Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2015-22. Où, à l’occasion de la fête de Saint Polycarpe, le Maître-Chat évoque les liens du diocèse de Viviers avec cet illustre martyr, grâce à Saint Andéol.

Lundi soir 26 janvier 2015,
fête de Saint Polycarpe, évêque et martyr.

Martyre de Saint Polycarpe

Le martyre de Saint Polycarpe (fresque byzantine)

« (…) Abandonnons la vanité des foules et les enseignements mensongers
pour revenir à la parole qui nous a été transmise dès le commencement (…) »
- épître de Saint Polycarpe de Smyrne aux Philippiens, § 7 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 26 janvier, la fête de Saint Polycarpe me fournit l’occasion de vous parler un peu du diocèse de Viviers, sur le territoire duquel est implanté notre Mesnil-Marie.

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, né vers l’an 70 de notre ère, avait connu l’apôtre et évangéliste Saint Jean : l’opinion commune est même que c’est à son intention que fut dictée à Saint Jean, dans les révélations qu’il reçut, la lettre à « l’ange de l’Eglise de Smyrne » (cf. Apoc. II, 8-11).
C’est toujours avec un grand profit spirituel que l’on relit le seul texte de Saint Polycarpe qui nous soit parvenu – son épître aux Philippiens (par exemple > ici) – ou encore le récit de son martyre, écrit par un contemporain (cf. > ici).

Nous le vénérons à un titre particulier parce que c’est lui qui missionna dans les Gaules non seulement les premiers pasteurs de l’Eglise de Lyon, les saints Pothin et Irénée, mais également celui que de très antiques traditions nous disent avoir été le premier évangélisateur du territoire qui deviendra le Vivarais : Saint Andéol.
Ainsi, par Saint Andéol et Saint Polycarpe, l’Eglise diocésaine de Viviers peut-elle être, en quelque manière, directement rattachée à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » (Joan. XIII, 23), qui reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur à la dernière Cène, qui l’accompagna jusqu’à la Croix et contempla le Sacré-Coeur transpercé, puis qui « prit chez lui » (Joan. XIX, 27) la Très Sainte Vierge Marie.

Saint Andéol n’était pas prêtre, mais seulement sous-diacre. Il évangélisa la vallée du Rhône et les provinces méridionales de la Gaule romaine pendant une quarantaine d’années.
C’est au moment du passage de l’empereur Septime-Sévère, alors en route vers la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), qu’il fut pris et martyrisé, le 1er mai 208.
La ville de Bergoïata, où il fut supplicié et mis à mort, deviendra par la suite Bourg-Saint-Andéol.

Statue de Saint Andéol façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol

Statue de Saint Andéol sur la façade XVIIe siècle de l’église de Bourg-Saint-Andéol :
le saint est représenté avec la tunique du sous-diacre et avec le glaive de son martyre enfoncé dans le crâne.

La Bienheureuse Tullia qui avait recueilli son corps, le cacha dans un sarcophage antique, dont l’un des côtés fut re-sculpté par la suite, en accord avec le précieux dépôt qu’il renfermait.
Ce sarcophage se trouve toujours dans l’actuelle église du Bourg-Saint-Andéol.

Il ne contient malheureusement plus les reliques du saint martyr, dont la plus grande partie fut profanée et détruite au XVIe siècle par les huguenots, mais ce sarcophage, considéré comme une relique, fut pendant très longtemps mis à l’honneur sous le maître-autel.
Lorsque ce dernier fut détruit à son tour, lors de la révolution liturgique post-concilaire, le sarcophage qui avait été tellement vénéré par des générations de fidèles, fut relégué dans une chapelle latérale, n’étant plus désormais présenté que comme une curiosité archéologique.

Maître-autel avec le sarcophage de Saint Andéol (église de Bourg-Saint-Andéol autrefois)

Le sarcophage de Saint Andéol placé à l’honneur sous la table du maître-autel de l’église de Bourg-Saint-Andéol
(avant les « aménagements » post-concilaires). 

C’est au milieu du IXème siècle, que le tombeau de Saint Andéol, enfoui dans une crypte, qui avait été elle-même ensevelie lors des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Age, fut redécouvert par Bernoin, évêque de Viviers.
Bernoin, après avoir prié et jeûné pour demander à Dieu la grâce de retrouver les précieuses reliques de Saint Andéol, vit en songe Saint Polycarpe lui-même, et c’est selon les indications données par ce dernier qu’il retrouva l’emplacement de la crypte antique renfermant le sarcophage du martyr.

L’évêque Bernoin et ses successeurs promurent le culte de Saint Andéol dont ils firent un élément d’unification de leur diocèse et – il faut bien le dire aussi – , en un temps où le diocèse de Viviers, quoique théoriquement dépendant du Saint Empire Romain Germanique (jusqu’en 1308), devenait un comté ecclésiastique quasi indépendant, ce fut un moyen de renforcer le prestige et le pouvoir temporel des comtes-évêques de Viviers.

Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les comtes-évêques résidèrent d’ailleurs principalement au Bourg-Saint-Andéol (dans un extraordinaire palais épiscopal qui fait aujourd’hui l’objet d’une remarquable restauration), tout près du tombeau de Saint Andéol, plutôt qu’en leur cité épiscopale.

Sarcophage de Saint Andéol

Le sarcophage de Saint Andéol, dans l’église du Bourg-Saint-Andéol (face paléochrétienne)

Notre diocèse de Viviers, si peu reluisant de nos jours, possède, vous en avez ici une fois de plus un petit aperçu, mes chers Amis, une histoire fort riche, puisque ses origines antiques le rattachent directement aux temps apostoliques.
Nous en sommes particulièrement – et très légitimement – fiers.

Néanmoins, et j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer en 2011 dans les pages de ce blogue en publiant une étude parue dans « Paix liturgique », c’est un diocèse actuellement sinistré : profondément et tragiquement sinistré par le modernisme (cf. > www).
Quatre ans plus tard, les choses ne se sont pas améliorées : les prêtres continuent de mourir et ne sont pas remplacés (il n’y aura sans doute pas d’ordination de prêtre diocésain avant de nombreuses années), les églises continuent à se vider, le nombre des baptêmes poursuit son déclin, la foi catholique n’est plus vraiment enseignée et la plupart des fidèles professe une vague croyance aux contours imprécis, les gens meurent sans les derniers sacrements, la célébration de la messe pour les funérailles tend à diminuer… etc.

La situation d’aujourd’hui n’est finalement guère plus brillante qu’au début du XVIIe siècle lorsque Monseigneur Louis François de la Baume de Suze – coadjuteur en 1618, puis comte-évêque en titre de 1621 à 1690 – prit la charge d’un diocèse matériellement et spirituellement exsangue (on dit qu’il y avait alors moins de vingt curés en exercice et que plus de 75% des églises étaient en ruines) : mais il était animé d’un zèle ardent pour la rechristianisation du Vivarais, et il sut faire appel à des forces saines et vives pour cet immense labeur, spécialement à Saint Jean-François Régis (cf. > www). C’est d’ailleurs dans son palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol que Monseigneur de la Baume de Suze accueillit le Père Régis et lui confia le diocèse de Viviers comme terre de mission où il fallait quasi tout reprendre à zéro…

Statue de Saint Andéol sur la façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol - détail

Statue de Saint Andéol sur la façade de l’église de Bourg-Saint-Andéol – détail.

Dans deux mois exactement, le siège épiscopal de Viviers se trouvera normalement vacant, puisque son actuel occupant, Monseigneur François Blondel, arrivera ce 24 mars 2015 à l’âge de soixante-quinze ans, âge auquel il doit, selon les règles canoniques en vigueur, présenter au Saint-Siège la renonciation à sa charge.

Depuis longtemps déjà, Frère Maximilien-Marie prie et supplie pour demander à Dieu un évêque selon Son Coeur : un évêque qui soit un véritable docteur de la foi catholique la plus authentique ; un évêque qui soit un pasteur à l’image du Bon Pasteur, avec une inlassable sollicitude pour le salut des âmes à lui confiées ; un évêque qui soit un véritable père, pas tant par la manière dont il se fera appeler que par les délicatesses de la charité avec laquelle il entourera les fidèles ; un évêque qui soit un digne successeur des saints Apôtres par son zèle inlassable et par sa force d’âme ; un évêque dont la ferveur spirituelle soit exemplaire et communicative ; un évêque qui soit moins un administrateur qu’un missionnaire ; un évêque dont l’ardeur ne se laisse pas entraver par la pesanteur des cadavres accumulés par quelque cinquante années de modernisme mortifère.

Nous prions donc et supplions Saint Polycarpe et Saint Andéol - avec Saint Vincent, céleste protecteur de notre cathédrale (cf. > www) – qui se dépensèrent sans compter et ne craignirent pas de verser leur sang pour la vérité de l’Evangile, afin qu’ils intercèdent puissamment pour ce diocèse de Viviers et lui obtiennent la grâce d’une véritable résurrection : selon les termes de la citation que j’ai mise en exergue de cette humble chronique, en abandonnant les enseignements mensongers et en revenant à la parole qui lui a été transmise dès le commencement…

patte de chat Lully.

palmes

2015-15. « L’homme n’est pas libre dans la mesure où il ne dépend de rien ni de personne : il est libre dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il aime… »

2001 – 19 janvier – 2015
Quatorzième anniversaire du rappel à Dieu
de
Gustave Thibon

Une fois encore, la date du 19 janvier ramène l’anniversaire du rappel à Dieu de ce « Maître ès intelligence & profondeur spirituelle » que fut notre grand, notre incomparable, notre unique et insurpassable Gustave Thibonnotre Gustave !

2001 – 2015 : quatorze ans que son âme a quitté cette terre pour – j’en ai la conviction intime – se laisser enfin embrasser par cette infinie et paisible Lumière à laquelle elle aspirait de toutes ses forces.
Quatorze ans ! Et cependant, je n’ai pas l’impression d’un éloignement ou d’une absence car Gustave Thibon m’est présent tous les jours.
Peut-être même plus proche de jour en jour.

Il ne m’est pas seulement présent par ses écrits : il est d’une certaine manière présent et vivant à l’intérieur de moi même, tant je lui dois, tant je ne serais pas aujourd’hui ce que je suis si je ne l’avais pas rencontré et s’il n’avait pas contribué à la formation et à l’épanouissement de mon intelligence et de ma spiritualité.

En ces jours-ci, ces jours de janvier 2015 d’une manière très particulière, comme il est bon et salutaire de prendre du recul pour regarder les événements contemporains avec Gustave Thibon !
En ces jours-ci, ces jours de janvier 2015, où le mot « liberté » sert une fois encore de miroir aux alouettes, pour faire tomber les peuples dans les filets de manipulations de grande envergure tendus par les suppôts de satan à l’oeuvre en ce monde, la lucidité de Thibon est un puissant antidote aux poisons distillés par les politiques et les médias.
Voilà pourquoi il m’a paru particulièrement adapté à ces jours, ces jours-ci, de marquer ce quatorzième anniversaire de la mort de Gustave Thibon en vous donnant à lire et à relire ces lignes publiées en 1943.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.    

frise avec lys naturel

G. Thibon

Dépendance et liberté.

« Les fausses mystiques qui dévorent l’âme moderne répugnent instinctivement à définir leur objet : c’est qu’elles pressentent que leur idole, une fois définie (c’est-à-dire ramenée à son humble mesure et à ses proportions relatives), ne pourra plus être adorée.

Il en est ainsi de la liberté. Depuis un siècle et demi, bien des hommes sont morts pour ce mot, qui n’ont jamais cherché à en préciser le sens. Tout au plus l’idée de liberté flottait-elle en eux comme un vague mirage d’indépendance absolue et de plénitude divine.

Allumons notre lanterne. Définir la liberté par l’indépendance recouvre une dangeureuse équivoque. Il n’existe pas pour l’homme d’indépendance absolue (un être fini qui ne dépendrait de rien serait un être séparé de tout, c’est-à-dire éliminé de l’existence). Mais il existe une dépendance morte qui l’opprime et une dépendance vivante qui l’épanouit.
La première de ces dépendances est servitude, la seconde est liberté.

Un forçat dépend de ses chaînes, un laboureur dépend de la terre et des saisons : ces deux expressions désignent des réalités bien différentes.
– Revenons aux comparaisons biologiques qui sont toujours les plus éclairantes. Qu’est-ce que « respirer librement » ? Serait-ce le fait de poumons absolument « indépendants » ? Tout au contraire : les poumons respirent d’autant plus librement qu’ils sont plus solidement, plus intimement liés aux autres organes du corps. Si ce lien se relâche, la respiration devient de moins en moins libre, et, à la limite, elle s’arrête. La liberté est fonction de la solidarité vitale.

Mais dans le monde des âmes, cette solidarité vitale porte un autre nom : elle s’appelle l’amour.
Suivant notre attitude à leur égard, les mêmes liens peuvent être acceptés comme des attaches vivantes ou repoussés comme des chaînes, les mêmes murs peuvent avoir la dureté oppressive de la prison ou la douceur intime du refuge. L’enfant studieux court librement à l’école, le vrai soldat s’adapte amoureusement à la discipline, les époux qui s’aiment s’épanouissent dans les « liens » du mariage. Mais l’école, la caserne et le ménage sont d’affreuses geôles pour l’écolier, le soldat ou les époux sans vocation.

L’homme n’est pas libre dans la mesure où il ne dépend de rien ni de personne : il est libre dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il aime, et il est captif dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il ne peut aimer.

Ainsi le problème de la liberté ne se pose pas en termes d’indépendance. Il se pose en termes d’amour. Notre puissance d’attachement détermine notre capacité de liberté. Si terrible que soit son destin, celui qui peut tout aimer est toujours parfaitement libre, et c’est dans ce sens qu’il est parlé de la liberté des saints.
A l’extrême opposé, ceux qui n’aiment rien ont beau briser des chaînes et faire des révolutions : ils restent toujours captifs. Tout au plus arrivent-ils à changer de servitude, comme un malade incurable qui se retourne sur son lit.

Est-ce à dire qu’on doive accepter indifférement toutes les contraintes et s’efforcer d’aimer tous les jougs ? Cette voie des saints ne saurait être proposée comme un idéal social. Tant que le mal et l’oppression seront de ce monde, il y aura des jougs et des chaînes à briser.
Mais ce travail révolutionnaire ne peut pas être une fin en soi : la rupture d’une attache morte doit aboutir à la consolidation d’un lien vivant.
Il ne s’agit pas d’investir chaque individu d’une indépendance illusoire : il s’agit de créer un climat où chaque individu puisse aimer les êtres et les choses dont il dépend. Si notre volonté d’indépendance n’est pas dominée et dirigée par ce désir d’unité, nous sommes mûrs pour la pire servitude.
Je le répète : l’homme n’a pas le choix entre la dépendance et l’indépendance ; il n’a le choix qu’entre l’esclavage qui étouffe et la communion qui délivre.
L’individualisme – nous ne l’avons que trop vu – n’est qu’un refuge provisoire ; nous ne sommes pas seuls ; nous ne pouvons pas nous abstraire les uns des autres, et, bien avant l’égalité suprême de la mort, le même destin nous emporte.
il dépend de nous seuls de faire ce destin commun favorable ou néfaste. Si nous ne vivons pas ensemble comme les organes d’un même corps, nous nous flétrirons et nous pourrirons ensemble comme ces feuilles sans sève, si indépendantes les unes des autres, si individualistes, mais que le même vent d’automne arrache et roule à son gré. Ou plutôt – car la France aussi ne peut pas s’abstraire du reste du monde – une force étrangère nous imposera du dehors cette unité que nous n’avons pas voulu créer du dedans.
L’alternative est claire : ou nous serons unis aujourd’hui dans le même amour ou courbés demain sous le même joug. »

« Retour au réel » - Première partie. § VI : « Dépendance et liberté » (pp. 157-161) - 1943.

frise avec lys naturel

Autres publications consacrées à Gustave Thibon dans les pages de ce blogue :
- « In memoriam : Gustave Thibon » (2008) > www
- « Gustave Thibon : dix ans déjà ! » (2011) > www
- « Eloignement et connaissance » (extrait de « Retour au réel ») > www
- Le message de ND de La Salette au monde paysan > www
- « Le goût de l’aliment éternel » > www
- « Libertés » (extrait de « Diagnostics ») > www
- « Eglise et politique » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www
- Le sport dans la société moderne > www
- « Vertu c’espérance et optimisme » (in « l’Equilibre et l’harmonie ») www
- Critique de la « démocratie » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») www
- Gustave Thibon : « La leçon du silence » > www

Neuvaine aux Saints Rois Mages.

- du  28  décembre au  5  janvier -

Enfant Jésus Etoile

Pour ceux qui désirent préparer la fête de l’Epiphanie par une neuvaine, il convient de la commencer le 28 décembre, de sorte qu’elle s’achèvera le 5 janvier, pour les premières vêpres de l’Epiphanie.

Bien sûr, l’objet principal de la fête de l’Epiphanie est Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, manifesté (c’est le sens du mot grec « Epiphanie ») de manière éclatante comme Rédempteur de l’humanité.
Malgré les prodiges dont elle fut entourée, en effet, Sa naissance est restée relativement discrète. La venue des Rois d’Orient va la révéler à Jérusalem, à la cour d’Hérode et dans les cercles sacerdotaux.
En outre, l’Epiphanie n’est pas uniquement la célébration de la venue des Rois Mages : la liturgie « fusionne » en une unique célébration la manifestation du Christ aux païens (les Mages), la manifestation du Christ à Israël lors du baptême par Jean, ainsi que la manifestation du Christ à Ses propres disciples à Cana.

Néanmoins, si ce sont bien trois miracles que nous célébrons en ce jour (cf. antienne à Magnificat des Vêpres de l’Epiphanie), l’arrivée des Mages occupe une place de choix dans la liturgie, aussi bien que dans la culture populaire.
Il faut bien dire que ces personnages sont fascinants : pas seulement d’une manière « folklorique » et superficielle, mais dans toute la profondeur de la plus authentique spiritualité.

De très nombreux saints ont nourri une grande dévotion envers les Saints Rois Mages ; des confréries existèrent jadis en leur honneur ; et l’on sait que la ville de Cologne a construit pour conserver leurs reliques une cathédrale remarquable, où les saints corps sont déposés dans une châsse qui constitue la plus exceptionnelle de toutes les pièces d’orfévrerie produites par le Moyen-Age et vers laquelle convergent toujours de nombreux et fervents pèlerins.
Pour ne citer qu’elle, la Bienheureuse Marie du divin Coeur (Droste zu Vischering), mystique de tout premier ordre, a pu témoigner qu’elle a obtenu par leur intercession des grâces signalées.

Il n’est donc ni incongru ni déraisonnable de préparer son âme à la fête de l’Epiphanie par une neuvaine aux Saints Rois Mages.
Au Mesnil-Marie, nous y pensons chaque année. Mais parce qu’il existe peu de textes de prières satisfaisants en l’honneur des Saints Rois Mages - auxquels nous conservons les noms que leur a attribués une tradition pluriséculaire (même s’il n’est pas rigoureusement certain que ce furent leurs prénoms « historiques », car, en définitive, cela est sans aucune importance) – , j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie d’en composer une, et c’est cette dernière que je vous propose ci-dessous.

Lully.

etoile019.gif

Leonaert Bramer 1638-40 la quête des mages musée de la New-York Historical Society

Leonaert Bramer – Le voyage des Mages (oeuvre de 1638-40,  conservée à la New-York Historical Society) :
on remarquera que l’artiste a bien représenté – conformément à la Tradition – que l’ « astre » qui a conduit les Mages n’était pas une étoile ou une comète, mais en réalité une lumière miraculeuse portée par un ange
(cf. lien en bas de cette page).

Prière pour demander des grâces
par l’intercession
des Saints Rois Mages Gaspard, Melchior et Balthazar :

Saints Mages d’Orient qui, bien que n’appartenant pas par la naissance au peuple de la Promesse, aviez connaissance des anciennes prophéties annonçant l’Astre qui se lèverait en Jacob, vous dont les âmes brûlaient de saints désirs dans l’espérance de voir se lever cette étoile miraculeuse, nous vous en prions, quelque épaisses que soient les ténèbres du monde qui nous entoure et quelque ardues que soient les difficultés que nous rencontrons, obtenez-nous de ne jamais céder aux tentations du découragement mais de tenir toujours une indéfectible confiance et une invincible espérance, pour avancer sans faiblir à la lumière des promesses de Dieu…

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

Saints Rois d’Orient, qui avez obéi sans hésitation et sans retard à l’invitation de l’Astre miraculeux, qui avez obéi sans hésitation et sans retard aux oracles des Saintes Ecritures lorsqu’ils vous furent révélés, puis qui avez obéi sans hésitation et sans retard aux ordres divins que l’ange vous manifestait en songe, quand bien même tous les arguments de la raison humaine vous pouvaient crier que cela était insensé, nous vous en prions, quelque virulentes que puissent être les oppositions qui s’élèvent de toutes parts contre la foi chrétienne divinement révélée, obtenez-nous de demeurer toujours fermes et forts dans cette foi, et de marcher sans défaillance dans les voies de la fidélité, inébranlables jusqu’au martyre si Dieu nous fait la très grande grâce de nous y appeler.

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

Très Saints Rois Mages, qui, en dépit de toutes les apparences contraires, avez reconnu le puissant Roi des rois dans ce Nouveau-né vulnérable et pauvre que vous présentait Sa Mère, avez adoré votre Dieu dans les abaissements inouïs de Son Incarnation, et avez confessé qu’Il serait l’unique Rédempteur et l’universel Sauveur par les souffrances de Sa Passion, nous vous en prions, malgré nos propres faiblesses et nos péchés, obtenez-nous à nous aussi ce très ardent amour qui a embrasé vos cœurs lorsque vous vous êtes prosternés devant l’Enfant Jésus, de sorte que, ouvrant nous aussi les trésors de nos cœurs, nous Lui offrions à tout moment et en toutes occasions l’or d’une authentique charité, l’encens d’une prière continue et la myrrhe d’une généreuse pénitence.

Pater noster… ; Ave, Maria… ; Gloria Patri…
Saint Gaspard, Saint Melchior et Saint Balthazar,
priez pour nous !

On peut ensuite confier à l’intercession des Saints Rois Mages, en silence, des intentions plus particulières (grâces personnelles, malades, personnes en souffrance, personnes éloignées de Dieu, pécheurs endurcis, mourants, défunts de nos famille… etc.)

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Leonaert Bramer 1628-30 l'adoration des Mages - musée de Détroit

Leonaert Bramer – l’adoration des Mages (oeuvre de 1628-30, conservée à Détroit)

Et à propos de l’Etoile miraculeuse qui a conduit les Mages  voir ici > www

etoile019.gif

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 28 décembre, 2014 |3 Commentaires »

2014-117. « Ainsi Saint Etienne suivit-il Celui qu’il aimait. »

26 décembre,
fête de Saint Etienne, protomartyr.

Notre glorieux Père Saint Augustin a prononcé plusieurs sermons à l’occasion de la fête de Saint Etienne, le premier de la longue cohorte des martyrs.
Au lendemain même du jour de la Nativité, la fête de Saint Etienne vient en effet rappeler aux chrétiens qui auraient tendance à l’oublier, que le Seigneur qui ravit leurs coeurs par les charmes apparents de l’enfance, a été et demeure jusqu’à la fin des temps un signe de contradiction : la paix chantée par les anges dans le ciel de Bethléem n’est ni l’absence de combats, ni la suppression des difficultés et des contradictions, ni la promesse d’une vie paisible et facile…
Les Juifs enragés qui mirent à mort Saint Etienne ont, de nos jours, de nombreux successeurs dans leur haine du Christ et de Ses disciples.

A la suite de Saint Etienne, chacun de nous est appelé au témoignage – au martyre du corps ou du coeur – , chacun de nous est appelé à imiter le Christ Sauveur en passant par la Croix pour entrer dans la gloire.

Annibale Carraci - le martyre de Saint Etienne

Annibale Carraci – le martyre de Saint Etienne

« Ainsi Saint Etienne suivit-il Celui qu’il aimait. »

§ 1. Saint Etienne est le premier des martyrs : il resplendit d’un éclat particulier.

Vénérons tous saint Etienne, frères bien-aimés, puisque aujourd’hui nous allumons des flambeaux en son honneur, et qu’en mémoire de lui nous nous réunissons ici dans les sentiments de la plus vive allégresse.
Depuis le crucifiement de Jésus, il n’y avait encore eu aucun martyr ; personne n’avait encore suivi le Christ jusqu’à la mort. Le monde possédait encore les Apôtres ; c’était encore le temps où Saul, pareil à un loup, sévissait contre les chrétiens, et déjà le Sauveur déposait sur le front d’Etienne la couronne de la gloire.
Jusqu’à ce moment, dans les champs et les prés du siècle ne s’était point épanouie la fleur des confesseurs ; le sang du Christ, répandu en terre, n’avait pas enfanté de martyrs. Saint Etienne fut donc le premier germe sorti de cette semence ; ce fut la première fleur qui se montra aussitôt après que la Judée eut fait couler le sang du Rédempteur.
Ivre encore du crime qu’elle venait de commettre, les mains teintes de sang, la bouche encore pleine des cris de mort qu’elle avait, dans sa rage, proférés au tribunal de Pilate, la synagogue ne supporta pas qu’Etienne fût un témoin du Christ ; elle ne voulut voir en lui qu’une sorte de satellite gagé d’un crucifié mis au tombeau ; aussi fit-elle pleuvoir sur lui une grêle de pierres, et ainsi Saint Etienne suivit-il Celui qu’il aimait.

§ 2. Dans ses supplices, Etienne était fortifié par la contemplation du Ciel.

Pendant que les lapidateurs le tenaient sous leurs mains et lui infligeaient le plus cruel supplice, le ciel s’ouvrit devant lui, et il vit le Fils de l’homme assis à la droite de Dieu. La récompense s’étalait aux regards du soldat ; le céleste athlète apercevait le prix que Dieu lui avait préparé ; la couronne (*) réservée au martyr apparaissait à ses yeux ; à cette vue, et tout disposé à mourir, Etienne expose aux coups de ses ennemis furieux un coeur brûlant d’amour pour Dieu, car la palme du triomphe est là, devant lui, dans le ciel ; il touche au port du salut !
Nous ne saurions en douter, mes frères, il contemplait le ciel des yeux de son corps ; la présence du Christ, assis sur un trône, à la droite du Père, le comblait de joie ; en face de pareils témoins, la lutte pour lui ne pouvait être timide, elle fut celle d’un héros. Si, d’un côté, les Juifs accablaient de pierres le martyr, d’autre part, le Christ lui envoyait, du haut du ciel, des couronnes (*) sur lesquelles son sang avait empreint une teinte d’un blanc rosé.

§ 3. L’impiété des Juifs, aveuglés par la haine du Christ et endurcis dans leur rejet de la lumière, ne peut triompher de la foi chrétienne.

A quoi te sert, ô impie synagogue, cet acte de cruauté ?
Tu jettes des pierres à Etienne, et tu travailles encore davantage à l’honorer ; tu lui ôtes la vie, et tu contribues encore plus à l’exalter ; tu le persécutes sur la terre, et, sans le savoir, par tes mauvais traitements, tu l’envoies plus vite au ciel.
Déjà l’âme du martyr, arrivée à ses lèvres, va s’envoler au ciel ; elle y tient déjà par toutes ses puissances ; aussi est-elle devenue insensible à tes coups, et ne prendra-t-elle plus souci de ta force, car elle partage déjà la joie des anges, et comme il se trouve déjà dans les rangs de l’armée des archanges, le confesseur du Christ ne saurait plus redouter les souffrances de ce monde.
Le Père lui adresse la parole, le Fils le console, le Saint-Esprit ranime ses sens affaiblis ; le ciel, avec ses mystérieuses beautés, lui sourit et le rassasie d’avance, comme un de ses habitants, de ses divines richesses ; ainsi devient insensible pour notre martyr le supplice de la lapidation. Pour toi, impie Judée, tu parfais ton crime, tu accomplis jusqu’au bout ton homicide ; à peine as-tu fini de faire mourir le Christ, que déjà son serviteur tombe sous tes coups, comme si, en ajoutant un meurtre à un autre, tu pouvais effacer la souillure du premier. « Voilà », s’écrie Etienne, « voilà que je vois les cieux a ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. VII, 55).
Le vois-tu, cruelle Judée ?
Le Christ dans le sang duquel tu as trempé tes mains est vivant dans le ciel. Tu frémis de rage, je le sais bien ; tu ne veux pas entendre dire que Jésus, que tu croyais mort, vit toujours. Car si tu lapides aujourd’hui Etienne, c’est afin qu’il ne continue pas de rendre témoignage de la vie du Christ.
Mais à quoi bon te raidir et vouloir t’opposer à de si nombreuses légions de martyrs ? Parviendras-tu jamais à leur imposer silence ?
Evidemment, non ! « Après cela, je vis », dit Jean, « une grande multitude que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, qui se tenaient debout en la présence de Dieu, revêtus de robes blanches, avec des palmes en leurs mains » (
Apoc. VII, 9). Ils portent des palmes dans leurs mains, et de ta bouche s’échappe le feu qui consume ton coeur ; ils tressaillent de joie au sein de la gloire, et tu martyrises ta conscience ; ils règnent avec le Christ que tu as fait mourir, et sur toi demeure éternellement la souillure du sacrilège que tu as commis !

§ 4. Saint Etienne n’a pas seulement imité Notre-Seigneur en étant mis à mort mais aussi en priant pour ceux qui le mettaient à mort : c’est pourquoi il resplendit d’un tel éclat et nous devons l’imiter à notre tour.

Enfin, mes frères, écoutez notre pieux martyr ; écoutez cet homme qui s’était rassasié à une table sacrée et divine, et dont l’âme, en présence des cieux ouverts devant lui, pénétrait déjà les secrets consolants de ce divin séjour. Au moment où les Juifs, emportés jusqu’à la cruauté par leur impiété habituelle, brisaient le corps du martyr sous une grêle de pierres, celui-ci, s’étant mis à genoux, adorait le Seigneur-Roi et disait : « O Dieu, ne leur imputez pas ce péché ! » (Act. VII, 59).
Le patient prie, et son bourreau est inaccessible au sentiment du repentir ; le martyr prie pour les péchés d’autrui, et le juif ne rougit point du sien propre ; Etienne ne veut pas qu’on leur impose ce qu’ils font, et ses ennemis ne s’arrêtent qu’après lui avoir donné le coup de la mort.
Quelle rage ! Quelle fureur inouïe ! Travailler avec d’autant plus d’ardeur à le tuer, qu’ils le voyaient prier pour eux ! Ce spectacle n’aurait-il pas dû plutôt amollir leurs cœurs ?
Notre martyr a donc retracé en lui-même les caractères de la mort de son Maître. Attaché à la croix, sur le point de rendre le dernier soupir, Jésus priait son Père de pardonner aux Juifs leur déicide ; engagé comme le Christ dans les tortueux sentiers du trépas, Etienne a imité son Sauveur, a offert à Dieu le sacrifice de sa vie ; c’est pourquoi il a suivi jusqu’au ciel le Seigneur tout-puissant. Aussi, mes frères, devons-nous nous recommander à ses saintes prières, afin qu’à son exemple nous méritions de parvenir à la vie éternelle.

(*) Saint Augustin fait ici un jeu de mot, puisque le nom grec d’Etienne, Stéphanos, signifie « couronné ».

Annibale Carraci  - détail du martyre de Saint Etienne

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints, Textes spirituels |on 26 décembre, 2014 |1 Commentaire »

2014-116. Le Noël de celui qui n’est pas venu.

- Conte de Marie Noël -

Soir de la Nativité de Notre-Seigneur,
jeudi 25 décembre 2014 au soir.

Agnolo Bronzino - Adoration (détail 2)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour beaucoup de nos contemporains, qui ont commencé à fêter Noël avant Noël, au soir du 25 décembre, la fête est terminée… avec un sentiment de saturation et de lassitude hépatique pour, souvent, avoir trop bu et trop mangé.

Pour les chrétiens qui vivent la fête de la Nativité en esprit et en vérité,  et pour lesquels la fête est – avant toutes autres choses – spirituelle, cette fête est loin d’être achevée au soir du 25 décembre ; tout au contraire, la fête vient tout juste de commencer, et va durer huit jours : c’est l’octave de la Nativité.

Je vous souhaite donc, Amis lecteurs, une sainte fête de la Nativité et je veux particulièrement remercier tous ceux qui nous ont envoyé des messages, des cartes, des courriels, des présents et des offrandes, pour soutenir le Refuge Notre-Dame de Compassion, …etc.
Pendant tout ce temps de la Nativité, vos personnes et vos intentions sont présentées d’une manière très spéciale au Coeur doux et humble de l’Enfant Jésus en Sa crèche, et à l’intercession de Sa Très Sainte Mère, si compatissante à toutes nos nécessités : qu’ils vous protégent, vous gardent et vous bénissent !

Je n’en dis pas davantage pour ce soir, et vous laisse méditer un très beau conte de Noël que nous devons à cette merveilleuse poétesse que fut Marie Noël…

Lully.

etoile019.gif

Agnolo Bronzino - Adoration (détail 1)

Le Noël de celui qui n’est pas venu :

La veille de Noël, la vieille Mère Rachel se prépara comme tous les ans à conduire tous ses fils à la Crèche.
Elle appela ses trois fils préférés : Simon, celui qui travaillait la terre ; Lazare l’ouvrier forgeron ; et André, celui qui allait encore à l’école.

Elle avait aussi un autre fils, né d’un autre lit.
C’était un homme qui avait énormément travaillé et beaucoup épargné pour aider sa mère Rachel à élever ses trois petits frères. Il avait aussi reconstruit et entretenu de ses deniers la maison familiale et il continuait toujours à donner généreusement.
Pourtant, ses frères ne l’aimaient pas. Ils lui enviaient ses capacités à faire le bien ; ils en étaient jaloux. Aussi le tenaient-ils à l’écart et n’hésitaient pas à le railler quand ils le croisaient en chemin.

En cette veille de Noël, Rachel frappa à sa porte.
« Jean  dit-elle, je pars tout à l’heure adorer le Seigneur Jésus. Mais la route est un peu longue jusqu’à Bethléem et je n’ai pas assez de vivres. Peux-tu me donner des provisions ? »

« Voici mes clefs, répondit Jean, celle du grenier, celle du cellier, celle de la cave. Prends tout ce qu’il te faut et même plus. Mes frères ne doivent manquer de rien pour ce beau voyage qui sera une grande fête ! »

Sa mère prit les provisions et s’en fut mais aussitôt elle revint…
« Le manteau de ton frère Simon est râpé, il aura froid en route, donne-moi un vêtement pour lui. »

« Prends mon manteau, ce sera pour moi une grande joie de savoir mon manteau aller à Bethléem sur les épaules de mon frère ! »

Mère Rachel prit le manteau mais revint encore.
«  Les souliers de ton frère Lazare ont de bien mauvaises semelles. Tu ferais bien de m’en donner une paire pour lui. Tu en as une de rechange et il fait ta pointure. »

« Prends mes souliers du dimanche, ce sera une grande joie pour moi de savoir mes souliers neufs aller à Bethléem aux pieds de mon frère ! »
Mère Rachel s’en fut avec les beaux souliers et le bruit du départ s’éleva dans la cour.

Alors, Jean parut timidement sur le seuil.
« Mère Rachel, dit-il, ne m’emmènerais-tu pas avec vous pour adorer l’enfant Jésus à la Crèche ? »

Mais aussitôt les frères s’indignèrent : « Tu es trop vieux pour nous suivre, tu nous retarderais en plus tu n’es pas vraiment de la famille. Et puis, tu es riche et Dieu n’aime pas la richesse. »

Jean retira de son doigt un petit anneau d’or : « Tiens, dit il à son frère André, prends mon anneau, tu le remettras en cadeau de fête à notre Petit Seigneur. »

« Non, répondit André, ton or ne vaut rien devant Lui. »

« C’est vrai, dit humblement Jean. Alors, porte mon coeur à Jésus pour qu’Il me fasse miséricorde. »
Les frères se moquèrent de lui…
Jean baissa la tête parce qu’il se sentait rejeté de la grâce de Noël.

La Mère Rachel partit avec ses fils préférés.
Quand ils arrivèrent à Bethléem, ce fut une grande fête à la Crèche. Mère Marie et Mère Rachel étaient si contentes de se revoir ! C’est qu’elles se connaissaient de longue date!

Rachel présenta ses garçons : « Les voici, dit la vieille mère. Celui qui a la faucille, c’est Simon ; celui qui le marteau, c’est Lazare ; celui qui n’a qu’un livre, c’est André. N’est-ce pas qu’ils sont jeunes et forts et plein de courage ! »

« Ne manque-t-il pas quelqu’un ? » demanda Marie.

« Personne ! » dit André

« Seulement le riche ! » poursuivit Lazare.

« Rien que le vieux ! » expliqua Simon.

« De si haut où je demeure, je ne connais les humains que par leur nom d’humain. Et je connais Jean, âme de bonne volonté. Mais pourquoi n’est-il pas venu ? », questionna Marie…
La question de Marie resta sans réponse ; alors, elle se tourna vers Jésus et murmura : « Ah ! Petite bouche de Dieu, jusqu’à présent tu n’as guère parlé qu’à des sourds et tu parleras, j’en ai peur, à bien des sourds encore. »

Puis, elle l’assit sur ses genoux pour recevoir selon l’usage les offrandes. Les trois fils se prosternèrent et offrirent leurs présents : une faucille pour Simon et sa peine des quatre saisons ; un marteau pour Lazare et sa fatigue de toute la semaine ; un livre pour André et l’espoir de l’établissement d’une cité plus juste en détruisant les cités injustes.

Le regard de Jésus semblait triste.

Alors, Mère Rachel prit l’anneau qu’elle avait caché près de son coeur sous son vêtement. Elle déposa aussi le bon manteau qu’avait porté Simon, les chaussures qui avaient servi à Lazare et une part de provisions.
L’anneau luisait d’une grande lueur et le Petit Seigneur riait, tendant les mains à sa lumière comme un enfant s’amuse avec une belle flamme de feu.

Marie dit doucement : « Je te remercie, Mère Rachel et je remercie tes fils d’avoir apporté au mien des présents d’un tel amour. Car, en vérité, on sent plus d’amour dans un seul de ces vêtements que dans le travail de toute une vie. A l’an prochain, Mère Rachel. Retournez à la maison et allez dire à Jean : « Celui qui a été béni à la Crèche, c’est celui qui n’est pas venu. »

Souvenez-vous, que sert à l’homme de perdre l’Amour ?

Marie Noël.        

Agnolo Bronzino L'adoration des bergers 1539-40

Agnolo Bronzino : Adoration (1539-40) 

Autres contes en rapport avec le temps de Noël :
- Merveilleuse visite de l’Epiphanie > www
- « La dernière visiteuse » (J. et  J. Tharaud) > www
- « Te hominem laudamus » (Marie Noël) > www
- La légende de la sauge > www

B.D. « Pourquoi ? » > www

etoile019.gif

2014-114. « Bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ».

Dimanche de « Rorate », 4ème de l’Avent,
21 décembre 2014, au soir.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce quatrième dimanche de l’Avent, dans sa prédication, Monsieur l’Abbé Vannier a donné une suite à son sermon de dimanche dernier (cf. > www).
Je sais que beaucoup d’entre vous ont apprécié ce texte et je ne doute donc pas que vous serez tout aussi nombreux à lire avec attention et à méditer ces enseignements…

                                                          Lully.

Willem van Herp - la Visitation, 1659

La Visitation – Willem van Herp (1614-1677)

Bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu
et la mettent en pratique !

Homélie de Monsieur l’Abbé Henri Vannier
à l’occasion du dimanche de « Rorate » 21 décembre 2014 :

Après avoir considéré la Foi comme l’adhésion surnaturelle à la Parole de Vérité reçue de Dieu, il convient d’insister sur la nécessité de vivre la Foi en tant que Parole de Vie, et de conformer sa vie de tous les instants à la grâce de son baptême : à cette condition, le croyant est véridique, cohérent et fidèle, de sorte que le Christ peut effectivement développer en lui la justice de sa grâce et en faire un authentique chrétien disposé à la sainteté.
Celui qui prétend être religieux alors qu’il se complaît dans une Foi dont il n’accomplit pas les oeuvres – les oeuvres de lumière – , ne peut pas plaire à Dieu, et s’illusionne dans une religion vaine et stérile.

Puisque la Foi est lumière, elle ne se contente pas de montrer la route, elle ne s’arrête pas à la connaissance de la Vérité révélée. Elle n’en reste pas au point de s’en tenir à une théorie abstraite, ce qui la réduirait soit à une idéologie faite de formules et de slogans sans aucune sagesse de vie, soit à une religion formaliste imposant une morale communautaire de contraintes et d’interdits sans aucune liberté d’amour.
La Foi n’est pas auto-suffisance, ni passeport de bonne pensée, ni lettre morte. Au contraire, puisqu’elle procure la vie éternelle, elle ouvre la voie, elle met en route sur le chemin du Royaume, elle inspire la force de l’Espérance et la ferveur de la Charité, elle souffle l’esprit des Béatitudes. La Foi est esprit vivifiant, vertu d’agir, puissance au bien, dynamisme de sainteté.
La fidélité du croyant implique la présence et l’activité de la grâce, avec la recherche continuelle de la perfection chrétienne au sein des innombrables occupations quotidiennes, même les plus humbles, toutes, accomplies avec le Christ.

Pour les Anciens et nos Premiers Pères dans la Foi, eux qui, par la fougue sacrée de leur conversion résolue, ont répandu l’Evangile, édifié l’Eglise et fait la Chrétienté, c’était un devoir d’honneur et de fidélité : ils auraient perçu les fautes contre la Foi et la Charité comme un retour à leur ancien paganisme et une trahison à l’amour que Dieu leur avait offert. Plus encore, parce qu’ils avaient une pleine conscience de leur nouvel état, ils ne pouvaient imaginer qu’un chrétien ne conforme pas sa vie à ce qu’il était devenu au baptême : un racheté, un élu, un enfant de Dieu, un héritier et un citoyen du Ciel ; un homme juste et saint, aimant et vivant désormais non pas comme un homme ordinaire, mais selon le Christ.

Avouons-le : cet idéal déroute nos contemporains pour lesquels la religion n’engloberait pas tout l’homme ; ils peinent à croire que l’action du Christ puisse purifier, guérir, habiter, élever et sanctifier l’intégralité de notre nature.
En Eglise aussi beaucoup de pratiquants séparent la religion de l’ensemble de leurs préoccupations, empêchant ainsi la grâce d’embrasser et d’imprégner toute leur existence.
Le naturalisme est le grand fléau de notre époque : les catholiques y perdent la raison même de leur Foi.

En créant l’homme dont il réparera le péché, Dieu a choisi de l’adopter comme son fils. Aussi, pour révéler le mystère de cette surprenante élévation à l’intimité divine – objet d’une miséricorde infinie – la Providence a pris soin de marquer l’avènement du Messie par des évènements significatifs.
Ainsi, aux premières lueurs du Salut, des Rois Mages, venus de la lointaine Orient, apparaissent comme les témoins inattendus de la vocation à la lumière d’en-haut. Prémisses de la Foi et modèles de sagesse, ils scrutent le ciel, voient l’étoile, croient, se mettent en route et suivent la voie tracée devant eux ; puis ils adorent et offrent leurs présents à l’Enfant nouveau-né qu’ils reconnaissent comme Dieu, Roi et Sauveur de l’humanité. Leur étonnante entrée sur la scène de l’Eglise naissante figure le dessein de Dieu d’inviter tous les hommes au Banquet nuptial, bons ou mauvais, croyants ou non, et, à cette fin, de les transformer intérieurement par le don de la Foi et l’action de la grâce.

Ouvrons donc l’Evangile.
Nous y voyons tout d’abord Jésus déclarer avec autorité qu’Il n’est pas seulement la vérité, mais aussi la vie sans laquelle tout est perdu.
Ensuite Il annonce la nécessité de cette renaissance dans l’eau et l’esprit, explique à ses disciples que le croyant possède déjà la vie éternelle, que le Royaume des Cieux est déjà parvenu en eux, les exhortant à la perfection ; tandis qu’Il condamne ceux qui, installés dans une religion de façade, imposent aux autres de lourds fardeaux.
Enfin, et nous touchons là à l’un des aspects les plus beaux de l’Evangile, Jésus prouve la vérité de sa religion et la réalité de sa filiation divine en accomplissant les oeuvres de son Père.
Et que sont-elles ces oeuvres ?
Ce sont les oeuvres du Messie annoncées dans l’Ancien Testament et relatées ici comme l’histoire illustrée du Salut parmi les hommes : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Matth. XI).

Dans les épîtres, les Apôtres développent ce programme évangélique de guérison spirituelle et de justice qui s’incarne dans la Charité. Saint Jacques, en quelques mots choisis, résume ainsi : « La religion pure et sans tâche aux yeux de Dieu le Père, la voici : c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse et de se préserver des souillures de ce monde » (Jac. I, 27).
Tel est le secret d’une authentique sainteté : l’union à Dieu par la Foi, une Foi sûre et éclairée, celle-ci entraînant l’adhésion de sa vie à la vérité de sa vocation.

Chef d’oeuvre de la grâce, la Vierge immaculée donne la parfaite illustration de ce dynamisme de la Foi et de la Charité dont le fruit est Jésus-Christ habitant parmi nous. Marie a spontanément cru à la Parole de Dieu, et, parce qu’elle a cru, elle a adhéré aux desseins du Père dont elle a permis la réalisation : c’est ainsi qu’elle a conçu, enfanté, mis au monde et nourri le Fils du Très-Haut. Cependant, en empruntant la charité fraternelle à l’amour de Dieu, la Sainte Vierge s’empressera d’aller visiter sa cousine Elizabeth et, plus tard, elle prendra soin du vin au banquet des Noces de Cana, donnant ainsi le visage d’une religion accomplie ô combien aimable !

N’est-ce pas pour célébrer ce Mystère de Marie, mais aussi pour proclamer l’oeuvre admirable de notre justification dans le Christ que l’Eglise, à l’approche de Noël, reprend ces paroles du prophète : « Cieux, répandez d’en-haut votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste ! Que la terre s’entrouvre et fasse germer le Sauveur ! » (Isaïe 45, 8) ?

J’entends bien l’objection de celui qui me mettra en face de ma propre misère et soulèvera l’incapacité de l’humaine condition, nous renvoyant à la triste réalité de nos iniquités. Comment donc concilier notre faiblesse et notre inconstance avec l’idéal de sainteté ?
Nous répondons que la puissance de Dieu opère justement dans la faiblesse, à la mesure de l’humilité et de la contrition, et que l’espérance reçoit de l’Evangile de la Rédemption l’assurance d’un pardon toujours plus efficace pour un amour toujours plus intense.

Le croyant est optimiste, de l’optimisme de la grâce : il se sait aimé de Dieu et sauvé par Jésus ; sa religion lui inspire les plus grands désirs. Voilà pourquoi Noël déborde tant de joie, chante la gloire de Dieu au plus haut des cieux et la paix sur terre aux hommes de bonne volonté !
Noël, c’est la grâce de naître, de vivre et d’aimer en enfant de Dieu, c’est la grâce d’être délivrés de tout mal et d’être appelés au Royaume des Cieux.
Reconnaissant donc la dignité d’une si sublime vocation, vivons et grandissons auprès du Christ, parce qu’Il est le Bon Pasteur venu nous emmener au-delà de nos propres limites jusqu’au sein du Père, là où la vie éternelle ne connaîtra ni pleurs ni larmes, là où tant d’efforts seront récompensés, là où la Foi sera dissipée par la vive clarté de la vision béatifique et où la grâce laissera la place à la gloire.

Les premiers chrétiens, habités par le souvenir récent de Jésus, possédaient la jeunesse et la passion de l’amour tout neuf. Mais nous, fatigués sous le poids des désarrois et confrontés à la vieillesse d’un monde archaïque envahi par une culture de mort, comment pouvons-nous fortifier et renouveller notre Foi dont le témoignage a la puissance d’inverser le cours d’une histoire plus sombre que jamais ?

L’ultime solution réside encore et toujours dans la confiance ; il ne resterait que la confiance, elle suffit : en remettant avec ferveur et sans crainte notre pauvreté, rien que notre pauvreté, toute notre pauvreté, entre la douceur et l’humilité du Coeur de Jésus, trésor de bonté. Car, n’est-ce pas de ce Dieu qui apparaît avec la plénitude de sa miséricorde que nous recevons, pieusement, le don précieux de la fidélité ?

Carlo Maratti vers 1650 la Sainte Nuit (Dresde)

La Sainte Nuit – Carlo Maratti (1625-1713)

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 21 décembre, 2014 |2 Commentaires »

2014-112. « Bienheureux ceux qui croient à la Parole de Dieu, et qui marchent à la lumière de la Foi ! »

Dimanche de Gaudete 14 décembre 2014 au soir.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas achever ce jour sans vous adresser le texte de l’homélie prononcée ce dimanche matin par Monsieur l’Abbé Henri Vannier, à l’occasion de la Grand’ Messe célébrée selon la « forme extraordinaire du rite romain », en l’église de Ceyssac.
Frère Maximilien-Marie m’en a rapporté le texte dont la lecture m’a enchanté, tout comme son audition avait énormément plu à notre Frère : je ne doute pas qu’un grand nombre d’entre vous saura l’apprécier et tirer un grand profit spirituel de sa méditation…

Lully.

Charles le Brun le triomphe de la foi - Vaux le vicomte 1658-60

Le triomphe de la Foi
Charles Le Brun – Vaux-le-Vicomte (1658-60)

Bienheureux ceux qui croient à la Parole de Dieu,
et qui marchent à la lumière de la Foi !

Homélie de Monsieur l’Abbé Henri Vannier
à l’occasion du dimanche de « Gaudete » 14 décembre 2014

Parmi les grâces que nous apporte la célébration de Noël : ô combien précieuse et nécessaire, la grâce d’une Foi toujours plus vive et plus ferme, toujours plus grande et plus éclairée.

La Foi est un don du ciel que Dieu offre ici-bas à tous les hommes de bonne volonté en vue de leur salut.
Au fondement et au coeur de l’Alliance éternelle entre Dieu et les hommes, elle consiste principalement à croire que Jésus-Christ est le Verbe consubstantiel et le Fils unique de Dieu, venu sur terre, revêtu de notre humanité, afin de sauver le genre humain déchu par le péché, né de la Vierge Marie, et dont Noël célèbre la naissance miraculeuse et merveilleuse.

Durant les siècles d’attente de l’Ancien Testament, les hommes étaient justifiés par la Foi au Messie à venir ; depuis Noël, ils sont désormais sauvés et sanctifiés par la Foi en Jésus-Christ qu’ils reconnaissent comme le Messie, le Rédempteur du genre humain, le Roi des nations, la Lumière d’En-Haut qui éclaire tout homme venant en ce monde.

Il est surprenant qu’en nos temps où se répandent de plus en plus les ténèbres soit de l’apostasie, soit de l’indifférentisme, soit de l’ignorance, à l’heure où les institutions ecclésiales parlent tant de nouvelle évangélisation, les ministres de l’Eglise semblent en oublier l’objet essentiel, lequel consiste en la prédication de la Foi, de la Foi qui sauve et procure la vie éternelle.

Et quant à nous ?
Je voudrais, vous voudriez – n’est-ce pas ? – que, l’âge avançant, nous puissions témoigner avec l’Apôtre, animé à la fois par l’audace de l’humilité et la confession de la Vérité : « J’ai combattu le bon combat, j’ai accompli mon ministère, j’ai gardé la Foi. Il ne me reste plus qu’à recevoir la couronne de justice, qu’en ce jour-là me donnera le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront attendu avec amour Son avènement » (2 Tim. IV, 7-8) !

Pourquoi insister ainsi sur la Foi ?
Mais parce que la Foi, c’est la vie ; parce que la Foi, c’est la lumière ; parce qu’elle est la pensée même de Dieu. La certitude en face du doute ; la réponse à toutes les interrogations ; le remède aux illusions et aux mensonges, aux slogans et aux idéologies. Elle est la plus haute consolation parmi les tristesses ; elle est la seule vraie lumière qui montre la route, toutes les autres lumières sont caduqes, relatives, conjecturales…

Ainsi, comment ne pas être lassé par ces mêmes mots qui reviennent sans cesse dans le discours moderne : amour, partage, accueil, miséricorde, communion, lorsque ces mots, que n’éclaire plus la lumière de la Foi, se trouvent vidés de leur propre substance ?
Il y a une sorte de détournement de l’Evangile, qui est pire que sa négation.

Ouvrons le Nouveau Testament : on s’apercevra vite que, dans l’enseignement de Jésus, la vertu de Foi revêt une importance capitale.
Jésus admire la Foi, récompense la Foi, donne à la Foi de faire des miracles, reproche la lenteur à croire, prédit la condamnation de ceux qui n’auront pas cru, promet à la Foi de faire jaillir des fleuves d’eau vive, Se demande si à Son retour Il trouvera la Foi sur terre.
Surtout, Il annonce que celui qui croit possède déjà la vie éternelle.

Quant au contenu de la Foi, il ne s’agit pas d’un ensemble plus ou moins vague, ou abstrait, de notions aux contours imprécis, susceptibles d’évoluer comme le sont les opinions humaines voire les hypothèses scientifiques, mais d’un corps de doctrine cohérent et définitif.
C’est pourquoi, ainsi que l’a énoncé Saint Athanase sous un mode solennel en tête de son symbole (texte complet du symbole de Saint Athanase ici > www) : « Quiconque veut être sauvé doit avant tout adhérer à la Foi catholique ». Et le grand Docteur poursuit : « Quiconque ne l’aura pas gardée dans son intégrité inviolable périra sans aucun doute pour l’éternité ».
Insistons sur ce point que nos contemporains ont tendance à oublier.

La grandeur de l’objet de la Foi se mesure non à son importance dans la vie humaine au risque de le réduire à un sentiment ou à une expérience subjective, mais à son caractère proprement surnaturel.
Réduire la Foi, en ne lui accordant qu’une valeur subjective, voilà le péché du monde moderne ; il ne faut pas chercher plus loin la cause de ses maux.

La Foi consiste à adhérer à la Vérité divine que Dieu révèle.
Dès lors, dans mon acte de Foi, mon intelligence ne rend pas hommage à sa propre croyance, mais à la transcendance de la Vérité incréée.

C’est pourquoi la plus légère atteinte au contenu de la Foi catholique est une offense qui remonte à Dieu Lui-même. Une des conséquences sera que le péché contre la Foi – l’hérésie – est le plus grand de tous : contredire la Parole divine elle-même détruit en nous la lumière de la Foi qui unit à Dieu.

La lumière de la Foi nous introduit dans un monde de vérité absolue, fondée sur la Parole du Verbe de Dieu. De sorte que le chrétien qui a la Foi possède infailliblement la vérité et vit avec la certitude d’être dans le vrai. Dans notre condition de « voyageurs » – homo viator – sur cette terre, certes, l’obscurité qui nous enveloppe peut susciter quelque doute, mais la confiance en la Parole de Dieu est plus forte que nos craintes.

A celui qui n’a pas la Foi, ou pour lequel il n’y a pas de vérité, protestant que chacun a sa propre vérité – toute relative en conséquence – , qui nous reprochera même notre prétention et notre autosuffisance de paraître les seuls à détenir la vérité, nous lui répondrons que c’est la vérité reçue de Dieu, que ce n’est effectivement pas notre vérité, que nous n’en sommes pas les possesseurs ni les auteurs évidemment.
Nous conviendrons peut-être avec lui que la vérité nous dépasse infiniment, qu’elle nous restera toujours profondément mystérieuse.
Mais lorsque le Seigneur vient jusqu’à nous, nous dévoiler Son mystère et nous parler, alors la raison humble servante, écoute, reçoit, apprend ; et puis, elle pénètre et contemple, cherche à progresser : Crois pour mieux comprendre, et comprends pour mieux croire !

C’est ce à quoi nous nous appliquerons de grand coeur auprès de la crèche, devant l’avènement du Fils de Dieu et la naissance du divin Enfant de la Vierge Marie : nous serons de plus en plus sûrs et certains de ce Dieu qui nous apparaît de plus en plus mystérieux !

Bienheureux ceux qui croient à la Parole de Dieu, et qui marchent à la lumière de la Foi !

Charles le Brun - adoration des bergers - 1689 (Louvre)

L’adoration des bergers
Charles Le Brun – Musée du Louvre (1689)

Articles connexes :
Histoire de la dévotion à la crèche > www

Neuvaine préparatoire à la Nativité, du 16 au 24 décembre > www
« Ero Cras » - le sens des grandes antiennes « O » > www
« Le mystère de Noël »
 - Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) > www
« Pourquoi ? » (Bande dessinée) > www
« Chemin de Bethléem, école d’oraison » > www

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 14 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

2014-111. A propos de l’expression « repos éternel »…

Vendredi 12 décembre 2014,
fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > www).

Lever du jour au Mesnil-Marie - vendredi 12 décembre 2014

Lever du jour, au Mesnil-Marie, ce vendredi 12 décembre 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas vous écrire moi-même longuement aujourd’hui, mais je voudrais vous partager ce texte rédigé par notre Frère Maximilien-Marie à propos de l’expression « repos éternel » qui revient si couramment lorsque l’on prie pour les défunts.
Je vous laisse découvrir et méditer…

                                         Lully.

frise

« L’expression « repos éternel » me semble d’une telle ambigüité qu’elle me pousserait parfois à des mouvements d’humeur proches de la révolte.
Je m’explique.

Il est bien vrai que, depuis des siècles, la Sainte Eglise notre Mère, dans ses formules liturgiques inspirées, nous fait utiliser le mot de « repos » pour parler de la vie éternelle bienheureuse.
Sans doute cette notion de « repos » vient-elle alors marquer l’opposition avec le lieu du tourment sans fin qu’est l’enfer : cette « géhenne de feu, où leur ver ne meurt point et leur feu ne s’éteint pas » (cf. Marc. IX, 46-47).

Dans le canon romain, au memento des défunts, nous prions pour que Dieu accorde à nos défunts « locum refrigerii, lucis et pacis : le lieu du bonheur, de la lumière et de la paix ».
Le mot latin « refrigerium » se traduit littéralement par « rafraîchissement », et on le trouve chez Tertullien pour désigner le Ciel des bienheureux.
Ce simple mot de « refrigerium : rafraîchissement » fait image : mentalement, ne nous représentons-nous pas spontanément le voyageur qui a longtemps marché sous le soleil et qui peut faire halte à l’ombre, près d’une source bienfaisante ?
Il y a donc dans ce « locum refrigerii » du canon romain, l’idée implicite du repos et de la réfection des forces.

Sans doute encore peut-on trouver dans cette notion de « repos éternel » un écho des paroles mêmes de Notre-Seigneur : « Venez à Moi, vous tous qui êtes à la peine et qui ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai. Prenez sur vous Mon joug et apprenez de Moi que Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matth. XI 28-29).

Enfin, cela ne nous renvoie-t-il pas aussi au si consolant psaume XXII qui décrit le Seigneur Dieu sous les traits d’un Bon Pasteur qui fait reposer son troupeau aimé en de grasses prairies ?

Mais de là à s’imaginer que l’éternité qui nous est promise sera une espèce de farniente, où, alanguis sur de confortables divans, nous somnolerons dans un « nirvâna » de l’esprit et des sens, un peu comme si nous étions « shootés »… Non ! Mille fois non !
Devant une telle perspective, tout mon être s’insurge et proteste !

Ce n’est pas de ce repos-là dont mon âme, mon esprit et mon corps (car je crois à la résurrection de la chair et je sais que mon corps participera au bonheur céleste) ont besoin.
Pour moi, cet éternel repos en Dieu auquel je tends, auquel j’aspire, sera débordant d’activité et d’activités.
Des activités intérieures et même physiques – puisque mon corps ressuscité participera pleinement de l’action intérieure, qui n’aura alors plus aucune limite dans son déploiement – , qui seront toutes plus exaltantes les unes que les autres. 

Car ce sera une activité comparable à une inépuisable éruption volcanique, par son bouillonement et sa splendeur, que de pénétrer sans fin le mystère du Dieu-infini qui Se révélera à mon âme tel qu’Il est connu de Lui-même…
Car ce sera une activité comparable à la merveilleuse ivresse d’une course – sans effort et sans fatigue – dans le vent, que de connaître intimement les anges et les saints…
Car ce sera une activité semblable à une danse merveilleuse que d’entrer dans toute la plénitude de la sagesse et de la science (et d’assimiler tous les mystères de la création, ou bien encore, par exemple, tout le contenu de la bibliothèque d’Alexandrie que j’ai toujours rêvé de connaître !), et d’en être totalement dilaté dans l’action de grâces et la louange…
Car ce sera une activité semblable à un inextinguible et bienfaisant fou-rire que de communiquer sans plus l’ombre d’une incompréhension avec tous les sauvés, tous les bienheureux, qui nous entoureront…

Alors, oui ! quand je mourrai, et que vous prierez pour que le Dieu d’infinie miséricorde me donne le repos éternel, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir faire un mouvement quand mon corps endolori n’en pouvait plus, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir courir lorsque le souffle me manquait, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir bondir de joie quand ma carcasse épuisée ne pouvait plus soutenir la jubilation de l’esprit et de l’âme, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir chanter lorsque ma gorge était nouée, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir lire quand ma tête était trop fatiguée, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir rire lorsque j’avais trop mal… oui, pensez bien, alors, que ce repos auquel j’aspire de tout mon coeur, de tout mon corps, de tout mon esprit et de toute mon âme sera un indescriptible bouillonement de vie, de danse et de rires, un incroyable foisonnement d’exaltantes découvertes, un infini tournoiement d’insatiables curiosités pleinement satisfaites, chantant à pleine voix accompagné de la harpe de David et travaillant pour l’éternité avec délices à tout ce que les finitudes humaines ne m’auront pas permis de réaliser ici-bas !

« En Vous, Seigneur, j’ai espéré, je ne serai pas confondu pour l’éternité : in Te, Domine, speravi, non confundar in aeternum ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Image de prévisualisation YouTube

frise

Publié dans:Lectures & relectures, Textes spirituels |on 12 décembre, 2014 |1 Commentaire »

2014-110. Le fac-similé de la Sainte Maison de Lorette à La Flocellière.

10 décembre 2014,
fête de Notre-Dame de Lorette.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien le Mesnil-Marie savent que nous y nourrissons une fervente dévotion à la Santa Casa de Lorette, dont je vous avais entretenus au tout début de mon blogue (ici > « De la translation de la Sainte Maison de Lorette »).

Frère Maximilien-Marie a eu l’immense bonheur de s’y rendre en pèlerinage à plusieurs reprises et aujourd’hui il n’a pas manqué de me faire remarquer que nous étions exactement au sept-cent-vingtième anniversaire de son arrivée à Loreto  – le 10 décembre 1294 – , après avoir au préalable fait escale en Illyrie, puis dans deux autres lieux du territoire de Recanati.

Comme nous sommes encore dans l’année jubilaire du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis, notre Frère m’a également montré une photo (malheureusement pas très nette) qu’il a prise lors de son dernier pèlerinage à Lorette, en avril 2010, et qui montre, dans la chapelle française de la basilique (qui est aussi la chapelle du Très Saint Sacrement), au-dessus de l’autel, la représentation de la communion de Saint Louis dans la Sainte Maison (qui se trouvait alors encore à Nazareth) :

Lorette, chapelle française - St Louis recevant la communion dans la Ste Maison

Basilique de Lorette (Loreto), chapelle française :
Saint Louis recevant la sainte communion dans la sainte maison de Nazareth.

Il y a en France plusieurs chapelles ou sanctuaires qui sont placés sous le vocable de Notre-Dame de Lorette.
L’un des plus célèbres aujourd’hui, entré dans l’histoire en raison des combats acharnés dont il fut le théâtre au cours de la première guerre mondiale, se situe en Artois, près d’Ablain-Saint-Nazaire : la colline de Lorette est maintenant une immense nécropole où se perpétue le souvenir des soldats tombés lors des épisodes sanglants de 1914-1918 ; au milieu des étendues de croix blanches, la chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette a été rebâtie.

Mais c’est d’un autre sanctuaire, tout à fait remarquable, que je voudrais vous parler en ce jour : il est sis sur la paroisse de La Flocellière, au pied de Saint-Michel Mont-Mercure, en bas-Poitou, aux confins de l’Anjou, actuel département de la Vendée.
Là se trouve en effet un fac-similé d’une minutieuse exactitude de la Santa Casa de Lorette.

Façade de la chapelle ND de Lorette à La Flocellière (vue ancienne)

A l’origine de cette chapelle, il y eut une histoire d’amour un peu rocambolesque, puisque, au début du XVIIe siècle, le marquis de La Flocellière, Jacques de Maillé-Brezé, enleva, pour l’emmener dans son château de La Flocellière, la princesse écossaise Elizabeth Hamilton, dont il s’était follement épris et qui avait jusqu’alors repoussé ses avances.
Las ! alors qu’elle avait enfin consenti à l’épouser, mais avant que ne fussent célébrées les noces, la belle Elizabeth tomba gravement malade et trépassa.
Parmi ses dernières volontés, il y avait celle de doter la construction d’un couvent et d’une église dédiés à Notre-Dame de Lorette.
En juin 1617, Jacques de Maillé-Brezé passa contrat avec les Carmes pour qu’ils construisent, sur les terres qu’il leur donnait, une église conventuelle, un cimetière et un cloître avec ses bâtiments attenant. Il leur assurait aussi un revenu fixe.
Jacques de Maillé-Brezé mourut avant de voir l’oeuvre achevée (dans la dernière moitié du XVIIe s).

Les Carmes restèrent à La Flocellière quelque cent-cinquante ans. A la veille de la grande révolution, on dit qu’ils n’étaient plus que quatre. Les lois impies les forcèrent à quitter les lieux ; le couvent et l’église furent vendus comme biens nationaux ; puis le passage des colonnes infernales les réduisit à l’état de ruines fumantes.

En 1828, un médecin de La Flocellière racheta ce qui restait de l’église, en fit relever les murs et y fit poser un toit pour la transformer en… grange à foin et remise à bois.
Cela dura une quarantaine d’années.

C’est alors que fut nommé à la cure de La Flocellière l’abbé Joseph Dalin, un prêtre au zèle infatigable et au coeur rempli d’audace.

Abbé Joseph Dalin curé de La Flocellière

L’abbé Joseph Dalin (1800-1884), curé de la Flocellière.

Non content de racheter l’ancienne église conventuelle, en 1867, et de la faire restaurer pour la rendre au culte (1869), l’abbé Dalin conçut une idée que nombre de pieuses personnes « sérieuses » et « raisonnables » ne pouvaient manquer de qualifier de pure folie : au chevet de la chapelle restaurée de Notre-Dame de Lorette de La Flocellière, et communiquant avec elle, édifier une chapelle qui soit la réplique à l’identique de l’intérieur de la Sainte Maison de Lorette.
Et quand je dis « à l’identique », je ne veux pas parler d’une approximative ressemblance, mais bien d’un fac-similé des plus exacts, des plus rigoureux, des plus précis : au millimètre près et dans les moindres détails !

Pour cela, l’abbé Dalin envoya à Loreto un artiste nantais, Félix Benoist, peintre, dessinateur et lithographe.
Félix Benoist rapporta de Lorette les plans détaillés et millimétrés de l’intérieur de la Santa Casa.

Cette construction à l’identique eut lieu au cours de l’année 1873, si bien que le jour de la fête de Notre-Dame de Lorette, 10 décembre 1873, Son Excellence Monseigneur Charles-Théodore Colet, évêque de Luçon (et archevêque de Tours moins d’un an plus tard), vint bénir le fac-similé de la Sainte Maison au cours d’une grandiose cérémonie.

Sainte Maison de Lorette - La Flocellière carte ancienne

Pendant trois-quarts de siècle environ, la reproduction de la Sainte Maison de Lorette à La Flocellière fut un lieu de pélerinage des plus fréquentés : on y dénombra plus de cinq mille pélerins en une seule journée (22 août 1944).

Mais la deuxième moitié du XXe siècle vit disparaître processions et pélerinages : le clergé moderniste, le clergé « recyclé » dans « l’esprit du concile » n’apprécie pas trop les récits de miracles (« La translation de la Sainte Maison de Nazareth jusqu’à Lorette : quelle pieuse blague ! »), ni les démonstrations de la dévotion populaire…

Lorsque notre Frère Maximilien-Marie a visité les lieux, dans les dernières années du XXe siècle, la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière était rarement ouverte, et seulement en été ; elle ne servait plus au culte et présentait des signes de détérioration bien inquiétants. A son chevet, le fac-similé de la Santa Casa donnait une désolante impression d’abandon et de tristesse.

Fort heureusement, nous avons appris qu’il n’en est plus ainsi : la commune de La Flocellière, ayant pris conscience qu’elle possédait là un trésor, aidée par des subventions et des dons de particuliers, a fait procéder à une belle restauration.
Par ailleurs, l’édifice a été inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

Le site du diocèse de Luçon, de son côté, présente ce sanctuaire comme « un lieu spirituel très fort qui n’attend plus qu’un nouveau pèlerinage ! ». Puisse-t-il en être ainsi !

Fac-similé de la Santa Casa à La Flocellière

La Flocellière : fac-similé de la Santa Casa après restauration.

Ceux qui ont eu la grâce de se rendre en pèlerinage à Lorette m’objecteront peut-être :
« Mais, Lully, sur les photos que vous publiez ci-dessus, je ne reconnais pas exactement l’intérieur de la Sainte Maison tel que j’ai pu le voir de mes propres yeux ! »

En effet, le fac-similé de La Flocellière n’est pas conforme à l’état actuel de la Santa Casa, à Loreto.
Mais cela ne signifie pas que la copie est infidèle : c’est tout simplement parce qu’en 1921 un incendie a ravagé le sanctuaire de Loreto, et a même détruit le mobilier intérieur de la Santa Casa, au point que l’antique statue de cèdre de la Madone qui y était exposée et vénérée a été entièrement consumée (la statue actuelle a été refaite en 1922 dans le bois d’un cèdre des jardins du Vatican donné par Pie XI).

La restauration de l’intérieur de la Santa Casa, après 1921, si elle n’a pas modifié substantiellement la disposition des lieux n’a néanmoins pas consisté en une réhabilitation exacte de ce qui y existait avant l’incendie.
Ainsi donc, le fac-similé de La Flocellière nous donne-t-il un précieux et fidèle témoignage de ce qu’était la Sainte Maison de Lorette exactement telle que l’ont vue et y ont prié Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, Saint Benoît-Joseph Labre, le Bienheureux Pie IX, Saint Pie X, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ou Saint Maximilien-Marie Kolbe, pour ne citer, parmi tous les illustres saints pélerins de Lorette, que quelques uns qui nous sont particulièrement chers.

Fac-similé Santa Casa - La Flocellière

La Flocellière : fac-similé de la Santa Casa, le rétable après restauration.

Voilà donc une petite merveille de notre patrimoine religieux que je voulais vous faire découvrir (ou redécouvrir peut-être), chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.
Si vous êtes de passage en bas-Poitou, n’hésitez pas à faire un petit détour, à seulement quelques kilomètres au Sud-Est des Herbiers, pour aller visiter la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière et vous recueillir dans cette reproduction exacte de la Sainte Maison dans laquelle le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. 

Lully.

Translation de la Sainte Maison - image de dévotion populaire

Selon les indications que nous avons recueillies, la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière est maintenant ouverte tous les jours de 9 h. à 19 h. – Visites guidées sur rendez-vous. Tél. : 02 51 57 27 05 > Association La Boulite.

Publié dans:De liturgia, De Maria numquam satis, Memento |on 10 décembre, 2014 |2 Commentaires »
12345...51

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi