2016-89. « O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! »

Extrait du « Coeur admirable de la Très Sainte Mère de Dieu »
de
Saint Jean Eudes

Basilique supérieure Lourdes - La Trinité et l'Immaculée

La Sainte Trinité et la Vierge immaculée
(vitrail de la basilique supérieure à Lourdes)

« O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! Car véritablement vous êtes admirable en toutes choses et en toutes manières.

Admirable en la beauté angélique et en la pureté séraphique de votre corps virginal. Admirable en la sainteté très éminente de votre âme bienheureuse. Admirable en toutes les facultés de l’un et de l’autre, dont vous avez toujours fait un très saint usage pour la gloire du Saint des saints.

Admirable en toutes vos pensées, en toutes vos paroles, en toutes vos actions : en vos pensées, qui n’ont jamais eu d’autre but que de plaire à Dieu seul ; en vos paroles, qui ont toujours été comme les paroles de Dieu, conformément à ce divin précepte : « Si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme les paroles de Dieu » (1 Petr. IV, 11) ; en vos actions, qui ont toutes été consacrées à sa divine Majesté.

Admirable en vos souffrances, qui vous ont rendue digne d’être associée avec le Sauveur en l’oeuvre de la Rédemption du monde.

Admirable en tous les états et en tous les mystères de votre vie, qui sont autant d’abîmes de merveilles.
Admirable en votre Conception immaculée, qui est pleine de merveilles.
Admirable en votre Naissance, qui a été le sujet d’une joie indicible et éternelle à tout l’univers.
Admirable en votre saint Nom de Marie.
Admirable en votre entretien avec l’Archange saint Gabriel, quand il vous a annoncé le mystère ineffable de l’Incarnation.
Admirable dans toutes les choses grandes qui se sont passées en vous, au moment heureux où ce mystère incomparable y a été accompli.
Admirable en tous les moments des neuf mois que le Verbe incarné a résidé en qualité de Fils unique de Marie dans vos bénites entrailles.
Admirable en toutes les paroles contenues dans le divin cantique que vous avez prononcé après avoir salué votre cousine Elisabeth.
Admirable en tous les pas que vous avez faits allant à Bethléem pour y enfanter le Sauveur du monde.
Admirable dans le mystère de son Epiphanie, c’est-à-dire de sa manifestation aux saints Rois qui ont trouvé l’Enfant de Bethléem avec Marie sa mère, et l’ont adoré avec elle.
Admirable dans la sainte conversation que vous avez eue avec ce Fils bien-aimé, spécialement durant les trente premières années de sa vie.
Admirable dans la part que votre charité vous a donnée dans le premier miracle qu’il a fait aux noces de Cana.
Admirable en la communication qu’il vous a faite de sa croix et de ses souffrances, et dans le sacrifice que vous avez fait de lui-même au pied de sa croix.
Admirable dans les choses qui se sont passées, lorsque étant ressuscité il vous a visitée.
Admirable dans les dispositions avec lesquelles vous avez reçu le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte.
Admirable en votre sainte mort, en votre glorieuse Assomption, en la vie bienheureuse que vous avez dans le ciel.

Admirable en toutes les qualités dont Dieu vous a ornée, de Fille aimée du Père, de Mère du Fils de Dieu, d’Epouse du Saint-Esprit, de sanctuaire de la très sainte Trinité, de Reine des hommes et des Anges, de Mère des chrétiens, de Consolatrice des affligés, d’Avocate des pécheurs, de Refuge de tous les misérables. »

Saint Jean Eudes,
in « le Coeur admirable de la très sainte Mère de Dieu » (1681) – livre 1er, chapitre 1.

Trois lys blancs

Voir aussi :
- Tota pulchra es > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici
- Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée > ici
- Saint Jean Eudes : « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » > ici
- Saint Jean Eudes : « C’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité » > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

2016-88. « Je protégerai, dans l’arche de mon Coeur immaculé, ceux qui lui seront consacrés ».

7 décembre,
Fête de Saint Ambroise ;
Vigile de la Conception immaculée de la Bse Vierge Marie.

L'Immaculée Conception - Monastère de la Visitation rue de Vaugirard à Paris

L’Immaculée Conception
(tableau du Monastère de la Visitation de la rue de Vaugirard, Paris)

Trois lys blancs

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En guise d’ultime préparation à la très grande et si belle fête de la Conception sans tache de la Très Sainte Mère de Dieu, je vous propose, ci-dessous, une autre des petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie.
En réalité, elle était originellement la suite de celle qui s’intitule « la Nouvelle Arche » et que j’avais publiée à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Pontmain, en 2014 (cf. > ici).
Je vous souhaite d’entrer saintement dans cette fête si chère à la piété catholique et d’honorer avec ferveur notre Mère céleste dans le mystère de sa conception immaculée.
Et si vous le pouvez, ne négligez pas d’illuminer vos fenêtres au soir du 8 décembre (explications > ici).

Patte de chat Lully.

Dans l'arche du Coeur immaculé recto

Dans l'arche du Coeur immaculé verso

Trois lys blancs

Autres publications en rapport avec le 8 décembre :
- Tota pulchra es > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- Le 8 décembre illuminons nos fenêtres > ici

Et retrouvez toutes les bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie publiées dans ce blogue en cliquant > ici

2016-87. Où à l’occasion de la fête de Saint Nicolas, Maître-Chat Lully publie quelques images anciennes liées à cette fête.

6 décembre,
Fête de Saint Nicolas de Myre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous avons une grande dévotion pour Saint Nicolas de Myre : nous honorons en lui tout à la fois le grand défenseur de la foi de Nicée contre l’hérésie arienne, le coeur immensément charitable qui s’ingénia à soulager les misères matérielles et morales, le thaumaturge dont l’intercession suscita de prodigieux miracles, mais aussi le personnage si populaire dans la Chrétienté auquel se rattachèrent de pieuses légendes devenues inséparables de son culte, quand bien même leur historicité semble infondée…

En ce saint temps de l’Avent – qui même s’il n’est pas chargé par autant d’austérités que le Carême demeure toute de même un temps de pénitence et d’ascèse – , la fête de Saint Nicolas est une pause pendant laquelle nous nous laissons aller à une espèce de joie enfantine débordante : notre Frère Maximilien-Marie fredonne – ou parfois même chante à tue-tête – quasi toute la journée avec une mine ravie la célèbre légende de Saint Nicolas (à certains moments, il esquisse même des pas de danse !), et moi j’ai toujours droit à une friandise dont je me pourlèche les moustaches !!!

Je ne vous étonnerai sans doute pas si je vous dis que, dans les réserves d’images de Frère Maximilien-Marie, les représentations de Saint Nicolas sont très nombreuses.
Alors aujourd’hui, juste pour le plaisir, j’en ai extrait sept parmi les plus anciennes : en l’occurrence, il y a quatre cartes postales du début du XXe siècle et trois images en chromolithographie.
Leur naïveté m’enchante et j’espère que la reproduction que j’en fais ci-dessous vous plaira : c’est mon cadeau à votre intention pour la Saint Nicolas !

Puissent ces images de jadis faire briller en vos yeux, et plus encore en vos coeurs, des étoiles d’enfantine allégresse…

St Nicolas 2016-87 1

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St Nicolas 2016-87 2

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St Nicolas 2016-87 3

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St Nicolas 2016-87 4

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St Nicolas 2016-87 5

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St Nicolas 2016-87 6

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St Nicolas 2016-87 7

Comme vous l’avez remarqué, cette dernière carte postale met en scène un extrait de la légende de Saint Nicolas, avec des enfants costumés…
Comme je regrette que nous n’en possédions pas tous les épisodes, car cette carte devait, selon toute vraisemblance, appartenir à une série illustrant l’antique comptine !
Allez ! Pour terminer, vous la chanterez bien en entier avec nous :

Image de prévisualisation YouTube

Bonne et belle fête de Saint Nicolas !

pattes de chatLully.

St Nicolas gif

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia, Nos amis les Saints | le 6 décembre, 2016 |4 Commentaires »

2016-86. Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur !

3 décembre,
Fête de Saint François-Xavier.

Je vous rappelais hier, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Loigny (2 décembre 1870), l’influence qu’elle avait exercé sur la genèse du Voeu National au Sacré-Coeur (cf. > ici), dont le cantique « Pitié, mon Dieu ! » fut l’expression.

J’en profite aujourd’hui pour compléter ce que je vous écrivais au sujet des afflictions de l’Eglise et des malheurs de la France - n’en déplaise à ces « idiots utiles » qui, dans la société civile mais plus encore dans l’Eglise, nous serinent que tout va bien - :
1 – si la spoliation des Etats de l’Eglise livrés aux exactions de la secte maçonnique fut alors un grand malheur, voir aujourd’hui l’Eglise livrée à la propagation de l’hérésie moderniste est un malheur encore plus grand ;
2 – si la captivité du Bienheureux Pie IX dans l’enceinte de la Cité Vaticane fut alors la cause d’une profonde tristesse pour tous les catholiques, la pusillanimité des pasteurs aux doctrines pour le moins floues ou hésitantes (quand elles ne sont pas carrément hétérodoxes) est aujourd’hui la cause d’une tristesse infiniment plus profonde pour les fidèles qui ont conservé la foi de la Tradition reçue des Apôtres ;
3 – si la défaite militaire de la France devant le rouleau compresseur prussien fut alors le motif d’une immense humiliation, la déroute sociale, intellectuelle, culturelle, morale et spirituelle de notre pays est aujourd’hui le motif d’une humiliation mille fois plus immense ;
4 – si l’invasion du territoire français par les troupes germaniques fut alors à l’origine d’une dramatique inquiétude, la collaboration des gouvernements successifs de la république à une invasion mahométane mortifère est aujourd’hui la raison pleinement justifiée d’une clairvoyante inquiétude à la perspective des drames que cette invasion engendrera immanquablement…

Mais si ces grands malheurs des années 1870 et 1871 furent aussi l’occasion d’un grand sursaut spirituel, à combien plus forte raison aujourd’hui les grands malheurs de la France et de l’Eglise doivent-ils entraîner une saine et sainte réaction surnaturelle par un authentique retour à Dieu : conversion ; pénitence et réparation ; recours fervent à ces puissants intercesseurs que sont les Saints de France ; instantes supplications adressées à la Très Sainte ViergeMarie, Reine de France ; et – par dessus tout – appels pressants au Sacré-Coeur.

Marseille basilique Sacré-Coeur vitrail du voeu national

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(vitrail de la basilique du Sacré-Coeur à Marseille)

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a composé de nouvelles paroles, plus adaptées aux circonstances présentes, pour le cantique « Pitié, mon Dieu ! »

Notre Frère y a rétabli le refrain originel  : « Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! » (et non pas « Sauvez, sauvez la France… », puisque ce cantique avait été écrit dans le contexte de la spoliation des Etats Pontificaux et de l’écrasement de la France sous la botte prussienne), qui prend aujourd’hui un sens nouveau, encore plus exact, encore plus tragique, comme je le faisais remarquer ci-dessus.
Toutefois il en a réécrit les couplets afin de les faire davantage coller à l’actualité de l’Eglise et de notre malheureux pays.

Voici donc cette réactualisation de l’ancien cantique du Voeu National :

1- Pitié, mon Dieu ! car Votre Sainte Eglise
De toutes parts se trouve menacée ;
Jusqu’en son sein, il en est qui pactisent
Avec l’esprit de l’enfer déchaîné :

Refrain :  Dieu de clémence ! ô Dieu vainqueur !
                   Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! (bis)

2 – Pitié, mon Dieu ! apostate est la France :
Elle renie son Seigneur et son Roi !
Que Votre Amour brise sa résistance
Et la ramène à Votre sainte loi !

3 – Pitié, mon Dieu ! d’un horrible naufrage
La Chrétienté se trouve menacée.
Ressuscitez les glorieux lignages
De l’héroïsme et de la sainteté !

4 – Pitié, mon Dieu ! que ce monde coupable,
Abandonnant ses chemins dépravés,
Dans l’unité de l’amour véritable,
Par Votre Eglise, trouve enfin sa paix !

(paroles réécrites par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

le Voeu National - mosaïque de la basilique de Montmartre

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(mosaïque de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Paris)

Prions et supplions, donc, en revenant au divin Coeur de Jésus dont la miséricorde et la puissance infinies peuvent seules endiguer le déferlement du mal…

Lully.

Autre cantique en l’honneur du Sacré-Coeur publié dans ce blogue :
- « Règne à jamais, Coeur glorieux ! » > ici

Sacré-Coeur gif

2016-85. Le divin Enfant réveillé par le cri de la France.

2 décembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Jan van Ruysbroeck ;
Anniversaire de la bataille de Loigny (2 décembre 1870).

Bannière des Zouaves Pontificaux à Loigny

La bannière de Loigny

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Hier, à l’occasion de la fête du Bienheureux Charles de Jésus (cf. > ici), je vous citais ces lettres de Son Excellence Monseigneur Bonnet qui confiait « l’Eglise affligée » (Ecclesia Dei afflicta) et « la France meurtrie » à l’intercession de son prêtre que des traîtres avaient assassiné quelques mois plus tôt.
C’est dans la continuité de ces préoccupations spirituelles pressantes – car l’Eglise est toujours, et peut-être bien plus qu’en 1917, affligée ; et la France est encore bien davantage meurtrie de nos jours, même si c’est d’une autre manière – , que je veux vous écrire en ce 2 décembre.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler (par exemple > ici ou > ici) de la collection de canivets de Frère Maximilien-Marie.
Aujourd’hui, en voici un qui, tout en s’accordant merveilleusement à ce temps de l’Avent, qui nous fait tendre vers la Nativité du Verbe de Dieu incarné avec une ardeur renouvelée, s’inscrit admirablement et dans l’anniversaire de la célèbre bataille de Loigny, et dans notre sollicitude spirituelle pour cette France tant aimée où « il y a grande pitié ».

Cette image en taille-douce publiée chez Ch. Letaille (éditeur pontifical -rue Garancière, 5 – Paris) avec la référence PL. 26, s’intitule « Le divin Enfant réveillé par le cri de la France ».

En voici tout d’abord une vue générale :

Le divin Enfant réveillé par le cri de la France

L’en-tête porte cette inscription : « Je crois en Jésus-Christ né de la Vierge Marie » qui surmonte, dans une espèce de mandorle, une représentation de l’Enfant Jésus, couché sur la paille.

cri de la France détail 2

Les yeux du Saint Enfant Jésus sont légèrement inclinés vers le bas où, appuyés contre le bois de sa crèche, nous découvrons une branche de lys, un bourdon de pèlerin avec la gourde qui y est attachée, et une bannière dont la hampe se termine par une croix ouvragée ; sur le tissu blanc de cette bannière est écrit le nom « France ».

Les lys et le bourdon qui encadrent cette bannière blanche symbolisant la France, semblent évoquer le grand élan des pèlerinages nationaux issu de l’effondrement, de la défaite et des humiliations de 1870-1871, alors qu’on espérait une restauration royale, et que la France, pénitente et vouée (c’est-à-dire engagée par un voeu : « Gallia poenitens et devota », comme l’affirme l’inscription sous la grande mosaïque du sanctuaire à Montmartre), se tournait suppliante vers le divin Coeur de Jésus.

cri de la France détail 3

A l’arrière-plan, dans un double rayon qui descend de la représentation des deux Coeurs unis de Jésus et Marie qui sont figurés au sommet de la mandorle, on aperçoit la façade de la basilique de Saint-Pierre au Vatican, avec l’obélisque dressé au centre de la colonnade du Bernin.

La France pénitente et vouée au premier plan, le symbole de l’Eglise romaine à l’arrière-plan, ceci renvoie immanquablement au texte du Voeu National :
« En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore. En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l’Eglise et du Saint Siège, et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus Christ. Nous nous humilions devant Dieu, et réunissant dans notre amour l’Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés.
Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France nous promettons de contribuer à l’érection, à Paris, d’un sanctuaire dédié au Sacré Cœur de Jésus ».

N’oublions pas que la bataille de Loigny, le 2 décembre 1870, au cours de laquelle les Zouaves Pontificaux, rentrés de Rome et incorporés à l’armée française sous le commandement du général Gaston de Sonis, soutinrent héroïquement l’assaut des envahisseurs, eut alors un retentissement considérable.
Sur ce champ de bataille, avait été déployée la bannière du Sacré-Coeur (cf. photo en haut de page) brodée par les Visitandines de Paray-le-Monial et déposée sur le tombeau de Saint Martin à Tours avant d’être confiée au colonel-comte Athanase de Charette, et ce haut fait ne manqua pas d’inspirer les initiateurs du Voeu National, Messieurs Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury.

cri de la France détail 4

Le cartouche gravé au-dessous de cette représentation symbolique fait une allusion explicite au fameux cantique « Pitié, mon Dieu ! », dont le refrain originel suppliait : « Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur, sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! »

cri de la France détail 1

Le verso de cette émouvante image porte ce texte :

Venez, divin Messie, venez renaître au milieu de nous !
La France repentante vous appelle, la France vous tend les bras ;
recevez-la dans les vôtres…

Que les rayons de lumière et d’amour qui s’échappent du soleil ardent de votre divin Coeur, rendent la vue aux aveugles, réchauffent les âmes glacées dans le sommeil de l’oubli et de l’indifférence, ressuscitent nos morts à la grâce ;
et que tous, unis en UN, nous n’ayons plus qu’un seul désir, qu’un seul vouloir :

Le triomphe de l’Eglise,
le règne de Dieu sur la terre,
en attendant la réunion des élus dans la paix et la joie des cieux.

+

O Coeur très doux et très clément de Jésus,
daignez faire miséricorde à la France !

Nous vous le demandons par le Coeur très saint et immaculé de votre Bienheureuse Mère, à qui votre amour filial n’a jamais rien refusé !

+

Comme je vous l’écrivais en commençant, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, tout ceci demeure bien actuel et nous ne pouvons que le faire nôtre, et crier nous aussi ardemment vers le Ciel :

« O Coeur très doux et très clément de Jésus,
daignez faire miséricorde à la France ! »

Ainsi soit-il !

Lully.

Voir aussi :
« Les plaies de la France pansées par Marie » > ici
– La prophétie de Madame Royer sur la France > ici
« Coeur de Jésus, sauvez la France, ne l’abandonnez pas » > ici
« Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur » > ici

Coeur de Jésus, sauvez la France !

Publié dans : Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis | le 2 décembre, 2016 |Pas de Commentaires »

2016-84. « Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité. »

1916 – 1er décembre – 2016

Sacré-Coeur Foucauld

Centenaire de la mort
du

Bienheureux Charles de Jésus
prêtre du diocèse de Viviers
& ermite au Sahara

Bienheureux Charles de Foucauld

Sacré-Coeur Foucauld

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce 1er décembre 2016 nous donne la grâce de célébrer le centenaire de la mort du Bienheureux Charles de Jésus (plus connu sous le nom de Charles de Foucauld), au soir du 1er décembre 1916, premier vendredi du mois, spécialement dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus pour lequel le Père avait une si profonde dévotion, et dont il portait l’image stylisée sur la poitrine.

Vous savez tous qu’au Mesnil-Marie - ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le raconter dans les pages de ce blogue – , nous avons un grand amour pour le Bienheureux Charles de Jésus, duquel nous avons l’immense bonheur de posséder une relique dont j’ai publié la photographie à l’occasion du 110e anniversaire de son ordination ainsi que l’an dernier à cette même date (cf. > ici et > ici).

Dans sa méditation  sur le verset « ayant incliné la tête, Il remit l’esprit » (Johan. XIX, 30), le Père de Foucauld avait écrit ces lignes prophétiques :
« Mon Seigneur Jésus, Vous êtes mort et mort pour nous ! Si nous avions vraiment la foi en cela, comme nous désirerions de mourir, et de mourir martyrs, comme nous désirerions de mourir dans les souffrances, au lieu de les craindre ! Quel que soit le motif pour lequel on nous tue, si nous, dans l’âme, nous recevons la mort injuste et cruelle comme un don béni de Votre main, si nous Vous en remercions comme d’une douce grâce, comme d’une imitation bienheureuse de Votre fin… alors, quel que soit le motif qu’on a de nous tuer, nous mourrons dans le pur amour et notre mort Vous sera un sacrifice de très agréable odeur, et si ce n’est pas un martyre dans le sens strict du mot et aux yeux des hommes, c’en sera un à Vos yeux, et ce sera une très parfaite image de Votre mort et une fin très amoureuse qui nous conduira droit au ciel ».
Et dans ses notes spirituelles de 1895, il avait noté ces paroles également prophétiques :
« Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué… et désire que ce soit aujourd’hui… Considère que c’est à cette mort que doit aboutir toute ta vie. »

Cimetière de Tamanrasset - tombes de Laperrine et du P. de Foucauld

Cimetière de Tamanrasset :
on y voit, en avant du bordj devant lequel le Père de Foucauld fut assassiné le 1er décembre 1916, le mausolée du général François-Henry Laperrine d’Hautpoul (+ 5 mars 1920) en forme d’obélisque, derrière la première tombe du Bienheureux Charles de Jésus (son corps a par la suite été déplacé pour être enseveli à El-Goléa près de l’église des Pères Blancs).

Sacré-Coeur Foucauld

Cependant je ne veux pas, aujourd’hui, vous faire le récit de la mort du Bienheureux Charles de Jésus : d’autres l’ont fait bien mieux que moi, et il est facile de retrouver ces textes.
En revanche j’ai choisi de porter à votre connaissance deux textes de Son Excellence Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers, remarquable par son intelligence spirituelle et par sa profondeur surnaturelle : c’est lui qui, comprenant la vocation particulière de Charles de Foucauld, accepta de l’incardiner dans le diocèse de Viviers et lui fit conférer les Ordres sacrés. De fait, le Père de Foucauld entretiendra toujours avec lui une relation filiale et affectueusement reconnaissante.
Ces deux lettres de Monseigneur Bonnet sont adressées à Madame Raymond de Blic, soeur du Père de Foucauld, et constituent un remarquable témoignage spirituel (je me permets de mettre en caractères gras quelques expressions qui me paraissent spécialement importantes).

« Evêché de Viviers, 17 janvier 1917.

Madame,

le deuil qui vous afflige m’atteint trop douloureusement pour que je m’abstienne d’unir aux vôtres mes légitimes et profonds regrets.
J’ai le sentiment bien vif de ce que vous perdez en la personne du révérend Père de Foucauld. J’ai peu connu, dans ma longue vie, d’âmes plus aimantes, plus délicates, plus généreuses et plus ardentes que la sienne, et j’en ai rarement approché de plus saintes. Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité.
Vous savez mieux que moi quelle prise avaient sur son coeur et quelles ardeurs y allumaient les grandes et saintes amours de l’Eglise, de la patrie, de la famille ; vous savez à quel point fut héroïque son zèle pour le salut des âmes : son départ pour le ciel sera, pour les contrées dont il préparait si habilement et si courageusement le retour à la foi, un irréparable malheur, à moins que le sang qui vient de les arroser ne leur soit une semence de chrétiens.
Je ne me consolerais pas de ce malheur qui vous frappe, si je ne songeais que votre cher et vénéré martyr est plus vivant que jamais, qu’il a cessé de souffrir, mais qu’il n’a pas cessé de nous aimer ; qu’il est plus près de Dieu, plus puissant sur son coeur, et qu’il l’incline vers l’Eglise affligée, vers la France meurtrie, vers mon diocèse qui l’implore, vers sa famille qui le pleure.
Veuillez agréer, Madame, l’hommage de mes respectueuses et bien vives condoléances.

+ J.M. Frédéric,                         
Evêque de Viviers. »    

La seconde lettre – un billet plutôt – , datée du jour de la Toussaint 1917 est un remerciement pour l’image memento que Madame de Blic avait envoyée au saint prélat :

« Evêché de Viviers, 1er novembre 1917.

Cette précieuse image ne pouvait m’arriver plus opportunément que le jour où ma pensée le cherche, pour lui adresser un ardent souvenir et une fervente prière, dans l’immense légion de saints que l’Eglise propose aujourd’hui à notre particulière intention.
Ce culte public que je lui rends aujourd’hui d’une façon collective, je le lui rends tous les jours dans le secret de mon âme : je lui dois tant ! Il a si souvent efficacement prié pour mon diocèse et pour moi durant sa vie, et je dois taire tout ce qu’il m’a accordé de faveurs depuis qu’il est plus près de Dieu. »

Monseigneur Bonnet évêque de Viviers

Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers,
détail de son cénotaphe dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers.

A l’exemple du grand et saint évêque de Viviers qui nourrissait une si fervente dévotion pour celui qu’il avait amené au sacerdoce, et qui en raison de cela le considérait comme un véritable père en Dieu, que s’accroisse en nos coeurs notre ferveur envers celui qui « débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité », le Bienheureux Charles de Jésus, auquel nous recommandons nous aussi « l’Eglise affligée et la France meurtrie », en sus de toutes nos intentions particulières, sûrs de la puissance de son intercession…

Lully.

Armoiries de Mgr Bonnet

Armoiries de S. Exc. Mgr. Bonnet
(détail d’une verrière du choeur de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers)

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 1 décembre, 2016 |4 Commentaires »

2016-83. « Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

24 novembre,
Fête de Saint Jean de la Croix.

Saint Jean de la Croix - Avila monastère de l'Incarnation

Saint Jean de la Croix
(Avila, monastère de l’Incarnation)

A l’occasion de la fête de Saint Jean de la Croix, voici une page remarquable de Gustave Thibon : il s’agit du commencement d’une conférence que le philosophe avait intitulée « Saint Jean de la Croix et le monde moderne ». Le philosophe y fait ressortir, avec sa décapante pertinence accoutumée, à quel point la doctrine spirituelle du « Docteur mystique » nous est nécessaire et salutaire…

« Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

« Ce n’est pas sans une grande confusion intérieure que j’ose parler de Jean de la Croix. Je crains de ne vous apporter que des mots. Est-il possible de commenter un tel message sans le vivre intérieurement ? Je songe avec angoisse aux profondes vérités spirituelles qui nous ont été révélées par les sages, les prophètes et les saints. Tout ce que l’homme pouvait dire de Dieu, il l’a dit : les secrets de l’amour et de la vie éternelle traînent dans des livres que nous avons tous lus. Et ces choses que nous savons tous, nous les vivons si peu… C’est là un scandale dont l’habitude seule nous empêche de mesurer l’étendue.
Que je vous entretienne ce soir de Jean de la Croix, que vos esprits et le mien baignent pendant une heure dans ces certitudes nourricières qui sont l’âme de notre destin, et que nous retournions, vous et moi, avec le même coeur charnel empli des mêmes vanités, voilà bien la meilleure preuve du péché originel et du désordre profond installé dans notre nature.
Celui qui n’a pas médité anxieusement sur ce manque de force attractive des vérités suprêmes, sur cette inertie du verbe divin en nous, ne sait rien de la bassesse et de la malice de l’homme.
Il ne sert de rien d’invoquer ici notre faiblesse – nous savons être forts pour conquérir les choses d’en-bas – , ni notre égoïsme : un être fini ne peut pas être absolument égoïste, et nous nous immolons tous les jours aux objets les plus pauvres et les plus caducs. Quels sacrifices ne fait pas l’avare pour un peu d’or, ou l’ambitieux pour de vains honneurs !
Nous ne sommes lâches que devant Dieu.
Nous ne sommes ni faibles, ni égoïstes, nous sommes idolâtres.

Jean de la Croix est le grand médecin de l’idolâtrie, tout simplement parce qu’il croit en Dieu au sens fort, au sens vivant du mot. Etymologiquement « croire » signifie prêter, confier. Celui qui croit se confie à Dieu.
La doctrine de Jean peut se résumer en deux mots : tout et rien. Dieu est tout et la créature n’est rien. Plus que cela : il faut que la créature ne soit rien pour tout recevoir. Dieu, qui peut tout, ne travaille en quelque sorte qu’à partir du néant. Nous étions néant quand Dieu nous a appelés à la vie naturelle, il faut que nous redevenions néant pour recevoir dans sa plénitude la vie surnaturelle. C’est le sens du mot de Jésus à Nicodème : « Si l’homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».
Mais avant de renaître, il faut mourir. Nos échecs, nos lenteurs et nos reculs dans la voie divine procèdent de ce que nous n’avons pas fait le vide en nous, de ce que nous n’avons pas renoncé pour Dieu à tout ce qui n’est pas Dieu. Nous sommes des mendiants aux mains pleines… 
« Toute la beauté des créatures est souveraine laideur devant la beauté infinie de Dieu… Toute la grâce, tout le charme des créatures est matière insipide et répugnante en face de la beauté divine… Tout ce que les créatures du monde renferment de bonté n’est que suprême malice en présence de la bonté divine. Dieu seul est bon… Toute la sagesse du monde n’est que pure et souveraine ignorance devant la sagesse de Dieu… Toute la puissance, toute la liberté du monde n’est que servitude, détresse et captivité, vis-à-vis de la liberté et de la domination divines… » « Ne donnez rien aux créatures si vous voulez garder la face de Dieu présente, claire et pure en votre âme… Dieu et les créatures ne se ressemblent pas. »

Il faut choisir. On ne peut pas poursuivre à la fois le néant et l’absolu. Ces créatures qui ne sont rien, il faut que nous les traitions comme rien.
Le rien… Dans ce monde en délire, où tous les appuis naturels nous manquent à la fois, nous sommes mieux placés que jamais pour sonder le vide de tout le créé.
Biens matériels, liberté, sécurité, vie, patrie, êtres chers, tout ce que nous aimons est vertigineusement précaire et menacé, notre coeur de chair saigne par toutes ses fibres, le rien déborde de toutes parts sur le monde… Excellente préparation extérieure à l’enseignement de Jean de la Croix.
Mais à quoi sert que le rien déferle autour de nous, si nous gardons dans nos âmes les racines des affections dont l’objet nous est ravi ?
Jean de la Croix nous apprendra à mettre notre vie intérieure à l’unisson des épreuves qui nous accablent du dehors. »

Gustave Thibon,
« Saint Jean de la Croix et le monde moderne »
in « Ils sculptent en nous le silence » -Ed. François-Xavier de Guibert, 2003, pp. 29-32.

Christ en croix dessiné par Saint Jean de la Croix

Christ en croix dessiné par Saint Jean de la Croix

Sur Saint Jean de la Croix, voir aussi dans ce blogue :
– Résumé biographique et poème « C’est de nuit » > ici
– Bande dessinée : « Libérer le vol de l’âme » > ici

2016-82. « Je ne suis évidemment pas pour la république, donc je ne vais pas voter pour le président de la république ! »

Jeudi soir 17 novembre 2016,
Fête de Saint Grégoire de Tours, premier historien de la France chrétienne.

Baptême de Clovis

« [...] Le baptistère apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriférants brillent ; tout le temple du baptistère est imprégné d’une odeur divine et Dieu y comble les assistants d’une telle grâce qu’ils se croient transportés au milieu des parfums du paradis. Ce fut le roi, qui, le premier, demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine, pour effacer la maladie d’une vielle lèpre et pour effacer avec une eau fraîche les sordides taches anciennement acquises. Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes : « Dépose humblement tes colliers, ô Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». […] Ainsi donc, le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans sa Trinité, fut baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés »
(St Grégoire de Tours – Histoire des Francs).

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Saint Grégoire de Tours (538 ou 539 – 594), qui sut mettre en lumière, dans son Histoire des Francs, l’action de la divine Providence dans la naissance de la France, par la conversion de Clovis et l’établissement de la première royauté catholique sur les ruines de l’empire romain d’Occident, me paraît un jour particulièrement indiqué pour reprendre dans les pages de ce blogue quelques publications déjà effectuées par Frère Maximilien-Marie sur sa « page » d’un célèbre réseau social, à la suite d’échanges qu’il a eus.
Ce faisant, Frère Maximilien-Marie aussi bien que moi-même avons parfaitement conscience que ce qui suit va indisposer plus d’une personne, va peut-être même en choquer ou scandaliser certaines, va nous valoir de nouvelles oppositions, des contradictions, ou même des inimitiés…

Parce qu’une fois de plus il sera ici question de politique (je renvoie ceux qui l’auraient oublié ou ceux qui ne le connaissent pas à ce texte publié en 2012 > « C’est justement parce qu’il est religieux que mon blogue est politique »).
Le sujet politique est toujours très « sensible ».
Il l’est davantage encore en ce moment ; et peut-être très spécialement en ces jours-ci où l’agitation politicienne et médiatique monte en intensité dans la perspective des élections pestilentielles de 2017 qui répandent déjà leurs effluves pernicieuses.

Il sera donc question de politique.
Sans détour. En stricte référence aux principes qui sont les nôtres.
D’ailleurs ce ne sont pas à proprement parler « nos » principes, ce sont surtout et avant toutes choses les principes qui ont présidé à la construction de la France chrétienne et royale : c’est la raison pour laquelle nous y adhérons ; c’est le motif pour lequel ils sont devenus nôtres.
Cohérence et fidélité.
Et pour ceux auxquels cela déplaît, je n’ai qu’une parole, reprise de Saint Paul : « Car est-ce des hommes ou de Dieu que je désire maintenant l’approbation ? Cherchai-je à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais point serviteur du Christ » (Gal. I, 10).

Fleur de Lys

A la fin du mois de septembre, Frère Maximilien-Marie a reçu dans sa boite aux lettres électronique une « Pétition pour l’union des droites – 2017″ accompagnée du message suivant : « Permettez moi de vous adresser cette pétition intéressante par sa proposition de rassemblement de la droite en cette période troublée. Il me semble qu’il faut l’encourager très vite car elle apporte une lueur d’espoir. Merci de la diffuser largement au plus grand nombre possible de vos contacts si vous la jugez pertinente… »

Poliment, mais sans détour, notre Frère a répondu : « (…) Je vais dire les choses de manière claire et sans fard : votre pétition ne m’intéresse pas. Je suis royaliste, légitimiste, et je ne me sens en aucune manière concerné par les partis politiques républicains, par la droite républicaine et par les élections républicaines, car je souhaite fondamentalement la disparition et des élections et des partis et de la république (…) »

Cette personne lui a alors écrit :« (…) Moi aussi je suis royaliste légitimiste, et j’espère le rétablissement de la royauté, mais que je sache, elle n’est malheureusement pas d’actualité de nos jours et il nous faut bien faire un choix qui soit le moins mauvais possible pour changer les lois liberticides et antichrétiennes votées par ce gouvernement impie (…) »

Voici donc maintenant la longue réponse de Frère Maximilien-Marie :
« Madame,
Puisque vous m’affirmez que vous êtes catholique, royaliste et légitimiste, permettez-moi de vous livrer ci-dessous quelques rappels :
1) Non, nous ne sommes absolument pas obligés de faire un choix parmi des candidats républicains.  Un « moindre mal » reste un mal, et la participation aux élections n’est en aucune manière le bon moyen pour faire évoluer la république dans « le bon sens » : c’est là un leurre absolu.
2) La restauration monarchique est, bien au contraire, à l’ordre du jour : ce qui ne signifie pas qu’elle se fera de manière rapide… C’est à Judas qu’il a été dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite ! »
3) La restauration monarchique est d’abord liée à la conversion des coeurs, des mentalités, des âmes… et au retour à une véritable société chrétienne : je ne sache pas que la construction d’une société chrétienne dépende des élections et de l’union des partis « de droite » – qui ne seront jamais que des partis révolutionnaires et des partis un peu moins à gauche que la gauche - ; en revanche elle dépend de la sanctification personnelle et de l’effort de chacun pour témoigner d’une vie chrétienne authentique et conquérante, afin de gagner des coeurs et des intelligences à la Vérité révélée et à l’Amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
4) Si l’on doit attendre du monde et de ses élections – à travers « le moindre mal » - l’établissement des conditions pour une restauration monarchique, autant attendre du diable la conversion des infidèles !!!
5) Quant aux « couleurs » (Note : cette pétition, sur fond de drapeau tricolore, s’intitulait « vos couleurs »), le bleu le blanc et le rouge ne sont pas mes couleurs et ne les seront jamais !
Ce sont en effet ces couleurs qui ont présidé à toutes les horreurs de la révolution : à tous les sacrilèges et profanations envers le Saint-Sacrement, les reliques, les édifices sacrés et les personnes consacrées à Dieu, à toutes les abominations perpétrées contre la famille royale – martyre de deux Rois (Louis XVI et Louis XVII) et de la Reine, de Madame Elisabeth, et de leurs proches – , à la destruction de tout ce que treize siècles de royauté chrétienne avaient édifié… ; et je n’attends pas d’une utopique union autour du drapeau tricolore, pris comme un symbole « rassembleur des droites », le moindre espoir ni salut pour la France ! »

Fleur de Lys

Frère Maximilien-Marie a ensuite ajouté aux réponses précédentes un texte plus fondamental, qu’il avait rédigé à l’intention des lecteurs de sa « page » sur le réseau social précédemment évoqué, et dans lequel il explique les raisons pour lesquelles il pratique l’abstention à toutes les élections républicaines (il n’est même inscrit sur les « listes électorales » qu’à fin d’être comptabilisé comme abstentionniste) :

1) le principe de base de toutes les élections républicaines est exposé dans l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui stipule : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »
Cet article est un blasphème absolument contraire aux principes de la Foi : les saints Apôtres Pierre et Paul ont explicitement affirmé dans leurs épîtres que « Omnis potestas a Deo » : c’est de Dieu que vient tout pouvoir, toute autorité. C’est Dieu qui est la source de la souveraineté. En cela ils ne faisaient que reprendre ce que Notre-Seigneur Jésus-Christ a Lui-même expliqué à Pilate : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur Moi s’il ne t’avait été donné d’En-Haut… »
Dans l’état actuel de la France, voter est une manière d’acquiescer au principe qui préside aux élections républicaines, et c’est donc aussi une manière de dénier à Dieu la source de la Souveraineté car selon le principe de cohérence « une même chose ne peut pas, en même temps et sous le même rapport, être et ne pas être dans un même sujet » (Aristote – Métaphysique, Livre gamma) : ou bien vous êtes catholique et vous reconnaissez que c’est Dieu et Dieu seul qui est la source de la souveraineté, ou bien vous votez selon le faux principe selon lequel c’est le suffrage populaire qui est est la source de la souveraineté.
On ne peut pas concilier l’un et l’autre sans se torpiller la conscience et l’intelligence, ni sans ruiner la cohérence entre les principes que l’on prétend suivre et les actes que l’on pose…

2) Objection 1 : « Mais sous l’Ancien Régime on votait… »
Réponse : Oui, on votait sous l’Ancien Régime. On votait même beaucoup. Mais le vote pratiqué alors ne reposait pas sur le faux principe énoncé dans l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le vote était alors clairement conçu comme l’expression de l’avis de personnes responsables auxquelles on demandait de se prononcer sur des réalités pour lesquelles elles avaient grâce d’état (vg. les représentants des famille pour les questions ressortissant du conseil de paroisse et en rapport avec la communauté locale ; les membres des confréries laïques pour les décisions en rapport avec la vie de cette dernière, ceux qui avaient voix au chapitre dans les communautés religieuses, les responsables des corporations pour ce qui touchait aux intérêts de la corporation… etc.), et la plupart du temps après avoir solennellement invoqué les lumières du Saint-Esprit (par le chant du Veni Creator ou par la célébration de la Messe votive du Saint-Esprit), c’est-à-dire avec la conscience que les décisions prises devaient l’être avec les lumières de Dieu et en conformité avec Ses desseins.
Cela n’a vraiment rien à voir avec les élections républicaines, même si – à titre privé – vous faites une prière au Saint-Esprit avant d’aller urner pour exprimer une opinion à propos de choses dont vous êtes habituellement ignorant, ou incapable de dire exactement de quoi il retourne et pour quels enjeux…
N’oubliez pas que l’article 4 de la loi constitutionnelle du 14 août 1884 abroge les prières publiques qui jusqu’alors étaient prescrites dans les églises et les temples pour appeler les secours de Dieu sur les travaux des assemblées parlementaires : la république récuse absolument l’assistance du Saint-Esprit (parce que l’on sait bien quel est l’ « esprit » auquel elle demande ses « lumières » cf. > ici) !

3) Objection 2 : « Ceux qui ne votent pas n’ont pas à se plaindre ensuite lorsque ceux qui sont élus prennent des mesures qui leur déplaisent : s’ils avaient voté, ils auraient pu faire que cet élu ne le soit pas et que donc il ne fasse pas ces choses : en vous abstenant, vous avez une part de responsabilité dans les mauvaises choses que font ceux dont vous n’avez pas empêché l’élection… »
Réponse : cet argument est un pur sophisme…
Premièrement, parce qu’il n’est jamais permis d’utiliser un mauvais moyen pour faire triompher une bonne cause.
Deuxièmement parce que que ce sont justement ceux qui n’ont pas voté qui sont les seuls autorisés à protester.
Je m’explique : si vous acceptez de jouer à quelque jeu de société que ce soit (la pétanque, la belote, le Monopoly… etc) cela signifie que vous en acceptez par avance les règles et que, en jouant, vous vous y conformerez. Si les règles ne vous plaisent pas, il vaut mieux éviter de jouer à un jeu dont les règles vous indisposent…

Le « jeu démocratique » – ainsi qu’ils l’appellent eux-mêmes – a pour règle que c’est la loi du nombre (généralement la majorité des suffrages exprimés) qui décide du résultat de l’élection. Cela tout le monde le sait : donc, quand on va voter cela signifie tacitement que vous vous plierez au résultat des urnes, et que donc, même si celui-ci ne vous plaît pas parce qu’il n’est pas conforme à ce que vous avez exprimé dans votre vote, vous vous soumettrez à ce résultat.
C’est la règle que vous avez acceptée en allant urner… Si vous êtes « perdant », vous ne pouvez que vous soumettre et accepter le résultat quel qu’il soit… dans l’attente de la prochaine élection. Si vous râlez ou protestez contre le résultat de l’élection (loi du nombre) vous n’êtes pas cohérent, puisque le seul fait d’aller voter implique la soumission à cette loi du nombre.
Voter implique cette soumission ; et si vous acceptez le vote vous devez en accepter le résultat obtenu selon la règle acceptée au départ.
Ceux qui ont voté mais se placent dans « l’opposition » au résultat des urnes sont donc ceux qui ne doivent pas se plaindre quand la majorité élue prend des mesures ou fait voter des lois qui leur déplaisent : ils ont voté, ils ont accepté la règle, ils n’ont donc logiquement qu’à se taire ; pas les abstentionnistes ! Ceux-ci, au contraire, parce qu’ils n’ont pas accepté la règle du vote et la loi du nombre, sont en réalité les seuls à pouvoir critiquer le résultat des urnes, en pleine liberté, responsabilité et cohérence

4) Objection 3 : « Mais le catéchisme catholique vous fait une grave obligation morale d’aller voter ! »
Voire : « Si vous n’allez pas voter vous commettez un péché mortel » (cela m’a été dit dans ces termes-là par un prêtre, jadis !).

Réponse : ce pseudo « devoir civique » imposé par le catéchisme des évêques de France y a été introduit après la seconde guerre mondiale sous l’effet des théories de la « démocratie chrétienne » (horresco referens), et parce que les évêques qui ont introduit ce pseudo commandement moral avaient abandonné les principes éternels et la solidité de la doctrine. On ne trouve absolument pas mention de ce prétendu « devoir civique » dans le catéchisme de Saint Pie X.
Je ne me sens en aucune manière obligé par un pseudo commandement fondé sur de faux principes.

Fleur de Lys

Dans une émission télévisée en date du 23 octobre 1987, feu notre Prince Alphonse, de jure Sa Majesté le Roi Alphonse II de France (1936-1989), invité de Monsieur T. Ardisson, avait été interrogé : « Pour qui voteriez-vous aux prochaines élections présidentielles ? ». Avec un fin sourire, Monseigneur avait répondu : « Je ne suis évidemment pas pour la république, donc je ne vais pas voter pour le président de la république ! »
Réponse d’élémentaire bon sens… Mais on sait que le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée. 
Ce faisant, sans en avoir l’air, l’aîné des Capétiens nous donnait en quelques mots une forte leçon de cohérence et de fidélité : fidélité aux principes, et action pratique pleinement cohérente avec ce que l’on affirme professer. C’était déjà la ligne définie par le Comte de Chambord dans cette lettre de 1861 que nous avons déjà publiée (cf. > ici).

Pour Dieu et pour le Roi.

Patte de chatLully.

La Sainte Ampoule du Sacre de Charles X et son aiguillette

La sainte Ampoule du saint Chrême miraculeux du baptême-sacre de Clovis,
refaite pour le sacre de Charles X en 1825 (Reims, palais du Tau).

Publié dans : Vexilla Regis | le 17 novembre, 2016 |8 Commentaires »

2016-81. De Saint Georges, premier évêque du Velay, et du bâton miraculeux de Saint Pierre.

Vendredi 11 novembre 2016,
Fête de Saint Martin de Tours (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Point n’est besoin que je vous explique une fois de plus de quelle dévotion nous entourons les saintes reliques (cf. > ici) ; aussi, après vous avoir raconté mon propre pèlerinage auprès de celles de Saint Antoine le Grand (cf. > ici), vais-je vous expliquer comment Frère Maximilien-Marie, après quelques mois de recherche, a pu, ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi, voir le bâton miraculeux de l’apôtre Saint Pierre

St Pierre -détail d'un vitrail de C.E. Kempé - église St-Jacques Hunstanworth, comté de Durham

Le premier évangélisateur et premier évêque du Velay se nommait Georges : selon la tradition, il était du nombre des septante-deux disciples de Notre-Seigneur et, en même temps que Front, qui deviendra le premier évêque de Périgueux, il fut envoyé dans les Gaules par Saint Pierre.
Alors que nos deux missionnaires étaient en route et qu’ils étaient arrivés près du lac de Bolsena, à plus de 27 lieues au nord de Rome, Georges mourut subitement. Son compagnon, Saint Front, repartit pour Rome où Saint Pierre lui remit son bâton de marche, lui demandant de le déposer sur la tombe du défunt.
Par l’imposition du bâton de Saint Pierre, Saint Georges fut rendu à la vie, et ce miracle fut d’ailleurs la cause de nombreuses conversions dans la région de Bolsena.

L’apostolat des deux missionnaires se déploya surtout dans la Gaule Aquitaine (province romaine qui était beaucoup plus vaste que ce que nous appelons aujourd’hui l’Aquitaine puisqu’elle englobait, par exemple, le Velay et le Berry). Saint Front s’établit en Périgord et Saint Georges travailla à l’évangélisation du Velay.
On admet habituellement – car tous les historiens ne sont pas d’accord – qu’il fixa son siège épiscopal à Ruessio (ou Ruessium), qui était alors la principale cité des Vellaves, et qui est aujourd’hui la petite ville de Saint-Paulien.

C’est dans le temps de l’apostolat de Saint Georges, en l’an 45 de notre ère, qu’eut lieu la première apparition de Notre-Dame qui est à l’origine du pèlerinage du Puy, ainsi que cela a été raconté dans ce blogue (cf. > ici).

Avant de se séparer, Saint Front et Saint Georges s’étaient partagés le bâton de Saint Pierre, et jusqu’à la grande révolution la moitié du bâton miraculeux fut pieusement conservée et vénérée dans l’église collégiale de Saint-Paulien

Statue de Saint Georges - église de Saint-Paulien

Saint Georges, fondateur de l’Eglise du Velay et son premier évêque
(statue dans l’église de Saint-Paulien).

Saint Georges évangélisa le Velay pendant de nombreuses années et, bien qu’il eut parfois à endurer de violentes oppositions de la part des païens, il mourut (une deuxième fois) sans avoir subi le martyre : il fut inhumé sur le Mont Anis, près du lieu que la Sainte Mère de Dieu avait désigné pour y être honorée et où Saint Martial  (cf. > ici) était venu consacrer le premier autel (là où est aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay) et apporter une des chaussures de la Très Sainte Vierge Marie.

Plus tard, au-dessus du tombeau de Saint Georges, fut construite une église, qui devint ensuite collégiale, puis aujourd’hui la chapelle Saint-Georges du grand séminaire du Puy.

Résurrection de Saint Georges - tableau du XVIIe s église de Saint-Paulien

Saint Front rendant la vie à Saint Georges en lui imposant le bâton de Saint Pierre
(tableau du XVIIe siècle dans l’église de Saint Paulien).

Je me demandais si, comme – hélas ! – un très grand nombre de précieuses reliques, et comme d’ailleurs l’autre moitié du bâton de Saint Pierre emportée en Périgord par Saint Front, la partie de ce bâton conservée à Saint-Paulien avait été détruite ou perdue lors de la grande révolution, jusqu’à ce que l’un de nos amis prêtres nous eût informés que non.
Soustrait aux pillages et profanations révolutionnaires par un prêtre de Saint-Paulien, le bâton de Saint Pierre fut remis par lui aux « Demoiselles de l’instruction » (congrégation fondée au Puy au XVIIe siècle sous l’impulsion d’Anne-Marie Martel et des prêtres de Saint-Sulpice qui dirigeaient le séminaire) – appelées aujourd’hui Soeurs de l’Enfant Jésus - , après la tourmente et conservé dans leur couvent du Puy.

Tout au long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, les élèves des « Demoiselles de l’instruction » étaient invités à entourer de vénération la relique du bâton de Saint Pierre.
Mais, après « LE concile » (!!!), cette dévotion disparut du paysage religieux vellave : l’histoire de Saint Georges fut reléguée par beaucoup au nombre des pieuses légendes sans fondement, ceux qui conservèrent son culte placèrent son existence au troisième siècle et non plus à l’âge apostolique, et les reliques – souvent suspectées d’être fausses ou douteuses, voire même accusées de favoriser la « superstition » (ne croirait-on pas entendre les sans-culottes et les patriotes de l’an II ?) – furent remisées au fond des placards de sacristie, quand elles ne furent pas brûlées ou cédées aux brocanteurs…

Vitrine renfermant le bâton de Saint Pierre - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Vitrine dans laquelle sont exposés le bâton de Saint Pierre et un buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Fort heureusement, le bâton de Saint Pierre – même s’il avait été mis à l’écart de la dévotion populaire – ne fut ni détruit ni perdu lors de cette seconde grande révolution qui a ravagé la Sainte Eglise après les années 60 du précédent siècle !

Après avoir interrogé plusieurs personnes, dont quelques prêtres parmi lesquels certains ignoraient tout de cette « légende » et d’autres en sourirent avec condescendance, au terme d’un véritable jeu de piste, Frère Maximilien-Marie finit par apprendre que le bâton de Saint Pierre se trouve actuellement dans l’une des vitrines d’une salle d’exposition présentant l’histoire et les souvenirs de la fondation des « Soeurs de l’Enfant Jésus » – salle d’exposition très rarement ouverte au public – dans la vieille ville du Puy.

Mais une chose était de savoir où se trouvait la relique, autre chose était de parvenir jusqu’à elle !

Appels téléphoniques réitérés en vue d’obtenir un rendez-vous, renvois d’une personne à une autre, demandes restées sans réponse précise ou se heurtant à une demande de rappel ultérieur : ainsi en fut-il pendant cinq mois.
Enfin, il y a quelques jours, frère Maximilien-Marie eut-il la joie de trouver une personne qui consentit à lui ouvrir les portes de la salle où se trouve ladite exposition quasi jamais ouverte au public, et qui lui donna rendez-vous pour ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi…

…Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 2

Relique du bâton de Saint Pierre et  feuillet manuscrit racontant l’histoire de ce bâton
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Comme nous ne croyons pas au hasard, mais aux mystérieuses dispositions de la Providence (« Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur » ainsi que le proclame l’admirable oraison du septième dimanche après la Pentecôte), nous n’avons pas manqué de remarquer que le 9 novembre en fin d’après-midi, c’est justement le moment où l’Eglise diocésaine du Puy entonne les premières vêpres de la fête de Saint Georges, son fondateur et premier évêque (fête double de première classe avec octave, dans la liturgie traditionnelle), puisque sa fête est célébrée à la date du 10 novembre !

Redisons-le donc : Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 3

Relique du bâton de Saint Pierre : seule partie visible de ce bâton extraite de sa housse
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Vous pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes, grâce aux photographies dont j’accompagne ce texte, puisque notre Frère a eu la permission de réaliser quelques clichés, ce bâton de Saint Pierre se trouve au milieu d’objets divers : livres de piété des XVIIe ou XVIIIe siècles dont usaient les « Demoiselles de l’instruction », documents relatifs à l’histoire de la congrégation,  reliquaires…

Cette moitié du bâton de Saint Pierre doit mesurer entre 70 et 80 centimètres ; elle est placée dans une housse de soie violette avec des motifs jaune d’or et on n’en voit que l’extrémité qui a été tirée hors de la housse.
Le bâton lui-même est de couleur noire ; à son extrémité lui est attaché un ruban de soie bleue, mais notre Frère n’a pas pu voir si ce ruban portait un sceau ; plusieurs feuillets de papier sur lesquels un texte est écrit sont enroulés autour du bâton à l’ouverture de la housse de soie ;  un feuillet manuscrit très endommagé, en partie déroulé, a été placé en dessous du bâton (le texte qui y est calligraphié a été retranscrit sur la feuille imprimée, enfilée dans une pochette plastique, que l’on voit à droite), il raconte les traditions concernant Saint Georges et le bâton de Saint Pierre.

Relique du bâton de Saint Georges 1

Relique du bâton de Saint Pierre dans sa vitrine
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Pour terminer mon compte-rendu de ce soir, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je me contenterai de vous transcrire la traduction que j’ai faite de l’oraison propre de Saint Georges, telle que je l’ai trouvée dans un exemplaire des offices propres du diocèse du Puy, vous invitant ainsi à entrer vous aussi dans le courant multiséculaire de dévotion envers l’apôtre et le premier évêque du Velay :

« O Dieu qui nous avez faits parvenir à la connaissance de Votre Nom par les enseignements salutaires du Bienheureux Georges, dans Votre bienveillance accordez-nous que, ayant conservé la foi dans son intégrité, persévérant jusqu’à la fin dans la pratique des bonnes oeuvres, nous méritions de parvenir aux éternelles récompenses des vertus. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur, Votre Fils, qui, avec Vous vit et règne dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Reliquaire de Saint Georges - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 11 novembre, 2016 |8 Commentaires »
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