2020-13. « Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois.»

Dimanche 19 janvier 2020,
2ème dimanche après l’Epiphanie ;
19ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (cf. > ici).

A l’occasion de la Sainte Messe commémorative de la mort de SMTC le Roi Louis XVI, célébrée comme de coutume le dimanche le plus proche du 21 janvier à la Chapelle Expiatoire, et du déjeuner qui a suivi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a lu le message suivant.

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à la Chapelle Expiatoire, ce dimanche 19 janvier 2020

Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

Louis,
Duc d’Anjou

 grandes armes de France

2020-10. Samedi 18 janvier 2020 : Messe commémorative de la mort du Roi-Martyr.

annonce Messe de Requiem Louis XVI Montélimar 2020

Le Cercle Légitimiste du Dauphiné « Crillon le Brave » et le Cercle Légitimiste du Vivarais « abbé Claude Allier », vous encouragent à venir nombreux, ou à défaut à vous unir par la prière, à cette cérémonie qui constitue toujours un moment important en lequel s’exprime d’une manière suréminente notre devoir de fidélité filiale, en même temps qu’il est une protestation surnaturelle contre l’abomination révolutionnaire.

Chapelle Notre-Dame de la Rose
36 Avenue Saint-Martin
26200 Montélimar

Fleur de Lys

2019-57. De quelques précisions concernant le vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur de Jésus.

Vendredi après l’octave du Saint-Sacrement,
Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

A l’occasion de cette fête du Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je souhaite vous reparler du vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur.

La belle prière rédigée par le malheureux Souverain ainsi que, à la suite, les promesses solennelles qu’il adressait au divin Cœur de Notre-Seigneur, ont déjà été publiées dans les pages de ce blogue, et je vous y renvoie > ici.
En complément de la présentation qui en était alors faite, je souhaite vous recopier ici de larges extraits d’un texte que j’ai lu à ce sujet dans l’ouvrage intitulé « Le Sacré-Cœur de Jésus et la Tradition – documents recueillis ches les Pères, les Docteurs, les hagiographes, etc. par le R.P. Xavier de Franciosi de la Compagnie de Jésus » (2e édition – Casterman, éditeurs pontificaux – 1908).

Vœu de Louis XVI - basilique de Montmartre

Louis XVI prononçant son vœu à l’adresse du Sacré-Cœur de Jésus :
on reconnaît, blottis contre Sa Majesté, Madame Royale et le petit Dauphin,
tout de suite derrière le Roi, son confesseur, le Bienheureux François-Louis Hébert, à côté de Sa Majesté la Reine,
et enfin au dernier rang, Madame Elisabeth, sœur du Roi
(mosaïque de l’abside de la basilique du Vœu national au Sacré-Cœur à Montmartre)

Scapulaire Sacré-Coeur

Louis XVI et le Sacré-Cœur :

« On connaît les malheurs de Louis XVI , sa captivité et sa mort. Dans sa détresse, l’infortuné Prince (…) se tourna vers le Cœur adorable de Jésus. Voici ce qu’on lit à ce propos dans la correspondance de Madame la Marquise de Carcado, et de Mesdames les Comtesses de Lastic et de Saisseval, témoins oculaires.
Le 10 février 1790, Le Roi, déjà prisonnier dans son propre palais des Tuileries, se rendit sous prétexte d’une promenade du côté de Notre-Dame. Il était accompagné de la Reine Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, de Madame Royale, du petit Dauphin, âgé de cinq ans, et de plusieurs dames de la Cour, parmi lesquelles se trouvaient Mesdames de Carcado, de Lastic et de Saisseval.
Arrivé sur le parvis, le Roi témoigna à ses gardes, devenu ses geôliers, le désir d’entrer quelques instants dans l’église métropolitaine. L’ayant obtenu, il s’avança jusqu’au sanctuaire avec les personnes de sa maison, s’agenouilla devant la statue de la Sainte Vierge, et consacra sa personne, sa famille et son royaume au Sacré-Cœur de Jésus. Puis voulant joindre l’aumône à la prière, le pieux monarque, le jeune Dauphin, la Reine, les princesses et leurs dames d’honneur firent vœu de donner chaque année une offrande en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus pour le salut de la France. Deux cœurs furent faits de l’or le plus pur, on y mit les noms des associés. Le premier représentait le Cœur miséricordieux de Jésus, le second le Cœur immaculé de Marie. Plus tard ces deux Cœurs furent envoyés à Notre-Dame de Chartres ; il est probable qu’ils y sont encore aujourd’hui (source : Messager du Cœur de Jésus, tome XXXIX, page 460).
Quoi qu’il en soit, Louis ne s’en tint pas là : dans les premiers mois de 1792, après le funeste retour de Varennes, il fit un nouvel effort auprès du Sacré-Cœur. Sous l’inspiration de Monsieur Hébert, son confesseur et l’un des successeurs du Vénérable Père Eudes, il écrit de sa propre main un projet de vœu qu’on a retrouvé dans ses papiers. »

Ici le Père de Franciosi met le texte intégral du vœu que nous avons déjà publié > ici, puis il poursuit :

« Après avoir écrit cette consécration de sa main, Louis XVI, le 21 juin 1792, la remit au Père Hébert, supérieur général des Eudistes et son confesseur, lequel, craignant qu’un tel acte ne se perdit, en fit tirer incessamment plusieurs copies. Il en portait toujours une sur lui. Les autres se dispersèrent, à travers mille périls, au milieu des familles chrétiennes. Grâce à cette précaution, le pieux confesseur de Louis XVI put mourir héroïquement, enveloppé quelques jours après dans les massasres du 2 septembre, sans que son martyre entraînât la perte d’un monument si précieux. La plus célèbre des copies du vœu de Louis XVI est due à Mademoiselle Adélaïde de Cicé, elle avait caché cette copie dans la fente d’une muraille, et elle se plaisait à la communiquer à des personnes amies » (sources : Bougaud « Vie de la Bse Marguerite-Marie », chap. XVI ; Messager du Sacré-Cœur, tome XXXIX pp. 418 et 460 ; Alet « La France et le Sacré-Cœur » 2e partie, chap. VII ; R.P. Letierce « Mois du Sacré-Cœur », 22e jour).

« A l’appui de ce qui vient d’être dit, voici ce que nous lisons dans « l’Ami de la Religon et du Roi », année 1815, tome IIIe page 77 : « On nous a communiqué une prière et un vœu de Louis XVI, qui ont droit d’intéresser les âmes religieuses et sensibles. Il paraît que l’une et l’autre sont du commencement de 1792. Cet infortuné Prince ne se dissimulait pas toute l’étendue des maux qui le menaçaient. touché des malheurs de sa famille et de ceux de son Etat, il rédigea une prière et fit un vœu pour apaiser la colère divine sur la France. Il n’y a pas de doute que la prière et le vœu furent dressés de concert avec M. Hébert, général des Eudistes, son confesseur. Du moins nous connaissons un estimable ecclésiastique, M. l’abbé D., V. de S.L. en L., qui avait des relations avec M. Hébert, et qui fut chargé par lui de transcrire la prière et le vœu. C’est de lui que nous tenons la copie que nous en avons. Il a été appelé dernièrement chez une pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité. Interrogé par elle il n’a pas pu assurer si les deux écrits étaient de la main de Louis XVI dont il  ne connaissait pas l’écriture, mais il a certifié qu’ils lui avaient été remis par son confesseur, avec lequel il vivait dans l’intimité. Il paraît même que ces deux pièces ont déjà vu le jour, et qu’elles ont été insérées dans un recueil de prières, imprimé sans nom d’année. Au surplus, elles sont rares et peu connues. Elles donneront une haute idée de la piété de leur auguste auteur. Elles peuvent presque marcher de pair avec ce testament sublime dans sa simplicité, où ce Prince a si bien peint la beauté de ses vues et la religieuse sévérité avec laquelle il se jugeait lui-même. Mais il est temps d’écouter ce vertueux monarque parlant de lui-même… [ici aussi donc, se place le texte déjà publié > ici].
Nous apprenons qu’un autre ecclésiastique, aujourd’hui curé d’une des paroisses de la capitale, M. l’abbé C. curé de B.N., fut chargé par M. Hébert de faire, au nom du Roi, une neuvaine relativement à son vœu. Il la fit en effet dans une maison retirée. Il se rappelle parfaitement le fait, et l’atteste. Nous avons du plaisir à consigner ici ces témoignages et ces détails, qui seront recueillis avec intérêt par les personnes zélées pour la mémoire de l’auguste victime, et empressées de rassembler tout ce qui peut faire éclater ses vertus et constater sa piété. »

Ex-voto de Madame Elisabeth - cathédrale de Chartres

Les deux Cœurs de Jésus et Marie :
ex-voto de Madame Elisabeth de France offert à la cathédrale de Chartres

Addenda – Quelques commentaires personnels sur la publication du R.P. de Franciosi :

1) – Au premier paragraphe cité ci-dessus, il est question de la visite de Leurs Majestés et de leurs proches à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 10 février 1790. Cette visite est en effet bien attestée par plusieurs personnes qui furent présentes.
Il faut noter que ce 10 février était l’anniversaire de la publication de l’Edit de Saint-Germain (cf. > ici), par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII avait annoncé la consécration de la France à la Très Sainte Vierge Marie. Quand on y réfléchit bien, il paraît tout-à-fait raisonnable de penser que Sa Majesté le Roi Louis XVI savait pertinemment quel anniversaire ramenait ce 10 février et que la « promenade » qui a conduit la Famille Royale jusqu’à Notre-Dame de Paris n’était en rien fortuite. D’autant qu’on voit le Roi s’avancer résolument vers le sanctuaire pour s’aller agenouiller devant la statue de la Très Sainte Vierge Marie.
Quelle prière fut lue par le Roi et les assistants ce jour là ? Ici, les écrits diffèrent.
Certains auteurs disent que c’est Madame Elisabeth qui fit alors distribuer aux assistants une prière copiée sur plusieurs papiers et en concluent qu’il s’agirait donc d’une prière composée par cette sainte princesse elle-même pour demander la conservation de la foi catholique en France.
D’autres écrivent que le Roi prit le texte d’une prière que proposait aux fidèles de passage dans la cathédrale une pieuse femme qui se trouvait là, et qu’il s’agissait d’une prière de consécration au Cœur de Marie.
D’autres enfin, tels les auteurs que cite ici le R.P. de Franciosi, parlent de consécration au Sacré-Coeur de Jésus.
Nous ne pouvons en fait rien assurer de façon absolue, car ce qui est en revanche tout-à-fait certain c’est que le texte de cette prière ne nous est pas parvenu.

2) – L’ex-voto des deux Cœurs de Jésus et Marie conservé au trésor de la cathédrale de Chartres, dont il est également fait mention dans le premier paragraphe ci-dessus, n’est pas en or, mais en vermeil. Il fut commandé par Madame Elisabeth et envoyé par elle à Notre-Dame de Chartres pour concrétiser sa supplication pour la conservation de la foi catholique dans le Royaume.
Cet ex-voto s’ouvre en effet, comme le montre la photographie ci-dessous, et on y voit écrit non pas tous « les noms des associés » comme le dit le texte cité par le R.P. de Franciosi, mais d’un côté : « le Roi et la famille Royale » et de l’autre « L’Eglise de France ».

intérieur de l'ex-voto de Madame Elisabeth

Intérieur de l’ex-voto de Madame Elisabeth

3) – Enfin la longue citation de « L’Ami de la Religion et du Roi » apporte le témoignage de deux ecclésiastiques, vivants en 1815 et ayant tous deux connu le Bienheureux François-Louis Hébert (on est alors 23 ans après les événements), en faveur de l’authenticité du vœu de Louis XVI au Sacré-Cœur, niée aujourd’hui par quelques historiens.
Il est tout-à-fait vraisemblable que la « pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité » est la fille du Roi-martyr, Marie-Thérèse Charlotte de France, alors duchesse d’Angoulème, dont on sait par de nombreux autres témoignages qu’elle s’est en effet attachée à faire chercher tous les objets ayant appartenus à ses parents qui avaient échappé aux destructions des fanatiques et qui avaient été recueillis par des fidèles. De là l’intérêt qu’elle porte spécialement à savoir si les copies du vœu en possession de ce prêtre, qui n’est mentionné que par ses initiales, sont de la main du feu Roi son père.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Voeu de Louis XVI - église du Sacré-Coeur de Douarnenez

Vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI
(détail d’un vitrail de l’église du Sacré-Cœur de Douarnenez)

Scapulaire Sacré-Coeur

2019-10. La Révolution en France eut bien pour visée la neutralisation de la religion, moins en soi qu’en tant que rectrice de l’ensemble de la société.

Jeudi 24 janvier 2019,
Fête de Saint Timothée, évêque et martyr.

Le Révérend Père Augustin Pic o.p. (cf. > ici et > ici), dont l’amitié et la confiance nous honorent, vient de nous adresser aujourd’hui le texte de l’homélie qu’il a prononcée ce dernier dimanche, 20 janvier 2019, lors de la messe célébrée en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à la Chapelle Expiatoire, à Paris.
Nous remercions très chaleureusement le Révérend Père Pic de nous avoir autorisés à publier ce texte que l’on lira et approfondira avec le grand profit, en raison de l’analyse plus que pertinente qu’il présente et des perspectives spirituelles qu’il développe.

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail

Statue de Louis XVI à la Chapelle Expiatoire (par François-Joseph Bosio)

Bien aimé Fils de Saint Louis, mes bien chers Frères,

Roi chrétien, celui pour qui nous venons prier ici chaque année eût apprécié qu’avant d’évoquer sa tragédie, le sermon commençât par Dieu et Son dessein sur l’humanité. C’est donc ce que je tenterai ce matin pour introduire notre traditionnelle méditation sur Louis XVI qui sera brève.

Le Dieu unique n’ayant besoin, pour être l’amour parfait, de rien ni de personne puisque avant de créer quoi que ce soit Il est Père, Fils et Saint-Esprit, décida néanmoins de faire exister les anges dans le ciel puis les hommes sur la terre. Pourquoi ? Pour les associer à Sa vie divine qui est béatitude absolue précisément parce qu’elle est amour parfait du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Au fond, Dieu produit les êtres perfectibles dont Il n’a pas besoin pour leur communiquer cette ineffable perfection et ainsi les rendre heureux tous ensemble en Lui seul. Alors qu’Il pouvait tout laisser au néant sans cesser d’être, Il a voulu cela !

Mais en créant, Ce Dieu unique ne peut que Se régler sur ce qu’Il est. Or Il est relation puisque Il est Trinité. Ainsi, Il fera l’homme relation et c’est ainsi qu’Il l’appellera à l’amour, puisqu’il n’est point d’amour sans relation. Amour envers Lui avant tout, c’est le premier commandement, d’où Jeanne d’Arc et son fameux Dieu premier servi, formule qui sauva la France et son roi et nous inspire encore, envers autrui ensuite, dont Il nous charge comme Il Se charge Lui-même de nous, c’est le second commandement égal au premier. Un premier supérieur au second, je le rappelle, et un second égal au premier, contradiction qui, enseignée par Jésus-Christ, n’est point contradiction mais mystère de vie surnaturelle. Et c’est en ces deux commandements que repose toute la Loi et tous les Prophètes, toute l’Ecriture ; et de ces deux que l’histoire humaine entière, collective et individuelle, reçoit sa loi fondamentale ; et sur ces deux qu’après la mort chacun sera jugé, et que tous, à la fin de l’Histoire, auront à répondre devant Dieu et les uns devant les autres. Au soir de cette vie, disait sainte Thérèse de Lisieux qu’un Louis XVI n’eût point manqué de lire et relire au Temple avec recueillement si la chère Carmélite avait pu écrire un siècle plus tôt, au soir de cette vie, disait-elle, je serai jugée sur l’amour

Là est le fond du christianisme en son mystère, qu’à la plénitude des temps vint réaliser Jésus-Christ, deuxième Personne de la Trinité, en vivant, mourant et ressuscitant selon la chair, et en répandant le Saint-Esprit à la prière de Marie vierge et mère, pour que chacun dans l’Eglise ait part aux souffrances et à la gloire de ce rédempteur et sauveur. Mais là est aussi, bien aimé Prince et bien chers Frères, ce que dut vivre à sa mesure celui qui nous rassemble ici.

Car ce fils du XVIIIe siècle et, pour une part, des Lumières, garda, du sacre de 1775 au sacrifice de 1793, la certitude d’avoir été chargé par Dieu même, selon la loi successorale, des destinées de la France. S’il est bien vrai que Dieu nous chargeant les uns des autres comme Il Se charge Lui-même de nous, Il charge certains d’entre nous de tous les autres à titre de supérieur, soit spirituel avec la Hiérarchie de l’Eglise, soit temporel comme c’est le cas pour les rois. De là deux points bien ancrés dans le cœur aimant de Louis et sur lesquels il ne transigea pas :

Que la puissance législative et exécutive est inhérente à la fonction royale qui est de faire le bien, mieux, de procurer le bien commun, au Nom du Seigneur, comme Son lieutenant, doctrine puisée à la fois dans la tradition du droit divin et dans le vœu presque unanime des cahiers de doléance, qu’il fut probablement le seul à respecter (cahiers n’aspirant à aucune démocratie mais à une représentation nationale associée au Roi dans la confection de la loi). Et plus, je le crois, dans le droit divin et le vœu des cahiers que dans les ouvrages ou articles, qu’il put fréquenter, de certains auteurs, publicistes ou autres, favorables à un pouvoir fort, à la prussienne.

Qu’une restauration religieuse s’imposait. Voulue dès le sacre, voulue plus encore, à la fin, dans l’ambition qu’il s’était donnée de nous consacrer tous au Sacré Cœur, comme l’avait fait Louis XIII à Notre Dame de l’Assomption, s’il recouvrait un jour sa puissance (à quoi, dans les derniers mois, son réalisme politique crut de moins en moins). Car les dangers courus par la piété et la morale à l’époque n’avaient rien d’illusoire, nous le savons, et ce qu’il voit aujourd’hui de là où il est ne peut malheureusement que lui donner raison…

Voilà bien les deux dimensions de la fonction royale : procurer le bien temporel et par là contribuer en une mesure certaine au bien spirituel dont est chargée spécialement la puissance ecclésiastique. On aura beau dire tout ce qu’on voudra et parfois non sans justesse sur les hésitations et tergiversations de celui qui présida à nos destinées à l’un des pires moments de notre histoire, ce noyau de convictions inspirées d’en haut et reçues de ses pères lui resta. D’où sa mort qui fut celle d’un saint, car la Révolution en France eut bien pour visée la neutralisation de la religion, moins en soi qu’en tant que rectrice de l’ensemble de la société. Certains dans le personnel révolutionnaire ne furent pas sans esprit religieux, comme Grégoire, d’autres sans spiritualisme, comme Robespierre, pour ne parler que de ceux-là, mais la tendance lourde, et criminelle, fut bien à la subversion.

Je cite un historien, prêtre, qui publia autour de 1800 un Louis XVI détrôné avant d’être roi : « Nous pardonnerait-on de rapprocher en exemple le maître de son ministre, l’homme-Dieu de l’homme-roi ? Le divin héritier du trône de David, la sagesse et la vertu par essence, en se montrant à son peuple à une époque d’endurcissement et de perversité, venait recueillir de ses insignes bienfaits l’ingratitude et la mort. Et c’était néanmoins à ce crime fameux, c’était à ce mystérieux régicide qu’était attaché, dans les décrets éternels, le rétablissement du règne de la vertu sur la terre. Ainsi Louis XVI, en naissant pour le trône, au sein d’une nation dégénérée, au milieu d’un siècle que maîtrisait l’impiété, naissait pour ses malheurs, si toutefois on peut appeler de ce nom les tragiques événements qui ont épuré sa belle âme et couronné ses vertus. Et pourquoi ne nous serait-il pas permis d’augurer que ce même attentat, qui a conduit d’abord un peuple dépravé sous des châtiments mémorables, décidera aussi son retour et celui de l’Europe entière à tous les principes oubliés … ».

Le retour aux principes oubliés ! Combien se fait-il attendre depuis plus de deux siècles. Mais, Chrétiens, il est cette différence entre une espérance purement humaine et celle qui vient de Dieu, qu’en ne se réalisant pas (toute attente mondaine finit par décevoir), la première laisse le cœur vide de vérité et plein de tristesse mais que la seconde, même lorsqu’elle manque ou tarde à se réaliser, donne une plénitude et une joie célestes. De là, on se prépare activement soit à la fin du monde si elle est proche (elle l’est d’ailleurs de plus en plus depuis le temps qu’on l’annonce en chantant le Credo – mais pensons-nous toujours à ce que nous chantons?), soit, si elle reste éloignée, à tous les relèvements, entiers ou partiels et quel qu’en soit le jour ou le siècle, relèvements obtenus par retour aux principes oubliés.

Fils de saint Louis, mes bien chers Frères, gardons deux paroles. Une déjà forte et l’autre qui l’est plus encore. La première est d’un païen mais bon philosophe, la seconde est de Dieu, et c’est tout dire. Sénèque, que Louis parfait latiniste avait lu, écrivait ceci dans l’une de ses admirables lettres à Lucilius :

Aliquid severum est verum gaudium.

Qu’on peut rendre ici, un peu familièrement certes, par

La vraie joie, c’est du sérieux !

 Jésus-Christ dont Louis fut disciple sur le trône et jusque sous le fer du bourreau déclara, Lui :

Ma joie, nul ne vous l’enlèvera.

Qu’à la prière de saint Louis et bientôt peut-être de madame Elisabeth, cette joie de Dieu, l’éternelle jeunesse du monde au fond de nos cœurs, y grandisse et embellisse envers et contre tout. Seront alors, vraiment, Dieu glorifié et le monde édifié.

Fr. Augustin Pic, O.P..

Prédication du Rd Père Pic chapelle expiatoire 20 janvier 2019

Le Révérend Père Augustin Pic o.p., prédicateur de Sa Majesté ce dimanche 20 janvier 2019 à la Chapelle Expiatoire

frise lys

2019-9. De la pompe funèbre à la pieuse mémoire de SMTC le Roi Louis XVI célébrée lors du Congrès de Vienne, et du Requiem de Sigismund von Neukomm qui fut interprêté à cette occasion.

21 janvier,
Anniversaire du martyre de SM le Roi Louis XVI.

« (…) Ces mêmes puissances qui n’avaient rien fait pour sauver l’infortuné Louis XVI, étaient appelées par moi, à rendre un tardif mais solennel hommage à sa mémoire. Cet hommage était encore une manière de relier la chaine des temps, une nouvelle consécration des légitimes droits de la maison de Bourbon. Je dois dire que l’empereur et l’impératrice d’Autriche me secondèrent puissamment pour la pieuse et noble cérémonie célébrée à Vienne, le 21 janvier 1815, à laquelle assistèrent tous les souverains et tous les personnages alors présents dans la capitale de l’empire d’Autriche ». Ainsi s’exprime Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord dans ses mémoires.
Le fameux « diable boiteux » à l’opportunisme légendaire mena au Congrès de Vienne, on le sait, une action diplomatique tout-à-fait remarquable au bénéfice de la France et de son Souverain légitime. Et c’est dans le cadre de ce prestigieux Congrès de refondation de la vieille Europe, qu’il fut le maître d’œuvre de cette pompe funèbre solennelle du 21 janvier 1815 célébrée en la cathédrale Saint-Etienne de Vienne, à laquelle assistèrent tous les empereurs, rois, princes et grands de tous les pays européens présents.

Cette solennité coûta quelque 80.000 francs au Prince de Talleyrand qui commanda à Sigismund Ritter von Neukomm un Requiem que la baronne du Montet dans ses souvenirs décrit en ces termes : « (musique) belle et sombre, comme le sujet le demandait ». Ce Requiem fut interprêté par plus de trois-cents chanteurs divisés en deux chœurs. Neukomm en dirigeait un,  Antonio Salieri – maître de chapelle de l’empereur – dirigeait l’autre.

La cathédrale Saint-Etienne avait été décorée par l’architecte Charles Moreau (un français établi à Vienne depuis 1794) et le peintre Jean-Baptiste Isabey (ce dernier après avoir été miniaturiste de SM la Reine Marie-Antoinette  et portraitiste de la famille royale, participa aux décors du couronnement du Buonaparte puis à ceux du Sacre de SM le Roi Charles X !!!) : un immense catafalque de soixante pieds de hauteur avait été dressé dans la cathédrale ; à ses angles quatre statues représentaient « la France abîmée de douleur », « l’Europe versant des larmes », « la religion tenant le testament de Louis XVI », et enfin « l’Espérance levant les yeux au ciel », selon la relation que publia « Le Moniteur » du 30 janvier 1815.
Un témoin ajoute : « (…) au sommet, la couronne, le sceptre et les insignes de divers ordres, avaient été placés ; et par-dessus le tout, très-haut, une autre couronne était suspendue, d’où retombait une draperie noire, semblable à un canopée, dont l’effet, car il flottait dans l’obscurité de l’arche, était saisissant ».

Pompe funèbre Louis XVI - Vienne 21 janvier 1815

Pompe funèbre de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI
dans la cathédrale Saint-Etienne de Vienne
le 21 janvier 1815

Les billets d’invitation étaient ainsi rédigés : « Les ambassadeurs de Sa Majesté Très Chrétienne vous prient d’assister au service qui sera célébré le 21 janvier dans l’église cathédrale de Saint-Étienne ».

Les souverains présents à Vienne – tous en grand uniforme – ainsi que tous les participants au Congrès  et tout ce qui avait quelque distinction à Vienne assistèrent à la cérémonie : aucun n’eut pu se permettre une absence qui eut été synonyme d’esprit révolutionnaire !
Seul l’empereur François 1er ne parut pas en uniforme mais revêtu d’un habit de deuil. Les dames étaient toutes voilées (c’est-à-dire sous des crêpes noirs qui ne leur couvraient pas seulement la tête mais retombaient devant le visage jusqu’à mi-corps), en signe de grand deuil.
Une tribune entièrement drapée de velours noir rehaussée de franges d’argent avait été préparée pour les souverains. La nef et le chœur étaient réservés aux personnes invitées, et les parties latérales au public. 

La Sainte Messe fut célébrée par  le prince-archevêque lui-même, Sigismund Anton von Hohenwart âgé de 83 ans et l’oraison funèbre fut prononcée par l’abbé Georg Joseph Ulrich Zaiguelius, curé de la paroisse française de Vienne : c’était un alsacien qui avait refusé le serment schismatique et émigré à Vienne en 1791. Les témoins disent que sa prédication – en français – fit grande impression, et l’un d’eux le résume ainsi : « Que la terre apprenne à craindre le nom du Seigneur. L’orateur rappela d’abord la puissance et la gloire de cette monarchie française qui datait de quatorze siècles. Il peignit ensuite à grands traits la marche rapide de la révolution qui, en trois ans, avait renversé de fond en comble cet antique édifice. Dans ces désastres inouïs, il montra le doigt de Dieu qui élève et abaisse les trônes. Enfin, après avoir appelé les prières des assistants sur Louis XVI et sur Marie-Antoinette d’Autriche, il termina en citant les principaux passages de ce Testament qu’on a si bien appelé le code le plus héroïque de la charité. Là était pour Louis la plus belle oraison funèbre », et il ajoute : « Quand Monsieur Zaiguelius descendit de la chaire, des larmes coulèrent de tous les yeux ». Beaucoup ont pensé que cette oraison funèbre avait été écrite par Talleyrand lui-même, ou que du moins il avait pris part à sa rédaction…

La cérémonie commencée à 11 h dura jusqu’à 13 h et fut suivie d’une réception au palais Kaunitz.

Sigismund Ritter von Neukomm

Sigismund Ritter von Neukomm (1778-1858)

Le Requiem composé par Sigismund Ritter von Neukomm qui fut interprété lors de cette cérémonie solennelle du 21 janvier 1815 avait en réalité été écrit, pour sa plus grande partie, deux ans auparavant : il y ajouta l’offertoire « Domine, Jesu Christe ».
On sait que le 21 janvier 1815 les trois-cents choristes dirigés par Neukomm lui-même et Salieri, chantèrent a capella, mais Neukom avait précisé ceci sur ses manuscrits : « Cette messe, quoique composée pour les voix seules sans accompagnement d’orchestre, peut être exécutée avec l’accompagnement ci-après… » S’ensuivent en effet quelques précisions techniques pour une exécution avec orchestre, avec des détails sur les instruments que l’on pourra utiliser.

Voici l’un des enregistrements disponibles sur Internet de ce Requiem de Neukomm :

[pour entendre l'enregisrement faire un clic droit sur l'image ci-dessous puis "ouvrir dans un nouvel onglet"]

Image de prévisualisation YouTube

Toutefois nous disposons au Mesnil-Marie d’une autre version, enregistrée en janvier 2016 dans la chapelle royale du château de Versailles, interprétée par La Grande Ecurie et la Chambre du Roi sous la direction de Jean-Claude Malgoire, et nous préférons de loin, à celle disponible ci-dessus, cette version véritablement somptueuse, dont la pochette est ornée, en couverture, d’un buste de Louis XVI vu de dos :

Requiem Neukomm - Malgoire

Je ne donnerai pas ici de biographie de Sigismund Ritter von Neukomm, puisqu’on peut aisément la trouver ailleurs, mais je ne résiste cependant pas à rapporter cette anecdote en conclusion.
Neukomm, qui rendit son âme à Dieu à Paris le 3 avril 1858 âgé de 80 ans, resta jusqu’à son dernier souffle un ardent royaliste. Quelque cinq ans avant sa mort (alors donc que la France allait sombrer de l’éphémère deuxième république dans le second en-pire) il composa un « canon républicain » dont les paroles parodiques sont celles-ci :

« Liberté – pour faire le mal -,
égalité – dans la misère -,
fraternité – de Caïn à son frère – :
voilà le cri de la république.
Vive la république ! »

Lully.

Lys de France

Et l’on trouvera le Requiem de Cherubini à la mémoire de Louis XVI > ici

Publié dans:De liturgia, Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 21 janvier, 2019 |3 Commentaires »

2017-10. Pourquoi continuer à célébrer des Messes de Requiem le 21 janvier alors que, à la suite du pape Pie VI, nous sommes bien convaincus que Louis XVI est au Ciel ?

Statue de S.M. le Roi Louis XVI dans le déambulatoire de la basilique de Saint-Denys

Détail du cénotaphe de Sa Majesté le Roi Louis XVI,
près de la sacristie, dans la basilique nécropole royale de Saint-Denys.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour tout fervent royaliste, chaque année, ce jour du 21 janvier ne peut se passer comme s’il s’agissait d’un jour ordinaire, et il ne peut être vécu comme une commémoraison du même type qu’il y en a de nombreuses autres.
Le 21 janvier a un caractère absolument unique.

En écrivant ces mots je ne veux pas sombrer dans une espèce de pathos romantique malsain, ni dans une sensibilitié larmoyante (ce qui serait « profondément superficiel »  si on me permet l’oxymore).
Tout au contraire !

S’il convient – d’une façon qui me semble quasi impérative – que la Sainte Messe célébrée le 21 janvier soit une Messe de Requiem, et non la Messe du jour (la plupart du temps celle de la fête de Sainte Agnès), la grandiose gravité des textes de la liturgie latine traditionnelle, et la sublime austérité de ses ornements noirs n’ont rien de triste ni d’afflictif : jamais peut-être la sérénité surnaturelle et la radieuse espérance du rituel traditionnel des défunts n’ont plus de sens qu’en cette occasion.
Cette Messe n’est d’ailleurs pas célébrée, comme on le voit malheureusement écrit parfois, « pour le repos de l’âme de Louis XVI », puisque l’âme de Louis XVI – authentique martyr [nous en sommes certains et le pape Pie VI l’a solennellement affirmé de manière non équivoque cf. > ici] – est montée directement au Ciel, et n’a donc en définitive pas besoin d’être secourue par nos suffrages.

Alors, me direz-vous, pourquoi une Messe de Requiem ?
Eh bien, c’est tout simplement parce que, dans l’attente du jour où le Roi martyr sera officiellement élevé sur les autels et honoré d’un culte public par la Sainte Eglise, ce qui permettra alors de célébrer en ce jour la fête de Saint Louis XVI, la Messe des défunts exprime avec davantage de force combien la révolution – dont l’assassinat du Roi Très Chrétien constitue en quelque sorte le symbole le plus expressif en même temps qu’elle en résume à elle seule toutes les abominations sacrilèges – est tout entière une oeuvre de mort, en face de laquelle tout vrai Français se doit de porter le deuil, tant que la France n’aura pas été totalement purgée du venin révolutionnaire et ne sera pas guérie de toutes ses funestes conséquences.

21 janvier 2017 à Saint-Denys - pendant le chant de l'Evangile

Ce 21 janvier 2017 à Saint-Denys :
pendant le chant de l’Evangile par le diacre
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L’idéal est, bien sûr, que l’on puisse multiplier dans toutes les provinces du Royaume ces Messes de Requiem du 21 janvier.
Les Cercles Légitimistes affiliés à l’UCLF, là où ils existent, s’y emploient autant que possible.
Mais en nombre de cas, ce n’est justement pas possible parce que, même à l’intérieur du clergé traditionnel en principe plus éveillé à l’importance de cette célébration, il n’est pas toujours facile de trouver un prêtre qui accepte de le faire (soit par défaut de convictions, soit par pusillanimité, soit en raison de diverses pressions extérieures qui peuvent s’exercer ou de véritables représailles dont il peut ensuite devenir la cible…).

Au Mesnil-Marie, vous le savez, nous n’avons pas de prêtre, et, compte-tenu de notre situation géographique et des conditions météorologiques défavorables à la circulation, fréquentes en cette période de l’année, il est bien difficile d’en faire venir un ; d’autant que, pour le moment, l’assistance risquerait d’être très peu fournie… Malheureusement !
Nous nous emploierons cependant de toutes nos forces à ce que cela change, et nous œuvrerons avec une persévérante ténacité (de cela, nous avons une pratique assidue !) à ce qu’un jour la Sainte Messe à la mémoire du Roi martyr soit célébrée ici, qu’elle devienne une véritable institution, et qu’elle prenne le plus d’ampleur possible.

21 janvier 2017 à Saint-Denys - absoute sur la tombe de Louis XVI

Ce 21 janvier 2017 à Saint-Denys :
l’absoute chantée sur la tombe de Sa Majesté le Roi Louis XVI
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En conclusion, je voudrais insister sur le fait que l’un des très heureux fruits de ces Messes du 21 janvier - qu’elles soient très solennelles et suivies par une assistance nombreuse, comme à Saint-Denys, ou plus humblement célébrées dans des églises ou chapelles de province – consiste à fortifier et à faire croître dans l’âme la ferme détestation de la révolution.
En effet, un authentique chrétien ne peut que haïr la révolution et toutes ses conséquences de la même manière qu’il doit haïr le péché !

A la basilique nécropole royale de Saint-Denis, le fait de se trouver – lorsqu’il est présent – à proximité de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure notre Roi Louis XX, pendant une célébration religieuse en ce jour anniversaire du régicide, est un puissant stimulant à s’engager plus ardemment à prier : prier pour sa personne, prier pour la mission qui lui incombe du fait de sa naissance, prier pour qu’il ait toutes les grâces de crainte du Seigneur, de piété, de science, de force, de conseil, d’intelligence et de sagesse qui lui sont nécessaires pour cela…
C’est en particulier le but de la Confrérie Royale, et nous ne serons jamais trop nombreux à offrir des prières et des sacrifices à l’intention de notre Souverain légitime, puisque la restauration monarchique, selon les principes de la royauté capétienne traditionnelle de droit divin, ne pourra se faire qu’avec le puissant secours de la grâce divine.

Enfin, pour justement vous encourager à prier toujours plus pour notre Prince, voici une photo de Monseigneur et de son épouse, prise, ce 21 janvier 2017, par Frère Maximilien-Marie qui se trouvait tout près d’eux dans la crypte pendant l’absoute célébrée sur la tombe du Roi martyr et qui a été impressionné par le recueillement ému du Prince en ce moment-là.

Lully.

21 janvier à Saint-Denys le couple royal recueilli dans la crypte pendant l'absoute

Ce 21 janvier 2017 à Saint-Denys :
le couple royal profondément recueilli pendant les prières de l’absoute sur la tombe de Sa Majesté le Roi Louis XVI
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Publié dans:Chronique de Lully, Memento, Vexilla Regis |on 29 janvier, 2017 |3 Commentaires »

2017-9. Le 21 janvier 1793 ne voit pas seulement s’accomplir un crime, mais encore un sacrilège, parce que l’on a porté la main sur l’Oint du Seigneur !

Samedi 28 janvier 2017,
Fête de Saint Charlemagne (cf. > ici),
Anniversaire de la mort de Henri de La Rochejaquelein.

Samedi 21 janvier, Frère Maximilien-Marie se trouvait à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, pour la Messe solennelle de Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté le Roi Louis XVI, fondée par Sa Majesté le Roi Louis XVIII, célébrée cette année en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, et de son épouse, la Princesse Marie-Marguerite.
La prédication fut assurée par Monsieur l’Abbé Michel Viot, aumônier national des anciens combattants, dont le dernier ouvrage, publié en ce début d’année 2017, s’intitule : « Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France » (éd. Via Romana – 2017).
Nous remercions très chaleureusement Monsieur l’Abbé Viot de nous avoir adressé le texte de cette remarquable homélie et de nous avoir autorisés à la reproduire dans les pages de ce blogue.

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Abbé Michel Viot - basilique de Saint-Denys 21 janvier 2017

Monsieur l’abbé Michel Viot prêchant à la basilique nécropole royale de Saint-Denys le 21 janvier 2017
(Frère Maximilien-Marie se trouve assis juste derrière lui, à côté du Rd. Père Augustin Pic, op)

« Le 21 janvier 1793 ne voit pas seulement s’accomplir un crime,
mais encore un sacrilège,
parce que l’on a porté la main sur l’Oint du Seigneur ! »

Le passage de l’Evangile de Saint Jean (Jean VI, versets 37-40) que nous venons de lire fait partie du célèbre discours sur le Pain de vie. Si donc Il n’est pas étonnant d’y entendre les promesses de la résurrection et de la vie éternelle, qu’effectivement ce Pain communique, puisqu’il est le Corps glorieux du Christ, une affirmation de Jésus pose quand même question quand on connaît les réactions finales de beaucoup de ses auditeurs. Jésus dit en effet, vous l’avez entendu : « Or La volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés ». Or justement, à la fin de son propos, Jésus voit un certain nombre de ses disciples le quitter, capitulant en quelque sorte devant le mystère que constitue la manducation de la chair du Fils de l’Homme. Devant la justice de Dieu, ce sont bien sûr eux qui se sont perdus, en fermant leur coeur à la foi. Mais devant les hommes, et qui sait si nous n’en faisons pas partie, c’est Jésus qui les a perdus avec un discours trop difficile ! Tout être humain assumant des responsabilités spirituelles est exposé à ce risque d’annonce de vérité qui divise et à ce jugement négatif du monde.

Nos Rois de France, comme Lieutenants de Dieu sur la terre avaient une responsabilité spirituelle sur leurs sujets. Ils savaient que Dieu leur en demanderaient compte, comme aussi de leur propre conduite. Être Roi par la grâce de Dieu ne transformait pas l’Oint du Seigneur en despote ou en créature supérieure. Bien au contraire, il devait être le plus humble et le plus grand des débiteurs de Dieu, qui demande toujours beaucoup à ceux à qui il a beaucoup donné. Nos rois, appelés « Très Chrétien » le savaient, eux qui avait reçu ce que Dieu avait de plus cher sur la terre : la fille aînée de son Eglise, la France. Et le Roi Louis XVI pour lequel nous prions aujourd’hui, tout en honorant sa mémoire en fut conscient plus que tout autre, puisqu’il fit le sacrifice de sa vie pour être fidèle à sa mission de berger qui ne doit perdre personne ! Et c’est plus particulièrement sur ce rôle spirituel du Roi que je voudrais vous inviter à réfléchir. Rappelons d’abord qu’à cette époque, on n’imaginait pas une société sans Dieu, mis à part les philosophes des Lumières et leurs sympathisants, et encore beaucoup d’entre eux prenaient des précautions, et se cachaient sous le déisme, en fabriquant un Christianisme adaptable au monde nouveau qu’on attendait, j’y reviendrai, cependant certains n’hésitaient pas à afficher leur athéisme ! Mais cela ne concernait que peu de gens, influents certes, mais pas assez nombreux pour inquiéter les autorités. Ce furent l’avis de Louis XVI comme de Malesherbes jusqu’au début des événements de 1789. Au commencement du règne en 1774, l’un et l’autre, bien que très au fait des problèmes politiques, économiques et sociaux, ne virent venir la crise religieuse qu’avec la déclaration des droits de l’homme de 1789, et la Constitution civile du clergé de 1790. Ce n’est qu’à partir de cette dernière date que le Roi pût prendre la mesure de la haine anti catholique de certains de ses sujets, en particulier de ceux qui siégeaient à l’assemblée constituante. Ce fut une découverte pour beaucoup ! Des témoins des débats sur la Constitution civile écrivirent qu’ils avaient l’impression d’assister à un concile. Camus député, de sensibilité gallicano-janséniste avait osé dire : « réunis en Assemblée nationale, nous avons le pouvoir de changer la religion, mais nous ne le ferons pas ! ».

Et effectivement ils firent en sorte de ne se dispenser que de l’autorité du Pape, excusez du peu ! Louis XVI, en bon catholique savait qu’on touchait là à l’essentiel ! Ce fut aussi sans doute pour lui l’occasion d’une réflexion sur le passé, le choix de ses principaux ministres dont Turgot, puis sa mésentente avec lui, physiocrate, homme des Lumières, enfant chéri de Voltaire. Oui, ce dont le Roi devait maintenant garder ses brebis était en fait une maladie qui infectait la France depuis quelques dizaines d’années, provoquée par les écrits des philosophes des Lumières, dont Jean-Jacques Rousseau a été de fait en France le plus efficace représentant.
Ce dernier, loin des injures de Voltaire, assassine en douceur le Christianisme. Il veut une religion civile, instrument dans les mains des gouvernements, sans mystères, ni dogmes, ni au-delà trop certain ! Immortalité de l’âme ? Pourquoi pas ? Mais point trop précise et surtout promise à tous, pour éviter le « piège » des règles religieuses qui prétendraient y conduire et qui du même coup donneraient trop de pouvoir à cette institution honnie qu’est l’Eglise catholique, dont le Roi en France est le Lieutenant, ou encore, de par son sacre « l’évêque du dehors ». Il faut s’arrêter un moment sur ce point pour essayer de cerner la signification religieuse du crime du 21 janvier 1793.
Rappelons tout d’abord, parce que c’est capital, que la cérémonie du sacre ne faisait pas le Roi. Pratiquement depuis les premiers capétiens, le Roi accédait à cette dignité dès la mort de son prédécesseur ! Les Rois ne mourraient donc pas en France ! « Le Roi est mort! Vive le Roi ! ». Cette exclamation rituelle le prouve ! On ne l’entendit point à la mort de Louis X, fils aîné de Philippe IV le Bel, parce qu’il n’y avait point d’enfant mâle et que la loi dite « salique » était essentiellement orale ! Cette importante affaire illumine toute l’action de Sainte Jeanne d’Arc Patronne secondaire de la France. Et c’est d’ailleurs à la fin du règne de Charles VII que cette loi fut écrite. Succession de mâle en mâle par primogéniture ! Ainsi, quand Louis XVI craignit de voir sa liberté de Roi confisquée, après les journées d’octobre qui le ramenaient à Paris prisonnier, à qui va-t-il faire part de son « soucis » quant à la dignité royale ? Le 12 octobre 1789 au Roi d’Espagne Charles IV, en langage diplomatique son frère, mais familialement « son oncle » (il descendait d’un petit fils de Louis XIV, et Louis XVI d’un arrière-petit-fils !). Et il le fait dépositaire de sa protestation dans les termes suivants : « J’ai choisi votre Majesté, comme chef de la seconde branche, pour déposer en vos mains la protestation solennelle que j’élève contre tous les actes contraires à l’autorité royale qui m’ont été arrachés par la force depuis le 15 juillet de cette année, et, en même temps pour accomplir les promesses que j’ai faites par mes déclarations du 23 juin précédant ». Comprenons bien cette démarche ! Elle a deux significations : certains des actes du Roi, ne pourront plus être automatiquement considérés comme tels à cause de l’usage de la force qui les lui imposera, et elle indique de plus que si ce que Louis XVI considère comme la branche aînée, la sienne, son fils, ses frères et leurs descendants venaient à disparaître, on pourrait toujours crier vive le Roi en regardant vers l’Espagne, qui n’est point un pays étranger au regard de la Loi salique, mais d’abord une terre d’élection en vertu du pacte de famille d’une importance plus haute que la montagne des Pyrénées la plus élevée ! Celui qui, provenant de la dynastie « très chrétienne » est passé par là « catholique » est mieux placé que quiconque pour reprendre son ancien titre, dans la fidélité aux lois fondamentales du royaume. Car nous avons cette supériorité, nous autres Français, d’avoir reçu de Dieu, comme symbole unificateur une couronne « indisponible », ne dépendant d’aucun homme, fut-il de sang royal ! Il y a donc toujours un Roi en France, même s’il n’en exerce pas les pouvoirs. Louis XVI nous l’a indiqué ! Pour poursuivre notre réflexion sur le sacre, il faut garder en mémoire ce que nous venons de dire sur la couronne.

L’Eglise, dans le couronnement ne fera que rendre public ce qui est dû au Roi. En revanche, avant cet acte solennel, elle l’aura sacré ! Il demeure certes dans l’état laïc, mais il est à la frontière du sacerdoce épiscopal, de surcroît ! La liturgie de la messe célébrée en sa présence est éloquente ! Il embrasse l’Evangile après sa lecture par un diacre ou autre ministre sacré ! Il embrasse le corporal ! Lors de la Messe du sacre, il communie sous les deux espèces. A défaut de transsubstantiation, il transforme les chairs malades des scrofuleux en les guérissant. Ainsi le 21 janvier 1793 ne voit pas seulement s’accomplir un crime, mais encore un sacrilège, parce que l’on a porté la main sur l’Oint du Seigneur ! Tout près de Dieu, le Roi n’est pourtant jamais assimilé à Lui et demeure soumis aux règles de l’Eglise comme n’importe lequel des paysans de son Royaume ! Dans la malheureuse affaire de la Constitution civile du clergé, Louis XVI obéira à l’évêque qui lui déconseillait de communier, car sa signature avait été sujet de scandale ! Mais soyons clairs, dans cet imbroglio, beaucoup d’acteurs ont des responsabilités, à commencer par le Pape Pie VI, homme remarquable par ailleurs, mais âgé, sensible aux influences ! Je regrette de le dire, mais il ne fut pas clair avec le Roi quand on considère toute sa lettre de mise en garde, avant la condamnation de 1791. Mais surtout, il tarda à répondre ! Et plus qu’à un autre moment de l’histoire de l’Eglise, l’heure de Rome n’était pas celle de Paris ! Le Nonce était d’ailleurs du même avis que le Roi ! Tous, comme bons catholiques, étaient bien évidemment contre ce texte, mais le bon sens commandait de le signer, quitte à revenir dessus ensuite ! C’était la mode inaugurée par la Révolution, et malheureusement elle continue, sans excuse aujourd’hui, si ce n’est la lâcheté ! Mais est-ce une excuse ? Au temps de Louis XVI, il s’agissait d’éviter une guerre civile à forte connotation religieuse !
Interrogeons-nous alors sur la signification de la signature royale. Je rappelle tout simplement la lettre de Louis à son oncle le Roi d’Espagne. En évoquant des actes qui pouvaient lui être arrachés par la force et être contraires à l’autorité royale, il avait écrit auparavant : « Je me dois à ma famille et à toute ma maison de ne pouvoir laisser avilir entre mes mains la dignité royale qu’une longue suite de siècles a confirmé dans ma dynastie ». Il est clair que le Roi en ce 12 octobre 1789, ne songe pas seulement aux États Généraux qui se sont illégalement institués en assemblée constituante, et à son départ forcé de Versailles qui remontait à quelques jours. Louis XVI voyait plus loin et envisageait des événements bien plus graves au cours desquels, en tant que responsable suprême du pays, il allait devoir dissimuler sa pensée et agir contre ses convictions, dans le but de gagner du temps en vue du bien commun pour sauver la paix civile. Il sait qu’il a Dieu pour témoin, mais le devoir royal dynastique lui a fait prévenir son oncle le Roi d’Espagne, par écrit. Et ce souci est précieux pour l’historien, tout comme pour nous aujourd’hui, car il nous démontre que la signature du Roi concernant la Constitution civile du clergé est de l’ordre de l’acte arraché par la force le 24 août 1790. Et quand le 10 mars 1791, le Pape répondra enfin par le Bref « Quod aliquantum », condamnant le texte, le Roi donnera tous les signes de ralliement possibles à la décision papale ! Jusqu’au bout il gardera auprès de lui des prêtres non jureurs, changera de confesseur, parce que le sien avait juré. Et c’est surtout parce qu’on l’empêcha l’aller faire ses Pâques à Saint Cloud en 1791, qu’il décida de quitter Paris pour Montmédy en juin 1791, laissant un document bien connu, aujourd’hui, sous le nom de « testament politique de Louis XVI » , qui montre que le Roi ne remettait pas en cause l’essentiel des réformes, mais s’élevait contre des excès touchant aux restrictions de liberté pour lui et un certain nombre de français, et c’est la question religieuse qui est visée. Tout à la fin du texte il souhaite pouvoir accepter une Constitution librement « qui fera que notre sainte religion soit respectée ».

Par son départ de Paris, comme par ce texte qui l’explique, le Roi ne divise pas son peuple et ne s’en sépare pas, contrairement à ce que clamait la propagande jacobine, et les historiens qui s’en feront ensuite les porte-voix, jusqu’à maintenant ! Et pire en y ajoutant le mensonge du désir de fuite à l’étranger ! Louis n’était pas le premier souverain à avoir voulu quitter Paris, pour être libre de ses mouvements. Ce voyage fut même utile, tant pour lui, pour sa compréhension de l’opinion publique et son désir de Constitution que pour certains députés. Et ce dernier exemple est illustré par le revirement du protestant dauphinois Barnave, qui voyageant avec le Roi à son retour de Varennes, comprit la loyauté du souverain et l’importance de la question religieuse. Il savait le prix de l’intolérance dans ce domaine ! C’est grâce à lui, qui sut entraîner l’assemblée, que la Constitution civile du clergé ne fit point partie de la Constitution sur laquelle Louis XVI prêta son serment de Roi constitutionnel le 14 septembre 1791. Elle n’était devenue qu’une loi parmi d’autres, susceptible d’aménagements. On n’écrit pas l’histoire avec des « si » ! Mais on peut se poser des questions et formuler des hypothèses. Je le ferai à partir de l’avis d’un contemporain qui s’y connaissait en politique, l’empereur d’Autriche Léopold Il. Une de ses lettres aux frères de Louis XVI leur prêche le calme et l’attente, car pour lui, Louis a la situation en mains. Certes, ce dernier n’utilise pas la force ! Mais le peut-il ? Depuis août 1790, du 5 au 30, période qui vit la mutinerie des suisses à Nancy puis sa répression par Bouillé, l’indiscipline était patente dans l’armée, par la faute des clubs et de différentes sociétés de pensée. Le Roi le savait ! C’est la raison pour laquelle il était plutôt contre la guerre que les girondins l’obligèrent à déclarer au printemps 1792 ! Tout comme Robespierre d’ailleurs qui pressentait une défaite qui aurait pu être profitable au Roi ! Tout comme la victoire d’ailleurs ! Louis avait besoin de temps ! D’où ses constantes concessions dans presque tous les domaines, sauf sur la question religieuse. Sur les 130 évêques que comptait la France, 4 seulement avait juré, le reste du clergé s’était divisé, mais depuis l’intervention du Pape, beaucoup revenaient sur leur serment. Et Louis XVI savait que la religion constituait le ciment irremplaçable de l’unité d’une nation, surtout quand celle-ci a puisé et a construit son unité dans le christianisme. Il se trouvait face à un terrorisme intellectuel, la philosophie des lumières, et aussi criminel sur le plan social, comme en témoignait nombre d’exactions commises depuis le 14 juillet 1789. Pour la minorité de factieux qui étaient la cause de ces désordres, il ne s’agissait plus de faire avancer des réformes, mais de changer de civilisation ! Par la plus grande des violences si nécessaire ! Rousseau n’avait-il pas d’ailleurs fait l’apologie du fanatisme en écrivant dans l’Emile : « Le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est pourtant une passion grande et forte, qui élève le coeur de l’homme, qui lui fait mépriser la mort, qui lui donne un ressort prodigieux, et qu’il ne faut que mieux diriger pour en tirer les plus sublimes vertus ». La Terreur est ainsi programmée, ainsi que les méthodes qu’elle inspirera aux terroristes de tous les temps, bolchéviques, nazis, et islamistes ! Face à ces totalitarismes la religion du Christ est le seul recours, elle n’exclut pas l’emploi de la force quand cela est possible, mais par son enseignement, elle détruit le fanatisme à sa racine même. Elle parle en effet au nom de la Charité, la plus haute des vertus, puissance d’éternité, conférant dès cette terre une part d’éternité à celui qui la pratique. Ce fut toute la puissance de l’exemple des martyrs.

Ce fut toute la grandeur de Louis XVI. Mettant son veto à la mi-juin 1792 à la loi votée par l’assemblée qui punissait de déportation sans jugement les prêtres non jureurs, il vit son palais envahi le 20 juin par quelque 9000 personnes, professionnelles de l’émeute ! Privé de défense, il résista seul avec quatre grenadiers pendant près de 3 heures, monté sur une table dans l’embrasure d’une fenêtre. Il but volontiers à la santé de la nation, coiffé du bonnet phrygien, mais il ne céda rien. Personne n’osa l’agresser !

Les historiens idéologues n’ont vu que de la faiblesse dans cet épisode. Edgar Quinet qui l’était aussi, ainsi que fermement républicain, écrira pourtant en 1865 dans son histoire de la Révolution que jamais Louis XVI ne fut plus Roi qu’en ces moments tragiques car il résista seul, en en imposant à la foule par sa seule présence ! Le lendemain la France entière manifesta son indignation par des pétitions envoyées à l’Assemblée. Louis avait retrouvé sa popularité en défendant la religion de ses Pères au péril de sa vie ! Il fallait vite le faire mourir. Vous connaissez la suite ! J’ajouterai cependant deux considérations qui montrent la puissance du témoignage chrétien, et celui de Louis XVI en particulier. Dans leur fanatisme, les révolutionnaires les plus rousseauistes, persuadés que le catholicisme était mourant en France voulurent faire connaître, en l’imprimant le testament du Roi, de manière à ridiculiser son auteur par ce qu’ils estimaient être des excès de bigoterie ! Ce fut le contraire qui se produisit. Et quelques six mois plus tard, quiconque était trouvé en possession du testament risquait l’échafaud ! Premier modèle de ce qu’est une révolution culturelle, cela fera école jusqu’en Chine ! Deuxième exemple, le 24 janvier 1793, le conseil général du département de Paris se proposait de publier tous les témoignages concernant les derniers moments du Roi, là encore pour le déconsidérer. Hébert, le chef de file des athées, qu’on appellera bientôt enragés, s’y opposa violemment : « Cette proposition serait impolitique, elle serait dangereuse, la relation qui mettrait sous les yeux du peuple l’espèce de fermeté que Louis a portée sur l’échafaud. Voulez-vous donc apitoyer le peuple sur le sort du tyran ? ». Et il écrira pourtant dans son journal le Père Duchesne : « Il a été ferme et dévot jusqu’au dernier moment ». De même que pour Jésus la mort sur La Croix ne fut point une défaite, Il en fut de même pour Louis avec la guillotine. La couronne qu’il laisse, de par sa mort, n’est ni souillée du sang des Français, ni avilie par une quelconque lâcheté. Elle reflète l’éclat de celle des martyrs indiquant au peuple de France qu’il ne pourra se retrouver et s’unir que dans la foi chrétienne. C’est d’abord pour elle que Louis est mort, c’est sur elle qu’il faut s’appuyer quand les forces des ténèbres menacent la France et les pays que la foi au Christ a enfantés ! Ainsi soit-il !

Abbé Michel Viot,
Basilique nécropole royale de Saint-Denys,
le 21 janvier 2017.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 28 janvier, 2017 |5 Commentaires »

2017-7. Quelques réflexions pour comprendre ce que fut en réalité la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI. Articles à lire, relire, approfondir et méditer à l’occasion du 21 janvier.

Statue de Louis XVI - Chapelle Expiatoire

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »
(paroles attribuées à l’abbé Edgeworth de Firmont au moment de l’exécution du Roi)

Chaque année, la date du 21 janvier ramène l’anniversaire, terrible et magnifique, de l’assassinat de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Terrible !

- Terrible, parce que la date du 21 janvier 1793 n’est pas seulement celle de la mort injuste d’un homme bon et innocent (des hommes bons et innocents meurent chaque jour depuis les origines de l’humanité, et il en mourra encore chaque jour jusqu’à la fin des temps), comme s’il s’agissait uniquement d’une simple « bavure » – regrettable mais finalement anecdotique – liée aux déchaînement de passions ponctuelles, aujourd’hui dépassées.

- Terrible, parce que le régicide du 21 janvier 1793 doit être compris comme un événement majeur de l’histoire, non seulement de la France, mais de toute l’ancienne Chrétienté, mais de toute l’humanité.

- Terrible, parce que le 21 janvier 1793 est une date-clef pour comprendre les enjeux profonds d’une révolution qui avait commencé bien avant le 14 juillet 1789 et qui se continue et se perpétue avec un impitoyable déroulement logique.

- Terrible, parce que l’exécution de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI fut, dans sa réalité profonde, une sorte de sacrifice humain – prélude à des milliers d’autres – offert à Satan par les ennemis du Règne de Dieu, à fin de sceller dans le sang d’une victime innocente, pure et pieuse, la construction d’une « société nouvelle », tournant le dos aux desseins de Dieu et s’opposant radicalement aux plans du Rédempteur sur le monde.

- Terrible, parce que tant que les faux principes qui ont conduit à l’accomplissement sordide de cette liturgie sacrificielle impie célébrée le 21 janvier 1793 sur la « place de la révolution », présideront aux destinées de la France et empoisonneront les consciences individuelles autant que les pseudo institutions qui constituent les rouages de son fonctionnement aujourd’hui, la France ne pourra en aucune manière se relever mais dégringolera d’abîmes en abîmes, entraînant dans sa chute une grande partie de l’humanité.

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail

François-Joseph Bosio (1768-1845) : détail de la statue de Louis XVI à la Chapelle Expiatoire.

Magnifique !

- Magnifique, parce que, en face d’un déferlement de haine et de l’exacerbation des plus basses passions déchaînées, Sa Majesté le Roi Louis XVI, qui, par bien des côtés était un enfant de son siècle – et donc plus ou moins consciemment imprégné par les idées des pseudo « Lumières » – , a opéré une admirable croissance dans l’ordre de la grâce, jusqu’à parvenir non seulement à sa pleine stature de chrétien sur un plan personnel, mais jusqu’à atteindre sa pleine dimension de Roi Très Chrétien.

- Magnifique, parce que, par l’acceptation libre et responsable du sacrifice de sa vie, ce Souverain profondément attaché à la foi catholique et resté ferme pour la défendre, est arrivé à une authentique conformation au Christ Sauveur en Sa douloreuse Passion : offrant sa vie, pardonnant à ses bourreaux, priant pour que ce crime ne leur soit point imputé, suppliant pour que sa propre mort – sacrilège – ne fasse pas le malheur des peuples sur lesquels la divine Providence l’avait établi roi.

- Magnifique, parce que que nous croyons que Louis est un authentique martyr et que son sacrifice a déjà été, et sera encore, fécond dans l’ordre de la grâce, tant pour ses successeurs que pour le Royaume de France et pour la Sainte Eglise tout entière.

- Magnifique, parce que loin de nous enfermer dans une mélancolie passéiste, le souvenir de ce 21 janvier 1793, revivifié d’année en année, solennellement commémoré et religieusement célébré, entretient et nourrit en nous la formidable espérance d’une résurrection authentique de la monarchie sacrée, d’une reviviscence de la royauté capétienne de droit divin, d’une pleine restauration de la Légitimité, et d’un entier triomphe de la Couronne des Lys sur toutes les puissances infernales auxquelles la révolution a livré la France et le monde

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.  

Bosio statue de Louis XVI à la chapelle expiatoire - détail 2

Articles à lire, relire, approfondir et méditer à l’occasion du 21 janvier :

1) Les dernières heures de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici
2) Le testament de Louis XVI > ici
3) « Louis XVI aux Français », complainte > ici
4) Allocution consistoriale du pape Pie VI sur le martyre de Louis XVI > ici
5) Oraison funèbre de Louis XVI prononcée devant le pape Pie VI > ici
6) Oraison funèbre de Louis XVI prononcée à la basilique Saint-Denys, le 21 janvier 2016, par le Rd. Père Augustin Pic, op. > ici
7) Messe de Requiem composée par Cherubini à la mémoire de Louis XVI > ici
8) Maximes et pensées de Sa Majesté le Roi Louis XVI > ici
9) Voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus > ici
10) La sainte icône représentant Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth, exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie > ici

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 20 janvier, 2017 |3 Commentaires »

2016-43. De la sainte icône des martyrs de la famille royale désormais exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Mercredi 8 juin 2016,
221e anniversaire du rappel à Dieu de S.M. le Roi Louis XVII (cf. > ici).

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est très intentionnellement que j’ai choisi cette date du 8 juin pour vous dévoiler, après que Frère Maximilien-Marie l’a lui-même dévoilée dimanche dernier aux participants du pèlerinage jubilaire de la Légitimité au Puy-en-Velay (cf. > ici), une icône que nous avons commandée à une artiste, Madame Olga Platonova, iconographe originaire de Saint-Petersbourg, professeur d’iconographie à la paroisse orthodoxe russe de la Présentation de Marie (rue Olivier de Serre, Paris XVe).

Pour vous en parler, il faut que je revienne deux ou trois ans en arrière.
Romain, l’un de nos amis, et Frère Maximilien-Marie s’étaient demandé à plusieurs reprises comment il serait possible de relancer la cause de béatification des membres de la famille royale mis à mort pendant la grande révolution : Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth, soeur du Roi. En effet, si diverses tentatives ont existé au cours des XIXe et XXe siècles, elles n’ont jusqu’ici pas abouti.

Il est bien certain que c’est principalement en haine de la foi catholique, en haine de l’Eglise catholique et en haine des desseins de Dieu sur la France, que le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth ont été envoyés à la guillotine, et que le Roi Louis XVII a été condamné à des sévices physiques et psychologiques innommables, puis à une mort lente dans la plus dégradante des réclusions.
Mais il est tout aussi certain que, d’une part, ni la république, ni la maçonnerie – qui en est la pseudo religion officielle – ne souhaitent cette glorification qui mettrait davantage en lumière leurs actions diaboliques ; et que, d’autre part, un épiscopat d’une désolante inconsistance, continûment empêtré dans ses compromissions avec un régime impie, n’a ni la capacité spirituelle et intellectuelle ni la volonté d’entreprendre les démarches en vue de leurs béatifications, au contraire de l’Eglise russe qui a élevé sur les autels la famille impériale massacrée en 1917.

Nous en sommes donc arrivés à formuler ce raisonnement :
1 – puisque nous avons les plus solides raisons de penser que Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth sont au Ciel, rien ne nous empêche de les invoquer pour obtenir des grâces par leur intercession (sans que cela prenne les formes d’un « culte public » tel que défini par le droit canonique) ;
2 – puisque en guise de preuve qu’ils sont au Ciel, l’Eglise demande toujours des grâces et des miracles par l’intercession des « serviteurs de Dieu », rien ne s’oppose à ce que l’on diffuse une prière pour demander l’intercession de nos martyrs royaux ;
3 – puisque, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas attendre de la timorée hiérarchie de l’Eglise, leur béatification, ce doivent être les grâces et les miracles obtenus par les fidèles qui doivent en quelque manière « forcer » cette hiérarchie à sortir de sa langueur ;
4 – il nous faut donc diffuser une image permettant de matérialiser – si l’on peut dire – ou de concentrer ces prières et supplications ; toutefois ni les portraits de cour réalisés de leur vivant, ni les représentations plus ou moins romantiques postérieures à la révolution ne conviennent à une saine démarche religieuse : il serait donc opportun de proposer une représentation strictement religieuse et spirituelle qui mette en valeur leur martyre ;
5 – une icône, comme les russes en ont fait réaliser pour la famille impériale martyre, possède toutes les caractéristiques voulues pour cette expression spirituelle et permettrait la mise en évidence de la mise à mort en haine de la religion ; en sus, outre le fait que les icônes sont de plus en plus comprises et vénérées par la piété latine, cette représentation facilitera aussi la dévotion des fidèles des rites orientaux dont un très grand nombre – en France mais pas uniquement – sont royalistes et légitimistes…

Après quelques tâtonnements, grâce à une religieuse orthodoxe sympathisante de la Confrérie Royale, nous avons été mis en relation avec Madame Olga Platonova qui a parfaitement compris notre dessein et y a adhéré de toute son âme et de tout son talent.
Madame Platonova a travaillé pendant plusieurs mois – mettant en oeuvre les canons de l’iconographie sacrée – , et notre Frère Maximilien-Marie, dans le même temps, économisait sou par sou afin de pouvoir la rétribuer en toute justice.

Enfin, grâce à une amie proche qui devait se rendre à Paris et se l’est vue remettre par Madame Platonova, l’icône est arrivée au Mesnil-Marie le dimanche de la Sainte Trinité 22 mai 2016.
Frère Maximilien-Marie l’a déposée dans l’oratoire, mais elle y est restée voilée tant qu’elle n’était pas bénite : c’est ce dernier dimanche, 5 juin 2016, que, après avoir été dévoilée aux participants du pèlerinage jubilaire légitimiste au Puy, elle a reçu cette bénédiction.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Comme je l’ai expliqué plus haut, ce sont les canons de la représentation sacrée dans les Eglises d’Orient qui ont présidé à la réalisation de cette icône : loin des portraits de cour et des figurations réalistes ou sentimentalo-romantiques, l’icône exprime une réalité spirituelle et montre symboliquement les serviteurs de Dieu dans leur éternité de gloire. En cela, elle tire celui qui la contemple et qui prie devant elle hors des contingences terrestres pour l’amener à un contact spirituel avec les saints.
Sur cette icône, Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette sont donc figurés portant les insignes canoniques de leur royauté (avec le manteau fleurdelysé propre à la royauté française), et Madame Elisabeth est représentée en princesse de sang royal : leur appartenance à une race royale particulièrement favorisée des dons divins subsiste dans l’éternité, spiritualisée.
Chacun d’un porte à la main une croix, symbole de leur martyre qui les a unis d’une manière spéciale au Christ, Roi des martyrs.

En arrière-plan sont peints les lieux de leur chemin de croix : les Tuileries, le donjon du Temple et la Conciergerie, tandis que dans les angles sont évoquées les scènes de leurs morts.
Leurs noms sont écrits en toutes lettres : Louis-Auguste Roi de France, Louis-Charles Roi de France, Marie-Antoinette Reine de France, Elisabeth-Philippine Fille de France.

Des reproductions de cette sainte icône de nos martyrs royaux, portant au verso une prière pour demander des grâces par leur intercession, ont été imprimées afin d’être exposées dans les oratoires particuliers et largement répandues.
Les modalités pour les commander sont à consulter ci-dessous.

Lully.

Trois lys blancs

Pour commander des reproductions de la sainte icône de la Famille Royale martyre :

Les reproductions sont disponibles en deux formats : 21 x 29,5 (format A 4) ou 10,5 x 15 (format carte postale).
Les offrandes conseillées pour l’acquisition de ces reproductions à l’unité sont :
- grand format : 3 € (+ frais d’expédition)
- petit format : 0,50 € (+ frais d’expédition)

Afin de faciliter la diffusion de cette icône et de la prière qui l’accompagne, nous proposons aussi des lots :
- 1 grande image + 10 petites : 5 € (+ frais d’expédition)
- 2 grandes images + 25 petites : 12 € (+ frais d’expédition)
- 5 grandes images + 50 petites : 25 € (+ frais d’expédition)
- autres quantités > nous demander

Pour commander, contactez-nous en nous précisant la quantité souhaitée, les modalités d’envoi (lettre prioritaire ou lettre verte, colissimo… etc) afin que nous puissions calculer les frais d’expédition et vous les soumettre, et en n’omettant pas de nous communiquer vos coordonnées exactes > ici

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