2018-34. De la Sainte Messe « in Cœna Domini » le Jeudi Saint.

9ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Messe « in Cœna Domini »
(c’est-à-dire « de la Cène du Seigneur »)

Sainte Eucharistie

Après avoir rapporté la cérémonie du « Mandatum » (cf. > ici), venons-en à la Sainte Messe du Jeudi Saint : la Messe « in Cœna Domini », c’est-à-dire la Messe de la Cène du Seigneur, en laquelle est commémoré l’anniversaire de l’institution de la Sainte Eucharistie et celle du sacrement de l’Ordre.
Citons une fois de plus la présentation de la Sainte Messe du Jeudi Saint donnée par Henri Adam de Villiers dans le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) :

« Dans le rit romain traditionnel, la messe du Jeudi Saint est celle d’une fête du Seigneur, celle de la fête où le Christ institua deux sacrements : celui de l’Eucharistie et celui du sacerdoce. Aussi les ornements sont-ils blancs, on chante le Gloria & le Credo, et le célébrant renvoie le peuple avec l’Ite, missa est à la fin.

Toutefois trois particularités significatives contribuent à resituer cette messe dans le Triduum pascal :

  • On sonne toutes les cloches de l’église et on touche les orgues durant tout le chant du Gloria, après quoi celles-ci ne se feront plus entendre jusqu’au Gloria de la vigile pascale où elles marqueront la joie de la résurrection. Entre ces deux moments, on doit utiliser la crécelle toutes les fois où l’on sonne habituellement les cloches. Le son âpre des crécelles contribue à marquer le deuil que prend l’Eglise : c’est aussi en cette nuit qu’a lieu l’agonie du Christ, abandonné par les disciples, trahi par Juda et livré à ses bourreaux.
  • Au cours de cette messe, le baiser de paix n’est pas donné, rappelant que Juda avait livré son maître par un baiser. Néanmoins, le rite de la communion du célébrant reste identique à celui des autres messes.
  • Le célébrant consacre deux grandes hosties à la messe de ce jour : une pour la messe elle-même, avec laquelle il communiera, et une seconde qu’il va réserver pour la messe des Présanctifiés le lendemain. Cette seconde grande hostie est mise, après la communion du prêtre et avant les ablutions, dans un second calice (et non un ciboire), qu’on recouvre d’une patène tournée à l’envers et d’une pale. Un voile léger et blanc est placé sur le tout et attaché avec un ruban au nœud du calice. L’hostie ainsi enfermée dans le calice est posée au centre de l’autel sur le corporal jusqu’à la fin de la messe. Le prêtre donne alors la communion aux fidèles de la manière habituelle.
    Cet usage de mettre le Corps du Seigneur dans un calice rappelle symboliquement la prière que Notre Seigneur fait au Jardin des Oliviers dans la nuit de sa passion :
    « Mon Père ! s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi : néanmoins, non comme je le veux, mais comme vous le voulez » ( Matth. XXVI, 39).
    Le calice, la patène et le voile dans lequel est enfermée cette grande hostie serviront le lendemain à la messe des Présanctifiés du Vendredi Saint. La liturgie marque par là le lien indéfectible qui existe entre la Cène du Seigneur et le sacrifice de la Croix.
    A partir du moment où la seconde grande hostie a été renfermée dans le calice, le reste de la messe est célébré avec les rubriques de la Missa coram Sanctissimo :

    • le célébrant et ses ministres font la génuflexion devant le Saint Sacrement chaque fois qu’ils s’approchent ou se retirent du milieu de l’autel,
    • lorsque le célébrant ou le diacre s’adressent au peuple (pour le Dominus vobiscum, l’Ite, missa est et la bénédiction finale), ils se placent de biais côté évangile afin de ne pas tourner le dos au Très-Saint Sacrement
    • au cours du dernier évangile, le célébrant génuflecte à Et Verbum caro factum est en se tournant vers le Corps du Seigneur. (…) »

Pour tout ce qui concerne les modifications apportées en 1955 à ces rites pluriséculaires codifiés par le missel promulgué par Saint Pie V consécutivement au saint concile de Trente, on lira encore une fois avec grand profit ce qu’a publié Henri Adam de Villiers (cf. > ici).

Pour moi, ces choses étant supposées assimilées, je vais simplement publier ci-dessous des photographies de cette Sainte Messe du Jeudi Saint célébrée selon le rite traditionnel au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet le 28 mars de cette année 2018 : elles parlent d’elles-mêmes et n’ont pas besoin de longs commentaires.
Frère Maximilien-Marie, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, en a pris un très grand nombre et vous n’en trouverez ici « que » 50, qui ne sont pas toutes de la même qualité, mais j’ai pris le parti de les publier ici parce qu’elles permettent de suivre dans sa totalité la célébration d’une Sainte Messe solennelle. Ainsi, beaucoup de fidèles, qui ne sont pas toujours près du sanctuaire, pourront-ils en voir davantage les détails, et – je l’espère – y puiseront de plus vifs sentiments d’admiration et d’amour pour notre sainte liturgie traditionnelle

Lully.

Pour la Messe du Jeudi-Saint, la croix de l’autel doit être voilée de blanc :

01

Prières au bas de l’autel (dont le psaume « Judica » est omis) : le « confiteor » du célébrant…

02

… suivi du « confiteor » de ses ministres et du choeur :

03

Encensement de l’autel :

04

Encensement du célébrant :

05

Après avoir lu l’introït et récité le « Kyrie » (qui ont été chantés pendant ce temps), le célébrant entonne le « Gloria in excelsis Deo », puis le récite mezzo voce à l’autel avec le diacre et le sous-diacre. Les cloches sonnent pendant le temps où le célébrant le récite.
Après l’intonation du célébrant, l’assemblée et le choeur continuent le chant.

06

Quand ils ont terminé la récitation du « Gloria », le célébrant et ses ministres vont à leurs sièges, s’assoient et se couvrent, tandis que le chant du « Gloria » se poursuit.

07

Lorsque le chant s’achève, le célébrant retourne à l’autel, et après le « Dominus vobiscum », il chante la collecte.

08

A la conclusion de la collecte, le cérémoniaire remet le lectionnaire au sous-diacre :

09

Chant de l’épître par le sous-diacre :

10

L’épître achevée, le sous-diacre va à l’autel, s’agenouille et reçoit la bénédiction du célébrant dont il baise la main :

11

Pendant que la schola exécute le graduel, que le célébrant a récité, le sous-diacre a porté le missel du côté de l’Evangile. Le célébrant lit l’Evangile à voix basse.

12

Puis le diacre qui a pris l’évangéliaire posé sur l’autel reçoit la bénédiction du célébrant et accompagné du cérémoniaire, du thuriféraire et des acolytes portant leurs cierges il procède à la procession de l’Evangile.

13

Le diacre encense l’Evangile avant de le chanter :

14

Après le chant de l’Evangile, il indique au sous-diacre l’endroit de la péricope qu’il vient de chanter…

15

… et le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui vénère par un baiser le texte qui vient d’être chanté.

16

Dans la liturgie traditionnelle le « Credo » n’est pas omis.
Après le chant de l’intonation par le célébrant, celui-ci poursuit la récitation mezzo voce avec le diacre et le sous-diacre, tandis que l’assemblée et le choeur continuent le chant.
Quand le célébrant a terminé la récitation du « Credo », il va à son siège.

17

Le diacre porte la bourse, contenant le corporal, sur l’autel.

18

Offertoire : le sous-diacre, ayant mis le voile huméral, porte le calice à l’autel, puis présente les burettes au diacre, lequel lui remet la patène une fois que le célébrant a déposé l’hostie sur le corporal. Le diacre soutient le calice pendant l’oblation.

19

Le sous-diacre porte la patène couverte du voile huméral. Il va se tenir au bas des marches de l’autel (sauf pour la récitation du « Sanctus ») jusqu’après le chant du « Pater ».

20

Pendant ce temps, l’offertoire se poursuit. Le prêtre encense les oblats :

21

Puis il encense la croix et l’autel…

22

Il est lui-même encensé :

23

Puis sont encensés les prêtres présents au choeur, les religieux…

24

… le sous-diacre, le diacre lui-même, les autres ministres…

25

… et enfin les fidèles présents :

26

Chant de la préface :

27

Début du canon :

28

Consécration du Pain :

29

Aussitôt après avoir prononcé les paroles de la consécration sur le Pain, le célébrant adore ce qui est désormais le Corps sacré de Notre-Seigneur :

30

Elévation :

31

32

Consécration du Vin :

33

Elévation du calice contenant désormais le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur :

34

Après le canon, le chant du « Pater », les prières de préparation à la sainte communion, le chant de l’ « Agnus Dei » et la communion du célébrant, le diacre récite le troisième « confiteor » auquel s’unissent tous les assistants :

35

Sainte communion : les prêtres et les autres ministres ordonnés présents reçoivent la communion revêtus de l’étole.
C’est ensuite la communion des servants et religieux présents au choeur, puis la communion des fidèles.

36

A cette Messe du Jeudi Saint, le célébrant a consacré une seconde grande hostie qui est déposée dans un calice, lequel est ensuite enveloppé d’un voile qui est noué au niveau du pied du calice. Ce calice reste sur l’autel. Le célébrant et ses ministres accomplissent donc les purifications comme on le fait lors de la Messe « coram Sanctissimo » (voir supra).

37

Pour les « Dominus vobiscum » de la postcommunion et de la conclusion de la Messe, le prêtre se décale de biais sur le côté de l’Evangile :

38

De même pour la bénédiction :

39

Et lors du dernier Evangile, il fait la génuflexion tourné vers le Saint-Sacrement aux paroles « Et Verbum caro factum est » :

40

La Messe achevée, le célébrant dépose la chasuble et le manipule et revêt la chape.
Le chœur et l’assemblée entonnent le « Pange lingua gloriosi », le célébrant encense le Saint-Sacrement.

41

Tandis que la procession se forme, derrière la croix voilée de violet portée par un sous-diacre :

43

Départ de la procession pour le reposoir.

44

Les fidèles suivent la croix, puis viennent les religieux et les prêtres ; tous portent des cierges.
Devant le Saint-Sacrement deux encensoirs.

45

A l’arrivée au reposoir, le Saint-Sacrement ayant été déposé sur l’autel, on chante les deux dernières strophes du « Pange lingua » : « Tamtum ergo » et « Genitori ».
Encensement, puis le diacre place le Saint-Sacrement dans le tabernacle.

46

Le reposoir.

47

Quand on retourne au choeur on chante les vêpres, terminées par le « miserere ».

48

Et enfin a lieu la cérémonie du dépouillement de l’autel, pendant qu’est psalmodié le psaume XXI.

49

Le tabernacle est vide, sa porte reste ouverte.

50

A suivre :
La Messe des Présancifiés le Vendredi Saint > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 26 avril, 2018 |6 Commentaires »

« Domine, salvum fac Regem ! »

25 avril,
Fête de Saint Marc, évangéliste et martyr ;
en France, les litanies mineures ;
anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon (25 avril 1974),
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

grandes armes de France

Si nous avons à coeur de prier quotidiennement, avec ferveur et plusieurs fois dans la journée, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, le jour anniversaire de sa naissance, le 25 avril, est l’un des moments de l’année où nous manifestons avec encore davantage d’ardeur et de piété filiale notre amour pour notre Souverain légitime.

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Dans l’épître lue au troisième dimanche après Pâques (1 Petr. II, 11-19), le Prince des Apôtres nous rappelle à deux reprises les devoirs de respect, d’amour et d’obéissance que doit avoir tout chrétien envers son Roi légitime : cela découle de la vertu de religion et de l’honneur dû à Dieu, parce que Celui-ci a placé en lui Sa propre autorité et l’a élevé au-dessus des autres hommes.
C’est donc un devoir religieux impératif que de faire monter vers le Ciel de fréquentes supplications, aussi instantes qu’aimantes, pour celui que les Lois fondamentales (cf. > ici) désignent indubitablement comme Roi légitime, parce qu’il est l’aîné de tous les Capétiens ; l’aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; le successeur de Charles X, de Louis XIX, d’Henri V, de Jean III, de Charles XI, de Jacques 1er, de Charles XII, d’Alphonse 1er, d’Henri VI et d’Alphonse II : très haut, très puissant et très excellent Prince Louis XX, Roi de France et de Navarre.

Il est plus que jamais important de prier pour notre Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe.
Prier pour que celui en lequel -  du fait des dispositions de la divine Providence - s’incarne les principes de la royauté capétienne traditionnelle ait toutes les grâces de lumière, de prudence, de tempérance, de force, de justice, de foi, d’espérance, de charité, de crainte du Seigneur, de piété, de science, de force, de conseil, d’intelligence et de sagesse, qui lui sont nécessaires, afin de transmettre intacts les valeurs et les principes de la monarchie de droit divin, et pour oeuvrer à sa digne restauration.

En ce 25 avril, je me permets de vous inviter à prier à l’aide d’un « Domine, salvum fac Regem » qui constitue la conclusion du « Te Deum pour les victoires de Louis XV » composé en 1744 par Henri Madin (1698-1748), sous-maître de la Musique de la Chapelle du Roi.
Aujourd’hui plus que jamais, et tous les jours, que nos coeurs redisent avec dévotion et chantent avec ardeur :

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Mini vidéo enregistrée ce 25 avril 2018 dans l’oratoire du Mesnil-Marie :

Trois lys blancs

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous, Vexilla Regis | le 26 avril, 2018 |2 Commentaires »

2018-33. La cérémonie du Mandatum.

8ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

le Mandatum

Le lavement des Pieds Pierre-Paul Rubens

Pierre-Paul Rubens : le lavement des pieds.

Avant les réformes de 1955, la cérémonie du lavement des pieds, communément appelée « Mandatum » (comme pour beaucoup de dimanches, cette cérémonie a reçu ce nom en raison du premier mot latin de la première antienne qui y est chantée « Mandatum novum do vobis : Je vous donne un commandement nouveau ») a lieu au cours d’une cérémonie à part.
Traditionnellement, la Sainte Messe anniversaire de la Cène de Notre-Seigneur a lieu au matin du Jeudi Saint, et donc la cérémonie du « Mandatum » se trouve dans les missels après celle du dépouillement des autels, et elle est généralement célébrée à un autre moment de la journée bien séparé du reste des cérémonies de ce jour.

En principe, la cérémonie du « Mandatum » ne se déroule pas dans le sanctuaire ni devant l’autel majeur, mais plutôt dans le choeur – si celui-ci est distinct du sanctuaire -, dans une salle capitulaire, dans une sacristie ou dans quelque autre salle annexe de l’église.
Le décret « In una Urbis » du 22 mars 1817 précise même qu’on ne peut accomplir cette cérémonie dans l’église que si celle-ci est très vaste et peut offrir un endroit approprié hors de la vue de la chapelle du reposoir.
Ceci, redisons-le, parce que le lavement des pieds était accompli après la Sainte Messe, et donc après la procession au reposoir, et qu’il était bien évidemment hors de question que les mouvements particuliers au « Mandatum » troublassent en quelque manière le silence et le très grand recueillement qui doivent toujours règner auprès du reposoir.

L’indult autorisant la reprise des cérémonies de la Semaine Sainte selon l’usage antérieur aux réformes de 1955 accordé cette année par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, précisait néanmoins que ceux qui bénéficieraient de cette autorisation devraient toutefois se conformer aux prescriptions horaires des réformes pacelliennes : ainsi donc, à La Garde-Freinet, la Sainte Messe de la Cène avait lieu l’après-midi et non le matin, et c’est pourquoi la cérémonie du « Mandatum » dut, contrairement à l’usage antique, être célébrée antérieurement à la Messe, dans la matinée du Jeudi Saint.
De même, le transfet du Saint-Sacrement au reposoir n’ayant point eu lieu, le rite fut accompli dans l’église, mais en dehors du sanctuaire, parce qu’il n’y avait pas d’autre lieu assez vaste pour contenir le célébrant, ses ministres, les clercs et messieurs auxquels furent lavés les pieds, et les fidèles présents.

0 - début

Après la salutation à l’autel, le diacre va demander la bénédiction du prêtre pour ensuite chanter l’Evangile.

1 - bénédiction du diacre

Pour cette cérémonie, le célébrant est en chape violette mais ses ministres – diacre et sous-diacre – ont revêtu les ornements blancs, comme à la Sainte Messe, car le diacre va commencer par chanter l’évangile « Ante diem festum Paschæ » (Jean XIII, 1-15) de la Messe de la Cène, avec toutes les cérémonies ordinaires, l’évangéliaire étant tenu par le sous-diacre, et les deux acolytes portant leurs cierges allumés (alors que ceux de l’autel ne l’étaient point).

2 - chant de l'Evangile

Encensement de l’évangéliaire avant le chant de l’Evangile

3 - le célébrant baise l'évangéliaire

Et comme à la Sainte Messe, après le chant de l’Evangile par le diacre,
le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui le vénère par un baiser

Le célébrant dépose ensuite la chape, se ceint d’un linge, comme l’Evangile nous rapporte que le fit Notre-Seigneur, et il commence à laver les pieds de treize hommes – ici il y avait des prêtres, des religieux, les servants d’autel et quelques laïcs – qui avaient pris place sur des sièges préparés à cet effet sur le haut de la nef de l’église.

Pourquoi treize ?
Le nombre et la qualité de ceux dont on lave le pied ne sont pas précisés par les rubriques du Missel Romain, tandis que le Cérémonial des Evêques (livr. II, c. XXIV, nn. 2, 3 et 4) mentionne à plusieurs reprises le chiffre treize, tout en laissant une relative liberté pour ce qui touche à la qualité de ces personnes : pauvres, chanoines, ou autres.
Henri Adam de Villiers, toujours dans les excellentes études qu’il a publiées sur le site de la Schola Sainte-Cécile au sujet des réformes de la Semaine Sainte (cf. > ici), a relevé que, à Notre-Dame de Paris, Eudes de Sully (évêque de 1197 à 1208) avait institué qu’on laverait les pieds de cinquante pauvres le Jeudi Saint ; il note aussi qu’en certains endroits on lava les pieds d’une centaine d’hommes.
Mais revenons à la question de ce chiffre treize : il semble qu’originellement, conformément au fait que Notre-Seigneur a lavé les pieds de Ses douze apôtres, c’était à douze hommes que le célébrant lavait les pieds. Cependant l’usage est passé à treize à la suite d’un miracle dont bénéficia le pape Saint Grégoire le Grand : alors qu’il s’acquittait de ce rituel auprès de douze pauvres, on vit un jeune homme, que personne n’avait vu entrer, s’adjoindre à ces douze, et qui déclara être un ange envoyé du ciel pour montrer à Grégoire combien son geste était considéré par le Christ comme fait à Lui-même.
Le savant Benoît XIV et de nombreux liturgistes expliquent donc ce chiffre treize par le souvenir de ce miracle, mais il en est quelques uns qui pensent que le treizième serait le propriétaire du Cénacle qui aurait été joint aux apîtres le Jeudi saint, ou encore qu’il s’agirait de la représentation de Saint Paul, qui est un bien un apôtre, même s’il n’était pas présent à la Sainte Cène.

4 - lavement des pieds

Le célébrant lave le pied droit de chacun des treize hommes choisis pour l’accomplissement de ce sacramental

Le rite du lavement des pieds doit s’accomplir de cette manière : le célébrant se met à genoux devant celui dont il va laver le pied, comme fit le Christ, le sous-diacre tient le pied droit que le célébrant lave puis embrasse, ensuite le diacre essuie le pied avec une serviette.
Notons que seul le célébrant – qui figure le Christ – se met à genoux devant celui dont il lave les pieds – qui représente un apôtre. Pendant toute la durée du lavement des pieds, le chœur chante neuf magnifiques antiennes.

5 - lavement des pieds

6 - lavement des pieds

7 - lavement des pieds

Après qu’il a lavé le pied d’un homme, l’a essuyé et baisé, le diacre remet au prêtre une aumône : celui-ci la donne à celui auquel il vient de laver le pied qui lui baise la main.

8 - remise de l'aumône

Après quoi le célébrant, s’étant lavé les mains et ayant déposé le linge dont il s’était ceint, reprend la chape violette : il monte au coin de l’épître accompagné de ses ministres et il chante « Pater noster », mais celui-ci est ensuite continué tout bas, puis « Et ne nos inducas in tentationem » auquel tous répondent « Sed libera nos a malo ».  Suivent quatre versets et leurs répons, et enfin une oraison termine la cérémonie. 

9 - conclusion

Cette cérémonie n’est pas strictement ecclésiastique : de tous temps, pour obéir au commandement de Notre-Seigneur, et particulièrement le Jeudi Saint, les supérieurs ont lavé les pieds de leurs inférieurs, en particulier les rois, les princes et les prélats.
Dans les pages de ce blogue, j’ai rapporté « Le dernier Jeudi Saint de la monarchie très chrétienne » (cf. > ici). Il semblerait que cet usage fut introduit à la Cour de France par Robert II dit le Pieux (972-1031), fils de Hugues Capet.

Henri Adam de Villiers, toujours dans l’article sus-cité, nous précise : « Ainsi, à la cour de France, le Roi, la Reine et le Dauphin lavaient chacun les pieds de 13 pauvres chaque Jeudi Saint, Louis XIV avait commencé à pratiquer cette cérémonie à l’âge de 4 ans et le fit jusqu’à sa mort ».
Cet usage se maintint longtemps dans les cours chrétiennes (même protestantes). Dans son « dictionnaire pratique de liturgie romaine », Robert Lesage rapporte qu’en 1907, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph, lava les pieds à douze vieillards dont la somme totale des années de leurs âges était de mille ans !

Le « Mandatum », remis à sa place traditionnelle et multicéculaire, c’est-à-dire en dehors de la Messe de la Cène dans le cours de laquelle il perd en importance et en valeur symbolique, est un sacramental à part entière qui mérite bien une cérémonie spéciale pour lui tout seul.

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

A suivre :
La célébration de la Sainte Messe du Jeudi Saint > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 23 avril, 2018 |1 Commentaire »

2018-32. Des offices des Ténèbres, les trois derniers jours de la Semaine Sainte.

7ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

les offices des Ténèbres

Après leur pèlerinage du mercredi saint auprès des reliques de Sainte Roseline de Villeneuve (cf. > ici), Frère Maximilien-Marie et ses amis se trouvaient au seuil du Triduum Sacré, sommet de toute l’année liturgique, au cours duquel la Sainte Eglise actualise et revit les mystères de notre rédemption.

Au nombre des cérémonies les plus impressionantes des jeudi, vendredi et samedi saints, dans la liturgie latine traditionnelle, se trouvent les offices des Ténèbres.
Ainsi que je l’ai fait pour les saintes messes des lundi, mardi et mercredi saints (cf. > ici), je me contenterai d’un résumé et de la publication de quelques photographies.

Comme pour mes précédentes publications consacrées à cette célébration de la Semaine Sainte selon le rite antérieur aux réformes qui furent menées sous le pontificat de Pie XII, je vous renvoie une fois de plus aux excellentes publications réalisées par Henri Adam de Villiers sur le blogue de la Schola Sainte Cécile, et pour ce qui concerne les offices des Ténèbres à l’étude qu’il en a faite > ici.

1 - début office

Début de l’office des Ténèbres du jeudi saint.

Les offices des Ténèbres ne sont ni plus ni moins que les offices de matines et de laudes, qui sont le plus souvent accolés dans l’usage traditionnel.
Les matines commencent habituellement par le psaume XCIV, appelé invitatoire, suivi d’une hymne, puis, aux offices célébrés selon les rites doubles et semi-doubles elles sont divisées en trois parties, appelées nocturnes (on parle ainsi du premier, du deuxième et du troisième nocturne). Chaque nocturne est composé de trois psaumes avec leurs antiennes, puis de trois lectures (appelées leçons) précédées d’absolutions et de bénédictions et suivies d’un répons. Aux fêtes, les matines s’achèvent par le chant du Te Deum. Aux féries, vigiles et fêtes célébrées selon le rite simple, les matines n’ont qu’un unique nocturne composé de neuf psaumes, d’une absolution, de trois bénédictions et de trois leçons suivies chacune d’un répons.
Les laudes, elles, se composent de cinq psaumes avec leurs antiennes, suivis d’une lecture brève, d’une hymne, du cantique de Zacharie (Benedictus) et de l’oraison conclusive.
Avec leurs 15 psaumes, leurs hymnes, leurs lectures et leurs répons, matines et laudes constituent l’office le plus long du bréviaire.

Originellement, c’était un office célébré vers le milieu de la nuit – usage conservé dans certaines communautés monastiques – de sorte que les laudes s’achevassent au moment où la nuit pâlit.
Toutefois, pendant des siècles et sans que cela ne soit en aucune manière le fait du relâchement ou de la tiédeur, l’usage a finalement prévalu d’anticiper matines et laudes la veille, dans l’après-midi (un décret de la Sacrée Congrégation des Rites établissait qu’on pouvait réciter les matines du jour suivant à partir de 14 h) ou dans la soirée.

Les offices des trois derniers jours de la Semaine Sainte ont conservé la forme la plus primitive de l’office romain et se composent uniquement de psaumes, antiennes et répons : on y omet donc le verset d’introduction l’invitatoire, les hymnes, les absolutions et les bénédictions, et l’on ne dit pas le Gloria Patri à la fin des psaumes.

2 - extinction herse

Extinction du premier des 15 cierges du chandelier des Ténèbres à la fin du premier psaume

« Une cérémonie toute particulière marque le chant des offices des Ténèbres et contribue à conférer à celui-ci un caractère inhabituel : un grand chandelier – appelé triangle ou herse – est placé dans le chœur côté épître et porte 15 cierges de cire jaune. Après la reprise de chacune des antiennes de l’office (il y en a 15), on éteint un à un chacun des cierges, sauf le 15ème, qui symbolise le Christ, peu à peu délaissé par ses disciples (les 12 apôtres, Marie Madeleine & Marie de Cléophas) : à la reprise de l’ultime antienne, celle du cantique de Zacharie Benedictus, ce dernier cierge est placé sur l’autel le temps du chant de l’antienne, puis provisoirement caché derrière l’autel pour les ultimes prières : le Christus factus est, le Miserere et l’oraison finale Respice, de sorte que toute cette fin de l’office est célébrée dans l’obscurité totale (les six cierges de l’autel, qui encadrent la croix, ont été éteints lors des six derniers versets du cantique Benedictus). Une fois l’office terminé, le cierge symbolisant le Christ est replacé, toujours allumé, sur le chandelier de Ténèbres » (citation de l’article d’Henri Adam de Villiers référencé supra).

3 - herse et cierges autel

Le chandelier des Ténèbres, appelé « triangle » ou « herse » avec ses 15 cierges de cire jaune

« L’office des Ténèbres, écrit encore Henri Adam de Villiers, comprend 3 nocturnes et les laudes, comme aux jours de fête. Chaque nocturne comporte 3 psaumes avec antiennes, un verset, 3 leçons suivies chacune par un répons. Au premier nocturne, les leçons de Ténèbres sont tirées des Lamentations du prophète Jérémie, sur une mélodie particulière justement célèbre. Les plus grands compositeurs de musique sacrée d’Occident ont rivalisé pour laisser de très nombreux chefs d’œuvres sur le texte admirable de ces 9 leçons de Jérémie, ainsi que les 27 répons et même certains des psaumes de l’office des Ténèbres (le premier psaume était ainsi chanté en musique à la Cour de Versailles, le dernier de chaque premier nocturne fut mis en musique par Marc-Antoine Charpentier pour la Sainte-Chapelle, nous reviendrons plus loin sur le chant du Miserere final) ainsi que le Benedictus final (il était le plus souvent chanté en musique à la Chapelle royale de Versailles) : le prolixe répertoire musical qui a été composé au cours des siècles pour les 3 offices des Ténèbres est un vrai joyau de toute la culture européenne » (cf. référence supra).
Mais bien évidement, dans le cadre du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, ce sont les mélodies grégoriennes traditionnelles et non des compositions des âges baroques qui furent exécutées.

4 - deuxième nocturne

Première leçon du deuxième nocturne du vendredi saint

Lorsque l’office s’achève, 14 des 15 cierges du grand chandelier des Ténèbres ont été progressivement éteints, puis les 6 cierges de l’autel. Le dernier cierge allumé au sommet du triangle est emmené derrière l’autel si bien que l’office s’achève dans l’obscurité totale, comme cela a déjà été dit plus haut.
L’usage veut alors que l’on fasse un véritable vacarme en frappant sa stalle ou son livre : c’est le Tremblement, qui symbolise la confusion de la création à la mort de son Créateur et le tremblement de terre qui se produisit au moment où Notre-Seigneur expira.

« Le tremblement s’étant arrêté, le 15ème chandelier, qui symbolise le Christ lumière du Monde, dont la splendeur de la gloire qui sans s’éteindre fut éclipsée dans sa passion et sa mort, est enfin ramené de derrière l’autel et replacé en haut du chandelier, image de la lumineuse victoire de notre Sauveur sur les ténèbres de la mort par sa résurrection » (citation de l’article référencé supra
).

Cette cérémonie accomplie pendant des siècles faisait partie des rites les plus populaires du Triduum Pascal, étant particulièrement propre à marquer les imaginations et à susciter les sentiments qui conviennent à ces jours.

5 - Benedictus

Chant du cantique de Zacharie « Benedictus » au cours duquel les 6 cierges de l’autel vont être progressivement éteints

Si la réforme de 1955 n’a que peu touché aux textes eux-mêmes des offices des Ténèbres, elle ne les a toutefois pas totalement épargnés et l’on trouvera le détail de ces suppressions ou modifications dans l’article d’Henri Adam de Villiers que j’ai déjà largement cité dans ce compte-rendu.
A La Garde-Freinet, nous avons regretté que l’usage antérieur d’anticiper les offices des Ténèbres la veille au soir ne fut pas rétabli mais que la communauté bénédictine, qui récite habituellement les matines à 4 h puis les laudes à 6 h, ait placé les Ténèbres à 5 h du matin : ainsi, au lieu que l’office s’achevât dans l’obscurité – en pleine correspondance logique avec le nom de Ténèbres qui lui est attribué – se terminait-il au moment où la clarté du jour entrait dans l’église !

J’achève ici en faisant mienne la conclusion d’Henri Adam de Villiers, toujours dans l’article sus-cité, ces usages imposés en 1955 ont contribué « à détruire le symbolisme bouleversant de ces offices. Ces modifications vont contribuer à la décadence générale de cet office vénérable, quasiment oublié désormais dans les paroisses. Cette désaffection a entraîné l’oubli de pans entiers de la culture occidentale, par la perte du riche patrimoine musical associé au chant des Ténèbres : leçons, répons & Miserere sont devenues désormais au mieux de simples œuvres de concert ».

Lully.

A suivre :
La cérémonie du Mandatum > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 20 avril, 2018 |4 Commentaires »

2018-31. Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve.

6ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

Pèlerinage en l’honneur de Sainte Roseline de Villeneuve :

Mardi 17 avril 2018 ;
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il est temps que je poursuive la narration de ce qui s’est passé à l’occasion de cette belle Semaine Sainte en Provence, et, après le récit de la visite à nos amis Messieurs les Chanoines de Saint-Remi (cf. > ici), que je vous raconte le pèlerinage qui fut accompli auprès de Sainte Roseline de Villeneuve, aux Arcs-sur-Argens.
C’était le mercredi saint 28 mars.

A – Qui est Sainte Roseline de Villeneuve ?

Fille d’Arnaud II de Villeneuve et de Sybille de Burgolle de Sabran, Roseline (en latin « Rossolina » mais en provençal « Roussouline ») aînée de six enfants, naquit le 12 janvier 1263 au château des Arcs (aujourd’hui les Arcs-sur-Argens).
Les familles de Villeneuve et de Sabran sont au nombre des principales familles nobles de Provence, tant par leur ancienneté, leur origine, leurs alliances et les services qu’elles rendirent.
Par sa mère, Roseline est cousine de Saint Elzéar de Sabran (1285-1323), de 22 ans son cadet mais qui décèdera 6 ans avant elle.

Roseline fut imprégnée d’un profond esprit évangélique dès son enfance, du fait d’une éducation profondément et authentiquement chrétienne, mais aussi en raison d’une prédilection divine manifestée dès avant sa naissance.
Pendant sa grossesse, sa mère avait entendu une voix lui dire : « Tu enfanteras une rose sans épine, une rose dont le parfum embaumera toute la contrée », et l’on raconte qu’un doux parfum de rose l’enveloppait souvent.
Elle faisait preuve d’une grande sollicitude envers les pauvres et leur distribuait d’abondantes aumônes sous forme de vivres, ce qui mettait à mal les réserves du château. Son père la réprimanda à plusieurs reprises pour ces largesses qu’il considérait comme exagérées, mais Roseline, mue par une ardente charité, considérait qu’il était plus important de nourrir les pauvres que de conserver d’abondantes réserves. Un jour où elle était âgée d’une douzaine d’années, elle se fit surprendre par son père alors qu’elle avait rempli son tablier de pains pris à la cuisine. « Que portes-tu là ? » lui demanda-t-il. Toute rougissante, elle répondit : « Ce sont des roses, père » ; et dépliant son tablier, elle laissa échapper une brassée de roses des plus odorantes.
Cet épisode connu sous le nom de « miracle des roses » eut lieu en plein mois de janvier ; cela convainquit Arnaud II que la main de Dieu reposait sur sa fille. Le souvenir de cet événement subsiste aujourd’hui dans les lieux, puisque dans les ruines du château des Arcs on montre la « porte du miracle », à côté du donjon.

Miracle des roses - Ste Roseline - retable chapelle Sainte-Roseline 1635

Statue de Sainte Roseline rappelant le miracle des roses
(statue du retable principal réalisée en 1635, dans la chapelle Sainte-Roseline – Les Arcs)

A l’âge de 15 ans (en 1278), Roseline entra à la chartreuse de Saint-André-de-Ramières, près de Prébayon, au pied du mont Ventoux. Puis elle fut envoyée, pour continuer son noviciat, à la chartreuse Notre-Dame de Bertaud près de Gap.
Elle fut admise à la profession religieuse à la Noël 1280, quelques jours avant son dix-huitième anniversaire.

Alors qu’un soir, elle était chargée de préparer le repas de la communauté, elle tomba en extase : Notre-Seigneur se tenait près d’elle et elle s’entretint avec lui « dans le doux secret de son cœur », ainsi que le rapporte la chronique...
Mais quand la communauté entra au réfectoire, rien n’était prêt. La prieure était sur le point de réprimander Soeur Roseline, quand apparurent des anges qui dressèrent les tables et y disposèrent la nourriture.
Ce miracle inspira à Marc Chagall une mosaïque qui occupe tout une travée de la chapelle Sainte-Roseline : « le repas des anges »

Mosaïque de Marc Chagall

Marc Chagall : « le repas des anges » (1975)
Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens

En 1285, Soeur Roseline est appelée à la chartreuse de la Celle-Roubaud, proche des Arcs, dont l’une de ses tantes, Jeanne de Villeneuve, était la fondatrice et la prieure.
A la mort de cette dernière, en 1300, Soeur Roseline est élue pour lui succéder et elle exercera cette charge priorale pendant 28 ans.
Elle reçut la consécration abbatiale de Jacques d’Euse, évêque de Fréjus, futur pape Jean XXII.

Bien que soumise à une clôture stricte, Roseline garde un continuel souci pour les pauvres et les nécessiteux. A la porte du couvent, les malheureux sont toujours accueillis comme Notre-Seigneur Lui-même et ils reçoivent nourriture, vêtements, paroles d’encouragement et de consolation.

Le plus célèbre des nombreux miracles qui lui sont attribués est celui de la libération de son frère Henrion, commandeur des Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem : en 1310 il était tombé aux mains des Sarrasins et se trouvait emprisonné sur l’île de Rhodes.
Par la puissance de sa prière, Roseline fit tomber ses chaînes et il fut transporté miraculeusement en Provence.

En 1328, Mère Roseline, usée par les responsabilités de sa tâche et par ses mortifications, se démet de la charge priorale en demandant à redevenir simple religieuse.
Elle meut moins d’un an après, le 17 janvier 1329, âgée de 66 ans.

B – Miracles de Sainte Roseline :
conservation miraculeuse de son corps et de ses yeux.

Dès l’annonce de sa mort, de nombreux pèlerins affluent et des miracles se produisent, en particulier des guérisons de paralytiques et d’aveugles.
Ensevelie dans le cimetière du couvent, la dépouille mortelle exhalait depuis sa tombe une puissante odeur de rose : le pape Jean XXII chargea donc Elzéar de Villeuneuve, frère de la sainte et évêque de Digne, de présider à l’exhumation de son corps et de le transférer dans le cloître : il apparut parfaitement conservé, et ses yeux avaient même gardé tout leur éclat, comme s’ils étaient vivants.

D’autres translations eurent lieu (en 1344 et en 1360), puis le corps fut caché par les moniales à l’occasion des troubles de la guerre de cent-ans. Tellement bien caché qu’on perdit le souvenir du lieu où il avait été mis à l’abri !
Deux-cent-quatre-vingt ans plus tard, Sainte Roseline se manifesta elle-même à un aveugle pour lui révéler l’endroit où reposait son corps et, en signe de la vérité de cette apparition, elle lui rendit la vue : la redécouverte du corps toujours intact de Sainte Roseline donna lieu à une nouvelle translation, le 20 octobre 1657.
Le miracle de l’éclat vivant des yeux de Sainte Roseline entraîna la décision de les conserver à part, dans une boite d’argent, tandis que le corps incorrompu était renfermé dans une châsse de bois.

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline

Reliquaire des yeux de Sainte Roseline :
monstrance du XIXe siècle, chef-d’œuvre d’Armand Caillat grand prix de l’exposition universelle de Paris en 1889,
dans lequel se trouve la boite d’argent du XVIIème siècle, scellée, où sont enfermés les yeux de Sainte Roseline ;
cette boite d’argent a, sur le devant, la forme d’un masque percé de deux ouvertures laissant apparaître les yeux.

Le 21 février 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère la Reine Anne d’Autriche, se rendit à Cotignac pour y rendre grâce de sa naissance (puisque la chapelle de Notre-Dame de Grâces de Cotignac avait été l’un des trois sanctuaires désignés par la Sainte Mère de Dieu au Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, en 1637, pour l’accomplissement des neuvaines par lesquelles sa naissance avait été obtenue).
Entendant parler du miracle de la conservation des yeux de Sainte Roseline, le Grand Roi dépêcha aux Arcs son médecin personnel – Antoine Vallot – pour en vérifier l’authenticité. C’est lui qui, pour s’assurer qu’il n’y avait point de supercherie et qu’il s’agissait bien d’yeux véritables, eut l’idée de percer l’un d’eux avec son stylet : aussitôt l’œil s’obscurcit tandis qu’un liquide s’en échappait.
Voilà pourquoi, de nos jours, dans la monstrance qui les présente aux fidèles, l’oeil gauche de Sainte Roseline est comme desséché.

yeux de Sainte Roseline

Yeux de Sainte Roseline de Villeneuve :
on voit ici, incluse dans le reliquaire d’Armand Caillat, la boite d’argent du XVIIème siècle dont la face présente la forme d’un masque.
L’oeil gauche – donc à droite sur la photo – est celui que le Docteur Vallot a percé en 1660, et se présente sous une forme grisâtre, amorphe et desséchée.
L’œil droit – à gauche sur la photo – dont l’éclat semble encore « vif », semble avoir conservé sa forme mais l’iris est indissociable de la pupille.

D’autres translations eurent lieu, en 1835 et en 1894.
En 1881, le corps ne présentait pas de trace de corruption mais avait subi des dégradations provoquées par des insectes qui s’étaient introduits dans la châsse, dont l’étanchéité n’était pas des meilleures.
En 1894, la situation était si critique qu’une intervention rapide s’imposait. Le travail fut confié au Docteur Pietro Neri qui, après des examens minutieux, conclut que les dommages « n’auraient pas été si grands si le corps n’avait pas été transporté dans une atmosphère pareille où, en raison de puissantes causes, il n’aurait jamais pu à la longue conserver son intégrité ».

Pour sauver ce qui pouvait l’être, le Docteur Neri procéda non pas à un embaumement, comme on le trouve parfois écrit, mais à une véritable restauration. Le squelette lui-même était attaqué : après un énergique traitement contre les parasites, il fallut maintenir ensemble les ossements à l’aide d’une structure metallique, puis, sur ce squelette remis en forme sur lequel il ne restait que très peu de tissus organiques, le Docteur Neri reconstitua un corps modelé en cire d’abeilles donnant l’apparence d’un corps momifié.
De nouveaux travaux de conservation furent à nouveaux pratiqués en 1995 et les examens pratiqués à cette époque ont permis de comprendre et de prendre la mesure de tout ce qu’avait fait le Docteur Neri un siècle plus tôt et au sujet duquel on n’avait finalement peu de détails.
Depuis les travaux de restauration de 1995 et la reconnaissance et l’authentification des restes de Sainte Roseline attestés par l’évêque de Fréjus et Toulon en janvier 1996, la dépouille de Sainte Roseline de Villeneuve est à nouveau exposée dans la chapelle Sainte-Roseline, dans une châsse vitrée.

châsse avec les restes de Sainte Roseline

Châsse exposant la dépouille mortelle de Sainte Roseline de Villeneuve :
c’est-à-dire son squelette sur lequel un corps d’apparence momifié a été reconstitué en cire d’abeilles teinte.

C – La chapelle Sainte Roseline :
des splendeurs baroques dans un austère écrin roman.

Comme je l’ai écrit en commençant ce récit, Frère Maximilien-Marie et ses amis se sont rendus à la chapelle Sainte-Roseline, aux Arcs-sur-Argens, le mercredi saint 28 mars.
A la veille d’entrer dans le Triduum Sacré, c’était un pèlerinage pour demander à cette sainte la grâce de vivre avec ferveur les célébrations du mystère pascal.

La chapelle Sainte-Roseline se trouve dans la campagne, au milieu des vignobles : propriété de la commune des Arcs, elle est attenante aux bâtiments de l’ancienne chartreuse, aujourd’hui appelés « Château Sainte-Roseline », car ils sont pour l’essentiel occupés par une exploitation vinicole qui produit des vins de prestige.

IMG_8817 - Copie

La chapelle elle-même est, pour la plus grande partie, un bâtiment du XIème siècle. A l’origine il y eut ici l’ermitage d’un certain Roubaud : « la Celle-Roubaud », qui est le nom originel du monastère, signifie « la cellule de Roubaud ».

Du XIème au XIIème siècle, ce fut d’abord un monastère de bénédictines.
En 1260, les bénédictines cédèrent la place à un groupe de moniales chartreusines qui essaimaient à partir de la chartreuse Notre-Dame de Bertaud, près de Gap, sous la conduite de Mère Jeanne de Villeneuve, tante de Sainte Roseline.
En 1420, les chartreusines quitteront les lieux et en 1505 des franciscains prendront leur place et mettront le monastère sous le vocable de Sainte Catherine d’Alexandrie.
Ce n’est qu’au XIXème siècle que le nom de « chapelle Sainte-Roseline » s’imposera.

chapelle Sainte-Roseline arrivée

Chapelle Sainte-Roseline, les Arcs-sur-Argens :
l’arrivée à la chapelle depuis la route qui passe en dessous du chevet.

La route qui permet d’arriver à la chapelle Sainte-Roseline passe sur le côté est des anciens bâtiments claustraux, une large voie bordée d’arbres monte depuis la route vers la chapelle : déjà peu visible de loin, on imagine qu’elle l’est encore moins lorsque les feuilles ont poussé.
On longe la façade nord de la chapelle…

chapelle Sainte-Roseline façade nord

Chapelle Sainte-Roseline, façade nord

… pour arriver devant façade principale de l’église : la façade occidentale, puisque l’édifice est correctement orienté.

chapelle Sainte-Roseline façade occidentale

Chapelle Sainte-Roseline, façade occidentale : entrée principale.

Quand on entre dans la chapelle par la porte de cette façade principale, l’oeil est aussitôt ravi par un spectacle sublime : la sobriété de l’architecture romane – massive et austère à l’extérieur, épurée à l’intérieur – est merveilleusement enrichie par les décors baroques des retables dont la luxuriance dorée transporte d’un saisissement qui confine à l’extase.

chapelle Sainte-Roseline vue intérieure générale

Chapelle Sainte-Roseline :
ce qui se découvre au regard dès que l’on franchit le porche d’entrée.

Le cancel (c’est-à dire la clôture du choeur) en bois de noyer daté de 1658, porte des éléments décoratifs qui appartiennent encore au style maniériste, propre à la dernière partie de la renaissance. Les stalles qui se trouvent derrière sont de même style. Au-dessus de la porte se trouve une statuette de Sainte Catherine d’Alexandrie, figurée avec la roue de son martyre : c’est l’une des marques laissées par le vocable donné au couvent par les Franciscains qui ont occupé les lieux à partir du début du XVIème siècle.  

chapelle Sainte-Roseline entrée du choeur

Chapelle Sainte-Roseline : l’entrée du choeur

Quand on franchit la porte du cancel, le sompteux retable baroque du sanctuaire apparaît dans toute sa richesse.
Il est daté de 1635.
Son décor foisonnant d’anges et de colonnes torses surmonté du saint Crucifix, est l’écrin d’une descente de croix du XVème siècle, en bois polychrome.
Les statues de Sainte Catherine d’Alexandrie (du côté de l’Evangile) et de Sainte Roseline (du côté de l’épître) encadrent cette déposition, en dessous de laquelle sont représentées des scènes d’apparition du Christ ressuscité.

chapelle Sainte-Roseline retable

Le grand retable baroque de 1635 dans le sanctuaire.

chapelle Sainte-Roseline panneau central du retable

La déposition de Croix du XVème siècle enchâssée au centre du grand retable de 1635.

Malheureusement, les vandales de « l’après-concile », afin de faire place à un ridicule « autel-face-au-peuple », ont carrément découpé la table de l’autel lui-même pour la réduire au format d’une tablette de quelque 10 cm de large !

Dans une chapelle latérale que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on se trouve dans la nef et qui s’ouvre directement sur le côté gauche du sanctuaire, se trouve un retable secondaire, dédié à Saint Antoine de Padoue.
Ce retable, quoique d’une grande simplicité, est lui aussi merveilleusement baroque et sert d’écrin à des oeuvres antérieures, comme la prédelle qui représente des saints de l’Ordre franciscain de par et d’autre d’un Christ de pitié.

Chapelle Sainte-Roseline retable de Saint Antoine de Padoue

Autel de Saint Antoine de Padoue.

Un troisième retable baroque enrichit cette chapelle : il se trouve dans la nef, à main gauche, juste à l’entrée principale.
Il comprend en son centre une merveilleuse Nativité, attribuée à l’école des frères Bréa, peintres niçois du XVIème siècle spécialistes des retables. Certains commentateurs l’attribuent à François Bréa (1495-1562).

chapelle Sainte-Roseline retable de la Nativité

Retable de la Nativité

Les donateurs en prière se trouvent de part et d’autre de Saint Joseph et de Notre-Dame. Juste au-dessus de l’Enfant Jésus est représentée Sainte Roseline, de petite taille, entourée des enfants des donateurs et de petits anges.
Derrière la donatrice est représenté Saint François d’Assise aisément identifiable par les stigmates dont il est blessé.

panneau central du retable de la Nativité

La Nativité, datée de 1541, attribuée à l’école des frères Bréa.

A la fin des années soixante du précédent siècle, la chapelle Sainte-Roseline se trouvait dans un état déplorable, quasi à l’abandon.
C’est le mécénat de Marguerite et Aimé Maeght qui fut à l’origine de sa renaissance et de sa restauration. C’est aussi ce qui explique la présence d’oeuvres contemporaines à l’intérieur de l’édifice : nous avons mentionné plus haut la grande mosaïque de Marc Chagall, mais on trouve aussi là des vitraux de Jean Bazaine et Raoul Ubac ainsi qu’un lutrin en bronze de Diego Giacometti. Mais il faut bien reconnaître que nous n’avons pas plus prêté d’attention à ces représentations d’ « art contemporain » que si elles eussent été totalement invisibles.
En revanche, nous nous attardâmes avec délices à l’examen des ex-votos populaires et naïfs, bien restaurés, qui célèbrent les miracles accomplis par l’intercession de Sainte Roseline et expriment la reconnaissance des bénéficiaires de ces grâces signalées.

L’aboutissement de cette restauration entreprise depuis 1969 a été le classement de la chapelle Sainte-Roseline par les Monuments Historiques, en 1980.

D – L’étole et le manipule des moniales chartreusines.

Il reste à donner quelques explications au fait que, dans sa châsse, le corps de Sainte Roseline, revêtu de l’habit des moniales chartreusines, porte également une étole diaconale, depuis l’épaule gauche vers la hanche droite, et un manipule sur le poignet gauche.

Reliques de Sainte Roseline

Gisant contenant les reliques de Sainte Roseline de Villeneuve :
conformément à la tradition des moniales chartreusines elle porte l’étole diaconale et le manipule.

Il s’agit là d’une coutume particulière des moniales chartreuses – ou chartreusines – : lors de leur consécration (car leur profession religieuse s’accompagne d’un rituel de consécration des vierges qui est une survivance de l’usage antique), elles reçoivent le manipule et l’étole diaconale.
Elles ne les portent ensuite que le jour du cinquantième anniversaire de leur consécration, et elles en sont revêtues sur leur lit de mort avant d’être exposées et ensevelies avec.

Cet usage ne signifie pas du tout qu’elles ont été considérées comme des « diacres féminins » ni même comme des « diaconesses » : ces dernières d’ailleurs – n’en déplaise aux modernistes dont l’ampleur de l’ignorance n’a d’égale que leur empressement à adhérer aux stupidités issues de la contestation des prétendus réformés -, n’ont jamais reçu quelque degré que ce soit du sacrement de l’Ordre.
De très savantes études sur les rituels cartusiens de consécration des vierges ont démontré que la collation de l’étole et du manipule est un usage qui apparaît tardivement – au XVème siècle -, d’abord dans les Flandres, avant de se généraliser progressivement dans tout l’Ordre.
Il est probable que ce privilège fut accordé aux chartreusines par imitation de ceux dont jouissaient quelques (peu nombreux) monastères italiens de contemplatives.

Cela signifie donc que Sainte Roseline, à la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème, n’a en réalité jamais porté l’étole ni le manipule, puisqu’ils ne commencent à apparaître dans quelques maisons flamandes de l’Ordre qu’au XVème siècle.
Leur attribution à sa dépouille mortelle constitue donc un fabuleux anachronisme !

L’innovation audacieuse des moniales chartreusines flamandes du XVème siècle n’a bien évidemment jamais constitué une revendication de type féministe à une ordination diaconale, comme cela peut se trouver aujourd’hui au milieu des autres délires de type moderniste ; elle n’est qu’une espèce de représentation symbolique du statut particulier de la femme consacrée à Dieu et ensevelie dans la solitude du désert, désert que veulent reproduire les monastères cartusiens : par l’immolation silencieuse et cachée de sa consécration totale à Dieu, la moniale chartreusine participe à l’immolation du Christ Lui-même, le Christ souverain prêtre, le Christ serviteur (le mot grec « diakonos » signifie « serviteur »), le Christ immolé au service du salut des hommes.

chapelle Sainte-Roseline croix du pignon occidental

Chapelle Sainte-Roseline : croix au faîte du pignon occidental.

A suivre :
Les offices des Ténèbres > ici

2018-30. Condamné à mort…

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Communiqué

de l’Union des Cercles Légitimistes de France et de la Confrérie Royale

17 avril 2018

« Mon fils a été condamné à mort »

« Mon fils a été condamné à mort. Il s’appelle Vincent Lambert, il est père d’une petite fille, il vit, et n’a commis aucun crime. Et pourtant, ce lundi 9 avril 2018, en France, un médecin m’a annoncé que dans dix jours commencerait la lente et longue agonie de mon enfant, qui va mourir de faim et de soif. »

« Mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté. Qui oserait, à cet égard, parler de « mourir dans la dignité » ? »

Madame Viviane Lambert s’oppose à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation de son fils handicapé, décidé par le CHU de Reims. Dans une tribune au Figaro, elle en a appelé directement à Emmanuel Macron.
Comme le lui permet la loi de la république, le CHU de Reims, pour la quatrième fois, s’est prononcé pour un arrêt des traitements de Vincent Lambert, à savoir l’arrêt de son alimentation et de son hydratation. Dans trois jours, le malade ne sera plus alimenté et donc condamné à mort.
Vincent est devenu l’otage malgré lui d’un combat pour la vie. Il est devenu l’emblème d’un enjeu de société.

« Vincent n’est pas en fin de vie. Il n’est pas malade. Il ne souffre pas. […] n’est pas dans le coma, il n’est pas branché. Ce n’est pas une machine qui maintient mon fils en vie. Il respire sans assistance. Il se réveille le matin, et s’endort le soir.[…] Alors qu’il avait perdu le réflexe de déglutition, il l’a retrouvé.
[…] Lors de la procédure collégiale, vingt-quatre spécialistes ont adressé un courrier à l’hôpital de Reims pour indiquer que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable. S’il faut qu’il meure, ce n’est pas pour sa dignité : c’est par volonté euthanasique. Vincent va être sacrifié pour faire un exemple. Mon fils doit être un cas d’école.
Comme les 1700 personnes porteuses du même handicap que lui, Vincent aurait donc dû être placé dans un service spécialisé pour personnes cérébrolésées. […] Plusieurs établissements qui accueillent des personnes victimes de graves accidents de la route sont prêts à l’accueillir. »

Tuer l’innocent est très grave. Le cinquième commandement de Dieu est formel : « Tu ne tueras point ». L’euthanasie directe est un crime.

Certes l’individu est une partie qui doit coopérer au bien du tout, mais d’un autre côté, il transcende ce tout par sa dignité de personne et sa destinée éternelle ! Dès lors la société ne peut « se débarrasser des inutiles » sans sombrer dans le totalitarisme qui fait du « tout » le seul absolu.

« C’est pourquoi le médecin méprisera toute suggestion qui lui sera faite de détruire la vie, si frêle et si humainement inutile que cette vie puisse paraître » (déclaration de Pie XII aux médecins chirurgiens, le 13 février 1945).

Nous ne pouvons rester passifs devant une telle décision létale qui, si elle est exécutée, sera suivie, demain, de l’euthanasie de milliers d’autres Vincent Lambert.

Redoublons d’efforts pour rendre à la France le régime qui a fait sa dignité et sa grandeur car il est le seul qui prenne totalement en compte l’ordre naturel voulu par le Créateur et l’ordre  surnaturel établi depuis l’accomplissement du mystère de la Rédemption et qui, de ce fait, puisse assurer la dignité et la grandeur de toute personne humaine.

« Pour la monarchie traditionnelle, gouverner, c’est s’appuyer sur les vertus de la France, c’est développer tous ses nobles instincts, c’est travailler sans relâche à lui donner ce qui fait les nations grandes et respectées, c’est vouloir qu’elle soit la première par la foi, par la puissance et par l’honneur » - Henri V, Comte de Chambord (1820/1883).

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2018-29. Visite à l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, au Trayas.

5ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

Visite chez nos amis les chanoines séculiers de Saint-Remi :

L’église Sainte Thérèse du Trayas

Dimanche de Quasimodo 8 avril 2018.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Après vous avoir donné un aperçu de la liturgie dont notre petit groupe d’amis a pu bénéficier à La Garde-Freinet le dimanche des Rameaux (cf. > ici) et les premiers jours de la Semaine Sainte (cf. > ici), je veux aujourd’hui vous parler d’une « escapade » que nos pèlerins ont entreprise l’après-midi du lundi saint 26 mars.
Une très pieuse « escapade » à la vérité, comme vous allez vous en rendre compte par vous-mêmes.
Dans le premier épisode de ce « feuilleton » que je rédige ici à votre intention (cf. > ici), je vous écrivais que nous avions auprès de nous à La Garde-Freinet, « nos amis les chanoines fondateurs du chapitre séculier de Saint-Remi, voué à la prière pour la France ». Ce lundi saint 26 mars fut donc consacré à une découverte des lieux dans lesquels, depuis un peu plus de quatre mois, Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Fréjus-Toulon les a accueillis et leur permet de commencer leur fondation : l’église Sainte-Thérèse et le presbytère du Trayas.

Le Trayas est un quartier littoral de Saint-Raphaël situé à l’extrémité est de la corniche de l’Estérel, du diocèse de Fréjus-Toulon et du département du Var ; tout de suite après commencent le département des Alpes-maritimes et le diocèse de Nice, avec la commune de Théoule-sur-mer.
Grâce à un célèbre moteur de recherche sur internet, j’ai pu réaliser un saisie d’écran montrant depuis la mer, à l’aide d’une petite croix jaune, la position de l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, au Trayas. Sur cette vue, vous avez à votre gauche la corniche de l’Estérel. L’espèce de presqu’île qui s’avance dans la Méditerranée, en bas à droite, est la « pointe Notre-Dame » sur laquelle se fait la limite entre les départements du Var et des Alpes-maritimes, et entre les diocèses de Fréjus-Toulon et de Nice.

1 Position église Trayas

L’église Sainte-Thérèse du Trayas fut édifiée en 1912 grâce aux libéralités de Monsieur et Madame Guichard, propriétaires de « l’Estérel Hôtel » tout proche.
Elle ne avait à cette époque une superficie de 60 m² seulement, et avait été dédiée à Saint Caprais (Saint Caprais, compagnon de Saint Honorat qui fonda l’abbaye de Lérins au début du Vème siècle, en fut le deuxième abbé lorsque Honorat fut élu archevêque d’Arles).

Quinze ans plus tard, la chapelle fut agrandie – passant à 90 m² – , fut augmentée d’une sacristie et surmontée d’un campanile.
C’est alors que, lors de sa bénédiction solennelle, accomplie par Son Excellence Monseigneur Auguste Siméone assisté du Révérendissime Père Abbé de Lérins, le 15 mars 1928, elle fut placée sous le vocable de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face qui avait été canonisée à peine trois ans plus tôt.
La cloche de l’église fut également baptisée ce jour-là et elle reçut le prénom d’Yvonne, qui était celui de Madame Guichard, sa marraine.

D’abord simple chapelle, elle fut par la suite érigée en paroisse et porte bien le titre d’église, même si, dans l’usage, le terme de chapelle reste souvent employé.

église Sainte-Thérèse Le Trayas carte postale ancienne

Carte postale ancienne montrant l’intérieur de l’église Sainte-Thérèse du Trayas

L’église Sainte-Thérèse du Trayas se trouve à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Elle se trouve dans un jardin, en contrebas du boulevard Théodore Guichard au bord duquel elle est signalée par un panneau apposé à l’un des piliers de pierre du portail.
Depuis ce portail, on descend vers l’église par des escaliers en pente douce que borde une exubérante végétation méditerranéenne.

2 - descente vers la chapelle

Dans ce petit oasis consacré à Dieu au milieu de très belles résidences et villas, l’église Sainte-Thérèse se découvre progressivement à nos regards au milieu des palmiers, aloès, cyprès, arums et succulentes diverses…

3 - la chapelle

Elle est construite en pierre locale, dite « pierre rouge de l’Estérel » (une rhyolithe).
Quatre grandes fenêtres latérales donnent à l’intérieur une belle luminosité. Sa façade est dirigée vers la mer.

4 - la chapelle

A notre arrivée, les chanoines firent sonner la cloche :

Nos amis les chanoines séculiers de Saint-Remi sont ici depuis le 1er décembre 2017, et ils ont déjà considérablement travaillé pour nettoyer et embellir cette petite église. Monsieur le Curé leur laisse toute latitude pour cela, et il ne s’est nullement opposé à ce qu’ils rétablissent l’autel dans « le bon sens ».
Ainsi le vitrail du sanctuaire (réalisé par un maître-verrier local dans les dernières années du XXème siècle), représentant Notre-Seigneur en croix, prend-il tout son sens : l’autel n’est-il pas le lieu où, de manière sacramentelle non sanglante, est actualisé et offert le Saint-Sacrifice du Calvaire ?

5 - intérieur chapelle

Deux vues de l’intérieur de l’église Sainte-Thérèse du Trayas
prises le lundi saint 26 mars 2018

6 - intérieur chapelle

Dans cette chapelle dédiée à l’une des célestes protectrices de la France, les deux chanoines font monter chaque jour vers le Ciel de ferventes prières pour le Royaume et son retour dans les voies de la fidélité à sa vocation.
Là, avec de vifs sentiments d’action de grâces pour cette fondation, nous assistâmes à une fervente Sainte Messe (pour certains la deuxième de la journée).

8 - messe chapelle

Messieurs les chanoines nous firent aussi les honneurs de leur presbytère : une maison à l’architecture très originale (elle est triangulaire !), que l’on voit ici telle qu’elle se découvre aux regards depuis le jardin de la chapelle :

10 - villa Ste Thérèse depuis la chapelle

Depuis leur balcon, par dessus le toit de l’église, on jouit d’une vue magnifique sur le littoral, et l’on aperçoit, posées sur l’horizon, les îles de Lérins avec le monastère fortifié de Saint-Honorat en figure de proue.

11 - vue depuis le balcon du presbytère

Cette visite est donc l’occasion tout-à-fait opportune pour vous faire connaître qui sont nos amis les chanoines du chapitre séculier de Saint-Remi, et découvrir plus précisément en quoi consiste la fondation qu’ils ont entreprise avec les encouragements et la bénédiction de Monseigneur l’Evêque de Fréjus-Toulon.

Prochainement > « Des chanoines pour la France » :
entretien avec Messieurs les chanoines Frédéric et Sébastien Goupil,
fondateurs du chapître séculier de Saint-Remi > (pas encore en ligne)

Suite du récit de la Semaine Sainte :
Pèlerinage à Sainte Roseline de Villeneuve > ici

15 - campanile à la colombe

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia, Vexilla Regis | le 7 avril, 2018 |8 Commentaires »

2018-28. Quelques photographies des Saintes Messes solennelles des lundi, mardi et mercredi saints.

4ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant la Semaine Sainte à La Garde-Freinet.

Samedi in albis 7 avril 2018,
Premier samedi du mois dédié à la réparation envers le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Frère Maximilien-Marie a pris environ 180 photographies lors des Saintes Messes solennelles des lundi, mardi et mercredi saints : il n’est évidemment pas possible de les publier toutes !
J’ai donc dû faire une sélection et je vous en livre ci-dessous vingt-quatre qui ont été prises au cours de l’une ou l’autre des Messes de ces trois jours, et – lors même qu’elles n’ont pas été prises au cours d’une unique célébration – de les disposer dans l’ordre chronologique de la Messe dont elles montrent le déroulement.

Au cours de ces messes solennelles les diacre et sous-diacre sont revêtus de la chasuble pliée (cf. > ici). Le diacre abandonne celle-ci pour prendre le stolon à partir du chant de l’Evangile et jusqu’après les purifications.
Le lundi saint, l’Evangile est celui de l’onction à Béthanie (Jean XII, 1-9) et les acolytes portaient les cierges, mais les mardi et mercredi saints, où l’on chante respectivement la Passion selon Saint Marc et la Passion selon Saint Luc, ils ne les portent pas ensuite pour la procession de l’Evangile.

Pour les différences entre le missel de Saint Pie V et la réforme de 1955 pendant la liturgie de ces trois jours, on se reportera encore une fois avec fruit à ce qu’en a écrit Henri Adam de Villiers > ici.

Lully.

Philippe de Champaigne : Sainte Face

Le confiteor du célébrant pendant les prières au bas de l’autel (messe du lundi saint) :

1 confiteor prêtre lundi

A l’encensement de l’autel pendant le chant de l’introït et du kyrie (messe du lundi saint) :

2 encensement autel introît lundi sai

A la collecte (messe du lundi saint) :

3 collecte lundi

Pendant le chant de l’épître (messe du mardi saint) :

4 chant de l'épître mardi sai

Pendant le chant de l’épître (messe du mercredi saint) :

5 chant épître mercredi st

Après le chant de l’épître, le sous-diacre apporte le lectionnaire au célébrant et reçoit sa bénédiction (messe du lundi saint) :

6 après épître lundi

Pendant le chant de la Passion (messe du mardi saint) :

7 chant de la passion mardi s

Pendant le chant de la Passion, après le dernier soupir de Notre-Seigneur Jésus-Christ (messe du mercredi saint) :

8 mort passion du mercredi

Après le chant de la Passion, la bénédiction du diacre pour le chant de l’Evangile (messe du mardi saint) :

9 bénédiction diacre mardi st

Encensement et chant de l’Evangile (messe du mardi saint) :

10 évangile mardi

Après le chant de l’Evangile, le sous-diacre porte l’Evangéliaire au célébrant pour le lui donner à baiser (messe du mardi saint) :

11 après évangile mardi

L’encensement du célébrant après le chant de l’Evangile (messe du mardi saint) :

12 encensement ap év mardi

A l’offertoire, le sous-diacre, avec le voile huméral, apporte le calice à l’autel, et le diacre le prépare (messe du mardi saint) :

13 offertoire mardi

Encensements de l’offertoire (messe du mardi saint) :

14 offertoire mardi st

Encensement du choeur (messe du lundi saint) :

15 encensement choeur lundi

Chant de la préface (messe du mardi saint) :

16  préface mardi

Elévation du calice (messe du mardi saint) :

16 élévation mardi saint

Elévation du calice (messe du mercredi saint) :

17 élévation mercredi

Pendant le canon (messe du mercredi saint) :

18 canon mercredi

Le confiteor des ministres avant la sainte communion (messe du mardi saint) :

19 confiteor mardi

Postcommunion (messe du mardi saint) :

20 postcommunion mardi

« Humiliate capita vestra Deo » proclame le diacre après la postcommunion (messe du mercredi saint) :

21 humiliate mercredi

Oraison sur le peuple (messe du mardi saint) :

22 humilate capita mardi

Bénédiction (messe du mercredi saint) :

23 bénédiction mercredi

Dernier Evangile (messe du lundi saint) :

24 dernier évangile lundi

nika

A suivre > 5ème partie : une visite à l’église Sainte-Thérèse du Trayas > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 7 avril, 2018 |5 Commentaires »

2018-27. Du dimanche des Rameaux célébré selon le rite antique.

3ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant la Semaine Sainte à La Garde-Freinet.

Vendredi de Pâques 6 avril 2018,
Premier vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour bien comprendre l’intérêt que nous avions à suivre les cérémonies de la Semaine Sainte dans la forme qui étaient la leur avant les réformes opérées sous le pontificat de Pie XII, il est toujours utile de lire – et de relire – les remarquables études liturgiques publiées par le très docte Henri Adam de Villiers sur le blogue de la Schola Sainte-Cécile, études dont nous appelons de tous nos voeux l’achèvement puisqu’à l’heure où j’écris seulement six des douze parties annoncées ont été présentées.
Néanmoins, ainsi que l’introduction générale à ces publications avait le mérite de le mettre en évidence (cf. > ici), il faut bien avoir conscience que : « Quoique le décret de réforme Maxima redemptionis nostrae mysteria émana de la Sacrée Congrégation des Rites, celle-ci avait été élaborée en réalité par la Commission pour la Réforme liturgique, commission instituée en marge de ladite Congrégation – jugée trop conservatrice – au printemps de 1948 par Pie XII. La Commission pour la Réforme liturgiquecomportait 8 membres sous la présidence du cardinal Clemente Micara, puis du cardinal Gaetano Cicognani. Son but était de proposer des évolutions en matière liturgique dans l’esprit de l’encyclique Mediator Dei. La principale cheville ouvrière de la commission fut son son secrétaire, Mgr Annibale Bugnini, nommé dès la création en 1948 et qui resta à ce poste jusqu’en 1960 ».
C’est dire que les principes mis en oeuvre par Monseigneur Bugnini dès cette réforme de la Semaine Sainte du milieu des années 50 sont déjà ceux qui présideront à l’élaboration du nouveau rite de la Messe publié en 1969, et que l’on retrouve donc déjà dans la modification des rites opérée sous le pontificat de Pie XII le même mélange de rationalisme et d’incohérences, de pseudo-science liturgique et de modernisme, de volonté systématique de rompre avec certains usages très antiques au nom d’un prétendu retour à une « simplicité des origines » qui n’est que le fruit d’imaginations modernes, d’ignorance et d’arbitraire… etc. Raison pour laquelle je ne cesse d’affirmer depuis des années que la liturgie de la Semaine Sainte – sommet de l’année liturgique – telle qu’elle se trouve dans le missel de 1962 habituellement pratiqué dans les chapelles, paroisses et communautés traditionnelles n’est ni plus ni moins qu’un cheval de Troie.
L’indult accordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis le mois de janvier dernier à plusieurs instituts ou communautés pratiquant la liturgie latine traditionnelle pour reprendre les rites de la Semaine Sainte antérieurs à 1955 m’apparaît donc tout à la fois comme un heureux présage, comme un authentique progrès dans l’oeuvre de restauration liturgique à laquelle il convient d’oeuvrer selon de sains principes traditionnels, et comme un véritable événement historique.

Cela dit, puisque le travail a été remarquablement bien effectué par Henri Adam de Villiers, et qu’il est donc inutile de le plagier ici, je vous engage, avant de continuer à lire ou à relire ce qu’il a publié > ici, au sujet de la liturgie du dimanche des Rameaux, puisque les explications comparatives sur ce qui se trouve réellement dans le missel promulgué par Saint Pie V et ce qui a été réalisé dans la réforme de 1955 sont absolument lumineuses pour comprendre les photographies, prises lors de ce dimanche des Rameaux 25 mars 2018 au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, que je vais publier ci-dessous et qui ne seront accompagnées que de peu de commentaires…

pattes de chat Lully.

A – La bénédiction des Rameaux et la procession :

Après le chant de tierce et l’aspersion dominicale habituelle, a lieu la bénédiction solennelle des Rameaux, improprement appelée parfois « messe sèche », parce que la structure de sa liturgie est conforme à celle de la liturgie de la Messe.
Vous remarquerez l’usage des chasubles pliées pour le diacre et le sous-diacre au lieu de la dalmatique et de la tunique, et pour tout ce qui concerne les chasubles pliées vous lirez avec profit l’excellent article que leur a consacré Henri Adam de Villiers > ici.

Après le chant de l’Antienne « Hosanna, filio David », à l’autel, le célébrant chante la première oraison, véritable collecte, pendant la conclusion de laquelle le sous-diacre va déposer sa chasuble pliée et reçoit le lectionnaire.

1 - Collecte de la bénédiction des Rameaux

Puis le sous-diacre chante l’épître, tirée du livre de l’Exode (XV, 27 ; XVI, 1-7).

2 - chant de l'épître de la bénédiction des Rameaux

Et comme à la Messe solennelle il va ensuite baiser la main du prêtre et recevoir sa bénédiction.

3 - le sous-diacre reçoit la bénédiction du célébrant après l'épître

Le diacre quitte alors la chasuble pliée et prend le stolon (ou étole large) et se prépare pour le chant de l’Evangile de l’entrée messiannique de Notre-Seigneur à Jérusalem.

4 - préparation au chant de l'Evangile de la bénédiction des Rameaux

On procède à la procession et au chant de l’Evangile comme à la Messe solennelle.

5 - chant de l'Evangile de la bénédiction des Rameaux

En suite de quoi, le diacre ayant repris la chasuble pliée, le célébrant récite l’oraison « Auge fidem » puis chante la préface de la bénédiction des Rameaux, en conclusion de laquelle est exécuté le chant du « Sanctus ».
C’est alors que se placent six oraisons par lesquelles les palmes et rameaux d’olivier sont bénits et consacrés.

6 - oraisons pour la bénédiction des Rameaux

Alors les palmes et rameaux d’oliviers bénits sont distribués au clergé, aux ministres et aux fidèles, pendant le chant du « Pueri Hebraeorum », conclu par une oraison.

7 - distribution des Rameaux

Sur l’injonction du diacre la procession sort de l’église.
La croix de procession reste voilée, mais elle a reçu un rameau d’olivier.

8 - départ de la procession

Au retour de la procession, devant la grande porte de l’église dont les battants sont fermés, est exécuté le chant « Gloria, laus et honor tibi sunt » : les chantres, derrière les portes closes, interprètent les couplets tandis que le clergé et les fidèles à l’extérieur reprennent le refrain.

9 - procession

A la fin de l’hymne, les vantaux de la porte s’ouvrent après avoir été frappés par la hampe de la croix de procession que porte le sous-diacre.
Derrière elle les ministres, le clergé et les fidèles entrent dans l’église.

10 - procession à la porte de l'église

B – La Messe du deuxième dimanche de la Passion :

Le célébrant ayant déposé la chape et revêtu la chasuble commence les prières au bas de l’autel.

11 - prières au bas de l'autel

Et la Sainte Messe se déroule comme à l’accoutumée : chant de l’introït et du Kyrie ; encensement de l’autel et du célébrant ; collecte… 

12 - encensement de l'autel

Le sous-diacre ayant à nouveau déposé la chasuble pliée chante l’épître (Phil. II, 1-5)…

13 - épître de la Messe

… pendant laquelle tous génuflectent au verset « afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers ».

14 - afin que tout genou fléchisse

Pendant le chant du graduel et du trait – qu’il a récités à voix basse au missel – , le célébrant commence la lecture de la Passion selon Saint Matthieu.
Lui-même et ses ministres tiennent en main les palmes qu’ils ont portées pendant la procession.

15 - le célébrant lit la Passion

A la fin du trait, trois diacres commencent le chant de la Passion, en direction du nord liturgique.
Lorsque le célébrant en a terminé la lecture au missel, lui-même et ses ministres se tournent vers les diacres qui chantent la Passion.

16 - chant de la Passion

Après le chant des derniers moments de Notre-Seigneur et de ce qui suivit immédiatement sa mort, les diacres se retirent.
C’est alors que se situe le chant de l’Evangile proprement dit, avec toutes les cérémonies accoutumées : « Munda cor meum », imposition de l’encens, bénédiction du diacre et procession.

17 - imposition de l'encens avant l'Evangile

Toutefois pour cette procession et pour le chant de cet Evangile, les acolytes ne portent pas leurs cierges.

18 - chant de l'Evangile

La Sainte Messe est célébrée ensuite comme l’est toute Messe solennlle : chant du « Credo », offertoire…

19 - offertoire

… avec les encensements habituels ;

20 - imposition de l'encens à l'offertoire

21 - encensement de l'offertoire

… la secrète et le chant de la préface ;

22 - chant de la préface

… le canon et la consécration ;

23 - consécration

… le chant du « Pater » ; celui de l’ « Agnus Dei », avec les baisers de paix ;

24 - baiser de paix

… puis les rites de la Sainte Communion ;

25 - Ecce Agnus Dei

Après les purifications, le diacre quitte le stolon et reprend la chasuble pliée.
La Sainte Messe s’achève avec la bénédiction du célébrant.

26 - bénédiction finale

Et le dernier Evangile n’est pas omis.

27 - dernier Evangile

Commencée à 8 h 15 avec le chant de tierce, cette cérémonie s’est achevée à 11 h 15.

C – Les vêpres du dimanche des Rameaux :

En fin d’après les vêpres furent célébrées avec cinq chapiers.

28 - vêpres du dimanche des rameaux

Et furent bien évidemment suivies du Salut au Très-Saint-Sacrement.

29 - salut du Très Saint-Sacrement

A suivre > 4ème partie : Photographies des Messes solennelles des lundi, mardi et mercredi saints > ici

palmes

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 6 avril, 2018 |Pas de Commentaires »
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