2007-29. Déclarations du secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, secrétaire de la « Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements » (c’est-à-dire l’organe de gouvernement du Saint-Siège concernant la liturgie) a accordé un entretien au site italien d’information religieuse « Petrus » (http://www.papanews.it/default.asp#a) qui l’a publié ce lundi 5 novembre. Nous en avons assuré une traduction :

Question: Excellence, quel accueil a reçu le motu proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Sainte Messe selon le rite tridentin? Quelques uns, dans le sein même de l’Eglise, ont un peu « tordu le nez »… (note du traducteur: expression italienne que nous reportons littéralement en français en raison de l’image éloquente).

Réponse: « Il y a eu des réactions positives et, inutile de le nier, des critiques et des prises de positions contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et aussi des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et – pourquoi pas? – de rébellion contre le Pape. J’invite tout le monde, mais par dessus tout les pasteurs, à obéir au Pape, qui est le successeur de Pierre. Les évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife: qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement. »

Question: A votre avis, à quoi sont dues ces manifestations contraires au motu proprio?

Réponse: « Vous savez qu’il y a eu, de la part de quelques diocèses, aussi des documents d’interprétation qui visent inexplicablement à limiter le motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d’une part
Des préjugés de type idéologique et d’autre part l’orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète: j’invite tout le monde à obéir au Pape. Si le Saint Père a retenu de devoir publier le motu proprio, il a eu ses raisons que pour ma part je partage pleinement. »

Question: La libéralisation du rite tridentin décidée par Benoît XVI est perçue comme le juste remède à tant d’abus liturgiques tristement enregistrés après le concile Vatican II avec le « novus ordo »…

Réponse: « Faites attention, je ne veux pas critiquer le « novus ordo ». Cependant je me prends à rire quand j’entends dire, même par des amis, que dans une paroisse un prêtre est saint en raison de l’homélie ou de la manière dont il parle. La Sainte Messe est un sacrifice, un don, un mystère, indépendamment du prêtre qui la célèbre. Il est important, voire fondamental, que le prêtre se mette de côté: le protagoniste de la Messe, c’est le Christ. Je ne comprends pas, donc, les célébrations eucharistiques transformées en spectacle avec des ballets, des chants ou des applaudissements, comme malheureusement cela arrive souvent avec le « novus ordo ».

Question: Monseigneur Patabendige, votre Congrégation a plusieurs fois dénoncé ces abus liturgiques…

Réponse: « C’est vrai. Il existe tellement de documents que cependant ils sont de façon déplaisante restés lettre morte, oubliés dans des rayons poussiéreux ou, pis encore, à la corbeille à papiers. »

Question: Un autre point: de nombreuses fois on assiste à des homélies très longues…

Réponse: « Ceci aussi est un abus. Je suis opposé aux ballets et aux applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont pas un cirque ni un stade. En ce qui concerne les homélies, elles doivent regarder exclusivement l’aspect catéchétique, comme l’a souligné le Pape, en évitant la sociologie et les bavardages inutiles. Comme exemple, souvent les prêtres la font porter sur la politique parce qu’ils n’ont pas bien préparé l’homélie, qui au contraire doit être étudiée scrupuleusement. Une homélie excessivement longue est synonyme de peu de préparation: le temps juste pour une prédication doit être de 10 minutes, au maximum 15. Nous devons bien nous rendre compte que le moment culminant de la célébration est le mystère eucharistique, je ne le dis pas diminuer la liturgie de la Parole mais pour clarifier de quelle manière une liturgie correcte est mise en œuvre. »

Question: Revenant au motu proprio, quelques uns critiquent l’emploi du latin durant la Messe…

Réponse: « Le rite tridentin fait partie de la tradition de l’Eglise. Le Pape a convenablement expliqué les raisons de sa mesure, un acte de liberté et de justice envers les traditionalistes. Pour ce qui est du latin, je voudrais souligner qu’il n’a jamais été aboli, et qu’en plus il garantit l’universalité de l’Eglise. Mais je le répète: j’invite les prêtres, les évêques, les cardinaux à l’obéissance, laissant de côté tout type d’orgueil et de préjugés. »

Publié dans : De liturgia | le 5 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-28. Des Saintes Reliques.

Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – souvent le 5 novembre -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué la chose aujourd’hui, puisque je vous ai déjà signalé sa vénération pour elles.

Si notre situation actuelle ne nous permet pas de faire, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, une exposition solennelle de toutes les reliques qui sont conservées dans la grande armoire de la sacristie, afin qu’une communauté ou un groupe de fidèles se relaye devant elles toute la journée dans une espèce de « garde d’honneur », notre Frère a tout de même tenu à les vénérer ce matin à la fin de l’oraison…

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.
La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » 
(Sap. III, 2-5).

Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :
a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique« - et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Reliquaire

Reliquaire de la sacristie du Mesnil-Marie dans lequel se trouvent plusieurs petites reliques de deuxième classe appartenant à plusieurs saints de l’Ordre Capucin

Nous possédons au Mesnil-Marie un certain nombre de reliquaires : la plupart se présentent comme des médaillons, quelques autres ont la forme de monstrances destinées à être posées sur les gradins de l’autel les jours des grandes fêtes.

Beaucoup de ces reliquaires que nous possédons ici ont été sauvés de la destruction ou de la profanation : la crise doctrinale, spirituelle et liturgique qui a suivi le second concile du Vatican – une espèce de vent de folie ! – a poussé des prêtres ou des communautés religieuses à se débarrasser de ce qu’ils se sont mis à considérer comme des vieilleries ou des superstitions d’un autre âge. C’est ainsi qu’on a retrouvé des reliquaires aux puces, dans des brocantes, voire dans des tas de détritus ou des poubelles !!!
D’autres fois encore ce sont des congrégations qui, ne se renouvelant plus, ont dû fermer certaines de leurs maisons et ont « liquidé » le contenu des sacristies…
Enfin Frère Maximilien-Marie, à la suite de récentes béatifications ou lors de ses pèlerinages à Rome, a pu obtenir dans certains couvents ou auprès de certains prélats des reliquaires de saints 
récents avec leurs certificats d’authenticité.

C’est donc ainsi que nous conservons au Mesnil-Marie des reliques de la Sainte Croix, du voile de la Très Sainte Vierge, de Saint François de Sales, de Sainte Jeanne de Chantal et de Sainte Marguerite-Marie, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, des Visitandines Martyres de Madrid – tuées par les « rouges » en 1936 – et de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, du Bienheureux Charles de Foucauld et de la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi, de Saint Gabriel dell’Addolorata et de Saint Paul de la Croix, de Sainte Gemma Galgani et de Sainte Maria Goretti, des Saints Apôtres Pierre et Paul, du Bienheureux Pie IX et de Saint Benoît, de Saint François d’Assise et de Saint Dominique… etc …etc.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints dans notre Mesnil-Marie, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia, Nos amis les Saints | le 5 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-27. Des Saints et des animaux (2ème partie).

Samedi 3 novembre.

L’arrivée du petit chien de Saint Roch dans le beau Ciel de Dieu ne passa pas inaperçue, vous vous en doutez bien : les Saints Innocents tout spécialement – cette troupe de charmants bambins âgés de deux ans maximum – étaient tout à fait ravis d’avoir un compagnon de jeu comme ils n’en avaient encore jamais eu depuis les quelque quatorze siècles qu’ils étaient entrés dans la gloire céleste…
Mais il n’y avait pas qu’eux.
Tous les saints en effet sont un peu comme des enfants, puisqu’ils ont remporté la difficile épreuve en laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ a établi une condition essentielle pour l’accès au Ciel : « Si vous ne redevenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux! »

On vit donc par exemple le pauvre Lazare, dont Jésus a raconté l’histoire (cf. Luc XVI), venir caresser affectueusement le petit chien qui lui rappelait qu’au temps de sa détresse les chiens avaient été les seuls à soulager ses plaies.
Les deux Tobie, père et fils, s’attendrirent en regardant les joyeux battements de queue du toutou, et Saint Raphaël lui-même se plut à raconter à un parterre de chérubins qui ouvraient de grands yeux émerveillés, la mission que le Très-Haut lui avait confiée pour venir en aide à cette famille éprouvée, et comment leur petit chien avait été le premier à leur porter l’annonce de la fin de leurs malheurs.
Saint Jean Bosco était très heureux de croiser cet animal qui lui rappelait l’apparence que son Saint Ange Gardien avait prise pour le défendre des mauvaises rencontres dans les rues mal famées de Turin.
La Bienheureuse Aleth, mère de Saint Bernard, se réjouissait de voir courir dans les allées du Ciel un spécimen de la gent canine qui lui rappelait le songe par lequel Dieu lui avait fait comprendre qu’elle allait donner le jour à un prédicateur sans pareil, et on surprit même le très sérieux Saint Pie V jouant à la balle avec lui : les dominicains ne sont-ils pas les « domini-canes » – les chiens du Seigneur – chargés d’aboyer pour alerter les fidèles des dangers qui menacent leur foi?

Néanmoins, cet heureux précédent donna des idées à plus d’un.
Et c’est ainsi que l’on vit se succéder, dans le bureau du Seigneur Dieu, des Saints et des Saintes de plus en plus nombreux qui venaient, l’un après l’autre, demander la grâce de faire entrer aussi dans le Paradis, les animaux qui leur avaient été particulièrement proches sur la terre.

Le premier à entreprendre cette démarche fut Saint Bernard de Menthon :
« O mon Seigneur, oserai-je vous faire remarquer que mes disciples ont formé une race de chiens particulièrement dévoués et habiles pour venir en aide aux pauvres pélerins perdus dans les montagnes? Or n’avez-vous pas vous-même enseigné que ce qui était fait aux plus nécessiteux d’entre les vôtres vous le receviez comme vous étant fait à vous-même (Matth. XXV)? Je me permets donc très humblement de vous demander d’admettre au Ciel ces chiens courageux qui portent d’ailleurs un nom de saint… Car il convient que ce qui est appelé saint ait une place auprès de Vous… »
Bref, il argumenta si bien que le Bon Dieu prit les chiens Saint-Bernard dans son Paradis.

Saint Bernard

Il y eut ensuite Saint François d’Assise qui vint plaider la cause des petits oiseaux qui avaient été si attentifs à sa prédication et qui sont, à n’en pas douter, des créatures célestes puisqu’ils ont des ailes?…
Et le Bon Dieu les prit dans son Paradis!

Sainte Solange et Sainte Germaine, qui avaient été des bergères sur la terre, vinrent ensemble prier celui qui s’est décrit lui-même comme le Bon Pasteur d’accepter aussi leurs charmants moutons, brebis et agneaux. Elles eurent la chance d’arriver dans l’antichambre en même temps que Saint Jean-Baptiste qui venait faire semblable demande en faveur de l’agneau avec lequel on ne manque jamais de le représenter. Le Précurseur déclara d’ailleurs tout de go à son cousin divin :
« Puisque vous m’avez inspiré de vous désigner comme l’Agneau de Dieu, il est impossible que nous n’ayons pas quelques spécimens de la race ovine au Ciel… »
Et le Bon Dieu fit entrer moutons, brebis et agneaux dans son Paradis!

Ce fut ensuite le tour de Saint Antoine de Padoue, qui plaida éloquemment en faveur de la mule qui avait dû subir un jeûne rigoureux, avant d’être amenée par son propriétaire incrédule sur le parvis de la cathédrale où Antoine vint en portant solennellement le Très Saint-Sacrement ; négligeant le picotin d’avoine qu’on lui proposait, la sainte mule était d’abord venue se prosterner devant la blanche Hostie, prouvant à son maître la réalité de la présence du Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Saint Antoine avait conclu son argumentation en disant :
« Vous ne pouvez donc exclure de l’adoration du Ciel, ô mon Dieu, l’animal qui vous a reconnu et adoré sur la terre, provoquant quantité d’âmes à vous mieux adorer! »
Et le Bon Dieu prit la mule dans son Paradis!

Saint Eustache et Saint Hubert se présentèrent ensuite. L’un et l’autre avaient été convertis par l’apparition du Crucifix entre les bois d’un cerf, et ils supplièrent que ces animaux les rejoignent à leur tour.
Le Bon Dieu prit donc les cerfs dans son Paradis.

Saint Hubert

Vint ensuite Saint Gilles : puisque les cerfs avaient été admis, on ne pouvait lui refuser de faire entrer la biche qui l’avait généreusement nourri de son lait.

(à suivre, ici > www)

Publié dans : Chronique de Lully, Nos amis les Saints | le 3 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-26. De la commémoraison des trépassés.

Vendredi 2 novembre 2007.

Le 2 novembre est le jour de la commémoraison solennelle des fidèles défunts : il ne s’agit pas d’un jour de fête – comme l’était hier la fête de tous les Saints – mais d’une commémoraison, empreinte d’une sobre gravité.

La Sainte Eglise, dans une prière suppliante et encore plus ardente qu’à l’accoutumée (car c’est chaque jour qu’elle fait monter vers le Ciel ses prières pour les âmes du Purgatoire), implore le Dieu trois fois saint pour qu’il accorde une prompte délivrance à ses enfants que les conséquences de leurs fautes retiennent encore captifs dans le Purgatoire.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté qu’à Rome, dans un local attenant à la sacristie de l’église du Sacré-Coeur du Suffrage, il y a le musée du Purgatoire (voir ici > www). Ce terme est un peu grandiloquent puisque, en fait de musée, il s’agit d’une grande vitrine présentant une collection d’objets qui gardent les traces d’apparitions de défunts.
En effet, Dieu a parfois permis que des personnes mortes apparaissent pour demander des prières qui leur permettraient d’achever leur temps de purification ; et pour attester que leurs apparitions étaient bien réelles et non le produit de l’imagination ou de l’illusion, ces défunts ont laissé des preuves tangibles : brûlures sur des meubles, du linge, des livres, comme si ces objets avaient été touchés par des mains de feu…

La constitution de ce petit musée du Purgatoire a été expressément encouragée par le Saint Pape Pie X, pour que les fidèles soient confortés dans la Foi catholique.

Malheureusement, la réforme issue du second concile du Vatican a porté atteinte à la Foi, au point que les textes de la liturgie du 2 novembre dans le Missel de Paul VI ne présentent plus à Dieu des prières pour la délivrance des âmes du Purgatoire, mais demandent seulement de faire « grandir notre foi« (celle des vivants) dans le Christ ressuscité « pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de nos frères défunts« !!!
Ces citations sont extraites de l’oraison de la messe et du bréviaire réformés, et donnent justement le sentiment que ce sont des conceptions protestantes qui ont prévalu ici, à l’encontre de la Foi catholique traditionnelle!

D’ailleurs, cette négation factuelle des purifications nécessaires – parfois longues – avant l’admission dans le Royaume céleste se retrouve dans nombre de célébrations des funérailles.
La plupart du temps, les gens ne viennent plus aux enterrements que pour « rendre hommage » au défunt ; les pseudo-liturgies d’obsèques ne sont plus d’insistantes prières pour le repos de l’âme du disparu, mais une sorte d’apothéose où les éléments sentimentaux prédominent sur la prière et sur la Foi.
Facilement, on entend dire que le défunt est déjà « ressuscité » ou bien qu’il a déjà été accueilli par Dieu à bras ouverts, ou encore qu’il est « entré dans la maison du Père« … etc.
On fait de ces funérailles des espèces de canonisations au rabais qui ne sont rien moins que mensongères
!

Messe/Purgatoire

Bref! Tout cela pour vous dire que dans notre Mesnil-Marie, nous croyons à la réalité du Purgatoire et que notre prière de ce jour n’a pas été un « hommage » aux défunts, mais un « suffrage » pour que leurs âmes soient purifiées des conséquences de leurs fautes et soient rapidement introduites dans la béatitude du Paradis!

Bien que l’assistance soit malheureusement peu nombreuse dans la petite église de T****, où sont célébrés les offices dans le rite latin traditionnel, la Messe de Requiem qui a été chantée ce soir a été belle et solennisée du mieux qu’il a été possible.
Mercredi dernier, notre Frère était allé faire de la quasi archéologie de sacristie, puisque pour préparer la Messe de ce soir, il avait sorti du réduit où il avait été relégué depuis quelques lustres, le grand drap mortuaire, brodé de fils d’argent, et les chapes noires : il lui a fallu brosser énergiquement les tissus de velours pour les débarrasser de la poussière et des toiles d’araignées dont ils étaient saturés! Et puis, comme il n’y avait plus de catafalque, il leur a fallu en reconstituer un avec des moyens de fortune… Et finalement, tout cela avait fort belle allure, ce soir.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 3 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-25. Des Saints et des animaux (1ère partie).

« Gaudeamus omnes in Domino! Réjouissons nous tous dans le Seigneur! »

Saints (Fra Angelico)

Jeudi 1er Novembre 2007.

Toute la Sainte Eglise est dans une jubilation incomparable aujourd’hui en contemplant la gloire dont est revêtue la multitude de ses enfants (« une foule immense que nul ne pouvait dénombrer », comme le disait l’épître de la Messe – Apoc. VII,9) qui sont parvenus dans la Patrie céleste.

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué qu’aucune représentation n’était véritablement apte à donner une idée juste du Ciel et de la béatitude dans laquelle sont plongés ceux qui y ont été introduits après leur passage sur cette terre.

Mais moi, je me demandais si les petits chats pourront aussi aller au Ciel et être heureux avec le Bon Dieu (car le Dieu qui a créé les hommes est aussi le Dieu qui a créé les chats, ainsi d’ailleurs que tous les autres animaux…) et j’ai donc interrogé mon papa à ce sujet. Comme toujours, il ne m’a pas répondu directement, mais il m’a raconté une belle histoire comme j’aime beaucoup les entendre. Je vais la retranscrire pour vous, mais je vous préviens tout de suite: je ne le ferai pas en une seule fois. Cela fera un peu comme un feuilleton pendant l’octave de la Toussaint…

* * * * * * *

Cette histoire commence le 16 août 1378, jour où s’éteignit – méconnu et méprisé – dans un cachot obscur, le glorieux Saint Roch. Son âme était si belle et si pure que Roch monta directement au Ciel…

- Toc, toc, toc!
Il frappa avec beaucoup de douceur et d’humilité à la grande porte du Paradis. Saint Pierre entrouvrit l’huis avec prudence et jeta un oeil sourcilleux ; parce qu’en effet il y a beaucoup de personnes qui voudraient entrer au Ciel sans être vraiment prêtes, il lui faut être très vigilant. Mais, reconnaissant Saint Roch, son visage s’illumina et il ouvrit la porte toute grande :
- Entrez, entrez, cher saint Roch! On m’avait annoncé votre arrivée. Je vous attendais : j’étais justement en train d’achever la page de mon grand registre qui attestera de votre arrivée. Voilà, voilà : vous n’avez plus qu’à signer ici… Très bien! Et maintenant, je vais vous conduire moi-même jusqu’à votre appartement. Avez-vous des bagages? Oh! Mais, heu… heu…

Saint Pierre n’acheva pas sa phrase. Il était bouche bée et roulait des yeux hallucinés car en jetant un oeil machinal auprès de Saint Roch pour voir s’il y avait quelque bagage à faire prendre par un ange-groom, il venait d’apercevoir aux pieds du Saint – oh, stupéfaction! – un ravissant petit chien. Il toussota et se gratta le sommet du crâne avec sa grande clef, ce qui était chez lui le signe d’une grande perplexité. Enfin il articula :
- Heu, heu! Je ne voudrais pas vous faire de la peine, cher Saint Roch, mais il est absolument impossible, je dis bien im-pos-si-ble, de faire entrer un chien dans le Paradis… Le Paradis est fait pour les anges, qui sont de purs esprits, et pour les hommes, qui ont une âme immortelle… Les anges et les hommes peuvent donc, en raison de cela, contempler Dieu et participer à sa béatitude, ce qui est l’essence même de la vie du Paradis… Heu, heu! Mais un chien… un chien, fut-ce le vôtre, cher Saint Roch! Un chien, dis-je, n’a pas d’âme spirituelle qui puisse revêtir l’immortalité… Tous les enfants qui apprennent bien leur catéchisme le savent ; et vous aussi, vous le savez...

Saint Pierre s’interrompit en remarquant une détermination inébranlable dans les yeux de Saint Roch :
- Mais enfin, grand Saint Pierre, dit le saint pèlerin avec une voix pénétrée d’une irrésistible humilité, vous connaissez ma vie : vous savez bien quel rôle a joué ce chien auprès de moi, et vous savez très bien aussi que cet animal m’a été envoyé par Dieu Lui-même pour m’assister lorsque j’étais souffrant de la peste, seul au fond des bois. D’ailleurs cet aimable compagnon n’est-il pas désormais, pour tous les fidèles qui cherchent ma statue ou mon image dans les églises, le moyen voulu par la divine Providence pour m’identifier? N’est-ce pas la volonté de Dieu Notre-Seigneur que je sois à jamais accompagné par mon chien? Réfléchissez bien : si la Sainte Eglise militante, dont vous fûtes le premier Pape, autorise que mon image soit figurée avec ce chien à l’intérieur de ses temples, il n’est pas possible que dans la réalité de l’Eglise triomphante je sois privé de sa compagnie, ce serait sinon une incohérence, voire une injustice… et cela ne se peut! Si Saint Roch est représenté avec son petit chien sur toutes les images et statues que l’Eglise de la terre propose à la vénération des fidèles, il faut nécessairement que ce même chien, vivant, accompagne Saint Roch, vivant de la vie céleste!

Saint Pierre était de plus en plus perplexe et ne savait plus que dire. Il planta là le bon Saint Roch et s’en fut à toutes jambes vers le bureau du Bon Dieu… Il frappa avec fébrilité à la porte de la salle du trône divin, se précipita en entendant les Trois Personnes de la Sainte Trinité répondre « Entrez! » d’une seule voix, bouscula deux ou trois chérubins qui voletaient devant lui, se prit les pieds dans une ondulation du tapis de nuages, se redressa in extremis, mais finalement trébucha en faisant sa triple génuflexion. Il lui fallut donc reprendre son souffle en haletant avant de pouvoir exposer au Dieu trois fois saint le problème inédit que provoquait l’arrivée de Saint Roch.

Le Bon Dieu écouta avec beaucoup d’attention ; il souriait avec un sourire que Saint Pierre ne lui avait encore jamais vu. Il ne prit même pas le temps de réflexion, puisqu’il déclara aussitôt la fin de l’exposé de Saint Pierre :
- Hé bien, il me semble qu’en effet l’argumentation de notre cher Saint Roch est tout à fait valable. Point n’est donc besoin d’aller chercher l’avis de Saint Thomas d’Aquin. Je l’avais fait comprendre déjà aux rédacteurs inspirés de l’Ancien Testament : Je n’ai de mépris pour aucune de mes créatures et Je suis glorifié en chacune d’entre elles, lors même qu’elles sont des êtres inanimés, des phénomènes météorologiques ou des animaux. Il me plaît donc que Saint Roch entre au Ciel avec son ravissant petit chien… Va vite les faire entrer tous les deux et n’oublie pas de demander aux anges de la cuisine de lui préparer un bel os à moëlle!…

St Roch

Et c’est ainsi que le glorieux Saint Roch entra au Ciel avec son chien, et tous les choeurs des anges chantèrent :

Oeuvres du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Que la terre bénisse le Seigneur :
Qu’elle Le loue et L’exalte à jamais!

Monstres marins et tout ce qui s’agite dans les eaux,
Bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Oiseaux du Ciel, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Enfants des hommes, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

(d’après Daniel III, 57 & sq)

(à suivre, ici > www)

Publié dans : Chronique de Lully, Nos amis les Saints | le 1 novembre, 2007 |3 Commentaires »

La prière « Auguste Reine des Cieux ».

Texte authentique
de la prière inspirée au Rd. Père Cestac
le 13 janvier 1864

Statue de Notre-Dame du Refuge (Anglet)

Statue de Notre-Dame du Refuge
devant laquelle le Rd.Père Cestac eut la révélation de la prière « Auguste Reine des Cieux ».

La  prière

Auguste Reine des Cieux,

Souveraine Maîtresse des Anges,

Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu

le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan,

nous Vous le demandons humblement :

envoyez vos légions célestes pour que,

sous vos ordres et par votre puissance,

elles poursuivent les démons, les combattent partout,

répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme.

 * * * 

« Qui est comme Dieu? »

O bonne et tendre Mère,

Vous serez toujours notre amour et notre espérance!

O divine Mère,

envoyez les Saints Anges pour me défendre

et repousser loin de moi le cruel ennemi!

Saints Anges et Archanges,

défendez-nous, gardez-nous!

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 31 octobre, 2007 |3 Commentaires »

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus.

Dernier dimanche du mois d’octobre.

Le dernier dimanche du mois d’octobre, la liturgie – dans son calendrier traditionnel auquel nous tenons d’une manière très spéciale – nous donne de fêter le Christ, Roi de l’univers.

Il y avait une volonté explicite du Pape Pie XI dans le choix spécial de ce dimanche, lorsqu’il institua cette fête, puisqu’il écrivait dans l’encyclique « Quas primas » du 11 décembre 1925 :
« …Plus que tout autre, le dernier dimanche d’octobre Nous a paru désigné pour cette solennité : il clôt à peu près le cycle de l’année liturgique ; de la sorte, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l’année trouveront dans la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement et, avant de célébrer la gloire de tous les Saints, la liturgie proclamera et exaltera la gloire de Celui qui triomphe en tous les Saints et tous les élus ».

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus. dans De liturgia christroi02

La réforme liturgique issue du second concile du Vatican a opéré un double déplacement de cette fête :

a) un déplacement de date : du dernier dimanche d’octobre au dernier dimanche de l’année liturgique,

et

b) un déplacement de sens : de la proclamation d’une royauté qui doit être universelle dès ici-bas – par une obéissance de tous les hommes et de toutes les sociétés à la loi d’amour et de sainteté du Christ, non seulement dans le domaine privé des consciences mais aussi dans le domaine public – , à une dimension uniquement eschatologique, c’est-à-dire une royauté qui ne s’exercera plus que dans le Royaume éternel, après le jugement dernier.

Ce changement de perspective correspondait à un abandon pur et simple de la doctrine de la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette mutation du sens donné à cette fête allait de pair, sous le règne de Paul VI, avec une véritable rupture dans la pratique multiséculaire du Saint-Siège cherchant à favoriser la reconnaissance, la garantie et l’institutionalisation, dans la sphère politique et sociale, des devoirs et des droits humains en pleine conformité avec la Loi divine.

On le sait bien, et Pie XII l’avait rappelé à plusieurs reprises de manière magistrale, la forme prise par la société temporelle, dans ses structures politiques et sociales, est véritablement déterminante pour le salut ou la perte de nombreuses âmes.
L’enjeu du salut éternel des âmes fait à l’Eglise une obligation d’intervenir
dans l’ordre temporel (sans confusion des pouvoirs toutefois), et de favoriser les structures sociétales qui sont le plus idoines à l’épanouissement de la sainteté. L’Eglise obéit en cela à la parole de Saint Paul : « Opportet illum regnare : il faut qu’Il règne! »

En plaçant la fête du Christ-Roi au dimanche précédant immédiatement la Toussaint, Pie XI rappelait que la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ s’épanouit logiquement en fruits de sanctification et prépare heureusement les âmes à la gloire céleste.
Tandis que la proclamation d’une royauté seulement eschatologique, à la fin des temps, allant de pair avec l’abandon des « revendications » traditionnelles de l’Eglise dans ses relations avec les états (par une sorte de « rousseauisme spirituel »), ne pouvait qu’entraîner une accélération du laïcisme, de l’indifférentisme, du relativisme… etc., ne pouvait que favoriser le développement de la propagation de doctrines contraires ou même foncièrement opposées à la Vérité révélée, ne pouvait être que très dangereux et dommageable pour les âmes, davantage exposées à l’erreur et aux multiples tentations du monde.

On a bien vu que le virage consécutif à la fameuse « ouverture au monde » en laquelle on a prétendu résumer « l’esprit du concile », loin de favoriser le développement de la vie chrétienne a tout au contraire produit un déficit considérable pour ce qui est de la pratique religieuse, de la vie spirituelle des fidèles, de leur formation intellectuelle, de l’efficience des mouvements d’apostolat, du recrutement des vocations… etc.

« Toute âme qui s’élève élève le monde »!
Et pour qu’une âme s’élève, il faut autant que possible favoriser des conditions propices à une élévation morale, intellectuelle, psychologique et spirituelle. Il faut que les cadres temporels eux-mêmes soient favorables à cette élévation.

N’importe quel jardinier intelligent sait qu’on ne peut permettre à une plante de croître et de s’épanouir dans un terrain inapproprié et dans des conditions d’ensoleillement et d’irrigation inadaptées à sa nature.
Ce qu’un jardinier pratique obligatoirement et comme par instinct, sous peine d’accumuler les échecs, pourquoi les conducteurs spirituels du « Peuple de Dieu » l’ont-ils oublié et nié dans les faits? Pourquoi se sont-ils comportés comme des jardiniers qui auraient détruit leurs serres et leurs systèmes d’arrosage en disant: « Ces structures sont d’un autre âge, il faut que les plantes soient responsables d’elles-mêmes et sachent mettre à profit les conditions, même défavorables, dans lesquelles elles se trouvent, afin de parvenir à leur état adulte libérées des structures étrangères à leur nature… »

Celui que se lamente parce que « les fumées de Satan se sont introduites dans le sanctuaire » alors qu’il a lui-même contribué à ouvrir les fissures par lesquelles ces fumées se sont infiltrées manifeste – pour le moins – un singulier déficit de lucidité et de responsabilité !

En fêtant, ensuite, tous les Saints, c’est-à-dire tous ceux qui sont parvenus à la gloire céleste – et souvent à travers des combats héroïques contre l’esprit du monde – nous n’omettrons pas de leur demander la grâce de nous donner à nous qui peinons, « gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes », la force et le courage de travailler énergiquement au rétablissement du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, générateur de sainteté.
Et pour que le règne du Christ s’épanouisse dans la société, il faut travailler à ce que l’idée même triomphe des erreurs du temps dans l’intelligence et dans le coeur de nos contemporains, clercs et laïcs!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

couronneroifrance Christ-Roi dans Vexilla Regis

Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi prescrit pour cette fête (et assorti du don d’une indulgence plénière) > www.

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels, Vexilla Regis | le 31 octobre, 2007 |3 Commentaires »

2007-23. Notre-Dame des Victoires.

Quatrième samedi d’octobre.

Dans un certain nombre d’anciens missels, le « propre de France » désigne le 4ème samedi du mois d’octobre comme jour propre de la fête de Notre-Dame des Victoires.
Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué d’y penser dans sa prière, ce matin. Et comme je lui demandais quelques explications, il me les a volontiers données… vous n’en douterez pas!

J’ai donc ainsi appris une nouvelle page de l’histoire de France, et une nouvelle page de l’histoire des interventions de Notre-Dame en faveur du Royaume de France.

En 1629, le Roy Louis XIII fut sollicité par les pauvres moines Augustins déchaussés, à court d’argent pour construire la chapelle du couvent qu’ils venaient de fonder à Paris (dans ce qui est devenu depuis le deuxième arrondissement). Les religieux – qu’on surnommait « les petits Pères » depuis qu’Henry IV avait donné ce sobriquet aux premiers religieux de cet ordre arrivés à Paris, en raison de leur petite taille – reçurent effectivement du Souverain les subsides nécessaires aux travaux, à la condition que la nouvelle église soit placée sous le vocable de « Notre-Dame des Victoires ».

Pourquoi une telle dénomination?

Tout simplement parce que le Roy Louis XIII, aidé du célèbre Cardinal de Richelieu, venait de préserver l’unité et la paix du Royaume en réduisant la puissance militaire du parti huguenot – qui mettait en péril la sécurité de l’Etat par ses alliances et incessantes conspirations avec l’Angleterre – , et parce que Sa Majesté ainsi d’ailleurs que tous les catholiques attribuaient le succès des armées royales (en particulier dans la reddition de La Rochelle) aux prières adressées avec ferveur à la Reine du Ciel.

Louis XIII présente à Marie les plans de N.D. des Victoires

Sur ce tableau de Carl Van Loo, exécuté plus tard pour garder le souvenir de cette fondation royale (tableau qui se trouve aujourd’hui encore au dessus du maître-autel de la Basilique de Notre-Dame des Victoires), on voit en effet le Roy à genoux présentant à Marie le plan de l’église, dont il posera lui-même la première pierre le 9 décembre 1629. A gauche du Roy est figuré le Cardinal de Richelieu, et à sa droite un des échevins de La Rochelle lui présentant les clefs de la ville, que l’on aperçoit dans le lointain. Derrière le Souverain sont plusieurs officiers et grands du Royaume, tandis que devant lui est étendu un soldat mort, avec le drapeau blanc fleurdelysé…

Mais le personnage principal, c’est la Très Sainte Vierge Marie, assise, portée sur un nuage : tous les regards convergent vers elle, et même le défunt n’est pas étendu face contre terre mais tourné vers elle. C’est tout le monde des vivants et des morts qui est tourné vers Marie, qui a placé sa confiance en Marie.
Vêtue d’une robe au ton rouge passé et d’un manteau bleu, tandis qu’elle entoure de son bras gauche l’Enfant Jésus debout, de sa main droite elle présente à Louis XIII la palme de la victoire.

Frère Maximilien-Marie m’a ensuite raconté l’histoire du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, qui a vécu dans ce couvent de Notre-Dame des Victoires et qui, quelques années plus tard, eut l’apparition de la Vierge Marie lui montrant l’enfant royal qu’elle voulait donner à la France : la Très Sainte Vierge venait indiquer les moyens spirituels par lesquels on obtiendrait la naissance de l’héritier du trône, tellement espéré par tout le Royaume.
Cet enfant royal naquit effectivement neuf mois jour pour jour après la fin des neuvaines demandées par Notre-Dame, il fut baptisé Louis-Dieudonné et il deviendrait un jour Louis XIV.

J’aime beaucoup quand mon papa m’explique ainsi ces évènements de l’histoire de France, en me montrant les « dessous » spirituels de cette histoire.

Malheureusement, je comprends bien, à la manière un peu empreinte de tristesse dont Frère Maximilien-Marie me parle de ces choses, que ce passé est révolu.

Le rappel de ces pages glorieuses ne peut en aucune façon justifier une certaine forme d’orgueil dans le coeur des vrais Français, parce que la France est maintenant dans une profonde et triste décadence, en conséquence d’une terrible apostasie. Le souvenir doit au contraire nourrir leur gratitude pour les dons – absolument gratuits – de Dieu mais encore plus maintenant alimenter l’humilité et le repentir d’y avoir été infidèles.
Je sais que malgré les innombrables motifs de découragement, le coeur de mon papa garde confiance dans la puissance du Coeur de Jésus et de Marie, et qu’il espère surnaturellement dans un renouveau, qui ne sera pas une « reconstitution » du passé, mais une vraie renaissance spirituelle – avec évidemment des conséquences sociales et temporelles – qui découlera de la conversion authentique des coeurs à l’esprit de l’Evangile.

Alors de tout mon coeur, je me suis uni à Frère Maximilien-Marie pour réciter la collecte propre de la Messe de Notre-Dame des Victoires :

« Dieu très clément, qui accordez tous les biens à vos fidèles par la Mère de votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, accordez-nous, grâce à ses mérites et ses prières, de vivre dans la fidélité, pour qu’après avoir triomphé des pièges de tous nos ennemis, nous puissions dans la joie parvenir victorieux jusqu’à vous. Nous vous le demandons par Jésus-Christ, votre Fils, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

2007-23. Notre-Dame des Victoires. dans De Maria numquam satis patteschatsLully.

 Augustins déchaussés dans De Maria numquam satis

Litanies de Notre-Dame des Victoires > ici

Publié dans : De Maria numquam satis | le 27 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges…

Mercredi 24 octobre 2007.

C’était aujourd’hui la fête de Saint Raphaël, comme c’est un archange, il n’y a pas vraiment de « vie » écrite à son sujet que j’aurais pu lire par dessus l’épaule de mon papa… Ce que l’on sait de Saint Raphaël se trouve essentiellement dans le livre de Tobie, dont l’épître de la Messe de ce jour nous donnait un extrait.

J’ai en effet été très attentif aux lectures de la Messe, puisque nous avons eu la joie de recevoir aujourd’hui un prêtre ami (vraiment un prêtre très gentil et très bien puisqu’il aime les chats!), ce qui fait que la Sainte Messe a été célébrée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Je sais que notre Frère a prié tout particulièrement pour les malades, pour tous ceux qui ont besoin d’être guéris par Dieu dans leur âme et/ou dans leur corps, car on recommande souvent à l’intercession de cet archange des malades ou des personnes qui subissent diverses épreuves ou difficultés.

L’archange Saint Raphaël porte un nom qui signifie « Dieu guérit« . En effet, Dieu par son ministère a guéri la cécité du vieux Tobie, il a aussi combattu victorieusement le démon qui affligeait la pauvre Sarah. Pour cette raison, Monsieur l’Abbé a également procédé à une nouvelle bénédiction de notre Mesnil-Marie, pour en éloigner toutes les influences malfaisantes et le mettre sous la protection très spéciale des Saints Anges de Dieu.

* * * * * *

Moi, ce soir, j’ai demandé à mon papa si les petits chats avaient un ange gardien comme les hommes… et comme Milou (vous savez le chien de Tintin).

Frère Maximilien-Marie m’a d’abord fait un grand sourire, puis il m’a dit que le Bon Dieu qui a créé les chats aussi bien que les hommes, aimait et protégeait chacune de ses créatures avec beaucoup de tendresse mais que la Révélation contenue dans les Saintes Ecritures ne permettait pas de répondre à ma question, toutefois il m’a donné une très belle image qui m’a rempli de joie, et que je vous communique volontiers à mon tour :

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges... dans Chronique de Lully chatange

Chers Amis lecteurs, n’oubliez jamais de vous recommander avec grande ferveur à la protection de votre Saint Ange Gardien ; ouvrez tout grand les oreilles de votre âme pour écouter attentivement dans le silence ses bonnes inspirations et les conseils qu’il vous prodigue avec une tendre sollicitude!

Lully.

Voir aussi l’article consacré à Saint Raphaël en 2008, en cliquant ici > www.

Publié dans : Chronique de Lully, Nos amis les Saints | le 24 octobre, 2007 |1 Commentaire »
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