2009-20. De quelques cérémonies particulières à nos contrées pour célébrer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Vendredi de Pâques 17 avril 2009.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a huit jours, tous les fidèles de l’Eglise catholique célébraient le Vendredi Saint, au plein coeur des célébrations du mystère rédempteur. Je profite de ce vendredi de Pâques pour vous adresser une sorte de mini reportage sur quelques cérémonies particulières auxquelles notre Frère Maximilien-Marie a pu se rendre.
Au passage, je fais remarquer que le Mesnil-Marie est implanté dans un diocèse où les dispositions édictées par les Souverains Pontifes Jean-Paul II et Benoît XVI en faveur de la liturgie latine traditionnelle, appelée aussi « forme extraordinaire du rite romain », ne sont pas mises en oeuvre et que pour assister aux offices célébrés selon le missel classique il faut  se rendre dans les diocèses voisins…

Ainsi le Jeudi Saint, pour la Sainte Messe vespérale commémorant l’institution de la Sainte Eucharistie et du sacerdoce, notre Frère était-il au Puy-en-Velay.
Je ne vous parlerai cependant pas de cette Messe, mais de la procession des Pénitents Blancs qui se déroule à la nuit tombée dans les rues de la cité médiévale.

Les confréries de pénitents étaient autrefois très nombreuses, en France et dans toute la chrétienté, mais beaucoup ont disparu. Les Pénitents Blancs du Puy ont été fondés en 1584, par la réunion de plusieurs anciennes confréries, et à l’heure actuelle ils sont une cinquantaine à continuer les belles traditions qu’ils ont héritées des précédentes générations (on peut se reporter à leur site officiel, ici > www).

Pénitents blancs du Puy, procession du Jeudi Saint au soir

La procession du Jeudi Saint a un caractère tout particulier : une fois que la Messe de la Sainte Cène est achevée et que le Très Saint-Sacrement a été déposé au reposoir de la cathédrale, les pénitents cagoulés – et les pieds nus pour certains – portent, selon un rituel  et dans un ordre très anciens, des représentations des objets de la Passion  : ce sont les  instruments des divers supplices endurés par Notre-Seigneur tels que les clous, les fouets, la couronne d’épines… etc., mais aussi les représentations d’autres objets tels que le calice de la Sainte Agonie, la tunique sans couture, le voile de Sainte Véronique, l’aiguière de Pilate… etc.
L’un des pénitents est chargé d’une grande et lourde croix. Au milieu d’eux, revêtu de la chape rouge, le prêtre porte une relique de la Sainte Croix.
La procession part de la chapelle des Pénitents et parcourt six stations qui permettent de méditer sur les évènements de la nuit du Jeudi au Vendredi Saints : Sainte Agonie, arrestation, comparution devant le Sanhédrin, reniement de Pierre, outrages reçus dans le palais des grands prêtres et enfin – au petit matin – la comparution devant Pilate. La procession rentre alors dans la cathédrale et les fidèles peuvent vénérer la grande croix de bois portée par les confrères.

Procession des Pénitents blancs : arrivée à la cathédrale

Le Vendredi Saint, Frère Maximilien-Marie est allé en pèlerinage à Burzet : ce village niché dans les Cévennes vivaroises, est connu pour son grand chemin de Croix.

Au XIVème siècle déjà, des documents faisaient mention d’une procession qui se déroulait dans le village le Vendredi Saint et au cours de laquelle un paroissien tenait la place de Notre-Seigneur.
Sur l’un des sommets qui domine le village, ont été dressées les trois croix d’un Calvaire et, le long du parcours d’une antique voie romaine qui serpente sur les flancs de cette montagne escarpée, trente deux stations ont été érigées pour méditer sur les circonstances de la Passion, depuis la Cène jusqu’aux évènements qui suivirent la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

départ de la procession du Vendredi Saint.

Soixante figurants costumés se transmettent, de génération en génération, les « rôles » des principaux protagonistes du drame du Vendredi Saint. Il ne s’agit pas d’une représentation théâtrale mais d’une figuration, héritière des « mistères » du Moyen-Age, destinée à aider tous les pèlerins à mieux intérioriser les dernières heures de la vie du Sauveur.
La procession, suivie par plusieurs centaines de fidèles, quitte l’église et s’achemine, pendant près de deux heures et demi de méditation, de prière et de chants, jusqu’au sommet du Calvaire.

Nous sommes maintenant dans la joie de la Résurrection de Notre-Seigneur : c’est dans cette lumière de Pâques que nous contemplons les évènements de la Passion et que nous rendons grâces à Dieu pour les merveilles de son Amour miséricordieux. De la part de tous les habitants du Mesnil-Marie, je vous souhaite donc un beau et saint temps pascal au cours duquel vous puissiez croître dans la ferveur et la reconnaissance envers le Coeur de Celui « qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour » (paroles de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie).

Lully.

nika

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia | le 17 avril, 2009 |Pas de Commentaires »

2009-19. Saint Jean-Marie Vianney, modèle pour tous les prêtres aujourd’hui…

Mercredi de Pâques, 15 avril 2009.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les mauvais procès qui ont été faits – en France d’une manière toute particulière – à notre Saint-Père le Pape Benoît XVI (cf. > ici), et les polémiques qu’on a soulevées contre certains de ses propos ou mesures de gouvernement ont totalement occulté, même dans les milieux catholiques, un très important discours prononcé par le Souverain Pontife il y a un mois, le 16 mars 2009, devant les participants à la séance plénière de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire le « ministère » du saint-Siège chargé de tout ce qui touche à la fonction et à la formation du clergé catholique, mais aussi de la formation religieuse des fidèles, selon les paragraphes 93 à 98 de la Constitution Apostolique « Pastor Bonus »,  de 1984).

Le texte de ce discours se trouve disponible en italien, en anglais, en espagnol et en portugais sur le site du Saint-Siège (cf. > ici), mais pas en français, ou du moins pas encore au moment où j’écris!!!
De ce fait – à ma connaissance – on n’en a trouvé que de très courts extraits dans certains organes de presse écrite ou électronique. Aussi ai-je demandé à une amie qui parle très bien l’italien (et que je remercie chaleureusement au passage), de m’en faire la traduction afin que je puisse le publier ici : vous le constaterez par vous-mêmes, ce texte mériterait d’être dans les mains de tous les prêtres et évêques de France, pour qu’ils le mettent très exactement en application

On notera que le Souverain Pontife insiste une nouvelle fois pour rappeler que le second concile du Vatican doit être reçu et interprété en continuité avec toute la Tradition doctrinale et spirituelle des siècles précédents. On appréciera le rappel de l’importance de l’habit distinctif dont les prêtres doivent être revêtus. On se réjouira de voir mis en valeur, à l’occasion d’une « année sacerdotale spéciale », les exemples de Saint Jean-Marie Vianney, alors que justement, au cours des dernières décennies, j’ai entendu à plusieurs reprises des prêtres – et même des évêques – affirmer que le saint curé d’Ars était « dépassé » et que les prêtres de notre époque ne pouvaient en aucune manière considérer qu’ils devaient être les « hommes de l’autel et du confessionnal » comme l’avait été Saint Jean-Marie Vianney!!!

N’oublions pas de porter d’une manière très spéciale notre Saint-Père le Pape Benoît XVI dans nos prières en ce 16 avril, jour de son 82ème anniversaire, et le 19 avril, quatrième anniversaire de son élection au Souverain Pontificat : grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné en lui un Pasteur selon son coeur!

Frère Maximilien-Marie.

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Châsse dans laquelle est exposé le corps incorrompu de Saint Jean-Marie Vianney (basilique d'Ars)

Messieurs les Cardinaux,

Frères vénérés dans l’Episcopat et dans le Sacerdoce !

Je suis heureux de pouvoir vous accueillir en audience extraordinaire, à la veille de mon départ pour l’Afrique, où je me rendrai pour remettre l’Instrumentum laboris* de la deuxième assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, qui se tiendra ici à Rome au mois d’octobre prochain. Je remercie le préfet de la Congrégation, Monsieur le cardinal Cláudio Hummes, pour les paroles cordiales à travers lesquelles il a interprété les sentiments communs. Avec lui je vous salue tous, supérieurs, officials et membres de la Congrégation, avec une âme reconnaissante pour tout le travail que vous accomplissez au service d’un secteur si important de la vie de l’Eglise.

Le thème que vous avez choisi pour cette assemblée plénière – « L’identité missionnaire du sacerdoce dans l’Eglise, comme dimension intrinsèque de l’exercice des tria munera**» – donne lieu à certaines réflexions pour le travail de ces jours-ci et pour les fruits abondants que celui-ci portera certainement. Si l’Eglise tout entière est missionnaire et si chaque chrétien, en vertu du Baptême et de la Confirmation, quasi ex officio (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, N°1305) reçoit le mandat de professer publiquement la foi, le sacerdoce ministériel, également de ce point de vue, se distingue ontologiquement et non seulement en vertu du degré, du sacerdoce baptismal, appelé également sacerdoce commun. En effet, le premier est constitué par le mandat apostolique : «Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création» (Marc XVI, 15). Un tel mandat n’est pas, nous le savons, une simple fonction confiée à des collaborateurs ; ses racines sont plus profondes et doivent être recherchées beaucoup plus loin.

La dimension missionnaire du sacerdoce naît de sa configuration sacramentelle au Christ Tête : elle porte en elle, comme conséquence, une adhésion cordiale et totale à ce que la tradition ecclésiale a identifié comme l’apostolica vivendi forma***. Celle-ci consiste dans la participation à une «vie nouvelle» sur le plan spirituel, à ce «nouveau style de vie», qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui a été celui des apôtres. En vertu de l’imposition des mains de l’évêque et de la prière de consécration de l’Eglise, les candidats deviennent des hommes nouveaux, deviennent «prêtres». Dans cette lumière, il apparaît clairement que les tria munera** sont tout d’abord un don et seulement par la suite une fonction, d’abord une participation à une vie, et donc une potestas****. Certes, la grande tradition ecclésiale a, à juste titre, séparé l’efficacité sacramentelle de la situation existentielle concrète du prêtre, et ainsi, les attentes légitimes des fidèles ont été sauvegardées de façon adéquate. Mais cette juste précision doctrinale n’ôte rien à la tension nécessaire, et même indispensable, vers la perfection morale, qui doit habiter tout cœur authentiquement sacerdotal.

Précisément, pour favoriser cette tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend avant tout l’efficacité de leur ministère, j’ai décidé de proclamer une «année sacerdotale» spéciale, qui se tiendra du 19 juin prochain au 19 juin 2010. Nous célébrons en effet le 150e anniversaire de la mort du saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, véritable exemple de pasteur au service du troupeau du Christ. Il incombera à votre Congrégation, en accord avec les évêques diocésains et les supérieurs des Instituts religieux, de promouvoir et de coordonner les diverses initiatives spirituelles et pastorales qui sembleront utiles pour faire comprendre toujours plus l’importance du rôle et de la mission du prêtre dans l’Eglise et dans la société contemporaine.

La mission du prêtre, comme le souligne le thème de l’assemblée plénière, se déroule «dans l’Eglise». Une telle dimension ecclésiale, de communion, hiérarchique et doctrinale est absolument indispensable pour toute mission authentique, et en garantit seule l’efficacité spirituelle. Les quatre aspects mentionnés doivent être toujours reconnus comme intimement liés : la mission est «ecclésiale» car personne n’annonce ni n’apporte soi-même, mais dans et à travers son humanité, chaque prêtre doit être bien conscient d’apporter un Autre, Dieu lui-même, au monde. Dieu est l’unique richesse que, en définitive, les hommes désirent trouver dans un prêtre. La mission est une mission «de communion», car elle se déroule dans une unité et une communion dont les aspects importants de visibilité sociale ne sont que secondaires. Ceux-ci, d’autre part, découlent essentiellement de l’intimité divine dont le prêtre est appelé à être l’expert, pour pouvoir conduire, avec humilité et confiance, les âmes qui lui sont confiées à la même rencontre avec le Seigneur. Enfin, les dimensions «hiérarchique» et «doctrinale» suggèrent de répéter l’importance de la discipline (le terme est lié à celui de «disciple») ecclésiastique et de la formation doctrinale, et non seulement théologique, initiale et permanente.

La conscience des changements sociaux radicaux des dernières décennies doit pousser les meilleures énergies ecclésiales à soigner la formation des candidats au ministère. En particulier, elle doit encourager la constante sollicitude des pasteurs envers leurs premiers collaborateurs, tant en cultivant des relations humaines véritablement paternelles, qu’en se préoccupant de leur formation permanente, en particulier sous le profil doctrinal et spirituel. La mission plonge ses racines de façon spéciale dans une formation correcte, développée en communion avec la Tradition ecclésiale ininterrompue, sans césure ni tentation de discontinuité. Dans ce sens, il est important de favoriser chez les prêtres, en particulier chez les jeunes générations, un accueil correct des textes du Concile œcuménique Vatican II, interprétés à la lumière de tout le bagage doctrinal de l’Eglise. Il apparaît également urgent de récupérer la conscience qui pousse les prêtres à être présents, identifiables et reconnaissables tant à travers leur jugement de foi, qu’à travers les vertus personnelles ou encore l’habit, dans les domaines de la culture et de la charité, depuis toujours au cœur de la mission de l’Eglise.

En tant qu’Eglise et en tant que prêtres, nous annonçons Jésus de Nazareth notre Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité, Souverain du temps et de l’histoire dans l’heureuse certitude que cette vérité coïncide avec les attentes les plus profondes du cœur humain. Dans le mystère de l’incarnation du Verbe, c’est-à-dire dans le fait que Dieu s’est fait homme comme nous, réside aussi bien le contenu que la méthode de l’annonce chrétienne. La mission trouve ici son véritable moteur : dans Jésus Christ, précisément. Le caractère central du Christ porte en lui la juste valorisation du sacerdoce ministériel, sans lequel il n’y aurait ni l’Eucharistie, ni encore moins la mission ou l’Eglise elle-même. Dans ce sens, il est nécessaire de veiller afin que les «nouvelles structures» ou organisations pastorales ne soient pas pensées pour une époque où l’on devrait «se passer» du ministère ordonné, en partant d’une interprétation erronée de la juste promotion des laïcs, car dans ce cas, on poserait les conditions pour une dilution supplémentaire du sacerdoce ministériel et les éventuelles « solutions » présumées coïncideraient de façon dramatique avec les causes réelles des problématiques contemporaines liées au ministère.

Je suis certain que ces jours-ci, le travail de l’assemblée plénière, sous la protection de la Mater Ecclesiae, pourra approfondir ces brèves réflexions que je soumets à l’attention de messieurs les cardinaux, des archevêques et évêques, en invoquant sur tous d’abondants dons célestes, en signe desquels je vous donne, ainsi qu’aux personnes qui vous sont chères, une Bénédiction apostolique spéciale et affectueuse.

* * * * * * *

* Instrumentum laboris = document de travail.
** Tria munera = les trois charges qui incombent au sacerdoce (annoncer, sanctifier, rassembler).
*** Apostolica vivendi forma = manière de vivre comme les Apôtres.
**** Potestas = un pouvoir.

2009-18. A l’entrée du Triduum Sacré…

Mercredi Saint 8 avril 2009 au soir.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous entrons ce soir dans le grand recueillement du Triduum Sacré.  Je me hâte de vous adresser quelques mots, car de toute évidence je n’aurai pas beaucoup de temps pour le faire dans les jours qui viennent…

Dès le début de cette chronique je vous souhaite donc de ferventes et très belles fêtes pascales, et je forme des voeux pour que de très abondantes grâces et bénédictions célestes vous soient accordées, à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

En notre « Mesnil-Marie« , nous nous sommes bien rendus compte que Frère Maximilien-Marie préparait des choses inhabituelles : la semaine dernière, par exemple, s’étant absenté toute une journée, il est revenu avec des brassées de branches d’olivier (nous, les chats, nous aimons bien l’odeur des oliviers!), qu’il a chargées dans la voiture dimanche dernier pour partir à la Sainte Messe. Il en est rentré beaucoup plus tard que d’habitude et il n’en ramenait plus qu’une dizaine : il en a fixé à toutes les croix de la maison en nous expliquant que ces petites branches étaient désormais bénites et que – selon l’oraison récitée par le prêtre à la conclusion de la procession solennelle des rameaux – elles sont des canaux de la bénédiction et de la protection de Dieu dans les lieux où elles sont placées. Il a aussi accroché à la porte d’entrée de notre maison une palme bénite.

Palme bénite à la porte du Mesnil-Marie

Frère Maximilien-Marie nous a raconté qu’en rentrant du Puy (c’est là qu’il doit se rendre pour assister à la Sainte Messe latine traditionnelle), ce dimanche 5 avril, il a fait un petit détour par le Mont Gerbier de Joncs et il nous a parlé des congères  encore impressionnantes qui subsistent sur ces hauts plateaux qui ne sont qu’à quelques kilomètres de chez nous.

Dieu merci, il n’y a plus de neige au « Mesnil-Marie« ! Le printemps s’installe et nous nous émerveillons en voyant chaque jour les développements de la végétation : aussi permettez-moi de vous offrir deux clichés pris aujourd’hui même juste à côté de notre maison (cliquez sur les vignettes pour voir les images en grand) : que ces pensées et ces tulipes sauvages vous apportent un peu de la joie que nous avons à vivre en une si belle contrée.

De belles pensées au Mesnil-Marie               Tulipes sauvages

Tous ces derniers jours, Frère Maximilien-Marie a continué – en portant une attention scrupuleuse au calendrier lunaire – à planter des bulbes et des rhizomes, à semer de petites graines, à transplanter de jeunes pousses… Avec Chlôris, nous le suivons partout et nous regardons avec curiosité ces travaux de jardinage. J’avoue que nous nous sommes parfois faits gronder parce que nous nous mettions à creuser à l’endroit où il venait d’enterrer quelque chose… nous ne voulions pourtant pas faire de mal!

Il y a eu aussi un très gros travail de débroussaillage qui a été accompli sur les « chambas » (c’est ainsi qu’on nomme ici les champs en terrasse étagés à flanc de montagne) qui sont au dessus de la maison. Et le 31 mars en fin de journée, en l’honneur du retour de Chlôris, il y a eu la plantation de deux arbres : un saule doré et un érable pourpre qui ont respectivement reçu les noms de… Chlôris et Lully!

Chlôris va de mieux en mieux

Ainsi que vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, Chlôris semble en bien meilleure forme : elle me charge de remercier tous ceux qui lui ont témoigné sollicitude et attention pendant sa maladie. C’est une convalescente, qui a besoin de beaucoup de repos, mais je puis vous assurer qu’elle a retrouvé un excellent appétit : tellement excellent qu’elle ne résiste pas à la tentation de venir manger dans mon bol après avoir terminé sa propre ration!!!

Frère Maximilien-Marie a aussi entrepris d’aménager un accès à la maison en partant directement de l’aire de stationnement aménagée en bord de route (comparez les photos qui vont suivre avec ce qui a été publié ici > www). Le talus qui se trouve en dessous de la béalière a été ratissé et égalisé, ensemencé et arrosé ; mais surtout Frère Maximilien-Marie y a construit un escalier rustique très pratique. Plus tard, une seconde tranche de travaux consistera à aménager un passage pour faciliter l’ascension du rocher en surplomb de la béalière, ce rocher sur lequel le « Mesnil-Marie » est construit.

L'escalier rustique vu du parking               L'escalier rustique vu d'en haut

Mais il est bien temps que j’achève ma chronique : il est en effet l’heure de rejoindre Frère Maximilien-Marie pour réciter l’office des ténèbres du Jeudi Saint. Encore une fois, je vous souhaite de belles et surtout très ferventes fêtes pascales.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 8 avril, 2009 |4 Commentaires »

2009-17. Qu’est-ce que l’ Heure Sainte?

La pratique de l’Heure Sainte a été enseignée à Sainte Marguerite-Marie, au XVIIème siècle, à Paray-le-Monial, par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même en ces termes :

« Toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j’ai bien voulu sentir au jardin des Olives ; laquelle tristesse te réduira, sans que tu la puisses comprendre, à une espèce d’agonie plus rude à supporter que la mort. Et pour m’accompagner dans cette humble prière que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit, pour te prosterner une heure avec moi, la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère, en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon, l’amertume que je sentais à l’abandon de mes apôtres, qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure tu feras ce que je t’enseignerai. »

Les caractères propres de l’Heure Sainte ont donc été parfaitement définis par Jésus Lui-même : il s’agit d’un exercice de dévotion dans lequel,

a) pendant une heure,
b) par l’oraison mentale et par des prières vocales,
c) on s’unit aux tristesses que Jésus ressentit lors de la Sainte Agonie,
d) on implore miséricorde pour les pauvres pécheurs,
e) on cherche à apaiser la justice divine,
f) et on console le Sauveur de l’ingratitude et de l’abandon des siens.

L’Heure Sainte ne doit donc pas être confondue avec l’adoration du Saint-Sacrement :  son objet propre c’est le mystère de Gethsémani, et pas directement la Sainte Eucharistie.
Même si on peut avoir du profit à la pratiquer à l’église, devant le tabernacle ou devant le Saint-Sacrement exposé, cela n’est pas du tout une condition obligatoire : Sainte Marguerite-Marie la faisait dans sa cellule, prosternée à terre devant son Crucifix, et non dans la chapelle du monastère ou dans un oratoire.

L’Heure Sainte se distingue aussi de l’adoration parce qu’elle est un temps de supplications et d’intercessions adressées au Père céleste pour obtenir la conversion et le salut des pécheurs ; et c’est aussi un temps consacré à des prières de réparation adressées à Notre-Seigneur Jésus-Christ pour le dédommager de la solitude amère dans laquelle l’ont laissé ceux qui eussent dû veiller une heure avec lui et s’étaient assoupis au lieu de l’entourer et de le soutenir par la ferveur de leur amour.

Notre-Seigneur demandait à Sainte Marguerite-Marie de la faire toutes les nuits du jeudi au vendredi de onze heures à minuit (mais il exigeait qu’elle ait pour cela la permission de sa supérieure).
Si l’on peut, sans dommage pour sa santé ou pour son devoir d’état, faire l’Heure Sainte de la même manière, c’est évidemment très bien. Cependant la Sainte Église, dans sa prudence et sa sagesse et pour permettre à davantage de fidèles de la pratiquer, a permis qu’on puisse la faire à un moment plus avancé de la soirée.

Les Papes ont encouragé sa pratique et ils ont élevé la « Confrérie de l’Heure Sainte » au rang d’archiconfrérie, qu’ils ont enrichie de précieuses indulgences : les membres de l’archiconfrérie peuvent ainsi obtenir une indulgence plénière chaque fois qu’ils font l’Heure Sainte (selon les conditions habituelles).
Les personnes qui veulent faire partie de « l’Archiconfrérie de l’Heure Sainte » doivent se faire connaître au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial. Les registres où sont inscrits les noms des associés sont conservés dans la cellule de Sainte Marguerite-Marie, convertie en oratoire.

Certaines personnes se sont demandées comment Notre-Seigneur pouvait être consolé dans son agonie par des prières de réparation et d’amour faites par des âmes vivant sur terre plusieurs siècles après l’évènement de Gethsémani. Le Pape Pie XI, dans son encyclique « Miserentissimus Redemptor«  (du 8 Mai 1928, on en trouvera le texte complet ici > www), consacrée au devoir de réparation que l’on doit au Coeur de Jésus, a expliqué :
« Ce sont les péchés et les crimes des hommes commis en n’importe quel temps qui ont causé la mort du Fils de Dieu ; ces mêmes fautes, maintenant encore, sont de nature à causer la mort du Christ, dans les mêmes douleurs et les mêmes afflictions, puisque chacune d’elles est censée renouveler à sa manière la Passion du Seigneur (…). Que si, à cause de nos péchés futurs, mais prévus, l’âme du Christ devint triste jusqu’à la mort, elle a sans nul doute, recueilli quelque consolation, par prévision aussi, de nos actes de réparation alors « qu’un ange venant du ciel lui apparut » (Luc XXII, 43), pour consoler son Cœur accablé de dégoût et d’angoisse. Ainsi donc, ce Cœur Sacré incessamment blessé par les péchés des ingrats, nous pouvons maintenant et même nous devons le consoler d’une manière mystérieuse mais cependant réelle ».

L'Agonie de Notre-Seigneur à Gethsémani

Pour terminer cette présentation, citons encore les paroles de Notre-Seigneur à Sa confidente de Paray-le-Monial au sujet de sa Sainte Agonie :

« C’est ici où j’ai plus souffert intérieurement qu’en tout le reste de ma Passion, me voyant dans un délaissement général du Ciel et de la terre, chargé de tous les péchés des hommes. J’ai paru devant la sainteté de Dieu qui, sans égard à mon innocence, m ‘a froissé en sa fureur, me faisant boire le calice qui contenait tout le fiel et l’amertume de sa juste indignation ; comme s’il eût oublié le nom de Père, pour me sacrifier à sa juste colère. Il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors. C’est cette même douleur que l’âme criminelle ressent, lorsqu’elle paraît devant le tribunal de la Sainteté divine qui s’appesantit sur elle, la froisse et l’opprime et l’abîme en sa juste rigueur. »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

2009-16. Est-ce un « miracle »?

Mardi 31 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Il y a une semaine exactement (cf.> www), je vous écrivais pour vous annoncer que notre « Mesnil-Marie« connaissait de vives inquiétudes pour Chlôris, notre petite archiduchesse…

Le premier vétérinaire consulté l’avait condamnée et nous avait annoncé qu’il n’y avait plus rien à faire. Poussé par plusieurs de nos amis, Frère Maximilien-Marie l’a emmenée chez un autre docteur dont le diagnostic n’était pas plus optimiste, mais qui a décidé de tenter le tout pour le tout : notre minette, qui avait visiblement une très forte jaunisse, fut immédiatement perfusée et gardée en clinique vétérinaire avec un traitement très fort… Pendant toute la semaine dernière, nous sommes vraiment restés dans l’inquiétude et dans l’incertitude ; le docteur ne cessait de dire à Frère Maximilien-Marie : « Je ne veux pas vous donner de faux espoirs car les chances de la sauver sont infimes, mais au moins nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir non pas à proprement parler pour la guérir mais pour lui donner la capacité de reprendre elle-même le pas sur la maladie…« 

De nombreux amis ont prié pour elle, en invoquant particulièrement les saints qui ont aimé les animaux: Saint François d’Assise auquel on pense très spontanément bien sûr, mais aussi Saint Roch (voir ici> www), très puissant contre les maladies,  la Bienheureuse Kateri Tekakwitha, Sainte Gertrude de Nivelles, dont j’avais appris qu’elle était la céleste protectrice des chats, et Saint Philippe Néri, qui n’hésitait pas à placer une très belle petite chatte sur les gradins de l’autel quand il célébrait la Sainte Messe… Certaines « bonnes âmes » ont manifesté quelque étonnement (peut-être même un peu de scandale) en pensant que des prières étaient faites pour un animal, mais Frère Maximilien-Marie sait très bien expliquer, paroles de la Sainte Ecriture à l’appui, que le Créateur n’a de mépris pour aucune de ses créatures et que, selon l’enseignement de Saint Paul, si toute la création a été assujettie au pouvoir du mal par la faute de l’homme (cf. Rom. VIII), toutes les créatures peuvent aussi avoir part à la bénédiction du Rédempteur par l’intercession de ceux qui vivent de Sa grâce.

Bref! Les prières ont porté du fruit : samedi matin, Chlôris, qui ne s’alimentait plus depuis une semaine, a recommencé à manger et à boire d’elle-même ; dimanche soir, le vétérinaire appelait Frère Maximilien-Marie au téléphone et, pour la première fois, lui disait qu’on pouvait maintenant nourrir de légitimes espérances ; hier matin, on lui retirait la perfusion et, ce matin même – mardi 31 mars – notre archiduchesse a quitté la clinique pour notre plus grande joie! Le docteur n’a pas hésité à employer le mot « miracle » pour parler de ce rétablissement, disant à Frère Maximilien-Marie : « Je n’ai pas le sentiment d’avoir fait beaucoup, j’ai simplement donné à Chlôris les moyens qui étaient en mon pouvoir pour qu’elle prenne le dessus…« 

Certes, des analyses sont en cours, il faudra une surveillance, et il y a un petit traitement auquel Chlôris devra se soumettre dans les prochains jours, mais elle est vivante et visiblement heureuse de vivre. Voici pour vous une photo prise ce matin, à son arrivée:

Chlôris prend le soleil sur la terrasse en arrivant de la clinique

Chlôris prend le soleil sur la terrasse du « Mesnil-Marie » en rentrant de la clinique.

Il me reste à vous remercier très chaleureusement pour toute la sollicitude amicale et le soutien que vous nous nous avez apportés, à Frère Maximilien-Marie et à moi-même, au cours de ces jours passés. Je vous souhaite de bien vivre le temps de la Passion, dans lequel nous sommes entrés dimanche, et de marcher avec ferveur dans les pas du Christ Sauveur pour avoir une large part aux grâces de lumière et de consolation qu’Il communique en Sa Pâque.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 31 mars, 2009 |8 Commentaires »

2009-15 b. « Ce Pape pose un vrai problème »!!! (2ème partie).

Samedi de la quatrième semaine de carême, 28 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Dans les réflexions que je vous livrais avant-hier (cf.> www), j’ai voulu mettre en évidence combien la fidélité à la personne et aux enseignements de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne peut en définitive qu’aboutir à un conflit. Les actuelles polémiques et les contestations de plus en plus virulentes autour du Souverain Pontife et de sa parole – avec tous les mensonges et manipulations que nous avons déjà évoqués -, les remises en question de plus en plus haineuses et passionnées de l’enseignement et de la discipline de l’Eglise ne peuvent pas vraiment étonner celui qui a fait des Saints Evangiles sa nourriture.

Notre-Seigneur nous l’a dit très explicitement : « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, je vous le dis : mais la division. Car désormais, dans une seule maison, cinq seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois ; seront divisés le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère » (Luc XII, 51-53). Ou encore en Saint Matthieu : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive «  (Matth. X,34). Si l’attachement à Notre-Seigneur peut être source de conflits entre des personnes liées par le sang et par les affections les plus naturelles, à combien plus forte raison  dans les sociétés civiles…

Cette situation conflictuelle ne peut même qu’aller croissant lorsque ces sociétés ont leurs fondements et leurs références dans des « valeurs » étrangères à la Loi divine et à la loi naturelle elle-même. Ce pourquoi je n’hésite pas à dire (et à répéter de manière insistante) que, s’il n’y a pas une adhésion fondamentale de la société civile à l’esprit de l’Evangile, on arrive nécessairement à la persécution.

La persécution peut s’exercer de diverses manières, plus ou moins avouées, plus ou moins larvées, plus ou moins insidieuses. On ne vous jettera peut-être pas aux lions, on ne vous enduira peut-être pas de poix pour faire de vous des torches vivantes destinées à éclairer de somptueuses fêtes nocturnes, on ne vous soumettra peut-être pas au chevalet, au grill, aux ongles de fer et à ces mille autres raffinements de cruauté physique dont nous lisons les détails dans le martyrologe… pas tout de suite du moins. Cependant on saura bien, et de plus en plus – tantôt par la dérision, tantôt par la séduction, tantôt par des pressions et des contraintes, psychologiques ou administratives, sociétales ou médiatiques – déployer une large palette de moyens pour vous intimider ou vous contraindre. « 1984″ de Georges Orwell ou « le Maître de la terre » de Robert Hugues Benson ne sont probablement que de pâles figures de ce qui peut arriver…

Le Vicaire de Celui qui, quarante jours après sa naissance, a été  désigné comme un « signe de contradiction » (Luc II, 33), peut-il être autre chose qu’un signe de contradiction à son tour?  Alors, oui, pour reprendre l’expression de Monsieur Alain Juppé, il est dans l’ordre des choses, il est normal, il ne peut être étonnant que – pour tous ceux dont le mode de pensée, de fonctionnement et d’action relève davantage des maximes du monde que de l’Evangile – ce Pape « pose un vrai problème  » et devienne lui aussi une « pierre de scandale » : « Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement, ainsi qu’il est écrit : ‘Voici que je mets en Sion une pierre d’achoppement et une pierre de scandale ; et quiconque croit en lui ne sera point confondu’ (cf. Isaïe VIII, 14 & XXVIII, 16) » (Rom. IX, 32-33).

La royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ  ne lui est pas décernée par ce monde (il l’affirmera devant Pilate, cf. Joan. XVIII, 36) : elle ne procède pas du suffrage universel, elle n’est pas ordonnée à la logique de nos politiques. Après la multiplication des pains, Notre-Seigneur s’est dérobé à l’enthousiasme des foules qui voulaient le faire roi. Cependant il est véritablement roi et sa royauté s’exercera sur ce monde, que celui-ci le veuille ou non : « Opportet illum regnare! Il faut qu’il règne! » (1 Cor. XV, 25).  Cette royauté découle, au plus haut degré, de ses droits de Rédempteur : elle n’est pas acquise par les urnes mais par le sang. Ce n’est pas le jour de la multiplication des pains ou le dimanche des Rameaux que Jésus prend possession de son règne, mais c’est le Vendredi Saint. Si nos modernes instituts de sondage avaient interrogé ce jour-là les hiérosolymites et tous ceux qui s’étaient naguère précipités pour écouter les enseignements du « Rabbi galiléen », dans l’enthousiasme des jours faciles, avec l’espoir plus ou moins avoué de le voir faire ou d’être les bénéficiaires de ses miracles, il est bien évident que les pourcentages en sa faveur auraient été infimes. Rappelons-nous tout ce que la petite phrase des disciples d’Emmaüs recèle d’incompréhension profonde et d’amère déception : « Et nous qui espérions que ce serait lui le rédempteur d’Israël!… » (Luc XXIV, 21). Rien d’étonnant donc à ce que les foules manipulées d’aujourd’hui, à ce que les journalistes et autres « faiseurs d’opinion », à ce que les hommes politiques et tous ceux qui bornent leurs espérances aux horizons terrestres crient au scandale.

« Ecce ascendimus Jerosolymam… Voici que nous montons à Jérusalem » (Luc XVIII, 31), lisions-nous dans l’Evangile du dimanche de la Quinquagésime : tout ce qui a été écrit au sujet du Fils de l’homme – livré aux païens, tourné en dérision, outragé, couvert de crachats, flagellé et mis à mort -, tout cela, le « Corps mystique » du Christ – la Sainte Eglise – est appelé à y participer à sa suite. Nos temps actuels ne peuvent pas être étrangers à cette participation.

2009-15 b.

Par la liturgie, nous allons entrer ce soir dans le temps de la Passion : « Ecce ascendimus Jerosolymam! » Ce dont nous sommes aujourd’hui les témoins n’est que la répétition de ce qui s’est passé au printemps de l’an 33 : avec des figures et des noms différents, nous retrouvons les mêmes acteurs, les mêmes passions humaines, les mêmes intérêts… et les mêmes fidélités.

Aujourd’hui encore il y a ceux qui – comme les grands prêtres félons – craignent que leur  emprise sur les foules soit « concurrencée » (on peut par exemple penser à tous ceux qui sont furieux du succès du voyage du Pape Benoît XVI en France, en septembre dernier) : « Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui… » (Jean XI, 49). Il y a tous les modernes pharisiens : « Voyez-vous que nous ne gagnons rien? Voilà que tout le monde court après lui » (Jean XII, 19). Il y a tous les Judas, tous ceux qui se scandalisent au sujet du parfum versé par Marie-Magdeleine (Jean XII, 4), ceux dont les raisons « humanitaires » recèlent de secrètes convoitises, et tous ceux qui ont détourné l’Evangile pour en faire une « option préférentielle » pour les luttes de ce monde (même si, objectivement, ce sont de « bonnes causes », des « causes justes », mais poursuivies en dehors de tout esprit surnaturel). Ne l’oubliez pas, Judas était apôtre : il n’avait pas reçu un appel moindre ; sa vocation était véritable ; il avait eu des grâces hors du commun ; il avait accompli des miracles et chassé des démons… Et aujourd’hui encore il en est – parmi ceux dont la vocation chrétienne était véritable,  parmi ceux dont la vocation religieuse ou sacerdotale était véritable, parmi ceux dont la vocation épiscopale était véritable – qui finissent par se détourner du Christ, qui perdent le sens du salut des âmes et l’authentique esprit de la rédemption, et qui en viennent, de diverses manières, à trahir et à vendre le Christ…

Aujourd’hui encore, il y a la même foule versatile qu’à Jérusalem : « Ils vinrent au devant de lui parce qu’ils avaient appris qu’il faisait des miracles » (Jean XII, 18). Ils ne recherchent pas dans le Christ le Sauveur de leurs âmes, mais celui qui leur rendra la vie facile ; ils ne recherchent pas à entendre sa parole pour se convertir, mais ils aspirent à ne plus travailler, à avoir facilement du pain et la santé, une situation honorable et tranquille…. Combien de chrétiens aujourd’hui sont plus attachés à leur petit confort intellectuel ou/et matériel plutôt qu’à une véritable démarche de conversion intérieure, plutôt qu’à se laisser façonner par la grâce? Combien de fidèles et d’ecclésiastiques qui se réjouissent trop superficiellement des succès populaires, des acclamations, des sondages favorables, de l’affluence à leurs rassemblements ou à leurs pèlerinages, des pourcentages de succès aux examens dans leurs « bonnes écoles » (alors qu’on a « écrémé » les effectifs selon des critères de réussite scolaire et non en fonction du bien des âmes), du nombre de participants à leurs retraites, ou d’assistants à leurs offices …etc? Combien qui se laissent éblouir par les « bonnes apparences » humaines et mondaines et en viennent à négliger le travail, toujours nécessaire et jamais achevé, travail intérieur et non quantifiable, de leur propre conversion à l’esprit du Saint Evangile? Combien qui par amoindrissement ou perte de l’esprit surnaturel s’enfoncent dans la tiédeur, dans de secrètes amertumes, dans des déceptions ou des découragements qui ne disent pas leur nom, lorsqu’ils n’ont pas les consolations humaines ou mondaines, ni les satisfactions immédiates et numériques de leurs efforts?… Tous ceux qui sont finalement attachés à « la gloire des hommes plus qu’à la gloire de Dieu » (cf. Jean XII, 43) et qu’on trouve indistinctement – même si cela ne s’exprime pas forcément avec les mêmes nuances – chez les « progressistes » ou chez les « traditionalistes » !!!

Aujourd’hui encore – et peut-être plus encore qu’il y a deux mille ans – nous avons des faux témoins qui travestissent les paroles du Christ ou de son Vicaire, qui dénaturent les enseignements de son Eglise ou qui calomnient ses serviteurs devant les sanhédrins médiatiques, devant les sanhédrins de l’opinion publique, devant les sanhédrins d’égoïsme et d’orgueil que tout homme porte au fond de lui-même.

Aujourd’hui encore il y a les manipulateurs qui veulent dispenser les hommes de bonne volonté de se faire une juste opinion et qui prétendent imposer ce qu’il faut penser et la manière dont il faut penser : « Si ce n’était pas un malfaiteur nous ne te l’aurions pas livré! » (Joan. XVIII, 30). « Si les propos que tient ce Pape n’étaient pas irresponsables et criminels nous ne les dénoncerions pas, nous ne les présenterions pas à la vindicte publique! Faites-nous confiance : nous, agences de presse, nous, ministres, nous, loges maçonniques… nous avons digéré l’information à votre place, nous avons pensé à votre place,  nous sommes en bien meilleure position que vous pour savoir ce qu’il faut dire et ce que vous devez en penser, ne vous fatiguez pas à chercher vous-mêmes, nous vous avons évité ce travail fastidieux! »

Aujourd’hui encore il y a ceux qui demandent : « Qu’est-ce que la vérité? » (Joan. XVIII, 38). Non parce qu’ils sont dans une honnête démarche intellectuelle, mais parce qu’ils cachent, derrière leur prétendu agnosticisme, leur refus de trouver des réponses qui – en toute rigueur intellectuelle – les obligeraient à changer de vie. Il y a tous ceux qui se drapent dans un relativisme de très respectable apparence, qui se cachent derrière le masque de la laïcité et s’enveloppent des atours séduisants de la tolérance (qui n’est pas la même chose que le respect), pour proclamer qu’il « n’y a pas de loi morale qui prime sur les lois de l’état », manière aseptisée de reprendre ce cri : « Nous n’avons pas d’autre roi que César! (Joan. XIX, 15). Nous n’avons pas d’autres lois que celles du monde, pas d’autres lois que celles que nous nous sommes données à nous-mêmes en fonction de nos intérêts, nous ne voulons pas qu’il règne sur nous : Regnare Christum nolumus! (hymne de la fête du Christ-Roi). Nous préférons nos modernes Barabbas, nous préférons des criminels et des repris de justice, nous préférons à la tête de nos cités des ambitieux qui ne servent qu’eux-mêmes et dont les malversations ont été établies devant la justice… »

Aujourd’hui encore la Sainte Eglise est tournée en dérision à la cour d’Hérode,  roi esclave de sa volupté. Aujourd’hui encore le Christ, en la personne de son Vicaire, y est revêtu de la robe des fous et insulté, raillé par ceux qui trouvent leur gloire à se vautrer sans retenue dans les les plus viles passions, et veulent entraîner tout le monde à faire de même…

Aujourd’hui encore nous rencontrons ceux qui, malgré la voix de leur conscience, refusent de s’engager, par crainte des désagréments qui pourraient leur en advenir et qui disent : « Ce n’est pas mon affaire, voyez vous même » (cf. Matth. XXVII, 24). Aujourd’hui encore, il y a des « filles de Jérusalem », pleines de bons sentiments, qui se lamentent au bord du chemin mais ne font rien de plus. Le Christ demande bien plus que des sentiments ; Il réclame de ses disciples un engagement sans équivoque : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Matth. XII, 30).

Mais aujourd’hui encore, il y a ceux qui, comme Simon de Cyrêne, comme Véronique, comme Marie-Magdeleine, comme Jean  et,  bien sûr, comme Notre-Dame, ne craignent point de ne pas se trouver dans la majorité vociferrante et n’ont pas peur des hurlements des loups. Quelque souffrance qu’il leur en coûte, ils sont prêts – non en se confiant en leurs propres forces, mais en se livrant à la toute puissante et miséricordieuse grâce de leur Sauveur – à rester aux côtés du Corps mystique du Christ soumis à l’épreuve. Ils ne s’étonnent point de ce que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI « pose un vrai problème » au Prince de ce monde et à tous ceux qui en sont les courtisans. Eux-mêmes, chacun à leur place et selon leur vocation particulière, ils sont disposés à poser ce même « vrai problème » en obéissant à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Act. IV, 19) et en ne craignant pas de subir les modernes excommunications de la pensée unique.

Peu leur importe de ne pas être majoritaires selon les critères humains. Peu leur importe d’avoir à subir railleries et vexations et, bientôt peut-être, la persécution. Peu leur importe d’être désignés à la méchanceté et à la vindicte des foules manipulées, comme le furent jadis leurs aînés dans la Foi, accusés d’être responsables de l’incendie de Rome ou des malheurs de la cité. Ce qui est essentiel pour eux, c’est l’amour ; or il n’y a pas d’amour sans fidélité : s’ils ne comptent pas sur leurs propres forces, mais qu’ils se remettent par une humble confiance dans la toute puissance de la grâce du divin Roi, Lui-même se fera leur force, leur fidélité et leur victoire. « Parce que tous ceux qui sont nés de Dieu triomphent du monde ; et que la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi : haec est victoria quae vincit mundum, fides nostra » (1a Joan. V, 4).

Le seul « vrai problème », est celui qui est posé par Notre-Seigneur Jésus-Christ, par ce qu’Il est et par ce qu’Il propose à l’homme. Le seul « vrai problème » que pose notre Saint-Père le Pape Benoît XVI aux hommes de ce temps, et qu’avec lui posent au monde tous ceux pour lesquels la fidélité à leur baptême n’est pas un vain mot, se résume dans la question que Jésus ressuscité a posée à Pierre au bord du lac : « M’aimes-tu? » (Joan. XXI, 15-17).

Frère Maximilien-Marie.

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 28 mars, 2009 |2 Commentaires »

2009-15 a. « Ce Pape pose un vrai problème »!!! (1ère partie).

Jeudi de la 4ème semaine de carême, 26 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Depuis le début de cette année 2009, tout particulièrement en France (mais pas seulement) c’est un véritable acharnement médiatique qui  s’en prend à la personne et aux actes de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ; à travers les attaques dont il est l’objet ce sont les enseignements traditionnels de notre mère la Sainte Eglise catholique romaine, dont il est le chef, qui sont visés, contestés et remis en question.

Mon propos de ce jour n’est pas de rappeler les évènements et leurs enchaînements ; je ne veux pas non plus écrire ici une apologie – point par point – concernant la levée des excommunications qui frappaient les évêques consacrés par Monseigneur Lefèbvre, au sujet de la prétendue excommunication fulminée par l’évêque de Récife contre une petite fille, ou à propos des affirmations du Pape lors de la conférence de presse accordée aux journalistes dans l’avion qui l’emportait vers l’Afrique…  etc. D’autres l’ont fait avant moi et bien mieux que je ne le pourrai faire. Je me contenterai de dire ici qu’il suffit de vouloir honnêtement s’informer pour arriver sereinement à connaître la vérité, en dehors de  tous les mensonges colportés et de toutes les passions qu’on s’est efforcé d’exacerber. Pour ceux qui le désireraient, je tiens à disposition un certain nombre de documents et de références – en assez grande quantité – qui démontent de manière irréfragable ces mensonges et les manipulations auxquels les « faiseurs d’opinion » se sont livrés sans retenue.

Peut-être avez-vous comme moi remarqué que, à peine le Pape avait-il achevé son voyage pastoral en Afrique, le « 20 heures » de TF1  se livrait à une nouvelle offensive contre la discipline ecclésiastique en diffusant un reportage extrêmement orienté – très prétentieusement nommé « enquête », alors qu’il n’y avait aucune démarche objective et raisonnée de recherche de la vérité – qui remettait en question le célibat sacerdotal… Ne nous faisons pas d’illusions : à l’approche de la Semaine Sainte et des solennités pascales, nous  devons  nous attendre à de nouvelles provocations ou tentatives de manipulations de l’opinion publique tendant à discréditer l’Eglise et le Pape, le Christ et son Evangile, la Foi et ses enseignements… Sans vouloir en aucune manière jouer au prophète de malheur, je puis vous annoncer que l’opposition médiatique, que l’opposition politique et que l’opposition à l’intérieur même de l’Eglise catholique contre notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ne font que commencer et qu’elles risquent de croître en amplitude et en virulence.

Dès à présent, d’odieuses caricatures et des propos de plus en plus haineux sont colportés, diffusés et même favorisés par un certain nombre de médias, dans une espèce de surenchère de grossièreté et d’escalade de vulgarité. Si c’étaient le Dalaï-Lama ou quelque chef religieux mahométan qui étaient ainsi caricaturés, nous assisterions immédiatement à un concert quasi unanime de protestations, dans le monde politique et journalistique. Même ceux qui sont les plus critiques envers toute forme de foi ou d’opinion religieuse n’hésiteraient pas à reprendre à leur compte la célèbre phrase attribuée à Voltaire : « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer« . Mais quand il s’agit du Pape et de l’Eglise, ces bons apôtres de la tolérance et du respect des droits de l’homme semblent n’avoir plus qu’une seule consigne, celle par laquelle ce même Voltaire terminait la plupart de ses lettres: « Ecrasez l’infâme! » (on le sait, « l’infâme » c’était pour lui l’Eglise catholique romaine).

Le grand malheur, c’est que – à quelques exceptions près (et il faut justement saluer ici le courage de ces évêques qui ont pris la parole ou la plume pour rétablir la vérité et défendre le Souverain Pontife) – ceux qui ont été institués pour être les gardiens, chargés de la sécurité du peuple commis à leurs soins* (on pourrait aujourd’hui dire les « vigiles », par analogie avec les sociétés de surveillance), au lieu d’aboyer comme de bons chiens de garde pour dénoncer le danger, intimider les agresseurs et appeler à la défense, se comportent en « chiens muets » – « canes muti  » – pour reprendre les termes du prophète Isaïe quand il dénonçait  les mauvais pasteurs du peuple d’Israël (Isaïe LVI, 10). Est-ce par complaisance ou par peur? Est-ce parce qu’ils craignent d’affronter l’opinion publique ou parce qu’ils en partagent secrètement la haine? Peu importe que nous le sachions  : c’est Dieu qui sera leur juge. Pour nous, nous ne pouvons qu’être les témoins attristés des faits…

Dans les aboiements furieux qui se sont élevés en France pour critiquer le Souverain Pontife, on a bien sûr remarqué la phrase de Monsieur Alain Juppé : « Ce Pape commence à poser un vrai problème! » Certains ont poussés des cris scandalisés en dénonçant un manque du plus élémentaire respect… Mais au-delà, je crois qu’il faut y voir un éloquent aveu ; un aveu tellement éloquent qu’il me paraît une forme d’éloge : le témoignage que finalement le vice est contraint de rendre à la vertu! Que le pape « pose un vrai problème » aux hommes politiques véreux, aux francs-maçons  de toutes obédiences et aux pseudos-vertueux qui prônent le laxisme moral et la décadence, c’est un très bon signe!

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Ce qu’on reproche au Pape, c’est de tenir des propos… catholiques! Or, en ce qui me concerne, je suis bien plus rassuré dans ma conscience chrétienne par les propos d’un Pontife qui ne s’embarrasse pas des modes et des pressions médiatiques, que s’il se mettait à prôner la même chose que les acteurs et les chantres d’une société affranchie des exigences de la Loi divine.

La vérité contenue dans le Saint Evangile n’a rien à voir avec les doctrines du monde, elle n’est pas sujette aux fluctuations de l’opinion publique ni aux errances de la mode. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne fait qu’annoncer et énoncer des vérités qui ne sont pas du domaine de l’opinion et de la mode, rien d’étonnant donc à ce que le monde le prenne en haine.  On peut même dire que la virulence de la tempête  médiatique et le déferlement de méchanceté  dirigés contre lui sont – en définitive – le signe qu’il est le fidèle ambassadeur d’une Parole qui dérange, une Parole qui n’est pas humaine. 

J’ajouterai encore ceci : si « on » ne craignait pas l’influence de Benoît XVI, il n’y aurait pas un tel déchaînement contre lui ; si les ennemis du Christ n’avaient pas une conscience  aigüe de la vérité des paroles du Vicaire du Christ, ils ne s’agiteraient pas tant ; si tous  ceux qui s’adonnent au mal, au mensonge, aux compromissions les plus répugnantes et à la promotion du vice ne se sentaient pas menacés, ils n’attaqueraient pas de la sorte celui qui dirige aujourd’hui la Sainte Eglise et la gouverne avec  autant de force et de douceur, de sagesse et de sagacité ; s’ils ne savaient pas que leur pouvoir et leur influence sont ébranlés par la simple proclamation des vérités qui découlent du Saint Evangile, ils ne s’activeraient pas autant pour essayer d’étouffer ou de dénaturer la voix paisible de celui qui en est l’interprète…

Déjà dans l’Ancien Testament, à l’époque d’Elie ou de Jérémie par exemple, nous voyons des pseudo-prophètes en oeuvre : parlant le langage du monde et se répandant devant la société pécheresse en « oracles » qui lui étaient agréables, ils étaient loués et bien considérés, tandis que les vrais prophètes étaient en butte à la raillerie et à la persécution… Notre-Seigneur Jésus-Christ reprend cet exemple avec des paroles fortes : « Bienheureux serez-vous lorsque les hommes vous haïront, vous chasseront, vous injurieront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l’homme (…) C’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes (…) Mais malheur à vous quand les hommes vous loueront, car c’est ainsi que leurs pères faisaient aux faux prophètes!  » (cf. Luc VI, 22-26). Pensez-vous que ces paroles n’étaient qu’une pieuse exagération ou qu’elles n’avaient de valeur que pour les premiers temps de l’Eglise? Benoît XVI, doux et humble, obéit fidèlement à la mission que le Christ Sauveur lui a confiée  en qualité de successeur de Saint Pierre : affermir ses frères dans la Foi… Il trahirait s’il les encourageait à suivre les maximes du monde ; il apostasierait s’il les poussait à rechercher les louanges du monde en se conformant à ses modes. Les paroles de notre Saint-Père le Pape ne sont pas rétrogrades, elles ne font que rendre témoignage à l’intemporelle Vérité : elles sont prophétiques!

A travers la tempête qui s’est levée  et  risque encore de s’amplifier, ayons donc assez d’esprit surnaturel pour  comprendre que – comme au temps de la Passion – « Satan  nous a réclamés pour nous passer au crible comme le froment » (cf. Luc XXII, 31) : serons-nous reconnus comme du bon grain ou comme des particules étrangères?  Verra-t-on en nous de véritables disciples du Christ-Roi ou les disciples du « Prince de ce monde »?  L’épreuve, les pressions médiatiques et la persécution (nous devons nous y attendre) révèleront-elles en nous d’authentiques fidèles ou  des couards qui ne voudront pas « poser de problème »?

Il n’appartient qu’à nous de choisir notre camp, et seul l’amour qui règne véritablement en nos coeurs sera le critère déterminant notre choix : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste » (Saint Augustin in « la Cité de Dieu », XIV).

Frère Maximilien-Marie.

* C’est le sens du mot grec « épiscopos » qui a donné en français le mot « évêque ».

(à suivre, ici > www)

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 26 mars, 2009 |7 Commentaires »

2009-14. « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière… »

Nous sommes heureux de retranscrire ici dans son intégralité un magnifique message rédigé par Son Excellence Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron (source : site du diocèse de Bayonne, ici > www). Ce texte n’a pas besoin d’être très long pour recentrer les choses sur l’essentiel et pour nous redire – avec force et douceur – combien les authentiques fidèles du Christ ne doivent ni chercher à se conformer au monde ni courir après ses applaudissements. Voici une parole épiscopale comme on aimerait en entendre plus souvent, parce qu’elle va droit au but et ne se perd pas en circonvolutions absconses… Merci, Monseigneur!

Son Excellence Monseigneur Marc Aillet

Son Excellence Révérendissime Monseigneur Marc Aillet.

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean III, 19). Ecoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants … elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (Hébr. IV, 12). La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l’a pas reconnue » (Jean I, 10), et il l’a prise en haine (cf. Jean XV, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jean I, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline … pour l’en précipiter. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Luc IV, 29-30).

Le lynchage médiatique dont l’Eglise et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jean XV, 20). Les juges ont besoin aujourd’hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf. Marc XIV, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n’a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l’Eglise soit traitée ainsi? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l’on prétend lui imposer, l’Eglise ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N’appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n’est rien d’autre qu’un témoignage rendu à la Vérité.

Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d’une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l’opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l’Eglise ».

Fils et filles de l’Eglise, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d’Afrique et par les chefs d’Etat de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l’évidence des faits : selon les statistiques de l’OMS, les pays d’Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l’on prône en priorité l’abstinence et la fidélité – y compris dans les programmes gouvernementaux- , et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains médias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet.

Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s’étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jean XV, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j’ai vaincu le monde » (Jean XVI, 33).

+ Marc Aillet,
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.

Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels | le 25 mars, 2009 |3 Commentaires »

2009-13. Nos inquiétudes pour Chlôris.

Mardi soir 24 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Je ne vous écrirai que très brièvement ce soir. Il y a plein de réflexions dont je souhaiterais vous faire part depuis environ une semaine, en raison de l’actualité de l’Eglise et de ce que je peux observer de la société des hommes, mais j’attendrai encore car vraiment  ces jours-ci je n’ai ni la tête ni le coeur à disserter.

En effet, notre petite Chlôris, si gracieuse et si câline, nous donne beaucoup d’inquiétudes en ce moment : alors que tout avait paru absolument normal dans son comportement jusqu’à vendredi matin, nous avons été étonnés Frère Maximilien-Marie et moi, de la voir comme épuisée et sans appétit vendredi soir.

Samedi 21 au matin, elle paraissait vraiment malade et poussait de petits miaulements plaintifs. Frère Maximilien-Marie l’a donc emmenée chez le vétérinaire (le plus proche est à quelque 25 kilomètres d’ici) : elle avait 39° de fièvre. Le docteur lui a prescrit des antibiotiques. Dimanche soir, malgré les médicaments, elle avait encore 39° et hier matin,  lundi 23, le thermomètre indiquait 39,5°. Frère Maximilien-Marie l’a ramenée chez le docteur qui lui a fait une prise de sang dont nous avons eu les résultats en fin d’après midi. Ils ne sont vraiment pas bons… Chlôris est très anémiée et nous sommes très inquiets pour elle. Je n’entre pas dans les détails.

Frère Maximilien-Marie la soigne du mieux qu’il le peut et nous lui manifestons beaucoup de tendre sollicitude. C’est vraiment très triste de voir notre petite archiduchesse dans cet état : nous ne voulons pas désespérer, mais c’est vraiment très dur pour moi je ne vous le cache pas… Je demande à Sainte Gertrude de Nivelles, dont j’ai lui qu’elle était notre céleste protectrice à nous les chats, de lui venir en aide et – s’il est possible – de lui rendre la santé…

 Chlôris malade

Chlôris dans son panier, ce 24 mars au soir.

De la part de Frère Maximilien-Marie, je vous souhaite à tous une bonne, belle et fervente fête de l’Annonciation.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 24 mars, 2009 |8 Commentaires »
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