2008-20. Notre prochain « Mesnil-Marie »…

Samedi soir, 12 avril 2008.

Chers Amis du Mesnil-Marie,

Nous voici rentrés et, comme je vous l’avais promis, j’ai ramené pour vous quelques photos afin que vous puissiez vous faire une idée de la maison qui va devenir d’ici quelques semaines le nouveau « Mesnil-Marie« … Car le « Mesnil-Marie » n’est pas seulement un lieu, il est avant tout un édifice spirituel : cet édifice spirituel subsistera indépendamment de l’endroit où il a pu jeter ses premières bases, et il perdurera malgré les intrigues de ceux qui ont pensé pouvoir mettre fin à son existence en faisant en sorte que lui soit retirée cette propriété où il a commencé.

Comme nous allons quitter les provinces de langue d’Oil pour aller nous installer en pays d’Oc, je me demandais s’il faudrait traduire « Mesnil-Marie » en Occitan! Je vous avoue que je suis même un peu inquiet : les chats du sud miaulent-ils avec un accent et des expressions différentes de ceux qui vivent au nord de la Loire? serai-je compris d’eux quand je voudrais leur parler? ne vont-ils pas trouver – comme Escartefigue pour l’accent de Monsieur Brun – que je miaule « pointu« ?

Depuis ce 31 mars dernier où nous avions pris la route du sud, tandis que pour mon compte je me donnais l’impression d’être en vacances chez ma « Mamie », Frère Maximilien-Marie a fait avancer bien des choses… car désormais le temps presse!

Il a rencontré le Maire de ce village qui deviendra bientôt le nôtre : le contact a été véritablement sympathique! Il semblerait que la rumeur de notre venue commence à se répandre et certaines personnes sont vraiment heureuses à la pensée qu’il y aura un moine à proximité du village. Frère Maximilien-Marie a aussi dû contacter plusieurs organismes afin d’étudier avec leur aide ce qui – dans les domaines du chauffage, de l’isolation… etc… – sera le plus adapté au climat de moyenne montagne de cet endroit, le plus conforme au respect d’un environnement qu’on peut qualifier d’exceptionnel, et le plus en accord avec ce patrimoine rural traditionnel que la Providence va nous permettre d’acquérir. Il lui a aussi fallu commencer à rencontrer des artisans pour la prévision des travaux les plus urgents et l’établissement de devis…

Ainsi que Frère Maximilien-Marie vous l’avait écrit (cf. www) notre future maison est pour le moment bien dépourvue de portes et de fenêtres, n’a pas d’eau courante ni de système d’évacuation des eaux usées, n’est pas isolée, ne possède pas d’autre installation de chauffage que la grande cheminée traditionnelle… etc. Bref, notre Frère n’a pas chômé, je puis vous l’assurer, et il a même déjà commencé à se transformer en  terrassier – maniant le pic, la pioche et la pelle -, pour dégager certains endroits…!

Avec l’aide de Dieu, avec le soutien de vos prières fidèles, avec les secours suscités par la Providence, Frère Maximilien-Marie ne doute pas qu’il parviendra à faire de cette vieille ferme un lieu de bénédiction, un havre de paix et de vie spirituelle, un véritable Refuge où le Coeur maternel de Notre-Dame de Compassion agira puissamment et rayonnera.

Mais j’ai été assez bavard, je vous laisse mais pas sans vous adresser mes ronronnements les plus respectueusement amicaux.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 12 avril, 2008 |4 Commentaires »

2008-19. Soir du dimanche de Quasimodo…

Dimanche de Quasimodo 30 mars 2008.

Chers Amis du Mesnil-Marie,

Je n’écris que quelques lignes ce soir, pour vous dire que je ne pourrai pas tenir mon blogue à jour pendant environ deux semaines.

En effet, je pars de très très très bonne heure demain matin avec Frère Maximilien-Marie car, comme je vous l’ai dit (cf. www), il a trouvé une maison où notre « Mesnil-Marie » va pouvoir déménager dans quelques semaines… Mais avant cela il y a des travaux à prévoir et à planifier, et c’est ce que nous allons faire dans les jours qui viennent. J’écris nous parce qu’il est absolument évident que Frère Maximilien-Marie recourt à mes conseils et tient compte de mes avis…

Annonciation

En attendant de pouvoir vous donner de plus amples nouvelles, je vous souhaite de très belles et ferventes fêtes de l’Annonciation, demain lundi 31 mars, et de Saint Joseph, mardi 1er avril. Je vous souhaite aussi dès à présent un très bon et saint dimanche du Bon Pasteur, le dimanche 6 avril : que tous les coeurs soient unis pour demander à Notre-Seigneur pour son Eglise d’authentiques pasteurs selon son Coeur, de saintes vocations sacerdotales et religieuses, des vocations d’hommes et de femmes qui soient pour les âmes remplis d’un zèle authentique, d’une charité sans faille, d’une sollicitude sans artifice, d’une délicatesse indéfectible…

Ce qui fait le plus souvent souffrir les fidèles en effet (quand cela ne les fait pas fuir) n’est ce pas justement que, la plupart du temps, ils trouvent en face d’eux des fonctionnaires et des administrateurs plutôt que les véritables représentants du Bon Pasteur?

Je vous adresse mes ronronnements les plus amicaux.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 30 mars, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-17. Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, adressé à la Ville et au monde (Urbi et Orbi) avant la bénédiction du Saint Jour de Pâques, 23 mars 2008.

Vendredi Saint 2008- Benoît XVI dévoile la Saine Croix

(Plutôt qu’une photographie du Saint Jour de Pâques, nous reproduisons ici un cliché pris à l’occasion de l’Office solennel de la Passion, Vendredi Saint 21 mars 2008, pour faire remarquer que notre Saint Père le Pape Benoît XVI n’a pas craint de revêtir ce jour-là une chasuble de coupe « romaine » qui ne doit guère être du goût des liturgistes qui se prétendent modernes! »)

 » Resurrexi, et adhuc tecum sum. Alleluia ! – Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia ! Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd’hui cette joyeuse annonce : l’annonce pascale. Accueillons-la avec un profond émerveillement et avec une grande gratitude !

« Resurrexi et adhuc tecum sum » – « Je suis ressuscité et je suis encore et toujours avec toi ». Ces paroles, tirées d’une ancienne version du psaume 138 (v. 18b), retentissent au commencement de la messe de ce jour. Dans ces paroles, à l’aube de Pâques, l’Église reconnaît la voix même de Jésus qui, ressuscitant de la mort, s’adresse au Père, débordant de bonheur et d’amour, et s’écrie : mon Père, me voici ! Je suis ressuscité, je suis encore avec toi et je le serai pour toujours ; ton Esprit ne m’a jamais abandonné. Nous pouvons ainsi comprendre de façon nouvelle d’autres expressions du psaume : « Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. […] Même les ténèbres pour toi ne sont pas ténèbres, et la nuit comme le jour est lumière » (Ps 138, 8.12). C’est vrai : dans la veillée solennelle de Pâques, les ténèbres deviennent lumière, la nuit cède le pas au jour qui ne connaît pas de couchant. La mort et la résurrection du Verbe de Dieu incarné constituent un événement d’amour insurpassable, c’est la victoire de l’Amour qui nous a libérés de l’esclavage du péché et de la mort. Il a changé le cours de l’histoire, donnant à la vie de l’homme un sens indélébile et renouvelé, ainsi que toute sa valeur.

« Je suis ressuscité et je suis encore et toujours avec toi ». Ces paroles nous invitent à contempler le Christ ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur. Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire ce qu’un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27). Dans cette perspective, nous percevons que l’affirmation adressée aujourd’hui par Jésus ressuscité à son Père – « Je suis encore et toujours avec toi » – nous concerne aussi comme par ricochet, nous, « fils de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (cf. Rom. 8, 17). Grâce à la mort et à la résurrection du Christ, nous aussi aujourd’hui, nous ressuscitons à une vie nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et miséricordieux.

Nous entrons ainsi dans la profondeur du mystère pascal. L’événement surprenant de la résurrection de Jésus est essentiellement un événement d’amour : amour du Père qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s’abandonne à la volonté du Père pour nous tous ; amour de l’Esprit qui ressuscite Jésus d’entre les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse de nouveau » le Fils, l’enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la force de l’Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité transfigurée. De la solennité d’aujourd’hui, qui nous fait revivre l’expérience absolue et particulière de la résurrection de Jésus, nous vient donc un appel à nous convertir à l’Amour ; nous vient une invitation à vivre en refusant la haine et l’égoïsme, et à suivre docilement les traces de l’Agneau immolé pour notre salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour nos âmes » (cf. Mt 11, 29).

Frères et sœurs chrétiens de toutes les parties du monde, hommes et femmes à l’esprit sincèrement ouvert à la vérité ! Que personne ne ferme son cœur à la toute-puissance de cet amour qui rachète ! Jésus Christ est mort et ressuscité pour tous : il est notre espérance ! Espérance véritable pour tout être humain. Aujourd’hui, comme il fit avec ses disciples en Galilée avant de retourner au Père, Jésus ressuscité nous envoie aussi partout comme témoins de son espérance et il nous rassure : Je suis avec vous toujours, tous les jours, jusqu’à la fin du monde (cf. Mt 28, 20). Fixant le regard de notre esprit sur les plaies glorieuses de son corps transfiguré, nous pouvons comprendre le sens et la valeur de la souffrance, nous pouvons soulager les nombreuses blessures qui, de nos jours, continuent encore à ensanglanter l’humanité. Dans ses plaies glorieuses nous reconnaissons les signes indélébiles de la miséricorde infinie du Dieu dont parle le prophète : il est celui qui guérit les blessures des cœurs brisés, qui défend les faibles et qui annonce la liberté aux captifs, qui console tous les affligés et leur dispense une huile de joie au lieu du vêtement de deuil, un chant de louange au lieu d’un cœur triste (cf. Is 61, 1.2.3). Si avec une humble familiarité nous nous approchons de Lui, nous rencontrons dans son regard la réponse à la soif la plus profonde de notre cœur : connaître Dieu et créer avec Lui une relation vitale, dans une authentique communion d’amour qui remplit de son amour même notre existence et nos relations interpersonnelles et sociales. Par conséquent l’humanité a besoin du Christ : en Lui, notre espérance, « nous avons été sauvés » (cf. Rom. 8,24).

Que de fois les relations de personne à personne, de groupe à groupe, de peuple à peuple, au lieu d’être marquées par l’amour le sont par l’égoïsme, par l’injustice, par la haine, par la violence ! Ce sont les plaies de l’humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées ; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos sœurs. Elles attendent d’être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P 2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son nom, posent des gestes d’amour, s’engagent concrètement pour la justice et répandent autour d’eux des signes lumineux d’espérance dans les lieux ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine continue à être outragée et foulée aux pieds. Il est à souhaiter que là précisément se multiplient les témoignages de douceur et de pardon !

Chers frères et sœurs ! Laissons-nous illuminer par la lumière éclatante de ce Jour solennel ; ouvrons-nous avec une sincère confiance au Christ ressuscité, pour que la force de renouveau du Mystère pascal se manifeste en chacun de nous, dans nos familles, dans nos villes et dans nos Nations. Qu’elle se manifeste en toutes les parties du monde. Comment ne pas penser en ce moment, en particulier, à certaines régions africaines, telles que le Darfour et la Somalie, au Moyen-Orient tourmenté, et spécialement à la Terre Sainte, à l’Irak, au Liban, et enfin au Tibet, régions pour lesquelles j’encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix ! Invoquons la plénitude des dons de Pâques, par l’intercession de Marie qui, après avoir partagé les souffrances de la passion et de la crucifixion de son Fils innocent, a aussi fait l’expérience de la joie inexprimable de sa résurrection. Associée à la gloire du Christ, qu’elle nous protège et nous guide sur le chemin de la solidarité fraternelle et de la paix. Tels sont mes vœux de Pâques, que je vous adresse à vous ici présents ainsi qu’aux hommes et aux femmes de toutes les nations et de tous les continents qui nous sont unis par la radio et la télévision. Bonne fête de Pâques !

Publié dans : Chronique de Lully, Textes spirituels | le 23 mars, 2008 |1 Commentaire »

Chapelet des Saintes Plaies de Notre-Seigneur.

La Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par un décret du 23 mars 1999, a concédé aux Moniales de l’Ordre de la Visitation, ainsi qu’aux personnes qui désirent prier en union avec elles, la faculté officielle de vénérer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ avec les invocations suivantes, qui ont été révélées à la Servante de Dieu, Soeur Marie-Marthe Chambon (voir > ici), religieuse converse de la Visitation, décédée en odeur de sainteté le 21 mars 1907, au Monastère de la Visitation de Chambéry.

Ecce Homo par Philippe de Champaigne

Philippe de Champaigne : Ecce Homo

On commence le Chapelet des Saintes Plaies de Notre-Seigneur avec les prières suivantes :

1) O Jésus, divin Rédempteur, soyez miséricordieux pour nous et pour le monde entier, Ainsi soit-il.

2) Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, ayez pitié de nous et du monde entier. Ainsi soit-il.

3) O Père Eternel, soyez-nous miséricordieux par le Sang de Jésus-Christ, votre Fils unique ; soyez-nous miséricordieux, nous vous en conjurons. Ainsi soit-il.

Cette introduction faite, on récite les invocations suivantes en se servant des cinq dizaines d’un chapelet :

1) sur les petits grains (10 fois) :

V.: Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R.:Par les mérites de vos Saintes Plaies.

2) sur les gros grains (1 fois) :

V.: Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
R.:Pour guérir celles de nos âmes.

En terminant ce chapelet on ajoute trois fois l’invocation:

Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes!

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Publié dans : Prier avec nous | le 21 mars, 2008 |6 Commentaires »

Grande Neuvaine de la Miséricorde Divine

du Vendredi Saint
au Samedi in Albis : 

C’est une neuvaine que Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même dicta à sa servante Sainte Faustine et qu’Il lui demanda de réciter en préparation de la Fête de la Divine Miséricorde (dimanche de Quasimodo).
On la commence le Vendredi Saint.

Crucifix conservé au Musée du Moyen-Age

« Je désire - disait Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sainte Faustine - que durant neuf jours, tu amènes les âmes à la source de ma miséricorde, afin qu’elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l’heure de la mort. Chaque jour tu amèneras un groupe d’âmes différent et tu les plongeras dans l’océan de ma miséricorde. Et moi, je ferai entrer toutes ces âmes dans la demeure de mon Père (…). Et chaque jour, par ma douloureuse passion, tu solliciteras de mon Père des grâces pour ces âmes. » 

On trouvera les textes pour chaque jour de la neuvaine en cliquant > ici.

Publié dans : Prier avec nous | le 20 mars, 2008 |1 Commentaire »

Recette du Mesnil-Marie à préparer pour Pâques : le « Lamala ».

Mercredi Saint 19 mars 2008.

La célébration de la fête de Saint Joseph, en raison de la Semaine Sainte et de l’Octave de Pâques, va être repoussée jusqu’au mardi 1er avril… Mais le 19 mars reste le 19 mars et Frère Maximilien-Marie aujourd’hui n’a pas manqué d’allumer une veilleuse devant la statue – voilée! – de ce puissant intercesseur. Il m’a bien recommandé aussi de prier pour notre Saint-Père le Pape Benoît XVI dont le prénom de baptême est Joseph, et je ne manquerai certainement pas de le faire, parce qu’un homme qui aime les chats et qui, mieux encore, est aimé des chats (cf. Joseph et Chico), ne peut pas être un mauvais Pape! Toutefois nous savons que son ministère est difficile, en butte aux attaques de loups qui se sont introduits dans la Bergerie, en utilisant même parfois les apparences des pasteurs… Puisse donc clui que nous invoquons comme le « Protecteur de l’Eglise universelle », assister puissamment le Souverain Pontife dans sa mission!

* * * * * * *

Mais aujourd’hui je voudrais aussi vous proposer une nouvelle recette, celle d’une pâtisserie vraiment typique de la fête de Pâques et qui nous vient d’Alsace : le Lamala.

En fait, son nom complet est « Osterlammele« , qui signifie « petit agneau de Pâques« , mais l’habitude des abréviations et la prononciation alsacienne sont arrivées à cette contraction populaire pour désigner un délicieux gâteau traditionnel alsacien en forme d’agneau.

La coutume semble remonter au XVIème siècle : après les privations du Carême – qui étaient bien plus exigeantes que de nos jours – on prit l’habitude de l’offrir comme friandise caractéristique aux enfants pour le Saint Jour de Pâques. Saupoudré de sucre glace, le cou orné d’un ruban (souvent rouge) et brandissant l’étendard de la Résurrection, voici l’Agneau Pascal!

Recette du Mesnil-Marie à préparer pour Pâques : le

Il existe évidemment des moules spéciaux pour faire cuite le Lamala ; les anciens étaient en terre cuite vernissée, mais on en trouve maintenant en métal.

Ingrédients pour deux lamalas :

6 oeufs, 180 gr. de sucre, 160 gr. de farine, 20 gr. de fécule, 1 gousse de vanille ou 1 sachet de sucre vanillé, du sucre glace.

Préparation :

Fouettez les oeufs avec le sucre jusqu’à obtenir une mousse de couleur claire, ajoutez y la gousse de vanille fendue et grattée (ou le sachet de sucre vanillé). Incorporez ensuite délicatement la farine et la fécule tamisées. Versez la pâte ainsi obtenue dans les moules à Lamalas beurrés et farinés aux trois-quarts de leur hauteur. Faites cuire 20 à 25 minutes à 190°C. Laisser tiédir avant de démouler. Après refroidissement, saupoudrez-les de sucre glace et rajoutez leur un petit ruban autour du cou.

Voilà bien de quoi faire participer votre estomac à la joie pascale!

2008-16. Où Lully profite de ce Dimanche des Rameaux pour vous faire part d’une bonne nouvelle.

Dimanche des Rameaux et deuxième de la Passion, 16 mars 2008.

Chers Amis du « Mesnil-Marie »,

Pour les fidèles de la Sainte Eglise Catholique, la liturgie si impressionnante de ce jour a marqué l’entrée dans la « Grande Semaine« .

Comme je ne suis qu’un tout petit chat, je n’ai évidemment pas été à T**** pour la Procession des Rameaux et la Messe solennelle de la Passion, mais j’étais vraiment très heureux de voir revenir  Frère Maximilien-Marie avec les branches d’olivier bénites. En effet, le Frère m’a bien expliqué le sens de ces rameaux bénits que les fidèles portent dans leurs mains pour acclamer la Royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour témoigner de leur Foi dans sa victoire et dans sa Résurrection au moment même où il va sembler anéanti et vaincu par les puissances du mal et de la mort…

En outre, ce matin, en lisant par dessus l’épaule de Frère Maximilien-Marie lorsqu’il se préparait à la liturgie en méditant les textes du missel, j’ai bien remarqué que l’oraison conclusive de la Procession demandait une bénédiction particulière de Dieu sur tous les lieux où les rameaux bénits seraient ensuite emportés, et leur donnait une vertu surnaturelle pour en repousser le mal et les illusions du démon (Frère Maximilien-Marie m’a même fait observer que le missel de Paul VI avait supprimé cette prière!). Ainsi, moi aussi, même si je ne suis pas allé à la Procession, je peux malgré tout bénéficier de la bénédiction et de la protection de Dieu parce que j’habite une maison où ces rameaux ont été apportés…

A propos de maison, il faut que je vous fasse part d’une grande nouvelle que j’ai apprise il y a deux jours, à l’occasion de ce vendredi de la Passion où l’on commémore solennellement la Compassion de Notre-Dame, et que j’ai le droit de vous communiquer à mon tour : Frère Maximilien-Marie a trouvé une maison qui va devenir dans quelques mois notre nouveau « Mesnil-Marie ». Cela n’a pas été simple (je vous avais fait part de mes inquiétudes), mais un accord a été trouvé, la négociation a abouti comme il le souhaitait et nous en sommes grandement soulagés. J’aurais bien sûr plein de choses à vous raconter à ce sujet, mais pour l’heure je me contente de vous retranscrire la lettre circulaire que Frère Maximilien-Marie a rédigée et qu’il a commencé à expédier pour informer nos amis, et aussi solliciter de l’aide… Je vous dis à très bientôt et vous laisse à sa lecture.

Lully.

Icône de l'entrée messianique à Jérusalem

Vendredi de la Passion, 14 mars 2008
Commémoration de Notre-Dame des Douleurs.

Chers Parents, Amis et Bienfaiteurs,

Cette « circulaire » vous parviendra à l’occasion des Fêtes Pascales : en tout premier lieu, nous confions donc à ces lignes des vœux fervents à votre intention, priant notre divin Rédempteur et la Vierge co-rédemptrice sa Mère, Notre-Dame de Compassion, de vous combler de très abondantes grâces, vous-mêmes et tous ceux qui vous sont chers. Nous pensons fidèlement à toutes les intentions que vous nous recommandez, en particulier aux malades et aux personnes dans l’épreuve. En ces jours où nous célébrons la victoire de notre Dieu sur le mal et sur les puissances infernales, par la Croix, nous vous souhaitons d’être fortifiés dans cette Espérance surnaturelle dont notre Saint Père le Pape nous a merveilleusement entretenus dans son encyclique « Spe salvi » : cette Espérance trouve dans le mystère de la Mort et de la Résurrection de Notre-Seigneur, son fondement le plus assuré.

Vous le savez, notre implantation à L****** touchera bientôt à son terme : diverses pressions exercées sur la vieille personne qui avait mis sa propriété à notre disposition avec promesse de don, l’ont conduite à reprendre sa parole et à se rétracter. Depuis des mois, nous avons prospecté, passé des annonces, lancé des appels, pris de multiples contacts… etc. en vue de trouver la mise à disposition d’une autre propriété convenable pour le déménagement et le développement de notre fondation. En vain. Par ailleurs, notre attachement à la liturgie latine traditionnelle, pourtant en pleine conformité avec les dispositions édictées par le Souverain Pontife dans le motu proprio « Summorum Pontificum cura« , nous vaut habituellement le rejet et l’hostilité des évêques français, et nous ne pouvons rien espérer de ce côté…

Voilà pourquoi nous nous sommes décidés à une acquisition, engageant pour cela les quelques sommes que nous avions déjà recueillies en vue de la réfection des toitures et l’aménagement de la chapelle dont nous avions obtenu le permis de construire. En installant le « Refuge Notre-Dame de Compassion » dans une propriété qui sera véritablement sienne, nous ne ferons que mettre en œuvre les conseils que nous avons reçus de plusieurs ecclésiastiques compétents, et à Rome même, pour la conduite de cette fondation.

Une acquisition n’est envisageable que si elle permet effectivement l’implantation et le développement de la communauté. Enoncé ainsi, cela peut sembler une évidence ; mais en pratique ce n’est pas aussi facile que cela à trouver : en effet (et même si tout n’est pas dès le départ totalement conforme à nos besoins) il faut que la superficie et la disposition se prêtent au moins aux aménagements et aux travaux qui permettront d’avoir les espaces de recueillement, de vie commune et de travail, en conformité avec l’esprit de notre fondation. Le facteur de l’adéquation des lieux nous a conduits à rechercher du côté des anciennes fermes dont le potentiel bâti, se prête à ces aménagements, avec aussi l’avantage de pouvoir disposer d’un terrain offrant tout à la fois un espace de calme et la possibilité de cultiver un jardin. La question financière nous a obligés à chercher dans une région un peu « reculée » et du côté des biens à restaurer. C’est ainsi que nous avons jeté notre dévolu sur une vieille mais belle petite ferme, située à l’intérieur d’un « Parc naturel « , et avons finalement obtenu des conditions tout à fait raisonnables pour son acquisition.

Vous vous en doutez cependant, cet achat et les travaux d’aménagement et de restauration qui s’imposent dès à présent, dépassent largement nos possibilités, ce pourquoi nous venons vers vous en mendiants, sollicitant toute aide pécuniaire, même petite (ne dit-on pas que « les petits ruisseaux font les grandes rivières « ?)…

Il nous faudra en effet de toute urgence mettre en place (là où elles manquent) ou remplacer (en raison de leur délabrement) quelques portes et fenêtres, installer un assainissement, faire le raccordement de la maison à l’eau de la source, prévoir des sanitaires… etc.
En nous venant en aide maintenant, vous permettrez au « Refuge Notre-Dame de Compassion » de surmonter l’épreuve, suscitée par ceux qui voulaient voir sa disparition, et vous contribuerez aussi à son développement et à son rayonnement, pour la gloire et le règne du Sacré-Cœur de Jésus, pour l’amour de Notre-Dame et de son Cœur douloureux et immaculé, pour faciliter aussi l’accueil ardemment désiré de vocations religieuses…

Nous vous serions également reconnaissants de bien vouloir répercuter notre appel auprès de toutes les personnes de votre entourage susceptibles de soutenir notre fondation.

Concrètement, ceux qui seraient résolus à nous aider peuvent le faire en nous adressant leur don par chèque à l’ordre du « Refuge N.D. de Compassion«  ou peuvent également opter pour un versement automatique régulier en utilisant au préalable le formulaire de contact de ce blogue.

En vous remerciant de l’attention que vous avez bien voulu porter à ce courrier et – par avance – pour toute aide que vous pourrez nous apporter, nous recommandons instamment notre avenir et nos projets à vos prières amicales et nous vous assurons de notre fidèle intercession à vos intentions auprès de Notre-Dame de Compassion et du Cœur de son divin Fils.

Pour l’association « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

2008-15. Marie au Calvaire (3ème et dernière Partie).

RÉFLEXIONS PRATIQUES

(Suite et fin du texte de Monsieur Olier, in « Vie intérieure de la Très-Sainte Vierge Marie« , chapitre XII)

Mater Dolorosa

 

 » Quelle reconnaissance ne devez-vous pas à Marie pour l’amour qu’elle vous a témoigné en endurant tant de tourments, afin de donner la vie à votre âme! Il est vrai que Jésus-Christ, père du siècle futur, est seul la source de notre vie ; mais ne pensez pas que vous puissiez pour cela vous dispenser de donner aussi à Marie des témoignages de sincère reconnaissance pour le bienfait de votre régénération? Par la volonté de Dieu, elle a été associée à Jésus-Christ, nouvel Adam, afin qu’elle contribuât de sa part à votre naissance spirituelle, en l’offrant elle-même et en s’offrant aussi de son côté avec lui comme hostie pour votre salut. Dans l’ordre naturel, vous êtes redevable de votre naissance à votre mère comme à votre père ; ainsi en a-t-il été de votre régénération. C’est pourquoi le Sage, après avoir dit : « Honorez votre père« , ajoute aussitôt, en parlant mystérieusement de Marie : « Et n’oubliez pas les gémissements de votre mère ; souvenez-vous que sans eux vous ne seriez pas né ». Votre mère, selon la chair, s’est sans doute acquis des droits à votre reconnaissance par les douleurs qu’elle a endurées pour vous ; mais ces douleurs, quelque violentes qu’elles aient pu être, n’ont été qu’une figure et une ombre légère de celles que Marie a souffertes, par amour pour vous, au pied de la Croix.

Pour vous mériter le pardon de vos péchés, il a fallu que Jésus-Christ les connût, qu’il les confessât et les détestât intérieurement devant son Père, et qu’enfin il s’abandonnât à la rigueur de sa justice, afin de recevoir sur lui les châtiments qui auraient dû tomber sur vous ; et c’est aussi ce que Marie a fait de son côté dans l’oeuvre de votre réconciliation. De quelle douleur n’a-t-elle pas été accablée à la pensée de tant de fautes que son Fils avait à expier! Pour la comprendre, il faudrait sonder la profondeur de sa charité, celle de sa sainteté incomparable, la connaissance qu’elle avait de la grandeur de Dieu que le péché outrage, et de la bassesse de la créature qui ose bien se révolter contre cette adorable Majesté. Si l’on a vu de saintes âmes verser des torrents de larmes, exercer sur leur corps d’affreuses pénitences pour des fautes très légères, à cause de la vivacité de leur amour pour Dieu, quelle idée pourrons-nous donc nous former de la componction et de la douleur de Marie, élevée à la sainteté la plus éminente qui puisse être après celle de Dieu!

Pour nous donner quelque idée de la douleur de Marie, le Saint-Esprit, par l’organe du saint vieillard Syméon, l’a comparée à celle qu’eût pu produire un coup d’épée, qui eût percé d’outre en outre le coeur de cette divine Mère. Mais cette comparaison, prise des choses sensibles, est plutôt pour aider votre imagination que pour vous donner la mesure exacte des tourments qu’elle a endurés : jamais vous ne les connaîtrez. L’Église, comme pour expliquer et commenter les paroles du saint vieillard Syméon, représente Marie le coeur percé de sept glaives. Par ce nombre de sept, qui est mystérieux, elle veut dire que cette divine Mère a souffert pour expier tous les péchés sans exception, qu’on rapporte ordinairement à sept, appelés capitaux, parce qu’ils sont la source de tous les autres ; et c’est ce qui lui fait justement appliquer ces paroles : « O vous qui passez par le chemin, venez et considérez s’il est une douleur comparable à la mienne » ; et encore ces autres paroles : « Votre contrition est vaste comme la mer« .

Savez-vous quelle était la considération qui soutenait Marie au milieu des ces angoisses inexprimables, et qui les lui faisait endurer pour votre amour avec tant de constance et de générosité? La pensée qu’un jour vous la dédommageriez en vous appropriant sa propre pénitence, c’est-à-dire en recevant dans votre coeur ces sentiments d’humiliation, de componction et d’abandon à la justice divine auxquels elle se livrait alors pour vous. Ah! si vous avez eu le bonheur de vous humilier devant Dieu et d’être touché du véritable esprit de pénitence, c’est à Marie, l’avocate des pécheurs, que vous le devez. C’est elle qui, par le grand désir qu’elle a de votre salut, a communiqué à votre âme les sentiments qu’elle avait conçus dans son coeur pour vous aider à pleurer, à détester et à expier toutes vos offenses. Sa pénitence, si agréable à Dieu et si puissante sur son coeur, est, en effet, un immense trésor qu’elle est ravie de mettre à notre disposition pour subvenir à nos nécessités. Aussi n’avez-vous jamais reçu le sacrement de Pénitence, qu’en même temps l’Église ne vous ait fait une application spéciale, non-seulement des mérites de la Passion de Notre-Seigneur, mais encore de ceux que la Très-Sainte Vierge a acquis pour vous.

Ouvrez donc votre coeur à Marie, et priez-la de le remplir de ces saintes dispositions d’humiliation, de componction et d’abandon de tout vous-même à la justice divine. Entrez dans ces sentiments toutes les fois que, récitant : Je confesse à Dieu, vous arrivez à ces paroles : la bienheureuse Marie toujours vierge ; mais spécialement lorsque vous approchez du saint Tribunal ou que vous recevez l’absolution. Rappelez-vous dans ce moment que, si Jésus-Christ est la source de toute vraie pénitence, Marie est le canal qui en amène les eaux jusqu’à nous. Recourez donc à elle comme à une fontaine intarissable et vivifiante, c’est-à-dire unissez-vous intimement à Marie, désirant d’être pénétré de ses sentiments intérieurs, d’attirer en vous son esprit pénitent, et d’être tout transformé en lui-même. Par là, vous consolerez le coeur de cette tendre Mère, vous réjouirez celui de Dieu, et vous sentirez s’augmenter dans le vôtre la confiance et l’amour, toujours inséparables d’une âme qui a le bonheur d’être en paix avec Dieu et avec soi-même.

Considérez l’amour que Marie vous a témoigné sur le Calvaire, en substituant Jésus à votre place pour l’exposer à tous les traits de la justice de son Père qui n’auraient dû tomber que sur vous. Vit-on jamais une mère sacrifier son propre fils par amour pour un enfant étranger? Marie seule en est venue à cet excès. Quoique vous fussiez alors un étranger pour elle et de plus l’enfant du démon, et par conséquent l’ennemi de Dieu et de Marie elle-même, elle n’a pas hésité à livrer à la justice divine son Fils unique, l’objet de ses complaisances, pour vous acquérir à ce prix comme son enfant d’adoption. Eussiez-vous pensé qu’elle pût avoir pour vous une telle prédilection? Y aura-t-il jamais rien de comparable? En vérité, son amour pour vous ne saurait être comparé qu’à celui du Père éternel ; mais cette comparaison est juste, puisque si Jésus est le Fils de Dieu le Père, il est également le Fils de Marie, sa véritable Mère selon la chair. Il faut donc dire d’elle, comme du Père éternel, qu’elle vous a aimé jusqu’à donner pour vous son Fils unique; qu’elle n’a pas épargné son propre Fils, et l’a livré pour vous à la mort.

En le sacrifiant ainsi, elle vous a montré qu’elle vous aimait mille fois plus qu’elle-même. N’est-il pas certain que par l’amour incompréhensible qu’elle portait à Jésus, Marie aurait été ravie de donner sa propre vie des milliers et des millions de fois pour lui si elle l’eût pu? Si donc elle a livré ce même Fils à la justice divine pour vous procurer le salut, un pareil excès d’amour vous dit assez hautement que pour vous elle se serait livrée à la mort mille fois elle-même ; peut-il y avoir rien de plus incompréhensible? Jugez par là de l’estime qu’elle fait de vous, et si elle est jalouse de posséder votre coeur tout entier.

Que pouvez-vous lui refuser après un pareil sacrifice? N’est-il pas vrai que la moindre réserve ne pourrait manquer de blesser et d’affliger la générosité, la grandeur et la délicatesse de son amour? Prenez donc la résolution de ne lui rien refuser de ce que vous savez qu’elle demande de vous, dans l’état où elle vous a placé, et de désirer toujours de faire toutes vos actions par amour pour elle. Par là, vous serez assuré de n’agir que pour le pur amour de Jésus, à qui elle serait ravie de donner et de consacrer tous les coeurs. C’est le seul moyen que vous ayez pour la dédommager du sacrifice qu’elle a fait sur-le Calvaire ; c’était la seule espérance qui pût la soutenir debout au pied de la Croix, et c’est le seul retour qu’elle attend de votre coeur s’il est reconnaissant et sensible. »

2008-14. Marie au Calvaire (2ème Partie).

Voici la suite du texte de Monsieur Olier (in « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie« , chapitre XII) :

IIIème Point :

« Sur le Calvaire, Marie se voit bien différente de ce qu’elle était à Bethléem, Là, comme Mère de celui qui est l’innocence même, Mère du Saint des saints, elle participait à la gloire que l’on rendait à son Fils ; elle prenait part aux adorations des hommes et aux acclamations des anges. Comme la Mère du Juste par essence, elle ne sentait aucun des effets de l’arrêt porté contre les mères des pécheurs. Mais sur le Calvaire, où elle est faite la mère des pécheurs, la mère des criminels, elle enfante dans la douleur et dans les angoisses, et saint Jean est le premier fruit de cette maternité, le premier-né de l’adoption, figure et symbole de tous les enfants de l’Église. En sa qualité de nouvelle Ève, pendant que le sacrifice universel est offert sur la croix en la personne de Jésus-Christ, la Très-Sainte Vierge, offrant de son côté pour les hommes cette divine Hostie, se sent aussi elle-même chargée de leurs péchés et obligée de satisfaire pour leurs crimes. Elle peut bien dire, en imitant le langage de Noémi : « Ne me regardez plus maintenant comme au jour où je mis au monde mon Fils à a Bethléem, ce paradis de volupté; en engendrant l’auteur de toute sainteté, j’étais alors la mère des saints; mais à présent que je suis la mère des pécheurs, regardez-moi au contraire comme couverte de confusion, comme noyée dans un océan d’amertume et de douleur».

De son côté Jésus, du haut de la croix, en lui adressant ces paroles : « Femme, voilà votre fils », semble lui dire : « Je ne suis pas ici comme à Bethléem, où ma naissance vous donnait tant de joie et de consolation : alors, sortant du sein du Père pour m’unir à votre âme, je portais avec moi ses parfums, ses délices et ses douceurs. Ici que vous enfantez l’Église et que je deviens un Époux de sang pour vous (1), vous êtes chargée de confusion et de honte, et vous sentez les tranchées des crimes de vos enfants». Au Calvaire, pour gage précieux de l’amour de son divin Fils, Marie reçoit le glaive de douleur, qui le fait mourir lui-même : la douleur qui perce Jésus perce aussi le coeur de sa sainte Mère. C’est aussi ce que reçoit l’Église, épouse de Jésus-Christ sur la croix. Comme les sentiments doivent être communs entre les époux, il ne lui donne non plus ici-bas d’autre partage que ses souffrances. Voilà pourquoi il disait lui-même au premier-né de la très-sainte Vierge, à saint Jean, figure de l’Église: « Pouvez-vous boire le calice que je boirai? Vous boirez mon calice, et vous serez baptisé du baptême dont je dois être moi-même baptisé » (2) ; c’est-à-dire le calice de mes souffrances et le baptême de ma mort et de ma sépulture. C’est là toute la dot qu’il fait ici-bas à son épouse, pour la rendre ensuite participante de sa gloire dans le ciel; ce qui fait dire à saint Pierre, parlant à l’Église: « Réjouissez-vous de communier aux souffrances de Jésus-Christ, afin que vous surabondiez de joie au jour de la révélation de sa gloire » (3).

Mais ce n’était pas assez pour nous que sur le Calvaire Marie devînt la mère de tous les coupables, en sa qualité de nouvelle Ève, il fallait encore qu’elle contribuât à nous réconcilier avec Dieu le Père, en détournant de dessus nos têtes les châtiments que nous méritions, et en attirant sur nous ses bénédictions et ses complaisances.

Nous avons dit que les actions du Sauveur étaient pleines de mystères, et figuraient des choses sublimes : telle fut, en particulier, l’action de Jésus, donnant saint Jean pour Fils à Marie. Ce disciple, image de tous les chrétiens, se trouvait substitué déjà à la place de Jésus-Christ, qui l’avait rempli à la Cène de son propre intérieur et de sa vie divine. Au moment donc où Marie entend prononcer ces paroles : « Voilà votre Fils« , nous considérant comme substitués à Jésus-Christ dans la personne de saint Jean, elle nous offre tous au Père éternel; et, de son côté, Dieu le Père, qui nous regarde comme ses fils adoptifs, dans la personne de ce disciple, nous comble de ses bénédictions, fulminant sur son propre Fils l’anathème et la malédiction que nous méritions tous pour nos crimes.

Sur le Calvaire, en effet, il ne traite plus Jésus comme son Fils bien-aimé. Le considérant comme criminel à cause de nous, il lui a retiré l’usage sensible de tous les dons qu’il possédait, et de tous ces augustes privilèges qu’il ne devait pas porter sur un gibet. On ne mène point à la mort un Fils de France avec ses livrées ; on lui ôte auparavant son apanage et toutes les marques de la royauté. Avant de supplicier les prêtres, on les dégrade, on les dépouille extérieurement des insignes d’une si haute dignité, de peur d’en profaner la sainteté au milieu d’un appareil de choses si criminelles. Ainsi, le Père éternel semble avoir dégradé notre Sauveur et lui avoir ôté ses marques augustes de Fils de Dieu, quoique le fond de sa dignité ne lui soit point ôté, non plus que le caractère à un prêtre; c’est-à-dire que Jésus-Christ recevant sur lui les châtiments qui nous étaient dus, le Père éternel lui retire les biens et les dons si magnifiques dont il avait comblé la partie inférieure de son âme, et qui ne devaient pas être le partage des pécheurs auxquels Jésus-Christ était alors substitué.

Si Notre-Seigneur se punit lui-même dans toute l’étendue de son zèle, comme tenant la place d’Adam et de sa postérité, qui a perverti toute sa voie ; s’il se fait, à notre place, objet de malédiction à l’égard de son Père, c’est afin de nous revêtir de son innocence, comme d’autres Jacob, et d’attirer sur nous la bénédiction qui lui était due comme Fils de Dieu. Voilà donc pourquoi, à l’heure de son agonie, il donne pour fils à sa sainte Mère ce même disciple transformé en lui ; et nous substituant tous à sa propre place dans la personne de saint Jean, il dit à Marie: « Femme, voilà votre Fils ». Il ne la nomme plus sa Mère, ayant transféré sa qualité de Fils à saint Jean, comme s’il lui répugnait, vu l’état si déplorable, si malheureux, si plein d’ignominie où il se trouve, de l’appeler la Mère d’un pendu. »

1. Exod., chap. IV, 25.

2. S. Matth., chap. XX, 22. S. Marc, chap. X, 38.

3. I. Pierre, chap. IV, 13.

Crucifixion (gravure de Missel du XVIIème siècle)

IVème Point :

« Alors fut réalisée la figure de la substitution de Jacob à Ésaü, son frère aîné, procurée par les industries de Rébecca, leur mère. Isaac était le symbole de Dieu le Père, et Rébecca, née au milieu de la Gentilité, représentait la Très-Sainte Vierge, issue d’Adam pécheur, quoique non comprise dans la malédiction, et qui devait être Mère de Jésus-Christ et de l’Église tout ensemble, signifiées par Ésaü et Jacob.

Au Calvaire, Marie accomplit en notre faveur cette figure, nous substituant nous-mêmes dans la personne de saint Jean à son Fils premier-né ; et nous revêtant dans ce moment des mérites de Jésus-Christ, elle nous présente à Dieu le Père, ainsi que Rébecca couvrit Jacob des habits précieux d’Ésaü. Il est expressément marqué dans l’Écriture que Rébecca avait les habits d’Ésaü en sa garde : c’est que les mérites de Jésus-Christ, notre aîné, sont confiés à la Très-Sainte Vierge, sa Mère et la nôtre, qui est la dépositaire de ses richesses et de ses trésors; et que, par la cession que Jésus-Christ lui a faite de tous ses droits sur ses mérites infinis, elle en devient la maîtresse et en dispose en notre faveur.

Alors Dieu le Père, à qui Marie nous présente ainsi revêtus de Jésus-Christ, nous prenant pour son propre Fils, l’objet de ses complaisances, nous bénit dans la personne de saint Jean, qui devient le sujet de la bénédiction de tout le monde. C’est Isaac qui, en bénissant Jacob son fils puîné, bénit en lui les douze tribus, c’est-à-dire toute l’Église, et qui n’a plus de bénédiction pour son fils aîné. Ou plutôt, Dieu le Père le voyant chargé de nos péchés, et étant alors son juge, ne le regarde plus comme un fils, comme un fils unique et bien-aimé, il le traite comme un étranger, comme un criminel, qui a commis lui seul les péchés les plus abominables du monde, et fait tomber sur lui toutes les injures, toutes les malédictions, tous les rebuts, tous les mépris, tous les mauvais traitements que méritaient tous les pécheurs ensemble. Dieu le Père ne semble plus connaître Jésus-Christ, son aîné. Il le traite avec la même rigueur que si c’eût été nous-mêmes, l’accablant de châtiments, le chargeant de supplices, et punissant en lui notre péché dans toute la rigueur de sa vengeance et de son courroux. Dans cette extrémité, Jésus-Christ voyant la colère et la fureur de Dieu ainsi allumées sur lui, se sert de ce qui lui reste de voix pour lui dire : « Eh! mon Dieu! mon Dieu! vous m’avez donc délaissé ». C’est ce qui le met aux derniers excès de la douleur, le noie dans les larmes, et le fait s’écrier à son Père avec de puissantes clameurs.

C’est donc l’amour de Marie pour les hommes qui la conduit au Calvaire. Aussi quelle constance ne fait-elle pas paraître ! Pour exprimer la force de son cœur et la fermeté de son âme dans la tribulation de la croix, l’Écriture sainte nous marque qu’elle était debout : « La Mère de Jésus était debout à côté de la croix ». Agar, voyant son fils aux abois, le délaisse ; elle dit qu’elle n’a pas le courage de le voir expirer, et a besoin d’un ange qui la ramène à lui, et Marie voyant son Fils sur la croix, souffrir intérieurement et extérieurement, voyant allumées contre lui la colère de Dieu et sa fureur, ce qui était pour elle un coup d’épée qui lui perçait le coeur de part en part, elle assiste courageusement et le sacrifie pour le salut du monde. La force de la vertu divine en Marie est en proportion avec celle de Jésus-Christ. Elle montre plus de force de Dieu en elle qu’il n’en a jamais paru dans toutes les créatures. Elle porte les tentations, les peines, les tribulations et les langueurs qui l’accablent de toutes parts sans faire paraître aucune sorte d’infirmité ou ces faiblesses ordinaires qui abattent le corps. Généreuse, forte et vigoureuse, malgré l’accablement des douleurs de son Fils, elle l’offre pour nous à Dieu en sacrifice, comme une mère pleine de compassion et d’amour pour ses enfants. Alors que tous les apôtres l’ont abandonné, hormis saint Jean, elle qui n’a jamais manqué de foi pour confesser le saint nom de son Fils et pour le publier le Messie, paraît ici comme la reine de Confesseurs et la reine des Martyrs; et c’est avec beaucoup de raison que l’Église lui applique en cette circonstance les paroles de l’Ecclésiastique : « Comme un cyprès j’ai été élevée sur la montagne de Sion » (1). Le cyprès est l’image de la mort, parce que, une fois coupé, il ne repousse plus ; et, pour cela, on s’en servait autrefois dans les funérailles, et on l’attachait même à la maison des morts. Sur le Calvaire, cette Mère de douleur, se tenant debout, était là comme un cyprès attaché à la maison, c’est-à-dire à l’humanité de son divin Fils, et y servait d’ornement pour signaler ses funérailles.

C’est ainsi que par sa charité, Marie, en sa qualité de nouvelle Ève, contribue à la naissance de l’Église que Jésus-Christ engendre sur la croix. La fin qu’il s’était proposée dans son Incarnation était de s’associer tous les peuples de la terre qui adoraient chacun à part quelque fausse divinité, et de ne faire qu’un seul cœur du sien propre et de tous les autres coeurs, afin de louer et de glorifier son Père dans l’unité d’un même esprit qui est le sien. Car l’Église n’est que la diffusion de la religion du cœur de Jésus-Christ ; elle est son supplément, l’explication et l’exposition des sentiments renfermés dans son coeur, l’expression des devoirs qu’il rend à Dieu son Père. Aussi sur la croix était-elle censée comprise et reposer dans son coeur, comme Ève au côté d’Adam avant qu’elle fût créée. Cette unité d’esprit avec lui était l’objet de son travail en croix, et c’est ce qui lui fait verser la dernière goutte de sang qui lui reste. Ce sang le plus cher, le plus précieux de son corps, qui avait maintenu sa vie jusqu’au moment où il expira ; ce sang, que quelques-uns disent qu’il avait gardé depuis son Incarnation, le même qu’il tira du sein de Marie, il le verse sur la Croix comme la chose la plus chère qui lui restât pour mériter de ramener à Dieu, dans une même foi et un même amour toutes les nations de la terre.

L’eau et le sang sorti de son côté signifièrent, en effet, qu’il répandrait la religion de son cœur par les sacrements spécialement par le Baptême et l’Eucharistie, qui sont le commencement et la consommation de la religion de Jésus-Christ ; celui qui est baptisé commence à vivre de la vie de Jésus, et celui qui communie à son corps et à son sang est dans la consommation de cette vie. Comme donc ces deux sacrements servent à Jésus-Christ pour engendrer et pour nourrir son Église, et qu’ils furent figurés par l’eau et le sang, sortis de son côté, les Pères disent qu’il engendra l’Église elle-même sur la Croix par cette ouverture; ce qui avait été exprimé d’avance dans la personne d’Adam ravi en extase, lorsque Dieu lui tira, d’auprès du coeur, une partie de lui-même pour lui en former une aide semblable à lui, Ève figure de l’Église. »

1. Eccli., chap. XXIV, 17.

(à suivre > ici)

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