2013-5. Dieu se sert de l’iniquité pour exercer et faire avancer les saints.

Une pieuse femme, prénommée Maxima, avait écrit au saint évêque d’Hippone pour lui exprimer sa tristesse en voyant sa province – probablement l’Espagne – livrée au travail de l’erreur ; notre bienheureux Père Saint Augustin, dans sa réponse publiée ci-dessous, lui dit ce qu’il a souvent répété : c’est que les œuvres du mal en ce monde profitent à l’avancement religieux des amis de Dieu.
Par le troisième et dernier paragraphe de cette lettre, on voit aussi que cette chrétienne demandait à Saint Augustin de confirmer la rectitude de sa foi, ou de corriger sa croyance s’il s’y était glissé quelque erreur sous l’influence des hérétiques qui répandaient leur poison dans sa province.

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Dieu se sert de l’iniquité pour exercer et faire avancer les saints.

Lettre n°264 de notre glorieux Père Saint Augustin :

* * * * * * *

Augustin à Maxima, honorable, illustre servante de Dieu et digne de louanges parmi les membres du Christ, salut dans le Seigneur!

1. Autant votre zèle religieux me fait plaisir, autant je m’afflige en apprenant quelles dangereuses erreurs envahissent votre province et l’exposent aux plus grands dangers. Mais, ces choses ayant été prédites, il ne faut pas s’étonner qu’elles arrivent : il faut être sur nos gardes pour que le mal ne nous atteigne point.
Dieu, notre libérateur, ne permettrait pas ces épreuves, si les saints ne devaient pas en tirer d’utiles instructions. Ceux qui font et propagent ainsi le mal par la perversité de leur volonté méritent l’aveuglement en ce monde, les supplices éternels s’ils persistent opiniâtrement dans leur voie et s’ils négligent de se corriger lorsqu’ils sont encore  en cette vie.
Toutefois, de même qu’ils font un mauvais usage des biens de Dieu, qui fait lever Son soleil sur les bons et sur les méchants et pleuvoir sur les justes et les injustes (
Matth. V, 45), et qui, par Sa patience les appelle au repentir, quand ils amassent un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu (Rom. II, 4-5) ; de même, dis-je, qu’en ne se corrigeant pas ils font un mauvais usage de la bonté et de la patience, c’est-à-dire des biens de Dieu, ainsi Dieu Lui-même fait un bon usage du mal qu’ils font : ce n’est pas seulement en punissant les coupables, conformément aux lois éternelles de Sa justice, c’est aussi en Se servant de l’iniquité pour exercer et faire avancer les saints afin que les bons profitent de la perversité même des méchants et qu’ils soient éprouvés et qu’ils soient mis en lumière : « Il faut, dit l’Apôtre, qu’il y ait des hérésies, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui auront été éprouvés » (I Cor. XI, 19). 

2. Car si Dieu, dans Ses desseins, n’avait pas à faire un bon usage des méchants pour l’utilité de Ses élus, Lui qui a tiré de la trahison de Judas notre rédemption par le sang du Christ, Il pourrait ou ne pas permettre qu’ils naquissent, sachant d’avance qu’ils seront méchants, ou bien les faire mourir dès leurs premiers pas dans la voie de l’iniquité ; mais Il les laisse venir au monde dans la mesure qu’Il croit utile à l’avertissement et à l’épreuve de Sa sainte maison. C’est pourquoi Il console notre tristesse, car la tristesse que nous causent les méchants devient pour nous une force, mais elle accable ceux qui persévèrent dans leur perversité.
Mais la joie que nous éprouvons lorsque l’un d’eux, sortant de sa voie, entre dans la société des saints, n’est comparable à aucune autre joie en cette vie. Il est écrit : « Mon fils, si tu es sage, tu le seras pour toi-même et pour tes proches ; si, au contraire, tu tombes dans le mal, tu en porteras seul la peine » (
Prov. IX, 12).
Quand nous nous réjouissons sur les fidèles et les justes, ce qu’ils ont de bien nous profite comme à eux ; mais quand nous gémissons sur les infidèles et les injustes, leur malice et notre affliction ne nuisent qu’à eux seuls : un grand secours auprès de Dieu nous vient aussi des tristesses miséricordieuses que nous ressentons pour eux, des gémissements et des prières que nous inspirent ces mêmes tristesses.
C’est pourquoi, honorable servante de Dieu et digne de louanges dans le Christ, j’approuve et je bénis tout ce que votre lettre renferme de tristesse, de vigilance et de prudence contre ces hommes ; et, puisque vous me le demandez, je vous exhorte, selon mes forces, à persévérer dans cette voie : gémissez sur ces méchants avec la simplicité de la colombe, mais tenez-vous en garde contre eux avec la prudence du serpent (
Matth. X, 16) ; travaillez, autant que vous le pourrez, à retenir dans la vraie foi ceux qui vous sont unis, et à ramener ceux qui seraient tombés dans quelque erreur.

3. Je rectifierais votre doctrine sur l’humanité qu’a prise le Verbe de Dieu lorsqu’Il S’est fait chair et qu’Il a habité parmi nous (Jean I, 14), si j’y trouvais quelque chose de contraire à la vérité.
Mais vous n’avez qu’à continuer à croire que le Fils de Dieu, en Se faisant homme, a pris toute notre nature, c’est-à-dire une âme raisonnable et une chair mortelle sans péché. Il a participé à notre infirmité, et non pas à notre iniquité, afin que, par cette infirmité commune à tous les hommes, Il nous délivrât de notre iniquité et nous amenât à sa justice, buvant la mort qui Lui venait de nous et nous offrant à boire la vie qui venait de Lui.
Si vous avez quelque écrit de ces gens-là, où ils soutiennent quelque chose de contraire à cette foi, veuillez me l’envoyer, afin que, non-seulement nous exposions notre foi, mais encore que nous réfutions leur erreur. Sans doute, ils s’efforcent d’appuyer leur sentiment pervers et impie sur des passages des divines Ecritures ; il faut leur prouver qu’ils ne comprennent pas bien le sens de ces lettres sacrées écrites pour le salut des fidèles : semblables à des homme qui se feraient des plaies graves avec des instruments de chirurgie destinés à guérir et non pas à blesser.
J’ai beaucoup travaillé et je travaille beaucoup encore, autant que Dieu m’en donne la force, pour combattre diverses erreurs. Si vous désirez avoir mes ouvrages, envoyez quelqu’un pour les copier : Dieu a voulu que vous puissiez le faire aisément, en vous donnant tout ce qu’il vous faut pour cela.

nika lettre de Saint Augustin dans Nos amis les Saints

2013-4. Maximes et pensées de Sa Majesté le Roy Louis XVI.

2013-4. Maximes et pensées de Sa Majesté le Roy Louis XVI. dans Lectures & relectures fleur-de-lys

En préparation des commémorations du 21 janvier, j’ai l’habitude de publier chaque année quelque texte en rapport avec le Roy-martyr.

Après le discours de Sa Sainteté le Pape Pie VI proclamant de manière formelle que c’est bien en haine de la foi que le Souverain avait été exécuté (ici > www), après le testament du Roy ( ici > www) et le récit de ses dernières heures (ici > www), après le texte de son voeu au Sacré-Coeur de Jésus (ici > www), voici donc trente maximes et pensées écrites par Sa Majesté le Roy Louis XVI
Je les ai trouvées dans le deuxième tome d’un ouvrage intitulé « Oeuvres de Louis XVI », publié – sans nom d’auteur – à Paris en 1864, aux pages 1 à 6 ; leur intitulé exact y est : Maximes écrites de la main de Louis XVI.

Voici en outre le texte de la note qui les présente :

« Louis XVI, en cherchant à se représenter, sous des formes nouvelles, des vérités qui sont de tous les temps, a suivi l’exemple des auteurs qui ont écrit des observations morales, auxquelles on est convenu de donner le nom de Maximes. Les moralistes les plus célèbres n’ont fait que répéter ce que d’autres avaient dit et souvent publié avant eux. Il n’y a que la forme de changée ; et quoiqu’on nous dise que la vérité doit être absolument nue, les écrivains, les poètes surtout, ne s’occupent qu’à la parer d’ornements qui lui donnent plus de majesté ou plus de grâce ; mais c’est surtout à lui donner un air de nouveauté que les écrivains s’exercent ; et voilà pourquoi la plupart, en cherchant l’originalité, n’atteignent que la bizarrerie.
Ce n’est point comme moraliste, ou comme littérateur, que Louis XVI a écrit ces Maximes, qui ne sont en quelque sorte que des souvenirs. Les vérités qu’il a retracées lui paraissaient sans doute usuelles, car la plupart sont relatives au poste auguste où la Providence l’avait placé. On ne doit donc point les juger comme ces pensées où un auteur peint le genre de son esprit et le caractère de son style, plus encore que la morale qui lui est propre ; ici je ne vois point l’écrivain, mais j’admire les vertus du Prince : c’est toujours Louis XVI se peignant lui-même. Sous ce point de vue, le seul véritable, et qui me dispense d’établir un parallèle entre ces maximes et celles d’autres moralistes, ce petit Recueil de pensées me paraît précieux, parce que les principes que le monarque y rappelle sont en harmonie parfaite avec ceux de ses autres écrits, et avec sa conduite dans les circonstances les plus difficiles. Sous d’autres rapports encore, ces Maximes pourraient paraître remarquables, car une expérience fatale a dû nous apprendre que plusieurs renferment de hautes leçons de sagesse. »

Sans nul doute, ces Maximes sont-elles l’expression de la réflexion et des convictions du Souverain : on y reconnaîtra son souci de la justice, aussi bien que la profondeur de sa culture, sa recherche de la vertu – inspirée par la foi – , et la maturité de son jugement… etc.
A cette lecture, toute personne sensée se prend à rêver d’avoir aujourd’hui en France, à tous les niveaux, des chefs formés à un tel souci du bien commun et animés de semblables convictions, à la place des pantins et marionnettes que l’on voit s’agiter de tous côtés…

Lully.

buste-de-louis-xvi-par-boizot-1777 21 janvier dans Memento

Sa Majesté le Roy Louis XVI (buste par Boizot en 1777 – Versailles)

Maximes écrites de la main de Louis XVI.

I

Il ne dépend pas toujours du Roy de rendre ses sujets heureux ; mais il dépend toujours de lui de s’en servir utilement, en les employant à ce qu’ils savent faire.

II

Faire du bien, entendre dire du mal de soi patiemment, ce sont là des vertus de Roy.

III

Faire du bien aux autres, c’est en recevoir soi-même.

IV

La meilleur manière de se venger, est de ne point ressembler à celui qui nous fait injure.

V

Celui qui refuse d’obéir à la raison universelle et politique, c’est-à-dire à la Providence, ressemble à un esclave fugitif ; celui qui ne la voit pas est aveugle.

VI

Il ne faut pas recevoir les opinions de nos pères comme des enfants, c’est-à-dire par la seule raison que nos pères les ont eues et nous les ont laissées, mais il faut les examiner et suivre la vérité.

VII

Etre heureux, c’est se faire une bonne fortune à soi-même, et la bonne fortune, ce sont les bonnes dispositions de l’âme, les bons mouvements et les bonnes actions.

VIII

Il faut recevoir les bienfaits de ses amis, sans ingratitude et sans bassesse.

IX

Une franchise affectée est un poignard caché.

X

Donnons à tout le monde ; plus libéralement aux gens de bien, mais sans refuser le nécessaire à personne, pas même à notre ennemi ; car ce n’est ni aux moeurs, ni au caractère, mais à l’homme que nous donnons.

XI

C’est une grande ressource que le témoignage d’une bonne conscience.

XII

La Religion est la mère des vertus ; le culte que l’on doit à Dieu doit être préféré à tout.

XIII

Pour aimer, il faut connaître ; pour connaître, il faut éprouver. Je ne donne mon amitié qu’avec une extrême précaution.

XIV

Les mauvais musiciens et les mauvais poètes sont insupportables à ceux qui les écoutent ; mais la nature les a mis en possession d’être enchantés d’eux-mêmes.

XV

Applaudir aux injures, goûter le plaisir de la médisance, quoiqu’on n’en fasse pas soi-même les frais, c’est devenir coupable.

XVI

Les querelles de parti ne sont que des étincelles passagères, quand le souvenir ne s’en mêle pas ; elles deviennent des incendies et des meurtres, lorsqu’il leur donne du poids.

XVII

Les fausses marques d’estime et d’amitié semblent permises en politique, mais elles ne le sont jamais en morale ; et, à bien les examiner, la réputation de fourbe est aussi flétrissante pour un prince, que nuisible à ses intérêts.

XVIII

Un prince avare est pour les peuples comme un médecin qui laisse étouffer un malade dans son sang ; le prodigue est comme celui qui le tue à force de saignées.

XIX

Quiconque veut assujétir ses égaux, est toujours sanguinaire ou fourbe.

XX

La mauvaise fortune est aussi le thermomètre qui indique en même temps le refroidissement de ses amis.

XXI

C’est dans l’âme de Marc-Aurèle, bien plus que dans ses maximes, qu’il faut juger l’homme et le monarque.

XXII

Un ouvrage écrit sans liberté ne peut être que médiocre ou mauvais.

XXIII

Une chose ne mérite d’être écrite qu’autant qu’elle mérite d’être connue.

XXIV

L’institution du soldat est pour la défense de la patrie ; le louer à d’autres, c’est pervertir à la fois le but du négoce et de la guerre ; s’il n’est pas permis de vendre les choses saintes, eh! qu’y a-t-il de plus sacré que le sang des hommes?

XXV

En politique, on devrait faire un recueil de toutes les fautes que les princes ont faites par précipitation, pour l’usage de ceux qui veulent faire des traités et des alliances. Le temps qu’il leur faudrait pour les lire, leur donnerait celui de faire des réflexions qui ne sauraient que leur être salutaires.

XXVI

Il faut distinguer la flatterie de la louange. Trajan était encouragé à la vertu par le panégyrique de Pline. Tibère était confirmé dans le vice par les flatteries des sénateurs.

XXVII

Les fléaux célestes ne durent qu’un temps ; ils ne ravagent que quelques contrées, et les pertes, quoique douloureuses, se réparent : mais les crimes des roys, font souffrir longtemps des peuples entiers.

XXVIII

Les princes de Machiavel sont comme les dieux d’Homère que l’on dépeignait robustes et puissants, mais jamais équitables. Louis Sforce avait raison de n’être que guerrier, parce qu’il n’était qu’un usurpateur.

XXIX

Il serait à souhaiter pour le bonheur du monde, que les roys fussent bon, sans être cependant trop indulgents, afin que la bonté fut en eux toujours une vertu et jamais une faiblesse.

XXX

Un roy qui règne par la justice, a toute la terre pour son temple, et tous les gens de bien pour ministres.

fleur-de-lys Louis XVI dans Vexilla Regis

220ème anniversaire du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI

« Qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi
et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques? » (*)

220ème anniversaire du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI dans Annonces & Nouvelles s.m.-le-roy-louis-xvi

Lundi 21 janvier 2013

220ème anniversaire du martyre de

Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI

Sainte Messe de Requiem

(célébrée selon le rite latin traditionnel)

à 18h30

en l’église de Ceyssac (43000 – Le Puy-en-Velay)

fleur-de-lys 21 janvier dans Memento   fleur-de-lys 220ème anniversaire dans Prier avec nous   fleur-de-lys Ceyssac dans Vexilla Regis

(*) citation de Sa Sainteté le Pape Pie VI (texte complet de l’allocution ici > www)

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis | le 6 janvier, 2013 |Commentaires fermés

2013-3. De l’étoile des Mages.

2013-3. De l'étoile des Mages. dans Commentaires d'actualité & humeurs etoile

Les poisons corrupteurs que le rationalisme instille jusqu’à l’intérieur de la Sainte Eglise voudraient porter les intelligences à trouver des explications naturelles aux miracles.
Mais la définition d’un miracle, c’est d’être justement un fait positif, extraordinaire, hors des lois de la nature, produit directement par Dieu en vue de susciter ou de faire croître la foi.

La fameuse « étoile » des Mages n’était pas une comète et n’avait rien à voir avec les inventions de Kepler et de quelques autres astronomes ; elle n’appartient pas au domaine des observations scientifiques et ne peut être comprise d’une manière humaine.
Selon l’enseignement de la Tradition, cette « étoile » était une lumière surnaturelle, provoquée par Dieu et conduite par un ange : elle n’avait rien de naturel, mais elle était véritablement miraculeuse.
D’ailleurs, si elle eût été naturelle, des savants versés dans la connaissance des astres n’y eussent point vu un signe divin marquant l’accomplissement des prophéties!
Ainsi, ceux qui veulent déterminer la date de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ en se basant sur le passage cyclique d’une comète, sur l’observation d’une super nova ou sur un alignement récurrent de planètes sont dans l’erreur la plus grossière.

Voici quelques extraits d’une homélie de Saint Jean Chrysostome dans laquelle il a justement commenté et expliqué le caractère miraculeux de cette « étoile » dont l’observation mit les Saints Mages en route et qui les conduisit jusqu’à l’Enfant Jésus.

enfant-jesus-etoile Epiphanie dans De liturgia

« Cette étoile n’était pas une étoile ordinaire ».

Extraits de la sixième homélie de Saint Jean Chrysostome
sur l’Evangile de Saint Matthieu :

etoile erreur rationaliste dans Lectures & relectures

« (…) Pour juger que cette étoile n’était pas une étoile ordinaire, ni même une étoile, mais une vertu invisible, qui se cachait sous cette forme extérieure, il ne faut que considérer quel était son cours et son mouvement. Il n’y a pas un astre, pas un seul, qui suive la même direction que celui-ci. Le soleil et la lune et toutes les planètes et les étoiles, vont de l’Orient à l’Occident ; au lieu que cette étoile allait du Septentrion au Midi, selon la situation de la Palestine à l’égard de la Perse.

On peut prouver encore la même chose par le temps où cette étoile paraît. Car elle ne brille pas la nuit comme les autres, mais au milieu du jour et en plein midi, ce que ne peuvent faire les autres étoiles, ni la lune même, qui, bien que plus éclatante que les autres astres, disparaît néanmoins aussitôt que le soleil commence à paraître. Cependant cette étoile avait un éclat qui surpassait celui du soleil, et jetait une clarté plus vive et plus brillante.

La troisième preuve qui fait voir que cette étoile n’était point ordinaire, c’est qu’elle paraît et se cache ensuite. Elle guida les mages tout le long de la route jusqu’en Palestine. Aussitôt qu’ils entrent à Jérusalem elle se cache ; et quand ils ont quitté Hérode après lui avoir fait connaître l’objet de leur voyage, et qu’ils continuent leur chemin, elle se remontre encore, ce qui ne peut être l’effet d’un astre ordinaire, mais seulement d’une vertu vivante et surtout intelligente. Car elle n’avait point comme les autres un mouvement fixe et invariable. Elle allait quand il fallait aller ; elle s’arrêtait quand il fallait s’arrêter, modifiant, suivant les convenances, sa marche et son état, à l’exemple de cette colonne de feu qui paraissait devant les Israëlites, et qui faisait ou marcher ou arrêter l’armée lorsqu’il le fallait.

La même chose se prouve en quatrième, lieu par les indications que donnait cette étoile. Elle n’était point au haut du ciel, lorsqu’elle marqua aux mages le lieu où ils devaient aller, puisqu’elle n’aurait pu le leur faire reconnaître de cette manière ; mais elle descendit pour cela dans la plus basse région de l’air. Car vous jugez bien qu’une étoile n’eût pas pu marquer une cabane étroite, le point précis occupé par le corps d’un enfant. Non, à une si grande hauteur, elle n’aurait pu désigner, indiquer exactement un si petit objet aux regards. Considérez la lune, ses dimensions sont bien autres que celle des étoiles, et cependant tous les habitants de la terre, de quelque point de cette vaste étendue qu’ils la regardent, l’aperçoivent toujours près d’eux. Comment donc, dites-le moi, une simple étoile aurait-elle indiqué des objets aussi petits, que le sont une grotte et une crèche autrement qu’en descendant de ces hauteurs du ciel, pour venir s’arrêter en quelque sorte sur la tête même de l’enfant? C’est ce que l’évangéliste marque un peu après par ces paroles : « L’étoile qu’ils avaient vue en Orient commença d’aller devant eux, jusqu’à ce qu’étant arrivée sur le lieu où était l’enfant, elle s’y arrêta ». Vous voyez donc par combien de preuves l’Evangile montre que cette étoile n’était pas une étoile ordinaire, et que ce n’était point par les règles de l’astrologie qu’elle découvrait cet enfant aux mages.

(…)  Vous me demanderez peut- être pourquoi Dieu se sert de cette étoile pour attirer les mages à lui. Mais de quel autre moyen aurait-il dû se servir? Devait-il leur envoyer des prophètes? Les mages ne les eussent jamais reçus. Leur devait-il parler du Ciel? Ils ne l’eussent point écouté. Leur devait-il envoyer un ange? Ils l’auraient aussi négligé. C’est pourquoi, laissant de côté tous ces moyens extraordinaires, il les appelle par des choses qui leur étaient communes et familières ; et, usant ainsi d’une admirable condescendance pour s’accommoder à leur faiblesse, il fait luire sur eux un grand astre, très différent de tous les autres, afin de les frapper par sa grandeur, par sa beauté et par la nouveauté de son mouvement.

(…) Il use donc de cette condescendance envers les mages, et il les appelle à lui par une étoile, afin de les faire passer ensuite à un état plus parfait et plus élevé. Mais après qu’il les a ainsi conduits comme par la main jusqu’à la crèche, il ne leur parle plus par une étoile, mais par un ange, parce qu’ils sont devenus plus parfaits et plus éclairés (…) »

giovanni-da-modena-lapparition-de-letoile-bologne-300x250 Etoile des Mages

Giovanni da Modena : l’apparition de l’étoile aux Mages ; Bologne – San Pietronio.
(cliquer sur l’image pour la voir en grand)

2013-2. « Quand il s’agit de favoriser l’unité entre tous les chrétiens, certains esprits sont trop facilement séduits par une apparence de bien… »

6 janvier 1928 – 6 janvier 2013

85ème anniversaire d’un texte
qui garde une surprenante actualité 

2013-2.

Lettre Encyclique

« Mortalium Animos » 

de Sa Sainteté le Pape Pie XI
sur l’unité de la véritable Eglise

* * * * *

Aux Patriarches, Primats, Archevêques, et autres ordinaires des lieux en paix et communion avec le Siège Apostolique

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

Jamais peut-être dans le passé, les esprits des hommes n’ont été saisis aussi fort que nous le voyons de nos jours, du désir de renforcer et d’étendre pour le bien commun de la société humaine, les relations fraternelles qui nous lient à cause de notre communauté d’origine et de nature.

Les peuples, en effet, ne jouissent pas encore pleinement des bienfaits de la paix ; et même, çà et là, de vieilles et de nouvelles discordes provoquent l’éruption de séditions et de guerres civiles. Par ailleurs, la plupart, assurément, des controverses qui touchent à la tranquillité et à la prospérité des peuples ne peuvent d’aucune manière recevoir de solution sans l’action concertée et les efforts des chefs des Etats et de ceux qui en gèrent et poursuivent les intérêts. On comprend donc aisément, et cela d’autant mieux que plus personne ne refuse d’admettre l’unité du genre humain, pourquoi la plupart des hommes désirent voir, au nom de cette fraternité universelle, les divers peuples s’unir entre eux par des liens chaque jour plus étroits.

C’est un résultat semblable que d’aucuns s’efforcent d’obtenir dans les choses qui regardent l’ordre de la Loi nouvelle, apportée par le Christ Notre-Seigneur. Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission.

De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée.

Il est vrai, quand il s’agit de favoriser l’unité entre tous les chrétiens, certains esprits sont trop facilement séduits par une apparence de bien. N’est-il pas juste, répète-t-on, n’est-ce pas même un devoir pour tous ceux qui invoquent le nom du Christ, de s’abstenir d’accusations réciproques et de s’unir enfin un jour par les liens de la charité des uns envers les autres? Qui donc oserait affirmer qu’il aime le Christ s’il ne cherche de toutes ses forces à réaliser le voeu du Christ lui-même demandant à son Père que ses disciples soient « un » (Joan. XVII, 21)? Et de plus le Christ n’a-t-il pas voulu que ses disciples fussent marqués et distingués des autres hommes par ce signe qu’ils s’aimeraient entre eux : « C’est à ce signe que tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Joan. XIII, 35)?

Plaise à Dieu, ajoute-t-on, que tous les chrétiens soient « un »! Car par l’unité, ils seraient beaucoup plus forts pour repousser la peste de l’impiété qui, s’infiltrant et se répandant chaque jour davantage, s’apprête à ruiner l’Evangile.

Tels sont, parmi d’autres du même genre, les arguments que répandent et développent ceux qu’on appelle panchrétiens. Et il s’en faut que ces panchrétiens soient peu nombreux et disséminés; ils se sont, au contraire, multipliés en organisations complètes et ils ont fondé des associations largement répandues, que dirigent, le plus souvent, des non catholiques, quelles que soient leurs divergences en matières de foi. Leur entreprise est, d’ailleurs, poursuivie si activement qu’elle obtient en beaucoup d’endroits l’accueil de personnes de tout ordre et qu’elle séduit même de nombreux catholiques par l’espoir de former une union conforme, apparemment, aux voeux de notre Mère la Sainte Eglise, laquelle, certes, n’a rien plus à coeur que de rappeler et de ramener à son giron ses enfants égarés.

Mais en fait, sous les séductions et le charme de ces discours, se cache une erreur assurément fort grave, qui disloque de fond en comble les fondements de la foi catholique.

Avertis par la conscience de notre charge apostolique de ne pas laisser circonvenir par des erreurs pernicieuses le troupeau du Seigneur, nous faisons appel, vénérables frères, à votre zèle pour prendre garde à un tel malheur. Nous avons, en effet, la confiance que, par l’écrit et par la parole, chacun de vous pourra plus facilement atteindre son peuple et lui faire comprendre les principes et les raisons que nous allons exposer et que les catholiques pourront y trouver une règle de pensée et de conduite pour les entreprises visant à réunir, de quelque manière que ce soit, en un seul corps, tous ceux qui se réclament du nom chrétien.

Dieu, Auteur de toutes choses, nous a créés pour le connaître et le servir ; étant notre Créateur, il a donc un droit absolu à notre sujétion. Certes, Dieu aurait pu n’imposer à l’homme, comme règle, que la loi naturelle qu’il a, en le créant, gravée dans son coeur, et dans la suite en diriger les développements par sa providence ordinaire ; mais en fait il préféra promulguer des préceptes à observer, et, au cours des âges, c’est-à-dire depuis les débuts de l’humanité jusqu’à la venue du Christ Jésus et sa prédication, il enseigna lui-même aux hommes les obligations dues à lui, Créateur, par tout être doué de raison : « Dieu, qui, à diverses reprises et en plusieurs manières, parla jadis à nos pères par les prophètes, nous a, une dernière fois, parlé en ces jours-ci par son Fils » (Hebr. I, 1-2).

Il en résulte qu’il ne peut y avoir de vraie religion en dehors de celle qui s’appuie sur la parole de Dieu révélée : cette révélation, commencée à l’origine et continuée sous la Loi Ancienne, le Christ Jésus lui-même l’a parachevée sous la Loi Nouvelle. Mais, si Dieu a parlé – et l’histoire porte témoignage qu’il a de fait parlé – , il n’est personne qui ne voie que le devoir de l’homme, c’est de croire sans réserve à Dieu qui parle et d’obéir totalement à Dieu qui commande.

Pour que nous remplissions convenablement ce double devoir en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, le Fils unique de Dieu a établi sur terre son Eglise. Or, ceux qui se déclarent chrétiens ne peuvent pas, pensons-nous, refuser de croire que le Christ a fondé une Eglise, et une Eglise unique ; mais si, en outre, on leur demande de quelle nature doit être, suivant la volonté de son Fondateur, cette Eglise, alors tous ne s’entendent plus. Par exemple, un bon nombre d’entre eux nient que l’Eglise doive être visible et décelable extérieurement, en ce sens, du moins, qu’elle doive se présenter comme un seul corps de fidèles unanimes à professer une seule et même doctrine sous un seul magistère et un seul gouvernement; pour eux, au contraire, l’Eglise visible n’est rien d’autre qu’une fédération réalisée entre les diverses communautés de chrétiens malgré leurs adhésions à des doctrines différentes et même contradictoires.

Or, en vérité, son Eglise, le Christ Notre-Seigneur l’a établie en société parfaite, extérieure par nature et perceptible aux sens, avec la mission de continuer dans l’avenir l’oeuvre de salut du genre humain, sous la conduite d’un seul chef (Matth. XVI, 18 ; Luc. XXII, 32 ; Joan. XXI, 15-17), par l’enseignement de vive voix (Marc. XVI, 15) et par l’administration des sacrements, sources de la grâce céleste (Joan. III, 5 ; VI, 48-59 ; XX, 22 ; cf. Matth. XVIII, 18 ; …etc.) ; c’est pourquoi, dans les paraboles, il l’a déclarée semblable à un royaume (Matth. XIII), à une maison (cf. Matth. XVI, 18), à un bercail (Joan. X, 16) et à un troupeau (Joan. XXI, 15-17). Sans aucun doute, cette Eglise, si admirablement établie, ne pouvait finir ni s’éteindre à la mort de son Fondateur et des Apôtres qui furent les premiers chargés de la propager, car elle avait reçu l’ordre de conduire, sans distinction de temps et de lieux, tous les hommes au salut éternel : « Allez donc et enseignez toutes les nations » (Matth. XXVIII, 19). Dans l’accomplissement ininterrompu de cette mission, l’Eglise pourra-t-elle manquer de force et d’efficacité, quand le Christ lui-même lui prête son assistance continuelle : « Voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles » (Matth. XXVIII, 20)?

Il est, par conséquent, impossible, non seulement que l’Eglise ne subsiste aujourd’hui et toujours, mais aussi qu’elle ne subsiste pas absolument la même qu’aux temps apostoliques; – à moins que nous ne voulions dire – à Dieu ne plaise! – ou bien que le Christ Notre-Seigneur a failli à son dessein ou bien qu’il s’est trompé quand il affirma que les portes de l’enfer ne prévaudraient jamais contre elle (Matth. XVI, 18).

C’est ici l’occasion d’exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d’où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l’avons dit, les églises chrétiennes.

Les auteurs de ce projet ont pris l’habitude d’alléguer, presque à l’infini, les paroles du Christ : « Qu’ils soient un… Il n’y aura qu’un bercail et qu’un pasteur » (Joan. XVII, 21 ; X, 15), mais en voulant que, par ces mots, soient signifiés un voeu et une prière du Christ Jésus qui, jusqu’à ce jour, auraient été privés de résultat. Ils soutiennent, en effet, que l’unité de foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n’a presque jamais existé jusqu’à présent et n’existe pas aujourd’hui ; que cette unité peut, certes, être souhaitée et qu’elle sera peut-être un jour établie par une entente commune des volontés, mais qu’il faut entre-temps la tenir pour une sorte de rêve. Ils ajoutent que l’Eglise, en elle-même, de sa nature, est divisée en parties, c’est-à-dire constituée de très nombreuses églises ou communautés particulières, encore séparées, qui, malgré quelques principes communs de doctrine, diffèrent pour tout le reste ; que chaque église jouit de droits parfaitement identiques ; que l’Eglise ne fut une et unique que tout au plus depuis l’âge apostolique jusqu’aux premiers conciles oecuméniques.

Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les divergences de doctrine qui déchirent encore aujourd’hui le nom chrétien, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune : dans la profession de cette foi, tous sentiront qu’ils sont frères plus qu’ils ne le sauront; seulement, une fois réunies en une fédération universelle, les multiples églises ou communautés pourront s’opposer avec force et succès aux progrès de l’impiété.

C’est là, vénérables frères, leur opinion commune. Il en est, toutefois, qui affirment et concèdent que le protestantisme a rejeté trop inconsidérément certains dogmes de foi et plusieurs pratiques du culte extérieur, agréables et utiles sans aucun doute, que l’Eglise Romaine, au contraire, conserve encore. Ils se hâtent, d’ailleurs, d’ajouter que cette Eglise Romaine, elle aussi, s’est égarée, qu’elle a corrompu la religion primitive en lui ajoutant certaines doctrines moins étrangères que contraires à l’Evangile et en obligeant à y croire ; parmi ces doctrines, ils citent en premier lieu celle de la primauté de juridiction attribuée à Pierre et à ses successeurs sur le siège romain. Dans ce nombre, il en est, assez peu, il est vrai, qui concèdent au Pontife Romain soit une primauté honorifique, soit une certaine juridiction ou pouvoir, qui, estiment-ils toutefois, découle non du droit divin mais, d’une certaine façon, du consentement des fidèles ; d’autres vont jusqu’à désirer que leurs fameux congrès, qu’on pourrait qualifier de bariolés, soient présidés par le Pontife lui-même. Pourtant, si on peut trouver des non-catholiques, d’ailleurs nombreux, qui prêchent à pleine voix une communion fraternelle dans le Christ Jésus, on n’en trouverait pas à qui vienne la pensée de se soumettre et d’obéir au Vicaire de Jésus-Christ quand il enseigne et quand il commande. Entre-temps, ils affirment qu’ils traiteront volontiers avec l’Eglise Romaine, mais à droits égaux, c’est-à-dire en égaux avec un égal ; mais s’ils pouvaient traiter, il ne semble pas douteux qu’ils le feraient avec la pensée de ne pas être tenus, par le pacte éventuellement conclu, à renoncer aux opinions en raison desquelles, encore maintenant, ils restent dans leurs errements et dans leurs erreurs hors de l’unique bercail du Christ.

Dans ces conditions, il va de soi que le Siège Apostolique ne peut, d’aucune manière, participer à leurs congrès et que, d’aucune manière, les catholiques ne peuvent apporter leurs suffrages à de telles entreprises ou y collaborer ; s’ils le faisaient, ils accorderaient une autorité à une fausse religion chrétienne, entièrement étrangère à l’unique Eglise du Christ.

Pouvons-nous souffrir – ce serait le comble de l’iniquité – que soit mise en accommodements la vérité, et la vérité divinement révélée? Car, en la circonstance, il s’agit de respecter la vérité révélée. Puisque c’est pour instruire de la foi évangélique tous les peuples que le Christ Jésus envoya ses Apôtres dans le monde entier et que, pour les garder de toute erreur, il voulut qu’ils fussent auparavant instruits de toute vérité par l’Esprit-Saint (Joan. XVI, 13), est-il vrai que, dans l’Eglise que Dieu lui-même assiste comme chef et gardien, cette doctrine des Apôtres a complètement disparu ou a été jamais falsifiée? Si notre Rédempteur a déclaré explicitement que son Evangile est destiné non seulement aux temps apostoliques, mais aussi aux âges futurs, l’objet de la foi a-t-il pu, avec le temps, devenir si obscur et si incertain qu’il faille aujourd’hui tolérer même les opinions contradictoires?

Si cela était vrai, il faudrait également dire que tant la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres que la présence perpétuelle de ce même Esprit dans l’Eglise et la prédication elle-même de Jésus-Christ ont perdu, depuis plusieurs siècles, toute leur efficacité et tout leur utilité : affirmation évidemment blasphématoire.

De plus, quand le Fils unique de Dieu a commandé à ses envoyés d’enseigner toutes les nations, il a en même temps imposé à tous les hommes le devoir d’ajouter foi à ce qui leur serait annoncé par les « témoins préordonnés par Dieu » (Act. X, 41), et il a sanctionné cet ordre par ces mots : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc. XVI, 16). Or, l’un et l’autre de ces deux commandements, qui ne peuvent pas ne pas être observés, celui d’enseigner et celui de croire pour obtenir la vie éternelle, ces deux commandements ne peuvent même pas se comprendre si l’Eglise n’expose pas intégralement et visiblement la doctrine évangélique et si, dans cet exposé, elle n’est à l’abri de tout danger d’erreur. Aussi, ils s’égarent également, ceux qui pensent que le dépôt de la vérité existe quelque part sur terre, mais que sa recherche exige de si durs labeurs, des études et des discussions si prolongées que, pour le découvrir et entrer en sa possession, à peine la vie de l’homme y suffirait ; comme si le Dieu très bon avait parlé par les prophètes et par son Fils unique à cette fin que seulement un petit nombre d’hommes enfin mûris par l’âge pût apprendre les vérités révélées par eux, et nullement pour donner une doctrine de foi et de morale qui dirigerait l’homme pendant tout le cours de sa vie mortelle.

Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens ; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi? Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau : « Aimez-vous les uns les autres », interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas » (Joan. II, 10). C’est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c’est l’unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ.

Comment, dès lors, concevoir la légitimité d’une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu’elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires? Par exemple, au sujet de la sainte Tradition, ceux qui affirment qu’elle est une source authentique de la Révélation et ceux qui le nient? De même, pour la hiérarchie ecclésiastique, composée d’évêques, de prêtres et de ministres, ceux qui pensent qu’elle est d’institution divine et ceux qui déclarent qu’elle a été introduite peu à peu selon les temps et les circonstances? Egalement au sujet de la très sainte Eucharistie, ceux qui adorent le Christ véritablement présent en elle grâce à cette merveilleuse transformation du pain et du vin appelée transsubstantiation, et ceux qui affirment que le corps du Christ ne s’y trouve présent que par la foi ou par un signe et la vertu du Sacrement ; ceux qui reconnaissent à la même Eucharistie à la fois la nature de sacrifice et celle de sacrement, et ceux qui n’y voient rien d’autre que le souvenir et la commémoraison de la Cène du Seigneur? Et aussi, quant aux Saints régnant avec le Christ et spécialement Marie Mère de Dieu, ceux qui croient qu’il est bon et utile de les invoquer par des supplications et de vénérer leurs images, et ceux qui prétendent que ce culte ne peut être rendu, parce qu’opposé à l’honneur de Jésus-Christ « seul médiateur entre Dieu et les hommes » (I Tim. II, 5)?

En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d’opinions, la voie vers l’unité de l’Eglise pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d’un magistère unique, d’une règle unique de foi et d’une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu’on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n’est pas absolue, mais relative, c’est-à-dire qu’elle s’adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu’elle n’est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu’elle est de nature à s’accommoder à la vie des hommes.

De plus, quant aux vérités à croire, il est absolument illicite d’user de la distinction qu’il leur plaît d’introduire dans les dogmes de foi, entre ceux qui seraient fondamentaux et ceux qui seraient non fondamentaux, comme si les premiers devaient être reçus par tous tandis que les seconds pourraient être laissés comme matières libres à l’assentiment des fidèles: la vertu surnaturelle de foi a en effet, pour objet formel l’autorité de Dieu révélant, autorité qui ne souffre aucune distinction de ce genre. C’est pourquoi tous les vrais disciples du Christ accordent au dogme de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu la même foi que, par exemple, au mystère de l’Auguste Trinité, et de même ils ne croient pas à l’Incarnation de Notre-Seigneur autrement qu’au magistère infaillible du Pontife Romain dans le sens, bien entendu, qu’il a été défini par le Concile oecuménique du Vatican. Car, de la diversité et même du caractère récent des époques où, par un décret solennel, l’Eglise a sanctionné et défini ces vérités, il ne s’ensuit pas qu’elles n’ont pas la même certitude, qu’elles ne sont pas avec la même force imposées à notre foi: n’est-ce pas Dieu qui les a toutes révélées?

En effet, le magistère de l’Eglise – lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes – s’exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui ; mais en outre, toutes les fois qu’il s’impose de résister plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d’imprimer dans l’esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.

Certes, cet usage extraordinaire du magistère n’introduit aucune nouveauté à la somme des vérités qui sont contenues, au moins implicitement, dans le dépôt de la Révélation confié par Dieu à l’Eglise; mais ou bien il rend manifeste ce qui jusque là pouvait peut-être paraître obscur à plusieurs, ou bien il prescrit de regarder comme de foi ce que, auparavant, certains mettaient en discussion.

On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n’a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques : il n’est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu’en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu’ils ont eu jadis le malheur de s’en séparer.

Le retour à l’unique véritable Eglise, disons-Nous, bien visible à tous les regards, et qui, par la volonté de son Fondateur, doit rester perpétuellement telle qu’il l’a instituée lui-même pour le salut de tous. Car jamais au cours des siècles, l’Epouse mystique du Christ n’a été souillée, et elle ne pourra jamais l’être, au témoignage de saint Cyprien : « L’Epouse du Christ ne peut commettre un adultère: elle est intacte et pure. Elle ne connaît qu’une seule demeure; par sa chaste pudeur, elle garde l’inviolabilité d’un seul foyer » (De cath. Ecclesiae unitate, VI). Et le saint martyr s’étonnait vivement, et à bon droit, qu’on pût croire « que cette unité provenant de la stabilité divine, consolidée par les sacrements célestes, pouvait être déchirée dans l’Église et brisée par le heurt des volontés discordantes » (ibid.). Le corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Eglise, étant un (I Cor. XII, 12), formé de parties liées et coordonnées (Eph. IV, 16) à l’instar d’un corps physique, il est absurde et ridicule de dire qu’il peut se composer de membres épars et disjoints; par suite, quiconque ne lui est pas uni n’est pas un de ses membres et n’est pas attaché à sa tête qui est le Christ (Eph. V, 30 ; 1, 22).

Or, dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n’accepte l’autorité et le pouvoir de Pierre et de ses légitimes successeurs. N’ont-ils pas obéi à l’Evêque de Rome, Pasteur suprême des âmes, les ancêtres de ceux qui, aujourd’hui, sont enfoncés dans les erreurs de Photius et des novateurs? Des fils ont, hélas! déserté la maison paternelle, laquelle ne s’est point pour cela effondrée et n’a pas péri, soutenue qu’elle était par l’assistance perpétuelle de Dieu. Qu’ils reviennent donc au Père commun, qui oubliera les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique et les recevra avec la plus grande affection. Si, comme ils le répètent, ils désirent se joindre à nous et aux nôtres, pourquoi ne se hâteraient-ils pas d’aller vers l’Eglise, « mère et maîtresse de tous les fidèles du Christ » (Conc. Latran IV, c. 5).

Qu’ils écoutent Lactance s’écriant : « Seule… l’Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu ; qui n’y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d’une lutte obstinée. Car c’est une question de vie et de salut ; si l’on n’y veille avec précaution et diligence, c’est la perte et la mort » (Divin. Instit. IV. 30, 11-12).

Que les fils dissidents reviennent donc au Siège Apostolique, établi en cette ville que les princes des Apôtres, Pierre et Paul, ont consacrée de leur sang, au Siège « racine et mère de l’Eglise catholique » (S. Cypr. Ep. 48 ad Cornelium, 3).

Qu’ils y reviennent, non certes avec l’idée et l’espoir que « l’Eglise du Dieu vivant, colonne et fondement de la vérité » (I Tim. II, 15) renoncera à l’intégrité de la foi et tolérera leurs erreurs, mais, au contraire, pour se confier à son magistère et à son gouvernement. Plaise à Dieu que cet heureux évènement, que tant de nos prédécesseurs n’ont pas connu, Nous ayons le bonheur de le voir, que nous puissions embrasser avec un coeur de père les fils dont nous déplorons la funeste séparation ; plaise à Dieu notre Sauveur, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Tim. II,4), d’entendre Notre ardente supplication pour qu’il daigne appeler tous les égarés à l’unité de l’Eglise. En cette affaire certainement très importante, Nous faisons appel et Nous voulons que l’on recoure à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la divine grâce, victorieuse de toutes les hérésies et Secours des chrétiens, afin qu’elle Nous obtienne au plus tôt la venue de ce jour tant désiré où tous les hommes écouteront la voix de son divin Fils « en gardant l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix » (Eph. IV, 3).

Vous comprenez, Vénérables Frères, combien nous souhaitons cette union. Nous désirons que Nos fils le sachent aussi, non seulement ceux qui appartiennent à l’univers catholique, mais aussi tous ceux qui sont séparés de nous. Si, par une humble prière, ces derniers implorent les lumières célestes, il n’est pas douteux qu’ils ne reconnaissent la seule vraie Église de Jésus-Christ et qu’ils n’y entrent enfin, unis à Nous par une charité parfaite. Dans cette attente, comme gage des bienfaits divins et en témoignage de Notre bienveillance paternelle, Nous vous accordons de tout coeur, Vénérables Frères, ainsi qu’à votre clergé et à votre peuple, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 janvier, en la fête de l’Epiphanie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’an 1928, le sixième de Notre Pontificat.

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Prières et litanies en l’honneur de Sainte Geneviève.

Le 3 janvier, nous célébrons avec une piété toute spéciale la fête de Sainte Geneviève, dont la geste est si étroitement associée à la naissance du Royaume des Lys.
Je me permets de vous renvoyer aux réflexions que j’écrivis en 2008 au sujet de la France, née de la rencontre de la royauté franque et du catholicisme au point qu’ils en sont les deux éléments ontologiques (cf. > www).

Vous trouverez ci-dessous quelques formules de prière en l’honneur et à la gloire de cette sainte exceptionnelle, à laquelle il nous faut plus que jamais recommander notre pays.

Prières et litanies en l'honneur de Sainte Geneviève. dans De liturgia sainte-genevieve-gravure-xviiie-siecle

Très ancienne prière rimée à Sainte Geneviève
(trouvée dans un livre d’heures de 1531 – la graphie a seulement été modernisée) 

Vierge douce, vierge bénigne,
Vierge sainte, vierge très digne,
Vierge franche de France née,
Vierge de grâce enluminée,
Sainte Geneviève, ma Dame,
Par pitié mon corps et mon âme
Veuille de tous péchés défendre
Et en ta sainte garde prendre.

Jésus ton Epoux débonnaire
Me donne par Ta bonne prière
Humble coeur en prospérité,
Patience en adversité,
De mes péchés rémission
Et en bien confirmation:
Que jamais je ne puisse faire
Chose qui Lui puisse déplaire.

Et à mes parents et amis
Donne bonne vie et Paradis,
Les mauvais veuille convertir
Et les bons en paix maintenir,

Ainsi soit-il!

frisenb-300x96 Litanies dans Nos amis les Saints

« Souvenez-vous », en l’honneur de Sainte Geneviève
(prière réécrite par Frère Maximilien-Marie à partir d’un formulaire du XIXe siècle) 

Souvenez-vous, ô très glorieuse Sainte Geneviève, de vos anciennes bontés pour le Royaume des Lys et n’abandonnez pas aujourd’hui votre France : souvenez-vous de votre amitié pour Sainte Clotilde et pour Clovis et de toutes ces grâces que depuis plus de quinze siècles vous n’avez cessé d’obtenir à notre pays et à la capitale dont vous êtes la céleste protectrice ; souvenez-vous de tous les bienfaits, de toutes les guérisons – physiques et spirituelles – , et de toutes les protections que vous avez généreusement accordés à tous ceux qui ont eu recours à votre puissante intercession…

Sainte Geneviève, nous recourrons encore à vous ! Nous vous recommandons notre Eglise, notre pays et nos familles : nous vous prions pour la conservation de la Foi catholique, pour la conversion des pécheurs et pour la persévérance des justes ; nous vous invoquons pour le soulagement de nos malades et la consolation de ceux qui sont affligés ; nous vous supplions pour nous-mêmes et pour notre salut à tous ; nous vous implorons d’une manière toute spéciale pour ceux qui président aujourd’hui aux destinées de la France et nous vous demandons instamment de leur obtenir la grâce de revenir au Christ qui, seul, est Roi des Francs et à Sa Loi de sainteté et d’amour !

Nous remettons avec confiance entre vos mains nos intérêts spirituels et temporels (on peut ici mentionner les grâces particulières que l’on sollicite), vous suppliant de vous faire notre avocate auprès de Dieu, de veiller toujours sur nous dans les maux qui nous menacent, et de nous obtenir tous les biens qui nous sont nécessaires pour vivre ici-bas en conformité avec la sainte volonté de Dieu.

Sainte Geneviève, ne soyez pas insensible à nos prières, mais écoutez les favorablement, daignez les exaucer et nous bénir.

Ainsi soit-il.

frisenb-300x96 prières dans Prier avec nous

Prière pour demander la protection de Sainte Geneviève
sur sa ville de Paris :

Sainte Geneviève, patronne de Paris, gardez de tout danger cette cité qui est vôtre, comme vous l’avez jadis protégée de l’invasion des hordes barbares.
Par vos prières, protégez encore cette ville – et le pays dont elle est la tête – des inondations, des tremblements de terre, de la famine, des épidémies, des attentats et de toute violence.
Eloignez du pays tout entier la guerre, l’invasion et la guerre civile !

Ô sainte Geneviève, céleste protectrice de Paris, priez pour tous ceux qui souffrent dans cette ville ; priez pour les prisonniers et pour tous les malades : les malades du corps, les malades de l’esprit et les malades de l’âme.
Priez pour ceux qui sont sans travail, pour ceux qui sont sans abri, pour ceux qui peinent sous le poids de travaux trop lourds, pour ceux qui sont accablés de soucis et par l’inquiétude pour le lendemain ; priez pour tous ceux qui sont tentés par le désespoir…
Vous qui, par vos prières et par vos jeûnes, avez ramené de nombreux pécheurs dans la voie du salut, priez pour tous ceux qui errent hors des voies du salut, pour pour la conversion de tous les pauvres pécheurs qui, dans cette grande cité, ont fait de l’argent et de toutes sortes de vices les « dieux » auxquels ils sacrifient tout…

Bénissez ceux qui sont dans la joie, ainsi que tous nos bienfaiteurs.
Appelez sur nous tous la bénédiction de Dieu, afin qu’Il protège nos familles, nos enfants, nos malades et nos vieillards ; qu’Il nous accorde de vivre en paix et sans péché, et de le glorifier tous les jours de notre vie!
Ô sainte Geneviève, nous vous le demandons encore, intercédez pour nous tous auprès de Dieu, afin qu’Il ait pitié de nous, qu’Il nous accorde le pardon de nos fautes, et qu’Il accueille nos prières avec bienveillance : g
ardez-nous forts et fidèles dans la Sainte Eglise du Christ, afin de chanter d’une seule voix et d’un seul cœur le Père, le Fils et le Saint-Esprit!

Ainsi soit-il!

sainte-genevieve Sainte Geneviève

Litanies de Sainte Geneviève 
(pour la récitation privée) 

Seigneur, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de nous !
Jésus-Christ, ayez pitié de nous !
Jésus-Christ, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de nous !

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Sainte Geneviève, dès l’enfance comblée par Dieu, priez pour nous.
Sainte Geneviève, consacrée au Christ par saint Germain, priez pour nous.
Sainte Geneviève, docile au Saint-Esprit, priez pour nous.
Sainte Geneviève, au zèle intrépide pour la foi, priez…
Sainte Geneviève, héroïquement dévouée à l’Eglise, ppn.
Sainte Geneviève, modèle de vie vécue pour Dieu,
Sainte Geneviève, discrète auxiliaire du Clergé,
Sainte Geneviève, qui avez souffert pour votre vocation,
Sainte Geneviève, qui avez connu l’hostilité et l’abandon,
Sainte Geneviève, qui passiez des heures à prier,
Sainte Geneviève, dont les jeûnes et la prière sauvaient la Cité,
Sainte Geneviève, qui aviez pour les rois une exigeante amitié,
Sainte Geneviève, dont la sagesse éclairait les païens,
Sainte Geneviève, dont la prudence guidait les chefs,
Sainte Geneviève, dont la pureté triomphait des calomnies,
Sainte Geneviève, dont la force relevait les courages défaillants,
Sainte Geneviève, qui compatissiez aux souffrances des petits,
Sainte Geneviève, qui nourrissiez miraculeusement les miséreux,
Sainte Geneviève, qui réconciliez les pécheurs avec Dieu,
Sainte Geneviève, qui rameniez à l’Eglise les égarés,
Sainte Geneviève, qui lisiez dans les coeurs,
Sainte Geneviève, qui guérissiez les malades,
Sainte Geneviève, qui arrêtiez les inondations,
Sainte Geneviève, qui rétablissiez la paix entre les ennemis,
Sainte Geneviève, qui adoucissiez le sort des prisonniers,
Sainte Geneviève, qui chassiez les démons,
Sainte Geneviève, qui protégez notre patrie,
Sainte Geneviève, qui veillez sur Paris, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

V./ : Priez pour nous, ô Sainte Geneviève,
R./ : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Répandez sur nous, Seigneur, l’esprit de connaissance et de dilection dont vous avez rempli votre servante Geneviève, afin qu’attentifs à suivre son exemple, nous vous servions de tout notre coeur et vous plaisions par notre foi et par nos oeuvres. Nous vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous, dans l’unité du Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

frisenb

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 3 janvier, 2013 |10 Commentaires »

2013-1. Voeux pour l’an de grâce 2013.

Soir du 1er janvier 2013.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La nuit est descendue sur la vallée, puis sur les sommets.
Les ténèbres ont enveloppé le hameau.
Le Jour de l’an a passé, comme a passé l’année qui n’est plus et comme passeront tous les jours de la nouvelle année qui vient de commencer.
Mais toutefois c’était le Jour de l’an… 

2013-1. Voeux pour l'an de grâce 2013. dans Commentaires d'actualité & humeurs images-anciennes-jour-de-lan-copie

De nombreux, très nombreux messages – plusieurs centaines – sont arrivés au Mesnil-Marie : quelques uns par courrier, quelques autres par « textos », la grande majorité par le moyen d’Internet.
Sans doute y a-t-il quelque chose de gratifiant dans cette avalanche de « Bonne Année » et de « Meilleurs Voeux »… Aux formules d’usage, se trouve plus d’un ajout personnel de nouvelles ou d’informations, qu’il me faudra relire et reprendre à tête reposée.

Derrière chaque message, il y a pour moi un visage, une histoire, des échanges, une vie, des vies, des soucis, des consolations, des maladies, des joies, des deuils, des espérances, des déceptions, des luttes, des succès, des échecs, des victoires, des déconvenues, des sourires, des larmes, des coeurs…
Derrière chaque message, il y a pour moi, sans qu’il soit forcément besoin de le dire, des intentions que je porte – que vous y croyez ou non – dans ma prière ; et quand je parle de prière, je ne désigne pas par là quelque pâtenotre plus ou moins régulière, mais ce qui habite en continu mon être profond de religieux, toute la tension de mon âme et de ma vie vers Dieu, à chaque instant…
Cette phrase de mon très cher Gustave Thibon, que j’ai déjà eu tant d’occasions de citer, permettez-moi de la citer encore car elle a ici sa place, toute sa place : 
« Prière. – Je prie pour vous – cela ne signifie pas que je prononce de temps en temps quelques paroles en pensant à vous ; cela signifie que je me sens responsable de vous dans ma chair et dans mon âme, que je vous porte en moi comme une mère porte son enfant, que je veux partager, et non seulement partager, mais attirer entièrement sur moi tout le mal, toute la douleur qui vous menacent et que j’offre à Dieu toute ma nuit pour qu’il vous la rende en lumière ».

Comment – à moins d’employer plusieurs secrétaires – répondre à chacun, et dans des délais raisonnables?
Comment sinon, et autrement qu’avec des formules convenues tellement ressassées qu’elles semblent n’avoir plus ni coeur ni âme, répondre à tous, sans tomber dans l’énoncé de banalités polies, mais de manière à ce que chacun se sente vraiment pris en compte?
Comment adresser un seul et même texte à tant de personnes diverses qui sont toutes pour moi des êtres uniques, pour lesquels j’ai une estime particulière et unique : des athées, des agnostiques, des personnes étrangères à la foi, des chrétiens non catholiques, des catholiques qui se sont éloignés de la foi et de l’Eglise, des fidèles de rite « ordinaire », des « tradis »… etc.?
Comment?

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Me sera-t-il permis, afin de vous adresser mes voeux, de commencer par une anecdote qui n’a, a priori, rien que de très ordinaire?

Ce matin du 1er janvier – parce que dans l’Eglise universelle ce jour est une fête de précepte (canon 1246 §1) – , j’ai pris la route pour me rendre à la Sainte Messe dans ma paroisse de rite latin traditionnel, ce qui implique, vous le savez, la traversée du massif du Mézenc pour rejoindre le Velay.
Et ce matin du 1er janvier, au dessus de 1200 m d’altitude, il neigeait.
Le vent soufflait. Les flocons tombaient, serrés. La route étroite qui serpente sur les flancs du massif était totalement recouverte par la traîtresse et blanche enchanteresse : sans les bâtons fluorescents, piqués tous les dix mètres sur les deux bords, il ne serait pas aisé de repérer la limite du fossé.
Il faut avancer avec grande prudence, sans à-coups, toutes capacités d’observation, d’analyse de la situation, d’intelligence et d’anticipation en éveil ; il ne faut pas seulement être maître du véhicule, il faut encore avoir la pleine maîtrise de ses propres réactions, de ses peurs et des ses réflexes au moment où – inexplicablement – malgré le régime réduit auquel on avance, et malgré la fiabilité des pneus dont la voiture est équipée, le dérapage s’amorce…
On ne sait pas, on ne peut pas savoir, ce qu’il va y avoir derrière ce rideau de conifères, ce que l’on va trouver à cet endroit précis qu’un virage dérobe à votre vue, ce qui va se passer à l’instant où quelque pan de rocher détaché va dévaler le talus pour s’écraser sur la chaussée.
Mais on sait ce que l’on fait ; on sait où l’on va ; on sait – au-delà de ce qu’il nous est donné de voir dans l’instant présent – ce, encore invisible, à quoi l’on tend et les moyens que l’on se donne pour y parvenir ; on sait que l’on n’y arrivera pas sans prudence et sans persévérance, sans ténacité et sans effort, sans force intérieure et sans volonté…
Il faut savoir ce que l’on veut, et il n’y a pas de vraie volonté sans mâle résolution, sans farouche détermination, sans paisible conviction, sans la force du détachement de ses impressions.
Il faut être dans l’absolue cohérence de ce que l’on a résolu, décidé, voulu, et des moyens que l’on se donne pour y parvenir.

Impossible d’arriver au but sans cela!

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Chers Amis! On vous a déjà souhaité la santé, la prospérité, le bonheur familial, la réussite dans vos projets : il est bien évident que je voudrais moi aussi que l’année qui vient de commencer soit pour vous exempte de maux et féconde en bienfaits.
Il est bien certain que je souhaite tout le bien possible à tous les hommes de cette terre ; tous, sans en excepter ceux qui – volontairement ou involontairement – ont été pour moi des occasions de souffrance parfois…
Il est absolument vrai que mes voeux, et plus encore ma prière, demandent avec ferveur la cessation de tout mal et la plénitude du bien…
Mais parce que je ne suis pas un idéaliste déconnecté de la réalité et que je ne vis pas dans un monde de bisounours, je sais que l’année 2013 sera marquée par des difficultés et des épreuves, qu’elle aura ses lendemains qui déchantent, ses moments de lassitude et ses tentations de découragement…
Alors laissez-moi vous souhaiter ce que bien peu vous ont souhaité, du moins je le crains.

A chacun d’entre vous selon ce qu’il est, je souhaite d’être chaque jour, par dessus tout et malgré tout, dans une écoute attentive de ce qu’il y a de meilleur dans son coeur, de ne jamais douter de la possibilité du Beau, du Bien et du Vrai, et de ne jamais aller contre sa conscience.
A chacun d’entre vous selon ce qu’il est, je souhaite d’avoir toujours la volonté de progresser intérieurement et de savoir discerner avec prudence, intelligence et sagacité les moyens à prendre pour y parvenir.
A chacun d’entre vous selon ce qu’il est, je souhaite, lorsque sa route deviendra glissante, difficile à repérer, pleine d’incertitudes et de dangers, de se souvenir toujours de ce qu’il a résolu aux heures de lumière et de paix, et de ne jamais se décourager.
A chacun d’entre vous selon ce qu’il est, je souhaite de ne jamais manquer de persévérance, de ne jamais renoncer à l’effort, de ne jamais se laisser guider par ses peurs.
A chacun de vous selon ce qu’il est, je souhaite d’être attaché au Bien par toute la force d’une vraie volonté et, sans compromission, d’être chaque jour pleinement cohérent avec le Bien auquel il prétend être attaché

A tous ceux qui sont croyants je souhaite en outre d’une manière toute particulière d’être attentifs, pour les éviter, aux pièges si subtilement insidieux de la suffisance et du pharisaïsme ; je souhaite d’être véritablement tourmentés par une délicate et toujours plus profonde charité qui ne les laissera plus en repos ; je souhaite de travailler avec toujours plus de zèle à leur propre conversion pour devenir de vivantes images du Coeur doux et humble de Jésus.

Et à ceux qui se plaignent de la malice des temps, je livre – pour terminer – cette belle sentence de notre glorieux Père Saint Augustin : « Les temps sont mauvais? Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps. »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 2 janvier, 2013 |15 Commentaires »

2012-92. Du temps qui passe et des principales activités des mois de novembre et décembre 2012 en notre Mesnil-Marie.

Lundi 31 décembre 2012,
fête de Saint Sylvestre 1er
et anniversaire de la mort de Saint Jean-François Régis (cf. > www)

2012-92. Du temps qui passe et des principales activités des mois de novembre et décembre 2012 en notre Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully tempus-fugit

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

L’année civile s’achève. Dans quelques heures nous serons en 2013. Une nouvelle fois, le monde va s’étourdir dans ce qu’il appelle « la fête » et qui ne consiste bien souvent – hélas! – qu’en un déchaînement de passions et d’instincts pour le moins primaires…
Je comprends de moins en moins l’importance que l’on accorde à ce passage du 31 décembre au 1er janvier : le compte des jours et des années n’est finalement qu’un repère conventionnel, dont le but est uniquement pratique, et l’on sait que – selon les époques – l’année civile a été calculée avec d’autres dates de départ.

Je me suis replongé ce matin dans le Livre XI des Confessions de notre bienheureux Père Saint Augustin, dans lequel il interroge :
« Qu’est-ce donc que le temps? Qui pourra le dire clairement et en peu de mots? Qui pourra le saisir même par la pensée, pour traduire cette conception en paroles? Quoi de plus connu, quoi de plus familièrement présent à nos entretiens, que le temps? Et quand nous en parlons, nous concevons ce que nous disons ; et nous concevons ce qu’on nous dit quand on nous en parle.
Qu’est-ce donc que le temps? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore. Et pourtant j’affirme hardiment, que si rien ne passait, il n’y aurait point de temps passé ; que si rien n’advenait, il n’y aurait point de temps à venir, et que si rien n’était, il n’y aurait point de temps présent. Or, ces deux temps, le passé et l’avenir, comment sont-ils, puisque le passé n’est plus, et que l’avenir n’est pas encore? Pour le présent, s’il était toujours présent sans voler au passé, il ne serait plus temps ; il serait l’éternité. Si donc le présent, pour être temps, doit s’en aller en passé, comment pouvons-nous dire qu’une chose soit, qui ne peut être qu’à la condition de n’être plus? Et peut-on dire, en vérité, que le temps soit, sinon parce qu’il tend à n’être pas?… »
(Saint Augustin, in « Confessions », Lib. XI, cap. XIV, § 17).

Je ne vais pas vous citer toute la suite de ce livre XI des Confessions, mais je ne puis que vous encourager à l’aller lire, relire et méditer, car on y trouve nombre d’éléments admirables afin justement de nous élever au-dessus de ce tourbillon dans lequel nous avons trop facilement tendance à nous laisser emporter sans réflexion.
En revanche je vous livrerai encore cette image de Saint Augustin relative à ce sujet :
« Il y a danger à se laisser entraîner par le courant des choses de ce temps ; mais l’on a vu apparaître comme un arbre, sur le bord de ce fleuve rapide : c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il a pris un corps, il est mort, ressuscité et monté au ciel, il a voulu se planter en quelque sorte sur les rives du fleuve des choses terrestres. Les eaux de ce fleuve te poussent vers l’abîme? Accroche-toi aux branches de cet arbre. L’amour du monde t’entraîne? Embrasse fortement le Christ ; il est devenu temporel pour toi, afin de te rendre éternel ; car il est devenu temporel, de manière à demeurer lui-même éternel. Il a pris quelque chose du temps, sans rien perdre de son éternité. Pour toi, tu es né dans le temps, le péché t’a rendu temporel ; tu es devenu temporel par l’effet de tes fautes ; et lui s’est fait tel en raison de sa miséricorde, afin de te les pardonner ».
(Saint Augustin, in « Traités sur l’épître de Saint Jean aux Parthes » : 2ème traité, §10).

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Comme je ne m’en suis pas acquitté précédemment, je profite de ce dernier jour de l’année civile pour vous résumer les principales activités de notre Mesnil-Marie au cours des mois de novembre et de décembre 2012, sans entrer dans le détail de la « vie ordinaire » qui se partage, vous le savez, en temps de prière et d’étude et qui est également bien occupé par toutes les taches ménagères et l’entretien de la maison et de ses abords.

Novembre :

Commencées par la fête de la Toussaint et la commémoraison solennelle de tous les fidèles trépassés, prolongées dans les jours qui ont suivi par la fête de tous les saints du diocèse de Viviers (je vous en parlerai un jour), puis par celle de tous les saints de la Famille Augustinienne et la mémoire de tous les défunts qui ont vécu sous la Règle de Saint Augustin, les célébrations de novembre 2012 se sont achevées avec la belle journée commémorative du vingtième anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Bryan Houghton, dont je vous ai déjà adressé le compte-rendu (cf. > www).
Sur le plan associatif, où il est très engagé, Frère Maximilien-Marie a été pris à plusieurs reprises par des réunions : bilans, préparations, prévisions, projets, assemblées générales…
Notre Frère a par ailleurs été très heureux de pouvoir se libérer un samedi tout entier pour participer à un stage de vannerie, proposé par le foyer rural d’un village voisin, et il est rentré le soir tout content de ses réalisations : un petit panier traditionnel et une mini-cloche à nourriture qui est très exactement adaptée à mon écuelle!

panier-et-cloche-a-nourriture-realises-par-frere-maximilien-300x206 année qui s'achève

(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

Une autre chose qui a beaucoup réjouit Frère Maximilien-Marie a été l’arrivée, offert par un bienfaiteur du Rouergue, d’un chasublier (c’est-à-dire un meuble spécialement conçu pour le rangement des chasubles).
Des amis nous ont aidé à le monter, à la force des bras, jusqu’au Mesnil-Marie : il est d’abord resté dans la « salle Saint Joseph » (l’ancienne étable) où Frère Maximilien-Marie l’a nettoyé et traité contre les parasites ; puis notre ami Nicolas a réalisé une réparation sur l’un des pieds, en suite de quoi – grâce encore aux bras de nos voisins et amis aussi généreux que costauds – il a été monté au niveau de l’oratoire et Frère Maximilien-Marie, après en avoir très soigneusement tapissé de lin les tiroirs, a pu y ranger toutes les belles chasubles que nous possédons et qui, jusqu’alors, étaient suspendues dans une penderie.
Que soient publiquement et chaleureusement remerciés le donateur, les personnes qui nous ont aidé pour le transport et la réparation de ce meuble si utile!

Le 21 novembre a été marqué, outre la si belle fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge au Temple, par la reprise des Veillées Culture & Patrimoine : en ce jour de fête mariale, Frère Maximilien-Marie avait choisi de parler des Vierges Noires du Vivarais. Je crois que son auditoire a été très intéressé.

Dans les derniers jours du mois – comme nous l’avions prévu depuis le début du mois de janvier précédent, en nous basant sur les méthodes ancestrales d’observation de la nature – , nous avons eu les premières chutes de neige. Je ne suis pas fan de cette matière froide et humide, mais je dois bien reconnaître toutefois que cela permet de faire de jolies photos!

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Le Mesnil-Marie sous la première neige
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand)

Décembre :

Le premier dimanche de l’Avent, 2 décembre, en raison de la neige et de la burle (ce vent violent et tournoyant qui forme des congères), Frère Maximilien-Marie n’a pas pu franchir le Mézenc pour se rendre à la Sainte Messe dans notre paroisse d’élection, à côté du Puy. Il est allé à l’église Notre-Dame, au centre ville de Valence, où depuis quelques mois la Messe latine traditionnelle est assurée tous les dimanches par un prêtre de la FSSP, venu de Lyon.
Pour le 8 décembre et pour le deuxième dimanche de l’Avent, en raison du verglas, notre Frère n’a pas du tout pu prendre la route et nous sommes restés reclus sans voir âme qui vive.
Le 8 décembre au soir, nous avons illuminé les fenêtres du Mesnil-Marie avec une centaine de petites flammes : mais malgré les verres colorés qui les abritaient, un vent du diable s’acharnait à les éteindre et Frère Maximilien-Marie ne cessait de courir d’une fenêtre à l’autre avec son rat de cave pour tenter de les rallumer!

mesnil-marie-le-soir-du-8-decembre-300x224 contes

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand)

Après avoir eu moins 12° le matin du 12 décembre, il y a eu aussitôt après un radoucissement spectaculaire et toute la neige a disparu.
Le dimanche de Gaudete, troisième de l’Avent, Frère Maximilien-Marie a pu reprendre sans difficulté la route du Puy-en-Velay pour la Sainte Messe dominicale, et il en a été de même pour la nuit et le jour de Noël.

Nous avons observé fidèlement nos traditions de l’Avent : semé le blé de la Sainte-Barbe (cf. > www) et fêté Saint Nicolas, à l’occasion d’une soirée joyeuse et gourmande, avec nos voisins et des amis.
Cette année, nous avons aussi marqué Sainte Lucie : à l’initiative de l’excellente association amie Art’ Borée Sens, et en s’inspirant des traditions des pays scandinaves, il y a eu une soirée de fabrications de lanternes et de lampions de papier, qui s’est tenue au Mesnil-Marie et qui m’a beaucoup intéressé, ainsi que vous pouvez le constater :

lully-atelier-lanternes décembre 2012

Cette soirée devait se conclure par une petite promenade contée dans le hameau, à la lueur des lanternes, mais la pluie et le vent ne permettaient pas de sortir… alors, tout de même, dans notre Mesnil-Marie privé de toute lumière électrique il y a eu une petite promenade qui a consisté à… me retrouver : je me suis en effet montré très coopératif, pour la plus grande joie des enfants!

Les talents de conteur de Frère Maximilien-Marie ont aussi été sollicités pour « l’arbre de Noël » organisé par l’association des parents d’élèves du village voisin de Borée.
Ce sont encore des contes en lien avec la période de Noël, contes pour la plupart inventés par notre Frère, qui ont fait l’objet de la deuxième Veillée Culture & Patrimoine, du mercredi 19 décembre.

Et puis, bien sûr, il y a eu les préparatifs de la Crèche pour laquelle Frère Maximilien-Marie a réalisé une maquette du Mesnil-Marie à l’échelle de nos santons, ce qui l’a bien occupé pendant plusieurs soirées. Vous avez pu découvrir cette Crèche grâce à une mini vidéo (ici > www) et depuis le Saint Jour de Noël, elle est ouverte à la visite libre, ce qui est l’occasion de nombreux et sympathiques contacts.

Je ne vous présente pas avec de l’avance mes voeux pour l’année 2013 : je le ferai – en fonction de mes disponibilités soit le 1er soit le 2 janvier…
Et en attendant je vous laisse pour accompagner Frère Maximilien-Marie à l’oratoire où nous allons – au terme de cette année 2012 – d’abord chanter le Miserere, pour demander pardon de tout ce qui n’y a pas été conforme à la Sainte Volonté de Dieu, puis – avec le Te Deum – remercier pour toutes les grâces que Dieu nous a accordées. 

Nous vous emportons avec nous dans notre prière…

Lully.

pattes-de-chat-frise-300x81 Mesnil-Marie

Pour aider le Refuge N.D. de Compassion > www

Quelques textes en rapport avec la fin de l’année civile :

Quand l’année s’achève : dialogue d’une âme fatiguée avec son Seigneur (Marie Noël) > www
Te hominen laudamus (Marie Noël) > www
B.D. « la préférée de Dieu » > www

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia, Textes spirituels | le 31 décembre, 2012 |2 Commentaires »

O Miracle qui dépasse tout miracle!

Strophes de Saint Joseph l’Hymnographe (*)
en l’honneur de la Sainte Mère de Dieu

O Miracle qui dépasse tout miracle! dans De Maria numquam satis nativite-mosaique-palerme-santa-maria-dellammiraglio

La Nativité – mosaïque de l’église Santa Maria dell’ Ammiraglio, à Palerme.

Vénérons le saint Palais du Roi,
où il a voulu établir Sa demeure.
Et à celle qui ne connaît point d’homme,
la seule Mère de Dieu, grâce à qui nous sommes élevés jusqu’à la Divinité,
chantons nos hymnes!

Nous vous voyons, ô Mère et Vierge,
véritablement pure avant, pendant et après l’enfantement ;
et vous avez porté Dieu
qui fut prêché à haute voix par l’assemblée des Apôtres.

Le choeur bienheureux de ceux qui prophétisaient dans l’Esprit
vous a appelée, en un saint oracle inspiré par Dieu,
la Porte et la Montagne ombragée,
ô toute pure!

 Illuminez, ô Vierge , les yeux de mon coeur,
donnez-moi la clarté de la pénitence,
arrachez-moi aux ténèbres éternelles,
ô Porte de la Lumière et Refuge des chrétiens
qui chantent fidèlement votre gloire!

Je vous chante,
ô vous qui êtes plus que toute autre digne de louange ;
je veux toujours vous rendre gloire,
vous à qui Dieu rend gloire ;
je vous magnifie,
vous que magnifient toutes les générations,
ô vous, Vierge magnifiée par Dieu!

Vous êtes toujours un refuge pour les pécheurs,
ô toute pure,
vous qui avez enfanté d’une manière surnaturelle Celui qui ôte le péché du monde,
le Christ auquel nous chantons :
Béni soyez-Vous, Seigneur et Dieu de nos pères!

O Miracle qui dépasse tout miracle!
Comment êtes-vous mère et demeurez-vous vierge,
ô toute pure Epouse de Dieu?
Vous avez enfanté le Verbe,
qui est de toute éternité semblable au Père ;
pour Lui nous chantons tous :
louez le Seigneur, vous toutes Ses oeuvres,
et exaltez-le dans toute l’éternité! 

L’éclair de votre maternité a brillé et resplendi,
et tout ce qui est sous le soleil a rayonné :
le prince des ténèbres est abattu,
ô très pure Mère de Dieu,
gloire des anges et salut de tous les hommes,
qui ne cessent de vous louer et de vous chanter.

nativite-mosaique-palerme-santa-maria-dellammiraglio-copie louange mariale dans Prier avec nous

(*) Saint Joseph l’Hymnographe : saint des Eglises Romaine et Byzantine (en grec Ίωσήφ ό ύμνογράφος), né en Sicile (probablement à Palerme et sans doute en 816), mort à  Constantinople le 3 avril 886. Sa biographie peut être lue ici > www.

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 28 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »
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