Archive pour août, 2021

2021-43. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX à l’occasion de la fête de Saint Louis 2021.

Mercredi 25 août 2021.

En cette fête de Saint Louis, son ancêtre et son saint patron, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a adressé le message suivant à tous les Français :

Aigues-Mortes statue de Saint Louis

Statue de Saint Louis à Aigues-Mortes

Chers Français,

Je ressens de plus en plus l’expression d’une inquiétude profonde à l’égard de notre nation, de nos vies et de nos problèmes quotidiens, générée par une situation de crise, dont les racines sont profondes. Cette inquiétude s’accroît alimentée par une succession d’évènements que le pays semble subir et qui ne trouvent que des solutions partielles et qui interpellent notre société.

La crise concerne tous les secteurs, affectant davantage les plus faibles.

Cette crise de caractère religieux, social, juridique, économique et philosophique qui affecte de nombreux Français, nécessite des solutions durables et équitables.

La situation des plus humbles ne s’améliore pas et la fracture des territoires demeure. Il y a là une source d’injustice et d’exacerbation des divisions entre tous, comme si la division et la confrontation étaient la marque d’une nouvelle société ; alors que la concorde et l’unité sont les seuls moyens pour trouver une solution de justice.

La crise de confiance s’est accentuée actuellement par la persistance de la crise sanitaire et ses conséquences. Devant la gravité de la situation, les solutions proposées sont techniques, uniformes et rapides, reposant sur une sorte de certitude acquise, implacable et incontournable, contre laquelle personne ne peut exprimer ses inquiétudes, alors qu’il aurait fallu y répondre avec transparence, sans pouvoir laisser penser que le bien public puisse cacher d’autres intérêts.

Nous sommes tous concernés face à l’avenir, avec le sentiment apparemment de plus en plus partagé que notre société est confrontée à des enjeux de fond, qui ne sont pas nouveaux, et aux effets plus rapides que par le passé.

Ce sentiment est renforcé par les dangers, que chacun ressent, d’une situation internationale de moins en moins prévisible, voire dangereuse. Les risques grandissent de possibles conflits susceptibles de menacer notre pays, notre société, notre forme de vie et nos valeurs sociales et politiques ; la plus grande faiblesse est celle de ne pas savoir ce que l’on défend.

Face à toutes ces questions, les interrogations et les doutes augmentent. La culture de l’oubli contribue, elle aussi, au dérèglement social. En effet, la culture, la connaissance partagée, le lien moral et éthique véhiculé par une langue commune est d’abord ce qui unit et non ce qui oppose. Les menées actuelles sont absolument contraires à l’esprit d’unité du corps social défendu durant des siècles qui a permis tant de succès et de progrès à notre société.

Ainsi, il nous faut revenir aux fondements de la société française et de son identité : la justice, le bien commun, la souveraineté, la volonté de sacrifice, le discernement et l’esprit critique, la nécessité de croire à la communauté et à la générosité avec une plus grande cohésion sociale. En se référant à eux, nos institutions retrouveront leur finalité, celle d’unifier la France et de l’aider à se dépasser. Pour sortir de cette phase négative comme la France en a déjà connue et qu’elle a toujours surmontée, il s’agit de retrouver notre esprit de cohésion et notre attachement à nos valeurs pour que la France reste la France.

Je souhaite ainsi rendre hommage à tous ceux qui agissent et assument leur devoir d’état, malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrent dans leurs vies quotidiennes.

Je pense spécialement aux jeunes couples qui s’engagent dans ce sens, en s’attachant à accomplir avec enthousiasme, au prix de difficultés souvent considérables, leur rôle de transmission vis-à-vis de leurs enfants.

Je pense aux personnels de santé, tellement surchargés en ce moment, confrontés de plus en plus à des problèmes éthiques touchant à la vie, et qui, de ce point de vue, s’emploient à résister à des pratiques contre-nature, dans la pleine conscience de leur devoir.

Mais je pense aussi à tous ceux, entrepreneurs, militaires, professionnels divers qui œuvrent déjà, chacun à sa place, pour que notre pays s’affirme fier de lui-même, soucieux et attentif à mettre en valeur le plein héritage de son histoire pour bâtir son avenir.

Nous devons donc nous attacher à nous retrouver tous unis dans un souci de succès, de générosité et de cohésion sociale, en nous fondant sur l’expérience de la France. Tel est ce que peuvent nous apprendre nos quinze siècles de civilisation. Tel est ce qu’il faut redonner comme espoir à nous tous.

Puisse ce message vous aider et vous encourager à aller de l’avant ! Gardons l’espoir de ceux qui s’engagent, œuvrons pour le bien commun, renforçons notre communauté et les liens qui nous unissent pour affronter les difficultés présentes.

Que le souvenir de Saint Louis, fêté en ce jour, et toute la gloire de la France nous aident ainsi à trouver des modèles pour l’avenir en apportant la paix et la justice entre tous les Français.

grandes armes de France

2021-42. De l’esprit chevaleresque.

Mercredi 25 août 2021,
Fête de Saint Louis, roi de France (cf. > ici, > ici, et encore > ici) ;
6ème anniversaire de la fondation de la Confrérie Royale (cf. > ici).

chevalier

De l’esprit chevaleresque

Lettre mensuelle à l’adresse de la Confrérie Royale
- 25 août 2021 -

 Chers Amis et Sympathisants de la Confrérie royale,

Dans l’histoire, chaque époque de crise a engendré des héros. En termes spirituels : ce sont les épreuves qui façonnent les saints. Les indécis, eux, sont des anti-héros. J’assimile les mous aux tièdes que « Dieu vomit » (Apoc. III, 15). Il y a en effet concordance entre notre foi et notre action. À foi petite, petite action. « Nous périssons par la médiocrité », lançait le général de Lamoricière, commandant des zouaves pontificaux.

L’effort est l’une des grandes lois de la vie chrétienne ici-bas, il est la marche en avant de l’amour. Qu’on songe aux funestes atermoiements du velléitaire Charles VII, qu’essaiera de secouer la bouillonnante Jeanne d’Arc, à qui il tardait « comme à une femme enceinte d’enfanter »1. Voilà l’attitude des saints : agir quand il est temps. Il nous faut redécouvrir et cultiver le courage et la droiture, qualités d’âme qui faisaient l’honneur de nos ancêtres. La bonne volonté est contagieuse, et l’audace conquérante. C’est bien en ce sens que, selon les paroles-mêmes de Notre-Seigneur, « ce sont les violents qui s’emparent du Royaume des Cieux » (Mt XI, 12).

Les âmes généreuses ont le désir de faire quelque chose de grand dans l’ordre de la charité, de l’apostolat, de la sainteté pour, comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, « ne pas être une sainte à moitié ». Mais très vite ces grands désirs se trouvent confrontés à des obstacles de toutes sortes : difficultés extérieures, découragement, inconstance… Tout de suite apparaît la loi de la réussite : les meilleures résolutions ne peuvent aboutir sans effort, ce que vos prêtres vous assènent à chaque nouvelle entrée en Carême.

L’une des institutions qui ont fait la gloire du « Moyen Âge », avec l’Université et les corporations, c’est la chevalerie. La première concernait les intellectuels, la deuxième les travailleurs, la troisième allait impliquer l’élite militaire et politique de la société. Mais l’intrépidité et la bravoure ont besoin, pour devenir vertueuses, d’être orientées vers une cause juste avec des moyens proportionnés. Ce fut le génie de l’Église de permettre de canaliser l’énergie des hommes braves en la mettant au service de Dieu. L’institution, purement militaire, remontait historiquement aux anciennes coutumes des peuples germains venus envahir l’empire romain aux IVe et Ve siècles. L’Église va alors christianiser la chevalerie en enseignant au chevalier à tourner sa force au profit de la justice et de la protection des plus faibles.

Pas plus que le Christ n’est venu abolir la souffrance, l’Église n’a pas abrogé la guerre : c’est d’ailleurs impossible du fait de la loi du péché originel et de ses conséquences qui frappe toute l’humanité. Mais elle a réussi le défi d’humaniser la guerre, de la limiter (par la « Trêve de Dieu », notamment). Elle a su faire naître dans le cœur de ces hommes sauvages et brutaux qu’étaient les conquérants barbares, des sentiments et des vertus chrétiens : le sens de l’honneur et de la fidélité, la justice, l’horreur du mensonge, la compassion pour les faibles.

 heaume pour évêque

Reproduction de heaume médiéval pour évêque-soldat…
non homologué par la C.E.F. !

 Vivre de l’esprit chevaleresque

Aujourd’hui, je ne dis pas qu’il faut reprendre l’armure et monter à cheval, quoique saint Paul nous ait avertis de revêtir « toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté » en portant « la vérité pour ceinture, la cuirasse de la justice, pour chaussure le zèle que donne l’Évangile, le bouclier de la foi, le casque du salut et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Éph. VI, 13-17). Il ne s’agit pas de nous affubler en Godefroy le Hardi, comte de Montmirail, ni en son « fidèle escuyer » Jacquouille la Fripouille, les « Visiteurs » tombés malgré eux au XXe siècle… mais de renouer avec la noble tradition chevaleresque française et son code d’honneur, immortalisés par nos chansons de geste où la vaillance le dispute à la courtoisie. Nous sommes les héritiers d’une civilisation fondée sur les valeurs de la prudhommie et de la bonhomie.

Et les combats ne manquent pas. Face aux attaques de tous côtés, il faut des guerriers avisés et bien préparés. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, nous sommes plongés dans l’arène, où il nous faut « tenir ferme contre les artifices du diable » (Éph. VI, 10). Que ce soit la crise sanitaire (lors de sa première allocution, M. Macron nous a avertis trois fois d’un air grave : « C’est la guerre ! ») ou plus récemment encore la guerre liturgique rallumée, nous devons lutter contre le mal sous toutes ses formes, qu’il prenne l’apparence d’un pangolin ou d’une « Eucharistie festive » dans la forme (très) ordinaire. L’Ennemi est polymorphe mais la tactique est toujours la même.

Sur le plan surnaturel, nous avons à mener le combat spirituel, comme sur le plan naturel nous avons à défendre notre pays de ses (et donc de nos) ennemis. Sans doute, depuis la période « Peace and love » qui a suivi les deux grandes guerres, l’on s’est focalisé, dans l’Église, sur l’ennemi intérieur – et ce désordre, cette résistance au bien, ce penchant au mal est bien réel dans notre âme – au détriment des ennemis extérieurs, qu’il serait trop long d’énumérer ici. Sachons déceler où se glisse le mal, dans la foi (l’erreur) comme dans les mœurs (le péché) ; la traque est de tous les instants car « votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (I Pet. V, 8).

Les grands modèles

La chevalerie nous a laissé de grands noms et de beaux exemples : Roland le Preux, Godefroy de Bouillon, le connétable du Guesclin (« le Dogue noir de Brocéliande »), Bayard, même Jeanne d’Arc, jusqu’au premier généralissime de l’armée catholique et royale : Cathelineau (« le Saint de l’Anjou »). Pétris des vertus évangéliques, ils eurent à cœur d’humaniser la guerre, lorsque celle-ci se révélait indispensable. Tous les dommages collatéraux : détruire, brûler, piller, molester les pauvres gens… constituent des crimes de reître dont un noble chevalier aurait honte de se souiller. De même le combat doit demeurer sur le champ de bataille, il faut épargner tout ce qui est en dehors : femmes, enfants et cités.

Les preux chevaliers nous donnèrent les Croisades dont nous n’avons pas à rougir car elles furent une guerre défensive pour protéger les chrétiens menacés ou violentés, et libérer les territoires envahis par les mahométans comme l’Espagne ou la Terre Sainte. Cette campagne armée n’a rien à voir avec la « Guerre sainte » des musulmans qui veulent conquérir de force le monde entier pour le soumettre à l’islam en établissant la charia. Plus proches de nous, les guerres de Vendée de 1793 constituent une héroïque page du livre de la chevalerie chrétienne.

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Saint Louis

Aujourd’hui, nous célébrons le roi des chevaliers, celui qui a agi en toute circonstance, comme nous le dit le Bréviaire romain, cum prudentia et pietate. Selon saint Thomas d’Aquin, la vertu de prudence (au service de la justice) est la vertu propre du gouvernant 2. « Saint Louis, estime Fustel de Coulanges, a montré que l’on gouverne par les principes les plus simples, par le bon sens, par la droiture de l’esprit et par la droiture de cœur »3. En lui se réalise « l’apogée de l’équilibre entre le souci du monde visible et du monde invisible ; la plus parfaite synthèse de la sagesse politique et du sens de l’au-delà »4.

Tel Salomon qui ne demanda comme grâce que d’être empli de « sagesse et d’intelligence afin de juger le peuple sur lequel [Dieu l’a] fait régner » (II Chr. I, 11), Louis IX n’eut de hantise que d’agir toujours et partout en « prud’homme », selon ce qu’il confia à son ami Robert de Sorbon : « Maître Robert, je voudrais bien avoir le renom de prud’homme, mais que je le fusse. Quant à tout le reste, je vous l’abandonne »5. Comme l’a écrit Me Trémolet de Villers, « Les saints sont d’utilité publique. Il faut des hommes forts qui soient des doux, des hommes humbles qui soient fiers, des hommes intelligents qui aient du cœur, des hommes prudents : au sens plein du mot, S. Louis roi de France »6.

Bayard au combat

Bayard7

Les mères sont championnes pour inculquer l’esprit chrétien : qu’on songe à Blanche de Castille avec le futur Louis IX. Celle de Bayard lui donna ce triple précepte, qui constitue un véritable code de l’esprit chevaleresque :

« Autant qu’une mère puisse commander à son enfant, je vous commande trois choses. Si vous le faites, soyez assuré que vous vivrez triomphalement en ce monde : la première, c’est qu’avant tout, vous aimiez, craigniez et serviez Dieu. La seconde, c’est que vous soyez doux et courtois à tous les gentilshommes, humble et serviable à tous gens. Fuyez l’envie car c’est un vilain vice. Soyez loyal en faits et dits ; tenez votre parole. La troisième, c’est que des biens que Dieu vous donnera, vous soyez charitable aux pauvres nécessiteux, car donner pour l’amour de Lui n’appauvrit jamais personne. »8

Fort de cet enseignement, la « fleur de la chevalerie » put être glorifiée par Bayard, qui allie respect des lois de la guerre et défense du bon droit. Surnommé à juste titre « le loyal serviteur » et « le chevalier sans peur et sans reproche », il servit fidèlement trois rois successifs (Charles VIII, Louis XII et François Ier) avec la constante bravoure qui l’a rendu justement célèbre.

Sainte Jeanne d'Arc à Orléans (vitrail)

Jehanne la Pucelle

Pour plagier le Prologue de saint Jean (Jn I, 6), « Fuit puella missa a Deo cui nomen erat Johanna » : il y eut une jeune femme envoyée par Dieu, dont le nom était Jeanne. La mission éminemment politique de « la sainte du temporel » (Cal Daniélou), qui était de « rétablir la France et le sang royal »9, dérange au plus haut point parce que Jeanne n’est pas pacifiste mais remarquablement guerrière : « Nous n’aurons la paix qu’au bout de la lance », prévenait-elle.

Dotée d’une maison militaire digne d’un véritable chef de guerre (un intendant, deux pages, deux hérauts) et armée d’une bannière et d’un étendard peints de représentations religieuses, cette jeune fille de 17 ans, « le plus beau des chevaliers » selon Mgr Touchet, va mener de victoire en victoire l’armée fidèle à son roi. Agissant toujours hardiment, le mot d’ordre qu’elle donnait à Charles VII, elle le répète aujourd’hui encore à Louis XX : « Marchez résolument, ne doutez pas, soyez homme et vous reconquerrez votre royaume ! ». La Pucelle était convaincue qu’une fois le roi sacré, « la puissance des adversaires diminuerait toujours, et qu’ils ne pourraient finalement nuire ni à lui ni au royaume »10. C’est à notre tour notre conviction profonde, qui récitons trois fois par jour l’Angélus à cette pieuse intention.

Les encouragements de Jehanne sont véhéments, fusant comme le trait d’une flèche, tant au combat qu’au procès (lequel fut une vraie joute oratoire). « Je croyais aux paroles de la Pucelle, témoigne l’un de ses compagnons d’armes ; j’étais tout enflammé par ses paroles et par son amour de Dieu »11. Ses paroles chaudes, formulées à l’impératif marquant l’obligation de l’action avec les adverbes de l’entrain, constituent selon l’un de ses hagiographes « la Bible de France », qui considère encore que certes « ses Voix l’inspirent, mais que l’inspire aussi et que parle en elle l’âme de la France qui prend conscience, en elle, de son existence, de son originalité, de sa mission »12.

À ses yeux, pureté et victoire vont de pair : « C’est le péché qui fait perdre la guerre », assure-t-elle. Son intuition est confirmée par l’oraison super populum que nous lisons le vendredi après les Cendres : « Protégez, Seigneur, votre peuple, et dans votre clémence, purifiez-le de tout péché, car aucune adversité ne peut lui être nuisible si aucune iniquité ne domine sur lui »13.

Comme avec notre Libératrice, l’itinéraire que nous avons à mener sera à la fois militaire et spirituel, politique et religieux. Depuis le jour béni de sa Confirmation, le chrétien est fait soldat du Christ. Le Français, lui, doit encore se sentir chevalier de Son lieutenant ici-bas. « Le Français est le soldat de la cause de Dieu, laquelle suivant les temps prend divers visages et peut être défendue par la parole (on pense aux Dominicains 14) autant que par l’épée. La France ne grandit que si elle est fidèle à sa vocation et elle déchoit quand elle y manque » (Mgr Calvet 15).

*

Tous ces grands exemples nous rappellent que, s’il convient parfois de supporter avec patience les persécutions, bien des fois aussi les vertus de charité, de justice et de force – vertus chrétiennes par excellence – nous font un devoir de résister courageusement face à la violence des ennemis du Christ.

Et les chevalières, me demanderez-vous ? Mesdames, vous n’êtes aucunement exclues de ces recommandations, ces lignes vous concernent aussi. L’Ancien Testament regorge d’exploits de « femmes fortes » telles Esther, Judith et Yaël. La chevalerie est un esprit qui exalte la virilité de l’âme. Le latin, dans son génie concentrateur, réunit d’ailleurs ensemble dans une même étymologie « l’homme », « la force » et « la vertu » : vir/virtus. Cette qualité n’est pourtant pas réservée aux seuls hommes, et Jehanne ne doit pas rester une exception dans l’histoire de France. Pour les ragaillardir dans la voie du combat spirituel, la grande sainte Thérèse ne disait-elle pas à ses sœurs carmélites : « Mes filles, soyez des hommes ! » ?

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L’esprit chevaleresque

La mère de Bayard ne commandait pas la bravoure à son fils : ce fut faire injure à un preux ; elle commande la foi en Dieu, la loyauté, la courtoisie, la libéralité, la défense de la veuve et de l’orphelin… Toutes sont les qualités qui accompagnent la bravoure et lui donnent son prix en chrétienté.

Tout vrai chevalier est dans la réalisation de cet idéal. Dans sa courtoisie comme dans sa bravoure, le preux se distingue par son intrépidité au combat, son service fidèle et loyal, sa droiture d’esprit, sa noblesse de cœur. Une famille comtale de Toscane a pour devise cette admirable définition : « Seule la vertu est la vraie noblesse ». Mistral, le poète provençal, avait quant à lui adopté cette devise chevaleresque : « Plus fier que les fiers et plus humble que les humbles ».

L’historien Léon Gautier a reconstitué ainsi les 10 Commandements de la chevalerie en vigueur au sein de la Chrétienté 16 :

1) Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Église et observeras tous ses commandements ;

2) Tu protègeras l’Église ;

3) Tu auras le respect de toutes les faiblesses et t’en constitueras le défenseur ;

4) Tu aimeras le pays où tu es né ;

5) Tu ne reculeras jamais devant l’ennemi ;

6) Tu combattras les infidèles avec acharnement ;

7) Tu rempliras tes devoirs féodaux, à moins qu’ils ne soient contraires à la Loi divine ;

8) Tu ne mentiras pas et seras fidèle à la parole donnée ;

9) Tu seras libéral et généreux ;

10) Tu seras, partout et toujours, le champion du droit et du bien contre l’injustice et le mal.

*

Le Baptême de Clovis (Versailles - cathédrale St Louis)

L’engagement

Mais porter une chevalière à l’annulaire ne suffit pas pour vivre en véritable chevalier. Force est de constater parmi les jeunes d’aujourd’hui l’inconstance, la perte du sens de la parole et de l’engagement. La nouvelle forme de chevalerie que représente le scoutisme (et les louveteaux de petits pages) suffira-t-elle pour cultiver chez l’enfant une âme ardente et un cœur généreux ?

La vie est une aventure, et il faut de l’esprit chevaleresque pour s’y lancer. Il faut de l’esprit chevaleresque pour vouloir suivre le Christ aujourd’hui ; le jeune homme riche de l’Évangile n’en avait pas assez et « partit tout triste » malgré le regard d’amour qu’avait posé sur lui Jésus (cf. Mt XIX, 22). Beaucoup aujourd’hui préfèrent le suivre lui, ce jeune homme riche, repu d’opulence matérielle, plutôt que Notre-Seigneur, qui nous promet des richesses d’un autre ordre mais qui n’ont pas de prix, et ce dès ici-bas. Quand on n’a plus le sens de la parole donnée, comment croire en la Parole divine ?

Il faut de l’esprit chevaleresque pour entamer une formation professionnelle aujourd’hui. Les caisses d’intérim sont certainement plus commodes, qui offrent aux jeunes gens des « jobs » flexibles, comme les forfaits téléphoniques « sans engagement ». Il est loin le temps où le savoir artisanal ou judiciaire se transmettait de père en fils, générant de véritables dynasties d’une même profession familiale, faisant la force des corporations.

Il faut de l’esprit chevaleresque pour se lancer dans l’aventure du mariage aujourd’hui. « L’amour libre » permet d’éviter la trop moralisante fidélité, et puis cela permet d’accepter la vie de couple seulement pour les bons moments, en évacuant les pires. Or c’est par le désintéressement et par le renoncement volontaire que se prouve le véritable amour. L’engagement des époux devant Dieu ne consiste pas à Le prendre comme simple témoin de leur amour mutuel, mais comme acteur, par Sa grâce, de l’amour total et fidèle de l’un pour l’autre, à l’image de Jésus aimant l’Église jusqu’à donner Sa vie pour elle.

Il faut de l’esprit chevaleresque pour défendre l’identité chrétienne de la France aujourd’hui, pour combattre les institutions maçonniques en place et, comme sainte Jeanne d’Arc, établir le règne de Jésus-Christ en rétablissant le roi de France légitime.

Comme adultes chrétiens, il nous faut prendre nos engagements au sérieux et relever le défi. « La vie est un devoir : accomplis-le », insistait sainte Teresa de Calcutta. « Se trouver obligé » : voilà bien ce qui répugne aux nouvelles générations, lesquelles fuient tant la vie consacrée que le mariage. Or, la vie chrétienne est en elle-même une alliance sacrée puisqu’elle repose sur l’engagement aux promesses du saint baptême.

Ce que découvre la psychologie moderne, la religion nous l’a enseigné depuis les origines : est fiable et responsable une personne qui construit sa vie en fonction des choix qu’elle fait et des valeurs qu’elle adopte, et conduit sa vie en s’appuyant sur les principes qui la guident. Avec l’adoubement, lors duquel le chevalier prononce son triple serment envers Dieu, son roi et sa patrie, cérémonie précédée d’une veillée d’armes, un lien indissoluble se constitue qui va responsabiliser le promettant et sacraliser son engagement au service du roi 17.

 Envoi en mission

Envoi en mission

Laisserons-nous se déliter la France davantage en simples spectateurs ? Comme l’estimait un pape du Ve siècle : « C’est approuver l’erreur que de ne pas y résister ; c’est étouffer la vérité que de ne pas la défendre. Quiconque cesse de s’opposer à un forfait manifeste peut être regardé comme un complice secret » (Félix III). Alors ne soyons pas les complices de la destruction temporelle et spirituelle du Royaume des lys.

À la fin de chaque messe, le prêtre vous dit, à vous les laïcs : « Ite Missa est », que traduit trop mollement notre « Allez, la messe est dite ». Il faut plutôt y voir un véritable envoi en mission. Après la contemplation, l’action. Pour transposer la devise de l’Ordre dominicain : Contemplata aliis tradere (« transmettre aux autres le fruit de ce que l’on a contemplé »), j’oserais dire : Contemplata gerere (« mettre en action ce que l’on a contemplé »), en prenant gerere/gesta au sens de « hauts faits, exploits héroïques », qui donnera la fameuse expression « Gesta Dei per Francos ».

Ces paroles du pape saint Pie X, qu’il adressait aux Français juste après la funeste séparation de l’Église et de l’État qu’il condamne, résonnent encore à nos oreilles et dans nos cœurs : « C’est de toute votre âme, vous le sentez bien, qu’il vous faut défendre cette foi. Mais ne vous y méprenez pas : travail et efforts seraient inutiles si vous tentiez de repousser les assauts qu’on vous livrera sans être fortement unis. Abdiquez tous les germes de désunion, s’il en existait parmi vous. Et faites le nécessaire pour que, dans la pensée comme dans l’action, votre union soit aussi ferme qu’elle doit l’être parmi des hommes qui combattent pour la même cause, surtout quand cette cause est de celles au triomphe de laquelle chacun doit volontiers sacrifier quelque chose de ses propres opinions »18. La clef de la réussite dans un combat, c’est l’union, que l’on appelle au sens surnaturel : la charité, qui édifie et qui conquiert. Au contraire, « tout royaume divisé contre lui-même ne peut subsister » (Mc III, 24).

Qu’on se souvienne enfin de ces paroles prophétiques du Cardinal Pie : « Quand Jésus-Christ ne règne pas par les bienfaits attachés à sa présence, il règne par toutes les calamités inséparables de son absence »19. L’actualité brûlante ne cesse de nous décliner les cruels effets du rejet de Dieu de la société. Face à ce sinistre spectacle, ne pas réagir serait devenir complice d’un tel système pervers. Chers Amis, il est encore temps de renverser le cours de l’histoire (jamais de fatalité chez le chrétien !) : devenez les hérauts de la royauté du Christ en vous constituant chevaliers de « notre sire le roi » par votre consécration renouvelée de le servir et de prier à son intention. C’est la fidélité de notre engagement qui élèvera le monde et nos âmes.

R.P. Clément de Sainte-Thérèse

chevalier

Notes et références :

1 Déposition de Dame Catherine Le Royer au « Procès de réhabilitation » de Jeanne d’Arc.

2 Cf. S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa-IIæ, q. 50, a. 1.

3 Numa-Denis Fustel de Coulanges, art. « S. Louis et le prestige de la royauté » in Leçons à l’Impératrice, Dominique Martin Morin, 1970, p. 39.

4 Marie-Madeleine Martin, revue Lecture & Tradition n° 22, mars 1970, p. 1.

5 Cité in Marcel de Corte, Traité sur la Prudence, Bouère, Dominique Martin Morin, 1974, à l’introduction.

6 Me Jacques Trémolet de Villers, Les Fleurs d’Ulysse, Dominique Martin Morin, 1996, p. 42.

7 La gravure de Bayard est extraite du site kontrekulture.com où elle est vendue.

8 D’après Guy Chastel, Bayard, Lanore, 1937, p. 22.

9 Témoignage de son ami d’enfance Jean Waterin au « Procès de réhabilitation ».

10 Déposition de Messire Jean de Dunois, le « Bâtard d’Orléans ».

11 Déposition de Messire Jean de Novelompont.

12 Mgr Jean Calvet, Témoins de la conscience française, Alsatia, 1943, p. 23.

13 « Tuére, Dómine, pópulum tuum et ab ómnibus peccátis cleménter emúnda : quia nulla ei nocébit advérsitas, si nulla ei dominétur iníquitas. »

14 En passant, signalons que nous fêtions le 6 août dernier le 8ème centenaire de la mort de S. Dominique.

15 Mgr Jean Calvet, Témoins de la conscience française, Alsatia, 1943, p. 20.

16 Cf. Léon Gautier, La chevalerie, Paris, V. Palmé, 1884.

17 Cf. Martin Aurell (coll.), Le sacré et la parole – Le serment au Moyen Âge, Garnier, coll. « Rencontres » n° 378, série « Civilisation médiévale » n° 34, 2018.

18 S. Pie X, encyclique Vehementer nos, 11 février 1906, dernier § : « Appel aux Catholiques de France ».

19 Cal Louis-Édouard Pie, discours à Chartres du 11 avril 1858, in Œuvres épiscopales, t. I, p. 84.

2021-41. « Saint Bernard nous rappelle que sans une profonde foi en Dieu alimentée par la prière et par la contemplation, par un rapport intime avec le Seigneur, nos réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice intellectuel, et perdent leur crédibilité. »

20 août,
Fête de Saint Bernard de Clairvaux, abbé, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Mémoire de Saint Amadour (ou Amateur), ermite et confesseur ;
Mémoire de Saint Philibert de Jumièges, abbé et confesseur ;
Anniversaire de la mort de Saint Pie X (cf. > ici).

       Nous poursuivons notre connaissance des Saints Docteurs de l’Eglise au moyen des présentations qu’en a faites Sa Sainteté le Pape Benoît XVI lors des catéchèses dispensées à l’occasion des audiences générales. Voici donc la présentation qu’il a donnée de Saint Bernard de Clairvaux.

Alessandro Tiarini (1577-1668) - Saint Bernard de Clairvaux

Alessandro Tiarini (1577-1668) : Saint Bernard de Clairvaux

« Saint Bernard nous rappelle que sans une profonde foi en Dieu alimentée par la prière et par la contemplation, par un rapport intime avec le Seigneur, nos réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice intellectuel, et perdent leur crédibilité. »

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

lors de l’audience générale

du mercredi 21 octobre 2009

Chers frères et sœurs,

   Aujourd’hui je voudrais parler de saint Bernard de Clairvaux, appelé le dernier des Pères de l’Eglise, car au XIIème siècle, il a encore une fois souligné et rendue présente la grande théologie des Pères.

   Nous ne connaissons pas en détail les années de son enfance ; nous savons cependant qu’il naquit en 1090 à Fontaines en France, dans une famille nombreuse et assez aisée. Dans son adolescence, il se consacra à l’étude de ce que l’on appelle les arts libéraux – en particulier de la grammaire, de la rhétorique et de la dialectique – à l’école des chanoines de l’église de Saint-Vorles, à Châtillon-sur-Seine et il mûrit lentement la décision d’entrer dans la vie religieuse. Vers vingt ans, il entra à Cîteaux, une fondation monastique nouvelle, plus souple par rapport aux anciens et vénérables monastères de l’époque et, dans le même temps, plus rigoureuse dans la pratique des conseils évangéliques. Quelques années plus tard, en 1115, Bernard fut envoyé par saint Etienne Harding, troisième abbé de Cîteaux, pour fonder le monastère de Clairvaux. C’est là que le jeune abbé (il n’avait que vingt-cinq ans) put affiner sa propre conception de la vie monastique, et s’engager à la traduire dans la pratique. En regardant la discipline des autres monastères, Bernard rappela avec fermeté la nécessité d’une vie sobre et mesurée, à table comme dans l’habillement et dans les édifices monastiques, recommandant de soutenir et de prendre soin des pauvres. Entre temps, la communauté de Clairvaux devenait toujours plus nombreuse et multipliait ses fondations.

   Au cours de ces mêmes années, avant 1130, Bernard commença une longue correspondance avec de nombreuses personnes, aussi bien importantes que de conditions sociales modestes. Aux multiples Lettres de cette période, il faut ajouter les nombreux Sermons, ainsi que les Sentences et les Traités. C’est toujours à cette époque que remonte la grande amitié de Bernard avec Guillaume, abbé de Saint-Thierry, et avec Guillaume de Champeaux, des figures parmi les plus importantes du XIIème siècle.
A partir de 1130, il commença à s’occuper de nombreuses et graves questions du Saint-Siège et de l’Eglise. C’est pour cette raison qu’il dut sortir toujours plus souvent de son monastère, et parfois hors de France. Il fonda également quelques monastères féminins, et engagea une vive correspondance avec Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, dont j’ai parlé mercredi dernier. Il dirigea surtout ses écrits polémiques contre Abélard, le grand penseur qui a lancé une nouvelle manière de faire de la théologie en introduisant en particulier la méthode dialectique-philosophique dans la construction de la pensée théologique. Un autre front sur lequel Bernard a lutté était l’hérésie des Cathares, qui méprisaient la matière et le corps humain, méprisant en conséquence le Créateur.
En revanche, il sentit le devoir de prendre la défense des Juifs, en condamnant les vagues d’antisémitisme toujours plus diffuses. C’est pour ce dernier aspect de son action apostolique que, quelques dizaines d’années plus tard, Ephraïm, rabbin de Bonn, adressa un vibrant hommage à Bernard.
Au cours de cette même période, le saint abbé rédigea ses œuvres les plus fameuses, comme les très célèbres Sermons sur le Cantique des Cantiques. Au cours des dernières années de sa vie – sa mort survint en 1153 – Bernard dut limiter les voyages, sans pourtant les interrompre complètement. Il en profita pour revoir définitivement l’ensemble des Lettres, des Sermons, et des Traités.
Un ouvrage assez singulier, qu’il termina précisément en cette période, en 1145, quand un de ses élèves Bernardo Pignatelli, fut élu pape sous le nom d’Eugène III, mérite d’être mentionné. En cette circonstance, Bernard, en qualité de père spirituel, écrivit à son fils spirituel le texte De Consideratione, qui contient un enseignement en vue d’être un bon pape. Dans ce livre, qui demeure une lecture intéressante pour les papes de tous les temps, Bernard n’indique pas seulement comment bien faire le pape, mais présente également une profonde vision des mystères de l’Eglise et du mystère du Christ, qui se résout, à la fin, dans la contemplation du mystère de Dieu un et trine : « On devrait encore poursuivre la recherche de ce Dieu, qui n’est pas encore assez recherché », écrit le saint abbé : « mais on peut peut-être mieux le chercher et le trouver plus facilement avec la prière qu’avec la discussion. Nous mettons alors ici un terme au livre, mais non à la recherche » (xiv, 32 : PL 182, 808), à être en chemin vers Dieu.

   Je voudrais à présent m’arrêter sur deux aspects centraux de la riche doctrine de Bernard : elles concernent Jésus-Christ et la Très Sainte Vierge Marie, Sa Mère. Sa sollicitude à l’égard de la participation intime et vitale du chrétien à l’amour de Dieu en Jésus-Christ n’apporte pas d’orientations nouvelles dans le statut scientifique de la théologie. Mais, de manière plus décidée que jamais, l’abbé de Clairvaux configure le théologien au contemplatif et au mystique. Seul Jésus – insiste Bernard face aux raisonnements dialectiques complexes de son temps – seul Jésus est « miel à la bouche, cantique à l’oreille, joie dans le cœur (mel in ore, in aure melos, in corde iubilum)« . C’est précisément de là que vient le titre, que lui attribue la tradition, de Doctor mellifluus :  sa louange de Jésus-Christ, en effet, « coule comme le miel ».
Dans les batailles exténuantes entre nominalistes et réalistes – deux courants philosophiques de l’époque – dans ces batailles, l’Abbé de Clairvaux ne se lasse pas de répéter qu’il n’y a qu’un nom qui compte, celui de Jésus le Nazaréen. « Aride est toute nourriture de l’âme », confesse-t-il, « si elle n’est pas baignée de cette huile ; insipide, si elle n’est pas agrémentée de ce sel. Ce que tu écris n’a aucun goût pour moi, si je n’y ai pas lu Jésus ». Et il conclut : « Lorsque tu discutes ou que tu parles, rien n’a de saveur pour moi, si je n’ai pas entendu résonner le nom de Jésus » (Sermones in Cantica Canticorum xv, 6 : PL 183, 847). En effet, pour Bernard, la véritable connaissance de Dieu consiste dans l’expérience personnelle et profonde de Jésus-Christ et de Son amour. Et cela, chers frères et sœurs, vaut pour chaque chrétien : la foi est avant tout une rencontre personnelle, intime avec Jésus, et doit faire l’expérience de Sa proximité, de Son amitié, de Son amour, et ce n’est qu’ainsi que l’on apprend à Le connaître toujours plus, à L’aimer et Le suivre toujours plus. Que cela puisse advenir pour chacun de nous !

   Dans un autre célèbre Sermon le dimanche entre l’octave de l’Assomption, le saint Abbé décrit en termes passionnés l’intime participation de Marie au sacrifice rédempteur du Fils. « O sainte Mère, – s’exclame-t-il – vraiment, une épée a transpercé ton âme !… La violence de la douleur a transpercé à tel point ton âme que nous pouvons t’appeler à juste titre plus que martyr, car en toi, la participation à la Passion du Fils dépassa de loin dans l’intensité les souffrances physiques du martyre » (14 : PL 183-437-438). Bernard n’a aucun doute : « per Mariam ad Iesum », à travers Marie, nous sommes conduits à Jésus. Il atteste avec clarté l’obéissance de Marie à Jésus, selon les fondements de la mariologie traditionnelle. Mais le corps du Sermon documente également la place privilégiée de la Vierge dans l’économie de salut, à la suite de la participation très particulière de la Mère (compassio) au sacrifice du Fils. Ce n’est pas par hasard qu’un siècle et demi après la mort de Bernard, Dante Alighieri, dans le dernier cantique de la Divine Comédie, placera sur les lèvres du « Doctor mellifluus » la sublime prière à Marie : « Vierge Mère, fille de ton Fils, / humble et élevée plus qu’aucune autre créature / terme fixe d’un éternel conseil,… » (Paradis 33, vv. 1ss).

   Ces réflexions, caractéristiques d’un amoureux de Jésus et de Marie comme saint Bernard, interpellent aujourd’hui encore de façon salutaire non seulement les théologiens, mais tous les croyants.
On prétend parfois résoudre les questions fondamentales sur Dieu, sur l’homme et sur le monde à travers les seules forces de la raison. Saint Bernard, au contraire, solidement ancré dans la Bible, et dans les Pères de l’Eglise, nous rappelle que sans une profonde foi en Dieu alimentée par la prière et par la contemplation, par un rapport intime avec le Seigneur, nos réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice intellectuel, et perdent leur crédibilité. La théologie renvoie à la « science des saints », à leur intuition des mystères du Dieu vivant, à leur sagesse, don de l’Esprit Saint, qui deviennent un point de référence de la pensée théologique. Avec Bernard de Clairvaux, nous aussi nous devons reconnaître que l’homme cherche mieux et trouve plus facilement Dieu « avec la prière qu’avec la discussion ». A la fin, la figure la plus authentique du théologien et de toute évangélisation demeure celle de l’apôtre Jean, qui a appuyé sa tête sur le Cœur du Maître.

   Je voudrais conclure ces réflexions sur saint Bernard par les invocations à Marie, que nous lisons dans une belle homélie. « Dans les dangers, les difficultés, les incertitudes – dit-il – pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne se détache jamais de tes lèvres, qu’elle ne se détache jamais de ton cœur ; et afin que tu puisses obtenir l’aide de sa prière, n’oublie jamais l’exemple de sa vie. Si tu la suis, tu ne te tromperas pas de chemin ; si tu la pries, tu ne désespéreras pas ; si tu penses à elle, tu ne peux pas te tromper. Si elle te soutient, tu ne tombes pas ; si elle te protège, tu n’as rien à craindre ; si elle te guide, tu ne te fatigues pas ; si elle t’est propice, tu arriveras à destination… » (Hom. II super « Missus est », 17:  PL 183, 70-71).

Voir aussi :
- Sermon de Saint Bernard sur la Très Sainte Vierge Marie, demeure de la Sagesse, publié > ici
- Sermon de Saint Bernard sur la prière publié
> ici

Esteban Murillo - lactation de Saint Bernard

Bartolomé Esteban Murillo (1617 – 1682) : lactation de Saint Bernard

2021-40. De Sainte Radegonde, Reine des Francs, dont on célèbre la fête le 13 août.

13 août,
Fête de Sainte Radegonde, Reine des Francs et veuve ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin, mémoire de Saint Simplicien, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Cassien et Hippolyte, martyrs ;

Mémoire de Saint Jean Berchmans, confesseur ;
Mémoire du Bienheureux Marc d’Aviano, confesseur ;
Honteux anniversaire de l’emprisonnement du Roi et de sa famille au Temple (13 août 1792).

Sainte Radégonde vitrail de l'église Saint-Laon de Thouars - détail

Sainte Radegonde
(vitrail de l’église Saint-Laon de Thouars – détail)

       Avec Sainte Clotilde, Sainte Bathilde (cf. > ici), Sainte Hildegarde de Vintzgau (cf. > ici), Sainte Richarde d’Andlau (cf. > ici) et Sainte Jeanne de France (cf. > ici), Sainte Radegonde est l’une des six reines de France élevées sur les autels.
Sa fête liturgique est célébrée le 13 août, anniversaire du jour de sa sainte mort, et nous allons ci-dessous résumer sa vie, pleine de rebondissements.

   En tout premier lieu, pour comprendre la vie de Sainte Radegonde, il convient de donner un bref rappel historique : Clotaire, qui força Radegonde à l’épouser, est Clotaire Ier (vers 498 – 561) – roi des Francs à Soissons (511 – 561) -, l’un des trois fils de Clovis Ier et de Sainte Clotilde qui succéda à son père.
A la mort de Clovis (en 511), son royaume avait été divisé entre ses quatre fils : Clotaire avait reçu les pays situés entre la Marne et la Meuse (royaume de Soissons) ; à la mort de son frère Clodomir (en 524), il s’en attribua une grande partie des territoires (royaume d’Orléans), puis à la mort de son frère Childebert Ier (en 558), il prit possession du royaume de Paris.
Clotaire fut tantôt rival tantôt allié de son demi-frère Thierry Ier (ou Théodoric), autre fils de Clovis, né d’une épouse de second rang avant que Clovis n’eût épousé Sainte Clotilde. 

partage du royaume de Clovis

Partage du royaume de Clovis entre ses quatre fils

   Dans l’année 529, Clotaire, roi de Soissons, s’était joint à son frère Thierry, roi de Reims, qui marchait contre les Thuringiens, peuple de la confédération saxonne.
Les Thuringiens furent défaits dans plusieurs batailles ; leur pays, ravagé par le fer et le feu, devint tributaire des Francs, et les deux rois vainqueurs se partagèrent le butin et les prisonniers. Dans le lot de Clotaire se trouvaient deux enfants de race royale, le fils et la fille de Berthaire, l’avant-dernier roi des Thuringiens.

   La jeune fille, nommée Radegonde (Radegundis, ce qui signifie « femme de conseil » en langue germanique), avait à peine dix ans, et Clotaire avait vingt ans de plus qu’elle.
Ses larmes et sa beauté naissante touchèrent le coeur de Clotaire, qui l’emmena dans les Gaules et la plaça dans une de ses maisons royales : le domaine d’Athies, sur la Somme. Là, par les soins de Clotaire qui avait formé le dessein de la prendre pour épouse, elle reçut des plus excellents maîtres une éducation conforme au rang qu’elle devait occuper un jour.
Elle fut instruite dans la religion chrétienne par Saint Médard, évêque de Noyon, reçut de ses mains le saint baptême et puisa dans ses enseignements les principes de la foi la plus vive et la plus sincère.
En même temps elle étudiait, avec une merveilleuse intelligence, les lettres romaines et les ouvrages des Pères de l’Église.
En lisant les Saintes Écriture et les vies des saints, elle pleurait et souhaitait le martyre : ce n’était pas sans terreur, en effet, qu’elle voyait approcher le moment d’appartenir comme femme au roi dont elle était la captive et qui avait causé tous les malheurs de sa famille.

Sainte Radegonde - vitrail de la basilique St-Martin de Tours détail

Sainte Radegonde
(vitrail de l’église Saint-Martin de Tours – détail)

   Radegonde, résignée à la volonté de Dieu, accomplit le douloureux sacrifice qui lui était imposé ; elle épousa Clotaire et devint reine.
Cependant la puissance et les richesses n’avaient rien qui séduisissent son âme, toute occupée de Dieu. Le temps dont elle pouvait disposer après l’accomplissement des devoirs que lui imposait sa condition, elle le consacrait à des œuvres de charité ou d’austérité chrétienne : elle se dévouait personnellement au service des pauvres et des malades ; la maison royale d’Athies où elle avait été élevée et qu’elle avait reçue en présent de noces, devint un hospice pour les femmes indigentes, et l’une des plus douces occupations de la reine était de s’y rendre pour remplir l’office d’infirmière dans ses détails les plus rebutants ; elle jeûnait fréquemment et, quoique assise à la table somptueuse du roi son époux, elle se faisait servir les mets les plus simples : des légumes et des fruits secs composaient toute sa nourriture ; souvent, la nuit, elle se levait pour s’agenouiller dans son oratoire et offrir à Dieu ses larmes et ses prières.

   Dans le secret de son âme, Radegonde aspirait de tous ses vœux à la vie du cloître. Les obstacles étaient grands entre les aspirations de son cœur et la réalisation de cette vocation de plus en plus impérieuse : six années se passèrent avant qu’elle osât les affronter.
Un dernier malheur de famille lui donna ce courage. Son frère, qui avait grandi à la cour de Clotaire, comme otage de la nation thuringienne, fut mis à mort par l’ordre de ce prince. Dès que Radegonde apprit cet horrible meurtre, elle demanda à Clotaire l’autorisation de se retirer dans un monastère, et, ayant obtenu l’assentiment du roi, elle se rendit à Noyon, auprès de Saint Médard.
Elle trouva le saint évêque dans son église, officiant à l’autel, et s’approchant de lui, elle lui déclara : « J’ai renoncé au trône pour embrasser la vie religieuse, et je viens te supplier de me consacrer à Dieu ».
L’évêque répondit : « L’homme ne peut séparer ce que Dieu a uni ».
Comme elle insistait, il demanda le temps de réfléchir. Mais alors, les seigneurs et les guerriers francs que Clotaire avait chargés d’escorter la reine, craignant que ce prince ne se repentit d’avoir donné son consentement à une séparation irrévocable, proférèrent contre Saint Médard des paroles menaçantes, disant qu’il n’avait pas le droit d’enlever au roi une femme qu’il avait solennellement épousée. Les plus furieux osèrent mettre la main sur lui et l’entraîner des degrés de l’autel dans la nef de l’église.
Pendant ce tumulte, Radegonde, qui avait cherché un refuge dans la sacristie, jeta, par une inspiration soudaine, un costume de religieuse sur ses vêtements royaux, rentra dans l’église, et s’avançant vers Saint Médard, qui était revenu dans le sanctuaire : « Si tu tardes davantage à me consacrer, dit-elle, si tu crains plus les hommes que Dieu, tu auras à rendre compte au Pasteur souverain qui te redemandera l’âme de sa brebis ». Ces paroles imposèrent le respect aux seigneurs francs, et Saint Médard, y voyant un ordre du ciel, n’hésita plus ; il se leva, imposa les mains sur Radegonde et lui conféra le titre de « diaconesse », quoiqu’elle n’eût pas l’âge requis pour l’obtenir. Ce « diaconat » conféré aux femmes à cette époque n’était en aucune manière comparable au degré du sacerdoce qui porte le même nom, mais il s’agissait d’une espèce de consécration religieuse qui mettait les femmes qui en étaient revêtues dans la dépendance de l’Église pour laquelle elles accomplissaient des services tout en menant une vie de prière plus particulière.

Saint Médard consacrant Sainte Radegonde à Dieu

Saint Médard consacrant Sainte Radegonde à Dieu

   La première pensée de Radegonde, après avoir été ainsi consacrée Dieu, fut de se dépouiller de tout ce qu’elle portait sur elle de joyaux et d’objets précieux. Elle couvrit l’autel de ses ornements de tête, de ses bracelets, de ses agrafes de pierreries, de ses franges de robes tissées de fils d’or et de pourpre. Elle brisa de sa propre main sa riche ceinture d’or, en disant : « Je la donne aux pauvres ».
Libre enfin, elle se rendit à Poitiers, où elle fonda un monastère de femmes qu’elle plaça sous l’invocation de la Très Sainte Vierge Marie et dans lequel elle établit la règle de Saint Césaire d’Arles.
L’étude des lettres figurait au premier rang des occupations imposées à la communauté ; on devait y consacrer deux heures par jour, et le reste du temps était donné aux exercices religieux, à la lecture des livres saints et à des ouvrages de femmes.
Les religieuses les plus instruites s’occupaient à transcrire des livres pour en multiplier les copies.

   Après avoir ainsi tracé la voie et donné l’impulsion, Radegonde abdiqua toute suprématie, et fit élire comme abbesse, Agnès, jeune fille dont elle avait surveillé l’éducation.
Volontairement descendue au rang de simple religieuse elle faisait sa semaine de cuisine, balayait à son tour la maison, portait de l’eau et du bois comme les autres ; mais malgré cette apparence d’égalité, elle était auréolée par le prestige de sa naissance royale, par son titre de fondatrice, ainsi et surtout que par l’ascendant de son savoir et de ses vertus.
C’était elle qui donnait les justes interprétations de la règle ; c’était elle qui raffermissait par des exhortations de tous les jours les âmes chancelantes ; c’était elle qui expliquait, pour ses jeunes compagnes, les texte de l’Écriture Sainte.

Sainte Radegonde reçoit la relique de la Sainte Croix à Poitiers

Sainte Radegonde reçoit à Poitiers la relique de la Sainte Croix

   L’empereur d’Orient, Justin II, ayant envoyé à Radegonde un morceau de la vraie croix, la réception de cette précieuse relique se fit avec toute la pompe des plus importantes de toutes les cérémonies religieuses, et l’on entendit alors pour la première fois le Vexilla regis prodeunt : l’hymne célèbre en l’honneur de la Sainte Croix, que Saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers et ami de la reine, composa pour cette solennité.
Ce fut aussi à dater de ce jour que le monastère prit le nom de Sainte-Croix.

Relique de la Sainte Croix de l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers

Relique de la Sainte Croix
envoyée par le Basileus Justin II à Sainte Radegonde
et toujours conservée à l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers

   Dans les dernières années de sa vie, Radegonde redoubla ses austérités. « Celui, dit Saint Venance Fortunat, qui pourrait retracer ses travaux, sa charité pour les pauvres, ses rigueurs pour elle-même, celui-là prouverait qu’elle fut à la fois martyr et confesseur ».

   Sainte Radegonde mourut le 13 août de l’an 587, âgée d’environ 67 ans.
Ses funérailles furent célébrées par Saint Grégoire, évêque de Tours, au milieu d’un immense concours de peuple, et, suivant sa volonté dernière, elle fut inhumée dans l’église de Notre-Dame hors des Murs, qu’elle avait fait construire, et qui porte aujourd’hui le nom d’église Sainte-Radegonde.

Litanies de Sainte Radegonde > ici.

Tombeau de Sainte Radegonde -crypte de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers

Sarcophage de Sainte Radegonde
dans la crypte de l’église Sainte-Radegonde de Poitiers

2021-39. Message de Sa Majesté après l’assassinat du Rd Père Olivier Maire.

Mardi 10 août 2021.

Après l’assassinat du Révérend Père Olivier Maire à Saint-Laurent-sur-Sèvre, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié le message suivant, témoignant de son union de prières avec les catholiques de France :

Candles

L’assassinat du Père Olivier Maire est d’une cruauté innommable, le Supérieur Provincial des Missionnaires Montfortains a rejoint le Père hier. Assassiné par l’incendiaire de la cathédrale de Nantes qu’il hébergeait, sa charité et sa bonté lui ont coûté sa vie ici-bas.

Je m’incline avec respect devant la dépouille de ce prêtre et assure de mes prières l’ensemble des catholiques de France.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France pour le deuil

2021-37. Solennité de la Saint-Louis au Puy-en-Velay avec la Confrérie Royale.

Pèlerinage
au Puy-en-Velay
pour la
Solennité de Saint Louis

- du 27 au 29 août 2021 -

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Le sixième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, pour le Roi et la France, a – en cette année 2021 comme en 2020 – été empêché à sa date normale, qui est celle des jours suivants l’Ascension, en raison des difficultés liées au contexte social et ecclésiastique, conséquent à « l’épidémie » de Covid-19…

Néanmoins, comme en 2020, la Confrérie Royale tient à marquer la présence annuelle de ses représentants – de son ambassade pourrait-on dire – dans la sainte cité mariale du Puy.
Ainsi, comme en 2020, a-t-elle l’opportunité d’organiser un petit rassemblement (places limitées) au Puy les 27 et 29 août prochains, afin d’y célébrer la solennité de Saint Louis, céleste protecteur de la confrérie, saint patron de notre Roi légitime et de Monseigneur le Dauphin.

L’arrivée peut se faire dès le vendredi 27 en fin d’après-midi (une Messe basse sera célébrée à 18 h ce jour-là pour les pèlerins qui souhaiteraient y assister), mais il est aussi possible de n’arriver que pour le samedi 28 au matin (de bonne heure : pour la première conférence).
Comme d’habitude pendant ces journées des pèlerinages de la Confrérie Royale, il y aura évidemment des Saintes Messes solennelles, des temps de prière, ainsi que des visites et des conférences.
Le programme détaillé en sera communiqué en son temps aux pèlerins inscrits.

Les personnes qui souhaiteraient profiter de ce pèlerinage pour faire leur entrée dans la Confrérie Royale sont priées de se signaler auprès de ses responsables sans retard.
Ni le laisser-passer ni la vaccination ou les certificats de tests ne sont requis pour l’accès au lieu d’hébergement et aux édifices cultuels.

Les organisateurs invitent les personnes qui viendraient au Puy-en-Velay en automobile et qui disposeraient de places à se faire connaître, de manière à organiser des covoiturages.
Pour les autre modalités pratiques, et le bulletin d’inscription, veuillez vous reporter au site internet de la Confrérie Royale > ici.

Les organisateurs ont bien conscience que cette annonce, ainsi que les délais pour l’inscription (le plus rapidement possible et de toute façon avant le 20 août) sont assez courts, mais dans le contexte actuel, avec des confirmations qui ne sont arrivées que ces jours derniers, il ne leur était pas possible, d’en publier l’annonce plus tôt.

Merci pour votre compréhension
et pour vos réponses les plus promptes possibles !

Messe à l'autel de la Vierge Noire 2019

Sainte Messe solennelle à l’autel de la Vierge Noire
dans l’insigne basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay
lors du pèlerinage de la Confrérie Royale en 2019

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