2018-6. De la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, reine des Deux-Siciles.

31 janvier,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

frise

Avec la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, nous est donnée une preuve supplémentaire de l’extraordinaire fécondité spirituelle des royautés catholiques traditionnelles – dans les membres des familles que Dieu choisit pour perpétuer l’institution royale aussi bien que dans leurs oeuvres – à partir du moment où elles correspondent en vérité aux grâces que Dieu leur confère et fait passer par elles.

La Bienheureuse Marie-Christine appartient en outre à la prodigieuse cohorte des « jeunes saints » qui, tels Saint Louis de Gonzague, Saint Gabriel de l’Addolorata, Saint Dominique Savio, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et plusieurs centaines d’autres, sont parvenus à la plénitude de leur sainteté avant d’avoir atteint l’âge de 25 ans !

Armes de la Maison de Savoie

Blason de la Maison de Savoie

Une illustre parentèle :

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie est, ainsi que son nom l’indique, issue de la lignée des comtes de Savoie-Piémont, lignée qui régna depuis 1263 sur le comté puis duché souverain de Savoie et sur la Principauté du Piémont, ainsi que, à partir de 1720, sur le royaume de Sardaigne.
Les Savoie-Piémont descendent du Bienheureux Amédée IX de Savoie (1435-1472) – élevé sur les autels en 1677 grâce à l’initiative et aux efforts qu’avait entrepris Saint François de Sales – , et de Yolande de France (1434-1478), fille de Charles VII le victorieux. De ce fait, les princes de la maison de Savoie-Piémont portent aussi dans leurs veines du sang de Saint Louis.

En outre, fille du Roi Victor-Emmanuel 1er  de Sardaigne (1759-1824), dont la mère était Marie-Antoinette d’Espagne, Marie-Christine est une arrière-petite-fille de Philippe V d’Espagne (1683-1746) et descend donc du Roi-Soleil.
Son père, Victor-Emmanuel 1er, a succédé à son frère aîné Charles-Emmanuel IV (1741-1819) lequel avait été l’époux de la Vénérable Marie-Clotilde de France (1759-1802) ; il est également le frère des princesses Marie-Josèphe et Marie-Thérèse de Savoie, épouses respectives des comtes de Provence et d’Artois, frères puînés du Roi Louis XVI.
Dans un arbre généalogique Marie-Christine de Savoie est donc nièce par alliance des Rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Enfin, par sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche-Este (1773-1832), Marie-Christine de Savoie est une arrière petite-fille de François-Etienne de Lorraine, empereur germanique sous le nom de François 1er (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg, impératrice consort, roi de Bohème, roi de Hongrie et archiduchesse d’Autriche (1717-1780).
Notre Reine Marie-Antoinette (1755-1793) est donc la grand-tante de la princesse Marie-Christine de Savoie.

La vue d’un tel tableau d’alliances illustres – illustres par la sainteté, illustres par le zèle catholique et illustres par la défense des valeurs traditionnelles de la royauté – , ne peut que nous porter à déplorer que, après l’abdication du Roi Victor-Emmanuel 1er (en 1821) et la mort sans postérité de son successeur le Roi Charles-Félix (1765-1831), la branche cadette des Savoie-Carignan, devenue l’héritière des duché de Savoie, principauté de Piémont et royaume de Sardaigne, ait adopté des idées libérales et se soit ensuite compromise de la manière que l’on sait, dans l’aventure de l’unité italienne avec ses dérives anticatholiques et ses alliances maçonniques !

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
reine des Deux-Siciles (1812-1836)

Biographie :

Mais revenons à la Bienheureuse Marie-Christine.

Dernière des sept enfants de Victor-Emmanuel 1er de Sardaigne et de Marie-Thérèse d’Autriche-Este, Marie-Christine naît le 14 novembre 1812 à Cagliari, en Sardaigne.
En effet, en raison de l’occupation par les troupes révolutionnaires puis napoléoniennes de la Savoie et du Piémont, la cour de Turin avait dû se réfugier sur ses terres insulaires sardes.
A la chute de l’empire baudruche de Napoléon, le Roi Victor-Emmanuel 1er récupère la partie continentale de son royaume (duché de Savoie, comté de Nice, Pas de Suse, marquisat de Saluces et principauté de Piémont) que le Congrès de Vienne augmente même du territoire de la défunte république de Gênes.

Déjà enfant, la personnalité de Marie-Christine peut être caractérisée par deux points principaux : une force d’esprit hors du commun et une grande foi.
A l’occasion de l’Année Sainte de 1825 (elle est alors âgée de treize ans), à Rome, où elle rencontre à plusieurs reprises Sa Sainteté le Pape Léon XII, elle attire l’attention et impressionne tant par ses qualités que par sa beauté.

En 1821, son père, le Roi Victor-Emmanuel 1er a préféré abdiquer plutôt que d’octroyer une constitution libérale sous la pression d’une insurrection révolutionnaire ; il meurt en 1824. Son successeur, son frère puîné le Roi Charles-Félix, moyennant quelques réformes, parviendra à maintenir la constitution traditionnelle de ses Etats.

Pendant toutes ces années, la cour de Turin est réputée austère et profondément imprégnée de ferveur religieuse, mais cela ne suffit pas à Marie-Christine dans le coeur de laquelle croît le désir d’être religieuse cloîtrée. Toutefois, écoutant l’avis de son directeur spirituel et du Roi, elle accepte de se marier avec son lointain cousin, le Roi Ferdinand II des Deux-Siciles.
Elle dira : « Je ne sais comment j’ai pu changer d’opinion et dire « oui » alors que j’étais totalement inclinée vers la vie religieuse. Je ne peux que le voir comme la volonté de Dieu. »
Le mariage est célébré au printemps 1832.

Après l’arrivée de Marie-Christine, la cour de Naples se rendit rapidement compte que Ferdinand II n’avait pas seulement une reine à ses côtés, mais également une conseillère de grande valeur.
Le peuple napolitain acclamait déjà son immense générosité : en guise de cadeau de mariage, n’avait-elle pas partagé sa propre dot entre 240 jeunes femmes napolitaines pour qu’elles puissent se marier ? N’était-ce pas aussi elle qui, avec le produit de la vente des cadeaux qu’elle avait reçus pour ses noces, avait payé l’emprunt de tant de gages au Mont de Piété ?
Voilà pourquoi la pluie qui avait accueilli les nouveaux époux dans le port le jour de leur arrivée, était interprétée par beaucoup comme un signe de prospérité et de bénédictions célestes pour tout le Royaume.

Peu à peu, Marie-Christine, par sa délicatesse et sa constance, conquit la cour de Naples.
La première à ressentir le changement fut sa belle-mère, qui avait depuis longtemps une relation difficile avec son fils. La patience et la délicate sollicitude de Marie-Christine permirent la réconciliation de la mère et du fils.
Ses exemples de foi et de cohérence chrétienne influèrent aussi sur la cour de Naples qui n’était pas particulièrement connue pour sa bonne conduite : elle introduisit la prière et la Sainte Messe dans la vie de la cour, et entraîna son époux – d’un tempérament exubérant et parfois fantasque – dans une vie plus fervente.

La Reine Marie-Christine avait un très grand souci des pauvres, nous l’avons déjà souligné, mais elle manifesta en outre une attention toute spéciale aux condamnés à mort. Elle sauva la vie de beaucoup de condamnés, même celle de l’un d’entre eux qui avait attenté à la vie de son époux. On a écrit que pendant ses trois années de règne à Naples, l’échafaud ne fut pas utilisé. Pour celle que le peuple napolitain surnomma très rapidement « la Reginella santa », la loi la plus grande était la miséricorde.

Avant chaque conseil d’Etat, Ferdinand II passait chez son épouse et récitait avec elle trois Ave Maria, invoquait l’Esprit-Saint puis demandait la bénédiction de sa femme. Pendant que se déroulait le conseil d’Etat, Marie-Christine continuait de prier dans la chapelle du palais.
Le Roi Ferdinand II se souviendra, ému, de ces moments, et dira que beaucoup de décisions justes et prudentes furent dues à son épouse.

L’attention de la Reine se porta également sur le travail de ses sujets, en particulier les femmes. Elle créa et développa pour elles la « Colonia San Leucio » où furent produites des soieries qui étaient exportées dans toute l’Europe.
Le statut de cette « Colonia » était très avancé pour l’époque : droits héréditaires égaux pour les hommes et les femmes, éducation scolaire obligatoire, gestion collective du travail et des bénéfices, prise en charge des orphelins, …etc.

En 1835, enfin, la Reine put annoncer au Roi Ferdinand II qu’elle allait être mère : tous deux avaient multiplié les pèlerinages et les supplications pour obtenir un héritier au trône de Naples.
Mais cette joie fut bientôt marquée par l’inquiétude et la souffrance en raison des difficultés des derniers mois de la grossesse.

Le 6 janvier 1836, naquit l’héritier du trône, prénommé François – le futur François II des Deux-Siciles.
Mais la Reine Marie-Christine était rongée par une infection généralisée et se trouva bientôt à toute extrémité.
Le 31 janvier, elle demanda à embrasser une dernière fois son petit François, puis elle déclara au Roi : « Maintenant vous répondrez de lui devant Dieu et devant le peuple… Quand il sera grand, vous lui direz que sa mère est morte pour lui. »

Ce même jour, 31 janvier 1836, à Casertes, elle rendit sa belle âme à Dieu, Souverain des Rois de la terre : elle était âgée de 23 ans deux mois et 15 jours.
L’annonce de sa maladie et de sa mort produisirent une consternation générale. Elle n’avait été Reine que pendant trois années, mais ces trois années avait profondément impressionné et marqué tout son peuple.

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

Vingt-trois ans plus tard, en 1859, le Bienheureux Pie IX la déclare vénérable.
En cette même année 1859, a lieu, à la mort de Ferdinand II, son père, l’avènement du très pieux Roi François II qui vient d’épouser Marie-Sophie, duchesse en Bavière, soeur cadette de l’impératrice Elisabeth (« Sissi »).
François II a été le dernier souverain régnant sur les Deux-Siciles, puisqu’en 1860 et 1861 son royaume fut envahi par les troupes de Garibaldi puis par l’armée piémontaise…

Les remous politiques de la deuxième moitié du XIXème siècle et du XXème siècle n’ont pas facilité l’avancement du procès en béatification de la Reine Marie-Christine.
Enfin, en 2013, a été officiellement reconnu un miracle survenu par son intercession et le Saint-Siège donna son aval pour sa béatification.
Celle-ci a été célébrée à Naples le samedi 25 janvier 2014, dans la basilique Santa-Chiara (Sainte-Claire), nécropole des Rois de Naples.

Trois lys blancs

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Vexilla Regis | le 31 janvier, 2018 |2 Commentaires »

2018-5. Il nous faut maintenant entrer dans la préparation spirituelle du Grand Carême.

Lambert Jacobsz - les ouvriers de la onzième heure

Lambert Jacobsz [1598-1636] : la parabole des ouvriers de la onzième heure
(musée des Beaux-Arts de Rouen)

Samedi veille de la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint temps du Carême – institué par les saints Apôtres de Notre-Seigneur – est quelque chose de trop important, de trop grand, lourd de trop de conséquences, pour que nous l’abordions à la légère, et sans véritable et sérieuse préparation.
C’est la raison pour laquelle toutes les liturgies antiques lui ont adjoint un préfixe : cet avant-Carême, qui porte le nom de temps de la Septuagésime dans le rite latin traditionnel, constitue une espèce de vestibule d’entrée dans le temps de notre réforme spirituelle.

« (…) La liturgie nous présente aujourd’hui le programme de ce que nous avons à faire pour opérer en nous une conversion nouvelle et sérieuse, afin de ressusciter ensuite avec le Christ à Pâques. La collecte de la Messe, en nous rappelant que nous sommes pécheurs, nous invite à des sentiments de profonde humilité : « … afin que nous, qui sommes justement affligés à cause de nos péchés, en soyons délivrés par Votre miséricorde ». Le premier pas vers la conversion consiste toujours à reconnaître humblement que nous en avons besoin. Le tiède doit devenir fervent, le fervent, arriver à la perfection, le parfait, atteindre l’héroïsme des vertus. Qui peut se vanter de n’avoir pas à progresser en vertu, en sainteté ? Chaque progrès nouveau réalise une conversion nouvelle à Dieu,  conversio ad Deum. Dans l’Epître, Saint Paul nous stimule à accomplir ce travail spirituel incessant : pour arriver à la sainteté, à la gloire du Ciel, il ne faut pas se fatiguer de courir et de combattre. Ceux qui courent dans le stade, luttent et se fatiguent dans la lice « pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne impérissable. Moi donc, - dit l’Apôtreje cours, je frappe, mais non dans le vide, car je châtie mon corps et le réduis en servitude ». Voici le premier point du programme : lutte généreuse pour nous vaincre nous-mêmes, surmonter le mal et conquérir le bien ; renoncement à nous-mêmes par l’humilité ; abnégation du corps par la mortification physique. Seuls ceux qui luttent et se fatiquent remporteront le prix. Courons donc, nous aussi, de manière à obtenir la récompense.

« L’Evangile nous présente la seconde partie du programme de ce temps liturgique : ne pas rester oisifs, mais travailler assidûment dans la vigne du Seigneur. La première vigne à cultiver est notre âme. Dieu vient à notre rencontre par Sa grâce, mais Il ne veut pas nous sanctifier seul ; Il attend notre collaboration. Ce dimanche renouvelle pour chaque âme le grand appel à la sainteté. Dans Son amour, Dieu va en quête de Ses enfants dispersés et oisifs, et les réprimande avec douceur : Pourquoi restez-vous là à ne rien faire ? « Dieu,  dit Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, appelle à diverses heures, parce que les états des créatures sont différents, et, en cette diversité, on découvre fort bien la grandeur de Dieu et Sa bénignité qui ne manquent jamais – en quelque temps ou situation que nous nous trouvions – de nous appeler par Ses divines inspirations ». Heureux ceux qui, dès leur jeunesse, ont entendu et suivi l’appel divin ! Mais chaque heure est celle de Dieu, et Dieu passe et appelle jusqu’à l’heure suprême. Quel réconfort et, tout à la fois, quel stimulant que de répondre finalement à l’appel du Seigneur ! « Oh ! Si vous vouliez écouter Sa voix, au moins en ce jour ! N’endurcissez pas vos coeurs » (Ps. 94).
Outre la vigne de notre âme, nous devons considérer la vigne de l’Eglise, où tant d’âmes attendent d’être conquises par le Christ. Personne ne peut se croire dispensé de penser au bien d’autrui. Quelque humble que soit notre place dans le Corps mystique du Christ, nous sommes tous ses membres et, dès lors, chacun de nous doit coopérer au bien des autres. Pour tous existe la possibilité d’une action apostolique efficace par l’exemple, la prière et le sacrifice. Si, jusqu’à présent, nous avons fait peu de chose, écoutons aujourd’hui la parole de Jésus : « Allez, vous aussi, dans Ma vigne ». Allons-y, et embrassons avec générosité le travail que le Seigneur nous offre : rien ne doit nous paraître trop pénible, lorsqu’il s’agit de gagner des âmes. »

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd
in « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année » – Dimanche de la Septuagésime.

Oratoire du Mesnil-Marie - Septuagésime

Oratoire du Mesnil-Marie à l’entrée du temps de la Septuagésime.

Autres publications de ce blogue pour entrer dans la préparation au Carême :
- Présentation du temps de la Septuagésime > ici
- Les adieux à l’Alléluia > ici
- BD « Ne brisez pas le miroir » > ici
- BD « Bas les masques » > ici
- Et les quatre BD du « Reportage infernal » à partir d’ > ici (ensuite suivre le lien à la fin de chaque BD)

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous | le 27 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

2018-4. « C’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle… »

Voeux de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
pour l’an de grâce 2018,
publiés à l’occasion des cérémonies commémoratives du 21 janvier.

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« Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage. »

Mgr le Prince Louis de Bourbon

Français, mes  chers compatriotes,

Depuis plusieurs années, j’ai  pris l’habitude de m’adresser à vous durant le mois où des vœux sont formés pour ceux que l’on aime.

Au début, ce message du 21 janvier n’était reçu que par les  fidèles qui, en cette date anniversaire de la mort du Roi Louis XVI revivaient en leur cœur, l’espérance de la tradition. Il y avait sans doute alors un peu de nostalgie en souvenir d’un temps glorieux où la France était une grande nation. Puis, d’année en année, l’audience de ce message s’est développée, notamment  avec l’essor des nouvelles formes de communication.

En ce début 2018, je veux poursuivre cette rencontre.  Elle  fait partie de mon devoir de successeur légitime des Rois dont l’histoire se confond avec celle de la France. Comme héritier des Rois, je me dois d’incarner cette tradition qui ne peut consister uniquement à assister à des cérémonies de mémoire. Elles sont pourtant  nécessaires et j’y participe toujours avec joie. Elles permettent de résister à la destructrice amnésie mémorielle instrumentalisée par ceux qui n’ont pas envie de voir la France fière d’elle-même et soucieuse de prolonger dans l’avenir, le rôle de moteur qu’elle eut durant si longtemps.

Mais, à quoi  me servirait-il d’être l’héritier d’une dynastie millénaire ? Il ne peut s’agir pour moi de me satisfaire de considérer la gloire de mes ancêtres. Il m’appartient encore plus, si je veux être digne d’eux,  de contribuer à l’édification du présent et de l’avenir à ma manière, avec mes moyens. Je serai ainsi fidèle à ce qui était la nature de la royauté française, faire de l’action du Roi, avant tout, un service rendu à tous.

Remplir ce devoir me paraît d’autant plus important que notre pays traverse une épreuve difficile comme l’histoire en réserve, malheureusement, à espaces réguliers. Dans ces moments c’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle. Devant les difficultés il ne s’agit ni de se cacher la réalité, ni d’abandonner, mais de réagir. Tel est le devoir d’état de chacun, des familles en particulier, même si c’est souvent difficile et impose des sacrifices. Par ma position, n’ayant pas à me placer dans le contexte de promesses ou de programmes de la politique au quotidien, il m’appartient de le rappeler. 

Attaquée à l’extérieur et sur notre sol par un ennemi aussi insidieux que brutal et qui souvent trouve du renfort dans  nos faiblesses et notre laxisme ; rongée de l’intérieur par une crise morale qui lui fait parfois renier son identité, notre pays, la France, est tenue de réussir à se reprendre. Elle le  doit à tous ses enfants ; elle a aussi une obligation envers ceux qui l’ont toujours regardée comme le foyer où naissent les grandes idées et s’épanouit la civilisation née du double héritage gréco-latin et chrétien.

Cet héritage, s’il nous a été transmis, n’a de sens que pour le présent. Il nous appartient de le faire vivre. Cela d’autant plus que la société est à un tournant et, surtout, en attente. Le contexte ayant changé, il faut lui redonner un cadre. Celui dans lequel nous vivions depuis deux siècles s’effrite. Fait de beaucoup d’idéalisme, d’égoïsme et de matérialisme il ne répond plus aux besoins de la société car elle s’est prise dans ses propres contradictions. Ses excès dans tous les domaines ont abouti à d’immenses échecs tant dans le domaine social qu’environnemental et l’homme en fait les frais. Ce mouvement délétère pour les libertés devenues licences, l’économie devenue financiarisation, l’emploi précarisé, la culture, l’éducation  et le patrimoine trop souvent livrés aux destructions, se développe puisque, face à lui, un nouveau contexte se met en place. Il se nomme mondialisme, société du numérique et de la dématérialisation, émergence de nouvelles puissances, éclatement de la société en « réseaux », remise en cause de certains fondamentaux en matière d’éthique tels que famille et couple ou la valeur de la vie humaine, déculturation.

La situation n’est pas simple et il est difficile de trouver la juste conduite face à ce monde qui change. Un monde nouveau est à redessiner ce qui demande de récréer une anthropologie donnant sa place à la gratuité. Abandonnons donc les constats et la nostalgie d’un temps qui n’est plus celui dans lequel nous vivons et encore moins celui de nos enfants !

Acceptons, enfin, de relever les défis de demain pour redonner du sens à nos actions présentes et futures. Redonnons à la jeunesse l’espérance, non pas celle des facilités matérielles mais celle de l’épanouissement de soi et des autres, à commencer par la famille qui doit redevenir le socle principal de toute vie commune. La génération montante, la mienne, ayant redécouvert les vertus du réalisme qui doit imprégner l’action, a largement déjà contribué à la remise en cause des excès d’une société sans limite et oublieuse de la nécessaire transcendance sans laquelle l’homme n’est pas pleinement homme.

Cela me parait conforme au rêve capétien qui a bâti la France et enfanté l’Europe. Il était vision d’un avenir partagé. Les grandes nations ont besoin de tels horizons. Regardons autour de nous, les pays qui prospèrent sont ceux qui croient en eux et en leur devenir. Ce fut longtemps l’esprit qui a animé notre pays et le monde occidental.  Avec lui la France a pris une place prépondérante dans le monde car elle était porteuse d’espoir pour ceux qui aspiraient à devenir sujets du Roi de France. Ainsi ils avaient l’assurance de participer à cette aventure commune que la France offrait à tous, dès lors qu’ils l’aimaient et voulaient contribuer à sa grandeur.

Face aux nouveaux enjeux il y a place pour un pays qui  s’affirme avec son identité propre et ses valeurs. Déjà de nombreux d’entre vous en ont conscience : ceux qui entreprennent, ceux qui trouvent de nouveaux terrains sur lesquels le génie français peut se déployer ; ceux qui pensent que le Bien commun sera toujours supérieur aux égoïsmes ; ceux qui ont compris que la vie en société est préférable à tous les communautarismes, formes nouvelles des féodalités archaïques. Il y a un espace pour la France dans le monde de demain et donc pour les Français. Il appartient à chacun de le construire en restant fidèle aux valeurs et aux principes légués par l’histoire. Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage.

En ce début d’année, mes vœux s’adressent tout particulièrement à tous ceux qui croient en la France, mais je pense aussi à ceux que la société a laissé sur le bord du chemin, ayant oublié que la charité demeurait le premier devoir des hommes. Ils ont leur place. Ne l’oublions pas !

En 2018, pour l’aider à être elle-même, puisse la France, fille aînée de l’Eglise, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint-Louis, le modèle des gouvernants.

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou
le 20 janvier 2018.

grandes armes de France

Publié dans : Vexilla Regis | le 20 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

2018-3. Que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles…

A l’occasion de mes « voeux félins » du 1er janvier (cf. > ici), je vous promettais ceux de Frère Maximilien-Marie ;
mais notre Frère voulait que ma présentation de la châsse des Saints Rois Mages à Cologne fût publiée avant que de
 vous écrire à l’occasion de notre entrée dans l’an de grâce 2018…

Fleur de Lys

Samedi 13 janvier 2018,
Octave de l’Epiphanie,
1485ème anniversaire de la mort de Saint Remi de Reims (+ 13 janvier 533).

Cathédrale de Cologne - châsse des Saints Rois Mages

Cathédrale de Cologne : exposition de la châsse renfermant les corps des Saints Rois Mages

 Fleur de Lys

Bien chers Amis, 

Même si nous allons rester encore dans le temps de la contemplation du mystère de Bethléem jusqu’au jour de la Purification de Notre-Dame, le 2 février, ce jour de l’octave de l’Epiphanie met en réalité un terme aux célébrations liturgiques de Noël : dès ce dimanche 14 janvier nous retrouvons les ornements de couleur verte pour un peu de temps, et le dimanche 28janvier nous entrerons déjà dans le cycle de Pâques avec le temps de la Septuagésime.
Il est donc bien temps que je vous adresse mes vœux de

« Bonne, heureuse et sainte année 2018 !»

Pourtant l’esprit dont le Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ donne l’exemple à la Crèche doit demeurer dans nos âmes et dans notre vie quotidienne tout au long de l’année et doit transcender la routine des jours, des semaines et des mois qui se suivent : cette terrible routine qui menace impitoyablement d’éroder et de ruiner les meilleures de nos résolutions, les plus généreuses de nos dispositions et les volontés les plus déterminées !

Avec les souhaits – qui, bien davantage que de simples souhaits, sont des prières déposées à votre intention dans le Cœur de Jésus et Marie – traditionnels pour une « bonne santé » (laquelle est si nécessaire pour mener à bien les tâches de chaque jour), ou du moins de force – physique, morale et spirituelle – pour avancer sans cesse malgré les épreuves qui, inéluctablement, se présenteront, je forme des vœux fervents, et je prie, pour que vous viviez toujours davantage et plus intensément de toutes ces vertus qui donnent tant de paix intérieure, en dépit de toutes les tempêtes extérieures, et qui procurent tant de bonheur à tous ceux qui nous entourent ou nous approchent.

Surtout je souhaite que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles, que vous n’abdiquiez jamais votre quête de sagesse et que vous ne commettiez jamais l’erreur de cesser de vouloir progresser encore et toujours !

De ces dispositions, les saints et fascinants Rois Mages sont un merveilleux exemple qu’il est bon et consolant de garder bien présent à l’esprit et au cœur.

Trois saints Rois

Pour le reste, beaucoup d’entre vous suivent déjà de manière plus ou moins régulière les nouvelles du Refuge Notre-Dame de Compassion, soit au moyen des « infolettres », soit grâce à ce blogue du Maître-Chat Lully, soit par les publications quotidiennes sur ma page Facebook (visible même par ceux qui ne possèdent pas de compte sur ce réseau social), pour les autres je résumerai l’année 2017 qui s’est achevée par ces quelques notations :

- Ma santé, celle d’un vieillard qui se trouve dans sa 56ème année, sans jamais être flamboyante (problèmes hépatiques et digestifs récurrents, grande vulnérabilité à la fatigue, nécessité de séances de kiné régulières en raison du mauvais état de ma colonne…) se maintient pour me permettre de faire tant bien que mal ce que j’ai à faire. Vers la fin du dernier carême, une chute alors que je travaillais à construire un muret, m’a valu la « joie » de me casser trois côtes, et un examen réalisé cet automne a confirmé que je faisais des apnées du sommeil (moyenne de 36 apnées/h).

- Mes activités monastiques habituelles de prière et d’étude sont « complétées » par énormément de contacts : gens de passage qui viennent chercher une écoute ou des conseils ; associations en lien avec le patrimoine et la culture dans lesquelles je suis investi ; activité de correspondant local de presse pour le village de Saint-Martial ; soins aux brûlés ou personnes en traitement de radiothérapie…

- Le « combat légitimiste » – qui est une composante essentielle de ma vocation, me prend également pas mal de temps : à la responsabilité du Cercle Légitimiste du Vivarais, fondé en 2015 et érigé en association de droit (association loi 1901) à l’automne, s’ajoute désormais ma désignation comme prieur de la Confrérie Royale, laquelle se développe paisiblement et rayonne chaque jour davantage, malgré les oppositions et contradictions qu’elle suscite parfois.

Je demande pardon à ceux qui ne reçoivent pas de réponse rapide à leurs courriers ou courriels et les prie de bien vouloir faire preuve encore de patience : je ne vous oublie pas, mais tout s’accumule de manière exponentielle et il y aurait actuellement du travail pour plusieurs secrétaires, que je n’ai évidemment pas !!! Certains jours je reçois plus de 200 messages qu’il faut lire, trier selon les urgences… etc.

Je remercie très chaleureusement tous ceux qui, par leurs dons ponctuels ou réguliers, me permettent de vivre, de me déplacer (l’entretien et le carburant de la voiture – indispensable – sont de plus en plus coûteux), d’assurer quelques travaux à l’intérieur ou à l’extérieur du Mesnil-Marie (toujours en chantier) : parmi les dépenses à venir se trouvent la commande d’une nouvelle soutane, une intervention sur le démarreur de l’auto qui donne des signes de faiblesse, une intervention du menuisier au niveau de l’oratoire, des travaux d’abattage d’arbres pour lesquels je dois faire appel à un élagueur professionnel… et, si possible, des travaux de forage pour le captage d’une source repérée à la fin de l’été. Pour tout cela, une fois encore : « Providence divine du Cœur de Jésus, pourvoyez-y ! »

En vous redisant mes vœux et mon amitié fidèle, je vous reste uni,
in Corde Iesu & Mariae.

                                             Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Pour aider le Refuge ND de Compassion > ici

Blason Frère Maximilien-Marie

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully, De liturgia | le 13 janvier, 2018 |8 Commentaires »

2018-2. Du somptueux reliquaire renfermant les corps des trois Saints Rois Mages, à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : châsse renfermant les corps des trois Saints Rois Mages.

La châsse des Saints Rois Mages est le plus important des grands reliquaires du Moyen-Âge qui subsitent, tant par ses dimensions (longueur : 2,20 m ; largeur : 1,10 m ; hauteur : 1,53 m) et par sa richesse ornementale que par son contenu.

Réalisée entre (environ) 1190 et 1220 pour recevoir les corps des trois Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthasar, transférés de Milan à Cologne en 1164, elle est l’oeuvre de l’orfèvre Nicolas de Verdun, puis des ateliers colonais et mosans qui lui ont succédé.
Cette œuvre maîtresse met en scène un ensemble de personnages réalisés en or et en argent repoussés, dorés à chaud, de plaques filigranes à pierres enchâssées (précieuses, fines, gemmes au clivage antique, camées), d’émaux sur ses piliers, arcatures et profilés. Les scènes en relief relatent ensemble l’histoire du salut, depuis le commencement des temps jusqu’au Jugement Dernier.

Mise à l’abri du pillage des troupes révolutionnaires françaises en 1794, la châsse dut cependant être restaurée au début du XIXème siècle, mais elle fut alors modifiée.
La dernière restauration, réalisée entre 1961 et 1973, lui a permis de recouvrer la quasi-intégralité de sa forme originelle, bien que certains éléments aient été à jamais perdus.

Cette grande châsse est exposée à la vénération des fidèles en proéminence derrière le maître-autel médiéval de la cathédrale de Cologne et constitue ainsi le centre de cette majestueuse et imposante cathédrale, elle-même conçue comme un grandiose reliquaire de pierre construit spécialement pour elle.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : face antérieure de la châsse des Saints Rois Mages

La partie antérieure de la châsse a été réalisée à partir d’un don de l’empereur Otton IV de Brunswick au tout début du XIIIème siècle.
Cette face avant de la châsse est la seule à avoir été ouvrée à l’or pur. C’est également ici que sont réunis les gemmes et camées les plus précieux.

Le bas relief supérieur montre le Christ en majesté entre deux anges : cette représentation du Christ-Roi rappelle évidemment que l’autorité royale des souverains chrétiens de la terre émane de la Royauté divine.
Le bas relief inférieur présente deux des aspects du mystère liturgique de l’Epiphanie : à gauche, les trois Saints Rois - suivis par un quatrième personnage portant lui-aussi une cassette et qui n’est probablement autre qu’Otton IV lui-même – s’avancent vers la Vierge Marie, assise sur un trône et couronnée, présentant l’Enfant Jésus à leur adoration ; à droite, c’est la scène du baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ par Jean-Baptiste.

Châsse des Rois Mages - détail l'adoration des Rois

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : l’Adoration des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail Otton IV derrière les Rois Mages

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : Otton IV à la suite des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail le baptême de NS

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : le baptême de Notre-Seigneur.

La partie trapézoidale intermédiaire entre les bas-reliefs du bas et du haut de cette face antérieure de la châsse  constitue en réalité une espèce de volet qui peut être retiré : en l’ôtant on dévoile une grille derrière laquelle sont les crânes des trois Saints Rois.
Ce dispositif permettait non seulement aux regards des pélerins de les apercevoir, mais également, à travers cette grille et à l’aide d’une pince, de faire toucher aux saintes reliques de petits morceaux de toile ou des images de papier portant une prière ainsi que, bien souvent, une représentation des Saints Rois Mages.
Ces reliques de contact, étaient ensuite emportées par les pélerins et attestaient de leur pélerinage à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages ouverte

Châsse des Saints Rois Mages ouverte.
A travers la grille on aperçoit les noms des Saints Rois Mages :
- à gauche Gaspard, au centre Melchior et à droite Balthasar -
juste en arrière se trouvent leurs chefs (têtes).

Au Mesnil-Marie, à défaut de posséder un fragment des ossements des Saints Rois Mages (ce que nous souhaiterions beaucoup !), nous conservons précieusement plusieurs de ces images qui ont été mises en contact avec leurs chefs et qui ont valeur de reliques de troisième classe (cf. explication > ici). 

Relique de contact Saints Rois Mages

Image-relique des Saints Rois Mages provenant de Cologne conservée au Mesnil-Marie
Traduction :

Trois Saints Rois
Gaspard – Melchior – Balthasar
Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
* * *
Depuis les temps anciens les trois Saints Rois sont vénérés comme des modèles de foi,
et protecteurs contre les dangers des voyages ainsi que contre beaucoup de maladies.
Cette image a touché aux reliques des trois Saints Rois dans la cathédrale de Cologne.

Lors de sa création, au XIIIème siècle, la châsse des Saints Rois Mages fut ornée de 222 pierres précieuses, semi-précieuses et camées antiques. De ces 222 originelles seulement 138 sont encore en place.
Aujourd’hui, toutefois, les pierres qui s’y trouvent serties sont au nombre de 304. Les 166 pierres qui sont en sus des 138 originelles correspondent à des dons, des rajouts ou des restaurations effectués tout au long des siècles.

La présence de ces pierres et camées est liée, certes, à un désir d’ornementation avec le dessein de faire de la châsse une oeuvre particulièrement riche et précieuse, mais ce niveau de compréhension, le plus basique, ne suffit pas : il y a en effet un aspect symbolique qui, au Moyen-Âge, est absolument prioritaire et fondamental.
La forme architecturale de la châsse, est celle d’un édifice religieux : une basilique chrétienne à trois nefs. En cela la châsse représente la Ville Sainte, la Jérusalem céleste, dont nos églises d’ici-bas sont une préfiguration. Or la Cité céleste est peuplée par les saints, et Saint Jean, dans l’Apocalypse, nous la décrit en des termes qui ne sont pas sans rappeler l’orfèvrerie, d’autant qu’il précise qu’elle est construite d’or pur et de jaspe, et que ses murailles sont constellées de pierres précieuses dont il dresse la liste (cf. Apoc. XXI).

Camée antique sur la châsse des Saints Rois

L’un des camées antiques qui est serti sur la châsse des Saints Rois Mages.

Les deux côtés de la châsse sont habituellement désignés par les appelations « côté de David » et « côté de Salomon » : un même programme iconographique s’y développe.
Au niveau inférieur, sous une série de sept arcatures trilobées, sont représentés quatorze prophètes, parmi lesquels se trouve, à chaque fois au centre, d’un côté le roi David et de l’autre le roi Salomon (ce qui explique les noms donnés à chacune de ces faces). Comme les Saints Rois Mages, David et Salomon sont des modèles pour tous les souverains chrétiens.
Sur la toiture en pente de ce niveau inférieur se trouvaient (elles ont aujourd’hui disparu) des scènes de la vie du Christ.
Au niveau supérieur, sous sept arcatures encore, sont représentés les douze apôtres et, au centre, d’un côté un chérubin et de l’autre un séraphin. Chacun des apôtres est figuré avec la représentation d’une ville : celle dans laquelle il a établi son siège épiscopal.
Sur la toiture du niveau supérieur, elles aussi disparues, se trouvaient des représentations relatives à la fin du monde et au Jugement Dernier.

De la sorte, de bas en haut, se trouvaient figurés, dans une sorte de progression chronologique autant que théologique, le temps des préparations (Ancien Testament, temps de la synagogue), l’avènement du Christ Sauveur, le temps de l’Eglise (symbolisée par les apôtres) et la fin des temps.

Dans les écoinçons, en outre, se trouvent ou se trouvaient des représentations des vertus (en partie disparues ou ayant changé de place) dont le Christ a été le modèle, et que ses fidèles doivent imiter pour parvenir à la sainteté.

Châsse des Saints Rois - côté de David

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de David » : le saint roi prophète se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Châsse des Saints Rois - côté de Salomon

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de Salomon » : le roi pacifique, figure du Christ-Roi, se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Enfin, examinons la face arrière de la châsse : plus que la face antérieure, elle donne l’impression de deux sarcophages accolés l’un à l’autre au niveau inférieur, et par dessus lesquels on en a posé un troisième.

Dans son niveau supérieur, on y voit la représentation du Christ, au centre, qui couronne, à sa droite et à sa gauche, les Saints Félix et Nabor, représentés en costume de soldats du début du XIIIème siècle, avec leurs côtes de maille.
En effet, en 1164, ce ne furent pas seulement les corps des trois Saints Rois Mages qui furent rapportés de Milan (où ils se trouvaient depuis que la sainte Basilissa Hélène, mère de Saint Constantin le Grand, les y avaient déposées) par Renaud de Dassel (+ 1167), archevêque de Cologne et chancelier de l’Empire, mais aussi celles de ces deux soldats maures de l’armée de Maximien, martyrisés probablement en 303, et dont les reliques jusqu’alors se trouvaient également à Milan. Leurs ossements furent placés avec les corps des trois Saints Rois dans cette châsse.

L’effigie de l’archevêque Renaud de Dassel, auquel Cologne doit d’avoir bénéficié de la translation de ces saintes reliques, se trouve, en buste, en dessous des pieds du Christ rémunérateur.

Châsse des Saints Rois Mages - face arrière

Cathédrale de Cologne : face arrière de la châsse des Saints Rois Mages

Au niveau inférieur de cette face arrière de la châsse, sont représentés deux épisodes de la Passion du Christ, grâce à laquelle les hommes peuvent être sauvés et accéder à la Jérusalem céleste : à gauche, la Flagellation et, à droite, la Crucifixion.
Entre les deux scènes est figuré Isaïe qui, plus que tous les autres prophètes, a décrit prophétiquement avec une précision quasi chirurgicale la Passion du divin Rédempteur.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Flagellation

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Flagellation ;
au-dessus de la scène se trouve la représentation de la Patience entre deux anges qui compatissent.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Crucifixion

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Crucifixion ;
au-dessus de la scène un ange tient l’Ancien Testament qui annonçait le Saint Sacrifice rédempteur,
il est entouré des représentations du soleil et de la lune.

Il y aurait sans nul doute encore de très nombreux détails de cette merveilleuse châsse des Saints Rois Mages que l’on pourrait expliquer et commenter, mais je crois vous avoir donné ici, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, un aperçu déjà exhaustif du trésor artistique et spirituel qu’elle représente, et j’espère qu’à travers ces quelques lignes, c’est une sorte de petit « pélerinage par la pensée » que vous aurez accompli avec moi jusqu’à Cologne auprès des précieuses reliques des Saints Gaspard, Melchior et Balthasar.

Lully.

On pourra aussi lire ou relire ce qui concerne
l’Etoile miraculeuse des Saints Mages > ici

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Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints | le 12 janvier, 2018 |5 Commentaires »

2018-1. Voeux du Maître-Chat Lully pour l’an de grâce 2018.

Lundi 1er janvier 2018,
Fête de la Circoncision de NSJC.

SAS Mgr le Maître-Chat Lully 1er janvier 2018

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully
(photo officielle du Jour de l’An 2018)

houx guirlande.gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

« ♫ ♪ ♫ Bon jour, bon mois, bon an et bonne estraine… ♪ ♫ ♪ » : c’est en fredonnant ce fameux rondeau de Guillaume du Faÿ que Frère Maximilien-Marie m’a soulevé de terre, serré tendrement dans ses bras, tout en esquissant de petis pas de danse médiévale et me câlinant pour me souhaiter la bonne année, lorsqu’il s’est levé ce matin.

Un peu plus tard dans la matinée il m’a dit : « Maître-Chat, je serais ravi si c’était toi le premier à adresser nos voeux à tous nos amis. Pour moi, je compte leur écrire un peu plus tard. Si tu le veux, pour illustrer tes propos, tu iras choisir des images anciennes dans ma collection ».
Je ne me le suis pas fait dire deux fois, parce que je raffole explorer les dossiers dans lesquels mon papa-moine range les innombrables images anciennes qu’il collecte avec autant de patience que de passion.

Bien sûr, je n’ai pas boudé mon plaisir en trouvant un dossier de petites cartes anciennes sur lesquelles ce sont les plus nobles et les plus parfaites de toutes les créatures animales – non, ce n’est pas de l’orgueil, c’est simplement la juste reconnaissance des merveilles que le divin Créateur a accomplies en nous et le reconnaître n’est qu’une marque de notre humilité – qui illustrent les voeux du nouvel an.
Et puisque la journée avait commencé par des réminiscences de musique ancienne, j’ai jeté mon dévolu sur les cartes qui montraient des chats faisant de la musique.
Ce seront donc en quelque sorte les étrennes du Mesnil-Marie que ces images choisies à votre intention, accompagnées de modestes quatrains décasyllabiques que j’ai inventés pour vous en m’inspirant des chants populaires que l’on interprêtait jadis au jour de l’an en se rendant par petits groupes de porte en porte…

pattes de chat Lully.

Chats Bonne Année 1

Pour qu’elle vous soit bonne et heureuse,
Très chers Amis, cette nouvelle année,
Ce sont moultes grâces précieuses
Que j’implore Dieu de vous accorder.

Quand de la cloche la voix bénite
Vers notre oratoire nous fait monter,
Vos intentions en nos coeurs habitent
Et sont au Dieu tout-puissant présentées : 

Chats Bonne Année 2

A nos amis, Seigneur, faîtes grâce !
Pour que leurs vies soient comme un beau concert
Dans lequel votre puissance efface
Les notes fausses, les notes de travers !

Chats Bonne Année 3

Que règne une juste et pure harmonie
Dans leurs coeurs, dans leurs âmes, dans leurs corps ;
Qu’ils mênent une heureuse et féconde vie ;
Que, contre le mal, ils se montrent forts !

Chats Bonne Année 4

La farandole des jours qui passent
Parfois lourde de si cruels chagrins
Ne pourra entamer leur audace
Si les soutient votre puissante main !

Chats Bonne Année 5

Toujours, qu’un  mâle et ardent courage
Les affermisse et fortifie leurs coeurs ;
Grandissant en grâce autant qu’en âge,
Qu’ils marchent vers votre éternel bonheur.

Chats Bonne Année 6

Et dans votre Cité du Ciel, un jour,
Nous espérons être tous réunis,
Chantant avec les anges votre amour
Et votre miséricorde infinie !

Chats Bonne Année 7

houx guirlande.gif

Invocations pour le début de l’année nouvelle > ici

2017-99. La préférée de Dieu.

Que Jésus embaume notre âme des vertus de la Crèche

« Que Jésus embaume notre âme des vertus de la Crèche. »
Mgr de Ségur

Voici une petite bande dessinée qui fut réalisée par Frère Maximilien-Marie à la fin du mois de décembre de l’année 1990. Il me semble que je n’ai pas besoin d’y ajouter de commentaires…

Patte de chat Lully.

Guirlande de Noël

La préférée de Dieu (1ère partie)

La préférée de Dieu (2nde partie)

Lanterne de Noël

Voir aussi :
- Quand l’année s’achève : « Dialogue d’une âme fatiguée avec son Seigneur » (Marie Noël) > ici
- Pour le dernier jour de l’année civile : « Te hominem laudamus » (Marie Noël) > ici
- Conte de Noël : « Le Noël de celui qui n’est pas venu » (Marie Noël) > ici
- Conte de Noël : « La dernière visiteuse » (Frères Tharaud) > ici
« A l’an que vèn, se sian pas mai que sian pas mens ! » > ici
- Invocations pour le début de l’année nouvelle > ici
- Etrennes sous forme d’images pieuses « vintage » > ici
- Et la série de réflexions intitulée « Métaphysique des voeux » à partir d’ > ici

Publié dans : Bandes dessinées, Lectures & relectures | le 30 décembre, 2017 |4 Commentaires »

2017-98. Rappel à Dieu de la grand’mère maternelle de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon.

Deuil de Madame la Duchesse de Franco

Vendredi 29 décembre 2017.

Nous avons appris en fin de matinée, ce vendredi 29 décembre 2017, le rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Franco, Grande d’Espagne, veuve du marquis de Villaverde, et grand’mère maternelle de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

Avec la Confrérie Royale,
avec l’Union des Cercles Légitimistes de France,
avec le Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier,
avec tous les fidèles serviteurs de la Royauté capétienne traditionnelle
et tous les Légitimistes de France et de Navarre,

le Refuge Notre-Dame de Compassion
s’associe à la peine de la Famille Royale,
lui adresse ses plus profondes et respectueuses condoléances
et prie pour le repos de l’âme de Madame la Duchesse.

Madame la Duchesse de Franco

Fille unique du Généralissime Francisco Franco, née à Oviedo le 14 septembre 1926, Maria del Carmen Franco y Polo, première duchesse de Franco, Grande d’Espagne, épouse (et veuve) du marquis de Villaverde, est décédée ce vendredi matin 29 décembre 2017 à son domicile madrilène. 

Il y a quelques semaines, avait été annoncé que Madame la Duchesse souffrait d’un cancer en phase terminale.
Elle a reçu les derniers sacrements le jeudi 28 décembre, alors que la Princesse Marie-Marguerite de Bourbon, Duchesse d’Anjou, se trouvait auprès d’elle.

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, son petit-fils, de jure SMTC le Roi Louis XX, qui a vécu chez elle pendant une dizaine d’années et se trouvait affectivement très proche d’elle, a lui-même annoncé son décès en ces termes :

« Dieu a rappelé Man (Note : Man était le surnom affectueux donné à Madame la Duchesse dans l’intimité familiale), Paix à son âme ; mais elle n’est pas partie : elle sera toujours dans mon cœur. Elle est passée discrètement durant 91 ans laissant des souvenirs fabuleux à toutes les personnes l’ayant connue et à moi, un grand vide.
Chère Man, vous serez toujours ma super grand-mère, ma deuxième mère, un de mes piliers et un exemple à suivre.
Vous avez été une grande chrétienne avec beaucoup de valeurs et d’une grande bonté ; vous aimiez voyager et découvrir d’autres lieux, vous étiez une des personnes des plus cultivées que j’ai pu connaître, d’une grande mémoire et toujours informée de tout ce qui se passe. [...] ; m’impressionnait la grande dame que vous avez toujours été, avec votre sang-froid, votre élégance, votre intégrité, votre sérénité, votre joie, votre patience, votre sincérité, votre force et votre ouverture d’esprit.
S’il fallait vous définir vous-même, je répéterais ce que mon cousin a dit : « Man est Man ».
Je vous aime. »

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou.

[Texte traduit et diffusé par le Secrétariat de Monseigneur le Duc d'Anjou]

Prince Louis & Enfants de France avec la Duchesse de Franco

Madame la Duchesse de Franco, en compagnie de son petit-fils, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon
et de ses arrière-petits-enfants : (de gauche à droite) Monseigneur le Prince Alphonse, Duc de Berry, Monseigneur le Prince Louis, Dauphin de France et Duc de Bourgogne, et Madame la Princesse Eugénie.

2017-97. Voeux de nos Princes pour Noël 2017.

Voeux
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure SM le Roi Louis XX

et de
Madame la Princesse Marie-Marguerite, son épouse,
pour la
fête de Noël 2017

Duc et duchesse d'Anjou 2017

Message de Noël de Mgr le Duc d'Anjou et Madame

Le Baptême de Clovis (Versailles - cathédrale St Louis)

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 24 décembre, 2017 |3 Commentaires »
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