Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2016-50. Du 30 juin, jour de la fête de Saint Martial et anniversaire de notre installation pérenne en ce village qui porte son nom.

Jeudi soir 30 juin 2016
Fête de Saint Martial, apôtre de l’Aquitaine,
et céleste protecteur de notre paroisse.

30 juin 2016 à la tombée du jour

Le campanile du Mesnil-Marie à la tombée du jour ce 30 juin 2016

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il ne m’est pas possible de laisser passer complètement ce jour sans revenir vers vous pour partager l’action de grâces qui monte de nos coeurs, au Mesnil-Marie, en cette soirée du 30 juin.

C’est qu’en effet, il y a huit ans exactement, au soir du 30 juin 2008, Frère Maximilien-Marie arrivait ici depuis le Vexin français (cf. > ici), au volant d’un dernier camion de déménagement.
Pendant les quatre mois précédents, il avait effectué de nombreux allers et retours entre le Vexin et le Vivarais afin de préparer ici l’installation du Refuge Notre-Dame de Compassion : si vous vous reportez à mes chroniques des mois de mars, avril, mai et juin de l’année 2008, vous y retrouverez les récits de toutes ces péripéties…

Le 30 juin est donc l’anniversaire de notre implantation stable et pérenne en ces lieux, et nous faisons monter vers Dieu de très vifs et fervents remerciements pour la manière dont Sa Providence a conduit et dirigé toutes choses : « Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : ô Dieu, dont la Providence ne faillit jamais en ses dispositions » proclame l’oraison du septième dimanche après la Pentecôte, oraison très particulièrement aimée et souvent répétée par Frère Maximilien-Marie.

L’une de ces admirables dispositions de la Providence ne réside-t-elle pas dans le fait que le 30 juin est justement le jour de la fête de Saint Martial ?
Ainsi donc, les circonstances extérieures qui imposaient à Frère Maximilien-Marie de rendre à cette date du 30 juin les clefs de la propriété que nous occupions auparavant dans le Vexin, faisaient-elles, du même coup, que l’installation permanente du Refuge Notre-Dame de Compassion dans un hameau de ce village, placé sous le vocable et la céleste protection de Saint Martial, s’accomplissait au soir de sa fête : prodigieuse coïncidence en laquelle nous ne voyons pas un hasard, mais un merveilleux « clin-Dieu » !

Saint-Martial et son lac - 30 juin 2016

Le village de Saint-Martial en Boutières se mirant dans son lac, ce 30 juin 2016.

Depuis, nous avons appris à mieux connaître et à mieux aimer ce saint dont, je dois bien l’avouer, nous ne savions pas grand chose à notre arrivée.

Quelle joie de découvrir les magnifiques traditions anciennes à son sujet !
Saint Martial est en effet cet enfant que Notre-Seigneur Jésus-Christ donna à Ses disciples comme modèle à imiter pour entrer dans le Royaume des Cieux (cf. Matth. XVIII, 1-5) ; il est ce jeune garçon qui, lors de la première multiplication des pains présenta à Jésus les cinq pains d’orge et les deux poissons (cf. Johan. VI, 9) ; attaché particulièrement à Saint Pierre, dont il était parent, il fut ordonné prêtre puis consacré évêque par lui et missionné dans les Gaules dont il évangélisa la grande province romaine d’Aquitaine (note 1), fondant le siège épiscopal de Limoges ; c’est lui aussi qui, après la première apparition de la Sainte Vierge au Puy, assura à Saint Georges, premier évêque du Velay, que c’était bien la Sainte Mère de Dieu qui  s’était manifestée et y apporta comme relique l’une des sandales de Notre-Dame…

Bien sûr, depuis une bonne centaine d’années, les rationalistes et les démolisseurs de tout poil se sont acharnés à démolir ces anciennes traditions, et ils ont repoussé au IIIe siècle l’existence de Saint Martial, au sujet duquel finalement on ne saurait quasi plus rien du tout !

Saint-Martial l'église - 30 juin 2016

L’église de Saint-Martial.

Avec de nombreux papes et avec quelques conciles sérieux des siècles passés, nous maintenons les traditions anciennes relatives à Saint Martial et à son apostolicité.

Nous le prions pour qu’il continue à protéger ce village et ses habitants, placés sous sa protection depuis près de dix-sept siècles (note 2).
Frère Maximilien-Marie a pris l’habitude de l’invoquer (avec l’ange gardien de la paroisse) à chaque fois que, s’étant absenté, il rentre dans les limites historiques du territoire de cette paroisse de Saint-Martial.

Nous déplorons au plus haut point le fait que, en raison de la raréfaction catastrophique des vocations de prêtres diocésains, la suppression de toutes les anciennes paroisses (fondues dans de « nouvelles paroisses » inhumaines, parce que surdimensionnées et artificielles) ait, de fait, entraîné l’abandon de la célébration des fêtes patronales et la désaffection envers ces saints dont le culte villageois avait contribué à façonner l’identité des communautés humaines naturelles, historiques et spirituelles.

Saint-Martial intérieur de l'église - 30 juin 2016

Intérieur de l’église de Saint-Martial.

Comme, traditionnellement, une indulgence plénière est concédée par la Sainte Eglise à celui qui accomplit une pieuse visite dans une église paroissiale au jour de la fête de son titulaire, notre Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué de se rendre au village, cet après-midi, pour aller se recueillir dans l’église…

L’église actuelle de Saint-Martial est un édifice néo-roman du XIXe siècle sans grand caractère : la vétusté de l’ancienne église, très dégradée après la grande révolution, et l’accroissement de la population de la paroisse aux XVIIIe et XIXe siècles avaient alors rendu nécessaire la construction d’un édifice plus vaste.
Bien trop vaste aujourd’hui : juchée dans le fond de l’abside, la grande statue de Saint Martial, en pierre blanche, haute d’environ trois mètres, n’y est plus guère l’objet d’une dévotion empressée, et, sauf à l’occasion des funérailles et d’un dimanche par mois, son auguste dextre levée ne bénit plus guère qu’une grand’ nef vide !

Statue de Saint Martial

Statue de Saint Martial, en pierre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, haute d’environ 3 m,
dans le fond du sanctuaire de l’église de Saint-Martial en Boutières.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, à l’occasion de ce 30 juin, fête de Saint Martial et huitième anniversaire de notre arrivée en ces terres commises à sa garde et protection, n’était-il pas juste et bon que j’évoque avec vous la figure et la sainteté de ce très grand saint, égal aux Apôtres, et que je vous emmène virtuellement en cette église de notre paroisse territoriale qui lui est dédiée ?
Je me suis rendu compte, en effet, que je ne l’avais encore jamais fait, et j’espère que le grand Saint Martial ne m’en tiendra pas rigueur…

Patte de chat  Lully.

Saint-Martial le 30 juin 2016

Le village de Saint-Martial tel qu’il se découvre à la vue quand on arrive par l’est.

Note 1 : l’ancienne province romaine d’Aquitaine, nommée Gaule Aquitaine, est l’une des trois divisions de la Gaule romaine (les deux autres étant la Gaule Lyonnaise et la Gaule Belgique) : au nord elle s’étendait jusqu’à la Loire, englobant donc le Poitou, l’Aunis, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, le Berry, le Bourbonnais, l’Auvergne, le Velay, la Guyenne, la Gascogne et le Béarn… et même, pendant un temps, le territoire de l’Helvie qui correspond à peu près à la superficie de l’actuel département de l’Ardèche.

Note 2 : Avec le docte Paul Camus (1874-1939), historien incomparable de Saint-Martial depuis les périodes les plus reculées jusqu’au XIXe siècle, on peut penser qu’il y eut ici dès le IIIe siècle un oratoire chrétien dédié à Saint Martial qui devint vers le VIe siècle le noyau autour duquel se constitua la paroisse de Saint-Martial en Boutières.

2016-48. Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu.

29 juin,
Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul.

La Sainte Eglise notre mère exulte aujourd’hui dans la célébration liturgique des Saints Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise de Rome où, selon la Tradition, ils ont versé leur sang le même jour de la même année, lors de la persécution déclanchée par Néron.
Profitons-en pou rappeler que la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul est une fête de précepte, qui doit normalement être chômée et où l’assistance à la Messe est obligatoire (cf. > ici) : dans les pays tels que la France depuis la grande révolution, où ce jour n’est plus férié, la solennité doit en être reportée au dimanche suivant.

On trouve dans les oeuvres de notre glorieux Père Saint Augustin plusieurs sermons prononcés à l’occasion de cette fête. En voici un qui, quoique très court, n’en est néanmoins pas moins propre à alimenter nos méditations et notre action de grâces en ce jour.

Giuseppe Cesari 1608-09 vierge à l'enfant avec les sts Pierre et Paul

Giuseppe Cesari : les Saints Pierre et Paul entourant la Vierge à l’Enfant
(huile sur toile, 1608-1609)

« Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu. »

Sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin
sur
le martyre des Saints Apôtres Pierre et Paul.

§ 1. L’Eglise célèbre en une même fête les deux Apôtres Pierre et Paul : leurs vocations étaient différentes, mais ils ont été les serviteurs de la même foi.

Avec la grâce de Dieu, nous célébrons aujourd’hui le martyre de saint Pierre et de saint Paul ; le monde entier solennise aujourd’hui leur mémoire, les unissant dans les mêmes cantiques, comme ils ont été unis par une même foi et couronnés par un même triomphe.
C’est la fête de Paul ; et, tous le proclament, c’est aussi la fête de Pierre. Comment garder le silence sur Pierre, quand on se rappelle avec quelle fermeté il a refoulé la rage de Simon le Magicien, lui a enseigné la saine doctrine et a confondu son orgueil (note) ?
Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu.
Paul est un vase d’élection, Pierre tient les clefs de la maison du Seigneur ; l’un était pêcheur, l’autre a été persécuteur. Paul a été frappé d’aveuglement, afin de mieux voir ; Pierre a renié, afin de croire. Paul, embrassant la foi de Jésus-Christ après la résurrection de l’Eglise, s’est montré le disciple d’autant plus glorieux de la vérité, qu’il avait été plus obstiné dans son erreur. Pierre pêcheur n’a pas déposé ses filets, mais les a changés, parce qu’honoré le premier du sacerdoce, il préféra désormais les sources à la mer, et chercha les poissons, non pas pour les détruire, mais pour les purifier.
Tous deux furent heureux dans l’administration de la doctrine, mais la mort les confirma dans un bonheur plus grand encore. Sur la-terre, la gloire n’est qu’en désir ; au ciel, elle a toute sa réalité. Sur la terre, les tribulations se succèdent, la mort met les saints en possession de la véritable grandeur.
La voix de ces Apôtres se fait entendre jusqu’aux confins de la terre. Partout s’élève en leur faveur un concert de louanges ; partout la voix des fidèles redit la magnificence de leur triomphe.

§ 2. Sens mystique du martyre des deux Apôtres.

Comment appeler morts des hommes dont la foi est un principe de vie et de résurrection pour le monde entier ?
Pour arriver au glorieux séjour de l’éternelle lumière, que personne n’hésite à se confier en toute assurance à la direction de ces illustres docteurs ; à leur suite, la conquête du ciel n’est plus impossible. Paul est là pour seconder nos efforts, et Pierre pour ouvrir les portes de l’éternel séjour.
Du reste, il ne peut que nous être utile de rappeler le glorieux martyre de ces Apôtres. Paul fut décapité, Pierre fut crucifié la tête en bas. Ce genre de mort est plein de mystère.
Il convenait que Paul eût la tête tranchée, parce qu’il est pour les Gentils le chef ou la tête de la foi. Pierre avait reconnu que Jésus-Christ est la tête de l’homme, et comme Jésus-Christ était alors assis dans sa gloire, Pierre lui présenta d’abord sa tête, que les pieds devaient suivre, afin que dans ce nouveau genre de martyre, pendant que les pieds et les mains étaient enchaînés, la tête pût prier et prendre le chemin du ciel. Je ne suis pas digne, disait Pierre, d’être crucifié comme mon Seigneur. Par ce langage il ne refusait pas le martyre, mais il craignait de s’approprier le genre de mort du Sauveur, et ne se trouvait digne que de honte et de châtiment.
Bienheureux Pierre, quand nous vous voyons suspendu à la croix, combien vous l’emportez à nos yeux sur le Magicien aspirant à prendre son vol dans les airs (note) ! Il ne s’élève que pour tomber plus profondément, tandis que vous n’inclinez votre tête vers la terre que pour posséder le ciel après votre mort, par la grâce de Jésus-Christ qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Tiare et clefs de Saint Pierre

Note :
Saint Augustin fait ici allusion à la très ancienne tradition, bien connue des chrétiens des premiers siècles et du Moyen-Age mais bien oubliée aujourd’hui, qui nous rapporte que Simon le Magicien – personnage que l’on trouve dans les Actes des Apôtres (VIII, 4-25) – est venu à Rome et que, possédé par le diable, il a tenté de séduire les foules par des prodiges pour les détourner de la prédication des Apôtres. Il s’est notamment élevé dans les airs, mais, à la prière de Saint Pierre a été précipité à terre. C’est de lui que vient le nom « simonie » qui désigne le péché consistant à monnayer les charges ecclésiastiques et à faire du commerce avec des choses bénites ou consacrées. 

2016-47. Obéissance au réel et civilisation.

Jeudi 23 juin 2016,
Vigile de Saint Jean-Baptiste.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le Révérend Père Jean-François Thomas, jésuite (note 1), honore mon papa-moine de son amitié spirituelle : il faut dire qu’en sus de la fulgurance de ses analyses sur la situation du monde et de l’Eglise – car il parle sans détour et sans ambiguïté – , il partage avec Frère Maximilien-Marie l’amour de la liturgie latine traditionnelle et le zèle pour la Légitimité dynastique et politique (note 2).
Pour moi, qui suis toujours très bien renseigné, je vois une preuve supplémentaire de sa sagesse dans le fait qu’il aime les chats…

Au Mesnil-Marie, nous venons de commencer la lecture de son dernier ouvrage, intitulé « Les mangeurs de cendres » et sous-titré « petit traité spirituel ».
Même si nous ne sommes qu’au début de notre lecture, lecture qui doit être lente et accompagnée de méditation, nous pouvons d’ores et déjà vous recommander de vous y mettre vous aussi, et – afin de vous en donner le goût – après avoir recopié la présentation générale de l’ouvrage qui se trouve en quatrième de couverture, j’ai pris le parti de publier ci-dessous, une longue citation, à laquelle je souscris entièrement, au sujet de la civilisation et des raisons de sa décadence ou de sa survie.

Patte de chat  Lully.

frise avec lys naturel

Quatrième de couverture : 

« Petit traité spirituel, ce guide éclaire la voie de tout homme de bonne volonté au moment où les ténèbres de la culture de mort envahissent toutes les sphères de nos sociétés. Pour l’auteur, l’Espérance est plus que jamais à portée d’âme : « là où le mal abonde, la grâce surabonde » et l’antidote trouve sa source dans les eaux du Baptême et sa nourriture dans la pratique des sacrements.
   Les fumées de Satan ne sauraient dissiper l’homme en tant que créature de Dieu, seul être vertical appelé au salut éternel, et toute la réflexion du père Jean-François Thomas s’enracine dans la vie intérieure et son épanouissement. Il n’y a de dignité humaine que dans la vie en Christ, et le triomphe provisoire et apparent du dessein funeste des mangeurs de cendres n’est qu’une question de temps… apocalyptique !
   Pour demeurer comme un lys au milieu des épines, le père Jean-François Thomas arrache ici les masques hideux des catoblépas dont le refus de Dieu et de tout ordre autre qu’humain poursuit de nos jours l’œuvre de destruction révolutionnaire. »

Père Jean-François Thomas

Le Rd. Père Jean-François Thomas s.j.

Le déni de réel est cause de décadence :

« (…) La vigueur, la vitalité d’une société, d’une civilisation, se reconnaissent à l’attention et au soin que l’homme est capable d’apporter au passé conservant soigneusement les faits et les gestes, posant des repères sur le chemin parcouru comme si ce dernier, à tout moment, devait être emprunté de nouveau. En revanche, un pays, une nation ou une civilisation en crise sont ceux où leurs membres n’affichent que mépris et violence vis-à-vis de leur héritage, rompant avec le passé, le dépeçant, allant même jusqu’à violer les tombes et exhumer les cadavres, comme les sans-culottes de la Révolution française. Il s’agit là d’une attitude barbare qui rend étranger à ce qui est humain. C’est une rupture d’avec l’humain et d’avec le divin, meurtre du père et mort de Dieu. Sous le couvert de progrès et d’évolution, celui qui rejette le passé stagne, régresse et se condamne à disparaître. Seul ce qui demeure peut prendre la direction d’un réel progrès, d’une avancée morale, d’une purification, car le regard demeure fixé sur les héros et sur les saints, sur les événements glorieux, sur les échecs et les défaites surmontés. La docilité au réel permet à une communauté de personnes de se hisser sur les cimes, de devenir une patrie de sages, de philosophes, de théologiens, de mystiques. Le sans-gêne dédaigneux vis-à-vis de ce même réel n’engendre que cataclysmes, crises, idéologies que l’homme ne peut pas traverser intact et où il perd sa consistance, ne sachant même plus qui il est, d’où il vient, où il va…
Obéir à la nature des choses fut, pendant des générations, un postulat de base présent dans le sens commun y compris des illettrés et des incultes. Le paysan au milieu de sa rizière, l’artisan avec son marteau, le pêcheur avec son filet savent encore que chaque chose nous résiste selon ce qu’elle est, qu’ils doivent rester dociles et attentifs au réel s’ils désirent le vaincre ou le maîtriser dans le domaine qui leur est propre. La victoire passe nécessairement par l’obéissance au réel. Ne pas l’accepter, c’est s’exposer à des erreurs qui entraînent des conséquences dramatiques.
Pour construire une civilisation qui perdure, il faut commencer par respecter les principes naturels et reconnaître que le feu brûle, que l’eau désaltère et mouille, que le soleil réchauffe et fait lever le grain, que l’homme ne vit pas seulement de pain, qu’un enfant n’est pas un objet non identifié dans le ventre de sa mère… Tout va bien lorsque tous ou la majorité des personnes qui composent la société se retrouvent en ce même credo. Tout commence à aller mal lorsque, malgré l’évidence, des voix s’élèvent pour affirmer le contraire de ce qui est ou bien prônent un relativisme en la matière. Le déni de réel est cause de décadence. Toutes les dictatures au cours des millénaires en ont fait l’amère expérience, sans que cela ne soit pour autant une leçon pour les générations futures puisque ces dernières rejettent a priori tout ce qui provient du passé. »

Rd Père Jean-François Thomas, s.j.
in « Les mangeurs de cendres – petit traité spirituel », pp. 28-30
(éd. Via Romana – mars 2016)

Note 1 : Le Rd. Père Jean-François Thomas a été professeur de philosophie, puis missionnaire à Manille – où il s’est consacré pendant une quinzaine d’années à la protection des enfants des rues – , il réside actuellement à Paris et a déjà publié « Sentinelle, où en est la nuit ? » (éd. François-Xavier de Guibert – 2009) et « Comme un lys au milieu des épines » (éd. Via Romana – 2014).

Note 2 : Le Rd. Père Jean-François Thomas a prononcé, le 21 janvier 2016 à l’occasion de la Messe de Requiem à la mémoire de Sa Majesté le Roi Louis XVI célébrée à Saint-Germain-l’Auxerrois une homélie remarquée qui a été publiée par notre amie Béatrice sur « Benoît et moi » (voir > ici) et dans « la Gazette Royale » n°146 (1er trimestre 2016).

les-mangeurs-de-cendres Jean-François Thomas

2016-46. « Il n’est si élevé en gloire que parce qu’il a mené une vie intérieure. »

21 juin, fête de Saint Louis de Gonzague.

Ceux qui connaissent bien notre Frère Maximilien-Marie savent qu’en sus de Saint Maximilien-Marie Kolbe, il a pour célestes protecteurs de sa vie religieuse Saint Louis de Gonzague et Saint Gabriel dell’Addolorata : si l’on devait énoncer son nom complet de vie religieuse, il faudrait donc dire « Frère Maximilien-Marie Gabriel Gonzague du Sacré-Coeur », mais il faut bien reconnaître que ce serait un peu long… surtout pour l’appeler en cas d’urgence ou d’incendie !

Bien évidemment, chaque 21 juin est – vous le comprenez – un jour de particulières allégresse et ferveur en notre Mesnil-Marie. Dans notre oratoire, une veilleuse est allumée devant les reliques de Saint Louis de Gonzague, et aux prières habituelles nous ajoutons quelques exercices spécifiques en l’honneur de ce très grand saint.

J’ai décidé aujourd’hui de publier ci-dessous à votre intention la traduction en français d’un texte remarquable, transcrivant une vision de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi qui eut lieu le 4 avril 1600, soit à peine neuf ans après la mort de Saint Louis de Gonzague (21 juin 1591).
C’est une traduction bien imparfaite, comme toute traduction : le texte original est en effet en dialecte florentin du XVIIe siècle et possède une saveur intraduisible.
Néanmoins il n’est pas inutile de savoir qu’à peine neuf ans après sa mort à Rome, Dieu a tenu à montrer à cette carmélite florentine l’incommensurable gloire de ce saint de 23 ans et à lui faire savoir ce qui était la cause d’une si grande gloire : sa vie intérieure.

J’ai illustré ce court texte avec des photographies prises par Frère Maximilien-Marie dans la chapelle de Saint Claude de La Colombière, à Paray-le-Monial, puisque, en effet, l’une des absidioles y est dédiée à Saint Louis de Gonzague et que son programme iconographique y conjugue la mosaïque et le vitrail pour représenter cette vision de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi et la gloire du jeune saint. 

Lully.                  

Vision de Ste Marie-Madeleine de Pazzi - chapelle de La Colombière

« Qu’elle est grande la gloire de Louis, fils d’Ignace ! »
Vision de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi
mosaïque et vitrail de la chapelle de La Colombière à Paray-le-Monial.

frise avec lys naturel

« Oh, quelle gloire est la gloire de Louis, fils d’Ignace ! 
Je ne l’aurais jamais cru si mon Jésus ne me l’avait fait voir !
Je n’aurais jamais imaginé qu’il y eût autant de gloire dans le Ciel que j’en vois dans Louis !

Je voudrais pouvoir parcourir tout l’univers et dire que Louis, fils d’Ignace, est un grand saint !
Et je voudrais faire connaître sa gloire à tout le monde, afin que Dieu en fût glorifié !

Il n’est si élevé en gloire que parce qu’il a mené une vie intérieure.
Qui pourrait apprécier le mérite et la vertu de la vie intérieure ?
Non ! Il n’y aura jamais aucune comparaison à faire entre les actes intérieurs et les extérieurs…

Louis fut un martyr inconnu : quiconque Vous aime, ô mon Dieu, Vous connaît si grand, si infiniment aimable !
Quel martyre ne fut-ce pas pour lui de voir qu’il ne pouvait Vous aimer autant qu’il désirait Vous aimer ; de voir que Vous n’étiez pas connu de toutes Vos créatures ; que Vous n’étiez pas aimé ; qu’au contraire Vous en étiez offensé !

Oh ! Combien Louis aima-t-il sur la terre ! Et maintenant, dans le Ciel, il jouit de Dieu dans une grande plénitude d’amour… »

Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, in « Probatione », parte seconda.

Vitrail de St Louis de Gonzague -chapelle de La Colombière

Vitrail de Saint Louis de Gonzague
chapelle de La Colombière à Paray-le-Monial.

Voir aussi :
- « Saint Louis de Gonzague et la garde des sens » : BD et prière > ici
- Prière « O Domina mea » attribuée à Saint Louis de Gonzague > ici

2016-45. D’une délicate attention du Ciel dont a bénéficié l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay…

Le mardi 7 juin dernier, l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay, devait être opéré d’un glaucome dûment diagnostiqué, mais ce matin-là, lorsque le chirurgien a procédé aux ultimes examens préparatoires à l’intervention, il a constaté que l’opération n’était plus nécessaire et il l’a tout bonnement annulée…

En publiant le témoignage qui suit, nous n’entendons bien évidemment pas nous substituer au diagnostic des médecins ni au jugement de l’Eglise. Voilà pourquoi nous nous garderons d’utiliser le mot « miracle » puisque, pour l’heure, personne ne peut dire si cette notable amélioration constatée (au point, redisons-le, d’avoir eu pour effet immédiat l’annulation d’une intervention chirurgicale) est entière et définitive.
Toutefois, comme le disait l’ange Raphaël à Tobie, s’ « il est bon de cacher le secret du roi (…), révéler et publier les oeuvres de Dieu est une chose honorable » (Tob. XII, 7), car nous ne pouvons pas douter que c’est ici l’oeuvre de Dieu – par la médiation de Ses saints – , et nous ne voudrions pas manquer à notre devoir de reconnaissance envers le Dieu des miséricordes, sous le prétexte d’une prudence trop humaine.

Pierre des fièvres & chapelle du Crucifix

Cathédrale du Puy-en-Velay : la pierre des fièvres, dans la chapelle du Saint Crucifix.
C’est cette pierre qui fut désignée à deux reprises par la Sainte Mère de Dieu, aux origines du sanctuaire du Puy, comme lieu des guérisons qu’elle voulait accorder.

Laissons la parole à notre pèlerin qui, pour l’heure, entend rester dans l’ombre mais a consenti à nous écrire son témoignage :

« – MES YEUX : historique.

Vers le 22 avril 2015, je souffre de démangeaisons devenant brûlantes, avec l’impression de sable dans les yeux. Les paupières rougissent, enflent, s’infectent : le pharmacien consulté me donne une pommade  antibiotique…

30 avril 2015, je suis aux urgences du centre ophtalmologique de I.S. Diagnostic : inflammation aiguë avec chalazion ; on me prescrit une autre pommade antibiotique - anti inflamatoire, des lavages avec du sérum, des gouttes lubrifiantes.
Dans les jours qui suivent, les symptômes diminuent mais les paupières résistent en partie aux soins.

Je consulte trois ophtalmologistes : deux internes exerçant à ce cabinet médical pour les urgences à I.S., puis, le 27 mai 2015, un médecin à M…
Les internes ont  fait le bon diagnostic : blépharite aiguë infectée. 

Juillet 2015 : la même pommade antibiotique m’est prescrite par le généraliste, cette fois, en raison d’un orgelet énorme et d’une inflammation.

En septembre, de nouveau je souffre, je revois un interne qui renouvelle une ordonnance suivant un protocole classique : lavages avec sérum, compresses chaudes une fois par jour et massage des paupières, suivi d’application d’un gel stérile, gouttes lubrifiantes. 

5 octobre 2015. Consultation – prévue depuis six mois – avec le « patron », ophtalmologiste et chirurgien : toujours l’inflammation… C’est un médecin peu bavard : il me prescrit pour trois mois un antibiotique par voie buccale, en alternant trois jours par mois avec des gouttes oculaires et un autre antibiotique, et toujours le lavage avec du sérum, des compresses chaudes suivies d’un massage des paupières (glandes meibomius), le nettoyage avec un gel stérile et des gouttes lubrifiantes plusieurs fois par jour. Cela tous les jours.
Traitement « de routine » prescrit pour six mois, sauf que les antibiotiques sont au degré maximum.
Ma vie est rythmée par ces soins.  J’ai une surveillance régulière par le spécialiste.

Ce même 5 octobre 2015, on a même évoqué la pose de bouchons… 
Je réfléchis et m’interroge : « Jusqu’à quand mes yeux vont ils m’ennuyer ? Jusqu’à quand ces douleurs (jusqu’à ressentir l’impression que les yeux vont sortir de l’orbite), ces brûlures, ces démangeaisons intolérables ? »  
Pour conduire ou lire, c’est parfois difficile.  

Mars 2016 : contrôle. 
Le docteur est mécontent car l’inflammation a diminué, mais persiste. Il m’informe, avec insistance, que le traitement est très long : pathologie chronique avec des hauts et des bas. La prescription est à peu près la même, mais ce jour là : « Vos paupières sont correctes, mais vous avez encore des manifestations inflammatoires, alors j’ajoute « Ikervis » (ciclosporine), prévu pour les cas rebelles. En plus, soyez prudent les jours de vent… »

Un an de douleurs, de démangeaisons intolérables, de brûlures, d’impression de grains de sable, de traitement contraignant, avec en plus un nouveau diagnostic : glaucome !

Le spécialiste me dit : « Attention ! Lorsque vous prendrez des médicaments vous êtes concerné par les contre indications se référant au  glaucome : c’est pour vous ! » 

Ensuite, sortant une maquette, il m’explique que le liquide aqueux de l’oeil, subissant des pressions, déforme la cornée :   »Pour éviter les effets irréversibles (c’est-à-dire la cécité), je vais percer la cornée d’un trou microscopique à cet endroit précis, au moyen d’un rayon laser, pour permettre au liquide en trop de s’échapper et d’arriver dans la partie visible de vos yeux et d’être évacué ».

Je reste paralysé, sans défense. Cependant je l’interroge pour savoir si cette intervention sera unique et où ? 
- Cela se fait en une fois. 
Comme je me dirige vers la porte, il me demande de prendre rendez vous après avoir donné des instructions à la secrétaire.

Je suis ressorti très étourdi par cette consultation. 

Je réfléchis : laser = brûlure…
Impuissant, je patiente jusqu’au 7 juin, date qui a été fixée afin de me permettre de me rendre au pèlerinage légitimiste au Puy. 

Et je m’en remets au Seigneur.

Ce 7 juin je me rends donc au centre pour l’opération. 
Je passe plusieurs examens préparatoires. Puis le médecin scrute longuement les croquis, l’échographie, avec les résultats, et me dit :  »L’examen est bon ; il n’y a pas de tension ; je n’interviens pas. C’est bon ! » 
Un éclair me traverse : « Ça, c’est la Sainte Vierge ! Merci, Vierge Marie ! »

Le médecin ajoute :  »Cependant vous resterez sous surveillance pendant trois ans avec une consultation annuelle. D’ici là votre cataracte – légère – aura évolué, et peut-être aurai-je à intervenir si des modifications survenaient (glaucome). Pour l’instant, pas de problème ».

Je repars avec le sempiternel traitement quotidien pour les paupières, qui est un autre problème, indépendant du glaucome disparu.

Je suis libéré, échappant à une intervention délicate aux suites longtemps douloureuses.

En m’allongeant sur la pierre noire (note 1), samedi, j’ai dit intérieurement et avec confiance : « Sainte Vierge Marie : libérez mon corps et mon esprit de tous les maux qui m’envahissent et entravent ma vie ».   

Ce 7 juin au matin devant le médecin, j’ai immédiatement remercié mentalement la Vierge Marie. Est-ce elle ? Avec  le petit Roi Louis XVII intercédant aussi pour moi ? Je le prie souvent, à la messe et en privé. Après la bénédiction de l’icône (note 2), je l’ai embrassée justement là où est le petit Louis XVII, au coin en bas à gauche…

Je réalise peu à peu que je suis passé à travers une épreuve délicate qui m’inquiétait. Alors louons la Sainte Trinité, Marie, Joseph, St Michel, mon ange gardien : tous évoqués dans mes oraisons : le monde céleste. 
Rendons grâce : ALLELUIA ! »

icône des martyrs de la famille royale détail : Louis XVII dans son cachot

Sainte icône des martyrs de la famille royale, détail : Louis XVII dans son cachot.

Note 1 : il s’agit de la « pierre des fièvres », dans la cathédrale du Puy, sur laquelle lors des apparitions qui ont fondé le pèlerinage à Notre-Dame du Puy, la Sainte Mère de Dieu a opéré des guérisons miraculeuses.

Note 2 : l’icône représentant les martyrs de la famille royale (LL.MM. les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth) qui a été présentée et bénite lors de la conclusion du pèlerinage légitimiste, le dimanche 5 juin : icône réalisée afin de « relancer » la cause de béatification de nos martyrs royaux et déposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie (lire plus en détail ici).

Monogramme Marie 2

Supplication au Coeur Eucharistique de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dans un certain nombre de diocèses et congrégations religieuses, au jeudi dans l’octave du Sacré-Coeur avait été instituée la fête du Coeur eucharistique de Notre-Seigneur : fête bien oubliée aujourd’hui…
Après la prière composée par le Rd Père Lépidi, Maître du Sacré Palais au temps de Saint Pie X et de Benoît XV que nous avons déja publiée (cf. > ici), en voici une autre trouvée sur une ancienne image de dévotion.

 

le Sacré-Coeur et l'Eucharistie

 

Seigneur Jésus, Fils de Dieu Sauveur,
consacrez-moi Vous-même à Votre Cœur Eucharistique :
inculquez m’en la douceur et l’humilité.

Apprenez-moi à faire,
à Votre exemple,
ma nourriture de la volonté du Père,
afin que, par ma prière et mes œuvres, je Lui rende gloire,
en Lui demandant de hâter Son règne par Votre venue,
et en appelant sur l’Eglise et le monde
une effusion accrue de Votre Esprit d’amour.

Seigneur,
recevez-moi dans le Cœur Immaculé de Votre Mère très sainte :
qu’elle soit mon guide et m’accompagne avec Vous
dans l’accomplissement du Pur Vouloir du Père
sous la conduite de Votre Esprit d’amour.

Ainsi soit-il !

Sainte Eucharistie

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 9 juin, 2016 |1 Commentaire »

2016-43. De la sainte icône des martyrs de la famille royale désormais exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Mercredi 8 juin 2016,
221e anniversaire du rappel à Dieu de S.M. le Roi Louis XVII (cf. > ici).

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est très intentionnellement que j’ai choisi cette date du 8 juin pour vous dévoiler, après que Frère Maximilien-Marie l’a lui-même dévoilée dimanche dernier aux participants du pèlerinage jubilaire de la Légitimité au Puy-en-Velay (cf. > ici), une icône que nous avons commandée à une artiste, Madame Olga Platonova, iconographe originaire de Saint-Petersbourg, professeur d’iconographie à la paroisse orthodoxe russe de la Présentation de Marie (rue Olivier de Serre, Paris XVe).

Pour vous en parler, il faut que je revienne deux ou trois ans en arrière.
Romain, l’un de nos amis, et Frère Maximilien-Marie s’étaient demandé à plusieurs reprises comment il serait possible de relancer la cause de béatification des membres de la famille royale mis à mort pendant la grande révolution : Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth, soeur du Roi. En effet, si diverses tentatives ont existé au cours des XIXe et XXe siècles, elles n’ont jusqu’ici pas abouti.

Il est bien certain que c’est principalement en haine de la foi catholique, en haine de l’Eglise catholique et en haine des desseins de Dieu sur la France, que le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth ont été envoyés à la guillotine, et que le Roi Louis XVII a été condamné à des sévices physiques et psychologiques innommables, puis à une mort lente dans la plus dégradante des réclusions.
Mais il est tout aussi certain que, d’une part, ni la république, ni la maçonnerie – qui en est la pseudo religion officielle – ne souhaitent cette glorification qui mettrait davantage en lumière leurs actions diaboliques ; et que, d’autre part, un épiscopat d’une désolante inconsistance, continûment empêtré dans ses compromissions avec un régime impie, n’a ni la capacité spirituelle et intellectuelle ni la volonté d’entreprendre les démarches en vue de leurs béatifications, au contraire de l’Eglise russe qui a élevé sur les autels la famille impériale massacrée en 1917.

Nous en sommes donc arrivés à formuler ce raisonnement :
1 – puisque nous avons les plus solides raisons de penser que Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth sont au Ciel, rien ne nous empêche de les invoquer pour obtenir des grâces par leur intercession (sans que cela prenne les formes d’un « culte public » tel que défini par le droit canonique) ;
2 – puisque en guise de preuve qu’ils sont au Ciel, l’Eglise demande toujours des grâces et des miracles par l’intercession des « serviteurs de Dieu », rien ne s’oppose à ce que l’on diffuse une prière pour demander l’intercession de nos martyrs royaux ;
3 – puisque, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas attendre de la timorée hiérarchie de l’Eglise, leur béatification, ce doivent être les grâces et les miracles obtenus par les fidèles qui doivent en quelque manière « forcer » cette hiérarchie à sortir de sa langueur ;
4 – il nous faut donc diffuser une image permettant de matérialiser – si l’on peut dire – ou de concentrer ces prières et supplications ; toutefois ni les portraits de cour réalisés de leur vivant, ni les représentations plus ou moins romantiques postérieures à la révolution ne conviennent à une saine démarche religieuse : il serait donc opportun de proposer une représentation strictement religieuse et spirituelle qui mette en valeur leur martyre ;
5 – une icône, comme les russes en ont fait réaliser pour la famille impériale martyre, possède toutes les caractéristiques voulues pour cette expression spirituelle et permettrait la mise en évidence de la mise à mort en haine de la religion ; en sus, outre le fait que les icônes sont de plus en plus comprises et vénérées par la piété latine, cette représentation facilitera aussi la dévotion des fidèles des rites orientaux dont un très grand nombre – en France mais pas uniquement – sont royalistes et légitimistes…

Après quelques tâtonnements, grâce à une religieuse orthodoxe sympathisante de la Confrérie Royale, nous avons été mis en relation avec Madame Olga Platonova qui a parfaitement compris notre dessein et y a adhéré de toute son âme et de tout son talent.
Madame Platonova a travaillé pendant plusieurs mois – mettant en oeuvre les canons de l’iconographie sacrée – , et notre Frère Maximilien-Marie, dans le même temps, économisait sou par sou afin de pouvoir la rétribuer en toute justice.

Enfin, grâce à une amie proche qui devait se rendre à Paris et se l’est vue remettre par Madame Platonova, l’icône est arrivée au Mesnil-Marie le dimanche de la Sainte Trinité 22 mai 2016.
Frère Maximilien-Marie l’a déposée dans l’oratoire, mais elle y est restée voilée tant qu’elle n’était pas bénite : c’est ce dernier dimanche, 5 juin 2016, que, après avoir été dévoilée aux participants du pèlerinage jubilaire légitimiste au Puy, elle a reçu cette bénédiction.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Comme je l’ai expliqué plus haut, ce sont les canons de la représentation sacrée dans les Eglises d’Orient qui ont présidé à la réalisation de cette icône : loin des portraits de cour et des figurations réalistes ou sentimentalo-romantiques, l’icône exprime une réalité spirituelle et montre symboliquement les serviteurs de Dieu dans leur éternité de gloire. En cela, elle tire celui qui la contemple et qui prie devant elle hors des contingences terrestres pour l’amener à un contact spirituel avec les saints.
Sur cette icône, Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette sont donc figurés portant les insignes canoniques de leur royauté (avec le manteau fleurdelysé propre à la royauté française), et Madame Elisabeth est représentée en princesse de sang royal : leur appartenance à une race royale particulièrement favorisée des dons divins subsiste dans l’éternité, spiritualisée.
Chacun d’un porte à la main une croix, symbole de leur martyre qui les a unis d’une manière spéciale au Christ, Roi des martyrs.

En arrière-plan sont peints les lieux de leur chemin de croix : les Tuileries, le donjon du Temple et la Conciergerie, tandis que dans les angles sont évoquées les scènes de leurs morts.
Leurs noms sont écrits en toutes lettres : Louis-Auguste Roi de France, Louis-Charles Roi de France, Marie-Antoinette Reine de France, Elisabeth-Philippine Fille de France.

J’espère pouvoir très bientôt vous proposer des reproductions imprimées de cette sainte icône de nos martyrs royaux ainsi que la prière destinée à demander des grâces par leur intercession, mais il me semblait important de pouvoir déjà vous la présenter en ce jour, marqué par un si poignant anniversaire (cf. > ici).

Lully.

Trois lys blancs

2016-42. « Redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice ».

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Nous avons l’immense joie de vous transmettre le message particulier que Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a adressé aux pèlerins de l’Union des Cercles Légitimistes de France et de la Confrérie Royale présents au Puy-en-Velay , ces 4 et 5 juin, à l’occasion du Grand Pardon de cette année 2016.

Le message, envoyé par le Secrétariat du Prince au Président de l’UCLF a été lu par ce dernier au groupe des pèlerins avant que ceux-ci ne commencent leur démarche jubilaire, ce qui était bien propre à stimuler la ferveur de leur prière.
Au-delà de ceux qui étaient présents ce jour d’hui au Puy-en-Velay, ce message touche aussi tous ceux qui, étant empêchés d’être physiquement présents, nous étaient unis par la prière.

Nous nous sommes autorisés à mettre en caractères gras quelques passages qui nous paraissent particulièrement importants et qui nous semblent une invitation à approfondir toujours davantage notre connaissance aimante de notre histoire royale et des principes de la royauté létitime, la monarchie de droit divin.
Nous relevons aussi avec bonheur la conviction finale exprimée par notre Souverain légitime : la prière, aujourd’hui comme jadis, est un moyen très important – et même essentiel – pour travailler au bien temporel et spirituel de notre France…

Pèlerinage légitimiste au Puy - message du Prince 4 juin 2016

Message de Monseigneur le duc d’Anjou
au Président de l’UCLF
à l’occasion du pèlerinage jubilaire au Puy-en-Velay

(4 et 5 juin 2016)

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Chers Amis,

Vous m’aviez invité à votre pèlerinage jubilaire au Puy et je vous en remercie. A défaut de pouvoir être présent parmi vous, je suis là par la pensée et mes prières accompagnent tous ceux qui accomplissent ce geste immémorial de dévotion.

En cette année 2016, alors qu’un tel Jubilé ne se reproduira que dans 141 ans, je mesure toute l’importance de cet acte.

Je la mesure d’autant plus que pour tous mes prédécesseurs, les Rois de France au souvenir desquels votre association est si attachée, venir ici, au Puy, a toujours été la marque d’un renouveau profitable à tout le royaume.

La venue de Charles VII, par exemple, implorant le secours de Notre-Dame pour sauver son royaume, demeure en ce sens un symbole marquant. Il est encore plus parlant en cette année où la présence de Jeanne d’Arc est si manifeste. Elle-même envoya sa mère la représenter au jubilé de 1429, convaincue que sa mission de renaissance du pays, alors, presque tout abandonné aux mains étrangères, passait par l’intercession miraculeuse de la Vierge du Puy.

Or ce renouveau n’est-il pas toujours d’actualité dans notre société si déchirée et inquiète ? Un vieux monde né à la fin du XVIIIe siècle disparait et un monde nouveau retrouvant le sens de la transcendance et de l’unité est en train de se mettre en place. Le Saint-Père l’appelle de ses vœux dans tous ses récents écrits. Les jeunes y contribuent grandement par leur action et leur engagement pour une société redonnant au bien commun toute sa réalité. Beaucoup ont, justement, placé leur espérance dans le pèlerinage jubilaire du Puy.

Vous prierez durant le vôtre pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême.

Pour tout cela soyez remerciés.

Et que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France.

Louis, duc d’Anjou.

Pèlerinage Légitimiste le Puy-en-Velay 4 juin 2016

Les pèlerins de l’UCLF et de la Confrérie Royale au sortir de la cathédrale Notre-Dame du Puy
après le parcours jubilaire

Prière de confiance fondée sur les promesses du Sacré-Coeur.

Sacré-Coeur gif

Voici une prière, approuvée par les autorités ecclésiastiques, qui reprend les promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même en faveur des âmes dévouées à Son Sacré-Coeur (cf. > ici).
Appliquons nous à vivre pleinement de cette dévotion, selon les formes et dans l’esprit que Jésus a expressément voulus, et ainsi nous pourrons en vérité répéter cette prière le coeur pénétré d’une douce confiance…

Le Sacré-Coeur de Jésus

O Jésus, qui avez un Coeur si bon, si compatissant, si miséricordieux, qui êtes là dans le tabernacle, qui me voyez et qui m’aimez, Vous qui n’avez jamais repoussé personne, dont la miséricorde est infinie, dont le propre est de pardonner, qui ne pouvez voir une douleur sans vouloir la soulager, je mets toute ma confiance en Vous, je suis sûr que Vous ne m’abandonnerez jamais, que je serai toujours exaucé au-delà de mes espérances.

Toutes Vos promesses se réaliseront pour moi : Vous me donnerez toutes les grâces nécessaires dans mon état ; Vous mettrez la paix dans ma famille ; Vous me bénirez dans toutes mes entreprises ; Vous me consolerez dans toutes mes peines ; Vous serez mon refuge assuré pendant ma vie et à l’heure de ma mort.
Si je suis pécheur, je trouverai dans Votre Coeur la source et l’océan infini de la miséricorde ; si je suis tiède, j’arriverai par Vous à la ferveur ; si je suis fervent, par Vous je monterai à une haute perfection.
Vous me donnerez le don de toucher les coeurs endurcis. Je propagerai la dévotion à Votre Sacré-Coeur : mon nom sera donc inscrit dans Votre Coeur adorable et il n’en sera jamais effacé.
Vous bénirez ma demeure puisque l’image de Votre Sacré-Coeur y est exposée et honorée…
O Jésus, je suis sûr de Vous !

Imprimatur, Amiens le 1er juin 1922
+ Ch. Lecomte, évêque d’Amiens.

Cette prière a été enrichie de 100 jours d’indulgences
par S.G.Mgr l’Archevêque de Cambrai, le 1er novembre 1907.

Sacré-Coeur gif

Toutes les publications de ce blogue au sujet du Sacré-Coeur sont répertoriées > ici

Publié dans:Prier avec nous |on 2 juin, 2016 |3 Commentaires »
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