2008-4. La catéchèse de Benoît XVI sur Saint Augustin (1ère partie).

Jeudi 10 janvier 2008.

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a consacré hier une première catéchèse hebdomadaire à Saint Augustin.
La Règle religieuse qui est en vigueur au Mesnil-Marie est celle qui a été écrite par le grand Docteur de l’Eglise latine, nous pensons qu’il est important de reproduire ici la traduction de l’intégralité de cet enseignement du Souverain Pontife
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Saint Augustin enseignant (B. Gozzolli)

Chers frères et sœurs,

Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l’Eglise et parler aujourd’hui du plus grand Père de l’Eglise latine, saint Augustin : homme de passion et de foi, d’une très grande intelligence et d’une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l’Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ne connaissent pas le christianisme ou ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l’Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l’on pourrait affirmer, d’une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd’hui Annaba, sur les côtes de l’Algérie), où il était évêque et, de l’autre, que de cette ville de l’Afrique romaine, dont Augustin fut l’évêque de 395 jusqu’à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

Rarement une civilisation n’a rencontré un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se serait nourrie, comme le souligna également Paul VI : « On peut dire que toute la pensée de l’antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants » (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l’Eglise qui a laissé le plus grand nombre d’œuvres. Son biographe Possidius dit qu’il semblait impossible qu’un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d’une prochaine rencontre. Aujourd’hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l’on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessions, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessions d’Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu’à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du « moi », au mystère de Dieu qui se cache derrière le « moi », est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, comme un « sommet » spirituel.

Mais pour en venir à sa vie, Augustin naquit à Taghaste – dans la province de Numidie de l’Afrique romaine – le 13 novembre 354, de Patrice, un païen qui devint ensuite catéchumène, et de Monique, fervente chrétienne. Cette femme passionnée, vénérée comme une sainte, exerça sur son fils une très grande influence et l’éduqua dans la foi chrétienne. Augustin avait également reçu le sel, comme signe de l’accueil dans le catéchuménat. Et il est resté fasciné pour toujours par la figure de Jésus Christ ; il dit même avoir toujours aimé Jésus, mais s’être éloigné toujours plus de la foi ecclésiale, de la pratique ecclésiale, comme cela arrive pour de nombreux jeunes aujourd’hui aussi.

Augustin avait aussi un frère, Navigio, et une sœur, dont nous ignorons le nom et qui, restée veuve, fut ensuite à la tête d’un monastère féminin. Le jeune garçon, d’une très vive intelligence, reçut une bonne éducation, même s’il ne fut pas un étudiant exemplaire. Il étudia cependant bien la grammaire, tout d’abord dans sa ville natale, puis à Madaura et, à partir de 370, la rhétorique à Carthage, capitale de l’Afrique romaine : maîtrisant parfaitement la langue latine, il n’arriva cependant pas à la même maîtrise du grec et n’apprit pas le punique, parlé par ses compatriotes. Ce fut précisément à Carthage qu’Augustin lut pour la première fois l’Hortensius, une œuvre de Cicéron qui fut ensuite perdue et qui marqua le début de son chemin vers la conversion. En effet, le texte cicéronien éveilla en lui l’amour pour la sagesse, comme il l’écrira, une fois devenu évêque, dans les Confessions : « Sa lecture changea mes sentiments », si bien que « je ne vis soudain que bassesse dans l’espérance du siècle, et je convoitai l’immortelle sagesse avec un incroyable élan de cœur » (III, 4, 7).

Mais comme il était convaincu que sans Jésus on ne peut pas dire avoir effectivement trouvé la vérité, et comme dans ce livre passionné ce nom lui manquait, immédiatement après l’avoir lu il commença à lire l’Ecriture, la Bible. Mais il en fut déçu. Non seulement parce que le style latin de la traduction de l’Ecriture Sainte était insuffisant, mais également parce que le contenu lui-même ne lui apparut pas satisfaisant. Dans les récits de l’Ecriture sur les guerres et les autres événements humains, il ne trouva pas l’élévation de la philosophie, la splendeur de la recherche de la vérité qui lui est propre. Toutefois, il ne voulait pas vivre sans Dieu et il cherchait ainsi une religion correspondant à son désir de vérité et également à son désir de se rapprocher de Jésus. Il tomba ainsi dans les filets des manichéens, qui se présentaient comme des chrétiens et promettaient une religion totalement rationnelle. Ils affirmaient que le monde est divisé en deux principes : le bien et le mal. Et ainsi s’expliquerait toute la complexité de l’histoire humaine. La morale dualiste plaisait aussi à saint Augustin, car elle comportait une morale très élevée pour les élus : et pour celui qui y adhérait, comme lui, il était possible de vivre une vie beaucoup plus adaptée à la situation de l’époque, en particulier pour un homme jeune. Il devint donc manichéen, convaincu à ce moment d’avoir trouvé la synthèse entre rationalité, recherche de la vérité et amour de Jésus Christ. Il en tira également un avantage concret pour sa vie : l’adhésion aux manichéens ouvrait en effet des perspectives faciles de carrière. Adhérer à cette religion qui comptait tant de personnalités influentes, lui permettait également de poursuivre une relation tissée avec une femme et d’aller de l’avant dans sa carrière. Il eut un fils de cette femme, Adéodat, qui lui était très cher, très intelligent, et qui sera ensuite très présent lors de sa préparation au baptême près du lac de Côme, participant à ces « Dialogues » que saint Augustin nous a légués. Malheureusement, l’enfant mourut prématurément. Professeur de grammaire vers l’âge de vingt ans dans sa ville natale, il revint bien vite à Carthage, où il devint un maître de rhétorique brillant et célèbre. Avec le temps, toutefois, Augustin commença à s’éloigner de la foi des manichéens, qui le déçurent précisément du point de vue intellectuel car ils ne furent pas capables de répondre à ses doutes, et il se transféra à Rome, puis à Milan, où résidait alors la cour impériale et où il avait obtenu un poste de prestige grâce à l’intervention et aux recommandations du préfet de Rome, le païen Simmaque, hostile à l’évêque de Milan saint Ambroise.

A Milan, Augustin prit l’habitude d’écouter – tout d’abord dans le but d’enrichir son bagage rhétorique – les très belles prédications de l’évêque Ambroise, qui avait été le représentant de l’empereur pour l’Italie du Nord, et le rhéteur africain fut fasciné par la parole du grand prélat milanais et pas seulement par sa rhétorique ; c’est surtout son contenu qui toucha toujours plus son cœur. Le grand problème de l’Ancien Testament, du manque de beauté rhétorique, d’élévation philosophique se résolvait, dans les prédications de saint Ambroise, grâce à l’interprétation typologique de l’Ancien Testament : Augustin comprit que tout l’Ancien Testament est un chemin vers Jésus Christ. Il trouva ainsi la clef pour comprendre la beauté, la profondeur également philosophique de l’Ancien Testament et il comprit toute l’unité du mystère du Christ dans l’histoire et également la synthèse entre philosophie, rationalité et foi dans le Logos, dans le Christ Verbe éternel qui s’est fait chair.

Augustin se rendit rapidement compte que la lecture allégorique des Ecritures et la philosophie néoplatonicienne pratiquées par l’évêque de Milan lui permettaient de résoudre les difficultés intellectuelles qui, lorsqu’il était plus jeune, lors de sa première approche des textes bibliques, lui avaient paru insurmontables.

A la lecture des écrits des philosophes, Augustin fit ainsi suivre à nouveau celle de l’Ecriture et surtout des lettres pauliennes. Sa conversion au christianisme, le 15 août 386, se situa donc au sommet d’un itinéraire intérieur long et tourmenté dont nous parlerons dans une autre catéchèse, et l’Africain s’installa à la campagne au nord de Milan, près du lac de Côme – avec sa mère Monique, son fils Adéodat et un petit groupe d’amis – pour se préparer au baptême. Ainsi, à trente-deux ans, Augustin fut baptisé par Ambroise le 24 avril 387, au cours de la veillée pascale, dans la cathédrale de Milan.

Après son baptême, Augustin décida de revenir en Afrique avec ses amis, avec l’idée de pratiquer une vie commune, de type monastique, au service de Dieu. Mais à Ostie, dans l’attente du départ, sa mère tomba brusquement malade et mourut un peu plus tard, déchirant le cœur de son fils. Finalement de retour dans sa patrie, le converti s’établit à Hippone pour y fonder précisément un monastère. Dans cette ville de la côte africaine, malgré la présence d’hérésies, il fut ordonné prêtre en 391 et commença avec plusieurs compagnons la vie monastique à laquelle il pensait depuis longtemps, partageant son temps entre la prière, l’étude et la prédication. Il voulait uniquement être au service de la vérité, il ne se sentait pas appelé à la vie pastorale, mais il comprit ensuite que l’appel de Dieu était celui d’être un pasteur parmi les autres, en offrant ainsi le don de la vérité aux autres. C’est à Hippone, quatre ans plus tard, en 395, qu’il fut consacré évêque. Continuant à approfondir l’étude des Ecritures et des textes de la tradition chrétienne, Augustin fut un évêque exemplaire dans son engagement pastoral inlassable : il prêchait plusieurs fois par semaine à ses fidèles, il assistait les pauvres et les orphelins, il soignait la formation du clergé et l’organisation de monastères féminins et masculins. L’antique rhéteur s’affirma rapidement comme l’un des représentants les plus importants du christianisme de cette époque : très actif dans le gouvernement de son diocèse – avec également d’importantes conséquences au niveau civil – pendant ses plus de trente-cinq années d’épiscopat, l’évêque d’Hippone exerça en effet une grande influence sur la conduite de l’Eglise catholique de l’Afrique romaine et de manière plus générale sur le christianisme de son temps, faisant face à des tendances religieuses et des hérésies tenaces et sources de division telles que le manichéisme, le donatisme et le pélagianisme, qui mettaient en danger la foi chrétienne dans le Dieu unique et riche de miséricorde.

Et c’est à Dieu qu’Augustin se confia chaque jour, jusqu’à la fin de sa vie : frappé par la fièvre, alors que depuis presque trois mois sa ville d’Hippone était assiégée par les envahisseurs vandales, l’évêque – raconte son ami Possidius dans la Vita Augustini – demanda que l’on transcrive en gros caractères les psaumes pénitentiels « et il fit afficher les feuilles sur le mur, de sorte que se trouvant au lit pendant sa maladie il pouvait les voir et les lire, et il pleurait sans cesse à chaudes larmes » (31, 2). C’est ainsi que s’écoulèrent les derniers jours de la vie d’Augustin, qui mourut le 28 août 430, alors qu’il n’avait pas encore 76 ans. Nous consacrerons les prochaines rencontres à ses œuvres, à son message et à son parcours intérieur.

à suivre > ici

armoiries de Benoît XVI

2008-3. « Ne mentez pas à Dieu! »

Le 6 janvier 1794, « jour des Rois », Maurice Joseph-Louis Gigost d’Elbée, âgé de 42 ans, était fusillé sur la place d’armes de Noirmoutiers.
Trois autres chefs de l’insurrection vendéenne furent exécutés avec lui, tandis qu’environ 1200 paysans, femmes et enfants regroupés dans l’église – contrairement aux promesses reçues – étaient fusillés par groupe de soixante.

Maurice d’Elbée, élu deuxième généralissime de la grande « Armée catholique et royale » (après la mort de Jacques Cathelineau), avait reçu 14 blessures graves lors de la bataille de Cholet au mois d’octobre précédent ; c’est pourquoi il avait été évacué sur l’île de Noirmoutiers, tenue par Charette.
Mais l’île fut prise par les Bleus le 2 janvier 1794 et, après une comparution devant une commission militaire, d’Elbée fut condamné à mort : ses blessures ne lui permettant pas de se tenir debout, il fut fusillé dans un fauteuil !

2008-3.

Né le 21 mars 1752 à Dresde (Saxe), d’un père français; issu d’une famille où l’on est militaire de génération en génération, Maurice d’Elbée s’engagea lui aussi dans le métier des armes, d’abord en Saxe puis en France. Désapointé de n’avoir pas obtenu une promotion, à 29 ans il se retire dans les Mauges, près de Beaupréau, en une gentilhommière héritée de son père. Il se marie en 1788.
Quand éclatent les évènements de 1789, il est plutôt favorable aux idées nouvelles, mais la « constitution civile du clergé » le fait revenir sur ses positions et il part rejoindre l’armée des Princes, où il sert quelques temps à Worms. Il n’y reste pas très longtemps, parce que 1) son épouse est restée en Anjou ; 2) il trouve que l’armée des Princes ne fait pas grand chose ; 3) ses biens sont menacés de confiscation…

Le 12 mars 1793, son épouse met au monde un fils : Louis Joseph Maurice. Le lendemain, à Saint-Florent le Vieil, l’insurrection vendéenne éclate : Stofflet prend la tête du mouvement à Maulévrier, Cathelineau au Pin-en-Mauges.
Les paysans de Beaupréau le réclament à leur tête : il n’est pas enthousiaste pour partir, lui dont le fils n’a qu’un jour, mais il finit pas céder à leurs instances et aussitôt ils libèrent Beaupréau, avant de faire la jonction avec les troupes de Cathelineau et de Stofflet pour enlever Chemillé puis Cholet : la « Guerre de géants » est engagée !

Au soir du « choc de Chemillé« , les Vendéens exaspérés par les lourdes pertes subies (villageois massacrés et environ 600 hommes tombés au combat) veulent passer par les armes leurs prisonniers Bleus. D’Elbée s’efforce de les raisonner, de les calmer… en vain : « Pas de quartier pour les prisonniers !» Se voyant impuissant, il crie alors d’une voix forte : « Soldats à genoux ! Disons d’abord notre Pater. » Les paysans, nu-tête, obéissent : « Notre Père, qui êtes aux cieux… Pardonnez-nous nos offenses…»
« Arrêtez ! crie d’Elbée. Ne mentez pas à Dieu. Vous Lui demandez qu’Il vous pardonne comme vous, vous pardonnez aux autres ? Mais pardonnez-vous aux autres ? » La leçon est comprise : les fusils s’abaissent et les quatre cents prisonniers Bleus sont sauvés.

Nous ne referons pas ici le récit circonstancié des batailles, victoires et revers de « l’Armée catholique et royale« . Nous l’avons dit, après la mort de Jacques Cathelineau (14 juillet 1793), il est choisi pour lui succéder comme généralissime, fonction qu’il assumera environ trois mois, puisqu’il va – comme nous l’avons aussi écrit plus haut – recevoir 14 blessures graves à Cholet, en octobre 1793, et que c’est de là qu’il sera emmené à Noirmoutiers.

Nous retenons de lui qu’il fut le premier noble qui ait répondu à un groupe de paysans armés pour prendre leur tête ; nous admirons, bien sûr, ses compétences militaires qui permettront une vingtaine de victoires retentissantes ; mais par dessus tout nous gardons le souvenir d’un homme animé d’une profonde piété, sans affectation ni mièvrerie : il nous a laissé – avec « le Pater des Vendéens » – l’exemple d’une âme virile et droite qui s’adresse encore à nous aujourd’hui pour nous dire : « Ne mentez pas à Dieu !« 

Publié dans : Memento, Vexilla Regis | le 5 janvier, 2008 |2 Commentaires »

2008-2. Réflexions à propos de Sainte Geneviève.

3 janvier ,
fête de Sainte Geneviève.

C’est aujourd’hui (dans les diocèses de France tout particulièrement) la fête de Sainte Geneviève.
Frère Maximilien-Marie nourrit envers elle une profonde dévotion, et dès le matin il m’a bien évidemment parlé d’elle avec ferveur.

Je ne viens pas vous faire le récit de sa vie, que vous connaissez déjà certainement bien mieux que moi, mais je voudrais vous faire part de quelques réflexions que j’ai eu tout le loisir de développer en méditant au coin du feu : plagiant ce bon vieux Jean de La Fontaine, j’oserai donc écrire : « Lully en son Mesnil songeait (car que faire en ce Mesnil, à moins que l’on ne songe?) ». Mes pensers ont repris bien sûr des éléments de ce que Frère Maximilien-Marie m’a raconté sur la vie de cette sainte, mais s’alimentent également de mes réflexions et observations quotidiennes, ainsi que de quelques lectures et conversations précédentes…

Sainte Geneviève

Sainte Geneviève a non seulement vécu en un siècle « charnière », mais son rôle à elle-même fut véritablement déterminant dans l’accomplissement des plans de la divine Providence sur la France.
Elle n’est pas seulement, d’une manière ponctuelle presque anecdotique, la pieuse femme dont la prière protégea Lutèce ; mais, avec d’autres grandes figures de la sainteté du Vème siècle (tels Saint Remi, Saint Vaast, Sainte Clotilde, comme aussi Saint Martin au siècle précédent), elle occupe une place de choix dans ce qu’il convient d’appeler la « naissance de la France ».

1 – Dès à présent une première affirmation s’impose : la France n’est pas née des « immortels principes de 89 » (phraséologie prétentieuse qui me donne envie de sortir mes griffes et de montrer les dents !) ; la France n’est pas fille du « siècle des lumières », elle ne doit rien aux prétendus philosophes ni aux loges maçonniques… sinon sa décadence !

2 – La France est née de la rencontre de deux éléments constitutifs : le catholicisme et la monarchie franque.
Cette rencontre se fait dans les Fonts Baptismaux de Reims, le 25 décembre 496. Avant cette date, il y a la Gaule romaine : décadente, envahie, divisée… A partir de cette date, il y a la véritable constitution de la France. Certes, le processus sera long et laborieux ; il couvrira des siècles, mais il peut être résumé par cinq mots : unification, pacification, organisation, croissance et rayonnement.
La foi catholique et la royauté sont les éléments essentiels (au sens fort de ce terme, c’est-à-dire appartenant à l’essence) de la France.

3 – En conséquence de quoi l’on peut affirmer aussi, en pleine logique, que porter atteinte en quelque manière à ces éléments constitutifs (en partie ou totalement), c’est porter atteinte à l’essence de la France.
L’idéologie des pseudo lumières, la révolution et la république (qui en est le fruit) sont fondamentalement destructrices de la nature même de la France, sont fondamentalement anti-françaises.

4 – De la même manière qu’aucun être n’est le créateur de sa propre nature, mais qu’il peut seulement travailler à accomplir et perfectionner celle-ci, les nations – qui ont chacune été voulues par Dieu pour un dessein particulier, et qui reçoivent donc de Dieu une vocation* – ne peuvent en aucune manière décider elles-mêmes de ce qui fait leur nature et de ce qui fait leur raison d’être ici-bas (fut-ce par le suffrage universel, car où a-t-on vu que ce qui est constitutif de la vérité est l’adhésion du plus grand nombre ?) : elles se doivent seulement de reconnaître le dessein divin et d’y collaborer humblement.

5 – Ces figures de sainteté, que j’évoquais ci-dessus, que la Providence a placées, comme un faisceau de concentration de la grâce en un temps donné, pour permettre la conversion du Roi Clovis 1er et le baptême de la France, furent des personnages qui agirent conjointement, et comme indissociablement, dans l’ordre spirituel et dans l’ordre temporel, dans l’ordre temporel et dans l’ordre spirituel, parce que même s’il y a une distinction nécessaire entre les deux, il ne peut y avoir de séparation à proprement parler.
L’Eglise doit être à la société temporelle ce que l’âme est au corps. Lorsque l’âme est le corps sont séparés, c’est la mort !
La théorie de la séparation de l’Eglise et de l’état est une doctrine mortifère : son application n’entraîne rien d’autre que la mort des nations. Et les clercs – prêtres voire évêques – qui aujourd’hui, malgré la voix des Pontifes qui ont parlé avec autorité (le Bienheureux Pie IX et Saint Pie X en particulier), admettent et prônent le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat sont de faux prophètes, des prophètes de mort.

6 – Les Saints qui ont préparé et entouré le berceau de la France étaient majoritairement des personnes qui appartenaient à l’ancien monde, l’empire romain aux abois, et cependant ils n’étaient pas des passéistes, crispés sur des modèles qui avaient fait faillite ou sur des institutions qui étaient dans un tel état de décomposition qu’il était impossible de les restaurer… Ils ont eu l’intelligence clairvoyante et la sagacité éclairée qui leur ont permis de garder et de transmettre l’essentiel, sans édulcoration ni reniement, tout en tirant profit des circonstances (jamais idéales) dans lesquelles ils se trouvaient immergés, pour que le message évangélique soit transmis, reçu, assimilé, rayonné et amplifié.
Point de repliement amer dans leur attitude, mais une fermeté paisible, une foi pleine de zèle et sans compromission, une espérance pleinement surnaturelle et indéfectible, une charité conquérante et pacifiante… Ce sont bien là les caractères de l’authentique Tradition.

Lully.

* cf. Discours de S. Em. le Cardinal E. Pacelli à Notre-Dame de Paris le 13 juillet 1937 (le texte complet de ce discours est disponible ici > www) : « Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation. »

Prières et litanies en l’honneur de Sainte Geneviève > www
Sainte Geneviève des Ardents, céleste protectrice de la Gendarmerie Française > www


2008-1. Bonne et sainte année 2008!

Guirlande Noël

Au seuil de l’année nouvelle,

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

me charge d’être son ambassadeur

et de vous présenter ses meilleurs voeux :

il prie le Saint Enfant Jésus,

Notre très douce Dame et Saint Joseph

de répandre sur vous,

sur vos familles et sur tous ceux qui vous sont chers,

de très abondantes grâces et bénédictions célestes

afin que 2008 soit de toutes manières

une très bonne et sainte année!

Couronne de Noël au chat

Lully.

 

Publié dans : Chronique de Lully | le 31 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-53. Marie est la Mère spirituelle de tous les chrétiens.

Dimanche 30 décembre 2007.

En ce dimanche dans l’Octave de la Nativité, nous pouvons méditer sur ce texte de Monsieur Olier, fondateur des Prêtres de Saint-Sulpice, extrait de l’opuscule : « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie« , au chapitre VII : Nativité de Jésus-Christ, § III Réflexions pratiques.

Vitrail de la Vierge à l'Enfant

« Considérez, avec reconnaissance et bonheur, que vous êtes l’enfant de Marie, non pas quant à votre corps, mais quant à la vie surnaturelle de votre âme, qui est la plus excellente portion de vous-même, ou plutôt la seule qui puisse attirer sur vous les regards et les complaisances de Dieu. Il est vrai que votre âme a en soi une vie propre et naturelle, mais la foi vous apprend que cette vie est corrompue par suite du péché d’Adam ; et qu’au lieu d’être un bien pour vous, elle aurait abouti à votre perte éternelle, si Dieu, pour vous rendre son enfant d’adoption, ne vous eût communiqué, au saint baptême, la vie de son propre Fils; vie divine qui vous donne le droit d’appeler Marie votre Mère, avec la même confiance que vous donnez à Dieu le titre de Père.

Vous devez savoir, en effet, que vous n’êtes devenu enfant de Dieu que par la communication qu’il vous a faite de la vie de Jésus-Christ, comme saint Paul nous l’enseigne (1). Mais ce bienfait ineffable ne le devez-vous pas à celle qui, en donnant son consentement pour devenir la Mère du Sauveur, a consenti aussi à devenir la vôtre, puisque ce n’était que pour vous rendre enfant de Dieu que dans ce moment le Verbe se fit chair et vint habiter parmi nous (2).

Marie ne conçut pas seulement Jésus-Christ dans le mystère de l’Incarnation, elle vous conçut aussi vous-même en votre qualité d’enfant de Dieu. Comme vous étiez renfermé dans le sein de Marie avec Jésus-Christ, dans lequel nous étions tous contenus quant à la vie divine, ainsi que nos corps avaient été contenus dans Adam, figure de Jésus-Christ. Quel n’est donc pas votre bonheur d’avoir été conçu par une telle Mère, d’avoir été porté dans son sein, d’avoir été dès lors l’objet de son amour maternel, et de sa plus vive comme de sa plus constante sollicitude ! Quelle confiance ne devez-vous pas avoir en elle! Son sein a été, pour ainsi dire, le lieu de votre première résidence dans ce monde, le temple où vous avez été offert à Dieu par elle des milliers de fois. Votre mère, selon la chair, lorsqu’elle vous portait dans son sein, ne vous connaissait pas encore; elle ne savait pas ce que vous seriez dans la suite, ni même si vous verriez le jour. Marie vous a connu à l’avance, elle vous a aimé; elle s’est occupée des moyens de vous retirer du péché, d’assurer votre sanctification sur la terre et votre bonheur dans le ciel.

Le malheur de votre naissance excita d’abord toute la compassion de Marie; les entrailles de cette vraie mère de votre âme s’émurent sur vôtre lamentable sort. Dans cet état, en effet, vous étiez bien plus à plaindre que ce pauvre infortuné de l’Évangile qui était tout à la fois aveugle, sourd et muet. Votre âme était aveugle aux beautés et aux vérités de Dieu, sourde à toutes ses invitations, muette à sa louange, et elle serait restée éternellement dans cet état déplorable si Dieu, par sa grande miséricorde, ne vous eût donné une nouvelle naissance, en répandant sa divine vie dans la partie supérieure de votre âme. Cette vie du Fils de Dieu, cette vie du Verbe, qui est la lumière éternelle du Père, éclaira les yeux de votre âme comme un flambeau ardent communique sa propre lumière à un flambeau éteint et le rend lumineux, Le Verbe, qui est la parole incréée et toute-puissante du Père, frappa efficacement l’oreille de votre cœur, et lui rendit l’ouïe, et enfin, prenant possession de votre âme, il commença à louer Dieu par elle et à publier ses grandeurs, versant en vous les vertus divines de Foi, d’Espérance et de Charité.

Marie n’en demeura pas là. Vous voyez dans l’Évangile, qu’après qu’elle eut mis au monde son premier-né, elle l’enveloppa de langes, elle le fit reposer dans la crèche, elle le nourrit de son lait, et lui procura tous les autres soulagements que réclamait l’état de faiblesse dans lequel il avait voulu naître. C’est une image de ce que cette tendre mère a fait pour développer et faire croître en vous la vie nouvelle et divine que vous aviez reçue par votre régénération. Ces langes, qu’elle avait si soigneusement préparés et avec lesquels elle enveloppa le petit corps de l’Enfant Jésus, sont la figure de ce qu’elle a fait pour préserver votre enfance de la contagion du siècle pervers où vous deviez vivre. La crèche où elle reposa l’Enfant Jésus est l’image de la sainte Église où, par la vigilance de Marie, et toujours sous ses yeux, vous deviez trouver un lieu d’assurance et de repos. Elle vous a nourri elle-même de son lait maternel, c’est-à-dire de la lumière et de l’amour divin, qui sont l’aliment des enfants de Dieu, et dont elle était remplie pour vous les communiquer selon, vos besoins dans les diverses rencontres de la vie. Elle a fait de ses mains la tunique dont elle couvrit le corps de l’Enfant Jésus, figure de son corps mystique, ou de son Église; ainsi elle nous revêt, chacun en particulier, des mérites de son Fils et des siens propres dans les divers états où la Providence nous place, se montrant à l’égard de tous la véritable mère des vivants.

Puisque vous tenez de ses mains tout ce que vous avez reçu de grâces, pour entretenir et augmenter en vous la vie de Jésus-Christ, voyez quelle ne doit pas être votre reconnaissance envers une mère si bonne et si généreuse, et quel amour, quel dévouement vous lui devez en retour! Pour essayer donc de lui rendre quelque chose des hommages sans nombre dont vous lui êtes redevable, proposez-vous dans cette solennité :

- 1° De lui témoigner votre reconnaissance du bonheur que vous avez de lui appartenir en qualité d’enfant. Les trois messes qu’on célèbre le jour de Noël ont pour objet d’honorer les trois naissances de Notre-Seigneur : sa naissance du sein de son Père éternel, sa naissance de Marie à Bethléem, sa naissance spirituelle dans nos âmes. Pendant la première messe, adorez le Fils de Dieu: naissant du sein du Père, et adorez le Père éternel comme votre vrai Père, et la source première de tous les biens que vous avez reçus et que vous recevrez jamais. Dans la deuxième, adorez Notre-Seigneur naissant de sa Mère, selon son humanité, se faisant par là votre frère, et vous mettant en part de tous ses biens, spécialement du privilége magnifique de donner vous-même à Dieu, ainsi qu’il vous l’a appris dans l’Évangile, le doux nom de père. Remerciez-le, enfin , de tous les biens sans nombre qu’il a faits à la très Sainte Vierge, en l’élevant par l’Incarnation à la dignité incomparable de sa vraie Mère. Dans la troisième messe, témoignez votre reconnaissance à Marie de vous avoir fait naître en Jésus-Christ, et par là d’être véritablement votre mère pour le temps et pour l’éternité. Lorsque vous eûtes le bonheur de devenir son enfant, vous n’étiez pas capable de lui témoigner vos sentiments de gratitude; aujourd’hui que vous connaissez quelque chose de ses miséricordes à votre égard, acquittez-vous envers elle, autant que vous le pourrez , et invitez les saints Anges à s’unir à vous pour vous aider à lui témoigner votre reconnaissance.

- 2° Cette divine mère a voulu vous avoir pour enfant, afin que vous lui donniez la joie de voir Jésus-Christ grandir, se fortifier et se développer dans votre âme. Elle a nourri et fait croître le corps du Sauveur par les soins qu’elle a pris de son enfance; et elle veut développer sa vie en vous jusqu’à ce que vous, arriviez à la perfection de cette vie à laquelle Dieu le père vous appelle. La vie de Jésus croît et augmente dans les chrétiens lorsque ce divin Sauveur ne trouvant point en eux de résistance, il fait paraître ses vertus divines et sa sainteté dans leurs oeuvres. Quelle douce et vive satisfaction ne procureriez-vous pas à Marie si, à l’occasion de cette solennité, vous triomphiez de ces défauts dans lesquels vous retombez si souvent, et qui, empêchant Jésus-Christ d’agir en vous, le tiennent comme dans un état habituel d’impuissance et de faiblesse! Conjurez donc Marie d’ôter de ce coeur toutes les affections qui ne seraient pas pour Jésus. Priez-le avec ferveur de vous aider à les arracher, et d’en faire comme un petit faisceau de myrrhe pour l’offrir à l’Enfant Jésus dans sa crèche. Oseriez-vous aller à lui les mains vides, tandis que les bergers et les mages s’empressent de lui porter chacun leurs présents ? Tels sont ceux que Jésus et Marie attendent de votre amour; votre coeur pourrait-il les lui refuser? Prenez donc la résolution de réprimer en vous les mouvements de votre impatience naturelle, pour laisser à Jésus la facilité de faire paraître sa patience en vous; d’étouffer les saillies de votre amour-propre, pour qu’il puisse montrer en vous son humilité et sa douceur; de surmonter vos antipathies ou vos affections trop sensibles, afin de lui donner lieu de manifester pour vous sa divine charité; enfin d’attaquer de front tous vos défauts, pour qu’il fasse éclater en vous et par vous toutes ses aimables vertus, et qu’ainsi il grandisse et se développe dans votre âme.

- 3° Pour vous maintenir dans des dispositions si nécessaires, consacrez-vous tout de nouveau à Marie en qualité d’enfant, et promettez-lui de vivre à son égard dans l’abandon le plus filial et la dépendance la plus absolue. Elle étend sa sollicitude maternelle sur tous vos besoins, sur ceux du corps aussi bien que sur ceux de l’âme. Recevez donc comme de sa main la nourriture que vous prenez tous les jours, les vêtements nouveaux dont vous usez, tous les autres soulagements nécessaires ou utiles à votre conservation, en un mot, tout ce que la divine Providence met à votre disposition pour vous aider à passer la vie présente. Cette fidélité à tout recevoir comme de la main de cette aimable mère, entretiendra en vous les sentiments de piété filiale que vous lui devez, et contribuera puissamment à vous faire user de toutes ces choses d’une manière très-pure et très chrétienne.

- 4° Avant de rien entreprendre de tant soit peu considérable, ayez soin de lui en demander la permission comme ferait un enfant à sa mère. L’Enfant Jésus, le plus parfait modèle en ce genre qui puisse jamais être proposé, nous a donné cet exemple de soumission à Marie, et nous a mérité la grâce de la pratiquer. Quoiqu’il fût toujours éclairé par la lumière de son Père, qui lui montrait ce qu’il avait à faire, il ne laissait pas, comme un enfant très soumis à sa mère, de ne se porter à rien sans son agrément ; combien plus convient-il que vous vous conformiez à cette sainte pratique, pour trouver la lumière dans vos obscurités et éviter les piéges et les illusions de l’amour-propre. Ayez donc soin, avant de rien entreprendre, de lui demander son agrément; et cela : 1° en renonçant à vos vues propres; 2° en vous unissant à ses intentions très-pures et très-saintes; 3° en la priant, si la chose qu’il s’agit de faire est conforme à son bon plaisir, d’y donner sa sainte bénédiction, ou d’en empêcher l’exécution si elle ne lui était pas agréable; 4° mais un moyen de fixer alors vos incertitudes, ce serait de consulter une personne sage et désintéressée, et si vous êtes membre d’une communauté, la personne qui vous gouverne, en regardant dans sa décision la volonté de Marie qui se fera connaître à vous par ce moyen.

- 5° Une autre pratique qui nourrira en vous cette piété. filiale, ce sera de lui demander sa sainte bénédiction à genoux, et, si vous le pouvez, devant quelqu’une de ses images, le matin, dès votre lever, le soir, immédiatement avant de prendre votre repos. Servez-vous alors, à l’imitation de l’Église, de ces paroles qui lui sont familières : Que la Vierge Marie, avec son doux Enfant, nous bénisse: Nos, cum prole pia benedicat Virgo Maria. En vous consacrant à elle le matin, demandez-lui de vous revêtir tout de nouveau de la vie de Jésus-Christ, son Fils; priez-la de vous obtenir la fidélité nécessaire pour la faire croître et se développer en vous, et enfin pour vous renouveler dans ces dispositions durant le jour, demandez-lui encore sa bénédiction maternelle en entrant dans votre chambre et lorsque vous en sortez, si votre position vous permet de vous assujettir à cette sainte pratique. »

Fleur de lys bleu

1. Galat., cap. IV, 6. Quoniam autem estis filiii Dei, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra.

2. S. Joann., cap. I, 12, 13. Dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in nomine ejus, qui… ex Deo nati sunt. Et verbum caro factun est, et habitavit in nobis.

2007-52. La Crèche du Mesnil-Marie, version 2007.

Vendredi 28 décembre 2007.

Le jour de la fête de la Nativité de Notre-Seigneur est passée, mais les grandes fêtes de l’année liturgique sont continuées par un octave : c’est à dire qu’elles sont célébrées pendant huit jours consécutifs qui gardent le même degré solennel de célébration. Nous sommes donc pleinement dans la joie de Noël et, comme je vous avais promis des photos de notre crèche, il est donc tout à fait opportun que je vous permette de « profiter » – même à distance – de cette représentation qui enchante tous ceux qui viennent dans notre oratoire, et qui sert de support à notre contemplation en ces jours marqués par la méditation du grand mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu.

Voici tout d’abord la mise en place de la « géographie » des lieux : le ciel de Bethléem et les reliefs dans lesquels la sainte grotte va trouver sa place (cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand):

7lecielestenplace.jpg       dsc00055.jpg

Je dois aussi vous donner une précision d’ordre « technique »: la longueur totale de la crèche est de 3,50m (elle occupe presque toute la longueur de l’oratoire sur le côté de l’Evangile), la taille des personnages debouts est de 12cm.

imgp3459.jpg

Frère Maximilien a ramené de Rome ces personnages qui sont vraiment charmants.  Après beaucoup de travail, la crèche a été mise en place dans l’après-midi du 24 décembre et a été dûment bénite par Monsieur l’Abbé avant le dîner qui a précédé notre départ pour la veillée de Noël et la Messe de Minuit. 

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Que la paix et la joie annoncées par les Anges dans la Sainte Nuit soient dans vos coeurs et dans vos familles! Que le coeur de tous les hommes de « bonne volonté » soit touché par la grâce et que l’Amour du Dieu Sauveur règne sur toute la terre… Ainsi soit-il!

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 28 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Prières simples devant la Crèche.

Voici deux courtes prières dont le ton peut paraître très « enfantin »… mais ne devons-nous pas tous retrouver un coeur d’enfant en face du mystère qui nous est présenté dans la Crèche?
Le premier texte nous a été transmis oralement, il y a une vingtaine d’années, par une vieille demoiselle de Marseille qui arrivait allègrement aux cent ans avec une incroyable jeunesse de coeur, et qui avait appris cette prière tout enfant sur les genoux de sa grand’mère.
Le second texte est la prière traditionnelle des louveteaux catholiques.

* * * * * * *

Petit Jésus de Bethléem,
Je vous adore et je vous aime;

Petit Jésus, petit Agneau,
Prenez mon coeur pour berceau;

Petit Jésus, petit Enfant,
Rendez mon coeur obéissant;

Petit Jésus, grand Roi d’Amour,
Prenez mon coeur pour toujours!

* * * * * * *

Ô Saint Enfant Jésus,
nous Vous donnons notre coeur tout entier:
remplissez-le de vos vertus et apprenez-nous à Vous ressembler.
Nous voulons suivre votre exemple de notre mieux
et ainsi, avec l’aide de Marie, votre très douce Mère,
croître en sagesse comme en âge.

Ainsi soit-il!

l'Adoration des Anges

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous | le 25 décembre, 2007 |5 Commentaires »

2007-51. Texte de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix pour aider à entrer dans le mystère de la Nativité.

Guirlande de houx

extrait de l’opuscule rédigé par Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) et intitulé

 « Le Mystère de Noël »

« L’étoile nous conduit à la crèche, nous y trouvons l’Enfant Dieu qui porte la paix au monde. De multiples images nous reviennent à l’esprit à ces mots de : Noël ! toutes celles par lesquelles l’art chrétien a essayé de traduire ce mystère de douceur.

Cependant le ciel et ta terre restent encore bien distincts. Aujourd’hui comme alors, l’étoile de Bethléem brille dans une nuit obscure. Dès le second jour des fêtes liturgiques l’Église dépose ses vêtements éclatants de blancheur, pour revêtir la couleur sanglante du martyre, et bientôt le violet en signe de deuil (1). Tout proche du Nouveau Né dans sa crèche, nous trouvons Etienne, le premier martyr qui ait suivi le Seigneur dans la mort, et les enfants innocents, odieusement massacrés.

Pourquoi cela, et que sont devenus la joie exultante que nous apportaient les anges du ciel, le bonheur silencieux de la nuit sainte, et cette paix surtout promise sur notre terre aux hommes de bonne volonté ?

C’est que, hélas ! tous les hommes ne sont pas de bonne volonté. Si le Fils du Père Eternel est descendu des splendeurs du ciel, c’est que le mystère du mal avait couvert la terre de sa nuit.

Car les ténèbres couvraient la terre, et Il est venu comme la lumière qui brille dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas reçu. À tous ceux qui L’ont reçu Il a donné la lumière et la paix – la paix avec notre Père dans le ciel et avec tous ceux qui sont comme nous les enfants de la Lumière : les fils de Dieu. Ceux-là connaissent la paix profonde du cœur. Mais entre eux et les enfants des ténèbres il n’y a pas de paix, car à ceux-ci le Prince de la Paix a porté le glaive et Il est devenu pour eux une pierre d’achoppement. S’ils se jettent contre Lui, ils seront brisés à jamais !

C’est là une dure et grave leçon en vérité que le charme ravissant de l’Enfant de la crèche ne doit pas dérober à notre vue. Car le mystère de l’Incarnation et le mystère du mal sont étroitement liés. Devant cette lumière descendue du ciel, la nuit du péché serait plus noire et plus épaisse encore.

Cependant l’Enfant dans sa crèche étend ses mains vers nous et son sourire semble nous dire comme le feront plus tard ses paroles d’homme : « Venez à Moi vous qui souffrez et ployez sous la charge ».

Les pauvres bergers ont répondu à cet appel. Ils ont vu l’éclat du ciel lumineux, ils ont entendu la voix des anges leur annonçant la bonne nouvelle, ils se sont mis en route avec confiance, se disant les uns aux autres : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé…»

Les mages sont venus du lointain pays d’Orient, ils ont vu l’étoile merveilleuse, ils l’ont suivie, ils ont cru sans réserve, humblement, et des mains de l’Enfant ils ont reçu la rosée de la grâce et ils se sont réjouis « d’une grande joie ».

Ces mains de l’Enfant – elles prennent et donnent en même temps !

Aux sages elles dérobent leur sagesse, et voilà qu’ils deviennent simples comme des enfants ; aux rois, elles ôtent leurs couronnes et leurs trésors, et les voilà prosternés devant le Roi des rois, acceptant sans hésiter de prendre leur part de souffrances et de travaux à son service ; aux enfants trop petits pour rien donner librement, ces mains prennent leur vie fragile, à peine ébauchée, et les voilà offerts en holocauste au Maître de la vie.

Car les mains de l’Enfant et plus tard les lèvres du Seigneur, lancent un même appel : « Viens, suis-moi ».

À ces mots, Jean, le disciple bien-aimé, que nous trouvons aussi près de la crèche, est venu, quittant son père et sa barque, sans demander « pourquoi ? » ni « comment ? », il a donné au Seigneur son cœur pur d’enfant et il L’a suivi jusqu’au bout, jusqu’au Golgotha.

« Suis-moi! » ; c’est la parole qu’entendit Étienne, le jeune disciple, et il suivit le Maître dans le combat contre les puissances des ténèbres, contre l’aveuglement obstiné des endurcis. Il porta témoignage par sa parole, puis scella ce témoignage dans son sang. Du Sauveur il reçut l’Esprit d’amour, cet Esprit qui fait haïr le péché mais aimer les pécheurs, et au seuil de la mort il pria Dieu pour ses assassins.

Ce sont des figures de lumière que nous rencontrons, agenouillées près de la crèche, les petits innocents dans leur tendre enfance, les bergers fidèles, les rois conquérants, Étienne, l’ardent disciple, et Jean, l’apôtre bien-aimé ; tous ont répondu à l’appel du Seigneur.

Contre eux, se dressent dans la nuit d’un endurcissement incroyable et incompréhensible: les « savants », ceux qui auraient pu nous dire exactement les lieux et la date de la naissance du Sauveur du monde, sans déclarer pour autant : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé… » ; le roi Hérode qui voulut tuer le Maître de la vie, et bien d’autres encore.

Car devant l’Enfant de la crèche les esprits sont mis à nu. Il est le Roi des Rois. Il domine sur la vie et sur la mort, Il dit « Viens, suis-moi » et celui qui n’est pas avec Lui est contre Lui. Mais Il le dit pour nous aussi et nous place chacun devant ce choix entre la lumière et les ténèbres. »

(1) Note : Avant le code des rubriques de 1962, la fête des Saints Innocents à laquelle Sainte Thérèse-Bénédicte fait ici référence, se célébrait en violet.

Lanterne de Noël

Publié dans : Textes spirituels | le 24 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

2007-50. Princesse et carmélite : la vénérable Thérèse de Saint-Augustin.

Dimanche 23 décembre 2007.

Le 23 décembre 1787, il y a donc très exactement 220 ans en ce 23 décembre 2007, s’éteignait au Carmel de Saint-Denys, la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, qui avait été dans le siècle Madame Louise-Marie de France, dernière fille de Sa Majesté le Roi Louis XV.

Elle était née à Versailles le 5 juillet 1737. Envoyée très jeune pour son éducation à l’Abbaye royale de Fontevraud, avec les trois autres princesses nées avant elle, elle revint à la Cour en 1750, mais elle y restera toujours une princesse à part, fuyant le monde, cherchant réconfort et courage dans une vie de piété sincère et profonde.
Elle parvint à éviter plusieurs mariages et, en 1770,
à la stupéfaction générale, Louise obtint de son père l’autorisation de se faire religieuse et d’entrer au Carmel : elle choisit le monastère qui avait la réputation d’être le plus pauvre et le plus rigoureux du Royaume, celui de Saint-Denys, tout proche de la nécropole royale.
Cette phrase qu’on lui attribue : « Moi carmélite, et le Roy tout à Dieu! », est le témoignage d’une volonté et d’une détermination sans faille. Louise se fit religieuse dans l’intention de racheter par son sacrifice l’âme pécheresse de son père.

Maxime Le Boucher - 1822 - Louis XV rendant visite à Madame Louise au Carmel

Louis XV rendant visite à sa fille, Mère Thérèse de Saint-Augustin, au Carmel de Saint-Denys.
(tableau de Maxime Le Boucher – 1822)

Elle reçut l’habit le 10 octobre 1770 avec le nom de Soeur Thérèse de Saint-Augustin, prononça ses vœux le 12 septembre de l’année suivante et s’épanouit pleinement dans cette vie de solitude et d’austérité.
Elle fut élue prieure dès 1773, tâche qu’elle remplit avec zèle et fruit pendant six ans. Elle fut réélue en 1785 et son priorat fut interrompu par la mort, le 23 décembre 1787.
Ses derniers mots – dignes d’une fille de France qui avait aimé les courses à cheval, furent : « Au paradis ! Vite ! Au grand galop! »

Les carmélites de Saint-Denys furent persuadées, au vu de la brusque maladie qui l’emporta, que leur sainte Prieure avait été empoisonnée par les ennemis de l’autel et du trône qui oeuvraient dès ce moment-là et préparaient la grande révolution.

Sa cause de béatification fut instruite au XIXème siècle et aboutit à la proclamation de ses vertus héroïques par le Bienheureux Pie IX, en 1873 : dès lors elle fut invoquée comme « vénérable ».
Le procès, un temps en sommeil, fut repris en 1985 selon les nouvelles normes en vigueur et aboutit à une seconde déclaration des vertus héroïques, le 18 décembre 1997. Le Saint-Siège a affirmé solennellement dans ce nouveau décret que Louise de France “a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque et s’est battue avec force contre le gallicanisme”, nous pourrions ajouter qu’elle a lutté avec les armes spirituelles propres à son état, mais aussi avec l’influence qu’elle gardait à la Cour, contre la Franc-Maçonnerie et la prétendue « philosophie des lumières ».

On peut lire sur le site du « Carmel en France », une biographie plus détaillée de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin et quelques textes spirituels rédigés par elle (cf. www).

Nous publions également ci-dessous une prière pour obtenir des grâces par son intercession, en vue de sa béatification.

« O Dieu, notre Père, qui avez établi Roi des nations Votre Fils bien-aimé, Jésus-Christ Notre-Seigneur ; à la prière de sa mère la Vierge Marie, Reine et Beauté du Carmel, accordez à votre Eglise de recevoir comme modèle la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin - Madame Louise de France – en confirmant la sainteté de sa vie par les grâces que nous demandons par son intercession (…) .
A sa prière et par ses mérites, enseignez-nous la pratique de l’Evangile ; inspirez aussi aux responsables politiques les mesures sages qui favoriseront le bien des peuples ; développez en nous le zèle et l’ardeur dans le combat quotidien contre les forces du mal ; et donnez-nous de suivre ses exemples de ferveur et de vertu pour marcher à la suite du Christ notre Roi. Ainsi soit-il. »

Publié dans : Nos amis les Saints, Prier avec nous, Vexilla Regis | le 23 décembre, 2007 |2 Commentaires »
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