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Prière après la Sainte Communion « Restez avec moi, Seigneur », de Saint Pie de Pietrelcina.

1968 – 23 septembre – 2018

50ème anniversaire du rappel à Dieu
de
Saint Pie de Pietrelcina

Saint Pie de Pietrelcina (que la plupart des personnes, même non italiennes ou ne parlant pas l’italien, appellent cependant « Padre Pio »), a rendu sa belle âme à Dieu le 23 septembre 1968, au terme d’une vie admirable de pureté, de ferveur, d’union à Dieu, de charité surnaturelle exceptionnelle et de pratique héroïque des vertus évangéliques.
Quelques jours avant sa mort, les sacrés stigmates qu’il portait depuis 50 ans avaient disparu.
On trouve aisément d’excellentes biographies du célèbre capucin de San-Giovanni-Rotondo et je vous invite à les lire avec attention et d’en méditer les exemples.

Je me contenterai de rappeler ici que, à l’annonce de la réforme liturgique, Saint Pie avait demandé au Saint-Siège, avant même la promulgation des nouveaux rites de la Messe, un indult qui lui permettrait de continuer à célébrer la Sainte Messe latine traditionnelle et que, lorsqu’un prélat vint de Rome pour lui apporter cette autorisation, il déclara : « Arrêtez le concile ! » Cela se passe de tout commentaire.

La prière qui suit, qu’il récitait pendant son action de grâces après la Sainte Messe développe et personnalise la supplication que firent les disciples d’Emmaüs au Christ resuscité au terme du chemin qu’ils avaient parcouru avec Lui sans Le reconnaître : « Mane nobiscum, quoniam advesperascit, et inclinata est iam dies : Demeurez avec nous, car le soir arrive, et le jour est déjà sur son déclin » (Luc XXIV, 29).

Saint Pie de Pietrelcina - consécration

Restez avec moi, Seigneur, car il est nécessaire de Vous avoir présent pour ne pas Vous oublier. Vous savez avec quelle facilité je Vous abandonne.
Restez avec moi, parce que je suis faible et j’ai besoin de Votre force pour ne pas tomber si souvent.
Restez avec moi, Seigneur parce que Vous êtes ma vie, et sans Vous, je suis sans ferveur.
Restez avec moi, parce que Vous êtes ma lumière, et, sans Vous, je suis dans les ténèbres.
Restez avec moi, Seigneur, pour me montrer Votre volonté.
Restez avec moi, Seigneur, pour que j’entende Votre voix et que je Vous suive.
Restez avec moi, Seigneur, parce que je désire Vous aimer beaucoup et être toujours en Votre compagnie.
Restez avec moi, Seigneur, si Vous voulez que je sois fidèle.
Restez avec moi, Seigneur, parce que si pauvre que soit mon âme, elle désire être pour Vous un lieu de consolation, un nid d’amour.
Restez avec moi, Jésus, parce qu’il se fait tard et que le jour décline… c’est-à-dire que la vie passe, la mort, le jugement, l’éternité approchent et il est nécessaire de refaire ses forces pour ne pas m’arrêter en chemin, et, pour cela, j’ai besoin de Vous. Il se fait tard et la mort approche. Je crains les ténèbres, les tentations, les sécheresses, les croix, les peines et combien j’ai besoin de Vous, mon Jésus, dans cette nuit de l’exil.
Restez avec moi, Jésus, parce que dans cette nuit de la vie et des dangers, j’ai besoin de Vous. Faites que je Vous reconnaisse comme Vos disciples à la fraction du pain, c’est à dire que la Communion eucharistique soit la Lumière qui dissipe les ténèbres, la Force qui me soutienne et l’unique Joie de mon cœur.
Restez avec moi, Seigneur, parce qu’à l’heure de ma mort, je veux rester uni à Vous sinon par la Communion, du moins par la Grâce et l’Amour.
Restez avec moi, Jésus, je ne Vous demande pas les consolations divines parce que je ne les mérite pas, mais, le don de Votre présence, oh oui, je Vous le demande.
Restez avec moi, Seigneur, c’est Vous seul que je cherche, Votre Amour, Votre Grâce, Votre Volonté, Votre Cœur, Votre Esprit, parce que je Vous aime et ne demande pas d’autre récompense que de Vous aimer davantage. D’un amour ferme, pratique. Vous aimer, de tout mon cœur, sur la terre, pour continuer à Vous aimer parfaitement pendant toute l’éternité.

Ainsi soit-il. 

Ecce Agnus Dei

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 22 septembre, 2018 |2 Commentaires »

2018-86. Où, à l’occasion de la translation du corps de Sainte Thérèse Couderc, le Maître-Chat Lully publie quelques photographies qui sont plus éloquentes que de longs discours…

Samedi 22 septembre 2018 ;
Octave de Notre-Dame des Sept-Douleurs ;
Commémoraison du samedi des Quatre-Temps d’automne ;
Commémoraison de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs ;
Commémoraison de Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur.

A La Louvesc, jour de la translation du corps de Sainte Thérèse Couderc.

Sainte Thérèse Couderc

Corps incorrompu de Sainte Thérèse Couderc à La Louvesc.

frise

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de la vie (cf. > ici) d’une très grande sainte native du diocèse de Viviers pour laquelle nous avons une très grande vénération : Sainte Thérèse Couderc, fondatrice de la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la retraite au Cénacle (que l’on appelle couramment « sœurs du Cénacle »), dont la fête liturgique est célébrée au jour anniversaire de sa naissance au Ciel, le 26 septembre.

Je vous ai également raconté (cf. > ici) de quelle manière, le mardi 12 juillet 2016, nous avions appris avec une douloureuse stupéfaction la fermeture et la vente programmée de la maison-mère historique des religieuses du Cénacle à La Louvesc.
La publication que j’avais alors faite pour annoncer cette triste nouvelle avait suscité de nombreuses réactions : réactions navrées ou indignées de beaucoup de fidèles, et même – je le dis avec désolation mais Dieu m’est témoin que c’est la stricte vérité – démentis mensongers donnés à cette nouvelle par certaines religieuses essayant de calmer l’émotion suscitée par mon article. Sans doute avaient-elles oublié le contenu et le sens du huitième commandement de Dieu, puisque la décision de fermer et de vendre ce couvent qui est le lieu de leur fondation était déjà fermement prise…

Autel avec la châsse de Sainte Thérèse Couderc - carte postale postérieure à la canonisation

Carte postale réalisée après la canonisation de Sainte Thérèse Couderc (1970)
et montrant l’autel érigé au-dessus de la châsse contenant le corps incorrompu de la sainte
dans la chapelle des religieuses du Cénacle à La Louvesc.

Il y eut des mois d’incertitude.
Les villageois de La Louvesc eux-mêmes ignoraient ce qu’allait devenir le corps d’une sainte à laquelle ils sont très attachés. Certains nous écrivaient pour nous demander si nous avions des informations à ce sujet, car du côté des religieuses ou du clergé local ce fut longtemps « silence radio ».
Des bruits contradictoires couraient, dont nous ne pouvions savoir s’ils étaient rumeurs et bobards, ou bien s’ils avaient quelque fondement de vérité.
Enfin, nous apprîmes de manière certaine, au cours de l’hiver dernier, que le corps de Sainte Thérèse Couderc serait transféré dans la basilique de Saint Jean-François Régis, à quelques centaines de mètres du couvent déserté.
Ce nous fut un véritable soulagement de savoir que « notre » chère Sainte reterait à La Louvesc et que nous pourrions continuer à nous recueillir devant sa châsse vénérée.

Le transfert des reliques d’un saint, surtout lorsqu’il s’agit d’un corps entier, porte le nom de translation.
La translation solennelle d’un corps saint, usage qui remonte à la plus haute antiquité, et qui parfois donne l’occasion à l’institutution d’une fête liturgique supplémentaire en l’honneur de ce saint, obéit normalement à certaines règles canoniques et liturgiques précises. Cela fait partie des cérémonies traditionnellement les plus importantes – qui exige la présence d’au moins un évêque – ; c’est aussi l’une des moins fréquentes de nos jours .

Or c’est aujourd’hui, samedi 22 septembre 2018, en début d’après-midi, que va avoir lieu la translation du corps de Sainte Thérèse Couderc depuis la chapelle du Cénacle, jusqu’à la basilique de La Louvesc.
Frère Maximilien-Marie avait prévu de s’y rendre mais il en a été empêché, alors j’ai demandé à des amis qui s’y trouvent de prendre de nombreuses photographies pour me les communiquer ensuite.

Cour intérieure de la maison de fondation du Cénacle avec façade de la chapelle

Cour intérieure de la maison-mère historique des sœurs du Cénacle à La Louvesc et façade de la chapelle :
sur le linteau de la porte d’entrée de la maison est gravée la date de 1837
c’est-à-dire 10 ans après le commencement de la congrégation.

A l’heure actuelle, j’ignore si le couvent est déjà vendu et j’ignore donc aussi ce que deviendront ces grands bâtiments, le parc, et surtout la chapelle, dont il y a tout lieu de craindre qu’elle sera désacralisée, hélas !

Avant même la cérémonie de translation, j’ai résolu de vous montrer, à l’aide de clichés anciens que j’ai collectionnés (et tels qu’il y en a déjà deux ci-dessus), l’évolution de cette chapelle : une évolution tout-à-fait révélatrice.

Voici tout d’abord un ancien cliché montrant les grands bâtiments du Cénacle, avec la chapelle (signalée par une flèche rouge) et le parc, sur la droite du couvent.

Bâtiments du Cénacle et chapelle extérieurs

Et maintenant une vue de l’intérieur de la chapelle telle qu’elle se rpésentait dans la première moitié du XXème siècle.
Tout est en place. Tout y est catholique : le maître-autel, la table de communion, la grille du chœur des religieuses (du côté de l’Evangile), les lustres, les statues, les stations du chemin de Croix.
Il y a même un drapeau tricolore (peut-être marqué du Sacré-Coeur !).
Remarquez, en avant du sanctuaire, de chaque côté de la nef, deux grandes fenêtres en plein cintre…

Chapelle du Cénacle dans la première moitié du XXe siècle

Et ci-dessous une photographie prise dans cette même chapelle au soir du 4 novembre 1951, jour où fut célébrée à Rome la béatification de Mère Thérèse Couderc par Sa Sainteté le pape Pie XII.

On voit la profusion de décoration et de luminaires avec laquelle les religieuses d’alors ont orné le sanctuaire pour cette circonstance.
Cela permet aussi de distinguer certains détails du maître-autel.

Chapelle du Cénacle soir de la béatification de Mère Thérèse Couderc 1951

Après cette béatification, des travaux furent réalisés dans la chapelle.
Le corps incorrompu de la Bienheureuse Thérèse Couderc fut exposé à la vénération des fidèles dans une châsse placée sous un autel de marbre sombre qui fut édifié dans un renfoncement pratiqué sur le côté droit de la nef, là où se trouvait auparavant une grande fenêtre (je vous la signalias ci-dessus) qui fut transformée en oculus.
C’est ce que montre la photographie suivante :

chapelle du cénacle après béatification 1951

Au dessus de cet autel, fut apposée une grande plaque de marbre dont l’inscription latine rappelle les grandes dates de la vie de la nouvelle bienheureuse et mentionne sa béatification :

Plaque de marbre au-dessus de l'autel après béatification

Sainte Thérèse Couderc fut canonisée le 10 mai 1970.
C’était après le second concile du Vatican, et la nouvelle messe était entrée en vigueur depuis moins de six mois. Toutefois les chambardements liturgiques avaient commencé à se faire jour depuis 1965.

Dans le diocèse de Viviers, Son Excellence Monseigneur Alfred Couderc (né en 1882, évêque de Viviers en 1937 et décédé le 25 février 1968), qui était relativement conservateur, avait autorisé que l’on remplaçât les anciens maîtres-autels à la condition que les autels qu’on édifirait à leur place afin qu’on puisse y célébrer la messe « face au peuple », soient néanmoins conçus pour qu’on continue à y célébrer de manière traditionnelle. C’est ce qui explique que, sur la photo suivante, si l’ancien maître-autel a disparu l’autel qui l’a remplacé – et qui est encore un autel en pierre – garde le tabernacle en son centre (sur ce cliché pris lors d’une exposition du Très Saint-Sacrement l’ostensoir est posé sur le tabernacle).

On remarque par ailleurs que des statues, les stations du chemin de Croix et la table de communion ont disparu.
L’autel sous lequel se trouve la châsse de Sainte Thérèse Couderc conserve sa nappe, sa croix et ses chandeliers.

Chapelle du Cénacle après la canonisation 1970

La chapelle va ensuite, au cours des quatre décennies et demi qui ont suivi, être « relouquée » de diverses manières.

L’autel que l’on aperçoit ci-dessus va être d’abord remplacé par un cube, toujours en pierre, tandis que le tabernacle sera relégué sur le côté.
Puis, à cet autel cubique va succéder… une ancienne table ronde de salle à manger aux pieds tournés (!!!), qui a elle-même cédé la place à une espèce de « meuble » circulaire, en bois, qui fera des allées et venues : tantôt dans le sanctuaire et tantôt dans la nef (avec les chaises des fidèles en rond tout autour) au gré de l’inventivité des bricoleurs de la liturgie…

chapelle du cénacle années 2000

Quand à l’autel de Sainte Thérèse Couderc il sera dépouillé de sa nappe, de ses chandeliers et de sa croix.

autel de Sainte Thérèse Couderc dépouillé

Puis la grande plaque de marbre gravée (sur laquelle avait été rajoutée la mention de la canonisation en 1970) a été recouverte de ce que je peux difficilement qualifier d’un autre mot que « barbouillage ».
Sans doute son inscription en langue latine semblait-elle totalement anachronique à ceux qui se sont rendus coupables de cette œuvre d’ « art conceptuel » sur laquelle on peut toutefois lire le mot « Bonté », en référence à l’une des expériences mystiques de Sainte Thérèse.
Je n’hésite pas à le dire : pour ce qui me concerne, j’ai bien du mal à retrouver l’expérience mystique et les leçons spirituelles de Sainte Thérèse Couderc dans cette figuration absconse…

Au Cénacle, la chapelle Thérèse Couderc

Voilà donc, en attendant que je puisse vous montrer le lieu de la basilique où a été transféré le corps de Sainte Thérèse Couderc, ce que je vous pouvais montrer de l’évolution symptomatique de la chapelle où ce corps incorrompu a reposé jusqu’à ce jour, chapelle de ce qui fut la maison-mère de la congrégation qu’elle fonda en 1827 ; congrégation – est-il besoin de le préciser ? – qui est aujourd’hui en pleine régression et décadence, en attendant son extinction qui semble inéluctable, puisque totalement ravagée par le modernisme, lequel est inexorablement stérile.

pattes de chatLully.

Voir le splendide texte de Sainte Thérèse Couderc intitulé « Se livrer » > ici
Et sa prière à la Très Sainte Trinité > ici

2018-85. Entretiens spirituels donnés lors de la fête de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie.

Jeudi 20 septembre 2018,
Fête de Saint Eustache et de ses compagnons, martyrs ;
Vigile de Saint Matthieu, apôtre ;
Mémoire du 6ème jour dans l’octave de Notre-Dame des Douleurs.

Pieta - oratoire du Mesnil-Marie

Piéta dans l’oratoire du Mesnil-Marie
(Note : cette statue est en bois polychrome : elle a fait l’objet d’un très mauvais travail de peinture en 1911,
mais cette peinture écaillée en plusieurs endroits semble révéler une polychromie beaucoup plus ancienne
et nous sommes portés à la dater de la fin du XVIIIème siècle ou du premier quart du XIXème)

frise avec lys naturel

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Lorsque nous annonçâmes la journée de récollection du samedi 15 septembre dernier, en notre Mesnil-Marie, à l’occasion de la fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion (cf. > ici), quelques uns d’entre vous nous ont exprimé leur regret de ne pouvoir y participer, soit en raison d’obligations diverses déjà contractées, soit en raison de soucis de santé, soit encore tout simplement en raison de l’éloignement géographique.
Une dizaine de personnes avaient pu nous rejoindre, et l’une de nos fidèles amies a enregistré les deux communications que Frère Maximilien-Marie a données ce jour-là, si bien que, disposant désormais de ces enregistrements nous sommes en mesure de les adresser à ceux qui souhaiteraient les écouter.

La première intervention, celle du matin, intitulée « Importance et actualité du culte des Douleurs de la Mère de Dieu », dure presque 1 h et 10 mn. Partant du Saint Evangile – en redressant au passage quelques erreurs modernes – Frère Maximilien-Marie peint à grands traits une fresque du développement continu du culte de la Mère des Douleurs, demandé à plusieurs reprises par la Très Sainte Vierge Marie en plusieurs apparitions authentifiées par l’Eglise, et évoque les principales pratiques de cette dévotion.
La seconde communication, celle de l’après-midi, intitulée « Vie chrétienne et souffrance », dure un peu plus de 50 mn, et notre Frère y rappelle avec la grande Tradition spirituelle combien il ne peut pas y avoir de vie chrétienne authentique sans  l’union à la Croix de Notre-Seigneur, source de grandes souffrances certes mais plus encore source de joie surnaturelle et de fécondité spirituelle.
Dans l’une et l’autre, Frère Maximilien-Marie s’adresse à son auditoire avec beaucoup de simplicité, comme dans des entretiens familiers.

Si vous souhaitez donc avoir accès à ces enregistrements, il suffit de nous écrire > ici, et de nous les demander : nous vous ferons alors parvenir par courriel * (wetransfer) un lien de téléchargement valable quelques jours. Vous pourrez alors télécharger un fichier « zippé », dont il vous faudra ensuite extraire les deux fichiers audio contenant ces deux communications que vous pourrez alors écouter à votre guise…

* Nota bene :
Lorsque vous écrivez votre adresse électronique dans le formulaire de contact, assurez vous de le faire sans faute. Il nous arrive fréquemment de ne pouvoir répondre à des messages qui nous sont adressés parce que des erreurs ont été commises dans la retranscription.

Coeur de Marie aux sept glaives

2018-81. De la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié, qui joua un rôle fondamental dans la consécration du Royaume de France à Notre-Dame.

1653 – 4 septembre – 2018

365ème anniversaire du rappel à Dieu
de la
Réverende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié
née Anne de Goulaine

frise avec lys naturel

De la même manière que l’événement fondateur qu’est le Baptême de Clovis – en lequel se fait la naissance du Royaume de France – est entouré d’une pléiade de très grands saints, ainsi aussi cet autre événement majeur de notre histoire qu’est la consécration du Royaume à Notre-Dame par SMTC le Roi Louis XIII (cf. > ici) est lui aussi entouré d’une constellation de très grandes âmes, dont la plupart ne sont malheureusement pas assez connues aujourd’hui. 
Nous aurons l’occasion de parler prochainement plus en détail du Révérend Père Joseph de Paris, capucin, né François Le Clerc du Tremblay, un personnage-clef pour le règne de Louis XIII, mais en ce 4 septembre 2018, à l’occasion de l’exact 365ème anniversaire de son rappel à Dieu, le 4 septembre 1653, il faut prioritairement évoquer la figure de l’une de ses filles spirituelles, la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié, née Anne de Goulaine. Elle est en effet une mystique de tout premier ordre et son influence fut déterminante dans la maturation du Vœu de Louis XIII.

Rde Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié - Anne de Goulaine

La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié avec son ange gardien

Anne de Goulaine naquit le 20 septembre 1599, au château de Poulmic, édifié sur la presqu’île de Crozon (il n’en reste rien aujourd’hui).
Elle était la troisième fille de Messire Jean de Goulaine, seigneur et baron du Faoüet, cadet du marquis de Goulaine, et de Madame Anne de Ploeuc, sœur du marquis de Tymeur.
Dès son plus jeune âge, Anne fut favorisée de grâces extraordinaires, en particulier la compagnie visible de son saint ange gardien, mais également préscience et lecture dans les âmes…
A plusieurs reprises, elle fut miraculeusement soulagée dans ses maladies et consolée par la visite des saints. En contre partie de ces faveurs célestes, elle subit aussi de manière extraordinaire des vexations et attaques diaboliques.

Ses deux sœurs ainées étant entrées dans la congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire que venaient de fonder le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) et la Révérende Mère Antoinette de Sainte-Scholastique (née Antoinette d’Orléans-Longueville), ses parents résolurent de la marier. Mais Anne aspirait elle aussi depuis sa plus tendre enfance à la consécration totale et sa détermination inflexible, opposée au dessein de ses parents, fut à l’origine de longues années d’affrontements et de souffrances, chacun campant fermement sur ses positions.

A la mort de son père, qui rend son âme à Dieu revenu à des dispositions plus conformes aux desseins du Ciel sur sa fille, Anne ne peut toutefois pas encore réaliser sa vocation. Si sa mère a renoncé à la marier et lui laisse donner libre cours à sa dévotion, elle est cependant malade et c’est à Anne qu’incombent les responsabilités de gestion et d’administration des domaines familiaux et les devoirs mondains y afférant.
Elle passe alors la plus grande partie de ses nuits en oraison et emploie tout le temps libre que lui laisse sa charge à visiter et soigner les pauvres et les malades du voisinage.
Les vexations et sévices diaboliques s’intensifient, mais les grâces divines augmentent elles aussi : à plusieurs reprises elle est favorisée de visions de Notre-Seigneur ou de Notre-Dame.

Enfin, en 1629, une communauté de Bénédictines du Calvaire s’étant établie à Morlaix – communauté dont l’une de ses sœurs est sous-prieure -, et Madame de Goulaine ayant cédé, Anne peut réaliser sa vocation et entrer au couvent. Cela se fait donc le 4 août 1629 : Anne est âgée de 29 ans et un peu plus de dix mois, âge très avancé pour une entrée en religion à cette époque.
Ayant accompli le postulat canonique, qui est alors de trois mois, elle est admise à la vêture le 4 novembre 1629 et reçoit, en même temps que le saint 
habit, le nom de Sœur Anne-Marie de Jésus Crucifié.

Pendant son noviciat, Sœur Anne-Marie continue à être favorisée de grâces extraordinaires et à être terriblement attaquée par le démon. Ses supérieures la feront passer par de rigoureuses épreuves pour s’assurer que les voies de la jeune religieuse sont bien de Dieu. Mais force est de constater que « ce trait puissant qui la possédait et l’attirait à la conversation céleste, ne l’empêchait pas d’agir extérieurement et de vaquer aux œuvres de charité et d’obéissance et d’assister à toutes les observances ».
Le Vendredi Saint 29 mars 1630, à midi, en présence de toute la communauté assemblée, Sœur Anne-Marie reçoit les sacrés stigmates. Par la suite, tous les vendredis, ces plaies seront revivifiées.

Normalement, elle eût dû prononcer ses vœux solennels un an après sa prise d’habit, donc en novembre 1630 ; mais informés des phénomènes mystiques hors du commun dont était gratifiée la novice, les supérieurs de Paris avaient exprimé le désir d’examiner eux-mêmes la jeune religieuse avant de l’admettre à la profession solennelle. Finalement, le voyage à Paris ne put avoir lieu comme initialement prévu et la supérieure de Morlaix fut autorisée à recevoir les vœux de Sœur Anne-Marie, à condition que, sitôt après, cette dernière partirait pour la capitale.
Cette profession solennelle eut lieu le 27 juin 1631, qui était cette année-là le vendredi après l’octave de la fête du Très Saint-Sacrement, c’est-à-dire le jour que quelques années plus tard  Notre-Seigneur Lui-même désignera pour qu’y soit célébrée la fête de Son Sacré-Coeur.
Lors de cette profession, dont on peut deviner avec quelle ferveur Sœur Anne-Marie s’y prépara et l’accomplit, eut lieu un nouveau prodige : alors qu’elle venait de prononcer ses vœux devant le Saint-Sacrement exposé, un rayon sortit de la Sainte Hostie et vint se poser dans un cœur qu’elle avait dessiné au-dessous de sa signature, sur l’acte manuscrit de sa profession, y laissant une petite goutte de Sang que l’on peut encore voir aujourd’hui, puisque ce document est conservé (archives du ministère des Affaires étrangères).

Conformément aux ordres reçus, Sœur Anne-Marie de Jésus-Crucifié fut alors envoyée à Paris où elle arriva à la fin du mois d’août et où elle restera jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire pendant 22 ans.
Le couvent dans lequel elle a vécu, en bordure du Marais, est aujourd’hui détruit, son souvenir ne subsiste que par le nom d’un boulevard et d’une station de métro : « Filles du Calvaire ».
Le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) ne la ménagera pas, tout en étant absolument convaincu du caractère surnaturel divin des voies mystiques dans lesquelles elle avance : mais il est de son devoir de la prémunir contre toute espèce d’illusion, manque d’humilité, complaisance en soi-même et contre tout mouvement de vénération indiscrète. Sous sa direction ferme, Mère Anne-Marie continue à croître dans une union à Dieu toujours plus intense, en humilité et en charité, dans une vie immolée et souffrante, jusqu’au moment de sa sainte mort, survenue le lundi 4 septembre 1653, à quelques jours de son 54ème anniversaire.

Vœu de Louis XIII - Simon Vouet

Vœu de Louis XIII
par Simon Vouet (vers 1633)
Mairie de Neuilly-Saint-Front (Picardie)

Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié et le Vœu de Louis XIII :

Le Révérend Père Joseph de Paris fut surnommé, on s’en souvient, l’ « Eminence grise » : « grise » en raison de la couleur de sa bure délavée de capucin ; « Eminence » en raison du rôle très important qu’il joua auprès du Roi Louis XIII aux côtés de Son Eminence Armand du Plessis cardinal de Richelieu, dont il fut le principal et très sage conseiller.
Les Bénédictines du Calvaire, et tout spécialement celles de Paris qui avaient de fréquents contacts avec leur fondateur, le Père Joseph, étaient donc particulièrement sollicitées pour soutenir de leurs prières et de leurs sacrifices la Personne du Roi, lui obtenir toutes les grâces nécessaires dans l’accomplissement de sa charge, et seconder dans l’invisible la politique du Roi Très Chrétien.
Or les années 1635-1636 furent particulièrement critiques pour le Royaume.

Décidés à dégager la France de l’étau dans lequel la tient dangereusement la Maison de Habsbourg, le Roi et le Cardinal lui ont déclaré la guerre. Si les débuts de la campagne ont été ponctués par de brillants succès, les revers se produisent bientôt et les Espagnols envahissent les provinces septentrionales du Royaume, s’approchant dangereusement de Paris.
Déjà, depuis le début la décennie, l’idée d’un vœu du Souverain à la Vierge s’était fait jour et revenait de manière récurrente : malgré la paix d’Alais (1629) – véritable terme des guerres civiles dites « de religion » – on pouvait craindre à tout moment un sursaut de trahison des sectateurs de la religion prétendue réformée, toujours prompts à s’allier avec les ennemis du Royaume. Un Royaume dont l’avenir était incertain du fait de l’absence d’héritier…
Les ferventes supplications de tous les couvents du Royaume sont instamment sollicitées. Le Roi écrit aux évêques pour qu’ils prescrivent et instituent dans tous les diocèses des prières publiques solennelles.

Après la prise de Corbie (15 août 1636), les Espagnols arrivent aux portes de Compiègne : la route de Paris leur est ouverte.
Le Roi qui a imploré d’une manière particulière le secours de la Sainte Mère de Dieu et qui, en gage de ce recours particulier à sa protection, a offert une lampe d’argent à Notre-Dame de Paris, reçoit alors communication des révélations particulières qui ont été accordées par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié.
La moniale assure que Corbie va être reprise mais surtout elle fait porter à la connaissance du pieux monarque les grands desseins de Notre-Seigneur : « Je l’aime et l’aimerai s’il Me veut donner son cœur. Pour cela il faut qu’il M’aime plus qu’il ne fait… Il n’est pas né pour lui- même, mais pour Moi et son peuple (…). Je veux aussi qu’il fasse honorer Ma Mère en son royaume en la manière que Je lui ferai connaître. Je rendrai son royaume par l’intercession de ma Mère la plus heureuse patrie qui soit sous le ciel ».
Et c’est alors que tout semblait désespéré, alors que le Roi se murait dans sa mélancolie, alors que le Cardinal – devenu l’objet des huées de la foule – semblait perdre confiance en lui-même, alors que des trahisons se tramaient dans l’armée, alors que les Parisiens commençaient à s’enfuir en direction de Chartres ou d’Orléans, qu’un sursaut d’énergie, de patriotisme et de courage se produit : en quelques jours une armée de plus de quarante mille hommes est levée avec laquelle, ayant déjoué de nouveaux complots contre sa personne et évincé les chefs incapables, le Cardinal – présent lui-même à l’armée – reconquiert Corbie le 10 novembre de cette même année 1636, conformément aux prophéties de la religieuse.

L’année 1636 s’achève sur des succès militaires et dans l’action de grâces à Dieu.
Louis XIII et le Cardinal savent désormais que l’offrande d’un luminaire d’argent – fut-il somptueux – à Notre-Dame de Paris n’est point suffisant. Plusieurs témoignages nous assurent que Louis XIII consacre de manière privée sa Personne et son Royaume à Notre-Dame dans les premiers mois de l’année 1637 : mais cela non plus n’est pas suffisant.
On conserve, en date d’octobre 1637, plusieurs brouillons sur lesquels on voit, raturé et corrigé de la main du Cardinal, un projet de prières publiques pour la consécration du Royaume à la Vierge, et des lettres patentes que Sa Majesté présente finalement au Parlement au mois de décembre 1637 : lettres patentes par lesquelles, en vertu de son autorité souveraine, il déclare se mettre personnellement, lui et son royaume, sous la protection de la Très Sainte Vierge Marie.

La suite, on la connaît : le 10 février 1638 le Roi signe et promulgue l’Edit de Saint-Germain et c’est à Abbeville, où il se trouve au milieu de ses armées, que le 15 août 1638 il accomplira lui-même les cérémonies qu’il a prescrites dans tout le Royaume à perpétuité, et que nous nous faisons encore aujourd’hui un honneur et un devoir d’accomplir fidèlement tous les 15 août.

La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié va demeurer encore 15 ans sur cette terre après que sa « mission publique » a été conduite à sa réalisation : 15 années vécues encore dans d’extraordinaires voies de souffrance et d’amour ; 15 ans, c’est d’ailleurs aussi le temps que Notre-Dame est restée sur cette terre après l’Ascension de son divin Fils dans l’attente de Le rejoindre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Abraham Bosse voeu de Louis XIII

Le Vœu de Louis XIII (gravure d’Abraham Bosse) 

2018-79. Chronique du Mesnil-Marie pour le mois d’août 2018.

Samedi 1er septembre 2018 ;
Dans l’Ordre de Saint-Augustin la fête de Notre-Dame de Consolation (cf. > ici) ;
Commémoraison de Saint Gilles, abbé et confesseur ;
Commémoraison du 5ème jour dans l’octave de Saint Augustin ;
Anniversaire du rappel à Dieu de SMTC le Roi Louis XIV (cf. > ici).

Lully été 2018

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce mois d’août, me semble-t-il, a passé à une vitesse véritablement renversante : j’en ai presque le vertige !
Comme les années précédentes, c’est une période où un certain nombre de nos amis profitent des vacances et des longues journées pour nous rendre visite : je vous ai parlé du petit séjour que Jean-Baptiste, filleul de Frère Maximilien-Marie, a passé chez nous (cf. > ici), et du passage de notre amie « M. aux doigts de fée » qui nous a rapporté la parure bleu ciel restaurée de l’Enfant Jésus de Prague (cf. > ici) ; mais vous êtes plusieurs autres a être passés par notre Mesnil-Marie. Certains le découvrant pour la première fois, et auxquels notre Frère prend alors plaisir de donner un rapide aperçu de nos hautes Boutières en les conduisant en quelques lieux emblématiques des environs ; certains y revenant à l’occasion d’une traversée de la France. Et je ne parle pas de ceux qui viennent pour quelques heures de visite, afin de s’entretenir de spiritualité, d’histoire locale ou de patrimoine, avec notre Frère : toutes choses dont je ne peux bien évidemment pas rendre compte par le détail.

Et puis, bien sûr, il y a la traditionnelle fête de notre chère Sainte Philomène, le 11 août, patronne du Mesnil-Marie en second, et donc célébrée chez nous sous le rit double de 2ème classe.
Pour la circonstance, de fidèle amis nous avaient prêté une tente de réception d’une trentaine de mètres carrés qui avait été dressée sur la terrasse Saint-Charlemagne.
Cela me donne au passage l’occasion de remercier publiquement et très chat-leureusement ceux qui sont venus nous aider pour son montage et son démontage.

Tente de réception sur la terrasse Saint-Charlemagne

Tente de réception sur la terrasse Saint-Charlemagne

Bien sûr, nous lui avions ajouté une petite touche de « déco » très personnelle…

Tente de réception sur la terrasse Saint-Charlemagne

Et pour ce qui me concerne, j’ai beaucoup apprécié cette structure sous laquelle je pouvais me mettre à l’abri des ardeurs du soleil ou des gouttes des orages.

Lully sous la tente de réception

Cette grande tente a permis d’avoir un bel espace – très « convivial » pour reprendre un mot devenu très à la mode et repris à toutes les sauces – pour les déjeuners de la fête de Sainte Philomène, le 11 août, ainsi que pour celui de la fête de Saint Louis, le 25 août.
En effet, même si nous n’avions pas de très grandes foules lors de ces deux journées, il n’eût pas été possible de faire tenir tout le monde sur la terrasse Saint-Louis qui se trouve juste devant la maison.

Pour ces deux journées, riches de ferveur et d’amitié, je puis assurer que ceux qui sont venus jusqu’ici, en sont repartis avec des forces spirituelles renouvelées.
Nous ne pouvons pas douter – car nous en recevons régulièrement des témoignages – que Sainte Philomène se plaît à accorder des grâces à ceux qui viennent la prier et lui confier leurs intentions dans notre oratoire ; et nous voyons aussi de plus en plus que notre humble Mesnil-Marie fait figure de lieu de « port spirituel » pour de nombreuses âmes…
C’est la raison pour laquelle après le « mini-pèlerinage » de Sainte Philomène et après cette « réco-royco » de la fête de Saint Louis (cf. > ici) notre Frère Maximilien-Marie n’a pas hésité a programmer une nouvelle journée de prière et de spiritualité à la mi-septembre pour la fête de Notre-Dame de Compassion (cf. > ici), notre principale fête patronale.

Sainte Messe pour la fête de Sainte Philomène

Sainte Messe de la fête de Sainte Philomène, le 11 août 2018

Mais le sommet liturgique du mois d’août est bien évidemment la fête de l’Assomption de Notre-Dame, glorification suprême de la Sainte Mère de Dieu et fête patronale du Royaume de France.
Le 14 août au soir, Frère Maximilien-Marie se trouvait à la procession aux flambeaux au Puy. Cette montée vers la « chambre angélique » à la tombée de la nuit est toujours empreinte d’une grande ferveur…

Procession aux flambeaux - Le Puy-en-Velay 14 août 2018

… et l’entrée dans la cathédrale où l’on arrive juste aux pieds de la Vierge Noire, descendue du ciborium du maître-autel où elle se trouve habituellement, est un moment d’une grande intensité.

Vierge Noire, cathédrale du Puy - 14 août 2018

Le mercredi 15 août, en revanche, notre Frère s’est rendu à la Sainte Messe à la tellement aimée chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar.
A l’issue de la Messe, fut célébrée la procession du Vœu de Louis XIII, pour laquelle Frère Maximilien-Marie avait apporté la relique du Saint Voile de Notre-Dame que nous avons le bonheur de posséder au Mesnil-Marie.
La relique fut portée dans la procession avec la statue de la Madone, et beaucoup de fidèles qui ont ensuite vénéré la sainte relique en ont exprimé leur grande joie et leur émotion spirituelles.

Reliquaire du Voile de la Vierge - 15 août 2018

Je n’entrerai pas dans le détail des divers vernissages et conférences auxquels Frère Maximilien-Marie a aussi assisté, tant en raison de ses « obligations » liées à ses investissements associatifs ou journalistiques, que par intérêt pour les sujets traités ou les œuvres présentées.
Je ne vous montrerai pas non plus la photographie qui a été prise de lui, posant en compagnie de « Miss Ardèche », à l’occasion de la fête du village !!!

Je mentionnerai en revanche le passage de nos chers amis Messieurs les Chanoines de l’Ordre de Saint-Remi (cf. > ici) qui nous ont fait l’honneur et l’immense joie de célébrer chez nous la fête de notre Bienheureux Père Saint Augustin.
C’est la première fois que nous avions la joie d’avoir ici-même une Sainte Messe le 28 août, et nous l’avons chantée du mieux que nous l’avons pu.

Statue de Saint Augustin - oratoire du Mesnil-Marie

Statue de notre Bienheureux Père Saint Augustin
dans l’oratoire du Mesnil-Marie

La veille au soir, à leur arrivée, l’un des chanoines avait célébré, à notre demande, une Sainte Messe de Requiem, à l’intention de tous nos parents, amis et bienfaiteurs défunts.

Nous ignorions encore à ce moment-là (nous ne l’apprîmes que le 30) que l’une de nos amies et bienfaitrices, la Révérende Mère Benjamine, de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Marie de l’Assomption, avait rendu la veille sa belle âme à Dieu, alors qu’elle avait fêté à la fin du mois de juillet ses 98 ans et qu’elle était dans la 79ème année de sa profession religieuse.
Elle a été inhumée le 29 août, au lendemain de la fête de Saint Augustin sous la Règle duquel elle a vécu.

C’est Mère Benjamine qui nous a donné la grande Piéta, de grandeur naturelle, qui se trouve au Mesnil-Marie, et pour laquelle nous souhaitons construire une chapelle, ainsi que la Piéta de taille plus petite mais en bois massif qui est placée du côté de l’Evangile dans notre oratoire. Nous devons également à Mère Benjamine le don de la statue de Sainte Philomène, de plusieurs très beaux ornements et de divers objets liturgiques.
Nous la confions à vos bonnes prières, afin que Notre-Seigneur accueille au plus tôt dans Sa gloire celle qui L’a servi avec une très grande générosité et piété pendant plus de huit décennies.

Lully au pied de la Croix - 29 août 2018

J’achèverai cette chronique en vous signalant que, pour la première fois, le total des visites mensuelles sur ce modeste blogue a atteint la somme de 45.000 lors de ce mois d’août !

Et je vous encourage à vous unir à nous pour la neuvaine du 6 au 14 septembre pour préparer la fête de Notre-Dame de Compassion : voir > ici

Lully.

Et n’oubliez pas :
- Récollection du samedi 15 septembre, voir > ici
- Pour aider le Refuge Notre-Dame de Compassion  > ici

Coeur de Marie aux sept glaives

2018-78. Samedi 15 septembre : Journée de prière et de récollection au Mesnil-Marie, à l’occasion de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

A l’occasion de sa fête patronale principale,

le Refuge Notre-Dame de Compassion

vous propose

une journée de prière et de récollection

au Mesnil-Marie

le samedi 15 septembre 2018

Programme de la journée :

- 10 h  (précises) : Sainte Messe chantée (rite latin traditionnel évidemment).
11 h 30 : 1er enseignement : « Importance et actualité du culte des Douleurs de la Mère de Dieu »
- 13 h : repas tiré du sac
- 14 h 30 : 2nd enseignement : « Vie chrétienne et souffrance »
16 h : chapelet des Sept-Douleurs de Notre-Dame et salut du Très Saint-Sacrement

Inscription nécessaire  (par courriel ou par téléphone) ou bien > ici

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

Litanies en l’honneur de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

(pour la récitation privée)

canivet avec Saint Augustin

Canivet représentant Saint Augustin
(collection du Mesnil-Marie)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exauce-nous.

Père Céleste qui es Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui es Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui es Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui es un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Siège de la Sagesse, priez pour nous.

Saint Augustin, notre Bienheureux Père, priez pour nous.

Saint Augustin, fils des larmes d’une mère vertueuse, priez pour nous.
Saint Augustin, exemple sublime de conversion, priez pour nous.
Saint Augustin, règle vivante pour les âmes contrites, priez pour nous.
Saint Augustin, infatigable chercheur de Dieu, priez pour nous.
Saint Augustin, inlassable contemplateur de la Très Sainte Trinité, priez pour nous.
Saint Augustin, scrutateur persévérant des mystères de la grâce, priez pour nous.
Saint Augustin, dont le cœur fut embrasé par le feu du divin Amour, priez pour nous.
Saint Augustin, zélateur de la vie monastique, priez pour nous.
Saint Augustin, modèle pour la vie apostolique, priez pour nous.
Saint Augustin, réceptacle de la Sagesse divine, priez pour nous.
Saint Augustin, gloire du collège des évêques, priez pour nous.
Saint Augustin, colonne de la foi catholique, priez pour nous.
Saint Augustin, lumière pour tous ceux qui enseignent, priez pour nous.
Saint Augustin, prédicateur ardent de la Parole divine, priez pour nous.
Saint Augustin, source inépuisable de l’éloquence chrétienne, priez pour nous.
Saint Augustin, commentateur inégalable des Saintes Ecritures, priez pour nous.
Saint Augustin, gardien de la vérité contre l’erreur, priez pour nous.
Saint Augustin, exterminateur des hérésies, priez pour nous.
Saint Augustin, défenseur de la Sainte Église contre ses ennemis, prie pour nous.
Saint Augustin, docteur sublime de la grâce, priez pour nous.
Saint Augustin, Père humble et miséricordieux, priez pour nous.
Saint Augustin, puissant consolateur des âmes affligées, priez pour nous.
Saint Augustin, éclat resplendissant de la gloire de Dieu, priez pour nous.
Saint Augustin, brillant miroir de la sainteté, priez pour nous.
Saint Augustin, modèle de toutes les vertus, priez pour nous.
Saint Augustin, patriarche d’innombrables familles religieuses, priez pour nous.
Saint Augustin, lumière incomparable de l’Occident, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./: Priez pour nous, ô notre glorieux Père Saint Augustin ;
R./: Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, renouvelant dans Votre Eglise le miracle de la colonne de nuée et de feu, avez communiqué avec une incommensurable largesse la pénétrante intelligence des mystères de Votre Sagesse à notre Bienheureux Père Saint-Augustin, et qui avez surabondamment embrasé son cœur de la flamme de Votre Amour divin de sorte qu’il puisse la propager à travers tous les siècles dans les âmes de Vos fidèles, à sa prière et par son intercession, accordez-nous, nous Vous en supplions, d’affronter victorieusement les épreuves et les tempêtes de ce monde qui passe pour atteindre heureusement aux rivages de la patrie éternelle que Vous nous avez promise. Nous vous le demandons par Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Sacré-Coeur gif

Voir aussi :
- Prière à notre Bienheureux Père Saint Augustin > ici
- L’hymne « Magne Pater Augustine » pour la fête de Saint Augustin > ici
Les cinq catéchèses du Saint-Père Benoît XVI consacrées à Saint Augustin en  2008, à partir d’ ici
- La catéchèse du Saint Père Benoît XVI du 25 août 2010 sur Saint Augustin ici
- Les « trois conversions de Saint Augustin » par le Saint-Père Benoît XVI en pélerinage à Pavie en avril 2012 ici
- L’importance de la part monastique dans la vie de Saint Augustin ici
- Prière pour la conversion de ses moeurs, attribuée à Saint Augustin ici
- Le génie, les mérites et la gloire de Saint Augustin (Poujoulat) ici
- Une prière au Saint Esprit extraite des œuvres de Saint Augustin > ici
- La Règle donnée aux serviteurs de Dieu par notre Bienheureux Père Saint Augustin > ici

2018-77. Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion de la Saint-Louis et du troisième anniversaire de la fondation de ladite Confrérie.

« A fructibus eorum cognoscetis eos »
(Matth. VII, 16)
« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits »

Saint Louis - vitrail

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

Cette fête de Saint Louis, plus encore que tous les autres « 25 du mois » – pourtant déjà spécialement consacrés à davantage de prière pour notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX -, nous invite à redoubler de ferveur : « Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum : Seigneur, sauvez notre Roi Louis ! ».
Cette fête de Saint Louis, modèle de tous les Rois chrétiens, nous stimule à être toujours plus dévoués à la prière pour le Roi Très Chrétien.
Cette fête de Saint Louis, céleste patron de notre Prince Louis ainsi que de Monseigneur le Dauphin, et protecteur particulier des Capétiens, exige de nous que nous nous montrions toujours plus généreux et exigeants dans l’accomplissement de ce à quoi nous nous sommes engagés en devenant membres de cette Confrérie.
Nous ne sommes pas entrés dans cette milice spirituelle – car c’en est une – par mondanité, mais pour mener un combat, au service du Roi de la terre lieu-tenant du Roi du Ciel, par les armes de la prière et de la pénitence.

Quitte à passer pour un radoteur et un rabat-joie, mon devoir de Prieur est de vous le rappeler, à temps et à contretemps.
Mon devoir de Prieur m’impose d’insister, aujourd’hui et demain, et jusqu’au bout de mes forces, sur le fait que, pour fléchir le Ciel et en faire descendre d’abondantes grâces sur le Royaume des Lys et son Souverain légitime, il est nécessaire et indispensable, d’ajouter à nos prières des sacrifices et des mortifications volontaires.
Ayez en mémoire que Saint Louis non seulement donnait la première place à Dieu, par la prière, dans ses journées, mais qu’en outre il était assidu et constant dans la pénitence, portant haire et cilice, pratiquant rigoureusement le jeûne et se faisant donner la discipline.

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Chers Amis, en ce 25 août 2018, notre humble Confrérie Royale célèbre le troisième anniversaire de sa fondation : cette journée est donc aussi marquée par une profonde action de grâces.
Action de grâces pour son développement : développement qui s’effectue – lentement mais sûrement – par une croissance continue en effectifs et en audience, mais surtout par la croissance spirituelle de chacun des membres. Nombreux, en effet, sont ceux qui peuvent témoigner que les engagements qu’ils ont pris en entrant dans cette Confrérie sont une force et un puissant stimulant pour leur vie chrétienne tout entière, en même temps qu’ils sont source d’épanouissement et de joie.
Les fondateurs de cette Confrérie Royale sont eux-mêmes émerveillés, même s’il ne s’agit pas de choses spectaculaires, par la manière dont la divine Providence qui s’est servie d’eux comme de pauvres instruments, conduit les choses, bien au-delà de ce qu’ils pouvaient concevoir ou imaginer quand, le 25 août 2015, ils ont annoncé cette fondation.

Mais nous savons et n’oublions jamais que marcher à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ signifie, immanquablement, d’embrasser Sa Croix et d’avoir part à Ses opprobres. S’il n’en était pas ainsi d’ailleurs, nous pourrions – et même devrions – douter de la vérité surnaturelle de l’œuvre entreprise.
Nous ne pouvons donc pas nous étonner du fait que la Confrérie Royale soit tantôt méprisée, tantôt combattue, tantôt calomniée : cela est déjà une réalité, et, compte-tenu des enjeux pour lesquels elle a été créée, il faut être certain que cela n’ira pas en diminuant.

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Méprisée, combattue, calomniée : la Confrérie Royale doit bien sûr s’y attendre de la part des ennemis de la Royauté traditionnelle et de toutes les valeurs humaines et spirituelles dont elle est la synthèse. Ces dignes héritiers des sans-culottes et des septembriseurs ont au moins le mérite d’être cohérents avec les idées perverses dont ils se sont faits les serviteurs.
Jusqu’à présent, certes, ils ne nous ont pas maltraités physiquement, pas jetés en prison, pas torturés, pas envoyés à la guillotine. Cela viendra peut-être un jour, et nous devons non seulement nous préparer à cela (car la persécution viendra peut-être plus rapidement qu’on ne l’imagine) mais nous devons avoir le désir de rendre le témoignage suprême du sang versé « pour Dieu et pour le Roi ».
Néanmoins, il est déjà arrivé que nous recevions des insultes et faisions l’objet d’agressions verbales, avec toutes les « délicatesses de langage » dont les personnes grossières dans leur mentalité et dans leurs mœurs sont évidemment capables. Mais de cela nous ne nous formalisons pas trop ; il n’y a là rien que de très conforme à la logique des « deux cités » décrites par Saint Augustin : « Deux amours ont donc bâti deux cités, l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité de la terre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité de Dieu ».

Méprisée, combattue, calomniée, la Confrérie Royale l’est aussi par de sincères serviteurs de Dieu : fidèles de la Sainte Eglise catholique qui ne sont pourtant pas des apostats, prêtres ou religieux qui ne sont pourtant pas des clercs dévoyés, prélats réputés pour leur soutien aux valeurs traditionnelles, royalistes défendant les principes d’une monarchie chrétienne, voire même légitimistes affichés et « engagés »… etc.
Faut-il s’en étonner ? Certainement pas !
C’est par ceux dont Il a dit qu’ils siégeaient dans la chaire de Moïse et qu’il fallait pratiquer ce qu’ils enseignaient (mais pas imiter leur conduite) que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été attaqué de la manière la plus virulente, plus que par les impies et les païens auxquels ils finiront par Le livrer.

Les catholiques – et plus encore les clercs – qui calomnient et colportent des mensonges sur la Confrérie Royale auront à en rendre compte au tribunal de Dieu, parce qu’ils enfreignent gravement le 8ème précepte du décalogue dont ils sont supposés faire une application exemplaire. Quant à nous, nous avons mieux à faire que de nous justifier nous-mêmes (cf. Rom. VIII, 33).

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La seule réponse qu’il est en notre devoir et pouvoir de donner, est celle d’une toujours plus grande fidélité aux exigences auxquelles nous nous sommes librement et volontairement engagés, afin d’obtenir le maximum de grâces au Roi que nous avons l’honneur de servir et, à travers lui, à la France.
Notre-Seigneur a donné un critère de discernement infaillible au moyen duquel toute âme de bonne volonté est capable de se faire une opinion objective et solide : « A fructibus eorum cognoscetis eos : vous les reconnaîtrez à leurs fruits ! » (Matth. VII, 16).

Je terminerai donc par quelques questions auxquelles je n’apporterai pas moi-même de réponse : la Confrérie Royale porte-t-elle ses adhérents à mieux aimer et servir Dieu, oui ou non ? La Confrérie Royale est-elle un « club » mondain et superficiel, oui ou non ? La Confrérie Royale diffuse-t-elle des idées contraires aux desseins de Dieu sur la France, oui ou non ? La Confrérie Royale pose-t-elle des obstacles à une authentique restauration de la monarchie traditionnelle, oui ou non ? Les pèlerinages et manifestations organisés par la Confrérie Royale portent-ils des fruits de grâce et de vie spirituelle, oui ou non ?

Ainsi donc : « Si cette entreprise ou cette œuvre est des hommes, elle se dissipera ; mais si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire, et peut-être que vous vous trouveriez à combattre contre Dieu même ! » (Act. V, 38-39).

Votre très humble et très dévoué,
in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.
Blason Frère Maximilien-Marie

2018-75. « La monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire… »

24 août,
Fête de Saint Barthélémy, apôtre.
Anniversaire du rappel à Dieu de SMTC le Roi Henri V (+ 24 août 1883).

Henri, comte de Chambord de jure Henri V

SMTC le Roi Henri V dit le Comte de Chambord

A l’occasion de l’anniversaire de la mort de SMTC le Roi Henri V, communément appelé du titre de Comte de Chambord qu’il porta en exil, il n’est jamais inutile de se replonger dans la lecture de certains de ses écrits ; ils sont toujours d’une pénétrante sagacité et d’une profonde sagesse, parce que sa pensée est toujours restée ferme dans les principes et donc, de ce fait, a toujours gardé le recul nécessaire : le recul que donne une doctrine royale traditionnelle multiséculaire sans compromission avec l’esprit du temps.
Au-delà de quelques éléments très circonstanciés, la lettre suivante, adressée à l’un de ses amis en date du 15 novembre 1869, est riche de lumières et d’enseignements qui restent d’une pertinence et d’une actualité absolues en ce début du XXIème siècle.

Loin du portrait du Prince borné et lointain, déconnecté de la réalité de son pays, que dressent à loisir les ouvrages d’histoire, ainsi que les langues éhontément perfides des royalistes libéraux qui auraient consenti à toutes les prostitutions des principes pour obtenir une « royauté à l’anglaise » ou bien à la « sauce Orléans », on voit bien ici combien Henri V était lucide et nourrissait une pensée claire, nuancée, inspirée par l’authentique tradition vivante de la Couronne des Lys.

Nous mettons donc volontairement en valeur – en caractères gras – certaines phrases ou expressions de cette missive qui nous paraissent particulièrement importantes, et nous nous permettons de la compléter par quelques notes dans le but de lui conférer plus de clarté et d’en faire mieux ressortir toute l’importance prophétique…

Armes de France gif

Henri V
Lettre du 15 novembre 1869

« Vous savez mieux que tout autre, mon cher ami, si la pensée de la France, la passion de son bonheur et de sa gloire, le désir de lui voir reprendre dans le monde la place que la Providence lui a assignée, font l’objet de mes constantes et bien vives préoccupations.
J’ai toujours respecté mon pays dans les essais qu’il a voulu tenter. On a même pu s’étonner de la persistance d’une réserve dont je ne dois compte qu’à Dieu ou à ma conscience. Mais si les amertumes prolongées de l’exil pouvaient avoir un adoucissement, je le trouverais dans la certitude de n’avoir pas manqué à la résolution que j’avais prise envers moi-même de ne pas aggraver les embarras et les périls de la France.
Cependant l’honneur et le devoir me recommandaient de la prémunir contre de funestes entraînements. Je n’hésitais pas, vous vous le rappelez, à protester contre les prétentions d’un pouvoir qui, uniquement basé sur le prestige d’un nom glorieux, croyait au lendemain d’une crise violente, le moment propice pour s’imposer aux destinées du pays (note 1).
Vous voulez la monarchie, disais-je alors aux Français, vous avez reconnu qu’elle seule peut vous rendre, sous un Gouvernement régulier et stable, cette sécurité de tous les droits, cette garantie de tous les intérêts, cet accord permanent d’une autorité forte et d’une sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur des nations (note 2), ne vous livrez pas à des illusions qui, tôt ou tard, vous seraient fatales (note 3). Ce nouvel empire qu’on vous propose (note 4) ne saurait être cette monarchie tempérée et durable dont vous attendez tous ces biens…
La monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire et consacrée par le temps, peut seule vous remettre en possession de ces précieux avantages
Le génie et la gloire de Napoléon n’ont pu suffire à fonder rien de stable ; son nom et son souvenir y suffiraient bien moins encore. Les dix-sept années qui viennent de s’écouler depuis que je faisais entendre ces paroles à mon pays n’ont-elles pas justifié mes prévisions et mes conseils ?
La France et la société tout entière sont menacées de nouvelles commotions : aujourd’hui, comme il y a dix-sept ans, je suis convaincu et j’affirme que la monarchie héréditaire est l’unique port de salut, où, après tant d’orages, la France pourra retrouver enfin le repos et le bonheur (note 5). – Poursuivre en dehors de cette monarchie la réalisation des réformes légitimes que demandent avec raison tant d’esprits éclairés, chercher la stabilité dans les combinaisons de l’arbitraire et du hasard (note 6), bannir le droit chrétien de la société, baser sur des expédients l’alliance féconde de l’autorité et de la liberté (note 7), c’est courir au devant de déceptions certaines.
La France réclame à bon droit les garanties du Gouvernement représentatif (note 8), honnêtement, loyalement pratiqué, avec toutes les libertés et tout le contrôle nécessaires. Elle désire une sage décentralisation administrative (note 9), et une protection efficace contre les abus d’autorité.
Un Gouvernement qui fait de l’honnêteté et de la probité politique la règle invariable de sa conduite (note 10), loin de redouter ces garanties et cette protection, doit, au contraire, les rechercher sans cesse. – Ceux qui envahissent le pouvoir (note 11), sont impuissants à tenir les promesses dont ils leurrent les peuples (note 12), après chaque crise sociale, parce qu’ils sont condamnés à faire appel à leurs passions au lieu de s’appuyer sur leurs vertus (note 13). – Berryer l’a dit admirablement : « Pour eux, gouverner ce n’est plus éclairer et diriger la pensée publique, quelle qu’elle soit ; il suffit de savoir la flatter, ou la mépriser, ou l’éteindre » (note 14).
Pour la monarchie traditionnelle, gouverner, c’est s’appuyer sur les vertus de la France, c’est développer tous ses nobles instincts, c’est travailler sans relâche à lui donner ce qui fait les nations grandes et respectées ; c’est vouloir qu’elle soit la première par la foi, par la puissance et par l’honneur (note 15).
Puisse-t-il venir ce jour si longtemps attendu où je pourrai enfin servir mon pays ! Dieu sait avec quel bonheur je donnerais ma vie pour le sauver (note 16).
Ayons donc confiance, mon cher ami, et ne cessons pas de travailler dans ce noble but. A la justice et au droit appartient toujours la dernière victoire (note 17).
Comptez plus que jamais sur mon affection. » 

Notes :
1 – Le Prince rappelle ici les mises en garde qu’il a adressées aux Français lors de l’élection de Louis-Napoléon Buonaparte comme président de la 2ème république puis lors du référendum qui a transformé cette dernière en 2nd en-pire. Le « prestige d’un nom glorieux » renvoie évidemment à l’aura mythologique qui a été placée sur l’épopée du petit général Corse.
2 -  « (…) un Gouvernement régulier et stable, cette sécurité de tous les droits, cette garantie de tous les intérêts, cet accord permanent d’une autorité forte et d’une sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur des nations (…) » : Le Prince résume ici excellement ce que sont les qualités objectives de la royauté capétienne traditionnelle.
3 – Illusions fatales : on admire ici la lucidité prémonitoire du Prince, plusieurs mois avant le désastre militaire et politique dans lequel s’effondrera l’en-pire en carton-pâte de Louis-Napoléon.
4 – « Nouvel empire qu’on vous propose » : après une période très autoritaire, Louis-Napoléon avait fait mine de donner un nouveau visage, plus libéral, à son système politique.
5 – Là encore les événements postérieurs ont donné raison à Henri V : depuis l’effondrement du 2nd en-pire, la France, tournant le dos à la royauté traditionnelle, n’a jamais connu de période pérenne de véritable stabilité gouvernementale.
6 – « les combinaisons de l’arbitraire et du hasard » : voici une excellente définition du système électoral et prétendûment démocratique.
7 – « le droit chrétien » que le Prince place au premier rang des nécessités politiques peut seul garantir, unifier et harmoniser ces deux éléments : l’exercice de l’autorité et la préservation des véritables libertés individuelles et sociales (cf. la conférence de Gustave Thibon sur la véritable liberté publiée à partir d’ > ici).
8 – « Gouvernement représentatif » : le système électoral et les chambres, auxquels nous ont « habitués » les républiques successives, ne sont pas la seule – en encore moins la meilleure – manière d’avoir une véritable « représentation ». Les corps intermédiaires conformes à l’ordre naturel et conformes au principe de subsidiarité assurent une authentique forme de « représentation ». Il est en effet bien plus approprié à la nature de l’homme et de sa vie en société d’œuvrer à les restaurer dans leur plénitude, si l’on veut restaurer un état qui soit tout à la fois fort, et rigoureusement respectueux des libertés naturelles.
9 – « décentralisation administrative » : tandis que les républiques successives n’ont cessé de durcir la centralisation, et que lorsqu’elles parlent de « décentralisation », elles n’établissent en réalité qu’une « subsidiarité inversée » !
10 – « Un Gouvernement qui fait de l’honnêteté et de la probité politique la règle invariable de sa conduite » : quel contraste avec « la république des affaires », qui cumule les scandales et la corruption !!!
11 – « Ceux qui envahissent le pouvoir » : le Prince ne donne-t-il pas ici une excellente définition des « z’élus de la république » ?
12 – « les promesses dont ils leurrent les peuples » : c’est bien connu, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » (citation célèbre et révélatrice du « système représentatif » actuel).
13 – « ils sont condamnés à faire appel à leurs passions au lieu de s’appuyer sur leurs vertus » : là encore Henri V dépeint en quelques mots bien frappés la sinistre réalité dont les politiciens mênent les campagnes électorales.
14 – La citation de Berryer n’est-elle pas prophétique ? On croirait lire ici la description de ce qui se passe aujourd’hui, sous la 5ème république, dans le Royaume de France occupé.
15 – Dans la monarchie capétienne traditionnelle, c’est l’Eglise qui est le premier Ordre de l’Etat : la royauté traditionnelle est catholique, et cette catholicité, outre qu’elle permet le développement d’une société vertueuse, permet une large diffusion des grâces de Dieu dans l’ordre temporel autant que dans l’ordre spirituel.
16 – « Je donnerais ma vie pour la sauver » : phrase qui montre la réalité de ce qu’est le Roi de France. Epoux mystique de la France (lors du Sacre il reçoit un anneau qui est tout-à-fait analogue à l’alliance passée au doigt des époux et qui symbolise l’alliance spirituelle et morale entre sa Personne sacrée et le Royaume). Ainsi le Roi donne sa vie pour le Royaume, comme l’époux donne sa vie pour son épouse. A l’inverse la majorité des politiciens républicains semble avoir pour devise : « Je vendrais la France pour sauver mes intérêts personnels » !
17 – « A la justice et au droit appartient toujours la dernière victoire » : cette affirmation pleine d’espérance surnaturelle et de foi est aussi celle qui anime et sous-tend tout l’engagement d’un véritable légitimiste. Elle est du même ordre que la confiance inébranlable dans les paroles de Notre-Seigneur assurant que, malgré toutes les attaques, les périodes de crise et de décadence, les portes de l’enfer ne prévaudront finalement pas contre Son Eglise Sainte.

fleur de lys

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– Pourquoi les Princes de la branche aînée des Bourbons n’habitent-ils pas en France ? > ici

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