2014-44. « Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… »

Fleur de lys

Pour donner une espèce de point d’orgue à toutes les publications que j’ai faites ici depuis le 23 avril, je souhaite aujourd’hui vous proposer, chers Amis, un texte important où l’un de nos jeunes amis légitimistes, Florian, président du cercle légitimiste Saint-Materne, répond aux questions de Monsieur F. Abed.
Cet entretien a été publié le 28 mars 2014 sur le site « Vu de France » (en abrégé ci-dessous : VdF) de Monsieur F. Abed, qui nous a donné l’autorisation, ainsi que Florian, de le reproduire dans nos pages, ce pourquoi nous voulons ici leur en témoigner, à l’un comme à l’autre, notre profonde gratitude.
La découverte de la légitimité dynastique et de la doctrine monarchique traditionnelle pour laquelle oeuvre le mouvement légitimiste, telle que Florian la raconte pour lui-même est aussi, à peu de choses près, la manière dont notre Frère Maximilien-Marie y était arrivé lui-aussi, et la façon dont de nombreux jeunes les découvrent à leur tour de nos jours : un attrait que l’on peut d’abord qualifier d’amoureux, sur lequel se greffent ensuite de solides raisons spirituelles et intellectuelles. Amour, foi et raison !
Tous les propos tenus ici par Florian, nous y adhérons nous aussi totalement et nous le remercions d’avoir su exprimer avec autant de brio la quintessence de nos convictions…

Lully.

Fleur de lys

Introduction de « Vu de France » :
Nous vous proposons en ce jour un entretien très enrichissant, réalisé avec un jeune royaliste (légitimiste) de l’est du royaume de France. Membre de l’UCLF, Florian répond à toutes nos questions sans jamais perdre de vue l’essentiel : La France est catholique et royale ou n’est pas…

VdF                                      

* * * * * * *

VdF : Bonjour. Pourriez-vous prendre la peine de vous présenter ?

Âgé de bientôt vingt-cinq ans, je suis étudiant en master et prépare les concours de l’enseignement de l’histoire-géographie à Strasbourg. Né à Nice de parents aux origines diverses (allemandes, italiennes, franc-comtoises), je suis cependant très attaché à l’Alsace où je vis depuis près de vingt ans maintenant. Royaliste et légitimiste, c’est à dire fidèle à l’aîné des Capétiens en la personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Louis XX, je suis président depuis sa création du Cercle Saint-Materne, seule association légitimiste d’Alsace. Nous sommes rattachés à l’Union des Cercles Légitimistes de France à laquelle notre cercle est en train d’adhérer.

VdF : Pour quelles principales raisons êtes-vous royaliste ?

Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… Si je puis me permettre, je les résumerais en trois mots : amour, foi et raison.
Le premier dans l’ordre chronologique est pour moi d’ordre sentimental. Depuis tout petit, j’ai toujours été fasciné par les Rois, je connaissais la liste des Rois de France par cœur. J’avais conscience qu’ils avaient fait la gloire de ce pays que j’aimais tant.
A l’adolescence, j’étais déjà royaliste même si je n’avais pas de doctrine solide. Je m’en suis hélas un peu éloigné au lycée, sans jamais renier, avant d’y revenir pendant mes études. Ce fût presque inconsciemment que mon regard se tourna alors vers celui que les règles dynastiques bénies par la Providence désignaient, et ce avant même de connaître les Lois Fondamentales.

La deuxième raison est religieuse. C’est ma découverte de la Tradition catholique qui opéra en moi une véritable conversion, qui me fit réellement apprécier tous les bienfaits de la monarchie et, surtout, son extrême cohérence avec la doctrine catholique. Je ne peux entrer ici dans les détails mais par exemple, l’alliance du Trône et de l’Autel qui épouse on ne peut mieux la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, ou encore la recherche du Bien commun que poursuit le monarque, la volonté de faire vivre les sujets selon la vertu qui est caractéristique de la véritable autorité, très éloignée du pouvoir sans freins moral et religieux qu’ont nos dirigeants modernes ! Enfin, l’action de la Providence se vérifie dans l’histoire. L’épisode le plus éclatant étant bien évidemment sainte Jeanne d’Arc qui reçut pour mission divine de faire sacrer le Roi légitime, Charles VII. C’est un exemple frappant pour tous les catholiques qui pensent que Dieu ne se préoccupe pas de la politique des hommes ! Je peux ainsi faire mienne cette affirmation du comte Maurice d’Andigné, « Avant d’être royaliste, je suis catholique et français. Je dirais même que je ne suis royaliste que parce que je suis catholique et français ».

Je me suis ensuite intéressé de plus près à la Monarchie française, à son histoire et à ses institutions. C’est là qu’est venue la troisième raison qui ne fit qu’affirmer mon attachement au Roi. En effet, mes lectures me firent découvrir toute la beauté des institutions de l’Ancienne France, ainsi que la cohérence et l’intégrité de la doctrine royale capétienne traditionnelle. Je découvris alors l’ampleur des mensonges républicains, notamment sur les valeurs erronées ou faussées que l’on retrouve dans la devise républicaine que nous connaissons tous. Je me rendis compte à quel point la démocratie, en plus d’être une utopie, était un leurre et plus que jamais dans nos sociétés modernes ! Au contraire, il m’apparut comme évident que le gouvernement d’un seul, désigné par une règle intangible sans que les hommes puissent intervenir, d’un homme qui n’a pas besoin de séduire les foules pour obtenir et garder son pouvoir et qui doit transmettre à son fils un royaume en bon état, était à la fois bien plus naturel et surtout meilleur. Comme Claude de Seyssel, le célèbre conseiller de Louis XII, il est pour moi évident que la monarchie est meilleure que toutes les autres formes de gouvernement, et que, comme il le dit lui même dans sa Monarchie de France, la Monarchie française est « mieux réglée que nulle autre », principalement grâce à l’œuvre sublime que sont les Lois Fondamentales du Royaume, la constitution non écrite qui régissait les institutions de l’Ancienne France.

VdF : Vous êtes membre de l’UCLF. Merci de nous la présenter. D’une manière générale ne trouvez-vous pas que cette association est trop peu visible ?

L’UCLF a été fondée en 1979 par Monsieur Gérard Saclier de la Bâtie. Celle-ci prenait en fait la suite de l’Association Générale des Légitimistes de France, fondée en 1956 à la demande de Monseigneur le Prince Jacques-Henri de Bourbon, dit Henri VI, le grand-père de notre Prince Louis. C’est lors de la même année 1956 que fût créée La Gazette Royale, qui est toujours aujourd’hui le bulletin trimestriel de l’UCLF.
Il est nécessaire de préciser immédiatement que l’UCLF n’est pas un parti. En tant que royalistes, nous sommes évidemment contre la logique des partis qui divise le pays et paralyse la politique nationale. L’histoire depuis la Révolution nous a également appris que la participation au jeu démocratique ne pouvait que faire reculer nos idées et qu’utiliser les armes de l’ennemi ne serait d’aucun bénéfice pour notre combat. Pire encore, elle nous a divisé, nous a fait perdre des forces et fait tomber beaucoup d’anciens royalistes dans les partis républicains.
L’UCLF a donc pour but de coordonner les diverses associations légitimistes qui agissent dans le cadre des anciennes provinces. C’est un système volontairement décentralisé, avec des associations autonomes se développant au sein des provinces historiques et non pas des départements républicains qui sont, pour un grand nombre, des entités factices et totalement déracinées.
Le but premier de l’UCLF, visible sur leur site internet, est « d’étudier et de faire connaître la légitimité historique française et de servir de lien entre les associations ayant le même but ».
L’accent est donc mis sur la formation doctrinale politique, philosophique et aussi historique.
Le président de l’UCLF est actuellement Monsieur Pierre Bodin.

Concernant votre deuxième question, l’UCLF est visible sur internet par un site officiel (www.uclf.org), sa bibliothèque en ligne Vive le Roy (www.viveleroy.fr) qui met à disposition une documentation de plus en plus abondante pour la formation à la doctrine monarchiste capétienne traditionnelle, ainsi que par son Forum du Royaume de France (royaume-de-france.clicforum.com/) qui connaît une activité non négligeable. Les universités d’été Saint Louis ont de plus en plus de succès auprès des jeunes. Des cercles possèdent leur propre site internet, voire une presse (Bretagne, Lorraine, Provence, etc.)
Il est vrai que l’UCLF ne possède pas le même éclairage que d’autres mouvements royalistes. L’association a fait le choix de privilégier le contenu à la forme. C’est d’ailleurs ce qui m’a attiré chez eux. La qualité de la formation doctrinale y est incomparable par rapport à celle que l’on trouve dans la plupart des autres associations royalistes qui tombent fréquemment dans le piège de l’activisme et du combat démocratique, combat perdu d’avance.
Cependant, de nombreux membres de l’UCLF sont conscients qu’il est nécessaire de développer notre audience et que pour cela, il nous fallait par exemple utiliser au mieux et plus fréquemment de nouveaux formats et faire des efforts de communication. Le forum notamment rencontre un succès important et permet, non seulement aux légitimistes d’échanger sur de nombreux sujets, mais aussi à des visiteurs curieux de découvrir nos idées. Parallèlement, une page Facebook de l’UCLF a été créée très récemment.
Les présidents de cercles ont des projets divers. Chez nous en Alsace, nous prévoyons par exemple de réaliser quelques vidéos ainsi que des conférences.
Plus généralement, plusieurs membres de l’UCLF témoignent du nombre croissant de jeunes intéressés par notre combat, ce qui montre le dynamisme de l’association. Cependant, si nous désirons améliorer notre visibilité, notre but reste de ne faire aucun compromis sur la doctrine et sur nos principes. Cette droiture, cette cohérence et cette rectitude font selon moi partie des atouts majeurs de l’UCLF.

VdF : Il n’existe pas que l’UCLF comme association royaliste. Toutes ces associations sont également peu connues, voire inconnues de nos compatriotes. Le regrettez-vous ? Comment l’expliquez-vous ?

En effet, il existe des myriades d’associations royalistes, plus ou moins valables d’ailleurs. Elles sont, pour la plupart, peu connues des Français car elles n’ont pas accès aux grands médias. C’est regrettable mais le système est ainsi. Tout ce qui est hostile à la République, à l’Union européenne ou à d’autres forces qui dominent notre société, n’a aucune place dans les médias. De plus, il faut ajouter que les associations royalistes ont en général très peu de moyens. Cela rend la tâche encore plus difficile. Beaucoup de Français ne pensent même pas à se tourner vers nous, car pour eux l’alternative royale n’est plus envisageable. On voit ici que la propagande républicaine a porté ses fruits. Heureusement, le développement d’internet est un très grand apport pour nous et a permis aux royalistes d’être bien plus visibles. C’est d’ailleurs grâce à internet que j’ai pu en partie me former et aussi découvrir l’UCLF, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant.

VdF : Le royalisme prône l’unité, mais les royalistes sont divisés en multiples chapelles (légitimisme, orléanisme, survivantisme, providentialisme). Déplorez-vous cet état de fait ? Comment expliquez-vous cette multiplicité doctrinale ?

Il est vrai que la base du royalisme est normalement l’unité autour du souverain. Hélas, cela n’est pas le cas. Tout comme avec l’Église où certains que l’on nomme hérétiques se sont séparés de la foi, certains courants royalistes se sont éloignés à la fois du souverain légitime et de la doctrine capétienne traditionnelle. Cela est le cas depuis le début de la Révolution quand les monarchiens qui souhaitaient une monarchie plus libérale, à l’anglaise, se sont dressés contre le Roi. Aujourd’hui, un grand nombre de mouvements royalistes se sont laissé tenter par le libéralisme et pas seulement les fidèles de la branche des Orléans. C’est en effet déplorable mais cela est l’œuvre de la Révolution qui ne cesse de diviser depuis 1789.
Dans nos cercles, nous répétons à temps et à contretemps que l’unité des royalistes, et même des Français, ne peut se faire qu’autour du Roi légitime et de la tradition monarchique capétienne traditionnelle. En aucun cas une union œcuménique provisoire à des fins électorales ne porterait des fruits, puisqu’elle ne ferait que repousser à un hypothétique et utopique lendemain les querelles dynastiques et faire avancer les idées libéralo-orléanistes révolutionnaires parmi les royalistes. Je passerai sur le survivantisme qui, à mes yeux, n’est pas très intéressant puisqu’il concerne des gens qui n’acceptent pas les preuves historiques désormais irréfutables de la mort de Louis XVII en 1795. Le providentialisme est en revanche plus problématique, puisque c’est une position qui peut facilement séduire des catholiques. Cette position se résume à une attente d’un monarque envoyé par Dieu. Dans ce cas, aucune promotion du Roi ne peut être faite vu qu’il ne s’est pas encore manifesté. Les providentialistes peuvent donc assez facilement se laisser gagner par la passivité. Notre position est de rester fidèles à la dynastie choisie par Dieu pour la France. En témoigne l’exemple glorieux de Jeanne d’Arc. Nous ne pouvons connaître à l’avance les plans de Dieu et nous agissons dans le présent.

VdF : Qui, selon les lois fondamentales du royaume, serait ou est le roi de France ?

Les Lois fondamentales sont la constitution non écrite de l’Ancienne France. On entend souvent dire que la France n’avait pas de constitution avant la République. C’est absolument faux ! Simplement, elle n’était pas écrite, tout comme le Royaume-Uni aujourd’hui n’a pas de constitution à proprement parler, mais un ensemble de lois et de textes législatifs.
C’est peut-être l’œuvre majeure des Capétiens car c’est elle qui assurait « la tranquillité de l’ordre » dont parle saint Augustin, ainsi que « l’unité de la paix » chère à saint Thomas d’Aquin. En effet, ces institutions permettent la continuité du Bien commun en soustrayant la désignation du dirigeant au choix des hommes, ce qui permet d’éviter les passions et conflits qu’entrainent indubitablement ce choix. Nous pouvons d’ailleurs voir ces passions en action à chaque élection…
Les Lois Fondamentales représentent donc le principal héritage de la monarchie capétienne, avec l’alliance du Trône et de l’Autel. Nous y sommes particulièrement attachés.
Pour revenir à votre question après cette brève explication, les Lois fondamentales sont claires et irréfutables pour désigner le Roi, ce qui fait qu’il n’y a pas normalement de « prétendant » au trône de France. Le Roi de France est Louis XX, et ce depuis la mort tragique de son père Alphonse II le 30 janvier 1989. En France, nous avons ainsi toujours un roi, jamais de vacance du pouvoir. C’est ce que signifie l’adage « le Roi est mort, vive le Roi ! ». Cela faisait dire à notre Prince, à la suite de son père, « je ne prétends à rien, je suis ».
Henri d’Orléans est 81e dans l’ordre de succession. Je suis obligé de le préciser puisque les Orléanistes revendiquent le trône pour ce dernier en niant ainsi les Lois fondamentales. Ne pas tenir compte de ces lois, c’est tout simplement faire fi de l’héritage construit patiemment par nos rois. Je rappelle également que ces lois permettent aussi que le monarque ne tombe pas dans la tyrannie. En effet, il n’est pas propriétaire de la couronne et ne peut modifier l’ordre de succession.

VdF : Comprenez-vous que des royalistes soient attirés par le vote contestataire, représenté à tort ou à raison par le Front national depuis les années 1980 ?

Il faut d’abord lever une première ambiguïté. Le « vote contestataire » est un leurre qu’utilisent les Républicains depuis 1870 principalement pour nous convertir aux idées révolutionnaires. Léon Gambetta ne disait-il pas que « l’esprit de démocratie a envahi toutes les cervelles et pénétré jusqu’à nos adversaires les plus avérés » ?
Saint Thomas avançait très justement l’idée que « la forme dépend nécessairement de la fin de l’action », autrement dit que l’on doit agir comme l’on pense, mais aussi que nos actions modèlent notre façon de penser. C’est ce qui s’est passé avec les catholiques, surtout depuis le ralliement à la République prôné à tort, comme il l’a reconnu lui-même à la fin de sa vie, par le pape Léon XIII. A force d’agir en libéraux, les catholiques et les royalistes ont fini par penser de plus en plus en libéraux. Le Front National, héritier du Boulangisme populiste mais aussi de l’Orléanisme politique et de l’Action Française maurrassienne, s’est présenté dans les années 1980 comme un parti voulant restaurer les valeurs originelles de la France. Le FN de Jean-Marie Le Pen jouait volontairement sur les symboles catholiques et royalistes pour les attirer. Beaucoup de ces royalistes furent séduits et se mirent à penser que le FN pouvait être un moyen de salut pour lutter contre le système républicain, voire un tremplin vers une restauration monarchique.
Cependant, le FN de Marine Le Pen n’entretient aujourd’hui plus aucune ambiguïté. Il est clairement républicain, démocrate et laïciste. Les positions de Marine Le Pen, notamment sur l’avortement, sont anticatholiques. Voter, pour quelque parti que ce soit, c’est entretenir la machine. Ce n’est pas pour rien que l’abstention affole tant les politiciens ainsi que les médias. Le vote FN est utilisé pour canaliser les mécontentements dans une forme républicaine et démocrate, aux faux airs dissidents et antisystèmes. Il suffit de voir la place occupée par Marine Le Pen et son parti dans les médias pour se rendre compte de la supercherie, quand on sait qu’aucune place n’est destinée aux vrais contestataires antirépublicains, et même aux opposants sérieux à l’Union européenne.
Voter FN, c’est donc à la foi inutile et contraire à la doctrine catholique, notamment à cause de la position du parti sur l’avortement.

VdF : Quel est votre avis sur les manifestations de rue contre les lois anti-naturelles ?

Il faut d’abord noter qu’il est rassurant de voir qu’un nombre conséquent de Français sont encore choqués par les attaques républicaines contre les lois naturelles et la famille. Je ne serai donc pas méprisant envers ces révoltes de personnes de tous âges qui se sont levées afin de montrer leur indignation devant ces abominations. Notre Prince les a d’ailleurs qualifiées récemment, dans un entretien au Mouvement Catholique des Familles, de réactions « admirables », en évoquant ces « millions de personnes dans la rue, ces familles, ces parents et grands-parents, ces enfants, (qui) tous ont voulu montrer leur attachement à la famille traditionnelle, creuset de la société ».
Cependant, ce constat positif ne nous empêche pas d’analyser ces mouvements, leur composition et leur efficacité.
En effet, nous avons vu avec ces manifestations, l’idée de rassembler tous les opposants au « mariage » contre-nature, sans aucune étiquette politique ou religieuse. Penchons nous sur les résultats. En effet, nous pouvons nous réjouir du nombre très important de participants à ces manifestations. Cependant, quelles en furent les conséquences ? La loi a-t-elle été retirée ? Aucunement. La pétition auprès du Conseil économique et social rassemblant plus de 700.000 signatures n’eut pas plus de succès. Cela nous montre que la démocratie est bel et bien un mythe et qu’en plus de cela, ce n’est pas le nombre qui permet de remporter des victoires.
Je pense que ces manifestations sont typiques de la manière de procéder des catholiques depuis au moins plus de cent ans. Ils sont toujours à la remorque des progressistes, à répondre à leurs attaques. La République fait tout pour détruire la famille depuis la Révolution : divorce, mariage civil, contraception, avortement, pacs, etc. Ce n’est pas nouveau ! Au lieu de s’attaquer à la source de ces maux, c’est à dire la République, les catholiques s’obstinent à protester, de manière impuissante et isolée, simplement contre ses méfaits. La plupart du temps, cela se fait en plus en employant les méthodes révolutionnaires que sont le vote, les manifestations ou encore les pétitions, méthodes qui ne peuvent que faire avancer la Révolution puisqu’on finit toujours par penser comme on agit. Pire encore, nous avons vu en tête des « Manif Pour Tous » des jeunes femmes coiffées de bonnets phrygiens ! « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet…
Tant que les catholiques et les hommes de bon sens n’auront pas compris que, pour en finir durablement avec toutes ces attaques aux lois naturelles, il faut d’abord en finir avec leur cause qui est la République, tout cela ne fera qu’aller de mal en pis.

VdF : N’est-il pas utopique au 21ème siècle de vouloir le retour du roi très chrétien dans nos sociétés athées, démocratiques et fondamentalement libertariennes ?

Vous savez, il semblait bien utopique d’imaginer la Monarchie Capétienne huit fois centenaire être renversée à la veille de la Révolution. Pourtant, cela est bien arrivé, malheureusement.
En effet, la République semble si bien ancrée dans notre société et dans les esprits de nos contemporains, avec tout son cortège de valeurs mortifères et de mensonges, qu’il paraît difficile voire impossible d’espérer une véritable restauration. Cependant, les illusions sur ce système tombent de plus en plus à l’heure actuelle entre les crises et les scandales auxquels la République n’arrive pas à faire face. Les Français voient bien le niveau de corruption de nos pseudo-élites. Les travaux récents de certains historiens permettent aussi à un nombre croissant de personnes de se rendre compte des mensonges construits par la République sur la Monarchie et l’Ancien Régime. Le taux de suicide chez les jeunes, à un niveau jamais connu à toutes les époques et dans toutes les sociétés, devrait interloquer les derniers crédules.
Notre société est malade. Et pour soigner un malade, on ne lui administre pas un peu de remède, mêlé à du poison. On lui donne ce que l’on a de mieux comme médicament. Ce remède, c’est bien la Monarchie capétienne qui a fait ses preuves pendant plus de huit siècles, apportant à la France le bonheur et la prospérité, malgré les vicissitudes inévitables des hommes.
Nous savons que le combat est difficile. Mais nous devons prendre exemple sur nos prédécesseurs, apprendre de leurs erreurs et s’enrichir de leur expérience, afin de tout mettre en œuvre pour faire connaître ce trésor qu’est la Monarchie traditionnelle française.
Je ne sais pas si, de mon vivant, je verrai le retour des Lys. Mais je pourrai au moins me satisfaire d’avoir transmis cette flamme qui ne s’est jamais éteinte depuis 1789.
En tant que jeune royaliste, confiant dans l’avenir et la Providence, je finirai sur ces paroles pleines d’espoir du Général vendéen de Charette :
« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. [...] Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… »

Fleur de lys

Publié dans : Lectures & relectures, Vexilla Regis | le 1 mai, 2014 |1 Commentaire »

2014-43. « J’existe, je suis là et si je peux un jour oeuvrer plus concrètement pour la France, je prendrai mes responsabilités… »

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
entretien accordé au journal « La Provence » :

Voici l’intégralité du texte paru dans le journal « La Provence » à la suite d’un entretien accordé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, à Frédéric Cheutin.

25 avril 2014

Si la France était encore une monarchie, le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, serait notre souverain sous le nom de Louis XX. Le prince, qui s’est rendu vendredi à Aigues-Mortes pour commémorer le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis, a accepté de répondre aux questions de La Provence.

Monseigneur, vous vous êtes rendu, vendredi, à Aigues-Mortes pour commémorer le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis. Que représente ce Roi, majeur dans notre histoire, pour vous ? Et pourquoi célébrer sa naissance, qui est aussi le jour de votre quarantième anniversaire, à Aigues-Mortes ?

Louis de Bourbon : C’est vrai que la concordance des dates et des prénoms est amusante : Saint Louis est né le 25 avril 1214, je suis né 760 ans plus tard et nos épouses se prénomment Marguerite…
Mais plus sérieusement, oui, il m’a paru important de venir à Aigues-Mortes à l’occasion du 800e anniversaire de Saint Louis. J’ai accepté cette invitation des autorités civiles et religieuses car honorer ce saint Roi, bon époux et bon père de famille, est tout un symbole. Il fonda cette cité en 1240, ouvrant à la France une porte sur la Méditerranée qui ne s’est jamais refermée depuis.
Roi réformateur, bâtisseur, juste, il était très aimé car il avait grand souci du faible. Tout cela est présent à Aigues-Mortes, mais j’irai cette année dans d’autres lieux, tant en France qu’à l’étranger, à commencer par le Grau-du-Roi pour la restauration d’un reliquaire.

Alors que notre pays semble de plus en plus divisé, quel serait, selon vous, l’intérêt d’une restauration de la monarchie ?

Louis de Bourbon : L’avantage de la royauté, c’est précisément de faire l’union. D’ailleurs, ce fut tout au long de l’Histoire le leitmotiv de nos Rois : unir, rassembler, lutter contre les intérêts particuliers au profit de l’intérêt général.
Un Roi, par nature, est au-dessus de tous les partis. Il est au service de tous. Au service de son pays et c’est naturellement qu’il mettra tout en oeuvre pour le transmettre à son successeur en bonne santé.
C’est la concordance commune d’intérêts qui est l’un des secrets de la réussite du système, et cela est unique et irremplaçable.

Peut-on encore concilier modernité et monarchie, notamment en ce qui concerne les problèmes de société ?

Louis de Bourbon : Déjà, on peut constater que des monarchies existent en Europe et, en général, les pays concernés révèlent une adaptation plus dynamique, tant sur le plan social qu’économique.
La France est très attachée à son système de protection sociale que Saint Louis aurait sûrement soutenu, lui qui, à l’époque, créait les grands hôpitaux et les premiers fonds de retraite pour les soldats. Mais pour garder cette protection, il faut être vigilant et lucide. Rien n’est pire que l’utopie.
La royauté, elle, s’est construite sur du réel, c’est-à-dire, au départ, une famille, des fiefs, des communes, des artisans, des commerçants, des entrepreneurs, etc. Tout un tissu social travaillant chacun pour soi et pour le bien de tous, grâce à un contrôle minime mais efficace exercé par le minimum d’État qu’est la royauté. Ce système donnait ainsi beaucoup de libertés aux individus.
Où en sommes-nous avec les libertés ?

Dans la France actuelle, quel rôle entendez-vous jouer ?

Louis de Bourbon : Un rôle à la fois discret et concret. Les autorités, tant civiles que religieuses, qui m’ont invité savent très bien qui je suis et c’est bien en tant qu’aîné de la Maison de Bourbon, descendant direct de Saint Louis, que je suis venu à Aigues-Mortes. Les choses sont claires et je suis très heureux de pouvoir incarner cet attachement profond des Français à leur Histoire.
Chaque année, le programme des Célébrations Nationales présente beaucoup d’occasions d’évoquer ce lien si particulier qui existait entre le Roi et son peuple, un lien à la fois charnel et spirituel, là encore quelque chose d’irremplaçable.
Que vous dire d’autre ? J’existe, je suis là et si je peux un jour oeuvrer plus concrètement pour la France, je prendrai mes responsabilités. J’ai aujourd’hui 40 ans, trois enfants, une vie active, je sens bien que ma génération et celle qui suit attendent un changement profond et pacifique.

(propos recueillis par Frédéric Cheutin)

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Publié dans : Chronique de Lully, Vexilla Regis | le 28 avril, 2014 |1 Commentaire »

2014-42. Aigues-Mortes, ce 25 avril 2014.

Huitième centenaire du Baptême de Saint Louis.
Quarantième anniversaire de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon.

1214 – 1974 – 2014

Aigues-Mortes statue de Saint Louis

Aigues-Mortes : au centre de la cité, la statue de Saint Louis.

Samedi in albis 26 avril 2014,
(fête empêchée de Notre-Dame du Bon Conseil)

Mon cher Lully,

Tu m’as demandé de te rédiger un compte-rendu de mon déplacement de ce vendredi 25 avril à Aigues-Mortes, afin que tu puisses le publier sur ton blogue, puisque tes fonctions de fidèle gardien du Mesnil-Marie ne te permettaient pas de t’y rendre toi-même ; je réponds donc très volontiers à ta demande.
Comme tu l’avais toi-même annoncé avant-hier (cf. > www), nous avions appris ce 23 avril par un laconique communiqué du Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou, que le Prince Louis de Bourbon serait présent, avec son épouse, ce vendredi 25 avril à Aigues-Mortes pour célébrer le huitième centenaire du baptême de son aïeul le Roi Saint Louis, ainsi que le quarantième anniversaire de la naissance de Monseigneur lui-même.

Dans un entretien accordé au « Figaro » et publié au matin du jeudi 24 avril, le Prince Louis expliquait : « Pour le 25 avril, j’ai souhaité un geste fort, et il m’a semblé qu’être, en ce jour, à Aigues-Mortes était symbolique. Aigues-Mortes est une ville importante de l’histoire de France, dont l’image est totalement attachée au souvenir de Saint Louis, qui l’a fait bâtir en 1240 pour donner au royaume une porte sur la Méditerranée. Par la suite, il lui a octroyé une des premières chartes communales ouvrant la voie à une profonde réforme des institutions. Cela a permis d’affranchir les villes du pouvoir des féodaux. Le roi y est venu plusieurs fois, et la ville est toujours fidèle au souvenir de Saint Louis, qu’elle fête chaque 25 août. Que le chef de la maison capétienne y vienne est une occasion de rendre hommage à cette fidélité. C’est d’ailleurs ici qu’en 1992, j’ai effectué un de mes premiers déplacements de chef de maison, successeur des rois de France, en venant y déposer solennellement des reliques du saint roi. En 2014, je tenais à y revenir aussi, car j’ai le souci de ne pas associer les commémorations du 800ème anniversaire de Saint Louis aux seules grandes villes, mais à l’ensemble des cités – quelle que soit leur taille – où les rois ont laissé une trace. Les rois, en particulier Louis IX, ont toujours été de grands voyageurs, laissant le souvenir de leur passage de ville en ville » (on peut lire cet entretien en intégralité ici > www).

Jeudi matin, tu m’as toi-même entendu parler à mon filleul, Jean-Baptiste, et à sa maman, Marie-Christine, de cet évènement qui aurait lieu à environ trois heures de route de notre Mesnil-Marie : pour nous trois, la « tentation » était forte, mais Marie-Christine avait des obligations professionnelles. En me quittant, tu as néanmoins senti qu’elle était déterminée à faire tout son possible pour que nous puissions aller ensemble à Aigues-Mortes.
« Ce que femme veut, Dieu veut », entend-on parfois dire. En l’occurrence ce dût être vrai, car tu as pu constater que ce vendredi 25 avril, à midi et demi, la nouvelle arrivait : « Nous pouvons y aller ! »
Je n’ai pas été long en préparatifs… En route pour Aigues-Mortes !

Aigues-Mortes dédicace de la statue de Saint Louis

Aigues-Mortes – dédicace de la statue de Saint Louis au centre de la cité :
« A Saint Louis, la ville d’Aigues-Mortes voulant perpétuer le plus glorieux souvenir de ses annales a élevé cette statue dans le lieu témoin de l’embarquement de ce héros chrétien pour la VIIe et la VIIIe croisade ».

Arrivés aux pieds des remparts de la vieille cité un peu avant 17h, nous nous sommes aussitôt dirigés vers la place Saint-Louis, où nous ne tardâmes pas à retrouver des connaissances : amis de l’Institut de la Maison de Bourbon ou membres d’autres associations légitimistes, personnes rencontrées à l’occasion des fêtes catholiques et légitimistes du Lyonnais…
Je me suis dirigé vers l’église Notre-Dame des Sablons, qui borde la place Saint-Louis, et me suis présenté à Monsieur le Curé qui était en train de peaufiner certains détails de la cérémonie avec les membres des confréries de pénitents, et allait être interrogé par des journalistes de TF1 (voir en bas de page).
L’accueil de Monsieur l’abbé Pierre Lombard a été très cordial et, après m’avoir demandé si j’avais une tenue de choeur, il m’a invité à prendre part avec le clergé à la procession qui précèderait la Messe.
Nous avons admiré la tenture bleu-roi qui faisait comme un dais sur toute la longueur de l’église au-dessus de l’allée centrale et dont le pan qui retombait à la perpendiculaire de l’autel était constellé de fleurs de lys d’or, ainsi que les deux écussons marqués aux armes de France accrochés aux extrémités de la poutre de gloire ; mais - malheureusement – cela n’apparaît pas très bien sur ma photo  :

Aigues-Mortes ND des Sablons bleu roi et fleurs de lys

A 18h, Monseigneur le duc d’Anjou et son épouse sont arrivés sur la place Saint-Louis : ils nous ont salués en même temps que le petit groupe de personnes présentes, et nous avons été invités entrer à leur suite dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville.
Monsieur Pierre Mauméjean, maire d’Aigues-Mortes et un petit groupe d’élus ou de notabilités y ont accueilli officiellement le couple princier.
Dans son mot de bienvenu, bien sûr, Monsieur le Maire a rappelé les liens particuliers de sa ville avec Saint Louis, et nous l’avons sincèrement admiré d’avoir osé publiquement regretter que tous les privilèges, franchises et exemptions que le saint Roi avait accordés à Aigues-Mortes eussent été rayés d’un seul trait de plume à la révolution…
Le Prince Louis a répondu par un petit discours rappelant les liens particuliers qui l’unissent à la ville d’Aigues-Mortes depuis 1992 (voir ce qu’il en dit ci-dessus dans la citation de l’entretien du « Figaro ») ; en suite de quoi chacun put s’approcher du Prince et de Madame (laquelle était venue malgré la fièvre qui la tourmentait).
Nous étions à peine une quarantaine de personnes dans ce salon d’honneur de l’hôtel de ville, ce qui donnait à cette rencontre un caractère de simplicité et de très grande proximité : ce fut vraiment un moment très apprécié.

Accueil du Prince Louis et de la Princesse Marguerite à l'Hôtel de Ville

Monseigneur et Madame lors de l’accueil officiel à l’hôtel de ville.

Arriva enfin l’heure de la procession, qui partait de la cour de la maison paroissiale : Le Prince Louis et la Princesse Marguerite saluèrent chacun de ceux qui étaient là, et vinrent donc vers moi pour la seconde fois ; c’est à ce moment-là que j’ai échangé quelques mots personnels avec eux, et que j’ai spécialement pu dire au Prince : « Monseigneur, permettez-moi de vous dire que je prie tous les jours pour vous : pour votre personne, pour ce que vous représentez et pour ce que vous incarnez… et votre portrait est dans ma chapelle ». La Princesse Marguerite ma alors serré les deux mains avec effusion et, en me regardant au fond des yeux, m’a dit d’une manière très appuyée : « Merci ! Merci ! »

En tête de procession, derrière la croix, venaient un jeune homme et une jeune femme en costume du XIIIe siècle, portant une reproduction de l’étendard de Saint-Denys ; ils étaient suivis de dames, de jeunes femmes et d’enfants en costumes aigues-mortais traditionnels (ressemblant beaucoup à celui des Arlésiennes) ; venaient ensuite les membres des deux confréries de pénitents actives sur la paroisse d’Aigues-Mortes : les pénitents blancs et les pénitents gris ; derrière les pénitents marchaient des représentant des Chevaliers du Saint-Sépulcre et des Chevaliers de Malte, précédant le Prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, portant un reliquaire de Saint Louis à la restauration duquel l’Institut a largement contribué.
C’est alors que se plaçaient Monseigneur le duc d’Anjou et son épouse, avec une suite d’honneur. Dans les rues qui nous conduisaient à l’église Notre-Dame des Sablons ils furent applaudis par plusieurs personnes, dont certaines n’hésitèrent pas à crier : « Vive le Roi ! »

Prince de Bauffremont portant le reliquaire de Saint Louis restauré

Le Prince Charles-Emmanuel de Bauffremont portant le reliquaire de Saint Louis
dont la restauration a été rendue possible grâce à l’Institut de la Maison de Bourbon.

Suivait ensuite la procession du clergé. J’étais en tête, comme religieux non clerc, aux côtés d’un prélat de l’Ordre de Malte qui ne souhaitait pas concélébrer.
Il y avait plusieurs diacres et, à ce qu’il m’a semblé, une quinzaine de prêtres (j’ai remarqué que les plus jeunes étaient aussi ceux qui portaient l’habit ecclésiastique noir de la manière la plus stricte et qui se tenaient le plus dignement au choeur), qui précédaient Son Excellence Révérendissime Monseigneur Robert Wattebled, évêque de Nîmes, Uzès et Alès.

Aigues-Mortes plaque à l'entrée de l'église ND des Sablons

Plaque commémorative à l’entrée de l’église Notre-Dame des Sablons.

La procession s’est engouffrée dans l’église Notre-Dame des Sablons qui était archicomble et dans laquelle la ferveur semblait palpable.
Bien que la Messe fut célébrée selon le nouvel ordo, j’ai été sensible aux efforts faits pour rendre la liturgie belle et priante : les chants du propre étaient en latin, et Monsieur le Curé avait tout fait pour que la Messe soit digne et fervente.
Le Prince Louis et la Princesse Marguerite avaient des fauteuils et des prie-Dieu – recouverts d’un tissu bleu marqué d’une énorme fleur de lys d’or – à l’entrée du sanctuaire, du côté de l’épître, devant une très belle statue baroque de la Madone.

Son Excellence Monseigneur Wattebled a prononcé une homélie qui, commençant par une citation de Saint Louis affirmant sa détermination à subir de grands sacrifices pour obtenir la conversion et le baptême du sultan, a mis l’accent sur l’importance du Saint Baptême, et, puisque nous célébrions précisément en ce jour le huitième centenaire du baptême de Saint Louis, a exhorté les fidèles à approfondir le sens de leur propre baptême, à mieux comprendre quelle semence de sainteté il avait déposé en eux, et quelle responsabilité incombait à chacun pour mieux faire connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ par une vie exemplaire qui Lui attirerait des coeurs…
J’ai noté que Son Excellence a même évoqué le concept de la « guerre juste » et n’a pas hésité à parler de la sainteté du guerrier !
C’était en définitive une assez heureuse surprise en comparaison de beaucoup d’homélies de NN.SS. les Evêques de France, car l’on est souvent saisi d’une grande appréhension au moment où ils ouvrent la bouche…

Son Excellence Monseigneur R. Wattebled à Aigues-Mortes le 25 avril 2014

Son Excellence Monseigneur Robert Wattebled
à l’offertoire de la Messe en l’honneur du huitième centenaire du Baptême de Saint Louis
Aigues-Mortes, vendredi 25 avril 2014

A la fin de la Messe, Monsieur le curé a pris la parole pour remercier Son Excellence, le Prince Louis et la Princesse Marguerite, ainsi que le Prince de Bauffremont
Monseigneur le duc d’Anjou a pris la parole, rappelant encore une fois les liens particuliers qui l’unissent à Aigues-Mortes, et ajoutant qu’il était très heureux de fêter non seulement le huitième centenaire du baptême de son saint aïeul mais aussi son propre quarantième anniversaire, en ce 25 avril. En quelques phrases claires et concises, il a magnifié l’exemple de Saint Louis à la fois comme Roi, comme père de famille, comme chrétien exemplaire et a eu quelques très belles paroles sur la fidélité et la famille (note : le texte du message lu par Monseigneur le duc d’Anjou est désormais disponible, voir le lien en bas de page).
L’émotion était à son comble : toute l’assemblée s’est spontanément levée et a applaudi avec chaleur… Moi-même, je me suis retenu à ce moment-là pour ne pas crier très fort : « Vive le Roi ! », et je suis convaincu que, si je l’eusse osé, beaucoup eussent alors suivi mon exemple et eussent longuement poussé à ma suite ce cri d’amour qui est aussi une prière !

Monsieur le Curé a précisé que le reliquaire restauré qui avait été à l’honneur dans la procession de ce jour serait porté le lendemain en bâteau jusqu’au Grau du Roi, où d’autres cérémonies auraient lieu.

Reliquaire de Saint Louis

Reliquaire de Saint Louis
qui fut à l’honneur ce 25 avril 2014 à Aigues-Mortes.

A l’issue de la Messe, il y eut une longue séance de photographies au pied de la statue de Saint Louis, puis nous fûmes invités à un vin d’honneur, offert par la paroisse, au cours duquel le Prince Louis et la Princesse Marguerite furent très entourés : c’était vraiment beau de constater une simple, vraie et belle ferveur populaire (amplifiée peut-être par la faconde méridionale).
Parmi les bonnes choses qui furent proposées à notre dégustation, mon cher Lully, je dois faire une mention très louangeuse d’une spécialité aigues-mortoise : la fougasse sucrée. Je crois qu’on peut dire en toute vérité qu’elle constitue à elle seule une preuve de l’existence du Bon Dieu ! 

J’ai rencontré un grand nombre de personnes fort intéressantes, et j’ai eu de belles et touchantes discussions soit avec des paroissiens d’Aigues-Mortes, soit avec des légitimistes venus des environs… ou de beaucoup plus loin.
J’ai même eu la surprise de me voir abordé en ces termes : « Ne seriez-vous pas le Frère Maximilien-Marie ? »

- Oui, c’est bien moi…
- Je vous connais parce que j’aime beaucoup le blogue du Maître-Chat Lully dont je suis un lecteur fervent !
Un monsieur m’a même demandé : « C’est vous le Chat Lully ? » et j’ai dû répondre (en rougissant sans doute) que je n’étais que ton humble serviteur, et que tu attendais sans doute avec un peu d’impatience mon retour pour m’interroger sur cette belle fête !!!

Que dirai-je pour conclure ?
Tu l’as bien vu toi-même lorsque je suis rentré au Mesnil-Marie alors qu’il était 1h 30 du matin bien sonnées, et que j’avais comme des étoiles dans les yeux et un doux feu dans le coeur : ce n’est pas seulement une chance, ce n’est pas seulement un bonheur, c’est une véritable et très grande grâce – au sens pleinement surnaturel de ce mot – que d’avoir été si proche de notre Prince pendant ces quelques heures à Aigues-Mortes, unis dans la pieuse mémoire de son ancêtre le Roi Saint Louis, ainsi que d’avoir pu échanger quelques mots personnels avec lui : la Grâce Royale existe, et elle transcende la personne sur laquelle elle repose, et elle touche en profondeur, et elle transforme ceux qui savent lui ouvrir leurs coeurs !

Vive le Sang de Saint Louis ! Vive le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.    

Image souvenir du 8e centenaire de Saint Louis offerte par la paroisse d'Aigues-Mortes

Image souvenir du 25 avril 2014
offerte par la paroisse d’Aigues-Mortes.

D’autres comptes-rendus de cette journée du 25 avril 2014 à Aigues-Mortes
- Dans « Noblesse et Royautés » 1) le compte-rendu de la cérémonie à la mairie > www
et 2) le compte rendu de la cérémonie religieuse > www

- A la télévision : au 13h du 26 avril sur TF1 > www

- Le message prononcé par le Prince Louis à l’issue de la cérémonie religieuse
peut être lu sur le site de l’Institut duc d’Anjou > www
Lentretien accordé au journal « La Provence » est publié ci-après > www

Grandes armes de France

2014-41. De quelques beaux anniversaires royaux que nous célébrons avec une grande ferveur au Mesnil-Marie.

Jeudi 24 avril 2014.

J.B. Deshayes - Ste Jeanne de France

Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville, dit le Romain : Sainte Jeanne de France.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En réponse, en quelque manière, à Monsieur Manuel Valls qui place la grandeur de la France dans des évènements asez pitoyables et des personnes aussi sectaires que lui (cf. ma publication d’hier > www), je vais dans les paragraphes ci-dessous vous parler de quelques anniversaires qui ont lieu ces jours-ci et que nous célébrons avec une grande ferveur en notre Mesnil-Marie.
A mes yeux de matou monastique – pour lequel l’histoire de France ne commence pas en 1789 – , nous trouvons-là quelques uns des éléments de la véritable gloire de notre pays…

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A – Le 550ème anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne de France.

Sainte Jeanne de France, fille de Leurs Majestés le Roi Louis XI et la Reine Charlotte de Savoie, est née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi (dans l’actuel diocèse de Chartres). Ce 23 avril 2014 a donc marqué le cinq-cent-cinquantième anniversaire de sa naissance.
Ceux qui nous connaissent bien savent que nous avons pour cette sainte princesse – fille, soeur et femme de rois – une très grande vénération. J’avais d’ailleurs publié un résumé de sa vie dans les pages de ce blogue (ici > Sainte Jeanne de France).

Canonisée par Sa Sainteté le Pape Pie XII le dimanche de la Pentecôte, 28 mai, de l’année sainte 1950, je relève quelques belles citations de l’homélie que prononça pour la circonstance le vénérée « Pasteur Angélique », afin que vous puissiez les méditer :
« Elle fut très douce et très humble, et brilla par cette soumission chrétienne de l’âme qui n’est pas abdication de l’esprit ni faiblesse de la volonté, mais à proprement parler une vertu. Une vertu, disons-Nous, qui sous les injures, même les plus cruelles, est capable de contenir, de tempérer et de diriger les agitations du coeur ; une vertu qui apporte aux mortels la maîtrise d’eux-mêmes ; qui donne la tranquillité, la sérénité et la paix ; une vertu qui, dans la joie ou dans la tristesse, fait lever les yeux vers le ciel où chacun, après cet exil de la terre, pourra obtenir une récompense si haute que toutes les grandeurs et dignités humaines paraîtront caduques, vaines et inutiles.
(…) Que sainte Jeanne nous obtienne surtout, nous l’en prions, ce sans quoi tout le reste ne peut rien, ne vaut rien : que l’amour divin réchauffe les âmes des mortels, que la charité chrétienne envers tous les entraîne, que les préceptes évangéliques les règlent, les gouvernent et les dirigent.
Que tous saisissent dans la vie de Jeanne et qu’ils apprennent d’elle que ni les grandeurs humaines, ni les richesses, ni les voluptés du siècle ne peuvent communiquer le bonheur aux hommes, mais seulement la vertu, par laquelle « rien n’est plus beau, rien n’est plus noble, rien n’est plus aimable ».
Soutenus par la grâce divine, efforçons-nous donc de l’acquérir, et ainsi nous pourrons un jour atteindre cette béatitude éternelle qui ne connaît pas de fin.
Amen. »

(Pie XII – homélie de la canonisation de Sainte Jeanne de France,
d’après le texte latin des A. A. S., XXXXII, 1950, p. 466)

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tableau de Saint Louis par François Lemoyne 1727 cathédrale de Versailles

François Lemoyne : Saint Louis en prière
(cathédrale Saint Louis de Versailles)

B – Du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis.

Le 25 avril 1214, naquit celui qui deviendrait le Roi Saint Louis : cela fait donc exactement huit siècles en ce 25 avril 2014 !
Tout comme pour le douzième centenaire de la mort du Bienheureux Charlemagne (cf. > www), la pieuvre maçonnique qui étouffe actuellement la France dans ses tentacules assassins ne fait bien évidemment pas beaucoup de publicité pour les commémorations qui honorent la mémoire de celui qui a porté à un si haut degré l’idéal et la vertu chrétiens à la tête du Royaume de France.

Dans le panégyrique de Saint Louis, qu’il prononça dans la cathédrale de Blois le 29 août 1847, puis dans la cathédrale de Versailles le 27 août 1848, l’abbé Louis-Edouard Pie, bientôt évêque de Poitiers et futur cardinal, proclamait :
« (…) Le règne de Saint Louis (…) n’a été (…) que le règne de Dieu. Il ne me sied pas sans doute de donner ici des leçons aux peuples et aux rois. Mais est-ce ma faute, si elles naissent comme d’elles-mêmes du fond de mon sujet ? Quand la France fut-elle plus divisée qu’à la naissance de Louis ? Quand les attributions du sceptre furent-elles plus envahies ? Puissance populaire qui commence à s’élever par l’affranchissement des communes ; puissance féodale qui a converti les provinces en autant de royaumes ; puissance royale qui aspire à tout ramener à un centre unique : c’est au milieu de ces luttes et de ces agitations que la providence a placé le berceau de Louis. Peuple, bourgeois, feudataires, monarque, qui pourra rapprocher tous ces extrêmes ? Comment fondre en un tout harmonieux et hiérarchique des éléments aussi divers ?… Mais Louis croit en Dieu, et la France croit en Dieu. Louis et la France ont un même symbole, une même doctrine, une même foi. Le roi et le pays ont un même drapeau, un même étendard qui est la croix de Jésus-Christ. Bientôt la voix de la religion domine la voix de toutes les passions et de tous les intérêts. Le monarque et la nation s’unissent dans un sublime concert pour le service du Seigneur. Et dans cette religieuse étreinte de la puissance royale et de la puissance féodale et populaire, la guerre civile est étouffée, la querelle domestique est éteinte (…). Unis devant Dieu, Louis et la France restent étroitement embrassés entre eux, et le règne d’un saint devient le règne le plus glorieux et le plus régulier de notre monarchie (…).
Encore une fois, mes frères, quels enseignements pour nos sociétés modernes ! Puissent-elles comprendre que le bonheur et la paix ne nous reviendront qu’à la suite de la religion ! (…) »
Je ne peux évidemment tout citer, et cependant tout dans ce panégyrique est admirable et mériterait – tant les leçons en sont actuelles – de servir de programme de politique générale en vue d’un vrai relèvement de la France, en vue d’une authentique cohésion sociale, en vue même d’un réel redressement économique…

Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que l’aîné des descendants de Saint Louis, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, sera présent, avec la Princesse Marie-Marguerite son épouse, ce vendredi 25 avril 2014, à la Messe que célèbrera Son Excellence Monseigneur Wattebled, évêque de Nîmes, Uzès et Alès, en l’église Notre-Dame des Sablons, à 19 heures, à Aigues-Mortes, ville fondée par Saint Louis, laquelle a tenu à marquer le huitième centenaire de son fondateur.

Nota bene :
on trouvera aussi dans ce blogue
– les enseignements de Saint Louis à son fils > www
– des prières et litanies en l’honneur de Saint Louis > www

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L'ami de la religion et du roi 1814

C – Du bicentenaire de la Restauration.

J’entends fort peu parler du bicentenaire de la Restauration du pouvoir légitime en France en 1814
Sans nul doute parce que les gouvernements qui se succèdent en France depuis 1830 sont tous illégitimes !
L’histoire officielle jette donc le discrédit (quand elle ne l’escamote pas en quelques lignes méprisantes) sur l’heureuse parenthèse des années 1814-1830, et omet de faire mention du redressement spirituel, moral, économique et financier dont le retour des Bourbons fut la cause.
« On » préfère verser des larmes de crocodiles sur la défaite du tyran Buonaparte qui avait saigné la France et l’avait conduite au bord de l’abîme…

Sans doute, le régime instauré par la Charte, octroyée le 4 juin 1814, par Sa Majesté le Roi Louis XVIII présentait-il de nombreuses imperfections.
Sans doute aussi, de nombreuses maladresses – dont on se rend compte seulement après de longues années de recul qu’elles étaient des maladresses aux conséquences désastreuses – furent-elles commises.
Mais après quelque vingt-cinq années de désordres, de gaspillages humains et patrimoniaux, de guerres quasi incessantes et d’expériences catastrophiques, force est d’admettre que le retour des Princes légitimes, non pas « dans les fourgons de l’étranger » mais bien malgré les fourgons de l’étranger, fut pour la France un évènement des plus heureux.

Avec Frère Maximilien-Marie, au cours de l’hiver, nous avons étudié avec la plus grande attention les « Souvenirs inédits d’un conspirateur », ouvrage qui publie une partie importante des notes de Ferdinand de Berthier de Sauvigny, l’un des fondateurs des Chevaliers de la Foi, société à laquelle nous vouons une haute estime, et dont on peut dire qu’elle a été pratiquement le seul mouvement contre-révolutionnaire vraiment couronné de succès. L’une des raisons – sinon la raison essentielle – en est que c’était d’abord un mouvement spirituel, profondément ancré dans la religion traditionnelle ; un mouvement dans lequel les oeuvres de la pénitence (telles que le jeûne) et de la charité étaient fondamentales, et dont l’action politique n’était que le prolongement naturel.
Je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage à ceux qui veulent sortir des ornières de la pensée dominante concernant la Restauration (Ferdinand de Berthier « Souvenirs inédits d’un conspirateur – révolution, empire et première Restauration », présentés et annotés par Guillaume de Berthier de Sauvigny – collection In-Texte, éd. Tallandier).

Il y a une autre lecture des plus intéressantes que je vous suggère aussi, c’est celle de « l’Ami de la Religion et du Roi », un « journal ecclésiastique, politique et littéraire » dont les feuillets ont été réunis en volumes que l’on peut lire sur internet.
On peut y suivre presque au jour le jour les évènements de l’année 1814 à partir de l’arrivée à Paris de Monsieur, comte d’Artois et futur Charles X : on y apprend les nouvelles ecclésiastiques, avec le retour dans ses Etats de Sa Sainteté le Pape Pie VII, libéré des griffes du Buonaparte, et le retour de l’Eglise de France à la liberté ; on y lit le compte-rendu de toutes les manifestations d’allégresse dans le peuple français, soulagé du joug napoléonien ; on y voit les démonstrations de foi des Princes, renouant la sublime alliance du trône et de l’autel ; on y suit les délicates négociations diplomatiques qui aboutissent à l’octroi de la Charte… etc.

Voici les liens vers cette lecture, elle aussi des plus passionantes : « L’Ami de la Religion et du Roi » – 1814 > volume 1 et volume 2.

allégorie du retour des Bourbons 1814 Louis XVIII relevant la France - Louis-Philippe Crépin

Louis-Philippe Crépin : Louis XVIII relevant la France
Allégorie du retour des Bourbons en 1814

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D – Du quarantième anniversaire de Monseigneur le Duc d’Anjou.

Enfin, ce 25 avril 2014 est le jour du quarantième anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de droit Louis XX, né donc exactement sept-cent-soixante ans après son ancêtre le Roi Saint Louis, dont il est l’aîné des descendants.
Chef de la Maison de Bourbon depuis le dramatique accident qui a coûté la vie à son père, le Prince Alphonse, le 30 janvier 1989 (cf. > www), Monseigneur le Prince Louis incarne en son auguste personne la légitimité dynastique, la continuité qui transcende le temps, les principes pérennes qui ont fait de la France un grand royaume non seulement dans le domaine politique, mais aussi dans l’ordre spirituel et culturel.
En cet heureux anniversaire, nos voeux – pour sa personne et pour sa famille – rejoignent avec une ferveur toute spéciale notre Prince, et – bien sûr – nos prières demandent à Dieu, dont il est de droit le lieu-tenant pour ce Royaume terrestre, une surabondance de grâces et de bénédictions, afin qu’il marche résolument et, s’il se peut, avec succès, dans les pas de son regretté père, et de ses aïeux Louis XIV, Henri IV, Saint Louis et le Bienheureux Charlemagne !

Ad multos annos !

Mgr le Prince Louis et Madame la Princesse Marie-Marguerite

Monseigneur le Prince Louis, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
et son épouse, la Princesse Marie-Marguerite.

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Prière pour demander à Dieu la conversion des Francs-Maçons.

Nul n’ignore les liens des actuels dirigeants de la république française avec la Franc-Maçonnerie et tout spécialement avec le Grand Orient, l’obédience qui est la plus virulente contre le christianisme.
Nous avons retrouvé cette prière, revêtue de l’imprimatur et à laquelle Sa Sainteté le Pape Léon XIII avait accordé des indulgences afin d’encourager à la réciter. Nous la publions parce qu’elle nous semble ne rien avoir perdu de son actualité.

Sacré-Coeur Roi

Seigneur Jésus-Christ, qui Vous plaisez à faire éclater votre toute-puissance principalement en pardonnant aux pécheurs, vous qui avez dit : Priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ; nous implorons la clémence de Votre Coeur Sacré pour des âmes créées à l’image de Dieu, qui ont été misérablement trompées par les séductions perfides de la franc-maçonnerie et se précipitent dans la voie de leur perte éternelle.
Ne permettez pas, nous Vous en conjurons, que l’Eglise, Votre sainte épouse, soit opprimée par eux plus longtemps, mais apaisé par l’intrcession de la Bienheureuse Vierge Marie, Votre Mère, et par les prières des justes, daignez Vous souvenir de Votre miséricorde infinie.
Oubliez leur perversité, et faites que, revenant à Vous, ils consolent l’Eglise par une éclatante pénitence et obtiennent la gloire éternelle. O Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

Imprimatur :
2 juillet 1896 – Fr. Card. Richard, arch. Parisiensis
Indulgence de 100 jours – Léon XIII, 11 août 1898.

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Publié dans : Prier avec nous | le 23 avril, 2014 |Pas de Commentaires »

2014-40. Où, à l’occasion de la fête de Saint Georges, Maître-Chat Lully commente impertinemment quelques points de l’actualité politique…

Mercredi de Pâques 23 avril 2014.
Fête de Saint Georges le mégalomartyr.

Icône de St Georges au Mesnil-Marie

Icône ancienne de Saint Georges à l’entrée du Mesnil-Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A – De saint Georges.

Même si la célébration de la fête de Saint Georges est empêchée cette année en raison de la prééminence de l’octave de Pâques, nous ne l’oublions pas dans notre dévotion : au Mesnil-Marie, j’ai peut-être déjà eu l’occasion de le dire, nous avons une prédilection pour les saints guerriers – tels que Saint Maurice, Saint Martin, Saint Constantin, le Bienheureux Charlemagne, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc… etc. – et tout spécialement pour Saint Georges, dont une belle petite icône ancienne (une véritable icône peinte, pas une image en papier collée sur une planchette !) protège la porte d’entrée principale. 
Saint Georges est le céleste protecteur de tous les chevaliers de la Chrétienté, il est aussi le saint patron des scouts, ainsi que de la cavalerie française : Frère Maximilien-Marie n’oublie pas que les officiers représentants l’Ecole de Cavalerie de Saumur, dont il était le guide à Rome lors de la béatification du Bienheureux Charles de Foucauld, lui avaient décerné le grade de lieutenant d’honneur de cette prestigieuse institution de l’armée française !

Plus que jamais donc : « Par Saint Georges, vive la Cavalerie ! », et surtout que vive et se développe toujours plus l’authentique esprit chevaleresque qui a animé tant de héros chrétiens…

Ecole de Cavalerie Saumur logo

B – De l’absence de voeux présidentiels ou gouvernementaux à l’occasion de Pâques.

On n’a pas manqué de relever qu’à l’occasion de ces fêtes pascales ni le président de la république, ni le chef du gouvernement, ni le ministre de l’intérieur et des cultes n’ont publié le moindre message de voeux à l’intention des chrétiens de France (car Pâques ne concerne pas les seuls catholiques latins, mais également les communautés protestantes et, en outre cette année, la date de Pâque était la même pour les chrétiens de rites orientaux).
Toute une frange de la « bien pensance » catholique joue donc l’indignation et pousse des cris d’orfraie devant ce qui est, bien évidemment, une nouvelle – et grossière – manifestation de sectarisme, cela nous n’en doutons pas.
Toutefois, le constat étant posé, je ne veux pas me priver d’y ajouter quelques réflexions.

Qui d’entre vous, amis lecteurs, peut-il dire qu’il a véritablement été « frustré » de ne pas recevoir de voeux de Pâques de la part des officiels sus-évoqués ?
Pour être honnête, je dis sans fard que, en ce qui me concerne, des voeux de Pâques à l’adresse des communautés chrétiennes émanant de personnes qui n’ont ni morale, ni respect du christianisme, mais dont la politique s’attache à éradiquer quasi systématiquement ce qui subsiste encore de chrétien dans la vie sociale de notre pays, me paraîtrait davantage une insulte qu’une attention pleine de sollicitude !

Cet « oubli » me fait même davantage plaisir que si nous, chrétiens, avions dû recevoir un hypocrite message de voeux de la part de ces apostats (car il ne faut pas oublier que ces personnes sont des baptisés dont le comportement montre par trop qu’ils ont renié leur baptême), qui préparent encore des lois et des mesures à l’encontre du christianisme !
Cet « oubli » me fait davantage plaisir que si nous, chrétiens, étions mis sur le même pied que les fausses religions talmudiques et mahométanes, à l’occasion des fêtes desquelles ces messieurs n’oublient pas de formuler des voeux !
Cet « oubli » me fait davantage plaisir que si nous devions voir notre déjà très molle hiérarchie catholique se livrer une nouvelle fois à des séances de courbettes devant des pantins du Grand Orient, en considération des voeux sans sincérité qu’elle en aurait reçus !
Ce qui me scandalise davantage – et qui est pour moi absolument incompréhensible – c’est de voir des cardinaux, des évêques et des religieux, continuer à accepter des promotions à la légion d’honneur (pour laquelle, je ne m’en cache pas, je n’ai aucune estime) !

Arrêtons l’hypocrisie, s’il vous plaît ! Franchement, les voeux de Pâques du gouvernement, on s’en fiche et on s’en contrefiche, et ils n’ajouteraient rien à notre joie pascale (ce qui ne serait évidemment pas le cas s’ils émanaient d’un Roi Très Chrétien) ! 
Je trouve même que les choses sont plus claires et plus franches ainsi ; et je concluerai ce paragraphe en disant haut et fort qu’il serait tout de même temps que les catholiques abandonnent leurs illusions et cessent d’adopter des attitudes de mendiants envers des autorités républicaines, et du système républicain lui-même qui est par essence anti-chrétien.

La république antichrétienne

La république maçonnique et antichrétienne (carte postale de propagande du début du XXe siècle) :
sous la devise du Grand Orient, devenue devise de la république, un homme (revêtu du seul tablier maçonnique, portant à la main la truelle maçonnique et s’appuyant sur la colonne tronquée des « droits de l’homme » représentés comme les nouvelles tables de la loi) terrasse un prêtre dont le bras est encore appuyé sur la Sainte Bible ; la tiare du Pape, la mitre des évêques et les couronnes des monarques chrétiens gisent en tas dans le coin gauche…

c – Des références dont se revendique le premier sinistre.
(Non, je n’ai pas fait de faute de frappe sur mon clavier en écrivant le titre de ce présent paragraphe !)

Même si je n’en ai rien écrit à ce moment-là, j’ai suivi avec un certain intérêt les élections municipales et leurs conséquences : à l’échelon national, le changement de gouvernement ne m’en a pas vraiment paru un, et je me suis beaucoup amusé de la réflexion d’un certain député qui, interrogé sur LCI au sujet de la nouvelle (?) équipe gouvernementale, a déclaré : « On a changé le bocal, on a gardé les mêmes cornichons ! »
Force est de constater que – de temps en temps (il ne faut tout de même pas en abuser !) – , quelques hommes politiques semblent avoir de fugaces lueurs de bon sens et d’humour. 

Qu’ai-je retenu du discours de politique générale prononcé par Monsieur Valls devant le parlement ?
Ses références : Pierre Mendès-France, Valmy, la révolution de 1848, Jaurès, Clémenceau et de Gaulle…
Et il a osé dire que c’était ça « la grandeur de la France » !

De toute évidence, selon la fameuse répartie, « nous n’avons pas les mêmes valeurs » !
Les noms qu’il a cités sont plutôt ceux d’évènements ou de personnes qui ont été les agents de la démolition, de la décadence et de la corruption de la France : cela fait froid dans le dos ; cela me glace l’échine ; cela laisse présager un avenir encore plus sombre et plus redoutable… Ce pourquoi je ne peux faire autrement de dire – et la dureté de ses traits et de ses expressions ne fait que me le confirmer – que nous avons bien là un premier sinistre !

Sans toutefois prétendre être prophète, je ne peux cependant que vous annoncer de manière certaine l’échec de ce gouvernement et l’échec de cette politique.
Bientôt, très bientôt, nous allons assister à de nouvelles luttes, à de nouveaux coups bas, à de nouveaux réglements de comptes… etc. Il ne peut pas en être autrement.
Plus que jamais, cette république française me fait penser au film « Jurassic Park » : car elle n’est pas autre chose qu’une réserve de vieux dinosaures pas beaux, coupés du monde réel, et qui « se bouffent entre eux » !

Republic Park

D – De la démocratie illustrée par la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

- Lequel voulez-vous que je vous libère : Barabbas ou Jésus qu’on appelle le Christ ?
- Barabbas !
- Que ferai-je donc de Jésus qu’on appelle le Christ ?
- Crucifiez-le !
- Quel mal a-t-il donc fait ?
- Crucifiez-le !

Y a-t-il une plus parfaite illustration de la réalité de la démocratie ?

pattes de chat Lully.

On trouvera ci-après une prière pour la conversion des francs-maçons > www.

P.S. : Je renvoie aussi aux publications que j’ai faites il y a déjà quatre ans
au sujet de la Franc Maçonnerie :
Incompatibilité des principes de la Maçonnerie avec le catholicisme >
2010-46 ; 2010-47a et 2010-47b ainsi que 2010-48.

Ecole de Cavalerie Saumur logo

2014-39. « Il est descendu aux enfers ».

La descente de Notre-Seigneur Jésus-Christ aux enfers :

Redisons que c’est là un dogme, enseigné et cru depuis les Saints Apôtres, et insistons une nouvelle fois pour affirmer que les Apôtres n’ont eu connaissance de cet « évènement » que parce qu’ils l’ont appris de la bouche même de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
La publication que nous avons faite, à l’occasion du Samedi Saint, de l’homélie pascale attribuée à Saint Epiphane (cf. > « Eveille-toi, ô toi qui dors… ») nous a valu un certain nombre de messages et de questions, car, là encore je me répète, beaucoup de chrétiens ne comprennent pas vraiment tout ce que signifie cette « descente aux enfers » et toute la richesse de ce mystère.
C’est pourquoi j’ai résolu de vous recopier ci-dessous l’intégralité du commentaire de cet article du « Symbole des Apôtres » rédigé par Saint Thomas d’Aquin, qui n’exprime pas là une opinion personnelle mais qui synthétise l’enseignement des Saintes Ecritures et des Pères de l’Eglise à ce sujet.

Descente aux limbes, Duccio, Maesta, Sienne

Duccio di Buoninsegna : le Christ aux enfers (détail de la Maestà – Sienne)

§ 77. – Comme nous l’avons dit, la mort du Christ a consisté, comme pour les autres hommes, dans la séparation de son âme d’avec son corps mais la divinité était unie de façon si indissoluble au Christ homme que, malgré la séparation de son âme d’avec son corps, la divinité elle-même s’est trouvée toujours parfaitement présente et unie à l’un et à l’autre ; c’est pourquoi le Fils de Dieu fut dans le sépulcre avec son corps et il est descendu aux enfers avec son âme.

§ 78. – Le Christ est descendu aux enfers avec son âme pour quatre motifs.

Le premier motif, ce fut de supporter toute la peine due au péché, afin, par là, de l’expier entièrement. Or la peine du péché de l’homme ne consistait pas seulement dans la mort du corps, mais aussi dans la souffrance de l’âme. L’âme, en effet, elle aussi avait péché, et elle était également punie par la privation de la vision de Dieu.

C’est pourquoi, avant l’avènement du Christ, tous, même les saints Patriarches, descendaient après leur mort aux enfers.

Le Christ, pour souffrir toute la peine due aux pécheurs, voulut donc, non seulement mourir, mais aussi descendre avec son âme aux enfers. Aussi déclare-t-il : « On me compte parmi ceux qui descendent dans la fosse : je suis comme un homme sans secours, libre parmi les morts » (Ps. LXXXVII, 5-6). Les autres, en effet, étaient là comme des esclaves, mais le Christ y était comme une personne jouissant de la liberté.

§ 79. – Le second motif de la descente du Christ aux enfers, ce fut de secourir parfaitement tous ses amis. Il possédait en effet des amis non seulement dans le monde, mais aussi dans les enfers. Car vous êtes les amis du Christ, dans la mesure où vous avez la charité. Or, dans les enfers, il y en avait beaucoup qui étaient morts avec la charité et la foi au Christ qui devait venir : ce fut le cas, par exemple, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, de David et des autres hommes justes et parfaits. Et parce que le Christ avait visité les siens dans le monde et les avait secourus par sa mort, il voulut aussi visiter les siens qui étaient dans les enfers, et les secourir par sa descente auprès d’eux. « Je pénétrerai toutes les profondeurs de la terre, je visiterai tous ceux qui dorment, et j’illuminerai tous ceux qui espèrent dans le Seigneur » (Eccli. XXIV, 45).

§ 80. – Le troisième motif de la descente de Jésus aux enfers fut de triompher complètement du diable. En effet, quelqu’un triomphe complètement d’un adversaire, non seulement quand il l’emporte sur lui sur le champ de bataille, mais aussi quand il l’attaque jusque dans sa propre maison et qu’il la lui ravit ainsi que le siège même de son empire. Or le Christ avait triomphé dans sa lutte contre le diable et il l’avait vaincu sur la croix ; c’est pourquoi il déclara : « C’est maintenant le jugement de ce monde ; c’est maintenant que le Prince de ce monde – à savoir le diable – va être jeté dehors » (Jean XII, 31). Aussi pour triompher de lui complètement, il voulut lui enlever le siège de son royaume et l’enchaîner dans sa demeure, qui sont les enfers. C’est pourquoi il y descendit et il lui ravit tous ses biens, il l’enchaîna et lui enleva sa proie. Saint Paul écrit en effet aux Colossiens : « Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et, avec résolution, il les a traînées dans le déploiement de son propre triomphe » (Col. II, 15).

Le Christ avait reçu en sa possession le ciel et la terre, et toute puissance lui avait été donnée sur l’un et sur l’autre ; pareillement, il voulut aussi recevoir les enfers en sa possession. Et ainsi s’accomplit ce qu’écrira l’Apôtre aux Philippiens : « Qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse aux cieux, sur terre et aux enfers » (Phil. II, 10) et Jésus lui-même avait dit : « En mon nom, ils expulseront les démons » (Marc XVI, 17).

§ 81. – Le quatrième et dernier motif de la descente du Christ aux enfers fut de délivrer les saints qui s’y trouvaient présents.

De même en effet que le Christ voulut souffrir la mort, pour délivrer les vivants de la mort, de même il voulut descendre aux enfers pour libérer ceux qui y demeuraient. Aussi pouvons-nous lui adresser les paroles du prophète Zacharie : « Vous, Seigneur par le sang de votre alliance, vous avez retiré vos captifs de la fosse sans eau » (Zach. IX, 11). Le Seigneur a accompli la parole du prophète Osée : « O mort, je serai ta mort ; enfer, je serai ta morsure ! » (Os. XIII, 14).

En effet, bien que le Christ ait entièrement détruit la mort, il n’a pas complètement anéanti les enfers, mais il les a comme mordus ; car il n’a pas libéré tous les captifs des enfers, mais ceux-là seuls qui étaient exempts du péché mortel et également du péché originel, soit que la circoncision les en ait délivrés quant à leur personne, soit que, avant que Dieu n’ait donné la circoncision aux Patriarches, ils aient été sauvés, ou bien par la foi de leurs parents fidèles – s’ils étaient privés de l’usage de la raison – , ou bien – s’ils étaient adultes – par des sacrifices et par la foi au Christ qui devait venir : mais ils demeuraient dans les enfers à cause du péché originel d’Adam, dont le Christ seul pouvait les libérer selon la nature.

C’est pourquoi le Christ laissa en enfer ceux qui y étaient descendus en état de péché mortel, ainsi que les enfants incirconcis. C’est la raison pour laquelle, s’adressant à l’enfer, il lui déclare : « Je serai ta morsure, enfer ! ».

Ainsi donc le Christ est descendu aux enfers, et pour les quatre motifs que nous venons d’exposer.

§ 82. – Nous pouvons y puiser, pour notre instruction, quatre leçons.

Premièrement, une ferme espérance en Dieu, Car quelque grande que soit l’affliction dans laquelle un homme est plongé, il doit cependant toujours espérer dans le secours de Dieu et mettre sa confiance en lui. On ne peut pas en effet trouver d’état plus pénible que de demeurer dans les enfers. Si donc le Christ a délivré ceux qui s’y trouvaient, quiconque, s’il est l’ami de Dieu, doit avoir une grande confiance d’être délivré par lui de n’importe quelle détresse.

Il est écrit en effet au Livre de la Sagesse : « La divine Sagesse n’abandonna pas le juste vendu ; elle descendit avec lui dans la fosse et ne le quitta pas dans les chaînes » (Sag. X, 13-14). Et parce que Dieu vient spécialement en aide à ses serviteurs, l’homme qui sert Dieu doit vivre dans une grande sécurité. « Celui qui craint le Seigneur », dit en effet l’Ecclésiastique, « ne se troublera jamais, il n’aura pas peur, parce que Dieu est son espérance » (Eccli. XXXIV, 16).

§ 83. – En deuxième lieu, nous devons concevoir de la crainte à l’égard de Dieu et bannir la présomption. En effet, bien que le Christ ait souffert pour les pécheurs et qu’il soit descendu aux enfers, il n’en a pas délivré tous les captifs, mais seulement, comme nous l’avons dit, les âmes exemptes de péché mortel. Il y laissa ceux qui étaient morts avec ce péché. Que tous ceux qui y descendent en cet état n’espèrent donc pas le pardon. Mais ils demeureront aussi longtemps dans les enfers que les saints dans le Paradis, c’est-à-dire éternellement. Le Christ a déclaré en effet : « Les maudits s’en iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle » (Math. XXV, 46).

§ 84. – En troisième lieu, nous devons faire preuve de grande vigilance, car le Christ est descendu aux enfers pour notre salut. Oui, nous devons être attentifs à y descendre fréquemment en esprit, pour considérer les peines qu’on y souffre, comme le faisait le saint roi Ezéchias, quand il déclarait : « J’ai dit, au milieu de mes jours je m’en vais aux portes de l’enfer » (Is. XXXVIII, 10). Ceux en effet qui, durant leur vie, descendent souvent dans les enfers en pensée, n’y descendent pas facilement à l’heure de la mort car la considération attentive des tourments éternels retire l’homme du péché. Ne voyons-nous pas les habitants de ce monde se garder des mauvaises actions dans la crainte des peines temporelles ? Combien plus doivent-ils se détourner du mal, dans l’appréhension des peines de l’enfer, car celles-ci surpassent grandement les souffrances d’ici-bas par leur durée, leur amertume et leur multiplicité. « Souviens-toi de ta fin », dit l’Ecclésiastique , « et tu ne pécheras jamais » (Eccli. VII, 40).

§ 85. – En quatrième lieu, la venue du Christ aux enfers nous offre un exemple d’amour. Jésus est en effet descendu aux enfers pour délivrer les siens, c’est pourquoi nous devons nous aussi nous y rendre en esprit pour venir en aide aux nôtres.

Les âmes du purgatoire en effet, ne peuvent rien faire pour elles-mêmes ; notre devoir est donc de leur porter secours. Ne serait-il pas extrêmement cruel, celui qui se désintéresserait d’un être cher enfermé dans une prison terrestre ? Comme il n’y a aucune comparaison entre les peines de ce monde et les souffrances de ce lieu de purification, combien plus cruel ne sera pas celui qui laisserait sans secours un ami retenu dans le purgatoire ? « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins, mes amis », disait le saint homme Job, « car la main de Dieu m’a frappé » (Job XIX, 21). Et nous lisons au deuxième Livre des Macchabées : « C’est une pensée sainte et salutaire de prier pour les défunts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés » (2 Mac. XII, 46).

§ 86. – D’après saint Augustin, on peut secourir les âmes du purgatoire principalement par trois bienfaits, à savoir par des messes, par des prières et par des aumônes. Saint Grégoire en ajoute un quatrième le jeûne. Il n’y a là rien d’étonnant, puisque même en ce monde un ami peut satisfaire pour un ami.

§ 87. – Il est nécessaire à l’homme de connaître deux réalités à savoir la gloire de Dieu et le châtiment de l’enfer. Attirés, en effet par la gloire et effrayés par les châtiments, les hommes veillent sur eux-mêmes et se retirent du péché. Mais il est très difficile à l’homme de les connaître. Ainsi, au sujet de la gloire, il est dit dans la Sagesse : « Qui donc pénétrera ce qui est dans le ciel ? » (Sag. IX, 16). C’est sans aucun doute une oeuvre difficile pour les habitants de la terre, car, dit saint Jean : « Celui qui est de la terre parle de la terre » (Jean III, 31) ; tandis que découvrir ce qui est dans les cieux est chose facile pour les êtres spirituels. Le même saint Jean dit en effet, dans le même passage : « Celui qui vient d’en-haut est au-dessus de tous ». Or c’est précisément pour nous enseigner les choses célestes que Dieu est descendu du ciel et s’est incarné.

Il était pareillement difficile de connaître les peines de l’enfer. Le Livre de la Sagesse met en effet cette parole dans la bouche des impies : « On ne connaît personne qui soit revenu des enfers » (Sag. II, 1). Mais maintenant il n’est plus possible de tenir un tel propos ; en effet, comme le Christ est descendu du ciel pour nous enseigner les choses célestes, de même il est ressuscité des enfers pour nous instruire au sujet des enfers. Il est donc nécessaire que nous croyions, non seulement à l’Incarnation du Christ et à sa mort, mais aussi à sa résurrection d’entre les morts. Et c’est pourquoi il est dit dans le « Je crois en Dieu » : Le troisième jour il est ressuscité des morts.

Saint Thomas d’Aquin – in commentaire du Symbole des Apôtres.

nika

Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels | le 21 avril, 2014 |Pas de Commentaires »

2014-38. « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ! »

Samedi Saint :
« Il est descendu aux enfers ».

Voici le texte d’une très célèbre homélie de l’antiquité chrétienne, qui a longtemps été attribuée à Saint Epiphane, mais à tort semble-t-il.
Peu importe en réalité par qui elle fut écrite, ce qui compte c’est son contenu ; nous avons ici l’explicitation de ce que nous proclamons dans le symbole des Apôtres : « Il est descendu aux enfers ».
Le dogme de la descente du Seigneur Jésus-Christ aux enfers est enseigné et cru depuis les Apôtres, qui n’ont pu connaître cet évènement du mystère du salut que de la bouche même de Notre-Seigneur lorsqu’Il a achevé de les instruire, après Sa Résurrection ; mais on peut regretter que beaucoup de fidèles dans l’Eglise latine ne prêtent pas assez attention à ce mystère et ne le méditent pas autant qu’il conviendrait.

Icône Anastasis

L’Anastasis ( Η Ανάστασις , en grec = le Relèvement) : représentation traditionnelle de l’Orient chrétien
illustrant tout à la fois le Christ aux enfers et Sa Résurrection.

« Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu S’est endormi dans la chair et qu’Il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair, et les enfers ont tressailli. Dieu S’est endormi pour un peu de temps, et Il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers…

Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, Lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils.
Descendons donc avec Lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes…

Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés.
Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur.
Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Église.
Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort.
Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu.
Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions.
Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort.
Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel.

Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : « Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri ! » et un autre : « Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur, écoute mon appel ! » ; et un autre : « Fais briller sur nous Ta Face et nous serons sauvés… »

Mais, comme par Son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de Celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : « J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous. »

Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la Croix. Et lorsque le premier père, Adam, Le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : « Mon Seigneur soit avec vous ! »
Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ! »
Et, lui ayant saisi la main, Il lui dit : « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »
Je suis ton Dieu et, à cause de toi, Je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car Je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, Je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de Mes mains, toi, Mon effigie, qui a été faite à Mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en Moi et Je suis en toi. A cause de toi, Moi ton Dieu, Je suis devenu ton fils ; à cause de toi, Moi ton Seigneur, J’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, Moi qui demeure au-dessus des cieux, Je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, Je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, J’ai été livré aux juifs dans le jardin, et J’ai été crucifié dans le jardin…
Regarde sur Mon visage les crachats que J’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur Mes joues la trace des soufflets que J’ai subis pour rétablir en Mon image ta beauté détruite. Regarde sur Mon dos la trace de la flagellation que J’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos. Regarde Mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je Me suis endormi sur la croix et la lance a percé Mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et Mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer.
Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel.
Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend. »

nika

Voir aussi, ci-après, les explications de St Thomas d’Aquin
concernant la descente de Notre-Seigneur aux enfers > www

2014-37. La Croix et la bénédiction.

Pour ce jour du Vendredi Saint, je livre à votre méditation le trente-quatrième chapitre du « Livre des visions et instructions » de Sainte Angèle de Foligno (cf. > www), il est intitulé : « La Croix et la bénédiction » et contient de très grandes et consolantes promesses de bénédiction à l’intention de ceux ont compassion des souffrances de notre divin Sauveur.

Jehan Fouquet Piéta

Jehan Fouquet : déposition de Croix.

La Croix et la bénédiction :

Sainte Angèle de Foligno
(in « Visions et instructions », chap. XXXIV).

« Un jour j’étais à la messe dans l’église Saint-François. On approchait de l’élévation et le choeur des Anges retentissait : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! …etc. ; mon âme fut emportée et ravie dans la lumière incréée ; elle fut attirée, elle fut absorbée, et voici une plénitude ineffable, ineffable, en vérité.

Regardez comme rien, comme absolument rien, tout ce qui peut être exprimé en langue humaine.
O création inénarrable du Dieu incréé et tout-puissant, les louanges qu’on peut chanter sont de la poussière auprès de Vous !
Absorption sacrée de l’abîme où me plonge la main du Dieu ravissant, après votre transport, mais encore sous l’influence qui l’avait précédé, m’apparut l’image du Dieu crucifié, comme un instant après la descente de croix ; le sang était frais et rouge et coulant encore des blessures et les plaies étaient récentes.

Alors dans les jointures je vis les membres disloqués ; j’assistai au brisement intérieur qu’avait produit sur la croix l’horrible tiraillement du corps, je vis ce qu’elles avaient fait, les mains homicides. Je vis les nerfs, je vis les jointures, je vis le relâchement, l’allongement contre nature qu’avaient fait dans le supplice – quand ils avaient tiré sur les bras et sur les jambes – les déicides. Mais la peau s’était tellement prêtée à cette tension, que je n’y voyais aucune rupture.
Cette dissolution des jointures, cette horrible tension des nerfs, qui me permit de compter les os, me perça le coeur d’un trait plus douloureux que la vue des plaies ouvertes. Le secret de la Passion, le secret des tortures de Jésus, le secret de la férocité des bourreaux, m’était montré plus intimement dans la douleur des nerfs que dans l’ouverture des plaies, dans le dedans que dans le dehors.
Alors je sentis le supplice de la compassion ; alors, au fond de moi-même, je sentis dans les os et dans les jointures une douleur épouvantable, et un cri qui s’élevait comme une lamentation, et une sensation terrible, comme si j’avais été transpercée tout entière, corps et âme.

Ainsi absorbée et transformée en la douleur du Crucifié, j’entendis Sa voix bénir les dévoués qui imitaient Sa Passion et qui avaient pitié de Lui :
«Soyez bénis, disait-Il, soyez bénis par la main du Père, vous qui avez partagé et pleuré Ma Passion, vous qui avez lavé vos robes dans mon Sang. Soyez bénis, vous qui, rachetés de l’enfer par les immenses douleurs de Ma croix, avez eu pitié de Moi ; soyez bénis, vous qui avez été trouvés dignes de compatir à Ma torture, à Mon ignominie, à Ma pauvreté. Soyez bénies, ô fidèles mémoires ! Vous qui gardez au fond de vous le souvenir de Ma Passion !
Ma Passion, unique refuge des pécheurs ; Ma Passion, vie des morts ; Ma Passion, miracle de tous les siècles, vous ouvrira les portes du royaume éternel que J’ai conquis pour vous, par elle.
Dans les siècles des siècles, vous qui avez eu pitié, vous partagerez la gloire !
Soyez bénis par le Père, soyez bénis par l’Esprit-Saint, bénis en esprit et en vérité par la bénédiction que Je donnerai au dernier jour ; car Je suis venu chez Moi, et au lieu de Me repousser comme un persécuteur, vous avez offert au Dieu désolé l’hospitalité sacrée de votre amour !
J’étais nu sur la croix, J’avais faim, J’avais soif, Je souffrais, Je mourais, J’étais pendu par leurs clous, vous avez eu pitié! Soyez bénis, ouvriers de miséricorde !
A l’heure terrible, à l’heure épouvantable, Je vous dirai : Venez, les bien-aimés de Mon Père ! car J’avais faim sur la terre, et vous M’avez offert le pain de la pitié… »

Il ajouta des choses étonnantes ; mais ce qui est absolument impossible, c’est d’exprimer l’amour qui brillait sur ceux qui ont pitié : « O bienheureux ! ô bénis ! Suspendu à la croix, J’ai crié, pleuré et prié pour Mes bourreaux : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ! » Qu’est-ce que Je ferai, qu’est-ce que Je dirai pour vous, pour vous qui avez eu pitié, pour vous qui M’avez tenu compagnie, pour vous Mes dévoués, qu’est-ce que Je dirai pour vous, quand J’apparaîtrai, non pas sur la croix, mais dans la gloire, pour juger le monde ? »

Je demeurai frappée au fond, beaucoup plus émue que je ne puis le dire ; les affections qui me venaient de la croix sont au-dessus des paroles. Il ajouta plusieurs paroles qui me mirent en feu ; mais je n’ai ni la volonté ni le pouvoir de les écrire. »

Jehan Fouquet Piéta - détail

Jehan Fouquet : déposition de Croix (détail).

Sa Sainteté Benoît XVI : catéchèse présentant Ste Angèle de Foligno > www
Ste Angèle de Foligno : « les voies de la délivrance » > www
Ste Angèle de Foligno : « Ce n’est pas pour rire que Je t’ai aimée » > www

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