2010-45. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure : le « Saint du Poitou ».

Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure, naquit le 13 octobre 1766, à Versailles.
Il entra à l’école militaire à l’âge de 13 ans, et en ressortit 3 ans plus tard.
 
Sans doute traumatisé par l’attitude d’un père, malheureusement enclin au jeu et au libertinage (et laissera d’énormes dettes à son héritier !), Louis-Marie adopta une attitude toute contraire : profondément pieux, d’une grande rigueur morale, il se montrera toujours d’une austérité de vie quasi monastique.

Le 27 octobre 1791, il épouse une de ses cousines Marie-Louise-Victoire de Donissan (laquelle deviendra plus tard la marquise de La Rochejaquelein, puisqu’elle épousera en secondes noces, Louis de La Rochejaquelein, frère de Monsieur Henri), dont les mémoires sont restés célèbres.

Après son mariage, Louis-Marie de Lescure, son épouse et son cousin, Gaspard de Bernard de Marigny, avaient d’abord caressé l’intention de rejoindre les Princes en exil, mais voyant les dangers qui pesaient sur le Roi et les siens, ils décidèrent de rester pour protéger Leurs Majestés autant qu’il serait en leur pouvoir.

Le 10 août 1792, la lie du peuple attaque les Tuileries.
Lescure est à son hôtel, mais aussitôt qu’il l’apprend, accompagné de Bernard de Marigny, il tente de porter secours au Roi et de pénétrer dans le château. En vain : toutes les portes sont tenues par des piquets de la Garde Nationale et ils sont contraints de rebrousser chemin.

Le lendemain, alors que la famille royale est prisonnière, qu’un climat de terreur s’installe dans la capitale et que les derniers fidèles défenseurs de la monarchie sont impitoyablement traqués, Lescure et les siens décident de rentrer à Bressuire.
Grâce à son ancien gouverneur et ami, Thomassin, ils obtiennent de faux passeports avec lesquels ils parviennent, non sans difficultés, à franchir les très nombreux contrôles…

Prise des Tuileries le 10 août 1792

L’attaque des Tuileries, le 10 août 1792.

Dans son château de Clisson (rien à voir avec la ville de Clisson en Vendée : ce château se trouve à Boismé, dans l’actuel département des Deux-Sèvres), Lescure accueille ses cousins Gaspard de Bernard de Marigny et Henri de La Rochejaquelein (qui était présent lui aussi aux Tuileries le 10 août) qui ne sont plus en sécurité chez eux. 

En avril 1793 (le soulèvement vendéen en est à ses premières semaines), suspecté de sympathies royalistes, Lescure est arrêté et incarcéré chez l’officier municipal de Bressuire avec sa femme, son beau-père (le marquis de Donissan), et Bernard de Marigny.
Henri de La Rochejaquelein, reparti un peu plus tôt, a échappé à l’arrestation. Ce même La Rochejaquelein, avec l’armée du Poitou, dont il a pris la tête, et l’armée d’Anjou qu’il a rejointe, vient délivrer les prisonniers. : à l’approche des insurgés, les républicains ont pris la fuite, en oubliant leurs captifs.

Aussitôt libre, Lescure rejoint la grande armée.
A la tête des hommes de Bressuire, il est de toutes les batailles, toujours aux avant-postes : le 5 mai à Thouars, le 25 à Fontenay le Comte… etc.
A Fontenay, sa répartie est restée célèbre : après que l’assaut a commencé, ses hommes s’arrêtent pour prier au pied d’un calvaire ; on le presse de les faire avancer mais Lescure répond : « Laissez-les prier, il se battront mieux ensuite ! »

Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure

Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou ».

Blessé le 9 juin 1793, pendant la bataille de Saumur, il participe néanmoins  le lendemain à l’élection du premier généralissime de l’Armée catholique et royale : Jacques Cathelineau. 

Le 29, juin, pendant que les Vendéens attaquent Nantes, Lescure reste en repli dans les Deux-Sèvres pour stopper l’avancée de Westermann.
Mais pendant que Cathelineau – le « Saint d’Anjou » – est mortellement blessé à Nantes, il peine face à Westermann : obligé de reculer d’abord à Parthenay, il lâche le Bois-aux-Chèvres puis Châtillon (aujourd’hui Mauléon) .

Le 5 juillet, les Vendéens qui ont échoué à Nantes se replient sur leurs terres.
Sur le chemin du retour, ils attaquent Westermann par surprise. Aux ordres de Bonchamps, derrière Lescure et Marigny, les Vendéens se battent trois jours durant contre les républicains. Au prix de combats acharnés, les insurgés reprennent Châtillon (Mauléon) mettant en déroute quelques 12 000 républicains.
Marigny, dont la pitié n’était pas la principale vertu, poursuit les fuyards et sabre ceux qui sont à sa portée. Lescure, qui est un homme juste et qui n’a jamais fait couler le sang par plaisir, s’interpose. Avec beaucoup de difficultés, il arrêtera son cousin. Ce jour là Lescure a, plus que jamais, mérité le surnom de « Saint du Poitou » que lui ont donné les paysans en armes…

Scapulaire Sacré-Coeur

Le 30 juillet, les Vendéens lancent une offensive sur Luçon.
Les généraux Vendéens ne sont pas d’accord sur la stratégie à adopter. Lescure s’acharne à imposer un plan auquel pourtant personne ne croit. Force sera de constater que ce plan n’était pas bon : les Vendéens ne peuvent tenir leurs positions, et face au républicain Thunk, finissent par reculer.
Lescure, qui n’est pas un grand tacticien, portera la responsabilité de cette défaite ; elle va ternir son image, jusqu’alors sans tache.

Le 19 septembre, Lescure et les Vendéens, sous le commandement de Bonchamps, remportent une belle victoire à Torfou.
Deux jours plus tard, d’Elbée (élu généralissime pour succéder à Cathelineau), en accord avec Bonchamps, décide d’attaquer Clisson. Pour cela, il requiert la présence de Charette et de Lescure. Les deux généraux doivent rejoindre Bonchamps pour prendre à revers les Mayençais à Clisson.
Mais Lescure et Charette préfèrent attaquer Saint-Fulgent et régler leur compte aux républicains qui cantonnent dans la région. Le temps de faire mordre la poussière aux bleus, les deux généraux en oublient de prêter main forte à Bonchamps et diffèrent d’obéir aux ordre de leur chef. Du coup, Bonchamps et ses hommes subissent une cuisante défaite, tandis qu’avec Charette, le 22 septembre, Lescure enlève la ville de Saint-Fulgent.

Le 15 octobre, pendant qu’il attaque la Tremblaye (près de Cholet), Lescure est blessé à la tête par une balle : la balle d’un Vendéen, semble-t-il !
Après la défaite de Cholet, le 17 octobre, et bien que mourant, il suit les Vendéens outre Loire. Il ne peut plus marcher, et c’est traîné dans une berline qu’il accompagne les Vendéens à travers la terrible « virée de Galerne ».
Le 19 octobre, le conseil de guerre se réunit à Varades pour élire le nouveau généralissime, en remplacement de d’Elbée, grièvement blessé pendant la bataille de Cholet, Lescure propose Henri de la Rochejaquelein. Sa proposition est adoptée.

Scène de la virée de Galerne

Scène de la « Virée de Galerne ».

Louis-Marie de Lescure meurt des suites de ses blessures, le 4 novembre 1793, sur la route entre Ernée et Fougères, au lieu-dit « les Besnardières » : il n’était âgé que de 27 ans.
Le service funèbre est célébré le lendemain dans la ville de Fougères.
Son corps est enterré près d’Avranches, en pleine nuit, pour éviter que les républicains ne le retrouvent, ne l’exhument et ne se livrent à d’ignobles profanations sur sa dépouille. Le lieu de sa sépulture a été si bien tenu secret que sa tombe n’a jamais été retrouvée.

Scapulaire Sacré-Coeur

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |le 4 novembre, 2010 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 29 février 2012 à 19 h 08 min Georges de Roquebrune écrit:

    Bonjour
    Je suis Georges de Roquebrune , administrateur et fondateur du forum Chouans et Vendéens . Ce forum s’adresse aux passionnés de sorties costumées. En voici le lien :
    http://chouans-et-vendeens.forumgratuit.fr/forum
    Au plaisir de vous y apercevoir.
    Cordialement
    Georges

  2. le 15 novembre 2010 à 7 h 59 min Sophie D. écrit:

    Aucun risque que ça ne paraisse jamais dans les livres de propagande scolaire de la République… »qui contrôle le passé… »

  3. le 7 novembre 2010 à 15 h 00 min Sybille écrit:

    CAPTIVANT !!!!! Je suis admirative du courage de ces grands hommes…notamment de ce grand « Saint du Poitou » dont je ne connaissais pas l’histoire !
    Merci, petit frère, de nous faire partager tout ces récits.

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