2011-96. « Te hominem laudamus! » (Marie Noël)

31 décembre.

Dernier jour de l’année civile.
Les bulletins d’information parlent de manière quasi exclusive de réveillon, de fête et de menus… « Panem et circenses »!

En notre Mesnil-Marie, nous terminons l’année dans le recueillement et éprouvons, plus encore qu’à l’accoutumée, un grand besoin de silence et de calme.
Chers Amis, Frère Maximilien-Marie ne vous présentera pas ses voeux avant que la nouvelle année ne soit commencée.
Ce soir, en notre oratoire, nous réciterons le « Miserere », afin de demander pardon et miséricorde pour toutes les fautes de l’année écoulée, et nous enchaînerons avec le « Te Deum », pour remercier Dieu de toutes les grâces qu’Il nous a accordées au long de ces 365 jours passés, nous souvenant que le temps ne nous est donné qu’en vue de préparer l’Eternité.

Dernier jour de l’année civile.
Heure de bilans, personnels et sociétaux, pour ceux qui refusent de se laisser « étourdir par les néons des manèges » : nous savons bien que le monde danse sur une poudrière et nous pressentons que l’avenir peut se révéler plus difficile encore que ce que l’ « on » veut bien nous en dire…

Alors, en repensant à tout ce qui nous a été partagé de joies et de peines, de souffrances et d’espérances, tout au long de l’année 2011, je me suis souvenu d’un passage des  « Notes intimes » de Marie Noël (cette très grande âme qui fut si longtemps en proie à d’effrayantes ténèbres intérieures), que Frère Maximilien-Marie m’avait lu un jour. Je suis allé le rechercher et j’ai décidé de vous le recopier ici.

Ce texte est daté du 31 décembre 1940, dans un contexte particulièrement douloureux.
Soixante et onze ans plus tard, dans un contexte bien différent mais qui n’est cependant pas moins chargé en souffrances et en angoissantes incertitudes, on peut y puiser encore de grands motifs de réflexion et d’élévation !

Lully.

2011-96.

« Te hominem laudamus! »

Le 31 décembre 1940.

Le dernier jour de l’année, le Bon Dieu était dans le ciel et regardait en bas dans une église où les gens étaient en train de Lui chanter le Te Deum.

L’église n’avait plus ni clocher ni cloches et le curé avait eu bien du mal à boucher les plus gros trous des murs et du toit pour que les fidèles ne fussent pas trop mouillés, les jours de pluie, en y récitant leurs prières.

Il y avait là Léontine, dont les trois maisons avaient été brûlées et qui logeait maintenant dans un grenier froid.
Il y avait là Thérèse, à qui les Allemands n’avaient laissé ni meuble ni linge et qui était venue à l’office avec le manteau de sa voisine.
Il y avait François, de la ferme des Noues, dont tous les chevaux et les vaches avaient été emmenés par la troupe, si bien qu’il ne pouvait plus labourer ses terres et, à côté, dans le même banc, la pauvre Madeleine dont le mari avait été tué d’un coup de fusil à l’entrée du bourg.
Il y avait Germaine, la boiteuse, dont les trois fils étaient prisonniers…
Et Théodore, dont la femme et les deux petites filles avaient péries ensemble, ensevelies sous la grange…
Et Marguerite, qui avait perdu, en fuite, son petit garçon, et personne ne savait plus ce qu’il était devenu…
Et Vincent dont la vieille mère avait flambé dans la voiture…
Et Jean-Pierre dont un éclat d’obus avait crevé les deux yeux…
Et tous et toutes qui ne savaient plus où aller, ni quoi manger parce que les ennemis emportaient, des champs, des étables et des boutiques, de plus en plus, la nourriture.

Ils étaient là, tous ensemble, nombreux, serrés dans l’église.
Quelques uns pleuraient.
Mais tous chantaient d’une voix appliquée et pieuse le Te Deum du dernier jour de décembre – « pour toutes les grâces et bienfaits reçus au cours de l’année » – comme leur vieux curé le leur avait dit.

Le Bon Dieu, les écoutant, en fut dans l’admiration.
Et Il dit aux Anges :
« En vérité, en vérité, l’homme est une sainte créature. Voyez tous ces pauvres gens : ils M’avaient, il y a douze mois,  confié leur année pour qu’elle fît un bon voyage, et Je l’ai chargée pour eux de calamités et d’épouvantes. Ils avaient prié tous les jours pour être délivrés du mal, Je les ai livrés aux pires maux. Ils avaient imploré la paix, J’ai lâché sur eux la guerre. Ils M’avaient demandé le pain quotidien, Je leur ai préparé la faim dont plusieurs d’entre eux vont mourir. Ils avaient cru mettre en sûreté entre Mes mains leurs familles et leur patrie, J’ai broyé leur patrie et brisé leurs proches…
Certes, J’avais Mes raisons… Je ne peux pas ne pas laisser tomber sur un pays le poids de ses fautes. Je ne peux pas nettoyer le monde, quand il est sale, sans le retourner sens dessus dessous comme J’ai déjà fait du temps de Noé, quand il M’a fallu le laver à grande eau. Mais c’est Mon ouvrage de Dieu où nul que Moi ne voit clair. Ils ne savent pas, eux, les hommes, ce que Je fais, ni à quel bien Je travaille et, simplement, ils le souffrent.
Pourtant les voilà qui Me louent et remercient comme si J’avais gardé chacune de leurs pauvres petites existences selon leur pauvre prière. En vérité, leur foi est grande. Et ils M’aiment de grand amour.
Ô Mes enfants, Mes enfants!…
Les entendez-vous  qui chantent Sanctus! Sanctus! tant qu’ils peuvent?
Vous aussi, chantez au ciel, Anges, Prophètes et tous les Saints un cantique en l’honneur d’eux dont le malheur Me rend gloire. »

Alors le Bon Dieu entonna : Te hominem laudamus et les Anges chantèrent et louèrent l’homme.

Marie Noël (Notes Intimes, 1959).

paquescloches001 action de grâces dans Lectures & relectures

Publié dans : De liturgia, Lectures & relectures, Textes spirituels | le 31 décembre, 2011 |5 Commentaires »

2011-95. Du 350ème anniversaire de la béatification de Saint François de Sales.

2011-95. Du 350ème anniversaire de la béatification de Saint François de Sales. dans De liturgia sfrsales

C’est à Lyon, le 28 décembre 1622 sur les huit heures du soir, que Saint François de Sales a rendu sa belle âme à Dieu : il était âgé de cinquante-cinq ans, quatre mois et sept jours, et il était depuis vingt ans et vingt jours évêque et prince de Genève.

Après bien des péripéties (parce que les Lyonnais eussent désiré le garder dans leur ville), son corps fut ramené dans sa bonne ville d’Annecy, où ses funérailles solennelles furent célébrées le 29 janvier 1623.
A défaut de pouvoir être inhumé dans sa cathédrale de Genève, le saint évêque avait demandé à reposer près de ses chères filles, dans l’église de la Visitation d’Annecy (qui est aujourd’hui l’église Saint François de Sales).

En vue d’ouvrir un procès en béatification, la Révérende Mère de Chantal s’employa dès lors à recueillir de la manière la plus complète possible les souvenirs et les témoignages, à faire rédiger une biographie précise et rigoureuse du prélat vénéré, à collecter le récit des grâces et des prodiges qui se produisaient à son tombeau et par son intercession.

1er-tombeau-de-St-françois-de-sales-300x159 Alexandre VII dans Memento

Le procès s’ouvrit dès 1627 : la procédure fut longue, elle connut de nombreux retards notamment en raison de vices de procédures accumulés par les postulateurs de la cause (dans ses deux gros volumes consacrés à Saint François de Sales, Mgr Trochu en parle avec de nombreux détails), mais elle aboutit, le 2 juillet 1660 (fête de la Visitation), à la signature du décret proclamant l’héroïcité des vertus du serviteur de Dieu par le pape Alexandre VII.

Ce Pontife était tout gagné à la cause de François de Sales car, alors qu’il n’était encore que le cardinal Fabio Chigi, nonce à Cologne, il avait lui-même été miraculeusement guéri au contact d’une croix d’argent bénite par le vénéré évêque de Genève.
Comme un décret de son prédécesseur Urbain VIII stipulait qu’on ne pouvait procéder à la béatification d’un serviteur de Dieu tant qu’il ne se serait pas écoulé un délai de cinquante années depuis sa mort, Alexandre VII signa également une dispense permettant de procéder à la béatification sans avoir à attendre encore une douzaine d’années.

Le mercredi 28 décembre 1661, trente-neuf ans jour pour jour après la mort de François de Sales, Alexandre VII signa le bref de béatification.
La cérémonie solennelle se déroula dans la basilique de Saint-Pierre au Vatican, le dimanche 8 janvier 1662.
Il fixa la date de la fête du saint au 29 janvier (puisqu’elle ne pouvait être célébrée au jour anniversaire de sa mort, déjà occupé par la fête des Saints Innocents), qui était le jour anniversaire de son ensevelissement à Annecy, comme nous l’avons vu plus haut.
Le dimanche 29 janvier 1622, une fonction très solennelle en l’honneur du Bienheureux François de Sales fut donc célébrée dans l’église de Saint-Louis des Français.

Alexandre VII avait déclaré qu’il y avait dans le dossier de Monseigneur de Sales plus de miracles authentiques qu’il n’en fallait pour élever sur les autels une cinquantaine de bienheureux et il eût désiré procéder à la canonisation avant la fin de cette même année 1662…
Las! Un incident diplomatique survenu entre le Saint-Siège et la Cour de France en empêcha la réalisation (une bagarre entre arquebusiers corses de la garde pontificale et soldats de l’ambassade de France avait pris des proportions démesurées et entraîné le renvoi du Nonce apostolique de Paris et le rappel de Rome de l’ambassadeur et des prélats français!).
C’est seulement le 19 avril 1665 que, les rapports entre Louis XIV et Rome étant apaisés, que le Pape Alexandre VII, entouré d’une cour de cardinaux et d’évêques, dans un cadre de lumières et de magnificence, déclara solennellement et d’une voix émue dans laquelle vibrait toute sa gratitude, qu’il inscrivait au catalogue des saints le Bienheureux François-Bonaventure de Sales, de son vivant évêque et prince de Genève, fondateur de l’Ordre de la Visitation Sainte-Marie. 

armoiriesstfrdes béatification dans Nos amis les Saints

On trouvera les Litanies de Saint François de Sales, ici > www.  

Publié dans : De liturgia, Memento, Nos amis les Saints | le 28 décembre, 2011 |Pas de Commentaires »

2011-94. La dernière visiteuse (conte de Noël).

2011-94. La dernière visiteuse (conte de Noël). dans Lectures & relectures SuperStock_866-3031La-Vierge-tenant-l-Enfant-Jesus-endormi-Affiches-300x226


C’était à Bethléem à la pointe du jour. L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable, la Vierge avait bordé la paille, l’Enfant allait dormir enfin.

Mais dort-on la nuit de Noël ?…

Doucement la porte s’ouvrit, poussée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, couverte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage couleur de terre, sa bouche semblait n’être qu’une ride de plus.

En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mauvaise fée qui entrait.
Heureusement Jésus dormait!
L’âne et le boeuf mâchaient paisiblement leur paille et regardaient s’avancer l’étrangère sans marquer plus d’étonnement que s’ils la connaissaient depuis toujours. La Vierge, elle, ne la quittait pas des yeux. Chacun des pas qu’elle faisait lui semblait long comme des siècles.

La vieille continuait d’avancer, et voici maintenant qu’elle était au bord de la crèche.
Grâce à Dieu, Jésus dormait toujours.

Mais dort-on la nuit de Noël ?…

Soudain, Il ouvrit les paupières, et Sa mère fut bien étonnée de voir que les yeux de la femme et ceux de son Enfant étaient exactement pareils et brillaient de la même espérance.

La vieille alors se pencha sur la paille, tandis que sa main allait chercher dans le fouillis de ses haillons quelque chose qu’elle sembla mettre des siècles encore à trouver.
Marie la regardait toujours avec la même inquiétude.
Les bêtes la regardaient aussi, mais toujours sans surprise, comme si elles savaient par avance ce qui allait arriver.

Enfin, au bout de très longtemps, la vieille finit par tirer de ses hardes un objet caché dans sa main, et elle le remit à l’Enfant.

Après tous les trésors des Mages et les offrandes des bergers, quel était ce présent ?
D’où elle était, Marie ne pouvait pas le voir. Elle voyait seulement le dos courbé par l’âge, et qui se courbait plus encore en se penchant sur le berceau. Mais l’âne et le boeuf, eux, le voyaient et ne s’étonnaient toujours pas.

Cela encore dura bien longtemps.
Puis la vieille femme se releva, comme allégée du poids très lourd qui la tirait vers la terre. Ses épaules n’étaient plus voûtées, sa tête touchait presque le chaume, son visage avait retrouvé miraculeusement sa jeunesse. Et quand elle s’écarta du berceau pour regagner la porte et disparaître dans la nuit d’où elle était venue, Marie put voir enfin ce qu’était son mystérieux présent.

Eve (car c’était elle) venait de remettre à l’Enfant une petite pomme, la pomme du premier péché (et de tant d’autres qui suivirent!). Et la petite pomme rouge brillait aux mains du Nouveau-Né comme le globe du monde nouveau qui venait de naître avec Lui.

Jérôme et Jean Tharaud
(in « Les Contes de la Vierge »).

houxguirlande conte dans Nos amis les Saints

Publié dans : Lectures & relectures, Nos amis les Saints | le 24 décembre, 2011 |2 Commentaires »

2011-93. Histoire de la dévotion à la Crèche.

Le 24 décembre au coucher du soleil, avec les premières vêpres de la fête de la Nativité, nous entrons dans le temps de la Crèche.
Comme plusieurs personnes m’ont posé des questions sur le sens et l’origine de la crèche, je vais m’efforcer d’y répondre ici d’une manière générale et aussi complète que possible.

I. Le mot crèche.

Le mot français crèche, selon le « dictionnaire historique de la langue française Robert », apparaît au XIIe siècle et dérive du francique « krippia ». C’est un radical germanique – en Allemand moderne, crèche se dit « Krippe » – que l’on retrouve en anglais « crib » (berceau) ou en néerlandais « kribbe » (mangeoire).
En latin, la crèche est désignée par les mots « praesepe, -is (n) » et « praesepium, -ii (n) » ou encore « praesepes, -is (f) » dont le sens premier est l’enclos pour les animaux, puis l’étable et enfin la mangeoire des animaux. Du latin vient le mot italien « presepe ».
A partir  du début du XIIIe siècle, le mot français « crèche » va désigner spécifiquement la mangeoire dans laquelle le Christ a été déposé à sa naissance dans l’étable de Bethléem. En ce sens, le mot s’écrit habituellement avec une majuscule.
C’est avec Chateaubriand, en 1803, qu’il s’est mis à désigner, par métonymie, la représentation de la scène de la Nativité que l’on fait en trois dimensions dans les églises au temps de Noël.

La représentation de la Crèche n’est ni plus ni moins qu’une manière d’honorer le mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu en vue de notre salut.
Le récit évangélique qui nous raconte comment Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est né dans une pauvre étable et y a été adoré, a donc inspiré la piété des fidèles de très bonne heure. La dévotion, en se développant, a tout naturellement entraîné les artistes à la représentation du mystère.

II. Les plus anciennes représentations.

La plus ancienne représentation en rapport avec les Evangiles de l’Enfance du Christ, actuellement connue, est une peinture des catacombes de Priscille, à Rome et représente l’adoration des Mages : ceux-ci, au nombre de trois et dans les mains desquels on distingue des présents, arrivent devant une Vierge assise dans une attitude assez majestueuse portant l’Enfant Jésus sur son bras gauche. Cette peinture pourrait avoir été exécutée vers l’an 180 :

2011-93. Histoire de la dévotion à la Crèche. dans De liturgia Adoration-mages-catacombes-Priscille1-300x163

Une autre peinture des catacombes de Priscille, postérieure de quelques années à l’adoration des Mages et quoique fort endommagée, nous montre la Vierge Marie, tenant l’Enfant Jésus dans ses bras (peut-être est-elle en train de l’allaiter?), tandis que, sur la gauche, un personnage que l’on identifie comme un prophète (Balaam? Isaïe?) montre avec l’index de sa main droite une étoile au-dessus de la tête de la Vierge. Cette peinture aurait été exécutée vers l’an 210 :

madonna_big crèche dans Lectures & relectures

Quelque deux siècles plus tard, on retrouve la scène de l’adoration des Mages sculptée sur des sarcophages. L’une des plus anciennes parmi ces sculptures se trouve dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin, en Provence :

Sarcophage-saint-Maximin Noël dans Nos amis les Saints

Vous le voyez : sous une espèce d’auvent, l’Enfant Jésus est emmailloté, couché dans la mangeoire (qui ressemble à un coffre sculpté posé sur des tréteaux mais peut aussi déjà figurer – comme cela se fera plus tard – une espèce d’autel) ; l’âne et le boeuf sont présents ; l’étoile miraculeuse qui a guidé les Mages, au nombre de trois et reconnaissables à leurs bonnets orientaux, est sculptée dans un cercle, à droite du petit toit ; la Vierge Marie est assise sur un siège à haut dossier et la manière dont elle se tient le menton dans la main droite peut être interprétée comme une attitude de méditation, puisque l’Evangile nous dit qu’elle retenait tous ces évènements et les méditait dans son coeur.

Ici, il convient de faire deux remarques :
– La première, c’est que lorsque les historiens de l’art nous parlent des « plus anciennes représentations », cela ne veut pas dire que la Nativité n’avait pas été représentée auparavant, mais seulement que, dans l’état actuel de nos connaissances, ces représentations sont les plus anciennes qui nous sont parvenues et qui peuvent être répertoriées. Cela ne signifie en aucune manière qu’il n’y en a pas eu d’autres antérieurement ou à la même époque et en plus grand nombre :  les persécutions des premiers siècles, les destructions au fil des temps, ou simplement les dégradations dues à la fragilité des supports ou des matériaux de ces représentations sont suffisantes pour expliquer que l’on doive être prudent dans ces affirmations.
– La seconde c’est que ces représentations du mystère de la Nativité sont figurées dans les catacombes ou sur des sarcophages, donc dans un contexte de mort et d’ensevelissement. Outre le fait que – comme nous l’écrivions précédemment – notre connaissance est parcellaire, on peut interpréter ces représentations dans ce contexte comme l’affirmation que la foi au Christ Sauveur, Dieu incarné annoncé par les prophètes d’Israël, est aussi offerte aux non Juifs et leur ouvre les portes du salut au-delà de la mort.

III. L’oratoire de la crèche à Sainte-Marie-Majeure.

La plus importante des anciennes basiliques romaines dédiée à la Sainte Mère de Dieu, Sainte-Marie-Majeure, porte aussi les noms de « Sancta Maria ad nives » (Sainte Marie aux neiges, en raison du miracle de la neige par lequel la Vierge Marie a elle-même désigné l’emplacement du sanctuaire qu’elle désirait qu’on lui édifiât) et de « Sancta Maria ad praesepe » , littéralement « Sainte Marie à la Crèche » ou pour traduire de manière plus exacte encore « Sainte Marie près de la Crèche ».
Cette expression est attestée à partir du pontificat de Théodore 1er (pape de 642 à 649) et devient fréquente ensuite.

arch-mosaic-group-c-paradox Saint François d'Assise

Sainte-Marie-Majeure : mosaïque de l’adoration des Mages à l’arc triomphal (Ve siècle)

A partir des anciens documents, les historiens ont pu établir qu’il existait au VIIe siècle un oratoire distinct de la basilique (mais relié à elle), qui possédait une entrée propre et un autel spécial. Cet oratoire rappelait, par sa disposition et/ou par ses reliques la grotte de Bethléem.
A quelle époque cet oratoire avait-il été créé? On l’ignore. Historiquement nous sommes certains qu’il existait à l’époque du Pape Théodore, ce qui n’exclut évidemment pas qu’il ait été antérieur.

Des érudits (je me contente de résumer les conclusions de leurs très savantes et minutieuses études) déduisent de certaines indications contenues dans le Liber Pontificalis et dans les anciens documents liturgiques, qu’au temps de Saint Grégoire le Grand (pape de 590 à 604), sous le pontificat duquel les trois messes de Noël sont bien attestées, la messe de la nuit de la Nativité était célébrée dans l’oratoire de la Crèche, annexe de Sainte-Marie-Majeure.
Certains pensent même que c’est au temps de Sixte III (pape de 432 à 440), auquel nous devons les extraordinaires mosaïques de l’arc triomphal dans lesquelles sont figurés les mystères de l’enfance du Sauveur, donc au début du Ve siècle, que l’on aurait matérialisé dans l’oratoire proche de la basilique une sorte de reproduction de la grotte et de la mangeoire de Bethléem, avec peut-être des éléments rapportés du lieu même de la Nativité : de même que la dévotion romaine avait « reproduit » Jérusalem dans le palais Sessorien de Sainte Hélène (maintenant la basilique Sainte-Croix en Jérusalem), elle aurait « reproduit » Bethléem à Sainte-Marie-Majeure.
Un plan du XVIe siècle retrouvé à Florence nous permet d’en situer l’emplacement exact, à une quinzaine de mètres de l’actuelle nef droite de la basilique.
De toute façon, c’est ce petit oratoire antique qui est à l’origine du nom de « Sancta Maria ad praesepe » donné à la basilique et de la dévotion à la Crèche qui s’y perpétue.

Cet oratoire de la Crèche avait été profondément remanié au XIIIe siècle à la demande de Nicolas IV (pape de 1288 à 1292) par Arnolfo di Cambio, architecte et sculpteur florentin, qui réalisa pour cette chapelle la première Crèche – au sens où nous l’entendons aujourd’hui -, sculptée en pierre : il ne s’agit plus de peinture ou de fresque, ni de mosaïque ou de bas relief, mais de véritables statues « indépendantes » : il nous en reste Saint Joseph, l’âne et le boeuf à gauche, ainsi qu’un berger et deux mages à droite ; au centre, la Madone à l’Enfant est d’une facture plus moderne.

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(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

Une description de cet oratoire de la Crèche, postérieure aux aménagements réalisés par Arnolfo di Cambio, nous montre qu’il comportait deux parties distinctes : une pièce rectangulaire dans laquelle se trouvait l’autel, et une petite niche ou absidiole où se trouvait la représentation de la Crèche à proprement parler.

A la fin du XVIe siècle, Sixte Quint (pape de 1585 à 1590) ne demanda rien moins à l’architecte Fontana que de transporter l’oratoire quasi millénaire, tout entier – avec ses fondations et ses murs! -, dans le transept droit de la basilique qu’il venait de faire édifier.
Fontana a rédigé un rapport détaillé sur son travail, qu’il se vante d’avoir parfaitement réussi… Il est cependant certain qu’en dépit des puissantes chaînes dont il avait ceinturé l’ensemble, sa voûte ornée de mosaïque s’écroula et que son dallage cosmatesque se disjoignit!
Bref, malgré les allégations de Fontana, l’historien doit constater qu’il ne reste pas grand chose de l’oratoire originel de la Crèche qui fut déposé sur des fondations nouvelles préparées à un niveau bien plus bas que celui du pavement de la basilique de manière à le transformer en un lieu souterrain.

Actuellement, lorsque l’on pénètre dans cette « chapelle Sixtine » de la basilique Sainte-Marie-Majeure, on aperçoit sous le grandiose autel du Saint-Sacrement, une petite crypte à laquelle on accède par un escalier (habituellement fermé par une grille, au cours de tous mes séjours à Rome je n’ai pu y descendre qu’une seule fois, dans les premiers jours de janvier 2001 juste avant la clôture du jubilé). Au bas de cet escalier, par un arc surbaissé, on entre dans ce qui subsiste de l’antique oratoire : l’autel y est encore celui du XIIIe siècle ; un petit déambulatoire imaginé par Fontana contourne l’oratoire et permet de passer dans l’absidiole où la Crèche d’Arnolfo di Cambio fut conservée jusque dans les premières années de notre XXIe siècle, car elle est désormais exposée dans le musée de la basilique.

IV. Les reliques du bois de la Crèche à Sainte-Marie-Majeure.

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Reliquaire du bois du berceau de Notre-Seigneur
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

La dévotion envers l’oratoire de la Crèche (qui avait été très forte avant le XVIIIe siècle : saint Gaëtan de Thiene et Saint Ignace de Loyola y passaient de longs moments en prière et y vécurent des expériences mystiques) s’est aujourd’hui beaucoup estompée, quand elle n’a pas été totalement oubliée par les pèlerins, pour se reporter sur d’autres reliques, présentées dans un reliquaire de cristal et de bronze doré exposé dans la confession de la basilique Sainte-Marie-Majeure, au-dessous de l’autel papal : ces reliques de la Crèche, consistent en cinq pièces de bois vermoulu considérées comme des fragments de la Crèche-berceau de Notre-Seigneur.

Quel est le rapport entre la Crèche-étable et la Crèche-berceau? Quel lien y a-t-il entre la petite chapelle figurant la grotte de Bethléem et qui, sous le nom de Praesepe, existait près de Sainte-Marie-Majeure dès le VIe siècle, et ces quelques planches enfermées dans ce reliquaire?
Il est difficile de répondre à la question. On ne trouve pas de mention de ce bois de la Crèche avant le XIIe siècle. Il est très vraisemblable que ces reliques étaient là antérieurement mais l’historien ne peut pas dire à quelle époque et par qui elles ont été apportées.

Jusqu’au tragique sac de Rome de 1527, les documents font état de deux sortes de reliques bien distinctes : 1) un tableau lamé d’or portant une inscription en caractères grecs et servant de reliquaire à un lange de l’Enfant Jésus ; et 2) cinq planches provenant de son rustique berceau.

Il semblerait qu’après l’épouvantable pillage perpétré par les mercenaires de Charles Quint, les ornements ayant été arrachés et les reliques jetées à terre en désordre, on ait renfermé dans le même reliquaire ce qu’on avait retrouvé des deux éléments susdits.
En effet, actuellement, deux des cinq planches conservées dans le reliquaire portent des lettres grecques et forment une inscription fragmentaire en rapport avec le lange disparu. Les trois autres morceaux, étudiés attentivement, peuvent provenir d’un pied en forme d’ X, apte à soutenir une mangeoire comme celles qui sont en usage en Orient encore aujourd’hui. Ce genre de crèches constitue fort bien un petit lit-berceau.
Saint Jérôme fait allusion (en le déplorant) au remplacement de la crèche d’argile par une crèche d’argent dans la basilique édifiée par Constantin à Bethléem : sur la base de ce témoignage, il est facile de se représenter une sorte d’auge en terre cuite posée sur des pieds en bois, dont la basilique de Sainte-Marie-Majeure aurait hérité de fragments.
Ces reliques de la Crèche se trouvaient-elles dans l’oratoire de la Crèche dont nous avons parlé ci-dessus? Ont-elles été apportées de Terre Sainte par le Pape Théodore (natif de Jérusalem) comme certains pieux auteurs le prétendent sans le prouver, y étaient-elles auparavant ou bien sont elles venues entre le VIIe et le XIIe siècle? L’historien n’a aucun élément pour le dire.

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Giotto (fresques de la vie de Saint François) : le Noël de Greccio.

V. La Crèche de Saint François d’Assise et son impact.

On entend parfois dire que c’est Saint François d’Assise qui aurait le premier imaginé de représenter la Crèche. De tout ce que nous avons vu aux § II et III de cette étude, il ressort que c’est inexact : la représentation des scènes de la Nativité de Notre-Seigneur existait avant Saint François, sous forme de sculptures, de peintures ou de mosaïques.
Néanmoins on doit attribuer à Saint François la paternité de la première Crèche vivante de l’histoire puis, indirectement, des Crèches en trois dimensions que l’on présente dans les églises au temps de Noël.

L’histoire nous a été rapportée par Thomas de Celano, dans la vie de Saint François qu’il rédige en 1232, c’est-à-dire six ans après la mort du Poverello et 9 ans après l’évènement qui nous intéresse, donc en un temps où vivaient de nombreux témoins des faits rapportés :

« …Je veux conserver pieusement le souvenir de ce qu’il fit à Greccio un jour de Noël, trois ans avant sa mort. Il y avait dans cette province un homme appelé Jean, de bonne renommée, de vie meilleure encore, et le bienheureux François l’aimait beaucoup parce que, malgré son haut lignage et ses importantes charges, il n’accordait aucune valeur à la noblesse du sang et désirait acquérir celle de l’âme. Une quinzaine de jours avant Noël, François le fit appeler comme il le faisait souvent. « Si tu veux bien, lui dit-il, célébrons à Greccio la prochaine fête du Seigneur ; pars dès maintenant et occupe-toi des préparatifs que je vais t’indiquer. Je veux évoquer en effet le souvenir de l’Enfant qui naquit à Bethléem et de tous les désagréments qu’il endura dès son enfance ; je veux le voir, de mes yeux de chair , tel qu’il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un boeuf et un âne .» L’ami fidèle courut en toute hâte préparer au village en question ce qu’avait demandé le saint.
Le jour de joie arriva, le temps de l’allégresse commença. On convoqua les frères de plusieurs couvents des environs. Hommes et femmes, les gens du pays, l’âme en fête, préparèrent, chacun selon ses possibilités, des torches et des cierges pour rendre lumineuse cette nuit qui vit se lever l’Astre étincelant éclairant tous les siècles. En arrivant, le saint vit que tout était prêt et se réjouit fort. On avait apporté une mangeoire et du foin, on avait amené un âne et un boeuf. Là vraiment la simplicité était à l’honneur, c’était le triomphe de la pauvreté, la meilleure leçon d’humilité ; Greccio était devenu un nouveau Bethléem. La nuit se fit aussi lumineuse que le jour et aussi délicieuse pour les animaux que pour les hommes. Les foules accoururent, et le renouvellement du mystère renouvela leurs motifs de joie. Les bois retentissaient de chants, et les montagnes en répercutaient les joyeux échos. Les frères chantaient les louanges du Seigneur, et toute la nuit se passa dans la joie. Le saint passa la veillée debout devant la crèche, brisé de compassion, rempli d’une indicible joie. Enfin l’on célébra la messe sur la mangeoire comme autel, et le prêtre qui célébra ressentit une piété jamais éprouvée jusqu’alors.
François revêtit la dalmatique, car il était diacre , et chanta l’Evangile d’une voix sonore. Sa voix vibrante et douce, claire et sonore, invitait tous les assistants aux plus hautes joies. Il prêcha ensuite au peuple et trouva des mots doux comme le miel pour parler de la naissance du pauvre Roi et de la petite ville de Bethléem. Parlant du Christ Jésus, il l’appelait avec beaucoup de tendresse « l’enfant de Bethléem », et il clamait ce « Bethléem » qui se prolongeait comme un bêlement d’agneau, il faisait passer par sa bouche toute sa voix et tout son amour. On pouvait croire, lorsqu’il disait « Jésus » ou « enfant de Bethléem » qu’il se passait la langue sur les lèvres comme pour savourer la douceur de ces mots.
Au nombre des grâces prodiguées par le Seigneur en ce lieu, on peut compter la vision admirable dont un homme de grande vertu reçut alors la faveur. Il aperçut couché dans la mangeoire un petit enfant immobile que l’approche du saint parut tirer du sommeil. Cette vision échut vraiment bien à propos, car l’Enfant-Jésus était, de fait, endormi dans l’oubli au fond de bien des coeurs jusqu’au jour où, par son serviteur François, son souvenir fut ranimé et imprimé de façon indélébile dans les mémoires. Après la clôture des solennités de la nuit, chacun rentra chez soi, plein d’allégresse.
On conserva du foin de la crèche « afin que Yahweh guérisse le bétail, si grande est sa miséricorde » ! En effet, beaucoup d’animaux de la région, atteints de diverses maladies, mangèrent de ce foin et furent guéris. Bien mieux, des femmes qui, au cours d’enfantements laborieux et pénibles, se munirent de quelques brins, accouchèrent heureusement. Des foules d’hommes et de femmes purent de la même façon recouvrer la santé. » (Vita Prima).

Cette première Crèche vivante donna ensuite l’idée aux communautés franciscaines de reproduire la scène de la Nativité, en trois dimensions, dans leurs oratoires à l’aide de figurines en bois ou en terre pendant le temps de Noël.
Cet usage connut un tel succès qu’il se répandit progressivement aux autres églises. A cet égard, la Crèche d’Arnolfo di Cambio marque une étape importante puisque, commandée par le Pape Nicolas IV pour l’oratoire de la Crèche de l’une des plus insignes basiliques de la Chrétienté, elle confère une sorte de consécration officielle à cet usage né de la dévotion franciscaine.

En France, c’est à la fin du Moyen-Age que les Crèches apparaissent dans les églises, et c’est surtout au XVIe siècle qu’elles se généralisent. Les personnages seront d’abord en bois ou plus modestement en carton pâte ; la terre cuite et le plâtre viendront bien plus tard.
En Italie, l’épanouissement du baroque va donner aux Crèches un développement prodigieux : les Crèches napolitaines du XVIIIe siècle constituent de spectaculaires mises en scène et font l’objet d’un inépuisable émerveillement, par leur qualité, l’abondance des détails et la multiplication des personnages…
C’est aussi au cours de la période baroque que les demeures aristocratiques vont s’enorgueillir de posséder de ces splendides Crèches ; véritables oeuvres d’art, elles ne sont donc plus réservées aux seules églises mais entrent, même si c’est encore d’une manière très sélective, dans les demeures particulières.

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L’adoration des Mages, détail de la prodigieuse Crèche napolitaine du XVIIIe siècle
présentée dans la basilique des Saints Côme et Damien au forum (Rome)
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand). 

VI. Les Crèches dans les maisons.

D’une manière un peu paradoxale, on peut dire que la grande révolution a participé au développement de la dévotion à la Crèche.

En effet, la persécution religieuse qui éclate en France à partir de 1792 (et qui durera presque 9 ans avec des périodes d’intensité variable) a pour conséquence immédiate la fermeture des églises et la suppression officielle du culte catholique.
Beaucoup de fidèles, nous le savons, même s’ils sont obligés de le cacher, restent fidèles à leur foi et continuent à prier, à marquer autant qu’ils le peuvent les temps liturgiques et les grandes fêtes de l’année chrétienne.
De très nombreux prêtres – parce qu’ils ont refusé le serment schismatique – sont pourchassés, déportés, emprisonnés, condamnés à mort… Mais ils sont aussi très nombreux, dans tout le Royaume, à avoir pris le maquis : dans les Hautes Boutières où nous vivons, sur le territoire de cinq ou six paroisses, ils furent une dizaine de prêtres (et parfois davantage) qui se cachèrent et continuèrent leur ministère clandestinement, célébrant la Sainte Messe dans des maisons particulières ou dans des granges isolées, visitant les malades et administrant les mourants au cours de longues courses nocturnes, baptisant les nouveaux-nés et mariant les promis…

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La Messe de Minuit dans les ruines de l’église pendant la terreur
- vitrail de l’église de La Séguinière, dans le Choletais -
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Ne pouvant se résoudre à ne plus se recueillir devant les si populaires Crèches de leurs  églises, les fidèles s’attachèrent à les reproduire dans des dimensions adaptées à leurs humbles maisons et au temps de la persécution : les personnages furent modelés très souvent avec de la mie de pain, puis avec de la glaise. 
En Provence, ces « petits saints »  (par opposition aux grandes statues des saints des églises) furent nommés « santouns », et c’est l’origine de notre mot français « santon ».

Après la persécution, l’usage demeura de faire la Crèche dans les maisons : un usage qui se développa et devint quasi général au cours du XIXe siècle.

VII. Le temps et l’esprit de la Crèche.

1) Quand doit-on installer la Crèche?

- En ce qui concerne les Crèches domestiques, les usages varient selon les régions, voire selon les familles.
Certains aiment l’installer dans leurs maisons dès le premier dimanche de l’Avent. La Crèche devient alors le lieu devant lequel la famille chrétienne se réunit pour prier : le berceau vide matérialise la joyeuse attente de Noël et son aménagement permet même de concrétiser les efforts spirituel de chacun tout au long de l’Avent.
En d’autres endroits, en fonction des dévotions régionales, c’est à l’occasion de l’une des belles fêtes de décembre que la Crèche est installée (Saint Nicolas, l’Immaculée Conception ou Sainte Lucie).
Enfin  d’autres encore ne la mettent en place que dans les tout derniers jours qui précèdent Noël, se calant ainsi sur l’usage qui prévaut pour les Crèches des églises.

- Dans les églises en effet, normalement, on ne met la Crèche en place que dans les jours qui précèdent la fête de la Nativité. Un usage ancien voulait même que l’on tendît un rideau violet devant la Crèche jusqu’à la fin des premières vêpres de Noël : ce n’est qu’après avoir chanté celles-ci que le clergé se rendait en procession jusqu’au lieu de la Crèche et en retirait le voile.
De toute façon, il ne convient pas que la Crèche soit présentée trop tôt aux fidèles dans les églises : le temps de la Crèche commence avec la fête de Noël, et pas avant.
Mettre en évidence la Crèche de manière prématurée revient à ôter une partie du sens de l’Avent qui n’est pas seulement temps de préparation à la fête de la Naissance du Sauveur, mais célébration des trois avènements du Rédempteur. La collecte de la Messe de la Vigile de Noël, au matin du 24 décembre, le marque encore d’une manière particulière  : « O Dieu, qui nous réjouissez chaque année par l’espérance de notre rédemption, accordez-nous, en recevant joyeusement Votre fils unique comme Rédempteur, de Le voir aussi sans crainte venir comme juge… »

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Crèche provençale avec des santons habillés - Chapelle des Cordeliers, à Aubenas (Vivarais)
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand) 

2) La Crèche n’est pas une « reconstitution historique ».

Certains réalisent des Crèches dans lesquelles les personnages et le paysage cherchent à reproduire de manière scrupuleuse les costumes et les lieux de Bethléem, il y a quelque deux mille ans.

D’une manière plus générale les Crèches mêlent des éléments antiques et des éléments plus modernes ou contemporains : c’est particulièrement frappant dans les Crèches napolitaines où l’on voit, autour de la Vierge Marie et de Saint Joseph en costumes orientaux, une foule de personnages en habits du XVIIIe siècle, depuis les artisans et gens du peuple jusqu’aux nobles ; c’est également vrai dans les Crèches provençales où les santons représentent des personnages typiques de la vie et des villages de Provence : le rémouleur, le bohémien, le meunier, le braconnier, le gendarme avec son bicorne, l’arlésienne… etc., et même le moine pieds nus dans ses sandales et le curé avec son parapluie rouge ou son grand mouchoir à carreaux!

C’est que la Crèche n’est pas en réalité une reconstitution à la manière d’une maquette d’archéologues ; elle n’est pas là juste pour nous permettre de visualiser ce qui s’est passé et serait définitivement passé, comme dans un film historique.
La Crèche appartient au monde des symboles : elle représente, d’une manière parfois naïve et d’autres fois de manière très recherchée, que Noël est une actualisation mystérieuse de la venue du Rédempteur dans nos vies, pas seulement la vie des habitants de Bethléem il y a plus de deux mille ans, mais notre vie quotidienne aujourd’hui.
Noël n’est pas seulement un anniversaire, c’est un mystère de grâce qui se continue et s’accomplit en notre temps. Comme l’a si justement exprimé notre Saint Père le Pape Benoît XVI, la Crèche devient alors « une école de vie » .

3) Quand enlève-t-on la Crèche?

Selon la tradition, on laisse la Crèche dans les églises jusqu’au 2 février : jour de la Chandeleur, fête de la Présentation de Notre-Seigneur au Temple et de la Purification de Notre-Dame. C’est alors que s’achève le temps des quarante jours, chiffre biblique au symbolisme très riche.
Il arrive fréquemment aujourd’hui que l’on retire les Crèches des églises (du moins celles où l’on ne célèbre pas la liturgie traditionnelle) sitôt passée la fête de l’Epiphanie. J’avoue ne pas en voir la raison, si ce n’est peut-être seulement la volonté de rompre systématiquement avec ce qui a été pratiqué pendant des siècles… 

Frère Maximilien-Marie.

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La Crèche du Mesnil-Marie – détail
(cliquer sur l’image pour la voir en grand)

Pour voir ou revoir les vidéos de la Crèche du Mesnil-Marie
- celle de Noël 2011 > www
- celle de Noël 2012 > www

Publié dans : De liturgia, Lectures & relectures, Nos amis les Saints | le 22 décembre, 2011 |6 Commentaires »

2011-92. Près de la Crèche, nos voeux pour Noël 2011.

Vendredi 23 décembre 2011,
anniversaire de la mort de la Vénérable Thérèse de Saint Augustin (Madame Louise de France).

2011-92. Près de la Crèche, nos voeux pour Noël 2011. dans Annonces & Nouvelles lanterne

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes à l’avant-veille de Noël. Demain – jour de vigile -, nous serons pendant toute la journée dans un recueillement et un silence encore plus grands que pendant tout le temps de l’Avent qui s’achève.  Pour la Sainte Messe de la Nativité – dûment célébrée à minuit -, puisque les routes du Mézenc sont praticables (ce qui n’était pas le cas l’an dernier) et devraient le rester, Frère Maximilien-Marie pourra se rendre à l’église de Ceyssac, juste à côté du Puy-en-Velay : c’est là que se trouve le lieu de culte de notre paroisse selon la « forme extraordinaire du rite romain ».

Pour moi, pendant ce temps, j’assurerai la garde de notre Mesnil-Marie et je veillerai auprès de la crèche en attendant mon papa-moine ; à son retour, je l’accompagnerai pour déposer l’Enfant Jésus dans sa mangeoire-berceau.
Tout est bien prêt pour L’accueillir : Frère Maximilien-Marie a terminé hier soir de préparer notre grande crèche, à son grand soulagement. L’an dernier, il était un peu affolé et n’avait pu l’achever – dans l’urgence – que le 24 décembre dans l’après-midi ; cela était dû aux conditions climatiques : la neige et le gel, qui avaient été très rigoureux tous les jours précédents la Vigile de Noël, l’avaient jusque alors empêché de ramasser la mousse et de couper les branchages nécessaires!

Moi, j’ai aidé comme je l’ai pu à la préparation de cette crèche, mais je ne suis pas un grand bricoleur, alors j’ai surtout donné des idées et suggéré certains aménagements. Ensuite, j’allais in situ pour vérifier que tout était bien comme je l’avais préconisé : j’ai inspecté les collines et les pâturages, j’ai vérifié que l’étable assurerait un véritable abri à la Sainte Famille, j’ai même testé la solidité de certaines maisons de Bethléem, ce qui n’a pas du tout amusé Frère Maximilien-Marie qui m’a taquiné en me disant que j’étais trop gros… Cela ne m’a pas fait très plaisir, mais il est pourtant bien vrai qu’il n’y avait pas de place suffisante pour moi dans cette hôtellerie!

DSC09404-Copie-300x225 crèche dans Chronique de Lully

Vous pourrez visionner, ci-dessous, une vidéo de notre crèche… Afin de vous la présenter bien complète nous y avions placé l’Enfant Jésus mais, sitôt le tournage accompli, nous l’avons prestement enlevé!!! Vous allez entendre notre Frère Maximilien-Marie vous donner les principales explications du travail qu’il a réalisé.

Image de prévisualisation YouTube

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à mon tour, à la suite des voeux que Frère Maximilien-Marie a formulé à votre intention à la fin de ce mini-film, de belles, ferventes et saintes fêtes de la Nativité de notre Sauveur!

Puisse le divin Enfant de la crèche faire descendre sur vous Ses plus douces bénédictions, et que, par l’intercession de Sa Très Sainte Mère et de Saint Joseph, Il exauce vos prières, accorde force et réconfort à vos malades, donne la consolation aux affligés et fasse entrer vos défunts dans la lumière et la gloire de Son Royaume éternel… Ainsi soit-il!

 Lully.

couronnechat Mesnil-Marie dans De liturgia

 Pour connaître l’origine de la dévotion à la Crèche > www.

2011-91. Chronique mois de novembre 2011 au Mesnil-Marie.

Deuxième dimanche de l’Avent, 4 décembre 2011.

2011-91. Chronique mois de novembre 2011 au Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully dsc07612copie

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je  souhaitais vous écrire un peu plus tôt, mais depuis plusieurs jours les techniciens du site qui hébergent ce blogue ont procédé à des mises à jour et à divers perfectionnements du système, ce qui fait que pendant ce temps il était très difficile – voire impossible – d’y accéder.
Mais ce soir tout semble rentré dans l’ordre et je profite de cette soirée paisible de dimanche pour vous rejoindre.

En tout premier lieu, il me faut réparer un oubli : dans ma précédente chronique, celle qui vous récapitulait les mois de septembre et octobre (ici > www), j’ai complètement oublié de vous parler du dernier « ouiquinde » de septembre qui, pourtant, a comporté des évènements que je m’étais promis de ne pas omettre.
D’abord parce que le samedi 24 (qui était cette année le samedi des Quatre-Temps d’automne) notre Frère célèbre chaque année avec ferveur l’anniversaire de sa profession perpétuelle.
Ensuite parce que ces 24 et 25 septembre, avait lieu la « Ronde des Sucs »  : Frère Maximilien-Marie est membre de cette association qui organise à deux reprises dans l’année (au printemps sur une journée, et à l’automne sur un « ouiquinde » complet) des circuits de randonnées (plusieurs circuits au choix : de la promenade familiale de quelques kilomètres au grand circuit de 80 km) permettant de découvrir le pays des sucs volcaniques entre les hautes Boutières et le bord du plateau vivarois.
Ainsi,  fut-il pendant les deux après-midis du samedi et du dimanche, à l’accueil des randonneurs, au point de départ et de retour des circuits, qui était cette année le très sympathique village des Sagnes et Goudoulet où nous comptons de bons amis.

Ronde-des-Sucs-2011-200x300 blé de sainte Barbe dans Chronique de Lully

Et puis aussi Frère Maximilien-Marie a absolument tenu que je vous raconte que, dans la nuit du 24 au 25 septembre, j’avais empêché une catastrophe en notre « Mesnil-Marie » :  je ne voulais pas en parler, parce qu’il me semble que ce que j’ai fait est normal pour toute personne sensée et ne mérite pas une mention particulière, mais il m’a vraiment donné l’ordre de vous l’écrire…

En fait, jusqu’ici, notre Frère faisait son pain, à l’aide d’une machine. Or, cette nuit-là, nous ne savons pas pourquoi, la pâte a levé de manière tout à fait inhabituelle et a très largement débordé de son bac, tombant sur les résistances électriques qui assurent la cuisson.
Les résistances, complètement prises dans la pâte ont chauffé plus que de raison tandis que la pâte durcissait autour d’elles et carbonisait totalement, ce qui eut pour effet de répandre une fumée très épaisse et très désagréable dans la maison…
Il était environ cinq heures du matin et Frère Maximilien-Marie dormait profondément.

Pour moi, qui ai une fragilité des bronches, j’étais terriblement incommodé et je me rendais bien compte qu’il se passait quelque chose d’anormal. Je me suis donc approché du visage de Frère Maximilien-Marie et je lui ai donné des coups de tête pour le réveiller.
En sortant de sa torpeur, il a aussitôt été alerté par l’odeur âcre et la fumée épaisse qui avaient tout envahi : il s’est précipité, a débranché la machine à pain, a arrêté la combustion avec de l’eau et a bien aéré la maison… Et point ne fut besoin d’appeler les pompiers.
Voilà ce qu’il tenait absolument que je vous narre! 

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Mais j’en viens maintenant à ma chronique de novembre à proprement parler.

Ce mois a commencé, bien évidemment avec les cérémonies de la Toussaint et du Jour des Morts. C’est aussitôt après – dès l’après-midi du 2 novembre – que nous avons subi un « épisode cévenol » d’une ampleur assez exceptionnelle : il fut bien plus long et plus violent que celui de la Toussaint 2008, où nous avions été inondés (cf.> www).
C’était il y a trois ans, et nous avions alors eu deux centimètres d’eau dans la moitié de la maison ; cela n’a plus été le cas cette fois : nous pouvons juger par là de la qualité de tous les travaux de restauration et d’aménagement que notre Frère a pensés et entrepris.

Pendant ces trois grandes journées où les pluies et le vent se sont déchaînés, nous n’avons pas mis le nez dehors.
Frère Maximilien-Marie en a profité pour astiquer et classer toutes les reliques que nous possédons au « Mesnil-Marie » : un vrai travail de moine, patient et minutieux, qui nous a ensuite valu le plaisir de pouvoir les exposer et de les vénérer, au jour traditionnellement assigné pour leur fête (cf. ce que j’en avais écrit, il y a 4 ans > www).
Voici une photo des reliquaires les plus remarquables que nous possédons, exposés sur l’autel de Sainte Philomène :

DSC09049-Copie-300x182 Mesnil-Marie

 (vous pouvez cliquer sur la photo pour la voir en plus grand)

Mises à part les intempéries, l’exceptionnelle douceur de ce mois de novembre a bien laissé le temps à Frère Maximilien-Marie de se livrer à des travaux de jardinage : avant la Sainte-Catherine, il a pu transplanter quelques arbustes et mettre en terre tous les bulbes de crocus, jonquilles, narcisses et tulipes dont les fleurs égaieront le prochain printemps.
Il s’est aussi lancé dans le nettoyage et la réfection d’anciens murets de pierres sèches : c’est un travail de patience et de longue haleine qui va de pair avec l’arrachage minutieux de nombreuses racines de plantes parasites (ronces, orties, lierre, liseron…), avec le nettoyage du terrain et, en conséquence, avec le transport de brouettes de mauvaise terre, de cailloux, de déchets végétaux … etc.

Par ailleurs, je dois aussi mentionner le lancement  des « Veillées Culture & Patrimoine du Mesnil-Marie ». La présentation que Frère Maximilien-Marie a rédigée pour les annoncer explique que ce sont (ainsi que le mot veillée l’indique) des soirées, près de la cheminée, dans une ambiance amicale et détendue, où peuvent être abordés – selon les cas – des thèmes d’histoire en rapport avec l’histoire locale, des approfondissements du folklore et des traditions, la présentation d’un site ou monument remarquable du patrimoine local, ou encore la pensée et l’oeuvre d’un auteur vivarois…
Elles auront lieu, jusqu’au mois de mai, tous les premiers mardis du mois.

La première de ces veillées a eu lieu le mardi 15 novembre.
Il y fut question de Monsieur l’abbé Jean Charay (1916-1997) – un éminent historien vivarois auquel Frère Maximilien-Marie doit une partie de sa formation à l’histoire locale (lorsqu’il était collégien il passait un grand nombre de ses après-midis libres auprès de lui) – et d’un petit ouvrage, aujourd’hui introuvable, qu’il avait publié en 1978 donnant un aperçu synthétique très intéressant du patrimoine vivarois.
Il m’a semblé que le petit groupe de personnes qui est venu à cette première veillée en était satisfait…

La prochaine veillées aura lieu le mardi 13 décembre et sera d’un tout autre style : ce seront des contes et des chants traditionnels de Noël.

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Le blé de la Sainte Barbe, dûment bénit, près de notre couronne de l’Avent, avant que nous ne le semions.

Et nous voici entrés dans le saint temps de l’Avent : vous le savez bien puisque je vous ai montré la semaine dernière comment j’avais dirigé la confection de la couronne de l’Avent (cf. > www)!

Aujourd’hui, c’est une autre belle tradition dont nous nous sommes acquittés : celle du blé de la Sainte-Barbe (j’avais l’an dernier donné toutes les explications à ce sujet, cf. > www) ; comme nous étions dimanche, j’avais bien recommandé à Frère Maximilien-Marie d’emporter avec lui les grains de blé destinés à être semés, afin qu’il les fasse bénir à Monsieur l’Abbé avant la Messe, et cela a été dûment accompli.

Sinon, sur un plan plus spécifiquement spirituel, je suis très heureux de constater que depuis dimanche dernier, c’est une centaine de personnes qui ont demandé à recevoir quotidiennement, grâce à Internet, les textes de Frère Maximilien-Marie proposant des pistes de réflexion, de méditation et de prière, pour mieux vivre l’Avent et se préparer avec plus de ferveur aux fêtes de la Nativité de Notre-Seigneur.

Je vous souhaite à tous de bien profiter des grâces particulières de ce temps liturgique et je vous adresse mes salutations les plus amicales.

Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully | le 4 décembre, 2011 |3 Commentaires »

2011-90. Du quinzième centenaire de la mort du Roi Clovis et d’une idée fausse qu’il convient de rectifier.

Mardi 29 novembre 2011,
785ème anniversaire du sacre de Saint Louis.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Aujourd’hui, je ne viens pas vers vous pour développer quelque question de spiritualité, mais pour vous livrer mes réflexions au sujet d’un anniversaire qui, sauf auprès de cercles relativement restreints de passionnés, d’historiens et de personnes qui aiment vraiment la France (*), n’a pas « fait la une » des informations de ce dernier dimanche : je veux parler du quinzième centenaire de la mort de celui que – après Dieu – l’on peut considérer comme le fondateur du Royaume de France, le roi Clovis 1er le Grand.

Clovis 1er

En tout premier lieu, je voudrais dire combien je suis scandalisé par le fait qu’il n’y a eu aucune célébration d’envergure nationale pour célébrer cet anniversaire. Il n’y a pas même eu un timbre poste à son effigie, si je ne m’abuse… et pourtant, quinze siècles ce n’est pas rien!

En évoquant avec tristesse ce singulier manquement à ce fameux « devoir de mémoire » dont on nous rebat pourtant régulièrement les oreilles, je ne peux faire autrement qu’ajouter ceci : tous les partis politiques et toutes les personnes qui prétendent au pouvoir, en nos temps malheureux, ont ici clairement manifesté
1) d’une part combien ils sont sans culture et
2) d’autre part à quel point ils s’occupent de tout autre chose que des véritables intérêts de la France!
En effet, peut-on aimer la France aujourd’hui si on ne s’inscrit pas dans une continuité, et si on est en rupture avec son histoire? Peut-on avoir une vision constructive pour l’avenir de la France et travailler à son véritable relèvement si l’on n’est pas profondément attaché à ses racines?

Je ne veux pas écrire ici l’histoire de Clovis : d’autres – plus qualifiés que moi – l’on déjà fait.

Je voudrais toutefois faire remarquer que lorsque Clovis, âgé de 15 ans, est élevé sur le pavois à la tête des Francs Saliens, il y a la Gaule romaine, livrée à l’anarchie, envahie, désorganisée, en crise, divisée entre peuplades germaniques rivales et population gallo-romaine souvent découragée ; en revanche, lorsque, 30 ans plus tard, ce même Clovis décède, on peut dire que la France est née.

Oh! Certes, il faut se garder d’une vision simpliste idéalisée et se préserver de toute simplification hâtive car il faudra encore de longs siècles de construction et d’harmonisation, de pacification et d’équilibrage, néanmoins, ce 27 novembre de l’an 511 quand Clovis rendit sont âme à Dieu tous les fondements de la France avaient été posés.

La France est née de la rencontre, de l’union, de l’alliance de deux éléments : la foi catholique et la royauté franque. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler (ici par exemple > www) et je ne m’y étendrai pas cette fois.

Grandes armes de France

Il y a un deuxième point sur lequel je voudrais insister ce soir : il convient de rectifier une idée fausse, qui est pourtant largement répandue, en particulier dans les affirmations de certains jeunes catholiques français, qui ont sans doute plus de « bons sentiments » que de rigueur et de véritable science.
Voici une citation que j’ai relevée il y a peu de temps : « …depuis le baptême de Clovis la France est devenue « la première nation chrétienne » et c’est en raison de cela que depuis lors elle a été appelée « fille aînée de l’Eglise ».

Si l’on veut être crédible, il faut dire des choses vraies et il convient aussi d’être rigoureux et précis dans la manière de les dire.
On n’a pas le droit de raconter n’importe quoi pour justifier ses convictions et ses engagements, même quand il s’agit de défendre des choses aussi sacrées que la foi chrétienne et la vocation – bien réelle – de notre France.

En effet, il est faux de prétendre que la France est la « première nation baptisée ». Pour le prouver, il suffit d’apporter quatre dates :

1) C’est en l’an 301 que le Roi d’Arménie Tiridate IV et tout son peuple embrassent la foi chrétienne à la suite de la prédication de Saint Grégoire l’Illuminateur. Le premier Etat qui devint officiellement chrétien, est le Royaume d’Arménie.

2) Esuite, entre 320 et 340, c’est l’Ethiopie (en ce temps-là on parlait plutôt d’Abyssinie) qui se convertit grâce à l’apostolat de Saint Frumence : le Roi Ezana fit du christianisme la religion d’Etat de son royaume.

3) Ce n’est qu’ensuite, en 380, que l’édit de Théodose 1er le Grand fit du christianisme la religion officielle de l’Empire Romain.

4) Le baptême de Clovis et la conversion de son peuple n’arrivent enfin qu’en quatrième position : en 496 selon la date couramment admise.

Il faut bien prendre conscience de cela et je le redis : la France n’est pas la première nation chrétienne de l’univers, mais le peuple Franc est le premier – parmi les peuples barbares qui ont mis fin à l’Empire Romain d’Occident – à avoir été baptisé dans la foi de Nicée (les autres peuples barbares étaient chrétiens avant les Francs mais ils professaient l’hérésie arienne).
Pendant ce temps là, l’Empire Romain d’Orient, dont la capitale était Byzance-Constantinople, demeurait l’héritier de l’Empire chrétien théodosien.

Je me propose, dans la continuité de ce que j’avais publié le 31 mai 2010 au sujet de Sainte Pétronille et de sa protection particulière sur la France (cf. > www) d’expliquer un jour dans ce blogue combien il faut être prudent et nuancé dans l’utilisation de l’expression « fille aînée de l’Eglise » au sujet de la France.

pattes de chatLully.                      

Voir aussi « L’expression « Fille aînée de l’Eglise » est-elle due à la France ? « , ici > www

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(*) Je signale en particulier le colloque intitulé « Clovis, aux origines de la France », qui fut organisé le samedi 26 novembre dernier, à Paris, par notre cher Institut de la Maison de Bourbon.

2011-89. De la préparation de notre couronne de l’Avent.

« Allez! allez! Dépêche-toi un peu, Frère Maximilien-Marie!
J’ai hâte que notre couronne de l’Avent soit prête!
Es-tu allé couper les branches de résineux?… »

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« Ah oui! Bon, il me semble qu’il y en aura assez.
Et qu’as tu fait de l’armature? Ah! la voilà! »

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« Bien! Maintenant, tu dois disposer les branches et les bougies sur l’armature…
Oooooh, pas les bougies tout de suite, elles vont te gêner pour travailler et, maladroit comme tu l’es, tu risques de les faire tomber! »

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« Non, je ne veux pas de cette guirlande cette année :
j’ai décidé que notre couronne resterait très sobre, presque minimaliste… »

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« En revanche, je veux bien que tu y accroches les petits oiseaux dorés! »

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« Voilà! Ce n’est pas trop mal…
Ah, tiens! La guirlande, mets-la donc en décoration avec le reste des branchages au pied de la statue de la Sainte Vierge, à l’entrée de la terrasse! »

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« Bon! Hé bien, tu n’as plus qu’à mettre notre couronne de l’Avent en place… »

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« Et puis n’oublie pas d’en accrocher une petite à notre huis! »

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« Vraiment, il faut toujours tout te dire…
Puis il me faut rester à côté de toi pour vérifier que tu as bien compris et que tu ne fais pas les choses de travers : c’est fatigant!
Maintenant j’ai les yeux qui se ferment tout seuls… »

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« … j’ai vraiment bien mérité ma p’tite sieste, moi! »

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2011-89. De la préparation de notre couronne de l'Avent. dans Chronique de Lully couronnechat

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 26 novembre, 2011 |3 Commentaires »

2011-88. Sept conseils de Saint François de Sales pour bien commencer la nouvelle année liturgique et y accomplir d’authentiques progrès spirituels.

24 novembre.

Au fur et à mesure de mes lectures et méditations de ces dernières semaines, j’ai – comme à l’accoutumée – recueilli des citations de Saint François de Sales ; j’en ai finalement sélectionné sept (il fallait bien se limiter!) qui m’ont semblé particulièrement intéressantes. Les approfondir aide à développer des pistes de réflexion et peut susciter de « saintes résolutions » spirituelles pour la nouvelle année liturgique, qui va commencer samedi soir.
Ce nouveau cycle de la vie de nos âmes je souhaite qu’il soit vraiment, pour chacun d’entre vous, un « an de grâce »…

 Lully.

Saint François de Sales (image d'Epinal)

1 – « Les années s’en vont, et l’éternité s’approche de nous : que puissions-nous tellement employer ces années en l’amour divin que nous ayons l’éternité et sa gloire. » (Vraie et solide piété, chap. LIX)

Une année liturgique s’achève et une autre recommence : la fin d’un cycle et le début d’un nouveau sont des moments particulièrement propices pour établir des « bilans » et concevoir des « projets ».

Où en suis-je dans ma vie chrétienne? Suis-je capable de discerner ce qui a été positif et ce qui a été négatif (ou moins positif) depuis le temps de la préparation à Noël de l’an dernier? Me suis-je laissé mener par les évènements, de manière passive, sans réflexion et sans « maîtrise »? Ou bien ai-je fait de véritables efforts pour progresser spirituellement?

Saint François de Sales me rappelle que le temps ne m’est donné qu’en vue de préparer l’éternité, et que seule la pratique de l’amour divin (les deux préceptes de la charité : aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toutes ses forces et de tout son esprit, et son prochain comme soi-même – cf. Luc. X, 25-28) nous permettra d’entrer dans la vie éternelle de bonheur et de paix.

Quels efforts dois-je entreprendre pour que cette nouvelle année liturgique qui commence soit marquée par des progrès réels et durables?

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2 – « Il faut avoir un coeur grand et de longue haleine : les grandes choses ne se font qu’à force de temps et de patience. Ce qui croît en un jour meurt en un autre. » (Lettre)

Saint François de Sales nous rappelle tout d’abord ici qu’il nous faut avoir « un coeur grand », c’est-à-dire un coeur qui « voit » grand, un coeur qui nourrit de véritables ambitions spirituelles (pas des ambitions humaines limitées à cette terre passagère), un coeur qui ne se contente pas de choses étriquées, de demi-vertus, de spiritualité au rabais, mais qui recherche vraiment la sainteté.

Et tout aussitôt il laisse entendre qu’il ne suffit pas d’ « avoir l’intention », mais qu’il faut tendre à la sainteté concrètement par des actes.

Dans la concision remarquable de cette phrase, le saint évêque fait surgir l’image de la course à laquelle s’adonnent les sportifs ; car il s’agit bien d’une course à la sainteté dans laquelle le chrétien est engagé, et comme tout bon sportif il lui faut :
1) être persévérant : l’expression « un coeur… de longue haleine » montre bien que l’effort spirituel comme l’effort sportif doit être un travail long et régulier, endurant et tenace ; pas un enthousiasme passager.
2) exercer la patience : Dieu est patient avec nous ; il nous faut apprendre à être patients avec nous-mêmes de la même façon que Dieu l’est avec nous, ne pas renoncer lorsque nos essais nous semblent infructueux ni baisser les bras lorsque nous tombons, mais faire un nouvel acte de volonté et recommencer notre effort.

Patience et persévérance sont les qualités indispensables à tout effort spirituel pour qu’il porte un fruit d’éternité.

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3 – « Si nous ne voulons être saints que selon notre volonté, nous ne le serons jamais ; il faut l’être selon la volonté de Dieu, se plier de bonne grâces à toutes les exigences de sa position. » (Lettre)

La sainteté est le but, l’aboutissement normal de toute vie chrétienne.

On ne peut pas entrer au Ciel si l’on n’est pas saint : or c’est pour que nous allions au Ciel que Dieu nous a créés et nous a rachetés. La sainteté, telle est la volonté de Dieu pour nous.

La sainteté réside dans l’accomplissement du projet unique et tout à fait personnel que Dieu a sur nous ; se sanctifier, c’est correspondre à ce que Dieu veut de nous. Ni plus ni moins.
« Devenir un saint » ne consiste pas à faire ce que nous pensons être bien, selon des vues personnelles, mais à obéir aux desseins divins sur nous.

La première et la plus essentielle manière d’obéir à Dieu consiste à être fidèles aux devoirs de sa position et de sa vocation personnelle : une femme mariée qui négligerait ses devoirs d’épouse et de mère de famille pour suivre un emploi du temps de religieuse cloîtrée avec quantité d’heures de prière, un chef (d’Etat ou d’entreprise, un supérieur ecclésiastique… etc.) qui ne voudrait pas exercer l’autorité qui lui a été confiée et suivrait ses subordonnés au lieu de les entraîner, un étudiant qui sécherait continuellement les cours pour passer ses journées à faire du soutien scolaire auprès d’enfants défavorisés… etc. pourraient imaginer accomplir de bonnes choses, mais en réalité ils seraient en dehors des voies de la sainteté que Dieu a voulue pour eux.

Ce n’est pas parce qu’une chose est théoriquement une bonne action, qu’elle est concrètement ce que Dieu attend de moi. Avant toute autre chose, il importe donc que chacun cherche à connaître loyalement et exactement ce qu’est la volonté de Dieu pour lui.

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4 – « Tenez votre coeur au large ; reposez-le souvent dans les bras de la divine Providence : courage! courage! Jésus est nôtre! Qu’à jamais nos coeurs soient à Lui! » (Lettre)

La volonté de Dieu n’est pas un caprice de dictateur : Dieu, qui nous a créés, qui nous a créés par amour, qui a fait de chacun de nous un être unique aimé d’une manière unique, sait mieux que nous ce qui est bon pour nous et connaît parfaitement ce qui nous permettra d’atteindre notre épanouissement maximal, déjà sur cette terre et, bien sûr, dans l’éternité.

A la volonté de Dieu sur nous, qui est l’expression d’un amour personnel unique, il n’y a pas de meilleure réponse que le don de nous-mêmes dans la confiance et l’amour.
Dieu qui, selon une autre expression de Saint François de Sales, « est Dieu du coeur humain »
(Traité de l’Amour de Dieu), attend que nous lui donnions notre coeur.

Saint François de Sales nous rappelle ici que la confiance et l’abandon sont indissociables du véritable amour : si donc nous sommes convaincus que Dieu nous aime, nous n’avons rien de mieux à faire que nous abandonner avec la plus entière confiance aux dispositions de Sa divine Providence, que cette citation évoque sous les traits d’une mère berçant avec tendresse son nourrisson.

L’abandon à la divine Providence, la confiance en Dieu et Son amour ne sont cependant pas des « assurances tous risques » qui ôtent de nos chemins toutes les difficultés, tous les obstacles, toutes les souffrances ; mais ils sont la source de la force intérieure qui nous permet de les affronter avec courage et de les vaincre, parce qu’ils mettent Jésus au centre de nos coeurs, au centre de nos vies et que Jésus a vaincu le mal…

Tenir son coeur au large, c’est se dilater, s’épanouir : les épreuves et les souffrances du temps présents, par la pratique de l’amour divin en union avec Jésus, deviennent un tremplin ; au lieu de nous ratatiner sur nous-mêmes, elles nous permettent de croître en vertu, de grandir dans la charité et d’être associés à la victoire du Christ!

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5 – « Le mérite de la Croix ne consiste pas dans sa pesanteur, mais dans la manière avec laquelle nous la portons. » (Sermon 10)

On ne peut pas être chrétien sans porter la Croix à la suite de Jésus (cf. Luc. IX, 23). Et la Croix est essentiellement un instrument de supplice, infamant et très douloureux…

Toutefois, la valeur de la Croix ne réside pas dans la grandeur ni dans l’intensité des souffrances qu’elle produit, mais dans l’amour avec laquelle nous les portons.
Celui qui subit de très grandes souffrances et épreuves, mais à contre-coeur, en râlant (jusqu’à douter de la bonté de Dieu), en les maudissant, en s’aigrissant, en faisant de ses souffrances l’occasion et le prétexte pour être désagréable avec les autres, celui-là ne porte pas sa Croix à la suite de Jésus et perd tout le mérite qu’il aurait pu en obtenir.
Celui qui, au contraire, reçoit les épreuves et les souffrances – même si elles sont objectivement moins lourdes que celles de l’homme évoqué précédemment – avec patience et abnégation, sans  repli sur lui même mais en les unissant généreusement à celles du Christ Rédempteur, sans amertume stérile mais en s’efforçant de vivre à travers elles le dépassement de l’amour, devient véritablement chrétien – c’est-à-dire un autre Christ – et il amasse des trésors pour la vie éternelle.

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6 – « Il vaut mieux faire des pénitents par la douceur, que des hypocrites par la sévérité. » (Esprit de saint François de Sales – 1ère partie, chap. IX)

On ne peut pas parler de Saint François de Sales ni le commenter sans évoquer sa douceur, devenue proverbiale. Cette citation est tout à fait dans la continuité du passage où il explique qu’on attrape plus de mouches avec une goutte de miel qu’avec un tonneau de vinaigre.

Le zèle du chrétien pour faire triompher le bien et pour établir le règne de Notre-Seigneur – dans les âmes et dans la société – ne doit pas être un zèle amer ; il ne doit en aucune manière représenter une forme de coercition morale ou psychologique.

Certes, il faut amener les hommes à connaître Dieu et à recevoir son salut. Certes aussi, il convient de ne pas laisser attenter à l’honneur de Dieu et aux droits de la Vérité. Certes encore, il importe de ne pas rester indifférent ou passif en face de la prolifération du péché qui fait tomber les âmes en enfer. Certes enfin, il est nécessaire que, par la pratique d’une authentique pénitence, le coeur des hommes se détourne des chemins du mal et marche vers le Salut…

Le moyen le plus efficace dont dispose un chrétien pour travailler à la conversion des coeurs, c’est de se sanctifier lui-même par la pratique personnelle des vertus évangéliques.
La conquête à laquelle tout chrétien est appelé, est une conquête des coeurs. Or on ne conquiert les coeurs que par la douce persuasion de l’amour.

Un chrétien qui voudrait imposer à tous les hommes le respect de Dieu et de ses lois par des manifestations et des structures purement extérieures, montrerait qu’il n’a pas vraiment compris les enseignements et les exemples de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

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7 – « Bienheureux les coeurs pliables, car ils ne rompront jamais! » (Entretiens, I)

Jean de La Fontaine avait-il en tête cette citation du saint évêque lorsqu’il écrivit « Le chêne et le roseau »?
C’est en tout cas un enseignement similaire qu’on retrouve dans la fable et dans les entretiens familiers par lesquels Saint François de Sales formait les premières Visitandines à l’esprit de la nouvelle fondation.

Tout comme l’enseignera plus tard le fameux fabuliste à propos de certains évènements du monde, dans l’ordre spirituel Saint François de Sales apprenait aux Soeurs de la Visitation à rester souples et malléables sous la main de Dieu et à ne point se raidir intérieurement en face des épreuves permises par la Providence.

Les durcissements ou la dureté avec laquelle il arrive que des chrétiens affrontent certaines contradictions ou certaines contrariétés, certains évènements ou certaines souffrances, certaines oppositions ou certaines épreuves, sont finalement bien plus révélateurs de fragilité et de faiblesse que de vertu et d’intelligence, tandis que certaines souplesses et capacités d’adaptation aux circonstances révèlent au contraire un « savoir-faire » qui découle réellement de l’action du Saint-Esprit dans une âme (cf. Gal.V, 22 ).

Armoiries de Saint François de Sales

Et n’oubliez pas la belle tradition de la Couronne de l’Avent
dont j’avais déjà eu l’occasion de parler ici > www.

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