Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2016-69. A propos de l’Evangile de Saint Matthieu et de sa découverte dans sa version hébraïque originelle dans la tombe de Saint Barnabé.

21 septembre,
Fête de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste.

Vitrail de Saint Matthieu - église Saint-Matthieu de La Chapelle (principauté de Sedan)

Vitrail de Saint Matthieu
(église Saint-Matthieu du village de La Chapelle, principauté de Sedan)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de l’apôtre et évangéliste Saint Matthieu me fournit l’occasion d’entamer ici plusieurs publications que je projette au sujet de l’historicité des Saints Evangiles.
Je ne suis certes pas un exégète – et n’ai aucune prétention à l’être – , mais tout le monde s’accorde à dire que je suis un chat de bon sens et il me semble que la fréquentation assidue de la bibliothèque de mon papa-moine m’a permis d’acquérir un peu de science, surtout en ce qui concerne la connaissance de la Tradition de la Sainte Eglise : tous les exégètes, même renommés, ne peuvent pas forcément en dire autant !

Je voudrais donc commencer par vous citer le texte que l’on peut lire dans le martyrologe romain à cette date du 21 septembre : « En Ethiopie, la naissance au ciel de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste, qui, prêchant dans cette région,  y souffrit le martyre. Son Evangile, écrit en langue hébraïque, fut trouvé par la révélation qu’il en fit lui-même, avec le corps du Bienheureux Barnabé, apôtre, au temps de l’empereur Zénon (note 1) ».

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette révélation et sur cette découverte, aussi ai-je commencé par me reporter à la notice du même martyrologe consacrée à Saint Barnabé, au 11 juin.
Voici ce que j’y ai lu : « A Salamine, en Chypre, la naissance au ciel de Saint Barnabé, apôtre, cypriote d’origine, lequel, ayant été avec Saint Paul, institué apôtre des nations, par les disciples de Jésus-Christ, parcourut avec lui de nombreux pays, exerçant la charge de la prédication évangélique qui lui avait été commise ; enfin, étant revenu en Chypre, il y ennoblit son apostolat par un glorieux martyre. Son corps, au temps de l’empereur Zénon, fut découvert sur la révélation qu’en fit Barnabé lui-même, en même temps que le livre de l’Evangile de Saint Matthieu, écrit de la main de Barnabé ».

Je suis alors allé chercher de plus amples détails et, étant donné que la plupart des ouvrages modernes les taisent puisqu’ils tiennent a priori pour non scientifique, non historique et donc comme devant être rejeté, tout récit miraculeux (ce qui est le propre d’une attitude rationaliste), j’ai fini par les trouver dans les gros et anciens volumes de la « Vie des Saints » du très érudit Père François Giry (1635-1688), religieux minime, qui a compilé, dans les écrits de nombreux auteurs des âges de foi, de fort intéressants détails et d’utiles précisions, précieux pour l’intelligence de la Tradition catholique telle que consignée dans le martyrologe.
Voici donc maintenant ce que le Rd. Père Giry écrit dans sa notice sur Saint Barnabé :
« [...] Ce saint corps (de Saint Barnabé) ne fut inhumé qu’à cinq stades de la ville (de Salamine), et le lieu où il était porta le nom de Santé, à cause des grands miracles et des fréquentes guérisons faites par l’intercession du saint Apôtre ; il y demeura néanmoins longtemps inconnu, à cause des violentes persécutions qui s’élevèrent dans les siècles suivants, et ne fut découvert que sous l’empire de Zénon, environ l’an 485.
L’histoire de cette invention (note 2) est décrite fort au long dans Surius (note 3) ; Pierre Gnafée, dit le Foulon, très pernicieux hérétique, s’étant injustement emparé du siège patriarcal d’Antioche, somma l’archevêque de Salamine, comme l’un de ses suffragants, de le venir reconnaître. Ce prélat, nommé Anthème, qui était un homme de sainte vie et fort orthodoxe, avait bien de la peine à s’y résoudre, d’autant plus qu’il ne se sentait pas assez savant, ni assez subtil pour entrer en discussion avec l’hérétique. Dans cette grande perplexité, il eut recours à la prière ; et Dieu, qui exauce les larmes et les gémissements de ses serviteurs, lui envoya Saint Barnabé ; le saint apôtre lui dit de ne rien craindre ; qu’il serait lui-même son soutien et son protecteur ; et, pour marque de l’intérêt qu’il voulait prendre à sa défense, il ajouta qu’il n’avait qu’à se transporter à cinq stades de la ville, du côté de l’Occident, en un lieu appelé Santé, et, qu’en faisant fouiller sous un chêne, il y trouverait son corps entier, et sur sa poitrine l’Evangile de Saint Matthieu, dont il avait écrit la copie de sa propre main.
En effet, le saint prélat s’étant transporté en ce lieu, y trouva ces deux trésors inestimables ; ce qui fit que, dans le synode où il était mandé, son siège de Salamine, qui était métropolitain de toute l’île de Chypre, fut jugé libre et indépendant de celui d’Antioche, et qu’il n’eut aucune obligation de rendre des déférences à Pierre le Foulon.
L’empereur Zénon, étant informé d’une si heureuse découverte, voulut absolument avoir à Constantinople ce livre de l’Evangile que l’on avait trouvé ; et, en reconnaissance, il fit bâtir une église magnifique en l’honneur de Saint Barnabé, au lieu même où son corps avait reposé si longtemps. On y transporta ensuite cette dépouille sacrée, et elle y a demeuré jusqu’au temps de Charlemagne ; elle fut alors transportée à Toulouse, dans l’église de Saint-Saturnin [...] » (note 4)

Les leçons du bréviaire romain (traditionnel bien sûr) nous disent que Saint Barnabé fut martyrisé la septième année du règne de Néron, c’est-à-dire en l’année 61 de notre ère.

Tout ceci nous montre donc que, pour la Tradition constante de la Sainte Eglise, depuis les origines jusqu’aux temps de l’hérésie moderniste :

1 – Il a toujours été cru que l’Evangile selon Saint Matthieu avait bien été écrit par l’apôtre Saint Matthieu lui-même.
Or les exégètes modernistes voudraient faire croire que cet Evangile aurait été écrit après l’an 70, voire entre 80 et 95, c’est-à-dire à une époque où Saint Matthieu était mort depuis longtemps : cela signifierait alors que ce texte ne serait pas le récit d’un témoin oculaire ayant accompagné Notre-Seigneur pendant trois années et qu’il ne serait revêtu d’aucune vérité historique !!!
Le fait que la Tradition nous conserve ce récit de la découverte d’un manuscrit portant le texte hébraïque de l’Evangile de Saint Matthieu copié par Saint Barnabé lui-même, dans la tombe de ce dernier, inhumé en l’an 61, est un démenti formel des affabulations modernistes : puisqu’il atteste au contraire de l’existence et de la diffusion de cet Evangile selon Saint Matthieu à une date largement antérieure aux estimations des exégètes rationalistes.

2 – Que la Tradition de l’Eglise sait depuis toujours que Saint Matthieu a écrit son Evangile en langue hébraïque. Le Rd. Père Giry, à la fin de la notice sur la vie de Saint Matthieu écrit : « [...] On ne sait pas qui en a été le traducteur de l’hébreu en grec. Saint Jérôme, dans son livre des Ecrivains ecclésiastiques, assure que de son temps il se trouvait en hébreu dans la bibliothèque de Césarée, qui avait été dressée par le martyr Pamphile (note 5), et que les Nazaréens, qui s’en servaient, le lui avaient prêté pour le traduire en latin ».
Si Saint Matthieu a écrit son Evangile en hébreu, comme l’affirme toute la Tradition – et comme le confirment les études menées au XXe siècle par de grands savants tels que Monsieur l’abbé Jean Carmignac ou le professeur Claude Tresmontant – , cela signifie qu’il l’a rédigé à l’intention de chrétiens qui comprenaient et parlaient cette langue : c’est-à-dire les chrétiens de Palestine, convertis du judaïsme, comme le fait remarquer, entre autres, Saint Jérôme.
Or, après l’an 70, c’est-à-dire après la destruction de Jérusalem, l’hébreu fut de moins en moins parlé et compris. Quel intérêt y aurait-il eu à écrire un récit dans une langue de moins en moins connue (si comme le prétendent les exégètes modernistes cet Evangile selon Saint Matthieu avait été écrit dans les années 80 à 95) ?
La rédaction en langue hébraïque, attestée par la Tradition, est donc un argument probant en faveur de l’authenticité du texte de Saint Matthieu et en faveur d’une rédaction à une époque où l’hébreu était encore couramment pratiqué, c’est-à-dire bien avant la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple Juif (car cete dispersion affecta aussi les communautés chrétiennes de Palestine : les Romains ne faisant pas de différence entre les Juifs et les Chrétiens).

Ainsi que je vous le disais en commençant, nous aurons prochainement l’occasion de reparler de ces choses.
En attendant, je vous souhaite d’être toujours plus forts dans la foi et toujours plus certains de la vérité des Saints Evangiles, dont Saint Matthieu fut le premier rédacteur. 

pattes de chatLully.

St Matthieu - église Saint-François de Sales (ancienne) - Paris XVIIe

Saint Matthieu (détail d’un vitrail de l’église Saint François de Sales, à Paris – cf. note 6)

Note 1 : Pour mémoire, Zénon est un empereur romain d’Orient qui régna à Constantinople de 474 à 491, c’est-à-dire dans le même temps où, dans les Gaules, Clovis 1er devint le roi des Francs saliens (481), commença à étendre la souveraineté franque sur les peuples voisins, se rapprocha de l’Eglise (l’épisode du fameux « vase de Soissons » est du 1er mars 487) et prépara son mariage avec Clotilde (492).
Note 2 :  Le mot « invention », du verbe latin « invenio, -is, -ire », doit être compris dans le sens de « découverte ».
Note 3 : Laurentius Surius – en allemand Lorenz Sauer – (1522-1578), est un religieux de la Chartreuse de Cologne qui se consacra à une vie d’étude et d’érudition, souvent pour défendre la vérité catholique en face des négations des prétendus réformés.
Note 4 : La précieuse relique du Chef de Saint Barnabé a échappé au vandalisme des huguenots et des révolutionnaires et se trouve toujours dans l’église Saint-Saturnin (basilique Saint-Sernin) de Toulouse, si nous en croyons un procès verbal de reconnaissance dressé en juin 1807 dont nous avons lu la copie.
Note 5 : Saint Pamphile de Césarée est un père de l’Eglise qui a été martyrisé en l’an 309. Il a fondé l’école théologique et exégétique de Césarée. La grande bibliothèque de Césarée a entièrement disparu après l’époque de Saint Jérôme (347-420) et on ignore de quelle manière est advenue sa destruction.
Note 6 : Monsieur l’abbé Jean Carmignac, mis à l’écart en raison de ses réactions aux déviances de l’éxégèse moderniste qui a triomphé dans l’Eglise catholique des années postconciliaires, fut relégué à l’église Saint-François de Sales, dans le XVIIe arrondissement de Paris, de 1967 jusqu’à sa mort en 1986.

St-Esprit & Ste Bible

2016-65. Où la fête de Saint Raymond Nonnat procure au Maître-Chat l’opportunité de rappeler quelques vérités que beaucoup ne veulent pas entendre aujourd’hui.

Mercredi 31 août 2016,
Fête de Saint Raymond Nonnat.

Ordre royal de ND de la Merci

Blason de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint que l’on fête au 31 août me paraît particulièrement important pour les temps que nous vivons. La vie de Saint Raymond Nonnat (1204-1240) est en effet porteuse de riches leçons pour l’actualité du monde contemporain en général, de la vieille Europe spécialement, et de notre France d’une manière très particulière.

Raymond est issu d’une noble famille catalane et le surnom de « Nonnat » (en latin : « Nonnatus », contraction en un seul mot de « non natus : non né ») lui a été attribué parce que, alors que sa mère était morte d’une maladie contractée au septième mois de sa grossesse et que les médecins affirmaient que l’enfant était mort aussi, son père, qui ne pouvait se résoudre à perdre en un même temps et son épouse et son enfant, donna l’ordre à l’un des membres de sa famille qui se trouvait là, d’ouvrir avec son poignard le ventre de sa femme morte : c’est ainsi que le petit Raymond fut sauvé et qu’il put vivre, lui qui n’était en quelque sorte « pas né ».

Je ne vais pas détailler toute sa vie, mais je m’attacherai au point qui me paraît si important.
Raymond entra à l’âge de 18 ans (1222) dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, qui avait été fondé quatre ans plus tôt (1218) par Saint Pierre Nolasque.
On sait que les Mercédaires ont pour vocation propre de venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des mahométans et réduits en esclavage, d’oeuvrer pour leur libération en recueillant des sommes permettant de payer leurs rançons et – dans le cas où la somme ne peut être rassemblée – de s’offrir eux-mêmes en échange des esclaves chrétiens, restant otages des barbaresques jusqu’au moment où la rançon pourra être payée. 

Il ne faut surtout pas oublier que l’esclavage est une pratique courante dans les pays où la pseudo religion mahométane est dominante ; et il faut insister pour rappeler que c’est une pratique toujours actuelle.

Raymond donc, s’étant rendu à Alger pour y racheter des chrétiens captifs et ne disposant pas d’une somme suffisante pour payer la rançon de tous, tant ils étaient nombreux, conformément aux engagements prononcés dans sa congrégation, se livra lui-même aux mahométans, afin d’obtenir la libération de ces pauvres chrétiens réduits en servitude et exposés à l’apostasie.
Il fut traité très durement, mais, malgré tous les sévices qu’on lui infligeait, il se dépensait sans compter pour encourager, consoler et évangéliser ses compagnons d’infortune ; il baptisa même quelques anciens mahométans qu’il avait tirés des ténèbres de leur idolâtrie.

Pour réprimer et briser son zèle, les barbaresques le fouettèrent à plusieurs reprises jusqu’au sang, puis, pour l’empêcher de parler, lui percèrent les lèvres au fer rouge et les lui fermèrent à l’aide d’un cadenas qui n’était retiré que lorsqu’on voulait bien lui donner à manger : le but était de le faire souffrir au maximum sans toutefois causer sa mort, car ces trafiquants d’esclaves tenaient à récupérer la rançon qui serait versée pour sa libération.

St Raymond Nonnat - tableau de Vicente Carducho - Musée du Prado.

Supplice de Saint Raymond Nonnat,
tableau de Vicente Carducho (musée du Prado, Madrid)

Enfin, Saint Pierre Nolasque ayant réussi à réunir la somme nécessaire à son rachat, Raymond fut libéré et rentra en Catalogne. 

Ayant été informé de l’héroïsme et du zèle de ce religieux exemplaire, le pape Grégoire IX le créa cardinal du titre de Saint-Eustache. Toutefois Raymond mourut peu après, épuisé par les peines et les mauvais traitements endurés, avant d’avoir reçu le chapeau cardinalice. Il avait trente-six ans.

Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces chrétiens, de ces catholiques, de ces ecclésiastiques (parfois de haut rang) qui, aujourd’hui, prétendent que nous aurions le même Dieu que les mahométans, que l’islam serait une véritable religion, que son fondateur serait un prophète et que ses sectateurs seraient – en le suivant – sur une voie de salut équivalente à la Révélation chrétienne !
Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces politiques – pour la plupart chrétiens apostats désormais inféodés à la maçonnerie ou aux lobbies mondialistes – qui favorisent le développement de cette secte, et qui l’instrumentalisent dans le but de contrer le rayonnement de la seule vraie religion et d’opposer un barrage au développement de l’Eglise (car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le fond) !

Il n’y a qu’un seul et unique Sauveur du monde ; il n’y a qu’un seul et unique Rédempteur des âmes : le Christ Jésus, Notre-Seigneur !
Et tout ce qui n’est pas avec le Christ et ne travaille pas pour le Christ vient de l’antéchrist et travaille pour lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et qui ne rassemble pas avec Moi disperse » (Matth. XII, 30).

Comment donc des chrétiens qui prétendent avoir la foi, comment donc des baptisés qui prétendent aimer Jésus, comment donc des consacrés – religieux, prêtres et évêques – qui ont, en principe, donné toute leur vie pour le saint service du Christ, unique Sauveur, et pour le salut des âmes, peuvent-ils – s’ils ont quelque reste d’intelligence, s’ils veulent être logiques et s’ils sont cohérents – répéter stupidement les sornettes d’un pseudo spiritualisme mondialiste et, malgré la défense formelle de Saint Paul, « former un attelage disparate avec les infidèles » (cf. 2 Cor. VI, 14) ?
En l’occurrence, il vaudrait peut-être mieux, pour leur propre salut, que leurs lèvres soient fermées par un cadenas, plutôt que de proférer des blasphèmes dont ils devront rendre compte au juste jugement de Dieu, et plutôt que d’égarer les âmes qui leur sont confiées dans des voies d’erreur et de perdition éternelle !

St Raymond Nonnat - Vicente Carducho - détail

Car la foi authentique de l’Eglise, depuis toujours, c’est que Dieu est Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est que Notre-Seigneur Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, deux natures en une seule Personne : celle du Verbe de Dieu qui S’est incarné ; c’est que Jésus-Christ est réellement mort sur la Croix, offrant un sacrifice de rédemption ; c’est qu’en Lui, la divine Révélation a été accomplie en plénitude et achevée ; c’est qu’Il a fondé l’Eglise et institué les sacrements pour communiquer aux hommes Sa vie divine – la grâce – et leur permettre d’arriver au Ciel…
Tandis que la pseudo religion de Mahomet nie violemment toutes ces vérités, les combat, depuis son origine, et – pour les combattre – depuis toujours s’en prend aux chrétiens, les spolie, les réduit en esclavage, les viole, les égorge, les émascule, les éventre, les massacre… et quelques autres diaboliques joyeusetés de ce genre.

Alors bien évidemment, aucun chrétien authentique – AUCUN ! – ne peut, s’il lui reste un peu d’intelligence, de logique et de cohérence, et même s’il risque aujourd’hui d’être attaqué et traîné en justice pour « islamophobie », accepter que les Vérités révélées par Dieu soient niées de cette manière ou placées sur une espèce de pied d’égalité avec les prétendues révélations d’un faux prophète aux innombrables turpitudes.

C’est ici qu’il convient de rappeler en quels termes le pape Clément IV (+ 1268) écrivait au roi Jacques 1er d’Aragon (1208-1276) :
« On a des exemples de la dangereuse affaire qu’est d’avoir des musulmans dans vos domaines… Il est certes aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si perfides et malfaisants, ou même de les avoir pour voisins que de se mettre un serpent dans le giron ou le feu dans son sein… Votre Créateur (…) souffre pendant que ces musulmans célèbrent le nom de Mahomet parmi les chrétiens… Vous devenez votre propre adversaire si vous persécutez les musulmans dans leurs propres terres mais les protégez patiemment dans les vôtres. Une fois tout cela débattu (…) il est indubitable qu’il serait conforme à vos excellentes œuvres que vous exiliez ces gens hors des frontières de vos domaines » (note 1).

Rappel anachronique ?
Non ! car au nom du « vivre ensemble » (note 2) et d’une – plus qu’utopique – paix sociale fondée sur de fausses valeurs (les fameuses « valeurs de la république » dont on nous rebat les oreilles), non seulement des chefs religieux en viennent à occulter la Vérité du dogme révélé mais en viennent à prêcher l’accueil du loup dans la bergerie.
Je ne résiste pas, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, à vous inviter à écouter ce remarquable sermon du Révérend Père Henri Boulaud sj., prononcé
 il y a quelques semaines dans l’église des jésuites d’Alexandrie :

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Lors de l’effondrement de l’empire romain d’Occident, les évêques assurèrent tout à la fois la défense matérielle de la cité, la résistance spirituelle aux forces de dissolution, la survie alimentaire des populations commises à leur garde et l’avenir de l’Eglise dans la préservation de la foi reçue des Apôtres.
Mais aujourd’hui, à part un tout petit nombre – qui, en France, ne dépasse peut-être pas le nombre des doigts d’une seule main – , ceux qui sont supposés représenter le pouvoir spirituel, dans leur ensemble, semblent ne pas avoir ce qu’il faut là où il faut pour amorcer la plus petite ombre de résistance et la moindre démarche salutaire, tant pour la civilisation que pour les âmes !
Le modernisme a fait d’eux pis que des bovidés atteints d’encéphalite spongiforme et, avec une naïve béatitude revendiquée, ils ouvrent tout grand la porte de la Cité sur les remparts de laquelles ils ont été établis veilleurs et gardiens (car le mot évêque – épiscope – signifie gardien, veilleur) à ceux qui vont les égorger et qui vont massacrer le troupeau confié à leur garde…

Patte de chatLully.

Lire aussi « Non, ce n’est pas le même Dieu »,
témoignage de notre amie Marie-Magdeleine, convertie de l’islam, > ici

frise

Note 1 : Citation extraite de l’article de Wikipédia consacré au pape Clément IV > ici.
Note 2 : « Vivre ensemble », définition proposée par Frère Maximilien-Marie : « vaste escroquerie intellectuelle et spirituelle qui est une tactique des ennemis du véritable catholicisme et de la civilisation occidentale chrétienne, pour pousser les occidentaux (et spécialement les cathos) – après les avoir culpabilisés sur tous les points de leur histoire et après avoir dénaturé la charité surnaturelle en dégoulinade de « bons sentiments » bisounourstesques – à se laisser abuser de toutes manières, puis égorger avec une conscience béatement pacifiée…  »

2016-64. Du roi Hérode enfin miséricordieusement soulagé.

Lundi 29 août 2016,
Fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cette fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste, me fournit fort opportunément l’occasion de vous informer d’une découverte absolument primordiale et essentielle qui  va renouveler l’action de l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps : en effet, le Révérend Père Sifleur, archiviste et bibliothécaire du monastère de Gausse-en-Gouaille, en faisant des rangements dans la partie la plus ancienne de la bibliothèque, a retrouvé, tombé il y a plusieurs siècles derrière un rayonnage, un manuscrit unique et précieux portant le texte authentique de l’Evangile selon Saint Marc.
Le texte évangélique qu’il nous livre montre de manière évidente que ce que nous lisions jusqu’ici a été retouché par des hommes sans miséricorde qui ont sourdement oeuvré à pharisianiser l’Eglise.
Voici donc le texte authentiquement évangélique que nous trouvons en ce manuscrit pour les versets 17 et suivants du chapître VI de l’Evangile selon Saint Marc :

« Hérode avait envoyé prendre Jean et l’avait retenu, chargé de fers, en prison, à cause d’Hérodiade, qu’il avait épousée, quoique femme de Philippe, son frère.
Parce que Jean disait à Hérode : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ».
Or Hérodiade lui tendait des pièges et voulait le faire périr ; mais elle ne le pouvait pas. Hérode, en effet, victime d’une éducation cléricale antéconciliaire marquée par un rigorisme excessif, craignait Jean, le prenant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, avait tendance à suivre ses avis, et l’écoutait volontiers, s’enfermant ainsi dans sa conscience tourmentée parce qu’il n’avait pas compris ce qu’est la miséricorde.

Mais un jour opportun arriva, le jour de la naissance d’Hérode, où il fit un festin aux grands de sa cour, et aux tribuns, et aux princes de la Galilée.
Or la fille d’Hérodiade alla trouver sa mère pour lui proposer de seconder ses desseins en séduisant le roi et ses convives.

Mais sa mère lui déclara : « Non, ma fille ! Il n’est plus nécessaire désormais que tu te livres à des danses lascives devant des convives avinés pour obtenir d’Hérode qu’il nous débarrasse de ce prophète de malheur. Plutôt que de t’abaisser à subjuguer les regards libidineux d’Hérode, regarde donc ce que je viens de recevoir :  nous possèdons maintenant l’arme infaillible qui peut définitivement endormir ce qui lui reste de conscience et liquider à tout jamais les séquelles de son éducation crypto-pharisienne… »
Hérodiade sortit alors de dessous ses voiles le livret de l’édition typique vaticane de l’exhortation apostolique « Amoris laetitia », puis elle ajouta : « Quand il rentrera en ses appartements, après le banquet, c’est moi qui irai le trouver avec ce texte ; et puisqu’il était jusqu’à présent paralysé par les restes de son éducation religieuse, ce même sentiment religieux ne pourra que l’incliner à se soumettre à ce qui est ici écrit, au nom de l’autorité qui l’a publié… »

Munie de son exemplaire d’ « Amoris laetitia », Hérodiade s’en vint donc trouver le roi ce soir-là, et elle lui fit remarquer : « Qui est-il pour juger, ce Baptiste moralisateur qui est incapable d’ouvrir son coeur à la miséricorde ? Lis donc, ô roi, les ouvertures significatives et les avancées miséricordieuses que l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps a désormais à notre endroit ! C’est maintenant une oeuvre louable et miséricordieuse pour toute l’humanité que tu dois accomplir en débarrassant la terre de ce prophète de malheur qui n’est qu’un crypto-pharisien condamné par le pape, et un obstacle au bonheur de l’humanité ici-bas… »

Le roi se pencha sur les paragraphes que lui désignait Hérodiade et sa conscience fut miséricordieusement libérée : ayant aussitôt envoyé l’un des ses gardes, il fit décapiter Jean dans sa prison, et put s’abandonner en toute quiétude intérieure aux innocentes joies de son adultère.
Ce qu’ayant appris, la miséricordieuse Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps envoya des missionnaires de la miséricorde cacher le corps de Jean, afin que ce modèle du rigorisme intransigeant qu’il faut absolument se garder d’imiter ne puisse être vénéré par les pharisiens intégristes, et pour que Jean-Baptiste ne soit surtout pas donné comme un exemple dans les âges miséricordieux de l’ouverture aux aspirations de la modernité ».

pattes de chatLully.

Chef du Baptiste - Daniele Crespi 1598-1630

Daniele Crespi (1598 – 1630) : le chef de Saint Jean-Baptiste

2016-58. De la légitime défense des individus et des sociétés.

La justice n’est pas la vengeance. Et, comme l’écrit Saint Jacques  « La colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieu : ira enim viri justitiam Dei non operatur » (Jac. I, 20).
Cela ne signifie évidemment pas non plus qu’il faille être – ou même seulement paraître – faible en face de tout ce qui porte atteinte au droit et à la justice.
Il ne sera donc pas inutile de relire et de méditer sur l’enseignement de l’Eglise au sujet de la légitime défense  : celle des individus comme celle des sociétés…

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

Jean-Marc Nattier : « la justice châtiant l’injustice » (1737)

La légitime défense

2263 - La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. « L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur … L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2264 - L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
« Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2265 - En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité.

2266 - L’effort fait par l’Etat pour empêcher la diffusion de comportements qui violent les droits de l’homme et les règles fondamentales du vivre ensemble civil, correspond à une exigence de la protection du bien commun. L’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnelles à la gravité du délit. La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d’expiation. La peine, en plus de protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, a un but médicinal : elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l’amendement du coupable.

2267 - L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56).

in « Catéchisme de l’Église Catholique »,
Explication du 5e commandement de Dieu

Saint Michel gif

2016-57. Du saint prophète Elie insurpassable modèle des adorateurs du vrai Dieu.

20 juillet,
Fête du saint prophète Elie.

A la date du 20 juillet, le martyrologe romain fait mention du saint prophète Elie : sa fête ne figure pas au calendrier de l’Eglise universelle, mais seulement au calendrier particulier de certains lieux et congrégations, dont l’Ordre du Carmel qui reconnaît en lui son fondateur.

Au Mesnil-Marie aussi, nous célébrons aujourd’hui l’office de Saint Elie : nous vénérons en lui l’une des plus parfaites figures de chercheur de Dieu, l’une des plus parfaites figures de totale consécration au service du Très Haut, l’une des plus parfaites figures de la vie religieuse alliant contemplation et action.

En appelant Elie, Dieu a en quelque sorte appelé et béni en même temps – à travers tous les âges et jusqu’à la consommation des siècles – la foule de ceux qui, épris de l’absolu divin, ne souffrent ni médiocrité, ni compromis, ni demi-mesure.
Tantôt retiré du monde et absorbé dans une intime conversation avec Dieu, tantôt en première ligne des combats qu’il faut soutenir pour la vraie foi, il reste pour toutes les générations de croyants un exemple à imiter : exemple de zèle et d’ardeur, exemple de soif d’absolu, exemple d’intégrité et de force morale – malgré l’expérience de ses propres faiblesses et la tentation du découragement – , mais aussi exemple de douce humanité et de compassion authentique (car l’humanité et la compassion ne sont ni la faiblesse ni la compromission).
Voilà pourquoi il m’apparaît comme très important de souvent lire, relire, approfondir et méditer la « geste d’Elie » dans les chapîtres XVII à XXI du troisième livre des Rois (selon la Vulgate ; il est appelé premier livre des Rois dans la majorité des éditions modernes de la Sainte Bible) car, au-delà des contingences temporelles des faits rapportés, nous y trouvons tant de lumières pour notre propre conduite aujourd’hui…

C’est la raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé le tableau reproduit ci-dessous : s’il ne s’agit que d’une toile somme toute assez ordinaire du XIXe siècle, néanmoins en quelque manière elle illustre la permanence de la figure du prophète Elie dans l’histoire de l’Eglise, par le geste protecteur de sa main gauche étendue en direction de la silhouette de la basilique Saint-Pierre du Vatican, symbole de l’Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point.
Le glaive ardent que tient toujours le saint prophète – glaive avec lequel il égorgea les quatre-cent-cinquante faux prophètes de Baal sur le Mont Carmel – et le cadavre de l’Antéchrist gisant à ses pieds, nous rappellent que des combats comparables à celui d’Elie - qui doit revenir avec Enoch dans le temps de la grande tribulation finale – font toujours l’actualité de l’Eglise et la feront jusqu’à la fin des temps, cette dernière étant évoquée dans le haut du tableau par les anges sonnant de la trompette.

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s

Le prophète Saint Elie, huile sur toile du XIXe siècle
Diocèse de Melfi – Rapolla – Venosa (Basilicate – Italie)

Merveilleux Saint Elie !
Comme vous fûtes heureux de ne pas avoir vécu à la fin du XXe siècle et en ce début du XXIe siècle !
Car si vous fûtes persécuté par le perfide Achab et l’idolâtre Jézabel, il vous fut toutefois loisible d’affirmer et de proclamer haut et fort à la face d’Israël qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur qui S’est révélé à Moïse – et qui S’est depuis pleinement et définitivement révélé en Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son Verbe incarné – et que les autres « dieux » n’en sont pas.
Point de déclaration « Dignitatis humanae » qui soit alors venue troubler la compréhension de la Vérité et jeter de l’ombre sur la Révélation divine, introduire le relativisme, et insinuer que l’on doive mettre sur un même pied l’authentique religion et les croyances mêlées d’erreurs !

Bienheureux Saint Elie !
Pourchassé par la vindicte des païens adorateurs de démons, vous ne fûtes néanmoins pas puni par les représentants officiels du vrai Dieu, ainsi que cela arrive aujourd’hui à des prêtres fidèles au sein de l’Eglise catholique, lorsqu’ils rappellent qu’il n’y a qu’une seule authentique Révélation de Dieu et qu’en dehors d’elle, et après Notre-Seigneur Jésus-Christ, il n’y a pas eu de vrai prophète mandaté par Dieu pour fonder une autre religion !

Glorieux Saint Elie !
Ni le pseudo oecuménisme ni le « dialogue inter-religieux », ne sont venus mettre des entraves à cette proclamation sans concession de la Vérité divine, que vous avez énergiquement accomplie en paroles et en actes quoi qu’il dut vous en coûter ! 
Vous vous êtes « levé comme un feu et votre parole brûla comme une torche ardente » (cf. Eccli. XLVIII, 1) et nul n’osa plus en face de vous, parce que vous agissiez pour le salut éternel des âmes des fils d’Israël, se faire l’apologue des doctrines d’erreur et de la fausse tolérance qui précipite les âmes en enfer…

Intercédez donc aujourd’hui pour nous, et donnez-nous, comme à votre disciple Saint Elisée, d’avoir quelque part à votre esprit. Ainsi soit-il !

Blason du Carmel

Blason de l’Ordre du Carmel
surmonté du bras de Saint Elie brandissant le glaive ardent
et portant pour devise sa parole :
« Zelo zelatus sum pro Domino Deo exercituum :
je suis embrasé d’un zèle ardent pour le Seigneur Dieu des armées » (3 Reg. XIX, 14).

2016-55. Anthropophagie canoniale ?

Rions un peu…

Si vous pensiez qu’un chanoine était un ecclésiastique d’âge respectable trottinant doucettement dans les vieilles rues de nos quartiers cathédraux de province pour aller psalmodier l’office divin plusieurs fois le jour dans son antique stalle, et revenir du même pas de sénateur jusqu’en son logis afin de s’y adonner à quelque inoffensif travail d’érudition, vous pourriez bien être surpris par ce que certains textes à destination des touristes et amateurs du patrimoine suggèrent parfois, sans s’en rendre compte…

chanoine au choeur

Paisible chanoine récitant son bréviaire…

L’autre soir, alors qu’il était en train de relire attentivement une notice qu’on lui a envoyée afin qu’il fasse part de ses éventuelles corrections ou suggestions, j’ai vu Frère Maximilien-Marie s’esclaffer soudain jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.
Je me suis donc approché pour m’enquérir de ce dont il s’agissait.

Le texte soumis à son avis est une rapide présentation de la vieille ville de Viviers, notre belle et antique cité épiscopale (cf. > ici).
Or, il y était écrit que la « rue du Fournas » tient son nom du fait qu’il s’y trouvait jadis un four banal, et que – je cite -
« c’est là que les Chanoines y faisaient cuire leur pain ainsi que les habitants du quartier » !!!

Nous n’épiloguerons pas sur la présence tout-à-fait inutile et inélégante de l’adverbe « y » ; mais, avec notre Frère, nous pourrons à notre tour rire de cette construction de phrase maladroite qui suggère finalement que les chanoines du très vénérable chapitre cathédral de Viviers s’adonnaient à l’anthropophagie, ce qui m’a fait m’écrier : « Espérons du-moins que ce n’était ni en carême ni en quelque autre jour d’abstinence ! »

pattes de chat Lully

chats riant gif

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 18 juillet, 2016 |3 Commentaires »

2016-54. De l’homme d’honneur dans la médiocrité de ce temps.

Dimanche soir 17 juillet 2016,
Anniversaire du sacre de S.M. le Roi Charles VII grâce à Sainte Jeanne d’Arc ;
Anniversaire du martyre des Bienheureuses Carmélites de Compiègne (cf. > ici).

Le 23 juin dernier, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je vous présentais l’ouvrage du Rd. Père Jean-François Thomas intitulé « Les mangeurs de cendres » et je vous en livrais une citation remarquable (voir > ici). Certains m’ont écrit qu’à la suite de ma publication ils avaient commandé cet ouvrage, car ce que j’avais publié leur mettait l’eau à la bouche – au sens spirituel bien sûr – , ce dont je me réjouis.
Nous-mêmes, au Mesnil-Marie, nous avançons notre lecture lentement, car ce qui est écrit par le Rd. Père Thomas doit être médité et longuement approfondi.
Ce soir, je ne résiste pas au plaisir de vous en citer un nouveau passage, que Frère Maximilien-Marie a quasi « ruminé » cet après-midi dans la sérénité de notre oratoire, et que je vous invite à « ruminer » vous aussi…

Lully.

frise

Rembrant - le cavalier polonais

Rembrandt Harmenszoon van Rijn : le cavalier polonais (1657)

Opter pour l’honneur, contre l’opportunisme et l’hédonisme :

« L’homme d’honneur, héros ou saint, souffre de la médiocrité ambiante, plus que nul autre ne peut en faire l’expérience. Mais cela ne le conduit pas au désespoir. Il n’essaie pas de défier cette médiocrité. Il ne la combat qu’en se jetant à corps perdu dans l’exercice de la charité. Pas celle qui s’affiche, succédané de vraie charité, sur les écrans de télévision ou dans les pages glacées des magazines, mais celle qui ne fait pas de bruit. L’homme d’honneur n’arrache rien et ne se fait pas justicier. Il comble au contraire de trésors invisibles ce qui se complaît dans le médiocre. Il n’est pas un réformateur. Saint François d’Assise n’est pas Martin Luther. Le réformateur est l’homme de la désespérance. Son souci de purification est tel qu’il détruit et brise tout ce qu’il touche et que son destin est généralement tragique à cause de cette inflexibilité. Le désespoir n’est pas forcément un péché contre l’esprit ou une déliquescence lente de l’âme. S’il n’est que le signe passager d’une souffrance face aux ténèbres, il ne fait pas courir de danger car il finit par être résorbé, grâce à la foi indéracinable, dans le sein de Dieu. S’il est la marque d’une désespérance de fond vis-à-vis de l’Eglise et de Dieu, il aboutit à rejeter même l’homme ou bien à ne plus le considérer que comme une pièce récalcitrante qu’il faut faire plier par tous les moyens afin de l’intégrer dans une mécanique vue comme parfaite.
L’homme d’honneur n’est jamais corrompu par la médiocrité, alors que celui qui se pose en juge, subissant la fascination du mal, sera peu à peu transformé, défiguré par l’objet de sa haine. Certes, la douce pitié de Dieu cache toujours quelque stratagème insurpassable pour sauver même ce qui risque de se précipiter tête première vers l’enfer. L’homme d’honneur ne se jette jamais dans la révolte et ne laisse pas son coeur être entraîné par l’amertume.
Quant à la caractéristique de l’homme d’honneur chrétien, elle tient dans la priorité accordée au Royaume de Dieu, un homme capable, idéalement, de consacrer une part égale de sa vie à l’action et à la pensée alliée à la contemplation. Un tel équilibre est rare. L’époque contemporaine n’est pas avare en hommes d’actions, tout au moins en hommes qui en donnent l’apparence, qui bougent, qui voyagent, qui remuent et font remuer les choses, des choses… Elle est plus pingre en ce qui concerne la réflexion et la contemplation car elle ne les favorise point, ayant horreur de ce qui permet de juger, de discerner, de prendre du recul, d’admirer, de s’étonner. Elle rabote et piétine les esprits qui feraient preuve d’indépendance et de liberté. Il s’agit d’un vertige universel, qui nous saisit tous, dans une plus ou moins large mesure. Mais nous sommes libres de nous y soustraire si nous optons pour l’honneur, contre l’opportunisme et l’hédonisme. Il subsiste dans le monde des franges d’humanité où l’effort pour connaître et aimer n’est point mort, franges qui sont et seront de précieuses réserves, les dernières sans doute, pour répondre à l’agression contre les esprits et l’Esprit.
Ces hommes d’honneur sont les ultimes témoins au sein du bouleversement universel et de la folie scientiste. (…) »

Rd. Père Jean-François Thomas, sj.
in « Les mangeurs de Cendres » pp. 68-70

frise

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 17 juillet, 2016 |1 Commentaire »

2016-53. Où, à l’occasion d’un pèlerinage à La Louvesc, nous avons appris une très triste nouvelle.

Mercredi 13 juillet 2016,
fête de Saint Anaclet, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler dans ce blogue, vous savez que le village de La Louvesc est bien cher à notre coeur.
Frère Maximilien-Marie s’y rend au moins une fois par an en pèlerinage (cf. par exemple > ici), auprès des reliques de deux très grands saints que nous aimons beaucoup : Saint Jean-François Régis (cf. > ici) et Sainte Thérèse Couderc (cf. > ici).

Hier, mardi 12 juillet, notre Frère a profité du passage de l’un de nos amis qui ne connaissait pas ces deux saints pour les lui faire découvrir « in situ ».
D’une certaine manière, c’était un jour idéal pour cette démarche spirituelle : au-dessus de 800 m d’altitude, le brouillard régnait quasi partout, souvent accompagné d’une petite pluie froide.
Avec de telles conditions météorologiques et un horizon obstinément bouché, point de hordes de touristes superficiels et bruyants, trop court vêtus ou débraillés.
Tant pis pour le panorama, et tant mieux pour l’atmosphère de recueillement ! 

Basilique de La Louvesc 12 juillet 2016

La basilique de La Louvesc enveloppée de brouillard ce 12 juillet 2016 :
à une trentaine de mètres de la façade principale, on distinguait à peine les croix au sommet des deux flèches !

Frère Maximilien-Marie et notre ami ont donc visité le diorama de Georges Serraz présentant la vie de Saint Jean-François Régis.
Ils y étaient seuls.

Ils se sont ensuite recueillis dans la « chapelle mortuaire », au lieu même où, le 31 décembre 1640, quelques minutes avant la minuit, les cieux se sont ouverts et où Notre-Seigneur et Notre-Dame sont venus recueillir l’âme de Saint Régis.
Ils y étaient seuls.

Puis ils sont allés prier à la basilique, devant la châsse renfermant les reliques du saint père (nota : depuis l’époque de ses missions sur les hauts plateaux du Vivarais et du Velay et jusqu’à nos jours, quand les catholiques de ces terres d’en-haut parlent du saint père, il ne s’agit pas du pape, mais de Saint Jean-François Régis qui a si profondément et si durablement marqué le pays par sa parole et ses exemples).
Là, ils ont dû voir défiler à peine une quinzaine de personnes.

Comme à chaque fois, Frère Maximilien-Marie a fait brûler une veilleuse devant la châsse : sa petite flamme matérialisant toutes les intentions qui nous sont recommandées et qu’il a confiées à l’intercession du bon Saint Régis.

Châsse de Saint Jean-François Régis

Châsse renfermant la plus grande partie des reliques de Saint Jean-François Régis

En revanche, nos pèlerins ne se sont pas rendus à l’exposition, annoncée à grand renfort de tracts et d’affiches, consacrée au Père Pierre Teilhard de Chardin.
Il n’est point nécessaire, je pense, que je vous en détaille les raisons.
Pour moi, je ne cesse pas de m’étonner de la manière avec laquelle des personnes embarquées sur un navire qui prend l’eau de toutes parts semblent déployer toutes leurs énergies à en agrandir les fissures et percer encore des trous dans la coque, comme pour en accélérer l’engloutissement… et leur propre noyade. Cela me paraît défier toute espèce de raison.

Mais bien sûr, nos deux pèlerins se sont rendus à la chapelle du Cénacle pour prier devant la châsse où est exposé le corps de Sainte Thérèse Couderc.

Châsse de Sainte Thérèse Couderc

Corps incorrompu de Sainte Thérèse Couderc dans la chapelle du Cénacle à La Louvesc

Frère Maximilien-Marie a été fasciné par Sainte Thérèse Couderc déjà quand il avait cinq ou six ans. Lorsqu’il était étudiant à Lyon, il est allé souvent se recueillir dans sa chambre mortuaire au Cénacle de Fourvière. A l’âge de 17 ans, il a lu, approfondi et médité plusieurs ouvrages fouillés (ceux de l’abbé André Combes ou de la Rde Mère Jeanne Dehin par exemple) sur la spiritualité de la sainte fondatrice du Cénacle : ce sont des liens intimes et très anciens qui le lient à cette remarquable figure de sainteté vivaroise, et c’est donc toujours avec une ferveur toute particulière qu’il se rend près de sa dépouille mortelle incorrompue, exposée dans la chapelle du Cénacle de La Louvesc dans l’attente de la résurrection.

Mais hier, en ce Cénacle de La Louvesc, notre Frère a été douloureusement frappé au coeur.
A la sortie de la chapelle, il a été abordé par une religieuse (il a su que c’était une religieuse parce qu’elle arborait un badge sinon rien dans sa tenue n’eût permis de le deviner), fort aimable au demeurant, qui lui a demandé d’où il venait et s’il connaissait déjà Sainte Thérèse. La conversation s’est donc engagée, jusqu’à ce que :

La soeur : « Vous savez que cette maison va fermer ? »
Fr.Mx.M. (interloqué) : « Non… mais… comment… ??? » 
La soeur : « Elle est vendue. C’est déjà fait. »
Fr.Mx.M. (abasourdi) : « Mon Dieu ! Mais… et la chapelle ? »
La soeur : « Vendue aussi. »
Fr.Mx.M. (atterré) : « Mais qu’est ce que tout cela va devenir ? »
La soeur : « Nous ne le savons pas. »
Fr.Mx.M. (d’une voix blanche) : « Et la châsse de Sainte Thérèse ? »
La soeur : « Nous ne savons pas… »
Là, Frère Maximilien-Marie a eu « une fuite aux yeux » ; il avait du mal à parler tant il avait la gorge nouée et parce que c’était comme si la « burle » s’était mise à souffler à l’intérieur de sa tête.
S’en sont néanmoins suivies quelques autres paroles : Frère Maximilien-Marie avait l’impression de s’entendre parler et d’entendre la religieuse répondre très loin, comme dans un rêve.
La soeur lui a dit que les reliques de Sainte Thérèse appartiennent en définitive à l’Eglise et que c’est l’Eglise qui en disposera. Avec un petit sourire complice elle lui a même demandé s’il ne voulait pas les emporter au Mesnil-Marie, ce à quoi, même s’il sait bien que c’est irréalisable, notre Frère a répondu qu’il les y prendrait avec empressement…

Moi, qui suis resté auprés de lui la nuit dernière, je puis témoigner qu’il a mal dormi et qu’il a pleuré – et encore ce matin – en repensant à la fermeture et à la vente de cette maison où Sainte Thérèse Couderc a fondé la congrégation du Cénacle.

Une fois de plus, et au fond du fond c’est bien cela qui est le plus douloureux et le plus affligeant, nous constatons, à travers la décadence et l’extinction d’oeuvres admirables que le Saint-Esprit avait suscitées dans la Sainte Eglise par la vie et l’action des saints, combien le modernisme est stérile et mortifère.

Depuis la fin du concile vaticandeux, les ruines s’accumulent et la désolation s’étend inexorablement : après avoir abandonné tout le trésor doctrinal et spirituel de l’authentique Tradition, c’est tout le patrimoine temporel des paroisses, des congrégations, des diocèses, qui est peu à peu dilapidé, vendu… et profané.
Car ramener à un usage profane des biens qui avaient été acquis, établis et développés, bénits et sanctifiés, pour le service et la gloire de la divine Majesté, c’est à proprement parler accomplir une profanation.
Un coeur profondément religieux ne peut qu’être douloureusement meurtri à ce constat.

Ce que la grande révolution n’avait pas pu mener totalement à sa fin – et seulement en recourrant à la terreur et aux plus extrêmes violences – , ce sont finalement les enfants de l’Eglise gangrenée par le modernisme, qui le mênent tout doucement – d’une manière « soft » - à son entier accomplissement depuis un demi-siècle.
Ils le font tantôt avec une espèce de résignation, tantôt avec une béate irresponsabilité, souvent en se gargarisant de pseudo motifs spirituels faussement évangéliques.

Que l’on ne m’objecte pas que mes propos sont empreints de matérialisme et d’attachement aux biens de ce monde : la Sainte Eglise, figure du Royaume éternel et porte par laquelle il faut passer pour y accéder, est néanmoins établie en ce monde.
En ce monde où pour vivre, croître, se développer, rayonner et travailler pour le Royaume des Cieux, il est indispensable de recourir à des moyens matériels : les tâches spirituelles ont besoin du support des biens terrestres.
Pour mener à bien la mission qui lui a été confiée par son divin Fondateur, l’Eglise doit user des biens de ce monde, dans l’esprit de la première Béatitude bien sûr, mais aussi avec le soin et la diligence du bon intendant fidèle ou du serviteur industrieux auquel ont été confiés les cinq talents d’argent, décrits par Notre-Seigneur en Ses paraboles.

Ainsi, lorsque nous sommes affligés et que nous versons des larmes sur la dilapidation des biens de l’Eglise et des congrégations, c’est sur la disparition progressive de la Chrétienté que nous pleurons ; c’est sur la destruction – qui apparaît parfois comme inexorable, bien que nous ne cessions pas d’être animés par l’espérance et la foi surnaturelles – de tout ce qu’avaient merveilleusement construit et patiemment édifié les longs siècles de civilisation chrétienne qui nous ont précédés ; c’est parce qu’ « il y a grande pitié au Royaume de France » et que ces abandons et pertes du patrimoine religieux ne sont que le signe et le symbole de la trahison des clercs et de la perte des âmes

Saint Jean-François Régis, Sainte Thérèse Couderc, priez pour nous !
Secourez-nous en ces temps si douloureux !
Obtenez-nous quelque part à la force des consolations divines !

Venez-nous en aide et gardez-nous inébranlables dans la foi,
dans l’espérance et dans la charité !
Ainsi soit-il. 

Lully.

Sainte Thérèse Couderc

2016-52. Conseils spirituels d’un « maillot jaune ».

Mardi 12 juillet 2016,
Anniversaire de l’assassinat du comte de Saillans (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce n’est pas du triste anniversaire de ce jour que je veux vous entretenir, mais, puisque la treizième étape du Tour de France 2016 va se dérouler en nos contrées vivaroises, je vais profiter de cette occasion pour porter à votre connaissance une citation qui m’a été communiqué par l’un de nos bons amis, que je remercie au passage.

Si je vous donne le nom d’Edouard Louis Joseph baron Merckx vous aurez peut-être quelques hésitations, mais si je dis Eddy Merckx vous vous écrirez : « Ah oui ! Bien sûr… »
Eh bien ! c’est de ce talentueux sportif, cinq fois vainqueur du Tour de France, qu’est la citation suivante : si – tout comme moi – vous n’avez qu’un intérêt très limité pour le cyclisme (et pour le sport en général), vous ne devez néanmoins pas vous désintéresser des conseils donnés par ce « maillot jaune » qui, comme Saint Paul dans l’épître du dimanche de la Septuagésime, utilise la métaphore de la compétition sportive pour nous encourager de quelques bons conseils spirituels pour notre sanctification.

pattes de chatLully.

cycliste gif

Eddy Merckx tour de France 1969

Eddy Merckx sur le Tour de France en 1969

« Puis-je vous prier de dire à vos élèves que le cyclisme ne réussit pas à tout le monde, qu’il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus, qu’il faut beaucoup de volonté pour arriver à un résultat, tout comme pour les études ; qu’il faut ne jamais se décourager. 
Puisque vous êtes leur père spirituel, veuillez leur dire qu’il en est de même pour le salut de leur âme, que la prière est un peu le contrôle de ravitaillement où l’on reprend des forces pour reprendre la route, que la communion procure la force de vivre et de conserver sa place dans le peloton.
Je suis très croyant et la foi me soutient dans les moments les plus durs de la compétition. Dites-leur de s’approcher de la Sainte Vierge, de lui offrir leurs succès d’études en ce mois de mai, comme je l’ai toujours fait depuis ma tendre jeunesse. »

Eddy Merckx,
lettre à l’aumônier d’un collège catholique de Bilbao
(citée dans la revue « France Catholique-Ecclésia » n°1149 du 20.9.74)

chat en tricycle

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 12 juillet, 2016 |2 Commentaires »
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