2007-12. Joseph et Chico.

Ce 10 octobre 2007.

Après vous avoir parlé du pèlerinage de notre Frère à Rome, je dois maintenant vous entretenir d’un évènement littéraire qui est directement en rapport avec notre Saint-Père le Pape Benoît XVI et qui a beaucoup d’importance à mes yeux :

En effet ces jours-ci, en Italie, les éditions du « Messager de Saint Antoine » publient une biographie du Souverain Pontife, abondamment illustrée.

Jusqu’ici rien d’extraordinaire, me direz-vous.
Mais ce qui est justement un évènement, c’est que le narrateur de cette histoire est l’un de mes congénères : Chico, le chat de la ferme de Pentling.

Chico est un gros matou au pelage roux, âgé de neuf ans, qui vit dans la ferme voisine de la maison que le cardinal Joseph Ratzinger avait achetée pour y finir paisiblement ses jours…
Quand il y venait en vacances, Chico désertait la ferme pour s’installer chez lui, jour et nuit. Je ne crois pas trahir un secret en vous confiant qu’il a même griffé le cardinal un jour de Noël! C’est vous dire qu’il connaît bien celui qui est maintenant le Pape, et qu’il peut en parler avec autant de justesse que de précision.
N’oubliez pas que nous, les chats, nous sommes des observateurs de première classe, en même temps que nous sommes des confidents appréciés!

Chico avait tout de suite vu que ce cardinal, occupant un poste important à la Curie romaine, était un ami des chats. Savez-vous comment?
Tout simplement parce qu’il avait fait installer dans son jardin… une statue de chat! Vous pensez bien que s’il se fut agi d’une statue de chien, Chico ne se serait pas aventuré du côté de cette maison!

Peu après le cardinal lui a d’ailleurs confié qu’il avait à Rome deux chats magnifiques.

Je sais que la presse « pipeul », au moment de son élection, s’est interrogée pour savoir si le nouveau Pontife pourrait emmener ses chats dans le Palais Apostolique du Vatican, allant ressortir de vieilles légendes superstitieuses selon lesquelles nous serions des symboles de la présence du démon… Ce qui est insensé et outrageant!

Mais Benoît XVI fait fi de ce genre de ragots et les deux chats, désormais parés du titre de « pontificaux » l’ont bel et bien accompagné, et ils sont même les seuls à avoir le droit de le déranger quand il travaille ou quand il joue du piano…
Il y a des « monsignori » qui en étouffent de jalousie!

Chat pianiste

Bref, Chico le chat bavarois est un véritable ami du Pape.
Aidé de la journaliste Jeanne Perego et de la dessinatrice Donata del Molin Casagrande, il fait en 44 pages un récit passionnant et teinté d’humour de la vie du Pape, depuis cette nuit très froide du 16 avril 1927 où naquit le petit Joseph Aloïs Ratzinger, en passant par les années d’études, celles de la guerre et de la captivité, l’ordination sacerdotale et la période professorale, jusqu’à l’élection au Souverain Pontificat…

Ici, il faut que je vous révèle une chose qui a mis un peu de tristesse au coeur de Chico : il n’a pas revu son grand ami depuis cette élection.
Il y a quelques mois, en septembre 2006, le Souverain Pontife est bien revenu à Pentling, lors de son voyage apostolique en Bavière, mais Chico a été tellement effrayé par le cortège pontifical et le remue ménage des journalistes qu’il s’est enfui à toutes jambes et qu’il s’est caché.
Il aurait pourtant tellement aimé recevoir encore les caresses de son grand ami Joseph!

Le livre de Chico est préfacé par le secrétaire particulier du Saint Père, Monseigneur Georg Gänswein, c’est vous dire si on peut lui faire confiance pour mieux connaître ce Pape véritablement exceptionnel, puisqu’il est un grand ami des minous!

Lully.

2007-12. Joseph et Chico. dans Annonces & Nouvelles 031007gato

2007-11. Retour de Rome.

Lundi soir 9 octobre 2007.

Chers Amis du « Mesnil-Marie« ,

Comme vous vous y attendiez sans doute, notre Frère étant revenu de Rome, je peux vous faire une rapide compte-rendu de son pèlerinage, puisque j’ai eu une bonne partie de la journée de ce lundi pour l’interroger…

Parti de l’aéroport de Beauvais avec cinq autres personnes le lundi matin 1er octobre de très bonne heure, les pèlerins ont atterri à l’aéroport de Ciampino alors qu’il était exactement 11h, donc avec un peu d’avance sur l’horaire prévu.

Un taxi, commandé spécialement pour eux, les a rapidement conduits jusque chez les Religieuses de Saint Thomas de Villeneuve où ils étaient attendus et se sont installés avant même de déjeuner. La « Casa San Tommaso » est située au nord de la « villa Borghese »: c’est une très grande maison qui fut construite en 1903  par les religieuses françaises au moment où les congrégations ont été chassées de France. Le lieu où les soeurs firent construire se trouvait alors en pleine campagne tandis que maintenant c’est un quartier plutôt résidentiel (de standing!) où l’on trouve plusieurs ambassades, et qui n’est pas du tout bruyant la nuit.

Après le déjeuner, le groupe s’est dirigé à pied à travers les jardins de la « villa Borghese » jusqu’au Pincio d’où l’on peut avoir une très belle vue sur la Ville: le temps était non seulement ensoleillé, mais véritablement chaud, ce qui faisait un contraste certain avec la météo de la France les jours précédents… Ce beau temps a duré toute la semaine – hormis le samedi où il a un peu plu – et la chaleur justifiait amplement que l’on recoure aux savoureuses glaces romaines!

Les visites ont commencé par la Piazza del Popolo (Place du Peuple), qui était le principal point d’arrivée des pèlerins de l’Europe lorqu’ils venaient à pied dans la Ville Eternelle. Sur cette place se trouve l’Eglise Santa Maria del Popolo, riche de nombreuses oeuvres d’art  mais très spécialement de deux toiles du Caravage : la conversion de Saint Paul et le martyre de Saint Pierre. Leur contemplation était une bonne introduction à leur itinéraire sur les pas des Saints Apôtres Pierre et Paul et des nombreux martyrs des premiers siècles.

Les pèlerins ont ensuite flâné avec bonheur dans les rues animées, s’immergeant dans un dépaysement total.

La journée du mardi les conduisit aux catacombes et à la basilique de Sainte Agnès hors les murs, puis au lieu du martyre de Saint Paul, aux Trois Fontaines, et à la basilique de Saint Paul hors les murs. Le mercredi fut consacré à Saint Pierre : Saint Pierre « continué » en la personne et dans le ministère de Benoît XVI d’abord, puisque la matinée fut occupée par l’audience générale pour laquelle le groupe était fort bien placé (Frère Maximilien-Marie avait obtenu des places dans le « riparto speciale », situé à droite du lieu où se tient le Souverain Pontife sur le parvis même de la basilique vaticane, comme en témoigne la photo suivante)…

Audience du 3 0ctobre 2007

Puis il y eut la visite approfondie des fouilles sous la basilique, qui ont permis de retrouver la tombe et les ossements du Prince des Apôtres, puis les dévotions dans la basilique elle-même.

Le jeudi matin fut consacré à la visite des principales églises du Transtévère : Sainte-Marie, Saint Chrisogone et Sainte Cécile… et l’église Saint François où l’on conserve la cellule où le saint Patron de l’Italie, dont c’était justement la fête ce jour-là, a logé lors de ses séjours à Rome. L’après-midi les a ramené à Sainte Marie-Majeure, à Sainte Marie des Anges et des Martyrs (dans les anciens thermes de Dioclétien) et à Sainte Marie de la Victoire (où se trouve le célèbre groupe de « l’extase de Sainte Thérèse » sculpté par Le Bernin).

Le vendredi, ils visitèrent Saint Laurent hors les murs avant d’aller vénérer les reliques de la Passion à Sainte Croix en Jérusalem et de gravir la « Scala Santa »; puis ce fut la visite du Baptistère et de l’archibasilique du Latran, avant d’aller aux Quatre Saints Couronnés, à Saint Clément, à Saint Sébastien sur le Palatin (lieu où il fut percé de flèches), à la prison Mamertime et à la basilique des Saints Côme et Damien au forum.

Le samedi fut une journée « libre » où les pèlerins ont pu retourner dans certaines basiliques de leur choix, faire des emplettes, acquérir de précieuses reliques, ou tout simplement flâner dans les quartiers historiques…

Dimanche matin, après la Grand’Messe, la plupart ont pu se rendre encore Place Saint-Pierre pour la récitation de l’Angélus avec le Saint Père. Puis il leur a fallu reprendre le chemin de l’aéroport de Ciampino et laisser le beau ciel de l’Italie pour rentrer en France!

Moi j’étais tout content de voir revenir Frère Maximilien-Marie et je lui ai fait plein de câlins à son arrivée et pendant toute cette journée de lundi, car vraiment je n’aime pas être séparé de lui pendant si longtemps…

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 8 octobre, 2007 |5 Commentaires »

2007-10. Sermon de la solennité de Ste Thérèse.

Voici le sermon prononcé par Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier en cet dimanche 30 septembre 2007 à l’occasion de la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, patronne de la France en second :

« Nos credidimus caritati quam habet Deus in nobis. Nous avons cru – nous croyons – à la charité que Dieu a pour nous ».

On sent, en lisant ces mots de Saint Jean, le tressaillement de son âme.

C’est un vrai cri de joie, de triomphe, qui s’échappe du coeur de l’Apôtre: « Moi je crois à l’amour de Dieu pour moi! »

C’est avec un accent identique, passionné, que Sainte Thérèse dira sa foi en l’amour de Dieu.

Toute sa vie, toute sa sainteté, toute sa doctrine, seront l’expérience passionnée de cette foi. La foi en l’amour de Dieu est le fond de l’âme de Sainte Thérèse. C’est son secret.

Cette foi – simple, ferme, naïve même – en l’amour de Dieu explique tout dans Sainte Thérèse. Et sans cela rien ne s’explique.

Pour Sainte Thérèse la certitude de l’amour de Dieu est le premier ressort de la perfection et de la sainteté. C’est son originalité, sa spécificité. Thérèse, c’est la certitude de l’amour de Dieu, et sa réciprocité – amour pour amour. Elle dira souvent: « Je n’ai jamais donné à Dieu que de l’amour ». Ou encore:  » J’ai tout dit : c’est l’amour seul qui compte ».

Ce sont presque ses dernières paroles. C’est la veille de sa mort, le 29 septembre, qu’elle disait cela à sa soeur, Soeur Geneviève de la Sainte Face, qui lui demandait un mot d’adieu.

Se savoir aimée, être assurée et porter en soi la certitude d’être aimée par le Dieu tout puissant; croire – et croire de foi divine – croire fermement à l’amour de Dieu pour elle, voilà Sainte Thérèse, voilà sa contemplation, voilà son oraison, voilà l’objet de son commerce avec Dieu : se savoir aimée de Dieu!

Je crois que Sainte Thérèse n’a jamais conçu Dieu que sous sa notion la plus vraie, telle qu’Il a voulu – de fait – nous apparaître : comme l’amour de charité. « Deus caritas est » (1 Joan. IV,10).

Il y a certes l’Evangile qui le lui enseigne. Mais aussi une circonstance providentielle.

Elle est très jeune privée de sa mère. Alors son enfance se résumera toute dans la personne de son père. Sa jeunesse fut une expérience prolongée de l’amour paternel le plus tendre et le plus vigilant. Ainsi dès qu’on parla à Thérèse de Dieu, du Bon Dieu, dès qu’on lui apprit à dire à Dieu « Notre Père », cette âme d’enfant fut amenée, naturellement, à se représenter Dieu à l’image de son père de la terre.

Elle porta alors à l’extrême, à l’excès, à l’infini, la bonté, la tendresse, la sollicitude, en un mot l’amour dont son père l’entourait.

Le Bon Dieu se présente à son esprit et surtout à son coeur, comme le Père, comme son Père, comme le plus aimant, le plus tendre des pères. Bref, comme l’amour paternel et l’amour paternel à sa plus haute puissance. Comme le dit Tertulien « nemo tam pater »… « Le Père de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre »(Eph. III,14).

Et que Dieu soit notre père… c’est tout l’Evangile.

Et c’est pourquoi Sainte Thérèse a compris la substantifique moëlle de l’Evangile. Elle est l’Evangile en acte. Elle en a compris toute la substance.

Ainsi, très jeune, Sainte Thérèse vécut de cette atmosphère évangélique.

C’est de là, de cette racine, de ce principe que germe toute la vie spirituelle de Sainte Thérèse. Vous comprendrez alors que sa vie spirituelle soit faite de confiance, d’abandon, de joie.

Ces vertus naissent auprès d’un bon père. Comment ne naitraient-elles pas auprès du Bon Dieu – Père… ?

Ce principe de l’amour paternel, de la certitude d’être aimé d’un tel Père, ne peut être que le « grain de sénevé » dont nous parle l’Evangile. Elle est la plus petite des plantes, mais elle devient vite un arbre aux mille vertus.

Elle est sainte – c’est vrai -; elle fut une âme privilégiée – sans doute -; mais son privilège a été de comprendre mieux que nous et d’avoir la mission de nous faire comprendre que nous avons le même privilège qu’elle : le privilège d’être les enfants de Dieu; et donc, d’être come elle infiniment aimés, aimés d’amour paternel par Dieu notre Père.

Sa vie fut une vie de foi, de foi en l’amour de Dieu pour nous, une vie de foi telle que l’Evangile nous le demande.
Son âme se sait, se croit aimée… infiniment aimée.

Etonnez-vous alors qu’elle réponde à cet appel de l’amour par un élan, par un désir tout simple d’aimer… Et elle va, elle marche sans souci, sans inquiétude, dans cette lumière, dans cette clarté. Tout s’éclaire pour elle, tout s’illumine de cette fi, de cette certitude de l’amour…

Même quand Dieu la fait marcher par des chemins obscurs – et ce fut presque l’état continuel de son âme – même alors, c’est sa foi, sa foi assurée à l’amour de son Père qui la guide et la soutient.

Sainte Thérèse se révèle toute dans cette parole: « Il est si doux de servir le Bon Dieu dans la nuit et dans l’épreuve. Nous n’avons que cette vie pour vivre de foi ».

Dans son « Histoire d’une âme », elle dira: « Je sais que, par delà les tristes nuages mon doux soleil brille encore. »

Son doux soleil, quel est-il?

Elle le dit à la ligne précédente: « l’astre de l’amour ».

Et comment sait-elle cela? Par la foi!

Et cela est pour nous souverainement instructif. Sa foi évangélique est un regard simple et ferme pour l’amour de Dieu.

Mais pour être complet, il faudrait – me semble-t-il – ajouter une précision : l’amour auquel Thérèse croit de toute son âme a un nom; c’est l’amour miséricordieux.

Mais c’est bien là encore le dernier mot de l’Evangile.

Dans l’état actuel, Dieu nous a aimés non seulement gratuitement, sans mérite de notre part, mais il nous a aimés et nous aime tels que nous sommes, c’est-à-dire misérables, et sans tenir compte de notre misère. Ou, mieux: à cause de notre misère, parce que nous sommes misérables.

C’est là sa gloire!

C’est pour manifester son amour miséricordieux qu’il choisi, décrété, créé le monde tel qu’il est, le monde où nous vivons, avec le péché prévu et toutes les misères qui en sont la suite.

Et la gloire de Dieu, c’est que nous croyons à cet amour-là, à cet amour purement miséricordieux. Il veut que nous y croyons.

Et voilà ce que notre orgueil ne veut pas admettre : il ne veut pas être que misère. Il ne veut pas être l’objet de la pure miséricorde de Dieu. Il ne comprend pas l’amour miséricordieux.

Mais il ne s’agit pas de comprendre cet amour. Il s’agit d’y croire, d’y croire simplement, fermement, comme Sainte Thérèse ; d’y croire et de s’y plonger, comme Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse est très claire. Dans une lettre à Soeur Marie du Sacré-Coeur – la lettre 6 – elle écrit : « Ce qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde. »

Que ce mot est profond!… et combien instructif pour nous.

C’est du pur Evangile.

L’Evangile nous propose un amour de Dieu purement miséricordieux pour notre absolue misère. C’est cela Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse a osé aimer son Dieu en enfant. Elle a osé, avec ses misères, entrer en relation très simple, familière, avec le Bon Dieu.

Et pourquoi?

Parce qu’elle s’est sentie aimée. Elle s’est crue aimée, aimée par Dieu qui est amour. Elle s’est crue, sans hésitation, infiniment aimée par l’infini amour. Elle s’est crue miséricordieusement aimée par le Dieu qui est – et qui est jaloux de ce titre – le Père des miséricordes.

Et la foi, en nous proposant Dieu comme l’amour miséricordieux, attire, invite, sollicite notre coeur à oser l’aimer; et c’est là, alors, que l’âme trouve la paix et le principe de la sainteté.

Ainsi soit-il.

Publié dans : Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 1 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-9. Solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Décidément, cette période est riche en fêtes!

Aujourd’hui la liturgie de ce dimanche 30 septembre 2007, normalement 18ème dimanche après la Pentecôte, cédait le pas à la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, parce qu’elle est protectrice de la France en second avec Sainte Jehanne d’Arc, après Notre-Dame de l’Assomption.
Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier nous a fait l’immense grâce de venir célébrer la Sainte Messe au Mesnil-Marie, et je sais qu’il a offert le Saint-Sacrifice à l’intention de tous les bienfaiteurs de notre fondation, vivants et défunts.

Après son départ, notre Frère s’est activé à ses derniers préparatifs de départ : je me mettais un peu dans ses pattes parce que je croyais qu’il s’agissait d’un nouveau jeu, mais j’ai bien vite vu qu’il y avait des valises qu’on remplissait, et cela m’a rendu un peu triste parce que je n’aime pas le voir partir… Frère Maximilien-Marie m’a pris dans ses bras et il m’a bien expliqué que j’allais rester au Mesnil-Marie et que la maman de mon ami Locky (une dame très gentille qui m’aime bien) s’occuperait de moi, et que je pourrais même aller dormir chez Locky si j’en avais envie, que j’avais une mission très importante – la garde du Mesnil-Marie - et que c’était bien de rester ici plutôt que d’aller en pension ailleurs, dans une maison qui ne serait pas la mienne avec des gens que je ne connais pas bien… Je comprends très bien ces choses, néanmoins c’est toujours un peu triste de devoir quitter son papa-moine pour une période un peu longue…

Mais au fait, je ne vous ai pas dit où le Frère part…
Vous le savez déjà, vous ? Vous l’avez deviné ? Non ?
Il va à Rome.

Rome, la capitale du monde catholique, la « Ville Eternelle », la cité des Saints Apôtres Pierre et Paul, la ville dont le sol a été fécondé par le sang de milliers de martyrs, la ville dont les rues ont été arpentées par des centaines de saints tout au long des siècles, la ville qui renferme des trésors d’histoire et d’art !
Il part en avion demain matin, et il ne rentrera que dimanche 7 octobre au soir.

StPierre Vatican

Frère Maximilien-Marie connaît assez bien Rome et il organise autant que possible chaque année un séjour pour un petit groupe de pèlerins. Bien que le Dieu des chats soit le même que celui des hommes, je ne peux pas les accompagner là-bas.

Pourtant j’aurais bien aimé aller voir les lieux où a vécu Saint Philippe Néri, un saint très sympathique dont mon papa m’a parlé. Saint Philippe aimait beaucoup les chats, et il en avait un très beau qui avait le droit de rentrer dans son oratoire privé et qui se plaçait – tout tranquille – sur les gradins de l’autel lorsque le bon « Padre Neri » célébrait la Sainte Messe. Il y a bien eu alors quelques esprits chagrins pour s’en scandaliser, mais Saint Philippe leur a fait comprendre qu’un beau chat, qui est une créature de Dieu pleine de grâce et de distinction, par le fait même qu’il est dans l’ordre des choses voulu par le Créateur, rend gloire à Dieu tout autant qu’un beau bouquet de fleurs ; or il n’est personne, que je sache, qui se scandalise de voir des fleurs par brassées placées sur les autels!…

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas encore aujourd’hui que je prendrai l’avion pour aller vénérer à Rome le saint ami des chats. Donc je continuerai à glorifier Dieu en étant ici même un bon chat accomplissant ce pour quoi Dieu l’a créé : dormir, jouer, chasser les souris et les dévorer consciencieusement…

Pour vous faire patienter, puisqu’en l’absence de Frère Maximilien-Marie je ne pourrai pas me servir de l’ordinateur, je vous recopie ( ici > www) le sermon que Monsieur l’Abbé Aulagnier a prononcé ce soir en l’honneur de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

A la semaine prochaine…

pattes de chatLully.

Publié dans : Chronique de Lully, Nos amis les Saints | le 30 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-8. Nous sommes en guerre…

Réflexions faites au soir de la fête de St Michel.

Saint Michel gif

Oui, nous sommes en guerre !

Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Saint Thomas d’Aquin qui l’écrit : « Jusqu’au jour du jugement, nous sommes en guerre ».
Et il ne fait que résumer ce que les Saintes Ecritures ont dit et répété à l’envie :

- Saint Paul à Timothée : « Nul ne sera couronné s’il n’a légitimement combattu » (2 Tim.II, 5).

- Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matth. XI,12) ; « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Matth. X,34) ; « Que celui qui n’a point d’épée vende sa tunique pour en acheter une » (Luc. XXII,36)…

– Déjà dans l’Ancien Testament, le Saint homme Job s’était exclamé : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est un combat » (Job VII,1).

Bien sûr le glaive, l’épée, la violence, le combat, la lutte sans merci dont il est ici question sont essentiellement d’ordre spirituel. La pugnacité qui nous est recommandée n’a rien à voir avec les conséquences peccamineuses de la colère, de l’orgueil, de la jalousie ou de la cupidité… Et la violence nécessaire à ceux qui veulent faire leur salut est une vertu.

Ce mot de vertu a, si souvent en français, perdu son sens originel de force, qu’on en oublie l’origine militaire et que, d’une qualité « quasi musculaire » du caractère éprouvé par la violence des contradictions, on en est arrivé à désigner par lui la mièvrerie d’une inconsistante sainteté de vitrail aux tons pastels !

Mais le christianisme n’est pas une religion à l’eau de rose faite pour des émasculés !
Le Christ, s’Il est le « Prince de la Paix » n’est cependant pas « le doux rêveur de Galilée », préfigurateur des adeptes du « peace and love » : Sa doctrine est forte, virile, militante…
Sa vie terrestre, pourtant remplie de scènes profondément attendrissantes, n’est en rien puérilement fade et affectée, et elle s’achève dans un spectaculaire et sanglant combat. Combat en grec, se dit « agônè ».

L’Eglise, qu’Il a fondée, tant qu’elle est en chemin sur la terre, est militante.
Le sacrement de la Confirmation, qui communique à l’âme la plénitude des dons du Saint-Esprit, fait du chrétien un soldat du Christ. Le Chrême dont le fidèle est marqué rappelle l’huile dont les gladiateurs et les athlètes s’enduisaient pour fortifier leurs muscles et offrir moins de prise à l’adversaire…

Comment a-t-on pu dénaturer la doctrine chrétienne au point d’en faire une sorte d’humanitarisme gélatineux qui ne peut nullement s’identifier à la vertu de charité ?
Comment est-il possible d’avoir trahi le message évangélique au point de le ravaler à une sorte de fraternité universelle post-romantique qui n’a plus rien de surnaturel ?
La charité chrétienne n’est pas la « solidarité » : elle est plus grande, plus large, plus profonde ; elle est surtout d’une autre nature !
Le respect chrétien n’est pas la « tolérance » : il est bien plus en accord avec la véritable dignité de l’homme créé libre, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et il n’est en rien une couverture servant à justifier l’indifférentisme et l’absence de ferveur !

« La vie de l’homme sur la terre est un combat : militia est vita hominis super terram » (Job VII,1).
Beaucoup de traductions françaises édulcorent cette affirmation du Saint-Esprit.
Militia : le mot latin est difficile à rendre en français, il ne désigne pas seulement l’engagement sanglant du combat, il signifie aussi le « service militaire », l’entrainement et la vie de caserne dans toute la rigueur de la discipline des armées antiques.

Cette fête du saint Archange Michel est là pour nous le rappeler.
En contemplant la haute et pure figure de l’ange chevalier, nous sommes invités à retremper notre courage et à fortifier notre zèle dans le combat de chaque jour, dans le combat de chaque heure, dans le combat de chaque instant, pour l’établissement du règne de la charité dans nos coeurs, dans nos comportements, dans nos vies, dans nos sociétés… qu’elles soient religieuses ou civiles !
Parce que le règne de la charité n’est pas une chose facile et sans obstacles.

Celui qui refuse de combattre est vaincu d’avance.
Celui qui pense être dispensé du combat est souvent un lâche qui se berce d’outrecuidantes illusions sur son propre compte.
Car, selon la percutante parole de notre bienheureux Père Saint Augustin : « Ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! »

Il n’y a pas de troisième voie.

Publié dans : Textes spirituels | le 29 septembre, 2007 |1 Commentaire »

Prières pour demander l’assistance de Saint Michel.

* * * * * * * * *

O Marie, Reine des Anges,
daignez envoyer le Saint Archange Michel
pour me secourir et me défendre dans le cours de cette vie
et pour m’assister à ma dernière heure!

Ainsi soit-il.

Combat de St Michel et des anges.

* * * * * * * * *

Puissante Vierge immaculée, Reine du ciel et de la terre,
nous vous en supplions très humblement,
intercédez en notre faveur :
demandez à Saint Michel et à ses saintes légions
de nous assister et de nous soutenir dans les combats de cette vie!
Qu’ils viennent fortifier nos coeurs et nos corps dans la lutte
pour écarter et pour vaincre tous les obstacles
au règne du divin Coeur de votre Fils,
dans nos âmes et dans la société tout entière!

Ainsi soit-il.

* * * * * * * * *

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat ;
soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu exerce sur lui son empire,
nous vous le demandons en suppliant!
Et vous, Prince de la milice céleste,
repoussez en enfer, par la force divine,
Satan et les autres esprit mauvais
qui rodent dans le monde pour la perte des âmes.

Ainsi soit-il.

 * * * * * * * * *

Prière à Saint Michel composée par Saint Louis de Gonzague :

« Ô prince invincible, gardien fidèle de l’Église de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation, comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la Gloire et l’Honneur que nous devons tous à notre Dieu, en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées ici > www.

Publié dans : Prier avec nous | le 29 septembre, 2007 |2 Commentaires »

2007-7. Où l’on se rend compte que les jours ordinaires on peut faire des choses très importantes.

Que vous écrirai-je ce soir du 27 septembre 2007?

Les jours « ordinaires » qui font le tissu de nos existences sont ceux pour lesquels il n’y a pas vraiment beaucoup de choses à dire, même s’ils sont remplis d’une quantité impressionnante de petites choses sans intérêt.

Aujourd’hui notre Frère, comme les autres jours, a vaqué à ses occupations : prière, lecture, courrier, cuisine, bois à couper, fruits à cueillir et à préparer, courses, répétition de chant, préparatifs de son prochain pèlerinage à Rome (la semaine prochaine), interrompus parfois par quelque appel téléphonique…

Moi aussi, j’ai vaqué à mes occupations ordinaires, c’est-à-dire que j’ai regardé le Frère travailler, j’ai demandé des câlins, et je suis sorti pour jouer et chasser en compagnie de mon ami Locky ; ce soir, j’ose dire que je ne suis pas mécontent de mes prises d’aujourd’hui.

A ce sujet, l’autre jour, pendant le cours de maths que me donne mon papa, nous nous sommes livrés à un petit calcul. Sachant qu’il y a à proximité immédiate du « Mesnil-Marie » quatre autres chats, tous très bons chasseurs, et que nous attrapons chacun une à cinq souris par jour (nous ne comptons pas les oiseaux parce que je me fais gronder lorsque j’en ramène dans ma gueule!) nous avons essayé d’établir un calcul moyen du tableau des chasses des trois mois d’été.

C’est finalement très simple, j’ai vite compris et ensuite j’ai même fais refaire le calcul à Locky : nous avons compté une moyenne de 3 souris (ou mulots, campagnols, rats des moissons… etc.) par chat ; puis nous avons multiplié par le nombre de chats :

3 x 5 = 15 , que nous pouvons considérer comme la moyenne quotidienne des rongeurs pris dans les environs immédiats.

Nous avons ensuite multiplié cette moyenne par le nombre de jours d’été, qui est – du 21 juin au 21 septembre – de 92. Donc :

15 x 92 = 1380 !

Vous rendez-vous compte?
Rien que pour cinq maisons voisines, ici dans notre rue, nous pouvons affirmer qu’en trois mois, à nous cinq, nous vous avons épargné les méfaits de 1380 rongeurs!

Avez-vous imaginé ces 1380 petits prédateurs, experts en dévastation de provisions et en larcins domestiques, oeuvrant en toute impunité autour de chez vous? Vous représentez-vous ce que formerait exactement un tas de 1380 rongeurs sur la pelouse de votre jardin?

Mon papa m’a dit aussi que plus tard peut-être quand nous étudierons les probabilités, nous ferions un calcul bien plus savant encore : à savoir le nombre de rongeurs que nos chasses salutaires a empêché de naître, et donc aussi de ravager vos greniers, caves et celliers… Mais je encore trop jeune pour maîtriser ce genre de calculs.

Chat & souris

Ce simple exercice mathématique m’a fait réaliser à quel point les jours sans évènements exceptionnels et simplement remplis par de petites choses très habituelles ne sont ordinaires qu’en apparence.

En effet la répétition et l’accumulation des petites choses finit par faire des totaux impressionnants dont on n’a pas toujours conscience, en raison même de la routine. Les hommes disent : « Les petits ruisseaux font les grandes rivières », mais en disant cela ils pensent presque uniquement à leur porte-monnaie… Petites causes, grands effets! Les chats le savent bien, eux, qui disent : « S’il y a parfois des montagnes qui accouchent d’une souris, il y a bien plus souvent de petites souris – si mignonettes, tendrelettes et insignifiantes en apparence – qui produisent des montagnes de dégâts »…

Frère Maximilien-Marie m’a souvent répété: « La perfection est faite de détails, mais la perfection n’est pas un détail! » J’ai bien retenu la leçon, et je l’ai aussi enseignée à mes frères chats du quartier.

Maintenant je suis fermement résolu à ne laisser passer aucune petite chose, souris ou autre, parce que c’est dans les toutes petites choses de chaque jour qu’on en construit de grandes pour l’avenir! Malheureusement, il y a beaucoup d’hommes qui n’ont pas encore saisi cela et qui négligent les petites choses quotidiennes en rêvant de grands exploits… qu’ils n’accompliront jamais quand l’occasion s’en présentera, parce que justement ils n’auront pas la préparation idoine qui se fait dans la banalité de l’ordinaire, dans la persévérance et la patience, inlassablement, comme nous, lorsque nous chassons les souris!

Et vous comprenez aussi maintenant pourquoi nous, les chats, après de tels palmarès, nous sommes obligés de nous reposer longuement! Entre deux affûts, je suis donc revenu faire de petites siestes, tantôt en en rond le ventre en l’air sur le lit de Frère Maximilien-Marie, tantôt en sphinx sur une chaise, tantôt en boule dans mon panier, tantôt étiré de tout mon long sur le tapis de l’oratoire devant la cheminée où les bûches se consument doucement.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 27 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-6. Où il est question de ce qu’écrivait, il y a 10 ans, le Cardinal Joseph Ratzinger à propos de la réforme liturgique et de quelques réflexions présentes.

Puisqu’en ce 25 septembre l’anniversaire de sa naissance en 1897 fait reparler de Paul VI – « Le Pape écartelé » pour reprendre l’expression très juste de Yves Chiron -, et puisque le nom de Paul VI est associé à la publication d’un nouvel « ordo missae » fortement (et justement) contesté, je suis allé rechercher pour vous ce que Benoît XVI, alors Cardinal Ratzinger, a écrit au sujet de la réforme liturgique de 1969-1970 dans « Ma vie, souvenirs« , il y a tout juste dix ans (Fayard, 1998 – aux pages 132 à 135) :

«  Le deuxième grand événement au début de mes années à Ratisbonne fut la publication du missel de Paul VI, assortie de l’interdiction quasi totale du missel traditionnel, après une phase de transition de six mois seulement.

(…) J’étais consterné de l’interdiction de l’ancien missel, car cela ne s’était jamais vu dans toute l’histoire de la liturgie. Bien sûr, on fit croire que c’était tout à fait normal. Le missel précédent avait été conçu par Pie V en 1570 à la suite du concile de Trente. Il était donc normal qu’après quatre cents ans et un nouveau concile, un nouveau pape présente un nouveau missel. Mais la vérité historique est tout autre : Pie V s’était contenté de réviser le missel romain en usage à l’époque, comme cela se fait normalement dans une histoire qui évolue. Aussi nombreux furent ses successeurs à réviser ce missel, sans opposer un missel à un autre. Il s’agissait d’un processus continu de croissance et d’épurement, sans rupture. Pie V n’a jamais créé de missel. Il n’a fait que réviser le missel, phase d’une longue évolution. La nouveauté, après le concile de Trente, était d’un autre ordre : l’irruption de la Réforme s’était accomplie essentiellement à la manière des « réformes liturgiques ». Il n’y avait pas simplement une Eglise catholique et une Eglise protestante côte à côte; le clivage de l’Eglise se produisit presque imperceptiblement, et de la façon la plus visible comme historiquement la plus efficiente, par la transformation de la liturgie, qui prit des formes très différentes selon les lieux ; de sorte que souvent on ne distinguait pas la frontière entre ce qui était « encore catholique » et ce qui n’était « plus catholique ». Dans cette confusion, devenue possible par manque de législation liturgique uniforme et par l’existence d’un pluralisme liturgique datant du Moyen-Age, le pape décida d’introduire le Missale Romanum , livre de messe de la ville de Rome, comme indubitablement catholique, partout où l’on ne pouvait se référer à des liturgies remontant à au moins deux cents ans. Dans le cas contraire, on pourrait en rester à la liturgie en vigueur, car son caractère catholique pourrait alors être considéré comme assuré. Il ne pouvait donc être question d’interdire un missel traditionnel juridiquement valable jusqu’alors. Le décret d’interdiction de ce missel, qui n’avait cessé d’évoluer au cours des siècles depuis les sacramentaires de l’Eglise de toujours, a opéré une rupture dans l’histoire liturgique, dont les conséquences ne pouvaient qu’être tragiques. Une révision du missel, comme il y en avait souvent eu, pouvait être plus radicale cette fois-ci, surtout en raison de l’introduction des langues nationales ; et elle avait été mise en place à bon escient par le concile.

Toutefois, les choses allèrent plus loin que prévu : on démolit le vieil édifice pour en construire un autre, certes en utilisant largement le matériau et les plans de l’ancienne construction. Nul doute que ce nouveau missel apportait une véritable amélioration et un réel enrichissement sur beaucoup de points; mais de l’avoir opposé en tant que construction nouvelle à l’histoire telle qu’elle s’était développée, d’avoir interdit cette dernière, faisant ainsi passer la liturgie non plus comme un organisme vivant, mais comme le produit de travaux érudits et de compétences juridiques : voilà ce qui nous a porté un énorme préjudice. Car on eut alors l’impression que la liturgie était « fabriquée », sans rien de préétabli, et dépendait de notre décision. Il est donc logique que l’on ne reconnaisse pas les spécialistes ou une instance centrale comme seuls habilités à décider, mais que chaque « communauté » finisse par se donner à elle-même sa propre liturgie. Or, lorsque la liturgie est notre oeuvre à nous, elle ne nous offre plus ce qu’elle devrait précisément nous donner : la rencontre avec le mystère, qui n’est pas notre « oeuvre », mais notre origine et la source de notre vie. Un renouvellement de la conscience liturgique, une réconciliation liturgique qui reconnaîtrait l’unité de l’histoire liturgique, et verrait en Vatican II non une rupture mais une étape, est d’une nécessité urgente pour l’Eglise. Je suis convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie qui est même parfois conçue de telle manière – etsi Deus non daretur - que son propos n’est plus du tout de signifier que Dieu existe, qu’Il s’adresse à nous et nous écoute. Mais si la liturgie ne laisse plus apparaître une communauté de foi, l’unité universelle de l’Eglise et de son histoire, le mystère du Christ vivant, où l’Eglise manifeste-t-elle donc encore sa nature spirituelle? Alors la communauté ne fait que se célébrer elle-même. Et cela n’en vaut pas la peine. Et parce qu’il n’existe pas de communauté en soi, mais qu’elle jaillit toujours et seulement du Seigneur lui-même, par la foi, comme unité, la désagrégation en toutes sortes de querelles de clochers, les oppositions partisanes dans une Eglise qui se déchire deviennent ainsi inéluctables. C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage du concile Vatican II. « 

Comme j’ai été très attentif aux commentaires et aux explications du texte du motu proprio « Summorum Pontificum cura« , publié le 7 juillet dernier par notre Saint-Père le Pape, je ne peux m’empêcher de penser que, maintenant qu’il a accédé au Souverain Pontificat sous le nom de Benoît XVI, Joseph Ratzinger veut mettre en oeuvre ce nouveau mouvement liturgique qu’il appelait alors de ses voeux afin d’enrayer la désagrégation et la crise qu’il dénonçait avec lucidité.

L’affirmation catégorique du motu proprio selon laquelle – contrairement à certaines paroles péremptoires de Paul VI, qui semblent désormais pudiquement « oubliées » – le missel traditionnel n’a jamais été aboli ni interdit, s’inscrit dans ce processus, déjà amorcé par le discours prononcé en décembre 2005 devant la Curie, qui tend en quelque sorte à renouer les fils rompus, à restaurer une continuité mise à mal par un concile ambigu et sa mise en oeuvre véritablement catastrophique… Nous devons donc penser que pour Benoît XVI il ne s’agit pas seulement de permettre aux fidèles attachés à la « forme antérieure du rite romain« , jusqu’ici tenus en suspicion et marginalisés malgré les dispositions prises par Jean Paul II, de retrouver un usage « normal » et pleinement légitimé du missel publié avant le second concile du Vatican, conformément à la pratique séculaire qui admettait la coexistence de plusieurs rits particuliers à l’intérieur du rite romain, mais bien de poser les fondements de cette « réforme de la réforme » dont il a plusieurs fois parlé. Comment cela se fera-t-il? Au bout de ce processus de réforme y aura-t-il encore deux missels présentés comme deux formes – l’une ordinaire et l’autre extraordinaire – d’un même rite? ou bien y aura-t-il une sorte de « troisième missel » qui ferait une sorte de « mix » avec des éléments, pris dans le missel de 1962 et dans celui de 1970, et qui serait appelé à les supplanter progressivement l’un et l’autre (quod optandum non mihi videtur)? ou bien arriverons-nous à une véritable restauration du missel romain traditionnel, enrichi et amélioré en conformité avec le processus de croissance organique qui a toujours été, et à une telle correction du missel de Paul VI qu’il rentrera sagement – tel l’Enfant prodigue à la maison paternelle après nombre de scabreuses aventures! – dans le giron sûr et fécond de la liturgie pérenne de l’Eglise catholique, c’est-à-dire universelle, d’une universalité qui n’est pas seulement géographique mais aussi temporelle, affranchie des contingences des modes et des théories d’une période particulière?… Vous le devinez, mon coeur incline à voir la réalisation de cette dernière solution.

Publié dans : De liturgia | le 26 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-5. Ce que représente chez nous le 24 septembre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Notre-Dame de la Merci, qui est célébrée le 24 septembre, n’est pas vraiment une fête populaire en France : ce vocable de la Vierge paraît même un peu étrange à beaucoup de fidèles… Mais notre Frère Maximilien-Marie l’aime particulièrement, et il y a deux raisons à cela :

1) Quand il avait quatre ans et quelques semaines, le samedi 24 septembre 1966 (donc jour dont on pourrait écrire qu’il était doublement placé sous la protection de Notre-Dame), il fut protégé d’une manière singulière : percuté par une automobile qui lui fit faire un vol plané avant de lui passer sur le corps, il sortit absolument indemne de cet accident, et – dès ce moment-là – il affirma que c’était la Sainte Vierge qui l’avait sauvé. Il demanda à ses parents un pèlerinage d’action de grâces à la basilique de Notre-Dame de Bon Secours, sanctuaire marial du Bas Vivarais, et à cette occasion il se donna sans retour à cette Mère de Miséricorde.

Voici la statue du XVIIème siècle, sculptée en bois de noyer par un imagier local, aux pieds de laquelle il fit cette offrande de lui-même dans laquelle il reconnaît l’origine de sa vocation :

la statue de la Vierge telle qu'elle était présentée avant les saccages modernistes

Lablachère (Vivarais) : statue de Notre-Dame de Bon Secours  dans la basilique du même nom
telle qu’elle était présentée  avant le vandalisme postconcilaire.

2) C’est encore un 24 septembre – en 1989 – qu’il prononça ses voeux perpétuels. Frère Maximilien-Marie en célèbre l’anniversaire avec une grande ferveur intérieure chaque année.

Contrairement à ce que certains se sont plu à raconter, il n’a jamais été relevé de ses voeux mais, lorsque sa communauté d’origine changea de statuts et modifia ses constitutions, s’engageant dans des orientations qui ne correspondaient plus exactement aux textes sur lesquels il avait prononcé ses voeux ni aux aspirations qui l’avaient amené à entrer dans cette communauté, l’Eglise – par l’intervention de l’Evêque du lieu – prit la chose en considération et octroya à Frère Maximilien-Marie un « indult d’exclaustration » tout à fait régulier.
Ainsi il lui était permis en conservant ses voeux et le droit de porter l’habit religieux, de vivre en dehors de son institut de profession. C’est un devoir de vérité de le rappeler parce que, bien évidemment, on a fait circuler des versions bien différentes de ces événements.

Je vous souhaite à tous une bonne journée sous la protection de Notre-Dame de la Merci, la Vierge compatissante qui brise les chaînes des esclavages, qu’ils soient physiques ou spirituels, psychologiques ou affectifs…

Lully.

Voir aussi :
- Origines du Refuge ND de Compassion > ici
- Comment le Refuge ND de Compassion est arrivé en Vivarais > ici
- Jubilé des 25 ans de profession perpétuelle > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De Maria numquam satis | le 24 septembre, 2007 |11 Commentaires »
1...113114115116117

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi