2007-7. Où l’on se rend compte que les jours ordinaires on peut faire des choses très importantes.

Que vous écrirai-je ce soir du 27 septembre 2007?

Les jours « ordinaires » qui font le tissu de nos existences sont ceux pour lesquels il n’y a pas vraiment beaucoup de choses à dire, même s’ils sont remplis d’une quantité impressionnante de petites choses sans intérêt.

Aujourd’hui notre Frère, comme les autres jours, a vaqué à ses occupations : prière, lecture, courrier, cuisine, bois à couper, fruits à cueillir et à préparer, courses, répétition de chant, préparatifs de son prochain pèlerinage à Rome (la semaine prochaine), interrompus parfois par quelque appel téléphonique…

Moi aussi, j’ai vaqué à mes occupations ordinaires, c’est-à-dire que j’ai regardé le Frère travailler, j’ai demandé des câlins, et je suis sorti pour jouer et chasser en compagnie de mon ami Locky ; ce soir, j’ose dire que je ne suis pas mécontent de mes prises d’aujourd’hui.

A ce sujet, l’autre jour, pendant le cours de maths que me donne mon papa, nous nous sommes livrés à un petit calcul. Sachant qu’il y a à proximité immédiate du « Mesnil-Marie » quatre autres chats, tous très bons chasseurs, et que nous attrapons chacun une à cinq souris par jour (nous ne comptons pas les oiseaux parce que je me fais gronder lorsque j’en ramène dans ma gueule!) nous avons essayé d’établir un calcul moyen du tableau des chasses des trois mois d’été.

C’est finalement très simple, j’ai vite compris et ensuite j’ai même fais refaire le calcul à Locky : nous avons compté une moyenne de 3 souris (ou mulots, campagnols, rats des moissons… etc.) par chat ; puis nous avons multiplié par le nombre de chats :

3 x 5 = 15 , que nous pouvons considérer comme la moyenne quotidienne des rongeurs pris dans les environs immédiats.

Nous avons ensuite multiplié cette moyenne par le nombre de jours d’été, qui est – du 21 juin au 21 septembre – de 92. Donc :

15 x 92 = 1380 !

Vous rendez-vous compte?
Rien que pour cinq maisons voisines, ici dans notre rue, nous pouvons affirmer qu’en trois mois, à nous cinq, nous vous avons épargné les méfaits de 1380 rongeurs!

Avez-vous imaginé ces 1380 petits prédateurs, experts en dévastation de provisions et en larcins domestiques, oeuvrant en toute impunité autour de chez vous? Vous représentez-vous ce que formerait exactement un tas de 1380 rongeurs sur la pelouse de votre jardin?

Mon papa m’a dit aussi que plus tard peut-être quand nous étudierons les probabilités, nous ferions un calcul bien plus savant encore : à savoir le nombre de rongeurs que nos chasses salutaires a empêché de naître, et donc aussi de ravager vos greniers, caves et celliers… Mais je encore trop jeune pour maîtriser ce genre de calculs.

Chat & souris

Ce simple exercice mathématique m’a fait réaliser à quel point les jours sans évènements exceptionnels et simplement remplis par de petites choses très habituelles ne sont ordinaires qu’en apparence.

En effet la répétition et l’accumulation des petites choses finit par faire des totaux impressionnants dont on n’a pas toujours conscience, en raison même de la routine. Les hommes disent : « Les petits ruisseaux font les grandes rivières », mais en disant cela ils pensent presque uniquement à leur porte-monnaie… Petites causes, grands effets! Les chats le savent bien, eux, qui disent : « S’il y a parfois des montagnes qui accouchent d’une souris, il y a bien plus souvent de petites souris – si mignonettes, tendrelettes et insignifiantes en apparence – qui produisent des montagnes de dégâts »…

Frère Maximilien-Marie m’a souvent répété: « La perfection est faite de détails, mais la perfection n’est pas un détail! » J’ai bien retenu la leçon, et je l’ai aussi enseignée à mes frères chats du quartier.

Maintenant je suis fermement résolu à ne laisser passer aucune petite chose, souris ou autre, parce que c’est dans les toutes petites choses de chaque jour qu’on en construit de grandes pour l’avenir! Malheureusement, il y a beaucoup d’hommes qui n’ont pas encore saisi cela et qui négligent les petites choses quotidiennes en rêvant de grands exploits… qu’ils n’accompliront jamais quand l’occasion s’en présentera, parce que justement ils n’auront pas la préparation idoine qui se fait dans la banalité de l’ordinaire, dans la persévérance et la patience, inlassablement, comme nous, lorsque nous chassons les souris!

Et vous comprenez aussi maintenant pourquoi nous, les chats, après de tels palmarès, nous sommes obligés de nous reposer longuement! Entre deux affûts, je suis donc revenu faire de petites siestes, tantôt en en rond le ventre en l’air sur le lit de Frère Maximilien-Marie, tantôt en sphinx sur une chaise, tantôt en boule dans mon panier, tantôt étiré de tout mon long sur le tapis de l’oratoire devant la cheminée où les bûches se consument doucement.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 27 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-6. Où il est question de ce qu’écrivait, il y a 10 ans, le Cardinal Joseph Ratzinger à propos de la réforme liturgique et de quelques réflexions présentes.

Puisqu’en ce 25 septembre l’anniversaire de sa naissance en 1897 fait reparler de Paul VI – « Le Pape écartelé » pour reprendre l’expression très juste de Yves Chiron -, et puisque le nom de Paul VI est associé à la publication d’un nouvel « ordo missae » fortement (et justement) contesté, je suis allé rechercher pour vous ce que Benoît XVI, alors Cardinal Ratzinger, a écrit au sujet de la réforme liturgique de 1969-1970 dans « Ma vie, souvenirs« , il y a tout juste dix ans (Fayard, 1998 – aux pages 132 à 135) :

«  Le deuxième grand événement au début de mes années à Ratisbonne fut la publication du missel de Paul VI, assortie de l’interdiction quasi totale du missel traditionnel, après une phase de transition de six mois seulement.

(…) J’étais consterné de l’interdiction de l’ancien missel, car cela ne s’était jamais vu dans toute l’histoire de la liturgie. Bien sûr, on fit croire que c’était tout à fait normal. Le missel précédent avait été conçu par Pie V en 1570 à la suite du concile de Trente. Il était donc normal qu’après quatre cents ans et un nouveau concile, un nouveau pape présente un nouveau missel. Mais la vérité historique est tout autre : Pie V s’était contenté de réviser le missel romain en usage à l’époque, comme cela se fait normalement dans une histoire qui évolue. Aussi nombreux furent ses successeurs à réviser ce missel, sans opposer un missel à un autre. Il s’agissait d’un processus continu de croissance et d’épurement, sans rupture. Pie V n’a jamais créé de missel. Il n’a fait que réviser le missel, phase d’une longue évolution. La nouveauté, après le concile de Trente, était d’un autre ordre : l’irruption de la Réforme s’était accomplie essentiellement à la manière des « réformes liturgiques ». Il n’y avait pas simplement une Eglise catholique et une Eglise protestante côte à côte; le clivage de l’Eglise se produisit presque imperceptiblement, et de la façon la plus visible comme historiquement la plus efficiente, par la transformation de la liturgie, qui prit des formes très différentes selon les lieux ; de sorte que souvent on ne distinguait pas la frontière entre ce qui était « encore catholique » et ce qui n’était « plus catholique ». Dans cette confusion, devenue possible par manque de législation liturgique uniforme et par l’existence d’un pluralisme liturgique datant du Moyen-Age, le pape décida d’introduire le Missale Romanum , livre de messe de la ville de Rome, comme indubitablement catholique, partout où l’on ne pouvait se référer à des liturgies remontant à au moins deux cents ans. Dans le cas contraire, on pourrait en rester à la liturgie en vigueur, car son caractère catholique pourrait alors être considéré comme assuré. Il ne pouvait donc être question d’interdire un missel traditionnel juridiquement valable jusqu’alors. Le décret d’interdiction de ce missel, qui n’avait cessé d’évoluer au cours des siècles depuis les sacramentaires de l’Eglise de toujours, a opéré une rupture dans l’histoire liturgique, dont les conséquences ne pouvaient qu’être tragiques. Une révision du missel, comme il y en avait souvent eu, pouvait être plus radicale cette fois-ci, surtout en raison de l’introduction des langues nationales ; et elle avait été mise en place à bon escient par le concile.

Toutefois, les choses allèrent plus loin que prévu : on démolit le vieil édifice pour en construire un autre, certes en utilisant largement le matériau et les plans de l’ancienne construction. Nul doute que ce nouveau missel apportait une véritable amélioration et un réel enrichissement sur beaucoup de points; mais de l’avoir opposé en tant que construction nouvelle à l’histoire telle qu’elle s’était développée, d’avoir interdit cette dernière, faisant ainsi passer la liturgie non plus comme un organisme vivant, mais comme le produit de travaux érudits et de compétences juridiques : voilà ce qui nous a porté un énorme préjudice. Car on eut alors l’impression que la liturgie était « fabriquée », sans rien de préétabli, et dépendait de notre décision. Il est donc logique que l’on ne reconnaisse pas les spécialistes ou une instance centrale comme seuls habilités à décider, mais que chaque « communauté » finisse par se donner à elle-même sa propre liturgie. Or, lorsque la liturgie est notre oeuvre à nous, elle ne nous offre plus ce qu’elle devrait précisément nous donner : la rencontre avec le mystère, qui n’est pas notre « oeuvre », mais notre origine et la source de notre vie. Un renouvellement de la conscience liturgique, une réconciliation liturgique qui reconnaîtrait l’unité de l’histoire liturgique, et verrait en Vatican II non une rupture mais une étape, est d’une nécessité urgente pour l’Eglise. Je suis convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie qui est même parfois conçue de telle manière – etsi Deus non daretur - que son propos n’est plus du tout de signifier que Dieu existe, qu’Il s’adresse à nous et nous écoute. Mais si la liturgie ne laisse plus apparaître une communauté de foi, l’unité universelle de l’Eglise et de son histoire, le mystère du Christ vivant, où l’Eglise manifeste-t-elle donc encore sa nature spirituelle? Alors la communauté ne fait que se célébrer elle-même. Et cela n’en vaut pas la peine. Et parce qu’il n’existe pas de communauté en soi, mais qu’elle jaillit toujours et seulement du Seigneur lui-même, par la foi, comme unité, la désagrégation en toutes sortes de querelles de clochers, les oppositions partisanes dans une Eglise qui se déchire deviennent ainsi inéluctables. C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage du concile Vatican II. « 

Comme j’ai été très attentif aux commentaires et aux explications du texte du motu proprio « Summorum Pontificum cura« , publié le 7 juillet dernier par notre Saint-Père le Pape, je ne peux m’empêcher de penser que, maintenant qu’il a accédé au Souverain Pontificat sous le nom de Benoît XVI, Joseph Ratzinger veut mettre en oeuvre ce nouveau mouvement liturgique qu’il appelait alors de ses voeux afin d’enrayer la désagrégation et la crise qu’il dénonçait avec lucidité.

L’affirmation catégorique du motu proprio selon laquelle – contrairement à certaines paroles péremptoires de Paul VI, qui semblent désormais pudiquement « oubliées » – le missel traditionnel n’a jamais été aboli ni interdit, s’inscrit dans ce processus, déjà amorcé par le discours prononcé en décembre 2005 devant la Curie, qui tend en quelque sorte à renouer les fils rompus, à restaurer une continuité mise à mal par un concile ambigu et sa mise en oeuvre véritablement catastrophique… Nous devons donc penser que pour Benoît XVI il ne s’agit pas seulement de permettre aux fidèles attachés à la « forme antérieure du rite romain« , jusqu’ici tenus en suspicion et marginalisés malgré les dispositions prises par Jean Paul II, de retrouver un usage « normal » et pleinement légitimé du missel publié avant le second concile du Vatican, conformément à la pratique séculaire qui admettait la coexistence de plusieurs rits particuliers à l’intérieur du rite romain, mais bien de poser les fondements de cette « réforme de la réforme » dont il a plusieurs fois parlé. Comment cela se fera-t-il? Au bout de ce processus de réforme y aura-t-il encore deux missels présentés comme deux formes – l’une ordinaire et l’autre extraordinaire – d’un même rite? ou bien y aura-t-il une sorte de « troisième missel » qui ferait une sorte de « mix » avec des éléments, pris dans le missel de 1962 et dans celui de 1970, et qui serait appelé à les supplanter progressivement l’un et l’autre (quod optandum non mihi videtur)? ou bien arriverons-nous à une véritable restauration du missel romain traditionnel, enrichi et amélioré en conformité avec le processus de croissance organique qui a toujours été, et à une telle correction du missel de Paul VI qu’il rentrera sagement – tel l’Enfant prodigue à la maison paternelle après nombre de scabreuses aventures! – dans le giron sûr et fécond de la liturgie pérenne de l’Eglise catholique, c’est-à-dire universelle, d’une universalité qui n’est pas seulement géographique mais aussi temporelle, affranchie des contingences des modes et des théories d’une période particulière?… Vous le devinez, mon coeur incline à voir la réalisation de cette dernière solution.

Publié dans : De liturgia | le 26 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-5. Ce que représente chez nous le 24 septembre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Notre-Dame de la Merci, qui est célébrée le 24 septembre, n’est pas vraiment une fête populaire en France : ce vocable de la Vierge paraît même un peu étrange à beaucoup de fidèles… Mais notre Frère Maximilien-Marie l’aime particulièrement, et il y a deux raisons à cela :

1) Quand il avait quatre ans et quelques semaines, le samedi 24 septembre 1966 (donc jour dont on pourrait écrire qu’il était doublement placé sous la protection de Notre-Dame), il fut protégé d’une manière singulière : percuté par une automobile qui lui fit faire un vol plané avant de lui passer sur le corps, il sortit absolument indemne de cet accident, et – dès ce moment-là – il affirma que c’était la Sainte Vierge qui l’avait sauvé. Il demanda à ses parents un pèlerinage d’action de grâces à la basilique de Notre-Dame de Bon Secours, sanctuaire marial du Bas Vivarais, et à cette occasion il se donna sans retour à cette Mère de Miséricorde.

Voici la statue du XVIIème siècle, sculptée en bois de noyer par un imagier local, aux pieds de laquelle il fit cette offrande de lui-même dans laquelle il reconnaît l’origine de sa vocation :

la statue de la Vierge telle qu'elle était présentée avant les saccages modernistes

Lablachère (Vivarais) : statue de Notre-Dame de Bon Secours  dans la basilique du même nom
telle qu’elle était présentée  avant le vandalisme postconcilaire.

2) C’est encore un 24 septembre – en 1989 – qu’il prononça ses voeux perpétuels. Frère Maximilien-Marie en célèbre l’anniversaire avec une grande ferveur intérieure chaque année.

Contrairement à ce que certains se sont plu à raconter, il n’a jamais été relevé de ses voeux mais, lorsque sa communauté d’origine changea de statuts et modifia ses constitutions, s’engageant dans des orientations qui ne correspondaient plus exactement aux textes sur lesquels il avait prononcé ses voeux ni aux aspirations qui l’avaient amené à entrer dans cette communauté, l’Eglise – par l’intervention de l’Evêque du lieu – prit la chose en considération et octroya à Frère Maximilien-Marie un « indult d’exclaustration » tout à fait régulier.
Ainsi il lui était permis en conservant ses voeux et le droit de porter l’habit religieux, de vivre en dehors de son institut de profession. C’est un devoir de vérité de le rappeler parce que, bien évidemment, on a fait circuler des versions bien différentes de ces événements.

Je vous souhaite à tous une bonne journée sous la protection de Notre-Dame de la Merci, la Vierge compatissante qui brise les chaînes des esclavages, qu’ils soient physiques ou spirituels, psychologiques ou affectifs…

Lully.

Voir aussi :
- Origines du Refuge ND de Compassion > ici
- Comment le Refuge ND de Compassion est arrivé en Vivarais > ici
- Jubilé des 25 ans de profession perpétuelle > ici

Publié dans : Chronique de Lully, De Maria numquam satis | le 24 septembre, 2007 |11 Commentaires »

2007-4. De Notre-Dame de La Salette.

Encore ce mercredi 19 septembre 2007.

N’ayant pas obtenu de Frère Maximilien-Marie qu’il m’autorise à sortir de la maison, j’ai bien été contraint de faire contre mauvaise fortune bon coeur et d’employer mon temps à d’autres activités que la chasse aux mulots, musaraignes, rats des moissons, et autres campagnols.

Ainsi donc, comme Frère Maximilien-Marie avait dit que nous fêtions ce 19 septembre le 161ème anniversaire de l’apparition de la Très Sainte Vierge Marie à La Salette, j’en ai profité pour faire quelques recherches qui m’ont beaucoup intéressé.

Je vous recommande donc de lire ou de relire le récit de l’apparition de Notre-Dame, mais plus encore le texte du secret confié à la petite Mélanie, puisque d’assez récentes recherches dans les archives du Saint-Siège ont démontré de manière péremptoire que ce qui avait été publié en 1879 par la voyante était bien conforme à ce qu’elle avait rédigé à l’intention du Bienheureux Pie IX en 1846, donnant un démenti irréfragable aux négations d’une partie importante du clergé français dès 1879 et jusqu’à nos jours puisque au sanctuaire même de La Salette les prêtres le tiennent encore aujourd’hui le silence là-dessus (vous trouverez ces textes ici > www).

Vierge en pleurs

La Vierge Marie annonçait le relâchement des prêtres et des consacrés, jusqu’au reniement ; elle prophétisait l’apostasie des nations chrétiennes, gouvernées par des chefs ayant perdu le sens du bien ; elle prédisait la crise de l’Eglise, la perte de la Foi, la raréfaction des vocations religieuses ; elle décrivait à l’avance les vices et les crimes d’une société qui a renié les valeurs morales et spirituelles, ainsi que les malheurs conséquents par lesquels elle se châtiera elle-même…

Comment rester insensible aux larmes de cette Vierge de Compassion et de Pitié venue avertir les hommes et leur rappeler la voie du Salut?

Comment aussi ne pas penser que ce que Notre-Dame de La Salette annonçait a trouvé une réalisation certaine depuis le milieu du XXème siècle? Paul VI lui-même n’avait-il pas fini par reconnaître que « les fumées de satan » s’étaient introduites dans le sanctuaire?

Ce « pressant appel » – selon les termes mêmes employés par Notre-Dame – lancé à la terre le 19 septembre 1846 est toujours d’une brûlante actualité… Y a-t-il parmi ceux qui liront les lignes que je trace ce soir des « enfants chéris » de Marie et des « combattants de la lumière » qui aideront à mettre un terme à l’éclipse que subit la Sainte Eglise et se donneront généreusement pour que « tout soit renouvelé et que Dieu soit servi et glorifié » en vérité?

Lully.

2007-3. Je tourne en rond…

Félix

Grrrrrr….Ssscccrrrgggnnn……

Miiiiiiiaaaaaoooouuuuu !!!

Mercredi des Quatre-Temps, 19 septembre 2007.

Je tourne désespérément en rond à l’intérieur du Mesnil-Marie, sans arriver à me faire ouvrir une porte ou une fenêtre! Cependant, ce n’est pas parce que je ne me fais pas comprendre : je vois très bien qu’on comprend ce que je veux mais… on ne m’obéit pas!

Je miaule, en prenant ma voix la plus plaintive possible, je reste assis en face de la porte en regardant de mon air le plus suppliant… Je miaule, je miaule, je miaule, mais rien à faire!… Je viens me mettre aux pieds de Frère Maximilien-Marie et là je me dresse en m’allongeant le plus que je peux le long de ses jambes… Il n’obtempère pas davantage! Il me répond avec gentillesse : « Non, Lully! Ce n’est pas possible… Tu sais bien que le Docteur a dit qu’il valait mieux que tu restes dedans pendant quelques jours… »

Je le sais bien que la Doctoresse des chats – nous sommes allés la voir hier en fin d’après-midi – a expliqué à Frère Maximilien-Marie qu’il valait mieux me garder à l’intérieur pendant quelques jours, mais je n’aime pas cela et je le fais comprendre…

Miaaaaaaaaaaaooooouuuuuuu!

Ah! vous voudriez savoir pourquoi on m’a emmené voir la Doctoresse des chats?

Ben, euh… Je dois avouer que je me suis battu, hier! J’étais allé à la chasse aux mulots avec mon ami Locky, et nous nous sommes faits disputer par un matou solitaire et méchant qui est plus grand que nous… Mais je ne suis pas un couard, j’ai voulu défendre notre terrain de chasse! Je me suis bien battu, toutefois il est plus fort que moi et ce vilain m’a planté ses crocs dans le popotin : cela m’a fait très mal, et même de plus en plus mal… Un abcès a commencé à se former et je sentais l’infection qui gagnait du terrain en moi!

Locky, qui ne s’est pas battu, m’a raccompagné jusqu’au Mesnil-Marie où le frère a vu très rapidement que je n’allais pas bien et il a téléphoné chez le vétérinaire, qui lui a dit de m’amener à son cabinet à 17h15.

Le vétérinaire est une dame qui se prénomme Brigitte, c’est elle que j’appelle la Doctoresse des chats (même si elle soigne aussi d’autres animaux, mais cela n’a pas d’importance). Elle me connaît depuis que je suis tout petit et elle a un ton de voix très doux, des gestes très gentils… Toutefois je n’aime pas trop aller chez elle. D’abord parce qu’il faut que je rentre dans un panier tout fermé, avec une grille, dans lequel on me transporte comme si j’étais une vulgaire marchandise, ensuite parce que je n’ai qu’un amour très modéré des voyages en automobile, enfin parce que cela me stresse d’arriver dans cette salle d’attente où il y a des odeurs inconnues…

Bref, Brigitte la Doctoresse a trouvé tout de suite l’endroit où j’avais été mordu et sans attendre elle m’a fait une piqûre entre les omoplates. J’ai montré que je n’étais pas un bébé en restant ferme, sans aucune plainte, quand elle m’a fait la piqûre… Ensuite elle a rédigé une ordonnance, remis une plaquette de petits comprimés que je dois prendre pendant six jours matin et soir, et elle a donné quelques conseils à mon papa pour les jours à venir, et on m’a remis dans mon panier de voyage pour rentrer au Mesnil-Marie. La piqûre a été efficace parce que très rapidement je n’ai plus eu mal et j’ai passé une bonne nuit.

Ce matin mon papa m’a donné mon cachet. Il sait que je n’aime pas trop avaler les comprimés (je ne comprends pas pourquoi les fabricants de médicaments ne se débrouillent pas pour leur donner un bon goût de souris!), alors – comme il est très malin et qu’il connaît bien ce que j’aime – il les enrobe de « Nutella « , comme cela je ne me rends même pas compte que je les avale!

Par contre, j’ai bien compris qu’il ne voulait pas me laisser aller dehors. Miiiiiiiaaaaaaoooooouuuuu! Je vois que je ne le ferai pas céder, je vais donc me pelotonner dans le fauteuil du prêtre à l’oratoire (je l’aime bien celui-là parce qu’il a des coussins en velours rouge…) et ce sera ma pénitence en ce mercredi des Quatre-Temps!

2007-3. Je tourne en rond... dans Chronique de Lully patteschatsLully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 19 septembre, 2007 |2 Commentaires »

Prière : « Ave Maria » en l’honneur de la Vierge de Compassion:

Je vous salue, Marie, pleine de douleurs;
Jésus crucifié est avec vous;
Vous êtes digne de compassion entre toutes les femmes
et digne de compassion est Jésus, le fruit de vos entrailles.

Sainte Marie, Mère de Jésus crucifié,
c’est nous qui avons attaché à la Croix votre divin Fils :
Obtenez-nous des larmes de repentir et d’amour,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Ainsi soit-il.

 Prière :

 On trouvera ici > www des explications sur le chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame et ici > www une neuvaine en l’honneur de Notre-Dame des Douleurs.

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 15 septembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-2. « Et Nomen Virginis Maria ».

«  Et le Nom de la Vierge était Marie. » (Luc I, 27).

2007-2.

Comme j’aime bien me pelotonner sur les genoux de Frère Maximilien-Marie quand il est à l’oratoire, le matin au moment de l’oraison : tout en faisant mine de rien, je profite de ses réflexions et j’en alimente les miennes. Vous le savez bien, nous, les chats, nous sommes très intuitifs et nous n’avons pas besoin des paroles pour pénétrer la pensée de quelqu’un!

Ainsi donc, ce matin, tout naturellement, il a fait porter ses réflexions sur la fête de ce 12 septembre, la fête du Saint Nom de Marie. Quand on vit dans une maison qui a justement pour nom « Le Mesnil-Marie = la maison de Marie », on est particulièrement attentif à marquer les fêtes de Notre-Dame.

Donc « le nom de la Vierge était Marie » : la liturgie insiste et se fait répétitive pour attirer l’attention des fidèles sur les trésors de grâce contenus dans le nom de la Mère du Sauveur à laquelle s’applique de manière suréminente ces vers du poète :

 » Marie, si l’on voulait votre nom retourner
L’on trouverait : aimer!…« 

Charmante anagramme de notre bon vieux Ronsard (oui, oui! j’ai étudié aussi la poésie avec mon papa-moine)!

* * * * * * *

Le « Mesnil-Marie » appartient à Notre-Dame, elle en est la Souveraine, selon l’étymologie que les Pères de l’Eglise attribuent à ce nom (j’ai vérifié, c’est écrit dans le livre que Frère Maximilien-Marie utilisait ce matin pour sa prière).

Voulez-vous la preuve cette oeuvre est bien placée dans l’obédience de la Très Sainte Vierge Marie?
La voici : j’ai retrouvé une photo qui montre mon papa-moine en train de lire l’acte de consécration au Coeur de Jésus et Marie de cette maison  et de l’oeuvre qu’elle abrite ; c’était le 15 août 2006.

11lectureconscration consécration au Coeur de Jésus et Marie dans De liturgia

15 août 2006 : consécration du Mesnil-Marie au Coeur de Jésus et Marie

Mais nous le savons bien aussi, comme « Elle est plus Mère que Reine » (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face), la maison sur laquelle s’exerce la souveraineté de Notre-Dame est la maison où l’on vit dans l’amour de Marie : on y aime Marie et on y est aimé de Marie.

Par Marie, on est conduit à plus et à mieux aimer Jésus. Par elle, on est introduit dans l’intimité du Coeur de Jésus. Par elle encore, on est porté à « faire tout ce qu’il nous dira » (Joan. II,5), pour que l’eau (inodore, incolore et sans saveur) de notre médiocrité soit transformée en vin savoureux.

Lully.

2007-1. Genèse.

Je suis né le 10 juillet 2006, à quelques dizaines de mètres seulement de la maison qui était en ce temps là le Mesnil-Marie. J’avais cinq frères et soeurs et j’étais le plus chétif de la portée.

Je n’avais pas encore ouvert les yeux lorsque Frère Maximilien-Marie – qui avait depuis de nombreuses années le désir d’avoir un chat – vint nous visiter et me choisit : il fut conquis par la belle allure de mon pelage et parce que, très tôt, je me montrais particulièrement câlin…

* * * * * * *

Frère Maximilien-Marie était arrivé dans ce petit village, aux confins du Vexin français et du Beauvaisis, le 17 juin de cette année 2006. La veille de ce jour, il avait signé une convention de mise à disposition de cette propriété  – aussitôt dénommée le Mesnil-Marie - au profit de l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, qu’il a fondée et qu’il dirige.

C’était la propriétaire elle-même qui l’avait contacté quelques mois auparavant, à la suite d’une petite annonce qu’il avait publiée dans un hebdomadaire catholique. En effet l’association Refuge Notre-dame de Compassion, fondée depuis le mois d’avril 2001, n’avait pas jusqu’alors trouvé de lieu pour s’implanter et  pour développer ses activités… De son côté, Madame T******* avait le désir de donner sa maison à une oeuvre catholique qui assurerait une présence religieuse dans ce village où le dernier prêtre résident était décédé depuis plus de quarante années!

A l’invitation de la propriétaire, Frère Maximilien-Marie était donc venu visiter ce qui allait devenir le Mesnil-Marie : c’était le mercredi de la Passion 5 avril 2006. Cette première visite et les contacts qui avaient suivi avaient donc abouti à un accord et à cette signature du 16 juin 2006 : la convention de mise à disposition était accompagnée d’une promesse de donation totale, lorsque auraient été créées une chapelle et l’association cultuelle chargée de son entretien.

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Notre premier Mesnil-Marie, dans le Vexin.

Quand il est arrivé dans la maison, qui était inoccupée et fermée depuis longtemps, Frère Maximilien-Marie la trouva peuplée par quelques centaines d’araignées (animaux dont il a horreur)!…

Le samedi 17 juin, il vint accompagné d’amis fidèles qui l’aidèrent à décharger un plein camion de meubles, et la statue de la Vierge de Compassion (voir ici > www), une « Piéta » de grandes dimensions qui lui avait été donnée quelques semaines auparavant.

En quelques jours il s’efforça de rendre la maison propre et habitable, si bien qu’une Assemblée Générale de l’association put s’y dérouler dans une ambiance joyeuse et profondément amicale, le samedi 1er juillet.

L’été se passa en aménagements… Le Frère avait bien compris qu’il lui fallait en mettre en coup pour que la maison fut bien prête et accueillante pour le jour où je pourrai m’y installer! Il s’absenta seulement quelques jours pour un « camp chouan » , puis pour une université d’été pour laquelle il est régulièrement, sollicité et enfin, après le 15 août, pendant la semaine de « vacances catholiques au pays de Saint François de Sales » qu’il avait organisée.

Je ne dois pas non plus omettre de signaler que le 15 août, la première messe avait été célébrée au Mesnil-Marie qui avait été alors dûment béni et consacré au Coeur de Jésus par le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

17-bis-1er-sept-06-photo-de-peluches-2-300x200 Chat Lully dans Chronique de Lully

Lully à un mois et demi
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

Enfin, le 29 août, Frère Maximilien-Marie vint me chercher : j’avais tout juste sept semaines. J’étais à peine sevré, mais ma maman ne pouvait plus me nourrir. Il me transporta jusqu’au Mesnil-Marie dans son béret, pour me protéger : ce 29 août était en effet un jour gris et froid ; le vent me transperçait et me faisait grelotter.

En m’introduisant au Mesnil-Marie, le Frère me dit : « Tu es ici chez toi! » Et comme je lui fais confiance et ne prends pas ses paroles à la légère, je résolus de m’approprier les lieux et me comportais désormais en maître de la maison !

Le nom qu’il me donna avait été choisi par Frère Maximilien-Marie depuis plusieurs semaines : c’est son amour de la musique baroque et du siècle de Louis XIV qui l’ont déterminé. Il paraît que ce nom me va très bien et que je le porte avec beaucoup de classe!

Lully.  

pattes-de-chat-frise Mesnil-Marie     

Publié dans : Chronique de Lully | le 11 septembre, 2007 |8 Commentaires »

Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés
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