27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.
« [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.
Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius
Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.
Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.
Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.
Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.
Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.
Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »
Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.