Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2026-36. Un miracle de Sainte Colette.

6 mars,
Fête de Sainte Colette de Corbie, vierge (cf. > ici & ici) ;
Fête des Saintes Perpétue et Félicité, martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Chrodegang de Metz, évêque et confesseur ;
Mémoire de la férie de Carême.

Sainte Colette - gravure haut de texte - blogue

       Dans la vie de Sainte Colette de Corbie, sont mentionnées trois résurrections. Voici le récit de l’une d’entre elles, tel qu’on le trouve raconté par Madame Françoise Bouchard :

   « Sainte Colette était abbesse au monastère de Poligny. Elle était en voyage d’affaires à Besançon quand elle apprit le décès d’une de ses religieuses ; elle fut très chagrinée, car une intuition divine lui avait fait savoir que la morte avait caché une faute grave en confession.

   Elle expédia tout de suite un courrier à cheval pour ordonner que les funérailles soient retardées. Elle s’empressa de se faire conduire sur un chariot le plus rapidement possible. Lorsqu’elle arriva à Poligny, la foule assemblée devant l’église était si nombreuse qu’elle dut y pénétrer au moyen d’une échelle, par une fenêtre de la sacristie.

   La religieuse avait été installée dans le chœur, dans une bière ouverte, exposée aux regards de la nombreuse assistance.

   Dès son arrivée, la sainte Mère se prosterna devant le maître-autel où elle se mit en prière. Puis, s’approchant de la morte, elle la prit par lamain et lui ordonna de se lever, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Celle-ci sortit de son cercueil, alla se présenter au confessional où elle avoua enfin sa faute et vint se mettre à genoux devant l’autel où elle fit sa pénitence.
Ensuite, elle réclama, pour son âme, des prières aux fidèles et des messes aux prêtres.

   Sainte Colette lui donna sa bénédiction, après quoi elle se recoucha dans son cercueil où elle rendit paisiblement son âme.
Les funérailles se déroulèrent ensuite, au milieu d’une foule saisie par une pieuse émotion.

   La Sainte, qui redoutait de se laisser aller à des sentiments d’orgueil après avoir été l’instrument d’un tel prodige, se retia plusieurs jours dans sa cellule, où elle se livra à la prière et à la pénitence.

   Ses compagnes, ayant jugé bon de profiter d’un tel rassemblement de fidèles pour leur faire adresser un sermon sur le salut éternel, elle leur répondit : « Un mort ressuscité est un grand prédicateur ; il n’en faut point d’autre ! » ».

Françoise Bouchard,
in « Le monde merveilleux des Saints »
Ed. Résiac, 1995 pp. 61-62

Sainte Colette de Corbie - blogue

   Du récit de ce miracle, que nous ne devons pas considérer comme une « simple anecdote » sans lien avec nous, il nous faut au contraire retirer de fortes leçons personnelles relatives à nos fins dernières et à notre propre pratique du sacrement de pénitence, spécialement en une période de confusion doctrinale où trop de prêtres et de fidèles semblent considérer que, selon les termes de la chanson idiote de Monsieur Polnareff, « on ira tous au paradis », et où les cérémonies de funérailles dans les églises dites catholiques (hors chapelles traditionnelles) ressemblent à des béatifications immédiates et automatiques.

   Ne peuvent entrer dans le Ciel de Dieu et avoir droit à Son bonheur éternel que des âmes qui sont en état de grâce au moment de leur séparation d’avec le corps (la définition de la mort, c’est cela : la séparation de l’âme avec le corps).
Celles qui ne sont pas en état de grâce vont en enfer.
Le Purgatoire n’est pas une « séance de rattrapage » après la mort – un peu comme le « repêchage » du bac -, où l’on aurait une dernière chance de récupérer l’état de grâce qu’on n’avait pas en rendant le dernier soupir : ne vont au Purgatoire que des âmes en état de grâce mais qui n’ont pas expié suffisamment les conséquences des péchés qui leur ont déjà été pardonnés ici-bas, qui n’ont pas eu le temps de satisfaire pleinement à la justice divine dans la nécessaire réparation de leurs fautes.

       On ne le répètera jamais assez.

Tolbiac.

Sainte Colette ressuscite une religieuse morte en état de péché

Sainte Colette ressuscite une religieuse morte en état de péché
afin de lui permettre de se confesser et de recevoir l’absolution avant de mourir à nouveau.

2026-26. « Procéder à une œuvre de réconciliation nationale avant que le pire n’advienne ».

24 février 2026.

   Le vendredi 20 février au soir (22 heures), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a fait paraître dans les « colonnes numériques » de « Valeurs Actuelles », un message empreint de gravité, commentant le contexte de violences partisanes et d’agitation politique qui divise et navre la France. Un extrait en a été ensuite publié sur les réseaux sociaux par Sa Majesté.
Le digne successeur de nos Rois et Chef de la Maison de Bourbon, en rappelant les leçons de l’histoire, se fonde sur l’héritage spirituel de ses prédécesseurs, en particulier Henri IV et Louis XVIII, pour appeler à l’apaisement des divisions, à la transmission des valeurs et à la préservation de la paix civile pour les générations futures.

Source > ici

Louis XX à Paris le 19 janvier 2025

Hier les coups, aujourd’hui la mort.

   « Ces jours-ci, je partage l’inquiétude de nombreux Français en raison de l’actualité récente qui laisse entrevoir une poussée de la violence de la part de groupes minoritaires au sein des rues, sur fond de clivages politiques. Hier les coups, aujourd’hui la mort. De plus, un rapide passage sur les réseaux sociaux permet de constater une soif de justice qui prend des allures de vengeance d’un côté, et de l’autre un sentiment d’impunité si ce n’est de satisfaction. Avec toutes les précautions que nous devons prendre concernant les propos tenus dans la sphère numérique, cette radicalisation outrancière des positions n’est jamais bonne. Et malheureusement, ce que nous constatons de manière latente sur les réseaux sociaux, apparaît de manière flagrante sur les au sein de la classe politique et dans les médias.

   Tout cela ne date pas d’hier, loin s’en faut. Mais peu à peu, ces scènes se répètent et tendent à se multiplier. Dans un pays fragilisé à plus d’un titre, économiquement, socialement et spirituellement, ces étincelles peuvent provoquer le pire. Avec une société française dans laquelle l’Etat n’arrive plus à susciter un projet collectif et où les identitarismes et les communautarismes sont des refuges pour des individus en mal d’un cadre rassembleur et protecteur, ces violences sont aussi graves que dangereuses. Un clivage profond naît entre différents groupes. La tension qui s’accumule autour de ceux-ci pourrait bien précipiter l’ensemble des Français dans des formes de confrontation endémique.

   J’ai à cœur de cultiver cet esprit de concorde et d’unité entre les Français

   Notre histoire est trop remplie de récits de guerres civiles pour que ces événements ne nous fassent pas réagir. Les guerres de religion, la révolution française, les différentes révolutions du XIXème siècle ainsi que la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation virent des Français se tuer entre eux. N’étant pas meilleurs que ceux qui nous ont précédés, il nous faut tenir compte de ces tristes leçons de notre histoire. Car encore maintenant, la spirale de la violence n’est pas irrémédiable. Les hommes ne sont pas à jamais irréconciliables. A la condition que, tous, nous n’acceptions pas que la situation s’envenime. Et il faut que nos responsables politiques l’entendent, car ce sont eux qui, aujourd’hui, ont le pouvoir d’agir efficacement.

   Il faut donc procéder à une œuvre de réconciliation nationale avant que le pire n’advienne. En tant que Chef de la Maison de Bourbon et successeur des Rois de France, j’ai à cœur de cultiver cet esprit de concorde et d’unité entre les Français. Nos Rois, très souvent, ont voulu apparaître comme étant des figures unificatrices et bienfaisantes. Encore une fois, je veux montrer l’exemple d’Henri IV qui fut, par excellence, une figure paternelle pour tous les Français. Alors que le pays sortait d’une guerre civile meurtrière, notre ancêtre a su trouver les mots, les gestes et les initiatives pour pacifier et apaiser ses peuples. Plus récemment encore, ce fut Louis XVIII qui arriva, par une habile politique, à clore le chapitre révolutionnaire et à remettre de l’unité là où il n’y avait que rancœur et division.

   A l’ombre des Lys, les Français purent retrouver la quiétude qu’ils chérissaient tant. »

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

images video de l'agression de Quentin Deranque - blogue

Images extraites des enregistrements vidéo de l’agression mortelle de Quentin Deranque.

2026-25. « Que son exemple soit une source d’inspiration pour les responsables politiques ! »

Allocution lue par Sa Majesté le Roi

le dimanche 18 janvier 2026

à l’occasion du déjeuner au Cercle national des Armées

qui a suivi la Messe à la Chapelle Expiatoire.

Louis XVI - camée

       C’est seulement il y a quelques jours que nous avons pu trouver le texte intégral de l’allocution lue par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion du déjeuner qui a suivi la Messe célébrée à la Chapelle Expiatoire le dimanche 18 janvier dernier.
Ce texte reprend certaines des idées que notre Souverain légitime a ensuite exprimées dans la tribune qu’il a publiée le 20 janvier dans « Boulevard Voltaire », dont nous avons donné le texte > ici. Il ne s’agit pas pour autant d’un doublon, et il est toujours intéressant de lire et d’approfondir la manière dont Sa Majesté insiste sur tel ou tel aspect d’un même sujet, y revient et ajoute tel détail ou tel autre.

   Voici donc ce texte, que nous vous invitons à assimiler et à approfondir, puisqu’il est important que tous les légitimistes soient capables de répercuter la pensée de leur Roi et de montrer qu’elle est alimentée par une réflexion personnelle, fondée en tradition mais résolument tournée vers l’analyse du présent pour mieux préparer l’avenir… 

Monogramme Prince Louis de Bourbon - Louis XX

Chers Cousins,

Chers Amis,

       Tout d’abord, je veux profiter de vous voir réunis si nombreux pour vous remercier de votre présence afin de témoigner de votre fidélité et de votre attachement à la figure de Louis XVI.
Mais je veux également profiter de cet instant pour vous présenter, en mon nom et en celui de toute ma famille, nos vœux les plus sincères pour cette nouvelle année. Nous formulons le souhait qu’elle vous apporte à tous bonheur et tranquillité.

   A nouveau, nous nous sommes retrouvés pour commémorer l’assassinat du Roi Louis XVI, décapité le 21 janvier 1793.
Fidèles au vœu de son frère, le Roi Louis XVIII, nous avons assisté à la messe sur le lieu même de sa première inhumation.
Il s’agit d’un acte de réparation, mais également d’un acte de mémoire. Réparation pour le crime commis envers un innocent, et mémoire de ce que les Français ont été capables de faire entre eux.
Puisse le Ciel ne jamais permettre à la France de revivre de tels événements ! La lame qui a tranché le corps du Roi, en ce jour de janvier, a mis fin à l’existence d’un homme d’Etat profondément attaché à maintenir à son plus haut degré la souveraineté française.

   Cette année particulièrement, alors que nous allons célébrer les 400 ans de notre Marine et les 250 ans de la déclaration d’indépendance américaine, je voudrais insister sur la pertinence de la vision de Louis XVI relative à la place de la France dans le monde.
En effet, il convient de rendre hommage à l’action énergique et intelligente de ce monarque en matière navale et maritime. Dès le début de son règne, il a continué patiemment l’œuvre de résurrection de la marine royale entreprise par son grand-père, le Roi Louis XV, suite à la terrible guerre de Sept ans. Pour cela, il a su s’entourer des plus grands marins et administrateurs de son temps.
Ainsi, Louis XVI a sans doute donné à la France la marine la plus redoutable qu’elle n’ait jamais eue. Plus que n’importe quel autre chef d’Etat, ce Roi avait compris l’importance primordiale d’entretenir des escadres de haute mer, capables d’être présentes sur tous les océans. Loin d’enfermer la France dans une seule logique continentale, ce monarque avait compris que, par la mer, la France avait une vocation mondiale. Nos flottes du Ponant et du Levant étaient alors en mesure de se battre avec succès, à la fois dans les Caraïbes, en Méditerranée et dans l’océan Indien, tout en faisant craindre à l’Angleterre une menace d’invasion. Nos vaisseaux disposaient de points d’appui judicieusement répartis dans le monde, grâce à un réseau d’îles stratégiques et de comptoirs plus facilement défendables qu’un vaste empire colonial.

   Aujourd’hui encore, la puissance maritime française repose principalement sur ces mêmes îles et territoires disséminés à travers le monde, même si les régimes qui succédèrent à la monarchie légitime en augmentèrent le nombre.
Cependant, ces derniers mois, je constate avec inquiétude que la France semble vouloir se désintéresser de sa vocation maritime. J’en veux pour preuve la marche rapide vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, suite aux accords de Bougival de juillet 2025, ainsi que la controverse autour de la cession des îlots Hunter et Matthew.
Alors qu’une partie de l’histoire du monde s’apprête à s’écrire dans la zone indopacifique, le recul de la France dans cette région serait une erreur stratégique majeure, et un signe de faiblesse criant, qui encouragerait nos ennemis à accroître la pression sur nos possessions. J’invite nos dirigeants à bien mesurer l’importance de leurs décisions concernant ces territoires, et à s’instruire des leçons de notre passé. La France ne peut abdiquer si facilement le privilège d’être une puissance maritime.
En faisant mémoire du Roi Louis XVI, je souhaite que son exemple soit une source d’inspiration pour les responsables politiques, afin que notre pays ne subisse pas un déclassement honteux. En effet, je désire au contraire que, par une action énergique et ambitieuse, la France puisse continuer à être présente sur toutes les mers, défendant nos intérêts et ceux de nos alliés, comme nous l’avions fait, il y a plus de 250 ans, avec nos lointains cousins d’Amérique !
Le règne de Louis XVI est plus riche en enseignements que cette seule et terrible journée du 21 janvier. J’ai à coeur, et je suis ce qu’aurait voulu mon ancêtre, que la France puisse s’inspirer de son action et que, grâce à son souvenir, la Royale continue encore pendant longtemps de sillonner les mers, défendant l’honneur et l’intérêt de la France partout où elle se trouve.

Que Saint Louis protège notre cher pays !

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou.

Louis XX le 18 janvier 2026

Louis XX le 18 janvier 2026

2026-23. La rupture en pleine communion : chronique d’un échec annoncé.

Lundi gras 16 février 2026,
Fête de Sainte Julienne de Nicomédie, vierge et mégalomartyre (cf. > ici) ;
« Dies natalis » du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite (16 février 1684 – cf. ici) ;
Martyre de l’abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl (16 février 1794 – cf. ici).

pouvoir des clefs - blogue

Nota praevia :

   Le texte qui suit n’émane pas du Refuge Notre-Dame de Compassion, mais il est sorti sous la plume – et surtout des analyses et de la réflexion – d’une connaissance amicale, dont nous ne citerons pas le nom mais que nous tenons toutefois à remercier chaleureusement et publiquement pour nous avoir autorisés à le reproduire dans les modestes pages de ce blogue.
Ce qui nous a séduits dans ce texte, c’est sa concision, quasi mathématique, et sa clarté : pour exprimer la même chose (car notre pensée rejoint celle de cette personne), il nous eu sans nul doute fallu nous-mêmes nous embarquer dans de bien plus longs (et peut-être lassants) développements.
Nous rappellons simplement
1) que, par simplification de langage, depuis 1988, on désigne sous le nom Ecclesia Dei les instituts ou fraternités qui sont « unis » (et surtout soumis) au Saint Siège en vertu des dispositions des Papes Jean Paul II, Benoît XVI et François ;
2) que les sigles FSSP, ICRSP, IBP et FSSPX désignent respectivement la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, l’Institut du Bon Pasteur, et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.

   Enfin, nous avons pleinement conscience que ce texte peut susciter de nombreux commentaires ou discussions, ce qui est un peu difficile à mettre en place dans le cadre de notre blogue, mais, justement, pour que l’on ne se perde pas en débats interminables nous n’autoriserons ni discussion ni commentaire sous cette publication, voulant davantage privilégier la réflexion de chacun à la suite des approfondissements de l’auteur, laïc pieux et zélé, qui rejoignent l’expérience de nombreux (trop nombreux, hélas !) fidèles loyaux qui dans ces derniers mois ou années se sont vus traiter comme des pestiférés et des catholiques de seconde zone par les hiérarques supposés avoir des sentiments bienveillants et attentifs envers eux.

Backhuysen Ludolf 1635 La barque de Pierre dans la tempête - blogue

Ludoff Backhuysen (1630-1708) :
la barque de Pierre prise dans une tempête sur la mer de Galilée (1635)

frise

La rupture en pleine communion :

chronique d’un échec annoncé.

- Les instituts Ecclesia Dei (FSSP, ICRSP, IBP) sont nés après 1988 pour accueillir les catholiques attachés à la messe traditionnelle tout en restant pleinement soumis à Rome.
- Ils célèbrent selon le rite ancien et enseignent une théologie classique, mais acceptent officiellement Vatican II et la pastorale postconciliaire.
- Contrairement à la FSSPX, ils n’ont ni évêques propres ni autonomie : ils dépendent des évêques diocésains pour exister localement.
- Hier, ils représentaient un compromis stable entre tradition et institution ; aujourd’hui, ils sont fragilisés par les restrictions et les changements de ligne.
- La FSSPX, elle, a refusé ce compromis : elle est autonome mais irrégulière canoniquement, cohérente mais en tension avec Rome.
- Les Ecclesia Dei offrent une tradition “intégrée”, plus sûre juridiquement, mais plus exposée aux pressions modernes ; la FSSPX offre une tradition “indépendante”, plus stable doctrinalement, mais hors cadre officiel.
- Il ne s’agit pas d’un jugement institutionnel, mais d’un état de tension permanent, d’un “entre-deux” structurel.

   On peut l’analyser clairement.

frise

1) Le “cadre” Ecclesia Dei : être dedans sans être dedans.

   Les instituts Ecclesia Dei ont été conçus pour résoudre un conflit par compromis.

Le principe est le suivant : 

Vous gardez la liturgie et une partie de la culture préconciliaire,
mais vous acceptez le cadre doctrinal et institutionnel postconciliaire.
Autrement dit : Tradition → autorisée localement ; Modernité → normative globalement

Ils vivent dans ce cadre. Ils ne l’ont pas créé. Ils l’ont accepté.

frise

2) Un pied avant Vatican II, un pied après.

Concrètement, cela donne :

Côté “pré-V2”

Missel de 1962
Soutane, discipline classique
Catéchisme ancien
Théologie thomiste
Morale objective

Côté “post-V2”

Acceptation officielle du concile
Obéissance aux directives diocésaines
Intégration dans la pastorale moderne
Silence sur certains désaccords
Non-remise en cause publique

Ils sont littéralement “biculturels”.

frise

3) Accepter en refusant, refuser en acceptant…

Ils vivent dans une logique : 

J’accepte Vatican II… mais je fais comme avant.
Je refuse certaines dérives… mais je ne les combats pas.
Je suis critique intérieurement… mais conforme extérieurement.

Cela produit une dissociation.

frise

4) La double loyauté

Ils doivent être loyaux à :

leur héritage spirituel,
leur statut canonique.

Quand ces deux loyautés convergent : paix. Quand elles divergent : tension.

Et elles divergent de plus en plus.

frise

5) Effet psychologique et pastoral.

Pour les prêtres :

autocensure,
prudence excessive,
évitement de sujets sensibles,
discours calibré.

Pour les fidèles :

confusion,
frustration,
sentiment d’incohérence,
impression d’être “en sursis”.

frise

6) Pourquoi ce cadre produit une impression de tiédeur.

Pas parce qu’ils manquent de foi.

Mais parce que : la ferveur exige une ligne claire.

Or leur cadre impose l’ambiguïté.

Ils doivent être fervents… sans être trop affirmatifs.
Zélés… sans être dérangeants.
Fidèles… sans être tranchants.

frise

7) Comparaison avec la FSSPX.

La FSSPX refuse ce cadre hybride.

Elle dit : Nous ne vivons pas dans un compromis. Nous assumons un choix.

Résultat :

cohérence interne,
stabilité du discours,
lisibilité.

Mais au prix d’une rupture canonique.

frise

8) Pourquoi beaucoup restent quand même au sein des Ecclesia Dei.

Malgré tout, beaucoup y restent parce que :

ils veulent rester juridiquement “dans l’Église”,
ils refusent la rupture,
ils espèrent une évolution future,
ils craignent l’irrégularité.

C’est un choix prudent.

frise

9) Le cœur du malaise.

Le malaise ne vient pas de la messe.

Il vient de ceci :

Peut-on vivre durablement dans un compromis entre deux visions ecclésiales incompatibles ?
l’une orientée vers l’adaptation,
l’autre vers la continuité stricte.

L’expérience montre que c’est très difficile.

frise

Conclusion :

Le modèle Ecclesia Dei est un modèle de coexistence interne

tradition conservée,
modernité acceptée,
critique contenue,
obéissance prioritaire.

C’est un équilibre instable.
Un pied avant Vatican II. Un pied après.
Cela permet de survivre. Cela empêche de trancher.

Et spirituellement, beaucoup vivent cela comme : “Je sais ce qui est vrai, mais je ne peux pas toujours le dire.”

C’est cela, au fond, que certains ressentent comme une forme de tiédeur structurelle : non pas un manque de foi, mais une foi contrainte par un cadre ambigu.

frise

Exemple hypothétique : évêque moderniste dans un diocèse avec Ecclesia Dei

   Supposons un évêque local fortement favorable à l’interprétation la plus large de Fiducia Supplicans (par exemple, un évêque qui veut encourager des bénédictions fréquentes des couples homosexuels en dehors du rite sacramentel) :

Il pourrait écrire une directive diocésaine invitant tous les prêtres à offrir ce type de bénédictions dans leurs paroisses, en se référant à Fiducia Supplicans comme justification.

Les prêtres d’un institut Ecclesia Dei pourraient estimer cette directive problématique – car selon la tradition classique, la bénédiction de couples de même sexe prise comme couple peut suggérer une approbation de relations moralement irrégulières.

En refusant d’obéir à cette directive (par cohérence doctrinale), ces prêtres se trouveraient en tension institutionnelle réelle : ils risqueraient d’être perçus comme « opposants » au projet pastoral de l’évêque malgré leur fidélité doctrinale et canonique.

Dans une situation extrême, l’évêque pourrait ensuite prendre des mesures administratives ou pastorales contre l’institut, comme restreindre ses lieux de culte, ses horaires, ou ses délégations pour certains sacrements – même s’il n’existe aucune faute canonique formelle commise par les prêtres eux-mêmes.

   Ce type de scénario est précisément ce que certains fidèles traditionnels craignent : une pression pastorale et administrative qui transforme en dépendance ce qui devrait être une liberté de conscience au service de la doctrine. Cette pression découle directement de la latitude offerte par Fiducia Supplicans pour ajuster le ministère des bénédictions selon l’approche pastorale de l’évêque.

pouvoir des clefs - blogue

Publié dans:Chronique de Lully, Commentaires d'actualité & humeurs, Textes spirituels |on 16 février, 2026 |Commentaires fermés

2026-21. Les saintes haines.

Vendredi après la Sexagésime.

Prêt pour la lutte - blogue

       A la lecture du titre de cet article – intentionnellement provocant, je le confesse -, il ne manquera sans doute pas de personnes pour s’interroger : « Saintes haines ? Qu’est-ce donc que cela ? Une haine peut-elle être sainte ? De quoi s’agit-il encore ?… »

   Avant toute autre chose donc, il importe de définir, afin de mieux comprendre.

   La haine est une vive répugnance, une aversion profonde, une forme de dégoût qui pousse au rejet radical, un sentiment violent de détestation qui pousse à vouloir du mal ou parfois à s’emporter ; il n’y a souvent qu’un pas de la haine à la colère, ou vice versa.
La haine est le contraire de l’affection, de l’amitié, de l’amour. De l’adoration aussi.
La haine marche de pair avec la mésentente, la dissension, la guerre ; elle s’éloigne des voies de l’entente, de la commisération et de la miséricorde, de la concorde et de la fraternité.

   Ce qui est saint est conforme à l’ordre divin, aux préceptes divins, à la volonté divine. Ce qui est saint est assorti d’une forme de perfection et de pureté.

   Parler de sainte haine, c’est donc parler de répugnance vive conforme à l’ordre divin, d’aversion profonde accordée aux préceptes divins, de dégoût radical pour ce qui est contraire à la volonté de Dieu, de détestation résolue de ce que Dieu défend, de rejet déterminé et absolu de ce que Dieu interdit, de guerre pratique et concrète contre ce que Dieu nous demande de nous éloigner, de refus d’entente et de paix avec tout ce que Dieu nous ordonne de refuser… etc.

   Par la bouche du psalmiste, le Saint-Esprit nous dit : « Vous qui aimez le Seigneur, haïssez le mal : Qui diligitis Dominum, odite malum«  (Ps. XCVI, 10a) ; et, à la suite du saint roi David, à la suite des prophètes et des apôtres, à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même et de Sa Très Sainte Mère, à la suite de tous les saints et justes qui ont repris ces paroles inspirées pendant les vingt siècles de prière et de liturgie de la Sainte Eglise, nous disons nous aussi, poussés par l’Esprit-Saint : « N’ai-je pas haï, Seigneur, ceux qui Vous haïssaient ?… D’une haine parfaite je les haïssais, et ils sont devenus pour moi des ennemis : Nonne qui oderunt te, Domine, oderam ?… Perfecto odio, oderam illos, et inimici facti sunt mihi ?«  (Ps. CXXXVIII, 21a.22).
On appréciera au passage  ce « perfecto odio : d’une haine parfaite » : mots choisis par Dieu pour bien nous faire comprendre que toute haine n’est pas détestable et que toute détestation n’est pas haïssable !
Une haine parfaite, c’est-à-dire une sainte haine, une haine sainte, une haine voulue et finalement ordonnée par Dieu Lui-même, une haine entretenue et nourrie par l’amour de Dieu, une haine tournée vers tout ce qui s’oppose à Dieu, à Ses volontés, à Ses préceptes et à Ses desseins.

   Celui qui aime Dieu DOIT haïr le mal.
Celui qui aime Dieu a l’impérieux devoir de haïr le péché et tout ce qui conduit au péché ; l’impérieux devoir de haïr jusqu’aux occasions du péché.

   Le péché est un mal ; le péché s’oppose à la sainte volonté de Dieu ; le péché contrevient aux lois justes et pures données par Dieu ; le péché éloigne de Dieu et nous peut séparer grièvement de Lui ; le péché peut nous conduire en enfer ; le péché est haïssable ; le péché doit être haï sans compromission ni tergiversation.
On ne peut pas aimer Dieu et ne pas haïr le péché, ne pas haïr les occasions de pécher, ne pas haïr tout ce qui, d’une manière ou d’une autre conduit au péché.

   « La crainte du Seigneur hait le mal : Timor Domini odit malum«  (Prov. VIII, 13).
Avant d’entrer en Carême, et dans ces jours où nous peaufinons nos plans et résolutions (car, bien sûr, vous n’avez pas attendu la dernière minute pour établir votre stratégie de guerre quadragésimale, n’est-ce pas ?) pour ce temps du grand combat spirituel qui nous conduira jusqu’à la Passion et à la Pâque du Seigneur Jésus-Christ, il est bon de revivifier en nous toutes les saintes haines nécessaires à cette lutte sans merci, puisque – j’aime souvent à le rappeler – ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! (cf. > ici).

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Sainte Bible - blogue

2026-15. Sa Majesté le Roi a rappelé l’action pacificatrice et unificatrice de son aïeul, le Roi Henri IV.

Vendredi 6 février 2026.

   Au mileu de cette journée du 6 février, en milieu de journée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le texte et les photographies suivants, au sujet du « Dîner des Béarnais » qui avait eu lieu quelques jours plus tôt.
A cette occasion, notre Souverain légitime a mis en exergue par quelques mots la figure de son aïeul, premier Roi Bourbon, Henri IV le Grand, « Souverain paternel, bon et soucieux de ses peuples », qui demeure un modèle en raison de sa politique pacificatrice et unificatrice.

Louis XX début février 2026 - palais du Luxembourg 2

       C’est avec grand plaisir que j’ai assisté cette semaine au traditionnel dîner des Béarnais au Palais du Luxembourg organisé par le Cercle de la Garbure.

   C’est en effet en tant que Chef de la Maison de Bourbon, et donc en tant qu’aîné des descendants d’Henri IV que j’ai été officiellement convié à cette chaleureuse soirée.

   Comme j’ai pu le dire aux convives lors de mon discours, ma famille n’a jamais oublié ce qui les lie à cette terre. Elle leur a donné une partie de leur caractère, de leur force d’âme et de leur plaisir de vivre !

   Et j’ai été extrêmement sensible à leur invitation, car je sais aussi que le Béarn, tout comme la France du reste, tient à la figure du Vert Galant. Il est l’image par excellence du souverain paternel, bon et soucieux de ses peuples. Avec lui, c’est tout un imaginaire d’une gouaillerie, d’une bonhommie, et d’un art de vivre à la française qui vient à l’esprit.

   Mais nous aurions tort de ne voir en ce monarque qu’un simple bon vivant. Roi chevaleresque s’il en est, ce fier Palois avait su conquérir le cœur des Français et apporter la paix et l’unité, là où ne régnaient que la discorde et la haine. Son action politique a été celle de la concorde et de la prospérité au sein de son royaume.

   Quel bel exemple pour notre époque !

   Je remercie donc vivement les organisateurs et les participants de ce dîner pour cette belle soirée.
Et que vive le Béarn et la Garbure !

Louis XX début février 2026 - palais du Luxembourg 1

2026-10. Pertinence de la vision de Louis XVI relative à la place de la France dans le monde.

20-21 janvier 2026.

   A l’occasion du deux-cent-trente troisième anniversaire de l’exécution de son prédécesseur, Sa Majesté le Roi Louis XVI, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a fait paraître le mardi 20 janvier au soir, dans les colonnes de « Boulevard Voltaire », une tribune qui met en exergue l’un des aspects de l’héritage politique du Roi-martyr : l’impulsion qu’il a voulu donner à la Marine – la Royale, comme on l’appelle toujours -, révélatrice d’une vision de la place de la France dans le monde… vision dont feraient bien de s’inspirer ceux qui se sont de nos jours accaparé les rènes de la France pour laquelle ils ne semblent pas avoir d’ambition.

armes de France et Navarre dessinées pour le Sacre de Charles X

 « Je voudrais insister sur la pertinence de la vision de Louis XVI relative à la place de la France dans le monde… »

Source > ici

       Aujourd’hui, nous commémorons l’assassinat de mon ancêtre Louis XVI, décapité le 21 janvier 1793. Il ne s’agit en réalité pas que de faire mémoire de ce roi injustement décapité. Il faut également se souvenir ensemble de ce que les Français ont été capables de faire entre eux afin de tout faire pour ne plus jamais sombrer dans la tragédie de la guerre civile. Puisse le Ciel ne jamais permettre à la France de revivre de tels événements.

   De plus, il faut comprendre que la lame qui a tranché le corps du Roi en ce jour de janvier a mis fin à l’existence d’un homme d’Etat profondément attaché à maintenir à son plus haut degré la souveraineté française.
Ainsi, cette année particulièrement, alors que nous allons célébrer les 400 ans de notre Marine et les 250 ans de la déclaration d’indépendance américaine, je voudrais insister sur la pertinence de la vision de Louis XVI relative à la place de la France dans le monde. En effet, il convient de rendre hommage à l’action énergique et intelligente de ce monarque en matière navale et maritime. Dès le début de son règne, il a continué patiemment l’œuvre de résurrection de la Marine royale entreprise par son grand-père, le roi Louis XV, suite à la terrible guerre de Sept Ans. Pour cela, il a su s’entourer des plus grands marins et administrateurs de son temps.

   Ainsi, Louis XVI a sans doute donné à la France la Marine la plus redoutable qu’elle ait jamais eue. Plus que n’importe quel autre chef d’Etat, ce roi avait compris l’importance primordiale d’entretenir des escadres de haute mer, capables d’être présentes sur tous les océans. Loin d’enfermer la France dans une seule logique continentale, ce monarque avait compris que, par la mer, la France avait une vocation mondiale. Nos flottes du Ponant et du Levant étaient alors en mesure de se battre avec succès à la fois dans les Caraïbes, en Méditerranée et dans l’océan Indien tout en faisant craindre à l’Angleterre une menace d’invasion. Nos vaisseaux disposaient de points d’appui judicieusement répartis dans le monde, grâce à un réseau d’îles stratégiques et de comptoirs plus facilement défendables qu’un vaste empire colonial.

   Aujourd’hui encore, la puissance maritime française repose principalement sur ces mêmes îles et territoires disséminés à travers le monde, même si les régimes qui succédèrent à la monarchie légitime en augmentèrent le nombre.

   Cependant, ces derniers mois, je constate avec inquiétude que la France semble vouloir se désintéresser de sa vocation maritime. J’en veux pour preuve la marche rapide vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie suite aux accords de Bougival de juillet 2025, ainsi que la controverse autour de la cession des îlots Hunter et Matthew.
Alors qu’une partie de l’Histoire du monde s’apprête à s’écrire dans la zone indo-pacifique, le recul de la France dans cette région serait une erreur stratégique majeure et un signe de faiblesse criant qui encouragerait nos ennemis à accroître la pression sur nos possessions. J’invite nos dirigeants à bien mesurer l’importance de leurs décisions concernant ces territoires et à s’instruire des leçons de notre passé.
La France ne peut abdiquer si facilement le privilège d’être une puissance maritime.

   En faisant mémoire du roi Louis XVI, je souhaite que son exemple soit une source d’inspiration pour les responsables politiques, afin que notre pays ne subisse pas un déclassement honteux.
En effet, je désire au contraire que, par une action énergique et ambitieuse, la France puisse continuer à être présente sur toutes les mers, défendant nos intérêts et ceux de nos alliés, comme nous l’avions fait il y a plus de 250 ans avec nos lointains cousins d’Amérique !
Le règne de Louis XVI est plus riche en enseignements que cette seule et terrible journée du 21 janvier. J’ai à cœur, et je suis certain que c’est ce qu’aurait voulu mon ancêtre, que la France puisse s’inspirer de son action et que, grâce à son souvenir, la Royale continue encore pendant longtemps de sillonner les mers, défendant l’honneur et l’intérêt de la France partout où elle se trouve.

   Que saint Louis protège notre cher pays !

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse

Nicolas-André Monsiau (1754-1837) :
Louis XVI donnant ses instructions à Jean-François de Galaup,
comte de La Pérouse, pour son voyage autour du monde (1817)
[château de Versailles]

2026-8. « Le nouvel « Ordo Missae » : vers une messe œcuménique » (abbé Raymond Dulac).

18 janvier,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome ;
Mémoire de Saint Paul apôtre ;
Mémoire de Sainte Prisque, vierge et martyre ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Raymond Dulac (+ 18 janvier 1987 – cf. > ici et > ici).

   Nous avons brièvement présenté Monsieur l’Abbé Raymond Dulac (cf. > ici), auquel la défense du rite latin traditionnel pluriséculaire doit tant.
Permettez-nous de porter aujourd’hui à votre connaissance un texte daté du début de l’été 1970 dans lequel ce grand théologien argumente avec brio sur certaines des raisons pour lesquelles, à sa suite, nous maintenons fermement notre refus de ce que l’on continue d’appeler « le nouvel ordo », même s’il est entré en vigueur il y a désormais plus de 55 ans (!!!) : il s’agit ici 1) de son caractère théologique équivoque ou ambigü (puisque des protestants peuvent l’accepter et l’utiliser sans abjurer le moins du monde leurs théories hérétiques), et 2) de l’importance des prières sacrificielles de l’offertoire traditionnel.

La Sainte Messe

Vers une Messe polyvalente :

       Ce qui nous décide aujourd’hui, à parler, c’est la publication, ces jours-ci, du nouvel Ordo Missae : c’est-à-dire de la nouvelle ordonnance de la Messe romaine. Préparée (… c’est ainsi qu’on parle aujourd’hui, à propos des prières les plus saintes !) préparée, disons-nous, par la « Commission » de Liturgie issue du Concile, cette ordonnance a été promulguée par le Pape Paul VI, le 3 avril de cette année, dans une Constitution Apostolique qui commence par les mots : Missale Romanum.

   C’est bien, en effet, un nouveau « missel » qui est ainsi promulgué, mais il faut savoir et dire que les nouveautés de ce missel ne touchent pas seulement… un choix nouveau des « lectures », encore sur le chantier. Ces nouveautés portent sur ce que nous appellerons, pour aller vite, la partie fixe de la Messe : l’ordinaire : paroles, gestes, rites.

En la comparant à la précédente ordonnance, promulguée par le Pape Saint Pie V, le 14 juillet 1570 (mais qui consacrait, en les unifiant, des textes ou des rites vieux de 400, 600, 1000 ans), on constate que l’Ordo de Paul VI apporte, sur des points capitaux, les autre nouveautés suivantes :

1) Des suppressions.
2) Des modifications.
3)Des additions.
4)
 Des rites laissés au choix du célébrant.

   Bornons-nous à dire, respectueusement, les sentiments que ces innovations, prises dans leur généralité, nous inspirent.
Ce faisant, nous ne nous hausserons pas au-dessus de notre rang dans l’Eglise. Nous parlerons comme peuvent parler les prêtres et les fidèles à l’intention de qui, précisément, cette nouvelle Messe a été fabriquée. Puisque nous devons prier sur ces prières, offrir, selon ces rites, le Saint Sacrifice, il est naturel, n’est-ce pas, que nous fassions connaître notre… goût ?

   Il eût été, certes, préférable de le manifester avant qu’après, mais on ne nous a pas consultés !…
Bien plus, ce nouvel « Ordo », tel qu’il nous arrive, contredit des vœux, des instances, presque des supplications, que des milliers de fidèles n’ont cessé de porter au Siège de Pierre, dès qu’ils ont eu le soupçon du but où on voulait les mener en considérant les étapes qu’on les forçait insensiblement à parcourir.

   Ce but de la réforme du Missel, nous allons le laisser déclarer par un protestant. Un protestant « modéré » : M. Max Thurian, « frère de Taizé ». Dans un article (nous disons bien : un article), paru dans « La Croix » du 30 mai 1969, sous le titre : « Le nouvel ordre de la messe va dans un sens profondément œcuménique », il écrit, en conclusion :

   « Le nouvel ordre de la messe, quelles que soient ses imperfections relatives, dues au poids de la collégialité et de l’universalité, est un exemple de ce souci fécond d’unité ouverte et de fidélité dynamique, de véritable catholicité : un des fruits en sera peut-être que des communautés non catholiques pourront célébrer la Sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique. Théologiquement c’est possible ».

   Entendons, maintenant, l’un des motifs capitaux de l’adhésion de ce protestant à cette nouvelle messe. Motif qui nous parait le plus caractéristique de tous ; il s’agit de ce que l’on continuerait à appeler l’Offertoire, après qu’on l’a anéanti

   « Cet offertoire simplifié, dit M. Thurian, n’apparaît plus comme un doublet de la prière eucharistique (= le Canon), ni comme un acte sacrificiel anticipé ; ainsi s’atténuent les difficultés que créait l’ancien offertoire, dans la recherche œcuménique ».

   Voilà qui est dit, assurément, avec la délicatesse d’un séparé qui veut rester un frère et d’un frère qui veut rester un séparé.
Mais nous avons, nous, le droit et le devoir de parler avec plus de clarté, sinon de franchise. Et, d’abord, de poser des questions de grammaire, qui se prolongent dans des questions de philosophie, puis de théologie :

       - 1) Qu’est-ce qu’une « unité ouverte » ? Il n’est pas absolument nécessaire d’être thomiste et aristotélicien, pour définir l’un : ce qui est indivis en soi et qui est divisé de tout autre : car c’est le sens commun qui nous le dit.
Mais nous aimons ajouter à cette définition la réponse que saint Thomas fait à la question : « L’unité ajoute-t-elle quelque chose à l’être ? » (Ia, XI, 1) :

   « L’unité ne surajoute à l’être aucune réalité, mais uniquement la négation de la division. Car l’un ne signifie rien d’autre que l’être indivis. D’où il résulte avec évidence que l’un et l’être sont interchangeables (convertitur)… »

   Et voici la conclusion, qui s’applique directement à notre sujet : « De là vient que toute chose, comme elle défend son être, défend aussi son Unité ». Et réciproquement !
Donc, parler, comme M. Thurian, d’une « unité ouverte », c’est, du même coup, parler d’un Etre ouvert. Un être ouvert, qu’est-ce donc ? C’est ou bien un être en devenir, ou bien un être composé : composé de parties hétérogènes, en voie de dissolutions et de transformations perpétuelles.

   Nous tenons ainsi, de la bouche d’un protestant qui le proclame tranquillement dans « La Croix » (laquelle passe communément pour un journal catholique), nous tenons, disons-nous, un jugement que nous n’aurions osé prononcer nous-même qu’avec d’immenses scrupules. Ce jugement, le voici en clair :

Le nouvel Ordo Missae introduit ou favorise un nouveau concept de l’unité religieuse.

Il permet, en effet, d’exprimer avec des mots identiques des idées différentes. Ce qui, évidemment, n’est devenu possible que parce que les mots sont équivoques ou les idées indécises.

Dans les deux cas, comment peut-on continuer à nommer la Messe « Le mystère de la Foi » ? Où est le mystère, et de quelle foi ?

Et puis, que devient l’article du Symbole que « l’unité » est le signe de reconnaissance (la « Nota ») de l’Eglise véritable de Jésus-Christ, distinguée ainsi des fausses ?

Enfin, que devient la formule (attribuée au pape Célestin Ier) et devenue un « lieu commun théologique » : « Que la règle de la prière détermine la règle de la Foi » ? Quel dogme le fidèle, quel approfondissement le théologien pourront-ils désormais tirer d’une « Messe » célébrée tranquillement par un calviniste qui est décidé à rester calviniste ?

L’acte le plus sublime de l’homme religieux n’apparaît-il pas ainsi, par le fait de cette indétermination, avili au niveau d’une convention diplomatique, rendue assez vague pour que les deux parties contractantes puissent, à tout moment, se dégager ?

Mais alors, et c’est la question qui résume et domine toutes les autres : la Messe est-elle un acte du culte divin ou un geste de fraternité humaine ? Ne posons pas la question, puisque l’« Instruction générale » qui précède le nouveau Missel nous donne la réponse (Typographie Vaticane : p. 15, n° 7) :

« La Cène du Seigneur, appelée aussi la Messe est la sainte assemblée ou le rassemblement du peuple de Dieu qui se réunit sous la présidence d’un prêtre (sacerdote praeside), afin de célébrer la mémoire du Seigneur. C’est pourquoi, à ce rassemblement de l’Eglise dans un même lieu (local) s’applique éminemment la promesse du Christ : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis au milieu d’eux ».

Rien, on le voit, dans cette définition, qu’on ne trouve également dans un réveillon de Noël, dans un feu de camp boy-scout, ou dans une réunion de famille pour célébrer les noces d’or du grand-père. Dieu n’y est ni plus ni moins présent, et il n’est pas question de demander aux invités s’ils sont d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ; pourvu que chacun garde la politesse et la bonne humeur : ce qui est, nous semble-t-il, le résumé de toute la « théologie » de l’œcuménisme.

       - 2) Quant à la « Fidélité dynamique » dont M. Max Thurian découvre pareillement les signes heureux dans le nouvel Ordo Missae, elle n’est que le prolongement de l’unité ouverte : car la fidélité est la forme sensible de l’unité, nous dirions : son expression affectueuse. Une épouse est fidèle à son époux, quand elle s’est donnée à lui et à lui seul. Il n’y a de cœur « ouvert », de cœur « dynamique », que le cœur des artichauts : ils se donnent, mais feuille par feuille.

Agneau de Dieu broderie fil d'argent - blogue

Pas de Messe catholique véritable sans offrande préalable du pain et du vin :

   Nous n’avançons cette proposition qu’à la manière d’une pierre d’attente. Mais il convenait de poser, dès à présent, le principe. Comme une borne : la borne qui marque la frontière irréductible du monde catholique et du protestant.

   On sait que, dès l’origine, les protestants, quels qu’ils fussent, se sont acharnés contre les prières et les cérémonies de l’Offertoire. Pourquoi ? Parce qu’elles exprimaient, sans laisser de doute possible, le sacrifice de l’Eglise : elles indiquaient un acte sacerdotal personnel, réel, actuel, et pas seulement la commémoration purement narrative de la Cène du Jeudi Saint.

   Or, le nouvel Ordo anéantit l’Offertoire, et il le fait expressément :

1) Les nouvelles rubriques qui se rapportent à cet endroit (n° 49 à 53) portent comme titre : « Préparation des dons ». Il n’y est dit, en aucune façon que ces « dons » sont offerts, offerts dans un acte d’oblation proprement sacerdotal : ils sont apportés (afferuntur), présentés (praesentantur - quel latin !) : puis ils sont déposés (deponuntur) sur l’autel (soit par le prêtre, soit par un diacre). On peut ensuite les encenser (au cours de ce qu’on appelait jusqu’ici la grand-messe), mais ce n’est pas obligatoire.
Suit le lavement des mains par le prêtre ; l’Orate fratres ; l’ex-Secrète ; la Préface et la suite, que l’on n’appelle plus Canon, mais « prière eucharistique ». Et, de fait, comment appellerait-on encore « Canon », comme, Saint Ambroise, comme Saint Optat, comme Saint Grégoire, ce qui a cessé d’être une « règle » immuable ?

2) Les trois prières qui exprimaient l’oblation, faite par le prêtre, du pain et du vin (Suscipe… hanc immaculatam hostiam… Offerrimus titi calicem salutaris… Veni, sanctificator..) sont supprimées. On leur substitue une formule ambigu, qui peut exprimer à égalité, une oblation et une simple offrande : comme serait celle des premiers fruits de la saison ou un cierge. Exemple (pour le pain) :

« Béni sois-tu, Seigneur de l’Univers, parce que nous avons, de ta largesse, reçu le pain : nous te l’offrons, comme le fruit de la terre et de l’ouvrage des mains humides. Il deviendra pour nous un pain de vie ».

Et de même pour le vin.

   Quel dévot de Cérès et de Bacchus ne serait prêt à souscrire à de pareilles formules ? Que dis-je ! Quel adepte du « Grand Architecte de l’Univers » ? Où donc se trouve exprimé non seulement le sacrifice « d’action de grâces », mais le sacrifice propitiatoire pour des péchés, qui renouvelle, mystiquement, mais réellement, sur l’autel de l’Eglise, le sacrifice de la Croix ?

   Vous dites : on l’exprimera plus loin : avant la Consécration.
Je vous réponds : d’abord, cela n’est exact que pour la « première » des « Prières eucharistiques ». Cela est faux des trois autres, que vous avez ajoutées au vieux Canon romain, et qui, presque partout, l’ont déjà supplanté.
Et puis : pourquoi ne dirait-on pas deux fois, et trois, et quatre, une vérité qui faisait fondre d’émotion l’âme des saints ?
Parlant des Ave Maria du Rosaire, dits et redits des dizaines de fois, Lacordaire a cette parole : « L’amour n’a qu’un mot et, en le redisant toujours, il ne le répète jamais ».

   Allons ! Qu’on ne fasse pas les hypocrites ! On a volatilisé l’Offertoire pour « faire plaisir » aux protestants ! On a fabriqué une liturgie comme la Secrétairerie d’Etat fignole un concordat avec une nouvelle république africaine. On a pris ainsi des hommes profondément sérieux pour des gobe-mouches. Voilà le fond de l’œcuménisme !

   La réponse ? Le Pape l’a eue, l’autre jour, en traversant les rues de Genève [note : il s’agissait du voyage de Paul VI à Genève le 10 juin 1969 pour répondre à l’invitation du Conseil œcuménique des Eglises] : un silence glacé d’indifférence, comme s’il s’était agi du Négus ou du Dalaï Lama. Nous en avons rougi pour le Pape d’un jour, nous en avons pleuré pour la Rome éternelle.

   Cette messe qui se cache, vous ne la ferez pas avaler par surprise aux calvinistes, comme vous espérez l’ingurgiter de force aux catholiques !
Si souples que vous ayez rendu ceux-ci par vos réformes successives, ou bien ils se seront faits, à la fin, protestants, ou bien, après avoir trempé les lèvres dans votre calice laïcisé et mal offert, ils referont le geste de leur Seigneur en croix, à qui les Juifs avaient présenté – eux aussi ! – « du vin mêlé de fiel » : « Quand Il en eut goûté, Il n’en voulut point boire » (Matth. XXVII, 34).

   Car, pour le vrai catholique, « tout sacrifice est une oblation, mais ce n’est pas réciproque » ; pour que l’offrande devienne vraiment sacrificielle, il faut que « quelque chose soit fait sur les choses qui sont offertes . : ainsi, dans les sacrifices antiques, l’animal offert devait être tué, brûlé ; le pain devait être rompu, dévoré béni. – C’est saint Thomas qui parle ainsi, avec la tradition de l’humanité tout entière (2-2de 85, 3 ad 3). Mais, comme « le Christ ressuscité ne meurt plus », il ne peut, à la Messe, être mis lui-même dans un état quelconque de victime. Il ne peut l’être que mystiquement, sous les espèces du pain et du vin. Ce pain et ce vin entrent donc, comme « parties intégrantes » dans le sacrifice. C’est là l’expression de Bellarmin : « l’oblation du pain et du vin qui précède la consécration, appartient à l’intégrité et à la plénitude du sacrifice, quoique non pas à son essence » (De sacrif. Missae, c 27, éd. Vives 1872, p. 365).

   L’essence de la Messe, elle est dans la consécration, par laquelle les éléments profanes du pain et du vin cessent, par leur transsubstantiation, d’être profanes pour devenir l’objet sacré donné à Dieu : le Corps et le Sang de Son Fils immolé.

   Mais comme, d’autre part, il n’y a de sacrifice véritable que sensible, l’oblation du Corps et du Sang de Jésus-Christ doit être exprimée dans une oblation visible préalable, claire et formelle, celle du pain et du vin.

   Nous n’ignorons pas les bavardages des « historiens » sur cet article. Mais nous tenons les historiens comme de simples manœuvres au service du théologien. Celui-ci est instruit par une révélation qui est inscrite dans des livres sacres, expliquée ensuite par une tradition séculaire, qui ne peut plus changer dans ses énoncés essentiels.
Sur l’ancienneté plus ou moins grande des prières de l’Offertoire, sur les « remaniements » du Canon et autres questions curieuses, nous laisserons d’abord les « historiens » se mettre d’accord entre eux. Puis, nous interpréterons leurs « certitudes » d’après la certitude supérieure de la théologie.
Et la théologie elle-même, nous la subjuguerons, comme dit saint Paul, à Jésus-Christ.

   L’autel catholique n’est pas une « table ronde » de rabbins, mais la table de famille des enfants.

Elévation du Calice

La voie droite de l’Evangile : 

   Nous reprenons, dans le titre de ce paragraphe, l’expression de Saint Paul, dans son épître aux Galates (Gal. II, 14).

Ce que M. Thurian déclare joyeusement, nous le redisons avec lui, mais douloureusement et la mort dans l’âme : « Le nouvel Ordre de la Messe va dans un sens œcuménique ».
Et puisque le Frère de Taizé ajoute : « Des communautés non catholiques pourront célébrer la sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique », notre choix est aujourd’hui fixé, par cela même.

   Nous refusons de donner notre appoint, si petit soit-il, à une équivoque qui, hier encore, nous aurait fait taxer de : « suspects d’hérésie ».
C’est d’abord l’honneur de Dieu qui nous le demande : le Dieu Un qui veut être servi dans l’Eglise Une.
C’est la fidélité à Jésus-Christ qui nous a commandé, la veille de Sa Passion, de faire, en souvenir de Lui, la même chose, qu’Il avait faite : une oblation sacerdotale de Son Corps et de Son Sang sous les espèces sensibles du pain et du vin.
C’est l’obéissance à la Tradition universelle, immuable, ininterrompue, des communautés catholiques d’Orient et d’Occident.
C’est la soumission aux engagements de notre baptême ou de notre sacerdoce.
C’est la charité envers nos frères que notre duplicité scandaliserait.

   En approuvant ce « nouveau Missel » Paul VI n’a pas pu enlever la liberté que son prédécesseur canonisé Saint Pie V avait eu le scrupule de laisser expressément à ceux qui désiraient continuer l’usage au moins deux fois déjà séculaire d’un missel autre que celui qu’il ordonnait.

Nous refusons de suivre le nouvel Ordo Missae.

Abbé Raymond Dulac.

vignette ange - blogue

2026-7. « Il n’y a pas de situation, aussi malheureuse et désespérée soit-elle, dont le peuple français ne se soit remis ! »

Samedi 17 janvier 2026.

       Depuis plusieurs années maintenant, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX de France, nous a habitués à le voir nous adresser un message plutôt bref de vœux le 1er janvier ou son lendemain, puis un message plus développé – riche de ses réflexions et pensées politiques – aux alentours des cérémonies commémoratives de l’assassinat de son prédécesseur, le Roi Louis XVI.
Cette année 2026 ne déroge pas à cette façon de faire, et, ce samedi 17 janvier en milieu de journée, Sa Majesté a diffusé sur les réseaux sociaux le lien vers ce message, publié la veille au soir dans l’édition numérique de l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » (source > ici).

Louis XX

       Comme il est de coutume au seuil de la nouvelle année, je veux adresser aux Français et à la France mes vœux les plus sincères. Que chaque foyer, chaque compatriote puisse trouver la paix, la quiétude et la prospérité. Car, en réalité, c’est de cela que nous avons tous aujourd’hui le plus besoin.
Pourtant, il est difficile d’être foncièrement optimiste quand nous observons les mille sujets d’inquiétude qui préoccupent notre pays, ainsi que le développement de la misère économique, sociale et humaine. Les messages d’espoir peuvent apparaître comme vains. L’espérance comme folle.

   La fin d’année dernière s’est terminée par cette note aigre de voir, à nouveau, nos paysans aux prises avec une administration centrale devenue froide et inhumaine. Les images des forces de l’ordre s’en prenant à ceux qui peinent dans la résignation et la fierté depuis tant d’années ont suscité beaucoup d’émotion parmi nous. Le malaise au sein de la société française a été palpable. Et cette actualité agricole interroge plus largement notre modèle économique et notre souveraineté globale, au moment où les tensions internationales s’intensifient.

   Le réarmement mondial, ainsi que les conflits armés qui prolifèrent un peu partout, tant en Afrique que sur le continent eurasiatique, doivent nous faire prendre conscience à la fois des réalités géopolitiques à l’œuvre dans le monde, mais également de la situation de dépendance dans laquelle le système globalisé nous a plongés.
Fermeté, modération et anticipation devront être les mots d’ordre pour notre pays afin de préserver la paix mondiale tout en garantissant notre indépendance.
Les défis internationaux du XXIᵉ siècle sont tels que nous ne pouvons plus nous permettre de fonctionner selon les logiques d’il y a trente ans. Tout porte à croire que ce début de siècle verra les empires prendre leur revanche. La Chine, la Russie, l’Iran, les Etats-Unis et même la Turquie, chacun se rêve en superpuissance. Des sphères d’influence se dessinent, tandis que certains territoires attisent les convoitises. Au milieu de ces géants, la France conserve l’atout d’une présence sur tous les continents. Elle doit savoir l’exploiter et trouver une place au sein de ces vastes ensembles.
La patrie de Philippe Auguste et de Louis XIV ne saurait être le vassal d’aucun autre.

   En matière de souveraineté, comment ne pas souligner également le fait que l’intelligence artificielle et la robotique semblent, pour le pire et pour le meilleur, prendre une place prépondérante dans nos sociétés.
En cela, je veux saluer les entrepreneurs français ainsi que le monde de la recherche scientifique, qui s’escriment à maintenir la France dans la course de l’innovation technologique. Le moment de la fascination commence à décroître, pour passer à celui du discernement, de sa prise en main et de son utilisation raisonnée et raisonnable. L’enjeu est trop important pour que nous passions à côté, mais, néanmoins, l’éthique et l’humanité doivent rester au centre de la réflexion.
L’équilibre peut être dur à trouver et compliqué à mettre en place, mais cette exigence sera tout à l’honneur de notre patrie, reconnue internationalement pour être la terre des valeurs chrétiennes, de l’humanisme et de la magnanimité.

   Face à cet état de fait, que je sais hélas peu réjouissant, je formule les vœux d’une France qui prenne enfin en considération le malheur, la faiblesse et la petitesse. Beaucoup de nos compatriotes sont isolés, tristes, inquiets, ruinés, imposés à l’excès, découragés et abandonnés par un Etat qui avait eu la réputation d’être providence, peut-être trop, d’ailleurs et qui a dégénéré en une administration tatillonne, obèse, vexatoire et injuste.
Nombre d’entre vous, chers Français, vous reconnaîtrez dans ce portrait de personnes matériellement et moralement exsangues.

   Au désert spirituel amorcé il y a déjà bien longtemps succède désormais un désert matériel et humain, qui laisse des individus isolés, faibles et vulnérables. N’attendons pas le secours hypothétique de l’Etat pour œuvrer autour de nous, pour rétablir la justice là où règne l’injustice, pour donner de la douceur là où prolifère la brutalité, pour apporter un secours là où il y a la gêne et l’indigence.
Je sais que beaucoup d’initiatives collectives, locales et solidaires œuvrent déjà à cela, et j’entends saluer leur action.
Si la tâche paraît vaste, elle n’en est pas moins nécessaire pour que nous puissions traverser les crises sans perdre ce qui nous unit en tant que Français, et sans rien abdiquer de notre humanité.

   Il faut mettre fin à l’œuvre perverse d’isolement systématique des individus et d’abêtissement de la population par un consumérisme maladif et compulsif qui, reconnaissons-le, met également en péril la Création qui nous a été confiée et dont nous devons prendre soin.
La France manque de ces corps intermédiaires dans lesquels les personnes pouvaient trouver un refuge face aux dérives de l’Etat.
Je suis héritier d’un système politique, la royauté, dans lequel les chefs d’Etat ont toujours eu à cœur de préserver, sinon de tolérer, ce genre d’institutions. Certains détracteurs ont dénoncé le fait que ces corps pouvaient entraver la bonne marche et la toute-puissance de l’Etat. Mais je préfère cela aux dérives étatiques contemporaines. L’Etat n’est qu’un moyen, le plus efficace, certes de garantir le bonheur des peuples dont il a la charge. Mais il n’est certainement pas une fin en soi. Ne l’oublions pas.

   Enfin, je veux rappeler qu’il n’y a pas de situation, aussi malheureuse et désespérée soit-elle, dont le peuple français ne se soit remis. Nous ne valons pas moins que nos glorieux ancêtres. En un sens, la succession des rois de France que j’assume en ma personne me fait également gardien et dépositaire d’une mémoire française. Et en vertu de cela, je ne me lasserai jamais d’apporter un message d’espérance auprès de vous, afin que jamais notre résignation aux épreuves du temps ne soit stérile, mais bien tournée vers l’objectif de les surmonter, pour connaître un juste bonheur et une tranquillité à laquelle nous aspirons tous.

   Ma femme, la princesse Marie-Marguerite, et mes enfants s’associent à mes vœux afin que l’année 2026 soit une année de paix et d’harmonie pour nous et notre cher pays.

Que saint Louis protège la France et les Français !

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

12345...67

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi