2017-19. Où Saint Claude de La Colombière nous alimente en conseils spirituels contre les tentations de découragement.

15 février,
Fête de Saint Claude de La Colombière.

Saint Claude de La Colombière

Saint Claude de La Colombière (1641-1682) :
« Mon fidèle serviteur et parfait ami » a dit de lui Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie.

Sacré-Coeur gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai déjà eu l’occasion de vous entretenir de Saint Claude de La Colombière (cf. > ici), prêtre ô combien admirable de la Compagnie de Jésus, que le Sacré-Coeur Lui-même désigna à Sainte Marguerite-Marie comme Son « fidèle serviteur et parfait ami », et qui fut d’un si précieux secours spirituel à la sainte Visitandine.

En cette année 2017, nous commémorons en même temps le 335e anniversaire de sa mort (+ 15 février 1682) et le 25e anniversaire de sa canonisation (31 mai 1992).

C’est un saint dont les écrits spirituels sont une mine inépuisable pour les âmes en quête de perfection : on y trouve à chaque page d’admirables conseils, tout à la fois stimulants et consolants.
Frère Maximilien-Marie, qui s’en est longuement nourri lorsqu’il était jeune religieux, en a recopié plusieurs pages dans ses propres carnets de notes spirituelles, et je n’ai eu qu’à m’y plonger pour en extraire quelques uns qui me semblent particulièrement propres à vous encourager et vous aider vous aussi dans votre vie spirituelle, où la tentation du découragement est la plus redoutable que l’on puisse affronter.
Je vous laisse donc les découvrir, approfondir et méditer.

Lully.

Sacré-Coeur gif

- « De tous les péchés qui se présenteront à mon esprit, [...] je ferai comme un bloc que je jetterai aux pieds de notre Sauveur, pour être consumé par le feu de Sa miséricorde ; plus le nombre en sera grand, plus ils me paraîtront énormes, d’autant plus volontiers les Lui offrirai-je à consumer, parce que ce que je lui demanderai sera d’autant plus digne d’elle. »

- « La plus faible de toutes les créatures n’a pas plus de sujet de désespoir que la plus forte, parce que notre confiance est en Dieu, qui est également fort pour les forts et pour les faibles. »

- « C’est à Dieu à détruire nos passions, Il le fera quand il Lui plaira ; mais c’est à moi à les réprimer et à les empêcher d’éclater et de m’entraîner au mal. »

- « Il faudrait être dans un perpétuel chagrin s’il fallait se chagriner de toutes les fautes qu’on fait ; on doit se contenter de s’en humilier devant Dieu et d’accepter les mortifications qu’elles vous causent. »

- « Si j’étais en votre place, voici comment je me consolerais : je dirais à Dieu avec confiance :
Seigneur, voici une âme qui est au monde pour exercer Votre admirable miséricorde, et pour la faire éclater en présence du ciel et de la terre. Les autres Vous glorifient en faisant voir quelle est la force de Votre grâce, par leur fidélité et leur constance, combien Vous êtes doux et libéral envers ceux qui Vous sont fidèles. Pour moi, je Vous glorifierai en faisant connaître combien Vous êtes bon envers les pécheurs et que Votre miséricorde est au-dessus de toute malice, que rien n’est capable de l’épuiser, que nulle rechute, quelque honteuse et criminelle qu’elle soit, ne doit porter un pécheur au désespoir du pardon. Je Vous ai grièvement offensé, ô mon aimable Rédempteur ; mais ce serait bien encore pis si je Vous faisais cet horrible outrage de penser que Vous n’êtes pas assez bon pour me pardonner. »

- « Je ne sais ce que vous voulez dire avec votre désespoir : on dirait que vous n’avez jamais entendu parler de Dieu ni de Sa miséricorde infinie. Je ne puis plus vous pardonner ces sentiments ; je vous prie d’en prendre l’horreur que vous devez et vous souvenir que tout le mal que vous avez fait n’est rien en comparaison de celui que vous faites en manquant de confiance ; espérez donc jusqu’au bout, je vous le commande par tout le pouvoir que vous m’avez donné sur vous-même (note *) : si vous m’obéissez sur ce point, je vous réponds de votre conversion. »

Note * : On l’aura compris, Saint Claude de La Colombière s’adresse ici à une âme qui lui a demandé d’être son directeur spirituel.

Sacré-Coeur gif

Et on pourra redire avec fruit l’acte d’offrande au Sacré-Coeur de Saint Claude > ici 

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 15 février, 2017 |1 Commentaire »

2017-18. Nouveaux délais imposés au projet de reconstruction de la tour nord et de la flèche de Saint-Denys.

Mardi après le dimanche de la Septuagésime,
14 février 2017,
au Mesnil-Marie, fête de l’Oraison de NSJC à Gethsémani,
mémoire de Saint Valentin, prêtre et martyr.

Basilique de Saint-Denys façade (état actuel)

Condamnée à rester ainsi ?
Nous espérons bien que non !

Je ne l’ai appris qu’aujourd’hui par la lettre d’information de la Fondation Patrimoine-Environnement reçue ce matin, alors que, de fait, la nouvelle est connue dans les milieux directement concernés depuis le 31 janvier – c’est-à-dire le jour même où je publiais dans les pages de ce blogue (cf. > ici) l’annonce du projet de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique de Saint-Denys – : la commission nationale des Monuments Historiques n’a pas tranché en faveur de cette restauration.
Réunie le lundi 30 janvier au soir, elle a en effet voté à huit voix contre, six pour, et deux abstentions.

L’architecte en chef des Monuments Historiques, Monsieur Jacques Moulin, qui a coordonné les études autour du projet, études réalisées avec la bénédiction de l’Etat, et qui est le personnage passionnant que nous pouvions voir et entendre dans la vidéo que je vous proposais le 31 janvier dernier, ne veut pas être pessimiste ; il estime que si une bataille a été perdue, la guerre, elle, ne l’est pas : « Bien sûr, on aurait préféré un avis favorable, clair et précis. Mais tout est encore possible. On va ramer, on va s’accrocher »

Car ce vote ne signe pas la mort du projet.
La commission des Monuments Historiques a en effet réclamé des éclaircissements supplémentaires sur plusieurs points, tels que le financement du chantier ou la solidité de l’ouvrage, ce qui semble signifier qu’elle n’a pas voulu émettre un avis définitif…
L’avis rendu ce 31 janvier a été transmis à Madame le Ministre de la Culture, Audrey Azoulay. C’est à elle, ou à son successeur, qu’appartiend la décision d’autoriser ou non un tel chantier qui, rappelons-le, selon les affirmations de Monsieur Jacques Moulin – fort de son expérience avec le chantier de Guédelon - est techniquement possible, sans coûter un centime d’argent public.

Nous voulons partager l’optimisme combatif de Monsieur Jacques Moulin et espérons fermement que ce n’est bien qu’un nouveau délai – un délai de plus ! – qui est imposé au magnifique projet de reconstruction de la tour nord de la basilique de Saint-Denys et de sa flèche, et non un point final.

Lully.

Grandes Armes de France

Montjoie Saint-Denys !

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 14 février, 2017 |4 Commentaires »

2017-17. Quand les propos d’un ancien président du « Conseil constitutionnel » viennent confirmer les affirmations du Maître-Chat Lully.

Samedi 11 février 2017,
Anniversaire de la première apparition de Notre-Dame de Lourdes.

A l’appui de ce que j’écrivais hier (cf. > ici), voici un enregistrement réalisé il y a un peu moins d’une année, c’est-à-dire au début du mois de mars 2016, lorsqu’a pris fin le mandat de Jean-Louis Debré à la présidence du « Conseil constitutionnel » qu’il a dirigé pendant neuf ans (5 mars 2007 – 5 mars 2016).

A l’occasion de son départ, Jean-Louis Debré a reçu des journalistes et leur a permis d’entrer dans ce que certains n’hésitent pas à appeller « le saint des saints de la république », installé dans l’aile Montpensier du Palais Royal. Jean-Louis Debré s’enorgueillit d’avoir fait rénover entièrement les locaux à la fin des années 2000 : dans l’escalier d’honneur, il a fait placer un buste de « Marianne » portant une étoile sur le front – « la république qui rayonne » – ce qui n’est pas sans analogie avec le « Lucifer » qui s’expose au sommet de la colonne de la Bastille (cf. > ici) et, devant ce buste, il aimait à réciter une « prière républicaine » - oeuvre d’un révolutionnaire dont il ne dit pas le nom – , « prière » qui n’est rien moins que blasphématoire.

J’ai pris le parti, avant de vous laisser regarder l’enregistrement de cette séquence, d’en retranscrire le texte : la seule audition, à mon avis, ne permettant pas de se rendre compte de toute la monstruosité des propos tenus par Jean-Louis Debré, propos qui, j’insiste, démontrent à l’évidence que la république française a pour religion officielle le culte idolâtrique d’elle-même, afin de s’opposer à la religion chrétienne.

La république antichrétienne

Carte postale de propagande maçonnique du début du XXe siècle :
sous la devise du Grand-Orient présentée comme une nouvelle aurore de l’humanité,
un homme, vêtu du seul tablier maçonnique, tenant la truelle symbolique des francs-maçons et appuyé sur la colonne tronquée des « droits de l’homme », terrasse un prêtre, tandis que l’on voit jetés pêle-mêle à terre les symboles de l’Eglise et de la royauté.

* * *

Lisez attentivement, chers Amis !
Voyez les mots que j’ai retranscrits en caractères gras : ils ne sont pas le produit de l’imagination délirante de catholiques exaltés et paranoïaques ; ils sont le témoignage irréfragable donné par l’un des « pontifes » de cette pseudo religion qui combat le catholicisme et veut se substituer à lui.

Jean-Louis Debré :
« (…) Vous savez que les républicains, qui étaient très laïcs, pensaient que la république ce ne sont pas seulement des institutions : il faut avoir la foi dans la république ; il faut aimer la république… Alors ils se disent : il faut qu’on trouve une prière, une prière pour honorer la république, comme les chrétiens ont des prières pour honorer leur Dieu.
Alors il réfléchissent et un jour ils tombent sur « Je vous salue, Marie, pleine de grâce » et ils se disent : « C’est ça qu’il nous faut ! Il faut qu’on…  » – « Oui, mais vous ne pouvez pas mettre : « Je vous salue, Marie » !
Alors ils ont imaginé une prière… et… : « Salut, Marianne, pleine de force ! Le peuple est avec toi. Le fruit de tes entrailles, la république, est béni ! Sainte Marianne, mère du droit, aie pitié de nous ! Sainte Marianne, délivre-nous, vierge de la liberté, délivre-nous des rois et des papes ! Sainte Marianne, vierge de l’égalité, délivre-nous des aristos ! Sainte Marianne, vierge de la fraternité, délivre-nous des soldats ! Sainte Marianne, vierge de la justice, délivre-nous des juges ! Ainsi soit-il. »

Journaliste : D’autant qu’ici ça résonne comme dans une cathédrale…

Jean-Louis Debré :
« Ça résonne comme une cathédrale parce que nous sommes le temple de la république : nous veillons sur les droits et les libertés qui sont au coeur même du pacte républicain. Quelles que soient les options politiques des uns et des autres, la république ce sont un certain nombre de principes : le principe de l’égalité, le principe de la liberté, le principe de la laïcité ! Tous ces principes, ils permettent, en les faisant respecter à des hommes et à des femmes, d’origines, de conditions, de croyances, de couleurs différentes, de vivre ensemble. C’est ce que Renan appelait « le rêve d’avenir partagé » (…) »

Vous avez bien lu ?
Ecoutez donc de toutes vos oreilles maintenant, en regardant la vidéo dans laquelle sont enregistrés ce dialogue très révélateur et cette « prière » blasphématoire :

Image de prévisualisation YouTube

Ce qui m’afflige cependant, c’est qu’il y aura malgré tout des catholiques qui continueront à s’aveugler et à faire la sourde oreille.
S’imaginant qu’ils pourraient avoir quelque influence déterminante sur l’évolution de ce régime intrinséquement lié à la lutte contre la Sainte Eglise et contre le Règne du Christ, ils s’entêteront à sacrifier au rituel blasphématoire de l’isoloir et de l’urne, contribuant ainsi à renforcer la pseudo légitimité de cette république qui n’a de cesse de leur planter des poignards dans le dos, en attendant de les liquider complètement.

Ils me font vraiment penser à des dindes bondissant de joie à l’idée que le réveillon de Noël approche !

pattes de chatLully.

2017-16. De la religion officielle de la république française.

Vendredi 10 février 2017,
Fête de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, vierge de l’Ordre de Saint-Augustin ;
Mémoire de Sainte Scholastique.

* * *

Enlèvement des Crucifix des écoles par la force armée

En France, quoi que prétende l’article 2 de la loi dite « de séparation des Eglises et de l’Etat », il existe bel et bien une religion d’Etat, une religion qui présente un caractère obligatoire, une religion reconnue, salariée et subventionnée par l’Etat, qui est le culte de la république elle-même et de ses « valeurs ».

* * *

Cette religion a ses « mystères » : les « valeurs de la république » ne sont jamais pleinement explicitées, mais toujours exaltées et célébrées derrière d’épais nuages d’encens citoyen.

Cette religion a ses « dogmes », sur lesquels ne peut être menée aucune étude critique (au sens objectif et rationnel de ce qualificatif), et à propos desquels ne peut être soulevé aucun doute sans risquer d’encourir de graves sanctions.

Cette religion a son « clergé », chargé de l’enseigner et d’en promouvoir le culte.
Ici, on peut faire une distinction entre a) le « bas clergé » séculier (que l’on trouve essentiellement dans « l’éducation nationale » : enseignants et fonctionnaires plus ou moins appliqués à mettre en oeuvre les consignes du ministère), b) le « bas clergé » régulier (francs-maçons des degrés inférieurs, membres de sociétés de pensées – plus ou moins secrètes, plus ou moins élitistes – , bénévoles de certaines associations humanitaires), et surtout c) son « haut clergé » : caste très fermée à laquelle on n’accède pas par le mérite personnel mais par un jeu complexe de rouages savants qui conjuguent les copinages, les collusions d’intérêts, les cooptations, la corruptions et les chantages, avec une idéologie résolue ; caste de hauts pontifes qui ne paraissent que très rarement sur le devant de la scène, parce qu’ils préfèrent rester dans la pénombre…

Cette religion a son « inquisition », police de la pensée dont les agents zélés sont habilement dispersés dans la magistrature, la presse, l’enseignement, la fonction publique, voire les Eglises… etc.
Inquisition en comparaison de laquelle celle de la légende noire de Torquemada fait figure de conte pour enfants de grande section maternelle.
Cette inquisition-ci ne vous fera habituellement pas brûler sur une place publique mais, d’une manière irrémédiable, elle vous tuera de réputation après vous avoir jeté en pâture aux médias.

Cette religion à ses « excommunications » : quiconque n’adhère pas strictement à ses dogmes ou s’écarte de l’orthodoxie républicaine officielle se trouve très rapidement mis au ban de la société, marginalisé, « diabolisé ».

Cette religion a sa « liturgie », bien codifiée, constituée de campagnes électorales, de débats républicains, de rituels sacralisés autour de l’isoloir et de l’urne, d’investitures, de célébrations « citoyennes » auxquelles il est de très mauvais ton de ne pas assister (qui ont lieu à dates fixes [14 juillet, 8 mai, 11 novembre... etc.] ou mobiles – comme ce peut-être le cas à l’occasion de drames qui émeuvent le peuple -), de « processions laïques » que l’on appelle des mobilisations de rue, de « canonisations laïques » que l’on appelle des « panthéonisations », de plantations d’arbre ou de dévoilement de plaques… etc.

Cette religion a ses « conciles » et ses « synodes », appelés aussi « concertations citoyennes », « états généraux » de ceci ou « grenelles » de cela, sessions ordinaires ou extraordinaires du parlement, réunions du Congrès (qui se tiennent à Versailles : excusez du peu !).

Cette religion a ses « figures prophétiques », ses « saints » et ses « martyrs », dont on exalte l’exemple devant les enfants et les jeunes, et auxquels on dédie non pas des autels mais des monuments publics et des rues : Jean Moulin, Voltaire, Louise Michel, Jean Jaurès, Marie Curie, Victor Hugo, Lucie Aubrac…

Cette religion a ses « reliques » et ses « objets consacrés » autour desquels se concentre sa dévotion, et qu’il serait sacrilège de mépriser : drapeau tricolore, bustes de « Marianne », colonne de la place de la Bastille (cf. > ici), et autres arbres de la liberté…

Cette religion a ses « antres sacrés » au fond desquels vaticinent quelques modernes pythies transmettant infailliblement les oracles auxquels la république doit se conformer religieusement : le plus connu de ces sanctuaires occultes et pseudo-mystiques est le siège du Grand-Orient, rue Cadet à Paris, mais il en existe plusieurs autres, très discrets voire secrets…

* * *

Faut-il développer encore ?
Tout ce que j’ai déjà explicité ci-dessus n’est-il pas l’évidente démonstration que la république est une forme de contre-Eglise ?
Elle singe et copie tout ce qui appartient en propre à l’unique religion révélée pour se substituer à elle.

Cet ersatz de religion – religion séculière, religion laïque – qui cherche à supplanter le catholicisme ne peut, à l’évidence, qu’être inspiré par le singe de Dieu, par « l’ennemi (qui) s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se faisant passer lui-même pour Dieu » (2 Thess. II, 4) : Satan, le véritable instigateur et maître de la république française.

Lully.

Voir aussi :
Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) > ici
et la question de l’infiltration maçonnique dans l’Eglise > ici

Carte maçonnique de 1904

Carte éditée à l’occasion d’un congrès de loges affiliées au Grand-Orient de France
tenu à Genève en 1904 :
on y voit la république avec sa devise (« empruntée » au Grand-Orient)
triomphant du catholicisme symbolisé, entre autres, par la tiare et la mitre épiscopale,
ainsi que des royautés chrétiennes.

2017-15. L’ « Ancien Régime » existe, je l’ai rencontré…

Jeudi 9 février 2017,
Fête de Saint Cyrille d’Alexandrie, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Mémoire de Sainte Apolline, vierge et martyre.

frise

L’ « Ancien Régime », tel qu’il est décrit par les livres d’histoire, ce système politique universellement honni parce qu’il fait la synthèse de toutes les injustices et de toutes les monstruosités attentatoires à la dignité et aux droits de la personne humaine, avec ses ordres bien cloisonnés, avec ses privilèges exhorbitants, avec ses clientélismes machiavéliques, avec l’arrogance de ses élites, avec sa justice sous influence, avec son mépris du petit peuple, avec ses inégalités criantes, avec sa pression fiscale continûment accrue, avec son clergé rampant servilement devant le pouvoir en place, avec le libertinage de ses aristocrates, avec ses prébendes occultes, avec les juteux bénéfices accordés aux clans familiaux (famille naturelle ou famille idéologique), avec ses mythes purement mensongers ordonnés à la manipulation des esprits… etc., il a bien une existence en France.

Mais pas avant 1789.

Il n’a pas existé : Il existe !

C’est la réalité quotidienne de cette république qui opère sans cesse un savant lavage de cerveaux pour les « z’enfants-de-la-pa-tri-hi-heu », tous désormais bien docilement convaincus qu’ils vivent dans un régime de liberté et de démocratie.

Lully.

Ambrogio Lorenzetti fresque du mauvais gouvernement

Ambrogio Lorenzetti (+ 1348) : détail de la fresque « Des effets du bon et du mauvais gouvernement »,
au palais municipal de Sienne,
la Tyrannie, personnifiée sous une figure diabolique, est entourée de l’avarice, de l’orgueil et de la vanité…

2017-14. Des chats et des crêpes.

2 février,
Fête de la Purification de Notre-Dame et de la Présentation de Jésus au Temple,
Chandeleur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai déjà entretenus de l’une des belles traditions de la fête de la Chandeleur : la Crèche blanche (cf. > ici).
Aujourd’hui, je vais évoquer la tradition la plus célèbre liée à cette fête : celle des crêpes.

Certains historiens rapportent leur origine au pape Saint Gélase 1er (+ 496), auquel on attribue – sans qu’il y ait de certitude absolue toutefois – l’institution à Rome de la fête liturgique de la Chandeleur (qui existait bien antérieurement dans les liturgies orientales, de cela nous en avons des témoignages certains) : une antique tradition raconte en effet qu’il accueillait les pélerins en leur offrant de fines galettes : ces galettes seraient devenues si populaires qu’elles auraient été copiées et améliorées jusqu’à devenir ces crêpes que nous connaissons, et que nous aimons tant.
Ceux qui tiennent à tout prix à rattacher les fêtes chrétiennes à des cultes et des célébrations païens antérieurs (souvent au prix de quelques éxagérations et parfois même de mauvaise foi), prétendent que la Chandeleur aurait été substituée à une fête du renouveau de la lumière et que les crêpes seraient une représentation du disque solaire.
Personellement (je ne sais pas si c’est la même chose pour vous), je ne vois pas trop en quoi la dégustation d’une friandise ronde et dorée constituerait une forme de culte solaire…

Vraies ou fausses explications, peu importe en définitive : la tradition est délicieuse et elle enchante petits et grands.

Dans ma collection d’images anciennes, j’en ai un grand nombre qui se rapportent à la Chandeleur et aux crêpes. Je vous en livre aujourd’hui une petite sélection établie selon le critère suivant : la présence de chats dans ces images !

Beaucoup de représentations des crêpes de la Chandeleur ont un aspect humoristique en se moquant de la maladresse de ceux qui tentent de les retourner en les faisant sauter…

Des crêpes et des chats 1

Vous avez vu que mes deux congénères présents sur cette première image sont stupéfaits d’une telle gaucherie ; il est vrai que, tout au contraire, chez nous les chats, la virtuosité est habituelle, comme on peut le voir ici :

Des crêpes et des chats 2

ou encore ici :

Des crêpes et des chats 3

Par ailleurs, les illustrateurs semblent insinuer que les chats seraient friands de crêpes et prêts à toutes les ruses pour satisfaire cette gourmandise :

Des crêpes et des chats 4

Et lorsqu’ils ne nous représentent pas en train de « boulotter » les crêpes elles-mêmes les dessinateurs nous montrent profitant de l’inattention de ceux qui font la fête pour chaparder le lait nécessaire à leur confection, comme c’est le cas dans ce beau chromo :

Des crêpes et des chats 5

Mais – fort  heureusement ! – il n’y a pas que cela !

Dans l’image suivante (qui est de dimensions très réduites), un petit chat noir se tient près d’un enfant de choeur qui fait sauter sa crêpe devant la cheminée : le petit servant d’autel n’a même pas pris le temps de retirer sa soutanelle rouge, son surplis et sa calotte avant de se précipiter en cuisine !

Des crêpes et des chats 6

Enfin, il y  cette dernière image, qui m’amuse beaucoup. Elle montre deux moines s’affairant à la préparation des crêpes destinées au repas conventuel.

Cependant, je dois adresser un vif reproche à ces frères : ils ne prennent pas assez soin de leur chat monastique – lequel doit pourtant leur être bien précieux pour protéger les réserves du moutier de la prolifération des petits rongeurs et autres nuisibles – car ce pauvre matou semble vraiment famélique !

Des crêpes et des chats 7

Bon, je dois impérativement vous laisser parce que j’ai des choses très importantes à faire et elles ne peuvent souffrir aucun retard…

pattes de chatLully.

Des crêpes et des chats 8

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 2 février, 2017 |3 Commentaires »

2017-13. De l’épouvantable siège qu’a victorieusement soutenu le très vaillant Maître-Chat Lully.

Mercredi 1er février 2017,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons,
martyrs d’Angers et d’Avrillé en 1794 (cf. > ici, > ici, > ici, et encore > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, martyr ;
Mémoire de Saint Sigebert, roi des Francs.

1 - Lac de St-Martial totalement pris par la glace

Le village de Saint-Martial avec son lac dont la surface est tout entière prise par la glace.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si, en ces jours, nous connaissons un certain redoux, nous avons eu ici (mais je pense qu’il en a été de même chez vous), en ce mois de janvier 2017 qui vient de s’achever, une période de véritable hiver, avec des températures largement en-dessous du zéro, et des intempéries… Donc de la neige !!!

S’il y en a qui aiment la neige, ce n’est pas mon cas.
Vraiment pas mon cas.
Et je n’en fais pas un mystère.

Même lorsque je ne l’ai pas encore vue, je pressens son arrivée : il y a dans l’air quelque chose d’indescriptible qui m’annonce l’approche du danger et me laisse présager que ma blanche ennemie va tenter une nouvelle fois de mettre le siège autour de notre Mesnil-Marie.
Car oui, c’est bien cela : elle vient nous assiéger !

Dès que le jour commence à se lever et que l’on peut distinguer ce qui se passe dehors avec assez de netteté, je monte à mon poste de guet – sur l’échelle de la mezzanine – et, par la fenêtre Est du bureau, j’observe très attentivement…

2 - Lully en observation

Horreur et putréfaction !
Elle est bien là ! 
Elle a commencé à investir les toits ; elle recouvre les chemins ; elle ensevelit sous son linceul de fausse innocence mes espaces de verdure, mes terrains de chasse, mes aires de jeu….
Bref, elle envahit ma Principauté et y instaure sa blanche tyrannie.

3 - Le haneau sous la neige au lever du soleil

Elle tente même de neutraliser nos moyens de déplacement : notre carrosse semble devenu inopérationnel.
Et d’ailleurs il est méconnaissable…

4 - Le carrosse méconnaissable

J’ai bien inspecté l’ampleur des dégâts.
J’ai, en effet, demandé à mon humain de compagnie de m’ouvrir, l’une après l’autre, les portes du Mesnil-Marie, et j’ai très audacieusement – mais néanmoins prudemment – pointé le quart du tiers d’un demi poil de moustache par leur entrebaillement : j’ai été véritablement horrifié !

Elle est de tous les côtés.
Elle nous encercle d’une couche épaisse.
Hypocrite, elle se donne des airs de douceur ouatée, alors qu’en réalité la traitresse est froide et humide.

Sur la terrasse Saint-Constantin, où il est habituellement si agréable de se prélasser au soleil, la table de bois, les bancs, et la grande Croix – érigée en action de grâces à l’occasion du dix-septième centenaire de l’édit de Milan – sont chargées d’impressionnantes masses blanches qui leur donnent des allures fantomatiques.

5 - Terrasse St-Constantin ensevelie

Courageusement (je me dis maintenant qu’il y avait alors de ma part une excessive témérité), j’ai tenté une sortie.
Rasant les murailles, prenant bien soin de ne pas poser mes délicats coussinets sur ses avancées piégeuses, avec la plus grande circonspection, je me suis rendu jusqu’à un point d’observation abrité : las ! elle avait traitreusement investi tout le territoire du hameau, et bien au-delà.

En me gonflant et me hérissant, afin d’impressioner l’ennemie et la dissuader de m’approcher… je suis revenu sur mes pas.

Ah ! Quand je pense qu’il y a des humains qui font des centaines de kilomètres – et même qui payent – à seule fin d’aller patauger dans la neige, je ne peux m’empêcher de douter de leur santé mentale !

6 - Lully tente une sortie par la porte

J’ai également enjoint à mon humain de compagnie de m’ouvrir le « fenestrou » de la Salle Saint-Augustin, à l’étage : j’affectionne de passer par là pour m’aller promener sur les toits.

Mais là encore, le désastre était total, au point que la cloche du pignon se trouvait totalement neutralisée par les flocons perfides accumulés.

7 - La cloche a disparu

Néanmoins, n’écoutant que ma vaillante intrépidité, j’ai hasardé une autre sortie ; en prenant bien soin toutefois de rester sur la partie des tuiles protégée par la passe du toit…
J’ai dû cependant me rendre à l’évidence et battre prudemment en retraite.

8 - Lully tente une sortie par le toit

En désespoir de cause, barricadé dans les entrailles de ma forteresse, alors que mon moine-polyvalent, endossant cette fois une tenue de sapeur, ménageait à la pelle un étroit sentier jusqu’à la route, je suis allé méditer les plans de ma revanche dans mon Q.G. le plus protégé : la couette !

Mais nos humains de compagnie ont parfois des idées extrèmement bizarres et particulièrement perturbatrices…

9 - Lully est très occupé

En définitive, j’ai résolu de narguer cette vilaine neige en lui démontrant de manière irréfragable ma supériorité intellectuelle et culturelle : avec ma plus sublime maestria, je me suis mis à chanter le fameux « air des trembleurs » (*) composé par l’illustre musicien qui a désormais, en sus de la gloire d’avoir servi le Grand Roi, l’honneur que je relève aujourd’hui son nom : Jean-Baptiste de Lully.

10 - Lully chantant Lully

Ma patience, ma persévérance et mon audacieux courage m’ont finalement valu la victoire : la neige a fui. Elle a lamentablement fondu !

Certes, je sais bien qu’elle reviendra et tentera de nouveaux sièges, mais je suis plus tenace qu’elle.
Même si ses offensives m’affligent, elles ne me découragent point !

Enfin, demain ce sera la Chandeleur, date à laquelle, selon le dicton ancestral, « l’hiver périt ou reprend vigueur ». Nous verrons bien alors ce que cela nous laisse présager pour le reste de cet hiver-ci.
Une chose est certaine : après l’hiver reviendront les beaux jours, et je pourrai à nouveau m’étirer voluptueusement au soleil !

Lully.

(*) Note : J’ai publié au début de l’hiver 2010 un enregistrement de ce choeur magnifique dans la chronique qui se trouve > ici.

Chat gif en marche

Publié dans : Chronique de Lully | le 1 février, 2017 |11 Commentaires »

2017-12. A la Basilique de Saint-Denys, le projet de reconstruction de la tour nord et de sa flèche.

Mardi 31 janvier 2017,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, reine des Deux-Siciles,
Mémoire de Saint Jean Bosco.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En corollaire à toutes mes publications relatives à la cérémonie du 21 janvier célébrée à la basilique nécropole royale de Saint-Denys (cf. > ici ou > ici ) aussi bien qu’au bicentenaire de la ré-inhumation des restes profanés de nos anciens souverains et princes (cf. > ici), je voudrais terminer ce mois de janvier 2017 avec quelques mots consacrés à la basilique elle-même.

Basilique de Saint-Denys façade (état actuel)

Façade de la basilique de Saint-Denys dans son état actuel

Je n’ai pas l’ambition d’exposer ici toute l’histoire de l’abbaye de Saint-Denys et de son église abbatiale : un simple article n’y suffirait pas. Aussi vous renvoie-je par exemple à l’assez bon résumé qui en est présenté sur le site de la basilique ( > ici), bien qu’on puisse y regretter quelques interprétations fallacieuses, notamment en dénaturant totalement les intentions de Saint Louis ; à cette lecture, vous saurez donc exercer votre discernement et faire le tri entre les données historiques et les interprétations de nature idéologique, propres à dénigrer la monarchie et les Rois dont le texte est émaillé…
En cette année 2017, il est d’ailleurs à signaler que l’on commémore le 750e anniversaire de l’inauguration de la nécropole royale par Saint Louis, lequel avait commandé la réalisation de 16 gisants de ses prédécesseurs (il n’en subsiste que 14), en même temps que les grands travaux du transept et de la nef.

Depuis Dagobert 1er jusqu’à Louis XVIII, ce sont quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes et princesses, et dix grands du royaume qui ont été inhumés à Saint-Denys.
Ce rôle de principale nécropole royale constitue déjà un lien très fort entre l’abbaye et le pouvoir royal ; mais il faut en outre se souvenir que c’est à Saint-Denys qu’étaient conservés les Regalia, et que c’est également à Saint-Denys que, en temps de guerre, le Souverain venait recevoir de l’Abbé la fameuse oriflamme écarlate, semée de flammes d’or, sur laquelle étaient brodés les mots « Montjoie Saint-Denys », exclamation et cri de ralliement qui sont devenus la devise du Royaume.

Basilique Saint-Denys façade photographiée avant le démontage de la tour nord

La façade de la basilique de Saint-Denys
photographiée avant le démontage de la tour nord et de sa flèche.

Jusqu’en 1837, la flèche de la tour nord de la façade, qui culminait à 86 mètres, fut le plus haut édifice religieux du diocèse de Paris.
En plus des gravures, nombreuses, il existe une photographie, prise par un inconnu, montrant la façade de la basilique avant la disparition de cette tour et de la flèche : c’est celle que j’ai reproduite ci-dessus.

Je voudrais maintenant vous inviter à visionner un reportage de 26 minutes, réalisé en novembre 2016 par le site historique Hérodote.net, reportage dans lequel Jacques Moulin, architecte en chef des monuments historiques, revient in situ sur l’histoire architecturale de la basilique et explique de manière très concrète le projet actuel de reconstruction de la tour nord et de sa flèche, projet qui existe depuis l’époque même de son démontage, et qui demeure depuis 1846 un souci et une volonté récurrents de la municipalité dionysienne.
Pour voir ce reportage et tout comprendre de ce projet, cliquez 
> ici.

L’accord de l’Etat ayant été obtenu, ce projet est maintenant entré dans la phase préparatoire des travaux, dont il est prévu qu’ils durent une dizaine d’années.
Si donc Dieu nous prête encore dix à quinze années de vie ici-bas, et si les projets actuellement bien engagés ne subissent pas de nouveaux échecs et ne souffrent pas trop de retards, voici ce que nous pourrions un jour contempler de nos propres yeux…

Basilique de Saint-Denys simulation de la façade restituée

Simulation montrant la façade de la basilique de Saint-Denys pleinement restituée.

Puisse le Tout-Puissant nous en faire la grâce, et nous donner de voir aussi un jour la restauration de la vie monastique dans les prestigieux bâtiments de l’abbaye rendus à leur vocation, dans un Royaume de France pleinement restauré…

Lully.

Grandes Armes de France

Montjoie Saint-Denys !

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis | le 31 janvier, 2017 |4 Commentaires »

2017-11. Nous attendons nous aussi que la divine Providence redonne à notre royaume orphelin le père que nous ne méritons plus.

Lundi 30 janvier 2017,
Fête de Sainte Bathilde, reine des Francs et moniale (cf. > ici),
Mémoire de Sainte Martine, vierge et martyre.

Anniversaire du rappel à Dieu de Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon,
duc de Cadix et duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Alphonse II (cf. > ici).

frise lys deuil

Terminons en ce 30 janvier nos publications immédiatement relatives aux célébrations anniversaires de l’assassinat de Sa Majesté le Roi Louis XVI, avec le texte de l’homélie prononcée par notre ami le Révérend Père Jean-François Thomas (que nous avons déjà cité cf. > ici et ici, et que nous remercions pour l’autorisation qu’il nous en a donnée), le 21 janvier dernier, à l’occasion de la Messe de Requiem célébrée en l’église Saint-Germain l’Auxerrois à Paris, en présence de Monseigneur le duc d’Orléans, « comte de Paris » (ce qui ne manque pas de sel, si j’ose dire, puisque le Révérend Père Thomas ne se cache pas d’être un légitimiste et d’être membre de la Confrérie Royale).

Rd Père Thomas 21 janvier 2017 - St-Germain l'Auxerrois

Le Révérend Père Jean-François Thomas sj.
prêchant à Saint-Germain l’Auxerrois ce 21 janvier 2017.

frise lys deuil

« Nous attendons nous aussi que la divine Providence redonne à notre royaume orphelin le père que nous ne méritons plus. »

* * * * *
Monseigneur, Madame, mes chers Frères,
                                  
Si le Roi des rois a connu une telle déréliction et une telle solitude lors de son passage parmi nous, il ne faut point être surpris qu’un roi terrestre digne de sa mission doive connaître une souffrance identique par imitation du Maître. Les succès humains sont toujours entachés d’une certaine prosternation devant les règles du monde et ceux qui les inspirent. Un fils de saint Louis, par son sacre, plie la nuque sous les insignes royaux et devient un serviteur du Christ, et donc de ses frères, se condamnant à ne pas être compris ou aimé s’il demeure fidèle.
                                   Le 11 juin 1775, dans la cathédrale Notre-Dame de Reims, Louis XVI reçoit les deux sceptres : la main de justice, symbole de vertu et d’équité, ornée de la dextre divine bénissant, aide le roi à guider les égarés, à relever ceux qui sont tombés, à récompenser l’humilité et à confondre l’orgueil ; le sceptre royal, marque de puissance, rappelle au Roi ses devoirs de mener une vie droite, de lutter contre le mal pour le bien de son peuple chrétien et d’aider chacun à demeurer sur un chemin de justice. Le Roi était pieux et il comprit la symbolique de tous les rites de son couronnement, désirant restaurer l’élan religieux brisé dans le royaume par la décadence et l’immoralité du siècle des Lumières. Il accepta le poids de la couronne et avec elle les épines qui le rendraient de plus en plus conforme à Celui qui l’avait revêtu de son autorité. Il entra ainsi, seul, dans sa fonction, entouré par la médiocrité tintamarresque de son époque. Dieu allait permettre que ce Roi, le plus vertueux de tous depuis bien des règnes, connût l’abjection la plus complète, le dénuement, la trahison, la mort ignominieuse.
                                   Cette solitude vécue par le Roi, il ne la subit pas mais il l’embrassa, chaque jour davantage, alors qu’il avançait vers le sacrifice et vers le martyre. C’est là que réside son héroïsme et, osons le dire, sa sainteté. Un parcours identique fut suivi, cent trente ans plus tard, par Nicolas II et sa famille. Seulement la Russie moderne, de nouveau orthodoxe, a eu l’humilité de reconnaître son crime et de canoniser ces victimes de la violence diabolique. La France, elle, n’a pas eu le courage de confesser son péché, de courber la tête et l’Eglise catholique se désintéresse des vertus de ce Roi. La solitude consentie du Roi nous renvoie à la solitude qui est la nôtre depuis que nous l’avons assassiné en commettant ce parricide. Ce qui surgit du bain de sang de la révolution, et qui nous poursuit comme un spectre, est l’homme que nous sommes, dans toute sa faible nature, se condamnant à errer seul dans le monde par orgueil car il repousse désormais toute dépendance et toute servitude vis-à-vis du transcendant. De tout temps, cet homme a aimé la rhétorique, qu’elle tombât de la tribune ou de la chaire, du comptoir de bar ou d’un fauteuil d’académie. Cependant, la rhétorique révolutionnaire, mijotée par les soins pernicieux des philosophes de ce siècle enténébré, poussa l’homme dans un gouffre dont il ne remonta jamais. Les rhéteurs et les orateurs de Quatre-vingt-treize ont tous été engloutis par leur propre fureur, laissant l’homme, c’est-à-dire nous, leurs fils hélas, tout pantelants et pataugeant dans notre bourbier, ceci jusqu’à ce jour, puisque nous avons refusé de crier notre solitude de damnés et d’implorer le pardon.
Léon Bloy écrit dans La Chevalière de la Mort :

« Une rhétorique telle qu’on n’en avait  jamais vu chez aucun peuple, apparut en ces temps, comme un météore prodigieux, annonciateur désorbité de la débâcle universelle. (…) Sous le masque sanglant d’une rhétorique transcendante poussée jusqu’à l’égorgement et jusqu’à la terreur suprême, l’homme immuable, le misérable Homme de la Chute, suait et haletait dans son éternelle lamentation. ».

                                   Louis XVI fut privé de tous les dictames humains à partir de 1789 et il ne mit plus son espérance que dans les consolations spirituelles. Le 11 mars 1791, il écrivait dans une lettre adressée à un des précepteurs du Dauphin :

« Parlez-lui et toujours avec respect de Dieu, de ses attributs et de son culte : prouvez-lui que l’autorité des rois vient de Dieu ; et que s’il ne croit pas à la puissance du Maître des rois, il sera bientôt la victime de ces hommes qui ne croient rien, méprisent l’autorité, et s’imaginent être les égaux des rois. Qu’il apprenne dès à présent, que la religion est digne de tous ses hommages ; que l’incrédulité et la fausse philosophie minent sourdement les trônes, et que l’autel est le rempart des rois religieux. Méfiez-vous de tous ces principes erronés, enfants perdus de la nouveauté, de l’esprit du siècle, et du poison de l’incrédulité. Loin de lui tous les ouvrages où la philosophie prétend juger Dieu, son culte, son église et sa loi divine. »

                                   Au fur et à mesure qu’ il perdit de son pouvoir, il gagna en autorité naturelle car il s’en remit sans crainte entre les mains du Créateur. Ce que Bossuet souligna dans son oraison funèbre du grand Condé, pourrait s’appliquer à Louis XVI : « Lorsque Dieu forma le cœur et les entrailles de l’homme, il y mit premièrement la bonté comme le premier caractère de la nature divine, et pour être comme la marque de cette main bienfaisante dont nous sortons. » Cette bonté du Roi est éclatante dans les pires jours de son asservissement, de son emprisonnement, de son accusation, de sa condamnation. Il écrit du Temple, à Monsieur de Malesherbes, un de ses avocats :

« Je ne me fais pas illusion sur mon sort ; les ingrats qui m’ont détrôné ne s’arrêteront pas au milieu de leur carrière ; ils auraient trop à rougir de voir sans cesse, sous leurs yeux, leurs victimes. Je subirai le sort de Charles Ier, et mon sang coulera pour me punir de n’en avoir jamais versé. » 

Et à Monsieur, son frère, il avoue dans une missive du 28 avril 1792 :

« Lorsque la tempête brise le vaisseau, il ne reste au passager que le courage de la résignation ; c’est à peu-près ma position. Les périls qu’on me fait appréhender, n’altéreront jamais ce que je me dois comme Roi, et comme chef d’une des premières nations du monde. » 

Le 11 août 1792, n’ayant plus d’illusion sur l’issue de son sort, il lui demande :

« Mon frère, bientôt je ne serai plus, songez à venger ma mémoire, en publiant combien j’aimais ce peuple ingrat. Un jour rappelez-lui ses torts, et dites-lui que je lui ai pardonné. »

                                   Extraordinaire vengeance que celle qui avoue son amour et qui répond à l’offense par le pardon ! Il s’agit là de la solitude et de l’horreur de la Croix. L’imitation est parfaite, et ceci sans ostentation et sans faux-semblant car il ne s’agit pas d’une de ces déclarations grandiloquentes, ne prêtant pas à conséquence, dont sont familières les personnalités civiles et religieuses de notre époque. Nous connaissons trop, depuis deux siècles, ce qu’est la miséricorde républicaine qui écrase sans pitié ses ennemis comme lors de l’épuration de la Libération ou les événements de 1962, ou la mansuétude religieuse des autorités qui n’hésitent pas à rejeter ou à persécuter ceux qui n’ont pas l’heur de leur plaire. La déclaration d’amour et de pardon de Louis XVI n’est pas sournoise ou politique. Elle jaillit du cœur car elle y était enracinée depuis longtemps. Louis XVI est devenu grand dans cette solitude, dépassant la gloire de François Ier ou de Louis XIV. Le chaos révolutionnaire a fait émerger, malgré lui, ce que la monarchie de droit divin possédait de plus précieux, et que nul autre régime ne pourra jamais atteindre : une communion profonde et inaltérable avec Dieu duquel toute autorité légitime découle. Les révolutionnaires, dans leur cruauté satanique, ont rendu l’exemple de Louis XVI immortel et inégalé.
                                   Notre pays, plus que jamais, devrait méditer sur la fructueuse infortune solitaire du Roi qu’il a décapité. Tous les candidats possibles pour occuper la plus haute charge dans notre terre ancestrale ne seront jamais capables d’atteindre une telle altitude car leur ambition ne repose pas sur cet amour et ce pardon uniquement reçus dans le sacre par le souverain. Dieu ne permettra de restaurer le trône qu’à un homme habité par cette passion pour son peuple, ceci jusqu’à accepter de verser son sang malgré l’ingratitude.
                                   Ecoutons ces vers profonds du grand poète catholique oublié, Armand Godoy, dans Ite Missa est :                                                                                                         
« Ce n’est pas pour moi que je demande ta miséricorde.
Ce n’est pas pour moi : c’est pour les autres, pour mes pauvres frères.
J’attends à genoux que ta clémence, Agneau de Dieu, m’accorde
La fin de tous leurs désespoirs et de toutes leurs colères.                                                         
J’attends à genoux que le souffle infernal de la Discorde
Devienne azuré baiser de violettes printanières
Et que l’Angoisse aux voix multiples et l’Ennui monocorde
S
e taisent à jamais sous le chant lumineux des rosaires.                                                                            
J’attends à genoux que la sinistre et ténébreuse horde
Des crimes soit le clair essaim des caresses tutélaires.
J’attends à genoux que ta clémence, Agneau de Dieu, m’accorde                                                              
La fin de tous les tourments, la fin de toutes les misères.
Ce n’est pas pour moi que je demande ta miséricorde.
Ce n’est pas pour moi : c’est pour les autres, pour mes pauvres frères. »                                 
Nous attendons nous aussi que la divine Providence redonne à notre royaume orphelin le père que nous ne méritons plus. Des pages douloureuses de notre histoire vont s’ouvrir devant nous. Qui saura résister ? Qui saura demeurer fidèle aux dons insignes accordés jadis à cette terre ? Qui saura aimer et pardonner dans une solitude accablante ? Qui saura offrir sa tête pour le salut des autres ? Qui saura monter les marches de l’échafaud en regardant le ciel où le soleil commencera de se lever ? Il nous faut implorer et nous convertir, et ne jamais cesser d’espérer.
                                                   Rd. Père Jean-François Thomas, s.j.
                                                                      église de Saint-Germain l’Auxerrois,
21 janvier 2017
Statue de Louis XVI - Chapelle Expiatoire
Publié dans : Memento, Vexilla Regis | le 30 janvier, 2017 |3 Commentaires »
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