2026-128. Seigneur, délivrez-nous de ces faux prophètes qui viennent vers nous en vêtements de brebis !

Septième dimanche après la Pentecôte.

« Attendite a falsis prophetis, qui veniunt ad vos in vestimentis ovium,
intrinsecus autem sunt lupi rapaces »
(Matth. VII, 15).
« Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous sous des vêtements de brebis,
tandis qu’au dedans ce sont des loups rapaces ».

Jésus-Christ protégeant son troupeau d'un loup vêtu d'une peau de brebis - blogue

       Dieu trois fois saint, délivrez-nous de ces faux prophètes qui viennent vers nous en vêtements de brebis !
Délivrez-nous de ceux contre lesquels vous nous avez mis en garde et qui se cachent à l’intérieur même de Votre troupeau ; délivrez-nous de leurs manœuvres de séduction, qui menacent la saine et pure croyance de ceux qui placent en Vous leur confiance ; délivrez-nous de leurs doctrines insidieuses, qui mettent en danger la survie et le salut de Vos candides brebis !

   Père des lumières et Dieu d’éternelle vérité, faites paraître au grand jour l’imposture pernicieuse qui se pare de l’aimable et confortable peau des brebis, pour détourner la douceur et la charité évangéliques et en pervertir la compréhension et la juste mise en application !
O notre Père, délivrez-nous de « l’aggiornamento », de « l’ouverture au monde », de la fausse tolérance, de l’œcuménisme indifférentiste, de la « liberté religieuse » détournée, de « l’esprit d’Assise », de la « déclaration d’Abu Dhabi » et des formes larvées du syncrétisme se présentant sous des oripeaux de paix, de l’imposture synodale et de tous les venins que distille l’hydre du modernisme aux têtes multiples !

   Seigneur Jésus, arrachez Votre Sainte Eglise aux rets de ces relativismes moraux induits par le libéralisme, les maçonneries, les féminismes et le « wokisme », et découvrez à la face du monde le vrai visage de ces faux prophètes en habits de catéchistes, de prêtres, de religieux, d’évêques et de cardinaux qui cultivent l’équivoque, bénissent les déviances morales, et qui, ce faisant, entraînent les âmes par la porte large et la voie spacieuse qui conduisent à la perdition éternelle (cf. Matth. VII, 13) dans l’enfer !

   Esprit-Saint, divin Paraclet, qui avez le pouvoir de convertir les cœurs endurcis et de dessiller les esprits aveuglés, venez vaincre les résistances que Vous opposent les mauvais pasteurs, et transformez-les en vivantes images du Bon Pasteur qui donne Sa vie pour Ses brebis, infatigables et irréductibles combattants de l’unique Vérité révélée, véritablement taraudés du zèle pour le salut des âmes remises à leur sollicitude, gardiens vigilants des remparts de la sainte cité de Jérusalem, ne se taisant ni le jour ni la nuit (cf. Is. LXII, 6) pour mettre en garde contre les séductions du monde et l’esprit d’erreur et de ténèbres.

   Très Sainte Mère de Dieu, divinement associée à la mission rédemptrice de notre Sauveur, notre puissante Médiatrice, « terrible comme une armée rangée en ordre de bataille » (Cant. VI, 3), « pour réaliser ce qui est écrit de Vous : “Elle écrasera la tête du serpent” et encore : “Vous seule vaincrez les hérésies dans le monde entier” » (acte de consécration à l’Immaculée de Saint Maximilien-Marie Kolbe), intercédez aujourd’hui puissamment pour l’Eglise dont vous êtes la figure prophétique, et renouvelez encore une fois les merveilles de vos interventions victorieuses par lesquelles, tant de fois et de multiples manières, vous avez secouru le peuple chrétien menacé, tant par des agressions extérieures que par de perfides attaques intérieures…
Notre-Dame des Victoires, Secours des Chrétiens, Rempart de la Chrétienté, venez à notre secours !

Ainsi soit-il !

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Vierge Marie immaculée conception

2026-127. De Sainte Olga de Kiev, qui reçut au saint baptême le nom d’Hélène, « égale aux Apôtres », et fut pour la Russie comme l’aurore annonçant la lumière.

11 juillet,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête de Sainte Véronique Giuliani, vierge (cf. > ici) ;
Fête de Sainte Hélène (née Olga) de Kiev ;
Mémoire de Saint Pie 1er, pape et martyr ;
Au diocèse du Puy, la dédicace de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation (11 juillet 225 – cf. > ici).

Sainte Hélène de Kiev - Olga

 Source > ici     

       Née païenne dans la région de Pskov, Olga – dont le nom d’origine scandinave est le féminin d’Oleg et dérive du vieux norrois Helge (« saint ») – épousa le souverain varègue Igor Ier, second grand prince de Kiev en 913.
Grande princesse de Kiev, elle dut assurer la régence de l’état russe en 945 à la mort de son époux. Elle inaugure sa régence avec quatre célèbres vengeances d’une rare cruauté, envers la tribu voisine des Drevlyans qui avaient assassiné son mari, ce qui témoigne de la fermeté de son caractère.
En 955, poursuivant la politique entamée par son défunt mari, elle décide de se rendre à Constantinople afin de nouer des échanges politiques avec l’Empire romain d’Orient, que les Varègues de Kiev avaient précédemment affronté au cours de plusieurs raids.

   A Byzance, Olga est accueillie avec faste par l’empereur Constantin VII Porphyrogénète qui lui demande de l’épouser.
Celle-ci souligne qu’un empereur se doit d’épouser une souveraine chrétienne et demande alors le baptême. Elle prend l’empereur pour parrain et reçoit en 957 le saint baptême des mains du patriarche Polyeucte, prenant alors son nom chrétien d’Hélène en l’honneur de la sainte mère de saint Constantin Ier.
Lorsque l’empereur renouvelle sa demande, elle argue alors de sa désormais parenté spirituelle avec lui, qui interdit canoniquement leur mariage. L’empereur accepte gracieusement sa défaite et laisse repartir Olga avec des présents et la bénédiction du patriarche.
Une fois revenue à Kiev, aux demandes de Constantin de respecter leur promesse d’un échange d’esclaves, de cire, de fourrures et d’assistance militaire, elle répond qu’il faudra que l’empereur vienne lui-même à Kiev et attende autant de temps qu’elle avait dû attendre dans le port de Constantinople !

   En 959, Olga fait appel à des missionnaires latins venus d’Allemagne pour l’aider à implanter le christianisme dans ses états, mais le premier évêque des Russes, Saint Adalbert (futur premier archevêque de Magdebourg), se décourage devant les difficultés de la mission et les massacres de ses assistants, et finit par quitter à grand peine la Russie en 962.
De cette période datent les toutes premières églises de Russie qu’Olga fait construire en bois [...].

   En 964, son fils majeur Sviatoslav monte sur le trône de Kiev, mais laisse sa mère continuer à gouverner de fait, préférant se consacrer à des campagnes militaires aux frontières de son état.
Olga fut une souveraine sage et efficace mais demeura impuissante à arracher son fils Sviatoslav des griffes du paganisme ; c’est son petit-fils Saint Vladimir le Grand qui deviendra le premier prince chrétien de Kiev par son baptême en 988 et assurera l’implantation définitive de la foi chrétienne chez les peuples de Russie.

   En 969, elle tombe malade et tente une dernière fois de convertir le grand prince Sviatoslav son fils, mais elle se heurte à son refus obstiné.
La sainte prédit la prochaine conversion de la Russie au Christianisme, ainsi que la triste fin de son fils, qui fut assassiné trois ans après par les Petchénègues.
Elle remet son âme à Dieu le 11 juillet 969, non sans avoir exigé de son fils et des ses petits fils qu’aucun rite païen ne soit accompli pour ses funérailles, qui furent conduites de façon chrétienne par le prêtre Grégoire qui l’accompagnait depuis son retour de Constantinople.

   Ses reliques furent ultérieurement déposées sur ordre de son petit-fils Saint Vladimir le Grand dans l’église de la Dormition de la Mère de Dieu (église de la Dîme) de Kiev puis cachées lors des fréquents pillages de la ville, et l’on ignore où elles se trouvent.

   Canonisée peu après sa mort, Sainte Olga est la première sainte russe ; les livres liturgiques la déclarent égale-aux-Apôtres, puisqu’elle est la première à avoir apporté la lumière de l’Evangile sur ces terres.
Elle reçut très tôt les honneurs liturgiques non seulement en Orient chez les Russes, mais très vite aussi chez les Bulgares et chez les Serbes, et même en Occident latin dans le royaume de Bohème.

Ste Olga-Hélène de Kiev

2026-126. « La Fraternité Saint-Pie X appartient à notre famille. Elle n’est pas extérieure à l’Eglise » (Mgr. A. Schneider).

Dimanche soir 5 juillet 2026.

   Nous tenons à publier, ce soir, la traduction française d’un court entretien accordé par Son Excellence Monseigneur Athanase Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Astana au Kazakhstan, qui a été publié sous forme de vidéo, en langue anglaise, sur le compte X de Monsieur Michaël J. Matt, rédacteur en chef du journal « The Remnant » et fondateur de RemnantTV, ici > Michael Matt.

Monseigneur Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanase Schneider

       « Il ne s’agit pas réellement d’un schisme. Et il nous faut rectifier le sens du mot « schismatique ». Ces derniers siècles, nous avons eu une conception très réductrice de ce que signifie être schismatique, une idée excessivement légaliste. De même, notre conception de l’obéissance est réductrice. Nous en sommes venus à absolutiser l’obéissance au Pape, qui est une créature, non Dieu. Le Pape n’est pas Dieu. Et en réalité, je me sens obligé de dire que, dans l’esprit de beaucoup, qu’ils soient traditionalistes ou conservateurs, même parmi les évêques ou les cardinaux, jusqu’à nos jours, il y a eu une déification implicite du Pape. J’insiste sur le terme implicite. Ni formelle, ni explicite, mais implicite. C’est pourquoi toute désobéissance est immédiatement qualifiée de schismatique : puisque vous êtes désobéissant, vous êtes schismatique.

   Cela était étranger à la grande tradition de l’Église. C’était une chose inconnue des Pères de l’Église. Étant spécialiste de la patristique, je sais que lorsque saint Athanase a désobéi au pape Libère, ce dernier l’a excommunié. J’affirme qu’il s’agissait d’une excommunication formelle. Certes, juridiquement, c’était une excommunication. Mais j’affirme qu’aux yeux de Dieu, c’était une excommunication invalide. Comment le pape Libère, qui avait même collaboré, dans une certaine mesure, avec les Ariens et dont la position était si ambiguë, a-t-il pu excommunier le plus grand défenseur de l’orthodoxie ? Je crois que, du point de vue de l’histoire, l’excommunication de saint Athanase par le pape Libère était invalide.

   Je pense que l’existence de la Fraternité Saint-Pie-X est, d’une certaine manière, providentielle. Dieu la permet car nous formons une seule et même famille, et la Fraternité Saint-Pie-X fait partie intégrante de notre famille. Elle n’est pas extérieure à l’Église.

       † Athanase Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie d’Astana.

Mains jointes en prière - blogue

2026-125. Du Bienheureux Pierre de Luxembourg, évêque et cardinal, confesseur.

2 juillet,
Fête de la Visitation de Notre-Dame (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Processus et Martinien, martyrs ;
Mémoire du Bienheureux Pierre de Luxembourg, évêque et confesseur ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave des Saints Apôtre Pierre et Paul ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Martial.

Blason de Pierre de Luxembourg

       Pierre était, semble-t-il, le deuxième fils parmi les six ou sept enfants (ou plus) de Guy de Luxembourg, comte de Ligny – cousin de l’empereur Venceslas Ier de Luxembourg -, et de Mahaut de Châtillon.
Il naquit le 20 juillet 1369, en Lorraine, à Ligny-en-Barrois, à une dizaine de lieues à l’ouest de Nancy.

Il perdit son père à l’âge de deux ans, puis sa mère à l’âge de quatre ans, et fut alors confié à sa tante  maternelle, Jeanne de Châtillon, comtesse d’Orgières, qui pourvut à son éducation.

   En 1377, il s’installa à Paris, où il fut l’élève et l’ami du célèbre théologien Pierre d’Ailly, son professeur au collège de Navarre.
A l’âge de neuf ans, en 1378, il fut élu chanoine de Notre-Dame de Paris. Trois ans plus tard, en 1381, il fut également pourvu d’un canonicat de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, puis le pape avignonais Clément VII (né Robert de Genève, élu par le conclave de Fondi en 1378, contre l’occupant du siège romain, Urbain VI, dont l’élection avait été faite sous les menaces de la foule romaine) le nomma lui-même, en 1382, archidiacre de Dreux et archidiacre de Cambrai.
Pierre de Luxembourg, quoique très jeune, était très préoccupé de devenir un prêtre exemplaire. Il nourrissait une fervente dévotion à la Passion de Notre-Seigneur et à la Sainte Croix.

Le Bienheureux Pierre de Luxembourg par le Maître de l'Ecole d'Avignon - blogue

   Le 10 février 1384, alors que Pierre n’avait pas encore quinze ans, Clément VII l’éleva à l’épiscopat et le nomma archevêque de Metz, un siège prestigieux et un diocèse-clef ; le 15 avril de cette même année, sur les instances du Roi Charles VI et du duc Jean Ier de Berry (celui qui commandera les fameuses « Très riches heures »), il le créa cardinal-prêtre du titre de Saint-Georges-au-Vélabre.

   Le siège archiépiscopal de Metz faisait alors l’objet d’une lutte âpre entre les deux obédiences qui déchiraient la Chrétienté : Pierre de Luxembourg, nommé par le pape d’Avignon, était soutenu, entre autres, par le Roi Charles VI de France, cependant que son propre cousin, l’empereur Venceslas de Bohème – dit l’Ivrogne (c’est lui qui ordonna l’assassinat de Saint Jean Népomucène), partisan d’Urbain VI – avait fait nommer par ce dernier au même archevêché un homme à sa botte : Thilmann Vuss de Bettenburg.

   Pierre dut être aidé par les soldats de son frère Waléran III de Luxembourg-Ligny, pour prendre possession de son évêché, en septembre 1384 : aussitôt, il entreprit une réforme de son diocèse, manifestant en particulier une profonde sollicitude pour les pauvres et les miséreux.
Toutefois, alors qu’il avait été contraint de se rendre à Ligny, au chevet d’un autre de ses frères, Robert, qui était mourant, son adversaire profita de cette circonstance pour tenter de s’emparer de Metz.

L’intervention de son frère Waléran III fut alors à nouveau nécessaire, mais ce conflit provoqua d’importants ravages dans les environs de Metz, et Pierre de Luxembourg en éprouva une immense peine, si bien que, en 1385, il jugea qu’il était plus bénéfique pour son diocèse qu’il démissionnât.

   Il se retira d’abord à Ligny, puis à Paris, mais, le 23 septembre 1386, le pape Clément VII le pria de rejoindre la cour pontificale en Avignon.

Reliques du Bienheureux Pierre de Luxembourg

Tunique, galero et étole du Bienheureux Pierre de Luxembourg,
conservés dans la basilique Saint-Pierre en Avignon.

   En Avignon, le jeune cardinal, bien qu’il ne lui fût pas totalement possible de se soustraire aux responsabilités politiques qui lui incombaient tant en raison de sa famille que de son appartenance au Sacré-Collège, crût en amour de la pénitence, en pratique de l’ascèse la plus austère, et dans les plus hautes sphères de la vie intérieure.
Il s’efforça d’user de son influence et de ses relations pour mettre fin au conflit entre les royaumes de France et d’Angleterre.
Il œuvra aussi, mais ici avec succès, à la diffusion de la fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge Marie dans toute la Chrétienté.

   En mars 1387, atteint de phtisie, et épuisé par ses austérités, il se retira à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, où il s’éteignit le 2 juillet, à l’âge de dix-sept ans, onze mois et dix-sept jours.
Conformément aux volontés qu’il avait exprimées, il fut enterré au cimetière des pauvres de Saint-Michel, à Avignon, le 5 juillet.

   Dès l’annonce de sa mort prématurée, le peuple avignonais, le vénéra et l’invoqua comme un saint : aussitôt les miracles se produisirent en cascade sur sa tombe. Dès le lendemain de son inhumation, décision fut prise de consigner les miracles dans des registres, et dès 1389 Clément VII fit commencer le procès canonique en vue de sa canonisation.
Ces démarches furent interrompues puis reprises – en 1390, en 1433, en 1435 -, et c’est finalement un autre Clément VII (Jules de Médicis), régnant à Rome celui-là, qui présida à sa béatification, dans la Basilique vaticane, le 9 avril 1527, quelques semaines avant le sac de la Ville éternelle par les troupes de Charles Quint.
Sa fête est fixée au jour anniversaire de sa mort : le 2 juillet.
Clément VII (d’Avignon) avait fondé un couvent de Célestins sur sa tombe en 1395, mais son tombeau et son corps furent détruits lors de la grande révolution : il ne reste que quelques parcelles de ses ossements, que l’on trouve 
dans l’église Saint-Didier d’Avignon, ainsi qu’à Châteauneuf-du-Pape – où son culte demeure très vivant -, et à Ligny, paroisse de sa naissance.

Procession du Bienheureux Pierre de Luxembourg à Câteauneuf-du-Pape

Procession dans les rues de Châteauneuf-du-Pape avec la relique et la statue
du Bienheureux Pierre de Luxembourg, le 2 juillet 2024.

2026-124. Retrouver la voie d’un Etat de justice.

Louis XX à Paris le 19 janvier 2025

   A la suite des épouvantables mises à mort de Lyhanna, 11 ans, et de Louis, 17 ans, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le 29 juin 2026 dans le JDD (Le Journal du Dimanche) une tribune dans laquelle notre Souverain légitime nous livre des réflexions politiques importantes, et dont voici la retranscription : 

armes de France et Navarre dessinées pour le Sacre de Charles X

       La mort de Louis, à 17 ans, vient à nouveau remplir d’émotion le cœur de tous les Français. Je veux d’abord présenter à sa famille et à ses proches toute ma compassion et ma solidarité de cœur, de chagrin et d’indignation. Le 4 juin, les Français étaient déjà frappés d’épouvante devant l’affaire Lyhanna. Je présente également à la famille le témoignage de mon indicible douleur.

   Dans la France de ce siècle écartelé par les menaces, il n’est de semaine qu’un drame ne vienne heurter de toute sa cruauté.
Les crimes déchaînent les colères, les passions, les ressentiments, et suscitent les appels à la justice et à l’action des autorités. Les gouvernements s’engagent à ce que le pire ne se reproduise jamais. Cependant, nous constatons chaque jour que leurs promesses se révèlent bien souvent limitées, voire impuissantes à prévenir la réitération de l’atrocité.

   De trop nombreux analystes relativisent ou nient ce que ces crimes peuvent avoir de récurrent et de symptomatique. Ils oublient que la France put être une nation apaisée. Une nation dans laquelle les Français, s’ils ne furent jamais exempts des multiples vices inhérents à la nature humaine, partageaient des codes moraux suffisamment communs et puissants pour que les lynchages à mort soient des faits rarissimes – a fortiori contre des mineurs et des innocents. Au long du siècle précédent, des bagarres collectives pouvaient survenir entre clans rivaux. Des violences existaient : rixes, règlements de comptes et violences politiques, dont certaines tristement célèbres, mais il était exceptionnel qu’un groupe d’inconnus s’acharne à mort sur un individu en le rouant de coups, sans motif majeur apparent. Des confrontations visaient à la démonstration de force, rarement avaient-elles pour objet de détruire les individus et de dévaster les familles. Mais surtout, ceux qui étaient dépositaires de l’autorité et du pouvoir avaient à cœur de faire appliquer la justice avec rigueur et efficacité.

   Cette évolution m’inquiète, car elle signale une incapacité des institutions et du tissu social à forger pleinement la conscience de la communauté d’appartenance, des valeurs morales et de la civilité. Elle préfigure un affrontement des identités morcelées dans lesquelles les pulsions les plus abjectes agissent sans aucune limite. Cela est profondément antagoniste à l’histoire et à la conscience nationale françaises, auxquelles ma famille est intimement mêlée.

   La France s’est construite autour de la figure tutélaire de la Justice royale, incarnée par le Chêne de Vincennes. Le simple nom de Capétien était un rappel de la centralité, de la verticalité du fléau de la balance. Justice punitive quand il fallait amener les coupables au châtiment et à la réparation ; justice distributive lorsqu’il s’agissait de soutenir les hospices, les veuves ou de soulager la misère ; justice émancipatrice contre les excès des féodaux. De ce souci constant de la Justice, le tempérament français et nos institutions politiques ont conservé des traces profondes.

   Parmi les plus brillants auteurs de la langue française, nombreux, à l’instar de Charles Péguy, discernèrent dans l’exigence de Justice qui anime le tempérament des Français, la permanence des vertus fondatrices du Royaume. À ma manière, chers Français, je veux défendre Lyhanna et Louis. Parce que je ressens au plus profond de moi-même que les défaites de la patrie contemporaine prennent racine dans un abandon des principes mêmes qui ont fait la France et qui la tenaient debout. Je veux ardemment éviter que des parents aient à pleurer d’autres enfants.

La France est un miracle de l’Histoire.
Les docteurs en sciences politiques enseignent que c’est une nation créée par son Etat.
S’ils s’arrêtent là, alors ils oublient de préciser que cet État n’était pas une machine désincarnée. Il portait le visage d’un homme. Un homme sensible, comme il pouvait l’être, à la grandeur et aux malheurs de son peuple ; un homme qui tenait l’unité des régions et des provinces ; un homme garant des promesses données, des espoirs reçus, et de la longue durée. Un homme enfin personnellement responsable de la Justice.

   Quand il s’est agi de restaurer des institutions solides pour le pays en 1958, Charles de Gaulle – quels que puissent être nos sentiments à l’égard de son œuvre – a été animé de cette préoccupation de l’incarnation de la Justice par le Chef de l’État. Cette disposition ne se limitait pas au droit de grâce. Le chef de l’État présidait les séances du Conseil supérieur de la magistrature, l’instance chargée de la nomination et de la discipline des magistrats. Ainsi pouvait-il réellement, comme le prévoit la constitution, « assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ». Tout en se portant à l’encontre de toute instrumentalisation politique « garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

   Cette disposition ne pouvait tenir dans la durée que si le chef de l’État lui-même se tenait en dehors de toute mécanique partisane. Le jeu des institutions de la Ve République a eu tôt fait de jeter une suspicion croissante sur la neutralité du Président dans sa relation avec l’autorité judiciaire. C’est pourquoi, depuis 1993 pour la formation disciplinaire des juges du Siège, et depuis 2008 pour les magistrats du Parquet, la présence du Président de la République au Conseil supérieur de la Magistrature a été supprimée. 

   De surcroît, comme l’a remarqué l’Observatoire des décisions de Justice, les magistrats professionnels sont de facto majoritaires dans les séances de cette instance.
Dès lors, les juges en France ne sont pas seulement indépendants : ils sont autocéphales. C’est dans le huis clos de leur Conseil devenu souverain, qu’ils administrent les enjeux institutionnels des promotions et de la discipline des juges, c’est-à-dire des conséquences que doivent assumer ceux dont le comportement ne correspond pas à l’éthique attendue dans l’exercice de leurs fonctions. Je déplore donc que le fonctionnement de la discipline des magistrats soit à nouveau insuffisamment pourvu de garanties institutionnelles, et ainsi insuffisamment transparent aux yeux des Français.

   Que l’on s’entende bien : en exposant cette situation, je n’entends pas jeter le discrédit sur une profession dont la majorité des membres accomplit ses devoirs avec honnêteté, vertu et conscience, dans l’obscurité d’une administration débordée par les demandes et souvent indigente par les moyens qui lui sont accordés.
Mais les Français, qui ne sont plus que 35 % à avoir foi dans la Justice, doivent pouvoir retrouver le chemin de cette confiance. Voilà le vœu intime que je formule, et auquel, par l’Histoire glorieuse de ma famille, je me sens intimement lié.

   Que saint Louis, modèle des justiciers, puisse nous faire retrouver la voie d’un État de Justice, protecteur et épanouissant.

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

symboles de la justice - vignette blogue

2026-123. Méditation pour la fête du Très Précieux Sang.

1er juillet,
Fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

crucifixion école lorraine XVIIe - blogue

Ecole lorraine, premiers tiers du XVIIème siècle
[attribuable à Jean Le Clerc (1586-1633)]
d’après le grand panneau peint par Antoon Van Dyck en 1620
aujourd’hui conservé au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Présence de Dieu :

O Jésus, qui m’avez racheté par Votre Sang,
faites que ce Sang produise en moi tout son fruit !

Méditation :

   1 – La liturgie de ce jour fait ressortir majestueusement la figure de Jésus, comme celle d’un roi qui se présente à son peuple dans la splendeur de son manteau royal.
L’office chante : « Quel est celui qui vient… avec des vêtements teints ? Il est beau dans sa robe » (1ère antienne des vêpres). Ce n’est ni la bysse, ni la pourpre qui font resplendir le manteau que le Christ revêt, mais le sang, Son Sang, répandu pour nos péchés : « Il était vêtu d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est ‘Verbe de Dieu’ » (ibid.).
Ce Sang que le Verbe, en S’incarnant, prit de notre nature humaine, Il nous l’a rendu comme prix de notre rachat, non par contrainte, mais librement, parce qu’Il l’a voulu, qu’Il nous a aimés : « Le Christ nous a aimés, dit Saint Jean, Il nous a lavés de nos péchés par Son Sang » (Apoc. I, 5). Tous les mystères de notre rédemption sont des mystères d’amour, c’est pourquoi ils nous poussent tous à l’amour. Celui que nous méditons aujourd’hui a une notre particulièrement émouvante, puisqu’il nous porte à considérer la Redémption sous son aspect le plus sanglant : l’effusion du Sang de Jésus, qui descend du Calvaire pour empourprer le monde entier, asperger toutes les âmes.
« Le Christ nous a rachetés non avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec Son propre Sang », s’exclame Saint Paul dans l’épître. Réalité merveilleuse qui, si nous comprenions vraiment, serait plus que suffisante à faire de nous des saints authentiques.
Il nous fait avoir le « sens » du Sang du Christ, de ce Sang qu’Il a versé pour nous jusqu’à la dernière goutte et qui, par les Sacrements, particulièrement la confession, vient continuellement inonder nos âmes, les laver, les purifier, les enrichir des mérites infinis du Rédempteur. « Baignez-vous dans le Sang, noyez-vous dans le Sang, revêtez-vous du Sang du Christ », tel était le cri incessant de Catherine de Sienne.

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

   2 – Dans l’office du jour, Saint paul nous invite chaleureusement à correspondre au don du Christ : « Jésus, pour sanctifier le peuple par Son Sang, a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Sortons donc avec Lui… portant Son opprobre ».
Si nous voulons que le Sang du Christ porte en nous tous ses fruits, nous devons y joindre le nôtre.
Le Sien seul est préciux, si précieux qu’une seule goutte suffit à sauver le monde ; toutefois, Jésus veut, comme toujours, que nous y ajoutions notre petite part, notre contribution de souffrance, de sacrifice, « portant Son opprobre ».
Si nous sommes sincères, nous devrons bien reconnaître que nous fuyons de toutes nos forces les opprobres du Christ. Un manque d’égard, un léger tort, un petit mot blessant suffisent quelquefois pour nous faire frémir. Comment pouvons-nous dire que nous savons participer aux humiliations de Jésus ?
Voici que le divin Maître est traité comme un malfaiteur, traîné par la soldatesque, avec des railleries grossières, hors de la porte de Jérusalem et crucifié entre deux larrons.
Et nous ?
Quelle part prenons-nous à Sa Passion, comment partageons-nous Ses opprobres ?

   Pour notre rédemption, « Jésus a souffert le supplice de la croix, méprisant l’ignominie de ce supplice… Et vous, nous reproche Saint Paul, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché » (Hebr. XII 2 et 4).
Pouvons-nous affirmer que nous lutterons « jusqu’au sang » pour vaincre nos défauts, notre orgueil, notre amour-propre ?
Oh ! comme nous sommes paresseux et lâches dans la lutte, indulgents et pleins de pitié pour nous-mêmes, surtout pour notre orgueil !

   Jésus, l’innocence même, a expié nos péchés jusqu’à la mort sanglante et ignominieuse. Nous, qui sommes coupables, loin d’expier nos fautes jusqu’au sang, nous ne savons même pas nous imposer le sacrifice de notre amour-propre.
Le sang qui jaillit du renoncement total et sincère de notre moi, de l’acceptation humble et généreuse de tout ce qui mortifie notre orgueil, le brise, le détruit, tel est le sang que Jésus nous demande pour l’unir au Sien.

   Le Sang très précieux de Jésus nous en donnera la force, « car l’âme qui s’enivre et se noie dans le Sang du Christ, se revêt de vertus réelles » (Catherine de Sienne). 

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

Colloque :

   « O très-doux Jésus-amour, pour fortifier davantage mon âme et la tirer de la faiblesse dans laquelle elle était tombée, Vous l’avez environnée d’un mur, dont Vous avez pêtri le mortier avec Votre Sang, ce sang qui raffermit l’âme et l’unit à la douce volonté divine et à la charité de Dieu !
Et de même que le mortier, gâché avec l’eau, unit les pierres entre elles, ainsi, ô Dieu, Vous avez mis, entre Vous et la créature, le Sang de Votre Fils Unique, pétri avec la chaux vive du feu d’une très ardente charité, de manière qu’il n’y  ait pas de Sang sans feu, ni de feu sans Sang. Votre Sang fut répandu, ô Christ, par le feu de l’amour ! » (Catherine de Sienne).

   « Je Vous adore, ô Sang très précieux de jésus, fleur de la création, fruit de la virginité, instrument ineffable du Saint-Esprit ; et j’exulte à la pensée   qu’en provenant des gouttes du Sang virginal auquel Vous avez imprimé le mouvement de l’éternel amour, Vous avez été assumé par le Verbe et déifié en Sa Personne.
Je suis ému de tendresse intime en songeant que Vous êtes passé du Cœur de la Vierge dans le Cœur du Verbe et, animé du souffle de la Divinité, êtes devenu adorable parce que Sang d’un Dieu.
Je Vous adore, enfermé dans les veines de jésus, conservé dans Son Humanité comme la manne dans l’urne d’or, mémorial de la rédemption éternelle qu’Il a opérée aux jours de Sa vie mortelle.
Je Vous adore, Sang de l’éternel et nouveau Testament, coulant dans les veines de Jéus à Gethsémani, de Ses chairs flagellées au prétoire, des pieds et des mains transpercés, du côté ouvert au Golotha.
Je Vous adore dans les Sacrements, dans l’Eucharistie, où je sais que Vous êtres présent substantiellement…
Je mets e Vous ma confiance, ô Sang adorable, notre rachat, notre régénération. Tombez goutte à goute dans les cœurs dévoyés et ramollissez-en la dureté.
O Sang adorable de Jésus, lavez nos souillures, sauvez-nous de la colère de l’ange exterminateur. Fécondez l’Eglise, donnez-lui des thaumaturges et des apôtres, enrichissez-la d’âmes saintes, pures et radieuses de divine beauté » (Saint Albert le Grand).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd, 
in « Intimité divine », vol. 2 pp.220-223.

crucifixion école lorraine XVIIe détail - blogue

Crucifixion de l’Ecole lorraine XVIIème siècle – détail.

2026-122. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Juillet : mois dédié au Très Précieux Sang ;
1er juillet : fête du Très Précieux Sang ;
Vendredi de la 4ème semaine de Carême : commémoraison solennelle du Précieux Sang.

Dévotion au Très Précieux Sang

A – Prières en l’honneur du Précieux Sang :

- Litanies du Très Précieux Sang et supplique au Père Eternel > ici
- Sept offrandes du Précieux Sang au Père Eternel > ici
- Chemin de Croix du Très Précieux Sang > ici
-

B – Textes pour méditer ou approfondir la dévotion au Très Précieux Sang :

- Méditation pour la fête du Précieux Sang > ici
- Introduction à la dévotion au Précieux Sang par l’abbé Christian-Philippe Chanut > ici
- Conseils du Bienheureux Pie IX à des séminaristes > ici
- Mois de juillet : dévotion au Précieux Sang et prière pour la France apostate > ici
- Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin pour la Vigile de Pâques, où il met en valeur la puissance du Sang rédempteur de l’Agneau de Dieu > ici

Précieux Sang

2026-121. De Saint Crescent, compagnon d’apostolat de Saint Paul et fondateur de l’Eglise de Vienne en Dauphiné.

27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission - blogue

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.

       « [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.

   Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius - blogue

Sanctus Crescentius

   Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.

   Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant l'Evangile à Vienne - blogue

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.

   Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.

   Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.

  Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.

   Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »

Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.

2026-120. Des bienfaits de l’ortie.

26 juin,
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, vierges et martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Théodechilde, Fille de France, vierge (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
10ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

       Une de nos fidèles lectrices dans un commentaire nous a écrit son désarroi parce que son terrain voit se développer en abondance des orties, et qu’elle ne sait qu’en faire ! Mon papa-moine lui a répondu que je lui communiquerai quelques délicieuses recettes à réaliser avec cette plante. Je le ferai, c’est promis : mais au préalable il faut que je vous résume tous les bienfaits qu’elle peut dispenser pour votre santé, chers humains.

Ortie - Urtica dioica

    Faut-il vraiment vous la décrire ? L’ortie – en latin : urtica dioica – est probablement la plus connue des plantes sauvages. Même les petits enfants apprennent très tôt à la reconnaître… pour s’en tenir éloignés, dès qu’ils ont eu – et ne serait-ce qu’une unique fois – contact avec elle !

   Cette plante originaire d’Eurasie, de la famille des urticacées – le nom est suffisemment explicite – s’est répandue dans presque toutes les régions tempérées du globe. Elle affectionne particulièrement les friches, les décombres, les prairies humides et les abords des habitations. C’est une plante bio-indicatrice des sols riches en azote, phosphore et potassium.

   Depuis l’Antiquité, elle a été connue et utilisée en phytothérapie ; il faut même savoir que de nos jours, en raison de ses usages médicinaux, alimentaires ou textiles, elle est cultivée en Europe, notamment en Pologne, en Allemagne et en France.

Comment récolter l’ortie ?

   Comme pour toutes les autres plantes sauvages, on ne cueillera pas les orties à proximité des axes routiers ou des parcelles cultivées (en raison des possibles traitements).
On doit aussi respecter deux règles essentielles :
1) ne cueillez les orties que si vous êtes sûrs de les avoir indubitablement identifiées ;
2) ne cueillez que les quantités dont vous avez besoin : ayez soin d’en laisser toujours suffisamment pour d’autres éventuels cueilleurs, et aussi pour que l’espèce puisse se renouveler.

   L’ortie « pique » ! Oui, donc de banales précautions – qui ne sont que du bon sens – vous mettront très facilement à l’abri de ses « arguments dissuasifs » : si vous voulez la cueillir, chaussez-vous donc de bottes, portez des vêtements à manches et jambes longues, et prenez des gants !

   Et puis, si d’aventure, malgré cela, vous êtes « piqués » (terme impropre en vérité), sachez premièrement qu’il faut absolument éviter de passer la zone irritée sous l’eau, et deuxièmement qu’il vous suffira de froisser des feuilles de plantain ou de lierre terrestre et d’en frotter la partie irritée pour soulager la démangeaison.

Tolbiac et les orties

Bienfaits de l’ortie pour la santé :

   Pour ne citer que quelques-uns de ses minéraux, l’ortie est riche en calcium, en fer, en magnésium, en phosphore, en potassium et en silice. Elle est un trésor de bienfaits pour le corps auquel elle apporte des nutriments essentiels.
Je ne vais pas écrire ici un traité de phytothérapie : une recherche dans une bibliothèque ou sur le « ouèbe » vous apportera de très nombreux éléments à ce sujet, et il n’est donc point besoin que je les plagie.

   Pour résumer à l’extrême j’énoncerai simplement l’aide qu’elle apporte pour favoriser une bonne circulation sanguine, pour soulager les douleurs articulaires, pour renforcer le système immunitaire, pour accompagner les périodes de fatigue passagère, pour soutenir la santé de la peau et des cheveux, pour aider à l’élimination (effet diurétique), pour équilibrer la glycémie… etc.

Comment consommer l’ortie ?

   Chacun peut la cueillir : on utilise, de préférence, les feuilles sommitales, cueillies avant la période de floraison. On peut les utiliser fraîches, ou les faire sécher (si on dispose d’un local bien sec et aéré dédié à cet usage).

   Nos anciens s’en servaient :
- Pour des infusions : on utilisera 2 à 4 grammes de feuilles séchées par tasse, et on peut en boire tout au long de la journée par périodes de maximum 4 semaines (pour les articulations) ou de 2 à 4 semaines (pour le confort urinaire).
- En cataplasme : on prend des feuilles fraîches, écrasées, pour faire une application locale (stimulation circulatoire).

   La phytothérapie contemporaine prépare aussi des « extraits liquides » (à prendre sous forme de gouttes) ou des « extraits secs », que l’on trouve en pharmacie ou magasins spécialisés : il convient alors de demander conseil au pharmacien ou phytothérapeute.

   Mais en outre l’ortie se cuisine :
- salades de jeunes pousses crues (pour leur faire perdre leur pouvoir urticant on les hache ou les broie), avec lesquelles on peut aussi réaliser des « smoothies » ou des sauces de type « pesto ».
- ou plats cuisinés : soupes, quiches, cakes salés… etc. Cuite, l’ortie a une texture et un goût s’approchant de celui de l’épinard.

   Avant de la cuisiner, on prend toujours soin de nettoyer l’ortie pour en déloger toutes les petites bêtes et les morceaux de terre (car les chenilles et les pucerons en raffolent particulièrement) : on commencera par un premier bain d’eau et de vinaigre blanc (qui décolle les insectes), puis on rince par un bain d’eau claire.

Tolbiac.

ortie - blogue

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