Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2018-41. La procession des Rogations au Mesnil-Marie.

Dimanche soir 13 mai 2018,
Solennité de Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France en second ;
Dimanche dans l’octave de l’Ascension ;
Saint Servais de Tongres, « saint de glace » ;
Anniversaire de la 1ère apparition de Notre-Dame à Fatima.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La semaine qui vient de s’écouler a été très dense et chargée, en particulier parce qu’elle a été celle du troisième pèlerinage annuel « pour le Roi et la France » organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale, confrérie dont Frère Maximilien-Marie est l’un des fondateurs (cf. > ici) et dont il a été désigné Prieur le 21 novembre dernier (cf. > ici).

Je vous rappelle au passage que c’est désormais quelque chose de rigoureusement institutionnalisé et un événement qu’aucun de nos amis ne devrait oublier, mais bien au contraire réserver systématiquement d’année en année.
Ce pèlerinage annuel est la conséquence de la démarche accomplie conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) à l’occasion du Grand Jubilé de 2016, et il a lieu tous les ans les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension (ce sont donc des dates mobiles qui dépendent de la date de Pâques).
Le choix de ces jours, qui sont chômés pour un grand nombre de personnes (le fameux « pont de l’Ascension »), permet en outre aux prêtres membres ou amis de la Confrérie Royale chargés de paroisses, d’être à leur poste le jour de l’Ascension et le dimanche.

Mais avant l’Ascension, il y a les trois jours des Rogations et, cette année, profitant de la présence de nos deux amis les chanoines du chapître séculier de Saint-Rémi, venus quelques jours avant le pèlerinage pour les ultimes préparatifs, nous avons donc pu accomplir une procession – bien modeste certes, mais procession tout de même – avec la bénédiction de la campagne qui environne notre Mesnil-Marie, suivie de la Sainte Messe propre des Rogations.
Outre nos deux amis prêtres présents au Mesnil-Marie tous ces jours, un troisième nous a rejoints pour la procession et la Sainte Messe, ainsi que quelques amis fidèles qui sont relativement proches géographiquement.

En prévision de cette procession, le samedi 5 mai, quatre amis fidèles étaient venus donner un « sacré » coup de main à mon papa-moine, pour faire du nettoyage autour du Mesnil-Marie, transporter de la terre et des pierres, améliorer l’accès à l’oratoire par l’extérieur, couper de l’herbe… etc. ; toutes choses nécessaires pour faciliter la marche de notre petite procession sur un terrain naturellement accidenté.
J’en profite d’ailleurs pour remercier très chat-leureusement ces bienfaiteurs qui ont donné de leur temps et de leur personne pour ces travaux fort utiles !

Ainsi donc – juste pour le plaisir des yeux – permettez-moi de vous montrer trois clichés qui ont été réalisés à l’occasion de cette modeste, mais très fervente procession au cours de laquelle nous avons supplié Notre-Seigneur, par l’invocation et l’intercession de tous Ses saints, pour qu’Il répande abondamment Ses bénédictions sur la campagne qui nous entoure ainsi que sur les travaux des hommes, et pour qu’Il les couvre de Sa paternelle protection.

pattes de chatLully.

Procession des Rogations au Mesnil-Marie le lundi 7 mai 2018 :

Station devant la Croix de la terrasse Saint-Constantin,
depuis laquelle a eu lieu la bénédiction de la campagne environnante
.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 1

Ut fructus terræ dare et conservare digneris, te rogamus, audi nos.
Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre, nous Vous en prions écoutez-nous.

 

Rogations lundi 7 mai 2018 - 2

O Dieu, qui Vous montrez clément et bon en tout lieu où s’exerce Votre domination,
nous Vous en prions : exaucez-nous, et accordez que dorénavant Votre inviolable bénédiction demeure en ce lieu,
et que la totalité de ces fidèles, qui vous supplie, mérite de recevoir les dons de Votre munificence.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 3

Nous implorons Votre pitié, ô Dieu tout-puissant,
pour que Vous répandiez la rosée de Votre bénédiction sur les fruits de la terre,
que Vous daigniez les nourrir en leur ménageant chaleur et pluie,
et que Vous accordiez à ce peuple qui est Vôtre de toujours vous rendre grâces pour vos dons, afin que,
comblés des biens que par la fertilité de la terre Vous répandez avec abondance sur les affamés,
le pauvre et l’indigent célèbrent le nom de Votre gloire.

Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant,
Père +, Fils + et Saint-Esprit +,
descende et demeure toujours sur les champs et sur toutes les sortes de biens qui se trouvent en ce lieu.
Ainsi soit-il.

nika

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018 pour préparer le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay :

Tous les participants au désormais tout proche 3ème pèlerinage « Pour le Roi et la France » au Puy-en-Velay ces 11 et 12 mai 2018,
et tous les membres et sympathisants de la Confrérie Royale, même s’ils ne peuvent être présents physiquement à ce pèlerinage mais auxquels nous demandons instamment de s’y unir par le coeur et la prière,
ainsi que tous les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
auront à coeur de participer à cette neuvaine préparatoire au pèlerinage, du 2 au 10 mai,
pour demander à Notre-Seigneur et à Sa Très Sainte Mère de le bénir
et d’accorder
à toute la Confrérie Royale, en particulier à ceux qui s’engageront dans la Confrérie à cette occasion,
à tout le mouvement légitimiste et à chacun de ses cercles,
à la France,
à notre Roi et à sa famille,
toutes les grâces et forces – spirituelles et temporelles – qui leur sont nécessaires…

chasuble Ascension

Chasuble du Mesnil-Marie
pour le temps pascal et le temps de l’Ascencion

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018
pour préparer le pèlerinage de la Confrérie Royale
au Puy-en-Velay

O Dieu qui, pour révéler les grandeurs de Votre Majesté, avez voulu, après Votre Résurrection d’entre les morts, monter au ciel sous les yeux de Vos apôtres et disciples : dans Votre bonté, accordez-nous Votre secours en demeurant, selon Votre promesse, toujours avec nous sur cette terre ; disposez Vous-même nos coeurs à accueillir comme il convient le divin Paraclet que Vous avez promis, pour que nous soyons enrichis de Ses sept dons ; donnez-nous de vivre ici-bas en dignes témoins du Royaume éternel, dont le royaume de la terre doit être la préparation et l’image ; et lorsque prendra fin notre séjour ici-bas, assistez-nous dans nos ultimes combats pour qu’ils soient victorieux des pièges du démon, et ordonnez à Vos saints anges d’élever nos âmes auprès de Vous dans le ciel où Vous régnez.

Vierge très sainte du Cénacle, autour de laquelle se sont réunis les apôtres et les disciples du Seigneur, après qu’Il a été élevé dans les Cieux, vous les avez entraînés dans une prière ardente qui a parfaitement disposé leurs cœurs à la réception des grâces célestes : regardez dès à présent avec bienveillance les pèlerins qui vont se retrouver à vos pieds dans la « chambre haute », de ce sanctuaire que vous avez vous-même demandé – l’un des tout-premiers à vous dédié sur le sol de ce qui deviendra le royaume de France -, « la chambre angélique » où vous tenez votre cour au Puy-en-Velay, et réservez-leur vos plus maternelles bénédictions ; recevez dès à présent leurs ardentes supplications pour la France et pour son Souverain légitime, et accordez à ce pays de revenir dans les voies du Roi du Ciel, dans la conversion et la pénitence, dans l’obéissance aux lois divines et dans une fidélité renouvelée.

Coeur Sacré de Jésus, notre Roi, ayez pitié de nous !
Reine de France, priez pour nous !
Notre-Dame du Puy, priez pour nous !
Saint Michel archange, priez pour nous !
Saint Louis, priez pour nous !
Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous !
Tous les saints et saintes de France, intercédez pour nous !

Bannière de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy

2018-36. Centenaire de la première Messe de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1918 – 29 avril – 2018

Sant' Andrea delle Fratte - monument commémoratif de la 1ère messe de St Maximilien-Marie

Inscription en italien : « Dans cette chapelle de l’apparition,
Saint Maximilien-Marie Kolbe célébra sa première Messe, le 29 avril 1918 ».
Basilique Sant’ Andrea delle Fratte, Rome.

C’est le lendemain même de son ordination (cf. > ici), c’est-à-dire le lundi 29 avril 1918, que le Père Maximilien-Marie Kolbe célébra sa première Messe.

Profitons-en au passage – en ces temps d’ignorance où l’on a tendance à imaginer que des usages qui n’ont parfois pas plus de deux siècles constituent « la » Tradition de l’Eglise – pour rappeler que cela ne va pas forcément de soi qu’un nouvel ordonné célèbre sa première Messe le lendemain même de son ordination.
Au Moyen-Age ou même encore à l’époque moderne, il n’était pas rare qu’après s’être très longuement et consciencieusement préparés à recevoir le sacrement de l’Ordre, de jeunes prêtres attendissent encore plusieurs jours, voire plusieurs mois, dans une nouvelle étape de préparation spirituelle, avant de monter à l’autel pour y offrir le Saint-Sacrifice pour la première fois. A cet égard, le cas de Saint Ignace de Loyola et de Saint François-Xavier est particulièrement éloquent : c’est pratiquement une année entière après leur ordination (à Venise le 24 juin 1537) qu’ils célébrèrent leur première Messe.  

Sant' Andrea delle Fratte - extérieur

Basilique Sant’Andrea delle Fratte : vues extérieure et intérieure

Sant' Andrea delle Fratte - intérieur

Pour un jeune prêtre fervent et zélé, le choix du lieu de sa première Messe peut être revêtu d’un caractère symbolique fort. Ce fut bien le cas du tout jeune Père Maximilien-Marie Kolbe qui élut pour cette célébration la basilique de Sant’ Andrea delle Fratte.

Située dans le rione de Colonna, à deux pas de la place d’Espagne et de l’église de la Trinité des Monts, derrière le palais de « la Propaganda », cette église reconstruite à partir de la fin du XVIème siècle, présente toutes les caractéristiques du baroque romain, d’autant que les fameux architectes rivaux, Le Bernin et Borromini, y ont l’un et l’autre laissé leur empreinte.

Mais ce ne sont pas ses particularités artistiques qui avaient décidé du choix de cette église par le nouveau prêtre franciscain, lequel d’ailleurs n’avait pas demandé aux religieux Minimes qui desservent l’église à célébrer à l’autel majeur, mais avait choisi pour sa première Messe l’autel de la deuxième chapelle latérale sur le côté gauche de la nef : autel originellement dédié à l’archange Saint Michel et devenu depuis le 20 janvier 1842 l’autel de « la Madone du miracle« .

C’est très précisément ici que, ce 20 janvier 1842, Alphonse Tobie Ratisbonne, âgé de vingt-huit ans, comme un nouveau Saül, avait été terrassé par la grâce.

Sant' Andrea delle fratte - autel du miracle et de la 1ère messe

Basilique de Sant’ Andrea delle Fratte : autel de « la Madone du miracle ».
Sur l’arcature on lit (en italien) : « Ici apparut la Madone du miracle – 20 janvier 1842″
Devant les pilastres qui séparent cette chapelle latérale des chapelles voisines on voit,
du côté de l’Evangile, le buste d’Alphonse Ratisbonne,
qui fut converti ici par une apparition de la Vierge immaculée le 20 janvier 1842,
et du côté de l’épître le buste de Saint Maximilien-Marie Kolbe qui célébra sa première Messe à cet autel le lundi 29 avril 1918.

20 janvier 1842 – 20 janvier 1917 :
Tous les matins, les jeunes religieux qui suivaient leurs études au Collège Séraphique s’agenouillaient dans la chapelle pour un temps d’oraison en commun. Or ce 20 janvier 1917, le recteur du Collège, dans les indications qu’il donna pour la méditation du matin, n’évoqua pas la figure de Saint Sébastien, dont c’était la fête liturgique et qui est l’un des saints les plus populaires de Rome, mais il entretint les jeunes lévites du septante-cinquième anniversaire de la conversion d’Alphonse Ratisbonne.
Frère Maximilien-Marie avait-il déjà entendu parler de cette conversion spectaculaire ? Rien ne permet de l’affirmer ni de l’infirmer.
Ce qui est certain, c’est que septante-cinq ans après l’événement, son retentissement était véritablement intact et qu’il suscitait enthousiasme et zèle apostolique dans les coeurs catholiques fervents.
On était alors bien loin des coquecigrues et billevesées actuelles, qui ont pour conséquence le refus pratique de travailler à la conversion des Juifs. On rendait alors de sincères et vibrantes actions de grâces à Dieu pour – comme le dit le décret officiel de reconnaissance du miracle – « la conversion instantanée et parfaite d’Alphonse-Marie Ratisbonne du judaïsme ».

Or rien ne prédisposait Alphonse Ratisbonne à embrasser la foi catholique, car il était violemment obstiné dans les erreurs sur le christianisme héritées de son milieu. Rien, sauf le fait que, par convenance mondaine (il n’avait pas voulu froisser des amis catholiques de la meilleure société) et aussi un peu par jeu, il avait accepté de porter la « médaille miraculeuse » et de réciter chaque jour – sans conviction pourtant – le « Memorare ».
Entré dans cette église simplement pour accompagner un ami qui devait y rencontrer un prêtre à la sacristie, il l’attendait en déambulant comme on l’aurait fait dans un cabinet de curiosités. C’est alors que la Vierge immaculée, telle qu’elle est figurée sur la médaille, s’était révélée à ses yeux et que, tombant à genoux, il avait dans un unique et très bref instant connu et compris toutes les vérités de la foi et y avait adhéré. Dix jours plus tard, il recevait le saint baptême indispensable au salut (en ce temps-là on n’opposait pas d’interminables délais à la réception d’un sacrement si nécessaire), était confirmé et faisait sa première communion.

Nul doute que – qu’il la connût auparavant ou pas – cette conversion sensationelle rappelée par le recteur du Collège Séraphique en ce matin du 20 janvier 1917, n’ait compté pour beaucoup dans la maturation du projet de création de la « Militia Immaculatae », qui aboutirait quelque neuf mois plus tard, le 16 octobre 1917 au soir, ainsi que cela a été rapporté > ici.
De fait, le port et la diffusion de la « médaille miraculeuse » sera l’un des points caractéristiques fondamentaux de la Milice.  

Sant' Andrea delle Fratte - Madonne du miracle

Basilique de Sant’ Andrea delle Fratte : tableau de la « Madone du miracle »,
montrant la Très Sainte Vierge Marie dans l’attitude où elle a elle-même voulu être représentée sur la « médaille miraculeuse »,
médaille manifestée à Sainte Catherine Labouré le 27 novembre 1830.

Ainsi, tout est parfaitement ordonné dans la tête du jeune Père Maximilien-Marie Kolbe en ce moment où, devenu prêtre du Christ pour l’éternité, cinq mois et demi après la fondation de la « Militia Immaculatae », il vient célébrer à l’autel de la « Madone du miracle » sa toute première Messe, ce lundi 29 avril 1918 :
- l’autel est celui où la Vierge conçue sans péché est apparue, telle qu’elle est représentée sur la médaille, pour convertir parfaitement un ennemi du Christ Sauveur et de Son Eglise ;
- le formulaire de la Messe qu’il célèbre est celui de la Messe votive de la manifestation de la médaille miraculeuse (que l’on trouve au missel dans les Messes « pro aliquibuis locis » à la date du 27 novembre) ;
- l’intention pour laquelle il offre le Saint-Sacrifice est « la conversion des schismatiques, des non-catholiques et des maçons ».
Décidément, ce jeune prêtre et ardent « chevalier de l’Immaculée » est bien loin de ce faux œcuménisme « à deux balles » qui a prévalu au sein même de l’Eglise depuis quelques décennies !

Le lendemain, mardi 30 avril 1918, le Père Maximilien-Marie Kolbe ira célébrer sa deuxième Sainte Messe à la basilique de Saint-Pierre au Vatican et il l’offrira afin d’obtenir « la grâce  de l’apostolat et du martyre pour moi et pour les frères du collège ».
Ce en quoi, en ce qui le concerne lui-même du moins, il sera exaucé au-delà de tout ce qu’il avait alors sans doute pu imaginer.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Saint Maximilien-Marie Kolbe

Dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
– Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe ici
– Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI sur Saint Maximilien-Marie ici
– Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe ici
– Témoignage d’un rescapé d’Auschwitz sur le martyre de Saint Maximilien-Marie ici
- Centenaire de l’ordination sacerdotale de Saint Maximilien-Marie > ici

– Centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (16 octobre 1917) ici

Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 29 avril, 2018 |2 Commentaires »

2018-35. Centenaire de l’ordination sacerdotale de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1918 – 28 avril – 2018

Le dimanche 28 avril 1918, qui était cette année-là le quatrième dimanche après Pâques, fut célébrée, à Rome, l’ordination sacerdotale de celui qui deviendrait Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Le jeune religieux avait atteint son vingt-quatrième anniversaire le 7 janvier précédent : entré au séminaire franciscain conventuel à l’âge de treize ans, Raimond Kolbe avait reçu, à l’âge de seize ans et demi, le 4 septembre 1910, en même temps que le saint habit, le nom de religion de Frère Maximilien ; deux ans plus tard (1912), il était envoyé à Rome pour ses études : il y resta sept ans.
Docteur en philosophie à l’âge de vingt-et-un ans et neuf mois (22 octobre 1915), il sera également reçu docteur en théologie à l’âge de vingt-quatre ans et demi (22 juillet 1919), juste à la veille de prendre le train pour rentrer dans son pays natal.

Notons au passage cette particularité : par sa naissance en 1894 dans la voïvodie de Lodz, Raimond Kolbe était de fait sujet de Sa Majesté Impériale le Tzar de toutes les Russies ; entré dans un couvent de Galicie – dans l’empire austro-hongrois, parce qu’il n’y avait pas de couvents franciscains pour le noviciat et les études dans l’Empire Russe -, puis placé dans un couvent de Cracovie pour le début de ses études religieuses, tout en restant sujet de l’empereur Nicolas II, c’est avec un des documents administratifs autrichiens qu’il prit la route pour Rome ; enfin, pour son retour, le Père Maximilien-Marie bénéficia de papiers polonais puisque le 11 novembre 1918, après cent-vingt-trois ans de partition entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, la Pologne avait été reconstituée  en véritable état indépendant.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Le jeune Père Maximilien-Marie Kolbe

A propos de son accession au sacerdoce, le Père Maximilien-Marie Kolbe écrivit le 26 septembre 1918 à sa mère : « L’ordination sacerdotale est arrivée pour moi à l’improviste ». Cette expression a de quoi surprendre : n’était-il pas à Rome justement afin de s’y préparer au sacerdoce ?
Mais pour quelqu’un qui est bien au courant des usages ecclésiastiques traditionnels, il saute aux yeux que cette date d’ordination présente un caractère insolite : un dimanche – le quatrième après Pâques -, et non à l’occasion d’un samedi des Quatre-Temps, de la fête des Saints apôtres Pierre et Paul ou de quelque autre apôtre (l’usage de célébrer les ordinations le dimanche n’est en effet pas du tout traditionnel mais appartient aux modes qui ont prévalu seulement depuis les réformes postérieures au second concile du Vatican).
Ceci demande donc quelques explications.

Frère Maximilien avait prononcé à la fin du mois de juin 1914 le serment antimoderniste – prescrit par le motu proprio « Sacrorum antistitum » du 1er septembre 1910 (cf. > ici) – nécessaire pour accéder aux ordres sacrés, puis il avait été tonsuré par le cardinal Basil Pompilj, vicaire de Rome, le 28 octobre 1914, en la fête des Saints apôtres Simon et Jude : c’est à cette occasion qu’il rajouta le nom de Marie à celui de Maximilien reçu lors de sa prise d’habit. Quelques jours après, pour la fête de la Toussaint (1er novembre 1914), jour où il fit sa profession perpétuelle, il fut ordonné portier et lecteur par le même cardinal-vicaire ; enfin pour la vigile de Saint André (29 novembre 1914) il reçut les ordres d’exorciste et d’acolyte, toujours des mains du même cardinal.
Il fut ordonné sous-diacre le 16 juillet 1916, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, et diacre le 28 octobre 1917, à nouveau en la fête des Saints apôtres Simon et Jude.
Mais pour l’ordination sacerdotale, initialement prévue le vendredi dans l’octave de la Pentecôte 24 mai 1918, il y eut des changements qui donnent à l’événement un aspect quasi rocambolesque.

Le Code de Droit Canonique voulu et préparé par le pape Saint Pie X avait été promulgué par son successeur, Benoît XV, le 27 mai 1917 et il devait entrer en vigueur à la Pentecôte 1918 (dimanche 19 mai 1918).
Or en vertu du canon 976, le Code dont les dispositions devraient être mises en application à partir de ce 19 mai 1918 interdisait d’ordonner prêtre un homme qui n’aurait pas atteint le milieu de sa quatrième année de théologie, et le Frère Maximilien-Marie n’en était qu’à la troisième année.

Qu’à cela ne tienne ! Si l’on veut échapper à une loi qui contrarie nos desseins, il n’y a finalement rien de plus simple que de se placer dans un cadre légal où elle n’a pas, ou plus, ou pas encore d’autorité.
Vivement désireux de ne pas retarder l’accès au sacerdoce de plusieurs jeunes lévites franciscains, le recteur du Collège Séraphique (faculté de théologie des Franciscains conventuels à Rome) demanda au cardinal Pompilj que les ordinations fussent avancées à une date précédant la Pentecôte… et le cardinal-vicaire acquiesça à une requête qui ne lui provenait d’ailleurs pas uniquement des franciscains mais également de plusieurs autres supérieurs ecclésiastiques.

Le 9 avril, Frère Maximilien-Marie fut informé qu’il devait se préparer aux examens finaux en vue du sacerdoce qui allaient donc être anticipés eux aussi ; examens auxquels il fut reçu, évidemment.
Le 20 avril, il commença les exercices spirituels de préparation à l’ordination.

Basilique Sant'Andrea della Valle

Rome : basilique Sant’ Andrea della Valle.
Edifiée de 1591 à 1663, elle est l’une des plus grandes églises de Rome après la basilique vaticane.
C’est l’église de la maison-mère de l’Ordre des Théatins.
C’est dans cette basilique que fut ordonné prêtre Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Au matin du dimanche 28 avril 1918, en la basilique de Sant’ Andrea della Valle, au milieu d’une centaine d’autres ordinands, séculiers et réguliers de tous ordres et de tous pays, Frère Maximilien-Marie devint pour l’éternité prêtre de la Sainte Eglise Catholique.

On notera qu’à l’heure du sacrifice, lorsque le Lagerführer d’Auschwitz lui posera la question : « Qui es-tu ? », le Père Maximilien-Marie répondra simplement par ces deux mots : « Prêtre catholique ».
Au moment de rendre le témoignage suprême, la seule identité qu’il a mise en avant fut celle de son sacerdoce.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Basilique Sant' Andrea della Valle intérieur

Basilique sant’Andrea della Valle : intérieur.
Un décor fait pour magnifier la grandeur du Saint Sacrifice de la Messe
et la beauté du sacerdoce catholique.

Basilique Sant' Andrea della Valle sanctuaire

Basilique sant’Andrea della Valle : le sanctuaire.
Les trois panneaux peints qui l’ornent sont l’œuvre du napolitain Mattia Preti (1613-1699)
et représentent des scènes du martyre de l’apôtre Saint André, titulaire de cette église.

A suivre :
Centenaire de la première Messe de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici.

Dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
- Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI sur Saint Maximilien-Marie > ici
- Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Témoignage d’un rescapé d’Auschwitz sur le martyre de Saint Maximilien-Marie > ici
- Centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (16 octobre 1917) > ici

palmes

Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 27 avril, 2018 |4 Commentaires »

« Domine, salvum fac Regem ! »

25 avril,
Fête de Saint Marc, évangéliste et martyr ;
en France, les litanies mineures ;
anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon (25 avril 1974),
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

grandes armes de France

Si nous avons à coeur de prier quotidiennement, avec ferveur et plusieurs fois dans la journée, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, le jour anniversaire de sa naissance, le 25 avril, est l’un des moments de l’année où nous manifestons avec encore davantage d’ardeur et de piété filiale notre amour pour notre Souverain légitime.

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Dans l’épître lue au troisième dimanche après Pâques (1 Petr. II, 11-19), le Prince des Apôtres nous rappelle à deux reprises les devoirs de respect, d’amour et d’obéissance que doit avoir tout chrétien envers son Roi légitime : cela découle de la vertu de religion et de l’honneur dû à Dieu, parce que Celui-ci a placé en lui Sa propre autorité et l’a élevé au-dessus des autres hommes.
C’est donc un devoir religieux impératif que de faire monter vers le Ciel de fréquentes supplications, aussi instantes qu’aimantes, pour celui que les Lois fondamentales (cf. > ici) désignent indubitablement comme Roi légitime, parce qu’il est l’aîné de tous les Capétiens ; l’aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; le successeur de Charles X, de Louis XIX, d’Henri V, de Jean III, de Charles XI, de Jacques 1er, de Charles XII, d’Alphonse 1er, d’Henri VI et d’Alphonse II : très haut, très puissant et très excellent Prince Louis XX, Roi de France et de Navarre.

Il est plus que jamais important de prier pour notre Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe.
Prier pour que celui en lequel -  du fait des dispositions de la divine Providence - s’incarne les principes de la royauté capétienne traditionnelle ait toutes les grâces de lumière, de prudence, de tempérance, de force, de justice, de foi, d’espérance, de charité, de crainte du Seigneur, de piété, de science, de force, de conseil, d’intelligence et de sagesse, qui lui sont nécessaires, afin de transmettre intacts les valeurs et les principes de la monarchie de droit divin, et pour oeuvrer à sa digne restauration.

En ce 25 avril, je me permets de vous inviter à prier à l’aide d’un « Domine, salvum fac Regem » qui constitue la conclusion du « Te Deum pour les victoires de Louis XV » composé en 1744 par Henri Madin (1698-1748), sous-maître de la Musique de la Chapelle du Roi.
Aujourd’hui plus que jamais, et tous les jours, que nos coeurs redisent avec dévotion et chantent avec ardeur :

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Mini vidéo enregistrée ce 25 avril 2018 dans l’oratoire du Mesnil-Marie :

Trois lys blancs

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 26 avril, 2018 |2 Commentaires »

2018-31. Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve.

6ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve :

Mardi 17 avril 2018 ;
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il est temps que je poursuive la narration de ce qui s’est passé à l’occasion de cette belle Semaine Sainte en Provence, et, après le récit de la visite à nos amis Messieurs les Chanoines de Saint-Remi (cf. > ici), que je vous raconte le pèlerinage qui fut accompli auprès de Sainte Roseline de Villeneuve, aux Arcs-sur-Argens.
C’était le mercredi saint 28 mars.

A – Qui est Sainte Roseline de Villeneuve ?

Fille d’Arnaud II de Villeneuve et de Sybille de Burgolle de Sabran, Roseline (en latin « Rossolina » mais en provençal « Roussouline ») aînée de six enfants, naquit le 12 janvier 1263 au château des Arcs (aujourd’hui les Arcs-sur-Argens).
Les familles de Villeneuve et de Sabran sont au nombre des principales familles nobles de Provence, tant par leur ancienneté, leur origine, leurs alliances et les services qu’elles rendirent.
Par sa mère, Roseline est cousine de Saint Elzéar de Sabran (1285-1323), de 22 ans son cadet mais qui décèdera 6 ans avant elle.

Roseline fut imprégnée d’un profond esprit évangélique dès son enfance, du fait d’une éducation profondément et authentiquement chrétienne, mais aussi en raison d’une prédilection divine manifestée dès avant sa naissance.
Pendant sa grossesse, sa mère avait entendu une voix lui dire : « Tu enfanteras une rose sans épine, une rose dont le parfum embaumera toute la contrée », et l’on raconte qu’un doux parfum de rose l’enveloppait souvent.
Elle faisait preuve d’une grande sollicitude envers les pauvres et leur distribuait d’abondantes aumônes sous forme de vivres, ce qui mettait à mal les réserves du château. Son père la réprimanda à plusieurs reprises pour ces largesses qu’il considérait comme exagérées, mais Roseline, mue par une ardente charité, considérait qu’il était plus important de nourrir les pauvres que de conserver d’abondantes réserves. Un jour où elle était âgée d’une douzaine d’années, elle se fit surprendre par son père alors qu’elle avait rempli son tablier de pains pris à la cuisine. « Que portes-tu là ? » lui demanda-t-il. Toute rougissante, elle répondit : « Ce sont des roses, père » ; et dépliant son tablier, elle laissa échapper une brassée de roses des plus odorantes.
Cet épisode connu sous le nom de « miracle des roses » eut lieu en plein mois de janvier ; cela convainquit Arnaud II que la main de Dieu reposait sur sa fille. Le souvenir de cet événement subsiste aujourd’hui dans les lieux, puisque dans les ruines du château des Arcs on montre la « porte du miracle », à côté du donjon.

Miracle des roses - Ste Roseline - retable chapelle Sainte-Roseline 1635

Statue de Sainte Roseline rappelant le miracle des roses
(statue du retable principal réalisée en 1635, dans la chapelle Sainte-Roseline – Les Arcs)

A l’âge de 15 ans (en 1278), Roseline entra à la chartreuse de Saint-André-de-Ramières, près de Prébayon, au pied du mont Ventoux. Puis elle fut envoyée, pour continuer son noviciat, à la chartreuse Notre-Dame de Bertaud près de Gap.
Elle fut admise à la profession religieuse à la Noël 1280, quelques jours avant son dix-huitième anniversaire.

Alors qu’un soir, elle était chargée de préparer le repas de la communauté, elle tomba en extase : Notre-Seigneur se tenait près d’elle et elle s’entretint avec lui « dans le doux secret de son cœur », ainsi que le rapporte la chronique...
Mais quand la communauté entra au réfectoire, rien n’était prêt. La prieure était sur le point de réprimander Soeur Roseline, quand apparurent des anges qui dressèrent les tables et y disposèrent la nourriture.
Ce miracle inspira à Marc Chagall une mosaïque qui occupe tout une travée de la chapelle Sainte-Roseline : « le repas des anges »

Mosaïque de Marc Chagall

Marc Chagall : « le repas des anges » (1975)
Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens

En 1285, Soeur Roseline est appelée à la chartreuse de la Celle-Roubaud, proche des Arcs, dont l’une de ses tantes, Jeanne de Villeneuve, était la fondatrice et la prieure.
A la mort de cette dernière, en 1300, Soeur Roseline est élue pour lui succéder et elle exercera cette charge priorale pendant 28 ans.
Elle reçut la consécration abbatiale de Jacques d’Euse, évêque de Fréjus, futur pape Jean XXII.

Bien que soumise à une clôture stricte, Roseline garde un continuel souci pour les pauvres et les nécessiteux. A la porte du couvent, les malheureux sont toujours accueillis comme Notre-Seigneur Lui-même et ils reçoivent nourriture, vêtements, paroles d’encouragement et de consolation.

Le plus célèbre des nombreux miracles qui lui sont attribués est celui de la libération de son frère Henrion, commandeur des Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem : en 1310 il était tombé aux mains des Sarrasins et se trouvait emprisonné sur l’île de Rhodes.
Par la puissance de sa prière, Roseline fit tomber ses chaînes et il fut transporté miraculeusement en Provence.

En 1328, Mère Roseline, usée par les responsabilités de sa tâche et par ses mortifications, se démet de la charge priorale en demandant à redevenir simple religieuse.
Elle meut moins d’un an après, le 17 janvier 1329, âgée de 66 ans.

B – Miracles de Sainte Roseline :
conservation miraculeuse de son corps et de ses yeux.

Dès l’annonce de sa mort, de nombreux pèlerins affluent et des miracles se produisent, en particulier des guérisons de paralytiques et d’aveugles.
Ensevelie dans le cimetière du couvent, la dépouille mortelle exhalait depuis sa tombe une puissante odeur de rose : le pape Jean XXII chargea donc Elzéar de Villeuneuve, frère de la sainte et évêque de Digne, de présider à l’exhumation de son corps et de le transférer dans le cloître : il apparut parfaitement conservé, et ses yeux avaient même gardé tout leur éclat, comme s’ils étaient vivants.

D’autres translations eurent lieu (en 1344 et en 1360), puis le corps fut caché par les moniales à l’occasion des troubles de la guerre de cent-ans. Tellement bien caché qu’on perdit le souvenir du lieu où il avait été mis à l’abri !
Deux-cent-quatre-vingt ans plus tard, Sainte Roseline se manifesta elle-même à un aveugle pour lui révéler l’endroit où reposait son corps et, en signe de la vérité de cette apparition, elle lui rendit la vue : la redécouverte du corps toujours intact de Sainte Roseline donna lieu à une nouvelle translation, le 20 octobre 1657.
Le miracle de l’éclat vivant des yeux de Sainte Roseline entraîna la décision de les conserver à part, dans une boite d’argent, tandis que le corps incorrompu était renfermé dans une châsse de bois.

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline :
monstrance du XIXe siècle, chef-d’œuvre d’Armand Caillat grand prix de l’exposition universelle de Paris en 1889,
dans lequel se trouve la boite d’argent du XVIIème siècle, scellée, où sont enfermés les yeux de Sainte Roseline ;
cette boite d’argent a, sur le devant, la forme d’un masque percé de deux ouvertures laissant apparaître les yeux.

Le 21 février 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère la Reine Anne d’Autriche, se rendit à Cotignac pour y rendre grâce de sa naissance (puisque la chapelle de Notre-Dame de Grâces de Cotignac avait été l’un des trois sanctuaires désignés par la Sainte Mère de Dieu au Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, en 1637, pour l’accomplissement des neuvaines par lesquelles sa naissance avait été obtenue).
Entendant parler du miracle de la conservation des yeux de Sainte Roseline, le Grand Roi dépêcha aux Arcs son médecin personnel – Antoine Vallot – pour en vérifier l’authenticité. C’est lui qui, pour s’assurer qu’il n’y avait point de supercherie et qu’il s’agissait bien d’yeux véritables, eut l’idée de percer l’un d’eux avec son stylet : aussitôt l’œil s’obscurcit tandis qu’un liquide s’en échappait.
Voilà pourquoi, de nos jours, dans la monstrance qui les présente aux fidèles, l’oeil gauche de Sainte Roseline est comme desséché.

yeux de Sainte Roseline

Yeux de Sainte Roseline de Villeneuve :
on voit ici, incluse dans le reliquaire d’Armand Caillat, la boite d’argent du XVIIème siècle dont la face présente la forme d’un masque.
L’oeil gauche – donc à droite sur la photo – est celui que le Docteur Vallot a percé en 1660, et se présente sous une forme grisâtre, amorphe et desséchée.
L’œil droit – à gauche sur la photo – dont l’éclat semble encore « vif », semble avoir conservé sa forme mais l’iris est indissociable de la pupille.

D’autres translations eurent lieu, en 1835 et en 1894.
En 1881, le corps ne présentait pas de trace de corruption mais avait subi des dégradations provoquées par des insectes qui s’étaient introduits dans la châsse, dont l’étanchéité n’était pas des meilleures.
En 1894, la situation était si critique qu’une intervention rapide s’imposait. Le travail fut confié au Docteur Pietro Neri qui, après des examens minutieux, conclut que les dommages « n’auraient pas été si grands si le corps n’avait pas été transporté dans une atmosphère pareille où, en raison de puissantes causes, il n’aurait jamais pu à la longue conserver son intégrité ».

Pour sauver ce qui pouvait l’être, le Docteur Neri procéda non pas à un embaumement, comme on le trouve parfois écrit, mais à une véritable restauration. Le squelette lui-même était attaqué : après un énergique traitement contre les parasites, il fallut maintenir ensemble les ossements à l’aide d’une structure metallique, puis, sur ce squelette remis en forme sur lequel il ne restait que très peu de tissus organiques, le Docteur Neri reconstitua un corps modelé en cire d’abeilles donnant l’apparence d’un corps momifié.
De nouveaux travaux de conservation furent à nouveaux pratiqués en 1995 et les examens pratiqués à cette époque ont permis de comprendre et de prendre la mesure de tout ce qu’avait fait le Docteur Neri un siècle plus tôt et au sujet duquel on n’avait finalement peu de détails.
Depuis les travaux de restauration de 1995 et la reconnaissance et l’authentification des restes de Sainte Roseline attestés par l’évêque de Fréjus et Toulon en janvier 1996, la dépouille de Sainte Roseline de Villeneuve est à nouveau exposée dans la chapelle Sainte-Roseline, dans une châsse vitrée.

châsse avec les restes de Sainte Roseline

Châsse exposant la dépouille mortelle de Sainte Roseline de Villeneuve :
c’est-à-dire son squelette sur lequel un corps d’apparence momifié a été reconstitué en cire d’abeilles teinte.

C – La chapelle Sainte Roseline :
des splendeurs baroques dans un austère écrin roman.

Comme je l’ai écrit en commençant ce récit, Frère Maximilien-Marie et ses amis se sont rendus à la chapelle Sainte-Roseline, aux Arcs-sur-Argens, le mercredi saint 28 mars.
A la veille d’entrer dans le Triduum Sacré, c’était un pèlerinage pour demander à cette sainte la grâce de vivre avec ferveur les célébrations du mystère pascal.

La chapelle Sainte-Roseline se trouve dans la campagne, au milieu des vignobles : propriété de la commune des Arcs, elle est attenante aux bâtiments de l’ancienne chartreuse, aujourd’hui appelés « Château Sainte-Roseline », car ils sont pour l’essentiel occupés par une exploitation vinicole qui produit des vins de prestige.

IMG_8817 - Copie

La chapelle elle-même est, pour la plus grande partie, un bâtiment du XIème siècle. A l’origine il y eut ici l’ermitage d’un certain Roubaud : « la Celle-Roubaud », qui est le nom originel du monastère, signifie « la cellule de Roubaud ».

Du XIème au XIIème siècle, ce fut d’abord un monastère de bénédictines.
En 1260, les bénédictines cédèrent la place à un groupe de moniales chartreusines qui essaimaient à partir de la chartreuse Notre-Dame de Bertaud, près de Gap, sous la conduite de Mère Jeanne de Villeneuve, tante de Sainte Roseline.
En 1420, les chartreusines quitteront les lieux et en 1505 des franciscains prendront leur place et mettront le monastère sous le vocable de Sainte Catherine d’Alexandrie.
Ce n’est qu’au XIXème siècle que le nom de « chapelle Sainte-Roseline » s’imposera.

chapelle Sainte-Roseline arrivée

Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens :
l’arrivée à la chapelle depuis la route qui passe en dessous du chevet.

La route qui permet d’arriver à la chapelle Sainte-Roseline passe sur le côté est des anciens bâtiments claustraux, une large voie bordée d’arbres monte depuis la route vers la chapelle : déjà peu visible de loin, on imagine qu’elle l’est encore moins lorsque les feuilles ont poussé.
On longe la façade nord de la chapelle…

chapelle Sainte-Roseline façade nord

Chapelle Sainte-Roseline, façade nord

… pour arriver devant façade principale de l’église : la façade occidentale, puisque l’édifice est correctement orienté.

chapelle Sainte-Roseline façade occidentale

Chapelle Sainte-Roseline, façade occidentale : entrée principale.

Quand on entre dans la chapelle par la porte de cette façade principale, l’oeil est aussitôt ravi par un spectacle sublime : la sobriété de l’architecture romane – massive et austère à l’extérieur, épurée à l’intérieur – est merveilleusement enrichie par les décors baroques des retables dont la luxuriance dorée transporte d’un saisissement qui confine à l’extase.

chapelle Sainte-Roseline vue intérieure générale

Chapelle Sainte-Roseline :
ce qui se découvre au regard dès que l’on franchit le porche d’entrée.

Le cancel (c’est-à dire la clôture du choeur) en bois de noyer daté de 1658, porte des éléments décoratifs qui appartiennent encore au style maniériste, propre à la dernière partie de la renaissance. Les stalles qui se trouvent derrière sont de même style. Au-dessus de la porte se trouve une statuette de Sainte Catherine d’Alexandrie, figurée avec la roue de son martyre : c’est l’une des marques laissées par le vocable donné au couvent par les Franciscains qui ont occupé les lieux à partir du début du XVIème siècle.  

chapelle Sainte-Roseline entrée du choeur

Chapelle Sainte-Roseline : l’entrée du choeur

Quand on franchit la porte du cancel, le sompteux retable baroque du sanctuaire apparaît dans toute sa richesse.
Il est daté de 1635.
Son décor foisonnant d’anges et de colonnes torses surmonté du saint Crucifix, est l’écrin d’une descente de croix du XVème siècle, en bois polychrome.
Les statues de Sainte Catherine d’Alexandrie (du côté de l’Evangile) et de Sainte Roseline (du côté de l’épître) encadrent cette déposition, en dessous de laquelle sont représentées des scènes d’apparition du Christ ressuscité.

chapelle Sainte-Roseline retable

Le grand retable baroque de 1635 dans le sanctuaire.

chapelle Sainte-Roseline panneau central du retable

La déposition de Croix du XVème siècle enchâssée au centre du grand retable de 1635.

Malheureusement, les vandales de « l’après-concile », afin de faire place à un ridicule « autel-face-au-peuple », ont carrément découpé la table de l’autel lui-même pour la réduire au format d’une tablette de quelque 10 cm de large !

Dans une chapelle latérale que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on se trouve dans la nef et qui s’ouvre directement sur le côté gauche du sanctuaire, se trouve un retable secondaire, dédié à Saint Antoine de Padoue.
Ce retable, quoique d’une grande simplicité, est lui aussi merveilleusement baroque et sert d’écrin à des oeuvres antérieures, comme la prédelle qui représente des saints de l’Ordre franciscain de par et d’autre d’un Christ de pitié.

Chapelle Sainte-Roseline retable de Saint Antoine de Padoue

Autel de Saint Antoine de Padoue.

Un troisième retable baroque enrichit cette chapelle : il se trouve dans la nef, à main gauche, juste à l’entrée principale.
Il comprend en son centre une merveilleuse Nativité, attribuée à l’école des frères Bréa, peintres niçois du XVIème siècle spécialistes des retables. Certains commentateurs l’attribuent à François Bréa (1495-1562).

chapelle Sainte-Roseline retable de la Nativité

Retable de la Nativité

Les donateurs en prière se trouvent de part et d’autre de Saint Joseph et de Notre-Dame. Juste au-dessus de l’Enfant Jésus est représentée Sainte Roseline, de petite taille, entourée des enfants des donateurs et de petits anges.
Derrière la donatrice est représenté Saint François d’Assise aisément identifiable par les stigmates dont il est blessé.

panneau central du retable de la Nativité

La Nativité, datée de 1541, attribuée à l’école des frères Bréa.

A la fin des années soixante du précédent siècle, la chapelle Sainte-Roseline se trouvait dans un état déplorable, quasi à l’abandon.
C’est le mécénat de Marguerite et Aimé Maeght qui fut à l’origine de sa renaissance et de sa restauration. C’est aussi ce qui explique la présence d’oeuvres contemporaines à l’intérieur de l’édifice : nous avons mentionné plus haut la grande mosaïque de Marc Chagall, mais on trouve aussi là des vitraux de Jean Bazaine et Raoul Ubac ainsi qu’un lutrin en bronze de Diego Giacometti. Mais il faut bien reconnaître que nous n’avons pas plus prêté d’attention à ces représentations d’ « art contemporain » que si elles eussent été totalement invisibles.
En revanche, nous nous attardâmes avec délices à l’examen des ex-votos populaires et naïfs, bien restaurés, qui célèbrent les miracles accomplis par l’intercession de Sainte Roseline et expriment la reconnaissance des bénéficiaires de ces grâces signalées.

L’aboutissement de cette restauration entreprise depuis 1969 a été le classement de la chapelle Sainte-Roseline par les Monuments Historiques, en 1980.

D – L’étole et le manipule des moniales chartreusines.

Il reste à donner quelques explications au fait que, dans sa châsse, le corps de Sainte Roseline, revêtu de l’habit des moniales chartreusines, porte également une étole diaconale, depuis l’épaule gauche vers la hanche droite, et un manipule sur le poignet gauche.

Reliques de Sainte Roseline

Gisant contenant les reliques de Sainte Roseline de Villeneuve :
conformément à la tradition des moniales chartreusines elle porte l’étole diaconale et le manipule.

Il s’agit là d’une coutume particulière des moniales chartreuses – ou chartreusines – : lors de leur consécration (car leur profession religieuse s’accompagne d’un rituel de consécration des vierges qui est une survivance de l’usage antique), elles reçoivent le manipule et l’étole diaconale.
Elles ne les portent ensuite que le jour du cinquantième anniversaire de leur consécration, et elles en sont revêtues sur leur lit de mort avant d’être exposées et ensevelies avec.

Cet usage ne signifie pas du tout qu’elles ont été considérées comme des « diacres féminins » ni même comme des « diaconesses » : ces dernières d’ailleurs – n’en déplaise aux modernistes dont l’ampleur de l’ignorance n’a d’égale que leur empressement à adhérer aux stupidités issues de la contestation des prétendus réformés -, n’ont jamais reçu quelque degré que ce soit du sacrement de l’Ordre.
De très savantes études sur les rituels cartusiens de consécration des vierges ont démontré que la collation de l’étole et du manipule est un usage qui apparaît tardivement – au XVème siècle -, d’abord dans les Flandres, avant de se généraliser progressivement dans tout l’Ordre.
Il est probable que ce privilège fut accordé aux chartreusines par imitation de ceux dont jouissaient quelques (peu nombreux) monastères italiens de contemplatives.

Cela signifie donc que Sainte Roseline, à la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème, n’a en réalité jamais porté l’étole ni le manipule, puisqu’ils ne commencent à apparaître dans quelques maisons flamandes de l’Ordre qu’au XVème siècle.
Leur attribution à sa dépouille mortelle constitue donc un fabuleux anachronisme !

L’innovation audacieuse des moniales chartreusines flamandes du XVème siècle n’a bien évidemment jamais constitué une revendication de type féministe à une ordination diaconale, comme cela peut se trouver aujourd’hui au milieu des autres délires de type moderniste ; elle n’est qu’une espèce de représentation symbolique du statut particulier de la femme consacrée à Dieu et ensevelie dans la solitude du désert, désert que veulent reproduire les monastères cartusiens : par l’immolation silencieuse et cachée de sa consécration totale à Dieu, la moniale chartreusine participe à l’immolation du Christ Lui-même, le Christ souverain prêtre, le Christ serviteur (le mot grec « diakonos » signifie « serviteur »), le Christ immolé au service du salut des hommes.

chapelle Sainte-Roseline croix du pignon occidental

Chapelle Sainte-Roseline : croix au faîte du pignon occidental.

A suivre :
Les offices des Ténèbres > ici

2018-24. Vœux de Pâques 2018.

Χριστός Ανέστη !
Αληθώς Ανέστη !

Surrexit Dominus vere !

Le Seigneur est vraiment ressuscité !

CORNELISZ VAN OOSTSANEN, Jacob 1507

L’apparition à Sainte Marie-Magdeleine au matin de Pâques
(Jakob Cornelisz van Oostanen – 1507)

* * *

Saint Jour de Pâques 1er avril 2018,
à La Garde-Freinet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous le savent déjà, mon papa-moine et moi-même n’avons pas passé la Semaine Sainte au Mesnil-Marie, mais, avec un petit groupe d’amis, nous sommes depuis le samedi de la Passion 24 mars en terre provençale et nous avons vécu toute cette semaine la plus importante de l’année chrétienne au rythme des offices célébrés dans le cadre du Monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, avec la liturgie selon le Missel Romain de 1953, c’est-à-dire avec les rites antérieurs à la réforme survenue sous le pontificat de Pie XII.

J’ai à ma disposition aujourd’hui plusieurs centaines de photographies prises au cours de ces cérémonies tous les jours de cette Semaine Sainte, et dans les prochains jours je vous pourrai faire des comptes-rendus plus détaillés de ces moments non seulement très spirituels mais véritablement historiques, puisque c’est la première fois depuis 1955 que Rome a permis à plusieurs communautés et paroisses traditionnelles à travers le monde de reprendre cette liturgie plus que millénaire et donc véritablement traditionnelle.

Mais en cette fin d’après-midi, je viens vers vous aujourd’hui uniquement pour vous souhaiter de belles, joyeuses et saintes Pâques pendant les cinquante jours où la Sainte Eglise va maintenant exulter dans la contemplation de la glorieuse Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et puis je souhaite aussi vous annoncer que demain matin, lundi de Pâques 2 avril, sur la route du retour en Vivarais, nous ferons halte à la basilique royale de Sainte Marie-Magdeleine, à Saint-Maximin, où nous aurons une Sainte Messe solennelle dans la crypte devant le reliquaire du chef de celle qui, au matin de Pâques, fut la première – après Notre-Dame – à être gratifiée de l’apparition de Jésus ressuscité, et fut alors promue par Lui « apôtre des Apôtres ».

Vous pouvez dès à présent être assurés que nous porterons toutes les intentions de nos amis et bienfaiteurs auprès de Sainte Marie-Magdeleine, et que nous la prierons pour qu’elle vous accorde à tous et à chacun des grâces d’amour toujours plus grand et de ferveur toujours plus intense dans votre relation personnelle vivante avec le divin Coeur de Jésus !

Patte de chat Lully.

Joyeuses Pâques

2018-23. De la divine efficacité de la troisième parole de Notre-Seigneur sur la Croix.

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls

Crucifixion
Verrière de l’église Sainte-Marguerite d’Antioche à Durham (Angleterre)

Arrêtons-nous pour réfléchir à l’un des aspects de la troisième parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix :

« Femme, voilà votre fils » – « Voici ta Mère ».

Il faut insister sur le fait, dont nous devons avoir une certitude absolue, que les paroles divines du Verbe de Dieu incarné ont le pouvoir de rendre absolument réel ce qu’elles énoncent.

Ainsi, lorsque le Fils de Dieu dit au vent et aux flots déchaînés : « Calmez-vous ! », il se fait aussitôt un grand calme ; lorsque le Fils de Dieu dit aux infirmes : « Soyez guéris ! », ceux qui avaient été sourds, muets, aveugles, paralysés… etc. n’ont plus aucune séquelle de leur infirmité et sont parfaitement guéris ; lorsque le Fils de Dieu commande aux corps morts de la fille de Jaïre, du fils de la veuve de Naïm, ou de son ami Lazare – qui est en décomposition putride depuis quatre jours - : « Cessez d’être morts, soyez à nouveau vivants ! », ces corps ne sont effectivement plus morts, mais à nouveau pleins de vie.

Et lorsque le Fils de Dieu dit sur le pain qui n’est encore réellement que du pain et sur le vin qui n’est encore réellement que du vin : « Ceci est Mon Corps… Ceci est Mon Sang… », la substance du pain et la substance du vin cessent d’être, et il n’y a plus, en leur lieu et place, que la substance de la chair et la substance du sang du divin Sauveur, ne conservant que les apparences du pain et du vin !

Oui, la parole du Verbe incarné est toujours efficace : elle accomplit toujours, dans une réalité parfaite, ce qu’elle énonce, ce qu’elle ordonne.
C’est une parole créatrice.

Le Christ Jésus l’a fait comprendre à ceux qui murmuraient en l’entendant dire au paralytique de Capharnaüm : « Tes péchés sont pardonnés ».
Le miracle de la guérison physique du paralytique démontre que la parole du Sauveur est toujours efficace, et que ce n’est pas parce qu’elle énonce le changement d’une réalité invisible qu’elle ne serait plus efficace : si la parole de Jésus accomplit le miracle de la guérison, c’est bien le signe qu’elle est tout aussi efficace lorsqu’elle dit que le péché est pardonné. « Afin donc que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Je te le commande – dit-il au paralytique -, lève-toi, emporte ton grabat, et va dans ta maison ! » (Marc II, 10).

Et donc, de la même manière, lorsque le Fils de Dieu en Croix, déclare : « Voici, votre fils… Voici, ta Mère… », Sa parole a autant d’efficacité réelle que lorsqu’elle opère des miracles physiques et que lorsqu’elle change la substance du pain en Corps véritable et la substance du vin en Sang véritable.

La Très Sainte Vierge Marie ne devient pas symboliquement la mère des hommes, et les sauvés ne deviennent pas « en quelque sorte » ses enfants : non ! La parole créatrice du Verbe Incarné opère le changement ontologique en même temps qu’elle l’énonce.
La parole créatrice du Verbe Incarné change une réalité en une autre, indépendamment de la subsistance des apparences.

Notre-Dame devient réellement, substantiellement et ontologiquement ma mère au pied de la Croix, et dès le moment où Jésus a prononcé cette parole du haut de Sa croix, et avant même que je ne vienne au jour, je suis devenu réellement son enfant, d’une réalité bien plus forte et profonde que n’est la maternité charnelle de celle qui m’a formé dans ses entrailles et qui m’a mis au jour !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls - détail

2018-22. Deux avis importants et urgents…

 

- Pèlerinage du Puy : plus qu’une semaine pour vous inscrire !

Attention ! A ce jour, 16 mars, il reste moins de 10 jours pour adresser vos inscriptions pour le pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy des 11 & 12 mai (voir ou revoir le programme > ici) au Secrétariat de la Confrérie Royale.

En effet, nous devons impérativement transmettre aux services d’intendance du grand séminaire du Puy-en-Velay les réservations des chambres au début du mois d’avril.
En outre, à partir du samedi 24 mars au petit matin et jusqu’au mardi 3 avril, il n’y aura personne dans les locaux du secrétariat (Semaine Sainte oblige) : débrouillez-vous donc pour que vos courriers d’inscription nous parviennent au plus tard le vendredi 23 mars.

La célèbre citation de Nicolas Boileau « Hâtez-vous lentement » n’a donc pas de place ici !!!

 Pèlerinage Légitimiste le Puy-en-Velay 4 juin 2016

 Photo du premier pèlerinage légitimiste à la sortie de la cathédrale du Puy,
lors du grand jubilé de 2016

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- Semaine Sainte : il reste deux ou trois places !

De quoi s’agit-il ?
De vivre la totalité de la Semaine Sainte [c'est-à-dire depuis le samedi 24 mars, jusqu'au lundi de Pâques 2 avril], en Provence, dans un lieu idyllique, rustique et très au calme, à 20 km de la mer envion, et surtout auprès d’un monastère où sera pratiquée la liturgie latine selon les rites antérieurs à la réforme de 1955, c’est-à-dire selon les rites qui ont eu cours pendant plus de mille ans en Occident (puisque les rites de la Semaine Sainte ont été retouchés sous le pontificat de Pie XII et que la cheville ouvrière de cette réforme fut déjà le Père Bugnini qui oeuvrera ensuite pour l’élaboration de la « nouvelle messe » après le concile V2).

L’hébergement se fait dans un petit mas, en compagnie de Frère Maximilien-Marie et du Maître-Chat Lully (oui, vous avez bien lu : le Maître-Chat sera présent !), avec des laïcs de confiance, dans une ambiance de simplicité et d’amitié. Deux prêtres éminents de la Confrérie Royale seront aussi présents à proximité.
Le coût de l’hébergement (9 nuits) reste modique. Les frais de nourriture seront à partager.
Au moment où ces lignes sont publiées, il reste deux places disponibles, éventuellement trois.

Les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion qui souhaiteraient participer et disposer de plus amples renseignements sont invités à se manifester dans les plus brefs délais  > contact.

Semaine Sainte église

L’église du monastère dans laquelle seront célébrés les offices de la Semaine Sainte

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