2008-57. Les promesses du Sacré-Coeur en faveur de ceux qui pratiqueront cette dévotion.

A l’occasion de la fête de Sainte Marguerite-Marie (17 octobre – voir aussi l’article publié l’an dernier à cette même date, en cliquant ici > www), nous tenons à publier ici le texte des promesses que Notre-Seigneur Jésus-Christ a faites en faveur des personnes qui pratiqueraient la dévotion envers son Sacré-Coeur. Ces douze promesses constituent un résumé des paroles que Notre-Seigneur a adressées à Sainte Marguerite-Marie en diverses circonstances et en plusieurs occasions. Elles ont été (bien évidemment!) contestées mais il est facile à une personne familière des écrits de Sainte Marguerite-Marie de démontrer qu’elles sont authentiques même si, pour des raisons pratiques, elles ont été rédigées de manière plus simple.

Jésus manifestant son Coeur à Ste Marguerite-Marie

1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.

2. Je mettrai la paix dans leur famille.

3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.

4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à l’heure de la mort.

5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

9. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.

10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé.

12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

Voir aussi les prières en l’honneur du Sacré Coeur de Jésus que nous avons déjà publiées :
- la neuvaine de confiance > www ;
- la prière composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat > www ;
- le « Souvenez-Vous » au Sacré-Coeur > www ;
- l’acte d’offrande de Saint Claude de la Colombière > www.

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 16 octobre, 2008 |2 Commentaires »

Prières et litanies en l’honneur de Saint Michel Archange.

Nous avions déjà évoqué ici (> www) les origines de la fondation de l’abbaye du Mont Saint-Michel, mais nous ne pouvons passer sous silence, en ce 16 octobre 2008, le treizième centenaire de la consécration du premier sanctuaire élevé sur le « Mont Tombe » par Saint Aubert, le 16 octobre 708. En cette circonstance, nous vous proposons quelques textes de prières à Saint Michel, toujours utiles dans les combats de notre vie spirituelle…

St  Michel au péril de la mer

Prière de Saint Louis de Gonzague à Saint Michel:

O Prince invincible, gardien fidèle de l’Eglise de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la gloire et l’honneur que nous devons tous à notre Dieu en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés. Ainsi soit-il.

* * *    * * *    * * *

Litanies de saint Michel

(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.
Saint Michel Archange, priez pour nous.
Saint Michel, princes très glorieux, priez pour nous.
Saint Michel, fort dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, vainqueur de Satan, priez pour nous.
Saint Michel, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Michel, prince de la milice céleste, priez pour nous.
Saint Michel, héraut de la gloire divine, priez pour nous.
Saint Michel, joie des Anges, priez pour nous.
Saint Michel, honoré des Elus, priez pour nous.
Saint Michel, qui présentez au Très-Haut nos prières, priez pour nous.
Saint Michel, défenseur des âmes justes, priez pour nous.
Saint Michel, messager de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, dont la prière conduit aux cieux, priez pour nous.
Saint Michel, soutien du peuple de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, gardien et patron de l’Eglise, priez pour nous.
Saint Michel, bienfaiteur des peuples qui vous honorent, priez pour nous.
Saint Michel, porte-étendard du salut, priez pour nous.
Saint Michel, notre défenseur dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, ange de la paix, priez pour nous.
Saint Michel, introducteur des âmes dans la lumière sainte, priez pour nous.
Saint Michel, prévôt du Paradis, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

V./ Priez pour nous, saint Michel Archange.
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Oraison :

Dieu tout puissant et éternel, qui avez établi saint Michel gardien de l’Eglise et prévôt du paradis, accordez par son intercession, à l’Eglise la prospérité et la paix, à nous la grâce en cette vie et la gloire dans l’éternité. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Imprimatur : Coutances, le 9 mars 1929. Théophile-Marie, évêque de Coutances et Avranches.

* * *    * * *    * * *

Prière à saint Michel, pour tous nos besoins :

O bienveillant Archange, votre puissance est si grande sur le Cœur de Dieu qu’il ne vous a jamais rien refusé, et votre charité pour nous est telle que tous ceux qui vous invoquent sont assurés de votre perpétuel secours. Pleins de confiance en votre protection, nous venons vous exposer humblement nos besoins. Vous savez s’ils sont nombreux et pressants. Dissipez nos ténèbres, conduisez-nous dans la voie, défendez-nous contre nos ennemis, guérissez nos plaies et prodiguez-nous toutes les tendresses qu’un saint amour peut vous inspirer envers vos fidèles clients. Ainsi soit-il.

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées ici > www.

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 15 octobre, 2008 |7 Commentaires »

Recette du Mesnil-Marie : un gâteau aux mûres.

animauxchats00330.gif   » Je vous l’écrivais la semaine dernière (cf.> www) : l’automne est bien installé… L’an dernier, dans cette même saison, je vous avais donné une recette de gâteau d’automne avec des noix et des pommes (cf. > www), qui est particulièrement délicieux et qui est toujours très apprécié  de nos convives. Aujourd’hui, je vais vous livrer les secrets d’un  autre délicieux dessert : il s’agit d’un gâteau aux mûres que nous avons savouré à l’occasion de la fête de Saint François d’Assise. En effet, Frère Maximilien-Marie a cherché longtemps avant de trouver une recette – autre que la tarte et qui soit facile à réaliser – avec ces petits fruits sauvages. Comme je vous l’ai déjà expliqué (cf.> www), il a cueilli de délicieuses mûres sur les ronces qui ont envahi nos « chambas » restés à l’abandon pendant des années. Depuis la mi-septembre, il a pu en récolter à plusieurs reprises, et il y en a encore quelques unes qui parviennent à maturité ces jours-ci. Si donc vous aussi vous en trouvez encore près de chez vous, n’hésitez pas à vous lancer dans leur cueillette et dans la réalisation de cette recette : vous ne le regretterez pas, même si vous vous êtes un peu piqué les doigts en les récoltant…

Je vous souhaite à tous une bonne semaine. »

Lully.

les mûres de Condas

Ingrédients:

125 grammes de beurre ; 125 grammes de sucre en poudre ; 1 verre de lait ; 1 cuiller à café d’extrait liquide de vanille ; 3 oeufs ; 200 grammes de farine ; 1 sachet de levure chimique ; et bien sûr… des mûres (autant que vous voudrez!).

Préparation:

Mélangez tous les ingrédients sus-cités dans l’ordre donné.Versez la pâte obtenue dans un moule à manqué, préalablement beurré et fariné, et  incorporez y alors les mûres. Mettez au four (thermostat 4 pendant environ 30 minutes)… Surveillez la cuisson!

Ce gâteau prendra toute sa saveur si vous le dégustez accompagné d’un flan aux oeufs, d’une crème à la vanille ou même d’un fromage blanc battu.

Publié dans : Recettes du Mesnil-Marie | le 12 octobre, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-56. Célébration du cinquantième anniversaire de la mort de Pie XII (9 octobre 1958).

En ce jeudi 9 octobre 2008, à 11h30, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI entouré des Cardinaux et des participants au Synode consacré à la Parole de Dieu, a célébré,une Sainte Messe de suffrage à l’occasion du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de son prédécesseur le Pape Pie XII. Des fidèles nombreux et recueillis, certains venus à Rome de très loin pour cette circonstance, remplissaient la Basilique de Saint-Pierre au Vatican. La vénération envers le Pape Pie XII, malgré les campagnes de calomnies, grandit dans le monde et sa cause de béatification est en très bonne voie. On peut même affirmer que tous les efforts de ceux qui ont tenté de flétrir son nom et sa mémoire, ont finalement contribué à mieux étudier et à faire mieux connaître la personne et l’oeuvre de ce grand Pape!

a0910085.jpg

Pour la Sainte Messe du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de son prédécesseur le vénéré Pape Pie XII, Sa Sainteté Benoît XVI portait une chasuble rouge de coupe romaine par dessus la dalmatique.

Le chant d’entrée qui accompagnait les rites d’introduction de la Célébration eucharistique était: « In pace factus est locus eius, et in Sion habitatio eius : son repos est dans la paix et son habitation en Sion ». L’évangile qui a été lu avant l’homélie du Saint-Père est un extrait de l’évangile selon Saint Jean (Jn 5, 24-27):  » En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même, et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme ».

Après la Sainte Messe (célébrée en rouge conformément à la tradition liturgique), le Saint-Père Benoît XVI est descendu dans les « Grottes Vaticanes » pour se recueillir sur la tombe du Pape Pie XII. Voici maintenant le texte de l’homélie prononcée par Benoît XVI en cette circonstance:

Messieurs les Cardinaux,
Vénérés Frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce,
Chers frères et soeurs,

Le passage du livre du Siracide et le prologue de la Première Lettre de saint Pierre, proclamés comme première et deuxième lecture, nous offrent de significatives occasions de réflexion dans le cadre de cette célébration eucharistique, au cours de laquelle nous faisons mémoire de mon vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Pie XII. Cinquante ans se sont exactement écoulés depuis sa mort, survenue aux premières heures du 9 octobre 1958. Le Siracide, comme nous l’avons écouté, a rappelé à ceux qui veulent suivre le Seigneur qu’ils doivent se préparer à affronter des épreuves, des difficultés et des souffrances. Pour ne pas succomber à ces dernières – exhorte-t-il – il faut un coeur qui soit droit et constant, une fidélité à Dieu et une patience qui soient unies à une inflexible détermination à avancer sur le chemin du bien. La souffrance affine le coeur du disciple du Seigneur, comme l’or est purifié dans la fournaise. “Tout ce qui t’advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l’or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l’humiliation (2,4-5).

Saint Pierre, de son côté, dans la péricope qui a été proposée, en s’adressant aux chrétiens des communautés d’Asie mineure qui étaient “affligés par diverses épreuves”, va encore plus loin : malgré tout, leur demande-t-il, “Vous en tressaillez de joie” (1P 1, 6). L’épreuve est en effet nécessaire, observe-t-il, “afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ (1P 1, 7). Ensuite, pour la deuxième fois, il les exhorte à être joyeux, et même à exulter “d’une joie indicible et pleine de gloire (v, 8 ). La raison profonde de cette joie spirituelle réside dans l’amour envers Jésus et dans la certitude de sa présence invisible. C’est Lui qui rend inébranlable la foi et l’espérance des croyants, même au cours des phases les plus complexes et les plus dures de l’existence.

À la lumière de ces textes bibliques, nous pouvons lire le parcours terrestre du Pape Pacelli et son long service envers l’Église, commencé sous Léon XIII et poursuivi sous Pie X, Benoît XV et Pie XI. Ces textes bibliques nous aident surtout à comprendre la source à laquelle il a puisé son courage et sa patience au cours de son ministère pontifical qui s’est déroulé durant les douloureuses années du second conflit mondial et la période suivante, non moins complexe, de la reconstruction et des difficiles rapports internationaux, passés à l’histoire sous la significative appellation de “guerre froide”.

Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam” : c’est avec cette invocation extraite du Psaume 50 que Pie XII débutait son testament. Et il poursuivait : “Ces mots que je prononçai, conscient d’être sans mérites et non à la hauteur, au moment où je donnai, en tremblant, mon acceptation à l’élection comme Souverain Pontife, je les répète maintenant avec plus de raison”. Deux années manquaient alors à sa mort. S’abandonner dans les mains miséricordieuses de Dieu : telle fut l’attitude que cultiva constamment mon Prédécesseur vénéré, le dernier des Papes nés à Rome, appartenant à une famille en relation avec le Saint-Siège depuis de nombreuses années.

En Allemagne, où il exerça les fonctions de Nonce Apostolique, d’abord à Munich puis à Berlin jusqu’en 1929, il laissa derrière lui un souvenir emplit de gratitude, surtout pour avoir collaboré avec Benoît XV à la tentative de mettre fin à l’“inutile massacre” de la Grande Guerre, et pour avoir décelé, dès son avènement, le danger constitué par la monstrueuse idéologie nationale-socialiste, avec ses pernicieuses racines antisémite et anti-catholique. Créé Cardinal en décembre 1929, et devenu peu après Secrétaire d’État, il fut un fidèle collaborateur de Pie XI pendant neuf ans, à une époque caractérisée par les totalitarismes : le fascisme, le nazisme et le communisme soviétique, condamnés respectivement par les Encycliques Non abbiamo bisogno, Mit Brennender Sorge et Divini Redemptoris.

Celui qui écoute ma parole et croit (…) a la vie éternelle
(Jn 5, 24). Cette assurance de Jésus, que nous avons écoutée dans l’Évangile, nous fait penser aux moments les plus durs du pontificat de Pie XII lorsque, sentant s’évanouir toute sécurité humaine, il ressentait fortement le besoin d’adhérer au Christ, unique certitude qui ne passe pas, et ce aussi au travers d’un constant effort ascétique. La Parole de Dieu devenait ainsi lumière sur son chemin, un chemin sur lequel le Pape Pacelli dut consoler les réfugiés et les persécutés, essuyer les larmes de douleur et pleurer les innombrables victimes de la guerre. Seul le Christ est la véritable espérance de l’homme; seulement en se confiant en Lui, le coeur humain peut s’ouvrir à l’amour qui gagne sur la haine. Cette conscience accompagna Pie XII au cours de son ministère de Successeur de Pierre, ministère commencé justement alors que s’accumulaient sur l’Europe et sur le reste du monde les nuages menaçants d’un nouveau conflit mondial qu’il tenta d’éviter par tous les moyens : “Le péril est imminent, mais il est encore temps. Rien n’est perdu avec la paix. Tout peut l’être avec la guerre”, s’était-il écrié dans son radio-message du 24 août 1939 (Acta Apostolici Sedis, XXXI, 1939, p. 334).

La guerre mit en évidence l’amour qu’il nourrissait pour sa “Rome bien-aimée”, un amour témoigné par son intense oeuvre de charité qu’il accomplissait en faveur des persécutés, sans tenir compte d’aucune distinction de religion, d’ethnie, de nationalité, d’appartenance politique. Lorsqu’à maintes reprises, on lui conseilla de laisser le Vatican pour se mettre à l’abri, la ville étant occupée, sa réponse fut toujours la même, identique et décisive : “Je ne laisserai pas Rome et mon poste, même si je devais en mourir
(cf. Summarium, p. 186). Ses familiers et autres témoins firent, en outre, part de ses privations de nourriture, de chauffage, de vêtements, de commodités, qu’il s’imposait volontairement pour partager la condition de la population durement éprouvée par les bombardements et par les conséquences de la guerre (cf. A. Tornielli, Pie XII, Un uomo sul trono di Pietro). Et comment oublier son radio-message pour Noël, en décembre 1942? Avec une voix brisée par l’émotion, il déplora la situation des “centaines de milliers de personnes qui, sans aucune culpabilité de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement(AAS, XXXV, 1943, p.23), se référant très clairement à la déportation et à l’extermination perpétrée contre les juifs. Souvent, c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que, justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs. Pour ses interventions, de nombreuses et unanimes attestations de reconnaissances lui furent adressées à la fin de la guerre, ainsi qu’au moment de sa mort, par les plus importantes autorités du monde juif, comme par exemple, par le Ministre des Affaires Extérieures d’Israël Golda Meir, qui écrivit : “Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du Souverain Pontife s’est élevée en faveur des victimes”, concluant avec émotion : “Nous pleurons la perte d’un grand serviteur de la paix”.

Malheureusement, le débat historique, qui n’a pas toujours été serein, sur la figure du Serviteur de Dieu Pie XII, a oublié de mettre en lumière tous les aspects de son polyédrique pontificat. Très nombreux ont été les discours, les allocutions et les messages qu’il a adressés aux scientifiques, aux médecins, aux responsables des plus diverses catégories de travailleurs, dont certains d’entre eux sont, encore aujourd’hui, d’une extraordinaire actualité et qui continuent d’être un point ferme de référence. Paul VI, qui fut son fidèle collaborateur pendant de nombreuses années, le décrivit comme un érudit, un chercheur attentif, ouvert aux voies modernes de la recherche et de la culture, restant fermement, et avec cohérence, fidèle tant aux principes de la rationalité humaine, qu’à l’intangible dépôt des vérités de la foi. Il le considérait comme un précurseur du Concile Vatican II
(cf. Angelus du 10 mars 1974). Dans cette perspective, un grand nombre de ses documents mériteraient d’être rappelés, mais je me limiterai à n’en citer que quelques-uns. Avec l’Encyclique « Mystici Corporis », publiée le 29 juin 1943 alors que la guerre faisait encore rage, il décrivait les rapports spirituels et visibles qui unissent les hommes au Verbe incarné, et proposait d’intégrer, dans cette perspective, tous les principaux thèmes de l’ecclésiologie, offrant pour la première fois une synthèse dogmatique et théologique sur laquelle se baserait la Constitution dogmatique conciliaire  « Lumen Gentium ».

Quelques mois après, le 20 septembre 1943, avec l’Encyclique « Divino Afflante Spiritu », il fixait les normes doctrinales pour l’étude des Saintes Écritures, en mettant en relief son importance et son rôle dans la vie chrétienne. Il s’agit d’un document qui témoigne d’une grande ouverture à la recherche scientifique sur les textes bibliques. Comment ne pas rappeler cette Encyclique, alors que se déroulent les travaux du Synode qui a justement pour thème “La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise”? C’est à l’intuition prophétique de Pie XII que nous devons la première étude sérieuse des caractéristiques de l’historiographie antique, pour mieux comprendre la nature des livres sacrés, sans en affaiblir ou en nier leur valeur historique. L’approfondissement des “genres littéraires”, pour mieux comprendre ce que l’auteur sacré avait voulu dire, avait été, jusqu’en 1943, considéré comme suspect, du fait aussi des abus qui y avaient été commis. L’Encyclique ne reconnaissait pas sa juste application, déclarant illégitime son usage pour l’étude non seulement de l’Ancien mais aussi du Nouveau Testament. “Aujourd’hui, cet art – explique le Pape – que l’on a l’habitude d’appeler critique textuelle et qui est, valablement et fructueusement, utilisée dans les éditions des auteurs profanes, s’applique de plein droit aux Livres Sacrés en fonction justement du respect qui est dû à la Parole de Dieu”. Et, il ajoute : “Son objectif est, en effet, de restituer, avec toute la précision possible, sa première teneur au texte sacré, le débarrassant des déformations introduites par les fautes des copistes et le libérant des gloses et des lacunes, des transpositions de mots, des répétitions et des défauts similaires de tout ordre, qui dans les écrits transmis à la main pendant de nombreux siècles, s’infiltraient couramment” (AAS, XXXV, 1943, p.336).

La troisième Encyclique que je voudrais mentionner est « Mediator Dei », consacrée à la liturgie, publiée le 20 novembre 1947. Avec ce Document, le Serviteur de Dieu donna l’impulsion au mouvement liturgique, insistant sur l’ « élément essentiel du culte », qui “doit être celui interne : il est, en effet, nécessaire – écrit-il – de vivre toujours en Christ, de se dédier à Lui, afin qu’en Lui, avec Lui et pour Lui on glorifie le Père. La sainte Liturgie exige que ces deux éléments soient intimement liés… Autrement, la religion devient un formalisme sans fondement et sans contenu”. Ensuite, nous ne pouvons pas, non plus, ne pas évoquer l’importante impulsion que ce Souverain Pontife donna à l’activité missionnaire de l’Église avec les Encycliques « Evangelii praecones »
(1951) et « Fidei donum » (1957), mettant en relief le devoir pour chaque communauté d’annoncer l’Évangile aux personnes, comme le fera, avec une courageuse vigueur, le Concile Vatican II. L’amour pour les missions, le Pape Pacelli l’avait, du reste, manifesté dès le début de son pontificat quand, au mois d’octobre 1939, il avait voulu consacrer personnellement douze évêques provenant de pays de mission, dont un indien, un chinois, un japonais, le premier évêque africain et le premier évêque de Madagascar. Enfin, l’une des ses constantes préoccupations pastorales fut la promotion du rôle des laïcs, pour que la communauté ecclésiale puisse compter sur toutes les énergies et les ressources disponibles. Pour cela aussi, l’Église et le monde lui sont reconnaissants.

Chers frères et soeurs, alors que nous prions pour que la cause de béatification du Serviteur de Dieu, Pie XII, se poursuive normalement, il est bon de rappeler que la sainteté fut son idéal, un idéal qu’il ne manqua pas de proposer à tous. Pour cela, il donna une forte impulsion aux causes de béatification et de canonisation de personnes appartenant à des populations diverses, de représentants de tous les états de vie, fonctions et professions, réservant une vaste place aux femmes. C’est Marie justement, la Femme du salut, qu’il montre à l’humanité comme signe de ferme espérance, en proclamant le dogme de l’Assomption durant l’Année Sainte de 1950. À notre époque qui est, comme alors, assaillie de préoccupations et d’angoisse pour son avenir ; en ce monde où, peut-être encore plus qu’alors, l’éloignement de tant de personnes de la vérité et de la vertu laisse entrevoir des scénarios privés d’espérance, Pie XII nous invite à tourner notre regard vers Marie qui est montée dans la gloire céleste. Il nous invite à l’invoquer avec confiance, pour qu’elle nous fasse apprécier toujours plus la valeur de la vie sur la terre et nous aide à diriger notre regard vers le vrai but auquel nous sommes tous destinés : cette vie éternelle qui, comme Jésus nous l’assure, est déjà possédée par celui qui écoute et suit sa parole. Amen!

piexii6.jpg

Et voici maintenant un article très intéressant qui « remet quelques pendules à l’heure » :

Une béatification discutée.

par Pierre Gelin.

 » Le cinquantenaire de la mort de Pie XII, le 9 octobre prochain, promet de nouveaux bras de fer entre les partisans de sa «culpabilité» et ceux de sa béatification. La moindre annonce, même infondée, est un prétexte pour relancer la polémique du vide.

À ce sujet, l’année 2007 peut être considérée comme «l’année Pie XII» tant les «révélations» se sont multipliées en dépit du bon sens historique. Afin de bien comprendre la situation actuelle, il convient de revenir sur ces temps forts qui ont amené le pape Benoît XVI à retarder la béatification de son prédécesseur

Beaucoup de bruit pour rien :

En janvier 2007, le général Ion Pacepa, ancien haut dirigeant du KGB, révèle que les communistes ont créé de toutes pièces la légende noire autour de Pie XII : la pièce « Le Vicaire », écrite par Rolf Hochhut, participerait de cette campagne des services secrets visant à briser l’influence d’un pape profondément anticommuniste. Si des soupçons existaient déjà dans les années soixante sur le rôle du KGB dans la parution de cette pièce, jamais une telle preuve n’avait été apportée. Deux mois plus tard éclate la polémique entre Israël et le Saint-Siège – via Mgr Antonio Franco, nonce en Terre Sainte – à propos d’une présentation critique de Pie XII par le Mémorial de Yad Vashem en mars de la même année. La venue du prélat ne s’est faite qu’à la condition de réexaminer les propos tenus sur le pape Pacelli. En avril, le cardinal Bertone publie une circulaire de Pie XII, dont fait mention le père Pierre Blet dans son ouvrage (1), adressée aux instituts religieux et datée du 25 octobre 1943, demandant aux religieux d’accueillir et de sauver tous les Juifs qui le demandent.

Les mois de mai et juin furent particulièrement denses : Pie XII fut au centre de nombreux débats. Tout d’abord, le mardi 15 mai 2007, la Congrégation pour la cause des saints a approuvé à l’unanimité une déclaration sur les vertus du pape Pie XII, laissant dorénavant au pape le soin de reconnaître l’héroïcité de ses vertus. La réaction fut immédiate : la fin du mois de mai vit ressurgir une polémique qui ne fut pas sans rappeler l’affaire de «l’encyclique cachée»… texte qui n’était ni encyclique, ni cachée : Emma Fattorini, historienne reconnue, aurait découvert un discours qu’aurait dû prononcer Pie XI s’il n’était pas mort la veille. Pie XII se serait empressé, sitôt son élection au siège de Pierre, de faire disparaître ce texte dénonçant violemment l’antisémitisme. Bien entendu, cette affaire n’était qu’un vaste tissu d’erreurs ; la première d’entre toutes fut que ce texte avait déjà été publié par… Jean XXIII dans « la Documentation catholique ».

Le 5 juin 2007, Andrea Tornielli publia la première biographie complète de Pie XII, qui fit l’objet d’une présentation officielle au Vatican (2). Cet ouvrage, considéré comme le travail le plus sérieux réalisé jusqu’à présent, souligne tous les aspects de la personnalité du pape Pacelli et de son pontificat. Quelques jours plus tard, le 21 juin, parut en France l’étude du rabbin David Dalin sur l’attitude de Pie XII envers les Juifs (3). La conclusion est sans appel : le pape mériterait d’être «Juste parmi les nations», haute distinction d’un peuple outragé envers ceux qui l’ont aidé.

Cette énumération fastidieuse est destinée à rappeler que la situation, sur le plan international, est tendue dès qu’il s’agit d’aborder le pontificat de Pie XII. C’est cet enchaînement de faits qui a influencé Benoît XVI et l’a amené à reporter la promulgation reconnaissant l’héroïcité des vertus de Pie XII, ouvrant ainsi la voie à sa possible béatification. Avant de porter tout jugement sur cet acte, il nous faut examiner la raison pour laquelle Benoît XVI a agi de la sorte, le 17 décembre dernier : Pie XII ne figurait pas dans la liste des huit personnes promises à une béatification prochaine, avec la grâce de Dieu. Parallèlement, Benoît XVI nomma une commission pour étudier le dossier de son prédécesseur. Il n’en fallut pas plus pour que certains journaux, notamment français, interprètent outrancièrement cette décision, en évoquant une «remise en question», voire «l’enterrement du dossier». Le journaliste Hervé Yannou compara subtilement, et de manière détournée, ce cas avec celui du père Léon Dehon dont le procès de béatification fut suspendu par Benoît XVI suite à la découverte d’écrits antisémites de ce prêtre français. Le pape demanda à une commission d’étudier la question, qui remit un rapport négatif amenant Benoît XVI à classer le dossier. À première vue, que de points communs entre le père Léon Dehon et le pape Pie XII ! Mais que de raccourcis également ! Tout d’abord, il n’y a strictement aucune trace d’antisémitisme dans les écrits de Pie XII, même lorsqu’il n’était encore que l’abbé ou le cardinal Eugenio Pacelli. De plus, la commission qui a été nommée par le pape pour étudier le cas de cette béatification ne laisse aucune ambiguïté sur les intentions de Benoît XVI : il s’agit d’une commission interne à la Secrétaire d’État.

Précisons, pour qui n’est pas habitué des procédés du Vatican, qu’il s’agit d’une décision diplomatique et non théologico-spirituelle ; le vote de la Congrégation pour la cause des saints n’est pas abrogé. Ainsi que l’explique le père Peter Gumpel, jésuite et relateur de la cause (l’équivalent du juge d’instruction) : «Ce ne sont pas les vertus héroïques de Pie XII qui sont en cause, car, de ce point de vie, la Secrétairie d’État, qui est l’organisme diplomatique du Saint-Siège, n’est pas compétente. [C’est donc] une décision sage qui devrait permettre d’évaluer les conséquences d’une béatification de Pie XII à la lumière des relations entre Israël et le Saint-Siège».

La voie de la prudence :

Loin de remettre en cause l’action de son prédécesseur, ainsi que ses vertus, Benoît XVI choisit la voie de la prudence. L’affaire, certes inhabituelle, est diplomatique, politique et contemporaine. Nous pouvons l’approuver ou la déplorer. La récente parution, en mars dernier, de l’ouvrage de Saul Friedländer (4), relayé par tous les grands médias nationaux et internationaux, tend à donner raison au Pape. En effet Saul Friedländer n’est pas un inconnu ; grand historien du nazisme, mondialement connu, ce rescapé de la Shoah s’est fait connaître par un livre publié dès 1964, intitulé « Pie XII et le IIIe Reich, » et qui connut un très vif succès, malgré la fragilité de ses sources. Son nouvel ouvrage évoque de nouveau et à plusieurs reprises l’attitude négative du Vatican avec, en première ligne, Pie XII. Un excellent article de Frédéric Le Moal revient longuement sur cette récente parution (5).

Mais Pie XII a agi. Jean-Marie Mayer, Philippe Levillain, Andrea Tornielli, David Dalin, Pierre Blet, Jean Chaunu, Jean Chélini, Philippe Chenaux, etc., sont autant d’historiens qui, par leurs études, confirment l’action bénéfique de Pie XII, de son ordination sacerdotale à sa mort. Son influence fut palpable sur tous les plans : politique, culturel, humain, théologique, spirituel. Il n’est pas un domaine qui n’ait été traité par ce grand pape.

Sagesse de Benoît XVI :

Face à ces témoignages et à ce foisonnement de documents, la thèse d’un «silence» de Pie XII est un mythe qui ne puise sa force que dans la répétition assourdissante menée par des moyens de communication modernes étouffant réflexion et esprit critique. Mais le mal est fait. Benoît XVI, en retardant l’échéance, ne choisit plus seulement une voie de prudence, mais une voie de sagesse. Certes nous aurions aimé une béatification retentissante pour le 50e anniversaire de la mort de Pie XII ; mais le pape sait que les médias se nourrissent de polémiques pour faire éclore le mensonge et la calomnie. La vérité sur Pie XII ne naîtra pas d’une provocation : elle sera le fruit de l’attitude sapientale de l’Église.

Notes de l’article :
(1) Pierre Blet, s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d’après les archives du Vatican, Perrin, 1997.
(2) Andrea Tornielli, Pio XII. Eugenio Pacelli. Un uomo sul trono di Pietro, Mondadori, 2007.
(3) David Dalin, Pie XII et les Juifs, Tempora, 2008.
(4) Saul Friedländer, L’Allemagne nazie et les Juifs. Les années d’extermination, 1939-1945, Seuil, 2008.
(5) Frédéric Le Moal, « Saul Friedländer et Pie XII », sur www.pie12.com, 7 avril 2008.

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 10 octobre, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-55. Où Lully vous parle de l’arrivée de l’automne, puis relate un pèlerinage à Saint Michel.

Mercredi soir 8 octobre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Voici presque trois semaines que je ne vous ai pas écrit pour vous donner les nouvelles du « Mesnil-Marie » (cf.> www). Ne pensez surtout pas que je vous oublie : mais il y a  d’une part notre Frère Maximilien-Marie sur lequel je dois veiller attentivement et dont il me faut superviser les travaux, et d’autre part la petite Chlôris, à l’éducation de laquelle je préside. Avec cela, je puis vous assurer que j’ai des journées bien chargées *. Aujourd’hui il pleut, il pleut, il pleut sans interruption depuis quatre heures du matin (je vous raconterai un peu plus loin les évènements de la nuit) : nous sommes confinés à l’intérieur et j’en profite pour jouer avec la souris de l’ordinateur, faute de pouvoir chasser celles qui courent encore à travers champs…

L’automne est bien installé : si nous avons eu la plupart du temps de très belles journées ensoleillées, nous avons eu en même temps des températures matinales avoisinant le zéro ou même en dessous pendant une bonne dizaine de jours.

Frère Maximilien-Marie s’extasie sur les couleurs que prennent les arbres, vraiment splendides – c’est un lieu commun de le dire! – et qui vont du jaune éclatant des érables champêtres au rouge vif des cerisiers sauvages en passant par mille et une nuances d’orange et de brun. Notre Frère ramasse les noix qui tombent, quand les écureuils ne sont pas plus rapides que lui pour les emporter!

La petite Chlôris s’est-elle elle-même prise pour un écureuil? Elle nous en a donné l’impression, il y a quelques jours, quand elle est montée sans la moindre hésitation jusqu’aux plus hautes branches d’un noyer : j’en étais tout ébaubi car je ne suis pas moi-même un grand adepte de l’escalade des arbres… Bref! la minette en haut du noyer s’est tout de même trouvée un peu confuse et un peu moins adroite quand il s’est agi de redescendre : les lois de l’attraction terrestre l’ont finalement bien aidée car, avant que Frère Maximilien-Marie ait eu le temps de faire quoi que ce soit pour la tirer de ce mauvais pas, nous la vîmes dégringoler d’environ 3 mètres et rebondir comme une balle en caoutchouc sur l’herbe qui  est heureusement fort épaisse à cet endroit-là. L’audacieuse n’a même pas semblé avoir eu peur!

Mercredi dernier, nous avons été emmenés chez le vétérinaire:  il s’agissait de me faire un rappel de vaccination, tandis que pour Chlôris c’était sa première piqûre. Pendant une bonne partie du trajet en voiture, tous les deux, nous faisions connaître notre réprobation en alternant des miaulements plaintifs, si bien que Frère Maximilien-Marie a fini par nous demander si nous nous entraînions pour chanter le célèbre « Duetto dei gatti » de Rossini (cf.> www)!!!

dsc02199.jpg

Je vous disais plus haut que la pluie aujourd’hui avait commencé à tomber de manière très violente vers 4h du matin : il y a eu des éclairs et du tonnerre. Frère Maximilien-Marie s’est levé et a allumé un cierge bénit (parce que souvent tout disjoncte chez nous au moment des orages, donc en sus de la protection du sacramental le cierge présente l’avantage d’assurer un peu de clarté quand tout est soudain plongé dans l’obscurité) ; puis il s’est mis en devoir de disposer des cuvettes et de grandes poubelles à certains endroits stratégiques pour éviter autant que possible – où du moins pour limiter – les inondations. Mais l’orage était si violent que ce ne fut pas suffisant et qu’il lui fallut très vite recourir aux serpillières pour tenter d’opposer des barrages absorbants aux infiltrations qui se faisaient par dessous les portes. Il dût même se mettre à quatre pattes pour écoper et remplir des seaux en se servant d’une pelle à balayures.

Chlôris et moi trouvions cela  vraiment très amusant d’autant plus que, lorsqu’il a déplacé une malle, Frère Maximilien-Marie nous a retrouvé une balle de ping-pong que nous cherchions depuis plusieurs jours. Aussitôt Chlôris a sauté dessus, l’a faite rebondir et, en voulant la rattraper au vol, s’est retrouvée au beau milieu de la cuvette que Frère Maximilien-Marie était en train de remplir. La minette s’est enfuie sans demander son reste et sans plus se préoccuper de sa balle! Elle est terriblement espiègle, mais on ne peut lui en tenir rigueur: ce n’est qu’une enfant! Et lorsqu’elle nous regarde avec ses grands yeux dorés, elle nous fait tous fondre d’attendrissement…

dsc02196.jpg

En ce qui concerne les travaux de notre « Mesnil-Marie« , le Frère a reçu la visite du menuisier-couvreur et de l’entrepreneur de maçonnerie : les travaux de révision et d’isolation de la toiture devraient normalement commencer vers le 25 octobre. En prévision de cela, on nous a livré ce matin même 110 paquets de plaques de chanvre isolant. Le camion ne pouvait monter jusqu’à la maison ; il a donc fallu tout décharger – sous une pluie battante – sur un petit terrain en bord de route,  puis recouvrir cet énorme tas d’une bâche protectrice en attendant que Frère Maximilien-Marie puisse monter  les paquets un à un jusque chez nous (chaque paquet contient 4 plaques de 1,20m x 0,60 : ce n’est pas très lourd mais c’est très encombrant).

Nous avons aussi reçu il y a quelques jours une livraison de bois de chauffage, et le lendemain des matériaux de construction (sacs de ciment, briques, sable…) . A chaque fois c’est la même chose : les camions ne peuvent arriver jusqu’à la maison et il faut achever le transport à la brouette ou à la seule force des bras.  Avec ces matériaux, certaines transformations ont été réalisées dans l’ancienne étable : un mur de pierre d’un mètre de haut a été édifié, pour délimiter le lieu de passage et l’endroit où seront les sanitaires  ; il sera complété plus tard par une cloison plus légère au dessus. Ensuite les menuisiers sont intervenus et ont mis en place une splendide ancienne poutre de châtaignier, récupérée sur un chantier de démolition : cette poutre, vous le verrez sur la photo ci-dessous, complète le mur de pierre dont je vous parlais et assure le renforcement nécessaire de la poutre maîtresse de l’étable.

dsc02209.jpg

Ensuite les menuisiers ont pu achever la réfection de la première moitié du plancher (entre l’étable et le grenier) commencée à la fin du mois de juillet (cf > www).  Enfin, pour clore le chapitre des travaux en cours, Frère Maximilien-Marie a commencé le décapage de vieilles portes, récupérées sur un chantier**, et à faire sur le terrain qui entoure immédiatement la maison un traitement contre les mauvaises herbes : bientôt il lui faudra se lancer dans le bêchage et les plantations de bulbes et d’arbustes.

Je terminerai ma chronique de ce soir en vous disant que, à l’occasion de la fête de l’Archange Saint Michel, Frère Maximilien s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Saint Michel d’Aiguilhe, au Puy-en-Velay.  Il s’est confié lui-même à la protection du Prince des armées célestes et il lui a également recommandé toutes les intentions qui lui sont confiées. Ce petit sanctuaire, juché sur son rocher volcanique, est accessible par 268 marches – pour la plupart taillées dans le roc – ce qui représente un effort certain: mais en haut c’est l’éblouissement d’une architecture étonnante et le saisissement par une atmosphère de recueillement et de paix. Le temps de prière qu’il a passé là l’a profondément marqué : il nous en a fait un récit enthousiaste si bien que même nous, les  chats nous en avons été enchantés et fortifiés. Il en a ramené ce cliché qui vous donnera peut-être le désir d’y faire un pèlerinage un jour à votre tour!

Lully.

stmicheldaiguilhe40.jpg

Prière à Saint Michel, écrite en 1962 par Monseigneur Jean Dozolme, évêque du Puy , à l’occasion du millénaire de la chapelle de Saint-Michel d’Aiguilhe (962) :

 » Saint Michel qui, avec tous les Anges, habitez l’inaccessible lumière de la gloire divine, depuis un millénaire vous nous donnez, dans le sanctuaire aérien du rocher d’Aiguilhe, le gage d’une présence d’aide et d’amour. Vous prenez ainsi place auprès de l’Eglise angélique de Notre-Dame du Puy, la Reine céleste que les Anges ont saluée dans son Annonciation et élevée au Ciel dans son Assomption. Défenseur de l’Eglise, soyez son soutien contre toutes les forces du mal. Protecteur de la France, à qui vous avez envoyé Sainte Jeanne d’Arc pour la rétablir dans sa liberté, l’unir aux autres nations chrétiennes et la faire mieux servir avec elles au rayonnement de l’Evangile, guidez-la dans son rôle de Fille Aînée de l’Eglise. Gardien des âmes dans leur labeur terrestre, leur résistance au démon et leur sortie de ce monde, assistez-nous. Rendez-nous fidèles à la vérité, ennemis du péché, confiants en la Vierge Marie et attachés au Christ qui nous conduit au Père. Ainsi soit-il.« 

* * * * * * *

* N’oubliez surtout pas que la journée d’un chat se compose obligatoirement de 15 à 18 h de sommeil.

** Ce sont les portes d’un ancien presbytère, vide de présence sacerdotale depuis des années, et que la municipalité a récupéré pour en faire un centre de remise en forme avec salle de musculation, hammam et sauna!…

Publié dans : Chronique de Lully | le 8 octobre, 2008 |1 Commentaire »

2008-54. Homélie de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI à la Messe d’ouverture de la 12ème assemblée du synode des évêques, le 5 octobre 2008.

Messe d'ouverture du Synode, dimanche 5 octobre 2008

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ce dimanche 5 octobre 2008, présidant la Sainte Messe d’ouverture du Synode dans la Basilique Patriarcale de Saint Paul hors les murs (on remarquera que le Souverain Pontife porte la dalmatique sous la chasuble).

Vénérés Frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers frères et soeurs !

La première lecture, tirée du livre du prophète Isaïe, tout comme la page de l’Évangile selon Matthieu, ont proposé à notre assemblée liturgique une image allégorique suggestive de l’Écriture Sainte : l’image de la vigne, dont nous avons déjà entendu parler les dimanches précédents. La péricope initiale du récit de l’évangile fait référence au «cantique de la vigne» que nous trouvons dans Isaïe. Il s’agit du chant situé dans le contexte automnal des vendanges : un petit chef-d’œuvre de la poésie juive, qui devait être très familier aux auditeurs de Jésus, comme d’autres références des prophètes (cf. Os 10.1 ; Jer 2.21 ; Ez 17.3-0 ; 19.10-14 ; Ps 79.9-17), on comprend bien que la vigne désignait Israël. À sa vigne, au peuple choisi, Dieu réserve les mêmes soins qu’un époux fidèle prodigue à son épouse (cf. Ez 16.1-14 ; Eph 5.25-33).

L’image de la vigne, avec celle des noces, décrit donc le projet divin du salut, et il se présente comme une émouvante allégorie de l’alliance de Dieu avec son peuple. Dans l’Évangile, Jésus reprend le cantique d’Isaïe, mais l’adapte à ses auditeurs. L’accent n’est pas tant mis sur la vigne que sur les vignerons, auxquels les «serviteurs» du maître demandent, en son nom, le loyer du terrain. Les serviteurs cependant sont maltraités et même tués. Comment ne pas penser aux épreuves de peuple élu et au sort réservé aux prophètes envoyés par Dieu? À la fin, le propriétaire de la vigne accomplit une dernière tentative : il envoie son propre fils, convaincu, que lui au moins, ils l’écouteront. C’est le contraire qui arriva : les vignerons le tuent justement parce qu’il est le fils, autrement dit l’héritier, convaincus de pouvoir ainsi prendre  facilement possession de la vigne. Nous assistons par conséquent à un saut de qualité par rapport à l’accusation de violation de la justice sociale, telle qu’elle émerge du cantique d’Isaïe. Ici nous voyons clairement comment le mépris pour l’ordre donné par le maître se transforme en mépris envers lui : ce n’est pas une simple désobéissance à un précepte divin, c’est le véritable rejet de Dieu :   le mystère de la Croix apparaît donc.

Ce que nous dit la page de l’évangile, interpelle notre manière de penser et d’agir. Il ne parle pas seulement du Christ, du mystère de la Croix en cet instant, mais de la présence de la Croix dans tous les temps. Il interpelle, de manière particulière, les peuples qui ont reçu l’annonce de l’Évangile. Si nous regardons l’histoire, nous sommes obligés de noter assez fréquemment la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents. Suite à cela, Dieu, même s’Il ne manque jamais à sa promesse de salut, a dû souvent recourir aux châtiments. On pense spontanément dans ce contexte, à la première annonce de l’Évangile, de laquelle surgiront des communautés chrétiennes initialement florissantes, qui ont ensuite disparu et ne sont plus rappelées aujourd’hui que dans les livres d’histoire. Ne pourrait-il pas se produire la même chose à notre époque ? Des nations autrefois riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l’influence délétère et destructive d’une certaine culture moderne. On y voit celui qui ayant décidé que «Dieu est mort», se déclare «Dieu» lui-même, et se considère l’unique artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde. En se débarrassant de Dieu et en n’attendant pas de Lui son salut, l’homme croit pouvoir faire ce qui lui plaît et se présenter comme seule mesure de lui-même et de sa propre action. Mais quand l’homme élimine Dieu de son horizon, il déclare Dieu «mort», est-il vraiment plus heureux? Devient-il vraiment plus libre? Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d’eux-mêmes et uniques maîtres de la création, peuvent-ils vraiment construire une société où règne la liberté, la justice et la paix? Ne se produit-il pas plutôt – comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne – qu’on étende l’arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injustice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions? Le point d’arrivée, à la fin, est que l’homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse.

Mais les paroles de Jésus contiennent une promesse : la vigne ne sera pas détruite. Tandis qu’il abandonne à leur destin les vignerons infidèles, le maître ne se détache pas de sa vigne et la confie à d’autres serviteurs fidèles. Ceci indique que, si dans certaines régions la foi s’affaiblit jusqu’à s’éteindre, il y aura toujours d’autres peuples prêts à l’accueillir. C’est justement pour cela que Jésus, alors qu’il cite le Psaume 117 : «La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est devenue pierre d’angle» (verset 22), assure que sa mort ne sera pas la défaite de Dieu. Tué, Il ne restera pas dans la tombe, au contraire, et ce qui semblait être une défaite, marquera le début d’une victoire définitive. À sa douloureuse passion et à la mort en croix, succèdera la gloire de sa résurrection. La vigne continuera alors à produire du raisin et sera donnée en location par le maître «à d’autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps» (Mt 21.41).

L’image de la vigne, avec ses implications morales, doctrinales et spirituelles, reviendra dans le discours de la Dernière Cène, lorsque, prenant congé des Apôtres, le Seigneur dira : «Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit» (Jn 15.1-2). À partir de l’évènement pascal, l’histoire du salut connaîtra donc un tournant décisif, et n’en seront protagonistes que d’ « autres vignerons » qui, greffés comme sarments choisis dans le Christ, véritable vie, porteront des fruits abondants de vie éternelle (cf. Oraison collecte de ce dimanche dans le rite ordinaire).  Parmi ces «vignerons» nous sommes là, greffés dans le Christ qui voulut devenir lui-même la «vraie vigne». Prions que le Seigneur qui nous donne son sang, Lui-même, dans l’Eucharistie, nous aide «à porter du fruit» pour la vie éternelle et pour notre époque.

Le message consolant que nous retirons de ces textes bibliques est la certitude que le mal et la mort n’ont pas le dernier mot, mais que c’est le Christ qui gagne à la fin. Toujours! L’Église ne se lasse pas de proclamer cette Bonne Nouvelle, comme cela arrive aujourd’hui aussi, dans cette Basilique dédiée à l’Apôtre des gentils, qui diffusa le premier l’Évangile dans les vastes régions de l’Asie mineure et de l’Europe. Nous renouvellerons de manière significative cette annonce pendant la douzième assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, qui a pour thème : «La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Église». Je voudrais ici vous saluer vous tous avec une affection cordiale, vénérés Pères synodaux ainsi que tous ceux qui participent à cette rencontre comme experts, auditeurs et invités spéciaux. Je suis heureux en outre d’accueillir les délégués fraternels des autres Églises et Communautés ecclésiales. J’adresse au Secrétaire Général du Synode des Évêques et à ses collaborateurs l’expression de la reconnaissance de tous pour l’important travail réalisé durant ces derniers mois, ainsi que mes meilleurs voeux pour les travaux qui les attendent au court des prochaines semaines.

Lorsque Dieu parle, il sollicite toujours une réponse ; son action salvifique requiert la coopération humaine; son Amour attend une correspondance. Ce qui ne doit jamais se réaliser, chers frères et soeurs, c’est ce que dit le texte biblique à propos de la vigne : «il espérait qu’elle produirait de bons raisins, mais elle en a produit de mauvais» (cf. Is 5.2). Seule la Parole de Dieu peut changer en profondeur le coeur de l’homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle. L’assemblée synodale concentrera son attention sur cette vérité fondamentale pour la vie et la mission de l’Église. Se nourrir de la Parole de Dieu est pour elle le devoir premier et fondamental. En effet, si l’annonce de l’Évangile constitue sa raison d’être et sa mission, il est indispensable que l’Église connaisse et vive ce qu’elle annonce, afin que sa prédication soit crédible, en dépit des faiblesses et des pauvretés des hommes qui la composent. Nous savons, en outre, que l’annonce de la Parole à l’école du Christ, a pour contenu le Royaume de Dieu (cf. Mc 1.14-15), mais le Royaume de Dieu est la personne même de Jésus, qui par ses paroles et ses oeuvres, offre le salut aux hommes de tous les temps. A cet égard, la considération de saint Jérôme est intéressante : «Celui qui ne connaît pas les Écritures, ne connaît pas la puissance de Dieu ni sa sagesse. Ignorer les Écritures signifie ignorer Christ» .

En cette Année Paulinienne nous entendrons raisonner avec une urgence particulière, le cri de l’Apôtre des gentils : «Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Cor 9.16) ; un cri qui pour chaque chrétien devient une invitation insistante à se mettre au service du Christ. «La moisson est abondante, mais il y a peu d’ouvriers» (Mt 9.37), répète également aujourd’hui le Maître Divin : nombreux sont ceux qui ne l’ont pas encore rencontré et qui sont dans l’attente de la première annonce de son Évangile ; d’autres, tout en ayant reçu une formation chrétienne, se sont affaiblis dans l’enthousiasme et gardent un contact superficiel avec la Parole de Dieu ; d’autres encore se sont éloignés de la pratique de la foi et ont besoin d’une nouvelle Évangélisation. Enfin, les personnes aux sentiments droits qui n’osent pas poser des questions essentielles sur le sens de la vie et de la mort, questions auxquelles seul le Christ peut donner des réponses satisfaisantes, ne manquent pas. Il devient alors indispensable pour les chrétiens de tous les continents d’être prêts à répondre à quiconque demande raison de l’espérance qui est en eux (cf. 1 Pi 3.15), en annonçant avec joie la Parole de Dieu et en vivant sans compromis l’Évangile.

Vénérés et chers Frères, que le Seigneur nous aide à nous interroger ensemble, durant les prochaines semaines des travaux synodaux, sur la manière de rendre toujours plus efficace l’annonce de l’Évangile à notre époque. Nous percevons tous comme il est nécessaire de mettre au centre de notre vie la Parole de Dieu, d’accueillir le Christ comme notre unique Rédempteur, comme le Royaume de Dieu en personne, afin que sa lumière éclaire tous les domaines de l’humanité : de la famille à l’école, à la culture, au travail, au temps libre et aux autres secteurs de la société et de notre vie. En participant à la Célébration eucharistique, nous percevons toujours le lien étroit qui existe entre l’annonce de la Parole de Dieu et le Sacrifice eucharistique : c’est ce même Mystère qui est offert à notre contemplation. Voilà pourquoi « l’Église – comme le Concile Vatican II le met en lumière – a toujours témoigné son respect à l’égard des Saintes Écritures tout comme à l’égard du Corps du Seigneur lui-même, puisque, surtout dans la sainte liturgie, elle ne cesse de se nourrir du Pain de vie de la table de la Parole de Dieu comme du Corps du Christ, de prendre le Pain de la vie et de le présenter aux fidèles ». Le Concile conclut justement : « C’est de la fréquentation assidue du mystère eucharistique que la vie de l’Église reçoit son développement; de même est-il permis d’espérer une nouvelle impulsion de la vie spirituelle à partir d’un respect accru pour la Parole de Dieu, qui « demeure à jamais » » (Constitution dogmatique « Dei Verbum » 21,26).

Que le Seigneur nous concède de nous approcher avec foi de la double table de la Parole et du Corps et du Sang du Christ. Que Marie Très sainte nous obtienne ce don, elle qui «conservait toutes ces choses les méditant dans son coeur» (Lc 2.19). Qu’Elle nous enseigne à écouter les Écritures et à les méditer dans un processus intérieur de maturation, qui ne sépare jamais l’intelligence du coeur. Que les Saints viennent aussi à notre aide, en particulier l’Apôtre Paul, que pendant cette année nous découvrons toujours plus comme un témoin intrépide et héraut de la Parole de Dieu. Amen !

Publié dans : Textes spirituels | le 6 octobre, 2008 |3 Commentaires »

Prières pour le mois du très Saint Rosaire :

Vierge du très Saint Rosaire

Pour le mois d’octobre, mois du très Saint Rosaire, nous vous encourageons bien évidemment à sa récitation quotidienne, ou tout au moins du chapelet. Pour vous aider à entrer dans l’esprit de cette dévotion, nous vous proposons aussi ces quelques prières :

Notre-Dame du Très Saint Rosaire, qui êtes Notre-Dame de l’union à tous les mystères du Sauveur,  vous qui les avez vécus si intensément et les avez gardés et médités dans votre Coeur : apprenez-nous à vivre chaque jour des mystères de grâce de votre divin Fils, apprenez-nous les secrets de vie divine contenus dans les mystères du Saint Rosaire, apprenez-nous à nous unir à votre Coeur douloureux et immaculé, afin d’entrer par lui dans le Coeur de Jésus.

Ainsi soit-il.

Et cette très belle prière de l’Ecole Française de spiritualité :

- Ô Jésus, vivant en Marie, venez et vivez en Vos serviteurs
Dans l’esprit de Votre sainteté, dans la plénitude de Votre Force,
Dans la vérité de Vos vertus, dans la perfection de Vos voies,
Dans la communion de Vos mystères !
Dominez sur toute puissance ennemie, en Votre Esprit, à la gloire du Père.
Ainsi soit-il.

- O Jesu vivens in Maria, veni et vive in famulis tuis,
in spiritu sanctitatis tuae,
in plenitudine virtutis tuae,
in veritate virtutum tuarum,
in perfectione viarum tuarum,
in communione mysteriorum tuorum.
Dominare omni adversae potestati,
in Spiritu tuo, ad gloriam Patris.
Amen.

Voici également la prière à Saint Joseph prescrite par le Pape Léon XIII pour être ajoutée chaque jour à la fin du chapelet :

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph ; et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel, dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Église de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle.

Ainsi soit-il.

* * * * * * *

« Du saint Rosaire redoutable aux démons » bande dessinée > ici

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 1 octobre, 2008 |6 Commentaires »

2008-53 b. Le Père Ange de Joyeuse et la statue de Notre-Dame de Paix (2nde partie).

2nde Partie : la statue miraculeuse de Notre-Dame de Paix.

Après avoir rapporté la biographie du Père Ange de Joyeuse (ici > www) attachons nous à faire connaître la Madone vénérée sous le nom de Notre-Dame de Paix.

A. Description de la statue :

Le P. Godefroy, archiviste capucin, a fait, en 1935, un travail très documenté :
« En Provence, en Languedoc, en Aquitaine, la civilisation romaine avait laissé son empreinte… A la Renaissance, de nombreux artistes méridionaux se mettent à œuvrer d’après le canon d’Athènes et de Sparte. L’un d’eux entreprend de sculpter, en plein bois, sans doute sur commande, une statuette de la Madone. Artiste, il veut sa Vierge plus belle qu’une déesse. Français, dégoûté des horreurs de la guerre, il la conçoit comme une apparition de la Paix. Double dessein facile à réaliser pour un sculpteur languedocien. Les modèles foisonnent. Sa Vierge est de petite taille : 33 cm, piédestal non compris. Marie, légèrement hanchée à gauche, est vêtue du chiton, la tunique grecque, plissée et fermée. Ce vêtement tombe jusqu’aux pieds, découverts, chaussés de sandales, de forme romaine… L’artiste revêt sa Madone, par-dessus son chiton, d’un casaquin renaissance, décolleté en carré, lacé jusqu’à la taille… Les manches font kimono… En outre, l’artiste a jeté sur les épaules de Marie, selon la mode du temps, un fichu, très légèrement drapé, aux pans noués sur la poitrine et tombant court. Le reste du costume est spécifiquement grec. Marie se drape dans un péplos bordé d’un tuyauté araméen. Roulé autour du bras gauche, ce manteau laisse le bras droit libre et découvert. Dans sa main droite, la Madone tient une branche d’olivier. Sur son bras gauche, repose, vêtu d’une chemise froncée, l’Enfant Jésus, bras tendus. Le Sauveur, tête nue, cheveux frisés, serre dans sa main droite la croix, et dans sa main gauche le globe du monde. La Vierge, elle aussi, porte, à l’antique, le chef découvert… mais sa coiffure offre une note Renaissance… Les cheveux de la Vierge, séparés sur le devant, s’étagent en deux nattes de chaque côté de la tête… Elles forment un chignon à l’arrière et retombent sur le dos en une natte unique. En outre, une cinquième natte, partant de la nuque et formant auréole, est nouée sur le milieu de la tête, en avant.« 

Notre-Dame de Paix (statue héritée de la famille de Joyeuse)

B. La Vierge des Joyeuse :

Le premier texte connu sur la statue de Notre-Dame de Paix provient d’un livre publié en 1660 par le Père Médard de Compiègne, capucin :
« On assure que cette sainte image est l’héritage de l’illustre Maison de Joyeuse, qui demeurait, par succession, à celui des enfants de cette illustre famille qui avait le plus de dévotion à la conserver. »
L’histoire de la statue est donc d’abord intimement liée à celle de la famille de Joyeuse.

Les experts peuvent avec une quasi certitude placer la date de naissance de la statue autour de 1530. Jean de Joyeuse avait quitté le Château de Joyeuse, en Vivarais (aujourd’hui département de l’Ardèche) pour celui que Françoise de Voisins lui avait apporté en dot, le Château de Couiza, dans le Bas-Languedoc en 1518 : ce serait lui qui aurait acquis ou peut-être même fait réaliser la statuette. Il la donna au plus pieux de ses fils, Guillaume, qui l’emporta en 1561 à l’hôtel de trésorerie de Toulouse où il avait été nommé.
De son mariage avec Marie de Batarnay, Guillaume eut sept fils et c’est Henri qui reçut la statuette. Vers la mi-novembre 1576, il l’emporta avec lui  à Paris, au Collège de Navarre, puis en 1582 à l’hôtel du Bouchage, rue Saint-Honoré (à l’actuel emplacement du Temple de l’Oratoire).
Comme nous l’avons dit dans la première partie (cf. > www), Henri, bien qu’attiré par la vie religieuse, dut épouser Catherine de La Vallette. Le couple s’installa, toujours rue Saint-Honoré, dans un hôtel contigu au monastère des Capucins et y aménagea une chapelle pour Notre-Dame.
Quand, à son veuvage, il entra chez les Capucins, il  fit don au couvent de la moitié de son hôtel avec la chapelle que, quelques années plus tard, les capucins, obligés d’agrandir leur couvent, durent démolir. Ils firent alors aménager, au dessus de la porte d’entrée des nouveaux bâtiments, une petite niche où la statue fut exposée.
La petite Madone va rester là 63 ans, discrète, attendant son heure. Toutefois un frère convers, Frère Antoine, qui était fort dévot à cette image, prédit peu avant de mourir que cette statue deviendrait illustre.

C. La statue devient Notre-Dame de Paix :

La guerre de Trente Ans avait désolé l’Europe, et se continuait de diverses manières. Les peuples angoissés imploraient la paix. Or, le 21 juillet 1651, des enfants s’assemblent devant la Madone des Capucins, rue Neuve Saint Honoré, chantant à gorge déployée des Salve Regina. Des processions se forment au chant des litanies de la Sainte Vierge, on vient de tous les quartiers de la capitale. Il y a foule. Chants, prières et… miracles, car des guérisons se produisent ! Notre-Dame est bienfaisante à son peuple, qui – spontanément – l’invoque comme « Notre-Dame de Paix ».
Quelques semaines après cette première procession, précisément le 24 septembre 1651, alors que la dévotion envers elle ne cesse de prendre de l’ampleur, la statue est retirée de la niche au-dessus de la porte pour être exposée dans l’église du couvent, dans la chapelle latérale où reposent les restes du Père Ange. Il se produisait là des miracles et les pèlerins y venaient si nombreux qu’il fallut songer à agrandir la chapelle, ce que fit faire Mademoiselle de Guise, petite-nièce d’Henri de Joyeuse ; la statue fut solennellement installée dans le nouveau sanctuaire par le Nonce apostolique, en présence du Roi, de la Cour et d’un concours immense de parisiens, le 9 juillet 1657.

L’année suivante, le Roi Louis XIV est pris de fièvre typhoïde à Calais, et on craint pour sa vie. La Reine Mère demande des prières. Les capucins s’adressent à Notre-Dame de Paix et la guérison se produit, jugée miraculeuse. Anne d’Autriche commande alors à Michel Corneille un grand tableau en ex-voto (il est aujourd’hui dans les collections du château de Versailles).

ex-voto de la guérison de Louis XIV

Sur cet ex-voto on reconnaît en bas à gauche les capucins en prière aux pieds de Notre-Dame de Paix :
la statue n’est pas reproduite de manière servile mais identifiable grâce à sa coiffure et à son rameau d’olivier dans la main droite.

Cette guérison contribue encore à l’accroissement de la dévotion envers la Madone de la chapelle des Capucins, qui devient un véritable centre de pèlerinage : on y vient en foule, surtout au jour de sa fête, fixée au 9 juillet. On implore la Reine de la Paix pour la paix du Royaume, pour la paix du monde, pour la paix des familles, pour la paix des coeurs… Et un chroniqueur de l’époque témoigne que les grâces reçues sont indicibles. Il en fut ainsi jusqu’à la grande révolution…

D. Dans la tourmente révolutionnaire :

Au mois d’août 1790, les Capucins furent chassés de leur couvent. Un religieux emporte discrètement la statue avec lui et, l’année suivante, il la remet à son Provincial. Ce dernier, pour plus de sécurité, la confie à une demoiselle Papin, soeur du Grand Pénitencier de  l’Archevêché de Paris. Un procès-verbal très détaillé accompagne ce dépôt. En 1792,  Mademoiselle Papin, fuyant Paris à son tour, remit la Vierge à la Duchesse de Luynes, qui, en 1802, en fit constater l’authenticité par l’un des vicaires généraux de l’Archevêché de Paris. Cet acte de reconnaissance et d’authentification existe toujours avec ses cachets de cire rouge bien visibles.

E. Installation de Notre-Dame de Paix à Picpus :

En avril 1806, la Duchesse de Luynes décède. La soeur et le neveu de Mademoiselle Papin, ses héritiers (la statue n’avait été confiée à Madame de Luynes que comme un dépôt provisoire)  en font la cession à la Révérende Mère Henriette Aymer de La Chevalerie, à la demande du Révérend Père Coudrin : ce sont les fondateurs de la Congrégation de l’Adoration des Sacrés Coeurs, dite de Picpus.
Le 6 mai 1806, la statue de Notre-Dame de Paix arrive  au couvent de Picpus (qui garde le cimetière où furent ensevelies les victimes de la grande Terreur guillotinées tout près de là, sur la « place du trône » – devenue « place du trône renversé » sous la révolution, et depuis « place de la nation » – , parmi lesquelles les célèbres Carmélites de Compiègne).
Notre-Dame de Paix est depuis lors la Protectrice de toute la Congrégation, Pères et Sœurs, et sa reproduction se trouve dans toutes les maisons de l’Institut.
Le 9 juillet 1906, la statue de Notre-Dame de Paix fut officiellement couronnée  au nom du Pape Saint Pie X.
Si les foules n’accourent pas de la même manière qu’autrefois aux pieds de la Madonne qui nous vient des Joyeuse, nous pouvons toutefois affirmer qu’elle continue à donner généreusement des grâces de paix à ceux qui viennent les implorer dans la chapelle de Picpus.

Publié dans : De Maria numquam satis, Memento, Nos amis les Saints | le 27 septembre, 2008 |3 Commentaires »

2008-53 a. Le Père Ange de Joyeuse et la statue de Notre-Dame de Paix (1ère partie).

Il y a dans l’ordre des Capucins – déjà particulièrement riche en personnalités originales – une figure assez extraordinaire, dont ce 28 septembre 2008 nous donne de commémorer le quatrième centenaire de la mort : je veux parler d’Henri de Joyeuse, en religion le Père Ange, frère mineur capucin.
L’évocation de ce personnage nous donnera aussi l’occasion de parler de Notre-Dame de Paix, statue aujourd’hui vénérée dans la chapelle des Soeurs de Picpus, à Paris.

Ière Partie : Le Père Ange de Joyeuse.

Né à Toulouse le 21 septembre 1563, Henri de Joyeuse était le troisième des sept fils du vicomte Guillaume de Joyeuse, lieutenant général du Roi Henri III pour le Languedoc.

Garçon brillant, et adonné aux études dès son plus jeune âge, il avait éprouvé l’attrait de la vie franciscaine, mais son père – qui avait d’autres ambitions pour ses fils – l’envoya à Paris  avec ses frères François et Scipion suivre les cours du collège de Navarre.
Très rapidement, ces jeunes gens sont introduits à la Cour où ils vont être comblés de faveur : tandis que leur père est fait maréchal de France, l’aîné – Anne – sera nommé Amiral, puis Duc et pair de France, François nommé archevêque de Narbonne puis de Toulouse, et – alors qu’il vient tout juste d’entrer dans sa seizième année – Henri est grand-maître de la garde-robe du Roi dont il est le « mignon » (il reçoit même le surnom d’archi-mignon). Un autre de ses frères est promu grand prieur de l’Ordre de Malte…

De peur de le voir abandonner la Cour pour le couvent où il aimait à faire retraite, Henri III lui fait épouser, le 28 novembre 1581, Catherine de Nogaret de Lavalette, soeur du duc d’Epernon, favori du Roi : Henri a 18 ans, Catherine en a 15.
Leur mariage fut heureux et les deux époux – qui aimaient à se retirer loin de la Cour et s’approfondissaient en piété – firent, d’un commun accord, le vœu qu’à la mort de l’un, le survivant se ferait religieux. Une fille leur naquit, le 10 janvier 1585 au Louvre : Henriette-Catherine.

Henri, âgé de 22 ans, chevalier du Saint-Esprit, et conseiller d’Etat, reçut en cette même année le gouvernement de l’Anjou et du Maine, puis de la Touraine et du Perche.

Courtisans de l'époque d'Hneri III

Au début du mois d’août 1587, son épouse mourut et Henri de Joyeuse voulut accomplir son voeu : le 4 septembre 1587, il entra nuitamment au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré.
On rapporte qu’en apprenant la chose Henri III se précipita au couvent des Capucins, et  que, découvrant son ancien favori  « la teste rasée et les pieds nuds, peu s’en fallut qu’il ne tomba pasmé à la renverse« .
Henri de Joyeuse reçut alors le nom de frère Ange.
Il prononça ses voeux solennels l’année suivante et, en raison des troubles politiques et religieux qui agitaient le Royaume, il fut envoyé à Venise pour y faire ses études de théologie jusqu’à sa prêtrise, en 1591.
De retour en France, le Père Ange fut nommé gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent d’Arles.

On était en pleine « guerre de religion » et son frère François, archevêque de Toulouse et cardinal, l’appela auprès de lui.
En ce temps, la Ligue catholique guerroyait contre l’armée d’Henri de Navarre, héritier du trône selon les Lois fondamentales du Royaume pour ce qui est du sang, mais que son appartenance au protestantisme rendait inapte à ceindre la Couronne.

Anne de Joyeuse, l’aîné des frères, fut tué à la bataille de Coutras. L’autre frère, Scipion (devenu Duc du fait de la mort d’Anne), gouverneur du Languedoc, assiégeait, avec l’armée de la Ligue, une place forte protestante (Villemur-sur-Tarn). Contraint de battre en retraite, il se noya dans le Tarn, le 19 octobre 1592.
Dès le 21 octobre, sur les pressions conjuguées de son frère, François  cardinal de Joyeuse, du clergé, de la noblesse, du peuple de Toulouse… et de son confesseur, le Père Ange accepta de remplacer son frère décédé. Mais comme ses voeux chez les Capucins ne lui permettaient pas de porter les armes, le Pape Clément VIII – rapidement mis au courant des événements par le Cardinal de Joyeuse – transféra ses voeux dans l’Ordre de Malte, et le Père Ange redevint Henri !
Troisième Duc de Joyeuse et chef de la Ligue en Languedoc avec le titre de gouverneur, il troqua la bure contre la cuirasse par obéissance à ses supérieurs ecclésiastiques.

Il signa bientôt une trêve d’un an avec le Duc de Montmorency, qui se disait aussi gouverneur du Languedoc – pour l’autre camp – , puis négocia la paix.
En effet, malgré la conversion du Béarnais et le ralliement progressif de la majorité du clergé de France, après son sacre à Chartres (le 27 février 1594), la Ligue ne reconnut  vraiment Henri de Navarre comme Roi de France qu’en janvier 1596, après que le Pape l’eût relevé officiellement de son excommunication !
Henri de Joyeuse fut maintenu dans sa position de lieutenant du Roi en Languedoc ; puis Henri IV  – qui l’avait en haute estime – le nomma maréchal de France, gouverneur de Narbonne et de Carcassonne et capitaine du Mont-Saint-Michel.
Aussi proche d’Henri IV qu’il l’avait été d’Henri III, le Maréchal-duc de Joyeuse ne quitta guère la Cour jusqu’à ce que sa fille épousât Henri de Bourbon, Duc de Montpensier (le 15 mai 1597) (1).
Après ce mariage, Henri de Joyeuse retrouva peu à peu ses anciennes habitudes de piété et de solitude ; il renonça à ses charges, mit ses affaires en ordre et, dans la nuit du 8 au 9 mars 1599, reprit la bure capucine au couvent de Paris, redevenant le Père Ange.

Dès lors il ne se comporta plus qu’en religieux capucin exemplaire, complètement détaché du monde. Il prêcha avec un talent remarquable dans de nombreuses églises, donna des conférences spirituelles aux bénédictines de Montmartre et aux Clarisses, défendit les privilèges des religieux contre le Parlement de Paris, fut élu deux fois Provincial (en 1601 et en 1608), veilla sur la fondation de plusieurs couvents (Beauvais, Le Mans et Alençon).
Sa charité s’exerçait surtout sur le peuple des campagnes et sur les pauvres. Il se dépensa même au service des pestiférés lors de plusieurs épidémies.

Au chapitre général de Rome auquel il participait en 1608, il fut élu définiteur. Il quitta Rome, chargé par le Pape d’une mission auprès du Duc de Savoie, mais mourut au cours du voyage, à Rivoli, le 28 septembre 1608.
Son corps, ramené à Paris sur les ordres de sa fille, fut inhumé au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré. Il avait atteint un haut niveau de vertu et on regrette que sa cause de béatification n’ait pas été engagée.

Voltaire, travestissant la réalité des faits, s’est moqué de lui dans la « Henriade » mais le Père Ange de Joyeuse demeure l’une des plus attachantes figures religieuses de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècles. N’était-il pas juste de le rappeler à l’occasion du quatrième centenaire de sa mort ?

(à suivre > ici)

(1). Henriette-Catherine fut donc l’aïeule de la « Grande Mademoiselle ».

Publié dans : De Maria numquam satis, Memento, Nos amis les Saints | le 27 septembre, 2008 |2 Commentaires »
1...112113114115116...130

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi