2017-94. Nous vivons vraiment en des temps formidables !

Mardi 12 décembre 2017,
Fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > ici) ;
Cinquième jour dans l’octave de la fête de la Conception immaculée de Notre-Dame ;
Mémoire du mardi de la deuxième semaine de l’Avent.

Lully & St François de Sales

fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux d’entre vous qui sont abonnés à la lettre d’information du Mesnil-Marie ont pu lire dans la chronique de cet automne 2017 (cf. > ici) que le Cercle Légitimiste du Vivarais, qui existe comme association de fait depuis maintenant plus de deux ans, a procédé le 11 novembre dernier – à l’occasion de la fête de Saint Martin de Tours, apôtre des Gaules (la date n’avait évidemment pas été choisie au hasard) – à son assemblée générale constitutive afin d’être désormais une association de droit selon la loi de 1901, dotée de la personnalité juridique et pouvant ainsi adhérer officiellement à l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF).

Le soir même de ce 11 novembre, Frère Maximilien-Marie, sénéchal du Cercle Légitimiste du Vivarais, a accompli toutes les formalités de la déclaration de la nouvelle association auprès des services de l’Etat : cela peut maintenant se faire directement en ligne et évite des déplacements ou des envois de dossier par courrier postal.
C’est beaucoup plus simple, rapide et pratique… en théorie du moins.

Du 11 novembre (11 XI) au 12 décembre (12 XII), un mois s’est écoulé, et Frère Maximilien-Marie commençait à s’étonner de ne pas recevoir le récépissé de la Préfecture de l’Ardèche et de n’avoir pas de nouvelle de la publication au Journal Officiel, quand, justement, un peu avant midi, il a reçu un courriel rédigé en ces termes  :  « Bonjour, votre demande de création d’association a été traitée par le service chargé de votre dossier. Un document a été mis à votre disposition dans le porte-documents de votre compte service-public.fr. Cordialement. »
Notre Frère s’est donc aussitôt rendu sur le-dit compte et y a été invité à télécharger un document intitulé « rejet ». A la vue de ce titre, son sang n’a fait qu’un tour et il s’est hâté de l’enregistrer et de l’ouvrir.
Voici ci qu’il y a lu :

Capture d’écran rejet création asociation cercle légitimiste 12-12-2017

Perplexe devant le motif invoqué, puisque c’est en fonction même du code postal de la commune sur le territoire de laquelle se trouve le siège social de l’association que le site « service-public.fr » fait automatiquement suivre la télédéclaration aux services administratifs ayant juridiction sur cette commune, Frère Maximilien-Marie, dès la réouverture du standard de la sous-préfecture de Tournon-sur-Rhône, y a téléphoné au service des associations afin d’exposer le problème et demander des éclaircissements.
La dame qui lui a répondu était aussi perplexe que lui et ne comprenait absolument pas de quoi il pouvait s’agir. Elle ne pouvait même pas avoir accès aux dossiers : « La commune de Saint-Martial, sur laquelle se trouve le siège social de l’association dont vous avez déclaré la création, faisait partie de l’arrondissement de Tournon-sur-Rhône jusqu’au mois de décembre 2016. A la suite du rattachement de Saint-Martial à la communauté de communes « Montagne d’Ardèche », effectif depuis le 1er janvier 2017, cette commune s’est également retrouvée rattachée à l’arrondissement de Largentière. J’ai beau essayer de retrouver votre dossier de déclaration avec le numéro d’enregistrement que vous venez de me communiquer, je n’ai plus de possibilité d’accès à tout ce qui concerne les communes extérieures à notre arrondissement… Essayez de joindre ma collègue de Largentière ».

Voilà notre Frère qui appelle donc la sous-préfecture de Largentière et qui demande à joindre le service des associations. La standardiste, fort aimable au demeurant, le met en relation (après la petite musique électronique agaçante d’usage). Il salue la dame qui prend la communication, se présente, et demande tout de go : « Saint-Martial ne fait-il pas partie de l’arrondissement de Largentière depuis onze mois et demi ? »
- Pas du tout ! lui rétorque son interlocutrice avec un ton péremptoire. Saint-Martial dépend de la sous-préfecture de Tournon !
- Toutefois, insiste Frère Maximilien-Marie avec une voix pateline, je viens justement d’avoir votre collègue de Tournon et elle a été absolument catégorique : depuis que Saint-Martial a été rattaché à la communauté de communes « Montagne d’Ardèche », cette commune n’appartient plus à l’arrondissement de Tournon mais à celui de Largentière…
- Attendez ! Je vais voir… répond la dame avec moins d’assurance.
Frère Maximilien-Marie l’entend se lever, sortir de la pièce, échanger des paroles avec d’autres personnes sans qu’il puisse en comprendre les mots… Puis cette exclamation, elle clairement audible : « Sainte Vierge ! » Puis à nouveau des pas et la dame sur un ton très irénique lui dit : « Eh bien vous avez raison ! Saint-Martial se trouve bien dans notre arrondissement désormais… » Et là sur un ton presque enjoué : « C’est à vous que j’ai envoyé ce matin une notification de rejet pour un dossier de création d’association en vous demandant de refaire votre déclaration auprès de la sous-préfecture de Tournon ? »
- Oui, Madame !
La dame se confond en excuses et ajoute : « Je ne peux pas récupérer le dossier que vous m’avez envoyé le 11 novembre puisque, en raison de ma réponse, le site l’a automatiquement classé dans les rejets. Pouvez-vous me renvoyer un dossier complet ? »
Frère Maximilien-Marie n’a pas voulu se montrer désobligeant et lui a dit qu’il allait reprendre toute la démarche dans l’après-midi même – ce qu’il a fait – , mais il n’a pas pu s’empêcher auparavant de rechercher une extraordinaire séquence du dessin animé « Les douze travaux d’Astérix » qui s’intitule : « La maison qui rend fou ».
Si vous ne la connaissez pas, ou si vous désirez la revoir, je vous invite à le faire > ici. Bien sûr, selon la formule consacrée, « les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Moi, depuis mon couffin douillet près du poële, bien que faisant mine de dormir, j’ai tout entendu et tout enregistré, et je pensais en moi-même : « Nous vivons vraiment en des temps formidables ! Obliger mon papa-moine à refaire complètement la déclaration de création de l’association Cercle Légitimiste du Vivarais parce que la responsable du service des associations de la sous-préfecture vers laquelle le site internet, correctement configuré, l’avait fait suivre, n’avait pas encore assimilé, au bout de onze mois et demi, qu’il y avait eu une modification des territoires respectifs des sous-préfectures de l’Ardèche, oui, c’est vraiment formidable ! »

Car, si vous ne le saviez pas, l’adjectif français formidable, vient de l’adjectif latin « formidabilis » qui signifie « qui inspire la crainte » ; il est en effet formé sur le verbe « formidare » qui veut dire « craindre », « redouter ». Et ce verbe « formidare » dérive lui-même  du mot « formido, -inis » qui désigne au sens premier un épouvantail et au sens figuré l’ « effroi », la « terreur » !
Ainsi, dans notre belle langue française, l’adjectif formidable signifie-t-il originellement « terrible », « redoutable ». Ce fut d’ailleurs son unique sens à l’époque classique et jusqu’au début du XIXème siècle. Vers 1830, il y eut un premier glissement de sens et formidable fut utilisé comme un synonyme d’ « impressionnant » puis d’ « étonnant », jusqu’à ce qu’enfin on arrive à l’utiliser comme un équivalent de « sensationnel » ou « extraordinaire ».
Mais bien sûr – vous vous en doutez j’espère – , lorsque j’écris que nous vivons en des temps formidables, j’emploie ici l’adjectif dans son acception classique et étymologique : je ne m’appelle pas Lully pour rien !

Oui, ces temps sont vraiment redoutables et m’inspirent une véritable épouvante…

pattes de chatLully.

Bonnes lectures du Maître-Chat

Et pour La Gazette Royale dont Maître-Chat Lully est un lecteur assidu voir > ici

fleur de lys

Prières à Saint Nicolas de Myre.

Je ne publie pas seulement de belles images anciennes à la gloire de Saint Nicolas (cf. > ici et > ici) mais je vous invite à le prier avec ferveur. Pour vous aider en cela, je vous recopie ci-dessous deux belles prières héritées de la tradition des chrétiens orientaux.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 1

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

Prière au grand thaumaturge Saint Nicolas pour toutes les nécessités du peuple fidèle :

Ô Saint Nicolas, hiérarque digne de toute louange et de tout honneur, grand thaumaturge et saint du Christ, homme de Dieu et fidèle serviteur, homme de désir, vase élu, ferme pilier de l’Eglise, flambeau très brillant, étoile qui illumine et éclaire l’univers entier : vous êtes un juste florissant comme le palmier planté dans les parvis de votre Seigneur.
Vivant à Myre, vous avez répandu le parfum de la myrrhe et vous avez déversé la myrrhe jaillissante de la Grâce Divine. Par votre présence, très saint père, la mer fut bénie lorsque vos reliques très miraculeuses furent transférées à la ville de Bari, de l’orient à l’occident, pour louer le Nom du Seigneur.

Ô très gracieux et merveilleux thaumaturge, prompt secours, fervent intercesseur, bon berger qui sauvez votre troupeau spirituel de toutes sortes de maux, nous vous glorifions et vous magnifions comme l’espoir de tous les chrétiens, la source de miracles, le protecteur des fidèles, le très sage docteur, le nourricier des affamés, la joie des affligés, le vêtement de ceux qui sont nus, le guérisseur des malades, le pilote de ceux qui voguent en mer, le libérateur des prisonniers, le nourricier et défenseur des veuves et des orphelins, le gardien de la chasteté, le doux tuteur des enfants, le support des vieillards, le guide de ceux qui jeûnent, le repos de ceux qui peinent, la richesse abondante des pauvres et des nécessiteux.
Ecoutez-nous qui vous prions et qui avons recours à votre protection : intercèdez en notre faveur auprès du Très-Haut et obtenez par vos puissantes prières tout ce qui est utile pour le salut de nos âmes et de nos corps.
Par votre puissant secours, protègez de tout mal cette (selon le cas) [famille - communauté - chapelle - église - paroisse], ainsi que toute ville, tout village et tout pays chrétien et le peuple ici présent. Car nous savons que la prière d’un juste est une grande et puissante force pour le bien. Et après la Toute bénie Vierge Marie, nous vous avons comme juste intercesseur auprès de Dieu très miséricordieux, et nous avons humblement recours à votre fervente intercession et protection, très gracieux Père.
Sous votre houlette, comme un berger attentif et bon, gardez-nous de tous les ennemis, des fléaux, des tremblements de terre, de la grêle, de la famine, de l’inondation, du glaive, de l’invasion étrangère, de la guerre civile et de toutes nos adversités et afflictions.
Tendez-nous une main secourable et ouvrez-nous les portes de la miséricorde divine, car nous sommes indignes de contempler les hauteurs célestes à cause de la multitude de nos iniquités ; nous sommes garrottés par les liens du péché et nous n’avons pas accompli la volonté de notre Créateur, ni gardé Ses commandements. C’est pourquoi dans la pénitence et l’humilité nous fléchissons les genoux de notre coeur devant notre Créateur et nous sollicitons votre intercession paternelle auprès de Lui.
Secourez-nous, Saint de Dieu, afin que nous ne périssions pas dans nos péchés ; délivrez-nous de tout mal et de toute puissance hostile, dirigez notre esprit et affermissez notre cœur dans la vraie foi qu’avec votre médiation et votre intercession, ni les plaies, ni les menaces, ni les fléaux, ni la colère de notre Créateur ne diminueront ; mais accordez-nous de pouvoir mener une vie paisible ici-bas et de contempler les biens dans la terre des vivants, glorifiant le Père, le Fils et le Saint Esprit, un seul Dieu glorifié dans la Trinité, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale st Nicolas de Newcastle

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle)

Prière pour les enfants et pour tout le peuple chrétien :

Saint Père et Pontife Nicolas, vous nous enseignez la douceur et l’humilité du Christ notre Dieu ; vous Lui présentez nos prières, nos supplications et nos chants de gratitude. Par votre vie, vous nous donnez l’exemple d’un vrai disciple de Jésus Christ, en proclamant la vérité de Dieu et en vous montrant tendre et compatissant avec tous, riches et pauvres. Vous êtes aussi, par votre puissante prière, celui qui protège, qui garde les enfants et les inspire pour tout ce qui est bien, bon et beau.
En ce jour et à cette heure, nous vous prions pour les enfants du monde entier, ceux qui connaissent Dieu et ceux qui ne le connaissent pas encore, en particulier pour… (les nommer).
Nous te prions également pour nos évêques… , pour nos prêtres… , pour nos diacres… , pour notre Roi… , pour nos parents… , pour nos parrains…, et pour tous nos frères dans la vraie foi.
Nous vous prions pour nous-mêmes… (si l’on a quelque intention particulière on la cite ici).
Et nous vous prions enfin pour tous ceux qui se sont endormis dans la foi, en premier lieu pour les membres de notre famille, et pour tous les défunts du monde entier.
Saint Père Nicolas, glorifiez et priez avec nous le Père, le Fils et le Saint-Esprit, unique et seul Dieu, Trinité dans l’Unité, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 2

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 6 décembre, 2017 |3 Commentaires »

2017-93. Et quand revient la fête du grand Saint Nicolas, le Maître-Chat Lully offre quelques belles images aux enfants sages qui sont ses lecteurs…

5 décembre au soir.

mitre de saint Nicolas

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si vous n’avez pas encore compris que Saint Nicolas est un saint pour lequel nous avons une très très très grande affection et dévotion au Mesnil-Marie, c’est que vous n’avez jamais rien lu de mes précédentes publications (en particulier > ici et > ici) !!!
Bref ! Saint Nicolas est un très grand saint que nous aimons beaucoup et dont la fête nous réjouit au-delà de ce que les mots peuvent dire. Alors, comme l’année dernière (cf. > ici), et parce que je sais qu’il y a parmi vous une majorité d’enfants sages, dans ma publication de ce jour je veux seulement faire briller vos yeux d’un éclat enfantin avec quelques images que j’ai extraites de la réserve de mon papa-moine…

Bonne, belle et fervente fête de Saint Nicolas !

pattes de chatLully.

St Nicolas 2017-93 1

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St Nicolas 2017-93 7

mitre de saint Nicolas

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints | le 5 décembre, 2017 |5 Commentaires »

2017-92. Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique !

couronne de l'avent avec petits animaux

Aux premières vêpres du premier dimanche de l’Avent.

Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique,
chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion !

C’est en effet au premier dimanche de l’Avent que le cycle de l’année liturgique recommence, et ce cycle est celui de notre croissance dans la grâce et l’union à notre divin Sauveur.
Puisse donc cette nouvelle année liturgique vous apporter de grandes bénédictions du Ciel pour être toujours davantage et toujours plus profondément conduits par Dieu et unis à Lui…

« Mon Dieu, Verbe du Père, qui Vous êtes fait chair pour notre amour, qui avez assumé un corps mortel afin de pouvoir souffrir et Vous immoler pour nous, je voudrais me préparer à Votre venue avec les ardents désirs  des prophètes et des justes qui, dans l’Ancien Testament, ont soupiré après Vous, l’unique Sauveur et Rédempteur. « Oh ! Seigneur, envoyez Celui que Vous devez envoyer… Comme Vous l’avez promis, venez et délivrez-nous ! » (…)
O mon très doux Sauveur, Vous venez à ma rencontre avec un amour infini, avec l’abondance de Votre grâce ; Vous voulez envahir mon âme avec des torrents de miséricorde et de charité, afin de l’attirer à Vous. Venez, ô Seigneur, venez ! Moi aussi je veux courir avec amour à Votre rencontre mais, malheureusement, mon amour est si limité, si faible, si imparfait ; rendez-le fort et généreux, rendez-moi capable de me surmonter moi-même pour me donner totalement à Vous. (…)
Accordez-moi, ô Seigneur un amour fort ! Je le désire ardemment, non seulement pour échapper, un jour, à Votre regard sévère de juge, mais aussi et surtout pour payer de retour, en quelque manière, Votre charité infinie.
O Seigneur, ne permettez pas, je Vous prie, que cet amour excessif, qui Vous a conduit à Vous incarner pour mon salut, m’ait été donné en vain ! Ma pauvre âme a tant besoin de Vous ! Elle soupire après Vous comme après le médecin très compatissant qui, seul, peut guérir ses blessures, la tirer de la langueur et de la tiédeur où elle gît, et lui infuser enfin une vigueur nouvelle, un nouvel élan, une nouvelle vie. Venez, Seigneur, venez !
Je me prépare à accueillir Votre oeuvre d’un coeur humble et docile, prêt à se laisser guérir, purifier, pétrir par Vous. Oui, avec Votre aide, je veux faire n’importe quel sacrifice, je veux renoncer à tout ce qui pourrait retarder en moi Votre oeuvre rédemptrice.
Déployez, Seigneur, Votre puissance et venez ! venez sans plus tarder ! »

Extrait de « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année »,
par le Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd
au premier dimanche de l’Avent.

Etoiles

Textes pour l’Avent déjà publiés dans ce blogue :
- La couronne de l’Avent (explication) > ici
- BD « Tendus vers Son avènement » > ici
- La spiritualité de l’Avent (Benoît XVI) > ici
- Autre texte sur la spiritualité de l’Avent > ici
-  Conseils de St François de Sales pour la nouvelle année liturgique > ici
-  Autres voeux pour le début de l’année liturgique > ici
- Sermon de Saint Augustin sur l’avènement du Seigneur > ici

Enfin, pour écouter l’antienne mariale du temps de l’Avent et de Noël dans son ton solennel,
faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous > ouvrir dans un nouvel onglet.

Traduction :
Auguste Mère du Rédempteur, porte du ciel toujours ouverte et étoile de la mer,
secourez un peuple qui tombe mais qui travaille à se relever :
ô vous qui, au grand étonnement de la nature, avez enfanté votre Créateur ;
Vierge avant comme après l’enfantement, recevant le salut de Gabriel, ayez pitié des pécheurs !

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Guirlande de sapin - gif

2017-91. « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ! »

24 novembre,
Fête de Saint Jean de la Croix (cf. > ici, > ici et > ici).

Saint Ambroise convertissant Théodose -Pierre Subleyras 1745

Saint Ambroise de Milan convertissant l’Empereur Théodose 1er
(Pierre Subleyras – 1745)

ChiRho couronné

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 24 novembre n’est pas seulement le jour de la fête de Saint Jean de la Croix, mais il est également l’anniversaire de la publication de l’Edit de Thessalonique par l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand.
Décrété le 27 février 380, cet édit ne fut cependant publié que le 24 novembre suivant.

Le 13 juin 313, par l’Edit de Milan (cf. > ici et > ici), l’Empereur Saint Constantin 1er le Grand avait mis fin aux persécutions contre les chrétiens. Soixante-sept ans plus tard, par cet Edit de Thessalonique, l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand interdit tous les cultes païens dans l’Empire et fit du christianisme la religion officielle et unique de l’Etat.

Cette date est grande.
Cette date est importante.
Cette date réconforte et réjouit les âmes de tous ceux qui sont profondément attachés à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa royauté, à Son triomphe, à Sa gloire, à la ruine des fausses divinités dont le culte est inspiré par satan, et au salut des âmes.

En revanche, cette date est honnie des impies et des modernistes.

Sous le fallacieux prétexte d’ « une Eglise libre dans un Etat libre », et donnant une fausse interprêtation de la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matth. XXII, 21), ils oublient – ou feignent d’oublier – que César lui-même a des devoirs envers Dieu et n’est pas dispensé, dans son rôle même de César, de se soumettre à Ses commandements et d’obéir à Ses lois.
De ce fait donc, les pouvoirs publics en tant que tels, se doivent d’adorer et d’aimer Dieu (1er commandement), de respecter son Saint Nom (2ème commandement), de sanctifier et faire sanctifier le jour qui Lui est consacré (3ème commandement) et de promulguer des lois civiles qui interdisent ce que les commandements de Dieu condamnent et qui favorisent leur observance par tous les hommes…

La distinction naturelle des pouvoirs et de leurs domaines de compétence et d’action respectifs, qui a toujours été l’un des soucis majeurs des Rois de France (même quand ils ont dû pour cela donner des leçons aux Souverains Pontifes eux-mêmes et les « remettre dans les clous » parce que, outrepassant l’ordre naturel voulu par Dieu, ils tendaient à l’instauration d’une « théocratie pontificale » – cf. Boniface VIII et Philippe le Bel, voir > ici), n’est en rien leur indépendance ni leur séparation absolues.

Aussi, lorsque nous entendons aujourd’hui des ecclésiastiques, prêtres ou évêques, se féliciter et faire l’apologie de la loi du 9 décembre 1905, dite « de séparation des Eglises et de l’Etat », en tenant des propos et professant des opinions qui ont été explicitement condamnées, entre autres, par le Bienheureux Pie IX et par Saint Pie X, nous bondissons et avons de fortes poussées d’adrénaline !
Et lorsque nous nous souvenons qu’un président de la république, exprimant tout haut ce que la maçonnerie qui les téléguide fait obligation de penser à tous les dignitaires ou représentants de la république : « Il n’y a pas de loi morale au-dessus de la loi civile », alors, par fidélité au Christ-Roi sous les étendards duquel nous mettons notre gloire à combattre [« sub Christi Regis vexillis militare gloriamur » – postcommunion de la fête du Christ-Roi], nous sommes dans l’obligation morale de nous insurger !

Vitrail du Christ Roi

Je me suis autorisé à résumer toute l’histoire de l’humanité, depuis ses origines jusqu’en nos temps actuels, sous la forme de sept courtes séquences qui sont autant de paliers ascendants dans la révolte contre le Règne du Christ Jésus Notre-Seigneur en ce monde, et de paliers descendants dans l’ordre de la décadence.
Je vous laisse les lire et les méditer.

1 – Dans le Ciel, aux origines.
Le plus beau et le plus élevé des anges, Lucifer : « Non serviam : je ne servirai pas ! Je ne veux pas qu’un Fils de l’homme - fut-il le Verbe de Dieu incarné et fut-il Roi par droit de naissance et par droit de conquête - soit élevé au-dessus de nous et règne sur nous… »

2 – Au commencement de l’humanité, dans le jardin d’Eden (5199 avant notre ère).
Adam et Eve : « Oui, comme nous l’a suggéré le serpent, nous serons comme des dieux ! Oui, nous serons à nous-mêmes la norme du bien et du mal. Nous ne voulons pas que Dieu règne dans nos consciences, nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous… »

3 – Pâques de l’an 33, à Jérusalem.
Les Princes des prêtres et les pharisiens : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Nazaréen, ce Jésus qu’on appelle Christ, soit notre roi ! Nous préférons être soumis au César païen qui prétend à se faire honorer comme un dieu, plutôt que de nous soumettre au Christ Rédempteur ! »

4 – Le 26 août 1789, à Versailles.
L’assemblée auto-proclamée constituante : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément (déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Nous ne voulons plus de la loi salique et de son préambule : « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous à travers Son lieu-tenant, le Roi sacré de droit divin nous n’acceptons plus de reconnaître que tout pouvoir procède de Dieu… »

5 – France, 9 décembre 1905.
« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte : derrière ces dispositions, nous travaillons à l’extinction du catholicisme en France. Nous l’avons spolié de ses biens et de son statut de premier ordre de l’Etat lors de la révolution : désormais nous lui refusons les rétributions compensatoires qu’il était juste de lui attribuer ; nous avons déclaré illégales les congrégations religieuses, et maintenant nous confisquons les édifices du culte et tous les bâtiments qui sont nécessaires à l’Eglise, afin de l’obliger à se soumettre à la tutelle de l’Etat. En effet, nous ne pouvons tolérer que les catholiques placent leur religion au-dessus de la république maçonnique, nouveau César auquel doivent être soumis les intelligences, les consciences et les coeurs ! Le seul « temple » auquel se soumet la république est celui de la rue Cadet et c’est uniquement de là que nous recevons nos dogmes et nos règles de conduite ! »

6 – France, 4 octobre 1958 : constitution de la 5e république.
« La France est une république laïque (article 1er) : nous ne voulons même plus de référence à Dieu ni même à « l’Etre Suprême », ni à de quelconques valeurs spirituelles en France ! Après l’URSS, la France sera le deuxième pays au monde à avoir une constitution politique totalement athée, et le laïcisme dans toute sa rigueur va devenir la norme absolue dans ce pays : il régira la vie publique, les moyens de communication, l’éducation, et finira par devenir la norme de la vie privée elle-même ! »  

7 – A Rome et à l’intérieur de l’Eglise catholique, depuis 1962.
Conséquences pratiques du second concile du Vatican : « Chacun est libre de demeurer dans la religion de son choix : nous ne voulons plus de catholicisme religion d’Etat ou religion officielle : foin de l’Edit de Thessalonique ! Il importe bien plus de nous mettre à égalité avec « ceux qui ne partagent pas notre foi » pour un dialogue sans prosélytisme que de chercher à les convertir…  Aux Etats qui ont des concordats faisant du catholicisme la religion officielle ou qui le favorisent par trop, nous demandons de les corriger dans un sens plus libéral et de ne plus privilégier l’Eglise catholique : au nom de l’oecuménisme et de la liberté religieuse nous ne pouvons plus revendiquer que le Christ règne sur tous les hommes et sur toutes les sociétés humaines… »

Et cependant, nous-mêmes, nous ne cessons de nous réjouir avec une immense fierté des événements de notre histoire, tels l’Edit de Milan ou l’Edit de Thessalonique au temps de l’Empire romain d’Occident sur son déclin, ou encore – plus proche de nous – l’Edit de Fontainebleau promulgué par le Grand Roi (cf. > ici ou > ici), et avec la liturgie latine traditionnelle, nous chantons l’hymne « Te saeculorum Principem » aux vêpres de la fête du Christ-Roi (hymne qui a disparu de la liturgie issue du concile vaticandeux) :

1. Te sæculórum Príncipem, te, Christe, Regem géntium,
te méntium, te córdium unum fatémur árbitrum.
C’est Vous, ô Prince des siècles, c’est Vous, ô Christ, Roi des Nations, c’est Vous que nous reconnaissons pour l’unique arbitre des esprits et des cœurs.

2. Scelésta turba clámitat : regnáre Christum nólumus ;
te nos ovántes ómnium Regem suprémum dícimus.
Une foule criminelle crie : Nous ne voulons pas que le Christ règne ;
c’est Vous que nous, avec transport, nous proclamons Roi suprême de tous.

3. O Christe, Princeps pacifer, Mentes rebelles subjice :
Tuoque amore devios, ovile in unum congrega ! [...]
O Christ, Roi pacificateur, soumettez les esprits rebelles :
Réunissez dans l’unique bercail ceux qui s’éloignent de Votre amour ! [...]

6. Te natiónum prǽsides honóre tollant público,
colant magístri, iúdices, leges et artes éxprimant.
A Vous, que les chefs des nations rendent les honneurs publics ;
que Vous confessent les maîtres et les juges, que les lois et les arts portent Votre empreinte.

7. Submíssa regum fúlgeant tibi dicáta insígnia :
mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium.
Que, soumis, les insignes des rois brillent, à Vous consacrés;
à Votre doux sceptre soumettez la patrie et les demeures des citoyens !

Ainsi soit-il !

Mosaïque Christ Roi de France abside sud Donremy

Mosaïque du Christ, Roi de France, à la basilique de Domremy.

2017-90. Quand nos chouans des hautes terres tenaient la république en échec : la bataille du Clapas.

- 21 novembre 1797 -

Scapulaire Sacré-Coeur

Ce 21 novembre 2017 a marqué le deux-cent-vingtième anniversaire de ce que les ouvrages d’histoire locale appellent « la bataille du Clapas ».

Le Clapas est le nom d’un suc volcanique, situé entre le Mont Gerbier de Jonc (au pied duquel sont les sources de la Loire) et la ferme de Bourlatier (localement bien connue parce qu’elle est aujourd’hui un lieu emblématique du tourisme aux confins des Boutières et du plateau). En raison de l’amoncellement des blocs volcaniques qui le composent, se suc peut donner l’impression, de loin, de ruines antiques. C’est d’ailleurs l’explication de son nom : un « clapas », en patois, c’est un gros tas de cailloux.
Au milieu du XVIIe siècle, les seigneurs de Fourchades et Saint-Martial firent construire une grande ferme au pied du Clapas. A moins de 500 mètres de la ferme de Bourlatier, elle fut d’abord appelée « grange neuve de Bourlatier » ; mais bientôt le suc qui la domine lui donna son nom et on ne la connut plus guère que comme la ferme du Clapas.

Au moment de la grande révolution, François Chanéac, dit « le Grand Chanéac » (cf. > ici) en était le fermier, à la suite de son père.
Les Chanéac en effet, quoique propriétaires aisés de plusieurs domaines, étaient également fermiers du Clapas, propriété seigneuriale.
Cette ferme, située sur le territoire de la paroisse de Saint-Martial, se trouve en même temps aux confins de celle de Saint-Andéol de Fourchades (Bourlatier appartient à Saint-Andéol) et du mandement de Goudoulet : cette situation fait d’elle un point stratégique, idéalement situé, entre plateau vivarois et vallées profondes des hautes Boutières.

Saint-Martial - le suc du Clapas et la ferme du même nom

Saint-Martial : le suc du Clapas et, à son pied, la ferme à laquelle il donne son nom.
Pendant la grande révolution, le Grand Chanéac était fermier du Clapas
qui était l’un des lieux stratégiques de la chouannerie vivaroise.

Alors que le soulèvement vendéen ne dure qu’un peu plus de 9 mois (de mars à décembre 1793), la résistance du Vivarais à la révolution s’étale sur presque 10 ans : d’août 1790 jusqu’au début de l’année 1800.

Cette résistance a commencé avec les « Camps de Jalès » (cf. > ici), qui tendaient d’abord à la constitution d’une « armée catholique et royale d’Orient », mais l’échec du soulèvement du comte de Saillans, en juillet 1792 (cf. > ici), entraîne un changement de méthode : de la constitution d’une armée qui devait mener campagne à la manière des troupes régulières on passe à une guérilla, faite de mouvements sporadiques nombreux, rondement menés, accomplis par de petites troupes à géométrie variable conduites par des chefs locaux déterminés, en lien les uns avec les autres. C’est donc à proprement parler une chouannerie, qui bénéficie du soutien actif d’une grande partie de la population, surtout dans les campagnes, mais très spécialement sur le plateau vivarois et dans les hautes Boutières, zones difficiles d’accès.
Cette opposition est motivée par une fervente fidélité à la religion catholique – qui se trouve alors persécutée et dont les biens ont été spoliés -, par le refus de la conscription militaire, par le mécontentement de l’augmentation continue des impôts depuis le début de la révolution, et par l’attachement aux traditions et particularismes locaux contre le nivellement centralisateur jacobin.

François Chanéac, dit « le Grand Chanéac » (1759-1841), demeure encore dans les mémoires comme l’une des figures les plus populaires parmi les chefs de la chouannerie vivaroise, aux côtés d’une dizaine d’autres meneurs.
Doté d’un charisme particulier, chevauchant sa jument noire à laquelle il a donné le nom symbolique de « la Vendée », il peut très rapidement rassembler sa troupe qui, selon les besoins, peut se composer de quelques dizaines à plusieurs centaines de combattants.
Les révolutionnaires les qualifient de « brigands », car le terme de chouans ne leur sera appliqué qu’au XXème siècle, mais il s’agit bien d’une chouannerie en tout comparable à celles de Bretagne, de Normandie ou du Maine.

Au cours des années 1795 à 1799, loin de s’essouffler, la chouannerie du plateau vivarois décuple son activité, jusqu’à faire des incursions dans les petites villes des vallées, où les révolutionnaires sont les maîtres, et jusqu’à inspirer des craintes à Paris, car le Directoire reçoit régulièrement des comptes-rendus qui le navrent…

C’est donc ainsi qu’à l’automne 1797, le Directoire confie au général Boisset la mission d’en finir avec les « brigands » du plateau ardéchois.

Chouans en embuscade

Joseph-Valérian de Boisset (1750-1824), natif de Montélimar, a commencé sa carrière militaire sous l’Ancien Régime, mais il s’est mis au service de la révolution (et a alors abandonné sa particule). En 1794, il a été promu général de brigade à l’armée du Nord, et après avoir servi dans l’armée de Sambre-et-Meuse puis dans celles des Pyrénées, en 1796 il est nommé commandant des forces armées des départements du Gard et de l’Ardèche.

Le 19 novembre 1797 (29 brumaire de l’an VI selon le ridicule calendrier révolutionnaire), il quitte Privas à la tête de troupes de lignes et de forces de gendarmerie en direction du Mont Gerbier de Jonc.
Des ordres ont été envoyés aux gardes nationales d’Antraïgues et de Burzet, bourgades où les révolutionnaires sont plus zélés, pour qu’elles le rejoignent.
C’est ainsi que la garde nationale de Burzet, composée d’une trentaine d’hommes, se porte sur place et y arrive avant Boisset et ses troupes.
Avant donc que la jonction ne soit réalisée, les chouans de François Chanéac, embusqués et maîtres du terrain, tombent sur la garde nationale de Burzet et la mettent en déroute ; trois de ses hommes sont tués dans la bagarre. Les « crapauds bleus » (c’est par ce surnom infamant que les gens des hautes Boutières et du Plateau appellent les gardes nationaux) s’enfuient à toutes jambes, poursuivis par les chouans.
Ce combat a lieu dans l’après-midi et la soirée du 21 novembre 1797 (1er frimaire de l’an VI).

Boisset apprend la nouvelle le lendemain, alors qu’il se trouve à Antraïgues. Il accélère la marche de ses troupes auxquelles il fait mener une véritable battue, le 23 novembre et les jours suivants, aux alentours de Lachamp-Raphaël, des Sagnes, de Bourlatier, du Clapas et du Gerbier.
Il a même installé son QG dans la ferme du Clapas : dans le lieu habituel de la vie du Grand Chanéac et de sa famille (qui ont évidemment pris le maquis).
Mais tout ce déploiement de forces armées n’aboutit à rien : les chouans et la plus grande partie de la population des villages ont tous disparu. On ne retrouve que les trois cadavres des malheureux gardes nationaux de Burzet.

En cette fin novembre, le brouillard, le vent, le froid se font en outre complices des chouans.
Boisset et ses troupes n’ont nulle envie de s’éterniser dans ces contrées où non seulement les hommes mais la nature elle-même leur sont hostiles. Il se retirent bredouilles.

Quelques jours plus tard, le général Boisset est réformé : son échec est interprété par certains comme une trahison ; on le soupçonne de connivence avec les contre-révolutionnaires !

Véritable événement historique, quoique bien oubliée, « la bataille du Clapas est une victoire de la chouannerie et de François Chanéac… », écrit Régis Dallard qui, dans son ouvrage « Le Grand Chanéac, de l’histoire à la mémoire » (Prix Marcel Boulle 2001 – Mémoire d’Ardèche et Temps Présent, p.94) a établi la réalité de ces faits que les gens du haut pays se racontaient jadis avec fierté à la veillée.

pattes de chatLully.

Mont Gerbier de Jonc un soir d'automne

Le Mont Gerbier de Jonc dans la lumière d’un soir d’automne menaçant.

Scapulaire Sacré-Coeur

Publié dans : Memento, Vexilla Regis | le 23 novembre, 2017 |1 Commentaire »

2017-89. Simples précisions à propos de ce qu’est la foi.

Triomphe de la foi - fresque de Vincenzo Meucci - Rome Palais Corsini 1747

Le triomphe de la Foi
Fresque de Vincenzo Meucci au palais Corsini, à Rome (1747)

Jeudi 23 novembre 2017,
Fête de Saint Clément 1er, pape et martyr ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Louis de Bonald (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Saint Clément, troisième successeur de Saint Pierre, me suggère de vous livrer aujourd’hui quelques réflexions, qui n’ont pas la prétention d’être exhaustives, concernant la foi.
Nous arrivons d’ailleurs aux derniers jours de l’année liturgique, au cours desquels la Sainte Eglise notre mère nous invite à méditer sur la fin du monde, ses signes avant-coureurs, et le retour glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Or l’un de ces signes avant-coureurs sera l’apostasie générale.
Qu’est-ce que l’apostasie ?
C’est l’abandon volontaire et public, le reniement, de la foi chrétienne.

Mais qu’est ce que la foi ?
Il arrive souvent que l’on entende dire : « J’ai la foi : je crois que Dieu existe… »
Mais lorsqu’on creuse un peu et que l’on pose quelques questions, on se rend vite compte que beaucoup de nos contemporains qui prétendent « avoir la foi », n’ont en réalité qu’une simple croyance, plus ou moins vague, en une « divinité » dont elles ne savent pas dire grand chose, et qui, surtout, ne demande pas d’elles des ajustements de comportement ni des efforts de conversion et de sanctification selon des exigences précises ! 

Or la foi ne consiste pas à dire : « Dieu existe ».

En effet, l’existence de Dieu - c’est-à-dire l’existence d’un pur esprit, être unique et parfait, créateur de l’univers et rémunérateur des actes des hommes – n’est pas l’objet de la foi.
L’affirmation de l’existence de Dieu est la conséquence logique d’un raisonnement naturel.
La compréhension qu’il existe un pur esprit, unique et infiniment parfait, créateur de toutes choses et qui rétribuera chacun selon ses oeuvres, est accessible à tout homme par des actes de raisonnement naturels : il suffit de faire fonctionner logiquement et correctement son intelligence pour dire que Dieu existe.

Aristote y est arrivé. Or Aristote n’avait pas la foi.

Ce que j’affirme ici n’est pas une opinion personnelle, c’est l’enseignement constant et universel de l’Eglise, à la suite de Saint Paul (relisez par exemple le chap. 1er de l’épître aux Romains).
Cette vieille crapule de Voltaire, ennemi acharné de la foi chrétienne, le résumait aussi à sa manière en affirmant qu’il ne peut y avoir d’horloge sans horloger. En l’occurrence,  cet apostat furieux et obstiné ne faisait ici que faire fonctionner correctement son intelligence et sa raison humaines ; il ne posait pas un acte de foi.
Tout en affirmant l’existence d’un « grand horloger », il ne cessait de combattre la religion en général, la Révélation chrétienne en particulier, la Sainte Eglise et la foi reçue des Apôtres. 

L’objet de la foi n’est pas « l’existence de Dieu », parce que l’existence de Dieu est accessible à la raison naturelle.

La foi, elle, est surnaturelle.
La foi n’est pas d’ordre sensible ni intellectuel.
La foi porte sur ce que la raison et l’intelligence de l’homme ne peuvent connaître par elles-mêmes.
La foi amène à notre connaissance ce que ni nos sens ni notre intelligence ne peuvent découvrir si Dieu Lui-même ne le révèle.

La définition correcte de la foi est celle-ci : la foi, c’est l’adhésion à Dieu qui Se révèle.

L’objet de la foi est : « ce que Dieu nous fait connaître au sujet de Lui-même », et auquel nous ne pouvons pas accéder par nos propres lumières, par nos propres forces et capacités, laissées à elles-mêmes.

Ainsi la foi dépasse-t-elle par sa nature même – puisqu’elle est surnaturelle – toute opération humaine.
Cela ne signifie pas que l’homme ne puisse pas ensuite comprendre et expliquer le contenu de la foi. Saint Anselme de Cantorbury a magnifiquement synthétisé cela en une formule lapidaire : « fides quaerens intellectum », qui résume toute la démarche des Pères et des Docteurs de l’Eglise.
« Fides quaerens intellectum », littéralement : « la foi cherchant l’intelligence »,  signifie que l
a foi – dont l’objet est ce que Dieu nous fait connaître de Lui-même parce que cela n’est pas naturellement accessible à l’homme – peut toutefois être mise en lumière par l’intelligence et le travail de l’homme, sur la base de cette Révélation reçue et acceptée.

La proposition inverse – appelée « traditionalisme » – a été condamnée par le 1er concile du Vatican : le terme « traditionalisme » n’ayant évidemment rien à voir dans son acception avec l’usage courant dans lequel il est employé de nos jours.

Je vous renvoie à la lecture de la Constitution dogmatique « Dei Filius » du 24 avril 1870 sur les rapports entre la foi et la raison :
« (…) quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de véritable désaccord entre la foi et la raison ; car c’est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi, qui a répandu dans l’esprit humain la lumière de la raison, et Dieu ne peut se nier lui-même, ni le vrai contredire jamais le vrai. Cette vaine apparence de contradiction vient principalement ou de ce que les dogmes de la foi n’ont pas été compris et exposés suivant l’esprit de l’Église, ou de ce que les écarts d’opinion sont pris pour des jugements de la raison. Nous déclarons donc toute proposition contraire à une vérité, attestée par la foi, absolument fausse (…). Et non-seulement la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais elles se prêtent aussi un mutuel secours ; la droite raison démontre les fondements de la foi, et, éclairée par sa lumière, elle cultive la science des choses divines ; la foi délivre et prémunit la raison des erreurs, et l’enrichit d’amples connaissances. Bien loin donc que l’Église soit opposée à l’étude des arts et sciences humaines, elle la favorise et la propage de mille manières. Car elle n’ignore ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des hommes ; bien plus, elle reconnaît que les sciences et les arts venus de Dieu, le Maître des sciences, s’ils sont dirigés convenablement, conduisent à Dieu, avec l’aide de sa grâce ; et elle ne défend pas assurément que chacune de ces sciences, dans sa sphère, ne se serve de ses propres principes et de sa méthode particulière ; mais, tout en reconnaissant cette juste liberté, elle veille avec soin pour les empêcher de tomber dans l’erreur en se mettant en opposition avec la doctrine divine, ou en dépassant leurs limites propres pour envahir et troubler ce qui est du domaine de la foi (…) ».

Triomphe de la foi Vincenzo Meucci - détail)

Vincenzo Meucci : le triomphe de la Foi – détail

2017-88. Poésie : Vitrail (José-Maria de Hérédia).

22 novembre 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La nuit tombe ; au-dehors le vent du sud affole la girouette ; le feu ronronne dans notre gros poêle…
Douce quiétude des soirs d’automne en notre Mesnil-Marie.

Si, en cette journée du 22 novembre, nous avons célébré la fête de Sainte Cécile (cf. > ici), je reviens auprès de vous pour encore quelques autres lignes qui, d’une certaine manière, ne nous éloignerons pas du thème de cette musique sur laquelle la vierge martyre Cécile exerce son beau patronage.

C’est qu’en effet je voudrais, ce soir, dans l’ambiance chat-l’heureuse et feutrée de notre thébaïde, partager un peu de poésie avec vous.
La poésie est musique. La poésie est harmonie.
Non seulement harmonie et musique des ryhtmes et des rimes, des mots et des sons, mais aussi harmonie et musique des images et des couleurs intérieures qu’elle enfante.

Nous autres, chats, sommes de purs poètes : tout lieu dans lequel nous vivons est un petit Parnasse !
C’est bien là, ce qui explique ma publication de ce soir : ce 22 novembre 2017 a marqué le cent-septante-cinquième anniversaire de la naissance d’un poète à la lyre enchanteresse : José-Maria de Hérédia.

Né à Cuba le 22 novembre 1842, sujet de la Couronne espagnole, José-Maria a des ascendances françaises (sa mère est née Girard d’Houville) et a suivi une partie de ses études en France, où il s’installe définitivement à l’âge de 19 ans (1861).
Fin lettré et esthète raffiné, le jeune Hérédia va être rapidement en relation avec les fondateurs du mouvement parnassien dont il deviendra l’une des figures de proue.

En 1893 – il a donc 51 ans -, il publie son unique recueil : « Trophées », qui comprend cent-dix-huit sonnets et quatre poèmes plus longs. C’est également l’année où il reçoit la nationalité française.
L’année suivante, il est élu à l’Académie Française.
Il s’est éteint le 2 octobre 1905, alors qu’il approchait de son soixante-troisième anniversaire.

J’ai donc choisi de relire avec vous ce pur et sublime joyau qu’est le poème intitulé « Vitrail », ciselé comme une minutieuse merveille d’orfèvrerie, dont la puissance évocatrice a charmé mon papa-moine lorsqu’il avait 11 ans, qui ne l’a, depuis lors, jamais oublié, et qui le récite encore avec délices, comme une intemporelle incantation à la plus pure beauté… 

pattes de chatLully.

Vitrail & gisants - basilique de Saint-Denis

* * * * * * *

Vitrail

Cette verrière a vu dames et hauts barons 
Étincelants d’azur, d’or, de flamme et de nacre, 
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre, 
L’orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu’ils allaient, au bruit du cor ou des clairons, 
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre, 
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d’Acre, 
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd’hui, les seigneurs auprès des châtelaines, 
Avec le lévrier à leurs longues poulaines, 
S’allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe, 
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir 
La rose du vitrail toujours épanouie.

                                                    José-Maria de Hérédia.

* * * * * * *

Gisants - Basilique de Saint-Denis

Publié dans : Chronique de Lully, Lectures & relectures, Memento | le 22 novembre, 2017 |6 Commentaires »

2017-87. O felix Caecilia !

22 novembre,
fête de Sainte Cécile.

Ste Cécile - Vitrail de la chapelle des Marins à Cayeux-sur-Mer

Sainte Cécile touchant l’orgue
accompagnée par des anges musiciens et chanteurs
(chapelle des marins, à Cayeux-sur-Mer – Picardie)

notes de musiques animées

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de cette hymne du XVème siècle en l’honneur de Sainte Cécile (cf. > ici) et je me permets d’y revenir aujourd’hui encore : vous savez que nous avons une grande dévotion pour cette vaillante martyre en notre Mesnil-Marie, et que nous ne pouvons qu’exhorter nos amis à l’aimer, à la vénérer et à se confier en son intercession.

Sainte Cécile a failli être « dégagée » du calendrier liturgique du missel réformé de 1969 et n’a dû qu’au fait de la dévotion populaire à son endroit d’y subsister, comme « mémoire facultative » et en se voyant privée de la mention de sa virginité dans sa collecte !!!.
En effet, les rationalistes et iconoclastes promotteurs de cette sinistre réforme ne croyaient pas aux traditions concernant Sainte Cécile, et ils eussent volontiers remisés aux oubliettes la sainte et son culte. Mais, comme je l’écrivais ci-dessus, il y avait la dévotion populaire et l’attachement des musiciens à leur céleste protectrice, ainsi que toutes les manifestations artistiques organisées autour de sa fête : une fête qui est la véritable « fête de la musique », plutôt que ce 21 juin où de trop nombreux braillards et cogneurs de casseroles font tant souffrir nos oreilles !
Dans le missel et le bréviaire traditionnels, évidemment, rien n’a changé et la liturgie de Sainte Cécile nourrit notre âme et notre ferveur de merveilleux textes que nous avons une joie incommensurable à retrouver chaque année.

Si je reviens aujourd’hui sur l’hymne du XVème siècle « Tubas cum cytharis » que j’avais déjà publié il y a quatre ans, c’est parce qu’en sus de la partition et de la traduction que je vous en avais déjà donné, j’en ai découvert un enregistrement.
Je vous livre donc à nouveau tout ceci ci-dessous avec en sus le dit enregistrement (en cliquant sur la fenêtre où vous voyez la partition encadrée de noir) :

Tuba cum cytharis - Sancta Caecilia

notes de musiques animées

Image de prévisualisation YouTube

1. Tubas cum cytharis jam nunc assumite, Emparez-vous maintenant de trompettes et de cithares :
2. Triumphum Mártyris jam nunc celebráte, Célébrez maintenant le triomphe d’une martyre,
3. Angelórum et Vírginum ágmina, O choeurs des anges et des vierges,
4. Et cum voce lætítiæ dícite : Et dites avec la voix de l’allégresse :
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
5. Præclára sítiens illa victóriæ, Cette (vierge) glorieuse étant assoiffée de la victoire,
6. In corpus sæviens virtúte grátiæ En son corps souffrant par la force de la grâce,
7. Tradit furéntibus A livré
8. Membra mucrónibus. Ses membres aux impitoyables instruments de supplice.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
9. Et nos qui gémimus favens nos respíce ; Et nous qui gémissons, regardez-nous favorablement ;
10. Sæpe quem læsimus sta coram Júdice. Tenez-vous devant le Juge que nous avons souvent offensé !
11. Líberis det méntibus ad cælum téndere. Qu’Il donne à nos âmes, lorsqu’elles seront détachées de leurs corps, d’aller vers le ciel.
12. Purgatósque sórdibus fac tecum vívere. Purifiés de leurs souillures, faites qu’elles vivent en votre compagnie.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !

notes de musiques animées

Eh bien voilà, vous avez maintenant tout ce qu’il faut pour célébrer dignement la céleste patronne des chanteurs et des musiciens, en chantant avec moi à pleine voix…

pattes de chatLully.

IMG_3686

notes de musiques animées

Voir aussi :
- L’extase de Sainte Cécile, peinte par Raphaël > ici

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