2011-34. Du massacre de la forêt de Vezins, le 25 mars 1794, et de la permanence de l’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française.

Jeudi 24 mars 2011, 19 heures.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je redescends de l’oratoire où j’ai accompagné Frère Maximilien-Marie qui a célébré les premières vêpres de la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, et donc aussi de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Tandis que la nuit s’étend doucement sur nos montagnes, je ne vais pas gloser sur l’importance de cette fête ; je me contenterai de rappeler que la cathédrale du Puy, très important sanctuaire où notre Frère aime souvent à se rendre et qu’il se plaît à faire découvrir à ses amis, est placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Annonciation.
Les dévots de Notre-Dame se souviendront  aussi peut-être du miracle de Notre-Dame de l’Osier, dont j’avais parlé ici > www, et qui se produisit le 25 mars 1649.

Ce soir, je voudrais surtout attirer votre attention sur un évènement vraiment tragique, que l’histoire « officielle » préfère passer sous silence et dont c’est également l’anniversaire. Il s’agit des massacres qui eurent lieu le 25 mars 1794 dans la forêt de Vezins.

Vezins est une commune sise dans l’actuel département du Maine et Loire, à quelques kilomètres à l’est de Cholet.
La forêt dite de Vezins s’étend sur les communes de Nuaillé, Chanteloup et Yzernay.

Au terme de la Virée de Galerne, l’écrasement de la Grande Armée Catholique et Royale, dans les marais de Savenay, le 23 décembre 1793, décide la Convention à se livrer à une « vengeance exemplaire ».
Le général Turreau met au point un plan : il s’agit de quadriller méthodiquement toute la Vendée militaire (soit 735 communes, peuplées au début de la guerre par quelque 755 000 habitants).
Douze colonnes incendiaires ont pour ordre d’exterminer de manière systématique ceux que la Convention nomme « les brigands », femmes et enfants inclus, de saisir les récoltes et les bestiaux, d’incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée un  « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

Général Turreau

Le général Turreau, organisateur des colonnes infernales.

De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ».
Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises

C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.

C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.

Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins.
Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort.
Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.

On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres.
Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

Le document ci-dessous établit une liste partielle des victimes pour les paroisses d’Yzernay et de Chanteloup, tout en précisant : « La presque totalité des noms des victimes des grands massacres de la forêt en mars 1794 n’est connue que de Dieu seul…»

Liste partielle de victimes du massacre de la forêt de Vezins

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

En 1821, une croix de bois fut élevée sur le lieu du massacre.  Un peu plus tard, on édifia un oratoire au dos duquel le comte de Colbert-Maulévrier fit bâtir en 1863 une chapelle de style néo-gothique, qui dès lors servit d’enfeu à sa famille.

Chapelle du cimetière des martyrs dans la forêt de Vezins

Chapelle de la forêt de Vezins sur les lieux du massacre.

Sur la façade de cette chapelle, de part et d’autre de l’ogive du tympan, sont les statues de  Jacques Cathelineau (cf. > www) et de Jean-Nicolas Stofflet (cf. > www).
C’est un lieu solitaire, propice au recueillement. Mais cet isolement l’a aussi – hélas ! – exposé très souvent au vandalisme.
Deux cents ans après, la même haine diabolique s’acharne encore sur la chapelle qui perpétue le souvenir des martyrs. En 1988, la statue de Stofflet avait été décapitée et la crypte  ossuaire profanée : des ossements de victimes en avaient été extraits et dispersés dans la forêt !
Depuis, on compte au moins cinq saccages : vases jetés à terre, statues renversées et brisées, bancs et prie-Dieu cassés, ex-voto lacérés, vitraux explosés, portes dégondées, inscriptions funéraires arrachées et réduites en morceaux… etc.

Plus que toutes les descriptions, la mini-vidéo suivante témoigne de cet acharnement. Elle a été filmée après les profanations perpétrées au cours de l’été 2010 :

Image de prévisualisation YouTube

Ces images me navrent le coeur et je pense qu’il en est de même pour chacun d’entre vous. Elles ne sont après tout qu’une illustration, sur une toute petite échelle, de ce qu’a accompli la « grande » révolution dans les églises et les sanctuaires du beau Royaume de France, jusque dans ses villages les plus reculés.

Je ne peux m’empêcher de voir dans les vandalismes contemporains – dont nombre d’églises, de chapelles, d’oratoires, de calvaires et de cimetières sont la cible aujourd’hui en France – , la conséquence logique des principes mêmes de cette sanglante révolution de 1789.
La constitution de l’Ancienne France, depuis Clovis, proclamait dans son préambule : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! ».
La république française, qui a érigé le vol en institution fondatrice pour tout ce qui concerne les biens de l’Eglise, qui a massacré prêtres, religieux et fidèles, qui a profané les sanctuaires les plus vénérables, brûlé les reliques des saints et commis les plus ignobles sacrilèges, qui a persécuté et fait prisonnier le Souverain Pontife jusqu’à le faire mourir d’épuisement et à l’enterrer civilement, … etc. n’a rien renié de ce passé et n’a fait aucune « repentance ».

Depuis plus de deux siècles, en alternance avec des périodes où elle semble se faire plus « tolérante » (sans doute pour endormir la méfiance et mieux préparer de nouvelles périodes de vexations ou de persécutions), la république française – fille des loges maçonniques – ne cesse, par paliers successifs, de surenchérir dans ses attentats contre le christianisme. Les lois qu’elle a produites pour cela sont si nombreuses qu’il faudrait un gros catalogue pour les contenir toutes.
L’antichristianisme a été le principal motif de la révolution, et il appartient à l’essence de la république qui est née d’elle !

Mais le seul salut, pour l’homme, dans sa dimension personnelle comme dans sa dimension sociale, ne réside que dans le Christ, Verbe de Dieu incarné.

En cette fête de l’Annonciation, en cet anniversaire de l’Incarnation, demandons instamment à Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils éternel de Dieu né de la Vierge Marie, de convertir le coeur de ceux qui travaillent aujourd’hui encore à Le chasser des structures de la société ; prions Marie, Reine de France, pour qu’elle ramène ce pays dans l’obéissance aux lois divines ; et que tous ces martyrs, qui ont versé leur sang plutôt que de renier leur foi et de se soustraire à la royauté d’amour de Jésus-Christ, intercèdent pour nous et nous gardent tous dans la fidélité, quoi qu’il puisse nous en coûter !

Lully.                                             

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Autres articles publiés sur ce blog concernant les martyrs et victimes de la révolution : les bienheureuses Martyres d’Orange (> www), les bienheureuses Carmélites de Compiègne (> www), les bienheureuses Ursulines de Valenciennes (> www), le bienheureux Noël Pinot (> www), les victimes des massacres de septembre 1792 (> www), Jacques Cathelineau, le « Saint d’Anjou » (> www), Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou » (< www), Maurice d’Elbée (> www) .

Salutations à Saint Joseph composées par Saint Jean Eudes:

Saint Joseph

Je vous salue Joseph, image de Dieu le Père
Je vous salue Joseph, père de Dieu le Fils
Je vous salue Joseph, Sanctuaire du Saint-Esprit
Je vous salue Joseph, bien-aimé de la très Sainte Trinité
Je vous salue Joseph, très digne époux de la Vierge Mère
Je vous salue Joseph, père de tous les fidèles
Je vous salue Joseph, fidèle observateur du silence sacré
Je vous salue Joseph, amant de la sainte pauvreté
Je vous salue Joseph, modèle de douceur et de patience
Je vous salue Joseph, miroir d’humilité et d’obéissance
Vous êtes béni entre tous les hommes

Et bénis soient vos yeux qui ont vu ce que vous avez vu
et bénies soient vos oreilles qui ont entendu ce que vous avez entendu
et bénies soient vos mains qui ont touché le Verbe fait chair
et bénis soient vos bras qui ont porté Celui qui porte toutes choses
et béni soit votre coeur embrasé pour Lui du plus ardent amour
et béni soit le Père Eternel qui vous a choisi
et béni soit le Fils qui vous a aimé
et béni soit le Saint-Esprit qui vous a sanctifié
et bénie soit Marie, votre épouse, qui vous a chéri comme un époux et comme un frère
et bénis soient à jamais tous ceux qui vous aiment et qui vous bénissent.

Ainsi soit-il!

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Autres publications en l’honneur de Saint Joseph sur ce blog :

- Pour le mois de mars (prière prescrite par Léon XIII, prière de St François de Sales & « Souvenez-vous ») ici > www.
-Neuvaine à Saint Joseph, ici > www.

Bande dessinée « Saint Joseph et le placage », ici > www
Bande dessinée « Allez à Joseph » > www.

2011-33. De la fête patronale des chats et d’un Pape qui aime les chats et qui est aimé d’eux.

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Jeudi soir 17 mars 2011.

Sainte Gertrude de Nivelles, céleste protectrice des chats

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Saviez-vous que notre fête patronale à nous, les chats, est célébrée en ce jour du 17 mars?
Certains vont peut-être penser de prime abord que je plaisante, mais je vous assure qu’il n’en est rien!

De même que les cordonniers ont pour fête patronale le jour de la fête des Saints Crépin et Crépinien, les boulangers et pâtissiers celle de Saint Honoré, les apiculteurs celle de Saint Ambroise, les parfumeurs et gantiers celle de Sainte Marie-Magdeleine et les serruriers celle du grand Saint Pierre … etc. , ainsi aussi les chats ont leur fête patronale, et elle se trouve le 17 mars.

Certes, si vous regardez vos calendriers, vous allez vous demander : « Mais pourquoi diable Saint Patrick est-il le saint patron des chats? Des Irlandais, nous le savions! Des cultivateurs de trèfles, cela se comprendrait. Mais… des chats???!!! »

En fait, ce n’est pas Saint Patrick le protecteur des chats, même si c’est lui qui apparaît aujourd’hui sur les calendriers. Vous le savez en effet, l’Eglise a produit de très nombreux fruits de sainteté et chaque jour, même si la liturgie n’en retient la plupart du temps qu’un seul, il y a en réalité de très nombreux saints dont c’est aussi la fête. Leurs noms sont recueillis dans un gros livre dont on lit chaque jour une page à l’office de Prime : le martyrologe.
Et donc, à la date du 17 mars, le martyrologe fait mention, en plus de Saint Patrick et de beaucoup d’autres saints, d’une sainte qui est honorée, entre autres, comme la céleste protectrice des chats : c’est Sainte Gertrude de Nivelles.

Sainte Gertrude de Nivelles portant un chat dans ses bras

Sainte Gertrude portant un chat.

Il existe plusieurs saintes qui ont porté le nom de Gertrude ; la plus célèbre est Sainte Gertrude d’Helfta, dite aussi Sainte Gertrude la Grande dont j’avais déjà eu l’occasion de vous entretenir (ici > www) et dont on célèbre la fête le 16 novembre.

La Sainte Gertrude du 17 mars, Sainte Gertrude de Nivelles, est une sainte qui a vécu au VIIème siècle : fille de Pépin de Landen (et donc grand’ tante de Charles Martel), elle est née en 625 ou 626.
Refusant un mariage prestigieux, parce qu’elle voulait se consacrer entièrement à Dieu, elle suivit sa mère lorsque cette dernière – à la mort de Pépin – se retira dans une propriété qu’elle possédait dans le Brabant, à Nivelles. Là, elles fondèrent un monastère de femme en 649 et y prirent toutes deux le voile. Gertrude fut élue abbesse.
Plus tard, sous l’influence des moines missionnaires irlandais, elle fonda aussi une communauté d’hommes, dans un monastère voisin de celui des moniales : les religieux y étaient soumis à l’autorité de l’abbesse.
Le corps épuisé par de grandes austérités, elle déposa l’abbatiat vers 656 pour ne plus se consacrer qu’à la prière. Elle mourut le 17 mars 659, dans sa trente-troisième année, et fut aussitôt vénérée comme un sainte.

Deux récits (écrits l’un vers 691 et l’autre environ un siècle plus tard) font état de miracles survenus dès le moment de sa mort au contact de ses reliques : des guérisons spectaculaires en particulier.
Son culte se répandit dans tout le Brabant, où il jouit d’une immense popularité, puis dans toute la Rhénanie, les Pays-Bas et une partie de la Picardie.
On l’invoqua pour être protégé dans les voyages, les fileuses la prirent pour sainte patronne, et comme sa fête est célébrée au moment où on doit reprendre les travaux du jardin, les jardiniers à leur tour la choisirent pour céleste protectrice, la priant spécialement de les protéger des invasions de rats et de souris (ce pourquoi elle est souvent représentée avec des souris qui grimpent le long de sa crosse d’abbesse) ; enfin, puisqu’elle excellait à faire fuir ces nuisibles, elle devint tout bonnement la sainte patronne des prédateurs naturels des rats, souris, mulots et autres musaraignes : nous, les chats!

Sainte Gertrude de Nivelles avec des souris grimpant le long de sa crosse

Gravure du XVIIe siècle représentant Sainte Gertrude de Nivelles
(remarquez les souris qui montent le long de sa crosse abbatiale).

Les chats ont bien d’autres amis célestes.
J’avais déjà évoqué (ici par exemple > www) celui qui est sans doute le plus connu d’entre eux : Saint Philippe Néri, célèbre pour ses excentricités, dont le chat assistait à la Sainte Messe, très dévotement pelotonné sur les gradins de l’autel.
Mais savez vous qu’il y a eu aussi des Papes, et non des moindres, qui ont beaucoup aimé les chats?

J’ai lu par exemple que Saint Grégoire le Grand, qui régna de 590 à 604, avait réprimandé un ermite qui lui suggérait de se débarrasser des chats : «Ils ne sont pas superflus» répondit-il, «ce sont de précieux dons de Dieu».
Saint Grégoire III, pape de 737 à 741, avait trois chats auprès de lui.
L’infortuné Pie VII (1800-1823) emmena avec lui son chat lorsque le tyran Napoléon le fit captif à Fontainebleau.
Léon XII qui lui succéda (1823-1839) était très attaché au chat Micetto.

Et voici qu’en nos temps, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, est aussi un fervent ami des chats.
La presse n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner au moment de son accession au Souverain Pontificat et les journalistes ont essayé de savoir s’il avait pu emmener avec lui, dans le palais apostolique, les deux chats avec lesquels il partageait son appartement de cardinal dans le quartier du Borgo.

Moi-même, dans les « pages » de ce modeste blog, je vous ai parlé de Chico, le gros chat roux de la ferme de Pentling, en Bavière. C’est Chico qui avait choisi pour ami un certain Joseph Ratzinger et qui venait s’installer chez lui chaque fois que le cardinal prenait quelques jours de repos dans la petite maison qu’il avait achetée en vue d’y passer une retraite paisible et studieuse!!!
Après l’élévation de son ami sur le trône de Saint Pierre, Chico a publié pour les enfants un livre racontant la vie de son grand ami Joseph (voir ici > www mais à ma connaissance cet ouvrage n’a malheureusement toujours pas été traduit en français…).

Joseph e Chico

Le cardinal Tarcisio Bertone, qui a travaillé plus de sept ans avec le cardinal Ratzinger à la Congrégation pour la doctrine de la foi et qui est maintenant Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a témoigné de cette passion de Benoît XVI pour les chats :
«Une de ses grandes amours» n’a t-il pas hésité à dire. «Il leur apportait toujours quelque chose à manger et il les emmenait dans le jardin derrière le palais de la congrégation… Il parle avec eux : ni en allemand, ni en italien, mais en utilisant un langage particulier et transcendant, et les félins l’écoutent avec ravissement».

Et le cardinal Bertone a raconté :
«Lors de nos après-midi passés à nous promener à Borgo Pio, le quartier proche du Vatican où nous habitions tous les deux, nous rencontrions souvent dans les petites ruelles que nous parcourrions ensemble, un grand nombre de chats vagabondant. En les voyant, Ratzinger les saluait comme s’il saluait un être humain. Puis il s’arrêtait toujours pour les caresser amoureusement, manifestant toute l’affection qu’il éprouvait pour ces animaux. Il s’entretenait et parlait avec eux parfois, et même plutôt longuement. Une fois, il rentra dans la Cité du Vatican suivi par une dizaine de chats. Et pendant qu’il continuait à marcher il leur parlait. Je me rappelle que nous fûmes interrompus par un Garde Suisse qui, le sourire aux lèvres, lui dit : « Eminence, voyez! Les chats montent à l’assaut du Saint Siège! » A quoi Ratzinger répondit : « Oh! il ne me semble pas qu’ils soient vraiment dangereux… »

Je termine ce soir en vous livrant cette magnifique photo prise lorsque, rencontrant les Oratoriens britanniques, on a présenté au Saint-Père le chat de la communauté portant ruban aux couleurs pontificales… Ah! Combien j’eusse aimé être à sa place!

Lully.

Le chat d'une communauté religieuse présenté au Saint Père Benoît XVI

(cliquer sur l’image pour la voir en plus grande taille)

pattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chat

2011-32. Supplique adressée au Cardinal Bertone au sujet des pouvoirs de la commission Ecclesia Dei.

Le 10 mars 2011, le Mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise a remis ce texte au Cardinal Bertone, Secrétaire d’État du saint-Siège, afin d’attirer son attention sur l’insuffisance de pouvoir de la Commission Pontificale Ecclesia Dei pour faire appliquer les mesures généreuses et apaisantes du motu proprio Summorum Pontificum en faveur des milliers de fidèles qui y aspirent.

Messe latine traditionnelle dans la chapelle de l'ancienne Visitation du Puy en Velay

Sainte Messe célébrée dans la chapelle de l’ancienne Visitation du Puy-en-Velay

* * * * * * *

TEXTE DE LA SUPPLIQUE  :

Éminence,

Nous voudrions attirer votre attention sur le fait que le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 semble dépourvu de force obligatoire.

Les laïcs qui s’adressent à vous sont particulièrement sensibles aux effets bénéfiques qu’a produit et va continuer à produire sur les formes du culte divin cette Lettre apostolique de notre Saint-Père le Pape. Elle a sanctionné la liberté de célébration de la messe et des sacrements selon l’usus antiquior. Elle a aussi, ce qui est sans doute plus important encore, introduit le germe d’une émulation puissamment restauratrice de dignité et de beauté pour la liturgie réformée après le dernier concile. Elle est devenue pour de nombreux jeunes prêtres et séminaristes, dont le cœur de la vocation est par définition eucharistique et liturgique, bien au-delà des cercles qu’il est convenu de nommer traditionalistes, une source de grande espérance.

Mais pour que ce texte diffuse toutes ses virtualités ecclésiales, il faut qu’il soit réellement appliqué. La célébration privée de la liturgie ancienne ne pose pas de problème, justement parce qu’elle est privée. Mais, dans le domaine de la célébration publique du culte, qui exigerait une force exécutive, le motu proprio semble n’être qu’exhortatif. Certes, cela est déjà beaucoup quand l’exhortation émane du Pape, mais c’est aussi malheureusement, comme l’expérience le prouve, notoirement insuffisant dans un grand nombre de cas.

Depuis quelques semaines, vous le savez, des inquiétudes se sont manifestées à propos d’une possible interprétation plus restrictive de Summorum Pontificum. Pour notre part, notre souci porte plus formellement sur la force exécutive du texte lui-même : si sa disposition principale (la célébration de la liturgie antérieure à 1970 en paroisse) n’est pas accompagnée d’un dispositif qui puisse la faire respecter, il semble ne représenter, en définitive, qu’un souhait ardent du Souverain Pontife.

Sa lecture, en effet, éclairée par tout ce que l’on peut connaître de la volonté du Législateur, montre que sa disposition principale se trouve dans son article 5 § 1, qui invite à instaurer dans les paroisses une coexistence harmonieuse entre les deux formes du rite : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la messe selon le rite du Missel romain édité en 1962 ». En un certain nombre d’endroits, conformément au désir du Pape, cette coexistence s’est établie, avec des fruits tout à fait remarquables pour les pratiquants de l’une et l’autre formes, qui sont d’ailleurs en bien des cas les mêmes. Mais de nombreuses résistances ont aussi empêché l’heureuse propagation de ces bénéfices, tant sont pesantes les habitudes acquises et contraignants les malentendus entretenus.

Or, l’art. 1 (« Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 »), et son complément, l’art. 5 § 1 déjà cité, reconnaissent un droit spécifique aux fidèles du Christ laïcs. Il y aurait une haute convenance à ce que soit explicitée la force exécutive que ce droit appelle de soi.

En son état actuel, instituée le 2 juillet 1988 et refondée le 2 juillet 2009, la Commission Pontificale Ecclesia Dei voit ses diverses compétences encadrées par trois textes :

> 1°) Concernant les personnes et les groupes qui avaient été liées à la Fraternité Saint-Pie-X, le rescrit du 18 octobre 1988 a concédé des facultés spéciales au Cardinal Président la Commission Pontificale pour régler la situation des personnes (dispenses d’irrégularités, sanations in radice mariages) et des groupes (les ériger en Instituts, Sociétés, Associations, et exercer sur eux toute l’autorité du Saint-Siège).

> 2°) Concernant la résolution des questions doctrinales qui demeurent avec la Fraternité Saint-Pie-X, le Motu Proprio Ecclesiae unitatem, 2 juillet 2009, a disposé que la Commission soumettrait les questions faisant difficulté à l’étude et au discernement des instances ordinaires de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

> 3°) Et concernant enfin « l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 » le Motu Proprio Summorum Pontificum 7 juillet 2007 en a confié la charge à ladite Commission (art. 12 : « Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions »).

Mais alors que le rescrit du 18 octobre 1988 concède à la Commission, en la personne de son Président, des pouvoirs déterminés sur les personnes et les communautés, et alors que le Motu Proprio du 2 juillet 2009 dispose que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, à laquelle est désormais liée la Commission, traitera selon ses procédures ordinaires (et donc juridictionnelles) des questions doctrinales que lui soumettra la Commission, le Motu Proprio de 2007 ne précise aucune modalité d’exercice des pouvoirs de la Commission ou de son Président pour le faire appliquer. De sorte que sa disposition principale (art. 5 § 1), à savoir la demande à remplir par le curé d’une célébration paroissiale de la messe (sans parler de la demande de sacrements ou de cérémonies occasionnelles, art. 5 § 3 et art. 9), est généralement considérée comme purement incitative.

Un recours est certes prévu si le curé refuse au groupe de fidèles qui la demande la célébration paroissiale de la messe : ce groupe peut en informer l’évêque, et si l’évêque ne pourvoit pas à la demande du groupe, il peut en référer à la Commission Pontificale Ecclesia Dei (art. 7). 

La difficulté que nous vous signalons, comme le prouve amplement plus de trois années d’existence de Summorum Pontificum, marquée par une très grande quantité de refus suivis d’informations à l’évêque puis de recours, sans effet, à la Commission Pontificale, porte donc sur cette absence de précision juridique :

> un droit des fidèles du Christ laïcs, d’ordre liturgique, est affirmé (usage d’un missel jamais abrogé – art. 1 – dont un groupe de fidèles peut demander l’usage paroissial public – art. 5, § 1) ;

> une Commission Pontificale liée à un Dicastère de la Curie Romaine, et aujourd’hui présidée par le cardinal Préfet de la Congrégation, est déclarée compétente pour faire respecter ce droit (art. 12) ;

> un recours auprès de cette Commission est prévu pour faire respecter ce droit lorsqu’il n’est pas satisfait (art. 7) ;

> mais le moyen juridictionnel pour faire appliquer le droit des fidèles n’est pas donné à l’organisme compétent qui reçoit le recours au nom du Saint Siège. Plus exactement, ce moyen n’est pas explicité, car en bonne logique juridique il ne peut pas ne pas exister. Sauf à inviter les demandeurs déboutés par le curé et par l’évêque à se pourvoir devant les tribunaux ecclésiastiques.

Notre présente supplique porte donc uniquement sur une précision qui semble nécessaire à propos de l’art. 7 du Motu Proprio : lorsque le groupe de fidèles dont le droit n’est pas satisfait a introduit un recours auprès de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, que préside le cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qu’il soit indiqué que la Commission a pouvoir de faire prendre au curé toutes dispositions pour satisfaire ce droit.

Nous demandons à Votre Éminence de considérer notre respectueuse demande visant une disposition ponctuelle mais essentielle de ce texte, avec toute l’attention que nous semble appeler ce problème technique, et nous La prions de recevoir l’hommage de notre profond et religieux respect.

Christian Marquant et tout le bureau du mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise autour du souverain pontife.

2011-31. De Saint Joseph et du Carême.


Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes en Carême : j’espère que vous êtes tous animés d’une grande ferveur et remplis d’une mâle détermination pour ce grand temps du combat spirituel aux côtés de Notre-Seigneur (cf. Evangile du premier dimanche de Carême) !

Nous avons aussi commencé la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Joseph (cf. > www). Dans l’oratoire de notre Mesnil-Marie, une veilleuse brûle en permanence devant la statue de ce très puissant intercesseur auquel, avec Frère Maximilien-Marie, nous recommandons toutes les intentions qui nous sont confiées : malades et agonisants, recherches de logement ou de travail, soucis familiaux, sans oublier toutes les inquiétudes liées à l’état de la France et du monde, ainsi que toutes les intentions de la Saint Eglise et la personne même de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI qui, au saint baptême, a reçu le patronage céleste de Saint Joseph…

Dans les petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie, j’en ai trouvé une qui associe justement la dévotion à Saint Joseph et le temps du Carême, aussi ai-je pensé qu’elle pourrait tout à la fois vous plaire et vous être de quelque utilité spirituelle. Elle ne nécessite pas de plus ample commentaire de ma part, et je vous laisse donc la découvrir et en méditer les leçons.

Que Saint Joseph vous soit en aide pour correspondre toujours plus et mieux à l’amour du divin Coeur de Jésus!

pattes de chat  Lully.                     

Pour voir ces dessins dans un format plus grand faire dessus un clic droit
puis  : « ouvrir l »image dans un nouvel onglet »

Saint Joseph et le placage 1

Saint Joseph et le placage 2

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Rappels :

- Message de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI pour le Carême de l’an de grâce 2011 > www.
- Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > www.
- Sermon de Saint Augustin sur le devoir que nous avons de faire pénitence > www.

Autres bandes dessinées précédemment publiées sur ce blogue :
- « Une lettre pour toi » (> www) ; – « La préférée de Dieu » (> www) ; – « Concurrence » (> www) ; – « J’enrage! » (> www) ; – « Pas meilleur que les autres » (> www) ; – « Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions » (> www) ; – « Comment se forment les perles » ( > www).

Et aussi :
- Prières à Saint Joseph pour le mois de mars > www
- Prière de Léon XIII à Saint Joseph « Nous recourrons à vous dans notre tribulation » > www
- Salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > www
et bande dessinée « Allez à Joseph » > www.

2011-30. Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence.

A l’occasion du Mercredi des Cendres, nous proposons à votre méditation ce sermon de « notre glorieux Père Saint Augustin » sur la nécessité de la pénitence.

Benoît XVI imposant les cendres

Synthèse de ce sermon : 1. La pénitence est nécessaire à tous. — 2. Cette nécessité se prouve par l’état de notre conscience et aussi dans l’Ecriture par l’exemple des Ninivites. — 3. La pénitence doit être pratiquée par les justes eux-mêmes. — 4. Personne ne peut se soustraire à la pénitence en prétextant d’être juste : une telle prétention serait à elle seule un crime. — 5. Conclusion.

Ronces

1. Dans la lecture de l’Evangile, nous avons entendu ces paroles : «Faites pénitence, car le Royaume des Cieux est proche» (Matth. IV, 17). Le Royaume des Cieux, c’est Jésus-Christ, qui sait discerner les bons d’avec les méchants et juger de toutes choses. Prévenons donc le courroux de Dieu en confessant nos péchés et, avant de paraître en jugement, purifions nos âmes de toutes leurs erreurs. Le danger serait de ne point savoir quel remède nous devons appliquer au péché ; comprenons du moins que, devant expier les causes de notre négligence, c’est pour nous une obligation de faire pénitence. Sachez, mes frères, quel amour nous a prodigué le Seigneur notre Dieu, puisqu’il veut que nous expiions nos fautes avant de paraître à son tribunal, où nous ne trouverions que la justice. Il nous prévient donc à l’avance, afin de n’avoir pas à nous traiter dans toute sa sévère équité. Si donc notre Dieu demande que de nos yeux découlent des larmes abondantes, c’est afin de nous faire recouvrer par la pénitence ce que nous avons perdu par notre négligence. Dieu connaît toute la mobilité et la fragilité humaines ; il sait que notre corps est une cause fréquente de péchés et que nos discours sont pleins d’imperfections. Voilà pourquoi il nous prescrit la pénitence, afin que par elle nous corrigions nos défauts et réparions nos fautes. Si l’homme est assuré de son pardon, il n’en doit pas moins s’inquiéter de la satisfaction. Je sais qu’ici nous sommes exposés à bien des blessures, et cependant personne ne doit désespérer, car le Seigneur est infini dans sa miséricorde et il est tout-puissant pour guérir nos langueurs.

2. Quelqu’un me dira peut-être qu’il ne trouve en lui-même aucun motif de pleurer. Mais alors qu’il rentre dans sa conscience, et il y rencontrera le souvenir toujours vivant de quelque péché. L’un soupire en raison d’une plaie du coeur, l’autre d’une injure du corps ; celui-ci est dominé par l’orgueil, celui-là brûle de telle ou telle cupidité ; ici c’est le mensonge, là c’est l’avarice qui a été peut-être jusqu’à réduire le prochain à la pauvreté ; tel a versé injustement le sang de son frère, tel s’est souillé par des relations criminelles avec une femme de mauvaise vie. Devant des plaies si grandes et si nombreuses de l’esprit ou du corps, se peut-il qu’il n’y ait lieu de pousser aucun gémissement, de verser aucune larme? Que personne ne rougisse de présenter à Dieu ses blessures. Si la honte vous empêche de découvrir vos plaies, jamais vous n’en obtiendrez le remède. Parmi les maladies, les unes sont plus faciles, les autres plus difficiles à guérir. Mais, de tous les malades, le plus difficile à soigner, c’est assurément celui qui ne veut pas l’être. C’est l’Ecriture elle-même qui en fait l’observation. Aucun de ceux qui ont cherché le remède n’a péri, tandis que celui qui l’a méprisé n’a pu échapper à la mort. Ninive était menacée de périr après trois jours si elle ne faisait pas pénitence. Voici ce qu’avait dit le Prophète : «Trois jours encore et Ninive sera détruite. Et cette parole arriva jusqu’aux oreilles du roi de Ninive ; il se leva de son siège, se dépouilla de ses vêtements, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre» (Jonas, III, 4, 6). Satisfaction bien méritoire, mes frères ; ce roi se dépouille de ses vêtements royaux et se couvre d’un cilice. Il aime mieux se sauver dans le cilice que de périr dans la pourpre. Où était alors ce faste du trône? Pour échapper au châtiment de son orgueil, il cherche un refuge dans les bras de l’humilité, afin de vous faire comprendre que Dieu attache plus de prix à l’humilité qu’à la puissance. En effet, c’en était fait du royaume de Ninive, si la pénitence n’était venue le protéger contre les châtiments du ciel.

3. Une circonstance frappante dans cette pénitente des Ninivites, c’est que le jeûne fut imposé aux enfants et aux animaux eux-mêmes. Mais pourquoi faire jeûner des enfants qui étaient sans péché? C’est que les innocents jeûnaient, afin de procurer le salut aux coupables. L’enfant implorait pardon, afin que le vieillard ne pérît pas. Le jeûne des enfants, soit encore, mais pourquoi le jeûne des animaux? Pour que la faim ressentie par les animaux prouvât mieux la pénitence des hommes ; leur rugissement devait être comme une prière lancée vers le ciel pour en faire redescendre la miséricorde en faveur des coupables. Nous aussi, mes frères, formons un saint accord entre notre coeur et notre foi, afin de crier plus efficacement vers le Seigneur notre Dieu. Les Ninivites imploraient, après s’être rendus coupables ; pour nous, sachons implorer afin que nous ne tombions pas dans le péché. Bienheureux celui que la crainte de Dieu dispense de tout châtiment et qui, pour faire le bien, n’a besoin que de connaître la loi de Dieu, et non d’en subir la punition! Il n’y a pas de châtiment à redouter pour celui qui sait craindre la justice de Dieu.

4. Quelqu’un de la foule me répondra peut-être : que puis-je craindre, puisque je ne fais aucun mal? Ecoutez cette parole de l’apôtre Saint Jean : «Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous» (I Jean, I, 8). Que personne ne vous séduise ; la pire espèce de péché, c’est de ne pas connaître ses péchés. Ceux qui les connaissent peuvent se réconcilier avec Dieu par la pénitence. Parmi les pécheurs, celui dont l’état est le plus alarmant, c’est celui qui se flatte qu’il n’y a pas eu en lui de quoi alarmer. Beaucoup de péchés sont regardés comme légers et n’en sont pas moins très-dangereux, précisément parce qu’ils ne sont pas considérés comme péchés. Le mal le plus séduisant, c’est celui qui ne paraît pas un mal. Je ne parle pas des homicides, des adultères, des mauvaises persuasions – plaise à Dieu qu’aucun chrétien ne s’y laisse entraîner!- et s’il succombe, le sentiment de son crime le portera à le pleurer aussitôt. Je parle de ces autres péchés qui passent pour beaucoup plus légers. Qui de vous pourrait se dire exempt de toute intempérance, de toute ambition, de toute jalousie, de toute cupidité, de toute avarice? Voilà pourquoi, selon la parole de l’Ecriture, je vous exhorte à vous humilier sous la puissante main de Dieu ; puisque personne n’est sans péché, que personne ne s’exempte de la pénitence, car ce serait être coupable que de se croire innocent. On peut n’avoir que des péchés légers, toujours est-il qu’on n’est jamais sans péché : «Personne n’est exempt de toute faute» (Job, XIV, 4).

5. Que ceux donc qui sont plus gravement coupables, implorent leur pardon avec plus d’instance. Que ceux qui se sont abstenus des plus grandes fautes, demandent d’en être délivrés, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

Ronces

2011-29. Comment on fait le mur au Mesnil-Marie.

Lundi gras 7 mars 2011.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Oui, vous avez bien lu : au « Mesnil-Marie« , on a fait le mur! Oh, rassurez-vous : on n’a pas fait le mur à la manière des pensionnaires turbulents qui veulent fausser compagnie à leurs surveillants pour aller faire un petit tour en ville. Nous sommes d’ailleurs tellement bien ici que nous n’avons pas envie d’en partir.

Le mur que l’on a fait est un vrai mur, et même un très beau mur qui fait maintenant l’admiration de tous. Mais plutôt que de faire de trop longs discours, je vous ai préparé une espèce de reportage photographique (comme à chaque fois, vous savez qu’en cliquant sur chaque photo vous pouvez la voir dans un plus grand format).

En début de semaine dernière, les automobilistes qui ont l’habitude de traverser notre hameau ont été tout surpris de devoir s’arrêter à des feux tricolores qui régulaient la circulation…

Feu clignotant à l'entrée du hameau

Passé le tournant, ils découvraient un chantier. Ce chantier, Frère Maximilien-Marie l’avait soigneusement prévu depuis des mois : il l’avait préparé avec notre entrepreneur et avait mené à bien toutes les démarches auprès de la direction des routes départementales du Conseil Général. Il s’agissait de stabiliser le talus qui se trouve entre la façade sud du « Mesnil-Marie » et la route, de bien marquer la limite entre notre terrain et le fossé, et de préparer ainsi – pour l’avenir – un joli espace fleuri à la gloire de Notre-Dame. Il a donc fallu commencer par bien recreuser le fossé et par entailler le talus pour que le mur soit élevé sur le tracé exact demandé par les services départementaux :

Commencement des travaux

Ces préparatifs terminés, les maçons ont pu commencer à monter le mur. Voici une mini vidéo prise depuis la fenêtre du bureau au moment de la pose de la première pierre:

Image de prévisualisation YouTube

Vous avez pu apercevoir sur cette mini vidéo que les blocs dont ce mur est constitué sont de belle taille – et aussi d’un bon poids!- ; sur la photo suivante vous pouvez vous en faire une idée un peu plus précise grâce à la pioche que l’on a intentionnellement laissée devant.

Les blocs posés à la base du mur

Lorsque les maçons s’absentaient, pour aller chercher les blocs de pierre ou pour la pause déjeuner, j’allais vite inspecter pour m’assurer que tout était bien conforme aux désirs de mon papa-moine…

Lully inspecte les travaux

Frère Maximilien-Marie voulait en effet que ce mur de soutènement soit accordé aux autres murs du hameau construits aux siècles précédents. Notre entrepreneur était d’ailleurs enchanté d’avoir à faire ce genre de travail, qui préserve le caractère de notre hameau tout en participant à son embellissement. Il en a profité pour encastrer une nouvelle boite aux lettres dans le mur : la précédente, que Frère Maximilien-Marie avait provisoirement installée sur un petit tronc d’arbre, ayant été vandalisée par malveillance!

Boite aux lettres insérée dans le mur

Vendredi 3 mars dans l’après-midi, le mur était achevé et il ne restait plus qu’à aplanir et à égaliser la terre. A la place du talus difficile d’entretien, nous allons désormais travailler à faire un bel espace fleuri…

Achèvement des travaux

J’étais tellement content que je me suis roulé par terre en manifestant longuement ma volupté féline!

Lully très content

Avant de vous tirer ma révérence, je vous souhaite une fervente entrée dans le saint temps du Carême!

pattes de chat Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully | le 7 mars, 2011 |4 Commentaires »

2011-28. Saint François de Sales, témoin exemplaire de l’humanisme chrétien.

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI consacre les catéchèses de ses audiences générales hebdomadaires à présenter la vie et les enseignements des saints. Après avoir parlé des Pères de l’Eglise et des mystiques médiévaux, le Souverain Pontife, ce mercredi 2 mars 2011, a mis en évidence la personnalité exceptionnelle de Saint François de Sales et les leçons qu’il a données par sa vie et par ses écrits. Voici une traduction de cette catéchèse.

Saint François de Sales prêchant au peuple en plein air

Chers frères et sœurs,

«Dieu est le Dieu du cœur humain» (Traité de l’Amour de Dieu, I, XV) : dans ces paroles apparemment simples, nous percevons l’empreinte de la spiritualité d’un grand maître, dont je voudrais vous parler aujourd’hui, saint François de Sales, évêque et docteur de l’Eglise. Né en 1567 dans une région frontalière de France, il était le fils du Seigneur de Boisy, d’une antique et noble famille de Savoie. Ayant vécu à cheval entre deux siècles, le XVIe et le XVIIe, il rassemblait en lui le meilleur des enseignements et des conquêtes culturelles du siècle qui s’achevait, réconciliant l’héritage de l’humanisme et la tension vers l’absolu propre aux courants mystiques. Sa formation fut très complète ; à Paris, il suivit des études supérieures, se consacrant également à la théologie, et à l’Université de Padoue celles de droit, suivant le désir de son père, qu’il conclut brillamment par une maîtrise in utroque iure, droit canonique et droit civil. Dans sa jeunesse équilibrée, réfléchissant sur la pensée de Saint Augustin et de Saint Thomas d’Aquin, il traversa une crise profonde qui le conduisit à s’interroger sur son salut éternel et sur la prédestination de Dieu à son égard, vivant avec souffrance comme un véritable drame spirituel les questions théologiques de son époque. Il priait intensément, mais le doute le tourmenta si fort que pendant plusieurs semaines, il ne réussit presque plus à manger et à dormir. Au comble de l’épreuve, il se rendit dans l’église des dominicains à Paris, ouvrit son cœur et pria ainsi : «Quoi qu’il advienne, Seigneur, Vous qui détenez tout entre vos mains, et dont les voies sont justice et vérité; quoi que Vous ayez établi à mon égard…; Vous qui êtes toujours un juge équitable et un Père miséricordieux, je Vous aimerai Seigneur (…) je Vous aimerai ici, ô mon Dieu, et j’espérerai toujours en votre miséricorde, et je répéterai toujours vos louangesO Seigneur Jésus, Vous serez toujours mon espérance et mon salut dans la terre des vivants» (I Proc. Canon., vol. I, art. 4). François, âgé de vingt ans, trouva la paix dans la réalité radicale et libératrice de l’amour de Dieu : l’aimer sans rien attendre en retour et placer sa confiance dans l’amour divin ; ne plus demander ce que Dieu fera de moi : moi je l’aime simplement, indépendamment de ce qu’il me donne ou pas. Ainsi, il trouva la paix, et la question de la prédestination — sur laquelle on débattait à cette époque — s’en trouva résolue, car il ne cherchait plus que ce qu’il pouvait avoir de Dieu ; il l’aimait simplement, il s’abandonnait à sa bonté. Et cela sera le secret de sa vie, qui transparaîtra dans son œuvre principale : le Traité de l’amour de Dieu.

En vainquant les résistances de son père, François suivit l’appel du Seigneur et, le 18 décembre 1593, fut ordonné prêtre. En 1602, il devint évêque de Genève, à une époque où la ville était un bastion du calvinisme, au point que le siège épiscopal se trouvait «en exil» à Annecy. Pasteur d’un diocèse pauvre et tourmenté, dans un paysage de montagne dont il connaissait aussi bien la dureté que la beauté, il écrivit: «[Dieu] je l’ai rencontré dans toute sa douceur et sa délicatesse dans nos plus hautes et rudes montagnes, où de nombreuses âmes simples l’aimaient et l’adoraient en toute vérité et sincérité ; et les chevreuils et les chamois sautillaient ici et là entre les glaciers terrifiants pour chanter ses louanges» (Lettre à la Mère de Chantal, octobre 1606, in Œuvres, éd. Mackey, t. XIII, p. 223). Et toutefois, l’influence de sa vie et de son enseignement sur l’Europe de l’époque et des siècles successifs apparaît immense. C’est un apôtre, un prédicateur, un homme d’action et de prière ; engagé dans la réalisation des idéaux du Concile de Trente ; participant à la controverse et au dialogue avec les protestants, faisant toujours plus l’expérience, au-delà de la confrontation théologique nécessaire, de l’importance de la relation personnelle et de la charité ; chargé de missions diplomatiques au niveau européen, et de fonctions sociales de médiation et de réconciliation. Mais Saint François de Sales est surtout un guide des âmes : de sa rencontre avec une jeune femme, Madame de Charmoisy, il tirera l’inspiration pour écrire l’un des livres les plus lus à l’époque moderne, l’Introduction à la vie dévote ; de sa profonde communion spirituelle avec une personnalité d’exception, Sainte Jeanne Françoise de Chantal, naîtra une nouvelle famille religieuse, l’Ordre de la Visitation, caractérisé — comme le voulut le saint — par une consécration totale à Dieu vécue dans la simplicité et l’humilité, en accomplissant extraordinairement bien les choses ordinaires : «… Je veux que mes Filles — écrit-il — n’aient pas d’autre idéal que celui de glorifier [Notre Seigneur] par leur humilité» (Lettre à Mgr de Marquemond, juin 1615). Il meurt en 1622, à cinquante-cinq ans, après une existence marquée par la dureté des temps et par le labeur apostolique.

La vie de saint François de Sales a été une vie relativement brève, mais vécue avec une grande intensité. De la figure de ce saint émane une impression de rare plénitude, démontrée dans la sérénité de sa recherche intellectuelle, mais également dans la richesse de ses sentiments, dans la «douceur» de ses enseignements qui ont eu une grande influence sur la conscience chrétienne. Du mot «humanité», il a incarné les diverses acceptions que, aujourd’hui comme hier, ce terme peut prendre : culture et courtoisie, liberté et tendresse, noblesse et solidarité. Il avait dans son aspect quelque chose de la majesté du paysage dans lequel il a vécu, conservant également sa simplicité et son naturel. Les antiques paroles et les images avec lesquelles il s’exprimait résonnent de manière inattendue, également à l’oreille de l’homme d’aujourd’hui, comme une langue natale et familière.

François de Sales adresse à Philotée, le destinataire imaginaire de son Introduction à la vie dévote (1607) une invitation qui, à l’époque, dut sembler révolutionnaire. Il s’agit de l’invitation à appartenir complètement à Dieu, en vivant en plénitude la présence dans le monde et les devoirs de son propre état. «Mon intention est d’instruire ceux qui vivent en villes, en ménages, en la cour [...]» (Préface de l’Introduction à la vie dévote). Le document par lequel le Pape Pie IX, plus de deux siècles après, le proclamera docteur de l’Eglise insistera sur cet élargissement de l’appel à la perfection, à la sainteté. Il y est écrit : «[la véritable piété] a pénétré jusqu’au trône des rois, dans la tente des chefs des armées, dans le prétoire des juges, dans les bureaux, dans les boutiques et même dans les cabanes de pasteurs [...]» (Bref Dives in misericordia, 16 novembre 1877). C’est ainsi que naissait cet appel aux laïcs, ce soin pour la consécration des choses temporelles et pour la sanctification du quotidien sur lesquels insisteront le concile Vatican II et la spiritualité de notre temps. L’idéal d’une humanité réconciliée se manifestait, dans l’harmonie entre action dans le monde et prière, entre condition séculière et recherche de perfection, avec l’aide de la grâce de Dieu qui imprègne l’homme et, sans le détruire, le purifie, en l’élevant aux hauteurs divines. Saint François de Sales offre une leçon plus complexe à Théotime, le chrétien adulte, spirituellement mûr, auquel il adresse quelques années plus tard son Traité de l’amour de Dieu (1616). Cette leçon suppose, au début, une vision précise de l’être humain, une anthropologie : la «raison» de l’homme, ou plutôt l’«âme raisonnable», y est vue comme une architecture harmonieuse, un temple, articulé en plusieurs espaces, autour d’un centre, qu’il appelle, avec les grands mystiques, «cime», «pointe» de l’esprit, ou «fond» de l’âme. C’est le point où la raison, une fois parcourus tous ses degrés, «ferme les yeux» et la connaissance ne fait plus qu’un avec l’amour (cf. livre I, chap. XII). Que l’amour, dans sa dimension théologale, divine, soit la raison d’être de toutes les choses, selon une échelle ascendante qui ne semble pas connaître de fractures et d’abîmes. Saint François de Sales l’a résumé dans une phrase célèbre: «L’homme est la perfection de l’univers ; l’esprit est la perfection de l’homme ; l’amour, celle de l’esprit ; et la charité, celle de l’amour» (ibid., livre X, chap. I).

Dans une saison d’intense floraison mystique, le Traité de l’amour de Dieu est une véritable somme, en même temps qu’une fascinante œuvre littéraire. Sa description de l’itinéraire vers Dieu part de la reconnaissance de l’«inclination naturelle» (ibid., livre I, chap. XVI), inscrite dans le cœur de l’homme bien qu’il soit pécheur, à aimer Dieu par dessus toute chose. Selon le modèle de la Sainte Ecriture, Saint François de Sales parle de l’union entre Dieu et l’homme en développant toute une série d’images de relation interpersonnelle. Son Dieu est père et seigneur, époux et ami, il a les caractéristiques d’une mère et d’une nourrice, il est le soleil dont même la nuit est une mystérieuse révélation. Un tel Dieu attire l’homme à lui avec les liens de l’amour, c’est-à-dire de la vraie liberté : «Car l’amour n’a point de forçats ni d’esclaves, [mais] réduit toutes choses à son obéissance avec une force si délicieuse, que comme rien n’est si fort que l’amour, aussi rien n’est si aimable que sa force» (ibid., livre I, chap. VI). Nous trouvons dans le traité de notre Saint une méditation profonde sur la volonté humaine et la description de son flux, son passage, sa mort, pour vivre (cf. ibid., livre IX, chap. XIII) dans l’abandon total non seulement à la volonté de Dieu, mais à ce qui Lui plaît, à son «bon plaisir» (cf. ibid., livre IX, chap. I). Au sommet de l’union avec Dieu, outre les ravissements de l’extase contemplative, se place ce reflux de charité concrète, qui se fait attentive à tous les besoins des autres et qu’il appelle «l’extase de l’œuvre et de la vie» (ibid., livre VII, chap. VI).

On perçoit bien, en lisant le livre sur l’amour de Dieu et plus encore les si nombreuses lettres de direction et d’amitié spirituelle, quel connaisseur du cœur humain a été saint François de Sales. A sainte Jeanne de Chantal, à qui il écrit : «[…] car voici la règle générale de notre obéissance écrite en grosses lettres : il faut tout faire par amour, et rien par force ; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance. Je vous laisse l’esprit de liberté, non pas celui qui forclos [exclut] l’obéissance, car c’est la liberté de la chair ; mais celui qui forclos la contrainte et le scrupule, ou empressement» (Lettre du 14 octobre 1604). Ce n’est pas par hasard qu’à l’origine de nombreux parcours de la pédagogie et de la spiritualité de notre époque nous retrouvons la trace de ce maître, sans lequel n’auraient pas existé saint Jean Bosco ni l’héroïque «petite voie» de sainte Thérèse de Lisieux.

Chers frères et sœurs, à une époque comme la nôtre qui recherche la liberté, parfois par la violence et l’inquiétude, ne doit pas échapper l’actualité de ce grand maître de spiritualité et de paix, qui remet à ses disciples l’«esprit de liberté», la vraie, au sommet d’un enseignement fascinant et complet sur la réalité de l’amour. Saint François de Sales est un témoin exemplaire de l’humanisme chrétien avec son style familier, avec des paraboles qui volent parfois sur les ailes de la poésie, il rappelle que l’homme porte inscrite en lui la nostalgie de Dieu et que ce n’est qu’en Lui que se trouve la vraie joie et sa réalisation la plus totale.

* * * * * * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française! À l’école de saint François de Sales, puissiez-vous apprendre que la vraie liberté inclut l’obéissance et culmine dans la réalité de l’amour. N’ayez pas peur d’aimer Dieu par-dessus tout! Vous trouverez en Lui seul la vraie joie et la pleine réalisation de votre vie! Avec ma bénédiction!

Armoiries de Saint François de Sales

Litanies de Saint François de Sales > www
Quelques bons livres pour mieux connaître St François de Sales > www

Publié dans : Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 5 mars, 2011 |2 Commentaires »

2011-27. Comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais.

Mercredi 2 mars 2011.

Bien chers Amis,

Après avoir rappelé l’origine du Refuge Notre-Dame de Compassion (ici > www), il faut que je vous raconte maintenant, ainsi que je vous l’ai promis, comment il se fait que cette oeuvre soit implantée en Vivarais.

Après avoir créé en 2001 l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, Frère Maximilien-Marie s’est employé à rechercher un lieu pour l’y établir de manière stable.
Il y a eu quelques longues années au cours desquelles sa patience, sa persévérance, sa détermination et son courage ont été mis à l’épreuve… parfois même à rude épreuve. Si notre Frère a de nombreuses contacts et si de nombreuses personnes ont manifesté quelque intérêt, l’ont encouragé et ont prié à cette intention, cela ne donnait pas pour autant la possibilité, concrète et matérielle, d’une réalisation.

Il y eut des amis, fidèles et vrais, qui eussent désiré que l’implantation du Refuge Notre-Dame de Compassion se fît près de chez eux, et qui invitèrent Frère Maximilien-Marie à prospecter dans leur région, à visiter telle ou telle propriété qu’ils avaient repérée et qui eût pu convenir …etc., mais il eût fallu soit trouver un lieu adéquat mis à disposition de manière gracieuse, soit avoir de l’argent pour acheter. Mais de l’argent, Frère Maximilien-Marie n’en avait pas! Il y eut aussi quelques promesses qui semblaient permettre de sérieuses espérances et furent suivies de déceptions.

Il y eut aussi, bien sûr, de nombreuses oppositions et des critiques, des incompréhensions et des intrigues, des railleries et des calomnies, des trahisons et des abandons… mais en définitive  cela n’est-il pas tout à fait « normal«  dans ce genre de situation?

Félix

Frère Maximilien-Marie fit aussi l’expérience d’un cléricalisme particulièrement réducteur (et absolument contraire à la vraie Tradition de l’Eglise) : beaucoup de catholiques – et même des prêtres!- ne comprennent pas vraiment ce qu’est la vie religieuse et semblent penser qu’un « frère » n’a qu’une vocation de « deuxième choix » ; qu’il  n’est « frère » que parce qu’il lui manque les capacités pour devenir prêtre ; que, pour un homme, la seule vocation digne de ce nom c’est le sacerdoce ; que de n’être « que frère » est un état d’inachèvement ou  d’échec… On ne manqua d’ailleurs pas d’objecter que, n’étant pas prêtre, il était im-pos-si-ble qu’il fondât une oeuvre religieuse. Singulière amnésie! Ni Saint Antoine le Grand, père de tous les moines de la Chrétienté, ni Saint Benoît de Nursie, fondateur d’une des formes de la vie monastique la plus connue en Occident, ni Saint François d’Assise – je me borne à ne citer que trois noms très célèbres, mais ce ne sont pas des exceptions – n’étaient prêtres!

Je passe donc sur nombre de péripéties pour arriver au mois de novembre 2005.  Une fidèle amie (qu’elle en soit vivement remerciée) avait offert à Frère Maximilien-Marie le voyage et le séjour à Rome en l’honneur de son vingt-cinquième anniversaire de vie religieuse et à l’occasion de la béatification du Père Charles de Foucauld (célébrée le dimanche 13 novembre 2005). Notre Frère  fit de cette semaine qui précéda la cérémonie une sorte de retraite qui lui permit non seulement de prier intensément dans les lieux sanctifiés par les Apôtres, les Martyrs, les Saints et d’innombrables précieuses reliques, mais aussi l’occasion de rencontrer un certain nombre de personnes, remarquables par leur qualité d’écoute, leurs compétences et la pertinence de leurs conseils…

Ce sont ces conseils – tenant compte à la fois des possibilités laissées par le droit canonique et des blocages particuliers à l’Eglise de France – que Frère Maximilien-Marie ne devait pas tarder à mettre en oeuvre. En effet, quelques semaines seulement après son retour de Rome, il fut contacté par une vieille personne qui lui proposait de mettre à disposition de l’association Refuge Notre-Dame de Compassion une petite propriété située dans un village du Vexin français.

2011-27. Comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais. dans Chronique de Lully 04vuegnrale02copie

Notre premier Mesnil-Marie dans le Vexin (2006-2008).

C’est dans ce village que je suis né et que Frère Maximilien-Marie m’a adopté peu de temps après son arrivée (cf. > www). L’association a bénéficié pendant deux ans de ce premier Mesnil-Marie ; en effet les héritiers de la vieille dame ne voulurent pas prolonger cette mise à disposition et il fallut à notre Frère se remettre en quête d’un lieu.

Je vous avais rapporté in illo tempore (par exemple ici > www, ici > www et encore ici > www) quelques unes des péripéties liées à cette recherche et à notre départ du Vexin. Ce que je n’avais pas précisé à l’époque, c’est que Frère Maximilien-Marie, alors que nous n’étions plus qu’à cinq mois de la date où il faudrait rendre les clefs et que rien d’approprié n’avait encore été trouvé, avait profité d’une opportunité pour se rendre à Lourdes : c’était le cent cinquantième anniversaire de l’apparition de la Madone à Sainte Bernadette. Frère Maximilien-Marie remit donc toute l’affaire entre les mains de Notre-Dame.

Moi, pendant le temps de son pèlerinage, j’étais resté en pension chez sa maman, en Vivarais, et il revint m’y chercher. Il en profita pour quelques contacts et prospections : c’est alors que, par un concours de circonstances où l’on ne peut que voir l’action de la divine Providence, lui fut proposée la visite de ce qui allait devenir notre nouveau Mesnil-Marie.

Cette première visite eut lieu le jeudi 21 février 2008, comme j’ai eu l’occasion de vous l’écrire (cf. > www). Il y eut tout de suite une espèce d’histoire d’amour entre cette ancienne fermette et Frère Maximilien-Marie, mais cela ne dispensait évidemment pas d’un examen raisonnable de tous les paramètres : implantation, travaux à réaliser, accessibilité, possibilité de bénéficier de la Messe latine traditionnelle… etc. en les conjuguant avec la réalité financière de l’association. Bien qu’ayant bénéficié d’apports providentiels, il n’était possible d’acquérir qu’un bâtiment à restaurer et loin des grands centres urbains!

Confiant en de nouvelles aides providentielles, après avoir bien réfléchi et prié, le conseil d’administration décida de l’acquisition : désormais l’association Refuge Notre-Dame de Compassion aurait un lieu qui serait bien à elle…

Le Mesnil-Marie un soir d'orage en été

Le Mesnil-Marie en été un soir d’orage

Il faut que je termine mon récit par une anecdote.

Pascale – qui est devenue notre voisine et notre amie – était au lit avec une forte fièvre le jour où Frère Maximilien-Marie vint faire la première visite. Un artisan de ses amis travaillait sur le toit de sa maison et se précipita pour lui dire : « Pascale! Pascale! Il y a un moine qui visite la maison à vendre à côté de la tienne… »
Le visage émergeant à peine de la couette, Pascale lui répondit quelque chose comme : « Je te signale que c’est moi qui ai 40° de fièvre et qui pourrait être sujette aux visions délirantes! »
Mais sur l’insistance de son ami, Pascale alla à la fenêtre et, les yeux tout écarquillés, elle dut se rendre à l’évidence : il y avait bien un moine, scapulaire au vent, qui arpentait dans tous les sens et examinait sous tous les angles la maison voisine de la sienne!

Avant de terminer, je vous rappelle simplement que nous sommes entrés dans le mois de Saint Joseph et que vous pouvez trouver ici > www des prières particulières pour honorer ce très grand saint.

Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully, Memento | le 2 mars, 2011 |4 Commentaires »
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