2020-119. « Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.»

A l’occasion de la fête de la Toussaint, ce dimanche 1er novembre 2020, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, s’est encore une fois adressé aux Français avec la sollicitude d’un authentique souverain catholique soucieux du bien de ses sujets : non seulement le bien temporel, mais aussi le bien spirituel, puisque être un roi catholique, c’est avoir charge d’âmes.

Le Christ en sa gloire entouré des saints

Le Christ glorieux entouré de saints

Armes de France gif

Message de Monseigneur le Duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX
à l’occasion de la Toussaint

Alors que la France est troublée par la crise sanitaire et celle des attentats islamistes, la fête de la Toussaint nous apporte le réconfort dont nos familles ont besoin.

Chacun peut prier les saints et saintes comme, demain, chacun pourra aussi honorer ses morts dans les cimetières.

Mais il faut aussi voir plus loin.

Ainsi je salue et je félicite les jeunes catholiques et les communautés qui demandent à ce que soit maintenu l’accès à la Sainte messe et aux célébrations. Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.
Je me réjouis d’entendre plusieurs de nos évêques, successeurs des apôtres, prendre la défense de la Foi et de leur pays et s’opposer à des mesures sanitaires restrictives.

Puisse la France, née au baptême de Clovis, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint Louis, mon ancêtre, le modèle des gouvernants.

Louis,
Duc d’Anjou

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Quelques réflexions :

Chacun s’en souvient, le deuxième confinement décidé par le gouvernement républicain a prohibé la célébration publique de la Sainte Messe, tolérant seulement les cérémonies des 1er et 2 novembre, fête de la Toussaint et Commémoraison solennelle des Trépassés.

Alors que lors du premier confinement l’ensemble des évêques de France s’est lamentablement aplati devant l’ordre inique et injuste des autorités de la république (certains d’entre eux devançant même les ordres et les outrepassant), nous avons cette fois-ci eu l’agréable surprise de voir quelques évêques, puis le président de la Conférence épiscopale de France, entreprendre des démarches pour tenter d’obtenir le maintien de la célébration des Messes en présence des fidèles : ils avaient été devancés par un nombre assez important de responsables d’instituts ou associations traditionnels.
Nous avons vu de quelle manière ils ont été déboutés et comment, alors que ceux qui devraient être des pasteurs à l’image du Bon Pasteur semblaient se résigner, les prêtres les plus zélés et les fidèles les plus fervents se sont noblement et généreusement mobilisés pour manifester leur droit le plus strict à des célébrations publiques de la Sainte Messe.

Devançant les manifestations de plus en plus nombreuses organisées dans les rues, malgré les tracasseries mesquines et, parfois, la réprobation de certains prêtres et évêques remarquables autant par leur traîtrise que par leur lâcheté, il est extrêmement consolant et fortifiant de lire, dans ce message de Toussaint, les encouragements et les félicitations de notre Souverain légitime, qui, cette fois encore, s’inscrit sans ambiguïté dans la ligne des Rois Très Chrétiens ses ancêtres et prédécesseurs.  

frise lys

2020-118. « Le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, contraire à notre histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ! »

Le jeudi 29 octobre 2020, au tout début de la matinée, un fanatique mahométan a tué trois catholiques dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice.
Dans la journée de ce même jeudi, le Secrétariat de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, publia le communiqué suivant, par lequel, une fois encore, notre Souverain légitime, avec une compatissante humanité et une lucide gravité, énonce les vérités qui conviennent en pareille circonstance.

Nous prenons la liberté de publier en caractères gras les passages les plus importants de ce message, et nous nous permettons ensuite d’y ajouter quelques commentaires… 

frise lys deuil

Nice basilique Notre-Dame de l'Assomption

Nice, basilique Notre-Dame de l’Assomption
dans laquelle un fanatique mahométan a tué trois personnes
le jeudi 29 octobre 2020

frise lys deuil

Un nouvel attentat terroriste vient de se dérouler ce matin dans la cathédrale de Nice, faisant trois victimes supplémentaires, qui viennent s’ajouter à une liste déjà longue. Trois martyrs, dois je plutôt dire, car assassinés lâchement, de manière barbare, parce que Français et Catholiques.

Mes pensées, ma compassion et ma prière sont d’abord pour eux, pour leurs familles et leurs proches, mais aussi pour le clergé, celui de la cathédrale et celui de toute la France, ainsi que pour tous les Français catholiques ainsi menacés.

Au moment où la messe dominicale s’avère plus que jamais indispensable au soutien de leur Foi et de leur moral, et malgré le durcissement des mesures sanitaires, je demande avec force aux autorités responsables de leur garantir la liberté de culte chaque dimanche dans des conditions de sécurité renforcée.

Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne. C’est le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, insidieuse ou violente, mais dans tous les cas contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes.

Continuons à prier et implorer inlassablement Marie Reine de France, St Michel Archange et tous les Saints et Saintes de France de protéger notre pays et de nous donner toujours plus de courage, de Force et de Foi, dans l’espérance, face aux épreuves qui viennent.

Louis,
Duc d’Anjou

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frise lys deuil

Quelques réflexions et commentaires
au sujet de cette déclaration royale du 29 octobre 2020 :

1 – Monseigneur le Duc d’Anjou va à l’essentiel en mettant en évidence, dès sa deuxième phrase, que les trois personnes tuées dans cet attentat l’ont été en haine de la France et de la religion catholique.
Car même si, dans les faits, la France officielle est apostate et beaucoup de Français sans religion, voire animés de sentiments hostiles envers l’Eglise, dans la mentalité de beaucoup de mahométans il y a malgré tout une identification entre la France et le catholicisme.
En soi, cela n’est pas faux puisque la France est née au baptême de Clovis de la rencontre, de l’union, de l’alliance du peuple Franc et de la foi catholique : la France est par essence catholique et royale.
L’assassin, venu sur notre sol à seule fin de commettre ces crimes abominables, s’est dirigé vers une église, et s’y est attaqué à trois individus « parce que Français et Catholiques ».
Etonnante « profession de foi » de l’enfer peut-on dire (puisque c’est le démon qui inspire de tels actes de haine sanglante), après toutes les grandes et larmoyantes déclarations sur la « laïcité » qui avaient suivi l’exécution de Monsieur Samuel Paty : à travers ces assassinats niçois, il manifeste qu’il sait bien, lui, que l’essence de la France est issue du catholicisme et que c’est justement pour cela qu’il a tant de haine contre elle !

2 – La lucidité de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, lui permet aussitôt de prendre du recul et de l’altitude par rapport à l’émotion superficielle du moment, et, après les familles et les proches de ceux auxquels il n’hésite pas à attribuer le titre de martyrs, de manifester son soutien à tout le clergé de France, à tous les Français catholiques, parce que, comme nous l’avons souligné, la haine qui s’est exprimée dans cet acte terroriste est par essence anticatholique et antifrançaise.
Alors même que, la veille au soir, les annonces de l’occupant de l’Elysée, complétées peu après par celles de son premier ministre, laissaient prévoir de nouvelles restrictions imposées à l’exercice du culte catholique, notre Roi, tout au contraire, affirme de manière péremptoire l’importance de la Sainte Messe dominicale et l’impérieux devoir qui incombe aux responsables de l’ordre public de garantir la liberté et la sécurité du culte catholique.
Les paroles de Sa Majesté sont fortes et sans ambiguïté. Ce n’est pas la « laïcité » qui fera la force et l’unité de la France, mais c’est en renouant le fil de l’histoire sainte de notre pays, rompu par la satanique révolution : « Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne » !

3 – Monseigneur le Prince Louis, à rebours de la langue de bois des politiciens républicains, et à rebours de la langue de buis de certains hommes d’Eglise toujours prompts à se faire des lèche-babouches, dénonce « l’islamisation de notre société ». Il en voit tous les dangers, et tire avec insistance la sonnette d’alarme. Il en va de la survie et de la permanence de la France, puisque l’islam est « contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ». Contraire, et donc incompatible.

4 – Tous les messages de notre Roi légitime se terminent par une note spirituelle et un appel à prier pour la France, et ce message n’échappe pas à la règle : Louis XX se place résolument dans la lignée des Rois Très Chrétiens ses ancètres et prédécesseurs. Cette fois, outre l’invocation de Notre-Dame et des Saints de France, il nous exhorte à recourir particulièrement à la prière à Saint Michel archange, le grand vainqueur du démon.

5 – Enfin, sans se départir d’une profonde espérance surnaturelle, il est à noter que Monseigneur le Prince Louis achève cette fois son communiqué par la mention des « épreuves qui viennent ».
Comme toutes les personnes intelligentes et lucides, Sa Majesté voit clairement que nous allons au-devant de grandes difficultés, voire tribulations, et Elle ne nous berce pas d’illusions : nous vivons des temps durs, nous allons en connaître de plus durs encore peut-être. Mais en disant cela, Louis XX nous exhorte paternellement en même temps au courage et à la force, en nous indiquant la source à laquelle nous les puiserons : les vertus théologales. 

Saint Michel gif

2020-117. Seul le retour aux promesses du baptême de la France, seul le retour aux sources de notre identité française et chrétienne, seule la conversion, individuelle d’abord, collective ensuite, peuvent nous rendre le courage, et la Force et la Foi.

Le 16 octobre 2020, en fin d’après-midi, un fanatique mahométan décapitait en pleine rue Monsieur Samuel Paty, professeur dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Ces faits sont encore dans la mémoire de tous nos lecteurs…

Les sentiments unanimes d’indignation et d’horreur suscités naturellement par ce drame abominable ont été accompagnés d’un déferlement de propagande laïciste au moins aussi fanatique que l’acte contre lequel elle prétendait protester : les « valeurs de la république » et le prétendu « droit au blasphème » dont les médias ont saturé leurs auditeurs usque ad nauseam semblent une véritable tartufferie à tout homme de bon sens et de réflexion qui sait sur quelle montagne de décapitations en pleine rue et par quel terrorisme la dite république a été imposée à la France contre son gré !

Dans tous les communiqués par lesquels les personnalités politiques et même religieuses se sont exprimées, seul – j’insiste : SEUL ! – celui de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, publié le 18 octobre, a traduit en phrases sobres, simples et justes, la vérité des faits desquels il a ensuite tiré les bonnes leçons et les conclusions conformes à la Foi catholique et à la vocation propre du Royaume de France.

guerriers mahométans

Guerriers mahométans…

frise lys

Une nouvelle fois, la barbarie islamiste a frappé sur le sol de France. L’acte est ignoble, innommable, inhumain. Il constitue une offense terrible au genre humain et à Dieu, son Créateur.

Mes pensées et mes prières vont tout d’abord auprès de la famille de Samuel Paty si profondément choquée et bouleversée. Nous lui disons du fond du cœur toute notre compassion, notre solidarité, notre soutien dans cette terrible épreuve.

Il appartient maintenant aux autorités de l’Etat, au delà des déclarations et des manifestations, de prendre concrètement la mesure des lâchetés et abandons successifs qui sont la cause la plus directe de ces drames qui se succèdent désormais sans fin, menaçant ainsi les fondements de la société française.

Il est temps de nommer le mal par son nom et d’agir courageusement, concrètement, sans faux semblant, par des mesures énergiques contre ce qui est à l’évidence une volonté d’imposer aux Français, insidieusement ou par la terreur, une idéologie étrangère, foncièrement contraire à nos valeurs, notre culture et notre identité.

Aux Français, je voudrais redire cette injonction du saint Pape Jean-Paul II, « n’ayez pas peur » !

La peur est précisément le but du terrorisme, le meilleur moyen d’obtenir notre soumission.

Seul le retour aux promesses du baptême de la France, seul le retour aux sources de notre identité française et chrétienne, seule la conversion, individuelle d’abord, collective ensuite, peuvent nous rendre le courage, et la Force et la Foi.

C’est à ce prix que nous remettrons la France debout.

C’est à ce prix que les Français retrouveront le bonheur et la fierté d’être Français.

C’est à ce prix que la paix, le droit et la civilisation s’imposeront dans notre patrie si malmenée.

J’implore la Sainte Trinité, j’implore le Sacré-Coeur du Christ Sauveur, j’implore tous les Saints de France, en particulier Saint Louis mon aïeul, Sainte Jeanne d’Arc, Sainte Geneviève, Sainte Thérèse de Lisieux, Saint Charles de Foucauld de prendre la France et les Français en pitié, et de nous venir en aide, pour que nous trouvions en nous-mêmes chacun à notre place les ressources d’une véritable renaissance de la Fille Aînée de l’Eglise.

Louis, 
Duc d’Anjou

St Louis partant pour la Croisade

Saint Louis partant pour la croisade…

2020-116. Fidèle aux principes de la royauté française sans tomber dans les excès de toutes les apparentes modernités parées du nom de progrès, là où il n’y a souvent que travestissement de l’ordre naturel.

Au début du mois d’octobre 2020, s’est tenu à Vannes un colloque historique organisé par un cercle légitimiste non-adhérent à l’UCLF, consacré au bicentenaire de la naissance du Comte de Chambord, de jure SMTC le Roi Henri V.
A l’occasion d’une cérémonie d’hommage qui s’est déroulée au monument érigé en l’honneur d’Henri V en face de la basilique de Sainte-Anne d’Auray, a été lu ce message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure SMTC le Roi Louis XX, son successeur légitime.

Dans ce message, comme dans les précédents que Sa Majesté a déjà consacrés cette année à l’évocation de la grande figure de son prédécesseur, Louis XX insiste une fois de plus sur la fidélité aux principes de la monarchie traditionnelle : voilà pourquoi, au-delà du caractère circonstanciel de ce message, il nous faut à notre tour recevoir et transmettre cette insistance, à travers laquelle notre Roi légitime nous montre la voie que doivent suivre les Légitimistes, et la voie du seul redressement possible pour notre France.

Henri V - monument Sainte Anne d'Auray

Le Comte de Chambord, de jure SMTC le Roi Henri V,
représenté en costume de sacre,
Monument élevé à Sainte-Anne d’Auray

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Chers Amis, Chers fidèles du Comte de Chambord et de la Légitimité

Nous commémorons à quelques jours près le 200e anniversaire de sa naissance le 29 septembre 1820 au Palais des Tuileries à Paris.

29 septembre 1820 – 3 octobre 2020. Deux siècles que l’on aborde avec une certaine émotion.

Deux siècles, cela peut paraître long et pourtant comme le Comte de Chambord est proche de nous, pour ce qu’il représente, comme héraut de la légitimité monarchique, mais aussi pour ce dont témoignent ses actions et ses écrits.

Deux siècles après sa naissance, Henri, duc de Bordeaux, Comte de Chambord, l’enfant du miracle, demeure un des personnages incontournables de l’histoire de France. Ce monument en témoigne. Souvent, il est qualifié de seul monument élevé à la mémoire du Comte de Chambord. Il me semble qu’il serait plus juste de dire qu’il s’agit du seul monument élevé en France en souvenir d’un roi qui n’a pas régné… pour montrer toute la place qu’il tient dans l’histoire… Sur ce monument c’est bien le roi qui est figuré et non le Prince. Il est représenté en costume de sacre, c’est-à-dire en dépositaire de la royauté légitime qui trouve son pouvoir dans la conjonction de l’hérédité et de l’onction. Quel symbole !

N’est-ce pas ainsi qu’il était considéré par nombre de ses contemporains, qui l’appelaient avec révérence Henri V. Ce Roi sans couronne exerçait un grand pouvoir moral. Rien ne pouvait se faire sur le plan intérieur comme extérieur, sans que les regards se tournent vers lui. « Qu’allait dire ou penser le Comte de Chambord ? ».

Il était présent dans tous les grands débats de son époque : politique religieuse à travers ses rapports avec la Papauté et avec nombre d’Évêques ; politique internationale face aux nationalités naissantes ; réorganisation de l’agriculture confrontée aux nouvelles techniques, aux engrais industriels et au début de la mécanisation ; questions institutionnelles avec le grand débat du moment entre centralisation et décentralisation ; sans oublier la politique coloniale, qui s’ouvrait dans un contexte nouveau sous la pression anglaise et pour laquelle la France devait marquer son originalité, c’est-à-dire ne pas tout sacrifier au commerce et à la finance, mais veiller aussi au respect des hommes.

Son message, sur bien des points, demeure toujours actuel. En effet, né dans un siècle qui a connu beaucoup de changements, il a su rester fidèle aux principes de la royauté française sans tomber dans les excès de toutes les apparentes modernités parées du nom de progrès, là où il n’y a souvent que travestissement de l’ordre naturel. Au contraire, le Comte de Chambord a su faire le tri entre le bon grain et l’ivraie au service de la Vérité et du Bien commun.

Le voici ici entouré de sainte Jeanne d’Arc dont on commémore également cette année le centenaire de la canonisation, de sainte-Geneviève, de Du Guesclin et de Bayard. La Foi et le courage. Il ne pouvait être mieux entouré !

Avant de déposer une gerbe en hommage au Comte de Chambord, je voudrais ajouter une chose : quelques jours avant d’entrer dans l’année du bicentenaire, ce monument a bénéficié de la protection des Monuments Historiques. Comment ne pas y voir le signe que le Comte de Chambord fait bien partie de ce qui constitue l’histoire de France. Ainsi en ce jour je tiens à exprimer tous mes remerciements à ceux qui ont contribué à cette reconnaissance. Ma gratitude va en particulier au baron d’Audiffret, propriétaire des lieux qui les entretient avec grande fidélité.

A tous et à vous ici présents, merci de votre fidélité au Comte de Chambord et à ce qu’il incarne.

Louis, Duc d’Anjou

Monument comte de Chambord

Sainte-Anne d’Auray : Détail du monument du Comte de Chambord
sous les feux du soleil levant :
statues de Du Guesclin, Bayard et Sainte Jeanne d’Arc
(la statue de Sainte Geneviève se trouve à l’arrière)

grandes armes de France

2020-115. Nous devons désormais nous préparer à des choses graves et douloureuses

Mardi soir 17 novembre 2020,
Fête de Saint Grégoire de Tours, premier historien de la France chrétienne ;
Mémoire de Saint Grégoire le Thaumaturge ;
Mémoire de Saint Aignan d’Orléans ;
265ème anniversaire de la naissance de SMTC le Roi Louis XVIII (17 novembre 1755) ;
Anniversaire de la mort héroïque de Dominique Allier (cf. > ici) ;
20ème anniversaire de la sainte mort du Rd. Père Michel André (cf. > ici).

les plaies de la France pansées par Marie

Les plaies de la France pansée par Marie, voir > ici

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Voici un peu plus d’un mois et demi que je n’ai pas ajouté de nouvelle publication à ce blogue : la dernière en date, en effet, remonte au premier octobre et, reprenant un texte doublement centenaire, invitait à prier ardemment pour notre chère France et pour la conservation de la foi catholique en elle (cf. > ici).
Quoique pressentant que nous étions à la veille de temps difficiles, je n’imaginais cependant pas à quel point cet appel à la prière allait rapidement revêtir un caractère d’urgente actualité… 

De très nombreux déplacements, travaux, études et lectures (à l’heure actuelle je n’arrive plus à lire tout ce qui m’est adressé quotidiennement et tous les textes pourtant très importants qu’il conviendrait que j’étudie chaque jour), auxquels il faut ajouter encore les contacts personnels qui me prennent aussi beaucoup de temps, sont la cause principale de cette absence de nouvelles publications sur ce blogue, nonobstant le fait que l’actualité m’inspire des réflexions et des approfondissements que je serais heureux de partager avec vous.
Il y aurait en effet beaucoup, vraiment beaucoup, à dire au sujet des événements qui se déroulent sous nos yeux, dans une espèce d’accélaration que nous n’eussions jamais pu imaginer il y a seulement un an, au moment où l’on commença à parler de ce nouveau virus qui commençait à faire des victimes en Chine.

Je ne veux point, ce soir, m’étendre sur cette actualité, sur ce nouveau confinement que nous subissons, et sur le caractère de plus en plus évident de l’anticatholicisme de ce gouvernement impie et immoral qui navre la France autant qu’il offense la loi naturelle et, surtout, la Loi divine.

Il est très probable que nous devons désormais nous préparer à des choses graves et douloureuses, dont les actuelles restrictions des libertés individuelles et sociales, sous prétexte de pandémie, ne sont que les prémices de vexations qui vont aller crescendo jusqu’à aboutir à une véritable persécution.

Dans ces circonstances les messages récents de notre Roi légitime (nous sommes en retard pour les publier alors qu’il y en a eu plusieurs depuis le début octobre) sont la source d’une grande consolation, et bien propres à stimuler nos forces morales et spirituelles.

Dans quelques jours seulement, nous allons entrer dans une nouvelle année liturgique et le temps de l’Avent, habituellement si doux et baigné d’espérance, apparaît dès à présent enveloppé d’ombres menaçantes et d’inquiétudes.

Ne cessons toutefois jamais d’espérer, de nous confier en la divine Providence, et de prier avec davantage de ferveur.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Ave Maria et lys

Prière à Notre-Dame pour la France :

Mère céleste, Notre-Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ;
Amenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur. Aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la Foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée.
Regina pacis ! Oh ! Oui ! Soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la Reine de la paix, écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde.
Faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts :
Établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser.
Et que par Vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance,
Exalte dans le monde le triomphe et le Règne du Christ, Prince de la Paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Amen.

Prière conclusive du discours sur la vocation de la France
prononcé par Son Eminence le Cardinal Pacelli, futur Pie XII,
le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris
(voir le texte complet de > ici).

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2020-114. Prier Saint Remi pour obtenir par son intercession la conservation du Royaume et le maintien de la foi catholique.

1er octobre,
Fête de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs.

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St Remi baptisant Clovis - vitrail église Maisons-Alfort

Saint Remi baptisant le Roi Clovis
(détail d’un vitrail de l’église de Maisons-Alfort)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En recherchant dans les numéros de « L’Ami de la Religion et du Roi » l’article publié hier > ici, j’ai aussi découvert que la naissance de « l’Enfant du miracle », ce 29 septembre 1820, était arrivée alors qu’une neuvaine était en cours à travers tout le Royaume, à l’adresse de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs et protecteur de nos Rois.
Je ne résiste donc pas, en cette fête de Saint Remi, à la « tentation » de vous livrer le texte de présentation de cette neuvaine – texte que je trouve des plus pertinents et particulièrement adapté à nos temps -, et je vous encourage même à en reprendre la pratique à partir de ce 1er octobre et pendant tous les jours de l’octave de Saint Remi, en redoublant de ferveur pour implorer de Dieu Sa paternelle protection sur le Trône et l’Autel, contre lesquels l’enfer est déchaîné…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

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Prière à St Remi - 1Prière à St Remi - 2Prière à St Remi - 3Prière à St Remi - 4Prière à St Remi - 5

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Tombeau de Saint Remi - basilique Saint-Remi à Reims

Tombeau de Saint Remi
(Basilique Saint-Remi – Reims)

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2020-113. Une des marques les plus éclatantes que j’ai reçues de la protection de Dieu…

Mercredi 30 septembre 2020,
Dans l’Eglise universelle, fête de St Jérôme, docteur de l’Eglise (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Fête de St Grégoire l’Illuminateur, apôtre de l’Arménie.

1820 – 30 septembre – 2020

Médaille frappée pour la naissance du duc de Bordeaux

L’une des nombreuses médailles frappées à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux
le 29 septembre 1820 :
1 – A l’avers : « Il renaît pour consoler sa patrie »
H.C.F.M. Dieudonné duc de Bordeaux né le 29 sept. 1820
[Note : H.C.F.M. sont les initiales de Henri Charles Ferdinand Marie] ;
2 – Au revers : « De cette tige antique s’il tombe une fleur une autre renaît ».

Trois lys blancs

Dans sa parution du samedi 30 septembre 1820 (N°641), le bulletin catholique et légitimiste « L’Ami de la Religion et du Roi » annonça en ces termes la naissance de « l’Enfant du miracle » qui était survenue la veille (cf. > ici).
Cette courte publication nous permet de lire avec édification les lignes par lesquelles, dans les heures qui suivirent cette heureuse naissance, cause de tant de consolations et de tant d’espérances, SMTC le Roi Louis XVIII annonça la nouvelle à Son Eminence le Cardinal Archevêque de Paris, Monseigneur Alexandre-Angélique de Talleyrand-Périgord.
La lecture de ces lignes ne cesse pas d’être pour nous la source d’une profonde édification.

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 1

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 2

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 3

Médaille pour la naissance du duc de Bordeaux

Une autre des médailles frappées à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux
le 29 septembre 1820 :
« Fata aspera vinces » que l’on peut rendre par : « tu vaincras les rigueurs de la fatalité ».
A l’avers, cette médaille représente les profils superposés du duc et de la duchesse de Berry, sans légende ;
le revers, ici reproduit, montre le jeune duc de Bordeaux, nu, étranglant dans chaque main un serpent ailé.
Cette représentation reprend la figure mythologique d’Hercule, fils de Jupiter, à la naissance duquel Junon jalouse avait envoyé des serpents pour le tuer dans son berceau, allusion évidente à l’acharnement des méchants contre la race bénie des Bourbons qui,
malgré l’assassinat du duc de Berry destiné à ruiner la dynastie, a reçu en cette naissance un providentiel don divin.

Trois lys blancs

2020-112. « Il est né l’enfant du miracle ! »

1820 – 29 septembre – 2020

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Claude-Marie Dubufe - Naissance du duc de Bordeaux

La naissance d’Henri-Dieudonné d’Artois, duc de Bordeaux
Tableau de Claude-Marie Dubufe

Sept mois et demi après l’assassinat de son père, événement dramatique que nous avons évoqué > ici, naquit « l’enfant du miracle » : Henri-Dieudonné d’Artois, titré duc de Bordeaux à sa naissance, plus connu sous le nom de « Comte de Chambord », de jure SMTC le Roi Henri V.
Cette naissance fut célébrée par tout le Royaume avec une liesse que nous pouvons difficilement imaginer aujourd’hui : tous les arts la magnifièrent, les prédicateurs rivalisèrent d’éloquence pour exhorter les fidèles à l’action de grâces et pour stimuler leur ferveur « catholique et royale », les démonstrations de joie populaire se multiplièrent… Vraiment ce 29 septembre 1820 fut la démonstration que la royauté des Bourbons est bien d’essence paternelle, et que sous leur sceptre la France est une famille de familles.
Dans l’abondante production littéraire et poétique que suscita l’enthousiasme joyeux de la naissance du futur  Henri V, j’ai choisi de vous livrer aujourd’hui en premier lieu, cette ode d’Alphonse de Lamartine.

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Ode sur la naissance du duc de Bordeaux

par Alphonse de Lamartine

Versez du sang ! frappez encore !
Plus vous retranchez ses rameaux,
Plus le tronc sacré voit éclore
Ses rejetons toujours nouveaux !
Est-ce un dieu qui trompe le crime ?
Toujours d’une auguste victime
Le sang est fertile en vengeur !
Toujours échappé d’Athalie
Quelque enfant que le fer oublie
Grandit à l’ombre du Seigneur !

Il est né l’enfant du miracle !
Héritier du sang d’un martyr,
Il est né d’un tardif oracle,
Il est né d’un dernier soupir !
Aux accents du bronze qui tonne
La France s’éveille et s’étonne
Du fruit que la mort a porté!
Jeux du sort ! merveilles divines !
Ainsi fleurit sur des ruines
Un lis que l’orage a planté.

Il vient, quand les peuples victimes
Du sommeil de leurs conducteurs,
Errent aux penchants des abîmes
Comme des troupeaux sans pasteurs !
Entre un passé qui s’évapore,
Vers un avenir qu’il ignore,
L’homme nage dans un chaos !
Le doute égare sa boussole,
Le monde attend une parole,
La terre a besoin d’un héros !

Courage ! c’est ainsi qu’ils naissent !
C’est ainsi que dans sa bonté
Un dieu les sème ! Ils apparaissent
Sur des jours de stérilité !
Ainsi, dans une sainte attente,
Quand des pasteurs la troupe errante
Parlait d’un Moïse nouveau,
De la nuit déchirant le voile,
Une mystérieuse étoile
Les conduisit vers un berceau !

Sacré berceau ! frêle espérance
Qu’ une mère tient dans ses bras !
Déjà tu rassures la France,
Les miracles ne trompent pas !
Confiante dans son délire,
A ce berceau déjà ma lyre
Ouvre un avenir triomphant;
Et, comme ces rois de l’Aurore,
Un instinct que mon âme ignore
Me fait adorer un enfant !

Comme l’orphelin de Pergame,
Il verra près de son berceau
Un roi, des princes, une femme,
Pleurer aussi sur un tombeau !
Bercé sur le sein de sa mère,
S’il vient à demander son père,
Il verra se baisser leurs yeux !
Et cette veuve inconsolée,
En lui cachant le mausolée,
Du doigt lui montrera les cieux !

Jeté sur le déclin des âges,
Il verra l’empire sans fin,
Sorti de glorieux orages,
Frémir encor de son déclin.
Mais son glaive aux champs de victoire
Nous rappellera la mémoire
Des destins promis à Clovis,
Tant que le tronçon d’une épée,
D’un rayon de gloire frappée,
Brillerait aux mains de ses fils !

Sourd aux leçons efféminées
Dont le siècle aime à les nourrir,
Il saura que les destinées
Font roi, pour régner ou mourir ;
Que des vieux héros de sa race
Le premier titre fut l’audace,
Et le premier trône un pavois,
Et qu’en vain l’humanité crie
Le sang versé pour la patrie
Est toujours la pourpre des rois !

Tremblant à la voix de l’histoire,
Ce juge vivant des humains,
Français ! il saura que la gloire
Tient deux flambeaux entre ses mains
L’un, d’une sanglante lumière
Sillonne l’horrible carrière
Des peuples par le crime heureux ;
Semblable aux torches des furies
Que jadis les fameux impies
Sur leurs pas traînaient après eux !

L’autre, du sombre oubli des âges.
Tombeau des peuples et des rois.
Ne sauve que les siècles sages,
Et les légitimes exploits :
Ses clartés immenses et pures,
Traversant les races futures,
Vont s’unir au jour éternel ;
Pareil à ces feux pacifiques,
Ô Vesta ! que des mains pudiques
Entretenaient sur ton autel !

Il saura qu’aux jours où nous sommes,
Pour vieillir au trône des rois,
Il faut montrer aux yeux des hommes
Ses vertus auprès de ses droits ;
Qu’assis à ce degré suprême,
Il faut s’y défendre soi-même,
Comme les dieux sur leurs autels ;
Rappeler en tout leur image,
Et faire adorer le nuage
Qui les sépare des mortels !

Au pied du trône séculaire
Où s’assied un autre Nestor,
De la tempête populaire
Le flot calmé murmure encor !
Ce juste, que le ciel contemple,
Lui montrera par son exemple
Comment, sur les écueils jeté,
On élève sur le rivage,
Avec les débris du naufrage,
Un temple à l’immortalité !

Ainsi s’expliquaient sur ma lyre
Les destins présents à mes yeux ;
Et tout secondait mon délire,
Et sur la terre, et dans les cieux !
Le doux regard de l’espérance
Eclairait le deuil de la France :
Comme, après une longue nuit,
Sortant d’un berceau de ténèbres,
L’aube efface les pas funèbres
De l’ombre obscure qui s’enfuit.

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Médaille commémorative de la naissance du duc de Bordeaux

L’une des nombreuses médailles commémoratives de la naissance du duc de Bordeaux,
futur Henri V, dit le « Comte de Chambord » :
L’avers représente Saint Michel archange, fêté le 29 septembre par la liturgie catholique,
et le revers représente la duchesse de Berry présentant son fils nouveau-né, « l’enfant du miracle »,
avec cette légende :
« Dieu nous l’a donné , nos cœurs et nos bras sont à lui »

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2020-111. La vie et l’enseignement de Saint Cyprien de Carthage présentés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.

16 septembre,
Fête des Saints Corneille et Cyprien, pontifes et martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII (cf. > ici).

Saint Cyprien de Carthage - Eglise Saint-Cyprien de Londres

Saint Cyprien de Carthage
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Cyprien de Londres)

* * * * * * *

Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI
à l’occasion de l’audience générale du
mercredi 6 juin 2007

Chers frères et sœurs,

Dans la série de nos catéchèses sur les grandes personnalités de l’Eglise antique, nous arrivons aujourd’hui à un éminent évêque du IIIème siècle, saint Cyprien, qui « fut le premier Evêque en Afrique à recevoir la couronne du martyre ». Sa réputation est également liée – comme l’atteste le diacre Pontius, qui fut le premier à écrire sa vie – à la production littéraire et à l’activité pastorale des treize années qui s’écoulèrent entre sa conversion et le martyre (cf. Vie 19, 1 ; 1, 1).

Né à Carthage dans une riche famille païenne, après une jeunesse dissipée, Cyprien se convertit au christianisme à l’âge de 35 ans. Il raconte lui-même son itinéraire spirituel :  « Alors que je gisais encore comme dans une nuit obscure », écrit-il quelques mois après son baptême, « il m’apparaissait extrêmement difficile et pénible d’accomplir ce que la miséricorde de Dieu me proposait… J’étais lié aux très nombreuses erreurs de ma vie passée et je ne croyais pas pouvoir m’en libérer, tant je secondais mes vices et j’encourageais mes mauvais penchants… Mais ensuite, avec l’aide de l’eau régénératrice, la misère de ma vie précédente fut lavée ; une lumière souveraine se diffusa dans mon cœur ; une seconde naissance me transforma en un être entièrement nouveau. De manière merveilleuse, chaque doute commença alors à se dissiper… Je comprenais clairement que ce qui vivait auparavant en moi, dans l’esclavage des vices de la chair, était terrestre, et que ce que l’Esprit Saint avait désormais engendré en moi était, en revanche, divin et céleste » (A Donat, 3-4).

Immédiatement après sa conversion, Cyprien – non sans être envié et en dépit de ses résistances – fut élu à la charge sacerdotale et à la dignité d’évêque.
Au cours de la brève période de son épiscopat, il affronta les deux premières persécutions ratifiées par un édit impérial, celle de Dèce (250) et celle de Valérien (257-258). Après la persécution particulièrement cruelle de Dèce, l’évêque dut s’engager vaillamment pour rétablir la discipline dans la communauté chrétienne. En effet, de nombreux fidèles avaient abjuré, ou bien n’avaient pas adopté une attitude correcte face à l’épreuve. Il s’agissait des lapsi – c’est-à-dire de ceux qui étaient « tombés » -, qui désiraient ardemment revenir au sein de la communauté. Le débat sur leur réadmission finit par diviser les chrétiens de Carthage en laxistes et en rigoristes.
Il faut ajouter à ces difficultés une grave épidémie de peste, qui ravagea l’Afrique et qui fit naître des interrogations théologiques angoissantes, tant au sein de la communauté, que dans la confrontation avec les païens. Il faut rappeler, enfin, la controverse entre Cyprien et l’évêque de Rome, Etienne, à propos de la validité du baptême administré aux païens par des chrétiens hérétiques.

Dans ces circonstances réellement difficiles, Cyprien révéla de grands talents pour gouverner :  il fut sévère, mais non inflexible avec les lapsi, leur accordant la possibilité du pardon après une pénitence exemplaire ; il fut ferme envers Rome pour défendre les saines traditions de l’Eglise africaine ; il se démontra très humain et empli de l’esprit évangélique le plus authentique en exhortant les chrétiens à apporter une aide fraternelle aux païens durant la peste ; il sut garder une juste mesure en rappelant aux fidèles – qui craignaient trop de perdre la vie et leurs biens terrestres – que pour eux la véritable vie et les véritables biens ne sont pas ceux de ce monde ; il fut inébranlable dans sa lutte contre les mœurs corrompus et les péchés qui dévastaient la vie morale, en particulier l’avarice. « Il passait ainsi ses journées », raconte alors le diacre Pontius, « lorsque voilà que – sur ordre du proconsul – le chef de la police arriva à l’improviste dans sa villa » (Vie 15, 1). Le jour même, le saint évêque fut arrêté et, après un bref interrogatoire, il affronta avec courage le martyre entouré de son peuple.

Cyprien rédigea de nombreux traités et lettres, toujours en rapport avec son ministère pastoral. Peu enclin à la spéculation théologique, il écrivait surtout pour l’édification de la communauté et pour le bon comportement des fidèles. De fait, l’Eglise est le thème qui lui est, de loin, le plus cher. Il fait la distinction entre l’Eglise visible, hiérarchique, et l’Eglise invisible, mystique, mais il affirme avec force que l’Eglise est une seule, fondée sur Pierre. Il ne se lasse pas de répéter que « celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise » (L’unité de l’Eglise catholique, 4). Cyprien sait bien, et il l’a exprimé à travers des paroles puissantes, que, « en dehors de l’Eglise il n’y a pas de salut » (Epistola 4, 4 et 73, 21), et que « celui qui n’a pas l’Eglise comme mère ne peut pas avoir Dieu comme Père » (L’unité de l’Eglise catholique, 4).
Une caractéristique incontournable de l’Eglise est l’unité, symbolisée par la tunique sans coutures du Christ (ibid., 7) :  une unité dont il dit qu’elle trouve son fondement en Pierre (ibid., 4) et sa parfaite réalisation dans l’Eucharistie (Epistola 63, 13). « Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Christ », admoneste Cyprien, « une seule est son Eglise, une seule foi, un seul peuple chrétien, liés en une solide unité par le ciment de la concorde :  et on ne peut pas diviser ce qui est un par nature » (L’unité de l’Eglise catholique, 23).

Nous avons parlé de sa pensée concernant l’Eglise, mais il ne faut pas oublier, enfin, l’enseignement de Cyprien sur la prière. J’aime particulièrement son livre sur le « Notre Père » qui m’a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la « prière du Seigneur »:  Cyprien enseigne comment, précisément dans le « Notre Père », la juste façon de prier est donnée aux chrétiens ; et il souligne que cette prière est au pluriel, « afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui. Notre prière – écrit-il – est publique et communautaire et, quand nous prions, nous ne prions pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous ne formons qu’un avec tout le peuple » (L’oraison du Seigneur, 8). Ainsi, la prière personnelle et la prière liturgique apparaissent solidement liées entre elles. Leur unité provient du fait qu’elles répondent à la même Parole de Dieu. Le chrétien ne dit pas « Mon Père », mais « Notre Père », même dans l’intimité d’une pièce close, car il sait bien qu’en chaque lieu, en chaque circonstance, il est le membre d’un même Corps.

« Prions donc, mes frères très aimés », écrit l’évêque de Carthage, « comme Dieu, le Maître, nous l’a l’enseigné ». C’est une prière confidentielle et intime que celle de prier Dieu avec ce qui est à Lui, d’élever vers Ses oreilles la prière du Christ. Que le Père reconnaisse les paroles de Son Fils, lorsque nous récitons une prière :  que celui qui habite intérieurement dans l’âme soit présent également dans la voix… En outre, lorsque l’on prie, il faut avoir une façon de s’exprimer et de prier qui, avec discipline, maintienne le calme et la discrétion. Pensons que nous nous trouvons devant le regard de Dieu. Il faut être agréables aux yeux de Dieu, aussi bien à travers l’attitude du corps que le ton de la voix… Et lorsque nous nous réunissons avec nos frères, et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons nous rappeler de la crainte référentielle et de la discipline, ne pas disperser aux quatre vents nos prières avec des voix altérées, ni lancer avec un verbiage impétueux une requête qui doit être demandée à Dieu avec modération, car Dieu est l’auditeur non de la voix, mais du cœur : « non vocis sed cordis auditor est » (3-4). Il s’agit de paroles qui restent valables aujourd’hui aussi et qui nous aident à bien célébrer la Sainte Liturgie.

En définitive, Cyprien se situe aux origines de cette tradition théologique et spirituelle féconde, qui voit dans le « cœur » le lieu privilégié de la prière.
En effet, selon la Bible et les Pères, le cœur est au plus profond de l’homme, le lieu où Dieu habite. C’est en lui que s’accomplit la rencontre au cours de laquelle Dieu parle à l’homme, et l’homme écoute Dieu ; l’homme parle à Dieu, et Dieu écoute l’homme :  le tout à travers l’unique Parole divine. C’est précisément dans ce sens – faisant écho à Cyprien – que Smaragdus, abbé de Saint-Michel sur la Meuse au cours des premières années du IX siècle, atteste que la prière « est l’œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l’orant » (Le diadème des moines, 1).

Très chers amis, faisons nôtre ce « cœur à l’écoute », dont nous parlent la Bible (cf. 1 R 3, 9) et les Pères :  nous en avons tant besoin ! Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons pleinement faire l’expérience que Dieu est notre Père, et que l’Eglise, la sainte Epouse du Christ, est véritablement notre Mère.

Armoiries de Benoît XVI

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