2011-40. Chronique pour les mois de mars et avril 2011 au Mesnil-Marie.

Mercredi 4 mai 2011.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Alléluia! Ils sont revenus les jours de l’allégresse pascale : j’espère que vous avez tous passé une fervente Semaine Sainte et que vous pouvez maintenant profiter pleinement de la splendeur et de la joie des solennité de Pâques, qui font si bien ressortir la grandeur de l’amour que Dieu a déployé pour nous par le Sacrifice de Son Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Hier, 3 mai, nous célébrions la fête de la découverte de la Sainte Croix (par l’impératrice Sainte Hélène) et, devant les reliques de la Passion que nous avons la très grande joie de conserver dans notre oratoire du Mesnil-Marie (photo ci-dessous), nous pouvions méditer et exulter : « Vraiment il est digne et juste, c’est notre devoir et notre salut de Vous rendre grâces toujours et en tout lieu, Seigneur, Père Saint, Dieu éternel et tout puissant, qui avez attaché le salut du genre humain au bois de la Croix, afin que de là où la mort était sortie de là aussi la vie surgisse, en sorte que le démon qui avait vaincu par l’arbre (du paradis) fût à son tour vaincu par l’arbre (de la Croix)… »

Pâques, en effet, ne nous fait pas oublier la Passion, mais lui donne la plénitude de son sens ; Pâques ne fait pas disparaître la Croix, mais la fait resplendir!

Il y a bien longtemps que je ne vous ai pas écrit, mais je puis vous assurer que ce n’est en rien de l’oubli : chacun de nos amis, et chacune des intentions – heureuses ou tristes -  qui nous sont recommandées sont chaque jour bien présents dans nos prières. En une période comme celle des fêtes pascales, nous demandons à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame de Compassion, de vous bénir et de vous combler de Ses grâces, de vous remplir de Sa force et de Ses consolations, et tout particulièrement de transformer vos peines et vos soucis en motifs de joie, en sorte que vous puissiez chanter avec le psalmiste : « La droite du Seigneur a déployé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé : je ne mourrai pas, mais je vivrai et je proclamerai les oeuvres du Seigneur, alléluia! » (offertoire de la fête du 3 mai).

Reliques de la Passion conservées au Mesnil-Marie

Reliquaire de la Sainte Croix,
fac-similés des saints clous de la Crucifixion (qui ont touché à l’original conservé à Rome),
médaillon contenant des parcelles des rochers de Gethsémani et du Calvaire
ainsi qu’un fragment du Saint Sépuclre. 

Après ces considérations d’ordre général, il me revient aussi de vous donner quelques nouvelles de notre Mesnil-Marie, d’autant que notre cher Frère est assez surchargé de travail, de sollicitations et de préoccupations : pouvez-vous imaginer que lorsqu’il a rallumé l’ordinateur au soir du Saint Jour de Pâques, il a trouvé pas moins de soixante-douze messages personnels qui étaient arrivés dans sa boite aux lettres pour cette seule journée!… Et il en est encore venu d’autres, bien évidemment, dans les jours qui ont suivi, qui s’ajoutaient à tous ceux qui étaient arrivés pendant la fin du carême et auxquels il n’avait pas encore pu donner de réponse!!!

Comme il lui est impossible de passer toutes ses journées rivé à son bureau (car il lui faut habituellement assurer tout seul les tâches de la vie ordinaire en maintenant un équilibre entre la vie spirituelle, l’étude et la lecture, les travaux de la maison et ceux de l’extérieur, sans parler des imprévus : par exemple les personnes qui viennent frapper à la porte du Mesnil-Marie et viennent recommander une intention, donner des nouvelles ou demander un conseil…), Frère Maximilien-Marie m’a donc chargé de vous remercier, tous et chacun, pour vos messages, et il m’a en outre soigneusement recommandé d’adresser un merci très spécial à ceux qui ont ajouté à leurs voeux l’envoi d’une offrande pour permettre au Refuge Notre-Dame de Compassion de vivre, de se développer et d’oeuvrer, puisque – je dois bien le répéter – nous ne dépendons en tout que des dons suscités par la Providence. C’est en effet sans aucune aide pécuniaire d’une congrégation religieuse ou d’un diocèse, ni sans aucune subvention de quelque organisme ou collectivité, que nous travaillons à la remise en état de notre Mesnil-Marie, que nous mangeons et assurons les dépenses de chaque jour et que nous essayons de développer au mieux le rayonnement de cette oeuvre…

Justement, après la construction du mur que j’avais relatée ici > www, je dois vous signaler quelque avancement dans les travaux de notre future Crypte Sainte Philomène : ils étaient à l’arrêt depuis le printemps de l’année dernière (cf. > www). Au cours de la première partie du carême, les maçons sont revenus et ils ont mené à bien la totalité du rejointoiement à la chaux de cette voûte, dans une belle teinte qui la met bien en valeur :

Travaux de rejointoiement de la Crypte Sainte Philomène

Est-il nécessaire de préciser que j’allais chaque soir faire une très rigoureuse inspection des travaux de la journée?

Lully inspecte les travaux

Après le départ des maçons, Dominique, notre ami l’électricien, a pu mettre en place l’isolation au sol et la résistance électrique qui permettront le chauffage de la Crypte et il a aussi encastré les réceptacles des lampes :

Crypte Sainte Philomène : isolation du sol et pose de la résistance électrique pour le chauffage

Mais depuis la fin du mois de mars les travaux sont à nouveau suspendus : il faudra maintenant que les maçons reviennent et coulent la dernière partie de la dalle. Lorsque celle-ci sera achevée, il faudra encore démolir l’escalier qui permet actuellement de descendre dans la Crypte – parce qu’il est inadapté et dangereux – et, à partir du niveau définitif du sol, réédifier un escalier approprié.  Ce n’est qu’ensuite qu’on pourra procéder aux aménagements et aux finitions. Vous le voyez, nous ne sommes pas encore au bout des travaux, et nous avons bien besoin de l’aide de Sainte Philomène… ainsi que de nouvelles générosités pour en venir à bout!

Pour le reste, Frère Maximilien-Marie a profité des beaux jours du mois de mars et du mois d’avril pour épierrer  et apprêter le terrain désormais soutenu par le mur édifié en bordure de route (cf. > www). Il y a ensuite planté des iris, des lupins, des lys, des hémérocalles, des pivoines, des ibiscus… etc. dont je vais régulièrement surveiller la croissance et empêcher la dévastation par les mulots et les rats taupiers. Avant la Semaine Sainte, notre Frère a aussi transporté quantité de brouettes de mauvaise terre, de vieilles racines et de cailloux qu’il avait dégagés en nettoyant les rochers aux alentours du Mesnil-Marie.

Et pour terminer ce tour d’horizon des travaux, il me faut ajouter que nous sommes un peu inquiets parce que le grand mur de soutènement que vous voyez ci-dessous sur la gauche, en continuité de la façade de la maison, montre des signes de fragilité au point que nous craignons son écroulement à l’endroit où une voûte y est pratiquée… De ce fait, mon papa-moine m’a fermement recommandé de ne pas aller me promener dans ces parages!

La façade du Mesnil-Marie au printemps caressée par le dernier rayon du soleil à son coucher

Façade du Mesnil-Marie caressée par les rayons du soleil couchant.

Pour revenir à des sujets spirituels, je dois dire que notre Frère s’est – bien entendu – pas mal investi pour les longues cérémonies de la Semaine Sainte célébrées dans sa « paroisse d’élection » (cf. > www) – paroisse de rite latin traditionnel en application du motu proprio « Summorum Pontificum cura«  bien sûr -, cérémonies pour lesquelles il avait à coeur d’emporter, lorsque la petite sacristie de la paroisse manquait du matériel nécessaire, les plus beaux des ornements que nous possédons ici.

Avant d’achever la chronique de ce jour, je ne résiste pas à la tentation de vous inviter à écouter, en conformité avec la liturgie, ce Regina coeli composé par le génial surintendant des musiques royales dont je porte le nom :

Image de prévisualisation YouTube

Et au sujet de la répétition de ces innombrables « alléluia!« , voici pour terminer quelques lignes de notre Bienheureux Père Saint Augustin que je laisse à votre méditation :

« Alleluia signifiant « Louez Dieu! », louons le Seigneur, mes frères, louons-le par notre conduite et par nos paroles, par nos sentiments et par nos discours, par notre langage et par notre vie. Dieu ne veut aucun désaccord dans celui qui répète ce chant. Commençons donc par mettre d’accord en nous la langue avec la vie, la conscience avec les lèvres ; oui, mettons d’accord nos moeurs avec nos paroles, dans la crainte que nos bonnes paroles ne rendent témoignage contre nos mauvaises moeurs. » (Saint Augustin – sermon 256 sur la louange divine).

pattes de chat Lully.

Pour aider à la vie
et au développement du Refuge Notre-Dame de Compassion > www

Chemin de Croix pour la France (Chanoine Antoine Crozier).

Après avoir publié le texte de l’opuscule « Vivons pour le Bon Dieu » du Chanoine Antoine Crozier (ici > www), un excellent ami – qu’il en soit très chaleureusement remercié! – m’a communiqué le texte du « Chemin de Croix pour la France » que ce saint prêtre avait également rédigé quelques années auparavant.
Dans les circonstances présentes de l’Eglise, du monde et de la France, il nous a paru important de mettre les méditations et les prières de ce Chemin de la Croix à la disposition du plus grand nombre d’âmes possible.

 Frère Maximilien-Marie.

Chemin de Croix pour la France (chanoine Crozier)

Imprimatur : Lugduni, die 26 Maii 1904
A. Bonnardet , v. g.

Préface de l’auteur:

A toutes les prières et à tous les sacrifices que font les âmes pieuses, en ces temps d’extrême détresse, pour hâter l’accomplissement des promesses du Divin Cœur sur la France, nous croyons qu’il sera très opportun et très utile d’ajouter l’exercice de Chemin de la Croix.
Nous leur proposons quelques pensées
pour les aider à faire ce Chemin de la Croix pour la France.
Par ce Chemin de la Croix, les amis
du Cœur de Jésus sentiront mieux tout ce que Notre-Seigneur a souffert pour racheter les nations que son Père Céleste Lui a données en héritage, pour sauver cette France qui lui est si précieuse et si chère.
En nous unissant aux douleurs et aux supplications de Jésus, Rédempteur de la France, nous apprendrons à mieux prier et à souffrir plus généreusement pour notre malheureuse patrie.
En appliquant aux âmes du Purgatoire les très nombreuses et très riches indulgences du Chemin de la Croix, nous ouvrirons les portes éternelles à une armée d’intercesseurs qui, dans le ciel même, ne cesseront pas de travailler avec nous à l’œuvre du Sacré-Cœur.

(Nota: avant d’être publié en fascicule le texte de ce Chemin de la Croix avait paru dans le Bulletin mensuel de la Garde d’Honneur - Bourg-en-Bresse – fin de 1903 et 1904).

coeurdejsuscopie.jpg

PRIERE PREPARATOIRE :

O Jésus Sauveur! C’est pour la France que je veux suivre avec Vous le chemin si long et si douloureux de votre Cal­vaire. Avec toute la contrition et tout l’amour de mon cœur, je viens vous offrir, au nom de la France et pour moi, pauvre pécheur, ma plus intime compassion pour tout ce que Vous avez souffert dans votre corps, dans votre âme, dans votre Cœur.
Au nom de la France et pour moi, je vous offre les réparations de ma foi et de ma piété pour tous les outrages que nous avons infligés à la Majesté de votre Père, à votre dignité et à votre sainteté de Fils de Dieu, à l’Esprit de vérité et d’amour, pour toutes les blessures faites à votre Cœur.
Agréez aussi les ardentes supplications que nous vous offrons, en union avec les supplications que, du fond de l’abîme de ses souffrances, votre Cœur broyé faisait monter vers le trône de votre Père pour l’humanité tout entière et particulièrement pour cette portion de l’humanité que vous avez tant aimée, pour la France, notre patrie!

Prières à faire à chaque station :

Au début de chaque station :
V. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons,
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix!

Après chaque station :
Notre Père ; Je vous
salue, Marie ;  Gloire au Père.
V. Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple,
R. Et ne soyez pas toujours irrité contre nous!
V. Cœur de Jésus, salut de ceux qui espèrent en vous.
R. Ayez pitié de nous!
V. Saints et saintes de France,
R. Intercédez pour nous!
V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix!

R. Ainsi soit-il!

coeurdejsuscopie.jpg

Première station : Jésus est condamné à mort.

Cette première station représente le prétoire de Pilate où Notre-Seigneur Jésus-Christ reçut son inique condamnation à mort.
Je vous adore, ô Jésus, subissant à
travers les siècles, la scène perpétuellement renouvelée de votre condamnation à mort.
Plus que jamais, dans notre pays, ô
Jésus, vous ne cessez pas d’être trahi et vendu par ceux qui ont vécu avec vous et de vous, par les apostats qui en vous persécutant veulent lutter contre les remords de leur conscience, faire leur fortune, assouvir leur ambition.
Avec les Judas dont la race, loin de
s’épuiser, se multiplie de jour en jour, il y a encore les Pilates indifférents et sceptiques, mais assez vils et assez lâches pour livrer le Juste, en s’efforçant vainement de laver l’ineffaçable souillure de leurs mains et de leurs fronts.

On entend toujours les clameurs furieuses de la foule soulevée qui demande la mort de l’Innocent.
Derrière le tribunal officiel, j’entrevois le tribunal secret des pharisiens hypocrites, des impies, des sectaires, de Satan lui-même, qui, au fond de leurs ténèbres, ont décidé et préparé, ô Jésus, votre condamnation à mort dans cette France où ils ne veulent plus de vous.
Puisque, après votre résurrection triomphante, vous ne pouvez plus mourir, vos ennemis acharnés ne peuvent plus vous atteindre dans votre personne adorable ; mais ils veulent vous mettre à mort, vous anéantir dans les âmes, dans ces générations d’enfants, qui vous connaîtront, non pour croire en vous, pour vous adorer et vous aimer, mais pour blasphémer contre votre Nom d’amour.
Cette condamnation à mort de Celui qui est la vie éternelle des âmes, nous ne l’acceptons pas, ô Jésus! Nous vous ferons vivre de plus en plus en nous-mêmes, par la piété, par la sainteté et l’amour ; nous vous défendrons par la .prière, par l’immolation, par l’apostolat ; nous vous ferons vivre et grandir dans ces enfants, dans ces faibles, dans ces malheureux qu’on veut arracher à votre Cœur embrasé d’amour pour tous les hommes et spécialement pour les petits, pour les pauvres, pour ceux qui vivent dans la souffrance et le travail.

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Deuxième station : Jésus est chargé de sa Croix.

Cette seconde station nous représente Jésus recevant le fardeau de sa croix.
Les ennemis de Jésus-Christ triomphent par cette injuste condamnation que la peur, l’ambition et sans doute l’argent ont arrachée à la faiblesse de Pilate, et ils se hâtent d’en profiter en pressant l’exécution de l’Innocent.
La croix de Jésus est là, toute préparée et il faut que Jésus porte lui-même l’instrument de son supplice.
Sans pitié pour le lamentable état où l’ont réduit les fouets de la flagellation, le couronnement d’épines, les violences des soldats, toutes les horreurs du prétoire, Jésus est chargé de sa croix, croix accablante qui va peser horriblement sur ses épaules meurtries, sur tout son corps exténué.
Si brisé qu’il soit, le divin Jésus sourit à la croix qui lui est présentée et imposée. Cette croix a toujours été l’objet de ses plus ardents désirs : depuis longtemps, Jésus appelle «ce baptême de sang où Il veut se plonger» pour mourir, où Il veut nous plonger tous pour nous racheter. Il voit tout ce que sa mort donnera de gloire à son Père, de grâces et de vie à l’humanité ; Il pense à la France, à cette multitude d’âmes qui y seront sauvées et sanctifiées, à cette autre multitude d’âmes évangélisées et sauvées par l’apostolat de la France et aussitôt, de Lui-même, Il offre ses épaules pour recevoir la croix. Il la reçoit mieux encore dans son Cœur avide, insatiable de notre Rédemption. Nous disons et chantons avec l’Eglise : O crux, ave! O croix, je vous salue! Je vous salue de mes adorations et de mon amour ! Avec quel amour Jésus, en acceptant sa croix, ne dut-il pas dire et chanter dans son Cœur : O Crux, ave ! O croix que mon Père me donne pour accomplir par ma mort tous ses desseins sur le monde et sur la France, je vous salue, je vous embrasse et je vous aime!
O Jésus, apprenez-nous à recevoir, à embrasser, à aimer la croix que vous nous donnez ou que vous nous donnerez d’abord pour expier nos péchés personnels, puis pour vous aider à racheter et à délivrer la France!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois.

En cette troisième station, nous voyons Jésus tombant pour la première fois sous le poids de sa croix.
Jésus a désiré, cherché et poursuivi sa croix : Il l’a embrassée et portée avec toutes les ardeurs de son Cœur, mais bientôt ses forces trahissent son courage et son amour, et dès les premiers pas, Il est accablé et Il succombe.
Cette chute nous l’expliquons très vite par l’extrême faiblesse de Jésus et par les effusions de son sang qui a coulé à grands flots depuis l’agonie du Jardin des Oliviers jusqu’à la flagellation et au couronnement d’épines.
Mais ce qui pèse le plus sur Jésus, ce qui le jette à terre, ce qui l’écrase, c’est l’excès incalculable des péchés qu’Il expie. Quoi de plus écrasant que le fardeau des iniquités de tous les hommes?
N’êtes-vous pas, ô Jésus, «l’Agneau de Dieu, qui portez sur vous les péchés du monde entier?» Vous portez tous les crimes de la
France, les crimes des longs siècles de son histoire, de ce passé où si souvent elle trahit et abandonne son Dieu, les crimes du présent, alors qu’elle est complice, par son indifférence et son laisser-faire, de toutes les destructions que ses fils les plus perfides et les plus coupables s’acharnent en son nom, à multiplier dans les âmes ; les crimes de l’avenir, d’un avenir très prochain, car quel mal ne feront pas les générations qui ont déjà grandi ou qui grandissent dans la haine de Dieu et de Jésus, et sont livrées sans frein aux passions les plus redoutables?

L’abîme appelle l’abîme de toutes les corruptions et de toutes les abominations.
O Jésus ! Nous voulons nous substit
uer à ces soldats grossiers et cruels qui vous relèvent en aggravant vos souffrances ; nous voulons être toujours là, près de vous, pour partager votre fardeau et vos douleurs, pour porter avec vous les péchés du monde et les iniquités de la France!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Quatrième station : Jésus rencontre sa sainte Mère.

Dans cette quatrième station, nous assistons à la rencontre de Jésus et de Marie sur le chemin du Calvaire. Qu’elle fut déchirante cette rapide entrevue de Jésus et de Marie, au milieu des insultes et des brutalités des bourreaux et de la foule!
Quels regards pleins de souffrances
furent échangés entre le Fils et la Mère et transpercèrent, jusqu’au fond le plus intime, ces deux cœurs si tendres, si parfaits, si unis l’un à l’autre!
A cet instant Jésus souffrait, avec ses
propres douleurs, toutes les douleurs maternelles de Marie, et Marie, au glaive si longtemps plongé et fixé dans son cœur de Mère, sentit s’ajouter les souffrances filiales si intenses, si profondes, et toute la Passion intérieure et extérieure de Jésus!
Le Cœur de Jésus et le Cœur de sa
Mère s’unirent alors plus intimement pour accepter, embrasser et aimer leur commune immolation et se livrèrent tout entiers à la volonté du Père céleste et à l’œuvre de la Rédemption des hommes.
Jésus et Marie s’offrirent ensemble pour les âmes de la France déjà tant aimée. Notre-Seigneur ne devait-il pas manifester à la Messagère de son Divin Cœur son amour et son dévouement pour la France, et promettre d’être son spécial Médiateur pour détourner d’elle les fléaux de la Justice divine et pour la purifier et la régénérer dans les flammes de son Sacré-Cœur?
Et Marie, en ces derniers temps, sur la
montagne de la Salette ne s’est-elle pas montrée comme revêtue des instruments de la Passion de Jésus et pleurant sur les blasphèmes et les crimes de notre patrie?
O Jésus, ô Marie, associés pour la
Rédemption de la France, nous offrons au Dieu de la Justice et de la Miséricorde tout ce que vous avez souffert pour nous, et nous nous unissons à vos douleurs et à vos supplications pour obtenir par vous notre délivrance et notre salut!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Cinquième station : Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix.

Cette cinquième station nous représente le lieu où Simon de Cyrène fut requis et arrêté par les soldats pour soulever la croix de Jésus.
Simon subit la nécessité et la cont
rainte quand, au retour de sa maison des champs et peut-être sans connaître encore Jésus, il dut l’aider à porter sa croix.
Rien ne nous dit, dans l’Evangile ni
dans la tradition, que Simon de Cyrène s’offrit de lui-même, par pitié et par dévouement, à soulager le pauvre condamné qui allait tomber encore sous l’instrument de son supplice ; mais nous sommes portés à croire que le contact de la croix de Jésus suffit à sauver et à sanctifier le Cyrénéen.
Dans la voie douloureuse que la
France prévaricatrice a ouverte à Jésus, nous qui le connaissons, nous qui croyons en Lui, comment refuserons-nous de recevoir et de prendre notre part de sa Croix, d’accepter les épreuves de toute vie humaine et chrétienne, de sentir et de partager de quelque manière la Passion de Celui qui a tout souffert pour nous mériter et nous donner l’admirable lumière de la Foi?
Tout Français, parce qu’il croit en
Jésus, ami et Rédempteur de la France, doit se réjouir de souffrir quelque chose pour l’accomplissement de ses desseins sur nous.
Mais, si nous aimons Jésus de tout
notre cœur, nous irons de nous-mêmes vers notre Sauveur pour embrasser sa chère croix et la soulever tout entière.
O Jésus, appelez, multipliez parmi nous ces Cyrénéens pleins de bonne volonté, de générosité et d’amour, qui
ne cesseront pas de vous consoler et de vous soulager!
Nous voici, Seigneur Jésus pour porter
votre croix devenue notre croix, et pour vous faire oublier, par nos réparations et notre amour, les insultes de vos bourreaux, les ricanements de vos pires ennemis, les cris et les blasphèmes de la foule.
Vos Cyrénéens, en souffrant avec vous et pour vous, apprendront, en portant
votre croix, à vous aimer davantage et à être avec vous et avec Marie les Rédempteurs de la France.

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Sixième station : Une femme pieuse essuie la Face de Jésus-Christ.

La sixième station nous fait voir Sainte Véronique essuyant d’un linge le visage de Notre-Seigneur quand Il portait sa croix.
Véronique obéit, non pas à une nécess
ité et à un ordre, mais au mouvement de son cœur ému de compassion pour le divin Supplicié qu’elle voit succombant à la fatigue et à la douleur, et couvert d’une sueur sanglante ; elle traverse la foule hostile, elle brave les ennemis de Jésus et les soldats, elle s’approche du Sauveur pour essuyer son visage.
Jésus a exalté l’amour qui a porté
Madeleine à répandre sur ses pieds sacrés un parfum d’un grand prix. Avec quel amour Il dut agréer et bénir l’amour de Véronique venue, à travers tant de difficultés et de périls, pour lui apporter un tel soulagement!
Il se hâte de lui donner une première
récompense en imprimant sa sainte Face sur le linge qui a été l’instrument de son acte d’héroïque charité.
Il l’imprime mieux encore au fond
du cœur de Véronique pour l’unir à sa Passion et l’élever sans cesse, par cette union, à la sainteté et au plus parfait amour.
Heureuses les âmes qui, dans la suite des siècles, ont reçu la grâce de Véronique, gardent et contemplent en elles la mystérieuse et vivante image de Jésus souffrant et humilié!
O Jésus! surtout en cette France
qui vous veut et vous fait tant de mal, suscitez, multipliez en grand nombre ces Véroniques généreuses qui préfèrent à toutes les joies et à tous les trésors de ce monde l’union à vos douleurs! Ne cessez pas de les sanctifier pour qu’elles ne cessent jamais de vous donner un amour plus profond, plus délicieux, et de plus parfaites réparations!
A ces Véroniques de la France,
choisies et consolées par son Cœur reconnaissant, Jésus semble dire et redire : «Ma sainte Face! Voilà ce qu’il faut que vous soyez vous-mêmes en votre âme et en toute votre vie! Larmes, douleurs, affronts, soufflets, voilà votre lot, votre fortune! Réparatrices courageuses et dévouées, offrez souvent au Père céleste la Face de votre Sauveur telle qu’elle est hors de vous et en vous ; étendez sur la France ce voile d’amour, de douleur, d’ardente supplication!»
Il faut qu’à cette heure d’iniquités, Dieu, regardant la France, n’y voie plus que la Face de son Fils et l’amour de son Cœur, implorant la pitié et la miséricorde pour la France et le monde par ses yeux sanglants et noyés de larmes.
O
Dieu, notre Protecteur, regardez la Face de votre Christ! (
Ps. LXXXIII, 10).

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père… etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Septième station : Jésus tombe pour la seconde fois.

En cette septième station, nous assistons à la deuxième chute de Jésus.
Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter son horrible fardeau ; Véronique a essuyé le visage du Sauveur ; mais ce secours et ce soulagement n’ont pu retarder que de quelques pas une nouvelle chute de Jésus plus que jamais exténué, accablé.
Par cette deuxième chute et par les coups qui l’ont accompagnée, Jésus a voulu expier nos rechutes dans le péché… Notre vie, hélas! n’est-elle pas une perpétuelle rechute?
Jésus a voulu aussi nous mériter la grâce de nous relever toujours avec courage et confiance, certain que la conversion et le salut sont toujours possibles au pécheur, tant qu’il n’a pas rendu le dernier soupir, et que la miséricorde du bon Dieu surpasse infiniment toutes nos faiblesses et toutes nos iniquités. Jésus a voulu encore souffrir pour expier les infidélités multipliées du peuple qu’Il devait se choisir et se donner, les rechutes de la France. Quelle admirable et étrange histoire que la nôtre!
D’une part, Dieu qui aime la France, n’a pas cessé, à travers tant de siècles, de la poursuivre de sa prédilection visible et obstinée, et de la combler de ses bienfaits et de ses prodiges ; d’autre part, la France ingrate a secoué plusieurs fois le joug de son Divin Protecteur. Par ses révolutions successives, la France s’est livrée aux ennemis les plus implacables de Jésus-Christ et de son Eglise, car, au fond de toutes ses révolutions, qu’y a-t-il, sinon la lutte ouverte ou hypocrite de Satan contre Dieu pour ruiner et détruire la mission providentielle de notre pays en lui arrachant sa foi.
O Cœur de Jésus, qui vous êtes montré et donné à nous pour être notre Médiateur de rédemption et de prière entre votre Père et la France infidèle, oh! ne vous lassez pas d’intercéder pour nous, et de nous ouvrir les trésors de vos miséricordes et de vos grâces!
Si trop souvent nous avons imité les Juifs dans leurs égarements et leurs révoltes, si maintenant encore nous nous faisons les complices et les serviteurs de leur haine contre vous, ne permettez pas que votre France tant aimée abandonne et renie son Dieu et son Sauveur, mais faites qu’elle défende et garde sa foi contre tous les assauts de l’enfer et devienne, dans tout l’univers, l’apôtre infatigable de votre vérité et de votre amour!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père … etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Huitième station : Jésus console les femmes de Jérusalem. 

En cette huitième station, nous entendons les paroles que le très bon Jésus adresse aux femmes de Jérusalem qui le suivent.
Ces filles d’Israël peuvent connaître
Jésus par ses enseignements, par sa sainteté, peut-être par les bénédictions et les caresses qu’Il a données à leurs petits enfants, ou par les miracles qu’Il a faits pour eux : elles sont là pour le remercier encore et protester contre l’iniquité de sa condamnation et de son supplice.
Celles qui ne le connaissent pas sont émues, bouleversées par le spectacle de
telles douleurs dans une si profonde humiliation.
Toutes, par leurs larmes, proclament
l’innocence de Jésus et, en lui offrant l’hommage délicat de leur compassion, elles se font Réparatrices à la suite de Véronique.
Jésus agrée leur pitié ; Il recueille et bénit leurs larmes ; mais, oublieux de ses propres souffrances, Il veut préparer
ces généreuses consolatrices aux malheurs qui les menacent et Il leur demande de pleurer plutôt sur elles-mêmes et sur leur perfide patrie.
Peu de jours avant sa Passion, Jésus
a pleuré sur Jérusalem. Devant ces femmes en pleurs, sur la voie même de son Calvaire, Il souffre et pleure encore sur sa patrie, car Il revoit, dans le tableau vivant d’un très prochain avenir, la chute et la ruine épouvantables de ce peuple maudit qui, après avoir tué les prophètes, va mettre le comble à tous ses crimes en crucifiant son Messie, le Fils de Dieu fait homme.
Et nous-mêmes, en pleurant, sur les
douleurs de Jésus, sur tout ce qu’Il a souffert pour la France et pour chacun de nous, n’avons-nous pas à pleurer sur notre patrie, sur ses ingratitudes, sur ses crimes, sur ses attentats tant de fois renouvelés contre Dieu et son Christ Jésus?
O France! comme Jérusalem, tu n’as pas connu le temps de la visite divine, tu as méprisé la suprême tentative que le Cœur de Jésus a faite pour te rappeler en ta foi et ta mission! Oh! n’endurcis pas ton cœur contre le Cœur de Jésus, et hâte-toi de répondre enfin aux instances si douces et si fortes de son amour!
Jerusalem, Jerusalem, couver­
tere ad Dominum Deum tuum : France, France, convertis-toi et reviens pour toujours au service de ton Dieu, à l’amour de ton Sauveur!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père … etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Nous voyons ici la troisième et dernière chute de Jésus.
Combien cette chute fut profonde et douloureuse et humiliante!
Jésus est sur le point d’atteindre ce sommet qu’Il a tant désiré, tant appelé dans son amour pour son Père et pour les âmes : les ardeurs de son Cœur précipitent ses pas. Et cependant, ses forces l’abandonnent, et Il tombe lourdement. Ses ennemis, plus violents que jamais, se jettent sur Lui et l’accablent de coups et d’outrages. A ce moment, Jésus foulé aux pieds réalise, d’une façon saisissante, la parole du prophète : «Je ne suis pas un homme, mais un ver de terre», un ver de terre qu’on piétine et qu’on écrase. En cet état de suprême humiliation, Jésus expie toutes les révoltes, toutes les folies, tous les crimes de l’orgueil humain, de cet orgueil qui a voulu, comme Satan lui-même, s’élever au-
dessus du Très-Haut, en donnant un trône, le trône de la divinité, à la Raison indépendante de la vérité éternelle.
Et la France? Quelle place n’a-t-elle pas eue et ne tient-elle pas dans cette
lutte de l’orgueil insurgé contre Dieu, dans cet affranchissement, dans cette déification de la raison et de la prétendue science qui ne se sert des dons du génie et n’étudie les merveilles des œuvres de Dieu que pour l’insulter et le nier?
L’Esprit saint nous apprend que «le
dédain est le comble de l’impiété». Loin de rendre gloire au Créateur et à l’Ordonnateur des mondes, à la Sagesse, à la Puissance, à la Bonté infinies, nos impies de la fausse science haussent les épaules, méprisent Dieu, son nom, sa religion sainte et, par l’athéisme officiel et obligatoire de l’enseignement, s’efforcent de donner ce mépris aux intelligences sans défense des enfants.
O Dieu très grand, pour expier ces
mépris de l’impiété, la guerre déclarée à votre Vérité, notre apostasie nationale, vous avez voulu les humiliations inexprimables de votre Fils, le Verbe Incarné!
Par ces humiliations de Jésus, ô Père très bon et très patient, pardonnez à la France, et éloignez de nous les châtiments encourus par notre orgueil et notre impiété!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père …etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Cette station nous représente le moment où Jésus fut dépouillé de ses vêtements.
Ce dépouillement de Jésus fut à la fois
un mystère de pauvreté, un mystère de douleur, un mystère de honte.
Mystère de pauvreté! Jésus qui n’a eu, dans l’étable de Bethléem, que des haillons pour se défendre contre le froid, consent à mourir, dépouillé même de cette robe sans couture que sa douce Mère Lui a tissée.
Mystère de douleur! Cette robe, collée par le sang à la chair de Jésus en est arrachée violemment, et nous voyons s’ouvrir les plaies de son corps flagellé, et son sang couler à flots.
Mystère de honte! Jésus, le Saint
des Saints venu en ce monde pour y apporter la virginité et la pureté, est exposé aux regards de la foule et de quelle foule!
Nous y reconnaissons ces hypocrites et ces corrompus qui ont pris la fuite, lorsque Jésus pardonnant à la femme coupable s’est relevé pour dire aux accusateurs : «Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre!» Il y a là une soldatesque effrontée,
sans pudeur et sans frein ; il y a cette multitude qu’on voit apparaître à l’heure des exécutions publiques pour regarder avec une curiosité malsaine, même pour couvrir de dérision les dernières souffrances des suppliciés! Il y a les insulteurs payés par la synagogue…
Jésus but alors la lie du calice de
l’agonie, lie mille fois plus amère que le fiel et le vinaigre goûtés sur la croix.
Jésus, abreuvé de honte et d’outrages,
expie les horreurs des quatre mille ans qui l’ont précédé, les prévarications d’Israël, les orgies de la corruption grecque et romaine, les désordres et les crimes des dix-neuf siècles de christianisme, les désordres et les crimes de la France…
Tous les attentats contre la foi de
la France sont des attentats contre ses mœurs en brisant le joug salutaire qui les défend et les garde. A ces moissons de vierges, de prêtres, d’apôtres, à ces fortes et belles générations chrétiennes, on veut substituer le paganisme et livrer l’enfance, la jeunesse, la famille, aux vices qui tuent les corps et les âmes.
O Jésus, par votre Sainteté de Fils de Dieu, par la pureté de votre Mère, la Vierge des vierges, par les humiliations de votre dépouillement, nous vous en conjurons, arrachez au démon de l’impureté les pauvres enfants, la jeunesse, la famille, la France présente et future, délivrez-nous de cet horrible mal, libera nos a malo!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père … etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Onzième station : Jésus est attaché à la Croix.

Cette station nous fait voir Jésus attaché à la croix sous les yeux de sa sainte Mère.
Jésus dépouillé de ses vêtements est prêt pour l’immolation qui va s’achever.
Le voilà étendu sur l’arbre de la croix.
Il n’a pas d’autre lit pour reposer sa
tête couronnée d’épines, son corps meurtri et tout en plaies vives.
En silence, Il se livre aux violences
de ses bourreaux ; Il présente ses mains et ses pieds aux clous qui vont briser ses veines, ses os, ses nerfs, et traverser ses membres pour les fixer à l’autel de son sacrifice.
Quelle souffrance, et pour Jésus ainsi
frappé et torturé, et pour Marie, sa Mère, qui assiste à ce spectacle et entend jusqu’au fond de son cœur tous les coups de marteau!
Jésus ne résiste pas, Jésus ne se
plaint pas, Jésus obéit et s’abandonne à tous les ordres, à toute la rage de ses bourreaux.
Ah! Je reconnais bien l’Agneau mystérieux qu’Isaïe, le grand prophète, a entrevu et salué depuis plusieurs siècles, «cet agneau muet qui sera conduit à la boucherie». Celui que Jean-Baptiste, sur les bords du Jourdain, a montré et désigné à ses disciples en l’appelant «Agneau de Dieu»!
Oui, il est l’Agneau de Dieu, parce que ce nom exprime toute sa vocation et toutes ses vertus de Victime rédemptrice! Il est l’Agneau de Dieu par sa sainteté essentielle et parfaite ; Il est l’Agneau de Dieu par sa patience et sa douceur incomparables!
Jésus se laisse attacher pour le salut du monde entier ; Il se livre pour sauver ses nations choisies, pour Israël, pour la France, afin de leur crier du haut de la croix : «Je tiens mes bras toujours étendus vers mon peuple, pour attirer et embrasser ce peuple qui ne cesse pas de me contredire et de me persécuter».
Pour racheter la France, l’Agneau de Dieu a multiplié d’autres agneaux de Dieu, des Victimes élues et consacrées, immolées dans le silence, la patience, l’amour, l’abandon à tous les vouloirs divins, à toutes les rigueurs de l’éternelle justice, heureuses de souffrir et de mourir pour rendre la France à Jésus-Christ et Jésus-Christ à la France par l’ardeur et la perfection de leur sacrifice.
O Agneau de Dieu, sanctifiez de plus en plus les Victimes de votre Sacré-Cœur ; rendez-les toujours plus semblables à vous-même ; faites-les toujours plus douces et plus patientes, plus généreuses et plus saintes pour que, dans les souffrances et les infirmités de leur corps, dans leurs douleurs d’âme et de cœur, elles jettent vers Dieu un cri plus puissant qui appellera sur la France la miséricorde et le salut!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père … etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

Elles furent longues les trois heures de Jésus sur sa croix, jusqu’au dernier soupir qui a consommé le salut de l’humanité!
Elles furent douloureuses pour Jésus par les horribles souffrances du crucifiement, par la continuelle effusion du sang s’échappant de toutes les plaies, par les angoisses de l’esprit, par l’oppression et les déchirements du cœur, par les ignominies dont on abreuva le pauvre supplicié, par tout ce que Jésus, même dans les ténèbres de la suprême agonie, voyait et entendait de l’avenir, et souffrait d’avance de la part des âmes ingrates et criminelles, de la part de la France, rebelle aux prédilections divines et à sa foi, jusqu’à se faire, à travers le monde, l’apôtre de l’erreur et du mal, et le champion de la guerre faite à Dieu et à l’Eglise!
O Jésus, pour nous rassurer contre cette Justice que nous osons provoquer, pour espérer toujours et quand même en votre inlassable Miséricorde et en l’amour que vous avez pour notre patrie, nous avons besoin de recueillir, pour les comprendre et les goûter davantage, quelques-unes de vos dernières paroles!
Du haut de votre croix, vous avez dit à Marie en lui montrant saint Jean : «Voilà votre Fils!» et vous avez dit à saint Jean : «Voilà votre Mère!» Par cette double donation, Marie est devenue la Mère de l’humanité, la Mère de cette France dont les premiers apôtres remontent jusqu’à saint Jean, apôtre et évangéliste de l’amour, ami du Cœur de Jésus et second Fils de Marie et ont reçu de lui, pour les donner à la France, la connaissance et l’amour de Jésus et de Marie.
O Jésus! vous avez prié pour vos bourreaux en disant : «Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font!» O Jésus infiniment bon et miséricordieux, vous êtes prêt à pardonner même à ceux qui savent ce qu’ils font! Dilatez tout grand votre Cœur, pour y recevoir vos persécuteurs, par sa plaie largement ouverte, et pour les convertir en étonnant l’univers par ce prodige qui sera le triomphe de votre amour!
Il y a aussi les ignorants qu’on aveugle
toujours davantage, les inconscients dont on abuse. Pardonnez, ô Jésus, à cesmultitudes dont on se sert pour vous détrôner ; donnez-leur les vives lumières et la vaillante énergie de la foi qui sait se défendre et assurer la victoire de Dieu!
O Jésus! j’ai entendu votre
Sitio! Ce Sitio exprime moins la soif dont souffre votre corps que les ardeurs dévorantes de votre Cœur avide, insatiable des âmes rachetées par votre sang.
O Jésus! désaltérez-vous, en délivrant la France, en sauvant tous ces
pécheurs que l’indifférence, le doute, la négation enfoncent plus profondément dans leur iniquité, tous ces enfants qu’on ravit à votre amour!
O Jésus en croix! on ne veut plus votre image, ni à l’école, ni dans les hôpitaux, ni dans les tribunaux. Mais nous vous garderons dans nos maisons et sur nos poitrines et nous vous élèverons dans nos cœurs un trône indestructible d’honneur et d’amour!
Regnavit a ligno Deus!
C’est par l
e bois de la croix que vous avez établi votre Règne sur la terre. Vous régnerez toujours par votre croix, surtout quand vous apparaîtrez avec une grande majesté pour juger les vivants et les morts. A ce moment redoutable, vous montrerez votre croix, et nulle puissance de ce monde ni de l’enfer n’osera ni ne pourra l’enlever de vos mains.

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père …etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Treizième station : Jésus est détaché de la Croix.

En cette treizième station, nous voyons Jésus détaché de la croix et remis à sa Mère.
Il y a quelques instants, Notre-Seigneur Jésus était offert et immolé sur l’autel de la Croix! La Victime immolée est maintenant déposée et offerte sur un autel vivant, sur les genoux et dans les bras de sa Mère.
Quelle inénarrable souffrance pour Marie! Après avoir contemplé dans tous ses détails le long supplice de son Fils, après avoir goûté l’horrible amertume des dernières souffrances du Divin Rédempteur, elle reçoit et presse sur son Cœur maternel le corps pâle, sanglant, inanimé, de son Jésus Bien-Aimé!
En Jésus couvert de plaies, ô Marie, vous voyez, vous reconnaissez tant de pauvres pécheurs, devenus vos enfants, défigurés par leurs iniquités, morts à la vie de la grâce, et vous pleurez sur eux en pleurant sur votre Fils Jésus! Vous voyez aussi et vous reconnaissez
en votre Jésus cette France que le choix divin avait rendue si grande et si forte, si belle et si glorieuse. Maintenant, elle perd à flots son sang chrétien, sa vie surnaturelle, même son honneur de nation, par les affreuses blessures béantes de l’impiété, de la persécution, du satanisme.
Pour sauver la France et lui garder ce qui lui reste de sang et de vie, quelles offrandes, quelles souffrances, quelles supplications faut-il donc donner au Dieu des justices et des miséricordes?
O Père saint, contemplez sur les genoux et dans les bras de Marie, sa Mère, votre Fils unique, fait homme et mort pour nous! Par cette Mère sacrifiée et sacrifi
catrice, par ses mains si pures, par son Cœur tant de fois brisé et broyé, recevez comme une réparation et une prière infiniment supérieures à nos crimes et à nos malheurs, la divine Victime de notre Rédemption nationale.
Père très bon, regardez la Face, le
Cœur et le Corps immolés de votre Fils ; agréez les louanges et les satisfactions qu’Il vous donne pour la France ; laissez-vous apaiser par sa Passion et sa Mort, et « accordez-nous le pardon qui nous délivrera. Tu veniam concede placatus!»
De Jésus Lui-même, de son Cœur
filial qui a tant souffert des souffrances de sa Mère, recevez Marie et tout l’ineffable martyre dont elle a vécu, depuis l’heure où le vieillard du Temple lui a montré le glaive qui devait transpercer son Cœur maternel!
O Dieu! par la Mère des Douleurs,
nous vous offrons et nous vous livrons, pour la France, votre Fils Bien-Aimé, «l’Homme des Douleurs» et, par Lui, avec Lui, en Lui, nous vous offrons et nous vous livrons pour notre chère patrie, sa Mère et notre Mère, Notre-Dame de Pitié, Notre-Dame de toutes douleurs!
O Cœur Sacré de Jésus! O Cœur Imm
aculé de Marie! en l’abîme de vos souffrances et par votre commune immolation, vous êtes toute notre espérance, notre caution et notre prière toute-puissante! «Sauvez-nous! Hâtez-vous ; nous périssons!»

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père …etc.

coeurdejsuscopie.jpg

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau.

Cette dernière station nous représente le tombeau de Jésus.
Sous les yeux de Marie, dont le Cœur reçut cette nouvelle blessure, les amis de Jésus emportent son Corps sacré, le couvrent de parfums, le déposent dans un sépulcre neuf et se retirent dans le silence de leur douleur en gardant la fidélité de leur foi et de leur amour.
Jésus s’est livré à la mort parce qu’Il l’a voulu, pour nous racheter et pour sanctifier notre mort. Il a voulu aussi, par l’humiliation de sa sépulture, sanctifier notre sépulture et préparer bien des résurrections.
Il a voulu d’abord préparer et faire plus éclatante sa propre résurrection.
Les Pharisiens, après avoir entendu le dernier soupir de Jésus, ne sont pas encore assurés de leur triomphe ; ils ont peur de ce Crucifié dont la mort a déchiré le voile du temple, obscurci le ciel, ébranlé la terre ; ils ont peur de sa résurrection qu’Il a plusieurs fois annoncée… Les sceaux de l’Etat sont bientôt apposés sur le sépulcre de Jésus, et les soldats
montent la garde nuit et jour.
Mais que peuvent les scellés, que
peuvent les armées pour empêcher l’Auteur de la Vie de briser les chaînes de la mort? Au matin de Pâques, Jésus sort du tombeau, vivant et glorieux. Il apparaît à Magdeleine ; Il parle aux apôtres et aux disciples ; Thomas, le plus incrédule, met la main dans les plaies du Sauveur et se jette à ses pieds pour l’adorer comme son Seigneur et son Dieu ; une foule immense le verra monter au ciel.
Jésus est donc ressuscité, et cette
résurrection qui prouve la divinité de sa personne et de son œuvre n’a pas cessé de remplir les siècles.
Par sa Résurrection, Jésus a d’abord
préparé la résurrection de l’humanité pour le grand jour des justices : «Nous croyons à la résurrection des morts!»
Jésus a mérité et conquis notre résurr
ection!
Jésus ressuscite tous les jours dans les infidèles et les hérétiques par la lumière et la grâce de la vraie foi, dans les pécheurs qu’il convertit ; Il triomphe dans les cœurs qui reçoivent, par la sainteté et l’amour, une vie toujours plus abondante.
Jésus ressuscite dans son Eglise. «Nous semblons mourir, être déjà morts, et voici que nous sommes toujours vivants». L’Eglise subit l’éternelle persécution des Juifs, la Passion de son Maître bafoué et crucifié ; à certaines heures on croit qu’Elle va mourir et descendre au tombeau, mais le monde et l’enfer la voient bientôt plus vivante et plus forte. Sortie du tombeau du Divin Ressuscité, comme Jésus Lui-même, l’Eglise ne peut pas mourir. O Jésus mis au tombeau, vous préparez enfin la Résurrection de la France chrétienne!
Quand ses ennemis croient l’ensevelir, vous allez vous approcher de son cercueil, la toucher comme vous avez touché le fils de la veuve de Naïm et la rendre vivante à ses deux Mères : à Marie et à l’Eglise!
Comme la fille de Jaïre, elle semble dormir en attendant votre, appel qui lui
redonnera la vie, la jeunesse et la vigueur.
Comme Lazare, la France «sent
déjà mauvais», dans la corruption qui germe de son impiété, mais sa maladie et sa mort apparente ne doivent-elles pas glorifier le Fils de Dieu par le triomphe de sa Miséricorde et de son Amour?
Du tombeau de tous ces tabernacles et de tous ces sanctuaires fermés, de
toutes les âmes d’enfants et de pécheurs sur qui on a cru imprimer les scellés définitifs de l’athéisme et de l’impiété, ne devez-vous pas ressusciter victorieux, plein de grâce, de vérité et de cette gloire qui vous appartient, ô Christ Fils du Dieu vivant?
Pour la France et pour le monde
nous recueillons, à deux genoux, la parole que vous avez dite près du tombeau de Lazare : «Je suis la Résurrection et la Vie!»
Les âmes et les peuples qui croient
en vous et vous aiment, même après avoir connu les horreurs de la mort, se lèveront du tombeau et vivront avec Vous et de Vous.
En nous donnant votre Cœur adorable,
ô Jésus! vous nous avez ouvert, la source inépuisable, la Plénitude même de la Résurrection et de la Vie!

Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père …etc.

coeurdejsuscopie.jpg

V. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.
V. Priez pour nous, Vierge de douleur,
R. Afin que nous ayions part aux promesses de Jésus-Christ.
V. Prions pour notre saint Père le Pape …
R. Que Dieu nous le conserve et le fasse vivre longtemps ; qu’Il le rende heureux sur cette terre et qu’Il ne l’abandonne pas à la malice de ses ennemis.
V. Prions pour les fidèles défunts,
R. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière éternelle se lève sur eux.

Prions :

Daignez, Seigneur, regarder d’un œil favorable votre famille, l’Eglise universelle, et particulièrement l’Eglise de France, pour lesquelles Notre-Seigneur a bien voulu être livré entre les mains des méchants et souffrir le supplice de la Croix!

Ainsi soit-il !

Jésus au tombeau

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous, Textes spirituels, Vexilla Regis | le 18 avril, 2011 |Commentaires fermés

2011-39. De la continuation de la Passion de Jésus et de la certitude du triomphe de Son Sacré-Coeur.

Samedi de la Passion, 16 avril 2011.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous voici à la veille d’entrer dans la Semaine Sainte. Du fond du coeur et au nom de Frère Maximilien-Marie, je vous souhaite de vivre cette « Grande Semaine » – comme on l’appelle aussi parfois – dans la ferveur de l’esprit et dans une profonde union avec le divin Coeur de Jésus et le Coeur douloureux et immaculé de Marie, Notre-Dame de Compassion.

la Compassion

Giovanni Bellini : compassion

La liturgie n’étant pas la simple commémoraison d’évènements d’un passé définitivement révolu, mais l’actualisation d’un mystère divin, nous allons vraiment revivre – pas à la manière d’une représentation théâtrale ou d’une reconstitution cinématographique – les évènements de la Pâque de Notre-Seigneur Jésus-Christ : son entrée messianique à Jérusalem, les dernières controverses avec les pharisiens et les sadducéens, la trahison de Judas, l’institution de la Sainte Eucharistie et du sacerdoce, la sainte Agonie de Gethsémani, l’arrestation et les diverses phases des procès de Jésus (procès devant le sanhédrin et devant les autorités politiques), la condamnation à mort et le chemin de la Croix, la mort du Sauveur et son ensevelissement, son passage aux enfers et sa Résurrection glorieuse.

Au-delà des célébrations liturgiques ou para-liturgiques qui marquent la Semaine Sainte, la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ se perpétue dans les membres de son Corps mystique et à travers les atteintes, toujours plus nombreuses, contre les droits de Son Eglise et contre la civilisation chrétienne elle-même : « Je suis Jésus que tu persécutes!«  (cf. Act. IX, 5).

Les mêmes protestations qui jaillissaient des bouches des pharisiens et des sadducéens en entendant les « Hosanna! » des enfants et de la foule, le jour des Rameaux, sortent encore aujourd’hui de celles des politiques, inféodés – de manière plus ou moins consciente – aux sectes anti-chrétiennes qui tirent les ficelles de l’économie mondiale, des agences de presse, et des partis… « Maître, reprends tes disciples! » (Luc XIX, 39), demandaient les pharisiens indignés de constater qu’il était acclamé dans les rues comme le Christ-Roi ; « Reléguez le christianisme dans la seule sphère privée et ne lui accordez aucune influence dans la société », disent aujourd’hui en écho les « décideurs » et manipulateurs de l’opinion! C’est, pour n’en citer qu’un – parce que, en réalité, il y aurait des centaines de faits similaires à produire -, l’exemple symptomatique des cantines municipales de Strasbourg où au nom de la « diversité » on impose des produits halal mais où au nom de la « laïcité » on refuse aux catholiques une alternative à la viande les vendredis…

Arrestation du Christ

Luca Signorelli : l’arrestation du Christ

Les mêmes trahisons, les mêmes lâchetés qui ont livré le Christ où l’ont abandonné aux mains de ses ennemis se renouvellent aujourd’hui lorsque les pasteurs – prêtres et évêques – au lieu de défendre l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et le salut éternel des fidèles qui leur sont confiés, se taisent, n’osent pas dénoncer le mal, se livrent à des compromis, montrent de la complaisance envers des idéologies destructrices de l’ordre naturel autant que de la foi, multiplient ce qu’on ne peut pas considérer autrement que des injures envers le troupeau qui leur est confié, et lui refusent l’accès aux sources authentiques de la grâce… 

Ici, se présentent à mon esprit, sans aller chercher plus loin qu’en France, ces cas innombrables où des prêtres dénonçant le marxisme criminel sont mis à l’écart tandis que ceux qui en font la promotion et s’investissent dans la « lutte des classes » sont protégés ; ces cas où des évêques et des prêtres – au mépris des règles du droit canonique aussi bien que du plus élémentaire respect des personnes – acceptent, pour ne pas dire encouragent par leur silence complice (quand ce n’est pas à grand renfort de mensonges), des scandales et des abus de pouvoir ; ces cas où le droit à une liturgie vraiment digne et fidèle aux prescriptions de l’Eglise – que ce soit dans la forme ordinaire comme dans la forme extraordinaire du rite romain – est traité avec un mépris non  dissimulé  et où, en revanche, on accepte que dans une majorité de paroisses l’ordonnancement de la messe soit chamboulé et la célébration des sacrements bouleversée par des inventions et innovations ; ces cas où des supérieurs ecclésiastiques, professeurs ou directeurs de séminaire, ont promu des candidats douteux dans l’accession aux ordres sacrés tandis qu’ils poursuivaient par des vexations sans nombre les séminaristes suspects d’être trop traditionnels ou trop « romains »; ces cas d’évêques qui n’ont aucune réaction contre les groupes de prêtres contestataires (Jonas, Parténia et autres sectateurs du rabâchage  sénilisant des Réseaux du Parvis) qui remettent en cause la discipline ecclésiastique et jettent le trouble ; ces cas où l’on interdit à des prêtres de célébrer la Sainte Messe pour des funérailles, où l’on démolit – comme dernièrement encore en Normandie – des paroisses vivantes, où l’on refuse la sainte communion à ceux qui gardent la manière traditionnelle (et toujours officielle) de recevoir la Sainte Eucharistie, où l’on chasse des églises les fidèles qui adorent le Saint-Sacrement ou prient avec le rosaire… etc. Je ne parle – malheureusement!- pas de cas remontant à la période de folie des années de l’après-concile, mais je fais allusion à des faits qui ont moins de 10 ans!

Les mêmes outrages du palais des grands prêtres, du prétoire, du chemin de la Croix et du Calvaire, se reproduisent encore dans ces populations chrétiennes massacrées ou persécutées dans les pays sous domination ou parfois seulement sous influence marxiste ou islamique : en Chine ou en Corée du nord, au Vietnam ou aux Comores, en Amérique latine et en Inde, au Pakistan et en Turquie, en Egypte et à Chypre, en Algérie ou en Ethiopie… etc.

Les mêmes indignités accomplies à la cour d’Hérode se renouvellent aujourd’hui en Europe où la « bien-pensance » si prompte à s’indigner quand on touche aux symboles des minorités se complait dans l’insulte et la dérision du christianisme et du Souverain Pontife, ne réagit pas lorsque des églises sont sauvagement vandalisées ou lorsque le Saint-Sacrement est profané, veut faire interdire par les tribunaux de l’Union Européenne le saint crucifix dans les lieux publics et ne bronche pas lorsqu’il est plongé dans un verre d’urine!

Crucifixion

Francisco de Zurbaran : Jésus en Croix

Une fois de plus, car depuis quelques années on a l’impression que cela devient presque habituel à l’approche de la Semaine Sainte, nous constatons que l’anti-christianisme se fait plus virulent, plus agressif, plus lourd dans ses provocations.

Un coeur authentiquement chrétien ne peut qu’être attristé et douloureusement peiné quand il voit qu’en face du Roi d’Amour, en face du Roi de miséricorde et de grâce, les mêmes refus et les mêmes endurcissements se renouvellent : « Nous ne voulons pas du Christ! Enlève-le : Tolle, tolle eum! (cf. Joan. XIX. 15) Nous n’avons pas d’autre souverain que César : nous ne voulons pas que les lois éternelles et spirituelles régissent notre vie, nous préférons le joug des tyrans et des idéologies de la terre! »

Une âme qui aime véritablement son divin Rédempteur ne peut qu’aspirer à entrer plus profondément dans le mystère de la réparation, en répondant plus amoureusement aux appels du Coeur de Jésus, « propitiation pour nos péchés », « rassasié d’opprobres », « broyé pour nos crimes », « victime des pécheurs » (invocations des litanies du Sacré-Coeur).

Oui, en cette Semaine Sainte, en accompagnant Jésus dans sa douloureuse Passion, nous aurons au coeur de compenser, autant qu’il sera en notre pouvoir par un effort d’amour renouvelé, les ingratitudes, les irrévérences et les sacrilèges, les froideurs et les mépris dont le Coeur de Jésus est aujourd’hui abreuvé!

Et au-delà du spectacle affligeant de l’apostasie officielle et généralisée des nations occidentales, nous avons l’espérance et gardons la ferme conviction que, même si un jour les ennemis – extérieurs et intérieurs – de la Sainte Eglise croient avoir réussi à la mettre au tombeau et à sceller sur elle la lourde pierre d’une conspiration quasi universelle, Dieu aura le dernier mot : l’Agneau immolé sera vainqueur! Et selon la promesse de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie : « Il règnera ce divin Coeur, malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer!« 

Agnus Dei

Francisco de Zurbaran : l’Agneau de Dieu

Bonne et fervente Semaine Sainte à tous!

Lully.

Prières d’abandon confiant quand on se trouve « dans le tunnel ».

Retable d'Isenheim

Mon Dieu, 
je crois à Votre infinie bonté,
non seulement à cette bonté qui embrasse le monde,
mais à cette bonté particulière et toute personnelle
qui aboutit à cette misérable créature que je suis,
et qui dispose TOUT pour son plus grand bien…

Et c’est pourquoi, 
Seigneur,
même quand je ne vois pas,
quand je ne comprends pas,
quand je ne sens pas,
je CROIS que l’état où je me trouve
et tout ce qui m’arrive
est l’oeuvre de votre amour;
et de toute ma volonté,
je le PREFERE à tout autre état,
qui me serait plus agréable,
mais qui viendrait moins de Vous.

Je me mets entre Vos mains:
faites de moi ce qu’il Vous plaira,
ne me laissant que la consolation de Vous obéir…

Ainsi soit-il !

coeurdejsus.jpg

Prière de Madame Elisabeth de France, soeur de Louis XVI (1764-1794):

Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ?
Je l’ignore.
Tout ce que je sais, c’est qu’il n’arrivera rien que Vous n’ayez prévu de toute éternité.
Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille.
J’adore Vos desseins éternels et je m’y soumets de tout mon cœur ;
 
je veux tout, j’accepte tout, je fais un sacrifice de tout ; 
j’unis ce sacrifice à celui de Votre cher Fils, mon Sauveur, Vous demandant par Son Sacré Cœur et par Ses mérites infinis la patience dans nos maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez et permettrez.


Ainsi soit-il.

(Nota bene : Il existe de cette prière une version légèrement différente assez souvent diffusée, le texte authentique que nous publions ci-dessous fait explicitement mention du Sacré-Coeur de Jésus auquel Madame Elisabeth était très dévouée)

fleurdelys2.gif fleurdelys2.gif fleurdelys2.gif

On peut aussi se reporter aux prières suivantes :

Prière de la « neuvaine de confiance au Sacré-Coeur » > www ; prière de Sainte Madeleine-Sophie au Coeur de Jésus > www ; le « Souvenez-vous » au Sacré-Coeur > www ; prières de confiance et d’abandon dans l’adversité > www ; la confiante supplication à Notre-Dame de Compassion > www ; et la « prière pour les jours impossibles » > www.

Publié dans : Prier avec nous | le 11 avril, 2011 |5 Commentaires »

2011-38. Vivons pour le Bon Dieu (Chanoine Antoine Crozier).

Vivons pour le Bon Dieu - chanoine A.Crozier

Ce 10 avril 2011 est le 95ème anniversaire du rappel à Dieu du chanoine Antoine Crozier, prêtre lyonnais d’une très haute spiritualité, qui avait reçu la grâce insigne des sacrés stigmates (le 1er janvier 1901 au cours de la Sainte Messe qu’il célébrait à l’autel du Saint-Sacrement dans la Primatiale Saint-Jean de Lyon) et qui était lié avec le Bienheureux Charles de Foucauld par les liens d’une profonde amitié.

A cette occasion, je suis heureux de vous livrer ici le texte intégral d’un petit opuscule que le chanoine Crozier avait fait publier en 1910 (il y eut même deux éditions dans le cours de cette même année). A ma connaissance,  ce tout petit livret dont je vous ai reproduit la couverture ci-dessus, n’a pas été réédité depuis la mort de ce saint prêtre, survenue le 10 avril 1916. Pourtant, il y a là un admirable résumé sur la manière d’atteindre à la perfection chrétienne, en un exposé aussi simple et lumineux que fondamental et riche…

Aussi, même si ce texte dépasse en longueur ce qui est habituel pour un article de blog, j’espère qu’il sera profitable à tous les lecteurs de bonne volonté qui accepteront de le lire posément, avec l’intelligence de leur coeur, et qui s’efforceront d’en mettre les leçons en pratique, de toute la ferveur de leur âme.

Frère Maximilien-Marie.

Chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

Le chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

Vivons pour le Bon Dieu.

Sommes-nous de bons chrétiens?

Afin de nous en rendre compte, demandons-nous quelle est la place occupée par Dieu dans notre vie de chaque jour.
Pour un trop grand nombre de soi-disant chrétiens, cette place est bien petite. On donne à Dieu cinq minutes de prière matin et soir, le temps de la Messe, des Vêpres et du Salut le dimanche.
En dehors de cela, il n’y a rien ou pas grand’chose pour Dieu. On travaille, on mange, on dort, on souffre, ou bien on jouit, on s’amuse, on satisfait son intérêt, son ambition, ses passions, on s’occupe de sa famille, de ses affaires, de tout, en un mot, excepté de Dieu. On vit pour soi, pour le monde, pour le démon, pour rien du tout ; on ne vit pas pour Dieu.

Combien de vies sont ainsi gaspillées et méritent la condamnation portée par le Maître : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ils ont déjà reçu leur récompense! »

Et pourtant, pourquoi sommes-nous sur la terre sinon pour aller à Dieu, pour gagner le Ciel?
Si Dieu nous a créés et nous conserve l’existence, c’est bien uniquement afin que nous procurions sa gloire, sur la terre d’abord, puis dans le Ciel pendant l’éternité.

Que devons-nous faire pour rendre gloire à Dieu?

Remplir, tout simplement, nos devoirs d’état ; nous acquitter, comme il convient, de nos occupations ordinaires.
Nous devons donc travailler, manger, dormir, souffrir, nous reposer, nous distraire, nous occuper de nos affaires, de notre famille, de nos intérêts. Tout cela nous devons le faire et le bien faire, mais pas uniquement pour nous ou pour les créatures ; nous devons le faire principalement pour Dieu, en vue de Dieu, et ainsi nous rendons gloire à Dieu.

Avec quoi devons-nous acheter le Ciel?

Par toutes nos actions, par toutes nos souffrances, par tous les détails de notre vie.
A l’exemple de l’ouvrier qui, pour gagner sa journée, doit travailler un nombre d’heures déterminé au service de celui qui l’emploie, il convient que nous vivions pour Dieu, non seulement de temps en temps et à des moments fixes, mais partout et toujours.

La devise d’un vrai chrétien, c’est donc : TOUT POUR LE BON DIEU !

* * * * * * *

I. Quels moyens employer?

Un seul : vouloir fermement vivre pour Dieu et agir en conséquence.

1. – Avant tout, nous devons éviter ce qui déplait à Dieu, ce que sa loi défend, le péché et les occasions du péché, observer tous ses commandements, remplir tous nos devoirs  envers Lui, envers le prochain et envers nous-mêmes puis nous appliquer à bien faire toutes choses afin de les rendre bonnes et dignes d’être agréées par Lui.

2. – Ces actes bons sont comme des wagons placés sur des rails et que l’on peut diriger au nord ou au midi, en avant ou en arrière. A nous de savoir, par une intention nettement déterminée, les diriger, les aiguiller vers Dieu et non pas vers le démon, le monde ou nous-mêmes.

3. – Cette intention, il importe beaucoup de l’exprimer, de l’affirmer au moins de temps en temps. Nous le faisons en offrant à Dieu nos actes, nos souffrances, notre vie de chaque jour.
Bien que placés sur des rails, les wagons sont incapables de se mouvoir par eux-mêmes, il faut les attacher les uns aux autres à la suite de la locomotive qui les entraînera, plus ou moins vite, plus ou moins loin, suivant qu’elle sera plus ou moins forte et qu’elle aura des provisions plus ou moins grandes d’eau et de charbon.
De même l’offrande de la journée faite le matin accrochera au passage tous les actes dont cette journée sera remplie et les entrainera vers Dieu.
Plus cette offrande sera intense, plus son action sera efficace sur notre conduite et sur la réalité de notre donation.
Il est donc indispensable de bien offrir à Dieu dès le matin la journée qui commence. Cette offrande sera l’acte principal de la prière du matin
.

4. – Pour que cette offrande donne réellement à Dieu chacun de nos actes, il n’est pas nécessaire de la renouveler à chaque instant et de redire sans cesse à Dieu que tout est pour Lui. Cela n’est guère possible à l’homme au milieu des soucis et des préoccupations de la vie ; Dieu ne nous le demande pas.
Quand nous voulons aller à un endroit déterminé, nous ne renouvelons pas sans cesse la volonté d’y aller ; nous continuons simplement à marcher dans la direction voulue. Une fois lancé, le train peut encore pendant un certain temps, grâce à la vitesse acquise, continuer sa route. Nous n’avons pas besoin de faire autrement, pour aller à Dieu, qui est le terme unique et nécessaire du voyage de la vie.

5. – Néanmoins, après avoir parcouru une certaine distance, la locomotive a besoin de faire usage de la vapeur pour prendre un nouvel élan.
Pour nous aussi, il est utile que, de temps en temps dans la journée et sans arrêter notre travail, nous renouvelions rapidement notre offrande par un cri du coeur, afin d’être bien sûrs d’agir toujours pour Dieu.

6. – Au bout de quelques heures, la locomotive est obligée de s’arrêter dans une gare afin d’y reprendre de l’eau et du charbon et de pouvoir ainsi parcourir une nouvelle étape.
Combien il serait bon que nous puissions faire de même et, dans le milieu du jour, par exemple, trouver un instant afin d’y renouveler bien généreusement et à notre aise notre offrande du matin!
Ainsi tout serait très certainement fait et souffert pour le Bon Dieu. Nous pourrions acquérir sans cesse des mérites incalculables et devenir très rapidement et très simplement des millionnaires du  Ciel.
Extérieurement dans notre vie, rien ne serait changé, sinon que nos devoirs seraient remplis avec plus de soins, nos actes faits avec plus d’application.
Intérieurement tout serait changé et pour Celui qui sonde les reins et les coeurs, grâce à l’intention de notre offrande, tout aurait un prix nouveau et une valeur incomparable.
Prenons donc la douce habitude d’offrir souvent nos actions à Dieu
et nous serons sûrs de vivre vraiment pour Lui!

7. – Offrons tout à Dieu, tout, même les actions les plus minimes et les plus insignifiantes. Saint Paul l’a dit : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. »
Ces actes sont, pour ainsi dire, les fils avec lesquels nous devons travailler à faire de notre vie une belle pièce d’étoffe que nous présenterons à Dieu au dernier jour.
Or plus un tissu est beau, plus les fils dont il se compose sont nombreux et fins.
Si nous nous contentions d’offrir à Dieu les actes principaux de nos journées, nous arriverions à tisser une étoffe formée de cordages plus ou moins gros et ressemblant plutôt à un filet ou à une serpillière qu’à un riche tissu.

8. – De quoi se compose une étoffe? D’un certain nombre de fils entrelacés dont les uns forment ce qu’on nomme la chaîne et les autres la trame de l’étoffe.
Pour fabriquer le tissu, on tend avec soin sur un métier, et les uns à côté des autres les fils de la chaîne.
Pareillement en offrant à Dieu tous nos actes, en les faisant avec soin pour Lui, nous attachons, pour ainsi dire, sur ce métier merveilleux qui est notre âme, autant de fils qui nous serviront à tisser notre vie de la terre et notre vie du Ciel.

Chaque péché véniel causera une lacune plus ou moins grande dans notre vie, un trou plus ou moins important dans le tissu, comme lorsque plusieurs fils sont cassés.
Chaque péché mortel est semblable à un ouragan qui arrache tous les fils du métier, les emporte au loin et détruit tout jusqu’à ce que un acte de contrition parfaite ou l’absolution du prêtre racommodent et arrangent tout, remettent tout en place en nous permettant de reprendre le travail interrompu.

Si Dieu m’appelait à Lui aujourd’hui, qu’aurais-je de bon à Lui présenter? Que de lacunes dans ma vie, quel gaspillage des dons reçus de Lui! Oh! Je veux, comme dit Saint Paul, regagner avec acharnement le temps perdu et m’appliquer sans cesse à refaire ma vie telle que Dieu l’a voulue et préparée!
Oui, je veux tout Lui offrir afin de ne plus rien perdre, mais de bien faire vraiment 

TOUT POUR LE BON DIEU!

* * * * * * *

II. Pour quels motifs?

1. – Si l’intention d’agir pour Dieu augmente le mérite de nos actions, nous pouvons l’augmenter encore par la valeur des motifs qui nous font agir pour Dieu.
La chaîne ne suffit pas pour former une étoffe, il faut encore la trame, c’est-à-dire ce fil unique et continu qui par le moyen de la navette passe et repasse des milliers de fois à travers les fils de la chaîne et les enlace, les unit, les maintient à leur place, en fait un tout ordonné et uniforme, et donne à l’étoffe ses nuances et ses qualités.

2. – De même si nous agissons pour Dieu, sans aucun motif (ce qui est bien difficile et nous ferait ressembler à un être inintelligent) chaque battement de notre coeur passerait à travers les actes de notre vie sans y rien mettre, aussi inutilement que la navette quand elle ne contient plus de fil.
Le fil unique dont devrait se composer la trame de notre vie, le motif qui seul pratiquement nous fait agir pour Dieu, c’est l’amour dont notre coeur est rempli pour Lui (note : le seul fait d’agir pour Dieu implique nécessairement au moins un commencement d’amour pour Dieu).

3. – Plus cet amour sera parfait et élevé, plus nos actes prendront de valeur aux yeux de Dieu.
Si par exemple j’évite un péché ou je m’acquitte d’un devoir par crainte de l’enfer, mon amour pour Dieu étant moins relevé, le fil de ma trame sera plus grossier et je ne tisserai pour ainsi dire qu’une étoffe de bure.
Si j’agis pour gagner le Ciel, ou pour remercier Dieu de ses dons, le motif de mon amour est plus noble, l’étoffe de qualité supérieure.
Si enfin j’agis en vue de faire plaisir à Dieu parce que je L’aime, Lui la Bonté, la Perfection infinies, mon amour sera plus parfait, plus pur, plus délicat, la trame de tous mes actes sera un véritable fil de soie riche et précieuse.
Ma vie commencera dès lors à être d’un grand prix aux yeux de Dieu.

Donc désormais, comme il convient,

TOUT PAR AMOUR POUR LE BON DIEU !

* * * * * * *

4. – Pour augmenter mon mérite, qui m’empêche d’unir mes pauvres actes aux actions et aux souffrances de Jésus-Christ, et de leur donner ainsi une valeur incomparable?
J’en ai le droit puisque de par la volonté de Dieu, son Père, Jésus est mon Médiateur, mon Supplément, mon Tout chargé de compenser mon insuffisance et ma misère. Je puis donc envelopper ce simple fil de soie sorti de mon coeur du fil d’or infiniment précieux des mérites de Jésus-Christ et enrichir merveilleusement ma vie grâce à cette union bénie qu’Il me propose et qu’Il désire.
Par conséquent,

TOUT EN UNION AVEC LE SACRE-COEUR !

* * * * * * *

5. – Enfin, je rendrai mon offrande encore plus parfaite, en la faisant à toutes les intentions du Sacré-Coeur.
A mesure que les détails de ma vie sont transformés par l’amour et l’union à Jésus, le Bon Dieu les utilise pour le plus grand bien de tous et Il en inscrit les mérites au Livre de vie en vue de ma récompense éternelle. De même, le maître paye le travail de l’ouvrier et tire tout le parti possible de l’étoffe qui lui a été livrée.
Dieu me permet néanmoins de Lui offrir mes actions et mes souffrances à des intentions particulières, pour obtenir à des âmes qui me sont chères diverses faveurs spirituelles ou temporelles. Toutefois, Il n’exauce pas mes requêtes si elles sont en opposition avec sa sainte Volonté.
Au lieu de m’attarder à énumérer de grâces qui ne conviennent peut-être pas à ces âmes, il m’est bien plus facile de faire mon offrande simplement pour l’accomplissement de toutes les intentions du Sacré-Coeur sur chacune d’elles. Ainsi je suis certain de toujours demander ce qui est le meilleur ; ma prière, écho fidèle de celle du divin Maître, est sûrement exaucée.
Et pourquoi restreindre mon offrande seulement à quelques âmes? Ne puis-je pas laisser à Jésus le soin d’en disposer à son gré pour toutes les âmes qui en ont besoin?
Voilà comment j’agis en faisant et souffrant toutes choses, en général, à toutes les intentions du Sacré-Coeur.

Une telle manière de faire est grande, généreuse ; elle témoigne d’une confiance et d’un abandon absolus envers Dieu ; donc elle ne peut que Lui être très agréable.
De plus elle rend très parfaite mon union avec le Sacré-Coeur. En offrant tout à ses intentions, j’aide véritablement le divin Sauveur à réaliser tous ses desseins d’amour sur la France, l’Eglise et le monde, je travaille avec Lui à établir partout le règne de Dieu et je participe à toute l’oeuvre qu’Il est venu accomplir sur la terre.

Ainsi mon champ d’action est aussi vaste que l’univers, mon apostolat embrasse toutes les âmes, tous les coeurs, et ma vie prend véritablement toute sa valeur et toute sa fécondité.

Donc,

TOUT AUX INTENTIONS DU SACRE-COEUR !

* * * * * * *

Conclusion :

En conséquence, tous les matins et plus souvent même, si je le puis, je réciterai du fond du coeur l’offrande suivante qui contient tous les détails capables de rendre mon amour aussi parfait et ma vie aussi méritoire que possible :

Ô Jésus, Souverain Prêtre,
Par le Coeur immaculé de Marie et avec tous ceux qui Vous aiment,
Je Vous offre et Vous consacre toutes mes prières, toutes mes actions, tutes mes souffrances, ma vie et ma mort,
Par amour pour Vous,
En union avec votre Sacré-Coeur,
A toutes les intentions de votre Sacré-Coeur.

Dans la journée, il me sera plus aisé de dire et de redire souvent pour m’encourager à bien travailler et à bien souffrir :

Tout pour votre Amour, ô Coeur de Jésus!

J’espère mener ainsi une vie vraiment chrétienne et toute surnaturelle, plaire à mon Maître et commencer dès ici-bas au milieu des luttes et des tristesses de cette terre, l’acte d’amour parfait qui sera dans le Ciel l’unique occupation de mon âme et de mon coeur pendant l’éternité.

Ainsi soit-il !

coeurdejsus.jpg

2011-37. Centenaire de la naissance de l’abbé Bryan Houghton : 1911 – 2 avril – 2011.

Laudemus viros gloriosos, et parentes nostros in generatione sua : Louons ces hommes plein de gloire qui sont nos pères et dont nous sommes la race…“ (Eccli. XLIV,1).

* * * * * * *

« Le plus souvent, dans la vie courante, ce sont nos occupations et nos responsabilités qui nous procurent la discipline nécessaire à la vie. Une certaine dose de discipline intérieure est par conséquent nécessaire pour passer vingt ans sans responsabilité ni emploi. C’est précisément le caractère contemplatif de la messe ancienne qui m’a donné cette nécessaire discipline. Vous avez donc devant vous un prêtre rejeté à cause de la messe ancienne, mais auquel seule la messe ancienne permet de vivre. »

Abbé Bryan Hougthon (paroles prononcées à l’occasion de ses cinquante ans de sacerdoce).

Monsieur l'Abbé Bryan Houghton

Monsieur l’Abbé Bryan Houghton (1911-1992)

Né le 2 avril 1911 dans une famille britannique anglicane mais peu religieuse et d’esprit  plutôt libéral, Bryan Houghton fut élevé dans le rejet du catholicisme romain. Selon un usage de ce temps – où dans les milieux aisées les relations familiales laissaient peu de place aux sentiments – il fut envoyé très jeune dans un pensionnat du sud de la France pour y suivre sa scolarité.

C’est là, alors qu’il n’a que neuf ans, que Bryan reçoit d’un camarade catholique une illumination qui va éclairer toute sa vie. Laissons-le en faire le récit :

« Mon audace était grande : j’avais neuf ans, il en avait quinze.

- Je suis protestant et je voudrais que tu me dises ce que c’est que la messe. J’y vais tous les jours mais je ne comprends rien.

- Oui, je t’ai vu au fond de la chapelle. Je croyais que tu étais juif.

- Non, je suis protestant. J’ai assisté à nos offices protestants. Ils sont très beaux : on y parle sans cesse de Jésus.

- C’est ça, on y parle de Jésus. Ils sont sûrement très beaux. Mais ce n’est pas la messe. Vois-tu, la messe EST Jésus.

Il hésita un moment, puis reprit :

- Vois-tu, Dieu s’est fait chair pour nous racheter sur la croix. A la Cène, il nous a laissé son Corps et son Sang sous les apparences du pain et du vin, comme gages de notre rédemption. La messe, c’est ça : la Présence réelle de Jésus-Christ. Devant un acte pareil, il n’y a rien à faire ou à dire. On ne peut que se taire.(…)

Voilà à peu près ce que fut la réponse d’Hippolyte. J’ai pu l’embellir un peu au fil des ans. Mais il m’en reste deux idées essentielles :

1. Le protestantisme parle de Jésus ; le catholicisme EST Jésus.

2. En face de la Rédemption, il n’y a de place pour aucune autre action humaine que le silence.

La messe était une liturgie dans laquelle Dieu agissait et non les hommes. Elle comportait de larges plages de silence pour permettre l’adoration de la Présence ineffable. Ce qui était dit à voix haute, l’était en latin pour limiter les interférences avec la personnalité du prêtre. Cette première expérience a joué un rôle essentiel ; il faudra l’avoir en mémoire lorsqu’il sera question des changements dans la messe, trente-cinq ans plus tard. » (in « Prêtre rejeté »)

Ces perspectives nouvelles et bouleversantes marquent Bryan à vie et vont l’amener, des années plus tard et au mépris de toutes les conventions et pressions sociales, à se convertir au catholicisme. Il a presque 23 ans. Quelque deux ans plus tard, il part à Rome afin d’y suivre les études qui le conduiront au sacerdoce.

Il est ordonné prêtre le dimanche de Quasimodo 31 mars 1940, par le cardinal Hinsley, dans la crypte de la cathédrale de Westminster. Il va ensuite exercer pendant vingt-neuf ans son ministère comme curé dans deux paroisses proches de Londres : d’abord à Slough, dans un quartier très populaire, où il crée la paroisse Saint-Antoine, puis à partir de septembre 1954 à Bury St Edmunds.

A partir des années soixante – et comme malheureusement presque partout à cette époque -, il est affronté à l’action de certains prétendus réformateurs qui prennent prétexte du second concile du Vatican pour, ni plus ni moins, vider le catholicisme de sa substance. La réforme liturgique va représenter pour lui un véritable drame : converti par la messe, l’abbé Houghton ne peut en conscience abandonner la liturgie qui exprime si magnifiquement l’intégrité de la foi catholique. Il dira un jour qu’il n’a pas abandonné l’anglicanisme et intégré l’Eglise Romaine, pour devoir y retrouver une « messe protestante ». Toutefois il ne veut pas non plus désobéir. Une seule solution lui reste donc : la démission, qui lui permettra – n’ayant plus de ministère – de bénéficier de l’autorisation de célébrer en privé la messe de son ordination.

Le 29 novembre 1969, à la veille du premier dimanche de l’Avent où, selon la volonté de Paul VI, le nouvel Ordo Missae entre en application, l’abbé Houghton se démet de sa charge de curé. Il écrit : « … La seule issue honorable est de cesser de fonctionner. Si j’utilisais la nouvelle liturgie avec la ferveur convenable, je me conduirais en hypocrite ; si je continuais à célébrer selon l’ancienne, je désobéirais. Je ne veux ni l’un ni l’autre. Ainsi donc je m’en vais comme un prêtre parfaitement loyal, avec la bénédiction de mon évêque. C’est ce qui fait la bizarrerie de ce départ… »

Voici quelques autres citations remarquables où il pose les bonnes questions au sujet de la réforme liturgique et de la pagaïe qu’elle a engendrée :

« Il y avait une question à laquelle je trouvais difficile de donner une réponse satisfaisante. Tous les prêtres avaient dit quotidiennement la messe ancienne avec le soin voulu et, apparemment, avec dévotion. Comment se faisait-il que 98 % d’entre eux acceptaient volontiers qu’elle change alors que ni le concile ni le pape n’en avait donné l’ordre. Ils avaient sauté sur cette simple permission comme les pourceaux de Gadara dans la mer. (…) Il n’était pas possible qu’ils aient aimé la messe ancienne. Ce n’était qu’un rite dont on pouvait changer comme on change de pantalon. Mais s’ils n’aimaient pas la messe, sans doute étaient-ils incapables d’adorer. Ils devaient considérer que la messe était une chose qu’ils avaient à faire, et non une chose que Dieu faisait. »

« Une des caractéristiques extraordinaires du bricolage de la messe, c’est que le prêtre jouit d’une liberté que les laïcs ont perdue. Dans l’ancienne messe, le prêtre était soumis à une stricte observance des rubriques et les laïcs pouvaient faire à peu près ce qu’ils voulaient : suivre la messe dans leur missel, lire le Manuel du Chrétien, dire leur chapelet, s’endormir… Maintenant le prêtre est libre d’inventer ce qu’il veut, mais malheur aux laïcs qui ne participent pas. Ce n’est pas la seule conséquence. Les laïcs sont toujours obligés d’assister à la messe le dimanche. Mais « la messe » n’existe plus dans le rite latin. Il y a à peu près autant de messes qu’il y a de prêtres. Est-ce que les laïcs sont obligés de se plier aux caprices du célébrant ? Il serait carrément injuste que la réponse soit oui. »

Doté d’une fortune personnelle, il quitte l’Angleterre et décide de s’installer dans le sud de la France, là où il verra le premier olivier. Ainsi fait-il halte à Viviers où il s’établit et demeure jusqu’à sa mort (1992).

L’évêque de Viviers de cette époque – le très progressiste Monseigneur  Hermil (au sujet duquel il dit un jour avec autant d’ironie que de réalisme : « Ce n’est pas un mauvais homme mais il n’a pas beaucoup de religion… ») – avait consenti à ce qu’il célébrât en semaine sa messe privée au maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent (laquelle était d’ailleurs pratiquement désertée).

L’abbé Bryan Houghton devient une personnalité «traditionaliste» locale et célèbre le dimanche la messe de Saint Pie V pour une petite communauté de fidèles (« ..les malheureux laïcs me faisaient immensément pitié. Ils étaient à la merci des prêtres amateurs de changements et priés d’applaudir à chaque innovation… »). Les célébrations dominicales se tiennent dans diverses chapelles privées avant de s’établir, de l’autre côté du Rhône, à Montélimar, dans la chapelle Notre-Dame de la Rose.

Montélimar - chapelle Notre-Dame de la Rose

Chapelle Notre-Dame de la Rose
(XIIe siècle, remaniée aux XVIIe et XIXe siècles).

Il aurait désiré acheter cette chapelle Notre-Dame de la Rose, mais la propriétaire, la marquise de La Bruyère, subit les pressions de personnalités influentes qui finalement la dissuaderont de la lui vendre (nota : en 1980, la chapelle  est devenue propriété de l’évêché de Valence, elle reste affectée à la célébration de la messe latine traditionnelle, qui est désormais assurée par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre).

L’abbé Houghton côtoie Monseigneur Lefèbvre, dont il n’approuve pas toujours les décisions, et devient l’ami de Dom Gérard Calvet, dont il suit avec intérêt la fondation et les travaux pour la construction du monastère du Barroux. Il donne des conférences et il écrit : c’est ainsi qu’il publie « La paix de Monseigneur Forester »  en 1982, préfacée par Gustave Thibon (ouvrage où il proposait des solutions afin de parvenir à une paix liturgique), « Le mariage de Judith » en  1984 (réédité en 1994), « Irréligion » en 1987, « Prêtre rejeté » en 1990 (réédité en 2005 avec 27 articles en supplément).

L’abbé Bryan Houghton s’est éteint le 19 novembre 1992, victime d’une crise cardiaque : il avait 81 ans. Il a été inhumé au cimetière de Viviers.

Tombe de l'abbé Bryan Houghton au cimetière de Viviers

Hic Bryan Houghton sacerdotis
die 2 aprilis 1911 nati et 31 martii 1940 ordinati
obiit die 19 novembris 1992
R.I.P.

Lys de France

2011-36. De Soeur Marie-Marthe Chambon et de la dévotion aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur.

Jeudi de la troisième semaine de carême 31 mars 2011.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En concluant mes publications relatives au quatrième centenaire de la fondation de la Visitation (ici > www), je vous annonçais que cette année 2011 nous permettrait d’approfondir encore la fécondité spirituelle et mystique de cet Ordre : j’avais dès alors évoqué le 170ème anniversaire de la naissance de Soeur Marie-Marthe Chambon. Comme le vendredi de la troisième semaine de carême est aussi, en certains lieux, la fête des Saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il me paraît donc tout à fait opportun de profiter de cette occasion pour rappeler qui fut Soeur Marie-Marthe et la mission qui lui fut confiée.

Soeur Marie-Marthe Chambon converse de la Visitation

Soeur Marie-Marthe Chambon est née le 6 mars 1841, au hameau de la Croix-Rouge, paroisse de Saint-Pierre de Lémenc, en périphérie de Chambéry.
Elle fut baptisée le jour même dans l’église de sa paroisse qui était alors attenante au monastère de la Visitation. Elle reçut au baptême le prénom de Françoise et était la première d’une fratrie de huit.

La famille Chambon était très pauvre, mais le père (qui, notons-le au passage, avait été miraculeusement guéri par l’intercession de Sainte Philomène) aussi bien que la mère étaient riches de vertus vécues et de foi profonde : ils élevèrent leurs enfants dans la piété et l’honnêteté les plus exemplaires.

Quoique peu portée aux « rêveries mystiques » et étrangère à toute forme d’exaltation, la jeune Françoise (elle avait huit ou neuf ans) eut une première vision de Jésus en Croix le Vendredi Saint (1849 ou 1850). Sa vie spirituelle, déjà ardente, s’en trouve comme décuplée.
Quoique ne sachant ni lire ni écrire (elle ne le saura d’ailleurs jamais), elle apprend très rapidement tout le catéchisme et en a une compréhension parfaite ; cela lui vaut d’être admise à la première communion le 8 septembre 1850 : elle a neuf ans et demi et c’est précoce pour l’époque. Le jour de sa première communion, elle le racontera plus tard avec une extraordinaire candeur en répondant aux questions de ses Supérieures, « c’est le petit Jésus que j’ai vu et que j’ai reçu. (…) Il m’a dit que chaque fois que je communierais, ce serait comme cela. (…) Et depuis je l’ai toujours vu.»

Ame remarquable de pureté et de simplicité, absolument étrangère à toute malice, comme cela est arrivé pour d’autres « âmes privilégiées », Françoise va alors avoir le Saint Enfant Jésus comme compagnon de sa vie ordinaire : il l’accompagne quand  elle coupe de l’herbe pour sa chèvre, marche auprès d’elle dans les sentiers où elle ramasse du bois, travaille avec elle… et elle – qui est, bien évidemment, seule à le voir – grandit dans une espèce d’oraison perpétuelle, de coeur à coeur incessant avec Jésus. Elle voit aussi parfois la Très Sainte Vierge : Jésus et Marie sont dans une société familière et habituelle avec elle.

Françoise est admise à la communion fréquente : là encore il s’agit d’une faveur rare à cette époque car, même dans les couvents, les religieuses les plus ferventes ne peuvent pas communier plus de deux ou trois fois par semaine! Tout naturellement, la jeune fille aspire à entrer au couvent ; son confesseur la met à l’épreuve pendant un temps et elle est finalement admise comme postulante converse au Monastère de la Visitation.  Elle a 21 ans.

Ancienne Visitation de Chambéry

Le monastère de la Visitation de Chambéry où vécut Soeur Marie-Marthe.

Après la grande révolution, les Visitandines avaient reçu l’autorisation de rouvrir le monastère de Chambéry à la condition qu’elles y tinssent une pension de jeunes filles. La communauté dans laquelle entre Françoise Chambon, doit donc assurer l’équilibre entre la vie contemplative propre aux moniales de la Visitation et un pensionnat prospère – près de 80 élèves – qui occupe une partie des religieuses comme maîtresses et qui nécessite aussi le travail soutenu de plusieurs soeurs « domestiques ».

Le 29 avril 1863,  au terme de neuf mois de postulat, elle est admise au noviciat et reçoit le voile blanc des converses avec le nom de Soeur Marie-Marthe. Elle fait profession le 2 août 1864 : elle a 23 ans et elle appartient irrévocablement à Jésus!

Soeur Marie-Marthe frappe tous ceux qui l’approchent par sa candeur enfantine, au point que certains la croient « simplette » et que certaines élèves ne manqueront pas, à l’occasion, de prendre sa simplicité et son manque d’instruction comme cibles de leurs malices d’adolescentes… Mais les Supérieures ont eu tôt fait de déceler en elle, sous ses dehors frustes et ses maladresses, une âme d’exception ; leur maternelle sollicitude et leur esprit surnaturel amèneront la petite Soeur Marie-Marthe à devenir, dans des emplois très ordinaires où elle ne ménage jamais ses forces ni sa peine, une parfaite fille de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal.

Elle est affectée au pensionnat en qualité de «réfectorière» et s’active inlassablement tous les jours aux tâches les plus humbles : entretien de la chapelle, jardinage, récolte des fruits du verger, vaisselle… etc. Et très souvent, comme lorsqu’elle était enfant, l’Enfant Jésus l’accompagne dans ses humbles tâches. Mais qui pourrait imaginer que, la nuit venue et sa cellule rejointe, Soeur Marie-Marthe continue un intense face-à-face avec son  Epoux, et que Celui-ci lui impose des sacrifices et de sévères exercices pénitentiels à travers lesquels elle vit le mystère de la réparation et « accomplit dans sa propre chair ce qui manque à la passion du Christ, pour Son Corps qui est l’Eglise » (cf. Col. I, 24)?

Christ miraculeux de Chambéry

Grand Christ miraculeux, vénéré à la Visitation de Chambéry au temps de Soeur Marie-Marthe :
la tradition rapporte qu’il avait projeté des rayons lumineux sur Saint François de Sales
alors qu’il prêchait devant le Souverain Sénat de Savoie.

Jésus donne à Soeur Marie-Marthe l’ordre de tout raconter à ses Supérieures, auxquelles il demande de tout noter en détail (souvenons-nous que Soeur Marie-Marthe ne sait pas écrire). Les Révérendes Mères ont demandé conseil à des prêtres prudents et éclairés qui se sont prononcés en faveur de l’authenticité des voies mystiques de l’humble converse. Tout sera donc soigneusement noté, mais conservé dans le secret le plus absolu.

Il est impossible de résumer en quelques lignes les quarante-quatre années de vie religieuse de Soeur Marie-Marthe : derrière l’apparente routine de ses humbles travaux domestiques indéfiniment répétés, se multiplient les apparitions, les révélations, les prophéties, les extases, les stigmates et les miracles… Mais par dessus tout, la « mission » particulière que Notre-Seigneur confie à l’humble Visitandine est de faire redécouvrir à toute l’Eglise les trésors de grâce contenus dans la dévotion à Ses Saintes Plaies (voir ci-dessous toutes les « promesses » que Jésus fait à Soeur Marie-Marthe au sujet de la fécondité spirituelle et des fruits de grâce de cette dévotion) . A propos du « Chapelet des Saintes Plaies » (voir ici > www), Jésus lui dit : « En vérité, cette prière n’est pas de la terre, mais du Ciel ; elle peut tout obtenir… Les grâces que vous obtenez par ces invocations sont des grâces de feu. Elles viennent du Ciel, il faut qu’elles retournent au Ciel! »

Soeur Marie-Marthe Chambon sur son lit de mort le 22 mars 1907

Soeur Marie-Marthe sur son lit de mort.

Au début du mois de mars 1907, Soeur Marie-Marthe achevait sa soixante-sixième année ; elle était épuisée par les travaux et par les austérités qu’elle avait joyeusement embrassées pour suivre Jésus. Atteinte d’un gros rhume, auquel vinrent se joindre diverses complications très graves, elle reçut avec joie l’extrême-onction au début du Carême. Il lui restait toutefois à gravir encore plusieurs semaines d’un douloureux calvaire : ultimes purifications pen­dant lesquelles son Sauveur l’identifia, plus que jamais, pour la rendre davantage semblable à Lui, aux agonies physiques et morales de sa Passion. A l’avance, Il l’avait prévenue : «Le mal qui te donnera la mort sortira de mes Plaies.»

Enfin, le 21 mars 1907 – qui était cette année là le jeudi de la Passion -, après une nuit de souffrances terri­bles, un grand calme et un grand silence se firent. Toute la communauté entourait la mourante, en récitant des milliers de fois les invocations du chapelet des Saintes Plaies. Et à huit heures du soir, alors que venaient d’être célébrées les premières vêpres de la Compassion de Notre-Dame, Marie vint recueillir le dernier souffle de l’enfant à laquelle elle avait appris à aimer Jésus…

D’abord inhumée dans la concession des Visitandines au cimetière de Chambéry, la dépouille mortelle de Soeur Marie-Marthe fut ensuite ramenée au monastère et ensevelie dans la chapelle de Notre-Dame des Douleurs. Lorsque le monastère de Chambéry fut transféré à Saint-Pierre d’Albigny (1957), les moniales y amenèrent bien évidemment le corps de leur sainte converse. Puis lorsque, en 2005, la Visitation de Saint-Pierre d’Albigny dut fermer et fusionna avec celle de Marclaz (près de Thonon les Bains), les restes de Soeur Marie-Marthe furent déposés dans la chapelle de ce monastère.

Il y a quelques jours, la Mère Supérieure de Marclaz me disait au téléphone qu’elle souhaitait relancer la cause de béatification de Soeur Marie-Marthe, abandonnée depuis des décennies.

Puissent ces quelques lignes donner à ceux qui les auront lues d’approfondir la dévotion aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur – d’une manière très spéciale en ce saint temps de carême – et l’idée de recourir, dans leurs besoins spirituels, à l’intercession de cette très humble fille de Saint François de Sales par laquelle Il a voulu faire éclater Sa miséricorde : « Seigneur Jésus, daignez  maintenant glorifier votre servante, Soeur Marie-Marthe Chambon, qui Vous a glorifié pendant sa vie par son humilité et par son zèle à faire connaître les mérites de Vos Saintes Plaies. Ainsi soit-il! »

Frère Maximilien-Marie.

Monastère de la Visitation de Marclaz (Thonon les Bains)

Monastère de la Visitation de Marclaz (Thonon les Bains)
où sont aujourd’hui conservés les restes de Soeur Marie-Marthe.

Promesses faites par Notre-Seigneur à Soeur Marie-Marthe
en faveur de la dévotion à Ses Saintes Plaies :

1 – Je donnerai tout ce qu’on me demande par l’invocation de mes saintes Plaies. On doit en répandre la dévotion.

2 – En vérité, cette prière ne vient pas de la terre, mais du Ciel et elle peut tout obtenir.

3 – Mes Saintes Plaies soutiennent le monde. Demande-moi de les aimer toujours, parce qu’elles sont sources de grâce. On doit les invoquer souvent, y attirer notre prochain pour imprimer dans son cœur le dévouement envers les âmes.

4 – Quand vous avez des peines à souffrir, apportez-les tout de suite dans mes Plaies et elles seront adoucies.

5 – Cette invocation est à répéter souvent auprès des malades : « Mon Jésus, pardonne-moi et prends pitié de moi, par les mérites de tes Saintes Plaies ». Cette prière élèvera l’âme et le corps.

6 – Le pécheur qui dira : « Père Éternel, je t’offre les Plaies de notre Seigneur Jésus Christ, pour guérir celles de nos âmes », obtiendra la conversion.

7 – Mes plaies panseront les vôtres.

8 – L’âme qui mourra dans mes plaies ne connaîtra pas la mort : elles donnent la vraie vie.

9 – À chaque mot de ce Rosaire de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon sang sur l’âme d’un pécheur.

10 – L’âme qui honorera mes Saintes Plaies et les offrira au Père Éternel pour les âmes du Purgatoire, sera accompagnée à sa mort par la Très Sainte Vierge et par les Anges, et moi, resplendissant de gloire, je la recevrai pour la couronner.

11 – Les Saintes Plaies sont le trésor des trésors pour les âmes du Purgatoire.

12 – La dévotion à mes Saintes Plaies est le remède pour ce temps d’iniquité.

13 – De mes plaies viennent les fruits de la sainteté. En les méditant, vous y trouverez toujours une nouvelle nourriture pour votre amour.

Armoiries de la Visitation

Pour savoir comment réciter le chapelet des Saintes Plaies, voir ici > www.

2011-35. « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée… »

Le 4 janvier dernier, à l’occasion de la fête de la Bienheureuse Angèle de Foligno, nous avons publié sur ce blog l’enseignement que lui a consacré notre Saint-Père le Pape Benoît XVI lors d’une catéchèse du mercredi (cf.> www) puis le texte particulièrement poignant de l’une des visions de la Bienheureuse dans laquelle Jésus lui enseignait « les voies de la délivrance » (cf. > www).
Au cours de notre itinéraire spirituel du carême, il me semble qu’un autre texte de cette très grande mystique est à relire et à méditer avec attention. C’est ce passage justement célèbre dans lequel Angèle relate comment Notre-Seigneur Jésus-Christ lui fit entendre ces mots : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée…« 

2011-35.

L’Amour vrai et l’amour menteur.

(chapitre 33ème du livre des révélations de Sainte Angèle de Foligno)

… C’était le quatrième jour de la semaine sainte, j’étais plongée dans une méditation sur la mort du Fils de Dieu, et je méditais avec douleur, et je m’efforçais de faire le vide dans mon âme, pour la saisir et la tenir tout entière recueillie dans la Passion et dans la mort du Fils de Dieu, et j’étais abîmée tout entière dans le désir de trouver la puissance de faire le vide, et de méditer plus efficacement.

Alors cette parole me fut dite dans l’âme : «Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée

Cette parole me porta dans l’âme un coup mortel, et je ne sais comment je ne mourus pas ; car mes yeux s’ouvrirent, et je vis dans la lumière de quelle vérité cette parole était vraie. Je voyais les actes, les effets réels de cet amour, jusqu’où en vérité il avait conduit le Fils de Dieu. Je vis ce qu’il supporta dans sa vie et dans sa mort pour l’amour de moi, par la vertu réelle de cet amour indicible qui lui brûlait les entrailles, et je sentais dans son inouïe vérité la parole que j’avais entendue ; non, non, il ne m’avait pas aimée pour rire, mais d’un amour épouvantablement sérieux, vrai, profond, parfait, et qui était dans les entrailles.

Et alors mon amour à moi, mon amour pour lui, m’apparut comme une mauvaise plaisanterie, comme un mensonge abominable. Ici ma douleur devint intolérable, et je m’attendis à mourir sur place.

Et d’autres paroles vinrent, qui augmentèrent ma souffrance : «Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée; ce n’est pas par grimace que je me suis fait ton serviteur; ce n’est pas de loin que je t’ai touchée! »

Ma douleur, déjà mortelle, allait toujours en augmentant, et je criais : «Eh bien! moi, c’est tout le contraire. Mon amour n’a été que plaisanterie, mensonge, affectation. Je n’ai jamais voulu approcher de vous, en vérité, pour partager les travaux que vous avez soufferts pour moi, et que vous avez voulu souffrir ; je ne vous ai jamais servi dans la vérité et dans la perfection, mais dans la négligence et dans la duplicité. »

Lorsque je vis ces choses, lorsque, je vis de mes yeux la vérité de son amour et les signes de cette vérité, comment il s’était livré tout entier et totalement à mon service, comment il s’était approché de moi, comment il s’était vraiment fait homme pour porter et sentir en vérité mes douleurs ; quand je vis en moi tout le contraire absolument, je crus mourir de douleur. Il me semblait que ma poitrine allait se disjoindre et mon coeur éclater. Et comme j’étais occupée spécialement de cette parole : « Ce n’est pas de loin que je t’ai touchée », il en ajouta une autre, et j’entendis qu’il disait : «Je suis plus intime à ton âme qu’elle-même».

Et ma douleur augmenta. Plus je voyais Dieu intime à moi, plus je me voyais éloignée de lui. Il ajouta d’autres paroles qui me firent voir les entrailles de l’éternel amour : «Si quelqu’un voulait me sentir dans son âme, je ne me soustrairais pas à lui ; si quelqu’un voulait me voir, je lui donnerais avec transport la vision de ma face ; si quelqu’un voulait me parler, nous causerions ensemble avec d’immenses joies».

Ces paroles excitèrent en moi un désir : ne rien sentir, ne rien voir, ne rien dire, ne rien faire qui pût déplaire à Celui qui parlait. Je sentis que Dieu demande spécialement à ses fils, à ses élus, aux élus de sa vision et de la parole divine, de n’avoir pas l’ombre d’un rapport avec son ennemi.

Il me fut encore dit : « Ceux qui aiment et suivent la voie que j’ai suivie, la voie des douleurs, ceux-là sont mes fils légitimes. Ceux dont l’oeil intérieur est fixé sur ma Passion et sur ma mort, sur ma mort, vie et salut du monde, sur ma mort, et non pas ailleurs, ceux-là sont mes enfants légitimes, et les autres ne le sont pas ».

coeurdejsuscopie dans Nos amis les Saints

2011-34. Du massacre de la forêt de Vezins, le 25 mars 1794, et de la permanence de l’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française.

Jeudi 24 mars 2011, 19 heures.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je redescends de l’oratoire où j’ai accompagné Frère Maximilien-Marie qui a célébré les premières vêpres de la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, et donc aussi de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Tandis que la nuit s’étend doucement sur nos montagnes, je ne vais pas gloser sur l’importance de cette fête ; je me contenterai de rappeler que la cathédrale du Puy, très important sanctuaire où notre Frère aime souvent à se rendre et qu’il se plaît à faire découvrir à ses amis, est placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Annonciation.
Les dévots de Notre-Dame se souviendront  aussi peut-être du miracle de Notre-Dame de l’Osier, dont j’avais parlé ici > www, et qui se produisit le 25 mars 1649.

Ce soir, je voudrais surtout attirer votre attention sur un évènement vraiment tragique, que l’histoire « officielle » préfère passer sous silence et dont c’est également l’anniversaire. Il s’agit des massacres qui eurent lieu le 25 mars 1794 dans la forêt de Vezins.

Vezins est une commune sise dans l’actuel département du Maine et Loire, à quelques kilomètres à l’est de Cholet.
La forêt dite de Vezins s’étend sur les communes de Nuaillé, Chanteloup et Yzernay.

Au terme de la Virée de Galerne, l’écrasement de la Grande Armée Catholique et Royale, dans les marais de Savenay, le 23 décembre 1793, décide la Convention à se livrer à une « vengeance exemplaire ».
Le général Turreau met au point un plan : il s’agit de quadriller méthodiquement toute la Vendée militaire (soit 735 communes, peuplées au début de la guerre par quelque 755 000 habitants).
Douze colonnes incendiaires ont pour ordre d’exterminer de manière systématique ceux que la Convention nomme « les brigands », femmes et enfants inclus, de saisir les récoltes et les bestiaux, d’incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée un  « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

Général Turreau

Le général Turreau, organisateur des colonnes infernales.

De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ».
Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises

C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.

C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.

Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins.
Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort.
Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.

On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres.
Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

Le document ci-dessous établit une liste partielle des victimes pour les paroisses d’Yzernay et de Chanteloup, tout en précisant : « La presque totalité des noms des victimes des grands massacres de la forêt en mars 1794 n’est connue que de Dieu seul…»

Liste partielle de victimes du massacre de la forêt de Vezins

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

En 1821, une croix de bois fut élevée sur le lieu du massacre.  Un peu plus tard, on édifia un oratoire au dos duquel le comte de Colbert-Maulévrier fit bâtir en 1863 une chapelle de style néo-gothique, qui dès lors servit d’enfeu à sa famille.

Chapelle du cimetière des martyrs dans la forêt de Vezins

Chapelle de la forêt de Vezins sur les lieux du massacre.

Sur la façade de cette chapelle, de part et d’autre de l’ogive du tympan, sont les statues de  Jacques Cathelineau (cf. > www) et de Jean-Nicolas Stofflet (cf. > www).
C’est un lieu solitaire, propice au recueillement. Mais cet isolement l’a aussi – hélas ! – exposé très souvent au vandalisme.
Deux cents ans après, la même haine diabolique s’acharne encore sur la chapelle qui perpétue le souvenir des martyrs. En 1988, la statue de Stofflet avait été décapitée et la crypte  ossuaire profanée : des ossements de victimes en avaient été extraits et dispersés dans la forêt !
Depuis, on compte au moins cinq saccages : vases jetés à terre, statues renversées et brisées, bancs et prie-Dieu cassés, ex-voto lacérés, vitraux explosés, portes dégondées, inscriptions funéraires arrachées et réduites en morceaux… etc.

Plus que toutes les descriptions, la mini-vidéo suivante témoigne de cet acharnement. Elle a été filmée après les profanations perpétrées au cours de l’été 2010 :

Image de prévisualisation YouTube

Ces images me navrent le coeur et je pense qu’il en est de même pour chacun d’entre vous. Elles ne sont après tout qu’une illustration, sur une toute petite échelle, de ce qu’a accompli la « grande » révolution dans les églises et les sanctuaires du beau Royaume de France, jusque dans ses villages les plus reculés.

Je ne peux m’empêcher de voir dans les vandalismes contemporains – dont nombre d’églises, de chapelles, d’oratoires, de calvaires et de cimetières sont la cible aujourd’hui en France – , la conséquence logique des principes mêmes de cette sanglante révolution de 1789.
La constitution de l’Ancienne France, depuis Clovis, proclamait dans son préambule : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! ».
La république française, qui a érigé le vol en institution fondatrice pour tout ce qui concerne les biens de l’Eglise, qui a massacré prêtres, religieux et fidèles, qui a profané les sanctuaires les plus vénérables, brûlé les reliques des saints et commis les plus ignobles sacrilèges, qui a persécuté et fait prisonnier le Souverain Pontife jusqu’à le faire mourir d’épuisement et à l’enterrer civilement, … etc. n’a rien renié de ce passé et n’a fait aucune « repentance ».

Depuis plus de deux siècles, en alternance avec des périodes où elle semble se faire plus « tolérante » (sans doute pour endormir la méfiance et mieux préparer de nouvelles périodes de vexations ou de persécutions), la république française – fille des loges maçonniques – ne cesse, par paliers successifs, de surenchérir dans ses attentats contre le christianisme. Les lois qu’elle a produites pour cela sont si nombreuses qu’il faudrait un gros catalogue pour les contenir toutes.
L’antichristianisme a été le principal motif de la révolution, et il appartient à l’essence de la république qui est née d’elle !

Mais le seul salut, pour l’homme, dans sa dimension personnelle comme dans sa dimension sociale, ne réside que dans le Christ, Verbe de Dieu incarné.

En cette fête de l’Annonciation, en cet anniversaire de l’Incarnation, demandons instamment à Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils éternel de Dieu né de la Vierge Marie, de convertir le coeur de ceux qui travaillent aujourd’hui encore à Le chasser des structures de la société ; prions Marie, Reine de France, pour qu’elle ramène ce pays dans l’obéissance aux lois divines ; et que tous ces martyrs, qui ont versé leur sang plutôt que de renier leur foi et de se soustraire à la royauté d’amour de Jésus-Christ, intercèdent pour nous et nous gardent tous dans la fidélité, quoi qu’il puisse nous en coûter !

Lully.                                             

Fleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleucoeurvendeen.gifFleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleu

Autres articles publiés sur ce blog concernant les martyrs et victimes de la révolution : les bienheureuses Martyres d’Orange (> www), les bienheureuses Carmélites de Compiègne (> www), les bienheureuses Ursulines de Valenciennes (> www), le bienheureux Noël Pinot (> www), les victimes des massacres de septembre 1792 (> www), Jacques Cathelineau, le « Saint d’Anjou » (> www), Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou » (< www), Maurice d’Elbée (> www) .

1...4546474849...85

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi