Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2014-32. « Comment voulez-vous que des incompétents puissent discerner les compétences qui les gouverneront ? »

Mardi 18 mars 2014.

Nous sommes en pleine période électorale et – comme à chaque fois en telles circonstances – certains humains ne me donnent vraiment pas l’impression de se comporter en êtres dotés de raison tant ils semblent atteints par une espèce de prurit mental aliénant toute forme de bon sens…

Nos amis savent qu’au Mesnil-Marie, même si nous sommes bien loin de nous désintéresser de la situation sociale et politique (au sens noble du mot), nous nous tenons néanmoins à l’extérieur des sollicitations et modes d’action du système actuellement en place (cf. > actualité du Comte de Chambord).

Notre cher Gustave Thibon, qui ne semblait – malheureusement ! – pas avoir une véritable connaissance de la doctrine légitimiste (car le Légitimisme ne se circonscrit pas à défendre seulement des droits dynastiques, mais possède un corps de doctrine complet et cohérent), a eu cependant d’excellentes remarques politiques dont on peut toujours tirer profit aujourd’hui pour appréhender le système actuel avec recul et intelligence.
En janvier dernier, j’avais publié un extrait des remarquables « Entretiens avec Christian Chabanis » intitulé « Eglise et politique » (ici > Eglise et politique), voici aujourd’hui, tirées du même ouvrage, quelques réflexions de bon sens au sujet de la « démocratie »…
Il convient de les lire  en se souvenant que ces paroles ont été prononcées au début de l’année 1975, sur une grande chaîne de télévision, et que Thibon ne faisait pas là un exposé systématique mais qu’il répondait seulement à des questions à l’attention du grand public : un an après des élections présidentielles où avait été candidat un certain Bertrand Renouvin qui, du coup, passait très simplistement aux yeux de l’opinion pour le « porte-parole du royalisme français », Gustave Thibon a su placer quelques propos de bon sens qui ne permettaient néanmoins pas d’amalgame avec tel mouvement royaliste alors en vue, et qui quelque quarante ans plus tard conservent toute leur pertinence. 

Lully.

Entretiens avec Christian Chabanis

Gustave Thibon :
« (…) Très souvent aujourd’hui, comme dit Jacques Ellul, quand on parle de démocratie, on désigne n’importe quoi et, très accessoirement, un régime politique. Ce mot devient synonyme d’ouvert, de généreux, de fraternel, etc.
Dernièrement, j’ai été invité à un repas « démocratique » : qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? On m’a répondu que c’était un repas pris en commun ! Comme si ce n’était pas le fait de la plupart des repas !

Je vous dirai d’autre part que, face à une certaine mythologie de la démocratie qui consiste à faire de ce mot une espèce de panacée, valable pour tous les temps, pour tous les peuples, je me sens très peu démocrate !

Et je m’oppose encore davantage à une espèce de démocratie formelle dans laquelle, théoriquement et sous l’apparence du bulletin de vote, on confère au peuple tous les pouvoirs et on lui enlève ses droits les plus légitimes par un ensemble de lois, de règlements ou d’interventions abusives de l’Etat.
Dans ce sens-là, je ne suis absolument pas démocrate.
Mais, au contraire, je reste profondément démocrate, dans ce sens que je désire que l’être humain puisse avoir le maximum de libertés et de responsabilités. Chacun à son échelle, bien entendu. Ce qui n’est pas réalisé la plupart du temps par ce qu’on appelle les « démocraties » qui s’enivrent d’autant plus du mot qu’elles négligent la chose ! (…) »

Christian Chabanis :
– Mais pensez-vous que d’autres formules politiques peuvent coïncider avec l’épanouissement de la liberté individuelle ?

Gustave Thibon :
« Pourquoi pas ? Il suffit que le pouvoir soit exercé par les meilleurs pour le bien de tous.
Or cherchez la définition du mot « démocratie » dans l’excellent dictionnaire philosophique de Lalande : « régime où le gouvernement est exercé par tous les hommes sans distinction de naissance, de fortune ou de compétence. »
Comment voulez-vous que des incompétents puissent discerner les compétences qui les gouverneront ?
(…) Je répète que le meilleur régime politique est celui où les citoyens jouissent du maximum de libertés individuelles et locales, et où l’Etat joue un rôle de coordinateur et d’arbitre.
Dans un tel régime, la sélection vient en quelque sorte de la base, j’entends du mérite personnel, d’un service social, d’un engagement authentique. Ce qui nous mêne très loin du régime actuel où les responsabilités sont désignées par le bulletin de vote : pure abstraction, puisque les gens votent pour des étiquettes politiques plus que pour des hommes. Et le pire, c’est qu’on fait voter les gens sur des problèmes auxquels ils n’entendent rien, et qu’on oublie de les consulter sur les questions dans lesquelles ils ont intérêt et compétence.
Valéry, qui n’était pas antidémocrate, le disait : la politique est « l’art de consulter les gens sur ce à quoi ils n’entendent rien, et de les empêcher de s’occuper de ce qui les regarde ».
Je rêve d’un pouvoir infiniment plus décentralisé, avec beaucoup plus de libertés locales à la base – ce qui favoriserait la sélection des autorités responsables. Beaucoup mieux que dans un système électoral qui est purement formel et abstrait. »

Christian Chabanis :
– Si nous résumions votre pensée politique, vous seriez disposé à accepter cette formule : à chaque société convient un régime politique différent ?

Gustave Thibon :
« Absolument ! Comme pour les individus ! A condition que ce régime assure, je vous le répète, la stabilité de la nation et le maximum de possibilités pour les individus, les familles et les groupes qui la composent. »

Christian Chabanis :
– Ce qui veut dire que pour la France, par exemple, le système démocratique n’est pas, selon vous, celui qui favorise le plus l’épanouissement de sa liberté ?

Gustave Thibon :
« Je pourrais répèter le mot de Victor Hugo : « En France, il a dix mille lois entre nous et la liberté ! »
Mais je vous ferai observer d’autre part que, depuis 1789, c’est à dire depuis près de deux siècles, la France a dû user, je ne compte pas, seize ou dix-sept régimes. Ce qui prouve qu’elle n’a trouvé son assiette dans aucun. Les régimes démocratiques ont alterné avec des pouvoirs personnels qui étaient plus durs que les pouvoirs royaux. Il est assez curieux qu’on ait gardé un tel culte de la personnalité dans un pays démocratique ! sans doute parce que la démocratie n’était pas viable ! (…)

L’important, c’est qu’il existe dans un pays une légitimité ; que les citoyens s’inclinent devant une autorité (…). Mais en France, l’opposition ne s’incline jamais. Les partis politiques vaincus aux élections vous diront que ce n’est pas le vrai peuple qui a parlé ; qu’il s’agit d’une majorité d’emprunt, d’une majorité trompée, d’une majorité de fortune, que sais-je encore ? (…)
Victor Hugo était partisan du suffrage universel. Mais quand Louis-Napoléon fut plebiscité en 1852 à une majorité écrasante, le même Victor Hugo dénia toute valeur à cette élection. Ecoutons-le : « Monsieur Bonaparte, faites décréter par un million de voix, par dix millions de voix, que deux et deux ne font pas quatre, que le plus court chemin pour aller d’un point à un autre n’est pas la ligne droite… Toutes ces voix ne changent rien à la nature des choses. »

Alors ? Quand d’une part on proclame la loi du nombre et que d’autre part on la refuse : comment voulez-vous que le régime soit viable ? (…) »

Christian Chabanis :
– Et vous pensez qu’il a existé un pouvoir légitime reconnu par tous ?

Gustave Thibon :
– En France ?

Christian Chabanis :
– En France.

Gustave Thibon :
« Eh bien, la monarchie !
Reconnu par tous ? Incontestablement, ou du moins par une immense majorité. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, et même au début de la révolution, le principe monarchique n’était pas contesté en France (…). »

(Gustave Thibon « Entretiens avec Christian Chabanis», pp. 75-82. ed. Fayard 1975)

lys 2

Prière pour demander des grâces par l’intercession du Vénérable Pie XII

et
pour obtenir la glorification de ce grand serviteur de Dieu :

Sa Sainteté Pie XII donnant la bénédiction Urbi et Orbi

Sa Sainteté le Pape Pie XII
donnant la bénédiction Urbi et Orbi.

O Jésus, Pontife éternel, qui avez daigné élever Votre Serviteur fidèle Pie XII à la suprême dignité de Votre Vicaire ici-bas, et lui avez concédé la grâce d’être un défenseur intrépide de la Foi, un courageux champion de la justice et de la paix, un glorificateur zélé de Votre très Sainte Mère, et un exemple lumineux de charité et de toutes les vertus, daignez maintenant, en vue de ses mérites, nous accorder les grâces que nous Vous demandons (…), afin que, assurés de son efficace intercession auprès de Vous, nous puissions le voir un jour élevé à la gloire des autels.

Ainsi soit-il !

Imprimatur
+ Petrus Canisius
Vic. Gen. Civit. Vatic.
die 8 decembris 1958

Armoiries et devise de Pie XII

Armoiries et devise de Sa Sainteté le Pape Pie XII

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 28 février, 2014 |1 Commentaire »

2014-28. Réflexions félines et citations – février 2014.

Vendredi 28 février 2014,
Fête de la translation de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

Mont Mézenc depuis Soutron 23 février 2014

Le Mont Mézenc enneigé contemplé depuis le seuil de la chapelle de Soutron (1140 m d’altitude)
- dimanche 23 février 2014 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dernier jour de février : voici quelques unes des réflexions que je me suis faites au cours de ce mois écoulé ; voici quelques citations remarquables qui ont nourri ma réflexion ou ma méditation…

patte de chat

Les temps que nous vivons sont marqués par de grandes épreuves pour les fidèles. Nous devons même nous attendre à voir ces épreuves croître en nombre et en intensité…
Alors, il est bon de lire sereinement ces paroles de notre glorieux Père Saint Augustin (Cité de Dieu, livre I, chap. 8) :

« Comme un même feu fait briller l’or et noircir la paille, comme un même fléau écrase le chaume et purifie le froment, ou encore, comme le marc ne se mêle pas avec l’huile, quoiqu’il soit tiré de l’olive par le même pressoir, ainsi un même malheur, venant à tomber sur les bons et sur les méchants, éprouve, purifie et fait resplendir les uns, tandis qu’il damne, écrase et anéantit les autres. C’est pour cela qu’en une même affliction, les méchants blasphèment contre Dieu, les bons, au contraire, Le prient et Le bénissent : tant il importe de considérer, non les maux qu’on souffre, mais l’esprit dans lequel on les subit ; car le même mouvement qui tire de la boue une odeur fétide, imprimé à un vase de parfums, en fait sortir les plus douces exhalaisons. »

patte de chat

Confiteor Deo omnipotenti, beatae Mariae semper virgini…
Je confesse à Dieu tout puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge…

La foi chrétienne, divinement révélée, est très précise, très réaliste.
La formulation de la Vérité révélée ne peut se permettre de manquer de rigueur : chaque mot, avec ses nuances propres, a été choisi de manière minutieuse et doit être compris avec la même rigueur qui l’a fait choisir.
Si on ne s’impose pas cette rigueur on risque de trahir la Vérité révélée par Dieu ; et si l’Eglise a toujours été très stricte sur ce point, ce n’est pas pour le plaisir de couper les cheveux en quatre !

Dire de Marie qu’elle est « toujours vierge » n’est pas une abstraction. Ce n’est pas non plus une expression symbolique.
Dire « Marie toujours vierge », n’est pas exactement la même chose que dire « la vierge Marie ».
Le mot « vierge » est un mot quasi technique, il a un sens précis, il exprime une réalité matérielle, corporelle, physique : il désigne l’intégrité de l’hymen. Difficile de faire plus concret !
Voilà pourquoi dire « Marie toujours vierge », n’est pas exactement la même chose que dire « la vierge Marie ».

La virginité perpétuelle de Notre-Dame est un dogme : celui qui ne croit pas que Marie a été vierge AVANT, PENDANT et APRES l’enfantement, n’a pas la foi catholique, n’est pas catholique !

Dans la liturgie traditionnelle nous ne disons jamais que : « la bienheureuse Marie toujours vierge ».
Dans le texte latin original du nouveau rite, on trouve aussi « la bienheureuse Marie toujours vierge » ; mais, dans sa traduction française, on n’a plus que « la vierge Marie ».
De fait, on se rend compte qu’un grand nombre de fidèles qui vont à la nouvelle messe en français n’ont pas la foi dans la virginité perpétuelle de Marie : dans le meilleur des cas ils croient qu’elle a conçu le Fils de Dieu en étant vierge, mais ils ne croient pas qu’elle est restée vierge pendant et après l’enfantement.

Ce simple mot – toujours – , omis dans les traductions françaises, est lourd de beaucoup de choses : une omission qui concourt à la perte de la foi catholique…
Inconscience ou bien propos délibéré, de la part des traducteurs et des évêques qui ont approuvé ces traductions ?
Dans tous les cas, un exemple précis parmi bien d’autres qui, pour moi, démontre qu’il vaut mieux s’abstenir d’assister à la messe dans le nouveau rite : toujours !

Statue terrasse Mesnil-Marie

Statue de la Madone saupoudrée de neige
- terrasse du Mesnil-Marie, 4 février 2014 -

Nous assistons à la décadence accélérée, au pourissement et à la désagrégation de la république, de la démocratie occidentale, de toutes les pseudo-institutions nées de la sinistre révolution et des prétendues « lumières ».
Je ne vais pas m’en plaindre.
Je ne vais pas pleurer sur la décadence de la république, ni me lamenter sur le pourissement de ses institutions.
Je m’en réjouis même… et j’en conçois les plus vives espérances !

« Nisi Dominus… – Les moeurs et les institutions humaines atteignent parfois à un tel degré d’aberration que Dieu ne peut plus manifester sa pitié qu’en détruisant. La grâce alors rentre dans l’homme par le chemin de la foudre. Il est des êtres, des peuples et formes de civilisation dont Dieu ne peut habiter que les ruines » (Gustave Thibon, in « L’Echelle de Jacob » chap.9 – Idolâtrie).

patte de chat

Le piteux locataire de l’Elysée a annoncé de prochaines « panthéonisations », ces sinistres et pitoyables copies laïcardes et gauchistes des canonisations.

I – Sur Internet, il y a déjà plusieurs mois de cela, une « consultation du peuple » avait été lancée, en particulier pour demander quelle(s) femme(s) pourrai(en)t bien faire l’objet de ces honneurs républicains.
Avec quelques amis, je vous l’avoue en riant, nous en avons bien profité : puisque on nous demandait notre avis, nous ne nous sommes vraiment pas privés de le donner !!!
En l’occurrence, nous avons rappelé que le « Panthéon » est avant tout la basilique de Sainte Geneviève, spoliée et profanée, et que la république pourrait :
a) d’abord, pour faire oeuvre de justice, commencer par rendre son église à la céleste protectrice de Paris et mère spirituelle de la France catholique,
b) ensuite donner comme modèles, à la France d’aujourd’hui, les vraies grandes héroïnes de son histoire (histoire qui n’a pas commencé en 1789), et nous nous plûmes à en dresser des listes qui ont dû être fort urticantes pour certains membres de la commission des « panthéonisations » chargés de lire les réponses à la « consultation populaire »…

II – L’un de nos amis a eu une réflexion qui m’a bien plu, et que je m’autorise à reprendre ici : nous pouvons, en définitive, nous amuser de voir des gauchistes anticléricaux s’acharner à vouloir faire reposer sous une Croix (car la Croix domine toujours le dôme de ce qu’un autre de nos amis appelait « le cendrier national ») les restes des « bouffeurs de curé », athées et ennemis du catholicisme dont ces gouvernants se réclament…

III – A l’annonce de ces futures « panthéonisations », quelques viragos – féministes en diable (l’expression me semble particulièrement adaptée) – ont élevé la voix pour dénoncer une fausse « parité ». Mécontentes parce que les prochains panthéonisés seront deux femmes et deux hommes, elles affirment que la sacro-sainte et incontournable parité ne sera qu’apparente puisque cela ne concourra, en définitive, qu’à  maintenir le déséquilibre total entre les hommes et les femmes panthéonisés : ces dames eussent préféré que l’on ne panthéonisât plus que des femmes, jusqu’à ce que l’on arrive à une stricte égalité numérique entre les deux sexes dans les caves du « cendrier national » !
Il y a, ce me semble, une mentalité singulièrement rétrograde et simplistement vieux jeu de la part de ces féministes, pour s’acharner de la sorte à classer le genre humain en hommes et en femmes.
Désormais éclairés par la lumineuse théorie du « gender », et répondant aux bienfaisantes revendications des collectifs LGTB, ne serait-il pas pas plus judicieux et plus « porteur d’avenir » de militer pour une absolue parité qui tienne compte de la totalité des multiples facettes de « l’identité sexuelle » ?
Moi, donc, je dis oui à une parité totale, rigoureuse et absolue dans laquelle on prenne en compte : soit le fait qu’un homme s’est pleinement senti homme, soit qu’une femme s’est pleinement sentie femme, soit qu’un homme s’est perçu comme une femme, soit qu’une femme s’est perçue comme un homme, soit que l’homme qui s’est perçu comme femme s’est travesti ou pas, soit que la femme qui s’est perçue comme homme s’est travestie ou pas, soit que l’homme ou la femme qui se sont perçus de l’autre sexe ont osé la transexualité (ou pas)… Et puis, pendant que nous y sommes, établissons aussi une parité qui tienne compte non seulement du « genre » et de ses déclinaisons, mais aussi du fait que l’on soit « homo », « bi » ou « hétéro », ou bien adepte de l’échangisme, des pratiques sado-masochistes ou de la zoophilie… etc. …etc.
Toute autre manière de procéder de la part des autorités républicaines ne pourrait finalement être que gravement discriminatoire et liberticide !

Scapulaire Sacré-Coeur

Pour revenir à des choses plus sérieuses, je ne veux pas manquer de rappeler que ce 28 février 2014 où je vous écris, marque le deux-cent-vingtième anniversaire du massacre perpétré aux Lucs-sur-Boulogne par les colonnes infernales.

« Les colonnes infernales, meutes de démons,
promènent leurs saturnales dans tous les cantons.
C’est une traque émouvante, par les champs, les bois ;
La misère et l’épouvante d’un peuple aux abois… »
(complainte des Lucs – Frère Gabriel-Marie Gauvrit)

Je ne peux que vous encourager à lire le résumé des évènements de ce 28 février 1794 qui a vu périr, au nom de la liberté révolutionnaire, 564 fidèles catholiques, parmi lesquels se trouvaient 109 enfants de moins de 7 ans !
Je vous renvoie au récit et à la liste des victimes publiés sur le site du Cercle Robert de Baudricourt, ici > massacre des Lucs.

« Dans l’amour de Notre Dame et pour Jésus-Christ,
Dans la Foi que tous proclament, tous ils ont péri ;
Sacré-Cœur sur la poitrine, chapelet au cou,
Ils sont morts pour leur doctrine, fermes jusqu’au bout… »
(complainte des Lucs)

St Fulgence fait transporter le corps de St Augustin à Cagliari

Saint Fulgence de Ruspe faisant transporter le corps de Saint Augustin à Cagliari
(bas relief du monument renfermant les reliques de Saint Augustin – Pavie, basilique San-Pietro in Ciel d’Oro)

28 février :
Comme je l’ai signalé en tête de cette chronique, pour ce qui nous concerne, nous fêtons liturgiquement aujourd’hui la « translation de notre Bienheureux Père Saint Augustin », c’est-à-dire que nous célébrons la manière dont furent sauvées ses reliques.

Rappelé à Dieu le 28 août 430, Saint Augustin fut inhumé à Hippone, sa ville épiscopale.
Mais à la fin de ce même Ve siècle, les Vandales ariens persécutèrent les catholiques d’Afrique du Nord : ils déportèrent un grand nombre d’évêques, parmi lesquels Saint Fulgence de Ruspe. C’est lui qui, pour empêcher leur profanation, emporta en Sardaigne où il était exilé, les restes mortels de Saint Augustin qui furent déposés dans la basilique Saint-Saturnin de Cagliari.
Cependant, en 722, alors que les Sarrasins ravageaient la Sardaigne, le Roi des Lombards Luitprand résolut à son tour d’arracher ces précieuses reliques aux profanations, et les fit transporter à Pavie, dans l’église appelée Saint-Pierre au Ciel d’Or (San-Pietro in Ciel d’Oro), où elles se trouvent toujours, entourée d’une grande vénération.

En avril 2007, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, lui-même fervent augustinien, se rendit en pèlerinage à Pavie pour se recueillir devant les reliques du « Docteur de la grâce ».
Voilà pourquoi j’ai mis ci-dessous, en ce premier anniversaire du jour où l’abdication de Sa Sainteté le pape Benoît XVI a été effective (28 février 2013), une photographie de ce vénéré Pontife en prière auprès des reliques de notre glorieux Père.

« Augustin, lumière des Docteurs, soutien de l’Eglise,
marteau des hérétiques, vase de science incommensurable,
nous vous en prions, intercédez auprès de Dieu pour vos fidèles enfants. »
(antienne du Benedictus)

patte de chat Lully.

Benoît XVI vénérant les reliques de St Augustin à Pavie

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI en prière devant les reliques de Saint Augustin
- Pavie, le dimanche 22 avril 2007 -

Pour aider et soutenir le Refuge ND de Compassion > www

2014-27. A l’approche du carême, quelques rappels importants…

Mercredi de la Sexagésime.

Brueghel bataille du carnaval et du carême

Pierre Brueghel le jeune : la bataille de carnaval et du carême

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le compte à rebours a commencé : dans une semaine nous serons à l’entrée du carême, à l’entrée de ce temps particulièrement saint et bénit qui – prélude au Triduum Sacré dans lequel nous revivrons le mystère actualisé de notre Rédemption, en célébrant la mort, la descente aux enfers et la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ – est l’un des moments les plus importants de toute l’année chrétienne.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, et je le redis : je suis effrayé de constater que beaucoup de catholiques ne se préparent pas bien (voire pas du tout) au carême, et que – de ce fait – ils perdent totalement ou en partie le profit spirituel qu’ils pourraient retirer de ce temps de grâce.
Je suis aussi véritablement aterré lorsque certaines remarques ou réflexions que j’entends me donnent à comprendre que les prescriptions spirituelles, les prescriptions pénitentielles, les prescriptions disciplinaires imposées par l’Eglise à ses enfants, sont prises par eux à la légère ou de manière purement formelle, sans profondeur, sans qu’ils y attachent leur coeur et leur intelligence.

Il y a quatre ans, j’avais publié un résumé réalisé par Frère Maximilien-Marie sous forme de questions et de réponses (ce pourquoi je l’avais intitulé « Petit catéchisme sur le carême et la pénitence »), expliquant en quoi consiste le carême, et quel esprit l’anime.
Ce texte est toujours valable ; il est conforme à la discipline actuellement en vigueur dans l’Eglise catholique latine. Aussi est-il toujours bon de le lire, et même de le relire à plusieurs reprises, à l’approche de ce temps (ici > petit catéchisme sur le carême).

Mais il faut bien comprendre que les prescriptions actuelles concernant le jeûne et l’abstinence sont véritablement minimales, et qu’elles n’imposent pas de se contenter d’une pratique minimaliste !
Frère Maximilien-Marie écrivait : « Si dans l’Eglise latine la loi commune n’est plus aussi sévère que jadis, ce n’est cependant pas une invitation au laisser aller. La loi détermine le minimum obligatoire pour tous, mais elle n’oblige pas à se contenter du minimum. Il est donc louable, en fonction de la situation et des possibilités de chacun, de continuer à pratiquer une véritable ascèse alimentaire et une plus grande austérité de vie… »

Brueghel bataille détail=carnaval

Pierre Brueghel le jeune, détail de la bataille de carnaval et du carême :
Carnaval à califourchon sur un tonneau brandissant une broche de viandes grasses.

Je le sais, je l’ai observé : beaucoup de catholiques n’observent pas l’abstinence des vendredis de carême. Or celle-ci est prescrite par la loi de l’Eglise – le droit canonique – , et c’est un péché de ne pas s’y plier !
Je sais également que certains, s’ils ne mangent pas de viande les vendredis de carême, en profitent alors pour se régaler avec un délicieux (et coûteux) plat de poisson ou de fruits de mer : c’est une manière de se conformer à la loi qui est uniquement extérieure, pharisaïque, et qui ne répond pas à l’esprit de pénitence et de conversion qui s’impose.
Il y en a qui sont convaincus que c’est faire beaucoup que de s’abstenir de viande les vendredis de carême, alors qu’en réalité ce n’est là qu’un minimum, et qu’il n’y a vraiment rien d’héroïque en cela.
Et je connais même des fidèles qui se disent traditionnels, qui vont à « la bonne Messe », et qui à l’occasion ne manquent pas de vitupérer contre le laxisme et le libéralisme qui se sont introduits dans l’Eglise depuis une cinquantaine d’années, mais qui se rendent eux-mêmes sans état d’âme à des dîners mondains organisés certains vendredis en carême, s’ils n’en sont pas eux-mêmes les organisateurs !

« L’observance du Carême est le lien de notre milice ; c’est par elle que nous nous distinguons des ennemis de la Croix de Jésus-Christ ; par elle que nous détournons les fléaux de la divine colère ; par elle que, protégés du secours céleste durant le jour, nous nous fortifions contre les princes des ténèbres. Si cette observance vient à se relâcher, c’est au détriment de la gloire de Dieu, au déshonneur de la religion catholique, au péril des âmes chrétiennes ; et l’on ne doit pas douter que cette négligence ne devienne la source de malheurs pour les peuples, de désastres dans les affaires publiques et d’infortunes pour les particuliers », écrivait le pape Benoît XIV au XVIIIe siècle (Constitution « Non ambigimus » – mai 1741).
Ces lignes me paraissent terriblement actuelles : chacun ne doit-il pas s’interroger loyalement et sans complaisance pour se demander si – aujourd’hui – sa manière de pratiquer le carême n’est pas relâchée, si son observance n’est pas superficielle et ne contribue pas au déshonneur de la religion chrétienne, si son manque de générosité ne met pas en péril les âmes au salut desquelles il doit travailler, si sa négligence n’est pas responsable des malheurs actuels et des désastres publics de notre société, si – en vérité – il se comporte en ami ou en ennemi de la Croix de Jésus-Christ…

Brueghel bataille détail=carême

Pierre Brueghel le jeune, détail de la bataille de carnaval et du carême :
Carême et ses mets de jeûne.

Voilà pourquoi j’ai résolu aujourd’hui, chers Amis, de rappeler ci-dessous ce qu’était la discipline du carême dans l’Eglise des origines, et la manière dont il a été observé pendant de nombreux siècles.
Après avoir lu cela, qui osera prétendre que s’abstenir de viande les vendredis de carême est quelque chose d’exhorbitant ?
Après avoir lu cela, qui osera se plaindre des deux jours de jeûne actuellement obligatoires ?
Mais surtout, après avoir lu cela, je souhaiterais que chacun s’interroge sérieusement devant Dieu pour voir s’il ne peut pas faire davantage que le minimum requis !

* * * * * * *

Discipline originelle du carême chrétien :

Dans les premiers siècles de l’Eglise, donc, voici quelles étaient les prescriptions imposées à tous les fidèles sur le plan alimentaire :
1 – Tous les jours du carême étaient des jours de jeûne : c’est à dire qu’on ne pouvait prendre qu’un unique repas ; ce repas était, à l’origine, pris après l’office de Vêpres (célébré au coucher du soleil), mais progressivement il a été admis qu’il pourrait être pris en milieu de journée et que, le soir, on pourrait prendre une collation (ce qui ne constitue cependant pas un repas).
2 – Toutefois, les dimanches (et dans l’Eglise d’Orient les samedis aussi) n’étaient pas des jours de jeûne et l’on y prenait les repas de manière habituelle.
3 – Tous les jours du carême étaient des jours d’abstinence (même les dimanches).
En outre, l’abstinence ne se réduisait pas à la privation de viande, mais signifiait la privation de toute nourriture provenant du règne animal : c’est à dire que le poisson, les graisses animales, les fromages, le beurre et les laitages, ainsi que les oeufs étaient proscrits. C’était donc un régime strictement végétalien qui s’imposait pendant toute la durée du carême.
Restaient autorisés le miel et certaines huiles végétales. Le poisson (mais pas la viande ni les oeufs) pouvait être consommé seulement à certaines très grandes fêtes qui tombent pendant le carême, telle que l’Annonciation.

4 – Etaient également proscrits le vin et toute boisson alcoolisée.

Il faut ajouter à cela que les époux chrétiens devaient s’abstenir de toutes relations conjugales et vivre la continence parfaite pendant tout le temps du carême (même les dimanches, car la loi primitive de l’Eglise n’autorisait jamais les rapports sexuels le jour consacré au Seigneur).
Pour les personnes non mariées, rien ne change puisqu’elles sont tenues à la chasteté en tout temps – carême ou pas – , faut-il le rappeler ?

En ce qui concerne la vie sociale, jusqu’à une date relativement récente, dans les pays officiellement catholiques et pendant toute la durée du carême, tous les divertissements publics étaient suspendus : les salles de spectacles et de concerts, les théâtres (et les cinémas) étaient fermés, les bals interdits, les soirées mondaines et les réceptions prohibées…
Dans la première moitié du XXe siècle encore, même dans nos pays laïcisés où la loi civile ne prohibait plus les divertissements, les familles catholiques veillaient à ce que leurs enfants (même majeurs) n’allassent point au cinéma, au spectacle, au bal… etc.
En outre, on ne recevait pas à déjeûner ou à dîner, même les dimanches, sauf de très proches parents accueillis à la table de famille sans que l’on enfreigne en rien les strictes prescriptions de l’Eglise.

Pierre Brueghel le jeune, les sept oeuvres de miséricorde

Pierre Brueghel le jeune : les sept oeuvres de miséricorde.

Cette pratique du jeûne et de la pénitence ne se sépare pas, bien évidemment, de celle des deux autres grands préceptes du carême : l’aumône et la prière.

- L’aumône résulte d’une part des économies que l’on réalise sur la nourriture pendant ce temps, et d’autre part des sacrifices que l’on s’impose en plus : il ne s’agit pas de donner son superflu, mais de se priver d’une part du nécessaire pour subvenir aux besoins des plus nécessiteux et d’y ajouter ce qui résulte d’une privation réelle.

- La prière : la prière personnelle quotidienne doit être plus intense, de jour et de nuit. Ainsi par exemple au Moyen-Age, mais cela a continué en beaucoup d’endroits jusqu’au temps de la sinistre révolution, beaucoup de laïcs profitaient du carême pour réciter, au moins en partie, le bréviaire ou pour aller assister aux offices des religieux dans les couvents et abbayes (qui étaient fort nombreux : il y en avait même dans les petites villes).
Mais la prière doit en outre avoir une dimension visible et sociale plus développée, pendant le carême. Les fidèles sont donc encouragés à avoir une plus grande assiduité aux offices paroissiaux, qui ne se résument pas la célébration de la Sainte Messe : il y a les prédications de carême (parfois quotidiennes), les processions de pénitence des confréries, les adorations du Très Saint Sacrement, la pratique de l’heure sainte (voir > www), les chemins de croix (à Rome au XIXe siècle encore il était quotidien au Colisée, et pas seulement les vendredis de carême).
On peut encore ajouter à cela des pèlerinages vers des sanctuaires dédiés à la Sainte Croix où à la Mère des Douleurs, des églises où sont conservées des reliques de la Passion, des chapelles où l’on invoque des saints qui ont été proches de Notre-Seigneur dans Sa sainte Passion (Sainte Marie-Magdeleine par exemple).

* * * * * * *

Aujourd’hui, l’Orient chrétien (catholiques de rites orientaux et orthodoxes) est resté globalement fidèle à ces règles des origines, tandis que, on le voit bien, tout au long des siècles, l’Occident latin n’a cessé d’apporter des adoucissements, des mitigations aux observances physiques du carême.

On m’objectera – et c’est une évidence que je ne conteste pas, bien au contraire – que le plus important, c’est la pratique spirituelle, la pénitence intérieure : mais c’est être manichéen, et c’est aussi faire une insulte aux chrétiens des premiers siècles, tout comme à nos frères chrétiens d’Orient, que d’opposer la pratique extérieure de la pénitence à une pratique spirituelle qui pourrait se passer du jeûne et de l’abstinence réels.
Les deux pratiques ne s’opposent pas, mais elles se complètent et se soutiennent l’une l’autre. Qui peut prétendre pratiquer la pénitence de manière spirituelle s’il ne la traduit pas dans des actes concrets et visibles ?

Le jeûne et l’abstinence ne sont évidemment pas pratiqués comme une fin en eux-mêmes, ils sont cependant une nécessité qui découle de notre condition d’êtres en même temps spirituels et corporels.
Le christianisme n’est pas un idéalisme, il est la religion de l’Incarnation !

Ainsi, de même que notre corps contribue souvent à nous éloigner de Dieu et à nous entraîner au péché, de même encore doit-il participer à notre pénitence, à notre expiation du péché, à la réparation de nos transgressions, et à notre effort spirituel.

Bien sûr, les adoucissements physiques qui ont été autorisés par l’Eglise, l’ont été parce que les tempéraments sont aujourd’hui moins résistants, moins endurants que ceux des chrétiens des premiers âges, et parce que l’Eglise ne veut ni la ruine de la santé ni la mort prématurée de ses enfants, tout comme elle ne veut pas que la pratique du jeûne empêche ou gêne l’accomplissement de son devoir d’état.
Mais – encore une fois – ne nous contentons pas du minimum, ne soyons pas des chrétiens minimalistes !
Chacun de nous peut, en fonction de ses forces, examiner loyalement devant Dieu, ce qu’il peut ajouter au minimum requis. Pour cela, il est bon de recourir à un conseiller spirituel prudent et avisé, doté d’un bon discernement : ce faisant, en outre, on pratique la vertu d’obéissance, qui est elle aussi un élément essentiel de la mortification spirituelle…

Chers Amis, je n’ai pour finir qu’une seule chose à vous dire, à la suite de la Très Sainte Vierge Marie elle-même en ses multiples apparitions : soyez généreux pour pratiquer, de corps et d’esprit, une sérieuse pénitence authentiquement chrétienne !

Lully.

Pierre Brueghel le jeune, la Crucifixion

Pierre Brueghel le jeune : la Crucifixion.

2014-24. Les détails.

1564 – 18 février – 2014
450ème anniversaire de la mort de Michel-Ange

Autoportrait Michel-Ange

Michel-Ange – autoportrait.

Ce 18 février marque le 450ème anniversaire de la mort de Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni, communément appelé en Français Michel-Ange.
Il fut un génie universel et je vous encourage à lire le très beau texte intitulé « Michel-Ange, artiste théologien » qu’a publié, après l’avoir traduit en Français, notre amie Béatrice, sur son excellent site Benoît et moi
C’est un article qui a paru en février 2008 dans l’Osservatore Romano, signé par Timothy Verdon, prélat américain spécialiste de l’art religieux. Il permet une approche de l’art de Michel-Ange débarassée des phantasmes de notre époque, pour lui rendre toute sa dimension spirituelle, que beaucoup de fidèles aujourd’hui ont du mal à percevoir.

Ainsi que l’écrit Béatrice dans son introduction : 
« Michel-Ange continue de fasciner, mais les échos que les media nous apportent le plus souvent sur sa personnalité sont des allusions ambigües à sa prétendue homosexualité, devinée à travers ses sonnets, et des insinuations salaces sur les nus de la Chapelle Sixtine – entre autres – , qui auraient été propres, dans un tel environnement, à choquer les bigots de l’époque. Notre époque à nous a les fantasmes qu’elle peut s’offrir, et les obsessions qu’elle cultive (…) »

Mais tout est à lire et à relire, et c’est ici > Michel-Ange, artiste théologien.

Pour moi, qui ne suis qu’un tout petit chat, je me contente de marquer ce 450ème anniversaire en vous offrant une nouvelle petite B.D. de Frère Maximilien-Marie. L’anecdote qui l’a inspirée peut s’appliquer à beaucoup de circonstances de la vie, et au plus haut point à la vie spirituelle…

La paternité de la phrase « Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail » est attribuée à Léonard de Vinci,  mais cela n’exclut nullement – bien au contraire – qu’elle ait pu faire florès parmi les artistes florentins, et que Michel-Ange, selon l’anecdote rapportée ci-dessous, ait pu la reprendre à son profit…
Pour nous, mettons-la en rapport avec le commandement donné par Notre-Seigneur en conclusion du sermon sur la montagne : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! » (Matth. V, 48).

Lully.

Frise maniériste

Les détails

sculpteur

2014-21. Le sport dans la société moderne vu par Gustave Thibon.

Samedi 8 février 2014.

La très spectaculaire ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, hier, me fournit l’occasion de « répercuter » auprès de vous ce texte de Gustave Thibon – texte d’une très pertinente actualité, même s’il a été publié en 1976 dans « L’équilibre et l’harmonie » (éditions Fayard) – , qui m’a été communiqué à moi-même hier au soir. Quelle admirable profondeur et quelle implaccable lucidité toujours !

Lully.

L'équilibre et l'harmonie Gustave Thibon

Le sport.

La résonance mondiale des Jeux Olympiques (gros titres dans les journaux, émissions télévisées, etc.) montre l’importance démesurée qu’ont prise les spectacles sportifs dans la mentalité contemporaine. La littérature, la science et jusqu’à la politique pâtissent devant les exploits des «dieux du stade».

Je ne méconnais pas la valeur humaine du sport. Sa pratique exige de solides vertus de l’esprit : maîtrise de soi, rigueur, discipline, loyauté. La, compétition sportive est une école de vérité : la toise, le chronomètre, le poids du disque ou de l’haltère éliminent d’avance toute possibilité de fraude et toute solution de facilité. Aussi, une faible marge de contingence mise à part (indisposition passagère ou influence du climat), la victoire y va-t-elle infailliblement au meilleur, ce qui est loin d’être le cas dans les autres compétitions sociales, par exemple dans la bataille électorale ou dans la course à l’argent et aux honneurs. Un homme politique peut faire illusion sur ses mérites ; un sportif est immédiatement sanctionné par les résultats de son effort. Ici, le vrai et le vérifiable ne font qu’un…

Cela dit, je vois dans cet engouement exagéré pour le sport le signe d’une dangereuse régression vers le matérialisme — et un matérialisme rêvé plutôt que vécu.

Expliquons-nous.
J’ai parlé des vertus sportives. Mais l’unique but de ces vertus est d’exceller dans un domaine qui non seulement nous est commun avec les animaux, mais où les animaux nous sont infiniment supérieurs. S’agit-il de la course à pied ? Que représente le record des deux cents mètres abaissé d’un quart de seconde en comparaison des performances quotidiennes d’un lièvre ou d’une gazelle ? Du saut en longueur ou en hauteur ? Regardez donc l’agilité de l’écureuil qui voltige de branche en branche. Du lancement du disque ou de l’haltérophilie ? Quel champion égalera jamais l’exploit de l’aigle qui «arrache» et enlève dans le ciel une proie deux fois plus lourde que lui ? Par quelle étrange aberration restons-nous si souvent indifférents aux exemples des sages et aux œuvres des génies, alors que nous nous extasions devant des prouesses qui n’imitent que de très loin celles de nos « frères inférieurs » ?

Je disais que le sport exclut la fraude. Ce n’est plus tout à fait vrai. La fièvre malsaine du record dicte souvent l’emploi d’artifices malhonnêtes. Est-il besoin d’évoquer les scandales du « doping » ? Et nous avons appris la disqualification de deux championnes olympiques à qui, pour augmenter le tonus musculaire, on avait injecté des hormones mâles. Tout cela procède d’une barbarie technologique qui sacrifie les deux fins normales du sport (la santé du corps et la beauté des gestes) à l’obsession de la performance.

Mais il y a pire. C’est précisément à une époque où les hommes, esclaves des facilités dues à la technique, n’avaient jamais tant souffert du manque d’exercice physique qu’on voit se développer cet enthousiasme délirant pour les manifestations sportives. Des gens qui ont perdu le goût et presque la faculté de marcher ou qu’une panne d’ascenseur suffit à mettre de mauvaise humeur, se pâment devant l’exploit d’un coureur à pied. Des gamins qui ne circulent qu’en pétrolette font leur idole d’un champion cycliste. Il faut voir là un phénomène de transposition un peu analogue à celui qu’on observe dans l’érotisme : les fanatiques du sport-spectacle cherchent dans les images et les récits du sport-exercice une compensation illusoire à leur impuissance effective. C’est la solution de facilité dans toute sa platitude. Admirer l’exception dispense de suivre la règle ; on rêve de performances magiques et de records pulvérisés sans bouger le petit doigt ; l’effervescence cérébrale compense la paresse musculaire.

Le sport est une religion qui a trop de croyants et pas assez de pratiquants. Remettons-le à sa place, c’est à dire donnons-lui un peu moins d’importance dans notre imagination et un peu plus de réalité dans notre vie quotidienne.

Gustave Thibon, in « L’équilibre et l’harmonie » (Fayard – 1976)

anneaux olympiques

Autres publications consacrées à Gustave Thibon dans les pages de ce blogue :
- « In memoriam : Gustave Thibon » (2008) > www
- « Gustave Thibon : dix ans déjà ! » (2011) > www
- « Eloignement et connaissance » (extrait de « Retour au réel ») > www
- Le message de ND de La Salette au monde paysan > www
- « Le goût de l’aliment éternel » > www
- « Libertés » (extrait de « Diagnostics ») > www
- « Eglise et politique » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www

2014-16. Réflexions félines et citations – mois de janvier 2014.

Vendredi 31 janvier 2014,
Fête de Saint Jean Bosco.

le Mesnil-Marie 31 janvier 2014

Le Mesnil-Marie, vers 8h 15 au matin de ce 31 janvier.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Janvier s’achève ! Je reprends aujourd’hui mes « rétrospectives » du mois écoulé au travers de quelques citations ou réflexions.

* * * * * * *

1er janvier – 31 janvier : deux « jours de l’an ». L’un selon le calendrier grégorien, l’autre selon le calendrier chinois. 

En Occident, le 31 janvier est considéré comme la date limite à laquelle il est encore possible de « souhaiter la Bonne Année » ; tandis qu’en Orient – cette année – , c’est le jour où l’on commence la période des voeux.
Certains en profiteraient pour énoncer des leçons de relativisme, glosant le « vérité en deça des Pyrénées… » de notre cher Blaise ; pour moi, je me dis que, finalement, dans un monde où il y a tant de choses contrariantes ou désagréables, toutes les occasions sont bonnes pour souhaiter du bien à ceux que nous aimons, à tous ceux pour lesquels nous avons de l’estime.

En revanche, je me suis vraiment demandé s’il n’y avait pas une espèce de cynisme – voire de sadisme – de la part des pouvoirs publics à organiser des cérémonies de voeux pendant tout le mois de janvier : voeux du président de la république aux Français puis aux divers corps constitués, voeux des préfets, voeux des conseils généraux, voeux des députés, voeux des municipalités…
Tous ces politiques inaugurent par de lénifiantes et flatteuses paroles les deux-cent-huits jours de l’année civile (c’est une moyenne) durant lesquels les honnêtes citoyens vont travailler uniquement pour l’état, c’est-à-dire pour payer les impôts, les taxes, les redevances et les diverses contributions (et je ne parle pas des contraventions auxquelles il deviendra de plus en plus difficile d’échapper)…

Deux-cent-huit jours sur trois-cent-soixante-cinq : cela signifie, en pratique, que les Français, aujourd’hui, travaillent du 1er janvier jusqu’aux derniers jours de juillet pour donner la totalité du fruit de leur travail de ces sept mois aux diverses instances supposées les gouverner, les protéger (!!!) et assurer le bien commun
Pour mémoire, à la fin de l’Ancien Régime, le compte total des jours pendant lesquels un Français moyen travaillait pour s’acquitter des divers impots était de… dix-huit jours ! Ce n’est pas une affirmation gratuite de ma part, c’est un très sérieux institut d’études qui l’affirme, preuves à l’appui (voir ici > www).

Bon courage, mes amis, et surtout… « Bonne année ! »

Lully tirant la langue

Epiphanie de Notre-Seigneur.
Nous voyons Hérode, sournois et cauteleux sous sa bienveillance affichée.
Nous voyons aussi les grands prêtres et les scribes, chez lesquels la connaissance religieuse ne génère ni dévotion empressée, pour aller eux-mêmes reconnaître le Messie qu’ils attendent, ni émerveillement fervent…

Il est des jours où je ne peux que poser des regards désabusés sur la pathétique comédie humaine, sur ses gesticulations dérisoires et tragicomiques, sur les abîmes de vide que voilent (pour mieux les révéler ?) tant de prétendus « bons sentiments », et même sur ce que le commun des humains appelle « amour ».  
Cette espèce de comedia dell’arte n’est plus drôle à la longue, et d’ailleurs n’a plus rien d’artistique ainsi indéfiniment répétée sur la scène du quotidien.

Même si je me garde de la tentation du cynisme, et même si j’évite de m’enfermer dans la tour d’ivoire du scepticisme, je suis le témoin impuissant de tels naufrages et de telles ruines, physiques, psychiques et spirituels…
Comment ne pas être horrifié devant tant de prodiges d’ingéniosité et devant tant de pieuses industries, destinés à se préserver égoïstement soi-même derrière des carapaces d’optimisme, des armures de « bonnes consciences » religieuses, des boucliers d’espérances temporelles, des remparts d’abrutissements constitués par toutes les déclinaisons possibles du divertissement pascalien ?

Mais tout cela – tout ! – sera finalement soumis aux purifications ignées de grands bouleversements et d’épouvantables épreuves – personnelles, sociales et mondiales.
Ne subsistera alors que l’amour vrai.
Sera-ce bientôt ?

* * * * * * *

15 janvier.
Il faut bien se rendre à l’évidence ; faut-il s’y résoudre avec un sentiment de fatalité ?
C’est en tout cas une certitude : un très grand nombre de personnes, même lorsqu’elles vous écoutent (ou vous lisent) avec attention, avec la meilleure volonté du monde et sans arrière-pensée volontaire, n’entendent toutefois pas ce que vous dites dans le sens où vous le dites, mais elles saisissent en réalité une interprétation inconsciemment subjective de ce que vous dites – interprétation qui est en rapport avec leurs préoccupations du moment.
Les mots que vous prononcez, lors même que vous vous efforcez d’être rigoureux et précis dans leur usage et signification, ne sont que rarement entendus de manière objective ; ils le sont presque toujours de manière subjective.

Tiare et clefs

18 janvier : la Chaire de Saint Pierre à Rome.
Début de l’octave de prière pour l’unité des chrétiens.

Frère Maximilien-Marie a eu l’occasion de rappeler à une personne la loi de l’Eglise – loi actuellement en vigueur – qui interdit strictement des cérémonies liturgiques communes aux catholiques et aux protestants…
- Mais pourtant nous avons le même Dieu !
La réponse a fusé :
- Satan aussi a le même Dieu que nous, et ce n’est pas une raison pour avoir des cérémonies communes avec lui !

* * * * * * *

Seigneur, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de votre Eglise !
Seigneur, ayez pitié de vos fidèles !
Seigneur, gardez-nous dans la foi reçue des Apôtres !
Seigneur, fortifiez-nous dans l’espérance quand nous n’avons plus d’espoirs !
Seigneur, ancrez-nous dans la charité surnaturelle :
- la charité de Moïse fustigeant le peuple qui s’était prostitué avec le veau d’or,
- la charité d’Elie passant les faux prophètes au fil de l’épée sur le Mont Carmel,
- la charité de Matthatias immolant les apostats sur l’autel des impies,
- la charité de Notre-Seigneur agonisant à Gethésmani,
- la charité de Pierre châtiant le mensonge de Saphire et d’Ananie,
- la charité de Paul excommuniant le scandaleux de Corinthe,
- la charité de Jean prononçant l’anathème sur les églises sans ferveur…

Lully penseur

22 janvier : Fête de Saint Vincent, diacre martyr, céleste protecteur du diocèse de Viviers et de sa cathédrale (cf. > www).

Martyre :
Rappelez-vous sans cesse que vous êtes disciples d’un Dieu qui a été rejeté, calomnié, trahi, abandonné par les siens, qui a éprouvé la solitude intérieure jusqu’à la déréliction la plus absolue, qui a été écrasé sous le poids du péché, qui a subi – et qui subit encore – l’ingratitude, auquel on a craché au visage, dont on s’est moqué quand Il était gisant dans la boue et les ordures du chemin, et qui est mort en criant : « Mon Père, pourquoi m’avez vous abandonné ! »…
Vous êtes les disciples d’un Dieu qui a clairement dit à ceux qui voudraient Le suivre qu’ils ne seraient pas au-dessus de Lui et qu’ils devraient prendre la Croix à Sa suite.

Bon, alors, quand vous repensez à tout cela, vous n’allez pas me dire qu’il y a de quoi être surpris lorsque vous êtes un tout petit peu incompris, un tout petit peu calomniés, un tout petit peu rejettés… etc.

Tout ce que vous endurez sera toujours bien peu – très peu – en comparaison de ce que votre divin Maître a porté et subi !

Scapulaire Sacré-Coeur

27 & 28 janvier : 1794 – 2014.
Ces jours marquent le deux-cent-vingtième anniversaire de l’exécution d’Antoine-Philippe de la Trémoïlle, Prince de Talmont, décapité à Laval le 27 janvier 1794, et, frappé par une balle à Nuaillé le 28 janvier 1794, de la mort d’Henri de la Rochejaquelein, « l’Achille de la Vendée, le preux par excellence, le brave des braves » (cardinal Pie).

Vous êtes vous demandé ce qui se serait passé si, au nom  de prétendus sentiments chrétiens de paix et de respect des autorités constituées, les héros de la Vendée et de la chouannerie, que nous admirons et dont nous honorons la pieuse mémoire, s’étaient contentés de « manifestations légales » ?

Mars 1793 :
L’assassinat du Roi, la persécution contre les prêtres, les lois jacobines et la levée en masse exaspèrent les populations de nombreuses provinces, spécialement celles du bas Poitou, de l’Anjou, du Maine et de la Bretagne : le ras le bol et la colère en viennent à tel point que, dans les villages, les plus fervents et les plus convaincus vont chercher leurs hobereaux dans leurs gentilhommières, et leur demandent de se mettre à leur tête ; ils les y contraignent parfois.
Finalement, des collectifs « la contre-révolution pour tous » s’organisent.
Des diligences omnibus sont affrétées dans toutes les paroisses du Royaume afin qu’elles convergent vers Paris pour une grande journée de protestation ; les bannières des paroisses sont là ; on voit aussi des échevins et des consuls arborant les insignes de leurs fonctions ; on aperçoit même certains députés de la convention, des Girondins, inquiets de la tournure que pourraient prendre les évènements…

On marchera dans le calme depuis la « place du trône renversé » jusqu’aux Invalides.
Les consignes sont strictes pour prévenir tout débordement qui indisposerait les Jacobins et les Montagnards, de plus en plus sourcilleux et tatillons : ceux-ci n’ont d’ailleurs pas manqué de soudoyer quelques sans-culottes pour infiltrer les rangs de ceux qui battent le pavé parisien dans une ambiance bon enfant, et pour provoquer des incidents qui seront montés en épingle à la tribune de l’assemblée tantôt par Marat, tantôt par Danton, tantôt par Robespierre. 
Pour l’exemple, le comité de salut public a demandé que l’on interpelle et que l’on retienne pendant quelques heures à la Conciergerie quelques « fanatiques » qui ont paru par trop enthousiastes.
Néanmoins Charette, Cathelineau, d’Elbée, Lescure, Stofflet, Frotté, Cadoudal et quelques autres – qui ne veulent surtout pas donner dans la sédition – , se félicitent d’avoir organisé une belle manifestation dont le patriotisme ne peut être remis en question : on y a scandé bien sagement des protestations sur les airs d’un jeune compositeur annonciateur de la nouvelle vague : Beethoven (dont les plus jeunes assurent qu’ « il déchire grââââve »), tout en esquissant des pas de menuet dans la rue.
On laisse à Henri de La Rochejaquelein le soin d’annoncer la satisfaction des organisateurs d’avoir rassemblé un beau nombre de participants : un chiffre très honorable de mécontents… que Saint-Just, à la tribune de la Convention, divisera par dix (cela fera ensuite l’objet d’âpres débats, à la tribune et dans les gazettes, pendant toute la semaine).
Chacun ayant regagné son omnibus, les « dangereux aristocrates » reprennent le chemin de leurs provinces, et se voient déjà, un sourire de satisfaction sur les lèvres, mettre dans l’urne républicaine et démocratique le bulletin de vote le plus conservateur possible par lequel ils pensent continuer cette belle journée de « la contre-révolution pour tous ».
Fin de l’histoire.
Il n’y a pas eu de Vendée, pas eu de chouannerie… pas eu de héros !

Lully chat-chouan

29 janvier : fête de Saint François de Sales.
Son exemplaire douceur évangélique n’avait rien à voir avec des faiblesses de béni oui oui.
A ceux qui me reprochent d’être trop négatif, trop critique, trop peu « tolérant », trop peu « respectueux de toutes les différences », bref ! de manquer de charité, je voudrais rappeler que la Vérité seule a des droits, et que l’erreur n’en a pas.
Dans un monde où les âmes sont mises en danger du fait de la confusion des opinions et de l’inversion des valeurs, comme il est bon de citer Saint François de Sales« C’est charité que de crier au loup quand il est entre les brebis, n’importe où qu’il soit »  (Vie dévote, liv. III, chap. XXIX).

* * * * * * *

Rappel : Neuvaine à l’intention des malades et de tous ceux qui souffrent.
Du 2 au 10 février pour préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes, « journée mondiale des malades ». Et – malheureusement ! – nous avons tous des malades dans notre entourage, nous connaissons tous des personnes qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps…
Pour cette neuvaine, nous vous proposons la prière qui est ici > neuvaine 2-10 février.

Que Dieu vous garde et vous bénisse !

Lully signature

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 31 janvier, 2014 |Commentaires fermés

2014-13. Du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.

Mardi soir 28 janvier 2014,
Fête du Bienheureux Charlemagne.

Fête du Bx Charlemagne

Cathédrale d’Aix-la-Chapelle : fête du Bienheureux Charlemagne – encensement du reliquaire du Chef de l’Empereur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous n’en faisons pas un mystère – et nous en sommes même très fiers ! – , chaque 28 janvier, nous célébrons la fête liturgique du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.
En ce 28 janvier de l’an de grâce 2014, nous marquons cette fête avec d’autant plus de ferveur que c’est le jour exact du douzième centenaire de la mort du grand Souverain.

Malgré l’épouvantable ignorance qui désole nos temps (car les jeunes générations, en particulier, ne savent pas toujours le situer chronologiquement ni même citer quelques grands évènements de son règne), la haute figure du grand Roi Franc domine l’histoire de l’Occident chrétien et rayonne encore aujourd’hui sur l’Europe, puisque certains n’hésitent pas à dire qu’il en est l’un des pères : Pater Europae.

Bien sûr, de modernes historiens – qui voudraient nous faire croire qu’ils sont bien plus au courant de la vie de Charlemagne que ceux qui ont vécu à ses côtés et qui lui ont rendu témoignage ! – , des ecclésiastiques retors et complexés – dont le prurit oecuménique et le souci du dialogue inter-religieux supportent mal l’idée que l’on puisse vouloir étendre le Règne du Christ – , et quelques autres inquisiteurs de la bien-pensance démocratique auxquels la seule idée d’un Royaume chrétien déclenche des éruptions de furoncles, ont mené de véritables campagnes de dénigrement pour salir sa mémoire. 
Et les voilà (eux qui ne sont pourtant habituellement pas très regardants sur le respect de la morale imposée par l’Eglise et se feraient volontiers les chantres de la libération des moeurs) qui décrètent de manière dogmatique (eux, les ennemis du dogme) que l’Empereur aurait été polygame !
Et les voilà (eux, les thuriféraires de la révolution qui voudraient minimiser les épouvantables massacres qu’elle généra, en France et jusqu’au bout de l’Europe) qui dépeignent les guerres contre les Saxons ou contre les mahométans dans des couleurs que seules les démocraties populaires du XXe siècle ont été capables d’appliquer !

Châsse de St Charlemagne

Châsse renfermant la plus grande partie du corps du Bienheureux Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

D’autres plus savants que moi, ont su faire justice de ces accusations : je me contenterai de vous renvoyer, par exemple, à la notice que lui a consacré Dom Guéranger dans sa célèbre « Année liturgique » (ici > 28 janvier, le Bienheureux Charlemagne).

Pour moi, j’ai sorti mes griffes et j’ai poussé un miaulement de (sainte) colère, l’autre jour, en lisant, sur les pages d’un site Internet que je ne nommerai pas (sur lequel sévit un « professeur de religion » à la théologie douteuse), que Charlemagne aurait été « décanonisé » (sic) par l’Eglise Romaine !
Ceux qui, tétanisés par les critiques modernes, se dandinent d’un pied sur l’autre en parlant à demi-mots gênés de la canonisation de Charlemagne, s’empressent généralement d’ajouter, comme pour s’excuser eux-mêmes et pour disculper l’Eglise, que cette canonisation aurait été prononcée par l’antipape Pascal III…
Ce qui est faux !

Si Frédéric Barberousse fut bien le promoteur de la cause de canonisation de Charlemagne, si Frédéric Barberousse soutenait effectivement l’antipape Pascal III, et si Frédéric Barberousse voyait dans cette canonisation un geste d’une grande portée politique en sa faveur, il n’en demeure pas moins que la canonisation de Charlemagne fut accomplie d’une manière tout à fait conforme au droit de l’époque, par des pasteurs légitimes.
En effet, jusqu’à ce moment-là, les canonisations n’étaient pas réservées au Saint-Siège et n’étaient pas accomplies selon les procédures que nous connaissons aujourd’hui (lesquelles ont été définitivement fixées au XVIIIe siècle par le pape Benoît XIV, et ont été ensuite simplifiées à la fin du XXe siècle).

Au XIIe siècle donc encore, comme pendant tous les premiers siècles de la Chrétienté, ce que nous appelons aujourd’hui une « canonisation » consistait en une cérémonie solennelle que l’on appelait souvent « élévation (ou exaltation) des reliques », puisque il y était procédé, par l’évêque du lieu (ou le métropolitain), en reconnaissance de la sainteté d’un personnage et des miracles accomplis sur sa tombe, au placement de ses restes mortels dans une châsse que l’on disposait sur un autel.
Dès lors, ces reliques seraient publiquement honorées et le saint auquel elles avaient appartenu ferait l’objet d’un culte officiel, ce qui était confirmé par la proclamation de la date à laquelle on célébrerait dorénavant sa fête.
A cette époque, il n’y avait pas non plus de disctinction entre « bienheureux » et « saint ».

L’élévation des reliques de Charlemagne eut lieu le 29 décembre 1165, et fut accomplie de manière régulière par l’archevêque Renaud de Dassel, de Cologne, et par l’évêque Alexandre II, de Liège, qui, redisons-le, étaient des évêques légitimes de la Sainte Eglise Catholique Romaine, et qui jouissaient de la pleine autorité pour le faire.
Il est vrai qu’ils reçurent pour cela l’aval d’un décret de l’antipape Pascal III ; mais quand bien même Pascal III eut-il été un pape légitime, son décret n’aurait rien ajouté à la régularité de l’acte accompli.

Reliquaire du bras

Reliquaire du bras du Bienheureux Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

Comme l’a très bien fait observer Dom Guéranger dans la notice qu’il a consacrée au Bienheureux Charlemagne (cf. supra), les contestations ne se firent jour que sous l’influence et en conséquence du poison que l’hérésie protestante distilla dans la Chrétienté… Et le culte séculaire que l’on rendait publiquement à Saint Charlemagne dans de très nombreux diocèses de France et d’Allemagne, s’estompa, perdit en popularité, passa au second plan et, au fur et à mesure des réformes liturgiques de l’époque moderne (un peu selon la technique dite « du voleur chinois »), ne subsista pratiquement plus qu’à Aix-la-Chapelle et dans quelques diocèses voisins.
Mais de « décanonisation », point !

Bien au contraire, au XVIIIe siècle, le pape Benoît XIV (celui-là même qui fixa les règles des béatifications et des canonisations telles qu’elles ont été observées jusqu’au XXe siècle) - grand canoniste et aussi « spécialiste » du culte des saints - , auquel on soumit le cas de Charlemagne, car certains le jugeaient litigieux en raison du soutien apporté par l’antipape Pascal III à sa canonisation, trancha de manière non équivoque : là où ce culte était établi, on ne pouvait ni le blâmer ni l’éradiquer ; et il fut statué très officiellement qu’on pouvait l’honorer et l’invoquer comme « Bienheureux Charlemagne ».
Fin de la contestation.

Je vous propose, bien que les commentaires y soient en langue allemande – que vous ne comprenez sans doute pas tous – , de visionner ce mini reportage qui permet de voir en détail l’admirable buste reliquaire qui contient le chef (c’est-à-dire la tête) du Bienheureux Charlemagne.
A partir de la troisième minute de cette vidéo, vous pourrez apercevoir, le sommet du reliquaire étant soulevé, le crâne du saint Empereur :

Image de prévisualisation YouTube

Et pour terminer, je vous propose enfin d’écouter le « Planctus de obitu Karoli : lamentation sur la mort de Charles », texte remarquable comprenant vingt distiques qui alternent avec un refrain, composé très probablement par un moine de l’abbaye de Bobbio en 814-815, c’est à dire au moment où la nouvelle du trépas du Souverain se répandit à travers l’empire.

Image de prévisualisation YouTube

Dès que je le pourrai, je ferai suivre cet article par un autre qui sera uniquement dédié à des représentations - que j’aime particulièrement – du Bienheureux Charlemagne.

Pour l’heure, prions-le avec ferveur d’intercéder pour l’Europe, pour la France, et spécialement pour l’héritier légitime du Royaume de France.
Déjà, au XVe siècle, c’était le rôle particulier qui lui était assigné dans le Ciel, puisque Sainte Jeanne d’Arc put dire à Charles VII : « Sire, je vous dis que Dieu a pitié de vous, de votre royaume et de votre peuple, car Saint Louis et Saint Charlemagne sont à genoux devant Lui, faisant prière pour vous ».

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Du Bienheureux Charlemagne dans quelques représentations sacrées > www
Les textes liturgiques de la fête de St Charlemagne dans le propre parisien > www

2014-11. De trois réflexions qui paraîtront certainement très incorrectes à certains…

Vendredi 24 janvier 2014.

Grandes armes de France - grille de Versailles

Les grandes armes de France à la grille du château de Versailles

Je voudrais partager avec vous trois réflexions que je me suis faites, et qui sont dans la continuité du triste anniversaire de la mort du Roi-martyr, que nous avons commémorée le 21 janvier (cf. > www).

Fleur de Lys

1 – Mon beau sapin ♪♫♪…

Imagineriez-vous que l’on puisse chanter : « Mon beau sapin, président de la république des forêts, que j’aime ta parure… » ?
Si on le faisait, cela perdrait non seulement toute forme de poésie, mais aussi toute espèce de crédibilité.
Dans la nature, il n’y a pas de « présidence de la république » : d’un animal qui domine par sa force et sa beauté, on dit qu’il est le roi ; d’une fleur qui surpasse les autres par son élégance et son parfum, on dit qu’elle est la reine ; d’un sommet qui culmine au-dessus de toutes les cimes d’un massif, on dit qu’il est le roi…
C’est spontané ! C’est évident ! C’est naturel !
Et deux siècles de lavage de cerveau et de matraquage idéologique, en France, n’ont pas encore réussi à changer cette spontanéité de la dénomination, cette évidence qui ne se discute pas parce qu’elle est universellement comprise, sans effort, naturellement…
Et on tomberait dans le ridicule le plus absolu si l’on se mettait à dire que la rose est la présidente de la république des fleurs, que le lion est le président de la république des animaux, que le Mont Mézenc est le président de la république des sucs des Boutières !
Alors pourquoi ce qui est ridicule dans l’ordre naturel, n’apparaît-il pas aussi à tous comme également ridicule dans l’ordre politique ?

Fleur de Lys

2 – Jeux d’enfants :

Avez-vous aussi remarqué que l’idée royale appartient à la nature humaine la plus saine et la plus spontanée ?
Cela se vérifie par exemple au niveau des jeux des enfants : dans leurs jeux, en effet, il y a des rois, des reines, des princes et des princesses. Cela les fait rêver et les porte à imaginer des prouesses, des actions héroïques, de belles choses…
A ma connaissance, les enfants ne jouent pas au président de la république, et les petites filles n’ont guère envie de s’identifier à une concubine !

Voyez par exemple le si sympathique Babar : enlevez lui sa délicate couronne royale ; faites-en un président, flanqué de l’hyper-pachydermique et inélégante lourdeur des prétendues « institutions » de la république ; remettez en cause son pouvoir tous les quatre ou cinq ans… Vous verrez alors que le bon roi qui règne à Célesteville perdra aussitôt toute espèce d’intérêt aux yeux de nos chérubins !

Ainsi encore des contes qui façonnent notre conscience et notre imaginaire depuis la plus tendre enfance : remplacez-y les rois par des présidents démocratiquement élus, et les princesses par des femmes ministres ou députés, et ce sera la fin de la littérature enfantine la plus belle, et – aujourd’hui encore – la plus prisée.

Ce qui est vrai des jeux des enfants et des contes, l’est à un degré bien plus cruel et réaliste dans la société des personnes adultes : qui peut rêver de prouesses, d’héroïsme, de magninimité, de grandeur, de noblesse de coeur, d’esprit chevaleresque et de belles réalisations, en aspirant à être « président élu » ?

Fleur de Lys

3 – Cohérence républicaine ?

Comment les hommes de l’actuelle république peuvent-ils réclamer, au nom de la justice et des « droits de l’homme », la restitution des oeuvres d’art volées aux Israëlites par les Allemands sous le troisième reich, alors qu’ils n’imaginent pas un seul instant qu’il serait cohérent (et exemplaire) de restituer semblablement :
- en France même, les bâtiments (cathédrales, églises, abbayes, évêchés, couvents, presbytères… ), les objets du culte (tableaux, sculptures, pièces d’orfévrerie, reliquaires…), ou instruments de formation intellectuelle et spirituelle (par exemple les bibliothèques), qui ont été volés à l’Eglise, au nom d’une idéologie qui a inventé toutes les méthodes de répression et d’extermination que le troisième reich ne fera que lui emprunter et développer…
- dans toute l’Europe, et au-delà (dans ces terres qui sont aujourd’hui la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Cité du Vatican, la Grèce et l’Egypte…), toutes les oeuvres d’art et monuments de la civilisation dont les guerres de la révolution, de la république et de l’empire ont fourni l’occasion d’un pillage planifié et ordonné, et qui remplissent aujourd’hui nombre de musées français ?

Lully défenseur de la couronne

12345...13

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi