2014-109. Encyclique « Quanta cura » du 8 décembre 1864.

C’est à la date hautement symbolique du 8 décembre 1864 - pour le dixième anniversaire de la proclamation du dogme de la conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie donc – , que le Bienheureux Pie IX publia l’encyclique « Quanta cura ».

Le cent-cinquantième anniversaire de ce texte remarquable, qui condamne les principales erreurs modernes – issues pour la plupart de l’esprit des prétendues lumières et de la révolution française – , n’a pas été, à ma connaissance, marqué par des célébrations ou festivités particulières…
Il est vrai, qu’à Rome même, et jusqu’à de très hauts postes de la hiérarchie ecclésiastique, ce texte, qui exprime pourtant le magistère authentique de l’Eglise (ce qui n’est pas le cas des « intervioues » et de certaines prises de parole n’exprimant que des idées personnelles), semble être ignoré ou avoir été relégué aux oubliettes.

Voilà justement pourquoi, il m’a paru important – voire nécessaire – d’en publier ci-dessous le texte intégral.
Je sais très bien que certains de mes lecteurs habituels n’iront pas plus loin que ces quelques lignes d’introduction. Si toutefois quelques personnes, triomphant des tentations de la paresse spirituelle et intellectuelle, font preuve de véritable courage et, non seulement lisent, mais étudient vraiment en profondeur et assimilent les enseignements de cette encyclique, j’en serais plus qu’heureux !

Nota bene : Cette encyclique fut interdite de publication et de diffusion en France par un décret impérial du 1er janvier 1865. Il est vrai que le très libéral et allié des francs-maçons Napoléon III ne pouvait que se trouver indisposé par ces condamnations du naturalisme et des sociétés secrètes (entre autres erreurs).

le Bienheureux Pie IX

Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie IX du 8 décembre 1864

 « Quanta cura »

À tous nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Pie IX, Pape.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

1 – Avec quel soin et quelle vigilance pastorale les Pontifes Romains Nos Prédécesseurs, ont rempli la mission à eux confiée par le Christ Seigneur lui-même en la personne du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, et ont ainsi accompli leur devoir de paître les agneaux et les brebis ! Sans jamais discontinuer, ont attentivement nourri tout le troupeau du Seigneur des paroles de la foi, ont imprégné de la doctrine de salut, écarté des pâturages empoisonnés, voilà ce dont tout le monde est convaincu et assuré, Vous surtout, Vénérables Frères. Oui vraiment Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l’auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n’ont jamais rien eu de plus à coeur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l’Église Catholique, à l’honnêteté des moeurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l’Église et la Cité.

2 – C’est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d’hommes iniques, qui projettent l’écume de leurs désordres comme les vagues d’une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption: ébranler les fondements de la religion catholique et de la société civile par leurs fausses opinions et les plus pernicieux écrits, faire disparaître toute trace de vertu et de justice, corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l’entraîner dans les pièges de l’erreur, et enfin l’arracher du sein de l’Église catholique, voilà le sens de tous leurs efforts.

3 – Vous êtes les premiers à savoir, Vénérables Frères, qu’à peine avions-Nous été élevé à cette chaire de Pierre, par un secret dessein de la Providence Divine et sans aucun mérite de Notre part, Nous avons vu pour la plus grande douleur de Notre âme une tempête vraiment effroyable soulevée par tant de doctrines perverses. Nous avons vu les maux les plus accablants, qu’on ne déplorera jamais assez et que tant d’erreurs ont attirés sur le peuple chrétien. C’est pour remplir les devoirs de Notre Ministère Apostolique et suivre les traces glorieuses de Nos Prédécesseurs que Nous avons élevé la voix. En plusieurs Encycliques déjà publiées, dans les Allocutions prononcées en consistoire et en d’autres Lettres Apostoliques, Nous avons condamné les principales erreurs de notre bien triste époque, fait appel à votre haute vigilance épiscopale, averti et encouragé tous Nos très chers fils de l’Église Catholique à fuir et redouter la contagion d’une peste si violente. Et en particulier, par Notre première Encyclique du 9 novembre 1846, à Vous adressée, et les deux allocutions prononcées en consistoire le 9 décembre 1854 et le 9 juin 1862, nous avons condamné ces monstruosités extraordinaires que sont les opinions, qui surtout de nos jours, dominent pour le plus grand dommage des âmes et au détriment de la société civile elle-même. Ces opinions s’opposent essentiellement, non seulement à l’Église catholique, à sa doctrine de salut et à ses droits vénérables, mais encore à l’éternelle loi naturelle gravée par Dieu dans tous les coeurs et à la droite raison. C’est d’elles que presque toutes les autres erreurs firent leur origine.

4 – Cependant, bien que nous n’ayons pas négligé de proscrire et de réprouver fréquemment les plus graves de ces erreurs, la cause de l’Église catholique et le salut des âmes que Dieu nous a confié, et le bien de la société humaine elle-même, réclament impérieusement que Nous lancions un nouvel appel à votre sollicitude pastorale pour terrasser d’autres idées fausses qui découlent de source de ces mêmes erreurs. Ces opinions trompeuses et perverses sont d’autant plus détestables qu’elles visent principalement à entraver et renverser cette puissance de salut que l’Église catholique, en vertu de la mission et du mandat reçu de son divin Auteur, doit exercer librement jusqu’à la consommation des siècles, non moins à l’égard des individus que des nations, des peuples et de leurs chefs. Elles cherchent à faire disparaître cette mutuelle alliance et cette concorde entre le Sacerdoce et l’Empire, qui s’est toujours avérée propice et salutaire à la Religion et à la société (Grégoire XVI, Encyclique Mirari Vos - 15 août 1832).

5 – Et de fait, vous le savez parfaitement, Vénérables Frères, il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour appliquer à la société civile le principe impie et absurde du « naturalisme », comme ils l’appellent, et pour oser enseigner que « le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions ». Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l’Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : « la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n’est dans la mesure où la tranquillité publique le demande ». À partir de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l’Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, qualifiait de « délire » (Grégoire XVI. Encyclique Mirari Vos) : « La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l’entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu’elles soient, par les moyens de la parole, de l’imprimé ou tout autre méthode sans que l’autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite ». Or, en donnant pour certitudes des opinions hasardeuses, ils ne pensent ni ne se rendent compte qu’ils prêchent « la liberté de perdition » (Saint Augustin, Lettre 105), et que « s’il est permis à toutes les convictions humaines de décider de tout librement, il n’en manquera jamais pour oser résister à la vérité et faire confiance au verbiage d’une sagesse toute humaine. On sait cependant combien la foi et la sagesse chrétienne doivent éviter cette vanité si dommageable, selon l’enseignement même de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Saint Léon, Lettre 164).

6 – Là où la religion a été mise à l’écart de la société civile, la doctrine et l’autorité de la révélation divine répudiées, la pure notion même de la justice et du droit humain s’obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la véritable justice et du droit légitime. D’où l’on voit clairement pourquoi certains, reléguant au dernier rang les plus sûrs principes de la saine raison, sans en tenir compte, osent proclamer que : « La volonté du peuple qui se manifeste par ce qu’on dit être l’opinion publique, ou autrement, constitue la loi suprême dégagée de tout droit divin et humain, et que dans l’ordre politique des faits accomplis, par cela même qu’ils sont accomplis, ont force de droit ». 

7 – Mais qui ne voit et ne sent parfaitement qu’une société dégagée des liens de la religion et de la vraie justice, ne peut plus se proposer aucun autre but que d’amasser et d’accumuler des richesses, ni suivre d’autre loi dans ses actes que l’indomptable désir de l’âme d’être esclave de ses propres passions et intérêts ? C’est pourquoi les hommes de cette espèce poursuivent d’une haine si cruelle les Familles Religieuses, en dépit des services rendus au prix des plus grands efforts à la religion chrétienne, à la société civile et à la culture ; ils déblatèrent contre elle en disant qu’elles n’ont aucune raison légitime d’exister, et c’est ainsi qu’ils applaudissent aux divagations des hérétiques. Or, comme l’enseignait en toute sagesse Notre Prédécesseur Pie VI d’heureuse mémoire : « l’abolition des réguliers blesse le droit de professer publiquement les conseils évangéliques, blesse un mode de vie recommandé dans l’Église comme conforme à la doctrine des Apôtres, blesse la mémoire de ces illustres fondateurs que nous vénérons sur les autels, et qui n’ont établi ces ordres que sous l’inspiration de Dieu » (Lettre au Cardinal de la Rochefoucault – 10 mars 1791).

8 – Et ils déclarent même dans leur impiété qu’il faut ôter aux citoyens et à l’Église la faculté « de fournir valablement des aumônes publiques par charité chrétienne », et abolir la loi « qui à des jours déterminés défend les oeuvres serviles pour vaquer au culte divin » sous le prétexte si fallacieux que « la faculté et la loi ci-dessus évoquées sont contraires aux principes de la bonne économie politique ».

9 – Et non contents de mettre la religion à l’écart de la société, ils veulent même l’écarter de la vie privée des familles. En effet, enseignant et professant la si funeste erreur du Communisme et du Socialisme, ils affirment que : « La société domestique ou la famille emprunte au seul droit civil toute sa raison d’être ; et qu’en conséquence c’est de la loi civile seule que découlent et dépendent tous les droits des parents sur les enfants, et d’abord le droit d’instruction et d’éducation ». Par ces opinions impies et ces machinations, ces hommes de mensonge veulent surtout aboutir à ce que la doctrine et le pouvoir de l’Église catholique qui apportent le salut, soient entièrement éliminés de l’instruction et de l’éducation de la jeunesse, et que l’âme tendre et malléable des jeunes soit infectée et déformée pitoyablement par toutes sortes d’erreurs perverses et par le vice. Oui, tous ceux qui ont mis leurs efforts à bouleverser l’ordre sacré et l’ordre public, à renverser l’ordre juste de la société, et à anéantir tous les droits divins et humains, ont toujours fait tendre leurs desseins criminels, leurs désirs et leurs oeuvres principalement à tromper et à dépraver la jeunesse qui ne s’y attend pas, comme Nous l’avons indiqué plus haut ; et ils ont mis tout leur espoir dans la corruption de cette jeunesse.

10 – Voilà pourquoi jamais ils ne cessent d’infliger toutes sortes de vexations indicibles à l’un et l’autre clergé d’où rejaillirent tant d’immenses bienfaits sur l’ordre religieux, civil et culturel, comme l’attestent avec éclat les plus sûrs monuments de l’histoire; voilà pourquoi ils déclarent que ce clergé même, en tant qu’ennemi du véritable et utile progrès de la science et de la civilisation, doit être écarté de toute charge et de tout rôle dans l’instruction et l’éducation de la jeunesse.

11 – Mais il en est d’autres qui, renouvelant les chimères extravagantes et tant de fois condamnées des novateurs, ont l’insigne impudence de soumettre à la discrétion de l’autorité civile l’autorité suprême attribuée par le Christ Notre Seigneur à l’Église et à ce Siège Apostolique, et de dénier à cette même Église et à ce Siège tous droits en ce qui regarde les affaires extérieures. Car ils n’ont aucunement honte d’affirmer que : « Les lois de l’Église n’obligent pas en conscience, à moins qu’elles ne soient promulguées par le pouvoir civil. – Les actes et les décrets des Pontifes Romains concernant la religion et l’Église ont besoin de la sanction et de l’approbation, ou au moins du consentement du pouvoir civil. – Les constitutions apostoliques qui condamnent les sociétés secrètes – qu’on y exige ou non le serment de garder le secret – et qui frappent d’anathème leurs adeptes et leurs défenseurs ne peuvent entrer en vigueur dans les pays où le gouvernement civil tolère ces sortes d’associations. – L’excommunication portée par le Concile de Trente et les Pontifes Romains contre ceux qui envahissent et usurpent les droits et possessions de l’Église, repose sur une confusion de l’ordre spirituel avec l’ordre civil et politique, et n’a pour but qu’un bien de ce monde. – L’Église ne doit rien décréter qui puisse lier la conscience des fidèles relativement à l’usage des biens temporels. Le droit ecclésiastique n’a pas compétence pour châtier de peines temporelles les violateurs de ses lois. – Il est conforme aux principes de la sacrée théologie et du droit public d’attribuer au gouvernement civil et de revendiquer pour lui la propriété des biens qui sont en possession de l’Église, des Familles Religieuses et autres associations pieuses ».

12 – Ils ne rougissent pas non plus de professer ouvertement et publiquement les formules et les principes hérétiques, d’où sortent tant d’opinions perverses et d’erreurs. Car ils répètent que « le pouvoir ecclésiastique n’est pas, de droit divin, distinct et indépendant du pouvoir civil, et qu’une telle distinction et indépendance ne peut être conservée sans que l’Église envahisse et usurpe les droits essentiels du pouvoir civil ».

13 – Et Nous ne pouvons passer sous silence l’audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que : « Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège Apostolique dont l’objet regarde manifestement le bien général de l’Église, ses droits et sa discipline, on peut, du moment qu’ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux moeurs, leur refuser l’assentiment et l’obéissance, sans péché et sans cesser en rien de professer le catholicisme ». À quel point cela est contraire au dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre Seigneur lui-même au Pontife Romain, de paître, de régir et de gouverner l’Église universelle, il n’est personne qui ne le voie et qui ne le comprenne clairement et distinctement.

14 – Au milieu donc d’une telle perversité d’opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d’élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l’Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.

15 – Et, en outre, vous savez très bien, Vénérables Frères, que de nos jours ceux qui haïssent toute vérité et toute justice, les ennemis acharnés de notre religion, au moyen de livres empoisonnés, de brochures et de journaux répandus par toute la terre, trompent les peuples, mentent perfidement, et diffusent toutes sortes d’autres doctrines impies. Vous n’ignorez pas non plus que, même à cette époque où nous sommes, on en trouve qui, mus et stimulés par l’esprit de Satan, en sont arrivés à cette impiété de nier Notre Seigneur et Maître Jésus-Christ, et ne craignent pas d’attaquer sa Divinité avec une insolence criminelle. Mais ici Nous ne pouvons, Vénérables Frères, que vous honorer à bon droit des plus grands éloges, vous qui n’avez jamais manqué, avec tout votre zèle, d’élever votre voix épiscopale contre tant d’impiété.

16 – C’est pourquoi, par Nos présentes Lettres, Nous nous adressons une fois de plus avec beaucoup d’affection à vous qui, appelés à partager Nos soucis, êtes au milieu des calamités qui nous touchent si virement. Notre consolation, Notre joie et Notre encouragement les plus grands: par la qualité de votre esprit religieux et de votre piété et aussi par cet amour, cette foi et cette déférence admirable avec lesquels, attachés à Nous et à ce Siège Apostolique dans la plus grande unité d’esprit, vous travaillez à remplir avec empressement et application votre très grave ministère épiscopal. Car Nous attendons de votre remarquable zèle pastoral que, prenant le glaive de l’esprit, qui est la parole de Dieu, et fortifiés dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, vous ayez la volonté de veiller chaque jour davantage avec une attention redoublée à ce que les fidèles confiés à vos soins « s’abstiennent des herbes nuisibles que Jésus-Christ ne cultive pas, parce qu’elles n’ont pas été plantées par son Père » (Saint Ignace martyr, à Philadelphe). Et ne cessez jamais d’inculquer à ces mêmes fidèles que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa doctrine et de sa pratique, et qu’ « heureux est le peuple dont Dieu est le Seigneur » (Psaume 143). Enseignez que « l’autorité repose sur le fondement de la Foi Catholique » (Saint Célestin, Lettre 22 au Synode d’Éphèse) et qu’ « il n’y a rien de plus mortel, rien qui nous précipite autant dans le malheur, nous expose autant à tous les dangers, que de penser qu’il nous peut suffire d’avoir reçu le libre arbitre en naissant; sans avoir à rien demander de plus à Dieu ; c’est-à-dire, qu’oubliant notre Créateur, nous renions son pouvoir sur nous pour manifester notre liberté » (Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile Épiscopal de Carthage). N’omettez pas non plus d’enseigner que « le pouvoir de gouverner est conféré non pour le seul gouvernement de ce monde, mais avant tout pour la protection de l’Église » (Saint Léon, Lettre 156) et que « rien ne peut être plus profitable et plus glorieux aux chefs d’États et aux Rois que ce que Notre Prédécesseur saint Félix, rempli de sagesse et de courage, écrivait à l’empereur Zénon : « Qu’ils laissent l’Église catholique se gouverner par ses propres lois, et ne permettent à personne de mettre obstacle à sa liberté… Il est certain qu’il leur est avantageux de s’appliquer, quand il s’agit de la cause de Dieu, et suivant l’ordre qu’Il a établi, à subordonner et non à préférer la volonté royale à celle des prêtres du Christ » » (Pie VII, encyclique Diu satis, 15 mai 1800).

17 – C’est toujours, Vénérables Frères, mais c’est maintenant plus que jamais, au milieu de telles calamités de l’Église et de la société civile, en présence d’une si vaste conspiration d’adversaires et d’un tel amas d’erreurs contre le catholicisme et le Siège Apostolique, qu’il est absolument nécessaire de nous adresser avec confiance au Trône de la grâce pour obtenir miséricorde et trouver la grâce d’une protection opportune.

À cette fin, Nous avons jugé bon de stimuler la piété de tous les fidèles pour qu’en union avec Nous, et avec vous, ils ne cessent de prier et supplier par les prières les plus ferventes et les plus humbles, le Père très clément des lumières et des miséricordes; qu’ils se réfugient toujours dans la plénitude de la foi auprès de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a rachetés à Dieu en son sang; qu’ils demandent avec une perpétuelle instance à son très doux Coeur, victime de sa très ardente charité envers nous, d’attirer tout à lui par les liens de son amour, et de faire que tous les hommes, enflammés de son très saint amour, marchent dignement selon son Coeur, agréables à Dieu en tout, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres. Et, comme les prières des hommes sont indubitablement plus agréables à Dieu quand elles lui parviennent avec des coeurs purs de toute corruption, Nous avons pensé à ouvrir avec une libéralité apostolique aux fidèles chrétiens les célèbres trésors de l’Église dont la distribution Nous est confiée, afin que ces mêmes fidèles excités plus vivement à la vraie piété, et purifiés des taches de leurs péchés par le Sacrement de Pénitence, répandent avec plus de confiance leurs prières à Dieu et obtiennent sa miséricorde et sa grâce.

18 – En conséquence, par les présentes Lettres, en vertu de notre Autorité Apostolique, à tous et chacun des fidèles des deux sexes dans l’univers catholique, Nous accordons une Indulgence plénière en forme de Jubilé, à gagner durant toute l’année à venir 1865 et non au delà, dans l’espace d’un mois à désigner par vous, Vénérables Frères, et les autres Ordinaires légitimes des lieux, en la même manière et forme exactement que Nous l’avons accordée, au commencement de Notre suprême Pontificat, par Nos Lettres Apostoliques en forme de Bref du 20 novembre 1846, envoyée à tout votre Ordre épiscopal de l’univers, et commençant par ces mots : « Arcano Divinae Providentiae consilio » et avec tous les mêmes pouvoirs accordés par Nous dans ces Lettres. Nous voulons cependant que toutes les prescriptions contenues dans les susdites lettres soient observées, et que soient maintenues toutes les exceptions que Nous avons mentionnées. Nous accordons cela nonobstant toutes dispositions contraires, même celles qui seraient dignes d’une mention et d’une dérogation spéciales et individuelles. Et pour écarter tout doute et toute difficulté, Nous vous avons fait parvenir un exemplaire de ces Lettres.

19 – Prions, Vénérables Frères, « du fond du coeur et de toute notre âme la miséricorde de Dieu, parce qu’il a lui-même ajouté: Je n’éloignerai pas d’eux ma miséricorde. Demandons et nous recevrons, et si nous attendons et que nous tardions à recevoir à cause de la gravité de nos offenses, frappons; car à celui qui frappe on ouvrira, pourvu que nous frappions à la porte avec nos prières, nos gémissements et nos larmes, avec lesquels il faut insister et persévérer, et pourvu que notre prière soit unanime… que chacun prie Dieu non seulement pour lui-même mais pour tous ses frères, comme le Seigneur nous a enseigné à prier » (Saint Cyprien, Lettre 11). Et pour que Dieu exauce plus facilement Nos prières et Nos voeux, les vôtres et ceux de tous les fidèles, faisons participer en toute confiance auprès de lui l’Immaculée et très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie qui a détruit toutes les hérésies dans le monde entier, et qui, Notre Mère très aimante à tous, « est toute suave… et pleine de miséricorde… se montre exorable à tous, très clémente à tous, compatit aux misères de tous avec la plus large affection » (Saint Bernard, Sermon sur les douze prérogatives de la Bienheureuse Vierge Marie d’après l’Apocalypse). Comme Reine, debout à la droite de Son Fils Unique, notre Seigneur Jésus-Christ, toute enveloppée dans un vêtement d’or, il n’y a rien qu’Elle ne puisse obtenir de Lui.

Demandons aussi les suffrages du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, de son Coapôtre Paul, et de tous les Saints du Ciel qui devenus amis de Dieu, sont parvenus au royaume céleste, possèdent la couronne et la palme, et sûrs de leur immortalité, sont soucieux de notre salut.

20 – Enfin, demandant pour vous à Dieu de toute Notre âme l’abondance de tous les dons célestes, Nous donnons du fond du coeur et avec amour, en gage de Notre particulière affection, la Bénédiction Apostolique à vous-mêmes, Vénérables Frères, et à tous les fidèles clercs et laïcs confiés à vos soins.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 décembre de l’année 1864, dixième depuis la Définition Dogmatique de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie Mère de Dieu. Et de Notre Pontificat la dix-neuvième.

PIE IX, PAPE

Armoiries de Pie IX

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 9 décembre, 2014 |5 Commentaires »

2014-57. « Vos fils et vos filles prophétiseront ».

L’enseignement du cardinal Pie
à propos
des révélations privées.

Mercredi des Quatre-Temps d’été.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La première lecture de la Sainte Messe, en ce mercredi des Quatre-Temps d’été, nous a permis de réentendre le discours de Saint Pierre adressé aux Judéens et aux pèlerins venus à Jérusalem « de toutes les nations qui sont sous le ciel » à l’occasion de la Pentecôte, rassemblés devant le Cénacle attirés par les phénomènes extraordinaires qui avaient accompagné la venue du Saint-Esprit (Act. II, 14-21).
Le Prince des Apôtres cite une prophétie de Joël (Joël II, 28-32) pour expliquer ce qui se passe lors de cette première Pentecôte de l’Eglise.

Comme il arrive fréquemment que l’on interroge Frère Maximilien-Marie au sujet de telle ou telle « apparition » ou de certaines prétendues « révélations » contemporaines, il m’a semblé bon de livrer ci-dessous un texte important à ce propos, extrait d’une homélie de Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, homélie dans laquelle il a justement commenté cette prophétie de Joël.
On notera aussi que, quelques jours seulement après qu’ella a été prononcée, cette homélie a été chaleureusement approuvée par le Bienheureux Pie IX : c’est qu’en effet on y trouve exposée toute la sagesse séculaire de la Sainte Eglise en cette matière ; on y trouvera aussi de ce fait des principes de conduite pour les temps actuels ; on y trouvera donc les règles auxquelles nous nous référons toujours au Mesnil-Marie au sujet de tous les phénomènes dits mystiques : ouverture et prudence, et par dessus tout aucune anticipation sur les jugements officiels de la Sainte Eglise

Je pense que beaucoup de nos amis ou de mes lecteurs sauront tirer profit de ce texte dont l’équilibre spirituel et doctrinal est absolument parfait.

Lully.

frise

Cardinal Edouard Pie

Mgr. Louis-Edouard Pie

L’Eglise et les révélations privées

chapitres 2 & 3 de l’homélie prononcée
le 3 juillet 1876,
à l’occasion du couronnement solennel de Notre-Dame de Lourdes,
en présence du Nonce Apostolique délégué par Sa Sainteté le Pape Pie IX,
en présence de Son Eminence le cardinal archevêque de Paris
et de trente-trois autres archevêques et évêques.
Après avoir lu le texte de cette homélie, Sa Sainteté le Pape Pie IX
adressera personnellement à Monseigneur Pie,
le 27 juillet 1876,
un bref de louange et d’approbation.

« Et il arrivera que dans les derniers jours, dit le Seigneur, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions. » C’était un oracle de Joël que le prince des Apôtres alléguait ainsi le jour même de la Pentecôte, expliquant par là les merveilles dont la Judée était témoin à cette heure. Les signes miraculeux, nécessaires pour l’établissement de la foi, ne devaient pas se perpétuer aussi nombreux, aussi quotidiens, après que l’Eglise aurait été assez affermie, et assez étendue pour avoir moins besoin de ces secours. Toutefois, le Seigneur gardait toute sa puissance ; chaque siècle devait avoir ses prodiges, et les âges les plus rapprochés de la fin des choses, précisément parce que l’empire du mal y devait prévaloir davantage, verraient renaître et se multiplier les merveilles de l’Eglise naissante.
A la vérité, Joël, dans le texte que nous invoquons, considère au premier plan de sa prophétie les temps qui suivraient la captivité : et erit post haec (1). Après lui, l’apôtre saint Pierre parle d’abord de son propre temps qui, pour la synagogue, était celui des derniers jours : et erit in novissimis diebus (2). Mais le regard prophétique de l’un et de l’autre plonge plus loin ; il vise des jours qui précèderont l’avénement du jour du Seigneur, de ce jour grand et horrible, qu’éclairera la manifestation universelle des choses : antequam veniat dies Domini magnus et horribilis (3), dies Domini magnus et manifestus (4).

La tradition et les règles posées par l’école (5) nous permettent et, je vais le dire bientôt, nous ordonnent à le comprendre ainsi.

Car, mes Très Chers Frères, la négation, quoique tardive, a fini par se produire sur ce point. Deux catégories distinctes de contradicteurs ont surgi. De la part des matérialistes et des déistes, cela n’a rien d’étonnant : ils sont conséquents avec leur impiété quand ils rejettent l’apparition de tout symptôme surnaturel quelconque, ancien ou nouveau. Ce qui s’explique plus difficilement, c’est que des chrétiens qui admettent la parole de Dieu, bien mieux, ceux-là surtout qui basent leur croyance sur cette parole librement et individuellement interprétée, aient posé en principe que Dieu s’est interdit de parler dorénavant aux hommes, et que toute vision ou révélation privée est désormais chimère ou mensonge : assertion, disons-le, qui n’a pas tardé d’être combattue chez eux et dans leurs propres ranges par une pullulation sans bornes de voyants et d’illuminés (6).

Or, mes Très Chers Frères,  l’enseignement authentique de l’Eglise, l’enseignement des docteurs, des conciles et des papes n’a pas été muet sur cette question. Sans doute, le dépôt sacré de la révélation a été clos avec l’ère apostolique. A la différence de l’ancienne loi, sous laquelle le canon des Ecritures demeura ouvert jusqu’aux derniers jours d’Israël, le nôtre est scellé par la prophétie de saint Jean (7), qui d’ailleurs embrasse les destinées de l’Eglise et des sociétés jusqu’à la fin des temps. Mais il ne suit pas de là que la révélation privée ait été exclue de l’économie de la loi nouvelle. La raison toute seule nous enseigne qu’il est toujours libre à Dieu de se mettre en rapport avec sa créature ; et les annales de l’Eglise nous montrent de siècle en siècle de grands fruits de sainteté obtenus, de grandes lumières et de grandes grâces octroyées aux âmes, des consolations et des directions très opportunes offertes au peuple chrétien par la voie de ces communications extraordinaires. « A toutes les époques, dit l’ange de l’école, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour révéler une nouvelle doctrine de foi, mais pour la direction de la conduite humaine » (9).

Le cinquième concile oecuménique du Latran, en réponse aux diatribes anticipées de l’école luthérienne, dont Mélancthon et les centuriateurs de Magdebourg allaient se faire les porte-voix, a solennellement affirmé et vengé cette permanence de l’inspiration dans l’Eglise ; et il n’a pas fait difficulté de s’appuyer sur l’autorité de l’ancien et du nouveau Testament : « Le Seigneur lui-même, dit-il, s’est engagé à cela par le prophète Amos : ut per Amos prophetam ipse promittit » (10).

Je vois sourire l’incrédule. Mon frère, ne récusez pas trop légèrement cet oracle. En fait de science politique, vous avez le vôtre, et c’est peut-être Machiavel. Or Machiavel, c’est-à-dire, je veux le reconnaître, l’un des écrivains qui ont porté dans l’étude de l’histoire des sociétés humaines un flair très fin et très exercé, Machiavel a écrit que « jamais il ne s’est produit dans le monde de grands événements qui n’eussent été prédits de quelque manière » (11). Savait-il qu’il traduisait le verset d’Amos auquel la constitution conciliaire du pape Léon X semble avoir fait allusion ? « Quia non facit Dominus verbum, nisi revelaverunt secretum suum ad servos suos prophetas : le Seigneur n’exécute point son dessein – il ne frappe jamais ses grands coups - sans avoir préalablement révélé son secret à ses serviteurs » (12).
Mais, me direz-vous, on peut-être conduit loin par cette doctrine ; et ne voyez-vous pas naître des milliers de visionnaires ?
Assurément, mes Frères, s’il y a des visions vraies, il y en a de fausses ; j’accorde même, étant donnée la disposition des esprits, à certaines époques surtout, qu’une vision vraie devient le signal d’une multitude de visions fausses. Que conclure de là ? qu’il faut mettre en même catégorie ce qui est vrai et ce qui est faux ? C’est ce que le concile nous défend : « Hos aliorum fabulosorum et mendacium gregi connumerari minime volumus » (13) ; et il nous le défend, armé de l’autorité de l’Apôtre, lequel, à côté du principe, établit la règle et le moyen de discernement.
« Donnez-vous bien garde, dit saint Paul, d’éteindre l’esprit et de mépriser de parti pris toute espèce de révélations : Spiritum nolite extinguere ; prophetias nolite spernere (14). Mais soumettez-les à l’épreuve, et retenez ce qui est bon : omnia autem probate ; quod bonum est tenete » (15). Ainsi fait l’Eglise. Elle a appris de saint Jean « qu’il ne faut pas se fier à tout esprit, mais qu’il faut éprouver si les esprits proviennent de Dieu » (16). Et la discipline qu’elle a établie à cet égard, la jurisprudence qu’elle suit, les règles qu’elle s’est tracées, sont en vérité si sages, si méticuleuses, si sévères, qu’elles dépassent les exigences de la critique humaine et de la méthode scientifique la plus rigide. Puis, quand elle a formé sa conviction sur la valeur de la révélation, si elle en autorise la croyance, ainsi que les actes de piété qui s’y rattachent, elle ne fait pourtant de commandement et n’impose d’obligation à personne. En ces matières, dit le pape Benoît XIV, l’Eglise a coutume de procéder par voie de permission, mais non de précepte (17).

Sans doute celui qui a conscience que Dieu lui a personnellement parlé, doit à Dieu, pour sa part, l’assentiment de sa foi, parce que c’est le devoir de la créature « de ne pas récuser Dieu quand il parle : videte ne recusetis loquentem » (18). Si la communication ainsi faite est destinée à un tiers, c’est pareillement le devoir de celui-ci de croire à Dieu et de lui obéir, sitôt que des preuves suffisantes lui ont été fournies : nul n’a le droit de se soustraire à un ordre qui lui vient du ciel. Mais quant aux autres, quant à l’ensemble de la communauté chrétienne, en règle générale, il n’est prescrit à personne d’accorder son attention et son adhésion positive à ces phénomènes surnaturels (19). Phénomènes ardemment recherchés de toutes les âmes saintement jalouses d’entrevoir dès ici-bas quelque chose de la face du Seigneur ; tandis qu’il est d’autres trempes d’esprit, d’autres tempéraments, d’autres caractères, qui n’aiment point aller au devant de ces manifestations, parce qu’elles sont pour eux un sujet d’ahurissement et d’effroi : stupor apprehendit omnes, et repleti sunt timore dicentes : quia vidimus mirabilia hodie (20).

In « Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
Tome IX, pp. 332 à 337
Librairie H. Oudin, éditeur – 1881.

St-Esprit & Ste Bible

Notes :
(1) Joël II, 28

(2) Act. II, 17
(3) Joël II, 31
(4) Act. II, 20
(5) L’école = l’école de théologie scolastique
(6) Monseigneur Pie désigne, sous le nom de « chrétiens qui admettent la parole de Dieu… (et) qui basent leur croyance sur cette parole librement et individuellement interprétée », les diverses sectes protestantes qui derrière le fallacieux argument du « sola Scriptura » se sont égarées dans mille formes de pseudo prophétisme et de discours prétendument inspirés…
(7) c’est à dire le livre de l’Apocalypse.
(8) c’est-à-dire Saint Thomas d’Aquin.
(9) St Thomas – Somme théologique 2a 2ae quest. CLXXIV, art. VI – 3.
(10) cf. Latran V, Léon X – constitution « Supernae majestatis praesidio » du 19 déc. 1516 : « (…) D’autre part, si le Seigneur révèle à certains d’entre eux (les fidèles) par une sorte d’inspiration certaines choses qui doivent survenir dans l’Eglise de Dieu, comme il l’a lui-même promis par le prophète Amos et comme le dit Paul, apôtre des prédicateurs : N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties (1 Thess. V, 19-20), Nous ne voulons aucunement que ceux-ci soient tenus pour des fabulateurs et des menteurs, ni rencontrent d’autres obstacles. Au témoignage d’Ambroise, la grâce du Saint-Esprit lui-même est éteinte si l’ardeur de ceux qui commencent à s’exprimer est paralysée par la contradiction : en l’occurrence, l’on fait certainement injure au Saint-Esprit. Et parce qu’il s’agit d’une chose importante, étant donné qu’il ne faut pas croire facilement à tout esprit, mais que, selon le témoignage de l’Apôtre, les esprits doivent être mis à l’épreuve pour s’assurer qu’ils viennent de Dieu (cf. 1 Joan. IV, 1), Nous voulons qu’il soit entendu que désormais, en vertu du droit ordinaire, l’examen de ces supposées inspirations sera réservé à l’examen du Siège apostolique avant qu’elles soient rendues publiques ou prêchées au peuple. »
(11) Cité par Joseph de Maistre in « Soirées de Saint-Petersbourg », entretien onzième.
(12) Amos III, 7.
(13) « Nous ne voulons aucunement que ceux-ci soient tenus pour des fabulateurs et des menteurs, ni rencontrent d’autres obstacles », voir ci-dessus la note 10.
(14) Littéralement : « N’éteignez point l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties » – 1 Thess. V, 19-20.
(15) Littéralement : « Eprouvez tout ; retenez ce qui est bon » – 1 Thess. V, 21.
(16) 1 Joan. IV, 1.
(17) Benoît XIV « De serv. Dei canoniz. » L.II, c. XXXII, 11, 12.
(18) Hebr. XII, 25.
(19) Suarez « De fide », disput. III, sect. X, n. 7 – Lugo, « De virt. fidei », disput. I, sect. XI, n. 228 – Benoît XIV, « De serv. Dei canoniz. » L. III, c. ultim. 12, 13, 14.
(20) Luc V, 26 : « La stupeur les saisit tous (…) et ils furent remplis de crainte, disant : Nous avons vu des choses étonnantes aujourd’hui ! »

2014-49. C’est justement parce qu’il est religieux que mon blogue est politique !

Mercredi 14 mai 2014.
404e anniversaire de l’assassinat d’Henri IV le grand.
371e anniversaire de la sainte mort de Louis XIII le juste.

Rubens l'apothéose d'Henri IV - détail

Pierre-Paul Rubens : l’apothéose d’Henri IV le grand (détail)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui nous ramène deux grands (et doubles) anniversaires royaux : d’une part celui de l’assassinat d’Henri IV le grand, le 14 mai 1610, et donc de l’avènement de son fils Louis XIII ; et d’autre part celui de la sainte mort – assisté par Saint Vincent de Paul – de ce même Louis XIII le juste, le 14 mai 1643, et donc également encore de l’avènement du Grand Roi : Louis XIV.

Fleur de Lys

Dans la continuité de mes précédentes publications depuis le 23 avril dernier, je veux profiter de ces anniversaires pour quelques nouvelles clarifications.
En effet, parmi les critiques qui m’ont été adressées à l’occasion de ce que j’écrivais les 23 et 24 avril (ici > www et ici > www), il m’était reproché comme une incongruité – voire une inconvenance – que j’écrivisse sur des thèmes « politiques », alors que nous étions dans l’octave de Pâques, parce que l’on attendait de moi des textes uniquement spirituels accordés au temps liturgique…

La première réponse que j’ai à donner là-dessus, c’est que je n’oblige personne à me lire et que si, donc, certains n’en apprécient pas la teneur, ils n’ont qu’à s’abstenir ou s’arrêter de les parcourir – lorsqu’ils se rendent comptent que mes publications ne sont pas à leur goût – , plutôt que se donner à eux-mêmes des aigreurs d’estomac.

Il est aussi un second élément que je veux notifier : notre Frère Maximilien-Marie a proposé aux personnes qui le souhaitaient un parcours de carême en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion (cf. > www) ; les personnes intéressées ont donc pu, depuis le Mercredi des Cendres jusqu’au dimanche de Quasimodo inclus, recevoir quotidiennement dans leur boite aux lettres électronique un texte spirituel marquant la progression vers Pâques et cela s’est continué pendant tout l’octave de Pâques, puisque la fête de Pâques dure liturgiquement huit jours. C’était donc de ce côté-là qu’il fallait espérer des publications en rapport avec la liturgie.
Si vous voulez acheter des croquettes pour votre chat et que vous les cherchez dans la partie du magasin où l’on vend des conserves de légumes, ne reprochez pas aux vendeurs de ne pas proposer à la vente cet article que vous désirez, mais faites plutôt tout simplement l’effort d’aller voir dans le bon rayonnage ; et, si vous ne savez pas où il se trouve, demandez-le poliment à l’accueil !

P. de Champaigne Louis XIII couronné par la victoire

Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire.

Au Mesnil-Marie, nous cherchons autant que possible à être cohérents.
Sans faire de confusion entre les domaines temporels et spirituels, mais parce que notre religion est celle de l’Incarnation, nos convictions religieuses ont le plus naturellement du monde des implications sociales et politiques (j’emploie ce mot dans son sens le plus noble, qui est aussi le plus général).

La distinction entre le temporel et le spirituel ne peut en aucune manière être une séparation absolue, de la même manière que la foi et les oeuvres ne peuvent être séparées : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? (…) La foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14… 17).
Nous ne sommes pas adeptes du « césaropapisme », pas plus que de la « théocratie pontificale », mais nous n’adhérons pas non plus aux funestes erreurs qui enseignent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, plusieurs fois condamnées – en particulier par les saints papes Pie IX et Pie X – .
Ainsi que l’a encore rappelé le vénérable Pie XII dans une phrase justement célèbre : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».

Mon blogue est donc « politique »,
justement parce qu’il est religieux !

Et si nous célébrons à Pâques le grand triomphe surnaturel et spirituel sur le mal, rien ne s’oppose – bien au contraire – à ce que, forts de cette grâce pascale et armés de la Sainte Croix victorieuse, nous dénoncions avec encore davantage de fervente pugnacité les forces maléfiques qui sont à l’oeuvre en nos temps, qui pervertissent la société, qui corrompent la civilisation, qui sont aujourd’hui diffusées et appliquées par des systèmes politiques téléguidés par les loges, et qui pourrissent l’âme de nos contemporains jusqu’à compromettre gravement leur salut éternel…

Charles le Brun apothéose de Louis le grand

Charles Le Brun : apothéose de Louis le Grand.

Notre ami Florian, dans les réponses qu’il a données aux questions que lui posait Monsieur F. Abed (entretien publié ici > www) a bien mis en valeur combien le Légitimisme harmonise le coeur, l’intelligence et l’esprit surnaturel : l’amour, la raison et la foi.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est le seul et unique mouvement politique qui soit absolument, intégralement, et en tous points, conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise Catholique et à la tradition royale capétienne, mais ce n’est pas un « parti » et ce ne le sera jamais (parce que justement la « logique » des partis est une pratique issue des principes révolutionnaires).
Il est notoire – d’ailleurs nous ne cherchons pas à le cacher, puisque cela n’a rien de honteux ! – que, au Mesnil-Marie, nous sommes fermement attachés à la Légitimité et à ce que représente et défend l’UCLF.
Nos convictions légitimistes ne sont pas un attachement superficiel et sentimental à la seule personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, mais elles forment un corps de doctrine complet et parfaitement équilibré qui n’est ni plus ni moins que la conséquence rigoureusement logique de notre foi et une mise en oeuvre sociétale cohérente des principes spirituels qui nous animent.

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a pu déjà, en plus d’une occasion, affirmer qu’il était « entré en Légitimité » de la même manière qu’il était entré en religion. Ce pourquoi aussi l’anneau bénit dont est ceint son annulaire droit – anneau de profession religieuse en tous points comparable à ce qu’est l’alliance pour les époux – porte des fleurs de lys.

anneau de profession de frère Maximilien-Marie

J’en viens maintenant à quelques autres critiques qui m’ont été adressées, toujours au sujet de mes précédentes publications, dont le légitimisme indispose certains.

L’une d’elles portait sur l’accent de Monseigneur le duc d’Anjou, qualifié d’épouvantablement « espagnol ».
Je laisse tout spécialement mes amis et lecteurs hispanisants « apprécier » la profondeur intellectuelle et spirituelle d’une telle critique…
Nul doute que mon charitable censeur, s’il eut vécu en ces temps là, eût égalemement été un farouche opposant à l’accession au trône d’Henri IV, puisque celui-ci parlait avec l’accent béarnais !
Derrière le ridicule de cet argument pointe le pseudo « principe de nationalité », inventé de toutes pièces par les royalistes qui ont gobé les théories révolutionnaires – génératrices des plus basses formes de xénophobie – , à fin de barrer la route du trône à la branche aînée des Bourbons.
Ces nationalistes à l’esprit étriqué devraient toutefois se mieux informer : ils apprendraient que Monseigneur le Prince Louis possède la nationalité française, ainsi d’ailleurs que la Princesse Marguerite son épouse !

On m’a aussi écrit pour contester la mort de l’infortuné Louis XVII dans la prison du Temple, arguant que le coeur authentifié comme celui du pauvre petit Roi, et déposé depuis lors à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, serait celui de son frère aîné, Louis-Joseph, mort le 4 juin 1789.
Aucun de ceux qui soutiennent cette théorie n’a jamais été capable de m’expliquer comment le coeur embaumé du fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette avait échappé, seul, au pillage de l’église du Val de Grâce où il avait été déposé, quelle histoire aurait été la sienne (puisqu’il n’existe pas l’ombre d’un document ou d’un témoignage à ce propos) jusqu’à sa réapparition, ni comment un coeur qui n’avait pas été plongé dans de l’alcool mais embaumé se retrouverait aujourd’hui durci par l’alcool et sans aucune trace d’embaumement…
Quant aux récentes remises en question de la mort de Louis XVII au Temple par le descendant et les sectateurs de Naundorff, prétextant d’une parenté génétique avec les Bourbons, dont « le Figaro » s’est imprudemment fait l’écho il y a peu de temps, sans vérification scientifique de telles allégations, voici les conclusions du professeur Cassiman, généticien de renom internationnal :
« Le profil de Hugues de Bourbon-Naundorff démontre clairement qu’il n’est pas un Bourbon. Tout au plus il appartient à un groupe de chromosome Y frère. Les SNP du chromosome Y indiquent que Hugues et les Bourbons ont un ancêtre commun… il y a quelques milliers d’années. Les STR ne peuvent être employés que pour déterminer des parentés récentes. De toute façon pour déterminer une parenté de moins de 500 ans, moins de 3 à 4 STR au maximum peuvent être différents. Ici il y en a 6. Il y a beaucoup d’erreurs techniques et d’interprétation. Le groupe R1b1a2a1ac n’existe pas… Cela démontre le manque d’expertise des auteurs. Donc les résultats obtenus par le laboratoire de Louvain selon lesquels Naundorff n’était pas Louis XVII sont confirmés. Pas besoin de réécrire l’Histoire ».

Monseigneur le Prince Louis à Saint-Denys devant le monument de Louis XVI

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens,
à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, devant le monument de S.M. le Roi Louis XVI.

Au deuxième dimanche de mai, nous avons fêté la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, la sainte de la légitimité dynastique (voir ce que j’en écrivais ici, il y a trois ans > www) : puisse-t-elle, aujourd’hui encore où cela est plus que jamais nécessaire, intercéder et – du haut du Ciel – agir pour que, dans notre France menacée, se réalisent l‘unité des esprits dans la vérité et l’union des coeurs dans la charité.

Lully.                        

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

 

2013-60. De quelques citations & de quelques félines réflexions… (juin-juillet 2013)

Mercredi 31 juillet 2013,
fête de Saint Ignace de Loyola.

En complément de ma chronique d’hier (cf. > www) je recopie ci-dessous à votre intention, quelques citations qui me paraissent remarquables et que j’ai relevées à l’occasion de mes lectures. J’y ajoute quelques réflexions personnelles faites – au jour le jour – plus ou moins en lien avec l’actualité.

2013-60. De quelques citations & de quelques félines réflexions... (juin-juillet 2013) dans Commentaires d'actualité & humeurs livre000

- Début juin, en relisant « Mon coeur mis à nu » de Charles Baudelaire, je relève :

« La croyance au progrès est une doctrine de paresseux (…).
C’est l’individu qui compte sur ses voisins pour faire sa besogne.
Il ne peut y avoir de progrès (vrai, c’est-à-dire moral) que dans l’individu et par l’individu lui-même.
Mais le monde est fait de gens qui ne peuvent penser qu’en commun, en bandes. (…)
Il y a aussi des gens qui ne peuvent s’amuser qu’en troupe.
Le vrai héros s’amuse tout seul. »

patte-de-chat 14 juillet dans Lectures & relectures

- Gustave Thibon !
Source inépuisable à laquelle je reviens sans cesse, qui m’enrichit et me fortifie toujours davantage…
Ce 12 juin, je trouve dans  « Les hommes de l’éternel » (p. 236) cette citation lumineuse :

« Prenons garde, surtout dans le monde actuel, à ne pas éparpiller nos forces, à ne pas nous laisser accaparer et avaler par la multitude. Dans ce monde de plus en plus contraire à la vie intérieure et au recueillement, creusons soigneusement, ne cessons pas de creuser notre solitude, non en nous renfermant sur nous-mêmes, mais en nous ouvrant à Dieu. »

patte-de-chat Anatole France

- Mi-juin 2013 : intempéries et dégâts considérables dans les Pyrénées. Les media font grand cas de la grotte de Lourdes inondée. Je me fais ces réflexions :
Que la grotte de Massabielle soit envahie par les eaux, c’est spectaculaire, certes ! mais cela sera nettoyé. Et puis, le lieu de l’apparition de la Madone n’est pas détruit.
Pourquoi cela suscite-t-il donc plus d’émotion que la destruction – absolument illégale – de certaines églises, en France même ?
Pourquoi cela suscite-t-il plus d’émotion que ces innombrables églises sales et mal entretenues dans lesquelles le Saint Tabernacle est délaissé, dans lesquelles les Saintes Hosties moisissent, dans les sacristies desquelles les objets et ornements du culte se détériorent ?
Pourquoi cela suscite-t-il plus d’émotion que ces parodies de liturgie au cours desquelles prêtres et « laïcs engagés » font fi des règles de la liturgie ?
Pourquoi cela suscite-t-il plus d’émotion que ces innombrables communions sacrilèges par lesquelles des personnes en état de péché grave reçoivent et profanent le Corps adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ ?
Pourquoi cela suscite-t-il plus d’émotion que le « délabrement » de tous ces sanctuaires spirituels que sont les âmes des baptisés, desquelles la grâce divine et la Présence Trinitaire sont chassées par le péché et la tiédeur ?

Perplexité… 

patte-de-chat Charles Baudelaire

- 23 juin : j’achève l’excellent ouvrage d’Albert Boudon-Lashermes intitulé « Les chouans du Velay » (1911) et j’en recopie les dernières lignes :

« Gentilshommes, bourgeois ou paysans, nos montagnards avaient su jusqu’au bout accomplir leur devoir.
En lisant leur histoire on comprendra peut-être pourquoi leurs petits-fils sont si récalcitrants lorsque les descendants des régicides et des tueurs de prêtres, devenus catholiques et libéraux, leur reprochent aujourd’hui de ne point aimer la république.
Ils n’ont pas pour l’aimer les mêmes raisons qu’eux… »

patte-de-chat Charles X

- Je relis l’encyclique « Mirari vos » (15 août 1832) de Sa Sainteté le Pape Grégoire XVI, grand pontife calomnié. Il définit « l’indifférentisme » comme « une opinion perverse (…) d’après laquelle on pourrait obtenir le salut éternel par quelque profession de foi que ce soit, pourvu que les mœurs soient droites et honnêtes ».
Le Bienheureux Pie IX renouvelle cette condamnation dans le « Syllabus » de 1864 : l’opinion selon laquelle « les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion » (§ III, 16) est condamnée ; est aussi dénoncée la liberté « pour chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de sa raison » (§ III, 15).
En 1928, le Pape Pie XI, dans l’encyclique « Mortalium Animos » sur l’unité de l’Église de Jésus-Christ critique le mouvement œcuménique moderne. Le document dénonce énergiquement le panchristianisme, le faux irénisme, l’indifférentisme et le relativisme. Il rappelle « qu’il ne peut y avoir de vraie religion en dehors de celle qui s’appuie sur la parole de Dieu révélée : cette révélation, commencée à l’origine et continuée sous la Loi Ancienne, le Christ Jésus lui-même l’a parachevée sous la Loi Nouvelle… » Il affirme au passage que « (…) la plupart des hommes désirent voir, au nom de cette fraternité universelle, les divers peuples s’unir entre eux par des liens chaque jour plus étroits.
C’est un résultat semblable que d’aucuns s’efforcent d’obtenir dans les choses qui regardent l’ordre de la Loi nouvelle, apportée par le Christ Notre Seigneur. Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission.
De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée…. »
Force est de constater l’actualité de ces condamnations…
Commentaires de notre ami Pierre-Frédéric : « Comme on le constate de nos jours, l’indifférentisme conduit logiquement et mécaniquement :

- à la négation de la nature divine de Jésus, rabaissé au rang de prophète parmi d’autres ;
- à la perte de sens des sacrements, rabaissés à des expressions folkloriques d’une simple tradition culturelle ;
- à la ridiculisation des « obligations » religieuses, qui ne peuvent plus intéresser que les névrosés dans la mesure où tout se vaut et son contraire… »

patte-de-chat François Ducaud-Bourget

- 14 juillet : la république célèbre – paraît-il – sa « fête nationale »…
Et moi, qui suis témoin de l’appauvrissement des Français – matériellement, culturellement, psychologiquement et spirituellement – , je ressors cette citation d’Anatole France (il écrivait fort bien mais il n’est pourtant pas « de notre bord ») relevée dans « Le lien légitimiste » (numéro 50, mars-avril 2013, p. 9) :

« Un Roi en France, oui, un Roi aurait pitié de notre pauvre peuple exsangue, exténué… Mais la démocratie est sans coeur comme sans entrailles. Au service des puissances d’argent, elle est impitoyable et inhumaine. »

patte-de-chat Grégoire XVI

- 15 juillet :  le président Hollande a dévoilé hier le visage d’une nouvelle « marianne » pour les timbres poste.
Un concert d’indignations s’élève sur le ouèbe parce que le dessinateur ne fait pas mystère qu’il s’est inspiré du visage de la fondatrice des « Femen ».

Une fois de plus, je vais mettre les pattes dans le plat et les remuer.
Car pour dire les choses de manière très claire, je ne vois vraiment pas en quoi il est étonnant ou scandaleux que le visage de cette nouvelle « marianne » des timbres postes ait été en partie inspiré par celui d’une virago dépoitraillée et hystérique.
Est-ce, parce qu’elle est peinte par Eugène Delacroix, que la « marianne/liberté guidant le peuple sur les barricades » serait plus respectable et plus vertueuse ?
Depuis l’origine, « marianne », choisie pour symboliser la république et ses prétendues « valeurs », est une fille de rien, une catin : qu’elle soit représentée par Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Laetitia Casta, Sophie Marceau ou la harpie ukrainienne y change-t-il quelque chose ?
Ce n’est pas au sujet des modèles de « marianne » qu’il faut se scandaliser, mais plutôt du fait même qu’il existe une « marianne » – coiffée du hideux bonnet des septembriseurs et des tricoteuses – et qu’on veuille, à travers elle, nous faire croire que la république et la France sont une seule et même réalité…

patte-de-chat Gustave Thibon

- 22 juillet : au Royaume-Uni, c’est la liesse autour de la naissance du « royal baby ».
Moi, je me délecte en découvrant cette citation de Sa Majesté le Roi Charles X :

« J’aimerai mieux scier du bois que de régner à la façon du roi d’Angleterre. »

patte-de-chat indifférentisme

- Dimanche 28 juillet : dixième dimanche après la Pentecôte, dimanche du pharisien et du publicain. Je remercie une amie d’avoir porté à ma connaissance cette belle citation de Monseigneur François Ducaud-Bourget (in « Le Hérisson spirituel ») :
« (…) il se créa peu à peu cette catégorie de « gens sérieux » qui montre du Christianisme le visage le plus déplaisant. Estimant avec justesse au plus haut point la Vérité, ils se sont enfermés avec elle de la façon la plus stricte comme on le ferait d’un lingot d’or dans un coffre fort. Mais la Vérité n’est pas un métal ; elle est fleur, elle est vie, elle respire l’air et le soleil de Dieu. La Vérité des « gens sérieux » s’est desséchée ; et ce qui en a survécu n’a plus aucun rayonnement… accusant les catholiques les plus humains et normaux d’être des libéraux… »

Par ailleurs, je ne peux faire autrement que de citer une fois de plus mon cher et incomparable Gustave :
« Le publicain est nu, le pharisien est masqué. Si misérable qu’on soit, il suffit d’être nu devant Dieu pour désarmer Dieu. Ce qui brûlera en enfer, ce n’est pas notre visage avec ses plaies, c’est notre masque avec sa fausse dignité, ce n’est pas notre péché, c’est notre mensonge. » ( Gustave Thibon, in « L’échelle de Jacob »)

patte-de-chat Jésuites

- 31 juillet : Fête de St Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus.
Tout comme la fameuse langue d’Esope, la Compagnie ne peut-elle pas se révéler la meilleure et la pire des choses ?
Je ne peux m’empêcher de penser, quoi qu’il en soit, que c’est tout de même un « sacré » coup de manipulation mentale que d’arriver à faire répéter à presque toute la planète qu’un jésuite est quelqu’un de simple…!!!

lully-signature Lourdes

Prière pour la glorification du Bienheureux Pie IX et pour obtenir des grâces par son intercession.

7  février : fête du Bienheureux Pie IX.

Vous avez déjà pu vous en rendre compte en raison de nos publications relatives à l’épopée des Zouaves Pontificaux (cf. > ici, et > ici, encore > ici et > ici), au Mesnil-Marie nous avons une dévotion toute particulière envers le Bienheureux Pie IX.

Né le dimanche 13 mai 1792, à Senigallia (Marche d’Ancône), dans la famille des comtes Mastaï-Ferretti, le petit Jean-Marie fut baptisé et consacré à Notre-Dame de l’Espérance le jour même de sa naissance.
Ordonné prêtre en 1819, il est d’abord directeur spirituel d’un orphelinat, puis fait partie d’une mission diplomatique au Chili. Il est nommé archevêque de Spolète en 1827 (il a 35 ans), est transféré au siège d’Imola en 1832, puis est élevé au cardinalat en 1840.
A la mort de Grégoire XVI, le 16 juin 1846, il est élu deux-cent-soixantième successeur de Saint Pierre : il est âgé de 54 ans. Il prend le nom de Pie IX, en hommage au Pape Pie VII auquel il doit son sacerdoce.
Son Pontificat est le plus long de toute l’histoire de l’Eglise (31 ans, 7 mois et 22 jours). C’est aussi l’un des plus mouvementés (en raison des agitations politiques de cette époque) et des plus riches : Pie IX entretient des relations d’amitiés avec de nombreux saints et avec notre cher Comte de Chambord ; c’est sous son règne que la Très Sainte Vierge apparaît à La Salette, à Lourdes, à Pontmain et à Pellevoisin ; il convoque le 1er concile du Vatican, définit les dogmes de la Conception immaculée de Notre-Dame et de l’infaillibilité pontificale, béatifie la Visitandine Marguerite-Marie et étend la fête du Sacré-Coeur de Jésus à l’Eglise universelle, proclame Saint François de Sales docteur de l’Eglise, publie le fameux « Syllabus », et sous son Pontificat le catholicisme connaît une expansion et un renouveau prodigieux… etc.
Prisonnier dans la Cité Vaticane depuis le 20 septembre 1870, il s’éteint entouré de la vénération unanime des fidèles et de la haine des francs-maçons et des libéraux, le 7 février 1878 dans sa 86ème année.
Aussitôt, les miracles et les grâces obtenus par son intercession se multiplient, mais – en raison des oppositions politiques et de l’agitation des modernistes à l’intérieur de l’Eglise – il a fallu attendre le 3 septembre 2000 pour qu’il soit béatifié.

Son corps incorompu repose dans la basilique de Saint Laurent hors les murs, tout près du cimetière du Verano où reposent les Zouaves Pontificaux tombés pour la défense du Patrimoine de Saint Pierre (cf. photographie de Benoît XVI priant devant sa châsse > ici).

Prière pour la glorification du Bienheureux Pie IX et pour obtenir des grâces par son intercession. dans De liturgia DSC09768-Copie-300x229

Calotte du Bienheureux Pie IX conservée au Mesnil-Marie.

Coeur Sacré de Jésus, exaucez notre prière et daignez glorifier votre serviteur le Bienheureux Pie IX qui Vous a consacré l’Eglise universelle.

Pater noster.

O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous : exaucez notre prière et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamée Immaculée.

Ave Maria.

Saint Joseph, très chaste époux de la Vierge Marie, exaucez notre prière et glorifiez votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamé patron de l’Eglise universelle.

Gloria Patri.

Coeur Sacré de Jésus, Vierge immaculée – notre espérance – , saint Joseph, exaucez nos prières et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, en nous accordant par ses mérites et son intercession les grâces que nous sollicitons instamment (les nommer)

Pater noster – Ave Maria – Gloria Patri.

(prière traduite de l’italien, publiée avec l’approbation ecclésiastique)

DSC09765-Copie-Copie-300x274 glorification dans Memento

Reliques du Bienheureux Pie IX conservées au Mesnil-Marie :
1) plusieurs fragments de soutane ; 2) cheveux ; 3) parcelles de la chemise qu’il portait en mourant ;
4) fragments de la paillasse sur laquelle il est mort ; 5) parcelle de l’un de ses bas ;
6) morceau d’une manche (avec la date : 2 juillet 1867).

Prière pour l’Eglise en proie aux épreuves par l’intercession du Bienheureux Pie IX > ici.

2007-19. De la sainte image de « Mater Admirabilis ».

20 Octobre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes dans le mois du Saint Rosaire , c’est donc déjà un peu une fête de Notre-Dame chaque jour…
Mais il y a un fête particulière à ce vingtième jour d’octobre que nous ne manquons jamais de célébrer au Mesnil-Marie, et c’est d’elle que je veux vous entretenir.

Le 20 octobre, en effet, depuis l’année 1846, est le jour de la fête d’une représentation de la Vierge Marie vénérée à Rome sous le vocable de « Mater Admirabilis ».

Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle habituellement, avec une certaine emphase, une image miraculeuse, ce n’est pas l’une de ces icônes que la tradition attribue à Saint Luc, ni une Vierge noire aux origines mystérieuses ; ce n’est pas non plus un tableau achéropoïté (c’est-à-dire non fait de main d’homme) et on ne parle pas beaucoup de prodiges retentissants survenus devant elle (et pourtant il y a bien eu de véritables guérisons et de soudaines conversions…).
Mais alors, me direz-vous, de quoi s’agit il donc?

Si vous êtes allés à Rome, vous connaissez bien évidemment l’église de la Trinité des Monts, l’une des églises françaises de Rome.
Fondés par Saint François de Paule, au XV ème siècle, grâce au Roi de France (et de fait les portraits de tous nos Souverains, depuis Pharamond jusqu’à Charles X, sont peints dans le cloître attenant à l’église), le couvent et son sanctuaire furent, en 1828, confiés aux Dames du Sacré-Coeur, de Sainte Madeleine-Sophie Barat, pour qu’elles y ouvrent l’une de leurs maisons d’éducation.

En 1844, Pauline Perdreau était l’une des pensionnaires confiées aux religieuses (elle entrera plus tard dans cet Institut).
Cette jeune fille avait quelques aptitudes pour la peinture et elle proposa, selon son expression, « de faire venir la Sainte Vierge » dans l’une des galeries du couvent en y peignant son image.

Mater Admirabilis - Trinité des Monts Rome

Rome, couvent de la Trinité des Monts : oratoire de « Mater admirabilis »

Elle représenta la jeune Vierge Marie, avant l’Annonciation, dans les derniers temps de sa vie au Temple, assise dans une attitude de profond recueillement contemplatif, les yeux baissés, le visage paisible, comme rayonnant discrètement d’une plénitude intérieure. A ses côtés, le lys de la pureté, la quenouille qu’elle a laissée en repos et le livre ouvert (celui des Saintes Ecritures peut-être) dans lequel elle a puisé l’aliment spirituel de sa contemplation.

Loin de l’académisme et du néo-classicisme qui triomphaient alors, l’oeuvre de la jeune Pauline plut aux religieuses et à leurs élèves qui prirent l’habitude d’aller prier devant cette image, et reçurent auprès d’elle des grâces d’intensification de leur vie intérieure.

On l’appelait simplement la « Madone du lys »…

Jusqu’au jour où le jeune Pape Pie IX (il était élu depuis moins de 5 mois) vint en visite au couvent de la Trinité des Monts.
C’était le 20 octobre 1846.
On conduisit le Pontife dans la galerie jusque devant l’image vénérée. En la voyant, il s’exclama : « 
Elle est vraiment Mater Admirabilis ! » Nom qu’elle garda…
Des indulgences furent accordées à ceux qui priaient devant cette image ; des personnes de l’extérieur vinrent prier devant le tableau, et leurs prières furent exaucées ; comme je le signalais plus haut, on compta des conversions et des guérisons…
Si bien que le Bienheureux Pie IX accorda que l’on érige un autel dans cette galerie et qu’on la transforma en oratoire, dont les murs se couvrirent rapidement d’ex-voto.

Reproduite dans toutes les maisons d’éducation tenues par les Dames du Sacré-Coeur à travers le monde, « Mater admirabilis » en devint la protectrice et multiplia ses grâces.
Sa fête fut tout naturellement fixée au jour où elle avait reçu son nom de la bouche même du Bienheureux Pie IX : le 20 octobre.

Puisse donc la Mère Admirable intercéder  à toutes les intentions que nous portons et obtenir de son Divin Fils les grâces qui sont nécessaires à chacun…

Lully.

2007-19. De la sainte image de

« Mère Admirable, Trésor de calme et de sérénité,
nous vous supplions:
aides-nous à nous détacher de ce qui se voit,
et conduisez-nous, fixez-nous sur l’invisible…
L’invisible Présence,
l’invisible Amour que vos yeux contemplent!
A travers l’accessoire qui nous sollicite sans cesse
et qui nous séduit si souvent,
donnez-nous le sens et la faim de l’Essentiel… »

Voir aussi la méditation proposée > ici.

frise avec lys naturel

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