2019-97. Boumbadaboum…

Samedi 21 décembre 2019,
Fête de Saint Thomas, apôtre ;
Samedi des Quatre-Temps d’hiver.

Le Mesnil-Marie Toussaint 2019

Le Mesnil-Marie le jour de la Toussaint, 1er novembre 2019

Le Mesnil-Marie 14-15 novembre 2019

Le Mesnil-Marie lors de l’épisode neigeux des 14 et 15 novembre 2019

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tous ceux d’entre vous qui sont venus « en chair et en os » au Mesnil-Marie (tous ceux aussi qui y sont venus par la pensée parce que, éloignés géographiquement et n’ayant pas [pas encore] eu l’occasion de nous y rendre visite mais nous sont unis par des liens amicaux et spirituels qui les tiennent en profonde communion avec notre vie) n’ont pas manqué de remarquer la ravissante petite voûte qui se trouve à main gauche lorsqu’on se tient en face de la façade sud de notre petite bastide…
… ou plus exactement : qui se trouvait, jusqu’à ce samedi 21 décembre un peu avant 9 h du matin.

Le Mesnil-Marie 21 décembre 2019

En effet, quelques minutes avant 9 h, alors que je me trouvais dans mon bureau à écrire, j’ai entendu une espèce de grondement sourd dont la tonalité évoquait celle de pierres en mouvements.
Je ne parvenais pas encore à identifier de quel endroit provenait ce bruit et j’ai regardé par la fenêtre : en même temps que je voyais de grosses pierres arriver dans le lit de la béalière (cf. > ici), j’ai aperçu sur la route mon voisin se dirigeant vers notre Mesnil-Marie et regardant avec stupéfaction à l’angle sud-ouest du bâtiment.
Ouvrant la fenêtre, je me suis penché pour regarder à mon tour dans la direction où se portaient ses regards et j’ai vu…

Le Mesnil-Marie 21 décembre 2019 - 3

L’effondrement de la voûte et d’une partie du mur de soutènement de la terrasse Saint-Constantin
Samedi 21 décembre 2019

Le Mesnil-Marie 21 décembre 2019 - 2

Ce grand mur de soutènement de la terrasse Saint-Constantin et cette voûte – construits au XIXème siècle – présentaient des signes de fatigue et j’envisageais d’ailleurs d’y entreprendre des travaux de consolidation.
Les épisodes cévenols de ces derniers temps, les quantités impressionnantes d’eau qui sont tombées et qui ont ruisselé, ont, de toute évidence, accéléré le processus de fragilisation, jusqu’à provoquer cet effondrement.
Ce sont des travaux de bien plus grande ampleur qu’il va désormais falloir envisager !

Dans un premier temps, il faudra attendre que certaines parties dégringolent encore : cela ne saurait tarder compte-tenu des fissures du terrain dans le sol de la terrasse Saint-Constantin.

Il faudra bien sûr sécuriser les lieux pour empêcher tout accident… et que je me débrouille pour ménager un accès au compteur électrique, inaccessible en l’état actuel.
En attendant, je prie pour qu’il ne « saute » pas, car je me trouverais dans l’impossibilité d’aller ré-enclencher le disjoncteur.

Le Mesnil-Marie 21 décembre 2019 - 4

Il faudra que je recoure aux conseils des bonnes personnes pour savoir précisément ce qu’il convient de faire, et pour ensuite prévoir des travaux.
Nous entrons tout juste dans l’hiver, et nous risquons d’avoir encore des précipitations abondantes, des ruissellements importants, les interactions du gel et du dégel, …etc. J’espère donc que, en attendant de pouvoir intervenir, les dégâts n’empireront pas trop.

Que Dieu Notre-Seigneur, Notre-Dame de Compassion, les Saints Anges et tous nos saints tutélaires – en particulier Sainte Philomène – nous soient protection et assistance !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

 moine perplexe gif

Publié dans : Chronique de Lully | le 21 décembre, 2019 |18 Commentaires »

2019-96. Pour aller à Bethléem…

Vendredi des Quatre-Temps d’hiver 20 décembre 2019,
Vigile de Saint Thomas.

Pour aller à Bethléem - détail 2

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous vous souvenez, sans aucun doute, de la manière dont feu le Maître-Chat, prenait une part active à la préparation de la grande crèche de notre oratoire (cf. par exemple > ici), mais il attachait toutefois une plus grande importance à la préparation intérieure à la fête de la Nativité de notre divin Rédempteur, Verbe de Dieu incarné, et, dans ses prévisions de publication, il avait mis de côté l’une de mes modestes bandes dessinées – datée du mois de décembre 1991 – qu’il n’avait point encore publiée dans les pages de ce blogue.

En ces jours des Quatre-Temps d’hiver (pour l’explication des Quatre-Temps voir > ici) où la liturgie nous prépare d’une manière plus intense à l’événement de Bethléem et afin de mieux disposer nos âmes à la célébration de la naissance du Sauveur, cette bande dessinée constitue un résumé des dispositions qui nous doivent animer intérieurement jusqu’à l’heure de la Nativité…

Frère Maximilien-Marie.   

Pour aller à Bethléem recto

Pour aller à Bethléem verso

Pour lire ou relire l’historique de la crèche > ici
Et pour alimenter encore votre méditation vous pouvez relire > « Chemin de Bethléem, école d’oraison »

Pour aller à Bethléem - détail 1

Publié dans : Bandes dessinées, De liturgia, Prier avec nous | le 20 décembre, 2019 |1 Commentaire »

2019-95. Urgent : Nouvelle entrée au dictionnaire de l’Académie.

Lundi 16 décembre 2019,
Fête de Sainte Adélaïde de Bourgogne, impératrice ;
Commémoraison de Saint Adon, archevêque de Vienne et confesseur ;
Commémoraison de Saint Eusèbe, évêque de Verceil et martyr ;
Lundi de la 3ème semaine de l’Avent.

Dictionnaire de l'Académie Française

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce matin, en avant-première, j’ai l’honneur de vous annoncer que, à la demande du gouvernement, la très illustre Académie Française s’est réunie en urgence la nuit dernière pour une assemblée plénière extraordinaire de la plus haute importance.
Tous les membres de la vénérable institution étaient présents.

A l’unanimité, les « Immortels » (qui avaient été tirés de leurs lits à 2 h du matin par la force publique) ont décidé l’entrée immédiate d’un nouveau verbe dans le Dictionnaire de l’Académie, ouvrage de référence absolu de la langue française et de ses usages, et ils ont donné à son sujet les précisions suivantes :

Delevoyer (verbe transitif – 1er groupe).

Note : Le verbe « delevoyer » se conjugue exactement comme le verbe « dévoyer » dont il n’est pas un synonyme.

Définition : Omettre en toute bonne foi.

Restriction d’usage (très important) : L’utilisation du verbe « delevoyer » est strictement réservée au domaine administratif fiscal et elle est affectée d’une manière absolue et exclusive aux élites de la république (francs-maçons, membres du gouvernement, députés et sénateurs de la majorité présidentielle, amis du Chef de l’Etat… etc.).
En revanche, son usage – ainsi que la pratique qu’il désigne – est rigoureusement interdit au peuple, et il pourrait valoir aux transgresseurs de cette règle les plus sévères sanctions pénales et fiscales. 

J’espère, mes bien chers amis, que vous aurez bien pris note de ces nouvelles dispositions et je ne doute pas qu’elles vous seront des plus utiles…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Académie-Française

2019-94. « Leur dieu, c’est leur ventre ! »

Vendredi 13 décembre 2019,
Fête de Sainte Lucie, vierge et martyre ;
6ème jour dans l’octave de la Conception immaculée de Notre-Dame ;
Anniversaire de la naissance de SM le Roi Henri IV (cf. > ici et > ici).

Leur dieu c'est leur ventre

Spiritualité de l’Avent, voir > ici
Attendre l’avènement de Notre-Seigneur sans relâcher notre vigilance ni notre pénitence > ici

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs, De liturgia | le 13 décembre, 2019 |3 Commentaires »

Recette du Mesnil-Marie : potiron au miel et au thym rôti au four.

Jeudi 12 décembre 2019,
Fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > ici).

Potiron au miel et thym rôti au four

Voulez-vous savoir ce qu’il y a dans mon assiette ?
Lisez et vous le saurez !

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Il est fréquent que, lorsque je reçois des hôtes au Mesnil-Marie, j’en profite pour inaugurer de nouvelles recettes : j’aime bien taquiner mes convives en leur disant que je me sers d’eux comme cobayes ! Jusqu’à présent, je le précise pour ceux qui auraient tendance à faire du mauvais esprit, il semble que je n’ai empoisonné personne et que mes amis sont plutôt heureux de venir goûter à mes recettes monastiques, et que lorsqu’ils me disent que « c’est bon » ce n’est pas uniquement par politesse, puisqu’ils reviennent !!!

Bref ! Comme il y a plus d’une année que je ne vous ai pas proposé de nouvelle recette, j’ai résolu de vous livrer celle que j’ai expérimentée hier sur l’un de mes amis de passage : une recette très facile qui satisfaisait à la fois aux exigences de la période du jeûne et de l’abstinence monastiques préparatoires à la Nativité de Notre-Seigneur (aucun met d’origine animale), et au souci d’honorer mon hôte. 

- Potiron au miel et au thym rôti au four -

Ingrédients (pour 2 personnes) :

- Environ 800 grammes de potiron (avant épluchage et épépinage – note : on peut aussi utiliser du potimarron ou tout autre cucurbitacée).
– Thym, sel, poivre, miel liquide, huile d’olive.

Préparation :

- Préchauffer votre four à 180°.
- Eplucher le potiron et retirer les graines et les filaments, couper en gros dés, les disposer dans un plat à gratin.
- Saler, poivrer, saupoudrer de thym.
- Dans un bol, préparer un mélange d’huile d’olive, de miel liquide et de thym (chacun dose selon ses préférences).
- Verser cette préparation sur les dés de potiron, bien mélanger et enfourner pendant environ 50 mn (il faut que tous les dés soient bien tendres, pour cela, en cours de cuisson, il ne faut pas hésiter à sortir le plat du four et à retourner les dés de potiron) ; sur la fin de la cuisson vous pouvez aussi, à votre convenance, mettre quelques minutes en position grill.

- Ce potiron miel et thym rôti accompagne délicieusement un riz (auquel on peut si on le désire ajouter un peu de sauce soja), et peut être servi avec du rôti de porc (ce qui fut le cas pour mon hôte, et non pour moi).

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon appétit…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

chats et citrouilles

Et toutes les autres recettes déjà publiées sur ce blogue sont accessibles > ici.

Publié dans : Recettes du Mesnil-Marie | le 12 décembre, 2019 |4 Commentaires »

2019-93. De Sainte Barbe, la grande martyre de Nicomédie, envers laquelle nous entretenons une grande dévotion.

4 décembre,
Fête de Sainte Barbe, vierge et mégalomartyre.

Sainte Barbe

Sainte Barbe
statue en calcaire polychrome (années 1520-30) dans l’église de Villeloup, en Champagne.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a quelques années, feu Monseigneur le Maître-Chat vous avait entretenu de la belle tradition du « Blé de la Sainte Barbe » que l’on plante en ce 4 décembre (cf. > ici), mais aujourd’hui, je tiens particulièrement à évoquer la figure même de « cette glorieuse Martyre, si célèbre dans tout l’Orient, et dont l’Eglise Romaine a depuis longtemps adopté le culte », selon les termes mêmes de Dom Prosper Guéranger dans « L’Année liturgique ».
Sainte Barbe (ou Barbara, ce qui est la forme grecque et latine de son nom) n’est pas seulement ponctuellement présente dans la vie de notre Mesnil-Marie au jour de sa fête, mais c’est une sainte que nous invoquons fréquemment pour solliciter sa bienveillante protection, tout particulièrement lorsque les orages se déchaînent au-dessus des contreforts du Mont Mézenc : ils peuvent en effet être très violent ici, et la foudre pourrait provoquer de terribles dégâts (d’autant que le Mesnil-Marie se trouve implanté à équidistance de deux sommets volcaniques qui attirent spécialement la foudre).

Nous tenons par ailleurs à conserver à Sainte Barbe son titre de mégalomartyre que lui donne la tradition grecque, comme c’est aussi le cas – entre autres – pour ces saints qui nous ont également très chers : Saint Georges (23 avril), Sainte Marguerite d’Antioche (20 juillet), Sainte Thècle (23 septembre) et Sainte Catherine d’Alexandrie (25 novembre).

Lucas Cranach le vieux - martyre de Sainte Barbe 1510

Martyre de Sainte Barbe
Lucas Cranach le Vieux – 1510 (musée métropolitain d’art de New-York)

Mais voici la vie et le martyre de Sainte Barbe tels que Dom Prosper Guéranger les a résumés dans son « Année liturgique » :

« Barbe, Vierge de Nicomédie, fille à Dioscore, noble personnage, mais attaché aux superstitions païennes, parvint, à l’aide de la grâce divine, à connaître les choses invisibles par la vue de ce monde visible : c’est pourquoi elle ne voulut plus s’occuper que de Dieu seul et des choses divines. Son père. voulant, à cause du grand éclat de sa beauté, la soustraire aux regards des hommes, l’enferma dans une tour, où la pieuse vierge vivait dans la prière et la méditation, ne pensant qu’à plaire à Dieu seul, qu’elle avait choisi pour époux. Dioscore, à diverses reprises, lui offrit de nobles alliances qu’elle dédaigna généreusement. Pensant alors qu’en se séparant de sa fille, il pourrait plus facilement adoucir ses résistances, il fit construire un bain dans la tour qu’elle habitait, afin qu’elle eût toutes les commodités de la vie ; puis il partit pour une contrée lointaine.

Pendant l’absence de son père, Barbe  fit ajouter aux  deux fenêtres de sa tour, une  troisième  en l’honneur de la divine Trinité, et tracer l’image de la très sainte Croix sur le bord de la baignoire.  A son retour, Dioscore, ayant vu ces nouveautés et connu leur motif, s’emporta contre sa fille au point de se jeter sur elle, l’épée nue  à la main ; peu s’en fallut même qu’il ne la tuât dans sa fureur ; mais Dieu vint au secours de la vierge. Dans sa fuite précipitée, un énorme rocher lui ouvrit un passage, par où elle parvint au sommet d’une montagne, et se cacha dans une grotte. Peu après, ce père dénaturé, l’ayant découverte, l’accabla de coups, la foula sous ses pieds, la traîna par les cheveux à travers des sentiers âpres et rocailleux, et la livra lui-même au gouverneur Marcien, pour être châtiée. Celui-ci employa, mais en vain, tous les moyens pour l’ébranler. Il la fit battre nue à coups de nerfs de bœuf, et déchirer ses blessures encore fraîches avec des débris de poterie, enfin jeter dans une prison. Là, le Christ lui apparut, environné d’une grande lumière, et la fortifia merveilleusement pour sa dernière passion. Témoin de ce prodige, une dame, nommée Juliana, se convertit à la foi et partagea la palme de cette vierge.

Barbe eut encore les membres déchirés par les ongles de fer, les flancs brûlés avec des torches, la tête battue à coups de maillets ; et, dans ces tourments, elle consolait sa compagne et l’encourageait à combattre, sans faiblir, jusqu’à la fin. Enfin, toutes les deux eurent les mamelles coupées, furent traînées nues à travers les places publiques et décapitées. Ce fut un père abominable qui eut assez de barbarie pour trancher de ses mains la tête de sa  fille. Mais cette affreuse cruauté ne fut pas longtemps impunie : à l’heure même et au même lieu, la foudre l’étendit mort.

Le  corps  de cette bienheureuse vierge fut transporté d’abord, par les soins de l’Empereur Justin, de Nicomédie à Constantinople ; puis,  plus tard, les Vénitiens l’ayant obtenu des Empereurs Constantin et Basile, l’enlevèrent de Constantinople, et le déposèrent solennellement dans la basilique de Saint-Marc. Enfin, en dernier lieu, sur les instantes prières de l’Evêque de Torcello et de sa sœur qui  était Abbesse, on le transféra,  l’an  de notre salut 1009, dans l’église des religieuses de Saint-Jean l’Evangéliste, au diocèse de Torcello, où il fut honorablement enseveli, c’est présentement encore l’objet d’une constante vénération.

Tel est le récit de la vie et du martyre de la courageuse vierge de Nicomédie. On  l’invoque dans l’Eglise contre la foudre, en mémoire du châtiment que la  justice divine infligea à son détestable père. Sa qualité de protectrice du peuple chrétien contre le feu du ciel a fait donner son nom aux magasins de poudre sur les vaisseaux et l’a fait assigner pour patronne aux artilleurs, aux mineurs, et généralement aux corporations dans lesquelles on emploie la poudre à canon.
On la prie aussi pour être préservé de la mort subite, tant a fait d’impression sur les fidèles la fin terrible de Dioscore ».

Dans son « Guide de l’année liturgique », Dom Pius Parsch, cite cette antique formule populaire de prière adressée à Sainte Barbe :

O sainte Barbe, Ô vierge pure,
Veille sur mon âme et mon corps,
De mon vivant, comme à la mort,
Protège-moi, je t’en conjure ;
Obtiens qu’à mes derniers moments,
Je reçoive les sacrements.

Car – ainsi que le notait Dom Guéranger – on n’invoque pas uniquement Sainte Barbe pour être protégé de la foudre, mais aussi pour ne pas mourir sans préparation, et donc pas sans les derniers sacrements.
Elle est, par ailleurs, la patronne et céleste protectrice des architectes, des géologues, des mathématiciens, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des chimistes, des ingénieurs de combat, des métallurgistes, des démineurs et autres corporations liées au feu et à la poudre ; sainte protectrice des pétroliers militaires, des foreurs et des personnels de l’industrie des turbines à gaz, des carillonneurs, et des égoutiers.
Sainte Barbe est enfin la sainte patronne de l’École polytechnique, et le vénérable Pie XII l’a déclarée patronne de la marine italienne de combat par un bref du 4 décembre 1951.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

Sainte Barbe - vitrail de l'église Saint-Pierre à Bourg-Bruche (Alsace)

Vitrail de l’église Saint-Pierre, à Bourg-Bruche (Alsace)

2019-92. « Sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.»

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
adressé aux Français
à l’occasion de l’hommage national rendu aux treize soldats morts au Mali

frise lys deuil

L’hommage national rendu à nos treize soldats morts en opération est un moment de communion entre le pays tout entier et son Armée. Les Invalides y trouvent une part de leur vocation telle qu’elle avait été voulue par leur fondateur, mon aïeul Louis XIV. La France est reconnaissante à ceux qui la défendent. Ainsi, au-delà de la compassion qui est notre premier réflexe, compassion vis-à-vis des proches de nos morts, mais aussi de leurs régiments et de leurs frères d’armes qui partagent les mêmes dangers jours après jours, nous devons aussi poser les questions de fond. Il est facile de faire des déclarations au lendemain d’un drame, mais si elles réconfortent sans faire oublier la plaie qui ne se refermera jamais pour leurs parents, leurs enfants, leurs épouses, et leurs frères et sœurs, elles demeurent peu de choses par rapport au sacrifice de la vie.

Ces morts ne sont pas des morts ordinaires.
Ils nous rappellent à nos devoirs et au plus grand de ceux-ci, servir.

Dans un monde qui fait tant de place aux individualismes, le mot même de servir parait désuet si ce n’est oublié. Pourtant sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.

Le service passe pour la plupart d’entre nous par l’honnêteté du travail bien fait en vue du bien commun ; pour les soldats, il va jusqu’au sacrifice de la vie.
Le rôle des guerriers est reconnu dans toutes les sociétés de l’antiquité à nos jours, comme un des fondements de l’équilibre social. A ce titre il est exalté par les poètes et les écrivains et bénéficie d’une prise en compte spécifique dans la société. Cette place doit être maintenue car il y va de la survie du pays en tant que tel. Nous avons vu ces derniers jours des réactions malsaines apparaître en posant la question de savoir s’il ne faudrait pas se retirer d’un terrain d’opération – si lointain… -, si les centaines de morts que les OPEX déplorent déjà, ne sont pas suffisants. De telles pensées déshonorent ceux qui les professent et vont à l’encontre du service du bien commun qui réunit, justement, tous les Français à leur Armée. Ils savent qu’elle peut se sacrifier pour eux. A eux de mériter ce sacrifice.
Les Français le prouveront en étant sur le parcours de leurs valeureux héros sur le chemin des Invalides. 

Prince Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou

Armes de France pour le deuil

2019-91. Pour compléter la Crèche du Mesnil-Marie…

Jeudi 28 novembre 2019,
Octave de la Présentation de Notre-Dame,
Mémoire de Sainte Catherine Labouré (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes à quelques jours de l’entrée dans la nouvelle année liturgique, l’entrée dans l’Avent, temps magnifique de la préparation aux célébrations de la Nativité de notre divin Rédempteur.

Vous vous souvenez sans doute de quelle manière mon cher et regretté Maître-Chat Lully s’intéressait aux préparatifs de la Crèche, et comment, certaines années, il vous avait invité à en visiter le chantier (par exemple > ici).

déballage des santons

Le Maître-Chat Lully fasciné par les santons…

Comme certains d’entre vous nous ont adressé quelques messages plein de sollicitude nous proposant quelque participation pécuniaire si nous voulions acheter de nouveaux santons cette année, je réponds ici d’une manière générale que nous aimerions, en effet, acquérir quelques nouveaux personnages produits par le santonnier italien Fontanini – duquel sont toutes nos figurines de Crèche -, et que, si nous en avons la possibilité, nous envisageons de commander les santons dont voici les photographies :

Une famille se rendant à la Crèche

santons 2019 1

Un vieux paysan présentant son panier d’œufs

santons 2019 2

Un jeune joueur de musette (♫♪ Jouez, hautbois ! Résonnez, musettes ! ♪♫)

santons 2019 3

Un berger avec trois brebis

santons 2019 4

Le berger aux champs préparant la soupe 

santons 2019 5

Le cordonnier

santons 2019 6

Si donc vous souhaitez contribuer à leur achat, vous pouvez le faire par une offrande, même de quelques euros seulement, > ici
Nous vous remercions par avance pour votre générosité !

Frère Maximilien-Marie. 

Et pour lire ou relire l’histoire de la dévotion à la Crèche, voir > ici

Etoiles

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully, De liturgia | le 28 novembre, 2019 |1 Commentaire »

2019-90. Zelus domus Tuae comedit me !

Le zèle de Ta maison me dévore ! (Ps. LXVIII, 10)

Voici le texte de la lettre mensuelle du 25 novembre 2019 qui a été adressée aux membres de la Confrérie Royale : je suis convaincu que les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, même s’ils ne sont pas membres de cette Confrérie, dont j’ai l’honneur d’être le Prieur (honneur qui fait peser sur moi une très grave responsabilité), pourrons en tirer un très grand profit eux aussi, et je remercie très chaleureusement le Révérend Père Clément de Sainte-Thérèse pour ce texte magnifique et profond.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Le Guerchin Jésus chassant les vendeurs du Temple

Jésus chassant les marchands du temple, Le Guerchin (XVIIème s.) 

            Chers Membres de la Confrérie royale,

            Le mois des dédicaces qui s’achève doit graver ces mots du Psalmiste sur le frontispice des temples vivants que nous sommes : Zelus domus tuæ comedit me !, « Le zèle de ta maison me dévore ! » (Ps. LXVIII, 10). Nous avons en effet célébré la dédicace – c’est-à-dire l’anniversaire de la consécration – de nos églises paroissiales le 6 novembre dernier, puis trois jours plus tard celle de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput : mère et maîtresse de toutes les églises de la Ville [Rome] et du monde » puisqu’il s’agit de la cathédrale du Pape ; enfin celle des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome le 18 novembre – celle du Vatican dans le même temps odieusement profanée d’ailleurs par le culte idolâtrique de la Pachamama.

     Au siècle où les églises de culte catholique se réduisent en poussière (20 églises incendiées en France rien qu’en 2018, sans compter la symbolique cathédrale Notre-Dame de Paris le Lundi-Saint dernier), ces cérémonies d’anniversaire prennent une dimension prophétique voire eschatologique. L’évêque de Fréjus-Toulon n’a pas craint de le dire le mois dernier à Rome : « Le dramatique incendie qui a ravagé et consumé il y a quelques mois la toiture de la cathédrale de Paris constitue un signe prémonitoire pour notre temps. Une Église en feu. Un avertissement » [1]. L’église et l’Église, en effet, c’est tout un : « Symbolisée par nos édifices matériels, l’Église est la véritable maison de la prière, le temple où réside la gloire [de Dieu], le siège de l’inaltérable vérité, le sanctuaire de l’éternelle charité », chante la Préface gallicane* de la Messe de la Dédicace.

            Le zèle de la maison de Dieu n’est pas que la défense de sa sainte Église, ni des édifices sacrés faits de pierre et de ciment. Il s’agit par extension de tout lieu où Dieu se plaît à habiter, donc d’une manière particulière de chaque personne humaine consacrée « temple du Saint-Esprit » (I Cor. VI, 19) par le saint baptême, lequel rassemble des « pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel », selon l’image qu’en donne saint Pierre (I Pi II, 5). D’où le noble combat pour le caractère sacré de toute vie humaine ; combat que seule l’Église catholique mène encore courageusement aujourd’hui.

          Mais c’est aussi une terre, un peuple, une nation : une terre sanctifiée par d’innombrables apparitions mariales et ayant enfanté tant de saints ; un peuple rendu grand par la confession d’une même foi dans le Christ ; une nation christianisée dans les eaux du baptême en même temps que son premier roi. Le « royaume de prédilection » de Dieu sur terre, c’est notre douce France : « La France est le Royaume de Dieu, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ », écrivait le pape Grégoire IX au roi saint Louis (1239).

     N’avons-nous pas à nous montrer les ardents défenseurs de notre cher pays ? À nous faire ses gardes du corps autant que de son âme ? Le bon Jésus s’excita de colère devant la profanation de la maison de son Père : resterons-nous inactifs face à la profanation biséculaire de notre royaume ? Dieu préfère les Croisés, aux « bras-croisés » ! Alors chassons les « marchands du temple » qui bradent notre pays et occupent illégitimement son parvis ! Notre-Seigneur n’a pas hésité à se montrer violent et implacable pour la défense de ce qui est sacré. La lignée de nos rois, sacralisée à la fois par l’onction sainte et par le « miracle capétien », n’aurait-elle pas droit à un même zèle de notre part, nous poussant à défendre ainsi la maison de nos pères et l’ordre sacré voulu par Dieu en France ?

       Sans doute y a-t-il beaucoup de disciples de Notre-Seigneur, mais il y a peu d’apôtres. Le disciple suit, l’apôtre poursuit : il fait croître dans le temps et l’espace le Royaume de Dieu inauguré par le Christ-Roi. Le disciple agit par amour, l’apôtre par zèle. Qu’est-ce que le zèle ? C’est un amour passionné qui donne tout et se donne tout entier ; le contraire radical de la tiédeur. C’est un engagement complet dans ce que l’on fait, en adéquation parfaite avec ce que l’on croit. Comme il n’y a pas de demi-dieu, il n’y a pas de saint à demi.

     L’on sait par expérience que le mal n’engage pas trop d’effort, tandis que le bien nécessite une tension toujours en éveil, une vigilance de tous les instants. C’est pourquoi l’apôtre le plus zélé insiste lui-même : « Il est bon d’être toujours zélés pour le bien… et pas seulement lorsque je suis présent parmi vous » (Gal. IV, 18), précise-t-il ! Et encore : «  Ayez du zèle et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur » (Rm XII, 11). Notre héroïne et sainte nationale − dont nous fêterons dans six mois le centenaire de sa canonisation − n’a-t-elle pas admirablement appliqué à la lettre ce triple commandement de S. Paul ?

       C’est d’ailleurs sainte Catherine d’Alexandrie que nous fêtons aujourd’hui qui, avec sainte Marguerite d’Antioche, a été, comme le révèlera saint Michel à sainte Jeanne d’Arc, « choisie par Dieu pour [la] conduire et [la] conseiller en tout ce qu[’elle] a à faire ». Les deux saintes l’assisteront depuis l’âge de 13 ans jusqu’à son procès, l’incitant à passer d’une « bonne chrétienne » à l’« Héroïne de la Patrie » que nous admirons tous, en contribuant de manière décisive à ses victoires militaires. N’étaient-elles pas toutes deux bien placées pour l’encourager à l’héroïsme, elles qui brillaient de l’éclat de la virginité autant que du zèle intrépide du martyre ?

     « Zèle » rime avec « sel », qui en exprime la même réalité : du piquant, de la saveur, sans colorant mais avec conservateur ! « Vous êtes le sel de la terre » (Mt V, 13) : ne faisons pas mentir le Christ. Si le Chrétien s’affadit, qui rendra sa saveur au monde ? Et si le Français s’accommode de la situation de son pays, pourra-t-il lui rendre sa ferveur ? Les apôtres en firent eux-mêmes l’amère expérience en demeurant impuissants à chasser le démon d’un enfant possédé : « C’est à cause de votre incrédulité », leur répondit Jésus (Mt XVII, 20). Pensez-vous que la France puisse être libérée de ses démons autrement que par l’intensité de notre vie spirituelle ? « Cette sorte de démon ne s’expulse que par la prière et par le jeûne » (v. 21).

     Avons-nous une vie spirituelle affadie, mes amis ? Est-ce la foi seule qui nous sauvera, comme aiment à le croire les Protestants ? « De même que le corps sans âme est cadavre, répondait déjà l’apôtre S. Jacques, la foi sans les œuvres est morte » (Jc II, 26). Mais il suffisait à Luther de proclamer le texte sacré non-inspiré pour croire le contraire… Comme c’est pratique, la religion à la carte ! Non : il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour être sauvé. Il faut vivre en conformité avec sa foi, ce que les Papes ont appelé « la radicalité de l’Évangile » − se ferait-on traiter de fondamentaliste ! Imagine-t-on un sportif non-pratiquant ?

     Transposons dans la sphère temporelle : suffit-il d’adhérer au légitimisme pour être un digne sujet de son roi ? La règle est la même : agir en conformité avec nos convictions politiques. Le royaliste n’est pas un idéaliste ; c’est un réaliste qui a des idéaux. Ici saint Paul nous prévient : gare au « zèle sans intelligence » (Rm X, 2). C’est pourquoi il est fondamental de se former : le bien-agir suit le bien-penser. Qu’il nous soit permis ici de remercier tous les Cercles légitimistes de France qui s’évertuent à expliquer, à méditer et à diffuser la doctrine sociale de l’Église selon le génie français qu’a si merveilleusement incarnée sainte Jeanne d’Arc.

     Il nous faut être les apôtres de ce nouveau millénaire. C’est un combat de toute une vie, mais qu’on se rassure, la victoire est au bout de nos efforts : « Les apôtres ne combattent qu’en souffrant et ne triomphent qu’en mourant » disait saint François de Sales. Notre-Seigneur était consumé par sa mission, son message et son heure ultime. Il n’était pas partagé ; Il était consacré et entièrement donné. Il ne craignait pas ce que les gens pouvaient Lui faire, et encore moins dire de Lui. Jusqu’à la mort, Il ne s’est pas détourné de son appel, son seul but étant d’accomplir la volonté de son Père.

            Nous nous apprêtons à célébrer la belle fête de l’Immaculée Conception. Ce jour-là, en 1947, Notre-Dame de la Prière à L’Île-Bouchard demanda aux quatre jeunes voyantes de « beaucoup prier pour la France, en grand danger, et de faire des sacrifices »

              « Prier » et « faire » : voilà ici les deux mots d’ordre sans lesquels une restauration n’est pas possible, balayant ces deux fameuses hérésies qui sont chacune l’exclusion de l’autre : le providentialisme, d’une part, qui s’appuie sur le seul secours de Dieu sans y coopérer ; et l’activisme, d’autre part, qui ne s’appuie que sur ses propres forces, sans recourir à Dieu.

            Combien de royalistes nostalgiques et sûrement aussi neurasthéniques démissionnent (au sens propre de : refuser sa mission, car nous en avons tous une) en attendant passivement que Dieu nous envoie miraculeusement le « grand monarque » désiré ? Mais le Christ n’aura pour autre attitude que celle qu’Il montra au roi Hérode Antipas qui le priait d’exécuter un miracle par curiosité profane… At ipse nihil illi respondebat : « Mais Jésus ne lui répondit rien » (Lc XXIII, 9). Où il n’y a pas d’oreilles pour entendre, Jésus n’a pas de bouche pour parler. Et Dieu nous a laissé à travers les Lois fondamentales du royaume ses desiderata, notamment quant à la règle de succession. Qu’attendent donc les Providentialistes ? Un messie politique ? Le prince charmant descendant du ciel sur un cheval blanc ? Allons, le royaume de France n’est pas un conte de fées !

     Au nom « Royaliste » correspond la définition suivante : « Partisan du roi ». Partisan, donc celui qui prend parti, non celui qui s’accommode d’un syncrétisme (saint-crétinisme) politique. L’apôtre zélé envers Dieu et son Roi leur donne toute sa vie et tout son cœur en sacrifice vivant, et ne retient rien pour lui-même ni ses projets personnels.

            Voudrait-on se convaincre de la nécessité des temps ? La liturgie, comme toujours, arrive à point nommé pour galvaniser les troupes. Nous proclamions hier aux hommes de ce temps l’annonce prophétique de la fin des temps par l’évangile de ce XXIVe et dernier dimanche après la Pentecôte. Si vous ne vous sentiez pas concernés, le premier dimanche de l’Avent fêté dimanche prochain vous le répètera à nouveau ! La pédagogie est affaire de répétition…

     Lorsque l’on observe l’histoire de l’Église, et notamment des persécutions, lorsque l’on s’intéresse aux mystiques récents − Marthe Robin, par exemple −, lorsque l’on médite sur les mises en garde de Notre-Dame lors de ses dernières apparitions, et notamment à Fatima et à Akita au Japon, l’on se dit que nous ne faisons que commencer une période de tribulations.

     Il faut bien l’admettre : nous n’avons pas choisi notre époque. Le Bon Dieu, dans sa Sagesse et sa prescience providentielles, a jugé qu’il était bon que nous soyons placés là, hic et nunc, pour témoigner de notre fidélité et accomplir notre rôle. À choisir, vous opteriez sans doute davantage pour une période de paix et de prospérité, plutôt que pour cet affreux début de XXIe siècle. Les apôtres ne préférèrent-ils pas la lumineuse Transfiguration et le glorieux Dimanche des Rameaux au lamentable Vendredi-Saint ? Et pourtant, y eut-il meilleure occasion de manifester sa fidélité et son amour envers Dieu que ce jour-là ?

     Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, ayant pourtant quitté cette terre il y a trois siècles, avait compris que nous étions entrés dans les derniers temps. Dans sa « Prière embrasée », il observe avec désolation : « Votre divine Loi est transgressée, votre Évangile est abandonné, les torrents d’iniquité inondent toute la terre (…). Votre sanctuaire est profané et l’abomination est jusque dans le lieu saint ». Que dirait-il aujourd’hui ? Oui, nous sommes entrés dans un combat eschatologique, dans une lutte surnaturelle sans merci : ne pas le voir, c’est vivre dans le monde des Bisounours ! Et c’est donc passer à côté de notre mission, ce qui est une démission. Au début de la Révolution, certains de nos ancêtres n’avaient pas compris l’enjeu et s’enthousiasmaient de ces réformes…

     Plus Satan semble triompher dans sa rage et sa haine contre Dieu, entraînant de nombreuses âmes avec lui, et plus la victoire divine sera éclatante. Cette « victoire qui viendra par Marie » (Jean-Paul II), nous l’obtiendrons également par l’intermédiaire de saint Michel, en l’honneur duquel notre Prieur nous demande de réciter souvent la prière composée par Léon XIII [2]. Prince de la Milice céleste, l’armée des anges restés fidèles, il est le vainqueur de Lucifer, le chevalier zélé du Deus Sabaoth, le « Dieu des Armées » ; victorieux aussi de toutes les hérésies, de tout ce qui, comme la franc-maçonnerie, entretient une haine mortelle contre l’Église et la royauté de droit divin.

     « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, nous prévient saint Paul, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. VI, 12). À combat spirituel, matériel proportionné : utilisons pour cela « les armes de dévotion massive » que sont les Sacrements, le jeûne et la prière, surtout la récitation du saint Rosaire.

     Dans un monde de ténèbres, il n’est pas difficile de briller… Je ne parle pas des Stars éphémères qui n’éblouissent que des aveugles, je veux parler des héros que nous sommes tous appelés à devenir. Le héros de ce monde n’est pas le jeune bodybuildé aux super-pouvoirs ; les véritables héros, ce sont les saints qui, dans leur faiblesse, font éclater la puissance de Dieu. Le monde et encore moins l’Église n’ont pas besoin de réformateurs mais de transformateurs que sont les saints [3] !

     Puisque, selon le dicton populaire, « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », en ce 25e jour du mois où nous redoublons de prières et d’offrandes à l’intention de S.M. Louis XX, enracinons-nous résolument sur le bois de la Croix, le seul qui nous fera porter de grands et beaux fruits. Que le feu sacré de la foi et de l’honneur nous dévore d’un ardent et pur amour comme on l’y trouve dans les cœurs unis de Jésus et de Marie, pour le zèle de l’œuvre de restauration que Dieu attend de nous. Alors, Notre-Seigneur pourra dire de la France comme de la fille de Jaïre : « Elle n’est pas morte, elle dort » (Mt IX, 24) !

R.P. Clément de Sainte-Thérèse 


[1] Sermon de la Messe de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le 26 octobre 2019 : http://www.paixliturgique.com/aff_lettre.asp?LET_N_ID=2883.

* Au sens liturgique.

[3] Bernanos disait : « On ne réforme l’Église qu’en souffrant pour elle, on ne réforme l’Église visible qu’en souffrant pour l’Église invisible. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques ».

12345...149

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi