Archive pour octobre, 2017

2017-85. Du véritable visage de Luther.

Contribution féline très incorrecte

aux commémorations du cinquième centenaire

de l’officialisation de la révolte de Martin Luther

1517 – 31 octobre – 2017

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Luther affichant ses thèses hérétiques 31 octobre 1517

Martin Luther clouant le placard de ses thèses hérétiques sur les portes de l’église de la Toussaint
à Wittemberg le 31 octobre 1517

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       Tandis que, jusqu’aux plus hauts degrés de la hiérarchie de l’Eglise en crise, un certain nombre de catholiques multiplient gestes symboliques et prises de parole pour « célébrer » ce que l’on appelle (d’ailleurs à tort) le « cinquième centenaire de la réforme » - car il n’y a pas une « réforme » monolithique, mais il y a un ensemble complexe de révoltes successives et inflationnistes contre l’Eglise catholique, menées par de pseudo réformateurs qui n’étaient pas d’accord entre eux, ne parlaient donc pas d’une seule voix, et se sont parfois contredits eux-mêmes – , je voudrais porter à votre connaissance d’autres « sons de cloche » que ceux donnés par les déclarations officielles, lesquelles ne sont habituellement nullement conformes à la réalité historique mais constituent un extraordinaire florilège de mensonges, d’approximations, de tromperies, de répétitions de poncifs injustifiés… etc.

   Veuillez donc trouvez ci-dessous, chers Amis, quelques réflexions et remarques qui n’ont d’autre but que celui de rappeler ou rétablir quelques vérités, au jour anniversaire de l’affichage des thèses de Luther à la porte de l’église de la Toussaint à Wittenberg (31 octobre 1517), qui n’est pas le commencement de la prétendue réforme, mais l’officialisation de la révolte d’un homme contre Dieu et contre Son Eglise, révolte qui couvait et s’envenimait depuis déjà longtemps dans l’âme tourmentée de ce personnage sulfureux.

Patte de chat   Lully.

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- Luther : un  meurtrier entré au couvent sans vocation.

   Dietrich Emme est un protestant allemand, juriste de formation, qui a mené depuis des années de très importantes recherches et études sur la vie de Martin Luther, parce qu’il a constaté qu’il n’existe pas de biographie répondant à toutes les exigences véritablement scientifiques de la rigueur historique.
Le Docteur Emme s’est ainsi rendu compte que, loin de la version « hagiographique » répandue depuis des siècles, en réalité l’étudiant d’Erfurt n’est pas devenu moine à la suite de la formulation d’un voeu à Sainte Anne lors d’un orage effrayant, mais qu’il est entré au couvent des Augustins pour échapper à la justice.

Dietriech Emme a sorti des oubliettes les témoignages croisés des plus anciens biographes protestants de Luther (Mathesius, Melanchthon et Seinecker) et certaines déclarations de Luther lui-même, qui permettent d’affirmer que, depuis peu diplomé comme « maître es arts », Martin Luther a causé la mort de l’un de ses condisciples lors d’un duel : il s’est donc d’abord rendu coupable d’un duel (sévèrement interdit et sanctionné), puis d’un homicide. Son entrée au couvent des Ermites de Saint-Augustin d’Erfurt, couvent qui était exempt de la justice locale qui aurait pu l’envoyer à la potence, le mettait à l’abri des poursuites et d’un procès.
En d’autres occasions, Luther a aussi affirmé que pendant les six premiers mois qu’il a passés au couvent, il n’y suivait pas la vie des frères mais qu’il était commis à des emplois subalternes et ingrats tels que le nettoyage des latrines, choses qui n’étaient pas demandées aux postulants et aux novices – qui étudiaient – mais à des domestiques du plus bas échelon. Ce n’est qu’au terme de ces six mois que Luther a demandé à recevoir l’habit monastique : ce faisant, il échappait non seulement à la justice mais aussi à ces travaux serviles qui lui répugnaient. C’est ainsi qu’il put reprendre des études, au terme desquelles il fut ordonné prêtre et employé à l’enseignement.

   On le voit, Martin Luther n’a jamais eu la vocation : son entrée au couvent n’a été qu’une fuite de ses responsabilités. Il n’échappa toutefois jamais aux reproches de sa conscience, et c’est pour tenter de les apaiser que son cerveau perturbé par la culpabilité inventera de toutes pièces cette fausse « doctrine de la justification par la foi » dont il fera l’une de ses machines de guerre contre la Sainte Eglise, contre toute la Tradition des Pères de l’Eglise et de quinze siècles de magistère, et contre la Sainte Ecriture elle-même puisque pour l’imposer il bannira de la Bible certains textes (l’épître de Saint Jacques par exemple) !

   Faut-il s’étonner du fait que les publications de Dietrich Emme sont quasi impossibles à trouver en langue française ?
Déjà en Allemagne, pour pouvoir publier le résultat de ses travaux scientifiques sur Luther, le Docteur Emme a dû créer sa propre maison d’édition, parce que tous les éditeurs lui fermaient leurs portes. Grâce à internet, certains textes sont aujourd’hui accessibles… uniquement en langue allemande.
Et c’est ainsi que, malgré les témoignages anciens de Luther lui-même et de ses premiers historiens, mis en lumière par Dietrich Emme, on continue de colporter des fables et à présenter ce meurtrier comme un homme exemplaire à la conscience droite.

- Une grave responsabilité qui incombe aussi aux supérieurs du couvent d’Erfurt.

   On doit regretter au plus haut point que les supérieurs ecclésiastiques du couvent des Augustins d’Erfurt se soient faits les complices de cette fausse vocation.
Ont-ils été abusés par un sujet intelligent qui a rusé pour éviter de se retrouver dans le siècle et d’y tomber sous les coups de la justice, ou bien se sont-ils rendus coupables d’une peccamineuse faiblesse en fermant les yeux ? Dieu seul le dira au jour du Jugement dernier !
Néanmoins il faut affirmer qu’en lui permettant de prendre le saint habit puis en l’admettant au sacerdoce, ils sont chargés devant Dieu et devant les hommes d’une partie de la culpabilité de Luther. Ils portent une partie de la responsabilité des fausses doctrines que ce moine sans vocation a professées et répandues et, de ce fait, ils portent aussi une partie de la responsabilité de Luther qui a fait basculer la Chrétienté dans des conflits sanglants pour plusieurs siècles, et qui – ce qui est le plus dramatique – a entraîné à n’en pas douter d’innombrables âmes en enfer avec lui…

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Martin Luther

Portrait de Martin Luther

- Un piètre théologien, nourri de doctrines manichéennes et gnostiques.

   Un autre historien chercheur a consacré plusieurs décennies à l’étude de Luther : Monseigneur Theobald Beer (1902-2000), prêtre catholique du diocèse de Dresde-Meissen, docteur honoris causa de l’université de Ratisbonne, prélat de Sa Sainteté.

   Theobald Beer a été reconnu comme le « meilleur connaisseur de Luther de notre époque » (Hans Urs von Balthasar). Il a travaillé sur les milliers d’annotations autographes de Luther en marge des oeuvres de Saint Augustin, de Pierre Lombard et autres théologiens et philosophes, et il a pu établir que Luther n’était pas un disciple de Saint Augustin mais qu’il était un anti-augustinien acharné, professant une forme de manichéisme (il écrit :  « on doit concéder au diable une heure de divinité et je dois attribuer à Dieu la nature diabolique »), et nourri de thèses gnostiques puisées dans le « Livre des 24 philosophes » du pseudo Hermès Trismégiste [note : au IIIe S. av. J.-C., un corpus d’ouvrages au contenu occultiste et astrologique qui se voulaient révélés par le dieu Hermès (Mercure) « trois fois très grand » (trismégiste) commença à circuler sous le nom de Hermès Trismégiste. Ce corpus, pour le moins ce qui en était resté, fut à nouveau publié en 1471 par l’humaniste néo-platonicien Marsile Ficin et remporta un grand succès dans les milieux érudits du XVIe siècle].

   Au début des années 1980, après la publication d’un énorme volume fruit de plus de 35 ans de travaux rigoureux (« Der fröhliche Wechsel und Streit »), Theobald Beer a reçu les lignes suivantes d’un certain cardinal Joseph Ratzinger : « Je trouve votre travail vraiment stimulant. L’influence du néo-platonisme, de la littérature pseudo-hermétique et de la gnose, dont vous prouvez l’importance chez Luther, fait voir sa polémique contre la philosophie grecque et contre la Scolastique sous un éclairage tout à fait neuf ».

   Cependant l’ouvrage de Mgr Beer, quoique accueilli avec respect par les protestants, a subi les foudres et les anathèmes des « spécialistes » catholiques de Luther !
Aujourd’hui encore, à ma connaissance, l’oeuvre de Mgr Beer est maintenue dans l’ombre et elle n’est évidemment pas traduite en français ; elle est même généralement exclue des bibliographies consacrées à Luther.

   C’est que Theobald Beer a fait ressortir, d’après les propres citations de Luther, combien ce dernier a une conception du Christ Lui-même étrangère à toute la Tradition authentique reçue des Apôtres, mais complètement déformée par le néo-platonisme et le néo-pythagoricisme, par des délires manichéens et par des affabulations de type gnostique.
Je ne peux pas publier ici, car c’est un texte long et très « pointu », l’entretien que Mgr Beer avait accordé au mensuel catholique italien « 30 giorni » (entretien publié dans le numéro de février 1992), mais je peux le communiquer (sous forme de document pdf envoyé par courriel) à toutes les personnes désireuses de le lire et de l’approfondir qui m’en feront la demande.

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- Luther, blasphémateur et profanateur, porte la responsabilité d’innombrables blasphèmes et sacrilèges.

   Non seulement Luther a violé les vœux monastiques qu’il avait prononcés et les engagements pris en accédant à l’état sacerdotal, a célébré les saints mystères en état de péché grave et a débauché une religieuse dont il a fait sa concubine – ce en quoi il est personnellement sacrilège – ; non seulement Luther a enseigné d’épouvantables blasphèmes contre Notre-Seigneur Jésus-Christ écrivant, par exemple, que le Christ « S’est soumis au diable » (sic) et qu’Il a été « consentant envers le diable » (re-sic) ; mais il a en outre été, selon l’expression évangélique, une pierre de scandale, une occasion de chute, un « modèle » négatif qui a entraîné des milliers d’âmes dans de semblables péchés.

   L’enseignement et les exemples de Luther ont été la cause d’innombrables trahisons de prêtres ou de religieux qui ont rompu leurs engagements sacrés et solennels ; la cause d’innombrables sacrilèges commis contre les Saintes Espèces eucharistiques ; la cause d’innombrables outrages envers les saintes reliques ; la cause d’innombrables profanations de sanctuaires dédiés à Dieu ; la cause d’innombrables violations des biens que de pieux donateurs avaient voués à Dieu par Son Eglise afin qu’elle puisse assurer la célébration des messes de fondations, assurer la vie de ses serviteurs dans leur mission d’enseignement et d’assistance spirituelle, ou encore assurer toutes ses oeuvres de soulagement des misères humaines ; la cause d’innombrables attentats – jusqu’à la torture, le viol et la mise à mort dans des « raffinements » inouïs de cruauté – contre les personnes consacrées à Dieu qui voulaient rester fidèles à leurs voeux… etc.

   Luther le scandaleux a encouru les condamnations formelles de Notre-Seigneur rapportées dans le Saint Evangile (cf.  Matth. XVIII, 6 et sv. , Marc IX, 42 et sv., Luc XVII, 1 et sv.) et il eût mieux valu qu’on lui attachât une meule de pierre au cou et qu’on le jetât dans la mer avant que d’être la cause de telles abominations !

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Luther brûlant la bulle pontificale

Martin Luther brûle la bulle pontificale qui condamne ses erreurs

- Luther peut être appelé le père de la plupart des dérives intellectuelles du monde moderne.

   Luther, révolté contre la Vérité révélée infailliblement transmise aux hommes par la Sainte Eglise, disciple d’ « Hermès Trismégiste » et professant un dualisme manichéen, est en grande partie responsable de toutes les erreurs intellectuelles et idéologiques des cinq siècles qui se sont écoulés depuis sa révolte.
Il est comparable à une source abondante de laquelle jaillit un grand fleuve : mais la source est empoisonnée et les eaux de ce fleuve sont corruptrices et mortifères !

   En effet, les idées de Luther ne sont pas seulement la cause de la surenchère d’hérésies et de contestations des autres prétendus réformateurs, mais elles portent aussi en germe toutes les déviations et dérives de la fausse philosophie de Kant, de Hegel et de leurs successeurs, et, par là, elles sont la genèse des grandes idéologies meurtrières de l’époque moderne, en particulier le marxisme et le nazisme avec leurs sanglants cortèges de guerres.
Les idées de Luther ont aussi préparé la naissance de la franc-maçonnerie (fondée par des pasteurs) ainsi que nombre d’idées théorisées ensuite par le protestant Rousseau : de ce fait, Luther est bien l’une des sources de la révolution française, de ses massacres en France, et des guerres qu’elle a exportées dans toute l’Europe.

Luther est également à l’origine directe de l’exégèse rationaliste, qui détruit l’autorité des Saintes Ecritures : née et développée dans les milieux protestants allemands, elle s’est s’infiltrée dans l’Eglise catholique où elle a stérilisé la vie spirituelle et engendré le modernisme qui, bien que condamné par Saint Pie X, continue de nos jours ses ravages à l’intérieur de l’Eglise.

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- Luther devrait faire l’objet d’une condamnation unanime pour crimes contre l’humanité.

   Outre les abominables conflits armés et massacres, dont les idées de Luther sont la cause dans la suite des siècles, de son vivant même le moine révolté a encouragé, approuvé et cautionné les troubles civils et les guerres qu’ont suscités ses sectateurs, les tortures et les supplices, les viols et les sévices épouvantables qui ont été commis à une grande échelle par ses disciples et au nom de sa pseudo réforme !
A ce sujet, l’un de nos amis a employé, à juste titre, le néologisme « lutherrorisme », car les exactions menées par les adeptes et partisans de Luther dans les années qui ont suivi sa révolte, n’ont rien à envier, quant à la cruauté et à l’horreur, à la barbarie islamiste dont nous avons en nos temps les épouvantables exemples.
Quant à l’inquisition protestante, elle fut mille et mille fois plus impitoyable et assassine que l’inquisition catholique si noircie et décriée.

   A ce titre, au lieu de faire l’objet de « commémorations » et de « célébrations », le cinquième centenaire de la révolte de Luther devrait faire l’objet d’une condamnation unanime pour crimes contre l’humanité.

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- Syndrome de Stockholm ou aveuglement volontaire ?

   Après ces mises au point nécessaires, il reste à poser une question : les catholiques qui s’associent aux « célébrations » liées au cinquième centenaire de l’officialisation de la révolte de Martin Luther contre l’Eglise, sont-ils réellement conscients de ce qu’ils font ?
Sont-ils les victimes plus ou moins consentantes d’un enseignement qui, depuis quelque deux siècles, déforme la vérité historique au point qu’ils sont devenus incapables de remettre en question le prêt-à-penser que leur prodigue un système hostile à l’Eglise catholique ?
Sont-ils secrètement convaincus que Luther était un homme de bien, à la conscience droite, dont la révolte a finalement une valeur exemplaire et que c’est l’Eglise catholique la grande coupable ?
Sont-ils devenus idiots au point de se comporter comme une personne violée et suppliciée qui fêterait chaque année l’anniversaire de son agression ?
Ont-ils succombé à une espèce de syndrome de Stockholm, ou bien sont-ils dans une sorte d’aveuglement volontaire qui leur fait oublier ou se maintenir dans une ignorance volontaire de la vérité historique ? 

   En décembre 1525, Luther écrivait à Érasme de Rotterdam en le remerciant de « ne pas l’avoir ennuyé avec des questions dilatoires, comme la papauté, le purgatoire, les indulgences ou autres blagues avec lesquelles presque tout le monde a tenté de me duper ». Et il ajoutait : «Toi seul as bien vu le point crucial ».
Puissent ces quelques réflexions permettre à mes lecteurs de bien voir où, dans le fatras de bêtises aujourd’hui racontées de toutes parts, se situe le « point crucial » et s’attacher avec toujours plus d’ardeur à la Vérité révélée et à la vérité historique. 

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Statue de Luther Vatican

Statue de l’abominable Martin Luther
que François a acceptée au Vatican à l’occasion du « 5ème centenaire de la réforme »

feu gif

2017-84. De la fondation de la « Militia Immaculatae » par Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1917 – 16 octobre – 2017

16 octobre 2017,
En France, fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici)
Anniversaire de l’assassinat de SM la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici, ou > ici et > ici)

médaille miraculeuse

   C’est au soir du 16 octobre 1917 que Saint Maximilien-Marie Kolbe, alors dans sa vingt-quatrième année, fonda la « Militia Immaculatae » (la Milice de l’Immaculée, en abrégé MI). 

   Le jeune franciscain se trouvait alors à Rome pour ses études (il y sera ordonné prêtre l’année suivante : le 28 avril 1918).
Il écrit lui-même :
« Lorsque les francs-maçons commencèrent à se démener de plus en plus effrontément et qu’ils eurent dressé leur étendard sous les fenêtres mêmes du Vatican, cet étendard où, sur un fond noir, Lucifer foulait sous ses pieds l’archange Michel, lorsqu’ils se mirent à distribuer des tracts invectivant contre le saint Père, l’idée se fit jour de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer ».

   Ce qu’écrit ici le futur Saint Maximilien-Marie n’est pas une exagération : à l’occasion du deuxième centenaire de la fondation de la maçonnerie moderne, en cette année 1917, les francs-maçons se livraient à Rome-même à de sacrilèges parodies.
Sur la place Saint-Pierre, des énergumènes – c’est bien le terme qui convient – brandissaient cette bannière diabolique que décrit le jeune franciscain polonais, et que l’on a aussi vue en France en 1996 lorsque les libres-penseurs ont manifesté à Reims et à Valmy pour protester contre la venue du pape Jean-Paul II en France pour les célébrations du quinzième centenaire du baptême de Clovis.

En 1917, les francs-maçons qui s’exhibaient à Rome avaient aussi des banderoles proclamant : « Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave ! ». Chaque jour des incidents se produisaient dans la Ville éternelle dont la spoliation – il ne faut pas l’oublier – remontait à moins de 50 ans (20 septembre 1870 – cf. > ici) et où le Souverain Pontife se trouvait prisonnier de la royauté impie de la Maison de Savoie, cette dernière ayant été l’instrument de la maçonnerie pour détruire les Etats de l’Eglise.

   C’est bien le spectacle direct de ces manifestations blasphématoires qui inspira à Saint Maximilien-Marie l’idée « de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer » pour reprendre ses propres termes.

   Ayant mûri ce dessein pendant les heures de repos auquel il fut contraint en raison de la tuberculose dont il ressentit les premières atteintes au cours de l’été 1917, le Frère Maximilien-Marie Kolbe, avec la permission de son directeur spirituel et de ses supérieurs, réunit donc, à Rome, dans une modeste cellule de la maison romaine de formation des franciscains conventuels, six autres jeunes religieux qu’il avait gagné à ce projet pour fonder la Militia Immaculatae : ce fut au soir du 16 octobre 1917.

   Cette date ne fut pas choisie au hasard ; elle porte une signification bien précise : le 16 octobre au soir, c’est donc après la célébration des premières vêpres de la fête du 17 octobre, et le 17 octobre est le jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie (en 1917 elle n’était encore que bienheureuse).
C’est dire que, pour le futur Saint Maximilien-Marie Kolbe, cette fondation de la Milice de l’Immaculée est placée dans la perspective du règne du divin Coeur de Jésus, Lui qui a promis à Sainte Marguerite-Marie : « Je régnerai malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! ».

   Ainsi donc il est très clair que Saint Maximilien-Marie Kolbe est dans la parfaite continuité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « A Jésus par Marie ! » ; « C’est par Marie que le salut du monde a commencé et c’est par Marie qu’il doit être consommé » ; « Pour qu’advienne le règne du Coeur de Jésus, il faut travailler au règne du Coeur de Marie » …etc.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Saint Maximilien-Marie Kolbe
jeune religieux franciscain conventuel

   Voici le texte de la « charte fondamentale » (entendre fondamentale en son sens étymologique : « qui est au fondement », c’est-à-dire que cette charte est à la Militia Immaculatae ce que les fondations sont à une maison) par laquelle Saint Maximilien-Marie Kolbe a résumé le but, les conditions et les moyens de la Milice de l’Immaculée :

 « Elle t’écrasera la tête ». (Genèse 3,15)
« Par toi, toutes les hérésies du monde ont été vaincues ». 

I. But :
     Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc… et particulièrement des francs-maçons, et la sanctification de tous sous la protection et par le moyen de la Vierge Immaculée.

II. Conditions :
     1) Consécration totale de soi-même à l’Immaculée, comme instrument dans ses mains immaculées.
     2) Porter la Médaille miraculeuse.

III. Moyens :
     1) Autant que possible dire chaque jour l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous, spécialement pour les francs-maçons »
     2) Utiliser tous les moyens légitimes dans la mesure du possible, selon la diversité des états de vie, conditions et circonstances de chacun, et cela avec zèle et prudence. Et surtout porter la Médaille miraculeuse.

médaille miraculeuse

   Malheureusement, opérant une véritable trahison de la pensée de Saint Maximilien-Marie Kolbe, dans la continuité des apostasies consécutives au concile vaticandeux, l’actuelle branche officielle de la Militia Immaculatae en France, contaminée par le venin moderniste et considérant que le terme est par trop combatif et militaire, ne veut plus se présenter comme une « Milice » et a choisi de changer son nom en « Mission de l’Immaculée« .
De la même manière, l’invocation particulière de la MI a été modifiée de telle sorte que les francs-maçons n’y sont plus nommément désignés !!!

   C’est oublier totalement que Saint Maximilien-Marie voulait explicitement une référence militaire, employait un langage militaire, usait de comparaisons militaires, présentant le chapelet comme une arme, les médailles miraculeuses comme des munitions, et voulant que ceux qui s’agrègent à la MI soient des chevaliers.
Ainsi au nom d’un pacifisme idiot trahit-on la pensée du fondateur pour lequel la Militia Immaculatae était une machine de guerre opposée aux forces du mal à l’oeuvre contre la Sainte Eglise, et qui désignait clairement la maçonnerie comme l’instrument de choix de Satan dans son combat contre le règne de Dieu !

   Fort heureusement, il n’en est pas ainsi en Pologne, à Niepokalanow, la « Cité de l’Immaculée », fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe.
Chaque nuit du 16 au 17 de chaque mois, les franciscains conventuels y organisent des prières « pour la conversion des pécheurs, en particulier des juifs et des francs-maçons » : cela commence à 17h dans la basilique et se termine à 5h par une messe.
En outre, chaque association locale de la Militia Immaculatae est encouragée à organiser semblable veillée dans sa propre paroisse.

Niepokalanow - prière pour les francs-maçons

En Pologne, à l’entrée de Niepokalanow,
la Cité de l’Immaculée fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe,
un grand panneau invite à venir prier pour la conversion des francs-maçons.

   En France, en réaction aux dévoiements modernistes du mouvement, il existe une branche traditionnelle de la Militia Immaculatae, fidèle aux objectifs et consignes de Saint Maximilien-Marie Kolbe, sous l’égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (cf. > ici).

   Membres ou non de la Militia Immaculatae, tout fidèle catholique qui a pris conscience de ce qu’est la réalité profonde de la lutte qui se déroule sous nos yeux, et de ses enjeux, ne peut qu’adhérer, dans son for interne et dans ses engagements externes, à la désignation claire de l’ennemi accomplie par Saint Maximilien-Marie Kolbe et vouloir, à son exemple et à sa suite, combattre les forces diaboliques à l’oeuvre sur cette terre, forces diaboliques dont la maçonnerie est l’un des principaux organes.

On se reportera avec fruit aux études que nous avons déjà publiées :
– Un catholique ne peut appartenir à la franc-maçonnerie > ici
– Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) ici
- La question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise > ici
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- La maçonnerie, religion officielle de la république française > ici
- Prière pour la conversion des francs-maçons > ici

Le Chevalier de l'Immaculée - couverture du premier numéro

Couverture du premier numéro de la revue « Le Chevalier de l’Immaculée »,
fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe en janvier 1922,
sur laquelle on peut nettement voir :
- les glaives qui illustrent sans ambiguité le caractère « militaire » de la Militia Immaculatae
- l’hérésie et la maçonnerie clairement désignées comme les ennemis à combattre avec l’aide de la Vierge Immaculée.

« O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous
et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous,
spécialement pour les francs-maçons »

médaille miraculeuse

Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ?

Supplication
de
Saint Germain de Constantinople

pour
implorer la protection
de la

Sainte Mère de Dieu

frise

   Depuis les temps apostoliques lors même qu’elle était encore en vie sur cette terre (apparition à Saint Jacques à Saragosse en l’an 44, première apparition au Puy en l’an 45), et depuis son élévation dans la gloire céleste à travers tous les âges de l’Eglise jusqu’en nos temps, la Très Sainte Vierge Marie ne cesse d’intervenir auprès des hommes dont Notre-Seigneur Jésus-Christ en mourant sur la Croix lui a confié la maternité spirituelle.
Ces interventions sont innombrables et multiformes, mais elles peuvent toutes se résumer en ce mot : protection
En effet, la Sainte Mère de Dieu qui est aussi la nôtre, lorsqu’elle se manifeste dans l’histoire de l’Eglise et dans la vie de ses fidèles – que ce soit par des apparitions, des visions symboliques, des locutions intérieures, des illuminations spirituelles… etc. – , le fait toujours pour nous protéger : nous protéger des voies du malheur, nous protéger des maladies et des dangers de cette vie, nous protéger de la malice et des embûches du démon, nous protéger des tentations, nous protéger des fléaux mérités par nos péchés, nous protéger de la damnation éternelle…
Et pour mieux étendre sur nous sa maternelle protection et nous conduire sur les chemins du salut et de la sainteté, elle nous rappelle toujours la nécessaire conversion dont nous avons tous besoin et à tous moments jusqu’à notre dernier souffle, ainsi que la non moins nécessaire obéissance aux commandements de Dieu et de l’Eglise.
Voilà pourquoi il nous faut toujours recourir avec davantage de ferveur à cette Mère infiniment attentionée et miséricordieuse, notre Médiatrice auprès du Médiateur.
Voilà pourquoi je vous propose aujourd’hui cette magnifique supplication de Saint Germain de Constantinople (+ 733).

frise

Icône de la protection de la Mère de Dieu

Icône de la protection de la Mère de Dieu

frise

Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ?

   O Vous, toute pure, toute bonne et pleine de miséricorde, ô Souveraine, consolation des chrétiens, baume généreux de ceux qui souffrent, refuge le plus assuré des pécheurs, ne nous laissez pas comme des orphelins sans Votre protection. Si nous étions abandonnés de Vous, où donc pourrions-nous nous réfugier ? Qu’adviendrait-il de nous, ô toute sainte Mère de Dieu ?
Vous êtes le souffle et la vie des chrétiens. Votre très saint nom qui est inlassablement proféré par la bouche de Vos serviteurs, en tout temps, en tout lieu et de toute manière, est non seulement la preuve, mais la cause de la vie, de la joie et du secours.
Protégez-nous sous les ailes de Votre bonté, gardez-nous par Vos intercessions. Accordez-nous la vie éternelle, ô Vous, l’espoir jamais confondu des chrétiens !
Lorsque nous, qui sommes pauvres en oeuvres et en Esprit de Dieu, nous voyons les richesses de bonté que Vous nous montrez, nous pouvons dire : la terre est remplie de la miséricorde du Seigneur.
Nous qui étions éloignés de Dieu par la multitude de nos péchés, nous avons cherché Dieu par Vous et nous L’avons trouvé, nous avons été sauvés. Puissant est Votre secours pour le salut, ô Mère de Dieu, et il n’est point besoin d’un autre médiateur auprès de Dieu.

   Qui donc, après Votre Fils, prend soin comme Vous du genre humain ? Qui nous défend inlassablement dans nos tribulations ? Qui nous délivre aussi vite des tentations qui nous assaillent ? Qui s’évertue autant pour supplier en faveur des pécheurs ? Qui, dans les cas irrémédiables, plaide avec tant d’ardeur pour les excuser ?
Votre maternité Vous a donné auprès de Votre Fils franchise et puissance ; nous avons beau être condamnés pour nos fautes et ne plus oser lever les yeux vers les hauteurs du Ciel, Vous nous sauvez, par Vos supplications et Vos interventions, des peines éternelles.
Aussi, celui qui est dans la détresse se réfugie-t-il auprès de Vous ; celui qui a été lésé accourt vers Vous ; celui qui est accablé par le malheur invoque Votre secours. Vos oeuvres, ô Mère de Dieu, sont merveilleuses ; elles dépassent la nature, excèdent raison et puissance. C’est pourquoi Votre protection surpasse, elle aussi, toute pensée.

   Jetez vos regards, du haut de Votre sainte demeure, sur l’armée des fidèles, dont la richesse consiste à pouvoir Vous appeler leur Reine et leur Souveraine.
Par Votre sainte protection, ô Mère de Dieu, délivrez-les de tout malheur et de toute affliction ; gardez-les de la maladie, des catastrophes et de toute épreuve.
Comblez-les de toute joie, de toute santé, de toute grâce.
Enfin, à la venue de Votre Fils, le Dieu miséricordieux, lorsque nous nous tiendrons tous devant Lui pour le jugement, délivrez-nous, par Votre main puissante, du feu éternel – puisque Votre maternité Vous donne franchise et puissance – et faites que nous ayons part aux biens impérissables.
Par la grâce et la bonté de Celui qui est né de Vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soient la gloire et la puissance, maintenant et dans tous les siècles.

Ainsi soit-il !

frise

Voir aussi :
- Consécration du genre humain au Coeur Immaculé de Marie (Pie XII, 31 octobre 1942) > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

2017-83. « Ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien ».

8 octobre,
Fête de Sainte Brigitte de Suède, veuve.
9 octobre,
Fête de Saint Denis, évêque et martyr.

   Au sanctoral du 8 octobre figure la fête de Sainte Brigitte, puis au jour suivant nous fêtons Saint Denis, aréopagite converti par Saint Paul, qui fut ensuite le premier évêque de Paris (car il faut maintenir fermement la tradition qui a identifié l’aréopagite et le premier évêque de Paris), qui subit le martyre à Montmartre (Mons martyrum), dont les écrits théologiques sont d’une importance exceptionnelle et dont le lieu de la sépulture devint la principale nécropole de nos Souverains à partir de Dagobert 1er (dédicace de la première basilique en 636).

   Outre le fait que leurs deux fêtes sont voisines, il existe un lien spirituel très fort entre Sainte Brigitte de Suède et Saint Denis, en dépit des séparations temporelles et géographiques.
Au deuxième nocturne des matines de Sainte Brigitte nous lisons en effet ceci :
« Mariée à Ulfon, prince de Méricie, elle le porta aux œuvres de piété autant par ses excellents exemples que par ses paroles convaincantes. Remplie de piété dans l’éducation qu’elle donnait à ses enfants, elle s’occupait aussi des pauvres et surtout des malades et les servait avec un si grand amour dans une maison disposée pour eux, qu’elle avait coutume de leur laver et de leur baiser les pieds. Au retour d’un pèlerinage qu’elle avait fait avec son époux au tombeau de l’Apôtre saint Jacques, à Compostelle, Ulfon étant tombé dangereusement malade à Arras, Saint Denis apparut à Brigitte pendant la nuit, et lui prédit la guérison de son mari et d’autres événements à venir ».  

   Sainte Brigitte, dont les voies mystiques ont été reconnues pour authentiques par de nombreux pontifes et saints, a bénéficié d’autres apparitions de Saint Denis. J’ai choisi aujourd’hui de vous retranscrire ci-dessous deux extraits qui m’ont paru spécialement importants et stimulants.
Avec la Sainte Mère de Dieu, avec Sainte Brigitte et avec Saint Denis, redoublons de prière pour la France et implorons la miséricorde de Notre-Seigneur pour le Royaume des Lys !

Lully.

Fleur de Lys

Cristóbal de Villalpando - apparition de la Vierge à Ste Brigitte 1680-89

Apparition de la Très Sainte Vierge à Sainte Brigitte
par Cristobàl de Villalpando (vers 1680-1689)

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 103 :

Prière de Saint Denis à la Très Sainte Vierge Marie
pour le Royaume de France.

   « Alors que je priais, je vis en esprit saint Denis qui parlait à la Vierge Marie, lui disant :

Vous êtes Reine de miséricorde, à laquelle toute miséricorde est donnée. Vous avez été faite Mère de Dieu pour le salut des misérables : ayez donc miséricorde et compassion du Royaume de France, le vôtre et le mien :  le vôtre d’autant que ses habitants vous honorent de tout leur pouvoir ; le mien, d’autant que j’en suis le patron et qu’ils ont confiance en moi.
En vérité, vous voyez combien d’âmes sont en danger chaque heure, et les corps des hommes y sont tués comme des bêtes, et ce qui est pis, les âmes descendent en enfer comme de la neige.
Consolez-les donc et priez pour eux, car vous êtes leur Dame, l’aide et le secours de tous
».

Fleur de Lys

Au livre IV des Révélations de Sainte Brigitte, chapitre 104 :

Prière de la Sainte Mère de Dieu et de Saint Denis
pour le Royaume de France.

   « La Mère de Dieu parle à son Fils, lui disant :

Béni soyez-vous, ô mon Fils ! Il est écrit que j’ai été appelée bienheureuse, d’autant que je Vous avais porté au ventre, et Vous répondîtes que celui-là est aussi béni, qui écouterait Vos paroles et les garderait. Or, mon Fils, je suis celle-là qui ai gardé de cœur Vos paroles et les ai conservées dans mon sein. Je me souviens aussi d’une parole que Vous avez dite à Saint Pierre ; lorsqu’il demandait combien de fois il pardonnerait aux pécheurs, si ce serait jusques à sept fois, Vous lui répondîtes : Septante-sept fois sept fois, marquant par cela que tout autant de fois que quelqu’un s’humilie avec volonté de s’amender, Vous étiez autant de fois prêt et préparé à lui faire miséricorde.

Le Fils répondit :

Je vous rends témoignage que Mes paroles ont été enracinées en vous, comme la semence qui est jetée en une terre bien grasse, donnant de soi le fruit centième. Mais aussi vos œuvres vertueuses donnent à tous ce fruit de joie. Partant, demandez ce que vous voulez.

La Mère répondit :

Je Vous en prie avec Saint Denis et les autres saints dont les corps sont ensevelis en ce Royaume de France, et dont les âmes sont au ciel, jouissant de la gloire : ayez miséricorde de ce Royaume (…) »

Saint Denis - Cathédrale Notre-Dame de Paris

Saint Denis, premier évêque de Paris
(cathédrale Notre-Dame de Paris)

2017-82. Cette dévotion est comme un puissant engin de guerre.

1er octobre :
Commencement du mois du Très Saint Rosaire ;
&
7 octobre :

Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire ;
Anniversaire de la victoire de Lépante (7 octobre 1571).

     Il nous a semblé particulièrement utile et profitable de publier le texte intégral de cette encyclique du Pape Léon XIII sur la dévotion au Très Saint Rosaire : au-delà du contexte historique particulier dans lequel elle fut écrite, on y trouve surtout de très nombreux éléments pérennes et des vérités toujours actuelles, particulièrement propres à stimuler notre dévotion et notre ferveur.
En reproduisant ci-dessous le texte de cette encyclique nous avons cru bon de transcrire quelques passages en caractères gras parce qu’ils nous semblaient tout spécialement importants et adaptés à nos temps actuels.

Lépante Grazio Cossali (1563-1629)

Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire
Tableau de Grazio Cossali (1563-1629) célébrant la victoire de Lépante.

Chapelet

Lettre encyclique
« Supremi apostolatus officio »
de
Sa Sainteté le Pape Léon XIII
sur
la dévotion au Très Saint Rosaire
de
la Bienheureuse Vierge Marie.

   A tous nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères Salut et Bénédiction Apostolique

   Le devoir du suprême apostolat qui Nous a été confié, et la condition particulièrement difficile des temps actuels, Nous avertissent chaque jour instamment, et pour ainsi dire Nous pressent impérieusement, de veiller avec d’autant plus de soin à la garde et à l’intégrité de l’Eglise que les calamités dont elle souffre sont plus grandes.

   C’est pourquoi autant qu’il est en Notre pouvoir, en même temps que Nous Nous efforçons par tous les moyens de défendre les droits de l’Eglise comme de prévoir et de repousser les dangers qui la menacent et qui l’assaillent, Nous mettons aussi Notre plus grande diligence à implorer l’assistance des secours divins, avec l’aide seule desquels Nos labeurs et Nos soins peuvent aboutir.

   A cette fin, Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d’aider du secours de sa protection les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Eternelle.

   C’est pourquoi, à l’approche des solennels anniversaires qui rappellent les bienfaits nombreux et considérables qu’a valus au peuple chrétien la dévotion du Saint Rosaire, Nous voulons que cette année, cette dévotion soit l’objet d’une attention toute particulière dans le monde catholique en l’honneur de la Vierge Souveraine, afin que, par son intercession, nous obtenions de son divin Fils un heureux adoucissement et un terme à nos maux. Aussi, avons-Nous pensé, Vénérables Frères, à Vous adresser ces lettres, afin que Notre dessein Vous étant connu, Votre autorité et Votre zèle excitent la piété des peuples à s’y conformer religieusement.

   Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir. Aussi, puisqu’il lui est doux et agréable par-dessus toute chose d’accorder son secours et son assistance à ceux qui les lui demandent, il n’est pas douteux qu’elle ne veuille, et pour ainsi dire qu’elle ne s’empresse d’accueillir les vœux que lui adressera l’Eglise universelle.

   Cette piété, si grande et si confiante envers l’Auguste Reine des cieux, n’a jamais brillé d’un éclat aussi resplendissant que quand la violence des erreurs répandues, ou une corruption intolérable des mœurs, ou les attaques d’adversaires puissants, ont semblé mettre en péril l’Eglise militante de Dieu.

   L’histoire ancienne et moderne et les fastes les plus mémorables de l’Eglise, rappellent le souvenir des supplications publiques et privées à la Mère de Dieu, ainsi que les secours accordés par Elle, et en maintes circonstances la paix et la tranquillité publiques obtenues par sa divine intervention. De là ces qualifications d’Auxiliatrice, de Bienfaitrice, et de Consolatrice des chrétiens, de Reine des armées, de Dispensatrice de la victoire et de la paix, dont on l’a saluée. Entre tous ces titres, est surtout remarquable et solennel celui qui lui vient du Rosaire, et par lequel ont été consacrés à perpétuité les insignes bienfaits dont lui est redevable le nom de chrétien.

   Aucun de Vous n’ignore, Vénérables Frères, quels tourments et quels deuils ont apportés à la sainte Eglise de Dieu, vers la fin du XIIe siècle, par les hérétiques Albigeois qui, enfantés par la secte des derniers Manichéens, ont couvert le midi de la France et tous les autres pays du monde latin de leurs pernicieuses erreurs. Portant partout la terreur de leurs armes, ils étendaient partout leur domination par le meurtre et les ruines.

   Contre ce fléau, Dieu a suscité, dans sa miséricorde, l’insigne père et fondateur de l’Ordre dominicain. Ce héros, grand par l’intégrité de sa doctrine, par l’exemple de ses vertus, par ses travaux apostoliques, s’avança contre les ennemis de l’Eglise catholique, animé de l’Esprit d’en haut ; non avec la violence et avec les armes, mais avec la foi la plus absolue en cette dévotion du Saint Rosaire que le premier il a divulguée et que ses enfants ont portée aux quatre coins du monde. Il prévoyait, en effet, par la grâce divine, que cette dévotion, comme un puissant engin de guerre, mettrait en fuite les ennemis et confondrait leur audace et leur folle impiété. Et c’est ce qu’a, en effet, justifié l’événement.

   Grâce à cette nouvelle manière de prier, acceptée et ensuite mise régulièrement en pratique, par l’institution de l’Ordre du saint Père Dominique, la piété, la bonne foi, la concorde commencèrent à reprendre racine, et les projets des hérétiques, ainsi que leurs artifices, à tomber en ruines. Grâce à elle encore, beaucoup d’égarés ont été ramenés à la voie droite ; et la fureur des impies a été réfrénée par les armes catholiques qui avaient été levées pour repousser la force par la force.

   L’efficacité et la puissance de cette prière ont été aussi expérimentées au XVIe siècle, alors que les armées innombrables des Turcs étaient à la veille d’imposer le joug de la superstition et de la barbarie à presque toute l’Europe. Dans ce temps, le Souverain Pontife saint Pie V, après avoir réveillé chez tous les princes chrétiens le sentiment de la défense commune, s’attacha surtout et par tous les moyens à rendre propice et secourable au nom chrétien la toute-puissante Mère de Dieu, en l’implorant par la récitation du Rosaire. Ce noble exemple, offert en ces jours à la terre et aux cieux, rallia tous les esprits et persuada tous les cœurs. Aussi les fidèles du Christ, décidés à verser leur sang et à sacrifier leur vie pour le salut de la religion et de leur patrie, marchaient sans souci du nombre aux ennemis massés non loin du golfe de Corinthe ; pendant que les invalides, pieuse armée de suppliants, imploraient Marie, saluaient Marie, par la répétition des formules du Rosaire et demandaient la victoire de ceux qui combattaient.

   La Souveraine ainsi suppliée ne resta pas sourde, car l’action navale s’étant engagée auprès des îles Echinades (Curzolaires) la flotte des chrétiens, sans éprouver elle-même de grandes pertes, remporta une insigne victoire et anéantit les forces ennemies.

   C’est pourquoi le même Souverain et saint Pontife, en reconnaissance d’un bienfait si grand, a voulu qu’une fête en l’honneur de Marie Victorieuse, consacrât la mémoire de ce combat mémorable. Grégoire XIII a consacré cette fête en l’appelant fête du Saint Rosaire.

   De même, dans le dernier siècle, d’importants succès furent remportés sur les forces turques, soit à Temesvar, en Pannonie, soit à Corcyre, et ils coïncidèrent avec des jours consacrés à la Sainte Vierge Marie et avec la clôture des prières publiques célébrées par la récitation du Rosaire.

   Par conséquent, puisqu’il est bien reconnu que cette formule de prière est particulièrement agréable à la Sainte Vierge, et qu’elle est surtout propre à la défense de l’Eglise et du peuple chrétien en même temps qu’à attirer toutes sortes de bienfaits publics et particuliers, il n’est pas surprenant que plusieurs autres de nos prédécesseurs se soient attachés à la développer et à la recommander par des éloges tout spéciaux. Ainsi Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l’honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; Léon X a déclaré qu’elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l’a appelée la gloire de l’Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire, que, dans la divulgation de cette sorte de prières, les fidèles ont commencé à s’échauffer dans la méditation, à s’enflammer dans la prière, puis sont devenus d’autres hommes ; les ténèbres de l’hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par Saint Dominique, pour apaiser la colère de Dieu et implorer l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie.

   Guidé par cette pensée et par les exemples de nos prédécesseurs Nous avons cru tout à fait opportun d’établir pour la même cause, en ce temps, des prières solennelles, et de tâcher, au moyen de prières solennelles adressées à la Sainte Vierge par la récitation du Rosaire, d’obtenir de son Fils Jésus-Christ un semblable secours contre les dangers qui Nous menacent. Vous voyez, Vénérables Frères, les graves épreuves auxquelles l’Eglise est journellement exposée : la piété chrétienne, la moralité publique, la foi elle-même qui est le bien suprême et le principe de toutes les autres vertus, tout cela est chaque jour menacé des plus grands périls.

   Non seulement Vous savez combien cette situation est difficile et combien Nous en souffrons, mais encore Votre charité Vous en a fait éprouver avec Nous les sympathiques angoisses. Car c’est une chose des plus douloureuses et des plus lamentables de voir tant d’âmes rachetées par le Sang de Jésus-Christ arrachées au salut par le tourbillon d’un siècle égaré, et précipitées dans l’abîme et dans une mort éternelle. Nous avons, de nos jours, autant besoin du secours divin qu’à l’époque où le grand Dominique leva l’étendard du Rosaire de Marie à l’effet de guérir les maux de son époque.

   Ce grand Saint, éclairé par la lumière céleste, entrevit clairement que, pour guérir son siècle, aucun remède ne serait plus efficace que celui qui ramènerait les hommes à Jésus-Christ, qui est la voie la vérité et la vie, et les pousserait à s’adresser à cette Vierge, à qui il est donné de détruire toutes les hérésies, comme à leur patronne auprès de Dieu.

   La formule du Saint-Rosaire a été composée de telle manière par saint Dominique, que les mystères de Notre salut y sont rappelés dans leur ordre successif, et que cette manière de méditation est entremêlée et comme entrelacée par la prière de la Salutation angélique, et par une oraison jaculatoire à Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous qui cherchons un remède à des maux semblables, Nous avons le droit de croire qu’en Nous servant de la même prière qui a servi à saint Dominique pour faire tant de bien à tout le monde catholique, Nous pourrons voir disparaître de même les calamités dont souffre Notre époque.

   Non seulement Nous engageons vivement tous les chrétiens à s’appliquer soit en public, soit dans leur demeure particulière et au sein de leur famille, à réciter ce pieux office du Rosaire et à ne pas cesser ce saint exercice, mais Nous désirons que spécialement le mois d’octobre de cette année soit consacré entièrement à la Sainte Reine du Rosaire. Nous décrétons et Nous ordonnons que, dans tout le monde catholique, pendant cette année, on célèbre solennellement par des services spéciaux et splendides, les offices du Rosaire.

   Qu’ainsi donc, à partir du premier jour du mois d’octobre prochain jusqu’au second jour du mois de novembre suivant, dans toutes les paroisses, et, si l’autorité le juge opportun et utile, dans toutes les autres églises ou chapelles dédiées à la Sainte Vierge, on récite cinq dizaines du Rosaire, en y ajoutant les Litanies Laurétanes. Nous désirons que le peuple accoure à ces exercices de piété et qu’en même temps l’on dise la messe et l’on expose le Saint Sacrement, et que l’on donne ensuite avec la Sainte Hostie la bénédiction à la pieuse assemblée. Nous approuvons beaucoup que les confréries du Saint Rosaire de la Vierge fassent, conformément aux usages antiques, des processions solennelles à travers les villes, afin de glorifier publiquement la Religion. Cependant si, à cause des malheurs des temps, dans certains lieux, cet exercice public de la religion n’était pas possible, qu’on le remplace par une visite assidue aux églises, et qu’on fasse éclater la ferveur de sa piété par un exercice plus diligent encore des vertus chrétiennes.

   En faveur de ceux qui doivent faire ce que Nous avons ordonné ci-dessus, il Nous plaît d’ouvrir les célestes trésors de l’Eglise pour qu’ils y puisent à la fois les encouragements et les récompenses de leur piété. Donc, à. tous ceux qui, dans l’intervalle de temps désigné, auront assisté à l’exercice de la récitation publique du Rosaire avec les Litanies, et auront prié selon Notre intention, Nous concédons sept années et sept quarantaines d’indulgences applicables à toutes fins. Nous voulons également faire jouir de cette faveur ceux qu’une cause légitime aura empêchés de concourir à ces prières publiques dont Nous venons de parler, pourvu que, dans leur particulier, ils se soient consacrés à ce pieux exercice et qu’ils aient prié Dieu selon Notre intention. Nous absolvons de toute coulpe ceux qui dans le temps que nous venons d’indiquer, auront au moins deux fois, soit publiquement dans les temples sacrés, soit dans leurs maisons (par suite d’excuses légitimes) pratiqué ces pieux exercices et qui, après s’être confessés, se seront approchés de la Sainte Table. Nous accordons encore la pleine remise de leurs fautes à ceux qui, soit dans ce jour de la fête de la Bienheureuse Vierge du Rosaire, soit dans les huit jours suivants, après avoir également épuré leur âme par une salutaire confession, se seront approchés de la Table du Christ, et auront dans quelque temple prié à Notre intention Dieu et la Sainte Vierge pour les nécessités de l’Eglise.

   Agissez donc, Vénérables Frères ! Plus Vous avez à cœur l’honneur de Marie et le salut de la société humaine, plus Vous devez Vous appliquer à nourrir la piété des peuples envers la grande Vierge, à augmenter leur confiance en Elle. Nous considérons qu’il est dans les desseins providentiels que, dans ces temps d’épreuves pour l’Eglise, l’ancien culte envers l’auguste Vierge fleurisse plus que jamais dans l’immense majorité du peuple chrétien. Que maintenant, poussées par Nos exhortations, enflammées par Vos appels, les nations chrétiennes recherchent avec une ardeur de jour en jour plus grande la protection de Marie ; qu’elles s’attachent de plus en plus à l’habitude du Rosaire, à ce culte que Nos ancêtres avaient la coutume de pratiquer, non seulement comme un remède toujours présent à leurs maux, mais comme un noble ornement de la piété chrétienne. La Patronne céleste du genre humain exaucera ces prières et ces supplications, et Elle accordera facilement aux bons la faveur de voir leurs vertus s’accroître, aux égarés celle de revenir au bien et de rentrer dans la voie du salut, elle obtiendra que le Dieu vengeur des crimes, inclinant vers la clémence et la miséricorde, rende au monde chrétien et à la société, tout péril étant désormais écarté, cette tranquillité si désirable.

   Encouragé par cet espoir, Nous supplions Dieu, par l’entremise de Celle dans laquelle il a mis la plénitude de tout bien, Nous le supplions de toutes Nos forces de répandre sur Vous, Vénérables Frères, ses faveurs célestes. Et comme gage de Notre bienveillance, Nous Vous donnons de tout Notre cœur, à Vous, à Votre clergé et aux peuples commis à Vos soins, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 1er septembre 1883, sixième année de Notre Pontificat.

armoiries Léon XIII

Voir aussi :
- Prières pour le mois du Très Saint Rosaire > ici
- BD « Du Saint Rosaire redoutable aux démons » > ici

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