2011-67. Lettre n°298 de « Paix Liturgique » : les fausses promesses de Mgr. Blondel…

L’association « Paix Liturgique » publie dans sa lettre n°298, en date du 31 août 2011, la suite de son étude du cas du diocèse de Viviers (nous en avions répercuté la première partie ici > www), l’un des rares diocèses de France désormais dans lequel le motu proprio « Summorum Pontificum » ne reçoit toujours pas d’application en dépit de la demande des fidèles…

la Sainte Trinité avec les Saints.

VIVIERS (2) : LES FAUSSES PROMESSES DE MGR BLONDEL, DISCRET ÉMULE DE MGR ROUET, AU SUJET DE LA CÉLÉBRATION DE LA FORME EXTRAORDINAIRE DANS SON DIOCÈSE

Dans le cadre de notre série d’enquêtes sur les diocèses totalement privés de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, nous nous sommes penchés dans notre lettre 292 sur le cas du diocèse de Viviers. Nous avons à cette occasion parcouru l’historique de la liturgie traditionnelle en Ardèche et souligné sa complète disparition depuis l’arrivée à la tête du diocèse de l’actuel évêque, Mgr François Blondel.

Nous vous révélons aujourd’hui, document à l’appui, le sort réservé par celui-ci à l’application du Motu Proprio.

I – La demande diocésaine

À l’origine de la demande dans le diocèse de Viviers, il y a plusieurs familles qui, après avoir essuyé des fins de non-recevoir dans leurs paroisses respectives, ont décidé de se concentrer sur une demande unique.

Les représentants de cette demande, MM. Jacques Reboul et Philippe Brun, après avoir rencontré le curé de Largentière, l’abbé Nougier, ont écrit à Mgr Blondel pour lui demander de bénéficier des bienfaits du Motu Proprio Summorum Pontificum. Ce courrier, rédigé en octobre 2010, a reçu, dès novembre de la même année, une réponse de l’évêque. Cette réponse rapide – un point au crédit de Mgr Blondel – , nous vous la faisons découvrir ci-dessous, accompagnée de nos commentaires, tant elle est symbolique de l’état d’esprit de certains de nos prélats pour qui la générosité est non seulement limitée mais aussi rétractable !

II – La réponse de Mgr Blondel

Viviers, le 19 novembre 2010

Messieurs,

Monsieur l’Abbé Henri Meissat, Vicaire Épiscopal, et Monsieur l’Abbé Bernard Nougier, curé de la paroisse St Joseph en Pays de Ligne, m’ont remis de votre part en date du 14 octobre 2010 la demande d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum.

Ils m’ont apporté témoignage de l’état d’esprit qui était le vôtre au cours de la réunion qu’i1s avaient eue avec vous et de l’assurance que vous leur aviez donnée d’agir au nom d’un groupe stable.

J’ai donc pris en compte votre demande. Voici ce que je compte organiser pour y répondre.

Le célébrant que je désigne est Monsieur l’Abbé Henri Goin, ancien curé de la Cathédrale, ayant actuellement une responsabilité aux archives diocésaines et qui est un très bon latiniste.

Avec l’accord du curé de la paroisse Charles de Foucauld Le Teil/Viviers, l’église sera l’église Saint-Laurent à Viviers.

Le premier samedi de chaque mois y sera célébrée la messe selon le rituel de 1962. Les lectures de la Parole de Dieu seront celles du missel du rite ordinaire car je tiens à ce que vous soyez ainsi en communion avec toutes les communautés du diocèse. Ces lectures de la Parole de Dieu seront faites en français.

Cette messe, célébrée (à 17h30 ?) sera considérée comme une messe paroissiale. Les annonces qui seront faites seront celles de la paroisse et du diocèse. La quête sera affectée à la paroisse.

Monsieur l’Abbé Meissat organisera une réunion entre Monsieur l’Abbé Goin et vous-mêmes où il sera alors décidé de la date à laquelle aura lieu la première célébration.

Et nous ferons le point dans six mois.

Ayant ainsi répondu, je pense, à la demande qui était la vôtre, Je vous prie de croire, Messieurs, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs et de ma prière.

François BLONDEL
Évêque de Viviers

III – Les réflexions de Paix liturgique

1) Certes, et c’est à mettre au crédit de Mgr Blondel, tout comme le délai relativement court dans lequel il a donné sa réponse aux demandeurs, nous ne pouvons qu’apprécier la forme de sa réponse : écrite et circonstanciée. Cela n’est malheureusement pas si fréquent, tant de curés et d’évêques – quand ils se donnent la peine de répondre ! – se contentant d’un refus sec par oral ou noyant leur réponse sous un fleuve de considérations catéchético-pastorales.

2) Mgr Blondel conclut sa lettre par la formule : « Ayant ainsi répondu, je pense, à la demande qui était la vôtre… ». Soit, mais Mgr Blondel pouvait-il sérieusement et honnêtement penser qu’il répondait à la demande ?
Sur quatre points, sa réponse porte en effet à discussion :
- le lieu : certes, Viviers est le siège épiscopal mais la demande avait été faite à Largentière… à 50 km de là, ce qui, par les routes ardéchoises, représente 50 minutes de trajet ;
- le jour : la messe accordée est une messe du samedi soir ce qui, selon les règles canoniques en vigueur pour la liturgie traditionnelle, n’est pas une messe dominicale puisque le missel de 1962 ne prévoit pas de messe anticipée au samedi ;
- la fréquence : la célébration n’est offerte qu’une fois par mois ce qui ne satisfait que partiellement le désir du groupe stable de fidèles de vivre sa foi au rythme de la forme extraordinaire ;
- le « bricolage » liturgique : en indiquant que les lectures seront celles du lectionnaire ordinaire, Mgr Blondel fixe une condition tellement contraire à l’esprit du Motu Proprio que l’instruction Universæ Ecclesiæ, publiée le 13 mai 2011, spécifie précisément dans son article 24 que “Les livres liturgiques de la forme extraordinaire seront utilisés tels qu’ils sont”, ajoutant à son article 26, si besoin est, que ces lectures sont celles “de la Sainte Messe du Missel de 1962”. On aura noté, au passage, le motif théologique donné par Mgr Blondel : les lectures communes comme signe de communion avec les communautés diocésaines…

3) À la réception de la réponse de l’évêque, les demandeurs n’ont soulevé que les deux points concernant le lieu et le lectionnaire et exprimé le vœu qu’ils soient corrigés. Depuis, l’évêché s’est fait silencieux. Du coup, dix mois après le courrier de Mgr Blondel, la première célébration n’a jamais eu lieu.

4) Si la question du lieu de la célébration ne peut être tranchée que par une nouvelle discussion entre les demandeurs et le diocèse, celle de la célébration “bricolée” – structure de la messe de 1962 avec lectures de 1970 – a en revanche été clairement réglée par l’instruction Universæ Ecclesiæ.

Peut-on donc espérer que le 14 septembre prochain, alors que l’Église universelle fêtera les 4 ans du Motu Proprio, Mgr Blondel fasse aux demandeurs ardéchois la bonne surprise de leur accorder enfin la célébration, même mensuelle, même le samedi après-midi, de la forme extraordinaire du rite romain mais bel et bien de la forme extraordinaire et pas d’une liturgie de son invention ?

Missel romain traditionnel

2011-66. Sociétés multiculturelles : leurres, échecs et catastrophes imminentes…

Mercredi 31 août 2011

Nous trouvons ce matin, dans notre boite aux lettres électronique, le bulletin n°239 de « Correspondance européenne« , organe de liaison du « Centro Lepanto ». Comme à l’accoutumée, cette livraison contient de nombreux éléments de réflexion et d’analyse d’un très grand intérêt. Forts de l’autorisation qui nous a été donnée par Monsieur le Professeur Roberto de Mattei (qu’il en soit remercié une fois de plus), nous reproduisons ici un article signé des seules initiales C.B.C. consacré au leurre du multiculturalisme à l’occasion des récents et dramatiques évènements qui ont agité la Grande-Bretagne.

Grande-Bretagne : incendie consécutif aux émeutes été 2011

Grande-Bretagne : premiers soubresauts.

Les récentes émeutes qui ont éclaté à Londres et dans quelques autres villes d’Angleterre ont démontré un fois de plus que le multiculturalisme est une utopie qui risque de coûter très cher un jour aux pays européens.

Les reportages n’ont pas pu passer à côté du fait que c’est dans les quartiers multiethniques qu’elles ont pris naissance, mais cette constatation n’a pas suffi à en identifier la cause.
Le décodage officiel persiste à présenter les faits comme la face visible d’un profond malaise social. On parle d’ “exclusion sociale”, comme si la responsabilité était du côté des Anglais qui n’ont pas fait assez pour accueillir cette masse humaine et l’intégrer à leur société.
Tant qu’on s’attachera à cette fausse lecture, les Etats européens seront dans l’impossibilité d’apporter un remède efficace aux troubles qui se multiplient à la suite de l’immigration de masse.

Le premier mythe à tuer est celui de la société multiculturelle ou multiethnique.
Il n’existe pas de société multiculturelle ou multiethnique. On peut avoir le multiculturalisme ou la multiethnicité, mais alors on n’a pas de société. Et si l’on veut une société, il faut nécessairement qu’elle soit “uniculturelle” ou “monoethnique”, ou que tout au moins les minorités culturelles ou ethniques soient absorbées ou contenues dans un seul modèle dominant et suffisamment fort.

En Europe, c’est l’inverse qui se produit : le modèle est faible et ne s’impose pas à des minorités toujours plus envahissantes et conquérantes.
Dans ces conditions, on assistera immanquablement à un morcellement de la société en sous-groupes rivaux et agressifs, tandis que la masse majoritaire des natifs adoptera un profil bas et sera paralysée par la peur.

Ce qui s’est passé à Londres est la conséquence inévitable de l’immigration de masse quasiment incontrôlée que pratiquent les Etats européens depuis plusieurs décennies.
Du souci d’intégrer les immigrants, on est passé à “l’acceptation de leurs différences” réputées “enrichissantes”, pour aboutir aujourd’hui à la désintégration du corps social et du système juridique.
Vu la faible réaction du pouvoir politique et son incapacité – ou sa mauvaise volonté – à comprendre ce qui se passe, ces émeutes vont devenir endémiques dans les grandes villes européennes, et de plus en plus destructives.
Aux vitrines brisées et magasins pillés vont succéder les morts d’homme. Aux groupes difficiles à identifier et se rassemblant apparemment spontanément vont succéder les gangs organisés, armés et jouissant de l’impunité de ghettos et de zones de non-droit.

Chaque année qui passe voit rentrer, avec le consentement criminel des pouvoirs politiques, des centaines de milliers d’immigrés et se constituer un foyer incontrôlable de violence et de guerre interne.
Les pays européens ont encore la capacité de faire face. Il est faux de dire que rien n’arrêtera la marée humaine en provenance du sud. Il est encore possible de fermer les frontières et de renvoyer les immigrés illégaux. Il est possible de renvoyer les étrangers criminels et dépendants. C’est le vœu languissant de la majorité de la population en Europe. Chaque sondage confirme que les Européens veulent stopper l’immigration de masse. Encore récemment, une enquête détaillée par le quotidien norvégien “Aftenposten” montre que 53,7 % des Norvégiens sont favorables à un arrêt de l’immigration (7 juillet 2011). Il ne reste à cette majorité que d’arriver au pouvoir, ce qui, en démocratie, est particulièrement difficile. (C. B. C.)

Gif bombe

2011-65. Chronique du mois d’août 2011 au Mesnil-Marie.

Mardi 30 août 2011, fête de Saint Julien de Brioude.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Le mois d’août s’achevant, je vais donc – conformément à mes habitudes – vous relater les évènements les plus marquants de ces dernières semaines en notre « Mesnil-Marie« .

D’une manière générale, et comme je vous l’écrivais dans ma précédente chronique en juillet (cf. > www), ce mois a encore été illustré par de nombreux passages (voire petits séjours) d’amis.

C’est pour nous une joie d’autant plus grande lorsqu’il s’agit d’amis prêtres puisque alors, fort logiquement, cela signifie que nous bénéficions de la célébration de leur « messe privée » dans notre oratoire : les prêtres dont l’amitié nous honorent n’appartiennent pas en effet à la catégorie de ceux qui considèrent que la célébration de la messe quotidienne est facultative, et ne sont pas davantage de ceux qui, lorsqu’ils peuvent prendre quelques jours de repos, estiment aussi devoir mettre la messe en vacances!

Sainte Eucharistie

A ce propos, et pour commencer par une anecdote tristement significative, un ancien évêque de Viviers, Monseigneur Jean Hermil – celui-là même dont feu Monsieur l’Abbé Bryan Houghton disait qu’il n’était pas un mauvais homme mais n’avait pas beaucoup de religion (cf > www), avait lui-même raconté à ses séminaristes (au temps, maintenant révolu, où il y en avait encore dans ce diocèse) que, lors de vacances qu’il avait prises pendant l’été, il avait décidé, un dimanche, de se rendre à la messe paroissiale de son lieu de villégiature.
Tout laisse supposer qu’en semaine Son Excellence ne célébrait pas ou bien se concoctait une liturgie sur mesure dans sa chambre d’hôtel…

Quoi qu’il en soit, ce dimanche là, l’évêque s’en fut à la paroisse ; il y alla – précisait-il lui même – en se rappelant que lorsqu’il était curé de paroisse il n’aimait pas que les fidèles arrivassent en retard, et qu’il convenait donc qu’il fût présent dans l’église avant le début de la cérémonie.
Monseigneur – qui était en civil (il l’était de manière habituelle!) – arriva donc avec un peu d’avance et s’assit sur un banc de la nef.

Or le curé du lieu, voyant ce monsieur qui était entré dans l’église avec un peu d’avance, s’approcha et lui demanda… de faire la lecture!
Monseigneur Hermil racontait alors en riant à ses séminaristes que la situation lui avait posé un « cas de conscience » : il ne voulait pas opposer un refus au prêtre, mais il pensait intérieurement que, si des diocésains de Viviers se trouvaient en vacances en ce même lieu et assistaient à cette messe, ils seraient peut-être choqués de voir leur évêque en pékin faire la première lecture, et il se disait en même temps en son for intérieur qu’il ne voulait pas scandaliser ce brave homme de curé (sic) en lui avouant qu’il était lui aussi prêtre, et non seulement prêtre mais évêque, parce que le dit curé n’aurait sans doute pas compris que Son Excellence ne se fût point présentée à la sacristie pour présider la concélébration!
Monseigneur, qui trouvait la situation spécialement comique, se garda bien de se nommer, courut le risque d’étonner ceux qui pourraient le reconnaître et s’en fut donc bravement lire la première lecture…

En introduction de cette anecdote, absolument véridique, je vous disais qu’elle était tristement significative.
Significative des étranges égarement d’esprit auxquels conduit le modernisme
, et aussi profondément attristante à plus d’un titre : il est déjà triste de penser qu’un évêque arrive à une telle perte de compréhension de son propre sacerdoce, et il est tout aussi affligeant qu’il veuille en faire état, comme l’occasion d’une bonne tranche de rigolade, devant des séminaristes alors qu’il eût au contraire fallu leur donner une haute idée de la prêtrise et de ses exigences!
Je tenais toutefois, malgré la douleur et le scandale que ce genre de récits peut susciter (et malgré les risques que j’encours à le faire), vous le rapporter : cela semble totalement surréaliste, mais si je ne le fais pas cela risque d’être enfoui dans les oubliettes de l’histoire jusqu’au jour du jugement dernier, et ceux qui, dans quelques années, auront à faire le bilan de cette période pourraient manquer d’éléments concrets pour comprendre pourquoi certains diocèses se sont ainsi effondrés. Le poisson (Ichtus) pourrit toujours par la tête!

Sainte Eucharistie

Mais j’en reviens à ma chronique. J’avais donc commencé à vous parler du passage d’amis prêtres en notre « Mesnil-Marie » et je voulais vous raconter comment la divine Providence a entendu un souhait de Frère Maximilien-Marie.

Lully devant l'autel de Sainte Philomène

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Vous le savez, c’est une habitude que j’ai prise lorsque j’étais un chaton (cf. > www), j’aime à accompagner mon papa-moine à l’oratoire quand il y fait ses oraisons.
Dans notre oratoire provisoire, j’ai une chaise qui m’est spécialement attribuée, à côté de son prie-Dieu, juste devant l’autel provisoire de Sainte Philomène (photo ci-dessus).

Le mercredi 3 août, Frère Maximilien-Marie, à la fin de son oraison, se disait que ce serait vraiment bien si un prêtre pouvait venir chez nous le 11 août, afin d’y célébrer la messe de Sainte Philomène.
Il ne voyait toutefois pas qui pourrait être disponible. Alors il s’est tourné vers la statue de Sainte Philomène et il a dit : « Après tout, c’est vous que ça concerne le plus! Donc si vous voulez que cela se fasse, débrouillez-vous! »

Il faut croire que Sainte Philomène n’a pas été mécontente du procédé puisque le lendemain même, à midi et demi en rentrant du marché, Frère Maximilien-Marie découvrait sur notre répondeur téléphonique un message laissé par un prêtre ami demandant à venir trois jours au « Mesnil-Marie » : vous surprendrai-je si je vous dis que la date de la fête de Sainte Philomène était incluse dans ces trois jours?

Le 11 août donc, date à laquelle, et quoi qu’on en ait dit, il est toujours permis de célébrer la fête de Sainte Philomène, nous avons chanté la messe en présence de quelques amis (dont une fillette prénommée Philomène).
A l’issue de la célébration, nous nous sommes tous mis à genoux devant son autel pour la récitation des litanies de Sainte Philomène et, comme vous pouvez le constater, j’étais moi aussi très attentif à cette supplication…

Récitation des litanies de Sainte Philomène

(Cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Parmi les autres faits religieux marquants de ce dernier mois d’août, il y a eu, bien sûr, la grande et belle fête de l’Assomption de Notre-Dame.
Elle fut célébrée avec une très grande ferveur dans notre « paroisse rituelle » et j’étais très fier que Frère Maximilien-Marie puisse concourir à la beauté de la cérémonie en y apportant les plus beaux de nos ornements et le reliquaire contenant une parcelle du Voile de Notre-Dame que les fidèles furent heureux de vénérer après la Procession du Voeu de Louis XIII.

15 août 2011 : retour de la procession dans l'église

Le lendemain de l’Assomption, c’est la fête de Saint Roch : un saint qui est traditionnellement très aimé et vénéré en nos contrées qu’il protégea à maintes reprises des épidémies.
Tous les 16 août, donc, Frère Maximilien-Marie, aime se rendre au pèlerinage qui a lieu en son honneur à Antraïgues-sur-Volane et dont je vous avais déjà parlé en 2009 (cf. > www) en publiant quelques clichés de la chapelle.
En ce qui me concerne, vous savez que je n’aime pas du tout les chiens, par lesquels j’ai été coursé à plusieurs reprises et qui m’inspirent une véritable terreur. Il n’y a que celui de Saint Roch dont je supporte la « présence » en notre « Mesnil-Marie » : parce que la grande sainteté de son maître a déteint sur lui et qu’il reste bien sage, toujours immobile et silencieux à ses pieds!

Reliquaire de Saint Roch au Mesnil-Marie

Reliquaire de Saint Roch exposé dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Pour ce qui est des activités qui tout en n’étant pas étrangères au domaine religieux présentent en même temps un aspect culturel, Frère Maximilien-Marie, au cours de ce mois d’août, a assuré deux visites-promenades « Sur les pas du Grand Chanéac« .
Il a aussi animé dernièrement un modeste « concert spirituel », présentant le chant grégorien à travers quelques pièces simples et variées couvrant toute l’année liturgique, qu’il a expliquées et interprétées.

Dans le même registre, je dois mentionner que notre Frère a eu les honneurs de la presse non seulement pour les activités que j’ai mentionnées au paragraphe précédent, mais aussi parce que l’association des « Amis du Mézenc » a publié dans son 23ème cahier (publication annuelle qui est très attendue par les régionalistes) le « Conte du Mézenc farceur et des nuages chatouilleux » que Frère Maximilien-Marie a composé à partir de la remarque d’un petit enfant…

2011-65. Chronique du mois d'août 2011 au Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully prsentationcahierdumzencn23001copie

(Cliquer sur la photo ci-dessus pour la voir en plus grand format)

Quelques autres nouvelles rapides pour terminer : dans la nuit du 2 au 3 août nous avons ressenti les effets d’un tremblement de terre d’une magnitude de 3,7 dont l’épicentre se trouvait dans le sud de notre Vivarais, mais il n’y a fort heureusement eu aucun dégâts à déplorer ; dans les derniers jours de la lune décroissante d’août – période favorable recommandée par les savoir-faire ancestraux – tous les hommes de notre hameau ont procédé au grand nettoyage de notre béalière (ce petit canal très ancien auquel nous devons notre alimentation en eau), mais de cela je compte bien vous reparler très bientôt ; et puis nous avons eu la semaine dernière des orages particulièrement violents, dont l’un des effets a été la mise à mort de nos appareils téléphoniques

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Savez vous ce qu’est une pipistrelle?
Pour le chat théologien que je suis, il avait d’abord semblé que c’était (analogiquement) aux souris ce que les anges sont aux hommes.

Mais Frère Maximilien-Marie m’a fait tout un cours sur elles : il m’a expliqué combien ces mammifères très sympathiques (dont les dames ont absolument tort d’avoir peur) sont utiles et nécessaires.
Tout ceci parce que, à plusieurs reprises ces dernières nuits, il est arrivé que certaines d’entre elles entrent chez nous et que j’ai alors fait un raffut considérable à leur courir après et en sautant pour les attraper.
Cela a réveillé mon papa-moine qui a dû se lever et m’a enlevé celle dont j’avais réussi à me saisir au vol ; il l’a remise en liberté après s’être assuré qu’elle n’était pas blessée et il m’a sévèrement défendu de leur faire le moindre mal !

Pipistrelle commune

Et voilà, j’ai achevé le tour d’horizon de ce mois d’août 2011. Mais je ne veux pas vous quitter sans vous recommander d’abord très vivement de vous unir à la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame de Compassion, Notre-Dame des Sept Douleurs, du 6 au 14 septembre > www.

En toute amitié,

                                                     pattes de chatLully.

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Appel à l’aide :
Aidez-nous à finaliser les travaux de la Crypte Sainte Philomène et à régler les factures des artisans auxquels il nous est nécessaire d’avoir recours

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2011-64. Enseignements de Saint Louis à son fils le Prince Philippe.

Le 25 août, nous fêtons Saint Louis IX. Au Mesnil-Marie, nous avons l’immense grâce de conserver l’une de ses reliques que nous exposons ce jour dans notre oratoire.
Surtout, profitons de cette fête pour méditer les exemples et les enseignements du plus grand et du plus saint de nos Rois.
Nous reproduisons ci-dessous le texte habituellement reçu (en français contemporain) des fameux « Enseignements » que le saint monarque mit par écrit à l’intention de son fils, le Prince Philippe, qui lui succèdera comme Philippe III le Hardi.

le Christ remettant la Couronne d'Epines à Saint Louis

Le Christ remettant à Saint Louis la Sainte Couronne d’Epines
(Simon Vouet – église Saint Paul Saint Louis, au Marais)

Cher fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir.

Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire et qui sont en ton pouvoir, et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver, et qu’avant de faire un péché mortel avec connaissance, que tu souffrirais que l’on te coupât les jambes et les bras et que l’on t’enlevât la vie par le plus cruel martyre.

Si Notre Seigneur t’envoie persécution, maladie ou autre souffrance, tu dois la supporter débonnairement, et tu dois l’en remercier et lui savoir bon gré, car il faut comprendre qu’il l’a fait pour ton bien. De plus, tu dois penser que tu as mérité ceci (et encore plus s’il le voulait) parce que tu l’as peu aimé et peu servi, et parce que tu as fait beaucoup de choses contre sa volonté.

Si Notre Seigneur t’envoie prospérité, santé du corps ou autre chose, tu dois l’en remercier humblement, et puis prendre garde qu’à cause de cela il ne t’arrive pas de malheur causé par orgueil ou par une autre faute, car c’est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.

Cher fils, je t’enseigne que tu entendes volontiers le service de la sainte Église, et quand tu seras à l’église, garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillement ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l’oraison pendant que le corps de Notre Seigneur jésus Christ sera présent à la messe, et puis aussi pendant un petit moment avant.

Cher fils, je t’enseigne que tu aies le cour compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considéreras comme souffrants ou de cour ou de corps ; et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes.

Prends garde que tu sois si bon en toutes choses qu’il soit évident tu reconnaisses les générosités et les honneurs que Notre Seigneur t’a faits de sorte que, s’il plaisait à Notre Seigneur que tu aies l’honneur de gouverner le royaume, tu sois digne de recevoir l’onction avec laquelle les rois de France sont sacrés.

Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice.

Sois bien diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de sainte Église ; défends qu’on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes ou en leurs biens.

Cher fils, je t’enseigne que tu sois toujours dévoué à l’Église de Rome et à notre saint-père le Pape, et lui portes respect et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.

Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre, c’est-à-dire les vilains serments et toute chose qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre-Dame ou les saints : péchés de corps, jeux de dés, tavernes ou autres péchés. Fais abattre tout ceci en ta terre sagement et en bonne manière.

Cher fils, je te donne toute la bénédiction qu’un père peut et doit donner à son fils, et je prie Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ que, par grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et des anges et et des archanges, de tous les saints et de toutes les saintes, il te garde et te défende que tu ne fasses chose qui soit contre sa volonté, et qu’il te donne grâce de faire sa volonté afin qu’il soit servi et honoré par toi ; et puisse-t-il accorder à toi et à moi, par sa grande générosité, qu’après cette mortelle vie nous puissions venir à lui pour la vie éternelle afin de le voir, aimer et louer sans fin. Amen.

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Prières et litanies en l’honneur du Roi Saint Louis > www.

Litanies du Saint Coeur de Marie :

La dévotion a inspiré plusieurs formules de litanies en l’honneur du Coeur de Marie : aucunes d’entre elles ne font partie des litanies officielles de l’Eglise (qui peuvent être utilisées lors des cérémonies liturgiques), toutefois celles dont nous reproduisons le texte ci-dessous ont été publiées dans le « Manuel de piété à l’usage des élèves du Sacré-Coeur » qui avait reçu l’approbation de l’évêque du Mans en 1835.

Saint Coeur de Marie

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Coeur de Marie conçue sans péché,priez pour nous!
Coeur de Marie, objet des complaisances du coeur de Dieu, priez pour nous!
Coeur de Marie, uni au Coeur de Jésus, priez pour nous!
Coeur de Marie, organe du Saint-Esprit, priez pour nous!
Coeur de Marie, sanctuaire de l’adorable Trinité, priez pour nous!
Coeur de Marie, tabernacle du Verbe incarné, priez pour nous!
Coeur de Marie, immaculé dès le commencement, priez pour nous!
Coeur de Marie, rempli de grâce, priez pour nous!
Coeur de Marie, béni entre tous les coeurs, priez pour nous!
Coeur de Marie, trône de gloire, priez pour nous!
Coeur de Marie, abîme d’humilité, priez pour nous!
Coeur de Marie, holocauste du divin amour, priez pour nous!
Coeur de Marie, fixé à la croix avec Jésus crucifié, priez pour nous!
Coeur de Marie, consolation des affligés, priez pour nous!
Coeur de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous!
Coeur de Marie, espérance des agonisants, priez pour nous!
Coeur de Marie, siège de la miséricorde, priez pour nous!

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur!
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur!
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous!

V/. Marie immaculée, douce et humble de coeur,
R/. Rendez mon coeur semblable au Coeur de Jésus!

Oraison :

Dieu très clément, qui, pour donner le salut aux pécheurs et un refuge aux miséreux, avez voulu que le Coeur immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie soit semblable par la charité et la miséricorde au divin Coeur de Jésus-Christ votre Fils, accordez à ceux qui honorent ce Coeur très doux et très aimant de parvenir, par l’intercession et les mérites de cette Bienheureuse Vierge, à une parfaite conformité avec le Coeur de Jésus, Lui qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Sacrés Coeurs de Jésus et Marie

Quelques autres prières que nous avons publiées : « Prière de Saint François de Sales à Notre-Dame » > www ; « Prière au Coeur immaculé de Marie, refuge des pécheurs » > www ; « Confiante supplication à Notre-Dame de Compassion » > www ; « Prière du Rd. Père de Grandmaison » > www.

2011-63. Légende du Roi Robert de Sicile.

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Vendredi soir 19 août 2011.

Aujourd’hui, dans nos montagnes, il faisait une chaleur caniculaire qui rendait impossible de travailler dehors au débroussaillage. Alors, j’ai aidé Frère Maximilien-Marie à classer et à ranger des documents. C’est ainsi que je suis tombé sur un classeur contenant des textes qu’il avait rédigés, ou bien adaptés à partir d’anciennes légendes, pour en faire des saynètes jouées lors de petits spectacles de camps de vacances ou de soirées scoutes.

J’ai donc décidé de recopier pour vous la « Légende du Roi Robert de Sicile ».

Lully.

Palerme - le palais royal dit palais des Normands

Il y a bien des siècles, au temps où la Sicile était un royaume indépendant, elle eut pour souverain un roi puissant et redouté qui avait pour nom Robert.
Il était d’un caractère fier et ombrageux. Victorieux en toutes ses batailles, il avait pris l’habitude de voir toutes les volontés soumises à la sienne et toute chose s’incliner sous son sceptre. On le craignait plus qu’on ne l’aimait.

Un jour où il faisait célébrer dans la somptueuse chapelle palatine un office solennel pour magnifier l’une de ses victoires, il remarqua une phrase qui revenait d’une manière régulière dans le chant.
Comme il n’entendait point la langue latine, il fit signe à l’un des chapelains qui entourait son trône :
« - Mon Père, dites-moi donc : quel est le sens de cette parole qui revient si souvent, comme une espèce de refrain, dans le chant du choeur?
- Sire, répondit l’ecclésiastique, c’est un verset du « Magnificat » : « Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles », et cela signifie : « Le Seigneur a déposé des puissants de leurs trônes et il a exalté les humbles »…
- Comment? s’indigna Robert. Qu’est ce que cela veut dire? Se moque-t-on de moi jusque dans mon propre palais?… Mon trône à moi est ferme, et personne ne me l’enlèvera! J’en suis l’héritier légitime par droit de naissance, et je travaille chaque jour à le rendre plus glorieux par mes conquêtes! Dieu serait bien injuste s’il me l’ôtait! »

L’orgueil de Robert avait été touché au vif. Contrarié, mécontent, il se renfrogna. L’office était long, sa beauté lui devint insipide et ennuyeuse… au point qu’il s’assoupit.

Palerme - chapelle palatine

Quand il se réveilla, il fut bien étonné de se retrouver tout seul, dans la pénombre de la chapelle où seule la flamme tremblotante des veilleuses se reflétait dans l’or des somptueuses mosaïques.

Il bondit : « Quoi? On m’a laissé tout seul, moi, le Roi! Et dans le noir… »
Il était furieux et se précipita vers la porte, qu’il trouva close : « Et on m’a enfermé qui pis est! »
Il s’étranglait d’indignation et se mit à crier, à hurler, si bien qu’un sacristain finit par se montrer : « Que se passe-t-il, l’homme? Que fais-tu là? Pourquoi troubles-tu la quiétude du lieu saint?… »

Robert lui sauta dessus : « C’est ainsi que tu parles à ton Roi? »
Le sacristain éclata de rire : « Tu as trop bu, ou tu es fou… Mon roi! Ah!Ah!Ah!… Regarde-toi donc, gueux! En voilà des atours de roi!… »

Robert, baissant les yeux, se rendit alors compte qu’il portait des haillons, sales et déchirés, qu’il était pieds nus et n’arborait plus ni pierreries ni dague précieuse au côté.
Il n’en hurla que davantage, si bien que le sacristain perdit patience et appela les gardes qui se saisirent de lui et le jetèrent dehors sans ménagement.

Main de mendiant

Robert ne décolérait pas. Et cependant ne lui faudrait-il pas se rendre à l’évidence? Méconnaissable sous ses haillons, réduit à la mendicité comme tout le cortège des gueux qui trouvait refuge sous les arcades des rues ou sous les porches des églises, personne ne prêtait attention à lui, à ses protestations et à ses cris. Quant à ses menaces et ses vociférations elles n’inspiraient que rires!

Les semaines passaient. Chaque jour, il se présentait à la porte de son propre palais et réclamait avec arrogance qu’on le rétablît dans ses droits.
Les gardes se moquaient de lui puis, lassés, finirent par le molester.
Robert n’y comprenait rien. Souvent il se disait qu’il était en train de faire un horrible cauchemar, qu’il allait se réveiller… mais il se réveillait chaque matin dans ses guenilles et dans sa crasse. Non seulement il ne parvenait pas à se faire reconnaître, mais force lui fut de constater que le trône de Sicile était occupé par un autre roi!

Mais était-ce bien un autre? Robert l’apercevait, caracolant à la tête de ses hommes d’armes, quand il sortait du palais.
Ce roi était en tous points semblable à lui, comme s’il s’était agi d’un frère jumeau. Les rumeurs de la rue rapportaient que ce roi, qui occupait son trône et qu’on appelait aussi Robert, gouvernait dans la justice et l’équité, qu’il était doux et compatissant, bon et courtois avec tous…

Fou de rage et de dépit, Robert le rejeté, Robert le méprisé, Robert le méconnu n’était toutefois pas au bout de ses humiliations…

Grands de la terre fin du Moyen-Age

Ce fut encore plus terrible en effet, le jour où son frère aîné, l’empereur germanique, et son cousin, le Pape, vinrent en Sicile.

Il y eut des festivités extraordinaires et de splendides cortèges à travers toute la ville pavoisée. Il y eut des cérémonies somptueuses et de mirifiques cavalcades. Il y eut des festins et des tournois…
L’empereur germanique semblait véritablement reconnaître son frère dans l’usurpateur du trône de Robert : lorsqu’il avait été accueilli à la porte de la ville, il n’avait point marqué d’hésitation mais l’avait embrassé avec la plus vive affection.
Quant au Pape, qui était du même âge que Robert et dont il avait été l’inséparable compagnon de jeux pendant l’enfance et l’adolescence, il ne semblait pas non plus avoir le moindre doute sur l’identité de celui qui le recevait avec autant de chaleur que de fastes!

Au dernier jour des fêtes, alors que toute la cité en liesse se rendait à la cathédrale pour la grande cérémonie d’action de grâces célébrée par le Pape lui-même devant l’empereur et le roi, Robert, au comble de l’indignation, n’y tint plus. Il parvint à fendre la foule des courtisans et des soldats au moment où Sa Sainteté et leurs Majestés saluaient longuement le bon peuple depuis le parvis, avant d’entrer en procession solennelle dans la grand’nef : « Très Saint Père! Majesté!… Mon frère! Mon cousin! Je suis le roi Robert et cet homme est un imposteur… Rendez-moi justice! Je suis Robert, Robert de Sicile!… »

Le roi qui n’était pas Robert mais qui était si semblable à lui fit un geste en direction des gardes qui repoussèrent Robert promptement et sans ménagement, tandis qu’il déclarait à ses hôtes : « Ne prêtez point attention à ce pauvre homme : il mérite plus de pitié que de colère pour ses propos insensés! »

Palermo Duome de Montreale

Sous les ors des mosaïques, la cérémonie se déroulait avec une magnificence sans pareille. Après l’entrée des cortèges et des fidèles, malgré l’affluence, Robert l’humilié avait réussi à se faufiler dans la cathédrale et à se blottir derrière un pilier, tout au fond… Des trompettes d’argent alternaient avec les voix puissantes des choeurs, tandis que des volutes d’encens s’élevaient jusqu’à la représentation du Pantocrator triomphant de l’abside.

Alors il entendit à nouveau s’élever le chant du « Magnificat » dont les versets, d’abord chantés par le choeur étaient repris avec une joyeuse ferveur par la foule : « Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles! Il a déposé des puissants de leurs trônes et il a exalté les humbles… »
Cette parole lui pénétra le coeur, et il se souvint du jour où il s’était révolté contre elle.

Il comprit que Dieu l’avait dépossédé, lui, Robert l’orgueilleux qui s’était insurgé contre les vérités proclamées par les Saintes Ecritures. Il réalisa qu’il s’était attribué à lui-même les mérites des dons du Tout-Miséricordieux. Il vit toute la grandeur de sa faute et il fut pris de repentir.

Robert le contrit pleura… et ses larmes qui coulaient en abondance lui firent du bien à l’âme.

L’office était terminé depuis longtemps. La foule s’était retirée. Robert prosterné le front contre terre était là, dans la pénombre, à pleurer et à demander pardon.

Pantocrator Duomo de Montreale Palerme

Un pas résonna sur les dalles. Quelqu’un s’approcha de lui. Une main le releva.

C’était le roi qui lui ressemblait, le roi qui avait pris sa place, le roi qui avait pris son nom, le roi qu’il ne connaissait pas et que tous prenaient pour lui. Et ce roi inconnu, qui lui ressemblait tant mais qui n’était pas lui, lui demanda : « Qui es tu? »

- Je ne sais plus qui je suis, murmura Robert. Je croyais être le glorieux roi Robert de Sicile, mais je ne suis qu’un pauvre pécheur qui a offensé la Majesté divine…
Il y eut un silence d’une étrange plénitude. Puis l’inconnu reprit:
- Et moi, sais-tu qui je suis?
- Peut-être est-ce vraiment toi Robert de Sicile?…
- Non. Je suis un ange de Dieu, l’ange gardien de ton royaume, et Dieu a voulu que par moi tu reçoives cette salutaire leçon. Tu es le roi Robert ; tu es Robert de Sicile. J’ai pris ton apparence et ton trône pour que tu puisses apprendre combien l’humilité seule est agréable au coeur de Dieu. Mais maintenant que ton orgueil a été abaissé et que tu as reconnu ta faute, maintenant que tu t’es humilié devant le Seul Puissant et Glorieux, Dieu m’envoie te rendre ton nom, ton trône et les insignes de cette majesté dont tu lui es redevable et qui ne doit rien à tes propres mérites…

L’ange remit donc à Robert sa couronne et ses vêtements royaux, il lui restitua son épée et son sceptre, puis il le bénit avant de disparaître : « Souviens-toi que l’orgueil fait le malheur des hommes, et qu’il fait aussi le malheur des peuples lorsque celui qui les gouverne lui a livré son coeur. Sois désormais un roi selon le Coeur du Dieu qui déploie la puissance de son bras pour disperser les superbes en la pensée de leur coeur, qui dépose des puissants de leurs trônes mais qui exalte les humbles… »

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Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels | le 19 août, 2011 |4 Commentaires »

2011-62. Leçon d’économie appliquée.

ou « un joli tour de passe-passe ».

Une fois n’est pas coutume, je vais aujourd’hui vous entretenir… d’économie!

Je ne sais plus qui, il y a déjà longtemps, avait envoyé cette histoire par courrier électronique à Frère Maximilien-Marie : au delà de son aspect anecdotique et un tantinet humoristique, elle porte en elle une vérité profonde, qui est tout à fait dramatique et dont on ne peut pas faire autrement que d’y voir l’un des aspects réels de la plus qu’inquiétante situation actuelle de l’économie mondiale, qui repose en très grande partie sur la virtualité et le bluff.

Je vous y laisse réfléchir…

pattes de chat   Lully.

Billet cent euros

Cela se passe dans un village humide et froid au fin fond d’une campagne sinistrée par la crise économique.
Les temps se font de plus en plus durs pour les gagne-petit : tout le monde est endetté, tout le monde vit à crédit

Dans un jour maussade entre les jours maussades, arrive un voyageur allemand… Riche!
Il arrête sa grosse et belle voiture devant l’unique petit hôtel de la bourgade, où il entre.

Il sort un billet de 100 € et le pose sur le comptoir, en demandant à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit.

L’hôtelier lui donne les clefs, lui montre l’escalier et lui dit de choisir celle qu’il veut à l’un des deux étages : elles sont toutes libres!

Dès que l’Allemand s’est engagé dans l’escalier, l’hôtelier se saisit du billet de 100 € et se précipite chez le boucher voisin pour régler sa dette envers lui, qui est justement de 100 €.
Le boucher, qui doit lui aussi de l’argent, mais à un éleveur de porcs, se rend immédiatement chez lui et lui donne le  billet de 100 €.
L’éleveur à son tour règle 100 € sur ses dettes envers la coopérative agricole, où il achète ses fournitures, et, dès qu’il a tourné les talons, le directeur de la coopérative court au bistrot pour régler sa note de consommations.
Le barman glisse tout aussitôt le billet à un ami qui lui fournit ses entrées au casino à crédit déjà depuis des semaines, et ce dernier enfin, qui utilise l’hôtel professionnellement, court régler son compte avec l’hôtelier.

L’hôtelier dépose le billet sur le comptoir, là où le touriste l’avait posé auparavant.

Or justement, le voyageur allemand redescend l’escalier et déclare qu’il ne trouve pas les chambres à son goût : il reprend son billet et il s’en va.

Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais personne n’est plus endetté…

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Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 19 août, 2011 |3 Commentaires »

Litanies de Saint Roch.

En notre diocèse – comme en de nombreux diocèses du sud de la France -, nous célébrons le 16 août la fête de Saint Roch (qui supplante celle de Saint Joachim): la statue de ce grand thaumaturge, originaire de Montpellier, se trouve dans un très grand nombre d’églises car son intercession fut sollicitée contre les épidémies et tout particulièrement celles de la peste.
Pas très loin de notre Mesnil-Marie, existe un pèlerinage séculaire en son honneur que nous aimons beaucoup (cf.> www).
Nous publions ci-dessous des litanies de Saint Roch, approuvées pour la récitation privée, et nous vous encourageons à prier avec ferveur ce très grand saint pour qu’il nous préserve tous non seulement de la contagion des maladies corporelles mais plus encore de la peste du péché.
Nous recommandons aussi à Saint Roch tous les malades, tous ceux que nous connaissons, mais aussi ceux que nous ne connaissons pas et qui sont isolés, physiquement et moralement ; nous prions aussi pour tous les visiteurs des malades et les « professionnels de la santé » : médecins, infirmiers, aide-soignants…

St Roch intercédant pour la cessation de la peste (David - 1780)

Saint Roch intercédant pour la cessation de la peste (J.L. David – 1780)

Seigneur , ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Roch, issu de parents nobles, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez méprisé le monde avec tant de générosité, priez pour nous.
Saint Roch, fidèle disciple de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Roch, imitateur constant de la mortification de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Roch, qui, pour l’amour de Jésus-Christ, avez chéri les opprobres,
Saint Roch, qui, quoique innocent, avez enduré les mépris et les fers, priez pour nous.
Saint Roch, embrasé des feux de l’amour divin, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez distribué vos biens aux pauvres, et qui vous êtes si généreusement sacrifié pour eux, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez exposé votre vie au service des malades, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez servi les pestiférés avec un zèle si héroïque, priez pour nous.
Saint Roch, rendu miraculeusement à la vie, priez pour nous.
Saint Roch, le salut des plus illustres cités, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez guéri les pestiférés par le signe de la Croix, priez pour nous.
Saint Roch, dont le nom a été célébré par les oracles de l’Eglise, priez pour nous.
Saint Roch, notre protecteur, priez pour nous.
Saint Roch, couronné de gloire et d’honneur par Jésus-Christ, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Priez pour nous, bienheureux saint Roch,
R/. Afin que nous méritions d’être délivrés des maladies de notre âme et de notre corps.

Oraison :

Nous vous supplions, Seigneur, de veillez sur votre peuple avec un amour continuel ; et, par les suffrages et les mérites de saint Roch, préservez-nous des fléaux de l’âme et du corps. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Vu et approuvé, Aix, le 14 août 1839.
Jacquemet, vicaire général.

Reliquaire de Saint Roch (le Mesnil-Marie)

Reliquaire de Saint Roch conservé au Mesnil-Marie.

Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.

Christe audi nos.
Christe exaudi nos.

Pater de coelis Deus, miserere nobis.
Fili Redemptor mundi Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas unus Deus, miserere nobis.

Sancta Maria, ora pro nobis.
Sancte Roche, nobili sanguine nate, ora pro nobis.
Sancte Roche, generose mundi contemptor, ora pro nobis.
Sancte Roche, fidelis Christi assecla, ora pro nobis.
Sancte Roche, mortificationem Jesu jugiter portans, ora pro nobis.
Sancte Roche, pro Christo opprobria mendicans, ora pro nobis.
Sancte Roche, vincula et ludibria insons experte, ora pro nobis.
Sancte Roche, charitatis flamma succense, ora pro nobis.
Sancte Roche, pauperibus impendens tua et teipsum super impendens, ora pro nobis.
Sancte Roche, aegris propriam vitam profundens, ora pro nobis.
Sancte Roche, peste laborantibus invicta cura inserviens, ora pro nobis.
Sancte Roche, vitae divinitus reddite, ora pro nobis.
Sancte Roche, insignium urbium salus, ora pro nobis.
Sancte Roche, Crucis signo luem fugans, ora pro nobis.
Sancte Roche, Ecclesiae oraculis celebrate, ora pro nobis.
Sancte Roche, protector noster, ora pro nobis.
Sancte Roche, gloria et honore a Christo coronate, ora pro nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

V/. Ora pro nobis, beate Roche.
R/. Ut a malis mentis et corporis liberari mereamur.

Oremus : Populum tum, quaesumus, Domine, continua pietate custodi ; et beati Rochi suffragantibus meritis, ab omni fac animae et corporis contagione securum. Per Dominum… Amen.

Publié dans : Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 15 août, 2011 |3 Commentaires »

2011-61. Du soixante-dixième anniversaire du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

9ème dimanche après la Pentecôte, 14 août 2011.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

En ce 14 août, même si la célébration liturgique de sa fête est empêchée par celle du dimanche, nous commémorons le soixante-dixième anniversaire de l’entrée dans la gloire de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Saint Maximilien-Marie Kolbe

Nous sommes à Auschwitz, à la fin du mois de juillet 1941. Dans le bloc 14, celui du Père Maximilien-Marie, un homme manque à l’appel : il s’est évadé.
Les prisonniers se rappellent avec effroi de la menace du chef de camp : pour un évadé, vingt hommes de son bloc seront condamnés à mourir de faim.
La peur les tenaille tous cruellement, eux qui, dans les tortures les plus raffinées auxquelles ils sont soumis chaque jour, ont pu désirer la mort comme une délivrance…
La mort, oui, mais pas cette mort-là : agoniser pendant des jours, au compte-gouttes ; la faim et la soif qui vous dessèchent les entrailles, vous remplissent les veines de feu et vous conduisent à la folie…
Tous savent quels hurlements terrifiants retentissent du côté du « bloc de la mort ». Les geôliers eux-mêmes ne cachent pas qu’ils en sont terrorisés.

Le lendemain, après l’appel, les prisonniers du bloc 14 doivent rester debout, au garde à vous, en plein soleil. De toute la journée, on ne leur donne rien.
Des SS les surveillent et « maintiennent » l’ordre à coups de crosse. Lorsqu’un prisonnier tombe d’épuisement et que les coups ne le ramènent pas de son évanouissement, on le traîne hors des rangs : les corps sont entassés…
Les visages de ceux qui tiennent sont tuméfiés par la chaleur.
Le Père Maximilien-Marie, ce malade vingt fois condamné par les médecins, ne tombe pas, reste lucide…
Comme Marie sous la croix, avec Marie sous la croix, il est debout.

En son for intérieur, il est étrangement paisible : résolu comme jamais, il sait que la grâce qui lui a été prophétisée et à laquelle il a librement consenti lorsqu’il avait dix ans, vient à lui dans le silence.
Elle est toute proche. Elle est là.
Et si son corps est contraint de rester immobile, son âme se précipite pour l’embrasser.

Au soir, le chef de camp revient : « L’évadé n’a pas été retrouvé. Dix d’entre vous mourront à sa place dans le bunker de la faim. La prochaine fois, il y en aura vingt… Toi… Toi… Et encore toi… « 
En savourant la terreur qu’il inspire, l’officier prend son temps pour parcourir les rangs et désigner ceux qu’il envoie à la mort.

- Ooooh… ma pauvre femme… mes enfants! sanglote l’un des désignés.

Et c’est là que, à la stupéfaction de tous – prisonniers et bourreaux -, le Père Maximilien-Marie s’avance.

- Que me veut ce cochon de polonais? hurle le Lagerführer.
- Je voudrais mourir à la place d’un de ces condamnés.

le SS est abasourdi. Il cherche à comprendre.
- Et pourquoi?
- Je suis vieux ; je ne suis plus bon à rien
- Pour qui veux tu mourir?
- Celui-ci : il a une femme et des enfants.
- Qui es-tu?
- Prêtre catholique.

La grâce passe malgré lui dans la tête du SS qui ne comprend rien, qui est dépassé et qui cède à la volonté de ce prêtre, lui lui qui ne revient jamais sur les ordres qu’il a donné : « Soit! va avec eux… »

Les prisonniers sont emmenés. 
Ils doivent se mettre totalement nus et on referme sur eux la porte.
Père Maximilien-Marie peut dire en toute vérité : « O ma Reine, ô ma Mère : Vous avez tenu parole! Et c’est pour cette heure ci que je suis né! »

Dans le bloc de la mort, enfer en miniature qui ne retentissait jusqu’alors que des hurlements de désespoir, des voix s’élèvent : ces hommes épuisés, ces condamnés à mort chantent et prient…
Depuis la cellule où sont enfermés le Père Kolbe et ses neuf compagnons, la prière se répand : de cellule en cellule les prières et les chants gagnent tout le bloc de la mort.
Les gardiens sont médusés : jamais le terme de « chapelle ardente » n’a été si adapté pour désigner un lieu de mort!

Chaque jour, les voix se font plus faibles, moins nombreuses… mais pas moins ferventes.

Chaque jour des prisonniers sont commis pour enlever les cadavres. L’un d’eux témoignera : le Père Maximilien était toujours debout ou à genoux, priant à haute voix, lors même que tous les autres gisaient comme des loques.
Les SS qui président à l’enlèvement des cadavres ne supportent pas le regard que le Père pose sur eux : « Détourne les yeux! Ne nous regarde pas ainsi! »

Les jours passent.
Le 14 août, il n’y a plus que 4 survivants, mais seul Père Maximilien-Marie est conscient : le bon pasteur arrive au terme de la mission que lui a confiée la Vierge Immaculée.
Il a accompagné tout son petit troupeau jusqu’à la porte de l’éternité, jusqu’à l’entrée dans le Coeur de Jésus.
Il est assis, sans force, appuyé au mur.

A ceux qui viennent l’achever par une piqûre de phénol, il tend lui-même son bras décharné.

Un peu plus tard on vient chercher son corps qui sera brûlé le lendemain, 15 août.
Le détenu chargé d’enlever les corps témoignera : les autres cadavres étaient sales, avaient les traits ravagés… Mais lui, on eût dit qu’il répandait de la lumière : ses yeux grands ouverts donnaient l’impression d’une extase.

« A celui qu’il aime, Dieu envoie la croix pour qu’il ait la possibilité de rendre à Dieu l’amour qu’il a eu pour nous…«  avait écrit le Père Maximilien-Marie en 1938.

Bunker de la faim - 14 août 1941

Lui qui aimait tant le vieux cantique français « J’irai la voir un jour » s’en est allé, comme le dit le dernier couplet : « loin de la terre sur le Coeur de sa Mère reposer sans retour », et celà au moment où l’Eglise dans sa liturgie commençait à célébrer le grand triomphe de Marie sur la mort et sur le mal.

(récit établi en bonne partie d’après Maria Winowska)

Prière à Saint Maximilien-Marie Kolbe :

O Saint Maximilien-Marie, disciple très fidèle du Petit Pauvre d’Assise, qui, enflammé de l’amour de Dieu, avez passé votre vie dans la pratique assidue des vertus héroïques et les oeuvres saintes de l’apostolat, jettez un regard sur nous, vos dévots, qui avons confiance en votre intercession.

Vous qui, irradié de la lumière de la Vierge Immaculée, avez attiré des âmes innombrables vers les idéaux de la sainteté, les appelant en même temps à toutes les formes de l’apostolat pour le triomphe du bien et l’expansion du Royaume de Dieu, obtenez-nous la lumière et la force pour faire le bien et pour attirer beaucoup d’âmes à l’amour du Christ.

Vous qui, dans une parfaite conformité au Divin Sauveur, avez obtenu un si haut degré de Charité, jusqu’à offrir, en témoignage d’amour, votre vie pour sauver celle d’un frère prisonnier, obtenez-nous du Seigneur qu’animés du même amour de charité, nous puissions, nous aussi, par la foi et par les oeuvres, témoigner du Christ devant nos frères, pour arriver avec vous à la possession béatifiante de Dieu dans la lumière de la gloire.

 Ainsi soit-il.

(avec approbation ecclésiastique)

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