Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2026-9. « Le nouvel « Ordo Missae » : vers une messe œcuménique » (abbé Raymond Dulac).

18 janvier,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome ;
Mémoire de Saint Paul apôtre ;
Mémoire de Sainte Prisque, vierge et martyre ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Raymond Dulac (+ 18 janvier 1987 – cf. > ici et > ici).

   Nous avons présenté Monsieur l’Abbé Raymond Dulac (a

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Vers une Messe polyvalente :

       Ce qui nous décide aujourd’hui, à parler, c’est la publication, ces jours-ci, du nouvel Ordo Missae : c’est-à-dire de la nouvelle ordonnance de la Messe romaine. Préparée (… c’est ainsi qu’on parle aujourd’hui, à propos des prières les plus saintes !) préparée, disons-nous, par la « Commission » de Liturgie issue du Concile, cette ordonnance a été promulguée par le Pape Paul VI, le 3 avril de cette année, dans une Constitution Apostolique qui commence par les mots : Missale Romanum.

   C’est bien, en effet, un nouveau « missel » qui est ainsi promulgué, mais il faut savoir et dire que les nouveautés de ce missel ne touchent pas seulement… un choix nouveau des « lectures », encore sur le chantier. Ces nouveautés portent sur ce que nous appellerons, pour aller vite, la partie fixe de la Messe : l’ordinaire : paroles, gestes, rites.

En la comparant à la précédente ordonnance, promulguée par le Pape Saint Pie V, le 14 juillet 1570 (mais qui consacrait, en les unifiant, des textes ou des rites vieux de 400, 600, 1000 ans), on constate que l’Ordo de Paul VI apporte, sur des points capitaux, les autre nouveautés suivantes :

1) Des suppressions.
2) Des modifications.
3)Des additions.
4)
 Des rites laissés au choix du célébrant.

   Bornons-nous à dire, respectueusement, les sentiments que ces innovations, prises dans leur généralité, nous inspirent.
Ce faisant, nous ne nous hausserons pas au-dessus de notre rang dans l’Eglise. Nous parlerons comme peuvent parler les prêtres et les fidèles à l’intention de qui, précisément, cette nouvelle Messe a été fabriquée. Puisque nous devons prier sur ces prières, offrir, selon ces rites, le Saint Sacrifice, il est naturel, n’est-ce pas, que nous fassions connaître notre… goût ?

   Il eût été, certes, préférable de le manifester avant qu’après, mais on ne nous a pas consultés !…
Bien plus, ce nouvel « Ordo », tel qu’il nous arrive, contredit des vœux, des instances, presque des supplications, que des milliers de fidèles n’ont cessé de porter au Siège de Pierre, dès qu’ils ont eu le soupçon du but où on voulait les mener en considérant les étapes qu’on les forçait insensiblement à parcourir.

   Ce but de la réforme du Missel, nous allons le laisser déclarer par un protestant. Un protestant « modéré » : M. Max Thurian, « frère de Taizé ». Dans un article (nous disons bien : un article), paru dans « La Croix » du 30 mai 1969, sous le titre : « Le nouvel ordre de la messe va dans un sens profondément œcuménique », il écrit, en conclusion :

   « Le nouvel ordre de la messe, quelles que soient ses imperfections relatives, dues au poids de la collégialité et de l’universalité, est un exemple de ce souci fécond d’unité ouverte et de fidélité dynamique, de véritable catholicité : un des fruits en sera peut-être que des communautés non catholiques pourront célébrer la Sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique. Théologiquement c’est possible ».

   Entendons, maintenant, l’un des motifs capitaux de l’adhésion de ce protestant à cette nouvelle messe. Motif qui nous parait le plus caractéristique de tous ; il s’agit de ce que l’on continuerait à appeler l’Offertoire, après qu’on l’a anéanti

   « Cet offertoire simplifié, dit M. Thurian, n’apparaît plus comme un doublet de la prière eucharistique (= le Canon), ni comme un acte sacrificiel anticipé ; ainsi s’atténuent les difficultés que créait l’ancien offertoire, dans la recherche œcuménique ».

   Voilà qui est dit, assurément, avec la délicatesse d’un séparé qui veut rester un frère et d’un frère qui veut rester un séparé.
Mais nous avons, nous, le droit et le devoir de parler avec plus de clarté, sinon de franchise. Et, d’abord, de poser des questions de grammaire, qui se prolongent dans des questions de philosophie, puis de théologie :

       - 1) Qu’est-ce qu’une « unité ouverte » ? Il n’est pas absolument nécessaire d’être thomiste et aristotélicien, pour définir l’un : ce qui est indivis en soi et qui est divisé de tout autre : car c’est le sens commun qui nous le dit.
Mais nous aimons ajouter à cette définition la réponse que saint Thomas fait à la question : « L’unité ajoute-t-elle quelque chose à l’être ? » (Ia, XI, 1) :

   « L’unité ne surajoute à l’être aucune réalité, mais uniquement la négation de la division. Car l’un ne signifie rien d’autre que l’être indivis. D’où il résulte avec évidence que l’un et l’être sont interchangeables (convertitur)… »

   Et voici la conclusion, qui s’applique directement à notre sujet : « De là vient que toute chose, comme elle défend son être, défend aussi son Unité ». Et réciproquement !
Donc, parler, comme M. Thurian, d’une « unité ouverte », c’est, du même coup, parler d’un Etre ouvert. Un être ouvert, qu’est-ce donc ? C’est ou bien un être en devenir, ou bien un être composé : composé de parties hétérogènes, en voie de dissolutions et de transformations perpétuelles.

   Nous tenons ainsi, de la bouche d’un protestant qui le proclame tranquillement dans « La Croix » (laquelle passe communément pour un journal catholique), nous tenons, disons-nous, un jugement que nous n’aurions osé prononcer nous-même qu’avec d’immenses scrupules. Ce jugement, le voici en clair :

Le nouvel Ordo Missae introduit ou favorise un nouveau concept de l’unité religieuse.

Il permet, en effet, d’exprimer avec des mots identiques des idées différentes. Ce qui, évidemment, n’est devenu possible que parce que les mots sont équivoques ou les idées indécises.

Dans les deux cas, comment peut-on continuer à nommer la Messe « Le mystère de la Foi » ? Où est le mystère, et de quelle foi ?

Et puis, que devient l’article du Symbole que « l’unité » est le signe de reconnaissance (la « Nota ») de l’Eglise véritable de Jésus-Christ, distinguée ainsi des fausses ?

Enfin, que devient la formule (attribuée au pape Célestin Ier) et devenue un « lieu commun théologique » : « Que la règle de la prière détermine la règle de la Foi » ? Quel dogme le fidèle, quel approfondissement le théologien pourront-ils désormais tirer d’une « Messe » célébrée tranquillement par un calviniste qui est décidé à rester calviniste ?

L’acte le plus sublime de l’homme religieux n’apparaît-il pas ainsi, par le fait de cette indétermination, avili au niveau d’une convention diplomatique, rendue assez vague pour que les deux parties contractantes puissent, à tout moment, se dégager ?

Mais alors, et c’est la question qui résume et domine toutes les autres : la Messe est-elle un acte du culte divin ou un geste de fraternité humaine ? Ne posons pas la question, puisque l’« Instruction générale » qui précède le nouveau Missel nous donne la réponse (Typographie Vaticane : p. 15, n° 7) :

« La Cène du Seigneur, appelée aussi la Messe est la sainte assemblée ou le rassemblement du peuple de Dieu qui se réunit sous la présidence d’un prêtre (sacerdote praeside), afin de célébrer la mémoire du Seigneur. C’est pourquoi, à ce rassemblement de l’Eglise dans un même lieu (local) s’applique éminemment la promesse du Christ : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis au milieu d’eux ».

Rien, on le voit, dans cette définition, qu’on ne trouve également dans un réveillon de Noël, dans un feu de camp boy-scout, ou dans une réunion de famille pour célébrer les noces d’or du grand-père. Dieu n’y est ni plus ni moins présent, et il n’est pas question de demander aux invités s’ils sont d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ; pourvu que chacun garde la politesse et la bonne humeur : ce qui est, nous semble-t-il, le résumé de toute la « théologie » de l’œcuménisme.

       - 2) Quant à la « Fidélité dynamique » dont M. Max Thurian découvre pareillement les signes heureux dans le nouvel Ordo Missae, elle n’est que le prolongement de l’unité ouverte : car la fidélité est la forme sensible de l’unité, nous dirions : son expression affectueuse. Une épouse est fidèle à son époux, quand elle s’est donnée à lui et à lui seul. Il n’y a de cœur « ouvert », de cœur « dynamique », que le cœur des artichauts : ils se donnent, mais feuille par feuille.

Pas de Messe catholique véritable sans offrande préalable du pain et du vin :

   Nous n’avançons cette proposition qu’à la manière d’une pierre d’attente. Mais il convenait de poser, dès à présent, le principe. Comme une borne : la borne qui marque la frontière irréductible du monde catholique et du protestant.

   On sait que, dès l’origine, les protestants, quels qu’ils fussent, se sont acharnés contre les prières et les cérémonies de l’Offertoire. Pourquoi ? Parce qu’elles exprimaient, sans laisser de doute possible, le sacrifice de l’Eglise : elles indiquaient un acte sacerdotal personnel, réel, actuel, et pas seulement la commémoration purement narrative de la Cène du Jeudi Saint.

   Or, le nouvel Ordo anéantit l’Offertoire, et il le fait expressément :

1) Les nouvelles rubriques qui se rapportent à cet endroit (n° 49 à 53) portent comme titre : « Préparation des dons ». Il n’y est dit, en aucune façon que ces « dons » sont offerts, offerts dans un acte d’oblation proprement sacerdotal : ils sont apportés (afferuntur), présentés (praesentantur - quel latin !) : puis ils sont déposés (deponuntur) sur l’autel (soit par le prêtre, soit par un diacre). On peut ensuite les encenser (au cours de ce qu’on appelait jusqu’ici la grand-messe), mais ce n’est pas obligatoire.
Suit le lavement des mains par le prêtre ; l’Orate fratres ; l’ex-Secrète ; la Préface et la suite, que l’on n’appelle plus Canon, mais « prière eucharistique ». Et, de fait, comment appellerait-on encore « Canon », comme, Saint Ambroise, comme Saint Optat, comme Saint Grégoire, ce qui a cessé d’être une « règle » immuable ?

2) Les trois prières qui exprimaient l’oblation, faite par le prêtre, du pain et du vin (Suscipe… hanc immaculatam hostiam… Offerrimus titi calicem salutaris… Veni, sanctificator..) sont supprimées. On leur substitue une formule ambigu, qui peut exprimer à égalité, une oblation et une simple offrande : comme serait celle des premiers fruits de la saison ou un cierge. Exemple (pour le pain) :

« Béni sois-tu, Seigneur de l’Univers, parce que nous avons, de ta largesse, reçu le pain : nous te l’offrons, comme le fruit de la terre et de l’ouvrage des mains humides. Il deviendra pour nous un pain de vie ».

Et de même pour le vin.

   Quel dévot de Cérès et de Bacchus ne serait prêt à souscrire à de pareilles formules ? Que dis-je ! Quel adepte du « Grand Architecte de l’Univers » ? Où donc se trouve exprimé non seulement le sacrifice « d’action de grâces », mais le sacrifice propitiatoire pour des péchés, qui renouvelle, mystiquement, mais réellement, sur l’autel de l’Eglise, le sacrifice de la Croix ?

   Vous dites : on l’exprimera plus loin : avant la Consécration.
Je vous réponds : d’abord, cela n’est exact que pour la « première » des « Prières eucharistiques ». Cela est faux des trois autres, que vous avez ajoutées au vieux Canon romain, et qui, presque partout, l’ont déjà supplanté.
Et puis : pourquoi ne dirait-on pas deux fois, et trois, et quatre, une vérité qui faisait fondre d’émotion l’âme des saints ?
Parlant des Ave Maria du Rosaire, dits et redits des dizaines de fois, Lacordaire a cette parole : « L’amour n’a qu’un mot et, en le redisant toujours, il ne le répète jamais ».

   Allons ! Qu’on ne fasse pas les hypocrites ! On a volatilisé l’Offertoire pour « faire plaisir » aux protestants ! On a fabriqué une liturgie comme la Secrétairerie d’Etat fignole un concordat avec une nouvelle république africaine. On a pris ainsi des hommes profondément sérieux pour des gobe-mouches. Voilà le fond de l’œcuménisme !

   La réponse ? Le Pape l’a eue, l’autre jour, en traversant les rues de Genève [note : il s’agissait du voyage de Paul VI à Genève le 10 juin 1969 pour répondre à l’invitation du Conseil œcuménique des Eglises] : un silence glacé d’indifférence, comme s’il s’était agi du Négus ou du Dalaï Lama. Nous en avons rougi pour le Pape d’un jour, nous en avons pleuré pour la Rome éternelle.

   Cette messe qui se cache, vous ne la ferez pas avaler par surprise aux calvinistes, comme vous espérez l’ingurgiter de force aux catholiques !
Si souples que vous ayez rendu ceux-ci par vos réformes successives, ou bien ils se seront faits, à la fin, protestants, ou bien, après avoir trempé les lèvres dans votre calice laïcisé et mal offert, ils referont le geste de leur Seigneur en croix, à qui les Juifs avaient présenté – eux aussi ! – « du vin mêlé de fiel » : « Quand Il en eut goûté, Il n’en voulut point boire » (Matth. XXVII, 34).

   Car, pour le vrai catholique, « tout sacrifice est une oblation, mais ce n’est pas réciproque » ; pour que l’offrande devienne vraiment sacrificielle, il faut que « quelque chose soit fait sur les choses qui sont offertes . : ainsi, dans les sacrifices antiques, l’animal offert devait être tué, brûlé ; le pain devait être rompu, dévoré béni. – C’est saint Thomas qui parle ainsi, avec la tradition de l’humanité tout entière (2-2de 85, 3 ad 3). Mais, comme « le Christ ressuscité ne meurt plus », il ne peut, à la Messe, être mis lui-même dans un état quelconque de victime. Il ne peut l’être que mystiquement, sous les espèces du pain et du vin. Ce pain et ce vin entrent donc, comme « parties intégrantes » dans le sacrifice. C’est là l’expression de Bellarmin : « l’oblation du pain et du vin qui précède la consécration, appartient à l’intégrité et à la plénitude du sacrifice, quoique non pas à son essence » (De sacrif. Missae, c 27, éd. Vives 1872, p. 365).

   L’essence de la Messe, elle est dans la consécration, par laquelle les éléments profanes du pain et du vin cessent, par leur transsubstantiation, d’être profanes pour devenir l’objet sacré donné à Dieu : le Corps et le Sang de Son Fils immolé.

   Mais comme, d’autre part, il n’y a de sacrifice véritable que sensible, l’oblation du Corps et du Sang de Jésus-Christ doit être exprimée dans une oblation visible préalable, claire et formelle, celle du pain et du vin.

   Nous n’ignorons pas les bavardages des « historiens » sur cet article. Mais nous tenons les historiens comme de simples manœuvres au service du théologien. Celui-ci est instruit par une révélation qui est inscrite dans des livres sacres, expliquée ensuite par une tradition séculaire, qui ne peut plus changer dans ses énoncés essentiels.
Sur l’ancienneté plus ou moins grande des prières de l’Offertoire, sur les « remaniements » du Canon et autres questions curieuses, nous laisserons d’abord les « historiens » se mettre d’accord entre eux. Puis, nous interpréterons leurs « certitudes » d’après la certitude supérieure de la théologie.
Et la théologie elle-même, nous la subjuguerons, comme dit saint Paul, à Jésus-Christ.

   L’autel catholique n’est pas une « table ronde » de rabbins, mais la table de famille des enfants.

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La voie droite de l’Evangile : 

   Nous reprenons, dans le titre de ce paragraphe, l’expression de Saint Paul, dans son épître aux Galates (Gal. II, 14).

Ce que M. Thurian déclare joyeusement, nous le redisons avec lui, mais douloureusement et la mort dans l’âme : « Le nouvel Ordre de la Messe va dans un sens œcuménique ».
Et puisque le Frère de Taizé ajoute : « Des communautés non catholiques pourront célébrer la sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique », notre choix est aujourd’hui fixé, par cela même.

   Nous refusons de donner notre appoint, si petit soit-il, à une équivoque qui, hier encore, nous aurait fait taxer de : « suspects d’hérésie ».
C’est d’abord l’honneur de Dieu qui nous le demande : le Dieu Un qui veut être servi dans l’Eglise Une.
C’est la fidélité à Jésus-Christ qui nous a commandé, la veille de Sa Passion, de faire, en souvenir de Lui, la même chose, qu’Il avait faite : une oblation sacerdotale de Son Corps et de Son Sang sous les espèces sensibles du pain et du vin.
C’est l’obéissance à la Tradition universelle, immuable, ininterrompue, des communautés catholiques d’Orient et d’Occident.
C’est la soumission aux engagements de notre baptême ou de notre sacerdoce.
C’est la charité envers nos frères que notre duplicité scandaliserait.

   En approuvant ce « nouveau Missel » Paul VI n’a pas pu enlever la liberté que son prédécesseur canonisé Saint Pie V avait eu le scrupule de laisser expressément à ceux qui désiraient continuer l’usage au moins deux fois déjà séculaire d’un missel autre que celui qu’il ordonnait.

Nous refusons de suivre le nouvel Ordo Missae.

Abbé Raymond Dulac.

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2026-7. Message royal.

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       Comme il est de coutume au seuil de la nouvelle année, je veux adresser aux Français et à la France mes vœux les plus sincères. Que chaque foyer, chaque compatriote puisse trouver la paix, la quiétude et la prospérité. Car, en réalité, c’est de cela que nous avons tous aujourd’hui le plus besoin. Pourtant, il est difficile d’être foncièrement optimiste quand nous observons les mille sujets d’inquiétude qui préoccupent notre pays, ainsi que le développement de la misère économique, sociale et humaine. Les messages d’espoir peuvent apparaître comme vains. L’espérance comme folle.

La fin d’année dernière s’est terminée par cette note aigre de voir, à nouveau, nos paysans aux prises avec une administration centrale devenue froide et inhumaine. Les images des forces de l’ordre s’en prenant à ceux qui peinent dans la résignation et la fierté depuis tant d’années ont suscité beaucoup d’émotion parmi nous. Le malaise au sein de la société française a été palpable. Et cette actualité agricole interroge plus largement notre modèle économique et notre souveraineté globale, au moment où les tensions internationales s’intensifient.

Le réarmement mondial, ainsi que les conflits armés qui prolifèrent un peu partout, tant en Afrique que sur le continent eurasiatique, doivent nous faire prendre conscience à la fois des réalités géopolitiques à l’œuvre dans le monde, mais également de la situation de dépendance dans laquelle le système globalisé nous a plongés. Fermeté, modération et anticipation devront être les mots d’ordre pour notre pays afin de préserver la paix mondiale tout en garantissant notre indépendance. Les défis internationaux du XXIᵉ siècle sont tels que nous ne pouvons plus nous permettre de fonctionner selon les logiques d’il y a trente ans. Tout porte à croire que ce début de siècle verra les empires prendre leur revanche. La Chine, la Russie, l’Iran, les États-Unis et même la Turquie, chacun se rêve en superpuissance. Des sphères d’influence se dessinent, tandis que certains territoires attisent les convoitises. Au milieu de ces géants, la France conserve l’atout d’une présence sur tous les continents. Elle doit savoir l’exploiter et trouver une place au sein de ces vastes ensembles. La patrie de Philippe Auguste et de Louis XIV ne saurait être le vassal d’aucun autre.

En matière de souveraineté, comment ne pas souligner également le fait que l’intelligence artificielle et la robotique semblent, pour le pire et pour le meilleur, prendre une place prépondérante dans nos sociétés. En cela, je veux saluer les entrepreneurs français ainsi que le monde de la recherche scientifique, qui s’escriment à maintenir la France dans la course de l’innovation technologique. Le moment de la fascination commence à décroître, pour passer à celui du discernement, de sa prise en main et de son utilisation raisonnée et raisonnable. L’enjeu est trop important pour que nous passions à côté, mais, néanmoins, l’éthique et l’humanité doivent rester au centre de la réflexion. L’équilibre peut être dur à trouver et compliqué à mettre en place, mais cette exigence sera tout à l’honneur de notre patrie, reconnue internationalement pour être la terre des valeurs chrétiennes, de l’humanisme et de la magnanimité.

Face à cet état de fait, que je sais hélas peu réjouissant, je formule les vœux d’une France qui prenne enfin en considération le malheur, la faiblesse et la petitesse. Beaucoup de nos compatriotes sont isolés, tristes, inquiets, ruinés, imposés à l’excès, découragés et abandonnés par un État qui avait eu la réputation d’être providence, peut-être trop, d’ailleurs  et qui a dégénéré en une administration tatillonne, obèse, vexatoire et injuste. Nombre d’entre vous, chers Français, vous reconnaîtrez dans ce portrait de personnes matériellement et moralement exsangues.

Au désert spirituel amorcé il y a déjà bien longtemps succède désormais un désert matériel et humain, qui laisse des individus isolés, faibles et vulnérables. N’attendons pas le secours hypothétique de l’État pour œuvrer autour de nous, pour rétablir la justice là où règne l’injustice, pour donner de la douceur là où prolifère la brutalité, pour apporter un secours là où il y a la gêne et l’indigence. Je sais que beaucoup d’initiatives collectives, locales et solidaires œuvrent déjà à cela, et j’entends saluer leur action. Si la tâche paraît vaste, elle n’en est pas moins nécessaire pour que nous puissions traverser les crises sans perdre ce qui nous unit en tant que Français, et sans rien abdiquer de notre humanité.

Il faut mettre fin à l’œuvre perverse d’isolement systématique des individus et d’abêtissement de la population par un consumérisme maladif et compulsif qui, reconnaissons-le, met également en péril la Création qui nous a été confiée et dont nous devons prendre soin. La France manque de ces corps intermédiaires dans lesquels les personnes pouvaient trouver un refuge face aux dérives de l’État. Je suis héritier d’un système politique, la royauté, dans lequel les chefs d’État ont toujours eu à cœur de préserver, sinon de tolérer, ce genre d’institutions. Certains détracteurs ont dénoncé le fait que ces corps pouvaient entraver la bonne marche et la toute-puissance de l’État. Mais je préfère cela aux dérives étatiques contemporaines. L’État n’est qu’un moyen, le plus efficace, certes de garantir le bonheur des peuples dont il a la charge. Mais il n’est certainement pas une fin en soi. Ne l’oublions pas.

Enfin, je veux rappeler qu’il n’y a pas de situation, aussi malheureuse et désespérée soit-elle, dont le peuple français ne se soit remis. Nous ne valons pas moins que nos glorieux ancêtres. En un sens, la succession des rois de France que j’assume en ma personne me fait également gardien et dépositaire d’une mémoire française. Et en vertu de cela, je ne me lasserai jamais d’apporter un message d’espérance auprès de vous, afin que jamais notre résignation aux épreuves du temps ne soit stérile, mais bien tournée vers l’objectif de les surmonter, pour connaître un juste bonheur et une tranquillité à laquelle nous aspirons tous.

Ma femme, la princesse Marie-Marguerite, et mes enfants s’associent à mes vœux afin que l’année 2026 soit une année de paix et d’harmonie pour nous et notre cher pays. Que saint Louis protège la France et les Français !

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2026-6. Le « Retable des trois baptêmes ».

13 janvier,
Octave de l’Epiphanie (cf. > ici et > ici) ;
Anniversaire de la mort de Saint Remi de Reims (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Saint Hilaire de Poitiers (cf. > ici).

Basilique et abbaye Saint Remi - Reims

Reims : abbaye et basilique Saint-Remi

       La basilique Saint-Remi de Reims, où sont conservés le tombeau et les reliques de l’Apôtre des Francs, abrite un monument qui fut réalisé en 1610, œuvre du sculpteur Nicolas Jacques (né vers 1578 et mort en 1649, il appartenait à une famille réputée de sculpteurs rémois), sur une commande de Dom Jean-Remy Lespagnol, Grand Prieur de l’abbaye Saint-Remi (note : à partir de 1480, ce sont les archevêques de Reims qui sont les abbés de l’abbaye de Saint-Remi, dont l’administration et la direction habituelles reviennent au Grand Prieur ; Dom Jean-Remy Lespagnol, en cette qualité, sera celui qui apportera la Sainte Ampoule à la cathédrale pour le Sacre de Louis XIII le 17 octobre 1610).

   Ce monument est dit « Retable des trois baptêmes », quoiqu’il ne soit qu’improprement un retable : en effet, ce monument n’a jamais été en retrait et élévation de la table d’un autel, bien qu’il se trouvât originellement dans le chœur.
Il fut placé dans le bras sud du transept lors des travaux de restauration de l’abbatiale en 1847. 

Le retable des trois baptêmes

Reims, basilique de Saint-Remi : le retable des trois baptêmes (1610)

   L’œuvre porte encore les caractérisques de la fin de la Renaissance mais annonce aussi par certains détails l’âge baroque.

   En bas, on trouve un soubassement relativement simple, où des décrochements mettent en évidence une plaque de marbre noir sur laquelle est gravée la dédicace : les deux parties en retrait sont ornées de guirlandes de fleurs et feuilles réunies par des rubans noués, typiques de la fin du maniérisme.
En architecture, ce soubassement porte un nom précis : il s’agit d’un stylobate, c’est-à-dire une sorte de piédestal long et continu, comportant des corniches et moulures servant de base à une rangée de colonnes. Ce stylobate donc porte effectivement quatre colonnes de marbre noir à chapiteaux composites, timbrés d’une tête d’ange souriante, qui supportent elles-mêmes un entablement.

   Ces colonnes ménagent trois travées dans lesquelles sont placés trois blocs de calcaire, sculptés en haut-relief, qui étaient autrefois peints (on ne distinque plus aujourd’hui que les traces de leur polychromie).

Les trois baptêmes - basilique Saint-Remi de Reims

Les trois baptêmes

   Ce « retable » porte évidemment les stigmates d’une histoire mouvementée : le vandalisme révolutionnaire et les bombardements de la première guerre mondiale sont passés par là… Mais, même si certaines sculptures sont mutilées, on est finalement heureusement surpris en constatant que ce pourrait être bien plus catastrophique !

   La scène du baptême de Notre-Seigneur par Saint Jean-Baptiste est placée au centre : cette scène est très souvent figurée comme ornement des baptistères ou chapelles des fonts baptismaux. Nous avons cependant précisé que tel n’était pas l’usage originel de ce retable qui se trouvait dans le chœur de l’abbatiale (d’une part une église abbatiale, qui n’est donc ni cathédrale ni église paroissiale, ne possède normalement pas de fonts baptismaux, et d’autre part ces derniers n’ont de toute manière pas leur place dans un chœur).
La représentation du baptême du Christ – la deuxième des trois Epiphanies que l’on célèbre lors de la fête de l’Epiphanie, le 6 janvier, et que l’on commémore plus spécialement encore le jour octave de cette fête – n’est ici que pour donner une clef de lecture des deux scènes historiques qui l’encadrent : le baptême de Constantin par Saint Sylvestre 1er, à main gauche pour celui qui regarde, et le baptême de Clovis par Saint Remi, à main droite donc.

   Sur cette sculpture du Baptême de Notre-Seigneur, remarquons simplement que Saint Jean-Baptiste, en pied, debout sur le rivage est représenté imberbe, et que les deux personnages qui lui font face, sur l’autre rive, sont deux anges, dont l’un d’eux est aujourd’hui extrêmement endommagé.
Au centre de la scène, Jésus est immergé jusqu’à mi-mollets ; Il croise Ses bras sur Sa poitrine ;  au-dessus de Lui la colombe, emblème du Saint-Esprit, déchire les nuées pour révéler qu’Il est la deuxième Personne de la Sainte-Trinité, venue en notre chair.

   La gravure réalisée au XVIIIème siècle reproduisant ce monument, et conservée à la bibliothèque municipale Carnégie de Reims, nous montre les sculptures encore (presque) intactes.

Retable des trois baptêmes gravure de la bibliothèque Carnégie de Reims

Gravure du XVIIIème siècle conservée à la Bibliothèque Carnégie de Reims

   Les baptêmes de Constantin, à main gauche, et de Clovis, à main droite, présentent une composition similaire à la scène du Baptême du divin Rédempteur : le personnage historique est à demi immergé dans une cuve baptismale, à l’intérieur d’un édicule de plan centré à entablement,  supporté par des pilastres (Constantin), ou des arcades reposant sur des piliers carrés (Clovis).

   Sur le panneau de gauche, des soldats et des clercs, en pied – certains portent des armes un autre un flambeau liturgique – entourent Constantin qui reçoit le baptême les bras croisés sur la poitrine.
Le pape Saint Sylvestre 1er, portant la tiare, a les deux mains élevées au-dessus de la tête de l’empereur : en l’état actuel la main droite, celle qui fait couler l’eau sur la tête du catéchumène, a disparu, tandis que, avec sa main gauche, il tient lui-même la hampe d’une croix à double traverse (une croix archiépiscopale donc : il eût été plus normal que ce fût une croix papale à triple traverse).

Baptème de Constantin

   A droite, Clovis, les bras tendus vers l’avant, mains jointes appuyées sur le rebord de la cuve baptismale, vient d’être ondoyé et attend l’onction du Saint-Chrème, la tête légèrement tournée vers Saint Remi – debout à sa senestre – qui est accompagné de deux acolytes (l’un tenant la croix de procession, l’autre un flambeau liturgique) : Saint Remi lève la main droite pour recevoir la Sainte Ampoule apportée miraculeusement – dans son bec – par la colombe surgissant de nuées rayonnantes.

   Sainte Clotilde, couronnée, assiste à la scène debout à dextre de son royal époux, accompagnée de deux femmes.

Baptème de Clovis

   Nous l’avons dit, ce « retable » n’était pas destiné à orner un baptistère ou une chapelle de fonts baptismaux : sa signification n’est donc pas simplement d’illustrer le sacrement de baptême en donnant les exemples édifiants de célèbres baptisés. Cela va bien au-delà : ce qu’il montre au fidèle qui se place en face de lui n’est pas seulement théologique, mais également politique (au sens le plus noble de ce mot).

   Le baptême de Notre-Seigneur, au début de Sa vie publique, manifeste le mystère de l’Incarnation ordonné au mystère de la Rédemption (par l’expiation des péchés dont le Christ, Agneau de Dieu, Se charge entièrement).
Ces mystères de l’Incarnation et de la Rédemption ont leurs prolongements dans la conversion des empires et des nations, au-dessus desquels le Christ Sauveur va établir Son règne, par des lieu-tenants : les princes chrétiens.
L’Incarnation se prolonge par la dimension temporelle de la Chrétienté, en laquelle le catholicisme imprègne et anime la société – la Sainte Eglise étant à la société ce que l’âme est au corps – afin de conduire le plus grand nombre d’âmes possible au salut.

   Les princes chrétiens – qui ont été oints de l’onction royale afin de devenir des représentants du Christ Roi des nations – sont éminemment des figures christiques. Le don de la Sainte Ampoule miraculeuse lors du baptême de Clovis en apporte une preuve tangible, tandis que la guérison de la lèpre dont Constantin avait été atteint, purifié lorsqu’il fut baptisé par Saint Sylvestre, est le signe de la purification et de la sanctification des sociétés soumises à la loi divine sous le sceptre de souverains eux-mêmes soumis au Christ Sauveur.
L’organisation temporelle de la société en Chrétienté, appartient bien à la terre, mais elle est ordonnée à la vie éternelle et au salut des âmes : c’est pour cela que les princes chrétiens, établis pour gouverner l’ordre politique terrestre, sont des prolongements et des collaborateurs du Christ Rédempteur.

   Voilà sans nul doute pourquoi, Dieu, dont la Providence ne se trompe jamais dans la manière dont elle dispose toutes choses (cf. collecte du septième dimanche après la Pentecôte), a très éloquemment voulu que le bienheureux trépas de celui qui, en baptisant le Roi Clovis 1er le Grand, est devenu le « baptiste » de la royauté franque tout entière, arrivât en l’octave de l’Epiphanie – fête des Rois -, où l’on rappelle particulièrement le Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Retable des trois baptêmes - détail - colombe miraculeuse

2026-5. Retenez dès à présent cette date : samedi 24 janvier 2026, Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Prolégomènes :
1) Pourquoi continuer à faire célébrer des Messes de Requiem pour le Roi-martyr alors que nous avons la conviction qu’il est au ciel ? > ici ;
2) Préparation spirituelle aux célébrations anniversaires du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici.

frise lys deuil

Le Refuge Notre-Dame de Compassion,
la Confrérie Royale et
le Cercle légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier,

vous prient de bien vouloir assister,
ou de vous unir d’intention à la célébration d’une

Sainte Messe de Requiem

célébrée à la pieuse mémoire de

Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI

à l’occasion du 233ème anniversaire de son martyre

apothéose de Louis XVI

Samedi 24 janvier 2026

à 11 h 30 (très précises)

dans l’Oratoire du Mesnil-Marie

frise lys deuil

Renseignements pratiques :

1) Nota bene : l‘Oratoire du Mesnil-Marie est une chapelle privée aux capacités limitées : afin de prévoir correctement les places dans l’Oratoire, nous vous demandons impérativement de nous signaler votre présence avant le mardi 20 janvier au moyen de l’espace destiné aux commentaires, ci-dessous (ce ne sera pas publié). Merci pour votre aimable compréhension.
2) Un déjeuner partagé (abstinence de viande) aura lieu à l’issue de la cérémonie : les personnes qui désirent y prendre part, voudront bien nous le faire savoir dans les plus brefs délais, et avant le mardi 20 janvier, au moyen de l’espace destiné aux commentaires, ci-dessous (ce ne sera pas publié).

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail 2

2026-4. La prose « Virgo decus patriae » en l’honneur de Sainte Geneviève.

3 janvier ,
Fête de Sainte Geneviève, vierge ;
Octave de Saint Jean l’Evangéliste.

monogramme baroque Sainte Geneviève - vignette blogue

Source > Schola Sainte-Cécile

   Vous trouverez ci-dessous, pouvant servir de prière personnelle à celle qui est la céleste protectrice de Paris et également l’une des grandes intercessrice pour la France, le texte et la partition d’une prose (ou séquence) tirée d’une messe pour la fête de Sainte Geneviève, au 3 janvier, provenant du propre de l’église paroissiale de Saint-Etienne-du-Mont au XVIIIème siècle.
Il est probable que cette séquence était alors aussi en usage à l’abbaye voisine des Génovéfains. A cette époque, le reste du diocèse ne possédait plus de séquence pour la messe de Sainte Geneviève depuis la suppression de l’antique prose Genovefæ solemnitas d’Adam de Saint-Victor (encore présente de le Missel parisien de Monseigneur de Gondy de 1602) dans le Missel parisien de Mgr de Vintimille de 1755. La vieille séquence d’Adam de Saint-Victor fut réintégrée au propre du diocèse de Paris lorsque celui-ci adopta les livres romains à la fin du XIXème siècle.

   L’auteur de la prose Virgo decus Patriæ est inconnu. Il n’est toutefois pas impossible qu’il s’agisse du Révérend Père Pinchon, chanoine régulier de l’Abbaye de Sainte-Geneviève au XVIIIème siècle, qui composa les textes des hymnes Gallicæ custos et Cœlo receptam plaudite Cœlites introduites dans le Bréviaire de Mgr de Vintimille en 1736.

Sainte Geneviève - image de dévotion

Virgo decus pátriæ,
Spes salúsque Gálliæ,
Cara sponso Vírgini.
O Geneviève, vous êtes la gloire de notre patrie, l’espérance & le salut de la France, l’objet de la tendresse de Jésus-Christ votre époux.
Dei ductus lúmine,
Gérmanus ex ómine
te consécrat númini.
Guidé par une lumière divine et une inspiration prophétique, Germain vous consacre à votre Dieu.
Plebi dum placas Deum,
In te virus ímpium
Livor edax éxplicat.
Tandis que vous n’êtes occupée qu’à attirer les faveurs de Dieu sur votre peuple, l’envie distille sur vous son poison.
Dépulsis calúmniis,
Missis et eulógiis,
Póntifex te víndicat.
Mais le saint Pontife repousse la calomnie, et venge votre innocence en vous envoyant des eulogies (nota : paroles de bénédiction).
Hvnnvs ferox úlulet,
Parisios ádvolet ;
Mox repéllis fúrias.
Que le féroce Hun fasse entendre ses hurlements, qu’il vole vers Paris ; vous rendez sa fureur impuissante.
Fame cives péreant,
Tabe carnes árdeant ;
Clades sistis nóxias.
Que la famine exerce ses ravages, qu’un feu brûlant dévore ses malheureuses victimes : vous arrêtez tous ces fléaux.
Mvtvs voces élicit,
Surdus audit, áspicit
Cæcus, claudus ámbulat.
Vous commandez, et le muet parle, le sourd entend, l’aveugle voit, le boiteux marche.
Mors tuis et nútibus
Súbditur, corpóribus
Fremens dæmon éxulat.
La mort elle-même reconnaît votre empire ; et le démon, frémissant de rage, sort du corps des possédés.
Æstvs agros tórreat,
Imbre tellus mádeat,
Præsens fers auxílium.
Si une chaleur excessive brûle nos campagnes, si des pluies trop abondantes les inondent, aussitôt vous portez le secours nécessaire.
Per te menti cáritas,
Córpori sit sánitas ;
Sit perénne gáudium. Amen.
Que par vous la charité règne dans nos cœurs ; que nous jouissions en cette vie de la santé du corps, et dans le ciel des joies éternelles. Amen.

VirgoDecusPatriae-01 - blogueVirgoDecusPatriae-02 - blogue

monogramme baroque Sainte Geneviève - vignette blogue

2026-3. La Révérende Mère Marie de Jésus, née Alessandra di Rudinì.

2 janvier,
Fête de Saint Odilon de Mercœur, abbé et confesseur ;
Octave de Saint Etienne, diacre et protomartyr ;
Anniversaire de la mort de la Révérende Mère Marie de Jésus (di Rudini), prieure du Carmel du Reposoir.

       La Révérende Mère Marie de Jésus (di Rudini), carmélite déchaussée, est une âme d’exception pour laquelle nous avons nourri – depuis environ quatre décennies – une fervente admiration : sa conversion, la radicalité de son don total au service de Dieu, sa vie mystique et son zèle pour le salut des âmes nous ont profondément marqués.
Chaque 2 janvier nous célébrons avec ferveur sa pieuse mémoire.

Mère Marie de Jésus di Rudini

La jeune aristocrate indomptable :

       Fille d’Antoine (Antonio) Starabba marquis di Rudinì (1839-1908) de la noblesse sicilienne d’origine espagnole, et de la comtesse Marie de Barral, issue de la noblesse de robe du Dauphiné, Alexandra (Alessandra Maria Antonietta Livia) est née à Naples le 5 octobre 1876.
Sa mère, femme d’une grande douceur, mais de santé très fragile (ce qui l’obligea à de fréquents séjours en sanatorium), lui inculqua les rudiments de la vie chrétienne. Marie de Barral mourut le 7 février 1896 et six mois plus tard le marquis di Rudinì convola en secondes noces.
Cet Antoine Starabba di Rudinì était un grand propriétaire terrien, avait suivi des études de droit pour être avocat, appartenait à la droite libérale anti-bourbonienne dès avant la conquète de la Sicile par les soudards de Garibaldi, rallié à la cause des Savoie unifiant l’Italie sous leur sceptre. Le Grand Orient le revendique comme l’un des siens. Sa participation aux gouvernements qui spolièrent les Etats de l’Eglise (il fut député pendant plus de quatre décennies, préfet, ministre, et même à deux reprises président du conseil du jeune royaume d’Italie) faisait de lui un excommunié.

   Dans ce contexte familial (une mère fragile et souvent absente, et un père entièrement pris par la politique), l’éducation d’Alexandra – « Sandra » -, fut confiée aux meilleurs pensionnats d’Italie : à la villa di Poggio Imperiale, à Florence (Florence fut capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1871), et, à Rome, à la très huppée maison d’éducation de la Trinité-des-Monts.
A la Trinité-des-Monts, l’adolescente se montra des plus rebelles envers les Dames du Sacré-Cœur de Sainte Madeleine-Sophie Barat, malgré la patience et la douceur préconisées par cette dernière afin de conquérir son âme rétive.
Anecdote restée célèbre : « Sandra » remplaça l’eau bénite du bénitier de l’entrée de la chapelle par de l’encre, puis, avec la satisfaction d’une vengeresse triomphante, elle assista à la procession d’entrée des religieuses, qui, en se signant avec une gravité toute cérémonielle, se marquaient elles-mêmes au front d’une réprobatrice tache sombre !

Eglise et couvent de la Trinité-des-Monts

Rome : église et couvent de la Trinité des Monts
où la jeune Alexandra di Rudinì fut une élève rebelle des Dames du Sacré-Cœur.

   A quinze ans, la jeune fille ayant finalement été « virée » par les religieuses, Alexandra est toute grisée par la vie mondaine que lui permet la position de son père : elle est alors une jeune fille « parfaite ». Grande (elle mesure plus d’un mètre quatre-vingts), svelte, un visage « d’une beauté grecque époustouflante », une épaisse chevelure blonde, des yeux d’un bleu intense, une intelligence vive, un caractère enjoué et, surtout, une volonté inflexible. On la comparaît à une déesse émergeant des flots.
Elle dominait les salons par son charme, par une sorte de majesté naturelle, et par une élégance extrême, quoiqu’elle ne se montrât jamais esclave des modes.
Sa grande passion était les chevaux : elle possédait une écurie personnelle avec quatorze pur-sang, qu’elle montait avec une fougue incroyable.

   Son père rêvait pour elle d’un mariage avec un prince. Il envisagea un moment de lui faire épouser un grand-duc de la famille Romanov, mais Alexandra s’y opposa catégoriquement, car, même s’il elle n’était pas spécialement dévote elle tenait à sa religion et gardait un attachement sincère à Notre-Seigneur, or un tel mariage aurait signifié qu’elle eût du abandonner le catholicisme pour se convertir à l’orthodoxie.

   En octobre 1894, elle épousa l’homme dont elle était profondément amoureuse : Marcel (Marcello) Carlotti marquis di Riparbella, un musicien, un sceptique adepte du stoïcisme. Elle avait dix-huit ans, il en avait vingt-sept.
Elle se donna à lui avec une fidélité sans faille, et devint bientôt la mère de deux enfants : Antonio et Andrea.
Dans son somptueux « Palazzo Carlotti » à Vérone, ou dans sa splendide « Villa Carlotti Canossa », au bord du lac de Garde, Sandra, épouse et mère, aurait pu se croire heureuse, mais elle ne l’était pas, bien qu’elle ne manquât de rien.
C’est qu’en effet un poison pernicieux avait été instillé dans son âme : on lui avait offert et elle avait lu avec intérêt la « Vie de Jésus », écrite par l’apostat Ernest Renan : « Ce jour-là, dira-t-elle plus tard, fut l’un des plus tristes de ma vie, car je perdis ma seule raison d’être : Jésus ».

Villa Carlotti sur les rives du lac de Garde

La « Villa Carlotti Canossa » sur les rives du lac de Garde.

Veuve à vingt-quatre ans !

   A peine six ans après leur mariage, au printemps 1900, Marcel fut terrassé par une tuberculose foudroyante.
Sa jeune épouse le soigna avec un dévouement héroïque : bien qu’elle traversât une profonde crise religieuse et se fût éloignée de toute pratique chrétienne, elle fit appel à un prêtre vénérable de Vérone, Don Francesco Serenelli, pour son époux mourant.
Marcel mourut, la laissant veuve dans sa vingt-quatrième année, avec deux jeunes enfants.

   Son père, le marquis di Rudinì, s’efforça de la distraire par des voyages et des réceptions : ainsi en avril 1903, à Rome, fut-elle remarquée et admirée lors de la visite de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, et, en mai, pour celle du tsar Nicolas II.
A Paris, elle fréquenta les cercles littéraires, et assista à des déjeuners avec Emile Zola et Anatole France, qui la laissèrent de marbre.
Un seul de ces voyages la marqua profondément : celui qu’elle fit au Maroc, en 1901. Là, un vieux marabout qu’elle avait consulté, lui déclara après l’avoir longuement dévisagée : « Vous aurez tout : splendeur, richesse, amour… Puis vous aurez tout à nouveau : souffrance, pauvreté, froid… Sur votre front, il y a trois voiles : vous en aurez un de plus. Le plus beau ».
Elle s’était éloignée en silence, sans oser interroger davantage. Il n’était pas compliqué de comprendre ce qu’étaient ces trois voiles qui couvraient déjà son front : celui de sa première communion, celui de son mariage, et celui de veuve… Que serait donc ce voile supplémentaire : « Le plus beau » ?

   Si Alexandra demeurait une mondaine, prenant un plaisir subtil à éclipser les autres femmes dans les salons, il n’en était pas moins vrai que son cœur se caractérisait par une immense capacité d’aimer. Sa richesse lui permettait, en particulier, de faire de très larges aumônes pour les nécessiteux.

Alexandra marquise Carlotti

La maîtresse de Gabriele d’Annunzio :

   Au mois de novembre 1903, à Florence, à l’occasion du mariage de son frère Carlo, dont il était le témoin, elle rencontra Gabriele d’Annunzio.
Le poète était alors l’amant de l’actrice Eleonora Duse – « la divine » – , mais il fut conquis par la jeune veuve… L’actrice, déchue de son rang de maîtresse affichée, se retira. La relation d’Alexandra et de Gabriele fut bientôt notoire et fit scandale.
Le marquis di Rudinì était furieux, mais sa fille n’en avait cure : tout au contraire, au printemps 1904, elle l’officialisa en allant s’installer dans la villa de Gabriele d’Annunzio, en périphérie de Florence, rehaussant de sa beauté et de son esprit un cercle d’intellectuels de la haute société qui se riaient des conventions sociales et de la morale religieuse.
Mais Alexandra, aussi brillante et enjouée qu’elle se montrât, n’était pas heureuse au fond d’elle-même.

   En 1906, elle dut subir trois opérations dans une clinique florentine. On lui avait découvert un cancer de l’utérus. Ni son père, ni son frère ne la vinrent visiter. Un temps suspendue entre la vie et la mort, elle fut soutenue par d’Annunzio, qui lui dédia une page de Faville del maglio ainsi que le poème Solus ad solam.
Pourtant, dès le début de la convalescence d’Alexandra, le regard et les désirs du poète s’étaient portés sur une autre femme : Amaranta.

L’aventure avec le « prophète de l’Italie » était terminée ; l’encore jeune marquise était, en son for interne, perdue ; et pourtant c’est là que la véritable aventure intérieure allait réellement commencer.
A Renata, fille de Gabriele, qui était croyante, elle dit un jour : « Tu es bénie ; et prie pour que tu sois épargnée par l’angoisse terrible du doute ».

   Très cultivée, polyglotte, Alexandra pouvait lire les Evangiles et Saint Paul en grec, aussi bien que les philosophes allemands contemporains en allemand. Plongée dans le déni de Dieu, elle ne trouvait pas la réponse aux grandes questions existentielles et ne se satisfaisait pas des réponses de la foi sur la souffrance et la mort.
Elle échangeait souvent avec Don Francesco Serenelli, ce prêtre qu’elle avait fait venir auprès de Marcel, dans ses derniers jours. Elle parlait aussi beaucoup avec l’abbé Gorel, prêtre français qu’elle avait fait venir en 1909 pour lui confier l’aumônerie de la Villa Carlotti, à Vérone.

Alexandra du Rudini Carlotti

La conversion :

    L’abbé Gorel joua un rôle déterminant. Comprenant que ce ne seraient pas des conversations restant dans le domaine intellectuel qui pouvaient l’aider, il lui recommanda d’aller à Lourdes. Elle quitta Vérone au volant de sa luxueuse voiture.
Le doute la rongeait, bien que – désormais pleinement consciente que seule la Vérité absolue et éternelle résidait dans le catholicisme – elle eût repris une pratique régulière des sacrements. Mais elle aspirait à une foi qui ne soit pas simplement reçue et comme « extérieure », mais qui passerait à une adhésion personnelle totalement éclairée.

   A Lourdes, elle fut bouleversée au spectacle de l’immense et multiforme souffrance humaine qui venait se jeter aux pieds de la Vierge immaculée.
Devant elle, une Française complètement aveugle fut guérie. Ainsi, à Lourdes, Jésus, le Dieu-Homme, accomplissait des miracles par l’intermédiaire de sa Mère ? C’était possible.
Puis Alexandra fit l’expérience du miracle intérieur de la Charité divine, à la Grotte Sainte. Elle s’agenouilla devant l’image de la Madone, l’invoquant avec l’énergie désespérée d’une enfant perdue. Tous ses doutes furent dissipé par la puissance de la Vierge Marie qui conquiert les cœurs, et qui guide les âmes vers le Christ.
« Naturalisme, positivisme, rationalisme ? Ce n’étaient que des chimères. Seul Jésus-Christ est la Vérité », dira-t-elle plus tard. Elle étreignit Jésus de manière absolue et définitive : Jésus que Sa Mère lui offrait en cadeau.
Dans la petite église du Carmel de Lourdes, elle se confessa et communia avec la certitude absolue d’avoir touché Dieu en personne, et d’avoir enfin trouvé le bonheur : « Le plus grand miracle à présent est celui de ma conversion en ce lieu saint. Seule la grâce divine peut faire naître une vie nouvelle, une véritable renaissance ».

Grotte de Lourdes état ancien

La grotte de Massabielle dans la première moitié du XXème siècle.

Le quatrième voile : le plus beau ! 

   Revenue de Lourdes, dans sa « villa » du lac de Garde, Alexandra commença à vivre comme une carmélite dans le monde : longues heures de prière devant le tabernacle, récitation quotidienne du chapelet et du bréviaire. Elle lut et médita avec les œuvres de Sainte Thérèse de Jésus et de Saint Jean de la Croix. Et elle prit cette décision : « Je serai carmélite pour toujours, pour n’aimer que le Christ, pour faire réparation, pour intercéder pour l’Eglise et pour les âmes ».

   Sans rien dire à son entourage, elle se rendit en visite au Carmel de Paray-leMonial, et son entrée y fut décidée. Entrée qui fut effective le 28 octobre 1911, à l’âge de 35 ans et 23 jours.
Dans le cours de l’année suivante, elle reçut le saint habit du Carmel (janvier 1912) puis prononça ses vœux (mai 1912) : la marquise Alexandra Starabba di Rudinì Carlotti n’était plus que l’humble Sœur Marie de Jésus. Selon la prédiction du vieux marabout marocain une dizaine d’années plus tôt, après que trois voiles avaient couvert son front, un autre lui était donné : le plus beau, celui d‘épouse du Christ.

   Les années 1912 et 1913 furent traversées de très dures épreuves intérieures ; la prieure, cependant, voyant la qualité de cette âme et ses progrès rapides dans les voies spirituelles décrites par les maîtres du Carmel, la nomma maîtresse des novices.
En 1916, ses deux fils furent emportés par la tuberculose, comme l’avait été leur père : « Sur cette terre, je n’ai plus aucun lien, aucun amour, aucune tendresse : la seule richesse, le seul amour qui me reste, c’est la Croix du Christ ».
Dès l’année suivante, elle est élue prieure de ce monastère de Paray-le-Monial, puis, en 1924, elle est choisie par les supérieurs de l’Ordre pour fonder le Carmel de Valenciennes. Suivra quatre ans plus tard (1928) la fondation du Carmel de Montmartre, au chevet de la basilique du Sacré-Cœur.
Partout, cette authentique fille de Sainte Thérèse se montre une immense contemplative dans l’activité écrasante que la sainte obéissance requiert d’elle : la charge de ses priorats successifs, les soucis matériels des fondations, la direction de ses filles qu’elle entraîne irrésistiblement dans les voies du plus grand amour : « La vie religieuse au Carmel devait être une vie d’amour sans bornes et non la simple observance formelle de règles » ; « Se consacrer à Lui, c’est L’aimer et, en Lui, aimer l’Église et toutes les âmes, et faire l’expérience de Son amour fou pour nous ».
De fait, Mère Marie de Jésus est une grande « contagieuse ». Contagieuse à l’intérieur du cloître, pour ses moniales, et, comme à travers les murs de la clôture, sur un grand nombre d’âmes, fidèles ou clercs – voire prélats – qui ont recours à son intercession, à ses conseils, à sa direction…
Elle est favorisée de grâces mystiques… et les manifestations diaboliques ne lui sont pas épargnées.

Paray-le-Monial - chapelle intérieure du carmel

Carmel de Paray-le-Monial : chapelle à l’intérieur de la clôture.

   Après la mort de ses fils s’était posée la question de la liquidation de son immense fortune, et les supérieurs de l’Ordre lui avaient demandé de conserver ses avoirs en vue des fondations que l’on prévoyait.
Or, avant même de fonder les Carmels de Valenciennes et de Montmartre, Mère Marie de Jésus était travaillée par une demande de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui la pressait de Lui offrir « le Carmel de la Montagne ».
C’est ainsi que, dès 1922, sur ses fonds propres, elle s’était portée acquéreuse des bâtiments d’une ancienne chartreuse, dont Son Excellence Monseigneur de la Villerabel, évêque d’Annecy, lui avait parlé : la Chartreuse du Reposoir qui était à l’abandon, et où il souhaitait qu’elle vint, avec ses filles prendre la relève de la prière.

   Fondée en 1151, la Chartreuse du Reposoir doit son nom au fait que son fondateur, le Bienheureux Jean d’Espagne, en découvrant ce site exceptionnel, à quelque 1000 mètres d’altitude face à la chaîne des Aravis, s’était écrié : « C’est ici mon reposoir !».
Les Chartreux y avaient demeuré jusqu’à la grande révolution qui les en avait chassés. Ils y étaient revenus en 1846, en avaient été à nouveau expulsés en 1855 en raison des lois contre les ordres monastiques en vigueur dans le royaume de Piémont-Sardaigne, avaient repris possession des lieux en 1866 lorsque la Savoie était devenue française, et en avaient été bannis une troisième fois en septembre 1901 en application des lois anticongréganistes de la république française.

Le Carmel du Reposoir

L’ancienne Chartreuse devenue « le Carmel de la Montagne » demandé par Notre-Seigneur.

   Les monastères du Carmel sont habituellement des monastères urbains ou péri-urbains. Exceptionnellement, Notre-Seigneur demandait donc qu’on Lui transformât cette ancienne chartreuse très isolée en monastère carmélitain.
Il fallut des années de travaux pour réparer, aménager, voire adapter et transformer ces bâtiments multiséculaires pour les rendre aptes à la vie des moniales du Carmel. Mère Marie de Jésus supervisa ces travaux, tout en menant de front les fondations et toutes les autres tâches dont nous avons parlé.
Elle mourra sans voir la fondation achevée, laissant à Mère Cécile « le soin d’achever l’oeuvre ».

   Sa santé était précaire.
Epuisée par les fatigues et les souffrances, mais bien plus encore consummée par le feu d’un holocauste spirituel comparable à celui de Jésus sur la croix, à la fin de l’année 1930, elle dut subir quatre nouvelles interventions chirurgicales.
A Genève, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1931, elle entendit la voix de l’Epoux qui l’appelait à Lui. Enveloppée de paix et de joie, après avoir reçu les sacrements, elle murmura : « Entre Vos mains, Seigneur, je remets mon esprit », et rendit l’esprit.
Elle était âgée de 54 ans.

Carmel du Reposoir en hiver, vue aérienne

Vue aérienne du Carmel du Reposoir en hiver.

2026-2. Message de vœux de Sa Majesté le Roi pour l’an de grâce 2026.

Vendredi 2 janvier 2026,
Fête de Saint Odilon de Mercœur, abbé et confesseur ;
Octave de Saint Etienne, diacre et protomartyr ;
Premier vendredi du mois et de l’année (cf. > ici).

Armes de France & Navarre

       C’est vers la minuit, dans cette nuit du 1er au 2 janvier 2026, que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a fait paraître sur ses réseaux sociaux ce bref message de vœux pour l’année nouvelle [comme les années précédentes, nous pouvons penser que notre Souverain légitime publiera dans le courant du mois de janvier un texte plus long et détaillé offrant une réflexion politique], illustré par cette très belle photo de la Famille Royale :

Ma femme, la Princesse Marie-Marguerite, et mes enfants
s’associent à mes vœux
afin que l’année 2026 soit une année de paix et d’harmonie pour nous et notre cher pays.

Que saint Louis protège la France et les Français !

Famille Royale 1er janvier 2026

2026-1. Vœux pour l’an de grâce 2026.

Jeudi 1er janvier 2026,
Fête de la Circoncision de NSJC (double de 2ème classe),
Octave de la Nativité.

Vœux jour de l'an 2026 1 - blogue

       Vous êtes déjà très nombreux, chers Amis, à nous avoir adressé, de diverses manières (textos, messages sur le répondeur téléphonique ou sur les réseaux sociaux, commentaires à la suite de certaines publications de ce blogue ou encore courriels [jusqu'à cette heure nous n'avons encore reçu ni pigeons voyageurs ni signaux de fumée]) vos vœux pour la nouvelle année : mon papa-moine et moi-même nous vous en remercions du fond du cœur et nous sommes profondément touchés par toute la bienveillance et la sollicitude qui s’y expriment : Merci ! Merci !

   Alors, à notre tour, nous vous prions de bien vouloir recevoir les nôtres, sincères, chat-l’heureux et fervents, en vous demandant de nous pardonner de devoir faire, en ces lignes, un message général, étant dans l’impossibilité de répondre en détail à chacun : sachez toutefois que vous êtes tous bien présents à notre pensée, dans votre individualité irréductible, avec vos visages et vos intentions.

   A tous, et à chacun d’entre vous donc :

Bonne année 2026

   Aux traditionnels souhaits concernant la prospérité, la santé, et même une certaine réussite dès ici-bas (ne faisons pas d’angélisme déplacé : le Bon Dieu ne nous a pas créés pour autre chose, et Il est Lui-même heureux de notre bonheur, lorsque – évidemment – celui-ci n’est pas placé dans des choses désordonnées ou malhonnêtes !), vous savez bien que nous ajoutons des vœux pour le salut et la sanctification de vos âmes, puisque la vie sur cette terre n’est qu’un passage, prélude à une vie éternelle, en laquelle nous espérons nous retrouver au Ciel si nous vivons ici-bas dans la justice et la sainteté.

   Nous ne savons certes que trop que, malgré nos vœux et nos prières, les épreuves – personnelles et sociales – ne seront pas absentes des jours, semaines et mois de l’année 2026.
Nous avons une conscience aigüe de la grave crise qui désole notre beau Royaume de France, à la ruine duquel un pervers psychotique dangereux préside en toute impunité, soutenu par un système pourri, téléguidé dans l’ombre par la secte maçonnique, servi par des hommes de pouvoir corrompus jusqu’à la moëlle, et patronné par la maffia mondialiste aux ordres du « Prince de ce monde », « menteur et homicide dès le commencement ». Malgré cela donc, nous ne nous décourageons pas. Tout au contraire, nous sommes davantage encore ancrés dans l’espérance, et motivés pour affronter les épreuves et en triompher, avec l’aide du Ciel.

   Un de nos amis nous a envoyé ce matin une image, que je ne reproduirai pas, bien que ce qu’elle exprime soit parfaitement juste. Je me contenterai de vous la décrire : on y voyait, très caricaturalement dessiné, un énorme sumotori, de dos, posé sur un petit tabouret dont il débordait plus que largement ; et sous le tabouret un petit chien dormait. Le souhait qui accompagnait ce dessin était : en 2026, je vous souhaite d’avoir toujours la force du tabouret et la sérénité du petit chien
Ce souhait, je vous le transmets à mon tour aujourd’hui, à l’occasion de ce début d’année.

   Et toutes vos intentions et vos personnes, vos proches et vos vies tout entières, soyez assurés que nous les déposons avec une grande confiance dans le Cœur très puissant et très miséricordieux de Jésus Enfant, par l’intercession de Sa Très Sainte Mère, de Saint Joseph et de l’archange Saint Michel, de Sainte Philomène – notre aimable thaumaturge – et de tous nos amis du ciel…

pattes de chatTolbiac.

Vœux jour de l'an 2026 2 - blogue

2025-210. La douceur du joug divin.

31 décembre,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur (cf. > ici) ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité ;
Dernier jour de l’année civile (cf. > ici et aussi > ici).

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Enfant Jésus aux bras étendus - blogue

       Le sermon LXX de Saint Augustin commente les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ affirmant (en Saint Matthieu XI, 28-30) que Son joug est doux et Son fardeau léger. Le Docteur d’Hippone développe ici les apparentes contradictions de cette assertion, et montre combien, en définitive, c’est l’amour qui rend doux le joug de Jésus-Christ et léger Son fardeau.
Ce court sermon nous a paru tout-à-fait indiqué pour nourrir la méditation et la prière pour conclure une année et donner des fondements solides aux résolutions de  qu’il est sonseillé de prendre au commencement d’une année nouvelle…

La douceur du joug divin :

1. Il semble qu’il y a une contradiction flagrante entre les paroles de Notre-Seigneur sur la douceur de Son joug, et la dure réalité que Ses disciples doivent affronter !

   Plusieurs s’étonnent, mes frères, d’entendre dire au Seigneur : « Venez à Moi, vous tous qui fatiguez et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai. Prenez Mon joug sur vous et apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes ; car Mon joug est doux et Mon fardeau léger » (Matth. XI, 28-30).

   Ceux qui sans frémir se sont courbés sous ce joug et qui ont avec une docilité parfaite présenté leurs épaules à ce fardeau, leur [note : ce leur désigne ces « plusieurs (qui) s’étonnent » du précédent paragraphe] semblent tourmentés et éprouvés par tant de difficultés dans ce siècle, qu’ils les considèrent comme étant appelés, non pas du travail au repos, mais du repos au travail, l’Apôtre disant lui-même : «Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ souffriront persécution » (2 Tim. III, 12). 

   Comment donc, s’écrie-t-on, le joug du Seigneur serait-il doux et Son fardeau léger, puisque porter ce joug et ce fardeau n’est autre chose que de vivre pieusement en Jésus-Christ ?
Comment aussi le Sauveur dit-Il : « Venez à Moi, vous tous qui fatiguez et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai » ?
Ne devrait-Il pas dire au contraire : « Vous qui êtes en repos, venez travailler » ?
Ainsi trouva-t-Il en repos les ouvriers qu’Il loua et qu’Il envoya à Sa vigne pour y porter le poids de la chaleur (cf. Matth. XX, 3-7).

   Et sous ce joug si doux, sous ce fardeau si léger, l’Apôtre nous dit encore : « Montrons-nous en toutes choses comme des ministres de Dieu par une grande patience dans les tribulations, dans les nécessités, dans les angoisses, sous les coups » (2 Cor. VI, 4).
Ailleurs encore, dans la même épître : « Cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ; j’ai été trois fois déchiré de verges, lapidé une fois ; trois fois j’ai fait naufrage ; j’ai été un jour et une nuit au fond de la mer » (2 Cor. XI, 24, 25).
Combien d’autres dangers encore qu’il est facile d’énumérer, mais que l’on ne saurait affronter qu’avec l’aide de l’Esprit-Saint !

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2. Les tribulations que l’on endure pour le Christ valent à ceux qui les supportent dans la fidélité une récompense éternelle. Saint Augustin établit une comparaison avec les souffrances que s’infligent ceux qui briguent des biens terrestres.

   L’Apôtre ressentait donc souvent et abondamment les travaux et les angoisses dont il parle : mais il était sans aucun doute soutenu par l’Esprit de Dieu ; et pendant que l’homme extérieur s’usait, cet Esprit renouvelait l’homme intérieur de jour en jour, il le comblait de saintes délices, lui faisait goûter ainsi le repos de l’âme ; et l’espoir du bonheur futur aplanissait toutes les aspérités de la vie, et relevait toutes les pesanteurs.
Voilà comment le joug du Christ devenait doux et Son fardeau léger.

   Paul allait même, jusqu’à nommer tribulation légère toutes ces afflictions et toutes ces extrémités dont on ne saurait entendre le récit sans frémir. Ah! son œil intérieur saisissait parfaitement à quel prix on doit acheter, dans te temps, cette vie future où l’on est exempt des éternelles souffrances des impies, et où l’on jouit sans inquiétude de l’éternelle félicité des justes.
On se laisse tailler et brûler les chairs afin d’échapper, par ces douleurs aigües, à d’autres douleurs qui ne sont pas éternelles, mais qui viennent d’un mal dont la durée se prolonge un peu plus.

   Dans l’espoir incertain d’obtenir un court et languissant repos sur la fin de ses jours, le soldat use sa vie au milieu des guerres les plus horribles ; exposé à passer plus d’années dans l’agitation et la fatigue que dans la paix et le repos.
A quelles tempêtes, à quels écueils, à quelles affreuses et redoutables colères du ciel et de la mer ne s’exposent pas les négociants pour acquérir de volages richesses, des richesses d’où s’échapperont plus de dangers et de tempêtes qu’il n’en a fallu braver pour les acquérir ?
A quelles chaleurs, à quels frimas, à quels périls ne s’exposent pas les chasseurs ? Chevaux, fossés, précipices, fleuves et bêtes sauvages, tout est pour eux plein de dangers. Comme ils souffrent la faim et la soif, comme ils se contentent des aliments les plus vils et de la plus insuffisante quantité, quand il s’agit de s’emparer d’un animal, dont parfois, malgré tout ce qu’ils endurent, la chair ne saurait être offerte sur leurs tables ! Il faut même le reconnaître, s’il leur arrive de prendre un sanglier ou un cerf, la pensée de l’avoir pris les flatte plus que le plaisir de le manger.
A quels tourments et à quels coups ne sont pas exposés chaque jour les plus tendres enfants ? A combien de veilles, à combien de dures abstinences on les condamne, dans les écoles, non pour les former à la sagesse, mais pour les préparer aux vaines richesses et aux vains honneurs, pour leur enseigner le calcul et les lettres, pour leur apprendre les détours trompeurs de l’éloquence !

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3. C’est l’amour qui rend le joug doux et le fardeau léger :

   Observons-le néanmoins : quand on n’aime pas on trouve tout cela difficile, et la difficulté disparaît quand on aime ; car l’amour rend léger – il ne laisse presque pas sentir – ce qui est en soi lourd et accablant.

   Quelle fermeté donc, et quelle facilité bien plus grandes ne donne pas la charité pour faire en vue de l’éternelle béatitude ce que fait la concupiscence en vue de la misère présente ! Avec quelle aisance on endure toutes les peines temporelles pour échapper aux éternels châtiments et parvenir à l’éternel repos ! Ce n’est pas sans motif que ce Vaisseau d’élection [note : il s’agit de Saint Paul] s’écriait avec de si vifs transports : « Les souffrances de ce temps ne sont point comparables à la gloire future qui sera révélée en nous » (Rom. VIII, 18).
Voilà ce qui rend ce joug doux et ce fardeau léger.

   S’il en coûte au petit nombre de le prendre sur leurs épaules, l’amour le fait supporter à tous aisément : « A cause des paroles de Vos lèvres, dit le Psalmiste, j’ai gardé de dures voies » (Ps. XVI, 4).
Mais ce qui est dur en soi, s’adoucit par l’amour.

   Aussi admirez la sage économie de la bonté divine. Elle veut qu’affranchi de la loi et déchargé par la grâce du poids de ces innombrables observantes qui faisaient du joug divin un joug réellement lourd, quoiqu’il dût être tel pour les opiniâtres qui le portaient alors, l’homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour (cf. 2 Cor. IV, 16), trouve allégées par la joie intérieure, par la facilité de pratiquer la foi pure, l’espérance qui soutient et la sainte charité, toutes les vexations produites contre l’homme extérieur par le prince rebelle qui a été mis dehors.
Rien ne pèse moins à la bonne volonté que cette volonté même, et Dieu s’en contente.

   Quelles que soient donc les persécutions du monde, c’est avec une incontestable vérité que les Anges s’écrièrent après la naissance temporelle du Seigneur : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté » ; car l’Enfant nouveau-né n’apportait qu’un joug doux et un fardeau léger ; d’ailleurs, comme s’exprime l’Apôtre : « Dieu est fidèle, il ne souffre pas que nous soyons  tentés au dessus de nos forces; mais il nous fait tirer profit de la tentation même, afin que nous puissions persévérer » (1 Cor. X, 13).

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