Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2019-78. « Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France.»

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
à l’occasion du
220ème anniversaire de la répression sanglante de

l’insurrection catholique et royale d’août 1799
dans le Midi toulousain

On n’en finit pas de découvrir les abominables et innombrables méfaits de la grande révolution et d’approfondir à quel point elle constitue, sur l’ensemble du territoire du Royaume de France, un maillage sanglant de répressions, de destructions, de massacres et d’acharnement meurtrier systématique et planifié contre les populations restées profondément fidèles à leur foi et à leur Roi.

A l’été 1799, le Midi toulousain se souleva massivement contre le Directoire, contre la persécution religieuse (qui ne s’était pas arrêtée à la chute de Robespierre, loin s’en faut), contre le mépris de la véritable démocratie et des aspirations des Français lassés de dix années de désordres et d’exactions, de guerres et de décadence.
Ce soulèvement fut réprimé de manière impitoyable et se solda par des milliers de victimes, dont la république voulut effacer jusqu’au souvenir.

Un « Comité du Souvenir des Victimes de la révolution en Midi toulousain » s’est constitué à l’occasion du 220ème anniversaire de ces massacres et a organisé, le samedi 17 août dernier, un rassemblement au cours duquel fut célébrée une Sainte Messe (dans le rite latin traditionnel), après laquelle furent prononcées diverses allocutions et enfin lu un message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, qui avait honoré cette manifestation de son haut patronage.

Ce rassemblement s’est tenu à Montréjeau, petite ville du Comminges, où eut lieu un grand massacre le 19 août 1799. Selon les témoignages que nous avons reçus, une centaine de personnes se sont retrouvées sur place pour prier, maintenir le souvenir et envisager l’érection d’un monument commémoratif de ces événements.
Je renvoie tous ceux qui voudraient approfondir ces faits à l’annonce qui en avait été faite (cf. > ici), et je vous laisse maintenant prendre connaissance du message que notre Souverain légitime a adressé aux participants, mais également, au-delà de ceux qui étaient présents, à tous ses fidèles sujets.

clocher de Montréjeau - vue ancienne

Vue ancienne du clocher de Montréjeau
ville où eut lieu un important massacre contre les populations catholiques et royalistes le 19 août 1799
et où s’est tenue un rassemblement commémoratif le samedi 17 août 2019

Chers Amis,

En cette journée de commémoration des évènements douloureux de l’été 1799, je me joins à vous par la pensée et l’émotion.

Le massacre de Montréjeau fut le dernier et non des moindres, de la terrible décennie commencée avec les évènements de l’été 1789.   Ces derniers, animés par leur foi ardente et leur attachement au roi le protecteur naturel de leurs libertés, furent en effet nombreux dans toutes les provinces à résister au prix souvent de leur vie. La Vendée paya un terrible tribut, et le Midi toulousain n’est pas en reste.

Mais à l’horreur des massacres, les responsables ont ajouté le déni. Le forfait exécuté, il fallait l’oublier. Ainsi les morts n’eurent ni actes de décès ni sépultures. Il fallait supprimer les traces du crime afin qu’il soit oublié et que les familles et les enfants ne puissent pas se recueillir sur la tombe des martyrs.

Mais le sang ne s’efface pas. Deux siècles après, les descendants ont souhaité qu’enfin la lumière soit faite sur ces évènements. Comme cela commence en Vendée, les archéologues se mettent à étudier les charniers où furent déposées les victimes. La science vient au secours de l’histoire. Au secours de la Vérité.

Merci donc à tous ceux qui sont présents aujourd’hui. 
Merci aux organisateurs de l’évènement.
Merci aux membres du Comité du souvenir des victimes de la Révolution en Midi toulousain qui œuvrent pour qu’un monument commémoratif soit érigé. Il permettra de garder la trace de ce massacre afin de rendre un hommage aux victimes. Mais au-delà il permettra de se rappeler qu’il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France. 

Que tous les saints de France veillent sur les morts de Montréjeau et continuent à inspirer les Français et les rendent fidèles à leur histoire millénaire.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France & Navarre

2019-70. D’un bel ornement vert qui vient de nous revenir magnifiquement remis à neuf !

Lundi 5 août 2019,
Fête de la dédicace de Sainte-Marie aux Neiges (cf. > ici) ;
225ème anniversaire du martyre du Rd Père Rouville et des ses compagnons (cf. > ici et suivants).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tout comme Saint Jean-Marie Vianney, dont ce fut hier – 4 août 2019 – l’exact cent-soixantième anniversaire de la mort (+ 4 août 1869), nous sommes convaincus que rien n’est jamais trop beau pour le culte divin, à rebours de ceux qui, depuis plusieurs décennies, ont opéré de véritables sacages dans les églises et les sacristies pour y faire régner le misérabilisme et le mauvais goût.

Saint François d’Assise lui-même, dont on connaît l’attachement à la sainte pauvreté, enseignait que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel » ; c’est-à-dire que, s’il insistait sur une pratique rigoureuse du détachement et de l’austérité dans la vie de ses religieux, il n’en proclamait pas moins dans le même temps que, pour le sanctuaire et tout ce qui touche au culte divin – en particulier pour le Saint-Sacrifice de la Messe -, on ne doit pas être chiche mais, tout au contraire, ne pas regarder à la dépense.
Ceux donc qui prétendent imiter Saint François pour ôter de la liturgie catholique les très beaux ornements, les tissus précieux, les broderies d’or et d’argent, les matériaux nobles pour la confection de l’autel et des vases sacrés ainsi que pour la décoration du lieu saint, montrent soit qu’ils sont ignorants du véritable esprit de Saint François, soit – s’ils le font sciemment – qu’ils sont dans le mensonge en opérant un détournement de son enseignement…

Cela dit, je voudrais vous partager une vraie joie : une de ces petites joies concrètes qui jalonnent la vie du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Nous avions, dans le chasublier de l’oratoire du Mesnil-Marie, une chasuble verte qui, sans être extraordinaire par sa facture ou son ancienneté (selon toute vraisemblance, elle avait été confectionnée à la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle), était tout de même assez belle…
La croix brodée dans le dos est une broderie à la machine ; en revanche elle porte en son centre une broderie représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ montrant Son Cœur qui est une « peinture à l’aiguille » d’une grande finesse.
Dans l’iconoclasme triomphant consécutif au concile vaticandeux, elle avait bien failli disparaître dans un brasier allumé par des paroissiennes dévouées et obéissantes auxquelles leur curé avait donné l’ordre de brûler « toutes ces vieilleries qui ne servent plus et qui encombrent la sacristie » (sic).
Elle échappa néanmoins au feu et arriva dans nos tiroirs.

L’ornement était complet. Chasuble, étole, manipule, voile de calice et bourse : tout y était.
Mais il avait « vécu ». En plusieurs endroits la soie était fusée, déchirée ; le manipule avait été grossièrement reprisé comme s’il se fût agi d’une vieille chausette ; la chasuble avait été rapiécée… etc. Si, de loin, elle faisait encore bonne figure, de près elle inspirait des sentiments de pitié.
Elle dormait donc dans le tiroir du chasublier, et je regrettais souvent que ce beau Sacré-Cœur brodé ne puisse à nouveau rayonner pour la célébration de la Sainte Messe…

Or voici que la divine Providence, par le biais d’un célèbre réseau social, nous a permis de faire la connaissance de Guillaume, un jeune homme qui vit habituellement à plusieurs centaines de kilomètres de notre Mesnil-Marie, mais qui, en janvier dernier, est venu faire un stage chez un costumier du Puy-en-Velay.
Sans doute un jour lui demanderai-je de nous raconter de quelle manière il en est venu à créer des ornements liturgiques ou à les restaurer. En attendant, je vous encourage à aller visiter son site internet (Atelier Corneille > ici).
Guillaume aime la belle ouvrage, et ce qu’il propose est à cent lieues des horreurs que l’on trouve dans les catalogues de grandes maisons qui sévissent encore dans les presbytères et les sacristies. 

Bref, en janvier dernier donc, à l’issue d’une Sainte Messe dominicale, première brève rencontre réelle avec Guillaume qui, avant de repartir à Bressuire où il est établi, s’est aventuré un soir, à travers le massif du Mézenc enneigé (alors qu’il n’avait pas de pneus neige à son auto !!!), jusqu’en notre Thébaïde.
Il en est reparti avec deux ornements à restaurer, dont cet ornement vert que je vous ai présenté ci-dessus.
Je regrette fort de n’avoir point pensé à le photographier avant sa restauration, car vous eussiez pu juger par vous-même de sa transformation.

Hier, samedi 3 août, profitant de quelques jours de vacances qui l’amenaient dans nos contrées, Guillaume nous a rapporté l’ornement vert restauré.
Il serait plus juste de dire qu’il a été remis à neuf.

Chasuble restaurée 1

Notre chasuble verte restaurée a servi pour la Sainte Messe de ce dimanche 4 août 2019.

Ayant minutieusement décousu tous les galons d’origine et la croix brodée du dos de la chasuble, Guillaume a entièrement refait cette dernière, remplaçant la soie abîmée par une belle soie neuve dont la teinte d’un vert émeraude profond m’enchante et produit un heureux contraste avec la nuance plus tendre du fond de la broderie, qui était auparavant la teinte de toute la chasuble.

Chasuble restaurée 2

Ce dimanche 4 août, j’ai emporté à la chapelle du Puy-en-Velay cette chasuble si bien restaurée.
Monsieur l’Abbé l’a bénite et, ainsi que je m’y attendais, il a ensuite voulu qu’elle serve pour la célébration de la Sainte Messe de ce huitième dimanche après la Pentecôte.

Chasuble restaurée 3

Comme j’étais heureux de la voir à nouveau utiliser !
Nous attendons maintenant avec impatience de découvrir la restauration de la seconde chasuble confiée à Guillaume au mois de janvier dernier : une chasuble blanche portant une splendide croix brodée de fils d’or et d’argent, rehaussée de cabochons, que j’estime être d’époque Charles X, et qui avait déjà subi une réparation peu heureuse…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Et si vous souhaitez nous aider pour continuer à faire restaurer quelques beaux ornements anciens > ici

2019-66. De la remarquable sollicitude du gouvernement de la république pour les Français en période de fortes chaleurs.

Mardi 23 juillet 2019,
Fête de Saint Jean Cassien, abbé et confesseur ;
Mémoire de Saint Apollinaire, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Liboire, évêque et confesseur.

vaches à l'ombre

Le très remarquable (note à benêts : remarquable signifie « digne d’être remarqué » et il existe de multiples manières de remarquer quelqu’un ou quelque chose ; si l’on peut parfois être remarqué pour son excellence, on peut aussi l’être en raison de sa nullité…) gouvernement de la république qui occupe aujourd’hui la France, veut montrer qu’il est plein d’empathie et de sollicitude pour les citoyens, alors il leur conseille de boire, de se tenir autant que possible à l’ombre et de rester dans des endroits frais (et là, il s’est même trouvé des journalistes pour parler de rentrer dans les églises pour y trouver la fraîcheur ; à mon avis, primo cela constitue une intolérable atteinte à la laïcité et secundo c’est un conseil très discriminatoire puisqu’il n’est pas aussi et dans le même temps conseillé d’entrer dans les temples, les synagogues ou les mosquées !!!).

Comme je vis à la campagne, j’ai pu observer que les vaches, lorsqu’il fait très chaud, se regroupent d’elles-mêmes dans l’ombre des arbres et boivent davantage, sans qu’il soit besoin que leur éleveur, le maire, le préfet, le conseiller départemental, le député, le sénateur, le sinistre de l’agriculture, le président de l’ordre des vétérinaires, ou le gouvernement tout entier ne viennent leur conseiller de le faire.

J’en déduis que l’empathie et la sollicitude du gouvernement pour les citoyens en période de forte chaleur revient en réalité à penser que les Français sont moins intelligents que les vaches…
Mais il est vrai que déjà en 1940, un certain général à titre provisoire et futur fondateur de la cinquième république, considérait que les Français sont des veaux !

vaches gif animé

2019-63. Deux ouvrages de Marie-Joëlle Guillaume qui ont retenu notre attention.

Vendredi 19 juillet 2019,
Fête de Saint Vincent de Paul, confesseur (cf. > ici, > ici, et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je profite de cette fête de Saint Vincent de Paul pour vous parler de deux ouvrages dus à la plume du même auteur : Madame Marie-Joëlle Guillaume.

Née en 1949, agrégée de lettres classiques, Madame Guillaume a été éditorialiste à l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », membre – entre autres – de l’Académie d’Éducation et d’Études sociales, et auteur de très nombreux articles et conférences.
Elle s’intéresse depuis fort longtemps à l’histoire de l’Eglise, en particulier au XVIIe siècle, ainsi qu’aux rapports entre la culture, la politique et la spiritualité.

Elle avait publié deux ouvrages d’entretiens avec Son Eminence Révérendissime le Cardinal Paul Poupard, en 2001 chez Plon puis en 2003 chez Perrin. En 2007, aux éditions de La Table ronde, elle publie « Un printemps de gloire : souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet » ; puis en 2010, toujours chez Perrin, un ouvrage consacré à « Rémy Montagne : un démocrate chrétien dans le siècle »

Mis à part l’essai fort réussi de reconstitution des souvenirs de la Marquise de Rambouillet qui avait retenu mon attention, in illo tempore, il n’y avait pas jusqu’alors dans la bibliographie de Marie-Joëlle Guillaume d’autres éléments qui m’attirassent particulièrement, jusqu’à ce qu’en avril 2015 elle fit paraître une biographie de Saint Vincent de Paul qui m’a beaucoup intéressé.

Marie-Joëlle Guillaume Vincent de Paul un saint au grand siècle

A – « Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle » (Perrin – avril 2016) :

- Quatrième de couverture :
« Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l’illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d’évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable. 
Peu à peu, Vincent de Paul s’affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l’engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l’œuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d’Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l’Etat et s’engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d’un siècle plus tard. 
Homme de prière, homme d’action, meneur d’hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l’humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire. »

- Mon avis :
J’ai découvert cet ouvrage au début de l’été 2017 et je m’en suis servi de lecture de préparation à la fête de Saint Vincent de Paul cette année-là. C’est une excellente biographie dont on peut dire qu’elle s’impose par ses qualités d’écriture, par son sérieux et par sa profondeur spirituelle. Je n’hésiterai pas à parler d’une véritable « biographie de référence ».
Un bémol toutefois : Madame Guillaume est une catholique marquée par l’esprit de la « démocratie chrétienne » et par le pseudo œcuménisme post-vaticandeux et c’est ainsi que, en quelques petites touches qui pour être discrètes n’en sont pas moins réelles et récurrentes, elle semble avoir du mal à comprendre la gravité de l’hérésie protestante et de ses conséquences ecclésiologiques, spirituelles et politiques. Ainsi, conformément à la tendance dominant de nos jours dans l’ « Eglise officielle », elle s’emploie à mettre des guillemets relativisants aux termes d’hérésie et d’hérétiques chaque fois qu’elle ne peut faire autrement que de les utiliser, en conformité pourtant avec l’authentique théologie catholique et aux affirmations de Saint Vincent de Paul qui, pour être parfaitement claires n’en sont pas moins justement pleinement charitables puisque habitées par la vérité. C’est en effet une fausse charité, ou du moins une charité bien imparfaite, qu’une charité qui néglige de donner le nom d’erreurs aux fourvoiements de ceux que l’on prétend aimer.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Marie-Joëlle Guillaume Pour Dieu et pour le Roi

B – « Pour Dieu et pour le Roi » (Perrin – avril 2019) :

- Quatrième de couverture :
« La nature et l’évolution des relations entre le Trône et l’Autel, l’Église et l’État sous l’Ancien Régime sont difficiles à comprendre pour nos contemporains. De même que les conflits religieux qui l’émaillent – guerres de Religion, jansénisme, quiétisme… – et qui ont de multiples implications au plus haut sommet de l’État. Marie-Joëlle Guillaume en livre les arcanes par le biais des portraits de douze grands prélats français, du règne d’Henri III à celui de Louis XVI. 
Pierre de Gondi, François de La Rochefoucauld, Pierre de Bérulle, Richelieu, Bossuet, Fénelon, Valentin-Esprit Fléchier, Louis-Antoine de Noailles, Jean-Baptiste Massillon, André-Hercule de Fleury, Christophe de Beaumont et François-Joachim de Bernis : hommes d’État, hommes d’action, noms illustres des Lettres françaises ou prédicateurs en vue, tous sont de grandes âmes aux prises avec de grands débats. La présentation fouillée de leurs fortes personnalités, l’explication de leurs œuvres et de leurs actions conduisent à une plongée passionnante dans les XVIIe et XVIIIe siècles. Alliant la rigueur de l’historien à la limpidité du style, Marie-Joëlle Guillaume éclaire un pan encore largement méconnu de l’histoire politique et religieuse de la France moderne. »

- Mon avis :
Comme sa biographie de Saint Vincent de Paul, cet ouvrage de Madame Guillaume est largement positif. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tout en recevoir comme si cela était « parole d’Evangile » !!!
Les douze prélats qu’elle a choisis pour illustrer le rôle unique de l’Eglise au service de la royauté très chrétienne dans ces deux magnifiques XVIIe et XVIIIe siècles sont véritablement emblématiques, et Madame Guillaume a su en dresser des portraits intelligents et plutôt sympathiques.
Avec un réel talent, elle fait ressortir les mérites et rend très attachantes d’admirables figures un peu laissées dans l’ombre aujourd’hui, comme le sont les cardinaux de Gondi, de La Rochefoucauld ou de Fleury ; elle fait sortir de la légende noire et lave des calomnies qui les ont injustement salis les cardinaux de Richelieu et de Bernis ; elle démontre (bien que je ne sois pas certain que ce soit son intention initiale) combien de très intelligents prélats, véritables hommes de Dieu, ont su établir un équilibre politique très judicieux, profondément réaliste et rigoureusement fidèle à la doctrine évangélique, en se tenant éloignés des excès des dévots lorsqu’ils prétendaient se constituer en parti ; elle écrit finalement une belle apologie de cette religion royale dont on a trop souvent perdu la compréhension profonde aujourd’hui, ou que l’on a fort injustement décriée et calomniée en la faisant passer pour du « gallicanisme » frisant l’hérésie…
Mais Madame Guillaume persiste dans son entêtement à vouloir relativiser les gravissimes erreurs du protestantisme, et s’obstine donc à entourer de guillemets édulcorants les termes d’hérésie ou d’hérétique qui lui conviennent pourtant en toute vérité. Ses sympathies envers la démocratie-chrétienne la portent aussi, par exemple, à minimiser les errements politiques de Fénelon ou à interpréter certains passages de Massillon dans un sens favorable à une évolution (sans doute nécessaire pour elle) de la monarchie absolue vers des formes prétendûment plus démocratiques…
Il n’en demeure pas moins que, pour un esprit averti et formé qui a compris quels handicaps intellectuels dus à la modernité postconciliaire dans laquelle elle évolue, grèvent un peu la pensée de Madame Guillaume, cet ouvrage présente un réel intérêt et peut servir de base de départ pour des études plus approfondies dont elle inspire finalement le goût.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

2019-61. De la réconciliation de la chapelle de l’ancien monastère de la Visitation du Puy-en-Velay après plus de deux siècles de profanation.

Mercredi 17 juillet 2019,
Fête des Bienheureuses Carmelites de Compiègne martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Alexis, confesseur ;
Anniversaire du Sacre de Charles VII (le 17 juillet 1429 – cf. > ici) ;
Anniversaire du massacre de la famille impériale Russe (le 17 juillet 1918 – cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai eu, ce mardi 16 juillet 2019, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (cf. > ici), l’immense joie spirituelle d’assister à un véritable événement historique ; je tiens à vous en parler ici.

Oh ! Il n’appartient pas à la catégorie des faits qui font la une des revues « pipoles », ou qui alimentent des heures de parlotte creuse sur des chaînes d’informatin continue ; il n’alimentera pas l’émotion des foules télécommandées, ni ne suscitera l’enthousiasme d’une opinion publique soigneusement « préparée » et « soutenue » par l’AFP ou de grands organes de presse…
Il s’agit cependant d’un authentique événement, dont la portée symbolique, voire prophétique, ne peut échapper aux regards et à l’intelligence de ceux qui sont attentifs aux choses divines, aux réalités spirituelles et aux forces invisibles qui sous-tendent la geste humaine ici-bas.

Ancienne chapelle de la Visitation du Puy - extérieur

Façade de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy (XVIIe siècle)
ce mardi 16 juillet 2019

« De quoi s’est-il donc agi ? » m’interrogerez-vous sans doute après que j’ai ainsi excité votre curiosité.
Eh bien, j’ai été personnellement et fort aimablement invité, par un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, à assister à la cérémonie de réconciliation de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation, au Puy-en-Velay, profanée depuis la grande révolution.

Le monastère de la Visitation Sainte-Marie du Puy avait été fondé le 21 novembre 1630, en la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple, par la Révérende Mère Anne-Elisabeth Perrin, venue du premier monastère de la Visitation de Lyon (monastère dit de Bellecour, où Saint-François de Sales était mort huit ans plus tôt, le 28 décembre 1622). Je n’en ai pas encore la certitude absolue, mais il est plus que probable que Sainte Jeanne-Françoise de Chantal soit elle-même passée en ce monastère du Puy.
Les moniales de la Visitation ont sanctifié ces lieux depuis 1630 jusqu’au 17 août 1792 où elles furent expulsées.
Après la révolution, le 24 mars 1808, le monastère du Puy sera rétabli, mais pas dans ces bâtiments : il s’installera dans ceux de l’ancien « Refuge Saint-Maurice », près de l’Hôtel-Dieu, où il subsistera jusqu’à la fin du XXe siècle.

Plaque apposée sur la façade de l'ancienne chapelle de la Visitation au Puy

Plaque apposée sur la façade de l’ancienne chapelle de la Visitation du Puy.

Après l’expulsion des Visitandines, lors de l’instauration de la Terreur, le monastère fut transformé en prison et la chapelle, profanée, devint le siège du tribunal révolutionnaire de la Haute-Loire.

La plaque actuellement apposée sur la façade de cette chapelle rappelle qu’une partie des « Compagnons de Jésus » – déformés en « Compagnons de Jéhu » par le roman éponyme d’Alexandre Dumas père (1857) – y fut jugée en 1799. A la vérité, les dits « Compagnons de Jésus » constituaient un vaste mouvement royaliste contrerévolutionnaire qui, en lien avec d’autres mouvements chouans tel que celui des « Compagnons de la ganse blanche », fut actif principalement dans la région lyonnaise, les Dombes, le Forez et le nord du couloir rhodanien.
Lorsque 228 d’entre eux furent pris, au temps du Directoire, ils furent amenés au Puy pour y être jugés, parce que les révolutionnaires craignaient que, si leur procès fût instruit à Lyon ou dans ses environs, leurs complices et partisans ne fissent un coup de force pour les délivrer.
Mais au grand dam des jacobins, cette mesure ne leur fut d’aucune utilité et le procès tourna court : si les 228 prévenus furent bien emprisonnés dans les locaux de l’ancien monastère transformés en prison (ils sont aujourd’hui en grande partie détruits et se situaient pour l’essentiel sur la gauche de la façade dont je vous ai montré la photographie ci-dessus – la rue qu’on y voit aujourd’hui n’existant pas), ils ne furent point condamnés. En effet, en une seule nuit, et sans qu’aucune explication ait pu m’être donnée par une archiviste départementale que j’avais interrogée en 2005, les « Compagnons de Jésus » disparurent de la prison et ne furent jamais retrouvés !

Les Compagnons de Jéhu - 1857

Gravure de 1857 illustrant le roman d’Alexandre Dumas : « Les Compagnons de Jéhu »

En revanche, plusieurs prêtres, religieux et fidèles furent jugés dans cette chapelle et partirent d’ici pour le martyre. De leur nombre fut l’abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl, prêtre du diocèse de Viviers pour lequel j’ai une profonde affection et vénération, dont j’ai résumé la vie dans l’une des chroniques de ce blogue (cf. > ici). Sa sœur, Mère Marie-Séraphie (née Marie-Henriette du Graïl) était justement religieuse dans ce monastère de la Visitation du Puy : elle fut contrainte par les « patriotes » à assister à son exécution et à faire le tour de l’échafaud en marchant dans son sang. Après la révolution, elle participera au rétablissement du monastère de la Visitation.

Sur l’un des gros piliers de la cathédrale du Puy se trouve apposée un grande plaque de marbre blanc sur laquelle se trouvent gravés les noms de plusieurs autres prêtres martyrs (la procédure diocésaine en vue d’une béatification va d’ailleurs être officiellement ouverte pour plusieurs d’entre eux).
C’est également dans sa cellule de la prison attenante à cette chapelle que fut assassiné, le 5 octobre 1797, le comte François-Dominique Cavey de la Motte, l’un des chefs de la chouannerie vellave (voir sa biographie > ici), et c’est encore d’ici que partit, pour être fusillé contre le mur sud de l’église Saint-Laurent, le 18 octobre 1798, le marquis Joseph-Etienne de Surville (cf. > ici), lui aussi admirable chef de la chouannerie vivaro-vellave.

Cathédrale du Puy - Plaque de marbre portant les noms des prêtres martyrisés

Basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
plaque commémorative des prêtres « qui périrent victimes de leur fidélité à Dieu et au Roi ».

Tout ce que je viens d’écrire vous montre à l’évidence pour quelles raisons – et depuis de fort nombreuses années – je nourris un véritablement attachement à cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy, et pour quels motifs j’étais profondément affligé de l’état de profanation et d’abandon dans lequel elle se trouvait jusqu’à ces derniers jours, puisque, après la fermeture du tribunal révolutionnaire, pendant deux siècles, cette chapelle servit essentiellement d’entrepôt.

Depuis déjà plusieurs années, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, par l’intermédiaire de ses prêtres résidant au Prieuré Saint Jean-François Régis établi à Unieux, près de Saint-Etienne, s’intéressait à ce bâtiment.
Il y a eu des péripéties multiples dans l’entreprise de rachat de cette vénérable chapelle parce que – cela n’étonnera personne – les héritiers du sectarisme révolutionnaire et pontifes autoproclamés de la bien-pensance maçonnico-républicaine, sont montés au créneau afin d’empêcher, par tous les moyens à leur disposition (au premier rang desquels se trouvent le mensonge, la calomnie, le « lobbying » et l’agitation de l’opinion publique), que cette chapelle ne revienne à sa destination originelle et ne soit à nouveau un lieu où sera célébrée la Sainte Messe latine traditionnelle et où soit enseignée l’authentique doctrine catholique.
Malgré leurs agissements ténébreux, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a pu l’emporter et c’est la raison pour laquelle, ce mardi 16 juillet 2019, Monsieur l’abbé Pierre Barrère, pour encore un peu de temps Prieur d’Unieux, a procédé à la cérémonie de réconciliation de cette chapelle emblématique.
Certes, il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elle soit véritablement restaurée ; il y aura d’importantes tranches de travaux à y mener à bien. Il importait néanmoins de pouvoir, après 227 années de profanation, de la rendre à Dieu par une cérémonie significative.

Puisse la réconciliation de cette chapelle être une prophétie en acte de la réconciliation du Royaume de France – profané et occupé par un régime et des institutions contraires à sa vocation – avec son histoire sainte !

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Le rite de la réconciliation d’une église profanée commence à l’extérieur de l’édifice par la récitation du psaume L (« miserere ») avec l’antienne « Asperges me » dite en intégralité avant et après le psaume.
Puis le célébrant asperge d’eau bénite tout l’extérieur de l’édifice :

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Après l’aspersion extérieure le prêtre récite une oraison demandant à Dieu Notre-Seigneur de renouveler Sa sainte bénédiction sur cet édifice, d’en chasser les influences diaboliques, et d’y faire entrer Ses saints anges.

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Et c’est alors que le clergé et les fidèles entrent dans l’édifice…

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L’intérieur de cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation a été déblayé, nettoyé, mais il reste actuellement avec tous les stigmates de la profanation qu’il a subie pendant plus de deux siècles, ainsi que marqué par les outrages du temps et des intempéries.
Un autel provisoire y a été placé, qui à ce moment-là est encore entièrement dépouillé.

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Le célébrant, ses ministres et les fidèles, agenouillés récitent alors les litanies des saints, au cours desquelles est ajoutée cette invocation particulière :
« Ut hanc ecclesiam purgare et reconciliare digneris, Te rogamus audi nos – Pour que Vous daigniez purifier et réconcilier cette église, nous Vous en prions, écoutez nous ! » 

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Ensuite le célébrant fait le tour intérieur de l’édifice en aspergeant ses murs d’eau bénite.

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Le rite de la réconciliation s’achève par une oraison, l’invocation « Deus, in adjutorium meum intende… etc. », le chant du psaume LXVII au cours duquel on répète après chaque verset : « Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus, et fugiant qui oderunt eum a facie ejus : Que Dieu se lève, que Ses ennemis soient dispersés et que ceux qui Le haïssent fuient devant Sa face ! », et une dernière oraison conclusive.

Puis pendant que le prêtre va déposer la chape et endosser les ornements pour la célébration de la Sainte Messe, l’autel est revêtu de ses nappes, chandeliers, bouquets ; il reçoit les canons d’autel et le missel.

La souillure de la profanation a été lavée et, même s’il y aura maintenant d’importants travaux de restauration à y accomplir, cette chapelle est à nouveau apte à ce que le Saint Sacrifice y soit célébré.

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Et voici que pour la première fois depuis août 1792 des voix de religieuses s’élèvent pour chanter l’introït « Gaudeamus » :
« Réjouissons-nous tous ensemble dans le Seigneur, célébrons ce jour de fête en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie ! De cette solennité, les anges se réjouissent et ils en louent tous ensemble le Fils de Dieu ! »

Tandis que, pour la première fois depuis août 1792, au pied d’un autel relevé entre ces murs, le prêtre dialogue avec ses ministres le sublime psaume « Judica me » : « Et introibo ad altare Dei : et j’entrerai vers l’autel de Dieu… »

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Pour la première fois depuis août 1792, le chant du Saint Evangile retentit entre ces murs :

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Pour la première fois depuis que la diabolique révolution l’avait abolie, la Sainte Messe catholique est célébrée en ce lieu qu’avaient sanctifié des générations de saintes religieuses ! 

Pour la première fois depuis que les Visitandines en furent chassées et que des prêtres y furent condamnés en raison de leur fidélité à la foi catholique, à la Sainte Eglise romaine, et aux engagements solennels de leur sacerdoce, un prêtre catholique, renouant en quelque sorte la chaîne des temps sacrés rompue par la Terreur, a fait descendre sur cet autel notre divin Rédempteur et a élevé, aux regards des fidèles en adoration, l’Hostie Sainte et le Calice du Salut, en même temps que, pour la première fois depuis l’apostasie révolutionnaire, la clochette retentissait et que montaient vers la divine Victime les volutes de l’encens !

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Pour la première fois depuis plus de deux siècles de profanation, un prêtre s’est retourné vers les fidèles en tenant la Sainte Hostie entre ses doigts consacrés et leur a présenté, entre ces murs rendus à l’usage pour lequel ils ont été édifiés, le Pain Vivant descendu du Ciel, l’Agneau sans tache, qu’ils ont pu recevoir dans leurs âmes par la sainte communion !

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Nous sommes dans une immense action de grâces pour la réconciliation de cette chapelle, et pour tout ce que cela représente et symbolise, bien au-delà de l’événement factuel.
Et nous sommes fortifiés dans notre espérance surnaturelle, en nous souvenant de la promesse que fit Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même à la sainte Visitandine de Paray-le-Monial :
« Il régnera, ce divin Cœur, malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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2019-60. Tout est dit et bien dit !

Voici en quelques mots seulement, mais quelques mots qui peuvent donner lieu à de longs approfondissements, une leçon politique parfaite qu’il est bon de garder toujours en mémoire… surtout aujourd’hui :

« Le Règne de Dieu est le principe du gouvernement des Etats, et c’est une chose si absolument nécessaire que, sans ce fondement, il n’y a point de prince qui puisse bien régner ni d’Etat qui puisse être heureux. »

Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu.

Le cardinal de Richelieu écrivant - Philippe de Champaigne

Le Cardinal de Richelieu écrivant (Philippe de Champaigne)

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2019-58. « Dans ma cervelle se promène… »

« Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule on l’entend à peine… »

Bonnes lectures du Maître-Chat

Mercredi 10 juillet 2019 au soir,
Fête de Sainte Félicité et de ses sept fils, et des Saintes Rufine et Seconde, martyrs ;
Anniversaire du rappel à Dieu de l’abbé Henri Huvelin (+ 10 juillet 1910).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour est celui du treizième anniversaire de la naissance de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully, qui, en douze ans et neuf mois de vie commune, m’a donné tant d’affection, tant de joies, tant de belles leçons de vie et de sagesse… et qui – personnalité féline à l’importance indiscutée au Mesnil-Marie - a été également très présent au cœur de tant d’amis, lors même qu’ils ne l’ont parfois jamais rencontré, mais seulement en raison de sa « présence » sur Internet…

Je pourrais en ce jour reprendre mot à mot et sans y rien changer ce que j’écrivais l’an dernier à l’occasion de son douzième anniversaire (cf. > ici) ou redire, avec davantage encore de force et de pertinence qu’il y a cinq ans, ce que je lui avais écrit le jour de son huitième anniversaire (cf. > ici). 

Vous comprendrez sans peine que je n’ai guère le cœur à d’impudiques déballages affectifs en ce 10 juillet 2019. Mais, si vous le voulez bien, voici le rappel de quelques clichés, déjà publiés sur ce blogue et riches pour moi de merveilleux souvenirs.
Ainsi que l’écrivait le Bienheureux Vladimir Ghika : « Le souvenir d’une grâce est encore une grâce »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Chat gif en marche

Lully à l’âge de deux mois (début septembre 2006) :

Lully, à un mois et demi

Lully à l’âge d’un an et demi, le 8 décembre 2007 :

8 décembre au soir: Lully aux lampions

Epiphanie 2009 :

Le Roi Lully

Avent 2010 : préparatifs de la Crêche.

Lully prépare la crèche

Juillet 2011 : découverte du gâteau de semoule aux fraises tagada !!!

Lully se précipite sur le gâteau de semoule aux fraises tagada dès qu'il est démoulé...

Eté 2012, avec sa grande amie Sainte Philomène :

Lully et Sainte Philomène

Lully et son chat de neige (fin février 2013) :

Lully et son chat de neige

Lully étudie la phytothérapie avec le « Livre des Simples » qui lui a été dédicacé par Madame Erika Laïs (janvier 2015) :

Lully lecteur attentif du Livre des Simples

Lully garde d’honneur du catafalque dressé dans notre oratoire pour la Sainte Messe de Requiem célébrée le jour du troisième centenaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XIV (1er septembre 2015) :

Lully veille à l'exacte préparation de la cérémonie

En pèlerinage auprès des reliques de Saint Antoine le Grand (octobre 2016) :

Lully près des reliques de Saint Antoine 2

« Dis, tu viens me faire un gros câlin ? » (août 2018). 

Lully été 2018

Chat & croissant de lune.gif

2019-56. De la conjuration sans fin.

Jeudi 27 juin 2019,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici et > ici) ;
Octave de la fête du Très Saint-Sacrement.

Notre excellent et fidèle ami, le Révérend Père jean-François Thomas sj., déjà plusieurs fois cité dans les pages de ce blogue (cf. > ici, > ici, > ici et > ici) est l’auteur de la lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale, publiée à l’occasion de ce 25 juin 2019 [note : en effet, chaque « 25 du mois », est un jour plus particulier que les membres de la Confrérie Royale, dont j’ai l’insigne honneur et la lourde responsabilité d’être présentement le Prieur, sanctifient et offrent plus encore que les jours habituels, pour le Roi et pour la France, et donne l’occasion à une « lettre » destinée à l’édification et à l’instruction spirituelle de nos membres].
Plus encore qu’à l’accoutumée la lettre de ce 25 juin 2019 peut être utile à la réflexion et à la conduite de tous les fidèles, bien au-delà des cadres de la Confrérie Royale. Voilà pourquoi nous la reproduisons également ci-dessous…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Blason de la Confrérie Royale

De la conjuration sans fin.

L’état présent du monde, de l’Eglise, de notre pays ne manque pas d’attrister nos cœurs et d’obscurcir nos esprits. Comment garder la tête froide, conserver l’espérance, faire grandir la foi lorsque tout semble s’écrouler par pans entiers dans le fracas des rumeurs et des mensonges ? La tentation est de se recroqueviller en de petites chapelles, de cultiver son quant-à-soi, d’entretenir son pessimisme, d’annoncer l’apocalypse tout en demeurant les bras ballants. Pour ne pas sombrer, il faut regarder en arrière, se souvenir de l’histoire, celles qu’ont écrite nos aïeux, pour le meilleur et pour le pire. Car, dans le passé, se trouve la racine du mal moderne. En comprendre les ressorts permet d’être moins désarmé, de repérer l’ennemi, d’échapper à ses stratagèmes et d’organiser la contre-attaque. 

Notre Seigneur ne nous a jamais promis un parcours de santé. Il ne nous a pas annoncé le plaisir à chaque tournant du chemin. Bien au contraire, Il n’a cessé de nous avertir sur ce qui attendait le disciple fidèle : renoncement, croix, rejet, persécution, mort. Pas de quoi enthousiasmer les foules, pas même celles qui se disent aujourd’hui « catholiques » et pour lesquelles la foi se résume à un menu relativiste et personnalisé où la tolérance et le vivre-ensemble prennent plus de place que l’amour de la vérité et l’exercice héroïque de la charité. Il n’a jamais proclamé que la récompense serait donnée en ce monde, et si Il a bien déclaré que les puissances de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’Eglise, Il n’a jamais sous-entendu que cette dernière serait couronnée de lauriers par le monde qui ne pouvait et qui ne peut que la haïr. Comme nous ne sommes pas des catholiques des âges d’or de l’Église et que nous ne connaissons pas encore de persécution sanglante, nous avons pris l’habitude de nous être installés confortablement dans une foi qui ne dérange guère, qui n’est souvent que la cerise sur le gâteau, ou, pire, la cinquième roue du carrosse. Le moindre effort nous coûte et le mot même de sacrifice nous épouvante et nous dégoûte. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien embourbés dans le monde. Un chrétien du XIIIème siècle serait bien surpris de nous découvrir car nous n’avons pas beaucoup de points communs avec lui. Y compris dans les milieux de la « tradition », les fidèles présentent souvent un vernis qu’ils confondent avec l’essence. Les structures sont faibles, la colonne vertébrale inexistante, tout l’édifice est fragilisé. A la moindre épreuve, voilà que tout s’écroule. Nous nous consumons aussi rapidement que l’étrange incendie de Notre-Dame a dévoré la cathédrale. Pourquoi donc sommes-nous si vulnérables alors que nous avons la prétention de confesser une foi identique à celle de nos pères ?                       

Nous sommes en grande partie des héritiers inconscients du contenu de l’héritage que nous avons reçu. Tout est pêle-mêle dans le coffret remis entre nos mains, le pire et le meilleur. Nous savons bien que lorsque ces deux-là sont mélangés, le pire finit toujours par l’emporter, d’autant plus que le monde environnant n’aide pas à résister, à réfléchir, à discerner. Alors nous pataugeons comme nous pouvons, esseulés et abandonnés que nous sommes, alors que le phare romain, qui avait brillé pendant deux millénaires, s’essouffle soudain et ne brille plus que par intermittence. Il nous faut comprendre de qui et de quoi nous sommes les héritiers pour pouvoir réagir comme il se doit. Il ne s’agit pas d’être grand clerc et de décortiquer l’histoire pour que la vérité saute aux yeux. Le poète Lamartine écrivait : « Toute civilisation qui ne vient pas de l’idée de Dieu est fausse. Toute civilisation qui n’aboutit pas à l’idée de Dieu est courte. Toute civilisation qui n’est pas pénétrée de l’idée de Dieu est froide et vide. La dernière expression d’une civilisation parfaite, c’est Dieu mieux vu, mieux adoré, mieux servi par les hommes. » Cette vision est certes un peu romantique et les termes mériteraient des éclaircissements et des précisions, mais l’intuition est juste. Depuis que la civilisation n’a plus Dieu comme assise, comme guide et comme but, elle erre et elle s’étiole. Encore faut-il qu’il s’agisse du vrai Dieu, celui révélé par le Christ, et non point une mauvaise et fausse copie, une singerie diabolique, comme les dieux adorés dans les fausses religions. Nous allons dire que nous adorons vraiment Dieu, celui de la Révélation. Cela est possible, mais nous devrions y regarder à deux fois car ce Dieu a été tellement défiguré depuis plusieurs siècles dans notre pays et sur le continent européen. Robespierre lui-même croyait en Dieu et lutta contre l’athéisme révolutionnaire. Mais quel Dieu ? Un mot ne suffit pas à établir la vérité. Si l’objet de l’intelligence est mauvais, le vocabulaire aura beau être pieux, l’ensemble ne sera pas simplement vide mais également néfaste et faux. Beaucoup de personnes parlent aujourd’hui de Dieu, y compris dans les loges maçonniques. Nous ne sommes pas à une époque de vide religieux, mais plutôt de trop-plein qui est du poison. Or, la confusion semée dans les esprits en ce qui concerne Dieu ne date pas d’hier. Elle est ancienne et, comme elle vient du diable, elle a tissé patiemment sa toile, durant des siècles, passant inaperçue très longtemps, puis s’imposant tout à fait. En fait, il existe une conjuration qui a pris racine dès la fin du Moyen Age et qui n’a cessé de prendre de l’embonpoint. Certaines saines réactions l’ont parfois réduite au silence quelque temps, la poussant à un régime amaigrissant, mais, rapidement elle a repris du poids dès que l’occasion s’en présentait. Cette conjuration est celle dirigée contre la religion catholique (pas d’abord le christianisme mais le catholicisme romain). Deux civilisations sont face à face : la catholique, et l’autre qui n’existe qu’en opposition avec la première et toujours sur les ruines de la première car elle est incapable de créer quoi que ce soit par elle-même. Le Malin ne peut rien inventer, rien produire, rien construire. Il singe et il parasite. La civilisation moderne a surgi et n’a survécu, grassement, que comme corps étranger s’incrustant dans un corps sain, la civilisation chrétienne (catholique uniquement, puisque toute l’Europe n’est ce qu’elle est que grâce au travail de l’Église, de ses moines, de ses théologiens, de ses artistes).                             

La fin dernière de l’homme est la félicité, comme l’a si bien décrit Bossuet dans sesMéditations sur l’Evangile. Ce bonheur ne se trouve qu’en Dieu, tel est le programme des Béatitudes. L’Église n’a jamais enseigné un autre message, jusqu’à ce qu’elle se laisse séduire par les sirènes de la civilisation moderne qui, elle, affirme que le bonheur est dans la jouissance personnelle. D’un côté, le mérite pour le salut éternel, de l’autre, le plaisir éphémère pour une satisfaction terrestre. Il faut choisir entre les deux. Le problème est que, surtout depuis la Renaissance, puis la secousse de l’hérésie protestante, et encore plus la Révolution fille des Lumières et de la franc-maçonnerie, le message est brouillé au sein de l’Église où tant se sont laissé tromper et ont décidé, d’abord avec le modernisme puis avec le concile Vatican II, de rendre hommage au monde et de déposer les armes. Ce furent les épousailles de la carpe et du lapin. Un tel couple est stérile et celui des deux qui est pur perd son innocence en se livrant à l’autre. Le Syllabus de Pie IX a parfaitement souligné ces aberrations et il est plus que jamais d’actualité car il dénonce les erreurs qui ont fructifié à notre époque. Le P. Pierre de Clorivière, jésuite de l’ancienne Compagnie survivant dans le tumulte de la Révolution, écrivait en 1794 dans ses Vues sur l’avenir : « Le grand effort de l’enfer, maintenant surtout, tend à séparer l’homme de Jésus-Christ, à le mettre dans l’inimitié de Jésus-Christ. Tous les biens que Dieu a faits à l’homme, c’est en vue de Jésus-Christ qu’Il les a faits. Jésus-Christ est le flambeau du monde. En s’écartant de Lui, les peuples, comme les individus, se replongent dans les ténèbres. Il en sera toujours ainsi. » Du trouble intellectuel causé par la querelle des universaux à la fin du Moyen-Age, à l’amour immodéré de l’antique et de l’homme à la Renaissance avec Pétrarque, Alberti, Erasme même, à l’hérésie de Luther et de Calvin, aux philosophes des Lumières, Rousseau aussi bien que Voltaire, à l’instauration des loges maçonniques, à la grande Révolution et aux petites qui vont suivre, tout se tient par un fil invisible au début, puis de plus en plus net : la haine du catholicisme et le souhait de le remplacer par une nouvelle religion, au départ encore chrétienne par certains aspects, puis totalement étrangère. Notre religion moderne, héritière de cette conspiration, est le moi, d’ailleurs souvent et de plus en plus indifférencié dans la masse, dans la nasse des moi qui s’additionnent, se confondent mais qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, d’être maîtres de leur origine et de leur fin. Le bonheur n’est plus réduit qu’à une somme indéfinie, infinie de plaisirs médiocres ou franchement mauvais qui sont déclinés jusqu’à la nausée. L’homme moderne est riche et malheureux. Ce n’est même plus la civilisation moderne, qui comportait en elle des idées chrétiennes devenues débridées, mais une société post-contemporaine composée d’invertébrés déprimés parce que gavés.

Personne ne peut dire qu’il n’est pas, peu ou prou, tributaire de cette nouvelle manière d’être (ou de ne pas être). Nous sommes tous touchés par le poison ; le seul remède est une vigilance de chaque instant et une exigence envers soi-même qui ne laisse la porte ouverte aux influences pourries. Travail titanesque, héroïque ? Plus que cela : travail de la sainteté, c’est-à-dire l’abandon de sa volonté propre à l’oeuvre de la grâce. La seule richesse qui importe est l’homme intérieur. Tout le reste passe et ne laisse aucune trace. Quelle est notre priorité ? Celle de plaire au monde ou celle de vivre déjà de la vie éternelle ? Le choix demande des sacrifices. Le royaume des cieux n’est pas de ce monde, mais nous pouvons vivre ici-bas comme un préambule pour le royaume qui ne passe pas.

P. Jean-François Thomas s.j.
S. François Caracciolo - 4 juin 2019

Le Greco - adoration du Saint Nom de Jésus

Le Greco : l’adoration du Saint Nom de Jésus

2019-50. Simples questions au jour anniversaire de la victoire de Patay.

Mardi 18 juin 2019,
Fête de Saint Ephrem, confesseur et docteur de l’Eglise ;
590ème anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429).

18 juin 1429 - bataille de Patay

La victoire de Patay (Lionel Royer – basilique du Bois-Chenu, à Domremy)

Imaginez un seul instant que, au lieu de prendre l’épée et d’entraîner les hommes d’armes à la bataille, Jeanne ait voulu susciter un grand défilé pacifiste « Je suis Charlie (VII) »
Imaginez un seul instant que, au lieu de flanquer de bonnes déculottées aux Godons et aux Bourguignons, elle ait organisé des « meetings » pour la paix, au nom de la fraternité universelle (obligatoire et laïque)…
Imaginez un seul instant que, au lieu de proclamer : « Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire », elle ait lancé des débats télévisés sur une chaîne d’information continue avec les représentants du « Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples », de la « Ligue des droits de l’homme », du « Conseil pontifical justice et paix » et de « l’Ordre indépendant du B’nai B’rith »
Imaginez un seul instant qu’au lieu de renvoyer de l’armée les ribaudes et d’inciter les guerriers à la confession, elle ait établi des « marches des fiertés » festives et colorées pour que tous les types de sexualité puissent s’épanouir librement parmi les soldats…
Imaginez un seul instant qu’au lieu d’entendre dévotement la Sainte Messe les deux genoux en terre et d’y communier, elle ait préféré participer à des rencontres œcuméniques où chacun serait venu dire son sentiment avec la certitude que l’Esprit-Saint lui parle directement au cœur…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de s’obstiner à vouloir conduire à Reims pour y être sacré un Roi qui doutait de sa propre légitimité, elle ait coordonné un référendum d’initiative populaire où chacun se serait exprimé sur la forme du gouvernement à donner à la France…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de rappeler que le Roi légitime est lieu-tenant de Dieu en France, elle ait institué le suffrage universel  (à la proportionnelle) en affirmant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation »
Imaginez qu’au lieu de s’acharner à « bouter l’Anglois hors de France », elle se soit érigée en prophétesse de l’accueil indifférencié de tous les hommes et de toutes les différences…

C’est en se posant de semblables questions, qui pourraient alors donner lieu à la rédaction d’époustoufflantes uchronies que nous pouvons mesurer à quel point Chesterton était un véritable prophète lorsqu’il écrivait en 1908 : « Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles… » (Gilbert Keith Chesterton, « Orthodoxie »).

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise la décadence absolue de notre époque, tant sur le plan intellectuel que spirituel, la décadence de la pensée politique et de la pensée religieuse.

C’est en se posant de semblables questions que l’on perçoit de manière irréfragable que si Jeanne avait agi ainsi elle ne serait pas devenue sainte, la sainte que nous aimons, admirons et vénérons.

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise que s’il en eût été ainsi en 1429, nous ne serions sans doute aujourd’hui ni français ni catholiques, parce qu’il n’y aurait probablement plus depuis belle lurette ni France ni catholicisme !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

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