Archive pour septembre, 2021

2021-49. Prière à Saint Michel de la Vénérable Thérèse de Saint Augustin, dans le siècle Louise de France, fille de S.M. le Roi Louis XV, pour la conservation du Royaume de France.

Statue d'argent de Saint Michel dans l'église paroissiale du Mont-Saint-Michel

Statue de Saint Michel

dans l’église paroissiale du Mont-Saint-Michel

       Glorieux Archange ! Que votre fidélité et votre soumission aux ordres de Dieu attachent si constamment au maintien de sa gloire et aux intérêts des hommes, employez, en ma faveur, ce crédit inséparable du bonheur dont vous jouissez.

   Portez au trône du Saint des Saints tous les vœux que je confie aujourd’hui à votre puissante protection.

   Ayez égard aux besoins d’un Royaume dont vous avez été si longtemps le patron spécial, et qui depuis n’a été dévoué à votre Reine, que pour vous accroître, par votre médiation auprès d’elle, nos ressources et notre défense.

   Bannissez, écartez de nos contrées tout ce que le dérèglement des mœurs, l’hérésie et l’impiété s’efforcent d’y répandre de contagieux.

   Vainqueur des attentats de Lucifer contre la majesté du Très-Haut, ne permettez pas qu’il triomphe de votre héritage et qu’il l’enlève au Rédempteur qui l’a conquis au prix de Son Sang.

   Chargé, enfin, de présenter nos âmes au Tribunal de Dieu, dans l’instant de notre mort, remplissez, en faveur de la mienne, un ministère de charité pour toute ma vie, et de sauvegarde pour l’instant qui la terminera.

Ainsi soit-il !

Esquisse biographique de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin ici
Prière pour demander des grâces par l’intercession de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin > ici
Méditation de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin pour se préparer à Noël ici
Prière de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin à l’archange Saint Michel pour la conservation du Royaume de France ici

Mont Saint-Michel

2021-48. « Le temps n’appartient qu’à Dieu, mais la fidélité et l’espérance appartiennent aux hommes. »

Allocution de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX

le 18 septembre 2021

à l’occasion de la présentation de la 6ème édition
de

« L’état présent de la Maison de Bourbon »

Monseigneur le duc d'Anjou et Madame - 18 septembre 2021

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et Madame
devant le siège de l’Ordre de Malte à Paris
où a eu lieu la présentation de la 6ème édition de « L’état présent de la Maison de Bourbon »

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Chers Parents,
Chers Amis,

Nous voici réunis à l’occasion de la parution de la 6e édition de l’État Présent de la Maison de Bourbon, moment important que nous aurions tous aimé vivre avec celui qui, durant tant d’années, fut le maître d’œuvre de cet ouvrage : notre cher baron Pinoteau.

Je suis donc particulièrement heureux que sa famille soit bien représentée aujourd’hui à cette cérémonie qui suit l’émouvante messe de Requiem de ce matin. Ainsi, j’ai l’occasion de rappeler publiquement tout ce que leur père, grand-père, arrière-grand-père a apporté à notre famille. La Maison de Bourbon lui doit en effet beaucoup et notamment les chefs de Maison, puisqu’avant de m’apporter son aide si précieuse, Hervé Pinoteau avait déjà été au service de mon père et de mon grand-père, tant comme secrétaire que comme chancelier, c’est-à-dire à la fois pour le quotidien et le pérenne.

Leur évocation amène à cet ouvrage, cet État présent de la Maison de Bourbon « pour servir de suite à l’Almanach royal de 1830 », dont nous sommes heureux de présenter officiellement la nouvelle édition. Mon grand-père, le prince Jacques-Henri a beaucoup fait pour que la première édition paraisse en 1975. L’idée en était venue à son propre père lorsqu’il devînt en 1936 l’aîné des Bourbons, avec tous les droits et devoirs que confère cette aînesse, notamment vis-à-vis de la France. La généalogie n’est pas toujours facile à comprendre et, sans doute, mon arrière-grand-père avait-il été habitué à se considérer davantage comme le descendant de la reine Isabelle II que comme celui de son époux, le prince François. Mais le royaume de France et le royaume d’Espagne ne suivent pas les mêmes règles de dévolution. Ainsi, c’est bien par l’intermédiaire de ce prince cadet de Charles IV que l’aînesse lui est revenue, après l’extinction des premiers rameaux de la branche aînée. Une grande aventure pouvait commencer dans laquelle Hervé Pinoteau a mis toute son énergie et son érudition. Au-delà du droit, il y a en effet le faire savoir, le faire connaître, tâche essentielle menée depuis des années et jusqu’à aujourd’hui par les éditions successives.

Il était prévu de faire paraître cette édition en 2020, année du bicentenaire du Comte de Chambord, qui vit l’extinction du rameau aîné issu de Louis XIV. Date hautement symbolique puisqu’elle permettait de saisir toute l’importance des Lois fondamentales. « Le mort saisit le vif » selon un bel adage venu de la nuit des temps et qu’Hervé Pinoteau, en fidèle et érudit chancelier, savait rappeler chaque fois que cela était nécessaire pour soutenir la cause de la Légitimité.

Les cinq éditions précédentes montrent combien il est important de faire le point régulièrement sur cette auguste Maison de Bourbon qui est aussi celle de France, chaque tige et rameau vivant sa propre histoire à travers naissances, mariages et décès. D’année en année les évolutions sont notables, d’où la nécessité des mises à jour régulières pour savoir qui est dynaste selon les lois fondamentales et dans quel ordre. Certains pourraient dire que cela paraît bien inactuel dans un monde qui, parfois, semble avoir oublié les vertus de la Royauté.

Pourtant, de génération en génération, il y a toujours une petite et vaillante cohorte qui maintient le flambeau, persuadée que le salut et le destin du pays en dépendent, et qui a besoin de savoir pour espérer.

Le temps n’appartient qu’à Dieu, mais la fidélité et l’espérance appartiennent aux hommes.

Ainsi, j’ai à cœur de féliciter ceux qui les aident à maintenir la flamme. Ce sont bien sûr tous les auteurs et collaborateurs de l’État Présent, d’abord dirigés par Hervé Pinoteau et désormais regroupés derrière Christian Papet-Vauban qui a repris la flamme, lui aussi avec érudition, rigueur et une belle ténacité. Il a su réunir des contributeurs de qualité, Benoît van Hille et Xavier d’Andeville que je tiens à remercier tout spécialement. Que tous sachent combien le Chef de Maison apprécie leur dévouement. Mais je ne peux pas oublier, non plus, le préfacier de cette édition, le Professeur Jean Barbey, lui aussi un fidèle parmi les fidèles, qui a mis depuis les années 1980 sa science du droit au service de ma famille. Il a donné pour cette édition des pages très éclairantes pour hier comme pour demain.

Enfin, je veux remercier l’éditeur, Patrice de La Perrière qui assume la tâche de la confection, et de la diffusion depuis la première édition. La qualité d’une œuvre se reconnait en particulier sur la durée. Merci à tous.

Mes derniers mots s’adressent enfin à tous les membres de ma famille, la grande famille des Bourbons. Certains sont présents physiquement, d’autres par le cœur et la pensée. J’ai reçu en effet des messages sympathiques de ceux qui ne peuvent être là ce soir. Je pense notamment à notre cousin le duc de Parme. En évoquant son nom qu’il me soit permis aussi de rappeler la mémoire de sa tante, la princesse Cécile qui est décédée le 2 septembre. Je pense aussi au duc de Séville qui a d’abord répondu qu’il serait là et qu’un empêchement inopiné a éloigné de nous ce soir. Je pense à tous, heureux d’être le Chef de la Maison capétienne qui partout garde à cœur de renforcer ses liens et de maintenir toujours vivant le souvenir de ce qu’elle représente pour tous les pays sur lesquels elle a régné.

Merci à tous et prenons rendez-vous pour la septième édition. À bientôt.

Louis, duc d’Anjou
Le 18 septembre 2021

grandes armes de France

2021-47. « Un tel rapprochement n’est pas pour augmenter le prestige déjà médiocre de cette monarchie sans gloire, née dans le bourbier libéral de 1830 et prédestinée à s’éteindre sans honneur dans le cloaque économique de 1848.»

19 septembre,
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de La Salette.

       Si Léon Bloy n’était pas un légitimiste – loin s’en faut !!! -, il n’était pas non plus – encore bien moins !!! – un orléaniste.
Dans son livre « Celle qui pleure », où il livre ses interprétations (parfois très hasardeuses) de l’apparition de Notre-Dame à La Salette, il s’est au passage livré, dans le chapitre IV, à un véritable pamphlet anti-louisphilippard qui ne manque ni d’esprit ni de saveur.
Aussi, malgré la gravité du sujet, nous semble-t-il assez plaisant de recopier ici l’intégralité de ce chapitre dont nombre de saillies constituent une présentation de la « monarchie de juillet » et de son roi-maçon d’une implacable lucidité. 

Louis-Philippe - photographie

Photographie de Louis-Philippe « roi des Français »

Louis-Philippe, le 19 septembre 1846.

       « Il est environ deux heures et demie. Le Roi, la Reine, leurs Altesses Royales, Mme la Princesse Adélaïde, Mgr le Duc et Mme la Duchesse de Nemours, le Prince Philippe de Wurtemberg et le Comte d’Eu, accompagnés de M. le ministre de l’Instruction publique, de MM. les généraux de Chabannes, de Lagrange, de Ressigny, de M. le colonel Dumas et de plusieurs officiers d’ordonnance, sortent pour faire une promenade dans le parc. Après la promenade, Leurs Majestés et Leurs Altesses rentrent au château vers cinq heures pour dîner, en attendant les illuminations du soir.»
C’est ainsi qu’un correspondant plein de diligence, dans une dépêche datée de la Ferté-Vidame, annonce au Moniteur universel l’événement le plus considérable de la journée du 19 septembre 1846.

   Je suis, par bonheur, en état de rappeler cet événement à l’univers qui paraît l’avoir oublié. A la distance de plus de soixante ans, il n’est pas sans intérêt de contempler, par l’imagination ou la mémoire, cette promenade du roi de Juillet accompagné de son engeance dans un honnête parc, en vue de prendre de l’appétit pour le dîner et de se préparer, par le naïf spectacle de la nature, aux magnificences municipales de l’illumination du soir.

   Ce divertissement historique, mis en regard de l’autre Promenade Royale qui s’accomplissait au même instant sur la montagne de La Salette, est, je crois, de nature à saisir fortement la pensée. Le contraste vraiment biblique d’un tel rapprochement n’est pas pour augmenter le prestige déjà médiocre de cette monarchie sans gloire, née dans le bourbier libéral de 1830 et prédestinée à s’éteindre sans honneur dans le cloaque économique de 1848. Il serait curieux de savoir ce qui se passait dans l’âme du Roi Citoyen au moment même où la Souveraine des Cieux, tout en pleurs, se manifestait à deux enfants sur un point inconnu de cette belle France polluée et mourante sous l’abjecte domination de ce thaumaturge d’avilissement.

   Il fallait sous les platanes ou les marronniers, rêvant ou parlant des grandes choses d’un règne de seize ans et des résultats magnifiques d’une administration exempte de ce fanatisme d’honneur qui paralysait autrefois l’essor généreux du libéralisme révolutionnaire. Tout venait à souhait, au dehors comme à l’intérieur. Par un amendement resté célèbre dans les fastes parlementaires, le comte de Morny prétendait que les grands Corps de l’Etat étaient satisfaits. Dieu et le Pape étaient convenablement outragés, l’infâme jésuitisme allait enfin rendre le dernier soupir et le pays légal n’avait pas d’autres vœux à former que de voir s’éterniser, dans une aussi bienfaisante dynastie, les félicités inespérées de cet adorable gouvernement. On allait enfin épouser l’Espagne, on allait devenir immense. A l’exemple de Charles-Quint et de Napoléon, le patriarche de l’Orléanisme pouvait aspirer à la domination universelle. La ventrée de la lice avait, d’ailleurs, suffisamment grandi et Leurs Altesses caracolaient assez noblement autour de Sa Majesté dans la brise automnale de cette sereine journée de septembre. Le roi des Français pouvait dire comme le prophète de la terre de Hus : « Je mourrai dans le lit que je me suis fait et je multiplierai mes jours comme le palmier ; je suis comme un arbre dont la racine s’étend le long des eaux et la rosée descendra sur mes branches. Ma gloire se renouvellera de jour en jour et mon arc se fortifiera dans ma main.»

   A deux cents lieues, la Mère de Dieu pleure amèrement sur son peuple. Si Leurs Majestés et Leurs Altesses pouvaient, un instant, consentir à prendre l’attitude qui leur convient, c’est-à-dire à se vautrer sur le sol et qu’ils approchassent de la terre leurs oreilles jusqu’à ce jour inattentives, peut-être que cette créature humble et fidèle leur transmettrait quelque étrange bruit lointain de menaces et sanglots qui les ferait pâlir. Peut-être aussi que le dîner serait alors sans ivresse et l’illumination sans espérance…

   Pendant que l’Orléanisme se congratule dans la vesprée, les deux pâtres choisis pour représenter toutes les majestés triomphantes ou déchues, vivantes ou défuntes, se sont approchés de leur Reine. C’est à ce moment que la Mère douloureuse élève la voix par-dessus le murmure indistinct de l’hymne des Glaives chanté autour d’Elle dans dix mille églises :

Si mon peuple ne veut pas se soumettre,
Je suis forcée de laisser aller le Bras de mon Fils…

Léon Bloy, « Celle qui pleure » – chap. IV

Notre-Dame de la Salette - la conversation

2021-46. « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… »

- 19 septembre -

Méditation au jour anniversaire de

l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu

sur la sainte montagne de La Salette

frise

Notre-Dame de La Salette 1

       « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

   C’est par ces mots que la Très Sainte Mère de Dieu – et notre Mère – a commencé à s’adresser aux deux jeunes bergers.

    »N’ayez pas peur !… Une grande nouvelle ». On ne peut s’empêcher de penser aux paroles avec lesquelles quelques 1846 années auparavant l’ange s’était adressé aux bergers dans la nuit sainte de Bethléem : « Ne craignez point, car voici que je vous apporte la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple : Nolite timere, ecce enim evangelizo vobis gaudium magnum, quod erit omni populo ! » (Luc. II, 10). Ce peuple auquel encore, en conclusion de son apparition, la Vierge pure et sainte demandera avec insistance que l’on transmette ses paroles : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! ».

   Dans cette fascinante manifestation de la Mère de miséricorde – Mater misericordiae – du samedi 19 septembre 1846, au moment où la Sainte Eglise catholique s’apprêtait à entrer dans la fête solennelle de ses Sept-Douleurs (car en ce temps-là la fête des Sept-Douleurs de Notre-Dame était célébrée non pas le 15 septembre mais au troisième dimanche de septembre), il y a les paroles, certes si importantes (on les trouve en intégralité > ici) qu’on n’en finit jamais de les relire, de les approfondir et de les méditer, mais il y a aussi ce que les mots ne peuvent traduire et qui parle bien plus haut que toutes les paroles : il y a les larmes de Notre-Dame.
Ces larmes appartiennent pleinement à l’essence de l’apparition, sont une part essentielle de la grande nouvelle que la Mère de Dieu est venue annoncer ici, ne doivent ni ne peuvent en aucune manière être retranchées de ce qu’il convient et qu’il est nécessaire de faire passer à tout son peuple.

Notre-Dame de La Salette 2

   Depuis le temps que je souffre pour vous autres !
La grande nouvelle que la Très Sainte Mère de Dieu vient rappeler à deux enfants dans la grandiose et silencieuse solitude des sommets, est d’abord celle de sa Compassion : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! »
La remarque de Maximin pour décrire l’impression produite par la vision de cette femme en larmes, assise, le visage enfoui dans ses mains, a quelque chose de poignant, quelque chose de bouleversant qui nous émeut au plus profond des entrailles : « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise… »
Voici donc la maman qui nous a été donnée pour Mère au pied de la Croix !
Voici la maman que, nous, enfants misérables avons battue !
Voici la maman que nos méchancetés ont poussée à s’« ensauver » dans la montagne pour qu’elle y puisse donner libre cours à ses larmes, avec pour uniques témoins la pureté des cimes et la naïveté de deux enfants qui gardaient leurs vaches !
« Depuis le temps que je souffre pour vous autres !… Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir ».
Celle qui a reçu pour nous – pour chacun d’entre nous – des entrailles maternelles par l’action efficace des paroles de son divin Fils mourant, s’est « ensauvée » loin de tout pour laisser éclater son chagrin de mère : « Mon peuple ne veut pas se soumettre » et je n’en puis plus, je suis à bout de force tant le bras du juste Juge, que je m’emploie à retenir encore, est fort et pesant…  « … Je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! »

Notre-Dame de La Salette 3

   Accepter d’être établie Mère des hommes, pour lesquels le Sauveur S’immolait, c’était accepter d’assumer un rôle de médiation entre LE Fils, que la mystérieuse opération du Saint-Esprit avait façonné de sa chair virginale, et les enfants pécheurs en faveur desquels le Fils unique répandrait jusqu’à la dernière goutte de Son Sang Précieux.
Accepter d’être établie Mère des hommes, c’était accepter d’être établie continuelle intercessrice, jusqu’à la fin des temps, pour que ceux qui « ne feraient pas cas » des grâces de la rédemption et du salut finissent par se laisser toucher et reçoivent miséricorde, pour que ce peuple à elle confié veuille enfin « se soumettre » et n’encoure plus les châtiments réservés aux rebelles, aux infidèles et aux ingrats.

   En devenant Mère des hommes, elle les a laissés entrer dans sa vie jusqu’à avoir un lien intime et viscéral avec eux, jusqu’à devenir responsable et à se porter garante d’eux, jusqu’à accepter le poids de leurs errements et de leurs résistances à la grâce, jusqu’à accepter de ne plus être en repos tant qu’ils s’égareront dans les chemins de l’insoumission à la sainte loi de Dieu, jusqu’à s’épuiser en quelque sorte dans la prière et dans les larmes pour obtenir leur retour  : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

   C’est ainsi que la Très Sainte Mère de Dieu toujours Vierge accomplit continûment son devoir de maternelle intercession pour le monde, son devoir de maternelle intercession pour chacun de nous.
Sa vie terrestre fut pénible et semée de douleurs, mais l’obédience d’intercession pour le monde qui lui échoit encore dans sa vie glorieuse est elle aussi lourde d’angoisses et de peines : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! » Nouvelle Esther intercédant « sans cesse » devant le Trône divin, elle offre ses larmes pour les péchés de l’humanité qui méprise les grâces de salut et de sainteté acquises au prix fort par son divin Fils : « Je suis chargée de Le prier sans cesse… ».

Notre-Dame de La Salette 4

   A La Salette, la Mère de Dieu toute sainte et immaculée vient nous montrer ses larmes, qui plaident notre cause devant la Majesté du juste Juge.
A La Salette, la Toute Sainte Médiatrice que le Christ Sauveur nous a donnée pour Mère, se manifeste comme la perpétuelle suppliante intercédant pour notre salut.
A La Salette, notre Mère miséricordieuse, apparaît comme la veilleuse qui jamais ne s’éteint dans la pénombre du sanctuaire et dont la flamme obstinée porte symboliquement devant la divine Présence du tabernacle la prière des cœurs fervents.
A La Salette, la Vierge de Compassion nous crie par les larmes qui baignent son visage, qu’elle ne se résout jamais à « laisser aller le bras de son Fils » et que, malgré le poids accablant de la justice méritée par notre opiniâtreté dans le mal, elle s’entête plus encore à « prier sans cesse » pour que ce Fils « ne nous abandonne pas » !   

   La principale raison des larmes de notre Sainte Mère et Reine réside dans nos résistances à la grâce : c’est elle, cette résistance à la grâce pourtant toujours offerte, qui nourrit notre insubordination aux lois et préceptes divins, c’est elle qui engraisse notre paresse pour la prière, c’est elle qui produit nos manques de générosité dans la pratique de la pénitence, c’est elle qui engendre nos chutes charnelles, c’est elle qui endort notre foi, c’est elle qui fournit des armes aux démons qui nous assaillent, c’est elle qui nous paralyse dans les voies du relèvement et de la guérison…
Puisse le souvenir des larmes de Marie dissiper nos tiédeurs, réveiller notre ferveur !

Notre-Dame de La Salette 5

   Nous devrons tous un jour rendre compte à son divin Fils des larmes que nous avons fait jaillir des yeux de Sa Très Sainte Mère !
Au dernier jugement, devant toute la cour céleste, devant tous les anges et tous les démons, devant tous les élus et tous les damnés, nous devrons répondre de chacune des larmes que nos infidélités ont tiré du Cœur de la Mère de toute Compassion.
Serons-nous alors dans la honte et la confusion pour l’avoir attristée par l’indignité de nos comportements et parce que nous aurons tenu en échec ses chagrins maternels et ses larmes ?
Alors qu’en tant de prières nous lui répétons « Réjouissez-vous », en réalité nous ne lui donnons pas assez de raisons de se réjouir !

   Ne contristons plus la Toute Sainte !
Efforçons-nous de tarir la source de ses larmes et de répondre pleinement aux espérances de son amour maternel qui ne veut jamais désespérer de notre conversion, de notre amendement, de notre redressement, de notre pleine adhésion à la grâce… Et lorsque montent les flots agités de la tentation, tournons-nous de tout notre cœur vers Notre-Dame de La Salette et souvenons-nous de ses larmes ; souvenons-nous de ses soupirs maternels : « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de Le prier sans cesse… »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur
19 septembre 2021

frise

Tous les textes de ce blogue où il est question de Notre-Dame de La Salette >>>
– Texte intégral du message et des « secrets » > ici
– Quelques considérations générales > ici
– Prière de Mélanie pour les temps de calamité > ici
– Texte de Gustave Thibon pour le centenaire de l’apparition > ici
– La Salette et la réforme liturgique > ici
« Les plaies de la France pansées par Marie » > ici
– Prières à Notre-Dame de La Salette > ici

2021-45. Nous nous permettons encore une fois de tendre la main…

Dimanche 12 septembre 2021,
16ème dimanche après la Pentecôte ;
Anniversaire de la victoire de Vienne en 1683 (cf. > ici et > ici).

Main tendue

Parce que les moines qui vivent sous la Règle de Saint Augustin sont des « moines mendiants » (comme le sont aussi les religieux des diverses congrégations de la famille franciscaine et les Dominicains, les Carmes et les Servites de Marie, les Trinitaires et les Mercédaires… etc.), et parce que de nos jours le porte-à-porte se fait aussi dans les « rues » du monde d’internet et à travers les « avenues » ouvertes par les réseaux sociaux, je me permets une nouvelle fois à travers ce message de tendre la main vers vous, nos amis fidèles et bienfaiteurs – réguliers ou occasionnels -, pour solliciter votre générosité.
Le mois de septembre est déjà bien entamé, et je dois penser
- 1) à faire rentrer du bois de chauffage : vous savez que le Mesnil-Marie est situé en moyenne montagne dans une région au climat rude, où le poêle reste allumé sept à huit mois. Pour information, le stère de bûches de hêtre de 50 cm est à 65 € [et nous nous réjouissons d'avoir un fournisseur qui n'augmente pas ses tarifs cette année !] et en période froide nous brûlons environ 2,5 stères par mois ;
- 2) renouveler la provision de veilleuses pour le Saint-Sacrement (un carton de 20 veilleuses d’une durée de 9 jours coûte presque 80 €) ;
- 3) faire livrer aussi, avant la période où la circulation sera plus délicate, les cierges nécessaires pour l’autel, ainsi que les veilleuses votives qui sont allumées devant les images ou les reliques des saints au jour de leur fête, les charbons pour l’encensoir et tout ce qui est nécessaire pour la liturgie jusqu’au printemps [car les livraisons sont plus difficiles en période hivernale]… etc. ;
- 4) à faire poser des « pneus hiver » sur notre « Duster » avant la Toussaint ;
- 5) sans compter évidemment les frais « ordinaires » et réguliers que sont les factures d’électricité, l’entretien des véhicules, l’abonnement internet et le téléphone, le « toner » pour l’imprimante, la taxe foncière, les assurances, l’entretien du Mesnil-Marie et de ses abords lorsqu’il faut faire appel à un élagueur ou un débroussailleur… etc.
Tous ces frais sont payés par le compte du Refuge Notre-Dame de Compassion, qui peut recevoir des dons en espèces, par chèques ou par virements bancaires (voir > ici). 

Les frais ordinaires de ma vie personnelle (c’est-à-dire la nourriture, le carburant, les médicaments, le vêtement, les livres pour mes études…) ne sont pas pris en charge par l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, mais sont réglés grâce aux aumônes qui me sont remises à cette intention, et je préfère que ces aumônes soient – autant que possible – en espèces.

Que ces lignes me soient enfin l’occasion d’adresser de très chaleureux remerciements à tous ceux qui, déjà, de manières diverses, mais en particulier par leur générosité pécunière, permettent la vie et le rayonnement du Refuge Notre-Dame de Compassion, au service de Notre-Seigneur et de Notre-Dame.
Nous prions quotidiennement pour nos bienfaiteurs et nous faisons régulièrement célébrer des Saintes Messes à leur intention.

Chat noir et blanc merci

Publié dans:Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully |on 11 septembre, 2021 |1 Commentaire »

2021-44. Les caractéristiques de l’âme chrétienne.

16ème dimanche après la Pentecôte :
Epître : Eph. III, 13-21 ; Evangile : Luc. XIV, 1-11.

Benozzo Gozzoli - Saint Augustin étudiant avec ses disciples

Saint Augustin et ses premiers moines étudiant
(détail d’une fresque de Benozzo Gozzoli dans l’église Sant’Agostino de San-Giminiano)

Les caractéristiques de l’âme chrétienne :

méditation sur les textes de la Sainte Ecriture
de la Messe du 16ème dimanche après la Pentecôte

Présence de Dieu :
« Faites, ô Seigneur, que mon âme soit bien enracinée dans la charité et l’humilité ».

frise

Méditation :

   1 – L’épître que nous lisons aujourd’hui à la Messe, est un des plus beaux passages des lettres de Saint Paul. Nous y trouvons le fameux conseil de l’Apôtre aux Ephésiens qui, dans ses trois parties, résume toute la substance de la vie intérieure.
« Que le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ… vous donne… d’être puissamment affermis, par Son Esprit, en vue de la croissance de votre homme intérieur » (Eph. III, 16). L’homme intérieur, est l’esprit humain régénéré par la grâce, c’est l’homme spirituel qui a renoncé aux plaisirs des sens et à tout ce qui est matériel. Cet homme se trouve en chacun de nous et doit être fort pour pouvoir soutenir la lutte contre l’homme animal qui, malheureusement, vit encore en nous, tant que , tant que nous sommes sur cette terre, et tente de nous entraîner vers ce qui est bas. L’Apôtre demande avec raison cette force à l’Esprit-Saint, parce que la force de notre vertu est insuffisante si elle n’est corroborée par celle que le Saint-Esprit répand en nous au moyen de Ses dons.
« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Eph. III, 17). Le Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, habite déjà dans l’âme en état de grâce, mais Sa présence peut devenir toujours plus « profonde », et dans la mesure même de sa profondeur, l’âme sera pénétrée de la divine charité, au point d’être vraiment « enracinée » dans la charité et « fondée » sur elle. Voulons-nous croître dans l’amour ? Tenons-nous en contact avec la source de l’amour, avec Dieu vivant dans notre âme.
« Que vous puissiez saisir… la charité du Christ qui défie toute connaissance » (Eph. III, 18-19). Le point culminant de la vie spirituelle, c’est de comprendre autant qu’il est possible à des créatures, le mystère de l’amour de Dieu. Le christianisme est tout amour : nous sommes chrétiens dans la mesure où nous vivons dans l’amour, et comprenons l’amour de Dieu.
Cependant, ce mystère nous laisse toujours un peu incrédules, un peu sceptiques. Oh ! si nous pouvions voir, comme les bienheureux, comment Dieu est charité et ne veut que la charité ; que la voie pour aller à Lui est celle de l’amour ; que la souffrance, la mortification, l’humilité, ne sont que des moyens pour arriver à l’amour parfait, pour correspondre à l’amour de Dieu-Charité ! Alors, nous serions vraiment « remplis de toute la plénitude de Dieu » (Eph. III, 19).

guérison de l'hydropique - mosaïque Santa Maria Nuova Monreale

La guérison de l’hydropique
(détail d’une mosaïque dans la cathédrale Santa Maria Nuova de Monreale – Sicile)

   2 – Saint Paul nous a exhortés, dans l’épître, à être enracinés dans l’amour. Dans l’Evangile, Jésus nous exhorte à être enracinés dans l’amour et l’humilité.
Malgré la désapprobation tacite des pharisiens, fruit de l’étroitesse de leur esprit et de leur cœur, Jésus guérit, un jour de sabbat, un pauvre hydropique, et nous enseigne une fois de plus la grande importance de l’amour du prochain. C’est en vain que nous croirions être enracinés dans l’amour de Dieu, si nous ne l’étions également dans celui du prochain. Comment peut-on s’imaginer qu’un acte de charité fraternelle soit en opposition avec la loi de la sanctification de la fête ? Telles sont les aberrations auxquelles on arrive lorsqu’on prétend aimer Dieu en veillant uniquement à ses propres intérêts, sans aucune pensée pour les nécessités d’autrui. Ce n’est pas là du christianisme, mais du pharisaïsme, destructeur de la charité.
Pour être enraciné dans l’amour, il faut l’être également dans l’humilité, car l’humble est seul capable d’aimer vraiment Dieu et le prochain. L’Evangile nous donne donc une leçon d’humilité, en condamnant la chasse aux honneurs. Il ne faut pas croire qu’il s’agisse seulement d’honneurs matériels, il faut entendre aussi : honneurs moraux, c’est-à-dire ces places que notre orgueil tend à occuper dans l’estime et la considération d’autrui.
C’est un fait humiliant de constater comment notre « moi » veut toujours occuper une place supérieure à celle qui lui revient, et cela à notre confusion, car « quiconque s’élèvera sera abaissé » (Luc. XIV, 11).
« Mettons-nous à la dernière place, dit Saint Bernard. Il n’y a pas de dommage à nous humilier et nous croire inférieurs à ce que nous sommes en réalité. Mais le danger est terrible et le mal très grand si nous voulons nous élever, même d’un seul pouce, au-dessus de ce que nous sommes, et nous préférer, ne fut-ce qu’à un seul homme. Il n’est pas dangereux de se pencher un peu trop pour passer par une porte trop basse, mais il sera très périlleux de s’élever à un seul doigt de plus que la hauteur de la traverse, parce qu’on se heurte et se blesse la tête. De même, il ne faut pas craindre de nous humilier trop, mais avoir en horreur le plus petit sentiment de présomption ».
Demandons dès lors au Seigneur, comme l’ont fait les saints, de nous envoyer une humiliation chaque fois que notre orgueil tentera de nous élever au-dessus des autres. Ce sera le moyen le plus sûr pour nous enraciner dans l’humilité. Nous le serons alors aussi dans la charité et possèderons, de cette manière, les deux caractéristiques fondamentales de l’âme chrétienne.

Benozzo Gozzoli - adoration des anges - Chapelle du Palais Medici Riccardi à Florence

Adoration des anges
(détail d’une fresque  de Benozzo Gozzoli dans la chapelle du Palais Medici-Riccardi à Florence)

Colloque :

   « Augmentez, Seigneur, ma foi en Votre amour, afin que je puisse Vous dire en toute vérité : « Nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (1a Joan. IV, 16). C’est là le grand acte de notre foi, c’est le moyen de rendre à notre Dieu amour pour amour ; c’est là « le secret caché au cœur du Père » (Coloss. I, 26) que nous pénétrons enfin et toute notre âme tressaille…» (Sainte Elisabeth de la Trinité).
O Seigneur, rendez-moi capable de croire à Votre amour excessif pour moi. Je ne m’arrêterai plus, alors, aux goûts, aux sentiments, peu m’importera de Vous sentir ou non, de recevoir de Vous la joie ou la douleur : je croirai à Votre amour et cela suffit.
« Faites, ô Dieu, que mon âme pénètre dans votre profondeur, et y demeure enracinée et fondée dans l’amour.
« O Seigneur, lorsque je considère en moi-même Votre immensité, Votre fidélité, Vos preuves d’amour, Vos bienfaits, et qu’ensuite je me regarde moi-même et vois mes crimes, je ne puis que me tourner vers mon âme dans un profond sentiment de mépris ; toutefois ce mépris ne m’abaisse pas autant que je le voudrais.
« O Seigneur, plongez-moi dans l’humilité ! Il me semble qu’ainsi je serai plongée en Vous car, en vivant en Vous, Vérité même, il est impossible de ne pas connaître son néant. L’âme humble est le récipient de choix et l’amphore capable de recevoir Votre grâce, et en elle seule Vous la versez. Faites donc, ô Seigneur, que je sois humble et comprenne que l’humble ne Vous élèvera jamais assez et ne s’abaissera jamais assez lui-même » (Sainte Elisabeth de la Trinité).

Rd. Père Gabriel de Sainte-Marie-Madeleine,
in « Intimité divine », vol. 2 pp.404-407

St-Esprit & Ste Bible

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