Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2023-2. Vœux de Son Altesse Félinissime le Prince Tolbiac aux amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.

5 janvier 2023,
Vigile de l’Epiphanie ;
Mémoire de Saint Télesphore, pape et martyr ;
Mémoire de Saint Siméon le stylite, ermite et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Jacques Cathelineau (cf. > ici).

Tolbiac - illustrations vœux 5 janvier 2023

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Après la publication des vœux de Leurs Majestés comme première publication de l’année (cf. > ici), c’est à moi que Frère Maximilien-Marie a confié le soin de vous présenter les vœux du Mesnil-Marie : « Tu es le successeur du Maître-Chat Lully, m’a-t-il dit ; il est donc juste que ce soit toi qui te mettes à l’œuvre pour cet exercice important des premiers jours de l’année civile. C’est une tradition qui compte beaucoup chez les humains et tu as bien compris que, désormais, beaucoup d’humains te regardent car tu es devenu un authentique représentant de notre modeste Refuge Notre-Dame de Compassion… »
C’était sans appel, je n’avais plus qu’à m’exécuter : j’ai donc invoqué le Saint-Esprit, ainsi que Frère Maximilien-Marie m’a appris à le faire, et j’ai noté mes idées sur un petit carnet avant de finaliser leur rédaction.
Et puis, comme nous, les chats, nous faisons, depuis fort longtemps, partie des thèmes de prédilection pour l’illustration des cartes de vœux du Nouvel An, je me suis aussi inspiré de ce que les chats des âges passés ont permis d’exprimer sur les cartes anciennes…

1) Pour une vraie « Bonne Année » : laissez le Saint-Esprit gonfler votre voile !

Voeux 2023 1

   Si vous êtes baptisé, si vous êtes en état de grâce, le Saint-Esprit réside en vous d’une manière particulière : soyez à son écoute !
Faites silence pour entendre la voix de ce Maître intérieur, et obéissez à Ses inspirations avec l’absolue certitude qu’Il désire uniquement votre salut et votre sanctification.
Si vous n’êtes pas très sûr de bien comprendre ce qu’Il susurre à l’intérieur de votre âme, recourrez aux conseils et au discernement d’un guide spirituel auquel vous savez pouvoir faire pleinement confiance, puis avancez, le cœur serein et pleinement dilaté, en chantant intérieurement :

Esprit Saint,
âme de mon âme, je vous adore,
éclairez-moi, guidez-moi,
fortifiez-moi, consolez-moi,
dites-moi ce que je dois faire,
donnez-moi vos ordres.
Je vous promets de me soumettre à tout ce que vous désirez de moi,
et d’accepter tout ce que vous permettrez qui m’arrive,
faites-moi seulement connaître votre volonté.

(Prière du Cardinal Mercier).

2) Pour une vraie « Bonne Année » : vivez en harmonie !

Voeux 2023 2

   Vous le savez, nous les chats, nous sommes très particulièrement sensibles à l’harmonie des formes, des volumes, des espaces, des ambiances et de nos environnements : sur ce point-là, au moins, imitez-nous ; soyez des chats !
Comment ? En étant cohérents, absolument cohérents : que votre vie extérieure manifeste votre foi, votre espérance et votre charité.
Ce que vous affirmez de vos convictions intellectuelles et spirituelles, que votre comportement en témoigne bien davantage que vos paroles. Foin des fausses notes et des accords dissonants ou imparfaits : vivez en harmonie ! Soyez harmonie !  

3) Pour une « Bonne Année » : ne vous laissez pas paralyser par les épines !

Voeux 2023 3

   En cette période de Noël, vous les humains, vous aimez décorer vos maisons et vos crèches avec du houx. Si vous avez apporté un sapin dans votre maison, vous savez aussi que ses feuilles sont en réalité des épines, et certaines peuvent piquer, de la même manière que les pointes acérées des feuilles de houx… Malgré cela, vous en faites des ornements et vous vous réjouissez auprès d’eux. Que ce que vous faites avec ces végétaux piquants soit pour vous une parabole : la vie ici-bas vous fait, et fera encore, rencontrer bien des épines ; certaines épreuves vous sembleront bien lourdes ; certaines blessures vous paraîtront bien profondes et impossible à cicatriser… N’envenimez pas votre douleur avec le poison du repli sur vous-même et de l’amertume.
Dépassez la piqûre, dépassez la blessure, transcendez la douleur ! Avec Jésus, pour Lequel vous décorez vos maisons à Noël, transformez les épines et les feuilles piquantes de la vie en ornements surnaturels et salvateurs, par l’offrande généreuse et par l’amour, fixant vos regards sur le bois de la Croix qu’annonçait le bois de la Crèche…

4) Pour une « Bonne Année » : composez chaque jour un bouquet !

Voeux 2023 4

   Votre Père céleste très aimant, vous donne et vous comble chaque jour : vous ne pourrez jamais lui rendre l’équivalent, ni même le dixième, ni même le centième de tout ce qu’Il fait pour vous…
Notre très douce Dame Marie vous protège, veille maternellement sur vous, intercède pour vous et, parfois, répare vos bêtises avant que le Bon Dieu n’ait le temps de froncer le sourcil : vous ne pourrez jamais lui rendre l’équivalent de tout ce dont vous lui êtes redevable…
Mais comme un petit enfant aimant, malgré ses maladresses et ses chutes, vous pouvez chaque soir leur offrir un petit bouquet dont les humbles fleurettes leur diront merci : ne passez pas un soir sans revenir vers Dieu notre Père et vers Notre-Dame avec quelques humbles fleurs cueillies et réunies au fil du jour… Petites fleurs de vos efforts, petites fleurs de vos sacrifices, petites fleurs de vos actes de vertu, petites fleurs assemblées en bouquet que vous posez sans rien dire entre leurs mains, en leur donnant un humble et tendre baiser.

5) Pour une « Bonne Année » : pardonnez et vengez-vous par la bonté !

Voeux 2023 5

   Je sais très bien que ce n’est pas facile, car moi-même je suis plutôt un bagarreur, et lorsque l’un de mes congénères m’agresse, je riposte spontanément avec mes griffes et mes jeunes crocs acérés…
Et pourtant, le Saint Evangile nous enseigne avec insistance, par de nombreuses répétitions dans les Ecritures Sacrées, qu’il nous faut pardonner, pardonner encore, pardonner sans limite, pardonner toujours, pardonner sans se lasser ! C’est d’ailleurs LA condition pour que nous puissions nous-mêmes être pardonnés par Dieu, auquel nous demandons plusieurs fois par jour « remettez-nous nos dettes selon la mesure avec laquelle nous-mêmes nous remettons à nos débiteurs » (Pater noster).
C’est une source de très grande sérénité intérieure et de joie profonde que de savoir non seulement pardonner, mais aussi « se venger » à la manière des saints : non pas se venger en rendant le mal pour le mal, œil pour œil et dent pour dent, mais se venger en rendant le bien pour le mal, un bienfait pour un crasse, un sourire pour une grimace, une amabilité pour une vacherie, un mot gentil pour une insulte… etc.
C’est ainsi que le Bon Dieu Lui-même Se venge des pécheurs : à leurs outrages et abominations, Il a répondu par le don de Son Fils bien-aimé , un don total jusqu’à la Croix.

Alors, oui, de tout cœur, chers Amis : Sainte Année !
C’est bien ainsi que, tous, malgré les épreuves qui viennent,
- épreuves qui peuvent être bien graves et bien terribles en 2023 -
malgré la méchanceté des hommes et la dureté des événements
nous vivrons, envers et contre tout, une bonne et heureuse année !

Patte de chatTolbiac

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2022-125. « Hora est jam nos de somno surgere : il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement !»

Vendredi 25 novembre 2022
Fête de Sainte Catherine d’Alexandrie, vierge et martyre.

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la
Confrérie Royale

pour le 25 novembre 2022

armoiries confrérie royale

Rappel :

   Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices de leur devoir d’état ainsi que les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à leur sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire, offerts à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.

Guirlande de sapin - gif

Hora est jam nos de somno surgere

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale, 

       « Hora est jam nos de somno surgere : il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » (Rom. XIII, 11).

   Cette admonestation de l’Apôtre va encore une fois frapper nos oreilles dans la Messe du premier dimanche de l’Avent (missel traditionnel). Il importe avant tout que, résonnant à nos oreilles, elle ne s’y arrête pas, mais qu’au-delà du tympan qu’elle frappe, elle atteigne aussi nos intelligences, descende dans nos cœurs et prenne une nouvelle vie en nos âmes !

   « Il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement ».
Mais le problème, bien souvent, avec les personnes assoupies, c’est qu’elles ne savent pas qu’elles dorment, puisque le propre de l’endormissement est de nous priver de vigilance, de nous soustraire à la conscience du réel, de nous faire perdre le contact avec la réalité.
Mais, bien sûr, Saint Paul ne parle pas ici de sommeil physiologique : il nous renvoie à notre état intérieur et aux dispositions de notre vie spirituelle ; il lance une exhortation qui doit, aux oreilles de notre âme, se présenter comme une question : « Toi, qui m’écoute ou qui me lis, es-tu véritablement éveillé ? es-tu véritablement en état de veille ? es-tu véritablement vigilant ? »

   Ainsi, cette exhortation de l’Apôtre nous rejoint-elle à la manière de la parole d’un médecin qui s’inquiète de notre état de santé. La recommandation est salutaire, parce qu’elle nous pousse à un examen de conscience : n’est-il pas, en effet, nécessaire que je me secoue et que je prenne garde à ne pas me laisser gagner par la torpeur ? C’est si facile… Après tout, il suffit pour cela de laisser la routine gagner un peu de terrain chaque jour, de manière quasi imperceptible, presque insensible. Il suffit d’être un peu moins vigilant, un tout petit peu moins attentif à maintenir la barre haute, juste un tantinet moins fervent et généreux, et de prêter l’oreille aux voix subreptices de mes tendances égoïstes et de ma paresse spirituelle.
Oui, « il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » !

   Alors que les ténèbres s’étendent sur le monde. A l’heure où les ténèbres étendent leur règne dans les âmes et obscurcissent les consciences, il est plus que jamais nécessaire et salutaire de maintenir à leur degré maximal notre vigilance et notre pugnacité.
C’est un devoir.
Un devoir qui nous incombe à nous, membres de la Confrérie Royale, avec une acuité, une pertinence, une gravité et une stridence bien plus grandes qu’à tant d’autres catholiques et tant d’autres royalistes, qui n’ont pas prononcé au pied de l’autel leur engagement de prière et d’offrande, à l’intention de notre Roi et de notre Royaume aimés.
Tous les jours – oui, tous les jours ! -, nous devons être assidus à prier, offrir, être généreux et agir avec zèle.
Si notre ferveur a fléchi, l’entrée dans le saint temps de l’Avent est une opportunité pour nous ressaisir : « il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » !

   Nous nous replongerons donc, avec une énergie renouvelée, dans la lecture et la méditation des textes de la Sainte Ecriture qui nous annoncent la consolation et le salut, et nous supplierons avec les accents inspirés du Prophète : « Rorate, cœli desuper ! »
C’est l’une des conditions pour être transportés par la joyeuse espérance qui anime ce temps béni, dans l’attente de la fête de la Nativité du Sauveur : une nouvelle Nativité qui doit advenir dans notre vie selon la grâce.

Noël n’est pas en effet, à la manière dont on commémore les grandes dates de l’histoire ou les armistices, la célébration d’une naissance qui appartient au passé : c’est véritablement à une réactualisation du mystère de la venue du Fils de Dieu que nous prépare et nous convie la liturgie, qui rend présents et actuels les mystères qu’elle célèbre.
Redisons-le encore et encore : il ne s’agit pas d’une « reconstitution », mais d’une réalisation invisible – mystique – opérée par une grâce réelle, donnée aux âmes et, à travers elles, à toute la création (cf. Rom. VIII, 19-22).
Et donc à notre France aussi ; ce benoît Royaume des Lys qui est né dans les eaux régénératrices des fonts baptismaux de Reims lorsque son premier Roi y reçut le saint baptême dans la nuit sainte de la Nativité.

   C’est ainsi que ce mois qui commence aujourd’hui, depuis ce 25 novembre jusqu’au 25 décembre, est tout entier baigné d’une lumière comparable à celle de l’aube : ce n’est pas encore la pleine lumière, mais une clarté qui nous assure que la nuit prendra fin et que le soleil resplendira à nouveau…
Fermons les yeux de nos âmes aux lumières factices et artificielles qu’allume la société matérialiste et hédoniste en travestissant la fête de la discrète naissance du Fils de Dieu dans le dénuement en une débauche de satisfactions sensuelles et temporelles : : « il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » !
Ouvrons-les aux lueurs frémissantes de l’aube spirituelle du Soleil de Justice qui veut nous apporter la force et la victoire dans Ses rayons.

Bon, fervent et saint Avent, bien chers Amis !
Bon et énergique réveil de toutes vos puissances spirituelles !
Bon renouveau de générosité, de zèle, d’espérance et de foi !
Et bonne et continue croissance en charité !
Car « il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

réveil matinal

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Quelques avis et nouvelles importants concernant la Confrérie Royale et l’UCLF :

1 - Changement de Prieur à la tête de la Confrérie Royale :

     Le Révérend Père Jean-François Thomas d’une part en raison de sa santé fragile, éprouvée à plusieurs reprises ces derniers mois, et d’autre part en raison de la somme de travail à laquelle il doit faire face chaque jour, qui ne lui permet pas d’assurer le Priorat de la Confrérie comme il le souhaiterait, s’est démis de sa charge en faveur de Frère Maximilien-Marie, qui devient Prieur pour un second mandat.
Nous sommes pleins d’une profonde gratitude envers le Révérend Père Thomas pour les années durant lesquelles il a porté la responsabilité de la Confrérie Royale, et nous l’assurons de notre prière reconnaissante.

2 - Changement de Président à la tête de l’Union des Cercles Légitimistes de France :

   Empêché par sa santé, Monsieur Pierre Bodin, membre de la Confrérie Royale, a dû laisser la présidence de l’UCLF : nous prions pour lui. Monsieur Hugues Saclier de la Bâtie, fils du fondateur de l’UCLF, a été désigné pour lui succéder. La Confrérie Royale l’assure de sa profonde union, dans le combat spirituel que nous menons pour Dieu et pour le Roi, et de sa prière pour sa délicate mission.

3 - Retenez dès à présent les dates du pèlerinage annuel au Puy-en-Velay en 2023 :

   Il aura lieu de la fin de l’après-midi du jeudi de l’Ascension 18 mai au samedi 20 mai en début d’après-midi. Il est souhaitable que les membres de la Confrérie Royale fassent le maximum pour y prendre part, ainsi que pour organiser et coordonner la venue des pèlerins depuis leurs provinces respectives.
Il importe que ces dates soient inscrites sans retard dans vos agendas et, dès maintenant, il faut que tous les membres de la Confrérie aient le souci d’inviter de nouveaux pèlerins, et se fassent audacieux pour devenir nos correspondants et relais de la promotion et organisation de ce pèlerinage, dans tout le Royaume.
Le thème et le programme du pèlerinage seront communiqués dans les premiers mois de 2023.

4 – Formation :

   Les membres de la Confrérie Royale doivent avoir un grand souci de se former et d’approfondir leur formation dans la saine doctrine légitimiste. Nous les encourageons donc à saisir les offres de formation offertes par l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). En 2023, en sus de l’Université Saint Louis, qui a déjà reçu à deux reprises les chaleureux encouragements de Sa Majesté et qui se déroulera comme à l’accoutumée en Bretagne du 31 juillet au 5 août, aura lieu un Camp-chouan de formation légitimiste, en Dauphiné, du 23 au 28 juillet. L’une comme l’autre sont ouverts à tous, sans limite d’âge, et sont des opportunités aussi profitables que riches de conséquences.
Des dates à noter donc dès à présent dans vos agendas 2023 !

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2022-122. Une question qui touche au fond des choses.

19 novembre 2022,
Fête de Saint Elisabeth de Hongrie, reine et veuve ;
Mémoire de Saint Pontien, pape et martyr ;
Trentième anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton.

Eglise catholique de Bury St Edmund

Eglise catholique de Bury St Edmund (état actuel)
dont l’abbé Bryan Houghton fut curé de 1954 à 1969

       « J’ai été ordonné prêtre le 30 mars 1940 et, en juin de la même année, nommé à Slough, banlieue ouvrière de Londres. Ainsi naquit la paroisse Saint-Antoine dans une cité dortoir londonienne. En septembre 1954, je fus envoyé à Bury St Edmund où je me suis occupé de la paroisse St Edmund jusqu’au 29 novembre 1969. J’ai en effet démissionné de ma charge ce jour-là et, à minuit, j’ai quitté les lieux. Pourquoi ? Parce que le lendemain matin, premier dimanche de l’Avent, le nouvel Ordo Missae entrait en vigueur.
C’est, dira-t-on, beaucoup d’intrinsigeance et même d’extravagance. Peut-être. Mais il s’agissait d’une question qui touchait au fond des choses. Le fond des choses, c’est-à-dire la conduite des réformes en général et de la réforme liturgique en particulier…»
     
(Abbé Bryan Houghton, premières lignes de la « Dédicace » qui sert de préface à son livre « Le Mariage de Judith »).

   Nous avons déjà publié une brève notice biographique de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton à l’occasion du centenaire de sa naissance (cf. > ici), et nous avons aussi cité le passage de son autobiographie dans lequel il raconte son arrivée à Viviers au mois de décembre 1969 (cf. > ici).
Ce samedi 19 novembre 2022, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort, les fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, se recueilleront d’une manière particulière à sa pieuse mémoire, puisque c’est l’abbé Houghton qui a rendu cette chapelle au culte, et qu’il y a officié jusqu’à ce que Dieu le rappelât à Lui.

   Celui qui, enfant, avait reçu de son camarade cette magistrale leçon : « La Messe EST Jésus » (cf. > ici), avait bien compris, dès son instauration, que la réforme liturgique postconciliaire aboutissait à une protestantisation de la Messe catholique multiséculaire, et que, dans ces nouvelles liturgies de « l’Eglise du bavardage » (cf. > ici), tout comme dans les cultes issus de la prétendue Réforme, on y parlerait de Jésus, mais que ce ne serait plus exactement Jésus ! « Il s’agissait d’une question qui touchait au fond des choses » (cf. supra) : et le fond des choses, ce n’est rien moins que la doctrine catholique dans son intégralité.

abbé Bryan Houghton

   Si nous sommes attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle, il faut le dire et le répéter à temps et à contretemps, c’est parce qu’elle est l’expression non équivoque de la foi traditionnelle de la Sainte Eglise : la foi reçue des Apôtres. Ce n’est pas une question de goûts personnels et de sensibilité, c’est une question de salut puisque « Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité » (Saint Athanase – cf. > ici).
Et si nous ne voulons pas de la messe promulguée par Paul VI, c’est parce que cette liturgie protestantisée ne nous nourrit pas de la foi catholique, ne permet plus la transmission non équivoque de la foi traditionnelle (la preuve en est par le fait que, partout, elle a eu pour conséquence un affaiblissement de la foi, et des remises en question de l’enseignement traditionnel), ne nous greffe plus sur la Tradition vivante (et la preuve s’en trouve dans l’effondrement catastrophique de la pratique religieuse, et la débâcle des noviciats et des séminaires) : la liturgie postconcilaire n’est en définitive rien moins que mortifère ; depuis un demi-siècle elle engendre et accroît le déclin de la Chrétienté.
Notre-Seigneur nous a donné un critère infaillible de discernement : « A fructibus eorum cognoscetis eos : vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Matth. VII, 16).

   Il y a, certes, dans les diocèses, quelques bons prêtres qui, quoique célébrant le Novus Ordo, ont la foi, sont pieux et zélés, et maintiennent encore vivants certains îlots de catholicité.
Outre le fait qu’ils sont d’une manière générale aux prises avec les méthodes terroristes des « laïcs engagés » modernistes, et qu’ils sont rarement soutenus par leurs confrères et par leur hiérarchie, on peut affirmer qu’ils sont catholiques malgré le nouvel Ordo Missae bien plus que grâce à lui, et parce qu’ils ont, par ailleurs, la volonté et prennent des moyens pour rester greffés sur la Tradition vivante de l’Eglise par une spiritualité forte, nourrie des écrits des Pères et des Docteurs, nourrie des exemples des saints, nourrie du Magistère authentique.

   La réforme liturgique postconciliaire a touché au fond des choses : elle a fragilisé les fondations, ébranlé le fondement, et, depuis, l’édifice a perdu sa stabilité, se lézarde, menace ruine.
L’actuel occupant du trône pontifical, dans son motu sordido intitulé « Les geoliers de la Tradition » ou « les gardiens de la trahison » (puisque ce sont des traductions également valables des mots latin Traditionis custodes) argumente en faveur de l’extermination de la célébration de la Messe latine traditionnelle en tentant de récupérer en sa faveur l’antique adage « Lex orandi, lex credendi » (La loi de la prière, c’est la loi de ce que l’on croit) et en prétextant qu’il ne peut donc, en raison de l’unité de la foi, y avoir deux missels. Cette argumentation de sophiste constitue en réalité un aveu : l’aveu que ce n’est pas la même foi qui est exprimée dans le missel latin traditionnel et dans le missel réformé après le concile vaticandeux, l’aveu que le changement de liturgie avait bien pour finalité de changer le fond des choses, l’aveu que si le Novus Ordo doit être hégémonique c’est afin de faire disparaître la foi traditionnelle et en imposer une nouvelle

    La fidélité à la foi reçue des Apôtres, la fidélité à la Tradition bimillénaire, la fidélité aux Pères et Docteurs de l’Eglise, la fidélité au Magistère authentique, la fidélité aux exemples des saints nous impose, au contraire, de conserver la Messe latine traditionnelle afin de rester pleinement catholiques nonobstant les menaces et objurgations des hiérarques qui ne remplissent plus leur mission d’authentiques gardiens de la Tradition et qui collaborent au travail de sape de la Chrétienté.

   Gratitude éternelle envers Monsieur l’Abbé Bryan Houghton, dont la vie et les exemples sont là pour nous rappeler que toucher au fond des choses c’est trahir la vérité, et qu’il vaut mieux être rejeté, calomnié, marginalisé, tenu pour rien et persécuté plutôt que d’abandonner notre sublime liturgie latine traditionnelle, vecteur et gardienne de la foi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Cimetière de Viviers - tombe abbé Bryan Houghton

Tombe de Monsieur l’Abbé Houghton au cimetière de Viviers
(lui-même a insisté pour qu’on n’en retirât pas la mousse)

2022-117. Saint Martin de Tours, un saint qui n’avait pas « l’esprit du concile » : Dieu merci !

11 novembre,
Fête de Saint Martin de Tours, évêque et confesseur, apôtre des Gaules.

Saint Martin - miracle de l'arbre consacré aux faux dieux

Le miracle de l’arbre consacré aux faux dieux
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Martin de Chagny, au diocèse d’Autun-Châlons et Mâcon)

On trouvera les litanies de Saint Martin > ici

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Saint Martin de Tours (316-397), dont nous célébrons avec joie la fête le 11 novembre, est bien l’un des saints les plus populaires de la Chrétienté occidentale. Son prénom, devenu nom de famille, est, nous dit-on, le patronyme le plus fréquent en France, où 246 communes portent son nom et plus de 3.700 églises sont placées sous son vocable.
Son immense labeur apostolique lui mérite le titre d’« apôtre des Gaules » ; les miracles, dont il constata par lui-même qu’ils s’accomplissaient en grand nombre à son tombeau, exercèrent une influence non négligeable dans le processus de conversion du Roi Clovis.

   L’art (sculpture, peinture, vitrail, miniature) et la dévotion ont particulièrement illustré et magnifié la « charité de Saint Martin », c’est-à-dire la scène du partage du manteau (la chlamyde militaire) en faveur du mendiant transi de froid, un soir de l’hiver 334 à Amiens, au point que cette scène tend parfois à occulter tout le reste de la vie de Saint Martin.
Cette dernière nous est pourtant bien connue, avec force détails, grâce principalement au travail de Saint Sulpice Sévère (vers 363 – vers 410), qui avait été son disciple. 

   Je voudrais justement insister aujourd’hui sur l’un des aspects de l’apostolat de Saint Martin les moins mis en valeur de nos jours, alors qu’il est pourtant bien renseigné et attesté : sa lutte contre le paganisme dans les campagnes de la Gaule romaine.
Une lutte qui ne s’embarassait pas de considérations humaines, puisque
Saint Martin détruisait les temples des fausses divinités et s’attaquait matériellement aux cultes idolâtriques, Dieu confirmant par des miracles éclatants la vérité et la justice de telles actions

   Nous lisons ainsi dans la Vie de Saint Martin de Saint Sulpice Sévère : « En certain village, il avait détruit un temple fort ancien, et entrepris d’abattre un pin tout proche du sanctuaire. Mais alors, le prêtre de ce lieu et toute la foule des païens commencèrent à lui opposer de la résistance. Et ces mêmes gens qui pourtant – par la volonté de Dieu – n’avaient pas bougé pendant la démolition du temple, ne supportaient pas que l’on coupât l’arbre. Martin s’employait à leur faire observer qu’une souche n’avait rien de sacré : ils devaient plutôt suivre le Dieu qu’il servait lui-même ; il fallait couper cet arbre car il était consacré à un démon. Alors l’un d’eux, plus hardi que les autres : « Si tu as, dit-il, quelque confiance en ce Dieu que tu déclares adorer, nous couperons nous-mêmes l’arbre que voici, et toi, reçois-le dans sa chute. Et si ce Seigneur, que tu dis être le tien, est avec toi, tu en réchapperas ». Alors, gardant une confiance intrépide dans le Seigneur, Martin s’engage à le faire. A ce moment, toute cette foule de païens donnèrent leur accord à un tel défi, et ils se résignèrent facilement à la perte de leur arbre, pourvu que sa chute écrasât l’ennemi de leurs cérémonies. Et comme le pin penchait d’un côté, en sorte que l’on ne pouvait douter du côté où il devait s’abattre une fois coupé, on place Martin attaché, selon la volonté des paysans, à l’endroit où personne ne doutait que l’arbre dût tomber. Ils se mirent donc à couper eux-mêmes leur pin avec une allégresse et une liesse extrême. La foule des spectateurs étonnés se tenait à l’écart. Et déjà le pin vacillait peu à peu, et, sur le point de tomber, il menaçait de s’abattre. A l’écart, les moines palissaient ; épouvantés par l’approche du danger, ils avaient perdu toute espérance et toute foi, et n’attendaient plus que la mort de Martin. Mais lui, confiant dans le Seigneur, attendait intrépidement. Le pin, dans sa chute, avait déjà fait entendre un craquement, déjà il tombait, déjà il s’abattait sur lui, quand Martin élève sa main à la rencontre de l’arbre et lui oppose le signe du salut. Mais alors – on eût cru l’arbre repoussé en arrière dans une sorte d’ouragan –, il s’abattit du côté opposé, de sorte qu’il faillit écraser les paysans qui s’étaient tenus en lieu sûr. Mais alors une clameur s’élève au ciel, et les païens demeurent stupéfaits d’étonnement, les moines pleurent de joie, tous à l’unisson proclament le nom du Christ ; et l’on vit bien que, ce jour-là, le salut était arrivé pour ce pays. Car il n’y eut à peu près personne, dans cette immense foule de païens, qui ne réclamât l’imposition des mains et n’abandonnât l’erreur impie pour croire au Seigneur Jésus » (Sulpice Sévère – Vita Martini, chap. XIV).

Vitrail de l'abbatiale St Martin de Clamecy - détail

« Comment les païens voulaient faire mourir Saint Martin,
mais par le signe de la croix il abattit l’arbre de l’autre côté » :
détail d’un vitrail de la vie de Saint Martin
à l’abbatiale Saint-Martin de Clamecy.

   Cette conduite de Saint Martin contre les fausses religions n’est pas un cas isolé : on la retrouve dans la vie d’un très grand nombre de saints évangélisateurs, et elle se fonde sur l’exemple des saints Apôtres eux-mêmes, qui n’avaient pas reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ la mission de « dialoguer » avec les nations païennes ni de « s’ouvrir aux richesses » des cultes idolâtriques ni, non plus, de « recevoir avec respect les traditions spirituelles » des vieux paganismes, et pas davantage de mettre sur un pied d’égalité la véritable et unique religion révélée avec les croyances qui vouent des cultes aux forces de la nature ou aux démons.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit en définitive, et les paroles de Saint Paul à ce sujet ne sont pas équivoques : « Ce qu’immolent les païens, ils l’immolent aux démons et non à Dieu. Or je désire que vous n’ayez aucune société avec les démons : vous ne pouvez boire le calice du Seigneur et le calice des démons. Vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons ! » (1 Cor. X, 20-21).
Ainsi, prendre part à un rituel « interreligieux », fut-ce dans l’enceinte du Vatican, et vénérer, par des prostrations et autres invocations ou simagrées, une idole figurant la « terre mère » et la « fécondité » – par exemple – n’a rien d’anodin, n’a rien de conforme à l’enseignement et à la pratique des Apôtres, n’a rien qui puisse être justifié par aucun des enseignements du Magistère catholique authentique et par les exemples des saints : c’est une abomination ; c’est « avoir part à la table des démons » ; c’est « avoir société avec les démons » ; c’est une trahison gravement coupable, un péché gravissime contre le premier commandement de Dieu.

Rituel païen dans les jardins du Vatican le 4 octobre 2019

4 octobre 2019 : rituel païen autour de l’idole « Pachamama » dans les jardins du Vatican

   Insistons avec force : ne pas s’opposer aux fausses religions, et – pour des raisons humaines parées de « valeurs humanistes » (la fraternité universelle, la paix dans le monde… etc.), dépourvues de toute vue surnaturelle – laisser finalement penser, aux chrétiens comme aux païens, que leurs croyances sont tout aussi « respectables » que la seule religion révélée et sont autant qu’elle des voies du salut, constitue un dangereux contre-témoignage, un scandale (c’est-à-dire, au sens étymologique une occasion de chute – cf. Matth. XVIII, 3) qui peut entraîner les fidèles dans l’indifférentisme ou diverses formes de syncrétisme, qui conforte les infidèles dans leurs erreurs, et qui, en définitive, peut les entraîner les uns comme les autres sur les chemins de la perdition éternelle.

   Si le respect dû aux personnes et à leur conscience est une chose essentielle, il n’y a en revanche aucun respect qui soit dû à l’erreur : il n’y a qu’une seule Vérité, qu’une seule religion véritable voulue et révélée par Dieu, et, pour l’honneur et la gloire de Dieu, on ne peut en aucune manière considérer que les cultes idolâtriques ou se réclamant d’une autre « révélation » (forcément fausse ou d’origine diabolique puisqu’il ne peut y avoir de contradiction en Dieu), sont conciliables avec l’amour de la Vérité, avec l’amour du Dieu unique, avec l’amour de l’unique Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ,  et avec l’amour de l’unique véritable Eglise fondée par Lui.

   Ainsi ce qui, à la suite de ces documents du concile vaticandeux qui se nomment « Gaudium et Spes », « Dignitatis humanae » et « Nostra aetate », a été développé comme étant « l’esprit du concile » puis « l’esprit d’Assise », est-il aux antipodes de la Vérité, aux antipodes de la Tradition authentique reçue des Apôtres, aux antipodes de la pratique des saints, comme nous l’avons montré par exemple pour notre cher Saint Martin. 

   Aussi, au jour du Jugement, les Saints Apôtres, les Saints missionnaires et évangélisateurs des nations, tous ceux qui par obéissance au commandement de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Allez ! Enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; leur apprenant à garder tout ce que Je vous ai commandé » (Matth. XXVIII, 19-20), et « Allez dans tout l’univers et prêchez l’Evangile à toute créature : celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc XVI, 15-16), n’avaient pas – Dieu merci ! – « l’esprit du concile », mais se sont dépensés pour étendre le Règne de Dieu et travailler au salut des âmes en combattant l’idolâtrie et les fausses croyances, se lèveront-ils pour prononcer en même temps que le Juge Suprême une sentence de réprobation éternelle envers ceux qui, laïcs ou clercs, auront dévoyé et trahi la Vérité de l’Evangile, et trahi la Charité qui leur commandaient – au mépris des considérations humaines – d’arracher les âmes aux séductions du démon à l’œuvre dans les fausses religions.

cathédrale de Bourges - Vitrail du Jugement dernier détail

Les réprouvés conduits en enfer
vitrail du Jugement dernier (détail) à la cathédrale de Bourges

2022-115. « Le pouvoir qui comme tel ignore Dieu, sera comme tel ignoré de Dieu. »

22ème dimanche après la Pentecôte.

Philippe de Champaigne -le denier de César - Montréal musée

« Le denier de César » par Philippe de Champaigne (vers 1655)
Musée des Beaux-Arts de Montréal (Québec)

       Au vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte, l’Eglise nous fait entendre la péricope évangélique du « denier de César » (Matth. XXII, 15-21) qui rappelle les principes de la distinction nécessaire entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.

   Mais cette distinction ne peut en aucune manière être une « séparation » : il faut le rappeler à temps et à contre temps dans la confusion intellectuelle et spirituelle qui sévissent actuellement, sous l’influence des pernicieuses doctrines révolutionnaires qui se cachent sous les mots de « sécularisation », de « neutralité » ou de « laïcité ».

   Ici, il convient de rappeler cette ferme condamnation du Pape Saint Pie X :
« Qu’il faille séparer l’Etat de l’Eglise, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur. Basée, en effet, sur ce principe que l’Etat ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu, car le créateur de l’homme est aussi le fondateur des sociétés humaines et il les conserve dans l’existence comme il nous soutient. Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour l’honorer. En outre, cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel ; elle limite, en effet, l’action de l’Etat à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n’est que la raison prochaine des sociétés politiques, et elle ne s’occupe en aucune façon, comme lui étant étrangère, de leur raison dernière qui est la béatitude éternelle proposée à l’homme quand cette vie si courte aura pris fin. Et pourtant, l’ordre présent des choses qui se déroulent dans le temps se trouvant subordonné à la conquête de ce bien suprême et absolu, non seulement le pouvoir civil ne doit pas faire obstacle à cette conquête, mais il doit encore nous y aider. Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés. Ces deux sociétés, la société religieuse, et la société civile, ont, en effet, les mêmes sujets, quoique chacune d’elles exerce dans sa sphère propre son autorité sur eux » (in « Vehementer nos », lettre encyclique à l’adresse du peuple français, 11 février 1906).

   Le très docte évêque de Poitiers, Son excellence Monseigneur Louis-Edouard Pie (1815-1880), qui sera élevé à la dignité cardinalice quelques mois avant sa mort, a lui aussi débusqué avec sa sagacité accoutumée, en de nombreuses interventions écrites ou orales, la perversité des doctrines de la sécularisation et de la séparation des pouvoirs. Si, en effet, les pouvoirs temporel et spirituel doivent être distingués, ne doivent pas être confondus, cela n’affranchit en aucune manière César de ses devoirs envers Dieu : s’il faut rendre à César ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui Lui est dû, les devoirs de César envers Dieu existent, demeurent, et sont d’autant plus importants en raison même de sa position à la tête de l’Etat.

   L’extrait que nous publions ci-dessous date des années 1862-63, et on pourrait le croire dénonçant des faits qui sont – hélas ! – nos contemporains à nous, pauvres témoins de l’inexorable décadence de notre beau Royaume de France livré à la haine des sectes maçonniques et des officines anti-chrétiennes, des hommes politiques sans envergure et sans conscience qui, en bons disciples de Lucifer, prétendent que la loi morale ne saurait prévaloir sur les lois de la république, et reprennent, en même temps que le « non serviam ! » de l’ange révolté, le « nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous… Nous n’avons pas d’autre roi que César » du « peuple déicide » (expression de Saint Augustin et de plusieurs Pères de l’Eglise). 

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« Le pouvoir qui comme tel ignore Dieu, sera comme tel ignoré de Dieu. »

        « [...] Il est des hommes qui [...] enseignent que l’autorité de Jésus-Christ, l’autorité de Sa doctrine, de Sa loi, de Son Eglise, s’arrête au seuil de la vie publique des chrétiens [...].

En effet, tandis que la presse impie et rationaliste proclame la sécularisation désormais absolue des lois, de l’éducation, du régime administratif, des relations internationales et de toute l’économie sociale, comme étant le fait et le principe dominant de la société nouvelle, de cette société émancipée de Dieu, du Christ et de l’Eglise, nous avons vu surgir, sous l’empire de préoccupations honnêtes et estimables, des adeptes inattendus de ce système nouveau.
Des chrétiens ont paru penser que les nations n’étaient pas tenues, au même titre que les particuliers, de s’assimiler et de professer les principes de la vérité chrétienne ; que des peuples incorporés à l’Eglise depuis le jour de leur naissance pouvaient légitimement, après une profession douze ou quatorze fois séculaire du christianisme, abdiquer le baptême national, éliminer de leur sein tout élément surnaturel, et, par une déclaration solennelle et retentissante, se replacer dans les conditions de ce qu’ils croient être le droit naturel ; enfin que la génération héritière de celle qui aurait accompli, en tout ou en partie, cette œuvre de déchristianisation légale et sociale, pouvait et devait l’accepter, non pas seulement comme une nécessité, mais comme un progrès des temps nouveaux, que dis-je, comme un bienfait même du christianisme, lequel, après avoir conduit les peuples à un certain degré de civilisation, devrait se prêter volontiers à l’acte de leur émancipation, et s’effacer doucement de leurs institutions et de leurs lois, comme la nourrice s’éloigne de la maison quand le nourrisson a grandi.
Conséquemment à cela, ils ont déclaré que le droit essentiel du christianisme ne s’étendait point au-delà d’une part relative dans la liberté commune et dans l’égale protection due à toutes les doctrines. Ils ont été jusqu’à demander à l’Eglise de descendre dans les replis de sa conscience, d’examiner si elle avait été assez juste par le passé envers la liberté, et, dans tous les cas, de comprendre que, puisqu’elle s’accomodait aujourd’hui de la facilité laissée à ses défenseurs, elle ne pouvait, sans ingratitude et déloyauté, refuser de sanctionner à l’avenir, partout et toujours, ce système de libéralisme à la faveur duquel on pouvait encore plaider sa cause à l’heure présente [...].

   Saint Augustin écrivait à un dignitaire de l’empire romain : « Sachant que vous êtes un homme sincèrement désireux de la prospérité de l’Etat, je vous prie d’observer combien il est certain par l’enseignement des saintes lettres que les sociétés publiques participent au devoir des simples particuliers et ne peuvent trouver la félicité qu’à la même source » (Lettre CLV, à Macédonius, 7) [...].

   En effet, le bon sens nous enseigne que le Créateur du genre humain, en faisant l’homme essentiellement social, n’a pu vouloir que la société humaine fût indépendante de Lui. Ces grandes familles des peuples qu’on appelle nations, familiae gentium, relèvent donc de Ses lois, non moins que les existences privées (cf. Ps. XXI39) [...].

   Une plume qui n’avait pas conscience de son impiété écrivait : « La loi moderne IGNORE DIEU ». Eh bien ! nous ne craignons pas de le dire : A un tel ordre de choses, partout où il existera, Dieu répondra par cette peine du talion qui est une des grandes lois du gouvernement de Sa Providence. Le pouvoir qui comme tel ignore Dieu, sera comme tel ignoré de Dieu : si quis autem ignorat, ignorabitur (1 Cor. XIV, 38). Or, être ignoré de Dieu, c’est le comble du malheur ; c’est l’abandon et le rejet le plus absolu. La sentence d’éternelle réprobation ne sera pas formulée en d’autres termes : « Je ne vous connais pas, je ne sais pas d’où vous êtes » : Nescio vos unde sitis (Luc XIII, 25). »

In « Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome V, « Troisième instruction synodale sur les principales erreurs du temps présent » (1862-63) dans les pp.172 à 177.

Cardinal Edouard Pie

Monseigneur Louis-Edouard Pie (1815-1880)
élevé à la pourpre romaine en 1879

2022-114. « La solution à la crise que nous traversons dépend de la capacité des Français à retrouver les principes fondamentaux d’une saine politique… »

25 octobre 2022 au soir,
Troisième centenaire du Sacre de Sa Majesté le Roi Louis XV (cf. > ici).

frise lys

    Deux mois après sa publication dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » (25 août 2022), il nous semble loisible de retranscrire ici dans son intégralité le texte de l’éditorial qu’y a signé Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Cette date du 25 octobre, jour du trois-centième anniversaire du Sacre de son prédécesseur le roi Louis XV, à Reims, nous paraît en effet particulièrement idoine à la lecture et, plus encore, à la méditation, des propos de notre Souverain légitime : encore une fois, derrière la concision très étudiée des phrases qu’il livre à notre réflexion, nous retrouvons une pensée politique solidement fondée sur les principes pérennes de la royauté traditionnelle, en même temps que des propositions véritablement adaptées aux graves problèmes de notre société en pleine décomposition.
Cet éditorial, publié le jour de la fête de Saint Louis, renvoie évidemment implicitement aux exemples de celui que la Sainte Eglise présente comme modèle aux gouvernants, mais aussi à tout ce que la tradition bourbonnienne a développé à partir de l’archétype qu’est devenu le Saint Roi pour tous ses descendants et successeurs…

Louis XX

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L’espérance au-delà des difficultés du temps

       La période électorale que la France vient de vivre a, comme toujours, déclenché un foisonnement de promesses. Appelés aux urnes, nos compatriotes n’ont pas même laissé aux candidats le temps de trahir leurs engagements. Ils ont clairement exprimé par leur vote une invincible défiance à l’égard de responsables politiques qui ne semblent plus en mesure de régler les problèmes quotidiens.

   L’urgence est pourtant criante.
L’abandon des territoires périphériques s’accélère ; la pauvreté augmente, tandis que des catégories jusqu’à présent protégées voient leur niveau de vie significativement baisser ; des services publics sont abandonnés au prétexte qu’ils ne sont plus en phase avec les ambitions d’une modernité que nul ne sait définir.
Cet affaiblissement de l’État, imposé en dépit des conséquences catastrophiques qui en découlent dans les domaines de la sécurité, de la santé ou de l’instruction, n’empêche nullement la dette publique d’atteindre des proportions abyssales.
Aujourd’hui, les Français attendent des réponses à ces questions brûlantes, et non l’aumône de quelques chèques.

   A l’extérieur, les déconvenues et les dangers ne paraissent pas moindres.
La guerre aux confins de l’Europe vient s’ajouter aux déséquilibres provoqués par les migrations incontrôlées, par la menace du terrorisme islamiste ou l’hostilité croissante entre les États-Unis et la Chine. L’état du monde contredit tragiquement les discours en vogue parmi les dirigeants européens, qui continuent à s’étourdir de fausses idéologies alors même que le cynisme le plus brutal prévaut dans les relations entre États.

   Voilà un bien triste bilan.
Et pourtant, il est de mon devoir d’adresser un message d’espérance à ceux qui croient en leur pays et en ce qu’il peut apporter au monde, à ceux qui conservent foi en son avenir.
La solution à la crise que nous traversons dépend de la capacité des Français à retrouver les principes fondamentaux d’une saine politique : comme l’exemple de Saint Louis nous l’enseigne, ce sont ceux du long terme, de la justice et du bien commun. On ne saurait restaurer ces valeurs essentielles sans réfléchir d’abord à la finalité de nos institutions.
Le bien commun doit-il s’évaluer en termes purement économiques ?
Notre société doit-elle demeurer uniquement matérialiste ou doit-elle chercher à élever les individus ?
C’est, à mes yeux, dans notre héritage gréco-latin et chrétien que se trouve la réponse à ces questions.

   Pour réaliser cette grande espérance, il est également indispensable que notre pays fasse de nouveau entendre sa voix dans le monde. Cela suppose de renouer avec le pragmatisme qui, durant des siècles, a guidé la diplomatie de nos rois et fait de la France un acteur de premier plan sur la scène mondiale.
L’équilibre instauré en Europe par les traités de Westphalie (1648) devrait nous servir d’exemple : à l’opposé de l’hystérie moralisatrice ou de la cupidité sans frein qui caractérisent aujourd’hui les rivalités entre les grandes puissances, cet ordre reposait sur la reconnaissance lucide des intérêts à la fois légitimes et contradictoires des différents États.
Le moment n’est-il pas venu pour la France de renouer avec cette tradition et de proposer un nouveau modèle stratégique, dont la coopération entre nations européennes serait le cadre et le fondement ?

   Une seule inquiétude pourrait affaiblir l’espérance qui m’anime et que je souhaite partager : aux yeux d’un grand nombre de nos compatriotes, la France a cessé d’être une famille. Alors que la famille et les valeurs traditionnelles sont partout combattues, il n’y a rien de surprenant à ce que le sentiment d’appartenance à la famille politique se dissolve également.

   Pour faire revivre l’amour de la France dans le cœur des Français, il importe avant tout de les réconcilier avec leurs familles, c’est-à-dire avec eux-mêmes. Le combat pour les valeurs familiales m’apparaît donc comme une priorité, car c’est d’abord au sein des familles que se transmettent le caractère, les valeurs, les principes qui font l’âme d’une nation.

   On ne saurait rendre aux Français l’amour de leur pays sans leur faire également reprendre conscience des liens indissolubles qui les unissent. Pendant plus de huit siècles et à travers bien des vicissitudes, les souverains qui se sont succédé sur le trône de France ont forgé ces liens. Il faut souhaiter que des initiatives nouvelles fassent découvrir aux jeunes générations les trésors de génie, de grandeur et de gloire que nos devanciers nous ont légués.

   Il est vrai que l’opinion publique actuelle semble bien éloignée de ces préoccupations.
Puissent les Français soucieux du bien commun ne pas se décourager pour autant ! Notre histoire démontre que de grandes choses peuvent être accomplies par un petit nombre. La France a déjà connu des heures difficiles, parfois tragiques, mais la Providence a toujours suscité une Jeanne d’Arc ou un Henri IV pour reprendre en main le destin de la nation.
Pour ma part, dépositaire et gardien de la tradition capétienne, je contribuerai de toutes mes forces à cet indispensable renouveau, pour que vive la France.

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

frise lys

2022-113. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion du troisième centenaire du Sacre de son prédécesseur le Roi Louis XV.

1722 – 25 octobre – 2022

Troisième centenaire du Sacre
de
Sa Majesté le Roi Louis XV

     Au matin de ce 25 octobre 2022, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, afin non seulement de commémorer le troisième centenaire du Sacre de son prédécesseur, Sa Majesté le Roi Louis XV (dimanche 25 octobre 1722), mais aussi pour donner une fois encore une brève mais magnifique leçon politique à notre temps.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les parties les plus « percutantes » de ce texte magistral.

Sacre de Louis XV

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       Nous commémorons aujourd’hui le tricentenaire du Sacre du Roi Louis XV à Reims, le 25 octobre 1722. J’aurais dû assister aux cérémonies qui s’y sont déroulées les 22 et 23 octobre, en présence des autorités religieuses, culturelles et politiques, mais des contraintes de dernière minute m’ont, hélas !, empêché de m’y rendre.

   Cette commémoration est l’occasion de rappeler ce que représente le Sacre, un événement parmi les plus éminents de la Royauté. A ce titre, le Sacre compte encore de nos jours parmi les cérémonies les plus connues de l’ancienne France, et ce alors même qu’il était assez rare : il y en eut seulement deux au XVIIIème siècle, deux au XVIIème.
C’est que le Sacre revêt une dimension politique de tout premier plan. Il permet en effet de réaffirmer, roi après roi, la transcendance sans laquelle il n’est pas de vrai pouvoir, à la fois fort et équilibré. Mettre le divin au cœur du pouvoir permet d’abord au Souverain d’avoir toujours présent à l’esprit qu’il n’est pas un maître absolu, parce qu’il n’est pas lui-même à l’origine de son propre pouvoir, et qu’il devra par suite rendre des comptes de l’exercice de ce pouvoir devant Dieu. Cela permet aussi à ses sujets de se souvenir qu’il y a un ordre des choses, qui dépasse la volonté et les désirs des hommes, et qui ne saurait être enfreint sans péril.

   Comment ne pas y être tout particulièrement sensibles en des jours où les événements tragiques se multiplient dans notre pays, jusqu’à parfois atteindre des sommets d’horreur, comme tout dernièrement avec le meurtre barbare de cette jeune enfant à Paris ?

   L’onction du Roi consacrait ainsi le bien commun comme principe qui légitime le pouvoir, celui du plus grand et du plus puissant comme celui du plus humble. Le Sacre rappelait que, tous, nous sommes responsables de nos actes. Les Rois, mes ancêtres, le savaient et le serment qu’ils prononçaient au jour du sacre demeurait pour toujours leur principale loi. C’est ce qui fit la grandeur de leur office pouvant aller jusqu’au sacrifice, comme pour Louis XVI.

   Puisse ce tricentenaire nous donner l’occasion de redécouvrir le sens du pouvoir comme service de la communauté, d’un pouvoir qui revêt de ce fait par nature une dimension transcendante. Ainsi une nouvelle fois la commémoration servira l’action ; la mémoire servira au présent.

Grandes Armes de France

2022-109. Hommage à la Révérende Mère Geneviève Gallois qui, par une « Simple Question », m’a ouvert des perspectives spirituelles infinies…

19 octobre,
Fête de Saint Théofrède de Carméri (cf. > ici) ;
Mémoire de la Bienheureuse Agnès de Jésus (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Pierre d’Alcantara ;
Anniversaire du rappel à Dieu de S.M. la Reine Marie-Thérèse de France (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de la Révérende Mère Geneviève Gallois, osb.

Bédoin - chapelle de la Madelène

Bédoin (Comtat Venaissin) : chapelle de la Madeleine

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

      A l’heure où je vous écris – l’heure où « le soir étend sur la terre son grand manteau de velours » -, en ce 18 octobre 2022, cela fait exactement quarante-cinq ans un mois et onze jours, que, en conclusion de la fête de la Nativité de Notre-Dame, le jeudi 8 septembre 1977, je descendais de voiture sur l’aire de stationnement aménagée au chevet d’une toute petite chapelle romane du XIème siècle édifiée sur l’un des contreforts méridionaux du Mont Ventoux, au débouché de la « Combe obscure », en contrebas de la route départementale qui vient de Malaucène et se dirige vers le village de Bédoin (nota bene : nous avons déjà évoqué ce village dans les pages de ce blogue, à propos du massacre des catholiques auquel les révolutionnaires se livrèrent le 28 mai 1794 – cf. > ici).
Cette chapelle, dite de la Madeleine (ou de la Madelène selon la graphie héritée du provençal), était alors le siège du « Prieuré Sainte Madeleine » fondé par Dom Gérard Calvet (1927-2008), et j’y venais assister à la prise d’habit d’un ami, condisciple de lycée pendant l’année scolaire précédente, qui, sitôt l’obtention du baccalauréat, avait rejoint la jeune et dynamique communauté bénédictine traditionnelle, dont les moines, en raison de l’exigüité des lieux, vivaient dans des caravanes devenues légendaires !

   L’ami à la prise d’habit duquel je venais assister était plus âgé que moi. En cette fin d’été 1977 je venais juste d’avoir 15 ans, j’entrais en classe de première, et, depuis une année (il y avait eu « l’été chaud » 1976 où avait éclaté « l’affaire Lefebvre », puis, en février 1977, la libération de Saint-Nicolas du Chardonnet… etc) la découverte de l’existence et de la vitalité du mouvement traditionnel avait provoqué en moi un sursaut salutaire : feu le Maître-Chat Lully a déjà eu l’occasion d’en parler dans les pages de ce blogue (cf. > ici), et il avait justement cité cette soirée au Prieuré Sainte Madeleine et l’électrochoc spirituel que j’y ai reçu…

Bédoin Sainte-Madeleine

carte postale datant de l’époque où la communauté fondée par Dom Gérard Calvet occupait l’ancien Prieuré de la Madeleine à Bédoin,
avant la construction de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux 

   Mais il y a un détail que je n’avais pas mentionné dans l’interrogatoire que Monseigneur le Maître-Chat Lully m’avait alors fait subir et dont je veux parler ce soir : ce soir spécialement parce que ce 19 octobre 2022 marque le soixantième anniversaire du rappel à Dieu d’une moniale bénédictine qui, sans l’avoir jamais rencontrée (puisqu’elle est morte le 19 octobre 1962, je n’avais que trois mois et demi à cette date !), a exercé sur moi une influence durable : Mère Geneviève Gallois.

   En effet, aux murs de la pièce d’accueil où nous avions pu rencontrer les moines, se trouvaient accrochés quelques cadres : je suis bien incapable de dire ce qu’ils représentaient, sauf pour l’un d’eux qui m’a marqué pour la vie et qui montrait exactement ceci :

Simple question - Mère Geneviève Gallois - Vie du Petit Saint Placide

   Le trait, caricatural mais tellement éloquent, et surtout la légende de la scène, eurent sur mon âme un effet percutant.

   Je n’eus pas alors le loisir de poser des questions au sujet de ce cadre, mais à quelque temps de là, écrivant à mon ami novice, je lui demandais s’il pouvait m’en recopier le texte et surtout s’il pouvait me dire d’où provenait cette image.
Il me répondit que c’était la reproduction d’une page d’un ouvrage un peu inclassable d’une bénédictine, Mère Geneviève Gallois, qui s’intitulait « La vie du Petit Saint Placide » et que, bien que sa première publication datât de 1953, on pouvait encore le trouver en librairie.
Je fonçai aussitôt chez un libraire et commandai l’ouvrage…

  Je ne le lus pas : je le dévorai !
Pas une fois, mais plusieurs à la suite.
Inlassablement, je reprenais ma lecture au début dès que j’arrivais à la fin !
Avec une avidité spirituelle qui croissait à chaque relecture, je réfléchissais à ces leçons que je découvrais à travers ces dessins tellement improbables et expressifs : j’interrogeais ce prêtre érudit – mon professeur de grec – dont j’ai parlé dans le récit des souvenirs sus mentionné (cf. > ici), et je réfléchissais encore, et encore, et encore…
En fait, je disais que je « réfléchissais » mais je crois que c’est par cet ouvrage que je suis alors entré, sans le savoir, dans les voies de la méditation.

   Ce que Marcelle Auclair a écrit dans la préface se vérifiait : « La Vie du Petit Saint Placide est un exquis traité d’oraison par l’image (…) Les images de Mère Geneviève tendent à notre futilité un piège subtil. On feuillette, et on est pris ; l’œil est distrait, mais l’esprit, de traits de plume en traits de lumière, se recueille. Et le divin tour est joué, ou plutôt ce que Mère Geneviève appelle : « ce drame poignant qui se joue entre l’âme et Dieu ». Notre cœur est tout entier « aspiré comme par un siphon » : c’est ainsi que le petit saint Placide fut aspiré par Dieu ».

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   « La Vie du Petit Saint Placide » ne me quitta pas de toute l’année de première ; elle était toujours dans la sacoche qui me tenait lieu de cartable, afin de l’avoir partout avec moi et de pouvoir m’y replonger à tout moment : pendant les études où je m’ennuyais, et pendant les cours qui m’ennuyaient (et dont, en définitive, les professeurs, résignés, préféraient que je fusse absorbé par un livre – alors pourquoi pas un livre avec des caricatures de moines réalisées par une bonne sœur ! – plutôt que je dissipasse tout le reste de la classe).
J’étais totalement « accro ».

   Et je le suis resté.
« La Vie du Petit Saint Placide » est un ouvrage qui m’accompagne depuis quarante-cinq ans. Dans mon bureau, toujours à portée de main, à côté des ouvrages de Gustave Thibon. Dans tous mes déménagements, toujours dans un carton spécial : celui dont on sort le contenu en priorité.

   Bien sûr, j’ai voulu savoir qui était cette Mère Geneviève Gallois, qui avait quitté cette terre alors que je venais d’y entrer. J’ai été étonné du « parcours » de cette jeune artiste inclassable qui, convertie par la liturgie grégorienne des Bénédictines de la Rue Monsieur, entra chez elles en 1917, mais dut attendre vingt-deux ans pour être admise à la profession solennelle, tant son tempérament original et fort déroutaient ses supérieures !
J’ai été émerveillé du travail de la grâce dans cette âme dont les dessins, franchement moches – osons le mot -, sont porteurs d’une telle force et fécondité spirituelles !

   Je me suis souvent posé cette question : si Mère Geneviève Gallois, au lieu de s’éteindre à 74 ans le 19 octobre 1962, avait connu les soubresauts du concile vaticandeux et la période de folie qui l’a suivi, n’aurait-elle pas eu quelques coups de crayons bien sentis, pour traduire en images suréloquentes la vérité pérenne et paisible découlant du bon sens spirituel et de l’authentique vie intérieure en des temps qui, dans la Sainte Eglise, en ont cruellement manqué ?  

   Quoi qu’il en soit, à titre personnel, au jour anniversaire de sa mort, je ne peux que rendre à Dieu de très ferventes actions de grâces pour tout ce qu’elle a fait pour moi à travers son Petit Saint Placide !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

« Mais, mon cher Père, la leçon de la guerre n’a pas porté !
Le monde ne se convertit pas ! etc. etc… »
Petit Placide réfléchissait :
Et les Bons Pères, est-ce qu’ils se convertissent ?
Et Moi ? Ce Moi qui est le seul pays de Mission sur lequel j’ai pouvoir,
et dont j’aurai à rendre compte.

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2022-107. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

- 16 octobre 2022 -

Armes de France pour le deuil

   A l’occasion de l’anniversaire de l’odieux assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, ce dimanche 16 octobre, en début d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

   N’oublions pas notre histoire de France !

En ce 16 octobre, nos pensées et nos prières vont à la Reine Marie-Antoinette, odieusement assassinée, après un procès inique.
Durant les derniers mois qu’elle a vécus, d’abord avec le Roi Louis XVI et leur famille, puis seule, séparée de ses proches et notamment de ses enfants, Marie-Antoinette a montré comment savait mourir une Reine de France.
Jusqu’au bout elle a tenu tête à ses ennemis.

   Plus de deux siècles après elle demeure un modèle pour les chefs d’état qui savent que le sacrifice fait partie de leur devoir et de la charge qu’ils ont reçue de Dieu pour gouverner les hommes.

SM la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine avec ses enfants - Elisabeth Vigée-Lebrun

Célèbre portrait de S.M. la Reine Marie-Antoinette avec ses enfants
par Elisabeth Vigée-Lebrun

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