2017-28. « Je suis « entré en Légitimité » de la même manière que j’étais entré en religion… »

Lundi 27 mars 2017,
Fête de Saint Jean Damascène, confesseur et docteur de l’Eglise,
Mémoire du lundi de la 4e semaine de Carême,
222e anniversaire de la naissance de Louis XVII (cf. > ici).

icône des martyrs de la famille royale détail : Louis XVII dans son cachot

Le petit Louis XVII dans son cachot
(détail de l’icône des martyrs de la Famille Royale dans l’oratoire du Mesnil-Marie)

fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a de cela déjà plusieurs mois, sur le Forum du Royaume de France, Frère Maximilien-Marie avait répondu à cette question : « Comment êtes-vous devenu royaliste ? » Je lui avais alors demandé l’autorisation de publier cette réponse sur mon blogue, mais il n’y avait pas consenti, au prétexte que cela avait été une réponse hâtive, imparfaite dans son style, incomplète… etc.
Depuis lors, j’ai maintes et maintes fois reporté l’antienne, affiné mes questions, noté ses explications, insisté pour obtenir des précisions… et, avec un ami qui m’a assisté dans l’ « interviou » finale, nous avons
 obtenu les réponses que nous souhaitions ainsi que l’autorisation de les publier à votre intention.
C’est à dessein que j’ai choisi ce jour pour le faire, afin de marquer d’une certaine manière l’anniversaire de la naissance de l’infortuné petit Roi-martyr, Louis XVII.

Lully.

grandes armes de France

- Frère Maximilien-Marie, il y a déjà un certain temps, vous aviez consenti à répondre rapidement à la question : « Comment êtes-vous devenu royaliste ? »
Je vous sollicite aujourd’hui sur ce même thème, parce que finalement beaucoup de personnes qui vous connaissent peuvent, plus ou moins consciemment, se le demander elles aussi, sans forcément oser vous interroger, et peuvent avoir envie de connaître pourquoi et comment « vous en êtes arrivé là », puisque vos convictions et vos engagements ne sont un secret pour personne…
Réponse :
Cette question « Comment êtes-vous devenu royaliste ? » peut recevoir deux réponses. Deux réponses différentes, ou plutôt une réponse en deux parties qui ne s’excluent pas l’une l’autre mais se complètent.
Je m’explique : En tout premier lieu, je crois pouvoir affirmer que je ne suis pas « devenu royaliste », parce que, aussi loin que remontent mes souvenirs (et ils remontent jusqu’en ma toute petite enfance), je constate que j’ai toujours été royaliste par mes convictions personnelles profondes. Je n’ai pas conscience – ni le souvenir – d’avoir jamais été autre chose que royaliste.
En second lieu cependant, il faut ajouter qu’il m’a bien fallu moi-même réfléchir sur cette conviction profonde, presque innée, et – particulièrement en raison des oppositions qu’elle a rencontrées – l’approfondir, la discuter, la justifier, argumenter… etc.
En ce sens, il y a donc bien eu une forme de devenir, qui a consisté en une maturation, en un développement, en un épanouissement, selon le même processus qui fait que la graine devient fleur.

fleur de lys

- Vous dites que vous avez toujours été royaliste depuis votre petite enfance : est-ce parce que vous avez grandi et avez été éduqué dans un milieu royaliste ?
Réponse :
Pas du tout !
Je suis né et j’ai grandi dans une famille pour laquelle, depuis la fin du XIXe siècle (avec ce fameux et funeste « ralliement » demandé par Léon XIII), puis sous l’influence du « catéchisme des diocèses de France » imposé après la seconde guerre mondiale, la république était devenue la « norme » politique.
En outre, depuis l’âge de 6 ans où je suis entré au cours élémentaire et jusqu’à l’âge de 10 ans, j’ai été scolarisé dans une école communale – l’école laïque, l’école de la république – , où, bien évidemment, spécialement dans les cours d’histoire et les leçons de morale civique, l’on dispensait le prêt-à-penser républicain au sujet de la royauté et de l’Ancien Régime.
Mon instituteur des CM 1 et CM2, qui avait participé au maquis avec les « rouges », était tout-à-fait dans la ligne des « hussards noirs de la république », et je me suis rendu compte qu’il était en quelque manière inquiet de mes assurances et de ma passion pour nos Rois, voire presque pénétré de crainte en face d’elles.
Je me souviens en particulier d’un jour où l’inspecteur d’académie était passé dans notre classe, y avait assisté à la matinée de cours et m’avait interrogé à plusieurs reprises ; ensuite, au moment de la récréation, j’avais tout-à-fait fortuitement entendu mon maître et l’inspecteur parler de moi : mon instituteur disait avec une grande perplexité : « Je ne comprends pas comment cela se fait, mais il est vraiment royaliste… »
A l’âge de 10 ans, je suis entré au collège, un collège dit catholique tenu par les « Chers Frères ». C’était la rentrée de septembre 1972 : partout triomphait « l’esprit du concile » (!!!) conjugué aux modes pédagogiques et à la mentalité post-soixante-huitardes. Puis, lorsque j’ai eu 14 ans, je suis allé au lycée, un lycée de l’enseignement diocésain dans un diocèse où l’évêque très progressiste ne cachait pas son soutien à la gauche (il lui est même arrivé de se rendre à la « fête de l’Humanité » !) : vous pensez bien que, dans ces deux établissements, je n’ai jamais rencontré – ni parmi les religieux, ni parmi les professeurs, ni parmi les élèves – le moindre royaliste !
A l’exception du prêtre qui fut mon professeur de Grec classique au lycée, l’écrasante majorité des enseignants, lorsqu’ils n’étaient pas ouvertement socialistes, se plaçaient de près ou de loin dans la mouvance de la « démocratie-chrétienne », et étaient donc de fait des républicains de gauche ou de centre-gauche.
Vous le voyez, je ne dois donc à aucun de mes éducateurs d’être royaliste depuis mon enfance !

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- Alors, à quoi attribuez-vous cet attachement précoce à la royauté ?
Réponse :
A cette question, j’ai envie de vous répondre par une citation de Saint Paul : « Gratia autem Dei sum id quod sum, et gratia ejus in me vacua non fuit : c’est par la grâce de Dieu que je le suis, et Sa grâce n’a pas été vaine en moi ! » (cf. 1 Cor. XV, 10 a).
Dois-je parler d’une espèce d’intuition mystique ?
A tout le moins, je peux affirmer que le Bon Dieu m’a fait depuis ma toute petite enfance la grâce d’être attiré par Lui et par les splendides et profondes vérités de notre religion catholique. Depuis toujours, s’est aussi imposé à moi avec une irréfragable clarté que, de ces vérités catholiques, découle nécessairement un ordre social : tout ce que le pape Pie XI a exprimé dans l’encyclique « Quas primas » au sujet de la Royauté du Christ est spontanément d’une limpide évidence pour qui a véritablement la foi catholique !
Alors certes, à l’âge de 6 ou 7 ans je n’avais ni la formation ni les arguments pour l’exprimer de manière construite et pour argumenter, néanmoins je comprenais dans une lumière certaine que la royauté capétienne traditionnelle a été pour notre France une forme d’incarnation de cet ordre social chrétien, et il m’apparaissait que c’est aussi la raison pour laquelle elle a été combattue et abattue, et je constatais que la république en France, quelque « soft » qu’elle fasse l’effort de se montrer, n’est que la continuation institutionnalisée de la révolution antichrétienne.
Mais, ainsi que je vous le disais au début, tout cela se trouvait en moi à l’état d’intuitions, ou d’évidences premières, et j’ai eu besoin d’étudier et d’approfondir pour le pouvoir formuler de manière cohérente et argumentée.

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-  Parlons donc de la manière dont vous avez procédé pour cette maturation et ce développement de votre attachement à la royauté traditionnelle.
Réponse :
Ce fut d’abord essentiellement par la lecture.
Au fur et à mesure que je grandissais, étant à la fois bibliophage et passionné d’histoire, j’ai dévoré tous les livres qui me tombaient sous la main. Avec mon argent de poche, je m’achetais des livres. Je fréquentais aussi de manière assidue les bibliothèques. Il y avait là du bon et du moins bon ; cela m’a aussi permis de développer mon discernement. Par dessus tout, j’ai appris à prendre du recul avec l’enseignement officiel et avec la pensée dominante, j’ai appris à réfléchir de manière cohérente en même temps que je développais mes connaissances.
J’ai peu à peu acquis les éléments qui me permettaient, déjà simplement en ce qui concerne l’histoire, de voir combien l’enseignement officiel est partial et partiel au sujet de l’Eglise, du Moyen-Age, de l’Ancien Régime et de la révolution.
Si, dès l’âge de 7 ans, j’avais eu l’intuition que l’on me mentait sur ces sujets, en grandissant j’en accumulais désormais de multiples preuves.
C’est aussi entre 10 et 11 ans que j’ai lu le roman « Quatre-Vingt-treize » de Victor Hugo (qui, avant de trahir et d’apostasier, avait été un ardent légitimiste pendant la Restauration) ; lorsque mon professeur de Français le sut, elle en fut abasourdie, elle qui n’avait fait que survoler l’oeuvre lorsqu’elle étudiait à l’université. J’avais appris par coeur la longue tirade du marquis de Lantenac qui, lorsqu’il est emprisonné, démontre à son neveu, le traître Gauvin, les grandeurs de l’Ancien Régime avec une impitoyable éloquence (cela se trouve dans la 3ème partie, livre septième, premier chapitre). Je me récitais ce plaidoyer avec passion.
C’est enfin à l’âge de 14 ans que j’ai découvert Gustave Thibon et que j’ai commencé à lire ses oeuvres : je ne suis pas devenu un « thibonien » – cela n’existe d’ailleurs pas – , mais il a été pour moi un accoucheur (n’est-ce pas ainsi que Socrate se définissait lui-même ?) : la lecture du philosophe de Saint-Marcel d’Ardèche, puis quelques contacts personnels que j’eus alors avec lui, m’ont grandement aidé à développer toutes mes capacités de réflexion et de raisonnement, en dehors des sentiers battus.

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- Mais avant de lire puis de rencontrer Gustave Thibon, vous ne connaissiez toujours pas de royalistes « en chair et en os » ! Cela a parfois dû être difficile pour vous, non ?
Réponse :
Dès le moment où j’ai commencé à exprimer non pas encore des convictions royalistes mais seulement déjà une pensée différente des sacro-saints dogmes républicains, il est clair que mon entourage s’en est effrayé.
Mes parents, les premiers, ont commencé à me regarder « comme une poule qui a couvé un canard », selon une expression de chez nous !
Je me souviens que, vers l’âge de 9 ans, j’avais dessiné une allégorie : un drapeau blanc orné d’une fleur de lys triomphait du drapeau tricolore et d’un étendard portant l’aigle napoléonien, qui gisaient à terre devant lui, leurs hampes brisées. J’avais affiché mon dessin dans un lieu de passage du moulinage où mon père travaillait (il y exerçait des responsabilités qui faisaient que nous bénéficiions alors d’un logement de fonction, ce qui explique que j’avais accès à l’usine) et, bien sûr, mon père avait trouvé ce dessin et l’avait prestement retiré…

A partir de mon entrée en sixième (je venais juste d’avoir 10 ans), et pendant mes quatre années de collège, mes camarades de classe m’ont surnommé avec un ton méprisant « le royaliste ». Certains, profitant de leur supériorité physique (j’étais toujours le plus jeune et le plus chétif de la classe), ont parfois dépassé le stade des insultes et des violences verbales pour me maltraiter : être royaliste était à leurs yeux un véritable motif d’infamie et de mise à l’écart… et l’on sait ce que certains adolescents bourrus sont capables de faire dans ces cas-là.
Ces vexations ne m’ont jamais ébranlé, elles ont contribué à me fortifier intérieurement et m’ont irrémédiablement blindé contre les opinions du commun et les modes de la pensée dite moderne.
Il me faut ici préciser que les lectures – et plus tard la rencontre – de Gustave Thibon, qui sont venues au terme de ces quatre années de collège, ne sont pas arrivées pour achever de me convaincre (c’était déjà fait !), mais comme une confirmation paisible, un encouragement, une consolation, et un stimulant à aller plus loin encore dans mon cheminement intellectuel et spirituel.

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- Vous m’avez dit que votre attachement fondamental à la royauté traditionnelle est lié à votre foi catholique…
Réponse :
Oui, ainsi que je l’exprimais ci-dessus, j’ai acquis la conviction inébranlable qu’il y a dans la royauté française traditionnelle un caractère spirituel et sacré voulu par Dieu.
Avant l’âge de trois ans, j’avais découvert dans la bibliothèque de mes parents une « Histoire sainte » de jadis (elle avait été offerte à mon père à l’occasion de sa communion). On y trouvait, avec une abondance d’illustrations magnifiques qui me ravissaient et dont la contemplation me soustrayait pendant des heures à tout ce qui m’entourait, le résumé de l’Ancien Testament, de l’Evangile, des Actes des Apôtres et, dans une harmonieuse continuité, le résumé de l’histoire religieuse de la France à partir de ses premiers évangélisateurs au 1er siècle : depuis les saints de Provence et Saint Denys, en passant par la geste de Saint Martin, la mission de Sainte Geneviève, le rôle majeur de Saint Rémy, la conversion et le baptême de Clovis, le Bienheureux Charlemagne, Saint Louis et l’épopée de Sainte Jeanne d’Arc…
Lors même que je ne savais pas encore lire, je me faisais inlassablement lire et expliquer par ma mère les récits de cette « Histoire sainte » et leurs images.
Quand ensuite j’ai été capable de lire moi-même, je l’ai tout aussi inlassablement lue et relue pendant des années, jusqu’à ce que l’ouvrage, imprimé sur un mauvais papier du temps de la seconde guerre mondiale, tombât véritablement en lambeaux malgré les multiples tentatives de consolidation opérées d’année en année.
J’étais nourri d’une foi traditionnelle vivante, enracinée dans l’histoire vivante d’un pays, un pays qui était une patrie selon le sens qui découle du quatrième commandement de Dieu.

Jusqu’au début des années 70 du précédent siècle, notre paroisse avait gardé bien des éléments traditionnels et, malgré l’arrivée de la nouvelle liturgie, les cérémonies restaient encore dignes, on y chantait encore régulièrement le kyriale en grégorien (voire la Messe Royale de Henry du Mont) et les prêtres, en clergyman en ville, revêtaient encore la soutane quand ils venaient à l’église…
Mais à peu près dans le même moment où je suis entré en sixième et où, au collège, je me suis trouvé aux prises avec la réalité ravageuse du progressisme, nous avons changé de curé et, dans notre paroisse aussi, tout est devenu plus « moderne ».
C’est une 
nouvelle religion issue du concile vaticandeux que l’on voulait m’imposer, et cela se faisait au travers de véritables violences psychologiques. Tout ce à quoi je croyais, tout ce à quoi j’aspirais était dédaigneusement qualifié de « dépassé » ou de « définitivement remplacé », par les religieux, par l’aumônier puis par le curé et ses vicaires, qui n’avaient jamais assez de mots pour critiquer et condamner « ce qui se faisait avant », maintenant que nous étions entrés dans le nouveau « printemps de l’Eglise », dans un oecuménisme forcené et dans un néo-christianisme aussi incertain que socialiste.

Comme cette nouvelle religion se trouvait absolument incapable de répondre à mes attentes, intellectuelles et  spirituelles, je l’ai peu à peu évacuée de ma vie, ne gardant plus au coeur qu’une espèce de vide douloureux.

Lorsque, au mois de juin 1976 (à la fin de ma classe de 3ème, alors que j’arrivais à mes 14 ans), a éclaté « l’affaire Lefèbvre », j’ai entendu les paroles de celui qu’on qualifiait d’évêque rebelle. J’ai entendu de sa bouche les paroles spirituelles dont mon âme avait soif, et j’ai su que la religion catholique que j’aimais, la religion telle qu’elle avait toujours été et telle que j’aspirais à la vivre, n’avait pas été totalement engloutie dans le naufrage post-conciliaire. J’ai bu comme du petit lait les paroles de la fameuse homélie de Lille (29 août 1976) dans laquelle, sans ambiguïté, Monseigneur Lefèbvre a dénoncé l’alliance adultère de l’Eglise avec la révolution (cf. extrait publié > ici).
Tout est alors redevenu clair dans ma tête, et surtout dans mon âme : indépendamment de ma famille et du milieu clérical progressiste dans lequel elle était immergée (puisque mes parents étaient très actifs au sein de la paroisse), je suis revenu à la foi catholique de toujours, à la liturgie traditionnelle, à la prière et aux sacrements vécus de manière traditionnelle… etc.

Ainsi, à l’éveil de ma raison, ma foi catholique d’enfant avait été la principale source de ma conviction royaliste et, dans une sorte de mouvement d’aller-et-retour logique et harmonieux, au terme de ma crise d’adolescence, mes convictions royalistes me permettaient de revenir à la foi catholique authentique.

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Vous étiez avec de fortes convictions royalistes, mais vous n’étiez pas encore à proprement parler un légitimiste.
Réponse :
Avec ma foi retrouvée, fortifiée et grandie, revint en mon âme la vocation religieuse que je portais au fond de moi depuis ma toute petite enfance. Dès lors, mes années de lycée furent des années de plus intense approfondissement historique, doctrinal et spirituel. Après avoir été reçu au baccalauréat, n’étant pas encore majeur, j’ai dû attendre encore une année pour pouvoir concrétiser mon désir de vie religieuse. J’ai donc passé cette année à Lyon, en faculté de lettres classiques, touchant aussi à l’histoire et à l’histoire de l’art.
C’est alors seulement que j’ai rencontré d’autres royalistes « en chair et en os » (j’avais certes commencé à correspondre avec Gustave Thibon mais que je ne l’avais pas encore rencontré) : je n’en avais jamais côtoyé ni approché jusque là !
Toutefois, soit ils appartenaient à la mouvance maurassienne, à l’A.F., ou à d’autres tendances orléanistes, soit ils étaient survivantistes ou naundorfistes…
Au fond de mon âme, quelque chose me disait que ce n’était pas la voie. Autant les différents avatars de l’orléanisme m’apparaissaient fondamentalement comme un refus de la transcendance et une acceptation partielle des erreurs de la révolution, autant le survivantisme et ses diverses ramifications me semblaient errer dans une inconsistance intellectuelle et une forme d’exaltation pseudo mystique sans équilibre.
Et il n’y avait personne, absolument personne, pour me dire qu’il existait un détenteur légitime de la Couronne, personne pour me parler des Lois Fondamentales
 du Royaume de France et de celui qu’elles désignent indubitablement, personne pour m’enseigner les caractères dynastiques et doctrinaux de la Légitimité…

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Alors, de quelle manière avez vous connu la Légitimité ?
Réponse :
Entré en religion dès que j’ai eu 18 ans, l
a première partie de ma vie religieuse a été marquée par les études spirituelles et doctrinales fondamentales puis par des années d’enseignement (j’étais en effet chargé de formation auprès des novices et jeunes profès).
Là encore, mes convictions royalistes ont souvent fait l’objet de plaisanteries condescendantes de la part de mes supérieurs ou confrères. Nos supérieurs, qui enseignaient que c’est un péché grave de se soustraire à son « devoir électoral », m’ont contraint, avec menaces et « au nom de la sainte obéissance », à  aller urner lors de toutes les élections, en me donnant des consignes de vote précises ; c’était pour moi un véritable tourment psychologique et moral.

C’est en 1987, à l’occasion du millénaire capétien, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’aîné des Capétiens, alors Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Ségovie. Ainsi ai-je découvert la Légitimité et m’y suis-je attaché.
Mais je ne connaissais toujours aucun légitimiste !
Après la mort tragique de notre Prince, survenue le 30 janvier 1989, des amis m’ont envoyé le texte de l’homélie que prononça Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut en la basilique-nécropole royale de Saint-Denys, à l’occasion de la Messe de Requiem qui fut célébrée à l’intention du regretté Prince Alphonse : c’est ainsi que j’ai commencé à connaître, à travers ses écrits, Monsieur le Grand Aumônier de France.
L’évolution interne de ma communauté, les changements intervenus dans son statut canonique, puis, en conséquence, l’exclaustration canonique qui m’a été accordée en 1993, m’ont alors permis de rencontrer « en chair et en os », Monsieur l’Abbé Chanut (cf. > ici).
Peu de temps après, pour la première fois de ma vie, je me suis trouvé en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Louis XX, alors jeune Roi de 20 ans – à l’occasion de la célébration du quatrième centenaire du Sacre de Henri IV à Chartres (27 février 1594/27 février 1994). J’ai alors fait connaissance – enfin ! – avec un certain nombre d’autres légitimistes affirmés…

Encore quelques années plus tard, j’ai découvert qu’il existe une structure politique (la seule et unique !) qui défend et promeut fidèlement l’intégralité de la doctrine monarchique traditionnelle, dans un parfait équilibre du temporel et du spirituel : l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF), ce qui répondait pleinement à mon attente de toujours, et qui m’a permis (et me permet encore) de combler les lacunes de ma formation doctrinale.

Dès lors, je puis dire que je suis « entré en Légitimité » de la même manière que j’étais entré en religion : de tout mon coeur, de tout mon esprit, de toute mon âme et de toute ma force.

Louis de Bourbon et sa famille

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
avec son épouse la Princesse Marie-Marguerite et leurs trois enfants
(photographie de leur carte de voeux pour le nouvel an 2017).

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Publié dans : Vexilla Regis | le 27 mars, 2017 |4 Commentaires »

2017-27. Pèlerinage Légitimiste au Puy-en-Velay les 26 & 27 mai 2017.

Samedi 25 mars 2017,
Fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie (cf. > ici),
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de l’Osier (cf. > ici),
Anniversaire du massacre de la forêt de Vezins (cf. > ici).

Annonciation - bas relief du maître-autel de la cathédrale du Puy

Annonciation (bas-relief du maître-autel de la cathédrale du Puy)

Pèlerinage de la Confrérie Royale
auprès de
Notre-Dame du Puy
les
26 & 27 mai 2017

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Le Puy est le plus ancien lieu d’apparition de Notre-Dame sur le sol de ce qui deviendra le Royaume de France, et nous vous avons déjà longuement entretenus de l’histoire de ces apparitions (cf. l’histoire du pèlerinage et de son jubilé > ici et aussi l’histoire de Saint Georges et de son bâton miraculeux > ici).

Après le succès et les grâces particulières (cf. > ici) dont le Ciel a favorisé le pèlerinage jubilaire organisé conjointement par la Confrérie Royale et l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) en juin 2016, encouragés par la bienveillance de Monseigneur l’Evêque du Puy et de Monsieur le Recteur de la Cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation, les responsables de la Confrérie Royale ont pris la décision d’instituer de façon pérenne un pèlerinage légitimiste au Puy, sans attendre le prochain jubilé qui sera célébré en 2157 – c’est-à-dire dans 140 ans ! – puisque, même en dehors de la période du jubilé, la Cathédrale Notre-Dame du Puy reste un très important lieu spirituel en lien étroit avec la France et ses Souverains, et un sanctuaire majeur où la Très Sainte Vierge Marie se plaît à répandre ses grâces.

Dorénavant donc, chaque année les vendredi et samedi qui suivent la fête de l’Ascension seront la date régulière de ce pèlerinage à l’intention du Roi et de la France (cette année 2017 les 26 & 27 mai, en 2018 les 11 & 12 mai… etc.).
Pourquoi à cette date ? Parce que un très grand nombre de fidèles peuvent bénéficier du « pont de l’Ascension », et qu’en plaçant ce pèlerinage aux vendredi et samedi qui suivent l’Ascension les prêtres membres ou sympathisants de la Confrérie Royale peuvent se rendre disponibles pour venir au Puy sans que leur ministère paroissial de la fête de l’Ascension et du dimanche en soit gêné ou les oblige à trouver un remplaçant, ce qui se révèle parfois bien difficile en nos temps de « pénurie sacerdotale »… 

Statue de la Vierge Noire

Notre-Dame du Puy – Vierge Noire couronnée en 1856 au nom du Souverain Pontife :
« Entre tous les lieux du monde, l’auguste Mère du Sauveur s’est choisie spécialement cet endroit pour y être servie et honorée jusqu’à la fin des siècles… »
(paroles prononcées par les anges lors de la 2e apparition de la Vierge, en l’an 225)

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Insistons !

Il n’est pas indispensable de faire partie de la Confrérie Royale pour participer à ce pèlerinage : il est ouvert à tous les fidèles, à toutes les âmes de bonne volonté. Cela n’engage à rien, si ce n’est à unir ses prières à celles qui seront faites pour le Roi et la France !
Faire un pèlerinage pour le salut de notre Royaume n’est pas un luxe, mais une nécessité morale, spécialement en cette année centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima (1917), où la Sainte Mère de Dieu avertissait l’humanité des maux qui aujourd’hui nous accablent, et appelait, comme auparavant à Lourdes (1858), à la conversion et à la pénitence.

Oui, il est plus que jamais nécessaire et urgent d’implorer du Ciel ses grâces pour le Roi et la France :
   - pour notre Roi légitime, Fils aîné de l’Eglise et du Sacré-Coeur, que les Lois Fondamentales du Royaume de France désignent en la personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, sous le nom de Louis XX, afin qu’il soit un roi selon le Coeur de Jésus ;
   - pour la France – « Regnum Galliae, Regnum Mariae » (Pie XI) – : pour que notre Patrie soit enfin consacrée au Sacré-Coeur de Jésus et qu’elle renoue avec sa si belle vocation de Fille aînée de l’Eglise ;
   - pour nos personnes (corps et âme), nos familles, nos provinces…

Statue de St Louis avec la Ste Couronne - Le Puy

Saint Louis portant la Sainte Couronne d’Epines
(statue en bois polychrome, chapelle du T. St Sacrement – cathédrale du Puy)

Programme du pèlerinage :

[ les Messes sont célébrées selon le rite latin traditionnel ]

- Vendredi 26 mai : 

Rassemblement à midi au Grand-Séminaire (accueil Saint-Georges).
Angélus Veni Creator
Déjeuner
Visite patrimoniale et spirituelle
Conférence de Monsieur le Grand-Prieur « Le Roi et la France, c’est tout un ! » & Etat des lieux de la Confrérie
Grand’Messe
Dîner
Adoration du Très-Saint-Sacrement (pendant laquelle les prêtres seront à disposition pour les confessions).

- Samedi 27 mai :

Petit-déjeuner
Conférence du Secrétaire
Procession et Grand’Messe du Coeur Immaculé de Marie au maître-autel de la Cathédrale (avec les engagements dans la Confrérie Royale)
Déjeuner

Bénédiction et conclusion du pèlerinage.

Indications pratiques
(à lire avec la plus grande attention !)

Remarque préliminaire :
Il est évidemment possible à chacun, selon ses opportunités, d’arriver au Puy dès le jeudi de l’Ascension 25 mai et de n’en repartir que le dimanche 28 mai.
La Sainte Messe latine traditionnelle est célébrée en la chapelle des Clarisses (rue Sainte-Claire, au Puy) à 10h30, tant le jeudi de l’Ascension 25 mai que le dimanche 28 mai.

 Très important :

Chacun doit retenir son hébergement pour la totalité de son séjour (une, deux ou trois nuits en fonction du temps qu’il a prévu de rester au Puy) :
- soit dans un hôtel de son choix ou bien à l’ « Auberge de jeunesse » proche de la Cathédrale (voir le site de l’Office de tourisme du Puy-en-Velay),
- soit au Grand-Séminaire Accueil Saint-Georges  (où auront lieu l’accueil, les repas, les conférences et certaines cérémonies)
Tél. : 04 71 09 93 10  / courriel : grandseminaire43@live.fr

Nota bene : Le Grand Séminaire offre aussi la possibilité de camper dans son parc pour une somme modique.

En revanche, les inscriptions pour les trois repas du pèlerinage (c’est-à-dire le déjeuner et le dîner du vendredi 26 & et le déjeuner du samedi 27 – chacun de ces repas est servi au prix de 12€) se font dès à présent auprès de Frère Maximilien-Marie : vivarais.legitimiste@gmail.com ou bien par téléphone : 04 75 65 49 20 (de préférence après 19 h)

Une libre participation sera demandée à chacun pour le réglement de la location de la salle de conférence et subvenir aux frais d’organisation.

Merci de vous inscrire sans retard 

- Téléchargez, imprimez et renvoyez votre inscription avant le 14 mai Bulletin d’inscription pèlerinage & repas

Affiche pèlerinage 26-27 mai 2017

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis | le 25 mars, 2017 |1 Commentaire »

2017-26. De l’exposition consacrée à Saint Louis au coeur du Kremlin et de quelques réflexions qu’elle suscite.

Mercredi 15 mars 2017,
Fête de Sainte Louise de Marillac, fondatrice des Filles de la Charité,
Mémoire de Saint Longin, centurion qui ouvrit le côté sacré de NSJC,
Mémoire du mercredi de la 2e semaine de Carême.

Statue de Saint Louis

Statue de Saint Louis en bois polychrome (vers 1300)
provenant de la Sainte Chapelle [appartenant aujourd'hui aux collections du Musée de Cluny] 

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Outre les célébrations liturgiques de ce jour et le 175e anniversaire de la mort de Luigi Cherubini dont je vous ai entretenus ce matin (cf. > ici), ce 15 mars 2017 marque le centième anniversaire de l’abdication de Sa Majesté Impériale le Tsar Nicolas II.

Nicolas II captif à Tsarkoié-Selo en 1917

Sa Majesté le Tsar Nicolas II
captif à Tsarkoié-Sélo en 1917

C’est en effet le 15 mars 1917 (2 mars selon le calendrier julien) que l’infortuné Nicolas II, Tsar de toutes les Russies, sous la pression des généraux et des représentants de la Douma, abdiqua. D’abord en faveur de son fils le Tsarévitch Alexis, âgé de 12 ans et malade, puis – se reprenant – en faveur de son frère puiné le Grand Duc Michel Alexandrovitch Romanov, lequel, devenu le Tsar Michel II pendant un jour, au vu de la situation et sous la pression d’Alexandre Kerensky, renonça à son tour au trône le 16 mars 1917 (3 mars selon le calendrier julien).

Après un peu plus de trois siècles de règne, la dynastie des Romanov était engloutie par la révolution et, huit mois plus tard, avec la « révolution d’octobre » (7 novembre 1917), la Sainte Russie allait sombrer dans l’une des plus sanglantes et des plus longues persécutions anti-chrétiennes de l’histoire.
Comme le déclarera la Très Sainte Vierge Marie à Fatima, quatre mois après cette abdication de Nicolas II et quatre mois avant la prise de pouvoir par les bolcheviques, la Russie allait répandre « ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église » (deuxième partie du « secret » donné aux enfants le 13 juillet 1917). 

Révolution russe destruction d'une église

Destruction d’une église lors de la révolution bolchevique de 1917

Or voici que cent ans quasi jour pour jour après l’abdication du Tsar Nicolas II (faut-il parler des « hasards du calendrier » ?), vient d’être inaugurée, au Kremlin même, une exposition des plus remarquables intitulée « Saint Louis et les reliques de la Sainte Chapelle », en partie reprise de l’exposition présentée par le Centre des Monuments Nationaux à la Conciergerie, d’octobre 2014 à janvier 2015, à partir de ses propres collections et de celles du Louvre, de la Bibliothèque Nationale, des Archives Nationales et du Musée de Cluny.

L’exposition met en valeur le contexte et la richesse de la création artistique au temps de Saint Louis, sur les chantiers extraordinaires conduits sous son règne, et tout spécialement celui de la Sainte Chapelle.
Les panneaux de vitraux de la Sainte Chapelle démontés au cours de la restauration du XIXème, et présentés lors de l’exposition parisienne après restauration, sont parmi les pièces centrales de cette exposition.
L’évangéliaire de Saint Louis, objet particulièrement précieux représentatif de la maitrise des orfèvres français de cette période, habituellement conservé à la Bibliothèque Nationale, se trouve également parmi les trésors présentés.
Un choix de sculptures reflétant la structure de la Sainte Chapelle, des manuscrits enluminés et quelques autres chefs d’oeuvres d’orfèvrerie du XIIIème siècle – au total septante pièces prestigieuses – sont également exposés au vieux palais des Patriarches, dans l’enceinte du Kremlin, pendant trois mois entiers (mars, avril & mai 2017).

Comme le souligne l’ambassade de France en Russie « un grand nombre des objets présentés pour cette exposition n’est jamais sorti de France et il s’agit donc d’une grande première ».

Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a lui aussi pris part à l’exposition, en prêtant de magnifiques émaux de Limoges et des pièces en ivoire des XIIIe et XIVe siècles issus de ses collections.

Enluminure Saint Louis

« La valeur sacrée des objets que nous présentons est évidente pour les croyants. Les représentants des autres confessions, les athées et les agnostiques s’intéresseront à l’aspect historique et artistique de ces reliquaires. Nous ne pouvons pas affirmer qu’ils contenaient des objets réellement liés à Jésus-Christ, mais ce dont nous sommes certains, c’est qu’ils ont été vénérés durant plusieurs siècles. Et, ne serait-ce que pour cette raison, ils méritent notre intérêt et notre respect » a déclaré Olga Dmitrieva, directrice adjointe des musées du Kremlin et commissaire de l’exposition.

couronne reliquaire de St Louis

Couronne reliquaire de Saint Louis (1260-1280) :
elle contenait des ossements des apôtres et du bois de la Sainte Croix ;
Saint Louis l’a tenue entre ses mains, puis l’a offerte au couvent des Dominicains de Liège
 [collections du Musée du Louvre].

« Le peuple de France a été très heureux de voir les reliques du Christ arriver sur le sol français. Les gens y ont vu une bénédiction, un signe de distinction. Ils se sont sentis investis d’une mission suprême et se sont persuadés que, désormais, le Ciel leur était particulièrement bienveillant », a encore ajouté Olga Dmitrieva.

De nos jours, il faut le signaler, des cars de pèlerins russes font chaque mois l’aller-retour jusqu’à Paris afin qu’ils puissent prendre part à la vénération de la Sainte Couronne d’Epines, les premiers vendredis de chaque mois (et aussi tous les vendredis de Carême), à Notre-Dame de Paris.

Si la Sainte Couronne d’Epines ne pouvait, bien évidemment, pas faire partie des pièces de l’exposition, elle est tout particulièrement évoquée à travers le reliquaire de 1806, prêtée par le Trésor de la Cathédrale.

Reliquaire de la Sainte Couronne d'Epines de 1806

Reliquaire de la Couronne d’épines, réalisé en 1806 par Pascal Lemaître
lorsque la précieuse relique a été rendue à l’Eglise et transférée à Notre-Dame de Paris.

En effet, le reliquaire originel avait été détruit pendant la révolution
et la sainte relique – heureusement sauvée de la destruction – avait finalement été déposée à la Bibliothèque nationale comme un objet de curiosité.

Saint Louis, on s’en souvient, avait acquis la Sainte Couronne d’Epines du dernier empereur latin de Constantinople, Baudouin II de Courtenay, ainsi qu’une vingtaine d’autres précieuses reliques de la Passion du Christ, telles que le fer de la Sainte Lance et un morceau de la Sainte Éponge (reliques qui ont disparu à la révolution), pour une somme équivalant alors au budget triennal du Royaume de France, soit 135 000 livres.

La construction de la Sainte Chapelle – reliquaire architectural édifié spécialement pour accueillir ces trésors – lui a coûté bien moins : 40 000 livres, c’est-à-dire le budget de l’Etat d’une année seulement.

De telles dépenses étaient pleinement justifiées.
Outre la création pour elle d’un chef-d’œuvre absolu de l’art gothique, en la plaçant au coeur du Palais, au centre du siège du pouvoir royal, Saint Louis a fait de la Sainte Couronne d’Epines le palladium de la monarchie capétienne, élevant le Royaume de France à un rang inégalé au-dessus de tous les autres pays européens, accroissant considérablement et durablement son prestige, et asseyant son autorité spirituelle pour plusieurs siècles.

Grâce à cette formidable acquisition, Saint Louis est indubitablement devenu le chef de file du monde chrétien, et il a allumé dans l’âme de son peuple une flamme sacrée pérenne qui, malgré les siècles d’impiété et de perte de la foi, continue de brûler au coeur du petit reste qui vit encore des idéaux de la royauté capétienne traditionnelle, royauté sacrée, royauté de droit divin.

Evangéliaire de Saint Louis

Evangéliaire de Saint Louis
[Collections de la Bibliothèque Nationale]

Au-delà des motifs artistiques qui président à cette exposition, c’est aujourd’hui encore ce prestige inégalé de la royauté et des valeurs chrétiennes incarnées par Saint Louis qui – même de manière inconsciente –  y attire des centaines de Russes chaque jour.

Au-delà des tensions politiques entretenues par les idéologies dont les chefs d’Etat sont les trop zélés serviteurs, et qui empoisonnent aujourd’hui la vie de leurs peuples, une telle exposition revêt un caractère que je n’hésite pas à qualifier de prophétique.
Car même si la France et la Russie sont l’une et l’autre encore bien empêtrées dans les liens qu’elles ont hérités des révolutions de 1789 et de 1917, nous pouvons – et même nous devons – espérer leur conversion profonde, condition de leur authentique relèvement, condition de la restauration pleine et entière de leur gloire par le rétablissement plein et entier de leurs monarchies traditionnelles respectives.

C’est une espérance toute surnaturelle, certes, c’est-à-dire qui est fondée sur la foi, fondée sur les promesses divines dont les grâces du passé sont les signes certains, dont les grâces du passé sont le gage des grâces à venir.
Dans cette espérance, ne cessons pas de prier et d’offrir à Dieu des sacrifices généreux, unis aux mérites infinis de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.  

Orante

2017-25. Du 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini (15 mars 1842).

1842 – 15 mars – 2017

175e anniversaire de la mort de Luigi Cherubini

notes de musiques animées

Cherubini et la muse de la poésie lyrique - J.D. Ingres

Luigi Cherubini et la muse de la poésie lyrique
portrait réalisé en 1842 par Jean-Dominique Ingres et Henri Lehmann (Louvre)

notes de musiques animées

Né à Florence le 14 septembre 1760, Luigi Cherubini vint en France à l’âge de 27 ans et fut nommé deux ans plus tard (en 1789) co-directeur du « Théâtre de Monsieur » qui venait d’être fondé, et ainsi nommé en raison de la protection que lui offrit Monsieur, frère du Roi (c’est-à-dire Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII).
Il abandonna cette fonction lors de la chute de la Royauté et, en raison de ses sympathies politiques, dut pendant plusieurs mois se cacher en Normandie chez des amis.
Revenu à Paris à la fin de l’année 1793, il fut intégré au corps professoral de l’Institut national de Musique, première ébauche du Conservatoire, dirigé par François-Joseph Gossec.

En 1794, il épousa Anne-Cécile Tourette, fille d’un contre-ténor qui avait fait partie de la Chapelle Royale du feu Roi Louis XVI : de cette union naîtront trois enfants.

Lorsque la Convention créa, le 3 août 1795, le Conservatoire de Musique, elle statua que cette structure serait gérée par un directoire de cinq membres. Ce furent : François-Joseph Gossec, Nicolas Méhul, André Grétry, Jean-François Lesueur et Luigi Cherubini.
Sa production musicale a été majoritairement lyrique, mais sans exclusivité puisque, dès le début de sa carrière et jusqu’à la fin il a également écrit des Messes et quelques motets.

A la Restauration, Luigi Cherubini retrouva en Louis XVIII celui qui avait été le protecteur des débuts de sa carrière parisienne : c’est ainsi qu’en 1816, il fut nommé surintendant de la Chapelle Royale, et c’est à lui que le Roi commanda le Requiem solennel en ut mineur pour choeur mixte à la mémoire de son frère martyr, Louis XVI. L’oeuvre fut exécutée pour la première fois le samedi 20 janvier 1816 lors du service solennel à la basilique nécropole royale de Saint-Denys (voir > ici).

En 1822, il fut nommé directeur du Conservatoire et il demeura à ce poste jusqu’à sa mort, vingt ans plus tard.
Excellent administrateur, il est dit qu’il dirigea le Conservatoire d’une main de fer. Cela tout en continuant à composer, de la musique sacrée aussi bien que de la musique profane.

Il s’éteignit dans sa 82ème année, le 15 mars 1842.
Il fut alors honoré de funérailles nationales, au cours desquelles fut interprété son Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes, composé en 1836, à la suite de l’interdiction prononcée par l’archevêque de Paris d’interpréter le Requiem en ut mineur dans le cadre liturgique, au motif qu’on y entendait des voix de femmes.
Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise (sept ans plus tard, Frédéric Chopin sera enterré à quelques mètres de sa tombe).

Tombe de L. Cherubini au Père Lachaise - la musique couronnant le buste de Cherubini

Bas-relief de la tombe de Luigi Cherubini au Père Lachaise :
la Musique couronnant le buste de Cherubini

Je vous propose donc, en ce jour anniversaire de sa mort, d’écouter ce Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes interprété par les « Ambrosian Singers » sous la direction de John Mac Carthy et le « New Philarmonia Orchestra » dirigé par Riccardo Muti.

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notes de musiques animées

Publié dans : Memento | le 15 mars, 2017 |1 Commentaire »

Prière pour demander à Dieu des grâces par l’intercession de Sa servante Zita de Bourbon-Parme afin d’obtenir sa béatification.

14 mars
dies natalis de la servante de Dieu

Zita de Bourbon-Parme,

épouse du Bienheureux Charles 1er de Habsbourg-Lorraine,
Impératrice d’Autriche,
Reine de Hongrie et Reine de Bohème,
Princesse de Parme.

* * * * * * *

L’ouverture du procès diocésain en vue de la béatification de la servante de Dieu Zita de Bourbon-Parme a eu lieu le 10 décembre 2009 dans le diocèse du Mans, diocèse dans lequel est sise l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, dont l’impératrice et reine était oblate et où elle fit de fréquents séjours.
Voici la prière pour demander des grâces par son intercession en vue de la béatification espérée.

* * * * * * *

Vénérable Zita de Bourbon-Parme

Prière
pour demander à Dieu des grâces
par l’intercession de Sa servante
Zita de Bourbon-Parme
afin d’obtenir sa béatification :

Dieu, notre Père, Vous avez racheté le monde par l’abaissement de Votre Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Lui qui était roi, S’est fait serviteur et a donné Sa vie pour la multitude. C’est pourquoi Vous L’avez exalté.

Daignez maintenant accorder à Votre Servante Zita, impératrice et reine, d’être élevée sur les autels de Votre Église.
En elle, Vous nous donnez un exemple admirable de foi et d’espérance face aux épreuves, ainsi qu’une confiance inébranlable en Votre divine Providence.

Nous Vous prions pour qu’avec son époux, le Bienheureux Empereur Charles, Zita devienne, pour les couples, un modèle d’amour et de fidélité conjugale et, pour les familles, un maître d’éducation chrétienne. Que pour tous, elle puisse être un exemple de service et d’amour du prochain, elle qui, en toutes circonstances, sut élargir son cœur à tous, spécialement aux plus pauvres.

Par son intercession, exaucez notre prière (formuler ici la grâce que l’on demande).
Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

 Pater noster, 3 Ave Maria, Gloria Patri.

Imprimatur :
+ Yves Le Saux, évêque du Mans
9 juillet 2009.

Site de l’association pour la béatification de l’impératrice et reine Zita de Bourbon-Parme > ici.

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 14 mars, 2017 |2 Commentaires »

2017-24. Lettre de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur les scandales dans l’Eglise du Christ.

Lundi 13 mars 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Depuis longtemps, je conservais « sous le coude » cette lettre écrite il y a presque seize siècles par notre Bienheureux Père Saint Augustin, lettre dont la permanente actualité et la pertinence ne peuvent échapper à aucun fidèle doté d’un peu de bon sens et armé d’un bon catéchisme.
Toutefois, la date à laquelle j’ai choisi de la publier n’est en rien un choix hasardeux.

Dans la Sainte Eglise, il y a – malheureusement ! – toujours eu de mauvais pasteurs, qui ont suivi les traces de Judas.
Il y en a encore et toujours en nos temps ; et il y en aura encore jusqu’à la fin des temps.

Leurs mauvais exemples et leurs enseignements subversifs sont une cause de scandale pour les fidèles ; certains peuvent même en être troublés au point de se détourner de l’Eglise du Christ et d’aller chercher ailleurs une « Eglise de purs » aux pasteurs « parfaits »

Cette réponse de l’admirable Docteur d’Hippone à la vierge Félicie, qui lui avait écrit pour lui faire part de son trouble et de ses interrogations, demeure en nos temps – comme en tous les temps de la laborieuse pérégrination de l’Eglise ici-bas – la meilleure réponse qui puisse être apportée aux inquiétudes des fidèles scandalisés à juste titre aussi bien par les désordres de la conduite que par les élucubrations doctrinales des mauvais pasteurs.

Lully.

nika

Saint Augustin écrivant

Saint Augustin écrivant
(attribution contestée au Caravage)

Lettre 208
de notre Glorieux Père Saint Augustin,
adressée à la dame Félicie,
au sujet des scandales dans l’Eglise
(octobre de l’an 423)

§ 1 – Augustin,
à l’honorable Dame Félicie, sa chère fille en Jésus-Christ,
salut dans le Seigneur.

Je ne doute pas qu’avec une foi comme la vôtre et à la vue des faiblesses ou des iniquités d’autrui, votre âme ne soit troublée, puisque le saint Apôtre, si rempli de charité, nous avoue que nul n’est faible sans qu’il s’affaiblisse avec lui, et que nul n’est scandalisé sans qu’il brûle (2 Cor. XI, 29).
J’en suis touché moi-même, et dans ma sollicitude pour votre salut, qui est dans le Christ, je crois devoir écrire à votre sainteté une lettre de consolation ou d’exhortation. Car vous êtes maintenant si étroitement unie à nous dans le Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est Son Eglise et l’unité de Ses membres (Note : Saint Augustin fait ici allusion au fait que Félicie était revenue à l’Eglise catholique après avoir adhéré à l’hérésie et au schisme de Donat) ; vous êtes aimée comme un digne membre de Son Corps divin, et vous vivez avec nous de Son Saint-Esprit.

§ 2 – C’est pourquoi je vous exhorte à ne pas trop vous laisser troubler par ces scandales ; ils ont été prédits, afin que, lorsqu’ils arrivent, nous nous souvenions qu’ils ont été annoncés, et que nous n’en soyons pas très-émus. Le Seigneur lui-même les a ainsi annoncés dans l’Évangile : « Malheur au monde à cause des scandales ! il faut qu’il en arrive ; mais malheur à l’homme par lequel arrive le scandale ! » (Matth. XVIII, 7). Et quels sont ces hommes, sinon ceux dont l’Apôtre a dit qu’ils cherchent leurs propres intérêts et non pas les intérêts de Jésus-Christ (Phil. II, 21).
Il y a donc des pasteurs qui occupent les sièges des Eglises pour le bien des troupeaux du Christ ; et il y en a qui ne songent qu’à jouir des honneurs et des avantages temporels. Il est nécessaire que dans le mouvement des générations humaines ces deux sortes de pasteurs se succèdent, même dans l’Église catholique, jusqu’à la fin des temps et jusqu’au jugement du Seigneur.
Au temps des apôtres, s’il y en eut de semblables, s’il y eut alors de faux frères que l’Apôtre en gémissant signalait comme dangereux (2 Cor. XI, 26) et qu’il supportait avec patience au lieu de s’en séparer avec orgueil, combien plus faut-il qu’il y en ait au temps où nous sommes, puisque le Seigneur a dit clairement de ce siècle, qui approche de la fin du monde : « Parce que l’iniquité abondera, la charité de plusieurs se refroidira ». Mais les paroles qui viennent à la suite doivent être pour nous une consolation et un encouragement : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin, sera sauvé » (Matth. XXIV, 12 & 13).

§ 3 – De même qu’il y a de bons et de mauvais pasteurs, de même, dans les troupeaux, il y a les bons et les mauvais.
Les bons sont appelés du nom de brebis, les mauvais du nom de boucs ; ils paissent ensemble, jusqu’à ce que vienne le Prince des pasteurs, que l’Evangile nomme « le seul Pasteur » (Jean, X, 16) ; et jusqu’à ce que, selon Sa promesse, Il sépare les brebis des boucs (cf. Matth. XXV, 32).
Il nous a ordonné de réunir : Il S’est réservé de séparer : car Celui-là seul doit séparer, qui ne peut Se tromper.
Les serviteurs orgueilleux qui ont osé faire si aisément la séparation que le Seigneur S’est réservée, se sont séparés eux-mêmes de l’unité catholique. Impurs par le schisme comment auraient-ils pu avoir un troupeau pur ?

§ 4 – C’est notre Pasteur Lui-même qui veut que nous demeurions dans l’unité, et que, blessés par les scandales de ceux qui sont la paille, nous n’abandonnions point l’aire du Seigneur ; Il veut que nous y persévérions comme le froment jusqu’à la venue du divin Vanneur (cf. Matth. III, 12), et que nous supportions, à force de charité, la paille brisée.
Notre Pasteur Lui-même nous avertit dans l’Evangile de ne pas mettre notre espérance même dans les bons pasteurs à cause de leurs bonnes oeuvres, mais de glorifier Celui qui les a faits tels, le Père qui est dans les cieux, et de Le glorifier aussi touchant les mauvais pasteurs, qu’Il a voulu désigner sous le nom de scribes et de pharisiens, enseignant le bien et faisant le mal.

§ 5 – Jésus-Christ parle ainsi des bons pasteurs : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée, on n’allume pas une lampe pour la placer sous le boisseau, mais sur un chandelier, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matth. V, 14-18).
Mais avertissant les brebis au sujet des mauvais pasteurs, Il disait : « Ils sont assis sur la chaire de Moïse. Faites ce qu’ils vous disent ; ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas » (Matth. XXIII, 2, 3).
Ainsi prévenues, les brebis du Christ entendent Sa voix, même par les docteurs mauvais, et n’abandonnent pas Son unité.
Ce qu’elles leur entendent dire de bon ne vient pas d’eux, mais de Lui ; et ces brebis paissent en sûreté, parce que, même sous de mauvais pasteurs, elles se nourrissent dans les pâturages du Seigneur. Mais elles n’imitent pas les mauvais pasteurs dans ce qu’ils font de mal, parce que de telles oeuvres ne viennent que d’eux-mêmes et non pas du Christ.
Quant aux bons pasteurs, elles écoutent leurs salutaires instructions et imitent leurs bons exemples.
L’Apôtre était de ce nombre, lui qui disait : « Soyez mes imitateurs comme je le suis du Christ » (1 Cor. XI, 1). Celui-là était un flambeau allumé par la Lumière éternelle, par le Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et il était placé sur le chandelier parce qu’il se glorifiait dans la croix : « A Dieu ne plaise, disait-il, que je me glorifie en autre chose qu’en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! » (Gal. VI, 14 ). Il cherchait non point ses intérêts, mais ceux de son Maître, lorsqu’il exhortait à l’imitation de sa propre vie ceux qu’il avait engendrés par l’Evangile (I Cor. IV, 15). Toutefois il reprend sévèrement ceux qui faisaient des schismes avec les noms des apôtres, et blâme ceux qui disaient : « Moi, je suis à Paul ». Il leur répond : « Est-ce que Paul a été crucifié pour vous ? ou êtes-vous baptisés au nom de Paul ? » (1 Cor. I, 18 ).

§ 6 – Nous comprenons ici que les bons pasteurs ne cherchent pas leurs propres intérêts, mais les intérêts de Jésus-Christ, et que les bonnes brebis, tout en suivant les saints exemples des bons pasteurs qui les ont réunies, ne mettent pas en eux leur espérance, mais plutôt dans le Seigneur qui les a rachetées de son sang, afin que, lorsqu’il leur arrive de tomber sous la houlette de mauvais pasteurs, prêchant la doctrine qui vient du Christ et faisant le mal qui vient d’eux-mêmes, elles fassent ce qu’ils disent et non pas ce qu’ils font, et qu’elles n’abandonnent pas les pâturages de l’unité à cause des enfants d’iniquité.
Les bons et les mauvais se mêlent dans l’Eglise catholique, qui n’est pas seulement répandue en Afrique comme le parti de Donat, mais qui, selon les divines promesses, se propage et se répand au milieu de toutes les nations, « fructifiant et croissant dans le monde entier » (Coloss. I, 6).
Ceux qui en sont séparés, tant qu’ils demeurent ses ennemis, ne peuvent pas être bons ; lors même que quelques-uns d’entre eux sembleraient bons par de louables habitudes de leur vie, ils cesseraient de l’être par la seule séparation : « Celui qui n’est pas avec moi, dit le Seigneur, est contre moi ; et celui qui n’amasse pas avec moi, dissipe » (Matth. XII, 30).

§ 7 – Je vous exhorte donc, honorable Dame et chère fille en Jésus-Christ, à conserver fidèlement ce que vous tenez du Seigneur ; aimez-Le de tout coeur, Lui et Son Eglise ; c’est Lui qui a permis que vous ne perdissiez pas avec les mauvais le fruit de votre virginité et que vous ne périssiez pas.
Si vous sortiez de ce monde séparée de l’unité du corps du Christ, il ne vous servirait de rien d’être restée chaste comme vous l’êtes.
Dieu, qui est riche dans Sa miséricorde, a fait en votre faveur ce qui est écrit dans l’Evangile : les invités au festin du Père de famille, s’étant excusés de ne pouvoir y venir, le maître dit à ses serviteurs : « Allez le long des chemins et des haies, et forcez d’entrer tous ceux que vous trouverez » (Matth. XXII, 9).
Vous donc, quoique vous deviez sincèrement aimer Ses bons serviteurs par le ministère desquels vous avez été forcée d’entrer, vous ne devez cependant mettre votre espérance qu’en Celui qui a préparé le festin : vous avez été sollicitée de vous y rendre pour la vie éternelle et bienheureuse.
En recommandant à ce divin Père de famille votre coeur, votre dessein, votre sainte virginité, votre foi, votre espérance et votre charité, vous ne serez point troublée des scandales qui arriveront jusqu’à la fin ; mais vous serez sauvée par la force inébranlable de votre piété, et vous serez couverte de gloire dans le Seigneur, en persévérant jusqu’à la fin dans son unité.
Apprenez-moi, par une réponse, comment vous aurez reçu ma sollicitude pour vous, que j’ai voulu vous témoigner de mon mieux dans cette lettre.
Que la grâce et la miséricorde de Dieu vous protègent toujours !

nika

Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels | le 13 mars, 2017 |1 Commentaire »

2017-23. Où le Maître-Chat Lully retrouve ses lecteurs après 5 jours de coupure d’électricité et d’Internet.

Samedi des Quatre-Temps de printemps 11 mars 2017.

Pylône endommagé par la tempête et provisoirement réparé

Pylône électrique endommagé par la tempête à moins de 2 km du Mesnil-Marie :
le béton fissuré par le contre-coup des chocs dus aux chutes d’arbre sur la ligne, n’a pas résisté ;
la tête du pylône s’est inclinée, entraînant la coupure des cables…
Il a fait l’objet d’une réparation provisoire : un ancien poteau de bois lui sert d’attelle de fortune…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’en connais qui, malgré le Carême, auront envie de chanter « Alléluia » !
Pourquoi ?
Parce que, si l’on en croit les innombrables messages reçus depuis lundi 6 mars jusqu’à ce samedi 11 mars (et auxquels nous n’avons pu avoir accès qu’aujourd’hui), il y a beaucoup de personnes qui étaient dans l’inquiétude ou qui se posaient des questions sur ce que devenaient le Mesnil-Marie et ses habitants.

C’étaient d’un côté les abonnés aux envois quotidiens du Carême qui se demandaient pourquoi ils ne recevaient plus leur texte journalier de réflexion et de méditation ; c’étaient par ailleurs les « fans » de nos pages Facebook qui s’étonnaient de ne plus y trouver l’éphéméride habituel, ni les mises à jour des publications liées à la liturgie, à la spiritualité, à l’actualité de l’Eglise ou du monde, et à la Légitimité ; c’étaient aussi les personnes qui nous envoyaient des courriels et qui – ne recevant pas de réponses – en renvoyaient pour nous demander si nous avions reçu (ou pas) les précédents ; c’étaient encore ceux qui cherchaient à nous joindre par téléphone et qui laissaient des messages sur le répondeur mais n’étaient pas rappelés (puisque il ne nous était pas possible de consulter ledit répondeur)… etc.
Cela dit, je tiens à souligner que nul n’a songé à nous joindre par télégraphe optique, par signaux de fumée, ou bien en organisant une chaîne de mesages au tam-tam à travers tout le Royaume de France !

Que tous soient désormais pleinement rassurés (l’un des messages que nous avons reçus ne commençait-il pas par « Cher Frère, j’espère que vous êtes toujours en vie » !) : le Maître-Chat et son moine de compagnie se portent parfaitement bien.

Alors, allez-vous me me demander, que s’est-il donc passé que nous ne puissions vous joindre en aucune manière pendant cinq jours ?

- En résumé : nous avons eu une coupure d’électricité depuis le lundi 6 mars vers 17 h 30 jusqu’au mercredi 8 mars vers 12 h 30, soit pendant 43 h.
Mais une fois que l’électricité a été rétablie, Internet lui ne fonctionnait toujours pas et cela a duré jusqu’à ce samedi 11 mars en milieu de journée.

- De façon plus détaillée : la tempête « Zeus » qui a balayé la France les lundi 6 et mardi 7 mars a occasionné dans nos contrées des chutes d’arbres sur les lignes électriques et téléphoniques.
L’un de ces accidents s’est produit à moins de 2 km du Mesnil-Marie : les cables d’une ligne de 20.000 volts ont été sectionnés en conséquence de ces susdites chutes d’arbres, qui se sont produites dans des zones extrêmement difficiles d’accès ; pour cette raison, les techniciens d’ERDF ont dû, afin de pouvoir travailler, faire intervenir auparavant des entreprises d’élagage qui leur frayaient la voie et libéraient l’espace dans lequel les pylônes tombés à terre devaient être rétablis.
Pas d’électricité, cela signifie non seulement qu’il n’y a plus de courant dans les prises ou les lampes, mais également qu’il n’y a plus de réception des téléphones portables (les relais n’étant plus alimentés), qu’il n’y a bien sûr plus d’Internet – ni évidemment de téléphonie par internet ni d’accès au répondeur téléphonique – , et pour nous, qui pouvons avoir accès à la radio uniquement par Internet, cela voulait aussi dire aucune information, aucune prévision météorologique… Rien ! Une totale coupure du reste du monde.
Ajoutez encore que cela peut aussi entraîner pour nous, à brève échéance – si nous ne prenons pas les mesures d’économie qui s’imposent – , le manque d’eau, puisque les pompes de notre système d’approvisionnement fonctionnent grâce à l’électricité.

En revanche, pour ce qui concerne le chauffage, la cuisine et l’éclairage, nous n’étions pas du tout à plaindre, puisque nous n’avons justement pas voulu d’un « tout électrique ».

J’ai demandé à Frère Maximilien-Marie de dessiner à votre intention une petite BD illustrant la vie au Mesnil-Marie pendant cette coupure d’électricité, et je vous la livre maintenant…

pattes de chatLully.

BD Mais que se passe-t-il au Mesnil-Marie - détail 1

BD Mais que se passe-t-il au Mesnil-Marie ?

chat internaute

Publié dans : Bandes dessinées, Chronique de Lully | le 11 mars, 2017 |9 Commentaires »

2017-22. Du cinquantième anniversaire de la mort de Zoltán Kodály, et de son Stabat Mater.

1967 – 6 mars – 2017

Zoltán Kodály à la fin de sa vie

Zoltán Kodály à la fin de sa vie

Lundi 6 mars 2017,
Fête de Sainte Colette de Corbie.

Le compositeur hongrois Zoltán Kodály, qui était né le 16 décembre 1882, est décédé à Budapest le 6 mars 1967 dans sa 85e année : nous commémorons donc en ce jour-même le cinquantième anniversaire de sa mort.

Des ouvrages spécialisés pourront vous donner de plus amples renseignements sur sa vie, son oeuvre, son style, ses travaux pédagogiques… etc.
Pour ma part, n’étant nullement un spécialiste, mais juste un petit félin mélomane (tous les chats sont des mélomanes), je me garderai bien d’aller au-dela de ma connaissance très limitée de ce compositeur et me contenterai donc, à l’occasion de cet anniversaire, d’évoquer son célèbre Stabat Mater : une oeuvre que j’aime beaucoup entendre, que nous écoutons relativement souvent en notre Mesnil-Marie, et que Frère Maximilien-Marie chante lui-même parfois.

Un musicologue a recensé plus de 400 Stabat Mater composés par des musiciens de renom. Depuis le XIIIe siècle, en effet, le texte poignant de Jacopone da Todi a alimenté la piété et la méditation des fidèles, particulièrement pendant le saint temps du Carême, et, en conséquence logique, il a inspiré les compositeurs, soit en raison de commandes, soit pour des raisons de dévotion personnelle liées à quelques circonstances de leur vie ou à l’approche de la mort.
L’un des plus populaires, parmi tous ces Stabat Mater, demeure celui de Jean-Baptiste Pergolèse, écrit quelques mois avant sa mort (je l’avais évoqué > ici), mais au nombre de nos préférés il faut également citer celui de Marc-Antoine Charpentier intitulé « Stabat Mater pour des religieuses » (qui porte la référence H15), et bien sûr celui de Don Antonio Vivaldi (référence RV621).

Zoltán Kodály a composé le sien en 1898 : il avait 16 ans !
Originellement, cette oeuvre fut écrite pour un choeur d’hommes. Il l’a lui même adaptée pour choeur mixte en 1962, cinq ans avant sa mort.
Zoltán Kodály n’a pas composé pour les vingt strophes de la séquence liturgique de la célébration des Sept-Douleurs de Notre-Dame, mais pour quelques unes seulement, et la mélodie est identique pour toutes les strophes. La troisième ligne de chaque strophe est répétée (sauf à la dernière où le « Amen » remplace la reprise du texte).

On est ici bien loin de la théâtralisation des compositions baroques – qui confinent pourtant souvent au sublime – , puisque le jeune compositeur a résolument écarté tout artifice lyrique et a voulu une oeuvre sans accompagnement instrumental : le Stabat Mater de Kodály saisit par une simplicité mélodique quasi grégorienne, et par un dépouillement qui rend plus intérieur la poignante évocation des Douleurs de la Mère de Dieu.
Zoltán Kodály, par une phrase musicale au caractère obsédant, apporte une remarquable intensité dramatique à la description des souffrances de Marie au Calvaire, en même temps que le mouvement produit lors de  la répétition du dernier vers de chaque strophe semble ouvrir la voie à l’espérance pleinement surnaturelle tendue vers la résurrection.

Voilà tout ce que j’avais à vous dire en évoquant ce prodigieux Stabat Mater de Zoltán Kodály, au jour du cinquantième anniversaire de sa mort.
Je vous laisse maintenant écouter l’enregistrement réalisé en 1988 par la « Cappella Musicale Basilica di San Marco » de Milan, sous la direction de Giovanni Vianini, l’une des meilleures interprétations de cette oeuvre que je connaisse. 

Lully.

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2017-21. « La prière de larmes est plus efficace que celle de paroles ».

Second sermon
de

notre glorieux Père Saint Augustin
sur
la chute de Pierre.

* * * * * * *

Mercredi 22 février 2017,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Antioche,
Mémoire de St Paul, apôtre ;
Mémoire de Ste Marguerite de Cortone, pénitente.

Le 18 janvier, à l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome, j’ai publié le premier sermon de Saint Augustin sur la chute de Pierre (cf. > ici). Premier, car il y en a un second.

A l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre à Antioche, je livre donc aujourd’hui à votre lecture, à votre réflexion et à votre méditation ce second sermon sur la Chute de Pierre, rempli de réflexions admirables sur la faute et le relèvement, sur le péché et le repentir, sur les larmes et la prière, sur la miséricorde de Dieu et sur notre nécessaire conversion…

* * * * * * *

Lodovico Carracci - St Pierre pénitent - 1613

Lodovico Carracci : Saint Pierre pénitent (1613)

§ 1 – Pierre, comme Adam, fut entraîné par une femme :

Nous le savons, mes frères, l’histoire d’Eve s’est renouvelée à l’égard de Pierre : une femme, une portière, l’a aussi trompé ; comme Adam, cet Apôtre s’est laissé circonvenir par une femme.
C’est l’usage que le sexe [s.e. féminin] s’emploie à tromper, et le diable a dû reconnaître dans cette portière un vase rempli de sa ruse. Il est habitué à ne triompher de la vertu des hommes fidèles que par l’intermédiaire d’une femme. Pour vaincre Adam, Eve lui a servi d’instrument ; une servante lui a suffi pour triompher de Pierre. Le diable, comme nous l’avons lu, s’était glissé dans le Paradis de délices, et – il nous est facile de le comprendre – le prétoire des Juifs ne se trouvait pas à l’abri de ses influences. Dans l’Eden, Satan, déguisé en serpent, attaqua le premier homme ; au tribunal de Caïphe, Judas remplaçait l’animal rampant.
Donc, il y a une similitude complète entre la séduction de Pierre et celle d’Adam, parce que, dans un cas comme dans l’autre, il y eut similitude entre le commandement donné à Adam et les ordres intimés à Pierre. Tous deux, en effet, avaient reçu du Seigneur la défense, celui-ci de le renier, celui-là de toucher au fruit de l’arbre : le premier, de porter la main sur l’arbre de la science ; le second, d’abandonner la sagesse de la croix. L’un goûta du fruit défendu ; l’autre prononça des paroles qui ne devaient point sortir de sa bouche. Et toutefois, il était plus facile à Pierre de renier son maître, qu’à Adam de prévariquer.

§ 2 – Pierre fut secouru plus vite que notre premier père :

Aussi la grâce vint-elle plus vite au secours de Pierre qu’à celui d’Adam.
Au moment où celui-ci se cachait, sur le soir, Dieu alla à sa recherche, et le Sauveur jeta les yeux sur celui-là au moment où il le reniait, au chant du coq. Devenu coupable d’une mauvaise action, notre premier père vit qu’il était nu, et il rougit ; intérieurement troublé à la pensée de ses paroles, réprimandé par sa conscience, l’Apôtre gémit amèrement. Pris comme en flagrant délit, Adam chercha un, refuge dans la solitude ; corrigé de sa faute, Pierre fondit en larmes. Le premier homme se cacha pour se dérober aux regards de l’Eternel ; Dieu lui dit : « Adam où es-tu ?» (Gen. III, 9). Il n’avait pu fuir la présence du Tout-Puissant, mais sa conscience coupable ne trouvait plus de retraite assurée contre les remords ; c’est pourquoi il tremblait. Le Seigneur le regarda, et lui ayant ouvert les yeux, dissipa son erreur. Ce fut aussi en regardant Pierre qu’il le corrigea ; car il est écrit : « Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes : ses oreilles sont attentives à leurs cris » (Ps XXXIII, 16).

§ 3 – Larmes de Pierre :

Pierre s’en prit donc à ses yeux, mais aucune prière ne tomba de ses lèvres. Je lis dans l’Evangile qu’il pleura, mais, nulle part, je ne lis qu’il prononça un mot de prière ; je vois couler ses larmes, mais je n’entends pas l’aveu de sa faute. Oui, Pierre a pleuré et il s’est tu : c’était justice, car, d’ordinaire, ce qu’on pleure ne s’excuse pas, et ce qu’on ne peut excuser peut se pardonner. Les larmes effacent la faute que la honte empêche d’avouer.
Pleurer, c’est donc, tout à la fois, venir en aide à la honte et obtenir indulgence : par là, on ne rougit pas à demander son pardon, et on l’obtient en le sollicitant. Oui, les larmes sont une sorte de prière muette : elles ne sollicitent pas le pardon, mais elles le méritent ; elles ne font aucun aveu, et pourtant elles obtiennent miséricorde. En réalité, la prière de larmes est plus efficace que celle de paroles, parce qu’en faisant une prière verbale, on peut se tromper, tandis que jamais on ne se trompe en pleurant.
A parler, en effet, il nous est parfois impossible de tout dire, mais toujours nous témoignons entièrement de nos affections par nos pleurs. Aussi Pierre ne fait-il plus usage de sa langue, qui avait proféré le mensonge, qui lui avait fait commettre le péché et perdre la foi ; il a peur qu’on ne croie pas à la profession de foi sortie d’une bouche qui a renié son Dieu : de là sa volonté bien arrêtée de pleurer sa faute, plutôt que d’en faire l’aveu, et de confesser par ses larmes ce que sa langue avait déclaré ne pas connaître.
Si je ne me trompe, voici encore pour Pierre un autre motif de garder le silence : demander son pardon sitôt après sa faute, n’était-ce pas une impudence plus capable d’offenser Dieu, que de l’amener à se montrer indulgent ? Celui qui rougit en sollicitant son pardon, n’obtient-il pas ordinairement plus vite la grâce qu’il demande ?
Donc, en tout état de faute, mieux vaut pleurer d’abord, puis prier. Nous apprenons ainsi, par cet exemple, à porter remède à nos péchés, et il s’ensuit que si l’Apôtre ne nous a pas fait de mal en reniant son Maître, il nous a fait le plus grand bien par la manière dont il a fait pénitence de son péché.

§ 4 – Amour de Pierre pour Notre-Seigneur :

Enfin, imitons-le relativement à ce qu’il a dit en une autre occasion. Le Sauveur lui avait, trois fois de suite, adressé cette question : « Simon , m’aimes-tu ? » (Jean, XXI, 13) et, chaque fois, il avait répondu : « Seigneur, vous le savez, je vous aime ». Et le Seigneur lui dit : « Pais mes brebis ».
La demande et la réponse ont eu lieu trois fois pour réparer le précédent égarement de Pierre. Celui qui, à l’égard de Jésus, avait proféré un triple reniement, prononce maintenant une triple confession, et autant de fois sa faiblesse l’avait entraîné au mal, autant de fois, par ses protestations d’amour, il obtient la grâce du pardon.
Voyez donc combien il a été utile à Pierre de verser des larmes : avant de pleurer, il est tombé ; après avoir pleuré, il s’est relevé ; avant de pleurer, il est devenu prévaricateur ; après avoir pleuré, il a été choisi comme pasteur du troupeau, il a reçu le pouvoir de gouverner les autres, bien qu’il n’ait pas su, d’abord, se diriger lui-même.
Telle fut la grâce que lui accorda Celui qui, avec Dieu le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Lodovico Carracci - St Pierre pénitent (détail)

Lodovico Carracci : Saint Pierre pénitent (détail)

Publié dans : De liturgia, Lectures & relectures, Textes spirituels | le 22 février, 2017 |1 Commentaire »
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