2009-30. Nous fêtons le 18 septembre Saint Joseph de Cupertino, céleste protecteur de ceux qui passent des examens.

La vie de Saint Joseph de Cupertino est assurément l’une des plus extraordinaires et des plus déroutantes de l’hagiographie, mais le fait que son procès de canonisation se soit déroulé en plein « siècle des lumières », sous les yeux – peut-on dire – des hyper-critiques qui cherchaient à discréditer le catholicisme par tous les moyens, est déjà une garantie : l’Eglise en face de tant de contradicteurs s’est posée toutes les questions qu’on était en droit d’attendre en pareil cas et a fait preuve de circonspection, accumulant les plus certains des témoignages sur ce « phénomène » vraiment déconcertant pour les esprits rationalistes.

* * * * * * *

Joseph Désa naquit dans une famille pauvre de biens matériels, mais riche de foi et de vertus chrétiennes, le 17 juin 1603. C’était à Cupertino, dans le diocèse de Nardo, au Royaume de Naples.

Joseph passa toute son enfance dans cette petite ville, auprès de son père, menuisier, et  de sa mère, Françoise Zanara, femme laborieuse et énergique.
La famille était profondément chrétienne et on raconte que dès l’âge de cinq ans le petit Joseph donna des signes de grande piété et vertu.

Néanmoins, s’il était précoce en vertu, il était naturellement maladroit – c’est un euphémisme ! – d’une maladresse aussi bien manuelle qu’intellectuelle, au point qu’on le considéra bien vite comme le « simplet » du village.
Atteint d’une étrange maladie, dont il fut guéri en recourant avec ferveur à la Très Sainte Vierge, il résolut de consacrer sa vie à Dieu et s’imposa dès lors de grandes mortifications, comme on en pratique dans les ordres religieux les plus austères.

A dix-sept ans, comme deux de ses oncles étaient franciscains conventuels, il se présenta dans leur Ordre où il fut refusé pour insuffisance intellectuelle.
Les Capucins l’acceptèrent comme frère convers mais, comme il était en extase continuelle, il se montra si malhabile dans les travaux qu’ils le congédièrent pour manque d’esprit, d’aptitude et de santé.

Sa mère qui était fort humiliée et ne voulait plus s’occuper de lui, réussit à fléchir son frère, Jean Donato, qui était franciscain conventuel, et l’on reçut finalement Joseph, sous l’habit du Tiers-Ordre, au couvent de Grottella où il fut chargé de s’occuper de la mule.
Or, Joseph, toujours joyeux, fit preuve de tant d’obéissance et d’humilité, de tant de piété et de pénitence, que ses supérieurs décidèrent de le recevoir comme religieux clerc.

Au mois de juin 1625, à Altamura, il reçut l’habit de l’Ordre.
Il arriva très péniblement à lire et à (mal) écrire, et il eut toujours les plus grandes difficultés à apprendre.

Le 3 janvier 1627, l’évêque de Narto, Jérôme de Franchis, qui lui faisait passer l’examen d’admission aux ordres, ouvrit la Bible au hasard et lui fit expliquer le passage « Beatus venter qui te portavit : bienheureux le sein qui Vous a porté ». A la surprise générale, Joseph fit un superbe commentaire de ce verset en exaltant les gloires de la Sainte Vierge qu’il aimait tant ; si bien que l’évêque, le jour même, lui conféra les ordres mineurs puis le sous-diaconat (27 février) et le diaconat (20 mars).

L’année suivante, l’examen pour le sacerdoce, fait par le sévère évêque de Castro, Jean-Baptiste Deti, se passa à Bogiardo.
Joseph était accompagné de jeunes moines savants dont les premiers firent si vive impression sur l’exigeant prélat qu’il fut convaincu que tous les candidats présentés par le couvent étaient tout aussi brillants et qu’il jugea inutile de poursuivre l’examen ; le Frère Joseph fut donc admis au sacerdoce sans avoir été interrogé… et c’est la raison pour laquelle il est invoqué comme saint patron des candidats aux examens.

Il fut donc ordonné prêtre le 4 mars 1628.

Ses extases étaient nombreuses et s’accompagnaient de lévitations spectaculaires : il suffisait de prononcer devant lui le saint Nom de Jésus ou celui de Notre-Dame pour susciter dans son coeur de tels élans d’amour et de ferveur qu’il était aussitôt ravi… et qu’il s’élevait de terre en poussant un cri.
Le chant d’un oiseau dans le jardin du couvent l’amenait immédiatement à s’émerveiller sur les splendeurs de la création et à rendre grâces pour tant de bonté et d’amour répandus dans les oeuvres divines ; alors – en moins de temps qu’il ne faut pour le dire – Père Joseph se retrouvait en extase à la cime de la plus haute branche de l’arbre en compagnie de l’oiseau !
Un hagiographe a pu ainsi écrire que Saint Joseph de Cupertino avait « passé la plus grande partie de sa vie en l’air » !!!
Ses supérieurs seuls, en lui ordonnant mentalement de « redescendre », pouvaient mettre fin à ses extases.

Lors d’un voyage qu’il fit sur l’ordre de ses supérieurs pour visiter les couvents du royaume de Naples, il fut remarqué par un vicaire général qui le dénonça à l’inquisition napolitaine.
Les inquisiteurs l’envoyèrent à Rome, près du Général de son Ordre qui, après avoir montré beaucoup de méfiance, fut si persuadé de sa sainteté qu’il voulut le présenter au Pape Urbain VIII.
Lorsque Père Joseph se prosterna pour baiser la fameuse mule du Pape, considérant qu’il était devant l’auguste vicaire de Jésus-Christ, il entra en extase et fut transporté jusqu’au plafond de la salle d’audience ; Urbain VIII se tourna vers le Père Général et lui dit : « Si frère Joseph mourait sous notre pontificat, nous voulons servir de témoin à son procès de canonisation pour déposer du prodige dont nous venons d’être témoin. »

Joseph eût souhaité qu’on le renvoyât dans son couvent de Grottella, mais on l’envoya au couvent d’Assise où il eut fort à souffrir du dédain du Père Gardien (c’est ainsi qu’on nomme le supérieur des couvents franciscains).
Il perdit alors toutes les consolations divines qu’il connaissait depuis l’enfance et fut assailli de terribles tentations.
Averti, le Père Général de l’Ordre le fit revenir à Rome où il retrouva plus abondamment les consolations divines.

Pour avoir assisté à une extase du Père Joseph, Jean-Frédéric, duc de Brunswick et de Hanovre, abjura le protestantisme.
Au prince Casimir de Pologne, second fils de Sigismond III, qu’Innocent X avait fait cardinal et qui lui demandait s’il devait recevoir les ordres, Joseph répondit : « Ne le faites pas, vous seriez obligé de rentrer dans le monde ; Dieu ne tardera pas à vous faire connaître sa volonté ». En effet, le frère aîné du prince mourut et Casimir fut élu roi de Pologne.

De retour au couvent d’Assise où les esprits avaient changé, il fut reçu triomphalement par les religieux et les notables de la ville ; lorsqu’il entra dans l’église, voyant une image de la Vierge de Grottella, il s’écria : « O ma Mère, vous m’avez accompagné jusqu’ici ! » puis ravi en extase il s’éleva – sous les yeux émerveillés de la foule – jusqu’à la hauteur du tableau qu’il embrassa.

En 1653, on parvint à prévenir contre Joseph le Pape Innocent X, qui chargea l’inquisiteur de Pérouse, Vincent-Marie Pellegrini, de le tenir enfermé au couvent des capucins de Petra-Rubea, puis dans celui de Fossombre.
Au matin du 7 janvier 1655, alors que les sacristains cherchaient les ornements sacerdotaux pour qu’il célébrât sa messe, il leur commanda de prendre les ornements noirs car le Pape venait de mourir, nouvelle qui fut confirmée peu de temps après mais qu’il n’avait pu connaître que par une révélation surnaturelle.

Le nouveau Pape, Alexandre VII Chigi, le fit libérer et conduire au couvent d’Osimo, dans la Marche d’Ancône, où il mourut, un peu avant minuit, le mardi 18 septembre 1663.
Il fut béatifié par Benoît XIV, en 1753, et canonisé par Clément XIII, le 16 juillet 1767.

Saint Joseph de Cupertino

Prière à Saint Joseph de Cupertino pour les examens :

O bienheureux Joseph de Cupertino, qui aimez à vous montrer favorable envers ceux qui recourent à votre bienveillante intercession, je viens implorer votre aide pour cet examen que je dois subir. Malgré mon travail et ma bonne volonté, je crains de me laisser troubler et de ne pouvoir répondre convenablement.

Rappelez-vous que vous vous êtes trouvé dans la même difficulté et que grâce à la puissante protection de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère compatissante, vous en êtes sorti heureusement.

Faites, s’il vous plaît, qu’il en soit de même pour moi !
Accordez-moi l’assurance dans mes réponses, donnez à mon intelligence la promptitude et la vivacité.
Je vous le demande pour l’amour de Jésus, de Marie et de saint François dont vous fûtes l’enfant et le serviteur fidèle. En vous je me confie, céleste protecteur de ceux qui passent des examens, et je suis convaincu que mon espoir ne sera pas trompé.

Oraison :

O Dieu, qui avez voulu attirer toute chose à Votre Fils unique, Jésus-Christ, faites que, par les mérites et à l’exemple de Votre séraphique confesseur Joseph de Cupertino, nous élevant au-dessus de toutes les cupidités terrestres, nous méritions d’arriver à celui qui, avec Vous et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous |le 17 septembre, 2009 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 12 janvier 2013 à 5 h 03 min Iolire écrit:

    Notre Père … »que votre volonté soit faite ».
    Saint Joseph de Cupertino : « Dieu ne tardera pas à vous faire connaître sa volonté ».
    Nous prions souvent pour que « notre » volonté soit faite … Très humblement j’avoue ne plus le faire, suite à des « leçons » -fort intelligemment dispensées par votre papa-moine, mon bien-aimé Lully, et vous le savez bien, puisque vous nous accompagnâtes de votre présence bien des fois.

    J’écris ici rien que pour la gloire de notre Père. Avec calme et j’espère le discernement nécessaire. Je ne suis pas une « furie mystico-pseudo-religieuse ». Ma Foi a été, est, et sera ébranlée bien des fois : autant qu’il Lui plaira. C’est à ce prix qu’elle devient « contenante »… Nous ne « contenons » pas notre Foi : c’est la Foi qui nous contient mais encore faut’il y être présents … Juste présents.

    Depuis quelques années, j’ai repris mes études universitaires. Confrontée à des difficultés éthiques et spirituelles par rapport à ces études, j’ai pris un retard énorme pour être prête pour ces examens qui viennent de se terminer.
    Alors votre papa-moine m’envoya ce lien que je n’ai pas lu alors, faute de « temps ».
    J’avais sérieusement « étudié » (comment en serait-il autrement?) mais pas suffisamment à cause de « blocages » par rapport à une matière. Ce qui a eu – tout naturellement – pour conséquence de prendre du retard sur les matières restantes. Cette étude a été un vrai « calvaire » que j’offrais quotidiennement à notre Seigneur en Lui demandant que Sa volonté soit faite et pas la mienne, et cela même si je maintins les efforts psychiques, physiologiques et intellectuels…. Mais, un fait était évident : je n’étais pas prête.
    Je me rendis donc à l’université après avoir demandé à notre cher Frère de prier « pour moi » (ce qui est à l’opposé de ce que je viens d’écrire quelques lignes plus haut)… Je crois bien qu’il pria Saint Joseph dans l’arbre !
    Ce 10 Janvier je dissertais et suis rentrée à mon hôtel me demandant comment j’allais faire le 11 Janvier? Je devais disserter sur la matière qui me pose problème, sur une autre que je n’avais pas bien « intégrée » et sur ce qui est pour moi l’horreur des horreurs : les statistiques appliquées à mon domaine d’études. Je me suis installée devant ma toute petite icône plastifiée du Christ Sauveur me demandant comment j’allais bien faire le lendemain. J’étais physiquement épuisée. J’ai prié « que Ta volonté soit faite » et « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de ta servante pécheresse ».
    Puis, sans l’avoir prémédité j’ai sorti les « annales » d’une des matières, constituées de plusieurs petites questions chacune, en « choisi » quelques unes … comme si c’était moi qui préparait les sujets d’examens et me mis au travail … en pleine forme et pleine possession de mes facultés intellectuelles. Puis la deuxième matière. Et, continuai ainsi toute la nuit alors que ma « collègue » sombrait dans les bras de Morphée vers 3 heures du matin.

    Les sujets étudiés rapidement pour l’une des matières se retrouvèrent dans le sujet d’examen !
    Quant à la 2° matière: L’organisation de l’université étant un peu compliquée – nous étions 3 groupes – dans un immense amphi. Des consignes très précises ont été données quant au CHOIX du sujet à traiter, par rapport à ces 3 groupes, et je commençais mon devoir. Au moment de le rendre, je me retourne vers une de mes collègues et m’aperçue très rapidement que quelque chose n’allait vraiment pas bien ! Je vais pour rendre ma copie et signer … j’annonce le sujet de Mr. Untel que j’avais traité pour le mettre dans la bonne pile : ce n’était pas le bon !!!!!!!!!!!! Sous morphine à cause de mes douleurs de dos j’avais mal saisi les consignes et fit tout le contraire de ce qu’il eut fallu faire.
    « Que TA volonté soit faite » était difficile à accepter mais cela dura qu’un instant bien suffisant pour que je fonde en larmes devant l’estrade. Devant ce qui fut considéré comme un immense désarroi, la Directrice de cet examen vint à moi et dit « Je connais bien Mr. Untel… je lui dirai et il corrigera votre copie » !!! Du jamais vu en université !
    De même une absence, même avec certificat médical, ne mermet pas de compenser les unités au sein d’un semestre.
    Je rentrais donc à l’hôtel pour me reposer jusqu’à l’après-midi et retourner à 15h45 pour composer sur les statistiques … Enfin … rendre copie blanche et jouer sur les compensations.
    Mais voilà que à 14h30 m’envahit un soudain et massif malaise au point d’être obligée de contacter le SAMU et direction urgences cardiaques de Rennes. Donc absente à l’épreuve et pas de compensation en semestre.
    Mais, voilà qu’en même temps l’université décidait que les absences seraient considérées comme des copies notées à zéro! Donc compensation acquise avec les matières passées la veille … suite à cette nuit blanche « inspirée ».

    Pardonnez-moi d’avoir déroulé si longuement ce que réellement « que Ta volonté soit faite » veut dire pour moi.

    Oui, je suis certaine que la prière la plus puissante et celle du don de soi, sans limite aucune à Dieu afin que pour notre bien soit faite Sa volonté. Cela ne se « ré – fléchit » pas! Cela ne se « re – sent » pas ! Cela arrive, se vit et est source de Grâces !
    Merci Saint Joseph, merci Notre Très Sainte Mère de Dieu ! Merci Seigneur !
    Amen.

  2. le 18 septembre 2009 à 9 h 57 min Jean-Louis écrit:

    Merci de nous avoir fait part de cette courte mais très intéressante biographie de St Joseph de Cupertino.

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