Méditation au soir du dernier dimanche après la Pentecôte.

Hans Memling - triptyque du Jugement dernier

L’Evangile de ce dernier dimanche après la Pentecôte (Matth. XXIV 15-35) nous a fait entendre les paroles de Notre-Seigneur annonçant la fin des temps et son retour glorieux « pour juger les vivants et les morts », ainsi que nous le confessons dans le Credo.

L’année liturgique s’achève, et dans ce jour qui s’achève nous nous souvenons que la vie de l’homme sur la terre va elle aussi vers son achèvement : chaque jour nous rapproche de notre fin…

Tout aura une fin.
Et à la fin de tout viendra l’épilogue majestueux : « Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme (
la Croix) ; et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront ; et l’on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées du Ciel avec grande puissance et majesté » (Matth. XXIV, 30).

Jésus, qui jadis est venu sur terre dans la pauvreté, dans l’effacement et dans la douleur pour racheter nos âmes et nous enseigner le chemin du Ciel, a le droit de revenir dans tout l’éclat de Sa gloire, à la fin des temps, afin de recueillir les fruits de Son oeuvre de salut, les fruits de la Rédemption par Son Sang.

Il sera notre juge. Et comme Il nous l’a annoncé, Il nous jugera sur la manière dont nous aurons vécu et pratiqué l’amour : « Venez, les bénis de Mon Père, recevez en héritage le Royaume… car J’ai eu faim et vous M’avez donné à manger, J’ai eu soif et vous M’avez donné à boire… Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Matth. XXV. 34 & 40).
Son précepte d’amour – amour de Dieu et amour du prochain – sera le code selon lequel chacun de nous sera examiné : bienheureux serons-nous si nous avons beaucoup aimé! « Ses péchés, ses nombreux péchés lui ont été remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour » (
Luc. VII, 47) déclarait Notre-Seigneur au sujet de la pécheresse. Plus notre amour sera grand et profond, mieux il effacera les péchés, les misères, les défauts et les fautes dans lesquels nous retombons chaque jour, malgré notre bonne volonté.

« C’est une affaire de grande importance pour l’âme, écrit Saint Jean de la Croix, d’exercer en cette vie les actes d’amour, afin que se perfectionnant en peu de temps, elle ne s’arrête longtemps ici-bas ou là-haut, sans voir Dieu » (Vive Flamme, I).
Le Docteur Mystique fait allusion à l’âme enflammée d’amour divin qui aspire ardemment au Ciel pour voir son Dieu face à face et L’aimer davantage.

Quoi qu’il en soit, un intense et persévérant exercice de la charité surnaturelle peut seul conduire à l’union à Dieu, tant sur la terre que dans l’éternité bienheureuse.
Bienheureuse l’âme qui, au soir de sa vie, parce qu’elle aura pratiqué cet amour en conformité avec le Divin Coeur de Jésus, pourra paraître sans crainte au jugement, car ce jugement sera sa joie et son bonheur éternels!

« C’est à Vous, Seigneur notre Dieu, qu’il nous faut adhérer toujours, afin que, par Votre secours continuel, nous puissions vivre en toute sainteté, piété et droiture.
Le poids de notre faiblesse nous entraîne vers ce qui est bas ; mais Votre grâce nous rend ardents et nous nous élevons, nous nous enflammons et remontons des profondeurs, disposant des ascensions dans notre coeur.
Alors nous chantons le cantique de l’élévation, nous brûlons de Votre feu et nous allons à Vous!
Où allons-nous?
En haut, vers la paix de la Jérusalem céleste, comme il est écrit : « Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : nous irons dans la Maison du Seigneur« .
C’est ici que s’établira la bonne volonté, afin que nous n’ayons plus d’autre désir que d’y demeurer éternellement.
Tant que nous vivons dans ce corps mortel, nous voyageons vers Vous, Seigneur ; nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente, mais nous sommes en quête de celle qui doit venir, puisque notre domicile est dans le Ciel.
Avec le secours de Votre grâce, j’entre dans le secret de mon coeur, et j’élève vers Vous mes chants d’amour : vers Vous, mon Roi et mon Dieu! » (
notre Bienheureux Père Saint Augustin).

coeurdejsus.jpg

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous | le 20 novembre, 2011 |2 Commentaires »

2011-86. La nausée.

A l’occasion de la fête de Saint Maurice, en septembre dernier,  Frère Maximilien-Marie avait publié un texte de son amie Isabelle intitulé « Chevaliers des temps modernes » (ici > www).
Maître Guizmo, le chat d’Isabelle, m’a fait parvenir il y a deux jours un autre texte rédigé par notre amie. Je vous en citais un passage dans ma chronique d’hier (cf.> www) et je le livre aujourd’hui tout entier à votre réflexion, en remerciant « chat-leureusement » Isabelle et Guizmo…
J’ai conscience que la liberté de parole et le ton d’Isabelle ne seront pas du goût de tout le monde, mais – tout comme Frère Maximilien-Marie et tout comme moi-même – elle n’écrit pas pour plaire, mais pour exprimer des vérités et provoquer à de salutaires sursauts de réflexion et d’action.

Lully.

Le chat Guizmo

Maître Guizmo, mon ami bruxellois

animauxchats00130.gif

La Nausée :

Crise, crise, crise.  Le mot se retrouve partout, et pourtant le glas sonne depuis longtemps mais combien pour entendre???
Plus de trente ans que les symptômes se sont montrés, plus de trente ans d’inertie politicienne, d’aveuglement d’économistes à la solde d’un néo-libéralisme qui a fait de nous des cons-sommables…
Mais comment en est-on arrivé à cela, comment a-t-on pu nous berner à ce point, comment se fait-il que nous ayons cru à tous ces discours sur un bien-être tout éphémère que nous avons pu croire enraciné?
C’est que depuis bien longtemps on nous a coupé de nos racines !

Merci aux amis facebookiens ou autres qui me mettent en garde contre le franc-parler.  C’est que, voyez-vous, c’est de me taire que je m’éteins.  Je n’ai jamais eu pour vocation de me museler, je ne laisserai donc à personne d’autre la joie de m’y contraindre. Petite, mon père me demandait si ma langue n’était jamais fatiguée. Déjà je trouvai la question saugrenue, ce n’est donc pas aujourd’hui que je changerai.

Si aujourd’hui des réseaux dit sociaux existent, autant les utiliser, non pas comme d’aucuns en ont peur, peur d’être fichés, réduits au silence. Puisque réseaux il y a,  utilisons-les pour clamer, informer, penser et proposer, crier et non nous taire.  Et même si tout ce que nous y disons est archivé, et bien tant mieux. D’éminents spécialistes de la communication mettent en garde par rapport au fait que sur ces réseaux tout est entendu, vu. Retournons donc l’arme et utilisons cette fenêtre de prime abord sans vue pour faire voir, non pas nous-mêmes, mais ce monde qui n’est qu’imposture, faciès non aimable. Il nous incombe de nous éduquer pour changer la face du monde…

Quand je parle de conjuguer divers discours, ce n’est pas bien sûr chercher à plaire aux uns, aux autres, mais à rassembler tous les éléments d’une situation et mettre le doigt sur l’ensemble de ce qui y a conduit, car nous le savons tous, l’état déplorable dans lequel se trouvent nos sociétés n’est pas le seul fait de l’argent, de l’endettement des pays, de la compétitivité …etc, mais aussi la conséquence de toute une manière de concevoir (con-se-voir???) ou de ne pas concevoir nos modes d’être, notre façon d’envisager la vie, nos attitudes face aux défis, nos responsabilités ou à l’inverse l’absence d’actes et de décisions dans chaque pan de nos existences. La crise dite économique n’est que le sommet de l’iceberg, bien plus profondément enfoui. Et c’est bien là que cela dérange même le plus. Ainsi aucun n’échappe à sa conscience, ni vous, ni moi!
On nous entraîne à ne plus réfléchir, mais à « jouir », à ne plus écrire pour mieux oublier, à ne pas voir pour ne pas devoir regarder, à ne pas entendre pour ne pas avoir à écouter, à ne pas nous poser de questions pour ne pas remettre en question, à nous divertir sans cesse afin de ne pas oser nous affronter…

Les Romains, bien avant notre ère, avaient déjà appliqué, mais comme on n’apprend plus l’Histoire (en tant qu’apprentissage de la réflexion personnelle), la jeunesse ne sait plus.
Aussi, les moyens qui nous sont donnés de nos jours, nous pouvons les saisir pour démontrer que les citoyens que nous sommes ne sont pas les cons que les politiciens voudraient que nous soyons.
Si les politiciens étaient aussi intelligents qu’ils s’échinent à nous le faire croire, il y a longtemps qu’ils écouteraient d’autres discours que les leurs…
Ne tourne en rond que celui qui ne tourne pas rond. C’est bien leur cas, non, puisque cela fait trente ans et plus qu’ils tournent en rond, ne voyant qu’eux. Et si nous ne nous réveillons pas, nous risquons d’être comme eux, à  nous voir tourner en rond sans jamais rien avoir compris.

Alors d’aucuns, une majorité assurément, par peur, rétorquera, «oui, mais quoi faire??? ».
Et bien justement, oser parler, crier, clamer et y voir un peu plus clair.
Car c’est de nous boucher les oreilles, de nous laisser aveugler que tout est englouti, obscur.

On le sait bien, les enfants ont peur de l’inconnu, du noir, par manque de savoir. C’est là ce qui se trame de nos jours ; on laisse dans l’ignorance et on ne donne pas le goût de la curiosité. Nous avons le choix de grandir et de devenir adultes en nous éduquant.
Mais c’est sûr, grandir fait mal ; on se blesse, on tombe, on se trompe, on s’agrippe à nos petits profits, sauf qu’on oublie qu’un tel système se grippe de lui-même. A force de ne pas vouloir ni voir ni comprendre, on n’apprend rien. Ainsi au-delà de l’argent, c’est l’or que nous avons perdu, un tout autre très-or, celui qui donne sens car dans ce monde fou tout est devenu insensé. La liberté est à ce prix! Celui d’entrer dans l’inconnu. C’est là précisément ce qui fait peur à la majorité d’entre nous. Alors on s’agrippe à ce qui qui péréclite, inéluctablement. C’est oublier que la vie n’est que mouvement. «Toute civilisation naît, grandit et meurt» rappelle Vico. C’est là le prix du renouveau, d’une renaissance.

Hier, j’ai pris la plume, ai tenté d’écrire, de comprendre, de m’informer et plus j’ai essayé, plus la nausée est remontée…  Oui, la nausée…
J’ai voulu écrire, analyser et là était bien l’erreur.
Nous clamons, c’est donc un cri, un cri est un ras-le-bol, un trop plein à évacuer, comme la nausée est le symptôme d’un trop plein à vomir.
Alors voilà, je ne suis ni politicienne, ni économiste, ni analyste, je suis comme vous, tout simplement. Je ne peux écrire qu’avec mon coeur, en haut-le-cœur, qu’avec mes tripes jusqu’à la nausée. Quitte à vous décevoir ou vous déplaire.
Ainsi, de trop d’analyses politiques, économiques, nous avons la nausée. La faim des gens est bien différente puisque ce monde là nous rend malades, jusqu’au besoin de vomir notre indignation, notre mal-être. Hier soir j’ai vomi, prise de nausées car je n’étais pas moi.  Alors si je ne peux écrire que du cœur, aujourd’hui ce sera d’un haut-le-coeur.

Ce n’est pas l’argent qui nous a rendu malades, mais ce qu’on en a fait : un dieu. Le Dieu des avoirs qui nous a coupé de notre être, d’où notre mal-être!
Au départ, l’argent est une monnaie d’échange.
Dans cette expression, l’important est bien l’échange : «Je te rends un service, plus que je ne te le vends». En contrepartie, tu m’offres tes services. Sans toi, sans moi, il n’y aurait rien, aucun échange.
Ce comportement aujourd’hui, nous l’avons effacé.  D’échange il n’est plus, de gens encore moins. Il est question de services payés. Point. Premier mal-être… D’ailleurs comment encore voir les personnes derrière les biens, les services quand tout est délocalisé, virtuel, réglé à distance. Des services bancaires on line, et personne à qui m’adresser, des commandes par internet, des rencontres virtuelles qui la plupart du temps en resteront là ou alors se mourront d’elles-mêmes à défaut de rencontre réelle. 
Time is money
, le credo libéral a fait du chemin, virtuel, lui aussi, puisque les transactions bancaires se font jour et nuit, en ligne, sans aucun contrôle, sans réflexion. Quand le monde dort, jamais l’argent ne dort… le voilà donc le mal du siècle : time is money.
«Avec le temps, va, tout s’en va» y répond le chanteur. Et là, tout fout le camp! Du temps, nous n’en avons plus, de l’argent encore moins. Alors que reste-t-il? Un grand sentiment de vide… Symptôme évident de mal-être. Plutôt que de comprendre ce vide, on cherche vite à combler, à l’image de ce que nous faisons partout : combler les trous de nos porte-feuilles, de la sécu, du budget, des temps dits morts (un temps qui ne rapporte pas est mort)…

Ce matin, c’était évident : je vous parlerai du coeur, à commencer par un haut-le-coeur, vomir le trop-plein pour laisser ce vide, condition nécessaire pour m’emplir d’autre chose que d’analyses de beaux discours. Les beaux discours, nous en entendons suffisamment et aucuns d’entre eux ne nous nourrit. Que du contraire, ils nous rendent malades plus encore en créant la peur, le mensonge, les illusions. «J’hallucine» m’étais-je écriée en écoutant un énième analyste quelconque. Ensuite, nausée.
C’est bien des drogues que l’on nous distille, mais aujourd’hui j’ai opté pour le sevrage!

De tout cela, pas de théorie, de solutions, si ce n’est à l’évidence que ce n’est qu’en nous vidant de ce qui nous pèse que nous pourrons dans un vide de cela trouver autre chose à vivre, à revivre.
Bien sûr que cela fait peur car inévitablement, le malade passe par les nausées, les hauts-le-cœur, la fièvre, les crampes qui lui dérouillent les tripes.
Hier, je croyais pouvoir éviter les nausées et finalement je me suis rendue compte que ce n’est qu’après avoir vomi que tout s’est allégé. Sommes-nous prêt à vomir tout notre mal-être, notre idolâtrie de l’argent, nos temps perdus et non vécus, à devenir des «patients» au lieu de courir après le temps, à rejeter ce qui nous rend malade, à laisser le vide faire son œuvre, nous délester du monde de l’avoir et être? Mourir au vieux monde et enfin naître? C’est sûr ça fait peur… Mais entre prendre le Prozac politique, l’anti-dépresseur économique et rechuter sans cesse, ne préféreriez-vous pas que nous prenions conscience de la racine du mal qui est d’être des déracinés de l’être, tous autant que nous sommes?
Hier j’étais malade de m’être éloignée de ce qui compte vraiment, non pas encore rafistoler, combler des trous, comme par le passé quand je travaillais en milieu économique. J’avais cru renouer avec tout cela. Et qu’ai-je constaté : je fus prise de nausées!!!

Mais alors face aux pauvres, aux délaissés, aux «délaissés pour solde de tout compte», que faire?
Ne plus accepter de rafistoler ce monde malade par le mal qui le ronge – l’avoir – mais le laisser se vider, se vomir lui-même pour qu’allégé de son enflure, du pus, enfin, il puisse renaître, différent. Je n’ai aucune solution extérieure, je n’ai qu’un remède qui vient des profondeurs. Mais accepter de se voir malade, c’est devenir «patient», c’est pouvoir entamer un chemin de guérison, question de se donner enfin le temps pour que l’argent ne soit plus monnaie sonnante du glas et trébuchante sur ses avoirs qui ne sont rien.

Puis ce matin, me demandant comment j’allais vous servir tout cela, je me suis souvenue de mon enfance, car après le haut-le coeur, revenons–en au coeur, tout simplement.
J’ai revu les jours tranquilles, les dimanches sans magasins ouverts pour combler ce que d’aucuns appellent aujourd’hui l’ennui du silence, de l’être sans le faire ou l’avoir à «tout prix», cette époque sans ordinateur, sans internet, voire sans télévision. Et si télévision il y avait, c’était en famille, question d’échanger sur le programme. Nul besoin de toutes ces sorties parce qu’incapables d’entrer en soi, d’être avec soi.  Les amis, on les voyait chez les uns, les autres, non dans le bruit d’une discothèque, d’un bar où se vomit une musique assourdissante et où personne ne s’entend où il convient, s’entend, de consommer! D’où sûrement le fait que tant de couples ne «s’entendent» plus. Tout cela aussi est à la racine de notre mal-être.
«Mais c’est bien sûr!» se serait exclamé le commissaire dans les Cinq dernières minutes : tout ce mal-être est prétexte à consommer, acheter et creuser plus encore le vide d’être pour alimenter le comble des avoirs.
C’est de perdre que nous avons peur! Si la misère est inacceptable commençons par en voir la racine : elle est en chacun de nous et c’est beaucoup plus difficile à admettre que de lui attribuer des causes uniquement extérieures. En cherchant à toujours offrir plus à nos enfants, en leur payant gadgets sur gadgets, en les comblant, nous n’avons fait que les vider de leur sève. Et même si nous avons tenté de les en préserver, la société a vite fait de nous rattraper en nous forçant la main ; tel devoir devait être fait à l’ordi, là où avant une feuille de papier un stylo suffisaient, sinon c’était un zéro pointé…
Combien ont préféré planter les gosses devant la télé pour vaquer eux-mêmes à leurs occupations? Comme il est plus facile de mettre un dessin animé que de prendre le temps de s’asseoir dans le fauteuil et raconter à son enfant une histoire dans un temps donné, temps partagé, une pause-amour, pause-refuge? Pas de télé ou de vidéo allumée, autant d’électricité d’économisée, et du temps d’amour donné. Voyez-vous où je veux en venir???

Le mal qui ronge nos sociétés n’est pas que d’argent. Le temps est d’or, nous nous sommes trompés de monnaie d’échange!

animauxchats00130.gif

2011-85. Le Refuge Notre-Dame de Compassion sur Facebook.

Jeudi 17 novembre 2011,
Fête de Saint Grégoire de Tours, historien des Francs.

Chers Amis,

Beaucoup d’entre vous le savent déjà, notre humble Refuge Notre-Dame de Compassion est présent sur Facebook : il y est d’abord présent sous la forme d’une « page » que même les non-inscrits peuvent consulter (cf. > www) et sur laquelle sont publiés certains de nos actualités ou de nos « coups de coeur ».

Mais Frère Maximilien-Marie y est également présent par un profil personnel.
Il ne fait pas partie de ceux qui cherchent à enfler leur liste d’ « amis » : ils sont strictement triés et relativement peu nombreux.
Il ne cherche pas à augmenter démesurément le nombre de ses contacts (ce sont essentiellement des personnes qu’il connaît et estime déjà dans la « vraie vie ») : il privilégie les échanges personnels de qualité et je peux vous assurer  qu’il y en a, j’en suis témoin!…

Lully à l'ordinateur!!!

Certains de nos amis se sont effrayés ou ont émis des réserves au sujet de cette présence sur Facebook.
Certes – nous en sommes pleinement conscients -, les réseaux sociaux sont le domaine d’une virtualité qui peut être pleine de mensonges et de tromperies ; ils permettent un « flicage » qui est véritablement effrayant, c’est vrai ; ils sont aussi l’amplificateur, la caisse de résonance et le démultiplicateur de toutes les passions et turpitudes, lâchetés et méchancetés,  péchés et tares de l’humanité, c’est encore vrai!

Mais j’attirerai justement votre attention sur le fait que les réseaux sociaux en général et Facebook en particulier ne sont que des amplificateurs, des caisses de résonance et des démultiplicateurs : ils ne sont pas l’origine de tout le mal qu’ils peuvent véhiculer.
La source de ce mal se trouve dans le coeur de l’homme
; ce mal on le trouve en toute société, parce qu’elle est composée d’hommes pécheurs. Le coeur de l’homme et, par conséquent, la société se pervertissent d’autant plus que les hommes tournent le dos à Dieu, se révoltent contre sa loi de sainteté et sont rebelles à sa grâce…

Il est bien vrai que l’on peut retrouver tout ce mal, décuplé, sur ces réseaux sociaux qui se sont tellement développés sur Internet : mais il est également vrai qu’on peut y trouver de bonnes, voire d’excellentes choses, et il est encore tout aussi vrai qu’on peut les utiliser pour de bonnes choses.
Le mal n’est pas une fatalité, et ce qui peut servir d’instrument au mal, pourquoi ne pas le faire aussi concourir à quelque bien?

Au Mesnil-Marie, nous ne sommes pas des Amish : ce n’est pas en supprimant le progrès technique que l’on éliminera le mal de la société ou du coeur de l’homme, mais c’est en y faisant pénétrer l’influence et la grâce divines le plus largement possible!

Il importe certes d’exercer un discernement, un jugement, une maîtrise et un contrôle qui soient pleinement et rigoureusement cohérents avec la foi qui nous habite et le zèle qui nous anime.
Cela n’est-il pas justement bien plus accordé à l’esprit de l’Evangile et à l’exemple des saints?
Je me souviens d’avoir lu que certains visiteurs de Niepokalanow posaient à Saint Maximilien-Marie Kolbe des questions de ce genre : « Tout de même, ces rotatives et machines à imprimer de tout denier cri, cette station de radio… pensez-vous que Saint François d’Assise aurait approuvé cela? » Et le Père Kolbe répondait calmement : « Si Saint François était là, il retrousserait ses manches et se mettrait au travail avec nous! »

Dans un texte que je vais très bientôt mettre en ligne in extenso sur ce blogue, notre amie Isabelle a écrit : « Si aujourd’hui des réseaux dit sociaux existent, autant les utiliser, non pas comme d’aucuns en ont peur, peur d’être fiché, réduits au silence. Puisque réseaux il y a,  utilisons-les pour clamer, informer, penser et proposer, crier et non nous taire.  Et même si tout ce que nous y disons est archivé, et bien tant mieux. D’éminents spécialistes de la communication mettent en garde par rapport au fait que sur ces réseaux tout est entendu, vu. Retournons donc l’arme et utilisons cette fenêtre de prime abord sans vue pour faire voir, non pas nous-mêmes, mais ce monde qui n’est qu’imposture, faciès non aimable. Il nous incombe de nous éduquer pour changer la face du monde… »

Sur Facebook, Frère Maximilien-Marie a créé et anime quelques « groupes ». Ils ont pour noms :

- « Prions pour nos malades » : conformément à son titre, ce groupe permet de recommander à tous ceux qui y sont inscrits des intentions de prière pour des personnes en souffrance (physique, psychologique et/ou spirituelle), et je puis témoigner que ces prières de personnes éloignées géographiquement mais qui ont pu se réunir en Dieu grâce à Internet, ont obtenu déjà des grâces signalées.

- « Requiem aeternam dona eis, Domine » : là encore le titre est assez explicite, c’est un groupe dans lequel sont confiés à la prière de tous les membres les âmes des personnes dont on apprend le décès.

- « Amour & Réparation » : ce groupe propose de petits jalons sans prétention, pour soutenir et encourager fraternellement ses membres dans leur marche spirituelle à l’occasion des moments forts de la liturgie (fêtes, temps liturgiques spécifiques) selon la spiritualité du Sacré Coeur de Jésus et du Coeur douloureux et immaculé de Marie.

- « Gustave Thibon » : lieu d’échanges et de partage Pour tous ceux qui trouvent un aliment intellectuel et spirituel dans les écrits, la pensée et l’exemple du « paysan philosophe » Gustave Thibon (1903-2001).

- « Défense et promotion de la réception traditionnelle de la Sainte Communion » : groupe initialement créé en protestation des abus de pouvoir de nombreux prêtres ou évêques qui, en France, ont utilisé le fallacieux prétexte de la grippe A pour interdire la réception de la Sainte Communion de manière traditionnelle et pour imposer la communion dans la main…!!!
Alors que la grippe A appartient au passé, les idéologues co
ntinuent occasionnellement leurs mesures vexatoires contre les fidèles qui persistent à vouloir recevoir la Sainte Communion sur la langue.
De son côté, notre Saint-Père le Pape enseigne par l’exemple que la manière officielle de communier, même dans la « forme ordinaire du rite romain », demeure la réception de la Sainte Eucharistie sur la langue, à genoux, avec le plateau de communion.
Sachons le dire, sachons défendre et promouvoir la manière traditionnelle de recevoir la Sainte Communion ; sachons rappeler que la « communion dans la main » n’est qu’une permission et ne constitue en aucune manière la norme liturgique.

- « A mort le Père Noël, vive l’Enfant Jésus! » : avec ce titre intentionnellement provocateur, ce groupe se propose de rassembler ceux qui en ont par dessus la tête de cet vieillard obèse et bêtifiant aux couleurs de Coca-Cola, imposé par ceux qui ont transformé la fête de la Naissance du Sauveur dans la pauvreté en une scandaleuse débauche de consommation, et qui veulent au contraire s’employer dans leur famille et autour d’eux à remettre à l’honneur les traditions chrétiennes de la fête de Noël.

- « Je soutiens et défends la doctrine légitimiste traditionnelle » : espace restreint d’échanges d’informations et de communication entre personnes de confiance qui se réfèrent de manière stricte aux principes et valeurs de la monarchie capétienne traditionnelle telles qu’elles sont défendues et promues par l’U.C.L.F. (Union des Cercles Légitimistes de France) sans cependant prétendre être un organe officiel de l’Union.

Et puis il y a, bien sûr, un groupe des « Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion« , réunissant les « facebookers » qui désirent soutenir notre oeuvre par leur prière et leur amitié.

Voici en résumé ce que notre Frère appelle parfois en riant sa « paroisse virtuelle », mais je puis vous assurer que là on a bien dépassé le stade de la virtualité informatique et qu’on est entré, en se servant des possibilités offertes par Internet et par Facebook, dans le domaine de la surnaturalité chrétienne!

Lully à l'ordinateur!!!   Lully.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 17 novembre, 2011 |6 Commentaires »

2011-84. Félines (et impertinentes) réflexions d’actualité à propos de Luther et des Borgia.

Jeudi 10 novembre 2011.

Chaque matin, je regarde quels sont les anniversaires historiques du jour : sans doute est-ce l’effet conjugué de la curiosité naturelle des chats – qui est qualité – et de l’éducation que m’a donnée mon papa-moine lequel est, vous le savez, un grand amateur d’histoire.

Aujourd’hui donc, j’ai noté l’anniversaire de la naissance de Martin Luther, le 10 novembre de l’année 1483.
Cela a réveillé en moi le souvenir de quelques réflexions que je m’étais déjà faites et que je me suis résolu à partager avec vous.

perspicace et clairvoyant

Comme j’ai un certain goût pour les formules provocatrices, j’avais même envie de donner à mon texte le titre  suivant : « Et si nous faisions l’éloge de Luther? »

Je m’explique : il n’est en aucune manière dans mon intention de faire l’apologie de ce prétendu réformateur et de défendre les hérésies par lesquelles il a non seulement semé le trouble et le désordre dans l’Eglise, mais qui ont aussi introduit dans la chrétienté occidentale des ferments durables de divisions politiques et sociétales véritablement diaboliques.
Je ne veux pas davantage disserter sur la personnalité complexe, sur les troubles psychologiques ni sur le déséquilibre spirituel de ce personnage que, pour ces raisons même et si l’on avait exercé alors un discernement digne de ce nom, l’on n’eût jamais dû accepter dans la vie religieuse ni ordonner prêtre ; je ne veux pas non plus m’étendre sur les abus réels commis par certains membres du clergé à cette époque-là, parce qu’ils ne furent qu’un prétexte et ne constituent pas le fond réel de la révolte de Luther.

Mais je voudrais faire remarquer que, sur quelques points, l’on doit reconnaître une véritable cohérence au moine apostat : lorsqu’il cessa de croire à la transubstantiation et au renouvellement non sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire à la Messe, il cessa de la célébrer ; ayant renié ses voeux monastiques, il se mit en ménage avec une religieuse qu’il avait dévergondée ; en opposition ouverte avec la papauté, il quitta l’Eglise romaine…
C’est en cela que je serais tenté de « faire son éloge »: je me répète, non parce que je l’approuve, mais parce que finalement il fut cohérent.

Luther brûlant la bulle pontificale

10 décembre 1520 : Luther brûle la bulle « Exsurge,Domine » et le droit canonique

Cette cohérence fait défaut aujourd’hui à un certain nombre de prêtres, et même d’évêques.

En effet, je sais – parce que je suis témoin de certaines conversations qui ont lieu en notre « Mesnil-Marie » lorsque des personnes viennent rendre visite à Frère Maximilien-Marie et expriment leur souffrance en face de situations ou d’évènements qui ont lieu dans leurs paroisses ou leurs diocèses – qu’il y a des membres du clergé qui sont en désaccord profond avec le Saint-Siège et qui critiquent âprement notre Saint Père le Pape Benoît XVI dans ses efforts de restauration catholique, qui ont renié leur promesse solennelle de célibat, prononcée devant Dieu et devant l’Eglise, et vivent de manière plus ou moins discrète en concubinage, qui ne croient pas au Saint-Sacrifice de la Messe et à la doctrine eucharistique tels qu’ils ont été dogmatiquement définis par le Concile de Trente…
Je ne fais que reprendre les trois points précédemment évoqués au sujet de Luther, mais je pourrais citer aussi des erreurs et des hérésies qui portent atteinte aux points les plus fondamentaux de la foi chrétienne : la Sainte Trinité, l’Incarnation et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la Rédemption.

Les questions que je me pose sont donc les suivantes :
- Pourquoi ces clercs restent-ils dans l’Eglise?
- Pour quelles raisons, n’étant plus fidèles à la doctrine et à la discipline catholiques, ne rejoignent-ils pas des communautés protestantes ou des sectes professant les mêmes convictions que les leurs?
- Quel « intérêt » ont-ils à demeurer à leurs postes où, en définitive, ils ne font que semer le trouble et la confusion, oeuvrer à la perte de la foi des quelques fidèles qui fréquentent encore leurs églises, entretenir la crise et achever la liquidation spirituelle et temporelle des paroisses et des diocèses?
-Le fait qu’ils demeurent apparemment dans l’Eglise alors qu’ils sont factuellement schismatiques et hérétiques est-il motivé par une vulgaire « nécessité alimentaire », ou bien est-il mû par la détermination perverse de continuer malgré tout à « travailler à faire avancer l’Eglise » ou à « faire évoluer les mentalités » (selon la phraséologie qui leur est particulière) à l’encontre des normes et des directives du Saint-Siège?

Je m’interroge…

Alexandre VI          Martin Luther

Portraits d’Alexandre VI et de Martin Luther

Un second point sur lequel je souhaitais vous livrer quelques réflexions est lié à la diffusion d’une série télévisée intitulée « Borgia ». Je ne la regarde pas, bien évidemment, mais j’ai lu quelques publications à son sujet.
J’ai particulièrement apprécié ce qu’en a écrit le journaliste et historien Jean Sévillia sur son blogue :

« (…) Un décor fastueux, des personnages forts et une atmosphère qui laisse libre cours à la dague, au poison et aux plaisirs des sens. Sang, sexe et pouvoir : avec un tel cocktail, la série fera de l’audience. Mais quel rapport avec l’histoire, la vraie ?

«Il semble, écrit Marcel Brion, que l’on renonce volontiers à toutes les garanties de la critique historique lorsqu’il s’agit des Borgia, comme si leur seul nom, si bien chargé d’infamie, suffisait à justifier d’avance les attaques les plus violentes et souvent les moins valables» (…) s’agissant des Borgia, le mythe s’est dès l’origine substitué à la réalité : leur lecture renvoie dans la catégorie des fictions le barnum mis en scène sur Canal+.

Retracer la vie des Borgia suppose en effet de recourir aux sources authentiques et de leur faire subir un examen critique, ainsi que procèdent Brion et Cloulas, mais surtout d’éviter l’anachronisme. Du point de vue des mentalités, de l’organisation sociopolitique et même de l’institution pontificale, tout est situé et daté dans cette histoire.

(…) En 1517, les dérives romaines conduiront Martin Luther à déclarer la guerre à la papauté. En 1545, avec l’ouverture du concile de Trente, c’est l’Eglise elle-même, en réponse à la Réforme, qui s’attachera à remettre de l’ordre dans ses rangs, faisant émerger un nouveau clergé. En 1565, le troisième supérieur général des Jésuites sera François Borgia. Celui-ci, arrière-petit-fils d’Alexandre VI, mourra en 1572 et sera canonisé un siècle plus tard. Comme par hasard, ce Borgia-là n’aura jamais droit à un film. »

Mais il faut lire cet article dans son intégralité, aussi ne puis-je mieux faire que vous inviter à vous y reporter > www.

De mon côté je me faisais les réflexions suivantes :
- Quelque scandaleux qu’ait été le comportement d’Alexandre VI, et sans vouloir en aucune manière le justifier ni l’excuser, il n’en demeure pas moins que son pontificat a sans doute été moins dommageable à l’Eglise que les années qui ont suivi le second concile du Vatican sous le règne du « vertueux » Paul VI!
- Je fais mien ce commentaire de l’un des correspondants de Frère Maximilien-Marie : « La condamnable inconduite privée des mauvais clercs et des mauvais prélats n’aura, en toute bonne justice, précipité que leur âme en enfer ; les mauvais enseignements qui font perdre la foi et flattent les pécheurs font d’autres victimes! D’ailleurs il y a peu de témoins des drames d’alcôve des Borgia, il en va autrement, hélas!, de l’apostasie post-conciliaire… »
- Notre société d’une manière générale, et certaines chaînes de télévision en particulier érigent en règles de vie et en modèles les comportements les plus déviants, la licence des moeurs et l’immoralité… Toutefois elles deviennent étrangement prudes et rigoristes quand il s’agit d’évoquer la boue qui, en raison des péchés de ses enfants et non en raison de sa doctrine authentique, macule l’histoire bimillénaire de l’Eglise. A n’en pas douter, si l’on suit la « logique » de certains média, l’infidélité de Luther à ses voeux, sa violence et ses débauches seraient des qualités, alors que des comportements identiques seraient le summum de l’abomination chez son contemporain Rodrigue Borgia!

pattes de chatLully.

60pxemblemofthepapacysesvg.png

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 10 novembre, 2011 |5 Commentaires »

« O mon Dieu, Trinité que j’adore… »

célèbre prière écrite par la


Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

Le 8 novembre, l’Ordre du Carmel et l’archidiocèse de Dijon célèbrent la fête de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité, morte à 26 ans le 9 novembre 1906 (c’est parce que la date du 9 novembre est déjà « occupée » par la grande fête de la dédicace de l’Archibasilique du très Saint Sauveur au Latran que la mémoire de cette grande figure du Carmel est anticipée au jour précédant son « dies natalis »).

Je ne vais pas aujourd’hui vous faire le résumé de sa vie (on peut le trouver ici par exemple > www), mais je veux seulement signaler que cette année 2011, le 11 juillet pour être précis, à Dijon, a été ouvert le procès dit « super miro » (c’est-à-dire à propos d’une guérison qui paraît miraculeuse) en vue de la canonisation de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité.

Nous espérons que cette grande figure de la sainteté par l’approfondissement vécu de l’inhabitation de la Sainte Trinité dans l’âme du baptisé sera effectivement élevée dans la « Gloire » du Bernin, et en attendant nous vous encourageons tous à méditer et à prier avec elle…

Sanctae Trinitas symbolica representatio

O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais Vous couvrir de gloire, je voudrais Vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de Vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de Vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux Vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et Vous, ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à Vous comme une proie. Ensevelissez-Vous en moi pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

Ainsi soit-il.

Reliquaire de la Bse Elisabeth de la Trinité (au Mesnil-Marie)

Reliquaire de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité
exposé au jour de sa fête dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 8 novembre, 2011 |1 Commentaire »

2011-83. Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Coeur.

Sermon de Monsieur l’Abbé Henri Vannier

à l’occasion de la Fête du Christ Roi
- dimanche 30 octobre 2011 -

Premier vendredi du mois, 4 novembre 2011.

Le premier vendredi du mois est, selon la demande adressée par Notre-Seigneur Lui-même à Sainte Marguerite-Marie, particulièrement dédié à honorer le Sacré-Coeur de Jésus.
Voilà pourquoi, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je livre aujourd’hui à votre lecture et à votre méditation le texte de la prédication faite par Monsieur l’Abbé Vannier – desservant de notre quasi paroisse selon le rite latin traditionnel -  à l’occasion de la Fête du Christ Roi, dimanche dernier.

Les illustrations qui accompagnent cette publication présentent la chasuble du Christ Roi que nous conservons en notre Mesnil-Marie, très beau travail de broderie et de ferveur réalisé par des religieuses.

Chasuble du Christ Roi (Mesnil-Marie)

Cette Fête du Christ Roi – fixée à la fin de l’année liturgique – conclut et récapitule la célébration des mystères de Jésus-Christ et de notre salut.
Après les mystères de Noël et de l’Epiphanie, le mystère pascal de la Passion et de la Résurrection, après la gloire de l’ascension, l’Eglise, instruite par l’Esprit-Saint, nous montre le Christ Roi : Roi du Ciel et de la terre, siégeant à la droite du Père et régnant ici-bas par la Croix victorieuse, source de justice et de paix.

Toute l’histoire de l’humanité apparaît comme un jour, le jour du Seigneur, autour de la venue du Christ, Soleil de lumière, de vie et d’amour.
Alors que le monde était plongé dans les ténèbres de la mort et attendait son Salut, Il est venu, Lui, le Verbe éternel et le Fils unique du Père, dissiper la nuit obscure du péché et de l’ignorance, et apporter aux hommes le don de l’héritage de la Patrie céleste.
Et si, avec le temps, le monde vieillit au point que la nuit semble tomber et envahir l’Eglise elle-même, l’espérance assure que le soleil couchant annonce à l’horizon un jour nouveau, celui du retour glorieux du Christ à la fin des temps, lorsque Il viendra juger les vivants et les morts, et introduire le peuple des élus dans l’éternité bienheureuse!

Au rythme des célébrations et des Messes, la sainte liturgie rassemble l’Eglise et fait avancer ses membres pas à pas, au-delà du cycle sacré de chaque année, vers le Royaume des Cieux, à la suite du Christ Roi.

ange brodé sur le devant de la chasuble

Le Christ est donc Roi?

Assurément!
Par nature, il est le Verbe par qui tout a été fait ; par conquête, Il est le Sauveur du genre humain attirant tout à Lui du haut de la Croix.
Le Christ est Roi à double titre : en tant que Créateur et en tant que Rédempteur, ayant restauré la création et relevé l’humanité jusqu’à la dignité la plus haute.

Sans Sa grâce, en dehors de Lui, la nature, l’univers et, bien sûr, toute l’humanité se condamneraient à s’autodétruire.

Tout Lui appartient, même le temporel, le profane et la sphère privée. Rien ne peut échapper à l’influence de Sa grâce. C’est une Royauté universelle.

Le Christ est le Roi des nations parce qu’il n’y a de salut – mais aussi de justice, de paix, de prospérité, de liberté et de fraternité entre les hommes – que dans la mesure où les nations reconnaissent Ses droits en tant qu’Auteur de la nature et Rédempteur du genre humain.
Il est le Roi des rois en ce sens que les gouvernements doivent se soumettre à Sa Royauté universelle, à laquelle ils participent et de laquelle ils reçoivent leur pouvoir et leur légitimité : César doit rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu!

détail de l'ange brodé dans le dos

Cependant, si la Royauté du Christ est universelle, elle n’est pas immédiatement et directement temporelle : c’est une Royauté spirituelle et surnaturelle qui inonde le monde de la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, grâce descendue du Ciel qui oriente tout le domaine temporel vers l’éternité de son destin.

Le Christ respecte l’ordre naturel dont Il est l’Auteur : Il rend à César ce qui appartient à César.
Mais tout – le politique, le social, l’économie, le domestique, la technique et l’art -, tout est au service du bien et du salut des hommes que Jésus est venu apporter au monde.
Royauté universelle : tout est par Lui mais aussi pour Lui!

Certes – hélas! – l’histoire de l’humanité, dominée toujours par la victoire du Christ, est cependant marquée par l’infidélité, l’apostasie voire la révolte : lorsque le Peuple de Dieu proteste qu’il n’a pas d’autre roi que César, lorsque une république révolutionnaire proclame des droits de l’homme sans Dieu, lorsque l’on déclare que la loi civile de l’Etat arbitraire est au-dessus de la loi divine, mais aussi lorsque des hommes d’Eglise laissent entendre que l’on peut se sauver sans le Christ et lorsque, depuis Rome et Assise, on prétend que la paix peut se répandre dans le monde sans proférer la moindre allusion à Jésus-Christ, Prince de la Paix!

Ils L’ont découronné!
Ou pire, ils L’ont couronné d’épines!

Détail de la chasuble du Christ Roi : couronne

En conséquence, ce n’est pas seulement l’heure de la grande apostasie, mais c’est aussi fatalement l’heure de la révolte et du refus le plus funeste : le monde ne veut ni du Christ, ni du Salut que Celui-ci propose avec tant d’amour et de miséricorde. Jésus crucifié!

Mais – et c’est le sens de l’histoire – le Christ règne par la Croix ; Il construit Ses victoires et relève l’humanité pécheresse à partir des péchés et des prétentions des hommes.

Dieu ne peut permettre non seulement que les élus eux-mêmes se perdent, mais que les hommes puissent perdre en eux toute étincelle d’espoir et de vie.

Le monde d’aujourd’hui court à sa perte, les gens ont peur de l’avenir, ils ne savent plus à quoi se raccrocher, ils désespèrent.
On n’a jamais autant parlé de liberté, de paix, de démocratie… et voyons quel constat s’impose de plus en plus à tous!

Le Christ à pitié de cette foule.
S’Il veut régner, c’est par la vertu de Son Sacré-Coeur!

motif central

Le Christ Roi n’est ni un dictateur ni un démagogue, profitant de la faiblesse des hommes et flattant leurs passions.
Le Christ ne recherche pas Sa propre gloire. Sa Royauté n’est pas domination : c’est une Royauté d’Amour!
Ce qu’Il veut, c’est le bonheur des hommes.
Il a conquis Son Royaume en portant sur Lui les péchés du monde et Il connaît le pécheur par la tendresse de Son Coeur.

Qui a le mieux chanté la victoire du Christ Roi, sinon la sainte Vierge, proclamant les grandeurs et la puissance de son Fils?
« Fecit potentiam in brachio Suo, dispersit superbos mente cordis sui. Deposuit potentes de sede : Il a déployé la force de Son bras, Il a dispersé les hommes orgueilleux ; Il a renversé les puissants de leurs trônes! »

C’est à la Messe que l’Eglise célèbre par excellence la Roayuté du Christ, et nous la communique : en nous et autour de nous, dans nos familles et nos communautés.
Il y a les chants du Gloria et du Credo, les lectures – Epître et Evangile qui proclament la Parole du Roi -, et bien sûr le renouvellement du Sacrifice : « Il est digne, l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur ; à Lui la gloire et l’empire pour les siècles des siècles! » (
introït de cette fête) ; puis le chant solennel du Pater – « Que Votre Règne arrive! » car il appartiendra à Jésus de remettre Son Royaume entre les mains de Son Père, principe de toute autorité et de tout don -; enfin, à la Communion, le Corps du Christ fait partager à Ses fidèles Ses prérogatives royales : avec le Christ, les chrétiens unis au Christ participent à Ses mystères pour faire des élus un peuple de rois et de saints : ce que nous contemplerons à la Toussaint.

détail du motif central, le Sacré-Coeur

On peut lire – ou relire – aussi sur ce blogue :
- « De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus », ici > www.
- L’Acte de consécration au Sacré-Coeur qui doit être publiquement récité à l’occasion de cette fête > www.

2011-82. Quelques réflexions après Assise-3 (Professeur R. de Mattei)

Mercredi 2 novembre 2011.

Le n° 242 de « Correspondance Européenne«  vient de me parvenir ce soir. Il contient des « réflexions » du Professeur Roberto de Mattei sur la réunion d’Assise qui s’est tenue le 27 octobre dernier. Comme nous avions publié sur ce blogue, en janvier (cf. > www) puis quelques semaines plus tard (cf. > www) les textes pertinents signés par le Professeur de Mattei demandant avec insistance un éloignement de toute forme de syncrétisme et de tout risque de mauvaise interprétation, nous pensons intéressant de reproduire ci-dessous sa première analyse après l’évènement.

Assise basilique

En tant que signataire d’un appel à Sa Sainteté Benoît XVI pour qu’Il revienne sur Sa décision de célébrer le vingt-cinquième anniversaire du premier rassemblement interreligieux à Assise, et le rassemblement ayant eu lieu, je ne peux m’empêcher d’exprimer quelques réflexions à ce propos.

Quel que soit le jugement que l’on porte sur cette troisième rencontre d’Assise, il faut souligner qu’elle a certainement représenté une correction objective de route par rapport aux deux rencontres précédentes, surtout en termes de risque de syncrétisme. À ce sujet, il faut lire attentivement le discours que le Cardinal Raymond Leo Burke a adressé lors du Congrès intitulé : Pélerins de la Vérité vers Assise, qui s’est déroulé le 1er octobre dernier à Rome proposant une possible clé d’interprétation de l’événement.

Au cours de la « Journée de réflexion, dialogue et prière pour la paix et la justice dans le monde » qui s’est déroulée le 27 octobre, il n’y a pas eu un seul moment de prière de la part des présents, ni en commun, ni en parallèle, comme cela avait en revanche été le cas en 1986, avec les différents groupes religieux réunis dans différents endroits de la ville de Saint François. Du reste chacun sait que celui qui à l’époque était le cardinal Ratzinger avait évité de participer à cette rencontre, et que son absence avait alors été interprétée comme une prise de distance à l’égard des équivoques que cette initiative allait générer.

Benoît XVI a voulu donner à ce rassemblement du 27 octobre un visage autre que celui des rassemblements précédents : le visage, comme l’a expliqué le cardinal Burke, « d’une rencontre interreligieuse dans le sens d’un dialogue interculturel, appuyé sur la rationalité, bien précieux de l’Homme en tant que tel ». Deux textes nous permettent de comprendre la pensée de Benoît XVI en matière de « dialogue » : la première est la lettre envoyée par le Saint Père au philosophe Marcello Pera, déjà Président du Sénat, à l’occasion de la sortie de son livre Perché dobbiamo dirci cristiani (Pourquoi nous devons nous déclarer Chrétiens) (Mondadori, Milan 2008). Dans cette lettre, Benoît XVI écrivait qu’ « un dialogue interreligieux, au sens strict du terme, est impossible, mais qu’il est d’autant plus urgent de mettre en place un dialogue interculturel qui approfondisse les conséquences culturelles des décisions religieuses de fond. Dans ce cas, le dialogue, une correction mutuelle, et un enrichissement réciproque sont possibles et nécessaires ».

Le second document est également une lettre du Saint Père, adressée cette fois le 4 mars 2011 au pasteur luthérien Peter Beyerhaus, qui avait manifesté au Saint Père sa crainte face à la nouvelle convocation de la journée d’Assise. Benoît XVI lui écrivait : « Je comprends fort bien votre préoccupation quant à votre participation à la rencontre d’Assise. Mais il fallait de toute façon marquer cette commémoration, et après tout, il me semblait que le meilleur moyen était que je m’y rende moi-même, pour tenter ainsi de déterminer la direction du tout. Néanmoins, je ferai tout pour rendre impossible une interprétation syncrétiste ou relativiste de l’événement, et pour qu’il soit bien établi que je croirai et je confesserai toujours ce que j’avais rappelé à l’attention de l’Église avec Dominus Iesus ».

Effectivement, il n’y a pas eu, au moins apparemment, d’interprétation syncrétiste ou relativiste de l’événement, ou du moins elle a été atténuée, et pour cette même raison, les médias ont accordé bien peu de place à l’événement. Pourtant, un autre aspect d’Assise-3 suscite des perplexités que l’on ne peut passer sous silence.

L’on peut nouer un dialogue interculturel avec des croyants d’autres religions, non pas sur une base théologique, mais sur la base rationnelle de la loi naturelle. Or la loi naturelle n’est rien d’autre que le Décalogue, le devoir des deux préceptes de Charité : amour de Dieu et amour du prochain, exprimés dans les deux tables remises à Moïse par Dieu Lui-même. Il est possible que, bien qu’ils professent les fausses religions, il se trouve des croyants d’autres religions qui cherchent à respecter cette loi naturelle qui est universelle et immuable, car commune à tout être humain (l’entreprise est du reste très ardue sans l’aide de la Grâce). La loi naturelle peut constituer un « pont » qui portera ces « infidèles » à la plénitude de la Vérité, y compris la Vérité surnaturelle.

En revanche, le dialogue avec ceux qui ne croient dans aucune religion, c’est à dire avec les athées convaincus, est largement plus problématique. Car la loi naturelle ne se compose pas seulement des sept commandements qui règlent la vie entre les hommes, mais d’un ensemble de dix commandements, dont les trois premiers imposent de rendre un culte à Dieu. La Vérité exprimée par le Décalogue est que l’Homme doit aimer Dieu par-dessus toutes les créatures, et aimer ces dernières selon l’ordre établi par Lui. L’athée refuse cette Vérité, et il est dépourvu de cette possibilité de se sauver qui est offerte, même si c’est de façon exceptionnelle, aux croyants d’autres religions. Et si l’on peut concevoir l’ignorance non coupable de la vraie religion catholique, on ne peut concevoir l’ignorance non coupable du Décalogue, parce que sa loi est inscrite « sur les tables du cœur humain par le doigt même du Créateur »(Rm. 2, 14-15).

Il y a bien sûr la possibilité d’une recherche ou d’un « pèlerinage » vers la Vérité, y compris de la part des non-croyants. C’est ce qui se passe lorsque le respect du Deuxième Commandement (l’amour du prochain) pousse progressivement à en chercher le fondement dans le Premier Commandement (l’amour de Dieu). C’est la position de ceux que l’on appelle les « athées dévôts », comme Marcello Pera et Giuliano Ferrara qui, comme l’a fait remarquer à juste titre Francesco Agnoli dans son article : « (Io cattolico pacelliano, dico al card. Ravasi che ad Assisi ha sbagliato atei »(Moi, catholique pacellien, je dis au cardinal Ravasi qu’à Assise il s’est trompé d’athées), “Il Foglio”, 29 octobre 2011), « ont fait un bon bout de chemin avec les croyants, et ce chemin ils le font continuellement, en faisant fonctionner la raison ». Ces derniers, aujourd’hui, se montrent à l’égard de certains préceptes du Décalogue plus fermes et plus observants que de nombreux Catholiques. Mais les athées convoqués à Assise n’ont rien de « dévôt » : ils appartiennent à cette catégorie de non-croyants qui méprisent non seulement les trois premiers commandements, mais toute la Table du Décalogue.

C’est une position que la philosophe et psychanalyste Julia Kristeva a reprise dans le quotidien “Corriere della Sera” (28 octobre 2011) –  qui a publié in extenso son intervention à Assise, intitulé : « Un nuovo umanesimo in dieci principi » (Un nouvel Humanisme en dix Principes). À la différence d’autres spécialistes laïcs, Kristeva a revendiqué une ligne de pensée qui, partant de la Renaissance, arrive à l’Illuminisme de Diderot, Voltaire et de Rousseau, y compris le marquis de Sade, Nietzsche et Sigmund Freud, c’est à dire cet itinéraire qui, comme l’ont démontré d’éminents spécialistes de l’athéisme, du père Cornelio Fabro (Introduzione all’ateismo moderno, Studium, Rome 1969) au philosophe Augusto Del Noce (Il problema dell’ateismo, Il Mulino, Bologne 2010), porte précisément à ce nihilisme, que la psychanalyse française, sans pour autant nier sa propre vision athée et permissive de la société, voudrait contrer, au nom d’une « complicité » collaborative entre humanisme chrétien et humanisme sécularisé. L’issue de cette coexistence pacifique entre le principe athée d’immanence et un vague rappel de la religiosité chrétienne ne peut être que le panthéisme, cher à tous les modernistes, anciens et contemporains.

Le point sur lequel Assise-3 risque de représenter un dangereux avancement dans la confusion qui tenaille actuellement l’Église est celui que tous les médias ont largement souligné, à savoir : l’extension de l’invitation à Assise, – en plus de celle adressée aux représentants des différentes religions du monde entier -, également à des athées et à des agnostiques, sélectionnés parmi les plus éloignés de la métaphysique chrétienne. Nous nous demandons quel dialogue peut être possible avec ces « non-croyants » qui nient à la racine la loi naturelle.

La distinction entre les athées « combattants » et athées « collaborateurs » risque d’ignorer la force agressive contenue dans l’athéisme implicite, qui ne s’exprime pas de façon militante, mais qui de ce fait même est plus dangereux. Les athées de l’UAAR (Union des Athées et des Agnostiques rationalistes) ont au moins quelque chose à enseigner aux Catholiques : ils professent leurs erreurs avec un esprit de militantisme dont les Catholiques ont totalement abdiqué pour défendre leurs vérités. C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on critique les croisades, qui n’ont pas été une déviation de la Foi, mais des entreprises encouragées officiellement par des Papes, exaltées par les saints, fondées sur la Théologie et régies, pendants des siècles, par le Droit canonique.

Si à l’époque l’Église s’est trompée, alors est-ce que ceux qui aujourd’hui prêchent qu’il faut être « cool » et qu’il ne faut pas s’imposer face aux ennemis, extérieurs et intérieurs, qui les harcèlent, ne se trompent pas ? Et si l’Église, comme nous le savons, ne se trompe pas dans Son enseignement, alors quelle devrait être l’ultime règle de Foi du Catholique dans des moments de confusion comme celui que nous sommes en train de traverser ?

Voilà des questions que tout simple fidèle a le droit de poser, avec respect, aux autorités suprêmes de l’Église, au lendemain de ce 27 octobre 2011.

Roberto de Mattei

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 2 novembre, 2011 |2 Commentaires »

2011-81. L’histoire de l’homme qui s’ennuyait…

Conte pour la Toussaint

d’après une idée de Charles Péguy.

guirlande de fleurs

Jour de Toussaint.
Le Mont Mézenc et les hauts plateaux vivarois sont enveloppés de brouillard ; une bruine presque imperceptible tombe sur notre vallée et – vous vous en doutez bien -, n’ayant nulle envie d’aller dehors, je suis resté près du poêle à lire.
Dans les cahiers de Frère Maximilien-Marie, j’ai trouvé un conte tout à fait en rapport avec la fête d’aujourd’hui et j’ai décidé de vous le retranscrire.
« L’histoire de l’homme qui s’ennuyait »
a été écrite par notre Frère à partir d’une idée de Charles Péguy.
Je dis bien « à partir d’une idée » : en effet, dans une conversation avec des amis, Péguy avait un jour raconté cette histoire qu’il avait imaginée et qu’il voulait mettre par écrit. La « grande guerre », qui le faucha le 5 septembre 1914, ne lui en laissa pas le temps : nous n’avons que les souvenirs écrits par ses amis, et c’est ce dont Frère Maximilien-Marie s’est servi pour en faire une saynète qu’il fit jouer à des scouts.
Je vous dédie ce conte, chers Amis de notre Mesnil-Marie, en espérant que vous trouverez autant de plaisir et de matière à réflexion que j’en ai eu moi-même à sa lecture.

Lully.

Lully écrivain

Il était une fois, un homme qui s’ennuyait, qui s’ennuyait, mais qui s’ennuyait…
Depuis le matin et jusqu’au soir, il s’ennuyait.
Chaque jour, et à chaque heure du jour, il s’ennuyait.
D’un bout de l’année à l’autre, il s’ennuyait!

Il s’ennuyait autant qu’il respirait.
Il n’avait rien d’autre à faire.
Il s’ennuyait…
… et il s’ennuyait de s’ennuyer!
C’était ainsi.

Or cet homme qui s’ennuyait savait toutefois qu’il y avait pour lui un moyen de ne plus s’ennuyer.
Oh! un moyen très simple – presque un jeu d’enfant – : pour ne plus jamais s’ennuyer, il lui suffisait d’écrire une lettre.
C’était si simple!

Mais voilà, l’homme qui s’ennuyait savait aussi que cette simple lettre serait un gros péché, un énorme péché…

Pour ne plus jamais s’ennuyer – jamais!-, il lui suffisait d’ouvrir son secrétaire, d’en retirer une feuille blanche et de la poser devant lui, là, de prendre sa plume, de la tremper dans l’encrier, et d’écrire…  puis de sécher la lettre, de la cacheter, de l’expédier…
Et ce serait fini : il ne s’ennuierait plus jamais.
Jamais!

Oui mais, c’était un péché!
Et l’énormité de cet horrible péché l’avait toujours fait reculer.
Et voilà pourquoi il continuait à s’ennuyer.

Plusieurs fois il s’était dit : « Allons! c’est trop bête! Il n’y a qu’à l’écrire cette lettre et j’aurais fini de m’ennuyer… »
Puis il avait reculé ; il avait repoussé l’horrible tentation.
Et il s’ennuyait toujours!

Un jour, où il s’ennuyait plus encore qu’à l’accoutumée, il n’y tint plus.
Son ennui était tel qu’il résolut d’envoyer au loin ses scrupules et qu’il préféra succomber à la tentation de cet énorme péché.
Il s’assit donc à son bureau, prit une feuille et commença sa lettre.

Or, cet homme qui s’ennuyait avait aussi une manie, une habitude dont il ne s’était jamais défait : chaque fois qu’il commençait une lettre et écrivait la date, il regardait aussitôt dans le calendrier quel était le saint du jour.
Il écrivit donc « mercredi 25  » et se dit aussitôt en saisissant l’éphéméride : « Voyons, mercredi 25… mercredi 25 : Saint Louis! »

Saint Louis!!!
Il eut un mouvement de recul : Saint Louis, le roi juste et saint ; Saint Louis avec son beau manteau bleu fleurdelysé ; Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes ; Saint Louis recevant la Sainte Couronne d’Epines…
Non! il ne pouvait tout de même pas commettre un tel péché, un si gros péché, le jour de Saint Louis!
Il rangea donc sa feuille en se disant : « Je peux bien attendre demain, j’ai déjà tellement attendu. Un jour de plus, ce n’est pas grand chose. Mais le jour de Saint Louis, non! »

Le lendemain matin, l’homme qui s’ennuyait  revint à son bureau pour se mettre au travail : il prit sa feuille, marqua la date, et prit son calendrier : « Voyons! Jeudi 26… jeudi 26 : Saint Zéphyrin… »
Saint Zéphyrin, ça ne lui disait rien du tout.
Il se mit donc à écrire.

Mais alors, un petit personnage tout rouge de colère fit irruption dans la pièce, à la manière d’un vent de bourrasque. Si zéphyr, en grec, désigne le vent d’ouest, plutôt doux et léger, Saint Zéphyrin -  car c’était lui – semblait l’avoir oublié ce jour-là.
Il se précipita sur l’homme qui s’ennuyait et lui cria : « Alors, hier, parce que c’était le jour de Saint Louis, et que Saint Louis c’est un roi, et l’un des plus grands rois, tu as renoncé. Mais aujourd’hui, parce que c’est moi, et que je ne suis qu’un tout petit Zéphyrin de rien du tout, tu feras ton gros péché!!! Ah, mais non! Ça ne se passera pas comme ça!… Ça ne peut pas se passer comme ça!… »
Et il lui en dit tant, et sur un tel ton, en tournoyant dans le bureau, que la feuille fut prestement remise dans son tiroir.

Vint le lendemain.
L’homme qui s’ennuyait revint vers sa table.
Avant toute autre chose, prudemment, du regard il fit le tour de la pièce : « Personne, à droite! Personne à gauche!… Bien, bien! Allons-y! »
Il s’assit, ouvrit son tiroir, prit une feuille et marqua la date : vendredi 27.
Aussitôt il chercha le saint du jour… Vendredi 27 : Saint Damien.
Comme ça ne lui disait rien non plus, il commença sa lettre…

Patatras! Qui est-ce qui lui tombe dessus?
Saint Damien!
Et il n’est pas tout seul : il vient avec Saint Côme, son frère. A deux, on est plus forts…
En plus, ils portaient les instruments de leur martyre : de quoi vous glacer le sang.
Saint Damien le regarda d’un air triste et dit d’une voix grave : « Alors, avant-hier tu as reculé devant Saint Louis. Hier, tu as reculé devant Saint Zéphyrin. Et aujourd’hui que c’est moi, tu me causerais une telle peine? Aujourd’hui que je suis de garde – car Saint Côme et Saint Damien étaient médecins et ils en avaient le vocabulaire -, tu oserais commettre un tel péché? As-tu pensé à ce que l’on dira de moi, là-haut dans le Ciel? Je les entends d’ici. Ils me diront : C’est du joli! On peut te confier la terre pendant une journée : voilà ce qui arrive. Tu n’as pas été capable d’empêcher une telle horreur… »
Et la tristesse et les plaintes de Saint Damien eurent raison de sa détermination ce jour-là aussi.

Et il en fut ainsi tous les jours.
Car il continuait à s’ennuyer, et il ne voulait plus s’ennuyer : il voulait écrire sa lettre!
Tous les jours, il recommençait à marquer la date.
Tous les jours, il recommençait à regarder son calendrier…
Il s’obstinait.
Mais les Saints s’obstinaient aussi.

Les uns le prenaient par la douceur : « Allons! Allons, sois gentil! Dis-moi que tu ne vas pas faire un péché aussi laid… »
D’autres, les savants, les docteurs, les Saint Thomas et Saint Alphonse de Ligori, saint Augustin et autres théologiens, lui démontraient avec force arguments et démonstrations qu’il ne pouvait pas succomber à une telle tentation.
D’autres encore, les soldats, tels Saint Georges ou Saint Martin, le reprenaient sans ménagement.
Et le comble fut le jour où ce demi-saint de Charlemagne, avec ses leudes – comme sur sa statue du Parvis Notre-Dame -, l’assaillit et mit la pièce sens dessus dessous : il en fut pour trois jours à se remettre!

Mais notre homme qui s’ennuyait et qui ne voulait plus de son ennui, se dit finalement : « Enfin, il doit bien y avoir un jour dans l’année où il n’y a pas de saint! »

Il réfléchit, il tourna très attentivement les pages de son éphéméride, puis il jubila : « Eureka! Il y a le 14 juillet! »

Ah, bien oui! Qui est-ce qui lui saute sur le paletot?
Sainte Marianne!
« Dis donc! Tu ne vas pas tout de même pas me rajouter une telle horreur? Faire que je traîne aussi cette infamie? Déjà qu’on m’a refilé la république en me piquant mon auréole et en me coiffant d’un bonnet rouge! Et quelle république : laïque et franc-maçonne!!! J’en ai ma claque!… »

L’homme qui s’ennuyait pensa donc : « Paris est décidément trop en vue et trop fréquenté. Je vais partir à la campagne : il sera bien plus facile de m’y cacher. Là, derrière un petit mur ou dans un bosquet solitaire, dans un chemin creux oublié ou dans une lande déserte, ni vu ni connu, et le tour sera joué… »
Il partit donc.

Mais ce fut bien une autre histoire.
Ce n’étaient plus les saints du calendrier des postes qu’il trouvait sur son chemin, mais les saints – méconnus ou inconnus – de notre « France profonde » : les saints qui veillent sur les villages et les clochers, ceux qui président aux travaux des champs et qu’on invoque contre les gelées, les saints oubliés qui protègent les semences et qui opèrent des guérisons aux sources séculaires… des saints robustes et bien campés qu’il croisait, la fourche ou la faux sur l’épaule, ou qui le regardaient passer les bras croisés et le menton en avant…
Tous le renvoyaient en disant : « Va-t-en d’ici avec ton gros péché! Ne viens pas polluer la terre de France, sanctifiée par tant de labeurs et de sacrifices obscurs, par tant d’héroïsme chrétien enfoui dans la trame des siècles et des générations… »

Et ce fut au point qu’il ne pu jamais écrire sa lettre ; il ne put jamais commettre son gros, son énorme péché!

Que croyez-vous qu’il arriva?
La compagnie de tant de saints lui fut profitable : à force de les voir, à force de les rencontrer, à force de les entendre et de les écouter, à force de les fréquenter… il ne s’ennuya plus du tout.
Et leur exemple fut contagieux : il ne songea plus à pécher, mais à les imiter.
Si bien qu’il devint saint lui-même!

Hé bien, voulez-vous que je vous dise?
De même qu’il n’y a pas un lieu sur la terre, pas un endroit, qui ne soit le point de recoupement d’une latitude et d’une longitude, de même aussi aucune circonstance de notre vie ne peut échapper à l’influence des saints.
Ils ne sont jamais loin de nous, toujours prêts à intervenir pour nous aider dans la lutte contre le péché, toujours prêts à intercéder pour nous obtenir la grâce d’éviter le mal et de pratiquer le bien.
L’homme qui ne s’ennuyait plus, parce qu’il avait découvert cette réalité, l’homme que la compagnie des saints avait détourné de son péché… c’est cet homme que chacun de nous est appelé à devenir.

plume & encrier

Un autre conte de Toussaint : « Des saints et des animaux » (en 4 épisodes),
à lire à partir d’ici >
www. 

2011-80. Chronique des mois de septembre et octobre 2011 au Mesnil-Marie.

Vendredi soir 28 octobre 2011, fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En sus de la fête liturgique des Saints Apôtres Simon et Jude, nous n’avons pas manqué de commémorer aujourd’hui l’anniversaire de la bataille du Pont Milvius, victoire de l’empereur Constantin le Grand sur son rival Maxence obtenue à la suite d’une révélation céleste qui lui montrait la Croix comme instrument de la victoire : « In hoc signo vinces - par ce signe tu vaincras! ».
Dans un an, nous fêterons le dix-septième centenaire de cette victoire dont la conséquence directe fut la fin des persécutions du christianisme dans l’empire romain.
En ces temps de trouble et de crise, nous aimerions que tous les dirigeants des nations, comme jadis Constantin, fassent confiance au Christ Rédempteur et se soumettent à Sa loi, pour le bien véritable – bien temporel déjà, mais bien éternel plus encore – des peuples dont ils portent la responsabilité…

l'apparition de la Croix à Constantin

Raphaël : l’apparition de la Croix à Constantin le Grand (fresque au Vatican)

Mais ce soir je ne veux pas me livrer à des commentaires de l’actualité. Je reviens vers vous, chers Amis, pour vous faire le compte-rendu des activités qui ont marqué le Mesnil-Marie au cours des deux mois écoulés.

Mois de septembre 2011 :

- Samedi 3 septembre : Frère Maximilien-Marie dirige une promenade contée « Sur les pas du Grand Chanéac » (notre chouan local cf. > www). Cette sortie n’avait pas été programmée dans le planning général, mais elle avait été demandée spécialement par un hébergeur de nos connaissances pour un groupe d’amis. Malgré le brouillard, la bruine et le froid, le petit groupe a suivi avec beaucoup d’attention et de vaillance et, semble-t-il, a été très content de ce « voyage dans le temps ».
Ce fut la dernière promenade organisée pour cette saison, mais l’intérêt suscité par ces sorties et la richesse des contacts et des échanges qu’elles ont suscité font qu’elles seront à nouveau proposées l’été prochain.

- Dimanche 4 septembre : Notre Frère aime habituellement à se rendre au pèlerinage de Notre-Dame de Pramailhet, qui a toujours lieu le premier dimanche de septembre et auquel il est attaché depuis son enfance. Toutefois il n’y va pas cette année, tout comme il renoncera aussi, le 8 septembre, au pèlerinage de Notre-Dame d’Ay (j’avais présenté ces très anciens pèlerinages locaux ici > www) : ce n’est pas en raison du mauvais temps, ce n’est pas non plus parce qu’il n’aimerait plus la Sainte Vierge, mais cela est lié au fait qu’il n’a plus la garantie d’y trouver une liturgie authentiquement catholique.
Je m’explique : en pleine conformité avec le motu proprio « Summorum Pontificum » et avec l’instruction « Universae Ecclesiae » publiés par l’autorité de notre Saint Père le Pape Benoît XVI, Frère Maximilien-Marie ne remet pas en question la validité de principe du rite de la messe célébrée selon le missel de Paul VI ; il lui arrive, occasionnellement – quand il ne peut faire autrement -, d’assister à la messe selon la « forme ordinaire du rite romain »… à la condition que justement ce soit bien la « forme ordinaire du rite romain » qui soit célébrée, de manière stricte, en pleine application des rubriques et en communion avec notre Saint Père le Pape car, malheureusement dans les faits et d’une manière très générale encore, c’est loin d’être le cas!
Célébrer selon le missel de Paul VI ne signifie en aucune façon que les « équipes liturgiques », le prêtre ou même l’évêque puissent se permettre de s’écarter des règles codifiées par ce missel et d’user de la liturgie comme d’un bien personnel que l’on modifie à sa guise : un célébrant qui invente des oraisons ou qui les tire de « fiches dominicales » imprimées en Bretagne mais non approuvées par le Siège Apostolique, qui permet que l’on remplace le texte du « Gloire à Dieu », du psaume ou de l’ « Agneau de Dieu » par des chants qui n’en ont pas les paroles exactes, qui néglige d’utiliser tous les ornements sacrés (la chasuble n’est pas facultative!)… etc., et cela malgré les multiples rappels de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements au cours de ces dernières décennies, est-il vraiment dans la communion de l’Eglise?
La question est légitime… et, comme l’enseigne la sagesse populaire, dans le doute il est préférable de s’abstenir. C’est désormais la ligne de conduite suivie par Frère Maximilien-Marie.

Randonnée-écriture 10 septembre 2011 ascension du Lech'ous

- Samedi 10 septembre : Frère Maximilien-Marie participe à une randonnée-écriture, dans le cadre des animations proposées autour des Espaces Naturels Sensibles.
Elle a lieu autour d’un suc volcanique, proche du Mont Gerbier de Joncs, orthographié sur les cartes comme « les Coux » alors qu’il s’agit originellement du Lech’ous (nom d’origine celtique).
La journée commence dans le brouillard : il donne un caractère fantasmagorique à l’ascension du Lech’ous (
c’est la photo ci-dessus) et à la découverte de la Table du Diable, mégalithe en équilibre horizontal autour duquel se greffent de nombreuses légendes.

la Table du Diable, sur le Lech'ous

La « Table du Diable » sur les flancs du Lech’ous

Mais peut-être vous demandez-vous ce qu’est une randonnée-écriture?
Sous la conduite d’un accompagnateur de randonnées en moyenne montagne, c’est un circuit de découverte d’un site, avec observation de la flore, de la faune, du relief, des roches, du paysage… etc. Mais la randonnée est ponctuée de haltes au cours desquelles notre ami Nathanaël, scénariste et animateur de stages, dirige des travaux (très ludiques) de composition et de rédaction. C’est une expérience très riche qui permet très rapidement la cohésion du groupe, avec souvent de grands éclats de rire, mais aussi des échanges qui peuvent être très profonds.
La journée, commencée dans le brouillard comme je l’ai écrit plus haut, s’est achevée sous un soleil radieux ; c’était aussi un soleil intérieur.

- Dimanche 11 septembre : Au Mesnil-Marie, nous n’omettons pas de commémorer le quatrième centenaire de la naissance de Turenne.
Mon papa-moine me raconte l’histoire de ce brillant militaire et grand serviteur de la Couronne de France. Il m’explique aussi comment ce héros s’est converti du parti huguenot à la religion catholique, le 23 octobre 1668.
Du coup, je passe tout le reste de ce dimanche à chantonner la fameuse Marche du Régiment de Turenne, dont la mélodie est attribuée à ce surintendant des musiques royales dont je porte le nom :

M’sieur d’Turenne a dit aux gens du Roi
Qui marchent fiers sous les drapeaux de France,
M’sieur d’Turenne a dit aux gens du Roi :
« Levez la tête et tenez le corps droit!
« Aux jolis yeux, sachez, soldats,
« Mousquet au poing, faire la révérence,
« Aux jolis yeux, sachez, soldats…
« Quant aux boulets ne les saluez pas! »  

(cliquer sur les mots « Marche du Régiment de Turenne » ci-dessus pour en entendre la musique et voir aussi dans les commentaires ci-dessous les précisions apportées sur ce sujet, grâce à Marie-Françoise).

- Mercredi 14 et jeudi 15 septembre : Nous avons la joie d’accueillir au Mesnil-Marie des amis qui viennent de Lorraine. Ce sont de beaux moments intenses et joyeux et Frère Maximilien-Marie leur fait découvrir quelques beaux sites aux alentours.

- Samedi 17 septembre : Après avoir participé à un petit pèlerinage local en l’honneur de Notre-Dame de Pitié (où, pour revenir à ce que je disais ci-dessus, le prêtre a célébré la messe dans la « forme ordinaire » d’une manière pleinement catholique), notre Frère profite des Journées du Patrimoine pour visiter plusieurs sites remarquables du bas Vivarais : il peut en particulier admirer les travaux de restauration qui ont été accomplis depuis dix ans dans l’ancien palais des évêques, au Bourg Saint-Andéol.  En ce lieu, Saint François de Sales et Madame de Sévigné furent accueillis. C’est ici aussi, dans la chapelle privée de Monseigneur de La Beaume de Suze, que Saint Jean-François Régis reçut la mission de ré-évangéliser le Vivarais (cf. > www).
Sur la route du retour, Frère Maximilien-Marie est pris dans des orages de grêle d’une rare violence : notre auto en porte durablement les marques. Près d’Aubenas, contraint de s’arrêter en bordure de route parce que celle-ci est transformée en torrent, il voit avec stupeur une plaque d’égoût – en fonte! – soulevée par le flot qui jaillit des conduites souterraines. Il a eu le réflexe d’en prendre une photo :

Plaque de fonte soulevée par l'eau qui sort des conduits souterrains 17 septembre 2011

Ces orages du mois de septembre au cours desquels le tonnerre s’est fait entendre de manière impressionnante au-dessus du Mesnil-Marie ont occasionné des dégâts à notre connexion téléphonique : il a fallu près de 15 jours avant que l’on comprenne que c’était une partie de notre « box » qui avait été endommagée et pour que tout soit réparé.
Si vous avez essayé de nous joindre par téléphone au cours de cette période, vous vous êtes peut-être arraché les cheveux : en effet, il y a eu des moments où c’était « mission impossible »!

Mois d’octobre 2011 :

- Samedi 1er octobre : Un ami généreux vient apporter son aide à Frère Maximilien-Marie (dont la colonne vertébrale exige toujours certains ménagements) : Henri débite du bois de chauffage et manie avec brio la débroussailleuse. C’était plus que nécessaire car la douceur des températures et les pluies de ces dernières semaines avaient bien fait pousser l’herbe et les ronces…

- Dimanche 2 octobre : Au retour de la messe, Frère Maximilien-Marie ne se sent vraiment pas bien. Il devra rester dedans, et souvent couché, pendant quatre jours, terrassé par une forte sinusite qui a entrainé tout aussitôt une infection des voies respiratoires. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai été un garde-malade aussi compétent que dévoué!

Frère Maximilien-Marie profite de ces moments d’inactivité forcée pour noter des idées de contes qu’il veut mettre par écrit…
Il avait d’ailleurs été retenu comme conteur à l’occasion d’une randonnée nocturne organisée à Borée le soir du 8 octobre (
dans le cadre des animations autour des Espaces Naturels Sensibles), mais le mauvais temps a contraint d’annuler cette activité.

- Dimanche 9 octobre : C’est encore l’univers des contes qui est à l’honneur, ce dimanche (après la messe bien entendu!) : Frère Maximilien-Marie va entendre notre amie Elodie qui se fait l’interprète talentueuse du répertoire de Nannette Lévesque.
Nannette, née en 1803 sur les hauts plateaux du Vivarais, est la première « conteuse professionnelle » connue. Elle ne savait pas lire, mais elle a retenu et transmis avec brio ces histoires et ces légendes, ces « sornettes » et ces chants populaires qu’on racontait à la veillée ou en gardant les troupeaux. Dans le dernier quart du XIXe siècle, un folkloriste a pu mettre par écrit ce que Nannette contait, et c’est ainsi que son répertoire a pu parvenir jusqu’à nous.

Le Mont Gerbier de Joncs dans la lumière particulière d'octobre

Le Mont Gerbier de Joncs dans la lumière particulière de la fin d’une après midi d’octobre

- Samedi 15 octobre : Frère Maximilien-Marie participe à une nouvelle randonnée-écriture, toujours à proximité du Mont Gerbier de Joncs, mais pour la découverte d’une autre suc, la Lauzière : ce nom lui a été donné parce que, composé de phonolithes, il a servi de carrière d’extraction des lauzes, pour la couverture des toits.

- Dimanche 16 octobre : Réjouissances et retrouvailles familiales pour notre Frère à l’occasion de la célébration des 75 ans de sa maman.

- Vendredi 21 octobre : Notre ami Henri est revenu faire une grosse journée de travail : il débite encore pas mal de bois et surtout il arrache une énorme souche que Frère Maximilien-Marie commençait tout juste à dégager sur une parcelle où il prévoit de cultiver un petit potager. Merci, Henri, pour votre aide précieuse!

- Dimanche 23 octobre : Après la messe, Frère Maximilien-Marie rejoint un groupe d’amis qui se sont mobilisés, à la fin de l’année dernière et au cours du premier trimestre de cette année, pour soutenir et fédérer les aides apportées à nos amis Danièle et Frédéric, dont la très ancienne ferme a brûlé au début décembre 2010.
« Les Ouches » – c’est le nom de cette ferme – existaient déjà au XIIIe siècle et furent agrandies au XVIIIe siècle. C’est un grand bâtiment typique de l’architecture du massif du Mézenc, à quelque 1300m d’altitude.
Danièle et Frédéric ne l’ont pas acquis pour s’y retirer et y mener une vie « pépère », mais pour en faire un centre d’étude et de transmission des savoir-faire traditionnels, ainsi qu’un pôle au service de la vie de notre massif. Je vous reparlerai sans doute de tout cela.
Frère Maximilien-Marie s’est investi pour sensibiliser aux projets de Danièle et de Frédéric et pour les soutenir. La rencontre de dimanche dernier avait été suggérée par lui pour que les personnes qui s’étaient mobilisées au moment du sinistre puissent visiter le chantier de reconstruction.

2011-80. Chronique des mois de septembre et octobre 2011 au Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully dsc08984copie

« Les Ouches » en travaux :
les murs endommagés ont été relevés et consolidés, la charpente est refaite « à l’ancienne »
la couverture de lauzes devrait être posée au printemps…

Voilà, en résumé, les principaux évènements de ces deux derniers mois, chers Amis.
Je ne vous ai pas détaillé ce qui fait la vie « ordinaire » de notre Mesnil-Marie et qui consiste, en sus de la vie de prière et d’études, en sus des tâches habituelles de tenue d’une maison (il y a eu toutes les confitures de fruits d’automne et les préparations – pour les congeler – des légumes de saison),
1) à être disponibles aux visites – assez fréquentes – de personnes qui viennent échanger quelques mots amicaux, confier des intentions de prière ou poser quelques questions…
2) à continuer autant que possible les travaux extérieurs : en plus de l’entretien du jardin de fleurs en bordure de la route et de la préparation d’une parcelle pour y cultiver un potager, Frère Maximilien-Marie a entrepris des aménagements un peu importants autour de la maison ; pour cela il doit déplacer pas mal de terre et de cailloux…
3) à participer à des réunions – assez fréquentes – au cours desquelles se décident et se préparent les évènements et l’avenir de notre massif.

Depuis hier, 27 octobre, après un ramonage bien consciencieux, nous avons rallumé notre gros poêle à bois, qui assure le chauffage de la quasi totalité de notre Mesnil-Marie. L’an dernier, nous avions dû l’allumer le 25 septembre : notre frère est bien content d’avoir pu « gagner » un mois!

Nous sommes à la veille des fêtes du Christ Roi et de la Toussaint, que nous vous souhaitons belles et ferventes, et pour l’occasion desquelles je vous adresse ces quelques fleurs de mon jardin en signe d’amitié et d’union des coeurs…

Lully.

Chrysanthèmes du jardin de Lully

Pour nous soutenir,
pour aider à la vie et aux travaux du Mesnil-Marie
vous pouvez faire un don > www.

Publié dans : Chronique de Lully | le 28 octobre, 2011 |4 Commentaires »
1...4546474849...92

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi