2007-21. L’armure de Dieu.

Dans l’épître du XXIème dimanche après la Pentecôte, que nous avons donc entendue dimanche dernier, Saint Paul emploie à deux reprises l’expression « armure de Dieu« :

- « Induite vos armaturam Dei : revêtez-vous de l’armure de Dieu » (Eph. VI, 11).

- « Accipite armaturam Dei : prenez l’armure de Dieu » (Eph.VI,13).

Il décrit même l’équipement dont cette armure est constituée: le baudrier de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures (j’oserais presque écrire: les rangers!) du zèle pour l’annonce de l’Evangile, le bouclier de la foi, le casque du salut et le glaive de l’esprit qui est la Parole de Dieu…

Cette insistance de l’Apôtre justifie l’insistance que je mets moi-même à répéter ce que j’écrivais déjà ici aux Nos 22 & 28 : Nous sommes engagés dans un combat sans merci « contre les princes et les puissances, contre ceux qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI, 12).

A tous les lecteurs de ce blogue, je voudrais aujourd’hui recommander d’une manière instante et très spéciale la lecture de l’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos intitulé : « Le combat avancé de l’Eglise » (publié aux éditions de l’Archistratège : 21, rue des Acacias – 66680 Canohès – France. tél.: (00 33) 06 10 77 63 57) .

Et il ne s’agit pas seulement de lire cet ouvrage, mais ensuite de le mettre en application. Dans la préface, Monseigneur Michel Kassarji, évêque catholique Chaldéen de Beyrouth, rappelle fort opportunément:

 » Le chrétien doit savoir sans l’ombre d’un doute que le Diable est une créature réelle, qu’il est le Prince de ce monde. C’est lui qui sème le mal dans l’univers. Il est à l’origine du péché, de la maladie, de la souffrance et de la mort. La doctrine chrétienne est claire : le Christ est venu en ce monde pour sauver l’homme du péché de sa rébellion et lui rendre sa relation privilégiée avec Dieu. Son oeuvre sur terre a consisté en une lutte permanente contre le démon. Or cette lutte, qui se poursuit dans le temps, a changé de pôle : elle s’est transformée en un affrontement permanent entre l’homme et le diable (…).

Il est temps pour nous, pasteurs et fidèles, de considérer sérieusement et d’être convaincus de ce que nous devons faire. Le démon existe et nous avons l’obligation de lutter contre lui de toutes nos forces. Il est aussi de notre devoir de connaître notre adversaire ainsi que les moyens efficaces de le combattre…« 

2007-21. L'armure de Dieu. dans Lectures & relectures stgeorgesbrviairedemartindaragon

L’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos constitue un excellent résumé de la doctrine catholique et de la pratique séculaire de l’Eglise ; il s’alimente aux meilleures sources spirituelles d’Orient et d’Occident pour mettre entre nos mains des armes efficaces et éprouvées ; il nous aide à revêtir cette armure de Dieu sans laquelle nous serons gravement blessés et risquons d’être vaincus.

Publié dans : Lectures & relectures | le 23 octobre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-20. Journée d’automne…

  » Octobre est doux. – L’hiver pèlerin s’achemine
   Au ciel où la dernière hirondelle s’étonne.
   Rêvons… Le feu s’allume et la bise chantonne.
   Rêvons… Le feu s’endort sous sa cendre d’hermine. »
(Albert Samain)

J’ai trouvé que ces quelques vers s’accordaient bien aux jours que nous vivons en ce moment, alors je me suis permis de vous les recopier, chers Amis du « Mesnil-Marie ».

Oui, « l’hiver pèlerin s’achemine« , et si tous ces jours-ci sont – la plupart du temps – très ensoleillés, le soleil qui est de moins en moins matinal et se retire de plus en plus tôt, ne nous donne plus l’impression d’être aussi chaud ; les nuits fraîchissent et nous avons déjà eu les premières gelées… Les arbres se dégarnissent et notre Frère, avec un grand râteau en éventail, fait des tas de feuilles dans lesquels j’ai plaisir à sauter dès qu’un souffle de vent les agite un peu… Je trouve cela très drôle, et je ne comprends pas pourquoi Frère Maximilien-Marie râle en voyant les tas qui s’éparpillent!

Le grand malheur par contre, c’est que depuis quelques semaines les souris, mulots, campagnols, musaraignes, rats des moissons et lézards se font de plus en plus rares. Je me suis demandé si c’était parce que les hommes qui chassent depuis la fin septembre (et en effet on entend parfois des coups de feu dans les forêts d’alentour) volent aux chats leurs proies de prédilection, mais Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que les hommes chassent des chevreuils, des sangliers, des faisans, des lièvres et des lapins et ne font pas concurrence aux chats. Puis il a ajouté: « C’est l’automne, mon Lully! Les souris et autres petits rongeurs ne trouvent plus leur nourriture dans les champs, alors ils rentrent dans les hangars, dans les étables, dans les greniers ou même dans les maisons des hommes… C’est la raison pour laquelle tu n’en trouves plus beaucoup dehors!« 

Pussi, un confrère du val d’Oise, m’a écrit et il me demandait s’il pouvait voir une photo de moi au cours de mes chasses. En voici donc une, avec l’une de mes dernières friandises champêtres… Hummm! Elle était succulemment dodue celle-là!

Avec ma proie

Dans la journée, le Frère coupe et fend du bois, puis il en fait des tas. Il va aussi chercher les fruits du jardin et je l’accompagne : par exemple, je grimpe dans les branches du pommier et je fais tomber les pommes, c’est très amusant… Après il fait de la compote, et j’aime bien la compote moi aussi!

Aujourd’hui, il a ramassé des noisettes… C’est également très amusant les noisettes, cela ressemble à de petites billes. Le noisetier a été très fécond cette année et il faut récupérer les noisettes avant que les écureuils ne prennent tout. Cette récolte m’a bien plu, parce que le Frère était à quatre pattes dans l’herbe et moi je pouvais lui grimper dessus! Après, je saute et je cours me cacher derrière un arbre ou derrière une grosse touffe d’herbe, et Frère Maximilien-Marie fait rouler des noisettes de mon côté (celles qui ont des trous et qu’on ne peut pas manger parce que les vers l’ont déjà fait), et je bondis pour les arrêter… Mais tout de même cela ne vaut pas les souris!

En terminant ce soir, je vous ferai remarquer que dans la matinée de ce lundi 22 octobre mon modeste journal a passé le cap des mille visites et j’en profite donc pour remercier mes fidèles lecteurs. Maintenant, le feu ronronne dans la cheminée de l’oratoire et la braise rayonne doucement, je vais donc aller me pelotonner près de lui…

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 22 octobre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-19. De la sainte image de « Mater Admirabilis ».

20 Octobre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes dans le mois du Saint Rosaire , c’est donc déjà un peu une fête de Notre-Dame chaque jour…
Mais il y a un fête particulière à ce vingtième jour d’octobre que nous ne manquons jamais de célébrer au Mesnil-Marie, et c’est d’elle que je veux vous entretenir.

Le 20 octobre, en effet, depuis l’année 1846, est le jour de la fête d’une représentation de la Vierge Marie vénérée à Rome sous le vocable de « Mater Admirabilis ».

Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle habituellement, avec une certaine emphase, une image miraculeuse, ce n’est pas l’une de ces icônes que la tradition attribue à Saint Luc, ni une Vierge noire aux origines mystérieuses ; ce n’est pas non plus un tableau achéropoïté (c’est-à-dire non fait de main d’homme) et on ne parle pas beaucoup de prodiges retentissants survenus devant elle (et pourtant il y a bien eu de véritables guérisons et de soudaines conversions…).
Mais alors, me direz-vous, de quoi s’agit il donc?

Si vous êtes allés à Rome, vous connaissez bien évidemment l’église de la Trinité des Monts, l’une des églises françaises de Rome.
Fondés par Saint François de Paule, au XV ème siècle, grâce au Roi de France (et de fait les portraits de tous nos Souverains, depuis Pharamond jusqu’à Charles X, sont peints dans le cloître attenant à l’église), le couvent et son sanctuaire furent, en 1828, confiés aux Dames du Sacré-Coeur, de Sainte Madeleine-Sophie Barat, pour qu’elles y ouvrent l’une de leurs maisons d’éducation.

En 1844, Pauline Perdreau était l’une des pensionnaires confiées aux religieuses (elle entrera plus tard dans cet Institut).
Cette jeune fille avait quelques aptitudes pour la peinture et elle proposa, selon son expression, « de faire venir la Sainte Vierge » dans l’une des galeries du couvent en y peignant son image.

Mater Admirabilis - Trinité des Monts Rome

Rome, couvent de la Trinité des Monts : oratoire de « Mater admirabilis »

Elle représenta la jeune Vierge Marie, avant l’Annonciation, dans les derniers temps de sa vie au Temple, assise dans une attitude de profond recueillement contemplatif, les yeux baissés, le visage paisible, comme rayonnant discrètement d’une plénitude intérieure. A ses côtés, le lys de la pureté, la quenouille qu’elle a laissée en repos et le livre ouvert (celui des Saintes Ecritures peut-être) dans lequel elle a puisé l’aliment spirituel de sa contemplation.

Loin de l’académisme et du néo-classicisme qui triomphaient alors, l’oeuvre de la jeune Pauline plut aux religieuses et à leurs élèves qui prirent l’habitude d’aller prier devant cette image, et reçurent auprès d’elle des grâces d’intensification de leur vie intérieure.

On l’appelait simplement la « Madone du lys »…

Jusqu’au jour où le jeune Pape Pie IX (il était élu depuis moins de 5 mois) vint en visite au couvent de la Trinité des Monts.
C’était le 20 octobre 1846.
On conduisit le Pontife dans la galerie jusque devant l’image vénérée. En la voyant, il s’exclama : « 
Elle est vraiment Mater Admirabilis ! » Nom qu’elle garda…
Des indulgences furent accordées à ceux qui priaient devant cette image ; des personnes de l’extérieur vinrent prier devant le tableau, et leurs prières furent exaucées ; comme je le signalais plus haut, on compta des conversions et des guérisons…
Si bien que le Bienheureux Pie IX accorda que l’on érige un autel dans cette galerie et qu’on la transforma en oratoire, dont les murs se couvrirent rapidement d’ex-voto.

Reproduite dans toutes les maisons d’éducation tenues par les Dames du Sacré-Coeur à travers le monde, « Mater admirabilis » en devint la protectrice et multiplia ses grâces.
Sa fête fut tout naturellement fixée au jour où elle avait reçu son nom de la bouche même du Bienheureux Pie IX : le 20 octobre.

Puisse donc la Mère Admirable intercéder  à toutes les intentions que nous portons et obtenir de son Divin Fils les grâces qui sont nécessaires à chacun…

Lully.

2007-19. De la sainte image de

« Mère Admirable, Trésor de calme et de sérénité,
nous vous supplions:
aides-nous à nous détacher de ce qui se voit,
et conduisez-nous, fixez-nous sur l’invisible…
L’invisible Présence,
l’invisible Amour que vos yeux contemplent!
A travers l’accessoire qui nous sollicite sans cesse
et qui nous séduit si souvent,
donnez-nous le sens et la faim de l’Essentiel… »

Voir aussi la méditation proposée > ici.

frise avec lys naturel

Publié dans : De liturgia, De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 20 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-18. De la Bienheureuse Agnès de Langeac.

Vendredi 19 octobre 2007.

Si le calendrier liturgique de l’Eglise universelle fait aujourd’hui mention de Saint Pierre d’Alcantara (qui est l’une des très rares personnes dont il fut révélé à Sainte Thérèse d’Avila – qui l’avait eu pour confesseur et conseiller – qu’il était allé au Ciel sans passer par le Purgatoire), j’aimerais toutefois vous écrire quelque chose au sujet de la Bienheureuse Agnès de Jésus, plus souvent appelée Agnès de Langeac, du nom de la petite ville où elle fut moniale et où son corps repose dans l’attente de la résurrection.

En effet, Frère Maximilien-Marie a exposé aujourd’hui l’une de ses reliques dans notre oratoire du Mesnil-Marie parce c’est aussi le jour où les calendriers propres de l’Ordre des Prêcheurs et du diocèse du Puy marquent la célébration de sa fête.
Vous le savez, les chats monastiques ne consacrent pas tout leur temps à la chasse, mais ils ont aussi des moments d’étude et de lecture spirituelle… C’est ainsi que j’ai découvert avec émerveillement la vie de la Bienheureuse Agnès que je vais vous résumer ici.

* * * * * * *

Agnès Galand est née au Puy-en-Velay, le 18 novembre 1602, dans une famille de modestes artisans, pauvre de biens matériels mais riche d’une foi profonde et d’une pratique religieuse exemplaire.

Agnès fut donc élevée dans une piété simple, sans affectation, qui impliquait un véritable engagement du coeur et de la volonté.
Dès sa plus tendre enfance, elle aimait à passer de longs moments dans les églises du Puy, pour y adorer le Très Saint Sacrement ou pour se recueillir auprès des images de la Vierge Marie, et très spécialement dans la fameuse cathédrale où l’on vénère la statue miraculeuse de la Vierge Noire.

Habituée à se confesser très régulièrement dès l’âge de cinq ans, elle fut – fait tout à fait exceptionnel pour l’époque – admise à la Sainte Communion, qu’elle put dès lors recevoir une ou deux fois par quinzaine, à huit ans!

Profondément attirée par la retraite et la contemplation, elle a alors le désir de se consacrer totalement à Dieu dans la vie religieuse et prononce le voeu de virginité.

A partir de ce moment, sa vie intérieure s’intensifie et elle reçoit des grâces mystiques signalées, accompagnées de vexations diaboliques, de persécutions diverses, d’incompréhensions douloureuses et de calomnies… Mais elle a aussi la grâce de voir son Ange gardien et de vivre dans sa compagnie familière.

Reçue dans le Tiers-Ordre de Saint Dominique à l’âge de 19 ans, il lui faudra encore attendre deux années – remplies de difficultés et d’obstacles – avant de pouvoir réaliser son désir d’entrer au couvent.
Enfin, le 4 octobre 1623, elle fut reçue comme novice converse, sous le nom de Soeur Agnès de Jésus, dans le monastère placé sous le vocable de Sainte Catherine de Sienne qui venait d’être fondé dans la ville de Langeac, à une dizaine de lieues du Puy, mais qui appartenait alors à l’évêché de Saint-Flour.

Les grâces mystiques s’intensifièrent encore : si les saints et les anges lui apparaissaient familièrement pour l’encourager et éclairer sa conduite, le démon multipliait aussi les attaques – jusqu’aux coups physiques – pour l’empêcher d’accomplir son office…

A l’approche de sa profession solennelle (les voeux temporaires n’existaient pas en ce temps là et on faisait la profession perpétuelle à l’issue du noviciat), le diable déploya même des industries incroyables pour semer le trouble dans l’esprit de ses supérieures et la faire renvoyer.
Cependant le Ciel intervint lui aussi de manière si sensible qu’en définitive Soeur Agnès de Jésus, novice converse, fut non seulement admise à la profession solennelle mais le fut en tant que religieuse de choeur!
Le 28 septembre 1624, elle échangea donc le scapulaire noir des converses contre le blanc des choristes; elle dut accomplir quelques mois supplémentaires de noviciat pour recevoir la formation des religieuses de choeur, et fit profession solennelle en la fête de la Purification de Notre-Dame, 2 février 1625.

D’abord chargée de la porte et de la distribution des aumônes, elle fut ensuite promue maîtresse des novices et finalement élue prieure à la fin de l’année 1626, à l’âge de 24 ans!

Son gouvernement fut plein de sagesse et très profitable à la communauté, on s’en doute bien. Mais le renom de sa vertu et des grâces particulières qui lui étaient départies ne manquèrent pas non plus d’exciter l’incrédulité, l’incompréhension, la suspicion, voire la jalousie ou même la haine : cela aussi est malheureusement inévitable, car même dans l’univers des âmes pieuses il en est qui se révèlent soudain incroyablement mesquines et capables de méchanceté! Elle fut même un temps déposée de son priorat et suspectée, avant d’être rétablie dans sa charge.

Outre les apparitions des Saints, le commerce familier de son Ange gardien, et les tourments diaboliques devenus habituels, Mère Agnès de Jésus eut la grâce de lire dans les consciences, de prédire certains évènements à venir, de recevoir la communion de manière miraculeuse, de subir la transverbération mystique, de biloquer… etc.

Bse Agnès de Langeac

Son intervention fut particulièrement remarquable auprès d’un jeune clerc, qui sans avoir encore été ordonné prêtre avait reçu à dix-huit ans l’abbaye de Pébrac en commende et avait commencé par vivre une vie confortable d’abbé mondain : il se nommait Jean-Jacques Olier de Verneuil.

L’abbaye de Pébrac ne se trouve pas très loin de Langeac, mais évidemment Mère Agnès de Jésus n’en connaissait pas l’abbé commendataire, qui vivait à Paris.
Cependant elle reçut de la Sainte Vierge elle-même la mission de prier pour la conversion de Jean-Jacques Olier, de le soutenir dans sa préparation aux Ordres Sacrés (préparation qu’il fit sous la conduite de Saint Vincent de Paul), de lui obtenir toutes les grâces de sanctification nécessaires à sa mission future – pendant trois années – et elle lui apparut même dans la cellule qu’il occupait dans la maison de Saint-Lazare…
Quand, après sa retraite à Saint-Lazare, Monsieur Olier vint à Pébrac pour s’occuper de son abbaye et évangéliser les paysans qui en dépendaient, il entendit vanter la vertu de la Prieure des Dominicaines de Langeac et il résolut de lui rendre visite.

Après plusieurs demandes restées sans réponse, Monsieur Olier obtint finalement un entretien avec Mère Agnès.
Conformément à l’usage, Mère Agnès de Jésus vint au parloir et commença à s’entretenir avec lui en ayant le voile baissé sur le visage… Le jeune abbé – attentif au son de sa voix – osa lui demander de relever son voile, et jeta un cri de surprise : « Ma Mère, je vous ai vue ailleurs! »
« Il est vrai, répondit humblement la moniale, vous m’avez vue deux fois à Paris dans votre retraite à Saint-Lazare où je vous suis apparue parce que j’avais reçu de la Très Sainte Vierge l’ordre de prier pour votre conversion, Dieu vous ayant destiné à jeter les fondements des premiers séminaires du Royaume de France… »

Dès lors, entre ces deux âmes, s’établit une relation privilégiée. Mère Agnès, durant les six mois que Monsieur Olier resta en Auvergne, paracheva son éducation dans les voies spirituelles, le forma pour sa mission, lui prédit les grandes étapes de son avenir et toutes les croix qu’il aurait à porter.

Le 12 octobre 1634, Monsieur Olier, rappelé à Paris, vint faire ses adieux à Mère Agnès.
Cette dernière sut alors que sa mission terrestre était achevée. Le soir même de ce jour, elle fut saisie par un mal violent et de fortes fièvres qui la mirent rapidement à toute extrémité.
Elle expira le jeudi 19 octobre 1634, vers dix heures du matin, et son corps apparut alors à tous ceux qui étaient là, resplendissant d’une beauté surnaturelle, tandis que pendant les cinq jours où il fut exposé à la grille du choeur des moniales, des milliers de témoins – attirés par la nouvelle de son bienheureux trépas et sa réputation de sainteté – purent constater que son corps répandait une chaleur merveilleuse et une odeur céleste.

Au moment même de cette mort, Monsieur Olier qui chevauchait vers Paris fut renversé de son cheval d’une manière inexplicable. Il était porté à s’humilier devant Dieu en pensant que cette chute incompréhensible était peut-être un châtiment pour quelque négligence, quand il vit fondre sur lui un ange d’une impressionnante majesté qui l’enveloppa de ses ailes, en même temps qu’il entendait la voix de son propre ange gardien lui dire: « Honore bien cet ange car c’est un des plus grands qui soit donné à la créature sur terre… »
Mais il ne comprit pas le sens de cette vision. Il n’en eut l’explication que quelques jours plus tard, arrivé à Paris, quand il reçut une lettre lui annonçant le décès de Mère Agnès.
Pénétré de douleur, il alla devant le Saint-Sacrement pour se recueillir, et là il entendit distinctement la voix de la sainte moniale qui lui disait: « Ne t’afflige donc pas, je t’ai laissé mon ange! »

Ainsi donc, la Bienheureuse Agnès de Langeac, du fait de la mission qui lui fut confiée auprès de Monsieur Olier, a-t-elle une grande part dans la réforme du clergé au XVIIème siècle, par la fondation des séminaires et, pour les siècles suivants, on peut ajouter que nous lui devons une bonne part de la solidité de la formation spirituelle et apostolique que dispensèrent « ces Messieurs de Saint-Sulpice » tant qu’ils furent fidèles à l’esprit de leur vénérable fondateur.

En achevant de vous faire partager le résumé de mes lectures, ce soir, je ne puis que relever les points de comparaison qui existent entre la décadence du clergé de France au début du XVIIème siècle et la situation actuelle et, par suite, appeler de mes voeux la présence en notre temps d’âmes ferventes comme le furent celles de la Bienheureuse Mère Agnès et de Monsieur Olier, pour travailler au relèvement spirituel de ce Royaume et de toute la Sainte Eglise.

Lully.

Prière et litanies en l’honneur de la Bse Agnès de Jésus > www

Publié dans : Nos amis les Saints | le 19 octobre, 2007 |6 Commentaires »

Prière : Neuvaine de confiance adressée au Sacré-Coeur de Jésus.

Sacré-Coeur (parc de Paray)

(Statue du Sacré-Coeur, parc de Paray-le-Monial – photo frère Maximilien-Marie : reproduction autorisée à condition de mentionner la source)

* * * * * * * * *

O Jésus,

à votre coeur je confie :…

(ici on peut détailler les intentions que l’on recommande au Coeur de Jésus).

Regardez, puis faites ce que Votre Coeur vous dira :

Laissez agir Votre Coeur!

O Jésus,

je compte sur Vous; je me fie en Vous;

je m’abandonne à Vous; je suis sûr de Vous!

Coeur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous!

Coeur Sacré de Jésus, je crois en Votre Amour pour moi!

Coeur Sacré de Jésus, que Votre Règne arrive!

* * * * * * * * * 

Voir aussi l’acte d’offrande au Sacré-Coeur composé par Saint Claude de La Colombière, ici > www, le « Souvenez-vous » au Sacré-Coeur, ici > www ainsi que la prière au Coeur de Jésus composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat ici > www.

Publié dans : Prier avec nous | le 18 octobre, 2007 |4 Commentaires »

2007-17. Sainte Marguerite-Marie.

Chers Amis du Mesnil-Marie,

la semaine que nous vivons est particulièrement riche en célébrations de saints qui ont une importance toute particulière pour le Mesnil-Marie

Moi, j’aime bien cela parce que le matin, à l’oratoire, Frère Maximilien-Marie relit les résumés des biographies des saints ; je lis par dessus son épaule et je trouve cela très intéressant.
En plus, quand il y a une relique de ce saint dans les « trésors » de la grande armoire de la sacristie, il l’expose toute la journée dans l’oratoire et il allume devant une petite lampe de couleur qui brûlera doucement toute la journée. C’est beau, dans la pénombre du matin, de voir les reflets de cette petite flamme danser sur les ors des reliquaires : je regarde avec fascination en pensant à ce que je viens de lire…

Aujourd’hui, 17 octobre, c’est donc la fête de Sainte Marguerite-Marie.

Frère Maximilien-Marie, depuis les débuts de sa vie religieuse, a été amené à porter une attention particulière aux messages inspirés que cette sainte religieuse de la Visitation a reçus du Sacré-Coeur, pour les transmettre à toute l’Eglise, pour les faire comprendre à toutes les âmes désireuses de perfection, afin que le divin Coeur de Jésus soit toujours plus connu et toujours mieux aimé.

Ste Marguerite-Marie

« Il règnera ce divin Coeur malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer! »
Cette phrase de Sainte Marguerite-Marie est d’ailleurs l’inspiratrice du petit mot latin qui est devenu en quelque sorte la devise de Frère Maximilien-Marie: Regnabit! Il règnera!
Sainte Marguerite-Marie écrivait ceci après en avoir reçu l’assurance dans sa prière, et alors même que ses efforts pour faire parvenir les messages du Sacré-Coeur à la hiérarchie ecclésiastique et au Roy de France semblaient battus en brèche…

Aujourd’hui encore, après plus de trois siècles, les demandes du divin Coeur de Jésus n’ont pas été totalement accomplies, malgré le travail d’innombrables saints, mystiques, pieux fidèles, pontifes courageux…
Le triomphe du Sacré-Coeur n’est pas encore une réalité : Il ne règne pas encore dans tous les coeurs (même dans ceux qui lui sont pourtant consacrés!), Il ne règne pas encore dans toute la Sainte Eglise, Il ne règne pas encore dans les sociétés et dans les institutions, alors que tous les hommes, tous les coeurs sont cependant créés pour Le servir et pour L’aimer!

La crise sans précédent qui afflige depuis plusieurs décennies la Sainte Eglise Catholique a eu pour conséquence de ruiner – totalement ou en partie – un grand nombre d’oeuvres qui avaient été fondées pour répondre aux demandes du Coeur de Jésus.
Je puis même écrire, parce que j’entends les conversations qui font état de certaines choses bien affligeantes (dans le monde et dans l’Eglise), que les plaintes que Notre-Seigneur faisait entendre à la sainte Visitandine de Paray-le-Monial ont reçu de notre époque un nouveau et bien triste caractère d’actualité et d’intensité!
L’un des motifs de la création du Refuge Notre-Dame de Compassion réside justement dans la volonté de répandre la connaissance des révélations du Sacré-Coeur, et de travailler à leur susciter des réponses.

Ainsi donc la fête de ce jour, en nous portant à honorer Sainte Marguerite-Marie, est une pressante invitation à centrer toujours plus notre attention sur le message céleste qu’elle dut transmettre à toute l’Eglise et à faire notre cette parole de Notre-Seigneur : « Je veux que tu me serves d’instrument pour attirer des coeurs à Mon Amour ».

2007-17. Sainte Marguerite-Marie. dans Nos amis les Saints patteschatsLully.

Une petite bande dessinée évoquant le message confié par le divin Coeur de Jésus
à Sainte Marguerite-Marie, ici > www

Publié dans : Nos amis les Saints | le 17 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-16. Saint Michel au péril de la mer.

Le 16 octobre de l’an de grâce 708 (ou peut-être 709), l’évêque d’Avranches Saint Aubert, à la suite de l’apparition de l’archange Saint Michel, consacra sur le Mont Tombe, rocher de la côte normande, un premier sanctuaire en l’honneur du Prince de la Milice céleste.

Le Mont Tombe dominait alors de sa masse rocheuse une forêt et des landes qui furent peu après englouties par un raz de marée. Le Mont devint une île et fut dès lors souvent appelé « Saint-Michel-au-péril-de-la-mer« .

Abbaye puissante et lieu de pélerinage jadis renommé dans toute la Chrétienté, le Mont-Saint-Michel – bien qu’aujourd’hui dépouillé de ses moines, partiellement détruit, irrémédiablement affligé par les pillages de la révolution, souillé par de multiples profanations et livré à des hordes touristiques rarement intelligentes – ne cesse cependant pas de répèter à ceux qui sont capables d’ouvrir les oreilles de leur âme les leçons de son majestueux silence :

« Lorsque les flots menaçants montent inexorablement, lorsque la terre sous vos pas perd toute consistance, lorsque les éléments contraires vous encerclent, lorsque vos mains tremblantes ne trouvent plus rien de solide pour s’y cramponner… ne perdez cependant pas courage. Levez les yeux et appelez à votre aide l’Archange victorieux! Invoquez le Prince des armées célestes! Confiez-vous en sa sainte garde, et laissez-vous saisir par sa force invincible: la foi en Celui qui est le seul Fort, le seul Puissant, le seul Roi pour l’éternité; Celui qui n’a point d’égal – « Quis ut Deus? » – et qui est le Sauveur aimant de ceux qui se confient en Lui.« 

Nous sommes en effet tous menacés par des flots en furie, nous sommes tous exposés « au péril de la mer », une mer d’iniquité qui voudrait submerger le monde et engloutir les âmes dans d’effrayants abîmes.

Cartulaire du Mont Saint-Michel: la vision de Saint Aubert.

Collecte de la Messe propre de l’apparition de Saint-Michel au Mont Tombe :

« Dieu éternel et tout puissant qui, par un privilège sans pareil, avez daigné nous réconforter par la glorieuse apparition du Bienheureux Archange Michel, accordez-nous sur la terre le constant appui de son actuelle protection, et dans le Ciel la joie éternelle à ses côtés. Nous vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées ici > www.

Publié dans : Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 16 octobre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-15. Du 16 octobre.

16 octobre 2007.

Ce matin, Frère Maximilien-Marie m’a lu – et je l’ai écouté avec la plus grande attention – la dernière lettre écrite par la Reine Marie-Antoinette, adressée à sa belle-soeur, Madame Elisabeth, et qui est improprement appelée « testament de la Reine » (cf. > www). Il m’a aussi montré un fac-similé des dernières lignes qu’elle a tracées, sur la page de garde de son « livre d’heures », ce 16 octobre 1793 vers 4h et demi du matin et j’en publie une reproduction ici pour vous:

Dernières lignes de la Reine

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que l’infortunée souveraine, exécutée le 16 octobre 1793, n’avait certes pas toujours été exemplaire dans sa vie, mais que cela ne justifie en aucune manière toutes les calomnies qui ont été colportées sur son compte.

Ensuite, et cela m’a beaucoup intéressé, il m’a raconté que la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, qui avait tout juste dix-neuf ans à ce moment-là et qui vivait en Westphalie dans la ferme de ses parents (elle n’était pas encore religieuse, n’avait pas encore reçu les sacrés stigmates, mais avait déjà une vie mystique intense), était sollicitée par Dieu pour prier de manière très spéciale pour la Reine de France emprisonnée, et qu’elle l’avait même « visitée » à plusieurs reprises dans son cachot, la nuit, pour la consoler, l’encourager, la préparer à affronter le procès et la mort. L’ange gardien de la Bienheureuse la transportait en un instant dans la cellule de la Reine ; Marie-Antoinette ne la voyait pas, mais elle sentait sa présence invisible, percevait ses paroles dans l’intime de l’âme et en recevait une force spirituelle proprement surnaturelle.

La Reine Marie-Antoinette a fait l’objet de tant de livres et de films, et elle se trouve au centre d’un drame humain et politique tellement complexe et tellement passionné, qu’il est presque impossible aux hommes de notre temps de dégager sa véritable figure de toutes les représentations quasi mythiques ou idéologiques qu’on a substituées à sa véritable personnalité.

Elle n’est ni une image de vitrail auréolée de romantisme mièvre, ni une froide et cruelle Messaline mais, entre ces deux représentations caricaturales, Dieu seul finalement peut dire qui fut Marie-Antoinette : la réalité historique est tout en détails et en nuances, et elle doit tenir compte de mille choses qui nous échappent encore… Ce sont comme les mille et une pièces d’un puzzle qui doit intégrer les facteurs de la psychologie, de l’éducation, des intrigues de cour, des évènements connus et de ceux qui ne le sont pas ou ne le sont que de manière partielle et imparfaite… etc. Si des historiens sérieux et patients ont pu, à rebours de la légende parfois, nous restituer certaines pièces perdues de ce puzzle, il nous en manque encore beaucoup!

Ce qui demeure, c’est la dignité et la souffrance de cette femme, de cette mère qui en a appelé à toutes les mères devant le tribunal révolutionnaire, et qui a été sacrifiée sur l’autel diabolique d’une révolution qui n’a fait que prétexter des imperfections de la vieille monarchie capétienne pour détruire ce qu’il y avait de meilleur en elle, parce que c’était précisément cela qui était en réalité l’objet propre de cette haine inspirée par l’enfer.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully, Vexilla Regis | le 16 octobre, 2007 |2 Commentaires »

2007-14. « Dies mali sunt ».

« Les jours sont mauvais : Dies mali sunt » (Eph.V,16). Trois petits mots qui m’ont frappé en écoutant la lecture de l’épître de la Sainte Messe de ce vingtième dimanche après la Pentecôte.

Pourquoi l’Apôtre fait-il cette remarque?

Parce qu’il invite avec insistance ses lecteurs à faire preuve d’une très grande circonspection et à ne pas agir en insensés, « non quasi insipientes, sed ut sapientes » : « Ayez soin, mes frères de vous conduire avec une grande prudence, non comme des imprudents mais comme des sages » (Eph.V,15-16). Ajoutant aussitôt: « redimentes tempus quoniam dies mali sunt. Rachetant le temps parce les jours sont mauvais ».

Les auditeurs de la Parole inspirée, en raison même de la malice inhérente au monde dans lequel ils vivent (1), sont exposés à de redoutables dangers. Des dangers plus redoutables que les malheurs et les souffrances physiques : le péril dans lequel les place la tentation, le péril de la séparation d’avec Dieu pour toujours!

Cette exposition continue aux attaques des « esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI,12) constitue une véritable pollution spirituelle de l’environnement humain : de la même manière qu’un air infesté peut contaminer ceux qui le respirent, la malice des jours qui sont les nôtres peut nous affaiblir, miner la santé de nos âmes, ruiner la vigueur de nos esprits, frapper nos coeurs de mortelle langueur.

Celui qui sait qu’une épidémie d’influenza ou de choléra sévit dans la région où il se trouve prend tout naturellement des mesures de protection et d’hygiène pour échapper à la contagion. Il serait pour le moins insensé d’agir de façon contraire!

Et celui qui sait que l’air qu’il est exposé à respirer peut être saturé de microbes pernicieux, n’hésite pas à utiliser des moyens sanitaires pour purifier et assainir l’air des pièces où il vit.

Saint Paul aujourd’hui nous rappelait avec beaucoup d’à propos qu’il en était de même dans l’ordre de la santé de l’âme.

Puisque les jours de notre existence terrestre nous exposent au danger de la contagion du mal, nous devons « racheter le temps » c’est-à-dire appliquer au cadre spatio-temporel de notre existence les grâces de la rédemption que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a obtenues par Sa douloureuse Passion.

Dans sa sagesse inspirée, nourrie par des siècles d’expérience, la Sainte Eglise notre Mère a institué des sacramentaux qui sont une aide et une protection efficaces dans le combat que nous menons. Les sacramentaux sont des secours spirituels, souvent liés aux inspirations ou à l’expérience des Saints, que la puissance de la prière et des bénédictions de la Sainte Eglise attache à certains gestes et à certains objets matériels eux-mêmes. Il ne s’agit nullement de magie ou de superstition. Leur efficacité est conditionnée par l’exercice d’une authentique foi théologale dans un but de sanctification.

Le rituel traditionnel de la Sainte Eglise Romaine a réuni une somme extraordinaire de bénédictions : bénédictions d’objets de piété certes, bénédiction pour l’eau (qui devient eau bénite) bien évidemment… Mais tant de fidèles ignorent et tant de prêtres semblent eux aussi ignorer, ou du moins donnent l’impression d’ignorer (parce qu’ils n’y recourent pas ou pas assez), qu’il y a des bénédictions particulières liées à certaines fêtes liturgiques ou à certaines circonstances (comme par exemple la menace d’orage ou de tempête), qui concernent les lieux (maisons, étables, jardins, champs, pièces ou locaux affectés à une activité particulière…), mais aussi les aliments, les vêtements, les instruments de travail, les remèdes, les moyens de locomotion… etc.

Pourquoi donc le rituel est-il si peu exploité?

Pourquoi ce moyen si simple de « racheter le temps » et de contrer la malice des jours dans lesquels nous vivons est-il si méconnu et par suite si limité dans son usage habituel?

Sans vouloir porter de jugement, il semble cependant qu’on puisse répondre sans hésitation que c’est parce que l’esprit surnaturel, l’esprit de foi, est aujourd’hui profondément affaibli…

Le modernisme sourit avec commisération des sacramentaux, le progressisme les tourne en dérision, les supprime ou les dénature… Je ne veux pas me lancer ici dans des citations d’exemples, car il y en a malheureusement trop à déplorer.

Contentons-nous de relever que le « Livre des bénédictions » publié dans le contexte des réformes liturgiques consécutives au second concile du Vatican marque une régression théologique considérable et un alignement sur des conceptions directement inspirées par le protestantisme libéral, en contradiction avec des siècles de théologie et de pratique catholiques, en contradiction en particulier avec l’enseignement du concile de Trente. En effet ce pseudo-rituel dans les « prières de bénédiction » qu’il propose, dans la majorité des cas, ne bénit pas ni ne sanctifie pas les objets qui sont présentés, mais se contente d’appeler de ses voeux la faveur divine sur les personnes qui en feront usage, et se borne à en « dire du bien » (étymologie du verbe benedicere) sans leur attacher une grâce particulière.

Nous sommes très spécialement reconnaissants à notre Saint-Père le Pape Benoît XVI d’avoir précisé, dans le motu proprio « Summorum Pontificum cura », que les prêtres ont la liberté d’utiliser non seulement le missel, contenant le rite de la Sainte Messe antérieur à la réforme de Paul VI, mais également du rituel pour l’administration des sacrements et des sacramentaux dans une pleine continuité avec l’usage séculaire marqué par une authentique prudence surnaturelle et la sage expérience des saints : « Ut sapientes, non quasi insipientes »!

 

(1) « Parce que la création a été assujettie à la vanité, non parce qu’elle l’a voulue mais à cause de celui qui l’y a soumise… » (Rom. VIII,20) et aussi : « Mundus totus in maligno positus est : le monde tout entier est sous l’empire du Malin » (1 Joan.V,19).

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels | le 14 octobre, 2007 |Pas de Commentaires »
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