Archive pour septembre, 2015

2015-85. Du lion de Saint Jérôme.

30 septembre,
fête de Saint Jérôme.

Saint Jérôme - Thierry Bouts 1458 triptyque du martyre de St Erasme

Saint Jérôme
Thierry Bouts, triptyque du martyre de Saint Erasme (1458)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Vous n’ignorez sans doute pas à quel point, au Mesnil-Marie, nous avons une grande vénération pour Saint Jérôme (cf. sa présentation par Sa Sainteté le pape Benoît XVI > ici), tant en raison de la radicalité avec laquelle il s’est donné à Dieu dans la vie monastique, de l’ardeur impitoyable qu’il a mise en oeuvre pour dompter son caractère et ses passions, du zèle qu’il a déployé pour la défense de la Vérité, et de la ferveur et de la compétence avec lesquelles il a étudié, commenté et traduit les Saintes Ecritures.
Pour ce qui me concerne très personnellement, je dois ajouter à toutes ces vertus celle d’être presque toujours représenté en compagnie d’un mien parent : un lion (chacun sait en effet qu’un lion n’est jamais qu’un gros chat).

   L’iconographie de Saint Jérôme est particulièrement intéressante par le fait qu’elle a consacré, dans les attributs donnés à ce très grand saint, deux confusions historiques :
1) d’une part, Saint Jérôme est représenté soit en tenue de cardinal, soit avec un chapeau de cardinal posé près de lui, et la couleur rouge – couleur des cardinaux – se retrouve souvent prédominante dans ses vêtements (même lorsque il n’est revêtu que d’une espèce de pagne) ;
2) et d’autre part, on retrouve quasi systématiquement un lion à ses côtés.

   Saint Jérôme ne fut en réalité jamais cardinal. Il fut pendant un temps le secrétaire du pape Saint Damase 1er, et c’est parce que – par la suite – ce poste de secrétaire fut souvent dévolu à un cardinal que Saint Jérôme s’est trouvé transformé en cardinal par les artistes.
Quant à l’histoire du lion – popularisée par la « Légende dorée » (vous pourrez en lire le texte ci-dessous) – , c’est probablement une confusion entre le nom de Saint Jérôme (en latin Hieronymus) et celui de Saint Gérasime (en latin Gerasimus) qui a finalement fait attribuer au premier une anecdote arrivée au second : Saint Gérasime fut en effet lui aussi un moine vivant en Palestine, quelques années après Saint Jérôme.

   Il n’en demeure pas moins que, dans mes études d’histoire de l’art, je porte une attention très spéciale aux représentations du chat… heu non, pardon ! du lion de Saint Jérôme : certaines sont parfois très fantaisistes – voire très drôles – , car les peintres du Moyen-Age et de la Renaissance n’avaient pas toujours vu un lion « pour de vrai », alors ils essayaient de le figurer d’après des descriptions écrites ou à partir de dessins ou de peintures plus ou moins réussis réalisés par des artistes venus avant eux.

   Aujourd’hui toutefois, je veux vous présenter un magnifique bronze du XVème siècle qui montre Saint Jérôme avec son lion : cette oeuvre se trouve à Paris, au musée du Louvre (département des objets d’art – période Renaissance).
Ce petit bronze (14 cm sur 20 cm à la base et haut de 25 cm) est attribué à Bartolomeo Bellano (né vers 1437 et mort vers 1497), dit aussi Vellano da Padova, sculpteur et architecte padouan, élève et continuateur de Donatello.
Sur le cliché ci-dessous, prenez le temps d’admirer la délicatesse des détails et l’harmonie de la composition.

   Saint Jérôme, assis sur une espèce de chaise curiale, est représenté en costume de cardinal du XVème siècle, enveloppé dans une cappa prélatice dont le chaperon est relevé sur sa tête, on aperçoit même le rochet qui dépasse du drapé de la cappa.
A ses pieds, on voit son chapeau de cardinal avec ses houppes, mais aussi le livre qui symbolise ses travaux sur les Saintes Ecritures.
Le lion, quoique représenté avec la taille d’un chien, est un lion adulte, comme le montre sa crinière ; son regard est planté, avec une expression d’attente confiante, dans le regard de Saint Jérôme qui, les paupières baissées, est concentré sur la patte de l’animal de laquelle il retire délicatement l’écharde qui s’y trouve plantée.

   Il y a dans ce bronze une espèce d’intensité touchante : le lourd drapé des vêtements prélatices et la barbe du saint moine de Bethléem faisant mieux ressortir, par contraste, la sollicitude quasi maternelle de Saint Jérôme pour l’animal blessé et l’attitude de gracieuse confiance enfantine du félin appuyé sur ses genoux.

   Alors, même si l’anecdote est finalement apocryphe, en raison de l’abondante et remarquable iconographie qu’elle a suscitée, je souhaite une très bonne fête de Saint Jérôme à tous les amis des félins !

Patte de chat Lully.

Saint Jérôme et le lion - Bartolomeo Bellano musée du Louvre

Saint Jérôme et le lion – bronze attribué à Bartolomeo Bellano XVème siècle (Louvre)

Saint Jérôme et le lion :

   Une fois, vers le soir, alors que Saint Jérôme était assis avec ses frères pour écouter une lecture de piété, tout à coup un lion entra tout boitant dans le monastère.
A sa vue, les frères prirent tous la fuite ; mais Jérôme s’avança au-devant de lui comme il l’eût fait pour un hôte. Le lion montra alors qu’il était blessé au pied, et Jérôme appela les frères en leur ordonnant de laver les pieds du lion et de chercher avec soin la place de la blessure. On découvrit que des ronces lui avaient déchiré la plante des pieds. Toute sorte de soins furent employés et le lion, guéri, s’apprivoisa et resta avec la communauté comme un animal domestique.
Mais Jérôme voyant que ce n’était pas tant pour guérir le pied du lion que pour l’utilité qu’on en pourrait retirer que le Seigneur le leur avait envoyé, de l’avis des frères, il lui confia le soin de mener lui-même au pâturage et d’y garder l’âne qu’on emploie à apporter du bois de la forêt. Ce qui se fit : car l’âne ayant été confié au lion, celui-ci, comme un pasteur habile, servait de compagnon à l’âne qui allait tous les jours aux champs, et il était son défenseur le plus vigilant durant qu’il paissait çà et là. Néanmoins, afin de prendre lui-même sa nourriture et pour que l’âne pût se livrer à son travail d’habitude, tous les jours, à des heures fixes, il revenait avec lui à la maison.

   Or, il arriva que, comme l’âne était à paître, le lion s’étant endormi d’un profond sommeil, passèrent des marchands avec des chameaux : ils virent l’âne seul et l’emmenèrent au plus vite.
A son réveil, le lion ne trouvant plus son compagnon, se mit à courir çà et là en rugissant. Enfin, ne le rencontrant pas, il s’en vint tout triste aux portes du monastère, et n’eut pas la hardiesse d’entrer comme il le faisait d’habitude, tant il était honteux.
Les frères le voyant rentrer plus tard que de coutume et sans l’âne, crurent que, poussé par la faim, il avait mangé cette bête, et ils ne voulurent pas lui donner sa pitance accoutumée, en lui disant : « Va manger ce qui t’est resté de l’ânon, va assouvir ta gloutonnerie ».
Cependant comme ils n’étaient pas certains qu’il eût commis cette mauvaise action, ils allèrent aux pâtures voir si, par hasard, ils ne rencontreraient pas un indice prouvant que l’âne était mort, et comme ils ne trouvèrent rien, ils vinrent raconter le tout à Saint Jérôme. D’après les avis du saint, on chargea le lion de remplir la fonction de l’âne ; on alla couper du bois et on le lui mit sur le dos. Le lion supporta cela avec patience : mais un jour qu’il avait rempli sa tâche, il alla dans la campagne et se mit à courir çà et là, dans le désir de savoir ce qui était advenu de son compagnon, quand il vit venir au loin des marchands conduisant des chameaux chargés, et un âne en avant. Car l’usage de ce pays est que quand on va au loin avec des chameaux, ceux-ci afin de pouvoir suivre une route plus directe, soient précédés par un âne qui les conduit au moyen d’une corde attachée à son cou.
Le lion ayant reconnu l’âne, se précipita sur ces gens avec d’affreux rugissements et les mit tous en fuite.
En proie à la colère, frappant avec force la terre de sa queue, il força les chameaux épouvantés d’aller par devant lui à l’étable du monastère, chargés comme ils l’étaient. Quand les frères virent cela, ils en informèrent Saint Jérôme : « Lavez, très chers frères, dit le saint, lavez les pieds de nos hôtes ; donnez-leur à manger et attendez là-dessus la volonté du Seigneur ».
Alors le lion se mit à courir plein de joie dans le monastère comme il le faisait jadis, se prosternant aux pieds de chaque frère. Il paraissait, en folâtrant avec sa queue, demander grâce pour une faute qu’il n’avait pas commise. Saint Jérôme, qui savait ce qui allait arriver, dit aux frères : « Allez, mes frères, préparer ce qu’il faut aux hôtes qui viennent ici ».
Il parlait encore quand un messager annonça qu’à la porte se trouvaient des hôtes qui voulaient voir l’abbé. Celui-ci alla les trouver ; les marchands se jetèrent de suite à ses pieds, lui demandant pardon pour la faute dont ils s’étaient rendus coupables. L’abbé les fit relever avec bonté et leur commanda de reprendre leur bien et de ne pas voler celui des autres. Ils se mirent alors à prier Saint Jérôme d’accepter la moitié de leur huile et de les bénir. Après bien des instances, ils contraignirent le saint à accepter leur offrande. Or, ils promirent de donner aux frères, chaque année, une pareille quantité, d’huile et d’imposer la même obligation à leurs héritiers.

in « Légende dorée », du Bienheureux Jacques de Voragine.

Lazzaro Bastiani - les funérailles de Saint Jérôme - 1470-72

Les funérailles de Saint Jérôme… auxquelles assiste dévotement le lion attristé
(huile sur toile des années 1470-1472, par Lazzaro Bastiani – Galerie de l’Académie, Venise)

Voir aussi le conte « Des Saints et des animaux » > ici

Dessert du Mesnil-Marie : Délicieux aux courgettes.

29 septembre 2015,
fête de l’archange Saint Michel.

       Une de mes fidèles lectrices m’a fait remarquer qu’il y avait vraiment très longtemps que je n’avais pas publié de recettes dans les pages de ce blogue : eh bien, je profite de cette fête de Saint Michel pour vous en dévoiler une qui a été réalisée par Frère Maximilien-Marie la semaine dernière, et qui pourrait, aujourd’hui, faire participer vos papilles à l’allégresse spirituelle de cette belle fête.

   Je crois pouvoir écrire qu’il s’agit d’une exclusivité absolue de notre Mesnil-Marie, puisque notre Frère l’a réalisée pour la première fois sans fiche-recette préalable sur mes seules suggestions : il devait ce soir-là se rendre à une réunion d’association pour la fin de laquelle chacun apporte quelque chose à partager avec tous, et il lui avait été demandé d’apporter un gâteau.
Nous avions une grosse courgette – la dernière – qui menaçait de s’abîmer sous peu : « Prépare donc un gâteau avec cette courgette, lui ai-je dit, et fais des membres de ce conseil d’administration les cobayes du résultat sans leur révéler ce que tu auras mis dans ce gâteau… » 

   Ainsi fut fait !
Tous se régalèrent, et tous se resservirent sans se faire prier : le coup d’essai fut donc un coup de maître.
Un seul convive a fini par découvrir que les morceaux de fruits présents dans le gâteau étaient de la courgette, la plupart ont spontanément pensé à des poires et furent bien étonnés que l’on puisse faire un gâteau si délicieux avec ce que l’on prend très souvent pour un légume !

   Voilà ! Il ne vous reste qu’à l’essayer à votre tour.

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Ingrédients (pour une vingtaine de convives) :

Une grosse courgette qui, une fois qu’elle fut épluchée et vidée de ses graines, pesait environ un kilo.
180 grammes de sucre en poudre.
150 grammes de farine.
2 sachets de sucre vanillé.
1 sachet de levure chimique.
4 œufs.
100 grammes d’amandes effilées.

60 grammes de beurre très mou.

Préparation :

Préchauffer le four à 175°.
Eplucher la courgette, la vider, la couper en petits cubes que l’on fait cuire dans une casserole d’eau salée : il faut que ces cubes soient cuits à point mais qu’ils ne s’écrasent pas.

Quant les cubes de courgette sont à point, les laisser égoutter dans une passoire pendant la préparation des autres ingrédients.
Dans une jatte mettre le sucre et le sucre vanillé, puis la farine et la levure, ajouter les œufs : mélanger au fouet, puis incorporer le beurre jusqu’à obtenir une pâte homogène qui ne soit ni trop épaisse ni trop liquide.
Ajouter enfin les cubes de courgette et les amandes effilées et les mélanger doucement à la pâte en veillant bien à ne pas les écraser.
Verser dans des moules préalablement graissés (ici nous avons utilisé deux moules à cake et – comme il restait encore un peu de pâte – un petit moule fantaisie en forme de coeur) et mettre au four pendant une demi-heure environ (il faut surveiller la cuisson en vérifiant avec la lame d’un couteau).
Attendre que les gâteaux soient bien refroidis avant de les démouler.

Bon appétit !

Délicieux aux courgettes

Toutes les recettes du Mesnil-Marie sont > ici

Publié dans:Chronique de Lully, Recettes du Mesnil-Marie |on 29 septembre, 2015 |5 Commentaires »

2015-84. La révolution fut essentiellement une conspiration contre Dieu et contre Son Christ.

26 septembre,
Fête de Sainte Thérèse Couderc, vierge, fondatrice de la congrégation du Cénacle ;
Mémoire des Saints Cyprien et Justine, martyrs ;
Anniversaire de la naissance de Louis-Edouard cardinal Pie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       En sus des célébrations liturgiques de ce jour, nous y commémorons l’anniversaire de la naissance, le 26 septembre 1815, du très grand évêque de Poitiers, élevé à la pourpre romaine un an et six jours avant son trépas (+ 18 mai 1880), Louis-Edouard Pie.
Comme, en furetant dans les livres du bureau de Frère Maximilien-Marie, j’ai eu l’occasion de me replonger dans la dizaine de volumes qui rassemblent ses écrits, j’y ai relevé à votre intention un texte assez remarquable bien propre à alimenter vos réflexions et méditations : il est extrait de l’éloge funèbre de Madame la Marquise de La Rochejaquelein prononcé lors de ses funérailles à Saint-Aubin de Baubigné, le 28 février 1857 ; Monseigneur Pie (il n’était pas encore cardinal) y utilise des citations de la Sainte Ecriture – en particulier les Psaumes qui se lamentent sur les infidélités d’Israël et décrivent la ruine du Temple -, afin de décrire ce que fut dans son essence la révolution, la satanique révolution...

Lully.

Cardinal Pie portrait par E. Lejeune

Le Cardinal Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers
(portrait par Eugène Lejeune – huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Chartres)

La révolution fut essentiellement une conspiration contre Dieu
et contre Son Christ.

       Depuis longtemps, on entendait un secret frémissement des nations, une sourde fermentation des peuples. Enfin le cri de guerre a retenti ; l’impiété a rassemblé sous ses étendards mille soldats divers qui ont oublié leurs préjugés de naissance, d’opinion, de rang, pour se coaliser contre l’ennemi commun. Désunis sur mille autres points, ils n’ont ici qu’une pensée unanime : Cogitaverunt unanimiter, simul  adversum Te testamentum disposuertunt (Ps. LXXXII, 6 : « Ils ont conspiré unaniment, ensemble contre Vous ils ont fait alliance »).
Et quel est-il cet ennemi contre lequel je vois marcher ces bataillons si serrés ?
Ah ! Que d’autres s’arrêtent à discuter les passions secondaires, à déplorer l’ébranlement des contre-coups et les accidents de la mêlée. Pour moi, m’élevant au-dessus de ces calamités communes, je dirai avec un roi, grand homme d’Etat, que, dans son fond et dans son essence, la conspiration a été ourdie contre Dieu et contre Son Christ : Convenerunt in unum adversus Dominum et adversus Christum ejus (Ps. II, 2 : « ils se sont rassemblés comme un seul contre le Seigneur et contre son Messie »).
C’est Dieu, c’est Son Christ, dont on veut briser les chaînes, dont on veut secouer le joug : Dirumpamus vincula eorum, et projiciamus a nobis jugum ipsorum (Ps. II, 3 : « Rompons leurs liens, et rejetons loin de nous leur joug »). Ils ont dit à Dieu et surtout à Son Christ : Retire-Toi, nous ne voulons pas de la science de Tes voies (Job. XXI, 14).
Et il fut fait comme il fut dit.

   Il existait un pacte ancien, une longue alliance entre la religion et la société, entre le christianisme et la France ; le pacte fut déchiré, l’alliance rompue : Et averterunt se, et non servaverunt pactum (Ps. LXXVII, 57 : « Et ils se détournèrent [de Dieu] et n’observèrent plus l’alliance »).
Dieu était dans les lois, dans les institutions, dans les usages ; Il en fut chassé, le divorce fut prononcé entre la constitution et l’Evangile, la loi fut sécularisée, et il fut statué que l’esprit de la nation moderne n’aurait rien à déméler avec Dieu, Duquel elle s’isolait entièrement : Et in lege ejus noluerunt ambulare… et non est creditus cum Deo spiritus ejus (Ps. LXXVII, 10 b et 8 b : « …et ils n’ont pas voulu marcher dans Sa loi… et son esprit [du peuple] ne s’est point confié en Dieu »).
Dieu avait sur la terre des temples majestueux que surmontait le signe du Rédempteur des hommes ; les temples sont abattus ou fermés ; on n’y entend, au lieu des chants sacrés, que le bruit de la hache ou le cri de la scie ; la Croix du Sauveur est renversée et remplacée par des signes vulgaires : Posuerunt signa sua, signa… in securi et ascia dejecerunt eam ; incenderunt igni sanctuarium tuum (Ps. LXXIII, 4b, 6 b et 7a : « Ils ont planté leurs étendards en grand nombre… avec la cognée et la hache à double tranchant, ils l’ont renversé ; ils ont brûlé par le feu Votre sanctuaire »).

   Dieu avait sur la terre des jours qui Lui appartenaient, des jours qu’Il S’était réservés et que tous les siècles et tous les peuples avaient respectés unanimement ; et toute la famille des impies s’est écriée : Faisons disparaître de la terre les jours consacrés à Dieu : Dixerunt in corde suo cognatio eorum simul : quiescere faciamus omnes dies festos Dei a terra (Ps. LXXIII, 8 : « Ils ont dit dans leur coeur, eux et tous leurs alliés ensemble : faisons cesser de dessus la terre tous les jours de fête de Dieu »).
Dieu avait sur la terre des représentants, des ministres, qui parlaient de Lui et Le rappelaient aux peuples ; les prisons, l’exil, l’échafaud, la mer et les fleuves ont tout dévoré.
Enfin, disaient-ils, il n’y a plus de prophète, et Dieu ne trouvera plus de bouche pour Se faire entendre : Jam non est propheta, et nos non cognoscet amplius (Ps. LXXIII, 9b : « il n’y a plus de prophètes et Dieu ne nous connaîtra plus »).

   O vous tous qui portiez sur votre front l’onction sainte qui fait les pontifes et les prêtres, les rois et les prophètes, de quelque prétexte que l’on s’arme contre vous, rassurez-vous : c’est à cause du Nom de Jésus-Christ que vous êtes un objet de haine ; et le Seigneur, qui sait discerner entre les cupidités accessoires et la passion dominante, vous dit, comme à Samuel : « Ce n’est pas vous qu’ils ont rejeté, mais c’est Moi, de peur que Je ne règne sur eux : Non enim te abjecerunt, sed Me, ne regnem surper eos » (1 Rois VIII, 7).
C’en est fait : tous les droits de Dieu sont anéantis ; il ne reste debout que les droits de l’homme. Ou plutôt, l’homme est Dieu, sa raison est le Christ, et la nation est l’Eglise.

In « Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »
Poitiers, Oudin 1868 - tome II, pages 627-629.

armoiries de Mgr Pie dosseret de son trône à la cathédrale de Poitiers

Armoiries de Monseigneur Pie
sculptées sur la boiserie de son trône épiscopal (cathédrale de Poitiers) :
Monseigneur Pie avait voulu que ses armes portassent la figure de « Notre-Dame du Pilier »
vénérée dans la cathédrale de Chartres.

Autres textes du Cardinal Pie publiés dans ce blogue :
- Eloge de Sainte Jeanne d’Arc à Orléans le 8 mai 1844 > ici
- Sur l’apostasie et le règne du Christ > ici
- Sur la venue de l’antéchrist > ici
- Sur Saint Benoît-Joseph Labre > ici
- Sur les nations qui refusent le règne de Dieu > ici
- Sur les révélations privées > ici

Neuvaine du 20 au 28 septembre pour préparer la fête de l’Archange Saint Michel.

Neuvaine en l’honneur de Saint Michel Archange
et
des neuf Choeurs des Anges

   Le texte de cette neuvaine est justement célèbre et largement répandu, en raison même des grâces qu’elle obtient à ceux qui la pratiquent avec ferveur et confiance.
Néanmoins, dans la progression des jours de cette neuvaine, il nous a paru plus conforme à l’ordre des choses – contrairement au texte habituellement diffusé – de « remonter » depuis le Chœur des Anges jusqu’au Chœur des Séraphins, Chœur qui est le plus près de Dieu et auquel appartient Saint Michel.

   Si chacun a, bien sûr, à cœur de se placer personnellement sous la protection du Grand Archange et de le prier à ses intentions particulières, chacun a aussi le devoir de recommander instamment la Sainte Eglise à la protection du Prince des Armées Célestes dans les combats qu’elle doit mener aujourd’hui contre l’esprit des ténèbres, et également d’invoquer l’archange victorieux très spécialement pour la France, que plusieurs de nos Souverains ont placée d’une manière spéciale sous sa protection.

   Conformément à l’usage traditionnel de l’Eglise, nous proposons d’accomplir cette neuvaine préparatoire à la fête de Saint Michel en la faisant débuter le 20 septembre, de sorte qu’elle s’achève le 28, au moment des premières vêpres de la fête.

bandeau fleurs de lys

Archange Saint Michel

Chaque jour de la neuvaine :

  1. Réciter le « Confiteor » ;

  2. Puis réciter cette prière :
    Saint Michel Archange, rempli de la Sagesse de Dieu, fort dans le combat, venez à mon aide, soutenez-moi dans les difficultés, les épreuves, quand je souffre, quand je doute, quand je pleure. Obtenez-moi le courage, la force, la volonté, pour ne pas me laisser abattre. Saint Michel Archange, soyez mon défenseur et mon protecteur contre les forces du Mal. Me confiant en l’intercession du Bienheureux Archange Saint Michel, je Vous supplie, Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit, de m’accorder la grâce…

  3. Réciter ensuite la prière attribuée à chaque jour (voir ci-dessous).

  4. Terminer en récitant un « Pater noster », un « Ave, Maria » et un « Gloria Patri », suivis de l’invocation :
    « Saint Michel Archange, priez pour nous, défendez-nous !».

Premier jour : en l’honneur des Anges.

   Glorieux Archange Saint Michel, grand zélateur de la gloire de Dieu et protecteur de l’Église universelle, vous à qui le Tout-Puissant a confié la mission de recevoir les âmes à la sortie du corps pour les présenter au très juste Juge ; daignez me secourir dans mon dernier combat. Accompagné de mon bon Ange gardien, venez à mon aide et chassez loin de moi tous les esprits infernaux. Ne permettez pas qu’ils m’épouvantent alors. Fortifiez-moi dans la Foi, l’Espérance et la Charité, afin que mon âme, portée par vous à son juge, soit introduite aussitôt au lieu du repos, pour y régner éternellement avec son Rédempteur, dans la société des Esprits bienheureux.
Ainsi soit-il.

* * *

 Deuxième jour : en l’honneur des Archanges.

   Archange Saint Michel, qui avez pour mission de recueillir nos prières, de diriger nos combats et de peser nos âmes, je rends hommage à votre beauté, – si semblable à celle de Dieu, qu’après Son Verbe éternel aucun autre esprit céleste ne vous est comparable, – à votre pouvoir sans limites en faveur de ceux qui vous sont dévots, à votre volonté, harmonieusement unie à celle du Cœur Sacré de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, pour le bien de l’homme. Défendez-moi contre les ennemis de mon âme et de mon corps. rendez-moi sensible au réconfort de votre assistance invisible et les effets de votre vigilante tendresse.
Ainsi soit-il.

 * * *

Troisième jour : en l’honneur des Principautés.

   Ô Saint Michel, Prince trois fois saint de la Milice sacrée, chargé par Dieu d’organiser et conduire les phalanges angéliques, très digne de tout culte, de toute louange et de tout éloge : éclairez mes sens intérieurs, fortifiez mon pauvre cœur agité par les tempêtes de cette vie, élevez vers les hauteurs de la céleste sagesse mon esprit incliné vers les choses de la terre ; affermissez mes pas chancelants et ne permettez pas que j’abandonne le sentier qui conduit aux Cieux ; guérissez les plaies de mon âme ; faites disparaître la trace de toutes les souffrances qu’engendrent en moi mes misères et mes malheurs.
Ainsi soit-il.

 * * *

Quatrième jour : en l’honneur des Vertus.

   Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du redoutable jugement. Prince très glorieux, souvenez-vous de nous, partout et toujours. Quand vous combattiez le dragon, on entendit dans le ciel la voix de ceux qui disaient : « Salut, honneur et gloire au Dieu Tout-Puissant ! » La mer se souleva, la terre trembla, quand vous descendîtes du Ciel, venez au secours du peuple de Dieu.
Ainsi soit-il.
 

* * *

Cinquième jour : en l’honneur des Puissances.

   Saint Michel Archange, vous que la sainte Église vénère comme son gardien et protecteur, à vous le Seigneur a confié la mission d’introduire dans la Céleste Félicité les âmes rachetées. Priez donc le Dieu de paix d’écraser Satan sous nos pieds afin qu’il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l’Église. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, sans tarder, le Seigneur nous fasse Miséricorde. Vous-même, saisissez le dragon, l’antique serpent, qui est le diable et Satan, et jetez-le enchaîné dans l’abîme, pour qu’il ne séduise plus les nations.
Ainsi soit-il.

 * * *

Sixième jour : en l’honneur des Dominations.

   Ô vous, qui êtes le Prince et le Porte-Étendard des bons Anges, assistez-moi toujours dans votre bonté et sauvez-moi. Des légions de l’ange des ténèbres préservez-moi, afin que, sous votre conduite, je partage la lumière des bons Anges. Devant le trône du Juge Suprême, soyez mon défenseur, plaidez ma cause et conjurez la colère du Juste Vengeur. Que, par vous, à mes travaux, à mon repos, à mes jours et à mes nuits soit donnée la prospérité ; que ma pensée soit toujours prête pour les œuvres de Dieu.
Ainsi soit-il.

* * *

Septième jour : en l’honneur des Trônes.

   Grand défenseur du peuple chrétien, Saint Michel Archange, pour remplir dignement la mission qui vous a été confiée de défendre l’Église, terrassez l’hérésie, exterminez les schismes et confondez l’incrédulité. Multipliez vos victoires sur les monstres infernaux qui veulent détruire notre Foi. Que l’Église de Jésus-Christ accueille de nouveaux fidèles et s’agrège des royaumes entiers afin qu’elle puisse peupler le Ciel d’âmes élues, pour la plus grande Gloire du Divin Rédempteur, à qui vous-même devez vos triomphes, vos mérites et votre éternelle félicité.
Ainsi soit-il.

* * *

Huitième jour : en l’honneur des Chérubins.

   Saint Michel, Prince de la Milice des Anges, je vous invoque, exaucez-moi. Je vous supplie de prendre mon âme, au dernier jour, sous votre très sainte garde et de la conduire au lieu de rafraîchissement, de la paix et du repos, où les âmes des saints attendent dans la joie ineffable le jugement à venir et la gloire de la résurrection glorieuse. Que je parle ou me taise, que je veille, que je marche ou me repose, gardez-moi dans l’accomplissement de toutes mes œuvres, dans tous les actes de ma vie. Préservez-moi des tentations des démons et des peines de l’enfer.
Ainsi soit-il.

* * *

Neuvième jour : en l’honneur des Séraphins.

   Prince très Glorieux de la Milice Céleste, Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les princes et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants répandus dans l’air. Venez au secours des hommes que Dieu a faits à l’image de Sa propre Nature, et rachetés à grand prix de la tyrannie du démon.
Ainsi soit-il.

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Autres prières à Saint Michel publiées dans ce blogue :
– prières pour demander l’assistance de St Michel > ici
– Collecte de la Messe de l’apparition de St Michel le 16 octobre > ici
–  Litanies de St Michel et prière pour toute nécessité > ici
– Prière à St Michel pour la France > ici
– Prière pour solliciter le secours de l’archistratège St Michel > ici
- Prière à St Michel pour le Royaume de France composée par la Vénérable Thérèse de St-Augustin > ici
et aussi
- Invocations aux neuf Choeurs des Anges > ici

2015-82. De la lutte que tout chrétien doit soutenir, de la connaissance de l’adversaire qu’il doit affronter, de la façon dont Satan établit sa domination sur l’homme, et de Celui dans lequel la victoire est donnée.

Jeudi 17 septembre 2015,
Fête de Sainte Hildegarde de Bingen (cf. > ici).

       La célébration de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, il y a quelques jours, et, bientôt, la fête de l’archange Saint Michel orientent les regards de notre esprit vers les graves réalités du combat spirituel : tant de chrétiens, surtout en nos temps, en escamotent la réalité au profit d’une (fausse) spiritualité qui n’est pas sans rappeler le quiétisme (hérésie condamnée).
A ce pseudo catholicisme de « bisounours », on peut – on doit – rappeler cet aphorisme de Gustave Thibon : « Aux pacifistes. – Tuez d’abord la fausse paix. Après vous tuerez la guerre… » (in « L’Echelle de Jacob », p. 189 de l’édition de 1946).
Je livre donc aujourd’hui à votre méditation un texte de notre glorieux Père Saint Augustin résumant ce qu’est le combat spirituel, le nécessaire combat sans lequel il n’y a pas de vie chrétienne authentique, le combat qu’il faut soutenir tous les jours et jusqu’à son dernier souffle, le combat qu’ont dû soutenir tous les saints, le combat dont nous devons toujours nous souvenir qu’il n’est pas le nôtre mais celui du Christ en nous

Lully.

Domenico Beccafumi Sienne église San Niccolò al Carmine chute des anges rebelles

La chute des anges rebelles,
chef-d’oeuvre de Domenico Beccafumi (vers 1526-1535)
église San Niccolo del Carmine, Sienne.

La couronne est promise aux vainqueurs :
le combat qu’il faut soutenir et l’adversaire qu’il faut affronter
c’est par et dans le Christ qu’est donnée la victoire.

       La palme de la victoire n’est offerte qu’à ceux qui combattent.
Dans les Saintes Écritures, nous trouvons à chaque pas la promesse de la couronne, si nous sortons victorieux de la lutte ; mais – pour éviter une foule de citations – ne lit-on pas en termes clairs et précis dans l’apôtre saint Paul : « J’ai achevé mon oeuvre, j’ai fourni ma course, il ne me reste plus qu’à recevoir la couronne de justice qui m’est réservée » (2 Tim. IV, 7-8) ?

   Il faut donc connaître quel adversaire nous avons à vaincre pour être couronnés.
C’est celui que Notre-Seigneur Lui-même a vaincu le premier, afin que nous aussi, en Lui demeurant unis, nous puissions le vaincre à notre tour.

   La Vertu et la Sagesse de Dieu – le Verbe par qui tout a été fait, c’est-à-dire le Fils unique de Dieu – demeure éternellement, immuable au-dessus de toute créature.
Or, si toute créature que n’a pas souillée le péché, est sous Sa dépendance, à plus forte raison en est-il de même pour celle que le péché a dégradée. Si tous les anges restés purs sont sous Lui, encore ne sont-ils pas bien davantage sous Lui, tous ces anges prévaricateurs dont Satan est le chef ?

   Mais, comme Satan avait séduit notre nature, le Fils unique de Dieu a daigné revêtir notre humanité pour vaincre Satan avec elle, et pour mettre sous notre dépendance celui qu’Il tient sans cesse sous la sienne ; c’est ce qu’il fait entendre Lui-même quand Il dit : « Le prince du monde a été chassé » (Jean XII, 31).
Non qu’il ait été chassé hors du monde, comme le pensent quelques hérétiques, mais il a été rejeté hors des âmes de ceux qui restent fidèles à la parole de Dieu, loin de s’attacher au monde dont Satan est le maître ; car s’il exerce un pouvoir absolu sur ceux qui recherchent les biens éphémères du siècle, il n’est pas pour cela le maître du monde ; mais il est le prince de toutes ces passions qui nous font convoiter les biens périssables ; de là vient l’empire qu’il exerce sur tous ceux qui négligent Dieu, dont le règne est éternel, pour n’estimer que des frivolités que le temps change sans cesse : « car la cupidité est la racine de tous les maux, et c’est en s’y laissant aller que quelques-uns se sont écartés de la foi et se sont attirés de nombreux chagrins » (1 Tim. VI, 10).
C’est à cause de cette concupiscence que Satan établit sa domination sur l’homme, et prend possession de son coeur. Voilà l’état de ceux qui aiment ce monde.

   Or, nous bannissons Satan, toutes les fois que nous renonçons du fond du coeur aux vanités du monde ; car on se sépare de Satan, maître du monde, quand on renonce à ses attraits corrupteurs, à ses pompes, à ses anges.
Aussi Dieu Lui-même, une fois revêtu de la nature triomphante de l’homme, nous dit-Il : « Sachez que j’ai vaincu le monde » (Jean XVI, 33).

Saint Augustin, « Du combat chrétien », chap. 1er.

Chute des anges rebelles D. Beccafumi détail

D. Beccafumi : la chute des anges rebelles (détail)

2015-81. Où, à l’occasion de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, on se rend en pèlerinage à la montagne de l’Etoile pour se préparer à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Lundi 14 septembre 2015,
Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix ;
Cinquième centenaire de la victoire de Marignan.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   En cette fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, et en guise de préparation spirituelle à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, que nous fêtons avec une ferveur particulière puisqu’elle est la patronne principale du Mesnil-Marie, Frère Maximilien-Marie a profité de ce jour pour accomplir un petit pèlerinage en un lieu dont notre amie Valérie lui avait parlé : un lieu dans lequel se trouvent réunis beaucoup d’éléments accordés à la spiritualité du Refuge Notre-Dame de Compassion, comme vous l’allez voir.

Frère Maximilien-Marie a en effet rapporté des clichés de sa pieuse escapade, afin que je puisse vous en faire un peu profiter…

Le Mézenc vu depuis la montagne de l'étoile

Le Mézenc vu du nord depuis la Montagne de l’étoile

A environ trois lieues au nord/nord-ouest du Mont Mézenc, se trouve le village de Montusclat, blotti dans une petite vallée, à quelque 1065 m d’altitude.

Montusclat vue du sud

Blotti dans sa vallée, aperçu depuis la Montagne de l’étoile, le village de Montusclat vu du sud.

   Le village est  absolument remarquable, avec ses vieilles maisons typiques dans lesquelles ont été réutilisés des éléments de l’ancien château, détruit après que l’on en eût délogé les huguenots qui s’y étaient retranchés.
Mais c’est bien sûr vers l’église, dont les parties les plus anciennes datent des XIème et XIIème siècles, que Frère Maximilien-Marie a dirigé ses pas.

Montusclat l'église des XIe et XIIe siècles

Montusclat : l’église Saint-Pierre et Saint-Paul :
édifiée par les moines de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier aux XIème et XIIème siècles,
(toutefois le clocher actuel ne date que de 1704).

   Saluons au passage le fait que cette église est ouverte, propre et accueillante.

   Parmi les humbles merveilles de la dévotion populaire qu’elle renferme, se trouve une naïve, mais ô combien touchante, représentation de Notre-Dame de La Salette en conversation avec Mélanie et Maximin, probablement sculptée par un imagier local.

Montusclat - statue naïve de ND de La Salette dans l'église

Eglise de Montusclat : statue de Notre-Dame de La Salette.

   Mais la dévotion de notre cher Frère a été particulièrement sensible à cette très émouvante petite Piéta du XVème siècle, que de fervents paroissiens cachèrent pendant la grande révolution afin de la soustraire aux profanations et au vandalisme des impies.

Montusclat - petite Piéta du XVe siècle dans l'église

Eglise de Montusclat : petite Piéta du XVème siècle
(la photo n’était pas facile à réaliser car cette statuette est bien protégée par une vitre épaisse…
mais une vitre occasionne toujours des reflets !)

   La dévotion à la Mère des Douleurs a dû être particulièrement implantée dans cette paroisse aux temps de Chrétienté, puisqu’on retrouve sa représentation jusqu’au revers de certaines très anciennes croix de carrefour.

Montusclat - revers d'une croix de carrefour

Montusclat : naïve représentation de la Piéta au revers d’une grande croix de carrefour.

   Je pense que vous commencez à comprendre, chers amis, les raisons qui ont attiré Frère Maximilien-Marie à Montusclat en ce jour de l’Exaltation de la Sainte Croix et veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs
Mais vous n’avez pas encore tout vu !!!

   Quittant le village, notre Frère a gravi la Montagne de l’étoile, qui domine le village au sud.
La journée était douce ; les nuages passant par toutes les nuances de gris et donnant parfois l’impresssion qu’il allait pleuvoir, se déchiraient par moments pour laisser passer les rayons du soleil…
Au terme de son ascension, au bout d’un chemin de terre, à l’orée d’un bois dont les teintes annoncent déjà l’automne, Frère Maximilien-Marie est arrivé à une chapelle : une toute petite chapelle – à peine cinq mètres de longueur et quatre mètres de largeur sans doute – , couverte en lauzes, avec un joli clocheton au-dessus de la porte… et une étoile qui rappelle le nom de la montagne sur laquelle on se trouve.

Montusclat, chapelle Saint-Joseph sur la montagne de l'étoile

Montusclat : chapelle Saint Joseph sur la Montagne de l’Etoile.

   Cette chapelle est dédiée à Saint Joseph : la porte est fermée à clef, mais comme elle est vitrée, il est néanmoins possible d’en voir l’intérieur et d’adresser une prière au saint patriarche du Nouveau Testament.

Montusclat, chapelle Saint Joseph - l'intérieur

Intérieur de la chapelle Saint Joseph

   Ce qui a spécialement ravi Frère Maximilien-Marie, c’est de voir qu’il y a, avec une autre statue de Saint Joseph sur la façade extérieure de la chapelle, une boite aux lettres pour déposer les messages par lesquels on lui recommande ses intentions.
Et moi je me demande si ceux qui sont loin et ne peuvent pas venir jusque là peuvent envoyer à Saint Joseph des lettres par la poste, que le facteur vient déposer dans cette boite aux lettres : je serais vraiment enchanté s’il en était ainsi…

Montusclat la boite aux lettres de Saint Joseph

La boite aux lettres du bon Saint Joseph

   Derrière la chapelle, commence un sentier montant, assez large et bien entretenu, bordé de croix de trachyte.
Ces croix sont au nombre de sept et sur le socle de chacune est inscrite l’une des Sept Douleurs de Notre-Dame : ce sont des stations en l’honneur de Marie désolée.

Montusclat - Sentier des Sept Douleurs

Montusclat - croix des stations de Marie désolée

   La distance entre chacune de ces croix est exactement celle qui est nécessaire pour réciter un « Ave, Maria » de la Compassion (cf. > ici) et la strophe « Sancta Mater, istud agas… »

   Au terme du sentier, c’est-à-dire sur le sommet de la Montagne de l’étoile, est aménagée une espèce de petite esplanade sur laquelle ont été dressées des croix et des statues.

Montusclat - la croix de l'étoile

Au sommet de la Montagne de l’étoile, le lieu-dit « la croix de l’étoile » aménagé pour les pèlerinages.

   Il faut remonter quelque trois siècles en arrière pour bien comprendre la raison de cette espèce de sanctuaire à ciel ouvert.

   En mai 1721, une épidémie terriblement contagieuse ravageait la contrée. Les paroissiens de Montusclat prononcèrent alors un vœu : celui de se rendre chaque année en pèlerinage auprès de Notre-Dame  de Tout Pouvoir, à Araules (à trois lieues et demi au nord de Montusclat), si le village était préservé de cette peste.
Il semble bien qu’il le fut puisque l’étude des registres paroissiaux montre que le nombre des décès à Montusclat cette année-là ne dépasse pas le nombre des morts des années ordinaires !
Toutefois, au bout de quelques années, ce pèlerinage annuel à Notre-Dame de Tout Pouvoir, à pied par des sentiers de chèvres avec les gros sabots de l’époque, se révéla difficile à maintenir : Monseigneur l’Evêque du Puy, en vertu de son autorité spirituelle, commua donc le vœu de la paroisse de Montusclat en une procession solennelle qui serait célébrée chaque année au premier dimanche de juillet et qui devrait se rendre à la croix érigée au sommet de la Montagne de l’étoile qui domine le village.
Ainsi fut fait, et la procession du premier dimanche de juillet jusqu’à la Croix de l’étoile fut fidèlement accomplie d’année en année.

   En 1882, la Croix de l’étoile allait connaître des changements : cette année-là, l’abbé Charre, prêtre particulièrement fervent et zélé, arriva comme curé à Montusclat. Il fut surpris de ne trouver qu’une simple croix sur le lieu du terme de la procession annuelle du vœu, et suggéra qu’on y érige quelque chose qui rappellerait de manière plus significative que c’était grâce à l’intercession de la Sainte Vierge que Montusclat avait été préservé de l’épidémie.

   Dans ce pays de montagne, peuplé de gens simples à la foi profonde, qui souvent récitaient leur chapelet en gardant leurs troupeaux, le récit de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu sur la sainte montagne de La Salette revêtait un sens peut-être plus fort qu’ailleurs…
Alors, pourquoi ne pas ériger à la Croix de l’étoile une belle statue de Notre-Dame de La Salette, dont les graves avertissements et les sages conseils ne pouvaient qu’être profitables aux paroissiens de Montusclat ?

Montusclat - Croix de l'étoile, Vierge en pleurs

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge en pleurs de La Salette

   Mais une statue de Notre-Dame de La Salette convenable par la taille et pour une implantation extérieure, cela coûte cher.

   Le fervent abbé Charre n’avait pas le premier sou pour réaliser un tel projet ; les caisses de la paroisse avaient été vidées par les dernières réparations opérées à l’église.
Mais si la Sainte Vierge le veut, après tout…
Le bon curé monta à la Croix de l’étoile et y déposa une petite statue de plâtre rapportée de La Salette : « Et maintenant, si vous voulez que je vous élève ici une statue convenable, débrouillez-vous pour me trouver l’argent nécessaire ! »

   Or la Sainte Vierge devait bien le vouloir si on en juge par la suite des événements ; et puisqu’elle avait été priée de se débrouiller… elle se débrouilla !

   Le lendemain même du jour où l’abbé Charre l’avait ainsi priée, il fut appelé auprès d’une femme malade qui voulait lui remettre de l’argent « pour ses bonnes oeuvres ».
S’étant rendu auprès d’elle, le zélé curé l’entretint donc de son projet pour la Croix de l’étoile, et reçut une somme qui lui permettrait de payer une statue en fonte d’une centaine de kilos !

Montusclat - la Croix de l'étoile, statue de la Vierge parlant aux enfants

Montusclat : la Croix de l’étoile
La conversation de Notre-Dame avec les petits bergers de La Salette

   Ce premier don en suscita d’autres.
L’abbé Charre décida alors d’ériger à proximité de la statue de la Vierge en pleurs quatorze croix de trachyte qui formeraient un chemin de croix.
Et puisqu’il y avait une statue de la Vierge en pleurs, une famille offrit la statue représentant la conversation de la Mère des Douleurs avec les petits bergers ; puis les dons permirent aussi d’acquérir une statue de la Vierge qui s’élève vers les cieux à la fin de l’apparition.

   Les quatorze croix figurant les stations du chemin de croix furent donc disposées de telle sorte qu’elles permettent en même temps de parcourir la représentation des trois phases de l’apparition.

   Le dimanche 5 septembre 1886 eut lieu la bénédiction solennelle du chemin de croix et des statues de Notre-Dame de La Salette :  les chroniques de l’époque rapportent qu’il vint pour l’occasion plus de deux mille personnes, accourues de toutes les paroisses alentour.
L’année suivante (29 mai 1887) furent bénites les sept croix représentant les stations à Marie désolée qui jalonnent le sentier d’accès à la Croix de l’étoile.
La chapelle de Saint Joseph que l’on trouve en arrivant fut construite en dernier.

Montusclat - la Croix de l'étoile, groupe de la conversation détail

Montusclat : la Croix de l’étoile
détail du groupe de la conversation

   N’était-ce donc pas un lieu magnifique pour accomplir un pèlerinage aujourd’hui, jour de la Sainte-Croix, et pour se préparer à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion ?

   Vous savez que notre Frère vous a tous « emportés dans son sac à prières » (pour reprendre la belle expression de notre amie Béatrice) jusqu’au sommet de la Montagne de l’étoile, et qu’il a déposé toutes vos intentions dans le Coeur maternel de Notre-Dame, avec aussi tous les malades qui nous sont recommandés, toutes les situations de détresse spirituelle et morale qui constituent la croix portée par tant de personnes, sans oublier notre pauvre et chère France aux abois et son Roi légitime en qui nous plaçons de grandes et vives espérances surnaturelles… (cf. > ici)

Patte de chatLully. 

Montusclat - la Croix de l'étoile, Vierge remontant aux cieux

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge remontant aux cieux à la fin de l’apparition

2015-83. De ces royalistes qui attendent un Roi caché et inconnu ; de ceux qui attendent que le Roi leur rende des comptes ; et de Chateaubriand.

13 septembre 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Il me paraît judicieux et important de copier ci-dessous à votre intention quelques citations relevées dans les échanges de Frère Maximilien-Marie et qui ont trait à la pensée légitimiste, en faveur de laquelle nul n’ignore ses engagements militants.
Je les laisse à votre méditation, car elles demandent d’être lues, méditées et assimilées devant Dieu…

Lully.

lys.gif

   L’attitude de ces royalistes qui espèrent du Ciel un Roi – encore inconnu et caché – (souvent ils utilisent la formule : « le Roi que Dieu voudra bien nous donner »), et qui, négligeant les Lois Fondamentales du Royaume (cf. > ici) données par la divine Providence dans le cours de l’histoire du Royaume de France, Lois Fondamentales qui désignent clairement et indubitablement aujourd’hui, pour successeur légitime de Clovis, du Bienheureux Charlemagne, de Saint Louis, de Charles VII, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI, de Charles X, et d’Henri V, le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, me fait formellement penser à ces Juifs qui espéraient du Ciel un messie selon leurs fantasmes, et qui n’ont pas su reconnaître « LE » Messie présent au milieu d’eux, Lequel accomplissait pourtant sous leurs yeux les signes et les miracles prophétisés dans les Ecritures Sacrées qu’ils scrutaient continûment…
Et ils ont fini, avec un aveuglement passionné, par se mettre à la remorque de faux messies ! 

Médaille de Louis XX

   Il y a des personnes qui se disent légitimistes, et qui me demandent parfois (il y en a même qui m’envoient des courriers électroniques pour cela) : « Pourquoi le Prince ne fait-il pas ceci ? », ou bien « Le Prince ne pourrait-il pas déclarer telle chose ou accomplir telle autre… ? », ou encore « Ne pensez-vous pas que le Prince devrait faire ceci, intervenir sur tel sujet… etc. ? »

   Je réponds habituellement (pour le cas où ils ne s’en seraient pas rendus compte !) que je ne suis ni le Prince, ni son porte-parole officiel, ni son confident… Je ne dispose donc pas des éléments de réponse.
D’ailleurs, même si je connaissais les desseins et les pensées de Sa Majesté, il ne m’appartiendrait pas de répondre à ce genre d’interrogations !

   Par dessus tout, ce qui me gêne – et qui même m’agace – dans le fait même que ces questions soient posées… 

1) … c’est qu’elles donnent l’impression que ceux qui les osent pensent (ce n’est pas formulé, c’est peut-être même inconscient) que le Prince aurait à rendre compte de ses paroles, faits et gestes, à ses « partisans », de la même manière que le chef d’un parti républicain doit (ou devrait) en rendre à la « base » qui l’a élu et dont il est supposé tenir son pouvoir…

2) … c’est aussi que ces petits personnages, convaincus de leur importance, semblent persuadés qu’ils savent mieux que le Prince ce qu’il conviendrait de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire…
Ici, je ne peux m’empêcher de renvoyer à cette leçon que reçut la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich : un jour qu’elle se plaignait intérieurement que le Bon Dieu n’avait pas fait ce qu’il lui semblait à elle qu’il eût été bon de faire (évidemment pour des motifs fort louables et généreux ayant trait à la gloire divine et au bien des âmes), son ange gardien lui rétorqua : « Tu aurais fait tellement mieux à Sa place, toi ! »
Eh bien, c’est tout-à-fait cela : ils agissent et parlent comme avec la certitude qu’ils feraient mieux que le Prince, eux.

3) … c’est, en définitive, de constater que la « pollution démocratique », qui a perverti les mentalités de nos contemporains, a aussi contaminé des personnes se prétendant légitimistes, lesquelles réagissent exactement comme si tout le monde avait des droits et pouvoirs sur toutes choses, au point qu’elles ne semblent même pas imaginer qu’à un Prince tel que l’aîné des Capétiens, et à lui seul, sont données par Dieu des grâces d’état, qui ne leur sont ni dues ni dévolues à eux !!!

Louis XX à la Chapelle Expiatoire - janvier 2014

Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
assistant à la Sainte Messe à la Chapelle Expiatoire en janvier 2014.

   Paradoxes de Chateaubriand : 

1) Citation révélatrice du personnage :  « Pourquoi suis-je venu à une époque où j’étais si mal placé ? Pourquoi ai-je été royaliste contre mon instinct dans un temps où une misérable race de cour ne pouvait ni m’entendre ni me comprendre ? Pourquoi ai-je été jeté dans cette troupe de médiocrités qui me prenaient pour un écervelé, quand je parlais courage ; pour un révolutionnaire, quand je parlais liberté ? » (in « Mémoires d’outre-tombe » tome II p. 563).

2) D’une certaine manière, il fut fidèle aux Bourbons, mais c’était parce qu’il restait, par son éducation antérieure à la révolution, « conditionné » par le sens de l’honneur et du devoir. 

3) Si sa raison le portait vers la monarchie, ce n’est cependant pas selon la raison qu’il réagissait et se conduisait bien souvent, mais selon une hyper-sensibilité de type rousseauiste.

4) Par sa sensiblerie autocentrée – qui est le propre du romantisme – , il était finalement un républicain, et, lors même qu’il ne cessa pas de proclamer son attachement à la Royauté légitime, il contribua largement d’une part à sa chute et d’autre part à ne plus la faire percevoir que comme un fantôme, définitivement relégué dans les ombres d’un passé qui ne peut ni ne doit revenir.

5) On trouve, sous la plume de René, des formules admirables, de véritables pépites de style et de pensée.
Mais alors il faut bien veiller à les isoler : les citations que l’on fait de ces passages remarquables, se doivent limiter au sens immédiat clairement circonscrit par les guillemets ; elles ne sauraient en aucune manière renvoyer à tout le reste ni cautionner l’ensemble de sa pensée, au demeurant fluctuante… 

Armes de France gif

Deux prières à Saint Pie X composées par le Vénérable Pie XII.

       A l’occasion de la fête de Saint Pie X, ce 3 septembre, invoquons-le avec le texte de deux prières qui furent composées par le Vénérable Pie XII.
La première est la péroraison du discours prononcé par le Pape Pacelli à l’occasion de la béatification de son prédécesseur (3 juin 1951) et la seconde la péroraison du discours de la canonisation (29 mai 1954).
On remarquera à quel point les termes de ces prières s’accordent aux besoins urgents de l’Eglise en ce début du XXIème siècle.

Saint Pie X - blogue

Saint Pie X

       O bienheureux Pontife, fidèle serviteur de ton Seigneur, humble et sûr disciple du divin Maître, dans la douleur et dans la joie, dans les fatigues et dans les sollicitudes, Pasteur expérimenté du troupeau du Christ, tourne ton regard vers nous (…).
Ardus sont les temps où nous vivons, durs les efforts qu’ils exigent de nous. L’Epouse du Christ, autrefois confiée à tes soins, se trouve de nouveau dans de graves angoisses. Ses fils sont menacés d’innombrables périls dans leur âme et dans leur corps. L’esprit du monde, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Beaucoup deviennent ses victimes. Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas. Ils ferment leurs regards à la lumière de l’éternelle vérité, ils écoutent les voix des sirènes qui murmurent des messages trompeurs.
Toi qui fus ici-bas grand inspirateur et guide du peuple de Dieu, sois notre aide et notre intercesseur, et celui de tous ceux qui se proclament disciples du Christ.
Toi dont le coeur se brisa quand tu vis le monde se précipiter en une lutte sanglante, secours l’humanité, secours la chrétienté, actuellement exposée à de semblables épreuves : obtiens de la miséricorde divine le don d’une paix durable et, comme prémices de celle-ci, le retour des esprits à ce sentiment de véritable fraternité, qui seul peut ramener parmi les hommes et les nations la justice et la concorde voulues par Dieu.

Ainsi soit-il.

Armoiries de Saint Pie X

       O Saint Pie X, gloire du sacerdoce, splendeur et honneur du peuple chrétien ; toi en qui parut l’humanité fraternisant avec la grandeur, l’austérité avec la mansuétude, la piété simple avec la profonde doctrine ; toi, le Pontife de l’Eucharistie et du catéchisme, de la foi intègre et de la fermeté impavide, tourne ton regard vers la Sainte Eglise que tu as tant aimée et à laquelle tu as donné le meilleur des trésors que la divine Bonté, d’une main prodigue, avait déposés en ton âme.
Obtiens-lui la sécurité et la constance au milieu des difficultés et des persécutions de notre temps, soulève cette pauvre humanité, dont les douleurs t’affligèrent tellement qu’elles finirent par arrêter les battements de ton grand coeur.
Fais qu’en ce monde agité triomphe cette paix qui doit être harmonie entre les nations, accord fraternel et collaboration sincère entre les classes sociales, amour et charité entre les hommes, de telles sorte que les angoisses qui consumèrent ta vie apostolique se transforment, grâce à ton intercession, en une réalité de bonheur, à la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Exposition de la chasse de St Pie X devant le maître autel de St Pierre après la canonisation

Exposition de la chasse de Saint Pie X devant le maître-autel de la basilique Saint-Pierre
après la canonisation (29 mai 1954)

On trouvera aussi dans ce blogue :
- L’évocation de la mort de Saint Pie X et de son élévation sur les autels > ici
- Les litanies de Saint Pie X > ici
- Le discours de Pie XII pour la canonisation de Saint Pie X > ici
- L’allocution de Saint Pie X « Gravissimum » au sujet de la loi de séparation en France > ici
- Un fameux discours de Saint Pie X en décembre 1908 au sujet de la France > ici
- Prophétie et prière de Saint Pie X pour la France > ici

2015-80. Où le Maître-Chat raconte comment au Mesnil-Marie nous avons pieusement commémoré le troisième centenaire de la mort du Grand Roi.

1715 – 1er septembre – 2015

frise lys deuil

Célébration au Mesnil-Marie
du
troisième centenaire du rappel à Dieu
de
Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV

Mardi 2 septembre 2015,
Fête des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792 (cf. > ici).

La gloire de Louis XIV triomphe du temps (détail) - Baldassare Franceschini

Baldassare Franceschini, dit « il Volterrano » : la gloire de Louis XIV triomphe du temps (détail)
Palais de Versailles

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Il s’agissait pour nous d’un véritable devoir de piété filiale que de marquer aussi bien que nous le pouvions en notre Mesnil-Marie, le troisième centenaire du rappel à Dieu de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV (cf. > ici) ; car si, en plusieurs endroits, cet anniversaire est commémoré par des manifestations culturelles et patrimoniales (concerts, émissions, conférences, expositions …etc.), nous tenions pour notre part à lui donner sa dimension chrétienne et pleinement spirituelle, celle qui est exprimée par exemple dans cet extrait de la fameuse « Oraison funèbre de Louis le Grand, Roi de France, prononcée dans la Sainte Chapelle de Paris », par le Père Jean-Baptiste Massillon :

   « Retournez donc dans le sein de Dieu d’où vous étiez sortie, âme héroïque et chrétienne ! Votre cœur est déjà là où est votre trésor. Brisez ces faibles liens de votre mortalité, qui prolongent vos désirs et qui retardent votre espérance. Le jour de notre deuil est le jour de votre gloire et de vos triomphes. Que les Anges tutélaires de la France viennent au-devant de vous pour vous conduire avec pompe sur le trône qui vous est destiné dans le Ciel, à côté des saints rois vos ancêtres, de Charlemagne et de Saint Louis ».

   On peut dire que la divine Providence s’était vraiment investie Elle-même dans cette entreprise puisqu’Elle avait tout disposé et facilité à cet effet : un prêtre ami disponible, heureux de  venir célébrer une Sainte Messe de requiem à cette intention ; des amis proches – ou moins proches – qui entraient dans les mêmes dispositions que nous ; le matériel et les ornements liturgiques que Frère Maximilien-Marie a patiemment récupérés, nettoyés, cousus, voire faits restaurer parfois, et qui – quoique modestement – permettaient d’assurer un véritable office funèbre selon les règles traditionnelles…

Lully veille à l'exacte préparation de la cérémonie

Lorsqu’on se nomme Lully, on se doit d’inspecter avec une scrupuleuse exactitude que tout soit parfaitement bien préparé avant la cérémonie célébrée à la pieuse mémoire du Grand Roi
(car si j’ai été appelé Lully c’est, de manière sous-jacente en hommage à l’action culturelle du Roi Soleil).

   Ce mardi 1er septembre 2015, ce furent donc une bonne vingtaine de personnes qui remplissaient notre oratoire, autour du catafalque dressé pour la circonstance : de nombreux amis, tenus éloignés par leurs obligations, leur santé ou la distance nous étaient aussi unis par l’amitié et la prière.

   « (…) Le Roi est mort ce matin, à huit heures un quart et demi, et il a rendu l’âme sans aucun effort, comme une chandelle qui s’éteint… », a écrit Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, dans son « Mémoire sur ce qui s’est passé dans la chambre du Roi pendant sa maladie ».
« Huit heures un quart et demi », c’est huit heures vingt-trois, selon – bien évidemment – l’heure solaire de Versailles.
Compte-tenu du décalage avec le cycle naturel établi par l’heure officielle actuellement en vigueur, en commençant la Sainte Messe à dix heures trente, nous étions à peu de choses près, à trois siècles de distance, à l’heure où, le dernier soupir du Souverain ayant été constaté, les ecclésiastiques présents dans sa chambre ont entonné l’antienne : « Subvenite, sancti Dei, occurrite, angeli Domini : Venez à son aide, ô saints de Dieu ; venez à sa rencontre, ô anges du Seigneur : recevez son âme et portez-la en présence du Très-Haut ! Que le Christ qui vous a appelé vous reçoive, et que les anges vous conduisent dans le sein d’Abraham… Donnez-lui, ô Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans déclin brille pour lui… » 

L’heure aussi où, à trois siècles de distance, le duc de Bouillon, grand chambellan, a crié depuis le balcon de la chambre du Roi : « Le Roi Louis XIV est mort » puis, par trois fois, « Vive le Roi Louis XV ! »

2-la Messe de Requiem va commencer

La Sainte Messe va commencer…

   La Messe fut très fervente et recueillie. L’arrivée, vraiment providentielle, d’un jeune homme habitué à servir la Messe a dégagé Frère Maximilien-Marie d’avoir à assurer le service de l’autel en même temps que le chant.

3-Pendant la Sainte Messe

Avant la collecte.

   La tout-à-la-fois sobre et somptueuse liturgie traditionnelle des défunts nous a portés pendant près d’une heure et demi dans un univers intemporel : celui de la communion avec Dieu et, par conséquence aussi, de la communion avec tous ceux qui, vivants de Sa grâce, sont entrés dans Sa lumière et Son repos

Prie-Dieu pour la Sainte Communion

Le prie-Dieu servant pour la Sainte Communion, drapé d’un tissu noir damassé de fils d’argent
et recouvert d’un napperon fleurdelysé.

4-à la Sainte Communion

   Puis ce fut l’absoute : « Délivrez, nous Vous en supplions, Seigneur, l’âme de Votre serviteur le Roi Louis de tous les liens de ses péchés, afin que dans la gloire de sa résurrection, elle jouisse de la vie, ressuscitée parmi Vos saints et Vos élus… »

5-à l'absoute

Encensement du catafalque après l’aspersion d’eau bénite :

6-encensement du catafalque à l'absoute

   Après la Sainte Messe, Monsieur l’Abbé a procédé à la bénédiction d’un vitrail réalisé par notre Frère Maximilien-Marie à l’occasion de ce troisième centenaire (c’est son premier : il n’est pas parfait mais il est néanmoins d’un bel effet à la petite fenêtre du pignon Est du Mesnil-Marie, juste au-dessous du campanile) :

Vitrail du 3e centenaire réalisé par Frère Maximilien-Marie

   Une petite inscription lui sera ajoutée pour en exprimer tout le sens : « Ad maximan Regi regum gloriam, ad Galliae Liliorum exaltationem, ad piam Ludovici Magni memoriam : pour la très grande gloire du Roi des rois, pour l’exaltation des Lys de France, pour la pieuse mémoire de Louis le Grand »

   Si quelques uns de nos amis ont dû repartir après la Messe, ils furent aussi une quinzaine à rester au Mesnil-Marie pour un pique-nique – le temps, souvent menaçant pourtant, n’en a pas empêché le bon déroulement – où ont abondé les échanges confiants et joyeux.

   A travers une cérémonie telle que celle que nous avons vécue ici hier, cérémonie qui n’est en rien une manifestation folklorique nostalgique stérile, mais dans laquelle s’exprime toute une vivante et forte espérance, c’est, enracinés dans le terreau fécond de la Tradition monarchique chrétienne, un regard confiant et fort que nous portons vers l’avenir, quels que sombres qu’apparaissent les nuages qui s’amoncellent à l’horizon de l’humanité, de la France et de l’Eglise.

   En évoquant la figure du Monarque inégalé que Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, dans les messages confiés à Sainte Marguerite-Marie en 1689, n’a pas hésité à appeler « le fils ainé de Mon Sacré-Coeur » (cf. > ici), et non pas seulement « le fils aîné de la Sainte Eglise » selon son titre traditionnel, (cf. > ici), nous proclamons avec assurance notre confiance dans les promesses divines accordées à la France et à sa Royauté fondée sur le pacte de Reims, transmises avec tant de force par tant de saints tout au long des siècles (cf. par exemple, la prophétie de Saint Pie X > ici), et c’est le coeur gonflé d’espérance surnaturelle que nous crions à notre tour avec une immense ferveur : « Le Roi est mort. Vive le Roi ! ».

Lully.

Le Roi est mort. Vive le Roi !

Le Roi est mort. Vive le Roi !

frise lys deuil

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