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2018-53. Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion du centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le 17 juillet 1918.

1918 – 17 juillet – 2018

Icône sainte famille impériale russe

Icône de la sainte famille impériale russe martyre

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, vers le petit matin, dans la cave de la maison Ipatiev à Ekaterinbourg, petite ville de l’Oural, Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch et la Tsarine Alexandra Feodorovna, ainsi que leurs cinq enfants : les grandes duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia et le Tsarévitch Alexis furent horriblement massacrés, puis leurs corps furent jetés dans une fosse à quelque deux kilomètres de là.

Il n’est point dans mon intention de relater les détails de cette abominable boucherie, ni même de rappeler les circonstances qui ont conduit à la chute de l’empire des Romanov.

Je veux en revanche insister sur le fait que, selon les paroles de Notre-Dame de Fatima quelques mois plus tôt, l’écroulement de cet empire russe chrétien, allait permettre que la Russie répandrait ses erreurs dans le monde provoquant guerres et persécutions.

A la suite de la famille impériale martyre, des centaines de milliers de moines, de moniales, de fidèles adultes et enfants, en Russie puis dans tous les pays où le communisme triomphant exporta ses doctrines abominables, derrière les rideaux de fer ou de bambou et sur tous les continents, ont subi le martyre sanglant en raison de leur fidélité au Christ.

Je veux en revanche insister sur le fait que les deux révolutions russes (1905 et 1917), ne sont que les filles et les épigones de l’abominable révolution de 1789, et que les bourreaux de 1917 et des décennies suivantes ne sont que les successeurs et continuateurs de ceux qui ont conduit à l’échafaud Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette, Madame Elisabeth, les Bienheureuses Martyres d’Orange, les Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, les Bienheureuses Carmélites de Compiègne (dont la fête liturgique se trouve justement en ce 17 juillet – cf. > ici), et tant de milliers d’autres connus ou anonymes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fait mourir à petit feu emmuré Sa Majesté le Roi Louis XVII, ou confiné plusieurs milliers de religieux et de prêtres dans les pontons des navires-mouroirs de Rochefort ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fusillé et percé de baïonnettes les Bienheureux Martyrs d’Angers et d’Avrillé, les milliers de défenseurs de Lyon s’insurgeant contre la Convention ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont brûlé vifs les villageois et les tout petits enfants des Lucs sur Boulogne et les habitants de nombreux bourgs de nos bocages et de nos campagnes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont égorgé avec une liesse satanique les détenus des prisons et des hôpitaux de Paris en septembre 1792, ou organisé des noyades en série dans des mises en scène aussi cruelles qu’impudiques… etc. …etc.

Je veux en revanche insister sur le fait que les millions de victimes des deux guerres mondiales du XXe siècle, ainsi que des guerres liées aux combats d’ « unification nationale » au XIXe siècle (par exemple pour l’Italie et l’Allemagne), ou des guerres dites d’indépendance au XXe siècle, comme encore les millions de victimes de toutes les idéologies qui découlent des divers avatars du nationalisme (dont les plus célèbres sont le fascisme et le national socialisme hitlérien) – ce nationalisme vers lequel lorgnent pourtant certains catholiques qui, ce faisant, croient être contre-révolutionnaires ! -, toutes, absolument toutes, sont en fait des victimes de la révolution dite française continuée, exportée, diversifiée, démultipliée, à la manière des têtes sans cesse renaissantes d’une hydre sortie de l’enfer.

Je pourrai développer cette sanglante et sinistre litanie sur des pages et des pages encore…

La nuit prochaine, nuit de l’exact centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le Patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou conduira une imposante procession sur 21 km – oui, vous avez bien lu : sur 21 km ! – à Ekaterinbourg.

Certes, je ne suis pas orthodoxe et je ne méconnais ni ne minimise les obstacles doctrinaux qui empêchent l’unité et la pleine communion entre orthodoxes et catholiques, néanmoins je ne peux que souscrire et reprendre à mon propre compte et pour le compte de toute la Confrérie Royale cette déclaration du Patriarche Cyrille : « Lavés par le sang de nos martyrs nous devons devenir un autre peuple qui ne permettra jamais plus d’outrager ses valeurs sacrées, de se refuser à Dieu » ; et l’on voudrait qu’aujourd’hui en Occident et dans l’Eglise catholique romaine des évêques aient des convictions suffisantes et assez de courage pour tenir le même langage au sujet de la révolution de 1789 et de toutes ses continuations : pour tenir le même langage lorsqu’ils sont interrogés par nos médias pourris, pour tenir le même langage en face des politiques marionnettes des loges, pour tenir le même langage surtout dans nos églises et nos cathédrales dévastées par la crise moderniste en face de fidèles qui, dans leur écrasante majorité, ne professent plus que des bribes de la foi authentique révélée par Notre-Seigneur !

Mon Dieu, donnez-nous des évêques et des prêtres capables de prêcher la pénitence et l’expiation au sujet de la satanique révolution, et, ce faisant, entraînant les âmes vers une authentique conversion des intelligences, une authentique conversion des cœurs et une authentique conversion des mœurs pour que la pureté et l’intégralité de la foi divine soit restaurée non seulement dans les âmes mais dans la société tout entière !

Le but de la révolution en effet, en 1789 comme en 1917, a été de détruire les monarchies chrétiennes, remparts de l’Eglise et de la foi, ce pourquoi la seule véritable et nécessaire contre-révolution se fonde sur la conversion profonde des individus, des institutions et des sociétés pour restaurer dans leur pureté et leur splendeur spirituelle des Rois et des Princes authentiquement chrétiens, participant de toute leur légitimité et de toute leur volonté aux desseins rédempteurs et sanctificateurs de Dieu, dans l’ordre social et politique qui leur a été départi par la divine Providence.

J’ai cru nécessaire de le rappeler avec force à l’occasion du centième anniversaire du massacre de Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch, la Tsarine Alexandra Feodorovna, et leurs cinq enfants, authentiques martyrs comme la famille royale française lors de la grande révolution, parce que c’est en haine de la royauté chrétienne dont ils incarnaient les principes (malgré leurs faiblesses personnelles), en haine du Droit Divin, et donc en haine du Christ Notre-Seigneur, qu’ils ont été mis à mort.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

Blason Frère Maximilien-Marie

2018-51. Où le Maître-Chat croit utile de rappeler certaines choses…

Lundi soir 9 juillet 2018,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Véronique Giuliani.

Lully et Sainte Philomène

* * * * * * *

Gif moine

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous avons reçu de nombreux messages, mon papa-moine et moi-même : messages manifestant sans nul doute beaucoup d’amitié et de sollicitude, mais exprimant des inquiétudes ou de simples interrogations parce que nos publications sur le blogue s’étaient faites plus rares ces dernières semaines.

En tout premier lieu, je veux donc vous remercier pour tout ce que cela manifeste de touchant attachement et de fidélité ; mais en second lieu, il me faut aussi vous rappeler que ma vie, et encore moins celle de Frère Maximilien-Marie, n’a pas pour objectif premier et obligatoire de publier des textes sur ce blogue, même si nous avons conscience (sinon nous ne nous y serions pas tenus depuis maintenant plus de dix ans !) qu’il peut faire un peu de bien aux âmes, aux intelligences et aux cœurs.

Toutefois, quelqu’importance que cette activité de publication puisse revêtir tandis qu’au contraire qu’elle apparaît à certains comme un passe-temps d’oisifs), je me dois aussi de faire prendre conscience que Frère Maximilien-Marie est d’abord et avant-tout un moine qui se doit à la prière, laquelle occupe au minimum cinq heures de sa journée (bréviaire, lectio divina, oraison).
Je devrais plutôt dire de sa nuit, car c’est essentillement sur les heures de la nuit qu’il prend ce temps. A ces heures de prière à strictement parler il convient d’ajouter des temps de lecture et d’étude.

Et puis il y a les tyranniques tâches du quotidien qui sont celles du ménage, de la lessive, du rangement, des travaux, de la cuisine, du poulailler, de l’entretien du Mesnil-Marie, des courses… etc. … etc.

Et il y a toutes les activités en relation avec l’extérieur :
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie est correspondant local de presse pour notre village, et que les relations avec quantité de personnes (car il est très intégré à la vie de la commune et se trouve sollicité par les villageois pour tous les événements locaux) d’une part, la rédaction des articles, et le contact avec les cadres de l’hebdomadaire d’autre part, cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie possède le don de « couper le feu », et que l’accueil ou le contact avec les personnes brûlées, et les prières particulières à leur intention, cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie reçoit énormément de visites ou d’appels téléphoniques, et que, même s’il s’efforce de ne leur accorder que des créneaux limités, cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie siège aux conseils d’administration – voire comités de lecture – de plusieurs associations liées à la culture, à la défense et la promotion du patrimoine, ou à la protection paysagère, et que cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie est président d’une association promouvant la randonnée sur le territoire de trois villages et qu’à ce titre il est en relation fréquente avec les municipalités, ainsi qu’avec les instances de la communauté de communes, les offices de tourisme et d’autres associations, et que cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie est souvent amené à se déplacer pour des démarches administratives, et que cela lui prend du temps ?
- savez-vous qu’il y a des tas de personnes qui, dès qu’elles ont un doute sur une question historique, un point de liturgie, une difficulté exégétique, un problème dogmatique, un détail artistique… etc. …etc., recourent à Frère Maximilien-Marie, et que cela lui prend du temps ?
- savez-vous que de plus en plus de personnes veulent demander les avis, conseils ou prières de Frère Maximilien-Marie, pour ce qui concerne leur propre vie spirituelle, et que cela lui prend du temps ?
- savez-vous que le total des messages ou courriels reçus par Frère Maximilien-Marie quotidiennement dépasse la centaine, et que déjà seulement les lire – alors ne parlons pas des réponses souvent impossibles ou tardives parce qu’elles nécessiteraient le travail de deux secrétaires (qu’il n’a pas), cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie est président – ou plus exactement – sénéchal du Cercle Légitimiste du Vivarais et que la préparation des réunions de formation et des autres activités du Cercle, cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie est Prieur de la Confrérie Royale, et que toute la marche de la dite confrérie, son développement, les attaques dont elle est la cible, la coordination avec les mouvements légitimistes authentiques… etc., cela lui prend du temps ?
- savez-vous que Frère Maximilien-Marie a la colonne vertébrale complètement abîmée par l’arthrose et que lui sont prescrites des séances régulières de kinésithérapie, et que cela lui prend du temps ? savez-vous enfin qu’il lui serait nécessaire de faire au minimun une heure de marche chaque jour, mais qu’il n’arrive généralement pas, en raison de tout le reste, à faire une heure de marche par semaine ?

Ajoutez enfin à cela que ces jours-ci la maman de Frère Maximilien-Marie est hospitalisée : à la suite d’une chute, elle souffre d’une double fracture du crâne et d’un hématome cérébral. Les visites à l’hôpital (aller-retour = trois heures et demi de trajet) et la préparation d’un transfert pour un séjour en maison de convalescence à la fin de son hospitalisation, sont des causes supplémentaires de soucis et de fatigues.

Ainsi donc, de grâce, que les lecteurs de ce modeste blogue, veuillent bien ne pas réagir uniquement par rapport à l’intérêt personnel qu’ils nous font l’honneur d’éprouver à recevoir dans leur boite aux lettres électronique des messages fréquents, voire quotidiens : si je ne publie rien, ce n’est pas parce que je les snobe ou que je n’aurai rien à leur dire, c’est seulement que je ne peux décemment pas demander à mon moine-secrétaire, qui n’a plus le temps, de faire davantage et de dormir encore moins qu’il ne le fait !

Pour clore ce sujet, je veux remercier plubliquement et très chat-leureusement ici certains membres des cercles légitimistes du Dauphiné et du Vivarais qui ont généreusement résolu de donner de leur temps et de leur personne à notre Frère, en venant une journée par mois au Mesnil-Marie pour l’aider dans les travaux d’entretien et d’aménagement, toujours nécessaires. 

Gif moine

Nous avons fêté, dans l’allégresse du coeur et l’action de grâces à la divine Providence, le dixième anniversaire de notre arrivée à Saint-Martial : c’était le 30 juin 2008, et c’était le jour de la fête de Saint Martial ! J’eusse souhaité publier quelques réflexions particulières pour marquer cet anniversaire, mais, pressé par les circonstances, je ne l’ai pas pu, aussi vous renvoie-je à ce que j’ai publié à ce sujet en 2014 (cf. > ici).

pattes de chatLully.

2018-50. « Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent… »

Deux allocutions
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure  Sa Majesté le Roi Louis XX
prononcées à Paris le vendredi 6 juillet 2018
à l’occasion
d’une journée commémorant le
deuxième centenaire du rétablissement de la statue d’Henri IV au Pont-Neuf

Armes de France & Navarre

En 1605, la ville de Paris pour remercier Sa Majesté le Roi Henri IV de tous ses bienfaits et en particulier des travaux d’urbanisme accomplis par lui dans ce quartier (aménagement de la Place Royale – aujourd’hui Place Dauphine -, achèvement du Pont-Neuf et percement de la rue Dauphine) commanda une statue équestre du Roi qui fut achevée et inaugurée seulement après sa mort, en 1614.
Cette première statue fut mise à bas et fondue par l’impiété et le vandalisme révolutionnaires. Cependant dès le 3 mai 1814, jour de l’entrée triomphale de Sa Majesté le Roi Louis XVIII dans Paris, une statue provisoire avait été placée en ce lieu avec cette dédicace : « Le retour de Louis fait revivre Henri »
Le 25 août 1818, en la fête de Saint Louis, ce provisoire prenait fin et l’on inaugura, dans une grande liesse populaire, une nouvelle statue de bronze du premier Roi Bourbon sur le Pont-Neuf, portant une dédicace latine qui se traduit ainsi : « La statue révérée du très illustre roi Henri le Grand, qui avait été un père pour son peuple, fut jetée à bas, à l’indignation de la France, au cours de la révolution. Après le retour souhaité de Louis XVIII, des citoyens issus de tous les ordres se cotisèrent et la rétablirent, ainsi que l’inscription honorifique détruite en même temps que la statue, qu’ils firent graver de nouveau dans la pierre. Fait le 25 août 1818. »
Le 25 août 2018 marquera donc l’exact deuxième centenaire du rétablissement de la statue d’Henri IV au Pont-Neuf.
Devançant cette date, ce vendredi 6 juillet 2018, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné de tous les descendants d’Henri IV, et de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, est venu à Paris pour y présider une cérémonie commémorative, et assister à deux conférences à caractère historique données dans un cercle restreint.

Vous trouverez ci-dessous l’essentiel du texte des deux allocutions prononcées par notre Souverain légitime en ces circonstances.

Statue d'Henri IV au Pont-Neuf

« Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent… »

(allocution au Pont-Neuf devant la statue d’Henri IV)

« (…) Cette cérémonie du bicentenaire du rétablissement de la statue du Roi Henri IV sur le Pont Neuf m’amène à plusieurs réflexions : La première sur l’acte lui-même, dont  deux enseignements se dégagent, la seconde sur le roi Henri IV.

Lorsque les révolutionnaires en 1792, mirent bas la statue de celui qui, jusqu’alors, était considéré comme le bon roi Henri IV, sans doute ne pensaient-ils pas que leur geste, vingt-cinq ans après, serait effacé par celui de Louis XVIII qui rétablit devant une foule nombreuse la statue, à son emplacement, c’est-à-dire au cœur de Paris.

Ce geste prouvait la fidélité du Roi et de la Ville de Paris qui avait commandé la statue en 1605, mais surtout ce rétablissement rappelait qu’en politique tout est possible. Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent dès lors qu’ils ont foi en ce qu’ils font et en leur mission. N’est-ce pas là quelque chose de toujours actuel.

Les parisiens et le Roi Louis XVIII voulaient honorer l’œuvre d’Henri IV,  l’homme de la paix rétablie après trente ans de guerre civile et aussi l’homme de la pacification des cœurs. L’image d’Henri IV n’a jamais été ternie par les aléas de l’histoire et en 1610 lors de sa mort, en 1614 lors de l’érection de la première statue, en 1818 lors de son rétablissement comme aujourd’hui, il demeure le roi préféré des Français (…).

Mais cette cérémonie est l’occasion d’évoquer un autre aspect de la personnalité du Roi. Nous sommes aujourd’hui  avec  l’Amicale régimentaire qui maintient le souvenir et la tradition du Royal Navarre, devenu en 1790 le 5ème Régiment d’Infanterie. Cette unité dont Henri de Navarre fut le premier Colonel, a combattu sur tous les champs de bataille, durant plus de quatre siècles, prouvant que la France transcende les aléas de la politique (…).

Ainsi le Roi apparait là sous son autre facette. Grand dans la Paix il le fut aussi dans la guerre. Chef vaillant et audacieux il savait que la paix et la sécurité des peuples ne s’obtiennent que si l’on maintient la garde haute. Pas de faiblesse pour les ennemis car sinon c’est le peuple qui  souffre !

C’est par là aussi que le roi est grand et le demeure dans la mémoire collective.

La gerbe que nous allons déposer au pied de sa statue est, ainsi, triplement symbolique : elle honore le roi, elle rend hommage à son héritier direct le roi Louis XVIII, elle permet de se souvenir que notre avenir s’écrit à travers la mémoire collective d’un peuple qui en honorant ses grands hommes et leurs vertus,  témoigne de son espoir pour demain.

Merci de m’avoir écouté. »

lys.gif

Henri IV : grand dans la paix comme dans la guerre !

(allocution avant les conférences)

« (…) Après la belle et émouvante commémoration de ce matin sur le Pont-Neuf (…), nous voici réunis toujours autour de la grande figure d’Henri IV pour entendre deux conférences (…).

Elles vont éclairer deux aspects de la personnalité du grand Roi : d’un côté l’homme des premiers grands travaux parisiens et, de l’autre, le chef militaire qui a su réconcilier des troupes qui durant trente ans avaient combattu les unes contre les autres. Il est intéressant de noter que ces deux actions participaient chacune à leur manière, à rétablir la paix et la concorde entre tous les Français, ce qui était son vrai programme politique. Il fallait oublier trente ans de guerres civiles avec tous les drames que cela avait suscité. Cela passait par la prospérité à retrouver, mais aussi par une paix des cœurs à obtenir.

Cette dernière n’est-elle pas la plus difficile à réaliser après tant de maux endurés qui pouvaient sembler indélébiles !  L’Armée et l’engagement des siens pouvant aller jusqu’au sacrifice de leur vie,  est, plus facilement que tout autre institution, le creuset de ces grandes réconciliations. La France l’a observé à plusieurs reprises, mais sans doute est-ce Henri IV qui, le premier, l’a compris et l’a mis en pratique. La communication du Professeur Hervé Drévillon va donc, pour nous tous, être d’un grand intérêt et je le remercie d’avoir bien voulu être des nôtres aujourd’hui.

Mes remerciements vont aussi au Professeur Jean-Pierre Babelon. Nous nous connaissons depuis de longues années et, cher professeur, vous êtes celui qui m’a permis de suivre et de comprendre la question de l’authentification de la tête d’Henri IV. Elle ne fait plus de doute désormais. Je vous en remercie et j’espère que la dépouille royale retrouvera la place qui lui revient.

Aujourd’hui vous allez parler du rôle du Roi vis-à-vis de Paris. Vous avez consacré de nombreux travaux à cette question. Si le roi avait fait la paix, il voulait aussi que cela se voit en donnant à Paris, très éprouvé par la guerre, du confort, de la sécurité et de la beauté.

Ce matin nous étions sur le Pont-Neuf, à côté de la Place Dauphine, des lieux encore témoins de son travail d’urbaniste. Ces lieux existent en fait dans tout Paris marquée par l’œuvre du Roi. Il a le premier créé la tradition des souverains soucieux de leur capitale.

Le bicentenaire du rétablissement de la statue d’Henri IV qui avait été abattue par les révolutionnaires est ainsi l’occasion, une nouvelle fois, d’honorer la mémoire du Roi qui demeure, dans la conscience collective, le plus aimé par les Français pour avoir été grand dans la Paix comme dans la guerre ; dans le combat comme dans le pardon, sachant réconcilier et faire l’unité pour le bien commun.

Une œuvre se juge par les fruits qu’elle porte. Celle d’Henri IV en est un bel exemple.

Merci à vous tous, Messieurs les Universitaires et vous les organisateurs, de nous donner l’occasion, en cette journée commémorative de celle de 1818, de nous le rappeler. Puisse cet exemple inspirer les uns et les autres et continuer à servir de modèle. Commémorer sert à faire mémoire des grandes actions pour inspirer le présent.

Henri IV demeure un roi d’hier comme de demain !

Merci. »

Détail de la statue équestre d'Henri IV au Pont-Neuf

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 6 juillet, 2018 |3 Commentaires »

2018-49. Mon Dieu, donnez-nous d’authentiques et saints prêtres catholiques !

Vendredi 29 juin 2018,
Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En beaucoup de diocèses, surtout depuis le XIXème siècle, la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul a été et demeure parfois encore la date des ordinations sacerdotales.
Ce 29 juin me donne donc l’occasion  de publier ci-dessous quelques chiffres que j’ai trouvés relatifs au clergé en France sur les trois derniers siècles. Je crois que ces chiffres se suffisent à eux-mêmes. 

ordinations sacerdotales Arras 1955

Ordinations sacerdotales en la cathédrale Saint-Vaast d’Arras en 1955

Statistiques du clergé catholique en France :

Nota : les quatre premiers chiffres sont donnés par le « Quid98″. Le dernier est celui qui a été donné par la Conférence des Evêques de France.

1) A la mort du Grand Roi – 1715 :

22 millions d’habitants
200.000 prêtres
90.000 religieux et religieuses

2) En 1836 :

33 millions d’habitants
43.000 prêtres

3) En 1877 :

38 millions d’habitants (l’Alsace et la Lorraine sont annexées à l’empire prussien)
55.000 prêtres
30.680 religieux
127.000 religieuses

4) En 1967-70 :

50 millions d’habitants
33.775 prêtres
23.000 religieux
115.500 religieuses

5) En 2015 :

66,62 millions d’habitants
11.908 prêtres diocésains

MAIS sur ces 11.908 prêtres, il en est 5.800 environ seulement qui sont encore en activité : les autres sont à la retraite.
(je n’ai pas le nombre de religieux et de religieuses).

Les ordinations sacerdotales pour les diocèses sont toujours en chute libre et elles ne compensent bien évidemment pas le nombre de départs à la retraite et de décès.
Trois ans plus tard, en ce 29 juin 2018, les chiffres ont bien sûr encore baissé.

Ainsi, en trois siècles, alors que la population du Royaume a été multipliée par 3, le nombre des prêtres a été divisé par 17.

Et je pose cette question : Sur ces quelque 5.000 prêtres en activité combien professent véritablement la foi catholique dans son intégrité et son intégralité ?

Mon Dieu, donnez-nous des prêtres !
Mon Dieu, donnez-nous d’authentiques et saints prêtres catholiques !
Mon Dieu, donnez-nous beaucoup d’authentiques et saints prêtres catholiques !
Mon Dieu, préservez-nous des prêtres qui ne sont pas véritablement catholiques !

 Lully.
sacerdos alter Christus

2018-48. La voix et la parole.

Sermon 288
de

notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
la Nativité de Saint Jean-Baptiste

Naissance du Baptiste - Rogier Van der Weyden

La naissance du Baptiste
(Rogier van der Weyden)

Synthèse : Nous avons déjà publié un sermon de notre glorieux Père Saint Augustin prêché à l’occasion de la Nativité de Saint Jean-Baptiste (cf. > ici). En voici un second, plus important, dans lequel se déploie toute la sagacité du Docteur de la Grâce dans sa pénétration des mystères contenues dans les Ecritures Sacrées.
Ainsi, après avoir annoncé que pour célébrer la naissance du Précurseur il va sonder un grand mystère, Saint Augustin rappelle que nonobstant son élévation au-dessus de tous les hommes et de tous les prophètes, Saint Jean disait simplement de lui-même qu’il était la voix, la voix du Verbe ou de la Parole éternelle. Quels traits de ressemblance en effet entre la voix et Saint Jean d’une part, et entre la parole divine et Jésus d’autre part ! Il suffit d’en indiquer quelques-uns pour que l’esprit les saisisse :
1° La voix n’est rien sans la parole ou sans la pensée. Qu’est-ce que Saint Jean sans Jésus ?
2° Dans l’intelligence qui la conçoit, la parole ou la pensée précède la voix ou le mot qui doit l’exprimer en quelque langue que ce soit ; mais dans l’esprit à qui s’adresse la pensée, la voix porte la pensée, elle la précède. N’est-ce pas ainsi que le Verbe existe d’abord dans l’intelligence divine et que pour arriver jusqu’à nous Il a dû avoir un précurseur, des précurseurs même ; n’est ce pas ainsi que le Fils de Dieu a eu à son service des patriarches, des prophètes, des Apôtres ?
3° Enfin la parole n’est plus nécessaire quand on a la pensée. C’est ainsi que Saint Jean diminue et disparaît quand se montre Jésus ; c’est ainsi, encore qu’il ne sera plus nécessaire de le faire connaître par la parole quand au ciel nous Le verrons face à face.

 

§ 1. En revenant aujourd’hui comme chaque année, la fête que nous célébrons actuellement nous rappelle qu’avant l’Admirable est né admirablement le Précurseur du Seigneur. C’est aujourd’hui surtout qu’il convient de contempler et de louer cette naissance. Si l’on a consacré au souvenir de ce miracle un jour de chaque année, c’est pour que l’oubli n’efface de nos coeurs ni les bienfaits de Dieu ni les magnificences du Très-Haut.
Le héraut du Seigneur, Jean, fut envoyé avant Lui, mais après avoir été fait par Lui ; car « par Lui tout a été fait et sans Lui rien ne l’a été ». C’était un homme envoyé devant l’Homme-Dieu, un homme reconnaissant son Seigneur, annonçant son Créateur, Le distinguant intérieurement et Le montrant du doigt quand Il était déjà sur la terre. Voici en effet les paroles qu’il prononçait en montrant le Sauveur et en lui rendant témoignage: « Voilà l’Agneau de Dieu, voilà Celui qui efface le péché du monde » (Jean III, 29). N’était-il donc pas juste qu’une femme stérile fût la mère du héraut, et une Vierge celle du Juge ? On vit dans la mère de Jean la stérilité devenir féconde, et dans la mère du Christ la fécondité n’altérer en rien la virginité.
Si votre patience, si votre ardeur paisible, si votre attention silencieuse me le permettent, je vous dirai avec l’aide du Seigneur ce que le Seigneur m’inspire de vous dire ; et pour vous dédommager de votre attention, de votre application, je ferai sûrement pénétrer dans vos oreilles et dans vos coeurs des vérités qui touchent à un profond mystère.

§ 2. Il y a eu avant Jean-Baptiste de nombreux, de grands et de saints prophètes, des prophètes dignes de Dieu et remplis de Dieu, qui annonçaient le futur avènement du Sauveur et prêchaient la vérité. D’aucun d’eux néanmoins on n’a pu dire, comme de Jean : « Nul ne s’est élevé, parmi les enfants des femmes, au-dessus de Jean-Baptiste » (Matth. XI, 11).
Pourquoi cette grandeur envoyée devant la Majesté ? Pour faire ressortir son humilité profonde. Jean était si grand qu’on pouvait le prendre pour le Christ. Il lui était donc possible d’abuser de cette erreur répandue parmi ses contemporains et de leur persuader sans peine qu’il l’était réellement, puisque ceux qui le voyaient et l’entendaient se l’étaient imaginé. Il n’avait pas besoin de répandre l’erreur ; il n’avait pas à l’accréditer. Mais au lieu de prendre en adultère la place de l’Epoux, cet humble ami de l’Epoux, cet ami zélé de l’Epoux, rend témoignage à son ami et recommande à l’épouse Celui qui est son époux véritable : il veut n’être aimé qu’en Lui et aurait horreur qu’on l’aimât pour lui. L’Epoux, dit-il, est celui à qui appartient l’épouse. Puis, comme si on lui demandait : Qu’es-tu donc ? « Mais l’ami de l’Epoux, poursuit-il, reste debout, L’écoute et se réjouit d’entendre sa voix » (Jean III, 29).
« Il reste debout et L’écoute » ; c’est le disciple écoutant le maître, car s’il L’écoute il reste debout, au lieu qu’il tombe s’il ne L’écoute pas. Ce qui montre principalement la grandeur de Jean, c’est qu’il aima mieux rendre témoignage au Christ, quand on pouvait le prendre pour le Christ ; c’est qu’il aima mieux Le mettre en relief et s’humilier que de passer pour le Christ et de tromper le monde.
C’est avec raison aussi qu’il est présenté comme étant plus qu’un prophète. Voici en effet ce que dit le Seigneur Lui-même, des prophètes qui ont précédé saint Jean : « Beaucoup de prophètes et de justes ont aspiré à voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu » (Matth. XIII, 17). Effectivement ces hommes remplis de l’Esprit de Dieu pour prédire l’avènement du Christ, auraient désiré, s’il eût été possible, voir le Christ présent sur la terre. Aussi bien, quand le Ciel prolongeait la vie à Siméon, c’était pour accorder à ce vieillard de voir sous la forme d’un nouveau-né Celui qui a créé l’univers (Luc II, 25-26). Sans doute il contempla dans Son petit corps le Verbe de Dieu devenu enfant ; mais cet Enfant n’enseignait pas encore, et tout Maître qu’Il fût pour éclairer les anges auprès de Son Père, Il n’avait pas pris encore Son rôle de Maître sur la terre. Siméon Le vit donc, mais petit enfant ; au lieu que Jean Le vit quand Il prêchait déjà et que déjà Il faisait choix de Ses disciples. Où Le vit-il ? Près du Jourdain ; c’est près de ce fleuve en effet que Jésus commença à enseigner. C’est là aussi que fut recommandé à la piété le futur baptême du Christ ; car on y recevait un baptême avant-coureur qui semblait préparer la voie et dire : « Préparez la voie au Seigneur, rendez droits Ses sentiers » (Matth. III, 3). Si effectivement le Seigneur voulut recevoir le baptême de Jean serviteur, n’était-ce pas pour faire comprendre ce qu’on reçoit dans son baptême, à Lui ? C’est donc par là qu’Il commença ce qui justifiait cette antique prophétie : « Il dominera d’une mer à l’autre, et du fleuve jusqu’aux extrémités de l’univers » (Ps. LXXXI, 8). Eh bien ! ce fut près de ce fleuve où commença la domination du Christ, que Saint Jean vit, reconnut le Christ et Lui rendit témoignage. Il s’humilia devant cette grandeur, pour être dans son humiliation relevé par elle.
Il se dit bien l’ami de l’Epoux ; mais quel ami ? Est-ce pour marcher avec Lui sur le pied de l’égalité ? Nullement : c’est pour marcher bien au-dessous. A quelle distance de lui ? « Je ne mérite pas de dénouer les courroies de Sa chaussure » (Marc I, 7) .
Aussi ce prophète, qui est plus qu’un prophète, mérita-t-il d’être prédit par un prophète. C’est de lui en effet que parlait Isaïe dans ce passage qu’on a lu aujourd’hui : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie au Seigneur, rendez droits Ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline sera abaissée ; les tortuosités seront redressées et les aspérités aplanies, et toute chair verra le salut de Dieu. Crie. Que crierai-je ? Que toute chair est de l’herbe et que toute sa gloire est comme la fleur de l’herbe. L’herbe s’est desséchée, la fleur est a tombée : mais le Verbe du Seigneur subsiste éternellement » (Isaïe XL, 3-8).
Que votre charité se rende bien attentive. Quand on demanda à Saint Jean qui il était, s’il était le Christ, Elie ou un prophète, « Je ne suis, répondit-il, ni le Christ, ni Elie, ni un prophète. — Qui êtes-vous donc ? reprirent les envoyés. — Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ». Il se dit donc une voix ; Jean est une voix. Et le Christ, pour qui Le prends-tu, sinon pour le Verbe ? La voix précède pour donner l’intelligence de la pensée du Verbe. De quel Verbe ? Ecoute, on va te le dire clairement : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Dès le commencement Il était en Dieu.Tout a été fait par Lui, et sans Lui rien ne l’a été » (Jean I, 20-21, 1-3). Si par Lui tout a été fait, Jean aussi l’a été par Lui. Pourquoi nous étonner que le Verbe Se soit formé une voix ? Considère, considère tout à la fois près du fleuve et la Voix et le Verbe, Jean et le Christ.

3. Examinons ce qui distingue la voix et le verbe ; examinons avec attention, car c’est une chose importante et qui demande une application soutenue. Le Seigneur nous accordera de ne point nous fatiguer, moi en vous expliquant, et vous en écoutant.
Voici donc deux choses : La voix et le verbe ou la parole. Qu’est-ce que la voix ? Qu’est-ce que la parole ? Qu’est-ce ? Ecoutez ce dont vous allez reconnaître la vérité en vous-mêmes, en vous interrogeant et en vous répondant intérieurement. Il n’y a parole qu’autant qu’il y a signification. Quand on fait seulement un bruit de lèvres, un bruit qui n’a point de sens, comme le bruit qu’on fait en criant sans parler véritablement, on peut dire qu’il y a voix, mais il n’y a point parole. Un gémissement est une voix ; un cri plaintif est une voix. La voix est comme un son informe qui retentit aux oreilles sans rien dire à l’entendement ; tandis qu’il n’y a parole qu’autant qu’il y a signification, qu’autant qu’on s’adresse à l’intelligence en frappant les oreilles. Je le répète, un cri jeté, c’est une voix ; mais prononcer les mots homme, troupeau, Dieu, monde, ou tout autre semblable, c’est parler. Car ces émissions de voix signifient quelque chose, elles ont du sens ; elles ne sont pas de vains sons qui n’apprennent rien. Si donc vous comprenez cette différence entre la voix et la parole, contemplez-la avec admiration dans Saint Jean et dans le Christ.
De plus, séparée même de la voix, la parole peut avoir son. efficacité ; tandis que sans la parole la voix est vaine. Rendons compte de cette proposition, expliquons-la si nous le pouvons. Tu voulais dire quelque chose ; ce que tu veux dire est déjà conçu dans fou coeur ; ta mémoire le garde, ta volonté se dispose à l’exprimer, c’est une idée vivante de ton intelligence. Mais ce que tu veux dire n’est encore formulé dans aucune langue ; cette idée que tu veux émettre, que tu as conçue dans ton esprit n’est encore formulée dans aucune langue, ni grecque, ni latine, ni punique, ni hébraïque, aucune langue enfin ; l’idée n’est encore que dans l’esprit, d’on elle se prépare à sortir. Remarquez bien : c’est une idée, c’est une pensée, c’est une raison que conçoit l’intelligence et qui se prépare à s’en échapper pour s’insinuer dans l’esprit de l’auditeur. Or, en tant que connue de celui qui la possède dans son entendement, cette idée est un verbe, une parole ; parole connue de celui qui doit la proférer, mais non de celui qui doit la recueillir. Voilà donc dans l’esprit une parole déjà formée, déjà entière et cherchant à s’en échapper pour se donner à qui l’entendra. Considère à qui il va s’adresser, celui qui a conçu cette parole intérieure qu’il veut manifester et qu’il voit distinctement en lui-même.
Au nom du Christ je veux me faire entendre des esprits cultivés qui sont dans cette église, j’ose même présenter à ceux qui ne sont pas dépourvus de toute instruction, des considérations plus métaphysiques. Que votre charité se rende donc attentive.
Voyez une parole conçue dans l’intelligence, elle cherche à en sortir, elle veut qu’on la profère; on examine à qui on va la porter. Rencontre-t-on un Grec ? On cherche une expression grecque pour la lui faire comprendre. Un Latin ? C’est un terme latin. Un Carthaginois ? C’est une expression punique. Supprime ces différents interlocuteurs, et la parole intérieure n’est ni grecque, ni latine, ni punique, ni d’aucune autre langue. Elle a besoin, pour se montrer, d’un son de voix connu de celui à qui on veut l’adresser.
Afin de vous faire parfaitement comprendre, je voudrais, mes frères, vous citer maintenant un exemple : je voudrais exprimer l’idée de Dieu. Cette idée conçue en moi est une idée grande ; car ce n’est pas la syllabe, ce n’est pas ce petit mot que j’ai en vue, c’est l’idée même de Dieu. Je considère donc à qui je parle. Est-ce à un Latin ? Je prononce : Deus. A un Grec ? Theos. Au Latin donc je dis : Deus ; au Grec : Theos. Entre ces deux mots il n’y a de différence que le son et les lettres qui le forment ; mais dans mon esprit, dans l’idée que je veux exprimer, que je médite, il n’y a ni diversité de lettres, ni variété de sons et de syllabes : c’est la même idée. Pour parler à un latin, il m’a fallu une voix latine ; une voix grecque pour m’adresser à un Grec. Pour me faire comprendre d’un Carthaginois, d’un Hébreu, d’un Egyptien, d’un Indien, il m’aurait fallu également des voix différentes. Combien de voix différentes, vu le changement de personnes, n’amènerait pas la même idée à former, sans changer ni sans se modifier en elle-même ! Elle se communique à un Latin sous la forme d’une voix latine, sous une voix grecque à un Grec, hébraïque à un Hébreu.
De plus, tout en parvenant à celui qui écoute, elle ne quitte pas celui qui parle. Est-ce en effet que je n’ai plus en moi ce que je dis à un autre ? En te portant ma pensée, le son qui m’a servi d’intermédiaire te l’a communiquée sans me la ravir. J’avais présente l’idée de Dieu ; tu n’avais pas encore entendu ma voix ; mais après l’avoir, entendue tu as commencé à avoir la même idée que moi : l’ai-je perdue en te la donnant ? En moi donc, dans mon coeur qui lui donne le mouvement, dans mon esprit qui l’engendre secrètement, la parole existe avant de paraître sous forme de voix. La voix n’est pas encore formée dans ma bouche, et la parole est dans mon intelligence : c’est pour arriver jusqu’à toi que celle conception de mon âme recourt au ministère de ma voix.

4. Si maintenant, soutenu par votre attention et vos prières, je pouvais exprimer ce que je désire, celui qui me comprendrait serait ravi, je pense ; pour celui qui ne me comprendra pas, je lui demande d’avoir égard à mes efforts et d’implorer la miséricorde de Dieu. Ce que je dis vient de Lui ; je vois bien dans mon esprit ce que j’ai à exprimer ; ce sont les termes, les voix que je cherche avec effort pour le porter à vos oreilles.
Que voulais-je donc dire, mes frères ? que voulais-je dire ? Vous avez bien remarqué, vous comprenez bien que la parole ou l’idée était en mon esprit avant de choisir un terme, une voix pour arriver jusqu’à vous. Tous comprennent aussi, je pense, que ce qui se fait en moi se produit également dans tous ceux qui parlent. Je sais donc ce que je veux dire, je le possède dans mon esprit, je cherche des termes pour l’exprimer ; avant que ces termes soient prononcés par ma voix, je possède assurément la parole, la pensée en moi-même. Ainsi la parole est en moi antérieure à la voix ; elle existe d’abord, la voix ne vient qu’ensuite. En toi au contraire, c’est l’oreille qui est frappée d’abord du son de ma voix pour porter ma pensée, ma parole à ton esprit. Comment connaîtrais-tu ce qui était en moi avant aucune émission de voix, si ma voix ne l’avait porté jusqu’à toi ?
Ne s’ensuit-il pas, si Jean est la voix, et le Christ la Parole ou le Verbe, que le Christ est antérieur à Jean, mais dans le sein de Dieu, et que Jean parmi nous est antérieur au Christ ? Quel mystère admirable, mes frères ! Méditez-le, pénétrez-vous de plus en plus de la grandeur de cette vérité.
Je suis charmé de votre intelligence, elle m’enhardit près de vous, mais avec l’aide de Celui que je prêche, moi si petit et Lui si grand, moi un homme quelconque et Lui le Verbe de Dieu. Donc, avec Son secours je m’enhardis près de vous, et après avoir exposé cette formation et cette distinction de la voix et de la parole ou du verbe, je vais indiquer quelques conséquences.
D’après les mystérieux desseins de Dieu, la voix se personnifiait dans Saint Jean : mais seul il n’était pas la voix ; car tout homme qui prêche le Verbe est la voix du Verbe, et ce que la voix de notre bouche est à la pensée conçue dans notre coeur, toute âme pieuse qui prêche le Verbe l’est à ce Verbe dont il est dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ; il était en Dieu dès le commencement » (Jean I, 1-2). Combien de paroles ou plutôt combien de voix produit aussi le Verbe conçu dans notre intelligence ! Combien de prédicateurs a envoyés le Verbe tout en demeurant dans le sein de Son Père ! Il a envoyé les patriarches, Il a envoyé les prophètes, Il a envoyé en si grand nombre les grands hommes qui L’ont fait connaître d’avance : autant de voix qu’Il a fait entendre sans sortir du sein de Son Père ; mais après toutes ces voix le Verbe est venu Lui-même et tout seul, porté par Sa chair, comme par Sa voix, comme sur un véhicule sacré. Eh bien ! réunis toutes ces voix qui ont précédé le Verbe, et mets-les dans la personne de Jean. Il en était comme l’incarnation, comme la personnification mystérieuse et sacrée. Si donc il a été seul et spécialement appelé la Voix, c’est qu’il était comme le symbole et la représentation de toutes ces autres voix.

5. Considérez maintenant la portée de ces mots : « Il faut qu’il croisse et que je diminue ». Mais pourrai-je exprimer ma pensée ? Pourrai-je même, non pas vous faire comprendre, mais comprendre moi-même de quelle manière, dans quel sens, dans quel but, pour quel motif, la voix elle-même, Saint Jean, a dit, d’après la distinction que je viens d’établir entre la voix et la parole : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean III, 30) ? O mystère profond et admirable ! Contemplez la voix en personne, ce précurseur en qui se résument symboliquement toutes les voix, disant de la personne du Verbe : « Il faut qu’il croisse et que je diminue !» Pourquoi ce langage? Examinez.
L’Apôtre dit : « Nous connaissons partiellement et partiellement nous prophétisons ; mais quand viendra ce qui est parfait, alors s’évanouira ce qui est partiel » (1 Cor. XIII, 9-10). Qu’entendre par « ce qui est parfait » ? « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ». Voilà « ce qui est parfait ». Qu’est-ce encore que ce qui est parfait ? Dites-le-nous à votre tour, apôtre Paul. « Il avait la nature même de Dieu et Il ne crut pas usurper en Se faisant l’égal de Dieu » (Philip. II, 6). Eh bien ! ce Dieu égal à Dieu le Père, ce Verbe de Dieu, qui demeure dans le sein de Dieu et par qui tout a été fait, nous Le verrons tel qu’Il est, mais à la fin seulement. Pour le moment en effet, comme s’exprime l’Evangéliste saint Jean, « mes bien-aimés, nous sommes les enfants de Dieu, et ce que nous serons ne se voit pas encore. Nous savons, mes bien-aimés, que nous serons semblables à Dieu, lorsqu’Il apparaîtra, parce que nous Le verrons tel qu’Il est » (1 Jean III, 2). Cette vue de Dieu nous est promise ; c’est pour y parvenir que nous travaillons à nous instruire et à purifier nos coeurs. « Bienheureux, est-il dit, ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu » (Matth. V, 8).
Le Sauveur montrait ici Son corps, Il montrait à Ses serviteurs Sa nature de serviteur, après les voix nombreuses dont Il S’était fait précéder, Il voulut que Son corps sacré fût en quelque sorte Sa voix spéciale. Un jour qu’on demandait à voir Son Père, comme si on L’eût vu Lui-même tel qu’Il est, Lui le Fils égal au Père qui parlait à Ses serviteurs sous Sa forme de serviteur : « Seigneur, Lui dit Philippe, montrez-nous Votre Père, et cela nous suffit». C’était le but de tous ses désirs, le terme de ses progrès, et après y être parvenu, il ne lui restait plus rien à ambitionner. « Montrez-nous Votre Père, et cela nous suffit ». C’est bien, Philippe, c’est bien, tu comprends à merveille que le Père te suffit. Qu’il te suffit ? qu’est-ce à dire ? Que tu ne chercheras plus rien au delà ; Il te comblera, Il te rassasiera, Il te rendra parfait. Mais examine si Celui qui te parle ne te suffirait pas aussi. Te suffirait-Il seul ou conjointement avec Son Père ? Eh ! comment te suffirait-Il seul, puisque jamais Il ne Se sépare de Son Père ? A ce désir qu’a Philippe de voir le Père, le Fils va répondre . « Il y a si longtemps que Je suis avec vous, et vous ne Me connaissez pas encore ? Philippe, qui Me voit, voit aussi Mon Père » (Jean XIV, 8-9).
Ces mots : « Qui Me voit, Philippe, voit aussi Mon Père », ne signifient-ils pas. Tu ne M’as donc pas vu, puisque tu cherches à voir Mon Père ? « Qui Me voit, Philippe, voit aussi Mon Père ». Pour toi, tu Me vois et tu ne Me vois pas. Tu ne vois pas en Moi Celui qui t’a fait, mais tu vois ce que Je Me suis fait pour toi. « Qui Me voit, voit aussi Mon Père». Pourquoi parle-t-Il ainsi, sinon parce qu’ « ayant la nature de Dieu, Il n’a pas cru usurper en Se disant égal à Dieu ». Qu’est-ce que Philippe voyait en lui ? Il voyait qu’ « Il S’est anéanti en prenant une nature, d’esclave, en devenant semblable aux hommes et en paraissant homme par 
l’extérieur » (Philip. II, 6-7). Voilà ce que voyait Philippe, la nature d’esclave, avant de devenir capable de voir en Lui la nature de Dieu.
N’oublions pas que Jean était la personnification de toutes les voix, et le Christ, la personnification du Verbe. Or il est nécessaire que toutes les voix diminuent à mesure que nous devenons aptes à voir le Christ. N’est-il pas vrai que tu as d’autant moins besoin du secours de la voix d’autrui ; que tu t’approches davantage de la contemplation de la sagesse ? La voix est dans les prophètes ; elle est dans les Apôtres, dans les psaumes, dans l’Evangile. Advienne ce Verbe qui était au commencement, qui était en Dieu, qui était Dieu. Lorsque nous Le verrons tel qu’Il est, lira-t-on encore l’Evangile ? écouterons-nous encore les prophéties ? étudierons-nous encore les Epîtres es Apôtres ? Pourquoi non ? Parce que les voix se taisent quand le Verbe grandit : « Il faut qu’Il croisse et que je diminue».
Sans 
doute, considéré en Lui-même, le Verbe ne croît ni ne décroît. Mais en nous on peut dire qu’Il croît, lorsque nos progrès dans la vertu nous élèvent vers Lui. C’est ainsi que la lumière croît dans les yeux, lorsqu’en guérissant, les yeux voient plus qu’ils ne voyaient étant malades. Oui, la lumière était moindre dans les yeux souffrants que dans les yeux guéris, quoiqu’en elle-même elle n’ait pas diminué d’abord ni augmenté ensuite.
On peut donc dire que l’utilité de la voix diminue à mesure qu’on s’approche davantage du Verbe. Dans ce sens il faut que le Christ croisse et que Jean diminue. C’est ce qu’indique aussi la différence de leur mort. Jean décapité a été comme raccourci ; le Christ élevé en croix a en quelque sorte grandi. C’est ce que rappellent encore les jours de leur naissance ; car à dater de la naissance de Jean les jours commencent à diminuer, et ils recommencent à augmenter à partir de la Nativité du Christ.

Sandro Boticelli St Augustin dans sa cellule

Boticelli : Saint Augustin étudiant les Ecritures dans sa cellule.

2018-42. Les leçons à tirer de l’assassinat légal du petit Alfie Evans.

Communiqué commun de
l’Union des Cercles Légitimistes de France
et de la Confrérie Royale

- 15 mai 2018 -

Beaucoup de médias ont évoqué, avec plus ou moins d’objectivité, la fin de vie du petit Alfie Evans et le combat ô combien courageux de ses parents.
À notre connaissance, peu de journalistes ont osé dénoncer publiquement les dessous angoissants de cette mise à mort, légale.
Force est de constater que, de plus en plus, la culture de mort l’emporte sur le respect de la vie. Il nous appartient, à nous légitimistes, de réfléchir sur cette dernière bataille et d’en tirer les leçons.

Alfie Evans

 La courte vie d’Alfie

Un petit enfant malade

  • Alfie est né le 9 mai 2016.
  • Quelques mois après sa naissance, l’enfant présente des troubles cérébraux. Il est atteint d’une maladie neuro-dégénérative jusqu’ici inconnue et pour laquelle il n’existerait pas de traitement. Il est conduit à l’hôpital pour enfants Alder Hey, à Liverpool (Angleterre). Moins d’un mois après, l’équipe médicale, le jugeant incurable, décide qu’il faut arrêter les soins.
  • Le 11 décembre, l’hôpital saisit la Haute Cour pour arrêter l’assistance respiratoire d’Alfie. Les médecins ont déclaré qu’il était inhumain de le garder en vie dans ces conditions. Les jeunes parents de l’enfant s’opposent fermement à cette décision et entament une bataille judiciaire.
  • Le 20 février 2018, la Haute Cour de Manchester juge inutile la poursuite des soins et donne raison aux médecins. Les parents font appel, mais la Cour d’appel rejette leur requête le 6 mars.
  • Le 28 mars, la Cour européenne des droits de l’Homme fait de même et refuse d’intervenir.
  • Le 18 avril, le père d’Alfie, Tom Evans, est reçu par le pape François, lequel demande à l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, propriété du Saint-Siège, de faire « le possible et l’impossible » pour accueillir l’enfant. Il encourage Tom et le félicite de tout faire pour défendre la vie de son fils.
  • Le 20 avril, à son tour, la Cour suprême du Royaume-Uni déclare inadmissible le recours présenté par les parents.
  • Le 22 avril, quarante-neuf mamans d’enfants hospitalisés à l’hôpital Bambino Gesù adressent une lettre au directeur de l’hôpital de Liverpool pour exprimer leur soutien au petit Alfie Evans et à ses parents. Elles rappellent que soigner ne signifie pas seulement guérir, car

    chaque instant de vie passé ensemble a une valeur inestimable pour nous parents 1.

  • Après la confirmation des deux premières sentences, Alfie doit être « débranché ». C’est donc

    la thèse que le « meilleur intérêt » d’Alfie est de ne pas vivre qui prévaut, regrette Vatican News, malgré le fait que les parents demandent de l’assister jusqu’à sa mort naturelle et que l’hôpital Bambino Gesù soit prêt à l’accueillir à ses frais 2.

  • Mariella Enoc, présidente de cet établissement, se rend à Liverpool pour rencontrer les parents et les autorités de l’hôpital Alder Hey afin de trouver une solution commune.

    J’espérais pouvoir parler avec quelqu’un mais cela n’a pas été possible. L’hôpital sait que je suis là mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me recevoir […] C’est une situation vraiment difficile. Je vis dans une réalité où les cas comme Alfie sont nombreux et les mamans de l’hôpital m’ont demandé de faire quelque chose. Elles m’ont dit « vous ici, vous laissez vivre nos enfants ». Personne ne veut faire d’acharnement thérapeutique mais un accompagnement plus serein pourrait être fait.[…] Je ressens toute mon impuissance… 3

  • Tom lance un pressant appel pour essayer de sauver la vie de son enfant : « Ils vont tuer mon fils », dénonce-t-il dans un entretien à l’hebdomadaire italien Famiglia Cristiana, « les médecins de Liverpool, déplore-t-il, refusent de le laisser partir 4 ».

Lundi 23 avril : le jour de l’échéance, le petit garçon reçoit la nationalité italienne

  • La procédure létale, prévue le 23 avril à 14 heures, a pu être retardée Dans l’après-midi, Tom Evans annonce que l’ambassadeur d’Italie en Grande-Bretagne doit être reçu par le juge Anthony Hayden dans la soirée.
    Dans le même temps, le pape François intervient à nouveau publiquement par un message sur le réseau Twitter :

    Ému par les prières et la grande solidarité en faveur du petit Alfie Evans, je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé 5.

  • C’est alors que les médias du Vatican rapportent que l’Italie a concédé la nationalité italienne au petit Alfie. De cette façon, le gouvernement italien souhaite que la nouvelle nationalité de l’enfant permette son transfert immédiat en Italie.
  • À la suite d’une entrevue avec l’ambassadeur d’Italie au Royaume-Uni, le juge Hayden, considérant que l’enfant est un citoyen britannique, estime qu’il est soumis aux décisions de la justice de ce pays. Il donne encore le feu vert aux médecins pour mettre fin aux soins apportés au petit Alfie. La nouvelle arrive alors que les manifestations se poursuivent devant l’hôpital de Liverpool.
  • À 22 h 17, l’assistance respiratoire est retirée à Alfie. L’équipe médicale d’Alder Hey a pronostiqué une mort très rapide. Mais contre toute attente, l’enfant continue à vivre, ce qui prouve, selon son père, qu’il peut respirer seul et que son état de santé est « significativement meilleur » qu’évalué.

Des soutiens internationaux pour Alfie

Les parents reçoivent plusieurs soutiens de poids.

  • Le sénateur américain Ted Cruz, ancien rival de Donald Trump lors de la primaire républicaine.
  • Le président polonais Andrzej Duda.
  • le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

D’autres encore se prononcent en faveur de l’enfant et de ses parents :

  • Malgré l’opposition, scandaleuse, de nombreux évêques d’Angleterre, l’appui du pape François est total.
  • Le gouvernement italien se joint au souverain pontife et offre une alternative à la mort d’Alfie, un avion sanitaire de l’armée italienne est à Liverpool, prêt à décoller pour emmener l’enfant à Rome.

L’affaire cristallise une telle émotion au Royaume-Uni que de nombreuses manifestations sont organisées et le groupe « Alfie’s Army» (« L’armée d’Alfie »), rassemble jusqu’à 800 000 membres sur Facebook.

Mardi 24 avril : Alfie survit au débranchement

  • Alfie a survécu, déjouant les pronostics : « Ils l’ont laissé pendant neuf heures sans nourriture, ni eau, ni oxygène 6», explique Tom Evans. Les parents demandent à la justice de revoir sa position : une requête de nouveau rejetée le lendemain par la Haute Cour de Manchester. Cette juridiction estime que le dossier d’Alfie a atteint son « chapitre final ».
  • Une nouvelle audience « décisive » est obtenue à 15 h 30 ce 24 avril.
    Le juge Hayden, qui a signé la sentence ordonnant le débranchement d’Alfie, s’entretient une nouvelle fois avec les représentants légaux de la famille.
  • Pendant ce temps, un groupe de médecins britanniques a vivement condamné la manière dont on traite le petit garçon et s’étonne qu’on empêche ses parents de l’emmener en Italie.
  • Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a fait une déclaration publique réclamant qu’on donne une nouvelle chance à Alfie et qu’on le laisse aller en Italie où on tentera de le sauver.
  • Alfie a déjà survécu plus de 18 heures sans être ventilé. Son père a dû parlementer avec les médecins de l’hôpital pour obtenir qu’on lui administre enfin de l’eau et de l’oxygène.
  • Le juge Hayden confirme qu’il ne sera pas transféré en Italie. La nouvelle fait la une des journaux télévisés britanniques.
  • Mais un nouveau rebondissement a lieu le soir même : l’avocat de la famille Evans obtient pour le lendemain un examen en urgence de son recours devant la Cour d’appel. Dans l’attente, la famille Evans communique sur les réseaux sociaux :

    On nous avait dit que notre enfant ne tiendrait pas 5 minutes sans ventilation artificielle ; or cela fait 36 heures maintenant 7.

Les pronostics pour le moins pessimistes des médecins de l’hôpital se révélaient erronés.

Mercredi 25 avril : La Cour d’appel décide la mort

Dans la soirée du 25 avril, la Cour d’appel annonce que les ultimes recours sont rejetés. Dans un communiqué, la direction de l’hôpital Alder Hey ose dénoncer les pressions dont les professionnels de santé ont fait l’objet.
Dans sa chambre d’hôpital, auprès des parents, Alfie est assisté par un prêtre italien, don Gabriele Brusco, qui témoigne que l’enfant « a envie de vivre ». Tom obtient que son fils soit nourri, cela fait 36 heures qu’il a été extubé, un délai interminable pour cet enfant qui avait déjà subi le choc de l’arrêt violent de sa ventilation.

Jeudi 26 et vendredi 27 avril : Le petit Alfie s’éteint

Tom essaie de calmer les médias dans l’espoir sans doute de voir l’hôpital Alder Hey accepter le transfert en Italie, mais il déclare encore à TV 2000 que son fils est otage de l’hôpital.

Alfie Evans est mort à 2 h 30 le matin du 28 avril 2018, entouré de ses parents.
Réinformation TV rapporte les révélations de La Nuova Bussola Quotidiana et de LifeSite. Deux heures avant de mourir, peu après minuit le samedi matin du 28 avril, le petit Alfie Evans a reçu quatre médicaments. Sa situation s’est rapidement dégradée, de telle sorte que la journaliste Benedetta Frigerio le certifie :

il n’est plus possible aujourd’hui d’affirmer avec certitude, comme on avait pu le penser, qu’Alfie est mort de mort naturelle. Si on l’a effectivement poussé à mourir, l’hôpital Alder Hey a appliqué une forme d’euthanasie doublée d’une torture aussi cruelle pour l’enfant que pour ses parents 8.

Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie, écrit le pape François ce samedi 28 avril, alors que ce bébé de 23 mois est mort cette nuit, à 2 h 30, à l’hôpital de Liverpool où il était hospitalisé depuis décembre 2016 9.

Vatican News en français fait observer que :

ce drame cristallise les inquiétudes de ceux qui voient dans ces décisions de la justice britannique et européenne une légalisation de fait de l’euthanasie des mineurs, non pas par la voie parlementaire, mais par celle d’une jurisprudence susceptible d’inspirer les autres États européens 10.

Les dessous angoissants d’une mise à mort

Des journalistes ne se sont pas contentés de reproduire les communiqués de l’AFP. Par leurs investigations, ils ont voulu nous dévoiler les dessous de la condamnation du petit Alfie :

Bastien Lejeune, dans Valeurs actuelles, voit, dans la décision des médecins et de la justice britannique de faire mourir le petit Alfie Evans contre la volonté de ses parents, une obstination euthanasique qui relève du totalitarisme le plus inquiétant. Les parents sont spoliés de leur droit le plus absolu de décider du sort de leur enfant 11, obligés d’accepter la sentence de la Cour européenne des droits de l’homme qui affirme « qu’aucune violation des droits de l’Homme n’a été constatée 12» .

Sur le site Boulevard Voltaire, Anne Merlin-Chazelas, après avoir évoqué la situation de Vincent Lambert, écrit :

Ce qui est scandaleux et doit être combattu, c’est la prétention de certains médecins (en France comme en Grande-Bretagne) d’avoir le droit de décider pour des personnes qui ne sont ni mourantes ni malades que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’il faut donc y mettre fin par une euthanasie, et même d’être les seuls – excluant les proches – à avoir ce droit 13.

Jeanne Smits révèle sur le site Réinformation TV que :

Le juge Anthony Paul Hayden qui a rendu plusieurs décisions de mort dans l’affaire Alfie Evans fait partie d’une association judiciaire pro-LGBT, et il est également le coauteur d’un manuel juridique sur les enfants des couples de même sexe. L’histoire ne dit pas s’il est également franc-maçon, mais il est à l’évidence l’homme de la situation, le magistrat qu’il fallait pour aider la culture de mort à faire sa mue en dictature de la culture de mort.
[…] En tant que membre du BLAGG (Bar Lesbian and Gay Group : groupe lesbien et gay du barreau), Anthony Paul Hayden fait partie de ces juristes qui soutiennent les « lesbiennes, hommes gays, bisexuels et personnes transgenres à tous les niveaux» des professions judiciaires. BLAGG s’est ainsi réjoui de sa nomination en tant que juge de la Haute Cour de Manchester en 2013, avec une spécialisation dans les affaires familiales 14.

Le même site reproduit le communiqué de presse, traduit en français, des médecins britanniques de la Medical Ethics Alliance.
Extraits :

Nous sommes profondément préoccupés et outrés par le traitement et les soins offerts à Alfie Evans. […] La tyrannie médicale doit prendre fin. Le pauvre Alfie ne doit pas être tué de cette manière. Nous demandons que les autorités permettent à Alfie de rejoindre Rome en toute sécurité 15. »

Réinformation TV commente également une vidéo où Tom Evans montre que les forces de l’ordre, y compris des policiers en uniforme, mais aussi des représentants du personnel, étaient omniprésentes et pistaient ses moindres déplacements dans les couloirs de l’hôpital. Il a aussi raconté comment lui et sa femme ont dû dormir par terre pour passer ce qui s’annonçait comme leur dernière nuit auprès de leur fils, l’hôpital ayant refusé de leur procurer des lits. Et Jeanne Smits d’ajouter :

Cette poussée en direction d’une étatisation de l’euthanasie se perçoit aux quatre coins du monde. Derrière son ricanement, elle porte toujours la marque de la cruauté, du mensonge, du refus de la vie et du mépris de la famille 16.

Dans son édition du 19 avril, le même site avait évoqué le cas du docteur Asperger, ce médecin autrichien soupçonné d’avoir organisé la mort de dizaines de jeunes patients.

« L’Allemagne nazie éliminait les plus vulnérables – comme Vincent Lambert ? Le programme d’euthanasie Aktion T4 autorisé par Hitler s’est étendu à l’ensemble de l’Allemagne, de l’Autriche, la Pologne et de la République tchèque – le chiffre de 300 000 victimes est aujourd’hui admis, adultes et enfants confondus. Les médias n’ont pas de mots assez durs pour cette manière de s’en prendre aux plus vulnérables. Des mots qu’ils ne trouvent pas pour l’affaire Vincent Lambert… 17

Trop rares sont les voix d’évêques qui s’insurgent à l’instar de Monseigneur Negri :

Aujourd’hui, le petit Alfie recueille toute la grandeur idéale de nos peuples et juge toute la mesquinerie et la dépravation de beaucoup, de trop d’institutions, trop de structures scientifiques. Et ici, je pense aussi au triste spectacle de l’Église anglaise que nous n’aurions jamais pensé voir: le silence et le soutien ouvert au comportement des médecins de l’Alder Hey Hospital. Je ne peux pas ne pas y voir une grave trahison contre la vérité et la liberté du peuple 18

Laissons au site benoit-et-moi.fr  une dernière analyse de ce drame :

Ceux qui entendent sacrifier la vie d’Alfie à leur conception malade de l’eugénisme assument une terrible responsabilité. Et dans l’horizon de nos consciences apparaissent des images dont nous pensions qu’elles ne se présenteraient plus. Ces horribles expérimentateurs sur la chair vivante du peuple allemand et au-delà, à Auschwitz et dans d’autres camps de concentration. Dans ce cas, cependant, nous sommes confrontés à un crime immense, compte tenu de l’acharnement impressionnant et coordonné des institutions britanniques dans leur désir de supprimer un petit innocent. Ici, il doit s’agir de quelque chose de tellement inavouable qu’il justifie le risque d’une crise diplomatique avec le gouvernement italien qui, pour pouvoir l’arracher aux griffes de ces possédés a été jusqu’à accorder la citoyenneté à Alfie Evans L’enfant doit avoir secrètement fait l’objet d’une expérimentation ratée de nouveaux vaccins ou d’un prélèvement d’organes, dont le commerce illégal est estimé à quelque 13 milliards de livres sterling par an rien qu’en Grande-Bretagne. Le refus aussi inébranlable qu’irrationnel de le laisser aller dans un autre hôpital disposé à le recevoir ne s’explique pas autrement. Le personnel du Bambino Gesù à Rome est sur place, prêt à le déplacer ; mais, évidemment, les examens effectués dans une autre structure sanitaire révéleraient immédiatement ce qu’en Angleterre, ils veulent qu’on ne sache jamais 19.

Les leçons de cette bataille

Après chaque crise, nous entendons les braves gens qui se sont battus généreusement, à leur façon, se lamenter « Nous avons touché le fond. » Et de s’en aller, vaincus, vaquer à leur quotidien.
C’est bien mal connaître notre adversaire. L’oligarchie mondialiste a encore bien des « progrès » à imposer pour réaliser son rêve révolutionnaire : régénérer l’humanité… pour en faire une masse d’esclaves dociles. Si cette « marche en avant » a subi quelques revers, bien vite ceux-ci ont été effacés et l’hédonisme ambiant rend très difficile un retour à la loi naturelle.

Comme on le voit à travers les condamnations d’Alfie Evans, de Vincent Lambert et de beaucoup d’autres, l’euthanasie ciblée et l’eugénisme seront proposés puis imposés dans un proche avenir. Pour légiférer à propos du « Mariage pour tous », le gouvernement avait juré que jamais gestation pour autrui (GPA) et procréation médicalement assistée (PMA) sans père ne seraient acceptées. Ces deux mesures sont de plus en plus contournées. Un jour pas si lointain, au nom de l’égalité, la GPA sera légalisée aussi en France, puis encouragée, avec une contrepartie obligatoire : les couples hors normes révolutionnaires auront l’interdiction d’avoir des enfants. Déjà, dans les pays nordiques, on relève plusieurs cas d’enfants retirés à leurs familles trop chrétiennes.

Qui peut nous certifier que des laboratoires ne travaillent pas sur le clonage humain ?
Peut-on baisser les bras ? Bien sûr que non. Quelle que soit la force de l’oligarchie, notre devoir de chrétien est de combattre. Mais il nous faut combattre intelligemment, c’est-à-dire, entre autres, ne pas renouveler les erreurs qui nous ont valu tant de défaites depuis 230 ans.

Chrétiens, réveillez-vous. À la fin du XIXe siècle, les nôtres, majoritaires dans la population, ont échoué lamentablement. Aujourd’hui, ultra minoritaires, certains recherchent encore des alliances pour faire nombre. Depuis la chute de la monarchie légitime, ils se rallient générations après générations aux moins mauvais des démocrates avec l’espoir de renverser le cours des choses, mais en politique le nombre n’a jamais fait gagner. Les anciens devraient se souvenir des millions de manifestants qui ont défilé à Paris en 1984 pour défendre, en vain, l’école libre. Plus près de nous, la « Manif pour tous » a tout juste retardé l’application des lois contre la famille. Alfie’s Army (« L’armée d’Alfie »), avec ses 800 000 membres, n’a pas été écoutée.
L’oligarchie dispose des forces de police et surtout des principaux médias, elle se moque du nombre. Mieux, parfois elle suscite elle-même les réactions pour compter ses adversaires, les canaliser et les annihiler.

En ces temps d’ignorance, une bonne formation politique

évitera aux esprits facilement malléables de se fourvoyer dans des impasses politiques, à l’instar d’un Léon Degrelle dont certains épigones ratés voudraient faire un modèle de chef catholique (sic). S’il put être un meneur d’hommes et montrer de la bravoure sur le front de l’Est, il fut surtout un mégalomane sans doctrine, un bateleur égaré dans le national-socialisme, traître à son pays et hitléromane impénitent. 20

Royalistes craintifs et courtisans, cessez de rêver à une étape intermédiaire, à une royauté à l’espagnole ou à l’anglaise. La reine Élisabeth a-t-elle pu empêcher le drame de Liverpool ? La Norvège, la Suède et le Danemark sont des royautés. N’oublions pas que nos lois fondamentales précisent que le roi de France doit être catholique. Et ce roi légitime n’est que le lieu-tenant de Dieu auquel il devra rendre compte de son gouvernement du royaume qui lui a été confié.

N’attendez pas que les autres travaillent pour vous, pour vos enfants, pour les générations à venir. Vous ne pouvez pas prendre prétexte que vous avez trop peu de temps disponible ou que vous n’avez pas la compétence voulue pour aider au retour de la monarchie. Les cercles légitimistes veulent mobiliser toutes les bonnes volontés au service de la France.

Saint Michel archange, ange gardien de la France, priez pour nous.

 Louis-XX

Monseigneur le duc d’Anjou, Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, seul lieu-tenant de Dieu pour le royaume de France.

Références :

1, 4. « Alfie Evans : lettre des mères d’enfants malades du Bambino Gesù », Zenit.org
2. « Royaume-Uni : les parents d’Alfie Evans déboutés », Zenit.org.
3. « Alfie Evans : sur place, Mariella Enoc apporte le soutien du Bambino Gesù », Zenit.org.
5. « Alfie Evans : le pape plaide pour « de nouvelles possibilités de traitement » », Zenit.org.
6. « Alfie Evans’ dad claims ‘son’s life support has been withdrawn’ », Miror.co.uk
7. « Alfie Evans est mort à l’hôpital de Liverpool », FSSPX.
8. « Ecco come hanno fatto morire Alfie », La Nuova Boussola.
9. « « Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie », écrit le pape François « , Zenit.org.
10. « Le décès d’Alfie Evans cristallise les inquiétudes sur la fin de vie », Vatican News.
11. L’autorité parentale, comme l’autorité royale, est de droit divin : voir « Le droit divin selon Monseigneur de Ségur »
12. Valeurs actuelles, Vendredi 27 avril 2018 à 16:25.
13. Anne Merlin-Chazelas, « Vincent Lambert, Alphie Evans : des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues »Boulevard Voltaire.
14. Jeanne Smits, « De l’affaire Alfie Evans au lobby LGBT : le juge Anthony Hayden qui refuse son transfert est un activiste pro-gay« , Réinformation TV.
15. Communiqué de la Medical Ethics Alliance repris par Réinformation TV.
16. Jeanne Smits, « Un sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – et il est désormais citoyen de l’Italie« , Réinformation TV.
17. Jeanne Smits, « Hans Asperger a participé au programme d’euthanasie des handicapés de l’Allemagne nazie », Réinformation TV.
18, 19. Mgr Negri, « Alfie, un conflit entre deux anthropologies« , Benoît et moi.
20. « Recension : l’idéologie du progressisme mise à nu », Vu de Haut n°23, hiver 2017.

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2018-30. Condamné à mort…

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Communiqué

de l’Union des Cercles Légitimistes de France et de la Confrérie Royale

17 avril 2018

« Mon fils a été condamné à mort »

« Mon fils a été condamné à mort. Il s’appelle Vincent Lambert, il est père d’une petite fille, il vit, et n’a commis aucun crime. Et pourtant, ce lundi 9 avril 2018, en France, un médecin m’a annoncé que dans dix jours commencerait la lente et longue agonie de mon enfant, qui va mourir de faim et de soif. »

« Mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté. Qui oserait, à cet égard, parler de « mourir dans la dignité » ? »

Madame Viviane Lambert s’oppose à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation de son fils handicapé, décidé par le CHU de Reims. Dans une tribune au Figaro, elle en a appelé directement à Emmanuel Macron.
Comme le lui permet la loi de la république, le CHU de Reims, pour la quatrième fois, s’est prononcé pour un arrêt des traitements de Vincent Lambert, à savoir l’arrêt de son alimentation et de son hydratation. Dans trois jours, le malade ne sera plus alimenté et donc condamné à mort.
Vincent est devenu l’otage malgré lui d’un combat pour la vie. Il est devenu l’emblème d’un enjeu de société.

« Vincent n’est pas en fin de vie. Il n’est pas malade. Il ne souffre pas. […] n’est pas dans le coma, il n’est pas branché. Ce n’est pas une machine qui maintient mon fils en vie. Il respire sans assistance. Il se réveille le matin, et s’endort le soir.[…] Alors qu’il avait perdu le réflexe de déglutition, il l’a retrouvé.
[…] Lors de la procédure collégiale, vingt-quatre spécialistes ont adressé un courrier à l’hôpital de Reims pour indiquer que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable. S’il faut qu’il meure, ce n’est pas pour sa dignité : c’est par volonté euthanasique. Vincent va être sacrifié pour faire un exemple. Mon fils doit être un cas d’école.
Comme les 1700 personnes porteuses du même handicap que lui, Vincent aurait donc dû être placé dans un service spécialisé pour personnes cérébrolésées. […] Plusieurs établissements qui accueillent des personnes victimes de graves accidents de la route sont prêts à l’accueillir. »

Tuer l’innocent est très grave. Le cinquième commandement de Dieu est formel : « Tu ne tueras point ». L’euthanasie directe est un crime.

Certes l’individu est une partie qui doit coopérer au bien du tout, mais d’un autre côté, il transcende ce tout par sa dignité de personne et sa destinée éternelle ! Dès lors la société ne peut « se débarrasser des inutiles » sans sombrer dans le totalitarisme qui fait du « tout » le seul absolu.

« C’est pourquoi le médecin méprisera toute suggestion qui lui sera faite de détruire la vie, si frêle et si humainement inutile que cette vie puisse paraître » (déclaration de Pie XII aux médecins chirurgiens, le 13 février 1945).

Nous ne pouvons rester passifs devant une telle décision létale qui, si elle est exécutée, sera suivie, demain, de l’euthanasie de milliers d’autres Vincent Lambert.

Redoublons d’efforts pour rendre à la France le régime qui a fait sa dignité et sa grandeur car il est le seul qui prenne totalement en compte l’ordre naturel voulu par le Créateur et l’ordre  surnaturel établi depuis l’accomplissement du mystère de la Rédemption et qui, de ce fait, puisse assurer la dignité et la grandeur de toute personne humaine.

« Pour la monarchie traditionnelle, gouverner, c’est s’appuyer sur les vertus de la France, c’est développer tous ses nobles instincts, c’est travailler sans relâche à lui donner ce qui fait les nations grandes et respectées, c’est vouloir qu’elle soit la première par la foi, par la puissance et par l’honneur » - Henri V, Comte de Chambord (1820/1883).

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2018-24. Vœux de Pâques 2018.

Χριστός Ανέστη !
Αληθώς Ανέστη !

Surrexit Dominus vere !

Le Seigneur est vraiment ressuscité !

CORNELISZ VAN OOSTSANEN, Jacob 1507

L’apparition à Sainte Marie-Magdeleine au matin de Pâques
(Jakob Cornelisz van Oostanen – 1507)

* * *

Saint Jour de Pâques 1er avril 2018,
à La Garde-Freinet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous le savent déjà, mon papa-moine et moi-même n’avons pas passé la Semaine Sainte au Mesnil-Marie, mais, avec un petit groupe d’amis, nous sommes depuis le samedi de la Passion 24 mars en terre provençale et nous avons vécu toute cette semaine la plus importante de l’année chrétienne au rythme des offices célébrés dans le cadre du Monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, avec la liturgie selon le Missel Romain de 1953, c’est-à-dire avec les rites antérieurs à la réforme survenue sous le pontificat de Pie XII.

J’ai à ma disposition aujourd’hui plusieurs centaines de photographies prises au cours de ces cérémonies tous les jours de cette Semaine Sainte, et dans les prochains jours je vous pourrai faire des comptes-rendus plus détaillés de ces moments non seulement très spirituels mais véritablement historiques, puisque c’est la première fois depuis 1955 que Rome a permis à plusieurs communautés et paroisses traditionnelles à travers le monde de reprendre cette liturgie plus que millénaire et donc véritablement traditionnelle.

Mais en cette fin d’après-midi, je viens vers vous aujourd’hui uniquement pour vous souhaiter de belles, joyeuses et saintes Pâques pendant les cinquante jours où la Sainte Eglise va maintenant exulter dans la contemplation de la glorieuse Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et puis je souhaite aussi vous annoncer que demain matin, lundi de Pâques 2 avril, sur la route du retour en Vivarais, nous ferons halte à la basilique royale de Sainte Marie-Magdeleine, à Saint-Maximin, où nous aurons une Sainte Messe solennelle dans la crypte devant le reliquaire du chef de celle qui, au matin de Pâques, fut la première – après Notre-Dame – à être gratifiée de l’apparition de Jésus ressuscité, et fut alors promue par Lui « apôtre des Apôtres ».

Vous pouvez dès à présent être assurés que nous porterons toutes les intentions de nos amis et bienfaiteurs auprès de Sainte Marie-Magdeleine, et que nous la prierons pour qu’elle vous accorde à tous et à chacun des grâces d’amour toujours plus grand et de ferveur toujours plus intense dans votre relation personnelle vivante avec le divin Coeur de Jésus !

Patte de chat Lully.

Joyeuses Pâques

2018-20. Le cas controversé du pape Honorius 1er.

En complément de notre publication intitulée « Un peut peut-il tomber dans l’hérésie ? », et parce que le cas du pape Honorius 1er y était brièvement évoqué, voici, pour tous ceux qui souhaitent en savoir davantage,  un texte du professeur Roberto de Mattei, qui explicite de manière claire mais sans simplisme ce qu’il en fut alors.

la Navicella mosaïque d'après Giotto Vatican

La « Navicella »
mosaïque du narthex de la basilique vaticane d’après Giotto

Honorius Ier : le cas controversé d’un pape hérétique

Source > Correspondance européenne

 Le cas du pape Honorius est l’un des plus controversés de l’histoire de l’Eglise. Comme l’observe à juste titre l’historien de l’Eglise Emile Amann, dans le long article qu’il consacre à la Question d’Honorius dans le Dictionnaire de Théologie Catholique (vol. VII, coll. 96-132), il faut traiter le problème de façon dépassionnée et avec la « sereine impartialité que doit l’histoire aux actes du passé » (col. 96).

Au cœur du pontificat du pape Honorius qui régna de 625 à 638, il y eut la question du monothélisme, dernière des grandes hérésies christologiques. Afin de plaire à l’empereur byzantin Héraclius, désireux d’assurer la paix religieuse au sein de son royaume, le patriarche de Constantinople Sergius chercha un compromis entre l’orthodoxie catholique, selon laquelle il y a en Jésus-Christ deux natures en une seule personne, et l’hérésie monophysite qui attribuait au Christ une seule personne et une seule nature. Ce compromis donna naissance à une nouvelle hérésie, le monothélisme, selon lequel la double nature du Christ était mue dans son action par une unique opération et une unique volonté. Il s’agissait d’un semi-monophysisme, mais la vérité est entière ou n’est pas, et une hérésie modérée n’en reste pas moins une hérésie. Le patriarche de Jérusalem Sophronius fut de ceux qui intervinrent avec le plus de force pour dénoncer cette nouvelle doctrine qui rendait vaine l’humanité du Christ et menait au monophysisme, condamné par le Concile de Chalcédoine (451).

Sergius écrivit au pape Honorius pour lui demander qu’« à l’avenir il ne soit permis à personne d’affirmer qu’il y a deux opérations dans le Christ notre Dieu » et obtenir ainsi son appui contre Sophronius. Honorius accéda malheureusement à sa demande. Dans une lettre adressée à Sergius, il affirma que «la volonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ était seulement une, du fait que notre nature humaine a été assumée par la divinité» et invita Sophronius au silence. La correspondance entre Sergius et Honorius est conservée dans les actes du VIème Concile œcuménique (Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima Collectio, vol. XI, coll. 529-554) et a été rééditée en latin, grec et français par Arthur Loth (La cause d’Honorius. Documents originaux avec traduction, notes et conclusion, Victor Palmé, Paris 1870 et en grec et allemand par Georg Kreuzer, Die Honoriusfrage im Mittelalter und in der Neuzeit, Anton Hiersemann, Stuttgart 1975). 

Fort de l’appui du pape, Héraclius publia en 638 un formulaire doctrinal appelé Echtesis (“Exposition”) dans lequel il imposait la nouvelle théorie de l’unique volonté divine comme religion officielle. Pendant quarante ans, le monothélisme triompha dans l’Empire byzantin. Le plus fervent défenseur de la foi fut à cette époque le moine Maxime, dit le Confesseur, qui prit part à un Synode convoqué au Latran (649) par le pape Martin Ier (649-655) pour condamner le monothélisme. Le pape et Maxime furent tous deux contraints de s’exiler. Maxime, pour avoir refusé de souscrire aux doctrines monothélites, eut la langue et la main droite coupées. Sophronius, Maxime et Martin sont aujourd’hui vénérés comme saints par l’Eglise pour leur résistance tenace à l’hérésie monothélite. 

La foi catholique fut finalement restaurée par le IIIème Concile de Constantinople, VIème Concile œcuménique de l’Eglise, qui fut réunit le 7 novembre 680 en présence de l’empereur Constantin IV et des représentants du nouveau pape Agathon (678-681). Le Concile condamna le monothélisme et jeta l’anathème sur tous ceux qui avaient promu et favorisé l’hérésie, incluant dans la condamnation le pape Honorius.

Lors de la XIIIème session, qui se tint le 28 mars 681, les Pères conciliaires, après avoir proclamé qu’ils voulaient excommunier Sergius, Cyr d’Alexandrie, Pyrrhus, Paul et Pierre, tous patriarches de Constantinople, et l’évêque Théodore de Pharan, affirment : « Avec eux nous sommes d’avis de bannir de la sainte Église de Dieu et d’anathématiser également Honorius, jadis pape de l’ancienne Rome, car nous avons trouvé dans les lettres envoyées par lui à Sergius qu’il a suivi en tout l’opinion de celui-ci et qu’il a sanctionné ses enseignements impies » (Mansi, XI, col. 556). 

Le 9 août 681, à la fin de la XVIème session, furent réitérés les anathèmes contre tous les hérétiques et les fauteurs d’hérésie, y compris Honorius : « Sergio haeretico anathemaCyro haeretico anathema, Honorio haeretico anathema, Pyrro, haeretico anathema » (Mansi, XI, col. 622). Dans le décret dogmatique de la XVIIIème session, le 16 septembre, il est dit que « comme celui qui dès l’origine fut l’inventeur de la malice et qui, se servant du serpent, introduisit la mort venimeuse dans la nature humaine, ne resta pas inactif, ainsi aujourd’hui encore, ayant trouvé les instruments adaptés à sa propre volonté : nous voulons dire Théodore, qui fut évêque de Pharan ; Sergius, Pyrrhus, Paul, Pierre, qui furent prélats de cette ville impériale ; et encore Honorius qui fut pape de l’ancienne Rome (…); ayant trouvé, donc, les instruments adaptés, il ne cessa, à travers eux, de susciter dans le corps de l’Eglise les scandales de l’erreur ; et par des expressions inédites répandit parmi le peuple fidèle l’hérésie d’une seule volonté et d’une seule opération en deux natures d’une (personne) de la sainte Trinité, du Christ, notre vrai Dieu, en harmonie avec la fausse doctrine des impies Apollinaire, Sévère et Témiste » (Mansi, XI, coll. 636-637).

Les originaux des actes du Concile, souscrits par 174 Pères et par l’empereur, furent envoyés aux cinq sièges patriarcaux, avec une attention particulière pour celui de Rome. Mais, comme saint Agathon mourut le 10 janvier 681, les actes du Concile, après plus de 19 mois de siège vacant, furent ratifiés par son successeur Léon II (682-683). Dans la lettre envoyée le 7 mai 683 à l’empereur Constantin IV, le pape écrivait : « nous anathémisons ceux qui inventèrent cette nouvelle erreur, c’est-à-dire Théodore de Pharan, Cyrus d’Alexandrie, Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre de l’Eglise de Constantinople ainsi qu’Honorius qui ne s’efforça pas de maintenir pure cette Eglise apostolique dans la doctrine de la tradition apostolique, mais a permis par une exécrable trahison que cette Eglise sans tâche fut souillée » (Mansi, XI, col. 733).

La même année, le pape Léon donne ordre que les actes traduits en latin soient souscrits par tous les évêques d’Occident et que les signatures soient conservées près de la tombe de saint Pierre. Comme le souligne l’éminent historien jésuite Hartmann Grisar, « on voulait par là l’acceptation universelle du sixième concile en Occident, et celle-ci, pour ce que l’on en sait, eut lieu sans difficulté » (Analecta romana, Desclée, Rome 1899, pp. 406-407).

La condamnation d’Honorius fut confirmée par les successeurs de Léon II, comme l’atteste le Liber diurnus romanorum pontificum, et par le septième (787) et le huitième (869-870) Concile œcuménique de l’Eglise (C. J. Hefele, Histoire des Conciles, Letouzey et Ané, Paris 1909, vol. III, pp. 520-521).

L’abbé Amann juge historiquement indéfendable la position de ceux qui, comme le cardinal Baronio, retiennent que les actes du VIèmeConcile auraient été altérés. Les légats romains étaient présents au concile : il serait difficile d’imaginer qu’ils puissent avoir été manipulés ou aient mal référé sur un point aussi important et délicat que la condamnation d’hérésie d’un Pontife romain. Faisant référence à ces théologiens tels que saint Robert Bellarmin, qui, pour sauver la mémoire d’Honorius, ont nié la présence d’erreurs explicites dans ses lettres, Amann souligne que ceux-ci soulevaient un problème plus important que celui qu’ils prétendaient résoudre, à savoir le problème de l’infaillibilité des actes d’un Concile présidé par un pape. En effet, si Honorius ne tomba pas dans l’erreur, ce sont les papes et le concile qui le condamnèrent qui se sont trompés. Les actes du VIème Concile œcuménique, approuvés par le pape et reçus par l’Eglise universelle, ont une portée définitoire bien plus forte que les lettres d’Honorius à Sergius. Pour sauvegarder l’infaillibilité il est préférable d’admettre la possibilité historique d’un pape hérétique plutôt que d’aller se briser contre les définitions dogmatiques et les anathèmes d’un Concile ratifié par le Pontife Romain. C’est une doctrine commune que la condamnation des écrits d’un auteur est infaillible, quand l’erreur est anathémisée avec la note d’hérésie, tandis que le Magistère ordinaire de l’Eglise n’est pas toujours et nécessairement infaillible.

Au cours du Concile Vatican I, la Députation de la Foi aborda le problème, exposant une série de règles de caractère général qui s’appliquent non seulement au cas d’Honorius, mais à tous les problèmes, passés et futurs qui peuvent se présenter. Il ne suffit pas que le pape se prononce sur une question de foi ou de mœurs qui concerne l’Eglise universelle, mais il est nécessaire que le décret du Pontife romain soit conçu de façon à apparaître comme un jugement solennel et définitif, avec l’intention d’obliger tous les fidèles à croire (Mansi, LII, coll. 1204-1232). Il existe donc des actes du Magistère pontifical ordinaire non infaillibles car privés du caractère définitoire nécessaire : quod ad formam seu modum attinet.

Les lettres du Pape Honorius sont dépourvues de ces caractéristiques. Elles sont indubitablement des actes du Magistère, mais dans le Magistère ordinaire non infaillible il peut y avoir des erreurs et même, dans des cas exceptionnels, des formulations hérétiques. Le pape peut tomber dans l’hérésie, mais il ne pourra jamais prononcer une hérésie ex cathedra. Dans le cas d’Honorius, comme l’observe le patrologue bénédictin Dom John Chapman OSB, on ne peut affirmer qu’il avait l’intention de formuler une sentence ex cathedra, définitive et obligatoire : «Honorius était faillible, était dans l’erreur, était un hérétique, précisément parce qu’il n’a pas, comme il aurait dû le faire, déclaré avec autorité la tradition pétrinienne de l’Eglise romaine » (The Condemnation of Pope Honorius (1907), Reprint Forgotten Books, London 2013, p. 110). Ses lettres à Sergius, bien que traitant de la foi, ne promulguent aucun anathème et ne remplissent pas les conditions requises par le dogme de l’infaillibilité. Promulgué par le Concile Vatican I, le principe de l’infaillibilité est sauf, contrairement à ce que pensaient les protestants et les gallicans. Et si Honorius fut anathémisé, expliqua le pape Hadrien II, au Synode romain de 869, « c’est pour la raison qu’Honorius avait été accusé d’hérésie, la seule cause pour laquelle il est permis aux inférieurs de résister à leurs supérieurs et de repousser leurs sentiments pervers » (Mansi, XVI, col. 126).

Se basant précisément sur ces paroles, le grand théologien dominicain Melchior Cano, après avoir examiné le cas d’Honorius, résume en ces termes la doctrine la plus sûre : «On ne doit pas nier que le Souverain Pontife puisse être hérétique, fait dont on peut offrir un ou deux exemples. Cependant qu’[un pape] dans son jugement sur la foi ait défini quelque chose contre la foi n’est pas démontrable, pas même par un seul exemple» (De Locis Theologicis, l. VI, tr. espagnole, BAC, Madrid 2006, p. 409).

Professeur Roberto de Mattei.

Honorius_I

Portrait en mosaïque du pape Honorius 1er
dans la longue frise des papes qui se déploie sur les architraves
à l’intérieur de la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome

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