Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2015-66. Parce que c’est bon pour ma planète…

Lettre ouverte du Maître-Chat Lully
à
Sa Sainteté le Pape François
sur
l’écologie et la décroissance
dans la pastorale et la liturgie de la Sainte Eglise Catholique

Chat gif en marche

Très Saint Père,

Infiniment reconnaissant envers Votre Sainteté
pour l’enseignement que, dans Sa sollicitude admirable pour le salut de nos âmes,
Elle a daigné nous dispenser dans Sa dernière encyclique,
je sollicite très humblement la grâce d’apporter ma modeste contribution féline à une si noble entreprise,
et, à cette fin, je me permets quelques suggestions très concrètes et pratico-pratiques, dont je ne doute pas qu’elles retiendront l’attention et le souci de cohérence de Votre Sainteté,
puisqu’elles vont de manière suréminente dans le sens de l’écologie et de la décroissance.

Ainsi donc,
d’une part pour donner l’exemple de la lutte contre l’émission des gaz résultant de la combustion des carburants,
et d’autre part pour réaliser d’importantes économies sur les frais de déplacement (qui sont en définitive pris sur les offrandes faites à l’Eglise par les fidèles),
je suggère que, sans aucun retard :
1) Sa Sainteté abandonne la papamobile et reprenne l’usage de la sedia gestatoria, absolument non polluante, qui est faite de matériaux naturels (bois et tissus en fibres naturelles) et qui, en outre, ne demande que très peu d’entretien ;
2) Sa Sainteté renonce à l’usage de l’avion, gros consommateur de carburants polluants (et également source de pollution sonore), et utilise le temps qu’Elle aura ainsi gagné en n’effectuant pas ces déplacements à prier davantage et à étudier la doctrine et la théologie traditionnelles ;
3) Sa Sainteté donne l’ordre impératif à Nos Seigneurs les Eminentissimes et Révérendissimes Archevêques et Evêques, au lieu de multiplier les déplacements, de demeurer dans leurs diocèses respectifs – dans le plus pur respect des canons des anciens conciles – , afin de s’y consacrer uniquement à gouverner (par l’application du Droit Canon), instruire (par l’enseignement du catéchisme catholique) et sanctifier (par la célébration la plus digne et fervente possible des sacrements) le peuple fidèle à eux confié ;
4) l’on cesse de procéder à des regroupements de paroisses confiées à un seul prêtre passant une bonne part de son temps sur les routes, mais que l’on lance une grande et persévérante offensive de prière et de jeûne pour obtenir de nombreuses saintes et solides vocations sacerdotales qui permettront d’avoir à nouveau un prêtre par clocher…

Ensuite,
parce que l’énergie la plus écologique est celle que l’on ne consomme pas,
et pour réaliser ainsi de substantielles économies d’électricité,
je suggère aussi
que l’on arrête immédiatement dans les églises l’utilisation des micros, hauts-parleurs, enceintes acoustiques et autres appareils de « sono », tant pour diffuser de la musique pré-enregistrée, que pour la prédication : il sera très avantageux en effet que, pour cette dernière, on reprenne l’usage des chaires de vérité dont la consommation d’électricité est nulle.

Et puis,
pour mettre un coup d’arrêt décisif à la déforestation,
j’implore instamment Votre Sainteté pour qu’Elle demande à Son clergé de veiller aux économies de papier, et d’arrêter la surproduction de « feuilles dominicales », réalisées à grand renfort de photocopies tous les vendredis ou samedis et mises à la corbeille le dimanche soir.
Ce pourquoi je préconise que l’on revienne à l’usage universel du bon vieux missel dominical complet – cadeau de première communion ou de communion solennelle – , dont chaque fidèle gardait l’usage tous les dimanches depuis son enfance jusqu’à sa mort.

Enfin,
parce que les matières synthétiques sont le résultat d’industries chimiques des plus polluantes et qu’elles mettent ensuite plusieurs siècles pour disparaître, après avoir commis d’irréparables dégâts dans la terre et dans les océans,
tout spécialement au nom de mes frères les poissons,
je demande avec une très respectueuse insistance, 

1) qu’aux Messes de Sa Sainteté, lors des grands rassemblements, pour donner l’exemple de l’éco-responsabilité, les Saintes Hosties ne soient plus jamais dans des gobelets jetables en plastique, mais contenues dans des ciboires traditionnels, en matériaux certifiés durables et indéfiniment réutilisables ;
2) qu’en lieu et place des aubes et chasubles en matières synthétiques, on revienne aux aubes de lin, aux broderies et dentelles en fil de coton, et aux ornements en soie naturelle – ou velours de soie (damassé ou non) – toutes fibres parfaitements naturelles dont l’usage remis à l’honneur ne manquera pas de booster l’agriculture écologique et l’économie solidaire…

… et parce que tout ça, comme le dit la Madame de la météo, « c’est bon pour ma planète ! »

Prosterné aux pieds de Votre Sainteté et implorant Sa bénédiction apostolique, j’ai l’honneur d’être, Très Saint-Père, avec le plus profond respect, de Votre Sainteté le très humble et très obéissant fils et serviteur.

Lully.

ange chat

2015-51. Où, à l’occasion de la fête de Saint Athanase, Maître-Chat Lully revient sur le toujours nécessaire et urgent combat pour la vraie foi, et dénonce l’hérésie néo-arienne véhiculée par la traduction française du Symbole.

Samedi 2 mai 2015,
Fête de Saint Athanase le grand,
Premier samedi du mois en l’honneur du Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

On ne le dira jamais assez – et c’est donc à dessein que je vais me répéter – : l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.

Nous sommes, certes, fermement convaincus que la célébration de la messe selon ce que, par commodité, nous appelons « le nouveau rite », est valide (c’est-à-dire qu’il y a bien le renouvellement du Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ) lorsque toutes les conditions requises sont réunies, ce qui est parfois douteux ou qui n’est d’autres fois clairement pas le cas (cf. l’article > une pseudo messe de funérailles).
Il n’en demeure pas moins vrai qu’au regard de la Tradition catholique, ce « nouveau rite », comme l’avaient souligné Leurs Eminences Révérendisssimes Messieurs les Cardinaux Bacci et Ottaviani dans la préface du « Bref examen critique » remis au pape Paul VI en 1969, « (…) s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente (…) ».

Cette affirmation des doctes et prudents Cardinaux n’est pas anodine : elle signifie, et la démonstration par les faits nous en est donnée presque chaque jour depuis plus de quarante-cinq ans, que la « messe de Paul VI » contribue à l’affaiblissement de la foi catholique, à sa relativisation et à sa dilution dans une approximation doctrinale et spirituelle, quand ce n’est pas carrément à sa perte.
Il suffit d’interroger les « fidèles » qui pratiquent dans le nouveau rite (en l’occurrence je mets le mot entre guillemets parce qu’il vient du mot latin « fides » qui signifie « la foi », et que donc – en principe – les fidèles devraient être des personnes qui adhèrent à la foi), pour se rendre compte qu’effectivement sur le peu de pratiquants qui subsistent pour l’ « Eglise de France », il y en a beaucoup – beaucoup trop ! – qui ne croient pas à un grand nombre de points de la doctrine catholique ou qui contestent jusqu’à la notion de dogme.
Qu’on se souvienne que certains sondages commandités par des publications originellement catholiques (« La Vie », « le Pélerin », « la Croix » ou autres) faisaient état d’un nombre important de « catholiques pratiquants » (sic) qui ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa résurrection ou à la résurrection de la chair, à la conception virginale de Notre-Seigneur, à la virginité perpétuelle de Marie, à la transubstantiation …etc. Ces personnes sont donc à strictement parler des hérétiques ; elles ont fait naufrage dans la foi ; elles ne sont plus catholiques, quand bien même elles continuent à assister aux offices catholiques et à se prétendre catholiques.

La messe selon le « missel de Paul VI » n’est pas seule en cause, nous le savons : le catéchisme catholique remplacé par une catéchèse indigente, des sermons d’une affligeante pauvreté, l’influence délétère d’une société néo-païenne, le faux oecuménisme, et la trahison de nombreux ecclésiastiques ont joué eux aussi un rôle non négligeable dans cette perte de la foi.
Néanmoins, si le « missel de Paul VI » ne s’éloignait pas « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique », il me semble qu’on ne constaterait pas une telle invasion de l’hérésie chez ces « catholiques pratiquants » ; il me semble au contraire qu’il aurait été un rempart pour la foi catholique au lieu de permettre cette prolifération de fausses doctrines et de fausses opinions !
J’ai presque envie de dire que les catholiques qui assistent de manière habituelle à la célébration de la messe selon le « missel de Paul VI » et qui ont gardé la foi, ne l’ont pas gardée grâce à lui, mais bien plutôt malgré lui

Aux problèmes posés par le texte « officiel » (qui est en latin) du nouveau rite de la messe promulgué par Paul VI, s’ajoute – particulièrement en France et dans les pays de lanque française – le problème des traductions.
En effet, un grand nombre de mots ou d’expressions utilisés dans ces traductions (officiellement approuvées par l’épiscopat !) ne sont pas de véritables traductions mais constituent en réalité une véritable trahison de la foi catholique.

En cette fête de Saint Athanase, le grand défenseur de la foi de Nicée, je ne prendrai pour exemple que la traduction française du Symbole de Nicée-Constantinople qui se trouve dans le missel et qui est récitée – sans sourciller semble-t-il – depuis bientôt cinquante ans par les évêques, les prêtres et les fidèles de langue française.
Or cette traduction est hérétique !

Je ne l’affirme pas de mon propre chef.
C’est Jacques Maritain lui-même, dont on sait qu’il était un ami proche du pape Paul VI, et qui n’était absolument pas un « traditionnaliste » (certains lui attribuent une influence décisive sur la déclaration – qui n’est qu’une déclaration et non un texte doctrinal – sur « la liberté religieuse » du 7 décembre 1965) qui a dénoncé avec force cette traduction hérétique dans un « Memorandum » qu’il adressa au pape Montini. Voici ce texte :

« (…) Il faut enfin signaler une faute de traduction qui n’est pas seulement une inexactitude plus ou moins grave, mais une erreur purement et simplement inadmissible. Je sais bien que cette erreur sera certainement corrigée dans une future édition révisée. Mais je sais aussi qu’elle a chance d’être corrigée d’autant plus rapidement qu’elle aura été plus nettement signalée.
Sous prétexte que le mot « substance », et, a fortiori, le mot « consubstantiel » sont devenus
 impossibles aujourd’hui, la traduction française de la messe met dans la bouche des fidèles, au Credo, une formule qui est erronée de soi, et même, à strictement parler, hérétique. Elle nous fait dire, en effet, que le Fils, engendré, non créé, est «  de même nature que le Père » : ce qui est l’« homoiousios » des Ariens ou semi-Ariens, opposé à l’« homoousios », ou consubstantialis, du Concile de Nicée. Pour refuser un iota, on a su en ce temps-là souffrir la persécution et la mort. Tout cela est passé. Tant pis si les chrétiens qui récitent aujourd’hui le Credo en français usent de mots dont, qu’ils le sachent ou non, la résonance est arienne. L’essentiel est que, fût-ce dans un énoncé sur les Personnes de la Trinité, on les dispense d’employer un mot qui n’est pas du langage courant.
Il est cependant bien évident que pour exprimer une réalité absolument unique, il faut un mot lui-même unique. Ou bien faudra-t-il remplacer aussi le mot Trinité lui-même, ou le mot Eucharistie, par des mots du langage de tous les jours ?
Si en prononçant le mot 
consubstantiel les gens ne savent pas ce que ça veut dire, on peut espérer qu’ils demanderont des explications au clergé, qui leur rappellera leur catéchisme et le sens du dogme. Mais s’ils disent, dans le Credo, que le Fils est de même nature que le Père, ils ne songeront jamais à demander une explication, puisqu’on a justement choisi des mots qui ne font pas difficulté pour eux, et qu’ils comprennent sans plus de peine que lorsqu’ils disent avec tout le monde qu’un oiseau est de même nature qu’un autre oiseau.
Qu’importe, après tout, dira-t-on peut-être, il ne s’agit que d’une formule. Les gens dont vous parlez sont des catholiques. Du moment que leur pensée au sujet du Père et du Fils est juste et exempte d’erreur, peu importe que pour l’exprimer ils usent d’une formule approximative qui apparaît comme erronée quand on serre de près les mots dont elle est faite.
À vrai dire, cela importe
 beaucoup. Car ou bien les fidèles en question pensent juste tout en employant une formule erronée et en sachant qu’elle est erronée : et, du fait même, ces fidèles-là, quand on en vient à la formule dont il s’agit, sont obligés de garder le silence ou de parler contre leur conscience. Ou bien ils pensent juste tout en employant une formule erronée sans savoir qu’elle est erronée. Et, du fait même, ces fidèles-là sont mis dans l’illusion. Être induit à employer des mots trompeurs sans savoir qu’ils sont trompeurs, c’est être soi-même trompé.
J’ajoute que les traducteurs anglais, moins sensibles sans doute que les traducteurs français à ce qui chatouille désagréablement les oreilles contemporaines, n’ont pas éprouvé de scrupule à employer le mot 
consubstantial, ni estimé que les fidèles pouvaient sans inconvénient, tout en pensant juste, proférer une formule qui en elle-même est en désaccord avec la foi catholique »
(
Jacques Maritain,  »Œuvres complètes », vol. XVI, Fribourg, Paris – 2000. p. 1115).

Jacques Maritain espérait, lorsqu’il écrivait ce texte, que cette mauvaise traduction serait promptement rectifiée. Sur ce point, il était dans l’illusion totale.
Force est, en effet, de constater que, près de cinquante ans plus tard, la traduction erronée est toujours là, toujours récitée dans les messes en langue française, et que, malgré plusieurs demandes du Saint-Siège sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les épiscopats francophones n’ont toujours pas rectifié les traductions approximatives ou fautives.

Et le venin de l’hérésie néo-arienne continue tranquillement à être inoculé dans l’esprit et dans l’âme des pratiquants qui récitent moutonnièrement, dimanche après dimanche, que le Fils est « de même nature que le Père » : au bout d’un demi-siècle de répétition, faut-il s’étonner que les « fidèles » soient en réalité des… infidèles, croyant en autre chose qu’en la foi catholique pleine et entière ?

Pour qu’il en soit ainsi – contra factum non fit argumentum – , on ne peut que conclure qu’il y a pour le moins de la mauvaise volonté (si ce n’est une complète absence de volonté), un manque absolu de zèle pour la transmission de la foi authentique de l’Eglise, et finalement une faute grave contre la profession de foi qu’ont – en principe – dû émettre Nos Seigneurs les Cardinaux et Evêques de France, Nos Seigneurs les vicaires généraux, messieurs les vicaires épiscopaux et judiciaires, messieurs les curés et recteurs, messieurs les professeurs de séminaires, et enfin ceux qui ont été promus à l’ordre du diaconat (cf. Code de Droit Canonique – canon 833).

C’est la raison pour laquelle j’affirmais en commençant ce texte que l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.
En conséquence logique, le catholique qui veut rester catholique fuiera les messes où la foi catholique n’est pas professée convenablement.

Saint Athanase, gardez-nous dans la foi de Nicée !
Saint Athanase, priez pour ces pauvres catholiques de langue française qu’une mauvaise traduction du Symbole de Nicée-Constantinople contraint à réciter une profession de foi hérétique !

Lully.

Symbole de la Sainte Trinité

Et pour lire ou relire la profession de foi trinitaire dite « Symbole de Saint Athanase » > ici

2015-48. D’une pseudo-messe de funérailles.

Mercredi 22 avril 2015,
Solennité de Saint Joseph.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 1

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Comme cela arrive de temps en temps, le Maître-Chat Lully me laisse aujourd’hui le libre usage de son blogue afin d’y exprimer – une fois de plus, hélas ! – une très grande tristesse (car il ne faudrait vraiment pas s’imaginer que c’est par plaisir que j’écris des choses telles que celles qui vont suivre !).

Je me suis déjà exprimé sur le même sujet au début du mois de novembre 2012, au retour des funérailles d’une vieille amie qui avaient été célébrées dans l’église où j’ai reçu la grâce du saint baptême (à lire ou à relire > ici), et je pourrais reprendre quasi mot pour mot ce que j’écrivais alors.
D’aucuns me diraient peut-être : « En ce cas, ne vaudrait-il pas mieux vous taire ? »
Non ! Il existe des formes de mensonge par omission, et, en l’occurrence, mon silence pourrait laisser penser que j’approuve ou que je suis indifférent.
Il me semble même que se taire, lorsque une prétendue cérémonie catholique atteint un tel degré d’aberration, constituerait un double péché : péché contre la vérité et péché contre la charité.
La charité, en effet, ne consiste pas à dire qu’une chose est blanche quand elle est noire, au motif qu’il ne faudrait pas faire de peine à tel ou tel !
La première des charités est la vérité.
Ainsi donc dire qu’une cérémonie n’est pas conforme à ce que demande l’Eglise en matière de liturgie (non pas de manière subjective et par pure « sensibilité », mais parce que l’Eglise nous donne les moyens objectifs pour en juger), dire qu’un prêtre n’a pas fait ce qu’il était de son devoir d’accomplir mais s’est livré à du « grand n’importe quoi », dire que les fidèles sont gravement abusés par ce type de comportement, et dire enfin que l’âme d’un défunt peut subir les préjudices d’une cérémonie de funérailles pour le moins fantaisiste, n’est qu’une forme de témoignage rendu à la vérité catholique.

J’en entends déjà certains m’opposer avec des airs scandalisés : « Mais vous jugez ce prêtre et ses collaborateurs… »
Pas du tout ! Je laisse à Dieu (et j’en suis bien heureux) le soin de juger le coeur de ce prêtre, de ses intentions réelles et de sa responsabilité.
Pour ce qui me concerne, je ne fais que relever des faits, tels que je les ai pu constater, et tels que les centaines de personnes qui étaient là peuvent aussi dire que les choses se sont passées (si toutefois elles y ont pris garde, car les fidèles « ordinaires » sont tellement habitués à subir n’importe quoi que leur perception est devenu totalement relativiste) ; et ces faits, je regarde simplement s’ils sont conformes ou non aux règles liturgiques édictées par la Sainte Eglise, pour le rite romain « ordinaire », qui n’est pas celui auquel j’assiste habituellement, mais dont je connais néanmoins les règles. C’est tout.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 2

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Cette fois-ci, il s’agissait des funérailles d’un homme qui fut pendant une quarantaine d’années maire de l’un de nos villages des hautes Boutières – Saint-Clément – , victime d’une mort subite et imprévue en milieu de semaine dernière.

Dans le cadre des activités associatives  locales auxquelles je participe, j’avais pu en maintes occasions le rencontrer, et parler avec lui autrement que d’une manière superficielle.
Issu des anciennes familles de nos hautes terres, il avait hérité de ces lignées de paysans qui l’avaient précédé un solide bon sens et un réalisme plein de sagesse.
Il avait suivi une partie de sa scolarité au petit séminaire (au temps où il y avait des petits séminaires et où l’on y dispensait un enseignement humaniste chrétien de qualité) : c’était un homme habité par une foi profonde. Combien de fois, traversant son village et m’arrêtant pour y faire une visite au Très Saint Sacrement dans sa belle petite église des XIIe et XVe siècles dont la porte était toujours ouverte, ne l’ai-je pas trouvé là, recueilli !
C’était aussi un homme possédé par l’amour de son terroir, qui avait déployé des trésors de pugnacité et suscité des initiatives originales pour tenter de s’opposer à l’exode rural et à la désertification de nos villages.

J’appréciais ses qualités humaines et spirituelles, sa discrétion et sa profondeur, sa cohérence de vie : il me semblait donc important de me rendre à ses funérailles religieuses, qui – je me répète (mais en nos temps de confusion et d’approximation il est important d’insister) – , pour l’Eglise, ne consituent pas une « cérémonie d’hommage » mais un moment particulièrement intense de prière pour le salut de l’âme du défunt, pour implorer le pardon de ses péchés, et pour demander à Dieu de le purifier des conséquences de ses fautes, afin qu’il puisse accéder au Paradis.
Ce n’est pas, en effet, parce qu’un homme est bon, droit, juste, et honnête – qu’il n’a « pas tué et pas volé », comme le répètent bêtement nombre de personnes lorsqu’elles veulent faire croire qu’elles n’ont rien à se reprocher – qu’il n’y a pas, après la mort, des purifications nécessaires, des purifications longues et douloureuses, que la Sainte Eglise, par l’oblation du Saint-Sacrifice, par ses sacramentaux et ses suffrages, a le pouvoir de soulager.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 3

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Me voilà donc, samedi dernier 18 avril après-midi, dans la belle petite église de Saint-Clément, à presque 1200 m d’altitude.
J’étais arrivé à l’avance et, dans mon bréviaire, j’ai récité l’office des défunts.

Peu à peu, l’église s’est remplie, jusqu’à être plus que comble, d’une foule bavarde et indiscrète : il semble que même les « pratiquants » (mais que signifie encore ce mot ?) n’ont aucun égard à la sainteté du lieu consacré à Dieu. On s’y interpelle et s’y fait des grands signes, on s’y congratule et on y échange des nouvelles comme si l’on était sur la place publique ou dans quelque réception mondaine.

A 15 h, la cérémonie religieuse a commencé.
- S’agissait-il d’une messe ?
Peut-être… mais je n’en suis finalement pas très sûr.
- S’agissait-il d’une messe de la Sainte Eglise Catholique Romaine ?
Là, je peux répondre d’une manière catégorique : certainement pas !… même si elle était « célébrée » par deux prêtres qui sont – officiellement du moins – des prêtres catholiques.

En voici le déroulement :

- 1) Y a-t-il eu un signe de croix lorsque le prêtre est allé accueillir le cercueil à l’entrée de l’église ? Je ne le sais pas puisque j’étais déjà dans l’église. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’il n’y en a pas eu pour commencer la « célébration » à l’intérieur de l’église.

- 2) Après que le cercueil a été placé devant l’autel, une dame (de la communauté locale ?) a introduit la célébration par un « mot d’accueil ».
Puis une nièce du défunt a lu son « témoignage » : c’était bien tourné, c’était émouvant, c’était touchant, certes, puisque cela exprimait la souffrance et le désarroi d’un proche en face de cette mort brusque. Mais ce genre d’intervention appartient au domaine des « cercles de paroles », dans le cadre des cellules de soutien psychologique : il n’appartient à la liturgie, il n’a pas sa place dans la liturgie.

- 3) Vint alors un premier chant. Un chant de Pâques : « Depuis l’aube… » Un chant où l’on demande à Jésus de rester avec nous, de marcher avec nous, de veiller avec nous et enfin de nous accueillir dans la joie près de Son Père.
Les paroles ne sont pas idiotes (comme c’est malheureusement souvent le cas pour nombre de cantiques « modernes »), mais elles ne constituent pas à proprement parler une prière pour le défunt, et cela n’a pas grand’chose à voir avec l’introit « Requiem aeternam » ni avec la traduction française que l’on en trouve dans le missel issu de la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican.

- 4) Le célébrant – qui ne portait pas de chasuble (alors qu’il me semble bien qu’à plusieurs reprises le Saint-Siège a rappelé que celle-ci n’est pas facultative) – y est allé ensuite de son « mot d’introduction » (le troisième en définitive !), lequel fut suivi par un nouveau cantique : « Dieu est amour… »

- 5) Pour la « préparation pénitentielle » : trois versets (étaient-ils improvisés, je ne le sais pas, mais ce dont je suis sûr c’est qu’ils n’appartiennent pas aux textes proposés par le missel officiel) psalmodiés par le prêtre, auxquels l’assemblée répondait en chantant : « Prends pitié de nous ! ».
J’avoue ne pas me souvenir s’il y a eu ensuite la formule prescrite : « Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde… etc. »

- 6) Puis ce fut la première oraison.
Je ne sais pas si cette oraison était une « création » de circonstance, une improvisation du célébrant, ou si elle était prise dans une publication paraliturgique, mais ce dont je suis certain, là encore, c’est qu’elle n’était pas prise dans le missel « officiel » de la « forme ordinaire du rite romain ».
D’une manière systématique, le prêtre conclue les oraisons par la formule « qui vit pour les siècles des siècles » : la mention du règne éternel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, visiblement, l’indispose gravement.

- 7) Il y eut alors un grand moment (!!!), qui ne fut pas sans me rappeler certaines « originalités » pratiquées à la fin des « années soixante » du précédent siècle.
A l’époque, en effet, certains prêtres avaient imaginé, au moment de la lecture de l’épître, faire arriver à l’entrée du sanctuaire un facteur qui remettait une lettre au célébrant ; celui-ci la décachetait et s’écriait : « C’est Paul, notre frère, qui nous a adressé une lettre ! » Il paraît que c’était une manière « pédagogique » de faire comprendre aux fidèles que les épîtres sont des textes toujours actuels…
Ce samedi 18 avril, nous n’eûmes pas droit à l’arrivée du facteur, néanmoins la lecture de quelques versets du chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens nous fut annoncée par cette proclamation : « Lecture de la première lettre de l’apôtre Paul aux amis de Bernard » (nota bene : Bernard est le prénom du défunt).

- 8) Cette lecture fut suivie d’un temps de méditation silencieuse pendant lesquelles – sur un fond musical (le « cum dederit » du « Nisi Dominus » RV 608 de Vivaldi), le prêtre nous invita, chacun dans le silence de notre âme, à « parler à Bernard ».

- 9) Il n’y a pas eu de lecture de passage de l’Evangile !!! C’est tellement « gros » que cela se passe de commentaire.

- 10) Il n’y a pas non plus eu d’homélie (mais, de cela, en définitive, je ne me plains pas ; j’en rends plutôt grâces à Dieu).

- 11) Une « prière universelle », avec l’ambiguïté propre à toutes les « prières universelles ».
En effet, une prière étant supposée s’adresser à Dieu, pourquoi les « prières universelles » sont-elles presque toujours des textes qui paraissent être écrits à l’adresse des fidèles ?

- 12) Si on se permet de sabrer allégrement dans les textes liturgiques, en revanche on ne se permet pas d’omettre la quête, annoncée « pour l’église » (sans qu’on sache si c’est pour l’Eglise, institution, ou pour l’église bâtiment : son entretien, le chauffage …etc.).

- 13) Le prêtre a ensuite expliqué qu’il préparait « le pain et le vin » sur « la table ».
Je n’ai pas pu voir s’il y avait un corporal sur cette « table » (que je croyais être un autel, pardonnez ma méprise) : ce détail n’est en pas vraiment un dans la mesure où, normalement – c’est du moins ce que j’avais appris dans mes cours de théologie sacramentelle – , lorsqu’un prêtre célèbre la messe il a l’intention de consacrer ce qui se trouve sur le corporal. S’il n’y a pas de corporal (et je n’ai pas lu que le missel post-vaticandeux en dispensait) le prêtre a-t-il l’intention de consacrer « ce qui se trouve sur l’autel » ? Alors, en ce cas, si la burette contenant le vin est posée sur l’autel (comme ce samedi), le prêtre qui veut consacrer « ce qui est sur l’autel » ne consacre-t-il pas non seulement le vin qui est dans le calice mais aussi celui qui est resté dans la burette ?
Les textes officiels pour l’offertoire furent eux aussi trafiqués et écourtés, et il n’y eu pas de « lavabo ».

- 14) La préface : on y retrouvait quelques bribes éparses de la préface des défunts, mais il semblait bien que ce fut essentiellement de l’improvisation.

- 15) La « prière eucharistique » fut de la même veine : les paroles de la consécration y étaient, mais tout le reste était brodé, glosé, …etc.
A l’élévation, me trouvant dans un doute bien légitime, je priais dans mon coeur : « Mon Dieu, si Vous êtes là, je Vous adore ; et si Vous n’y êtes pas, je Vous adore… dans le Ciel ! »
Car la validité de la messe ne peut-être que douteuse dans de tels cas.
Comme je l’écrivais en novembre 2012 :
« Pour qu’une Messe soit valide, il faut qu’elle soit célébrée par un prêtre validement ordonné, qui prononce, sur le pain et sur le vin, les paroles de la consécration reçues par l’Eglise, avec l’intention de faire ce que veut faire l’Eglise.
L’intention du prêtre n’est pas son intention « subjective », mais l’intention qu’il manifeste à travers le rite qu’il utilise.
Je me répète et j’insiste : il est nécessaire que le prêtre aie l’intention de faire ce que l’Eglise fait. Or ce que l’Eglise fait est codifié par le rite et par les règles liturgiques précises qui ont été édictées par le Saint-Siège.
Un prêtre qui, malgré ce qui est écrit dans le missel et malgré les multiples rappels à l’ordre de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, n’utilise pas les ornements prescrits, invente les oraisons ou va les prendre dans des « fiches » non approuvées par l’autorité compétente, modifie les textes, fait des ajouts ou bien retranche des parties entières des formules liturgiques, montre à l’évidence qu’il se fiche complètement de ce que veut faire l’Eglise.
Si, en outre, dans une discussion, ce même prêtre a nié devant vous la doctrine catholique du Saint-Sacrifice telle qu’elle a été définie par le Concile de Trente, comme aussi d’autres points non négligeables de la foi catholique, et que vous savez qu’il lui arrive de « concélébrer » avec un pasteur, il vous est très légitimement permis de douter de la validité de la « messe » (ou prétendue telle) qu’il célèbre ».

- 16) Le « Notre Père » fut privé de son embolisme (« Délivre-nous de tout mal… ») et directement suivi de la doxologie « car c’est à toi qu’appartiennent… ».
La prière « Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres… » fut également omise et l’ « Agneau de Dieu » remplacé par un « chant de paix » aux paroles incertaines qui n’en reprenait qu’une seule invocation.

- 17) Après la distribution de la « communion » (j’écris le mot entre guillements car je ne sais pas s’il y avait Présence Réelle ou pas), la « prière après la communion » prévue par le missel fut remplacée par un texte un peu long, lu par une dame dans ce qui m’a semblé être une revue : le texte s’adressait à Dieu en Lui disant, entre autres, qu’Il ne juge personne et qu’Il ne pèse pas le bien et le mal dans une balance…
Et moi qui, avec vingt siècles de Tradition chrétienne, répète tous les jours dans le « Symbole des Apôtres » ou le « Symbole de Nicée » que Jésus siège à la droite du Père « d’où Il viendra pour juger les vivants et les morts », je dois donc être bien nigaud de croire en cela !

- 18) Ce que nous appelons l’absoute dans le rite latin traditionnel, était remplacé ici par un « chant d’au revoir » dont je vous scanne le texte, tel qu’il figurait sur les feuilles qui nous avaient été remises ; ainsi ne pourrais-je pas être accusé d’affabuler ou d’exagérer.
Je regrette toutefois de ne pouvoir vous en livrer la musique, car ce que j’ai entendu évoquait irrépressiblement à mes oreilles la mélodie – savante et fort spirituelle – de « Prom’nons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas… »

Il était notr'ami (sic) chant d'au revoir

Puis le célébrant fit sur le cercueil une aspersion avec de l’eau dont je n’affirmerai pas qu’elle avait été bénite : ce prêtre n’a jamais parlé d’eau bénite, mais uniquement de « signe de l’eau », et quand, avant la cérémonie, le bénitier avait été rempli, il m’avait semblé que c’était au moyen d’une bouteille d’eau minérale naturelle du commerce dont c’était la première ouverture.

Voilà donc toutes les raisons qui font que je ne puis parler que d’une pseudo-messe de funérailles, et non d’une messe selon la liturgie de l’Eglise Catholique Romaine, car même dans le missel issu de la réforme liturgique post-concilaire il y a des règles précises, dont le second concile du Vatican lui-même avait affirmé : « Le droit de régler l’organisation de la liturgie revient uniquement à l’autorité de l’Eglise : celle-ci appartient au Siège apostolique et, selon les règles du droit, à l’évêque. (…) C’est pourquoi absolument personne d’autre, fut-ce un prêtre, n’ajoutera, n’enlèvera, ou ne changera rien, de sa propre initiative, à la liturgie. » (Vatican II, constitution « Sacrosanctum concilium » sur la liturgie paragraphe 22, §1 et §3).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 4

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

2015-39. Et maintenant en quoi notre effroi se changera-t-il ?

Jeudi 12 mars 2015,
Fête de Saint Grégoire le Grand,
Soixante-seizième anniversaire du couronnement de Sa Sainteté le Pape Pie XII.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au soir du 11 février 2013, journée au cours de laquelle nous fûmes frappés par l’annonce de l’abdication de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, alors qu’un orage grondait sur la Ville Eternelle, un photographe réussit un cliché montrant un éclair frappant le paratonnerre planté au sommet de la coupole de la basilique de Saint-Pierre au Vatican.

Ce cliché a fait le tour du monde et a été diversement commenté.
Certains se sont empressés d’y voir un signe qui, en fonction des convictions des uns ou des autres, recevait des interprétations différentes, voire divergentes.

Pour moi, je me garderai d’affirmer péremptoirement qu’il s’agissait d’un présage ; mais je me garderai aussi d’affirmer que cela n’en était pas un : il ne m’appartient pas d’en juger.

Quoi qu’il en soit, la coïncidence était au moins permise par la divine Providence : ce n’est pas un phénomène rare en effet que le paratonnerre de la basilique vaticane attire la foudre (il me semble même que c’est la fonction normale d’un paratonnerre !), et il n’est pas exceptionnel non plus que des photographes profitent des orages romains pour réaliser des clichés spectaculaires. Rien de miraculeux en cela donc.
Mais il y avait la coïncidence, en ce jour où la Chrétienté était frappée de stupeur à l’annonce de l’abdication du Souverain Pontife.
Mais nous n’étions pas au bout de notre stupeur…

Le soir du 13 mars 2013, une autre forme de foudre s’abattit sur nous d’une manière bien plus terrible.

Comme tous les enfants aimants de la Sainte Eglise, lorsque nous apprîmes que la fumée blanche était sortie du tuyau de poêle de la chapelle Sixtine, nous étions animés par une impatience fébrile : l’espérance de tant de coeurs fidèles et les supplications ferventes qui, sur toute la surface de la terre, étaient montées vers le Ciel, en ces jours véritablement historiques, nous portaient à nous réjouir de la joie simple et aimante des enfants de Dieu.
Mais dès que le nom de l’élu fut tombé de la bouche du cardinal-protodiacre, la source de la joie fut subitement tarie en nos âmes, laissant la place à la stupeur, presque à l’incrédulité.
Stupeur et incrédulité qui se changèrent en consternation dès que celui qui nous était présenté comme nouveau Pape parut sur le balcon et ouvrit la bouche : je vous en prie, je vous en supplie, dites-moi que je rêve ; dites-moi que ceci n’est qu’un cauchemar ; dites-moi que je vais m’éveiller et que ce trouble maléfique se dissipera…

Mais non !
Force fut de se rendre à l’évidence : le cauchemar était réalité.
Et la réalité du cauchemar s’est faite plus intense, plus troublante, plus inquiétante, plus alarmante, plus douloureuse de jour en jour, depuis cette traumatisante soirée du 13 mars 2013.

Comme frappés par la foudre, nous ne nous sommes pas remis de notre état de choc qui, au lieu de s’atténuer, est allé croissant.
Nous sommes passés de la stupeur à la consternation, de la consternation à l’inquiétude, de l’inquiétude à l’effroi…
Et maintenant, en quoi notre effroi se changera-t-il ?

Du monde entier, nous recevons chaque jour les témoignages de la consternation, de l’inquiétude et de l’effroi de fidèles, de religieux, de prêtres, voire même désormais d’évêques ou de cardinaux.
Car ce que j’écris n’est pas sous l’effet d’une « impression subjective et isolée ». Il s’agit de bien plus qu’un « sentiment ». C’est un cri spirituel qui jaillit du plus intime des âmes : un cri de souffrance inspiré par la Foi catholique la plus authentique et par l’amour de notre mère la Sainte Eglise.
Et ce cri monte de tous les points du globe. Et ce cri jaillit de coeurs de plus en plus nombreux. Et ce cri que l’on a longtemps respectueusement contenu dans le silence de la prière s’exprime de plus en plus au grand jour.

Presque chacun des jours de ces deux années écoulées, en effet, est devenu la station d’un terrible chemin de croix psychologique et spirituel.
Un long chemin de croix dont on ne sait quand il prendra fin.
Un chemin de croix qui, même si au demeurant l’on est bien convaincu que, par delà le crucifiement et le tombeau, il nous conduira – comme pour notre divin Maître – vers une résurrection, nous torture cruellement au plus intime de notre être de chrétiens et de consacrés.
Un chemin de croix sur lequel avancent des fidèles de plus en plus nombreux, des religieux de plus en plus nombreux, des prêtres de plus en plus nombreux…

Ces prêtres, ces religieux aiment la Sainte Eglise.
Ils l’aiment d’un amour si fort qu’ils ont donné leur vie pour elle, et ils renouvellent chaque jour leur don entier au Christ par Son Eglise : « M’est avis que du Christ et de l’Eglise c’est tout un » peuvent-ils redire à la suite de Sainte Jehanne d’Arc.
Ces prêtres et ces religieux sont fermement résolus à ne rien reprendre de leur don total, bien déterminés à se dépenser sans compter pour la doctrine de vie, de vérité et de salut de la Sainte Eglise du Christ, mais, en raison précisément de la profondeur et de la vérité de leur amour pour l’Eglise, ils sont d’autant plus douloureusement torturés dans l’intime de leur âme aujourd’hui.

Je n’ai pas pour dessein d’écrire ici une quelconque forme de réquisitoire envers l’actuel occupant du trône pontifical.
Je constate seulement.
Je constate et je témoigne de faits. Non pas de faits supposés, mais de faits réels, certains, avérés.

Il ne m’appartient pas de dire si l’élection du pape François est valide ou ne l’est pas, si ses propos sont hérétiques ou ne le sont pas, s’il est un antipape ou s’il ne l’est pas (car qui pourrait sérieusement soutenir que l’Eglise du XXIe siècle serait à l’abri de semblable malheur ?) : sur toutes ces choses, c’est l’Eglise et l’Eglise seule qui, dans l’avenir, tranchera.

Pour l’heure, ce qui est là, ce qui demeure, ce qui s’intensifie, c’est cette immense souffrance qui – malgré la foi, l’espérance et la charité auxquelles nous nous cramponons de toutes les forces de notre âme – n’en creuse pas moins en nous de toujours plus insondables abîmes.

Que Dieu Notre-Seigneur, dans Sa douce compassion, aie pitié de nos larmes, aie pitié de nos âmes, et les garde en Sa miséricorde !

                                                         Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

11 février 2013 - foudre sur la basilique Saint-Pierre

2015-35. « Ne derelinquas nos orphanos : ne nous laissez pas orphelins… »

Samedi des Quatre-Temps de printemps, 28 février 2015.
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de la Translation des reliques de notre Bienheureux Père.

Armoiries de Benoît XVI

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je n’ai pas pour dessein de vous parler aujourd’hui des commémoraisons historiques et célébrations liturgiques qui reviennent chaque année à cette date du 28 février, comme par exemple l’anniversaire de l’épouvantable massacre des Lucs-sur-Boulogne perpétré en 1794 par les colonnes infernales, ou bien la fête de la translation des reliques de notre Bienheureux Père Saint Augustin : je vous en avais un peu parlé, l’an dernier à cette même date, et je vous y renvoie donc (cf. > réflexions félines et citations – février 2014).

En revanche, je tiens à revenir sur le deuxième anniversaire de l’abdication de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, le 28 février 2013.

Oh, ce triste, ce très triste, cet infiniment triste 28 février 2013 !…

Après le dernier salut à Castel Gandolfo le soir du 28 février 2013

Castel-Gandolfo au soir du 28 février 2013, après avoir adressé un dernier salut aux fidèles…

Notre amie Béatrice, qui anime avec un zèle et une intelligence peu communs – et très courageux – le très remarquable site « Benoit et moi », grâce auquel on peut avoir accès à beaucoup de choses que l’on ne trouve pas ailleurs (et pour cause !), a mis en ligne ce matin une belle page d’hommage à notre très cher et très grand Pape Benoît XVI à laquelle je vous renvoie (ici > 28 février 2013) : vous pourrez de la sorte revoir quelques mini-vidéos et très belles photos de cette déchirante journée…

Déchirante journée !
Oh, non ! ce n’est pas par hasard, par simple effet de style ou par exagération que j’emploie ces mots.

Le 28 février 2013, nous étions un peu « sonnés », nous ne réalisions pas encore très bien ce qui se passait… et, surtout, nous avions fortement chevillée au coeur l’espérance de voir succéder à l’humble Benoît XVI, un pape dans la continuité des presque neuf années lumineuses de son Pontificat.

Las !
Deux ans plus tard, ce départ, sur lequel plus que jamais toutes les interrogations sont permises, nous est encore plus douloureux qu’alors.
Le vide et l’absence creusés par le retrait de Benoît XVI se sont changés – en dépit de la foi et de l’espérance que nous ne voulons pas lâcher – en une angoisse quotidienne pour l’Eglise et pour son devenir, en une inquiétude de tous les jours pour l’avenir même du christianisme et, par contrecoup, pour l’avenir de notre civilisation !

Je ne veux pas trop m’étendre sur certaines choses aujourd’hui.
Sans doute les événements à venir, événements que nous pressentons, événements dont nous entrevoyons les alarmants prémices, me fourniront-ils l’occasion de le faire… hélas !

Tout ce que je veux dire aujourd’hui, tout ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un homme d’une intelligence et d’une lucidité supérieures, nourries aux sources vivifiantes des Pères de l’Eglise et de la Tradition catholique…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un pape d’une rare intégrité morale et spirituelle, alliée à une douceur et une humilité véritablement évangéliques
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un authentique Souverain Pontife, c’est-à-dire un véritable grand prêtre, qui apportait un soin et une attention remarquables au culte divin, la plus grande chose que l’on puisse accomplir ici-bas…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un docteur de la foi pour nos esprits, un modèle de piété fervente et discrète pour nos âmes, un véritable père pour nos coeurs…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, un savant délicat et raffiné, homme de vraie culture, qui agissait sans se soucier de plaire au monde mais conduit par une vision sagace des vérités éternelles…

Tout cela, nous ne l’avons plus !
Tout cela, nous l’avons perdu en le perdant !
Le coeur navré, je ne peux m’empêcher de penser à la citation – terrible citation – de Clive Staples Lewis : « Il viendra un temps où au lieu d’avoir des bergers nourrissant les brebis, l’Église aura des clowns qui amuseront les chèvres »(*)

En regardant ce matin, grâce au site « Benoit et moi », les photographies et les mini-vidéos de ce déchirant 28 février 2013, j’ai vu mon papa-moine qui ne pouvait retenir de gros sanglots et ses larmes couler en abondance…
Me sont alors revenues à l’esprit ces paroles de notre belle liturgie latine au moment de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Ne derelinquas nos orphanos : ne nous laissez pas orphelins… »

Lully.

Fermeture de la porte du palais apostolique

Fermeture de la porte du palais apostolique de Castel-Gandolfo, le soir du 28 février 2013…

(*) voir aussi > Et maintenant, en quoi notre effroi se changera-t-il ?

2015-30. Métaphysique des voeux (7ème et dernière partie).

7ème partie :
Où le Maître-Chat dévoile enfin le seul sens qui lui paraisse pleinement cohérent
des voeux que nous formulons ici-bas…

frise

Nous voulons encore en ce jour
vous souhaiter

une très bonne et belle nouvelle année !!!

(selon le calendrier chinois)

Petit chinois tirant la queue d'un chat - 1907

Petit chinois tirant la queue d’un chaton :
carte de voeux de 1907
que le Maître-Chat Lully n’a que très modérément appréciée…

Jeudi soir 19 février 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains de mes lecteurs s’impatientaient et m’ont adressé des messages en me disant : « Alors, quand donc finirez-vous, ô Maître-Chat, la publication de votre métaphysique des voeux ? ».
Si je vous ai intentionnellement fait « mijoter », c’est parce que j’attendais précisément ce 19 février 2015 : il me fournit l’occasion de vous présenter à nouveau de très fervents voeux de « Bonne Année », puisque nous sommes justement au jour de l’an du calendrier chinois !!!
Pour les asiatiques, nous sommes entrés aujourd’hui dans l’année du mouton (d’autres disent année de la chèvre). 

Contrairement à ce que s’obstinent à croire certains de mes lecteurs – malgré mes précédentes dénégations et explications – , je ne suis pas contre la formulation de voeux : c’est même avec une ferveur très particulière qu’en ce jour je vous souhaite – dans le contexte très précis de notre société et des événements qui la secouent depuis le début de l’année grégorienne 2015 - de ne pas avoir de comportement moutonnier par rapport aux politiques et aux faiseurs d’opinion, par rapport à ceux qui distillent l’information  et aux distributeurs de prêt-à-penser, par rapport aux modes et aux idéologies… etc.

La réflexion que j’ai voulu engager à travers cette modeste « métaphysique des voeux » n’avait pas d’autre ambition que de vous amener, amis lecteurs, à vous interroger sur la coutume, afin d’en mieux découvrir le sens et, en conséquence, pour la vivre d’une manière renouvelée et plus intense.

Les réactions presque scandalisées, sinon agacées, suscitées par certaines de mes questions, ainsi que la fragilité de l’argumentation qui m’était opposée dans la plupart des cas, m’ont renforcé dans la certitude que, moins que jamais, nous ne pouvons poser des actes ou proférer des paroles simplement « parce que c’est comme ça », ou par pur formalisme, sans y croire vraiment, juste au nom d’une courtoisie dont la belle façade ne serait ni plus ni moins qu’un décor de théâtre masquant du vide.

lanterne chinoise gif

La prise de conscience de ce que sont en réalité les repères temporels nécessaires à notre vie terrestre, et spécialement en ce qui concerne la vie sociale (avec leur part d’arbitraire et leur caractère conventionnel) aide à prendre du recul par rapport à ces jalons que sont certaines dates particulières : jour de l’an, jours de fête ou anniversaires…
Prendre du recul n’est pas mépriser, mais prépare en fait une meilleure appréciation de l’écoulement du temps, de la manière dont nous mesurons cet écoulement du temps, et de la façon dont nous nous situons dans cet inexorable flux temporel qui nous emporte.

Comme je l’avais fait remarquer (ici > www), la prise de conscience du temps qui passe, apporte de manière quasi inévitable la compréhension que ce temps qui s’écoule – sans que nous puissions l’arrêter ni en remonter le cours – , d’une part nous rapproche de notre fin (la mort qui marquera pour chacun d’entre nous la fin du temps) ; et d’autre part sera peuplé d’événements tour à tour heureux ou malheureux.
C’est donc bien là que se situe tout l’enjeu des voeux que nous formulons à l’occasion des étapes dont nous marquons la mesure du temps : tous ces jours de l’an, toutes ces fêtes et tous ces anniversaires, occasions d’offrir des voeux.
Nos voeux sont-ils autre chose que l’affirmation d’une double volonté : volonté, en premier lieu, de repousser le plus loin possible cet instant qui sera la fin personnelle du temps – la mort – ; et volonté, en second lieu, d’éloigner le malheur de ces jours, de ces semaines, de ces mois et de ces années qu’il nous reste à vivre ?

Je ne suis pas loin de penser que, pour un grand nombre de nos contemporains, ces espèces de « rites de passage » que sont les fêtes et voeux du nouvel an, constitutent, plus ou moins consciemment, une manière de conjurer la peur (cf. > www). Parce qu’en fait nous avons peur : peur que la mort nous prenne trop vite, peur de n’avoir pas assez de temps pour profiter pleinement de la vie, peur que la mort nous ravisse trop tôt ceux qui nous sont chers, peur de voir le malheur fondre sur ceux que nous aimons…
De là ces questions que je posais à propos de la formulation des voeux : Croyons-nous que la parole humaine peut influer sur l’avenir ? Le fait de prononcer certaines formules précises à certains moments précis serait-il efficace pour repousser le malheur et apporter le bonheur ? Serions-nous dans une démarche magique ?

C’est aussi pour cela que j’interrogeais sur la nature de ce « bien » et de ce « meilleur » que l’on souhaite à ceux auxquels on offre des voeux (cf. > www) : Quelles sont les perspectives qui donnent vraiment du sens à toutes ces bonnes choses que l’on se souhaite ? S’agit-il du bien selon le point de vue subjectif de celui qui formule les voeux, ou du bien selon le point de vue tout aussi subjectif, de celui auxquels ils sont adressés ? Y a-t-il un bien universel et objectif qui puisse convenir à toute l’humanité ?

petite chinoise et chat

Peut-être eût-il été convenable, avant toute autre chose, de nous interroger sur le sens du mot voeu.
Il est en effet primordial, avant d’engager un débat, de préciser le sens des mots : sinon, comment être certain que tous les protagonistes de la discussion les emploient en pensant aux mêmes réalités ?
Vous-même, qui me lisez, avez-vous en votre for intérieur essayé, sans recourir à un dictionnaire, de définir pour vous-même le sens du mot « voeu » ?

En ce qui me concerne, si j’ai attendu cette ultime publication pour venir à sa définition, c’est parce que mon dessein était bien réfléchi et arrêté avant même que je n’écrivisse la première partie de cette modeste « métaphysique ».

Le mot français « voeu » provient du latin classique « votum » qui désigne originellement une promesse faite aux dieux en échange d’une faveur sollicitée ou accordée. Par extension, « votum » désigne ensuite l’objet que l’on offre en accomplissement de cette promesse : un objet votif, ou ex-voto. Enfin d’une manière générale, « votum » servit à désigner un souhait. Notons qu’à l’époque impériale, « votum » fut aussi employé pour parler des engagements des époux l’un envers l’autre.
En français, le mot « voeu » a tout d’abord conservé le même premier sens qu’en latin, à la différence qu’il ne s’agissait plus des divinités païennes mais du Dieu unique de la révélation chrétienne ; depuis le XIIe siècle le mot français « voeu » signifie donc au premier chef : promesse faite à Dieu par laquelle on s’engage à quelque chose envers Lui. Ensuite, à partir du XVIe siècle, le mot « voeu » a également pris le sens de « souhait adressé à Dieu » sans qu’il y soit associé une promesse explicite. C’est à partir du XVIIe siècle seulement que le mot fut employé pour désigner les souhaits adressés à une personne, en particulier au commencement de l’année nouvelle.
On le voit, à travers ce bref (car je passe sur quelques autres sens dérivés) rappel sémantique, le mot « voeu » a une origine d’abord spirituelle, est d’abord investi d’un sens religieux.
Pour moi, là se trouve la clef !

lanterne chinoise gif

A mes yeux, c’est ce sens spirituel et religieux du mot « voeu » qui donne tout son sens, toute sa plénitude de sens à la coutume d’offrir des voeux à ceux que nous aimons ou pour lesquels, sans forcément être leurs intimes, nous éprouvons du respect et auxquels nous voulons du bien.
Si, en effet, je ne veux pas que mes souhaits ne soient que des formules creuses et sans efficacité exprimées par
 simple convenance, si je ne crois pas non plus qu’ils sont de la « magie », influant sur le destin par le seul fait de la récitation de la bonne formule selon un rituel bien défini, le seul sens cohérent, qui résout tous les problèmes que j’ai évoqués lors de mes précédentes publications, est donc d’en faire une forme de prière adressée à Dieu en faveur de ceux auxquels nous souhaitons du bien.

En dehors de souhaits adressés à Dieu afin que Sa sainte grâce se répande en bénédictions abondantes pour la santé, pour la prospérité, pour le bonheur – terrestre et éternel – de ceux qui nous sont proches, de ceux que nous aimons, de ceux pour lesquels nous souhaitons ardemment ce qu’il peut y avoir de mieux, les voeux de « Bonne Année », mais aussi de « Bonne fête » ou de « Bon anniversaire », ne peuvent rien, ne sont qu’impuissance et vide, quelque aimable et fleurie que soit leur apparence, quelque chaleureuse et joyeuse que veuille être leur formulation !

Compris ainsi, non seulement je ne suis pas « contre les voeux », mais j’en suis tellement « fan », que ce n’est pas seulement à l’occasion du jour de l’an – qu’il soit grégorien, julien ou chinois – , mais, en vérité, c’est bien tous les jours, inlassablement, que je forme des voeux pour vous : c’est tous les jours que je vous présente mes voeux, c’est tous les jours que je prie pour vous et que je demande pour vous à Dieu, qui connaît bien mieux que nous ce qui est bon pour nous et ce qui peut faire notre bonheur – ici bas et dans l’éternité – , la surabondance de Ses bénédictions !

Et je ne puis terminer de manière plus belle qu’avec cette citation de Gustave Thibon, que j’ai déjà eu l’occasion de citer dans les pages de ce blogue, car je la répète souvent (mais peut-on s’en lasser ?), parce qu’elle exprime si bien la réalité :
« Prière. – Je prie pour vous – cela ne signifie pas que je prononce de temps en temps quelques paroles en pensant à vous ; cela signifie que je me sens responsable de vous dans ma chair et dans mon âme, que je vous porte en moi comme une mère porte son enfant, que je veux partager, et non seulement partager, mais attirer entièrement sur moi tout le mal, toute la douleur qui vous menacent et que j’offre à Dieu toute ma nuit pour qu’il vous la rende en lumière ».

Bon jour ! Bon mois ! Bon an !
Bonne vie, en tout le temps qui vous sera donné !
Et ensuite, bonne éternité !

pattes de chat Lully.

Les précédents textes publiés sous le titre de « Métaphysique des Voeux »
sont à retrouver à partir d’ici > www

Lully au regard perçant

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 19 février, 2015 |3 Commentaires »

2015-22. Où, à l’occasion de la fête de Saint Polycarpe, le Maître-Chat évoque les liens du diocèse de Viviers avec cet illustre martyr, grâce à Saint Andéol.

Lundi soir 26 janvier 2015,
fête de Saint Polycarpe, évêque et martyr.

Martyre de Saint Polycarpe

Le martyre de Saint Polycarpe (fresque byzantine)

« (…) Abandonnons la vanité des foules et les enseignements mensongers
pour revenir à la parole qui nous a été transmise dès le commencement (…) »
- épître de Saint Polycarpe de Smyrne aux Philippiens, § 7 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 26 janvier, la fête de Saint Polycarpe me fournit l’occasion de vous parler un peu du diocèse de Viviers, sur le territoire duquel est implanté notre Mesnil-Marie.

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, né vers l’an 70 de notre ère, avait connu l’apôtre et évangéliste Saint Jean : l’opinion commune est même que c’est à son intention que fut dictée à Saint Jean, dans les révélations qu’il reçut, la lettre à « l’ange de l’Eglise de Smyrne » (cf. Apoc. II, 8-11).
C’est toujours avec un grand profit spirituel que l’on relit le seul texte de Saint Polycarpe qui nous soit parvenu – son épître aux Philippiens (par exemple > ici) – ou encore le récit de son martyre, écrit par un contemporain (cf. > ici).

Nous le vénérons à un titre particulier parce que c’est lui qui missionna dans les Gaules non seulement les premiers pasteurs de l’Eglise de Lyon, les saints Pothin et Irénée, mais également celui que de très antiques traditions nous disent avoir été le premier évangélisateur du territoire qui deviendra le Vivarais : Saint Andéol.
Ainsi, par Saint Andéol et Saint Polycarpe, l’Eglise diocésaine de Viviers peut-elle être, en quelque manière, directement rattachée à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » (Joan. XIII, 23), qui reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur à la dernière Cène, qui l’accompagna jusqu’à la Croix et contempla le Sacré-Coeur transpercé, puis qui « prit chez lui » (Joan. XIX, 27) la Très Sainte Vierge Marie.

Saint Andéol n’était pas prêtre, mais seulement sous-diacre. Il évangélisa la vallée du Rhône et les provinces méridionales de la Gaule romaine pendant une quarantaine d’années.
C’est au moment du passage de l’empereur Septime-Sévère, alors en route vers la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), qu’il fut pris et martyrisé, le 1er mai 208.
La ville de Bergoïata, où il fut supplicié et mis à mort, deviendra par la suite Bourg-Saint-Andéol.

Statue de Saint Andéol façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol

Statue de Saint Andéol sur la façade XVIIe siècle de l’église de Bourg-Saint-Andéol :
le saint est représenté avec la tunique du sous-diacre et avec le glaive de son martyre enfoncé dans le crâne.

La Bienheureuse Tullia qui avait recueilli son corps, le cacha dans un sarcophage antique, dont l’un des côtés fut re-sculpté par la suite, en accord avec le précieux dépôt qu’il renfermait.
Ce sarcophage se trouve toujours dans l’actuelle église du Bourg-Saint-Andéol.

Il ne contient malheureusement plus les reliques du saint martyr : si elles avaient heureusement échappé aux destructions et profanations des huguenots, elles furent malheureusement livrées aux flammes par la fureur révolutionnaire… Mais le sarcophage, considéré comme étant lui-même une relique, fut pendant très longtemps mis à l’honneur sous le maître-autel.
Lorsque ce dernier fut détruit à son tour, lors de la révolution liturgique post-concilaire, le sarcophage qui avait été tellement vénéré par des générations de fidèles, fut relégué dans une chapelle latérale, n’étant plus désormais présenté que comme une curiosité archéologique.

Maître-autel avec le sarcophage de Saint Andéol (église de Bourg-Saint-Andéol autrefois)

Le sarcophage de Saint Andéol placé à l’honneur sous la table du maître-autel de l’église de Bourg-Saint-Andéol
(avant les « aménagements » post-concilaires). 

C’est au milieu du IXème siècle, que le tombeau de Saint Andéol, enfoui dans une crypte, qui avait été elle-même ensevelie lors des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Age, fut redécouvert par Bernoin, évêque de Viviers.
Bernoin, après avoir prié et jeûné pour demander à Dieu la grâce de retrouver les précieuses reliques de Saint Andéol, vit en songe Saint Polycarpe lui-même, et c’est selon les indications données par ce dernier qu’il retrouva l’emplacement de la crypte antique renfermant le sarcophage du martyr.

L’évêque Bernoin et ses successeurs promurent le culte de Saint Andéol dont ils firent un élément d’unification de leur diocèse et – il faut bien le dire aussi – , en un temps où le diocèse de Viviers, quoique théoriquement dépendant du Saint Empire Romain Germanique (jusqu’en 1308), devenait un comté ecclésiastique quasi indépendant, ce fut un moyen de renforcer le prestige et le pouvoir temporel des comtes-évêques de Viviers.

Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les comtes-évêques résidèrent d’ailleurs principalement au Bourg-Saint-Andéol (dans un extraordinaire palais épiscopal qui fait aujourd’hui l’objet d’une remarquable restauration), tout près du tombeau de Saint Andéol, plutôt qu’en leur cité épiscopale.

Sarcophage de Saint Andéol

Le sarcophage de Saint Andéol, dans l’église du Bourg-Saint-Andéol (face paléochrétienne)

Notre diocèse de Viviers, si peu reluisant de nos jours, possède, vous en avez ici une fois de plus un petit aperçu, mes chers Amis, une histoire fort riche, puisque ses origines antiques le rattachent directement aux temps apostoliques.
Nous en sommes particulièrement – et très légitimement – fiers.

Néanmoins, et j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer en 2011 dans les pages de ce blogue en publiant une étude parue dans « Paix liturgique », c’est un diocèse actuellement sinistré : profondément et tragiquement sinistré par le modernisme (cf. > www).
Quatre ans plus tard, les choses ne se sont pas améliorées : les prêtres continuent de mourir et ne sont pas remplacés (il n’y aura sans doute pas d’ordination de prêtre diocésain avant de nombreuses années), les églises continuent à se vider, le nombre des baptêmes poursuit son déclin, la foi catholique n’est plus vraiment enseignée et la plupart des fidèles professe une vague croyance aux contours imprécis, les gens meurent sans les derniers sacrements, la célébration de la messe pour les funérailles tend à diminuer… etc.

La situation d’aujourd’hui n’est finalement guère plus brillante qu’au début du XVIIe siècle lorsque Monseigneur Louis François de la Baume de Suze – coadjuteur en 1618, puis comte-évêque en titre de 1621 à 1690 – prit la charge d’un diocèse matériellement et spirituellement exsangue (on dit qu’il y avait alors moins de vingt curés en exercice et que plus de 75% des églises étaient en ruines) : mais il était animé d’un zèle ardent pour la rechristianisation du Vivarais, et il sut faire appel à des forces saines et vives pour cet immense labeur, spécialement à Saint Jean-François Régis (cf. > www). C’est d’ailleurs dans son palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol que Monseigneur de la Baume de Suze accueillit le Père Régis et lui confia le diocèse de Viviers comme terre de mission où il fallait quasi tout reprendre à zéro…

Statue de Saint Andéol sur la façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol - détail

Statue de Saint Andéol sur la façade de l’église de Bourg-Saint-Andéol – détail.

Dans deux mois exactement, le siège épiscopal de Viviers se trouvera normalement vacant, puisque son actuel occupant, Monseigneur François Blondel, arrivera ce 24 mars 2015 à l’âge de soixante-quinze ans, âge auquel il doit, selon les règles canoniques en vigueur, présenter au Saint-Siège la renonciation à sa charge.

Depuis longtemps déjà, Frère Maximilien-Marie prie et supplie pour demander à Dieu un évêque selon Son Coeur : un évêque qui soit un véritable docteur de la foi catholique la plus authentique ; un évêque qui soit un pasteur à l’image du Bon Pasteur, avec une inlassable sollicitude pour le salut des âmes à lui confiées ; un évêque qui soit un véritable père, pas tant par la manière dont il se fera appeler que par les délicatesses de la charité avec laquelle il entourera les fidèles ; un évêque qui soit un digne successeur des saints Apôtres par son zèle inlassable et par sa force d’âme ; un évêque dont la ferveur spirituelle soit exemplaire et communicative ; un évêque qui soit moins un administrateur qu’un missionnaire ; un évêque dont l’ardeur ne se laisse pas entraver par la pesanteur des cadavres accumulés par quelque cinquante années de modernisme mortifère.

Nous prions donc et supplions Saint Polycarpe et Saint Andéol - avec Saint Vincent, céleste protecteur de notre cathédrale (cf. > www) – qui se dépensèrent sans compter et ne craignirent pas de verser leur sang pour la vérité de l’Evangile, afin qu’ils intercèdent puissamment pour ce diocèse de Viviers et lui obtiennent la grâce d’une véritable résurrection : selon les termes de la citation que j’ai mise en exergue de cette humble chronique, en abandonnant les enseignements mensongers et en revenant à la parole qui lui a été transmise dès le commencement…

patte de chat Lully.

palmes

2015-21. « Valeurs de la république » ???

Samedi soir 24 janvier 2015,
fête de Saint Timothée, évêque et martyr.

« Viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ;
mais au gré de leurs passions et l’oreille leur démangeant,
ils se donneront des maîtres à foison et détourneront leur ouïe de la vérité
pour se tourner vers des fables… »
(2 Tim. IV, 3-4)

Les chats ont-ils droit à la « liberté d’expression », ou bien – comme tant d’autres – cette formule n’est-elle qu’un leurre pour ne permettre qu’aux ennemis de la Vérité et du Bien de vomir leurs insanités ?
Depuis des jours et des jours, j’entends des êtres malfaisants ou inconsistants, avec des trémolos attendrissants dans la voix, surfer sur la vague de l’émotion et de l’indignation des peuples pour chanter sur tous les tons les « valeurs de la république ».

Lao-Tseu disait que « lorsque le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».
Eh bien, pour ce qui me concerne, je dois être bien plus qu’un idiot parce que non seulement je regarde le doigt qui veut me faire regarder la lune, mais j’ai également tendance à observer à qui appartient le doigt de celui qui veut me faire regarder la lune, à me demander quelles peuvent bien être les raisons pour lesquelles il tient tant à ce que je regarde la lune, et enfin – ce faisant – de quelle autre chose il voudrait que je détourne mon regard pendant que je regarderai la lune… etc.

En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis incontestablement bien pis qu’un idiot !
Alors, comme aux faibles d’esprit on condescend à laisser dire ce que l’on ne permettrait pas à des personnes sensées, je vous invite à regarder le doigt avec moi… 

Patte de chat Lully.        

BD - Valeur de la république détail 2

Valeurs de la république - BD

lys 2

BD - Valeur de la république détail 1

Voir aussi :
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > www
- 21 septembre 1792 : rappel de quelques vérités > www

2015-17. Yvette Guilbert : « Le voyage à Bethléem ».

Mardi 20 janvier 2015.

Yvette Guilbert par Toulouse-Lautrec

Yvette Guilbert, portrait par Henri de Toulouse-Lautrec.

Le nom d’Yvette Guilbert dit-il encore quelque chose à quelques uns d’entre vous, chers lecteurs ? Je l’espère !
Peut-être quelque Tartuffe trouvera-t-il incongru que je la cite aujourd’hui dans les pages de mon blogue, car – chanteuse et actrice – elle ne fut sans doute pas une sainte ni un pilier d’église (quoique je dispose de fort peu de renseignements sur sa vie), mais ce fut une grande dame de la chanson française : en nos temps de médiocrité et d’inculture, je ne dédaigne pas de rappeler, quand l’occasion s’en présente, ces personnes qui ont marqué la vie et la culture des générations qui nous ont précédés.
Cela nous aide aussi à prendre un peu de recul par rapport à la tristesse des temps présents…

Si donc j’évoque aujourd’hui Yvette Guilbert, c’est parce que ce 20 janvier 2015 marque le cent-cinquantième anniversaire de sa naissance : le 20 janvier 1865.

Yvette Guilbert ne fut pas que l’interprête de « Je suis pocharde »« Madame Arthur » et autres chansons légères : il en est une, dans son répertoire, qui est particulièrement poignante et qu’elle interprêta avec une intensité dramatique qui, aujourd’hui encore, ne nous laisse pas indifférents, avec son égrenage impitoyable des heures tandis que la Vierge Marie approche de son terme et, qu’avec Saint Joseph, elle voit se fermer l’une après l’autre les portes des hôtelleries : cette chanson s’intitule « Le voyage à Bethléem ».
Nous sommes encore – jusqu’au 2 février – dans le temps de la crèche, c’est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de vous en recopier ci-dessous et les paroles et l’enregistrement.
Vous reconnaîtrez bien sûr la mélodie de l’un de nos plus anciens noël populaire : « Or nous dites, Marie », qui remonte au moins au XVe siècle et dont le thème a été souvent repris par les compositeurs et organistes de l’époque baroque.

Le mystère d’un Dieu rejeté, méconnu, qui se heurte à des coeurs fermés n’est pas le « privilège » des seuls habitants de Bethléem aux jours d’Hérode le Grand : il se répète cruellement à toutes les générations ; il se répète cruellement sous nos yeux, aujourd’hui même, et chez nous… 

En dépit donc des apparences, cette évocation du cent-cinquantième anniversaire de la naissance d’Yvette Guilbert, n’a rien d’une publication frivole : des ténèbres spirituelles étendent sur notre société crépusculaire une chape de désespérance et de malheurs bien plus noire que les ailes du plus noir corbeau, pendant que les portes des coeurs continuent à se fermer devant Jésus, l’unique Rédempteur, le seul capable de rendre à ce monde sa jeunesse et sa joie…
Puisse-t-Il, du moins, fortifier et soutenir par Sa grâce ceux qui veulent Lui rester fidèles, et renouveler à tout moment dans leurs coeurs la joie et l’espérance invincibles qui sont les conséquences de Son Incarnation : « Il est né le divin Enfant : sonnez, hautbois, résonnez souvent ! »

Lully.

Guirlande de sapin - gif

Nous voici dans la ville
Où naquit autrefois
Le roi le plus habile,
David, le Roi des Rois.
- « Allons, chère Marie,
Devers cet horloger :
C’est une hôtellerie,
Nous y pourrons loger. »
Il est six heures !

- « Mon cher monsieur, de grâce,
N’auriez-vous point chez vous
Quelque petite place,
Quelque chambre pour nous ? »
- « Vous perdez votre peine ;
Vous venez un peu tard :
Ma maison est trop pleine,
Cherchez quelqu’autre part ! »
Il est sept heures !

- « Passant à l’autre rue,
Laquelle est vis-à-vis,
Tout devant notre vue
J’aperçois un logis… »
- « Joseph, ton bras, de grâce,
Je ne puis plus marcher,
Je me trouve si lasse… »
- « Il faut pourtant chercher ! »
Il est huit heures !

- « Patron des « Trois Couronnes »
Auriez-vous logement
Chez vous pour deux personnes :
Quelque trou seulement ? »
- « J’ai noble compagnie
Dont j’aurai du profit.
Je hais la pauvrerie :
Allez-vous en d’ici ! »

- « Monsieur, je vous en prie
Pour l’amour du Bon Dieu,
Dans votre hôtellerie
Que nous ayons un lieu. »
- « Cherchez votre retraite
Autre part, charpentier !
Ma maison n’est point faite
Pour des gens de métier. »
Il est neuf heures !

- « Madame du « Cheval rouge »
De grâce logez-nous
Dans quelque petit bouge,
Dans quelque coin chez vous. »
- « Mais je n’ai point de place ;
Je suis couchée sans drap
Ce soir sur la paillasse,
Sans autre matelas. »

- « Oh ! Madame l’hôtesse, »
Crie la Vierge à genoux,
« Pitié pour ma détresse :
Recevez-moi chez vous ! »
- « Excusez ma pensée, madame,
Je ne la puis cacher :
Vous êtes avancée, madame,
Et prête d’accoucher… »
Il est onze heures !

Dans l’état déplorable
Où Joseph est réduit,
Il découvre une étable
Malgré la sombre nuit :
C’est la seule retraite
Offerte à son espoir,
Ainsi que le prophète
Avait su le prévoir.
Il est minuit !

Il est minuit !

Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez, musettes !
Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez souvent !
Depuis plus de quatre mille ans,
L’avaient annoncé les prophètes.
Il est né le petit enfant :
Jouez, hautbois, résonnez souvent !

Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez musettes !
Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois, résonnez souvent !
Noël ! Noël ! Noël ! Noël !

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Guirlande de sapin - gif

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