Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2020-121. L’espérance au sein des temps mauvais.

25 novembre 2020,
Fête de Sainte Catherine d’Alexandrie, vierge et martyre.

Nous sommes heureux de reproduire ici le texte de la lettre mensuelle à l’intention des membres et amis de la Confrérie Royale, dont nous pensons qu’au-delà de ses destinataires originaux elle peut être d’un grand profit spirituel pour les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Blason de la Confrérie Royale

Lettre mensuelle aux amis et sympathisants de la Confrérie Royale

25 novembre 2020

Rappel :

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Saine Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.

La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.

Christ en gloire - vitrail

L’espérance au sein des temps mauvais.

L’Apôtre, s’adressant aux Éphésiens, les exhorte de cette manière : « Ayez donc soin, mes frères, de marcher avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des hommes sages, rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais. » (V. 15-16). Rien n’a changé depuis lors. L’homme ne s’est point bonifié car le progrès n’est qu’un mythe. Bien au contraire, il a multiplié, avec son intelligence dévoyée, tous les moyens nécessaires pour rendre les jours encore plus mauvais alors qu’il rendait sa vie plus confortable et à l’abri du souci. À l’évolution technique et scientifique correspondent exactement la régression morale et l’appauvrissement spirituel. Saint Augustin, lui aussi vivant en des temps troublés, commenta ainsi saint Paul : « Deux choses, mes frères, rendent les jours mauvais : ce sont la méchanceté et la misère. Oui, c’est la méchanceté et la misère humaines qui font passer de mauvais jours. Considérés au point de vue de la durée, les jours sont réguliers ; ils se succèdent et mesurent le temps avec ordre ; le soleil se lève, il se couche, les temps passent régulièrement. En quoi ces temps blesseraient-ils l’homme, si les hommes ne se blessaient eux-mêmes ? Aussi n’y a-t-il que deux choses, je le répète, pour rendre les jours mauvais, savoir la misère et la méchanceté humaines. Il est vrai, la misère est le lot commun, il n’en doit pas être ainsi de la méchanceté. Depuis la chute d’Adam et son expulsion du paradis, les jours n’ont jamais été que misérables. Demandons à ces enfants qui viennent de naître, pourquoi ils débutent dans la vie par des pleurs, quand ils pourraient également rire. On naît et on pleure immédiatement ; combien de jours s’écoulent ensuite avant qu’on rie ? Je l’ignore. Or en pleurant ainsi dès sa naissance, chaque enfant prophétise ses malheurs ; ses larmes attestent ses souffrances. Il ne parle pas encore, et déjà il est prophète. Et que prédit-il ? Qu’il vivra dans la peine ou dans la crainte. Oui, lors même qu’il se conduirait sagement et serait du nombre des justes, exposé de toutes parts aux tentations, il vivra constamment dans la crainte.  » ( Sermon CLVII ) Ainsi, selon le docteur de l’Église, sommes-nous condamnés à jamais à la misère, de par notre condition humaine pécheresse, mais, en revanche, nous avons tout pouvoir, avec l’aide de la grâce et par la pratique des vertus, pour éviter la méchanceté et pour en réduire l’empire sur le monde. Pourtant, nous ne sommes guère zélés pour cette tâche et le mal fleurit, fructifie, étale son embonpoint, bien plus que la lumière. Nous ne pouvons pas ruser avec le temps car il ne prend pas de congés. En revanche, nous pouvons l’infléchir vers le haut ou vers le bas alors qu’il poursuit sa course. Les périodes de l’histoire où il prit de la hauteur sont rares. Ce sont des âges d’or, comme le siècle de saint Louis, qui ne durent guère et ne se reproduisent presque jamais. Cela ne signifie pas que le redressement n’est pas possible et que la victoire de la méchanceté est systématique.

Pour qu’une société soit armée le plus efficacement possible contre le déferlement du mal, elle doit s’en donner les moyens et, en priorité, adopter un régime de gouvernement qui laisse le plus de chance à la vérité de pousser le temps vers la transcendance. Par expérience malheureuse, nous savons que la république à la française ne peut pas être cette source d’autorité légitime. Elle patauge dans le sang de sa prise de pouvoir, sans avoir jamais exprimé aucun regret, et elle s’est instaurée comme une nouvelle et unique religion, affirmant que ses lois, même les plus iniques, se situent au-dessus de la Loi divine qu’elle nie et combat. Nous constatons que la république à la française est aux abois, exsangue mais cachant cette débilité sous de prétentieux oripeaux et des refrains idéologiques brassant les fameuses « valeurs de la république ». Il ne me souvient pas, dans ma jeunesse, à l’école laïque, avoir jamais entendu la répétition jusqu’à la nausée de ce mantra désormais obligatoire. Il faut dire qu’il demeurait encore un semblant de christianisme détaché de son terreau et sécularisé dans l’instruction publique de ce temps. Le seuil niant le temps et l’histoire de ce pays n’avait pas encore été totalement franchi. C’est chose faite et ne demeurent plus en présence que des rengaines devenues folles à force de rabâchage. Heinrich Heine marchait à visage découvert lorsqu’il définissait ainsi sa lutte pour la démocratie républicaine : « Nous ne nous battons pas pour que le peuple accède aux droits de l’homme, mais pour que l’homme accède aux droits divins. » Et pour aller encore plus loin en écartant Dieu définitivement. Comment un tel système politique pourrait-il être capable d’affronter les violences qui défient notre temps mauvais ? Il ne peut que faire fausse route en brandissant encore et sans cesse ses slogans auxquels plus personne n’adhère.

Nous avons atteint un point de non retour. Certaines voix s’élèvent, y compris parmi des catholiques traditionnels, pour inviter à un changement de modèle démocratique, comme si cela pouvait suffire à tout instaurer de nouveau dans le Christ. Cette erreur est mortelle, elle ne conduit qu’à une impasse. Nicolas Gomez Davila notait dans ses Carnets d’un vaincu : « Changer de gouvernement démocratique pour un autre gouvernement démocratique revient à changer les bénéficiaires du pillage. » Et encore : « La démocratie ignore la différence entre vérités et erreurs ; elle ne distingue qu’opinions populaires et opinions impopulaires. » Il est donc impossible de s’extirper du cercle mortel de la misère et de la méchanceté sous la bride d’une telle gouvernance. Il ne suffit pas de mettre en place un roi dans un régime démocratique pour qu’un pays retrouve sa vocation chrétienne. L’exemple des monarchies plus que constitutionnelles de l’Europe du Nord suffit à prouver la faillite d’une telle illusion. Un roi n’a de sens que s’il exerce comme roi, avec tous les pouvoirs dont il est revêtu grâce à un couronnement sacré. Il ne s’agit pas de se contenter d’une sorte de succédané et tout prince portant la légitimité de la succession monarchique ne doit pas céder aux sirènes de la concession en espérant occuper un trône d’où il ne gouvernerait rien ni personne. Voilà pourquoi il faut savoir saisir le temps, l’apprivoiser et l’utiliser pour préparer un retour du divin dans la sphère des hommes. Georges Bernanos écrivait à Jean-Marie Maître en 1917 : « […] Il est vrai que nos forces morales sont à bout, et que jamais la plus brutale bêtise ne fut élevée sur un plus haut piédestal. Le monde se dispute entre la force aveugle et la niaiserie libérale. Nous n’y avons ni place ni lieu. C’est ici que Dieu nous attend. » C’est dire qu’il serait scandaleux que nous pactisions avec des formes de gouvernements qui entretiennent les temps mauvais en place d’essayer de les contrôler ou de les dépasser.

S’engager ainsi pour combattre les temps funestes a pour conséquences un sacrifice intégral, sans demi mesure, et le refus des compromissions. Lors de la terrible crise de conscience à la veille de la condamnation de l’Action française par le pape Pie XI, le même Bernanos écrit très justement à Robert Valery-Radot en octobre 1926 : « Le sacrifice qu’on nous demande est tel, engage si cruellement tout notre être, que nous ne le ferons qu’à coup sûr, et qu’à Dieu. S’il ne s’agit que de convenances, d’opportunité, de déférence filiale et autres calembredaines, je ne suis pas prêt, pour ma part, à emprunter le petit harmonium de Maritain pour aller renier en musique, à Bierville (NDA : lieu de réunion de la Jeune République de Marc Sangnier) ou ailleurs, notre passé et nos morts. » Bernanos enfoncera le clou dans ce texte très fort qu’il publia dans Marianne, pourtant à l’opposé des idées monarchiques, à la demande son ami Emmanuel Berl en avril 1935. Il répète haut et fort qu’il n’est ni démocrate, ni républicain, et il en précise la raison : « Nos pères servaient un prince, une famille, c’est-à-dire des hommes comme eux. La fidélité d’un homme à un homme peut avoir ses petitesses, du moins suppose-t-elle une conscience humaine pour donner l’ordre, une autre pour l’exécuter. Bref, un maître parle en personne et sous sa propre responsabilité. Ça vaut toujours mieux que de s’entendre commander au nom de la Justice ou de la Patrie par des guignols du genre de Gambetta ou de Clemenceau qui répètent comme des perroquets, avec le creux convenable, « la Patrie veut ! », « la Démocratie exige ! » alors que la démocratie ou la patrie seraient bien empêchées de leur fermer le bec. » Il suffit de changer les noms pour constater que la situation n’a pas changé d’un iota. Le chaos français actuel est une conséquence de la prise de pouvoir par une « bureaucratie » non seulement nationale mais dorénavant européenne et mondialiste qui permet aux dirigeants politiques de s’exonérer de toute responsabilité personnelle lorsqu’ils prennent des décisions qui conduisent à la mort du pays dans les domaines de la santé et de la sécurité, de l’identité culturelle et de la marque religieuse. Un état qui n’est capable que d’afficher sa prétention au « blasphème », sous couvert de liberté d’expression, se condamne à épouser les temps mauvais. Un prince, même médiocre, aurait au moins le souci de l’unité de ses peuples divers, tout en établissant un socle que tous devraient reconnaître.

Par notre foi, nous savons que l’ordre naturel doit être soumis à l’ordre surnaturel, même s’il y a distinction entre les deux et que le trône n’est pas confondu à l’autel. Nous subissons, depuis cinq républiques, un régime qui ne reconnaît aucune autonomie d’ordres différents et qui refuse de sentir au-dessus de sa tête une Loi qui le juge et qui devrait l’inspirer. Les efforts successifs pour rétablir un ordre juste ont tous échoués, sorte de malédiction qui s’abat sur notre pays infidèle. Cependant la dernière page n’est pas signée. Il est normal que la vérité semble être vaincue. Ce n’est pas fausse consolation que de le dire. Le culte de l’humanité par elle-même, profonde apostasie, finira par s’écrouler, comme tous les autres règnes historiques de Satan. En attendant, nous sommes au sein de la tempête des temps mauvais. Ces derniers sont impuissants à réduire en cendres l’espérance qui nous a été remise en mains propres au jour de notre baptême.

P. Jean-François Thomas s.j.
Dédicace du Très-Saint-Sauveur
S. Théodore
9 novembre 2020

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Autres textes du Rd Père Thomas publiés dans les pages de ce blogue :

- « Obéissance au réel et civilisation » > ici
- « De l’homme d’honneur dans la médiocrité de ce temps » > ici
- Homélie pour le 21 janvier 2017 > ici
- « Du respect des grandeurs d’établissement » > ici
- « De la conjuration sans fin » > ici

2020-120. Rappel à Dieu du baron Hervé Pinoteau, chancelier de France.

Mardi soir 24 novembre 2020

Nous avons appris cet après-midi le rappel à Dieu dans sa 94e année du baron Hervé Pinoteau.
Héraldiste, vexillologiste et phalériste français d’envergure internationale, membre de nombreuses sociétés savantes, cet érudit est l’auteur d’une œuvre prolifique (une trentaine d’ouvrages, 900 articles) et notamment de « Monarchie et Avenir » (1960) et de L’ »État présent de la Maison de Bourbon » (1975).
Décidé, par le lamentable spectacle de la guerre de 1940, à relever la France, il fut de bonne foi Blanc d’Eu avant de découvrir la Légitimité. Mettant ses pas dans ceux de Raoul de Warren, travaillant avec une nouvelle génération de légitimistes (Pierre de La Forest-Divonne, Patrick Esclafer de la Rode et Michel Josseaume), Hervé Pinoteau se mit au service d’Henri VI dès 1955. Il en fut le chancelier ainsi que de son fils Alphonse II et de son petit-fils Louis XX.
Dans l’édition, la presse, la correspondance et en Justice, il a défendu les droits des Bourbons-Anjou à la Couronne de France. Il prit part à la fondation du secrétariat d’Alphonse II en 1962 et de l’Institut de la Maison de Bourbon en 1973.
Il était décoré, entre autres, de l’ordre du Saint-Esprit, de l’ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges, de l’ordre d’Alphonse X le Sage et de l’ordre de l’Infant Henri.
Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

Hervé baron Pinoteau

Hervé, baron Pinoteau
Chancelier de France (19 juillet 1927 – 24 novembre 2020)

frise lys deuil

Message publié sur les réseaux sociaux
au soir du 24 novembre 2020
par
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX

Très affectés par la nouvelle du rappel à Dieu de notre chancelier, le baron Pinoteau, qui nous a quittés la nuit dernière après tant d’années au service de Dieu, de la France et de la Légitimité, nous tenions, la Princesse et moi-même, à témoigner notre reconnaissance à celui qui a tellement œuvrė aux côtés de mon grand père, le Prince Jacques Henri, de mon père, le Prince Alphonse, puis auprès de moi.
Nous nous unissons à la prière de ses enfants, petits enfants, nombreux et tous fidèles aux engagements de leur père et les assurons de notre affection.

obiit baron Pinoteau

Nota :
Nous avions évoqué > ici, à l’occasion de l’anniversaire de la mort du Prince Alphonse de Bourbon, de jure Alphonse II de France, le témoignage que lui a rendu le Baron Hervé Pinoteau.

2020-119. « Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.»

A l’occasion de la fête de la Toussaint, ce dimanche 1er novembre 2020, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, s’est encore une fois adressé aux Français avec la sollicitude d’un authentique souverain catholique soucieux du bien de ses sujets : non seulement le bien temporel, mais aussi le bien spirituel, puisque être un roi catholique, c’est avoir charge d’âmes.

Le Christ en sa gloire entouré des saints

Le Christ glorieux entouré de saints

Armes de France gif

Message de Monseigneur le Duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX
à l’occasion de la Toussaint

Alors que la France est troublée par la crise sanitaire et celle des attentats islamistes, la fête de la Toussaint nous apporte le réconfort dont nos familles ont besoin.

Chacun peut prier les saints et saintes comme, demain, chacun pourra aussi honorer ses morts dans les cimetières.

Mais il faut aussi voir plus loin.

Ainsi je salue et je félicite les jeunes catholiques et les communautés qui demandent à ce que soit maintenu l’accès à la Sainte messe et aux célébrations. Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.
Je me réjouis d’entendre plusieurs de nos évêques, successeurs des apôtres, prendre la défense de la Foi et de leur pays et s’opposer à des mesures sanitaires restrictives.

Puisse la France, née au baptême de Clovis, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint Louis, mon ancêtre, le modèle des gouvernants.

Louis,
Duc d’Anjou

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Quelques réflexions :

Chacun s’en souvient, le deuxième confinement décidé par le gouvernement républicain a prohibé la célébration publique de la Sainte Messe, tolérant seulement les cérémonies des 1er et 2 novembre, fête de la Toussaint et Commémoraison solennelle des Trépassés.

Alors que lors du premier confinement l’ensemble des évêques de France s’est lamentablement aplati devant l’ordre inique et injuste des autorités de la république (certains d’entre eux devançant même les ordres et les outrepassant), nous avons cette fois-ci eu l’agréable surprise de voir quelques évêques, puis le président de la Conférence épiscopale de France, entreprendre des démarches pour tenter d’obtenir le maintien de la célébration des Messes en présence des fidèles : ils avaient été devancés par un nombre assez important de responsables d’instituts ou associations traditionnels.
Nous avons vu de quelle manière ils ont été déboutés et comment, alors que ceux qui devraient être des pasteurs à l’image du Bon Pasteur semblaient se résigner, les prêtres les plus zélés et les fidèles les plus fervents se sont noblement et généreusement mobilisés pour manifester leur droit le plus strict à des célébrations publiques de la Sainte Messe.

Devançant les manifestations de plus en plus nombreuses organisées dans les rues, malgré les tracasseries mesquines et, parfois, la réprobation de certains prêtres et évêques remarquables autant par leur traîtrise que par leur lâcheté, il est extrêmement consolant et fortifiant de lire, dans ce message de Toussaint, les encouragements et les félicitations de notre Souverain légitime, qui, cette fois encore, s’inscrit sans ambiguïté dans la ligne des Rois Très Chrétiens ses ancêtres et prédécesseurs.  

frise lys

2020-118. « Le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, contraire à notre histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ! »

Le jeudi 29 octobre 2020, au tout début de la matinée, un fanatique mahométan a tué trois catholiques dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice.
Dans la journée de ce même jeudi, le Secrétariat de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, publia le communiqué suivant, par lequel, une fois encore, notre Souverain légitime, avec une compatissante humanité et une lucide gravité, énonce les vérités qui conviennent en pareille circonstance.

Nous prenons la liberté de publier en caractères gras les passages les plus importants de ce message, et nous nous permettons ensuite d’y ajouter quelques commentaires… 

frise lys deuil

Nice basilique Notre-Dame de l'Assomption

Nice, basilique Notre-Dame de l’Assomption
dans laquelle un fanatique mahométan a tué trois personnes
le jeudi 29 octobre 2020

frise lys deuil

Un nouvel attentat terroriste vient de se dérouler ce matin dans la cathédrale de Nice, faisant trois victimes supplémentaires, qui viennent s’ajouter à une liste déjà longue. Trois martyrs, dois je plutôt dire, car assassinés lâchement, de manière barbare, parce que Français et Catholiques.

Mes pensées, ma compassion et ma prière sont d’abord pour eux, pour leurs familles et leurs proches, mais aussi pour le clergé, celui de la cathédrale et celui de toute la France, ainsi que pour tous les Français catholiques ainsi menacés.

Au moment où la messe dominicale s’avère plus que jamais indispensable au soutien de leur Foi et de leur moral, et malgré le durcissement des mesures sanitaires, je demande avec force aux autorités responsables de leur garantir la liberté de culte chaque dimanche dans des conditions de sécurité renforcée.

Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne. C’est le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, insidieuse ou violente, mais dans tous les cas contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes.

Continuons à prier et implorer inlassablement Marie Reine de France, St Michel Archange et tous les Saints et Saintes de France de protéger notre pays et de nous donner toujours plus de courage, de Force et de Foi, dans l’espérance, face aux épreuves qui viennent.

Louis,
Duc d’Anjou

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frise lys deuil

Quelques réflexions et commentaires
au sujet de cette déclaration royale du 29 octobre 2020 :

1 – Monseigneur le Duc d’Anjou va à l’essentiel en mettant en évidence, dès sa deuxième phrase, que les trois personnes tuées dans cet attentat l’ont été en haine de la France et de la religion catholique.
Car même si, dans les faits, la France officielle est apostate et beaucoup de Français sans religion, voire animés de sentiments hostiles envers l’Eglise, dans la mentalité de beaucoup de mahométans il y a malgré tout une identification entre la France et le catholicisme.
En soi, cela n’est pas faux puisque la France est née au baptême de Clovis de la rencontre, de l’union, de l’alliance du peuple Franc et de la foi catholique : la France est par essence catholique et royale.
L’assassin, venu sur notre sol à seule fin de commettre ces crimes abominables, s’est dirigé vers une église, et s’y est attaqué à trois individus « parce que Français et Catholiques ».
Etonnante « profession de foi » de l’enfer peut-on dire (puisque c’est le démon qui inspire de tels actes de haine sanglante), après toutes les grandes et larmoyantes déclarations sur la « laïcité » qui avaient suivi l’exécution de Monsieur Samuel Paty : à travers ces assassinats niçois, il manifeste qu’il sait bien, lui, que l’essence de la France est issue du catholicisme et que c’est justement pour cela qu’il a tant de haine contre elle !

2 – La lucidité de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, lui permet aussitôt de prendre du recul et de l’altitude par rapport à l’émotion superficielle du moment, et, après les familles et les proches de ceux auxquels il n’hésite pas à attribuer le titre de martyrs, de manifester son soutien à tout le clergé de France, à tous les Français catholiques, parce que, comme nous l’avons souligné, la haine qui s’est exprimée dans cet acte terroriste est par essence anticatholique et antifrançaise.
Alors même que, la veille au soir, les annonces de l’occupant de l’Elysée, complétées peu après par celles de son premier ministre, laissaient prévoir de nouvelles restrictions imposées à l’exercice du culte catholique, notre Roi, tout au contraire, affirme de manière péremptoire l’importance de la Sainte Messe dominicale et l’impérieux devoir qui incombe aux responsables de l’ordre public de garantir la liberté et la sécurité du culte catholique.
Les paroles de Sa Majesté sont fortes et sans ambiguïté. Ce n’est pas la « laïcité » qui fera la force et l’unité de la France, mais c’est en renouant le fil de l’histoire sainte de notre pays, rompu par la satanique révolution : « Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne » !

3 – Monseigneur le Prince Louis, à rebours de la langue de bois des politiciens républicains, et à rebours de la langue de buis de certains hommes d’Eglise toujours prompts à se faire des lèche-babouches, dénonce « l’islamisation de notre société ». Il en voit tous les dangers, et tire avec insistance la sonnette d’alarme. Il en va de la survie et de la permanence de la France, puisque l’islam est « contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ». Contraire, et donc incompatible.

4 – Tous les messages de notre Roi légitime se terminent par une note spirituelle et un appel à prier pour la France, et ce message n’échappe pas à la règle : Louis XX se place résolument dans la lignée des Rois Très Chrétiens ses ancètres et prédécesseurs. Cette fois, outre l’invocation de Notre-Dame et des Saints de France, il nous exhorte à recourir particulièrement à la prière à Saint Michel archange, le grand vainqueur du démon.

5 – Enfin, sans se départir d’une profonde espérance surnaturelle, il est à noter que Monseigneur le Prince Louis achève cette fois son communiqué par la mention des « épreuves qui viennent ».
Comme toutes les personnes intelligentes et lucides, Sa Majesté voit clairement que nous allons au-devant de grandes difficultés, voire tribulations, et Elle ne nous berce pas d’illusions : nous vivons des temps durs, nous allons en connaître de plus durs encore peut-être. Mais en disant cela, Louis XX nous exhorte paternellement en même temps au courage et à la force, en nous indiquant la source à laquelle nous les puiserons : les vertus théologales. 

Saint Michel gif

2020-115. Nous devons désormais nous préparer à des choses graves et douloureuses

Mardi soir 17 novembre 2020,
Fête de Saint Grégoire de Tours, premier historien de la France chrétienne ;
Mémoire de Saint Grégoire le Thaumaturge ;
Mémoire de Saint Aignan d’Orléans ;
265ème anniversaire de la naissance de SMTC le Roi Louis XVIII (17 novembre 1755) ;
Anniversaire de la mort héroïque de Dominique Allier (cf. > ici) ;
20ème anniversaire de la sainte mort du Rd. Père Michel André (cf. > ici).

les plaies de la France pansées par Marie

Les plaies de la France pansée par Marie, voir > ici

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Voici un peu plus d’un mois et demi que je n’ai pas ajouté de nouvelle publication à ce blogue : la dernière en date, en effet, remonte au premier octobre et, reprenant un texte doublement centenaire, invitait à prier ardemment pour notre chère France et pour la conservation de la foi catholique en elle (cf. > ici).
Quoique pressentant que nous étions à la veille de temps difficiles, je n’imaginais cependant pas à quel point cet appel à la prière allait rapidement revêtir un caractère d’urgente actualité… 

De très nombreux déplacements, travaux, études et lectures (à l’heure actuelle je n’arrive plus à lire tout ce qui m’est adressé quotidiennement et tous les textes pourtant très importants qu’il conviendrait que j’étudie chaque jour), auxquels il faut ajouter encore les contacts personnels qui me prennent aussi beaucoup de temps, sont la cause principale de cette absence de nouvelles publications sur ce blogue, nonobstant le fait que l’actualité m’inspire des réflexions et des approfondissements que je serais heureux de partager avec vous.
Il y aurait en effet beaucoup, vraiment beaucoup, à dire au sujet des événements qui se déroulent sous nos yeux, dans une espèce d’accélaration que nous n’eussions jamais pu imaginer il y a seulement un an, au moment où l’on commença à parler de ce nouveau virus qui commençait à faire des victimes en Chine.

Je ne veux point, ce soir, m’étendre sur cette actualité, sur ce nouveau confinement que nous subissons, et sur le caractère de plus en plus évident de l’anticatholicisme de ce gouvernement impie et immoral qui navre la France autant qu’il offense la loi naturelle et, surtout, la Loi divine.

Il est très probable que nous devons désormais nous préparer à des choses graves et douloureuses, dont les actuelles restrictions des libertés individuelles et sociales, sous prétexte de pandémie, ne sont que les prémices de vexations qui vont aller crescendo jusqu’à aboutir à une véritable persécution.

Dans ces circonstances les messages récents de notre Roi légitime (nous sommes en retard pour les publier alors qu’il y en a eu plusieurs depuis le début octobre) sont la source d’une grande consolation, et bien propres à stimuler nos forces morales et spirituelles.

Dans quelques jours seulement, nous allons entrer dans une nouvelle année liturgique et le temps de l’Avent, habituellement si doux et baigné d’espérance, apparaît dès à présent enveloppé d’ombres menaçantes et d’inquiétudes.

Ne cessons toutefois jamais d’espérer, de nous confier en la divine Providence, et de prier avec davantage de ferveur.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Ave Maria et lys

Prière à Notre-Dame pour la France :

Mère céleste, Notre-Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ;
Amenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur. Aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la Foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée.
Regina pacis ! Oh ! Oui ! Soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la Reine de la paix, écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde.
Faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts :
Établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser.
Et que par Vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance,
Exalte dans le monde le triomphe et le Règne du Christ, Prince de la Paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Amen.

Prière conclusive du discours sur la vocation de la France
prononcé par Son Eminence le Cardinal Pacelli, futur Pie XII,
le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris
(voir le texte complet de > ici).

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2020-114. Prier Saint Remi pour obtenir par son intercession la conservation du Royaume et le maintien de la foi catholique.

1er octobre,
Fête de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs.

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St Remi baptisant Clovis - vitrail église Maisons-Alfort

Saint Remi baptisant le Roi Clovis
(détail d’un vitrail de l’église de Maisons-Alfort)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En recherchant dans les numéros de « L’Ami de la Religion et du Roi » l’article publié hier > ici, j’ai aussi découvert que la naissance de « l’Enfant du miracle », ce 29 septembre 1820, était arrivée alors qu’une neuvaine était en cours à travers tout le Royaume, à l’adresse de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs et protecteur de nos Rois.
Je ne résiste donc pas, en cette fête de Saint Remi, à la « tentation » de vous livrer le texte de présentation de cette neuvaine – texte que je trouve des plus pertinents et particulièrement adapté à nos temps -, et je vous encourage même à en reprendre la pratique à partir de ce 1er octobre et pendant tous les jours de l’octave de Saint Remi, en redoublant de ferveur pour implorer de Dieu Sa paternelle protection sur le Trône et l’Autel, contre lesquels l’enfer est déchaîné…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

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Prière à St Remi - 1Prière à St Remi - 2Prière à St Remi - 3Prière à St Remi - 4Prière à St Remi - 5

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Tombeau de Saint Remi - basilique Saint-Remi à Reims

Tombeau de Saint Remi
(Basilique Saint-Remi – Reims)

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2020-111. La vie et l’enseignement de Saint Cyprien de Carthage présentés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.

16 septembre,
Fête des Saints Corneille et Cyprien, pontifes et martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII (cf. > ici).

Saint Cyprien de Carthage - Eglise Saint-Cyprien de Londres

Saint Cyprien de Carthage
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Cyprien de Londres)

* * * * * * *

Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI
à l’occasion de l’audience générale du
mercredi 6 juin 2007

Chers frères et sœurs,

Dans la série de nos catéchèses sur les grandes personnalités de l’Eglise antique, nous arrivons aujourd’hui à un éminent évêque du IIIème siècle, saint Cyprien, qui « fut le premier Evêque en Afrique à recevoir la couronne du martyre ». Sa réputation est également liée – comme l’atteste le diacre Pontius, qui fut le premier à écrire sa vie – à la production littéraire et à l’activité pastorale des treize années qui s’écoulèrent entre sa conversion et le martyre (cf. Vie 19, 1 ; 1, 1).

Né à Carthage dans une riche famille païenne, après une jeunesse dissipée, Cyprien se convertit au christianisme à l’âge de 35 ans. Il raconte lui-même son itinéraire spirituel :  « Alors que je gisais encore comme dans une nuit obscure », écrit-il quelques mois après son baptême, « il m’apparaissait extrêmement difficile et pénible d’accomplir ce que la miséricorde de Dieu me proposait… J’étais lié aux très nombreuses erreurs de ma vie passée et je ne croyais pas pouvoir m’en libérer, tant je secondais mes vices et j’encourageais mes mauvais penchants… Mais ensuite, avec l’aide de l’eau régénératrice, la misère de ma vie précédente fut lavée ; une lumière souveraine se diffusa dans mon cœur ; une seconde naissance me transforma en un être entièrement nouveau. De manière merveilleuse, chaque doute commença alors à se dissiper… Je comprenais clairement que ce qui vivait auparavant en moi, dans l’esclavage des vices de la chair, était terrestre, et que ce que l’Esprit Saint avait désormais engendré en moi était, en revanche, divin et céleste » (A Donat, 3-4).

Immédiatement après sa conversion, Cyprien – non sans être envié et en dépit de ses résistances – fut élu à la charge sacerdotale et à la dignité d’évêque.
Au cours de la brève période de son épiscopat, il affronta les deux premières persécutions ratifiées par un édit impérial, celle de Dèce (250) et celle de Valérien (257-258). Après la persécution particulièrement cruelle de Dèce, l’évêque dut s’engager vaillamment pour rétablir la discipline dans la communauté chrétienne. En effet, de nombreux fidèles avaient abjuré, ou bien n’avaient pas adopté une attitude correcte face à l’épreuve. Il s’agissait des lapsi – c’est-à-dire de ceux qui étaient « tombés » -, qui désiraient ardemment revenir au sein de la communauté. Le débat sur leur réadmission finit par diviser les chrétiens de Carthage en laxistes et en rigoristes.
Il faut ajouter à ces difficultés une grave épidémie de peste, qui ravagea l’Afrique et qui fit naître des interrogations théologiques angoissantes, tant au sein de la communauté, que dans la confrontation avec les païens. Il faut rappeler, enfin, la controverse entre Cyprien et l’évêque de Rome, Etienne, à propos de la validité du baptême administré aux païens par des chrétiens hérétiques.

Dans ces circonstances réellement difficiles, Cyprien révéla de grands talents pour gouverner :  il fut sévère, mais non inflexible avec les lapsi, leur accordant la possibilité du pardon après une pénitence exemplaire ; il fut ferme envers Rome pour défendre les saines traditions de l’Eglise africaine ; il se démontra très humain et empli de l’esprit évangélique le plus authentique en exhortant les chrétiens à apporter une aide fraternelle aux païens durant la peste ; il sut garder une juste mesure en rappelant aux fidèles – qui craignaient trop de perdre la vie et leurs biens terrestres – que pour eux la véritable vie et les véritables biens ne sont pas ceux de ce monde ; il fut inébranlable dans sa lutte contre les mœurs corrompus et les péchés qui dévastaient la vie morale, en particulier l’avarice. « Il passait ainsi ses journées », raconte alors le diacre Pontius, « lorsque voilà que – sur ordre du proconsul – le chef de la police arriva à l’improviste dans sa villa » (Vie 15, 1). Le jour même, le saint évêque fut arrêté et, après un bref interrogatoire, il affronta avec courage le martyre entouré de son peuple.

Cyprien rédigea de nombreux traités et lettres, toujours en rapport avec son ministère pastoral. Peu enclin à la spéculation théologique, il écrivait surtout pour l’édification de la communauté et pour le bon comportement des fidèles. De fait, l’Eglise est le thème qui lui est, de loin, le plus cher. Il fait la distinction entre l’Eglise visible, hiérarchique, et l’Eglise invisible, mystique, mais il affirme avec force que l’Eglise est une seule, fondée sur Pierre. Il ne se lasse pas de répéter que « celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise » (L’unité de l’Eglise catholique, 4). Cyprien sait bien, et il l’a exprimé à travers des paroles puissantes, que, « en dehors de l’Eglise il n’y a pas de salut » (Epistola 4, 4 et 73, 21), et que « celui qui n’a pas l’Eglise comme mère ne peut pas avoir Dieu comme Père » (L’unité de l’Eglise catholique, 4).
Une caractéristique incontournable de l’Eglise est l’unité, symbolisée par la tunique sans coutures du Christ (ibid., 7) :  une unité dont il dit qu’elle trouve son fondement en Pierre (ibid., 4) et sa parfaite réalisation dans l’Eucharistie (Epistola 63, 13). « Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Christ », admoneste Cyprien, « une seule est son Eglise, une seule foi, un seul peuple chrétien, liés en une solide unité par le ciment de la concorde :  et on ne peut pas diviser ce qui est un par nature » (L’unité de l’Eglise catholique, 23).

Nous avons parlé de sa pensée concernant l’Eglise, mais il ne faut pas oublier, enfin, l’enseignement de Cyprien sur la prière. J’aime particulièrement son livre sur le « Notre Père » qui m’a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la « prière du Seigneur »:  Cyprien enseigne comment, précisément dans le « Notre Père », la juste façon de prier est donnée aux chrétiens ; et il souligne que cette prière est au pluriel, « afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui. Notre prière – écrit-il – est publique et communautaire et, quand nous prions, nous ne prions pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous ne formons qu’un avec tout le peuple » (L’oraison du Seigneur, 8). Ainsi, la prière personnelle et la prière liturgique apparaissent solidement liées entre elles. Leur unité provient du fait qu’elles répondent à la même Parole de Dieu. Le chrétien ne dit pas « Mon Père », mais « Notre Père », même dans l’intimité d’une pièce close, car il sait bien qu’en chaque lieu, en chaque circonstance, il est le membre d’un même Corps.

« Prions donc, mes frères très aimés », écrit l’évêque de Carthage, « comme Dieu, le Maître, nous l’a l’enseigné ». C’est une prière confidentielle et intime que celle de prier Dieu avec ce qui est à Lui, d’élever vers Ses oreilles la prière du Christ. Que le Père reconnaisse les paroles de Son Fils, lorsque nous récitons une prière :  que celui qui habite intérieurement dans l’âme soit présent également dans la voix… En outre, lorsque l’on prie, il faut avoir une façon de s’exprimer et de prier qui, avec discipline, maintienne le calme et la discrétion. Pensons que nous nous trouvons devant le regard de Dieu. Il faut être agréables aux yeux de Dieu, aussi bien à travers l’attitude du corps que le ton de la voix… Et lorsque nous nous réunissons avec nos frères, et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons nous rappeler de la crainte référentielle et de la discipline, ne pas disperser aux quatre vents nos prières avec des voix altérées, ni lancer avec un verbiage impétueux une requête qui doit être demandée à Dieu avec modération, car Dieu est l’auditeur non de la voix, mais du cœur : « non vocis sed cordis auditor est » (3-4). Il s’agit de paroles qui restent valables aujourd’hui aussi et qui nous aident à bien célébrer la Sainte Liturgie.

En définitive, Cyprien se situe aux origines de cette tradition théologique et spirituelle féconde, qui voit dans le « cœur » le lieu privilégié de la prière.
En effet, selon la Bible et les Pères, le cœur est au plus profond de l’homme, le lieu où Dieu habite. C’est en lui que s’accomplit la rencontre au cours de laquelle Dieu parle à l’homme, et l’homme écoute Dieu ; l’homme parle à Dieu, et Dieu écoute l’homme :  le tout à travers l’unique Parole divine. C’est précisément dans ce sens – faisant écho à Cyprien – que Smaragdus, abbé de Saint-Michel sur la Meuse au cours des premières années du IX siècle, atteste que la prière « est l’œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l’orant » (Le diadème des moines, 1).

Très chers amis, faisons nôtre ce « cœur à l’écoute », dont nous parlent la Bible (cf. 1 R 3, 9) et les Pères :  nous en avons tant besoin ! Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons pleinement faire l’expérience que Dieu est notre Père, et que l’Eglise, la sainte Epouse du Christ, est véritablement notre Mère.

Armoiries de Benoît XVI

2020-110. Grand Dieu sauvez la France !

Le 13 décembre 1908, furent signés les décrets autorisant la béatification de plusieurs Serviteurs de Dieu, parmi lesquels plusieurs français : Jeanne d’Arc, Jean Eudes, et Théophane Vénard.
A cette occasion, répondant au discours que venait de lui adresser Monseigneur Stanislas Touchet, évêque d’Orléans (et futur cardinal), le Pape Saint Pie X prononça en italien le discours suivant, publié dans les Acta Apostolicis Sedis du 15 janvier 1909.
On trouve fréquemment des extraits ou des citations de ce discours, mais il est plus rare de le trouver dans son intégralité. Le voici donc ci-dessous.

Ce texte, quoique de circonstance, comporte de nombreux éléments d’une valeur pérenne, et – d’une manière véritablement prophétique – le saint pontife nous y rappelle des choses très importantes pour les temps actuels, dans un contexte toujours plus hostile au catholicisme et à la doctrine traditionnelle de l’Eglise. C’est pourquoi nous nous sommes permis de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement forts.. 

Paul Sibra - les voix de la France

Paul Sibra (1889 – 1951) : « Les Voix de la France »

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Discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie X
le 13 décembre 1908
après la lecture des décrets de béatification des Vénérables
Jeanne d’Arc, Jean Eudes,
François de Capillas, Théophane Vénard et ses compagnons.

Armoiries de Saint Pie X

Je suis reconnaissant, Vénérable Frère [note : il s’agit de Monseigneur Stanislas Touchet, évêque d’Orléans], à votre cœur géné­reux qui voudrait me voir travailler clans le champ du Seigneur toujours à la lumière du soleil, sans nuage ni bourrasque. Mais vous et moi, nous devons adorer les dispositions de la divine Providence qui, après avoir établi son Église ici-bas, permet qu’elle rencontre sur son chemin des obstacles de tout genre et des résistances formidables. La raison en est, d’ailleurs évi­dente : l’Église est militante et par conséquent dans une lutte continuelle. Cette lutte fait du monde un vrai champ de bataille et de tout chrétien un soldat valeureux qui combat sous l’éten­dard de la croix. Cette lutte a commencé avec la vie de notre Très Saint Rédempteur et elle ne finira qu’avec la fin même des temps. Ainsi, il faut tous les jours, comme les preux de Juda au retour de la captivité, d’une main repousser l’ennemi, et de l’autre élever les murs du Temple saint, c’est-à-dire travailler à se sanctifier.

Nous sommes confirmés dans cette vérité par la vie même des héros auxquels sont consacrés les décrets qui viennent d’être publiés. Ces héros sont arrivés à la gloire, non seulement à tra­vers de noirs nuages et des bourrasques passagères, mais à tra­vers des contradictions continuelles et de dures épreuves qui sont allées jusqu’à exiger d’eux pour la foi le sang et la vie.

Je ne puis nier pourtant que ma joie est, en effet, bien grande en ce moment : car, en glorifiant tant de saints, Dieu manifeste ses miséricordes à une époque de grande incrédulité et d’indif­férence religieuse ; car, au milieu de l’abaissement si général des caractères, voici que s’offrent à l’imitation ces âmes reli­gieuses qui, pour témoigner de leur foi, ont donné leur vie ; car, enfin, ces exemples viennent, en effet, pour la plus grande part, Vénérable Frère, de votre pays, où ceux qui détiennent les pouvoirs publics ont déployé ouvertement le drapeau de la rébellion et ont voulu rompre à tout prix tous les liens avec l’Église.

Oui, nous sommes à une époque où beaucoup rougissent de se dire catholiques, beaucoup d’autres prennent en haine Dieu, la foi, la révélation, le culte et ses ministres, mêlent à tous leurs discours une impiété railleuse, nient tout et tournent tout en dérision et en sarcasmes, ne respectant même pas le sanctuaire de la conscience. Mais il est impossible que devant ces manifestations du surnaturel, quelle que soit leur volonté de fermer les yeux en face du soleil qui les éclaire, un rayon divin ne finisse pas par pénétrer jusqu’à leur conscience, et, serait-ce même par la voie du remords, les ramener à la foi.

Ce qui fait encore ma joie, c’est que la vaillance de ces héros doit ranimer les cœurs alanguis et timides, peureux dans la pratique des doctrines et des croyances chrétiennes, et les rendre forts dans la foi. Le courage, en effet, n’a de raison d’être que s’il a pour base une conviction. La volonté est une puissance aveugle quand elle n’est pas illuminée par l’intelligence, et on ne peut marcher d’un pas sûr au milieu des ténèbres. Si la géné­ration actuelle a toutes les incertitudes et toutes les hésitations de l’homme qui marche à tâtons, c’est le signe évident qu’elle ne tient plus compte de la parole de Dieu, flambeau qui guide nos pas et lumière qui éclaire nos sentiers : Lucerna pedibus meis verbum tuum et lumen semitis meis [Traduction : Votre parole est une lampe pour mes pas et une lumière pour mes sentiers – Psaume CXVIII, 105].

Il y aura du courage quand la foi sera vive dans les cœurs, quand on pratiquera tous les préceptes imposés par la foi ; car la foi est impossible sans les œuvres, comme il est impossible d’imaginer un soleil qui ne donnerait point de lumière et de chaleur. Cette vérité a pour témoins les martyrs que nous venons de célébrer. Car il ne faut pas croire que le martyre soit un acte de simple enthousiasme qui consiste à mettre la tète sous la hache pour aller tout droit en paradis. Le martyre suppose le long et pénible exercice de toutes les vertus. Omnimoda et immaculata munditia [Traduction : une pureté immaculée et de toutes les manières].

Et, pour parler de celle qui vous est connue plus que tous les autres – la Pucelle d’Orléans, – dans son humble pays natal comme parmi la licence des armes, elle se conserve pure comme les anges ; fière comme un lion dans tous les périls de la bataille, elle est remplie de pitié pour les pauvres et pour les malheu­reux. Simple comme un enfant dans la paix des champs et dans le tumulte de la guerre, elle demeure toujours recueillie en Dieu et elle est tout amour pour la Vierge et pour la sainte Eucha­ristie, comme un chérubin, vous l’avez bien dit. Appelée par le Seigneur à défendre sa patrie, elle répond à sa vocation pour une entreprise que tout le monde, et elle tout d’abord, croyait impossible ; mais ce qui est impossible aux hommes est toujours possible avec le secours de Dieu.

Que l’on n’exagère pas par conséquent les difficultés quand il s’agit de pratiquer tout ce que la foi nous impose pour accom­plir nos devoirs, pour exercer le fructueux apostolat de l’exemple que le Seigneur attend de chacun de nous : Unicuique mandavit de proximo suo [Traduction : Dieu a chargé chaque homme du soin de son prochain – Ecclésiastique XVII, 12]. Les difficultés viennent de qui les crée et les exagère, de qui se confie en lui-même et non sur les secours du ciel, de qui cède, lâchement intimidé par les railleries et les dérisions du monde : par où il faut conclure que, de nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais c’est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens.

Oh ! S’il m’était permis, comme le faisait en esprit le prophète Zacharie, de demander au divin Rédempteur : « Que sont ces plaies au milieu de vos mains ? Quid sont istæ plagæ in medio manuum tuarum ? » la réponse ne serait pas douteuse : « Elles m’ont été infligées dans la maison de ceux qui m’aimaient. His plagatus sum in domo eorum qui diligebant me » : par mes amis qui n’ont rien fait pour me défendre et qui, en toute rencontre, se sont rendus complices de mes adversaires. Et à ce reproche qu’encourent les chrétiens pusillanimes et intimidés de tous les pays ne peuvent se dérober un grand nombre de chrétiens de France.

Cette France fut nommée par mon vénéré prédécesseur, comme vous l’avez rappelé, Vénérable Frère, la très noble nation, mis­sionnaire, généreuse, chevaleresque. A sa gloire, j’ajouterai ce qu’écrivait au roi saint Louis le pape Grégoire IX : « Dieu, auquel obéissent les légions célestes, ayant établi, ici-bas, des royaumes différents suivant la diversité des langues et des cli­mats, a conféré à un grand nombre de gouvernements des mis­sions spéciales pour l’accomplissement de ses desseins. Et comme autrefois il préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob, et comme il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, continue le Pontife, la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sent les ennemis du Christ. Pour ce motif, Dieu aime la France parce qu’il aime l’Eglise qui traverse les siècles et recrute les légions pour l’éternité. Dieu aime la France, qu’aucun effort n’a jamais pu détacher entièrement de la cause de Dieu. Dieu aime la France, où en aucun temps la foi n’a perdu de sa vigueur, où les rois et les soldats n’ont jamais hésité à affronter les périls et à donner leur sang pour la conservation de la foi et de la liberté religieuse. » Ainsi s’exprime Grégoire IX.

Aussi, à votre retour, Vénérable Frère, vous direz à vos com­patriotes que s’ils aiment la France ils doivent aimer Dieu, aimer la foi, aimer l’Église, qui est pour eux tous une mère très tendre comme elle l’a été de vos pères. Vous direz qu’ils fassent trésor des testaments de saint Remi, de Charlemagne et de saint Louis – ces testaments qui se résument dans les mots si sou­vent répétés par l’héroïne d’Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »

A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d’Israël : « Que personne ne s’est rencontré qui insultât à ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de Dieu : Et non fuit qui insultaret populo istinisi quando recessit a culto Domini Dei sui. »

Ce n’est donc pas un rêve que vous avez énoncé, Vénérable Frère, mais une réalité ; je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein triomphe.

Il mourait, le Pape martyr de Valence [note : il s’agit du Pape Pie VI, cf. dans ce blogue > ici et > ici], quand la France, après avoir méconnu et anéanti l’autorité, proscrit la religion, abattu les temples et les autels, exilé, poursuivi et décimé les prêtres, était tombée dans la plus détestable abomination. Deux ans ne s’étaient pas écoulés depuis la mort de celui qui devait être le dernier Pape, et la France, coupable de tant de crimes, souillée encore du sang de tant d’innocents, tourne, dans sa détresse, les yeux vers celui qui, élu Pape par une sorte de miracle, loin de Rome, prend à Rome possession de son trône et la France implore avec le pardon l’exercice du divin pouvoir que, dans le Pape, elle avait si souvent contesté ; et la France est sauvée. Ce qui parait impossible aux hommes est possible à Dieu. Je suis affermi dans cette certitude par la protection des martyrs qui ont donné leur sang pour la foi et par l’intercession de Jeanne d’Arc, qui, comme elle vit dans le cœur des Français, répète aussi, sans cesse, au ciel la prière : « Grand Dieu, sauvez la France ! »

Saint Pie X (2)

Autres textes publiés sur ce blogue :
- Prophétie et prière de St Pie X pour la France > ici
- Allocution consistoriale condamnant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat > ici
- La mort de St Pie X et le discours de Pie XII pour sa canonisation > ici
- Prières de Pie XII à St Pie X > ici 

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2020-109. « Domine, noverim Te, noverim me ! »

27 août,
Vigile de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

Au Mesnil-Marie, la fête de notre glorieux Père Saint Augustin, fête de première importance pour nous qui suivons sa Règle et nous efforçons de vivre de son esprit et de ses enseignements, est naturellement précédée d’une vigile, destinée à nous préparer au mieux à la joie et aux grâces de la fête.

A l’occasion de cette vigile, je souhaite vous offrir la copie de l’un des « petits trésors » de notre collection de canivets : une image de Saint Augustin gravée en taille douce, entourée d’une délicate dentelle de papier malheureusement un peu endommagée par endroits.

Il est fort probable qu’il s’agisse de l’une de ces images qui étaient distribuées aux religieux dans certains couvents ou noviciats au début de chaque mois : portant l’effigie d’un saint au recto et une consigne spirituelle au verso, ce saint devenait en quelque sorte le « saint patron du mois » pour le religieux auquel elle était donnée, et la consigne spirituelle imprimée au verso devait faire l’objet particulier de ses efforts et approfondissements pendant le mois qui suivait…

Saint Augustin - canivet

« Seigneur, que je Vous connaisse, et que je me connaisse ! »

Au verso de l’image figure ce texte :

Saint Augustin (28 août)

Quand vous n’auriez reçu de Dieu aucune grâce, Il mérite toujours, par Ses perfections infinies, d’être aimé de tout votre esprit, de tout votre cœur et de toutes vos forces. Saint Augustin le comprenait lorsqu’il disait en versant des larmes : O mon Dieu, beauté toujours ancienne, toujours nouvelle, c’est bien tard que je Vous ai connu, c’est bien tard que je Vous ai aimé ! Saint Augustin passait les nuits à contempler les beautés et les perfections de Dieu. Au sortir des ténèbres de la nuit, voyant l’astre du jour : Beau soleil, s’écriait-il, tu viens me distraire ; tu m’empêches de goûter tranquillement les amabilités de mon Dieu !
C’est l’amour de Dieu qui fait les saints sur la terre ; c’est l’amour et la possession de Dieu qui fait le bonheur des élus dans le Ciel. Quand vous auriez toutes les autres vertus, et que vous feriez des miracles, sans l’amour de Dieu vous ne seriez jamais sauvé. Si je n’ai pas la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu, je ne suis rien, dit Saint Paul, parce que, sans la charité, on ne peut ni mériter, ni acquérir le Ciel, et qu’il vaudrait mieux n’être rien, n’avoir jamais été, que d’être exclu du Ciel et de ne pas aimer Dieu dans l’éternité.
Aimez-Le, bénissez-Le, réjouissez-vous de Ses perfections : vous L’aimerez dans le Ciel, vous L’y posséderez, si vous L’aimez pendant votre vie.

Prière favorite de Saint Augustin :

« Faites, Seigneur, que je Vous connaisse et que je me connaisse ; en Vous connaissant je Vous aimerai et Vous glorifierai en toutes choses ; en me connaissant je ne compterai pas sur mes forces, et je ne m’attribuerai aucun bien. »

Domine, noverim te, noverim me ! 

frise

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