Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2014-91. Où, à l’occasion de la rentrée scolaire, le Maître-Chat nous livre quelques réflexions au sujet de l’ « Education nationale » et de l’instruction (2ème partie).

Lundi 8 septembre 2014,
Fête de la Nativité de Notre-Dame.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je continue aujourd’hui à vous livrer les réflexions qui m’ont été inspirées par la rentrée scolaire et que j’avais commencées il y a quelques jours (cf. > www).

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Pourquoi va-t-on à l’école ?

Il semblerait, à entendre certains des actuels « prophètes » de l’ « Education nationale », que jusqu’à ces dernières décennies, on se soit mépris pendant des siècles (voire des millénaires) sur la finalité de l’école.

Autrefois, et peut-être encore naguère, il semblait qu’on allât à l’école en tout premier lieu pour apprendre : pour acquérir et pour développer des connaissances.
Au temps où Frère Maximilien-Marie est entré à l’école, les instituteurs considéraient que l’apprentissage des lettres et des chiffres se faisait au cours préparatoire. Un enfant qui entrait au cours élémentaire savait lire.
Au moment de l’entrée en sixième, toute la grammaire française était supposée acquise ; les cours de français des années de collège ne faisaient que l’entretenir, l’approfondir, en perfectionner l’usage, et portaient davantage sur la maîtrise de l’expression et du style.
Nous connaissons des vieilles personnes qui, n’ayant connu que les bancs de l’école primaire, s’expriment dans un français impeccable, sans aucune faute – à l’oral comme à l’écrit – (et dont d’ailleurs l’écriture est un enchantement pour les yeux).
A l’entrée en sixième aussi, les élèves avaient normalement une bonne appréhension de la géographie de la France, une connaissance générale de son histoire (étudiée de manière chronologique depuis les origines jusqu’à la seconde guerre mondiale), et les « leçons de choses », parfois sur le terrain, permettaient d’apprendre quantité de choses, théoriques ou pratiques, ayant trait à la faune, à la flore, à des notions élémentaires de sciences physiques ou de chimie… etc.

Il paraît que tout cela est dépassé : certain « professeur des écoles » a affirmé sans aucun état d’âme à Frère Maximilien-Marie que cela n’avait aucune importance qu’un élève qui entre en sixième ne sût point lire et écrire correctement puisque la priorité de l’école primaire, consiste dans la « socialisation » et dans l’ « apprentissage des valeurs de la république ».
La république étant née dans la révolte contre l’ordre naturel et divin, au moyen du crime et de la terreur, et ne se maintenant que par le mensonge, je crois que l’« apprentissage des valeurs de la république » est finalement ce qui explique le mieux pourquoi la délinquance des enfants et des adolescents connaît de tels développements !

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A propos des rythmes scolaires à l’école primaire :

Sans doute un certain nombre de mes lecteurs ont-ils connu les mêmes rythmes scolaires que mon papa-moine (Frère Maximilien-Marie a commencé à aller à l’école à la rentrée de 1964, alors qu’il avait deux ans, deux mois et quelques jours).

In illo tempore, on allait à l’école les lundis, mardis, mercredis, vendredis et samedis, toute la journée, de 8 h 30 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30.
C’est à partir de la rentrée scolaire de 1969 que le samedi après-midi n’a plus été temps scolaire.

Personne ne se plaignait de ces rythmes, et nul ne les trouvait exhorbitants : la France d’alors – les enfants comme les adultes – était une « France au travail » ; ce n’était pas encore la « civilisation des loisirs » !
Les instituteurs n’avaient pas l’air de trouver que ces cinq heures quotidiennes de cours (puisqu’il y avait une demi-heure de récréation le matin et une autre l’après-midi) pendant cinq jours étaient trop lourdes, néfastes à un bon apprentissage, ou contraires à l’équilibre de l’enfant.

Quoique théoriquement interdits depuis 1956, les devoirs et les leçons à apprendre à la maison s’imposaient.
Je pense même que beaucoup de parents de cette époque eussent été mécontents, voire inquiets, si leurs enfants leur eussent affirmé qu’ils n’avaient pas de devoirs ou de leçons : soit ils eussent soupçonné leur progéniture de mentir, soit ils eussent douté du sérieux des instituteurs !
De même s’ils eussent appris qu’au lieu de calcul, de dictées, de rédactions ou d’exercices, leurs enfants faisaient du macramé, de la poterie ou de la danse, pendant le temps de leur présence à l’école…

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Du jour légalement réservé pour le catéchisme :

Si le jeudi n’était pas jour de classe, ce n’était pas pour le sport, le judo, la danse, le jeu ou le farniente, mais – de manière très officielle et légale – pour des raisons religieuses : l’article 2 de la loi du 28 mars 1882 sur la laïcité de l’école publique avait stipulé que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse en dehors des édifices scolaires ».  
Le jeudi était donc le jour du catéchisme ; du moins le matin.

A la rentrée scolaire de 1972, parce que le samedi après-midi n’était plus scolarisé, un rééquilibrage de la semaine a été décrété ; le jour non scolarisé est passé du jeudi au mercredi : des assurances avaient alors été données aux évêques et aux familles chrétiennes qui s’inquiétaient au sujet du catéchisme, que les dispositions de la loi du 28 mars 1882 étaient inchangées, qu’il s’agissait juste d’un décalage pour mieux équilibrer les jours de travail scolaire.

A l’occasion de la dernière réforme des rythmes scolaires, je n’ai pas entendu de voix épiscopales protester contre le non respect – par les écoles primaires publiques – de la loi qui prévoit un jour dans la semaine pour l’enseignement religieux !

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Des activités ludiques :

Frère Maximilien-Marie m’a raconté :
« Les jeudis après-midi, lorsque nous avions achevé nos devoirs et appris nos leçons, nous pouvions aller jouer. Nous n’étions autorisés à regarder la télévision que pour un épisode de Zorro, de Skippy le kangourou ou de Flipper le dauphin, seulement : il n’était pas question de passer tout l’après-midi devant le petit écran, même en cas de mauvais temps.
« Nous allions jouer dehors avec nos voisins et camarades, ou bien, si le temps était trop mauvais, nous jouions à des jeux de société : mais pour tout cela, nous n’avions besoin ni d’animateurs, ni d’éducateurs !
« A la fin de l’après-midi, on nous rappelait pour réviser et réciter encore nos leçons avant le dîner. Il n’était évidememnt pas question de rester  le soir à regarder la télévision : à 21 h nous étions au lit.
Je me souviens même, lorsque j’ai appris – en 1969 donc – qu’il n’y aurait plus école le samedi après-midi que je me suis demandé avec une certaine inquiétude ce que j’allais bien pouvoir faire lors de cette demi-journée : j’ai éprouvé une secrète appréhension de m’y ennuyer ! »

Frère Maximilien-Marie a ajouté :
« Aux yeux de nombre d’enfants d’aujourd’hui, je dois vraiment passer pour un contemporain des dinosaures, lorsque je dis que nous n’avions ni ordinateurs, ni jeux électroniques en ligne, et qu’il nous eût paru à nous-mêmes totalement incongru et absolument impossible que des enfants puissent avoir leur propre téléviseur dans leur chambre !
Nous n’avons pas eu besoin de cela pour être des enfants heureux et épanouis, et nous ne connaissions pas souvent l’ennui… »

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Voilà donc, chers Amis, quelques réflexions personnelles, émaillées des souvenirs de notre Frère, que je voulais encore partager avec vous en ces temps de rentrée scolaire.
Je crois que cela ne laisse pas de donner matière à réfléchir, et invite à prendre beaucoup de recul par rapport au système « éducatif » actuel…

Patte de chat Lully.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 8 septembre, 2014 |1 Commentaire »

2014-90. Où, à l’occasion de la rentrée scolaire, le Maître-Chat nous livre quelques réflexions au sujet de l’ « Education nationale » et de l’instruction (1ère partie).

Jeudi 4 septembre 2014,
l’Octave de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes dans les jours de la rentrée scolaire. Elle est faite pour les uns, en passe de se faire pour les autres.

Depuis déjà un bon moment, les bulletins d’information font leurs choux gras de ce qui n’est en soi qu’un évènement mineur ; mais – entre nous soit dit – cela permet d’occuper le devant de l’actualité et, en conséquence, de passer sous silence un tas d’autres choses vraiment graves ou importantes qui se produisent, en France ou dans le monde, et dont ceux qui tirent les fils dans les coulisses préfèrent que l’on ne parle pas.

Bref ! Entre les courses de rentrée, le budget des ménages, les tendances de la mode dans les cours de récréation et la « réforme des rythmes scolaires » - avec toutes les réactions qu’elle suscite – , les journalistes semblent ne plus savoir où donner de la tête.

En ce qui me concerne, arrivé au Mesnil-Marie à l’âge d’un mois et vingt jours (cf. > www), je n’ai pas eu besoin d’aller à l’école. Frère Maximilien-Marie s’est chargé tout seul de mon éducation et de mon instruction – car éducation et instruction ne sont pas la même chose – , et il l’a fait dans une absolue indépendance du système éducatif (ou prétendu tel) prévu par la Franc-Maçonnerie, puisque, en la matière, c’est elle qui dicte ses lois à la république française.

Qu’on me permette, aujourd’hui, de commencer à vous livrer quelques nouvelles réflexions à propos justement de « l’Education nationale », en attendant de vous en adresser bientôt d’autres sur certains sujets connexes à cette rentrée scolaire.

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Education nationale & instruction publique :

L’éducation n’est absolument pas un privilège régalien.

L’éducation est un devoir qui incombe aux parents.
Ceux-ci peuvent – ou pas - déléguer une partie de ce devoir qui leur incombe à des personnes qu’ils jugent idoines, ou mieux formées qu’eux-mêmes en tel ou tel domaine, mais cela ne leur ôte en rien le devoir d’éduquer leurs enfants, cela ne les décharge pas de la responsabilité de l’éducation de leur progéniture.
Quand j’écris qu’ils « peuvent », je n’écris pas qu’ils « doivent », et encore moins qu’ils en ont l’obligation formelle.
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants ; c’est un droit inaliénable qui leur est donné par la nature.

Qu’une société constituée – et qui a les moyens de le faire : par exemple une communauté villageoise, ou bien une société d’ordre spirituel (comme l’Eglise), ou encore à défaut (et en stricte application du principe de subsidiarité) l’Etat – propose des structures d’enseignement (des écoles) pour les parents qui n’ont ni le temps ni une formation suffisante pour s’acquitter de cette partie de l’éducation qui est la transmission du savoir – l’instruction - , cela est dans l’ordre des choses.
Mais j’ai bien écrit « propose », et non pas « impose », et encore moins « s’en arroge le monopole ».
Et j’ai bien écrit aussi « cette partie de l’éducation qui est la transmission du savoir – l’instruction - », et non pas « la totalité de l’éducation » !
Les enseignants de ces structures – je me répète et j’insiste lourdement – ne sont que les délégués d’une partie (une partie seulement) de l’autorité parentale : ils doivent donc demeurer dans la dépendance et soumission des parents. Et c’est normalement aux parents d’assurer le contrôle des écoles…

Il n’y a que dans les cas où – malheureusement ! – les parents ne sont plus là ou sont incapables d’assumer leurs responsabilités, qu’une autre structure (pas forcément étatique) peut, en application du principe de subsidiarité, être habilitée à les remplacer, sans jamais prétendre se substituer totalement à eux.

Il s’agit alors d’un service, en vue du bien de l’enfant et du bien commun ; il ne saurait en aucune manière s’agir d’une prise de possession.

Les déclarations que l’on a pu lire, sous la plume de certains ministres de l’ « Education nationale » - dans la stricte filiation jacobine terroriste d’un Saint-Just, elle-même inspirée par le cerveau malade de Rousseau – , selon lesquelles « l’enfant appartient à la république » sont donc une offense aux lois de la nature, et constituent la démonstration évidente du caractère contre-nature des principes de la république.

A partir du moment où un régime politique s’arroge le droit exclusif de l’éducation, il montre par là-même son caractère totalitariste et dictatorial.

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à suivre ici > www

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 4 septembre, 2014 |6 Commentaires »

2014-89. Réflexions félines et citations – août 2014.

Dimanche 31 août 2014,
XIIe dimanche après la Pentecôte.

Lully aux aguets

Lully au poste de guet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le mois d’août s’achève sur un beau dimanche ensoleillé qui a été presque chaud. Pourtant déjà, chez nous, depuis une dizaine de jours, on se rend compte que le vert des arbres est moins soutenu : érables, peupliers et fayards commencent à virer au jaune, tandis que certains merisiers se sont déjà revêtus d’orange ou de rouge éclatant…

Toujours à mon poste de guet pour observer ce qui se passe chez les hommes – dans le monde et dans l’Eglise – , je vous invite, si vous le voulez bien, à lire quelques unes des réflexions qui ont été les miennes dans ces dernières semaines, ainsi qu’une sélection de citations recueillies au cours de mes lectures.

patte de chat

Je commencerai par une citation de Charles Péguy, trouvée en exergue du site Internet de l’Amitié Charles Péguy, lorsque, en préparation du centenaire de la mort de cet auteur inclassable (5 septembre 1914 – 5 septembre 2014), j’ai voulu relire sa biographie.
La voici :

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. »

Plus encore qu’au « prêt-à-penser » servi par les media à des foules qui – en raison du système prétendument éducatif qui oeuvre de manière très efficace à ne transmettre ni instruction, ni culture, ni outils et moyens de réflexion personnelle – sont devenues extrêmement manipulables, j’ai pensé avec tristesse au très grave péché des « bien pensants », enfermés dans leur « bien pensance » même et répétant indéfiniment les poncifs de leur « famille de pensée », alors que – socialement, culturellement et spirituellement – ils disposent encore, a priori, des moyens de penser et de pousser une réflexion vraiment personnelle…

patte de chat

Je vous ai parlé, il y a quelques jours, d’un excellent ouvrage de Raphaël Debailiac consacré à la pensée de Gustave Thibon (cf. > www).

Monsieur Debailiac ne se contente pas d’aligner des citations anciennes comme dans les vitrines d’un musée, mais il les creuse, comme on creuse dans une mine d’or (car chaque aphorisme de Thibon peut être à juste titre comparé à un filon inépuisable de métaux ou de pierres précieux), pour en extraire des pépites de très grand prix qu’il transforme en espèces sonnantes et trébuchantes accordées aux temps actuels.
Ainsi cette réflexion, d’une décapante lucidité, qui invite chacun de nous à faire un véritable examen de conscience sur la manière dont nous réagissons aux informations qui portent à notre connaissance les évènements réellement tragiques de l’actualité, et qui donne aussi des clefs de compréhension sur la façon dont les hommes politiques – et même certains responsables religieux – interviennent en public à leur sujet :
« (…) notre société du spectacle où l’homme-masse s’achète une conscience et une existence en s’indignant bruyamment devant sa télévision à écran plasma : il traque le bossu ou l’immigré, qui n’ont rien demandé, pour les plaindre. Pour un peu, il se grifferait le torse et s’arracherait les cheveux pour protester contre la vilenie du monde. Mais ça ferait mal et il n’est pas prêt à souffrir. Alors il s’indigne et se repent. Il quémande l’attention de ceux qu’il prétend aider, s’humilie pour un regard, se renie pour une parole, réflexe bien connu de femme battue. Il n’y gagne que mépris, mais un mépris dont il vit. C’est son petit syndrome de Stockolm à lui. Il en jouit (…) »
(in « Gustave Thibon – la leçon du silence », p.39 « la fausse pitié »).

Concile, vous avez dit concile

« Concile ? Vous avez dit : concile ? »

Le journal « La Croix » (dont vous savez bien que je n’en suis le lecteur ni régulier ni enthousiaste) a publié (ici > www) un « état des lieux » des diocèses de France qui est particulièrement éloquent.
Dramatiquement éloquent peut-on même écrire.

Une carte interactive permet de voir, diocèse par diocèse, l’effondrement quasi général du nombre des baptêmes, des mariages et des ordinations sacerdotales pour le clergé diocésain.
Inutile de gloser, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Ce qui me hérisse le poil, me pousse à sortir les griffes et à feuler d’indignation, c’est l’obstination – dont je me demande toujours si elle est due à un aveuglement volontaire ou si elle résulte d’un abrutissement consécutif à un abus de la méthode Coué – qu’ont les thuriféraires du second concile du Vatican et des réformes menées, à tort ou à raison (souvent aussi à tort et à travers), en son nom, à célébrer ce fameux « printemps de l’Eglise » aux allures d’interminable hiver meurtrier !

Le second concile du Vatican n’ayant pas voulu préciser de doctrine, mais juste présenter une attitude de l’Eglise qui se voulait en rapport avec les problématiques et les circonstances du temps où il a été réunitemps, circonstances et problématiques qui ne sont plus les nôtres, maintenant que plus d’un demi-siècle s’est écoulé – doit rejoindre, me semble-t-il, dans les placards de l’histoire, ces autres conciles qui n’ont été réunis que pour traiter des affaires de leur temps, comme le fut, par exemple, le quinzième concile oecuménique, réuni à Vienne (Dauphiné) d’octobre 1311 à mai 1312.
Qui se pose aujourd’hui la question de l’actualité des décrets, constitutions et bulles, sans nul doute inspirés, promulguant les décisions prises par cet authentique concile de l’Eglise au sujet de l’Ordre du Temple, du financement de la croisade et de l’interdiction solennellement faite aux Frères Mineurs de voyager à cheval ?

De la même manière donc, et puisqu’on juge d’un arbre à ses fruits (cf. Matth. VII, 16), qu’on laisse aujourd’hui reposer en paix ce second concile du Vatican, au lieu de nous en rebattre les oreilles usque ad nauseam (*) !

(*) Usque ad nauseam : jusqu’à la nausée.

patte de chat

Un malade qui aspire à retrouver la santé dont il jouissait auparavant est-il un « réactionnaire », un « rétrograde », un « passéiste » ?
Le médecin qui aide un malade à revenir à la santé est-il un « réactionnaire », un « rétrograde », un « passéiste » ?

Alors pourquoi qualifie-t-on de « réactionnaires », de « rétrogrades » et de « passéistes » les personnes qui, voyant que le monde va mal, que la France va mal, que l’Eglise va mal, que la liturgie pratiquée dans l’Eglise latine va mal, aspirent à voir le monde, la France, l’Eglise et la liturgie revenir à un état sain (et même saint !), et oeuvrent pour cela ?

patte de chat

Puisque nous avons célébré, le 28 août, dans une immense allégresse intérieure, notre glorieux Père Saint Augustin et que, nous, Augustiniens, sommes d’ailleurs encore dans l’octave de cette fête, je terminerai par une citation que j’ai découverte dans le volume 44 (année 1900) du « Bulletin de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres » (ici > www), relatant le compte-rendu, par l’abbé Duchesne, de découvertes archéologiques romaines.
C’est une citation latine qui sert de légende à une fresque représentant Saint Augustin, fresque peinte dans la bibliothèque du palais pontifical du Latran à l’époque de Saint Grégoire le Grand : « Diversi diversa Patres sed hic omnia dixit romano eloquio mystica sensa tonans »

La concision et le rythme de la phrase latine sont absolument admirables, et la traduction française proposée est totalement infirme pour les restituer : « Parmi les Pères (de l’Eglise) certains ont dit ceci et d’autres cela, mais lui (Saint Augustin) a tout dit, en faisant résonner dans la langue des Romains des significations cachées. »

Pour moi, je m’efforce de retenir la phrase latine et, stimulé par elle, je m’en retournerai avec encore plus d’ardeur à l’étude des textes admirables de notre glorieux Père Saint Augustin.

patte de chat Lully.

Lully chat augustinien

Lully, fervent disciple de Saint Augustin.

2014-84. « Gustave Thibon – La leçon du silence »

Nous nous sommes grandement réjouis de la publication d’un nouvel ouvrage consacré à Gustave Thibon
Sorti des presses en mai 2014, cet ouvrage, paru chez Desclée de Brouwer, est l’oeuvre de Monsieur Raphaël Debailiac, dont j’avoue ne rien connaître d’autre que les quelques mots de présentation qui figurent en quatrième de couverture : « Raphaël Debailiac est diplomé de la Sorbonne en philosophie et histoire ». On peut difficilement faire plus succinct comme biographie d’auteur.
Quoi qu’il en soit, Frère Maximilien-Marie et moi-même trouvons un  très vif intérêt à la lecture de ce livre qui étudie et met en lumière, analyse et actualise la pensée de Gustave Thibon : une pensée à contre-courant des conformismes contemporains (et même des conformismes des milieux « bien pensants »), une pensée qui dérange bien souvent, une pensée qui force à rentrer en soi-même pour faire le point en face de la Vérité…
Je n’en rajouterai pas davantage : simplement, ci-dessous, j’ai sélectionné trois présentations de cet ouvrage que je vous recommande et dans lequel je vous souhaite de trouver autant de délices que nous en avons à le lire et à le méditer au Mesnil-Marie.

Lully.  

Thibon-la-leçon-du-silence

En quatrième de couverture :

Loin de l’image grossière du paysan lettré conservateur, Gustave Thibon est un de nos penseurs profonds et dérangeants. Certainement parce qu’il a le souci des sommets. Le plus souvent sous forme d’aphorismes, il renverse les catégories entendues à coup de paradoxes, démasque les apparences, quitte à offenser l’hédonisme et l’individualisme de nos sociétés modernes. Tout à la fois véritable biographie intellectuelle et heureuse anthologie, cet ouvrage à l’écriture incisive ne se contente pas d’exposer une pensée mais réveille l’âme et la revigore. 
Parcourant les thèmes chers à Thibon, Raphaël Debailiac dégage les traits d’une personnalité animée par le souci de la vérité et ce, jusque dans l’épreuve de la nuit de la foi. Il offre ici un essai engagé, enraciné dans la pensée de Gustave Thibon.

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D’ Élisabeth Caillemer dans « Famille Chrétienne » :

«Gustave Thibon sent le soufre. C’est généralement bon signe en une époque où toute pensée vigoureuse est suspecte. » On se régale dès les premières lignes de cet ouvrage décapant que Raphaël Debailiac consacre au penseur chrétien mort en janvier 2001. Dans un style savoureux, parfaitement maîtrisé et agrémenté de phrases délicieusement corrosives, l’auteur nous guide à travers la pensée lumineuse de Thibon dont il souligne l’étonnante actualité. Un exemple ? « Puissamment aidés dans leur œuvre de séparation et de mort par les facilités de la technique, les mythes libéraux, matérialistes et démocratiques ont eu pour effet d’arracher l’individu aux grandes continuités cosmiques et sociales (le sol, le métier, la famille, la patrie…) qui sont les cadres normaux de sa vie intérieure et de son activité, en bref de réduire l’homme à lui-même. »

Les familiers du philosophe ne pourront qu’apprécier cette anthologie dense et revigorante. Les néophytes en sortiront secoués, grandis. Une invitation à lire ou relire l’œuvre de celui qui se qualifiait d’« anarchiste conservateur ».

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Sans nom d’auteur, sur le blogue « Chemin d’amour vers le Père » :

Ce livre bienvenu parce que particulièrement bien accordé à notre temps, s’ouvre sur une biographie courte et concise de Gustave Thibon. L’on y retrouve ces noms familiers qui ont jalonné son existence : Jaques Maritain, Jean de Fabrègues, Gabriel Marcel, Simone Weil, Jacques Loew… sans oublier Mère Marie-Thérèse (au carmel d’Avignon) dont la rencontre fut si déterminante en ses jeunes années. Et tellement présents dans sa vie aussi, les coups frappés à coups redoublés à sa porte par la mort, qui emporta si tôt ses deux premières épouses, et Yvette bien des années plus tard (« Seuls les morts savent aimer : j’apprends cela à mesure que la mort pénètre en moi » écrira-t-il dans l’Ignorance étoilée en 1974). Et c’est donc à pas feutrés que nous sommes invités à entrer dans ce jardin anthologique, cultivé par thèmes avec grande maîtrise, par l’auteur qui nous invite à une promenade aussi instructive que revigorante.
Rédigé d’une plume alerte, et dans un style que l’on croirait emprunté à Gustave Thibon lui-même, mordant, décapant même, ce livre pourrait se déguster d’un trait si l’esprit n’était sans cesse ramené à la réflexion par les nombreuses citations, fort bien choisies, extraites de la riche bibliographie de l’auteur (elle est donnée en fin d’ouvrage). De toute évidence, Raphaël Debailiac aime Thibon, connaît le philosophe et son oeuvre, et adhère à sa pensée. Les commentaires, forts, puissants, sans concession ni compromis, qui présentent et encadrent ces citations, les mettent remarquablement en valeur, et étoffent la réflexion par la justesse de leur analyse. Le regard de l’auteur sur notre monde rejoint celui de Gustave Thibon : aucun fatalisme, pas de « désenchantement » ; seuls la lucidité et la quête de la vérité éternelle servent de fil conducteur à l’ensemble du livre. Ainsi que l’écrivait Thibon dans L’Échelle de Jacob : « Les vérités suprêmes manquent d’arguments. Elles savent se donner, elles ne savent pas plaider leur cause. Nos certitudes les plus intimes, les plus nourricières sont aussi les plus vulnérables sur le terrain dialectique. Les défendre, c’est déjà les trahir. Leur innocence, leur fraîcheur, leur magnétisme divins étouffent sous la cuirasse des arguments. » Ici donc pas de longues argumentations, pas de raisonnements soutenus pour défendre tel ou tel point de vue. Un seul regard, aussi juste que peut l’être le regard humain, en lequel se rejoignent les deux écrivains, regard intense posé sur le monde et les hommes, qui effleure, pénètre, ausculte, et dégage avec clairvoyance les ressorts cachés qui animent sa pensée…

Les familiers de Gustave Thibon se réjouiront de retrouver en ce livre si bien construit et si riche, le philosophe lucide et sans concession, et son inlassable quête de Dieu et de l’éternité en l’homme, et ceux qui viendraient ici à le découvrir seront certainement ravis de voir à quel point ces écrits en lesquels une profonde sagesse sourd derrière leur façade parfois cruelle, demeurent d’une frappante actualité.

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Autres publications consacrées à Gustave Thibon dans les pages de ce blogue :
– « In memoriam : Gustave Thibon » (2008) > www
– « Gustave Thibon : dix ans déjà ! » (2011) > www
– « Eloignement et connaissance » (extrait de « Retour au réel ») > www
– Le message de ND de La Salette au monde paysan > www
– « Le goût de l’aliment éternel » > www
– « Libertés » (extrait de « Diagnostics ») > www
– « Eglise et politique » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www
– Le sport dans la société moderne > www
– « Vertu c’espérance et optimisme » (in « l’Equilibre et l’harmonie »)> www
– Critique de la « démocratie » (in « Entretiens avec C. Chabanis ») > www

2014-80. « La pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».

Vendredi soir 8 août 2014,
fête de Saint Jean-Marie Vianney.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous savez tous, je pense, que Saint Jean-Marie Vianney, dont nous avons célébré aujourd’hui la fête, et qui vivait lui-même dans une très grande austérité et pauvreté, veillait toujours à ce que les objets et ornements destinés au culte divin soient les plus beaux et les plus riches possibles.
Saint François d’Assise lui-même, modèle de pauvreté s’il en est, aurait eu cette sentence qui ne laisse pas de place à l’ambigüité : « La pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».

Cela me hérisse donc le poil lorsque des ecclésiastiques s’imaginant être des disciples de Saint François, par ce qui pourrait bien n’être qu’une forme très subtile de l’orgueil voilé sous les oripeaux d’une tapageuse humilité, après avoir dépouillé le sanctuaire, s’exhibent dans des ornements sacerdotaux que l’on croirait taillés dans des tissus bon marché, sans tenue et sans art…

Notre Frère Maximilien-Marie, qui, lorsqu’il se rend à quelque activité extérieure au Mesnil-Marie, emporte toujours un petit appareil photo afin de me faire un compte-rendu par l’image, m’a rapporté hier cette photographie d’un très bel autel en bois doré qu’il a pu admirer dans l’église d’un village du Velay.

Autel XVIIe siècle

Il fut un temps où, jusque dans des campagnes reculées et relativement pauvres, les fidèles s’efforçaient d’avoir dans leurs églises de splendides autels, pour magnifier et exalter le Saint-Sacrifice, et dont le tabernacle, orné et bien mis en valeur, proclamait la gloire du Très Saint-Sacrement
… et puis est venu le temps où, dans le meilleur des cas, ces splendides autels ont été relégués dans quelque chapelle latérale.

C’est ce qui s’est justement passé dans cette église-ci ; mais je pourrais vous citer un certain nombre – un  trop grand nombre ! – de lieux où les anciens autels ont été découpés, démembrés, dépecés, mutilés, démolis, voire vendus, afin de laisser place à des « tables » ou à des « cubes » (c’est « furieusement tendance », les cubes !), plus ou moins « design », plus ou moins en accord avec le style de l’église, plus ou moins ornés : oeuvres – selon les cas, et surtout selon les finances de la paroisse – tantôt d’un artisan local, tantôt d’un « artiste contemporain » plus ou moins autoproclamé.

Ce que je constate aussi, c’est que, bien souvent, pour « faire pauvre », ces ecclésiastiques n’hésitent pas à payer des sommes d’autant plus élevées que le résultat sera plus dépouillé et plus… moche.
Ne soyons pas dupes : dans l’Eglise, l’apparence de pauvreté a un prix ; un prix que les vrais pauvres seraient bien incapables de payer, eux pour lesquels, aux siècles de foi, l’apparente richesse des églises était une fierté légitime, une consolation et une joie !

Quant aux tabernacles, « on » a – semble-t-il – tout fait pour leur ôter ce qui exprimait la gloire et le triomphe de la Sainte Eucharistie, et tout ce qui proclamait la foi catholique dans la Présence Réelle du Fils de Dieu notre Roi, pour les réduire à des espèces de « boites », les plus discrètes possibles.
Un peu comme si ce clergé-là était démangé par un zèle ardent à humilier et à faire oublier son Dieu !

Comme je parlais de toutes ces choses avec Frère Maximilien-Marie, il a poussé un grand soupir avant de s’épancher :
« Tu vois, mon Lully, les choses en sont au point où lorsque je visite une église, j’en viens à angoisser à l’avance au sujet de ce que je vais y trouver.
J’en ai vraiment marre de constater le délaissement et la saleté dans lesquels beaucoup d’entre elles sont laissées.
J’en ai vraiment marre, au moment où j’en franchis le seuil, d’être agressé par cette multiplication d’affiches toutes plus laides et toutes plus stupides les unes que les autres.
J’en ai vraiment marre de constater partout le saccage quasi irréparable qui a été perpétré dans les années qui ont suivi le concile vaticandeux : saccage artistique et patrimonial, à la mesure du saccage spirituel et doctrinal par lequel on a malmené les fidèles.
J’en ai vraiment marre de constater que la bêtise, l’inculture, et l’outrecuidante fatuité d’un clergé inodore, incolore et sans saveur, sont peut-être ce qui donne la plus exacte idée de l’infini !

Et l’on voudrait que j’aime ce que l’on a fallacieusement et pompeusement nommé « réforme liturgique » ? »

Que pouvais-je ajouter à cela ?

Lully.

pattes de chat - frise

Voir aussi :
- La B.D. consacrée au thème de l’autel > www
- l’autel contemporain de la cathédrale de Viviers > www
- le texte de Mgr. A. Schneider sur l’autel et le tabernacle > www

2014-70. De quelques pertinentes – et parfois aussi impertinentes – réflexions félines à la date du 15 juillet.

15 juillet,
fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur Jésus-Christ ;
fête de Saint Henri Ier, empereur ;
fête de Saint Vladimir Ier de Kiev, « égal aux Apôtres »…

Et aussi, en cette année 2014, le 220ème anniversaire du martyre de l’abbé Claude Breysse : prêtre réfractaire, curé de La Chapelle-Grailhouse – dans le diocèse de Viviers – , il continua clandestinement son ministère dans sa paroisse, mais, finalement arrêté, il fut guillotiné à Privas, en haine de la foi, le 15 juillet 1794.

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous aimons bien la date du 15 juillet : en tête de cette chronique, j’ai noté les célébrations qui se rattachent à ce jour, auxquelles il faut encore ajouter pour notre Frère Maximilien-Marie l’anniversaire de son baptême, anniversaire qu’il célèbre avec grande ferveur et action de grâces.

A – Anniversaire de baptême :

Tout chrétien devrait célébrer avec beaucoup plus d’éclat et de joie que celui de sa naissance charnelle, l’anniversaire de son baptême, puisque c’est le jour où il a reçu la vie spirituelle en étant incorporé au Christ notre Sauveur et en devenant le temple vivant de l’adorable Trinité.

Fort peu de fidèles savent que la Sainte Eglise accorde à cette occasion, pour chaque fidèle qui remplit les conditions habituelles précisées par le droit, une indulgence plénière : « Plenaria indulgentia conceditur christifideli qui, in celebratione Vigiliae Paschalis vel die anniversario sui batptismatis, vota baptismalia qualibet formula legitime adprobata renovaverit : une indulgence plénière est accordée au fidèle qui dans la célébration de la Vigile pascale ou le jour anniversaire de son baptême, renouvelle les promesses du baptême selon une formule légitimement approuvée » (Enchiridion Indulgentiarum quarto editur [1999] ; Normae et concessiones – Aliae concessiones – « 28 : Professio fidei et actus virtutum theologalium », § 1).

Permettez-moi donc de vous poser ces questions :
Connaissez-vous la date de votre baptême ? La célébrez-vous ? Vous arrive-t-il de vous rendre en pèlerinage – car c’est bien le mot qui convient – aux fonts baptismaux dans lesquels vous avez été régénéré et qui demeurent le lieu où s’est ouverte pour vous la source vive du salut ?

En cette année 2014, année du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis, il est une leçon importante que nous recevons de notre saint Roi : il ne signait jamais que « Louis de Poissy », parce que c’est dans la collégiale de Poissy qu’il avait été baptisé le 25 avril 1214, et qu’il considérait – avec justesse – que la filiation divine qui lui avait alors été conférée était le premier et le plus important de tous ses titres.
On connaît d’ailleurs de manière certaine la date du baptême de Saint Louis, alors que les historiens ne possèdent pas de document certain donnant la date de sa naissance : celle-ci est déduite de la date de son baptême, en supposant qu’il a été baptisé le jour même de cette naissance.

Les fonts baptismaux de Saint Louis à la collégiale de Poissy

Fonts baptismaux sur lesquels Saint Louis fut baptisé le 25 avril 1214
(Collégiale de Poissy)

B – La fête liturgique du Saint Sépulcre :

Le 15 juillet, certains calendriers particuliers, célèbrent la fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur : à Jérusalem même, on célèbre la fête de la dédicace de la basilique du Saint Sépulcre.

Du 15 août au 18 octobre de l’an 1009, les sanctuaires édifiés par Sainte Hélène et Saint Constantin sur les lieux de la Crucifixion et de la Résurrection de Notre-Seigneur, et qui avaient subsistés jusqu’à cette date malgré plusieurs incendies et les outrages des siècles, furent détruits sur l’ordre du calife fatimide chiite Al-Hakim.
Cet ensemble de bâtiments splendides consistait 1) en un atrium entourant le rocher du Calvaire dégagé, 2) en une basilique : la basilique de l’Anastasis (c’est-à dire de la Résurrection, en Grec), et 3) en une rotonde au centre de laquelle se trouvait un édicule enfermant le tombeau de Notre-Seigneur que l’on avait non pas déplacé mais dégagé du rocher dans lequel il était originellement creusé.
Cette destruction, on s’en doute, souleva une grande émotion dans toute la Chrétienté d’Orient et d’Occident.

Après la mort d’Al-Hakim, qui avait déclenché une cruelle persécution contre les chrétiens, ses successeurs se montrèrent moins sectaires et les pèlerinages purent reprendre, timidement.
Les empereurs de Constantinople firent preuve de diplomatie et oeuvrèrent pour la reconstruction du sanctuaire : néanmoins il fut impossible de relever la totalité des constructions constantiniennes, et les architectes byzantins durent se contenter de reconstruire une basilique réduite de moitié, décalée par rapport au plan originel puisque désormais elle englobait la rotonde du Saint Sépulcre.

Une soixantaine d’années plus tard, le 15 juillet 1099, lorsqu’ils s’emparèrent de Jérusalem, les croisés trouvèrent cette nouvelle basilique inachevée, et ils en feront poursuivre les travaux.
Cinquante ans plus tard, le 15 juillet 1149, la dédicace put en être célébrée.

Cet anniversaire de la consécration de la basilique du Saint Sépulcre le 15 juillet est donc aussi devenu, dans plusieurs Ordres religieux, une fête de dévotion célébrant le mystère de l’humilation du Christ endormi dans la mort, dont le corps a été déposé sur la pierre du tombeau dans l’espérance de la Résurrection, tandis que son âme descendait aux enfers.
Certains liturgistes de tendance rationaliste voient dans cette fête un « doublet » avec le Samedi Saint ; mais nous nous trouvons ici dans le même cas que les fêtes du Très Saint-Sacrement, du Sacré-Coeur ou du Très Précieux Sang : ces « doublets » constituent en réalité un approfondissement et une mise en valeur qui ne sont pas vraiment possibles de la même manière lors des célébrations si denses du Triduum Pascal.

Edicule du Saint Sépulcre

Jérusalem : l’édicule du Saint-Sépulcre au centre de la rotonde de la basilique de l’Anastasis
(photo prise depuis la coupole pendant la cérémonie du feu sacré, le Samedi Saint)

C – A propos du 14 juillet :

Si nous sommes aujourd’hui le 15 juillet, c’est, de toute évidence, qu’hier était… le 14 juillet !
Ceci est une lapalissade, je vous l’accorde, mais cela fera au moins une vérité – fut-elle une évidence ! – dans le concert de mensonges et d’erreurs véhiculés au sujet du 14 juillet.

Car, en France, il se trouve que le 14 juillet est vraisemblablement le jour où, plus que tout autre jour (plus encore que le 1er avril où au moins l’humour cherche à y présider), on peut entendre ou lire le moins de vérités, tellement il s’y dit de stupidités, de contre-vérités et de mensonges officiels : mensonges dans les propos tenus par les politiques en place, mensonges historiques indéfiniment ressassés, mensonges sur la réalité des « institutions » actuelles… etc.
Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes – n’est-ce pas ? – puisque, en même temps qu’ « on » continue à prendre les Français pour des imbéciles et qu’ « on » les poignarde dans le dos – « on » actionne les ressorts des réjouissances populaires, du sentimentalisme et du « patriotisme » (détourné de son objet propre au profit de l’idéologie) : « Ah ! le beau défilé ! » (sous-entendu : puisque j’ai été ému de voir tel parent ou telle connaissance en bel uniforme descendre les Champs Elysées, ou plus simplement défiler ici ou là).

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet de cette pseudo « fête nationale » et de son caractère monstrueux (voir ici > www), et je ne veux pas me répéter.
Néanmoins, aux naïfs qui croient que la révolution est une bonne chose au cours de laquelle se sont produits des dérapages regrettables que l’on appelle « massacres de septembre » et « terreur » qui ne sauraient faire oublier la beauté et la noblesse (sic) des idéaux originels, je veux faire aujourd’hui remarquer que la terreur a en réalité commencé le
 jour où, outrepassant son mandat, la partie la plus prétentieuse des députés aux Etats-Généraux a décrété, contrairement à la vérité la plus évidente, qu’il n’y avait pas de constitution en France, et que – défiant le pouvoir royal – elle formerait désormais une « assemblée constituante » : à partir de ce moment-là, où l’ordre naturel, les autorités légitimes et les lois organiques qui avaient fait la grandeur du Royaume ont vacillé en face des « grandes gueules », la crainte et l’intimidation sont devenues les deux seuls leviers de la vie politique et sociale, en France.
L’intimidation a pu à certains moment prendre les formes les plus sanglantes dans l’expression de la subversion, mais c’est une erreur de limiter l’appelation « terreur » aux seuls épisodes sanglants : ils ne sont en effet que la partie émergée de l’iceberg.

En France, la république, c’est la révolution terroriste élevée à l’état d’ « institution » ; c’est la révolution terroriste en oeuvre de façon continue.
La république est terroriste par nature, terroriste dans son essence, terroriste dans toute sa façon d’être et d’agir…

Et après cela, nos « bons » élus viennent régulièrement (c’est un serpent de mer) nous parler, la bouche en coeur, de « moralisation de la vie politique » et utilisent les mots « citoyen » et « républicain » comme des synonymes de l’adjectif « vertueux ».
Autant dessiner des cercles carrés !
Car la république française est mensonge, mensonge dans son essence même : elle est fille du crime, elle est fille du vol. Je ne parle pas seulement de ses innombrables vols matériels (pudiquement appelés biens nationaux ou aujourd’hui, par exemple, « forêts domaniales »), mais je veux dénoncer plus encore les vols sémantiques et intellectuels par lesquels elle a détourné le sens des mots, détourné la Vérité concernant l’homme, sa fin et ses devoirs…
Peut-elle enfanter indéfiniment autre chose que des mensonges ?

si tu ne vas pas à la république...

En guise de conclusion, voici, une fois de plus une citation de notre cher Gustave Thibon :
« Qu’on ne s’y trompe pas : plus un peuple a été bercé d’illusions et plongé dans la vie facile, plus l’élite doit mener une vie austère et sacrifiée, ainsi seulement elle pourra désarmer l’envie, susciter la confiance et amorcer par son exemple une nouvelle discipline et un relèvement des moeurs. C’est par la tête que les sociétés tombent malades et c’est aussi par la tête qu’elles guérissent ».
Comme je le notais en tête de ma chronique de ce jour, le 15 juillet nous offre encore les exemples de Saint Henri, empereur, ou de Saint Vladimir, prince de Kiev ; j’ai aussi rappelé notre grand et magnifique Saint Louis, en cette année du huitième centenaire de sa naissance…
Fasse le Ciel que nous soient bientôt, très bientôt, donnés ces chefs – dans l’ordre spirituel comme dans l’ordre temporel – , dont la vie authentiquement vertueuse, « austère et sacrifiée », permettra la guérison et le relèvement de ce monde malade, de notre France malade, et de notre Eglise malade !

pattes de chat Lully.

frise lys

Voir aussi :
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > www
- L’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française > www

2014-67. « Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Jeudi 3 juillet 2014.

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues 1er dit Capet, le 3 juillet 987.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 3 juillet 987, dans la cathédrale de Noyon (selon la date et le lieu le plus communément admis), Hugues 1er dit Capet fut sacré roi de France. 
Il succédait au dernier souverain carolingien, Louis V, dont il était un parent, mais pas le plus proche. Cette accession au trône, il la devait essentiellement à l’archevêque Adalbéron de Reims et à son secrétaire, le moine Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

La dynastie capétienne a présidé aux destinées de la France – et de l’Europe – pendant des siècles glorieux.
Les descendants d’Hugues Capet n’ont pas seulement régné sur la France, mais aussi en Espagne, au Portugal, au Brésil, à Naples, à Parme, au Luxembourg ainsi que, si l’on compte la descendance par les femmes, dans presque tous les royaumes européens qui ont existé et qui existent encore…

C’est ainsi que, mille-vingt-sept ans après l’accession d’Hugues Capet au trône de France, huit-cent ans après la naissance de Saint Louis, quatre-cent-vingt ans après le couronnement d’Henri IV et trois-cent-soixante ans après celui de Louis XIV, un descendant de tous ces souverains français vient, le 19 juin dernier, de monter sur le trône d’Espagne.
Trois-cent-quatorze ans après le petit-fils de Louis XIV, devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V - et dont il est un descendant direct en ligne agnatique – , voici le roi Philippe VI.

Philippe duc d'Anjou proclamé roi d'Espagne par son grand'père Louis XIV

16 novembre 1700 : « Messieurs, voici le roi d’Espagne »
par ces mots le roi Louis XIV annonce à la cour de Versailles qu’il a accepté le testament de Charles II d’Espagne,
et que son petit-fils, Philippe duc d’Anjou, accède au trône d’Espagne sous le nom de Philippe V.

A son petit-fils de dix-sept ans qui partait prendre possession du trône d’Espagne, le Grand Roi remit un mémoire dans lequel étaient consignées trente-trois instructions sur le métier de roi.
Ce soir, je vous en livre trois extraits :
« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu.
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire.
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Trois-cent-quatorze ans plus tard, je ne pense pas que ces instructions soient dépassées ou qu’on puisse dire qu’elles sont tombées en désuétude, puisque, selon les Saintes Ecritures, qui nous enseignent des vérités éternelles, « omnis potestas a Deo : tout pouvoir vient de Dieu » ; ce qui est la condamnation sans appel du faux principe qui prétend que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ; nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » (déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789).

Cela étant rappelé, je vous invite à regarder quelques photographies.

En voici tout d’abord trois qui ont été prises le 22 novembre 1975 lorsque Sa Majesté le Roi Jean-Charles 1er a prêté serment devant les Cortes :

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (1)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (2)

22 novembre 1975 prestation de serment du roi Jean-Charles 1er (3)

Sur ces trois photos, on voit très bien que, à côté de la couronne et du sceptre, avait été placé un Crucifix d’argent, ce qui ne nécessite finalement aucune exégèse.
Sur les deux dernières, on remarque la présence d’un évêque : le concordat de 1953 (en vigueur jusqu’en 1979) donnait en effet une place prépondérante à l’Eglise catholique dans les institutions espagnoles ; il s’agissait bien alors véritablement d’une monarchie catholique.

Voici maintenant trois clichés pris le 19 juin dernier lors de la prestation de serment de Sa Majesté le Roi Philippe VI :

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (1)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (2)

19 juin 2014 prestation de serment du roi Philippe VI (3)

Moins de quarante plus tard, le Saint Crucifix a disparu et il n’y a plus de prélat auprès du nouveau souverain : la cérémonie a été volontairement et très strictement « laïque ».
Aucune bénédiction de l’Eglise n’est venue accompagner l’accession au trône du descendant de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV et de Philippe V auquel son aïeul avait recommandé – je me répète, mais c’est intentionnel – :

« § 1 – Ne manquez à aucun de vos devoirs, surtout envers Dieu. 
« § 3 – Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l’exemple : c’est un des plus grands biens que les rois puissent faire. 
« § 33 – (…) Dieu qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions. »

Je ne peux m’empêcher de penser que le règne du roi Jean-Charles 1er a accompli, années après années, une sorte d’apostasie pour la royauté espagnole…
Mais le pis est sans doute que, de nos jours, les hommes d’Eglise ont eux aussi – dans leur grande majorité – apostasié la doctrine de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et professent, pour ce qui concerne la place du catholicisme dans la société, des théories expressément et solennellement condamnées par les papes Grégoire XVI, Pie IX et saint Pie X.

Me reviennent alors à la mémoire les paroles du vénéré cardinal Pie à l’adresse de Napoléon III :
« Si l’heure n’est pas venue pour Jésus-Christ de régner, alors l’heure n’est pas non plus venue pour les gouvernements de durer ! »

Lully.                          

Sacré-Coeur Roi

2014-62. Pourquoi un « bon chrétien » opposerait-il l’assistance à la messe à la pratique de la charité ?

Jeudi 26 juin 2014,
Octave de la fête du Saint-Sacrement
et veille de la fête du Sacré-Coeur.

Simon Vouet la Charité (vers 1640 - Louvre)

La Charité, allégorie peinte par Simon Vouet (vers 1640)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

L’un de ses amis a fait parvenir à Frère Maximilien-Marie un article de « Témoignage chrétien » dans lequel Madame Christine Pedotti, qui est la rédactrice en chef de la sus-dite revue, prétend que « le bon chrétien ne va pas à la messe, il accueille les immigrés ».
Cet ami écrivait : « (…) sur le fond, cette question entre ceux qui adorent Dieu et assistent à tous les offices mais ne manifestent jamais cet amour aux hommes (à tous les hommes), et ceux qui sont des pratiquants plus ou moins réguliers mais s’investissent concrètement envers leur prochain, m’interpelle depuis longtemps. Je serais heureux de recueillir votre avis personnel sur ce « fragile équilibre » qui, me semble-t-il, ne va pas de soi et pour lequel j’en appelle souvent au discernement de l’Esprit-Saint ».

L’une de mes premières réactions, en lisant l’affirmation de Madame Pedotti, eût plutôt été de type polémique ad hominem (en l’occurence ad feminam !) et de demander à cette dame – qui jouit, je crois, d’un assez bon niveau de vie – combien d’immigrés elle accueille de manière habituelle – voire permanente – dans sa propre maison et à sa table (et même si elle l’a déjà fait).
Ensuite, j’eusse eu envie de lui poser la question : « Vous arrive-t-il souvent, chère Madame, d’être empêchée de vous rendre à la messe le dimanche dans votre paroisse, parce que justement dans le quartier où vous habitez il y a, ce matin-là précisément et exactement à l’heure où l’office va commencer, un afflux soudain d’immigrés ? »

Nous nous trouvons ici, une fois encore, devant une manière singulièrement réductrice – simpliste et provocante, selon l’habitude de ces « intellectuels » progressouillards et modernichonsde mettre en complète opposition la pratique religieuse et les oeuvres de bienfaisance.

Il m’a donc semblé judicieux de vous recopier ci-dessous, chers Amis, les éléments de réponse et de réflexion donnés par notre Frère à son ami.
Les voici…

1) Pourquoi la « pratique religieuse » et ce qu’on appelait jadis les « oeuvres de miséricorde » s’excluraient elles l’une l’autre ?

2) Les commandements de Dieu ne sont pas exclusifs l’un de l’autre : celui qui aime Dieu doit mettre en oeuvre TOUS Ses commandements.
Celui qui n’en pratique que certains (selons des critères de sélection absolument subjectifs) n’aime pas Dieu en vérité puisqu’il place sa volonté personnelle et ses choix au-dessus de la volonté de Dieu clairement exprimée : « Or ce qui nous assure que nous Le connaissons, c’est si nous gardons Ses commandements. Celui qui dit Le connaître et ne garde pas Ses commandements est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jean II, 3-4).

3) Or le premier de tous les commandements nous demande d’aimer Dieu par dessus tout – et donc avant les hommes – et ensuite, en conséquence de notre amour pour Dieu, il nous est demandé d’aimer notre prochain pour l’amour de Dieu.
Le troisième précepte du décalogue, avant les commandements relatifs au prochain, nous prescrit aussi de sanctifier le jour du Seigneur ; et la Sainte Eglise, par l’autorité du Saint-Esprit, a précisé la chose en nous expliquant que la sanctification du dimanche nous impose d’assister à la Sainte Messe ce jour-là (premier commandement de l’Eglise).
Quant à nos devoirs de charité envers nos frères, tels qu’ils sont en particulier présentés par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans Son fameux enseignement à propos du jugement dernier (« J’avais faim et vous M’avez donné à manger, soif et vous M’avez donné à boire ; J’étais nu et vous M’avez vêtu, étranger et vous M’avez accueilli… etc. » – cf. Matthieu XXV, 31-46), je n’ai point lu dans le Saint Evangile qu’ils nous dispensaient de mettre en oeuvre les trois premiers préceptes du décalogue.

4) La force de pratiquer la charité envers les hommes, par les oeuvres de miséricorde, où la puisons-nous, sinon en Dieu ?
Et qu’est ce qui nous permet de recevoir la force, les grâces et la vie même de Dieu sinon les sacrements, qui nous sont dispensés dans la liturgie de l’Eglise ?

5) Disons-le clairement, ceux qui opposent les choses les unes aux autres ont généralement abandonné au moins une partie de la vérité révélée :
– soit ces progressistes, dont « Témoignage chrétien » est l’organe fossile, qui ne croient ni à la grâce, ni à la vie surnaturelle, ni aux sacrements, pour lesquels la messe consiste en un « partage fraternel » et en une « célébration de leur vécu », mais qui n’ont plus rien de catholique (leur pseudo religion n’étant qu’un horizontalisme borné)…
– soit des « tradis » momifiés, pour lesquels toute la religion se concentre uniquement dans l’assistance très formelle à des cérémonies et dans des idées conservatrices dont la charité concrète est absente, ce qui n’est pas davantage catholique…
La vie de prière ne peut en aucune manière être une façon de se « débarrasser » des oeuvres de miséricorde, tout comme le soin donné aux autres ne peut en aucune manière être une façon de se « débarrasser » du devoir prioritaire de rendre un culte à Dieu et de sanctifier le dimanche !

6) In medio stat virtus !
Il y a une troisième voie, et – Dieu merci ! – nous connaissons des catholiques qui s’efforcent d’avancer par elle ; nous connaissons des fidèles qui vivent (en s’appliquant de leur mieux, malgré leurs faiblesses et leurs péchés, dont ils sont conscients mais contre lesquels ils luttent) en cherchant à observer TOUS les commandements sans faire de sélection entre eux : ceux qui prescrivent comment il convient d’aimer et d’honorer Dieu, et ceux qui prescrivent comment on met en oeuvre la charité envers nos frères, pour l’amour de Dieu !

7) Si les oeuvres de bienfaisance ne sont pas alimentées par la foi et par la vie surnaturelle, que l’on puise dans les sacrements, elles ne procèdent pas de la véritable charité : elles ne sont que des actions humaines sans AUCUN MERITE SURNATUREL.
Et si la foi et la pratique religieuse sont sans effets concrets envers notre prochain, par la pratique de ce que la tradition chrétienne nomme « les oeuvres de miséricorde », elles tombent sous le coup de la condamnation sans appel formulée par Saint Jacques dans son épître : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? Est-ce que la foi pourra le sauver ? Si un de vos frères ou une de vos soeurs sont nus, et s’ils manquent de la nourriture de chaque jour, et qu’un de vous leur dise : « Allez en paix, réchauffez-vous et rassasiez-vous ! » sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela leur servira-t-il ? Ainsi la foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14-17).

8) Il faut insister sur le fait que le chrétien n’aime pas son prochain pour lui-même, mais bien pour l’amour de Dieu.
Celui qui aime les autres pour eux-mêmes n’est pas chrétien, il reste à un niveau simplement naturel, alors que Dieu nous demande d’aimer les autres pour l’amour de Lui, c’est-à-dire vraiment surnaturellement.

9) Il y a, à propos de ces divers degrés dans la manière d’aimer, une confusion totale aujourd’hui, d’où l’idée fort répandue que « faire du bien aux autres » (voire « ne pas lui faire de mal ») serait suffisant pour ouvrir à tout mécréant les portes du paradis : c’est faux et archi-faux !
Les oeuvres de bienfaisance, pour être revêtues de mérite surnaturel, doivent être inspirées et accomplies pour l’amour de Dieu et sous la motion de Sa grâce.

10) Les oeuvres de miséricorde sont tout à la fois spirituelles et corporelles, elles s’imposent à TOUS les fidèles.
Rappelons donc ce que l’on appelle les oeuvres de miséricorde.

Les oeuvres de miséricorde spirituelles sont :

Enseigner l’ignorant.
Conseiller celui qui en a besoin.
Corriger l’égaré.
Pardonner les injures.
Consoler celui qui est triste.
Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain.
Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Et les oeuvres de miséricorde corporelles sont :

Visiter le malade.
Donner à manger à celui qui a faim.
Donner à boire à celui qui a soif.
Secourir le captif.
Vêtir celui qui est sans vêtement.
Accueillir le pèlerin.
Enterrer les morts.

Je terminerai enfin en rappelant que – par définition – le prochain est celui qui se trouve proche de nous, celui que nous côtoyons physiquement : alors que beaucoup d’ « intellectuels » de la tendance de Madame Pedotti ont souvent une conception assez abstraite et idéaliste de « prochains » dont ils sont très éloignés, qu’ils ne rencontrent jamais, et avec lesquels ils n’ont pas de contacts réels.
Bien sûr, le catholique, parce que ce mot signifie « universel », n’est pas dispensé de se préoccuper des misères (réelles) qui se trouvent ailleurs, en de très nombreux endroits de la planète – hélas ! – , mais il est toujours bon d’insister sur le fait que Dieu nous demande d’agir en priorité là où nous nous trouvons, plutôt que là où nous ne sommes pas

pattes de chat Lully.

Sacré-Coeur gif

2014-51. « C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra. »

Vendredi 23 mai 2014,
fête de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr,
et fête de Sainte Jeanne-Antide Thouret.

la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre vers la fin du XIXe siècle

La basilique du Sacré-Coeur à Montmartre au tout début du XXe siècle :
les travaux de la basilique ne sont pas achevés mais le funiculaire – installé en 1900 – est en service.
On remarquera surtout la représentation du Sacré-Coeur aux bras étendus qui figure sur cette carte,
elle correspond à l’image demandée par Notre-Seigneur à Madame Royer. 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il n’est pas dans mon habitude de citer ou de promouvoir des faits d’ordre mystique (apparitions, révélations, prophéties… ) ou les personnes qui sont supposées avoir bénéficié de ces phénomènes, lorsqu’ils ne sont pas dûment authentifiés par la Sainte Eglise.
Je veux néanmoins évoquer aujourd’hui la figure exceptionnelle de Madame Edith Royer, et je le ferai en fait sans enfreindre en rien la règle énoncée ci-dessus puisque, même si cette sainte personne n’a pas été béatifiée ou canonisée (alors que d’autres personnes dont les exemples semblent bien plus contestables l’ont été !), de son vivant même, ses voies mystiques ont toujours fait l’objet d’une vivilante attention de la part des autorités ecclésiastiques (prêtres théologiens et évêques) et considérées par elles comme authentiques.

Aperçu biographique :

Née  le 14 juin 1841 dans une famille de la bonne société catholique bourguignonne, Edith Challan-Belval fut attirée dès son enfance par la vie religieuse et la pénitence.
Contrainte au mariage par sa famille, elle devient en 1860 Madame Charles Royer, et mettra au monde quatre filles.
Tout en accomplissant ses devoirs d’épouse et de mère, et remplissant son rôle dans la société, elle est appelée par Notre-Seigneur à une vie de très grandes mortifications et d’intense union à Dieu.
A partir de la guerre en 1870, elle est favorisée de visions prophétiques : Notre-Seigneur insiste sur le culte dû à Son divin Coeur, et rappelle énergiquement que la dévotion au Sacré-Coeur n’est qu’un leurre si elle n’est pas animée par l’esprit de réparation et la pénitence. Il fait d’elle la continuatrice de Sainte Marguerite-Marie et lui confie la mission de créer une « Association de Prière et de Pénitence en union avec le Sacré Cœur pour le triomphe de l’Eglise et le salut des nations ».
Les voies mystiques de Madame Royer sont alors étudiées par les autorités religieuses et agréées : l’ « Association de Prière et de Pénitence » est créée, érigée canoniquement à Montmartre, et devient tout d’abord le troisième degré de l’Archiconfrérie du Vœu National ; elle en est séparée quelques années plus tard pour être élevée à la dignité d’Archiconfrérie Universelle en 1894 par le pape Léon XIII.

Devenue veuve, Madame Royer espèrera toujours réaliser son désir de vie religieuse contemplative, mais elle en sera empêchée par la maladie.
Jusqu’à la fin de sa vie elle sera favorisée de grâces mystiques exceptionnelles et, en particulier, elle annoncera et décrira les malheurs de la guerre de 1914, mais aussi les évènements qui la suivront.
Elle rendit son âme à Dieu, il y a quatre-vingt-dix ans, le 3 avril 1924 dans sa quatre-vingt-troisième année.

Madame Edith Royer

Madame Edith Royer (1841-1924) 

1914 – 24 mai – 2014

Le 24 mai 1914 – il y a donc précisément cent ans – , Madame Royer, qui était malade, reçut la visite d’un prêtre qui partait prêcher à Paray-le-Monial.
Elle lui confia une prophétie (dont vous trouverez le texte ci-dessous, en italique et de couleur marron), en lui demandant d’en faire connaître la teneur aux personnes devant lesquelles il devrait prendre la parole, ce qu’il fit effectivement, suscitant un grand émoi dans son auditoire.

Si la situation était alors tendue en Europe, peu de personnes pensaient à l’imminence de la guerre : l’attentat perpétré à Saréjo contre l’archiduc-héritier François-Ferdinand de Habsbourg aurait lieu un mois et quatre jours plus tard (28 juin 1914), et c’est lui qui – par le jeu des alliances – mettrait en route l’engrenage fatal de la guerre européenne puis mondiale.

Les « sillons profonds remplis de sang » décrits par Madame Royer, font immédiatement penser à la guerre des tranchées, que nul ne pouvait envisager en mai 1914 ; « le ciel plein de combats » annonce évidemment les premiers combats aériens que nul n’imaginait alors ; « les églises détruites et les cathédrales dévastées » font surgir sous nos yeux ces terribles photographies des villages de Picardie ou d’Artois ou des cathédrales de Reims  et d’Arras bombardés…
Mais surtout, nous retiendrons ce que Madame Royer laisse entrevoir de la situation du monde et de la France après la « grande guerre » : la fausse paix fragilement construite par une diplomatie à courtes-vues et la prédominance de sauvages intérêts économiques et financiers qui mettront l’équilibre du monde en péril, la décadence des moeurs, le déclin de la France, l’échec de toutes les solutions humaines et la guerre civile psychologique que se livrent les partis et les hommes politiques incapables, qui peut-être finira par s’exprimer dans des faits dramatiques… mais, malgré tout, Madame Royer annonce aussi des perspectives
1) de conversion par le recours au Coeur de Jésus, et
2) de relèvement grâce à un « Elu de Dieu » que, dans d’autres confidences, elle désignera expressément comme un Roi.
Voici donc le texte de cette prophétie :

« (…) La guerre est proche. J’ai vu dans mon oraison le sol de la France labouré de sillons profonds, remplis de sang, le ciel plein de combats, nos campagnes ravagées, nos églises détruites et nos cathédrales, elles-mêmes, dévastées.
La paix qui suivra cette guerre sera une fausse paix. La lutte continuera sous des formes diplomatiques, sociales, économiques, financières.
Le monde croulera dans l’impiété, l’impureté, le complet oubli de Dieu et courra ainsi à son châtiment.
Les Français iront jusqu’aux confins du désespoir. Ils ne reprendront courage que contre eux-mêmes. Une à une, les solutions proposées pour porter remède à leurs maux échoueront.
C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra.
Alors apparaîtra l’Elu de Dieu, et la France ne pourra nier qu’elle devra au Sacré-Coeur seul son salut ! »

Sacré-Coeur

« Cœur de Jésus, ayez pitié de nous, pardonnez-nous, sauvez-nous ! »

(invocation inspirée à Madame Royer)

Sacré-Coeur aux bras étendus - Madame Royer

Le Sacré-Coeur aux bras étendus :
Notre-Seigneur a dit à Madame Royer qu’Il voulait qu’Il soit représenté ainsi.

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