Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2026-132. Rappel : les principes théologiques et philosophiques de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la confession de foi catholique.

chaîne maçonnique

       A l’occasion du 14 juillet, n’est-il pas particulièrement indiqué de porter à la connaissance de nos lecteurs auxquels cette information aurait échappé, un très intéressant avertissement de la Conférence épiscopale des « évêques nordiques » (c’est à dire du Danemark, de Finlande, d’Islande, de Norvège et de Suède) insistant énergiquement auprès des catholiques de leur juridiction pour rappeler qu’il leur est absolument interdit d’appartenir à la franc-maçonnerie, de collaborer en quelque manière avec elle, et même d’utiliser des biens lui appartenant, et ce quelles que soient les obédiences, branches, loges, fraternelles ou autres catégories.

   C’est le site anglophone « Life site » [cf. > ici] qui a fort judicieusement permis une assez large diffusion de cette nouvelle, qui, sans cela serait probablement restée inconnue du plus grand nombre.
Certes, il n’y a rien de nouveau en soi : Nos Seigneurs les évêques du Nord ne font que rappeler le discours constant de l’Eglise catholique romaine depuis le XVIIIème siècle ; mais ces rappels sont toujours utiles, voire nécessaires, et on aimerait que Nos Seigneurs les évêques de France fassent de même (alors qu’un condisciple de lycée de Frère Maximilien-Marie retrouvé récemment, dans le cours d’une discussion, lui a avoué qu’il était franc-maçon lors même qu’il est très engagé dans sa paroisse, et il a répondu à l’indignation de notre Frère en lui assurant qu’il en avait informé son archevêque et que celui-ci n’y voyait aucune contradiction !). 

   « Nous vous écrivons aujourd’hui en tant que pasteurs pour clarifier une question qui, depuis de nombreuses années, voire des décennies, a engendré incertitude, spéculation et divergences d’opinions dans nos pays : celle de savoir si les fidèles catholiques des pays nordiques peuvent être francs-maçons ou appartenir à une loge maçonnique », peut-on donc lire dans la lettre adressée par les évêques du Nord de l’Europe à tous leurs prêtres et fidèles, lettre publiée en la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, 29 juin 2026

   Ils rappellent donc de manière non équivoque, en conformité avec la note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi rendue publique le 13 novembre 2023 – Dicastère qu’en outre ces évêques ont consulté spécialement avant de procéder à ce rappel -, qu« il n’existe aucune exception, aucune norme ou règle particulière, et par conséquent aucune dispense au sein de l’Eglise qui distingue l’adhésion à la franc-maçonnerie dans les pays nordiques des dispositions du droit universel de l’Eglise » et que donc « par conséquent, les dispositions du droit universel et les normes et directives spécifiques édictées par le Siège Apostolique sur la question de la franc-maçonnerie s’appliquent pleinement et sans exception sur le territoire de la Conférence des évêques nordiques ».

   « Nous tenons à souligner que la fermeté de l’Eglise catholique sur la question de l’adhésion à la franc-maçonnerie ne constitue pas un jugement négatif sur la bonne volonté ou les bonnes œuvres des individus », précisent charitablement Leurs Excellences Nordiques, qui ajoutent toutefois sans tergiverser : « La position de l’Eglise découle de la conscience que les principes théologiques et philosophiques de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la confession de foi catholique ».

   En conséquence, pour vivre conformément à l’enseignement de l’Eglise,
- un catholique membre d’une loge maçonnique doit renoncer à cette appartenance et ne peut recevoir les sacrements tant qu’il en est membre ;
- un membre d’une loge maçonnique souhaitant entrer dans l’Église catholique, doit d’abord renoncer à son appartenance à la franc-maçonnerie avant de recevoir le baptême ou d’être reçu en pleine communion avec l’Eglise.

   « Aucune paroisse, aucun institut de vie consacrée ou société de vie apostolique, aucune organisation ou institution catholique dans nos églises locales ne doit conclure d’accords de collaboration avec des francs-maçons ou des loges maçonniques ni utiliser des biens appartenant à des loges maçonniques », est-il encore spécifié.

   « L’appel de notre Seigneur Jésus-Christ, “Venez, suivez-moi” (Matth. IV, 19), suppose d’être prêt à se détacher de tout ce qui fait obstacle à un engagement total en tant que disciple », ont expliqué les évêques nordiques : « Cela a toujours été, et restera toujours, un critère d’authenticité chrétienne. Entraidons-nous par la parole et par l’exemple à vivre selon ce critère, en nous confiant à la grâce de Dieu ».

Tolbiac.

Quelques autres publications de ce blogue relatives à la franc-maçonnerie :

- Les principes de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la doctrine de l’Eglise : les catholiques qui font partie de la maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion > ici.
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles : 1ère partie > ici et 2ème partie > ici.

- Où Lully reparle de ses précédentes publications relatives à la franc-maçonnerie et aborde la question de son infiltration dans l’Eglise > ici.
- Lucifer, « ange tutélaire » de la république maçonnique > ici.
- Prière pour demander à Dieu la conversion des Francs-Maçons > ici.

Maçonnerie vs Christianisme

2026-130. Il fera tellement plus chaud au Purgatoire !

Dimanche soir 12 juillet 2026.

Tellement pire au Purgatoire

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Il y a plus de trente années de cela, Frère Maximilien-Marie se trouvait en apostolat dans une cité épiscopale célèbre pour sa magnifique cathédrale gothique : entre autres tâches, il participait aux catéchismes de plusieurs établissements scolaires.
En début d’année scolaire, dans l’une des aumôneries de collège, il avait été accueilli par une dame qui s’était présentée comme « Josette J…, responsable de l’aumônerie » (sic). Comme cette dame était habillée dans le même style que les mères de famille de la « bonne société » de la ville (jupes plissées bleu marine ou écossaises, ou encore droites fendues, chemisiers à cols claudine et cardigans à cols ronds assez classiques… etc.) et qu’elle arborait toujours une permanente impeccable, il avait fallu plusieurs semaines à notre Frère pour réaliser que la dite Josette était en fait une religieuse en civil.
Ce qui eût dû lui mettre la puce à l’oreille néanmoins, c’est que « Josette » semblait avoir une impossibilité absolue à prononcer le mot « Frère » et ne l’appelait jamais que « Maximilien » en le tutoyant : aucune honnête mère de famille bien éduquée de la cité ne se le fût permis !
Lorsque Frère Maximilien-Marie eût enfin compris qu’il avait affaire à une religieuse, il ne l’appela désormais plus que « Ma Révérende Mère », ce qui suscitait chez elle un sourire des plus pincés.

   Bref ! Par une très très chaude journée de juillet où mon papa-moine était allé faire quelques dévotions dans une chapelle de la « basse ville » qu’il aimait beaucoup, il rencontra « Josette », vêtue d’un ample « ticheurte » et d’une jupe à fleurs légère. Le voyant, elle s’exclama avec une expression de compassion affectée et un accent bourgeois surjoué  : « Oh la la, mon pauvre Maximilien ! Mais tu n’as pas chaud dans cette tenue ? »
Sans que la réponse eût été en quelque manière préméditée, elle fusa cependant tout naturellement, accompagnée d’un grand sourire : « Oh ! Vous savez, ma Révérende Mère, ce sera tellement pire au Purgatoire… »
La religieuse resta comme pétrifiée sur le trottoir, sans pouvoir articuler un son.

délivrance des âmes du Purgatoire

   Quelques jours après, une des religieuses de la même communauté, qui, elle, portait le voile et sa simple robe de toile grise, croisant Frère Maximilien-Marie dans l’un des bas-côtés de la cathédrale, le prit à part pour lui déclarer, avec une expression tout-à-la-fois sérieuse et amusée : « Oh mon Frère ! Si vous saviez l’effet que votre réponse a produit sur Sœur Josette… et sur toute la communauté. En effet, elle en a été tellement perturbée qu’elle nous a raconté l’affaire. Cela a entraîné une grosse discussion au couvent : les unes ont admiré votre réponse et en ont été édifiées, et les autres ont poussé des cris indignés, parce qu’elles ont envoyé promener le Purgatoire depuis longtemps, et l’esprit de pénitence aussi ».

   C’est ainsi qu’une réponse spontanée de mon papa-moine devint « signe de contradiction » dans un paisible couvent de province, où furent « dévoilées les pensées secrètes » (cf. Luc II, 34-35) des religieuses : celles qui avaient gardé la foi et l’habit religieux, et celles, en civil, qui avaient abandonné des pans entiers de la doctrine catholique traditionnelle !!!

   Si je vous ai rapporté cette anecdote, en cette période de fortes chaleurs estivales, c’est pour en venir à ceci :

- Au lieu de nous plaindre de la chaleur, pourquoi ne profiterions-nous pas de la providentielle opportunité qui nous est offerte pour prendre davantage conscience que les températures dites caniculaires de ces jours-ci ne sont rien – absolument rien – en comparaison des peines de l’enfer ou des flammes du Purgatoire ?
- Au lieu donc de maugréer contre l’inconfort – bien réel certes – procuré par les températures élevées, pourquoi, au contraire, n’en profiterions-nous pas pour nous en emparer avec une joie et une générosité remplies d’esprit surnaturel, et l’offrir comme une réelle et fructueuse pénitence

1) pour l’expiation de nos propres fautes (accepter les peines occasionnées par la chaleur ici-bas afin d’éviter ou du moins amoindrir le feu du Purgatoire dans l’autre monde) ;
2) pour le salut des pauvres pécheurs afin de leur éviter la fournaise de l’enfer ;
3) et pour le soulagement des âmes souffrantes du Purgatoire (celles de notre parentèle et celles pour lesquelles personne ne prie) ?

Tolbiac.

Soulagement des âmes du Purgatoire

2026-128. Seigneur, délivrez-nous de ces faux prophètes qui viennent vers nous en vêtements de brebis !

Septième dimanche après la Pentecôte.

« Attendite a falsis prophetis, qui veniunt ad vos in vestimentis ovium,
intrinsecus autem sunt lupi rapaces »
(Matth. VII, 15).
« Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous sous des vêtements de brebis,
tandis qu’au dedans ce sont des loups rapaces ».

Jésus-Christ protégeant son troupeau d'un loup vêtu d'une peau de brebis - blogue

       Dieu trois fois saint, délivrez-nous de ces faux prophètes qui viennent vers nous en vêtements de brebis !
Délivrez-nous de ceux contre lesquels vous nous avez mis en garde et qui se cachent à l’intérieur même de Votre troupeau ; délivrez-nous de leurs manœuvres de séduction, qui menacent la saine et pure croyance de ceux qui placent en Vous leur confiance ; délivrez-nous de leurs doctrines insidieuses, qui mettent en danger la survie et le salut de Vos candides brebis !

   Père des lumières et Dieu d’éternelle vérité, faites paraître au grand jour l’imposture pernicieuse qui se pare de l’aimable et confortable peau des brebis, pour détourner la douceur et la charité évangéliques et en pervertir la compréhension et la juste mise en application !
O notre Père, délivrez-nous de « l’aggiornamento », de « l’ouverture au monde », de la fausse tolérance, de l’œcuménisme indifférentiste, de la « liberté religieuse » détournée, de « l’esprit d’Assise », de la « déclaration d’Abu Dhabi » et des formes larvées du syncrétisme se présentant sous des oripeaux de paix, de l’imposture synodale et de tous les venins que distille l’hydre du modernisme aux têtes multiples !

   Seigneur Jésus, arrachez Votre Sainte Eglise aux rets de ces relativismes moraux induits par le libéralisme, les maçonneries, les féminismes et le « wokisme », et découvrez à la face du monde le vrai visage de ces faux prophètes en habits de catéchistes, de prêtres, de religieux, d’évêques et de cardinaux qui cultivent l’équivoque, bénissent les déviances morales, et qui, ce faisant, entraînent les âmes par la porte large et la voie spacieuse qui conduisent à la perdition éternelle (cf. Matth. VII, 13) dans l’enfer !

   Esprit-Saint, divin Paraclet, qui avez le pouvoir de convertir les cœurs endurcis et de dessiller les esprits aveuglés, venez vaincre les résistances que Vous opposent les mauvais pasteurs, et transformez-les en vivantes images du Bon Pasteur qui donne Sa vie pour Ses brebis, infatigables et irréductibles combattants de l’unique Vérité révélée, véritablement taraudés du zèle pour le salut des âmes remises à leur sollicitude, gardiens vigilants des remparts de la sainte cité de Jérusalem, ne se taisant ni le jour ni la nuit (cf. Is. LXII, 6) pour mettre en garde contre les séductions du monde et l’esprit d’erreur et de ténèbres.

   Très Sainte Mère de Dieu, divinement associée à la mission rédemptrice de notre Sauveur, notre puissante Médiatrice, « terrible comme une armée rangée en ordre de bataille » (Cant. VI, 3), « pour réaliser ce qui est écrit de Vous : “Elle écrasera la tête du serpent” et encore : “Vous seule vaincrez les hérésies dans le monde entier” » (acte de consécration à l’Immaculée de Saint Maximilien-Marie Kolbe), intercédez aujourd’hui puissamment pour l’Eglise dont vous êtes la figure prophétique, et renouvelez encore une fois les merveilles de vos interventions victorieuses par lesquelles, tant de fois et de multiples manières, vous avez secouru le peuple chrétien menacé, tant par des agressions extérieures que par de perfides attaques intérieures…
Notre-Dame des Victoires, Secours des Chrétiens, Rempart de la Chrétienté, venez à notre secours !

Ainsi soit-il !

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Vierge Marie immaculée conception

2026-126. « La Fraternité Saint-Pie X appartient à notre famille. Elle n’est pas extérieure à l’Eglise » (Mgr. A. Schneider).

Dimanche soir 5 juillet 2026.

   Nous tenons à publier, ce soir, la traduction française d’un court entretien accordé par Son Excellence Monseigneur Athanase Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Astana au Kazakhstan, qui a été publié sous forme de vidéo, en langue anglaise, sur le compte X de Monsieur Michaël J. Matt, rédacteur en chef du journal « The Remnant » et fondateur de RemnantTV, ici > Michael Matt.

Monseigneur Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanase Schneider

       « Il ne s’agit pas réellement d’un schisme. Et il nous faut rectifier le sens du mot « schismatique ». Ces derniers siècles, nous avons eu une conception très réductrice de ce que signifie être schismatique, une idée excessivement légaliste. De même, notre conception de l’obéissance est réductrice. Nous en sommes venus à absolutiser l’obéissance au Pape, qui est une créature, non Dieu. Le Pape n’est pas Dieu. Et en réalité, je me sens obligé de dire que, dans l’esprit de beaucoup, qu’ils soient traditionalistes ou conservateurs, même parmi les évêques ou les cardinaux, jusqu’à nos jours, il y a eu une déification implicite du Pape. J’insiste sur le terme implicite. Ni formelle, ni explicite, mais implicite. C’est pourquoi toute désobéissance est immédiatement qualifiée de schismatique : puisque vous êtes désobéissant, vous êtes schismatique.

   Cela était étranger à la grande tradition de l’Église. C’était une chose inconnue des Pères de l’Église. Étant spécialiste de la patristique, je sais que lorsque saint Athanase a désobéi au pape Libère, ce dernier l’a excommunié. J’affirme qu’il s’agissait d’une excommunication formelle. Certes, juridiquement, c’était une excommunication. Mais j’affirme qu’aux yeux de Dieu, c’était une excommunication invalide. Comment le pape Libère, qui avait même collaboré, dans une certaine mesure, avec les Ariens et dont la position était si ambiguë, a-t-il pu excommunier le plus grand défenseur de l’orthodoxie ? Je crois que, du point de vue de l’histoire, l’excommunication de saint Athanase par le pape Libère était invalide.

   Je pense que l’existence de la Fraternité Saint-Pie-X est, d’une certaine manière, providentielle. Dieu la permet car nous formons une seule et même famille, et la Fraternité Saint-Pie-X fait partie intégrante de notre famille. Elle n’est pas extérieure à l’Église.

       † Athanase Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie d’Astana.

Mains jointes en prière - blogue

2026-124. Retrouver la voie d’un Etat de justice.

Louis XX à Paris le 19 janvier 2025

   A la suite des épouvantables mises à mort de Lyhanna, 11 ans, et de Louis, 17 ans, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le 29 juin 2026 dans le JDD (Le Journal du Dimanche) une tribune dans laquelle notre Souverain légitime nous livre des réflexions politiques importantes, et dont voici la retranscription : 

armes de France et Navarre dessinées pour le Sacre de Charles X

       La mort de Louis, à 17 ans, vient à nouveau remplir d’émotion le cœur de tous les Français. Je veux d’abord présenter à sa famille et à ses proches toute ma compassion et ma solidarité de cœur, de chagrin et d’indignation. Le 4 juin, les Français étaient déjà frappés d’épouvante devant l’affaire Lyhanna. Je présente également à la famille le témoignage de mon indicible douleur.

   Dans la France de ce siècle écartelé par les menaces, il n’est de semaine qu’un drame ne vienne heurter de toute sa cruauté.
Les crimes déchaînent les colères, les passions, les ressentiments, et suscitent les appels à la justice et à l’action des autorités. Les gouvernements s’engagent à ce que le pire ne se reproduise jamais. Cependant, nous constatons chaque jour que leurs promesses se révèlent bien souvent limitées, voire impuissantes à prévenir la réitération de l’atrocité.

   De trop nombreux analystes relativisent ou nient ce que ces crimes peuvent avoir de récurrent et de symptomatique. Ils oublient que la France put être une nation apaisée. Une nation dans laquelle les Français, s’ils ne furent jamais exempts des multiples vices inhérents à la nature humaine, partageaient des codes moraux suffisamment communs et puissants pour que les lynchages à mort soient des faits rarissimes – a fortiori contre des mineurs et des innocents. Au long du siècle précédent, des bagarres collectives pouvaient survenir entre clans rivaux. Des violences existaient : rixes, règlements de comptes et violences politiques, dont certaines tristement célèbres, mais il était exceptionnel qu’un groupe d’inconnus s’acharne à mort sur un individu en le rouant de coups, sans motif majeur apparent. Des confrontations visaient à la démonstration de force, rarement avaient-elles pour objet de détruire les individus et de dévaster les familles. Mais surtout, ceux qui étaient dépositaires de l’autorité et du pouvoir avaient à cœur de faire appliquer la justice avec rigueur et efficacité.

   Cette évolution m’inquiète, car elle signale une incapacité des institutions et du tissu social à forger pleinement la conscience de la communauté d’appartenance, des valeurs morales et de la civilité. Elle préfigure un affrontement des identités morcelées dans lesquelles les pulsions les plus abjectes agissent sans aucune limite. Cela est profondément antagoniste à l’histoire et à la conscience nationale françaises, auxquelles ma famille est intimement mêlée.

   La France s’est construite autour de la figure tutélaire de la Justice royale, incarnée par le Chêne de Vincennes. Le simple nom de Capétien était un rappel de la centralité, de la verticalité du fléau de la balance. Justice punitive quand il fallait amener les coupables au châtiment et à la réparation ; justice distributive lorsqu’il s’agissait de soutenir les hospices, les veuves ou de soulager la misère ; justice émancipatrice contre les excès des féodaux. De ce souci constant de la Justice, le tempérament français et nos institutions politiques ont conservé des traces profondes.

   Parmi les plus brillants auteurs de la langue française, nombreux, à l’instar de Charles Péguy, discernèrent dans l’exigence de Justice qui anime le tempérament des Français, la permanence des vertus fondatrices du Royaume. À ma manière, chers Français, je veux défendre Lyhanna et Louis. Parce que je ressens au plus profond de moi-même que les défaites de la patrie contemporaine prennent racine dans un abandon des principes mêmes qui ont fait la France et qui la tenaient debout. Je veux ardemment éviter que des parents aient à pleurer d’autres enfants.

La France est un miracle de l’Histoire.
Les docteurs en sciences politiques enseignent que c’est une nation créée par son Etat.
S’ils s’arrêtent là, alors ils oublient de préciser que cet État n’était pas une machine désincarnée. Il portait le visage d’un homme. Un homme sensible, comme il pouvait l’être, à la grandeur et aux malheurs de son peuple ; un homme qui tenait l’unité des régions et des provinces ; un homme garant des promesses données, des espoirs reçus, et de la longue durée. Un homme enfin personnellement responsable de la Justice.

   Quand il s’est agi de restaurer des institutions solides pour le pays en 1958, Charles de Gaulle – quels que puissent être nos sentiments à l’égard de son œuvre – a été animé de cette préoccupation de l’incarnation de la Justice par le Chef de l’État. Cette disposition ne se limitait pas au droit de grâce. Le chef de l’État présidait les séances du Conseil supérieur de la magistrature, l’instance chargée de la nomination et de la discipline des magistrats. Ainsi pouvait-il réellement, comme le prévoit la constitution, « assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ». Tout en se portant à l’encontre de toute instrumentalisation politique « garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

   Cette disposition ne pouvait tenir dans la durée que si le chef de l’État lui-même se tenait en dehors de toute mécanique partisane. Le jeu des institutions de la Ve République a eu tôt fait de jeter une suspicion croissante sur la neutralité du Président dans sa relation avec l’autorité judiciaire. C’est pourquoi, depuis 1993 pour la formation disciplinaire des juges du Siège, et depuis 2008 pour les magistrats du Parquet, la présence du Président de la République au Conseil supérieur de la Magistrature a été supprimée. 

   De surcroît, comme l’a remarqué l’Observatoire des décisions de Justice, les magistrats professionnels sont de facto majoritaires dans les séances de cette instance.
Dès lors, les juges en France ne sont pas seulement indépendants : ils sont autocéphales. C’est dans le huis clos de leur Conseil devenu souverain, qu’ils administrent les enjeux institutionnels des promotions et de la discipline des juges, c’est-à-dire des conséquences que doivent assumer ceux dont le comportement ne correspond pas à l’éthique attendue dans l’exercice de leurs fonctions. Je déplore donc que le fonctionnement de la discipline des magistrats soit à nouveau insuffisamment pourvu de garanties institutionnelles, et ainsi insuffisamment transparent aux yeux des Français.

   Que l’on s’entende bien : en exposant cette situation, je n’entends pas jeter le discrédit sur une profession dont la majorité des membres accomplit ses devoirs avec honnêteté, vertu et conscience, dans l’obscurité d’une administration débordée par les demandes et souvent indigente par les moyens qui lui sont accordés.
Mais les Français, qui ne sont plus que 35 % à avoir foi dans la Justice, doivent pouvoir retrouver le chemin de cette confiance. Voilà le vœu intime que je formule, et auquel, par l’Histoire glorieuse de ma famille, je me sens intimement lié.

   Que saint Louis, modèle des justiciers, puisse nous faire retrouver la voie d’un État de Justice, protecteur et épanouissant.

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

symboles de la justice - vignette blogue

2026-119. Sur la « méthode Habsbourg ».

Lettre mensuelle aux membres et amis de la

Confrérie Royale

- 25 juin 2026 -

La Méthode Habsbourg - Edouard de Hansbourg-Lorraine

Edouard de Habsbourg-Lorraine : « La méthode Habsbourg »
éditions Salvator, 2025, 235 pages (17,90 €).

frise

Sur la « méthode Habsbourg » :

       Les anciennes monarchies ont souvent admiré les qualités de la monarchie française, et, encore maintenant enexil, Monseigneur le Dic d’Anjour peut par sa tenue être facilement admiré par bien des chefs de maisons.

   Il n’est toutefois pas inutile d’aller voir parfois chez nos voisins, qui ont aussi leurs vertus.

   En 2023 est paru en anglais, puis a été traduit en français en 2025 (et on peut le supposer aussi en allemand) un livre de S.A.I.R. l’Archiduc Edouard d’Autriche : La méthode Habsbourg.
Ce Prince, né en 1967, père de six enfants, dont un garçon, de la ligne palatine de Hongrie, est presque de dernier des Habsbourg actuels (avant son fils et son frère puiné prêtre).

   Ce n’est donc pas une quelconque ambition qui le fait écrire ce livre (p.52), mais bien l’ « amour de sa famille » (pp. 32 et 231) et l’amour du bien commun, deux vertus éminemment louables.

   Le sous-tire est : « Sept principes pour traverser des temps troublé ». Le livre donne les principes généraux d’une bonne politique.

   La dédicace : « Aux Habsbourg les plus importants de ma vie : ma femme et mes enfants, car que serions-nous sans la famille ? Au Bienheureux empereur Charles : qu’un grand nombre vienne à connaître cet humble géant de la foi » [mort le 1er avril 1922]. Famille et foi donnent déjà les bases de ces principes.

   Sans vouloir écrire l’histoire de la famille de Habsbourg, puis, par mariage au XVIIIème siècle de Habsbourg-Lorraine, le prince s’appuie sur plusieurs exemples de celle-ci pour décrire les principes de ce qu’il pense être la méthode de sa famille, et qui sont pour l’essentiel des principes catholiques (comme il le dit page 32).

   Sans vouloir « rétablir la monarchie », dit-il plusieurs fois, « quoiqu’il ne faille jamais dire jamais », ajoute-t-il chaque fois, il pense que ces principes seraient bien utiles aux Etats modernes ainsi qu’aux individus pouvant avoir une responsabilité.

   Malgré la modestie de l’auteur sur lui et sur ses ancêtres, le Prince en sait beaucoup sur sa famille, et sait conter dans un style agréable et avec humour (sur la bataille de Morgaten, les vignes de Vienne, la mâchoire Habsbourg, la phrase de l’Empereur Charles VI mourant, la phrase de l’Empereur François-Joseph Ier sur les constitutions, les chocolats de l’Imératrice Zita de Bourbon-Parme, les mariages des Archiducs…).

   Donc sept principes qui se sont retrouvés de façons variable sur la plupart des trônes et qui seraient bien utiles aux gouvernements contemporains (fait remarquer le Prince plusieurs fois, très lucide sur la vacuité morale de ces derniers).

   On pourra donc y voir beaucoup de ressemblances avec les principes capétiens, en y changeant tels détails ou l’importance de tels points, selon les circonstances diverses où les deux dynasties ont vécu.

   Le premier principe est le mariage (fondement de la société, disait Louis XIII) : « sans famille nombreuse, la société tend à s’effondrer dans l’isolement et l’égoïsme ». La famille est aide entre époux, exemple des parents, soutien mutuel de ses membres, enfants, dons de Dieu, sacrement béni par Dieu pour le bonheur de ses membres, avenir terrestre, et finalement « aller au paradis », comme le disait le Bienheureux Empereur Charles Ier lors de son mariage.
En politique le mariage est « moins brutal et souvent plus efficace que les combats ». L’Archiduc rappelle aussi que les mariages arrangés d’autrefois étaient plus heureux et plus solides que les mariages romantiques de beaucoup de jeunes gens actuels, en raison du partage qu’ils avaient ensemble de la foi, du caractère sacré du mariage, de l’importance de la féco,dité, des responsabilités sociales, et (p. 225) de la chasteté prénuptiale.
Si la maison d’Autriche a beaucoup profité du mariage pour acquérir des royaumes, la maison de France l’a beaucoup utilisé pour obtenir ou maintenir la paix dans le Royaume puis en Europe [et notamment ceux de François Ier avec Eléonore, de Charles IX avec Elisabeth, de Louis XIII avec Anne, de Louis XIV avec Marie-Thérèse, de Louis XVI avec Maie-Antoinette, toutes Archiduchesses d’Autriche ; l’on pourrait ajouter Henri V et Jean III  qui ont épousé Marie-Thérèse et Béatrice Archiduchesses d’Autriche en pleine paix, et encore Alphonse II qui s’apprêtait à épouser l’Archiduchesse Constance, que des principes communs rapprochaient, comme elle le dit après la mort de son fiancé).

   Le deuxième principe est la foi : « La foi catholique a toujours été forte dans notre famille » (comme chez les Rois très-Chrétiens).
L’auteur est gêné par l’actuel œcuménisme et l’actuelle séparation de l’Eglise et de l’Etat, qu’il n’ose pas refuser ouvertement ; mais dans la pratique il loue les actes catholiques de ses ancêtres et leurs actes de dévotion, et regrette la faiblesse religieuse de certains d’entre eux (mais « le Christ est venu sauver les pécheurs ») ; il magnifie le sacre impérial germanique ou royal hongrois, loue la défense de la foi catholique contre l’hérésie, et reprend la phrase de l’Empereur Charles-Quint qu’ « il est plus probable qu’un moine allemand se soit trompé que les maîtres de l’Eglise pendant plus de mille ans ».
« Si le but d’une vie chrétienne est vraiment d’aller au paradis, il est important que les dirigeants vivent leur foi de manière visible ».
A ce sujet on peut regretter l’erreur (pardonnable vue d’Autrivhe) qui croit que pour le Cardinal de Richelieu « tout devait être subordonné aux intérêts de l’Etat, y compris ceux de l’Eglise catholique » (p.85) : une telle affirmation est ne rien comprendre à la politique du Cardinal, qui défendait la Religion catholique en france, comme le reconnaissaient les évêques, et en Europe comme le reconnaissait Urbain VIII.

   Le troisième principe est l’empire (principe différent du « pré carré » français), interprêté comme principe de subsidiarité, « selon lequel tout problème doit être traité par le niveau institutionnel compétent le plus bas », principe naturel évident que les Rois de France ont beaucoup utilisé, et que le Prince reproche à l’Union Européenne de ne pas appliquer.
L’Archiduc rappelle qu’ « en plus la subsidiarité est une politique pertinente et efficace sur le plan politique ».
Il rappelle que l’Empire austro-hongrois a « rassemblé sous le ciel d’un même empire, et dans la paix, des nations bien différentes » (p.14) : tout le contraire des nationalismes modernes depuis la Révolution.
Et il signale à juste titre qu’il n’y a pas de principe d’unité dans l’Union Européenne, tandis que l’ « Empereur, en sa personne, rappelait aux gens ce qui les unissait » (ce qui était aussi le cas du Roi de France).

    Le quatrième principe est la justice (premier devoir aussi du Roi de France), et « servir » sans vouloir « disparaître dans une vie purement privée », et le faire « avec honnêteté », « car Dieu rendra le jugement final » (à la différence, note-t-il, des calculs en vue des élections).
L’Archiduc rappelle qu’en 1910 Théodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis, demanda à l’Empereur François-Joseph quelles étaient, au milieu des chambres et gouvernements élus, son activité. L’Empereur répondit avec clairvoyance : « Ma fonction consiste à protéger mes peuples de leurs politiciens ». Et l’Archiduc ajoute avec lucidité : « Qui protège aujourd’hui les électeurs de leurs politiciens ? »

   Le cinquième principe est celui de Socrate : « Connais-toi toi-même » ; appliqué aux dynasties et aux pays, selon cette phrase de feu l’Empereur Othon : « Ceux qui ne savent pas d’où ils viennent ne savent pas où ils vont, parce qu’ils ne savent pas où ils sont » (c’est aussi valable pour les Français).
L’Archiduc rappelle l’importance de « la stabilité et des valeurs traditionnelles, telles que la famille et la foi », à la différence « des idées mondialistes » et « des modes éphémères ».

   Le sixième principe est le courage au combat : être pacifique ne signifie pas refuser de combattre (de même que le Roi de France, qui, cultivant pacifiquement les lys de son jardin, savait défendre son Royaume).
En ce domaine l’Archiduc a quelques réticences au sujet de la politique internationale du Roi de France : c’est bien compréhensible pour un Archiduc et c’est dit sans polémique, nous ne lui en voudrons pas. Rappelons l’importance que dans les nouvelles  circonstances Louis XV et Marie-Thérèse attachaient à l’union entre l’Autriche et la France.

   Le septième principe est une bonne mort, inspirée de la crypte des Capucins (comme celle des Rois de France l’était de l’abbaye de Saint-Denys).
« Nous allons tous mourir », et c’est « l’un des moments les plus importants de la vie » auquel nous devons nous préparer « dès l’enfance ».
L’Archiduc rappelle l’existence de l’enfer et du purgatoire (qu’il s’étonne de ne plus voir rappeler par les prêtres lors des funérailles), le peu de probabilité d’une conversion sur son lit de mort, et la nécessité de prier pour les morts. Les anciens souverains « savaient que leur mort devait donner à leurs sujets un exemple public », « que le moment de la mort était leur dernière chance de se faire pardonner auprès de Dieu », et « que la prière (des survivants, notamment des monastères) pouvait les aider à paser du purgatoire au paradis ».
Mentionnons un éloge de la Reine de France Marie-Antoinette d’Autriche (p.201), que nous apprécierons.
Et rappelons l’une des dernières paroles du Bienheureux Empereur Charles Ier : « Je dois endurer toutes ces souffrances pour l’union de mon peuple ».

   En conclusion : « la prochaine fois qu’un homme politique fera quelques chose de stupide, posez-vous la question suivante : Qu’aurait fait un Habsbourg à sa place ? » Et un Bourbon ?

   En somme un livre agréable, instructif, de bon esprit, avec de beaux portraits d’Empereurs et d’Archiducs, et qui donne de son auteur une idée sympathique.
Nous lui présentons nos respectueux remerciements pour son livre.

Abbé Gabriel Equin +.

Tolbiac et le livre de l'Archiduc Edouard de Habsbourg-Lorraine - blogue

Même le prince-chat du Prieur de la Confrérie Royale a beaucoup aimé ce livre !

2026-116. Oui : pourquoi ?

Jeudi 18 juin 2026.

Tiare et clefs de Saint Pierre

De Son Excellence Révérendissime Monseigneur Athanasius Schneider :

   « Pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes du concile Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’il n’existe pas d’exigence comparable en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques antérieurs ? »

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider

2026-112. A la louange et à la gloire de Saint Antoine de Padoue – bis.

13 juin,
Fête de Saint Antoine de Padoue, confesseur de l’Ordre séraphique et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire de la publication de l’Edit de Milan (13 juin 313 – cf. > ici).

Tolbiac et Saint Antoine

Chers Amis du Mesnil-Marie,

       Feu mon prédécesseur en cette Principauté monastique – je veux parler, vous l’aurez compris, du regretté Maître-Chat Lully – avait, en 2014, signé une chronique intitulée « A la louange et à la gloire de Saint Antoine de Padoue » (cf. > ici) pour raconter à nos amis un fait parfaitement authentique montrant comment Frère Maximilien-Marie avait bénéficié de l’aimable secours du célèbre et très populaire fils de Saint François d’Assise.
Je m’autorise aujourd’hui à reprendre le même titre pour vous relater une autre intervention de Saint Antoine en faveur de mon papa-moine.

   Bien sûr, ce n’est pas l’unique qui se soit produite dans l’intervalle qui s’est écoulé depuis celle qu’avait narrée le cher Lully : Frère Maximilien-Marie aime à dire qu’il a souscrit depuis fort longtemps un abonnement premium assorti d’une carte de fidélité aux généreux services du bon Saint Antoine, lequel ne déçoit jamais la confiance que l’on place en lui, même si parfois – pour des raisons qui n’appartiennent qu’à lui et qui sont indubitablement plus solides que celles nées des impatiences humaines – il arrive que notre cher thaumaturge travaille aussi à mettre à l’épreuve la patience de notre Frère !

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   Dans la chronique de 2014 sus-citée, il était question de la statue de Saint Antoine de Padoue en terre-cuite placée à l’entrée de notre Oratoire. Depuis cette époque, notre Oratoire a bénéficié de nouveaux aménagements, d’améliorations et d’embellissements : entre autres, les statues de saints que nous vénérons plus spécialement s’y trouvent en plus grand nombre, et elle sont été « harmonisées ». Elles sont toutes de même taille (40 cm), et chacune est placée sur un petit socle en bois à dosseret ; cela confère à notre Oratoire un caractère d’unité et d’équilibre.
Ainsi, Saint Antoine de Padoue a-t-il eu une nouvelle statue (photo ci-dessus), et la statue en terre-cuite précédemment citée (une grande statue provenant d’une église, mais dont elle avait été chassée par l’iconoclasme moderniste des années 60/70 du précédent siècle) s’est-elle retrouvée à la sacristie.

   Ceux qui nous connaissent bien et qui sont déjà venus au Mesnil-Marie le savent, notre plus proche voisine – souvent absente – loue sa grande maison en gîte ; certains de nos amis en profitent parfois.
Frère Maximilien-Marie a un double de la clef, parce qu’il arrive qu’il fasse l’accueil des personnes qui vont y séjourner ; ou bien il va mettre la chaudière et les chauffe-eau en route la veille de l’arrivée des hôtes… etc.

   Or, à l’automne 2025, avant les vacances de la Toussaint, après avoir justement été mettre le chauffage en route, et après avoir refermé la porte à clef, Frère Maximilien-Marie a égaré la dite clef.
Il s’est rendu compte presque aussitôt qu’il ne l’avait plus en mains : il a refait le trajet plusieurs fois, pour le cas où elle aurait chu au sol entre les deux maisons ; il a passé au peigne fin la grande pièce – chez nous – en laquelle il se trouvait, venant d’arriver de chez notre voisine, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne l’avait plus (puisqu’il est normalement inutile de chercher là où on n’est pas allé !!!) ; il a vidé et retourné toutes ses poches : Rien !

   Nous avons recommencé les recherches les jours suivants : Rien ! Toujours rien ! 

Fr.Max.M. retourne ses poches à la recherche d'une clef

      Et pourtant nous avons invoqué, invoqué, invoqué notre cher Saint Antoine, sans douter un seul instant du fait qu’il nous viendrait immanquablement en aide.
Néanmoins, les jours, les semaines et les mois se sont écoulés…

   Des amis, qui devaient venir passer avec nous la Semaine Sainte 2026, ont vu leur départ retardé de plusieurs heures parce que, après avoir chargé leur véhicule, qu’ils ont évidemment fermé, ils en ont égaré la clef.
Toutes les recherches étant vaines, malgré les invocations répétées à Saint Antoine et malgré les « neuvaines expresses » qu’enchaînait mon papa-moine (nota bene : il appelle « neuvaine expresse » neuf minutes de prières intenses au saint thaumaturge), la clef du véhicule demeura introuvable.
Nos amis durent donc faire appel à un serrurier pour qu’il vînt ouvrir l’automobile avec ses outils. Ensuite, ils purent transvaser leurs bagages dans une autre – plus grande – qu’on leur prêtait…

   Pendant les conversations postérieures à leur arrivée, Frère Maximilien-Marie les a exhortés à ne pas se lasser de recourir à Saint Antoine et à garder confiance dans l’efficacité de son intercession, en étant convaincus qu’il y avait certainement de sa part une action – incompréhensible pour nous à ce moment-là – qui prendrait tout son sens plus tard.
Comme ces amis sont en train d’aménager une chapelle, notre Frère leur a alors proposé de leur offrir la statue de Saint Antoine de Padoue, remisée dans notre sacristie, pour qu’il l’y placent, afin d’anticiper en quelque manière l’action de grâces pour la recouvrance de leur clef de voiture.
Cette proposition fut acceptée.

Recouvrance de la clef de notre voisine

   Le lendemain, qui était le mercredi saint, Frère Maximilien-Marie se trouvait à la sacristie et commençait la préparation du reposoir à l’autel latéral de l’Oratoire, lorsque l’un de nos amis venant lui proposer son aide, il lui a déclaré : « Puisque vous êtes là et que votre véhicule, plus grand que prévu, vous permettra d’emporter la statue de Saint Antoine de Padoue, commençons par l’emballer et, ainsi, vous pourrez la charger dans la foulée… »

   Sitôt dit, sitôt fait : Saint Antoine, dûment enveloppé de « papier bulle », fut bientôt empaqueté dans un grand carton, avec lequel notre ami quitta l’Oratoire.

   Mon papa-moine se trouvait à ce moment-là devant l’autel de la Sainte Vierge, et il a entendu le cliquetis d’un objet métallique qui tombait à ses pieds : tellement à ses pieds qu’il dû relever un peu le bas de sa bure pour apercevoir, sur le tapis, juste devant ses sandales – « Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent » [Marquise de Sévigné, lettre du 15 décembre 1670 à M. de Coulanges] -, la clef de la maison de notre voisine ; celle-là même qui était introuvable depuis six mois !

   Nous savions bien, nous, que cette clef avait été égarée entre le moment où notre Frère Maximilien-Marie avait fermé la porte la maison de notre voisine et, quelques minutes plus tard, le moment où il avait réalisé qu’il ne l’avait plus en main, dans notre salle de séjour, c’est-à-dire à l’étage en-dessous de la sacristie et de l’oratoire : il était donc naturellement impossible que cette clef se trouvât à ce niveau-ci !
Nous savions bien, nous, que Frère Maximilien-Marie avait tourné et retourné ses poches pour essayer de la retrouver… et, depuis six mois, il avait maintes fois changé de vêtements, lesquels avaient été lavés et repassés : il était donc impossible que la clef y fût cachée !

   La seule explication possible pour nous, c’est que Saint Antoine avait répondu à notre confiance et qu’il nous rapportait la clef égarée de la manière la plus improbable qui puisse être, de telle sorte que nous ne puissions douter que c’était lui, et nul autre, qui était intervenu. Et cela, « pile-poil » au moment où, donnant sa statue, celle-ci quittait la sacristie du Mesnil-Marie où elle se trouvait en situation d’attente, pour aller être honorée dans une nouvelle chapelle !

   Evidemment, quand ils sont rentrés chez eux, nos amis ont retrouvé la clef de leur véhicule… dans un endroit hautement improbable, eux aussi.
Alors, vive Saint Antoine de Padoue, qui, même s’il met parfois à l’épreuve notre confiance et notre patience, répond toujours à nos prières !

pattes de chatTolbiac.

La clef retrouvée grâce à Saint Antoine - blogue

2026-111. « Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois ».

Jeudi soir 11 juin 2026,
Anniversaire du Sacre de Louis XVI (11 juin 1775).

Armes de France & Navarre

       Ce jeudi 11 juin 2026, alors que nous étions entré dans la si belle et si importante fête du Sacré-Cœur de Jésus, puisque les premières vêpres en étaient achevées, Monseigneur le Prince Louis de Boubon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX a annoncé sur les réseaux sociaux la parution dans les pages du Figaro (cf. > ici), d’une tribune intitulée «Saint-Denis n’est pas le symbole de la nouvelle France !», dans laquelle, s’insurgeant avec vigueur contre l’instrumentalisation de la ville de Saint-Denis, orchestrée par un parti révolutionnaire dont le tribun aboie – à l’occasion – pour exalter Robespierre, notre Souverain légitime « remet quelques pendules à l’heure » et rappelle le caractère unificateur de la royauté capétienne traditionnelle.

   Ce texte est vraiment un magnifique cadeau que nous fait notre Roi en cette fête du divin Cœur de Jésus !

   Voici tout d’abord le texte publié par Sa Majesté sur les réseaux sociaux pour inviter à lire sa tribune :

   « Alors que l’orage de la partition gronde en France, je souhaite réaffirmer la source d’unité qu’a pu être et que pourrait redevenir la monarchie. En ces temps de trouble, l’histoire millénaire de la France ne doit pas être un motif de nous diviser, mais au contraire de nous retrouver.

   Dans les colonnes du Figaro je rappelle que la monarchie a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes.
L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière.
Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale ».

Louis XX à Aix-en-Provence mai 2026

Sa Majesté le Roi lors de son récent
déplacement en Provence (mai 2026)

Et maintenant, voici l’intégralité du texte de la tribune de Sa Majesté dans Le Figaro :

       « Saint-Denis, la ville des rois morts et du peuple vivant. » C’est une phrase devenue à la mode. En un sens, elle n’est pas fausse. La nécropole des souverains qui ont fait la France est au cœur d’un des départements les plus jeunes du pays, un des derniers qui tire la démographie française vers le haut. Le contraste est saisissant. Comme si cette terre était rendue plus fertile grâce à un terreau sacré.
Quelle chance pour le peuple de Seine-Saint-Denis que de vivre à l’ombre d’un des monuments les plus emblématiques de notre histoire. Car en effet, ce mausolée abrite les dépouilles de ceux qui, patiemment, ont bâti notre pays. Ils lui ont donné sa forme, un espace géographique – un des plus beaux qui soit – mais aussi une âme. Une âme que le monde entier nous a enviée, faite d’honneur, de justice et d’élégance.
Cette longue histoire et cette construction millénaire se rappellent à nous chaque année. Ainsi, nous célébrons en 2026 les 800 ans du sacre de Saint Louis, roi du peuple s’il en est. S’occupant des malades et des pauvres, soucieux de faire appliquer une bonne justice pour tous, désireux de la paix avec les États voisins. Cela serait un beau programme de gouvernement pour la France du XXIe siècle. Justice sociale, souci des plus petits et des plus faibles, paix dans le monde.
Bien sûr nous pouvons aussi faire le choix de la division. De dresser une France contre l’autre. De souhaiter l’avènement d’une nouvelle contre une ancienne. De fracturer la population française en autant de peuples irréconciliables. Si nous aimons la fureur et le fracas, si nous aimons mieux déconstruire que bâtir, si nous voulons briser l’âme de notre pays et partant son peuple, alors nous pouvons suivre ces sirènes. Mais je ne saurai m’y résoudre. Ni pour la France, ni pour les Français.
Je ne veux pas renvoyer dos à dos notre histoire millénaire et le peuple vivant de 2026. Je ne veux pas prendre l’un pour écraser l’autre.

   En tant qu’aîné des Capétiens, je veux rappeler l’héritage de ma tradition politique : c’est celle d’une royauté qui, œuvrant pendant plus de 800 ans, a constitué sans se hâter notre territoire national. Elle a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes. L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Bien entendu, tensions et violences ont existé dans ce processus mais les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière. Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient assumées et unifiées dans la personne royale. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale.
Nous avons oublié que la détention de l’autorité et l’exercice du pouvoir impliquent forcément un respect mutuel entre celui qui la détient et qui l’exerce et celui sur lequel ils s’appliquent. L’un et l’autre ne sont pas négociables. Cela détermine à terme la cohérence politique et sociale de notre Patrie.

   Soyons intraitables avec ceux qui veulent former un État dans l’État comme nous devons l’être avec ceux qui souhaitent un égalitarisme stérile qui penserait masquer des différences pourtant nécessaires à l’épanouissement d’une société. Puisons dans notre histoire des enseignements féconds plutôt que de vouloir la brocarder. Faisons-la aimer dans ce qu’elle a d’aimable aux populations qui l’ignorent.
Il ne saurait y avoir de nouvelle France. Il y a encore et toujours ce même pays qui évolue, qui se renforce ou qui s’affaiblit, qui se divise ou qui s’unifie, qui s’enrichit ou qui s’appauvrit au gré des âges. Notre passé européen nous renseigne qu’aucune nation n’est éternelle. La nôtre pas plus qu’une autre. Alors ne provoquons pas sa sortie de route de l’histoire. Continuons à la faire vivre. Apprenons à trouver des repères unificateurs, inscrivons-nous dans le temps long d’une réelle continuité.

   A Saint-Denis, en effet mes ancêtres capétiens, mais également mérovingiens et carolingiens sont bel et bien morts. 1500 ans d’histoire reposent dans le calme. Mais quelque part leur action est encore vivante à travers la France contemporaine. Et je désire au plus profond de moi-même que leur exemple, leur figure et leur action continuent à être de puissants ressorts fédérateurs.
Le peuple vivant de la France de 2026, c’est-à-dire l’ensemble de la population française sans exception, ne saurait vivre malgré eux voire en opposition à eux.
Les Français établis de longue date comme les plus récemment arrivés sont et doivent être les fils spirituels de notre histoire et de nos rois. Les premiers sont parfois oublieux de leur passé en raison des carences éducatives dramatiques de notre système d’instruction ; les seconds sont maintenus dans un état d’ignorance coupable voire même de mensonges et d’exagérations criminels. Nous ne donnons plus les clés nécessaires pour comprendre, accepter et intégrer notre histoire. Les uns la négligent, les autres ne la connaissent pas ou la détestent. Quant à ceux qui considèrent la France comme une identité secondaire, voire administrative, ils ne comprennent décidément pas ce qu’est la France et doivent en tirer les conséquences.
Il est grand temps de réparer toutes ces inconséquences.
Il est grand temps d’arrêter de souffler sur les braises de la division qui ne demandent qu’à s’enflammer.

   En tant que Chef de la Maison de Bourbon, j’aspire à incarner une forme de continuité, un repère dans lequel tous puissent se retrouver.
A l’ombre d’une Couronne unificatrice, transcendance et subsidiarité peuvent se conjuguer. Verticalité et autonomies locales peuvent coexister. Retrouvons le goût des différences qui se complètent et qui ne s’opposent pas, le goût de la continuité historique, le goût de la paix entre les différents corps sociaux.
Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois. Je veux qu’elle affronte les difficultés du temps, groupée autour d’un dénominateur commun, et qu’elle surmonte cette crise sociale, économique et identitaire. La monarchie peut être le creuset du peuple vivant de demain qui ne continuera à exister que s’il prend appui sur le peuple mort, celui de l’ensemble de nos ancêtres qui nous ont transmis ce pays, sa langue, ses coutumes et sa douceur de vivre.

   Mes ancêtres les rois Henri IV et Louis XVIII, après les affres de guerres civiles qui avaient tant divisé les Français, ont chacun établi leur règne sur deux mots : paix et unité. Deux cents ans après le dernier, leur successeur n’a pas d’autre souhait pour la France.

   Que Saint Louis, modèle des gouvernants, protège notre pays de la division, et garantisse la paix à notre temps.

Basilique de Saint-Denys simulation de la façade restituée

La basilique-nécropole royale de Saint-Denis
avec sa tour nord reconstruite
telle que nous espérons la voir bientôt.

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