2017-46. Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et la Princesse Marie-Marguerite à Moscou ce 25 avril 2017.

Mercredi 26 avril 2017,
fête de Notre-Dame du Bon Conseil (cf. > ici),
mémoire des Saints Clet et Marcellin, papes et martyrs.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai évoqué hier (cf. > ici) le quarante-troisième anniversaire de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Nous avons appris dans la journée de ce même 25 avril, par un communiqué laconique du Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou, qu’en ce jour anniversaire de la naissance de son saint aïeul et jour de son propre anniversaire, Monseigneur se trouvait à Moscou où, à l’invitation du Ministère russe de la Culture, l’aîné des Capétiens, accompagné de son épouse, la Princesse Marie-Marguerite, honorait de sa présence l’exposition intitulée « Saint Louis et les reliques de la Sainte Chapelle » que nous vous avions présentée il y a quelques semaines (cf. > ici).

Moscou 25 avril 2017 : Prince Louis de Bourbon & Princesse Marie-Marguerite

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et son épouse la Princesse Marie-Marguerite
ce 25 avril 2017 à Moscou pour l’exposition « Saint Louis et les reliques de la Sainte Chapelle »

Voici le texte du communiqué tel qu’il a été adressé au Président de l’UCLF par le Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou :

« Le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et Chef de la Maison de Bourbon, accompagné de la Princesse Marie-Marguerite de Bourbon, duchesse d’Anjou, son épouse, est à Moscou où Il visite aujourd’hui, 25 avril, jour anniversaire de la naissance du Roi Saint Louis son aïeul (1214) et jour anniversaire de sa propre naissance (1974), l’exposition Saint Louis et la Sainte-Chapelle au Kremlin sous la conduite du Ministère russe de la Culture. »

Moscou 25 avril 2017 : Prince Louis de Bourbon & Princesse Marie-Marguerite

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et son épouse la Princesse Marie-Marguerite
à Moscou ce 25 avril 2017 visitant le Kremlin

Comme l’organe officiellement chargé de la communication du Prince en France n’a été ni plus disert ni plus explicite, nous ignorons – pour le moment du moins – si cette visite a été pour notre Souverain de droit l’occasion d’une prise de parole.

Lully.

couronne reliquaire de St Louis

La couronne reliquaire de Saint Louis
exposée en ce moment à Moscou.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis | le 26 avril, 2017 |2 Commentaires »

2017-45. De quelques très incorrects addenda aux Litanies des Saints.

Mardi 25 avril 2017,
Fête de Saint Marc, évangéliste et martyr ;
Litanies mineures (en France) ;
43ème anniversaire de Monseigneur le Duc d’Anjou.

Prince Louis de Bourbon

« Ad multos annos ! »
Longue vie à notre Roi !
Que Dieu bénisse, protège et garde notre Roi !

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 25 avril, en sus des célébrations liturgiques propres à ce jour, nous célébrons dans une grande ferveur le 43ème anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

Frère Maximilien-Marie, auquel incombait en cette occurrence la charge de rédiger la lettre mensuelle aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale (lettre que l’on peut retrouver > ici), après que nous avons lu ensemble quelque texte émanant de la nébuleuse ecclésiastique française m’a montré en plusieurs endroits du journal du Comte de Chambord les commentaires qu’il y a fait, dans les années 1856-1857, au sujet de la flagornerie empressée des évêques et des curés à l’égard de Napoléon III : il s’indigne de leur servile platitude et n’hésite pas à qualifier certains discours épiscopaux de « dégoûtants »
C’est exactement le même qualificatif qui me venait à l’esprit en lisant certain communiqué publié ce 23 avril dans la perspective du second tour de l’élection pestilentielle : cette phraséologie dégoulinante de « bons sentiments » qui dénature le Saint Evangile et invite les fidèles (s’il y en a encore qui lisent ces textes !) à se comporter en béni-oui-oui émasculés reprenant en choeur tous les poncifs serinés par les loges… 

Notre Frère et moi en avons eu la nausée ! Plusieurs de nos amis auxquels nous avons exprimé notre dégoût et notre indignation, nous ont dit partager nos sentiments et n’avoir pu aller au bout d’un tel texte. L’une d’entre eux nous a même écrit que se livrer à une telle lecture jusqu’au bout n’était plus de l’ordre du sacrifice mais confinait au masochisme.
Cela m’a rappelé une bande dessinée de Frère Maximilien-Marie, déjà publiée ici au sujet des inflitrations maçonniques dans l’Eglise (voir > ici), et en conséquence cela m’a inspiré pour rédiger quelques addenda aux Litanies des Saints que l’on récite justement en ce jour, afin de supplier Dieu d’éloigner de nous les fléaux et les calamités.

Je vous livre ces invocations, telles qu’elles ont spontanément jaillies sous mes pattes plus que jamais aristocratiques, plus que jamais royalistes, plus que jamais légitimistes…

Patte de chatLully.

Fleur de Lys

Addenda aux Litanies des Saints
(que l’on peut insérer entre les invocations :
« De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous Seigneur ! »
et « De la mort éternelle, délivrez-nous Seigneur ! »)

De la peste libérale, délivrez-nous Seigneur !
Des poisons révolutionnaires, délivrez-nous Seigneur !
De la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », délivrez-nous Seigneur !
Des « immortels principes de 89 », délivrez-nous Seigneur !
De la souveraineté du peuple, délivrez-nous Seigneur !
Des « valeurs de la république », délivrez-nous Seigneur !
De tous les partis politiques, délivrez-nous Seigneur !
Des « fronts républicains », délivrez-nous Seigneur !
De la fièvre électorale, délivrez-nous Seigneur !
De la contagion du prurit prétendûment démocratique, délivrez-nous Seigneur !
De toutes les formes de rousseauisme, délivrez-nous Seigneur !
De l’hérésie du « contrat social », délivrez-nous Seigneur !
Des infiltrations de l’esprit de la révolution dans l’Eglise, délivrez-nous Seigneur ! 
Des applatissements épiscopaux devant la république, délivrez-nous Seigneur !
Des encensements cléricaux adressés à la démocratie, délivrez-nous Seigneur !
Des caricatures de la charité surnaturelle que l’on nomme indûment solidarité et accueil, délivrez-nous Seigneur !
Des rengaines bêtifiantes sur le « vivre ensemble », délivrez-nous Seigneur !
Des slogans sentimentalo-baveux au sujet des « migrants », délivrez-nous Seigneur !
Des aveuglements ecclésiastiques sur la réalité de la situation en France, délivrez-nous Seigneur !
De l’immonde république, délivrez-nous Seigneur !
De la dictature du Grand Orient, délivrez-nous Seigneur !
De toutes les sectes maçonniques, délivrez-nous Seigneur !
De l’empire de Satan, délivrez-nous Seigneur !

Concurrence BD détail)

Extrait de la BD « Concurrence » publiée > ici

2017-44. Quelques anecdotes désopilantes de la vie au Mesnil-Marie dans les alentours de cette fête de Pâques.

Mercredi de Pâques 19 avril 2017.

Philippe de Champaigne - les disciples d'Emmaüs

Philippe de Champaigne : les disciples d’Emmaüs
(huile sur toile de 1664, 217 × 226 cm, acquise en 1995 par le Musée des Beaux-Arts de Gand)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui nous connaissent dans le concret et qui ont approché de près mon « papa-moine » savent que la vie en notre Mesnil-Marie n’est pas triste du tout, bien au contraire, et qu’elle fourmille de petits événements drôles, d’anecdotes cocasses, de faits au départ très ordinaires qui se terminent de manière totalement désopilante, de rebondissements ou de saillies non réfléchis qui se concluent par de grands éclats de rire…
Une de nos amies, hilare, a même déclaré à Frère Maximilien-Marie, le jour où, devant la basilique Notre-Dame des Victoires (c’était l’époque où il vivait à Paris), il a été littéralement soulevé de terre par un égouttier qui poussait, par en dessous, la plaque de fonte sur laquelle notre Frère se tenait debout – et à laquelle il n’avait d’ailleurs même pas pris garde – : « Il y a vraiment des choses absolument impropables qui n’arrivent qu’à vous, qui sont des gags dignes de films de Jacques Tati, et qui paraîtraient totalement incroyables si toutefois nous n’en étions pas les témoins ! »
Voici donc, « cum grano salis », quelques uns de ces faits très récents dont je suis le témoin privilégié et qui se sont terminés par de grands fous rires.

pattes de chatLully.

Lièvre et poule de Pâques

Quelques jours avant Pâques, alors que Frère Maximilien-Marie est en train d’écrire dans son bureau, le téléphone sonne.

Frère Maximilien-Marie : « Allo ! »
Une voix de dame, sans dire bonjour et sans la moindre forme de présentation, pose une question à notre frère.
Frère Maximilien-Marie : « Bonjour Madame. A qui ai-je l’honneur ? »
Voix de dame : « Je préfère ne pas vous le dire ! »
Frère Maximilien-Marie, du tac au tac, sans réfléchir : « Et moi, ma maman m’a toujours bien recommandé de ne pas parler aux inconnus. Au revoir, Madame. »

frise de Pâques

Saint Jour de Pâques. Retour de la Grand’ Messe.

Frère Maximilien-Marie m’explique mi-confus mi-amusé qu’il a connu « l’un des plus grands moments de solitude de toute sa vie, devant toute la communauté paroissiale à la Messe de ce Saint Jour » (sic)…

En effet, comme il y avait deux servants de Messe (abondance rarissime), notre Frère pouvait chanter l’introït (ce qui n’est habituellement pas possible puisque, comme il est ordinairement tout seul et pour le service d’autel et pour le chant, il lui faut répondre au prêtre pendant les prières au bas de l’autel).
Cet introït de Pâques, « Resurrexi et adhuc tecum sum… », je puis vous assurer qu’il l’avait répété encore et encore dans les jours précédents et que, en outre, il avait emporté avec lui un enregistrement du propre de la Messe de Pâques qu’il a écouté en boucle dans l’auto pendant toute la durée du trajet…
Hé bien ! Lorsque Frère Maximilien-Marie l’a chanté au début de la Grand’ Messe, arrivé au double alléluia, après « scientia tua », ses côtes cassées (cf. > ici) se sont rappelées à son bon souvenir (merci, les filles !), et là, il s’est complètement planté.
Personne pour le « repêcher ». Impossible de retrouver le ton. Impression de perdre pied (frère Maximilien-Marie ne sait pas vraiment nager). Trou noir.
Il m’a expliqué : « Je me suis senti dans une hébétude complète, et n’avais même pas l’inspiration pour me lancer dans une improvisation baroque : je n’arrivais même plus à retouver le ton du verset ! Et pourtant, il fallait bien faire quelque chose ; il fallait bien arriver au bout ! A chaque note que j’émettais, je me disais intérieurement  : et pour la suivante, qu’est-ce que je vais faire ? Comment cela va-t-il se terminer ? Et il me semblait que cela durait des siècles… Et quand, justement, je suis arrivé à la fin du « saecula saeculorum. Amen », je n’avais plus un poil de sec et il me semblait que j’étais proche de la pâmoison. J’ai renoncé à la reprise du « Resurrexi » ; j’ai pris une grande respiration ; et j’ai embrayé sur le chant du Kyrie Lux et origo !!! »
Quand, à la fin de la Messe, tout vergogneux, il a demandé pardon de cet immense gâchis à quelques uns des fidèles présents, certains lui ont répondu qu’ils ne s’étaient rendus compte de rien et qu’ils avaient trouvé qu’il avait « très bien chanté » (sic)…
Y aurait-il eu des « grâces de surdité sélective » ?

Friandises et cloche de Pâques 2017

Les cloches et le lièvre de Pâques sont bien arrivés au Mesnil-Marie !

Saint Jour de Pâques.

J’ai trois bonnes nouvelles aujourd’hui :
1) Jésus est ressuscité !
2) J’ai réussi à saisir en plein vol une cloche qui revenait de Rome (et pour ceux qui ne croient pas que les cloches s’envolent le Jeudi Saint, se rendent à Rome, puis en reviennent le jour de Pâques chargées d’oeufs en chocolat, voici ci-dessus la preuve irréfragable de la vérité de ces faits : ceci est un authentique cliché non trafiqué montrant la cloche ailée que j’ai attrapée).
Ladite cloche ne s’est pas fait prier pour me donner des oeufs en chocolat à l’intention de mon papa-moine (et qui plus est dans un ramequin fleurdelysé !).
3) Et le lièvre de Pâques s’est aussi arrêté au Mesnil-Marie à seule fin de réjouir les papilles de mon moine qui, depuis plus de sept semaines, n’a pas mangé de viande, de poisson, d’oeufs, de fromages et de laitages, ni de tout autre met d’origine animale…

Frère Maximilien-Marie, jamais à court d’imagination, chante à tue-tête :

♫ ♪  Croquons un oeuf, croquons en deux,
♪ ♫  A la santé du moine heureux !
♫ ♪  A la santé du Roi de France !
♪ ♫  Et m…. aux révolutionnaires
♫ ♪  Qui nous ont déclaré la guerre !!!

Lièvre de Pâques

Lundi de Pâques.

1) Frère Maximilien-Marie, qui va mettre en route le lave-vaisselle, passe devant le ramequin où se trouvent les oeufs en chocolat.
2) Il en prend un au passage.
3) Arrivé au lave-vaisselle, il se saisit d’une « tablette lavante » (garantie haute performance et écologique !). 
4) Il la « dépiaute » (Grrrrr ! ces emballages sur lesquels est écrit « ouverture facile » et dont on met trois heures à venir à bout !!!).
5) Il jette l’emballage dans la poubelle.
6) Il porte ladite tablette à sa bouche…
7) … et réalise au moment du contact avec ses lèvres que ce ne doit pas être du chocolat !
8) Il cherche son oeuf en chocolat.
9) Il finit par le retrouver dans le compartiment du lave-vaisselle où il convient de placer les tablettes de lavage…

Chocolats de Pâques animés

Lundi de Pâques au soir.

L’Evangile de la Sainte Messe de ce jour (dans le missel traditionnel bien sûr), nous rapporte l’épisode de l’apparition de Notre-Seigneur aux disciples d’Emmaüs.
Philippe de Champaigne, l’un de mes peintres de prédilection, a représenté au moins deux fois le souper d’Emmaüs : l’une de ces toiles se trouve au Musée des Beaux-Arts d’Angers, l’autre au Musée des Beaux-Arts de Gand qui l’a acquise en 1995 et dont on trouve la reproduction dans plusieurs ouvrages : c’est celle que je préfère ; c’est celle que j’ai placée en-tête de ma publication de ce jour.
Allez-y ! Retournez tout en haut de cette page. Examinez bien cette toile. Regardez sous la table, aux pieds de Notre-Seigneur, et vous comprendrez sans peine pour quelle raison je l’aime beaucoup…

Eh bien ! Je dois vous dire que je l’aime encore davantage depuis que l’un de nos amis, très au fait des actualités les plus pointues du monde artistique, m’a révélé qu’à la suite d’une toute récente restauration de ce tableau – restauration qui n’est encore signalée dans aucune publication spécialisée, et dont je vous livre ici aujourd’hui le « scoupe » -, on s’est rendu compte que le chat tigré gris d’Emmaüs n’est en réalité que le résultat d’une retouche maladroite du XIXe siècle, et qu’on a réussi à retrouver par dessous l’original – d’un sublime inégalé – de la vraie main de Philippe de Champaigne.
Voici donc, pour vous mes chers Amis, en exclusivité absolue, le dévoilement de l’oeuvre authentique restaurée…

Philippe de Champaigne disciples d'Emmaüs après restauration

Publié dans : Chronique de Lully | le 19 avril, 2017 |8 Commentaires »

2017-43. « La puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer. »

Agnus Dei

Le mystère de la Croix ne se comprend bien que dans la lumière de Pâques : ce pourquoi au cours de la liturgie du Vendredi Saint, après le dévoilement solennel de la Croix et le chant des Impropères, l’Eglise chante cette antienne : « Crucem Tuam adoramus, Domine, et sanctam resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus… Nous adorons Votre Croix, ô Seigneur, et nous louons et glorifions Votre sainte résurrection ! »
Et la joie de Pâques n’évacue pas le mystère de la Croix, bien au contraire : elle le magnifie et le transfigure pour le faire rayonner glorieusement sur le monde.

En cette octave de Pâques, nous avons donc choisi de proposer à votre méditation ce texte remarquable et splendide du Bienheureux Vladimir Ghika – un des auteurs spirituels particulièrement aimé, lu et approfondi en notre Mesnil-Marie – que nous trouvons propre à apporter courage et consolation à tous ceux qui peinent et souffrent en ce bas monde, et que nous dédions à tous nos amis aux prises avec les diverses et multiples formes de la souffrance.

Crucifix chapelle Rome

La Croix rayonnante de l’Homme des Douleurs
(crucifix exposé dans une chapelle proche de la place Saint Sylvestre, à Rome)

Le mystère de la Souffrance :

« Souffrir, c’est ressentir en soi une privation et une limite. Privation de ce qu’on aime, limite apportée à ce qu’on aime. On souffre à proportion de son amour. La puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer. C’est en quelque sorte son ombre ardente et terrible – une ombre de sa taille, sauf quand le soir allonge les ombres. Une ombre révélatrice, qui nous dénonce. Elle suit, sans les jamais quitter, toutes nos aspirations, depuis l’amour obscur et inconscient que l’homme éprouve pour la plénitude, si restreinte, de son être propre, jusqu’à l’amour lumineux et désintéressé qu’il peut ressentir pour l’Être parfait, pour le Dieu infini.

Souffrir, c’est être blessé en l’un des mille amours qui nous composent. C’est éprouver une privation et une limite, soit dans les biens qu’on a possédés, soit dans ceux dont on a besoin, soit dans ceux que l’on désire. La souffrance peut affecter ainsi un de nos amours dans le passé, le présent ou l’avenir. Et par là, de même que l’amour qui lui donne naissance, elle lèse notre personnalité et la déborde. La souffrance est de la sorte une réalité, forte comme nous-même, une réalité adverse qui est en nous et qui est contre nous ; elle marque un arrêt plus ou moins complet d’une de ces motions du monde qui nous font être. C’est une négation, mais avant tout, une négation réelle. Le stoïcisme seul a voulu se donner le luxe de mettre en doute cette réalité, pour mieux en triompher dans la pratique. Il l’a fait au moyen d’un paradoxe de volonté, tout en phrases, sans rien changer à l’éternelle vérité des choses.

Il y a donc là une affreuse certitude, éprouvée par chacun, mais aussi, en même temps, une sorte de monstrueuse anomalie, que chacun reconnaît, tout comme cette réalité indéniable. La souffrance paraît une étrangère haineuse dans l’harmonie générale d’un univers d’ordre et de bonté où chaque être semble tendre par nature à se pleinement accomplir.

Aussi notre raison, dès qu’elle examine le problème de la douleur, ne peut la concevoir que comme restitution d’un équilibre perdu, ou comme attente d’un équilibre à retrouver ; dans le premier cas, châtiment d’un mal, châtiment qui rétablit pour ainsi dire un ordre moral interrompu ; dans le second, crédit méritoire sur une autre vie, qui, pour des âmes immortelles, constitue le seul état définitif, après une courte épreuve. La balance des maux et des fautes, des peines et des culpabilités, étant manifestement inégale et irrégulière en ce monde, l’un et l’autre cas ne représentent pour notre intelligence qu’un fragment de réponse à l’énigme, celle-ci destinée à ne se résoudre pleinement que grâce à l’intervention d’une « inconnue » certaine, les mystères d’un autre monde où se réalise la Justice.

Jusqu’où s’étend ici-bas cette double compensation ? On ne peut le savoir. Le secret en demeure pour la raison entre les mains d’un Dieu qu’elle a le pouvoir, et le devoir, d’affirmer, de prouver, de proclamer, sans assez arriver à Lui, sans pénétrer l’abîme de ses desseins.

Notre intelligence naturelle nous montre donc, dès le premier abord, le sens de la souffrance dans l’ordre moral, dans l’autre vie que cet ordre moral exige si impérieusement, dans la Sagesse et la Bonté de Dieu.
Elle nous montre ceci avec force, mais avec toutes les défaillances pratiques d’une lumière dont l’emploi dépend de nous, dont les ressources sont bornées, – avec toutes les ténébreuses angoisses d’une vie où l’entrecroisement de mille influences vient gêner le libre exercice de notre jugement.

Et quand même elle serait pleine, puissante et calme, cette raison, on sent que sa seule réponse à un problème comme celui de la douleur, aurait quelque chose de froid, d’incomplet, d’inefficace ; on sent que cette réponse tomberait bien à côté de nous. Que peut un raisonnement à une blessure d’amour ? Quel bien profond peut-il lui faire, et n’est-elle pas digne aussi d’être illuminée par autre chose qu’un pâle reflet d’intelligence créée ? Nous savons que la raison n’a pas tort, mais nous savons que nos larmes ont un peu raison, puisqu’elles ont raison de nous-mêmes.

Le problème se résout là plus loin que l’envol de notre pensée. Celui qui peut nous le rendre clair (et bienfaisant, comme toute chose connue) c’est et c’est seulement notre Dieu qui, suivant la parole de saint Jean, est plus grand que notre coeur. Il a tenu à l’éclairer d’une admirable clarté. Sans lui, sans sa grâce d’ailleurs, sur ce point, notre raison même chancelle, et, insuffisamment soutenue, ne va pas jusqu’au bout de ses propres conceptions : nous avons vu et nous savons qu’elle peut porter les vérités essentielles qui jettent un premier jour sur le sens de la douleur. Mais la raison d’un incroyant n’est pas, en pratique, une raison complète et vivante dans son propre domaine. Il y a toujours une angoisse, une incertitude, une misère inquiète dans les pensées de l’incrédule. «In cogitationibus impii interrogatio est… » Et plutôt que de voir dans la raison la confirmation partielle, mais forte, et l’attente suppliante de la foi, il rétrograde en deçà de l’usage normal de ses facultés; il écarte Dieu, l’immortalité de l’âme, l’autre monde toutes choses qu’il redoute – (données fournies pourtant aussi bien par la science que par la foi), et se prépare ainsi pour ici-bas une vie diminuée d’essor, pour cet autre monde qu’il n’a pas, même humainement, le droit de méconnaître, des souffrances sans nom et sans fin.

Le chrétien, lui, complète et illumine, avec le secours de Dieu, sa connaissance naturelle de la douleur. La souffrance ne cesse pas, pour lui, d’exister, en théorie comme en pratique. Au contraire, elle existe pour lui plus que pour aucun autre ; il la sent d’abord, il la sent plus que n’importe qui, car son âme est plus pure et par conséquent moins distraite, moins arrachée par mille objets divers à cette douleur ; il la connaît, il la comprend, avec tout le mystère d’enveloppement et de possession contenu en ce mot « comprendre » ; il en multiplie les sujets ; il doit manier et conduire cette chose terrible, aller jusqu’à l’aimer, jusqu’à la chercher, quand elle est noble et belle et qu’elle le jette plus vite en Dieu.

C’est qu’il a pour tout faire la grande lumière et la grande force de la Révélation. Le chrétien sait, le chrétien croit, et il vit de cette science et de cette foi. Nous allons suivre la chaîne lumineuse de vérités qui l’entraîne et l’éclaire en même temps, et voir ce que devient la souffrance dans la clarté de Dieu, dans le plan des divines cohésions, en passant par ces anneaux qui se tiennent: le péché originel, la rédemption, l’oeuvre du salut, le monde du bonheur éternel.

Même ainsi, même avec tous les secours de la foi, le mystère d’une chose aussi profonde (profonde comme l’énigme du mal) suivi en tenant une chaîne dont les deux bouts sont au ciel, ne saurait être pleinement éclairci dès à présent : sa complète compréhension est réservée à ce monde où il nous est dit qu’il n’y aura plus de larmes dans des yeux qui verront Dieu face à face. Et là même, comme pour en perpétuer non seulement le sens mais le caractère secret, il en demeurera encore une trace étrange, – pour Dieu seul : les cinq plaies ineffaçables de Notre-Seigneur, – dernier héritage et seul souvenir de l’infinité de la faute, lavée dans l’infinité de la douleur par l’infinité de l’amour.

Mais si, sur la terre, il doit toujours subsister dans la souffrance quelque mystère pour le chrétien, c’est un mystère comme ceux de sa religion, fait pour augmenter sa foi, son espérance, son amour, ses mérites ; un de ces mystères admirables et féconds, pleins de leçons plus hautes que tous les enseignements des choses. – Intermédiaire entre les mystères de la nature, qui nous débordent par leur nombre et leur complexité, mais qui ne sont pas, par eux-mêmes, au-dessus de notre portée – et les mystères de la religion, qui nous dépassent essentiellement, l’ordre des mystères de la souffrance constitue comme un état à côté de la nature et une préparation au monde surnaturel. C’est d’ailleurs l’ordre choisi par l’Homme-Dieu pour faire passer l’humanité d’un monde à l’autre. Il y a dans la douleur quelque chose de l’essence mystérieuse du sacrement.
Elle est comme un
sacrement de néant, le sacrement des « absences réelles », une sorte de sacrement à rebours … Dieu porté par le vide… »

Bienheureux Vladimir Ghika,
in « Entretiens spirituels » – Beauchesne, 1961 pp. 61-66

Bx Vladimir Ghika

Le Bienheureux Vladimir Ghika (1873-1954)

Publié dans : Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 18 avril, 2017 |Pas de Commentaires »

2017-42. Voeux de Pâques 2017.

Sainte Nuit de Pâques,
Samedi 15 – Dimanche 16 avril 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour vous souhaiter Joyeuses Pâques,
Pour vous chanter l’Alléluia,
J’ai choisi pour vous quelques cartes
Dans les « trésors » de mon papa.

Voici pour vous des couleurs tendres,
Voici pour vous des angelots :
Dans l’air des cloches font entendre
Des tintements aux sons nouveaux.

Voici des oeufs qui symbolisent
La vie et la Résurrection,
Et quelques vers où s’harmonisent
Nos plus joyeuses traditions…

Patte de chatLully.

Cloche gif

Blogue Pâques 2017 - 1

« Mon âme est pleine de cloches, 
« Mon âme est pleine d’oiseaux ! (…) »

[Stuart Fitzrandolph Merill (1863-1915), in "Chanson de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 2

« Mon âme est pleine d’églises, 
« Mon âme est pleine de fleurs ! (…) »

[Stuart Fitzrandolph Merill (1863-1915), in "Chanson de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 3

« Voici venir Pâques fleuries,
« Et devant les confiseries
« Les petits vagabonds s’arrêtent, envieux.
« Ils lèchent leurs lèvres de rose
« Tout en contemplant quelque chose
« Qui met de la flamme à leurs yeux (…). »

 [Marcel Pagnol (1895-1974), in "Oeufs de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 4

« (…) Alléluia ! Jésus, mon espérance,
« Jésus, mon Maître, est vivant à jamais !
« Alléluia ! Jésus, ma délivrance,
« Marche devant nous désormais. Alléluia !

« Alléluia ! Suivons-Le dans la peine
« Dans les sueurs et l’épreuve aujourd’hui
« Entrons sans peur dans la mort incertaine :
« Nous en sortirons avec Lui. Alléluia !

« Alléluia ! D’une âme fraternelle,
« Suivons-Le tous dans la paix et l’amour,
« Il nous conduit à la joie éternelle
« Où nous Lui chanterons un jour : Alléluia ! »

[Marie Noël (1883-1967), in "Cantique de Pâques" - 1918]

Blogue Pâques 2017 - 5

Bonnes, belles, ferventes et saintes fêtes de Pâques !

Joyeuses Pâques

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XII à Jésus ressuscité > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 15 avril, 2017 |Pas de Commentaires »

2017-41. Marqués et imbibés par le Sang du Christ Sauveur, nous sommes arrachés à la puissance de l’ange de mort pour être réunis aux élus du Ciel.

Samedi-Saint.

Le Samedi Saint, avec la Très Sainte Vierge Marie, nous veillons dans l’attente de la Résurrection de Notre-Seigneur.
Nous pouvons, bien sûr, relire et méditer la très ancienne et très célèbre homélie pour le Samedi Saint que nous avons déjà publiée (cf. > ici), en laquelle l’auteur décrit la descente de Notre-Seigneur aux enfers ; et nous pouvons également relire et approfondir les explications et commentaires de Saint Thomas d’Aquin sur ce point de notre foi si méconnu aujourd’hui (cf. > ici).

Mais nous vous proposons aussi de découvrir un sermon de notre glorieux Père Saint Augustin prononcé à l’occasion d’une Vigile de Pâques, sermon dans lequel il développe les motifs de notre joie et établit le parallèle entre le sang protecteur de l’agneau sacrifié par les Hébreux la nuit de leur passage de l’esclavage de l’Egypte vers la liberté, et le Précieux Sang de l’Agneau véritable qui a mis fin à la Pâque ancienne par l’offrande de l’unique Sacrifice rédempteur.

Agnus Dei

Marqués et imbibés par le Sang du Christ Sauveur,
nous sommes arrachés à la puissance de l’ange de mort
pour être réunis aux élus du Ciel.

Sermon de
notre glorieux Père Saint Augustin
pour la
Vigile de Pâques

§ 1 – Qu’il faut célébrer solennellement la Vigile de Pâques.

Avec l’aide miséricordieuse de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous devons, frères bien-aimés, célébrer religieusement ce jour qui Lui est solennellement consacré : qu’en cette fête, Sa bonté ineffable à notre égard soit, pour nous, un sujet d’admiration !
En effet, Il ne S’est point contenté de subir toutes sortes d’infirmités pour opérer l’oeuvre de notre rédemption, Il a voulu encore partager le culte que nous rendons à Dieu en différentes solennités, et faire de chacune d’elles une occasion précieuse de mériter l’éternel bonheur ; car, alors, notre sainte religion nous invite, par ses attraits, à sortir du long sommeil de notre inertie ; aussi, pour nous préparer à la célébration de ces grands jours, nous éveillons-nous, non point malgré nous, mais avec empressement et de bon coeur.
Puisque nous avons entendu volontiers Son appel, sortons donc de notre léthargie, passons, dans les élans de la joie, cette sainte nuit de Pâques, et célébrons cette grande solennité avec toute la dévotion dont notre âme est capable. Elevons-nous au-dessus de ce monde, pour échapper à la mort qui doit le ravager : par nos désirs, faisons descendre du ciel les rayons brillants de Sa divinité, célébrons la Pâque, « non avec le vieux levain, ni avec le levain de la malice et de l’iniquité, mais avec les, azymes de la sincérité et de la vérité » (1 Cor. V, 8), c’est-à-dire, non dans l’amertume de la malice humaine, car tout ce qui ne vient que de l’homme n’est pas sincère, mais dans la sincérité de la sainteté qui vient de Dieu. La sainteté qui vient de Dieu consiste dans la chasteté, l’humilité, la bonté, la miséricorde, l’humanité, la justice, la douceur, la patience, la vérité, la paix, la bénignité : tel est l’ensemble de la sainteté chrétienne, que corrompt le levain de la malice humaine ; or, ce levain n’est autre que l’impudicité, l’orgueil, l’envie, l’iniquité, l’avarice, l’intempérance, le mensonge, la discorde, la haine, la vaine gloire, toutes choses auxquelles l’apôtre Saint Paul veut que nous restions étrangers ; car il nous dit : « Non avec le vieux levain de la malice ».

§ 2 - Pourquoi cette Vigile doit être pour nous un jour d’allégresse.

Que la Pâque du Christ devienne le sujet de notre joie !
C’est pour nous, en effet, qu’Il naît, qu’Il meurt dans les souffrances et qu’Il ressuscite ; c’est afin que, par Lui, nous renaissions à la vie au milieu des tribulations, et qu’avec Lui nous ressuscitions dans la pratique de la vertu.
N’a-t-il pas, dans cette nuit, opéré la restauration de toutes choses ?
Il y est ressuscité en qualité de prémices, afin que nous ressuscitions tous après Lui : Il y brise les chaînes de notre esclavage, Il nous rend la vie que nous avons perdue en Adam. Celui qui nous a formés à l’origine des temps, revient, après Son voyage sur cette terre, à Sa patrie, au Paradis, de la porte duquel Il a écarté le chérubin. A partir de cette nuit où s’est opérée la résurrection du Seigneur, le paradis est ouvert. Il n’est fermé que pour ceux qui se le ferment, mais il n’est ouvert que par la puissance du Christ. Qu’Il revienne donc au ciel, et nous devons Le croire ; qu’Il revienne au ciel Celui qui ne l’a jamais quitté ! Qu’il monte à côté du Père, Celui qui y est toujours resté.
De fait, ne croyons-nous pas que la vie est morte pour nous ? Et comment la vie est-elle morte ? Nous croyons que le Christ, qui est mort, qui a été enseveli, qui est ressuscité et monté au ciel, n’a jamais, pour cela, quitté le Père et le Saint-Esprit.

§ 3 – Accomplissons notre passage avec le Christ (car « Pâque » signifie passage), afin d’être sauvés.

« Phase » ou « Pâque » signifie : passage ou traversée. Consacrons-nous nous-mêmes en nous marquant du Sang du Christ ; ainsi passera, sans nous nuire, celui qui ravage le monde ; ainsi la mort, qui doit faire tant de victimes, nous épargnera. Ceux-là sont épargnés par le démon, ceux-là échappent à ses coups, devant lesquels il ne s’arrête pas ; car le Sang du Christ une fois placé sur une âme, les innombrables gouttes de pluie que le diable répand sur le monde ne peuvent ni humecter ni délecter cette âme. Puissions-nous donc nous trouver ainsi imbibés du Sang du Christ, c’est-à-dire marqués du signe de sa mort !
Ce signe reste parfaitement imprimé sur nous, aussi longtemps que nous mourons et que nous vivons pour Celui qui est mort pour nous. Le sang du Christ rejaillit, en quelque sorte, sur nous, quand nous portons Sa mort en nous (2 Cor. IV, 10), de manière à ne jamais le laisser effacer par la pluie des passions humaines ou par l’eau torrentielle des persécutions du siècle. Que ce Sang sèche donc sur nous, qu’il en devienne à jamais inséparable ; qu’il se répande sur nous et nous teigne : que non-seulement il nous teigne, mais nous purifie encore, après qu’il nous aura fait mourir au monde.
Le Dieu qui a imprimé le signe de Sa croix sur tous nos membres, peut les purifier toujours. C’est par là que nous pourrons nous réunir aux élus dans le ciel, moyennant le secours de Celui qui vit et règne, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Descente aux limbes, Duccio, Maesta, Sienne

Duccio di Buoninsegna : le Christ dans les limbes
(« Maesta » de Sienne 1308-1311)

2017-40. « Cherchez à comprendre tout ce que le cœur de Marie ressentait de tendresse, d’amour, de compassion, à chaque parole qui sortait des lèvres de Jésus-Christ… »

Anne-Eugénie Milleret de Brou, née le 26 août 1817 dans une famille aisée éloignée de la pratique religieuse, fut convertie à l’âge de 19 ans et fonda à l’âge de 22 ans (1839), sous la Règle de Saint-Augustin, les Religieuses de l’Assomption, vouée à l’éducation et à l’adoration du Très Saint-Sacrement.
Devenue Mère Marie-Eugénie de Jésus, elle présida aux développements de sa fondation. Elle se plaça en 1841 sous la direction spirituelle du Vénérable Emmanuel d’Alzon, vicaire général du diocèse de Nîmes, qui fondera un peu plus tard la congrégation des Augustins de l’Assomption (Assomptionnistes). Ses dernières années furent marquées par les atteintes de la paralysie. Elle rendit son âme à Dieu le 10 mars 1898, dans sa 81e année.
Béatifiée en 1975, elle a été canonisée par S.S. le Pape Benoît XVI en 2007.
Voici un extrait des instructions que Sainte Marie-Eugénie de Jésus donna à ses religieuses pour les inviter à méditer et à approfondir les Sept Paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la Croix.

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Eglise Sts Simon et Barthélémy Laval Québec - Vitrail compassion

« Voici votre Mère ! »
(vitrail de l’église des Saints Simon et Barthélémy, à Laval – Québec)

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Instruction pour aider à
la méditation des
Sept Paroles de Jésus en Croix :

Il n’est pas possible de se mettre au pied de la Croix de Notre-Seigneur, sans se laisser pénétrer des dernières paroles qu’Il a prononcées. Quand on est auprès d’un lit d’agonie, quand on fait cette dernière veille auprès des personnes qui nous sont chères, comme on conserve dans son cœur les dernières paroles prononcées ! Combien plus, quand ce sont les paroles mêmes de Notre-Seigneur !

Les trois premières disent surtout l’infinie bonté de Notre-Seigneur. Le voilà entouré d’outrages, au milieu des souffrances les plus horribles. Il est cloué sur la croix, Il va mourir dans l’agonie la plus cruelle, et Il est tout occupé des autres, Il ne dit que des paroles d’excuse et de consolation. La première de toutes est celle-ci : Père pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font [Lc 23, 34].

Notre-Seigneur nous avait déjà enseigné à dire dans le Pater : Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés [Mt 6, 12]. Il semble que ce soit là une vertu élémentaire, puisque tout chrétien est obligé de la pratiquer. Eh bien, ce n’est pas une vertu qu’on trouve pleine, entière, complète dans toutes les âmes chrétiennes. On trouve souvent une trace, un souvenir de ce qui a blessé, de ce qui a été pénible. C’est ce que Notre-Seigneur veut détruire en vous, quand Il dit : Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Il disait cela de Ses ennemis les plus cruels, de pécheurs endurcis et qui ne se convertiraient pas. Cette parole s’appliquait à Pilate, à Judas qui peut-être n’avait pas encore terminé sa triste vie, à Hérode, à ceux qui sont évidemment morts dans l’impénitence finale, comme elle s’appliquait à ceux qui étaient au pied de la croix et se sont convertis. Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.
Je désire que, par cette parole, vous appreniez à entrer dans l’intérieur du Cœur de Notre-Seigneur. Il n’est qu’amour, miséricorde, et, vis-à-vis de toutes les injures, de tout le mal qu’on Lui fait, ne répond que par des désirs de salut.

La deuxième parole est pour le larron. Notre-Seigneur donne là, pour tous les pécheurs pénitents, une consolation suprême.
Tout pécheur pénitent qui souffre avec Jésus-Christ, qui unit ses souffrances à celles de Jésus-Christ, – car il faut souffrir pour réparer et être pardonné – entend cette parole : Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis [Lc 23, 43]. C’est celle qu’Il adresse à ce grand pécheur qui a recours à Lui.

Tout de suite après, Il S’est occupé de chacun de nous, de vous, de moi, en s’occupant de la très Sainte Vierge. Femme, lui dit-Il, voici ton fils [Jn 19, 26] ; puis, s’adressant à nous, à chacun de nous : Fils, voici ta mère.

À ce moment-là, Il nous a donné ce qu’Il avait de plus précieux, ce qui, en quelque état que nous soyons, doit assurer notre salut. Il nous a donné une mère dans la très Sainte Vierge. Elle, qui avait un si grand sacrifice à faire, nous a acceptés. Notre-Seigneur savait bien qu’Il donnait à la Sainte Vierge des fils indignes d’elle. En effet, dit saint Bernard, quel changement ! Le serviteur à la place du maître, le fils de Zébédée à la place du Fils de Dieu, la créature à la place de Jésus [Sermon sur les 12 étoiles, 2e nocturne de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs] – et non seulement une créature comme saint Jean, mais une créature comme vous.

Les autres paroles de Notre-Seigneur s’adressent toutes à Dieu.

Notre-Seigneur avait parlé aux hommes dans la miséricorde et la bonté. Puis Se retournant vers Son Père, Il Lui dit : J’ai soif ! [Jn 19, 28] Cette parole est la plus mystérieuse de toutes. Sans doute, Notre-Seigneur avait extrêmement soif, et la dernière dérision de Ses ennemis fut de Lui offrir le fiel et le vinaigre ; mais aussi Il avait soif des âmes et Il disait à Dieu : « Accordez-Moi des âmes ; je vous donne pour elles Mon sang et Mes douleurs. » C’est dans ce sens-là qu’Il dit cette parole : Sitio, qui a été l’objet de la méditation de tant d’âmes.

Puis Il dit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-Vous abandonné ? [Mt 27, 46] Cette parole nous fait pénétrer dans l’intérieur des douleurs de Notre-Seigneur. À ce moment-là ce n’étaient pas seulement les douleurs de l’agonie, mais les douleurs de l’âme que Jésus acceptait et exprimait ainsi. Il était là couvert de nos péchés, frappé par Dieu ; Il était là comme un lépreux, devenu un objet d’abomination, Lui qui était le Fils bien-aimé du Père et l’objet de toutes les complaisances divines. Son âme passait par des angoisses que des âmes saintes ont partagées, quoique de loin. Cette parole, échangée entre Jésus-Christ et Dieu, nous fait voir de quel prix Il a payé nos âmes.

Puis Il dit : Tout est consommé [Jn 19, 30]. J’ai payé pour les âmes, j’ai fait tout ce que Vous demandiez, j’ai accompli tout ce que Vous aviez fixé pour moi. Tout est consommé.

Enfin Sa dernière parole fut celle-ci : En Vos mains, Seigneur, Je remets Mon esprit [Lc 23, 46]. Vous répétez tous les jours cette parole à l’office de Complies. L’Église l’a adoptée pour la prière du soir. Tous les soirs, il faut remettre son âme entre les mains de Dieu, comme si on ne devait plus se réveiller, s’unissant à Notre-Seigneur disant Sa dernière parole : En Vos mains, Seigneur, je remets mon esprit !

Chacune de ces paroles de Notre-Seigneur a été gravée dans le cœur de la très Sainte Vierge. Elle se tenait debout au pied de la croix. 

On représente quelquefois Marie, le cœur percé de sept glaives, et on peut dire que ces sept paroles ont été autant de glaives d’amour.
Certainement elle connaissait Jésus-Christ mieux que nous ne Le connaissons. Cependant, ces dernières paroles si pleines de miséricorde, de pardon, d’indulgence envers le pécheur, si pleines de la bonté de Dieu, ont comme percé le cœur de la très Sainte Vierge, d’amour et de compassion.

Mettez-vous beaucoup au pied de la croix avec elle, regardez Jésus avec elle et comme elle. Cherchez à comprendre tout ce que le cœur de Marie ressentait de tendresse, d’amour, de compassion, à chaque parole qui sortait des lèvres de Jésus-Christ, et enfin à cette dernière qui marque la consommation du sacrifice : En Vos mains, Seigneur, Je remets Mon esprit !

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Extraits d’une instruction donnée au chapitre, 8 avril 1881.

Eglise Sts Simon et Barthélémy Laval Québec - Vitrail Compassion (détail)

« Voici votre Mère ! »
(détail du vitrail de l’église des Saints Simon et Barthélémy, à Laval – Québec)

2017-39. La tour nord et la flèche de la basilique de Saint-Denys seront bien reconstruites.

Lundi saint 1o avril 2017,
101e anniversaire du rappel à Dieu du chanoine Antoine Crozier (cf > ici et > ici)

Basilique Saint-Denys façade photographiée avant le démontage de la tour nord

Basilique-nécropole royale de Saint-Denys
photographie de la façade réalisée avant le démontage de la tour et de la flèche (1846)

Fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce commencement de Semaine Sainte, alors que cela fait maintenant un mois que la chose a été tranchée au sommet de l’Etat (ce qui ne veut pas dire que l’on a coupé le cou à celui qui exerce pour quelques semaines encore la présidence de la république !), j’ai une bonne nouvelle à vous communiquer (il n’y en a tout de même pas que des mauvaises en ce bas-monde et en ces tristes temps).
Comme nous vous en avions informés (cf. > ici), la Commission nationale des Monuments Historiques avait émis le 30 janvier dernier un avis (consultatif) défavorable pour le projet de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique-nécropole royale de Saint-Denys, mais le gouvernement [d'occupation] a, lui, passé outre l’avis de la sus-dite Commission nationale et a décidé d’autoriser ce chantier et le commencement prochain des travaux.
En foi de quoi, Monsieur François Hollande s’est déplacé à la basilique de Saint-Denys le samedi 11 mars dernier pour y porter la nouvelle de manière très officielle.

Je n’irai pas jusqu’à insérer dans mon blogue la vidéo du discours de celui qui est – pour encore très peu de temps – président de la république, mais si vous voulez la visionner, il vous suffira de cliquer > ici.
Pour le cas où vous le feriez, je vous engage à bien « admirer » la faconde du sinistre (je rappelle que cet adjectif signifie : de gauche) personnage et à remarquer sa goujaterie, puisque en présence de Monseigneur l’Evêque du lieu, il a cité celui-ci en dernier dans les adresses préliminaires à son discours, contrairement à tous les usages et règles de la bienséance…

Je ne vous cache pas qu’en dépit de la profonde aversion – voire répulsion – que j’éprouve et pour la république, et pour le gouvernement actuel (mais bientôt passé), et pour l’actuel chef de l’Etat, cette annonce m’a fait bondir de joie ; si bien que, nonobstant le Carême et la Semaine Sainte, j’ai spontanément éprouvé le besoin de chanter un vibrant Alléluia !!!

Après donc de multiples rebondissements depuis 1846, date à laquelle la tour et la flèche avaient été démontées, comme je le rappelais le 31 janvier dernier (cf. > ici), nous avons donc maintenant bon espoir, si Dieu nous prête encore une dizaine d’années de vie, de voir la façade de cette basilique si chère à nos coeurs à nouveau dans sa splendeur originelle : Ainsi soit-il ! 

pattes de chatLully.

Abbé Suger

Suger, abbé de Saint-Denys (1080-1151)
initiateur des travaux d’agrandissement et d’embellissement de la basilique
qui sont à l’origine de « l’art français », c’est-à-dire le gothique.

2017-38. Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : inscrivez-vous sans retard !

Inscrivez-vous sans retard
pour le
pèlerinage de la Confrérie Royale
des 26 & 27 mai 2017
au Puy-en-Velay

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Le bulletin d’inscription est à télécharger, pour être imprimé et nous être renvoyé, ici Bulletin d’inscription pèlerinage & repas

Rappel : la présentation et le programme du pèlerinage ont été publiés > ici

Affiche pèlerinage 26-27 mai 2017

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis | le 10 avril, 2017 |Pas de Commentaires »
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