2008-53 b. Le Père Ange de Joyeuse et la statue de Notre-Dame de Paix (2nde partie).

2nde Partie : la statue miraculeuse de Notre-Dame de Paix.

Après avoir rapporté la biographie du Père Ange de Joyeuse (ici > www) attachons nous à faire connaître la Madone vénérée sous le nom de Notre-Dame de Paix.

A. Description de la statue :

Le P. Godefroy, archiviste capucin, a fait, en 1935, un travail très documenté :
« En Provence, en Languedoc, en Aquitaine, la civilisation romaine avait laissé son empreinte… A la Renaissance, de nombreux artistes méridionaux se mettent à œuvrer d’après le canon d’Athènes et de Sparte. L’un d’eux entreprend de sculpter, en plein bois, sans doute sur commande, une statuette de la Madone. Artiste, il veut sa Vierge plus belle qu’une déesse. Français, dégoûté des horreurs de la guerre, il la conçoit comme une apparition de la Paix. Double dessein facile à réaliser pour un sculpteur languedocien. Les modèles foisonnent. Sa Vierge est de petite taille : 33 cm, piédestal non compris. Marie, légèrement hanchée à gauche, est vêtue du chiton, la tunique grecque, plissée et fermée. Ce vêtement tombe jusqu’aux pieds, découverts, chaussés de sandales, de forme romaine… L’artiste revêt sa Madone, par-dessus son chiton, d’un casaquin renaissance, décolleté en carré, lacé jusqu’à la taille… Les manches font kimono… En outre, l’artiste a jeté sur les épaules de Marie, selon la mode du temps, un fichu, très légèrement drapé, aux pans noués sur la poitrine et tombant court. Le reste du costume est spécifiquement grec. Marie se drape dans un péplos bordé d’un tuyauté araméen. Roulé autour du bras gauche, ce manteau laisse le bras droit libre et découvert. Dans sa main droite, la Madone tient une branche d’olivier. Sur son bras gauche, repose, vêtu d’une chemise froncée, l’Enfant Jésus, bras tendus. Le Sauveur, tête nue, cheveux frisés, serre dans sa main droite la croix, et dans sa main gauche le globe du monde. La Vierge, elle aussi, porte, à l’antique, le chef découvert… mais sa coiffure offre une note Renaissance… Les cheveux de la Vierge, séparés sur le devant, s’étagent en deux nattes de chaque côté de la tête… Elles forment un chignon à l’arrière et retombent sur le dos en une natte unique. En outre, une cinquième natte, partant de la nuque et formant auréole, est nouée sur le milieu de la tête, en avant.« 

Notre-Dame de Paix (statue héritée de la famille de Joyeuse)

B. La Vierge des Joyeuse :

Le premier texte connu sur la statue de Notre-Dame de Paix provient d’un livre publié en 1660 par le Père Médard de Compiègne, capucin :
« On assure que cette sainte image est l’héritage de l’illustre Maison de Joyeuse, qui demeurait, par succession, à celui des enfants de cette illustre famille qui avait le plus de dévotion à la conserver. »
L’histoire de la statue est donc d’abord intimement liée à celle de la famille de Joyeuse.

Les experts peuvent avec une quasi certitude placer la date de naissance de la statue autour de 1530. Jean de Joyeuse avait quitté le Château de Joyeuse, en Vivarais (aujourd’hui département de l’Ardèche) pour celui que Françoise de Voisins lui avait apporté en dot, le Château de Couiza, dans le Bas-Languedoc en 1518 : ce serait lui qui aurait acquis ou peut-être même fait réaliser la statuette. Il la donna au plus pieux de ses fils, Guillaume, qui l’emporta en 1561 à l’hôtel de trésorerie de Toulouse où il avait été nommé.
De son mariage avec Marie de Batarnay, Guillaume eut sept fils et c’est Henri qui reçut la statuette. Vers la mi-novembre 1576, il l’emporta avec lui  à Paris, au Collège de Navarre, puis en 1582 à l’hôtel du Bouchage, rue Saint-Honoré (à l’actuel emplacement du Temple de l’Oratoire).
Comme nous l’avons dit dans la première partie (cf. > www), Henri, bien qu’attiré par la vie religieuse, dut épouser Catherine de La Vallette. Le couple s’installa, toujours rue Saint-Honoré, dans un hôtel contigu au monastère des Capucins et y aménagea une chapelle pour Notre-Dame.
Quand, à son veuvage, il entra chez les Capucins, il  fit don au couvent de la moitié de son hôtel avec la chapelle que, quelques années plus tard, les capucins, obligés d’agrandir leur couvent, durent démolir. Ils firent alors aménager, au dessus de la porte d’entrée des nouveaux bâtiments, une petite niche où la statue fut exposée.
La petite Madone va rester là 63 ans, discrète, attendant son heure. Toutefois un frère convers, Frère Antoine, qui était fort dévot à cette image, prédit peu avant de mourir que cette statue deviendrait illustre.

C. La statue devient Notre-Dame de Paix :

La guerre de Trente Ans avait désolé l’Europe, et se continuait de diverses manières. Les peuples angoissés imploraient la paix. Or, le 21 juillet 1651, des enfants s’assemblent devant la Madone des Capucins, rue Neuve Saint Honoré, chantant à gorge déployée des Salve Regina. Des processions se forment au chant des litanies de la Sainte Vierge, on vient de tous les quartiers de la capitale. Il y a foule. Chants, prières et… miracles, car des guérisons se produisent ! Notre-Dame est bienfaisante à son peuple, qui – spontanément – l’invoque comme « Notre-Dame de Paix ».
Quelques semaines après cette première procession, précisément le 24 septembre 1651, alors que la dévotion envers elle ne cesse de prendre de l’ampleur, la statue est retirée de la niche au-dessus de la porte pour être exposée dans l’église du couvent, dans la chapelle latérale où reposent les restes du Père Ange. Il se produisait là des miracles et les pèlerins y venaient si nombreux qu’il fallut songer à agrandir la chapelle, ce que fit faire Mademoiselle de Guise, petite-nièce d’Henri de Joyeuse ; la statue fut solennellement installée dans le nouveau sanctuaire par le Nonce apostolique, en présence du Roi, de la Cour et d’un concours immense de parisiens, le 9 juillet 1657.

L’année suivante, le Roi Louis XIV est pris de fièvre typhoïde à Calais, et on craint pour sa vie. La Reine Mère demande des prières. Les capucins s’adressent à Notre-Dame de Paix et la guérison se produit, jugée miraculeuse. Anne d’Autriche commande alors à Michel Corneille un grand tableau en ex-voto (il est aujourd’hui dans les collections du château de Versailles).

ex-voto de la guérison de Louis XIV

Sur cet ex-voto on reconnaît en bas à gauche les capucins en prière aux pieds de Notre-Dame de Paix :
la statue n’est pas reproduite de manière servile mais identifiable grâce à sa coiffure et à son rameau d’olivier dans la main droite.

Cette guérison contribue encore à l’accroissement de la dévotion envers la Madone de la chapelle des Capucins, qui devient un véritable centre de pèlerinage : on y vient en foule, surtout au jour de sa fête, fixée au 9 juillet. On implore la Reine de la Paix pour la paix du Royaume, pour la paix du monde, pour la paix des familles, pour la paix des coeurs… Et un chroniqueur de l’époque témoigne que les grâces reçues sont indicibles. Il en fut ainsi jusqu’à la grande révolution…

D. Dans la tourmente révolutionnaire :

Au mois d’août 1790, les Capucins furent chassés de leur couvent. Un religieux emporte discrètement la statue avec lui et, l’année suivante, il la remet à son Provincial. Ce dernier, pour plus de sécurité, la confie à une demoiselle Papin, soeur du Grand Pénitencier de  l’Archevêché de Paris. Un procès-verbal très détaillé accompagne ce dépôt. En 1792,  Mademoiselle Papin, fuyant Paris à son tour, remit la Vierge à la Duchesse de Luynes, qui, en 1802, en fit constater l’authenticité par l’un des vicaires généraux de l’Archevêché de Paris. Cet acte de reconnaissance et d’authentification existe toujours avec ses cachets de cire rouge bien visibles.

E. Installation de Notre-Dame de Paix à Picpus :

En avril 1806, la Duchesse de Luynes décède. La soeur et le neveu de Mademoiselle Papin, ses héritiers (la statue n’avait été confiée à Madame de Luynes que comme un dépôt provisoire)  en font la cession à la Révérende Mère Henriette Aymer de La Chevalerie, à la demande du Révérend Père Coudrin : ce sont les fondateurs de la Congrégation de l’Adoration des Sacrés Coeurs, dite de Picpus.
Le 6 mai 1806, la statue de Notre-Dame de Paix arrive  au couvent de Picpus (qui garde le cimetière où furent ensevelies les victimes de la grande Terreur guillotinées tout près de là, sur la « place du trône » – devenue « place du trône renversé » sous la révolution, et depuis « place de la nation » – , parmi lesquelles les célèbres Carmélites de Compiègne).
Notre-Dame de Paix est depuis lors la Protectrice de toute la Congrégation, Pères et Sœurs, et sa reproduction se trouve dans toutes les maisons de l’Institut.
Le 9 juillet 1906, la statue de Notre-Dame de Paix fut officiellement couronnée  au nom du Pape Saint Pie X.
Si les foules n’accourent pas de la même manière qu’autrefois aux pieds de la Madonne qui nous vient des Joyeuse, nous pouvons toutefois affirmer qu’elle continue à donner généreusement des grâces de paix à ceux qui viennent les implorer dans la chapelle de Picpus.

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2008-53 a. Le Père Ange de Joyeuse et la statue de Notre-Dame de Paix (1ère partie).

Il y a dans l’ordre des Capucins – déjà particulièrement riche en personnalités originales – une figure assez extraordinaire, dont ce 28 septembre 2008 nous donne de commémorer le quatrième centenaire de la mort : je veux parler d’Henri de Joyeuse, en religion le Père Ange, frère mineur capucin.
L’évocation de ce personnage nous donnera aussi l’occasion de parler de Notre-Dame de Paix, statue aujourd’hui vénérée dans la chapelle des Soeurs de Picpus, à Paris.

Ière Partie : Le Père Ange de Joyeuse.

Né à Toulouse le 21 septembre 1563, Henri de Joyeuse était le troisième des sept fils du vicomte Guillaume de Joyeuse, lieutenant général du Roi Henri III pour le Languedoc.

Garçon brillant, et adonné aux études dès son plus jeune âge, il avait éprouvé l’attrait de la vie franciscaine, mais son père – qui avait d’autres ambitions pour ses fils – l’envoya à Paris  avec ses frères François et Scipion suivre les cours du collège de Navarre.
Très rapidement, ces jeunes gens sont introduits à la Cour où ils vont être comblés de faveur : tandis que leur père est fait maréchal de France, l’aîné – Anne – sera nommé Amiral, puis Duc et pair de France, François nommé archevêque de Narbonne puis de Toulouse, et – alors qu’il vient tout juste d’entrer dans sa seizième année – Henri est grand-maître de la garde-robe du Roi dont il est le « mignon » (il reçoit même le surnom d’archi-mignon). Un autre de ses frères est promu grand prieur de l’Ordre de Malte…

De peur de le voir abandonner la Cour pour le couvent où il aimait à faire retraite, Henri III lui fait épouser, le 28 novembre 1581, Catherine de Nogaret de Lavalette, soeur du duc d’Epernon, favori du Roi : Henri a 18 ans, Catherine en a 15.
Leur mariage fut heureux et les deux époux – qui aimaient à se retirer loin de la Cour et s’approfondissaient en piété – firent, d’un commun accord, le vœu qu’à la mort de l’un, le survivant se ferait religieux. Une fille leur naquit, le 10 janvier 1585 au Louvre : Henriette-Catherine.

Henri, âgé de 22 ans, chevalier du Saint-Esprit, et conseiller d’Etat, reçut en cette même année le gouvernement de l’Anjou et du Maine, puis de la Touraine et du Perche.

Courtisans de l'époque d'Hneri III

Au début du mois d’août 1587, son épouse mourut et Henri de Joyeuse voulut accomplir son voeu : le 4 septembre 1587, il entra nuitamment au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré.
On rapporte qu’en apprenant la chose Henri III se précipita au couvent des Capucins, et  que, découvrant son ancien favori  « la teste rasée et les pieds nuds, peu s’en fallut qu’il ne tomba pasmé à la renverse« .
Henri de Joyeuse reçut alors le nom de frère Ange.
Il prononça ses voeux solennels l’année suivante et, en raison des troubles politiques et religieux qui agitaient le Royaume, il fut envoyé à Venise pour y faire ses études de théologie jusqu’à sa prêtrise, en 1591.
De retour en France, le Père Ange fut nommé gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent d’Arles.

On était en pleine « guerre de religion » et son frère François, archevêque de Toulouse et cardinal, l’appela auprès de lui.
En ce temps, la Ligue catholique guerroyait contre l’armée d’Henri de Navarre, héritier du trône selon les Lois fondamentales du Royaume pour ce qui est du sang, mais que son appartenance au protestantisme rendait inapte à ceindre la Couronne.

Anne de Joyeuse, l’aîné des frères, fut tué à la bataille de Coutras. L’autre frère, Scipion (devenu Duc du fait de la mort d’Anne), gouverneur du Languedoc, assiégeait, avec l’armée de la Ligue, une place forte protestante (Villemur-sur-Tarn). Contraint de battre en retraite, il se noya dans le Tarn, le 19 octobre 1592.
Dès le 21 octobre, sur les pressions conjuguées de son frère, François  cardinal de Joyeuse, du clergé, de la noblesse, du peuple de Toulouse… et de son confesseur, le Père Ange accepta de remplacer son frère décédé. Mais comme ses voeux chez les Capucins ne lui permettaient pas de porter les armes, le Pape Clément VIII – rapidement mis au courant des événements par le Cardinal de Joyeuse – transféra ses voeux dans l’Ordre de Malte, et le Père Ange redevint Henri !
Troisième Duc de Joyeuse et chef de la Ligue en Languedoc avec le titre de gouverneur, il troqua la bure contre la cuirasse par obéissance à ses supérieurs ecclésiastiques.

Il signa bientôt une trêve d’un an avec le Duc de Montmorency, qui se disait aussi gouverneur du Languedoc – pour l’autre camp – , puis négocia la paix.
En effet, malgré la conversion du Béarnais et le ralliement progressif de la majorité du clergé de France, après son sacre à Chartres (le 27 février 1594), la Ligue ne reconnut  vraiment Henri de Navarre comme Roi de France qu’en janvier 1596, après que le Pape l’eût relevé officiellement de son excommunication !
Henri de Joyeuse fut maintenu dans sa position de lieutenant du Roi en Languedoc ; puis Henri IV  – qui l’avait en haute estime – le nomma maréchal de France, gouverneur de Narbonne et de Carcassonne et capitaine du Mont-Saint-Michel.
Aussi proche d’Henri IV qu’il l’avait été d’Henri III, le Maréchal-duc de Joyeuse ne quitta guère la Cour jusqu’à ce que sa fille épousât Henri de Bourbon, Duc de Montpensier (le 15 mai 1597) (1).
Après ce mariage, Henri de Joyeuse retrouva peu à peu ses anciennes habitudes de piété et de solitude ; il renonça à ses charges, mit ses affaires en ordre et, dans la nuit du 8 au 9 mars 1599, reprit la bure capucine au couvent de Paris, redevenant le Père Ange.

Dès lors il ne se comporta plus qu’en religieux capucin exemplaire, complètement détaché du monde. Il prêcha avec un talent remarquable dans de nombreuses églises, donna des conférences spirituelles aux bénédictines de Montmartre et aux Clarisses, défendit les privilèges des religieux contre le Parlement de Paris, fut élu deux fois Provincial (en 1601 et en 1608), veilla sur la fondation de plusieurs couvents (Beauvais, Le Mans et Alençon).
Sa charité s’exerçait surtout sur le peuple des campagnes et sur les pauvres. Il se dépensa même au service des pestiférés lors de plusieurs épidémies.

Au chapitre général de Rome auquel il participait en 1608, il fut élu définiteur. Il quitta Rome, chargé par le Pape d’une mission auprès du Duc de Savoie, mais mourut au cours du voyage, à Rivoli, le 28 septembre 1608.
Son corps, ramené à Paris sur les ordres de sa fille, fut inhumé au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré. Il avait atteint un haut niveau de vertu et on regrette que sa cause de béatification n’ait pas été engagée.

Voltaire, travestissant la réalité des faits, s’est moqué de lui dans la « Henriade » mais le Père Ange de Joyeuse demeure l’une des plus attachantes figures religieuses de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècles. N’était-il pas juste de le rappeler à l’occasion du quatrième centenaire de sa mort ?

(à suivre > ici)

(1). Henriette-Catherine fut donc l’aïeule de la « Grande Mademoiselle ».

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Recette du Mesnil-Marie : Purée de courgettes et pommes de terre à la menthe.

Samedi 20 septembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

lully.gif Quelles nouvelles vous donnerai-je ce soir? Rien de bien sensationnel à la vérité. La vie ici se poursuit tranquillement, même si la petite Chlôris met parfois une animation un peu turbulente dans notre « Mesnil-Marie« !

Frère Maximilien-Marie, à plusieurs reprises, a cueilli des mûres sur les buissons  qui se sont développés depuis des années sur les « chambas » (c’est ainsi qu’on appelle ici les échamps, les champs en terrasse) laissés à l’abandon. Il les transforme ensuite en confitures dont l’odeur alléchante se répand dans la maison, tandis que Chlôris et moi rivalisons de ronronnements avec le gros poêle qu’il faut désormais allumer une partie de la journée. L’automne est là ; c’est demain – 21 septembre – la fête de Saint Matthieu et le dicton populaire ne se trompe pas: « A la Saint Matthieu, l’été il faut dire adieu« . En effet les températures, après le coucher du soleil et surtout le matin, sont maintenant bien fraîches: il a même gelé en milieu de semaine dans les villages voisins!

Frère Maximilien-Marie a presque terminé de débiter et de mettre en un tas  bien ordonné, afin qu’il sèche toute une année, le bois des frênes qui s’étaient développés de manière anarchique devant la façade sud de notre « Mesnil-Marie » et qui ont été coupés au printemps. Il n’a pas besoin d’aller dans un centre de « remise en forme » pour faire de la musculation, et il se demande même si les gens qui payent assez cher des abonnements pour aller soulever des poids dans une salle de gymnastique ne pourraient pas prendre chez nous une carte d’abonnement à un tarif préférentiel pour venir transporter et couper du bois  dans le bon air de nos montagnes… C’est un concept qui pourrait devenir « furieusement tendance » après tout si nous trouvions une star qui accepte d’en faire la promotion à la télévision!!!

Enfin, comme cela fait quelques semaines que je ne vous ai pas suggéré quelque bonne idée gourmande, je vais me rattraper ce soir en vous donnant la recette d’une délicieuse purée de courgettes et pommes de terre à la menthe que Frère Maximilien-Marie a confectionnée cette semaine. C’est très facile, et on peut même – en fonction des légumes dont on dispose – en faire une quantité importante que l’on congèlera pour s’en régaler encore plus tard. Je vous souhaite à tous un excellent « ouiquinde » gourmand!

Lully.

Courgettes Préparation : 20 mn. Cuisson : 20 mn

Ingrédients (pour 6 personnes) :

– 3 courgettes moyennes (ou une très grosse)
– 3-4 pommes de terre (moyennes) en sorte que la proportion de courgettes soit environ le double de la quantité de pommes de terre.

- Au choix et selon les goûts : 2 cuillères à soupe de mascarpone, ou bien simplement 25cl de crème fraîche ou encore un quart de litre de lait et dans ces deux derniers cas je vous recommande d’ajouter une grosse poignée de fromage râpé (Emmental par exemple)…

- sel et poivre – quelques feuilles de menthe (fraîches de préférence et coupées en petits morceaux pour qu’elles libèrent bien tout leur arôme).


Préparation :

Laver et éplucher les courgettes (en laissant une lanière de peau sur deux) et les pommes de terre, les découper en cubes et les faire cuire à la vapeur (séparément). Quand elles sont cuites, les écraser ensemble, ajouter le mascarpone (ou la crème fraîche ou le lait & le fromage râpé), la menthe, le sel et le poivre. Bien mélanger: on peut évidemment tout mixer, mais c’est meilleur à mon avis si les légumes sont seulement bien écrasés à la fourchette et qu’il reste quelques morceaux. On peut servir ainsi pour manger tout de suite ou bien – si on a pris un peu d’avance sur l’heure du repas – mettre dans un plat à gratin et faire réchauffer au four (en ayant encore rajouté un peu de fromage râpé à la surface pour laisser doucement gratiner).

Publié dans : Chronique de Lully, Recettes du Mesnil-Marie | le 20 septembre, 2008 |4 Commentaires »

2008-52. Message et « secrets » révélés par Notre-Dame de La Salette :

Le samedi 19 septembre 1846 en fin d’après midi, alors que sonnaient les premières vêpres de la fête de Notre-Dame des Douleurs (qui était alors célébrée le 3ème dimanche de septembre), la Très Sainte Vierge Marie, tout en pleurs, se montra à deux enfants sur la sainte montagne de La Salette, dans le diocèse de Grenoble.

L’Eglise a reconnu l’authenticité de cette apparition dans laquelle Maximin et Mélanie virent la Vierge en pleurs, et reçurent d’elle
1) un message qu’ils devaient faire passer à « tout son peuple », mais aussi
2) un secret chacun.

A – Voici en premier lieu les paroles de la Vierge Marie aux enfants, telles qu’elles furent publiées et reçues par l’Eglise ; elles constituent le message public :

« Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle.

Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Pour vous autres, vous n’en faites pas cas ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres.

Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils.

Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.

Si la récolte se gâte, ce n’est rien qu’à cause de vous autres. Je vous l’avais fait voir l’an dernier par les pommes de terre, vous n’en avez pas fait cas. C’est au contraire : quand vous en trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils au milieu. Elles vont continuer, et cette année, pour la Noël, il n’y en aura plus. »

Jusqu’ici la Belle Dame a parlé en français.
Elle prévient une question de Mélanie et termine son discours en patois :

« Vous ne comprenez pas, mes enfants ! Je vais vous le dire autrement. Si la recolta se gasta… Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer. Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront et ce qui viendra tombera tout en poussière quand on le battra. Il viendra une grande famine. Avant que la famine vienne, les petits enfants au-dessous de 7 ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront vides, les raisins pourriront. »

A ce moment de l’apparition Mélanie voit que la Belle Dame dit quelques mots à Maximin, mais elle n’entend pas. Puis c’est au tour de Maximin de voir qu’elle dit quelque chose à Mélanie mais qu’il ne peut pas entendre non plus.
Ce sont les fameux « secrets » que la Vierge confie aux enfants : ils les mettront ensuite par écrit à l’intention du Souverain Pontife Pie IX, et on trouvera les textes ci-dessous.
Après les secrets, la Très Sainte Vierge poursuit le « message public » que les enfants entendent tous deux:

« S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.

Faites-vous bien votre prière, mes enfants ?

- Pas guère, Madame.

- Ah ! Mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin, ne diriez-vous qu’un Pater et un Ave Maria quand vous ne pourrez pas mieux faire. Et quand vous pourrez mieux faire, il faut en dire davantage. L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe. Les autres travaillent le dimanche tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion.
Le Carême, ils vont à la boucherie, comme les chiens.
- N’avez-vous jamais vu du blé gâté, mes enfants ?

- Non Madame !

- Mais vous, Maximin, mon enfant, vous devez bien en avoir vu une fois, au Coin, avec votre père. Le maître du champ dit à votre père de venir voir son blé gâté. Vous y êtes allés. Votre père prit deux ou trois épis dans sa main, les froissa et ils tombèrent tous en poussière. En vous en retournant, quand vous n’étiez plus qu’à une demi-heure de Corps, votre père vous donna un morceau de pain en vous disant : « Tiens, mon petit, mange encore du pain cette année, car je ne sais pas qui va en manger l’an qui vient si le blé continue comme ça ».

- Ah ! Oui, Madame. Je m’en rappelle à présent. Je ne m’en rappelais pas tout à l’heure.

Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! »

statue de la Vierge en pleurs.

B – Voici maintenant le texte du secret de Mélanie, tel qu’il a été publié par Mélanie elle-même, avec l’imprimatur de Mgr Zola évêque de Lecce, en 1879.
Il est resté pendant longtemps le seul texte du secret dont on ait connaissance : le texte rédigé à l’intention du Bienheureux Pie IX, écrit en 1851, n’a en effet été retrouvé et publié qu’en 2000, comme nous le verrons plus loin.
Le texte qui suit ici a fait l’objet de vives contestations de la part des évêques de Grenoble et des religieux qui desservent le sanctuaire de La Salette.
Dans l’état actuel des choses, il semble raisonnable de penser que cette « version longue », de 1879, est véritablement conforme aux paroles de Notre-Dame.
En 1851, Mélanie ne voulait pas mettre le secret par écrit parce que la Sainte Vierge ne lui avait pas permis de le publier avant 1858, mais elle subit à ce moment-là de très fortes pressions de la part de l’évêque de Grenoble qui lui en fit une obligation très grave – et agita des menaces – pour qu’il soit porté au Pape : il est probable que ce qu’elle écrivit alors, et dont on trouvera le texte plus loin en « C », tout en étant substantiellement conforme aux révélations de Notre-Dame n’était qu’un résumé de ses paroles.

« Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas toujours secret, vous pourrez le publier en 1858.

Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les Saints Mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté. Oui, les prêtres demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leurs têtes. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu, lesquelles, par leurs infidélités et leur mauvaise vie, crucifient de nouveau mon Fils ! Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent vengeance, et voilà que la vengeance est à leur porte, car il ne se trouve plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il n’y a plus d’âmes généreuses, il n’y a plus personne digne d’offrir la Victime sans tache à l’Eternel en faveur du Monde. Dieu va frapper d’une manière sans exemple.
Malheur aux habitants de la Terre ! Dieu va épuiser sa colère, et personne ne pourra se soustraire à tant de maux réunis.
Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence, et le Démon a obscurci leurs intelligences ; ils sont devenus ces étoiles errantes que le vieux Diable traînera avec sa queue pour les faire périr.
Dieu permettra au vieux serpent de mettre des divisions parmi les régnants, dans toutes les sociétés et dans toutes les familles ; on souffrira des peines physiques et morales : Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et enverra des châtiments qui se succéderont pendant plus de trente-cinq ans.
La société est à la veille des fléaux les plus terribles et des plus grands événements ; on doit s’attendre à être gouverné par une verge de fer et à boire le calice de la colère divine.

Que le Vicaire de mon Fils, le Souverain Pontife Pie IX, ne sorte plus de Rome après l’année 1859 ; mais qu’il soit ferme et généreux, qu’il combatte avec les armes de la foi et de l’amour ; je serai avec lui. Qu’il se méfie de Napoléon ; son cœur est double, et quand il voudra être à la fois pape et empereur, bientôt Dieu se retirera de lui : il est cet aigle qui, voulant toujours s’élever, tombera sur l’épée dont il voulait se servir pour obliger les peuples à se faire élever.

L’Italie sera punie de son ambition en voulant secouer le joug du Seigneur des Seigneurs ; aussi elle sera livrée à la guerre, le sang coulera de tous les côtés ; les églises seront fermées ou profanées. Les prêtres, les religieux seront chassés ; on les fera mourir, et mourir d’une mort cruelle. Plusieurs abandonneront la foi, et le nombre des prêtres et des religieux qui se sépareront de la vraie religion, sera grand ; parmi ces personnes, il se trouvera même des évêques. Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de miracle, car le temps est venu où les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la Terre et dans les airs. En l’année 1864, Lucifer avec un grand nombre de démons seront détachés de l’Enfer : ils aboliront la foi peu à peu et même dans les personnes consacrées à Dieu ; ils les aveugleront d’une telle manière, qu’à moins d’une grâce particulière, ces personnes prendront l’esprit de ces mauvais anges ; plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront beaucoup d’âmes.

Les mauvais livres abonderont sur la Terre et les Esprits des Ténèbres répandront partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de Dieu ; ils auront un très grand pouvoir sur la nature ; il y aura des Eglises pour servir ces Esprits. Des personnes seront transportées d’un lieu à un autre par ces Esprits mauvais, et même des prêtres, parce qu’ils ne seront pas conduits par le bon esprit de l’Evangile, qui est un esprit d’humilité, de charité et de zèle pour la gloire de Dieu. On fera ressusciter des morts et des justes (c’est-à-dire que ces morts prendront la figure des âmes justes qui avaient vécu sur la Terre afin de mieux séduire les hommes ; ces soi-disant morts ressuscités, qui ne seront autre chose que le Démon sous ces figures, prêcheront un autre Evangile contraire à celui du vrai Jésus-Christ, niant l’existence du Ciel, soit encore, les âmes des damnés. Toutes ces âmes paraîtront comme unies à leurs corps).

Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires, parce que la vraie foi s’est éteinte et que la fausse lumière éclaire le Monde.

Malheur aux Princes de l’Eglise qui ne seront occupés qu’à entasser richesses sur richesses, qu’à sauvegarder leur autorité et à dominer avec orgueil ! Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à souffrir, parce que pour un temps, l’Eglise sera livrée à de grandes persécutions : ce sera le temps des Ténèbres ; l’Eglise aura une crise affreuse. La sainte foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par lui-même et être supérieur à ses semblables. On abolira les pouvoirs civils et ecclésiastiques, tout ordre et toute justice seront foulés aux pieds ; on ne verra qu’homicide, haine, jalousie, mensonge et discorde, sans amour pour la patrie ni pour la famille.
Le Saint Père souffrira beaucoup. Je serai avec lui jusqu’à la fin pour recevoir son sacrifice.
Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours ; mais ni lui, ni son successeur… ne verra le triomphe de l’Eglise de Dieu.
Dans l’année 1865, on verra l’abomination dans les lieux saints ; dans les couvents, les fleurs de l’Eglise seront putréfiées et le Démon se rendra comme le roi des cœurs.
Que ceux qui sont à la tête des communautés religieuses se tiennent en garde pour les personnes qu’ils doivent recevoir, parce que le Démon usera de toute sa malice pour introduire dans les ordres religieux des personnes adonnées au péché, car les désordres et l’amour des plaisirs charnels seront répandus par toute la Terre.

(Evénements prochains)

La France, l’Italie, l’Espagne et l’Angleterre seront en guerre ; le sang coulera dans les rues ; le Français se battra avec le Français, l’Italien avec l’Italien ; ensuite il y aura une guerre générale qui sera épouvantable. Pour un temps, Dieu ne se souviendra plus de la France, ni de l’Italie parce que l’Evangile de Jésus-Christ n’est plus connu. Les méchants déploieront toute leur malice ; on se tuera, on se massacrera mutuellement jusque dans les maisons. Au premier coup de son épée foudroyante, les montagnes et la nature entière trembleront d’épouvante, parce que les désordres et les crimes des hommes percent la voûte des Cieux.
Paris sera brûlée et Marseille engloutie ; plusieurs grandes villes seront ébranlées et englouties par des tremblements de terre ; on croira que tout est perdu ; on ne verra qu’homicide, on n’entendra que bruits d’armes et que blasphèmes. Les justes souffriront beaucoup ; leurs prières, leur pénitence et leurs larmes monteront jusqu’au Ciel, et tout le peuple de Dieu demandera pardon et miséricorde, et demandera mon aide et mon intercession.
Alors, Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande miséricorde pour les justes, commandera à ses anges que tous ses ennemis soient mis à mort.

Tout à coup, les persécuteurs de l’Eglise de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au péché périront, et la Terre deviendra comme un désert. Alors se fera la paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira partout. Les nouveaux rois seront le bras droit de la Sainte Eglise, qui sera forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ. L’Evangile sera prêché partout, et les hommes feront de grands progrès dans la foi, parce qu’il y aura unité parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les hommes vivront dans la crainte de Dieu.
Cette paix parmi les hommes ne sera pas longue : vingt-cinq ans d’abondantes récoltes leur feront oublier que les péchés des hommes sont cause de toutes les peines qui arrivent sur la Terre.

(Evénements lointains)

Un avant-coureur de l’Antéchrist, avec ses troupes de plusieurs nations combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur du Monde ; il répandra beaucoup de sang et voudra anéantir le culte de Dieu pour se faire regarder comme un dieu. La Terre sera frappée de toutes sortes de plaies (outre la peste et la famine qui seront générales) ; il y aura des guerres jusqu’à la dernière guerre qui sera alors faite par les dix rois de l’Antéchrist, lesquels rois auront tous un même dessein et seront les seuls qui gouverneront le Monde. Avant que ceci arrive, il y aura une espèce de fausse paix dans le Monde ; on ne pensera qu’à se divertir ; les méchants se livreront à toutes sortes de péchés ; mais les enfants de la Sainte Eglise, les enfants de la foi, mes vrais imitateurs, croîtront dans l’amour de Dieu et dans les vertus qui me sont les plus chères. Heureuses les âmes humbles, conduites par l’Esprit Saint ! Je combattrai avec elles jusqu’à ce qu’elles arrivent à la plénitude de l’âge. La nature demande vengeance pour les hommes et elle frémit d’épouvante dans l’attente de ce qui doit arriver à la Terre souillée de crimes.
Tremblez, Terre, et vous qui faites profession de servir Jésus-Christ, et qui au-dedans vous adorez vous-mêmes ; tremblez, car Dieu va vous livrer à son ennemi parce que les lieux saints sont dans la corruption : beaucoup de couvents ne sont plus les maisons de Dieu, mais les pâturages d’Asmodée et des siens.
Ce sera pendant ce temps que naîtra l’Antéchrist, d’une religieuse hébraïque, d’une fausse vierge qui aura communication avec le vieux serpent, le maître de l’impureté ; son père sera évêque. En naissant, il vomira des blasphèmes, il aura des dents ; en un mot ce sera le Diable incarné ; il poussera des cris effrayants, il fera des prodiges, il ne se nourrira que d’impuretés.
Il aura des frères qui, quoiqu’ils ne soient pas comme lui des démons incarnés, seront des enfants de mal ; à douze ans, ils se feront remarquer par leurs vaillantes victoires qu’ils remporteront ; bientôt, ils seront chacun à la tête des armées, assistés par des légions de l’Enfer.

Les saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les astres perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera qu’une faible lumière rougeâtre ; l’eau et le feu donneront au globe de la Terre des mouvements convulsifs et d’horribles tremblements de terre qui feront engloutir des montagnes, des villes…

Rome perdra sa foi et deviendra le siège de l’Antéchrist. Les démons de l’air avec l’Antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et dans les airs et les hommes se pervertiront de plus en plus.

Dieu aura soin de ses fidèles serviteurs et des hommes de bonne volonté ; l’Evangile sera prêché partout ; tous les peuples et toutes les nations auront connaissance de la vérité ! J’adresse un pressant appel à la Terre ; j’appelle les vrais disciples de Dieu vivant et régnant dans les Cieux ; j’appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j’appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon Esprit. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la Terre. Allez et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheur. Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l’honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez, car voici le temps des temps, la fin des fins.
L’Eglise sera éclipsée, le Monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l’Esprit de Dieu ; ils prêcheront avec la force de Dieu et les hommes de bonne volonté croiront en Dieu et beaucoup d’âmes seront consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l’Antéchrist.
Malheur aux habitants de la Terre ! Il y aura des guerres sanglantes et des famines, des pestes et des maladies contagieuses ; il y aura des pluies d’une grêle effroyable d’animaux ; des tonnerres qui ébranleront des villes ; des tremblements de terre qui engloutiront des pays ; on entendra des voix dans les airs ; les hommes se battront la tête contre les murailles ; ils appelleront la mort, et, d’un autre côté, la mort sera leur supplice : le sang coulera de tous côtés.

Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de l’épreuve ?

Par le sang, les larmes et les prières des Justes, Dieu se laissera fléchir ; Enoch et Elie seront mis à mort ; Rome, païenne, disparaîtra ; le feu du Ciel tombera et consumera trois villes ; tout l’univers sera frappé de terreur, et beaucoup se laisseront séduire parce qu’ils n’ont pas adoré le vrai Christ vivant parmi eux.

Il est temps : le soleil s’obscurcit, la foi seule vivra. Voici le temps : l’abîme s’ouvre.

Voici le roi des rois des Ténèbres, voici la Bête avec ses sujets se disant le Sauveur du Monde. Il s’élèvera avec orgueil dans les airs pour aller jusqu’au Ciel. Il sera étouffé par le souffle de Saint Michel Archange. Il tombera, et la Terre qui depuis trois jours sera en de continuelles évolutions, ouvrira son sein plein de feu ; il sera plongé pour jamais avec tous les siens dans les gouffres éternels de l’Enfer. Alors, l’eau et le feu purifieront la Terre et consumeront toutes les œuvres de l’orgueil de l’homme… et tout sera renouvelé. Dieu sera servi et glorifié. »

Coeur douloureux et immaculé de Marie

C – Voici maintenant une la version brève de ce même secret, qui n’a été rendue publique qu’en 2000 seulement.
Comme nous l’avons expliqué plus haut, cette version, notablement plus courte, est le texte que Mélanie a écrit en 1851 pour qu’il soit remis au Bienheureux Pie IX ; il a été retrouvé dans les archives secrètes du Saint-Siège par l’abbé Corteville.
Il n’y a pas de différence de fond avec le texte publié en 1879, si ce n’est sa longueur. Redisons-le, on peut penser que, en 1851, Mélanie a résumé les paroles de Notre-Dame.

J.M.J.

Secret que m’a donné la Sainte Vierge sur la Montagne de La Salette le 19 septembre 1846

Secr[e]t

« Mélanie, je vais vous dire quelque chose que vous ne direz à personne :
Le temps de la colère de Dieu est arrivé !
Si, lorsque vous aurez dit aux peuples ce que je vous ai dit tout à l’heure, et ce que je vous dirai de dire encore, si, après cela, ils ne se convertissent pas, (si on ne fait pas pénitence, et si on ne cesse de travailler le dimanche, et si on continue de blasphémer le Saint Nom de Dieu), en un mot, si la face de la terre ne change pas, Dieu va se venger contre le peuple ingrat et esclave du démon.
Mon Fils va faire éclater sa puissance !
Paris, cette ville souillée de toutes sortes de crimes, périra infailliblement.
Marseille sera détruite en peu de temps.
Lorsque ces choses arriveront, le désordre sera complet sur la terre.
Le monde s’abandonnera à ses passions impies.
Le pape sera persécuté de toutes parts : on lui tirera dessus, on voudra le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien, le Vicaire de Dieu triomphera encore cette fois[-là].
Les prêtres et les religieuses, et les vrais serviteurs de mon Fils seront persécutés, et plusieurs mourront pour la foi de Jésus-Christ.
Une famine règnera en même temps.
Après que toutes ces choses seront arrivées, beaucoup de personnes reconnaîtront la main de Dieu sur elles, se convertiront, et feront pénitence de leurs péchés.
Un grand roi montera sur le trône, et règnera pendant quelques années.
La religion refleurira et s’étendra par toute la terre et la fertilité sera grande, le monde content de ne manquer de rien recommencera ses désordres, abandonnera Dieu, et se livrera à ses passions criminelles.
Parmi les ministres de Dieu, et les Épouses de Jésus-Christ, il y en a qui se livreront au désordre, et c’est ce qu’il y aura de [plus] terrible.
Enfin, un enfer règnera sur la terre. Ce sera alors que l’Antéchrist naîtra d’une religieuse : mais malheur à elle ! Beaucoup de personnes croiront à lui, parce qu’il se dira venu du ciel, malheur à ceux qui le croiront ! Le temps n’est pas éloigné, il ne se passera pas deux fois 50 ans.
Mon enfant, vous ne direz pas ce que je viens de vous dire. (Vous ne le direz à personne, vous ne direz pas si vous devez le dire un jour, vous ne direz pas ce que cela regarde), enfin vous ne direz plus rien jusqu’à ce que je vous dise de le dire !»

Je prie Notre Saint Père le Pape de me donner sa sainte bénédiction.

Mélanie Mathieu, bergère de La Salette
Grenoble 6 juillet 1851

2008-52. Message et

D – Enfin voici le texte du secret que la Très Sainte Vierge a confié à  Maximin, et tel qu’il l’a mis lui-même par écrit à l’intention du Bienheureux Pie IX : 

Le 19 septembre 1846, nous avons vu une belle Dame. Nous n’avons jamais dit que cette dame fut la Sainte Vierge mais nous avons toujours dit que c’était une belle Dame.
Je ne sais pas si c’est la Sainte Vierge ou une autre personne. Moi, je crois aujourd’hui que c’est la sainte Vierge.
Voila ce que cette Dame m’a dit :

« Si mon peuple continue, ce que je vais vous dire arrivera plus tôt, s’il change un peu, ce sera un peu plus tard.
La France a corrompu l’univers, un jour elle sera punie.
La foi s’éteindra dans la France : trois parties de la France ne pratiqueront plus de religion, ou presque plus, l’autre la pratiquera sans bien la pratiquer.
Puis, après [cela], les nations se convertiront, la foi se rallumera partout.
Une grande contrée dans le nord de l’Europe, aujourd’hui protestante, se convertira : par l’appui de cette contrée toutes les autres contrées du monde se convertiront.
Avant que tout cela arrive, de grands troubles arriveront, dans l’Eglise et partout.
Puis, après [cela], notre Saint-Père le Pape sera persécuté.
Son successeur sera un pontife que personne n’attend.
Puis, après [cela], une grande paix arrivera, mais elle ne durera pas longtemps. Un monstre viendra la troubler.
Tout ce que je vous dis là arrivera dans l’autre siècle, [au] plus tard aux deux mille ans. » 

Maximin Giraud

(Elle [m'] a dit de le dire quelque temps avant).
Mon très Saint Père, votre sainte bénédiction à une de vos brebis,
Grenoble, le 3 juillet 1851.

Beato-Pio-IX-239x300 dans De Maria numquam satis

Le Bienheureux Pie IX à son avènement en 1846
quelque trois mois avant l’apparition de La Salette 

On trouvera > ici, une prière « pour les temps de calamité » écrite par Soeur Marie de la Croix (c’est à dire Mélanie) ; un texte de Gustave Thibon à l’occasion du centenaire de l’apparition > ici ; et  des réflexions sur l’actualité des maux sur lesquelles a pleuré Notre-Dame, notamment en ce qui concerne le clergé et la liturgie > ici.

Publié dans : De Maria numquam satis, Textes spirituels | le 18 septembre, 2008 |14 Commentaires »

2008-51. A Lourdes, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a parlé de la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame:

Nous ne publions pas ici l’intégralité des textes (discours, messages & homélies) que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a donnés à l’occasion de son voyage apostolique en France – vous pouvez les retrouver ici > www – mais en cette fête de Notre-Dame des Douleurs – fête patronale du « Refuge Notre-Dame de Compassion », au cours de la Sainte Messe qu’il a célébrée sur le parvis de la basilique du Rosaire à l’intention des personnes qui souffrent, il a prononcé une homélie qui nous touche particulièrement puisqu’elle met en valeur la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame. Ce pourquoi nous en retranscrivons le texte intégral ci-dessous.

Piéta de Villeneuve les Avignon par Enguerrand Quarton (XVème siècle)

 » Chers frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,
Chers frères et sœurs !

Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l’instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd’hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l’affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion(cf. Homélie pour le dimanche dans l’Octave de l’Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son cœur de mère est transpercé(cf. Lc 2, 35)par le supplice infligé à l’Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré(cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l’abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l’a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d’accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l’esprit » (cf. Jn 19, 30) : devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).

Marie est aujourd’hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L’intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l’histoire l’atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du « Souvenez-vous » exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d’une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l’heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance;  elle les aime tout simplement parce qu’ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix. Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l’instigation de la Parole inspirée de l’Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s’adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu’ils puissent y trouver le réconfort et l’apaisement. Rechercher le sourire de Marie n’est pas le fait d’un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l’expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n’est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L’Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu’elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu’elle devienne la nôtre. Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l’apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l’Immaculée Conception », Marie lui fit d’abord connaître son sourire, comme étant la porte d’entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.

Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d’enfants de Dieu, cette dignité qui n’abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d’une espérance invincible. Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d’une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l’homme ne peut soutenir seul, sans l’aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s’affirme le besoin d’une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l’amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l’Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu’il « n’est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d’elle se trouve également la grâce d’accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l’heure voulue par Dieu.

Comme elle était juste l’intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L’âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n’est pas un pieux enfantillage, c’est l’aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c’est-à-dire dans l’ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu’est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l’amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c’est d’abord cueillir la gratuité de l’amour ; c’est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu’elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira »(cf. Jn 2, 5).

Le sourire de Marie est une source d’eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d’eau vive qui viennent irriguer l’histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l’humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n’ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s’attachant à elle pour mieux s’attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d’amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s’affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l’éducatrice de l’amour. C’est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l’unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.

Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d’un handicap, à travers la grâce de l’onction des malades. Pour chacun, la souffrance est toujours une étrangère. Sa présence n’est jamais domesticable. C’est pourquoi il est difficile de la porter, et plus difficile encore – comme l’ont fait certains grands témoins de la sainteté du Christ – de l’accueillir comme une partie prenante de notre vocation, ou d’accepter, comme Bernadette l’a formulé, de « tout souffrir en silence pour plaire à Jésus ». Pour pouvoir dire cela, il faut déjà avoir parcouru un long chemin en union avec Jésus. Dès à présent, il est possible, en revanche, de s’en remettre à la miséricorde de Dieu telle qu’elle se manifeste par la grâce du Sacrement des malades. Bernadette, elle-même, au cours d’une existence souvent marquée par la maladie, a reçu ce Sacrement à quatre reprises. La grâce propre à ce Sacrement consiste à accueillir en soi le Christ médecin. Cependant, le Christ n’est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l’isolement que provoque la douleur. L’homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s’offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l’enfantement de la nouvelle création.

Sans l’aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d’autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu’il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J’invite les personnes qui recevront l’onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance.

Le Concile Vatican II a présenté Marie comme la figure en laquelle est résumé tout le mystère de l’Église (cf. « Lumen Gentium »  n. 63-65). Son histoire personnelle anticipe le chemin de l’Église, qui est invitée à être tout aussi attentive qu’elle aux personnes qui souffrent. J’adresse un salut affectueux à toutes les personnes, particulièrement le corps médical et soignant, qui, à divers titres dans les hôpitaux ou dans d’autres institutions, contribuent aux soins des malades avec compétence et générosité. Je voudrais également dire à tous les hospitaliers, aux brancardiers et aux accompagnateurs qui, provenant de tous les diocèses de France et de plus loin encore, entourent tout au long de l’année les malades qui viennent en pèlerinage à Lourdes, combien leur service est précieux. Ils sont les bras de l’Église servante. Je souhaite enfin encourager ceux qui, au nom de leur foi, accueillent et visitent les malades, en particulier dans les aumôneries des hôpitaux, dans les paroisses ou, comme ici, dans les sanctuaires. Puissiez-vous, en étant les porteurs de la miséricorde de Dieu (cf. Mt 25, 39-40), toujours ressentir dans cette mission importante et délicate le soutien effectif et fraternel de vos communautés !

Le service de charité que vous rendez est un service marial. Marie vous confie son sourire, pour que vous deveniez vous-mêmes, dans la fidélité à son Fils, source d’eau vive. Ce que vous faites, vous le faites au nom de l’Église, dont Marie est l’image la plus pure. Puissiez-vous porter son sourire à tous !

En conclusion, je souhaite m’unir à la prière des pèlerins et des malades et reprendre avec vous un extrait de la prière à Marie proposée pour la célébration de ce Jubilé : « Parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l’Esprit Saint, parce que tu as choisi Bernadette dans sa misère, que tu es l’étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée, Notre-Dame de Lourdes », avec nos frères et sœurs dont le cœur et le corps sont endoloris, nous te prions ! Amen.  »

Publié dans : De liturgia, De Maria numquam satis | le 15 septembre, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-50. Benoît XVI rappelle les racines de la culture européenne:  » Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable. »

Discours du Souverain Pontife Benoît XVI prononcé le vendredi 12 septembre 2008, au collège des Bernardins, à l’occasion de sa rencontre avec le monde de la culture :

La Philosophie tronant, enluminure du XVème siècle pour illustrer la Cité de Dieu de St Augustin

Enluminure du XVème siècle illustrant un manuscrit de la « Cité de Dieu » de St Augustin:

Allégorie de la Philosophie tronant.

 

 
 » Monsieur le Cardinal,
Madame le Ministre de la Culture,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Chancelier de l’Institut,
Chers amis,

Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos aimables paroles. Nous nous trouvons dans un lieu historique, lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre prédécesseur, le regretté Cardinal Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels intellectuels et artistiques de votre société. Je salue particulièrement Madame le Ministre de la Culture qui représente le gouvernement, ainsi que Messieurs Giscard d’Estaing et Chirac. J’adresse également mes salutations aux ministres présents, aux représentants de l’Unesco, à Monsieur le Maire de Paris et à toutes les autorités. Je ne veux pas oublier mes collègues de l’Institut de France qui savent ma considération et je désire remercier le Prince de Broglie de ses paroles cordiales. Nous nous reverrons demain matin. Je remercie les délégués de la communauté musulmane française d’avoir accepté de participer à cette rencontre ; je leur adresse mes vœux les meilleurs en ce temps du ramadan. Mes salutations chaleureuses vont maintenant tout naturellement vers l’ensemble du monde multiforme de la culture que vous représentez si dignement, chers invités.

J’aimerais vous parler ce soir des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne. J’ai mentionné en ouverture que le lieu où nous nous trouvons était emblématique. Il est lié à la culture monastique. De jeunes moines ont ici vécu pour s’initier profondément à leur vocation et pour bien vivre leur mission. Ce lieu évoque-t-il pour nous encore quelque chose ou n’y rencontrons-nous qu’un monde désormais révolu ? Pour pouvoir répondre, nous devons réfléchir un instant sur la nature même du monachisme occidental. De quoi s’agissait-il alors ? En considérant les fruits historiques du monachisme, nous pouvons dire qu’au cours de la grande fracture culturelle, provoquée par la migration des peuples et par la formation des nouveaux ordres étatiques, les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s’est-il passé ? Quelle était la motivation des personnes qui se réunissaient en ces lieux ? Quelles étaient leurs désirs ? Comment ont-elles vécu ?

Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être compris au sens chronologique du terme – comme s’ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde ou vers leur propre mort – mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre (cf. L’Amour des lettres et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola, une école du service du Seigneur. L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprend à percevoir, au milieu des paroles, la Parole.

Pour avoir une vision d’ensemble de cette culture de la parole liée à la recherche de Dieu, nous devons faire un pas supplémentaire. La Parole qui ouvre le chemin de la recherche de Dieu et qui est elle-même ce chemin est une Parole qui donne naissance à une communauté. Elle remue certes jusqu’au fond d’elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu (cf. Leclercq, ibid., p. 35). Mais elle nous rend aussi attentifs les uns aux autres. La Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d’une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C’est pourquoi il faut non seulement réfléchir sur la Parole, mais également la lire de façon juste. Tout comme à l’école rabbinique, chez les moines, la lecture accomplie par l’un d’eux est également un acte corporel. « Le plus souvent, quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit », dit à ce propos Dom Leclercq (ibid., p. 21).

Il y a encore un autre pas à faire. La Parole de Dieu elle-même nous introduit dans un dialogue avec Lui. Le Dieu qui parle dans la Bible nous enseigne comment nous pouvons Lui parler. En particulier, dans le Livre des Psaumes, il nous donne les mots avec lesquels nous pouvons nous adresser à Lui. Dans ce dialogue, nous Lui présentons notre vie, avec ses hauts et ses bas, et nous la transformons en un mouvement vers Lui. Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : « Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant » (cf. ibid., p. 229).

Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une « créativité » personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du cœur » les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.

Enfin, pour s’efforcer de saisir cette culture monastique occidentale de la parole, qui s’est développée à partir de la quête intérieure de Dieu, il faut au moins faire une brève allusion à la particularité du Livre ou des Livres par lesquels cette Parole est parvenue jusqu’aux moines. Vue sous un aspect purement historique ou littéraire, la Bible n’est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s’étend sur plus d’un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement repérables comme constituant un corpus unifié. Au contraire, des tensions visibles existent entre eux. C’est déjà le cas dans la Bible d’Israël, que nous, chrétiens, appelons l’Ancien Testament. Ça l’est plus encore quand nous, chrétiens, lions le Nouveau Testament et ses écrits à la Bible d’Israël en l’interprétant comme chemin vers le Christ. Avec raison, dans le Nouveau Testament, la Bible n’est pas de façon habituelle appelée « l’Écriture » mais « les Écritures » qui, cependant, seront ensuite considérées dans leur ensemble comme l’unique Parole de Dieu qui nous est adressée. Ce pluriel souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine, à travers des paroles humaines, c’est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l’humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire. Cela signifie, ensuite, que l’aspect divin de la Parole et des paroles n’est pas immédiatement perceptible. Pour le dire de façon moderne : l’unité des livres bibliques et le caractère divin de leurs paroles ne sont pas saisissables d’un point de vue purement historique. L’élément historique se présente dans le multiple et l’humain. Ce qui explique la formulation d’un distique médiéval qui, à première vue, apparaît déconcertant : Littera gesta docet – quid credas allegoria (cf. Augustin de Dacie, Rotulus pugillaris, I). La lettre enseigne les faits ; l’allégorie ce qu’il faut croire, c’est-à-dire l’interprétation christologique et pneumatique.

Nous pouvons exprimer tout cela d’une manière plus simple : l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout. Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n’est pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité. C’est pourquoi le Catéchisme de l’Eglise catholique peut affirmer avec raison que le christianisme n’est pas au sens classique seulement une religion du livre (cf. n. 108). Le christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le Logos lui-même, qui déploie son mystère à travers cette multiplicité. Cette structure particulière de la Bible est un défi toujours nouveau posé à chaque génération. Selon sa nature, elle exclut tout ce qu’on appelle aujourd’hui « fondamentalisme ». La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent dans la parole et dans l’histoire humaines.

Le caractère crucial de ce thème est éclairé par les écrits de saint Paul. Il a exprimé de manière radicale ce que signifient le dépassement de la lettre et sa compréhension holistique, dans la phrase : « La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Et encore : « Là où est l’Esprit…, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Toutefois, la grandeur et l’ampleur de cette perception de la Parole biblique ne peut se comprendre que si l’on écoute saint Paul jusqu’au bout, en apprenant que cet Esprit libérateur a un nom et que, de ce fait, la liberté a une mesure intérieure : « Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17). L’Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire à l’idée ou à la vision personnelle de celui qui interprète. L’Esprit est Christ, et le Christ est le Seigneur qui nous montre le chemin. Avec cette parole sur l’Esprit et sur la liberté, un vaste horizon s’ouvre, mais en même temps, une limite claire est mise à l’arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige fortement l’individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte : le lien de l’intelligence et de l’amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l’interprétation de l’Écriture, a déterminé aussi la pensée et l’œuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d’un côté, l’arbitraire subjectif, de l’autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.

En considérant « l’école du service du Seigneur » – comme Benoît appelait le monachisme –, nous avons jusque-là porté notre attention prioritairement sur son orientation vers la parole, vers l’« ora ». Et, de fait, c’est à partir de là que se détermine l’ensemble de la vie monastique. Mais notre réflexion resterait incomplète si nous ne fixions pas aussi notre regard, au moins brièvement, sur la deuxième composante du monachisme, désignée par le terme « labora ». Dans le monde grec, le travail physique était considéré comme l’œuvre des esclaves. Le sage, l’homme vraiment libre, se consacrait uniquement aux choses de l’esprit ; il abandonnait le travail physique, considéré comme une réalité inférieure, à ces hommes qui n’étaient pas supposés atteindre cette existence supérieure, celle de l’esprit. La tradition juive était très différente : tous les grands rabbins exerçaient parallèlement un métier artisanal. Paul, comme rabbi puis comme héraut de l’Évangile aux Gentils, était un fabricant de tentes et il gagnait sa vie par le travail de ses mains. Il n’était pas une exception, mais il se situait dans la tradition commune du rabbinisme. Le monachisme chrétien a accueilli cette tradition : le travail manuel en est un élément constitutif. Dans sa Regula, Benoît ne parle pas au sens strict de l’école, même si l’enseignement et l’apprentissage – comme nous l’avons vu – étaient acquis dans les faits ; en revanche, il parle explicitement du travail (cf. chap. 48). Augustin avait fait de même en consacrant au travail des moines un livre particulier. Les chrétiens, s’inscrivant dans la tradition pratiquée depuis longtemps par le judaïsme, devaient, en outre, se sentir interpellés par la parole de Jésus dans l’Évangile de Jean, où il défendait son action le jour du shabbat : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (5, 17). Le monde gréco-romain ne connaissait aucun Dieu Créateur. La divinité suprême selon leur vision ne pouvait pas, pour ainsi dire, se salir les mains par la création de la matière. L’« ordonnancement » du monde était le fait du démiurge, une divinité subordonnée. Le Dieu de la Bible est bien différent : Lui, l’Un, le Dieu vivant et vrai, est également le Créateur. Dieu travaille, Il continue d’œuvrer dans et sur l’histoire des hommes. Et dans le Christ, Il entre comme Personne dans l’enfantement laborieux de l’histoire. « Mon Père est toujours à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre. » Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n’est pas encore achevée. Dieu travaille ! C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables. L’originalité de cet ethos devrait cependant faire comprendre que le travail et la détermination de l’histoire par l’homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l’homme s’élève lui-même au rang de créateur déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.

Nous sommes partis de l’observation que, dans l’effondrement de l’ordre ancien et des antiques certitudes, l’attitude de fond des moines était le quaerere Deum se mettre à la recherche de Dieu. C’est là, pourrions-nous dire, l’attitude vraiment philosophique : regarder au-delà des réalités pénultièmes et se mettre à la recherche des réalités ultimes qui sont vraies. Celui qui devenait moine s’engageait sur un chemin élevé et long, il était néanmoins déjà en possession de la direction : la Parole de la Bible dans laquelle il écoutait Dieu parler. Dès lors, il devait s’efforcer de Le comprendre pour pouvoir aller à Lui. Ainsi, le cheminement des moines, tout en restant impossible à évaluer dans sa progression, s’effectuait au cœur de la Parole reçue. La quête des moines comprend déjà en soi, dans une certaine mesure, sa résolution. Pour que cette recherche soit possible, il est nécessaire qu’il existe dans un premier temps un mouvement intérieur qui suscite non seulement la volonté de chercher, mais qui rende aussi crédible le fait que dans cette Parole se trouve un chemin de vie, un chemin de vie sur lequel Dieu va à la rencontre de l’homme pour lui permettre de venir à Sa rencontre. En d’autres termes, l’annonce de la Parole est nécessaire. Elle s’adresse à l’homme et forge en lui une conviction qui peut devenir vie. Afin que s’ouvre un chemin au cœur de la parole biblique en tant que Parole de Dieu, cette même Parole doit d’abord être annoncée ouvertement. L’expression classique de la nécessité pour la foi chrétienne de se rendre communicable aux autres se résume dans une phrase de la Première Lettre de Pierre, que la théologie médiévale regardait comme le fondement biblique du travail des théologiens : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte (logos) de l’espérance qui est en vous » (3, 15). (Logos doit devenir apologie, la Parole doit devenir réponse). De fait, les chrétiens de l’Église naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à augmenter l’importance de leur groupe, mais comme une nécessité intrinsèque qui dérivait de la nature de leur foi. Le Dieu en qui ils croyaient était le Dieu de tous, le Dieu Un et Vrai qui s’était fait connaître au cours de l’histoire d’Israël et, finalement, à travers son Fils, apportant ainsi la réponse qui concernait tous les hommes et que, au plus profond d’eux-mêmes, tous attendent. L’universalité de Dieu et l’universalité de la raison ouverte à Lui constituaient pour eux la motivation et, à la fois, le devoir de l’annonce. Pour eux, la foi ne dépendait pas des habitudes culturelles, qui sont diverses selon les peuples, mais relevait du domaine de la vérité qui concerne, de manière égale, tous les hommes.

Le schéma fondamental de l’annonce chrétienne ad extra – aux hommes qui, par leurs questionnements, sont en recherche – se dessine dans le discours de saint Paul à l’Aréopage. N’oublions pas qu’à cette époque, l’Aréopage n’était pas une sorte d’académie où les esprits les plus savants se rencontraient pour discuter sur les sujets les plus élevés, mais un tribunal qui était compétent en matière de religion et qui devait s’opposer à l’intrusion de religions étrangères. C’est précisément ce dont on accuse Paul : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » (Ac 17, 18). Ce à quoi Paul réplique : « J’ai trouvé chez vous un autel portant cette inscription : “Au dieu inconnu”. Or, ce que vous vénérez sans le connaître, je viens vous l’annoncer » (cf. 17, 23). Paul n’annonce pas des dieux inconnus. Il annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l’Inconnu-Connu. C’est Celui qu’ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant l’Inconnu et l’Inconnaissable. Au plus profond, la pensée et le sentiment humains savent de quelque manière que Dieu doit exister et qu’à l’origine de toutes choses, il doit y avoir non pas l’irrationalité, mais la Raison créatrice, non pas le hasard aveugle, mais la liberté. Toutefois, bien que tous les hommes le sachent d’une certaine façon – comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21) – cette connaissance demeure ambiguë : un Dieu seulement pensé et élaboré par l’esprit humain n’est pas le vrai Dieu. Si Lui ne se montre pas, quoi que nous fassions, nous ne parvenons pas pleinement jusqu’à Lui. La nouveauté de l’annonce chrétienne c’est la possibilité de dire maintenant à tous les peuples : Il s’est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La nouveauté de l’annonce chrétienne réside en un fait : Dieu s’est révélé. Ce n’est pas un fait nu mais un fait qui, lui-même, est Logos – présence de la Raison éternelle dans notre chair. Verbum caro factum est (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le Logos est là, le Logos est présent au milieu de nous. C’est un fait rationnel . Cependant, l’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour pouvoir l’accueillir. Il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu.

Sous de nombreux aspects, la situation actuelle est différente de celle que Paul a rencontrée à Athènes, mais, tout en étant différente, elle est aussi, en de nombreux points, très analogue. Nos villes ne sont plus remplies d’autels et d’images représentant de multiples divinités. Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. Malgré tout, comme jadis où derrière les nombreuses représentations des dieux était cachée et présente la question du Dieu inconnu, de même, aujourd’hui, l’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. Quaerere Deum chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé. Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable.

Merci beaucoup. « 

Publié dans : Textes spirituels | le 12 septembre, 2008 |5 Commentaires »

2008-49. Le blogue de Lully souffle sa première bougie!

Mercredi 10 septembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Aujourd’hui, ce modeste blogue – par lequel j’avais décidé de vous tenir informés des nouvelles de la fondation et de la vie du « Mesnil-Marie »  – fête son premier anniversaire…

Lully internaute

Quand j’ai commencé cette aventure (cf. www) – un peu par jeu -, je n’imaginais pas quelles proportions seraient les siennes aujourd’hui.  Pour vous permettre de vous en faire une idée, je vais laisser parler les chiffres : dans l’espace exact d’une année, il y a eu un total de 33500 visiteurs et le nombre de pages lues (les « hits ») s’élève à plus de 68300; chaque jour le nombre moyen de visiteurs oscille habituellement entre 100 et 150; il tombe très rarement au dessous de cent visites quotidiennes (même pendant l’été)… Au mois d’août dernier, nous avons enregistré plus de 4500 visiteurs.  Je noterai même qu’il y a eu, cet été, une journée où l’une de mes chroniques a été lue par plus de 400 visiteurs! D’une manière générale, mes pages sont assez vite et bien référencées par Google, ce qui amène sur le blogue un grand nombre de visiteurs qui n’appartiennent pas au cercle habituel des amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion ». C’est ainsi que les articles sur « Marie qui défait les noeuds » ou la « neuvaine à Notre-Dame de Lourdes« , certaines prières – au Sacré-Coeur de Jésus, à Saint Antoine de Padoue… -  ou mêmes certaines recettes (bienheureuse gourmandise!!!), nous valent quotidiennement de nombreux passages sur le blogue.

Je profite donc de ce premier anniversaire pour remercier mes lecteurs, qu’ils soient fidèles et réguliers ou seulement occasionnels.

Je remercie également ceux qui ont réagi à l’appel que j’avais lancé il y a quelques jours (cf. www) et qui ont, d’une manière ou d’une autre manifesté leur soutien amical à notre cher Frère. Je tiens même à vous signaler quelques exemples touchants : la semaine dernière un jeune homme est venu passer quelques jours chez nous, acceptant les conditions un peu spartiates de notre hébergement (un matelas au sol dans le grenier), puis ces jours ci c’est un couple qui – ayant décidé de prendre une quinzaine de jours de « vacances » -  a loué un gîte dans la commune même où est installé notre « Mesnil-Marie » ; ces amis généreux de leurs temps et de leurs personnes aident Frère Maximilien-Marie pour quelques travaux (en ce moment transport et découpe de bois de chauffage) et ils en profitent aussi pour découvrir notre merveilleuse région… Nous prions Dieu de leur rendre en grâces, pour eux et pour leur famille, cette amicale sollicitude!

J’imagine enfin que vous serez contents d’avoir quelques nouvelles de Chlôris : la minette croît en taille et en poids (1 kilo et 135 grammes hier soir), mais pas toujours en sagesse! C’est une petite chatte très vive et dynamique, joueuse et espiègle, drôle et avide de découvrir les recoins et alentours de notre « Mesnil-Marie« . Nous faisons ensemble des parties de cache-cache véritablement… endiablées! Et figurez-vous qu’au grand étonnement de tous, alors qu’elle n’avait pas encore deux mois, elle nous a ramené la semaine dernière sa première proie : une toute petite musaraigne! Cet exploit nous a tous remplis d’admiration et lui a valu de chaleureuses félicitations. Je n’ai malheureusement pas de photos de ce premier trophée de chasse à vous présenter ; je termine néanmoins  ma chronique de ce soir par une très belle photo de Chlôris qui vous montrera que le titre d’archiduchesse, que Ioanna lui décernait dans un commentaire à l’une de mes précédentes chroniques, n’est pas du tout usurpé…

Lully.

Chlôris en majesté

 

Publié dans : Chronique de Lully | le 10 septembre, 2008 |4 Commentaires »

2008-48. In memoriam : Victimes et martyrs des massacres de septembre 1792.

Fête des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792.

Du 2 au 7 septembre 1792, à Paris, mais aussi dans d’autres villes (Versailles, Orléans, Meaux, Reims…) on assista à un déferlement de violences à peine imaginables , qui sont restées dans l’histoire sous le nom de « Massacres de Septembre ».
On peut voir dans cet épisode – pieusement minoré par les chantres de la grande, belle et généreuse révolution – le préambule de la grande terreur. L’année dernière, le 2 septembre coïncidait avec un dimanche et Frère Maximilien-Marie, puisque le « Mesnil-Marie » était encore tout proche de Paris, avait pu contribuer à l’organisation d’une célébration en l’honneur non seulement des martyrs mais aussi des victimes – trop souvent tombées dans l’oubli – de ces massacres.
Cet fut une Sainte Messe latine traditionnelle, célébrée par Monsieur l’Abbé M******, dans la chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière.
Pourquoi en ce lieu? Parce que justement l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière fut l’un de ces lieux où quelques centaines de malheureuses victimes périrent de manière horrible.
Les chants de cette très belle célébration avaient été assurés par la
Schola Sainte Cécile et vous pourrez aussi vous reporter à ce qui fut p
ublié sur le site de cette excellente formation en cliquant ici > www .

Cette année, notre Frère ne peut pas assister à la Sainte Messe en l’honneur des Martyrs de Septembre, mais cela ne l’empêche pas – par la pensée et la prière – de rejoindre ces glorieux témoins de la Foi et de la fidélité héroïque à la Sainte Eglise Romaine.

Pour moi, je suis allé rechercher dans les archives de Frère Maximilien-Marie le texte par lequel il avait introduit la célébration de l’an dernier car, indépendamment des points de circonstance, il s’y trouve des éléments importants dont il convient de garder le souvenir et d’alimenter notre réflexion…

Lully.

Scène de massacre à la Salpêtrière - septembre 1792

Scène de massacre dans la cour de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en sept.1792

Introduction à la Sainte Messe du dimanche 2 septembre 2007 en la chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière.

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 » Le lundi saint dernier, à l’issue d’une conférence que je venais de donner, un ami (qui n’est pas né en France et dont l’humilité souffrirait que je dévoile ici son nom) me faisait part de son étonnement en constatant que la commémoration des martyrs de septembre et des victimes de la révolution, en dehors des offices célébrés autour du 21 janvier, du 8 juin ou du 16 octobre passait inaperçue, même dans beaucoup de milieux dits « tradis« ; et il me demandait ce qui empêcherait d’organiser une célébration de plus grande envergure que les messes « ordinaires » célébrées sans grande solennité ni – qu’on me pardonne ce mot – publicité.  Après avoir réfléchi et prié, j’ai pris la décision de relever le défi et de tenter d’organiser « quelque chose » : justement en cette année 2007, le 2 septembre, correspond avec un dimanche, jour où – par principe – davantage de personnes sont disponibles pour participer à un rassemblement… surtout religieux.    Le 2 septembre est en effet le jour de la fête liturgique des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792, même si la célébration du dimanche ne permet pas de célébrer la messe propre de la fête. C’est en effet du 2 au 7 septembre 1792, que plusieurs milliers de victimes furent atrocement massacrées dans les prisons de Paris : au Châtelet,  à la Conciergerie, à la Force, dans les maisons religieuses transformées en lieu de détention: l’Abbaye, Saint-Firmin, les Carmes, dans les hôpitaux comme Bicêtre, ou ici même, à la Pitié Salpêtrière.

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En tout premier lieu, nous devons donc adresser de chaleureux remerciements à Monsieur l’Abbé Gilles Annequin, responsable de l’aumônerie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et Vicaire Épiscopal chargé de la Pastorale de la Santé, ainsi qu’à ses collaborateurs : ce sont eux qui nous accueillent ici, dans cette chapelle fondée par Louis XIV. Au cours de cette Messe nous n’omettrons pas de prier à l’intention de ceux qui aujourd’hui sont aux prises avec la souffrance, du corps ou de l’âme, et nous demanderons à Dieu et à ses saints martyrs, de leur donner des grâce de force, de consolation, et – s’il est possible – de guérison… Nous aurons également à cœur de prier pour que la mission pastorale de Monsieur l’Aumônier et de son équipe porte des fruits de grâce.   Mes remerciements vont bien sûr à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre vont permettre le bon déroulement de la liturgie : choristes, organiste, servants d’autel… et tout particulièrement aussi à notre célébrant, Monsieur l’abbé M******, auxiliaire de l’institut de droit pontifical du Bon Pasteur, au Centre Saint-Paul.   Des remerciements aussi à tous les journalistes, de la presse écrite ou de la radio, remerciements à tous les responsables d’associations, de mouvements ou de sites internet et remerciements à tous les « blogueurs » qui ont relayé l’information… Et des remerciements enfin à vous tous pour votre présence…

Je voudrais ensuite ajouter deux avis pratiques :
a) Le premier, au sujet de… la quête!
Elle servira à régler les honoraires du célébrant, le cachet de l’organiste et à laisser une offrande, que je souhaiterais la plus généreuse possible, pour cette chapelle dont l’entretien et la restauration de certains éléments du mobiliers s’avèrent nécessaires : et j’en profite pour saluer le combat (le mot n’est pas trop fort) que mène Monsieur l’Abbé Annequin pour conserver à cette chapelle son caractère de lieu de culte, consacré à Dieu, alors que certains voudraient l’utiliser à d’autres fins.
b) Le second pour vous signaler qu’à l’issue de la célébration, vous pourrez si vous le désirer emporter un feuillet récapitulatif des évènements de septembre 1792, mais aussi acheter un livret…

Si d’aventure les exemplaires ici disponibles se révélaient insuffisants, vous pourriez nous laisser vos coordonnées et nous procéderions à un nouveau tirage.

* * * * * * *

Quel sens faut-il donner au rassemblement de ce jour?
Notre réunion en ce lieu, pour honorer le souvenir des martyrs et des victimes de la grande révolution, n’est pas une manifestation « politique » (du moins au sens courant de ce mot) et elle n’est pas non plus « partisane ».
A une époque où on nous rebat les oreilles avec le « devoir de mémoire », mais où justement la « mémoire officielle » se fait singulièrement sélective – partielle et partiale – notre identité catholique nous oblige à dire et à répéter, à la suite d’un grand nombre de pontifes et de saints, que l’idéologie des prétendues « lumières » et la révolution de 1789, sous le couvert de fallacieux slogans humanitaires, sont une impasse qui entraînent l’humanité vers une effrayante déshumanisation, ramènent l’homme à un état de brute pire que l’animal, et conduisent le monde à la ruine.
Nous le savons bien, l’essence de la révolution tient dans la révolte contre un ordre temporel qui, parce qu’il est humain, ne peut certes jamais être parfait, mais dont les références étaient prioritairement le Christ et Sa Loi.
Derrière les atrocités de la révolution, notre regard – exercé par la contemplation des réalités surnaturelles – nous montre indubitablement l’action de l’ennemi du plan de Dieu, l’ennemi du salut des hommes, l’ennemi du bonheur de l’homme, lui qui est « menteur et homicide dès le commencement« , lui qui, aux origines du monde, a crié « non serviam: je ne servirai pas! » , lui qui, par le biais de mille séductions, porte l’homme à crier à son tour: nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous!
Voilà pourquoi les conséquences de l’idéologie des prétendues « lumières » et de la révolution de 1789 se retrouvent dans tous les systèmes totalitaires qui, depuis près de deux siècles, ont voulu re-former l’homme et la société en dehors de sa nature et en dehors de sa vocation surnaturelle.
Réunis dans le souvenir de ces milliers de nos frères, immolés dans une fureur sanguinaire difficilement concevable, notre présence ici, aujourd’hui, dans ce lieu, est une forme de protestation contre les attentats sacrilèges, répétés et toujours amplifiés, qui portent atteinte aux droits et la royauté de Dieu, et par conséquence logique aussi qui portent atteinte à la dignité de l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, et appelé au partage de la béatitude divine.
Nous ne sommes pas venus pour assister à un « meeting » politique, mais pour participer de toute la ferveur de notre âme à la Sainte Messe catholique,  c’est à dire au renouvellement mystique de l’acte sublime du Calvaire, par lequel le Christ notre Roi opère le salut de l’humanité et nous obtient toutes les grâces nécessaires pour parvenir à notre fin surnaturelle et éternelle.
Nous assisterons à la Sainte Messe dans le souvenir de ces martyrs glorieux, que l’Eglise a élevés aux honneurs des autels, et dont le sang, généreusement versé à la suite du Christ immolé, a permis un vrai renouvellement de l’Eglise de France : le sang des martyrs est toujours semence de chrétienté! Mais nous nous souviendrons aussi de ces victimes, connues ou inconnues, qui furent sauvagement assassinées à seule fin d’instaurer une politique de terreur : prisonniers politiques, gardes suisses, prisonniers de droit commun, malades, aliénés, orphelins, handicapés… sacrifiés par l’idéologie révolutionnaire en invoquant une liberté, une l’égalité et une fraternité dont on peut – selon la recommandation du Saint Evangile – juger de la vérité par les fruits.
Lorsqu’ils refusent l’ordre voulu par Dieu, les plus nobles idéaux se pervertissent; quand il refuse le Sang versé par son Rédempteur, l’homme s’enfonce dans les plus sanguinaires folies; quand elles refusent la royauté du Sacré-Cœur de Jésus, les sociétés accumulent les ruines!

Nous ne sommes pas ici parce que nous serions des « passéistes », congelés dans un sempiternel regret d’époques révolues; nous ne sommes pas des « rétrogrades », dont la seule ambition tendrait à une forme de revanche aigrie sur l’histoire… Nous sommes des catholiques qui, avec les critères de l’Evangile diagnostiquons le mal qui ronge et détruit le monde dans lequel la Providence nous a placés, et qui voulons – avec l’humilité des serviteurs de la Vérité – qu’il revienne à la santé et à la vie. Qui oserait traiter le médecin qui travaille à rendre la santé à son patient de « rétrograde »? Quel homme de bon sens pourrait prétendre que lorsqu’un malade recouvre la santé il retourne en arrière et fait du passéisme?
Notre monde est malade, notre société est malade, la France est malade… et nous en souhaitons la guérison, le retour à la vie. Voilà pourquoi nous nous tournons vers Celui qui affirme « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie« , et qui dit encore « Je suis venu pour les malades et les pécheurs« . Nous nous tournons vers Lui en Le suppliant pour qu’Il guérisse les plaies, cicatrise les blessures, et ressuscite ce qui a été touché par la mort spirituelle : Que le Christ soit victorieux de toutes les forces de mort et de corruption, que le Cœur du Christ touche et guérisse le cœur de notre pauvre humanité, que l’Amour du Cœur du Christ règne dès à présent et pour toujours, voilà notre souhait, notre prière, et l’objet de notre combat.

 » Christus vincit!  Christus regnat!  Christus imperat! « 

Neuvaine du 6 au 14 septembre, pour préparer la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs.

Prière de compassion et de supplication :

Vierge des Sept Douleurs - A.Dürer

V. Ô Dieu, venez à mon aide!

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir!

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

 1. Ô Mère des douleurs, je compatis à la souffrance qui accabla votre coeur très aimant lors de la prophétie du saint vieillard Siméon en laquelle vous fut révélée toute l’ampleur de vos peines à venir : par votre coeur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’adhérer toujours plus parfaitement à la sainte volonté de Dieu.

Ave, Maria, gratia plena… etc.

2. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’angoisse qui étreignit votre coeur si sensible lors de la fuite en Egypte et du séjour en ce pays étranger où vous viviez, pauvre et méprisée : par votre coeur anxieux, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’un abandon filial et confiant à la divine Providence.

Ave, Maria

3.  Ô Mère des douleurs, je compatis à la peine profonde dont votre coeur soucieux fut saisi lors des trois jours de la perte de votre Enfant à Jérusalem : par votre coeur si inquiet, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de craindre par dessus tout d’être séparé de l’amour de mon Dieu.

Ave, Maria

4. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’abattement qui s’empara de votre coeur lors de la rencontre avec Jésus portant sa Croix vers le Calvaire : par votre coeur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la patience dans les épreuves et la persévérance  dans le bien malgré toutes les contradictions.

Ave, Maria

5. Ô Mère des douleurs, je compatis à la très amère passion que souffrit votre coeur généreux lorsque, debout au pied de la Croix, vous assistiez à l’agonie de Jésus et que vous entendîtes le cri déchirant dans lequel il rendit l’esprit : par votre coeur martyrisé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’une douce compassion aux peines et souffrances de mes frères.

Ave, Maria

6. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’extrême souffrance qui déchira votre coeur maternel lorsque la lance ouvrit le Coeur de Jésus et que son corps pantelant fut déposé sur vos genoux : par votre coeur supplicié , obtenez-moi, Vierge très aimable, de savoir rendre amour pour amour au divin Coeur de votre Fils.

Ave, Maria

7. Ô Mère des douleurs, je compatis à la poignante tristesse qui submergea votre coeur de flots amers lorsque le corps de Jésus fut déposé dans le sépulcre : par votre coeur transpercé de sept glaives, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de ne jamais me décourager, quelque importantes que soient les ténèbres et l’adversité.

Ave, Maria

V. Priez pour nous, Vierge très affligée.

R. Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.

Oraison :

Nous vous en prions, Seigneur Jésus-Christ, qu’intercède pour nous auprès de votre clémence, maintenant et à l’heure de notre mort, la Bienheureuse Vierge Marie votre Mère, dont l’âme très sainte fut transpercée d’un glaive de douleur à l’heure de votre Passion. Ô Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il!

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie – reproduction autorisée à condition d’en indiquer la source)

On trouvera > ici la présentation du chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame et > ici le « je vous salue » en l’honneur de la Vierge de Compassion.

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 29 août, 2008 |12 Commentaires »
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