Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2016-70. Les Saints Evangiles, écrits par d’authentiques témoins de la vie et des enseignements du Christ.

Après avoir recueilli des renseignements donnés par la Tradition de l’Eglise à travers les sources documentaires hagiographiques (cf. > ici), au sujet de l’Evangile selon Saint Matthieu, voici aujourd’hui ce qu’écrit notre glorieux Père Saint Augustin à propos de l’origine apostolique des Saints Evangiles, de leur autorité fondée sur cette apostolicité (et donc sur leur authenticité : on entend par authenticité le fait qu’ils sont bien de la main de ceux auxquels la Tradition les attribue), et du point de vue qui a inspiré le travail de rédaction de chaque Evangéliste.
Le texte reproduit ci-dessous est celui des deux premiers chapitres du « De consensu Evangelistarum : de l’accord des Evangélistes », que le grand Docteur d’Hippone a rédigé autour de l’an 400.

Sandro Botticelli - St Augustin dans son cabinet de travail - Florence Offices

Saint Augustin dans son cabinet de travail
Tempera sur panneau de Sandro Boticelli – Florence, musée des Offices.

Les Saints Evangiles, écrits par d’authentiques témoins de la vie et des enseignements du Christ :

Chapître 1er : Autorité des Evangiles.

§ 1. Parmi tous les livres divins, contenus dans les Saintes Écritures, l’Évangile tient à bon droit le premier rang. Nous y voyons, en effet, l’explication et l’accomplissement de ce que la Loi et les Prophètes ont annoncé et figuré. Il eut pour premiers prédicateurs les Apôtres qui, de leurs propres yeux, virent dans la chair ici-bas notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et qui ensuite revêtus de la fonction d’Évangélistes s’employèrent à publier dans le monde ce qu’ils se souvenaient de Lui avoir entendu dire ou de Lui avoir vu faire ; ils annoncèrent aussi les événements divins et mémorables de Sa naissance et de Ses premières années, dont ils ne furent pas les témoins, n’étant devenus que plus tard Ses disciples, mais dont ils purent s’informer près de Lui ou de Ses parents ou d’autres personnes, et qu’ils purent connaître enfin par les témoignages les plus sûrs et les plus véridiques. Deux d’entre eux, saint Matthieu et saint Jean nous ont même laissé sur Lui, chacun dans un livre, ce qu’ils ont cru devoir consigner par écrit.

§ 2. Comme on aurait pu croire qu’il importait à la connaissance et à la prédication de l’Evangile, d’établir une différence entre les Évangélistes, et d’examiner s’ils étaient du nombre des disciples qui, durant les jours de l’apparition du Seigneur dans la chair, L’ont suivi et ont vécu à Son service, ou du nombre de ceux qui ont cru sur le rapport des premiers Apôtres après l’avoir recueilli fidèlement : la divine Providence a pourvu par l’Esprit-Saint à ce que quelques-uns des disciples de ces mêmes Apôtres reçussent non-seulement le pouvoir d’annoncer l’Évangile mais encore celui de l’écrire. Nous en comptons deux, saint Marc et saint Luc.
Pour les autres hommes qui ont essayé ou ont eu la présomption à écrire sur les actions du Seigneur Lui-même ou de ceux qu’Il avait réunis autour de Lui ; ils n’ont offert à aucune époque les conditions voulues pour que l’Église les considérât comme organes de la vérité et reçut leurs écrits dans le Canon des Livres Saints : non-seulement, du côté du caractère, ils ne donnaient pas les garanties qu’il fallait pour qu’on dût croire à leurs récits, mais de plus les récits eux-mêmes contenaient plusieurs choses opposées à la règle catholique et apostolique de la foi et condamnées par la saine doctrine.

Chapître 2 : Ordre et manière d’écrire des Evangélistes.

§ 3. Ces quatre Evangélistes, bien connus dans l’univers entier, dont le nombre mystérieux, égal aux quatre parties du monde, indique peut-être en quelque façon, que l’Église est répandue par toute la terre, ont écrit dans cet ordre, suivant le témoignage de la Tradition : d’abord saint Matthieu, puis saint Marc, ensuite saint Luc  et enfin saint Jean.
Ainsi l’ordre dans lequel ils ont connu et prêché l’Évangile n’est pas celui dans lequel ils l’ont écrit. Car pour la connaissance et la prédication de l’Évangile, les premiers, sans aucun doute, ont été les Apôtres, qui ont suivi le Seigneur durant les jours de Son apparition dans la chair, L’ont entendu parler, L’ont vu agir et ont reçu de Sa bouche la mission d’évangéliser le monde.
Quant aux écrits, par une disposition certaine de la Providence divine, les deux qui appartiennent au nombre des disciples que le Seigneur a choisis avant Sa passion, tiennent l’un la première place, c’est saint Matthieu, l’autre la dernière, c’est Saint Jean ; ils semblent ainsi soutenir et protéger de tout côté, ainsi que des enfants chéris et placés entre eux à ce titre, les deux évangélistes qui, sans être des leurs, ont suivi le Christ en les écoutant comme Ses organes.

§ 4. La Tradition nous apprend, comme un fait bien avéré, que saint Matthieu seul parmi ces quatre évangélistes a écrit en hébreu et que les autres ont écrit en grec. Bien que chacun d’eux paraisse avoir adopté dans sa narration une marche particulière, on ne voit pas que les derniers aient écrit sans savoir que d’autres l’eussent déjà fait, et ce n’est pas par ignorance que les uns omettent certains événements rapportés dans les livres des autres. Chacun a voulu concourir efficacement à une oeuvre divine, suivant l’inspiration qu’il avait reçue, sans s’aider inutilement du travail d’autrui.
En effet, saint Matthieu a envisagé l’Incarnation du côté de l’origine royale de Notre-Seigneur et n’a guère considéré dans, les actes et les paroles de Jésus-Christ que ce qui a rapport à la vie présente des hommes. Saint Marc, qui vient après lui, semble être son page et son abréviateur. Car il n’emprunte rien de ce qui est exclusivement propre au récit de saint Jean ; il ajoute très-peu de choses à ce que nous savons d’ailleurs ; il prend encore moins dans les faits que saint Luc est seul à rapporter; mais il reproduit presque tout ce que renferme le récit de saint Matthieu et souvent à peu-près dans les mêmes termes ; toujours d’accord avec cet Evangéliste, jamais en désaccord avec les deux autres. Pour saint Luc, on le voit surtout occupé de l’origine sacerdotale du Seigneur et de son rôle de pontife. Aussi bien, dans la généalogie qu’il trace de Jésus-Christ, pour remonter jusqu’à David il ne suit pas la ligne royale, mais par une autre quine compte pas de rois, il arrive à Nathan fils de David (1), lequel ne fut pas roi non plus. Ce n’est pas comme saint Matthieu (2), qui de David vient à Salomon, héritier de son trône, et descend jusqu’à Jésus-Christ, en prenant par ordre tous les rois de Juda qu’il réunit dans un nombre mystérieux dont nous parlerons plus loin.

(1) : Luc, III, 31.
(2) : Matt. I, 6.

in « Oeuvres Complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois en français »,
sous la direction de M. Raulx, tome V, Bar-Le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867

Sandro Botticelli - St Augustin dans son cabinet de travail - détail

Publié dans:Lectures & relectures, Nos amis les Saints |on 22 septembre, 2016 |1 Commentaire »

2016-69. A propos de l’Evangile de Saint Matthieu et de sa découverte dans sa version hébraïque originelle dans la tombe de Saint Barnabé.

21 septembre,
Fête de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste.

Vitrail de Saint Matthieu - église Saint-Matthieu de La Chapelle (principauté de Sedan)

Vitrail de Saint Matthieu
(église Saint-Matthieu du village de La Chapelle, principauté de Sedan)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de l’apôtre et évangéliste Saint Matthieu me fournit l’occasion d’entamer ici plusieurs publications que je projette au sujet de l’historicité des Saints Evangiles.
Je ne suis certes pas un exégète – et n’ai aucune prétention à l’être – , mais tout le monde s’accorde à dire que je suis un chat de bon sens et il me semble que la fréquentation assidue de la bibliothèque de mon papa-moine m’a permis d’acquérir un peu de science, surtout en ce qui concerne la connaissance de la Tradition de la Sainte Eglise : tous les exégètes, même renommés, ne peuvent pas forcément en dire autant !

Je voudrais donc commencer par vous citer le texte que l’on peut lire dans le martyrologe romain à cette date du 21 septembre : « En Ethiopie, la naissance au ciel de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste, qui, prêchant dans cette région,  y souffrit le martyre. Son Evangile, écrit en langue hébraïque, fut trouvé par la révélation qu’il en fit lui-même, avec le corps du Bienheureux Barnabé, apôtre, au temps de l’empereur Zénon (note 1) ».

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette révélation et sur cette découverte, aussi ai-je commencé par me reporter à la notice du même martyrologe consacrée à Saint Barnabé, au 11 juin.
Voici ce que j’y ai lu : « A Salamine, en Chypre, la naissance au ciel de Saint Barnabé, apôtre, cypriote d’origine, lequel, ayant été avec Saint Paul, institué apôtre des nations, par les disciples de Jésus-Christ, parcourut avec lui de nombreux pays, exerçant la charge de la prédication évangélique qui lui avait été commise ; enfin, étant revenu en Chypre, il y ennoblit son apostolat par un glorieux martyre. Son corps, au temps de l’empereur Zénon, fut découvert sur la révélation qu’en fit Barnabé lui-même, en même temps que le livre de l’Evangile de Saint Matthieu, écrit de la main de Barnabé ».

Je suis alors allé chercher de plus amples détails et, étant donné que la plupart des ouvrages modernes les taisent puisqu’ils tiennent a priori pour non scientifique, non historique et donc comme devant être rejeté, tout récit miraculeux (ce qui est le propre d’une attitude rationaliste), j’ai fini par les trouver dans les gros et anciens volumes de la « Vie des Saints » du très érudit Père François Giry (1635-1688), religieux minime, qui a compilé, dans les écrits de nombreux auteurs des âges de foi, de fort intéressants détails et d’utiles précisions, précieux pour l’intelligence de la Tradition catholique telle que consignée dans le martyrologe.
Voici donc maintenant ce que le Rd. Père Giry écrit dans sa notice sur Saint Barnabé :
« [...] Ce saint corps (de Saint Barnabé) ne fut inhumé qu’à cinq stades de la ville (de Salamine), et le lieu où il était porta le nom de Santé, à cause des grands miracles et des fréquentes guérisons faites par l’intercession du saint Apôtre ; il y demeura néanmoins longtemps inconnu, à cause des violentes persécutions qui s’élevèrent dans les siècles suivants, et ne fut découvert que sous l’empire de Zénon, environ l’an 485.
L’histoire de cette invention (note 2) est décrite fort au long dans Surius (note 3) ; Pierre Gnafée, dit le Foulon, très pernicieux hérétique, s’étant injustement emparé du siège patriarcal d’Antioche, somma l’archevêque de Salamine, comme l’un de ses suffragants, de le venir reconnaître. Ce prélat, nommé Anthème, qui était un homme de sainte vie et fort orthodoxe, avait bien de la peine à s’y résoudre, d’autant plus qu’il ne se sentait pas assez savant, ni assez subtil pour entrer en discussion avec l’hérétique. Dans cette grande perplexité, il eut recours à la prière ; et Dieu, qui exauce les larmes et les gémissements de ses serviteurs, lui envoya Saint Barnabé ; le saint apôtre lui dit de ne rien craindre ; qu’il serait lui-même son soutien et son protecteur ; et, pour marque de l’intérêt qu’il voulait prendre à sa défense, il ajouta qu’il n’avait qu’à se transporter à cinq stades de la ville, du côté de l’Occident, en un lieu appelé Santé, et, qu’en faisant fouiller sous un chêne, il y trouverait son corps entier, et sur sa poitrine l’Evangile de Saint Matthieu, dont il avait écrit la copie de sa propre main.
En effet, le saint prélat s’étant transporté en ce lieu, y trouva ces deux trésors inestimables ; ce qui fit que, dans le synode où il était mandé, son siège de Salamine, qui était métropolitain de toute l’île de Chypre, fut jugé libre et indépendant de celui d’Antioche, et qu’il n’eut aucune obligation de rendre des déférences à Pierre le Foulon.
L’empereur Zénon, étant informé d’une si heureuse découverte, voulut absolument avoir à Constantinople ce livre de l’Evangile que l’on avait trouvé ; et, en reconnaissance, il fit bâtir une église magnifique en l’honneur de Saint Barnabé, au lieu même où son corps avait reposé si longtemps. On y transporta ensuite cette dépouille sacrée, et elle y a demeuré jusqu’au temps de Charlemagne ; elle fut alors transportée à Toulouse, dans l’église de Saint-Saturnin [...] » (note 4)

Les leçons du bréviaire romain (traditionnel bien sûr) nous disent que Saint Barnabé fut martyrisé la septième année du règne de Néron, c’est-à-dire en l’année 61 de notre ère.

Tout ceci nous montre donc que, pour la Tradition constante de la Sainte Eglise, depuis les origines jusqu’aux temps de l’hérésie moderniste :

1 – Il a toujours été cru que l’Evangile selon Saint Matthieu avait bien été écrit par l’apôtre Saint Matthieu lui-même.
Or les exégètes modernistes voudraient faire croire que cet Evangile aurait été écrit après l’an 70, voire entre 80 et 95, c’est-à-dire à une époque où Saint Matthieu était mort depuis longtemps : cela signifierait alors que ce texte ne serait pas le récit d’un témoin oculaire ayant accompagné Notre-Seigneur pendant trois années et qu’il ne serait revêtu d’aucune vérité historique !!!
Le fait que la Tradition nous conserve ce récit de la découverte d’un manuscrit portant le texte hébraïque de l’Evangile de Saint Matthieu copié par Saint Barnabé lui-même, dans la tombe de ce dernier, inhumé en l’an 61, est un démenti formel des affabulations modernistes : puisqu’il atteste au contraire de l’existence et de la diffusion de cet Evangile selon Saint Matthieu à une date largement antérieure aux estimations des exégètes rationalistes.

2 – Que la Tradition de l’Eglise sait depuis toujours que Saint Matthieu a écrit son Evangile en langue hébraïque. Le Rd. Père Giry, à la fin de la notice sur la vie de Saint Matthieu écrit : « [...] On ne sait pas qui en a été le traducteur de l’hébreu en grec. Saint Jérôme, dans son livre des Ecrivains ecclésiastiques, assure que de son temps il se trouvait en hébreu dans la bibliothèque de Césarée, qui avait été dressée par le martyr Pamphile (note 5), et que les Nazaréens, qui s’en servaient, le lui avaient prêté pour le traduire en latin ».
Si Saint Matthieu a écrit son Evangile en hébreu, comme l’affirme toute la Tradition – et comme le confirment les études menées au XXe siècle par de grands savants tels que Monsieur l’abbé Jean Carmignac ou le professeur Claude Tresmontant – , cela signifie qu’il l’a rédigé à l’intention de chrétiens qui comprenaient et parlaient cette langue : c’est-à-dire les chrétiens de Palestine, convertis du judaïsme, comme le fait remarquer, entre autres, Saint Jérôme.
Or, après l’an 70, c’est-à-dire après la destruction de Jérusalem, l’hébreu fut de moins en moins parlé et compris. Quel intérêt y aurait-il eu à écrire un récit dans une langue de moins en moins connue (si comme le prétendent les exégètes modernistes cet Evangile selon Saint Matthieu avait été écrit dans les années 80 à 95) ?
La rédaction en langue hébraïque, attestée par la Tradition, est donc un argument probant en faveur de l’authenticité du texte de Saint Matthieu et en faveur d’une rédaction à une époque où l’hébreu était encore couramment pratiqué, c’est-à-dire bien avant la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple Juif (car cete dispersion affecta aussi les communautés chrétiennes de Palestine : les Romains ne faisant pas de différence entre les Juifs et les Chrétiens).

Ainsi que je vous le disais en commençant, nous aurons prochainement l’occasion de reparler de ces choses.
En attendant, je vous souhaite d’être toujours plus forts dans la foi et toujours plus certains de la vérité des Saints Evangiles, dont Saint Matthieu fut le premier rédacteur. 

pattes de chatLully.

St Matthieu - église Saint-François de Sales (ancienne) - Paris XVIIe

Saint Matthieu (détail d’un vitrail de l’église Saint François de Sales, à Paris – cf. note 6)

Note 1 : Pour mémoire, Zénon est un empereur romain d’Orient qui régna à Constantinople de 474 à 491, c’est-à-dire dans le même temps où, dans les Gaules, Clovis 1er devint le roi des Francs saliens (481), commença à étendre la souveraineté franque sur les peuples voisins, se rapprocha de l’Eglise (l’épisode du fameux « vase de Soissons » est du 1er mars 487) et prépara son mariage avec Clotilde (492).
Note 2 :  Le mot « invention », du verbe latin « invenio, -is, -ire », doit être compris dans le sens de « découverte ».
Note 3 : Laurentius Surius – en allemand Lorenz Sauer – (1522-1578), est un religieux de la Chartreuse de Cologne qui se consacra à une vie d’étude et d’érudition, souvent pour défendre la vérité catholique en face des négations des prétendus réformés.
Note 4 : La précieuse relique du Chef de Saint Barnabé a échappé au vandalisme des huguenots et des révolutionnaires et se trouve toujours dans l’église Saint-Saturnin (basilique Saint-Sernin) de Toulouse, si nous en croyons un procès verbal de reconnaissance dressé en juin 1807 dont nous avons lu la copie.
Note 5 : Saint Pamphile de Césarée est un père de l’Eglise qui a été martyrisé en l’an 309. Il a fondé l’école théologique et exégétique de Césarée. La grande bibliothèque de Césarée a entièrement disparu après l’époque de Saint Jérôme (347-420) et on ignore de quelle manière est advenue sa destruction.
Note 6 : Monsieur l’abbé Jean Carmignac, mis à l’écart en raison de ses réactions aux déviances de l’éxégèse moderniste qui a triomphé dans l’Eglise catholique des années postconciliaires, fut relégué à l’église Saint-François de Sales, dans le XVIIe arrondissement de Paris, de 1967 jusqu’à sa mort en 1986.

St-Esprit & Ste Bible

Souvenez-vous et litanies en l’honneur de Notre-Dame de La Salette.

L’apparition de Notre-Dame, le 19 septembre 1846, à La Salette, est l’une des plus bouleversantes qui soit.

Nous avons déjà publié dans les pages de ce blogue plusieurs séries de réflexions sur l’actualité des graves paroles alors tombées des lèvres de Notre-Dame (par exemple > ici et ici), nous avons aussi publié les commentaires de Gustave Thibon à l’occasion du centenaire de l’apparition (> ici), nous avons surtout publié le texte complet des messages et des secrets confiés par la Sainte Mère de Dieu aux deux enfants (> ici), après la prière de Mélanie pour les temps de calamité (> ici), voici maintenant le texte de prières anciennes approuvées par l’Eglise en l’honneur de Notre-Dame de La Salette.

Apparition de La Salette, détail d'un vitrail de l'église de Massiac (diocèse de Saint-Flour)

L’apparition de Notre-Dame à La Salette le 19 septembre 1846
(détail d’un vitrail de l’église de Massiac, dans le diocèse de Saint-Flour)

« Souvenez-vous » en l’honneur de Notre-Dame de La Salette :

Souvenez-Vous, ô Notre-Dame de La Salette, véritable Mère de Douleurs, des larmes que Vous avez versées pour moi sur le Calvaire et dans Votre miséricordieuse Apparition ; souvenez-Vous aussi de la peine que Vous prenez toujours pour moi afin de me soustraire aux coups de la justice de Dieu ; et voyez si, après avoir tant fait pour Votre enfant, Vous pouvez maintenant l’abandonner.
Ranimé par cette consolante pensée, je viens me jeter à Vos pieds, malgré mes infidélités et mes ingratitudes.
Ne repoussez pas ma prière, ô Vierge Réconciliatrice, mais convertissez-moi, faites-moi la grâce d’aimer Jésus par-dessus tout, et de Vous consoler Vous-même par une vie sainte pour que je puisse un jour Vous voir au Ciel.

Ainsi soit-il. 

Vitrail de l'apparition de Notre-Dame de La Salette

Litanies en l’honneur de Notre-Dame de La Salette :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Notre Dame de la Salette, Réconciliatrice des pécheurs, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Guérison des malades, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Soutien des justes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Consolatrice des affligés, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui êtes apparue à de pauvres enfants des Alpes pour nous donner de graves avertissements, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui versiez des larmes en songeant aux péchés des hommes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui nous avez fait entendre les menaces du Seigneur, afin que nous nous convertissions, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui par vos supplications retenez le bras du Seigneur irrité contre nous, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui avez dit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils », priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui priez continuellement votre divin Fils, afin qu’il nous fasse miséricorde, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui avez tant de peine à cause de nos péchés, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui méritez toute notre reconnaissance, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui après avoir donné vos avertissements aux enfants de la Montagne, leur avez dit : « Et bien, mes enfants vous le ferez passer à tout mon peuple », priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez annoncé aux hommes des châtiments terribles, s’ils ne se convertissent pas, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui leur annoncez la miséricorde et le pardon, s’ils reviennent à Dieu, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui promettez des grâces abondantes, si l’on fait pénitence, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont l’Apparition miraculeuse a retenti dans les deux mondes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont les prodiges s’étendent en tous pays, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont le culte s’accroît chaque jour, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont les bienfaits ravissent tous vos enfants, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qu’on invoque pas en vain, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez fait jaillir à vos pieds une eau miraculeuse, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui, à l’exemple de Jésus, rendez la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, la santé aux malades, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui consolez toutes les infortunes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui êtes apparue resplendissante de clarté, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui portiez sur la poitrine le Crucifix et les instruments de la Passion, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez averti de sanctifier le jour du seigneur, si nous voulons éviter des châtiments terribles, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez dit que le travail du dimanche et le blasphème excitent particulièrement la colère de Dieu, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez reproché de ne point garder les jeunes et abstinences de l’Eglise, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez annoncé les fléaux de Dieu, si l’on continuait à violer ses commandements, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez recommandé la prière du matin et du soir, priez pour nous.

Par votre puissante protection, délivrez-nous des maux qui nous menacent, O Marie !
Pauvres pécheurs que nous sommes, convertissez-nous, O Marie !
Dans l’accomplissement de nos devoirs, aidez-nous, O Marie !
Dans la solide piété, affermissez-nous, O Marie !
Dans la pratique continuelle de toutes les vertus, encouragez-nous, O Marie !
Dans nos joies, soyez avec nous, O Marie !
Dans nos douleurs, soutenez-nous, O Marie !
Dans tous les événements de la vie, obtenez-nous une soumission entière à la volonté de Dieu, O Marie !

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

R.7 : Notre Dame de la Salette, priez pour nous ;
V.7 : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions :

O Dieu, qui ne cessez de nous montrer combien la dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie vous est agréable, par les prodiges multipliés que nous obtiennent son intercession, faites-nous la grâce d’être toujours fidèles aux enseignements qu’Elle nous donne, afin qu’après avoir observé vos commandements dans cette vie, nous ayons le bonheur de vous posséder pendant toute l’éternité.

Ainsi soit-il.

Approuvées et indulgenciées par Mgr de Bruillard, 15 janvier 1853

Notre-Dame de La Salette - Détail d'un vitrail de l'église de Suèvres

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 19 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

2016-65. Où la fête de Saint Raymond Nonnat procure au Maître-Chat l’opportunité de rappeler quelques vérités que beaucoup ne veulent pas entendre aujourd’hui.

Mercredi 31 août 2016,
Fête de Saint Raymond Nonnat.

Ordre royal de ND de la Merci

Blason de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint que l’on fête au 31 août me paraît particulièrement important pour les temps que nous vivons. La vie de Saint Raymond Nonnat (1204-1240) est en effet porteuse de riches leçons pour l’actualité du monde contemporain en général, de la vieille Europe spécialement, et de notre France d’une manière très particulière.

Raymond est issu d’une noble famille catalane et le surnom de « Nonnat » (en latin : « Nonnatus », contraction en un seul mot de « non natus : non né ») lui a été attribué parce que, alors que sa mère était morte d’une maladie contractée au septième mois de sa grossesse et que les médecins affirmaient que l’enfant était mort aussi, son père, qui ne pouvait se résoudre à perdre en un même temps et son épouse et son enfant, donna l’ordre à l’un des membres de sa famille qui se trouvait là, d’ouvrir avec son poignard le ventre de sa femme morte : c’est ainsi que le petit Raymond fut sauvé et qu’il put vivre, lui qui n’était en quelque sorte « pas né ».

Je ne vais pas détailler toute sa vie, mais je m’attacherai au point qui me paraît si important.
Raymond entra à l’âge de 18 ans (1222) dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, qui avait été fondé quatre ans plus tôt (1218) par Saint Pierre Nolasque.
On sait que les Mercédaires ont pour vocation propre de venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des mahométans et réduits en esclavage, d’oeuvrer pour leur libération en recueillant des sommes permettant de payer leurs rançons et – dans le cas où la somme ne peut être rassemblée – de s’offrir eux-mêmes en échange des esclaves chrétiens, restant otages des barbaresques jusqu’au moment où la rançon pourra être payée. 

Il ne faut surtout pas oublier que l’esclavage est une pratique courante dans les pays où la pseudo religion mahométane est dominante ; et il faut insister pour rappeler que c’est une pratique toujours actuelle.

Raymond donc, s’étant rendu à Alger pour y racheter des chrétiens captifs et ne disposant pas d’une somme suffisante pour payer la rançon de tous, tant ils étaient nombreux, conformément aux engagements prononcés dans sa congrégation, se livra lui-même aux mahométans, afin d’obtenir la libération de ces pauvres chrétiens réduits en servitude et exposés à l’apostasie.
Il fut traité très durement, mais, malgré tous les sévices qu’on lui infligeait, il se dépensait sans compter pour encourager, consoler et évangéliser ses compagnons d’infortune ; il baptisa même quelques anciens mahométans qu’il avait tirés des ténèbres de leur idolâtrie.

Pour réprimer et briser son zèle, les barbaresques le fouettèrent à plusieurs reprises jusqu’au sang, puis, pour l’empêcher de parler, lui percèrent les lèvres au fer rouge et les lui fermèrent à l’aide d’un cadenas qui n’était retiré que lorsqu’on voulait bien lui donner à manger : le but était de le faire souffrir au maximum sans toutefois causer sa mort, car ces trafiquants d’esclaves tenaient à récupérer la rançon qui serait versée pour sa libération.

St Raymond Nonnat - tableau de Vicente Carducho - Musée du Prado.

Supplice de Saint Raymond Nonnat,
tableau de Vicente Carducho (musée du Prado, Madrid)

Enfin, Saint Pierre Nolasque ayant réussi à réunir la somme nécessaire à son rachat, Raymond fut libéré et rentra en Catalogne. 

Ayant été informé de l’héroïsme et du zèle de ce religieux exemplaire, le pape Grégoire IX le créa cardinal du titre de Saint-Eustache. Toutefois Raymond mourut peu après, épuisé par les peines et les mauvais traitements endurés, avant d’avoir reçu le chapeau cardinalice. Il avait trente-six ans.

Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces chrétiens, de ces catholiques, de ces ecclésiastiques (parfois de haut rang) qui, aujourd’hui, prétendent que nous aurions le même Dieu que les mahométans, que l’islam serait une véritable religion, que son fondateur serait un prophète et que ses sectateurs seraient – en le suivant – sur une voie de salut équivalente à la Révélation chrétienne !
Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces politiques – pour la plupart chrétiens apostats désormais inféodés à la maçonnerie ou aux lobbies mondialistes – qui favorisent le développement de cette secte, et qui l’instrumentalisent dans le but de contrer le rayonnement de la seule vraie religion et d’opposer un barrage au développement de l’Eglise (car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le fond) !

Il n’y a qu’un seul et unique Sauveur du monde ; il n’y a qu’un seul et unique Rédempteur des âmes : le Christ Jésus, Notre-Seigneur !
Et tout ce qui n’est pas avec le Christ et ne travaille pas pour le Christ vient de l’antéchrist et travaille pour lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et qui ne rassemble pas avec Moi disperse » (Matth. XII, 30).

Comment donc des chrétiens qui prétendent avoir la foi, comment donc des baptisés qui prétendent aimer Jésus, comment donc des consacrés – religieux, prêtres et évêques – qui ont, en principe, donné toute leur vie pour le saint service du Christ, unique Sauveur, et pour le salut des âmes, peuvent-ils – s’ils ont quelque reste d’intelligence, s’ils veulent être logiques et s’ils sont cohérents – répéter stupidement les sornettes d’un pseudo spiritualisme mondialiste et, malgré la défense formelle de Saint Paul, « former un attelage disparate avec les infidèles » (cf. 2 Cor. VI, 14) ?
En l’occurrence, il vaudrait peut-être mieux, pour leur propre salut, que leurs lèvres soient fermées par un cadenas, plutôt que de proférer des blasphèmes dont ils devront rendre compte au juste jugement de Dieu, et plutôt que d’égarer les âmes qui leur sont confiées dans des voies d’erreur et de perdition éternelle !

St Raymond Nonnat - Vicente Carducho - détail

Car la foi authentique de l’Eglise, depuis toujours, c’est que Dieu est Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est que Notre-Seigneur Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, deux natures en une seule Personne : celle du Verbe de Dieu qui S’est incarné ; c’est que Jésus-Christ est réellement mort sur la Croix, offrant un sacrifice de rédemption ; c’est qu’en Lui, la divine Révélation a été accomplie en plénitude et achevée ; c’est qu’Il a fondé l’Eglise et institué les sacrements pour communiquer aux hommes Sa vie divine – la grâce – et leur permettre d’arriver au Ciel…
Tandis que la pseudo religion de Mahomet nie violemment toutes ces vérités, les combat, depuis son origine, et – pour les combattre – depuis toujours s’en prend aux chrétiens, les spolie, les réduit en esclavage, les viole, les égorge, les émascule, les éventre, les massacre… et quelques autres diaboliques joyeusetés de ce genre.

Alors bien évidemment, aucun chrétien authentique – AUCUN ! – ne peut, s’il lui reste un peu d’intelligence, de logique et de cohérence, et même s’il risque aujourd’hui d’être attaqué et traîné en justice pour « islamophobie », accepter que les Vérités révélées par Dieu soient niées de cette manière ou placées sur une espèce de pied d’égalité avec les prétendues révélations d’un faux prophète aux innombrables turpitudes.

C’est ici qu’il convient de rappeler en quels termes le pape Clément IV (+ 1268) écrivait au roi Jacques 1er d’Aragon (1208-1276) :
« On a des exemples de la dangereuse affaire qu’est d’avoir des musulmans dans vos domaines… Il est certes aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si perfides et malfaisants, ou même de les avoir pour voisins que de se mettre un serpent dans le giron ou le feu dans son sein… Votre Créateur (…) souffre pendant que ces musulmans célèbrent le nom de Mahomet parmi les chrétiens… Vous devenez votre propre adversaire si vous persécutez les musulmans dans leurs propres terres mais les protégez patiemment dans les vôtres. Une fois tout cela débattu (…) il est indubitable qu’il serait conforme à vos excellentes œuvres que vous exiliez ces gens hors des frontières de vos domaines » (note 1).

Rappel anachronique ?
Non ! car au nom du « vivre ensemble » (note 2) et d’une – plus qu’utopique – paix sociale fondée sur de fausses valeurs (les fameuses « valeurs de la république » dont on nous rebat les oreilles), non seulement des chefs religieux en viennent à occulter la Vérité du dogme révélé mais en viennent à prêcher l’accueil du loup dans la bergerie.
Je ne résiste pas, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, à vous inviter à écouter ce remarquable sermon du Révérend Père Henri Boulaud sj., prononcé
 il y a quelques semaines dans l’église des jésuites d’Alexandrie :

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Lors de l’effondrement de l’empire romain d’Occident, les évêques assurèrent tout à la fois la défense matérielle de la cité, la résistance spirituelle aux forces de dissolution, la survie alimentaire des populations commises à leur garde et l’avenir de l’Eglise dans la préservation de la foi reçue des Apôtres.
Mais aujourd’hui, à part un tout petit nombre – qui, en France, ne dépasse peut-être pas le nombre des doigts d’une seule main – , ceux qui sont supposés représenter le pouvoir spirituel, dans leur ensemble, semblent ne pas avoir ce qu’il faut là où il faut pour amorcer la plus petite ombre de résistance et la moindre démarche salutaire, tant pour la civilisation que pour les âmes !
Le modernisme a fait d’eux pis que des bovidés atteints d’encéphalite spongiforme et, avec une naïve béatitude revendiquée, ils ouvrent tout grand la porte de la Cité sur les remparts de laquelles ils ont été établis veilleurs et gardiens (car le mot évêque – épiscope – signifie gardien, veilleur) à ceux qui vont les égorger et qui vont massacrer le troupeau confié à leur garde…

Patte de chatLully.

Lire aussi « Non, ce n’est pas le même Dieu »,
témoignage de notre amie Marie-Magdeleine, convertie de l’islam, > ici

frise

Note 1 : Citation extraite de l’article de Wikipédia consacré au pape Clément IV > ici.
Note 2 : « Vivre ensemble », définition proposée par Frère Maximilien-Marie : « vaste escroquerie intellectuelle et spirituelle qui est une tactique des ennemis du véritable catholicisme et de la civilisation occidentale chrétienne, pour pousser les occidentaux (et spécialement les cathos) – après les avoir culpabilisés sur tous les points de leur histoire et après avoir dénaturé la charité surnaturelle en dégoulinade de « bons sentiments » bisounourstesques – à se laisser abuser de toutes manières, puis égorger avec une conscience béatement pacifiée…  »

2016-64. Du roi Hérode enfin miséricordieusement soulagé.

Lundi 29 août 2016,
Fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cette fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste, me fournit fort opportunément l’occasion de vous informer d’une découverte absolument primordiale et essentielle qui  va renouveler l’action de l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps : en effet, le Révérend Père Sifleur, archiviste et bibliothécaire du monastère de Gausse-en-Gouaille, en faisant des rangements dans la partie la plus ancienne de la bibliothèque, a retrouvé, tombé il y a plusieurs siècles derrière un rayonnage, un manuscrit unique et précieux portant le texte authentique de l’Evangile selon Saint Marc.
Le texte évangélique qu’il nous livre montre de manière évidente que ce que nous lisions jusqu’ici a été retouché par des hommes sans miséricorde qui ont sourdement oeuvré à pharisianiser l’Eglise.
Voici donc le texte authentiquement évangélique que nous trouvons en ce manuscrit pour les versets 17 et suivants du chapître VI de l’Evangile selon Saint Marc :

« Hérode avait envoyé prendre Jean et l’avait retenu, chargé de fers, en prison, à cause d’Hérodiade, qu’il avait épousée, quoique femme de Philippe, son frère.
Parce que Jean disait à Hérode : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ».
Or Hérodiade lui tendait des pièges et voulait le faire périr ; mais elle ne le pouvait pas. Hérode, en effet, victime d’une éducation cléricale antéconciliaire marquée par un rigorisme excessif, craignait Jean, le prenant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, avait tendance à suivre ses avis, et l’écoutait volontiers, s’enfermant ainsi dans sa conscience tourmentée parce qu’il n’avait pas compris ce qu’est la miséricorde.

Mais un jour opportun arriva, le jour de la naissance d’Hérode, où il fit un festin aux grands de sa cour, et aux tribuns, et aux princes de la Galilée.
Or la fille d’Hérodiade alla trouver sa mère pour lui proposer de seconder ses desseins en séduisant le roi et ses convives.

Mais sa mère lui déclara : « Non, ma fille ! Il n’est plus nécessaire désormais que tu te livres à des danses lascives devant des convives avinés pour obtenir d’Hérode qu’il nous débarrasse de ce prophète de malheur. Plutôt que de t’abaisser à subjuguer les regards libidineux d’Hérode, regarde donc ce que je viens de recevoir :  nous possèdons maintenant l’arme infaillible qui peut définitivement endormir ce qui lui reste de conscience et liquider à tout jamais les séquelles de son éducation crypto-pharisienne… »
Hérodiade sortit alors de dessous ses voiles le livret de l’édition typique vaticane de l’exhortation apostolique « Amoris laetitia », puis elle ajouta : « Quand il rentrera en ses appartements, après le banquet, c’est moi qui irai le trouver avec ce texte ; et puisqu’il était jusqu’à présent paralysé par les restes de son éducation religieuse, ce même sentiment religieux ne pourra que l’incliner à se soumettre à ce qui est ici écrit, au nom de l’autorité qui l’a publié… »

Munie de son exemplaire d’ « Amoris laetitia », Hérodiade s’en vint donc trouver le roi ce soir-là, et elle lui fit remarquer : « Qui est-il pour juger, ce Baptiste moralisateur qui est incapable d’ouvrir son coeur à la miséricorde ? Lis donc, ô roi, les ouvertures significatives et les avancées miséricordieuses que l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps a désormais à notre endroit ! C’est maintenant une oeuvre louable et miséricordieuse pour toute l’humanité que tu dois accomplir en débarrassant la terre de ce prophète de malheur qui n’est qu’un crypto-pharisien condamné par le pape, et un obstacle au bonheur de l’humanité ici-bas… »

Le roi se pencha sur les paragraphes que lui désignait Hérodiade et sa conscience fut miséricordieusement libérée : ayant aussitôt envoyé l’un des ses gardes, il fit décapiter Jean dans sa prison, et put s’abandonner en toute quiétude intérieure aux innocentes joies de son adultère.
Ce qu’ayant appris, la miséricordieuse Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps envoya des missionnaires de la miséricorde cacher le corps de Jean, afin que ce modèle du rigorisme intransigeant qu’il faut absolument se garder d’imiter ne puisse être vénéré par les pharisiens intégristes, et pour que Jean-Baptiste ne soit surtout pas donné comme un exemple dans les âges miséricordieux de l’ouverture aux aspirations de la modernité ».

pattes de chatLully.

Chef du Baptiste - Daniele Crespi 1598-1630

Daniele Crespi (1598 – 1630) : le chef de Saint Jean-Baptiste

Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie d’après Maria Winowska > ici
Témoignage de Michael Micherdzinski, codétenu de Saint Maximilien-Marie > ici
Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI consacrée à Saint Maximilien-Marie > ici

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Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe
pour la récitation privée *

Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous. Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous. Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous.
Reine des martyrs, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie, fils de prédilection de la Vierge Marie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, comblé des dons célestes, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, embrasé de zèle pour l’Évangile, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fervent adorateur de la sainte Eucharistie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, prêtre selon le Cœur de Jésus, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, tout entier livré à l’Esprit d’Amour, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, consacré à Marie pour mieux être à Jésus, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, chevalier de l’Immaculée, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fils exemplaire de saint François, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, disciple de la petite sainte de Lisieux, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, dévoré du désir du salut des âmes, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, missionnaire infatigable, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, contemplatif dans l’action, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, modèle d’exacte obéissance, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, exemple d’humilité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, resplendissant de pureté, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, amant de la sainte pauvreté, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, d’un parfait abandon à la divine Providence, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, qui avez attiré tant d’âmes à la vie religieuse, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, maître de vie spirituelle, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fidèle observateur des préceptes évangéliques, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, audacieux pour le Règne de Dieu, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, propagateur des cités mariales, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, inébranlable dans l’adversité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, toujours serein dans les épreuves, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, ardent confesseur de la foi, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, entièrement offert pour le salut de tous, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, héroïque pour pardonner aux persécuteurs, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, exemple sublime d’amour fraternel, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, martyr de la charité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, prophète du règne de Marie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, lumière et gloire de l’Église, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, doublement couronné dans le Ciel, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V.7 : Priez pour nous, Saint Maximilien-Marie Kolbe.
R.7 : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Dieu éternel et tout-puissant, qui avez embrasé le cœur de Saint Maximilien-Marie d’un ardent amour pour la Vierge Immaculée et l’avez rempli d’un dévouement qui l’a conduit à donner sa vie pour son prochain, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession, de nous dépenser pour Votre gloire au service de nos frères, en imitant jusqu’à la mort Votre Fils, Jésus-Christ Notre-Seigneur, Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

* Note : il existe plusieurs litanies en l’honneur de Saint Maximilien-Marie diffusées ça ou là.
Entre les divers textes qui nous sont parvenus nous avons préféré celui-ci.

Bunker de la faim - 14 août 1941

Prière à Saint Maximilien-Marie Kolbe :

O Saint Maximilien-Marie, disciple très fidèle du Petit Pauvre d’Assise, qui, enflammé de l’amour de Dieu, avez passé votre vie dans la pratique assidue des vertus héroïques et les oeuvres saintes de l’apostolat, jettez un regard sur nous, vos dévots, qui avons confiance en votre intercession.

Vous qui, irradié de la lumière de la Vierge Immaculée, avez attiré des âmes innombrables vers les idéaux de la sainteté, les appelant en même temps à toutes les formes de l’apostolat pour le triomphe du bien et l’expansion du Royaume de Dieu, obtenez-nous la lumière et la force pour faire le bien et pour attirer beaucoup d’âmes à l’amour du Christ.

Vous qui, dans une parfaite conformité au Divin Sauveur, avez obtenu un si haut degré de Charité, jusqu’à offrir, en témoignage d’amour, votre vie pour sauver celle d’un frère prisonnier, obtenez-nous du Seigneur qu’animés du même amour de charité, nous puissions, nous aussi, par la foi et par les oeuvres, témoigner du Christ devant nos frères, pour arriver avec vous à la possession béatifiante de Dieu dans la lumière de la gloire.

 Ainsi soit-il.

(avec approbation ecclésiastique)

Reliquaire parcelle bure St Maximilien-Marie Kolbe

Reliquaire renfermant une parcelle de bure de Saint Maximilien-Marie Kolbe,
conservé dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

(cette relique fut offerte à frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur en 1991 par le Révérendissime Père Procureur Général des Franciscains Cordeliers, à Rome, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Saint Maximilien-Marie).

2016-62. Au milieu de la destruction, de la terreur et du mal, il redonna l’espérance.

1941 – 14 août – 2016

75ème anniversaire du martyre de
Saint Maximilien-Marie Kolbe

palmes

A l’occasion du soixante-quinzième anniversaire du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe, le 14 août 1941, nous reproduisons ci-dessous une traduction de l’entretien qu’avait accordé en 2004 le Polonais Michael Micherdzinski, qui était l’un des rescapés du camp d’extermination d’Auschwitz et qui avait été le témoin direct du sacrifice héroïque de Saint Maximilien-Marie.
Les questions avaient été posées par  le Révérend Père Witold Pobiedzinski, ofm cord., et cette « intervioue » avait été alors publiée dans plusieurs journaux polonais.

Autel de St Maximilien-Marie - basilique de Padoue retable de Pietro Annigoni

Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre et martyr :
retable peint par Pietro Annigoni (1910-1988)
pour l’autel dédié au saint dans la basilique de Padoue.

palmes

- Vous étiez prisonnier au camp de concentration d’Auschwitz pendant cinq ans. Là-bas vous avez connu personnellement Saint Maximilien-Marie Kolbe. Quelle fut, pour vous et pour les autres prisonniers, l’importance de la présence de ce moine au milieu de vous ? 

Tous les prisonniers envoyés à Auschwitz étaient accueillis par les mêmes mots : « Vous n’êtes pas dans un sanatorium mais dans un camp de concentration allemand pour lequel il n’existe pas d’autre sortie que la cheminée. Les Juifs peuvent vivre pendant deux semaines, les prêtres survivent un mois et le reste vit trois mois. Ceux à qui cela ne plaît pas peuvent tout de suite aller au grillage ».
Cela voulait dire qu’ils pouvaient être tués car ils faisaient passer un courant à haute-tension sans arrêt dans les grillages qui entouraient le camp.
Ces mots, prononcés dès l’arrivée, enlevaient tout espoir aux prisonniers.
J’ai reçu une grâce incroyable à Auschwitz, car je séjournais dans un bloc avec le Père Maximilien, et je me suis tenu en rang avec lui au moment de la sélection pour la mort. Je fus témoin oculaire de son sacrifice héroïque qui m’a redonné l’espoir, ainsi qu’aux autres prisonniers.

- Quelles furent les circonstances de cet événement, digne du plus haut intérêt, puisqu’il pousse les gens à poser la question : pourquoi a-t-il fait cela, et au nom de quelles valeurs ? 

Il y a soixante-trois ans (note : ce témoignage a été retranscrit en 2004), le mardi 29 juillet 1941, à environ une heure de l’après-midi, juste après l’appel de la mi-journée, les sirènes se mirent à hurler. Plus de cent décibels traversèrent le camp. Les prisonniers accomplissaient leurs tâches à la sueur de leur front. Le hurlement des sirènes signifiaient une alerte, et l’alerte voulait dire qu’un prisonnier manquait à l’appel.
Les S.S. firent immédiatement cesser le travail et commencèrent à diriger les prisonniers du camp vers le lieu de l’appel afin de vérifier le nombre des prisonniers.
Pour nous qui travaillions sur la construction d’une usine à caoutchouc aux alentours, cela voulait dire une marche de sept kilomètres vers le camp. On nous poussa à aller plus vite.
L’appel mit en évidence une chose tragique : il manquait un prisonnier à l’appel, dans notre bloc 14a. Quand je dis « dans notre bloc », je veux dire celui du Père Maximilien, de Franciszek Gajowniczek, d’autres et aussi le mien. C’était un message terrifiant.
On laissa aller tous les autres prisonniers qui furent autorisés à se rendre dans leurs blocs.
On nous annonça la punition : rester au garde-à-vous sans couvre-chef, jour et nuit, sans manger. La nuit, il faisait très froid. Quand les SS avait une relève de la garde, nous nous regroupions telles des abeilles, ceux qui se tenaient au-dehors réchauffaient ceux qui se trouvaient au milieu et alors nous changions de position.

De nombreuses personnes âgées ne purent résister à la corvée de rester debout nuit et jour dans le froid. Nous espérions au moins qu’un petit peu de soleil nous réchaufferait. Le matin, l’officier allemand nous cria : « Parce qu’un prisonnier s’est échappé et que vous ne l’en avez pas empêché ou arrêté, dix d’entre vous vont mourir de faim afin que les autres se souviennent que même les plus petites tentatives d’évasion ne seront pas tolérées. »
La sélection débuta.

- Que se passe-t-il chez un homme quand il sait que c’est peut-être le dernier moment de sa vie ? Quels sentiments accompagnaient les prisonniers qui purent entendre la sentence qui les condamnait à la mort ? 

Je préférerais m’épargner le souvenir des détails de ce moment terrible.
Je dirai en gros à quoi ressemblait cette sélection. Le groupe entier s’avança jusqu’à la première ligne. Devant, deux pas devant nous, un capitaine allemand se tenait debout. Il nous regardait dans les yeux, comme un vautour. Il toisait chacun d’entre nous, et ensuite il levait sa main et disait : « Du ! », ce qui veut dire « Toi ». Ce “Du !” voulait dire la mort par la faim ; et il continuait ainsi.
Les S.S. sortaient alors des rangs le pauvre prisonnier (ndt : qui avait été désigné), notaient son numéro et le mettaient à part sous surveillance.
“Du !” semblait comme un marteau battant une commode vide. Tout le monde avait peur à chaque fois que le doigt bougeait.
Le rang qui avait été inspecté avançait de quelques pas, afin qu’un espace entre les rangs permît l’inspection, et avec le rang suivant se formait un couloir d’une largeur de trois ou quatre mètres. Le S.S. marchait dans ce couloir et disait encore : “Du ! Du !”
Nos cœurs faisaient un bruit sourd. Avec ce bruit dans nos têtes, le sang montait à nos tempes et c’était comme si ce sang allait jaillir de nos nez, de nos oreilles et de nos yeux. C’était dramatique.

- Comment se comporta Saint Maximilien pendant cette sélection ? 

Le Père Maximilien et moi-même étions dans la septième rangée. Il se tenait à ma gauche, deux ou trois camarades peut-être me séparaient de lui.
Quand les rangées devant nous diminuèrent, une peur de plus en plus grande nous saisit. Je dois dire : peu importe la détermination ou la frayeur d’un homme, aucune philosophie ne lui est alors utile. Heureux celui qui croit, qui est capable de se reposer sur quelqu’un, de demander à quelqu’un la miséricorde. J’ai prié la Mère de Dieu.
Je dois l’avouer avec honnêteté : je n’ai jamais prié, ni avant ni après, avec autant de ferveur qu’alors.
Bien que l’on puisse encore entendre « Du ! », la prière en moi me changea suffisamment pour que je me calme. Les gens ayant la foi n’étaient pas aussi effrayés. Ils étaient prêts à accepter en paix leur destin, presque en héros. C’était formidable.
Les S.S. passèrent à côté de moi, me balayant du regard, puis passèrent à côté du Père Maximilien.
Franciszek Gajowniczek leur plut ; il se tenait à la fin de la rangée, et il était un sergent de 41 ans de l’armée polonaise. Quand l’allemand dit « Du ! » et le montra du doigt, le pauvre homme s’exclama : « Jésus ! Marie ! Ma femme, mes enfants ! »
Bien sûr, les S.S. ne prêtaient pas attention aux paroles des prisonniers et écrivaient juste leur numéro.
Gajowniczek assura plus tard que, s’il avait péri dans le bunker de la faim, il n’aurait pas su qu’une telle plainte, une telle supplique était sortie de sa bouche.

- La sélection terminée, est-ce que les prisonniers restant ressentaient un soulagement parce que la grande peur était finie ? 

La sélection prit fin, dix prisonniers ayant été choisis. C’était leur ultime appel.
Quant à nous, nous pensions que ce cauchemar debout allait prendre fin : nous avions mal à la tête, nous voulions manger, nos jambes étaient enflées.
Soudain, il y eut une agitation dans ma rangée. Nous nous tenions espacés par un intervalle équivalent à la longueur de nos sabots, quand, tout à coup, quelqu’un se mit à avancer entre les prisonniers. C’était le Père Maximilien.
Il avançait à petits pas, puisque personne ne pouvait faire de grands pas avec des sabots étant donné qu’il fallait retrousser ses orteils pour empêcher les sabots de tomber.
Il se dirigea tout droit vers le groupe de S.S. qui se tenait près du premier rang des prisonniers.
Tout le monde tremblait, parce qu’il s’agissait là de la transgression d’une des règles les plus importantes, et cela voulait dire qu’il y aurait un rude châtiment à la clef. Sortir du rang voulait dire la mort.
Les nouveaux prisonniers qui arrivaient dans le camp, ne sachant rien de cette interdiction étaient battus jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus travailler. Cela équivalait à aller au bunker de la faim.
Nous étions certains qu’ils tueraient le Père Maximilien avant qu’il n’arrive au bout. Mais quelque chose d’extraordinaire se produisit, qui ne fut jamais observé dans l’histoire des sept-cents camps de concentration du Troisième Reich : il n’est jamais arrivé qu’un prisonnier de camp puisse quitter la rangée sans être puni. C’était quelque chose de si inimaginable pour les S.S. qu’ils restèrent interloqués. Ils se regardèrent les uns les autres sans réaliser ce qui se passait.

- Que se passa-t-il ensuite ? 

Le Père Maximilien marchait dans ses sabots et son uniforme rayé de prisonnier avec son bol sur le côté. Il ne marchait pas comme un mendiant, ni comme un héros. Il marchait comme un homme conscient de sa grande mission. Il se tenait calmement face aux officiers.
Le commandant du camp retrouva finalement ses esprits. Furieux, il demande à son adjoint : « Was will dieses Polnische Schwein ? Que veut ce cochon de Polonais ?”
Ils commencèrent à chercher le traducteur, mais il se trouva que le traducteur n’était pas nécessaire. Le Père Maximilien répondit calmement : « Ich will sterben für ihn : je veux mourir à sa place », en montrant de sa main Gajowniczek qui se tenait à côté.
Les Allemands restèrent abasourdis, la bouche ouverte d’étonnement. Pour eux, représentants de l’impiété du monde, il était incompréhensible que quelqu’un souhaitât mourir pour un autre homme.
Ils regardèrent le Père Maximilien d’un regard interrogateur : Est-ce qu’il est devenu fou ? Peut-être n’avons-nous pas compris ce qu’il a dit ?
Finalement, la deuxième question arriva : « Wer bist du ? Qui es-tu ? »
Le Père Maximilien répondit : « Ich bin ein Polnischer Katolischer Priester : je suis un prêtre catholique polonais »
Ici, le prisonnier confessa qu’il était polonais, donc qu’il venait de la nation qu’ils détestaient. De plus, il manifestait qu’il était un homme du clergé. Pour les S.S. le prêtre était un reproche pour la conscience.
Il est intéressant de noter que, dans ce dialogue, le Père Maximilien n’utilisa pas une seule fois le mot « s’il vous plait ». En parlant comme il le fit, il a brisé le pouvoir de droit de vie ou de mort que les allemands avaient usurpé, et il les força à parler autrement. Il se comportait comme un diplomate expérimenté. Seulement, au lieu d’une queue de pie, d’une écharpe ou de décorations, il se présentait lui-même dans un costume rayé de prisonnier, avec un bol et des sabots.
Un silence mortel régnait et chaque seconde sembla durer des siècles.
Finalement, quelque chose arriva, que ni les Allemands ni les prisonniers n’ont compris jusqu’à ce jour. Le capitaine S.S. se tourna vers le Père Maximilien et s’adressa à lui avec le « Sie » (« vous ») de politesse et lui demanda : « Warum wollen Sie für ihn sterben ? : Pourquoi voulez-vous mourir à sa place ? »
Toutes les règles établies par les S.S. s’effondraient. Un moment auparavant, il l’avait appelé  « cochon de Polonais », et maintenant il se tournait vers lui et le vouvoyait.
Les S.S. et les officiers ordinaires qui se tenaient près de lui n’étaient pas sûrs d’avoir bien entendu. Une seule fois, dans l’histoire des camps de concentration, un officier de haut-rang, responsable du meurtre de milliers de personnes, s’est adressé de cette manière à un prisonnier.
Le Père Maximilien répondit : « Er hat eine Frau und Kinder : Il a une femme et des enfants ». Ce qui est le résumé de tout le catéchisme : il montrait à tous ce que la paternité et la famille veulent dire.
Il avait deux doctorats, soutenus à Rome « summa cum laude » (la meilleure note possible), et il était éditeur, missionnaire, enseignant académique de deux universités à Cracovie et à Nagasaki. Il pensait que sa vie valait moins que la vie d’un père de famille ! Quelle formidable leçon de catéchisme !

- Comment l’officier réagit-il aux paroles du Père Maximilien ? 

Tout le monde attendait de voir ce qui allait se passer ensuite.
Le S.S. se savait maître de la vie et de la mort. Il pouvait donner l’ordre de le battre très violemment pour avoir enfreint la règle stricte concernant le fait de sortir du rang.
Et, plus important encore : comment un prisonnier osait-il lui prêcher la morale ?
L’officier pouvait les faire condamner tous les deux à la mort par la faim.
Après quelques secondes, le S.S. dit : « Gut » (« Bon »).
Il était d’accord avec le Père Maximilien et admettait qu’il avait raison. Cela voulait dire que le bien avait gagné contre le mal, le mal absolu.
Il n’y a pas de plus grand mal que, par haine, de condamner un homme à périr de faim. Mais il n’y a pas non plus de plus grand bien que de donner sa propre vie pour un autre homme. Le bien absolu gagne.
Je voudrais insister sur les réponses du Père Maximilien : on l’a questionné à trois reprises, et par trois fois il a répondu avec concision et brièveté, usant de quatre mots. Le chiffre quatre dans la Bible signifie symboliquement l’homme tout entier.

- Quelle importance eut pour vous, et pour les autres prisonniers restant, d’avoir été témoins de tout ceci ? 

Les Allemands laissèrent Gajowniczek retourner dans le rang et le Père Maximilien prendre sa place.
Les condamnés devaient retirer leurs sabots parce qu’ils ne leur étaient plus d’aucune utilité. La porte du bunker de la faim était ouverte seulement pour en sortir les cadavres.
Le Père Maximilien entra en dernier avec son binôme, et il l’aida même à marcher. C’était comme ses propres obsèques avant sa mort.
Devant le bloc, on leur dit de retirer leurs uniformes rayés et on jeta les prisonniers dans une cellule de huit mètres carrés. La lumière du jour filtrait à travers les trois barreaux de la fenêtre sur le sol froid, dur et humide et les murs noirs.
Un autre miracle arriva là-bas.
Le Père Maximilien, bien qu’il ne respirât plus qu’avec un seul poumon, survécut aux autres prisonniers. Il demeura vivant dans la chambre de la mort pendant 386 heures. Tous les médecins reconnaîtront que c’est incroyable.
Après cette agonie horrible, le bourreau dans un uniforme médical lui fit une injection mortelle. Mais il ne succomba pas non plus… Il durent l’achever avec une seconde injection.
Il mourut la veille de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, Son Commandant-en-Chef.
Toute sa vie, il avait voulu travailler et mourir pour Marie l’Immaculée. C’était sa plus grande joie.

- En référence à la première question, pouvez-vous, s’il vous plaît, développer : qu’est-ce que cette attitude extraordinaire du Père Maximilien – être délivré de la mort par la faim – signifia pour vous ? 

Le sacrifice du Père Maximilien inspira de nombreuses activités ; il renforça le travail du groupe de résistance du camp, l’organisation clandestine des prisonniers, et cela marqua une division entre le temps « d’avant » et le temps « d’après » le sacrifice du Père Maximilien.
De nombreux prisonniers ont survécu à leur passage au camp, grâce à l’existence et aux opérations de cette organisation. Quelques-uns d’entre nous reçurent de l’aide, deux pour cent. J’ai reçu cette grâce, vu que je suis l’un de ces deux. Franciszek Gajowniczek fut non seulement secouru mais vécut encore 54 ans.
Notre saint compagnon-prisonnier secourut, par-dessus tout, l’humanité en nous. Il était un guide spirituel dans le bunker de la faim, il donna du soutien, il dirigea les prières, il pardonna les péchés et il accompagna les mourants vers l’autre monde avec le signe de la Croix. Il renforça la foi et l’espoir en nous qui avions survécu à la sélection.
Au milieu de cette destruction, de cette terreur et de ce mal, il redonna l’espérance.

Voir aussi l’article publié en 2011 pour le 70e anniversaire de ce martyre > ici.

Autel de St Maximilien-Marie - basilique de Padoue - détail
Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre et martyr,
détail du retable de Pietro Annigoni

dans la basilique de Padoue.
Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 13 août, 2016 |3 Commentaires »

2016-61. D’une nouvelle parure offerte à notre statue-relique du Saint Enfant Jésus.

Vendredi 12 août 2016,
Fête de Sainte Claire (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête de Sainte Claire, alors qu’un radieux soleil enveloppe notre Mesnil-Marie, nos coeurs sont aussi illuminés par une joie que d’aucuns peut-être trouveront puérile, mais qui est pour nous véritablement spirituelle, puisqu’elle touche à l’honneur rendu à notre divin Sauveur et à Sa glorification.

Conformément à l’exemple des plus grands saints qui, lors même qu’ils étaient profondément mortifiés et animés d’un zèle scrupuleux pour l’observance de la pauvreté évangélique, faisaient tout leur possible pour que tout ce qui a trait au culte divin soit le plus digne, le plus beau et même le plus riche possible, nous aimons à redire avec Saint François d’Assise que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».
Voilà pourquoi, dès qu’il en a l’opportunité et les moyens, Frère Maximilien-Marie apporte beaucoup de soin à embellir notre modeste oratoire : au Mesnil-Marie on ne trouvera pas, par exemple, de ces ornements liturgiques en tissus vulgaires et sans tenue que certains prêtres et même certains dignitaires ecclésiastiques semblent affectionner !

Au soir de cette fête de Sainte Claire, ce qui nous réjouit très spécialement, c’est d’avoir pu offrir à notre Enfant Jésus de Prague, une nouvelle parure.

Enfant Jésus de Prague robe verte 1

Je vous ai déjà parlé de cette statue, qui présente la caractéristique de pouvoir être appelée « statue-relique » (voir > ici).

Jusqu’à ce jour nous n’avions que trois ensembles (robes et manteaux), ce qui est bien peu en comparaison des 46 qui composent la garde-robe de la statue originale vénérée dans l’église Sainte Marie de la Victoire à Prague.
On m’a même assuré que l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, malgré les lourds devoirs de sa charge et malgré sa nombreuse famille, avait confectionné elle-même une robe et un manteau qu’elle avait offerts au Petit Roi de Grâce.

Enfant Jésus de Prague robe verte 2

Ce n’est pas une impératrice, mais c’est l’une de nos amies – mère de famille nombreuse et généreusement investie en pas mal d’activités – qui a répondu à l’appel de Frère Maximilien-Marie lorsque, il y a quelques mois, il avait demandé de l’aide sur un célèbre réseau social…

Nous avions en effet dans une armoire un joli coupon de tissu vert damassé d’or, des dentelles, et quelques autres éléments de passementerie dont il pensait qu’ils pourraient convenir à la confection, pour notre « statue-relique » de l’Enfant Jésus de Prague, d’une parure accordée à la couleur liturgique du temps après la Pentecôte.
Mais ni notre Frère ni moi-même n’étions assez dégourdis pour en faire quelque chose de convenable !!!

Notre amie M. a des doigts de fée, du goût, de bonnes idées, et de la patience… qu’elle a mis au service de notre Petit Roi d’Amour.
Vraiment, elle a fait merveille : il est donc tout-à-fait normal que j’exprime ici publiquement nos plus vifs remerciements et notre joie.

Enfant Jésus de Prague robe verte 3

Je ne résiste pas à vous conter une anecdote à propos du travail de notre amie M.

Frère Maximilien-Marie lui avait envoyé le coupon de tissu vert damassé d’or, et avait un peu pensé – sans avoir d’idée trop précise là-dessus – que le manteau aurait pu être en quelque autre ton de vert…
La seule chose dont il était certain, c’est qu’il voulait trois fleurs de lys sur chacun des revers.

M. a fait quelques recherches – en magasin et sur les sites spécialisés – , et elle a découvert un tissu vert qui eût pu s’harmoniser avec les tons de la robe ; mais lorsqu’elle s’est rendue compte que cette teinte avait été dénommée « vert islamique », elle en a été, à très juste titre, abasourdie.
Elle a fait part de sa perplexité à Frère Maximilien-Marie qui lui a répondu (j’ai le texte de leurs échanges sous les yeux) : « Oh purée ! j’hallucine grave… j’allahlucine même ! »
M. : « Ah ! Je savais bien que cela vous ferait bondir… »
Frère Maximilien-Marie : « J’ai tellement bondi que je me suis même fait une bosse en me cognant au plafond ! »
Il exagérait un tantinet, certes, mais il y avait bien de quoi éprouver de l’horreur et de l’indignation.

Sans nul doute, si un fabricant de tissu appelait l’une de ses créations par le qualificatif « catholique romain », nous assisterions aux protestations indignées des pintades médiatiques et des dindes laïcistes…
Ceux qui ne veulent pas du règne du Christ auront – voire ont déjà – pour maître l’antéchrist en ses multiples avatars : maçonnerie ou mahométisme, république ou néopaganisme, sectes laïques ou satanisme… etc.
Mais au Mesnil-Marie nous ne revêtirons pas le Petit Roi de Grâce d’un manteau « vert islamique » et nous ne cesserons de prier et de supplier pour que, sur la terre comme au Ciel, Son Règne advienne.

Bref, notre amie M. a suggeré de confectionner la cape dans un satin qui ne soit pas vert, et Frère Maximilien-Marie s’en est remis à son bon goût.
Il ne pouvait mieux faire : le résultat est magnifique !
Nous l’avons découvert lorsque M. est venue l’apporter à notre Petit Roi et a réalisé sur lui les derniers ajustements, aujourd’hui même.

pattes de chatLully.

Enfant Jésus de Prague robe verte 4

2016-59. Vendredi 29 juillet 2016 : journée de prière et de jeûne…

Par la voix du président de la Conférence épiscopale,
Nos Seigneurs les Evêques de France
appellent tous les catholiques à faire du

vendredi 29 juillet 2016

une journée de prière et de jeûne
pour la France
et pour la paix dans le monde.

Prière et jeûne pour la France

« Ce genre de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne ».
(Matth. XVII, 20)

Publié dans:Intentions de priere, Prier avec nous |on 27 juillet, 2016 |1 Commentaire »
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