Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2014-38. « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ! »

Samedi Saint :
« Il est descendu aux enfers ».

Voici le texte d’une très célèbre homélie de l’antiquité chrétienne, qui a longtemps été attribuée à Saint Epiphane, mais à tort semble-t-il.
Peu importe en réalité par qui elle fut écrite, ce qui compte c’est son contenu ; nous avons ici l’explicitation de ce que nous proclamons dans le symbole des Apôtres : « Il est descendu aux enfers ».
Le dogme de la descente du Seigneur Jésus-Christ aux enfers est enseigné et cru depuis les Apôtres, qui n’ont pu connaître cet évènement du mystère du salut que de la bouche même de Notre-Seigneur lorsqu’Il a achevé de les instruire, après Sa Résurrection ; mais on peut regretter que beaucoup de fidèles dans l’Eglise latine ne prêtent pas assez attention à ce mystère et ne le méditent pas autant qu’il conviendrait.

Icône Anastasis

L’Anastasis ( Η Ανάστασις , en grec = le Relèvement) : représentation traditionnelle de l’Orient chrétien
illustrant tout à la fois le Christ aux enfers et Sa Résurrection.

« Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu S’est endormi dans la chair et qu’Il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair, et les enfers ont tressailli. Dieu S’est endormi pour un peu de temps, et Il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers…

Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, Lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils.
Descendons donc avec Lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes…

Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés.
Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur.
Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Église.
Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort.
Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu.
Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions.
Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort.
Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel.

Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : « Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri ! » et un autre : « Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur, écoute mon appel ! » ; et un autre : « Fais briller sur nous Ta Face et nous serons sauvés… »

Mais, comme par Son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de Celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : « J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous. »

Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la Croix. Et lorsque le premier père, Adam, Le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : « Mon Seigneur soit avec vous ! »
Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ! »
Et, lui ayant saisi la main, Il lui dit : « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »
Je suis ton Dieu et, à cause de toi, Je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car Je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, Je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de Mes mains, toi, Mon effigie, qui a été faite à Mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en Moi et Je suis en toi. A cause de toi, Moi ton Dieu, Je suis devenu ton fils ; à cause de toi, Moi ton Seigneur, J’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, Moi qui demeure au-dessus des cieux, Je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, Je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, J’ai été livré aux juifs dans le jardin, et J’ai été crucifié dans le jardin…
Regarde sur Mon visage les crachats que J’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur Mes joues la trace des soufflets que J’ai subis pour rétablir en Mon image ta beauté détruite. Regarde sur Mon dos la trace de la flagellation que J’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos. Regarde Mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je Me suis endormi sur la croix et la lance a percé Mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et Mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer.
Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel.
Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend. »

nika

2014-37. La Croix et la bénédiction.

Pour ce jour du Vendredi Saint, je livre à votre méditation le trente-quatrième chapitre du « Livre des visions et instructions » de Sainte Angèle de Foligno (cf. > www), il est intitulé : « La Croix et la bénédiction » et contient de très grandes et consolantes promesses de bénédiction à l’intention de ceux ont compassion des souffrances de notre divin Sauveur.

Jehan Fouquet Piéta

Jehan Fouquet : déposition de Croix.

La Croix et la bénédiction :

Sainte Angèle de Foligno
(in « Visions et instructions », chap. XXXIV).

« Un jour j’étais à la messe dans l’église Saint-François. On approchait de l’élévation et le choeur des Anges retentissait : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! …etc. ; mon âme fut emportée et ravie dans la lumière incréée ; elle fut attirée, elle fut absorbée, et voici une plénitude ineffable, ineffable, en vérité.

Regardez comme rien, comme absolument rien, tout ce qui peut être exprimé en langue humaine.
O création inénarrable du Dieu incréé et tout-puissant, les louanges qu’on peut chanter sont de la poussière auprès de Vous !
Absorption sacrée de l’abîme où me plonge la main du Dieu ravissant, après votre transport, mais encore sous l’influence qui l’avait précédé, m’apparut l’image du Dieu crucifié, comme un instant après la descente de croix ; le sang était frais et rouge et coulant encore des blessures et les plaies étaient récentes.

Alors dans les jointures je vis les membres disloqués ; j’assistai au brisement intérieur qu’avait produit sur la croix l’horrible tiraillement du corps, je vis ce qu’elles avaient fait, les mains homicides. Je vis les nerfs, je vis les jointures, je vis le relâchement, l’allongement contre nature qu’avaient fait dans le supplice – quand ils avaient tiré sur les bras et sur les jambes – les déicides. Mais la peau s’était tellement prêtée à cette tension, que je n’y voyais aucune rupture.
Cette dissolution des jointures, cette horrible tension des nerfs, qui me permit de compter les os, me perça le coeur d’un trait plus douloureux que la vue des plaies ouvertes. Le secret de la Passion, le secret des tortures de Jésus, le secret de la férocité des bourreaux, m’était montré plus intimement dans la douleur des nerfs que dans l’ouverture des plaies, dans le dedans que dans le dehors.
Alors je sentis le supplice de la compassion ; alors, au fond de moi-même, je sentis dans les os et dans les jointures une douleur épouvantable, et un cri qui s’élevait comme une lamentation, et une sensation terrible, comme si j’avais été transpercée tout entière, corps et âme.

Ainsi absorbée et transformée en la douleur du Crucifié, j’entendis Sa voix bénir les dévoués qui imitaient Sa Passion et qui avaient pitié de Lui :
«Soyez bénis, disait-Il, soyez bénis par la main du Père, vous qui avez partagé et pleuré Ma Passion, vous qui avez lavé vos robes dans mon Sang. Soyez bénis, vous qui, rachetés de l’enfer par les immenses douleurs de Ma croix, avez eu pitié de Moi ; soyez bénis, vous qui avez été trouvés dignes de compatir à Ma torture, à Mon ignominie, à Ma pauvreté. Soyez bénies, ô fidèles mémoires ! Vous qui gardez au fond de vous le souvenir de Ma Passion !
Ma Passion, unique refuge des pécheurs ; Ma Passion, vie des morts ; Ma Passion, miracle de tous les siècles, vous ouvrira les portes du royaume éternel que J’ai conquis pour vous, par elle.
Dans les siècles des siècles, vous qui avez eu pitié, vous partagerez la gloire !
Soyez bénis par le Père, soyez bénis par l’Esprit-Saint, bénis en esprit et en vérité par la bénédiction que Je donnerai au dernier jour ; car Je suis venu chez Moi, et au lieu de Me repousser comme un persécuteur, vous avez offert au Dieu désolé l’hospitalité sacrée de votre amour !
J’étais nu sur la croix, J’avais faim, J’avais soif, Je souffrais, Je mourais, J’étais pendu par leurs clous, vous avez eu pitié! Soyez bénis, ouvriers de miséricorde !
A l’heure terrible, à l’heure épouvantable, Je vous dirai : Venez, les bien-aimés de Mon Père ! car J’avais faim sur la terre, et vous M’avez offert le pain de la pitié… »

Il ajouta des choses étonnantes ; mais ce qui est absolument impossible, c’est d’exprimer l’amour qui brillait sur ceux qui ont pitié : « O bienheureux ! ô bénis ! Suspendu à la croix, J’ai crié, pleuré et prié pour Mes bourreaux : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ! » Qu’est-ce que Je ferai, qu’est-ce que Je dirai pour vous, pour vous qui avez eu pitié, pour vous qui M’avez tenu compagnie, pour vous Mes dévoués, qu’est-ce que Je dirai pour vous, quand J’apparaîtrai, non pas sur la croix, mais dans la gloire, pour juger le monde ? »

Je demeurai frappée au fond, beaucoup plus émue que je ne puis le dire ; les affections qui me venaient de la croix sont au-dessus des paroles. Il ajouta plusieurs paroles qui me mirent en feu ; mais je n’ai ni la volonté ni le pouvoir de les écrire. »

Jehan Fouquet Piéta - détail

Jehan Fouquet : déposition de Croix (détail).

Sa Sainteté Benoît XVI : catéchèse présentant Ste Angèle de Foligno > www
Ste Angèle de Foligno : « les voies de la délivrance » > www
Ste Angèle de Foligno : « Ce n’est pas pour rire que Je t’ai aimée » > www

Prières de Saint Alphonse de Ligori pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame :

Le vendredi de la Passion, conformément à l’usage antique, nous commémorons solennellement la Compassion de Notre-Dame.
En ce jour, particulièrement important pour le Refuge Notre-Dame de Compassion, nous invitons tous ceux qui nous sont unis par les liens de la prière à s’associer à nous avec une grande ferveur pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame, et pour consoler son Coeur douloureux et immaculé en proie à une si grande désolation.

Nous avons déjà publié sur ce blogue le texte de l’ « Ave, Maria » de la Vierge de Compassion (parfois attribué à Saint Bonaventure, voir ici > www), ainsi que la manière dont on peut réciter le « Chapelet des Sept Douleurs » (ici > www).
Voici maintenant ci-dessous un exercice pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame dont les prières ont été rédigées par Saint Alphonse de Ligori.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Statue de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie

Première douleur :

Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le premier glaive qui vous a transpercée, quand Siméon, dans le Temple, vous représenta les tourments que les hommes devaient faire endurer à votre bien-aimé Jésus (et que vous connaissiez déjà par les divines Écritures), jusqu’à Le faire mourir sous vos yeux, suspendu à un bois infâme, épuisé de sang et abandonné de tout le monde, sans pouvoir recevoir de vous ni défense ni secours.
Je vous prie donc, ma Reine, par ce souvenir amer qui affligea votre cœur pendant tant d’années, de m’obtenir la grâce de conserver toujours, à la vie à la mort, gravées dans mon cœur, la Passion de Jésus-Christ et vos Douleurs.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Deuxième douleur :

Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le second glaive qui vous a transpercée lorsque vous avez vu votre Fils innocent, à peine né, persécuté à mort par ces mêmes hommes pour lesquels Il était venu dans le monde ; de sorte que vous avez été obligée de fuir en Égypte pendant la nuit et secrètement à l’insu du monde.
Par tant de peines que vous, Vierge délicate, avez endurées, conjointement avec votre petit Enfant exilé, dans ce long et pénible voyage, par des chemins déserts et difficiles, et dans votre séjour en Égypte, où étant inconnus et étrangers, vous avez vécu durant toutes ces années dans la pauvreté et le mépris, je vous prie ma bien-aimée Souveraine, de m’obtenir la grâce de souffrir avec patience dans votre compagnie, jusqu’à la mort, toutes les peines de cette misérable vie, afin que je puisse, dans l’autre, échapper aux peines éternelles de l’enfer que j’ai bien méritées.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Troisième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le troisième glaive qui vous perça le cœur, quand vous avez perdu votre cher Fils Jésus, qui resta trois jours à Jérusalem, éloigné de vous.
Ne voyant plus alors votre amour auprès de vous, et ignorant la cause de Son éloignement, je pense, mon aimable Reine, que vous n’eûtes aucun repos pendant ces nuits, mais que vous ne fîtes que soupirer après Celui qui était tout votre bien : je vous prie donc, par les soupirs que vous avez poussés durant cette trois jours, bien longs et bien douloureux pour vous, de m’obtenir la grâce de ne jamais perdre mon Dieu, afin que je vive toujours uni à Lui et que je meure dans Ses embrassements.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Quatrième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le quatrième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous avez vu votre Jésus condamné à mort, chargé de liens et de chaînes, couvert de sang et de plaies, couronné d’un faisceau d’épines, tombant en chemin sous Sa pesante Croix, qu’Il portait sur Ses épaules ensanglantées, allant comme un agneau innocent mourir pour notre amour. Vos yeux se rencontrèrent alors avec les Siens, et vos regards mutuels devinrent autant de traits dont vous blessâtes réciproquement vos cœurs amoureux.
Je vous prie donc par cette grande Douleur, de m’obtenir la grâce de vivre entièrement résigné à la volonté de mon Dieu, portant ma croix avec joie dans la compagnie de Jésus jusqu’au dernier soupir de ma vie.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Cinquième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le cinquième glaive qui vous perça le cœur, lorsque, présente sur le mont Calvaire, vous avez vu de vos propres yeux, mourir peu à peu, au milieu de tant de tourments et de mépris, sur le lit douloureux de la Croix, votre bien-aimé Jésus, sans pouvoir même Lui donner le moindre des soulagements qu’au moment de la mort on accorde aux plus scélérats.
Et je vous prie, par l’agonie que vous, tendre Mère, avez soufferte avec votre Fils agonisant, et par la tendresse que vous avez éprouvée lorsque, pour la dernière fois, Il vous parla du haut de la Croix, et que Se séparant de vous, Il nous donna tous à vous pour fils dans la personne de Jean ; par la constance avec laquelle vous L’avez vu baisser la tête et expirer, je vous prie de m’obtenir de votre amour crucifié la grâce de vivre et de mourir crucifié à toutes les choses de ce monde, pour ne vivre toute ma vie que pour Dieu, et ainsi aller un jour jouir de lui face-à-face en paradis.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Sixième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le sixième glaive qui vous perça le cœur lorsque que vous vîtes percer d’outre en outre le doux Cœur de votre Fils déjà mort, et mort pour ces ingrats qui, même après L’avoir fait mourir, n’était pas encore rassasiés de Le tourmenter.
Je vous prie donc par cette cruelle douleur que vous avez endurée toute seule, de m’obtenir la grâce d’habiter dans le Cœur de Jésus blessé et ouvert pour moi ; dans ce Cœur, dis-je, qui est la belle demeure d’Amour, où reposent toutes les âmes qui aiment Dieu et que là, passant moi-même ma vie, je ne pense qu’à Dieu et n’aime que Lui. Très Sainte Vierge, vous pouvez le faire, je l’espère de vous.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Septième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le septième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous vîtes entre vos bras votre Fils mort, non plus dans l’éclat de Sa beauté, comme vous L’aviez autrefois reçu dans l’étable de Bethléem, mais ensanglanté, livide et tout déchiré des blessures qui avaient mis Ses os à découvert ; vous écriant alors : mon Fils, mon Fils, en quel état l’amour Vous a réduit !
Et lorsqu’on le porta au sépulcre, vous avez voulu encore L’accompagner, et L’y arranger de vos propres mains, jusqu’à ce qu’enfin, Lui disant le dernier adieu, vous y laissâtes votre cœur brûlant d’amour enseveli avec votre Fils. Par tant de martyres qu’a souffert votre belle âme, obtenez-moi, ô Mère du bel amour ! le pardon des offenses que j’ai commises contre mon Dieu bien-aimé ; je m’en repens de tout mon cœur. Défendez moi dans les tentations ; assistez-moi à l’heure de ma mort, afin que sauvé par les mêmes mérites de Jésus et les vôtres, je parvienne un jour avec votre assistance, après ce malheureux exil, à chanter dans le paradis les louanges de Jésus et les vôtres, pendant toute l’éternité. 
Ainsi soit-il.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

V./: Priez pour nous, Vierge très affligée !
R./: Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

O Dieu, dans la Passion duquel un glaive de douleur, suivant la prophétie du vieillard Siméon, a transpercé l’âme très douce de la glorieuse Vierge Marie, Votre Mère, accordez-nous, dans Votre bonté, que en vénérant son coeur transpercé et ses souffrances, nous méritions de recueillir les heureux fruits de Votre Passion ; ô Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie - détail

Statue de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie – détail.

Au sujet de la statue de Notre-Dame de Compassion,
voir le texte de présentation ici > www

2014-36. Deux choses importantes auxquelles il nous faut penser, parce que le Jeudi-Saint est dans une semaine…

Jeudi de la Passion, 10 avril 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est aujourd’hui, 10 avril 2014, le 98ème anniversaire du rappel à Dieu du Chanoine Antoine Crozier, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous dire un mot en publiant dans les pages de ce blogue deux textes importants : « Vivons pour le Bon Dieu » (ici > www) et le « Chemin de Croix pour la France » (ici > www). Je ne pouvais omettre ce rappel en commençant ces quelques lignes, parce que ce prêtre stigmatisé, ami du Bienheureux Charles de Foucauld, compte vraiment parmi les « colonnes spirituelles » du Mesnil-Marie.
Mais surtout, si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que dans une semaine exactement
, nous seronts arrivés au Jeudi Saint, au soir duquel nous entrerons dans le Triduum Pascal.

Philippe de Champaigne la Sainte Cène

Philippe de Champaigne : la Sainte Cène.

Le Jeudi-Saint marque, bien évidemment le jour de l’institution du Très Saint Sacrement de l’Eucharistie par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et, en conséquence logique, afin de perpétuer la Sainte Eucharistie, le jour de l’institution du sacrement de l’Ordre (le sacerdoce) : « Ce que Moi, votre Seigneur et votre Sauveur, Je viens de réaliser ce soir devant vous, à savoir la transubstantiation – le changement du pain et du vin en Mon Corps et Mon Sang offerts en sacrifice, alors même que demeurent les apparences du pain et du vin – , vous l’accomplirez à votre tour désormais, en mémorial, célébrant Ma mort jusqu’à Mon retour dans la gloire ».
Ensuite, Notre-Seigneur se rendra à Gethsémani, et il connaîtra une effroyable solitude pendant Sa Sainte Agonie, avant d’être arrêté, conduit chez les grands prêtres, et de subir des mauvais traitements et des humiliations pendant une bonne partie de la nuit…

Comme, le jour même du Jeudi Saint, il ne me sera pas possible de vous écrire au sujet de toutes ces choses, j’ai donc résolu d’anticiper aujourd’hui afin de vous inviter à réfléchir sur deux points particuliers très concrets de cette journée que nous vivrons dans une semaine…

sacerdos alter Christus

Sacerdos alter Christus : le prêtre est un autre Christ.

1 – Le Jeudi-Saint est, au plus haut point, la « fête du sacerdoce catholique ».
J’aimerais vous encourager à penser dès à présent à souhaiter ce jour-là une bonne fête à vos prêtres, et d’une manière plus large à tous les prêtres que vous connaissez

Beaucoup de prêtres, aujourd’hui, sont surchargés de travail, se donnent sans compter, ne mettent pas de limite à leur générosité… et cependant il arrive trop souvent qu’ils ne reçoivent pas la reconnaissance la plus élémentaire pour leur précieux ministère.
Je ne suis pas du tout du genre à encourager les fidèles à avoir trop de familiarité avec les prêtres, parce que cela n’est pas dans l’ordre des choses voulues par Dieu dans Son Eglise : le prêtre est, par sa vocation, un « homme à part ». Toutefois, entre « trop de familiarité » et « des attentions pleines d’une respectueuse délicatesse et de discrète sollicitude », il y a un abîme !
Ainsi donc, si vous avez vraiment conscience de la réalité du sacerdoce (lors même que cet immense mystère de grâce est déposé dans des hommes imparfaits, dans des hommes qui ont leurs défauts, dans des hommes qui, dans leur lourdeur humaine, peuvent même parfois nous déplaire !) , je vous invite à avoir pour vos prêtres, à l’occasion du Jeudi Saint, une attention particulière, une carte de vœux, un mot aimable, un « merci » plus appuyé… etc.
Pour la gloire de Dieu, vous témoignerez ainsi de votre foi en ce qu’il y a de plus grand en eux, en ce qu’il y a de réellement divin en eux : la grâce du sacerdoce imprimée dans leur âme par le Christ qui les conforme ainsi à Lui-même pour nous communiquer Sa vie et la faire grandir en nous au moyen des sacrements.

Le lavement des Pieds Pierre-Paul Rubens

Pierre-Paul Rubens : Le lavement des pieds.

2 – En outre, le Jeudi-Saint reçoit aussi un caractère particulier du fait des exhortations et de l’exemple de Notre-Seigneur en ce qui concerne la pratique de la charité : Lui-même (et c’est l’Evangile qui nous sera lu lors de la messe vespérale de ce jour-là) va laver les pieds de Ses Apôtres puis donnera la consigne de se mettre ainsi au service les uns des autres.
La liturgie, afin d’en rendre la leçon plus percutante, fait que le célébrant renouvelle ce geste de notre divin Maître en lavant les pieds de douze hommes ou enfants. Pendant que ce rite est accompli, l’un des chants prescrits est « Ubi caritas et amor, Deus ibi est : où sont amour et charité, Dieu est présent ».

C’est aussi le Jeudi-Saint que l’on peut organiser dans les églises la collecte des « offrandes de carême » (cela peut même se faire sous la forme d’une procession au cours de laquelle les fidèles à tour de rôle déposent à l’entrée du sanctuaire leurs dons).
Nous ne devons pas l’oublier, en effet, l’un des pôles essentiels du carême chrétien est – avec la prière et la pénitence – la pratique de l’aumône.

Nos aumônes de carême sont la conséquence directe des « économies » que nous avons réalisées en nous restreignant sur la nourriture, et en accomplissant des sacrifices.
Prenons un exemple concret : en raison du carême, je me suis mortifié en n’achetant pas telle chose qui m’aurait fait plaisir, en n’allant pas à tel spectacle, …etc. Ce n’est évidemment pas pour me l’offrir une fois que la fête de Pâques sera arrivée, mais pour que j’en reverse le prix en faveur de telle œuvre de charité, pour aider tel ou tel nécessiteux, pour soutenir tel mouvement ou telle congrégation qui travaille à l’assistance matérielle ou spirituelle… etc.
Je me permets donc ces questions : avez-vous vraiment pensé à ce que sera votre offrande de carême ? avez-vous « mis de côté » les sommes correspondant à ce dont vous vous êtes privés, en vue de le donner à Dieu dans Ses pauvres et Ses nécessiteux ?

Il peut arriver donc que, dans certaines paroisses, une quête particulière soit faite, vers la fin du carême, en faveur de telle ou telle oeuvre censée venir en aide aux malheureux, mais cela ne signifie pas que l’on doive impérativement donner à cette oeuvre-là : en effet, chacun est libre de disposer de son aumône en faveur de qui il veut (une autre oeuvre dans laquelle on a davantage confiance, une association que l’on connaît mieux et dont on sait les besoins, un projet « humanitaire » auquel nous sommes davantage sensibilisés, une congrégation religieuse – ou bien un ecclésiastique particulier que nous connaissons – pour ses oeuvres d’assistance matérielle ou spirituelle… etc.).
Ce qui compte, c’est la pratique de l’aumône ; or l’aumône est pour chacun des fidèles qui prend au sérieux son carême un impérieux devoir !

Pour terminer, je vous encourage à aller vous-mêmes lire et relire les chapitres 8 et 9 de la seconde épître de Saint Paul aux Corinthiens, et à vous souvenir, selon la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que, dans l’éternité, Dieu nous comblera selon la mesure avec laquelle nous avons nous-mêmes donné aux autres !

Lully.

David Teniers le  jeune - les sept oeuvres de miséricorde

David Teniers II, dit le jeune : les sept oeuvres de miséricorde.

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 9 avril, 2014 |Pas de commentaires »

Prière pour la conversion de ses moeurs et le changement de sa vie.

(attribuée à Saint Augustin)

La prière que nous publions ci-dessous constitue le premier chapître de l’opuscule intitulé « Les méditations de Saint Augustin ».
Ces « méditations » sont habituellement publiées – en un seul volume – à la suite d’un recueil spirituel appelé « Soliloques » et d’un « Manuel » eux aussi attribués à Saint Augustin. Les « Soliloques » dont il s’agit ici ne sont pas l’ouvrage philosophique du même nom rédigé par le jeune Augustin en 387 peu de temps après sa conversion. Ces trois textes (« Soliloques », « Manuel » et « Méditations ») sont en réalité des apocryphes, fortement imprégnés de la pensée et du style du grand Docteur de la grâce, reprenant même parfois certains passages de ces oeuvres authentiques, et ils furent probablement composés – ou réunis – au XIVe siècle, par un moine anonyme. L’apogée de leur diffusion est sans aucun doute au XVIIe siècle où des traductions françaises de qualité contribueront énormément à leur succès auprès des âmes ferventes.
Bien qu’étant apocryphes, donc, il n’en demeure pas moins que ce sont des textes d’une profonde spiritualité et que nous pouvons toujours nous en nourrir et en faire, avec fruits, l’objet de nos pieuses aspirations et de nos approfondissements.
La prière qui suit est même tout particulièrement adaptée au temps du carême et aux efforts de conversion personnelle auxquels il nous invite avec insistance.

Soliloques de St Augustin 1684

Page de garde d’un exemplaire des « Soliloques, Manuel et Méditations de Saint Augustin » daté de 1684
(bibliothèque du Mesnil-Marie)

Prière pour la conversion de ses moeurs et le changement de sa vie :

« O mon Seigneur ! faites, par l’effusion de votre grâce, que mon cœur Vous désire ; qu’en Vous désirant, il Vous cherche ; qu’en Vous cherchant, il Vous trouve ; que Vous ayant trouvé, il Vous aime, et qu’en Vous aimant, il m’inspire des désirs ardents et efficaces de racheter mes péchés, et à ne les plus commettre à l’avenir. Faites, ô mon Dieu ! qu’il conserve éternellement l’esprit de pénitence ; que mon âme soit toujours pénétrée d’une vive douleur, que mes yeux deviennent une source intarissable de larmes, que mes mains ne cessent point de faire des aumônes et des œuvres de charité.

O mon Roi ! étouffez en mon cœur tous les désirs de la chair, et embrasez-le du feu sacré de votre amour. O mon Rédempteur ! éloignez de moi l’esprit d’orgueil, et accordez-moi celui de l’humilité que Vous avez si saintement pratiquée, et qui est le plus précieux trésor que je puisse jamais posséder. O mon Sauveur ! délivrez-moi des saillies et des transports de la colère, et armez-moi de la patience, comme d’un bouclier impénétrable à tous les traits de mes ennemis. O mon Créateur ! purgez mon âme de toute sorte d’aigreur et de chagrin, afin de la rendre capable de vos douceurs et de vos délices toutes célestes.

Donnez-moi, ô Père de miséricorde ! une foi solide, une espérance ferme et une charité inaltérable ; et, puisque c’est Vous qui me gouvernez, délivrez-moi de l’orgueil de la vie, de la légèreté d’esprit, de la dissipation du cœur, de l’esprit de raillerie, de l’insolence des yeux, de l’intempérance de la langue, des médisances, des vaines curiosités, de la convoitise des richesses, de la passion pour les grandeurs, des déguisements de l’hypocrisie, du poison funeste de la flatterie, du mépris des pauvres, de l’oppression des faibles, de la turpitude de l’avarice, de la malignité de l’envie, de l’horreur du blasphème, et de tous ces crimes pour lesquels Vous menacez de la seconde mort.

Retranchez en moi, ô Créateur de mon âme ! la malice, la témérité, l’opiniâtreté, l’inquiétude, l’assoupissement, la paresse, la stupidité d’esprit, l’aveuglement du cœur, l’attache à mes propres sentiments, la brutalité des mœurs, l’opposition au bien, la résistance aux sages conseils, l’intempérance de la langue. Faites que je n’augmente point la misère des pauvres en les pillant ; que je n’exerce point de violence contre ceux qui sont dans l’impuissance ; que je ne calomnie jamais les innocents ; que je n’aie nulle négligence à l’égard de ceux qui me sont soumis, ni aucune sévérité pour mes domestiques ; que je ne sois ni infidèle à mes amis, ni cruel envers mes proches.

O mon Dieu ! dont la miséricorde est si grande envers moi, je Vous supplie, par votre Fils bien-aimé, de produire en moi un véritable amour pour les œuvres de miséricorde, en me donnant tous les sentiments de piété qui sont nécessaires pour compatir à la misère de ceux qui souffrent, pour redresser ceux qui sont dans l’égarement, pour secourir les misérables, pour soulager les nécessiteux, pour consoler les affligés, pour délivrer ceux que l’on opprime, pour soutenir les pauvres, pour consoler ceux qui pleurent, pour remettre les dettes à ceux qui me sont redevables, pour pardonner à ceux qui m’offensent, pour aimer ceux qui me haïssent, pour rendre le bien à ceux qui m’auront fait du mal ; pour ne mépriser personne, mais pour honorer tout le monde ; pour imiter les gens de bien, pour éviter l’exemple et la conduite des méchants, pour embrasser la vertu, pour m’éloigner de tous les vices, pour posséder la patience dans les adversités, pour me modérer dans les prospérités, pour garder ma langue et mettre un frein sur mes lèvres ; pour fouler aux pieds les biens de la terre, et pour n’être altéré que des biens du Ciel. »

Gravure du XVIIe siècle représentant St Augustin en habit monastique

Saint Augustin en habit de moine
(gravure du XVIIe siècle)

Publié dans:Prier avec nous, Textes spirituels |on 8 avril, 2014 |1 Commentaire »

2014-35. « Devant le Crucifix, nul ne peut se trouver innocent ! »

Francisco de Zurbaran crucifixion

Francisco de Zurbaran : Crucifixion.

« Devant le Crucifix, nul ne peut se trouver innocent ! »

- notes de prédication de l’abbé Henri Huvelin -

« Il semble que, du haut de Sa croix, le divin Sauveur désire, avant toute chose vous attirer à Lui.
Avec une sorte d’impatience Il disait : « Quand Je serai élevé de terre, J’attirerai tout à Moi ».
Là, Il nous donne plusieurs leçons.

Vous pensez : « Où est la beauté de la vie ? »…
On se lasse de se dévouer et l’on pense : « A quoi bon ? », trois petits mots terribles qui viennent entraver tout élan généreux.
Où est le beau de la Vie ?
Il est dans le sacrifice, le dévouement ; dans l’amour qui va jusqu’à la mort.

La leçon que le Christ veut d’abord vous donner, c’est de vous éclairer sur le vrai sens de la Vie.
Ne craignez pas d’êtres dupes, si vous êtes dupes avec Jésus qui se donne.
C’est pour cela que nous sommes avec Lui : pour nous donner, pour nous dévouer et toujours, et encore, et jusqu’au bout.
Il nous a aimés jusqu’au bout de Son Coeur, jusqu’au bout de Lui-même.
Voilà la première leçon.

Vous êtes des âmes qui souffrent…
Qui que vous soyez, le Divin Maître vous voit, dit votre nom.
Vous êtes des âmes qui portent la souffrance ; s’Il l’a prise avec Lui, ce n’est pas pour la supprimer !
La douleur venue de Dieu est chargée par Lui de faire de grandes choses au fond du coeur de l’homme ; et le Maître a voulu nous montrer comment il faut souffrir.
Avec Lui, ce n’est plus cette douleur qui rend amer, qui rapetisse ou aigrit ; mais une douleur qui se tourne en bonté.

Voyez la douleur du Sauveur : « Mon Dieu, pardonnez-leur ! » est un des derniers cris de Son Ame.
Sa douleur s’échappe en une exclamation, en une invitation de bonté, en une bénédiction qui retombe sur les auteurs de Ses souffrances.

La douleur vous visite-t-elle ?… Ne la tournez pas en amertume, en je ne sais quel masque sceptique… Plus vous souffrirez avec Jésus, plus la souffrance vous rendra meilleurs.

Le Divin Maître s’est proposé de nous apprendre à souffrir. Nous sommes à Ses pieds ; en Le voyant, frappons notre poitrine. Il faut avoir le sentiment de ses péchés et de sa faute.
Devant le Crucifix, nul ne peut se trouver innocent !
Là on voit combien on est coupable ; et c’est le sentiment que le Maître en Croix veut nous donner : le regret de nos fautes !
Non pas un regret amer, désespéré. Non pas une espèce de mépris de soi qui succède à la faute et devient la plus grande de toutes les fautes ! Mais la douleur qui espère ; le sentiment qui se tourne en repentir et en espérance.

Sur la Croix passe la justice de Dieu.
Oui, elle frappe terriblement, on ne peut le nier.
Mais sur la Croix passe l’infinie Miséricorde ; et, si on se sent coupable, que l’on vienne aux pieds de ce Jésus frappé pour nos péchés ; il faut voir combien nous avons été coupables, mais aussi combien nous avons été aimés !

Que cette douleur même soit noyée dans l’amour !

Magdeleine apporte aux pieds du Sauveur, peu de temps avant Sa mort, un vase plein de parfums… C’étaient les trésors de son âme, les nouvelles dispositions de son coeur relevé.
Mais qu’étaient ce trésor, ce parfum précieux, auprès du Sang du Maître qui coulait sur elle, qui se répandait sur son âme pécheresse et la purifiait, l’embellisait ?

Le Christ est mort pour nous faire sentir ce qu’est le péché. Dans un mouvement sincère, déclarons notre faute. Frappons notre poitrine. Reconnaissons la Justice de Dieu, mais aussi Son immense Amour.
Reconnaissons-le dans ce sourire divin, dans ce regard qui va vers Dieu.
Reconnaissons-le par le repentir et la connaissance de nous-mêmes.

Par ses fautes mêmes, on conçoit dans un sentiment profond – douloureux à force d’être pénétrant – ce qu’est Sa Miséricorde, Sa Bonté ! »

nika

Publié dans:Textes spirituels |on 4 avril, 2014 |Pas de commentaires »

Chemin de Croix pour honorer les Saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

nika

Le vendredi de la troisième semaine de carême, d’anciennes traditions liturgiques plaçaient la possibilité de célébrer une fête des Cinq Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Nous avons déjà publié dans les pages de ce blogue le « Chapelet des Saintes Plaies » (ici > chapelet des Saintes Plaies), et une notice concernant la vie de la sainte Visitandine, Soeur Marie-Marthe Chambon qui a reçu de Notre-Seigneur des révélations concernant les bienfaits et les fruits spirituels de la dévotion aux Saintes Plaies (ici > Soeur Marie-Marthe Chambon).
Nous avons aussi déjà publié deux textes proposant des méditations pour le Chemin de la Croix : celui du chanoine Antoine Crozier intitulé « Chemin de Croix pour la France » (ici > Chemin de Croix pour la France) et celui écrit par notre Frère Maximilien-Marie (ici > méditation du Chemin de la Croix).
En rapport avec la dévotion aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur, voici aujourd’hui un autre texte, court mais dense, que certains d’entre vous connaissent d’ailleurs peut-être déjà, et qu’il est toujours bon de reprendre comme support de notre prière des vendredis de carême…

Vitrail église St Jean de Montmartre

Vitrail central de l’abside de l’église Saint-Jean de Montmartre (Paris, place des Abbesses)
(oeuvre de Léon Tournel – 1906)

Chemin de Croix
pour honorer
les Saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ :

Prière préliminaire :

Pour donner plus de prix à nos faibles prières, nous nous adressons à Vous, très aimable Jésus Christ et nous vous supplions humblement : offrez Vous-même à Votre Père Eternel les Plaies Sacrées de Vos pieds, de Vos mains et de Votre côté ; offrez-Lui en même temps Votre Sang très précieux, Votre agonie et Votre mort.
Et vous aussi, Vierge Marie, Mère des douleurs, offre-Lui avec la cruelle passion de votre Fils bien-aimé, vos soupirs, vos larmes et toutes les douleurs que vos souffrances vous ont causées, afin que, par leurs mérites, les âmes qui sont dans les flammes dévorantes du purgatoire obtiennent le rafraîchissement, que, délivrées de cette douloureuse prison, elles soient dans le Ciel, revêtues de la gloire et qu’elles y chantent à jamais les divines miséricordes. Ainsi soit-il. 

Sacré-Coeur gif

 1ère station : Jésus est condamné à mort.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, flagellé, rejeté par son peuple et condamné à la mort cruelle et ignominieuse de la Croix pour expier les péchés du genre humain.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ, accordez-nous le pardon de nos péchés et faites que tous les agonisants trouvent miséricorde auprès de Vous.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

2ème station : Jésus est chargé de sa Croix.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies profondes et douloureuses de Jésus Christ couronné d’épines.
Par les mérites de ces Saintes Plaies, accordez-moi la contrition de mes péchés et la grâce d’accepter avec paix et douceur d’esprit, toutes les Croix qu’il Vous plaira de m’envoyer.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

3ème station : Jésus tombe sous le poids de sa Croix.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, tombé sous le poids écrasant de sa Croix et je Vous prie, par les mérites de cette première chute et des Saintes Plaies de Jésus, de nous accorder la grâce de commencer une nouvelle vie de ferveur et d’amour et de marcher d’un pas ferme et constant dans la voie de Vos Saints commandements.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

4ème station : Jésus rencontre Sa Très Sainte Mère.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ qui transpercèrent d’un glaive de douleur le Cœur si aimant de Sa Très Sainte Mère lorsqu’elle Le rencontra, chargé de Sa Croix, sur le chemin du calvaire.
Par l’angoisse des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, accordez-nous la contrition parfaite de nos péchés, maintenant et à l’heure de la mort.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

5ème station : Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter Sa Croix.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies si profondes de Notre Seigneur Jésus Christ, qui L’épuisèrent de sang et de force, de sorte que Ses ennemis, malgré leur cruauté, furent obligés de Le décharger de Sa Croix et de Le faire aider par le Cyrénéen.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ et par Son épuisement total, accordez-nous le véritable esprit de pénitence et l’amour de la Croix.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

6ème station : Sainte Véronique essuie la Sainte face de Jésus.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de la Sainte Face de Jésus Christ, qui Le rendirent semblable à un lépreux, sans forme ni beauté, ou, selon la parole du prophète : « comme un objet dont on se détourne ».
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ, purifiez, je Vous en supplie, la face de mon âme et donnez-moi, comme à Sainte Véronique, un cœur bon et compatissant pour le prochain.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

7ème station : Jésus tombe pour la deuxième fois.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ rouvertes et avivées par ses chutes réitérées.
Par les mérites de cette deuxième chute si douloureuse et des Saintes Plaies de Jésus, préservez-moi de la rechute dans le péché, et accordez-moi la grâce de mettre en pratique des moyens efficaces pour me corriger de mes défauts et de mes mauvaises habitudes.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

8ème station : Jésus console les filles de Jérusalem.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ qui émurent de pitié les pieuses femmes de Jérusalem, pleurant de compassion de Le voir si maltraité et si défiguré.
Au Nom des Saintes Plaies de Jésus, jetez un regard de miséricorde sur les enfants d’Israël, afin que, reconnaissant leur Divin Messie, ils aient part au grand bienfait de la rédemption et deviennent de zélés apôtres du Christ.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

9ème station : Jésus tombe une troisième fois.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, aggravées et élargies par la violence de cette chute si douloureuse qui excita la colère et les moqueries de ses ennemis.
Par les mérites de cette troisième chute et des Saintes Plaies de Jésus Christ, préservez-nous de l’aveuglement spirituel, et accordez à tous Vos prêtres et à Vos religieux et religieuses la grâce de marcher d’un pas ferme et constant dans le chemin de l’abnégation et du renoncement à soi-même.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

10ème station : Jésus est dépouillé de Ses vêtements.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies béantes du Corps Sacré de Jésus Christ, tout ruisselant de sang, après avoir été inhumainement dépouillé de Ses vêtements qui étaient collés à Ses chairs.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus et de la confusion dont il était couvert, accordez-moi la sainte humilité et un complet détachement de moi-même.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

11ème station : Jésus est cloué à la Croix.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies des mains et des pieds de notre Divin Sauveur et la douleur de sa tête adorable qui, à chaque coup de marteau, bondit et retombe durement contre le bois de la Croix.
Par les mérites des douleurs indicibles de Jésus et par Ses Saintes Plaies, transpercez d’un rayon de votre grâce les cœurs endurcis des infidèles et des pécheurs obstinés, et amenez-les, contrits et humiliés, au pied de la croix de Votre Fils bien-aimé.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

12ème station : Jésus meurt la Croix.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre, en réparation des péchés du monde, les Plaies Sacrées de Votre Fils bien-aimé, agonisant sur la Croix, les tortures lancinantes de Sa tête adorable, couronnée d’épines, de Ses mains et de Ses pieds transpercés de gros clous, et de tout Son corps en proie à des souffrances indicibles.
Au Nom et par les Saintes Plaies de Jésus, délivrez, nous Vous en supplions, les Saintes âmes du purgatoire, faites miséricorde aux âmes agonisantes, et ensevelissez tous nos péchés dans l’abîme sans fond de Votre divine miséricorde.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

13ème station : Jésus est remis à Sa Très Sainte Mère.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, déposé dans les bras de Sa Très Sainte Mère.
O Reine des martyrs, imprimez dans mon cœur les plaies de Jésus Crucifié. Apprenez-moi à méditer comme vous Sa sainte couronne d’épines, Ses mains et Ses pieds transpercés, Son côté ouvert par la lance et tout Son corps labouré par les fouets de la flagellation.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, obtenez-nous, ô Mère Bien-aimée, la contrition parfaite de nos péchés maintenant et à l’heure de la mort.

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

14ème station : Jésus est déposé dans le tombeau.

V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Père Eternel, je Vous offre les Plaies du corps sacré de Jésus, dans le sépulcre, de ce corps dont le prophète Isaïe nous dit que « de la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, il n’y avait plus rien de sain en Lui… Ce n’était que blessures, meurtrissures, plaies vives qui n’ont pas été pansées, ni bandées, ni adoucies avec de l’huile ».
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, ayez pitié de mon âme lorsqu’elle se séparera de mon corps. Ne soyez pas alors mon Juge mais mon Sauveur !

V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

Oraison de la Messe des Cinq Plaies de Notre-Seigneur :

O Dieu qui, par la Passion de Votre Fils unique, et par l’effusion de Son Sang découlant de Ses cinq plaies, avez rétabli la nature humaine perdue par le péché, faites, nous Vous en supplions, qu’en vénérant ici-bas les plaies qu’Il a reçues pour nous, nous méritions de recueillir dans le ciel le fruit de ce même Sang très précieux. Nous Vous le demandons par ce même Jésus-Christ Notre-Seigneur, Votre fils, qui vit et règne avec Vous, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il !

Piéta de Villeneuve les Avignon par Enguerrand Quarton (XVème siècle)

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 28 mars, 2014 |Pas de commentaires »

2014-33. Ô Annonciation miraculeuse !

Mardi 25 mars 2014,
Fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.
C’est aussi aujourd’hui le 365e anniversaire du miracle de « l’osier sanglant » (25 mars 1649).

Annonciation Charles Poerson

Charles Poerson : l’Annonciation (1651-1652)

Sermon de notre glorieux Père Saint Augustin
sur
l’Annonciation.

§ 1 – Joie de l’Eglise qui célèbre le mystère de l’Incarnation.

Le Verbe éternel Se faisant homme, et daignant habiter parmi les hommes, tel est le grand mystère que célèbre aujourd’hui l’Église universelle, et dont elle salue chaque année le retour par des transports de joie.
Après l’avoir une première fois reçu pour sa propre rédemption, le monde fidèle en a consacré le souvenir de génération en génération, afin de perpétuer l’heureuse substitution de la vie nouvelle à la vie ancienne. Maintenant donc, lorsque le miracle depuis longtemps accompli nous est remis annuellement sous les yeux dans le texte des divines Écritures, notre dévotion s’enflamme et s’exhale en chants de triomphe et de joie.

§ 2 – La salutation de l’ange Gabriel.

Le saint Évangile que nous lisions nous rappelait que l’archange Gabriel a été envoyé du ciel par le Seigneur pour annoncer à Marie qu’elle serait la mère du Sauveur.
L’humble Vierge priait, silencieuse et cachée aux regards des mortels ; l’ange lui parla en ces termes : « Je vous salue, Marie, » dit-il, « je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » (Luc I, 28).
Ô annonciation miraculeuse ! ô salutation céleste, apportant la plénitude de la grâce et illuminant ce cœur virginal !
L’ange était descendu porté sur ses ailes de feu et inondant de clartés divines la demeure et l’esprit de Marie. Député par le Juge suprême et chargé de préparer à son Maître une demeure digne de Lui, l’ange, éblouissant d’une douce clarté, pénètre dans ce sanctuaire de la virginité, rigoureusement fermé aux regards de la terre : « Je vous salue, Marie, » dit-il, « je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » ; Celui qui vous a créée vous a prédestinée ; Celui que vous devez enfanter vous a remplie de Ses dons.

§ 3 – Trouble et inquiétude de la Vierge.

À l’aspect de l’ange, la Vierge se trouble et se demande quelle peut être cette bénédiction. Dans son silence humble et modeste, elle se rappelle le voeu qu’elle a formé, et, jusque-là, tout à fait étrangère au langage d’un homme, elle se trouble devant un tel salut, elle est saisie de stupeur devant un tel langage, et n’ose d’abord répondre au céleste envoyé.
Plongée dans l’étonnement, elle se demandait à elle-même d’où pouvait lui venir une telle bénédiction. Longtemps elle roula ces pensées dans son esprit, oubliant presque la présence de l’ange que lui rappelaient à peine quelques regards fugitifs attirés par l’éclat de l’envoyé céleste. Elle hésitait donc et s’obstinait dans son silence ; mais l’ambassadeur de la Sainte Trinité, le messager des secrets célestes, le glorieux archange Gabriel, la contemplant de nouveau, lui dit : « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu ; voici que vous concevrez et enfanterez un fils, et vous le nommerez Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David Son père ; Il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et Son règne n’aura pas de fin » (Luc I, 30-31).
Alors Marie, pesant sérieusement ces paroles de l’ange et les rapprochant de son vœu de virginité perpétuelle, s’écria : « Comment ce que vous me dites pourra-t-il se réaliser, puisque je ne connais point d’homme ? » Aurai-je un fils, moi qui ne connais point d’homme ? Porterai-je un fruit, moi qui repousse l’enfantement ? Comment pourrai-je engendrer ce que je n’ai point conçu ? De mon sein aride, comment pourrai-je allaiter un fils, puisque jamais l’amour humain n’est entré dans mon cœur et n’a pu me toucher.

§ 4 – Marie concevra en demeurant vierge.

L’ange répliqua : « Il n’en est point ainsi, Marie, il n’en est point ainsi ; ne craignez rien ; que l’intégrité de votre vertu ne vous cause aucune alarme ; vous resterez vierge et vous vous réjouirez d’être mère ; vous ne connaîtrez point le mariage, et un fils fera votre joie ; vous n’aurez aucun contact avec un homme mortel, et vous deviendrez l’épouse du Très-Haut, puisque vous mettrez au monde le Fils de Dieu. Joseph, cet homme chaste et juste, qui est pour vous, non point un mari mais un protecteur, ne vous portera aucune atteinte ; mais « l’Esprit-Saint surviendra en vous », et, sans qu’il s’agisse ici d’un époux et d’affections charnelles, « la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre : voilà pourquoi le Saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu ».
Ô séjour digne de Dieu ! Avant que l’ange ne lui eût fait connaître clairement le Fils qui lui était promis au nom du Ciel, Marie ne laissa échapper de ses lèvres pudiques aucune parole d’assentiment.

§ 5 – Marie donne son assentiment au mystère – Saint Augustin l’illustre par de nombreuses citations des livres sacrés.

Mais dès qu’elle sut que sa virginité ne subirait aucune atteinte, dès qu’elle en reçut l’attestation solennelle, faisant de son cœur un sanctuaire digne de la Divinité, elle répondit : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ». Comme si elle eût dit : « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt », puisque mon sein doit rester intact. « Qu’il me soit fait selon votre parole », ô glorieux archange Gabriel ; qu’il vienne dans sa demeure, « Celui qui a placé sa tente dans le soleil » (Ps. XVIII, 6). Puisque je dois demeurer vierge, « que le Soleil de justice Se lève en moi » (cf. Mal. IV, 2) sous Ses rayons je conserverai ma blancheur, et la fleur de mon intégrité s’épanouira dans une chasteté perpétuelle. « Que le juste sorte dans toute Sa splendeur » (Is. LVI, 1), et que le Sauveur brille « comme un flambeau » (Eccli. XLVIII, 1). Le flambeau du soleil illumine l’univers ; il pénètre ce qui semble vouloir lui faire obstacle, et il n’en jette pas moins ses flots de lumière. Qu’il apparaisse donc aux yeux des hommes « le plus beau des enfants des hommes » ; « qu’Il S’avance comme un époux sort du lit nuptial » (Ps. XLIV, 3) » ; car maintenant je suis assurée de persévérer dans mon dessein.

§ 6 – La génération du Christ Rédempteur est un ineffable mystère.

Quelle parole humaine pourrait raconter cette génération ? Quelle éloquence serait suffisante pour l’expliquer ?
Les droits de la virginité et de la nature sont conservés intacts, et un fils se forme dans les entrailles d’une vierge. Lorsque les temps furent accomplis, le ciel et la terre purent contempler cet enfantement sacré auquel toute paternité humaine était restée complétement étrangère. Telle est cette ineffable union nuptiale du Verbe et de la chair, de Dieu et de l’homme. C’est ainsi qu’entre Dieu et l’homme a été formé « le Médiateur de Dieu et des hommes, un homme, le Christ Jésus » (1 Tim. II, 5).
Ce lit nuptial divinement choisi, c’est le sein d’une Vierge. Car le Créateur du monde venant dans le monde, sans aucune coopération du monde, et pour racheter le monde de toutes les iniquités qui le souillaient, devait sortir du sein le plus pur et entourer Sa naissance d’un miracle plus grand que le miracle même de la création. Car, comme le dit lui-même le Fils de Dieu et de l’homme, le Fils de l’homme est venu « non point pour juger le monde, mais pour le sauver » (Jean XII, 47).

§ 7 – C’est en raison de son humilité que Marie est devenue mère de Dieu.

Ô vous, Mère du Saint des Saints, qui avez semé dans le sein de l’Église le parfum de la fleur maternelle et la blancheur du lis des vallées, en dehors de toutes les lois de la génération et de toute intervention purement humaine ; dites-moi, je vous prie, ô Mère unique, de quelle manière, par quel moyen la Divinité a formé dans votre sein ce Fils dont Dieu seul est le Père.
Au nom de ce Dieu qui vous a faite digne de Lui donner naissance à votre tour, dites-moi, qu’avez-vous fait de bien ? Quelle grande récompense avez-vous obtenue ? Sur quelles puissances vous êtes-vous appuyée ? Quels protecteurs sont intervenus ? A quels suffrages avez-vous eu recours ? Quel sentiment ou quelle pensée vous a mérité de parvenir à tant de grandeur ?
La vertu et la sagesse du Père « qui atteint d’une extrémité à l’autre avec force et qui dispose toutes choses avec suavité » (Sages. VIII, 1), le Verbe demeurant tout entier partout, et venant dans votre sein sans y subir aucun changement, a regardé votre chasteté dont Il S’est fait un pavillon, dans lequel Il est entré sans y porter atteinte et d’où Il est sorti en y mettant le sceau de la perfection.
Dites-moi donc comment vous êtes parvenue à cet heureux état ?
Et Marie de répondre : Vous me demandez quel présent m’a mérité de devenir la mère de mon Créateur ? J’ai offert ma virginité, et cette offrande n’était pas de moi, mais de l’Auteur de tout bien ; « car tout don excellent et parfait nous vient du Père des lumières » (Jac. I, 17). Toute mon ambition, c’est mon humilité ; voilà pourquoi « mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit a tressailli en Dieu mon Sauveur » (Luc I, 47) ; car Il a regardé, non pas ma tunique garnie de noeuds d’or, non pas ma chevelure pompeusement ornée et jetant l’éclat de l’or, non pas les pierres précieuses, les perles et les diamants suspendus à mes oreilles, non pas la beauté de mon visage trompeusement fardé ; mais « Il a regardé l’humilité de Sa servante ».

§ 8 – Douceur et humilité du Verbe Incarné.

Le Verbe est venu plein de douceur à Son humble servante, selon l’oracle du Prophète : « Gardez-vous de craindre, fille de Sion. Voici venir à vous votre Roi plein de douceur et de bonté, assis sur un léger nuage » (Is. LXII, 11 & Zach. IX, 9 ; Is. XIX, 1 ; Matth. XXI, 5).
Quel est ce léger nuage ? C’est la Vierge Marie dont Il S’est fait une Mère sans égale. Il est donc venu plein de douceur, reposant sur l’esprit maternel, humble, « calme et craignant Ses paroles » (Is. XLVI, 1). Il est venu plein de douceur, remplissant les cieux, S’abaissant parmi les humbles pour arriver aux superbes, ne quittant pas les cieux et présentant Ses propres humiliations pour guérir avec une mansuétude toute divine ceux qu’oppressent les gonflements de l’orgueil.
Ô profonde humilité ! « Ô grandeur infinie des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ; que les jugements de Dieu sont incompréhensibles et Ses voies impénétrables » (Rom. XI, 33).

§ 9 – Par Son Incarnation le Fils de Dieu vient accomplir des merveilles en faveur des hommes.

Le pain des Anges est allaité par les mamelles d’une mère ; la source d’eau vive jaillissant jusqu’à la vie éternelle demande à boire à la Samaritaine, figure de l’Église ; Il ne refuse pas de manger avec les publicains et les pécheurs, Lui que les Anges au ciel servent dans la crainte et la terreur. Le Roi des rois a rendu à la santé le fils de l’officier, sans employer aucun remède et par la seule efficacité de Sa parole. Il guérit le serviteur du centurion et loue la foi de ce dernier, parce qu’il a cru que le Seigneur commande à la maladie et à la mort comme lui-même commandait à ses soldats. Quelque cruelles que fussent les souffrances de la paralysie, il en trouva la guérison infaillible dans la visite miséricordieuse de Jésus-Christ. Une femme affligée depuis de longues années d’une perte de sang qui faisait de ses membres une source de corruption, s’approche avec foi du Sauveur qui sent aussitôt une vertu s’échapper de Lui et opérer une guérison parfaite.
Mais comment rappeler tant de prodiges ? Le temps nous manque pour énumérer tous ces miracles inspirés à notre Dieu par Sa puissance infinie et Sa bonté sans limite.
Abaissant Sa grandeur devant notre petitesse et Son humilité devant notre orgueil, Il est descendu plein de piété, et, nouveau venu dans le monde, Il a semé dans le monde des prodiges nouveaux.

§ 10 – Par Son Incarnation, le Christ est le tétramorphe qui avait été prophétisé : explication des figures de l’homme, du lion, du boeuf et de l’aigle.

C’est Lui que les évangélistes nous dépeignent sous différentes figures : l’homme, le lion, le boeuf et l’aigle.
Homme, Il est né d’une Vierge sans le concours de l’homme ; lion, Il S’est précipité courageusement sur la mort et S’est élevé sur la croix par Sa propre vertu ; boeuf, Il a été volontairement immolé dans Sa passion pour les péchés du peuple ; et comme un aigle hardi, Il a repris Son corps, est sorti du tombeau, a fait de l’air le marchepied de sa gloire, « est monté au-dessus des chérubins, prenant Son vol sur les ailes des vents », et maintenant Il siège au ciel, et c’est à Lui qu’appartiennent l’honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

frise avec lys naturel

2014-30. Si le jeûne nous impose des sacrifices, il profite d’autant à notre salut.

Sermon de notre glorieux Père Saint Augustin
pour le carême :

Nous avons sans cesse besoin d’approfondir la richesse spirituelle du temps du carême, et de nous motiver à une observance fructueuse de la pénitence et du jeûne.
Voici ci-dessous un sermon de notre glorieux Père Saint Augustin bien propre à stimuler notre ferveur et notre générosité.

Moretto da Brescia vers1540

Le Christ au désert (Moretto da Brescia – vers 1540)

§1 - Le carême est le temps du jeûne, et le Christ Lui-même nous en a donné l’exemple, car c’est par l’abstinence que l’homme peut recouvrer ce que lui a fait perdre l’intempérance. 

« Voici le temps favorable, voici les jours de salut » (2 Cor. VI, 2).
Mes frères, voici les jours où, par les macérations corporelles, nous opérons le salut de nos âmes. Sans doute, nous y mortifions l’homme extérieur, mais aussi nous y vivifions l’homme intérieur. Le jeûne est, en effet, comme la nourriture de notre âme ; car s’il nous impose des sacrifices, il profite d’autant à notre salut. Entre autres exemples de sanctification, notre Seigneur et Dieu, Jésus-Christ, nous a donné celui du jeûne et du carême ; Il a même indiqué le nombre de jours qu’il doit durer, puisqu’Il a jeûné pendant quarante jours. C’est donc Lui qui est l’auteur de ton jeûne, comme Il sera plus tard le rémunérateur de tes mortifications.
Le Rédempteur a donc jeûné l’espace de quarante jours ; il est, néanmoins, de toute évidence, qu’Il n’avait commis aucun péché et qu’Il n’avait rien à craindre. Or, si le Dieu qui était à l’abri de toute erreur S’est dévoué à cet acte de pénitence, combien devient-il plus nécessaire à l’homme de s’y soumettre, puisqu’il est si exposé à se tromper ! Et si de telles macérations ont été imposées à un innocent, avec combien plus de justice ne peut-on pas les exiger d’un coupable ? En goûtant du fruit de l’arbre, en violant la loi du jeûne à laquelle il avait été soumis, Adam, le chef du genre humain, est devenu maître ès-péchés, après avoir été le maître du paradis, et, comme conséquence de sa prévarication, la mort a jeté jusque sur nous son aiguillon.
Quiconque désire vivre, doit donc aimer l’abstinence ; car, vous le savez, c’est en convoitant des aliments que l’homme s’est condamné à mourir : et le rusé serpent, qui a séduit nos premiers parents en les excitant à la gourmandise, ne s’est-il pas approché du Sauveur, au moment de son jeûne, pour le tenter ? Est-ce qu’il n’ose pas tout, cet audacieux ?
Mais en observant le jeûne, le Seigneur a confondu cet antique ennemi de l’homme, le nouvel Adam a repoussé le vainqueur du vieil Adam. Oh ! l’admirable pouvoir de l’abstinence ! Par le jeûne, elle triomphe du diable, à qui la gourmandise a donné jadis la victoire.

Boticelli tentations détail (chapelle sixtine)

Boticelli : les tentations du Christ au désert, détail (chapelle Sixtine)

§ 2. L’exemple du jeûne de Moïse auquel s’oppose l’intempérance du peuple dans le désert.

On dit que Moise a de même observé un jeûne de quarante jours avant de recevoir la loi de Dieu. C’est le jeûne qui obtient la faveur des commandements divins et la grâce de les observer. Moïse s’est privé d’entretiens avec Dieu, mais il a joui de sa présence ; le peuple, au contraire, en s’adonnant aux excès du boire et du manger, s’est précipité dans le culte des faux dieux, et parce qu’il n’avait cherché qu’à se rassasier, il ne chercha plus qu’à pratiquer les superstitions des Gentils.

§3. Avantages et utilité du jeûne. 

Nous venons de vous le démontrer, non-seulement Jésus-Christ, mais Moïse, mais plusieurs autres, nous ont donné l’exemple du jeûne ; voyons maintenant quels en sont les avantages et l’utilité.
Le Sauveur parle du diable à ses disciples, et leur dit : « Ces démons et ne peuvent être chassés que par le jeûne et la prière » (Marc, IX, 28). Ce possédé du diable, que les Apôtres ne pouvaient délivrer, Jésus déclare que le jeûne était capable de le rendre à lui-même ; c’est pour nous le seul moyen de nous grandir par la pratique des vertus.
Voyez donc, mes frères, quelle force est celle du jeûne, quelles grâces précieuses il peut procurer aux hommes, puisqu’il peut même servir de remède à d’autres ! Voyez comme il sanctifie celui qui l’observe personnellement, puisqu’il est si propre à purifier ceux-là mêmes qui ne l’observent pas ! C’est chose vraiment admirable, mes frères, que les mortifications de l’un deviennent profitables à l’autre.

Distribution d'aumônes

Distribution de vêtements aux nécessiteux
(détail des « Sept oeuvres de miséricorde » – Maître de Alkmaar, 1504)

§ 4. La perfection du jeûne n’est pas dans une observance formelle mais elle se réalise dans la pratique de la charité envers les nécessiteux.

Toutefois, n’allez pas vous imaginer qu’en mettant en pratique le jeûne, auquel vous vous croyez maintenant obligés, vous n’en avez pas d’autre à accomplir.
Il en est un autre, bien plus parfait : c’est celui qui s’observe dans le secret du coeur ; et il est d’autant plus agréable à Dieu, qu’il échappe davantage aux regards des hommes. Ce jeûne consiste à s’abstenir de toutes les convoitises que la chair soulève en nous contre l’esprit. C’est peu de nous priver d’aliments, si nous nous accordons les plaisirs du vice ; ce n’est pas assez de nous tenir en garde contre la gourmandise, il faut encore nous mettre à l’abri de l’avarice, en nous montrant généreux à l’égard des pauvres. A quoi bon nous montrer sévères en fait de nourriture, si nous nous laissons encore aller à des disputes et que nous soyons indulgents pour notre caractère emporté ?
Par conséquent, mettons un frein à notre intempérance de paroles, comme nous en mettons à notre intempérance de bouche. Evitons avec soin les dissensions, les rixes, les iniquités, afin que ne s’applique pas à nous cette parole du Prophète : « Ce jeûne », dit le Seigneur, « n’est pas celui de mon choix : romps plutôt les liens de l’iniquité, détruis les titres d’échanges forcés, remets leurs dettes à ceux qui en sont écrasés, déchire tout contrat injuste. Partage ton pain avec celui qui a faim, fais entrer dans ta maison celui qui n’a pas d’abri. Lorsque tu vois un homme nu, couvre-le et ne méprise point la chair dont tu es formé. Alors ta lumière brillera comme l’aurore, et je te rendrai aussitôt la santé, et ta justice marchera devant toi, et tu seras environné de la gloire du Seigneur. Alors tu invoqueras le Seigneur, et il t’exaucera; à ton premier cri, le Seigneur répondra : Me voici » (Isaïe, LVIII, 6-9).
Vous le voyez, mes très-chers frères, voilà le jeûne que le Seigneur a choisi ; voilà la récompense promise par lui aux observateurs de ce jeûne : « Partage ton pain avec celui qui a faim, fais entrer dans ta maison celui qui n’a pas d’abri ». Telle est donc la nature du jeûne qui plaît à Dieu : c’est que, pendant ces jours, tu donnes aux indigents ce que tu te retranches ; car il est digne d’une âme religieuse et croyante d’observer l’abstinence au profit, non pas de l’avarice, mais de-la charité. Ne seras-tu pas largement récompensé de tes sacrifices, si ton jeûne sert à procurer à autrui la tranquillité ?

Donner à manger aux affamés

Distribution de nourriture aux pauvres
(détail des « Sept oeuvres de miséricorde » – Maître de Alkmaar, 1504)

Autres sermons de Saint Augustin consacrés au carême et à la pénitence :
- Sur l’obligation de faire pénitence > www
- Deux sermons sur le jeûne (sa nécessité & l’esprit qui doit l’animer) > www
- Sur la Passion et les deux larrons > www

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