2012-10. La place d’honneur, la place centrale, doit revenir à Jésus!

Le 15 janvier 2012, a eu lieu la quatrième « Rencontre pour l’Unité Catholique » (appelée aussi « Réunicatho », voir le site > www).

Un mois après, ce 15 février, a été publié le très intéressant texte de l’intervention de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana, et secrétaire de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan.
Cet exposé était intitulé : « La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie ». On en trouvera le texte complet ici > www, et je ne peux que vous encourager à le lire et à le relire avec la plus grande attention.
Les premiers paragraphes – paragraphes introductifs – contiennent, fort bien exprimées, des réflexions sur l’orientation de la célébration et la place du tabernacle qui ne sont finalement que de bon sens (mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée, surtout dans certains milieux ecclésiastiques!). J’y souscris totalement ; j’ai déjà eu l’occasion d’écrire à ce sujet (cf. > www ou encore > www), et je ne résiste pas au plaisir de reprendre ci-dessous le texte de ces quatre premiers paragraphes.

Lully.

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C’est Dieu, c’est Jésus Eucharistie, c’est la Croix
qui sont au centre du culte chrétien authentique. 

Extraits de l’intervention de
Monseigneur Athanasius Schneider,
intitulée « la nouvelle évangélisation et la sainte liturgie »

« Pour parler correctement de la nouvelle évangélisation il est indispensable de porter tout d’abord notre regard sur Celui qui est le véritable évangélisateur, à savoir Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu fait Homme. Le Fils de Dieu est venu sur cette terre pour expier et racheter le plus grand péché, le péché par excellence. Et ce péché par excellence de l’humanité consiste dans le refus d’adorer Dieu, dans le refus de Lui réserver la première place, la place d’honneur. Ce péché des hommes consiste dans le fait qu’on ne porte pas attention à Dieu, dans le fait qu’on n’a plus le sens des choses, voire des détails qui relèvent de Dieu et de l’adoration qui Lui est due, dans le fait qu’on ne veut pas voir Dieu, dans le fait qu’on ne veut pas s’agenouiller devant Dieu.

Face à une telle attitude, l’Incarnation de Dieu est gênante, gênante également et par contrecoup la Présence Réelle de Dieu dans le mystère eucharistique, gênante la centralité de la présence eucharistique de Dieu dans les églises. L’homme pécheur veut en effet se mettre au centre, tant à l’intérieur de l’église que lors de la célébration eucharistique, il veut être vu, il veut être remarqué.

C’est la raison pour laquelle Jésus Eucharistie, Dieu incarné, présent dans le tabernacle sous la forme eucharistique, on préfère Le placer sur le côté. Même la représentation du Crucifié sur la croix au milieu de l’autel lors de la célébration face au peuple est gênante, parce que le visage du prêtre s’en trouverait occulté. Donc l’image du Crucifié au centre aussi bien que Jésus Eucharistie dans le tabernacle également au centre de l’autel, sont gênants. En conséquence la croix et le tabernacle sont déplacés sur le côté. Pendant l’office, les assistants doivent pouvoir observer en permanence le visage du prêtre, et celui-ci prend plaisir à se mettre littéralement au centre de la maison de Dieu. Et si par hasard Jésus Eucharistie est quand même laissé dans son tabernacle au centre de l’autel, parce que le ministère des Monuments Historiques, même sous un régime athée, a interdit pour des raisons de conservation du patrimoine artistique de le déplacer, le prêtre, souvent tout au long de la célébration liturgique, lui tourne sans scrupules le dos.

Combien de fois de braves fidèles adorateurs du Christ, dans leur simplicité et leur humilité, se seront écriés : « Bénis soyez-vous, les Monuments Historiques! Vous nous avez au moins laissé Jésus au centre de notre église». »

Maître-autel-avant-réforme-liturgique-Copie-215x300 Athanasius Schneider dans Lectures & relectures

Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire avant la « réforme liturgique »
un somptueux maître-autel de marbre et de bronzes dorés (anges & saints)
surélevé du sol par trois degrés
surmonté d’un ciborium couvrant la châsse et la statue de St Jean-François Régis.

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Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire après la « réforme liturgique »
l’autel n’est plus qu’une dalle de pierre carrée sur un cylindre de pierre bouchardée
posé à même le sol.
Le tabernacle a été relégué au fond de la chapelle absidale
le reliquaire de St Régis a été mis sur le côté, tous les ornements de bronze et même les insignes de la basilique ont disparu.

Sur ce même sujet voir aussi la B.D. :
« Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions », ici > www.

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Publié dans : De liturgia, Lectures & relectures, Textes spirituels | le 16 février, 2012 |3 Commentaires »

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l’Eglise.

Mercredi 15 février 2012,
fête de Saint Claude de La Colombière.

Notre amie Béatrice, dans son excellent site « Benoît et moi », met en ligne aujourd’hui la traduction qu’elle a faite d’un article paru en italien dans l’Osservatore Romano de ce jour.
Cet article s’intitule « Trente ans après » parce qu’il rappelle que, jour pour jour, « il y a trente ans, le 15 Février 1982, était rendue publique la nouvelle que Jean-Paul II, allant à l’encontre du désir du cardinal Joseph Ratzinger, le déchargeait de la gouvernance pastorale du diocèse de Freising et Munich.
Le 25 novembre précédent, en effet, le cardinal allemand de 54 ans avait été nommé par le Pape comme préfet du premier dicastère de la Curie romaine, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ainsi, après avoir conservé près de trois mois encore la direction de ce grand diocèse bavarois, en ces jours de février, Ratzinger s’installe à Rome. (…) Depuis février 1982, le cardinal allemand n’a plus jamais quitté Rome ».

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l'Eglise. dans Commentaires d'actualité & humeurs montaneros

1982 : le Cardinal Joseph Ratzinger fait ses adieux au diocèse de Munich pour s’installer à Rome
(ici avec les montagnards bavarois en costume traditionnel) 

Trente ans donc de présence à Rome pour celui qui est devenu, le 19 avril 2005, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.
Trente ans de présence continue et laborieuse…
Hormis toutefois pendant les courtes périodes de vacances de la Curie, qui permettaient au Cardinal Ratzinger de retourner dans sa petite maison, voisine de la ferme de Pentling : il l’avait achetée en vue de sa retraite, qu’il eût souhaitée discrète, modeste, paisible, studieuse… et accompagnée de chats!
Je vous avais parlé, in illo tempore, de la publication de cette biographie du Cardinal Ratzinger – depuis sa naissance jusqu’à son élévation au Souverain Pontificat – rédigée par Chico, le chat roux de la ferme de Pentling qui, lorsque le bon prélat revenait dans sa Bavière natale, désertait la maison de ses maîtres pour s’installer chez son grand ami Joseph (cf. > www) [1].
Moi, je l’ai toujours pensé : un prélat qui aime les chats et qui – en plus – est aimé d’eux, ne peut que faire un bon Pape! (voir aussi > www).

« Je ne le connais pas, mais ses yeux sont bons », ces paroles d’une romaine quelque jours après l’élection de Benoît XVI, citées par l’article qu’a traduit notre amie Béatrice, rejoint l’expérience de l’épouse de l’un des officiers de l’Ecole de Cavalerie de Saumur lors de la béatification du Père Charles de Foucauld (nota : en effet Frère Maximilien-Marie accompagnait la délégation de l’Ecole de Cavalerie et lui servait de guide pour les visites de Rome ;  il était aussi placé avec ces militaires – au premier rang, avec de beaux prie-dieu de velours rouge – à la cérémonie de béatification le dimanche 13 novembre 2005).
Cette jeune femme donc s’est trouvée en première ligne, sur le passage du Souverain Pontife, lorsqu’il a regagné la sacristie après la vénération des reliques du nouveau bienheureux ; le Pape lui a tendu la main, qu’elle a baisée avec ferveur en mettant genou en terre, puis elle a pu lui parler quelques instants pour recommander à sa prière un tout petit enfant malade. Elle fut bouleversée par la manière dont le Saint Père a plongé son regard dans le sien, avec une indicible expression d’attention, de bonté, de profonde compassion… « A ce moment-là, a-t-elle ensuite confié en substance à Frère Maximilien-Marie, j’ai eu l’impression certaine qu’il n’y avait en quelque sorte plus que lui et moi, qu’il prenait véritablement – au sens le plus fort que peut revêtir ce verbe prendre – cette intention douloureuse que je lui confiais, et j’ai compris à quel point c’est un père que nous avons à la tête de  notre Eglise… »

BenoîtXVI-soleil Benoît XVI dans Intentions de priere

Mais je continue ma lecture de l’article :
« Aujourd’hui, à trente ans du début de la période romaine de Joseph Ratzinger, ce doux berger qui ne recule pas devant les loups, le profil de la maturité d’un pontificat qui restera dans l’histoire se fait clair, dissolvant comme de la fumée les stéréotypes durs à mourir et contrastant avec des comportements irresponsables et indignes. Ces derniers finissent par s’imbriquer dans les clameurs des médias, inévitables et certainement pas désintéressées, mais qui doivent être utilisées comme une opportunité pour la purification de l’Eglise. 
Pape de la paix qui veut raviver la flamme de la primauté de Dieu, Benoît XVI est parfaitement cohérent avec son histoire. Une histoire marquée par une vision ample qui, pendant ces trente (années) romaines, a toujours cherché un souffle mondial et a été caractérisé par une oeuvre d’innovation et de purification poursuivie avec courage, ténacité et patience, conscient que depuis la nuit des temps, l’ennemi sème la zizanie (l’ivraie) dans le champ. 
C’est pourquoi le Pape indique sans relâche la nécessité d’un renouveau continu (Ecclesia semper reformanda [2]), rappelant que la sainteté de l’Église ne sera pas obscurcie si, à l’écoute de la vérité, elle reste proche de l’unique Seigneur ».

Oh, combien nous souscrivons à ces paroles! Et plus que jamais, rendant grâces à Dieu pour les trente années romaines de celui qui s’est soumis avec humilité et obéissance aux dispositions de la divine Providence qui contrecarrait ses projets personnels, nous redisons avec ferveur les paroles de l’ « Oremus pro Pontifice nostro » : « Que le Seigneur le garde, qu’Il le conserve en vie, qu’Il le fasse heureux sur la terre et qu’Il ne le livre pas à la merci de ses ennemis »!

Lully.

Pour lire la totalité de l’article de l’Osservatore Romano sur le site « Benoît et moi », cliquer ici > www, et si vous voulez le lire en italien, ici > www.

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[1] A ma connaissance, le très bel album « Joseph et Chico » dont j’avais relaté la parution en octobre 2007 n’a toujours pas été traduit en français, et c’est vraiment très dommage!

[2] « Ecclesia semper reformanda » : c’est un adage qui remonte au Moyen-Age et qui signifie que l’Eglise doit toujours travailler à sa propre réforme.

2012-8. Session Santé & Bien-être.

« J’ai demandé à Frère Maximilien-Marie s’il avait totalement cessé de réaliser ces petites bandes dessinées dans la lecture desquelles j’aime bien me plonger et que je sais que beaucoup d’entre vous apprécient également…
Il m’a seulement répondu par un sourire, mais lorsque je me suis réveillé de ma sieste, il m’a tendu une feuille sans rien dire : cette feuille, je l’ai reproduite pour vous ci-dessous… et j’espère que vous ne vous contenterez pas de la lire de manière superficielle!

Bonne soirée à vous tous, chers Amis… et profitez de l’invitation qui vous est faite à cette Session Santé & Bien-être! »

2012-8. Session Santé & Bien-être. dans Bandes dessinées patteschatsLully.

(cliquer sur les images pour les voir en plus grand format)

Session-Santé-Bien-être-Copie-Copie carême dans De liturgia

note :

si tu veux connaître le contenu de cette ordonnance, clique ici > www.

- Beaucoup de personnes sont capables de soutenir de gros efforts, à l’occasion d’exercices sportifs ou de « fitness », pour obtenir une plus belle apparence physique ou pour retrouver une meilleure forme… Pourquoi donc n’en est-il pas de même lorsqu’il s’agit d’avoir une meilleure santé spirituelle et d’acquérir une plus grande beauté d’âme?

- Beaucoup de personnes consentent volontiers à des sacrifices financiers pour pouvoir participer à des sessions de bien-être et de remise en forme… Pourquoi donc, lorsque Jésus offre gratuitement une session de santé spirituelle d’une très haute qualité, rencontre-t-on si peu de réactions d’enthousiasme et de gratitude envers Lui, même parmi ceux qui prétendent être ses fidèles?

- Il y a des succursales de la maison de cure d’origine dans tous les lieux où la Sainte Eglise du Christ est établie, et la cure peut être suivie à domicile en lien avec tous les autres fidèles ; il est fortement recommandé, quand cela est possible, d’avoir un bon conseiller spirituel, prudent et avisé, afin que la cure puisse porter le meilleur de ses fruits.

- La Session Santé & Bien-être du Docteur Carême t’est ouverte, et elle t’est offerte ; ses prestations d’excellence ont puissamment contribué à « faire des saints » : ne laisse pas passer ta chance!

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2012-7. « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes ».

Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
à l’occasion du Carême de l’an de grâce 2012. 

2012-7. « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes ». dans De liturgia prev46-Copie

Frères et soeurs,

Le Carême nous offre encore une fois l’opportunité de réfléchir sur ce qui est au coeur de la vie chrétienne : la charité. En effet, c’est un temps favorable pour renouveler, à l’aide de la Parole de Dieu et des Sacrements, notre itinéraire de foi, aussi bien personnel que communautaire. C’est un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l’attente de vivre la joie pascale.

Cette année, je désire proposer quelques réflexions à la lumière d’un bref texte biblique tiré de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes » (Heb. X, 24). Cette phrase fait partie d’une péricope dans laquelle l’écrivain sacré exhorte à faire confiance à Jésus-Christ comme Grand Prêtre qui nous a obtenu le pardon et l’accès à Dieu. Le fruit de notre accueil du Christ est une vie selon les trois vertus théologales : il s’agit de nous approcher du Seigneur « avec un coeur sincère et dans la plénitude de la foi » (X, 22), de garder indéfectible « la confession de l’espérance » (X, 23) en faisant constamment attention à exercer avec nos frères « la charité et les oeuvres bonnes » (X, 24). Pour étayer cette conduite évangélique – est-il également affirmé -, il est important de participer aux rencontres liturgiques et de prière de la communauté, en tenant compte du but eschatologique : la pleine communion en Dieu (X, 25). Je m’arrête sur le verset 24 qui, en quelques mots, offre un enseignement précieux et toujours actuel sur trois aspects de la vie chrétienne: l’attention à l’autre, la réciprocité et la sainteté personnelle.

1. « Faisons attention » : la responsabilité envers le frère.

Le premier élément est l’invitation à « faire attention » : le verbe grec utilisé est katanoein, qui signifie bien observer, être attentifs, regarder en étant conscient, se rendre compte d’une réalité. Nous le trouvons dans l’Évangile, lorsque Jésus invite les disciples à « observer » les oiseaux du ciel qui, bien qu’ils ne s’inquiètent pas, sont l’objet de l’empressement et de l’attention de la Providence divine (cf. Lc 12, 24), et à « se rendre compte » de la poutre qui se trouve dans leur oeil avant de regarder la paille dans l’oeil de leur frère (cf. Luc VI, 41). Nous trouvons aussi cet élément dans un autre passage de la même Lettre aux Hébreux, comme invitation à « prêter attention à Jésus » (III, 1), l’apôtre et le grand prêtre de notre foi. Ensuite, le verbe qui ouvre notre exhortation invite à fixer le regard sur l’autre, tout d’abord sur Jésus, et à être attentifs les uns envers les autres, à ne pas se montrer étrangers, indifférents au destin des frères. Souvent, au contraire, l’attitude inverse prédomine : l’indifférence, le désintérêt qui naissent de l’égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la « sphère privée ». Aujourd’hui aussi, la voix du Seigneur résonne avec force, appelant chacun de nous à prendre soin de l’autre. Aujourd’hui aussi, Dieu nous demande d’être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d’instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l’autre et à tout son bien. Le grand commandement de l’amour du prochain exige et sollicite d’être conscients d’avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d’être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre coeur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu’aujourd’hui le monde souffre surtout d’un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (Lett. enc. Populorum progressio du 26 mars 1967, n° 66).

L’attention à l’autre comporte que l’on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu’il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est « le bon, le bienfaisant » (Ps. CXIX, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. La responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l’autre, désirant qu’il s’ouvre lui aussi à la logique du bien ; s’intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités. L’Écriture Sainte met en garde contre le danger d’avoir le coeur endurci par une sorte d’« anesthésie spirituelle » qui rend aveugles aux souffrances des autres. L’évangéliste Luc rapporte deux paraboles de Jésus dans lesquelles sont indiqués deux exemples de cette situation qui peut se créer dans le coeur de l’homme. Dans celle du bon Samaritain, le prêtre et le lévite « passent outre », avec indifférence, devant l’homme dépouillé et roué de coups par les brigands (cf. Luc X, 30-32), et dans la parabole du mauvais riche, cet homme repu de biens ne s’aperçoit pas de la condition du pauvre Lazare qui meurt de faim devant sa porte (cf. Luc XVI, 19). Dans les deux cas, nous avons à faire au contraire du « prêter attention », du regarder avec amour et compassion. Qu’est-ce qui empêche ce regard humain et affectueux envers le frère ? Ce sont souvent la richesse matérielle et la satiété, mais c’est aussi le fait de faire passer avant tout nos intérêts et nos préoccupations personnels. Jamais, nous ne devons nous montrer incapables de « faire preuve de miséricorde » à l’égard de celui qui souffre ; jamais notre coeur ne doit être pris par nos propres intérêts et par nos problèmes au point d’être sourds au cri du pauvre. À l’inverse, c’est l’humilité de coeur et l’expérience personnelle de la souffrance qui peuvent se révéler source d’un éveil intérieur à la compassion et à l’empathie : « Le juste connaît la cause des faibles, le méchant n’a pas l’intelligence de la connaître » (Prov. XIX, 7). Nous comprenons ainsi la béatitude de « ceux qui sont affligés » (Matt. V, 4), c’est-à-dire de ceux qui sont en mesure de sortir d’eux-mêmes pour se laisser apitoyer par la souffrance des autres. Rencontrer l’autre et ouvrir son coeur à ce dont il a besoin sont une occasion de salut et de béatitude.

« Prêter attention » au frère comporte aussi la sollicitude pour son bien spirituel. Je désire rappeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd’hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères. Il n’en est pas ainsi dans l’Église des premiers temps, ni dans les communautés vraiment mûres dans leur foi, où on se soucie non seulement de la santé corporelle du frère, mais aussi de celle de son âme en vue de son destin ultime. Dans l’Écriture Sainte, nous lisons : « Reprends le sage, il t’aimera. Donne au sage : il deviendra plus sage encore ; instruis le juste, il accroîtra son acquis » (Prov. IX, 8s). Le Christ lui-même nous commande de reprendre le frère qui commet un péché (cf. Matt. XVIII, 15). Le verbe utilisé pour définir la correction fraternelle – elenchein – est le même que celui qui indique la mission prophétique de la dénonciation propre aux chrétiens envers une génération qui s’adonne au mal (cf. Eph. V, 11). La tradition de l’Église a compté parmi les oeuvres de miséricorde spirituelle celle d’« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n’est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animée par l’amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L’apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Gal. VI, 1). Dans notre monde imprégné d’individualisme, il est nécessaire de redécouvrir l’importance de la correction fraternelle, pour marcher ensemble vers la sainteté. Même « le juste tombe sept fois » (Prov. XXIV, 16) dit l’Écriture, et nous sommes tous faibles et imparfaits (cf.1 Joan. I, 8). Il est donc très utile d’aider et de se laisser aider à jeter un regard vrai sur soi-même pour améliorer sa propre vie et marcher avec plus de rectitude sur la voie du Seigneur. Nous avons toujours besoin d’un regard qui aime et corrige, qui connaît et reconnaît, qui discerne et pardonne (cf. Luc XXII, 61), comme Dieu l’a fait et le fait avec chacun de nous.

2. « Les uns aux autres » : le don de la réciprocité.

Cette « garde » des autres contraste avec une mentalité qui, réduisant la vie à sa seule dimension terrestre, ne la considère pas dans une perspective eschatologique et accepte n’importe quel choix moral au nom de la liberté individuelle. Une société comme la société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne! L’apôtre Paul invite à chercher ce qui « favorise la paix et l’édification mutuelle » (Rom. XIV, 19), en plaisant « à son prochain pour le bien, en vue d’édifier » (Ibid. XV, 2), ne recherchant pas son propre intérêt, « mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés » (1 Cor. X, 33). Cette correction réciproque et cette exhortation, dans un esprit d’humilité et de charité, doivent faire partie de la vie de la communauté chrétienne.

Les disciples du Seigneur, unis au Christ par l’Eucharistie, vivent dans une communion qui les lie les uns aux autres comme membres d’un seul corps. Cela veut dire que l’autre m’est uni de manière particulière, sa vie, son salut, concernent ma vie et mon salut. Nous abordons ici un élément très profond de la communion : notre existence est liée à celle des autres, dans le bien comme dans le mal ; le péché comme les oeuvres d’amour ont aussi une dimension sociale. Dans l’Église, corps mystique du Christ, cette réciprocité se vérifie : la communauté ne cesse de faire pénitence et d’invoquer le pardon des péchés de ses enfants, mais elle se réjouit aussi constamment et exulte pour les témoignages de vertu et de charité qui adviennent en son sein. « Que les membres se témoignent une mutuelle sollicitude » (cf.1 Cor. XII, 25), affirme saint Paul, afin qu’ils soient un même corps. La charité envers les frères, dont l’aumône – une pratique caractéristique du carême avec la prière et le jeûne – est une expression, s’enracine dans cette appartenance commune. En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l’unique corps qu’est l’Église. Faire attention aux autres dans la réciprocité c’est aussi reconnaître le bien que le Seigneur accomplit en eux et le remercier avec eux des prodiges de grâce que le Dieu bon et tout-puissant continue de réaliser dans ses enfants. Quand un chrétien perçoit dans l’autre l’action du Saint Esprit, il ne peut que s’en réjouir et rendre gloire au Père céleste (cf. Matt. V, 16).

3. « pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes » : marcher ensemble dans la sainteté.

Cette expression de la Lettre aux Hébreux (X, 24), nous pousse à considérer l’appel universel à la sainteté, le cheminement constant dans la vie spirituelle à aspirer aux charismes les plus grands et à une charité toujours plus élevée et plus féconde (cf.1 Cor. XII, 31 – XIII, 13). L’attention réciproque a pour but de nous encourager mutuellement à un amour effectif toujours plus grand, « comme la lumière de l’aube, dont l’éclat grandit jusqu’au plein jour » (Prov. IV, 18), dans l’attente de vivre le jour sans fin en Dieu. Le temps qui nous est accordé durant notre vie est précieux pour découvrir et accomplir les oeuvres de bien, dans l’amour de Dieu. De cette manière, l’Église elle-même grandit et se développe pour parvenir à la pleine maturité du Christ (cf. Eph. IV, 13). C’est dans cette perspective dynamique de croissance que se situe notre exhortation à nous stimuler réciproquement pour parvenir à la plénitude de l’amour et des oeuvres bonnes.

Malheureusement, la tentation de la tiédeur, de l’asphyxie de l’Esprit, du refus d’« exploiter les talents » qui nous sont donnés pour notre bien et celui des autres (cf. Matt. XXV, 25 et sv.) demeure. Nous avons tous reçu des richesses spirituelles ou matérielles utiles à l’accomplissement du plan divin, pour le bien de l’Église et pour notre salut personnel (cf. Luc XII, 21b ; 1 Tim. VI, 18). Les maîtres spirituels rappellent que dans la vie de la foi celui qui n’avance pas recule. Chers frères et soeurs, accueillons l’invitation toujours actuelle à tendre au « haut degré de la vie chrétienne » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millenio ineunte du 6 janvier 2001, n° 31). En reconnaissant et en proclamant la béatitude et la sainteté de quelques chrétiens exemplaires, la sagesse de l’Église a aussi pour but de susciter le désir d’en imiter les vertus. Saint Paul exhorte : « rivalisez d’estime réciproque » (Rom. XII, 10).

Face à un monde qui exige des chrétiens un témoignage renouvelé d’amour et de fidélité au Seigneur, tous sentent l’urgence de tout faire pour rivaliser dans la charité, dans le service et dans les oeuvres bonnes (cf. HeB. VI, 10). Ce rappel est particulièrement fort durant le saint temps de préparation à Pâques. Vous souhaitant un saint et fécond Carême, je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et, de grand coeur, j’accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 3 novembre 2011.

Benedictus PP. XVI

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                                                                                             Petit catéchisme sur le carême et la pénitence > www.

Prière pour l’Eglise et pour le Souverain Pontife par l’intercession du Bienheureux Pie IX.

Prière pour l'Eglise et pour le Souverain Pontife par l'intercession du Bienheureux Pie IX. dans De liturgia DSC09776-2-193x300

Le Bienheureux Pie IX assisté par Notre-Seigneur et Notre-Dame
maintient fermement le gouvernail de la barque de Pierre dans la tempête.

Ô mon Dieu, daignez recevoir favorablement dans le sein de votre infinie miséricorde, les prières que nous faisons monter vers Vous, par l’intercession de votre glorieux serviteur le Bienheureux Pape Pie IX, pour la Sainte Eglise et pour notre Saint Père le Pape.

Aujourd’hui encore, comme jadis sur le lac et comme tant de fois dans son histoire bimillénaire, la barque de Pierre, l’Eglise que Vous avez fondée, est assaillie par la tempête : les flots grondants du monde qui refuse l’obéissance aux lois divines, et les vents violents des révolutions humaines sont déchaînés ; l’esprit d’impiété et de révolte s’est répandu partout ; le manque de zèle et de ferveur s’est introduit jusque dans le sanctuaire…
Voyez, ô Seigneur, l’affliction de votre peuple : il n’est pas un pays, pas une société, pas une famille, pas un coeur dans lesquels votre règne de grâce et d’amour ne soit en proie à la contradiction, voire à la persécution, physique ou psychologique!

C’est en Vous seul, Dieu des victoires, que nous plaçons notre espérance : Vous qui avez promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient point contre votre Eglise et qui lui avez promis votre secourable présence jusqu’à la consommation des siècles!
Venez donc à notre aide et soutenez-nous, de la même façon que Vous avez assisté et rendu inébranlable le Bienheureux Pie IX dans les épreuves et les contradictions qui assaillirent l’Eglise sous son pontificat!

A la prière du vaillant et glorieux Pie IX, assistez d’une manière toute particulière notre Saint Père le Pape Benoît en ces temps de confusion, et ne lui ménagez pas vos grâces de force et de lumière, afin qu’il présente sans cesse à la face du monde le témoignage de la vraie foi et de la plus héroïque charité, dans une patience et un courage invincibles!

Nous le croyons fermement, Vous êtes et vous serez toujours, ô Dieu, notre refuge et notre force, notre aide en toute tribulation! Nous ne craindrons point si la terre est bouleversée et si les montagnes elles-mêmes sont ébranlées, si les flots mugissent et s’enflent et si des royaumes chancellent, car vous demeurerez avec nous, ô Seigneur des armées! (cf. Ps. XLV)

Ainsi soit-il!

Bienheureux Pie IX, priez pour l’Eglise du Christ!
Bienheureux Pie IX, soutenez et fortifiez notre Saint Père le Pape!
Bienheureux Pie IX, intercédez pour nous! 

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Bx-Pie-IX-237x300 Bienheureux Pie IX dans Intentions de priere

Portrait du Bienheureux Pie IX
soutenu par la figure allégorique de l’Eglise militante et par un Zouave Pontifical. 

Prière pour demander la glorification du Bx Pie IX et obtenir des grâces par son intercession > www.

Prière pour la glorification du Bienheureux Pie IX et pour obtenir des grâces par son intercession.

7  février : fête du Bienheureux Pie IX.

Vous avez déjà pu vous en rendre compte en raison de nos publications relatives à l’épopée des Zouaves Pontificaux (ici > www, ici > www, ici > www et encore ici > www), au Mesnil-Marie nous avons une dévotion toute particulière envers le Bienheureux Pie IX.

Né le dimanche 13 mai 1792, à Senigallia (Marche d’Ancône), dans la famille des comtes Mastaï-Ferretti, le petit Jean-Marie fut baptisé et consacré à Notre-Dame de l’Espérance le jour même de sa naissance.
Ordonné prêtre en 1819, il est d’abord directeur spirituel d’un orphelinat, puis fait partie d’une mission diplomatique au Chili. Il est nommé archevêque de Spolète en 1827 (il a 35 ans), est transféré au siège d’Imola en 1832, puis est élevé au cardinalat en 1840.
A la mort de Grégoire XVI, le 16 juin 1846, il est élu deux-cent-soixantième successeur de Saint Pierre : il est âgé de 54 ans. Il prend le nom de Pie IX, en hommage au Pape Pie VII auquel il doit son sacerdoce.
Son Pontificat est le plus long de toute l’histoire de l’Eglise (31 ans, 7 mois et 22 jours). C’est aussi l’un des plus mouvementés (en raison des agitations politiques de cette époque) et des plus riches : Pie IX entretient des relations d’amitiés avec de nombreux saints et avec notre cher Comte de Chambord ; c’est sous son règne que la Très Sainte Vierge apparaît à La Salette, à Lourdes, à Pontmain et à Pellevoisin ; il convoque le 1er concile du Vatican, définit les dogmes de la Conception immaculée de Notre-Dame et de l’infaillibilité pontificale, béatifie la Visitandine Marguerite-Marie et étend la fête du Sacré-Coeur de Jésus à l’Eglise universelle, proclame Saint François de Sales docteur de l’Eglise, publie le fameux « Syllabus », et sous son Pontificat le catholicisme connaît une expansion et un renouveau prodigieux… etc.
Prisonnier dans la Cité Vaticane depuis le 20 septembre 1870, il s’éteint entouré de la vénération unanime des fidèles et de la haine des francs-maçons et des libéraux, le 7 février 1878 dans sa 86ème année.
Aussitôt, les miracles et les grâces obtenus par son intercession se multiplient, mais – en raison des oppositions politiques et de l’agitation des modernistes à l’intérieur de l’Eglise – il a fallu attendre le 3 septembre 2000 pour qu’il soit béatifié.

Son corps incorrompu repose dans la basilique de Saint Laurent hors les murs, tout près du cimetière du Verano où reposent les Zouaves Pontificaux tombés pour la défense du Patrimoine de Saint Pierre (cf. photographie de Benoît XVI priant devant sa châsse > www).

Prière pour la glorification du Bienheureux Pie IX et pour obtenir des grâces par son intercession. dans De liturgia DSC09768-Copie-300x229

Calotte du Bienheureux Pie IX conservée au Mesnil-Marie.

Coeur Sacré de Jésus, exaucez notre prière et daignez glorifier votre serviteur le Bienheureux Pie IX qui Vous a consacré l’Eglise universelle.

Pater noster.

O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous : exaucez notre prière et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamée Immaculée.

Ave Maria.

Saint Joseph, très chaste époux de la Vierge Marie, exaucez notre prière et glorifiez votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamé patron de l’Eglise universelle.

Gloria Patri.

Coeur Sacré de Jésus, Vierge immaculée – notre espérance – , saint Joseph, exaucez nos prières et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, en nous accordant par ses mérites et son intercession les grâces que nous sollicitons instamment (les nommer)

Pater noster – Ave Maria – Gloria Patri.

(prière traduite de l’italien, publiée avec l’approbation ecclésiastique)

DSC09765-Copie-Copie-300x274 glorification dans Memento

Reliques du Bienheureux Pie IX conservées au Mesnil-Marie :
1) plusieurs fragments de soutane ; 2) cheveux ; 3) parcelles de la chemise qu’il portait en mourant ;
4) fragments de la paillasse sur laquelle il est mort ; 5) parcelle de l’un de ses bas ;
6) morceau d’une manche (avec la date : 2 juillet 1867).

Prière pour l’Eglise en proie aux épreuves par l’intercession du Bienheureux Pie IX > www.

2012-6. Chronique du 31 janvier 2012 et simples réflexions sur « l’écoute, l’accueil et le respect »…

Mardi soir 31 janvier 2012.

2012-6. Chronique du 31 janvier 2012 et simples réflexions sur

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici au terme du mois de janvier. Cette année, à peu de jours près, cela correspond à la fin du temps après l’Epiphanie : après demain ce sera la Chandeleur – où nous laisserons l’antienne mariale « Alma Redemptoris Mater » pour entonner l’ « Ave, Regina caelorum » -, et samedi soir nous dirons au revoir à l’ Alléluia jusqu’à la nuit pascale, puisque nous commencerons le temps de la Septuagésime (vous pouvez relire la présentation de ce temps liturgique, ici > www).

Depuis ma dernière chronique (ici > www), il n’y a d’ailleurs pas très longtemps, notre Mesnil-Marie n’a pas connu une abondance d’évènements remarquables. En complément de ce que je vous écrivais le 14 janvier, je veux simplement vous faire deux comptes-rendus succincts :

1) La veillée « Culture & Patrimoine » du 17 janvier était consacrée à l’étude historique du passage de Saint Jean-François Régis dans nos Boutières.
Cette réunion a été tellement riche et vivante – en particulier pour la compréhension préalable du contexte historique à la venue du saint missionnaire (l’état général du diocèse de Viviers au début du XVIIe siècle, la violence particulière des guerres dites de religion dans ce pays, la présentation du grand évêque que fut Monseigneur Louis de La Beaume de Suze…) – que le sujet prévu n’a pas été épuisé et qu’il faudra le continuer lors de la prochaine veillée.
Certains de nos habitués n’avaient pu être présents parce que cette date coïncidait en effet avec le passage du rallye Monte-Carlo dans nos villages, et nos amis dont le travail est lié à la restauration et à l’hébergement étaient donc bien occupés, mais nous avons été heureux de la présence de nouveaux amis et des échanges animés de cette veillée.

2) Les visites de la Crèche se terminent et je peux en dresser un petit bilan : comme l’an dernier, ce sont quelque cent-cinquante personnes qui sont venues la voir, la plupart du temps par petits groupes (de deux à huit personnes). Les échanges qui ont eu lieu à cette occasion ont été empreints de cordialité et pleins de qualité ; Frère Maximilien-Marie a dû répondre à de nombreuses questions et un grand nombre de personnes ont manifesté leur désir de revenir.
Sitôt la fête de la Purification passée, nous allons tout démonter et bien ranger, jusqu’au prochain mois de décembre : la Crèche que nous réaliserons alors sera différente (j’ai déjà quelques idées que je vais suggérer à Frère Maximilien-Marie).

coeurdejsuscopie crèche du Mesnil-Marie dans Chronique de Lully

Je vous ai déjà parlé de la cérémonie du 21 janvier (ici > www) mais  je ne vous avais pas montré cette photo, prise justement le 21 janvier au matin :

DSC09629-Copie-300x220 Mesnil-Marie

Vous le voyez, je suis un vrai chat-chouan!… Et ce rat-taupier, qui faisait un vilain travail de sape dans notre jardin pour détruire nos bulbes de lys, précisément en raison de cela, me semblait une parfaite représentation de la sinistre révolution : j’étais donc très fier de l’avoir occis et d’en rapporter la dépouille à mon papa-moine!

coeurdejsuscopie neige

Mes lectures et mes études sur la révolution m’ont amené à certaines réflexions au sujet de quelques situations contemporaines dans les diocèses de France. D’ailleurs, un certain Cardinal Ratzinger – excusez du peu – avait lui-même fait la comparaison il y a quelques décennies.

Hé bien, justement, en pensant à la manière dont ceux qui criaient partout le slogan « Liberté! » et qui avaient proclamé que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses… » (déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789), avaient massacré et martyrisé les populations qui étaient fidèles au catholicisme et à leur Souverain légitime, je me disais que nous avons aujourd’hui encore dans l’Eglise des évêques, des prêtres et des « laïcs engagés » qui ont le même type de comportement.

Ils se gargarisent avec des mots tels que  « vivre l’écoute, l’accueil, le respect », ne cessent de prêcher la tolérance et l’ouverture, prétendent « croire à l’inattendu de Dieu » à travers des « propositions » qui n’auraient pas été pensées dans leurs cercles, revendiquent d’être « très heureux de voir une petite équipe prendre des initiatives » et rappellent que « personne ne doit être oublié »… etc. ; mais ils se montrent implacablement négatifs dès qu’un peu plus qu’une « petite équipe » (car une centaine de fidèles ce n’est pas à proprement parler une petite équipe) prend « l’initiative » de demander la stricte application du motu proprio Summorum Pontificum dans leur paroisse, brandissent des oukases quand des consacrés qui n’appartiennent pas à leur « sensibilité » s’approchent trop près de leurs chasses gardées, ne « respectent » pas dans leur manière de célébrer les règles liturgiques énoncées par « le » concile même dont ils se réclament (à l’exclusion, semble-t-il, des vingt conciles généraux précédents), n’ « écoutent » pas la voix du Souverain Pontife, « oublient » la célébration des funérailles chrétiennes et ne sont pas dans leur église pour « accueillir » une famille en deuil parce qu’à ce moment-là ils participent à une manifestation politique sur la place de l’église…

Certes, ces clercs et ces laïcs ne vous envoient pas à la guillotine, ne vous expédient pas dans le fond de la Loire, ne vous brûlent pas vifs dans les fours à pain de vos hameaux, ne vous fusillent pas devant des fosses communes, ne vous entassent pas sur des pontons pour que vous y agonisiez dévorés par la vermine, ne vous déportent pas, ou ne tannent pas votre peau pour s’en faire des vêtements… ; mais ils sont experts en assassinats de la réputation et habiles en exclusions qui peuvent se transformer en véritables morts sociales!
Qui ne connaît pas l’effrayant pouvoir des suggestions rampantes énoncées avec des accents de feinte compassion, et la puissance de manipulation qui peut résider dans l’affirmation pateline de vérités tronquées?

Mais je ne veux pas développer davantage et j’en resterai là pour aujourd’hui…

coeurdejsuscopie praxis révolutionnaire dans l'Eglise

Pour terminer ma chronique de ce 31 janvier, je veux simplement vous offrir quelques clichés de notre Mesnil-Marie et de notre hameau, réalisés en ce jour de neige (car même si je n’aime pas la neige, je dois reconnaître qu’elle fait de belles choses dans le paysage)… A bientôt!

Le 31 janvier 2012 au Mesnil-Marie
Album : Le 31 janvier 2012 au Mesnil-Marie

11 images
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patteschats veillée Lully.

N’oubliez pas la neuvaine à l’intention des malades et de tous les souffrants, du 2 au 10 février pour préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes (ici > www).

Publié dans : Chronique de Lully | le 31 janvier, 2012 |6 Commentaires »

2012-5. Pour préparer l’avenir, nous ne pouvons oublier que les Rois ont fait la France et que celle-ci se trouve en continuel déclin depuis la révolution…

Samedi 21 janvier 2012,
Deux-cent-dix-neuvième anniversaire du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

La commémoration annuelle du martyre de Sa Majesté Louis XVI, Roi très chrétien, occupe une place très importante dans le calendrier de notre Mesnil-Marie… Mais est-il vraiment nécessaire de le préciser?
Frère Maximilien-Marie avait préparé avec soin tout ce qu’il lui était possible d’emporter de notre sacristie, afin que soit solennisée au mieux la Messe de requiem célébrée en notre chère paroisse (en effet la sacristie de l’église qui a été désignée pour la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle est fort pauvre : sans doute a-t-elle fait l’objet d’un nettoyage par le vide en règle au moment de la fureur prétendument « conciliaire »). Quand il a pris la route ce matin, pour franchir le massif du Mézenc, notre Frère partait avec une superbe chasuble noire en velours de soie damassé, une chape, un drap mortuaire galonné et brodé d’argent, des candélabres et même une couronne royale qui devait être posée sur le catafalque…
Il m’a rapporté quelques photos de la célébration (ce qui m’a donné l’occasion de regretter qu’il y eût si peu de fidèles présents) et aussi le texte de la prédication de Monsieur l’Abbé que je me fais un plaisir de retranscrire ci-dessous à votre intention : ce n’est pas un long texte, mais il mérite qu’on le médite…

Lully.

2012-5. Pour préparer l'avenir, nous ne pouvons oublier que les Rois ont fait la France et que celle-ci se trouve en continuel déclin depuis la révolution... dans Chronique de Lully DSC09630-Copie-300x226

Homélie de Monsieur l’Abbé Henri Vannier
prononcée au cours de la
Sainte Messe de requiem
célébrée en l’église de Ceyssac, le 21 janvier 2012,
à la mémoire de Sa Majesté le Roi très chrétien Louis XVI. 

Ô Christ, sauve la France!

Le Roi est mort, « mais à la France il faut un Roi »!

Révérend Frère, chers Amis,

L’année 2012 est l’année de toutes les incertitudes et, de ce fait, de toutes les espérances.
C’est l’aide de Dieu et la vertu du Christ que sommes invités à demander avec audace et ferveur, pour la France et les Français, ainsi que pour l’Europe chrétienne.
Cette année, marquée, en notre pays, par des élections républicaines malheureusement pleines de périls est illuminée cependant par le six-centième anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne d’Arc.

En célébrant aujourd’hui, samedi 21 janvier, une Messe solennelle de requiem pour le repos de l’âme du bon Roi Louis XVI – auquel nous associons tous les martyrs victimes de la funeste révolution dite française – nous implorons le secours du Ciel, confiants dans la divine Providence, priant Notre-Dame, Souveraine de notre Patrie, Saint Michel Archange et tous les Saints qui ont béni la France, d’intercéder pour nous auprès du Seigneur tout-puissant.

C’est dans nos solitudes et les abîmes d’une immense misère que nous crions vers le Ciel et supplions Dieu, offrant cette Messe annuelle avec un esprit non seulement de fidélité, d’hommage et de piété comme il se doit, mais inspirés surtout – peut-être aujourd’hui encore davantage qu’hier – par l’espoir et l’attente d’une délivrance venue d’En-Haut, qui inaugurera les temps bienheureux d’une « grande relève » et d’une vraie renaissance.

Il ne s’agit pas d’une simple commémoration ni d’un souvenir nostalgique du passé, même si nous gardons, enracinée au plus profond de nos coeurs, la Tradition reçue de nos pères et transmise avec la Foi de toute l’Eglise.
Car, pour préparer l’avenir, nous ne pouvons oublier les leçons de l’histoire, celles qui nous apprennent que « les Rois ont fait la France », et que celle-ci se trouve en continuel déclin depuis que la révolution, au nom des valeurs illusoires et ténébreuses de l’homme en révolte contre Dieu, a signé la mort du « Roi très chrétien » et enterré l’Ancien Régime.
Et, forts de la Liberté des hommes enfants de Dieu, liberté acquise par l’Etendard de la Croix, nous ne saurions négliger les exigences de notre Salut, celles rappelées par un Pape en nos années d’épreuves, interpellant notre pays tout entier : « Ô France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? »!

Tout ce que nous chantons chez nous avec ardeur et sagesse : « Si tu veux ta Délivrance… marche droit »,  c’est à dire : reviens au Christ, Roi pacifique, Roi des nations, Roi des rois!

couronneroifrance 21 janvier dans Chronique de Lully

Autres textes à reprendre et à méditer à l’occasion du 21 janvier :
- Le récit des dernières heures de Sa Majesté le Roi Louis XVI > www.
- Le testament de Louis XVI > www.
- L’allocution du Pape Pie VI proclamant que Louis XVI est un martyr > www.
- Le voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur > www.

Publié dans : Chronique de Lully | le 21 janvier, 2012 |6 Commentaires »

2012-4. Chronique du temps de Noël au Mesnil-Marie (décembre 2011 à mi janvier 2012)

Samedi 14 janvier 2012,
Fête de Saint Hilaire de Poitiers.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Hier 13 janvier, jour octave de l’Epiphanie, en célébrant la commémoration du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous avons clôturé le cycle liturgique de Noël qui avait commencé avec le premier dimanche de l’Avent.
L’achèvement de ce cycle me semble tout à fait indiqué pour vous livrer un petit compte-rendu des évènements qui ont été les plus marquants, en notre Mesnil-Marie, au cours de ces sept semaines écoulées.

A – la fête de Saint Nicolas.

C’est maintenant une tradition bien établie dans notre hameau de nous retrouver entre voisins et amis à l’occasion de la fête de Saint Nicolas. En effet, il n’y a que des enfants sages ici : la preuve en est que le Père Fouettard ne paraît jamais en nos parages. Comme les années précédentes donc (cf. par exemple > www), ce fut une soirée joyeuse et… gourmande!

2012-4. Chronique du temps de Noël au Mesnil-Marie (décembre 2011 à mi janvier 2012) dans Chronique de Lully 8

B – le 8 décembre.

Bien sûr, le matin, Frère Maximilien-Marie a pris le volant pour se rendre à la Sainte Messe chantée en l’honneur de cette grande fête de Notre-Dame.
Dans la journée, je l’ai aidé à préparer tous les photophores qui nous serviraient le soir à illuminer notre Mesnil-Marie en l’honneur de Celle par qui les premières lueurs du Salut ont commencé à luire dans le monde : c’est une centaine de lumignons que nous avons placés sur nos fenêtres, et à l’intérieur aussi nous ne nous sommes éclairés qu’aux bougies : des amis venaient dîner avec nous ce soir-là. L’ambiance était féerique… Les photos vous en diront plus que tous les commentaires que je pourrais faire (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand format).

DSC09359-Copie-300x192 chronique dans De liturgia       DSC09353-Copie-150x300 crèche

DSC09354-Copie-300x225 culture et patrimoine

C – les préparatifs de la crèche.

C’est à partir du 8 décembre que Frère Maximilien-Marie a commencé les préparatifs de notre crèche (celle-la même que je vous ai présentée à l’aide d’une mini vidéo l’avant-veille de Noël cf. ici > www). Beaucoup de nos visiteurs lui font cette remarque : « Vous devez mettre beaucoup de temps pour la réaliser! » Alors, voici quelques précisions.
Notre Frère ne réalise pas tout d’un seul coup, c’est évident. Je lui ai appris à travailler de manière méthodique, par petites étapes, alors que nous avons déjà bien réfléchi à tout : réflexion et méthode sont indispensables pour bien travailler et gagner du temps!
1) Environ trois semaines avant Noël, il commence par délimiter l’espace qu’occupera la crèche, en fixant et tendant le tissu bleu foncé qui représentera le ciel et en disposant les tables sur lesquelles elle sera installée ; cela ne demande pas plus d’une heure de temps, mais cela signifie aussi que nous avons déjà « visualisé » la disposition générale, la « scénographie ».
2) Peu à peu, au fur et à mesure des courses, il récupère à la sortie des magasins des cartons adéquats qui permettront de constituer les reliefs et il les mets tout de suite en place quand il arrive : comme tout a déjà été pensé, ce n’est l’affaire que de quelques minutes.
3)  Disposer et épingler le papier-rocher sur les cartons est un peu plus long, d’autant qu’il faut coupler cette opération avec l’installation de tout ce qui est électrique. Cela peut prendre une heure et demi et peut donc être réalisé sans problème un soir après le repas… (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand format).

DSC09386-Copie-300x225 cycle de Noël

DSC09406-Copie-300x225 fête de Saint Nicolas

DSC09408-Copie-300x225 illuminations 8 décembre

4) S’il y a quelques nouvelle « maison » à fabriquer pour le village de Bethléem, ou s’il faut apporter des retouches de peinture aux décors précédemment confectionnés, Frère Maximilien-Marie le fait aussi le soir, après dîner : cela sèche pendant la nuit.
5) C’est seulement les 21 et 22 décembre que nous avons mis en place les maisons, la végétation, la mousse, le sable, les cailloux et les personnages : il faut compter pour cela deux petites demi journées.

La longueur totale de notre crèche est de 4,5 mètres. Elle comporte au total 124 représentations d’animaux et 53 figures humaines.

D – la passerelle sur le ruisseau.

Le dimanche de Gaudete n’a pas seulement été un jour de joie liturgique et spirituelle, mais aussi celui d’une joyeuse surprise pour notre Frère.
Pour bien comprendre la chose il faut remonter plusieurs mois – et même plusieurs années – en arrière : en effet, le chemin qui permet d’arriver au Mesnil-Marie franchit un petit ruisseau dont le lit, longtemps avant notre arrivée, avait été en partie comblé, ne laissant de passage à l’eau qu’à travers des buses de ciment enterrées.
Ces buses, si elles étaient suffisantes pour laisser couler le débit ordinaire du ruisseau, ne l’étaient en revanche plus du tout au moment des épisodes cévenols, lorsque il devient soudain un impétueux torrent au débit impressionnant : il était alors fréquent que ces buses fussent bouchées par de menus branchages et des feuilles, et que le ruisseau furieux sortît de son lit, transformant le chemin lui-même en torrent ravageur…

Frère Maximilien-Marie s’était donc employé, au cours de l’automne 2009, à ôter ces buses et à redonner un lit normal au ruisseau. Pour en permettre la traversée, notre entrepreneur nous avait alors prêté une grande et large plaque métallique.
Cette plaque a fait office de passerelle pendant un an et demi environ, mais les maçons en ont eu besoin sur un chantier à la fin de l’hiver dernier : ils sont donc venus la chercher et l’ont remplacée par une grande et solide planche de 2,5 m de long sur 0,5 m de large.

DSC09091-Copie-300x187 Mesnil-Marie

franchissement du ruisseau avant la passerelle (cliquer pour voir en plus grand format)

Frère Maximilien-Marie s’amusait beaucoup en regardant cette planche (par ailleurs très solide puisqu’il passait dessus avec de lourdes brouettes de bois ou de pierres) qui pouvait évoquer un pont levis : qu’il nous suffise de la relever et un certain nombre de personnes n’auraient pas pu arriver jusqu’au Mesnil-Marie!!!
Toutefois, et surtout depuis que les intempéries du début novembre avaient encore élargi le lit du ruisseau et l’avaient creusé de 40 à 50 centimètres juste au-dessous de la dite planche, plusieurs personnes nous avaient manifesté leur quasi frayeur d’avoir à traverser sur cette petite largeur qui ne présentait point de possibilité de se retenir en cas de glissade.
Dans la perspective des dizaines de personnes qui viendraient visiter notre crèche, il convenait de faire quelque chose.

Frère Maximilien-Marie avait demandé à notre ami Nicolas – qui a refait lui-même toute la charpente et les planchers de la maison qu’il restaure – de l’aider à réaliser une passerelle à partir des chevrons et planches dont nous disposons ici.
Nicolas était venu voir, avait pris des mesures, et avait dit à Frère Maximilien-Marie qu’il reviendrait quelques jours plus tard pour y travailler avec lui…

Ce que notre frère était à cent lieues d’imaginer, c’est que Nicolas lui préparait une belle surprise : en quelques jours, il avait découpé et apprêté chez lui tout le bois nécessaire, et il s’était entendu en douce avec notre voisin Bruno pour installer la passerelle pendant une absence de Frère Maximilien-Marie, en l’occurrence pendant qu’il serait à la Messe!
Moi, derrière l’une des fenêtres du Mesnil-Marie, j’ai tout vu faire et je peux vous assurer que nos amis ont fait du très beau travail : qu’ils en soient chaleureusement remerciés!

Quand Frère Maximilien-Marie est rentré de la Messe, il a été stupéfait de ce qu’il a trouvé et qui fait depuis l’admiration de tous nos visiteurs :

DSC09597-Copie-300x222 passerelle

(cliquer sur la photo pour la voir en grand format)

E – la deuxième veillée « Culture & Patrimoine ».

Le mardi soir 13 décembre, nous avons eu notre deuxième veillée « Culture & Patrimoine ».  Elle était tout orientée vers la fête de Noël puisque elle a permis de rappeler, à travers des légendes ou des anecdotes historiques, les grandes traditions qui entourent la fête de la Nativité du Sauveur : origines du sapin ou de la bûche, légende des guirlandes de l’arbre de Noël ou des animaux qui parlent la nuit de Noël, histoire de la première crèche vivante à l’initiative de Saint François d’Assise… etc. Ces récits alternaient avec des chants de Noël anciens.
En outre, l’écrivain Michel Riou, auteur de nombreux ouvrages – dont certains très beaux livres de présentation du patrimoine ardéchois (citons en particulier les splendides albums : « Ardèche, terre d’histoire », « Ardèche, terre de villages » & « Ardèche, terre de châteaux ») – nous avait fait l’honneur de sa présence et nous a réjouis avec deux contes de Noël nés sous sa plume féconde.
La prochaine veillée aura lieu dans quelques jours et sera consacrée à l’étude historique du passage de Saint Jean-François Régis dans nos hautes Boutières.

F – les fêtes de Noël.

Les fêtes de la Nativité se sont passées chez nous dans un très grand recueillement, comme je vous l’avais annoncé (cf. > www). Frère Maximilien-Marie s’est rendu aux Saintes Messes de la nuit (à minuit évidemment) et du jour de Noël dans notre paroisse de rite latin traditionnel, et y a secondé du mieux qu’il a pu Monsieur l’Abbé, pour les préparations de la liturgie et pour les chants.
Le reste du temps, comme tous nos voisins étaient ailleurs avec leurs familles, nous étions, lui et moi, tout seuls dans le hameau… ce qui ne manque pas de charme.

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vue partielle de notre crèche (cliquer sur la photo pour la voir en grand)

G – les visites de la crèche.

Depuis Noël, nous avons de fréquentes visites. Bien annoncée par les médias locaux (presse écrite et radio) et signalée dans les sites touristiques ou patrimoniaux sur Internet, notre crèche attire du monde.
Tous les dimanches après-midi de petits groupes se succèdent de manière quasi continue, et les gens se montrent très attentifs aux explications données par Frère Maximilien-Marie.
Il n’est pas rare non plus que des personnes téléphonent pour « prendre rendez-vous » afin de venir en semaine, quand notre frère est disponible : c’est alors l’occasion de contacts plus approfondis car, n’étant pas pressés par l’arrivée d’un autre groupe, cela permet de mieux faire connaissance et peut donner lieu à des échanges plus personnels dont les gens sont très demandeurs.

Quelques personnes arrivent même avec une galette et une bouteille de cidre : « Nous ne voulons pas seulement voir votre crèche, mais nous voulons en profiter pour passer un moment avec vous et pour vous poser des questions… »

Voilà donc, chers Amis du Mesnil-Marie, les faits les plus marquants du cycle de Noël qui vient de s’achever. J’espère que pour vous tous les fêtes de la Naissance et de l’Epiphanie du Sauveur ont été riches de grâces : vous savez que, de loin, nous pensons à vous et prions à vos intentions…
Un dernier mot à propos de cet hiver particulièrement bizarre que nous traversons : nous avons certes fréquemment des températures négatives le matin, mais jusqu’à présent ce sont juste quelques degrés en dessous de zéro (jusqu’à moins 7° ce matin-ci : c’était la première fois que cela descendait si bas) et c’est sans comparaison avec les hivers précédents où il arrivait que le thermomètre reste proche du moins 10° même en milieu de journée ; nous n’avons presque pas vu la neige (sauf de petites chutes matinales qui ont blanchi la campagne et parfois gêné la circulation, cf. > www), mais je ne m’en plains pas vraiment…

Lully.    pattedelullydanslaneige8mars2010copie.vignette    

Pour soutenir le Refuge Notre-Dame de Compassion > www.

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 14 janvier, 2012 |5 Commentaires »
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