Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2019-36. « Que ce brutal événement nous soit une incitation à convertir nos cœurs, à les dépouiller du superficiel, à les ramener à l’essentiel ».

Alors que de trop nombreux responsables de l’Eglise n’émettent bien souvent, en guise de vœux ou de messages pastoraux à l’occasion de la fête de Pâques, que d’affligeantissimes banalités ou les poncifs éculés d’une platitude dont on se demande si elle a encore un lien, même ténu, avec la foi catholique authentique, notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a fait paraître, dans la Sainte Nuit de Pâques, le message suivant, message admirable par sa profondeur spirituelle autant que par la lucidité des vues et la sagesse des analyses dont il témoigne.
Rendons grâces à Dieu pour la sollicitude de notre Roi et pour le discernement qu’Il lui accorde en ces temps de troubles et de pertes des repères fondamentaux !

Vive le Roi !

Notre-Dame de Paris après incendie

Mes chers compatriotes,

En ce jour où toute la Chrétienté célèbre dans la joie et l’Espérance la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment ne pas vous souhaiter une joyeuse et belle fête de Pâques !
La Semaine Sainte a pourtant commencé de manière terrible par le tragique incendie de Notre-Dame de Paris qui nous a tous profondément bouleversés. 

Dieu merci, la cathédrale a survécu à ce déluge de feu et d’eau. 
Et ses principaux trésors ont été miraculeusement épargnés, en particulier la couronne d’épines, la tunique de Saint Louis, le maître-autel de Louis XIV, les rosaces… et bien d’autres encore.
Et si la charpente et la flèche se sont effondrées sous l’assaut violent des flammes, les murs, eux, ont tenu.

Au-delà des signes et des symboles que nous pouvons y voir, c’est vraiment toute la France qui a tremblé saisie d’émotion pour ce joyau qui fait partie de notre Histoire, de notre patrimoine.

Souhaitons que cette unité d’une nuit, restaurée quelques instantsautour de ce qui constitue le départ de toutes les routes de France, de ce qui en est le cœur spirituel et culturel, puisse régner durablement, plus forte que les divisions qui nous minent trop souvent.

Témoignons notre reconnaissance aux héroïques Sapeurs-Pompiers de Paris, et pensons tout particulièrement à leur frère d’armes blessé dans cette bataille contre le feu. Prions pour son rétablissement complet et rapide.

Que le peuple de France, conduit par les architectes des Bâtiments de France et des Monuments historiques, s’appuyant sur le professionnalisme exceptionnel de nos corps de métiers restaure à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi et de sacrifice qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres. 

Et que ce brutal événement nous soit une incitation à convertir nos cœurs, à les dépouiller du superficiel, à les ramener à l’essentiel.

Que le Christ règne sur nos cœurs apaisés et que Notre-Dame qui est la Reine de France, protège le peuple de France qu’Elle affectionne tant !

Le Christ est ressuscité !
Joyeuse fête de Pâques à vous tous!

Louis
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2019-35. Après l’incendie de Notre-Dame de Paris…

Mardi Saint 16 avril 2019.

Incendie Notre-Dame de Paris 15 avril 2019

Un brasier en forme de croix au cœur de la France, au cœur de tous les fidèles….

Très chers Amis,

En ces premières heures du jour du mardi saint, il est évidemment bien tôt – bien trop tôt – pour se livrer à des considérations présentant tout le recul indispensable, échappant à l’émotion de l’instant : comme des millions de personnes à travers la France et à travers le monde, je pense que vous avez été douloureusement saisis par les images diffusées à la télévision, sur Internet et sur les réseaux sociaux hier soir à partir de 19 heures.
En notre vallée retirée et loin de tout, c’est environ une demi-heure après le déclenchement de l’incendie que nous avons été prévenus par une amie, et tout au long de la soirée nous sommes restés, jusqu’à une heure avancée de la nuit, à prier et à espérer pour ce bâtiment prestigieux qui était la proie des flammes et qui, selon l’expression d’un auteur dont j’ai oublié le nom, a toujours été et demeure en quelque manière la « paroisse de l’histoire de France ».

L’enquête sur les causes de l’incendie ne fait évidemment que commencer et, peut-être, faudra-t-il du temps pour qu’elle établisse la vérité des faits : contrairement aux affirmations rapides sur l’origine du sinistre, et au risque de passer pour « parano », il me semble non seulement prématuré, mais aussi téméraire, d’exclure a priori la cause criminelle pour des motifs idéologiques ou fanatiques…

Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos.
Bien sûr nous sommes consolés par le fait qu’un grand nombre d’œuvres d’art se trouvant dans la cathédrale aient pu être sauvées ou protégées au maximum. 
Nous nous réjouissons surtout, au plus haut point du fait que le Très Saint-Sacrement et les précieuses reliques de la cathédrale aient pu être soustraits aux flammes.

Au-delà de l’émotionnel et des réactions, naturelles certes, je vous invite à réfléchir, prier et méditer sur les leçons providentielles que nous pouvons tirer de cet horrible événement : un bâtiment quelque prestigieux et sacré qu’il soit, reste un bâtiment. Nous avons d’ores et déjà l’assurance que la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris sera restaurée, reconstruite. Mais au-delà de la reconstruction matérielle, il nous faut réfléchir à la restauration spirituelle.
Le feu d’un incendie physique n’est RIEN en comparaison du feu de l’enfer qui menace les âmes par millions en raison de la perte de la foi et du refus de l’obéissance à Dieu.
Le feu de cet incendie n’est RIEN en comparaison de la dévastation spirituelle qui navre gravement la Sainte Eglise à cause du modernisme qui la ravage, à cause des mauvais exemples et de la tiédeur des catholiques , et tout particulièrement à cause des scandales de ceux qui devraient, au plus haut point, avoir des comportements exemplaires et donner le témoignage de la sainteté : je parle des clercs et des religieux qui ont trahi leurs engagements sacrés pour ce qui concerne la foi et les mœurs !

Je vais être absent du Mesnil-Marie à partir de ce matin-même, et ne reviendrai vers vous que pendant l’octave de la Résurrection de Notre-Seigneur.
Il n’y a maintenant plus qu’une seule chose à dire : prions avec davantage de ferveur, faisons pénitence avec générosité, tenons compagnie au divin Cœur de Jésus dans Son agonie, cramponons-nous à la main maternelle de Notre-Dame de Compassion, confions-nous en l’intercession des Saints de France, et, au-delà de tous les motifs de découragement, ne cessons jamais de croire en la sainte et glorieuse Résurrection, car notre Dieu est le Tout-Puissant et le « Maître de l’impossible ».

Vôtre in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

P1080750 France, Paris, «le voeu de Louis XIII» dans le fond du choeur de la cathédrale Notre-Dame; Louis XIII et Louis XIV entourent la Vierge de pitié «Pieta»

Publié dans:Chronique de Lully, Commentaires d'actualité & humeurs |on 16 avril, 2019 |Commentaires fermés

2019-34. Message de Sa Majesté le Roi sur les réseaux sociaux ce lundi saint vers 20 h alors que la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris est la proie des flammes.

Message du Roi au moment de l'incendie de Notre-Dame de Paris

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2019-29. Louis XX soutien du retour au réel des familles pour le bien commun de toute l’humanité.

Au mois de septembre dernier, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, invité à prendre la parole devant le douzième congrès mondial des familles (cf. > ici), s’était montré le ferme défenseur de la famille traditionnelle.
Le samedi 30 mars 2019, lors de l’ouverture de la treizième édition de ce congrés mondial des familles, qui s’est tenu à Vérone, notre Souverain légitime s’est montré encore plus ferme et courageux dans la dénonciation des attaques contre la famille et dans la défense des valeurs pérennes, conformes au droit naturel et à la doctrine chrétienne, qui sont les seules à garantir la dignité de la personne humaine et la stabilité de la société, par l’institution familiale.
C’est une fois encore un discours d’une très grande force qu’il convient de lire attentivement, de méditer et d’approfondir.

Louis XX à Vérone 30 mars 2019

Discours
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX,
prononcé le samedi 30 mars 2019
à Vérone (Italie)
à l’occasion du
13ème congrès mondial de la famille

Fleur de lys bleu

Monsieur le Président,
Cher Brian Brown,
Mesdames et Messieurs
Chers Amis,

Merci de me laisser un temps de parole pour exprimer, une nouvelle fois, l’importance que je j’accorde à la Famille et à sa défense. Actuellement un combat se joue entre deux modèles : celui d’un monde déshumanisé et celui d’une société -il faudrait dire d’une civilisation- qui donne à l’homme toute sa place.

Entre l’homme objet, soumis, esclave d’une globalisation excessive et celui que les institutions aident à s’élever, à se construire, c’est-à-dire sujet de droit, il ne s’agit pas d’un choix à faire entre deux conceptions qui se valent, mais il s’agit d’en rejeter une pour promouvoir l’autre. Tel est le but des  rencontres du Congrès mondial des Familles –WCF), et donc de leur importance. Il faut, en effet, sortir de l’équivoque dans laquelle les sociétés occidentales ont trop longtemps vécu, reposant sur un certain scepticisme et sur le relativisme. Les deux ont conduit à des impasses.
L’enseignement chrétien, socle de nos sociétés, est pourtant là pour nous rappeler qu’il n’y a pas place pour deux vérités.
Mais qu’a-t-on fait de ce message durant les deux derniers siècles ?
 Il a été battu en brèche en permanence, la religion étant présentée souvent comme source d’oppression voire « opium » du peuple. Mais qui sont ceux qui ont proféré ces idées ? Ceux qui ont menée aux Terreurs et aux totalitarismes. Maintenant que les historiens ont retrouvé une certaine liberté de pensée, Marx longtemps exalté, n’est plus que l’homme des cent millions de victimes accumulées dans le monde. Triste bilan. Les idéologies peuvent tuer !

Mais l’histoire nous apprend que l’excès mène toujours à la saine réactionNe la voit-on pas venir actuellement ? Elle passe par les familles qui, partout, commencent à réagir de multiples manières. 

  • Là c’est en reprenant ses droits naturels sur l’éducation et l’instruction ; 
  • là en recréant des structures pour la petite enfance, pour les personnes âgées ou handicapées ;
  • là en s’affirmant, comme en France actuellement, pour retrouver un niveau de vie décent et ne pas être accablées de taxes et règlements multiples n’ayant de sens que pour ceux qui les élaborent. 

Ce retour au réel est mené par les familles. Ce sont elles qu’il faut encourager en leur redonnant un cadre d’action précis. Celui-ci passe par trois points : 

  • la reconnaissance de la famille comme cellule de base de la société, celle dont découleront les autres, la commune, les communautés de travail qu’il soit manuel ou intellectuel et cela jusqu’à l’Etat qui peut ou non encourager les familles ; 
  • ce cadre doit ensuite exalter la vie dans toutes ses expressions c’est-à-dire rejeter ce qui la détruit avant la naissance comme au moment des dernières années. Nous devons donner à nos enfants comme à ceux qui nous ont précédés l’assurance d’une existence la plus paisible
  • Enfin le troisième pilier d’une société équilibrée est celui de la justice qu’il faut entretenir pour garantir à la société un équilibre entre ceux qui la composent

Nous savons qu’il y aura toujours des forts et des faibles, mais le bon gouvernement est celui qui permet au fort d’exercer ses talents et au faible de n’être pas opprimé.
Chacun à sa juste place, tel est le secret d’une société équilibrée
.
La France d’Ancien Régime l’avait compris et 
les Rois, mes ancêtres, génération après génération,  ont toujours eu à cœur de faire respecter cette justice qui était leur premier devoir dont le sacre était le garant.
Rompre cet équilibre en donnant la priorité non plus à la loi éternelle mais à la loi contingente que des majorités de hasard et de circonstance peuvent changer, est ce qui a entraîné nos sociétés dans l’impasse.

Il est temps qu’elles en sortent. Une réunion comme celle-ci y contribuera puisqu’elle permet aux uns et aux autres de mieux se connaître, de s’entraider dans leurs pratiques mutuelles, et surtout de reprendre espoir en demainCette espérance là aussi inscrite dans les gènes de la société chrétienne est ce qui nous aide tous. 

Que Saint Louis, mon aïeul, inspire nos dirigeants et que la Sainte-Famille demeure l’icône qui nous guide. 

Prince Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

LouisXX à Vérone le 30 mars 2019

2019-27. « Etes-vous en communion avec l’Eglise ? »

Mercredi 13 mars 2019,
Mercredi des Quatre-Temps de printemps.

Triomphe de la foi Vincenzo Meucci - détail)

Le triomphe de la Foi 
( fresque de Vincenzo Meucci au palais Corsini, à Rome – 1747 - détail)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai décidé de porter à votre connaissance, précisément en ce jour – car je ne choisis pas mes dates au hasard -, des extraits d’une correspondance échangée, il y a déjà quatre ou cinq ans, entre Frère Maximilien-Marie et un prêtre dont je ne veux pas révéler l’identité, et dont je me garderai bien de publier quoi que ce soit qui permettrait de l’identifier.
Qu’il suffise de dire que quelques personnes résidant sur le territoire de sa paroisse avaient demandé à Frère Maximilien-Marie s’il pouvait de temps en temps les aider à lire et approfondir des passages du Saint Evangile.
Je laisse parler ces textes qui, à mon sens, se passent de gloses supplémentaires, mais dont j’ai pensé qu’ils pourraient être utiles à plusieurs de mes lecteurs, prêtres ou laïcs, car il en est qui se trouvent eux aussi exposés à des suspicions concernant leur communion réelle avec la Sainte Eglise…

Lully. 

1 ) Extrait de la lettre de Monsieur l’abbé X. :

« Il m’a semblé deviner, il y a quelques temps, comme une sorte de malaise dans votre relation avec notre Pape François, ou avec son enseignement… Mais sans doute suis-je dans l’erreur…
Je vous pose simplement et sans arrière pensée cette question, car  (…) vous comprendrez sans peine que (…) la communion avec l’Eglise, en la personne de l’Evêque du diocèse et du Saint Père doit être effective. Merci donc, Frère, de me la confirmer. Et ne voyez pas une quelconque curiosité malveillante dans ma demande : je vous reste bien uni dans la prière et le souvenir, bien cordial. A bientôt de nous rencontrer (…). »

2) Réponse de frère Maximilien-Marie :

« Cher Monsieur l’Abbé,
en ce qui concerne la question précise que vous me posez, je n’ai qu’une réponse à vous faire et elle est très simple : (…) »

Ici, Frère Maximilien-Marie a recopié entièrement le texte de la profession de foi tridentine et le serment anti-moderniste : par commodité et pour ne pas trop allonger cette page, je ne les retranscris pas, puisque vous en trouverez déjà les textes – textes qu’il est toujours bon de relire souvent et de d’approfondir ! – dans les pages de ce blogue > ici et > ici. Puis il a ajouté :

« En conséquence de quoi, si le pape François et Monseigneur l’Evêque professent ces mêmes choses essentielles, contenues dans le serment ci-dessus, nous sommes donc en parfaite communion.
J’ajoute que pour ce qui concerne l’émission d’opinions qui ne seraient que personnelles, quelle que soit la place occupée dans l’Eglise par les personnes qui les émettent, parce qu’elles ne sont justement que des opinions personnelles chargées d’aucun poids magistériel et n’appartenant pas au dépôt de la foi authentique transmise de manière ininterrompue depuis Notre-Seigneur et Ses Saints Apôtres, et contenue dans tous les actes du Magistère authentique, ni vous, ni moi, ni aucun fidèle ne sont tenus par la loi divine ou par la loi ecclésiastique d’y adhérer. Les choses ne sont pas plus compliquées que cela, et il n’est nul besoin d’aller chercher midi à quatorze heures.
Je ne vois point de « curiosité malveillante » dans votre question : pasteur légitime (…), une sourcilleuse vigilance pour ce qui concerne une stricte fidélité à l’enseignement authentique de la foi de l’Eglise notre Mère dans toutes les prédications, cours de catéchisme et réunions de formation proposées aux fidèles dans le cadre de la paroisse, découle de votre « munus docendi » et appartient en propre à votre charge (…) : j’espère seulement que je ne suis pas le seul (…) à être l’objet d’une telle vigilance et que vous l’exercez aussi auprès de tous vos collaborateurs pastoraux (…). »

3) Réponse de Monsieur l’Abbé X. :

« (…) Merci de votre message. Je sais bien votre Foi, et je ne la mets pas en doute (…)».

4) Réponse de Frère Maximilien-Marie :

« (…) En ce qui concerne le pape François, de plus en plus, dans le monde entier, des voix s’élèvent parmi des prélats, des religieux, des universitaires, des fidèles du rang, pour lui demander qu’il veuille bien cesser d’émettre des opinions personnelles faisant hiatus avec la doctrine traditionnelle et en contradiction avec l’analogie de la foi, qui n’ont pas d’autre valeur que d’être ses opinions personnelles, et que de toute manière il ne présente pas comme « actes de magistère » ni même d’enseignement commun, mais que sa position porte fatalement à être prises dans l’opinion publique et grâce au retentissement que leur donne la caisse de résonance médiatique, pour une parole d’Eglise faisant autorité.
A ce sujet, n’est-il pas extraordinairement significatif de constater que la moindre réserve émise sur ces « paroles non magistérielles » se voit aussitôt taxée – ou du moins suspectée – d’être un acte grave de désobéissance et de rupture de la « communion ecclésiale », souvent par ceux-là même qui ne se gênaient pas pour émettre des réticences (euphémisme), lorsque ce n’étaient pas de virulentes critiques, sur l’enseignement – et là, pour le coup, en tant que Pontife Suprême et Docteur – du pape Benoît XVI ? (…) »

Et pour approfondir :
- Et maintenant, en quoi notre effroi se changera-t-il ? > ici
- Elles ne prévaudront pas, mais cela ne signifie pas qu’elles ne feront pas tout pour l’emporter et qu’elles ne remporteront pas certaines batailles > ici
- Dix conseils pour survivre à un pape calamiteux et continuer à être catholique > ici
- Un pape peut-il tomber dans l’hérésie ? > ici

2019-19. Réflexions spécialement dédiées à nos amis prêtres, à l’occasion du 225ème anniversaire du martyre du Bienheureux Noël Pinot.

Jeudi 21 février 2019,
Fête du Bienheureux Noël Pinot (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Pépin de Landen, duc de Brabant, maire du palais et conseiller des Rois francs ;
Anniversaire de l’allocution consistoriale « Gravissimum » de Saint Pie X (cf. > ici).

Martyre du Bx Noël Pinot

21 février 1794 : le Bienheureux Noël Pinot,
que dans une intention sacrilège ses bourreaux ont revêtu d’une chasuble pour le guillotiner,
monte à l’échafaud comme il montait à l’autel en récitant : « Introibo ad altare Dei… »

1794 – 21 février – 2019

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
et d’une manière très particulière pour vous, nos chers Amis Prêtres,

A l’occasion de ce deux-cent-vingt-cinquième anniversaire du martyre du Bienheureux Noël Pinot, je souhaite vous faire part de quelques réflexions tout à fait personnelles.

1) Chaque fois qu’il y a eu des crises dans la société et – par contre-coup – dans la Sainte Eglise, le sacerdoce catholique a été attaqué.
Ces attaques peuvent être rangées dans deux grandes catégories : 1) des attaques contre la doctrine du sacerdoce, qui vont souvent de pair avec les attaques contre la Messe, contre la doctrine eucharistique, contre la foi dans le renouvellement sacramentel du Saint Sacrifice du Calvaire, puisque le sacerdoce et la Messe sont indissociablement liés ; et 2) des attaques contre la discipline que l’Eglise impose à ses prêtres, c’est-à-dire le plus souvent en rapport avec les mœurs et la vertu.

Cela s’est particulièrement vérifié avec les hérésies protestantes.
Cela s’est également vérifié lors de la révolution française, au cours de laquelle, en même temps qu’il y eut une quantité innombrable de profanations des lieux consacrés et de tout le mobilier liturgique – ordonnés à la digne célébration des Saints Mystères -, une quantité innombrable de sacrilèges perpétrés contre la Sainte Eucharistie, une quantité innombrable de célébrations impies de la Sainte Messe (citons pour exemple l’abominable messe de la « fête de la fédération » célébrée par l’évêque mécréant et libertin Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ou bien toutes les messes célébrées par des prêtres « jureurs » pour des « patriotes » infidèles et blasphémateurs…), une quantité innombrable de prêtres qui renièrent leur sacerdoce et rompirent les engagements sacrés qu’ils avaient solennellement jurés devant les saints autels.
Cela c’est vérifié une fois de plus avec la crise d’inspiration moderniste qui a éclaté au grand jour à l’occasion du second concile du Vatican et qui se continue encore en nos tristes temps.

Sainte Eucharistie

2) Ce modernisme a dévasté les communautés religieuses, vidé les séminaires, vu des milliers de prêtres défroquer, et d’autres milliers qui, s’ils n’ont pas défroqué, ont remis en question ou ouvertement combattu des pans entiers de la doctrine catholique, entraînant la perte ou l’affaiblessement de la foi pour des centaines de milliers de fidèles.
Ce modernisme – rejeton des idées du protestantisme et de l’idéologie révolutionnaire -, a été, comme le protestantisme et comme la révolution, la cause d’innombrables destructions, d’innombrables célébrations impies, la cause d’innombrables profanations ou sacrilèges, la cause d’innombrables parjures, reniements et apostasies.
En bien des lieux, la crise de l’Eglise qui couvait de manière larvée depuis le début du XXe siècle et a explosé à l’occasion du second concile du Vatican, a semblé donner à la Chrétienté déjà ébranlée par le protestantisme et la révolution, un ultime et définitif coup mortel.

3) Il n’est pas exagéré d’établir une analogie entre les héroïques réfractaires du temps de la grande révolution avec les non moins héroïques réfractaires aux réformes postconciliaires.
Il n’est pas non plus exagéré de comparer nombre de prêtres, religieux, évêques et hauts prélats qui se sont rués comme de beaux diables dans la course aux réformes les plus folles, avec les « jureurs » du temps de la grande révolution : on y retrouve des Siéyès, des Talleyrand, des Loménie de Brienne, des Grégoire, des Gobel, des Savine, des Fouché, des Le Bon… etc.
De la même manière que nombre de prêtres jureurs, puis apostats, ont été des régicides, des dénonciateurs de leurs confrères réfractaires, des persécuteurs voire des bourreaux de prêtres, religieux, religieuses et vrais fidèles restés inébranlables dans leur foi et leurs engagements, nombre de prêtres ou évêques « post-conciliaires » se sont montrés les zélés et impitoyables persécuteurs des prêtres, religieux et fidèles qui entendaient garder la liturgie traditionnelle et demeurer inébranlables dans la foi catholique authentique.
Cela n’est d’ailleurs malheureusement pas terminé au moment où j’écris…
Ces fervents disciples de la modernité doctrinale, liturgique et disciplinaire – ces modernes « jureurs » -, s’ils n’envoient pas les modernes réfractaires à la lanterne, à la guillotine ou à la noyade de manière physique, savent cependant faire à peu près la même chose dans l’ordre psychologique et moral, et ils ne se font bien souvent pas scrupule d’utiliser le mensonge et la calomnie afin de tuer de réputation ceux qui entendent rester fidèles envers et contre tout.
Je pourrais ici donner des exemples en grande quantité, mais je suis bien certain que vous aussi, mes chers Amis, vous avez – hélas ! – un certain nombre de ces exemples présents à l’esprit en me lisant.

palmes

4) En regardant aujourd’hui la figure magnifique d’héroïsme et de sainteté du Bienheureux Noël Pinot, je veux aussi regarder et saluer ces prêtres d’aujourd’hui qui résistent à l’esprit de la révolution doctrinale, spirituelle et liturgique qui désole et désertifie la Sainte Eglise de Dieu.
En rendant grâces aujourd’hui pour la figure magnifique d’héroïsme et de sainteté du Bienheureux Noël Pinot, je veux aussi rendre grâces à Dieu pour ces prêtres d’aujourd’hui qui demeurent fidèles à la foi reçue des saints Apôtres, et qui, malgré les critiques, mauvais procédés, mauvais exemples et parfois les véritables persécutions que déploient contre eux les modernes « jureurs », continuent à leurs ouailles l’inestimable bienfait de leur ministère authentiquement catholique, l’incommensurable fécondité de la liturgie catholique traditionnelle, l’authentique secours divin d’un enseignement en tous points catholique, la précieuse charité d’une fidélité à leurs engagements solennels à la discipline traditionnelle du clergé catholique, lors même que la chasteté est méprisée et décriée dans toute la société et que les scandales de l’inconduite de tant de clercs, jusqu’aux plus hauts degrés de la hiérarchie, navrent la Sainte Eglise de Dieu !

5) « Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam ! »
Chers Messieurs les Chanoines, chers Messieurs les Abbés, chers Révérends Pères que nous connaissons, côtoyons avec bonheur et estimons ; vous qui continuez en ces jours les combats héroïques des réfractaires de la grande révolution, des réfractaires de l’immédiat « après-concile » – ces prêtres courageux auxquels nous devons tant et qui pour la plupart sont aujourd’hui partis recevoir la récompense des combats de leur fidélité -, en face d’une société décadente et au sein d’une Eglise dévastée, soyez très chaleureusement remerciés pour votre présence, votre persévérance et votre solide constance, quand par ailleurs trop de prêtres et de dignitaires ecclésiastiques, selon les propres paroles de la Sainte Mère de Dieu à La Salette « (…) par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les Saints Mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, (…) sont devenus des cloaques d’impureté » (cf. > ici) !
Même si cela échappe à la compréhension du plus grand nombre, sachez qu’il en est malgré tout quelques uns qui savent ce que représente pour vous le fait de monter à l’autel où – per Ipsum et cum Ipso et in Ipso – vous vous offrez, sacrifiez et immolez avec l’unique divin Rédempteur.

Sainte Eucharistie

6) Et parce que l’incompréhension de beaucoup, les hostilités plus ou moins affichées de tant de ceux qui vous devraient soutenir, les apparentes infécondités de vos efforts et de votre fidélité, peuvent se révéler parfois si éprouvantes, permettez-moi, en vous plaçant aux côtés du Bienheureux Noël Pinot gravissant les marches de l’échafaud, de vous dédier aujourd’hui ces lignes qu’écrivait à l’un de ses « frères prêtres » Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face :
« Notre-Seigneur ne nous demande jamais de sacrifice audessus de nos forces. Parfois, il est vrai, ce divin Sauveur nous fait sentir toute l’amertume du calice qu’il présente à notre âme. Lorsqu’il demande le sacrifice de tout ce qui est le plus cher au monde, il est impossible, à moins d’une grâce toute particulière, de ne pas s’écrier comme lui au jardin de l’Agonie : « Mon Père, que ce calice s’éloigne de moi… » Mais empressons-nous d’ajouter aussi : « Que votre volonté soit faite et non la mienne » (Matth. XXVI, 39). Il est bien consolant de penser que Jésus, le divin Fort, a connu toutes nos faiblesses, qu’il a tremblé à la vue du calice amer, ce calice qu’il avait autrefois si ardemment désiré.
Monsieur l’Abbé, votre part est vraiment belle, puisque Notre-Seigneur vous l’a choisie et que, le premier, il a trempé ses lèvres à la coupe qu’il vous présente. Un saint l’a dit « Le plus grand honneur que Dieu puisse faire à une âme, ce n’est pas de lui donner beaucoup, c’est de lui demander beaucoup ». Jésus vous traite en privilégié ; il veut que, déjà, vous commenciez votre mission et que, par la souffrance, vous sauviez des âmes. N’est-ce pas en souffrant, en mourant, que lui-même a racheté le monde ? Je sais que vous aspirez au bonheur de sacrifier votre vie pour lui ; mais le martyre du coeur n’est pas moins fécond que l’effusion du sang ; et, dès maintenant, ce martyre est le vôtre. J’ai donc bien raison de dire que votre part est belle, qu’elle est digne d’un apôtre du Christ » (Sainte Thérèse de Lisieux, lettre 213 du 26 décembre 1895).

Avec une profonde et surnaturelle gratitude,
dans l’espérance.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

palmes

2019-17. Des actes extrêmement graves qui nient les fondements de notre société et de son héritage chrétien.

Samedi 16 février 2019,
Samedi précédant l’entrée dans la Septuagésime (cf. > ici).

Hier, vendredi 15 février 2019, dans la soirée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, en digne « Fils de Saint Louis », a publié un communiqué officiel de protestation relatif aux profanations d’églises et sacrilèges qui se sont multipliés depuis quelques semaines.

Puisse sa voix être entendue !
Puissent aussi les catholiques de France, en dignes « fils des croisés », se montrer de dignes défenseurs de l’honneur de Dieu, de Sa Très Sainte Mère et de Ses saints, de zélés gardiens de leurs lieux de culte en face d’une impiété grandissant, et de fervents réparateurs des blasphèmes et sacrilèges perpétrés.

Protestation duc d'Anjou 15 février 2019

Extrait du communiqué de Monseigneur le duc d’Anjou tel qu’il a été publié sur son compte Twitter

Communiqué de Monseigneur le duc d’Anjou
à l’occasion des
nombreuses profanations d’églises en France :

J’ai appris avec une très grande tristesse comme Français et une profonde indignation comme catholique, les profanations d’églises qui se multiplient sur l’ensemble du territoire. Elles font suite aux dégradations de lieux de culte ou de cimetières. 
Je ne peux que condamner ces actes extrêmement graves qui nient les fondements de notre société et notamment de son héritage chrétien.

Je me joins à l’inquiétude et aux protestations des autorités religieuses et civiles qui condamnent publiquement ces actes blasphématoires et je demande aux autorités que des mesures fortes soient prises.

Que Saint Louis protège la France !

Louis,
Duc d’Anjou

Grandes armes de France

2019-15. « L’héritier du droit éventuel de porter la couronne de France est actuellement, suivant la tradition monarchique, le duc d’Anjou ».

Mercredi 6 février 2019,
Fête de Saint Vaast, catéchiste du Roi Clovis puis évêque d’Arras et de Cambrai, confesseur ;
Mémoire de Saint Tite, évêque et confesseur ;
Mémoire de Sainte Dorothée, vierge et martyre ;
Anniversaire de l’approbation du culte liturgique du Sacré-Cœur par le Saint-Siège (cf. > ici).

Succession légitime au trône de FranceSuccession légitime au trône de France
(tableau récapitulatif créé par le Cercle Saint Louis Roi de France de la vicomté de Nîmes)

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Le site « Légitimité » a porté à la connaissance du public un important communiqué du « Groupement universitaire pour l’étude des institutions publiques de la Monarchie française » dans lequel se trouvent quelques mises au point juridiques des plus précieuses, qu’il nous a paru bon de répercuter dans les pages de ce blogue. 

Le « Groupement universitaire pour l’étude des institutions publiques de la Monarchie française » est une association apolitique qui regroupe, autour de l’objet défini par son intitulé, et dans une perspective scientifique, des universitaires, Professeurs et Maîtres de Conférences des Facultés de Droit, ainsi que des juristes et étudiants en Droit et des personnes intéressées par l’histoire des Institutions.

 Communiqué
du
Groupement universitaire
pour
l’étude des institutions publique de la Monarchie française

Le Groupement a appris le décès du chef de la branche d’Orléans, Henri, « comte de Paris », selon la titulature orléaniste-fusionniste, survenue le 21 janvier dernier.

L’on se bornera, à propos de la biographie de ce prince controversé, à rappeler l’essentiel. Fils aîné d’Henri, précédent « comte de Paris » au temps de la guerre 39-45 et du général De Gaulle, ce prince, devenu le chef de sa branche en 1999, a attiré l’attention à plusieurs reprises. Fidèle à la tradition de son ancêtre Philippe Egalité, il avait adhéré à la franc-maçonnerie. Par ailleurs il avait défrayé la chronique mondaine en divorçant de son épouse, la très digne princesse Marie- Thérèse de Wurtemberg, dont il avait eu cinq enfants, pour contracter une nouvelle union. Cet épisode avait d’ailleurs entraîné des dissensions à l’intérieur de la famille d’Orléans, et aussi chez nombre de ses partisans.

Enfin le comte de Paris récemment décédé avait fort imprudemment tenté un procès à l’encontre de l’aîné des Bourbons, le prince Alphonse, puis, après son décès, à l’encontre de son fils et héritier, le jeune prince Louis, afin de leur contester le droit de porter le titre de duc d’Anjou et les pleines armes de France. Le Tribunal de Grande instance (jugement du 21 décembre 1988) puis la Cour d’appel de Paris (arrêt du 22 novembre 1989) ont rejeté ces prétentions abusives avec dépens. Ce prince cadet n’a pas eu plus de succès dans ses tentatives pour se voir reconnaître le nom de Bourbon (jugement du tribunal de grande instance de Paris du 29 mars 2000 ; arrêt de la cour d’appel de Paris du 1er février 2001, et rejet de pourvoi en cassation du 30 septembre 2003).

Cette phase contentieuse est peut-être terminée. L’on croit savoir, en effet, que les rapports personnels entre Louis, duc d’Anjou, et Jean d’Orléans, fils aîné du défunt, sont beaucoup plus corrects et apaisés. Cela ne signifie pourtant pas pour autant que les prétentions contraires des chefs des deux branches subsistantes de la maison capétienne aient été conciliées ou aient disparu.

Certains orléanistes-fusionnistes, sans doute heureux de pouvoir soutenir un prince dont la personnalité apparaît, a priori, moins discutable que celle de son père d’un point de vue royaliste, ont, dès le décès du comte de Paris, considéré que l’aîné de ses fils survivants, le Prince Jean d’Orléans, était le nouveau chef de la maison de France. Cette idée est relayée par des journaux à paillettes. Le prince Duarte, chef de la maison de Portugal a même affirmé que toutes les familles royales européennes reconnaissaient Jean d’Orléans comme le chef de la maison de France ! L’on peut s’interroger sur la portée de cette affirmation venant de la part d’un prince qui n’est lui-même qu’un prétendant. Et quand bien même, ce ne serait pas à l’étranger qu’il appartiendrait de dire aux Français qui peut ou ne pas être leur roi. C’était déjà la prétention de certains au temps des traités fâcheux de Troyes ou d’Utrecht. 

La doctrine des facultés de droit est sur la question tout à fait nette pour rejeter de telles affirmations. En réalité, la succession à la couronne de France est régie par des lois fondamentales qui remontent à l’Ancien Régime. La couronne est dévolue automatiquement de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Le roi de France est fait par la nature : il est le fils, le descendant ou  le plus proche collatéral du précédent Roi. Aucune abdication ou renonciation ne saurait donc modifier cet ordre. En conséquence, l’héritier du droit éventuel de porter la couronne de France est actuellement, suivant la tradition monarchique, le duc d’Anjou : cela résulte tout simplement de sa situation généalogique d’aîné. Que d’autres souhaitent mettre sur le trône un Orléans ou un Bonaparte, c’est, si l’on ose dire, leur droit en République… Néanmoins ils doivent assumer le caractère anti-traditionnel de tels choix qui ne sauraient s’autoriser de la tradition monarchique. À la différence des autres monarchies européennes, qui admettaient les abdications ou le choix des souverains par le peuple ou ses représentants supposés, la dignité royale française était attribuée en raison de la filiation, sans qu’aucune modification de l’ordre familial dicté par la nature ne puisse avoir lieu. Cette règle avait l’avantage d’écarter toute discussion sur la personne du Roi et d’empêcher les rivalités dynastiques qui ont eu de funestes effets ailleurs. Admettre la validité des renonciations de Philippe V reviendrait à changer la nature de la monarchie, comme cela a d’ailleurs été affirmé dès leur époque, au XVIIIe siècle. La royauté française s’alignerait sur celle des autres pays où les rois peuvent renoncer. Il est permis de souhaiter ce changement constitutionnel, mais il est contraire aux faits de prétendre que l’on se situe ce faisant dans la continuité de l’ancienne monarchie. 

À l’occasion de cette mise au point, le Groupement mentionnera également une intervention du Prince Jean d’Orléans, publiée l’an dernier le 9 octobre 2018 sur Figarovox Tribune, qui témoigne de préoccupations constitutionnelles très orléanistes. Le prince y marque son intérêt pour la constitution de 1958 « dans la perspective tracée par De Gaulle. » Il présente assez favorablement le régime parlementaire, qu’il fait remonter à la Restauration (ce qui n’est pas tout à fait exact) et qui s’est épanoui sous la Monarchie de Juillet et sous les Troisième et Quatrième Républiques, tout en déplorant la faiblesse de l’exécutif à laquelle la constitution de la Ve République aurait, dans son premier état, porté remède. Il essaie probablement ainsi de se placer dans le sillage des prétendus projets de restauration que l’on prêtait au général De Gaulle. 

Certaines des observations princières paraissent fort sensées, telles que son approbation d’un exécutif renforcé. En revanche son attachement au parlementarisme, qui aurait sans doute horrifié Maurras, est assez typique de l’idéal politique orléaniste. Et surtout, l’on est surpris que ce prince des fleurs de lys, à côté des éloges qu’il décerne aux principes démocratiques, se montre exagérément timide à propos du remède à la crise des institutions. En effet, même si l’on met à l’actif de la Ve République le fait d’avoir rétabli un véritable chef de l’État, il n’en reste pas moins vrai que le mode de désignation de celui-ci le condamne à ne représenter qu’une majorité relative si l’on tient compte de l’élection à deux tours (au second les suffrages sont parfois plus liés à la résignation qu’à l’adhésion), de l’abstention et les votes blancs… Face à ce pis-aller, la vraie solution serait le retour à la monarchie légitime dont le chef incarnerait toute la nation, et non une faction victorieuse, et défendrait les valeurs pérennes. Jean d’Orléans a bien senti que cette institution, à l’ombre de laquelle toutes les autres pourraient s’épanouir, manquait au sommet. Il laisse supposer en disant que la constitution actuelle est à accomplir et non à abolir. Il est regrettable qu’il n’ait pas osé préconiser ouvertement et fortement le remède. 

En affirmant de son côté à plusieurs reprises qu’il était prêt et disponible, si le pays avait besoin de lui, le duc d’Anjou a, beaucoup plus nettement que son cousin, affirmé sa conviction en faveur de l’opportunité de la solution monarchique et sa volonté de l’incarner.

Fait à Paris, le 31 janvier 2019

Franck Bouscau
Professeur des Facultés de Droit
Président du Groupement universitaire 
pour l’étude des institutions publiques de la Monarchie française

Franck Bouscau

Le Professeur Franck Bouscau
juriste et professeur agrégé des facultés de droit

2019-13. Du pléonasme.

Jeudi 31 janvier 2019,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, Reine des Deux-Siciles (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Jean Bosco.

Lully le chroniqueur

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que cela se produit de manière régulière en période hivernale, notre Mesnil-Marie est aujourd’hui entièrement assiégé par la neige qui est tombée la nuit dernière.
Si mon papa-moine, pour aller chercher le courrier ou rendre visite à nos sœurs les poules, chaussé de grandes bottes, s’aventure dans cet élément traître qui, sous des dehors ouatés charmants cache une humidité et une froidure fort désagréables à mes nobles coussinets, vous imaginez bien que, pour ce qui me concerne, je préfère le doux rayonnement du poêle et le confort de mon couffin.
N’allez toutefois pas vous imaginer que je sois oisif ! Je médite, je me cultive au milieu des livres, et je prends des notes, sur toutes sortes de sujets…

Comme mes publications de ce mois de janvier ont toutes été extrêmement sérieuses, j’ai résolu, pour ce dernier jour du mois, de vous livrer – de manière un peu plus légère – quelques annotations que j’avais soigneusement mises de côté  il y a près de deux ans, lorsque Frère Maximilien-Marie avait procédé à un petit rappel des bons usages de la langue française : cela concernait le pléonasme

Chat & croissant de lune.gif

Le pléonasme (mot qui vient du grec et signifie originellement « surcharge ») est un figure de style qui consiste à renforcer une idée par l’ajout de mots ou de qualificatifs qui ne sont pas nécessaires au sens de la phrase, mais qui par leur redondance produiront une insistance.
L’un des exemples littéraires le plus fréquemment cité est ce vers fameux tiré du « Tartuffe » : « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu ». On ne peut voir qu’avec les yeux, et celui qui affirme avoir vu une chose ne peut l’avoir vue qu’avec ses propres yeux, non avec ceux du voisin ! Molière, par ce pléonasme, produit néanmoins une tournure véritablement géniale.

Félix le chat riant

Mais, de fait, pour un cas où il s’agit d’un authentique effet de style, on trouve dans l’usage courant des tas d’exemples qui constituent davantage des maladresses, des lourdeurs inutiles, d’amusantes bourdes ou des expressions fautives. On parlera alors de périssologie, plutôt que de pléonasme.

Voici quelques exemples de tournures à éviter :

- A partir de dorénavant : dorénavant suffit, ou bien « à partir de maintenant ».
– Avoir un bel avenir devant soi : d’habitude l’avenir n’est pas derrière !
– Achever complètement : Bon ! si c’est achevé, c’est achevé… Si ça ne l’est pas complètement, c’est donc que ce n’est pas achevé !
– Accumuler (ou empiler) les choses les unes sur les autres : accumuler ou empiler se suffisent.
– Ajouter en plus : je ne sais pas si vous avez déjà réussi à ajouter en moins, mais pour ce qui me concerne je n’y suis jamais arrivé !
– Allumer la lumière : que pourrait-on allumer d’autre ? Ah si, je sais : « ♫ allumez le feu ♫♪ allumez le feu ♪♫ » !
– Apanage exclusif : un apanage est un apanage et ne se partage pas.
– Apparence extérieure : par définition l’apparence est ce qui apparaît, donc ce qui se trouve à l’extérieur.
– Avertir (ou prévoir) à l’avance : certes ! je sais bien qu’il y a des personnes qui avertissent en retard ou carrément après coup… mais alors, en ce qui concerne l’efficacité de l’avertissement, c’est loupé !
– Une bonne aubaine : une aubaine est par définition une bonne affaire ou une heureuse circonstance.
– S’approcher près d’Un Tel : il me semble que s’approcher loin est quelque chose d’extrêmement compliqué à réaliser.
– Applaudir des deux mains : si vous voulez applaudir avec une seule main, cela me paraît fort peu efficace ; et comme par ailleurs vous n’êtes probablement pas un chimpanzé je suppose que, comme tous les humains, vous n’avez que deux mains pour applaudir…
– S’assoir sur son séant : parce que le séant désigne justement cette partie du corps qui permet de s’assoir…
– Un campus universitaire : je ne crois pas qu’il existe de campus non universitaire.
– Un mauvais cauchemar : permettez-moi juste une question : vous est-il déjà arrivé d’en faire des bons ?
– Comparer ensemble : d’habitude je ne crois pas qu’on puisse comparer une chose toute seule. 
– Conclure en terminant (ou pour terminer) : cela vous est-il déjà arriver de conclure en commençant ?
– Consteller d’étoiles : Eh bien, si c’est constellé, c’est forcément d’étoiles. En latin, « stella », qui est le radical de consteller, signifie « étoile ». Néanmoins, je conçois que l’on puisse utiliser ce verbe pour établir une analogie. Alors oui, en ce cas on précise : « une chemise constellée de taches de vomis », par exemple ; toutefois je crois qu’il vaudrait mieux dire « éclaboussée ».
– Se cotiser à plusieurs : si vous vous cotisez tout seul pour offrir un cadeau à un pote, cela revient à tout payer vous-même et ce n’est donc plus une cotisation !
– Construire une maison neuve : si l’on construit, on fait du neuf ; si c’est de l’ancien on reconstruit ou on restaure. Mais, quand bien même l’on utilise des matériaux anciens, s’il s’agit d’une première construction c’est toujours une maison neuve…
– Différer à une date ultérieure : je ne connais pas d’exemple de réunion différée à une date antérieure (sauf bien sûr si vous disposez d’une machine à remonter le temps).
– Une dune de sable : les géographes et les explorateurs n’en ont pas encore trouvé qui soient constituées d’eau, de voitures ou de biscuits apéritifs…
– Emmener avec soi : il me semble que si vous emmenez quelqu’un c’est qu’il vient avec vous. En effet, s’il ne vient pas avec vous, je ne crois pas que vous puissiez dire que vous l’emmenez !
– S’entraider mutuellement : oui, généralement c’est ainsi que l’on s’entraide.
– S’esclaffer de rire : parce que vous connaissez des personnes qui s’esclaffent de pleurs ou de hurlements ?
– Exporter à l’étranger : exporter chez soi est une opération commerciale extrêmement rare et difficile à mettre en oeuvre.
– Des illusions trompeuses : même si l’on voulait y croire une illusion est par définition illusoire, c’est à dire qu’elle induit en erreur.
– Au jour d’aujourd’hui : « aujourd’hui » est plus que suffisant.
– un index alphabétique : je crois savoir qu’ils sont toujours alphabétiques sinon on ne s’y retrouve pas.
– Marcher à pied : bon, je sais bien qu’il y en a qui marchent sur la tête…
– Au grand maximum : parce que vous connaissez des petits maximums vous ?
– Le monopole exclusif : si c’est un monopole…
– Neiger dehors : s’il neige dedans, c’est que vous n’avez plus de toit au-dessus de votre tête et que donc, en fait, cela revient à la même chose qu’être dehors (c’est la même chose pour la pluie, le soleil et le vent).
– Les orteils des pieds : je n’ai pas le souvenir d’en avoir vu ailleurs que sur cet organe. Ce n’est pas votre cas ?
– Une paire de jumelles : parce que je crois avoir compris que le propre des jumelles c’est d’aller par deux !
– Le genou de ma jambe : précision anatomique importante : si vous avez un genou, voire plusieurs, ailleurs qu’à vos jambes, ce n’est peut-être pas un gage de bonne constitution physique ; et au niveau du bras, cela s’appelle un coude.
– La panacée universelle : le mot « panacée » vient du grec et on y trouve le mot « pan » qui signifie « tout ». La panacée est un remède qui guérit tout.
– Des phases successives : les phases simultanées sont très rares !
– Prédire (ou prophétiser) à l’avance : parce que prédire ou prophétiser un événement après qu’il a eu lieu n’est pas exactement une prédiction ni une prophétie.
– Un projet futur, ou d’avenir : simple question : avez-vous déjà rencontré une personne qui a des projets de passé ?
– Reculer en arrière : essayez donc de reculer en avant et vous m’en direz des nouvelles !
– Se réunir ensemble : parce que vous arrivez à vous réunir tout seul, vous ?
– Surprendre à l’improviste : parce que quand c’est prévu et annoncé ce n’est plus vraiment une surprise.
– La topographie des lieux : parce qu’il est difficile d’établir la topographie des images, des sons, des lumières, et des courants d’air…
– L’unanimité totale : si un seul n’est pas d’accord, il n’y a plus d’unanimité.
- Le tri sélectif : chez les gens normalement constitués, trier consiste à faire une sélection…

Bon ! il reste une expression dont certains disent que c’est un pléonasme, mais je les soupçonne d’être machistes, et d’une manière générale les dames protestent énergiquement lorsque l’on pose cette question : « femme de ménage », est-ce oui ou non un pléonasme ?

Lully.

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