Archive pour septembre, 2009

184. Pèlerinages et randonnées de l’été 2009.

Mercredi des Quatre-Temps d'automne, 23 septembre 2009.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

Dans ma chronique du 5 septembre (ici > www), je vous avais promis une suite pour vous parler des pèlerinages et des randonnées qui ont jalonné l'été du “Mesnil-Marie“. Je me remets donc au clavier pour m'acquitter de ma promesse.

A - Le premier pèlerinage local auquel Frère Maximilien-Marie a participé a été celui qui a lieu le premier dimanche d'août à la chapelle de Soutron et au cours duquel on solennise la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La légende rapporte que cette chapelle, agrippée au rocher à quelque 1140 m d'altitude, fut édifiée  (à quelle époque? il est difficile de le préciser… peut-être au retour d'une croisade) par noble Julien de La Varenne en action de grâces. C'est un lieu extraordinaire auquel on accède par un sentier étroit, caillouteux, escarpé… mais au sommet la magnificence du paysage que l'on contemple à 360° et la plénitude que l'on y ressent sont la récompense des efforts de la montée.

Frère Maximilien-Marie montant à la chapelle Saint-Julien de Soutron

On peut découvrir un diaporama sur le rocher et la chapelle de Soutron, avec en particulier des photographies qui montrent les lieux sous la neige, en février 2009, ici > www.

B - Bien sûr, il y a eu ensuite les très belles fêtes de l'Assomption au Puy-en-Velay : le 14 août au soir, Frère Maximilien-Marie participait avec des amis à la procession aux flambeaux qui monte vers la Cathédrale en faisant alterner chants et méditations des mystères du chapelet. L'entrée dans la cathédrale est  ensuite particulièrement émouvante ; une ferveur simple et vraie anime les pèlerins qui viennent s'incliner devant la célèbre Vierge Noire puis participer à la veillée d'adoration du Très Saint Sacrement.

Une foule fervente prie et chante le 14 août au soir en montant vers la cathédrale du Puy       Vue générale du Puy-en-Velay       La Vierge Noire du Puy

(cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand)

Le jour même de l'Assomption, samedi 15 août, Frère Maximilien-Marie et ses amis sont aussi retournés au Puy pour assister à la Sainte Messe.

C - Le lendemain de l'Assomption était tout à la fois un dimanche et le jour de la fête de Saint Roch.

Antraïgues sur Volane : la chapelle Saint Roch au milieu de la châtaigneraie       L'autel de Saint Roch dans la chapelle du pèlerinage       Intérieur de la chapelle Saint Roch restauré à l'identique

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A environ une heure de route de notre “Mesnil-Marie“, la petite commune d'Antraïgues-sur-Volane, est le centre d'un pèlerinage en l'honneur de Saint-Roch : ce saint - très populaire dans tout le pourtour méditerranéen - était très honoré dans cette paroisse depuis plusieurs siècles. Dans la période de relèvement spirituel qui suivit la grande révolution, un prêtre zélé relança le culte de Saint Roch et fit construire une chapelle en son honneur, au milieu de la châtaigneraie, en même temps qu'il fondait dans la paroisse une congrégation de religieuses garde-malades placée sous le vocable du Saint thaumaturge. La chapelle, qui était en fort mauvais état il y a quelques années, a été magnifiquement restaurée à l'identique par les soins d'une association de laïcs et le pèlerinage du 16 août reste une date importante pour les villages environnants.

D - Le premier dimanche de septembre est ensuite le jour du pèlerinage en l'honneur de Notre-Dame d'Espérance de Pramailhet. Vous auriez bien du mal à trouver Pramailhet sur une grande carte : c'est en  effet un tout petit hameau situé sur le plateau volcanique du Coiron qui, d'ouest en est, fait comme une barrière rocheuse entre le haut et bas Vivarais. La chapelle est elle-même à l'écart du hameau. On y vénère une “Vierge trouvée”, statuette de pierre représentant la Vierge à l'Enfant et qui faisait probablement partie à l'origine d'une croix médiévale. On pense qu'il y avait en ce lieu, dès le haut Moyen-Age, un ermitage qui aurait été détruit (peut-être par le passage des grandes compagnies au XIVème ou XVème siècle). La tradition locale rapporte qu'un paysan labourant avec ses boeufs fut très étonné de voir ces derniers s'immobiliser en un point précis du champ puis se prosterner : creusant à cet endroit il aurait découvert la petite Madone de pierre, et c'est ainsi que le pèlerinage serait né. La chapelle reconstruite après les dévastations des huguenots, agrandie peu de temps avant la révolution, restaurée au XIXème siècle est trop petite pour contenir tous les pèlerins qui affluent le premier dimanche de septembre et la Messe doit être célébrée sur le parvis.

La chapelle Notre-Dame d'Espérance de Pramailhet      

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E - Dernier pèlerinage avant l'arrivée de l'automne, le 8 septembre, pour la fête de la Nativité de Notre-Dame, Frère Maximilien-Marie s'est rendu aux pieds de Notre-Dame d'Ay. Comme la végétation qui a énormément poussé n'avait pas permis à Frère Maximilien-Marie de prendre une vue d'ensemble qui vous permettrait de comprendre la situation du sanctuaire, j'ai dû rechercher une gravure ancienne :

Gravure ancienne du site de Notre-Dame d'Ay

Le sanctuaire de Notre-Dame d'Ay existait déjà à l'époque carolingienne. Il est édifié sur un promontoire rocheux qui fut puissamment fortifié à l'époque médiévale si bien que la chapelle de la Vierge est entourée de restes de tours, remparts et autres donjons. Au pied du rocher coule une petite rivière, l'Ay, qui a donné son nom au sanctuaire.

La tradition parle d'une bergère, sauvée de la noyade en invoquant Notre-Dame, qui aurait édifié un oratoire en ce lieu. Une Vierge Noire y fut vénérée au Moyen-Age : brûlée par les huguenots la statue originelle fut remplacée au XVIème siècle par une belle statue polychrome sculptée dans du chêne. Cachée pendant la révolution, cette statue reçut en 1890 les honneurs du couronnement au nom du Pape Léon XIII.

Intérieur de la chapelle de Notre-Dame d'Ay       Vue générale du site de Notre-Dame d'Ay       Notre-Dame d'Ay, la Vierge Noire couronnée

(Cliquer sur les images pour voir les photographies en grand)

Soyez en persuadés, à l'occasion de ces pèlerinages, Frère Maximilien-Marie a “emporté” avec lui toutes les intentions de ses amis et bienfaiteurs, priant tout spécialement pour les malades et les défunts qu'on lui avait recommandés.

F - Enfin, je dois mentionner aussi deux randonnées auxquelles Frère Maximilien-Marie a été très heureux de prendre part : l'association des “Amis du Mézenc” proposait, les 10 et 22 août, la découverte d'une partie des anciennes fermes dépendant, avant la révolution, de la Chartreuse de Bonnefoy: ce furent pour lui deux belles journées qui allièrent une saine détente avec la découverte d'un patrimoine historique et architectural malheureusement trop souvent méconnu.

En achevant la seconde partie de ma chronique de l'été 2009 au “Mesnil-Marie“, je vous recommande de continuer à porter Frère Maximilien-Marie dans vos prières amicales : si sa santé s'est bien améliorée, il demeure néanmoins fragilisé et doit consentir à  ménager ses forces… En ce moment, comme depuis des mois, il continue des traitements de fond. qui lui permettront de repartir ensuite avec une “nouvelle jeunesse”! Demain, 24 septembre, fête de Notre-Dame de la Merci, Chlôris et moi-même nous ne manquerons pas de l'entourer de toute notre affection pour marquer le vingtième anniversaire de ses  voeux perpétuels (voir aussi ici > www).

Chlôris se joint à moi pour vous adresser des ronronnements très distingués.

Lully.

183. Nous fêtons le 18 septembre Saint Joseph de Cupertino, céleste protecteur de ceux qui passent des examens.

La vie de Saint Joseph de Cupertino est assurément l’une des plus extraordinaires et des plus déroutantes de l’hagiographie, mais le fait que son procès de canonisation se soit déroulé en plein “siècle des lumières“, sous les yeux - peut-on dire - des hyper-critiques qui cherchaient à discréditer le catholicisme par tous les moyens, est déjà une garantie : l’Eglise en face de tant de contradicteurs s’est posé toutes les questions qu’on était en droit d’attendre en pareil cas et a fait preuve de circonspection, accumulant les plus certains des témoignages sur ce “phénomène” vraiment déconcertant pour les esprits rationalistes.

* * * * * * *

Joseph Désa naquit dans une famille pauvre de biens matériels mais riche de foi et de vertus chrétiennes, le 17 juin 1603. C'était à Cupertino, dans le diocèse de Nardo, au Royaume de Naples.

Joseph passa toute son enfance dans cette petite ville, auprès de son père, menuisier, et  de sa mère, Françoise Zanara, femme laborieuse et énergique… La famille était profondément chrétienne et on raconte que dès l'âge de cinq ans le petit Joseph donna des signes de grande piété et vertu…

Néanmoins, s'il était précoce en vertu, il était naturellement maladroit - c'est un euphémisme! - d'une maladresse aussi bien manuelle qu'intellectuelle, au point qu'on le considéra bien vite comme le “simplet” du village… Atteint d’une étrange maladie, dont il fut guérit en recourant avec ferveur à la Très Sainte Vierge, il résolut de consacrer sa vie à Dieu et s’imposa dès lors de grandes mortifications comme on en pratique dans les ordres religieux les plus austères.

A dix-sept ans, comme deux de ses oncles étaient franciscains conventuels, il se présenta dans leur Ordre où il fut refusé pour insuffisance intellectuelle.
Les Capucins l’acceptèrent comme frère convers mais, en extase continuelle, il se montra si malhabile dans les travaux qu’ils le congédièrent pour manque d’esprit, d’aptitude et de santé.

Sa mère qui était fort humiliée et ne voulait plus s’occuper de lui, réussit à fléchir son frère, Jean Donato, qui était franciscain conventuel et l’on reçut Joseph, sous l’habit du Tiers-Ordre, au couvent de Grottella où il fut chargé de s’occuper de la mule.
Or, Joseph, toujours joyeux, fit preuve de tant d’obéissance et d’humilité, de tant de piété et de pénitence, que ses supérieurs décidèrent de le recevoir comme religieux clerc.

Au mois de juin 1625, à Altamura, il reçut l’habit de l’Ordre. Il arriva  très péniblement à lire et à (mal) écrire mais il eut toujours les plus grandes difficultés à apprendre.

Le 3 janvier 1627, l’évêque de Narto, Jérôme de Franchis, qui lui faisait passer l’examen d’admission aux ordres, ouvrit la Bible au hasard et lui fit expliquer le passage “Beatus venter qui te portavit (heureux le sein qui t’a porté)”. A la surprise générale, Joseph fit un superbe commentaire de ce verset en exaltant les gloires de la Sainte Vierge qu'il aimait tant… et l’évêque, le jour même, lui conféra les ordres mineurs puis le sous-diaconat (27 février) et le diaconat (20 mars).

L’année suivante, l’examen pour le sacerdoce, fait par le sévère évêque de Castro, Jean-Baptiste Deti, se passa à Bogiardo. Joseph était accompagné de jeunes moines savants dont les premiers firent si vive impression sur l'exigeant prélat qu'il fut convaincu que tous les candidats présentés par le couvent étaient tout aussi brillants et qu'il jugea inutile de poursuivre l'examen ; le Frère Joseph fut donc admis au sacerdoce sans avoir été interrogé et c'est la raison pour laquelle il est invoqué comme saint patron des candidats aux examens.

Il fut donc ordonné prêtre le 4 mars 1628.

Ses extases étaient nombreuses et s'accompagnaient de lévitations spectaculaires… il suffisait de prononcer devant lui le saint Nom de Jésus ou celui de Notre-Dame pour susciter dans son coeur de tels élans d'amour et de ferveur qu'il était aussitôt ravi… et qu'il s'élevait de terre en poussant un cri. Le chant d'un oiseau dans le jardin du couvent l'amenait immédiatement à s'émerveiller sur les splendeurs de la création et à rendre grâces pour tant de bonté et d'amour répandus dans les oeuvres divines ; alors - en moins de temps qu'il ne faut pour le dire - Père Joseph se retrouvait en extase à la cime de la plus haute branche de l'arbre en compagnie de l'oiseau… Un hagiographe a pu ainsi écrire que Saint Joseph de Cupertino avait “passé la plus grande partie de sa vie en l'air”!!! Ses supérieurs seuls, en lui ordonnant mentalement de “redescendre”, pouvaient mettre fin à ses extases.

Lors d’un voyage qu’il fit sur l’ordre de ses supérieurs pour visiter les couvents du royaume de Naples, il fut remarqué par un vicaire général qui le dénonça à l’inquisition napolitaine. Les inquisiteurs l’envoyèrent à Rome, près du Général de son Ordre qui, après avoir montré beaucoup de méfiance, fut si persuadé de sa sainteté qu’il voulut le présenter au Pape Urbain VIII.

Lorsque Joseph se prosterna pour baiser la fameuse mule du Pape, considérant qu’il était devant l'auguste vicaire de Jésus-Christ, il entra en extase et fut transporté jusqu’au plafond de la salle d’audience ; Urbain VIII se tourna vers le Père Général et lui dit : “Si frère Joseph mourait sous notre pontificat, nous voulons servir de témoin à son procès de canonisation pour déposer du prodige dont nous venons d’être témoin.”

Joseph eut fort voulu qu’on le renvoyât dans son couvent de Grottella, mais on l’envoya au couvent d’Assise où il eut fort à souffrir du dédain du Père Gardien (c'est ainsi qu'on nomme le supérieur des couvents franciscains).
Il perdit alors toutes les consolations divines qu’il connaissait depuis l’enfance et fut assailli de terribles tentations.
Averti, le Père Général de l’Ordre le fit revenir à Rome où il retrouva plus abondamment les consolations divines.

Pour avoir assisté à une extase du Père Joseph, Jean-Frédéric, duc de Brunswick et de Hanovre, abjura le protestantisme. Au prince Casimir de Pologne, second fils de Sigismond III, qu’Innocent X avait fait cardinal et qui lui demandait s’il devait recevoir les ordres, Joseph répondit : “Ne le faites pas, vous seriez obligé de rentrer dans le monde ; Dieu ne tardera pas à vous faire connaître sa volonté”. En effet, le frère aîné du prince mourut et Casimir fut élu roi de Pologne.

De retour au couvent d’Assise où les esprits avaient changé, il fut reçu triomphalement par les religieux et les notables de la ville ; lorsqu’il entra dans l’église, voyant une image de la Vierge de Grottella, il s’écria : “O ma Mère, vous m’avez accompagné jusqu’ici !” puis ravi en extase il s'éleva - sous les yeux émerveillés de la foule - jusqu'à la hauteur du tableau qu'il embrassa.

En 1653, on parvint à prévenir contre Joseph le Pape Innocent X qui chargea l’inquisiteur de Pérouse, Vincent-Marie Pellegrini, de le tenir enfermé au couvent des capucins de Petra-Rubea, puis dans celui de Fossombre.
Au matin du 7 janvier 1655, alors que les sacristains cherchaient les ornements sacerdotaux pour qu’il célébrât la messe, il leur commanda de prendre les ornements noirs car le Pape venait de mourir, nouvelle qui fut confirmée peu de temps après mais qu'il n'avait pu connaître que par une révélation surnaturelle.

Le nouveau Pape, Alexandre VII Chigi, le fit libérer et conduire au couvent d’Osimo, dans la Marche d’Ancône, où il mourut, un peu avant minuit, le mardi 18 septembre 1663. Il fut béatifié par Benoît XIV, en 1753, et canonisé par Clément XIII, le 16 juillet 1767.

Saint Joseph de Cupertino

Prière à Saint Joseph de Cupertino pour les examens:

O bienheureux Joseph de Cupertino, qui aimez à vous montrer favorable envers ceux qui recourent à votre bienveillante intercession, je viens implorer votre aide pour cet examen que je dois subir. Malgré mon travail et ma bonne volonté, je crains de me laisser troubler et de ne pouvoir répondre convenablement.

Rappelez-vous que vous vous êtes trouvé dans la même difficulté et que grâce à la puissante protection de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère compatissante, vous en êtes sorti heureusement.

Faites, s'il vous plaît, qu'il en soit de même pour moi. Accordez-moi l’assurance dans mes réponses, donnez à mon intelligence la promptitude et la vivacité. Je vous le demande pour l’amour de Jésus, de Marie et de saint François dont vous fûtes l’enfant et le serviteur fidèle. En vous je me confie, céleste protecteur de ceux qui passent des examens, et je suis convaincu que mon espoir ne sera pas trompé.

Oraison:

O Dieu, qui avez voulu attirer toute chose à votre Fils unique, Jésus-Christ, faites que, par les mérites et à l’exemple de votre séraphique confesseur Joseph de Cupertino, nous élevant au-dessus de toutes les cupidités terrestres, nous méritions d’arriver à celui qui, avec vous et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Publié dans:Nos amis les Saints |on 17 septembre, 2009 |2 Commentaires »

182. Où Lully résume pour vous les travaux des mois de juillet et août au Mesnil-Marie.

Lully le chroniqueur

 Lully reprend son crayon de chroniqueur du “Mesnil-Marie”…

Premier samedi du mois, 5 septembre 2009.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

L'été décline rapidement et j'espère que, pour chacun d'entre vous, cette période a été riche et féconde, tant humainement que spirituellement. J'espère aussi que vos diverses “rentrées” se passent bien avec des forces renouvelées…

En notre “Mesnil-Marie“, les mois de juillet et d'août - puisque ma dernière chronique aura bientôt deux mois (cf. > www) - ont été d'une grande densité : je ne puis tout vous raconter par le menu, mais je vais m'efforcer de vous en dresser une sorte de panorama rétrospectif.

Si pour la plupart de nos contemporains juillet et août sont pratiquement devenus synonymes de vacances, il n'en a pas été de même ici. Oh, certes! le “Mesnil-Marie” n'est pas une maison de 'travaux forcés' et il y a eu bien des moments de détente et de pause (ne serait-ce que parce que la santé de Frère Maximilien-Marie le contraint tout de même à des ménagements et à des temps de repos), mais le passage de certains amis de notre petite fondation a justement permis à Frère Maximilien-Marie de faire avancer certains chantiers qu'il lui est difficile de mener à bien quand il est seul… Au passage, que soient donc très vivement et chaleureusement remerciés ceux qui ont donné de leur temps pour ces travaux!

Sans entrer dans tous les détails, les principaux évènements du chapitre “Travaux” ont été les suivants :

a) l'arrivée de la seconde partie de nos meubles et livres, qui était en attente depuis plus d'une année chez des amis. Dans ce déménagement est aussi arrivée la grande statue de Notre-Dame de Compassion : elle avait traversé une première fois la France du sud au nord pour être placée dans la maison du Vexin où nous étions d'abord établis (cf. > www), et voici qu'elle a fait le chemin en sens inverse pour prendre possession du lieu où une chapelle lui sera édifiée et dédiée…

La statue de Notre-Dame de Compassion au pied du petit promontoire sur lequel sa chapelle est prévue

La statue de Notre-Dame de Compassion au pied du petit promontoire sur lequel il est prévu de lui édifier une chapelle.

b) Le nettoyage complet d'une petite cave, située sous le bureau de Frère Maximilien-Marie : c'est dans cette cave que l'on avait tenté d'enfermer le mouton égaré  qui était venu troubler notre quiétude (cf.> www). Ce lieu était plein de terre, de matières en décomposition et de déchets divers qu'il a fallu déblayer. Ensuite un doublage du plafond a été mis en place, ce qui était très malaisé et pénible à faire. Il faut bien comprendre que ce plafond de la cave est en même temps - par dessus - le sol du bureau : il s'agissait donc non pas d'isoler la cave mais d'isoler le bureau, parce que l'hiver dernier l'air froid n'avait aucun barrage et remontait depuis la cave à travers le sol du bureau. Le doublage du plafond de la cave a donc permis de mettre en place une bonne couche de chanvre isolant. Frère Maximilien-Marie s'emploie actuellement à terminer d'aménager cette cave en lieu de rangement de tous les outils pour le bricolage et le jardinage.

C) La terre et les matières en décomposition qui ont été extraites de la cave ont été transportées à la brouette sur la partie de terrain qui borde la route, en contrebas de la maison : Frère Maximilien-Marie y a édifié des murets en pierre sèche (il essaie de les construire selon les méthodes ancestrales) qui contiennent cette terre rapportée, assez riche, et il a fait là des plantations de “belles de nuit“.

d) Le mur qui s'était effondré au début du mois de juillet dans l'ancienne étable (cf.> www) a été relevé “à l'identique”. Cela a nécessité plusieurs jours de patient travail, mais le résultat est magnifique. Saint Joseph y a désormais une petite niche. Même si certains aménagements restent à y faire, l'ancienne étable est désormais fonctionnelle ; elle sert tout à la fois de buanderie et de réserve : c'est là que se trouvent le lave-linge, le congélateur et les réserves de nourriture, l'armoire à confitures (Frère Maximilien-Marie a profité de l'abondance des fruits de l'été pour préparer de délicieuses confitures)… C'est là aussi que Frère Maximilien-Marie s'essaie à quelques préparations traditionnelles qui (nous l'espérons du moins!) régaleront nos hôtes futurs : vins de noix ou de gentiane…Voici un résumé des étapes de la réparation de ce mur jusqu'à son achèvement : cliquez sur les vignettes pour voir les photos en grand.

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Bon Saint Joseph qui avez été le gardien de la maison de Nazareth, veillez désormais sur cette maison consacrée à votre Epouse Immaculée!

e) Enfin, un autre grand et gros chantier a pu avoir lieu, toujours parce que le passage d'amis au “Mesnil-Marie” apportait à Frère Maximilien-Marie une aide précieuse. Au mois d'août 2008 (cf.> www) le plancher du grenier avait pu être remplacé sur une première moitié (au dessus de l'ancienne étable). Il s'agissait donc maintenant d'enlever la seconde moitié du plancher (qui correspond au plafond de l'ancienne grande pièce de ferme où sont notre cuisine et notre salle à manger) : je vous rappelle que ce plancher qu'il fallait remplacer était en fait constitué de deux épaisseurs d'aggloméré “fatiguées” et déformées par l'humidité, entre lesquelles loirs et souris avaient établi de véritables colonies!!!  Afin de pouvoir continuer à vivre “en dessous” en diminuant autant que possible (ce n'est jamais absolument parfait) les risques de voir dégringoler dans la cuisine et dans la salle à manger tous les déchets des nids des rongeurs, la poussière et les sciures, Frère Maximilien-Marie a eu l'idée d'agrafer aux poutres de vieux couvre-lits qui ont effectivement limité les dégâts… Le résultat était vraiment pittoresque et nous a donné l'impression, pendant quelques jours, de vivre dans les souks de quelque cité orientale!!!

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J'avoue que, n'écoutant que ma curiosité et mes instincts de félin, malgré la défense que m'en faisait Frère Maximilien-Marie, une fois que le vieux plancher a été démonté, je suis allé me promener sur les poutres et… j'ai voulu sauter sur cet étrange et nouveau plancher coloré. Patatras! Les agrafes ont cédé sous mon poids et un couvre-lit a dégringolé : au lieu de m'amuser comme je l'espérais, j'ai eu une énorme frayeur et je me suis trouvé bien honteux d'avoir désobéi!

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Sur les deux clichés ci-dessus vous voyez d'un côté une étape dans le démontage de l'ancien plancher (vous apercevez aussi toutes les saletés laissées par les rongeurs qui nichaient là) et de l'autre la mise en place du nouveau parquet. Maintenant nous attendons que l'électricien intervienne et restaure en la sécurisant l'installation électrique…Les menuisiers pourront alors achever les finitions de ce plancher.

Je vous parlerai dans une prochaine chronique des randonnées et pèlerinages de cet été, mais avant de terminer je vous encourage chat-leureusement à vous unir à nous pour préparer la fête de Notre-Dame des Douleurs par une neuvaine, du 6 au 14 septembre (texte de la neuvaine, ici > www). Enfin l'espiègle Chlôris se joint à moi pour vous saluer et vous souhaiter tout ce qu'il y a de meilleur pour cette période de rentrée.

Lully.

L'espiègle Chlôris

Publié dans:Chronique de Lully |on 5 septembre, 2009 |8 Commentaires »

181. Défendre le rite antique ne consiste pas à être passéiste… La réforme a été faite par des hommes arides, par des liturgistes qui ne connaissent pas la théologie!

Nous reproduisons ci-dessous la traduction d'un entretien, qui nous paraît très important, que Monseigneur Domenico Bartolucci a accordé aux journalistes italiens Pucci Cipriani et Stefano Carusi. La traduction française de cet entretien a déjà été publiée sur plusieurs sites Internet et nous estimons qu'il importe aussi qu'on puisse la lire sur ce modeste blogue. Monseigneur Bartolucci y fait état (non sans humour parfois, mais surtout sans sacrifier à la langue de bois) d'un point de vue éclairé sur la réforme liturgique issue du second concile du Vatican et sur sa désastreuse mise en oeuvre… Toutes les réponses qu'il formule ont un poids de sagesse et de vérité qu'il faut apprécier!

Né en 1917 à Borgo San Lorenzo (Florence), toscan par sa naissance puis romain par l’appel du Pape, Monseigneur Domenico Bartolucci est nommé en 1952 substitut de la Chapelle Sixtine, aux côtés de Lorenzo Perosi, puis maître de cette chapelle papale à partir de 1956, où il a eu l’honneur de travailler avec cinq papes. Le 24 juin 2006, le Souverain Pontife a tenu à organiser une cérémonie spéciale (cf. photographie ci-dessous) afin de sceller « à perpétuité » sa proximité et son admiration pour le grand musicien, auquel il adressait les mots suivants : « la polyphonie sacrée, en particulier celle de l’école romaine, est un héritage à conserver avec soin (…) un authentique aggiornamento de la musique sacrée ne peut advenir que sur le socle de la grande tradition héritée du passé, celle du chant grégorien et de la polyphonie sacrée ».

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI et Monseigneur Domenico Bartolucci

Q.- Maître, la publication récente du Motu proprio Summorum Pontificum a apporté un vent d’air frais dans le panorama liturgique désolant qui nous entoure… en avez-vous profité vous-même pour célébrer la « messe de toujours » ?

R. - A vrai dire, j’ai toujours célébré cette messe, de façon ininterrompue depuis mon ordination… En fait j’aurais même des difficultés à célébrer la messe du rite moderne, puisque je ne l’ai jamais dite…

Q. - Pour vous, elle n’a donc jamais été abolie ?

R. - Ce sont les paroles mêmes du Saint Père, même si certains font mine de ne pas le comprendre, et même si beaucoup ont soutenu le contraire dans le passé.

Q. - Pensez-vous que les fidèles soient moins enthousiasmés par la forme traditionnelle du rite, à cause de son aspect peu « participatif » ?

R. - Allez, il ne faut pas dire de bêtises ! Moi j’ai connu la participation des fidèles autrefois, aussi bien à Rome, dans les basiliques, qu’à travers le Monde, et ici-même dans le « Mugello », dans cette paroisse, dans cette belle campagne autrefois peuplée de gens pleins de foi et de piété. Le dimanche à vêpres, le prêtre aurait pu se contenter d’entonner le « Deus in adjutorium meum intende », et puis se mettre à dormir sur la banquette jusqu’au capitule : les fidèles auraient continué tout seuls et les pères de famille auraient entonné, un par un, les antiennes !

Q. - C’est donc pour vous une vaine polémique, par rapport à l’actuel style liturgique ?

R. - Hélas, je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des funérailles : Alléluias, applaudissements, des phrases loufoques, au point de se demander si ces gens ont déjà lu l’évangile : Notre-Seigneur lui-même pleure sur Lazare et sur la mort… Avec ce fade sentimentalisme, on ne respecte même pas la douleur d’une mère. J’aurais voulu vous montrer comment autrefois le peuple assistait à une messe des morts, avec quelle componction et quelle dévotion on entonnait le magnifique et terrible Dies Irae !

Q. - Mais la réforme n’a-t-elle pas été faite par des gens conscients et bien formés doctrinalement ?

R. - Je m’excuse, mais la réforme a été faite par des hommes arides, arides, je vous le répète. Moi, je les ai connus. Et quant à la doctrine, je me souviens que le cardinal Ferdinando Antonelli, de vénérable mémoire, disait souvent : « Qu’est-ce que nous pouvons faire de ces liturgistes qui ne connaissent pas la théologie ? »

Q. - Nous sommes bien d’accord avec vous, Monseigneur, mais il est vrai aussi qu’autrefois les gens n’y comprenaient rien…

R. - Chers amis, n’avez-vous jamais lu saint Paul : « il n’est pas nécessaire de savoir plus que ce qui est nécessaire » : il faut aimer la connaissance ad sobrietatem. Avec cet état d’esprit, dans quelques années on prétendra comprendre la transsubstantiation comme on explique un théorème de mathématiques… Mais le prêtre lui-même ne peut comprendre entièrement un tel mystère !

Q. - Alors comment en est-on parvenu à un tel effondrement de la liturgie ?

R. - Ça a été une mode, tout le monde parlait, tout le monde « rénovait », tout le monde pontifiait, sur la base d’un sentimentalisme qui prétendait tout réformer, et on faisait taire habilement les voix qui s’élevaient en défense de la tradition bimillénaire de l’Église. On a inventé une sorte de « liturgie du peuple »… lorsque j’entendais ces ritournelles, je me souvenais des paroles de l’un de mes professeurs de séminaire, qui nous enseignait que « la liturgie est l’œuvre du clergé, mais elle est pour le peuple ». Il voulait dire par là qu’elle doit descendre de Dieu et non pas monter à partir de la base. Je dois pourtant reconnaître que cet air corrompu s’est maintenant raréfié : les nouvelles générations de prêtres sont peut-être meilleures que celles qui ont précédé ; les jeunes prêtres ne sont plus ces idéologues furieux doublés de modernistes iconoclastes : ils sont plein de bons sentiments, mais ils manquent de formation…

Q. - Que voulez-vous dire par « ils manquent de formation » ?

R. - Je veux dire qu’il faut de vrais séminaires ! Je parle de ces structures que la sagesse de l’Église avait finement ciselées à travers les siècles. Vous ne vous rendez pas compte de l’importance d’un séminaire : une liturgie vécue… les différents moments de l’année y sont vécus socialement avec les confrères du séminaire, l’Avent, le Carême, les grandes fêtes de Pâques : tout cela éduque à un point que vous n’imaginez pas. Une rhétorique insensée a fait passer l’image que le séminaire déforme les prêtres, que les séminaristes, éloignés du monde, resteraient fermés sur eux-mêmes et distants du monde. Ce ne sont que des fantaisies pour gaspiller une formation riche de plusieurs siècles d’expérience, et pour ne la remplacer que par du vide.

Q. - Pour revenir sur la crise liturgique, vous, Monseigneur, êtes-vous favorable à un retour en arrière ?

R. - Regardez : défendre le rite antique ne consiste pas à être passéiste, mais à être « de toujours ». Par exemple, c’est une erreur d’appeler la messe traditionnelle « messe de saint Pie V » ou « messe Tridentine », comme s’il s’agissait de la messe d’une époque particulière. Notre messe romaine est au contraire universelle, dans le temps et dans le lieu : une unique langue de l’Océanie à l’Arctique. En ce qui concerne la continuité dans le temps, je peux vous raconter un épisode significatif : une fois nous étions en compagnie d’un évêque, dont je ne vous donnerai pas le nom, dans une petite église de la région ; nous apprenons alors subitement le décès d’un ami commun qui nous était cher, et nous décidons alors de célébrer sur le champ la messe pour lui. En cherchant dans la sacristie, on se rend compte qu’il n’y avait là que des missels antiques. Et bien l’évêque a refusé catégoriquement de célébrer. Je ne l’oublierai jamais… et je répète que la continuité de la liturgie implique que, sauf cas particuliers, je puisse célébrer aujourd’hui avec le vieux missel poussiéreux pris sur une étagère, et qui il y a quatre siècles a servi à l’un de mes prédécesseurs dans le sacerdoce.

Q. - On parle actuellement d’une « réforme de la réforme », qui devrait limer les irrégularités introduites dans les années 70…

R. - La question est assez complexe… Que le nouveau rite ait des déficiences est désormais une évidence pour tout le monde, et le Pape a dit et il a écrit plusieurs fois que celui-ci devrait « regarder vers l’ancien ». Mais que Dieu nous garde de la tentation des pastiches hybrides. La Liturgie avec un L majuscule est celle qui nous vient des siècles passés : c’est elle qui est la référence. Qu’on ne l’abâtardisse pas avec des compromis « déplaisant à Dieu et à ses ennemis »…

Q. - Que voulez-vous dire par là ?

R. - Prenons par exemple les innovations des années 70 : des chansonnettes laides et pourtant tellement en vogue dans les églises en 1968 sont aujourd’hui déjà des pièces de musée. Lorsqu’on renonce à la pérennité de la Tradition pour s’immerger dans le temps, on est aussi condamné à suivre les changements de modes. A propos de la réforme de la semaine sainte dans les années cinquante, je vous raconte une histoire : cette réforme avait été entreprise avec une certaine hâte, sous un Pie XII déjà affaibli et fatigué. Si bien que quelques années plus tard, sous le pontificat de Jean XXIII – car quoiqu’on en dise, en matière de liturgie il était d’un traditionalisme convaincu et émouvant – m’arrive un coup de fil de Mgr. Dante, le cérémoniaire du Pape, qui me demande de préparer le Vexilla Regis pour l’imminente célébration du Vendredi Saint. Interloqué, je lui réponds : « mais vous l’avez aboli ! ». Alors il m’a dit : « Le Pape le veut » ; et en quelques heures j’ai organisé les répétitions de chant, et nous avons chanté à nouveau, avec une grande joie, ce que l’Église chantait ce jour-là depuis des siècles. Tout cela pour dire que lorsqu’on a fait des déchirures dans le tissu de la liturgie, ces trous restent difficiles à recoudre, et ils se voient. Face à notre liturgie multiséculaire, nous devons contempler avec vénération, et nous souvenir qu’avec cette manie de toujours vouloir « améliorer », nous risquons de ne faire que des dégâts.

Q. - Maître, quel a donc été le rôle de la musique dans ce processus ?

R. - La musique a joué un rôle incroyable pour plusieurs raisons : le « cécilianisme » maniéré – auquel Perosi ne fut pas étranger – avait introduit avec ses mélodies chantantes un sentimentalisme romantique nouveau, qui n’avait rien à voir, par exemple, avec la corpulence éloquente et solide de Palestrina. Certaines extravagances mal placées de Solesmes avaient cultivé un grégorien susurré, fruit lui aussi de cette pseudo restauration médiévalisante qui a eu tant de succès au XIXème siècle. C’était l’idée de l’opportunité d’une récupération archéologique, aussi bien en musique qu’en liturgie, d’un passé lointain dont nous auraient éloigné les « siècles obscurs » du Concile de Trente… De l’archéologisme, en somme, qui n’a rien à voir, absolument rien à voir avec la Tradition, car il veut récupérer ce qui finalement n’a peut-être jamais existé. Un peu comme certaines églises restaurées dans le style « pseudo roman » de Viollet-le-Duc. Ainsi donc, entre un archéologisme qui prétend se rattacher à l’époque apostolique, mais en se séparant des siècles qui nous relient à ce passé, et un romantisme sentimental qui méprise la théologie et la doctrine pour exalter les « états d’âme », s’est préparé le terrain qui a abouti à cette attitude de suffisance vis-à-vis de ce que l’Église et nos Pères nous avaient transmis.

Q. - Que voulez-vous dire, Monseigneur, lorsque dans le domaine musical vous attaquez Solesmes ?

R. - Je veux dire que le chant grégorien est modal et non pas tonal. Il est libre, et non pas rythmé. Ce n’est pas « un, deux, un, deux, trois ». Il ne fallait pas dénigrer la façon de chanter dans nos cathédrales pour lui substituer un chuchotement pseudo monastique et affecté. On n’interprète pas le chant du Moyen-âge avec des théories d’aujourd'hui, mais il faut le prendre comme il nous est parvenu. De plus, le grégorien d’autrefois savait être aussi un chant populaire, chanté avec force et vigueur, comme le peuple exprimait sa foi avec force et vigueur. Et c’est cela que Solesmes n’a pas compris. Cela étant dit, il faut bien sûr reconnaître l’immense et savant travail philologique qui y a été fait en ce qui concerne l’étude des manuscrits antiques.

Q. - Maître, alors où en sommes-nous dans la restauration de la musique sacrée et de la liturgie ?

R. - Je ne nie pas qu’il y ait quelque signes de reprise… mais je vois tout de même persister une sorte d’aveuglement, comme une certaine complaisance pour tout ce qui est vulgaire, grossier, de mauvais goût, et aussi pour ce qui est doctrinalement téméraire… Ne me demandez pas, je vous en prie, mon avis sur les « guitarades » et les chansonnettes qu’ils nous chantent encore pendant l’offertoire. Le problème liturgique est sérieux : il faut cesser d’écouter la voix de ceux qui n’aiment pas l’Église et qui s’opposent au Pape. Si on veut guérir un malade, il faut d’abord se souvenir que « le médecin timoré laisse la plaie s’infecter (il medico pietoso fa la piaga purulenta) »…

(Interview Pucci Cipriani, Stefano Carusi - Traduction française Matthieu Raffray)

Publié dans:De liturgia |on 2 septembre, 2009 |1 Commentaire »