Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2014-84. « Gustave Thibon – La leçon du silence »

Nous nous sommes grandement réjouis de la publication d’un nouvel ouvrage consacré à Gustave Thibon
Sorti des presses en mai 2014, cet ouvrage, paru chez Desclée de Brouwer, est l’oeuvre de Monsieur Raphaël Debailiac, dont j’avoue ne rien connaître d’autre que les quelques mots de présentation qui figurent en quatrième de couverture : « Raphaël Debailiac est diplomé de la Sorbonne en philosophie et histoire ». On peut difficilement faire plus succinct comme biographie d’auteur.
Quoi qu’il en soit, Frère Maximilien-Marie et moi-même trouvons un  très vif intérêt à la lecture de ce livre qui étudie et met en lumière, analyse et actualise la pensée de Gustave Thibon : une pensée à contre-courant des conformismes contemporains (et même des conformismes des milieux « bien pensants »), une pensée qui dérange bien souvent, une pensée qui force à rentrer en soi-même pour faire le point en face de la Vérité…
Je n’en rajouterai pas davantage : simplement, ci-dessous, j’ai sélectionné trois présentations de cet ouvrage que je vous recommande et dans lequel je vous souhaite de trouver autant de délices que nous en avons à le lire et à le méditer au Mesnil-Marie.

Lully.  

Thibon-la-leçon-du-silence

En quatrième de couverture :

Loin de l’image grossière du paysan lettré conservateur, Gustave Thibon est un de nos penseurs profonds et dérangeants. Certainement parce qu’il a le souci des sommets. Le plus souvent sous forme d’aphorismes, il renverse les catégories entendues à coup de paradoxes, démasque les apparences, quitte à offenser l’hédonisme et l’individualisme de nos sociétés modernes. Tout à la fois véritable biographie intellectuelle et heureuse anthologie, cet ouvrage à l’écriture incisive ne se contente pas d’exposer une pensée mais réveille l’âme et la revigore. 
Parcourant les thèmes chers à Thibon, Raphaël Debailiac dégage les traits d’une personnalité animée par le souci de la vérité et ce, jusque dans l’épreuve de la nuit de la foi. Il offre ici un essai engagé, enraciné dans la pensée de Gustave Thibon.

* * * * * * *

D’ Élisabeth Caillemer dans « Famille Chrétienne » :

«Gustave Thibon sent le soufre. C’est généralement bon signe en une époque où toute pensée vigoureuse est suspecte. » On se régale dès les premières lignes de cet ouvrage décapant que Raphaël Debailiac consacre au penseur chrétien mort en janvier 2001. Dans un style savoureux, parfaitement maîtrisé et agrémenté de phrases délicieusement corrosives, l’auteur nous guide à travers la pensée lumineuse de Thibon dont il souligne l’étonnante actualité. Un exemple ? « Puissamment aidés dans leur œuvre de séparation et de mort par les facilités de la technique, les mythes libéraux, matérialistes et démocratiques ont eu pour effet d’arracher l’individu aux grandes continuités cosmiques et sociales (le sol, le métier, la famille, la patrie…) qui sont les cadres normaux de sa vie intérieure et de son activité, en bref de réduire l’homme à lui-même. »

Les familiers du philosophe ne pourront qu’apprécier cette anthologie dense et revigorante. Les néophytes en sortiront secoués, grandis. Une invitation à lire ou relire l’œuvre de celui qui se qualifiait d’« anarchiste conservateur ».

* * * * * * *

Sans nom d’auteur, sur le blogue « Chemin d’amour vers le Père » :

Ce livre bienvenu parce que particulièrement bien accordé à notre temps, s’ouvre sur une biographie courte et concise de Gustave Thibon. L’on y retrouve ces noms familiers qui ont jalonné son existence : Jaques Maritain, Jean de Fabrègues, Gabriel Marcel, Simone Weil, Jacques Loew… sans oublier Mère Marie-Thérèse (au carmel d’Avignon) dont la rencontre fut si déterminante en ses jeunes années. Et tellement présents dans sa vie aussi, les coups frappés à coups redoublés à sa porte par la mort, qui emporta si tôt ses deux premières épouses, et Yvette bien des années plus tard (« Seuls les morts savent aimer : j’apprends cela à mesure que la mort pénètre en moi » écrira-t-il dans l’Ignorance étoilée en 1974). Et c’est donc à pas feutrés que nous sommes invités à entrer dans ce jardin anthologique, cultivé par thèmes avec grande maîtrise, par l’auteur qui nous invite à une promenade aussi instructive que revigorante.
Rédigé d’une plume alerte, et dans un style que l’on croirait emprunté à Gustave Thibon lui-même, mordant, décapant même, ce livre pourrait se déguster d’un trait si l’esprit n’était sans cesse ramené à la réflexion par les nombreuses citations, fort bien choisies, extraites de la riche bibliographie de l’auteur (elle est donnée en fin d’ouvrage). De toute évidence, Raphaël Debailiac aime Thibon, connaît le philosophe et son oeuvre, et adhère à sa pensée. Les commentaires, forts, puissants, sans concession ni compromis, qui présentent et encadrent ces citations, les mettent remarquablement en valeur, et étoffent la réflexion par la justesse de leur analyse. Le regard de l’auteur sur notre monde rejoint celui de Gustave Thibon : aucun fatalisme, pas de « désenchantement » ; seuls la lucidité et la quête de la vérité éternelle servent de fil conducteur à l’ensemble du livre. Ainsi que l’écrivait Thibon dans L’Échelle de Jacob : « Les vérités suprêmes manquent d’arguments. Elles savent se donner, elles ne savent pas plaider leur cause. Nos certitudes les plus intimes, les plus nourricières sont aussi les plus vulnérables sur le terrain dialectique. Les défendre, c’est déjà les trahir. Leur innocence, leur fraîcheur, leur magnétisme divins étouffent sous la cuirasse des arguments. » Ici donc pas de longues argumentations, pas de raisonnements soutenus pour défendre tel ou tel point de vue. Un seul regard, aussi juste que peut l’être le regard humain, en lequel se rejoignent les deux écrivains, regard intense posé sur le monde et les hommes, qui effleure, pénètre, ausculte, et dégage avec clairvoyance les ressorts cachés qui animent sa pensée…

Les familiers de Gustave Thibon se réjouiront de retrouver en ce livre si bien construit et si riche, le philosophe lucide et sans concession, et son inlassable quête de Dieu et de l’éternité en l’homme, et ceux qui viendraient ici à le découvrir seront certainement ravis de voir à quel point ces écrits en lesquels une profonde sagesse sourd derrière leur façade parfois cruelle, demeurent d’une frappante actualité.

* * * * * * *

Autres publications consacrées à Gustave Thibon dans les pages de ce blogue :
– « In memoriam : Gustave Thibon » (2008) > www
– « Gustave Thibon : dix ans déjà ! » (2011) > www
– « Eloignement et connaissance » (extrait de « Retour au réel ») > www
– Le message de ND de La Salette au monde paysan > www
– « Le goût de l’aliment éternel » > www
– « Libertés » (extrait de « Diagnostics ») > www
– « Eglise et politique » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www
– Le sport dans la société moderne > www
– « Vertu c’espérance et optimisme » (in « l’Equilibre et l’harmonie »)> www
– Critique de la « démocratie » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www

2014-80. « La pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».

Vendredi soir 8 août 2014,
fête de Saint Jean-Marie Vianney.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous savez tous, je pense, que Saint Jean-Marie Vianney, dont nous avons célébré aujourd’hui la fête, et qui vivait lui-même dans une très grande austérité et pauvreté, veillait toujours à ce que les objets et ornements destinés au culte divin soient les plus beaux et les plus riches possibles.
Saint François d’Assise lui-même, modèle de pauvreté s’il en est, aurait eu cette sentence qui ne laisse pas de place à l’ambigüité : « La pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».

Cela me hérisse donc le poil lorsque des ecclésiastiques s’imaginant être des disciples de Saint François, par ce qui pourrait bien n’être qu’une forme très subtile de l’orgueil voilé sous les oripeaux d’une tapageuse humilité, après avoir dépouillé le sanctuaire, s’exhibent dans des ornements sacerdotaux que l’on croirait taillés dans des tissus bon marché, sans tenue et sans art…

Notre Frère Maximilien-Marie, qui, lorsqu’il se rend à quelque activité extérieure au Mesnil-Marie, emporte toujours un petit appareil photo afin de me faire un compte-rendu par l’image, m’a rapporté hier cette photographie d’un très bel autel en bois doré qu’il a pu admirer dans l’église d’un village du Velay.

Autel XVIIe siècle

Il fut un temps où, jusque dans des campagnes reculées et relativement pauvres, les fidèles s’efforçaient d’avoir dans leurs églises de splendides autels, pour magnifier et exalter le Saint-Sacrifice, et dont le tabernacle, orné et bien mis en valeur, proclamait la gloire du Très Saint-Sacrement
… et puis est venu le temps où, dans le meilleur des cas, ces splendides autels ont été relégués dans quelque chapelle latérale.

C’est ce qui s’est justement passé dans cette église-ci ; mais je pourrais vous citer un certain nombre – un  trop grand nombre ! – de lieux où les anciens autels ont été découpés, démembrés, dépecés, mutilés, démolis, voire vendus, afin de laisser place à des « tables » ou à des « cubes » (c’est « furieusement tendance », les cubes !), plus ou moins « design », plus ou moins en accord avec le style de l’église, plus ou moins ornés : oeuvres – selon les cas, et surtout selon les finances de la paroisse – tantôt d’un artisan local, tantôt d’un « artiste contemporain » plus ou moins autoproclamé.

Ce que je constate aussi, c’est que, bien souvent, pour « faire pauvre », ces ecclésiastiques n’hésitent pas à payer des sommes d’autant plus élevées que le résultat sera plus dépouillé et plus… moche.
Ne soyons pas dupes : dans l’Eglise, l’apparence de pauvreté a un prix ; un prix que les vrais pauvres seraient bien incapables de payer, eux pour lesquels, aux siècles de foi, l’apparente richesse des églises était une fierté légitime, une consolation et une joie !

Quant aux tabernacles, « on » a – semble-t-il – tout fait pour leur ôter ce qui exprimait la gloire et le triomphe de la Sainte Eucharistie, et tout ce qui proclamait la foi catholique dans la Présence Réelle du Fils de Dieu notre Roi, pour les réduire à des espèces de « boites », les plus discrètes possibles.
Un peu comme si ce clergé-là était démangé par un zèle ardent à humilier et à faire oublier son Dieu !

Comme je parlais de toutes ces choses avec Frère Maximilien-Marie, il a poussé un grand soupir avant de s’épancher :
« Tu vois, mon Lully, les choses en sont au point où lorsque je visite une église, j’en viens à angoisser à l’avance au sujet de ce que je vais y trouver.
J’en ai vraiment marre de constater le délaissement et la saleté dans lesquels beaucoup d’entre elles sont laissées.
J’en ai vraiment marre, au moment où j’en franchis le seuil, d’être agressé par cette multiplication d’affiches toutes plus laides et toutes plus stupides les unes que les autres.
J’en ai vraiment marre de constater partout le saccage quasi irréparable qui a été perpétré dans les années qui ont suivi le concile vaticandeux : saccage artistique et patrimonial, à la mesure du saccage spirituel et doctrinal par lequel on a malmené les fidèles.
J’en ai vraiment marre de constater que la bêtise, l’inculture, et l’outrecuidante fatuité d’un clergé inodore, incolore et sans saveur, sont peut-être ce qui donne la plus exacte idée de l’infini !

Et l’on voudrait que j’aime ce que l’on a fallacieusement et pompeusement nommé « réforme liturgique » ? »

Que pouvais-je ajouter à cela ?

Lully.

pattes de chat - frise

Voir aussi :
- La B.D. consacrée au thème de l’autel > www
- l’autel contemporain de la cathédrale de Viviers > www
- le texte de Mgr. A. Schneider sur l’autel et le tabernacle > www

2014-70. De quelques pertinentes – et parfois aussi impertinentes – réflexions félines à la date du 15 juillet.

15 juillet,
fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur Jésus-Christ ;
fête de Saint Henri Ier, empereur ;
fête de Saint Vladimir Ier de Kiev, « égal aux Apôtres »…

Et aussi, en cette année 2014, le 220ème anniversaire du martyre de l’abbé Claude Breysse : prêtre réfractaire, curé de La Chapelle-Grailhouse – dans le diocèse de Viviers – , il continua clandestinement son ministère dans sa paroisse, mais, finalement arrêté, il fut guillotiné à Privas, en haine de la foi, le 15 juillet 1794.

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous aimons bien la date du 15 juillet : en tête de cette chronique, j’ai noté les célébrations qui se rattachent à ce jour, auxquelles il faut encore ajouter pour notre Frère Maximilien-Marie l’anniversaire de son baptême, anniversaire qu’il célèbre avec grande ferveur et action de grâces.

A – Anniversaire de baptême :

Tout chrétien devrait célébrer avec beaucoup plus d’éclat et de joie que celui de sa naissance charnelle, l’anniversaire de son baptême, puisque c’est le jour où il a reçu la vie spirituelle en étant incorporé au Christ notre Sauveur et en devenant le temple vivant de l’adorable Trinité.

Fort peu de fidèles savent que la Sainte Eglise accorde à cette occasion, pour chaque fidèle qui remplit les conditions habituelles précisées par le droit, une indulgence plénière : « Plenaria indulgentia conceditur christifideli qui, in celebratione Vigiliae Paschalis vel die anniversario sui batptismatis, vota baptismalia qualibet formula legitime adprobata renovaverit : une indulgence plénière est accordée au fidèle qui dans la célébration de la Vigile pascale ou le jour anniversaire de son baptême, renouvelle les promesses du baptême selon une formule légitimement approuvée » (Enchiridion Indulgentiarum quarto editur [1999] ; Normae et concessiones – Aliae concessiones – « 28 : Professio fidei et actus virtutum theologalium », § 1).

Permettez-moi donc de vous poser ces questions :
Connaissez-vous la date de votre baptême ? La célébrez-vous ? Vous arrive-t-il de vous rendre en pèlerinage – car c’est bien le mot qui convient – aux fonts baptismaux dans lesquels vous avez été régénéré et qui demeurent le lieu où s’est ouverte pour vous la source vive du salut ?

En cette année 2014, année du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis, il est une leçon importante que nous recevons de notre saint Roi : il ne signait jamais que « Louis de Poissy », parce que c’est dans la collégiale de Poissy qu’il avait été baptisé le 25 avril 1214, et qu’il considérait – avec justesse – que la filiation divine qui lui avait alors été conférée était le premier et le plus important de tous ses titres.
On connaît d’ailleurs de manière certaine la date du baptême de Saint Louis, alors que les historiens ne possèdent pas de document certain donnant la date de sa naissance : celle-ci est déduite de la date de son baptême, en supposant qu’il a été baptisé le jour même de cette naissance.

Les fonts baptismaux de Saint Louis à la collégiale de Poissy

Fonts baptismaux sur lesquels Saint Louis fut baptisé le 25 avril 1214
(Collégiale de Poissy)

B – La fête liturgique du Saint Sépulcre :

Le 15 juillet, certains calendriers particuliers, célèbrent la fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur : à Jérusalem même, on célèbre la fête de la dédicace de la basilique du Saint Sépulcre.

Du 15 août au 18 octobre de l’an 1009, les sanctuaires édifiés par Sainte Hélène et Saint Constantin sur les lieux de la Crucifixion et de la Résurrection de Notre-Seigneur, et qui avaient subsistés jusqu’à cette date malgré plusieurs incendies et les outrages des siècles, furent détruits sur l’ordre du calife fatimide chiite Al-Hakim.
Cet ensemble de bâtiments splendides consistait 1) en un atrium entourant le rocher du Calvaire dégagé, 2) en une basilique : la basilique de l’Anastasis (c’est-à dire de la Résurrection, en Grec), et 3) en une rotonde au centre de laquelle se trouvait un édicule enfermant le tombeau de Notre-Seigneur que l’on avait non pas déplacé mais dégagé du rocher dans lequel il était originellement creusé.
Cette destruction, on s’en doute, souleva une grande émotion dans toute la Chrétienté d’Orient et d’Occident.

Après la mort d’Al-Hakim, qui avait déclenché une cruelle persécution contre les chrétiens, ses successeurs se montrèrent moins sectaires et les pèlerinages purent reprendre, timidement.
Les empereurs de Constantinople firent preuve de diplomatie et oeuvrèrent pour la reconstruction du sanctuaire : néanmoins il fut impossible de relever la totalité des constructions constantiniennes, et les architectes byzantins durent se contenter de reconstruire une basilique réduite de moitié, décalée par rapport au plan originel puisque désormais elle englobait la rotonde du Saint Sépulcre.

Une soixantaine d’années plus tard, le 15 juillet 1099, lorsqu’ils s’emparèrent de Jérusalem, les croisés trouvèrent cette nouvelle basilique inachevée, et ils en feront poursuivre les travaux.
Cinquante ans plus tard, le 15 juillet 1149, la dédicace put en être célébrée.

Cet anniversaire de la consécration de la basilique du Saint Sépulcre le 15 juillet est donc aussi devenu, dans plusieurs Ordres religieux, une fête de dévotion célébrant le mystère de l’humilation du Christ endormi dans la mort, dont le corps a été déposé sur la pierre du tombeau dans l’espérance de la Résurrection, tandis que son âme descendait aux enfers.
Certains liturgistes de tendance rationaliste voient dans cette fête un « doublet » avec le Samedi Saint ; mais nous nous trouvons ici dans le même cas que les fêtes du Très Saint-Sacrement, du Sacré-Coeur ou du Très Précieux Sang : ces « doublets » constituent en réalité un approfondissement et une mise en valeur qui ne sont pas vraiment possibles de la même manière lors des célébrations si denses du Triduum Pascal.

Edicule du Saint Sépulcre

Jérusalem : l’édicule du Saint-Sépulcre au centre de la rotonde de la basilique de l’Anastasis
(photo prise depuis la coupole pendant la cérémonie du feu sacré, le Samedi Saint)

C – A propos du 14 juillet :

Si nous sommes aujourd’hui le 15 juillet, c’est, de toute évidence, qu’hier était… le 14 juillet !
Ceci est une lapalissade, je vous l’accorde, mais cela fera au moins une vérité – fut-elle une évidence ! – dans le concert de mensonges et d’erreurs véhiculés au sujet du 14 juillet.

Car, en France, il se trouve que le 14 juillet est vraisemblablement le jour où, plus que tout autre jour (plus encore que le 1er avril où au moins l’humour cherche à y présider), on peut entendre ou lire le moins de vérités, tellement il s’y dit de stupidités, de contre-vérités et de mensonges officiels : mensonges dans les propos tenus par les politiques en place, mensonges historiques indéfiniment ressassés, mensonges sur la réalité des « institutions » actuelles… etc.
Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes – n’est-ce pas ? – puisque, en même temps qu’ « on » continue à prendre les Français pour des imbéciles et qu’ « on » les poignarde dans le dos – « on » actionne les ressorts des réjouissances populaires, du sentimentalisme et du « patriotisme » (détourné de son objet propre au profit de l’idéologie) : « Ah ! le beau défilé ! » (sous-entendu : puisque j’ai été ému de voir tel parent ou telle connaissance en bel uniforme descendre les Champs Elysées, ou plus simplement défiler ici ou là).

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet de cette pseudo « fête nationale » et de son caractère monstrueux (voir ici > www), et je ne veux pas me répéter.
Néanmoins, aux naïfs qui croient que la révolution est une bonne chose au cours de laquelle se sont produits des dérapages regrettables que l’on appelle « massacres de septembre » et « terreur » qui ne sauraient faire oublier la beauté et la noblesse (sic) des idéaux originels, je veux faire aujourd’hui remarquer que la terreur a en réalité commencé le
 jour où, outrepassant son mandat, la partie la plus prétentieuse des députés aux Etats-Généraux a décrété, contrairement à la vérité la plus évidente, qu’il n’y avait pas de constitution en France, et que – défiant le pouvoir royal – elle formerait désormais une « assemblée constituante » : à partir de ce moment-là, où l’ordre naturel, les autorités légitimes et les lois organiques qui avaient fait la grandeur du Royaume ont vacillé en face des « grandes gueules », la crainte et l’intimidation sont devenues les deux seuls leviers de la vie politique et sociale, en France.
L’intimidation a pu à certains moment prendre les formes les plus sanglantes dans l’expression de la subversion, mais c’est une erreur de limiter l’appelation « terreur » aux seuls épisodes sanglants : ils ne sont en effet que la partie émergée de l’iceberg.

En France, la république, c’est la révolution terroriste élevée à l’état d’ « institution » ; c’est la révolution terroriste en oeuvre de façon continue.
La république est terroriste par nature, terroriste dans son essence, terroriste dans toute sa façon d’être et d’agir…

Et après cela, nos « bons » élus viennent régulièrement (c’est un serpent de mer) nous parler, la bouche en coeur, de « moralisation de la vie politique » et utilisent les mots « citoyen » et « républicain » comme des synonymes de l’adjectif « vertueux ».
Autant dessiner des cercles carrés !
Car la république française est mensonge, mensonge dans son essence même : elle est fille du crime, elle est fille du vol. Je ne parle pas seulement de ses innombrables vols matériels (pudiquement appelés biens nationaux ou aujourd’hui, par exemple, « forêts domaniales »), mais je veux dénoncer plus encore les vols sémantiques et intellectuels par lesquels elle a détourné le sens des mots, détourné la Vérité concernant l’homme, sa fin et ses devoirs…
Peut-elle enfanter indéfiniment autre chose que des mensonges ?

si tu ne vas pas à la république...

En guise de conclusion, voici, une fois de plus une citation de notre cher Gustave Thibon :
« Qu’on ne s’y trompe pas : plus un peuple a été bercé d’illusions et plongé dans la vie facile, plus l’élite doit mener une vie austère et sacrifiée, ainsi seulement elle pourra désarmer l’envie, susciter la confiance et amorcer par son exemple une nouvelle discipline et un relèvement des moeurs. C’est par la tête que les sociétés tombent malades et c’est aussi par la tête qu’elles guérissent ».
Comme je le notais en tête de ma chronique de ce jour, le 15 juillet nous offre encore les exemples de Saint Henri, empereur, ou de Saint Vladimir, prince de Kiev ; j’ai aussi rappelé notre grand et magnifique Saint Louis, en cette année du huitième centenaire de sa naissance…
Fasse le Ciel que nous soient bientôt, très bientôt, donnés ces chefs – dans l’ordre spirituel comme dans l’ordre temporel – , dont la vie authentiquement vertueuse, « austère et sacrifiée », permettra la guérison et le relèvement de ce monde malade, de notre France malade, et de notre Eglise malade !

pattes de chat Lully.

frise lys

Voir aussi :
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > www
- L’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française > www

2014-67. « Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Jeudi 3 juillet 2014.

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues 1er dit Capet, le 3 juillet 987.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 3 juillet 987, dans la cathédrale de Noyon (selon la date et le lieu le plus communément admis), Hugues 1er dit Capet fut sacré roi de France. 
Il succédait au dernier souverain carolingien, Louis V, dont il était un parent, mais pas le plus proche. Cette accession au trône, il la devait essentiellement à l’archevêque Adalbéron de Reims et à son secrétaire, le moine Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

La dynastie capétienne a présidé aux destinées de la France – et de l’Europe – pendant des siècles glorieux.
Les descendants d’Hugues Capet n’ont pas seulement régné sur la France, mais aussi en Espagne, au Portugal, au Brésil, à Naples, à Parme, au Luxembourg ainsi que, si l’on compte la descendance par les femmes, dans presque tous les royaumes européens qui ont existé et qui existent encore…

C’est ainsi que, mille-vingt-sept ans après l’accession d’Hugues Capet au trône de France, huit-cent ans après la naissance de Saint Louis, quatre-cent-vingt ans après le couronnement d’Henri IV et trois-cent-soixante ans après celui de Louis XIV, un descendant de tous ces souverains français vient, le 19 juin dernier, de monter sur le trône d’Espagne.
Trois-cent-quatorze ans après le petit-fils de Louis XIV, devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V - et dont il est un descendant direct en ligne agnatique – , voici le roi Philippe VI.

Philippe duc d'Anjou proclamé roi d'Espagne par son grand'père Louis XIV

16 novembre 1700 : « Messieurs, voici le roi d’Espagne »
par ces mots le roi Louis XIV annonce à la cour de Versailles qu’il a accepté le testament de Charles II d’Espagne,
et que son petit-fils, Philippe duc d’Anjou, accède au trône d’Espagne sous le nom de Philippe V.

A son petit-fils de dix-sept ans qui partait prendre possession du trône d’Espagne, le Grand Roi remit un mémoire dans lequel étaient consignées trente-trois instructions sur le métier de roi.
Ce soir, je vous en livre trois extraits :
« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu.
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire.
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Trois-cent-quatorze ans plus tard, je ne pense pas que ces instructions soient dépassées ou qu’on puisse dire qu’elles sont tombées en désuétude, puisque, selon les Saintes Ecritures, qui nous enseignent des vérités éternelles, « omnis potestas a Deo : tout pouvoir vient de Dieu » ; ce qui est la condamnation sans appel du faux principe qui prétend que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ; nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » (déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789).

Cela étant rappelé, je vous invite à regarder quelques photographies.

En voici tout d’abord trois qui ont été prises le 22 novembre 1975 lorsque Sa Majesté le Roi Jean-Charles 1er a prêté serment devant les Cortes :

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (1)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (2)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (3)

Sur ces trois photos, on voit très bien que, à côté de la couronne et du sceptre, avait été placé un Crucifix d’argent, ce qui ne nécessite finalement aucune exégèse.
Sur les deux dernières, on remarque la présence d’un évêque : le concordat de 1953 (en vigueur jusqu’en 1979) donnait en effet une place prépondérante à l’Eglise catholique dans les institutions espagnoles ; il s’agissait bien alors véritablement d’une monarchie catholique.

Voici maintenant trois clichés pris le 19 juin dernier lors de la prestation de serment de Sa Majesté le Roi Philippe VI :

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (1)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (2)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (3)

Moins de quarante plus tard, le Saint Crucifix a disparu et il n’y a plus de prélat auprès du nouveau souverain : la cérémonie a été volontairement et très strictement « laïque ».
Aucune bénédiction de l’Eglise n’est venue accompagner l’accession au trône du descendant de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV et de Philippe V auquel son aïeul avait recommandé – je me répète, mais c’est intentionnel – :

« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu. 
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire. 
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Je ne peux m’empêcher de penser que le règne du roi Jean-Charles 1er a accompli, années après années, une sorte d’apostasie pour la royauté espagnole…
Mais le pis est sans doute que, de nos jours, les hommes d’Eglise ont eux aussi – dans leur grande majorité – apostasié la doctrine de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et professent, pour ce qui concerne la place du catholicisme dans la société, des théories expressément et solennellement condamnées par les papes Grégoire XVI, Pie IX et saint Pie X.

Me reviennent alors à la mémoire les paroles du vénéré cardinal Pie à l’adresse de Napoléon III :
« Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Lully.                          

Sacré-Coeur Roi

2014-62. Pourquoi un « bon chrétien » opposerait-il l’assistance à la messe à la pratique de la charité ?

Jeudi 26 juin 2014,
Octave de la fête du Saint-Sacrement
et veille de la fête du Sacré-Coeur.

Simon Vouet la Charité (vers 1640 - Louvre)

La Charité, allégorie peinte par Simon Vouet (vers 1640)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

L’un de ses amis a fait parvenir à Frère Maximilien-Marie un article de « Témoignage chrétien » dans lequel Madame Christine Pedotti, qui est la rédactrice en chef de la sus-dite revue, prétend que « le bon chrétien ne va pas à la messe, il accueille les immigrés ».
Cet ami écrivait : « (…) sur le fond, cette question entre ceux qui adorent Dieu et assistent à tous les offices mais ne manifestent jamais cet amour aux hommes (à tous les hommes), et ceux qui sont des pratiquants plus ou moins réguliers mais s’investissent concrètement envers leur prochain, m’interpelle depuis longtemps. Je serais heureux de recueillir votre avis personnel sur ce « fragile équilibre » qui, me semble-t-il, ne va pas de soi et pour lequel j’en appelle souvent au discernement de l’Esprit-Saint ».

L’une de mes premières réactions, en lisant l’affirmation de Madame Pedotti, eût plutôt été de type polémique ad hominem (en l’occurence ad feminam !) et de demander à cette dame – qui jouit, je crois, d’un assez bon niveau de vie – combien d’immigrés elle accueille de manière habituelle – voire permanente – dans sa propre maison et à sa table (et même si elle l’a déjà fait).
Ensuite, j’eusse eu envie de lui poser la question : « Vous arrive-t-il souvent, chère Madame, d’être empêchée de vous rendre à la messe le dimanche dans votre paroisse, parce que justement dans le quartier où vous habitez il y a, ce matin-là précisément et exactement à l’heure où l’office va commencer, un afflux soudain d’immigrés ? »

Nous nous trouvons ici, une fois encore, devant une manière singulièrement réductrice – simpliste et provocante, selon l’habitude de ces « intellectuels » progressouillards et modernichonsde mettre en complète opposition la pratique religieuse et les oeuvres de bienfaisance.

Il m’a donc semblé judicieux de vous recopier ci-dessous, chers Amis, les éléments de réponse et de réflexion donnés par notre Frère à son ami.
Les voici…

1) Pourquoi la « pratique religieuse » et ce qu’on appelait jadis les « oeuvres de miséricorde » s’excluraient elles l’une l’autre ?

2) Les commandements de Dieu ne sont pas exclusifs l’un de l’autre : celui qui aime Dieu doit mettre en oeuvre TOUS Ses commandements.
Celui qui n’en pratique que certains (selons des critères de sélection absolument subjectifs) n’aime pas Dieu en vérité puisqu’il place sa volonté personnelle et ses choix au-dessus de la volonté de Dieu clairement exprimée : « Or ce qui nous assure que nous Le connaissons, c’est si nous gardons Ses commandements. Celui qui dit Le connaître et ne garde pas Ses commandements est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jean II, 3-4).

3) Or le premier de tous les commandements nous demande d’aimer Dieu par dessus tout – et donc avant les hommes – et ensuite, en conséquence de notre amour pour Dieu, il nous est demandé d’aimer notre prochain pour l’amour de Dieu.
Le troisième précepte du décalogue, avant les commandements relatifs au prochain, nous prescrit aussi de sanctifier le jour du Seigneur ; et la Sainte Eglise, par l’autorité du Saint-Esprit, a précisé la chose en nous expliquant que la sanctification du dimanche nous impose d’assister à la Sainte Messe ce jour-là (premier commandement de l’Eglise).
Quant à nos devoirs de charité envers nos frères, tels qu’ils sont en particulier présentés par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans Son fameux enseignement à propos du jugement dernier (« J’avais faim et vous M’avez donné à manger, soif et vous M’avez donné à boire ; J’étais nu et vous M’avez vêtu, étranger et vous M’avez accueilli… etc. » – cf. Matthieu XXV, 31-46), je n’ai point lu dans le Saint Evangile qu’ils nous dispensaient de mettre en oeuvre les trois premiers préceptes du décalogue.

4) La force de pratiquer la charité envers les hommes, par les oeuvres de miséricorde, où la puisons-nous, sinon en Dieu ?
Et qu’est ce qui nous permet de recevoir la force, les grâces et la vie même de Dieu sinon les sacrements, qui nous sont dispensés dans la liturgie de l’Eglise ?

5) Disons-le clairement, ceux qui opposent les choses les unes aux autres ont généralement abandonné au moins une partie de la vérité révélée :
– soit ces progressistes, dont « Témoignage chrétien » est l’organe fossile, qui ne croient ni à la grâce, ni à la vie surnaturelle, ni aux sacrements, pour lesquels la messe consiste en un « partage fraternel » et en une « célébration de leur vécu », mais qui n’ont plus rien de catholique (leur pseudo religion n’étant qu’un horizontalisme borné)…
– soit des « tradis » momifiés, pour lesquels toute la religion se concentre uniquement dans l’assistance très formelle à des cérémonies et dans des idées conservatrices dont la charité concrète est absente, ce qui n’est pas davantage catholique…
La vie de prière ne peut en aucune manière être une façon de se « débarrasser » des oeuvres de miséricorde, tout comme le soin donné aux autres ne peut en aucune manière être une façon de se « débarrasser » du devoir prioritaire de rendre un culte à Dieu et de sanctifier le dimanche !

6) In medio stat virtus !
Il y a une troisième voie, et – Dieu merci ! – nous connaissons des catholiques qui s’efforcent d’avancer par elle ; nous connaissons des fidèles qui vivent (en s’appliquant de leur mieux, malgré leurs faiblesses et leurs péchés, dont ils sont conscients mais contre lesquels ils luttent) en cherchant à observer TOUS les commandements sans faire de sélection entre eux : ceux qui prescrivent comment il convient d’aimer et d’honorer Dieu, et ceux qui prescrivent comment on met en oeuvre la charité envers nos frères, pour l’amour de Dieu !

7) Si les oeuvres de bienfaisance ne sont pas alimentées par la foi et par la vie surnaturelle, que l’on puise dans les sacrements, elles ne procèdent pas de la véritable charité : elles ne sont que des actions humaines sans AUCUN MERITE SURNATUREL.
Et si la foi et la pratique religieuse sont sans effets concrets envers notre prochain, par la pratique de ce que la tradition chrétienne nomme « les oeuvres de miséricorde », elles tombent sous le coup de la condamnation sans appel formulée par Saint Jacques dans son épître : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? Est-ce que la foi pourra le sauver ? Si un de vos frères ou une de vos soeurs sont nus, et s’ils manquent de la nourriture de chaque jour, et qu’un de vous leur dise : « Allez en paix, réchauffez-vous et rassasiez-vous ! » sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela leur servira-t-il ? Ainsi la foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14-17).

8) Il faut insister sur le fait que le chrétien n’aime pas son prochain pour lui-même, mais bien pour l’amour de Dieu.
Celui qui aime les autres pour eux-mêmes n’est pas chrétien, il reste à un niveau simplement naturel, alors que Dieu nous demande d’aimer les autres pour l’amour de Lui, c’est-à-dire vraiment surnaturellement.

9) Il y a, à propos de ces divers degrés dans la manière d’aimer, une confusion totale aujourd’hui, d’où l’idée fort répandue que « faire du bien aux autres » (voire « ne pas lui faire de mal ») serait suffisant pour ouvrir à tout mécréant les portes du paradis : c’est faux et archi-faux !
Les oeuvres de bienfaisance, pour être revêtues de mérite surnaturel, doivent être inspirées et accomplies pour l’amour de Dieu et sous la motion de Sa grâce.

10) Les oeuvres de miséricorde sont tout à la fois spirituelles et corporelles, elles s’imposent à TOUS les fidèles.
Rappelons donc ce que l’on appelle les oeuvres de miséricorde.

Les oeuvres de miséricorde spirituelles sont :

Enseigner l’ignorant.
Conseiller celui qui en a besoin.
Corriger l’égaré.
Pardonner les injures.
Consoler celui qui est triste.
Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain.
Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Et les oeuvres de miséricorde corporelles sont :

Visiter le malade.
Donner à manger à celui qui a faim.
Donner à boire à celui qui a soif.
Secourir le captif.
Vêtir celui qui est sans vêtement.
Accueillir le pèlerin.
Enterrer les morts.

Je terminerai enfin en rappelant que – par définition – le prochain est celui qui se trouve proche de nous, celui que nous côtoyons physiquement : alors que beaucoup d’ « intellectuels » de la tendance de Madame Pedotti ont souvent une conception assez abstraite et idéaliste de « prochains » dont ils sont très éloignés, qu’ils ne rencontrent jamais, et avec lesquels ils n’ont pas de contacts réels.
Bien sûr, le catholique, parce que ce mot signifie « universel », n’est pas dispensé de se préoccuper des misères (réelles) qui se trouvent ailleurs, en de très nombreux endroits de la planète – hélas ! – , mais il est toujours bon d’insister sur le fait que Dieu nous demande d’agir en priorité là où nous nous trouvons, plutôt que là où nous ne sommes pas

pattes de chat Lully.

Sacré-Coeur gif

2014-51. « C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra. »

Vendredi 23 mai 2014,
fête de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr,
et fête de Sainte Jeanne-Antide Thouret.

la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre vers la fin du XIXe siècle

La basilique du Sacré-Coeur à Montmartre au tout début du XXe siècle :
les travaux de la basilique ne sont pas achevés mais le funiculaire – installé en 1900 – est en service.
On remarquera surtout la représentation du Sacré-Coeur aux bras étendus qui figure sur cette carte,
elle correspond à l’image demandée par Notre-Seigneur à Madame Royer. 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il n’est pas dans mon habitude de citer ou de promouvoir des faits d’ordre mystique (apparitions, révélations, prophéties… ) ou les personnes qui sont supposées avoir bénéficié de ces phénomènes, lorsqu’ils ne sont pas dûment authentifiés par la Sainte Eglise.
Je veux néanmoins évoquer aujourd’hui la figure exceptionnelle de Madame Edith Royer, et je le ferai en fait sans enfreindre en rien la règle énoncée ci-dessus puisque, même si cette sainte personne n’a pas été béatifiée ou canonisée (alors que d’autres personnes dont les exemples semblent bien plus contestables l’ont été !), de son vivant même, ses voies mystiques ont toujours fait l’objet d’une vivilante attention de la part des autorités ecclésiastiques (prêtres théologiens et évêques) et considérées par elles comme authentiques.

Aperçu biographique :

Née  le 14 juin 1841 dans une famille de la bonne société catholique bourguignonne, Edith Challan-Belval fut attirée dès son enfance par la vie religieuse et la pénitence.
Contrainte au mariage par sa famille, elle devient en 1860 Madame Charles Royer, et mettra au monde quatre filles.
Tout en accomplissant ses devoirs d’épouse et de mère, et remplissant son rôle dans la société, elle est appelée par Notre-Seigneur à une vie de très grandes mortifications et d’intense union à Dieu.
A partir de la guerre en 1870, elle est favorisée de visions prophétiques : Notre-Seigneur insiste sur le culte dû à Son divin Coeur, et rappelle énergiquement que la dévotion au Sacré-Coeur n’est qu’un leurre si elle n’est pas animée par l’esprit de réparation et la pénitence. Il fait d’elle la continuatrice de Sainte Marguerite-Marie et lui confie la mission de créer une « Association de Prière et de Pénitence en union avec le Sacré Cœur pour le triomphe de l’Eglise et le salut des nations ».
Les voies mystiques de Madame Royer sont alors étudiées par les autorités religieuses et agréées : l’ « Association de Prière et de Pénitence » est créée, érigée canoniquement à Montmartre, et devient tout d’abord le troisième degré de l’Archiconfrérie du Vœu National ; elle en est séparée quelques années plus tard pour être élevée à la dignité d’Archiconfrérie Universelle en 1894 par le pape Léon XIII.

Devenue veuve, Madame Royer espèrera toujours réaliser son désir de vie religieuse contemplative, mais elle en sera empêchée par la maladie.
Jusqu’à la fin de sa vie elle sera favorisée de grâces mystiques exceptionnelles et, en particulier, elle annoncera et décrira les malheurs de la guerre de 1914, mais aussi les évènements qui la suivront.
Elle rendit son âme à Dieu, il y a quatre-vingt-dix ans, le 3 avril 1924 dans sa quatre-vingt-troisième année.

Madame Edith Royer

Madame Edith Royer (1841-1924) 

1914 – 24 mai – 2014

Le 24 mai 1914 – il y a donc précisément cent ans – , Madame Royer, qui était malade, reçut la visite d’un prêtre qui partait prêcher à Paray-le-Monial.
Elle lui confia une prophétie (dont vous trouverez le texte ci-dessous, en italique et de couleur marron), en lui demandant d’en faire connaître la teneur aux personnes devant lesquelles il devrait prendre la parole, ce qu’il fit effectivement, suscitant un grand émoi dans son auditoire.

Si la situation était alors tendue en Europe, peu de personnes pensaient à l’imminence de la guerre : l’attentat perpétré à Saréjo contre l’archiduc-héritier François-Ferdinand de Habsbourg aurait lieu un mois et quatre jours plus tard (28 juin 1914), et c’est lui qui – par le jeu des alliances – mettrait en route l’engrenage fatal de la guerre européenne puis mondiale.

Les « sillons profonds remplis de sang » décrits par Madame Royer, font immédiatement penser à la guerre des tranchées, que nul ne pouvait envisager en mai 1914 ; « le ciel plein de combats » annonce évidemment les premiers combats aériens que nul n’imaginait alors ; « les églises détruites et les cathédrales dévastées » font surgir sous nos yeux ces terribles photographies des villages de Picardie ou d’Artois ou des cathédrales de Reims  et d’Arras bombardés…
Mais surtout, nous retiendrons ce que Madame Royer laisse entrevoir de la situation du monde et de la France après la « grande guerre » : la fausse paix fragilement construite par une diplomatie à courtes-vues et la prédominance de sauvages intérêts économiques et financiers qui mettront l’équilibre du monde en péril, la décadence des moeurs, le déclin de la France, l’échec de toutes les solutions humaines et la guerre civile psychologique que se livrent les partis et les hommes politiques incapables, qui peut-être finira par s’exprimer dans des faits dramatiques… mais, malgré tout, Madame Royer annonce aussi des perspectives
1) de conversion par le recours au Coeur de Jésus, et
2) de relèvement grâce à un « Elu de Dieu » que, dans d’autres confidences, elle désignera expressément comme un Roi.
Voici donc le texte de cette prophétie :

« (…) La guerre est proche. J’ai vu dans mon oraison le sol de la France labouré de sillons profonds, remplis de sang, le ciel plein de combats, nos campagnes ravagées, nos églises détruites et nos cathédrales, elles-mêmes, dévastées.
La paix qui suivra cette guerre sera une fausse paix. La lutte continuera sous des formes diplomatiques, sociales, économiques, financières.
Le monde croulera dans l’impiété, l’impureté, le complet oubli de Dieu et courra ainsi à son châtiment.
Les Français iront jusqu’aux confins du désespoir. Ils ne reprendront courage que contre eux-mêmes. Une à une, les solutions proposées pour porter remède à leurs maux échoueront.
C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra.
Alors apparaîtra l’Elu de Dieu, et la France ne pourra nier qu’elle devra au Sacré-Coeur seul son salut ! »

Sacré-Coeur

« Cœur de Jésus, ayez pitié de nous, pardonnez-nous, sauvez-nous ! »

(invocation inspirée à Madame Royer)

Sacré-Coeur aux bras étendus - Madame Royer

Le Sacré-Coeur aux bras étendus :
Notre-Seigneur a dit à Madame Royer qu’Il voulait qu’Il soit représenté ainsi.

2014-49. C’est justement parce qu’il est religieux que mon blogue est politique !

Mercredi 14 mai 2014.
404e anniversaire de l’assassinat d’Henri IV le grand.
371e anniversaire de la sainte mort de Louis XIII le juste.

Rubens l'apothéose d'Henri IV - détail

Pierre-Paul Rubens : l’apothéose d’Henri IV le grand (détail)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui nous ramène deux grands (et doubles) anniversaires royaux : d’une part celui de l’assassinat d’Henri IV le grand, le 14 mai 1610, et donc de l’avènement de son fils Louis XIII ; et d’autre part celui de la sainte mort – assisté par Saint Vincent de Paul – de ce même Louis XIII le juste, le 14 mai 1643, et donc également encore de l’avènement du Grand Roi : Louis XIV.

Fleur de Lys

Dans la continuité de mes précédentes publications depuis le 23 avril dernier, je veux profiter de ces anniversaires pour quelques nouvelles clarifications.
En effet, parmi les critiques qui m’ont été adressées à l’occasion de ce que j’écrivais les 23 et 24 avril (ici > www et ici > www), il m’était reproché comme une incongruité – voire une inconvenance – que j’écrivisse sur des thèmes « politiques », alors que nous étions dans l’octave de Pâques, parce que l’on attendait de moi des textes uniquement spirituels accordés au temps liturgique…

La première réponse que j’ai à donner là-dessus, c’est que je n’oblige personne à me lire et que si, donc, certains n’en apprécient pas la teneur, ils n’ont qu’à s’abstenir ou s’arrêter de les parcourir – lorsqu’ils se rendent comptent que mes publications ne sont pas à leur goût – , plutôt que se donner à eux-mêmes des aigreurs d’estomac.

Il est aussi un second élément que je veux notifier : notre Frère Maximilien-Marie a proposé aux personnes qui le souhaitaient un parcours de carême en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion (cf. > www) ; les personnes intéressées ont donc pu, depuis le Mercredi des Cendres jusqu’au dimanche de Quasimodo inclus, recevoir quotidiennement dans leur boite aux lettres électronique un texte spirituel marquant la progression vers Pâques et cela s’est continué pendant tout l’octave de Pâques, puisque la fête de Pâques dure liturgiquement huit jours. C’était donc de ce côté-là qu’il fallait espérer des publications en rapport avec la liturgie.
Si vous voulez acheter des croquettes pour votre chat et que vous les cherchez dans la partie du magasin où l’on vend des conserves de légumes, ne reprochez pas aux vendeurs de ne pas proposer à la vente cet article que vous désirez, mais faites plutôt tout simplement l’effort d’aller voir dans le bon rayonnage ; et, si vous ne savez pas où il se trouve, demandez-le poliment à l’accueil !

P. de Champaigne Louis XIII couronné par la victoire

Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire.

Au Mesnil-Marie, nous cherchons autant que possible à être cohérents.
Sans faire de confusion entre les domaines temporels et spirituels, mais parce que notre religion est celle de l’Incarnation, nos convictions religieuses ont le plus naturellement du monde des implications sociales et politiques (j’emploie ce mot dans son sens le plus noble, qui est aussi le plus général).

La distinction entre le temporel et le spirituel ne peut en aucune manière être une séparation absolue, de la même manière que la foi et les oeuvres ne peuvent être séparées : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? (…) La foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14… 17).
Nous ne sommes pas adeptes du « césaropapisme », pas plus que de la « théocratie pontificale », mais nous n’adhérons pas non plus aux funestes erreurs qui enseignent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, plusieurs fois condamnées – en particulier par les saints papes Pie IX et Pie X – .
Ainsi que l’a encore rappelé le vénérable Pie XII dans une phrase justement célèbre : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».

Mon blogue est donc « politique »,
justement parce qu’il est religieux !

Et si nous célébrons à Pâques le grand triomphe surnaturel et spirituel sur le mal, rien ne s’oppose – bien au contraire – à ce que, forts de cette grâce pascale et armés de la Sainte Croix victorieuse, nous dénoncions avec encore davantage de fervente pugnacité les forces maléfiques qui sont à l’oeuvre en nos temps, qui pervertissent la société, qui corrompent la civilisation, qui sont aujourd’hui diffusées et appliquées par des systèmes politiques téléguidés par les loges, et qui pourrissent l’âme de nos contemporains jusqu’à compromettre gravement leur salut éternel…

Charles le Brun apothéose de Louis le grand

Charles Le Brun : apothéose de Louis le Grand.

Notre ami Florian, dans les réponses qu’il a données aux questions que lui posait Monsieur F. Abed (entretien publié ici > www) a bien mis en valeur combien le Légitimisme harmonise le coeur, l’intelligence et l’esprit surnaturel : l’amour, la raison et la foi.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est le seul et unique mouvement politique qui soit absolument, intégralement, et en tous points, conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise Catholique et à la tradition royale capétienne, mais ce n’est pas un « parti » et ce ne le sera jamais (parce que justement la « logique » des partis est une pratique issue des principes révolutionnaires).
Il est notoire – d’ailleurs nous ne cherchons pas à le cacher, puisque cela n’a rien de honteux ! – que, au Mesnil-Marie, nous sommes fermement attachés à la Légitimité et à ce que représente et défend l’UCLF.
Nos convictions légitimistes ne sont pas un attachement superficiel et sentimental à la seule personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, mais elles forment un corps de doctrine complet et parfaitement équilibré qui n’est ni plus ni moins que la conséquence rigoureusement logique de notre foi et une mise en oeuvre sociétale cohérente des principes spirituels qui nous animent.

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a pu déjà, en plus d’une occasion, affirmer qu’il était « entré en Légitimité » de la même manière qu’il était entré en religion. Ce pourquoi aussi l’anneau bénit dont est ceint son annulaire droit – anneau de profession religieuse en tous points comparable à ce qu’est l’alliance pour les époux – porte des fleurs de lys.

anneau de profession de frère Maximilien-Marie

J’en viens maintenant à quelques autres critiques qui m’ont été adressées, toujours au sujet de mes précédentes publications, dont le légitimisme indispose certains.

L’une d’elles portait sur l’accent de Monseigneur le duc d’Anjou, qualifié d’épouvantablement « espagnol ».
Je laisse tout spécialement mes amis et lecteurs hispanisants « apprécier » la profondeur intellectuelle et spirituelle d’une telle critique…
Nul doute que mon charitable censeur, s’il eut vécu en ces temps là, eût égalemement été un farouche opposant à l’accession au trône d’Henri IV, puisque celui-ci parlait avec l’accent béarnais !
Derrière le ridicule de cet argument pointe le pseudo « principe de nationalité », inventé de toutes pièces par les royalistes qui ont gobé les théories révolutionnaires – génératrices des plus basses formes de xénophobie – , à fin de barrer la route du trône à la branche aînée des Bourbons.
Ces nationalistes à l’esprit étriqué devraient toutefois se mieux informer : ils apprendraient que Monseigneur le Prince Louis possède la nationalité française, ainsi d’ailleurs que la Princesse Marguerite son épouse !

On m’a aussi écrit pour contester la mort de l’infortuné Louis XVII dans la prison du Temple, arguant que le coeur authentifié comme celui du pauvre petit Roi, et déposé depuis lors à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, serait celui de son frère aîné, Louis-Joseph, mort le 4 juin 1789.
Aucun de ceux qui soutiennent cette théorie n’a jamais été capable de m’expliquer comment le coeur embaumé du fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette avait échappé, seul, au pillage de l’église du Val de Grâce où il avait été déposé, quelle histoire aurait été la sienne (puisqu’il n’existe pas l’ombre d’un document ou d’un témoignage à ce propos) jusqu’à sa réapparition, ni comment un coeur qui n’avait pas été plongé dans de l’alcool mais embaumé se retrouverait aujourd’hui durci par l’alcool et sans aucune trace d’embaumement…
Quant aux récentes remises en question de la mort de Louis XVII au Temple par le descendant et les sectateurs de Naundorff, prétextant d’une parenté génétique avec les Bourbons, dont « le Figaro » s’est imprudemment fait l’écho il y a peu de temps, sans vérification scientifique de telles allégations, voici les conclusions du professeur Cassiman, généticien de renom internationnal :
« Le profil de Hugues de Bourbon-Naundorff démontre clairement qu’il n’est pas un Bourbon. Tout au plus il appartient à un groupe de chromosome Y frère. Les SNP du chromosome Y indiquent que Hugues et les Bourbons ont un ancêtre commun… il y a quelques milliers d’années. Les STR ne peuvent être employés que pour déterminer des parentés récentes. De toute façon pour déterminer une parenté de moins de 500 ans, moins de 3 à 4 STR au maximum peuvent être différents. Ici il y en a 6. Il y a beaucoup d’erreurs techniques et d’interprétation. Le groupe R1b1a2a1ac n’existe pas… Cela démontre le manque d’expertise des auteurs. Donc les résultats obtenus par le laboratoire de Louvain selon lesquels Naundorff n’était pas Louis XVII sont confirmés. Pas besoin de réécrire l’Histoire ».

Monseigneur le Prince Louis à Saint-Denys devant le monument de Louis XVI

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens,
à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, devant le monument de S.M. le Roi Louis XVI.

Au deuxième dimanche de mai, nous avons fêté la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, la sainte de la légitimité dynastique (voir ce que j’en écrivais ici, il y a trois ans > www) : puisse-t-elle, aujourd’hui encore où cela est plus que jamais nécessaire, intercéder et – du haut du Ciel – agir pour que, dans notre France menacée, se réalisent l‘unité des esprits dans la vérité et l’union des coeurs dans la charité.

Lully.                        

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

 

2014-48. Où le Maître-Chat revendique et justifie son droit à la censure.

Samedi 10 mai 2014.
Deux-cent-vingtième anniversaire du supplice de Madame Elisabeth (cf. > www),
Deux-cent-quarantième anniversaire de l’avènement de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les lignes que j’écrivais hier au sujet de la vérité (cf. > www) ne constituaient qu’une espèce d’introduction, bien nécessaire à la compréhension de ce que je publie aujourd’hui ci-dessous, et de ce que je vais encore publier dans ces prochains jours.
Il y a là une forme de réponse à certains messages ou commentaires que j’ai reçus, en particulier au sujet de mes publications depuis le 23 avril dernier.

- Oui, sur mon blogue j’exerce une censure !

Comme je l’écrivais hier, mais j’insiste encore une fois sur ce point, nous autres chats n’avons point de « moeurs démocratiques ».

C’est ainsi que, par exemple, les commentaires qui peuvent être ajoutés par les lecteurs aux articles que je publie n’apparaissent pas si je ne les ai au préalable approuvés.
Or je n’approuve pas tout commentaire : il peut arriver que j’en reçoive qui sont franchement insultants ou grossiers, d’autres qui sont simplement loufoques, d’autres qui – à propos du thème de ma publication – en profiteraient pour faire de la publicité en faveur de choses que j’estime douteuses, ou bien propres à semer le trouble, la confusion ou quelque forme de relativisme de la pensée.

D’aucuns crieront au scandale, à la censure, au manque de liberté d’expression… etc., toutes choses intolérables aux esprits pénétrés d’idées révolutionnaires (lesquelles, soit dit en passant, polluent même la pensée et les réactions de personnes pourtant convaincues d’être « conservatrices »).
En ce qui me concerne, je l’assume entièrement et sans honte : d’une part, je ne me suis jamais engagé à publier tous les commentaires ou messages qui me sont adressés ; et d’autre part, ce blogue est ma propriété, sur laquelle prévalent les règles que j’y ai établies, selon mon droit le plus strict.
Donc, censure il y a… et censure il demeurera !

Le profond respect que j’ai pour les personnes, ne signifie pas qu’elles sont autorisées à dire n’importe quoi, aux dépens de la vérité.
Je suis même intimement convaincu – et c’est d’ailleurs l’enseignement de notre glorieux Père Saint Augustin – qu’une censure manifeste surnaturellement davantage de respect et d’amour que le laxisme qui autorise l’expression de toutes les opinions erronées, lesquelles – en sus du risque de conduire en enfer ceux qui les professent – peuvent entraîner d’autres personnes dans le trouble ou dans l’erreur ; qu’on se souvienne ici des paroles de Notre-Seigneur Lui-même : « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! … etc.«  (cf. Matth. XVIII, 8 et suiv.).

Pour illustrer mon propos, voici quelques cas :
– je ne laisse pas passer certaines « intentions » écrites sous des textes de prières que j’ai publiés – à Saint Antoine ou à Sainte Anne, par exemple – lorsqu’elles demandent des choses contraires à la morale chrétienne ou aux enseignements moraux de l’Eglise… Point n’est besoin de détailler.
– je n’autorise pas non plus la parution de commentaires pénétrés de « modernisme » ou de « progressisme », même s’ils émanent de prêtres ou de religieux.
– je ne publie pas davantage les commentaires  renvoyant à des « apparitions » présumées ou à de prétendus phénomènes mystiques, lorsqu’ils ne sont pas authentifiés par l’Eglise.
– je ne permets pas non plus la publication de commentaires ou de liens vers des sites internet lorsque je découvre que ceux-ci font la promotion de la nouvelle liturgie et d’opinions théologiques hasardeuses, pour ce qui concerne le domaine religieux, ou bien du « survivantisme » et du « providentialisme » en ce qui concerne l’histoire et la royauté française… etc.

Lully signature

2014-47. De la vérité.

Vendredi 9 mai 2014,
fête de Saint Grégoire de Nazianze.

Docete Via Veritas Vita - collège Marianopolis Montréal

Mosaïque de l’ancienne chapelle du Collège Marianopolis à Montréal (Québec) :
« Docete » (= enseignez), et « Ego sum Via, Veritas et Vita » (= Moi, Je suis la Voie, la Vérité et la Vie).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tous ceux qui nous connaissent, nous les chats, savent bien que nous sommes des élitistes et, viscéralement, des aristocrates.
S’il y a donc un domaine dans lequel nous avons été prémunis de certaines conséquences du péché originel, auquel – par la faute de l’homme – toute la création a été assujettie (cf. Rom. VIII, 20), c’est bien celui-ci : peut-être encore davantage que tout ce qui vit et respire ici-bas, nous sommes absolument et irrémédiablement éloignés de toute espèce de contagion des « moeurs démocratiques », pour la bonne et simple raison que nous sommes fermement attachés à la vérité des choses…

Je ne pense pas, je ne peux pas croire – parce que cela est contraire à la nature – que la vérité jaillisse du dialogue : si certaines discussions permettent de la mieux mettre en lumière, la vérité n’est en aucune manière la somme – et encore moins la moyenne – des opinions divergentes. Et d’ailleurs toutes les opinions ne se valent pas !

La vérité, c’est ce qui est conforme à la nature des choses créées par Dieu, conforme à l’ordre voulu par Lui dans Sa création.

La vérité n’est pas invention humaine : l’homme la reçoit, soit par les canaux institués par Dieu pour la communiquer, soit par une illumination personnelle qui est de l’ordre de la grâce ; il la découvre aussi – et ce peut être de manière parcellaire et graduelle – par son travail intellectuel, s’il est honnête et fondé sur des bases solides, à travers ses études du monde réel, à l’occasion de certaines rencontres… etc.
Il la trouve également, à un degré supérieur, dans la prière et la contemplation.

La vérité n’est pas facultative, elle s’impose à nous et nous n’avons pas le pouvoir de la changer au gré de nos impressions, de nos sentiments, de nos envies ou de nos intérêts. Nous pouvons certes refuser de nous soumettre à elle et préférer vivre dans une illusion de « liberté » en choisissant l’erreur, mais c’est alors une forme de refus de Dieu dont nous aurons à rendre compte devant Son tribunal.
La vérité n’est pas multiple, elle est une, et elle est unique. Nous ne sommes pas libres de l’accomoder à notre sauce : nous n’avons qu’à la recevoir et à nous soumettre à elle. Nous ne pouvons pas non plus la découper en rondelles pour n’en prendre que ce qui nous arrange.
La vérité n’est pas « évolutive » : elle est un tout, complet et achevé, invariable, depuis que Dieu est Dieu, c’est-à-dire de toute éternité, et – pour ce qui concerne le monde créé – depuis le premier instant de la création.
La vérité n’est pas « démocratique » : elle n’est pas définie par un consensus en fonction d’une majorité, « absolue » ou « relative », elle ne sort pas des urnes, elle vient d’En-Haut, et elle n’a pas besoin pour exister que ceux auxquels elle s’impose soient d’accord avec elle.

Je sais très bien que l’on jette à la tête de ceux qui témoignent de la vérité – surtout quand elle ne fait pas plaisir et ne va pas dans le sens des modes de pensée dominantes – le reproche culpabilisateur de se comporter comme les « détenteurs de la vérité ».
Ceux qui profèrent de tels griefs n’ont plus aussi, dans la même logique, qu’à reprocher aux panneaux routiers d’être les « détenteurs des indications routières » ; mais toute personne sensée conviendra que cela est totalement absurde : on ne confond normalement pas le panneau avec le message qu’il délivre !
De la même manière donc, on n’a pas à confondre le témoin de la vérité avec ce auquel il rend témoignage. Et si l’homme ne « possède » pas la vérité, il peut toutefois être possédé par elle, qui est infiniment plus grande que lui, qui l’enveloppe, qui le fait être et se mouvoir, qui le fait agir et rayonner…
Si aucun homme ne peut « avoir » la vérité comme un bien personnel, cela ne signifie pas qu’aucun homme ne puisse énoncer la vérité, ni qu’il ne doive pas en témoigner de manière claire et catégorique après avoir été saisi par elle.
C’est là tout le sens de la magnifique phrase de Saint Jean : « Nous devons recevoir de cette manière, afin d’être les coopérateurs de la vérité : Nos ergo debemus suscipere huiusmodi, ut cooperatores simus veritatis » (3 Johann. 8). L’homme ne peut être que le coopérateur de la vérité, et, coopérant avec elle, il n’a pas de pouvoir sur elle mais ne peut faire mieux que de se laisser toujours davantage modeler par elle afin de seconder son action.

C’est même un impérieux devoir pour chacun de se faire disciple et serviteur de la vérité, pour coopérer ensuite à son oeuvre.

Accueillir la vérité qui nous vient d’En-Haut et lui faire place en notre vie, témoigner de la vérité, vouloir et travailler pour que les autres intelligences la découvrent à leur tour, pour que les autres coeurs s’ouvrent à elle, pour que les autres esprits se laissent posséder par elle, n’est pas une marque d’intolérance ni un manque de charité, c’est – tout au contraire - la plus parfaite et la plus exquise forme d’amour que l’on puisse avoir envers son prochain.

Je sais très bien que de tels propos, dans l’espèce d’insipide bouillie relativiste et synchrétiste qui tient lieu de pensée à nombre de personnes aujourd’hui, ni ne flattent les ego ni ne participent du « culte de l’homme » dont les progressistes de tout poil s’enorgueillissent en se gargarisant de mots.

Qu’on me permette simplement en guise de conclusion de citer textuellement mon papa-moine, Frère Maximilien-Marie :
« Je suis catholique, je suis religieux, j’ai consacré ma vie depuis l’âge de dix-huit ans au service de la vérité catholique (car il n’y a pas d’amour sans vérité) et je la défendrai – si le Bon Dieu me fait la grâce de persévérer (car je sais bien que par moi-même je ne peux que me casser la figure et trahir) – jusqu’à mon dernier souffle et encore au-delà de ma mort…
Qu’on ne me demande pas – ni par sentimentalisme, ni par complaisance envers les modes morales ou intellectuelles du monde – de dire autre chose que la vérité confiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Son Eglise et transmise par elle !
Je sais très bien que, ce faisant, je mécontente certains et paraît excessif à d’autres, mais qu’on prenne alors en considération que je ne défends pas des idées personnelles ou des opinions particulières, mais uniquement la vérité divine qui nous est communiquée par Celui qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper ».

Patte de chat Lully.

Christ Roi

« La Vérité vous libérera » (Johann. VIII, 32)

12345...15

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi