2017-82. Cette dévotion est comme un puissant engin de guerre.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire ;
Anniversaire de la victoire de Lépante (7 octobre 1571).

Il nous a semblé particulièrement utile et profitable de publier le texte intégral de cette encyclique du Pape Léon XIII sur la dévotion au Très Saint Rosaire : au-delà du contexte historique particulier dans lequel elle fut écrite, on y trouve surtout de très nombreux éléments pérennes et des vérités toujours actuelles, particulièrement propres à stimuler notre dévotion et notre ferveur.
En reproduisant ci-dessous le texte de cette encyclique nous avons cru bon de transcrire quelques passages en caractères gras parce qu’ils nous semblaient tout spécialement importants et adaptés à nos temps actuels.

Lépante Grazio Cossali (1563-1629)

Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire
Tableau de Grazio Cossali (1563-1629) célébrant la victoire de Lépante.

Chapelet

Lettre encyclique
« Supremi apostolatus officio »
de Sa Sainteté le Pape Léon XIII
sur la dévotion au
Très Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie.

 A tous nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, en grâce et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères Salut et Bénédiction Apostolique

Le devoir du suprême apostolat qui Nous a été confié, et la condition particulièrement difficile des temps actuels, Nous avertissent chaque jour instamment, et pour ainsi dire Nous pressent impérieusement, de veiller avec d’autant plus de soin à la garde et à l’intégrité de l’Eglise que les calamités dont elle souffre sont plus grandes.

C’est pourquoi autant qu’il est en Notre pouvoir, en même temps que Nous Nous efforçons par tous les moyens de défendre les droits de l’Eglise comme de prévoir et de repousser les dangers qui la menacent et qui l’assaillent, Nous mettons aussi Notre plus grande diligence à implorer l’assistance des secours divins, avec l’aide seule desquels Nos labeurs et Nos soins peuvent aboutir.

A cette fin, Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d’aider du secours de sa protection les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Eternelle.

C’est pourquoi, à l’approche des solennels anniversaires qui rappellent les bienfaits nombreux et considérables qu’a valus au peuple chrétien la dévotion du Saint Rosaire, Nous voulons que cette année, cette dévotion soit l’objet d’une attention toute particulière dans le monde catholique en l’honneur de la Vierge Souveraine, afin que, par son intercession, nous obtenions de son divin Fils un heureux adoucissement et un terme à nos maux. Aussi, avons-Nous pensé, Vénérables Frères, à Vous adresser ces lettres, afin que Notre dessein Vous étant connu, Votre autorité et Votre zèle excitent la piété des peuples à s’y conformer religieusement.

Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir. Aussi, puisqu’il lui est doux et agréable par-dessus toute chose d’accorder son secours et son assistance à ceux qui les lui demandent, il n’est pas douteux qu’elle ne veuille, et pour ainsi dire qu’elle ne s’empresse d’accueillir les vœux que lui adressera l’Eglise universelle.

Cette piété, si grande et si confiante envers l’Auguste Reine des cieux, n’a jamais brillé d’un éclat aussi resplendissant que quand la violence des erreurs répandues, ou une corruption intolérable des mœurs, ou les attaques d’adversaires puissants, ont semblé mettre en péril l’Eglise militante de Dieu.

L’histoire ancienne et moderne et les fastes les plus mémorables de l’Eglise, rappellent le souvenir des supplications publiques et privées à la Mère de Dieu, ainsi que les secours accordés par Elle, et en maintes circonstances la paix et la tranquillité publiques obtenues par sa divine intervention. De là ces qualifications d’Auxiliatrice, de Bienfaitrice, et de Consolatrice des chrétiens, de Reine des armées, de Dispensatrice de la victoire et de la paix, dont on l’a saluée. Entre tous ces titres, est surtout remarquable et solennel celui qui lui vient du Rosaire, et par lequel ont été consacrés à perpétuité les insignes bienfaits dont lui est redevable le nom de chrétien.

Aucun de Vous n’ignore, Vénérables Frères, quels tourments et quels deuils ont apportés à la sainte Eglise de Dieu, vers la fin du XIIe siècle, par les hérétiques Albigeois qui, enfantés par la secte des derniers Manichéens, ont couvert le midi de la France et tous les autres pays du monde latin de leurs pernicieuses erreurs. Portant partout la terreur de leurs armes, ils étendaient partout leur domination par le meurtre et les ruines.

Contre ce fléau, Dieu a suscité, dans sa miséricorde, l’insigne père et fondateur de l’Ordre dominicain. Ce héros, grand par l’intégrité de sa doctrine, par l’exemple de ses vertus, par ses travaux apostoliques, s’avança contre les ennemis de l’Eglise catholique, animé de l’Esprit d’en haut ; non avec la violence et avec les armes, mais avec la foi la plus absolue en cette dévotion du Saint Rosaire que le premier il a divulguée et que ses enfants ont portée aux quatre coins du monde. Il prévoyait, en effet, par la grâce divine, que cette dévotion, comme un puissant engin de guerre, mettrait en fuite les ennemis et confondrait leur audace et leur folle impiété. Et c’est ce qu’a, en effet, justifié l’événement.

Grâce à cette nouvelle manière de prier, acceptée et ensuite mise régulièrement en pratique, par l’institution de l’Ordre du saint Père Dominique, la piété, la bonne foi, la concorde commencèrent à reprendre racine, et les projets des hérétiques, ainsi que leurs artifices, à tomber en ruines. Grâce à elle encore, beaucoup d’égarés ont été ramenés à la voie droite ; et la fureur des impies a été réfrénée par les armes catholiques qui avaient été levées pour repousser la force par la force.

L’efficacité et la puissance de cette prière ont été aussi expérimentées au XVIe siècle, alors que les armées innombrables des Turcs étaient à la veille d’imposer le joug de la superstition et de la barbarie à presque toute l’Europe. Dans ce temps, le Souverain Pontife saint Pie V, après avoir réveillé chez tous les princes chrétiens le sentiment de la défense commune, s’attacha surtout et par tous les moyens à rendre propice et secourable au nom chrétien la toute-puissante Mère de Dieu, en l’implorant par la récitation du Rosaire. Ce noble exemple, offert en ces jours à la terre et aux cieux, rallia tous les esprits et persuada tous les cœurs. Aussi les fidèles du Christ, décidés à verser leur sang et à sacrifier leur vie pour le salut de la religion et de leur patrie, marchaient sans souci du nombre aux ennemis massés non loin du golfe de Corinthe ; pendant que les invalides, pieuse armée de suppliants, imploraient Marie, saluaient Marie, par la répétition des formules du Rosaire et demandaient la victoire de ceux qui combattaient.

La Souveraine ainsi suppliée ne resta pas sourde, car l’action navale s’étant engagée auprès des îles Echinades (Curzolaires) la flotte des chrétiens, sans éprouver elle-même de grandes pertes, remporta une insigne victoire et anéantit les forces ennemies.

C’est pourquoi le même Souverain et saint Pontife, en reconnaissance d’un bienfait si grand, a voulu qu’une fête en l’honneur de Marie Victorieuse, consacrât la mémoire de ce combat mémorable. Grégoire XIII a consacré cette fête en l’appelant fête du Saint Rosaire.

De même, dans le dernier siècle, d’importants succès furent remportés sur les forces turques, soit à Temesvar, en Pannonie, soit à Corcyre, et ils coïncidèrent avec des jours consacrés à la Sainte Vierge Marie et avec la clôture des prières publiques célébrées par la récitation du Rosaire.

Par conséquent, puisqu’il est bien reconnu que cette formule de prière est particulièrement agréable à la Sainte Vierge, et qu’elle est surtout propre à la défense de l’Eglise et du peuple chrétien en même temps qu’à attirer toutes sortes de bienfaits publics et particuliers, il n’est pas surprenant que plusieurs autres de nos prédécesseurs se soient attachés à la développer et à la recommander par des éloges tout spéciaux. Ainsi Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l’honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; Léon X a déclaré qu’elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l’a appelée la gloire de l’Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire, que, dans la divulgation de cette sorte de prières, les fidèles ont commencé à s’échauffer dans la méditation, à s’enflammer dans la prière, puis sont devenus d’autres hommes ; les ténèbres de l’hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par Saint Dominique, pour apaiser la colère de Dieu et implorer l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie.

Guidé par cette pensée et par les exemples de nos prédécesseurs Nous avons cru tout à fait opportun d’établir pour la même cause, en ce temps, des prières solennelles, et de tâcher, au moyen de prières solennelles adressées à la Sainte Vierge par la récitation du Rosaire, d’obtenir de son Fils Jésus-Christ un semblable secours contre les dangers qui Nous menacent. Vous voyez, Vénérables Frères, les graves épreuves auxquelles l’Eglise est journellement exposée : la piété chrétienne, la moralité publique, la foi elle-même qui est le bien suprême et le principe de toutes les autres vertus, tout cela est chaque jour menacé des plus grands périls.

Non seulement Vous savez combien cette situation est difficile et combien Nous en souffrons, mais encore Votre charité Vous en a fait éprouver avec Nous les sympathiques angoisses. Car c’est une chose des plus douloureuses et des plus lamentables de voir tant d’âmes rachetées par le Sang de Jésus-Christ arrachées au salut par le tourbillon d’un siècle égaré, et précipitées dans l’abîme et dans une mort éternelle. Nous avons, de nos jours, autant besoin du secours divin qu’à l’époque où le grand Dominique leva l’étendard du Rosaire de Marie à l’effet de guérir les maux de son époque.

Ce grand Saint, éclairé par la lumière céleste, entrevit clairement que, pour guérir son siècle, aucun remède ne serait plus efficace que celui qui ramènerait les hommes à Jésus-Christ, qui est la voie la vérité et la vie, et les pousserait à s’adresser à cette Vierge, à qui il est donné de détruire toutes les hérésies, comme à leur patronne auprès de Dieu.

La formule du Saint-Rosaire a été composée de telle manière par saint Dominique, que les mystères de Notre salut y sont rappelés dans leur ordre successif, et que cette manière de méditation est entremêlée et comme entrelacée par la prière de la Salutation angélique, et par une oraison jaculatoire à Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous qui cherchons un remède à des maux semblables, Nous avons le droit de croire qu’en Nous servant de la même prière qui a servi à saint Dominique pour faire tant de bien à tout le monde catholique, Nous pourrons voir disparaître de même les calamités dont souffre Notre époque.

Non seulement Nous engageons vivement tous les chrétiens à s’appliquer soit en public, soit dans leur demeure particulière et au sein de leur famille, à réciter ce pieux office du Rosaire et à ne pas cesser ce saint exercice, mais Nous désirons que spécialement le mois d’octobre de cette année soit consacré entièrement à la Sainte Reine du Rosaire. Nous décrétons et Nous ordonnons que, dans tout le monde catholique, pendant cette année, on célèbre solennellement par des services spéciaux et splendides, les offices du Rosaire.

Qu’ainsi donc, à partir du premier jour du mois d’octobre prochain jusqu’au second jour du mois de novembre suivant, dans toutes les paroisses, et, si l’autorité le juge opportun et utile, dans toutes les autres églises ou chapelles dédiées à la Sainte Vierge, on récite cinq dizaines du Rosaire, en y ajoutant les Litanies Laurétanes. Nous désirons que le peuple accoure à ces exercices de piété et qu’en même temps l’on dise la messe et l’on expose le Saint Sacrement, et que l’on donne ensuite avec la Sainte Hostie la bénédiction à la pieuse assemblée. Nous approuvons beaucoup que les confréries du Saint Rosaire de la Vierge fassent, conformément aux usages antiques, des processions solennelles à travers les villes, afin de glorifier publiquement la Religion. Cependant si, à cause des malheurs des temps, dans certains lieux, cet exercice public de la religion n’était pas possible, qu’on le remplace par une visite assidue aux églises, et qu’on fasse éclater la ferveur de sa piété par un exercice plus diligent encore des vertus chrétiennes.

En faveur de ceux qui doivent faire ce que Nous avons ordonné ci-dessus, il Nous plaît d’ouvrir les célestes trésors de l’Eglise pour qu’ils y puisent à la fois les encouragements et les récompenses de leur piété. Donc, à. tous ceux qui, dans l’intervalle de temps désigné, auront assisté à l’exercice de la récitation publique du Rosaire avec les Litanies, et auront prié selon Notre intention, Nous concédons sept années et sept quarantaines d’indulgences applicables à toutes fins. Nous voulons également faire jouir de cette faveur ceux qu’une cause légitime aura empêchés de concourir à ces prières publiques dont Nous venons de parler, pourvu que, dans leur particulier, ils se soient consacrés à ce pieux exercice et qu’ils aient prié Dieu selon Notre intention. Nous absolvons de toute coulpe ceux qui dans le temps que nous venons d’indiquer, auront au moins deux fois, soit publiquement dans les temples sacrés, soit dans leurs maisons (par suite d’excuses légitimes) pratiqué ces pieux exercices et qui, après s’être confessés, se seront approchés de la Sainte Table. Nous accordons encore la pleine remise de leurs fautes à ceux qui, soit dans ce jour de la fête de la Bienheureuse Vierge du Rosaire, soit dans les huit jours suivants, après avoir également épuré leur âme par une salutaire confession, se seront approchés de la Table du Christ, et auront dans quelque temple prié à Notre intention Dieu et la Sainte Vierge pour les nécessités de l’Eglise.

Agissez donc, Vénérables Frères ! Plus Vous avez à cœur l’honneur de Marie et le salut de la société humaine, plus Vous devez Vous appliquer à nourrir la piété des peuples envers la grande Vierge, à augmenter leur confiance en Elle. Nous considérons qu’il est dans les desseins providentiels que, dans ces temps d’épreuves pour l’Eglise, l’ancien culte envers l’auguste Vierge fleurisse plus que jamais dans l’immense majorité du peuple chrétien. Que maintenant, poussées par Nos exhortations, enflammées par Vos appels, les nations chrétiennes recherchent avec une ardeur de jour en jour plus grande la protection de Marie ; qu’elles s’attachent de plus en plus à l’habitude du Rosaire, à ce culte que Nos ancêtres avaient la coutume de pratiquer, non seulement comme un remède toujours présent à leurs maux, mais comme un noble ornement de la piété chrétienne. La Patronne céleste du genre humain exaucera ces prières et ces supplications, et Elle accordera facilement aux bons la faveur de voir leurs vertus s’accroître, aux égarés celle de revenir au bien et de rentrer dans la voie du salut, elle obtiendra que le Dieu vengeur des crimes, inclinant vers la clémence et la miséricorde, rende au monde chrétien et à la société, tout péril étant désormais écarté, cette tranquillité si désirable.

Encouragé par cet espoir, Nous supplions Dieu, par l’entremise de Celle dans laquelle il a mis la plénitude de tout bien, Nous le supplions de toutes Nos forces de répandre sur Vous, Vénérables Frères, ses faveurs célestes. Et comme gage de Notre bienveillance, Nous Vous donnons de tout Notre cœur, à Vous, à Votre clergé et aux peuples commis à Vos soins, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 1er septembre 1883, sixième année de Notre Pontificat.

armoiries Léon XIII

Voir aussi :
- Prières pour le mois du Très Saint Rosaire > ici
- BD « Du Saint Rosaire redoutable aux démons » > ici

2017-81. Du 450ème anniversaire de la « Michelade » de Nîmes.

1567 – 30 septembre – 2017

La Michelade de Nîmes gravure de Frans Hogenberg

La « Michelade » de Nîmes, gravure de Frans Hogenberg (1535 – 1590)

palmes

A – Contexte et prétexte :

La deuxième « guerre de religion » commence lorsque les chefs protestants Louis 1er de Bourbon-Condé et Gaspard de Coligny, tentent d’enlever Sa Majesté le Roi Charles IX, ainsi que la Reine-mère Catherine de Médicis et d’autres membres de la famille royale, au château de Montceaux-en-Brie le dimanche 28 septembre 1567.
Fort heureusement, le Roi et les siens parviennent à s’échapper et se réfugient à Meaux avant de regagner Paris.
Cet épisode est entré dans l’histoire sous le nom de « surprise de Meaux ».

Louis 1er de Bourbon-Condé, Coligny et les conjurés, qui avaient été certains de réussir leur tentative criminelle et de s’emparer du pouvoir pour gouverner au nom de Charles IX devenu leur otage, avaient déjà envoyé des émissaires dans les provinces afin de provoquer un soulèvement général des sectateurs de Calvin. 

A Nîmes, c’est Jacques de Crussol, baron d’Acier, frère d’Antoine premier duc d’Uzès, qui porte les ordres du prince de Condé.
Ces consignes sont finalement très simples : prendre les armes, égorger les prêtres, les religieux et les principaux catholiques.
Ces ordres sont communiqués aux huguenots nîmois le lundi 29 septembre 1567 pour être exécutés le lendemain.

Le prétexte invoqué – car les protestants sont toujours habiles à se poser en victimes innocentes des méchants catholiques – est le suivant : une huguenote venant à Nîmes pour y vendre ses légumes à la « Michelade » – c’est-à-dire à la foire de la Saint-Michel (29 septembre) -  aurait été insultée par des soldats catholiques qui auraient aussi piétiné ses légumes…
Si cette histoire a quelque fondement (ce qui n’est absolument pas certain), il ne faut pas douter du fait que la « pauvre femme » ne soit en réalité une fanatique qui a elle-même commencé la provocation, car sinon qu’est-ce qui aurait pu permettre à des soldats, simplement chargés du maintien de l’ordre sur une foire, de distinguer cette protestante-là au milieu de toutes les très nombreuses autres femmes venues vendre leurs légumes ? Ses convictions religieuses n’étaient certainement pas écrites sur son nez ou sur ses salades !

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B – La réalité des faits :

L’ordre du massacre ayant été donné le lundi 29 septembre 1567, il commence à être mis en application le mardi 30.
Vers midi, les protestants en armes se répandent dans les rues de Nîmes avec des cris invitant à mettre à mort les « papistes ». Ils annoncent aussi que le Roi a été fait prisonnier, que la Reine-mère (Catherine de Médicis), le duc d’Anjou (futur Henri III), le duc d’Alençon (François, dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis) et les Guise ont été tués, et que les principales villes du Royaume sont désormais aux mains des protestants.
Ces fausses nouvelles ont pour but de décupler la hargne des huguenots et de les exciter à ne pas faire de quartier.

Ces fanatiques vont chercher les principaux catholiques dans leurs maisons et partout où on pense les trouver.
Quelques uns toutefois parviennent à s’enfuir jusqu’à ce que les huguenots s’emparent des portes, les barricadent et empêchent quiconque de quitter la ville : les catholiques sont pris au piège.
Plusieurs autres catholiques se réfugient et s’enferment à l’intérieur du château de Nîmes (il était attenant à la porte d’Auguste et a été démoli depuis) ; les religionnaires en feront le siège, mais les catholiques le soutiendront victorieusement et en sortiront libres et saufs le 15 octobre.

Outre les notables, les protestants se saisissent en priorité des religieux et des prêtres : ils tentent de se saisir de l’évêque lui-même, lequel parviendra néanmoins à se cacher et à échapper à la mort.

Le conseil des calvinistes qui a ordonné ces massacres, a également décidé la démolition de la cathédrale, de l’évêché, des maisons du chapitre, des monastères et des églises.
Ils voulurent commencer les démolitions par le grand clocher de la cathédrale, monument du XIe siècle d’une masse énorme, en le sapant par la base ; ils avaient déjà écorné la première rangée de pierres, quand ils s’avisèrent que son écroulement  risquait d’écraser toutes les maisons voisines, dont plusieurs appartenaient à des calvinistes : ils en restèrent donc là pour ce qui est du clocher, mais le reste de la cathédrale fut abattu, après des scènes de profanation et de pillage indescriptibles…
Toutes les autres églises et chapelles de la ville, tant paroissiales que conventuelles, ont à subir des pillages, profanations ou destructions, et certaines ne s’en relèveront jamais.
Quantité de documents anciens d’un grand intérêt historique autant que juridique sont livrés aux flammes en même temps que les ornements sacerdotaux et nombre d’objets du culte.

Au soir de ce mardi 30 septembre, les huguenots rassemblent une centaine de catholiques (prêtres, religieux et laïcs) dans la cour de l’évêché, proche de la cathédrale.
De coups d’épée en coups de dague, ils les égorgent et les massacrent, puis ils dénudent les corps avant de les jeter dans le puits qui se trouvait alors dans cette cour.

Après ces événements, ce puits fut fermé et surmonté d’une croix : il portera longtemps le nom de « puits de malemort », mais aujourd’hui, tout comme l’ancien évêché, il n’existe plus : des constructions ont été élevées au-dessus.

Certains corps en ont été exhumés et ont été ensevelis sous le dallage de la « chapelle des martyrs », au pied du clocher de la cathédrale (rebâtie au XVIIème siècle) ou bien en d’autres édifices religieux proches, puisque Monseigneur Valentin Esprit Fléchier, évêque de Nîmes de 1689 à 1710, note dans son registre, après la visite pastorale qu’il accomplit le 30 mai 1693 à la chapelle Sainte-Eugénie« Nous avons trouvé des ossements, sous le maître-autel de la chapelle, qui proviennent du puits de l’évêché. Il s’agit bien entendu des victimes de la « Michelade ».

Certains historiens tentent, bien évidemment, de minimiser les exactions alors commises par les sectateurs de Calvin, et ne donnent qu’un chiffre très bas en ce qui concerne les catholiques mis à mort en haine de la foi et de l’Eglise lors de cette « Michelade » : certains osent ne parler que d’une vingtaine de tués !
En réalité, pour être juste, il ne faut pas limiter le nombre des victimes seulement à celles qui furent égorgées dans la cour de l’évêché et précipitées ensuite dans ce puits : il y eut sans nul doute d’autres catholiques martyrisés en d’autres endroits de la cité.

Dans les jours qui suivirent, des troupes protestantes se livrèrent à des pillages et des massacres dans les environs de Nîmes, dans l’Uzège et dans le sud du Vivarais, dans la vallée du Rhône, et jusqu’à Valence où presque toutes les églises de la ville furent mises à sac et incendiées.  

La Michelade de Nîmes lavis de Louis Boulanger vers 1838

La « Michelade » de Nîmes : lavis à l’encre de Louis Boulanger (1806 – 1867)

palmes

Publié dans : Memento | le 29 septembre, 2017 |2 Commentaires »

2017-80. Des Quatre-Temps.

Vendredi 22 septembre 2017,
Octave de Notre-Dame des Sept-Douleurs,
Mémoire du vendredi des Quatre-Temps d’automne,
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs de la Légion Thébaine,
Mémoire de Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce matin, après que mon papa-moine a mis son thé à infuser, je me suis installé – ainsi que je le fais souvent – à côté de son bol.
J’attendais, j’attendais, j’attendais…
Je regardais Frère Maximilien-Marie avec insistance…
Mais rien ne venait…

Lully et le jeûne des Quatre-Temps

Ah ! J’avais oublié les Quatre-Temps… et de toute façon, nous sommes vendredi, jour d’abstinence !
Il paraît que j’avais un air particulièrement dépité.
J’ai bien essayé d’attendrir Frère Maximilien-Marie, mais il a été intraitable : « Tu es un chat monastique : tu bénéficies de tous les « privilèges » de la vie religieuse et tu dois en assumer aussi les obligations quant à la pénitence ! »
Je n’ai donc pas eu ma lichette de beurre.
Frère Maximilien-Marie est de plus en plus strict pour l’observance des jours de jeûne et d’abstinence, parce que nous ne nous contentons pas des seules obligations imposées par le droit canonique actuellement en vigueur mais que, au Mesnil-Marie, nous avons repris la discipline et les usages monastiques antiques, ce qui fait que nous avons un peu plus du tiers de l’année en jours d’abstinence (et chez nous l’abstinence est la privation de tout met d’origine animale, ce qui englobe non seulement la viande mais aussi le poisson, les oeufs et tous les laitages), dont environ la moitié sont des jours de jeûne.

Alors, parce que vous aussi bien que moi avons tous besoin qu’on nous rafraîchisse la mémoire, je me suis décidé à vous rapporter ici ce que l’abbé Meusy expliquait à propos des Quatre-Temps dans son excellent « Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales » (deuxième édition, 1775).

pattes de chatLully.

Prière et jeûne pour la France

Histoire des Quatre-Temps :

« Plusieurs critiques prétendent que les Quatre-Temps ne sont point d’institution apostolique, parce que, disent-ils, dans les monuments ecclésiastiques, qui peuvent constater ce fait, nous n’en voyons aucun qui leur assure cette origine ; d’ailleurs, ajoutent-ils, Tertullien, Eusèbe, Saint Jérôme, qui ont parlé très souvent des jeûnes, ne font aucune mention de ceux des Quatre-Temps. Ces auteurs sont contredits par un grand nombre d’autres dont les preuves semblent décisives, au-moins pour ce qui regarde les Quatre-Temps de la Pentecôte & ceux du mois de septembre, qui paraissent remonter jusqu’aux Apôtres. Suivant le Père Thomassin, Saint Augustin parle des Quatre-Temps établis à Rome : Saint Chrysostome dit formellement que les Quatre-Temps après la Pentecôte viennent des Apôtres, & ce saint Docteur était très instruit des usages de l’Eglise. Saint Léon, dans ses Sermons des jeûnes du dixième mois (septembre), assure que les Apôtres ont établi les Quatre-Temps qu’on y observe, ex Apostolica traditione ; & il ajoute que ceux-ci ont été ordonnés immédiatement après la récolte, afin de nous apprendre à user sobrement des biens que nous recueillons, & à en faire part aux pauvres. Le saint Docteur dit encore que les Quatre-Temps ont été fixés dans les quatres saisons de l’année, pour expier par les jeûnes & la prière les négligences & les fautes qui nous échappent sans cesse. Les Quatre-Temps étaient observés universellement dans l’Eglise Latine au temps du Pape Grégoire VII.
Le Pape Gélase, sur la fin du cinquième siècle, fixa les ordinations des Prêtres & des Diacres aux samedis des Quatre-Temps & à la mi-Carême, ce qui distingua ces jours d’une manière particulière : cette fixation néanmoins ne fut pas rigoureusement observée ; on ordonnait souvent des Ministres pour l’Autel suivant le besoin de l’Eglise, & sans égard au temps. Grégoire III au huitième siècle, Urbain II au onzième, renouvellèrenet ce point de discipline ; il le fut encore sous ce dernier Pape par un décret du concile de Plaisance, qui fixa enfin les Quatre-Temps aux jours où ils s’observent encore ; de là est venue la coutume de regarder les Quatre-Temps comme des jours consacrés au jeûne & à la prière, dans la vue d’obtenir de Dieu de dignes Ministres des saints Autels.
Il y eut de la variété dans les différentes Eglises sur le jeûne des Quatre-Temps. Quoique ce jeûne fut au moins connu, suivant les uns, depuis Saint Léon, suivant d’autres depuis Saint Silvestre, probablement même depuis les Apôtres, il ne fut admis en France qu’au temps de Charlemagne. Ce Prince & Louis le Débonnaire son fils le prescrivirent dans leurs capitulaires. L’usage des jeûnes n’étant pas encore uniforme, Grégoire XII, au rapport du Micrologue, les fixa enfin comme nous les voyons. »

Catéchisme sur les Quatre-Temps

Demande. Qu’est-ce que les Quatre-Temps ?
Réponse. Ce sont des jours de jeûne que l’Eglise ordonne de trois mois en trois mois les mercredi, vendredi & samedi de la même semaine.
Nota. Ces jours de jeûne sont appelés les Quatre-Temps, parce qu’ils arrivent quatre fois par an.

D. Les Quatre-Temps sont-ils anciens dans l’Eglise ?
R. On croit que ceux de la Pentecôte & ceux du mois de septembre ont été établis par les Apôtres.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle ordonné le jeûne des Quatre-Temps ?
R. Pour trois raisons principales.

D. Quelle est la première raison qu’a eue l’Eglise en instituant les Quatre-Temps ?
R. C’est afin que les chrétiens sanctifient chaque saison de l’année par la pénitence de quelques jours.
Explication. L’Eglise voit avec douleur ses enfants se souiller par le péché ; ne pouvant les empêcher de se rendre coupables, elle s’empresse de leur fournir les moyens de cesser de l’être ; elle les rappelle à eux-mêmes, elle les engage à la pénitence ; & en les y contraignant, comme elle le fait par ses préceptes, elle leur apprend que la pénitence doit être pour eux un exercice de toute la vie, parce qu’ils sont toujours pécheurs.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour demander à Dieu de répandre ses bénédictions sur les biens de la terre, & pour le remercier de ceux qu’il nous a déjà accordés.
Explication. Combien de chrétiens qui ne pensent pas plus à remercier Dieu de ses bienfaits, que s’ils ne les tenaient pas de lui ? Serait-ce par l’ingratitude qu’on mériterait de nouvelles grâces ? Combien ne nous en fait-il pas sans cesse ? Je ne parle pas ici des dons surnaturels, je ne parle que des biens temporels que sa bonté nous accorde. C’est sa providence admirable qui nourrit tous les hommes & qui pourvoit à tous leurs besoins ; il est donc bien juste de le remercier & de lui demander de continuer à répandre ses bénédictions sur les biens de la terre ; les Quatre-Temps sont établis pour cette fin.

D. Qu’elle est la troisième raison ?
R. C’est de prier Dieu d’accorder de saints ministres à son Eglise.
Explication. Il y a longtemps que les ordinations des ministres de l’autel sont fixées aux Quatre-Temps : l’Eglise a voulu intéresser tous les fidèles à prier pour les ordinants, & à demander unaniment à Dieu de saints ministres qui concourent également à sa gloire & au salut des âmes. Tout le monde y est intéressé, parce que le salut ou la réprobation des chrétiens dépendent du succès du ministère des prêtres.

D. Que doit-on faire pendant les Quatre-Temps pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut se renouveler dans l’esprit de pénitence, remercier Dieu des biens temporels qu’il nous a accordés, & former la résolution d’en faire un saint usage.

D. Que doit-on faire particulièrement les samedis des Quatre-Temps ?
R. Il faut faire quelques œuvres de piété pour ceux qui reçoivent les saints ordres.

Catéchisme des fêtes abbé Meusy

2017-79. Du Royaume occupé.

21 septembre,
Fête de Saint Matthieu, apôtre et évangéliste.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A la mi-juin (cf. > ici) j’avais commencé à vous retranscrire les idées que Frère Maximilien-Marie a développées lors de son intervention au cours du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy. Cette première partie, intitulée « Parce que Dieu Lui-même est légitimiste » appelait une suite, et c’est elle dont vous trouverez ci-dessous la retranscription des idées.
Comme vous le savez déjà, les exposés de Frère Maximilien-Marie sont rarement rédigés in extenso : ses conférences étant ordinairement le développement « ex abundatia cordis » de simples notes mises en ordre sur de petits bristols. Le texte publié ci-dessous n’est donc pas littéralement ce qu’il a dit en mai dernier devant les pèlerins de la Confrérie Royale mais lui est substantiellement conforme.

Lully.

Lully chat chouan

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Le Royaume de France est un royaume occupé :

Si, d’une part, nous sommes véritablement et profondément convaincus que :
- c’est Dieu Lui-même qui, dans Sa Sagesse et Sa Providence, a suscité de très grands saints (Saint Martin, Sainte Geneviève, Saint Remi, Saint Vaast, Sainte Clotilde… etc.) pour faire naître le Royaume de France dans les fonts baptismaux de Reims par la rencontre et l’alliance de la royauté franque avec la foi catholique ;
- c’est Dieu Lui-même qui, dans Sa Sagesse et Sa Providence, a façonné la monarchie des Francs d’une manière unique et exceptionnelle, en lui donnant ses Lois fondamentales et en agissant dans son histoire ;
- c’est Dieu Lui-même qui, dans Sa Sagesse et Sa Providence, a donc voulu la monarchie française avec ses caractères propres…

Et si, d’autre part, nous avons pleinement conscience que :
- la révolution, avec tous ses prétendus principes et toutes ses conséquences, a opéré une rupture dans le développement organique de ce Royaume et de sa monarchie depuis Clovis ;
- la révolution, avec tous ses prétendus principes et toutes ses conséquences, constitue une révolte contre tout ce que la Providence et la Sagesse de Dieu avaient voulu et suscité pendant plus de treize siècles ;
- la révolution, avec tous ses prétendus principes et toutes ses conséquences, est donc absolument illégitime…

Alors, en toute logique et cohérence, nous ne pouvons qu’affirmer, haut et fort, que depuis la Révolution, et hors la parenthèse de la Restauration, le Royaume de France est un royaume soumis à un régime d’occupation, à des institutions d’occupation, à des lois d’occupation.
Le Royaume de France est un royaume occupé.
La France est un pays occupé.
Il nous faut entendre, comprendre et vivre ce mot d’occupation dans toute l’horreur et avec tous les caractères d’oppression et de coercition que les ouvrages d’histoire et les films les plus noirs donnent habituellement aux années terribles 1940-1944.

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Puisque les institutions qui ont été détruites en 1789 et 1830 ne l’ont pas été à cause de leurs imperfections, mais en raison même de ce qu’elles tendaient à davantage de conformité avec les desseins de Dieu ;
- puisqu’il est impossible que Dieu renie le « pacte de Reims » ;
- puisque Dieu ne peut désavouer ce qu’Il a accompli dans et par la Royauté française ;
- puisque Dieu ne peut adhérer aux faux principes de la maçonnerie ;
- et puisque la république, en France, est l’émanation des faux principes de la maçonnerie opposés à la Révélation chrétienne, opposés à l’Eglise fondée par le Christ unique Rédempteur du monde, opposés aux Etats qui se soumettent à la loi sainte du Christ, opposés à tout ce qui a fait la force et la grandeur du Royaume de France pendant treize siècles, opposés aux Lois fondamentales du Royaume, opposés à tout ce qu’incarnent Clovis, Saint Charlemagne, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, Henri IV et Louis XIV, et tous nos héros et martyrs de la contre-révolution…

… nous devons donc nécessairement et continûment garder d’une manière très vive à la conscience que la révolution a été illégitime, et que – aujourd’hui – la république, fille de la révolution, demeure absolument illégitime.
Aujourd’hui, comme en 1792 (cf. > ici), la république avec toutes ses faux principes, toutes ses fausses institutions, toutes ses fausses valeurs, toute sa mythologie et tous ses faux symboles, demeure un régime d’usurpation, un régime d’occupation, contraire au plan de Dieu sur ce Royaume.

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Et ce n’est pas parce que cela dure depuis 1830, ce n’est pas parce que les années et les siècles passent, ce n’est pas parce que cette occupation se prolonge que le temps lui donne quelque légitimité.
Le temps qui s’écoule a bien souvent, il est vrai, un effet anesthésiant sur la conscience des peuples et des individus.
Néanmoins les Légitimistes se doivent de g
arder une conscience vive et douloureuse – très vive et très douloureuse – de cette occupation.

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Fidélité aux principes !
On n’abandonne jamais les principes dans les faits sans que ce soit la source de grands dommages et de grands malheurs.
L’abandon des principes conduit fatalement à la collaboration avec l’occupant.
Les légitimistes ne peuvent en aucune manière être des « collabos ».
Or, l’on devient un « collabo » dès lors que, même à contre-coeur, on participe au fonctionnement du régime d’occupation, dès lors qu’on se plie aux exigences de son système, dès lors qu’on contribue à ses rites tels que l’isoloir et l’urne :  rites prétendûment démocratiques ; rites authentiquement négationnistes des droits de Dieu et des droits légitimes de celui auquel reviennent la Couronne et le sceptre.

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L’abandon des principes conduit fatalement à la collaboration avec l’occupant.
On le voit bien, on le voit avec une criante évidence si on tire honnêtement les leçons de la politique dite du « ralliement » : Oh ! En théorie, il ne s’agissait pas de demander aux catholiques d’adhérer aux principes de la république mais « seulement » de ne pas rester sur la touche et de participer aux pseudo institutions et rites de la république afin de ne pas abandonner l’espace public aux ennemis de la Chrétienté et d’y conquérir une influence catholique.  Et en pratique, au lieu de la christianisation de l’espace public et de la re-catholisation de la politique, mettre le doigt dans l’engrenage républicain a eu pour conséquence la pénétration, finalement assez rapide, des idées maçonniques dans le catholicisme français, leur acceptation, puis la collaboration active à la décadence de la société.
La participation des catholiques à la vie politique de la république maçonnique n’a converti ni la république ni les francs-maçons, mais, d’élections en élections, de choix opportunistes en alliances d’intérêt, de moindre mal en moindre mal, a produit la situation actuelle où, sans être entrés en loges, la majorité des catholiques, des prêtres et des évêques pensent et agissent en tout comme des francs-maçons.

Je pose maintenant une question : que se serait-il passé en 1793, si Cathelineau, d’Elbée, La Rochejaquelein, Stofflet, Bonchamp, Lescure, Charette, Cadoudal et tous les autres n’étaient pas entrés en résistance mais, délaissant les principes, étaient entrés dans ces compromissions et avaient engagé une politique de « ralliement » et de « moindre mal » ?

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Dès l’instant où nous nous prenons à penser que la république est un fait avec lequel il faut composer, nous sommes battus.
Dès l’instant où nous acceptons, même à contre-coeur, qu’il y a une parcelle de légitimité dans les institutions de la république, ces institutions d’occupation, nous nous constituons ses esclaves.
Dès l’instant où nous regardons sans scandale profond et sans horreur les rites et les symboles de la république maçonnique, nous commençons à être des « collabos ».
Or il vaudrait mieux pour nous qu’on nous tranche la tête plutôt que de nous laisser entraîner à cette trahison.

guillotine

Publié dans : Vexilla Regis | le 21 septembre, 2017 |6 Commentaires »

2017-78. Où, à propos de la messe en sol majeur de Cherubini pour le Sacre de Louis XVIII, le Maître-Chat rétablit quelques vérités au sujet de ce Roi Très Chrétien.

Samedi 16 septembre 2017,
Fête des Saints Corneille, pape, et Cyprien, évêque, martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII.

Mort de SM le Roi Louis XVIII le 16 sept 1824

16 septembre 1824 : mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII
Sur cette représentation on reconnaît en particulier :
- assise en pleurs à son chevet Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulème ;
- près d’elle son époux, Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulème, futur Louis XIX ;
- incliné et baisant la main du mourant, Charles Philippe de France, qui va devenir Charles X au moment où son frère va rendre le dernier soupir ;
- à droite Marie-Caroline de Bourbon-Siciles avec ses deux enfants Louise d’Artois et Henri d’Artois, duc de Bordeaux, futur Henri V.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour conclure mes publications relatives au 175ème anniversaire de la mort de Luigi Cherubini (cf. > ici), j’accorde une grande importance, en ce 16 septembre qui est le jour anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, à la publication de la Messe solennelle en sol majeur que, justement, Cherubini composa pour le Sacre de Louis XVIII.

Louis XVIII en costume de sacre par François Gérard

Louis XVIII en costume de sacre, par François Gérard.

Ici, j’imagine la tête de certains de mes lecteurs qui pensent aussitôt : « Mais Louis XVIII n’a pas été sacré ! »
Et c’est bien vrai.
De tous nos Souverains Capétiens, seuls deux n’ont pas reçu les onctions du Sacre : 1) Jean 1er, dit le Posthume,  fils de Louis X, qui mourut cinq jours après sa naissance (+ 19 novembre 1316) ; et 2) Louis XVIII.

Mais le fait de ne pas avoir été sacré ne signifie pas qu’il n’a pas eu l’intention de l’être.
Contrairement à ce qu’affirment
a) d’une part quelques ignorants qui prétendent que Louis XVIII aurait été « d’esprit voltairien » (sic) et qu’il n’attachait pas d’importance au Sacre ;
b) et d’autre part quelques cinglés qui se cramponnent aux affabulations de quelques illuminés.

Roi depuis la mort de son neveu – l’infortuné Louis XVII – survenue le 8 juin 1795, dès qu’Elle put revenir en France au début du mois de mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII aspira ardemment à être sacrée à Reims conformément à la tradition capétienne.

Fleur de Lys

1 – Louis XVIII tint toujours à se montrer comme le Roi Très Chrétien :

Philip Mansel, un historien anglais qui est probablement à ce jour le plus grand spécialiste de la personne et du règne de Louis XVIII, fait bien ressortir que ce Souverain complexe resta toujours un homme du XVIIIème siècle, fidèle à ce qu’il avait reçu de l’héritage versaillais : sans un être un roi à la piété aussi profonde et démonstrative que celle de son frère puiné, il resta toujours fidèle à la foi catholique : et nombre de ses ministres ou de ses proches ont pu en témoigner.
Il assistait tous les jours à la Sainte Messe, communiait deux ou trois fois l’an (selon les usages de l’époque) et, durant son règne, fit toujours publiquement ses Pâques à Saint-Germain-l’Auxerrois, église paroissiale des Tuileries, sauf quand il en fut empêché par la maladie (cf. Philip Mansel, in « Louis XVIII » éd. Perrin 2013 p. 331).
En matière religieuse, Louis XVIII, pleinement conscient qu’il était le Très Chrétien, se montra particulièrement peu soucieux de ménager les libéraux et les libres-penseurs : il encouragea la reconstitution des congrégations religieuses, soutint les missions intérieures « qui perturbaient tant certains secteurs de l’opinion publique – une des médailles commémorant son  règne représente même l’érection d’une croix. Il voulut aussi que Frayssinous, célèbre prédicateur dont il avait fait son premier aumônier en 1821 – honneur extraordinaire pour un roturier – devînt grand maître de l’Université en 1822, ce qui le plaçait à la tête de l’enseignement secondaire. Louis fut ravi d’élever dix-neuf évêques à la pairie en 1822 et Frayssinous, encore lui, reçut en outre le portefeuille des affaires ecclésiastiques en août 1824″ (Philip Mansel, op.cit. pp. 447-448).
« Quand il monta sur le trône, l’état de l’Eglise lui parut pire que dans les années 1790. Il n’y avait plus que 36.000 prêtres en 1814, contre 72.000 en 1789 et il écrivait au pape : « Toutes les doctrines antireligieuses autant qu’antisociales ont inondé mes provinces. » Il était résolu à y mettre bon ordre. En 1814-1816, pour récompenser les évêques restés fidèles à la cause de la royauté et éliminer quatorze des autres, bonapartistes ou anciens révolutionnaires, le gouvernement de Louis avait voulu que l’Eglise revînt en France au statu quo de 1789. Attitude incroyable de sa part, alors qu’il essayait précisément d’apaiser la crainte d’un tel retour au passé dans la vie politique. Mais la papauté refusa de remettre en question le Concordat, conclu en 1801 avec la République » (Philip Mansel, ibid. p. 408).

Ces vérités étant rétablies, il est aisé de comprendre à quel point la question du Sacre n’était pas secondaire pour Louis XVIII, mais qu’il souhaitait en recevoir les onctions saintes. C’est dans la perspective des préparatifs de cette cérémonie qu’il commanda au surintendant de sa chapelle, le maestro Luigi Cherubini, une messe solennelle qui serait exécutée à cette occasion.

Ce sont uniquement les soubressauts politiques de la première Restauration, les funestes Cent-Jours et les difficultés intérieures et extérieures des années 1816-1819, puis enfin l’état de santé de plus en plus précaire de Sa Majesté à partir de 1820 qui empêchèrent la réalisation de ce souhait pourtant très ardent.

Fleur de Lys

Thomas Martin de Gallardon prétendue apparition

Prétendue apparition de « l’ange Raphaël » à Thomas Martin, de Gallardon,
sur une gravure de 1859 s’inspirant de la description du « visionnaire ».

2 – Des affabulations entretenues par des illuminés :

A rebours de la vérité historique cependant, il y a toujours aujourd’hui quelques illuminés de tendance « survivantiste » qui colportent la fable selon laquelle Louis XVIII n’aurait pas voulu être sacré, parce qu’il aurait su qu’il occupait un trône qui ne lui revenait pas, et qu’il aurait parfaitement eu conscience de la vérité de la menace selon laquelle, s’il osait se présenter pour le sacre, la justice de Dieu le foudroierait à mort en pleine cérémonie !
Rien que cela…

Cette légende se fonde sur les prétendues apparitions de l’ange Raphaël à un paysan de Gallardon : Thomas Martin (1783-1834).
Le bonhomme Martin, pieux et exemplaire paroissien d’après son curé, jugé sain d’esprit par les médecins qui l’ont examiné, prétendit avoir ces « apparitions » dans les premiers mois de l’année 1816.
Passons outre l’accoutrement bizarre de « l’ange », sanglé dans une redingote de ville à la mode romantique et coiffé d’un haut-de-forme (!!!) : Thomas Martin devait rencontrer le Roi et lui révéler quelque chose qui ne lui serait communiqué (à lui, Thomas Martin) qu’à ce moment-là, en sus de quelques exhortations pour faire respecter le repos dominical et combattre l’impiété dans le Royaume.
Grâce à l’insistance de certains ennemis influents de la politique menée alors par Decazes, Martin eut l’insigne privilège d’être reçu aux Tuileries le 2 avril 1816. Son tête à tête avec le Roi dura environ une demi-heure et, dans les mois qui suivirent, le bonhomme Martin affirma qu’il avait aussitôt oublié ce qu’il avait dit à Sa Majesté sous l’inspiration immédiate de « l’ange ».
Mais ensuite des récits plus ou moins circonstanciés furent publiés : les premiers imprimés, vers 1817, se contentaient d’attribuer à « l’ange » des paroles critiquant la politique de Decazes et encourageant le Roi à aller dans le sens des Ultras, mais, quatre ans après la mort de Louis XVIII, en 1828, Thomas Martin dicta un récit qui fut publié, et c’est là que l’on trouve des « révélations » concernant la prétendue survivance de Louis XVII et les menaces contre Louis XVIII s’il avait l’audace de prétendre au Sacre.
Il y aurait beaucoup à écrire sur toutes les incohérences qui se trouvent dans le récit de Thomas Martin. Contentons-nous de relever que, entre temps, à partir de 1820, le « paysan prophète » (sic) de Gallardon avait commencé à envoyer des lettres qu’il signait « Dieu » (excusez du peu !), puis que, en 1833, il « reconnut » Naundorff comme Louis XVII…

Bien sûr, jamais aucune autorité ecclésiastique compétente n’a reconnu l’authenticité des « apparitions » de Gallardon, lesquelles demeurent encore de nos jours une juteuse aubaine pour alimenter les fantasmes des illuminés qui s’obstinent à nier la réalité des faits historiques les mieux établis.

Car si Louis XVIII, ainsi que le prétendit Martin dans son récit de 1828, avait acquiescé au fait qu’il occupait une place qui revenait à son neveu toujours vivant et s’était incliné devant la menace d’être frappé à mort par la justice de Dieu en pleine cérémonie du Sacre, on comprend mal pourquoi ce Roi aurait par la suite demandé à Cherubini de composer une messe solennelle pour ce Sacre, et aurait, jusqu’en 1820, espéré pouvoir se rendre à Reims pour y recevoir les onctions saintes !
Et si ces prétendues menaces à l’encontre de Louis XVIII avaient été vraies, parce qu’il aurait usurpé le trône d’un Louis XVII toujours vivant, pourquoi ne se sont-elles pas réalisées le 29 mai 1825 lors du Sacre de Charles X ?
En effet, si Louis XVIII avait occupé un trône qui ne lui revenait pas du fait de la « survivance » de son neveu, il en eût aussi été de même pour son frère et successeur : Charles X. Or, non seulement ce dernier a été sacré et non seulement il n’a pas été foudroyé par la justice divine en cours de cérémonie, mais en sus il a accompli, dans les jours qui suivirent, les guérisons miraculeuses des écrouelles attestant qu’il était bien le Roi légitime (on peut lire la relation complète du toucher des écrouelles par SM le Roi Charles X > ici).

On cherche en vain un peu de cohérence dans cet illuminisme survivantiste.

Fleur de Lys

3 – La messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre, pour le Sacre de Louis XVIII (1819) :

Comme je vous l’annonçai au début, et même si j’ai dû faire quelques détours pour y arriver, cette publication a pour dessein de vous inviter à écouter maintenant la messe solennelle en sol majeur pour choeur et orchestre pour le Sacre de Louis XVIII composée par Luigi Cherubini.

Le Kyrie a une belle intensité dramatique, et le Gloria qui le suit contraste par le dynamisme des choeurs qui se répondent, alternant avec bonheur des séquences d’allégresse triomphante et de vénération intériorisée, comme le poignant « Suscipe deprecationem nostram ».
Le Credo est tout rayonnant de la joie de l’adhésion aux Vérités révélées transmises par l’Eglise, qui sont déroulées à la manière d’une cavalcade pleine de gloire. On remarquera l’imposante dignité de l’ « Et incarnatus est », puis le côté désolé du « Crucifixus » où les voix d’hommes accompagnées des seuls trombones revêtent un aspect lugubre auquel les trompettes du « Et resurrexit » apportent un fin saisissante.
Le Sanctus et l’ O Salutaris Hostia, conformément à l’usage alors en vigueur en France, constituent une seule et même pièce dans laquelle alternent l’exultation des choeurs célestes dans les cieux et l’expression de l’adoration profonde des Saintes Espèces Eucharistiques sur l’autel.
L’Agnus Dei exprime tous les transports d’un recueillement solennel, paisible et confiant, préparant à la communion du Souverain, laquelle, rappelons-le, à la messe du Sacre, par un privilège unique, se faisait sous les deux espèces.

L’enregistrement proposé ci-dessous a été réalisé par le London Philarmonic Choir et le London Philarmonic Orchestra sous la direction du toujours excellent Maître Riccardo Mutti qui reste une référence, sinon « la » référence, dans l’interprétation de l’oeuvre de Cherubini.

Patte de chat Lully.

Image de prévisualisation YouTube

Autres articles de ce blogue consacrés aux compositions de Luigi Cherubini :
- Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI > ici
- Requiem en ré mineur pour choeur d’hommes > ici
- Messe solennelle en la majeur pour le Sacre de Charles X > ici

grandes armes de France

2017-77. D’un pèlerinage à l’ermitage d’Ucel.

15 septembre,
Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

Coeur de Marie aux sept glaives

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion et du Mesnil-Marie, j’ai décidé de vous « emmener » en pèlerinage dans un lieu remarquable de notre Vivarais, au moyen des photographies réalisées dimanche dernier, 10 septembre 2017, par Frère Maximilien-Marie.
Notre Frère connaît bien cet endroit, où il se rendait souvent lorsqu’il était adolescent puis jeune adulte, mais où il n’était pas retourné depuis le dimanche de la Passion 12 mars 1989, date à laquelle il y avait conduit les jeunes religieux dont il avait alors en charge la formation.

Ce lieu est un ermitage pluriséculaire situé sur la paroisse d’Ucel.
Ucel est un village millénaire à moins d’une lieue d’Aubenas et moins d’une lieue de Vals-les-Bains : un château féodal construit au XIème siècle sur une éminence qui domine une courbe de la rivière Ardèche est à l’origine du bourg et de la paroisse. En bonne partie détruit par les troupes du comte Raymond IV de Toulouse, en 1213, le château ne fut pas reconstruit et ses éléments ruinés ont servi de carrière pour la reconstruction du village ancien.
L’ermitage, sis sur les flancs escarpés d’un vallon au nord de l’ancien site castral, n’en est distant que d’environ un quart de lieue. La construction de nombreuses maisons à la fin du XXe siècle l’ont encore considérablement rapproché de la zone d’habitation ; il demeure néanmoins un lieu de recueillement et de paix, fort heureusement !

Frère Maximilien-Marie avait résolu de s’y rendre en pèlerinage ce 10 septembre parce que nous étions dans la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs et que justement la chapelle est dédiée à la Mère des Douleurs.

Ermitage Ucel 1

Arrivé à la limite de la zone d’habitation et de la route goudronnée, Frère Maximilien-Marie a laissé la voiture et, muni d’une canne, s’est engagé sur le chemin de l’ermitage : la première partie du chemin est relativement plane, mais bientôt l’on parvient a un embrachement. C’est là, du côté droit, que se trouve le chemin plus escarpé et plus caillouteux qu’il faut emprunter pour monter vers l’ermitage.

Ermitage Ucel 2

Bordé de rochers parfois imposants sur la droite, et d’une pente parfois bien raide sur la gauche, le sentier, parfois empierré s’étire sous les châtaigniers et les chênes, et au milieu d’arbustes typiques de la Cévenne vivaroise.

Ermitage Ucel 3

Frère Maximilien-Marie marchait très lentement, appuyé sur sa canne : il a récité en montant un chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici) qu’il achevait au moment où il est arrivé à ce replat où l’on aperçoit une croix de fer, peinte en blanc, scellée dans un rocher du bord du chemin : 

Ermitage Ucel 4

Un peu plus loin, dans un rocher en surplomb, une niche a été sculptée pour y placer une statuette émaillée de la Vierge à l’Enfant :

Ermitage Ucel 5

Et c’est à ce moment que l’ermitage se découvre à vos regards.
A cet endroit le rocher constitue une véritable muraille sur votre droite : au début haute de quelque 3 mètres elle va en s’élevant plus encore.

Ermitage Ucel 6

Selon une légende, Blanche d’Ucel, épouse de Raymond, seigneur d’Ucel au début du XIIIème siècle, aurait péri lorsque le château aurait été pris et en bonne partie détruit par les troupes de Raymond IV de Toulouse en 1213. Son époux aurait voulu l’ensevelir en ce lieu retiré et aurait érigé la chapelle au-dessus de sa tombe, ainsi que l’ermitage attenant. Il aurait alors légué l’ermitage et les terres qui l’entourent à des ermites pour qu’ils se succèdent ici, priant pour le repos de l’âme de Blanche et de sa propre âme.

Les historiens n’accordent aucun crédit à cette légende et affirment que ce n’est que vers 1471-1475 que l’ermitage aurait été bâti par noble Raymond de Serre (ou du Serre) co-seigneur d’Ucel.

Ermitage Ucel 7

Les ermites se sont succédé ici jusqu’à la révolution où l’ermitage fut dévasté.

En 1955, grâce en particulier au zèle de Monsieur l’abbé Jean Charay, historien d’Aubenas et de ses environs, conservateur des antiquités et objets d’art du département de l’Ardèche, l’ermitage fut restauré et un moine revint s’y installer.
Lorsque Frère Maximilien-Marie était adolescent, l’ermite qu’il avait plaisir à rencontrer était le Rd Père Yvan de Pontbriand, prêtre, bénédictin venu de l’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire, en Morvan (+ 11 novembre 2015).

Sur la photo ci-dessous, on voit bien la porte d’entrée de la chapelle, à laquelle on accède par quelques marches, et au-dessus de laquelle se dresse le campanile avec sa petite cloche.
La porte de l’ermitage se trouve en contrebas, tout à gauche, et permet d’entrer dans la zone de clôture.

Ermitage Ucel 8

Du côté de la colline, le rocher formant muraille que l’on a longé en arrivant atteint ici une grande hauteur et forme une sorte de corniche qui  domine et abrite l’ensemble des bâtiments de l’ermitage :

Ermitage Ucel 9

« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer… »
Paul Claudel : « La Vierge à midi » (in « Poèmes de guerre » 1957). 

Ermitage Ucel 10

Dans la niche qui surplombe le larmier de la porte, une Piéta a été installée lors de la restauration de l’ermitage.

Ermitage Ucel 11

La chapelle est toute petite. Il eut fallu que Frère Maximilien-Marie eût un objectif permettant une prise de vue en très grand angle pour pouvoir « la faire entrer tout entière » dans un cliché.
Voici néanmoins ce qu’il a pu réaliser en se trouvant sur le seuil.

L’autel est correctement orienté.
Le tabernacle n’abrite malheureusement pas la Sainte Présence Eucharistique de Notre-Seigneur.
Un double degré et une porte communiquent avec l’intérieur de l’ermitage.

Ermitage Ucel 12

Du côté de l’épître, sous le vitrail (caractéristique du style que certains ecclésiastiques affectionnaient en 1955 et qui a très mal veilli), se trouvent un bas-relief endommagé et un bénitier brisé, à coté du bénitier qui fut mis en place lors de la restauration :

Ermitage Ucel 13

Détail du bas-relief : on distingue deux personnages assez grossièrement figurés, qui tiennent un blason dont le contenu est assez difficile à décrire.

Ermitage Ucel 14

Du côté de l’Evangile, une gracieuse niche de style gothique est occupée par une reproduction de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir devant laquelle sont disposées une veilleuse et des bougies.

Ermitage Ucel 15

Dans le mur du fond de la chapelle une niche [dans laquelle est placée une espèce de « boite aux lettres » qui permet aux visiteurs de déposer leurs intentions de prière ou leurs messages à l’adresse de l’actuel ermite, frère Serge-Marie] est surmontée d’une ouverture – habituellement obstruée par un volet – par laquelle l’ermite peut, depuis sa cellule, avoir une vue directe sur l’autel de la chapelle.

Ermitage Ucel 16

Frère Maximilien-Marie est resté un long moment en silence dans la chapelle. Il n’a pas cherché à rencontrer le père ou frère ermite qui occupe actuellement l’ermitage : il ne faut pas déranger les ermites !

Après un long moment de contemplation, comme enfermé dans le Coeur de la Mère des Douleurs et de toute Compassion, reprenant sa canne dans une main et son chapelet des Sept-Douleurs dans l’autre, notre Frère est reparti, non sans avoir eu l’immense bonheur de voir et photographier ce silène, qui après avoir voleté légèrement dans la chapelle, est venu se poser pendant près de trois quart d’heure sur la Bible qui reste à la disposition des visiteurs dans la chapelle :

Ermitage Ucel 17

Ce cliché n’exprime-t-il pas, chers Amis, ce qu’il convient que chacune de nos âmes accomplisse : « se poser » sur la Sainte Parole de Dieu pour la butiner et en extraire le suc nourrissant de la Révélation ; se reposer sur la Sainte Parole de Notre-Seigneur et s’abandonner à elle dans une sereine et absolue confiance ; cesser de papillonner des séductions du monde aux attraits de la sensibilité, pour s’établir longuement dans la méditation des mystères sacrés de notre magnifique religion, en laquelle seule sont les Vérités du salut.
C’est la grâce que je vous souhaite.

Belle, bonne et surtout très fervente fête
de Notre-Dame des Sept-Douleurs !

pattes de chatLully.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2017-76. Où, à l’occasion de la fête du Saint Nom de Marie, le Maître-Chat publie quelques réflexions et citations à propos de la décadence de la société, des invasions, et de la trahison des clercs.

Mardi 12 septembre 2017,
Fête du Saint Nom de Marie,
Anniversaire de la victoire de Vienne.

Je vous ai déjà entretenus, mes chers Amis, du sens et de l’origine de cette fête du Saint Nom de Marie (cf. > ici).
Dans l’exacte continuité de ce que j’écrivais alors, souffrez que je vous livre ci-dessous quelques réflexions et citations.

Ave Maria et lys

Pas le même Dieu !

Ce n’est pas parce que des non-catholiques (et parfois aussi des personnes qui se prétendent catholiques !) vous disent qu’ils ont une croyance en un Dieu unique, que, pour autant, ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont ipso facto « le même Dieu » que vous !
Avant de dire qu’ils adorent le vrai Dieu et qu’ils ont le même Dieu que vous, assurez-vous qu’ils croient à la Très Sainte Trinité et qu’ils confessent que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, est en même temps vrai Dieu et vrai homme : s’ils n’adhèrent pas à cela, quoiqu’ils prétendent être monothéistes, leur « dieu » n’est pas le vrai Dieu !

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Principe de non contradiction :

« Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose » (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 19-20).
Assurément, une chose peut être blanche aujourd’hui et d’une autre couleur demain. De même, cette chose est plus grande ou plus petite qu’une autre à un moment donné. Mais, il est impossible que ces déterminations apparaissent simultanément et s’appliquent du même point de vue à cette chose. Il est donc impossible qu’à la fois une chose soit et ne soit pas.

Il est impossible, sans porter atteinte au principe de non-contradiction, qu’un chrétien, un catholique, un prêtre ou un évêque professe que Jésus-Christ est Dieu, Fils de Dieu, consubtantiel au Père, qu’Il est mort sur la Croix en sacrifice de Rédemption, qu’Il est la Voie, la Vérité et la Vie, l’unique Sauveur des hommes, le fondateur de l’Eglise en dehors de laquelle il ne peut y avoir de salut… etc., et que ce même chrétien, catholique, prêtre ou évêque, affirme ensuite que « toutes les religions se valent », que « toutes les religions sont des voies de salut », que la secte mahométane est une véritable religion, alors que justement elle nie la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son sacrifice sur la Croix, et ne Le considère que comme un prophète préparant la venue de Mahomet !
Mais en fait ce qui est « impossible » selon la logique la plus stricte, nous le constatons dans les faits – hélas ! trois fois hélas ! –  quotidiennement en France, en Europe, dans le monde entier de nos jours… et dans la Sainte Eglise.

Conclusion :
Ces chrétiens, ces catholiques, ces prêtres et ces évêques soit ont moins de capacité de réflexion logique et d’intelligence que la plus fruste des huitres, soit sont des apostats plus ou moins conscients.

« Quos vult Jupiter perdere, dementat prius : Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison » (Boissonade de Fontarabie, adaptant librement Euripide).

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Extrait d’un courriel reçu :
« (…) je tenais à vous faire par d’une question, d’une inquiétude. A plusieurs reprises j’ai été confronté aux témoignages de personnes m’assurant que des musulmans souhaitant se convertir au catholicisme et s’informant auprès de prêtres parisiens sur la façon de devenir catholiques, ont eu pour seule réponse de rester dans leur religion. Comment cela est-il possible ? que peut-on faire ? »
Réponse de Frère Maximilien-Marie :
« (…) J’ai presque envie de vous demander sur quelle planète vous vivez [sourire] pour réaliser cela juste maintenant : malheureusement l’esprit d’erreur et de mensonge répandu dans l’Eglise depuis plusieurs décennies fait que ce qui semble vous étonner n’est pas un fait nouveau. Déjà lorsque j’étais au collège au début des années 70 du précédent siècle, les modernichons répandaient ce genre de calembredaines ! C’est pratiquement depuis la fin du concile V2 que beaucoup de clercs ou de fidèles pensent et affirment qu’il n’est nul besoin d’évangéliser et que chacun fait son salut dans sa religion. Contrairement à ce que prétend un document de V2 (qui n’a qu’un statut de « déclaration », et donc dans lequel ne se trouve aucun enseignement doctrinal magistériel), les mahométans n’adorent pas le vrai Dieu. Plusieurs oraisons du missel antique affirment qu’ils sont des païens (donc adorant un faux dieu). »

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Citation de Saint Vincent de Paul :

« Je crains fort que Dieu ne permette l’anéantissement de l’Eglise en Europe à cause de nos moeurs corrompues de tant de diverses opinions étranges que nous voyons s’élever de tous côtés et du peu de progrès que font ceux qui s’emploient pour tâcher de remédier à tous ces maux-là… »

Que dirait-il, près de quatre siècles plus tard en voyant l’état de l’Eglise en France, les ravages de l’hérésie en elle, l’invasion mahométane, le renouveau du paganisme, et ce que sont devenues les moeurs publiques ?

frise

Lorsque l’on refuse de se soumettre au Règne du Christ (et ce Règne divin passe par l’observation de tous Ses commandements), on finit fatalement par être sous le règne de l’Antéchrist, en ses multiples avatars.

Vous avez détesté tous ces attentats perpétrés à Paris, en France et en beaucoup d’autres endroits du monde, et vous avez crié : « Nous ne voulons plus de cela ! »
Ne vous leurrez pas, ils n’étaient qu’un prélude.
Quand la stratégie globale des combattants de ce faux dieu entrera dans une nouvelle phase de conquête destructrice, tout ce dont nous avons été témoins ces dernières années semblera, en comparaison, totalement dérisoire et insignifiant.

Lorsque les conducteurs des nations jadis chrétiennes et les hiérarques de la Sainte Eglise ne prêchent plus qu’une bouillie informe d’idées humanitaires et fraternalistes horizontales, en refusant de nommer l’origine du mal et d’en dénoncer les causes réelles, et – de ce fait – refusent de porter le fer rouge sur la plaie, dites-vous bien qu’en ces moments futurs que j’ai évoqué ci-dessus, ni les autorités civiles ni les autorités spirituelles ne seront là pour défendre vos églises contre la profanation, l’incendie et la destruction, pour défendre vos maisons contre le pillage, pour défendre votre propre vie, celles de vos enfants et celles de vos petits-enfants.
Vous serez alors terriblement seuls contre la barbarie.

Alors, ce ne sera plus le moment de se présenter en face des nouveaux fellouzes avec des « plus jamais ça », en brandissant de jolies petites pancartes « je suis ceci ou cela », et en scandant tous les slogans du « vivre ensemble ».

En revanche il faudra alors savoir ce que vous défendez et pour quoi vous le défendez : et si vous ne vous y êtes pas préparés physiquement, psychologiquement, moralement et – par dessus tout – spirituellement, dès aujourd’hui, vous ne résisterez ; vous ne tiendrez pas…

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Ecclesia Dei afflicta :

Situation affligeantissime et douloureuse de la Sainte Eglise qui fait que, lorsque des personnes viennent vers vous pour être instruites dans la foi et se rapprocher de Dieu et des sacrements, vous avez le devoir, en même temps que vous leur inculquez l’amour de la Sainte Eglise, de les mettre en garde contre ce que dit l’écrasante majorité des clercs, et de les dissuader de se rendre dans le plus grand nombre des paroisses, afin de ne pas être exposées au scandale et au naufrage dans la foi.

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Ils n’en ont pas…

Société d’émasculés que celle où, en réponse à l’égorgement des siens, on entasse des bougies et des nounours en peluche – « pour dire que nous n’avons pas peur » – , en attendant le prochain massacre et en continuant de se vautrer dans la veulerie de toutes les abdications intellectuelles et spirituelles.

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12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican

Jean III Sobiesky, vainqueur des Turcs à Vienne le 12 septembre 1683
(tableau monumental de Jan Mateiuko – Palais du Vatican, Salle Sobiesky)

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Vous connaissez vos actes de foi, d’espérance et de charité. Vous connaissez aussi votre acte de contrition.
Je vous propose aujourd’hui le texte d’une prière qui s’inspire du même principe : l’ « Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout ».

Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout :

« Mon Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, m’opposer à ce raz de marée de fausses croyances et de moeurs exogènes qui déferle sur le Royaume de France, avec la complicité, active ou tacite, de ceux qui ont usurpé le gouvernement depuis quelque deux siècles et de l’écrasante majorité de ses sujets devenus semblables à de stupides moutons de Panurge.
Mon Dieu, vrai Roi de France – ce Royaume en lequel Vous Vous êtes complu et que Vous avez comblé de tant de grâces de premier ordre, au moyen de sa royauté très chrétienne providentiellement instituée dans les fonts baptismaux de Reims – , accordez-moi, aujourd’hui et chaque jour, tant dans ma vie privée qu’aux regards de tous, de savoir toujours choisir les pensées, les mots, les gestes et les actes qui seront les plus conformes aux exemples de nos Saints et de nos Rois très chrétiens, pour résister aux modes intellectuelles de ce siècle décadent, combattre l’invasion d’une pseudo religion suscitée par l’antéchrist, lutter contre la secte satanique qui dirige la république, mener le combat spirituel et témoigner des merveilles de la civilisation catholique, dussé-je y perdre la vie d’ici-bas, pourvu que je conquière la couronne d’immortalité.  Ainsi soit-il ! »

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

frise

2017-75. Du dixième anniversaire du blogue du Maître-Chat Lully.

2007 – 10 septembre – 2017

Bon anniversaire gif

Dimanche 10 septembre 2017
XIVème dimanche après la Pentecôte, « dimanche de la divine Providence » ;
Mémoire de Saint Nicolas de Tolentino, grand thaumaturge de l’Ordre de Saint Augustin. 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est aujourd’hui même le 10ème anniversaire de ce blogue - auquel vous me faites l’honneur de porter quelque attention – , puisque j’ai publié mon premier article (celui-ci > Prologue) le 10 septembre 2007.
J’étais alors un tout jeune chat, et j’ai déjà eu l’occasion de vous raconter comment ce blogue est né d’une boutade de mon papa-moine (voir > ici).

Aujourd’hui, nos compteurs de statistiques ont enregistré pour ces dix années écoulées quelque 2.098.000 visiteurs et près de 3.330.000 pages consultées.
Le nombre de visites quotidiennes n’est jamais inférieur à 600, et il n’est pas rare qu’il dépasse le millier.
Mes lecteurs sont essentiellement Français, mais je suis aussi lu dans plusieurs pays d’Europe, dans les deux Amériques et au Proche Orient.

Il est de plus en plus fréquent que mon papa-moine, à l’occasion de déplacements, soit abordé en ces termes : « C’est vous le Chat Lully ? » Question à laquelle il répond en toute honnêteté et vérité : « Oh non ! Je ne suis que son humble secrétaire… »

Destiné au départ aux amis des débuts de notre humble Refuge Notre-Dame de Compassion, je dois dire aujourd’hui que mes publications m’ont valu la joie de faire la connaissance de très nombreuses personnes qui, nonobstant les distances géographiques, me sont devenues proches par l’esprit, par le partage des convictions spirituelles et légitimistes, par l’amitié et par la prière.

Je sais aussi qu’il n’y a pas que des amis qui me lisent mais que des opposants à nos idéaux viennent chercher dans ces pages les arguments sur lesquels ils veulent assoir leurs critiques et avec lesquels ils alimentent leur réquisitoire. « C’est de bonne guerre ! » (car nous sommes en guerre).
J’en ai parfaitement conscience. Je sais que ce peut même être apprécié comme une façon de « donner des verges pour se faire battre ». Ce n’est pourtant pas cela qui me fera taire : si je me tais, un jour les pierres crieront.
Avec la souveraine liberté et l’indépendance qui caractérisent les chats, je peux vous certifier que les oppositions et contradictions ne servent qu’à renforcer ma détermination et à me donner davantage de « gnaque ».

En me souhaitant un bon anniversaire de blogue, mon papa-moine m’a demandé de tenir encore cette place pendant de très nombreuses années.
Je lui ai bien sûr répondu que cela dépend uniquement des dispositions de la divine Providence, auxquelles je m’abandonne en toute confiance ainsi que nous le recommande tout particulièrement la péricope évangélique de ce quatorzième dimanche après la Pentecôte (cf. > ici).
Je lui ai demandé de réaliser une toute petite bande dessinée pour marquer cet anniversaire, en lui indiquant de manière très précise ce que j’y voulais voir figurer. Vous la trouverez ci-dessous.

Pour terminer, je veux remercier chat-leureusement tous mes lecteurs : ceux de la première heure et ceux qui, au fil des ans, sont venus en grossir le nombre.

Que le Bon Dieu vous bénisse et vous garde, mes chers Amis !

Patte de chat Lully.

Chat gif

BD 10 ans du Blogue du Maître-Chat Lully

Fleur de Lys

Lully à l'ordinateur !!!

Recette du Mesnil-Marie : Spaghettis aux courgettes.

Chats en cuisine

Cela fait presque deux ans que je n’ai pas publié de recette dans les pages de mon blogue !
J’ai décidé aujourd’hui de corriger cette carence en vous livrant, à la requête d’ailleurs de quelques unes de nos amies qui ont été informées de ce que nous avons mangé hier, les secrets de fabrication d’un plat très simple à préparer qui a régalé les convives que Frère Maximilien-Marie recevait à déjeuner : en apportant le plat sur la table, il leur a dit qu’il les prenait pour cobayes parce que c’était la première fois qu’il le réalisait… Mais les cobayes ont eu l’air de se régaler et, pour preuve, ils se sont resservis sans se faire prier !

Les quantités que je donne ci-dessous correspondent à une tablée de cinq hommes dotés d’un appétit d’ « homme normal » : ni obsédés par leur tour de taille et par la balance, ni émules de Gargantua !

Ingrédients :

- 300 grammes de spaghettis.
- 1 grosse courgette (elle pesait presque 2 kg avant d’être évidée de ses graines).
- 1 gros oignon.
- 25 cl de crème fraîche épaisse.
- 60 gr. de parmesan râpé.
- Huile d’olive, sel et poivre.

Préparation :

- Emincer l’oignon et le mettre de côté.
- Faire cuire les spaghettis « al dente », les égoutter et les réserver.
- Pendant que les spaghettis cuisent, râper la courgette après en avoir retiré les graines mais sans l’éplucher.
- Dans une grande poêle, un wok ou un fait-tout, mettre un fond d’huile d’olive, y faire dorer l’oignon et rajouter la courgette râpée en remuant régulièrement pour que tout soit bien également cuit : cuisson d’environ 10 minutes.
- Mélanger la crème fraîche et le parmesan râpé.
- Ajouter les spaghettis aux courgettes, bien mélanger, puis incorporer le mélange crème fraîche et parmesan.
- Salez et poivrez à votre convenance.

- Bien mélanger, laisser quelques minutes à feu doux, tout en remuant délicatement.
- Servir bien chaud.

Courgettes

Retrouver toutes les recettes du Mesnil-Marie publiées dans ce blogue en cliquant > ici

Publié dans : Recettes du Mesnil-Marie | le 9 septembre, 2017 |3 Commentaires »
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