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2023-158. « De la Légitimité et des avatars du royalisme.»

Lettre mensuelle
aux membres et amis de la
Confrérie Royale

25 novembre 2023

armoiries confrérie royale

Rappel :

   Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois de la manière suivante, en sus des 3 angélus quotidiens qu’ils offrent habituellement en y ajoutant l’oraison pour le Roi extraite du Missel romain : chaque 25 du mois donc, ils redoublent de prières, et offrent avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices de leur devoir d’état ainsi que les peines et les joies de ce jour ; ils travaillent plus méticuleusement à leur sanctification ; et, lorsque cela leur est possible, ils assistent à la Sainte Messe et offrent la sainte communion à l’intention du Roi ; ou bien encore, ils accomplissent quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire, offerts à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Le but de cette lettre est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et des approfondissements, qui sont toujours nécessaires.

frise fleurs de lys

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

       Permettez-moi, aujourd’hui, au risque d’en agacer certains, de résumer ci-dessous quelques points importants à propos des différents courants du royalisme en France.

   Les diverses rencontres et conversations auxquelles – en particulier en ma qualité de Prieur de la Confrérie Royale – je suis fréquemment exposé, m’amènent à penser qu’il n’est jamais inutile de rappeler des notions essentielles et fondamentales : beaucoup trop de personnes, même dans nos rangs, s’engagent dans des discussions à n’en plus finir, qui ne sont en réalité que de vaines et infructueuses discutailleries où s’affrontent et s’empilent des opinions personnelles et des sentiments, sans référence à des notions clairement définies, et surtout sans rappel des principes fondamentaux ; en définitive cela ne revient à rien d’autre qu’à édifier une maison sur du sable, sans fondations, pour renvoyer à la comparaison établie par Notre-Seigneur Jésus-Christ (cf. Matth. VII, 26-27) : la pluie descendra, les fleuves déborderont, les vents souffleront et fondront sur cette construction faite de subjectivité, qui s’écroulera inexorablement et dont la ruine sera la démonstration par les faits de ce que valent opinions et sentiments !

   Après ces quelques mots d’introduction (et d’avertissement), j’entrerai tout de go dans mon propos, qui veut s’attacher à redonner quelques notions claires et rigoureuses au sujet

de la Légitimité et des avatars du royalisme français :

Louis XX au Mont des Alouettes 2 septembre 2023

A - Le Légitimisme :

       Il convient en premier lieu de faire remarquer que le Légitimisme n’est pas à strictement parler un « courant du royalisme », et qu’il n’est absolument pas de l’ordre des opinions subjectives.
En effet ce que l’on appelle de nos jours « Légitimisme », mais qui existait bien avant qu’on lui attribuât ce nom, n’est ni plus ni moins que le corps organique de doctrines politiques et de lois qui a fondé et régi la royauté française depuis le baptême de Clovis jusqu’en 1790.
Ce n’est pas une « tendance », c’est, dans son essence, la plus ancienne de toutes les traditions politiques de notre pays. C’est l’unique doctrine monarchique officielle qui a présidé aux destinées du Royaume pendant près de treize siècles.
Le « Légitimisme » n’est rien d’autre que la défense de la monarchie franque coutumière, qui a fondé la France dans les eaux baptismales de Reims, en unissant de manière constitutive la catholicité avec la couronne temporelle – le Trône et l’Autel -, pour le bien, temporel et spirituel, des peuples, dans l’amour du vrai Dieu et de Son Eglise, dans l’amour du Roi légitime lieu-tenant de Dieu dans l’ordre politique, dans le respect et l’amour des traditions particulières légitimes, arrivant à former un système équilibré conforme aux exigences du droit et conforme aux exigences de la Foi divinement révélée.
Le « Légitimisme », ce n’est rien d’autre que la doctrine monarchique conduite à sa perfection par le travail continu et patient de nos souverains successifs, jusqu’à l’épanouissement de la royauté capétienne qui a fait la gloire, la prospérité et l’exemplarité de la France pendant de longs siècles. Le « Légitimisme » reçoit intégralement l’héritage de cette doctrine traditionnelle, sans compromission avec les idées hétérodoxes de la « modernité », qui a engendré la grande révolution (et toutes les autres révolutions) sans emprunt aux idéologies filles de la révolution, sans dévier des principes fondateurs résumés dans les Lois fondamentales, et sans se détourner de leurs applications cohérentes et sages qui furent mises en œuvre par nos Souverains.

   C’est en application de ces principes et de ces Lois fondamentales (cf. > ici) que les « Légitimistes » reconnaissent de nos jours le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, en sa qualité d’aîné des Capétiens, comme seul héritier du trône et de la Couronne des Lys. Il ne s’agit en rien d’un attachement sentimental et subjectif à sa personne : le Prince incarne les principes (selon la juste et incisive formule d’Henri V, « comte de Chambord », sa personne n’est rien, c’est son principe qui est tout) : l’attachement à celui qui, de droit, est Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX de France, n’est qu’une simple et stricte obéissance aux principes de la royauté capétienne traditionnelle ; ce n’est, en définitive, qu’un acte logique et cohérent de fidélité catholique et royale : les sentiments et les opinions subjectives, j’insiste, n’ont rien à faire là-dedans.

   L’esprit de la monarchie chrétienne traditionnelle, qui est l’esprit du Légitimisme,  s’oppose fondamentalement à tout ce qui s’impose dans nos sociétés contemporaines héritières revendiquées de la révolution, et qui les entraîne vers leur ruine : refus de la Révélation, négation de la loi naturelle et du droit naturel, autonomie intellectuelle et morale par rapport aux principes révélés, attaques du catholicisme et de ses dogmes, subversion culturelle, inversion des valeurs… et toutes les idéologies bâtardes issues de la révolution : libéralisme, socialisme, marxisme, nationalisme… pour, au final, arriver au terrorisme d’Etat (lequel peut s’exercer sous des apparences ultralibérales et permissives)… etc.  

   Les Légitimistes, en maintenant les principes de la monarchie capétienne de droit divin, ne sont ni des « réactionnaires » (la réaction intervient après un fait ou un événement, alors que pour leur part ils persévèrent simplement dans ce qui existait avant les subversions) ni « de droite » (catégorisation républicaine) : ils sont simplement les serviteurs de la Tradition spirituelle et politique du Royaume de France, les défenseurs de ce Royaume, dont les principes et les institutions sont le rempart nécessaire d’une société de Droit naturel et chrétien, ainsi que le pape Saint Pie X l’a magistralement résumé : « (…) on ne bâtira pas de cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Eglise n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : « omnia instaurare in Christo » (cf. Eph. I, 10) » [lettre sur le Sillon – 25 août 1910].

restauration monarchique

B – L’orléanisme :

       La Maison d’Orléans est une branche cadette de la Maison capétienne. Les princes de la Maison d’Orléans descendent de Philippe d’Orléans, frère puiné de Louis XIV, et ils sont dynastes, dans l’application des Lois fondamentales du Royaume relatives à la dévolution de la Couronne. Mais, descendants de Louis XIII, ils sont, dans l’ordre de succession légitime, loin derrière tous les descendants de Louis XIV, issus de Philippe, duc d’Anjou, qui fut, au début du XVIIIème siècle, appelé à ceindre la Couronne d’Espagne, et qui a aujourd’hui une nombreuse descendance.

   Le 24 août 1883, à la mort d’Henri V, « comte de Chambord », qui n’avait pas eu d’enfant, la branche aînée issue de Louis XV s’est éteinte, et, de la même manière que cela s’était naturellement passé lors de l’extinction des Capétiens directs dans la personne de Charles IV le Bel en 1328, puis à plusieurs autres reprises (en 1498 à la mort de Charles VIII, en 1515 à la mort de Louis XII, en 1589 à l’extinction des Capétiens-Valois en la personne d’Henri III, comme en 1795 à la mort en prison de Louis XVII, fils de Louis XVI), l’aînesse – et la Couronne avec elle – sont passées au plus proche parent mâle du souverain défunt : en 1883, c’est donc le plus proche parent d’Henri V en ligne agnatique et issu d’un mariage catholique qui a été saisi par l’aînesse, et ce n’était pas un prince de la Maison d’Orléans, descendant de Louis XIII, mais  un descendant direct de Louis XIV par les mâles, un descendant de Philippe V d’Espagne. La branche des Bourbons dits d’Espagne, ou d’Anjou, devenait la branche aînée. C’est la stricte application des Lois fondamentales.

   Un prince de la Maison d’Orléans désirant régner en France doit soit éliminer tous les descendants dynastes de Louis XIV, soit contrevenir à plusieurs des Lois fondamentales du Royaume, particulièrement la loi dite de Primogéniture et celle dite d’Indisponibilité (qui proclame l’invalidité de toute abdication, de toute renonciation, de toute exhérédation… etc.). Ce faisant, ce prince abandonne les principes de la royauté légitime et doit inventer de nouveaux principes, tous hérités de la révolution : il invoque une « monarchie populaire » en opposition avec la transcendance du droit divin, ou invente un principe de « nationalité », qui n’a jamais existé, afin d’exclure tous ses cousins vivant ailleurs que sur le sol français.

   Bref, ce que l’on appelle désormais « l’Orléanisme » n’est rien moins qu’une autre forme de royauté que la monarchie capétienne traditionnelle, qui avalise et intègre une bonne partie des principes révolutionnaires : mise en avant de la personne, adaptation aux courants de l’opinion, division en partis, acceptation de la « souveraineté populaire », parlementarisme, libéralisme et capitalisme… etc. Ce n’est en définitive qu’une dénaturation de la royauté française, doublée d’une usurpation.

   On notera que nombre de princes de la Maison d’Orléans ont été membres de la Maçonnerie, ou en ont admis et promu les idées : l’actuel duc d’Orléans, dit « comte de Paris », qui n’est peut-être pas membre des Loges et semble être sincèrement attaché à la pratique du catholicisme, a toutefois explicitement déclaré, par exemple, qu’il trouve que la constitution de la cinquième république (avec ses principes et ses présupposés idéologiques) est tout-à-fait conforme avec sa vision d’une royauté « orléaniste ». Tout n’est-il pas dit ici ?

Jean d'Orléans sur la constitution de la 5ème république

3 - Les royalistes survivantistes.

       Ceux que l’on appelle « survivantistes » affirment que Louis XVII n’est pas mort le 8 juin 1795, mais qu’il y aurait eu une substitution d’enfant, afin de soustraire le petit Roi à sa prison ; après bien des péripéties, ce survivant du cachot du Temple serait reparu à l’âge adulte. On a ainsi vu surgir, dès le début du XIXème siècle, un assez grand nombre de jeunes hommes prétendant être le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Plusieurs d’entre eux ont réussi à convaincre des « disciples », parmi lesquels, parfois, des personnes qui avaient vécu à la cour de Versailles ou qui avaient approché le Dauphin aux Tuileries.

   Le plus célèbre de ces « Louis XVII échappés du Temple » est un horloger prussien, Charles-Guillaume Naundorf, qui a aujourd’hui encore une descendance. Je n’entrerai pas dans le détail des prétendues preuves apportées par Naundorff pour attester de sa filiation royale : elles n’établissent rien de certain (même les analyses ADN invoquées qui sont fermement récusées par les scientifiques les plus sérieux), si ce n’est que Naundorff a été extrêmement habile dans sa façon de manipuler ses partisans, et qu’il est parfaitement établi qu’il a menti : sur son âge réel d’abord et sur nombre des circonstances de sa vie (relevons en particulier qu’il n’était pas de confession catholique mais luthérienne, et qu’il a trompé des évêques sur ce point). On notera enfin que, s’étant acoquiné avec de faux mystiques, il a même prétendu fonder une nouvelle Eglise et qu’il a été, pour ce motif, l’objet de condamnations ecclésiastiques.
Enfin si, par impossible, Naundorff avait véritablement été Louis XVII, sa descendance ne pourrait de toute manière pas être dynaste, puisqu’elle n’est plus issue de mariages catholiques.

   A côté de Naundorff, nous l’avons dit, on trouve une multiplicité de « Louis XVII » dont les histoires sont toutes plus rocambolesques et fantaisistes que les autres. Certains survivantistes, il faut le signaler, n’ont pas encore « élu » leur candidat, affirmant que, depuis son enlèvement du Temple, Louis XVII, puis sa descendance, seraient demeurés cachés à tous, et feront l’objet d’une « révélation » retentissante à l’heure marquée par la Providence : ici, on rejoint la jungle des innombrables variantes pseudo prophétiques rattachées aux prédictions de prétendus « mystiques » (non authentifiés par l’Eglise évidemment). Chacun y fait son choix, selon son goût et son sentiment, sur le marché des « prophéties ». Ici, la subjectivité est reine ; ici on goutte aux fruits empoisonnés du romantisme qui, avec le sentimentalisme qui le caractérise, permet finalement aux imaginations les plus folles d’avoir libre cours… et de se détourner des choses objectives et certaines par l’étude des authentiques principes monarchiques et l’action politique concrète.

   Terminons en redisant que cette question de la survivance est pourtant clairement réglée depuis le Sacre de Charles X : si Louis XVII avait survécu, Charles X n’eût point été Roi légitime. Or, en 1825, après son Sacre, Charles X a touché les scrofuleux et opéré des guérisons miraculeuses dûment attestées par la médecine. Ce don de guérison est accordé non pas à la personne mais à la fonction royale, indépendamment des mérites personnels du Roi, et cela a toujours été compris comme un signe certain de légitimité depuis le XIIème siècle. C’est donc une preuve de la légitimité de Charles X, et cela sous-entend évidemment qu’il n’y a pas eu de survivance de Louis XVII.

Sacre de Charles X 29 mai 1825

Sacre de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Charles X, le 29 mai 1825

4- Les providentialistes.

       Cette dernière mouvance royaliste diffère de la précédente, mais la rejoint aussi parfois. Nous sommes ici dans le domaine de la subjectivité, où l’on trouve presque autant de « royalismes » que de personnes : tout n’y est plus que dans les opinions personnelles, fluctuantes parfois ; c’est le « self-service » où chacun se compose un menu à sa convenance, sans référence aux principes et aux Lois fondamentaux de la monarchie traditionnelle.

   Le providentialisme peut se définir comme une doctrine qui compte uniquement sur l’intervention divine pour résoudre le mal social et pour rétablir une royauté chrétienne qui sera comme une sorte de nouvel âge d’or sur cette terre.

   Fondamentalement, les providentialistes sont des pessimistes pour lesquels l’action humaine est inutile, la raison suspecte, l’effort de l’homme toujours vain… Si le monde va mal, c’est finalement parce que Dieu le permet et qu’on ne peut rien faire contre cette permission divine : seule la grâce de Dieu, par une intervention miraculeuse, opèrera le changement espéré, à travers un « homme providentiel », entièrement téléguidé par Dieu, dont la seule révélation modifiera toutes choses.
Ils s’entretiennent dans ces théories au moyen d’une littérature pseudo prophétique qui fait la part belle à de prétendues révélations reçues par des « mystiques » incertains.

   Cette vision des choses est absolument simpliste ; elle est, de plus, contraire à la saine théologie de la grâce, de l’action humaine, du libre-arbitre, de la responsabilité et des mérites de l’homme… On a envie de dire à ceux qui professent de telles théories : commencez donc par étudiez sérieusement et attentivement les chapitres du catéchisme issu du concile de Trente traitant de ces sujets !

   L’attitude providentialiste est finalement une sorte de démission sous apparence de piété : elle déconsidère l’intelligence, donnée par Dieu aux hommes pour qu’ils collaborent à l’action divine et y acquièrent des mérites en travaillant au bien commun ; elle ignore les justes notions de la politique en tant que  science morale supérieure (puisque aboutissement de la morale personnelle et de la morale sociale), dont la fin dans l’ordre terrestre se conjugue avec la fin spirituelle et surnaturelle de l’homme.

   En revanche, en attendant tout de Dieu sans rien faire (sinon peut-être prier), les royalistes providentialistes, drapés dans leur certitude d’être les dépositaires des secrets de la révélation de « l’Elu », seuls dépositaires du discernement des « signes précurseurs », et intermédiaires privilégiés d’une espèce de gnose néomessianique,  finissent par remettre en cause toutes les hiérarchies légitimes : ils deviennent des espèces d’anarchistes au nom de la piété, dénigrant tous les principes authentiques de l’action humaine, ne s’engageant jamais concrètement, dans l’attente du seul miracle qu’ils annoncent, et qui sert d’alibi à leur défaitisme.
Ils sont de véritables fléaux pour la société ; ils sont des obstacles au bien commun !

   Ils oublient que, pour recevoir la grâce de Dieu, notre participation, notre effort, notre zèle à travailler pour le bien de nos semblables sont nécessaires. En d’autres termes : Dieu nous demande d’œuvrer, chacun, pour le bien commun, en fonction de nos moyens, de nos capacités et de notre état de vie.
En conséquence, Dieu nous demande de travailler pour l’institution qui, seule, est en mesure d’assurer durablement à la société une harmonieuse unité, dans la conformité aux dispositions qu’Il avait établies pour la France dès son origine, en application de l’affirmation de la très fine théologienne et sainte de la Légitimité : « Les hommes d’arme combattront, et Dieu donnera la victoire » (Sainte Jeanne d’Arc).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
prieur.

La famille royale aux monts des Alouettes le 2 septembre 2023

La Famille Royale au Mont des Alouettes le 2 septembre 2023 :
une enfant costumée en Sainte Jeanne d’Arc remet son oriflamme à Sa Majesté le Roi Louis XX

2023-148. « Le vieux mot chrétien de péché est encore trop pur pour eux… »

15 novembre,
Fête de Saint Albert le Grand, évêque et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Eugène de Tolède, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Léopold III le Pieux, margrave d’Autriche et confesseur.

       Le spectacle de la « comédie humaine », dans toutes les sociétés et toutes les couches de la société – qu’elle soit familiale, professionnelle, politique ainsi que religieuse et ecclésiastique -, est l’occasion de réflexions quasi sans fin sur l’homme et ses comportements.

   Dans mes études et lectures (parce qu’un chat monastique ne cesse jamais d’étudier et de lire), j’ai commencé ces jours-ci à méditer – parce qu’il s’agit ici bien davantage de méditation nourrie par une lecture lente et une sorte de rumination spirituelle – « L’Echelle de Jacob » de Gustave Thibon, auteur dont mon papa-moine m’a communiqué le goût : cela n’étonnera personne.
J’y ai découvert hier un paragraphe que je ne résiste pas à la tentation de vous citer, tant ces mots – publiés en 1946 – m’ont semblé revêtus d’un indubitable caractère prophétique, et horriblement actuels…

pattes de chat Tolbiac.

comédie humaine - salon aux masques

Chat gif en marche

« Le vieux mot chrétien de péché
est encore trop pur pour eux… »

       « Hommes actuels. – Masqués ? Oui, mais non comme jadis. Autrefois on trouvait des masques sur des visages. Aujourd’hui, le masque est entré dans le visage, il se confond avec le visage. On est faux spontanément, naturellement. On ne joue plus la comédie, on ne fait plus le pantin, on est comédie, on est pantin.
Voyez tous ces êtres avec leur candeur, leur aisance et leur bonne foi dans la duplicité et l’imposture. Comment les juger à l’aide des vieux critères moraux élaborés par une humanité saine ? Leur vérité est mensonge, leur mensonge est vérité. Le vieux mot chrétien de péché est encore trop pur pour eux : il s’applique à un mal que l’homme commet, mais ne se confond pas avec l’essence de l’homme.
Dire qu’un homme est pécheur, cela implique qu’il y a, sous son péché, quelque chose qui choisit le mal et qui pourrait choisir le bien.
- Le mot hypocrisie ne convient pas davantage : étymologiquement, un hypocrite est celui qui dissimule quelque chose sous son masque. Mais il n’y a plus de dessous aux masques ! »

Gustave Thibon, in  « L’Echelle de Jacob » éditions H. Lardanchet – 1946, p.100

Tolbiac au masque

2023-139. « Elle sera au purgatoire jusqu’à la fin du monde »…

Premier samedi du mois de novembre.

apparition de Notre-Dame de Fatima

Apparition de Notre-Dame de Fatima le 13 mai 1917

       Le premier samedi du mois est l’occasion d’approfondir le message de Notre-Dame de Fatima, qui est des plus riches, et pas seulement en ce qui concerne la dévotion au Cœur immaculé de Marie en ses divers aspects.
Profitons de ce que nous sommes en novembre, mois spécialement dédié à la prière pour le soulagement des âmes du Purgatoire, pour mettre en exergue une simple phrase de quelques mots que la Très Sainte Mère de Dieu a prononcée lors de la première apparition, le 13 mai 1917, en réponse à une question de la jeune Lucie.
Avant toute autre chose donc, relisons le récit de cette apparition tel qu’on le trouve dans les « Mémoires de Sœur Lucie » (introduction et notes du Père Joaquim M. Alonso, cmf ; traduit par les Sœurs de Notre-Dame de Charité, imprimatur de l’évêque de Leiria en date du 20 février 1980) :

   « Le 13 mai 1917 [...] nous vîmes, sur un petit chêne-vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’une eau cristalline, traversé par les rayons du soleil le plus ardent. Nous nous arrêtâmes surpris par cette Apparition. Nous étions si près que nous nous trouvions dans la lumière qui l’entourait, ou plutôt qui émanait d’Elle, peut-être à un mètre et demi de distance, plus ou moins.
Alors Notre-Dame nous dit :
- N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.
- D’où venez-vous, Madame ? lui demandai-je.
- Je suis du Ciel.
- Et que voulez-vous de moi ?
- Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois consécutifs, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après je reviendrai encore une septième fois (note 1).
- Et moi aussi est-ce que j’irai au Ciel ?
- Oui, tu iras.
- Et Jacinthe ?
- Aussi.
- Et François ?
- Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.
Je me souvins alors de poser une question au sujet de deux jeunes filles qui étaient mortes depuis peu.
Elles étaient mes amies et elles venaient à la maison apprendre à tisser avec ma sœur aînée.
- Est-ce que Maria das Neves est déjà au ciel ?
- Oui, elle y est.
Il me semble qu’elle devait avoir environ 16 ans.
- Et Amélia ?
- Elle sera au purgatoire jusqu’à la fin du monde.
Il me semble qu’elle devait avoir entre 18 et 20 ans. [...] »

Note 1 : En bas de page le Rd Père Joaquin M. Alonso explique : « Cette septième fois eut lieu le 16 juin 1921, à la veille de son départ pour le collège de Vilar à Porto. Ce fut une apparition avec message personnel pour Lucie. A cause de cela, elle ne la considéra pas importante ».

   A la réponse de la Très Sainte Vierge : « Elle sera au purgatoire jusqu’à la fin du monde », le même Rd. Père a adjoint cette note : « Il est clair que ceci ne doit pas être pris à la lettre. Il faut l’interpréter dans le sens de ‘très longtemps’ ».

   Je ne vous cache pas que cette note me scandalise véritablement.
La Très Sainte Vierge Marie, lorsqu’elle apparaît et prononce des paroles, le ferait-elle de manière approximative ?
La Mère de Dieu a-t-elle besoin qu’un religieux, quelque « fin théologien » qu’il soit, vienne corriger ses propos et leur donner une nuance restrictive ou édulcorante ?

   Lorsqu’elle a répondu d’une manière précise à cette question de Lucie, il me semble que si Notre-Dame avait voulu dire « elle sera au purgatoire pendant très longtemps », elle l’aurait dit exactement de cette manière-là et non d’une autre manière ; il me semble donc aussi que si la Reine du Ciel a employé l’expression « jusqu’à la fin du monde », c’est qu’elle veut justement faire entendre que la justice divine peut effectivement retenir certaines âmes dans le lieu de l’expiation et de la juste satisfaction à ses exigences jusqu’à la fin des temps.

   Bien sûr, nous autres, spontanément, nous pouvons penser : « Mais quelle était donc la faute (ou qu’elles étaient les fautes) de cette Amélia pour devoir subir une peine temporelle de cette importance ? »
Mais cela ne nous regarde pas !

   Tout ce dont nous pouvons être certains, c’est
1) que la justice divine est parfaite, et qu’il n’y a donc absolument rien d’exagéré ni de contraire à la miséricorde de Dieu dans la durée de cette peine de purgatoire encourue par la jeune Amélia ;
2) et que ce qui lui avait valu cette peine de Purgatoire
- soit consistait uniquement en fautes vénielles prises trop à la légère, non regrettées et non réparées ;
- soit consistait en fautes graves dont elle ne s’était pas confessée mais pour lesquelles elle aurait eu le temps d’exprimer un regret suffisant (acte de contrition ou acte d’amour de Dieu) pour obtenir miséricorde avant de rendre le dernier soupir ;
- soit enfin consistait en péchés mortels confessés et absous mais pour lesquels la pénitence et la réparation accomplies en ce monde étaient insuffisantes.
S’il s’était agi de péchés mortels non confessés ou non absous, en effet, Amélia ne serait pas allée au purgatoire mais dans l’enfer des damnés.

   Habituellement, Dieu ne permet pas aux vivants de savoir ce qu’il advient de leurs proches ou connaissances défunts.
C’est un abus très grave d’affirmer, lors de la mort ou des funérailles d’une personne, qu’elle est partie pour le Ciel, à plus forte raison de proclamer qu’elle y est déjà et comme ipso facto. En effet, à moins d’une révélation divine dûment authentifiée par l’Eglise, nous n’en savons rien !
La seule chose qui nous appartient et dont nous devons êtres sûrs, c’est qu’il faut prier pour que Dieu fasse miséricorde à nos défunts, et pour qu’après les nécessaires purifications de l’au-delà, s’ils ont eu la grâce d’en bénéficier, Il les accueille dans Son paradis, en gardant une vive conscience que ce temps de la purification peut être réellement très long et s’étendre sur de nombreuses années, voire plusieurs siècles.

   Si Notre-Dame, lors de cette apparition du 13 mai 1917, a pu, par une permission divine exceptionnelle, révéler ce qu’il en était de l’au-delà de ces deux jeunes filles amies de Lucie, c’est indubitablement pour nous instruire et nous avertir : le purgatoire n’est pas à prendre à la légère ; des âmes, en état de grâce, peuvent devoir y rester « jusqu’à la fin du monde » pour expier et réparer les fautes (pourtant pardonnées) dont elles furent coupables en ce bas monde…
Mais c’est aussi pour nous rappeler que la justice de Dieu, qui n’est jamais prise en défaut, peut recevoir des compensations en raison de la communion des saints. La révélation faite par Notre-Dame sur la juste sentence qui frappait Amélia était évidemment une forme d’appel à offrir pour elle des prières de suffrage, des sacrifices, des Saintes Messes, et d’obtenir à son intention des indulgences pouvant satisfaire à cette justice divine et, en conséquence, abréger le temps du purgatoire auquel elle avait été initialement condamnée.

Faisons donc notre profit de cet enseignement de notre Mère céleste…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Intercession de Notre-Dame pour les âmes du Purgatoire

2023-129. Prière pour Sa Majesté la Reine.

21 octobre,
Fête de Sainte Ursule et de ses compagnes, vierges et martyres (cf. > ici> ici, et > ici) ;
Fête de Sainte Céline de Laon, mère de Saint Remi (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Hilarion, abbé et confesseur ;
Mémoire du Bienheureux Charles 1er de Habsbourg, empereur et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite (21 octobre 1983).

Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite

Prière liturgique pour la Reine : « Domine, salvam fac Reginam ».

V./ Domine salvam fac Reginam.
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.

V./ Domine exaudi orationem meam.
R./ Et clamor meus ad Te veniat.

Oremus.

   Deus, cui omnis potestas et dignitas famulatur, da huic famulae Tuae Mariae-Margaritae Reginae nostrae prosperum suae dignitatis effectum, in qua semper Te timeat, Tibique jugiter placere contendat. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

   O Dieu, que tout pouvoir et toute dignité doit servir, donnez à Votre servante, notre Reine Marie-Marguerite, les conséquences prospères de sa dignité, afin que par elle, elle Vous craigne toujours, et essaie constamment de Vous plaire. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Armoiries de Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite

Prière publiée par Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider pour ces temps d’extrême danger pour la Sainte Eglise.

4 octobre 2023,
Fête de Saint François d’Assise, confesseur ;
Mémoire de Saint Ammon de Nitrie, ermite, abbé et confesseur :
Mémoire de Sainte Aure de Paris, vierge et abbesse.

       Nous avons déjà publié à plusieurs reprises (cf. > ici, > ici et > ici) des textes de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana, dont la parole, toujours pondérée ne manque néanmoins ni de pertinence ni de vigueur.
Le courageux prélat, à la perspective des présents événements romains, a publié à la date très symbolique du 29 septembre, fête de Saint Michel archange, une prière pour la Sainte Eglise que nous reproduisons volontiers dans les pages de notre modeste blogue.

 Statue de Saint Michel au sommet du Château Saint-Ange Rome

       Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu et Sauveur, Vous êtes le Chef de l’Église, Votre Épouse sans tache et Votre Corps mystique. Regardez avec miséricorde la profonde détresse à laquelle notre Sainte Mère l’Église a été soumise. La confusion doctrinale, l’abomination morale et l’abus liturgique ont atteint, de nos jours, un niveau sans précédent. « Ô Dieu, les nations ont envahi ton héritage, elles ont profané ton saint temple, elles ont fait de Jérusalem un monceau de pierres » (Ps 79, 1). Les hommes d’Église qui ont perdu la vraie foi et sont devenus les promoteurs d’un programme mondialiste ont l’intention de changer Vos vérités et Vos commandements, la Constitution divine de l’Église et la tradition apostolique.

   Seigneur, avec un esprit humble et un cœur contrit, nous Vous supplions d’empêcher les ennemis de l’Église de triompher par une victoire sur l’Église catholique authentique obtenue avec l’imposition d’une Église contrefaite sous le couvert de la « synodalité ». Réveillez Votre puissance, Seigneur, et venez au secours de Votre Église avec Votre force toute-puissante. Car là où le péché et l’apostasie abondent dans l’Église, la victoire de Votre grâce surabondera.

   Nous croyons fermement que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Votre Église. En cette heure où notre chère et sainte Mère l’Église souffre son Golgotha, nous promettons de rester avec elle. Acceptez gracieusement nos souffrances intérieures et extérieures, que nous offrons humblement en union avec le Cœur Immaculé de Marie, Mère de l’Église, en réparation de nos propres péchés et des péchés de sacrilège et d’apostasie au sein de l’Église.

   Seigneur, envoyez vos Saints Anges sous le commandement de Saint Michel Archange pour apporter ta lumière céleste au Pape et aux participants du synode, et pour faire échouer les plans de vos ennemis au sein de l’assemblée synodale. Seigneur, regardez avec miséricorde les petits de l’Église, regardez les âmes cachées qui se sacrifient pour l’Église, regardez toutes les larmes, les soupirs et les supplications des vrais enfants de l’Église, et par les mérites du Cœur Immaculé de Votre très sainte Mère, levez-Vous, Seigneur, et par Votre intervention accordez à Votre Église de saints pasteurs qui, imitant Votre exemple, donneront leur vie pour Vous et pour Vos brebis. Seigneur, nous Vous en supplions : par la Très Sainte Vierge Marie, accordez-nous un pape saint, zélé dans la promotion et la défense de la foi catholique, nous Vous en supplions, accordez-nous le ! Par la Très Sainte Vierge Marie, accordez-nous de saints et intrépides évêques, nous Vous en supplions, accordez-nous les ! Par la Très Sainte Vierge Marie, accordez-nous de saints prêtres, hommes de Dieu, nous Vous en supplions, accordez-nous les ! En Vous, Seigneur, nous plaçons notre espérance : ne nous faites jamais rougir de honte. À Vous, Seigneur Jésus-Christ, reviennent tout honneur et toute gloire dans Votre sainte Église. Vous vivez et régnez avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit : Dieu, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

+ Athanasius Schneider,
29 septembre 2023.

Archange Saint Michel

2023-116. « Le déguisement du démon en serpent se continue par ses transformations en hérétique, en schismatique, en faux savant, faux littérateur, faux artiste, faux sociologue, en moderniste, et combien d’autres ! »

25 septembre,
Fête de Saint Prince (ou Principe) de Soissons, évêque et confesseur,
frère aîné de Saint Remi de Reims.

       Chers Amis, vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre mensuelle de la Confrérie Royale, dont le contenu sera médité et approfondi aussi avec grand profit par tous les lecteurs de ce blogue, par tous les catholiques qui ont le sens des enjeux des combats présents, par tous les authentiques fidèles qui ont conscience de la crise de l’Eglise et de la société civile…

frise lys

Lettre mensuelle aux membres et amis de la
Confrérie Royale

- 25 septembre 2023 -

frise lys

Triduum en l’honneur de Saint Michel
avant sa fête liturgique

Bien chers membres et amis,

   Nous sommes à quelques jours de la fête de Saint Michel archange (29 septembre) et, en guise de lettre mensuelle, voici un texte qui figure dans les Actes du pontificat de Saint Pie X et réalise une sorte de commentaire de la prière que son prédécesseur, le pape Léon XIII, avait promulguée pour être récitée à la fin de toutes les Messes basses :

Sancte Michael Archangele, defende nos in proelio ;
contra nequitiam et insidias diaboli esto praesidium.
Imperet illi Deus, supplices deprecamur :
tuque, Princeps militiae caelestis,
satanam aliosque spiritus malignos,
qui ad perditionem animarum pervagantur in mundo,
divina virtute in infernum detrude.
Amen.

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat ;
soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous vous en supplions :
et vous, Prince de la Milice Céleste,
repoussez en enfer, par la force divine,
Satan et les autres esprits mauvais
qui rôdent dans le monde pour la perte des âmes.
Ainsi soit-il.

   Ce texte donc est signé du cardinal Pietro Respighi (1843-1913), qui était à l’époque où il le publia par mandat du pape Saint Pie X, camerlingue du Sacré Collège (nota : poste supprimé en 1995 par Jean Paul II, qu’il ne faut pas confondre avec celui de camerlingue de la Sainte Eglise romaine), et il constitue une forme de méditation développant cette courte prière à Saint Michel, pour en montrer toute la nécessité et la pressante actualité.

   Ce qui était vrai en 1907, est, d’une certaine manière, encore plus nécessaire et actuel en 2023 ! C’est la raison pour laquelle il vous est adressé aujourd’hui…
Et puisque le pape Saint Pie X demandait aux fidèles de son diocèse de Rome d’accomplir un triduum – les 26, 27 et 28 septembre – pour préparer avec davantage de ferveur la fête de Saint Michel, reprenons aujourd’hui cette recommandation et, même si nous faisons déjà une neuvaine à Saint Michel, ne manquons pas d’intensifier encore notre prière en ces trois jours, afin de demander à Saint Michel sa protection sur le Royaume de France qui fut spécialement placé sous sa protection par Saint Charlemagne déjà, puis au cours des siècles par nombre de nos pieux Souverains et Princes.

   Que le Prince des armées célestes, victorieux contre le démon et ses anges rebelles, nous soit en aide et protection : qu’il protège très spécialement Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX et sa famille, qu’il protège le Royaume des Lys et en chasse les esprits maléfiques qui y sont répandus, et qu’il nous aide à être chaque jour, par la prière et le sacrifice, des membres fidèles de notre Confrérie, milice spirituelle au service du Roi légitime. Ainsi soit-il.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

 Vitrail de Saint Michel au bouclier de lys

Invito sacro

promulgué au nom de Saint Pie X
par le cardinal Respighi

le 17 septembre 1907

       L’invocation « Saint Michel Archange » que des millions de fidèles récitent chaque jour après la célébration du très saint Sacrifice retentit plus vive et plus ardente en ces jours qui nous préparent à la fête du glorieux prince de la milice céleste.

   Defende nos in praelio. Défendez-nous, ô saint archange, dans la lutte ici-bas. Notre passage en ce monde a été défini par ces paroles mémorables de Job : « La vie de l’homme sur terre est un combat » (Job VII, 1). C’est à ce combat que nous exhorte saint Paul en ces termes : « Mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de Sa vertu. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister à toutes les embûches du démon ; car nous avons à combattre, non contre la chair et le sang, mais contre les princes et les puissances, contre les gouverneurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l’air… Soyez fermes, ceignez vos reins de la vérité et revêtez la cuirasse de la justice ; que vos pieds soient chaussés et prêts à marcher dans la voie de l’Evangile, sur le chemin de la charité et de la paix. Et surtout prenez le bouclier de la foi, pour que vous puissiez éteindre sur lui les traits enflammés du malin esprit » (Eph. VI, 10-16).

   C’est donc une guerre, non pas contre les hommes de ce monde, mais contre les perfidies et les embûches des esprits infernaux, ennemis obstinés et puissants, qui se servent de ce monde lui-même et des hommes, comme d’instruments pour nous faire la guerre.

   Contre nequitias et insidias diaboli esto praesidium. Les perfidies du démon, c’est la mort, puisque la mort est entrée dans le monde par l’envie du démon (Sag. II, 24) ; ce sont les persécutions qu’il inflige aux personnes et aux nations catholiques, puisque ceux-là l’imitent qui lui appartiennent.

   Les embûches du démon, ce sont toutes les machinations capables de tromper, si c’est possible, les élus eux-mêmes (Matth. XXIV, 24).

   Le déguisement du démon en serpent se continue par ses transformations en hérétique, en schismatique, en faux savant, faux littérateur, faux artiste, faux sociologue, en moderniste, et combien d’autres !

   Les embûches du démon, ce sont les tentations pour lesquelles il se sert des circonstances extérieures, des passions internes, de nos sens, de l’imagination ; ce sont les opérations divinatoires ou prédictions de l’avenir, les pratiques merveilleuses par lesquelles ce trompeur, père du mensonge, séduit tant d’esprits. Ces perfidies et ces embûches croîtront en puissance à l’arrivée de l’antéchrist, « arrivée qui se produira par l’opération de Satan, avec toutes sortes de miracles et de signes, et des prodiges menteurs, ainsi qu’avec toutes les séductions de l’iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité, afin d’être sauvés » (2 Thess. II, 9-10).

   Imperet illi Deus. Quand l’archange saint Michel lutta contre le démon à l’occasion de la sépulture de Moïse, il lança à l’esprit mauvais ces paroles : « Que le Seigneur te dompte ! » (Jude 9). Dans les tristes jours où nous vivons, répétons avec une confiance tranquille et ferme ces paroles de saint Michel contre Satan et les esprits mauvais qui parcourent le monde pour la perdition des âmes : « Que le Seigneur te dompte ! »

   Mais observons l’avertissement de l’Apôtre : « Ne donnez point place au démon » (Eph. IV, 27). Détestons de toute la force de notre âme cette figure horrible, cette fumée et ce feu d’agitation, de désordre et de rébellion, dont s’entoure le roi de tous les fils de l’orgueil (Job IV, 1, 25).

   Contre le prince de l’orgueil, suivons le doux archange. Dans son triomphe, lui, au contraire, s’enveloppe de l’humilité, de la beauté et de l’amabilité de Jésus-Christ.

   Honorons, acclamons, invoquons saint Michel, et, sous son patronage, avec l’aide de Dieu, durant toute notre vie et à l’heure de la mort, nous repousserons Satan vaincu dans les abîmes. Eternellement reconnaissants à Dieu nous répéterons avec Judith : Custodivit me angelus ejus. L’ange du Seigneur a combattu et triomphé pour nous !

 Par la volonté du saint-père on célèbrera dans les journées du 26, 27 et 28 septembre le triduum de saint Michel dans toutes les églises paroissiales de Rome.

Miniature Ordre Saint Michel - Louis XI

2023-115. « Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.»

17ème dimanche après la Pentecôte,
(Textes de la Sainte Ecriture lus ce dimanche : Eph.IV, 1-6 & Matth. XXII, 34-46)

       Le dix-septième dimanche après la Pentecôte peut, en vérité, être appelé « dimanche du double précepte de la charité », en raison de l’enseignement donné par Notre-Seigneur dans la première partie de la péricope évangélique que, depuis des siècles, la Sainte Eglise notre Mère offre en ce jour à notre méditation.

   Insistons sur le fait que notre divin Rédempteur, en proclamant l’indispensable et nécessaire corrélation entre l’amour de Dieu et celui du prochain, met en évidence que l’on doit conserver un équilibre absolu entre les deux aspects de la charité : on ne peut prétendre aimer Dieu, lorsqu’on n’a pas l’amour du prochain (cf. 1 Jean IV, 20) ; mais on ne peut pas davantage prétendre aimer son prochain, et en particulier les nécessiteux, aux dépens de l’amour de Dieu, et donc en particulier aux dépens de toutes les exigences de la foi surnaturelle divinement révélée. Une « charité » qui ne s’occupe que du bien être matériel du prochain n’en est pas une : elle n’est qu’une forme de bienfaisance naturaliste, qui ne répond pas aux exigences de la charité divine.
La philanthropie n’est en définitive qu’une version laïcisée, rabaissée au vulgaire profane – profanée -, du précepte divin. Cela devient dramatique lorsque des chefs spirituels, des ecclésiastiques, se font les propagandistes de ce dévoiement : ils entraînent après eux la société, tant spirituelle que civile, dans cette « nef des fous » qui s’en ira inexorablement au naufrage…

   Voilà pourquoi il n’est pas inutile de relire le fameux paragraphe, prophétique en un sens, dans lequel Chesterton dénonce « les vieilles vertus chrétiennes virant à la folie ». A la place du nom Monsieur Blatchford, aujourd’hui bien oublié, il ne sera pas difficile de substituer celui de tel ou tel hiérarque de la Sainte Eglise…
Et je renvoie aussi aux très pertinents commentaires qu’en avait fait le journaliste espagnol Juan-Manuel de Prada que nous avions publié > ici.

Jérôme Bosch - la nef des fous - Louvre

Jérôme Bosch (vers 1450 – 1516) : « la nef des fous » (vers 1500) [musée du Louvre]

frise

« Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.»

       « [...] Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. Elles ont viré à la folie parce qu’on les a isolées les unes des autres et qu’elles errent indépendamment dans la solitude. Ainsi des scientifiques se passionnent-ils pour la vérité, et leur vérité est impitoyable. Ainsi des « humanitaires » ne se soucient-ils que de la pitié, mais leur pitié (je regrette de le dire) est souvent mensongère. M. Blatchford (note 1), par exemple, s’en prend au christianisme parce qu’une vertu chrétienne le rend fou : la vertu purement mystique et presque irrationnelle de la charité. Il croit en cette idée singulière qu’il sera plus facile de pardonner les péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés à pardonner. M. Blatchford n’est pas seulement un chrétien de la première heure, il est le seul parmi les premiers chrétiens qui aurait vraiment dû être dévoré par les lions. Car, en ce qui le concerne, l’accusation païenne est pour le moins exacte : sa pitié signifierait tout simplement l’anarchie. C’est parce qu’il est trop humain qu’il est réellement l’ennemi de la race humaine. A l’extrême opposé, nous pourrions prendre l’âpre réaliste, qui a délibérément tué en lui-même tout le plaisir humain que les hommes tirent d’histoires heureuses ou de la guérison du cœur. Torquemada (note 2) tortura des gens physiquement au nom de la vérité morale. Zola tortura des gens moralement au nom de la vérité physique. Mais du moins y avait-il, à l’époque de Torquemada, un système qui pouvait, jusqu’à un certain point, faire que la justice et la paix se rencontrent. De nos jours, elles ne se saluent même pas… »

Gilbert Keith Chesterton,
in « Orthodoxie », chap.3 « le suicide de la pensée ».

       Notes :
1 - Robert Peel Glanville Blatchford (1851 – 1943) était un militant socialiste, journaliste et auteur britannique, connu pour son athéisme, avec lequel Chesterton eut un long différend à propos du christianisme, ce qui donna lieu à un recueil d’articles : « The Blatchford Controversies » (1904).
2 – Inquisiteur général pour l’Espagne, Tomas de Torquemada (1420 – 1498) organisa le Saint Office. Il s’acharna si impitoyablement contre les hérétiques et contre les juifs qu’il est passé à la postérité comme le symbole même du fanatisme.

Jérome Bosch - la nef des fous détail

« La nef des fous », détail

2023-114. Où, au jour octave des Sept-Douleurs de Notre-Dame, le Prince Tolbiac dresse un bref compte-rendu de l’été 2023.

22 septembre 2023,
Au Mesnil-Marie : l’octave des Sept-Douleurs de Notre-Dame (double majeur) ;
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, légionnaires et martyrs ;
Mémoire du Vendredi des Quatre-Temps d’automne.

Tableau de la Vierge des Sept-Douleurs

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       En ce jour octave des la fête des Sept-Douleurs de la Très Sainte Mère de Dieu, et pour nous attacher toujours davantage à approfondir leur incommensurable mystère, je voudrais commencer par vous proposer l’audition d’une version du célèbre Stabat Mater de Pergolèse que mon papa-moine m’a donnée à écouter pendant cette octave (car l’éducation musicale est elle aussi importante dans la formation d’un chat novice augustinien : n’oubliez pas que notre Bienheureux Père Saint Augustin a rédigé un traité sur la musique), et que nous avons l’un et l’autre fort appréciée.

   Après les deux versions que mon vénéré prédécesseur, feu le Maître-Chat Lully, en avait publiées > ici, en voici une troisième qui émane du très illustre et presque millénaire chœur d’enfants de l’abbaye de Saint Florian (cf. > ici et > ici) : la virtuosité vocale de Christian Ziemski, soprano soliste des petits chanteurs de Saint-Florian, et d’Aloïs Mühlbacher, jeune et remarquable contreténor, nous a véritablement transportés ; une virtuosité qu’ils savent pleinement mettre au service du texte de la sublime séquence de cette Messe de la Compassion de Notre-Dame :

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   Mais avec cette octave de Notre-Dame des Douleurs, nous disons au revoir à l’été : la fête de Saint Matthieu, hier, conformément au dicton populaire, a bien semblé en être les adieux !

   Les couleurs de la végétation ont commencé à changer, les jours raccourcissent considérablement, les températures baissent : voici l’automne !
Je profite donc de notre entrée dans une nouvelle saison pour vous dresser un rapide compte-rendu de celle qui vient de s’achever : ce ne sera pas très long puisque, en réalité, l’état de santé de Frère Maximilien-Marie l’a contraint à limiter à l’extrême ses activités ou participations à des manifestations extérieures. De ce fait, je n’ai en définitive à vous énumérer que des cérémonies : le 1er juillet, pour la fête du Très Précieux Sang, l’un de nos amis prêtres est venu fêter ici son trentième anniversaire d’ordination sacerdotale ; le 11 août, il y a eu la fête de notre chère Sainte Philomène ; le 25 août, la fête de Saint Louis ; et enfin, ce 15 septembre, celle des Sept-Douleurs de Notre-Dame, fête patronale de notre Mesnil-Marie (cf. > ici).
L’unique « sortie » à laquelle notre Frère a participé, a été le 14 juillet, à La Louvesc : la traditionnelle journée contre-révolutionnaire organisée par le Cercle Légitimiste du Vivarais mettant cette année l’accent sur le rôle de Saint Jean-François Régis (cf. > ici), comme préparation spirituelle des populations vellaves et vivaroises à la résistance à l’impiété révolutionnaire.

   Je me contenterai maintenant d’illustrer ce bref compte-rendu de quelques photographies qui m’ont paru particulièrement belles, prises lors des cérémonies dans notre chapelle.

Chasuble rouge avec Agneau de Dieu - 1er juillet 2023

Chasuble rouge à l’Agneau de Dieu

Per intercessionem beati Michaelis archangeli - 15 septembre 2023

Per intercessionem beati Michaelis archangeli, stantis a dextris altaris incensi…
incensum istud dignetur Dominus benedicere…

Epiclèse - 1er juillet 2023

Hanc igitur oblationem servitutis nostrae…

Per ipsum et cum ipso et in ipso - 1er juillet 2023

Per ipsum, et cum ipso et in ipso…

Pendant les purifications - 15 septembre 2023

Pendant que le prêtre se trouve du côté de l’épître lors de la purification du calice

Motif central du dos de la chasuble de Notre-Dame de Compassion

Motif central au dos de la chasuble réalisée spécialement pour les deux fêtes de
Notre-Dame de Compassion 

    Voilà donc, mes bien chers Amis, ma modeste chronique de ce jour : qu’elle vous soit surtout le témoignage de notre profonde et amicale union dans la prière et dans l’offrande, afin que cet automne qui commence soit une saison de croissance spirituelle et de plus grande ferveur, en répondant avec toujours plus de générosité aux appels des divins Cœurs de Jésus et Marie…

Tolbiac.

Tolbiac septembre 2023

 

2023-108. « Te Deum » pour le seizième anniversaire du Blogue du Mesnil-Marie.

Dimanche soir 10 septembre 2023.

2007 – 10 septembre – 2023

Seizième anniversaire de la création de ce modeste blogue

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Il est impossible d’achever cette journée sans faire monter vers le Ciel de très vives actions de grâces pour l’anniversaire de la « fondation » de ce blogue.
En référence à celui qui s’en trouve à l’origine, mon prédécesseur au Mesnil-Marie, feu Monseigneur le Maître-Chat Lully, il était tout naturel que j’optasse pour la publication, ci-dessus,  du très fameux (et à juste titre) Te Deum de Monsieur le Surintendant des musiques royales du Grand Roi, Jean-Baptiste de Lully.

   Pour ceux, plus ou moins nouveaux lecteurs ou abonnés de ce modeste blogue qui n’en connaîtraient pas l’histoire, je me permets de vous proposer quelques liens qui leur permettront, s’ils le désirent, d’en prendre connaissance.
Voici donc :

1) Le premier prologue du Maître-Chat, avec lequel commença cette aventure > ici ;
2) Le prologue qui l’a remplacé après le trépas du Maître-Chat Lully > ici ;
3) Le premier article, daté du 11 septembre 2007, dans lequel le Maître-Chat Lully, brossait un rapide historique > ici ;
4) Et un article de 2012, où le Maître-Chat revenait sur cette histoire > ici

   Ce dimanche 10 septembre 2023 au soir, le compteur du blogue totalise plus de 4.346.400 visiteurs, et 1.815 articles y ont été publiés avant celui-ci.

   Au tout petit groupe des  destinataires d’origine, composé d’amis que nous connaissions tous directement, se sont rajoutées des centaines d’autres, que nous n’avons jamais rencontrés – ou du moins pas encore -, mais avec lesquels se sont tissés des liens, amicaux et spirituels, authentiques. Certains mêmes, sont venus jusqu’en cette thébaïde pour faire connaissance avec mon papa-moine ou avec feu le Maître-Chat Lully.
Certes, ces publications nous valent bien sûr de solides inimitiés ou des critiques tenaces ; mais nous recevons aussi très fréquemment des témoignages bien plus intéressants de personnes qui, sans qu’elles se fassent forcément connaître, ou du moins pas tout de suite, grâce à la lecture de ces articles, sont venues à plus de ferveur religieuse ; ont davantage pris conscience de la crise de l’Eglise ; ont résolu de se mieux former pour s’ancrer davantage dans la sainte Tradition spirituelle, doctrinale et 
liturgique et résister au modernisme mortifère ; ont été gagnées à la Légitimité… etc.

   C’est pour tout cela que nous faisons monter vers Dieu, ce soir, de vibrantes actions de grâce, et que, Frère Maximilien-Marie et moi-même, nous renouvelons devant vous nos résolutions et engagements, avec joie et avec une détermination renforcée.

Que Dieu nous soit en aide et soit Lui-même notre force.
Ainsi soit-il !

Patte de chatTolbiac.

Pour s’inscrire aux publications et mises à jour du blogue > ici

Tolbiac 10 septembre 2023

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