2026-76. Nous avons lu et nous recommandons chaleureusement : « L’Evangélisation des Gaules au Ier siècle », d’Arnaud Boüan du Chef du Bos.

30 avril,
fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr (cf. > ici) ;
Mémoire de la Vigile des Saints Apôtres Philippe et Jacques.

angelot baroque - vignette blogue

   Nous profitons de la fête de Saint Eutrope (voir ci-dessus) pour recommander avec chaleur un petit ouvrage, très facile de lecture et très agréablement illustré, de Monsieur Arnaud Boüan du Chef du Bos, qui vient très opportunément jeter un pavé dans la mare des prétendus historiens contemporains lesquels, à la manière de stupides perroquets, répètent les poncifs anti-catholiques forgés – à l’encontre de siècles et de siècles de tradition – depuis le XVIIIème siècle.
Ce livre, intitulé « L’Evangélisation des Gaules au Ier siècle », est paru à l’automne 2025 : on le trouve à la vente sur internet, en faisant une petite recherche.
Son auteur nous avait précédemment « régalés » avec deux ouvrages dont on peut dire qu’ils sont complémentaires : 1) « Saint Martial, l’Apôtre des Gaules », et 2) « L’Evangélisation de la Bretagne au premier siècle ».

   « Si la France est née en 496, elle fut conçue dès le premier siècle, dans la bonne terre de Gaule, évangélisée par des témoins du Christ en Galilée et des disciples des Apôtres ! Il est temps aujourd’hui de retrouver cette histoire oubliée pour rendre aux Français la vérité de notre histoire, et de gonfler notre espérance ! Tant de bénédictions originelles ne peuvent s’achever dans notre triste actualité : il nous faut retrouver nos racines, prier ces saints fondateurs, et restaurer l’union de tous ceux qui ne veulent pas voir périr notre si belle Patrie ! »

Présentation de l’ouvrage sur « Le Salon Beige » en octobre 2025.

L'évangelisation des Gaules au 1er siecle -Arnaud Boüan du Chef du Bos

Quatrième de couverture :

   « Découvrez plus de soixante témoins directs des faits et miracles de Jésus-Christ parmi lesquels ses plus proches amis, missionnés pour l’évangélisation des Gaules :

• Marie-Madeleine, la pénitente de Magdala ;
• Lazare de Marseille, le ressuscité de Béthanie ;
• Marthe de Tarascon, sœur de Marie-Madeleine et Lazare ;
• Martial de Limoges, l’enfant de la multiplication des pains ;
• Amadour, Zachée de Jéricho, l’ermite de Rocamadour ;
• Véronique de Soulac, l’héroïne du calvaire ;
• Ursin de Bourges, Nathanaël de Cana ;
• Denys de Paris, l’Aréopagite d’Athènes…

   Relégués par les historiens « rationalistes » au IIIème siècle, ils sont pourtant bien attestés par la Tradition de l’Eglise catholique et confirmés par la science archéologique la plus sûre.
Ce court livret démontre la prédilection de Dieu pour la France qui a reçu plus de 150 disciples dès le premier siècle et fait s’interroger : comment expliquer une telle concentration des personnages clés de l’Evangile dans ce tout petit bout de coin du monde qui deviendra la France ? »

   L’ouvrage bénéficie d’une préface de Monseigneur Dominique Le Tourneau, chapelain de Sa Sainteté, membre de nombreuses associations ou sociétés des plus recommendables, telle l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc, la Société des Gens de Lettre, l’Association des Ecrivains catholiques, la Societas Internationalis Iuris Canonici Promovendo… etc. C’est avant tout un canoniste, professeur de Droit canonique et juge au tribunal ecclésiastique de Lille, qui est en outre vice-postulateur de la cause de doctorat de Saint Césaire d’Arles.

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2026-75. De Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr.

30 avril,
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici) ;
C’est aussi la fête de Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr ;
Mémoire de la Vigile des Saints Apôtres Philippe et Jacques.

Saint Eutrope - détail d'un vitrail de 1872

Saint Eutrope, évêque et martyr,
avec les instruments de son martyre (détail d’un vitrail de 1872).

   Pour la présentation de la vie de Saint Eutrope de Saintes, nous avons préféré commencer par reproduire ci-dessous la notice que lui consacre le Révérend Père François Giry, minime.
Cette première publication en appellera d’autres…

       « Saint Eutrope, que les Saintongeois reconnaissent pour leur apôtre et leur premier évêque, était un de ces Bienheureux dont parle Notre-Seigneur, qui ont eu l’honneur de le voir sur la terre et de converser avec Lui, ce que tant de rois et de prophètes ont désiré si ardemment et qu’ils n’avaient pas obtenu. C’est ainsi que le porte la tradition des Eglises, au récit de Baronius. Elle nous apprend encore qu’il passa de Grèce à Rome sous Saint Clément ; ce pape voyant les talents que Dieu lui avait donnés pour la prédication de l’Evangile, l’ordonna évêque et l’envoya ensuit en Saintonge, province de France, pour y porter la lumière de l’Evangile.

   Il y prêcha d’abord avec beaucoup de zèle ; mais il y avait affaire à une terre ingrate et à un peuple difficile à gagner. Après avoir souffert avec joie plusieurs persécutions et des tourments très cruels, il s’en retourna à Rome trouver celui qui l’avait envoyé. Néanmoins, le saint pape, poussé d’un zèle apostolique en faveur de la France, exhorta Eutrope à reprendre courage et à se joindre aux autres missionnaires qui accompagnaient le Bienheureux Denis l’Aréopagite, qu’il envoyait en qualité d’Apôtre dans les Gaules.

Saint Clément Ier envoie Saint Eutrope dans les Gaules

Saint Clément envoie Saint Eutrope dans les Gaules.

   Eutrope donc suivit l’Aréopagite jusqu’à la ville d’Arles, en Provence, et de là il passa une seconde fois en Guyenne et retourna à Saintes, qu’il avait auparavant abandonnée. Ce voyage fut plus heureux que le premier, car il y travailla avec tant de succès par l’exemple de sa vie, par la grandeur de ses miracles et par la force de sa doctrine, que plusieurs, laissant le culte des idoles,embrassèrent la religion du vrai Dieu et reconnurent Jésus-Christ pour Sauveur du monde ; il baptisa, entre autres, la fille du gouverneur de la ville, appelée Estelle ; apprenant du saint évêque l’excellence de la virginité, elle consacra de bon cœur la sienne à l’Epoux des vierges, dont elle venait de recevoir la foi.

Saint Eutrope baptise Sainte Estelle

Baptême de Sainte Estelle.

   Son père en fut tellement irrité, qu’il envoya des soldats pour se saisir du Saint qui l’avait convertie. Il fut pris dans une caverne où il se retirait hors de la ville, et de là il fut d’abord brisé à coup de pierres. Ensuite on le battit avec des cordes et des fouets plombés ; enfin il eut la tête fendue avec une cognée, ce qui arriva le 30 avril de l’an 98 de Notre-Seigneur, selon Baronius.

   La vierge Estelle eut soin de son corps et lui donna la plus honorable sépulture qu’il lui fut possible selon le temps ; et, pour récompense de cette bonne œuvre, elle reçut la glorieuse couronne du martyre, par l’ordre de son propre père, environ trois semaines après la mort de Saint Eutrope.

Martyre de Saint  Eutrope

Martyre de Saint Eutrope.

   Saint Denis, apprenant ces nouvelles, les manda, à ce que quelques uns disent, à Saint Anaclet, qui était alors vicaire ou successeur de Saint Clément, dans une lettre où il en fait tout le détail ; il l’envoya ensuite en Grèce pour la consolation des chrétiens qu’il y avait laissés. Mais quoique la misère des siècles et le trouble des persécutions aient fait perdre, il y a longtemps, cet écrit, la victoire de ce saint martyr ne s’est point effacée de la pensée des fidèles de Saintes, puisqu’au rcit de Saint Grégoire de Tours, plusieurs années après, ils lui bâtirent une très-belle église, qui fut dédiée par Saint Palais, évêque de la même ville, assisté de deux abbés, vers la fin du VIème siècle ; et, en reconnaissance de ce bienfait et de ce qu’ils avaient fait mettre son corps dans un leiu plus décent qu’il n’avait été jusqu’alors, il apparut la nuit suivante à ces deux abbés, et leur dit que la cicatrice qu’ils avaient remarquée sur son crâne, était l’endroit par où il avait consommé son martyre.

Saint Palais fait placer le sarcophage de Saint Eutrop dans une belle église

Saint Palais (Pallade) de Saintes fait placer le sarcophage de Saint Eutrope,
renfermant son corps, à l’intérieur d’une église.

   Au XVIème siècle, avant que les hérétiques calvinistes prissent Saintes, et qu’ils en profanassent les églises et les saintes reliques, plusieurs ossements de ce Saint ont été portés à Vendôme et déposés dans l’église de la Très-Sainte-Trinité, où ils sont souvent honorés par un grand concours de peuple ; et pour son chef vénérable, ayant été porté à Bordeaux pour le sauver de la rage de ces Vandales, il a été rapporté à Saintes l’an 1601, avec beaucoup de pompe et de mangificence, comme l’assure du Saussay dans son Martyrologe des Saints de France.
Le prieuré de Saint-Pierre, à Dezize-sur-Loire, possédait aussi des reliques d’un Saint Eutrope, dont on trouvait l’office dans un vieux bréviaire manuacrit, au dernier jour d’avril ; mais il est probable qu’il ne s’agit pas ici de l’Apôtre de la Saintonge, car il y a plusieurs saints du même nom.

Translation des reliques de Saint Eutrope

Translation des reliques de Saint Eutrope.

   Ce grand évêque a fait de tous côtés et dans tous les siècles des prodiges fort signalés. Il a tiré miraculeusement de l’eau et du feu ceux qui devaient y être ou noyés ou consumés. Il a délivré du fond des cachots des captifs et des prisonniers que leurs ennemis y avaient enfermés. Il en a même transporté un, en un instant, de Babylone à Saintes, avec la cage d’airain où les infidèles l’avaient enfermé. Il a guéri des malades, ressuscité des morts, chassé les démons des corps des possédés et opéré d’autres semblables merveilles, que l’on pourra voir dans un manuscrit des Pères Célestins de Paris, dont les continuateurs de Bollandus ont donné la copie au public. L’on y remarquera aussi des châtiments terribles que la justice de Dieu a exercés contre plusieurs personnes qui ont eu la témérité de profaner la fête de cet illustre prédicateur de l’Evangile.

   Baronius parle de lui dans ses Annales, et tous les Martyrologes en font mémoire. Son envoi en France, par Saint Clément, est attesté par tant d’auteurs, du nombre desquels est Saint Grégoire de Tours, quoiqu’il mette plus tard la mission de Saint Denis et de ses compagnons, que nous n’avons pas cru en devoir douter. On peut voir là-dessus la belle épître de Marca au célèbre Henri de Valois, laquelle se trouve au commencement de l’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe, traduite par le même Henri de Valois. »

in « Vie des Saints [...]«  par le Père François Giry,
réédition de 1859, tome II, colonnes 388-390. 

Sarcophage de Saint Eutrope - crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes

Sarcophage antique de Saint Eutrope
tel qu’il est présenté de nos jours dans la crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes.

2026-74. Pour quelles raisons spéciales Saint Joseph a‑t-il été nominativement déclaré Patron de l’Eglise ?

Le mercredi de la troisième semaine après le dimanche de Quasimodo :
Octave de la fête du Patronage de Saint Joseph
appelé aussi Octave de la solennité de Saint Joseph (double majeur).

Monogramme Saint Joseph vignette

   Nous connaissons tous (je l’espère du moins !) la prière « Nous recourons à vous dans notre tribulation… etc. » dite « Prière de Léon XIII à Saint Joseph », ou encore « Prière à Saint Joseph pour le mois du Rosaire » (cf. > ici) ; ce que l’on sait souvent moins, c’est que le dit pape Léon XIII a publié cette prière à l’occasion d’une encyclique, intitulée « Quamquam pluries », et que c’est au moyen de cette encyclique qu’il en a ordonné « à perpétuité » la récitation quotidienne à la fin du rosaire pendant le mois d’octobre.

   Un peu moins de dix-neuf ans après la proclamation de Saint Joseph comme « Patron de l’Eglise universelle » par son Bienheureux Prédécesseur sur le trône de Saint Pierre (Bienheureux Pie IX, décret « Quemadmodum Deus » du 8 décembre 1870), Léon XIII dans cette encyclique « Quamquam pluries » (15 août 1889) revenait sur l’importance de ce Patronage et en développait les raisons.
Nous en donnons les extraits les plus importants ci-dessous.

Protecteur de l'Eglise universelle - Saint Joseph - blogue

       « Pour quelles raisons spéciales Saint Joseph a‑t-il été nominativement déclaré Patron de l’Eglise ?
Pour quels motifs, en retour, l’Eglise espère-t-elle beaucoup de sa protection et de son patronage ?

   Les voici : Saint Joseph a été l’époux de Marie et il a été réputé le père de Jésus-Christ.
De là, sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire.

   Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si élevée qu’elle ne peut être surpassée par aucune autre. Toutefois, Joseph ayant été uni à la Bienheureuse Vierge par le lien du mariage, il n’est pas douteux qu’il n’ait approché plus que personne de la dignité suréminente au nom de laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. En effet, de tous les genres de société et d’union, le mariage est le plus intime, et il entraîne essentiellement la communauté de biens entre les deux conjoints. Aussi, en assignant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement d’être le compagnon de sa vie, le témoin de sa virginité, le gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, d’avoir part à sa sublime dignité.
De même, Joseph brille entre tous par la dignité la plus auguste, parce que, de par la volonté divine, il a été établi le gardien du Fils de Dieu et regardé par les hommes comme Son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’Il lui obéissait et qu’Il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

   De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille ; ainsi, Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.
Or, la sainte famille, que Joseph gouvernait avec un pouvoir en quelque sorte paternel, contenait en elle-même les prémices de l’Eglise naissante. De même que la Très Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est aussi la Mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés sur la montagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souffrances du Rédempteur crucifié ; Jésus-Christ est aussi comme le premier-né des Chrétiens, lesquels, par l’adoption et par la rédemption, sont Ses frères.

   Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des Chrétiens dont se compose l’Eglise, à savoir cette immense famille répandue par toute la terre, sur laquelle, en sa qualité d’époux de Marie et de père de Jésus-Christ, il possède une autorité quasi paternelle.
Il est donc naturel et très digne du Bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait de sa très sainte protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l’Eglise de Jésus-Christ [...].

   En outre, il y a des raisons pour que tous les fidèles, à quelque condition qu’ils appartiennent, se recommandent au crédit et se confient à la garde du Bienheureux Joseph. En lui, les pères de famille trouvent la plus belle personnification de la vigilance et de la sollicitude paternelle ; les époux, un parfait exemple d’amour, d’union des cœurs et de fidélité conjugale ; les vierges, tout à la fois le modèle et le protecteur de la pureté virginale. Ceux qui sont de noble naissance apprendront de Joseph à garder la dignité au sein même de l’infortune ; les riches comprendront, par ses leçons, quels sont les biens qui méritent le plus d’être désirés et acquis au prix de tous les efforts. Quant aux prolétaires, aux ouvriers, aux hommes de condition médiocre, c’est pour eux comme un droit spécial de recourir à Joseph et de se proposer son imitation. En effet, Joseph, de race royale, uni par le mariage à la plus grande et à la plus sainte des femmes, regardé comme le père du Fils de Dieu, a néanmoins passé sa vie dans le travail et a demandé à son labeur d’artisan tout ce qui était nécessaire à l’entretien de sa famille. Il est donc vrai que la condition des humbles n’a rien d’abject, et non seulement le travail de l’ouvrier n’a rien de déshonorant mais, si la vertu vient s’y joindre, il peut être grandement ennobli. Content du peu qu’il possédait, Joseph supporta les difficultés inhérentes à sa médiocre fortune avec grandeur d’âme, à l’exemple de son Fils, lequel, après avoir accepté la condition d’esclave, lui qui était le Seigneur de toutes choses, embrassa volontairement l’extrême pauvreté et voulut manquer de tout.

   Appuyés sur ces considérations, les pauvres et tous ceux qui vivent du travail de leurs mains doivent élever leurs cœurs et se pénétrer de sentiments équitables. S’ils ont le droit de chercher à sortir de la pauvreté et à s’établir dans une meilleure situation par des moyens légitimes, la raison et la justice leur défendent de renverser l’ordre établi par la Providence de Dieu. Bien plus, l’emploi de la force et les tentatives séditieuses et violentes sont des moyens insensés ; ils aggravent la plupart du temps les maux pour la suppression desquels on a recours à eux. Que les pauvres donc, s’ils ont du bon sens, ne mettent pas leur confiance dans les promesses des hommes de désordre, mais dans l’exemple et le patronage du Bienheureux Joseph, et aussi dans la maternelle charité de l’Eglise, dont la sollicitude pour leur sort augmente de jour en jour… »

Léon XIII, extrait de l’encyclique « Quamquam pluries » du 15 août 1889.

Saint Joseph patron de l'Eglise universelle - blogue

« Je Vous demande, pour l’amour de Jésus-Christ, la sainte persévérance jusqu’à la mort…»

27 avril,
Fête de Saint Pierre Canisius, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Saint Pierre Canisius - blogue

   Voici le texte d’une prière extraite des écrits de Saint Pierre Canisius et qu’il est aisé à chacun d’entre nous de faire sienne :

       Dieu suprême et éternel, je Vous remercie de m’avoir créé, de m’avoir racheté par Jésus-Christ, de m’avoir fait chrétien en m’appelant à la vraie foi, et de m’avoir attendu à la pénitence après tant de péchés.

   Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses ; et toutes ces offenses que je Vous ai faites, je m’en repens de toute mon âme.
J’ai la confiance que Vous m’avez déjà pardonné, mais je suis toujours en danger de retomber dans le mal.
Je Vous demande, pour l’amour de Jésus-Christ, la sainte persévérance jusqu’à la mort.

   Vous connaissez ma faiblesse !
Secourez-moi, Seigneur !
Ne permettez pas que je sois encore séparé de Vous ; faites-moi mourir mille fois plutôt que d’avoir encore le malheur de perdre Votre grâce.
O Marie, ma Mère, obtenez-moi la sainte persévérance.

   Salut, Salut du monde !
Salut, Verbe éternel du Père, Hostie vivante, Vie sans fin !
Salut, ô très précieux trésor des cœurs purs, ô la nourriture vivante des anges, ô le pain très excellent du ciel !
Vous êtes, ô mon Dieu, Vous êtes le solide espoir des fidèles, le secours des pénitents, le médecin des malades, la très douce consolation des malheureux et des pauvres.
Soyez donc béni, très-aimé Seigneur Jésus !

   A Vous, les Anges, à Vous, les Chérubins, à Vous, les Séraphins, avec toutes les créatures, chantent un cantique d’action de grâces.
Parce que Vous êtes descendu du Ciel par amour pour nous.
Parce que Vous Vous êtes offert pour nous, offert en sacrifice sur l’autel de la Croix.
Parce qu’enfin, Vous avez pour nous, de retour en Votre ciel, laissé ici-bas Votre Corps vivant et immortel comme une consolation, comme un salut, comme un gage de Votre extrême amour.

   Et nous aussi, nous crions, à cause de cette grande miséricorde : Gloire à Dieu, mille et mille fois, gloire à Dieu !

Ainsi soit-il.

Saint Pierre Canisius vitrail

2026-73. Lettre mensuelle de la Confrérie Royale : 25 avril 2026.

armoiries confrérie royale

Samedi 25 avril 2026.

Très Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Dimanche dernier, 19 avril 2026, votre Prieur a été la victime d’un « stupide accident » (il a glissé dans l’herbe trempée de rosée alors qu’il se dirigeait vers son véhicule pour se rendre à la Sainte Messe et la manière dont s’est déroulée sa chute – et surtout la manière dont il a retrouvé le sol – a entraîné la rupture des ligaments croisés du genou droit et, en toute logique, l’intervention du SAMU et des pompiers, une hospitalisation et une opération programmée en urgence… etc.).
Bref ! Frère Maximilien-Marie, la jambe immobilisée dans une attelle contraignante, a fini par être ramené dans son ermitage vivarois, où il peut, avec l’aide ponctuelle d’amis généreux de leur temps et de leurs personnes, avec le passage quotidien de l’infirmière, avec un certain nombre d’aménagements, avec l’acceptation de nombreux contretemps, et avec de longues stations allongé – pour un rythme d’activité très allégé et ralenti -, continuer néanmoins sa vie de vieil ermite…
Et c’est lui-même qui vous écrit ce 25 avril au soir.

   J’espère que vous avez passé cette journée du 25 avril dans une ferveur particulière, pour l’anniversaire de la naissance de notre Roi bien-aimé, que nous servons dans le combat spirituel, la prière et les sacrifices, au jour le jour.

   A seule fin de vous « alimenter » de paroles fortes et tonifiantes, je mets, au-dessous de ces modestes lignes, la copie du message complet que Sa Majesté le Roi nous avait fait parvenir, au Puy-en-Velay, au début juin 2016 – cela fera bientôt 10 ans ! – à l’occasion du pèlerinage conjoint de l’UCLF (alors présidée par feu Monsieur Pierre Bodin) et de la toute jeune Confrérie Royale (dont nous avions publié la fondation le 25 août 2015 : 8 mois auparavant), dans la sainte cité de Notre-Dame du Puy, à l’occasion du jubilé qui ne se produit habituellement que deux fois par siècle (chaque fois que le Vendredi Saint coïncide avec le 25 mars) ; pèlerinage conjoint de l’UCLF et de la Confrérie Royale qui avait été source de grandes grâces…

   En relisant les lignes que notre Roi nous adressait alors (nous, c’est-à-dire aux deux mouvements [qui sont distincts, redisons-le, même s'ils sont très fraternellement unis] ), transmis au Président Pierre Bodin par le Secrétariat de Sa Majesté ; en relisant donc ces lignes royales en faisant abstraction des circonstances précises du jubilé de 2016, vous retrouvez, chers Amis, bien précisée par notre Souverain légitime, la nature de votre engagement…
A la limite, il serait quasi nécessaire que chacun d’entre nous apprenions par cœur ces lignes fermes et claires :

   « Vous prierez pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême… Que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France » !

    Ayons à cœur de méditer souvent sur ces lignes inspirées !

   Et puisque, justement, ce message royal nous avait été adressé à l’occasion du premier pèlerinage annuel au Puy-en-Velay, « pour la France et le Roi », j’en viens au fait que, en raison de ce « stupide accident », en raison des conseils « énergiques » de plusieurs de mes conseillers personnels (auxquels j’objectais que le pèlerinage du Puy de cette année pouvait se dérouler sans moi – contraint à beaucoup de repos et à beaucoup d’immobilité -, mais qui n’en étaient pas d’accord), en raison d’autres facteurs aussi que je ne détaillerai pas, nous devons repenser l’organisation du pélerinage du « pont » de l’Ascension et lui donner, cette année, une nouvelle physionomie : d’ici quelques jours, vous recevrez une nouvelle circulaire exposant de quelle manière cette réorganisation va se faire, avec

1) d’un côté, pour les personnes dans un rayon relativement proche du Puy, une journée de pèlerinage (avec Sainte Messe, et prières dans les sanctuaires de la ville sainte), et
2) pour tous ceux qui le désirent, et dans tout le Royaume, de petits pèlerinages locaux (même avec seulement 2 ou 3 personnes : « Lorsque deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je suis au milieu d’eux »), ou – a minima – un temps de prière communautaire, accomplis en union avec ceux qui se trouveront au Puy… ou avec le Prieur qui se trouvera contraint de rester allongé en son ermitage !!!

   Que, dès à présent, ceux qui liront ces lignes, à Paris, à Versailles, en Anjou ou en Bretagne, en Auvergne ou en Franche-Comté, en Touraine ou en Alsace, en Provence ou en Picardie, en Guyenne ou en Lorraine, en Artois ou en Saintonge, en Limousin ou en Flandres, en Dauphiné ou en Poitou, en Bourgogne ou en Languedoc… etc… et ailleurs aussi, membres ou simplement sympathisants de la Confrérie Royale, nous contactent sans retard sur cette adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com

   Et que Dieu vous bénisse tous et vous protège à tout moment !
Merci pour votre attention. 

Lettre du Roy au pèlerinage du Puy 2016 - blogue

Le Puy-en-Velay

2026-72. Le motet « Bone Pastor » de Thomas Tallis.

Dimanche du Bon Pasteur
[Deuxième dimanche après Pâques].

Dimanche du Bon Pasteur Fr.Mx.M. - blogue

    Péricope évangélique chantée ce dimanche à la Messe :

   « En ce temps-là, Jésus dit aux pharisiens : Je suis le Bon Pasteur. Le Bon Pasteur livre sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, en revanche, celui qui n’est point le pasteur, auquel les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, qu’il abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met point en peine des brebis.
Je suis le Bon pasteur, et Je connais Mes brebis, et Mes brebis Me connaissent, comme le Père Me connaît et que Je connais le Père ; et Je livre Ma vie pour Mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de ce bercail ; celles-là aussi, il faut que Je les conduise ; elles écouteront Ma voix, et il n’y aura qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur » (Jean X, 11-16).

   Compositeur majeur et organiste de la renaissance anglaise, Thomas Tallis (vers 1505 – 1585) fut nommé gentilhomme de la Chapelle Royale en 1542 et se maintint à ce poste malgré les circonstances difficiles : en effet, catholique convaincu et fidèle, il conserva son poste et tint l’orgue et composa successivement pour les rois Henri VIII et Edouard VI, puis pour les reines Marie Tudor et Elisabeth Ière.
Ainsi, nombre de ses compositions religieuses reflètent-elles la tradition liturgique catholique et conservent-elles des textes latins. Ainsi le motet « Bone Pastor » formé sur l’avant-dernière strophe de la séquence « Lauda Sion » de la Messe de la Fête-Dieu, composée par Saint Thomas d’Aquin (en 1264) :

   « Bone Pastor, Panis vere, Jesu, nostri miserere : Tu nos pasce, nos tuere : Tu nos bona fac videre, in terra viventium : Bon Pasteur , Pain véritable, ô Jésus, ayez pitié de nous ; faites-nous paître, protégez-nous ; faites-nous voir les biens [véritables] sur la terre des vivants ».

   De tous les enregistrements disponibles sur la toile que nous avons pu comparer, c’est la version enregistrée par « les Chanteurs de Varsovie » (The Warsaw Singers) que nous avons préférée et que nous vous proposons ci-dessous (faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet ») :

Image de prévisualisation YouTube

   Puisse ce motet nourrir et porter votre prière en ce beau « Dimanche du Bon Pasteur » !

Tolbiac.

troupeau de brebis paissant

Prières à Notre-Dame de Fourvière :

Canivet Notre-Dame de Fourvière

       Glorieuse Notre-Dame de Fourvière, vous qui n’avez jamais abandonné ceux qui ont imploré votre secours, plein de confiance en votre bonté, je viens réclamer votre puissante protection auprès de Jésus-Christ votre Fils, persuadé que ce Fils chéri ne me refusera pas les grâces qui Lui seront demandées par l’intercession de Sa Très-Sainte Mère ; mais quoique je sois indigne de vos bontés, ô Vierge sainte, veuillez jeter sur moi un regard de miséricorde et me permettre de venir souvent prier dans votre sanctuaire afin d’obtenir de vous les grâces toutes particulières que vous accordez aux personnes pieuses qui viennent vous visiter dans votre sainte chapelle de Fourvière.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O très auguste Mère, Notre-Dame de Fourvière, puissante protectrice des chrétiens, consolatrice des affligés, je me jette, ainsi que tous ceux qui me sont chers, dans le sein de votre clémence et de votre amour ; je les remets entre vos mains et sous la garde spéciale de votre protection.

   Recommandez-nous, présentez-nous tous à votre divin Fils, afin qu’après avoir béni nos travaux temporels sur la terre, il nous fasse participer à sa gloire et à son bonheur éternel.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O divine Mère de notre Sauveur, vous qui avez toujours préservé du mal ceux qui ont recours à vous dans leurs moments de détresse et de douloureuse souffrance, combien parmi nous, misérables pécheurs que nous sommes, ont été soulagés par l’appui de votre clémente bonté en exauçant les vœux qu’ils vous adressaient !…

   Veuillez donc, ô bonne Vierge Marie, source infaillible de consolations, nous assister dans nos calamités, qui sont souvent bien terribles sur cette terre d’exil et de cruelles épreuves.

   Soutenez-nous dans nos découragements, faites pénétrer dans nos cœurs la Foi, l’Espérance et la Charité, ces trois vertus théologales indispensables pour obtenir vos grâces infinies, pour être secourus et sauvés.

   Gémissant sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons à vos pieds, ô Mère du Verbe, daignez exaucer nos prières en nous accordant votre divine protection.

   Nous mettons toute notre confiance en vous, ô Marie, car vous êtes la Mère de Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui règne dans le ciel.

Ainsi soit-il !

Chapelle et basilique Notre-Dame de Fourviere - blogue

2026-71. « Il n’y a point d’autre justice que sa volonté…»

17 avril,
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr ;
Anniversaire de la mort de Madame de Sévigné (cf. ici).

Louis-Ferdinand Elle l'aîné - Madame de Sévigné - Versailles - blogue

D’après Louis-Ferdinand Elle l’aîné : la marquise de Sévigné.
L’original de cette œuvre est perdu on n’en possède que cette copie (vers 1670)
qui se trouve au château de Versailles dans les salles dédiées au XVIIème siècle.

       Dans une lettre à sa fille en date du 14 juillet 1680 écrite au château des Rochers, Madame de Sévigné, à laquelle Madame de Grignan avait confié qu’elle lisait les épîtres de Saint Paul et certains écrits de Saint Augustin, se livre en réponse à un véritable petit « sermon » qui nous permet d’entrer un peu dans l’intimité de son âme et de découvrir certains des mouvements de sa vie spirituelle, en un siècle où les controverses sur la grâce et les querelles théologiques connexes ont déchiré la société française.

   « [...] Vous lisez donc saint Paul et saint Augustin ; voilà les bons ouvriers pour établir la souveraine volonté de Dieu. Ils ne marchandent point à dire que Dieu dispose de ses créatures, comme le potier (cf. Rom. X, 20-21) : il en choisit, il en rejette. Ils ne sont point en peine de faire des compliments pour sauver sa justice ; car il n’y a point d’autre justice que sa volonté : c’est la justice même ; c’est la règle même ; et après tout, que doit-il aux hommes ? que leur appartient-il ? Rien du tout. Il leur fait donc justice, quand il les laisse à cause du péché originel, qui est le fondement de tout, et il fait miséricorde au petit nombre de ceux qu’il sauve par son fils. Jésus-Christ le dit lui-même : « Je connois mes brebis, je les mènerai paître moi-même, je n’en perdrai aucune ; je les connois, elles me connoissent. Je vous ai choisis, dit-il à ses apôtres, ce n’est pas vous qui m’avez choisi « (cf. Jn. X, 11 et 14 ; et Jn XV, 16). Je trouve mille passages sur ce ton, je les entends tous ; et quand je vois le contraire, je dis : c’est qu’ils ont voulu parler communément ; c’est comme quand on dit que Dieu s’est repenti, qu’il est en furie ; et je me tiens à cette première et grande vérité, qui est toute divine, qui me représente Dieu comme Dieu, comme un maître, comme un souverain créateur et auteur de l’univers, et comme un être très parfait, comme dit votre père [par ce mot de « père » Madame de Sévigné désigne, non sans ironie, le philosophe Descartes dont Madame de Grignan s’était entichée]. Voilà mes petites pensées respectueuses, dont je ne tire point de conséquences ridicules, et qui ne m’ôtent point l’espérance d’être du nombre choisi, après tant de grâces qui sont des préjugés et des fondements de cette confiance. »

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
extrait de la lettre du 14 juillet 1680 à Madame de Grignan,
in « Madame de Sévigné – Lettres » tome II pp. 779-780 éd. de La Pléiade.

Epistres de Saint Paul

2026-70. De Saint Robert de Turlande, fondateur et premier abbé de la Chaise-Dieu.

17 avril,
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé et confesseur ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr ;
Anniversaire de la mort de Madame de Sévigné (cf. > ici et > ici).

Vitrail de Saint Robert de Turlande chapelle de l'ancienne Visitation de Brioude

Brioude, chapelle Notre-Dame des Anges de l’ancien monastère de la Visitation,
vitrail (XIXème siècle) de Saint Robert de Turlande.

       Saint Robert de Turlande, fils de Géraud II de Turlande [note 1] et de sa deuxième épouse, Raingarde de Montclar, est né en 1001. Il était l’un des cadets d’une fratrie assez nombreuse : plutôt chétif d’apparence, roux, montrant peu de dispositions pour la vie chevaleresque, il fut confié en 1018 aux chanoines de la collégiale Saint-Julien de Brioude afin d’y achever sa formation intellectuelle et religieuse.

   La collégiale Saint-Julien de Brioude, dont les origines sont au IVème siècle, qui avait été saccagée et brûlée par des bandes sarrasines dans le second quart du VIIIème siècle (peut-être les mêmes qui avaient martyrisé Saint Théofrède, alias Saint Chaffre, au Monastier, en 732 – cf. > ici) puis restaurée au début du IXème siècle par le comte Bérenger le Sage, duc de Toulouse et comte de Brioude, était le siège d’un prestigieux chapitre de trente-quatre chanoines-comtes, exempts de toute juridiction royale ou épiscopale et ne relevant donc uniquement du Saint-Siège.

Collégiale Saint-Julien Brioude chevet

Brioude : Collégiale Saint-Julien vue du chevet (état actuel)

   A Brioude, Robert de Turlande reçut la tonsure, fut installé chanoine en 1025, ordonné prêtre puis nommé trésorier du chapitre.

   Le chanoine Robert de Turlande édifiait par sa piété (il célébrait quotidiennement la Sainte Messe, en un temps où cela n’allait pas de soi), ses longues nuits de veille, son apostolat et sa prédication inspirés par son ardent zèle pour le salut des âmes, sa charité envers les nécessiteux, qu’il soignait lui-même… etc. Sur ses biens propres, il ouvrit un hôpital destiné aux pauvres et aux pèlerins.

   Toutefois, comme Saint Odilon de Mercœur, son grand-oncle [en effet, Ingelberge, sœur de Saint Odilon, avait épousé Géraud Ier de Turlande, son grand-père], une quarantaine d’années auparavant, il était insatisfait d’une vie qui ne lui permettait pas autant de radicalité qu’il en désirait.
Saint Odilon avait quitté le chapitre de Brioude pour entrer à Cluny dont il fut le cinquième abbé ; Robert voulut d’abord suivre son exemple et tenta secrètement de rejoindre l’abbaye de Cluny, mais, dès que la nouvelle de sa fuite se répandit, il fut poursuivi et contraint de retourner à Brioude. Honteux d’avoir été découvert, il fut accablé d’un tel chagrin qu’il tomba malade.
Une fois rétabli, il essaya de mener une vie monastique dans le monde, mais d’innombrables difficultés s’y faisaient jour et il restait tourmenté
 : il résilia alors son canonicat et entreprit un pèlerinage en Italie.

   A Rome, où il sollicita les lumières et la force spirituelle des Saints Apôtres Pierre et Paul, il aurait vu le lamentable Benoît IX, que ses contemporains décrivent comme l’un des pires papes qui a jamais existé… Mais surtout, Robert se serait rendu au Mont-Cassin afin d’y étudier la Règle de Saint Benoît et d’y recueillir les saines traditions monastiques.

Saint Robert et ses deux compagnons commencent la vie érémitique - blogue

Estampe du XVIIème siècle montrant Saint Robert et ses premiers compagnons
inaugurant la vie monastique au lieu qui deviendra la Chaise-Dieu.

   A son retour, un soldat qui avait guerroyé aux côtés des Turlande, Etienne de Chaliers, vint un jour demander conseil à Robert sur la manière d’obtenir le pardon de ses péchés. Robert lui conseilla de renoncer au monde et de rejoindre la milice des serviteurs de Jésus-Christ. Le soldat répondit qu’il ne ferait volontiers un tel sacrifice qu’en sa compagnie. Touché par cette réponse, le saint révéla à Etienne son propre désir de servir Dieu dans la solitude.
Sans plus attendre, Etienne se rendit en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame du Puy, pour implorer la bénédiction de la Mère de Dieu sur l’entreprise ardue qui les attendait.
Sur le chemin du retour, il découvrit les ruines d’une chapelle à demi-ruinée – appelée Casota – dans un clairière de la forêt livradoise, à quelque neuf lieues à l’est de Brioude, et, trouvant l’endroit très propice, il en parla à Robert.
La terre appartenait à deux chanoines, frères par le sang, de la lignée des Beaumont, qui lui concédèrent en toute propriété cette « solitude stérile ». Le chevalier Austremond, qui tenait cette terre en fief, en confirma la cession.

   Etienne de Chaliers avait aussi gagné à Dieu un autre soldat, Dalmas, que Robert, avec joie, intégra à leur vie. Après les avoir mis à l’épreuve pendant plusieurs mois, ils vinrent s’installer en cet ermitage, le 28 décembre 1043. Ce lieu à 1.088 mètres d’altitude, au climat rude, infertile, enneigé une grande partie de l’année, Robert lui donna le nom latin de Casa Dei (« petite maison de Dieu »), qui fut francisé en « la Chaise-Dieu ».

Abbatiale de la Chaise-Dieu - blogue

L’abbatiale de La Chaise-Dieu dominant le bourg (état actuel).

   Dans les premiers temps, les habitants de la contrée, plutôt rustres et incultes, se montrèrent hostiles à leurs nouveaux voisins. Au lieu de les aider en leur fournissant le nécessaire, ils les insultèrent et les menacèrent.
Les trois hommes, cependant, ne se décourageèrent pas et, au milieu des ruines, ils construisirent un oratoire où ils pouvaient se réunir pour prier, autour duquel ils bâtirent de petites cellules. Etienne et Dalmas effectuaient les travaux manuels et cultivaient la terre pour subvenir aux besoins de la communauté, tandis que Robert se consacrait à l’étude et à l’instruction des novices qui souhaitaient adopter leur mode de vie, car assez rapidement, leur ferveur et leur courage attirèrent des âmes en quête d’absolu.

   Sans trop s’inquiéter de l’avenir, car comptant par-dessus tout sur la divine Providence, ils distribuaient généralement une bonne partie de leurs récoltes et de leurs provisions aux pauvres et aux voyageurs.
Un jour, Robert donna tout le pain restant de la veille à un nécessiteux et Dalmas ne cacha pas sa déception à l’un des deux chanoines du Puy, qui avait vendu cette terre aux trois ermites : le soir même, ce dernier leur envoya trois chevaux chargés de toutes sortes de provisions.

   La renommée de la sainteté de ces solitaires se répandit rapidement dans toute la région : l’aversion des autoctones s’apaisa peu à peu ; le nombre des jeunes gens et même des ecclésiastiques qui demandaient à rejoindre le groupe pour consacrer leur vie à Dieu allait croissant. Ils furent bientôt trois-cents !
Il était impossible d’ignorer l’attrait des exemples de Robert de Turlande, de rester insensible à ses exhortations, ou de ne pas reconnaître l’action divine dans les miracles qu’il accomplissait, bien qu’il les attribuât modestement à l’intercession des Saints Vital et Agricol, les saints titualires de l’oratoire originel.

Saint Robert de Turlande gravure XVIIème siècle

   Le nombre d’ermites crût tellement que la construction d’un véritable monastère devint indispensable : de généreux bienfaiteurs (bien sûr, les Turlande et les Mercoeur, puis les Fabre et les Lugeac, puis le comte Guillaume IV d’Auvergne et son épouse Philippa de Gévaudan) contribuèrent au projet, et, en 1050, les bâtiments claustraux de La Chaise-Dieu étaient pratiquement achevés.

   Rencone, évêque de Clermont, sollicita du pape Saint Léon IX l’érection canonique de la nouvelle abbaye, ce qui fut accordé, avec une spéciale protection apostolique, en 1052, tandis que Saint Robert se rendit à la cour du roi Henri Ier de France pour faire ratifier les donations reçues, ce qui fut accompli par un diplôme de protection signé à Vitry-aux-Loges.
L’évêque put alors procéder à la bénédiction du monastère, et à la consécration abbatiale de Robert, conformément aux instructions du pape.

Abbatiale de la Chaise-Dieu - la Vierge remettant à Saint Robert la crosse abbatiale - détail

Tableau (XVIIème siècle) dans l’église abbatiale de La Chaise-Dieu :
la Vierge Marie remet la crosse abbatiale à Saint Robert de Turlande (détail).

   Le zèle du saint abbé ne se limita pas à son monastère : il s’employa à faire restaurer et à rendre au culte plus de cinquante églises de la région, qui avait été endommagées par les guerres. Il eut toujours à cœur de faire travailler au salut et à la sanctification des paysans et seigneurs des alentours.

   Dieu lui avait révélé le jour de sa mort.
Quand il sut que le moment venait de se coucher pour la dernière fois, Robert voulut célébrer sa dernière messe, même s’il lui fallut être soutenu devant l’autel. Ensuite, il réunit ses moines, les embrassa un à un et les exhorta à demeurer ardents et généreux dans les voies de la sainteté.
Il rendit son âme à Dieu le 17 avril 1067, et au moment de son décès, un moine vit l’âme de Robert monter au ciel sous la forme d’un globe de feu.

   Ses funérailles ne purent être célébrées que le 24 avril, en raison de l’affluence que provoqua l’annonce de son trépas.
Les miracles qui se produisirent sur sa tombe, entraînèrent sa canonisation, en 1351, par Clément VI, qui avait lui-même été abbé de La Chaise-Dieu, qui, en 1344, ordonna la reconstruction de l’abbatiale (l’architecte Hugues Morel étant désigné comme principal maître d’oeuvre), et qui voulut y être inhumé le 8 avril 1353.

   Le 18 août 1095, le Pape Urbain II en personne avait procédé à la dédicace solennelle de l’église abbatiale.
L’abbaye fut érigée en abbaye «nullius », c’est-à-dire affranchie de la juridiction épiscopale, relevant directement du Saint-Siège, et dans le territoire de laquelle l’abbé a les pouvoirs de juridiction d’un Ordinaire.

Emplacement de la tombe de Saint Robert à l'intérieur de l'abbatiale de la Chaise-Dieu

Emplacement de la tombe de Saint Robert de Turlande
tel qu’il se présente de nos jours à l’intérieur de l’abbatiale de la Chaise-Dieu.

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