Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2016-12. Et les grenouilles ?

Samedi 6 février 2016,
Fête de Saint Vaast d’Arras, catéchiste du Roi Clovis.

Grenouilles et nénuphars

Et les grenouilles ?
Y a-t-on pensé aux grenouilles ?

Nos si mignonnes et si gentilles petites grenouilles qui depuis des siècles – aussi bien sur la quiétude champêtre de nos mares que sur la plus aristocratique langueur des bassins de nos parcs – aiment à se reposer sur les sérénissimes feuilles des nénuphars et se lover jusqu’au coeur de leurs sublimes corolles…

Qui donc ira leur expliquer, aux grenouilles, que ce ne sont plus sur des feuilles de nénuphars, mais sur des feuilles de nénufars qu’elles devront se poser désormais ?
Quel ministre ou quel commissaire du peuple osera semer le trouble – voire peut-être le désarroi – dans la conscience et dans la vie de nos charmants petits batraciens ?
Quel inspecteur d’académie, ou même simple professeur des écoles, aura l’indicible cruauté de perturber profondément et durablement la paix séculaire des mares et des bassins, en y introduisant l’anarchie ?
Car même justifiée par un décret officiel, par la sanction d’un gouvernement et les doctes péroraisons des linguistes les plus à la mode, la transformation d’un nénuphar en nénufar n’est pas sans incidences sociales, politiques et psychologiques dans la noble société des grenouilles.

Et en plus, on ne leur a pas demandé leur avis aux grenouilles !
Personne n’a eu l’idée, alors que ce sont-elles qui sont tout de même concernées au premier chef, d’organiser un référendum pour leur demander s’il leur sied davantage de faire la sieste sur une feuille de nénufar plutôt que sur une feuille de nénuphar !
La cuistrerie des hommes envers de si délicates bestioles est véritablement inqualifiable.
Ne devrait-on pas la dénoncer comme un exemple flagrant de maltraitance envers ces merveilleuses grenouilles, déjà si dramatiquement menacées par le remenbrement et la suppression des haies, par la construction des autoroutes et la pollution, par l’urbanisation galopante et les poisons répandus par les firmes agrochimiques ?

A l’heure de la défense de toutes les minorités opprimées, comment l’Académie Française ose-t-elle en rajouter une louche et accepter que l’on transforme les nénuphars en nénufars ?
L’ersatz, en effet, n’est en rien anodin.
Un nénuphar, c’est noble. Un nénuphar, c’est beau. Un nénuphar, c’est vraiment extraordinaire : il y a derrière chaque feuille et chaque fleur de nénuphar, un gage de beauté et de qualité.
Mais un nénufar, cela n’a plus aucun charme.
C’est même déprimant, tellement c’est commun, tellement c’est trivial.
Déprimant, oui !
Et qui paiera les antidépresseurs et les consultations chez les psychothérapeutes animaliers pour nos ravissantes grenouilles, qui ne manqueront pas d’être profondément affectées d’avoir dû abandonner leurs sublimes nénuphars pour de vulgaires nénufars ?

A l’heure où tout est mis en oeuvre pour éduquer les jeunes générations à la solidarité et à la lutte contre toutes les formes d’oppression induites par l’inquiétant retour de fascismes larvés, comment un ministère de l’éducation nationale peut-il prescrire une telle mesure révisionniste, attentatoire aux séculaires libertés batraciennes ?
Nos grenouilles ont un droit imprescriptible à leurs nénuphars : ne les leur enlevons pas pour leur substituer de simples nénufars !
Aujourd’hui, je suis solidaire avec les grenouilles : je suis grenouille à nénuphar !

Et comment, lors même qu’Elle vient de promulguer une très salutaire encyclique sur l’écologie et qu’Elle se montre habituellement attentive à la défense de tous les droits menacés par les pharisaïsmes sans coeur, Sa Sainteté le Pape ne prêche-t-Elle pas une croisade oecuménique mondiale pour la défense des nénuphars menacés par les nénufars, substitution qui s’avèrera gravissime pour nos soeurs les grenouilles ?
« En vérité, en vérité, Je vous le déclare, le moindre tourment orthographique que vous aurez fait subir à l’un de ces nénuphars dont la survie est essentielle à la vie et à l’équilibre du petit peuple des mares et des bassins, c’est à Moi que vous l’aurez fait ! »

Patte de chat Lully.

grenouille gif

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 6 février, 2016 |8 Commentaires »

2016-3. L’unique solution : une résurrection décidée de l’antique âme de l’Europe et de sa foi chrétienne.

Jeudi 14 janvier 2016,
Fête de Saint Hilaire de Poitiers (cf. > actualité de St Hilaire).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La situation présente de l’Occident – qui fut autrefois la Chrétienté – est gravissime.

Tandis que de récents événements, à Cologne par exemple (cf. > ici) mais pas uniquement, sont occultés ou minimisés par certains ; tandis que la grande majorité des politiques et politiciens – mais aussi des chefs religieux – semble sourde et aveugle (il ne m’appartient pas de dire s’il s’agit d’aveuglement et de surdité volontaires, ou si cela est dû à un défaut d’intelligence et à une incurable incapacité de porter un jugement sain : quos vult perdere Juppiter dementat) ;  il existe malgré tout des observateurs lucides et des analystes qui ont gardé le simple bon sens.

Nous sommes une fois de plus infiniment reconnaissants à notre amie Béatrice, du site « Benoît et moi » (que nous recommandons toujours aussi chaleureusement), d’avoir rappelé, justement à l’occasion de ce qui s’est passé à Cologne (cf. > ici), la conférence remarquable qu’avait prononcée en septembre 2000 le regretté cardinal Biffi, alors archevêque de Bologne (j’avais déjà eu l’occasion de parler de lui > ici), au sujet de l’immigration.
Tout ce long exposé, qui avait alors valu à son auteur une réprobation quasi unanime, mérite – plus de quinze ans après – d’être relu et médité.
On en trouve la traduction dans les archives de « Benoît et moi » > ici.

Pour moi, comme une sorte de « mise en bouche » incitative à aller lire ou relire le texte de cette conférence, je me permets d’en recopier ci-dessous la conclusion, d’une plus que brûlante actualité.
On notera qu’en septembre 2000, dans cette conclusion, le cardinal Biffi renvoyait à des propos qu’il avait tenus une dizaine d’années auparavant (au début des années 90 du précédent siècle donc), preuve supplémentaire de sa lucidité.

J’ajoute simplement que si à vues humaines et d’un point de vue simplement social et politique il est est aujourd’hui, en 2016, plus que largement trop tard, je demeure néanmoins inébranlablement convaincu que, spirituellement et surnaturellement, il n’est jamais trop tard.

La seule condition, c’est qu’il y ait suffisamment d’âmes valeureuses et généreuses qui se livrent totalement à l’action de la grâce de Dieu !

Lully.

Le marché aux esclaves-Otto Pilny 1910

Le marché aux esclaves – Otto Pilny (1910)

L’unique solution :
une résurrection décidée de l’antique âme de l’Europe
et de sa foi chrétienne.

« Dans une interview, il y a une dizaine d’années, on m’avait demandé avec beaucoup de candeur et un optimisme admirable : « Vous soutenez donc que l’Europe sera chrétienne ou ne sera pas ? »
Il me semble que ma réponse d’alors peut servir à la conclusion de mon entretien d’aujourd’hui.
J’estime quant à moi, disais-je, que l’Europe redeviendra chrétienne ou deviendra musulmane. Ce qui me paraît sans avenir, c’est la « culture du néant », de la liberté sans limites et sans contenu, du scepticisme vanté comme une conquête intellectuelle ; culture qui semble être l’attitude largement dominante dans les peuples européens, tous plus ou moins riches de moyens, mais pauvres de vérité.
Cette « culture du néant », qui est soutenue par l’hédonisme et par un esprit libertaire insatiable, ne sera pas en mesure de résister à l’assaut idéologique de l’Islam. Seule la redécouverte de l’événement chrétien comme unique voie de salut pour l’homme, et donc seule une résurrection décidée de l’antique âme de l’Europe, pourra donner une autre issue à cette confrontation inévitable.
Malheureusement, ni les « laïques » ni les « catholiques » ne semblent s’être encore rendus compte du drame qui se profile.
Les « laïques », en s’opposant de toutes les façons à l’Eglise, ne s’aperçoivent pas qu’ils combattent la force la plus efficace pour défendre la civilisation occidentale et ses valeurs de rationalité et de liberté. Ils pourraient s’en apercevoir trop tard.
Les « catholiques », en laissant s’estomper en eux la conscience de la vérité possédée, et en substituant au souci apostolique le pur et simple dialogue à tout prix, préparent inconsciemment (humainement parlant) leur propre disparition.
L’espérance réside en ceci : que la gravité de la situation puisse un jour inciter à un réveil efficace de la raison et de la foi antique.
C’est notre souhait, notre engagement et notre prière. »
armoiries du cardinal Giacomo Biffi
Armoiries du cardinal Giacomo Biffi,
avec sa devise : 
« Là où se trouve la foi, là est la liberté »
Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 14 janvier, 2016 |2 Commentaires »

2016-2. Félines et impertinentes réflexions aux premiers jours de janvier 2016.

Vendredi soir 8 janvier 2016,
Troisième jour dans l’octave de l’Epiphanie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

L’année nouvelle a tout juste une semaine, et j’ai déjà plein de réflexions qui trottent dans ma petite tête de chat.
Je dois dire au passage que, aux premières heures du jour de l’an, tandis que je me livrais à l’inspection matinale quotidienne de mes terres, j’ai été blessé en raison de l’agression d’un chat sauvage qui rôde dans le hameau à la faveur de la pénombre. Ma convalescence – avec de longues heures d’immobilité – me laisse donc beaucoup de temps pour m’adonner à la réflexion et à la méditation.

Je veux partager quelques unes de ces réflexions avec vous, et – tout de go – commencer par vous livrer cette citation de Gustave Thibon car on ne peut trouver de meilleure introduction à la suite de mes propos :
« Toutes les époques ont leurs lacunes et leurs erreurs. Si l’on me demandait quel est le défaut majeur de la nôtre, je répondrais sans hésitation que c’est la confusion et le renversement des valeurs » (in « L’équilibre et l’harmonie »).

Lully convalescent

Le Maître-Chat Lully en convalescence

Commençons par une note ironique, cela ne fait pas de mal…

Ce 8 janvier, les médias ont fait leurs choux-gras du vingtième anniversaire de la mort de l’ancien président de la république François Mitterrand.
Frère Maximilien-Marie m’a amusé en me racontant la devinette que lui avait posée à l’époque l’un de ses élèves :
– Frère, savez-vous pourquoi on a enterré François Mitterrand à Jarnac ?
– … ?
– Parce qu’on n’a pas trouvé de village nommé « Jroultoulmondedanlafarine »!

Félix le chat riant

Charlie.

La religion officielle – et obligatoire – de ce quinquennat semble se résumer dans cette profession de foi : « je suis Charlie ».
Du coup le pseudo anticonformisme de cette publication ordurière devient un conformisme auquel tous doivent sacrifier.

Felix le Chat perplexe

Je ne peux m’empêcher d’admirer la cohérence de nos contemporains, qui reprennent en choeur – comme des Coréens du nord – la devise du Grand Orient et vont se livrer à des rites véritablement cultuels au pied de la statue de la gueuse : bougies, incantations, minutes de silence quasi religieuses, cantiques laïcs célébrant « Marianne » promue déesse de la liberté, de l’égalité et de la fraternité… etc., avec la conscience grave de poser des gestes forts contre le terrorrisme.
Quand je parle de cohérence, c’est bien sûr par antiphrase : cette république – prétendue incarnation de la liberté d’expression, de la fraternité universelle et du « vivre ensemble » - , voudriez-vous me rappeler comment elle s’est imposée à la France ? N’est-ce pas au prix de massacres indescriptibles, de la guillotine et de la « Terreur » ?

Félix le Chat 100 pas

Suffit-il qu’une bouddhiste, un israélite, un mahométan et un chrétien affirment croire en Dieu puis répètent : « Je crois en l’amour », pour qu’on doive en conclure que tous les croyants du monde – quelle que soit l’entité en laquelle ils croient – sont dans une quête de Dieu égale et semblable, nécessairement constructive et porteuse d’espérance ?

Evidemment non !
Sauf dans les rêves enfumés de vintages baba-cools aux cerveaux lobotomisés par les effets des substances « euphorisantes » qu’ils ont consommées pendant ces longues nuits où tout le monde « fait l’amour » avec tout le monde !

baba cool

Petites litanies pour les temps où les fumées de Satan ont envahi le sanctuaire :

De la contagion de l’erreur, délivrez-nous Seigneur !
Des doctrines perverses, délivrez-nous Seigneur !
De la démangeaison d’entendre des nouveautés, délivrez-nous Seigneur !
De la prolifération des hérésies, délivrez-nous Seigneur !
De la fausse théologie, délivrez-nous Seigneur !
De la peste moderniste, délivrez-nous Seigneur !
De l’apostasie cléricale, délivrez-nous Seigneur !
Du subjectivisme des prêtres, délivrez-nous Seigneur !
De la « créativité » sacerdotale, délivrez-nous Seigneur !
De la perfidie épiscopale, délivrez-nous Seigneur !
Du relativisme pontifical, délivrez-nous Seigneur !
Des hérésiarques mitrés, délivrez-nous Seigneur !
De « l’esprit du concile », délivrez-nous Seigneur !

et puis aussi :

De la liturgie bugninienne, délivrez-nous Seigneur !

Felix le Chat perplexe

Avec Frère Maximilien-Marie, nous aimons bien lire, quand nous en avons l’occasion, les bulletins de « L’Ami de la Religion et du Roi » publiés à l’époque de la Restauration.

Le « meuste », c’est lorsque nous découvrons les chroniques et les nouvelles – politiques ou religieuses – exactement au jour anniversaire des événements qu’elles rapportent.
Ainsi, le 6 janvier, avons-nous eu le bonheur de découvrir le compte-rendu suivant, relatant la célébration de la fête de l’Epiphanie, à Troyes le 6 janvier 1816, il y a exactement deux-cents ans :

ARR 17 janvier 1816

Il est vrai que l’évêque de Troyes en question était alors Son Excellence Monseigneur Etienne-Antoine de Boulogne qui, quoique d’abord fervent thuriféraire de Napoléon, pour avoir ensuite soutenu la cause du pape Pie VII, s’était vu suspendu, enfermé au secret dans le donjon de Vincennes, puis exilé par l’usurpateur.
Rétabli à la tête de son diocèse au retour du pouvoir légitime, c’est lui qui, par la volonté expresse de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, prononça l’oraison funèbre du Roi-martyr, le 21 janvier 1815 à la basilique de Saint-Denis lors des funérailles solennelles de Louis XVI et de Marie-Antoinette (cf. > ici).
Monseigneur de Boulogne avait aussi publié une « Instruction pastorale sur l’amour et la fidélité que doivent les Français au Roy » .

Et là je n’ai pas pu m’empêcher de penser que si Dieu nous faisait bientôt la grâce d’une véritable restauration royale, il faudrait que celle-ci soit accompagnée d’une profonde conversion des évêques et du clergé de France, sans quoi ils seraient du nombre des plus farouches adversaires d’une authentique royauté chrétienne…

Scapulaire Sacré-Coeur

Frère Maximilien-Marie m’a autorisé à recopier ci-dessous les résolutions pour l’année 2016 qu’il a publiées sur sa page Facebook et que je fais aussi miennes :

Prolégomènes : 
Ne vont être énoncées ci-dessous que des résolutions « publiques » et uniquement des résolutions publiques. Les résolutions qui concernent le for interne n’appartiennent qu’à moi et, bien évidemment, au Grand Patron qui règne dans les Cieux et au service duquel, vaille que vaille, je m’efforce de rester fidèle malgré mes imperfections et ma faiblesse.

1ère résolution :
Toujours plus de zèle pour témoigner de la Vérité catholique et pour la défendre.

2ème résolution (corollaire de la première) :
Appeler un chat un chat… et fripon qui mérite de l’être lorsqu’il se rend coupable de trahison de la Vérité.

3ème résolution :
Toujours plus d’ardeur royaliste monarchiste et légitimiste.

4ème résolution (corollaire de la troisième) :
Sus à la révolution ! Sus à l’esprit des « lumières » !
Sus aux mensonges républicains ! … etc.

5ème résolution :
Faire ce que l’on doit faire avec un « max » de sérieux mais sans « se prendre soi-même au sérieux ».

6ème résolution (corollaire de la cinquième) :
Du second degré, un « max » de second degré… et même un « Frère Max » de second degré.

7ème résolution (corollaire des six précédentes) :
Ben en fait, tout ça, ça veut dire que je continue comme avant mais en essayant de passer à l’échelon au-dessus…

Péroraison :
Je vais donc être encore plus insupportable à certains, encore plus « poil à gratter » pour beaucoup, encore plus politiquement incorrect, encore plus religieusement casse-pieds…

Felix le Chat enthousiaste

Et je termine, comme j’ai commencé, avec une citation de Gustave Thibon :
« Aux époques classiques, les institutions morales, politiques ou religieuses dépassaient et soutenaient les hommes qui les représentaient. 
La monarchie était plus que le roi, le sacerdoce plus que le prêtre, le mariage plus que les époux. 
Cela rendait possible parfois de mépriser un roi ou un pape sans que le principe de la monarchie ou de la puissance pontificale fût infirmé. Que l’on pense aux invectives d’une sainte comme Catherine de Sienne contre le clergé de son temps, et à un grand catholique comme Dante qui depuis l’enfer apostrophait le pape régnant ! 
Aujourd’hui, comme dans toutes les périodes de décadence, nous assistons au phénomène inverse : les institutions ne sont tolérées et aimées que dans l’individu. »

pattes de chatLully.

Epiphanie - la galette des chats

2015-103. Le sac de Rome : un châtiment miséricordieux.

Mercredi soir 2 décembre 2015,
dans l’Ordre de Saint-Augustin la fête du Bienheureux Jean de Ruysbroeck.

frise

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce mercredi 2 décembre, dans Corrispondenza Romana, le professeur Roberto de Mattei a publié un rappel historique qui doit être regardé comme une véritable parabole pour notre temps, au vu des évènements actuels dans l’Eglise et dans le monde.
Notre amie Béatrice en a publié la traduction dans Benoît et moi, et nous nous empressons de la répercuter ci-dessous : car il faut bien se souvenir – il en a toujours été ainsi dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, et dans toute l’histoire de l’Eglise – que lorsque « la coupe est pleine », Dieu châtie.
Les châtiments divins consistent bien souvent à abandonner les hommes aux conséquences de leurs iniquités. Mais ce faisant – à rebours des conceptions erronées de la miséricorde couramment répandues aujourd’hui, qui ne sont souvent que sensiblerie humaine – , à travers le « châtiment » Dieu exerce au plus haut point une authentique miséricorde, celle qui permet la conversion, la pénitence, l’expiation et, in fine, le salut éternel.

Ainsi du sac de Rome en 1527.
Ainsi peut-être des événements qui pourraient se produire en nos temps.

Lully.

frise

le sac de Rome en 1527

Le sac de Rome, tableau de Francisco Javier Amérigo Aparicio (1884).

Le sac de Rome : un châtiment miséricordieux.

L’Eglise vit une époque d’égarement doctrinal et moral. Le schisme a explosé en Allemagne, mais le pape ne semble pas réaliser l’ampleur de la tragédie. Un groupe de cardinaux et d’évêques a préconisé la nécessité d’un accord avec les hérétiques. Comme il arrive toujours dans les pires heures de l’histoire, les événements se succèdent très rapidement.

Le dimanche 5 mai 1527, une armée descendue de Lombardie atteignit le Janicule. L’empereur Charles-Quint, rendu furieux par l’alliance politique du pape Clément VII avec son adversaire, le roi de France François Ier, avait envoyé une armée contre la capitale de la chrétienté. Ce soir-là, le soleil se coucha pour la dernière fois sur la beauté éblouissante de la Rome de la Renaissance. Environ 20 mille hommes, italiens, espagnols et allemands, dont les mercenaires lansquenets, de confession luthérienne, se préparent à prendre d’assaut la ville éternelle. Leur commandant leur avait donné la permission de piller. Toute la nuit, la cloche du Capitole sonna à la volée pour appeler les Romains aux armes, mais il était trop tard pour improviser une défense efficace. A l’aube du 6 mai, à la faveur d’un épais brouillard, les lansquenets se ruèrent à l’assaut des murs, entre Sant’Onofrio al Janicolo et Santo Spirito in Sassia (note du traducteur : deux églises romaines). Les gardes suisses se rassemblèrent autour de l’obélisque du Vatican, décidés à rester fidèles à leur serment jusqu’à la mort. Les derniers d’entre eux furent sacrifiés sur l’autel de la basilique Saint-Pierre. Leur résistance permit au pape de prendre la fuite, avec quelques cardinaux. A travers le Passetto del Borgo, un passage reliant le Vatican au Chateau Saint-Ange, Clément atteignit la forteresse, seul rempart resté contre l’ennemi. Du haut des gradins le pape assista au terrible carnage commencé avec le massacre de ceux qui avaient afflué vers les portes du château pour trouver un abri, tandis que les malades de l’hôpital Santo Spirito in Sassia étaient trucidés à coups de lance et d’épée .

La licence illimitée de voler et de tuer dura huit jours et l’occupation de la ville, neuf mois. « L’enfer n’est rien en comparaison de l’aspect qu’a maintenant Rome », lit-on dans un rapport vénitien du 10 mai 1527, reproduit par Ludwig von Pastor (1).

Les religieux furent les principales victimes de la fureur des lansquenets. Les palais des cardinaux furent pillés, les églises profanées, des prêtres et des moines tués ou faits esclaves, les religieuses violées et vendues sur les marchés. On vit des parodies obscènes de cérémonies religieuses, des calices de messe utilisés pour s’enivrer parmi les blasphèmes, des hosties consacrées rôties dans des poêles et données en nourriture aux animaux, des tombeaux de saints violés, les têtes d’apôtres, comme celle de Saint André, utilisées pour jouer à la balle dans les rues. Un âne fut revêtu d’habits ecclésiastiques et conduit à l’autel d’une église. Le prêtre qui refusa de lui donner la communion fut mis en pièces. La ville fut outragée dans ses symboles religieux et dans ses souvenirs les plus sacrés (2).

Clément VII, de la famille des Médicis n’avait pas répondu à l’appel de son prédécesseur Adrien VI pour une réforme radicale de l’Eglise. Martin Luther répandait ses hérésies depuis dix ans, mais la Rome des Papes continuait à être immergée dans le relativisme et l’hédonisme. Les Romains, toutefois, n’étaient pas tous corrompus et efféminés, comme semble le croire l’historien Gregorovius. Ces nobles, tels Jules Vallati, Giambattista Savelli et Pierpaolo Tebaldi, qui, hissant une bannière avec l’enseigne « Pro Fide et Patria« , opposèrent l’ultime résistance héroïque au Pont Sixte (note du traducteur : pont sur le Tibre) ne l’étaient certes pas ; pas non plus les élèves du Collège Capranica, qui accoururent et moururent au Pont Saint-Esprit pour défendre le pape en danger. A cette hécatombe l’institution ecclésiastique romaine doit le titre de « Almo ». Clément VII se sauva et gouverna l’Église jusqu’en 1534, affrontant, après le schisme luthérien, celui anglican, mais avoir assisté sans pouvoir rien faire au pillage de la ville, fut pour lui plus dur que la mort elle-même.

Le 17 Octobre 1528, les troupes impériales abandonnèrent une ville en ruines. Un témoin oculaire, un Espagnol, nous offre un tableau terrifiant de la ville un mois après le sac : « A Rome, capitale de la chrétienté, aucune cloche ne sonne plus, aucune église n’est ouverte, on ne dit plus de messe, il n’y a plus ni dimanche ni jour de fête. Les riches boutiques des marchands servent d’écuries pour les chevaux, les plus splendides palais sont dévastés, de nombreuses maisons ont été incendiées, d’autres réduites en pièces, privées de portes et de fenêtres, les rues sont transformées en fumier. C’est l’horrible puanteur des cadavres : les hommes et les bêtes ont la même sépulture ; dans les églises, j’ai vu des cadavres rongés par les chiens. Je ne trouve rien d’autre à comparer à cela, sauf la destruction de Jérusalem. Maintenant, je reconnais la justice de Dieu, qui n’oublie pas, même si elle vient tard. A Rome se commettaient ouvertement tous les péchés : sodomie, simonie, idolâtrie, hypocrisie, tromperie ; c’est pourquoi nous ne pouvons pas croire que cela soit arrivé par hasard. Mais par la justice divine » (3).

Le Pape Clément VII commanda à Michel-Ange le Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine comme pour immortaliser le drame que l’Église de Rome avait subi durant ces années,. Tous comprirent qu’il s’agissait d’un châtiment du Ciel. Il y avait eu des avertissements, comme [par exemple] un éclair de foudre tombé sur le Vatican et l’apparition d’un ermite, Brandano da Petroio, vénéré par les foules comme « le fou du Christ », et qui le jour du Jeudi Saint 1527, tandis que Clément VII bénissait la foule à Saint-Pierre, avait crié : « Bâtard sodomite, pour tes péchés Rome sera détruite. Confesse toi et convertis toi, parce que dans quatroze jours, la colère de Dieu s’abattra sur toi et sur la ville ».

L’année précédente, fin août, les armées chrétiennes avaient été défaites par les Ottomans sur le champ de Mohacs. Le roi de Hongrie Louis II Jagellon mourut dans la bataille et l’armée de Soliman le Magnifique occupa Buda. La vague islamique semblait inexorable en Europe.
Et pourtant, l’heure du châtiment fut, comme toujours, l’heure de la miséricorde. Les hommes d’église réalisèrent à quel point, follement, ils avaient poursuivi l’attrait du plaisir et de la puissance. Après le terrible sac, la ville changea profondément. La Rome jouisseuse de la Renaissance se transforma en la Rome austère et pénitente de la Contre-Réforme.

Parmi ceux qui souffrirent du Sac de Rome, figurait Gian Matteo Giberti, évêque de Vérone, mais qui résidait alors à Rome. Emprisonné par les assiégeants, il jura qu’il n’abandonnerait jamais sa résidence épiscopale, s’il était libéré. Il tint parole, retourna à Vérone et il se consacra avec toutes ses énergies à la réforme de son diocèse, jusqu’à sa mort en 1543. Saint-Charles Borromée, qui sera le modèle des évêques de la Réforme catholique s’inspirera de son exemple.

Etaient également à Rome Carlo Carafa et saint Gaétan de Thiene qui, en 1524, avaient fondé l’Ordre des Théatins, un institut religieux raillé pour sa position doctrinale intransigeante et pour l’abandon à la divine Providence au point d’attendre l’aumône sans jamais la demander. Les deux co-fondateurs de l’ordre furent emprisonnés et torturés par les Lansquenets et échappèrent miraculeusement à la mort. Lorsque Carafa devint cardinal et président du premier tribunal de la Sainte Inquisition romaine et universelle, il voulut à ses côtés un autre saint, le Père Michele Ghislieri, un dominicain. Les deux hommes, Carafa et Ghislieri, sous les noms de Paul IV et de Pie V, seront les deux papes par excellence de la Contre-Réforme catholique du XVIe siècle. Le Concile de Trente (1545-1563) et la victoire de Lépante contre les Turcs (1571) démontrèrent que, même dans les heures les plus sombres de l’histoire, avec l’aide de Dieu, la renaissance est possible : mais aux origines de cette renaissance, il y avait eu le châtiment purificateur du Sac de Rome.

Professeur Roberto de Mattei

Notes de l’auteur :
(1) Histoire des papes, Desclée, Rome, 1942, vol. IV, 2, p. 261.
(2) voir aussi André Chastel, le Sac de Rome, Einaudi, Turin 1983 ; Umberto Roberto, Roma capta. Il Sacco della città dai Galli ai Lanzichenecchi, Laterza, Bari 2012.
(3) L. von Pastor, Histoire des papes, cit., p. 278.

Professeur Roberto de Mattei

Professeur Roberto de Mattei

2015-98. De quelques réflexions sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale.

Lundi soir 23 novembre 2015,
Fête de Saint Clément 1er, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui, 23 novembre 2015, a marqué le cent-soixante-quinzième anniversaire du rappel à Dieu de Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald, chevalier de Saint-Louis, baron-pair de France et membre de l’Académie Française.

Millau - buste de Louis de Bonald

Buste de Louis de Bonald à Millau.

La présentation et l’analyse de la très intéressante pensée de Louis de Bonald va bien au-delà des limites et du cadre de mon modeste blogue ; aussi ne puis-je que renvoyer mes lecteurs qui voudraient l’approfondir aux textes mêmes de ce grand auteur, ou à ce qui en a été publié par des auteurs de confiance (comme par exemple sur l’excellent site Vive le Roy, ici > de la souveraineté, ou ici > du gouvernement représentatif, ou encore ici > droit divin).

Pour aujourd’hui, en me contentant de leur donner pour exergue l’une des plus fameuses citations de celui qui demeure l’une des voix les plus autorisées et l’un des penseurs les plus solides de la contre-révolution, je voulais alimenter votre réflexion de quelques pensées sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale

Lully.

frise lys

« La révolution a commencé par la déclaration des droits de l’homme :
elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu ».
                                                                                                                          Louis de Bonald.

1) – Il y a un assez grand nombre de personnes qui se disent favorables à la royauté ; mais, parmi elles, on trouve un très large éventail de conceptions, parfois très opposées les unes aux autres : qu’y a-t-il de commun entre un « orléaniste » et un « légitimiste » (pour ne parler que des deux grands courants royalistes) ? Il n’est même pas certain que, si l’on demandait aux uns et aux autres de définir le mot « roi » qu’ils ont en commun, on obtienne la même notion.
Parmi les royalistes on en trouve un assez grand nombre qui se dit « légitimiste », c’est-à-dire soutenant les droits dynastiques de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou ; mais, parmi ces « légitimistes », existe encore un certaine variété d’idées divergentes, voire absolument incompatibles entre elles. Il y a ceux qui, à la suite du Comte de Chambord, tiennent fermement aux principes de la monarchie capétienne traditionnelle, et il y a ceux qui s’accommoderaient d’une royauté qualifiée de « moderne » dont la quasi seule différence avec l’actuelle cinquième république consisterait dans le fait qu’au lieu d’un président de la république élu, il y aurait à la tête de l’Etat Louis XX et ses successeurs.
La restauration royale à laquelle nous aspirons, à laquelle nous travaillons, est celle d’une monarchie traditionnelle pleinement conforme aux principes et traditions de celle qui a succombé sous les coups de la sinistre révolution : pas une royauté parlementaire, ou « constitutionnelle », comme on en trouve en plusieurs pays d’Europe aujourd’hui.

2) – On trouve également un nombre assez important de personnes favorables à la royauté, qui vivent avec l’illusion que le seul fait de placer un roi (Louis XX par exemple, mais un certain nombre de « survivantistes » ou de « providentialistes » partagent aussi ce genre d’idées en promouvant leurs candidats – connus ou cachés -) à la tête de la France telle qu’elle se trouve aujourd’hui, comme une espèce de « deus ex machina », pour que, comme par enchantement, tout se retrouve automatiquement changé, amélioré, renouvelé.
Il m’est arrivé de recevoir des messages que je qualifie volontiers de délirants : des personnes sans nul doute enthousiastes, mais à mon avis manquant pour le moins de réalisme (si ce n’est d’équilibre intellectuel et psychologique), qui m’écrivent qu’elles sont prêtes, dès aujourd’hui ou dès demain, à conduire le Prince à Reims et, là, à demander à l’archevêque de lui conférer le Sacre !
S’imaginent-elles être de « nouvelles Jeanne d’Arc » ?
En tout cas, d’après elles, sitôt la cérémonie achevée, la France serait transformée et, telle la « Belle au bois dormant » au contact des lèvres du prince charmant, se réveillerait catholique et royale…
Les « zinzins » de cette sorte (qui, en plus, sont très souvent animés d’un zèle indiscret et tapageur), à mon avis, portent un tort considérable à l’idée royale.

3) - Vouloir, aujourd’hui, restaurer en France une royauté, d’un claquement de doigts, relève d’un manque de réalisme absolu. Or le réalisme est, philosophiquement, l’un des piliers de la monarchie légitime.
La restauration monarchique ne sera pas le début du renouveau que nous espérons et auquel nous travaillons, avec nos faibles moyens actuels : elle en sera la clef de voûte, l’achèvement.
La restauration royale, en France, ne se pourra faire que sur les fondements solides d’une restauration spirituelle, d’une pleine restauration catholique. Elle ne sera pas simplement politique, dans le sens où elle ne consistera pas à remplacer le système républicain actuellement en place par un système monarchique, de la même façon que l’on opère un simple ravalement de façade ou comme un changement de décor au théâtre. Il faudra – ni plus ni moins – revenir au Pacte de Reims, acte fondateur de la monarchie traditionnelle en ce Royaume, acte fondateur qui a été renouvelé, réitéré et réactualisé à chacun des Sacres de nos Souverains.

4) – Aussi, pour travailler efficacement au rétablissement d’institutions monarchiques stables et pérennes, faut-il commencer par travailler à la conversion des mentalités, des intelligences, des coeurs, des esprits et des âmes.
C’est bien – malgré le remarquable travail des Chevaliers de la Foi, malgré l’action de la Congrégation, et malgré le soutien et les convictions sincères du Roi Charles X – parce qu’elle a échoué dans le domaine de la conversion profonde et générale des Français (conversion à tous les niveaux : intelligences, moeurs, mentalités, esprits et âmes) que la Restauration de 1815 n’a pas pu se maintenir, malgré ses brillantes réussites économiques et militaires.
La façade, aussi belle fut-elle, avait seulement masqué et non renouvelé les mentalités polluées et viciées par les idées révolutionnaires : elle n’avait pas restauré en profondeur la compréhension et l’amour religieux du mystère sacré de la Royauté traditionnelle qui ne peut s’épanouir et subsister que dans une Chrétienté vivante, individuellement et socialement.

5) – L’expérience me montre encore que beaucoup de royalistes, beaucoup de légitimistes, ont en vérité peur des exigences d’une telle restauration, peur des conséquences que cela entraînerait dans leur propre vie, finalement peur d’avoir à mettre en oeuvre une vraie et absolue cohérence entre leurs idées et leurs moeurs, leurs paroles et leur mode de vie.
Ils vivent dans une espèce de pieuse nostalgie, qui ne les contraint pas à renoncer à l’esprit du monde ni à leurs continues compromissions avec les modes et avec l’air du temps : ils n’ont pas envie de se convertir.
Ils se précipitent, la bouche en coeur, aux « coquetèles », aux bals et aux cérémonies où l’on annonce la présence du Prince, mais ils prennent bien garde de s’engager – surtout si cela impose quelque sacrifice et si cela exige de la persévérance – dans un travail de fond.
Ils sont de pauvres courtisans, ils ne seront jamais de valeureux chouans.

6) – Il est indubitable que l’un des premiers et des plus urgents devoirs des légitimistes, aujourd’hui, consiste à acquérir non seulement une nécessaire formation intellectuelle – philosophique, historique, doctrinale… etc. – , mais, en outre et par-dessus tout, une encore plus nécessaire et solide formation spirituelle.
La vie spirituelle des légitimistes ne peut seulement consister dans une honnête connaissance du catéchisme, et dans une pratique religieuse régulière mais trop formelle ; elle doit imprégner, animer vivifier tout leur quotidien.
C’est parce qu’il sera l’incarnation d’un catholicisme fort et décomplexé (comme l’on dit aujourd’hui), épanoui et rayonnant, que le témoignage des légitimistes sera conquérant.

7) – La restauration de la monarchie légitime sera un miracle de la grâce, quelque chose qui ressemblera – dans l’ordre social et politique – à la résurrection du corps de Lazare en putréfaction, quelque chose de plus grand encore que le miracle du sursaut national suscité par l’intervention de ce doigt de Dieu dans notre histoire que fut Sainte Jeanne d’Arc.
Mais les miracles ont un prix : de la même manière que le rachat et le salut des âmes ont pour rançon les tourments de la douloureuse Passion, la conversion de la France et son retour de fille prodigue repentante dans les bras de ce lieu-tenant de Dieu sur terre qu’est le Roi légitime, désigné par les Lois Fondamentales du Royaume, exige de nouveaux Golgotha : des prières toujours plus ferventes, des sacrifices toujours plus généreux, des pénitences volontaires toujours plus nombreuses, et des immolations secrètes dans le Gethsémani de ces nuits de l’âme et de l’esprit que connaissent les privilégiés du Coeur de Jésus…

Addenda :
a) – Que l’on ne se méprenne pas sur nos paroles. Nous sommes fermement convaincus que « de la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s’infiltre le bien ou le mal des âmes… » (Pie XII, radio-message du 1er juin 1941 pour le cinquantième anniversaire de l’encyclique « Rerum novarum ») ; si ce n’était pas le cas, nous ne militerions pas pour la restauration de la monarchie traditionnelle. Mais « la forme donnée à la société » ne peut perdurer si les individus, les familles et les corps intermédiaires qui composent cette société n’adhèrent pas aux principes qui fondent cette « forme », et si celle-ci est seulement imposée d’en-haut sur des sujets totalement passifs.
b) – Certains, parfois, insistent tellement sur le devoir fait aux chrétiens de travailler à leur perfection pour infléchir sur la marche du monde, qu’ils en arrivent presque à conclure – ou à laisser penser à leurs auditeurs – qu’il serait résolument vain de tenter d’agir ici-bas si l’on n’est pas arrivé à un haut degré de vertu, voire parvenu à la sainteté ! Semblable exagération n’est pas conforme à l’Evangile, n’est pas conforme à l’enseignement et à la pratique séculaire de l’Eglise. Certes, plus une âme est sainte et plus elle a d’influence, non seulement dans le seul domaine de la spiritualité, mais aussi sur la société des hommes : « Toute âme qui s’élève élève le monde » (Elisabeth Leseur). Toutefois, même s’il n’est pas parvenu à la perfection, même s’il lutte encore parfois douloureusement contre ses propres péchés et ses tendances désordonnées, même si sa faiblesse lui est l’occasion de chutes (et donc aussi – normalement – de relèvements !) tout chrétien, quelque imparfait qu’il soit encore, est appelé et habilité à travailler – selon sa mesure, ses capacités et sa place dans la société – pour qu’elle soit toujours plus conforme aux lois divines et aux merveilleux desseins de la Providence sur sa patrie.

Scapulaire Sacré-Coeur

« La révolution a commencé par la déclaration des droits de l’homme :
elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu ».
                                                                                                                          Louis de Bonald.

frise lys

2015-97. De la ruineuse pseudo pastorale des pasteurs félons.

Vendredi 20 novembre 2015,
Fête de Saint Félix de Valois.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans l’exact prolongement du texte de Monsieur l’abbé Bryan Houghton que je livrais hier soir à votre réflexion (cf. > ici), je voudrais aujourd’hui porter à votre connaissance et méditation un autre texte, antérieur de trente ans à celui de « Prêtre rejeté » : un texte extrait cette fois d’un opuscule dont la première publication, en italien, date de 1970 (la première traduction française paraîtra deux ans plus tard – en 1972, aux éditions du Cèdre).
L’ouvrage dont il est tiré s’intitule « Il Quinto Evangelo » et a été traduit en français sous le titre « Un nouvel Evangile ».
Frère Maximilien-Marie l’eut entre les mains dès le début de sa formation religieuse, au tout début des années 80 du précédent siècle, et très régulièrement, avec le sourire satisfait d’un gourmet comblé par la qualité et la finesse du met qu’il déguste, il en savoure quelque extrait. Car le livre est véritablement savoureux.

Son auteur est Don Giacomo Biffi, qui était alors curé dans l’archidiocèse de Milan.
Né en 1928, ordonné prêtre en 1950, professeur de théologie, curé, évêque auxiliaire de Milan en 1976, archevêque de Bologne de 1984 à 2003, il fut honoré de la pourpre cardinalice dès 1985.
Monsieur le cardinal Biffi s’est distingué à plusieurs reprises par quelques courageuses interventions, à contre-courant des modes ecclésiastiques et sociétales. En 2007, Monsieur le cardinal Biffi a publié une nouvelle édition, mise à jour, de son « Quinto Evangelo », preuve que cet ouvrage – publié dans les immédiates années post-conciliaires – lui tenait à coeur et lui semblait n’avoir rien perdu de son actualité… Malheureusement !
Son Eminence a été rappelée à Dieu le 15 juillet de cette année 2015, dans sa quatre-vingt-huitième année, elle aurait fêtée le soixante-cinquième anniversaire de son ordination sacerdotale le 23 décembre prochain.

Le « Cinquième Evangile » se compose d’une trentaine de fragments dont on nous dit qu’ils sont tirés de très antiques manuscrits retrouvés en Terre Sainte.
L’extraordinaire intérêt des dits fragments réside dans le fait qu’ils nous livrent les véritables paroles de Jésus, consignées par écrit avant que l’ « institution Eglise » ne les ait modifiées. Ces citations authentiques retrouvées viennent justifier les changements intervenus dans la liturgie, dans l’enseignement de la doctrine, dans la pastorale et dans la morale « depuis LE concile ».
On l’aura compris : Don Giacomo Biffi, dès le début de ces années de folie qui ont suivi le second concile du Vatican, avec une décapante lucidité, a manié l’arme d’une sagace goguenardise pour démontrer de quelle manière ces changements, relectures et remises en question orchestrées par le clergé progressiste étaient un détournement et une trahison des véritables Evangiles, un ébranlement de fond des bases les plus solides du Christianisme.
Quarante-cinq ans après sa première publication, alors que nombre de fidèles, de prêtres, et même d’évêques et de cardinaux, continuent – hélas ! – à semer la désolation et la ruine par leurs remises en question et leur infidélité à la sainte Tradition, la salutaire ironie déployée dans ce « Cinquième Evangile » est toujours précieuse pour nous faire réfléchir sur notre propre fidélité aux véritables Paroles de vie et de salut contenues dans les Saints Evangiles.

Lully.

Cardinal Giacomo Biffi

Giacomo, cardinal Biffi (1928-2015), archevêque émérite de Bologne.

Note préliminaire :
Dans l’ouvrage de Don Giacomo Biffi, chacun des prétendus fragments « authentiques » du « véritable Evangile retrouvé » est d’abord présenté en caractère gras, avec en regard le texte de l’Evangile tel qu’il était reçu jusqu’ici, puis il fait l’objet d’un commentaire dans lequel les idées nouvelles se trouvent exposées, avec cette subtile ironie et cette désopilante sagacité qui, feignant d’adopter les arguments des démoliseurs de la foi, les dénonce ainsi d’une manière bien plus percutante qu’un long traité d’apologétique…

20

Le Royaume des cieux est semblable à un berger qui avait cent brebis et qui, en ayant perdu quatre-vingt-dix-neuf, reproche à la dernière son manque d’initiative, la met à la porte et, ayant fermé sa bergerie, s’en va à l’auberge discuter de pastorale.

Selon vous, si un homme possède cent brebis et en perd une, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres [en lieu sûr] sur la montagne pour aller à la recherche de la brebis égarée ? Et s’il parvient à la retrouver, il en a plus de joie que ne lui en donnent les quatre-vingt-dix-neuf qu’il n’a pas perdues.

Matth. XVIII, 12-13

Commençons par applaudir les quatre-vingt-dix-neuf brebis perdues ; leur perte n’est pas une perte commune, c’est plutôt une forme de protestation contre la notion même de bergerie.
Cette image de bergerie évoque en effet l’idée d’enclos, de clôture, de ségrégation. Comment les autres pourront-ils s’unir au troupeau, si à un moment donné de leur cheminement ils se heurtent contre une barrière ?
Pour ne rien dire du fait que la vie de ghetto – à l’abri des périls mais aussi des émotions de l’aventure – finit par déformer la personnalité et par engendrer des complexes, d’infériorité ou de supériorité selon les tempéraments, dont il est bien difficile de guérir. Mieux vaut pour une brebis le risque du loup que  la certitude de l’avilissement de la bergerie.
Il peut arriver que le berger ne soit pas suffisamment perspicace pour s’en rendre compte : en ce cas, il faut avoir le courage de lui forcer la main. L’exode de masse, mentionné par la parabole, est le moyen le plus efficace pour faire entendre raison à qui s’obstine à fermer les yeux. Une fois la bergerie démolie, tous pourront revenir ensemble, brebis, loups et autres animaux, et il y aura un seul troupeau sans un seul pasteur.

Mais dans la parabole le pasteur comprend ce qui se passe, de sorte qu’il voit d’un mauvais oeil la seule brebis qui soit restée.
Cet animal – à qui il convient pourtant, en toute objectivité, de reconnaître un certain non-conformisme – suffit à lui seul à gâcher l’aventure d’une époque nouvelle : tant qu’il sera là la bergerie demeurera, et tant que la bergerie demeurera les brebis en liberté éprouveront quelque inquiétude quant à la sagesse de leur évasion. Et cela n’est pas bon : même pour se faire dévorer il faut jouir d’une certaine tranquillité intérieure.

Donc, à la porte, brebis récalcitrante ! Force nous est de te contraindre à la liberté. Ne serait-ce que parce qu’à toi seule tu fais perdre son temps à ton gardien, tu le fatigues, et ainsi tu entraves le progrès de la culture. Ce ne sera que lorsque tu auras courageusement pris le chemin de la forêt que le berger pourra discuter avec ses collègues des moyens les plus adaptés de faire prospérer un élevage. Ce ne sera que lorsqu’il n’y aura plus de bergerie (et plus de brebis) que l’on pourra élaborer en toute rigueur scientifique – sans compromis avec les conditions concrètes et avec la survivance de conceptions dépassées – une vraie et parfaite théologie pastorale.

Giacomo Biffi, « Un Nouvel Evangile » (Il Quinto Evangelo), Editions du Cèdre – 1972
(fragment N° 20, pp. 69-71).

armoiries du cardinal Giacomo Biffi

Armoiries du cardinal Giacomo Biffi,
avec sa devise : 
« Là où se trouve la foi, là est la liberté »

2015-96. « L’Eglise est devenue une masse informe de groupes de discussion…»

Jeudi soir 19 novembre 2015,
Fête de Sainte Elisabeth de Hongrie ;
23 ème anniversaire du rappel à Dieu de l’abbé Bryan Houghton.

Je ne veux pas achever cette journée, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, sans venir auprès de vous avec un excellent texte de Monsieur l’abbé Bryan Houghton (cf. ici) dont ce 19 novembre est l’anniversaire du rappel à Dieu (voir aussi ici).
Extrait de son bel ouvrage « Prêtre rejeté », publié en 1990, ce texte a donc 25 ans… et n’a pas pris une seule ride : hélas !
On peut même dire que les pitoyables rebondissements grand-guignolesques du dernier synode romain et les scandaleuses prises de position de certains hauts dignitaires de la Sainte Eglise Romaine lui ont donné une nouvelle actualité et en ont – malheureusement – confirmé les analyses.

Je le laisse à votre lecture, à votre réflexion, à votre méditation.

Lully.

abbé Bryan Houghton

Monsieur l’abbé Bryan Houghton (2 avril 1911 – 19 novembre 1992)

L’Eglise est devenue une masse informe de groupes de discussion…

« (…) La plus grande tragédie de l’histoire de l’Eglise est sans doute la décision des Pères de Vatican II de se constituer en Cercle épiscopal de discussion pastorale au lieu de tenir un concile dogmatique. En matière de dogme, ils possédaient l’autorité divine et la compétence humaine. En tant que cercle de discussion, ils n’avaient pas plus d’autorité et sans doute moins de compétence que la Société des débats de Trifouillis-les-Oies. Les documents qu’ils ont produits sont des monuments à la « volonté générale ». Quiconque dispose d’une réserve suffisante d’anti-soporifique peut les ingurgiter.
Quoi que l’on pense du IIe concile du Vatican, il a porté un fruit indiscutable : l’Eglise entière, l’Epouse immaculée, l’Arche du salut, s’est transformée en une masse informe de cercles de discussion. Il y a les synodes romains, les conférences épiscopales nationales et régionales, les assemblées de prêtres, les commissions de ceci et de cela, les rassemblements diocésains, les cours de recyclage, les journées d’étude. Les rencontres de doyenné, les journées de récollection, les retraites et, dans une certaine mesure, la messe, ont été transformées en cercles de discussion. Les malheureux laïcs ont été pris, eux aussi dans le tourbillon et dirigés vers des commissions et des conciles à tous niveaux.
Personne ne fait rien parce que cela supposerait l’acte d’une volonté personnelle, mais tout est mis en discussion dans l’ouverture, l’irresponsabilité et l’abstraction les plus complètes. Tout est remis en cause, jusqu’aux fondements de la religion. Dans le monde réel, très peu de chose peut être remis en cause et nous sommes dirigés par les circonstances – par la Providence divine. Rien de tel dans une discussion de groupe : l’homme y est absolument libre dans le monde abstrait de sa propre cervelle, de ses opinions dégagées de toute responsabilité. C’est là que germe, fleurit et fructifie la « volonté générale ».
Un autre point mérite d’être souligné. Le mot « pastoral » change tout à fait de sens selon qu’il est employé dans les discussions de groupe ou qu’il s’agit du monde réel. Telle que les prêtres d’autrefois la concevaient, la pastorale consistait à rendre témoignage aux dogmes que l’Eglise enseignait en vertu de son autorité divine. Mais ni le dogme ni l’autorité n’ont droit de cité dans les cercles de discussion. Il s’ensuit que le mot « pastoral » prend dans cet univers la signification contraire : il veut dire « non dogmatique » et « sans autorité ». Quand il s’est déclaré « concile pastoral » et non « dogmatique », Vatican II ne voulait pas dire que l’on devrait tenir les dogmes pour acquis et qu’il entendait se préoccuper des moyens de mieux les faire connaître aux fidèles et aux infidèles. Il voulait dire que les discussions ne devaient pas être entravées par les dogmes. En fait, « pastoral » sonne mieux que « existentiel » ; c’est en somme l’adjectif d’orthopraxis puisqu’on ne dit pas « orthopratique ». Le mot a ainsi trompé maints bons prêtres et évêques. Prenons un exemple : les divorcés remariés. Selon la pastorale d’un curé d’autrefois, il n’aurait été question que de sainteté, d’héroïsme, de vivre en frère et soeur, d’assister à la messe sans communier, etc., toutes recommandations dérivées du dogme. Aujourd’hui, si l’on nous demande de réfléchir à la question des divorcés remariés du « point de vue pastoral », nous savons que nous devons faire abstraction de l’enseignement dogmatique de l’Eglise, et les encourager à la communion quotidienne avant de les faire entrer au conseil paroissial.
Le double fait que la discussion doit être ouverte et qu’elle ne doit pas être contrecarrée par l’autorité conduit à un curieux phénomène. La volonté générale qui en résulte permet n’importe quel changement, aussi scandaleux qu’il soit, mais refuse toute forme de tradition, aussi souhaitable qu’elle soit. Pourquoi ? Parce que la tradition est la plus fondamentale des formes d’autorité. Nous ne pouvons que constater ce phénomène tout autour de nous dans l’Eglise, depuis qu’elle est devenue une masse informe de groupes de discussion. La révolution est là (…). »

Abbé Bryan Hougthon, in « Prêtre rejeté », chap. XIII : « L’Eglise du bavardage »,
(pp. 130-132 dans l’édition revue et augmentée de 2005 – Dominique Martin-Morin).

prélats en discussion

2015-95. « La France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire. »

Lundi 16 novembre 2015,
Fête de Sainte Gertrude la Grande (voir > ici et > ici).

Même s’il a déjà été relayé par de très nombreuses publications légitimistes, il est de notre devoir de retranscrire également ici le communiqué publié samedi 14 novembre par le Secrétariat du Prince, après les actes de terrorisme perpétrés à Paris dans la soirée de ce vendredi 13 novembre.
Pour nous, chrétiens, à la suite de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, il ne s’agit pas seulement de « penser » mais aussi de prier .

Prier :
1) pour le salut des âmes de ces victimes décédées (car, il convient de le rappeler, Dieu – qui est hors du temps – , en considération des prières faites après l’événement, peut accorder des grâces, notamment en ce qui touche à la conversion, au repentir et au salut éternel, reçues par ces victimes au moment de leur mort) ;
2) pour les blessés, afin de les soutenir et pour leur obtenir des grâces de guérison (physiques, psychologiques et spirituelles) ;
3) pour leurs proches qui portent le poids du deuil ou qui se resserrent auprès de leurs blessés ;
4) pour la France…

Vous remarquerez très particulièrement la dernière phrase de ce communiqué qui, malgré sa concision, n’en est pas moins lourd d’un message fondamental : « Comme en d’autres temps troublés, la France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire »,.
C’est bien là, malgré les nécessaires pudeur et sobriété imposées par les circonstances, une manière non équivoque de rappeler a) que la France – de nos jours – a perdu toute grandeur (puisqu’on ne peut retrouver que ce qui a été perdu), et b) que les valeurs qui ont toujours fait la force et la constance de la France ne sont pas les prétendues « valeurs de la république« , mais bien les authentiques principes qui ont présidé à la naissance de la France il y a plus de quinze siècles : l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims, aux sources de notre histoire.

Armes de France pour le deuil

Communiqué de Monseigneur le Duc d’Anjou :

Au moment où la lâcheté provoquant l’horreur endeuille Paris et la France tout entière, je fais part de ma profonde émotion.
Mes pensées et mes prières vont aux victimes et à leurs familles. Aux morts et aux blessés innocents. Aux gardiens de la sécurité et de la santé.
Au-delà de la douleur et de l’indignation, face à cet acte de guerre, il appartient à tous d’être responsables et confiants dans l’avenir.
Comme en d’autres temps troublés, la France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

frise lys deuil

2015-87. Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer?

Lundi 12 octobre 2015,
Fête de Saint Maximilien de Loch.

« Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer ? », c’est en tout cas la conviction exprimée par Antonio Socci dans une chronique publiée hier, dimanche 11 octobre 2015, et traduite en Français par notre amie Béatrice, qui gère avec sagacité et courage l’excellent site « Benoît et moi » dont nous avons déjà parlé – et que nous avons chaleureusement recommandé – à plusieurs reprises déjà.
Les vertus surnaturelles de foi et d’espérance se trouvent en définitive confortées par l’analyse d’Antonio Socci.

Forts de l’autorisation qui nous a été donnée par Béatrice, nous reproduisons ci-dessous in extenso la publication de cette traduction qu’elle a menée à bien, et pour lesquelles (la traduction et l’autorisation) nous lui savons un gré infini.

Ceux qui ne suivent l’actualité du synode romain consacré à la famille que par ce qui en est dit en France par les voix ecclésiastiques officielles se trouveront peut-être un peu déroutés (comme d’ailleurs pour ma publication précédente > ici) : nous ne pouvons que les renvoyer à une étude attentive de tout ce qu’a publié Béatrice sur « Benoît et moi », en sortant de l’univers très borné et très orienté des publications françaises (cela demande d’y passer du temps et de faire fonctionner son intelligence, informée par la foi catholique authentique, mais j’ose penser que les lecteurs de ce blogue en sont capables).

Le seul commentaire que je puisse ajouter à la publication de ce jour, c’est qu’il ne faut pas se démobiliser spirituellement et qu’il faut continuer avec une ardeur décuplée à prier, prier, prier encore et toujours, pour notre Eglise catholique romaine en proie aux divisions et menacée par des doctrines d’erreur.

Lully.

chapelet gif

Le bergoglisme est en train de sombrer (au synode, et pas seulement).

Imposera-t-il son diktat, à la manière argentine ?

«La joyeuse machine de guerre piétine-t-elle ?», s’interroge un vaticaniste suisse (ndt : Giuseppe Rusconi, sur Rosso Porpora). 
En fait, au Synode, la machine de guerre argentine avec un moteur allemand (les évêques progressistes) s’est enlisée : on le sait, ces jours-ci les « moteurs » Allemands sont bons pour la casse et la carrosserie argentine est une ferraille, pétrie de péronisme et de théologie de la libération rouillée.

Première semaine :
—-

En effet, le Synode s’est ouvert avec le rapport du Cardinal Erdo qui a réitéré l’enseignement catholique, démolissant les hérésies de Kasper (et irritant Bergoglio).
En outre, après cette première semaine, l’un des rapporteurs des commissions, l’Australien Mark Coleridge, a résumé la situation ainsi : « Si le Synode s’achevait aujourd’hui, 65 % des pères voteraient contre la possibilité d’admettre les divorcés remariés à la communion ».
Pour le parti de Bergoglio et Kasper, la défaite sera encore plus cuisante sur la question de l’homosexualité, parce que les rapports des différents « cercles » font émerger la requête de s’opposer vigoureusement à la théories du gender, considérée comme la nouvelle idéologie dangereuse qui a pris la place du marxisme et qui a un effet dévastateur sur la mentalité et la formation des jeunes.
Du reste, la partie catholique du Synode, majoritaire en nombre (celle qui se réfère au Magistère de toujours, et en particulier à Jean-Paul II et Benoît XVI), a vivement protesté contre la minorité bergoglienne au pouvoir, qui impose ses procédures, ses méthodes et ses hommes à des postes clés, mais de ces protestations, rien ne filtre à l’extérieur, et elles ne sont pas représentées par la machine de propagande caricaturale (les méchants conservateurs contre les progressistes éclairés).
Bien que le Synode discute de la famille, ces millions de familles chrétiennes qui sont à l’extérieur – selon les bergogliens – ne doivent rien savoir de ce qui se passe (contrairement aux autres Synodes) ou doivent avoir des informations filtrées et « emballées » pour elles.
Le parti bergoglien est comme une équipe de football qui perd 5 à 0 sur le terrain de jeu, mais qui peut impunément donner des coups de pied, essayer de marquer des buts de la main (à la manière argentine) et étaler son arrogance parce qu’elle sait que l’arbitre est leur leader et finalement leur donnera une victoire sur tapis vert contre toutes les règles (en effet Bergoglio se réserve même le droit de changer les règles en cours de match – par exemple sur la Relation finale – selon la convenance de son équipe) [cf. Confusion au Synode].

Les catholiques :
——
Un grand réconfort du côté catholique est représenté par le doux et sage Benoît XVI, dont le magistère et la présence, comme un phare dans la nuit de tempête, indiquent le chemin.
La semaine dernière, du reste, le vaticaniste américain Edward Pentin a révélé la réponse que le pape Benoît – au précédent Synode – a donnée à un prélat allemand qui lui demandait ce qu’il devait faire face à la tempête qui s’était déchaînée dans l’Eglise : “Halten Sie sich unbedingt an die Lehre !” (rester absolument ferme sur la doctrine) [cf. Restez ferme sur la doctrine].
Ratzinger est aujourd’hui écouté par la majorité (ndt : pas en France, malheureusement !), parce que la vérité désarmée est l’unique trésor de l’Église, étant le Christ lui-même, et si l’Eglise trahissait ou liquidait la vérité de la doctrine catholique, elle ferait comme Judas et priverait l’humanité de la vraie miséricorde de Dieu, et du salut.
Éclairée par la lumière de Benoît XVI, la partie catholique est venue à ce Synode plus forte et mieux préparée qu’au précédent, et qu’au consistoire de Février 2014, quand elle fut prise par surprise par la thèse inouïe de Kasper, que Bergoglio avait fait proclamer.
Il est du reste significatif que parmi les plus déterminés à s’opposer au renversement de la doctrine catholique, il y ait une Eglise jeune comme celle africaine, particulièrement soignée depuis 40 ans par Jean-Paul II et Benoît XVI.
Celle-ci, en effet, en plus de donner de grands cardinaux comme Sarah, une lumière pour toute la chrétienté, est aujourd’hui de loin l’Eglise la plus dynamique, la plus missionnaire, celle qui a connu le plus de croissance, ayant déjà dépassé 200 millions de fidèles avec une augmentation impressionnante de 238 % par rapport à 1980.
Tandis que l’Eglise sud-américaine de Bergoglio, celle allemande de Kasper, et celle belge de Daneels, se sont effondrées.

Modernisme en échec :
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Mais là est le paradoxe d’aujourd’hui : à la tête de l’Eglise, il y a ceux dont les recettes se sont avérées désastreuses dans leurs pays. Et ils veulent appliquer les mêmes recettes désastreuses à toute l’Église, avec des effets dévastateurs à l’échelle mondiale.
Certes, beaucoup indiquent la popularité du pape argentin comme signe de renaissance. Mais c’est du bluff et dans l’Église on l’a désormais compris.
C’est la popularité droguée du cirque médiatique laïciste, qui n’apporte pas une seule conversion, mais au contraire exulte pour la conversion du pape à l’agenda d’Obama et à l’agenda onusien.
Les données de la pratique catholique en Italie, qui, sous Jean-Paul II et Benoît XVI avaient grandi, continuent de baisser avec Bergoglio. Samedi (3 octobre), la Repubblica elle-même a dû admettre que pour l’Eglise « il n’y a pas d’effet François » (voir plus haut, ndt), et que même l’Italie continue à s’éloigner de l’Eglise ; ainsi, l’effet Bergoglio est à l’envers : il éloigne les fidèles.

Un panorama de ruines :
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Les catholiques ont le sentiment qu’avec Bergoglio, on aura tout vu. Par exemple, l’embarrassant coming out (avec son compagnon) de Mgr Charamsa – lequel prétend que sur l’homosexualité, l’Eglise change la loi morale fondée sur la Parole de Dieu – , n’aurait pas été possible sans les mille ouvertures déconcertantes et les qui-suis-je-pour-juger de Bergoglio, que Charamsa qualifie de « fantastique ». Qui sème le vent récolte la tempête, dit la Bible.
Et comment éviter la confusion et la désorientation devant le Motu Proprio de Bergoglio sur la nullité matrimoniale, que même un juriste catholique comme le professeur Danilo Castellano a démoli (ndt : Magister, ici chiesa.espresso.repubblica.it) ?
On ne peut que constater qu’il introduit de facto le divorce, subvertit l’Evangile et l’enseignement millénaire de l’Église. De sorte que – au lieu de soutenir la famille attaquée par les idéologies modernes – il lui donne le coup de grâce.

Ensuite, il y a toute la liste des autres erreurs bergogliennes. Celle sur l’immigration est colossale. Comme celle sur les chrétiens persécutés qui ne ne sont certainement pas réjouis de son attitude de soumission à l’islam et aux régimes communistes.
Et puis il y a les chrétiens massacrés par l’ISIS qu’il a effectivement abandonnés, délégitimant toute intervention concrète en leur défense : de fait, aujourd’hui, les évêques du Moyen-Orient (et leurs communautés) voient dans l’intervention de Poutine l’espoir de la délivrance de la terreur.

Prenons ensuite les rassemblements altermondialistes de Bergoglio contre « l’économie qui tue » (celle capitaliste).
Selon les données de la FAO divulguées ces jours-ci, le pourcentage des personnes sous-alimentées dans les pays en développement est passée de 23,3 % en 2000 à 12,9 % aujourd’hui.
En 50 ans, le taux mondial de l’extrême pauvreté est tombée de 80 % à 10 %, alors que la population mondiale a doublé (il s’est passé le contraire de ce que prédisaient les théories malthusiennes).

Et aussi les données sur l’environnement : l’air et la santé se sont beaucoup améliorés au cours des 50 dernières années, démentant l’eco-catastrophisme marxisant de l’encyclique bergoglienne.

Même ce qui est célébré comme le succès international de Bergoglio, la fin de l’embargo sur Cuba, à bien y regarder se révèle être le sauvetage d’une vieille dictature odieuse et sanguinaire à laquelle le pape est allé rendre hommage, ignorant les victimes et les dissidents.

C’est un paysage de décombres, celui que laisse Bergoglio. Avec des chutes incroyables, comme la querelle burlesque avec Ignazio Marino (le maire de Rome, cf. François est un moderniste 3.0), inimaginable pour des géants comme Ratzinger et Wojtyla (n’en déplaise à Scalfari, faisant l’éloge de Bergoglio parce qu’il amènerait l’Église loin de la politique).
Marino doit s’en aller et mérite toutes les critiques du monde, mais Bergoglio n’a pas volé la répartie de sa compagne, Sabrina Ferilli : « Que le pape se sente obligé de faire un communiqué pour l’envoyer au diable, c’est vraiment inouï ».

Antonio Socci

Antoio Socci

Le journaliste et écrivain italien Antonio Socci.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 12 octobre, 2015 |2 Commentaires »
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