vous à poursuivre des actions tel que ce journal, du militantisme (collage d’affiche…) ou d’autres actions ?

   Les jeunes sont toujours l’avenir. Cela est vrai pour les familles comme pour les Etats. Cela est vrai aussi, bien évidemment, pour le royalisme. Que serait-il s’il n’était que prôné par les anciens ? Tout au plus une nostalgie pour un monde révolu du passé.
Or le royalisme, comme cela l’a toujours été du temps des Rois de France, doit être avant tout vision d’avenir, d’espoir pour demain. Chaque règne nouveau apportait un peu plus au royaume. Dans les premiers siècles, assurer l’essor territorial ; ensuite créer des structures politiques et administratives performantes avec une fonction publique dévouée au service de l’Etat, enfin assumer et garantir la souveraineté.
Actuellement la société est si malade que sa renaissance incite à revenir aux formes qui ont fait leur preuve et non aux utopies.
Je ne peux qu’encourager les jeunes, à la fois dans leur activité d’approfondissement des connaissances pour pouvoir défendre leurs idées, et de militantisme, car les jeunes ont besoin d’action. Ainsi je soutiens les jeunes qui s’engagent dans les actions diverses pour contribuer au bien commun.

6. Certains jeunes ne comprennent pas pourquoi vous n’habitez pas en France ? Est-ce une question de principe ? ou pratique ? Pouvez-vous nous en parler ?

   Il n’y a aucune raison de ne pas en parler.
Je vis avec ma famille à Madrid. Même si les chefs des maisons ayant régné sur la France ne sont plus astreints à l’exil, comme ce fut le cas jusqu’au milieu des années 1950, il me semble qu’actuellement, je suis plus libre en étant hors des frontières. Cela me permet de n’être le jeu d’aucune pression et d’avoir le recul nécessaire sur les grandes interrogations de la société comme le déclassement qui atteint une part toujours plus grande de la population.
N’oublions pas que la France, en ce début du XXIème siècle, voit le nombre de ses pauvres augmenter. Des territoires entiers sont déclarés par les autorités elles-mêmes comme des zones de non droit ; pendant que d’autres territoires, dits périphériques, se trouvent abandonnés par les services publics les plus élémentaires ; quant à des pans entiers de ce qui était encore il y a peu le fleuron de la France, l’éducation, la justice, le système de santé, se voient peu à peu empêchés de bien remplir leur mission. L’Armée tient encore par le souci d’abnégations de tous, mais pour combien de temps ?
Ce sont sur ces problèmes structurels beaucoup plus que conjoncturels qu’il appartient d’avoir des réponses et donc d’avoir du recul.
Je sais, qu’heureusement, nombreux sont ceux qui commencent à y réfléchir et je ne peux que les encourager…
D’autre part, s’il faut vous rassurer sur le quotidien, je viens fréquemment en France. Je souligne que les distances sont abolies, et, même hors des frontières, je ne me sens pas loin de la France et des Français dont je ne suis séparé que par une heure et demie d’avion. Les liaisons sont permanentes avec mes collaborateurs, et aussi avec l’information par le biais des réseaux sociaux.

7. Quelle forme aurait la Monarchie future ?

   Elle ne pourrait avoir que la forme de son temps comme ce fut toujours le cas. Du Xème au XIXème siècle la royauté a connu des formes diverses. Celle de Saint Louis n’est pas celle de Louis XIV, celle de François 1er la même que celle d’Henri IV.
Il en serait de même aujourd’hui ou demain.
La monarchie restaurée dans un souci de bien commun retrouvé devra assurer leur place aux corps intermédiaires pour une bonne représentativité de tous. C’est sur ce point que notre régime malgré son emploi permanent du mot démocratie, n’assume plus ses devoirs, d’où la crise sociale permanente du fait de tous ceux qui se trouvent exclus. C’est de cela que le taux d’abstention à toutes les élections témoigne.
La royauté nous a appris que la société doit être un corps social vivant dans lequel chacun est à sa place, du plus humble jusqu’au Roi, qui est sa clef de voûte. C’est vers cela qu’il faut tendre en redonnant leur place à tous les corps intermédiaires, le premier étant bien évidemment la famille.

8. Voulez-vous rajouter un point important que nous n’aurions pas abordé ?

    Ne perdez pas espoir et gardez à l’esprit que c’est par l’engagement de tous que la France trouvera la voie de son renouveau.

9. Que voulez-vous dire aux jeunes qui vont vous lire ?

   L’avenir est entre leurs mains. Ils doivent apprendre et travailler en ce sens de manière ensuite à remplir leur devoir d’Etat visant au bien commun de tous, et à leur épanouissement personnel et familial.
Il faut qu’ils gardent espoir pour le renouveau de la France qui passera par le retour des Lys et qu’ils s’engagent, chacun à leur place, dans cette voie du renouveau.

Source > ici

Grandes armes de France

2022-96. Pour bien commencer la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Michel Archange.

20 septembre,
Fête de Saint Eustache et de ses compagnons, martyrs ;
Vigile de Saint Matthieu ;
Anniversaire de la prise de Rome par les Piémontais en 1870 (cf. > ici) ;
Premier jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Michel (cf. > ici).

   Afin de mieux entrer dans la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Michel, nous vous proposons de lire, relire et méditer ce beau texte de Monsieur l’Abbé Gabriel Eyquin, membre zélé de la Confrérie Royale, qui l’avait rédigé en guise de lettre mensuelle pour le 25 septembre 2018.

Archange Saint Michel

Saint Michel et le Royaume des Lys :

   Dans quelques jours nous célébrerons la fête de saint Michel et de tous les saints Anges, dont il est le Chef ou Archange.

Deuxième Séraphin à la création des Anges, il en devint le premier à la révolte de Lucifer, dont l’orgueilleuse rébellion suscita chez lui ce cri d’indignation : « Qui est comme Dieu », en hébreu Mi kha el ? Qui prétend s’égaler à Dieu ?

Premier Ange, il est le « grand Prince », comme l’appelle le saint prophète Daniel, le « Prince de la Milice des Anges », dit un répons de la liturgie, le Chevalier des droits de Dieu, et le principal ennemi du diable, selon saint Bruno. Son rôle dans l’histoire du salut et dans celle de l’Eglise est incommensurable (très souvent mentionné dans la Sainte Ecriture sans être nommé, selon les Pères).

Il fut le « Prince d’Israël », selon saint Daniel, l’Ange gardien du Peuple élu de l’Ancien Testament. Premier des Anges, seul il pouvait être désigné par Dieu comme l’Ange gardien de l’Humanité de Jésus, « afin, dit le Psaume XC du saint Roi David, de le garder en toutes ses Voies ». Il devint logiquement dans le Nouveau Testament l’Ange gardien de la Sainte Eglise, nouvel Israël, d’après saint Chrysostome. Il convenait qu’il devînt l’Ange gardien de la France, qui est la nouvelle « tribu de Juda », selon le Pape Grégoire IX ; et il vint préparer sa mission en consacrant avec les saints Anges la cathédrale Notre-Dame du Puy, future protectrice du Royaume, le 11 juillet 225.

Le Puy-en-Velay

Le Puy-en-Velay : la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation est aussi appelée « chambre angélique »
parce qu’elle fut consacrée par le ministère des saints anges le 11 juillet 225.

I. Le Patron du Royaume.

   Aux aurores du Royaume saint Michel apparut au saint Roi Clovis 1er le Grand à la bataille de Tolbiac en 496 pour répondre à son appel au secours au « Dieu de Clothilde », il lui prédit la victoire en vertu de la Croix et réduisit l’armée ennemie à la merci de Clovis.
Après la bataille Clovis, par reconnaissance (grande vertu royale envers Dieu), lui consacra sa personne et son Royaume. C’est donc chronologiquement le premier saint Patron de la France, il est « le Patron et Prince de l’empire des Gaules », selon les termes de saint Charlemagne.

   Saint Michel compléta son intervention en servant de ministre au Saint-Esprit pour apporter, sous la forme d’une Colombe (qui manifestait la troisième Personne de la Très-Sainte Trinité comme au Baptême du Sauveur), la Sainte Ampoule au sacre de Clovis à la Noël 496 à Rheims, comme le dit une antienne du sacre du Roi de France : « par le ministère d’un Ange ».
Et tous les Rois des trois Races tinrent saint Michel en grand honneur ; saint Charlemagne le mit sur son étendard et fit de sa fête du 29 septembre une fête d’obligation en 813 (jusqu’au concordat de 1801 !).

St  Michel au péril de la mer

II. Le bastion de Saint Michel.

   Pour rendre sa protection perpétuellement visible, saint Michel apparut le 16 octobre 708 à saint Aubert, évêque d’Avranches, pour lui demander « que l’on bâtît une église sous son patronage au sommet du mont Tombe », dit l’office du 16 octobre. Pour vaincre les doutes de l’évêque, à la troisième apparition il lui pressa le crâne avec son doigt sur le côté gauche et y fit un trou, ce qui convainquit l’évêque et son chapitre de la réalité de l’apparition, comme on peut encore le voir sur le crâne du saint en l’église des Saints Gervais et Protais d’Avranches.
L’Archange prenait matériellement possession du Royaume en y plaçant son Trône terrestre.

   Averti, le Roi Childebert III le juste « voulut s’y rendre en pèlerinage », selon le même office, suivi au cours des siècles par nombre de ses successeurs. Le mont Saint-Michel-au-Péril-de-la-Mer, dont l’église primitive (toujours subsistante sous l’actuelle) fut consacrée par Notre-Seigneur Lui-même en présence de saint Michel le 16 octobre 709, est, aux confins de la Normandie et de la Bretagne, face aux tempêtes de l’océan (figure des tempêtes du monde et des démons), le bastion du Prince des Anges face au prince de ce monde pour la protection du Royaume, et l’un des pèlerinages les plus fréquentés de la France et de la Chrétienté : « Immensi tremor oceani » (la terreur de l’immense océan), selon la devise de l’ordre de Saint-Michel.

III. La protection du Royaume.

   Dans l’une de ces plus graves tempêtes, alors que la moitié du pays était envahie, le Mont soutint vaillamment un siège de trente-cinq ans (1415-1450), malgré l’abbé, passé à l’ennemi, mais grâce à ses moines, à sa petite garnison et à ses habitants, restés fidèles à saint Michel, car, « tant que dura la monarchie, dit dom Guéranger, l’Archange ne souffrit pas qu’une autre bannière que celle du Roi Très-Chrétien flottât jamais près de la sienne sur ses remparts » (comme au Puy fit Notre-Dame).

   L’Archange apparut alors en 1425 à une vierge de treize ans, sainte Jehanne d’Arc, à Domremy, en Barrois mouvant, et peu à peu il lui « raconta la pitié du Royaume de France et comment elle devait aller au secours du Roi ».
Lui-même avait reçu mission de la Reine du Puy pour son jubilé de 1429, et il envoya la jeune Pucelle délivrer la ville d’Orléans le 8 mai (en la fête de son apparition au mont Gargan), puis mener sacrer le Roi Charles VII le Victorieux à Rheims le 17 juillet (pendant l’octave de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame du Puy par saint Michel et les saints Anges).
La sainte avait envoyé sa mère et les soldats de son escorte gagner le jubilé anicien à sa place et prier l’Archange en l’abbatiale Saint-Michel d’Aiguilhe (consacrée sur son mont le 18 juillet 961) pour le succès de sa mission. Elle-même plaça saint Michel et saint Gabriel sur son étendard. Et à son martyre saint Michel vint prendre sa belle âme.

Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe

Chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe (Le Puy-en-Velay)

   En reconnaissance (vertu royale envers Dieu), le Roi Louis XI le Prudent fonda le 1er août 1469 l’ « Ordre et aimable Compagnie de Monsieur saint Michel » en « commémoration et honneur de Monsieur saint Michel Archange, premier Chevalier ».
C’est le plus ancien ordre royal actuellement subsistant, et pour ce motif son collier se trouve au plus près de l’écu royal.
Monseigneur le Duc d’Anjou, Chef et Souverain Grand-Maître, et trois chevaliers (dont deux des Ordres du Roi) continuent cette tradition des vertus chevaleresques à l’image du grand Archange et de la fidélité royale sous la protection de l’Ange gardien du Royaume.

IV. La fidélité de saint Michel.

   Pendant les périls des guerres de Religion, lors du sacre du Roi Henri IV le Grand à Chartres le 27 février 1594, un jeune enfant vêtu de blanc et resplendissant de lumière demeura auprès du Roi pendant toute la cérémonie comme sainte Jehanne d’Arc au sacre de Charles VII, puis disparut, et l’on pensa que c’était saint Michel (qui avait laissé une trace de pied d’enfant au mont Gargan) : l’Archange était donc toujours fidèle pour protéger le Royaume et « sauver le Roi » (selon le Psaume XIX de saint David).
Pensons à prier saint Michel pour le salut du Roi et du Royaume.

Statue d'argent de Saint Michel dans l'église paroissiale du Mont-Saint-Michel

Statue de Sainte Michel, recouverte d’argent,
sur l’autel de l’archiconfrérie dans l’église paroissiale du Mont-Saint-Michel

   Pendant les périls de la Fronde, la Reine Mère Anne d’Autriche, au nom de son fils le Roi Louis XIV le Grand, se tourna vers l’Ange gardien du Royaume et décida en 1652 de consacrer le premier mardi de chaque mois (on honore chaque mardi les saints Anges depuis saint Alcuin au VIIIème siècle) à saint Michel, et d’y faire célébrer une messe en son honneur pour la protection du Royaume, selon la grande tradition royale de la dévotion à saint Michel (cf. > ici).
Nous pourrions faire célébrer cette messe mensuelle en l’honneur de saint Michel pour le Roi et pour le Royaume.

   Saint Michel apparut en 1751 à la bienheureuse Antoinette d’Astonac, carmélite portugaise (dans un pays capétien), pour lui demander de répandre le chapelet de saint Michel et des neuf chœurs des Anges : quatre Pater en l’honneur de saint Michel, de saint Gabriel, de saint Rapahël et de notre Ange gardien, puis trois Pater et trois Ave en l’honneur de chacun des neuf chœurs des Anges suivis à chaque fois d’une salutation au chœur concerné.
Ce pourrait être une de nos dévotions chaque premier mardi du mois auprès du Chef et des membres de la Milice angélique (munie d’indulgences par le bienheureux Pape Pie IX) pour le Roi et pour le Royaume.

   En 1758 les neuf évêques de Bretagne (comme les neuf chœurs des Anges) instituèrent à la date du 5 janvier, veille de la fête de la Royauté de Jésus-Christ et des saints Rois Mages, une fête en « l’honneur des saints Anges gardiens du Roi et du Royaume », ce dernier étant saint Michel.
Même hors de Bretagne ce pourrait être une grande fête en l’honneur de saint Michel et du saint Ange gardien de Louis XX (certainement un grand Ange pour le Roi Très-Chrétien).

Statue de l'archange au sommet de la flèche du Mont Saint-Michel

Statue de l’Archange au sommet de la flèche de l’église abbatiale du Mont Saint-Michel

   Pendant la première Guerre Mondiale Paris fut épargné grâce à un vœu de son archevêque à saint Michel, ce pour quoi il construisit une nouvelle église à saint Michel aux Batignolles. Et l’Archange manifesta encore sa fidèle protection du pays en arrêtant la seconde Guerre Mondiale le 8 mai 1945, en sa fête.
Pensons à célébrer les fêtes du saint Ange gardien du Royaume (8 mai : Apparition au mont Gargan en 490 ; 29 décembre : Dédicace du mont Gargan par saint Michel en 493 et fête principale de l’Ordre de Saint-Michel ; 16 octobre : Apparition en 708 et Dédicace par le Sauveur en 709 du mont Tombe ; et 5 janvier : fête du saint Ange gardien du Royaume).
Rappelons-nous que dans les graves périls et tempêtes actuelles c’est saint Michel, Chevalier du Cœur immaculé de Marie et de la Reine du Puy, qui donnera la victoire ; et qu’il nous dit, selon la poésie de sainte Thérèse de Lisieux :

« Je suis Michel, le gardien de la France,
Grand général au royaume des cieux ».

Soixante-deux villes et villages de France, sans compter les hameaux (et combien de sanctuaires et de chapelles d’églises !) lui sont consacrés.

Rappelons-nous qu’ « il est spécialement chargé par le Seigneur de nous assister au moment de la mort », selon saint Alphonse, et qu’il est invoqué dans la prière de la recommandation des mourants. Il « vient, dit saint Thomas, au secours des chrétiens, non seulement à l’heure terrible de la mort, mais au jugement particulier », et « Dieu lui a donné, dit saint Bonaventure, de faire pencher la balance en faveur de ses dévoués serviteurs » : « Prévôt du paradis », selon une antienne, il « introduit les âmes dans la sainte lumière » du ciel, selon la messe des Défunts.
Puisse-t-il en être ainsi de notre Roi, de notre Reine, de nos petits Princes et Princesse, du plus grand nombre de Français, et de nous-mêmes.
Ainsi soit-il.

+ Abbé Gabriel Eyquin.

Prières à Saint Michel que l’on trouvera dans les pages de ce blogue :

- Neuvaine du 20 au 28 septembre pour préparer la fête de Saint Michel > ici ;
- Prières pour demander l’assistance de Saint Michel > ici ;
- Prières et litanies en l’honneur de Saint Michel > ici ;
- Prière pour solliciter le secours de l’archistratège Saint Michel > ici ;
- Consécration de la France à Saint Michel > ici ;
- Prière de la Vénérable Thérèse de Saint Augustin (Madame Louise de France) pour la conservation du Royaume > ici.

Combat de St Michel et des anges.

2022-92. Soyons des Mousquetaires spirituels !

Mercredi 24 août 2022,
139ème anniversaire de la sainte mort de Henri V, « Comte de Chambord ».

Domine salvum fac Regem - fresque au dessus de l'orgue de la chapelle royale à Versailles

« Domine, salvum fac Regem ! »
au-dessus de l’orgue à la voûte de l’abside de la Chapelle Royale de Versailles

Blason de la Confrérie Royale

2015 – 25 août – 2022

septième anniversaire de la fondation
de la
Confrérie Royale

Bien chers membres et amis de la Confrérie Royale,

   Ce 25 août 2022 marque donc le septième anniversaire de la fondation de notre si chère Confrérie Royale : l’usage associe au septième anniversaire des personnes l’expression d’ « âge de raison », et j’espère qu’il en est bien ainsi pour cette Confrérie dont les membres s’engagent solennellement, et certains par un vœu – ce qui est loin d’être anodin – à prier quotidiennement, et plusieurs fois par jour, pour notre Roi légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

   Qu’il me soit permis, en ma qualité de cofondateur de la Confrérie (mais ce titre de « cofondateur » n’est pas un motif d’orgueil, car nous avons bien conscience que nous avons été mus et poussés par une inspiration et une détermination qui ne sont pas de notre fait, mais nous poussent à n’être toujours davantage que d’humbles et dociles instruments entre les mains de la divine Providence), de vous renvoyer à l’annonce que j’en avais faite dans le modeste « Blogue du Mesnil-Marie » le 25 août 2015, et de vous inviter avec une certaine insistance à relire la présentation de Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin qui y était publiée et qui a marqué le commencement de cette aventure (voir > ici).
   Il est important que nous revenions souvent aux fondamentaux de ce qui nous anime et que nous en ravivions la ferveur et l’enthousiasme des débuts !
   Il est important que nous nous efforcions de lutter, de toutes les manières possibles, contre les habitudes qui ont tendance à se transformer en ronronnements affadis et en routines mortifères !
   Il ne serait pas superflu qu’à l’occasion de ce septième anniversaire de notre fondation, chacun des membres de la Confrérie, dans son cœur, en présence de Dieu Trois Fois Saint, en présence de notre très douce Mère et Reine – Notre-Dame de l’Assomption -, et en présence des Saints protecteurs de la France, renouvelle son engagement, et prie pour qu’en lui le sel ne s’affadisse pas, afin de ne pas mériter d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les passants (cf. Matth. V, 13).

   Je reviens maintenant sur le mot principal qui se trouve dans l’expressions « âge de raison » : notre attachement à la Monarchie capétienne traditionnelle de droit divin, et à Celui qui aujourd’hui en incarne les Principes, c’est-à-dire l’Aîné des Capétiens, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, n’est pas un attachement de sensiblerie ni de sentiment ; il est fondé dans des faits solides, attestés par l’histoire la plus certaine, et dans une logique rationnelle imparable qui découle de ces événements, qui ne sont pas de fumeuses légendes.

   Quels sont ces événements ?
-         C’est la fondation de la Royauté franque indissociablement unie à la foi catholique romaine, en la personne de Clovis, entouré de saints et de circonstances où il est impossible de ne pas voir le doigt de Dieu : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, la miraculeuse victoire de Tolbiac et le don surnaturel du Chrême céleste apporté par une colombe qui n’était pas de la terre, pour ne citer que les principaux.
-         C’est la manière dont Dieu a suscité tout au long de l’histoire des deux premières races de nos Rois, des nuées de saints, dont la prière et les sacrifices ont, malgré les infidélités et les péchés malheureusement liés à nos vies humaines grevées par l’héritage d’Adam, enraciné en profondeur la foi chrétienne et sa pratique assidue dans ce Royaume des Lys.
-         C’est enfin l’aboutissement et la plénitude apportées par les Capétiens qui ont fait de la Royauté franque la plus achevée, la plus équilibrée, la plus sage et la plus rayonnante de toutes les monarchies, montrée en exemple et soutenue par les exhortations des plus grands hommes de Dieu.
-         C’est la geste johannique qui vint, en un temps de crise et de désarroi profond, faire briller au sommet du firmament les principes de la Légitimité, leur conférant un éclat incomparable pour la suite des siècles !
-         C’est aussi, a contrario, l’acharnement de tout ce qu’il y a d’impie et de révolté contre l’ordre divin pour détruire cette Monarchie capétienne de droit divin dont la fondation n’appartient pas aux hommes mais à Dieu : la révolution, par ses principes, par ses hommes, par ses actes, et par ce qu’elle a mis en œuvre depuis la fin du XVIIIème siècle et jusqu’à ces jours que nous vivons, prouve de manière évidente combien cette Royauté qu’elle abhorre est de Dieu ! Car ce que la révolution a combattu, en 1789 et en 1830, et depuis à travers toutes les institutions républicaines, ce ne sont pas les imperfections inhérentes à toute société terrestre, mais bien ce que la Monarchie traditionnelle de droit divin avait de plus pur et de plus saint, pour y substituer les faux principes de l’ange révolté et de ses suppôts !

   Les légitimistes d’aujourd’hui ne sont pas des irréalistes perdus dans d’évanescentes rêveries, ne sont pas d’inconsistants nostalgiques des perruques poudrées et des chaises à porteurs, ne sont pas d’inconséquents déconnectés du monde où la Providence a permis qu’ils naquissent : leurs convictions sont enracinées dans ce qu’il y a de plus raisonnable au regard de l’histoire et du plan de Dieu, leur action est ce qui est aujourd’hui de plus conforme à la raison quand on veut bien se donner la peine d’être pleinement cohérent.

   Puisse la lumière immarcescible de cette raison divine et royale non seulement habiter en nous, mais rayonner à travers nous, par notre vie de cohérence totale avec les principes de la Royauté traditionnelle auxquels nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit !

   Nous sommes indubitablement à une heure grave, très grave, pour la France, pour l’Eglise, pour l’humanité tout entière.
C’est l’heure de la puissance des ténèbres.
C’est l’heure où les forces du mal sont coalisées dans un assaut peut-être jamais vu encore dans l’histoire humaine pour achever le triomphe de la révolution.
C’est l’heure où ceux qui veulent être du côté de Dieu et de Sa loi, du côté de Ses desseins de salut, du côté de Ses projets miséricordieusement grandioses sur la France à travers l’institution et la conservation de sa Royauté sacrée, ne doivent pas s’assoupir, mais redoubler de générosité et de zèle, redoubler de ferveur et de don d’eux-mêmes, redoubler de vigilance et d’ardeur au combat !

   Il se trouve que cette année 2022 est aussi celle du quatrième centenaire de la création, par SM le Roi Louis XIII, de la Compagnie des Mousquetaires du Roi.
Je ne vais pas entreprendre ici une histoire, même résumée, de ce que fut ce corps d’élite. Nous essaierons toutefois de nous extraire des fantaisies romanesques par lesquelles le génial Alexandre Dumas a conféré une aura légendaire à ces soldats, en prenant malheureusement des libertés coupables avec l’histoire, pour nous attacher à la réalité :

-         Les Mousquetaires étaient un corps d’élite : nous devons aspirer à l’être nous aussi !
-         Les Mousquetaires étaient prioritairement au service de la Personne auguste du Souverain : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires étaient réputés pour leur intrépidité, leur vaillance, leur courage : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires ne se ménageaient pas : nous ne le devons pas non plus !
-         Les Mousquetaires se sont distingués en de nombreuses batailles : distinguons-nous aujourd’hui dans les batailles qu’il faut soutenir pour Dieu et pour le Roi !
-         Les Mousquetaires étaient des hommes au mérite reconnu : que nos exemples de fidélité et d’exactitude dans l’accomplissement de nos devoirs de bons et authentiques catholiques, et de loyaux sujets de Sa Majesté soient notre meilleure recommandation !

   Oui, chers membres de la Confrérie Royale, soyons aujourd’hui, et chaque jour, ces Mousquetaires spirituels qui luttent par la prière, la pratique fervente des sacrements et l’usage assidu des sacramentaux que la Sainte Eglise met à notre disposition, et qui tiennent à distance de la Personne aimée de notre Souverain légitime, tout ce qui cherche à Lui nuire et à entraver Son action.

Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum !
Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

   Je vous souhaite à tous un joyeux et saint anniversaire, puisque nous sommes les membres du corps spirituel de la Confrérie Royale,

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Mousquetaires du Roi

2022-91. « Pour moi, héritier de la longue lignée des Rois de France c’est un devoir d’encourager ceux qui défendent l’histoire, la tradition, la vérité et les valeurs qui sont les leurs… »

Dimanche 21 août 2022,
Onzième dimanche après la Pentecôte ;
Mémoire de Sainte Jeanne-Françoise de Chantal.

frise lys

   Depuis 2019 (cf. > ici et > ici) s’est formé un Comité du souvenir des victimes de la révolution en Midi toulousain qui organise désormais tous les ans une journée commémorative, à Montréjeau, lieu d’une bataille qui marqua la fin de l’insurrection royaliste dans le sud-ouest et fut l’occasion du massacre de plusieurs milliers de royalistes et catholiques.
A l’occasion de cette quatrième journée commémorative, qui a eu lieu hier, samedi 20 août 2022, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a adressé un message aux participants dont la teneur, au-delà des organisateurs de la journée commémor
ative de Montréjeau, constitue un chaleureux encouragement à tous ceux qui œuvrent pour rétablir la vérité historique sur la grande révolution, à tous ceux qui résistent à l’esprit de la révolution toujours à l’œuvre de nos jours dans l’institution républicaine, à tous les défenseurs de la tradition catholique et française…

Louis XX

Chers Amis,

   1799-2022, les années n’estompent pas le souvenir du massacre de Montréjeau qui a vu l’assassinat de milliers de braves animés par leur volonté de préserver leur terre et au-delà de sauver leur pays de la folie révolutionnaire. Vos aïeux avaient vu juste. Ils avaient compris que si la France rompait avec sa tradition, rompait avec ses institutions, rompait avec sa foi, une période de troubles et de malheurs pour tous s’en suivrait. 

   Plus de deux siècles après, force est de constater que les ravages causés par la Révolution française sont immenses. La société est ébranlée au plus profond d’elle-même puisque nombre de ses repères ont été peu à peu remis en cause. La France a souvent du mal à se reconnaître dans l’image que certains véhiculent d’elle, car, et peut-être est-ce là le plus grand crime de la Révolution, elle a été forcée de rompre avec son histoire et sa mémoire ; forcée d’oublier se grandeur et sa gloire au risque d’être fragilisée face à ses ennemis ! Les évènements de Montréjeau, en 1799, en sont la preuve puisque durant des dizaines d’années ce massacre a été occulté. Sans doute, pour une part, parce que la France officielle d’alors en avait honte, mais encore plus parce qu’il y avait une volonté de réécrire l’histoire, pour donner raison aux vainqueurs. Travestir l’histoire et la vérité à des fins de propagande !

   Mais la mémoire conservée dans les familles, a fini par ressurgir permettant des journées telles que celle d’aujourd’hui. Des historiens honnêtes avaient dans les dernières décennies, ouvert le chemin à une relecture scientifique et non plus seulement idéologique de la Révolution n’hésitant plus à mentionner aussi ses crimes. Pourtant ce salutaire mouvement n’a pas duré. Au contraire, nous assistons à d’autres travestissements de l’histoire. Depuis quelques années, venu des Etats-Unis, un nouveau danger est apparu, visant toujours à trahir la vérité historique, mais cette fois avec, en plus, la volonté clairement exprimée de gommer l’héritage des siècles. Cela prend des formes diverses mais repose sur le mensonge et l’objectif de taire l’identité de notre pays en le coupant de ses racines. Cette culture de l’oubli est grave puisqu’elle ampute notre pays de la compréhension de sa longue destinée commencée il y a quinze siècles avec le baptême de Clovis.
 
   Heureusement la résistance s’organise. Il y a un peu partout en France de salutaires sursauts et des Français qui continuent à exalter le souvenir des générations qui les ont précédés C’est la société civile qui œuvre en ce sens devant les carences de l’état. L’exemple de la réunion de Montréjeau s’inscrit dans cette volonté. J’en félicite les organisateurs. Les manifestations mémorielles prennent une importance accrue. Il ne s’agit plus seulement d’honorer des morts qui n’ont pas hésité à aller jusqu’au sacrifice pour défendre leurs convictions, mais il s’agit de rappeler ce qu’est la France, son identité, son destin fruit du travail des générations passées qui toutes ont apporté leur pierre à l’édifice.
 
   Pour moi, héritier de la longue lignée des Rois de France c’est un devoir d’encourager ceux qui défendent l’histoire, la tradition, la vérité et les valeurs qui sont les leurs. C’est ainsi, sur des fondements solides, que la France pourra écrire, demain, de nouvelles pages de son histoire.
Ainsi d’ores et déjà, c’est à l’an prochain que je vous donne rendez-vous. Les martyrs de Montréjeau ne sont pas morts en vain. Leur sacrifice nous montre la voie de l’espérance. Continuez ! 

Louis,
Duc d’Anjou

montrejeau affiche 2022

2022-89. Prédication de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut à l’occasion de la fête de l’archange Saint Michel.

17 août,
Dans l’Ordre de Saint-Augustin, la fête de Sainte Claire de Montefalco, vierge ;
Mémoire de Saint Carloman, fils aîné de Charles Martel et frère de Pépin le Bref, confesseur ;
Mémoire de Saint Hyacinthe, confesseur ;
Mémoire de Sainte Jeanne de la Croix, vierge ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut (+ 17 août 2013).

Abbé Chanut et Duchesse d'Anjou et de Ségovie

Madame la Duchesse d’Anjou et de Ségovie accompagnée de Monsieur l’Abbé Chanut
en 1995 à l’occasion d’une cérémonie royale commémorative

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   A l’occasion de l’anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut, notre ami regretté (cf. > ici), Grand Aumônier de France et fondateur des Compagnons de Saint Michel archange, nous avons la joie de vous proposer l’enregistrement de l’une de ses prédications, dans laquelle il commente la péricope évangélique Jean I, 45-51.
C’est le passage où l’apôtre Philippe vient trouver Nathanaël pour lui dire « nous avons trouvé le Messie » : Monsieur l’Abbé développe donc plusieurs points de réflexion au sujet de Nathanaël, futur apôtre Saint Barthélémy, avant d’arriver à l’archange Saint Michel, puisque la conclusion de la présentation de Nathanaël à Jésus se termine sur cette sentence de Notre-Seigneur : « En vérité, en vérité, Je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ».
En effet, ce qui nous est donné d’entendre ici avec bonheur est une homélie prononcée à l’occasion de la fête de Saint Michel archange, en 2002. 

   Il est émouvant de retrouver la voix de notre ami dans cet enregistrement, et nous sommes plein de reconnaissance envers les éditions Exaltare de l’avoir mis en ligne il y a tout juste une semaine.

(faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis : ouvrir dans un nouvel onglet)

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Saint Michel gif

2022-88. Une pensée réconfortante en regard des menaces de tous ordres auxquelles notre pays semble devoir faire face…

15 août 2022,
Fête de l’Assomption de Notre-Dame,
Fête patronale du Royaume de France.

   Un peu avant le milieu de la matinée de cette fête de l’Assomption, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un court message à l’adresse de ses sujets, à l’occasion de la fête patronale du Royaume.
   Encore une fois, à travers quelques phrases lourdes de sens, Sa Majesté nous livre des éléments de méditation et d’action importants, si on ne se contente pas d’une lecture superficielle.

Champaigne - Vœu de Louis XIII - musée des beaux-arts Caen

Le vœu de Louis XIII
(Philippe de Champaigne – musée des beaux-arts de Caen)

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   En consacrant la France à la Vierge Marie, le 10 février 1638, et en formulant le vœu que cette consécration soit renouvelée, le 15 août de chaque année, mon aïeul, Louis XIII, a placé notre pays dans une situation de dévotion religieuse qui perdure au-delà des aléas de l’histoire.

   Tant que continueront à se dérouler dans notre pays, les messes, cérémonies, et processions qui marquent le 15 août, cette bienveillance divine continuera d’être manifestée à l’égard de la France, pour tous ceux qui se reconnaissent en elle.

   Cette pensée réconfortante ne doit-elle pas être présente tout particulièrement en ce moment de notre histoire, en regard des menaces de tous ordres auxquelles notre pays semble devoir faire face ?

Trois lys blancs

2022-87. « Plutôt que de se plaindre de l’inculture d’aujourd’hui, faisons nôtre la vraie culture du beau, du vrai et du juste. »

Lundi 8 août 2022,
Au diocèse de Viviers, la fête de Saint Venance, évêque et confesseur ;
Mémoire des Saints Cyriaque, diacre, Large et Smaragde, et leurs compagnons, martyrs ;
Anniversaire du rappel à Dieu du Rd. Père Jean Charles-Roux (cf. > ici et > ici).

Armes de France & Navarre

   Alors que l’Université Saint Louis s’est achevée vendredi dernier, 5 août, le Secrétariat du Prince a rendu public ce matin le message particulier que Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a adressé à ses participants, qui en avaient bien évidemment reçu la primeur en temps opportun.
Au-delà des participants eux-mêmes, ce message manifeste l’estime de Sa Majesté pour le travail de formation accompli par l’Union des Cercles Légitimistes de France, en même temps qu’il constitue, à l’adresse de toutes les personnes qui sont conscientes de la très grave crise actuelle, un chaleureux encouragement à travailler à se former dans la Vérité des principes spirituels et politiques, culturels et historiques, qui permettent de lutter efficacement contre les poisons révolutionnaires…

Louis XX (2)

Chers Amis de l’Université Saint-Louis,

Vous voilà réunis pour une semaine de travail au moment où beaucoup se reposent. Vous sacrifiez un peu de votre temps pour apprendre et comprendre. Vous êtes des sentinelles de la pensée. Soyez en remerciés. Votre démarche mérite non seulement tous mes encouragements mais encore plus toutes mes félicitations.

Celles-ci s’adressent aussi aux organisateurs de l’Université Saint-Louis qui préparent avec une grande attention chaque session annuelle. Réaliser chaque été, depuis plus de vingt ans maintenant, cette université est un grand succès de l’Union des Cercles Légitimistes de France et montre sa constance et sa rigueur dans le travail.

Dans une époque qui n’ose plus réfléchir de peur d’être confrontée à sa vacuité, vous osez, vous, relever le défi de la culture contre l’inculture ambiante ; le défi de la Vérité, contre l’erreur.

Celle-ci est partout présente : les informations sont tronquées et orientées, la connaissance historique objective bafouée, les faits cachés ou travestis au nom des idéologies perverses du moment, l’une chassant l’autre.

Heureux ceux qui peuvent maintenir des îlots de science et de savoir. Vous en faites partie et ainsi vous préparez le renouveau de demain. Par vos travaux et le sérieux avec lequel ils sont menés, vous écrivez l’avenir.

Le thème que vous avez choisi cette année, les religions politiques, est tout à fait à propos. En effet les fausses religions idéologiques sont avant tout politiques, il faudrait dire même politiciennes, car elles ne servent trop souvent que des intérêts très éloignés du bien commun. Fausses religions aussi parce qu’elles travestissent et s’attaquent au fait religieux et notamment à la religion catholique. Ces religions politiques, fausses par nature, sont le fondement de toutes les idéologies les plus pernicieuses dont nombres d’entre elles, au XXe siècle notamment, ont abouti aux totalitarismes les plus inhumains. Ces religions politiques mènent la plupart du temps à la mort qu’elle soit extermination, génocide, euthanasie, dévalorisation de la nature humaine. Cela dure depuis plus de deux siècles, depuis la complète inversion des valeurs qu’a été la Révolution française quand la vérité est devenu une variable ; quand le relativisme a envahi toutes les sphères de la pensée ; quand la transcendance a cessé de guider la politique.

Heureusement il y a toujours des êtres pour résister. Vous en êtes ! Tel est l’honneur de votre Université Saint Louis.

Je souhaite un plein succès à cette session 2022. Ne vous découragez pas. Formez-vous et ensuite soyez assez forts pour reconquérir par l’intelligence, la société qui manque cruellement de vraies valeurs et aussi du recul de la Sainte Religion puisque sans les enseignements du décalogue il est bien vain de vouloir établir une société politique juste.

Tel est notre devoir à tous. Plutôt que de se plaindre de l’inculture d’aujourd’hui, faisons nôtre la vraie culture du beau, du vrai et du juste. Celle de la culture française de toujours. La culture des quinze siècles d’histoire légués par tous mes aïeux dont la France peut être fière et que nous avons tous le devoir de transmettre.

Que Saint Louis vous assiste.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou

Nota bene :
Pour télécharger les Cahiers de l’Université d’été Saint Louis 2022 > ici.

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2022-79. La révolution est la négation légale du Règne de Jésus-Christ sur la terre, la destruction sociale de l’Eglise.

12 juillet,
Anniversaire de la sauvage exécution du comte François de Saillans (cf. > ici, > ici, > ici et > ici).

Auguste Couder Séance d'ouverture des États généraux le 5 mai 1789

Auguste Couder : la séance d’ouverture des Etats Généraux le 5 mai 1789

   En ces jours des 12, 13 et 14 juillet, ce qui reste de loyal à Dieu et au Roi légitime en Vivarais se recueille dans le pieux souvenir des fidèles serviteurs du Trône et de l’Autel – prêtres, nobles, soldats et paysans -, qui, en 1792, ont été abominablement traqués et mis à mort par les patriotes, à la suite de l’échec du soulèvement commis par les Princes aux soins du comte de Saillans (se reporter aux liens mentionnés ci-dessus).
C’est dans cette perspective que nous laissons ci-dessous la parole à Monseigneur Louis-Gaston de Ségur (cf. > ici) qui nous rappelle ce qu’est l’essence de la révolution.

frise lys

Satan est le père de la Révolution.
La Révolution est son œuvre, commencée dans le ciel et se perpétuant dans l’humanité d’âge en âge.

La Révolution n’est pas une question purement politique ; c’est aussi une question religieuse, et c’est uniquement à ce point de vue que j’en parle ici. La Révolution n’est pas seulement une question religieuse, mais elle est la grande question religieuse de notre siècle. Pour s’en convaincre, il suffit de réfléchir et de préciser. Prise dans sons sens le plus général, la Révolution est la révolte érigée en principe et en droit. Ce n’est pas seulement le fait de la révolte ; de tout temps il y a eu des révoltes ; c’est le droit, c’est le principe de la révolte devenant la règle pratique et le fondement des sociétés ; c’est la négation systématique de l’autorité légitime ; c’est la théorie de la révolte, c’est l’apologie et l’orgueil de la révolte, la consécration légale du principe même de toute révolte. Ce n’est pas non plus la révolte de l’individu contre son supérieur légitime, cette révolte s’appelle tout simplement désobéissance ; c’est la révolte de la société en tant que société ; le caractère de la Révolution est essentiellement social et non pas individuel.

Il y a trois degrés dans la Révolution :

1. La destruction de l’Eglise, comme autorité et société religieuse, protectrice des autres autorités et des autres sociétés ; à ce premier degré, qui nous intéresse directement, la Révolution est la négation de l’Eglise érigée en principe et formulée en droit ; la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans le but de découvrir l’Etat et de lui enlever son appui fondamental.

2. La destruction des trônes et de l’autorité politique légitime, conséquence inévitable de la destruction de l’autorité catholique. Cette destruction est le dernier mot du principe révolutionnaire de la démocratie moderne et de ce qu’on appelle aujourd’hui la souveraineté du peuple.

3. La destruction de la société, c’est-à-dire de l’organisation qu’elle a reçue de Dieu ; en d’autres termes, la destruction des droits de la famille et de la propriété, au profit d’une abstraction que les docteurs révolutionnaires appellent l’Etat. C’est le socialisme, dernier mot de la Révolution parfaite, dernière révolte, destruction du dernier droit. A ce degré, la Révolution est, ou plutôt serait la destruction totale de l’ordre divin sur la terre, le règne parfait de Satan dans le monde.

Nettement formulée pour la première fois par Jean-Jacques Rousseau, puis en 1789 et en 1793 par la révolution française, la Révolution s’est montrée dès son origine l’ennemie acharnée du christianisme ; elle a frappé l’Eglise avec une fureur qui rappelait les persécutions du paganisme ; elle a fermé ou détruit les églises, dispersé les Ordres religieux, traîné dans la boue les croix et les reliques des Saints ; sa rage s’est étendue dans l’Europe entière ; elle a brisé toutes les traditions, et un moment elle a cru détruit le christianisme, qu’elle appelait avec mépris une vieille et fanatique superstition. Sur toutes ces ruines, elle a inauguré un régime nouveau de lois athées, de sociétés sans religion, de peuples et de rois absolument indépendants ; depuis soixante ans, elle grandit et s’étend dans le monde entier, détruisant partout l’influence sociale de l’Eglise, pervertissant les intelligences, calomniant le clergé, et sapant par la base tout l’édifice de la foi.

Au point de vue religieux, on peut la définir : la négation légale du règne de Jésus-Christ sur la terre, la destruction sociale de l’Eglise.

Combattre la Révolution est donc un acte de foi, un devoir religieux au premier chef. C’est de plus un acte de bon citoyen et d’honnête homme ; car c’est défendre la patrie et la famille. Si les partis politiques honnêtes la combattent à leur point de vue, nous devons, nous autres chrétiens, la combattre à un point de vue bien supérieur, pour défendre ce qui nous est plus cher que la vie.

Mgr Louis-Gaston de Ségur,
in « La Révolution expliquée aux jeunes gens ».

Voir aussi, du même Monseigneur de Ségur, « Ce qu’est le droit divin » > ici

Mirabeau tenant tête au marquis de Dreux-Brézé - Joseph-Désiré Court

Joseph-Désiré Court : Mirabeau tenant tête au marquis de Dreux-Brézé le 23 juin 1789

2022-65. La réalité des temps que nous vivons pourrait être profondément modifiée et changer de cap, si nous étions des âmes de contemplation et d’émerveillement…

L'Ascension et le zodiaque - cathédrale de Chartres portail royal côté gauche

L’Ascension de Notre-Seigneur entourée des signes du zodiaque :
Cathédrale Notre-Dame de Chartres, portail royal (XIIe siècle), porche gauche.

frise fleurs de lys

Lettre aux membres et sympathisants
de la Confrérie Royale

- 25 mai 2022 -

Riga quod est aridum…
Flecte quod est rigidum…
Fove quod est frigidum…
Sana quod est saucium…

(séquence de Pentecôte)

Chers Membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

   Les rencontres providentielles du calendrier font que ce « 25 du mois », en ce mois de mai 2022, coïncide avec la Vigile de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ : demain, la Sainte Eglise notre Mère, dans sa liturgie, nous invitera à exulter et à exhaler des cantiques de fervente allégresse pour célébrer l’entrée triomphale de notre divin Rédempteur dans le Royaume céleste, Royaume qu’Il n’a jamais quitté certes en Sa qualité de Verbe éternel, mais où Son humanité -  Son Corps et Son Ame – entre pour la première fois, à la tête du cortège triomphal de tous les Justes de l’Ancien Testament (et du début du Nouveau, tels Saint Joseph et Saint Jean-Baptiste) qui attendaient ce jour dans les Limbes bienheureuses (« le sein d’Abraham » comme les appelle Notre-Seigneur Lui-même dans l’histoire – qui n’est pas une parabole – du pauvre Lazare et du mauvais riche).

   En ce saint jour de l’Ascension donc Notre-Seigneur, vrai Dieu et vrai Homme, donne à cette humanité qu’Il tient d’Adam, donne à Son Corps qui a souffert pour nos péchés, donne à Sa chair ressuscitée, d’entrer dans la plénitude de Son Règne victorieux et éternel, en tête du cortège des âmes sauvées, encore séparées de leurs corps qu’elles ne retrouveront qu’au jour de la résurrection générale.

   C’est un mystère profond dont les subtils arcanes échappent à notre intelligence limitée : la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité qui, sans quitter le Ciel, en est « descendue » pour S’incarner, revient aujourd’hui en ce Ciel qu’Elle n’a jamais quitté en Sa qualité de Dieu en y introduisant ce que Dieu par nature ne pouvait avoir : une chair et une âme humaines ! Et les humains rachetés et sanctifiés qui L’accompagnent en un triomphal cortège sont, eux, encore dépouillés d’une partie de leur être : leurs corps en attente de résurrection !

   Voilà des certitudes de foi, voilà des éléments épars – comme les quelques pièces déjà assemblées d’un puzzle qui nous permettent de deviner confusément ce que sera le tableau achevé -, mais voilà encore tant de « trous noirs » dans le firmament de notre compréhension du Mystère !

   Nous scrutons donc ce Ciel, et notre Roi d’Amour qui y monte, davantage avec les regards d’une contemplation qui adore et s’émerveille de la Toute Puissance divine qu’avec les questions d’une volonté de compréhension absolue de type mathématique… La complexité du Mystère et toutes les zones d’ombre qui subsistent ici-bas et ne nous apparaîtront dans leur pleine lumière que lorsque nous entrerons nous-mêmes dans la vision divine, nous donnent l’occasion de nous élever dans une sublime réjouissance sans cesser de nous humilier devant le Dieu que nulle raison et nulle intelligence humaines ne peuvent prétendre saisir et enfermer dans leurs petites capacités !

   Pourquoi vous écris-je ces choses, qui peuvent paraître bien absconses et bien peu accordées à la réalité des temps que nous vivons ?

Parce que je crois que la réalité des temps que nous vivons pourrait être profondément modifiée et changer de cap, si nous étions des âmes de contemplation et d’émerveillement, d’adoration et de louange, comme le furent les grands chercheurs de Dieu, comme le furent un Saint Augustin – toujours à se poser des questions peu communes et à pousser ses auditeurs ou ses lecteurs à s’en poser -, ou une Sainte Angèle de Foligno.

   Le grand – le très grand – drame de bien des catholiques de notre triste époque est qu’ils ne savent pas s’émerveiller et s’émouvoir des mystères sacrés de leur sainte religion, qu’ils ne savent pas en contempler amoureusement les données révélées, en évitant les écueils des faux mysticismes d’une part, ou des sécheresses rationalistes d’autre part. Pour ceux-ci ce seront des questions finalement purement « techniques » et totalement arides d’un point de vue spirituel, pour ceux-là les nébuleuses brouillonnes alimentées aux sources troubles de pseudo « âmes privilégiées » dont les voies n’ont pas été authentifiées par la Sainte Eglise (voire condamnées) qui les égare dans un piétisme imprégné d’une sentimentalité sans fruits de véritables vertus évangéliques vécues de manière héroïque. 

   Je pose quelques questions :

-         La récitation ou le chant du « Credo » sont-ils pour vous l’énumération d’une liste de dogmes plus ou moins subis, à la manière dont un élève de primaire appliqué réciterait la liste des présidents de la troisième république ?

-         Ou bien cette récitation procède-t-elle d’une adhésion vivante et amoureuse à la Révélation divine ?

-         La récitation ou le chant du « Credo » vous font-ils tressailler d’allégresse et exulter intérieurement dans une action de grâces personnelle qui jaillit de la joie d’avoir reçu, à la mesure pourtant bien limitée encore de nos capacités présentes, d’avoir part à la révélation des Mystères divins ?

-         En un mot, votre chant ou votre récitation du « Symbole » sont-ils routiniers ou imprégnés de vie, de votre vie intérieure ?

   Permettez-moi un exemple tiré de mon histoire personnelle.
Jeune religieux, j’ai eu la grâce de connaître un conseiller spirituel qui ne manquait pas d’originalité et qui avait un don particulier pour briser ces paisibles routines d’une vie de piété bien « dans les clous ». Un jour, il me suggéra pour mon action de grâces après la Sainte Communion, de « chanter » intérieurement (pas à haute voix afin de ne pas déranger les autres religieux, et aussi pour ne pas paraître complètement « fada ») le Symbole de Nicée-Constantinople, comme on le chante pendant la Messe aux jours de fête et les dimanches, en m’efforçant de bien penser, avec le maximum d’application, à chacun des mots de cette solennelle affirmation de la foi de l’Eglise.
Le chant intérieur, mais très joyeux et très contemplatif, de cette profession de foi m’est devenu familier depuis tant d’années : et le Bon Dieu m’a donné d’expérimenter en retour combien est vrai le titre d’un très ancien (et remarquable) ouvrage que l’on trouvait jadis dans les séminaires et maisons de formation : « Les dogmes, générateurs de la piété ».

   La piété n’est pas faite de « petites pratiques de dévotion » mises bout à bout et entassées les unes sur les autres, en multipliant les formules récitées de façon machinale.
La piété est vie, et comme le Saint-Esprit Lui-même dont elle est un don précieux, elle doit souffler comme un vent impétueux en notre âme pour en pulvériser les étroitesses et y faire brûler ces flammes ardentes, qui éclairent et qui réchauffent, qui sont apparues au-dessus des apôtres et des disciples au saint jour de la Pentecôte.

   Je vous invite et exhorte très ardemment, après avoir contemplé avec ferveur le mystère de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à entrer avec une ardeur enthousiaste dans la préparation de la si grande et si sublime fête de la Pentecôte, particulièrement par la neuvaine très officiellement encouragée par l’Eglise, qui nous fait appeler de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre volonté, de tout notre amour, un renouvellement des dons reçus au saint baptême et à la confirmation, pour gagner en esprit contemplatif et élever le monde en nous élevant dans la contemplation des Mystères divins.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

frise fleurs de lys

 Prière pour demander les sept dons du Saint-Esprit :

Ô Jésus, qui, avant de monter au ciel, avez promis à vos Apôtres de leur envoyer le Saint-Esprit pour les instruire, les consoler et les fortifier, daignez faire descendre en nous aussi ce divin Paraclet.

- Venez en nous, Esprit de la Crainte du Seigneur, faites que nous redoutions par-dessus tout de contrister notre Père Céleste et que nous fuyions les séductions du malin.

- Venez en nous, Esprit de Piété, remplissez nos cœurs de la tendresse la plus filiale pour Dieu et de la mansuétude la plus parfaite à l’égard de nos frères.

- Venez en nous, Esprit de Science, éclairez-nous sur la vanité des choses de ce monde, faites que, voyant en elles des images des perfections divines, nous nous en servions pour élever nos cœurs vers Celui qui les a créés pour notre service.

- Venez en nous, Esprit de Force, donnez-nous le courage de supporter avec patience les souffrances et les épreuves de la vie, et faites-nous surmonter généreusement tous les obstacles qui s’opposeraient à l’accomplissement de nos devoirs.

- Venez en nous, Esprit de Conseil, accordez-nous la grâce de discerner, dans les occasions difficiles, ce que nous devons faire pour accomplir la volonté de Dieu, et ce que nous devons dire pour diriger ceux dont nous sommes les guides.

- Venez en nous, Esprit d’ Intelligence, que votre divine lumière nous fasse pénétrer les vérités, et les mystères de la religion, et qu’elle rende notre foi si vive, qu’elle soit l’inspiratrice de tous nos sentiments et de tous nos actes.

- Venez en nous. Esprit de Sagesse, faites que nous goûtions la suavité des choses divines à tel point que notre cœur les aime uniquement et qu’il puise dans cet amour une paix inaltérable.

Gloire au Père qui nous a créés, au Fils qui nous a rachetés, au Saint-Esprit qui nous a sanctifiés.

Mosaïque de la Pentecôte - basilique du Rosaire Lourdes - Copie

Mosaïque de la Pentecôte
Basilique du Saint Rosaire, à Lourdes.

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