Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2016-90. L’alliance adultère de l’Eglise et de la révolution.

Vendredi 9 décembre 2016,
2e jour dans l’octave de l’Immaculée Conception.

Vierge séraphique

La Vierge séraphique :
« Gaude, Maria Virgo, cunctas hæreses sola interemisti in universo mundo »
(Réjouissez-vous ô Vierge Marie, vous seule avez vaincu toutes les hérésies dans le monde entier)

Alors que le mois de décembre file à la vitesse « V » et entraîne cette année 2016 vers sa fin, je veux revenir sur un anniversaire  que nous n’avons pas eu le temps de mentionner à sa date exacte, le 29 août dernier, mais sur lequel nous avons abondamment réfléchi et médité pendant des mois et des mois : le quarantième anniversaire de ce que, in illo tempore, l’on a appelé « la Messe de Lille », au cours de cet été 1976 qui a manifesté d’une manière médiatique retentissante le courage exemplaire de Son Excellence Monseigneur Marcel Lefèbvre.
Je devine déjà que certaines personnes, qui ne nous aiment guère, vont s’empresser de tirer profit de cette publication pour nous clouer au pilori du « lefèbvrisme », crime que certains ecclésiastiques – surtout lorsqu’ils se gargarisent de tolérance et de miséricorde – considèrent comme absolument impardonnable, tant en ce monde que dans l’autre.

Pour ce qui me concerne, je n’étais alors que dans la pensée de Dieu. Mais notre Frère, qui était alors âgé de 14 ans, s’en souvient parfaitement ; et pour cause.
Dégoûté – c’est exactement le terme qui convient, car il y avait vraiment de quoi inspirer la nausée – du pseudo catholicisme que son entourage familial, paroissial, diocésain et scolaire (car il était scolarisé dans un collège tenu par des religieux totalement sécularisés et sinistrés par le modernisme triomphant), le futur Frère Maximilien-Marie s’éloignait de l’Eglise, de Notre-Seigneur Jésus-Christ et même de Dieu, puisque cette « Eglise conciliaire » ne lui apportait rien de consistant, liturgiquement, spirituellement et doctrinalement.
En revanche, il gardait au coeur le souvenir fervent de la Messe qu’il avait connue avant la réforme liturgique : Messe dont il n’avait pas besoin de comprendre matériellement les mots latins pour comprendre spirituellement les mystères qu’elle célébrait, et pour être comme irrésistiblement élevé vers Dieu…
Mais tous – parents, éducateurs, prêtres et religieux – lui répétaient à satiété que tout cela était révolu, définitivement révolu, et qu’il fallait « vivre avec son temps » : c
e temps du « printemps de l’Eglise » et d’une « dynamique nouvelle », « plus évangélique »… Tu parles ! On n’a jamais vu l’Eglise en perte de dynamisme et d’influence autant qu’en ces années-là : les fidèles en masse abandonnaient la pratique religieuse et s’éloignaient de la morale évangélique aussi bien que de la foi, tandis que les clercs apostasiaient et défroquaient comme jamais ! 

Bref ! Lorsque, le 29 juin 1976, les médias commencèrent à parler des ordinations sacerdotales conférées par Son Excellence Monseigneur Lefèbvre malgré la défense qui lui en avait été signifiée par le Saint-Siège, lorsque le 22 juillet 1976 fut fulminée contre lui une suspens a divinis, et lorsque le 29 août suivant Monseigneur Lefèbvre prononça, à Lille, une homélie fleuve – véritablement historique – , celui qui deviendrait Frère Maximilien-Marie recommença à s’intéresser à l’Eglise catholique et se sentit envahi par une espérance jamais éprouvée jusqu’alors ;  espérance qui ne l’a jamais quitté depuis.
Car c’est cette homélie fleuve – et particulièrement les extraits que je vais publier ci-dessous – qui lui donnèrent le goût et le courage d’ouvrir le livre du catéchisme qu’on ne lui avait jamais enseigné – ni à la paroisse ni au collège – , de s’instruire de la foi catholique authentique (dont on peut dire qu’on avait pris grand soin de lui cacher jusque là), de l’approfondir et d’en vivre.
Car cet adolescent dégoûté, qui sera quelques années plus tard Frère Maximilien-Marie, n’est pas devenu « lefèbvriste » à ce moment-là. Il est tout simplement devenu vraiment catholique, dans un milieu et en un moment où quasi tous – parents, éducateurs, prêtres et religieux – cessaient en réalité de l’être, même s’ils continuaient à « aller à la Messe » et à fréquenter les structures institutionnelles de l’Eglise.

Quarante ans plus tard, il est bon et salutaire de relire les paroles fortes et quasi prophétiques de Monseigneur Lefèbvre, à Lille, ce 29 août 1976.
La dénonciation vigoureuse de « l’alliance adultère de l’Eglise et de la révolution » a peut-être pris davantage de force et de sens de nos jours, en 2016, qu’alors, puisque plus encore qu’en 1976 nous constatons que les vocations sacerdotales sont en chute libre, que la pratique religieuse se raréfie encore, que les paroisses rurales – territorialement surdimensionnées – sont réduites à des coquilles vides ou presque, que des diocèses autrefois florissants se retrouvent avec beaucoup moins de prêtres qu’au sortir de la grande révolution, que ceux qui se disent catholiques remettent en question des pans entiers de la doctrine révélée (la divinité du Christ et Sa Résurrection, le Saint-Sacrifice de la Messe et la Présence réelle, le purgatoire, voire – excusez du peu – le dogme de la Sainte Trinité, puisqu’ils affirment avoir le « même Dieu » que les mahométans qui nient catégoriquement la Sainte Trinité et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ !) …etc.

Pour marquer donc, dans l’action de grâces, ce quarantième anniversaire, après en avoir longuement parlé avec notre Frère Maximilien-Marie, il nous a semblé important et utile de reproduire ci-dessous ces extraits – non pas « lefèbvristes » mais tout simplement pleinement catholiques – de cette fameuse homélie de Lille.

Lully.

Lille 29 août 1976 Monseigneur Lefèbvre

Son Excellence Monseigneur Marcel Lefèbvre
à Lille, le dimanche 29 août 1976.

L’alliance adultère de l’Eglise et de la révolution.

« (…) Que s’est-il passé dans ce concile?
Nous pouvons le savoir facilement en lisant les livres de ceux qui ont été précisément les instruments de ce changement dans l’Eglise qui s’est opéré sous nos yeux. Lisez par exemple : « L’oecuménisme vu par un franc-maçon » de Marsaudon. Lisez le livre du sénateur du Doubs, Monsieur Prélot, « Le Catholicisme libéral », écrit en 1969. Il vous dira que c’est le concile qui est à l’origine de ce changement, lui catholique libéral, il le dit dans les premières pages de son livre : «Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l’intérieur de l’Eglise, et nous n’y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican II et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement et officiellement acceptés par la Sainte Eglise».
Vous croyez que ce n’est pas là un témoignage ? Ce n’est pas moi qui le dis, cela. Mais lui le dit en triomphant, nous, nous le disons en pleurant.

Qu’est-ce qu’ont voulu en effet les catholiques libéraux pendant un siècle et demi ?
Marier l’Eglise et la révolution, marier l’Eglise et la subversion, marier l’Eglise et les forces destructrices de la société et de toutes sociétés, la société familiale, civile, religieuse.
Ce mariage de l’Eglise, il est inscrit dans le concile. Prenez le schéma « Gaudium et Spes », et vous y trouverez : «Il faut marier les principes de l’Eglise avec les conceptions de l’homme moderne». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut marier l’Eglise, l’Eglise catholique, l’Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec des principes qui sont contraires à cette Eglise, qui la minent, qui ont toujours été contre l’Eglise.

C’est précisément ce mariage qui a été tenté dans le concile par des hommes d’Eglise, et non par l’Eglise, car jamais l’Eglise ne peut admettre une chose comme celle-là.
Pendant un siècle et demi précisément, tous les Souverains Pontifes ont condamné ce catholicisme libéral, ont refusé ce mariage avec les idées de la révolution, de ceux qui ont adoré la Déesse-Raison.
Les papes n’ont jamais pu accepter des choses semblables. Et pendant cette révolution, des prêtres sont montés à l’échafaud, des religieuses ont été persécutées et également assassinées. Souvenez-vous des pontons de Nantes où étaient amassés tous les prêtres fidèles et que l’on coulait au large. Voilà ce qu’a fait la révolution !
Eh bien ! je vous le dis, mes biens chers frères, ce qu’a fait la révolution n’est rien à côté de ce qu’a fait le concile Vatican II, rien !
Il eut mieux valu que les 30, les 40, les 50000 prêtres qui ont abandonné leur soutane, qui ont abandonné leur serment fait devant Dieu, soient martyrisés, aillent à l’échafaud, ils auraient au moins gagné leur âme. Maintenant, ils risquent de la perdre (…).

En définitive, la révolution française lorsqu’elle faisait des martyrs accomplissait l’adage des premiers siècles : «Sanguis martyrum, semen christianorum», le sang des martyrs est une semence de chrétiens. Et ils le savent bien ceux qui persécutent les chrétiens, ils ont peur d’en faire des martyrs. Et on ne veut plus faire de martyrs !
Cela a été le summum de la victoire du démon : détruire l’Eglise par obéissance. Détruire l’Eglise par obéissance. Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux : les séminaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces séminaristes ? Qui sont-ils encore ces séminaristes ? Savent-ils qu’ils vont être prêtres ? Savent-ils ce qu’ils vont faire quand ils vont être prêtres ?
Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Eglise et la Révolution est une union adultère ! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards.
Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait : « Pourquoi il n’y a plus de vocations ? parce que l’Eglise ne sait plus ce qu’est un prêtre ».
Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre ? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. Ils ne savent pas qu’ils sont faits pour monter à l’Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ. Voilà ce que c’est qu’un prêtre, et nos jeunes qui sont ici le comprennent bien. Toute leur vie va être consacrée à cela, à aimer, à adorer, à servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, parce qu’ils y croient, à la présence de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucharistie !

Cette union adultère de l’Eglise et de la révolution se concrétise par le dialogue.
L’Eglise, si elle a à dialoguer, c’est pour convertir. Notre-Seigneur a dit : «Allez, enseignez toutes les nations, convertissez-les». Mais il n’a pas dit : «Dialoguez avec elles pour ne pas les convertir, pour essayer de vous mettre sur le même pied qu’elles».
L’erreur et la vérité ne sont pas compatibles. Si on a de la charité pour les autres (…), on doit leur donner Notre-Seigneur, leur donner la richesse que l’on a et non pas converser avec eux, dialoguer avec eux sur un pied d’égalité.
La vérité et l’erreur ne sont pas sur un pied d’égalité. Ce serait mettre Dieu et le diable sur le même pied, puisque le diable est le père du mensonge, le père de l’erreur (…) ».

Son Excellence Monseigneur Marcel Lefèbvre (1905-1991),
ancien archevêque de Dakar, ancien délégué apostolique pour l’Afrique française,
archevêque-évêque émérite de Tulle, ancien supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit,
homélie du dimanche 29 août 1976, Lille. 

Armoiries de Mgr Lefèbvre

Armoiries de S.Exc. Mgr. Marcel Lefèbvre

2016-86. Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur !

3 décembre,
Fête de Saint François-Xavier.

Je vous rappelais hier, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Loigny (2 décembre 1870), l’influence qu’elle avait exercé sur la genèse du Voeu National au Sacré-Coeur (cf. > ici), dont le cantique « Pitié, mon Dieu ! » fut l’expression.

J’en profite aujourd’hui pour compléter ce que je vous écrivais au sujet des afflictions de l’Eglise et des malheurs de la France - n’en déplaise à ces « idiots utiles » qui, dans la société civile mais plus encore dans l’Eglise, nous serinent que tout va bien - :
1 – si la spoliation des Etats de l’Eglise livrés aux exactions de la secte maçonnique fut alors un grand malheur, voir aujourd’hui l’Eglise livrée à la propagation de l’hérésie moderniste est un malheur encore plus grand ;
2 – si la captivité du Bienheureux Pie IX dans l’enceinte de la Cité Vaticane fut alors la cause d’une profonde tristesse pour tous les catholiques, la pusillanimité des pasteurs aux doctrines pour le moins floues ou hésitantes (quand elles ne sont pas carrément hétérodoxes) est aujourd’hui la cause d’une tristesse infiniment plus profonde pour les fidèles qui ont conservé la foi de la Tradition reçue des Apôtres ;
3 – si la défaite militaire de la France devant le rouleau compresseur prussien fut alors le motif d’une immense humiliation, la déroute sociale, intellectuelle, culturelle, morale et spirituelle de notre pays est aujourd’hui le motif d’une humiliation mille fois plus immense ;
4 – si l’invasion du territoire français par les troupes germaniques fut alors à l’origine d’une dramatique inquiétude, la collaboration des gouvernements successifs de la république à une invasion mahométane mortifère est aujourd’hui la raison pleinement justifiée d’une clairvoyante inquiétude à la perspective des drames que cette invasion engendrera immanquablement…

Mais si ces grands malheurs des années 1870 et 1871 furent aussi l’occasion d’un grand sursaut spirituel, à combien plus forte raison aujourd’hui les grands malheurs de la France et de l’Eglise doivent-ils entraîner une saine et sainte réaction surnaturelle par un authentique retour à Dieu : conversion ; pénitence et réparation ; recours fervent à ces puissants intercesseurs que sont les Saints de France ; instantes supplications adressées à la Très Sainte ViergeMarie, Reine de France ; et – par dessus tout – appels pressants au Sacré-Coeur.

Marseille basilique Sacré-Coeur vitrail du voeu national

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(vitrail de la basilique du Sacré-Coeur à Marseille)

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a composé de nouvelles paroles, plus adaptées aux circonstances présentes, pour le cantique « Pitié, mon Dieu ! »

Notre Frère y a rétabli le refrain originel  : « Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! » (et non pas « Sauvez, sauvez la France… », puisque ce cantique avait été écrit dans le contexte de la spoliation des Etats Pontificaux et de l’écrasement de la France sous la botte prussienne), qui prend aujourd’hui un sens nouveau, encore plus exact, encore plus tragique, comme je le faisais remarquer ci-dessus.
Toutefois il en a réécrit les couplets afin de les faire davantage coller à l’actualité de l’Eglise et de notre malheureux pays.

Voici donc cette réactualisation de l’ancien cantique du Voeu National :

1- Pitié, mon Dieu ! car Votre Sainte Eglise
De toutes parts se trouve menacée ;
Jusqu’en son sein, il en est qui pactisent
Avec l’esprit de l’enfer déchaîné :

Refrain :  Dieu de clémence ! ô Dieu vainqueur !
                   Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! (bis)

2 – Pitié, mon Dieu ! apostate est la France :
Elle renie son Seigneur et son Roi !
Que Votre Amour brise sa résistance
Et la ramène à Votre sainte loi !

3 – Pitié, mon Dieu ! d’un horrible naufrage
La Chrétienté se trouve menacée.
Ressuscitez les glorieux lignages
De l’héroïsme et de la sainteté !

4 – Pitié, mon Dieu ! que ce monde coupable,
Abandonnant ses chemins dépravés,
Dans l’unité de l’amour véritable,
Par Votre Eglise, trouve enfin sa paix !

(paroles réécrites par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

le Voeu National - mosaïque de la basilique de Montmartre

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(mosaïque de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Paris)

Prions et supplions, donc, en revenant au divin Coeur de Jésus dont la miséricorde et la puissance infinies peuvent seules endiguer le déferlement du mal…

Lully.

Autre cantique en l’honneur du Sacré-Coeur publié dans ce blogue :
- « Règne à jamais, Coeur glorieux ! » > ici

Sacré-Coeur gif

2016-79. Parce que, à des degrés divers, nous sommes tous plus ou moins contaminés par l’esprit révolutionnaire actuellement régnant…

27 octobre.
Vigile des Saints Apôtres Simon et Jude.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si j’ai tenu, lors de mes quatre précédentes publications (cf. > ici, > ici, > ici et > ici), à publier des extraits de l’ouvrage de Gustave Thibon intitulé « Diagnostics », c’est parce que, je l’ai dit et je le redis, cet ouvrage – qui n’est, malheureusement, pas l’un des plus connus ni des plus lus – contient des éléments précieux pour la compréhension de ce qui se déroule sous nos yeux, en ces jours mêmes, aussi bien dans la société civile que dans l’Eglise.

Qu’est ce, en effet, que cette république qui prétend « être la France » ?
Car c’est bien ce qui ressort de l’article premier de la constitution du 4 octobre 1958 qui proclame : « La France est une république… » Etrange aberration qui fait la confusion entre d’une part un pays physique – défini par la géographie et par l’histoire – , et d’autre part un régime politique, ce qui est une notion abstaite.
Je répète donc ma question : qu’est-ce donc que cette république ?
Eh bien, elle n’est rien d’autre que la continuation et l’institutionalisation de la révolution.
La république, c’est la révolution mise en acte chaque jour dans la vie sociale de la France.
Et pas seulement dans la vie sociale : c’est aussi la révolution mise en acte chaque jour dans la vie et dans la conscience de chacun des Français.
La révolution-république s’insinue en effet partout, et elle étend ses métastases dans l’intelligence, dans l’esprit, dans la conscience et dans le coeur de tous les individus, pour les façonner selon son idéologie, pompeusement attifée de « valeurs » qu’elle a dénaturées après les avoir volées à la Chrétienté.

On reconnaît sans peine en cela l’action du « singe de Dieu », l’action de celui qui est « menteur et homicide dès le commencement » (cf. Jean VIII, 44) : l’ange déchu, le premier révolutionnaire, qui a entraîné dans sa révolte le tiers des étoiles du ciel (cf. Apoc. XII, 4), et qui a séduit nos premiers parents, leur proposant d’être « comme des dieux » en les incitant à se faire eux-mêmes la norme et le critère du bien et du mal (cf. Gen. III, 5).
De tout ceci, je vous ai déjà en bonne partie entretenus, chers Amis, lorsque j’ai publié, en 2012, une petite étude intitulée « Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique » (cf. > ici).

Lucifer enchaïné - cathédrale de Liège - Guillaume Geefs 1848

Lucifer enchaïné
oeuvre de Guillaume Geefs (1848) à la cathédrale de Liège.

Les extraits de cette « Biologie des révolutions » que nous avons publiés ces jours précédents sont-ils autre chose que des réflexions de bon sens chrétien ?
Le problème vient précisément du fait que, de nos jours, le bon sens chrétien devient rare, même parmi les clercs.

Car, lorsque des évêques publient une indigeste réflexion sur le « sens du politique » en semblant pratiquement ignorer que, en saine théologie catholique, le principe de la souveraineté ne réside ni dans le peuple, ni dans la nation, ni dans un « contrat social », mais en Dieu seul – « Omnis potestas a Deo » (Rom. XIII, 1) – , et en faisant quasi abstraction des conséquences concrètes du péché originel dans la condition humaine, on ne peut évidemment plus parler de bon sens chrétien et encore moins d’enseignement authentiquement catholique : les métastases de l’idéologie révolutionnaire – fille du nominalisme, fille du protestantisme politique, fille du rousseauisme, fille du naturalisme, fille du relativisme, fille du modernisme, fille de l’abandon de la philosophia perrenis, fille de l’ignorance de la doctrine des Pères et Docteurs de l’Eglise… etc. – ont généralisé le cancer intellectuel et psychologique au point d’en faire un ralliement total aux doctrines des loges.

Il y a six ans, en novembre 2010, au terme d’une étude sur l’incompatibilité entre la franc-maçonnerie et l’Eglise, j’abordais la question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise et j’écrivais : « (…) c’est une évidence qui n’a pas besoin d’être démontrée que beaucoup de catholiques – comme la plupart de nos contemporains – ont aujourd’hui admis les thèses relativistes, pour le dogme comme pour la morale, qui découlent des convictions maçonniques. C’est justement l’une des grandes victoires de la franc-maçonnerie, à la suite d’un important travail de sape de l’influence catholique et par une mainmise de plus en plus forte sur tout ce qui peut influencer le jugement des hommes, d’avoir réussi que ses idées soient devenues quasi générales dans la société occidentale, sans que les citoyens « de base » en aient conscience. » (voir > ici).
Je réaffirme aujourd’hui haut et fort ce que j’écrivais alors (et vous invite à vous reporter à l’intégralité de mon texte, ainsi qu’à la bande dessinée - réalisée en 2001 – que je publiais à sa suite, et à propos de laquelle j’insiste pour dire qu’elle ne comporte point d’outrance mais la seule et stricte vérité).

Voilà pourquoi, en conclusion des publications de tous ces jours, et en raison même des carences et lacunes que nous portons tous (parce que, à des degrés divers, nous sommes tous plus ou moins insidieusement contaminés par l’esprit révolutionnaire actuellement régnant), je voudrais vous encourager avec toute l’énergie dont je suis capable, mes chers Amis, à acquérir une solide formation politique fondamentale, une formation politique fondamentale authentiquement catholique, que vous chercheriez en vain dans la majorité des publications actuelles.
Il y a deux ouvrages qui me paraissent absolument fondamentaux et que je vous recommande par dessus tout :
- 1) l’opuscule de Saint Thomas d’Aquin intitulé « De regno » (ou « De regimine principum »), dont on peut trouver la traduction authentique  par exemple > ici.
- 2) et l’admirable ouvrage de notre grand Bossuet qui a pour titre « Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture Sainte », qui est davantage qu’un opuscule mais dont la lecture persévérante constitue en vérité une cure de guérison intellectuelle et spirituelle (c’est un ouvrage qui a été réédité et qui coûte relativement cher, mais que l’on peut aussi lire « en ligne » ou télécharger dans une édition ancienne, par exemple > ici).

Les enjeux actuels, la véritable lutte contre-révolutionnaire libérée des mirages d’une prétendue « efficacité » immédiate, l’avenir et la résurrection de notre France catholique et royale et, à travers cela, le salut de nos âmes valent bien quelques efforts soutenus de formation, quelque ascétique que celà puisse sembler…

Patte de chatLully.

Saint Michel gif

2016-69. A propos de l’Evangile de Saint Matthieu et de sa découverte dans sa version hébraïque originelle dans la tombe de Saint Barnabé.

21 septembre,
Fête de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste.

Vitrail de Saint Matthieu - église Saint-Matthieu de La Chapelle (principauté de Sedan)

Vitrail de Saint Matthieu
(église Saint-Matthieu du village de La Chapelle, principauté de Sedan)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de l’apôtre et évangéliste Saint Matthieu me fournit l’occasion d’entamer ici plusieurs publications que je projette au sujet de l’historicité des Saints Evangiles.
Je ne suis certes pas un exégète – et n’ai aucune prétention à l’être – , mais tout le monde s’accorde à dire que je suis un chat de bon sens et il me semble que la fréquentation assidue de la bibliothèque de mon papa-moine m’a permis d’acquérir un peu de science, surtout en ce qui concerne la connaissance de la Tradition de la Sainte Eglise : tous les exégètes, même renommés, ne peuvent pas forcément en dire autant !

Je voudrais donc commencer par vous citer le texte que l’on peut lire dans le martyrologe romain à cette date du 21 septembre : « En Ethiopie, la naissance au ciel de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste, qui, prêchant dans cette région,  y souffrit le martyre. Son Evangile, écrit en langue hébraïque, fut trouvé par la révélation qu’il en fit lui-même, avec le corps du Bienheureux Barnabé, apôtre, au temps de l’empereur Zénon (note 1) ».

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette révélation et sur cette découverte, aussi ai-je commencé par me reporter à la notice du même martyrologe consacrée à Saint Barnabé, au 11 juin.
Voici ce que j’y ai lu : « A Salamine, en Chypre, la naissance au ciel de Saint Barnabé, apôtre, cypriote d’origine, lequel, ayant été avec Saint Paul, institué apôtre des nations, par les disciples de Jésus-Christ, parcourut avec lui de nombreux pays, exerçant la charge de la prédication évangélique qui lui avait été commise ; enfin, étant revenu en Chypre, il y ennoblit son apostolat par un glorieux martyre. Son corps, au temps de l’empereur Zénon, fut découvert sur la révélation qu’en fit Barnabé lui-même, en même temps que le livre de l’Evangile de Saint Matthieu, écrit de la main de Barnabé ».

Je suis alors allé chercher de plus amples détails et, étant donné que la plupart des ouvrages modernes les taisent puisqu’ils tiennent a priori pour non scientifique, non historique et donc comme devant être rejeté, tout récit miraculeux (ce qui est le propre d’une attitude rationaliste), j’ai fini par les trouver dans les gros et anciens volumes de la « Vie des Saints » du très érudit Père François Giry (1635-1688), religieux minime, qui a compilé, dans les écrits de nombreux auteurs des âges de foi, de fort intéressants détails et d’utiles précisions, précieux pour l’intelligence de la Tradition catholique telle que consignée dans le martyrologe.
Voici donc maintenant ce que le Rd. Père Giry écrit dans sa notice sur Saint Barnabé :
« [...] Ce saint corps (de Saint Barnabé) ne fut inhumé qu’à cinq stades de la ville (de Salamine), et le lieu où il était porta le nom de Santé, à cause des grands miracles et des fréquentes guérisons faites par l’intercession du saint Apôtre ; il y demeura néanmoins longtemps inconnu, à cause des violentes persécutions qui s’élevèrent dans les siècles suivants, et ne fut découvert que sous l’empire de Zénon, environ l’an 485.
L’histoire de cette invention (note 2) est décrite fort au long dans Surius (note 3) ; Pierre Gnafée, dit le Foulon, très pernicieux hérétique, s’étant injustement emparé du siège patriarcal d’Antioche, somma l’archevêque de Salamine, comme l’un de ses suffragants, de le venir reconnaître. Ce prélat, nommé Anthème, qui était un homme de sainte vie et fort orthodoxe, avait bien de la peine à s’y résoudre, d’autant plus qu’il ne se sentait pas assez savant, ni assez subtil pour entrer en discussion avec l’hérétique. Dans cette grande perplexité, il eut recours à la prière ; et Dieu, qui exauce les larmes et les gémissements de ses serviteurs, lui envoya Saint Barnabé ; le saint apôtre lui dit de ne rien craindre ; qu’il serait lui-même son soutien et son protecteur ; et, pour marque de l’intérêt qu’il voulait prendre à sa défense, il ajouta qu’il n’avait qu’à se transporter à cinq stades de la ville, du côté de l’Occident, en un lieu appelé Santé, et, qu’en faisant fouiller sous un chêne, il y trouverait son corps entier, et sur sa poitrine l’Evangile de Saint Matthieu, dont il avait écrit la copie de sa propre main.
En effet, le saint prélat s’étant transporté en ce lieu, y trouva ces deux trésors inestimables ; ce qui fit que, dans le synode où il était mandé, son siège de Salamine, qui était métropolitain de toute l’île de Chypre, fut jugé libre et indépendant de celui d’Antioche, et qu’il n’eut aucune obligation de rendre des déférences à Pierre le Foulon.
L’empereur Zénon, étant informé d’une si heureuse découverte, voulut absolument avoir à Constantinople ce livre de l’Evangile que l’on avait trouvé ; et, en reconnaissance, il fit bâtir une église magnifique en l’honneur de Saint Barnabé, au lieu même où son corps avait reposé si longtemps. On y transporta ensuite cette dépouille sacrée, et elle y a demeuré jusqu’au temps de Charlemagne ; elle fut alors transportée à Toulouse, dans l’église de Saint-Saturnin [...] » (note 4)

Les leçons du bréviaire romain (traditionnel bien sûr) nous disent que Saint Barnabé fut martyrisé la septième année du règne de Néron, c’est-à-dire en l’année 61 de notre ère.

Tout ceci nous montre donc que, pour la Tradition constante de la Sainte Eglise, depuis les origines jusqu’aux temps de l’hérésie moderniste :

1 – Il a toujours été cru que l’Evangile selon Saint Matthieu avait bien été écrit par l’apôtre Saint Matthieu lui-même.
Or les exégètes modernistes voudraient faire croire que cet Evangile aurait été écrit après l’an 70, voire entre 80 et 95, c’est-à-dire à une époque où Saint Matthieu était mort depuis longtemps : cela signifierait alors que ce texte ne serait pas le récit d’un témoin oculaire ayant accompagné Notre-Seigneur pendant trois années et qu’il ne serait revêtu d’aucune vérité historique !!!
Le fait que la Tradition nous conserve ce récit de la découverte d’un manuscrit portant le texte hébraïque de l’Evangile de Saint Matthieu copié par Saint Barnabé lui-même, dans la tombe de ce dernier, inhumé en l’an 61, est un démenti formel des affabulations modernistes : puisqu’il atteste au contraire de l’existence et de la diffusion de cet Evangile selon Saint Matthieu à une date largement antérieure aux estimations des exégètes rationalistes.

2 – Que la Tradition de l’Eglise sait depuis toujours que Saint Matthieu a écrit son Evangile en langue hébraïque. Le Rd. Père Giry, à la fin de la notice sur la vie de Saint Matthieu écrit : « [...] On ne sait pas qui en a été le traducteur de l’hébreu en grec. Saint Jérôme, dans son livre des Ecrivains ecclésiastiques, assure que de son temps il se trouvait en hébreu dans la bibliothèque de Césarée, qui avait été dressée par le martyr Pamphile (note 5), et que les Nazaréens, qui s’en servaient, le lui avaient prêté pour le traduire en latin ».
Si Saint Matthieu a écrit son Evangile en hébreu, comme l’affirme toute la Tradition – et comme le confirment les études menées au XXe siècle par de grands savants tels que Monsieur l’abbé Jean Carmignac ou le professeur Claude Tresmontant – , cela signifie qu’il l’a rédigé à l’intention de chrétiens qui comprenaient et parlaient cette langue : c’est-à-dire les chrétiens de Palestine, convertis du judaïsme, comme le fait remarquer, entre autres, Saint Jérôme.
Or, après l’an 70, c’est-à-dire après la destruction de Jérusalem, l’hébreu fut de moins en moins parlé et compris. Quel intérêt y aurait-il eu à écrire un récit dans une langue de moins en moins connue (si comme le prétendent les exégètes modernistes cet Evangile selon Saint Matthieu avait été écrit dans les années 80 à 95) ?
La rédaction en langue hébraïque, attestée par la Tradition, est donc un argument probant en faveur de l’authenticité du texte de Saint Matthieu et en faveur d’une rédaction à une époque où l’hébreu était encore couramment pratiqué, c’est-à-dire bien avant la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple Juif (car cete dispersion affecta aussi les communautés chrétiennes de Palestine : les Romains ne faisant pas de différence entre les Juifs et les Chrétiens).

Ainsi que je vous le disais en commençant, nous aurons prochainement l’occasion de reparler de ces choses.
En attendant, je vous souhaite d’être toujours plus forts dans la foi et toujours plus certains de la vérité des Saints Evangiles, dont Saint Matthieu fut le premier rédacteur. 

pattes de chatLully.

St Matthieu - église Saint-François de Sales (ancienne) - Paris XVIIe

Saint Matthieu (détail d’un vitrail de l’église Saint François de Sales, à Paris – cf. note 6)

Note 1 : Pour mémoire, Zénon est un empereur romain d’Orient qui régna à Constantinople de 474 à 491, c’est-à-dire dans le même temps où, dans les Gaules, Clovis 1er devint le roi des Francs saliens (481), commença à étendre la souveraineté franque sur les peuples voisins, se rapprocha de l’Eglise (l’épisode du fameux « vase de Soissons » est du 1er mars 487) et prépara son mariage avec Clotilde (492).
Note 2 :  Le mot « invention », du verbe latin « invenio, -is, -ire », doit être compris dans le sens de « découverte ».
Note 3 : Laurentius Surius – en allemand Lorenz Sauer – (1522-1578), est un religieux de la Chartreuse de Cologne qui se consacra à une vie d’étude et d’érudition, souvent pour défendre la vérité catholique en face des négations des prétendus réformés.
Note 4 : La précieuse relique du Chef de Saint Barnabé a échappé au vandalisme des huguenots et des révolutionnaires et se trouve toujours dans l’église Saint-Saturnin (basilique Saint-Sernin) de Toulouse, si nous en croyons un procès verbal de reconnaissance dressé en juin 1807 dont nous avons lu la copie.
Note 5 : Saint Pamphile de Césarée est un père de l’Eglise qui a été martyrisé en l’an 309. Il a fondé l’école théologique et exégétique de Césarée. La grande bibliothèque de Césarée a entièrement disparu après l’époque de Saint Jérôme (347-420) et on ignore de quelle manière est advenue sa destruction.
Note 6 : Monsieur l’abbé Jean Carmignac, mis à l’écart en raison de ses réactions aux déviances de l’éxégèse moderniste qui a triomphé dans l’Eglise catholique des années postconciliaires, fut relégué à l’église Saint-François de Sales, dans le XVIIe arrondissement de Paris, de 1967 jusqu’à sa mort en 1986.

St-Esprit & Ste Bible

2016-65. Où la fête de Saint Raymond Nonnat procure au Maître-Chat l’opportunité de rappeler quelques vérités que beaucoup ne veulent pas entendre aujourd’hui.

Mercredi 31 août 2016,
Fête de Saint Raymond Nonnat.

Ordre royal de ND de la Merci

Blason de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint que l’on fête au 31 août me paraît particulièrement important pour les temps que nous vivons. La vie de Saint Raymond Nonnat (1204-1240) est en effet porteuse de riches leçons pour l’actualité du monde contemporain en général, de la vieille Europe spécialement, et de notre France d’une manière très particulière.

Raymond est issu d’une noble famille catalane et le surnom de « Nonnat » (en latin : « Nonnatus », contraction en un seul mot de « non natus : non né ») lui a été attribué parce que, alors que sa mère était morte d’une maladie contractée au septième mois de sa grossesse et que les médecins affirmaient que l’enfant était mort aussi, son père, qui ne pouvait se résoudre à perdre en un même temps et son épouse et son enfant, donna l’ordre à l’un des membres de sa famille qui se trouvait là, d’ouvrir avec son poignard le ventre de sa femme morte : c’est ainsi que le petit Raymond fut sauvé et qu’il put vivre, lui qui n’était en quelque sorte « pas né ».

Je ne vais pas détailler toute sa vie, mais je m’attacherai au point qui me paraît si important.
Raymond entra à l’âge de 18 ans (1222) dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, qui avait été fondé quatre ans plus tôt (1218) par Saint Pierre Nolasque.
On sait que les Mercédaires ont pour vocation propre de venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des mahométans et réduits en esclavage, d’oeuvrer pour leur libération en recueillant des sommes permettant de payer leurs rançons et – dans le cas où la somme ne peut être rassemblée – de s’offrir eux-mêmes en échange des esclaves chrétiens, restant otages des barbaresques jusqu’au moment où la rançon pourra être payée. 

Il ne faut surtout pas oublier que l’esclavage est une pratique courante dans les pays où la pseudo religion mahométane est dominante ; et il faut insister pour rappeler que c’est une pratique toujours actuelle.

Raymond donc, s’étant rendu à Alger pour y racheter des chrétiens captifs et ne disposant pas d’une somme suffisante pour payer la rançon de tous, tant ils étaient nombreux, conformément aux engagements prononcés dans sa congrégation, se livra lui-même aux mahométans, afin d’obtenir la libération de ces pauvres chrétiens réduits en servitude et exposés à l’apostasie.
Il fut traité très durement, mais, malgré tous les sévices qu’on lui infligeait, il se dépensait sans compter pour encourager, consoler et évangéliser ses compagnons d’infortune ; il baptisa même quelques anciens mahométans qu’il avait tirés des ténèbres de leur idolâtrie.

Pour réprimer et briser son zèle, les barbaresques le fouettèrent à plusieurs reprises jusqu’au sang, puis, pour l’empêcher de parler, lui percèrent les lèvres au fer rouge et les lui fermèrent à l’aide d’un cadenas qui n’était retiré que lorsqu’on voulait bien lui donner à manger : le but était de le faire souffrir au maximum sans toutefois causer sa mort, car ces trafiquants d’esclaves tenaient à récupérer la rançon qui serait versée pour sa libération.

St Raymond Nonnat - tableau de Vicente Carducho - Musée du Prado.

Supplice de Saint Raymond Nonnat,
tableau de Vicente Carducho (musée du Prado, Madrid)

Enfin, Saint Pierre Nolasque ayant réussi à réunir la somme nécessaire à son rachat, Raymond fut libéré et rentra en Catalogne. 

Ayant été informé de l’héroïsme et du zèle de ce religieux exemplaire, le pape Grégoire IX le créa cardinal du titre de Saint-Eustache. Toutefois Raymond mourut peu après, épuisé par les peines et les mauvais traitements endurés, avant d’avoir reçu le chapeau cardinalice. Il avait trente-six ans.

Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces chrétiens, de ces catholiques, de ces ecclésiastiques (parfois de haut rang) qui, aujourd’hui, prétendent que nous aurions le même Dieu que les mahométans, que l’islam serait une véritable religion, que son fondateur serait un prophète et que ses sectateurs seraient – en le suivant – sur une voie de salut équivalente à la Révélation chrétienne !
Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces politiques – pour la plupart chrétiens apostats désormais inféodés à la maçonnerie ou aux lobbies mondialistes – qui favorisent le développement de cette secte, et qui l’instrumentalisent dans le but de contrer le rayonnement de la seule vraie religion et d’opposer un barrage au développement de l’Eglise (car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le fond) !

Il n’y a qu’un seul et unique Sauveur du monde ; il n’y a qu’un seul et unique Rédempteur des âmes : le Christ Jésus, Notre-Seigneur !
Et tout ce qui n’est pas avec le Christ et ne travaille pas pour le Christ vient de l’antéchrist et travaille pour lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et qui ne rassemble pas avec Moi disperse » (Matth. XII, 30).

Comment donc des chrétiens qui prétendent avoir la foi, comment donc des baptisés qui prétendent aimer Jésus, comment donc des consacrés – religieux, prêtres et évêques – qui ont, en principe, donné toute leur vie pour le saint service du Christ, unique Sauveur, et pour le salut des âmes, peuvent-ils – s’ils ont quelque reste d’intelligence, s’ils veulent être logiques et s’ils sont cohérents – répéter stupidement les sornettes d’un pseudo spiritualisme mondialiste et, malgré la défense formelle de Saint Paul, « former un attelage disparate avec les infidèles » (cf. 2 Cor. VI, 14) ?
En l’occurrence, il vaudrait peut-être mieux, pour leur propre salut, que leurs lèvres soient fermées par un cadenas, plutôt que de proférer des blasphèmes dont ils devront rendre compte au juste jugement de Dieu, et plutôt que d’égarer les âmes qui leur sont confiées dans des voies d’erreur et de perdition éternelle !

St Raymond Nonnat - Vicente Carducho - détail

Car la foi authentique de l’Eglise, depuis toujours, c’est que Dieu est Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est que Notre-Seigneur Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, deux natures en une seule Personne : celle du Verbe de Dieu qui S’est incarné ; c’est que Jésus-Christ est réellement mort sur la Croix, offrant un sacrifice de rédemption ; c’est qu’en Lui, la divine Révélation a été accomplie en plénitude et achevée ; c’est qu’Il a fondé l’Eglise et institué les sacrements pour communiquer aux hommes Sa vie divine – la grâce – et leur permettre d’arriver au Ciel…
Tandis que la pseudo religion de Mahomet nie violemment toutes ces vérités, les combat, depuis son origine, et – pour les combattre – depuis toujours s’en prend aux chrétiens, les spolie, les réduit en esclavage, les viole, les égorge, les émascule, les éventre, les massacre… et quelques autres diaboliques joyeusetés de ce genre.

Alors bien évidemment, aucun chrétien authentique – AUCUN ! – ne peut, s’il lui reste un peu d’intelligence, de logique et de cohérence, et même s’il risque aujourd’hui d’être attaqué et traîné en justice pour « islamophobie », accepter que les Vérités révélées par Dieu soient niées de cette manière ou placées sur une espèce de pied d’égalité avec les prétendues révélations d’un faux prophète aux innombrables turpitudes.

C’est ici qu’il convient de rappeler en quels termes le pape Clément IV (+ 1268) écrivait au roi Jacques 1er d’Aragon (1208-1276) :
« On a des exemples de la dangereuse affaire qu’est d’avoir des musulmans dans vos domaines… Il est certes aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si perfides et malfaisants, ou même de les avoir pour voisins que de se mettre un serpent dans le giron ou le feu dans son sein… Votre Créateur (…) souffre pendant que ces musulmans célèbrent le nom de Mahomet parmi les chrétiens… Vous devenez votre propre adversaire si vous persécutez les musulmans dans leurs propres terres mais les protégez patiemment dans les vôtres. Une fois tout cela débattu (…) il est indubitable qu’il serait conforme à vos excellentes œuvres que vous exiliez ces gens hors des frontières de vos domaines » (note 1).

Rappel anachronique ?
Non ! car au nom du « vivre ensemble » (note 2) et d’une – plus qu’utopique – paix sociale fondée sur de fausses valeurs (les fameuses « valeurs de la république » dont on nous rebat les oreilles), non seulement des chefs religieux en viennent à occulter la Vérité du dogme révélé mais en viennent à prêcher l’accueil du loup dans la bergerie.
Je ne résiste pas, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, à vous inviter à écouter ce remarquable sermon du Révérend Père Henri Boulaud sj., prononcé
 il y a quelques semaines dans l’église des jésuites d’Alexandrie :

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Lors de l’effondrement de l’empire romain d’Occident, les évêques assurèrent tout à la fois la défense matérielle de la cité, la résistance spirituelle aux forces de dissolution, la survie alimentaire des populations commises à leur garde et l’avenir de l’Eglise dans la préservation de la foi reçue des Apôtres.
Mais aujourd’hui, à part un tout petit nombre – qui, en France, ne dépasse peut-être pas le nombre des doigts d’une seule main – , ceux qui sont supposés représenter le pouvoir spirituel, dans leur ensemble, semblent ne pas avoir ce qu’il faut là où il faut pour amorcer la plus petite ombre de résistance et la moindre démarche salutaire, tant pour la civilisation que pour les âmes !
Le modernisme a fait d’eux pis que des bovidés atteints d’encéphalite spongiforme et, avec une naïve béatitude revendiquée, ils ouvrent tout grand la porte de la Cité sur les remparts de laquelles ils ont été établis veilleurs et gardiens (car le mot évêque – épiscope – signifie gardien, veilleur) à ceux qui vont les égorger et qui vont massacrer le troupeau confié à leur garde…

Patte de chatLully.

Lire aussi « Non, ce n’est pas le même Dieu »,
témoignage de notre amie Marie-Magdeleine, convertie de l’islam, > ici

frise

Note 1 : Citation extraite de l’article de Wikipédia consacré au pape Clément IV > ici.
Note 2 : « Vivre ensemble », définition proposée par Frère Maximilien-Marie : « vaste escroquerie intellectuelle et spirituelle qui est une tactique des ennemis du véritable catholicisme et de la civilisation occidentale chrétienne, pour pousser les occidentaux (et spécialement les cathos) – après les avoir culpabilisés sur tous les points de leur histoire et après avoir dénaturé la charité surnaturelle en dégoulinade de « bons sentiments » bisounourstesques – à se laisser abuser de toutes manières, puis égorger avec une conscience béatement pacifiée…  »

2016-64. Du roi Hérode enfin miséricordieusement soulagé.

Lundi 29 août 2016,
Fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cette fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste, me fournit fort opportunément l’occasion de vous informer d’une découverte absolument primordiale et essentielle qui  va renouveler l’action de l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps : en effet, le Révérend Père Sifleur, archiviste et bibliothécaire du monastère de Gausse-en-Gouaille, en faisant des rangements dans la partie la plus ancienne de la bibliothèque, a retrouvé, tombé il y a plusieurs siècles derrière un rayonnage, un manuscrit unique et précieux portant le texte authentique de l’Evangile selon Saint Marc.
Le texte évangélique qu’il nous livre montre de manière évidente que ce que nous lisions jusqu’ici a été retouché par des hommes sans miséricorde qui ont sourdement oeuvré à pharisianiser l’Eglise.
Voici donc le texte authentiquement évangélique que nous trouvons en ce manuscrit pour les versets 17 et suivants du chapître VI de l’Evangile selon Saint Marc :

« Hérode avait envoyé prendre Jean et l’avait retenu, chargé de fers, en prison, à cause d’Hérodiade, qu’il avait épousée, quoique femme de Philippe, son frère.
Parce que Jean disait à Hérode : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ».
Or Hérodiade lui tendait des pièges et voulait le faire périr ; mais elle ne le pouvait pas. Hérode, en effet, victime d’une éducation cléricale antéconciliaire marquée par un rigorisme excessif, craignait Jean, le prenant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, avait tendance à suivre ses avis, et l’écoutait volontiers, s’enfermant ainsi dans sa conscience tourmentée parce qu’il n’avait pas compris ce qu’est la miséricorde.

Mais un jour opportun arriva, le jour de la naissance d’Hérode, où il fit un festin aux grands de sa cour, et aux tribuns, et aux princes de la Galilée.
Or la fille d’Hérodiade alla trouver sa mère pour lui proposer de seconder ses desseins en séduisant le roi et ses convives.

Mais sa mère lui déclara : « Non, ma fille ! Il n’est plus nécessaire désormais que tu te livres à des danses lascives devant des convives avinés pour obtenir d’Hérode qu’il nous débarrasse de ce prophète de malheur. Plutôt que de t’abaisser à subjuguer les regards libidineux d’Hérode, regarde donc ce que je viens de recevoir :  nous possèdons maintenant l’arme infaillible qui peut définitivement endormir ce qui lui reste de conscience et liquider à tout jamais les séquelles de son éducation crypto-pharisienne… »
Hérodiade sortit alors de dessous ses voiles le livret de l’édition typique vaticane de l’exhortation apostolique « Amoris laetitia », puis elle ajouta : « Quand il rentrera en ses appartements, après le banquet, c’est moi qui irai le trouver avec ce texte ; et puisqu’il était jusqu’à présent paralysé par les restes de son éducation religieuse, ce même sentiment religieux ne pourra que l’incliner à se soumettre à ce qui est ici écrit, au nom de l’autorité qui l’a publié… »

Munie de son exemplaire d’ « Amoris laetitia », Hérodiade s’en vint donc trouver le roi ce soir-là, et elle lui fit remarquer : « Qui est-il pour juger, ce Baptiste moralisateur qui est incapable d’ouvrir son coeur à la miséricorde ? Lis donc, ô roi, les ouvertures significatives et les avancées miséricordieuses que l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps a désormais à notre endroit ! C’est maintenant une oeuvre louable et miséricordieuse pour toute l’humanité que tu dois accomplir en débarrassant la terre de ce prophète de malheur qui n’est qu’un crypto-pharisien condamné par le pape, et un obstacle au bonheur de l’humanité ici-bas… »

Le roi se pencha sur les paragraphes que lui désignait Hérodiade et sa conscience fut miséricordieusement libérée : ayant aussitôt envoyé l’un des ses gardes, il fit décapiter Jean dans sa prison, et put s’abandonner en toute quiétude intérieure aux innocentes joies de son adultère.
Ce qu’ayant appris, la miséricordieuse Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps envoya des missionnaires de la miséricorde cacher le corps de Jean, afin que ce modèle du rigorisme intransigeant qu’il faut absolument se garder d’imiter ne puisse être vénéré par les pharisiens intégristes, et pour que Jean-Baptiste ne soit surtout pas donné comme un exemple dans les âges miséricordieux de l’ouverture aux aspirations de la modernité ».

pattes de chatLully.

Chef du Baptiste - Daniele Crespi 1598-1630

Daniele Crespi (1598 – 1630) : le chef de Saint Jean-Baptiste

2016-58. De la légitime défense des individus et des sociétés.

La justice n’est pas la vengeance. Et, comme l’écrit Saint Jacques  « La colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieu : ira enim viri justitiam Dei non operatur » (Jac. I, 20).
Cela ne signifie évidemment pas non plus qu’il faille être – ou même seulement paraître – faible en face de tout ce qui porte atteinte au droit et à la justice.
Il ne sera donc pas inutile de relire et de méditer sur l’enseignement de l’Eglise au sujet de la légitime défense  : celle des individus comme celle des sociétés…

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

Jean-Marc Nattier : « la justice châtiant l’injustice » (1737)

La légitime défense

2263 - La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. « L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur … L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2264 - L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
« Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2265 - En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité.

2266 - L’effort fait par l’Etat pour empêcher la diffusion de comportements qui violent les droits de l’homme et les règles fondamentales du vivre ensemble civil, correspond à une exigence de la protection du bien commun. L’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnelles à la gravité du délit. La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d’expiation. La peine, en plus de protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, a un but médicinal : elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l’amendement du coupable.

2267 - L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56).

in « Catéchisme de l’Église Catholique »,
Explication du 5e commandement de Dieu

Saint Michel gif

2016-57. Du saint prophète Elie insurpassable modèle des adorateurs du vrai Dieu.

20 juillet,
Fête du saint prophète Elie.

A la date du 20 juillet, le martyrologe romain fait mention du saint prophète Elie : sa fête ne figure pas au calendrier de l’Eglise universelle, mais seulement au calendrier particulier de certains lieux et congrégations, dont l’Ordre du Carmel qui reconnaît en lui son fondateur.

Au Mesnil-Marie aussi, nous célébrons aujourd’hui l’office de Saint Elie : nous vénérons en lui l’une des plus parfaites figures de chercheur de Dieu, l’une des plus parfaites figures de totale consécration au service du Très Haut, l’une des plus parfaites figures de la vie religieuse alliant contemplation et action.

En appelant Elie, Dieu a en quelque sorte appelé et béni en même temps – à travers tous les âges et jusqu’à la consommation des siècles – la foule de ceux qui, épris de l’absolu divin, ne souffrent ni médiocrité, ni compromis, ni demi-mesure.
Tantôt retiré du monde et absorbé dans une intime conversation avec Dieu, tantôt en première ligne des combats qu’il faut soutenir pour la vraie foi, il reste pour toutes les générations de croyants un exemple à imiter : exemple de zèle et d’ardeur, exemple de soif d’absolu, exemple d’intégrité et de force morale – malgré l’expérience de ses propres faiblesses et la tentation du découragement – , mais aussi exemple de douce humanité et de compassion authentique (car l’humanité et la compassion ne sont ni la faiblesse ni la compromission).
Voilà pourquoi il m’apparaît comme très important de souvent lire, relire, approfondir et méditer la « geste d’Elie » dans les chapîtres XVII à XXI du troisième livre des Rois (selon la Vulgate ; il est appelé premier livre des Rois dans la majorité des éditions modernes de la Sainte Bible) car, au-delà des contingences temporelles des faits rapportés, nous y trouvons tant de lumières pour notre propre conduite aujourd’hui…

C’est la raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé le tableau reproduit ci-dessous : s’il ne s’agit que d’une toile somme toute assez ordinaire du XIXe siècle, néanmoins en quelque manière elle illustre la permanence de la figure du prophète Elie dans l’histoire de l’Eglise, par le geste protecteur de sa main gauche étendue en direction de la silhouette de la basilique Saint-Pierre du Vatican, symbole de l’Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point.
Le glaive ardent que tient toujours le saint prophète – glaive avec lequel il égorgea les quatre-cent-cinquante faux prophètes de Baal sur le Mont Carmel – et le cadavre de l’Antéchrist gisant à ses pieds, nous rappellent que des combats comparables à celui d’Elie - qui doit revenir avec Enoch dans le temps de la grande tribulation finale – font toujours l’actualité de l’Eglise et la feront jusqu’à la fin des temps, cette dernière étant évoquée dans le haut du tableau par les anges sonnant de la trompette.

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s

Le prophète Saint Elie, huile sur toile du XIXe siècle
Diocèse de Melfi – Rapolla – Venosa (Basilicate – Italie)

Merveilleux Saint Elie !
Comme vous fûtes heureux de ne pas avoir vécu à la fin du XXe siècle et en ce début du XXIe siècle !
Car si vous fûtes persécuté par le perfide Achab et l’idolâtre Jézabel, il vous fut toutefois loisible d’affirmer et de proclamer haut et fort à la face d’Israël qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur qui S’est révélé à Moïse – et qui S’est depuis pleinement et définitivement révélé en Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son Verbe incarné – et que les autres « dieux » n’en sont pas.
Point de déclaration « Dignitatis humanae » qui soit alors venue troubler la compréhension de la Vérité et jeter de l’ombre sur la Révélation divine, introduire le relativisme, et insinuer que l’on doive mettre sur un même pied l’authentique religion et les croyances mêlées d’erreurs !

Bienheureux Saint Elie !
Pourchassé par la vindicte des païens adorateurs de démons, vous ne fûtes néanmoins pas puni par les représentants officiels du vrai Dieu, ainsi que cela arrive aujourd’hui à des prêtres fidèles au sein de l’Eglise catholique, lorsqu’ils rappellent qu’il n’y a qu’une seule authentique Révélation de Dieu et qu’en dehors d’elle, et après Notre-Seigneur Jésus-Christ, il n’y a pas eu de vrai prophète mandaté par Dieu pour fonder une autre religion !

Glorieux Saint Elie !
Ni le pseudo oecuménisme ni le « dialogue inter-religieux », ne sont venus mettre des entraves à cette proclamation sans concession de la Vérité divine, que vous avez énergiquement accomplie en paroles et en actes quoi qu’il dut vous en coûter ! 
Vous vous êtes « levé comme un feu et votre parole brûla comme une torche ardente » (cf. Eccli. XLVIII, 1) et nul n’osa plus en face de vous, parce que vous agissiez pour le salut éternel des âmes des fils d’Israël, se faire l’apologue des doctrines d’erreur et de la fausse tolérance qui précipite les âmes en enfer…

Intercédez donc aujourd’hui pour nous, et donnez-nous, comme à votre disciple Saint Elisée, d’avoir quelque part à votre esprit. Ainsi soit-il !

Blason du Carmel

Blason de l’Ordre du Carmel
surmonté du bras de Saint Elie brandissant le glaive ardent
et portant pour devise sa parole :
« Zelo zelatus sum pro Domino Deo exercituum :
je suis embrasé d’un zèle ardent pour le Seigneur Dieu des armées » (3 Reg. XIX, 14).

2016-55. Anthropophagie canoniale ?

Rions un peu…

Si vous pensiez qu’un chanoine était un ecclésiastique d’âge respectable trottinant doucettement dans les vieilles rues de nos quartiers cathédraux de province pour aller psalmodier l’office divin plusieurs fois le jour dans son antique stalle, et revenir du même pas de sénateur jusqu’en son logis afin de s’y adonner à quelque inoffensif travail d’érudition, vous pourriez bien être surpris par ce que certains textes à destination des touristes et amateurs du patrimoine suggèrent parfois, sans s’en rendre compte…

chanoine au choeur

Paisible chanoine récitant son bréviaire…

L’autre soir, alors qu’il était en train de relire attentivement une notice qu’on lui a envoyée afin qu’il fasse part de ses éventuelles corrections ou suggestions, j’ai vu Frère Maximilien-Marie s’esclaffer soudain jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.
Je me suis donc approché pour m’enquérir de ce dont il s’agissait.

Le texte soumis à son avis est une rapide présentation de la vieille ville de Viviers, notre belle et antique cité épiscopale (cf. > ici).
Or, il y était écrit que la « rue du Fournas » tient son nom du fait qu’il s’y trouvait jadis un four banal, et que – je cite -
« c’est là que les Chanoines y faisaient cuire leur pain ainsi que les habitants du quartier » !!!

Nous n’épiloguerons pas sur la présence tout-à-fait inutile et inélégante de l’adverbe « y » ; mais, avec notre Frère, nous pourrons à notre tour rire de cette construction de phrase maladroite qui suggère finalement que les chanoines du très vénérable chapitre cathédral de Viviers s’adonnaient à l’anthropophagie, ce qui m’a fait m’écrier : « Espérons du-moins que ce n’était ni en carême ni en quelque autre jour d’abstinence ! »

pattes de chat Lully

chats riant gif

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 18 juillet, 2016 |3 Commentaires »
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