Archive pour avril, 2009

2009-20. De quelques cérémonies particulières à nos contrées pour célébrer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Vendredi de Pâques 17 avril 2009.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a huit jours, tous les fidèles de l’Eglise catholique célébraient le Vendredi Saint, au plein coeur des célébrations du mystère rédempteur. Je profite de ce vendredi de Pâques pour vous adresser une sorte de mini reportage sur quelques cérémonies particulières auxquelles notre Frère Maximilien-Marie a pu se rendre.
Au passage, je fais remarquer que le Mesnil-Marie est implanté dans un diocèse où les dispositions édictées par les Souverains Pontifes Jean-Paul II et Benoît XVI en faveur de la liturgie latine traditionnelle, appelée aussi « forme extraordinaire du rite romain », ne sont pas mises en oeuvre et que pour assister aux offices célébrés selon le missel classique il faut  se rendre dans les diocèses voisins…

Ainsi le Jeudi Saint, pour la Sainte Messe vespérale commémorant l’institution de la Sainte Eucharistie et du sacerdoce, notre Frère était-il au Puy-en-Velay.
Je ne vous parlerai cependant pas de cette Messe, mais de la procession des Pénitents Blancs qui se déroule à la nuit tombée dans les rues de la cité médiévale.

Les confréries de pénitents étaient autrefois très nombreuses, en France et dans toute la chrétienté, mais beaucoup ont disparu. Les Pénitents Blancs du Puy ont été fondés en 1584, par la réunion de plusieurs anciennes confréries, et à l’heure actuelle ils sont une cinquantaine à continuer les belles traditions qu’ils ont héritées des précédentes générations (on peut se reporter à leur site officiel, ici > www).

Pénitents blancs du Puy, procession du Jeudi Saint au soir

La procession du Jeudi Saint a un caractère tout particulier : une fois que la Messe de la Sainte Cène est achevée et que le Très Saint-Sacrement a été déposé au reposoir de la cathédrale, les pénitents cagoulés – et les pieds nus pour certains – portent, selon un rituel  et dans un ordre très anciens, des représentations des objets de la Passion  : ce sont les  instruments des divers supplices endurés par Notre-Seigneur tels que les clous, les fouets, la couronne d’épines… etc., mais aussi les représentations d’autres objets tels que le calice de la Sainte Agonie, la tunique sans couture, le voile de Sainte Véronique, l’aiguière de Pilate… etc.
L’un des pénitents est chargé d’une grande et lourde croix. Au milieu d’eux, revêtu de la chape rouge, le prêtre porte une relique de la Sainte Croix.
La procession part de la chapelle des Pénitents et parcourt six stations qui permettent de méditer sur les évènements de la nuit du Jeudi au Vendredi Saints : Sainte Agonie, arrestation, comparution devant le Sanhédrin, reniement de Pierre, outrages reçus dans le palais des grands prêtres et enfin – au petit matin – la comparution devant Pilate. La procession rentre alors dans la cathédrale et les fidèles peuvent vénérer la grande croix de bois portée par les confrères.

Procession des Pénitents blancs : arrivée à la cathédrale

Le Vendredi Saint, Frère Maximilien-Marie est allé en pèlerinage à Burzet : ce village niché dans les Cévennes vivaroises, est connu pour son grand chemin de Croix.

Au XIVème siècle déjà, des documents faisaient mention d’une procession qui se déroulait dans le village le Vendredi Saint et au cours de laquelle un paroissien tenait la place de Notre-Seigneur.
Sur l’un des sommets qui domine le village, ont été dressées les trois croix d’un Calvaire et, le long du parcours d’une antique voie romaine qui serpente sur les flancs de cette montagne escarpée, trente deux stations ont été érigées pour méditer sur les circonstances de la Passion, depuis la Cène jusqu’aux évènements qui suivirent la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

départ de la procession du Vendredi Saint.

Soixante figurants costumés se transmettent, de génération en génération, les « rôles » des principaux protagonistes du drame du Vendredi Saint. Il ne s’agit pas d’une représentation théâtrale mais d’une figuration, héritière des « mistères » du Moyen-Age, destinée à aider tous les pèlerins à mieux intérioriser les dernières heures de la vie du Sauveur.
La procession, suivie par plusieurs centaines de fidèles, quitte l’église et s’achemine, pendant près de deux heures et demi de méditation, de prière et de chants, jusqu’au sommet du Calvaire.

Nous sommes maintenant dans la joie de la Résurrection de Notre-Seigneur : c’est dans cette lumière de Pâques que nous contemplons les évènements de la Passion et que nous rendons grâces à Dieu pour les merveilles de son Amour miséricordieux. De la part de tous les habitants du Mesnil-Marie, je vous souhaite donc un beau et saint temps pascal au cours duquel vous puissiez croître dans la ferveur et la reconnaissance envers le Coeur de Celui « qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour » (paroles de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie).

Lully.

nika

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 17 avril, 2009 |Pas de commentaires »

2009-19. Saint Jean-Marie Vianney, modèle pour tous les prêtres aujourd’hui…

Mercredi de Pâques, 15 avril 2009.

Vignette croix et calice - blogue

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Les mauvais procès qui ont été faits – en France d’une manière toute particulière – à notre Saint-Père le Pape Benoît XVI (cf. > ici), et les polémiques qu’on a soulevées contre certains de ses propos ou mesures de gouvernement ont totalement occulté, même dans les milieux catholiques, un très important discours prononcé par le Souverain Pontife il y a un mois, le 16 mars 2009, devant les participants à la séance plénière de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire le « ministère » du saint-Siège chargé de tout ce qui touche à la fonction et à la formation du clergé catholique, mais aussi de la formation religieuse des fidèles, selon les paragraphes 93 à 98 de la Constitution Apostolique « Pastor Bonus »,  de 1984).

   Le texte de ce discours se trouve disponible en italien, en anglais, en espagnol et en portugais sur le site du Saint-Siège (cf. > ici), mais pas en français, ou du moins pas encore au moment où j’écris !!!
De ce fait – à ma connaissance – on n’en a trouvé que de très courts extraits dans certains organes de presse écrite ou électronique. Aussi ai-je demandé à une amie qui parle très bien l’italien (et que je remercie chaleureusement au passage), de m’en faire la traduction afin que je puisse le publier ici : vous le constaterez par vous-mêmes, ce texte mériterait d’être dans les mains de tous les prêtres et évêques de France, pour qu’ils le mettent très exactement en application

   On notera que le Souverain Pontife insiste une nouvelle fois pour rappeler que le second concile du Vatican doit être reçu et interprété en continuité avec toute la Tradition doctrinale et spirituelle des siècles précédents.
On appréciera le rappel de l’importance de l’habit distinctif dont les prêtres doivent être revêtus.
On se réjouira de voir mis en valeur, à l’occasion d’une « année sacerdotale spéciale », les exemples de Saint Jean-Marie Vianney, alors que justement, au cours des dernières décennies, j’ai entendu à plusieurs reprises des prêtres – et même des évêques – affirmer que le saint curé d’Ars était « dépassé » et que les prêtres de notre époque ne pouvaient en aucune manière considérer qu’ils devaient être les « hommes de l’autel et du confessionnal » comme l’avait été Saint Jean-Marie Vianney !!!

   N’oublions pas de porter d’une manière très spéciale notre Saint-Père le Pape Benoît XVI dans nos prières en ce 16 avril, jour de son 82ème anniversaire, et le 19 avril, quatrième anniversaire de son élection au Souverain Pontificat : grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné en lui un Pasteur selon Son Cœur !

Frère Maximilien-Marie.

* * * * * * *

Châsse dans laquelle est exposé le corps incorrompu de Saint Jean-Marie Vianney (basilique d'Ars)

Messieurs les Cardinaux,
Frères vénérés dans l’Episcopat et dans le Sacerdoce !

       Je suis heureux de pouvoir vous accueillir en audience extraordinaire, à la veille de mon départ pour l’Afrique, où je me rendrai pour remettre l’Instrumentum laboris* de la deuxième assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, qui se tiendra ici à Rome au mois d’octobre prochain. Je remercie le préfet de la Congrégation, Monsieur le cardinal Cláudio Hummes, pour les paroles cordiales à travers lesquelles il a interprété les sentiments communs. Avec lui je vous salue tous, supérieurs, officials et membres de la Congrégation, avec une âme reconnaissante pour tout le travail que vous accomplissez au service d’un secteur si important de la vie de l’Eglise.

   Le thème que vous avez choisi pour cette assemblée plénière – « L’identité missionnaire du sacerdoce dans l’Eglise, comme dimension intrinsèque de l’exercice des tria munera**» – donne lieu à certaines réflexions pour le travail de ces jours-ci et pour les fruits abondants que celui-ci portera certainement. Si l’Eglise tout entière est missionnaire et si chaque chrétien, en vertu du Baptême et de la Confirmation, quasi ex officio (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, N°1305) reçoit le mandat de professer publiquement la foi, le sacerdoce ministériel, également de ce point de vue, se distingue ontologiquement et non seulement en vertu du degré, du sacerdoce baptismal, appelé également sacerdoce commun. En effet, le premier est constitué par le mandat apostolique : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création » (Marc XVI, 15). Un tel mandat n’est pas, nous le savons, une simple fonction confiée à des collaborateurs ; ses racines sont plus profondes et doivent être recherchées beaucoup plus loin.

   La dimension missionnaire du sacerdoce naît de sa configuration sacramentelle au Christ Tête : elle porte en elle, comme conséquence, une adhésion cordiale et totale à ce que la tradition ecclésiale a identifié comme l’apostolica vivendi forma***. Celle-ci consiste dans la participation à une « vie nouvelle » sur le plan spirituel, à ce « nouveau style de vie », qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui a été celui des apôtres. En vertu de l’imposition des mains de l’évêque et de la prière de consécration de l’Eglise, les candidats deviennent des hommes nouveaux, deviennent « prêtres ». Dans cette lumière, il apparaît clairement que les tria munera** sont tout d’abord un don et seulement par la suite une fonction, d’abord une participation à une vie, et donc une potestas****. Certes, la grande tradition ecclésiale a, à juste titre, séparé l’efficacité sacramentelle de la situation existentielle concrète du prêtre, et ainsi, les attentes légitimes des fidèles ont été sauvegardées de façon adéquate. Mais cette juste précision doctrinale n’ôte rien à la tension nécessaire, et même indispensable, vers la perfection morale, qui doit habiter tout cœur authentiquement sacerdotal.

   Précisément, pour favoriser cette tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend avant tout l’efficacité de leur ministère, j’ai décidé de proclamer une « année sacerdotale » spéciale, qui se tiendra du 19 juin prochain au 19 juin 2010. Nous célébrons en effet le 150e anniversaire de la mort du saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, véritable exemple de pasteur au service du troupeau du Christ. Il incombera à votre Congrégation, en accord avec les évêques diocésains et les supérieurs des Instituts religieux, de promouvoir et de coordonner les diverses initiatives spirituelles et pastorales qui sembleront utiles pour faire comprendre toujours plus l’importance du rôle et de la mission du prêtre dans l’Eglise et dans la société contemporaine.

   La mission du prêtre, comme le souligne le thème de l’assemblée plénière, se déroule « dans l’Eglise ». Une telle dimension ecclésiale, de communion, hiérarchique et doctrinale est absolument indispensable pour toute mission authentique, et en garantit seule l’efficacité spirituelle. Les quatre aspects mentionnés doivent être toujours reconnus comme intimement liés : la mission est « ecclésiale » car personne n’annonce ni n’apporte soi-même, mais dans et à travers son humanité, chaque prêtre doit être bien conscient d’apporter un Autre, Dieu Lui-même, au monde. Dieu est l’unique richesse que, en définitive, les hommes désirent trouver dans un prêtre. La mission est une mission « de communion », car elle se déroule dans une unité et une communion dont les aspects importants de visibilité sociale ne sont que secondaires. Ceux-ci, d’autre part, découlent essentiellement de l’intimité divine dont le prêtre est appelé à être l’expert, pour pouvoir conduire, avec humilité et confiance, les âmes qui lui sont confiées à la même rencontre avec le Seigneur. Enfin, les dimensions « hiérarchique » et « doctrinale » suggèrent de répéter l’importance de la discipline (le terme est lié à celui de « disciple ») ecclésiastique et de la formation doctrinale, et non seulement théologique, initiale et permanente.

   La conscience des changements sociaux radicaux des dernières décennies doit pousser les meilleures énergies ecclésiales à soigner la formation des candidats au ministère. En particulier, elle doit encourager la constante sollicitude des pasteurs envers leurs premiers collaborateurs, tant en cultivant des relations humaines véritablement paternelles, qu’en se préoccupant de leur formation permanente, en particulier sous le profil doctrinal et spirituel. La mission plonge ses racines de façon spéciale dans une formation correcte, développée en communion avec la Tradition ecclésiale ininterrompue, sans césure ni tentation de discontinuité.
Dans ce sens, il est important de favoriser chez les prêtres, en particulier chez les jeunes générations, un accueil correct des textes du concile œcuménique Vatican II, interprétés à la lumière de tout le bagage doctrinal de l’Eglise.
Il apparaît également urgent de récupérer la conscience qui pousse les prêtres à être présents, identifiables et reconnaissables tant à travers leur jugement de foi, qu’à travers les vertus personnelles ou encore l’habit, dans les domaines de la culture et de la charité, depuis toujours au cœur de la mission de l’Eglise.

   En tant qu’Eglise et en tant que prêtres, nous annonçons Jésus de Nazareth notre Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité, Souverain du temps et de l’histoire dans l’heureuse certitude que cette vérité coïncide avec les attentes les plus profondes du cœur humain. Dans le mystère de l’incarnation du Verbe, c’est-à-dire dans le fait que Dieu s’est fait homme comme nous, réside aussi bien le contenu que la méthode de l’annonce chrétienne. La mission trouve ici son véritable moteur : dans Jésus Christ, précisément. Le caractère central du Christ porte en lui la juste valorisation du sacerdoce ministériel, sans lequel il n’y aurait ni l’Eucharistie, ni encore moins la mission ou l’Eglise elle-même. Dans ce sens, il est nécessaire de veiller afin que les « nouvelles structures » ou organisations pastorales ne soient pas pensées pour une époque où l’on devrait « se passer » du ministère ordonné, en partant d’une interprétation erronée de la juste promotion des laïcs, car dans ce cas, on poserait les conditions pour une dilution supplémentaire du sacerdoce ministériel et les éventuelles « solutions » présumées coïncideraient de façon dramatique avec les causes réelles des problématiques contemporaines liées au ministère.

   Je suis certain que ces jours-ci, le travail de l’assemblée plénière, sous la protection de la Mater Ecclesiae, pourra approfondir ces brèves réflexions que je soumets à l’attention de messieurs les cardinaux, des archevêques et évêques, en invoquant sur tous d’abondants dons célestes, en signe desquels je vous donne, ainsi qu’aux personnes qui vous sont chères, une Bénédiction apostolique spéciale et affectueuse.

* * * * * * *

* Instrumentum laboris = document de travail.
** Tria munera = les trois charges qui incombent au sacerdoce (annoncer, sanctifier, rassembler).
*** Apostolica vivendi forma = manière de vivre comme les Apôtres.
**** Potestas = un pouvoir.

Vignette croix et calice - blogue

2009-18. A l’entrée du Triduum Sacré…

Mercredi Saint 8 avril 2009 au soir.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous entrons ce soir dans le grand recueillement du Triduum Sacré.  Je me hâte de vous adresser quelques mots, car de toute évidence je n’aurai pas beaucoup de temps pour le faire dans les jours qui viennent…

Dès le début de cette chronique je vous souhaite donc de ferventes et très belles fêtes pascales, et je forme des voeux pour que de très abondantes grâces et bénédictions célestes vous soient accordées, à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

En notre « Mesnil-Marie« , nous nous sommes bien rendus compte que Frère Maximilien-Marie préparait des choses inhabituelles : la semaine dernière, par exemple, s’étant absenté toute une journée, il est revenu avec des brassées de branches d’olivier (nous, les chats, nous aimons bien l’odeur des oliviers!), qu’il a chargées dans la voiture dimanche dernier pour partir à la Sainte Messe. Il en est rentré beaucoup plus tard que d’habitude et il n’en ramenait plus qu’une dizaine : il en a fixé à toutes les croix de la maison en nous expliquant que ces petites branches étaient désormais bénites et que – selon l’oraison récitée par le prêtre à la conclusion de la procession solennelle des rameaux – elles sont des canaux de la bénédiction et de la protection de Dieu dans les lieux où elles sont placées. Il a aussi accroché à la porte d’entrée de notre maison une palme bénite.

Palme bénite à la porte du Mesnil-Marie

Frère Maximilien-Marie nous a raconté qu’en rentrant du Puy (c’est là qu’il doit se rendre pour assister à la Sainte Messe latine traditionnelle), ce dimanche 5 avril, il a fait un petit détour par le Mont Gerbier de Joncs et il nous a parlé des congères  encore impressionnantes qui subsistent sur ces hauts plateaux qui ne sont qu’à quelques kilomètres de chez nous.

Dieu merci, il n’y a plus de neige au « Mesnil-Marie« ! Le printemps s’installe et nous nous émerveillons en voyant chaque jour les développements de la végétation : aussi permettez-moi de vous offrir deux clichés pris aujourd’hui même juste à côté de notre maison (cliquez sur les vignettes pour voir les images en grand) : que ces pensées et ces tulipes sauvages vous apportent un peu de la joie que nous avons à vivre en une si belle contrée.

De belles pensées au Mesnil-Marie               Tulipes sauvages

Tous ces derniers jours, Frère Maximilien-Marie a continué – en portant une attention scrupuleuse au calendrier lunaire – à planter des bulbes et des rhizomes, à semer de petites graines, à transplanter de jeunes pousses… Avec Chlôris, nous le suivons partout et nous regardons avec curiosité ces travaux de jardinage. J’avoue que nous nous sommes parfois faits gronder parce que nous nous mettions à creuser à l’endroit où il venait d’enterrer quelque chose… nous ne voulions pourtant pas faire de mal!

Il y a eu aussi un très gros travail de débroussaillage qui a été accompli sur les « chambas » (c’est ainsi qu’on nomme ici les champs en terrasse étagés à flanc de montagne) qui sont au dessus de la maison. Et le 31 mars en fin de journée, en l’honneur du retour de Chlôris, il y a eu la plantation de deux arbres : un saule doré et un érable pourpre qui ont respectivement reçu les noms de… Chlôris et Lully!

Chlôris va de mieux en mieux

Ainsi que vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, Chlôris semble en bien meilleure forme : elle me charge de remercier tous ceux qui lui ont témoigné sollicitude et attention pendant sa maladie. C’est une convalescente, qui a besoin de beaucoup de repos, mais je puis vous assurer qu’elle a retrouvé un excellent appétit : tellement excellent qu’elle ne résiste pas à la tentation de venir manger dans mon bol après avoir terminé sa propre ration!!!

Frère Maximilien-Marie a aussi entrepris d’aménager un accès à la maison en partant directement de l’aire de stationnement aménagée en bord de route (comparez les photos qui vont suivre avec ce qui a été publié ici > www). Le talus qui se trouve en dessous de la béalière a été ratissé et égalisé, ensemencé et arrosé ; mais surtout Frère Maximilien-Marie y a construit un escalier rustique très pratique. Plus tard, une seconde tranche de travaux consistera à aménager un passage pour faciliter l’ascension du rocher en surplomb de la béalière, ce rocher sur lequel le « Mesnil-Marie » est construit.

L'escalier rustique vu du parking               L'escalier rustique vu d'en haut

Mais il est bien temps que j’achève ma chronique : il est en effet l’heure de rejoindre Frère Maximilien-Marie pour réciter l’office des ténèbres du Jeudi Saint. Encore une fois, je vous souhaite de belles et surtout très ferventes fêtes pascales.

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully |on 8 avril, 2009 |4 Commentaires »

2009-17. Qu’est-ce que l’ Heure Sainte?

       La pratique de l’Heure Sainte a été enseignée à Sainte Marguerite-Marie, au XVIIème siècle, à Paray-le-Monial, par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même en ces termes :

   « Toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j’ai bien voulu sentir au jardin des Olives ; laquelle tristesse te réduira, sans que tu la puisses comprendre, à une espèce d’agonie plus rude à supporter que la mort. Et pour m’accompagner dans cette humble prière que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit, pour te prosterner une heure avec moi, la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère, en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon, l’amertume que je sentais à l’abandon de mes apôtres, qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure tu feras ce que je t’enseignerai. »

   Les caractères propres de l’Heure Sainte ont donc été parfaitement définis par Jésus Lui-même : il s’agit d’un exercice de dévotion dans lequel,

a) pendant une heure,
b) par l’oraison mentale et par des prières vocales,
c) on s’unit aux tristesses que Jésus ressentit lors de la Sainte Agonie,
d) on implore miséricorde pour les pauvres pécheurs,
e) on cherche à apaiser la justice divine,
f) et on console le Sauveur de l’ingratitude et de l’abandon des siens.

   L’Heure Sainte ne doit donc pas être confondue avec l’adoration du Saint-Sacrement :  son objet propre c’est le mystère de Gethsémani, et pas directement la Sainte Eucharistie.
Même si on peut avoir du profit à la pratiquer à l’église, devant le tabernacle ou devant le Saint-Sacrement exposé, cela n’est pas du tout une condition obligatoire : Sainte Marguerite-Marie la faisait dans sa cellule, prosternée à terre devant son Crucifix, et non dans la chapelle du monastère ou dans un oratoire.

   L’Heure Sainte se distingue aussi de l’adoration parce qu’elle est un temps de supplications et d’intercessions adressées au Père céleste pour obtenir la conversion et le salut des pécheurs ; et c’est aussi un temps consacré à des prières de réparation adressées à Notre-Seigneur Jésus-Christ pour le dédommager de la solitude amère dans laquelle l’ont laissé ceux qui eussent dû veiller une heure avec lui et s’étaient assoupis au lieu de l’entourer et de le soutenir par la ferveur de leur amour.

   Notre-Seigneur demandait à Sainte Marguerite-Marie de la faire toutes les nuits du jeudi au vendredi de onze heures à minuit (mais il exigeait qu’elle ait pour cela la permission de sa supérieure).
Si l’on peut, sans dommage pour sa santé ou pour son devoir d’état, faire l’Heure Sainte de la même manière, c’est évidemment très bien. Cependant la Sainte Église, dans sa prudence et sa sagesse et pour permettre à davantage de fidèles de la pratiquer, a permis qu’on puisse la faire à un moment plus avancé de la soirée.

   Les Papes ont encouragé sa pratique et ils ont élevé la « Confrérie de l’Heure Sainte » au rang d’archiconfrérie, qu’ils ont enrichie de précieuses indulgences : les membres de l’archiconfrérie peuvent ainsi obtenir une indulgence plénière chaque fois qu’ils font l’Heure Sainte (selon les conditions habituelles).
Les personnes qui veulent faire partie de « l’Archiconfrérie de l’Heure Sainte » doivent se faire connaître au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial. Les registres où sont inscrits les noms des associés sont conservés dans la cellule de Sainte Marguerite-Marie, convertie en oratoire.

   Certaines personnes se sont demandées comment Notre-Seigneur pouvait être consolé dans son agonie par des prières de réparation et d’amour faites par des âmes vivant sur terre plusieurs siècles après l’évènement de Gethsémani. Le Pape Pie XI, dans son encyclique « Miserentissimus Redemptor«  (du 8 Mai 1928, on en trouvera le texte complet > ici), consacrée au devoir de réparation que l’on doit au Coeur de Jésus, a expliqué :

   « Ce sont les péchés et les crimes des hommes commis en n’importe quel temps qui ont causé la mort du Fils de Dieu ; ces mêmes fautes, maintenant encore, sont de nature à causer la mort du Christ, dans les mêmes douleurs et les mêmes afflictions, puisque chacune d’elles est censée renouveler à sa manière la Passion du Seigneur (…). Que si, à cause de nos péchés futurs, mais prévus, l’âme du Christ devint triste jusqu’à la mort, elle a sans nul doute, recueilli quelque consolation, par prévision aussi, de nos actes de réparation alors « qu’un ange venant du ciel lui apparut » (Luc XXII, 43), pour consoler son Cœur accablé de dégoût et d’angoisse. Ainsi donc, ce Cœur Sacré incessamment blessé par les péchés des ingrats, nous pouvons maintenant et même nous devons le consoler d’une manière mystérieuse mais cependant réelle ».

L'Agonie de Notre-Seigneur à Gethsémani

   Pour terminer cette présentation, citons encore les paroles de Notre-Seigneur à Sa confidente de Paray-le-Monial au sujet de sa Sainte Agonie :

   « C’est ici où j’ai plus souffert intérieurement qu’en tout le reste de ma Passion, me voyant dans un délaissement général du Ciel et de la terre, chargé de tous les péchés des hommes. J’ai paru devant la sainteté de Dieu qui, sans égard à mon innocence, m ‘a froissé en sa fureur, me faisant boire le calice qui contenait tout le fiel et l’amertume de sa juste indignation ; comme s’il eût oublié le nom de Père, pour me sacrifier à sa juste colère. Il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors. C’est cette même douleur que l’âme criminelle ressent, lorsqu’elle paraît devant le tribunal de la Sainteté divine qui s’appesantit sur elle, la froisse et l’opprime et l’abîme en sa juste rigueur. »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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