Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2015-33. Quel avenir ?

Mardi 24 février 2015,
Fête de Saint Mathias, apôtre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au mois d’août dernier, je vous présentais (> ici) l’ouvrage de Raphaël Debailiac intitulé « Gustave Thibon – La leçon du silence ».
Dès ma première lecture de ce livre que j’ai beaucoup apprécié, j’avais relevé et mis de côté une citation un peu longue, en vue de vous la communiquer un jour… et ce jour est venu.

Ce paragraphe ne nécessite pas une grande introduction : il suffit de regarder les temps que nous vivons – dans l’Eglise comme dans la société civile - avec le simple recul, la lucidité et la liberté intérieure que donne un peu d’intelligence et de culture.

Je vous laisse lire, réfléchir, méditer…

 

Caspar David Friedrich l'abbaye dans une forêt de chênes

Caspar David Friedrich : l’abbaye dans une forêt de chênes (1810)

Et si seule restait la solution de l’exil intérieur,
en attendant que tout soit consommé et que sur un lit de cendres un nouvel avenir puisse se construire ?

« Quel avenir ?

« Quel avenir pour l’Occident ? Sur les ruines de sa prospérité (écornons au passage la dialectique absurde du « pouvoir d’achat » comme droit naturel quand il n’est que le fruit des efforts renouvelés d’un peuple), parmi les monuments effondrés de sa civilisation et de ses langues, loin de toute spiritualité, l’Occident attend la guerre et la barbarie. Après avoir perdu son combat intérieur, il lui reste la grande épreuve de la fracture et du choc entre barbarie matérialiste et barbarie islamiste. Les derniers flambeaux de l’antique civilisation humaniste chrétienne s’éteignent un à un. Et si seule restait la solution de l’exil intérieur, en attendant que tout soit consommé et que sur un lit de cendres un nouvel avenir puisse se construire ?
C’est les yeux grands ouverts qu’il faut contempler les ruines du monde d’hier. Les temples sont jetés à bas. Colonnes brisées et dômes éventrées ne doivent pas figer l’attention ; déjà un monde neuf s’est levé que « l’homme noble » si souvent interpellé par Thibon se doit de dominer. Dans sa course folle, la modernité n’est qu’une poursuite de l’histoire. Rome est bien tombée. Les Etats-nations d’Europe occidentale ont sombré. Pourtant, le mythe de leur existence persiste, néfaste, les solutions et discours prononcés s’appliquant à une structure morte. Il n’est pas temps de les pleurer. Le monde continue de tourner, les hommes de vivre et de s’agiter. L’homme noble moderne doit saisir son époque à bras-le-corps et la dominer. Ni nostalgiques narcissiques accrochés à l’histoire comme la moule à son rocher, ni feuille au vent.
Retrouver la noblesse en l’homme avant toute chose. La crise de l’Occident est d’abord une crise intellectuelle. L’homme de l’Ouest n’a plus d’idées, il est un ventre. Elle est ensuite une crise de la dignité.
L’avenir appartient aux bâtisseurs d’empire, ceux qui sauront jeter les fondations d’une société nouvelle pour enraciner l’homme et le pousser vers les cieux. Pour cela, il faudra se souvenir avant toute chose que : « La sagesse est une victoire sur soi et non sur les choses » (Gustave Thibon, in « Au soir de ma vie » p.88). »

Raphaël Debailiac, in « Gustave Thibon, la leçon du silence » pp.93-94.

Thibon-la-leçon-du-silence

Publié dans:Lectures & relectures, Textes spirituels |on 24 février, 2015 |2 Commentaires »

2015-31. C’était il y a sept ans…

Samedi 21 février 2015,
Fête du Bienheureux Noël Pinot (voir ici > www et  www)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas laisser s’enfuir ce jour sans vous rejoindre par quelques lignes, parce que nous sommes le 21 février et que, en sus de la fête du Bienheureux Noël Pinot, pour lequel nous avons une grande dévotion, cela fait exactement sept ans aujourd’hui que notre Frère Maximilien-Marie est venu visiter pour la première fois cette vieille bâtisse, alors à l’abandon, qui est devenue depuis notre Mesnil-Marie.

Sept est un beau chiffre, un chiffre que l’on dit « parfait ».
Sept ans font un bel anniversaire : alors, si vous le voulez bien, célébrons-le dans l’action de grâces !
J’ai choisi pour cela le « Magnificat » du ton royal, ainsi nommé parce que la musique en est attribuée à Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIII que nous aimons beaucoup…

Image de prévisualisation YouTube

Je ne vais pas vous raconter une nouvelle  fois de quelle manière notre Frère Maximilien-Marie a trouvé cette maison : je l’ai déjà fait dans les pages de ce blogue. Ceux qui suivent mes publications depuis l’origine s’en souviennent sans doute, et ceux qui ne le savent pas encore en trouveront le récit ici > comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais.

Ceux qui le souhaitent pourront aussi voir ou revoir les photos de la maison telle qu’elle était, lorsque Frère Maximilien-Marie en a résolu l’acquisition et que j’avais publiées à l’occasion du troisième anniversaire. C’est ici > après trois ans.

Hier, j’ai demandé à notre Frère d’escalader quelque peu les pentes de la montagne qui dominent immédiatement notre Mesnil-Marie pour en faire une photographie que je puisse vous adresser afin de marquer ce septième anniversaire.

Le Mesnil-Marie 20 février 2015

Avant de terminer, je souhaite vous copier ci-dessous, le texte d’une prière qui célèbre l’action de la divine Providence.
Cette Providence nous a si bien guidés, elle nous conduit encore, elle nous assiste de ses secours attentionnés, et – pour cela – elle inspire à des âmes généreuses des gestes de sollicitude pour lesquels nous leur sommes profondément reconnaissants.

Il s’agit d’un ancien cantique, extrait du « Manuel des cantiques de Saint-Sulpice pourà l’usage des enfants du catéchisme et de la jeunesse », de la fin du XVIIIe siècle, mais je n’en connais malheureusement pas la mélodie.
Je m’en approprie aujourd’hui les paroles pour exprimer notre vibrante action de grâces…

Lully.

frise avec lys naturel

O douce Providence.

1. O douce Providence,
    Dont les divines mains
    Sur nous en abondance
    Répandent tous les biens,
    Qui pourrait méconnaître 
    L’Auteur de ces présents,
    Et ne pas se remettre 
    Entre Ses bras puissants ?

2. O Sagesse profonde,
Qui veille, en même temps,
Sur les maîtres du monde
Et sur la fleur des champs,
Quelle force invincible
Conduit tout à Tes fins !
Quelle douceur paisible
Dispose les moyens !

3. Dans toute la nature
    On voit briller Ses dons,
    Jusque sur la verdure 
    Et l’émail des gazons. 
    Il donne leur parure 
    Aux lis éblouissants,
    Et fournit leur pâture 
    Même aux oiseaux naissants.

4. S’Il verse Ses richesses
    Sur la fleur du printemps,
    S’Il étend Ses largesses
    Jusqu’à l’herbe des champs,
    Que fera Sa tendresse
    Pour l’homme qu’Il chérit,
    Pour l’être où Sa sagesse
    Imprima Son Esprit ?

5. Si ce Dieu qui nous aime
Accorde Son secours
Au passereau lui-même
Dont Il soutient les jours ;
Auteur de la nature,
Mettra-t-Il en oubli
L’homme, Sa créature
La plus digne de Lui ?

6.Oui, Sa sollicitude
Veille à tous nos besoins ;
Sans nulle inquiétude
Jetons sur Lui nos soins.
Notre Dieu, c’est un Père
Qui nous porte en Son Cœur,

    Et la plus tendre mère
    N’eut jamais Sa douceur.

7. Avant tout, ô mon âme,
    Cherche Sa sainte loi.
    Que Son amour t’enflamme,
    Tout le reste est à toi.
    Doucement endormie
    Sur Son sein maternel,
    Le chemin de la vie 
    Doit te conduire au ciel.

frise avec lys naturel

Vous souhaitez nous aider à continuer les travaux  de restauration et d’aménagement
du Mesnil-Marie qui sont encore nombreux et importants ?
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2015-31. C'était il y a sept ans... dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

Publié dans:Chronique de Lully, Prier avec nous |on 21 février, 2015 |5 Commentaires »

2015-29. De la dévotion à la Sainte Face de Notre-Seigneur.

Mardi dans la Quinquagésime,
Fête de la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

La gravure de la Sainte Face diffusée après le miracle et vénérée par Monsieur Dupont

L’image de la Sainte Face de Notre-Seigneur diffusée à la suite du miracle du 6 janvier 1849
et telle qu’elle est exposée dans l’« Oratoire de la Sainte Face », à Tours

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le mardi dans la Quinquagésime est le jour particulier qui, à la veille de l’entrée dans le grand et saint Carême, a été assigné pour la célébration de la fête liturgique de la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Ce n’est pas une fête inscrite au calendrier universel, mais une fête propre à certains diocèses, paroisses ou congrégations religieuses, et c’est aussi – bien évidemment – la fête patronale de l’Archiconfrérie de la Sainte Face.

L’origine de cette archiconfrérie est liée à Monsieur Léon Papin-Dupont, surnommé « le saint homme de Tours » (1797-1876) : ce pieux laïc a marqué profondément le catholicisme du XIXe siècle et pas seulement à Tours, où il vécut, car il eut, en effet, un rayonnement qui dépassa les frontières de la France.
On lui doit en particulier l’initiative des fouilles qui permirent la redécouverte du tombeau de Saint Martin, perdu en raison de la destruction – lors de la grande révolution – de l’antique basilique qui lui servait d’écrin.
Il fut un chrétien très actif dans les oeuvres de charité et pour le renouveau spirituel catholique du milieu du XIXe siècle. Notons aussi que c’est à lui que fut envoyée la bannière du Sacré-Coeur brodée en 1870 par les Visitandines de Paray-le-Monial, bannière afin qu’il la remît au colonel-baron Athanase de Charette de La Contrie, qui rentrait de Rome avec les Zouaves Pontificaux (cf. > www et www), cette bannière qui serait bientôt après élevée au milieu de la terrible et célèbre bataille de Loigny.

Monsieur Léon Papin-Dupont avait accueilli avec ferveur les révélations particulières transmises par Soeur Marie de Saint-Pierre (1816-1848), carmélite de Tours, concernant la dévotion réparatrice à la Sainte Face de Notre-Seigneur.

Monsieur Léon Papin-Dupont

Monsieur Léon Papin-Dupont, « le saint homme de Tours ».

A la suite du miracle de l’apparition de la Sainte Face sur le voile dit de Véronique, à Rome le 6 janvier 1849 (voir ce que j’en ai publié > ici), Monsieur Dupont avait obtenu un fac-similé de cette relique qu’il exposa dans son salon transformé en oratoire.
Dès lors, cet « oratoire de la Sainte Face » devint un lieu de très grandes grâces, un foyer d’intense dévotion et le centre spirituel à partir duquel rayonna le culte de la Sainte Face.

En 1884, Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Tours érigea canoniquement dans cet oratoire une confrérie, qui, dès l’année suivante, fut élevée au rang d’archiconfrérie par Sa Sainteté le pape Léon XIII (1er octobre 1885).
Tous les membres de la famille Martin d’Alençon (puis de Lisieux) étaient membres de l’Archiconfrérie de la Sainte Face, et l’on sait à quel point le culte de la Sainte Face tient une place de tout premier ordre dans la vie religieuse de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face

Oratoire de la Sainte Face à Tours dans son état originel

L’Oratoire de la Sainte Face, dans la maison de Monsieur Dupont, à Tours :
ci-dessus dans son état originel,
et ci-dessous dans l’état consécutif au passage de la tourmente post-concilaire
(seuls ont survécu le tableau de la Sainte Face et le lutrin de Monsieur Dupont)

Oratoire de la Sainte Face état après V2

Après ce bref rappel historique, je vais me contenter de recopier ci dessous quelques textes, extraits des anciens manuels et livrets de dévotion de l’Archiconfrérie de la Sainte Face (Frère Maximilien-Marie en est membre depuis plus de vingt ans) : ils font ressortir combien – malheureusement ! – cette dévotion garde toute sa brûlante et douloureuse actualité, spécialement pour ce qui touche au blasphème et au respect du dimanche…

A tous, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je souhaite une très sainte et fervente entrée en Carême.

Lully.

Ostension de la Véronique - basilique Saint-Pierre du Vatican

Basilique Saint-Pierre au Vatican : Ostension de « la Véronique » pendant le Carême.

- Notions sur la dévotion à la Sainte Face -
(tirées d’un livret publié avec imprimatur en 1959)

La dévotion à la Sainte Face a pour but principal de rendre à la Face adorable de Jésus-Christ défigurée dans la Passion, des hommages de respect et d’amour ; de réparer les blasphèmes et la violation du dimanche qui l’outragent de nouveau ; enfin, d’obtenir de Dieu la conversion des blasphémateurs et des profanateurs du saint jour.

Cette touchante dévotion, que Notre-Seigneur semble avoir instituée Lui-même le jour de Sa mort, en imprimant miraculeusement Ses traits ensanglantés sur le voile de Véronique, a toujours été connue et pratiquée dans l’Eglise. Le saint voile, conservé précieusement à Rome dans la basilique Vaticane, y est entouré d’honneurs et de marques de confiance. Plusieurs fois l’an, on l’expose à la vénération des fidèles. Les Souverains Pontifes ont accordé de nombreuses indulgences à ceux qui visitent pieusement cette relique insigne.

Plusieurs saints et saintes se sont distingués par leur piété envers la divine Face et en ont retiré toutes sortes de fruits de grâces pour le salut ; nous citerons parmi les personnes mortes en odeur de sainteté, la Soeur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours, la Mère Marie-Thérèse, fondatrice de la congrégation de l’Adoration Réparatrice, enfin le vénéré M. Dupont, l’infatigable propagateur du culte de la Sainte Face. Cette dévotion a pris en ces derniers temps un développement considérable. C’est un souffle de l’Esprit-Saint qui semble passer sur tout l’univers catholique, c’est un remède providentiel offert au monde pour combattre les ravages de l’impiété et se prémunir contre les fléaux de la divine justice.

Les magnifiques et consolantes promesses de Notre-Seigneur, confirmées par une heureuse expérience, montrent combien la dévotion à la Sainte Face est agréable à Dieu et utile à tous les chrétiens. Que de succès dans les affaires, que de lumières surnaturelles, que de conversions inespérées, que de grâces de choix obtenues par ce moyen ! En particulier, que de guérisons merveilleuses opérées par la vertu de l’huile qui brûle constamment à Tours devant la vénérable image.

Il est à remarquer que Notre-Seigneur, en aucune partie de Son Corps adorable, n’a souffert autant de mauvais traitements, d’outrages et d’ignominies qu’en Son aimable Visage. Aucune circonstance de la Passion n’a été aussi clairement annoncée par les Prophètes, ni aussi minutieusement rapportée par les Evangélistes. Tous ces détails n’ont pas été consignés dans l’Ecriture sans un dessein particulier de Dieu. Ils nous exhortent éloquemment à donner, entre les différents mystères de la douloureuse Passion du Rédempteur, une place à part aux humiliations et aux douleurs de Sa Très Sainte Face.

Chrétiens, qui avez à coeur la gloire de Dieu et le salut du prochain, avec une confiance absolue, priez devant l’image de la Face sanglante et humiliée de votre Sauveur. En réparation de toutes les impiétés du monde, offrez au Père adorable cette Face avec Ses tristesses, Ses larmes, Ses meurtrissures, Ses plaies, Son sang, Ses ignominies. Par là, vous apaiserez la colère de Dieu, vous obtiendrez la conversion de vos frères égarés, vous contribuerez puissament au triomphe de l’Eglise et au salut de la patrie, et vous participerez aux magnifiques récompenses que promet Notre-Seigneur.

A. Dürer - la Ste Face portée par deux anges - Louvre

Albrecht Dürer : la Sainte Face portée par deux anges (1513 – musée du Louvre)

Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ
en faveur de tous ceux qui honoreront Sa Sainte Face :
(promesses données à Sainte Gertrude, Sainte Mechtilde et Soeur Marie de Saint-Pierre)

1 –  « Ils recevront en eux, par l’impression de Mon humanité, un vif éclat de Ma divinité, et ils en seront éclairés au fond de l’âme, de sorte que, par la ressemblance de Mon Visage, ils brilleront plus que beaucoup d’autres dans la vie éternelle » (Sainte Gertrude, « Insinuations » livre I, chap. VII).

2 – Sainte Mechtilde demandant à Notre-Seigneur que ceux qui célèbrent la mémoire de Sa douce Face ne soient jamais privés de Son aimable compagnie, Il répondit : « Pas un d’eux ne doit être séparé de Moi » (Sainte Mechtilde, « de la grâce spirituelle » livre I, chap. XIII).

3 – « Notre-Seigneur, dit la Soeur Marie de Saint-Pierre, m’a promis d’imprimer dans les âmes de ceux qui honoreront Sa Très Sainte Face, les traits de Sa divine ressemblance » (21 janvier 1847). « L’image de cette face adorable est comme le cachet de la divinité qui a la vertu de réimprimer, dans les âmes qui s’appliquent à Elle, l’image de Dieu » (6 novembre 1845).

4 – « Vous obtiendrez par la dévotion à l’image de Ma Sainte Face le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de Ma Face est agréable à Mon Père ! » (22 novembre 1846).

5 – « Tous ceux qui s’appliqueront à honorer Ma Sainte Face en esprit de réparation feront en cela l’office de la pieuse Véronique » (27 octobre 1847).

6 – « Selon le soin que vous aurez de réparer Mon portrait défiguré par les blasphémateurs, de même J’aurai soin du vôtre qui a été défiguré par le péché ; J’y imprimerai Mon image et Je le rendrai aussi beau qu’il était au sortir des fonts du baptême » ( 3 novembre 1845).

7 – « Notre-Seigneur m’a promis, dit encore la Soeur Saint-Pierre, pour tous ceux qui défendraient Sa cause en cette oeuvre de réparation, par paroles, par prières ou par écrits, qu’Il défendrait leur cause devant Son Père ; à leur mort, Il essuiera la face de leur âme, en effaçant les taches du péché, et leur rendra leur beauté primitive » (12 mars 1846).

Oratoire du Mesnil-Marie exposition de  la Sainte Face

Exposition dans l’oratoire du Mesnil-Marie d’un fac-similé (avec son certificat d’authenticité)
de « la Véronique » de la basilique Vaticane
telle qu’elle apparut lors du miracle du 6 janvier 1849.

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Textes spirituels |on 17 février, 2015 |1 Commentaire »

2015-28. Reportage infernal (3ème partie).

Mercredi de la Sexagésime 11 février 2015 ;
Fête de Notre-Dame de Lourdes,
Journée mondiale de prières à l’intention des malades.

l'apparition de ND de Lourdes

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sans trop tarder, parce que nous sommes très exactement à une semaine du Mercredi des Cendres, voici la troisième partie de notre « Reportage infernal ».

Vous l’allez voir, les démons sont capables d’exploiter la Sainte Ecriture elle-même, ainsi que les maximes des saints, au service de leurs manigances, afin de semer la confusion et pousser les hommes vers le mal.
Dit comme cela, cela peut paraître surprenant ; mais, en définitive, il n’y a pas à s’en étonner, puisque chaque année, à la lecture de l’Evangile du premier dimanche de Carême, il nous est rappelé que Satan s’est servi de cette « formule » pour mettre Notre-Seigneur à l’épreuve lors de la Sainte Quarantaine. Les disciples pourraient-ils donc se trouver à l’abri des stratagèmes dont le tentateur a voulu se servir contre leur Maître ?

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BD - Reportage infernal - 3e partie

à suivre > ici.

Nous nous trouvons ici en face d’une tactique diabolique particulièrement perverse : en effet, le démon n’utilise pas toujours de « bons gros » mensonges, et n’a pas uniquement recours à des tentations portant sur de mauvaises choses pour amener les hommes au péché.
N’oublions jamais que l’un de ses noms est : « le Malin » ! Même déchu, il a conservé l’intelligence de sa nature angélique, c’est-à-dire une intelligence d’une indiscutable supériorité et d’une remarquable subtilité en comparaison de l’intelligence humaine.
La « tentation sous couvert de bien » est donc une réalité bien connue de tous les maîtres de la vie spirituelle : pour faire tomber une âme dans ses rets – souvent une âme religieuse qui cherche sincèrement à progresser – , le démon va jouer sur ses aspirations à la perfection, lui faire miroiter un bien spirituel supérieur (voire une vertu) et, au nom de ce bien spirituel, l’égarer tout doucement en dehors des voies de la prudence, de la tempérance, de l’obéissance… etc.

C’est ainsi que Satan est capable de se servir avec habileté des Saintes Ecritures elles-mêmes – qu’il connaît très bien – , ou encore des plus sublimes citations des saints, pour incliner – presque insensiblement – une âme vers l’erreur.
C’est ainsi encore que Satan est capable d’envelopper une presque imperceptible insinuation maléfique dans 99 % de vérités claironnées avec force !

Voilà pourquoi il importe aujourd’hui, après avoir dévoilé les principes généraux de son action, que nous nous attardions sur les habiles suggestions dont il se sert ici pour ce qui touche au Carême, et que nous prenions du temps pour en démonter la pernicieuse argumentation.
Notons aussi au passage que les modernistes, qui ruinent l’Eglise de l’intérieur, utilisent le même type de raisonnement ou d’arguments…

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Il est bien vrai que Notre-Seigneur a fustigé le comportement de certains pharisiens (pas tous en effet) qui se montraient rigoureux et impeccables pour accomplir les prescriptions de la loi, mais ce n’est pas parce qu’ils observaient parfaitement la loi que Notre-Seigneur les a critiqués.
Il dit même : « Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse ; ainsi, tout ce qu’ils vous disent, observez-le et mettez-le en pratique… » (Matth. XXIII, 2-3 a).
Là où ils encourrent les reproches de Notre-Seigneur, c’est en raison des dispostions intérieures avec lesquelles ils accomplissent ces prescriptions qui ne sont pas accordées à la démarche religieuse dont elles sont normalement l’expression :
« Ils disent et ne font pas » (Matth. XXIII, 3 c) ; « Ils font toutes leurs oeuvres pour être vus des hommes » (Matth. XXIII, 5 a) ; ils tirent orgueil et vanité de leur pratique religieuse scrupuleuse ; ils prennent prétexte de la rigueur avec laquelle ils sont fidèles aux préceptes pour juger et mépriser les autres… etc.

En réalité, ce qui convient, c’est accomplir les préceptes divins et d’être fidèles aux observances religieuses dans un esprit d’humilité et de charité.

Insistons encore : Jésus n’enseigne pas à faire fi des préceptes religieux sous prétexte que certains de ceux qui les accomplissent sont des hypocrites ; Jésus ne dit pas qu’il faut s’affranchir des observances rituelles qui nous sont enseignées par ceux qui ont autorité pour le faire en Son Nom ; Jésus n’apprend pas à Ses disciples à mépriser les pratiques de la loi ecclésiastique.
Notre-Seigneur, bien au contraire, exige que nous en soyons des observateurs attentifs, en y apportant toutes les dispositions intérieures de l’authentique vertu, en ne se recherchant pas soi-même mais avec d’humbles sentiments, et en faisant de notre zèle à les pratiquer des moyens de mieux entrer dans ces dispositions de miséricorde et de charité dont Son Coeur est l’exemple !

Bien sûr, comme l’écrit Saint Paul, « la lettre tue mais l’esprit vivifie » (2 Cor. III, 6).
Toutefois cela ne signifie pas que l’esprit et la lettre soient deux réalités absolument inconciliables, qui ne pourraient pas co-exister harmonieusement dans un même acte.
C’est bien là justement que réside toute la ruse diabolique : suggérer que si l’on pratique « la lettre », c’est alors nécessairement aux dépens de « l’esprit » ; amener à penser que « l’esprit » n’est vivifiant qu’en dehors de l’observance de « la lettre » et en opposition radicale avec elle ; 
persuader que ceux qui pratiquent avec zèle et rigueur les observances religieuses sont obligatoirement des pharisiens hypocrites ; amener à croire que ceux qui ne les pratiquent pas et vont jusqu’à la négligence ou au mépris des lois ecclésiastiques sont forcément des personnes animées par « l’esprit qui vivifie » ; convaincre que la charité et la miséricorde sont nécessairement absentes de l’observation des règles et des préceptes imposées par l’Eglise … etc.

Toute la perversité de l’action diabolique est là, et son levier s’appuie – bien évidemment – sur les faiblesses de la nature humaine : blessée par le péché originel et fragilisée par toutes les conséquences des péchés personnels de chacun, elle répugne à obéir aux préceptes divins, rechigne devant ce qui lui coûte, est prête à tout pour échapper à l’effort spirituel, et cherche toujours à justifier sa paresse, son manque de ferveur et son peu de générosité, par de beaux – et même par de pieux – arguments !
Or, comme Notre-Seigneur, Saint Paul n’appelle pas à mépriser la pratique « à la lettre » des préceptes religieux et des observances ecclésiastiques, mais veut encourager les fidèles à pratiquer en même temps et « la lettre » et « l’esprit ».

« Aime et fais ce que tu veux : dilige et quod vis fac ! ».
La célèbre citation de notre glorieux Père Saint Augustin est très souvent mal comprise, et récupérée pour justifier le laxisme ou la « morale de situation ».
Or, Saint Augustin ne parle pas ici de n’importe quelle affection ou inclination terrestre pour n’importe quel objet ; Saint Augustin ne veut absolument pas signifier que, du moment qu’on prétendrait aimer on serait affranchi de toute règle ou de l’obéissance à tout précepte.
L’amour dont parle le Docteur d’Hippone est l’amour envers Dieu : il ne s’agit pas d’un sentiment, mais d’un acte de la volonté – une volonté ferme et résolue – inspiré par la foi surnaturelle.

Or, comment prouve-t-on à Dieu qu’on L’aime ? En accomplissant ce qu’Il nous prescrit, à travers les Saintes Ecritures et l’enseignement que l’Eglise dispense en Son Nom : « Car l’amour de Dieu, c’est que nous gardions Ses commandements ; et Ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean V, 3).
C’est comme cela que celui qui aime Dieu fait bien en vérité tout ce qu’il veut : non pas parce qu’il accomplit sa volonté propre, mais parce que l’amour a pour effet de conformer la volonté de celui qui aime à la volonté de Dieu qu’il aime, parce que la volonté de l’homme qui aime Dieu en vérité devient une avec la sainte volonté de Dieu, parce que l’homme qui aime vraiment Dieu ne peut pas vouloir autre chose que ce que Dieu veut et prescrit !

Vous voici armés maintenant, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, pour résister à ces sophismes diaboliques, et, je l’espère de tout coeur, à une semaine du grand et saint Carême, pleins de zèle et de ferveur pour répondre aux appels à la pénitence généreuse et à l’expiation volontaire que Notre-Seigneur et Sa Sainte Eglise nous lancent, auxquels aussi Notre-Dame de Lourdes a fait écho en nous disant : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! »

Lully.

Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > ici
Les observances originelles du carême > ici

Ronces

Publié dans:Bandes dessinées, Textes spirituels |on 11 février, 2015 |2 Commentaires »

2015-27. Reportage infernal (2ème partie).

Samedi 7 février 2015,
Fête des Bienheureux Martyrs d’Aubenas (cf. > www) ;
Fête du Bienheureux Pie IX (cf. > www).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il est bien temps de vous livrer la deuxième partie de notre « Reportage infernal », qui vous dévoile de quelle manière Satan et ses démons agissent pour faire obstacle – dès avant son commencement – aux fruits spirituels du Carême…

BD - Reportage infernal 2ème partie - détail 1

BD - Reportage infernal 2ème partie

voir la première partie de ce reportage > ici

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Cette fois-ci encore, étant dûment prévenus, il ne vous reste plus qu’à prendre dès maintenant le contre-pied de l’action diabolique, et donc à travailler de manière intelligente, lucide et efficace, sur vos résolutions spirituelles de carême !

Lully.

à suivre, ici > www

BD - Reportage infernal 2ème partie - détail 2

Pour approfondir, on peut lire, relire et méditer les sermons de Saint Augustin :
- Sur l’obligation de faire pénitence > www
- Sur la pénitence nécessaire à tous > www
- Sur le jeûne > www
- Sur le jeûne et la pratique de la charité > www

On peut aussi relire les bandes dessinées suivantes :
– « Bas les masques ! » > www
– « Ne brisez pas le miroir » > www

chauve souris gif

Publié dans:Bandes dessinées, Textes spirituels |on 7 février, 2015 |2 Commentaires »

2015-24. Reportage infernal (1ère partie).

Dimanche de la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Me croirez-vous, si je vous dis que j’ai réussi à envoyer une équipe de reporters incognitos qui ont espionné Satan et ses acolytes infernaux, et qui ont pu surprendre leurs conciliabules ?
C’est tout ce qu’il y a de plus vrai, je vous assure !

Avec ce que mes enquêteurs m’ont rapporté, j’ai matière à plusieurs publications : en effet, il ne faut pas que toutes ces choses soient celées, mais tout au contraire vous devez en être avertis, de manière à pouvoir déjouer les pièges du malin et agir efficacement pour contrer ses manigances…

Sans plus tarder donc, voici la première partie de ce reportage infernal !

chauve souris gif

BD - Reportage infernal 1ère partie

chauve souris gif

Vous voici donc prévenus : et comme vous êtes intelligents, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire – sans délai – afin d’éviter la première de ces embûches diaboliques… C’est à vous !

Lully.

A suivre > ici.

Chat gif en marche

Toutes les bandes dessinées de Fr.Mx.M. publiées sur ce blogue > www

Publié dans:Bandes dessinées, Textes spirituels |on 31 janvier, 2015 |5 Commentaires »

2015-22. Où, à l’occasion de la fête de Saint Polycarpe, le Maître-Chat évoque les liens du diocèse de Viviers avec cet illustre martyr, grâce à Saint Andéol.

Lundi soir 26 janvier 2015,
fête de Saint Polycarpe, évêque et martyr.

Martyre de Saint Polycarpe

Le martyre de Saint Polycarpe (fresque byzantine)

« (…) Abandonnons la vanité des foules et les enseignements mensongers
pour revenir à la parole qui nous a été transmise dès le commencement (…) »
- épître de Saint Polycarpe de Smyrne aux Philippiens, § 7 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 26 janvier, la fête de Saint Polycarpe me fournit l’occasion de vous parler un peu du diocèse de Viviers, sur le territoire duquel est implanté notre Mesnil-Marie.

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, né vers l’an 70 de notre ère, avait connu l’apôtre et évangéliste Saint Jean : l’opinion commune est même que c’est à son intention que fut dictée à Saint Jean, dans les révélations qu’il reçut, la lettre à « l’ange de l’Eglise de Smyrne » (cf. Apoc. II, 8-11).
C’est toujours avec un grand profit spirituel que l’on relit le seul texte de Saint Polycarpe qui nous soit parvenu – son épître aux Philippiens (par exemple > ici) – ou encore le récit de son martyre, écrit par un contemporain (cf. > ici).

Nous le vénérons à un titre particulier parce que c’est lui qui missionna dans les Gaules non seulement les premiers pasteurs de l’Eglise de Lyon, les saints Pothin et Irénée, mais également celui que de très antiques traditions nous disent avoir été le premier évangélisateur du territoire qui deviendra le Vivarais : Saint Andéol.
Ainsi, par Saint Andéol et Saint Polycarpe, l’Eglise diocésaine de Viviers peut-elle être, en quelque manière, directement rattachée à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » (Joan. XIII, 23), qui reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur à la dernière Cène, qui l’accompagna jusqu’à la Croix et contempla le Sacré-Coeur transpercé, puis qui « prit chez lui » (Joan. XIX, 27) la Très Sainte Vierge Marie.

Saint Andéol n’était pas prêtre, mais seulement sous-diacre. Il évangélisa la vallée du Rhône et les provinces méridionales de la Gaule romaine pendant une quarantaine d’années.
C’est au moment du passage de l’empereur Septime-Sévère, alors en route vers la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), qu’il fut pris et martyrisé, le 1er mai 208.
La ville de Bergoïata, où il fut supplicié et mis à mort, deviendra par la suite Bourg-Saint-Andéol.

Statue de Saint Andéol façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol

Statue de Saint Andéol sur la façade XVIIe siècle de l’église de Bourg-Saint-Andéol :
le saint est représenté avec la tunique du sous-diacre et avec le glaive de son martyre enfoncé dans le crâne.

La Bienheureuse Tullia qui avait recueilli son corps, le cacha dans un sarcophage antique, dont l’un des côtés fut re-sculpté par la suite, en accord avec le précieux dépôt qu’il renfermait.
Ce sarcophage se trouve toujours dans l’actuelle église du Bourg-Saint-Andéol.

Il ne contient malheureusement plus les reliques du saint martyr : si elles avaient heureusement échappé aux destructions et profanations des huguenots, elles furent malheureusement livrées aux flammes par la fureur révolutionnaire… Mais le sarcophage, considéré comme étant lui-même une relique, fut pendant très longtemps mis à l’honneur sous le maître-autel.
Lorsque ce dernier fut détruit à son tour, lors de la révolution liturgique post-concilaire, le sarcophage qui avait été tellement vénéré par des générations de fidèles, fut relégué dans une chapelle latérale, n’étant plus désormais présenté que comme une curiosité archéologique.

Maître-autel avec le sarcophage de Saint Andéol (église de Bourg-Saint-Andéol autrefois)

Le sarcophage de Saint Andéol placé à l’honneur sous la table du maître-autel de l’église de Bourg-Saint-Andéol
(avant les « aménagements » post-concilaires). 

C’est au milieu du IXème siècle, que le tombeau de Saint Andéol, enfoui dans une crypte, qui avait été elle-même ensevelie lors des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Age, fut redécouvert par Bernoin, évêque de Viviers.
Bernoin, après avoir prié et jeûné pour demander à Dieu la grâce de retrouver les précieuses reliques de Saint Andéol, vit en songe Saint Polycarpe lui-même, et c’est selon les indications données par ce dernier qu’il retrouva l’emplacement de la crypte antique renfermant le sarcophage du martyr.

L’évêque Bernoin et ses successeurs promurent le culte de Saint Andéol dont ils firent un élément d’unification de leur diocèse et – il faut bien le dire aussi – , en un temps où le diocèse de Viviers, quoique théoriquement dépendant du Saint Empire Romain Germanique (jusqu’en 1308), devenait un comté ecclésiastique quasi indépendant, ce fut un moyen de renforcer le prestige et le pouvoir temporel des comtes-évêques de Viviers.

Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les comtes-évêques résidèrent d’ailleurs principalement au Bourg-Saint-Andéol (dans un extraordinaire palais épiscopal qui fait aujourd’hui l’objet d’une remarquable restauration), tout près du tombeau de Saint Andéol, plutôt qu’en leur cité épiscopale.

Sarcophage de Saint Andéol

Le sarcophage de Saint Andéol, dans l’église du Bourg-Saint-Andéol (face paléochrétienne)

Notre diocèse de Viviers, si peu reluisant de nos jours, possède, vous en avez ici une fois de plus un petit aperçu, mes chers Amis, une histoire fort riche, puisque ses origines antiques le rattachent directement aux temps apostoliques.
Nous en sommes particulièrement – et très légitimement – fiers.

Néanmoins, et j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer en 2011 dans les pages de ce blogue en publiant une étude parue dans « Paix liturgique », c’est un diocèse actuellement sinistré : profondément et tragiquement sinistré par le modernisme (cf. > www).
Quatre ans plus tard, les choses ne se sont pas améliorées : les prêtres continuent de mourir et ne sont pas remplacés (il n’y aura sans doute pas d’ordination de prêtre diocésain avant de nombreuses années), les églises continuent à se vider, le nombre des baptêmes poursuit son déclin, la foi catholique n’est plus vraiment enseignée et la plupart des fidèles professe une vague croyance aux contours imprécis, les gens meurent sans les derniers sacrements, la célébration de la messe pour les funérailles tend à diminuer… etc.

La situation d’aujourd’hui n’est finalement guère plus brillante qu’au début du XVIIe siècle lorsque Monseigneur Louis François de la Baume de Suze – coadjuteur en 1618, puis comte-évêque en titre de 1621 à 1690 – prit la charge d’un diocèse matériellement et spirituellement exsangue (on dit qu’il y avait alors moins de vingt curés en exercice et que plus de 75% des églises étaient en ruines) : mais il était animé d’un zèle ardent pour la rechristianisation du Vivarais, et il sut faire appel à des forces saines et vives pour cet immense labeur, spécialement à Saint Jean-François Régis (cf. > www). C’est d’ailleurs dans son palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol que Monseigneur de la Baume de Suze accueillit le Père Régis et lui confia le diocèse de Viviers comme terre de mission où il fallait quasi tout reprendre à zéro…

Statue de Saint Andéol sur la façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol - détail

Statue de Saint Andéol sur la façade de l’église de Bourg-Saint-Andéol – détail.

Dans deux mois exactement, le siège épiscopal de Viviers se trouvera normalement vacant, puisque son actuel occupant, Monseigneur François Blondel, arrivera ce 24 mars 2015 à l’âge de soixante-quinze ans, âge auquel il doit, selon les règles canoniques en vigueur, présenter au Saint-Siège la renonciation à sa charge.

Depuis longtemps déjà, Frère Maximilien-Marie prie et supplie pour demander à Dieu un évêque selon Son Coeur : un évêque qui soit un véritable docteur de la foi catholique la plus authentique ; un évêque qui soit un pasteur à l’image du Bon Pasteur, avec une inlassable sollicitude pour le salut des âmes à lui confiées ; un évêque qui soit un véritable père, pas tant par la manière dont il se fera appeler que par les délicatesses de la charité avec laquelle il entourera les fidèles ; un évêque qui soit un digne successeur des saints Apôtres par son zèle inlassable et par sa force d’âme ; un évêque dont la ferveur spirituelle soit exemplaire et communicative ; un évêque qui soit moins un administrateur qu’un missionnaire ; un évêque dont l’ardeur ne se laisse pas entraver par la pesanteur des cadavres accumulés par quelque cinquante années de modernisme mortifère.

Nous prions donc et supplions Saint Polycarpe et Saint Andéol - avec Saint Vincent, céleste protecteur de notre cathédrale (cf. > www) – qui se dépensèrent sans compter et ne craignirent pas de verser leur sang pour la vérité de l’Evangile, afin qu’ils intercèdent puissamment pour ce diocèse de Viviers et lui obtiennent la grâce d’une véritable résurrection : selon les termes de la citation que j’ai mise en exergue de cette humble chronique, en abandonnant les enseignements mensongers et en revenant à la parole qui lui a été transmise dès le commencement…

patte de chat Lully.

palmes

2015-15. « L’homme n’est pas libre dans la mesure où il ne dépend de rien ni de personne : il est libre dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il aime… »

2001 – 19 janvier – 2015
Quatorzième anniversaire du rappel à Dieu
de
Gustave Thibon

Une fois encore, la date du 19 janvier ramène l’anniversaire du rappel à Dieu de ce « Maître ès intelligence & profondeur spirituelle » que fut notre grand, notre incomparable, notre unique et insurpassable Gustave Thibonnotre Gustave !

2001 – 2015 : quatorze ans que son âme a quitté cette terre pour – j’en ai la conviction intime – se laisser enfin embrasser par cette infinie et paisible Lumière à laquelle elle aspirait de toutes ses forces.
Quatorze ans ! Et cependant, je n’ai pas l’impression d’un éloignement ou d’une absence car Gustave Thibon m’est présent tous les jours.
Peut-être même plus proche de jour en jour.

Il ne m’est pas seulement présent par ses écrits : il est d’une certaine manière présent et vivant à l’intérieur de moi même, tant je lui dois, tant je ne serais pas aujourd’hui ce que je suis si je ne l’avais pas rencontré et s’il n’avait pas contribué à la formation et à l’épanouissement de mon intelligence et de ma spiritualité.

En ces jours-ci, ces jours de janvier 2015 d’une manière très particulière, comme il est bon et salutaire de prendre du recul pour regarder les événements contemporains avec Gustave Thibon !
En ces jours-ci, ces jours de janvier 2015, où le mot « liberté » sert une fois encore de miroir aux alouettes, pour faire tomber les peuples dans les filets de manipulations de grande envergure tendus par les suppôts de satan à l’oeuvre en ce monde, la lucidité de Thibon est un puissant antidote aux poisons distillés par les politiques et les médias.
Voilà pourquoi il m’a paru particulièrement adapté à ces jours, ces jours-ci, de marquer ce quatorzième anniversaire de la mort de Gustave Thibon en vous donnant à lire et à relire ces lignes publiées en 1943.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.    

frise avec lys naturel

G. Thibon

Dépendance et liberté.

« Les fausses mystiques qui dévorent l’âme moderne répugnent instinctivement à définir leur objet : c’est qu’elles pressentent que leur idole, une fois définie (c’est-à-dire ramenée à son humble mesure et à ses proportions relatives), ne pourra plus être adorée.

Il en est ainsi de la liberté. Depuis un siècle et demi, bien des hommes sont morts pour ce mot, qui n’ont jamais cherché à en préciser le sens. Tout au plus l’idée de liberté flottait-elle en eux comme un vague mirage d’indépendance absolue et de plénitude divine.

Allumons notre lanterne. Définir la liberté par l’indépendance recouvre une dangeureuse équivoque. Il n’existe pas pour l’homme d’indépendance absolue (un être fini qui ne dépendrait de rien serait un être séparé de tout, c’est-à-dire éliminé de l’existence). Mais il existe une dépendance morte qui l’opprime et une dépendance vivante qui l’épanouit.
La première de ces dépendances est servitude, la seconde est liberté.

Un forçat dépend de ses chaînes, un laboureur dépend de la terre et des saisons : ces deux expressions désignent des réalités bien différentes.
– Revenons aux comparaisons biologiques qui sont toujours les plus éclairantes. Qu’est-ce que « respirer librement » ? Serait-ce le fait de poumons absolument « indépendants » ? Tout au contraire : les poumons respirent d’autant plus librement qu’ils sont plus solidement, plus intimement liés aux autres organes du corps. Si ce lien se relâche, la respiration devient de moins en moins libre, et, à la limite, elle s’arrête. La liberté est fonction de la solidarité vitale.

Mais dans le monde des âmes, cette solidarité vitale porte un autre nom : elle s’appelle l’amour.
Suivant notre attitude à leur égard, les mêmes liens peuvent être acceptés comme des attaches vivantes ou repoussés comme des chaînes, les mêmes murs peuvent avoir la dureté oppressive de la prison ou la douceur intime du refuge. L’enfant studieux court librement à l’école, le vrai soldat s’adapte amoureusement à la discipline, les époux qui s’aiment s’épanouissent dans les « liens » du mariage. Mais l’école, la caserne et le ménage sont d’affreuses geôles pour l’écolier, le soldat ou les époux sans vocation.

L’homme n’est pas libre dans la mesure où il ne dépend de rien ni de personne : il est libre dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il aime, et il est captif dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il ne peut aimer.

Ainsi le problème de la liberté ne se pose pas en termes d’indépendance. Il se pose en termes d’amour. Notre puissance d’attachement détermine notre capacité de liberté. Si terrible que soit son destin, celui qui peut tout aimer est toujours parfaitement libre, et c’est dans ce sens qu’il est parlé de la liberté des saints.
A l’extrême opposé, ceux qui n’aiment rien ont beau briser des chaînes et faire des révolutions : ils restent toujours captifs. Tout au plus arrivent-ils à changer de servitude, comme un malade incurable qui se retourne sur son lit.

Est-ce à dire qu’on doive accepter indifférement toutes les contraintes et s’efforcer d’aimer tous les jougs ? Cette voie des saints ne saurait être proposée comme un idéal social. Tant que le mal et l’oppression seront de ce monde, il y aura des jougs et des chaînes à briser.
Mais ce travail révolutionnaire ne peut pas être une fin en soi : la rupture d’une attache morte doit aboutir à la consolidation d’un lien vivant.
Il ne s’agit pas d’investir chaque individu d’une indépendance illusoire : il s’agit de créer un climat où chaque individu puisse aimer les êtres et les choses dont il dépend. Si notre volonté d’indépendance n’est pas dominée et dirigée par ce désir d’unité, nous sommes mûrs pour la pire servitude.
Je le répète : l’homme n’a pas le choix entre la dépendance et l’indépendance ; il n’a le choix qu’entre l’esclavage qui étouffe et la communion qui délivre.
L’individualisme – nous ne l’avons que trop vu – n’est qu’un refuge provisoire ; nous ne sommes pas seuls ; nous ne pouvons pas nous abstraire les uns des autres, et, bien avant l’égalité suprême de la mort, le même destin nous emporte.
il dépend de nous seuls de faire ce destin commun favorable ou néfaste. Si nous ne vivons pas ensemble comme les organes d’un même corps, nous nous flétrirons et nous pourrirons ensemble comme ces feuilles sans sève, si indépendantes les unes des autres, si individualistes, mais que le même vent d’automne arrache et roule à son gré. Ou plutôt – car la France aussi ne peut pas s’abstraire du reste du monde – une force étrangère nous imposera du dehors cette unité que nous n’avons pas voulu créer du dedans.
L’alternative est claire : ou nous serons unis aujourd’hui dans le même amour ou courbés demain sous le même joug. »

« Retour au réel » - Première partie. § VI : « Dépendance et liberté » (pp. 157-161) - 1943.

frise avec lys naturel

Autres publications consacrées à Gustave Thibon dans les pages de ce blogue :
- « In memoriam : Gustave Thibon » (2008) > www
- « Gustave Thibon : dix ans déjà ! » (2011) > www
- « Eloignement et connaissance » (extrait de « Retour au réel ») > www
- Le message de ND de La Salette au monde paysan > www
- « Le goût de l’aliment éternel » > www
- « Libertés » (extrait de « Diagnostics ») > www
- « Eglise et politique » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www
- Le sport dans la société moderne > www
- « Vertu c’espérance et optimisme » (in « l’Equilibre et l’harmonie ») www
- Critique de la « démocratie » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») www
- Gustave Thibon : « La leçon du silence » > www

Neuvaine aux Saints Rois Mages.

- du  28  décembre au  5  janvier -

Enfant Jésus Etoile

Pour ceux qui désirent préparer la fête de l’Epiphanie par une neuvaine, il convient de la commencer le 28 décembre, de sorte qu’elle s’achèvera le 5 janvier, pour les premières vêpres de l’Epiphanie.

Bien sûr, l’objet principal de la fête de l’Epiphanie est Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, manifesté (c’est le sens du mot grec « Epiphanie ») de manière éclatante comme Rédempteur de l’humanité.
Malgré les prodiges dont elle fut entourée, en effet, Sa naissance est restée relativement discrète. La venue des Rois d’Orient va la révéler à Jérusalem, à la cour d’Hérode et dans les cercles sacerdotaux.
En outre, l’Epiphanie n’est pas uniquement la célébration de la venue des Rois Mages : la liturgie « fusionne » en une unique célébration la manifestation du Christ aux païens (les Mages), la manifestation du Christ à Israël lors du baptême par Jean, ainsi que la manifestation du Christ à Ses propres disciples à Cana.

Néanmoins, si ce sont bien trois miracles que nous célébrons en ce jour (cf. antienne à Magnificat des Vêpres de l’Epiphanie), l’arrivée des Mages occupe une place de choix dans la liturgie, aussi bien que dans la culture populaire.
Il faut bien dire que ces personnages sont fascinants : pas seulement d’une manière « folklorique » et superficielle, mais dans toute la profondeur de la plus authentique spiritualité.

De très nombreux saints ont nourri une grande dévotion envers les Saints Rois Mages ; des confréries existèrent jadis en leur honneur ; et l’on sait que la ville de Cologne a construit pour conserver leurs reliques une cathédrale remarquable, où les saints corps sont déposés dans une châsse qui constitue la plus exceptionnelle de toutes les pièces d’orfévrerie produites par le Moyen-Age et vers laquelle convergent toujours de nombreux et fervents pèlerins.
Pour ne citer qu’elle, la Bienheureuse Marie du divin Coeur (Droste zu Vischering), mystique de tout premier ordre, a pu témoigner qu’elle a obtenu par leur intercession des grâces signalées.

Il n’est donc ni incongru ni déraisonnable de préparer son âme à la fête de l’Epiphanie par une neuvaine aux Saints Rois Mages.
Au Mesnil-Marie, nous y pensons chaque année. Mais parce qu’il existe peu de textes de prières satisfaisants en l’honneur des Saints Rois Mages - auxquels nous conservons les noms que leur a attribués une tradition pluriséculaire (même s’il n’est pas rigoureusement certain que ce furent leurs prénoms « historiques », car, en définitive, cela est sans aucune importance) – , j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie d’en composer une, et c’est cette dernière que je vous propose ci-dessous.

Lully.

etoile019.gif

Leonaert Bramer 1638-40 la quête des mages musée de la New-York Historical Society

Leonaert Bramer – Le voyage des Mages (oeuvre de 1638-40,  conservée à la New-York Historical Society) :
on remarquera que l’artiste a bien représenté – conformément à la Tradition – que l’ « astre » qui a conduit les Mages n’était pas une étoile ou une comète, mais en réalité une lumière miraculeuse portée par un ange
(cf. lien en bas de cette page).

Prière pour demander des grâces
par l’intercession
des Saints Rois Mages Gaspard, Melchior et Balthazar :

Saints Mages d’Orient qui, bien que n’appartenant pas par la naissance au peuple de la Promesse, aviez connaissance des anciennes prophéties annonçant l’Astre qui se lèverait en Jacob, vous dont les âmes brûlaient de saints désirs dans l’espérance de voir se lever cette étoile miraculeuse, nous vous en prions, quelque épaisses que soient les ténèbres du monde qui nous entoure et quelque ardues que soient les difficultés que nous rencontrons, obtenez-nous de ne jamais céder aux tentations du découragement mais de tenir toujours une indéfectible confiance et une invincible espérance, pour avancer sans faiblir à la lumière des promesses de Dieu…

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

Saints Rois d’Orient, qui avez obéi sans hésitation et sans retard à l’invitation de l’Astre miraculeux, qui avez obéi sans hésitation et sans retard aux oracles des Saintes Ecritures lorsqu’ils vous furent révélés, puis qui avez obéi sans hésitation et sans retard aux ordres divins que l’ange vous manifestait en songe, quand bien même tous les arguments de la raison humaine vous pouvaient crier que cela était insensé, nous vous en prions, quelque virulentes que puissent être les oppositions qui s’élèvent de toutes parts contre la foi chrétienne divinement révélée, obtenez-nous de demeurer toujours fermes et forts dans cette foi, et de marcher sans défaillance dans les voies de la fidélité, inébranlables jusqu’au martyre si Dieu nous fait la très grande grâce de nous y appeler.

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

Très Saints Rois Mages, qui, en dépit de toutes les apparences contraires, avez reconnu le puissant Roi des rois dans ce Nouveau-né vulnérable et pauvre que vous présentait Sa Mère, avez adoré votre Dieu dans les abaissements inouïs de Son Incarnation, et avez confessé qu’Il serait l’unique Rédempteur et l’universel Sauveur par les souffrances de Sa Passion, nous vous en prions, malgré nos propres faiblesses et nos péchés, obtenez-nous à nous aussi ce très ardent amour qui a embrasé vos cœurs lorsque vous vous êtes prosternés devant l’Enfant Jésus, de sorte que, ouvrant nous aussi les trésors de nos cœurs, nous Lui offrions à tout moment et en toutes occasions l’or d’une authentique charité, l’encens d’une prière continue et la myrrhe d’une généreuse pénitence.

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

On peut ensuite confier à l’intercession des Saints Rois Mages, en silence, des intentions plus particulières (grâces personnelles, malades, personnes en souffrance, personnes éloignées de Dieu, pécheurs endurcis, mourants, défunts de nos famille… etc.)

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Leonaert Bramer 1628-30 l'adoration des Mages - musée de Détroit

Leonaert Bramer – l’adoration des Mages (oeuvre de 1628-30, conservée à Détroit)

Et à propos de l’Etoile miraculeuse qui a conduit les Mages  voir ici > www

etoile019.gif

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 28 décembre, 2014 |3 Commentaires »
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