Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2021-46. « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… »

1846 – 19 septembre – 2021

Méditation au jour du
175ème anniversaire
de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu
sur la sainte montagne de La Salette

frise

Notre-Dame de La Salette 1

« Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

C’est par ces mots que la Très Sainte Mère de Dieu – et notre Mère – a commencé à s’adresser aux deux jeunes bergers.

« N’ayez pas peur !… Une grande nouvelle ». On ne peut s’empêcher de penser aux paroles avec lesquelles quelques 1846 années auparavant l’ange s’était adressé aux bergers dans la nuit sainte de Bethléem : « Ne craignez point, car voici que je vous apporte la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple : Nolite timere, ecce enim evangelizo vobis gaudium magnum, quod erit omni populo ! » (Luc. II, 10). Ce peuple auquel encore, en conclusion de son apparition, la Vierge pure et sainte demandera avec insistance que l’on transmette ses paroles : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! ».

Dans cette fascinante manifestation de la Mère de miséricorde – Mater misericordiae – du samedi 19 septembre 1846, au moment où la Sainte Eglise catholique s’apprêtait à entrer dans la fête solennelle de ses Sept-Douleurs (car en ce temps-là la fête des Sept-Douleurs de Notre-Dame était célébrée non pas le 15 septembre mais au troisième dimanche de septembre), il y a les paroles, certes si importantes (on les trouve en intégralité > ici) qu’on n’en finit jamais de les relire, de les approfondir et de les méditer, mais il y a aussi ce que les mots ne peuvent traduire et qui parle bien plus haut que toutes les paroles : il y a les larmes de Notre-Dame. Ces larmes appartiennent pleinement à l’essence de l’apparition, sont une part essentielle de la grande nouvelle que la Mère de Dieu est venue annoncer ici, ne doivent ni ne peuvent en aucune manière être retranchées de ce qu’il convient et qu’il est nécessaire de faire passer à tout son peuple.

Notre-Dame de La Salette 2

Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! La grande nouvelle que la Très Sainte Mère de Dieu vient rappeler à deux enfants dans la grandiose et silencieuse solitude des sommets, est d’abord celle de sa Compassion : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! » La remarque de Maximin pour décrire l’impression produite par la vision de cette femme en larmes, assise, le visage enfoui dans ses mains, a quelque chose de poignant, quelque chose de bouleversant qui nous émeut au plus profond des entrailles : « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… » Voici la maman qui nous a été donnée pour Mère au pied de la Croix ! Voici la maman que, nous, enfants misérables avons battue ! Voici la maman que nos méchancetés ont poussée à s’« ensauver » dans la montagne pour qu’elle y puisse donner libre cours à ses larmes, avec pour uniques témoins la pureté des cimes et la naïveté de deux enfants qui gardaient leurs vaches ! « Depuis le temps que je souffre pour vous autres !… Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir.«  Celle qui a reçu pour nous – pour chacun d’entre nous – des entrailles maternelles par l’action efficace des paroles de son divin Fils mourant, s’est « ensauvée » loin de tout pour laisser éclater son chagrin de mère : « Mon peuple ne veut pas se soumettre » et je n’en puis plus, je suis à bout de force tant le bras du juste Juge, que je m’emploie à retenir encore, est fort et pesant…  « … Je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! »

Notre-Dame de La Salette 3

Accepter d’être établie Mère des hommes, pour lesquels le Sauveur S’immolait, c’était accepter d’assumer un rôle de médiation entre LE Fils, que la mystérieuse opération du Saint-Esprit avait façonné de sa chair virginale, et les enfants pécheurs en faveur desquels le Fils unique répandait jusqu’à la dernière goutte de Son Sang Précieux. Accepter d’être établie Mère des hommes, c’était accepter d’être établie continuelle intercessrice, jusqu’à la fin des temps, pour que ceux qui « ne feraient pas cas » des grâces de la rédemption et du salut finissent par se laisser toucher et reçoivent miséricorde, pour que ce peuple à elle confié veuille enfin « se soumettre » et n’encoure plus les châtiments réservés aux rebelles, aux infidèles et aux ingrats.

En devenant Mère des hommes, elle les a laissés entrer dans sa vie jusqu’à avoir un lien intime et viscéral avec eux, jusqu’à devenir responsable et à se porter garante d’eux, jusqu’à accepter le poids de leurs errements et de leurs résistances à la grâce, jusqu’à accepter de ne plus être en repos tant qu’ils s’égareront dans les chemins de l’insoumission à la sainte loi de Dieu, jusqu’à s’épuiser en quelque sorte dans la prière et dans les larmes pour obtenir leur retour  : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

C’est ainsi que la Très Sainte Mère de Dieu toujours Vierge accomplit continûment son devoir de maternelle intercession pour le monde, son devoir de maternelle intercession pour chacun de nous. Sa vie terrestre fut pénible et semée de douleurs, mais l’obédience d’intercession pour le monde qui lui échoit encore dans sa vie glorieuse est elle aussi lourde d’angoisses et de peines : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! » Nouvelle Esther intercédant « sans cesse » devant le Trône divin, elle offre ses larmes pour les péchés de l’humanité qui méprise les grâces de salut et de sainteté acquises au prix fort par son divin Fils : « Je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

Notre-Dame de La Salette 4

A La Salette, la Mère de Dieu toute sainte et immaculée vient nous montrer ses larmes, qui plaident notre cause devant la Majesté du juste Juge. A La Salette, la Toute Sainte Médiatrice que le Christ Sauveur nous a donnée pour Mère, se manifeste comme la perpétuelle suppliante intercédant pour notre salut. A La Salette, notre Mère miséricordieuse, apparaît comme la veilleuse qui jamais ne s’éteint dans la pénombre du sanctuaire et dont la flamme obstinée porte symboliquement devant la divine Présence du tabernacle la prière des cœurs fervents. A La Salette, la Vierge de Compassion nous crie par les larmes qui baignent son visage, qu’elle ne se résout jamais à « laisser aller le bras de son Fils » et que, malgré le poids accablant de la justice méritée par notre opiniâtreté dans le mal, elle s’entête plus encore à « prier sans cesse » pour que ce Fils « ne nous abandonne pas » !   

La principale raison des larmes de notre Sainte Mère et Reine réside dans nos résistances à la grâce : c’est elle, cette résistance à la grâce pourtant toujours offerte, qui nourrit notre insubordination aux lois et préceptes divins, c’est elle qui engraisse notre paresse pour la prière, c’est elle qui produit nos manques de générosité dans la pratique de la pénitence, c’est elle qui engendre nos chutes charnelles, c’est elle qui endort notre foi, c’est elle qui fournit des armes aux démons qui nous assaillent, c’est elle qui nous paralyse dans les voies du relèvement et de la guérison… Puisse le souvenir des larmes de Marie dissiper nos tiédeurs, réveiller notre ferveur !

Notre-Dame de La Salette 5

Nous devrons tous un jour rendre compte à son divin Fils des larmes que nous avons fait jaillir des yeux de Sa Très Sainte Mère ! Au dernier jugement, devant toute la cour céleste, devant tous les anges et tous les démons, devant tous les élus et tous les damnés, nous devrons répondre de chacune des larmes que nos infidélités ont tiré du Cœur de la Mère de toute Compassion. Serons-nous alors dans la honte et la confusion pour l’avoir attristée par l’indignité de nos comportements et parce que nous aurons tenu en échec ses chagrins maternels et ses larmes ? Alors qu’en tant de prières nous lui répétons « Réjouissez-vous », en réalité nous ne lui donnons pas assez de raisons de se réjouir !

Ne contristons plus la Toute Sainte ! Efforçons-nous de tarir la source de ses larmes et de répondre pleinement aux espérances de son amour maternel qui ne veut jamais désespérer de notre conversion, de notre amendement, de notre redressement, de notre pleine adhésion à la grâce… Et lorsque montent les flots agités de la tentation, tournons-nous de tout notre cœur vers Notre-Dame de La Salette et souvenons-nous de ses larmes ; souvenons-nous de ses soupirs maternels : « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur
19 septembre 2021

frise

Tous les textes de ce blogue où il est question de Notre-Dame de La Salette >>>
– Texte intégral du message et des « secrets » > ici
– Quelques considérations générales > ici
– Prière de Mélanie pour les temps de calamité > ici
– Texte de Gustave Thibon pour le centenaire de l’apparition > ici
– La Salette et la réforme liturgique > ici
« Les plaies de la France pansées par Marie » > ici
– Prières à Notre-Dame de La Salette > ici

2021-43. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion de la fête de Saint Louis 2021.

Mercredi 25 août 2021.

En cette fête de Saint Louis, son ancêtre et son saint patron, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a adressé le message suivant à tous les Français :

Aigues-Mortes statue de Saint Louis

Statue de Saint Louis à Aigues-Mortes

Chers Français,

Je ressens de plus en plus l’expression d’une inquiétude profonde à l’égard de notre nation, de nos vies et de nos problèmes quotidiens, générée par une situation de crise, dont les racines sont profondes. Cette inquiétude s’accroît alimentée par une succession d’évènements que le pays semble subir et qui ne trouvent que des solutions partielles et qui interpellent notre société.

La crise concerne tous les secteurs, affectant davantage les plus faibles.

Cette crise de caractère religieux, social, juridique, économique et philosophique qui affecte de nombreux Français, nécessite des solutions durables et équitables.

La situation des plus humbles ne s’améliore pas et la fracture des territoires demeure. Il y a là une source d’injustice et d’exacerbation des divisions entre tous, comme si la division et la confrontation étaient la marque d’une nouvelle société ; alors que la concorde et l’unité sont les seuls moyens pour trouver une solution de justice.

La crise de confiance s’est accentuée actuellement par la persistance de la crise sanitaire et ses conséquences. Devant la gravité de la situation, les solutions proposées sont techniques, uniformes et rapides, reposant sur une sorte de certitude acquise, implacable et incontournable, contre laquelle personne ne peut exprimer ses inquiétudes, alors qu’il aurait fallu y répondre avec transparence, sans pouvoir laisser penser que le bien public puisse cacher d’autres intérêts.

Nous sommes tous concernés face à l’avenir, avec le sentiment apparemment de plus en plus partagé que notre société est confrontée à des enjeux de fond, qui ne sont pas nouveaux, et aux effets plus rapides que par le passé.

Ce sentiment est renforcé par les dangers, que chacun ressent, d’une situation internationale de moins en moins prévisible, voire dangereuse. Les risques grandissent de possibles conflits susceptibles de menacer notre pays, notre société, notre forme de vie et nos valeurs sociales et politiques ; la plus grande faiblesse est celle de ne pas savoir ce que l’on défend.

Face à toutes ces questions, les interrogations et les doutes augmentent. La culture de l’oubli contribue, elle aussi, au dérèglement social. En effet, la culture, la connaissance partagée, le lien moral et éthique véhiculé par une langue commune est d’abord ce qui unit et non ce qui oppose. Les menées actuelles sont absolument contraires à l’esprit d’unité du corps social défendu durant des siècles qui a permis tant de succès et de progrès à notre société.

Ainsi, il nous faut revenir aux fondements de la société française et de son identité : la justice, le bien commun, la souveraineté, la volonté de sacrifice, le discernement et l’esprit critique, la nécessité de croire à la communauté et à la générosité avec une plus grande cohésion sociale. En se référant à eux, nos institutions retrouveront leur finalité, celle d’unifier la France et de l’aider à se dépasser. Pour sortir de cette phase négative comme la France en a déjà connue et qu’elle a toujours surmontée, il s’agit de retrouver notre esprit de cohésion et notre attachement à nos valeurs pour que la France reste la France.

Je souhaite ainsi rendre hommage à tous ceux qui agissent et assument leur devoir d’état, malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrent dans leurs vies quotidiennes.

Je pense spécialement aux jeunes couples qui s’engagent dans ce sens, en s’attachant à accomplir avec enthousiasme, au prix de difficultés souvent considérables, leur rôle de transmission vis-à-vis de leurs enfants.

Je pense aux personnels de santé, tellement surchargés en ce moment, confrontés de plus en plus à des problèmes éthiques touchant à la vie, et qui, de ce point de vue, s’emploient à résister à des pratiques contre-nature, dans la pleine conscience de leur devoir.

Mais je pense aussi à tous ceux, entrepreneurs, militaires, professionnels divers qui œuvrent déjà, chacun à sa place, pour que notre pays s’affirme fier de lui-même, soucieux et attentif à mettre en valeur le plein héritage de son histoire pour bâtir son avenir.

Nous devons donc nous attacher à nous retrouver tous unis dans un souci de succès, de générosité et de cohésion sociale, en nous fondant sur l’expérience de la France. Tel est ce que peuvent nous apprendre nos quinze siècles de civilisation. Tel est ce qu’il faut redonner comme espoir à nous tous.

Puisse ce message vous aider et vous encourager à aller de l’avant ! Gardons l’espoir de ceux qui s’engagent, œuvrons pour le bien commun, renforçons notre communauté et les liens qui nous unissent pour affronter les difficultés présentes.

Que le souvenir de Saint Louis, fêté en ce jour, et toute la gloire de la France nous aident ainsi à trouver des modèles pour l’avenir en apportant la paix et la justice entre tous les Français.

grandes armes de France

2021-39. Message de Sa Majesté après l’assassinat du Rd Père Olivier Maire.

Mardi 10 août 2021.

Après l’assassinat du Révérend Père Olivier Maire à Saint-Laurent-sur-Sèvre, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié le message suivant, témoignant de son union de prières avec les catholiques de France :

Candles

L’assassinat du Père Olivier Maire est d’une cruauté innommable, le Supérieur Provincial des Missionnaires Montfortains a rejoint le Père hier. Assassiné par l’incendiaire de la cathédrale de Nantes qu’il hébergeait, sa charité et sa bonté lui ont coûté sa vie ici-bas.

Je m’incline avec respect devant la dépouille de ce prêtre et assure de mes prières l’ensemble des catholiques de France.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France pour le deuil

2021-38. Nous devons retremper notre courage et notre espérance, sans nous départir d’une constante sérénité intérieure, malgré les combats !

Triomphe de la foi Vincenzo Meucci - détail)

Le triomphe de la foi
fresque de Vincenzo Meucci (1747), au palais Corsini, à Rome.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’était hier, 8 août, le septième anniversaire du rappel à Dieu – dans sa centième année – du Révérend Père Jean Charles-Roux (+ 8 août 2014), prêtre remarquable par sa personnalité – originale et très attachante -, et par sa fidélité : fidélité à la Sainte Messe de son ordination et fidélité à son Souverain légitime, puisqu’il fut en même temps une figure éminente de la Légitimité et de la résistance à la réforme liturgique consécutive au concile vaticandeux.

J’ai rapporté au moment de l’annonce de sa mort (cf. > ici), cette anecdote célèbre autant que savoureuse : « (…) lorsque la nouvelle messe avait été imposée, il l’avait « essayée » mais s’était promptement rendu compte de l’indigence du nouveau rite : « J’ai donc écrit au pape Paul, que j’avais connu quand il était cardinal Montini, et dit : Saint-Père, soit vous me permettez de célébrer l’ancienne messe, soit je quitte la prêtrise et j’épouse la première jolie fille que je rencontre. »

Ce cher Père disait même : « Quand on m’a dit qu’il fallait désormais célébrer selon un nouveau rite, loyalement, par obéissance, j’ai essayé. Oui, j’ai loyalement essayé : j’ai essayé en anglais, en italien, en français, et même en latin ! Et je me suis dit que cela n’était vraiment pas possible : nous étions par trop loin de la Messe catholique qui avait fait pendant des siècles la force de l’Eglise et qui avait sanctifié tant de générations de fidèles ! » C’est alors qu’il avait écrit au pape Montini avec ce trait d’humoristique chantage rapporté ci-dessus.
J’écris : « humoristique chantage », mais j’eusse aussi pu écrire « chantage d’une cruelle lucidité », car, en pleine débâcle postconciliaire, qui voyait des prêtres et des religieux défroquer par milliers, le Révérend Père Charles-Roux mettait le doigt là où cela faisait mal : Paul VI, qui signa des centaines et des centaines de « réductions à l’état laïc », exprimait sa désolation devant toutes ces désertions, bien qu’il n’en tirât pas les conclusions qui se fussent logiquement imposées et qu’il refusât toujours de nommer par leur nom véritable la cause de ces innombrables naufrages et apostasies.

Ce n’étaient pas quelques « fumées de satan » qui s’étaient introduites dans l’Eglise par « quelques fissures », c’est le modernisme mortifère qui, à l’occasion du concile vaticandeux et de la réforme liturgique, s’était engouffré à pleins flots dans la Maison de Dieu, dévastant tout sur son passage, et cela parce que les portes lui en avaient été grandes ouvertes !

L’aveuglement des chefs, leur obstination à refuser l’évidence, ainsi que l’entêtement à maintenir une direction dont on constate chaque jour les conséquences désastreuses restent un profond mystère : Dieu seul est juge des cœurs et des responsabilités, mais on ne peut penser que cela soit exempt de faute !

Bref ! Dans le contexte de ces jours d’été 2021, consécutifs au sinistre brigandage bergoglien honteusement daté du jour de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, le rappel de la figure du Révérend Père Jean Charles-Roux et de la manière dont il avait obtenu de Paul VI la permission de continuer à célébrer la Sainte Messe latine traditionnelle, faisait dire à l’un de mes amis « cum grano salis » : « Vous savez ce qu’il vous reste à faire… » Cela m’a aussitôt porté à lui répondre que, au contraire de son geignard mais inefficace prédécesseur, l’actuel occupant du siège pontifical, lui, serait capable de répondre aux prêtres qui s’adresseraient à lui de la même manière que le Père Charles-Roux : « Mais oui, prenez femme et ne nous cassez plus les pieds avec la Messe ancienne ! », puisqu’il est explicite qu’il en veut l’éradication absolue et qu’il cherche par tous les moyens à chasser de l’Eglise ceux qui ne voudraient pas se plier aux diktats de sa solution finale.

C’est la première fois que j’aborde la question de l’oukase bergoglien dans les pages de ce blogue.
Certains m’ont déjà fait part de leur étonnement de ce silence que j’ai gardé jusqu’ici…
Au risque de choquer, je vous dirai tout simplement que je ne veux pas m’étendre sur ce que je considère comme une espèce de non-événement.
Ce serait une véritable perte de temps que de lui accorder trop d’importance !

Nous ne nous étonnons en effet pas du tout des mesures de persécutions contre la Sainte Messe latine traditionnelle édictées le 16 juillet dernier, puisque nous nous y attendions et nous y préparions depuis le moment même de la parution de « François » à la loggia de la basilique vaticane au soir du 13 mars 2013.
Si nous devions nous étonner de quelque chose, c’est plutôt du fait qu’il a attendu plus de huit années pour enfin cracher tout le venin de sa méchanceté et exprimer sa détestation de la Tradition liturgique pleinement catholique.

« Que ferons-nous ? » me demandent certains, avec inquiétude.
Mais c’est très simple : nous continuerons à résister et à maintenir, quoi qu’il doive nous en coûter !

J’ai connu, dans mon adolescence, les célébrations clandestines de la Sainte Messe latine, alors réputée « interdite ».
Il n’y avait alors pas de « fraternités » ou « instituts » qui existassent pour la célébrer : nous n’avions que de bons vieux prêtres, plus ou moins persécutés par leurs évêques, qui tenaient bon et qui la célébraient, malgré toutes les pressions et condamnations, dans des chapelles de fortune aménagées dans des maisons particulières, ou parfois dans de véritables chapelles, dans des châteaux ou de grandes demeures.
Nous avons tenu bon, alors.
Nous tiendrons bon, encore et toujours.

Dans ces « années soixante-dix » du précédent siècle, l’Eglise « officielle », en France, malgré les dégâts déjà nombreux occasionnés par les suites du concile vaticandeux, pouvait encore faire illusion et donner l’impression de quelque force… Mais aujourd’hui ? Ce n’est vraiment plus le cas avec des diocèses croupions et des paroisses en pleine déconfiture.
Que pouvons-nous véritablement craindre de ces évêques qui, pour la plupart, sont devenus complètement transparents pour la société, dont le discours est habituellement d’une telle insipidité qu’il n’a pas le pouvoir de mobiliser les quelques fidèles qui leur restent, qui continuent à fermer des séminaires, qui voient l’effondrement constant de la courbe des ordinations pour le clergé diocésain, qui sont aux prises avec des difficultés financières abyssales… etc.

La vitalité n’appartient pas au modernisme, même s’il occupe pour un peu de temps encore la place, dans les structures et dans la liturgie de l’Eglise.
Sa mort est inéluctable, ce n’est qu’une question d’années (même si elles nous semblent longues parfois).
Ce n’est qu’une question de patience !
Même s’il ne faut jamais oublier que le mot patience dérive du verbe « pâtir »…

Les papes passent, comme tout le reste.
François a 85 ans. Sa santé n’est pas bonne. Il n’est pas éternel. Il passera donc lui aussi comme ont passé ceux qui avant lui ont voulu, s’opposer à la reconquête catholique qu’opère, envers et contre tout, la Sainte Messe traditionnelle, laquelle est investie d’une puissance divine contre laquelle tous les hommes qui l’ont voulu abolir se sont finalement brisés…

Nous, nous savons, par expérience – par une expérience quotidienne -, où se trouvent la vitalité et la fécondité.
Et elles ne se trouvent pas dans les institutions vérolées par le concile vaticandeux !

Les belles figures des prêtres qui ont incarné la résistance immédiatement postconciliaire au modernisme, comme le Révérend Père Jean Charles-Roux que nous avons évoqué ci-dessus, mais aussi – sans vouloir ni pouvoir être exhaustif dans mon énumération -, Monseigneur François Ducaud-Bourget, l’abbé Louis Coache, l’abbé Vincent Serralda, l’abbé Bryan Houghton, le Révérend Père Michel André, le chanoine Porta, l’abbé Michel de Fommervault, l’abbé Quentin Montgomery-Wright, l’abbé Philippe Sulmont… et tant d’autres, sans oublier bien sûr Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, sont là comme de magnifiques exemples auprès desquels nous devons retremper notre courage et notre espérance, sans nous départir d’une constante sérénité intérieure, malgré les combats : la Sainte Messe latine traditionnelle vaincra, comme elle a déjà triomphé dans les siècles passés !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - Rome, Gesù

La Religion terrassant l’hérésie et la haine
par Pierre Le Gros, dit le jeune, dans l’église du Gesù, à Rome.

2021-33. Il nous revient de rester toujours fidèles à la Sainte Doctrine et aux Traditions de notre Mère l’Église.

Vendredi 25 juin 2021,
Fête de Saint Prosper d’Aquitaine, confesseur ;
Mémoire de Saint Guillaume, abbé ;
2ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
Anniversaire de l’exécution de Georges Cadoudal (cf. > ici).

Lettre mensuelle
aux
membres et amis de la Confrérie Royale

25 juin 2021

Rappel :

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.

Blason de la Confrérie Royale

Bien chers amis,
                           

Notre époque peut être qualifiée « d’opinioniste », si vous m’excusez ce néologisme. Tous et chacun ont leur opinion sur ce qu’ils pensent être vrai, juste, beau, sans avoir aucune connaissance dans le domaine sur lequel ils ont une opinion. Telle personne dira : « Selon moi,… » avec une suite de phrases qui sera certainement d’une nullité incroyable et/ou extrême. Ce fléau sociétal n’est qu’un refus de l’autorité légitime ainsi qu’une énième tentative d’imposer un égalitarisme dont personne ne veut (sauf, selon moi, les féministes et autres lgbtqxyz). Ce fléau, Paul VI l’a bien annoncé au monde, est aussi entré dans l’Eglise. Nous avons maintenant des théologiens, ou plutôt des théologiennes, parfois autoproclamés avec seulement un mémoire de théologie… Pensons à Anne Soupa qui candidata pour devenir la première Primate des Gaules.
A-t-elle une maîtrise de la théologie inégalée ? Peut-être est-elle une nouvelle Doctoresse de l’Église, la première Mère de l’Église ? Que nenni ! Elle voulait juste devenir archevêque parce que la femme n’a, selon elle et d’autres “grandes » théologiennes, pas assez de place dans l’Église et qu’elles sont dénigrées… Malheureusement l’ancienne future Primate des Gaules n’est pas la seule à vouloir appliquer son « selon moi » à la doctrine divine de l’Église. « L’Église qui est en Allemagne » et son « chemin synodal » (plutôt « chemin vers le schisme ») demande que l’Église change la morale, jugée dérangeante…  Voila où mènent les opinions de gens incultes, non formés et qui refusent le développement de la théologie depuis la scholastique (et même avant) jusqu’au Concile des années 60… Comme disait le maître Bernard de Chartres 
: « Sumus nani gigantum humeris insidentes », nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. Et lorsque les nains se piquent d’être des géants, ceux qui demeurent contents de rester “perchés” sur les épaules des géants se voient qualifiés de fous et d’arriérés par ces géants autoproclamés. Oh humour quand tu nous tiens !

Saint Prosper d'Aquitaine

Vitrail de Saint Prosper dans l’église Sainte Clotilde de Paris

Nous fêtons aujourd’hui Saint Prosper d’Aquitaine (pardon de Nouvelle Aquitaine selon les nouvelles régions gouvernementales), céleste patron des poètes. Quel rapport avec Anne Soupa et notre société « opinioniste » vous vois-je penser. Laissez-moi vous conter brièvement la vie de Saint Prosper. Né en Aquitaine vers 390, notre saint fit ses études à Bordeaux où à Marseille (que chacun se fasse sa propre opinion !), correspondit avec Saint Augustin, alla à Rome et devint secrétaire ou notaire sous le Pape Léon Ier. . Il devint un grand défenseur de Saint Augustin, alors que ledit Père de l’Église était en controverse avec les Pélagiens sur les questions de la Grâce. Après une vie passée à défendre la Foi catholique « orthodoxe », notre Saint quitta ce monde vers 463. Un bon prêtre me direz-vous. Et bien non. Un excellent laïc, et même un mari ayant compris que le plus important dans la vie n’était pas d’avoir des opinions forgées de son côté, mais de devenir un saint. Il écrivait à sa femme : « Relève-moi si je tombe, reprends-toi quand je te signale quelque faute. Qu’il ne nous suffise point d’être un seul corps, soyons aussi une seule âme». Sûrement devenu veuf, il termina sa vie comme moine à Marseille. Voici un véritable exemple d’un Confesseur, d’un nain devenu géant à son tour. Voici l’exemple d’un véritable théologien. La cléricature ne fait ni le théologien, ni le bon théologien. En revanche l’amour inconditionné donné à Dieu oui.

L’amour qu’eut Saint Prosper pour la Sainte Doctrine de l’Église ne plut pas à ceux qui, sciemment ou non, la combattaient. Déjà défaits par Saint Augustin, ils voulurent réduire Saint Prosper au silence en le calomniant. Étant le refuge ordinaire de ceux qui, bien que n’ayant pas la vérité, ont néanmoins l’orgueil de vouloir paraître triompher, cette tactique est toujours d’actualité… Saint Prosper, prévenu par un de ses amis, put détruire toutes ces calomnies et alla plus loin en écrivant son Poème contre les Ingrats, c’est-à-dire contre ceux qui ne reconnaissent pas la nécessité et la gratuité de la grâce de Dieu. (Littérature, Doctrine et rétablissement de la vérité ; du trois en un !).
Saint Prosper ne recueillit ici bas que persécutions comme récompense de ses travaux. Pourtant son zèle brûla toujours jusqu’à sa mort. Le fruit de ses travaux ne lui apporta aucune gloire terrestre, même de nos jours où il est totalement oublié. Sans lui pourtant, la si sublime doctrine augustinienne n’aurait peut-être pas eu autant d’impact. Le dénigrement sur la terre et parfois l’oubli : voila le sort réservé, selon une vision purement naturaliste, aux défenseurs de la Doctrine et de la Vérité. Mais une couronne de gloire ne vaut-elle pas plus qu’une reconnaissance terrestre ? L’exemple de notre Saint vient s’ajouter aux nombreux autres, à la tête desquels se trouve le grand Saint Athanase. Qu’est devenu le Pape Libère qui le condamna jadis pour avoir défendu la vraie foi en désobéissant à Rome ? Une mémoire oubliée. Il en sera de même pour tous ceux qui s’opposent à l’avènement du Règne de Notre Seigneur.

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence

Saint Athanase défenseur de la Doctrine

A notre petit niveau, il nous revient de rester toujours fidèles à la Sainte Doctrine et aux Traditions de notre Mère l’Église. Nous ne pouvons être médiocres. Cela implique concrètement que, contrairement à nombre d’autoproclamés grands « défenseurs » de la liturgie, doctrine ou discipline multiséculaires de l’Église, nous devons faire le choix de ne pas trier quelles parties garder et quelles parties nous voulons laisser de côté. Le Christ nous demande d’être des saints, et de grands saints ! Pour cela la médiocrité n’est pas la bienvenue. Comme Saint Prosper, nous devons défendre l’Église ainsi que notre Royaume, que nous aimons, avec une authentique virilité (ou féminité pour ces dames !), en prenant garde de ne pas tomber dans les pièges de l’« opinionisme » contemporain.

Puisque nous sommes dans le sujet de l’Église et de la défense des Traditions de notre bonne Mère, profitons de ces prochains jours pour prier particulièrement pour elle, pour que le Vicaire du Christ remplisse ses fonctions et affermisse ses frères dans la Foi. Saint Paul nous avait déjà prévenu : « prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, menace, exhorte, avec une entière patience et toujours en instruisant, car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles ;  ils les fermeront à la vérité pour les ouvrir à des fables. » (2 Timothée 4, 2-5.). L’Apôtre Pierre, premier Pape que nous fêtons dans quelques jours, ne peut qu’être sensible aux prières pour son successeur. Prions donc pour l’Église, le Pape, les évêques et tout le clergé. Prions pour une véritable recherche de la sainteté. Prions car comme disait la Sainte Vierge à Pontmain : « Priez mes enfants ! Mon Fils se laisse toucher ! ».

Saint Pierre

Saint Pierre en ornements pontificaux
(vitrail de l’église Notre-Dame de Blou)

Excellente fête des Saints Apôtres à tous !

In Corde Christi,

Abbé Pierre-Marie Pie

Tiare et clefs de Saint Pierre

2021-30. « Visite comparée » de la basilique de Saint Jean-François Régis à La Louvesc.

16 juin, Fête de Saint Jean-François Régis (cf. > ici et > ici).

Châsse de Saint Jean-François Régis

Châsse renfermant la majeure partie des ossements de Saint Jean-François Régis (basilique de La Louvesc)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tous ceux qui nous connaissent savent à quel point nous sommes attachés à Saint Jean-François Régis (1597-1640) dont le zèle apostolique et la charité héroïque ont porté de magnifiques fruits de sainteté, spécialement dans ces provinces du Vivarais et du Velay aux confins desquelles est établi notre Mesnil-Marie. Nous avons d’ailleurs toutes les raisons de penser que, lors de ses missions de 1636-1637 dans les hautes Boutières, Saint Jean-François Régis est passé dans notre hameau puisque ses biographes, en sus 1) de la mention de villages très proches d’ici où sa prédication est attestée, 2) ou d’anecdotes le concernant qui ont pour cadre des hameaux distants de seulement quelques lieues, affirment qu’il n’y eut pas un hameau, aussi éloigné qu’il se trouvât, ni une seule ferme, aussi isolée qu’elle fût, où il n’alla prêcher. Nous avons donc une véritable certitude morale que notre hameau, qui comptait une dizaine de feux au début du XVIIe siècle, a reçu sa visite.

Chaque année, nous nous rendons au moins une fois à La Louvesc, pour nous recueillir 1) à la fontaine qu’il a bénite lors de son arrivée dans cette minuscule paroisse de montagne au matin du 24 décembre 1640 (fontaine dont l’eau depuis lors a produit de très nombreux miracles) ; 2) dans la chapelle élevée à l’emplacement du presbytère dans lequel il rendit son âme à Dieu, au soir du 31 décembre 1640, voyant Notre-Seigneur et Notre-Dame venir à sa rencontre pour l’emmener au Paradis ; et 3) dans la basilique érigée au XIXe siècle où se trouve désormais la châsse contenant la majeure partie de ses précieuses reliques.

Ce dernier dimanche, dans l’après-midi, nous sommes donc une nouvelle fois montés à La Louvesc, en préparation spirituelle à la fête de celui que l’on invoque comme « apôtre du Velay et du Vivarais » (notons d’ailleurs au passage que, jusqu’à la révolution française, cette paroisse appartenait à l’archidiocèse de Vienne, même si elle était intégrée au Vivarais royal, dont les contours n’étaient pas identiques à ceux du diocèse de Viviers).

Basilique de La Louvesc - façade principale

Basilique de La Louvesc, façade principale.

De notre pèlerinage à La Louvesc, nous avons, comme à chaque fois, rapporté plusieurs photographies – beaucoup plus que je n’en puis publier ici ! – et nous nous proposons aujourd’hui – parce que cela était un dessein que feu Monseigneur le Maître-Chat Lully nous avait très explictement exprimé avant d’avoir été ravi à notre affection - de vous montrer, en comparant nos propres photographies récentes avec quelques clichés anciens soigneusement conservés dans nos archives, les changements que la pseudo réforme liturgique consécutive au concile vaticandeux a fait subir à cette basilique. Semblables comparaisons avaient déjà donné l’occasion de deux publications dans les pages de ce blogue 1) au sujet de la chapelle du Cénacle (cf. > ici), de laquelle a été retirée en septembre 2018 la châsse de Sainte Thérèse Couderc, et 2) au sujet de l’ancienne chapelle Sainte Agathe de cette basilique de Saint Régis, transformée à cette même époque pour l’accueillir (cf. > ici).

Si les extérieurs de la basilique n’ont pas été atteints par le vandalisme ecclésiastique postconcilaire, vous imaginez sans peine qu’il n’en a pas été de même à l’intérieur.

Entrons donc !
Voici ce que visiteurs et pèlerins découvrent en entrant, de nos jours, dans la basilique Saint Jean-François Régis de La Louvesc :

Basilique de La Louvesc - intérieur en 2021

Et voici ce que l’on pouvait voir jusqu’aux « années 60 » du précédent siècle. La photographie est prise à peu près du même endroit que le cliché immédiatement ci-dessus, et il nous montre cet intérieur de la basilique tel qu’il avait été conçu par son architecte, Pierre-Marie Bossan (1814-1888) auquel nous devons aussi la basilique d’Ars, l’église Notre-Dame de Valence et la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon avec lesquelles la basilique de La Louvesc a une vraie communauté de style.

Basilique de La Louvesc - intérieur antéconciliaire

Malgré les défauts de cette vieille photographie en noir et blanc, on remarque tout de suite certains changements, que la suite va nous permettre de mieux visualiser.

On constate d’abord la destruction de la chaire, qui était en pierre sculptée et en marbre :

Basilique de La Louvesc - chaire de vérité

Et puisque, derrière la chaire, on peut apercevoir la chapelle de la Très Sainte Vierge, avec son autel surmonté d’une grande statue de Notre-Dame et sa table de communion de marbre, c’est le moment de vous montrer ce que cette chapelle est devenue aujourd’hui : 1) l’autel a été détruit. Il n’en subsiste qu’une partie du devant, représentant le couronnement de la Très Sainte Vierge, exposée comme une simple curiosité sous le porche :

Basilique de La Louvesc - vestige de l'autel de la Vierge

2) la table de communion aussi – évidemment ! – a disparu. En lieu et place on a déménagé ici les fonts baptismaux (ce qui va à l’encontre de toute la Tradition liturgique ancienne). La grande statue de la Madone (dont nous croyons savoir qu’elle a été sauvée de la destruction par Madame Louise André-Delastre, auteur bien connu des milieux traditionnels pour les hagiographies et pieuses publications qu’elle a données à la jeunesse catholique) a été remplacée par une représentation de la Mère de Dieu « d’inspiration mexicaine » nous a-t-on un jour affirmé (peut-être s’agissait-il d’une préparation au culte des autorités romaines qui viendraient plus tard pour les « déesses-mères » d’Amérique du Sud ?) :

Basilique de La Louvesc - chapelle de la Vierge

Nous vous avouons n’être pas très porté à la ferveur en face de cette espèce de « totem », caractéristique d’une foi « revisitée » et « conceptualisée » qui n’est plus génératrice de piété.

Mais le pire est encore à venir ! Voici une vue d’ensemble du sanctuaire avant la sinistre réforme liturgique postconcilaire :

Basilique de la Louvesc - le maître-autel et la table de communion

Sur le cliché ci-dessus, on distingue parfaitement que le sanctuaire est circulaire : son espace est délimité par les quatre grandes colonnes de marbre qui soutiennent la coupole. Le maître autel se trouve au centre du sanctuaire et, en retrait des gradins qui entourent le tabernacle et portent les chandeliers, l’architecte a prévu une élévation surmontée d’un grand ciborium sous lequel sont disposées la châsse de Saint Jean-François Régis (celle-là même dont la photographie figure en tête de cette publication) et sa statue de bronze.

Il faut en particulier dire un mot de la table de communion, absolument remarquable.
Circulaire (c’est elle qui délimite le sanctuaire), au moment des grands pèlerinages, elle permettait à quatre prêtres de donner en même temps la sainte communion, sans avoir à faire des allers et retours, comme c’est habituellement le cas ; ils n’avaient qu’à avancer seulement toujours vers la droite. Cette disposition permettait que la sainte communion se passât de manière toujours très digne et fluide !

Mais voici une autre prise de vue du sanctuaire avant les destructions dont la liturgie réformée a été le prétexte :

Basilique de La Louvesc - le Maître-autel avant la réforme liturgique

Cette vue en couleur du maître-autel permet d’apprécier la richesse des marbres de diverses couleurs et des ornements de bronze qui les complètent.
Enfin, cette autre photographie permet de voir plus en détail le grand reliquaire de Saint Régis dominé par sa statue de bronze.
Ainsi que vous le voyez, cette châsse a été conçue de telle façon qu’on peut en abaisser la paroi antérieure, pour laisser apercevoir les ossements du saint, derrière une vitre :

Basilique de La Louvesc - ciborium du maître-autel et chasse de Saint Régis ouverte

Voyons maintenant ce que la réforme liturgique a fait de ce splendide maître-autel :

Basilique de La Louvesc - autel moderne

Avant même l’entrée en vigueur de la « messe de Paul VI », imposée à partir du 1er dimanche de l’Avent 1969, le maître-autel conçu par Bossan avait été démonté (à la vérité, nous ignorons si le véritable maître-autel, démonté, est entreposé en quelque endroit ou s’il est à jamais perdu), et des travaux entrepris pour le remplacer par un fut de granit sur lequel a été posée une grande pierre carrée ; il fut consacré le 7 décembre 1969. Ainsi toute la remarquable unité de style de la basilique a été irrémédiablement saccagée…

Le Très Saint Sacrement a été relégué dans la minuscule chapelle axiale, dans un tabernacle, qui n’apparaît plus vraiment comme le point de convergence des regards et des cœurs, et ni son style ni le matériau en lequel il a été réalisé n’expriment aussi bien que l’ancien, bien en vu sur le majestueux maître-autel, la vénération traditionnelle de l’Eglise pour la Très Sainte Eucharistie.

Basilique de La Louvesc - sanctuaire état actuel

Les vitraux de ce petit « espace eucharistique » ont été remplacés par des compositions plus ou moins géométriques au sens abscons, si bien que la suite logique du récit imagé de la vie de Saint Jean-François Régis racontée par les vitraux tout au tour de la basilique, se trouve interrompue.

Descendues de leur ciborium, la châsse et la statue de bronze de Saint Jean-François Régis, ont été placée dans la chapelle qui termine le bas-côté droit de la basilique, symétrique de la chapelle de la Sainte Vierge. Comme cette dernière, la chapelle qui est maintenant celle des reliques, a été elle aussi dépouillée de son décor d’origine, de son autel et de sa table de communion :

Basilique de La Louvesc - chapelle des reliques

Quand au système d’ouverture de la châsse qui permettait très facilement l’ostension du chef et des principaux ossements du saint missionnaire, il a été rendu inopérant par un vulgaire fil de fer entortillé : il y a donc plusieurs dizaines d’années maintenant que les fidèles ne peuvent plus voir, comme cela se faisait autrefois, ces précieuses reliques.

Basilique de La Louvesc - reliquaire et statue état actuel

Voilà ce que nous souhaitions vous montrer, chers Amis, à l’occasion de la fête de notre grand et bien-aimé Saint Régis : il nous semble que cette « visite comparée », à travers ces seules photographies commentées, est une illustration plus qu’éloquente – au milieu de centaines de milliers de saccages comparables à travers toute la Chrétienté – de la misère de la liturgie réformée à la suite de ce concile vaticandeux, porteur d’une idéologie mortifère, générateur de vandalisme, de désolation, de perte de la foi et de destruction de la piété, même si ses thuriféraires, après s’être crevé les yeux, persistent à nier la réalité et à chanter « le printemps de l’Eglise » que le dit concile est supposé avoir engendré.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Basilique de La Louvesc - vitrail de la mort de Saint Régis

La mort de Saint Jean-François Régis le 31 décembre 1640 (vitrail de la basilique de La Louvesc)

2021-26. La république, en France, n’est pas autre chose que la révolution institutionnalisée.

Lettre mensuelle aux membres et amis

de la

Confrérie Royale

- 25 mai 2021 -

Blason de la Confrérie Royale

Bien chers Amis,

En cette fin du mois de mai 2021, les plus enragés des fanatiques révolutionnaires d’aujourd’hui font grand état du cent-cinquantième anniversaire de la Commune insurrectionnelle de Paris, et vont célébrer – comme s’il s’agissait de héros et de martyrs – leurs ancêtres en idéologie mis à mort lors de la reprise en main de la capitale par les forces militaires envoyées par le gouvernement républicain provisoire réfugié à Versailles.

Je ne veux pas m’étendre sur les faits : ceux d’entre vous qui désirent approfondir leur connaissance de ces dramatiques événements de la Commune qui mit à feu et à sang notre capitale trouveront aisément des articles (cf. > ici) et des ouvrages fort bien faits traitant du sujet.

En revanche, je souhaiterais vous entraîner à quelques réflexions, qui ne seront ici que des éléments épars et non exhaustifs qu’il vous sera là encore aisé d’approfondir par vous-mêmes, au prix de quelques efforts de volonté et d’intelligence, car j’ose espérer que les membres de cette Confrérie Royale non seulement ne répugnent pas à l’effort, mais sont toujours prêts à s’imposer de nouveaux défis spirituels et intellectuels pour mieux servir Dieu et le Roi, et pour être avec toujours plus de rayonnement et d’efficacité les ambassadeurs de la pure et sublime doctrine légitimiste !

Que fut la Commune ? Elle ne fut rien d’autre qu’une tentative – remarquable par sa violence et sa barbarie – de réactiver le processus révolutionnaire terroriste auquel on avait assisté moins de cent ans auparavant lorsque, au lendemain de la prétendue prise de la Bastille, un autoproclamé gouvernement révolutionnaire de Paris se constitua, composé des plus extrémistes des ennemis du Trône et de l’Autel.

Par bien des côtés, un certain nombre de meneurs de la révolution de mai 1968 étaient eux-aussi des nostalgiques des deux « Communes » précédentes : celle de juillet 1789 à août 1795, et celle de mars à mai 1871.

Tant que les choses n’auront pas été remises dans l’ordre voulu par Dieu dans la société, dans la famille, et surtout dans les consciences et dans les cœurs, il faudra s’attendre à des éruptions malsaines selon ce modèle de violence et de haine, de destruction et de pillage, de terrorisme et de crimes.

La république maçonnique (qu’elle porte les numéros 1, 2, 3, 4 ou présentement 5) est de toute manière, dans son essence même, nonobstant le langage de séduction qu’elle emploie parfois en mettant en avant des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité qu’elle a pervertis, puisqu’elle les a détournés de la fin ultime de l’homme et de sa destinée surnaturelle, un édifice idéologique de violence et de haine, de destruction et de pillage, de terrorisme et de crimes.

Elle le reste même lorsqu’elle semble « conservatrice » et pacificatrice ; elle le reste même lorsque ses représentants officiels jouent la carte de la défense de la patrie, celle du maintien de l’ordre, celle de l’exaltation du génie et des gloires de la France, ou encore celle de l’union nationale contre l’anarchie et la barbarie.

Elle l’est encore et toujours quand elle s’en prend à ceux qui tentent de la déborder par la gauche ; elle l’est encore et toujours quand elle réprime les manifestations de ses enfants les plus extrémistes ; elle l’est encore et toujours quand elle riposte avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et autres « interpellations » et gardes-à-vue pour ceux qui veulent aller plus vite que ne vont ses propres rouages institutionnels dans le processus de déchristianisation et de démolition de la France.

Ce faisant d’ailleurs elle tente de séduire et de conquérir ceux des Français qui aspirent à l’ordre et à un semblant de « valeurs » et qui, sans ces épisodiques sursauts d’autorité, seraient restés dans l’opposition à ce qu’elle est.

La république n’a jamais été avare du sang et des larmes de ceux qu’elle appelle « enfants de la Patri-i-heu », mais dont elle use uniquement et sans humanité pour asseoir son idéologie, enfants qu’elle dévore comme Moloch dont elle est la fille !

Si sacrifier cruellement ceux qui veulent doubler par la gauche le programme de ce que les Loges maçonniques lui ont fixé pour aujourd’hui s’avère nécessaire, elle le fera, quand bien même elle accomplira plus tard, au temps fixé par les Loges, ce que revendiquaient les trublions.

C’est ainsi qu’elle s’assure un plus grand soutien de ce qui reste de plus raisonnable parmi les Français, dont elle fera ainsi de plus fermes appuis pour les plans qu’elle met en œuvre avec une lente méthode.

La république n’hésitera jamais à les sacrifier ses « enfants » les plus agités, quitte à leur adresser quelques décennies plus tard des éloges chaleureux. Elle est en somme comparable à ces pharisiens dont Notre-Seigneur Jésus-Christ a stigmatisé l’hypocrisie en disant qu’ils élevaient les tombeaux des prophètes que leurs pères ont mis à mort (cf. Matth. XXIII, 29-33).

Je le dis, je le redis, et je le redirai encore : la république, en France, n’est pas autre chose que la révolution institutionnalisée.
On ne peut en aucune manière et en aucun domaine collaborer avec elle !

Nous ne sommes pas légitimistes parce que nous sommes des nostalgiques du passé, des nostalgiques des perruques poudrées et des chaises à porteurs, des nostalgiques des fastes de jadis : nous sommes légitimistes en vue de l’avenir, et cet avenir c’est avant tout la restauration de l’ordre naturel et surnaturel voulu par Dieu. Le reste sera donné par surcroît.

La plus contre-révolutionnaire des attitudes ne consiste pas en autre chose que de se faire serviteur de l’ordre naturel et surnaturel voulu par Dieu. Le combat légitimiste est prioritairement de l’ordre de la guérison des intelligences et des cœurs qu’il faut purger des poisons et virus inoculés par l’enfer et que l’on trouve dans toute la prétendue philosophie du « siècle des lumières ». La victoire légitimiste est celle du triomphe de la Vérité divine sur les ténèbres qui conspirent dans le secret des Loges et autres officines plus ou moins occultes inspirées par le « prince de ce monde ».

Dans ce combat, notre petite Confrérie Royale a toute sa place et doit se trouver en première ligne, avec les armes de la prière et du sacrifice, sans lesquelles il n’y aura jamais de victoire assurée, et pour lesquelles il n’y a aucune limite que nous devions nous imposer !

Domine, salvum fac Regem ;
Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Sacrifice d'enfant à Moloch

Sacrifice d’enfant à Moloch

2021-24. Vœux de Sa Majesté le Roi Louis XX aux Français à l’occasion de la fête de Pâques 2021.

Samedi Saint 3 avril 2021.

A la veille du Saint Jour de Pâques, ce Samedi Saint 3 avril 2021, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux, un peu après 22 h 30, ce message de Pâques à l’adresse des Français :

Illustration vœux royaux Pâques 2021

Chers Français,

Après 2019 où la France était meurtrie par l’incendie de Notre-Dame de Paris survenu durant la Semaine Sainte ; après 2020, où les fêtes de Pâques furent presque celles du retour à une Eglise des catacombes, voici qu’une nouvelle fois nous vivons une Semaine Sainte et une Fête de Pâques dans des conditions anormales.
Quand donc retrouverons nous la possibilité d’exprimer librement, en famille, dans la joie de la Résurrection, la Foi bi-milllénaire de la fille aînée de l’Eglise ?
Que l’on soit croyant ou non, les fêtes religieuses font partie de notre héritage et de la mémoire de la France. Ne pas pouvoir les vivre dans leur plénitude est une atteinte à ce qui unit tous les Français dans une histoire où tous puisent de communes racines.
Mes pensées et celles de la Princesse Marie-Marguerite se tournent vers toutes les familles et particulièrement les personnes seules et les malades afin que, malgré les conditions difficiles, elles puissent retrouver dans cette Fête de Pâques, l’Espérance dont elles ont toutes un si grand besoin.

Que Notre-Dame, que Saint-Louis et tous les saints et saintes de France protègent les familles.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

grandes armes de France

2021-23. Nous avons lu et nous avons aimé : « La Semaine Sainte réformée sous Pie XII – bref examen critique ».

En mars 2011, l’excellent site « Liturgia » de la Schola Sainte Cécile, commençait la publication d’une série d’excellents articles consacrés à l’étude de la réforme liturgique de la Semaine Sainte accomplie dans les dernières années du pontificat de Pie XII.
L’article d’introduction à cette étude (pas encore totalement publiée) commençait ainsi :
« Tous ceux qui s’intéressent aux antécédents de la réforme liturgique de 1969 ne manquent pas de s’intéresser aux deux grandes réformes qu’à connu le XXème siècle, à savoir la réforme du bréviaire conduite sous saint Pie X en 1911 et celle de la Semaine Sainte menée sous le Pape Pie XII en 1955, quelques années avant le Concile Vatican II.
A l’approche de la Semaine Sainte, il parait intéressant d’examiner le détail de ce qui a été modifié lors de la réforme de 1955. Si dans le monde traditionnel, beaucoup savent confusément qu’une réforme de la Semaine Sainte a eu lieu en 1955, peu connaissent ce qui a exactement été réformé et comment. Promulguée par le décret Maxima redemptionis nostrae mysteria de la Sacrée Congrégation des Rites le 16 novembre 1955, la Semaine Sainte réformée témoigne de l’activité de réforme liturgique qui précéda immédiatement le concile et engendra le rit de 1969. »

Nous ne pouvons qu’encourager avec force les amoureux de la liturgie authentiquement catholique et de la vérité historique à lire et à approfondir ces articles : pour ce faire il suffit de se rendre > ici (introduction dont nous avons cité ci-dessus les premières lignes), puis de suivre les liens donnés en fin de texte pour se rendre vers les articles subséquents.

Pour ceux qui souhaiteraient au préalable avoir un aperçu plus concis des tenants et aboutissants de cette réforme liturgique qui prépara celle qui suivi le concile vaticandeux et la ruine de la Sainte Messe catholique dans les paroisses, il existe un tout petit livre (à peine 75 pages) publié par Monsieur l’Abbé Olivier Rioult (prêtre ordonné dans la Fraternité Saint Pie X mais qui n’en fait plus partie aujourd’hui) aux éditions Saint Agobard qu’il a fondées et dirige. Si toutes les publications de ce prêtre ne sont pas également recommandables, cet opuscule, lui, est particulièrement intéressant et digne d’attention. Ce pourquoi nous nous permettons d’en faire la promotion ici.

En effet, la réforme des rites de la Semaine Sainte sous le pontificat de Pie XII avait déjà pour artisan le Révérend Père Annibale Bugnini de sulfureuse mémoire, si bien que, dans le missel de 1962, utilisé dans la plupart des chapelles et églises où est pratiquée la liturgie antéconciliaire, la célébration de la Semaine Sainte selon ces nouveaux rites promulgués en 1956 (et que beaucoup imaginent être traditionnels) fait véritablement figure d’un cheval de Troie dans la liturgie authentiquement traditionnelle.

En 2018, de manière discrète et parcimonieuse, le Saint Siège a autorisé « expérimentalement » la reprise des rites millénaires antérieurs à cette réforme de la Semaine Sainte, qui a été fallacieusement qualifiée de « restauration ».
Peut-être vous souvenez-vous que justement nos avons publié dans les pages de ce blogue plusieurs « reportages » sur cette célébration de la Semaine Sainte selon les rites authentiquement traditionnels (à partir > d’ici) : il vous est toujours loisible de vous y reporter.

la-semaine-sainte-reformee-sous-pie-xii-abbe-olivier-rioult

Quatrième de couverture :

En 1951, Pie XII autorisait, à titre d’essai, la célébration de la Vigile pascale au cours de la nuit. Puis en 1955, il rendait obligatoire une réforme de toute la Semaine sainte.
Le problème est que la principale cheville ouvrière de la commission qui a œuvré à cette réforme ne fut autre que son secrétaire : Mgr Annibale Bugnini. Ce “fossoyeur de la Messe” qui en 1969, avant de tomber en disgrâce en 1975, pouvait se « rendre dans le bureau » de Paul VI « et lui faire signer tout ce qu’il veut ».
Comment le Père Carlo Braga, bras droit de Bugnini et directeur d’une célèbre revue liturgique, pouvait-il écrire au sujet de la réforme qu’elle était « un bélier qui a pénétré dans la forteresse de notre liturgie » ?
Pourquoi Mgr Gromier, éminent liturgiste et cérémoniaire papal sous Pie XII s’était-il permis, publiquement, d’en faire une critique sans concession ?
Pourquoi même les meilleurs, et parmi eux l’Abbé Berto futur théologien de Mgr Lefebvre au concile Vatican II, n’ont-ils pas vu que la question de l’horaire de la Vigile n’était qu’un prétexte pour bouleverser les rites séculaires de la Semaine Sainte ?
Quels ont été ces changements substantiels opérés depuis le dimanche des Rameaux jusqu’à la Vigile pascale ?
Le bref examen, aussi court et précis que possible, se propose de faire la synthèse critique de cette réforme qui déstabilisa la liturgie romaine dans ses jours les plus saints de l’année.

Pour commander cet ouvrage > ici

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