2012-22. Vexilla Regis prodeunt!

« Vexilla Regis prodeunt, fulget Crucis mysteriumles étendards du Roi s’avancent, le mystère de la Croix resplendit… »

Nous allons commencer le temps liturgique de la Passion (voir les textes sur l’excellent site « Introibo », ici > www), où l’attention de toute l’Eglise va se concentrer sur le mystère de la Croix rédemptrice de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Même après vingt siècles, la Croix reste « choquante » pour les hommes s’ils ne la regardent qu’avec leur sensibilité ou avec leur raison « terrestres ».
Aujourd’hui encore, ainsi que l’écrivait Saint Paul aux Corinthiens, « la doctrine de la Croix est une folie pour ceux qui vont à leur perte ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une force divine » (1 Cor. I, 18).

Je livre donc à votre réflexion (car c’est bien de cela qu’il s’agit malgré l’apparence « légère » suggérée par la présentation et les dessins), en rapport avec le thème de la Croix et de la souffrance rédemptrice, une autre de ces petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie, que vous êtes assez nombreux à apprécier si j’en crois certains de vos messages.
A tous, je souhaite un bon et surtout très fervent Temps de la Passion.

Lully.

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Si-la-Croix-vous-fait-peur1 bande dessinée dans De liturgia

Si-la-Croix-vous-fait-peur2 Croix

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Les autres bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie publiées sur ce blog sont ici > www

Publié dans : Bandes dessinées, De liturgia | le 22 mars, 2012 |2 Commentaires »

2012-21. « Les vrais rationalistes sont les chrétiens ».

Notre fidèle amie Marie-Christine Ceruti-Cendrier, professeur titulaire à la faculté de théologie de l’université d’état de Minsk (Biélorussie), qui avait déjà publié – en 1997, chez Téqui – un excellent livre, dont nous ne cessons de recommander la lecture, intitulé « Les Evangiles sont des reportages n’en déplaise à certains »

2012-21.

… vient de faire paraître un nouvel ouvrage d’apologétique que nous nous empressons de vous signaler et qui a cette fois pour titre : « Les vrais rationalistes sont les chrétiens ».
Je ne peux mieux faire que de vous recopier ci-dessous avec son aimable autorisation la présentation qu’elle a rédigée elle-même de ce livre dont elle nous a écrit : «  Je prie pour que ce livre aide la foi des gens qui le liront. En fait c’est le fruit de recherches qui ont débuté quand j’étais étudiante… »
Qu’elle soit ici chaleureusement remerciée pour son patient travail et son zèle à défendre la foi divinement révélée contre les attaques innombrables et les erreurs de nos temps troublés.

Lully.

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« Rationalistes » un nom usurpé.
Ce livre démontre par les mathématiques, la physique, l’astronomie, la biologie… que la raison ne se trouve pas du côté de ceux qui s’obstinent à vouloir que le hasard soit rationnel. Il explique par quelles mystifications les pseudo-rationalistes sont parvenus à faire croire que l’athéisme est cohérent et à forcer les Chrétiens eux-mêmes à se persuader que leur foi est étrangère à la raison.

En effet la question qui se pose aujourd’hui n’est plus pourquoi l’humanité a-t-elle créé la religion, par quel processus l’idée d’une divinité a-t-elle pu germer et/ou comment se fait-il que le Christianisme se soit développé, mais plutôt comment l’athéisme peut-il bien s’expliquer, comment une telle obstination en fait obscurantiste pour nier l’évidence est-elle possible.
Les sciences de la nature, chacune de son côté, en se développant, buttent devant l’impossibilité logique de l’absence d’une intelligence extérieure au monde, sur la nécessité d’un début de l’univers, sur une complexité du vivant inexplicable par le hasard, sur l’omniprésence d’une information qui n’a rien de matériel, sur des lois physiques qui sont justement des lois, sur des mathématiques qui se permettent de se présenter comme extérieures à la volonté de l’homme, sur une terre, une galaxie, un univers qui apparaissent comme un immense mécanisme organisé pour permettre la vie.
Et en face de cela nous trouvons des efforts désespérés et quelque peu pitoyables pour essayer de gommer ces difficultés. Tout y passe, la panspermie, le multivers, le hasard, la sélection (qui ne peut sélectionner que ce qui existe déjà, pis qui ne peut sélectionner le meilleur qu’en vertu d’un choix de valeur, surtout quand il s’agit de matière inanimée, mais même dans le cas du vivant – pourquoi la vie serait-elle préférable à la mort ou au néant si ce n’est à cause d’une loi, d’une loi préexistante?), la divinisation de la nature qui prend la forme d’une certaine écologie et qui n’est qu’un panthéisme déguisé, l’affirmation divertissante que les organismes vivants ne sont que bricolage – avec des broutilles d’exemples qui ne servent à démontrer que notre ignorance.
Evidemment le brouillage de pistes et la loi du silence sont fort en vogue aussi. Quand la connaissance scientifique devient trop explicite en faveur d’une existence dont on ne veut pas, on s’arrange pour qu’elle ne perce pas.

Et quand ce n’est pas suffisant la fureur prend place. Une fureur relevant d’un déséquilibre affectif, nerveux et certainement pas rationnel, bien surprenante chez ceux qui s’affirment comme détenant le monopole de la rationalité justement;

Avant d’aborder l’examen du mécanisme intérieur psychologique qui porte à ces conséquences étranges, il ne sera pas mauvais d’évaluer les arguments avoués ou plutôt brandis extérieurement et officiellement pour rejeter la valeur rationnelle du Christianisme.
Le Christianisme a-t-il été source d’ignorance et d’obscurantisme et dans ce cas comment se fait-il que ce sont les pays de vieille culture catholique qui sont aujourd’hui les leaders de la science et du progrès?
De la morale chrétienne et de la morale athée, statistiques en main, laquelle bloque-t-elle davantage l’évolution positive de la société et de l’individu?
Comment se fait-il que la religion la plus persécutée dans le temps et l’espace tienne encore debout si elle est aussi irrationnelle qu’on le prétend?

En effet c’est sur ces arguments-là qu’on essaie de tuer le Christianisme.
Les vraies raisons de cette volonté de carnage ne peuvent pas être avancées. La guerre psychologique a besoin de s’appuyer sur des motifs rationnels en non psychiques voire pathologiques. Le Christianisme est présenté comme un amas de croyances subjectives, émotionnelles, et fanatiques.
Il est temps de renverser les rôles… et de nous poser la question :
Le Christianisme est-il irrationnel ou est-il l’entité qui, plus que toutes les autres, a défendu et promu la valeur de la raison?

Marie-Christine Ceruti-Cendrier.

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Dominique Martin-Morin éditeur – février 2012

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Lectures & relectures | le 21 mars, 2012 |3 Commentaires »

2012-20. « Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu… »

Les quelques mots qui servent de titre à ma publication de ce jour, sont extraits d’un texte de Gustave Thibon, que l’un de nos amis a eu la bonne idée de nous faire parvenir ce matin (qu’il en soit chaleureusement remercié!).

L’espèce de tourbillon infernal qui entraîne dans sa folie les familles et les sociétés, le spectacle plus qu’affligeant donné par les dirigeants des états (et par ceux qui, en ce moment, briguent à le devenir), le scandale permanent que représentent les systèmes politiques et économiques malheureusement régnant, les rouleaux compresseurs psychologiques et médiatiques qui broient les consciences et tendent à briser les dernières résistances des derniers esprits libres… etc., sont les signes évidents d’une faillite qui n’a peut-être pas de précédents dans l’histoire humaine.

Ce texte de notre cher « paysan philosophe » date de 1946 : il appartient à un recueil publié à l’occasion du centenaire de l’apparition de Notre-Dame de La Salette.
Soixante-six ans plus tard, il reste d’une actualité prophétique, comme d’ailleurs nombre de textes de Thibon.
En nous rappelant que l’homme, tournant le dos à Dieu et refusant les sollicitudes de Sa grâce, se fait lui-même l’instrument de son malheur, la lucidité de Gustave Thibon, si étrangère aux sottises de l’optimisme humain, nous prémunit une fois de plus contre le désespoir, parce qu’elle relaie l’appel à la conversion, demandée par Notre-Dame de La Salette, et parce que cette conversion – toujours possible – est finalement le seul fondement de l’espérance.
Pour qui sait lire, ce que Thibon traduit ici dépasse largement les perspectives du monde paysan de 1946, et peut s’accorder à la spiritualité de ce temps du carême, mais aussi à la manière dont nous devons réagir devant les tristes pitreries de la campagne pour les élections pestilentielles…

Lully.

2012-20.

Le Message de Notre-Dame de La Salette au monde paysan :

« C’est à l’univers entier que la Vierge immaculée s’est adressée il y a cent ans par l’intermédiaire de Maximin et de Mélanie.  Mais le fait qu’elle ait choisi pour transmettre son message, deux pauvres enfants de la terre,  témoigne assez haut de sa sollicitude pour le monde paysan.  Nous avons eu la primeur de ce message ; c’est donc à nous qu’il s’adresse en premier lieu.

Certains esprits superficiels ont été choqués par les terribles menaces contenues dans le discours de Notre-Dame de la Salette.  Nous ne pouvons pas croire à un Dieu si cruel, ai-je entendu dire.  C’est oublier que les menaces divines ne sont que des promesses retournées.  Dieu n’est cruel que dans la mesure où les hommes, en fermant leur cœur à sa grâce, l’empêchent d’être bon. « Je ne peux plus retenir le bras de mon Fils… » Le premier refus vient de nous.  Cette main de Dieu qui nous frappe, c’est la main toute miséricordieuse, pleine de dons, préparés pour nous de toute éternité, et que nous contraignons, par notre indifférence, à se refermer sur ses présents.  Dieu n’a pas même à nous punir positivement : il suffit qu’il se détourne de nous pour qu’abandonnés à la pesanteur du péché nous roulions fatalement au fond de l’abîme.  Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu, témoigne de cette vérité avec une féroce évidence.

L’appel de Marie à la pénitence et à la prière, avec les menaces matérielles qui l’accompagnent revêt, pour nous paysans, un sens particulièrement précis.  Le message de la Vierge pourrait être résumé dans ces simples mots : si vous ne cherchez pas le ciel, vous perdrez la terre.  Et cet avertissement s’applique à nous mieux qu’à personne.  Courbé vers la terre par son travail, le paysan court toujours le risque de s’enliser dans la terre.  Son réalisme et son sens de l’effort ont pour contre-partie le matérialisme et l’avarice.  Ces fruits du sol, ces biens charnels obtenus au prix d’un si dur labeur, il est toujours tenté de s’en faire des idoles et d’oublier que Dieu, suivant le mot de Mistral « travaille de moitié avec lui ». Marie est descendue du ciel pour lui rappeler, en parlant sa propre langue, en se servant des images les plus adaptées à son esprit, que le réalisme de la terre, s’il n’est pas prolongé et couronné par la prière, aboutit tôt ou tard à la ruine de l’homme.  Ces « pommes de terre qui pourriront », ce sont aussi les âmes des paysans qui n’auront aimé que la terre.  Et cette terre, ces biens d’ici-bas trop aimés, ils les perdront, car tout vient de Dieu et la matière, coupée de l’esprit, se flétrit dans nos mains, comme un rameau séparé de l’arbre.  A celui qui cherche Dieu, tout sera donné par surcroît, mais à celui qui n’a rien (c’est-à-dire qui n’a que la terre), on enlèvera ce qu’il a. Marie est venue apprendre aux paysans que les racines ne restent vivantes que si leur adhérence à la terre s’unit à l’élan de la tige vers le ciel. »

Gustave Thibon,
in « La Salette, témoignages » (Bloud & Gay, 1946, p.160).

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On trouvera aussi dans ce blogue plusieurs publications consacrées à Notre-Dame de La Salette :
ici > www ;  le récit de l’apparition avec le texte des « secrets » > www ; et la prière de Mélanie pour les temps de calamités > www.

Nous renvoyons aussi aux publications que nous avons déjà consacrées à Gustave Thibon :
ici > www ;  ou ici > www ; et ici > www.

2012-19. Le blogue de Lully : histoire et chiffres.

Jeudi 1er mars 2012.

En complément de ma chronique d’hier (cf. > www), je voudrais, chers Amis, vous faire part aujourd’hui de quelques chiffres concernant ce modeste blogue.

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(cliquer sur l’image pour la voir en grand)

Commencé le 10 septembre 2007, ce blogue est né lorsque quelques amis, au moment des débuts laborieux du Refuge Notre-Dame de Compassion et de sa première implantation dans le Vexin (cf. > www) ont demandé à Frère Maximilien-Marie de les tenir informés de l’aventure vécue en notre Mesnil-Marie : ils préconisèrent alors la rédaction d’une espèce de « niouzelaiteur » (j’ironise en écrivant ainsi : vous savez que je déteste les anglicismes et que je combats l’introduction des mots anglo-américains dans la langue française qui possède déjà tous les équivalents nécessaires pour les éviter!).
Frère Maximilien-Marie avait alors répondu en riant : « Eh bien, c’est d’accord! Mais je demanderai à Lully : j’espère qu’il voudra bien se charger de ce travail… »

Lecteur mi-amusé mi-émerveillé de ce qui était arrivé à Johannes Kreisler, alias Ernst Hoffmann, avec son fameux Chat Murr (cf. > www), Frère Maximilien-Marie commençait en effet à connaître – puisque je travaillais à le domestiquer et à l’éduquer depuis déjà plus d’une année (*) – ce dont les chats en général sont capables et, tout particulièrement, les dons qui m’ont été départis par le Créateur!
Il m’en parla donc.
J’acquiesçai à sa demande et je choisis la formule du blogue, plus souple qu’un site et facilitant un style d’écriture très vivant.
Le prologue que je rédigeai alors (ici > www) précisait : « Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié. »

Cela est toujours vrai.
Mon blogue n’a pas d’autre prétention que de rester un lien avec nos amis et connaissances, et de partager avec vous les évènements qui jalonnent  la vie du Mesnil-Marie : je le fais par le moyen de mes petites chroniques relatant notre quotidien, mais aussi au moyen de commentaires et d’études en rapport avec la vie de l’Eglise ou du monde, liés à nos centres d’intérêt, connexes à nos combats et à nos espérances, véhicules de l’esprit qui nous anime…

35 blogue dans Commentaires d'actualité & humeurs

Néanmoins, il n’y a pas que des personnes que nous connaissons ou avec lesquelles nous avons des liens d’amitié qui viennent sur mon blogue.
Cela est dû au fait que certains de nos amis tiennent eux aussi des blogues ou des sites, et qu’il leur arrive de citer certaines de mes publications ou d’y renvoyer ; certains ont même mis « le journal du Mesnil-Marie » dans leurs liens favoris.
Quelques uns de mes « coups de coeur » ou de mes « coups de griffes » se trouvent répercutés dans des forums de discussion ou sur des sites d’information religieuse.
Des études plus fouillées sont même mentionnées en référence dans des publications de type encyclopédique (c’est en particulier le cas de l’article « Sainte Ampoule » dans Wikipédia qui renvoie aux deux articles publiés ici > www et ici > www).
J’en profite donc pour remercier au passage tous les amis qui me font l’honneur de me citer dans leurs propres publications.

Et puis il y a aussi le fait que, sans avoir jamais entrepris aucune démarche pour cela, les articles de ce blogue sont généralement assez bien – voire très bien – référencés par les moteurs de recherche, qu’il s’agisse de recettes, de prières, de contes ou d’études…
Ici, la palme d’or revient à la prière à Saint Antoine de Padoue composée par Frère Maximilien-Marie en juin 2008 (> www) : à ce jour elle a été lue plus de 66550 fois, et de nombreux témoignages de remerciements pour les grâces obtenues par la récitation de cette prière lui font suite dans les commentaires.

chat2432742b57 Mesnil-Marie

Concrètement, et pour vous donner quelques chiffres, nous avons actuellement une moyenne de 500 visiteurs par jour (un visiteur qui consulte plusieurs pages du blogue ou qui y vient à plusieurs reprises dans la journée n’est comptabilisé qu’une seule fois) : il n’est pas rare que nous approchions le nombre de 800 visiteurs.
C’est généralement le dimanche que les visites sont le moins nombreuses.
Nous avons atteint un record le 21 janvier dernier : en ce jour anniversaire du martyre de Louis XVI, mes publications à ce sujet (discours du Pape Pie VI > www, texte du testament > www, récit des dernières heures du Roi > www, son voeu au Sacré-Coeur > www) nous ont valu plus de 1200 visites!
Depuis le mois de novembre 2011, nous avons mensuellement plus de 15000 visiteurs avec une moyenne de 22500 pages consultées.
La progression numérique des visites et de consultation des pages est sensible de mois en mois.

De manière anecdotique, il est arrivé que Frère Maximilien-Marie, alors qu’il était en déplacement à plusieurs centaines de kilomètres de notre Mesnil-Marie, fût abordé par des personnes qu’il n’avait jamais rencontrées auparavant mais qui se faisaient connaître en lui disant : « Nous sommes des lecteurs du blogue de Lully! ».
Mon papa-moine me taquine donc parfois en me disant que je suis l’un des chats les plus célèbres de la blogosphère catholique (après ceux de notre Saint Père le Pape, qui n’écrivent pas, eux, mais qui inspirent sans nul doute le Souverain Pontife pour ses meilleures décisions)!

Lorsque, en septembre 2007, j’ai répondu à la demande de nos amis transmise par Frère Maximilien-Marie, je ne m’attendais absolument pas à cela ; d’autant plus que le « blogue du Mesnil-Marie » demeure et restera toujours un modeste bulletin de liaison, profitant des possibilités offertes par la technologie moderne, au service d’un lien cordial et spirituel avec nos fidèles amis

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(*) Note : J’étais arrivé au Mesnil-Marie le 29 août 2006, cf. > www.

2012-18. Chronique du mois de février 2012.

Mercredi des Quatre-Temps de printemps, 29 février 2012.

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(cliquer sur la photo pour la voir en grand format)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce dernier jour du mois, selon mon habitude, je reviens vous faire un petit compte-rendu de la vie de notre Mesnil-Marie.

A. La période de grand froid.

Nous avons, comme tout le monde, été touchés par la quinzaine de grand froid. En notre hameau, la température la plus basse que nous avons enregistrée a été de moins 18,5°, mais d’une manière générale nous sommes restés à une moyenne de moins 12° (au meilleur de la journée et en plein soleil il était fréquent que le thermomètre ne montât pas au dessus du moins 8°).
Frère Maximilien-Marie appréhendait que nous vinssions à manquer d’eau : notre béalière (cf.> www) était bien entendu totalement prise par la glace, ainsi d’ailleurs que la cascade où elle prend son départ. Notre citerne n’était plus alimentée que par un filet d’eau extrêmement ténu qui courait malgré tout sous la carapace de glace du ruisseau, mais finalement – et heureusement! – nous n’avons pas été en pénurie…
Pendant toute cette période, le chauffage du Mesnil-Marie a été des plus difficile malgré notre gros poêle qui était tout le temps à plein régime et malgré la mise en service en sus de radiateurs électriques : la température de l’oratoire restait autour des 12 ou 13 degrés, celle du bureau atteignait à grand peine le 14°.

Nous n’avons eu à déplorer aucun dégât en raison du gel : c’est une nouvelle preuve que tous les travaux qui ont été effectués ici ont été très bien faits!

Ce qui a été le plus pénible pour notre Frère, c’est l’impossibilité absolue qu’il a eu à se déplacer plusieurs dimanches et fêtes à la suite : pas de messe pour la Chandeleur, pour la Septuagésime et la Sexagésime!
Il était évidemment hors de question de franchir le Mézenc, mais il n’était pas davantage possible d’atteindre la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, tellement les routes étaient dangereuses.
Le dimanche de la Quinquagésime, 19 février, Frère Maximilien-Marie put aller à Notre-Dame de la Rose alors que la traversée du Mézenc s’avérait encore délicate ; enfin, il retrouva avec joie sa paroisse traditionnelle velave à l’occasion du Mercredi des Cendres.

Pour conclure ce chapitre consacré au froid, je vous propose de visionner ce diaporama de photos prises autour du Mesnil-Marie.

Féeries hivernales (février 2012)
Album : Féeries hivernales (février 2012)

14 images
Voir l'album

B. Autres nouvelles. 

- Avec nos voisins, qui sont aussi des amis, nous avons l’habitude de nous retrouver pour passer des moments « festifs et conviviaux » à des dates bien précises : ce sont nos traditions du hameau!
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de nos fêtes de Saint-Nicolas, chaque début de décembre, et de nos feux de la Saint-Jean, mais nous marquons aussi le carnaval.
Rien d’excessif ni de démesuré, bien sûr : c’est essentiellement un moment joyeux qui permet de se retrouver et d’échanger de manière amicale, tout en dégustant de bonnes choses.
Cette année, il se faisait chez nous, au Mesnil-Marie, et c’était un repas de crêpes, salées et sucrées. Ceux qui le désiraient pouvaient se costumer bien sûr… mais de cela je ne vous dirai pas davantage!!!

- Le 21 février, c’était la quatrième « Veillée Culture & Patrimoine ». Comme je vous l’avais dit dans ma précédente chronique (cf. > www), elle continuait l’étude historique du passage de Saint Jean-François Régis dans nos Boutières. Comme c’était le mardi-gras, la veillée s’est terminée par la dégustation des traditionnelles bugnes.

- Le saint temps du carême est maintenant bien engagé. De la même manière qu’il l’avait proposé pour tous les jours de l’Avent, par le moyen d’Internet, Frère Maximilien-Marie adresse quotidiennement des pistes de réflexion et de méditation – modestes jalons spirituels pour étayer et stimuler la marche vers le Triduum Sacré – à ceux qui se sont inscrits pour cela.
Ce sont plus de cent-vingt personnes qui ont demandé à en bénéficier pour ce carême et, chaque jour, cela exige de notre Frère un travail non négligeable d’étude (il alimente ses textes aux sources des Pères de l’Eglise et de grands spirituels) et de rédaction.

- Avec le dégel, même s’il est assez lent, et sous un soleil magnifique (comme en témoigne la photo prise ce matin que je vous ai mise en tête de ma chronique), Frère Maximilien-Marie a repris ses travaux dehors : il y a quantité de végétation desséchée qu’il faut couper, il faut commencer à préparer le terrain pour les plantations de printemps, et il y a aussi tous les aménagements extérieurs à poursuivre…

Je termine en vous rappelant que nous allons commencer demain le mois de Saint Joseph. Vous trouverez sur ce blogue quelques prières traditionnelles que j’ai déjà publiées (ici > www et ici > www) ainsi qu’une proposition de neuvaine – du 10 au 18 mars - (ici > www) pour préparer la fête de ce très grand saint, qui est un intercesseur si puissant en toutes nos nécessités de famille, de santé et de travail.

Bon et fervent carême et aussi bon mois de mars à vous tous, chers Amis, en tenant la main du grand Saint Joseph (cf. BD « Saint Joseph et le Carême » > www)!

Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully | le 29 février, 2012 |6 Commentaires »

2012-17. Du cinquantième anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia.

Lundi 27 février 2012.

Le 22 février 1962, à l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre, le Pape Jean XXIII signa et promulgua une Constitution Apostolique intitulée Veterum Sapientia (texte ici > www), concernant l’enseignement du latin et son maintien ferme dans la liturgie et dans l’enseignement, tout spécialement dans les études cléricales.
Il est à noter que, à moins de huit mois de l’ouverture des travaux du second concile du Vatican, Jean XXIII voulut donner un éclat particulier à la signature de cette Constitution Apostolique, puisque elle n’eut pas lieu dans son bureau, ni même dans l’une des pièces les plus prestigieuses du Palais Apostolique, mais dans la Basilique Saint-Pierre elle-même, au cours d’une cérémonie qui revêtit une solennité inaccoutumée pour ce genre de signature.

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Basilique Vaticane : reliquaire de la Chaire de Saint Pierre (Le Bernin)

Le cinquantième anniversaire de cette Constitution Apostolique n’a pas donné lieu, en France, à un foisonnement de publications, mis à part le rappel judicieux de cet anniversaire, il y a quelques jours, par nos amis de Riposte Catholique (ici > www).

La curieuse mémoire sélective des instances officielles de l’ « Eglise de France » a retenu de célébrer – jusqu’à plus soif – le cinquantième anniversaire de l’ouverture du second concile du Vatican, et nous vaut déjà d’abondants publications et commentaires, mais oublie de célébrer le cinquantième anniversaire de la promulgation d’un texte officiel, qui a toujours force de loi (puisque, à ma connaissance, il n’a jamais été abrogé) et qui, de toute évidence – par la volonté même du Pontife qui avait annoncé la convocation de ce concile et allait en présider la première session – , était une préparation importante à l’ouverture des travaux du dit concile.

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Avec la souveraine liberté qui est le privilège donné par Dieu à tout chat (et aux chats du Souverain Pontife eux-mêmes!), je me permets aujourd’hui quelques réflexions :

1) En premier lieu, vous avez peut-être remarqué que j’écris l’expression « Eglise de France » en italiques et entre guillemets.
En effet, cette expression me fait toujours un peu tiquer et, pour reprendre un verbe cher aux modernichons, elle « m’interpelle » : l’ « Eglise de France » est-elle donc une réalité différente et séparée de l’Eglise Catholique Romaine?
Du point de vue de la constitution de l’Eglise, parler d’ « Eglise de France » a-t-il un sens?
S’il y a bien des « évêques de l’Eglise Catholique en France », a-t-on le droit de dire qu’il y a une « Eglise de France »?
Dans l’ordre normal des choses, dans l’ordre catholique des choses, il y a, sur le territoire d’une entité géo-politique précise – que nous appelons la France – , des évêques et des diocèses de l’Eglise Catholique Romaine. Ces évêques sont légitimement réunis dans ce que l’on appelle la « conférence épiscopale », mais ils ne peuvent en aucune manière constituer l’ « Eglise de France » ni même l’ « Eglise Catholique de France », comme s’il s’agissait d’une Eglise à part, Eglise plus ou moins indépendante, Eglise plus ou moins autocéphale… à moins qu’elle ne soit à proprement parler schismatique!

2) Ma deuxième remarque, porte sur la nature de ce texte : une Constitution Apostolique, ce n’est pas n’importe quoi!
Dans la hiérarchie des textes législatifs de l’Eglise Catholique Romaine, une Constitution Apostolique se situe pratiquement au sommet de la pyramide : ce n’est pas un « rescrit », ce n’est pas une « lettre apostolique », ce n’est pas une « encyclique », ce n’est pas un « motu proprio », c’est un texte qui a une autorité encore supérieure. Une Constitution Apostolique est une loi que le Pape promulgue pour toute l’Eglise en vertu de son autorité de pasteur universel.
Les constitutions apostoliques sont toujours rédigées en latin et sont habituellement revêtues du grand sceau pontifical. Elles commencent toutes par une formule caractéristique : vient d’abord le prénom du Pape, suivi de la mention « pape » (PP.) ou « évêque » (episcopus) – parfois avec son numéro d’ordre – , la deuxième ligne porte la mention « serviteur des serviteurs de Dieu » (servus servorum Dei), en usage depuis Saint Grégoire le Grand, et enfin vient une formule qui est le plus souvent « pour mémoire éternelle » (ad perpetuam rei memoriam).
Ainsi donc, à moins d’être explicitement rapportée ou modifiée postérieurement par une autre Constitution Apostolique, ce qui est promulgué par ce type de document oblige les pasteurs et les fidèles de l’Eglise Catholique.
La Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’ayant pas été abrogée, elle a toujours force de loi dans l’Eglise Catholique.

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3)  Ma troisième réflexion est en tous points conforme à ce que faisait remarquer le blogue « Summorum Pontificum »  (< cliquer sur ce lien) ce pourquoi je n’ai pas mieux à faire que le citer :
« Comme beaucoup de textes conformes à la Tradition de l’Église, celui-ci devait être enterré très vite, l’autorité ne mettant rien en œuvre pour qu’il entre dans les faits et les épiscopats nationaux ne lui donnant aucun écho ou presque. La destinée de cette Constitution Apostolique montre, s’il en était besoin, que ce qui manque le plus, ce ne sont pas les textes, mais le courage et la volonté politique de les faire passer dans les faits. Et qu’il manque également un épiscopat prêt à appliquer les textes que l’on publie. On en est loin du compte, même aujourd’hui. À part les séminaires traditionnels, quels sont les séminaires français qui appliquent cette constitution apostolique d’un pape dont certains se réclament sans cesse au nom du Concile? »
C’est moi qui ait mis en gras les passages qui me paraissent les plus importants dans cette citation.

J’ajoute ici qu’il est pour le moins curieux, que tout comme pour un certain nombre d’autres textes officiels dont la portée juridique est universelle (c’est en particulier le cas du motu proprio Summorum Pontificum!), sur le site du Saint-Siège, le texte de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’est mis en ligne que dans sa version officielle, le texte latin, accompagné de sa traduction dans une seule langue vernaculaire, l’espagnol! (> www).
J’en connais évidemment qui vont ironiser en me disant : « Puisque vous tenez tant à la langue latine, ça ne doit donc pas poser un problème pour vous! » Néanmoins, pour des raisons évidentes, il semblerait pour le moins normal que le Saint-Siège présente aussi au minimum les versions italienne, portugaise, allemande, anglaise et française de ce grand texte!!!

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4) Mon quatrième et dernier point (pour aujourd’hui du moins) est une autre citation.
Dans l’Osservatore Romano en langue française et disponible sur Internet, sont en ce jour publiés des extraits de l’une des interventions prononcées au cours du congrès du 23 février dernier organisé par le Pontificium Istitutum Altioris Latinitatis, à l’Université Pontificale Salésienne (Rome), congrès qui était justement consacré au cinquantième anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum sapientia.
Cet article est intitulé en gros caractères : « Pourquoi les prêtres doivent étudier le latin », et il est précédé de cet exergue, extrait de l’article : « L’importance de retrouver sans intermédiaire un héritage culturel extraordinairement riche ».
Voici donc la reproduction de cet article :

« La deuxième moitié du XXe siècle a marqué — et pas seulement au niveau ecclésial — une ligne de division dans l’histoire de l’usage de la langue latine. Disparue depuis déjà des siècles comme instrument de la communication érudite, elle a résisté à l’école, comme matière d’étude dans les programmes éducatifs de niveau secondaire supérieur, et, dans l’Eglise catholique, en général, comme moyen d’expression de la liturgie et véhicule de transmission des contenus de la foi et d’un vaste patrimoine littéraire, qui va de la spéculation théo-philosophique au droit, de la mystique et de l’hagiographie aux traités sur les arts, à la musique et même au sciences exactes et aux sciences naturelles.
Mais avec le temps, tout au moins sous le profil de sa diffusion, la langue latine a fini par devenir, en majeure partie, l’apanage toujours plus caractéristique de la formation cléricale dans l’Eglise catholique, au point de donner naissance à une identification spontanée, peut-être tout autant qu’inappropriée, entre l’Eglise Romaine et l’entité linguistique latine, qui dans celle-ci a trouvé, en cette phase critique, une vigueur tout au moins apparente.
«Apparente» car, si l’on considère a posteriori les circonstances actuelles, tout laisserait penser que la voix du bienheureux Jean XXIII, qui s’adressait le 7 septembre 1959 à un congrès d’amateurs de langue latine, non seulement n’a pas été écoutée, mais que la question de l’usage et de l’enseignement même de la langue latine, également dans le contexte ecclésial, se trouvait déjà probablement sur la voie d’une diminution radicale. «Malheureusement de nombreuses personnes, exagérément séduites par le progrès extraordinaire des sciences, ont la présomption de rejeter ou de limiter l’étude du latin et d’autres disciplines de ce genre».
Toutefois, malgré les difficultés, on rencontre aujourd’hui chez les prêtres la conviction que le but de l’initiation au latin est celui d’approcher une civilisation et d’en mesurer les valeurs, les intérêts et les significations, en évaluant ses enseignements et ses fondements théorétiques dans la perspective d’une compréhension critique du présent. Il s’agit d’un signal décidément encourageant du monde et de l’Eglise contemporaine, décidée à ne pas observer la leçon et l’étude du passé comme un regard superflu ou rétrograde visant inutilement à récupérer quelque chose de disparu, mais comme une réappropriation, directe et sans intermédiation, d’un message d’une extraordinaire richesse culturelle et pédagogique, d’un héritage intellectuel trop vaste, fécond et enraciné pour qu’on puisse imaginer une coupure quelconque de ses racines.
A l’état actuel, il apparaît improbable que l’on réussisse à faire apprécier au prêtre, encore moins dans la phase intiale de son parcours de formation, la valeur du latin comme une langue dotée d’une noblesse de structure et de lexique, capable de promouvoir un style concis, riche, harmonieux, plein de majesté et de dignité, qui soit bénéfique à la clarté et à la gravité, apte à promouvoir toute forme de culture, l’humanitas cultus, entre les peuples.
C’est dans ce recouvrement d’une identité culturelle propre, dans cette reprise à partir de la base des motivations de la présence même de l’Eglise dans la société que se configure l’importance du latin dans le curriculum scolaire des aspirants à la prêtrise, en la libérant de toute remise en cause simpliste — ainsi qu’incorrecte et réductrice — sur sa fonctionnalité pratique et en réhabilitant son rôle de matière largement formatrice.
C’est dans cette perspective que Paul VI, dans le Motu Proprio Studia latinitatis — avec lequel il instituait l’Institut Pontifical Supérieur de Latinité au sein de l’Université Pontificale Salésienne — réaffirmait avec décision, au début même du texte, le lien étroit entre l’étude de la langue latine et la formation au sacerdoce, réaffirmant le caractère inéluctable d’une non exigua scientia du latin. »

  Celso Morga Iruzubieta

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Pour terminer mes réflexions de ce jour, je ne puis donc que vous encourager tous, clercs et laïcs, à porter une amoureuse attention au latin, qui est véritablement la langue maternelle de tous ceux qui reconnaissent pour Mère, dans l’ordre de la grâce et de la vie spirituelle, la Sainte Eglise Catholique Romaine.

patteschats Veterum SapientiaLully.

2012-16. Constitution Apostolique Veterum Sapientia.

Pour voir le texte latin officiel de cette Constitution Apostolique > www.

JEAN, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
POUR LA PERPÉTUELLE MÉMOIRE DE LA CHOSE

1. La sagesse des Anciens, recueillie dans la littérature des Grecs et des Romains, ainsi que les illustres enseignements des peuples de l’Antiquité, peuvent être considérés comme une aurore annonciatrice de la vérité évangélique que le Fils de Dieu, arbitre et maître de la grâce et de la doctrine, lumière et guide de l’humanité [1], est venu apporter sur la terre. Les Pères et les docteurs de l’Église ont, en effet, vu dans ces importants monuments de la littérature de l’Antiquité une certaine préparation des âmes à recevoir les richesses surnaturelles que Jésus-Christ dans l’économie de la plénitude des temps [2] a communiquées aux hommes ; il apparaît ainsi manifestement qu’avec l’avènement du christianisme rien n’a péri de ce qu’il y avait de vrai, de juste, de noble et de beau dans ce que les siècles précédents avaient produit.

2. C’est pourquoi la sainte Église a toujours eu une grande vénération pour ces monuments de sagesse, et particulièrement pour les langues grecque et latine, qui sont comme un manteau d’or de sa propre sagesse. Elle a aussi admis l’usage d’autres langues vénérables qui se sont épanouies en Orient et dont l’apport a été grand pour le progrès du genre humain et de la civilisation ; utilisées soit dans la liturgie, soit dans les versions de la Sainte Écriture, elles sont toujours en vigueur dans certaines régions, comme l’expression d’un antique usage qui n’a pas cessé de rester vivant.

3. Au milieu de cette variété de langues, il y en a une qui surpasse les autres, celle qui, née dans le Latium, est devenue ensuite un admirable instrument pour la diffusion du christianisme en Occident. Ce n’est pas sans une disposition de la providence divine que cette langue, qui pendant de nombreux siècles avait réuni une vaste fédération de peuples sous l’autorité de l’Empire romain, est devenue la langue propre du Siège apostolique [3], et que, transmise à la postérité, elle a constitué un étroit lien d’unité entre les peuples chrétiens d’Europe.
Le latin en effet, de sa nature même, convient parfaitement pour promouvoir dans tous les peuples toutes les formes de culture. En effet, il ne suscite pas de jalousies, il est impartial envers toutes les nations, il n’est le privilège d’aucune, il est accepté par toutes tel un ami. De plus, il ne faut pas oublier que le latin est empreint d’une noblesse caractéristique ; il a un style concis, varié, harmonieux, plein de majesté et de dignité [4] qui incite d’une façon inimitable à la précision et à la gravité.

4. C’est pour ces raisons que le Siège apostolique a toujours veillé jalousement à maintenir le latin, et qu’il a toujours estimé que ce splendide vêtement de la doctrine céleste et des saintes lois [5] était digne d’être utilisé dans l’exercice de son magistère, et devait également être utilisé par ses ministres. Les ecclésiastiques en effet, de quelque nationalité qu’ils soient, peuvent aisément, grâce au latin, prendre connaissance de ce qui vient du Saint-Siège, et communiquer avec celui-ci ou entre eux.
Cette langue est unie à la vie de l’Église, et sa connaissance, acquise par l’étude et l’usage, intéresse les humanités et la littérature, mais plus encore la religion [6], pour reprendre les termes de Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Pie XI, qui indiquait, en donnant des arguments à l’appui, trois qualités rendant cette langue particulièrement adaptée à la nature de l’Église : En effet, l’Église qui groupe en son sein toutes les nations, qui est destinée à vivre jusqu’à la consommation des siècles… a besoin de par sa nature même d’une langue universelle, définitivement fixée, qui ne soit pas une langue vulgaire [7].

5. Puisqu’il est nécessaire que toute Église s’unisse [8] à l’Église Romaine, et puisque les Souverains Pontifes ont un pouvoir vraiment épiscopal, ordinaire et immédiat sur toutes et chacune des Églises, sur tous et chacun des pasteurs et fidèles [9] de quelque rite, nationalité ou langue qu’ils soient, il semble éminemment convenable qu’il y ait un instrument de communication universel et uniforme, tout spécialement entre le Saint-Siège et les Églises de rite latin. C’est pourquoi tant les Pontifes Romains, s’ils veulent transmettre un enseignement aux peuples catholiques, que les dicastères de la Curie Romaine, s’ils ont à traiter une affaire, publier un décret intéressant tous les fidèles, utilisent toujours le latin, que d’innombrables nations écoutent comme la voix de leur mère.

6. La langue de l’Église doit non seulement être universelle, mais immuable. Si en effet les vérités de l’Église Catholique étaient confiées à certaines ou à plusieurs des langues modernes changeantes dont aucune ne fait davantage autorité que les autres, il résulterait certainement d’une telle variété que le sens de ces vérités ne serait ni suffisamment clair ni suffisamment précis pour tout le monde : et de plus, aucune langue ne pourrait servir de règle commune et stable pour juger du sens des autres. Par contre, le latin, à l’abri depuis longtemps de l’évolution que l’usage quotidien introduit généralement dans le sens des mots, doit être considéré comme fixe et immuable ; les sens nouveaux qu’ont revêtus certains mots latins pour répondre aux besoins du développement, de l’explication et de la défense de la doctrine chrétienne, sont en effet depuis longtemps stabilisés.

7. Enfin, l’Église Catholique, parce que fondée par le Christ Seigneur, surpasse de loin en dignité toutes les sociétés humaines, et il est juste qu’elle utilise une langue non pas vulgaire, mais noble et majestueuse.

8. Par ailleurs, le latin, qu’on peut à bon droit qualifier de langue catholique [10] parce que consacrée par l’usage ininterrompu qu’en a fait la chaire apostolique, mère et éducatrice de toutes les Églises, doit être considéré comme un trésor… d’un prix inestimable [11], et comme une porte qui permet à tous d’accéder directement aux vérités chrétiennes transmises depuis les temps anciens et aux documents de l’enseignement de l’Église [12] ; il est enfin un lien précieux qui relie excellemment l’Église d’aujourd’hui avec celle d’hier et avec celle de demain.

9. Il n’est personne qui puisse mettre en doute l’efficacité spéciale du latin ou de la culture humaniste pour le développement et la formation des tendres intelligences des adolescents. En effet, le latin cultive, mûrit, perfectionne les principales facultés intellectuelles et morales ; il aiguise l’intelligence et le jugement ; il rend l’esprit de l’enfant plus à même de bien comprendre toutes choses et de les estimer à leur juste valeur ; il apprend enfin à penser ou à s’exprimer avec méthode.

10. Si l’on pèse bien tous ces mérites, on comprendra facilement pourquoi les Pontifes Romains, si souvent et abondamment, ont non seulement exalté l’importance et l’excellence du latin, mais en ont prescrit l’étude et l’usage aux ministres sacrés de l’un et l’autre clergé et ont dénoncé clairement les dangers qui découleraient de son abandon.
Ces motifs très graves Nous incitent, Nous aussi, tout comme Nos prédécesseurs et des synodes provinciaux [13], à vouloir fermement Nous efforcer de promouvoir toujours davantage l’étude et l’usage de cette langue, rendue à sa dignité. De nos jours l’usage du latin est l’objet de controverses en de nombreux endroits, et en conséquence beaucoup demandent quelle est la pensée du Siège Apostolique sur ce point ; c’est pourquoi Nous avons décidé de prendre des mesures opportunes, énoncées dans ce document solennel, pour que l’usage ancien et ininterrompu de la langue latine soit maintenu pleinement, et rétabli là où il est presque tombé en désuétude.
D’ailleurs Nous croyons avoir déjà exprimé avec suffisamment de clarté Notre pensée sur ce sujet lorsque Nous avons dit à d’illustres latinistes : Beaucoup, malheureusement, sont démesurément captivés par l’extraordinaire progrès des sciences et veulent rejeter ou réduire l’étude du latin et d’autres de ce genre… C’est précisément la pression de cette nécessité qui Nous fait penser qu’il faut suivre une voie inverse. Lorsque l’esprit se pénètre plus intensément de ces choses qui conviennent hautement à la nature humaine et à sa dignité, il n’en doit que davantage acquérir ce qui fait sa culture et son ornement, pour que les pauvres mortels ne deviennent pas semblables aux machines qu’ils fabriquent : froids, durs et sans amour  [14].

11. Après avoir bien examiné et pesé toutes ces choses, dans la sûre conscience de Notre charge et de Notre autorité, Nous décidons et ordonnons ce qui suit :

§1. Les évêques et les supérieurs généraux des ordres religieux veilleront à ce que dans leurs séminaires ou leurs écoles, où des jeunes gens se préparent au sacerdoce, tous aient à cœur d’obéir à la volonté du Saint-Siège sur ce point et observent scrupuleusement Nos prescriptions ici énoncées.

§2. Ils veilleront avec une paternelle sollicitude à ce qu’aucun de leurs subordonnés, par goût de la nouveauté, n’écrive contre l’usage de la langue latine, soit dans l’enseignement des sciences sacrées, soit dans la liturgie, ou bien, par préjugé, n’atténue la volonté du Siège apostolique sur ce point ou n’en altère le sens.

§3. Comme il est dit dans le Code de droit canon (can. 1364) ou dans les prescriptions de Nos prédécesseurs, les séminaristes, avant de commencer les études proprement ecclésiastiques, doivent apprendre le latin selon des méthodes appropriées pendant un temps suffisant, avec des maîtres bien capables, pour éviter aussi cet autre inconvénient de voir les élèves, quand ils passeront aux matières supérieures, incapables, par ignorance de cette langue, de pénétrer à fond le sens de la doctrine comme de prendre part aux discussions scolastiques où s’aiguise si harmonieusement l’esprit des jeunes gens en vue de la défense de la vérité [15]. Et Nous voulons que cela s’applique également à ceux qui ont été appelés au sacerdoce à l’âge mûr après avoir fait des études classiques insuffisantes ou sans en avoir fait du tout. Personne en effet ne sera admis à faire des études de philosophie ou de théologie s’il n’est pleinement et parfaitement formé dans cette langue et s’il n’en possède l’usage.

§4. Nous voulons que là où, pour se conformer aux programmes des écoles publiques, l’étude du latin a connu un certain recul au détriment de la vraie et solide formation, l’enseignement de cette langue retrouve intégralement la place traditionnelle qui lui revient ; car chacun doit être bien persuadé que là aussi il faut maintenir religieusement le caractère propre de la formation des séminaristes, en ce qui concerne non seulement le nombre et le genre des matières, mais le temps qui est consacré à leur enseignement. Si les circonstances de temps et de lieu exigent que d’autres matières soient ajoutées à celles qui sont habituelles, on devra alors soit prolonger le cours des études, soit enseigner ces disciplines d’une façon abrégée, soit en reporter l’étude à un autre moment.

§5. Les principales disciplines sacrées, comme cela a été prescrit à plusieurs reprises, doivent être enseignées en latin, langue qui est, comme nous le montre une expérience multiséculaire, très apte à expliquer avec beaucoup de facilité et de clarté la nature intime et profonde des choses [16] ; outre qu’elle a été enrichie depuis longtemps de termes propres et bien définis permettant de défendre l’intégrité de la foi catholique, elle est en effet aussi particulièrement propre à couper court au verbiage creux. Ceux qui enseignent ces disciplines dans les universités ou dans les séminaires sont en conséquence tenus de parler latin et d’utiliser des ouvrages d’enseignement écrits en latin. Ceux qui, à cause de leur ignorance du latin, ne peuvent pas appliquer ces prescriptions, seront progressivement remplacés par des professeurs qui en sont capables. Les difficultés qui peuvent surgir de la part soit des élèves soit des professeurs, devront être surmontées tant par la ferme résolution des évêques et des supérieurs que par la bonne volonté des maîtres.

§6. Le latin est la langue vivante de l’Église. Et afin de l’adapter aux nécessités linguistiques sans cesse croissantes, en l’enrichissant donc de nouveaux termes précis et appropriés, d’une façon uniforme, universelle et correspondant au caractère propre de la vieille langue latine – ainsi que l’ont fait les Pères et les meilleurs scolastiques –  Nous ordonnons à la congrégation des Séminaires et Universités de pourvoir à la création d’une Académie de la langue latine. Cet institut, qui devra être constitué de professeurs spécialisés dans le latin et le grec, provenant des diverses parties du monde, aura pour fin principale – tout comme les diverses académies nationales destinées à développer la langue de leur pays – de veiller au progrès bien ordonné du latin, en enrichissant s’il le faut le dictionnaire latin de mots qui correspondent au caractère et à la saveur de cette langue ; il devra en même temps y avoir des écoles pour le latin de chaque époque, particulièrement de l’époque chrétienne. Dans ces écoles seront formés à une connaissance plus parfaite du latin et à son usage, à un style écrit propre et élégant, ceux qui sont destinés soit à enseigner le latin dans les séminaires et les collèges ecclésiastiques, soit à rédiger des décrets et des sentences, soit à faire la correspondance dans les dicastères du Saint-Siège, dans les curies épiscopales et dans les organismes des ordres religieux.

 §7. Le latin étant très étroitement lié au grec par sa structure et l’importance des œuvres qui nous ont été transmises, il est nécessaire que les futurs prêtres apprennent cette dernière langue dès les classes inférieures et celles de l’enseignement secondaire, ainsi que cela a été prescrit à plusieurs reprises par Nos prédécesseurs ; de sorte que lorsqu’ils arriveront à l’enseignement supérieur, particulièrement s’ils aspirent aux grades académiques en Écriture sainte ou théologie, ils soient à même de lire et de bien comprendre non seulement les sources grecques de la philosophie scolastique, mais les textes originaux de la Sainte Écriture, de la liturgie et des Pères grecs [17].

§8. Nous ordonnons de plus à cette même sacrée congrégation de préparer un programme de l’étude du latin, auquel tous devront fidèlement se conformer, et qui permettra à ceux qui le suivent d’acquérir une connaissance et une pratique convenables de cette langue. Ce programme pourra, si cela est nécessaire, être organisé d’une façon différente par les Commissions des Ordinaires, sans cependant en changer ou atténuer la nature. Cependant, avant d’appliquer ces décisions, les Ordinaires devront les soumettre à la sacrée congrégation.

12. Nous voulons et ordonnons, de par Notre autorité apostolique, que tout ce que Nous avons établi, décrété et ordonné dans cette Constitution reste définitivement ferme et arrêté, nonobstant toutes choses contraires, même dignes de mention particulière.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février de l’année 1962, de Notre pontificat la quatrième.

IOANNES PP. XXIII

2012-16. Constitution Apostolique Veterum Sapientia. dans De liturgia 150px-John_23_coa.svg_-105x150

Notes :

[Note 1]   Tertull., Apol. 21 ; Migne, PL 1, 394.

[Note 2]   Eph. 1, 10.

[Note 3]   Epist. S. Congr. Stud. Vehementer sane, ad Ep. universos, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 820. Cfr etiam Epist. Ap. Pii XI, Unigenitus Dei Filius, 19 Mar. 1924 :A.A.S. 16 (1924), 141.

[Note 4]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 452-453.

[Note 5]   Pius XI, Motu Proprio Litterarum latinarum, 20 Oct. 1924 : A.A.S. 16 (1924), 417.

[Note 6]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922) 452.

[Note 7]   Ibidem.

[Note 8]   S. Iren., Adv. Hær. 3, 3, 2 ; Migne, PG 7, 848.

[Note 9]   Cfr C. I. C., can. 218, § 2.

[Note 10]   Cfr Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453.

[Note 11]   Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Nov. 1951 : A.A.S. 43 (1951) 737.

[Note 12]   Leo XIII, Epist. Encycl. Depuis le jour, 8 Sept. 1899 : Acta Leonis XIII 19 (1899) 166.

[Note 13]   Cfr Collectio Lacensis, præsertim : vol. III, 1918s. (Conc. Prov. Westmonasteriense, a. 1859) ; vol. IV, 29 (Conc. Prov. Parisiense, a. 1849) ; vol. IV, 149, 153 (Conc. Prov. Rhemense, a. 1849) ; vol. IV, 359, 361 (Conc. Prov. Avenionense, a. 1849) ; vol. IV, 394, 396 (Conc. Prov. Burdigalense, a. 1850) ; vol. V, 61 (Conc. Strigoniense, a. 1858) ; vol. V, 664 (Conc. Prov. Colocense, a. 1863) ; vol. VI, 619 (Synod. Vicariatus Suchnensis, a. 1803).

[Note 14]   Ad Conventum internat. « Ciceronianis Studiis provehendis », 7 Sept. 1959 ; in Discorsi Messaggi Colloqui del Santo Padre Giovanni XXIII, I, pp. 234-235 ; cfr etiam Alloc. ad cives diœcesis Placentinæ Romam peregrinantes habita, 15 Apr. 1959 : L’Osservatore Romano, 16 apr. 1959 ; Epist. Pater misericordiarum, 22 Aug. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 677 ; Alloc. in sollemni auspicatione Collegii Insularum Philippinarum de Urbe habita, 7 Oct. 1961 : L’Osservatore Romano, 9-10 Oct. 1961 ; Epist. Iucunda laudatio, 8 Dec. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 812.

[Note 15]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453

[Note 16]   Epist. S. C. Studiorum, Vehementer sane, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 821.

[Note 17]   Leo XII, Litt. Encycl. Providentissimus Deus, 18 Nov. 1893 : Acta Leonis XIII, 13 (1893), 342 ; Epist. Plane quidem intelligis, 20 Maii 1885, Acta, 5, 63-64 ; Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Sept. 1951 : A.A.S. 43 (1951), 737.

Publié dans : De liturgia, Lectures & relectures, Textes spirituels | le 27 février, 2012 |1 Commentaire »

2012-15. Restauration du monument du Comte de Chambord à Sainte-Anne d’Auray

Le monument du Comte de Chambord
à Sainte-Anne d’Auray
a été édifié en 1889,
grâce à une souscription nationale lancée par la Société Saint-Henri.

Il représente le Prince, à genoux en prière,
face à la statue de Sainte Anne en haut du clocher de la basilique.
Le Prince a la couronne de France à ses pieds sur un coussin
et est revêtu du manteau du sacre.
Il est entouré de sainte Jeanne d’Arc, sainte Geneviève,
Duguesclin et Bayard.

2012-15. Restauration du monument du Comte de Chambord à Sainte-Anne d'Auray dans Annonces & Nouvelles monument-du-comte-de-chambord-sainte-anne-dauray-225x300

(cliquez sur la photo pour la voir en plus grand)

L’Association Saint-Henri, qui a succédé à la Société Saint-Henri,
est propriétaire du monument.
Elle a entrepris d’importants travaux de restauration et d’amélioration du site.
Ces travaux seront terminés pour le
100ème pèlerinage légitimiste en septembre prochain.

L’Institut de la Maison de Bourbon
et

l’Union des Cercles Légitimistes de France
ont décidé de participer à cette restauration.

Une subvention publique n’étant pas envisageable,
votre aide est indispensable pour mener à bien les travaux.

* * *
Pour bénéficier du reçu fiscal,
votre don doit être adressé à l’Institut de la Maison de Bourbon.

Télécharger la circulaire de l’Institut de la Maison de Bourbon
et le coupon-réponse correspondant.

grandesarmesdefrancecopie.vignette IMB dans Vexilla Regis

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis | le 24 février, 2012 |1 Commentaire »

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet.

« Il poursuivit les iniques, les cherchant de toutes part ; ceux qui troublaient son peuple, il les livra aux flammes ; et ses ennemis furent repoussés par la crainte qu’il inspirait, et tous les ouvriers d’iniquité furent troublés, et le salut fut dirigé par sa main. »
(1 Macchabées III, 5-6)

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet. dans Lectures & relectures coeurvendeen

Fils d’un meunier, Jean-Nicolas Stofflet est né le 3 Février 1753 à Barthélémont, près de Lunéville, en Lorraine.
A l’âge de 17 ans (1770), il s’engage dans l’armée (Régiment Lorraine-Infanterie-Royale) où il arrivera au grade de caporal. En 1786, il quitte l’armée pour entrer au service du comte de Colbert, qui fait de lui le garde-chasse de ses forêts de Maulévrier, en Anjou.
En 1789, au moment du déclenchement de la révolution, Stofflet est dans sa trente-septième année.

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Acte de baptême de Jean-Nicolas Stofflet.

Dès le début, il se trouve en total désaccord avec les principes révolutionnaires : son passé militaire, son idéal, son loyalisme envers les autorités légitimes ainsi que ses convictions religieuses font naturellement de lui un opposant au courant de folie et d’impiété qui déferle sur le Royaume. Il sera donc aux avant-postes de la résistance.
Le 13 mars 1793, il est – avec Jacques Cathelineau – le premier à prendre la tête des insurgés : commandant les hommes de Maulévrier, il attaque Vezins, puis rejoint Cathelineau pour marcher sur Cholet.
Notons au passage que Cathelineau et lui sont les seuls roturiers à être hissés au commandement des troupes vendéennes.

Aux côtés des autres généraux de la Grande Armée Catholique et Royale, il est de toutes les batailles et, en ce début de guerre, de toutes les victoires.
Son audace et sa bravoure en imposent à tous.

En octobre 1793, après la défaite de Cholet, et avec ce qui subsiste de l’Armée d’Anjou, il franchit la Loire : c’est la « virée de Galerne », où les combats se soldent par plus de défaites que de victoires.
Lorsque le marquis de Donissan et le Prince de Talmont veulent s’enfuit à Jersey, Stofflet les en dissuade.

Après la déroute du Mans, au soir du 16 Décembre 1793, les Vendéens arrivent à Ancenis. La Rochejaquelein et Stofflet parviennent à franchir le fleuve mais, les embarcations étant trop peu nombreuses, les débris de la Grande Armée Catholique et Royale restent en grande partie sur la rive droite de la Loire.
Le lendemain, Westermann – « le boucher » – arrive avec ses hussards. Assaillis par les républicains et dans l’impossibilité de traverser le fleuve, les Vendéens se dirigent vers Savenay, où ils seront impitoyablement exterminés l’avant-veille de Noël.

coeurvendeen armée catholique et royale dans Vexilla Regis

En janvier 1794, le tristement fameux Turreau est nommé par la Convention commandant en chef de l’armée de l’Ouest avec la mission d’extermination systématique que l’on sait : il met en marche ses colonnes infernales qui vont tout détruire et massacrer sur leur passage.
Stofflet et La Rochejaquelein essaient de reformer l’Armée Catholique et Royale. Mais Monsieur Henri tombe, frappé d’une balle, le 28 janvier 1794.
Pour que son corps ne soit pas identifié (et, par suite, profané par les bleus), avant de l’ensevelir, Jean-Nicolas Stofflet prend la décision de le défigurer à coups de sabre et de le dépouiller de ses vêtements, en sanglotant : « J’ai perdu ce que j’avais de plus cher au monde! »

Stofflet vitrail de l'église ND de Beaupréau

Jean-Nicolas Stofflet – vitrail de l’église Notre-Dame de Beaupréau.

Quatre jours plus tard, le 1er Février 1794, à la tête de seulement 1000 paysans, Stofflet attaque victorieusement l’armée républicaine près de Gesté ; le 6 février, autre victoire à Vezins, et le 7 victoire encore à Vihiers, près de Cholet.
Mais le général républicain Cordellier, commandant l’une des colonnes infernales, arrive derrière Stofflet et met en fuite les paysans. Stofflet veut prendre sa revanche : il attaque Cordellier à Beaupréau le 14 février, mais cette fois les républicains sont les plus forts.
Le 24 février, Stofflet s’empare de Bressuire.

Jean-Nicolas est proposé comme généralissime mais, sur les conseils de l’abbé Bernier, il décline l’offre et demande plutôt la création d’un Conseil Supérieur. Les quatre chefs présents (Stofflet, Marigny, Sapinaud et Charette) prêtent serment de se secourir mutuellement et décrètent la peine capitale pour celui qui violera ce serment.
Il a été décidé de marcher sur Saint-Florent : Marigny part chercher ses troupes. On l’attend. Il ne vient pas… Il n’arrive, avec 2000 hommes, qu’après la bataille.
Il est aussitôt déchu de son titre de général. Le 29 Avril, un conseil de guerre présidé par Stofflet accuse Marigny d’avoir violé le serment. Le premier, Charette vote la mort ; il est suivi par vingt-deux des membres du conseil, tandis que dix autres proposent une peine moins forte.
La sentence devra être appliquée par celui des généraux qui pourra saisir le coupable. Six semaines plus tard, ce sont les chasseurs de Stofflet qui découvrent Marigny, lequel est exécutée le 10 Juillet 1794.

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La mort de Gaspard de Bernard de Marigny sonne en quelque sorte le glas de l’unité vendéenne en face des troupes républicaines : depuis des mois déjà des rivalités entre chefs sourdaient, mais désormais l’entente ne sera plus possible.
Les troupes commandées par Marigny refusent de se mettre sous les ordres de chefs qui ont mis à mort leur général et se démobilisent.
Stofflet n’est pas un chef très aimé : on lui fait grief de son caractère, facilement dur et cassant. Bien qu’il soit un excellent militaire, on lui reproche aussi de n’être que l’exécuteur des idées de l’abbé Bernier
L’armée vendéenne n’est plus qu’une ombre alors que la province n’est pratiquement plus que cendres et décombres.
La Convention elle-même essaie de mettre fin à cette guerre. Un décret d’amnistie est voté le 2 décembre 1794, le 23 des négociations sont engagées, et le jour de Noël Charette reçoit les premiers émissaires républicains.

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Signature des accords de La Jaunaye

Le 28 janvier 1795, Stofflet demande le rétablissement du trône dans un manifeste contresigné par l’abbé Bernier.
Le 12 février, il n’est pas à La Jaunaye pour l’entrevue avec les républicains. Quatre divisionnaires de l’armée d’Anjou réclament un délai de trois jours pour faire venir Stofflet… qui n’est toujours pas arrivé le 17 : la paix est signée sans lui (accords de la Jaunaye).
Il n’arrive que le lendemain et manifeste son hostilité à l’égard des signataires.

Menacé par les armées républicaines, Stofflet marche vers la Loire et ordonne une levée, mais il n’arrive à rassembler que 3000 combattants qui se précipitent sur Saint-Florent, en vain.
Stofflet n’a plus que son camp de Maulévrier et ne peut plus s’opposer aux forces républicaines.

Le 2 mai 1795, il est contraint de signer la paix.

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Charette reprend les armes dès le mois de juin. Dans un premier temps Stofflet ne bouge pas.
Ce n’est que sept mois plus tard, fin janvier 1796, qu’il reprend le combat après en avoir reçu l’ordre du comte d’Artois, frère du Roi, par l’intermédiaire du chevalier de Colbert. En même temps, le chevalier lui remet la Croix de Saint-Louis et lui annonce son élévation au grade de lieutenant-général.
Le 26 Janvier 1796, il s’adresse à ses compagnons d’armes :
« Braves amis, le moment est venu de vous montrer : Dieu, le Roi, le cri de la conscience, celui de l’honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat. Plus de paix ni de trêve avec la république ; elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez (…). Les braves soldats que, pendant deux années, j’ai conduits au combat, ne deviendront jamais républicains ; jamais le déshonneur ne flétrira les lauriers qu’ils ont moissonnés (…). »

(texte complet de cette déclaration > ici)

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Bon de cent livres portant la signature de Stofflet.

Hoche ordonne que 30 000 hommes passent sur le territoire d’Anjou et du Haut-Poitou (il est toutefois loin d’en avoir autant à disposition) et se met à la tête d’une colonne qu’il dirige vers Cholet.
Cependant, de leur côté, les paysans ne sont plus motivés. Après les accords de La Jaunaye, leurs prêtres ne sont plus inquiétés et peuvent célébrer le culte : pourquoi reprendre les armes?
Stofflet ne parvient à rassembler que 2 à 3000 hommes. La lutte n’est pas possible ; traqué, il doit se cacher dans la forêt de Maulévrier.

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Le 22 février, à La Saugrenière, se tient une rencontre avec des représentants des insurgés de Bretagne et de Normandie en vue d’établir une entente des divers mouvements. La réunion est interrompue par la nuit. L’abbé Bernier se retire tandis que Stofflet et ses hommes restent à dormir dans un bâtiment de ferme.
Mais les bleus ont été avertis. Quelque 200 hommes d’infanterie et plusieurs dizaines de cavaliers cernent les bâtiments avant le lever du jour, et les insurgés sont pris.
Ligoté, dépouillé, pieds nus, Stofflet doit marcher jusqu’à Chemillé. Puis il est conduit à Angers.

Stofflet comparaît devant un conseil de guerre.
Pris les armes à la main, il est condamné à mort : la sentence est exécutée à 10 h, au Champ-de-Mars, ce 25 février 1796.
Il était âgé de 43 ans et 22 jours.

Il refusa le bandeau en ces termes : « Sachez qu’un général vendéen n’a pas peur des balles! » Puis il crie : « Vive la religion! Vive le Roi! » avant de tomber sous la mitraille.
Sa tête, tranchée au sabre, fut promenée dans toute la ville comme un trophée. 

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Sommet de l’obélisque érigé à la mémoire de Stofflet à l’entrée du château de Maulévrier.

Publié dans : Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis | le 24 février, 2012 |3 Commentaires »
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