2026-119. Sur la « méthode Habsbourg ».

Lettre mensuelle aux membres et amis de la

Confrérie Royale

- 25 juin 2026 -

La Méthode Habsbourg - Edouard de Hansbourg-Lorraine

Edouard de Habsbourg-Lorraine : « La méthode Habsbourg »
éditions Salvator, 2025, 235 pages (17,90 €).

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Sur la « méthode Habsbourg » :

       Les anciennes monarchies ont souvent admiré les qualités de la monarchie française, et, encore maintenant enexil, Monseigneur le Dic d’Anjour peut par sa tenue être facilement admiré par bien des chefs de maisons.

   Il n’est toutefois pas inutile d’aller voir parfois chez nos voisins, qui ont aussi leurs vertus.

   En 2023 est paru en anglais, puis a été traduit en français en 2025 (et on peut le supposer aussi en allemand) un livre de S.A.I.R. l’Archiduc Edouard d’Autriche : La méthode Habsbourg.
Ce Prince, né en 1967, père de six enfants, dont un garçon, de la ligne palatine de Hongrie, est presque de dernier des Habsbourg actuels (avant son fils et son frère puiné prêtre).

   Ce n’est donc pas une quelconque ambition qui le fait écrire ce livre (p.52), mais bien l’ « amour de sa famille » (pp. 32 et 231) et l’amour du bien commun, deux vertus éminemment louables.

   Le sous-tire est : « Sept principes pour traverser des temps troublé ». Le livre donne les principes généraux d’une bonne politique.

   La dédicace : « Aux Habsbourg les plus importants de ma vie : ma femme et mes enfants, car que serions-nous sans la famille ? Au Bienheureux empereur Charles : qu’un grand nombre vienne à connaître cet humble géant de la foi » [mort le 1er avril 1922]. Famille et foi donnent déjà les bases de ces principes.

   Sans vouloir écrire l’histoire de la famille de Habsbourg, puis, par mariage au XVIIIème siècle de Habsbourg-Lorraine, le prince s’appuie sur plusieurs exemples de celle-ci pour décrire les principes de ce qu’il pense être la méthode de sa famille, et qui sont pour l’essentiel des principes catholiques (comme il le dit page 32).

   Sans vouloir « rétablir la monarchie », dit-il plusieurs fois, « quoiqu’il ne faille jamais dire jamais », ajoute-t-il chaque fois, il pense que ces principes seraient bien utiles aux Etats modernes ainsi qu’aux individus pouvant avoir une responsabilité.

   Malgré la modestie de l’auteur sur lui et sur ses ancêtres, le Prince en sait beaucoup sur sa famille, et sait conter dans un style agréable et avec humour (sur la bataille de Morgaten, les vignes de Vienne, la mâchoire Habsbourg, la phrase de l’Empereur Charles VI mourant, la phrase de l’Empereur François-Joseph Ier sur les constitutions, les chocolats de l’Imératrice Zita de Bourbon-Parme, les mariages des Archiducs…).

   Donc sept principes qui se sont retrouvés de façons variable sur la plupart des trônes et qui seraient bien utiles aux gouvernements contemporains (fait remarquer le Prince plusieurs fois, très lucide sur la vacuité morale de ces derniers).

   On pourra donc y voir beaucoup de ressemblances avec les principes capétiens, en y changeant tels détails ou l’importance de tels points, selon les circonstances diverses où les deux dynasties ont vécu.

   Le premier principe est le mariage (fondement de la société, disait Louis XIII) : « sans famille nombreuse, la société tend à s’effondrer dans l’isolement et l’égoïsme ». La famille est aide entre époux, exemple des parents, soutien mutuel de ses membres, enfants, dons de Dieu, sacrement béni par Dieu pour le bonheur de ses membres, avenir terrestre, et finalement « aller au paradis », comme le disait le Bienheureux Empereur Charles Ier lors de son mariage.
En politique le mariage est « moins brutal et souvent plus efficace que les combats ». L’Archiduc rappelle aussi que les mariages arrangés d’autrefois étaient plus heureux et plus solides que les mariages romantiques de beaucoup de jeunes gens actuels, en raison du partage qu’ils avaient ensemble de la foi, du caractère sacré du mariage, de l’importance de la féco,dité, des responsabilités sociales, et (p. 225) de la chasteté prénuptiale.
Si la maison d’Autriche a beaucoup profité du mariage pour acquérir des royaumes, la maison de France l’a beaucoup utilisé pour obtenir ou maintenir la paix dans le Royaume puis en Europe [et notamment ceux de François Ier avec Eléonore, de Charles IX avec Elisabeth, de Louis XIII avec Anne, de Louis XIV avec Marie-Thérèse, de Louis XVI avec Maie-Antoinette, toutes Archiduchesses d’Autriche ; l’on pourrait ajouter Henri V et Jean III  qui ont épousé Marie-Thérèse et Béatrice Archiduchesses d’Autriche en pleine paix, et encore Alphonse II qui s’apprêtait à épouser l’Archiduchesse Constance, que des principes communs rapprochaient, comme elle le dit après la mort de son fiancé).

   Le deuxième principe est la foi : « La foi catholique a toujours été forte dans notre famille » (comme chez les Rois très-Chrétiens).
L’auteur est gêné par l’actuel œcuménisme et l’actuelle séparation de l’Eglise et de l’Etat, qu’il n’ose pas refuser ouvertement ; mais dans la pratique il loue les actes catholiques de ses ancêtres et leurs actes de dévotion, et regrette la faiblesse religieuse de certains d’entre eux (mais « le Christ est venu sauver les pécheurs ») ; il magnifie le sacre impérial germanique ou royal hongrois, loue la défense de la foi catholique contre l’hérésie, et reprend la phrase de l’Empereur Charles-Quint qu’ « il est plus probable qu’un moine allemand se soit trompé que les maîtres de l’Eglise pendant plus de mille ans ».
« Si le but d’une vie chrétienne est vraiment d’aller au paradis, il est important que les dirigeants vivent leur foi de manière visible ».
A ce sujet on peut regretter l’erreur (pardonnable vue d’Autrivhe) qui croit que pour le Cardinal de Richelieu « tout devait être subordonné aux intérêts de l’Etat, y compris ceux de l’Eglise catholique » (p.85) : une telle affirmation est ne rien comprendre à la politique du Cardinal, qui défendait la Religion catholique en france, comme le reconnaissaient les évêques, et en Europe comme le reconnaissait Urbain VIII.

   Le troisième principe est l’empire (principe différent du « pré carré » français), interprêté comme principe de subsidiarité, « selon lequel tout problème doit être traité par le niveau institutionnel compétent le plus bas », principe naturel évident que les Rois de France ont beaucoup utilisé, et que le Prince reproche à l’Union Européenne de ne pas appliquer.
L’Archiduc rappelle qu’ « en plus la subsidiarité est une politique pertinente et efficace sur le plan politique ».
Il rappelle que l’Empire austro-hongrois a « rassemblé sous le ciel d’un même empire, et dans la paix, des nations bien différentes » (p.14) : tout le contraire des nationalismes modernes depuis la Révolution.
Et il signale à juste titre qu’il n’y a pas de principe d’unité dans l’Union Européenne, tandis que l’ « Empereur, en sa personne, rappelait aux gens ce qui les unissait » (ce qui était aussi le cas du Roi de France).

    Le quatrième principe est la justice (premier devoir aussi du Roi de France), et « servir » sans vouloir « disparaître dans une vie purement privée », et le faire « avec honnêteté », « car Dieu rendra le jugement final » (à la différence, note-t-il, des calculs en vue des élections).
L’Archiduc rappelle qu’en 1910 Théodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis, demanda à l’Empereur François-Joseph quelles étaient, au milieu des chambres et gouvernements élus, son activité. L’Empereur répondit avec clairvoyance : « Ma fonction consiste à protéger mes peuples de leurs politiciens ». Et l’Archiduc ajoute avec lucidité : « Qui protège aujourd’hui les électeurs de leurs politiciens ? »

   Le cinquième principe est celui de Socrate : « Connais-toi toi-même » ; appliqué aux dynasties et aux pays, selon cette phrase de feu l’Empereur Othon : « Ceux qui ne savent pas d’où ils viennent ne savent pas où ils vont, parce qu’ils ne savent pas où ils sont » (c’est aussi valable pour les Français).
L’Archiduc rappelle l’importance de « la stabilité et des valeurs traditionnelles, telles que la famille et la foi », à la différence « des idées mondialistes » et « des modes éphémères ».

   Le sixième principe est le courage au combat : être pacifique ne signifie pas refuser de combattre (de même que le Roi de France, qui, cultivant pacifiquement les lys de son jardin, savait défendre son Royaume).
En ce domaine l’Archiduc a quelques réticences au sujet de la politique internationale du Roi de France : c’est bien compréhensible pour un Archiduc et c’est dit sans polémique, nous ne lui en voudrons pas. Rappelons l’importance que dans les nouvelles  circonstances Louis XV et Marie-Thérèse attachaient à l’union entre l’Autriche et la France.

   Le septième principe est une bonne mort, inspirée de la crypte des Capucins (comme celle des Rois de France l’était de l’abbaye de Saint-Denys).
« Nous allons tous mourir », et c’est « l’un des moments les plus importants de la vie » auquel nous devons nous préparer « dès l’enfance ».
L’Archiduc rappelle l’existence de l’enfer et du purgatoire (qu’il s’étonne de ne plus voir rappeler par les prêtres lors des funérailles), le peu de probabilité d’une conversion sur son lit de mort, et la nécessité de prier pour les morts. Les anciens souverains « savaient que leur mort devait donner à leurs sujets un exemple public », « que le moment de la mort était leur dernière chance de se faire pardonner auprès de Dieu », et « que la prière (des survivants, notamment des monastères) pouvait les aider à paser du purgatoire au paradis ».
Mentionnons un éloge de la Reine de France Marie-Antoinette d’Autriche (p.201), que nous apprécierons.
Et rappelons l’une des dernières paroles du Bienheureux Empereur Charles Ier : « Je dois endurer toutes ces souffrances pour l’union de mon peuple ».

   En conclusion : « la prochaine fois qu’un homme politique fera quelques chose de stupide, posez-vous la question suivante : Qu’aurait fait un Habsbourg à sa place ? » Et un Bourbon ?

   En somme un livre agréable, instructif, de bon esprit, avec de beaux portraits d’Empereurs et d’Archiducs, et qui donne de son auteur une idée sympathique.
Nous lui présentons nos respectueux remerciements pour son livre.

Abbé Gabriel Equin +.

Tolbiac et le livre de l'Archiduc Edouard de Habsbourg-Lorraine - blogue

Même le prince-chat du Prieur de la Confrérie Royale a beaucoup aimé ce livre !

2026-118. Bénédiction contre les tempêtes, à laquelle on procède après la Messe, aux Amériques, au printemps et en été.

   Le formulaire qui suit ne se trouve pas dans le « Rituale romanum » traditionnel ( Benoît XIV & Pie XI ) mais provient des rituels propres aux diocèses d’Amérique du nord particulièrement exposés aux tornades, ouragans, tempêtes, orages violents et grêles dévastatrices : nous croyons qu’il peut également être utile de ce côté-ci de l’Atlantique.
Comme le titre l’indique, il s’agit d’une bénédiction à laquelle le prêtre procède après la célébration de la Messe, sans qu’elle soit associée à une procession.

A fulgure grandine et tempestate, libera nos Domine

 

Benedictio tempestatis

Tempore vernali, et aestivali post Missam :

V./ A fulgure, grandine et tempestate.
R./ Libera nos, Domine Jesu Christe.
V./ Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam.
R./ Et saltare tuum da nobis.
V./ Domine exaudi orationem meam.
R./ Et clamor meus ad te veniat.
V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

De la foudre, de la grêle et de la tempête.
Délivrez-nous, Seigneur Jésus-Christ.
Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde.
Et donnez-nous votre salut.

Seigneur, exaucez ma prière.
Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Oremus :

   Quaesumus, omnipotens Deus, ut intercessione Sanctae Dei Genitricis Mariae, sanctorum Angelorum, Patriarcharum, Prophetarum, Apostolorum, Martyrum, Confessorum, Virginum, Viduarum, et omnium Sanctorum tuorum continuum nobis praestes subsidium : tranquillam auram permittas, atque contra fulgura, et tempestates desuper nobis indignis tuam salutem effundas de caelis, et generi humano semper aemulas, dextera potentiae tuae aereas conteras potestates. Per Dominum nostrum…
R./ Amen

   Nous Vous prions, Dieu tout puissant, pour que par l’intercession de Marie la Sainte Mère de Dieu, des saints Anges, des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, des Veuves et de tous Vos Saints, Vous nous accordiez un secours continu : donnez-nous une atmosphère paisible, et d’en haut répandez Votre salut contre la foudre et les tempêtes, en notre faveur alors que nous en sommes indignes, et que Vous Vous montriez toujours zélé pour le genre humain, et que par la droite de Votre puissance Vous contraigniez les forces aériennes. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…
R./ Ainsi soit-il.

Oremus :

   Deus, qui omnium rerum tibi servientium naturam, per ipsos motus aeris ad cultum tuae Majestatis instituis, tranquillitatem nobis tuae misericordiae, remotis aeris terroribus permanere permittas, ut, cujus iram expavemus, clementiam sentiamus. Per eundem Christum Dominum nostrum.
R./ Amen.

   O Dieu, qui avez établi la nature de toutes choses qui sont à Votre service, par ces mouvements de l’air eux-mêmes, pour le culte de Votre majesté, par Votre miséricorde accordez-nous que soient domptées les terrifiants mouvements des airs, afin que nous puissions éprouver la clémence de ces éléments dont nous craignons la colère. Par ce même Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R./ Ainsi soit-il.

V./ Sit nomen Domini benedictum.
R./ Ex hoc nunc et usque in saeculum.
V./ Adjutorium nostrum in nomine Domini.
R./ Qui fecit caelum et terram.

Benedictio Dei omnipotentis, Patris + et Filii et Spiritus Sancti, descendat super vos, locum istum et fructus terrae, et maneat semper.
R./ Amen.

Que le nom du Seigneur soit béni.
Dès maintenant et pour les siècles.
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Qui a fait le ciel et la terre.

Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous, sur ce lieu et sur les fruits de la terre, et qu’elle demeure à jamais.
R./ Ainsi soit-il.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi que le formulaire du Rituel romain traditionnel associé à une procession > ici

Mains jointes en prière - blogue

226-117. Bénédictions de Saint Grégoire le Grand pour demander la pluie, demander le beau temps, et sanctifier les fruits nouveaux.

       Dans la continuité de ce que nous avons publié précédemment > ici, nous souhaitons porter à votre connaissance le texte de bénédictions que l’on trouve dans les œuvres de Saint Grégoire Ier le Grand (vers 540 – 604). En effet, au milieu de très nombreuses autres liées à des circonstances diverses de la vie ecclésiales, il s’en trouve deux qui ont rapport aux conditions météorologiques, et auxquelles font suite une bénédiction des fruits nouveaux.
Les fidèles qui demandent à Dieu d’être préservés des phénomènes climatiques extrêmes, pourront bien sûr, les reprendre ou s’en inspirer en cas de nécessité.

Source : Gregorius I - Benedictiones / editio: Migne 1849. 

Pedro Berruguete - Saint Grégoire le Grand - vers 1495

Pedro Berruguete (1450-1503) : Saint Grégoire le Grand (vers 1495)
[musée national d'art de Catalogne, Barcelone].

Benedictio ad pluviam postulandam :

   Inclina, quaesumus Domine, aures pietatis tuae ad populi tui preces, et faciem totius terrae largis imbribus irrigare dignare.
Amen.
Tribue auras salubres, atque aegris restitue pristinam sanitatem, ut animae quae promissiones tuas sitiunt de tua semper charitate abundantius repleantur.
Amen.
Da nobis, quaesumus, pluviam salutarem, et aridam faciem terrae fluentis coelestibus dignanter infunde.
Amen.

Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander la pluie :

    Nous Vous en supplions, Seigneur, inclinez l’oreille de Votre piété vers les prières de Votre peuple et daignez irriguer la surface de toute la terre de pluies abondantes.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous des brises bienfaisantes, et rendez aux malades leur santé d’antan, afin que les âmes assoiffées de Vos promesses soient toujours davantage remplies de Votre charité.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous, nous Vous en supplions, une pluie salutaire, et répandez dignement les eaux du ciel sur la surface aride de la terre.
Ansi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander la pluie

Benedictio ad serenitatem postulandam :

   Magnificentiam tuam, Domine, suppliciter imploramus, ut qui imminentibus pluviarum periculis populum tuum terruisti potenter, eumdem sub tui oris benedictione prostratum consolari jubeas, serenitate concessa temporum.
Amen.
Ut humanarum rerum prosperitate percepta, terrenis consolationibus gratulemur.
Amen.
Neque gaudia quaerere cessemus superna, sed et quidquid laetitiae temporalis fasce impeditur, eruditione potius sempiterna pellatur.
Amen.

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander du beau temps :

   Seigneur, nous implorons humblement Votre magnificence, Vous qui avez puissamment effrayé Votre peuple par les imminents dangers des pluies : ce même peuple accablé sous la bénédiction de Votre bouche, daignez le consoler en lui accordant la sérénité des temps.
Ainsi soit-il.
Afin qu’ayant reçu la prospérité des affaires humaines, nous poussions nous réjouir des consolations terrestres.
Ainsi soit-il.
Que nous ne cessions pas de rechercher les joies célestes, mais que tout ce qui est entravé par le fardeau des joies temporelles soit plutôt dissipé par la sagesse éternelle.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander le beau temps

Benedictio novi fructus cum sacrat :

   Tibi, piissime Deus, supplices fundimus preces, ut familiam tuam sub potentia dexterae tuae prostratam benedicendo sanctifices.
Amen.
Fidem in eis, pacem et humilitatem impertiendo multiplica, ut clementiae tuae dono custodientes quae praecipis, mereantur obtinere quae promittis.
Amen.
Ac per illustrationem unici Filii tui Domini nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti benedictionem sanctifica, ut, depulsis atque abjectis vetusti hostis insidiis, salubriter ex hujus diei anniversaria solemnitate de universis terrae edendis germinibus primitias tibi offerentes sumant, atque in tuo sancto nomine cuncta deinceps edant.
Amen. 

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour sanctifier les fruits nouveaux :

   A Vous, Dieu très pieux, nous offrons nos prières suppliantes, afin que Vous sanctifiez Votre famille, prosternée sous la puissance de Votre droite, en la bénissant.
Ainsi soit-il.
Accroissez en eux la foi en leur communiquant la paix et l’humilité, afin que par le don de Votre clémence en gardant ce que Vous avez prescrit, ils méritent d’obtenir ce que Vous avez promis.
Ainsi soit-il.
Et par la lumière de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et la bénédiction du Saint-Esprit, sanctifiez, afin que, ayant chassé et écarté les pièges de l’ancien ennemi, ils reçoivent sainement, en ce jour solennel, les prémices de tous les fruits de la terre, Vous les offrant, et qu’ils puissent désormais manger toutes choses en Votre saint nom.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.
Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Bénédiction des fruits de la terre

2026-116. Oui : pourquoi ?

Jeudi 18 juin 2026.

Tiare et clefs de Saint Pierre

De Son Excellence Révérendissime Monseigneur Athanasius Schneider :

   « Pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes du concile Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’il n’existe pas d’exigence comparable en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques antérieurs ? »

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider

2026-115. Prières et procession pour repousser la tempête (rituel romain traditionnel).

Bourgogne - procession de Saint Vincent dans la neige

En Bourgogne, une procession de confrérie de vignerons dans la neige,
en portant la statue de Saint Vincent (patron des vignerons, fêté le 22 janvier).

       De tout temps, les aléas climatiques ont été une préoccupation et une inquiétude pour les hommes, puisque de certains phénomènes météorologiques violents peuvent dépendre – en partie ou en totalité – la destruction des cultures vivrières, voire même de nos habitats et autres biens.
De là encore peuvent découler de graves bouleversements sociétaux ou familiaux, l’éclosion ou la propagation d’épidémies, et toutes sortes de malheurs.

   Afin d’être préservés de ces fléaux, depuis la plus haute antiquité, la Sainte Eglise a prévu et institué des prières particulières. Ainsi, avons-nous vu (cf. > ici) dans quel contexte et de quelle manière Saint Mamert de Vienne institua les Rogations (cf. > ici), mais il ne faut pas oublier que le Rituel traditionnel, en sus des quatre processions de Rogations mentionnées par le Missel, contient lui aussi des prières et processions pour demander le secours et la protections divins à l’occasion d’occurrences météorologiques néfastes (procession pour demander le beau temps, procession pour demander la pluie, procession pour éloigner la tempête, procession en temps de disette et de famine, procession pour un temps de mortalité et d’épidémie, procession en temps de guerre, et même enfin procession pour n’importe quelle nécessité).

   On ne peut que déplorer le fait que beaucoup d’évêques et de prêtres méconnaissent ces dispositions du Rituel et – hélas ! – qu’ils n’y recourent pas davantage.

   Au Mesnil-Marie, où nous sommes nous-mêmes exposés de manière récurrente à la violence des épisodes cévenols, ainsi que – au printemps et en été – aux dévastations des orages et spécialement de la grêle, nous avons pris l’habitude d’utiliser ces prières multiséculaires, dont, à de nombreuses reprises, nous avons pu constater l’ « efficacité ». Voilà pourquoi nous reproduisons ci-dessous à l’intention de nos amis les textes du Rituel traditionnel (Titulus IX, caput VIII) avec leur traduction, afin qu’ils n’hésitent pas, eux aussi, à en faire usage lorsque des phénomènes climatiques violents se déchaînent là où ils se trouvent.

Nota bene : Tous les fidèles peuvent utiliser les prières du Rituel à titre de prières dévotionnelles privées, sans qu’il s’agisse d’usurper les fonctions sacerdotales (ainsi par exemple, s’ils font usage des répons, ils s’abstiendront de dire « Dominus vobiscum / Et cum spiritu tuo »), et peuvent également se servir d’eau bénite pour protéger leurs biens et leurs maisons.

Preces ad repellendam tempestatem 1

   On sonne les cloches et tous ceux qui peuvent venir étant rassemblés dans l’église, on récite les litanies des Saints, dans lesquelles on dit deux fois l’invocation : « De la foudre et de la tempête, délivrez-nous, Seigneur ! » A la fin on dit « Notre Père » et la suite en silence jusqu’à V./ Et ne nous laissez pas succomber à la tentation, R./ Mais délivrez-nous du mal.
   On psalmodie ensuite le Psaume 147, puis on alterne les répons : V./ Notre secours est dans le Nom du Seigneur, R./ Qui a fait le ciel et la terre
; V./ Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde, R./ Et donnez-nous Votre salut ; V./ Venez à notre aide, ô Dieu, notre salut ; R./ Et à cause de la gloire de Votre Nom, Seigneur, délivrez-nous !

Preces ad repellendam tempestatem 2

V./ Que l’ennemi ne triomphe en rien sur nous, R./ Et que le fils d’iniquité ne cherche pas à nous nuire ; V./ Que Votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous, R./ Selon que nous avons placé en Vous notre espérance ; V./ Sauvez Votre peuple, Seigneur, R./ Et bénissez Votre héritage ; V./ Vous ne priverez pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence, R./ Seigneur, Dieu des Vertus : bienheureux l’homme qui place en Vous son espérance ; V./ Seigneur, exaucez ma prière, R./ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous ; [V./ Le Seigneur soit avec vous, R./ Et avec votre esprit].

Prions :

   O Dieu, qui êtes offensé par la faute, mais êtes apaisé par la pénitence : regardez favorablement les prières de Votre peuple qui Vous supplie, et détournez les fléaux de Votre colère que nous avons mérités en raison de nos péchés.

   Nous Vous en prions, Seigneur, que les maux spirituels soient repoussés de Votre maison : et que s’éloigne la malignité des tempêtes aériennes.

   Dieu éternel et tout-puissant, épargnez ceux qui craignent, montrez-Vous propice envers ceux qui Vous supplient : afin qu’après les feux nocifs des nuages, et la violence des orages, la menace des tempêtes soit changée en miséricorde de louanges.

   Seigneur Jésus, qui avez commandé aux vents et à la mer et il se fit une grande tranquillité : exaucez les prières de Votre famille, et accordez-nous que, par ce signe de la sainte + Croix s’éloigne la cruauté des tempêtes.

   Dieu éternel et tout puissant, qui nous guérissez en nous châtiant, et nous préservez en nous pardonnant, accordez à nous qui Vous supplions de nous réjouir de la tranquillité de cette consolation que nous avons désirée, et de toujours bénéficier du don de Votre compassion. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il !

On asperge d’eau bénite.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi qu’un formulaire (sans procession) à utiliser à la fin de la Messe > ici

nika

2026-114. « Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles ».

18 juin,
Fête de Saint Ephrem de Nisibe, diacre et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. > ici et > ici ) ;
Mémoire de la Bienheureuse Marine de Spolète, vierge de l’Ordre de Saint Augustin ;
Mémoire des Saints Marc et Marcellien, martyrs ;
Anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429 – cf. > ici) ;
Aniversaire de la mort de Michel-Richard de Lalande (+ 18 juin 1726).

Versailles - intérieur de la Chapelle Royale

Palais de Versailles : intérieur de la Chapelle Royale.

       Nous reproduisons ci-dessous la quasi intégralité de l’article du musicologue Jules Combarieu (+ 1919) publié dans l’ « Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle », parce qu’il nous semble présenter un assez bon résumé de la carrière du musicien dont ce 18 juin ramène l’anniversaire du trépas : Michel-Richard de Lalande, musicien que nous goûtons très particulièrement au Mesnil-Marie.

   Sans doute les appréciations et comparaisons de Monsieur Combarieu datent-elles quelque peu et peuvent-elles être sujettes à discussion, surtout après l’heureuse redécouverte et mise en valeur de la musique du Grand Siècle accomplie depuis la fin du XXème siècle ; mais la dernière phrase de cet article – phrase dont nous avons fait le titre de cette publication -, à elle seule, en rachète-t-elle toutes les imperfections !

Michel-Richard de Lalande estampe à partir du portrait réalisé par Jean-Baptiste Santerre

Michel-Richard de Lalande

[estampe réalisée à partir de l’unique portrait peint de son vivant
par Jean-Baptiste Santerre (1641-1717), portrait aujourd’hui perdu,
mais reproduit en gravure par Simon Thomassin (1655-1733)]

né à Paris le 15 décembre 1657,

mort à Versailles, le 18 juin 1726.

       « Michel Richard de Lalande est un Parisien. Il naquit dans la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, d’un marchand tailleur dont il était le quinzième enfant.
Vers sa quinzième année, c’était un organiste habile, un accompagnateur excellent, violoniste, et maître dans l’art de la composition telle qu’on l’entendait en France.
Lalande fut assez vite connu. Si Lulli, lors de l’établissement de l’Opéra, refusa de le prendre parmi les violons de son orchestre, il fut bientôt appelé aux orgues de Saint-Gervais, de Saint-Jean, des Jésuites de la maison professe et du Petit-Saint-Antoine, qu’il servit en même temps. En 1673, il concourut pour l’orgue de la Chapelle du Roi et son 
âge seul l’empêcha d’être choisi. Peu après, le duc de Noailles lui confiait l’éducation musicale de sa fille.
Bientôt, Lalande fut choisi pour montrer à jouer du clavecin aux deux filles de Louis XIV et de Madame 
de Montespan, Mademoiselle  de Nantes et Mademoiselle  de Blois. En même temps, dit son biographe, « Sa Majesté lui faisait composer de petites musiques françaises qu’Elle venait examiner elle-même plusieurs fois  le jour et qu’Elle lui faisait retoucher jusqu’à ce qu’Elle fut contente ».
Ces compositions, divertissements, cantates, ballets, pièces instrumentales, dont beaucoup ne subsistent plus, firent de Lalande, à qui la faveur royale ne manqua jamais, un compositeur très à la mode.

Michel-Richard de Lalande : Chaconne
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   En 1683, la maîtrise de la Chapelle du Roi venant à vaquer par la retraite de Du Mont et Robert, la place fut mise en quartier et, après un concours très solennel, quatre maîtres furent choisis, entre autres Lalande. Peu à peu il arrive à réunir sur sa tête les quatre quartiers et il exerce cette charge jusqu’à sa mort.
Sa vie désormais s’écoula tout entière à Versailles, entre les devoirs de ses charges (il est aussi Surintendant de la musique de la
Chambre à partir de 1689) et ses travaux de compositeur.
D’abord marié, en 1684, à Anne Rebel, la sœur du violoniste compositeur Jean-Féry Rebel, qui lui donna deux filles chanteuses excellentes mais qui moururent toutes deux très jeunes en 1712 ; il devint veuf en 1723. Il se remaria l’année suivante avec Mademoiselle 
de Cury, fille d’un chirurgien de la princesse de Conti, et aussi cantatrice distinguée.

   Nous n’avons pas à nous occuper ici de son œuvre profane dont une partie subsiste manuscrite dans diverses bibliothèques. Il suffira de citer (au Conservatoire de Paris, collection Philidor) les pièces instrumentales Musique pour les soupers du Roy, et aussi le ballet des Éléments (1721), écrit en collaboration avec Destouches, qui se trouve réédité par M. d’Indy dans la collection Michaëlis.
Malgré le grand mérite de ces compositions, le titre de gloire le plus solide de Lalande est dans ses 40
Motets à grand chœur et orchestre, publiés en cinq livres, en 1729, par les soins de sa veuve. En même temps paraissaient Trois Leçons de Ténèbres avec un Miserere à voix seule. Ce sont là les seules de ses œuvres imprimées. Avec un Laudate Dominum (deux voix, à instruments à vent et basse-continue) et un court Domine Salvum (Bibl. de Versailles, ms. music. n° 18), c’est tout ce qui reste de l’œuvre religieuse de Lalande.

Michel-Richard de Lalande : Concert de trompettes
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   Voici le titre du recueil manuscrit de Versailles (n° 18) : Motets de Messieurs de Lalande, Mathau, Marchand l’aisné, Couperin et Dubuisson, qui servent dans les départs de Sa Majesté de Versailles à Fontainebleau, et de Fontainebleau à Versailles, avec une petite musique qui reste pour les Messes des derniers jours pendant que toute la musique prend les devants afin de se trouver tous à la messe du premier jour. Recueillis par Philidor l’aisné… fait à Versailles, 1697. Ce sont des pièces à 3 voix, deux dessus et basse, ordinairement accompagnées de deux violons avec basse continue. Un motet de Lalande, Laudate dominum, est pour 2 voix, dessus et basse, avec flûtes, hautbois, trompettes, timbales et basse continue.

   Les motets à grand chœur sont un des monuments les plus caractéristiques de l’art français. Ils attestent à la fois la haute valeur de Lalande et l’originalité de la culture musicale de son temps, beaucoup plus variée, plus forte et plus profonde que ne le révèle l’opéra de Lulli où l’on croit voir à tort le plus bel effort de l’art du XVIIème  siècle. Les contemporains mettaient au même rang Lalande et Lulli ; il faut voir dans ce rapprochement une forme de louange plutôt que l’expression d’une similitude de style ou d’inspiration.
La forme du grand motet — suite de morceaux divers, indépendants quoique exécutés sans interruption à l’ordinaire — ne répugne pas sans doute à l’esthétique lulliste. Comme à l’Opéra, si l’on veut, les chœurs ou les morceaux d’ensemble y succèdent aux airs. Mais la conception et la réalisation sont différentes dans les deux genres.
L’écriture de Lalande, dans les morceaux polyphoniques, est beaucoup plus figurée. Du style fugué — à la française — il fait un usage habituel. Alors même qu’il n’y a point de recours, il ne se contente qu’exceptionnellement de l’homophonie chère au Florentin. La trame de ses ensembles s’étoffe constamment d’imitations, très courtes sans doute, souvent à peine esquissées, mais qui les animent singulièrement. Rien de plus étranger à Lulli que ce genre de contrepoint, traditionnel chez les Français depuis Du Caurroy et qui, chez Lalande, se complète par l’emploi régulier d’une ou deux parties obligées de violon ayant leur dessin propre et circulant infatigablement au travers des chœurs.
II est facile de trouver dans l’œuvre de Du Mont le modèle immédiat sur lequel le compositeur s’est formé. II n’a fait qu’étendre les procédés dont le vieux maître de Liège lui avait fourni les premiers essais.

Michel-Richard de Lalande : Te Deum
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   Dans les airs à une ou deux voix, Lalande innove davantage. On lui doit les premières tentatives en France de l’air concerté, où un ou deux instruments dialoguent en imitation avec la voix. S’il demeure loin de ce que Bach fera en ce genre vingt ou trente ans plus tard, sa conception est tout à fait du même ordre. Peut-être au surplus l’emprunta-t-il aux maîtres italiens dont nous savons que les œuvres lui furent familières.

   Au point de vue strictement harmonique, Lalande est encore plus éloigné de Lulli. Il est certain que l’influence de celui-ci contribue grandement à appauvrir la technique. Il est non moins sûr que le matériel dont Lalande fait usage est exactement celui de Rameau. Toutes les combinaisons de fils qui se retrouvent dans l’œuvre de Rameau (…), sont employées, chez Lalande ; et si celui-ci — comme divers de ses contemporains d’ailleurs — était moins ignoré, il ne viendrait à personne l’idée de faire honneur à Rameau d’une foule d’inventions sonores usuelles dans l’école musicale française bien avant lui, encore que l’art de Lulli les ait tout à fait ignorées.
Les mêmes observations s’imposent pour l’orchestre. 
Quoique celui de Lalande nous soit parvenu sous la forme schématique des publications de ce temps, il est facile d’observer au moins des recherches de détail significatives. L’emploi des instruments solos, flûtes, hautbois, violon ou basson, y est extrêmement ingénieux et devait s’opposer heureusement aux massives sonorités du quatuor et de l’orgue soutenant, en les doublants, les grands ensembles.

Michel-Richard de Lalande : Regina cœli
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   Il est plus malaisé de caractériser en peu de mots la valeur expressive et proprement musicale de l’œuvre.
Tout d’abord, notre conception de l’art religieux ne s’accorde que très mal avec celle de ces motets, écrits sur le texte des psaumes et faits pour être exécutés, sans souci des convenances liturgiques, au cours d’un office auquel ils demeuraient pour ainsi dire étrangers. Puissamment décoratifs, les musiques de Lalande concèdent assez peu à l’onction et à la piété ; en revanche, le musicien s’y montre fort exact à traduire, sans exagération, tout ce qui est pittoresque ou dramatique. Cependant il est beaucoup d’airs ou de duos comprenant (…) une expression touchante ou pathétique de la plus grande beauté.
Il est tels ensembles enfin qui valent — et grandement — par la splendeur des sonorités et la magnificence des formes. Sous ce rapport, Lalande pourrait très justement être rapproché de Hændel qui n’a pas moins que lui recherché ces effets grandioses ; et quelque difficulté que puisse éprouver un moderne à sentir pleinement le prix de cet art majestueux, d’une noblesse et d’une pompe presque constamment soutenues, il convient d’admirer en ce très grand maître un des musiciens les plus représentatifs de la tradition française.

   Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles. »

Jules Combarieu (1859-1916),
musicologue, docteur ès lettres,
dans Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle,
tome III ( Paris Librairie Armand Colin, n° 743, 1919 )

 Michel-Richard de Lalande : Grande pièce royale
« Fantaisie ou caprice que le Roy demandoit souvent »
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Armoiries de Michel-Richard de Lalande - blogue

Armoiries de Michel-Richard de Lalande

2026-113. Rendez-vous légitimiste : mardi 14 juillet 2026.

Journée contrerévolutionnaire

et légitimiste

au Mesnil-Marie

Mardi 14 juillet 2026

Drapeau fleurdelysé avec citation

   La Fédération Rhodanienne Légitimiste invite les adhérents des Cercles qui la composent ainsi que les sympathisants de la cause légitimiste à marquer le 14 juillet autrement : elle organise donc une journée contrerévolutionnaire, qui, pour cette année 2026, se tiendra dans le cadre du Mesnil-Marie, à Saint-Martial (07310).

   Le programme détaillé en sera communiqué personnellement aux personnes intéressées : nous mentionnons seulement ici que cette journée sera composée de temps spirituels et d’enseignements, et également de moments d’échanges.

Renseignements : fede.legi.rhod@gmail.com

Lys de la Madone

2026-112. A la louange et à la gloire de Saint Antoine de Padoue – bis.

13 juin,
Fête de Saint Antoine de Padoue, confesseur de l’Ordre séraphique et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire de la publication de l’Edit de Milan (13 juin 313 – cf. > ici).

Tolbiac et Saint Antoine

Chers Amis du Mesnil-Marie,

       Feu mon prédécesseur en cette Principauté monastique – je veux parler, vous l’aurez compris, du regretté Maître-Chat Lully – avait, en 2014, signé une chronique intitulée « A la louange et à la gloire de Saint Antoine de Padoue » (cf. > ici) pour raconter à nos amis un fait parfaitement authentique montrant comment Frère Maximilien-Marie avait bénéficié de l’aimable secours du célèbre et très populaire fils de Saint François d’Assise.
Je m’autorise aujourd’hui à reprendre le même titre pour vous relater une autre intervention de Saint Antoine en faveur de mon papa-moine.

   Bien sûr, ce n’est pas l’unique qui se soit produite dans l’intervalle qui s’est écoulé depuis celle qu’avait narrée le cher Lully : Frère Maximilien-Marie aime à dire qu’il a souscrit depuis fort longtemps un abonnement premium assorti d’une carte de fidélité aux généreux services du bon Saint Antoine, lequel ne déçoit jamais la confiance que l’on place en lui, même si parfois – pour des raisons qui n’appartiennent qu’à lui et qui sont indubitablement plus solides que celles nées des impatiences humaines – il arrive que notre cher thaumaturge travaille aussi à mettre à l’épreuve la patience de notre Frère !

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   Dans la chronique de 2014 sus-citée, il était question de la statue de Saint Antoine de Padoue en terre-cuite placée à l’entrée de notre Oratoire. Depuis cette époque, notre Oratoire a bénéficié de nouveaux aménagements, d’améliorations et d’embellissements : entre autres, les statues de saints que nous vénérons plus spécialement s’y trouvent en plus grand nombre, et elle sont été « harmonisées ». Elles sont toutes de même taille (40 cm), et chacune est placée sur un petit socle en bois à dosseret ; cela confère à notre Oratoire un caractère d’unité et d’équilibre.
Ainsi, Saint Antoine de Padoue a-t-il eu une nouvelle statue (photo ci-dessus), et la statue en terre-cuite précédemment citée (une grande statue provenant d’une église, mais dont elle avait été chassée par l’iconoclasme moderniste des années 60/70 du précédent siècle) s’est-elle retrouvée à la sacristie.

   Ceux qui nous connaissent bien et qui sont déjà venus au Mesnil-Marie le savent, notre plus proche voisine – souvent absente – loue sa grande maison en gîte ; certains de nos amis en profitent parfois.
Frère Maximilien-Marie a un double de la clef, parce qu’il arrive qu’il fasse l’accueil des personnes qui vont y séjourner ; ou bien il va mettre la chaudière et les chauffe-eau en route la veille de l’arrivée des hôtes… etc.

   Or, à l’automne 2025, avant les vacances de la Toussaint, après avoir justement été mettre le chauffage en route, et après avoir refermé la porte à clef, Frère Maximilien-Marie a égaré la dite clef.
Il s’est rendu compte presque aussitôt qu’il ne l’avait plus en mains : il a refait le trajet plusieurs fois, pour le cas où elle aurait chu au sol entre les deux maisons ; il a passé au peigne fin la grande pièce – chez nous – en laquelle il se trouvait, venant d’arriver de chez notre voisine, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne l’avait plus (puisqu’il est normalement inutile de chercher là où on n’est pas allé !!!) ; il a vidé et retourné toutes ses poches : Rien !

   Nous avons recommencé les recherches les jours suivants : Rien ! Toujours rien ! 

Fr.Max.M. retourne ses poches à la recherche d'une clef

      Et pourtant nous avons invoqué, invoqué, invoqué notre cher Saint Antoine, sans douter un seul instant du fait qu’il nous viendrait immanquablement en aide.
Néanmoins, les jours, les semaines et les mois se sont écoulés…

   Des amis, qui devaient venir passer avec nous la Semaine Sainte 2026, ont vu leur départ retardé de plusieurs heures parce que, après avoir chargé leur véhicule, qu’ils ont évidemment fermé, ils en ont égaré la clef.
Toutes les recherches étant vaines, malgré les invocations répétées à Saint Antoine et malgré les « neuvaines expresses » qu’enchaînait mon papa-moine (nota bene : il appelle « neuvaine expresse » neuf minutes de prières intenses au saint thaumaturge), la clef du véhicule demeura introuvable.
Nos amis durent donc faire appel à un serrurier pour qu’il vînt ouvrir l’automobile avec ses outils. Ensuite, ils purent transvaser leurs bagages dans une autre – plus grande – qu’on leur prêtait…

   Pendant les conversations postérieures à leur arrivée, Frère Maximilien-Marie les a exhortés à ne pas se lasser de recourir à Saint Antoine et à garder confiance dans l’efficacité de son intercession, en étant convaincus qu’il y avait certainement de sa part une action – incompréhensible pour nous à ce moment-là – qui prendrait tout son sens plus tard.
Comme ces amis sont en train d’aménager une chapelle, notre Frère leur a alors proposé de leur offrir la statue de Saint Antoine de Padoue, remisée dans notre sacristie, pour qu’il l’y placent, afin d’anticiper en quelque manière l’action de grâces pour la recouvrance de leur clef de voiture.
Cette proposition fut acceptée.

Recouvrance de la clef de notre voisine

   Le lendemain, qui était le mercredi saint, Frère Maximilien-Marie se trouvait à la sacristie et commençait la préparation du reposoir à l’autel latéral de l’Oratoire, lorsque l’un de nos amis venant lui proposer son aide, il lui a déclaré : « Puisque vous êtes là et que votre véhicule, plus grand que prévu, vous permettra d’emporter la statue de Saint Antoine de Padoue, commençons par l’emballer et, ainsi, vous pourrez la charger dans la foulée… »

   Sitôt dit, sitôt fait : Saint Antoine, dûment enveloppé de « papier bulle », fut bientôt empaqueté dans un grand carton, avec lequel notre ami quitta l’Oratoire.

   Mon papa-moine se trouvait à ce moment-là devant l’autel de la Sainte Vierge, et il a entendu le cliquetis d’un objet métallique qui tombait à ses pieds : tellement à ses pieds qu’il dû relever un peu le bas de sa bure pour apercevoir, sur le tapis, juste devant ses sandales – « Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent » [Marquise de Sévigné, lettre du 15 décembre 1670 à M. de Coulanges] -, la clef de la maison de notre voisine ; celle-là même qui était introuvable depuis six mois !

   Nous savions bien, nous, que cette clef avait été égarée entre le moment où notre Frère Maximilien-Marie avait fermé la porte la maison de notre voisine et, quelques minutes plus tard, le moment où il avait réalisé qu’il ne l’avait plus en main, dans notre salle de séjour, c’est-à-dire à l’étage en-dessous de la sacristie et de l’oratoire : il était donc naturellement impossible que cette clef se trouvât à ce niveau-ci !
Nous savions bien, nous, que Frère Maximilien-Marie avait tourné et retourné ses poches pour essayer de la retrouver… et, depuis six mois, il avait maintes fois changé de vêtements, lesquels avaient été lavés et repassés : il était donc impossible que la clef y fût cachée !

   La seule explication possible pour nous, c’est que Saint Antoine avait répondu à notre confiance et qu’il nous rapportait la clef égarée de la manière la plus improbable qui puisse être, de telle sorte que nous ne puissions douter que c’était lui, et nul autre, qui était intervenu. Et cela, « pile-poil » au moment où, donnant sa statue, celle-ci quittait la sacristie du Mesnil-Marie où elle se trouvait en situation d’attente, pour aller être honorée dans une nouvelle chapelle !

   Evidemment, quand ils sont rentrés chez eux, nos amis ont retrouvé la clef de leur véhicule… dans un endroit hautement improbable, eux aussi.
Alors, vive Saint Antoine de Padoue, qui, même s’il met parfois à l’épreuve notre confiance et notre patience, répond toujours à nos prières !

pattes de chatTolbiac.

La clef retrouvée grâce à Saint Antoine - blogue

2026-111. « Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois ».

Jeudi soir 11 juin 2026,
Anniversaire du Sacre de Louis XVI (11 juin 1775).

Armes de France & Navarre

       Ce jeudi 11 juin 2026, alors que nous étions entré dans la si belle et si importante fête du Sacré-Cœur de Jésus, puisque les premières vêpres en étaient achevées, Monseigneur le Prince Louis de Boubon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX a annoncé sur les réseaux sociaux la parution dans les pages du Figaro (cf. > ici), d’une tribune intitulée «Saint-Denis n’est pas le symbole de la nouvelle France !», dans laquelle, s’insurgeant avec vigueur contre l’instrumentalisation de la ville de Saint-Denis, orchestrée par un parti révolutionnaire dont le tribun aboie – à l’occasion – pour exalter Robespierre, notre Souverain légitime « remet quelques pendules à l’heure » et rappelle le caractère unificateur de la royauté capétienne traditionnelle.

   Ce texte est vraiment un magnifique cadeau que nous fait notre Roi en cette fête du divin Cœur de Jésus !

   Voici tout d’abord le texte publié par Sa Majesté sur les réseaux sociaux pour inviter à lire sa tribune :

   « Alors que l’orage de la partition gronde en France, je souhaite réaffirmer la source d’unité qu’a pu être et que pourrait redevenir la monarchie. En ces temps de trouble, l’histoire millénaire de la France ne doit pas être un motif de nous diviser, mais au contraire de nous retrouver.

   Dans les colonnes du Figaro je rappelle que la monarchie a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes.
L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière.
Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale ».

Louis XX à Aix-en-Provence mai 2026

Sa Majesté le Roi lors de son récent
déplacement en Provence (mai 2026)

Et maintenant, voici l’intégralité du texte de la tribune de Sa Majesté dans Le Figaro :

       « Saint-Denis, la ville des rois morts et du peuple vivant. » C’est une phrase devenue à la mode. En un sens, elle n’est pas fausse. La nécropole des souverains qui ont fait la France est au cœur d’un des départements les plus jeunes du pays, un des derniers qui tire la démographie française vers le haut. Le contraste est saisissant. Comme si cette terre était rendue plus fertile grâce à un terreau sacré.
Quelle chance pour le peuple de Seine-Saint-Denis que de vivre à l’ombre d’un des monuments les plus emblématiques de notre histoire. Car en effet, ce mausolée abrite les dépouilles de ceux qui, patiemment, ont bâti notre pays. Ils lui ont donné sa forme, un espace géographique – un des plus beaux qui soit – mais aussi une âme. Une âme que le monde entier nous a enviée, faite d’honneur, de justice et d’élégance.
Cette longue histoire et cette construction millénaire se rappellent à nous chaque année. Ainsi, nous célébrons en 2026 les 800 ans du sacre de Saint Louis, roi du peuple s’il en est. S’occupant des malades et des pauvres, soucieux de faire appliquer une bonne justice pour tous, désireux de la paix avec les États voisins. Cela serait un beau programme de gouvernement pour la France du XXIe siècle. Justice sociale, souci des plus petits et des plus faibles, paix dans le monde.
Bien sûr nous pouvons aussi faire le choix de la division. De dresser une France contre l’autre. De souhaiter l’avènement d’une nouvelle contre une ancienne. De fracturer la population française en autant de peuples irréconciliables. Si nous aimons la fureur et le fracas, si nous aimons mieux déconstruire que bâtir, si nous voulons briser l’âme de notre pays et partant son peuple, alors nous pouvons suivre ces sirènes. Mais je ne saurai m’y résoudre. Ni pour la France, ni pour les Français.
Je ne veux pas renvoyer dos à dos notre histoire millénaire et le peuple vivant de 2026. Je ne veux pas prendre l’un pour écraser l’autre.

   En tant qu’aîné des Capétiens, je veux rappeler l’héritage de ma tradition politique : c’est celle d’une royauté qui, œuvrant pendant plus de 800 ans, a constitué sans se hâter notre territoire national. Elle a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes. L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Bien entendu, tensions et violences ont existé dans ce processus mais les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière. Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient assumées et unifiées dans la personne royale. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale.
Nous avons oublié que la détention de l’autorité et l’exercice du pouvoir impliquent forcément un respect mutuel entre celui qui la détient et qui l’exerce et celui sur lequel ils s’appliquent. L’un et l’autre ne sont pas négociables. Cela détermine à terme la cohérence politique et sociale de notre Patrie.

   Soyons intraitables avec ceux qui veulent former un État dans l’État comme nous devons l’être avec ceux qui souhaitent un égalitarisme stérile qui penserait masquer des différences pourtant nécessaires à l’épanouissement d’une société. Puisons dans notre histoire des enseignements féconds plutôt que de vouloir la brocarder. Faisons-la aimer dans ce qu’elle a d’aimable aux populations qui l’ignorent.
Il ne saurait y avoir de nouvelle France. Il y a encore et toujours ce même pays qui évolue, qui se renforce ou qui s’affaiblit, qui se divise ou qui s’unifie, qui s’enrichit ou qui s’appauvrit au gré des âges. Notre passé européen nous renseigne qu’aucune nation n’est éternelle. La nôtre pas plus qu’une autre. Alors ne provoquons pas sa sortie de route de l’histoire. Continuons à la faire vivre. Apprenons à trouver des repères unificateurs, inscrivons-nous dans le temps long d’une réelle continuité.

   A Saint-Denis, en effet mes ancêtres capétiens, mais également mérovingiens et carolingiens sont bel et bien morts. 1500 ans d’histoire reposent dans le calme. Mais quelque part leur action est encore vivante à travers la France contemporaine. Et je désire au plus profond de moi-même que leur exemple, leur figure et leur action continuent à être de puissants ressorts fédérateurs.
Le peuple vivant de la France de 2026, c’est-à-dire l’ensemble de la population française sans exception, ne saurait vivre malgré eux voire en opposition à eux.
Les Français établis de longue date comme les plus récemment arrivés sont et doivent être les fils spirituels de notre histoire et de nos rois. Les premiers sont parfois oublieux de leur passé en raison des carences éducatives dramatiques de notre système d’instruction ; les seconds sont maintenus dans un état d’ignorance coupable voire même de mensonges et d’exagérations criminels. Nous ne donnons plus les clés nécessaires pour comprendre, accepter et intégrer notre histoire. Les uns la négligent, les autres ne la connaissent pas ou la détestent. Quant à ceux qui considèrent la France comme une identité secondaire, voire administrative, ils ne comprennent décidément pas ce qu’est la France et doivent en tirer les conséquences.
Il est grand temps de réparer toutes ces inconséquences.
Il est grand temps d’arrêter de souffler sur les braises de la division qui ne demandent qu’à s’enflammer.

   En tant que Chef de la Maison de Bourbon, j’aspire à incarner une forme de continuité, un repère dans lequel tous puissent se retrouver.
A l’ombre d’une Couronne unificatrice, transcendance et subsidiarité peuvent se conjuguer. Verticalité et autonomies locales peuvent coexister. Retrouvons le goût des différences qui se complètent et qui ne s’opposent pas, le goût de la continuité historique, le goût de la paix entre les différents corps sociaux.
Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois. Je veux qu’elle affronte les difficultés du temps, groupée autour d’un dénominateur commun, et qu’elle surmonte cette crise sociale, économique et identitaire. La monarchie peut être le creuset du peuple vivant de demain qui ne continuera à exister que s’il prend appui sur le peuple mort, celui de l’ensemble de nos ancêtres qui nous ont transmis ce pays, sa langue, ses coutumes et sa douceur de vivre.

   Mes ancêtres les rois Henri IV et Louis XVIII, après les affres de guerres civiles qui avaient tant divisé les Français, ont chacun établi leur règne sur deux mots : paix et unité. Deux cents ans après le dernier, leur successeur n’a pas d’autre souhait pour la France.

   Que Saint Louis, modèle des gouvernants, protège notre pays de la division, et garantisse la paix à notre temps.

Basilique de Saint-Denys simulation de la façade restituée

La basilique-nécropole royale de Saint-Denis
avec sa tour nord reconstruite
telle que nous espérons la voir bientôt.

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