Archive pour mai, 2021

2021-27. De la Messe votive à Saint Michel des premier mardi des mois « pour la sécurité et la prospérité de l’Église et de l’État ».

28 mai,
Fête de Saint Bernard de Menthon, abbé de l’Ordre de Saint Augustin et confesseur ;
Mémoire de Saint Augustin de Cantorbéry, évêque et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Mgr le Dauphin Louis, et de son frère Alphonse, duc de Berry (cf. > ici) ;
Anniversaire du massacre de Bédoin (cf. > ici).

église de Saint-Vaast-La Hougue - vitrail de l'apparition à Saint Aubert

L’apparition de l’archange Saint Michel à Saint Aubert d’Avranches
(vitrail de l’église de Saint-Vaast-La Hougue – Cotentin)

       Nous sommes très reconnaissants envers Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin d’avoir bien voulu rédiger à l’intention de ce blogue une synthèse concernant la dévotion des premier mardi de chaque mois en l’honneur de Saint Michel, protecteur de la France.

       En tout temps troublé, la France put toujours compter sur la protection du grand Archange saint Michel.

   Dès la construction d’une église sur le Mont-Tombe, Childebert III (683-711) inaugura la longue liste de nos rois qui se rendirent en pèlerinage « au péril de la mer ».
Saint Charlemagne avait fait inscrire, en 802 dit-on, sur ses étendards : « Saint Michel patron et prince de l’Empire des Gaules ».
En 1212 eut lieu au Mont Saint-Michel une croisade de multitudes d’enfants, et donc appelée des Pastoureaux de France.
Sauvé in extremis d’un grave accident, Charles VII fonda en 1423 une messe d’action de grâces en l’honneur de saint Michel. Dès l’année suivante, sainte Jeanne d’Arc entendait l’Archange lui dire : « Je suis Michel protecteur de la France », et elle recevait ses premières leçons surnaturelles la préparant à sa grande mission de salut pour « le saint Royaume », le Mont Saint-Michel et Vaucouleurs constituant les deux bastions de résistance à l’invasion angloise dans le Nord du Royaume.
Le fils de Charles VII, Louis XI, fonda le 1er août 1469 l’Ordre de Saint Michel, dont le collier entoure les armes de France.

   En ce milieu du XVIIe siècle, les tout débuts du règne de Louis le Grand furent marqués par les troubles de la Fronde.
Anne d’Autriche (1601-1666) assurait alors auprès de son jeune fils les destinées du Royaume, secondée par le Premier ministre, le cardinal Jules Mazarin (1602-1661). Bien que Louis XIV ait atteint la majorité légale à ses treize ans, le 5 septembre 1651, il avait ce jour-là annoncé solennellement à sa mère :
« Madame, je vous remercie du soin qu’il vous a plu de prendre de mon éducation et de l’administration de mon royaume. Je vous prie de continuer à me donner vos bons avis, et je désire qu’après moi vous soyez le chef de mon Conseil ».

Philippe de Champaigne - Louis XIV renouvellant le voeu de Louis XIII

Philippe de Champaigne : le jeune Louis XIV renouvelant le vœu de Louis XIII

   Pour pallier à la révolte princière qui atteint à Paris son paroxysme à l’été 1652, la Reine régente, fit mander à « Monsieur Olier », l’abbé Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657), curé de la paroisse Saint-Sulpice depuis dix ans, de requérir l’aide du Ciel pour faire cesser la guerre civile ravageant le Royaume. Cette paroisse relevait non de la juridiction du Sieur Archevêque de Paris1 mais du Révérendissime Abbé de Saint-Germain-des-Prés2.
Le serviteur de Dieu, figure fondamentale de l’École française de spiritualité3, suggéra la résolution suivante que prononça la Reine :
« Abîmée dans mon néant et prosternée aux pieds de votre auguste et sacrée Majesté, honteuse dans la vue de mes péchés de paraître devant vous, ô mon Dieu, je reconnais la juste vengeance de votre sainte colère, irritée contre moi et contre mon État ; et je me présente toutefois devant vous, au souvenir des saintes paroles que vous dîtes autrefois à un prophète, au sujet d’un Roi pécheur, mais pénitent : J’aurai pitié de lui, et lui pardonnerai, à cause que je le vois humilié en ma présence. En cette confiance, ô mon Dieu, j’ose vous faire vœu d’ériger un autel à votre gloire sous le titre de saint Michel et de tous les anges et sous leur intercession y faire célébrer, tous les premier mardi des mois, le très saint sacrifice de la Messe, afin d’obtenir la paix de l’Église et de l’État ». 

   La souveraine acheva par cette supplique à l’Archange, que rapporte « Monsieur Faillon » (1799-1870), prêtre sulpicien et historien du XIXe siècle et biographe de l’abbé Olier :
«  Glorieux saint Michel je me soumets à vous avec toute ma Cour, mon État et ma famille, afin de vivre sous votre sainte protection ; et je me renouvelle, autant qu’il est en moi, dans la piété de tous mes prédécesseurs, qui vous ont toujours regardé comme leur défenseur particulier. Donc, par l’amour que vous avez pour cet État, assujettissez-le tout à Dieu et à ceux qui le représentent » 4.

Anonyme vers 1645 - Anne d'Autriche avec le jeune Louis XIV et son frère puiné

La Reine régente Anne d’Autriche avec le jeune Louis XIV et son frère puiné
(anonyme, vers 1645)

   L’on ne sait exactement où Anne d’Autriche fit ériger un autel au Prince des Anges pour y faire célébrer solennellement, tous les premier mardi des mois, le saint sacrifice de la Messe. Mais la paix revint promptement, le Roi fit son entrée triomphale dans sa capitale le 21 octobre et la France put alors connaître la stabilité et le rayonnement du « Siècle de Louis XIV ».

   Les fondations de Messes furent assurées jusqu’à la Révolution de 1789. Il fallut attendre le milieu du XXe siècle pour que la France renouât avec cette belle tradition de la « Messe de saint Michel pour la France ».
En 1943 en effet, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’abbé Constant Paulet, ressentant la nécessité d’un sursaut salutaire, lançait la parution du journal « Terre et Foi », y prônant la « maintenance chrétienne et terrienne de la France » et organisant une croisade de messes « pour la France et pour la paix ».
En 1948 il fit sortir de l’oubli la messe du premier mardi en l’honneur de saint Michel et reçut l’imprimatur. En 1956, une vingtaine d’Evêques  l’encouragèrent. Le 15 juin 1962, le pape Jean XXIII accorda sa bénédiction.

   Depuis 1988, les Compagnons de Saint Michel Archange – dont feu l’abbé Christian-Philippe Chanut fut l’aumônier comme Chapelain Prieur –, s’efforcent de faire revivre la spiritualité michaëlique à la suite de l’abbé Paulet ; ils ont relevé cette vénérable tradition de la Messe mensuelle «  afin d’obtenir la paix à l’Église et à l’État » et s’efforcent de la faire connaître et de la diffuser.

   Il s’agit de célébrer, si les règles liturgiques le permettent, la Messe votive de saint Michel (soit celle du 29 septembre, soit celle du 8 mai en Temps pascal), en offrant surtout l’intention de la Messe pour la France. Et retenant que nos prêtres ne vivent pas que d’amour et d’eau fraîche, n’oublions pas de faire l’aumône d’offrandes de Messe. Le Bon Dieu, qui aime la France, nous le rendra au centuple !

Saint Michel - Paris fontaine Saint-Michel

Statue de l’archange Saint Michel dominant la fontaine éponyme à Paris

   P.S. : Note d’accord… qui rassurera ceux d’entre vous qui auront bondi à la lecture du titre et de certaines graphies dans le corps de l’article…
Doit-on mettre la marque du pluriel aux jours de la semaine ? Oui car lundi, mardi etc. sont des noms communs soumis aux mêmes règles d’accord que les autres noms communs. On écrit : tous les lundis et tous les dimanches.
Suivi par une description de temps (semaine, mois), il faut compter le nombre de ces jours dans cet intervalle de temps. Une semaine n’ayant qu’un seul lundi, l’on écrit: les lundi de chaque semaine. Quant au mois, l’on dira les premier et troisième lundis de chaque mois. Premier et troisième sont au singulier puisqu’il n’y a qu’un premier et un troisième dans un mois. Mais les deux, ensemble, sont un pluriel. Tous les lundi et mardi de chaque semaine signifie : chaque lundi et chaque mardi de chaque semaine. Lundi et mardi ne peuvent pas être au pluriel puisqu’il n’y en a qu’un par semaine, mais ensemble, ils forment un pluriel (tous les).
Dans le même ordre d’idées, l’on écrit : tous les dimanches matin et le mardi soir de chaque semaine. Dans le premier cas, matin est au singulier car il n’y a qu’un seul matin dans une journée par contre il y a plusieurs dimanches. Dans le deuxième cas, il n’y a qu’un seul mardi dans la semaine d’où le singulier et il n’y a toujours qu’un seul soir dans un mardi 5.
L’on écrit donc à juste titre : Désormais, je ferai dire – et j’y assisterai dévotement – une Messe de saint Michel pour la France tous les premier mardi des mois…

Abbé Louis de Saint-Taurin

* * * * * * *

Notes :
1 Les évêques de Paris devinrent archevêques en 1622. Ils relevaient jusque là de l’archevêché métropolitain de Sens.
2 Cette abbaye jouissait de l’exemption et dépendait donc directement du Siège Apostolique, ce qui constituait un titre d’indépendance en plein Paris.
3 Selon le concept forgé par Henri Brémont dans son Histoire littéraire du sentiment religieux (t. III, 1929).
4Faillon (abbé Étienne-Michel) : Vie de Monsieur Olier ; Éd. Poussielgue, Frères, Paris, (1841) 1873, t. II, pp.535-536.
5Source : https://leconjugueur.lefigaro.fr/frplurieljour.php.

Mont Saint-Michel au couchant

 

2021-26. La république, en France, n’est pas autre chose que la révolution institutionnalisée.

Blason de la Confrérie Royale

25 mai,
Fête de Sainte Madeleine-Sophie Barat, vierge (cf. > ici) ;
Mémoires des Saints Papes Grégoire VII et Urbain 1er ;
Anniversaire de la découverte des reliques de Sainte Philomène.

Nota bene :
Le texte qui suit fut originellement la lettre mensuelle de la Confrérie Royale, envoyée le 25 mai 2021.

Bien chers Amis,

       La fin du mois de mai est l’occasion, pour les plus enragés des fanatiques révolutionnaires d’aujourd’hui, de commémorer la « semaine sanglante », par laquelle prit fin, en 1871, la Commune insurrectionnelle de Paris, et ils célèbrent – comme s’il s’agissait de héros et de martyrs – la mémoire de leurs ancêtres en idéologie mis à mort lors de la reprise en main de la capitale par les forces militaires envoyées par le gouvernement républicain provisoire réfugié à Versailles.

   Je ne veux pas m’étendre sur les faits : ceux d’entre vous qui désirent approfondir leur connaissance de ces dramatiques événements de la Commune qui mit à feu et à sang notre capitale trouveront aisément des articles (cf. > ici) et des ouvrages fort bien faits traitant du sujet.

   En revanche, je souhaiterais vous entraîner à quelques réflexions, qui ne seront ici que des éléments épars et non exhaustifs qu’il vous sera là encore aisé d’approfondir par vous-mêmes, au prix de quelques efforts de volonté et d’intelligence, car j’ose espérer que les membres de la Confrérie Royale, les adhérents des Cercles légitimistes et les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion non seulement ne répugnent pas à l’effort, mais sont toujours prêts à s’imposer de nouveaux défis spirituels et intellectuels pour mieux servir Dieu et le Roi, et pour être avec toujours plus de rayonnement et d’efficacité les ambassadeurs de la pure et sublime doctrine légitimiste !

   Que fut la Commune ?
Elle ne fut rien d’autre qu’une tentative – remarquable par sa violence et sa barbarie – de réactiver le processus révolutionnaire terroriste auquel on avait assisté moins de cent ans auparavant lorsque, au lendemain de la prétendue prise de la Bastille, un autoproclamé gouvernement révolutionnaire de Paris se constitua, composé des plus extrémistes des ennemis du Trône et de l’Autel.

   Par bien des côtés, un certain nombre de meneurs de la révolution de mai 1968 étaient eux-aussi des nostalgiques des deux « Communes » précédentes : celle de juillet 1789 à août 1795, et celle de mars à mai 1871.

   Tant que les choses n’auront pas été remises dans l’ordre voulu par Dieu dans la société, dans la famille, et surtout dans les consciences et dans les cœurs, il faudra s’attendre à des éruptions malsaines selon ce modèle de violence et de haine, de destruction et de pillage, de terrorisme et de crimes.

   La république maçonnique (qu’elle porte les numéros 1, 2, 3, 4 ou présentement 5) est de toute manière, dans son essence même, nonobstant le langage de séduction qu’elle emploie parfois en mettant en avant des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité qu’elle a pervertis, puisqu’elle les a détournés de la fin ultime de l’homme et de sa destinée surnaturelle, un édifice idéologique de violence et de haine, de destruction et de pillage, de terrorisme et de crimes.

   Elle le reste même lorsqu’elle semble « conservatrice » et pacificatrice ; elle le reste même lorsque ses représentants officiels jouent la carte de la défense de la patrie, celle du maintien de l’ordre, celle de l’exaltation du génie et des gloires de la France, ou encore celle de l’union nationale contre l’anarchie et la barbarie.

   Elle l’est encore et toujours quand elle s’en prend à ceux qui tentent de la déborder par la gauche ; elle l’est encore et toujours quand elle réprime les manifestations de ses enfants les plus extrémistes ; elle l’est encore et toujours quand elle riposte avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et autres « interpellations » et gardes-à-vue pour ceux qui veulent aller plus vite que ne vont ses propres rouages institutionnels dans le processus de déchristianisation et de démolition de la France.

   Ce faisant d’ailleurs elle tente de séduire et de conquérir ceux des Français qui aspirent à l’ordre et à un semblant de « valeurs » et qui, sans ces épisodiques sursauts d’autorité, seraient restés dans l’opposition à ce qu’elle est.

   La république n’a jamais été avare du sang et des larmes de ceux qu’elle appelle « enfants de la Patri-i-heu », mais dont elle use uniquement – et sans humanité – pour asseoir son idéologie : enfants qu’elle dévore comme Moloch dont elle est la fille !

   Si sacrifier cruellement ceux qui veulent doubler par la gauche le programme de ce que les Loges maçonniques lui ont fixé pour aujourd’hui s’avère nécessaire, elle le fera, quand bien même elle accomplira plus tard, au temps fixé par les Loges, ce que revendiquaient les trublions.

   C’est ainsi qu’elle s’assure un plus grand soutien de ce qui reste de plus raisonnable parmi les Français, dont elle fera ainsi de plus fermes appuis pour les plans qu’elle met en œuvre avec une lente méthode.

   La république n’hésitera jamais à les sacrifier ses « enfants » les plus agités, quitte à leur adresser quelques décennies plus tard des éloges chaleureux. Elle est en somme comparable à ces pharisiens dont Notre-Seigneur Jésus-Christ a stigmatisé l’hypocrisie en disant qu’ils élevaient les tombeaux des prophètes que leurs pères ont mis à mort (cf. Matth. XXIII, 29-33).

   Je le dis, je le redis, et je le redirai encore : la république, en France, n’est pas autre chose que la révolution institutionnalisée.
On ne peut en aucune manière et en aucun domaine collaborer avec elle !

   Nous ne sommes pas légitimistes parce que nous sommes des nostalgiques du passé, des nostalgiques des perruques poudrées et des chaises à porteurs, des nostalgiques des fastes de jadis : nous sommes légitimistes en vue de l’avenir, et cet avenir c’est avant tout la restauration de l’ordre naturel et surnaturel voulu par Dieu. Le reste sera donné par surcroît.

   La plus contre-révolutionnaire des attitudes ne consiste pas en autre chose que de se faire serviteur de l’ordre naturel et surnaturel voulu par Dieu.
Le combat légitimiste est prioritairement de l’ordre de la guérison des intelligences et des cœurs, qu’il faut purger des poisons et virus inoculés par l’enfer et que l’on trouve dans toute la prétendue philosophie du « siècle des lumières ».
La victoire légitimiste est celle du triomphe de la Vérité divine sur les ténèbres qui conspirent dans le secret des Loges et autres officines plus ou moins occultes inspirées par le « prince de ce monde ».

   Dans ce combat, les membres de notre petite Confrérie Royale, des Cercles légitimistes, et les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, ont toute leur place et doivent se trouver en première ligne, avec les armes de la prière et du sacrifice, sans lesquelles il n’y aura jamais de victoire assurée, et pour lesquelles il n’y a aucune limite que nous devions nous imposer !

Domine, salvum fac Regem ;
Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Sacrifice d'enfant à Moloch

Sacrifice d’enfant à Moloch

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