Archive pour décembre, 2013

2013-92. « La lutte pour lui ne pouvait être timide, elle fut celle d’un héros ! »

Sermon de notre glorieux Père Saint Augustin

pour la fête du protomartyr

Saint Etienne.

Nota bene : ce sermon porte le N°21 dans le troisième supplément du volume
des « sermons inédits »dans les oeuvres complètes de Saint Augustin.

Icône martyre St Etienne

1 § – Saint Augustin chante la gloire de Saint Etienne, protomartyr (premier des martyrs), qui, dans les tortures fut consolé par la vue du Ciel.

   Vénérons tous saint Etienne, frères bien-aimés, puisque aujourd’hui nous allumons des flambeaux en son honneur, et qu’en mémoire de lui nous nous réunissons ici dans les sentiments de la plus vive allégresse.
Depuis le crucifiement de Jésus, il n’y avait encore eu aucun martyr ; personne n’avait encore suivi le Christ jusqu’à la mort. Le monde possédait encore les Apôtres ; c’était encore le temps où Saul, pareil à un loup, sévissait contre les chrétiens, et déjà le Sauveur déposait sur le front d’Etienne la couronne de la gloire. Jusqu’à ce moment, dans les champs et les prés du siècle ne s’était point épanouie la fleur des confesseurs ; le sang du Christ, répandu en terre, n’avait pas enfanté de martyrs.
Saint Etienne fut donc le premier germe sorti de cette semence ; ce fut la première fleur qui se montra aussitôt après que la Judée eut fait couler le sang du Rédempteur.
Ivre encore du crime qu’elle venait de commettre, les mains teintes de sang, la bouche encore pleine des cris de mort qu’elle avait, dans sa rage, proférés au tribunal de Pilate, la synagogue ne supporta pas qu’Etienne fût un témoin du Christ ; elle ne voulut voir en lui qu’une sorte de satellite gagé d’un crucifié mis au tombeau ; aussi fit-elle pleuvoir sur lui une grêle de pierres, et ainsi saint Etienne suivit-il celui qu’il aimait. Pendant que les lapidateurs le tenaient sous leurs mains et lui infligeaient le plus cruel supplice, le ciel s’ouvrit devant lui, et il vit le Fils de l’homme assis à la droite de Dieu.
La récompense s’étalait aux regards du soldat ; le céleste athlète apercevait le prix que Dieu lui avait préparé ; la couronne réservée au martyr apparaissait à ses yeux ; à cette vue, et tout disposé à mourir, Etienne expose aux coups de ses ennemis furieux un coeur brûlant d’amour pour Dieu, car la palme du triomphe est là, devant lui, dans le ciel ; il touche au port du salut !
Nous ne saurions en douter, mes frères, il contemplait le ciel des yeux de son corps ; la présence du Christ, assis sur un trône, à la droite du Père, le comblait de joie ; en face de pareils témoins, la lutte pour lui ne pouvait être timide, elle fut celle d’un héros. Si, d’un côté, les Juifs accablaient de pierres le martyr, d’autre part, le Christ lui envoyait, du haut du ciel, des couronnes sur lesquelles son sang avait empreint une teinte d’un blanc rosé.

2 § –  Saint Augustin apostrophe la synagogue et stigmatise sa cruauté, conséquence logique de son endurcissement et de son refus du Messie. C’est le même aveuglement impie qui a conduit les Juifs à faire condamner le Christ et qui les conduit maintenant à martyriser ses disciples.

   A quoi te sert, ô impie synagogue, cet acte de cruauté ? Tu jettes des pierres à Etienne, et tu travailles encore davantage à l’honorer ; tu lui ôtes la vie, et tu contribues encore plus à l’exalter ; tu le persécutes sur la terre, et, sans le savoir, par tes mauvais traitements, tu l’envoies plus vite au ciel. Déjà l’âme du martyr, arrivée à ses lèvres, va s’envoler au ciel ; elle y tient déjà par toutes ses puissances ; aussi est-elle devenue insensible à tes coups, et ne prendra-t-elle plus souci de ta force, car elle partage déjà la joie des anges, et comme il se trouve déjà dans les rangs de l’armée des archanges, le confesseur du Christ ne saurait plus redouter les souffrances de ce monde.
Le Père lui adresse la parole, le Fils le console, le Saint-Esprit ranime ses sens affaiblis ; le ciel, avec ses mystérieuses beautés, lui sourit et le rassasie d’avance, comme un de ses habitants, de ses divines richesses ; ainsi devient insensible pour notre martyr le supplice de la lapidation.
Pour toi, impie Judée, tu parfais ton crime, tu accomplis jusqu’au bout ton homicide ; à peine as-tu fini de faire mourir le Christ, que déjà son serviteur tombe sous tes coups, comme si, en ajoutant un meurtre à un autre, tu pouvais effacer la souillure du premier.
« Voilà, s’écrie Etienne, voilà que je vois les cieux a ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. VII, 55).

Le vois-tu, cruelle Judée ? Le Christ dans le sang duquel tu as trempé tes mains est vivant dans le ciel. Tu frémis de rage, je le sais bien ; tu ne veux pas entendre dire que Jésus, que tu croyais mort, vit toujours. Car si tu lapides aujourd’hui Etienne, c’est afin qu’il ne continue pas de rendre témoignage de la vie du Christ. Mais à quoi bon te raidir et vouloir t’opposer à de si nombreuses légions de martyrs ? Parviendras-tu jamais à leur imposer silence ? Evidemment, non : « Après cela, je vis, dit Jean, une grande multitude que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, qui se tenaient debout en la présence « de Dieu, revêtus de robes blanches, avec des palmes en leurs mains » (Apoc. VII, 9). Ils portent des palmes dans leurs mains, et de ta bouche s’échappe le feu qui consume ton coeur ; ils tressaillent de joie au sein de la gloire, et tu martyrises ta conscience ; ils règnent avec le Christ que tu as fait mourir, et sur toi demeure éternellement la souillure du sacrilège que tu as commis !

3 § – Saint Etienne, en mourant, a été une parfaite imitation du Sauveur mourant. Les fidèles doivent se confier à son intercession pour parvenir au salut.

   Enfin, mes frères, écoutez notre pieux martyr ; écoutez cet homme qui s’était rassasié à une table sacrée et divine, et dont l’âme, en présence des cieux ouverts devant lui, pénétrait déjà les secrets consolants de ce divin séjour.
Au moment où les Juifs, emportés jusqu’à la cruauté par leur impiété habituelle, brisaient le corps du martyr sous une grêle de pierres, celui-ci, s’étant mis à genoux, adorait le Seigneur-Roi et disait : « O Dieu, ne leur imputez pas ce péché ! » (Act. VII, 59).
Le patient prie, et son bourreau est inaccessible au sentiment du repentir ; le martyr prie pour les péchés d’autrui, et le Juif ne rougit point du sien propre ; Etienne ne veut pas qu’on leur impose ce qu’ils font, et ses ennemis ne s’arrêtent qu’après lui avoir donné le coup de la mort.
Quelle rage ! Quelle fureur inouïe ! Travailler avec d’autant plus d’ardeur à le tuer, qu’ils le voyaient prier pour eux ! Ce spectacle n’aurait-il pas dû plutôt amollir leurs coeurs ?
Notre martyr a donc retracé en lui-même les caractères de la mort de son Maître. Attaché à la croix, sur le point de rendre le dernier soupir, Jésus priait son Père de pardonner aux Juifs leur déicide ; engagé comme le Christ dans les tortueux sentiers du trépas, Etienne a imité son Sauveur, a offert à Dieu le sacrifice de sa vie ; c’est pourquoi il a suivi jusqu’au ciel le Seigneur tout-puissant. Aussi, mes frères, devons-nous nous recommander à ses saintes prières, afin qu’à son exemple nous méritions de parvenir à la vie éternelle.

nika

2013-91. Voeux pour la fête de la Nativité de Notre-Seigneur.

Mardi 24 décembre 2013,
Vigile de la Nativité de Notre-Seigneur.

Guirlande de Noël

22 décembre 2013 au Mesnil-Marie

Le Mesnil-Marie à la tombée de la nuit avec la Crèche lumineuse sur la terrasse Saint Constantin
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Nous voici parvenus au terme du temps de l’Avent : la nuit prochaine – à minuit – , par la célébration de la Messe de la Nativité de Notre-Seigneur, nous commencerons les fêtes de Noël.
Puissent ces fêtes être pour vous remplies de grâces et de bénédictions du Ciel : que Jésus-Christ, notre divin Sauveur vous comble de forces et de consolations, vous-mêmes et tous les vôtres…

   Mes vœux personnels n’ont pas besoin de se répandre en longs discours : je veux par dessus tout vous assurer de ma prière, amicale et fervente, à toutes vos intentions.
Toutes vos intentions, vos personnes, vos joies et vos peines, vos bonheurs et vos épreuves, sont dans mon coeur et dans mon âme, et je les porte tous et chacun auprès de la Crèche… 

Bon et Saint Noël !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.          

Etoiles

Et voici une petite vidéo pour vous permettre de découvrir notre Crèche 2013 au Mesnil-Marie : faire un clic droit sur le rectangle ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet » >>>

Image de prévisualisation YouTube

Etoiles

Pour prier devant la Crèche :
- Prière avant la Nuit Sainte > ici
- Prières simples à l’Enfant Jésus > ici

houx gif

2013-90. Si Eglise et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant de Marie et de l’Eucharistie.

Lundi 9 décembre 2013,
Deuxième jour dans l’octave de l’Immaculée Conception ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de Saint Pierre Fourier.

frise avec lys naturel

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Hier, 8 décembre, après la Sainte Messe de la fête de la conception immaculée de Notre-Dame, notre Frère a rapporté au Mesnil-Marie le texte du sermon de Monsieur l’abbé Henri V., notre chapelain, et, ainsi qu’il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises de le faire dans les pages de ce blogue, je veux aujourd’hui encore vous communiquer le texte de ce sermon, afin que, vous aussi, vous puissiez le méditer : il m’a en effet semblé particulièrement remarquable.

Bonne lecture et, surtout, bonne méditation.

Lully.

Ingres la Vierge à l'Hostie musée du Louvre

Jean-Dominique Ingres : la Vierge à l’Hostie (musée du Louvre)

Si Eglise et Eucharistie constituent un binôme inséparable,
il faut en dire autant de Marie et de l’Eucharistie :

   Avec la prière, bien sûr, il apparaît qu’en nos temps qui sont les derniers, Dieu nous propose deux moyens pour demeurer en Son amour, fidèles à la Foi de l’Eglise de Jésus-Christ : à savoir, la Sainte Messe, ainsi que la dévotion ou plutôt le recours au Cœur immaculé de Marie, comme nous l’a indiqué Notre-Dame elle-même à Fatima.

   Aussi, en cette fête de l’Immaculée Conception, je voudrais vous entretenir de Marie et l’Eucharistie, ou plus précisément, vous faire contempler, à la lumière de l’enseignement des Papes contemporains, Marie comme la « Femme eucharistique ».

   A première vue, l’Evangile reste silencieux à ce sujet. Dans le récit de l’Institution, au soir du Jeudi Saint, on ne parle pas de Marie. On sait, en revanche, qu’elle était présente parmi les Apôtres rassemblés après l’Ascension dans l’attente de la Pentecôte. Nul doute ainsi qu’elle assistait aux Célébrations Eucharistiques de la primitive Eglise, assidue à « la Fraction du Pain ».

   Mais en allant au-delà de sa participation aux Messes célébrées par les disciples du Seigneur, il convient d’entrevoir le rapport entre Marie et l’Eucharistie à partir de son attitude intérieure et de sa place particulière au fondement de l’Eglise.

   Si l’Eucharistie est un mystère de Foi, Marie nous sert de soutien et de guide pour croire. Lorsque nous refaisons le geste du Christ, en obéissance à Son commandement : « Faites cela en mémoire de Moi », nous entendons en même temps l’invitation de la Sainte Vierge à Lui obéir fidèlement : « Faites tout ce qu’Il vous dira ».
Avec la sollicitude maternelle dont elle témoigne aux Noces de Cana, Marie nous dit : « Mon Fils, Lui qui fut capable de changer l’eau en vin, est capable également de changer le pain en Son Corps et le vin en Son Sang, par les Paroles et la Puissance qu’Il a données à Ses prêtres agissant en Son Nom ».

   En fait, la Sainte Vierge a exercé sa Foi eucharistique avant même l’institution de l’Eucharistie, par le fait qu’elle a offert son sein virginal pour l’Incarnation du Verbe de Dieu.
Tandis que l’Eucharistie renvoie à la Passion et à la Résurrection, elle se situe avant tout en continuité de l’Incarnation.
A l’Annonciation, la Sainte Vierge a conçu le Fils de Dieu dans la réalité du Corps et du Sang du Christ, anticipant en elle ce qui se réalise sacramentellement en tout fidèle qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, ce même Corps et ce même Sang du Seigneur.

   Il existe donc une analogie profonde entre le « Fiat » par lequel Marie répond aux paroles du Seigneur et l’ « Amen » que l’Eglise prononce à la fin du canon de la Messe, ainsi que la démarche de Foi que chaque fidèle accomplit au moment de la Communion.
A Marie, il fut demandé de croire que Celui qu’elle concevait par l’opération du Saint-Esprit était le Fils de Dieu. A nous, il nous est demandé de croire qu’à la Messe, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, Se rend présent dans la totalité de Son Etre, sous les espèces du pain et du vin.

   Aussi, lorsque, au moment de la Visitation, la Sainte Vierge porte en son sein le Verbe fait chair, Marie devient en quelque sorte un tabernacle – le premier tabernacle de l’histoire -, dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, Se présente à l’adoration d’Elisabeth, et par lequel le divin Sauveur sanctifie Jean-Baptiste le Précurseur.
Pensons que nous-mêmes, pauvres pécheurs certes, nous accédons à cette même dignité lorsque nous recevons le Seigneur à la Sainte Communion.

   Allons plus loin.
Durant toute sa vie aux côtés de son divin Fils, et bien sûr au Calvaire, Marie a fait sienne la réalité sacrificielle de l’Eucharistie, sacrement de la Croix.
Quand la Sainte Vierge porta l’Enfant Jésus au temple de Jérusalem pour Le présenter au Seigneur, Marie entendit le vieillard Siméon lui annoncer que cet Enfant serait un signe de division et qu’un glaive devait transpercer son cœur de mère. Le drame de son Fils crucifié était dès lors annoncé à l’avance.
Se préparant ainsi jour après jour à l’offrande de la Croix, Marie vit une sorte de Messe anticipée, une communion spirituelle de désir et d’oblation, dont l’accomplissement se réalisera par l’union avec son Fils au moment de la Passion, et qui s’exprimera ensuite, dans le temps après Pâques, par sa participation aux Célébrations Eucharistiques des Apôtres.

   N’est-ce pas dans son union au Christ, au pied de la Croix, que Marie est devenue la Mère de l’Eglise et notre propre Mère ? « Voici ta mère ».
Et n’est-ce donc pas à la Messe que la Sainte Vierge remplit cette mission de maternelle assistance tandis que nous offrons avec elle le Sacrifice du Seigneur, et que nous recevons le Corps et le Sang de son propre Fils ?

   Si Eglise et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant de Marie et de l’Eucharistie.
Et ce qui ressort du mystère de l’Eglise vivant de l’Eucharistie et de Marie, c’est l’action de grâces, dans l’espérance, telle que l’a célébrée la Sainte Vierge dans le Magnificat, annonçant la merveille de l’Histoire du Salut, tout orientée vers la gloire du Seigneur à la fin de ce monde. Amen !

frise avec lys naturel

2013-89. Des origines de Notre-Dame selon « La Légende Dorée ».

Domenico Ghirlandaio Joachim chassé du temple - Florence Santa Maria Novella

Saint Joachim chassé du Temple (Domenico Ghirlandaio, fresque à Santa Maria Novella – Florence)

       Initialement intitulé « Legenda Sanctorum alias Lombardica hystoria » (qui se traduit : ce qui doit être lu au sujet des saints ou histoire de la Lombardie), cet ouvrage rédigé, entre 1261 et 1266, par le Bienheureux Jacques de Voragine – dominicain et archevêque de Gênes – , fut rapidement appelé « Legenda aurea ».
La traduction française « Légende Dorée » ne rend pas exactement le sens des mots latins : « legenda », il faut insister là-dessus, doit être traduit par : « les choses qui doivent être lues », et n’a pas au Moyen-Age ce sens de récit fabuleux qui est aujourd’hui celui du mot français légende.
Quant au qualificatif « aurea » – traduit par dorée – , il veut en réalité signifier que le contenu de ce recueil de choses à lire est particulièrment précieux, autant que s’il s’agissait d’or !

   Pour composer son ouvrage, le Bienheureux Jacques de Voragine a réuni en un seul récit les traditions concernant la vie des saints, la vie de Notre-Dame et la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que l’on peut trouver dans les oeuvres des Pères de l’Eglise tels que Saint Jean Cassien, Saint Jérôme, Saint Augustin, Saint Jean Chrysostome, Saint Jean Damascène, Bède le Vénérable… etc. et quelques historiens ecclésiastiques comme Saint Grégoire de Tours ou Vincent de Beauvais.

    »La Légende Dorée » eut un succès considérable et, par suite, une diffusion exceptionnelle : avec la Sainte Bible et le psautier ce fut l’ouvrage le plus recopié, le plus répandu. Le premier ouvrage imprimé en français, à Lyon en 1476, fut « La Légende Dorée ».

   Dès lors, et même si les historiens d’aujourd’hui se plaisent à le dénigrer, ce texte se révèle indispensable pour comprendre la tradition iconographique religieuse de l’Occident (et même de l’Orient parfois) : un nombre incalculable de tableaux, d’enluminures, de sculptures dans nos cathédrales, dans nos églises et dans nos musées ne peuvent être compris et correctement interprêtés sans la connaissance de ces traditions dont « La Légende Dorée » est en quelque sorte le compendium.

   Il m’a paru très profitable de publier ci-dessous quelques extraits de « La Légende Dorée » concernant les origines de la Très Sainte Vierge Marie et les circonstances dans lesquelles elle fut conçue.

Lully.

Bartolo di Fredi l'annonciation à St Joachim - Pinacothèque vaticane

L’annonciation à Saint Joachim (Bartolo di Fredi – Pinacothèque vaticane)

Anne conçut, enfanta une fille et lui donna le nom de Marie :

       La glorieuse Vierge Marie tire son origine de la tribu de Juda et de la race royale de David. Or, saint Matthieu et saint Luc ne donnent pas la généalogie de Marie, mais celle de saint Joseph, qui ne fut cependant pour rien dans la conception de Jésus-Christ.
C’est, dit-on, la coutume de l’Écriture Sainte de ne pas établir la suite de la génération des femmes, mais celle des hommes. Il est très vrai pourtant. que la sainte Vierge descendait de David ; ce qui est évident parce que l’Ecriture atteste en beaucoup d’endroits que Jésus-Christ est issu de la race de David. Mais comme Jésus-Christ est né seulement de la Vierge, il est manifeste que la Vierge elle-même descend de David par la lignée de Nathan.
Car entre autres enfants, David eut deux fils, Nathan et Salomon.
De la lignée de Nathan, fils de David, d’après le témoignage de saint Jean Damascène, Lévi engendra Melchi et Panthar, Panthar engendra Barpanthar, et Barpanthar engendra Joachim, et Joachim la Vierge Marie.
Par la lignée de Salomon, Nathan eut une femme de laquelle il engendra Jacob. Nathan étant mort, Melchi de la tribu de Nathan, qui fut fils de Lévi, mais frère de Panthar, épousa la femme de Nathan, mère de Jacob, et engendra d’elle Héli. Jacob et Héli étaient donc frères utérins, mais Jacob était de la tribu de Salomon et Héli de celle de Nathan. Or, Héli, de la tribu de Nathan, vint à mourir, et Jacob, son frère, qui était de la tribu de Salomon, se maria avec sa femme, suscita un enfant à son frère et engendra Joseph.
Joseph est donc par la nature fils de Jacob ; en descendant de Salomon, et selon la loi, fils d’Héli qui descend de Nathan. Selon la nature, en effet, le fils qui venait alors au monde était fils de, celui qui l’engendrait, mais selon la loi, il était le fils du défunt. C’est ce que dit le Damascène (…).

   Or, Joachim épousa une femme, nommée Anne, qui eut une soeur appelée Hismérie. Cette Hismérie donna le jour à Elizabeth et à Eliud. Elizabeth donna le jour à Jean-Baptiste (…).

Giotto di Bondone l'annonciation à Ste Anne - Chapelle Scrovegni Padoue

L’annonciation à Sainte Anne (Giotto di Bondone, fresque de la chapelle Scrovegni – Padoue)

   Or, Anne eut, dit-on, trois maris, savoir : Joachim, Cléophas et Salomé.
De son premier mari, c’est-à-dire de Joachim, elle eut une fille qui était Marie, la mère de Jésus-Christ, qu’elle donna en mariage à Joseph, et Marie engendra et mit au monde Notre-Seigneur Jésus-Christ.
A la mort de Joachim, elle épousa Cléophas, frère de Joseph, et elle en eut une autre fille qu’elle appela Marie, comme la première, et qu’elle maria dans la suite avec Alphée. Marie, cette seconde fille, engendra d’Alphée, son mari, quatre fils, qui sont Jacques le mineur, Joseph le juste qui est le même que Barsabas, Simon et Jude.
Anne, après la mort de son second mari, en prit un troisième ; c’était Salomé, de qui elle engendra une autre fille qu’elle appela encore Marie et qu’elle maria à Zébédée. Or, cette Marie engendra de ce Zébédée deux fils, savoir : Jacques le majeur et Jean l’évangéliste. (…)

   Joachim donc, qui était de la Galilée et de la ville de Nazareth, épousa sainte Anne de Bethléem.
Tous les deux justes et marchant avec droiture dans l’accomplissement des commandements du Seigneur, faisaient trois parts de leurs biens : l’une affectée au temple et aux personnes employées dans le service du temple ; une seconde donnée aux pèlerins et aux pauvres, une troisième consacrée à leur usage particulier et à celui de leur famille.

   Pendant vingt ans de mariage, ils n’eurent point d’enfants, et ils firent vœu à Dieu, s’il leur accordait un rejeton, de le consacrer au service du Seigneur. Pour obtenir cette faveur, chaque année, ils allaient à Jérusalem aux trois fêtes principales. Or, à la fête de la dédicace, Joachim alla à Jérusalem avec ceux de sa tribu, et quand il voulut présenter son offrande, il s’approcha de l’autel avec les autres. Mais le prêtre, en le voyant, le repoussa avec une grande indignation ; il lui reprocha sa présomption de s’approcher de l’autel en ajoutant qu’il était inconvenant pour un homme, sous le coup de la malédiction de la loi, de faire des offrandes au Seigneur, qu’il ne devait pas, lui qui était stérile et qui n’avait pas augmenté le peuple de Dieu, se présenter en compagnie de ceux qui n’étaient pas infectés de cette souillure.

Benozzo Gozzoli la  rencontre à la porte dorée - fresque Castelfiorentino

La rencontre de Sainte Anne et de Saint Joachim à la Porte Dorée
(Benozzo Gozzoli, fresque conservée à la bibliothèque de Castelfiorentino)

   Alors Joachim tout confus, fut honteux de revenir chez lui, de peur de s’entendre adresser les mêmes reproches par ceux de sa tribu qui avaient ouï les paroles du prêtre. Il se retira donc auprès de ses bergers, et après avoir passé quelque temps avec eux, un jour qu’il était seul, un ange tout resplendissant lui apparut et l’avertit de ne pas craindre (il était troublé de cette vision) : « Je suis, lui dit-il, un ange du Seigneur envoyé vers vous pour vous annoncer que vos prières ont été exaucées, et que vos aumônes sont montées jusqu’en la présence de Dieu. J’ai vu votre honte, et j’ai entendu les reproches de stérilité qui vous ont été adressées à tort. Dieu est le vengeur du péché, mais non de la nature, et s’il a fermé le sein d’une femme c’est pour le rendre fécond plus tard d’une manière qui paraisse plus merveilleuse, et pour faire connaître que l’enfant qui naît alors, loin d’être le fruit de la passion, sera un don de Dieu. Sara, la première mère de votre race, n’a-t-elle pas enduré l’opprobre de la stérilité jusqu’à sa quatre-vingt-dixième année ? et cependant elle mit au monde Isaac auquel avaient été promises les bénédictions de toutes les nations. Rachel encore n’a-t-elle pas été longtemps stérile ? toutefois elle enfanta Joseph qui fut à la tête de toute l’Egypte. Y eut-il quelqu’un plus fort que Samson et plus saint que Samuel ? tous les deux eurent pourtant des mères stériles. Croyez donc à ma parole et à ces exemples, que les conceptions tardives et les enfantements stériles sont d’ordinaire plus merveilleux. Eh bien ! Anne, votre femme, vous enfantera une fille et vous l’appellerez Marie. Dès son enfance, elle sera, comme vous en avez fait voeu, consacrée au Seigneur ; dès le sein de sa mère, elle sera remplie du Saint-Esprit ; elle ne restera point avec le commun du peuple, mais elle demeurera toujours dans le temple du Seigneur, afin d’éviter le moindre mauvais soupçon. Or, de même qu’elle naîtra d’une mère stérile, de même elle deviendra, par un prodige merveilleux, la mère du Fils du Très-haut, qui se nommera Jésus, et qui sera le salut de toutes les nations. Maintenant voici le signe auquel vous reconnaîtrez la vérité de mes paroles : quand vous serez arrivé à Jérusalem à la porte Dorée, vous rencontrerez Anne, votre femme ; et en vous voyant elle éprouvera une joie égale à l’inquiétude qu’elle a ressentie de votre absence prolongée ».
Quand l’ange eut parlé ainsi, il quitta Joachim.

   Or, Anne tout en pleurant dans l’ignorance de l’endroit où était allé son mari, vit lui apparaître le même ange qu’avait vu Joachim ; et il lui déclara les mêmes choses qu’il avait dites à celui-ci, en ajoutant que, pour marque de la vérité de sa parole, elle allât à Jérusalem, à la porte Dorée où elle rencontrerait son mari qui revenait.

   D’après l’ordre de l’ange, tous deux vont au-devant l’un de l’autre, enchantés de la vision qu’ils avaient eue, et assurés d’avoir l’enfant qui leur avait été promise.
Après avoir adoré le Seigneur, ils revinrent chez eux, attendant joyeusement la réalisation de la promesse divine. Anne conçut donc, enfanta une fille et lui donna le nom de Marie.

Quentin Massys triptyque de Ste Anne partie centrale la sainte parenté

La sainte parenté : au centre Sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus,
entourées des autres filles de Sainte Anne et de leurs enfants :

en bas à droite Sainte Marie Salomé avec  ses fils Saint Jacques le Majeur et Saint Jean (futurs apôtres)
en bas à gauche Sainte Marie de Cléophas avec les Saints Simon et Jude, Saint Jacques le Mineur (futurs apôtres) et Saint Joseph Barsabas, dit le juste.
A l’arrière plan (de gauche à droite) : Cléophas deuxième époux de Sainte Anne, Saint Joseph époux de Marie, Saint Joachim, et Alphée troisième époux de Sainte Anne.
(Quentin Massys, triptyque de Sainte Anne – musée royaux des beaux-arts, Bruxelles)

Le 8 décembre illuminons nos fenêtres en l’honneur de Notre-Dame > ici

2013-88. Où le Maître-Chat Lully publie la lettre que Frère Maximilien-Marie a adressée au bon Saint Nicolas.

Ce 5 décembre.

       Je prends la liberté de porter à votre connaissance, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, la lettre que Frère Maximilien-Marie a adressée au bon Saint Nicolas… un saint pour lequel nous avons une très grand dévotion, au Mesnil-Marie.
Je n’ai rien à rajouter, si ce n’est que je vous souhaite à tous une bonne et belle fête de Saint Nicolas !

Lully.

Saint Nicolas

Cher Saint Nicolas,

       j’ai fait plein d’efforts pour être sage et pour faire plaisir à Jésus, alors j’espère que tu m’apporteras de bonnes choses : je ne te demande pas des fraises tagada, ni des guimauves, ni du chocolat, parce que ce n’est pas très bon pour mes pourcentages de triglycérides, de gammas GT et de cholestérol, mais en revanche je voudrais bien que tu m’apportes des plants de vertus, avec leurs bons engrais spirituels pour les faire croître comme il faut.
Ainsi le petit jardin de mon âme deviendra un lieu de repos et de paix dans lequel le Saint Enfant Jésus pourra venir se reposer dans le silence, lorsque les hommes lui casseront trop les pieds et les oreilles avec leurs incessantes récriminations et réclamations…

   J’espère que le Père Fouettard ne sera pas trop dur avec moi : oui,  je le confesse, il y a des moments où je ne suis pas super gentil avec tout le monde ; il y a même des gens que j’ai spontanément envie d’embrocher ou d’étrangler parfois, c’est selon…
Mais, finalement, je suis sûr que, toi qui est un saint – et donc quelqu’un qui aime les belles choses et ce qui plaît à Jésus – , cela doit aussi te hérisser les poils de la barbe quand tu vois, comme moi, et que tu entends, comme moi, ce qui se fait et ce qui se dit sur cette pauvre terre, et dans notre pauvre Royaume de France !

   Dis, ne voudrais-tu pas envoyer le Père Fouettard donner la fessée – et une bien grosse – à toutes ces vilaines gens du gouvernement et des loges, des commissions européennes, du groupe Bilderberg, du G8 et du G20, du FMI et de tous ces organismes et structures d’exploitation et de corruption des bonnes gens et des peuples, qui se comportent en ennemis de Jésus et du Règne de Son Sacré-Cœur ?
Je ne te demande pas cela par méchanceté, ou parce que j’aurais du ressentiment contre eux, mais simplement parce que je souhaiterais qu’ils changent, qu’ils se corrigent – si c’est encore possible – , qu’ils s’amendent… et que cesse cet horrible engrenage et cercle vicieux qui entraîne le monde vers l’abîme, le chaos, la violence et peut-être à nouveau la guerre…
Alors je me dis qu’une bonne fessée, bien méritée, ça ne fait pas de mal, et que ça peut même parfois remettre les idées en place !

   Enfin, bon et cher Saint Nicolas, avant de terminer cette lettre, je veux t’adresser une prière pour tous mes amis : je te demande, pour eux comme pour moi-même, de nous apporter encore et souvent du rêve et de douces espérances ; préserve-nous de la tentation du découragement, et garde-nous cet esprit d’enfance et d’émerveillement sans lequel nous deviendrions nous aussi des gens tristes et ennuyeux…
Je te remercie par avance,
et je t’embrasse de toute la ferveur de mon cœur d’enfant !

Frère Maximilien-Marie.

lanterne gif

Autres publications relatives à Saint Nicolas :
– Images anciennes > ici
– une autre série d’image > ici
- Prières à Saint Nicolas > ici

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi