2008-40. 22 juillet, fête de Sainte Marie-Magdeleine.

En ce jour de la fête de Sainte Marie-Magdeleine, nous reproduisons ici le texte d’une conférence donnée par Mgr Jean-Pierre Ravotti à la Sainte Baume le lundi de Pentecôte 5 juin 2006. Mgr Ravotti, qui a grandi à Saint-Maximin à l’ombre du couvent des dominicains abritant les reliques de sainte Marie-Madeleine, nous livre ici les raisons de son attachement à cette haute figure de sainteté que les Provençaux continuent d’honorer et aimer eux aussi (source: site des dominicains de la Sainte Baume > www).

2008-40. 22 juillet, fête de Sainte Marie-Magdeleine. dans Nos amis les Saints reliquaire2copie

Reliquaire du chef de Sainte Marie-Magdeleine dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin.

« Avant d’aborder mon sujet, je voudrais apporter quelques précisions que je considère comme importantes car, d’une part, elles me permettent de délimiter l’argument – le thème de ma « conversation (conversazione comme on dit de façon si charmante en italien) » – et, d’autre part, elles vous permettent, à vous qui m’écoutez, de ne pas attendre de moi ce que je ne suis nullement en mesure de vous offrir.

Première précision : je ne suis ni un exégète ni un historien. Je n’ai donc aucune compétence particulière pour vous parler de Marie-Madeleine, un personnage évangélique d’autant plus attrayant qu’il demeure par certains aspects bien mystérieux. L’histoire s’est bien vite emparée de ce personnage, sans toutefois parvenir à élucider complètement le mystère. L’essai de Dan Brown – le fameux « Da Vinci Code » – truffé d’erreurs historiques n’y est d’ailleurs pas plus parvenu que d’autres bien plus sérieux et crédibles! J’éviterai donc de me lancer dans des discussions exégétiques ou historiques dont je me sens bien incapable… Accueillez ce que je vais vous dire simplement comme un témoignage. Je n’ai que mon cœur d’homme et que ma foi de chrétien et de prêtre pour vous parler de celle «que mon cœur aime», selon l’expression du Cantique des Cantiques, texte biblique que la tradition liturgique a mis sur les lèvres de Marie-Madeleine. Et vous le savez bien, mes amis, vous surtout les Provençaux, on parle toujours volontiers de ceux que l’on aime!

Deuxième précision : je suis mû par une autre conviction, qui s’est affermie au cours des années. Ce n’est pas nous qui choisissons les saints ; ce sont eux, au contraire, qui nous choisissent et qui s’imposent à nous. Je veux dire par là que ce que nous recevons d’eux est infiniment plus important et plus déterminant, infiniment plus précieux que le peu que nous pouvons leur offrir ou que tout ce que nous pouvons imaginer à leur sujet.
J’ai grandi à l’ombre de la Basilique de Saint-Maximin. J’en connais tous les recoins. La Madeleine de mon enfance était liée aux fastes des célébrations en son honneur. Il n’y avait pas que Huysmans – pardonnez-moi la comparaison – qui était sensible à cette beauté parlante de la liturgie ! En mûrissant – non pas au sens populaire de l’expression : «Il est mûr!» – j’ai mieux appris à découvrir cette présence de Marie-Madeleine comme un don et une grâce offerts à ma vie, en particulier à ma vie de prêtre. Aussi je fais mienne la conviction du Père Vayssière, gardien de la Grotte de la Sainte-Baume, qui rétorquait à des touristes ou à des pèlerins curieux de savoir si Marie-Madeleine était vraiment venue sur nos terres provençales : «Je ne sais pas si elle est venue, je ne sais pas si elle n’est pas venue, ce que je sais c’est qu’elle y est!»

Une dernière précision. La Marie-Madeleine à laquelle je pense et que j’aime, parce que je dois non pas expliquer mais raconter les raisons d’un amour – du reste, un amour ne s’explique pas, il ne peut que se raconter ! – est celle qui a toujours été reçue à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume, au moins depuis Charles II d’Anjou. C’est la Madeleine de Grégoire le Grand, pour qui la pécheresse de saint Luc, la sœur de Marthe et de Lazare et la femme qui est clairement nommée dans les Évangiles Marie la Magdaléenne ne font qu’un. Je sais toutes les querelles, anciennes et modernes, que cette identification a suscitées. Comme je l’ai déjà dit, je n’entends pas m’introduire dans ces délicates questions d’exégèse. Permettez-moi cependant de préciser – et je ne suis pas le seul à le penser – qu’il est tout à fait légitime de défendre la figure évangélique de cette Marie-Madeleine qui, comme le dit Régis Burnet , «parle davantage au cœur».

Je ne m’en tiendrai donc – il va s’en dire – qu’à la Marie-Madeleine des Évangiles canoniques telle que l’a reçue la tradition occidentale latine, qui, si elle a en saint Grégoire le Grand son interprète le plus autorisé, n’en est pas moins confirmée par de nombreux Pères de l’Église (saint Augustin [Commentaire de l’Évangile de Jean], Hippolyte de Rome…). Les Évangiles «apocryphes» n’offrent aucune crédibilité car ils sont nés de courants minoritaires influencés par le gnosticisme.

Cette Marie-Madeleine «composite», comme la définissent les auteurs modernes – le Père Bruckberger parlait d’elle comme de «la femme coupée en morceaux» – recèle bien des richesses et des subtilités. Elle laisse entrevoir une figure certes complexe, mais, aux détours d’un cheminement long et fécond, d’une profonde unité psychologique et spirituelle – une figure très vraisemblable, donc! Rien de paradoxal, sinon en apparence, rien de décousu, rien de choquant dans cette existence pourtant si mouvementée, mais une tension continuelle et persévérante vers une parfaite unité. Marie-Madeleine est l’image d’une existence, d’une vie humaine « unifiée » par la foi en Jésus-Christ. La convertie devient disciple, car se convertir signifie marcher à la suite du Christ, et le disciple devient apôtre, puisque l’on ne peut être disciple sans être témoin de Jésus et porteur de son Évangile. Tous les convertis se reconnaissent en Marie-Madeleine. Comme elle, ils retrouvent en Jésus-Christ le sens et l’unité de leur vie. Je ne retiendrai qu’un nom, Charles de Foucauld, qui à trois reprises (1900, 1902 et 1913) est venu à la Grotte de la Sainte-Baume et a beaucoup écrit sur sainte Marie-Madeleine.

Mais le temps passe… et il faut encore que je vous dise pourquoi j’aime Marie-Madeleine.

1. Une femme

J’aime Marie-Madeleine – faudrait-il le taire? – d’abord et surtout parce qu’elle est une femme. C’est bien ainsi que nous la présente saint Luc dans son Évangile de la pécheresse pardonnée : «Et voici qu’une femme…» (Luc VII, 37). N’allez pas croire à une figure figée, embaumée, mièvre, comme certains imaginent les saints… Pensez plutôt à ces belles femmes au passage desquelles on se retourne pour les contempler plus longuement. Une femme en chair et en os, quoi ! L’iconographie plus récente privilégie d’ailleurs cette image. Il n’y a pas que des Madeleine exsangues et décharnées, dont l’abondante chevelure est le seul vêtement. Dans tout l’Évangile, Marie-Madeleine apparaît bien comme une femme avec une sensibilité, des réactions, des gestes de femme. Vous voyez un homme parfumant les pieds ou la tête de Jésus!

Marie a bien un cœur de chair, qui vibre, qui s’émeut, qui se passionne, qui gémit aussi, qui cherche, qui s’accroche, avec cette ténacité et cette fidélité, ce courage, dont les femmes seules sont capables. Comme le fait la liturgie, aussi bien l’ancienne liturgie de sainte Marie-Madeleine que la nouvelle, on peut bien lui prêter les confidences de l’Épouse du Cantique des Cantiques : «J’ai cherché celui que mon cœur aime [...], je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas» (Cant III, 1.4). Remarquez combien ce texte se rapproche de la page de saint Jean racontant la rencontre de Marie de Magdala avec le Ressuscité au matin de Pâques. Toujours ces mêmes attitudes de femme empressée, désireuse de retrouver et de retenir l’objet de son amour : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? [...] Cesse de me tenir (ou : Ne me retiens pas ainsi)… » (Jean XX, 15.17).

Mes amis, la vie chrétienne est sans cesse un appel au dépassement, à la conversion, à la vie nouvelle. Mais Dieu ne saurait nous demander de renoncer à notre humanité, lui qui nous a créés «à son image et à sa ressemblance» (cf. Gen I, 27), Lui qui en Jésus-Christ a pris chair, notre chair, de la Vierge Marie. La foi n’exige nullement le reniement de notre humanité, mais bien plutôt sa transfiguration. Nous sommes appelés à la vivre, à l’incarner, à lui donner chair, dans nos cœurs et dans nos corps, sur cette «terre douloureuse, dramatique et magnifique», comme le disait Paul VI dans son testament. Alors, il n’est pas indifférent que nous soyons des hommes ou des femmes. Femmes qui m’écoutez, laissez-moi chanter en Marie-Madeleine et dans vos vies cet éternel féminin qui est plus à même d’accueillir, de comprendre et de vivre le mystère, et donc plus à même d’aimer! Lorsque vous entendez dire que la religion est une affaire de femmes, réjouissez-vous : on vous fait le plus beau compliment!

2. Une pécheresse

J’aime Marie-Madeleine – oserais-je le dire ? – parce qu’elle est pécheresse, se sait pécheresse et ne cache pas sa misère. La pire des illusions consiste à l’oublier et à se croire justes, alors que nous avons tous infiniment besoin du pardon de Dieu. Laissez-moi vous dire à ce propos que l’abandon de la confession n’est sûrement pas un gain, mais bien plutôt une perte : perte du sens de Dieu, perte du sens du péché, perte de notre capacité de pardon, de notre capacité à accueillir et à offrir le pardon. Je suis souvent impressionné par la dureté et la raideur de notre monde. On ne veut plus de normes, surtout morales, tout est enfin permis… mais lorsqu’un pauvre homme tombe, lorsque le scandale éclate, on devient impitoyable. L’Église, qui expérimente elle aussi sa misère, fait tout le contraire. Elle nous rappelle, parfois dans le désert, que nous ne saurions vivre sans une loi morale et des principes éthiques, mais lorsque quelqu’un succombe, elle est toujours prête à lui offrir sa miséricorde, qui n’est autre que celle de Dieu.

J’ai évoqué tout à l’heure le souvenir de Charles de Foucauld. Qu’il me soit permis de vous rappeler que sa conversion est née de sa confession à l’abbé Huvelin, en l’église Saint-Augustin de Paris, un jour de fin octobre 1886. Il y était allé pour s’entretenir avec un prêtre, pour lui demander des explications, pour «s’instruire», nous dit-il. Le prêtre l’invita simplement à se reconnaître pécheur et à accueillir le pardon de Dieu.

C’est cette même vérité que j’aime en Marie-Madeleine. Elle ne triche pas avec Dieu : elle reconnaît sa faute et elle pleure son péché, en appelant à la seule miséricorde de Jésus. Marie-Madeleine devient ainsi porteuse d’un suave parfum d’espérance. Les icônes orientales et les plus anciennes peintures de l’Occident la représentent très souvent comme la «myrophore», la femme aux parfums, du matin de Pâques. Ne vous étonnez pas de la trouver dans le jardin du tombeau. Elle n’y va pas pour embaumer un corps, mort, mais pour y rencontrer la vie qui naît et renaît sans cesse du pardon de Dieu.

Mes amis, il est bienfaisant de nous reconnaître pécheurs. Sachons être comme ces frères dominicains qui entraient jadis au couvent en demandant, selon la formule d’admission dans l’ordre des Prêcheurs, «la miséricorde Dieu et celle de leurs frères».

3. Une femme d’audace

J’aime aussi Marie-Madeleine parce qu’elle n’est pas un personnage étriqué, guindé, ni une sainte nitouche, ni une vieille fille renfrognée, mais une femme d’audace, une chrétienne qui ose. Le Père Bruckberger l’a si bien dit : «Elle voit grand, elle aime grand, elle ne frappe qu’aux portes dont le marteau est à hauteur de cavalier. Par sa seule beauté, par son style, pas la hardiesse et la justesse de ses gestes, elle est trop spectaculaire. Elle est provocante. Elle provoque l’admiration et du côté de l’ombre, la colère.»

Rien ne l’arrête, Madeleine. Elle ne recule devant rien, ni devant les «quand dira-t-on» des bien-pensants, ni devant l’incrédulité de tant de contemporains de Jésus, ni devant l’insécurité et la souffrance de la Passion, alors que tous se sont enfuis, ni devant l’obscurité du chemin qui mène au tombeau. Marie connaît des gestes fous et l’étonnante prodigalité de l’amour. Elle ose approcher le Maître, le toucher, lui saisir les pieds, les baigner de ses larmes et les essuyer de ses cheveux dénoués, les couvrir de baisers et les oindre d’un parfum au prix aussi démesuré que son geste. Cette audace impressionne tellement l’évangéliste Jean que lorsqu’il raconte la résurrection de Lazare et fait allusion, au début du récit, à sa sœur Marie, il prend soin de préciser, faisant probablement allusion au récit plus ancien de Luc, que c’était celle-là même «qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux» (Jean 11, 2).

Dans le cortège des saints, il y a plus de fous – ces «fols en Dieu» comme les appelle la tradition spirituelle de l’Orient chrétien – que de gens sagement alignés. C’est là un des aspects les plus déconcertants de la sainteté ! Pensez à François d’Assise distribuant aux pauvres toute la fortune paternelle et se présentant nu devant l’évêque d’Assise pour pouvoir désormais dire en toute vérité : «Notre Père…» À saint Dominique décidant de disperser ses premiers frères, alors que l’Ordre pouvait paraître encore si fragile. À Catherine de Sienne exhortant le Pape, avec quelle tendresse et quelle fougue!, à quitter Avignon et à regagner le Siège de Rome. À Don Bosco, que certains confrères de Turin auraient voulu faire enfermer. À Charles de Foucauld, vivant à Nazareth dans une cabane de jardinier. À Mère Térésa dans un mouroir de Calcutta… Notre monde repu et enlisé, notre Église qui tourne parfois en rond autour de ses problèmes internes et où l’on perd souvent son temps dans des discours inutiles, ont tant besoin de témoins de cette sainte folie de l’Évangile. Si sainte Marie-Madeleine pouvait nous donner l’audace de l’annonce, le courage des gestes toujours un peu fous de la miséricorde gratuite, inventive et prévenante!

Puissions-nous, comme elle, être des chrétiens qui osent, qui risquent…!, qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent, même si personne ne semble nous entendre, qui osent aller là où personne ne va, qui osent faire ce que les autres refusent de faire, qui osent s’approcher de ceux que tous récusent ou repoussent, qui osent des gestes de vérité et d’amour, alors que la plupart s’enferment dans leurs préjugés et leurs jugements impitoyables.

4. Une sainte

J’aime Marie-Madeleine parce qu’elle est la compagne et la complice des saints. Il n’y a pas que la sordide solidarité du mal et dans le mal. Pensez à tous ces liens de misère qui enchaînent parfois des groupes et lient les hommes les uns aux autres ; les scandales finissent souvent par éclabousser bien des gens…

Il existe aussi une solidarité du bien et dans le bien. Marie-Madeleine est une femme qui fascine car le témoignage de sa vie résonne comme un puissant appel, comme une provocation à la sainteté. Je ne m’étonne pas qu’elle ait eu, de tout temps, tant d’amis, non seulement parmi les pécheurs, mais aussi parmi des gens en quête de Dieu et de sainteté. J’ai parlé il y a peu de saint Grégoire le Grand, mais comment oublier Louis IX – saint Louis – qui vint en pèlerinage à la Sainte-Baume, sainte Catherine de Sienne, saint François d’Assise, sainte Catherine de Ricci, sainte Thérèse d’Avila… Plus prés de nous, Charles de Foucauld – qui a été enfin béatifié le 13 novembre 2005 -, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le Père Lacordaire, à qui nos lieux magdaléniens doivent tout, le Père Vayssière, le Père Lataste (fondateur des dominicaines de Béthanie pour le rachat et la réhabilitation des prisonnières et des prostituées)…

Lorsqu’on considère le nombre d’ouvrages qui paraissent chaque année sur Marie-Madeleine, on se dit qu’elle n’a pas fini d’attirer l’attention et de susciter un intérêt certain.

5. Une femme enveloppée de mystère

J’aime enfin Marie-Madeleine – et c’est peut-être la seule vraie raison d’un amour qui au fond demeure inexplicable -, parce qu’elle reste enveloppée de mystère. Qui est-elle au juste, cette femme ? Est-elle bien venue chez nous ou ne sommes-nous pas plutôt allés à elle? Personnage déconcertant et fascinant, Marie de Magdala n’en finit jamais de nous interroger et de plonger nos vies dans le mystère même de Jésus, le Fils de Dieu fait homme. Lui aussi on croit le connaître, et pourtant, comme elle, il reste sans cesse à découvrir.

La seule chose dont je suis sûr c’est, pour reprendre le mot du Père Étienne Vayssière, que Marie-Madeleine est bien ici. Elle est dans notre Fenestrado Basilico à la gloire dédiée. Elle est au cœur de l’histoire de Saint-Maximin et de la Sainte-Baume comme elle est au cœur de nos vies. Qu’elle y enracine la foi. Qu’elle y fasse fleurir un feu de son amour!

 * * * * * * *

Je voudrais vous citer, pour (au moins) finir en beauté, les derniers mots du Père Lacordaire dans son admirable petit livre sur sainte Marie-Madeleine. Ce fut sa dernière œuvre, écrite en 1860, sur son lit de mort, et il est significatif qu’il l’ait dédié à Marie-Madeleine, cette femme que lui aussi aimait tant.

Le P. Lacordaire conclut : «Oh ! qui que vous soyez… si jamais vous avez connu les larmes du repentir, ou celles de l’amour, ne refusez pas à Marie-Madeleine qui a tant pleuré et tant aimé, une goutte de ce parfum dont elle embauma les pieds de votre Sauveur.»

J’espère, mes amis, vous avoir offert un peu de cette fragrance d’amour pour Marie-Madeleine dont mon cœur est comblé. »

Publié dans : Nos amis les Saints, Textes spirituels | le 22 juillet, 2008 |4 Commentaires »

2008-39. Notre-Dame de Bonne Délivrance, la Vierge Noire de Paris.

- fêtée le 18 juillet -

La statue de Notre-Dame de Bonne Délivrance, qu’on appelle aussi « la Vierge noire de Paris« , est une statue du XIVème siècle représentant une Vierge à l’Enfant, en pierre peinte.

Cette statue se trouvait autrefois très vénérée dans une chapelle célèbre de l’église collégiale Saint-Etienne-des-Grès : cette église – que l’on disait avoir été fondée par saint Denis, premier évêque de Paris - se trouve malheureusement sur la triste liste des quelque 145 églises qui furent détruites à Paris au cours de la grande révolution ; elle était située rue Saint-Jacques, là où se trouve aujourd’hui la bibliothèque de la faculté de droit ; le clocher et la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, remontaient au XI° siècle et l’on pense que la statue que nous connaissons aujourd’hui avait remplacé une statue plus ancienne.

Le culte de Notre-Dame de Bonne-Délivrance avait connu un grand essor au moment des luttes religieuses du XVIème siècle.
Le 20 avril 1533, fut fondée la
« confrérie de la Charité de Notre-Dame de Bonne-Délivrance » qui deviendra bientôt une confrérie royale.

Forte de douze mille adhérents venus de toutes les couches de la société et enrichie par le Saint-Siège de nombreuses indulgences cette confrérie prend part à toutes les manifestations publiques. Chaque année, le 1er mai et le 24 août, elle organise ses propres processions avec des stations aux paroisses voisines. Les membres de la confrérie s’engagent à une vie chrétienne plus authentique et plus fervente à l’exemple de Notre-Dame et s’engagent à certaines oeuvres de charité envers les nécessiteux. La confrérie travaille particulièrement à la délivrance et au soulagement des prisonniers : les cotisations des associés produisent des sommes importantes qui sont spécialement consacrées au rachat des prisonniers pour dettes.

Les mots de bonne délivrance étaient pris dans un sens très général, il s’agissait d’obtenir de l’intercession de la Vierge Marie la cessation de toutes les misères et calamités imaginables.

Cependant au tournant du XVII° siècle, on insistera sur les misères spirituelles et les tentations, et on invoquera de plus en plus Notre-Dame de Bonne-Délivrance pour être soulagé des peines intérieures et fortifié dans la tentation. C’est ainsi que le jeune François de Sales, étudiant à Paris, qui était accablé par des tentations de désespoir au point qu’il lui semblait évident qu’il serait damné, retrouva la paix intérieure et la confiance aux pieds de Notre-Dame de Bonne-Délivrance en récitant le « Memorare » (« Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie… »).
Les grands spirituels de la première moitié du XVIIème siècle viennent souvent prier devant cette image : Monsieur Olier, fondateur de la « Compagnie de Saint-Sulpice », Saint Vincent de Paul qui la nomme « la Vierge des âmes en peine« , Claude-François Poulart des Places, fondateur de la « Congrégation du Saint-Esprit »...
Le Roy Louis XIII et la Reine Anne d’Autriche se font inscrire le 4 mai 1622 dans les rangs des membres de
la Confrérie royale de la charité de Notre-Dame de Bonne-Délivrance ; ils seront suivis de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, puis de Louis XIV et de son frère, Philippe d’Orléans, de son épouse, la reine Marie-Thérèse, du prince et de la princesse de Condé, du prince et de la princesse de Conti… etc.

Le 16 mai 1792, la statue est mise en vente avec le mobilier et les objets du culte de l’église Saint-Etienne-des-Grès, vouée à la démolition.
La Madone est achetée – pour deux cent une livres – par la Comtesse de Carignan-Saint-Maurice qui la garde dans son domicile de la rue Notre-Dame-des-Champs où des prêtres réfractaires célèbrent les saints mystères en cachette.
Mais pendant la grande terreur, la Comtesse de Carignan-Saint-Maurice est dénoncée et jetée en prison. Elle se trouve enfermée avec des religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve, détenues avec leur supérieure générale, Madame Walsh de Valois. La pieuse Comtesse parle de la Vierge de Bonne-Délivrance aux Soeurs et, ensemble, elles l’invoquent avec ferveur. La chute de Robespierre entrainera leur libération, le 4 octobre 1794, et elles voient dans cette délivrance de la guillotine qui leur était promise la réponse de Notre-Dame.
Madame de Carignan-Saint-Maurice fit alors don de la précieuse statue à la congrégation des Soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve.

Le 1er juillet 1806, la statue de Notre-Dame de Bonne-Délivrance est de nouveau offerte à la vénération des fidèles dans l’oratoire des Soeurs, 27 rue de Sèvres, et son culte est encouragé par toutes les anciennes indulgences, que confirme le Pape Pie VII.
Quelques années plus tard c’est une vaste chapelle qui est bâtie en son honneur au même lieu.

Mais en juillet 1906, Notre-Dame de Bonne Délivrance est contrainte à un nouveau déménagement : en effet les religieuses ont été expropriées et leur couvent va être démoli pour laisser la place au boulevard Raspail ; elles vont s’installer à Neuilly-sur-Seine où elle font édifier une nouvelle chapelle et c’est là que l’on vénère encore aujourd’hui Notre-Dame de Bonne-Délivrance (52 Boulevard d’Argenson).

Notre-Dame de Bonne Délivrance

Prière à Notre-Dame de Bonne Délivrance :
(texte ancien intégral)

Je vous supplie,
ô très sainte et sacrée Vierge Marie,
digne Mère de Dieu !
d’avoir pitié de moi, pauvre, pécheur,
de m’obtenir de votre très cher Fils, notre Sauveur Jésus-Christ
la sainteté et la santé du corps et de l’esprit,
ainsi qu’il sera convenable
pour sa plus grande gloire et pour mon salut ;
car souvent sa divine Majesté,
par une bonté et miséricorde infinie,
permet qu’il nous arrive des infirmités et des maladies,
afin de nous faire rentrer en nous-mêmes,
et de nous exciter à nous corriger et à nous convertir à lui :
Et comme sa divine Providence a ordonné
que nous vous honorions et invoquions sous divers titres,
et principalement sous celui de
Notre-Dame de Bonne-Délivrance ;
cela fait que j’ai recours à vous, pour vous supplier,
avec toute l’humilité et la confiance qu’il m’est possible,
de me secourir en cette extrême nécessité,
et de m’obtenir principalement une véritable douleur,
contrition et rémission de tous mes péchés,
car ils sont la seule cause de mes infirmités ;
et ensuite je serai obligé de publier toute ma vie le crédit et le pouvoir absolu que vous avez dans le Ciel auprès de Dieu.
A combien de pécheurs désespérés de leur salut
avez-vous obtenu la conversion !
A combien de personnes affligées de maladies incurables
avez-vous rendu la santé !
A combien de justes
avez-vous obtenu le don de persévérance en la grâce !
Et enfin, on n’a jamais entendu dire
que vous eussiez rejeté aucun de ceux qui, avec confiance,
vous ont humblement invoquée,
quelque misérable qu’il ait été.
J’espère aussi, ô Vierge !
que vous m’accorderez la grâce que je vous demande,
et que vous m’obtiendrez le remède
de toutes mes misères spirituelles et corporelles,
et que vous m’assisterez durant ma vie,
et principalement à l’heure de ma mort,
qui peut-être arrivera bientôt.
Ainsi soit-il.

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 17 juillet, 2008 |4 Commentaires »

2008-38. Le 17 juillet nous fêtons les Bienheureuses Carmélites de Compiègne, martyres.

Depuis sa fondation en 1641, le monastère du Carmel de Compiègne avait toujours conservé un grand esprit de prière, de silence, de pauvreté et de régularité. Ainsi, lorsque éclata la grande révolution, la communauté était animée d’un grand amour de Dieu et d’une remarquable ferveur pour le salut des âmes. Entres toutes, la Prieure, Mère Thérèse de Saint-Augustin* (Lidoine), femme de profonde oraison, brillait par de hautes qualités humaines et spirituelles.

Le 14 septembre 1792, fête de l’Exaltation de la sainte Croix, elles furent expulsées de leur monastère et durent être hébergées par des habitants de Compiègne, par petits groupes dans lesquels elles continuaient autant que possible (et sous l’habit civil) à vivre leur règle religieuse.
Face à la tourmente révolutionnaire, les dignes filles de sainte Thérèse d’Avila, suivant le désir de leur Prieure qui en avait reçu l’inspiration dans la prière, s’offrirent à Dieu « pour que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l’Église et à l’État ».
Jusque à leur mort, quotidiennement, elles renouvelleront ce don.

Le 21 juin 1794, elles sont arrêtées et jetées en prison. Elles supportent avec courage et charité les vexations et les souffrances qui leurs sont imposées.
Finalement, elles sont conduites à Paris dans des charrettes (12-13 juillet 1794), sont enfermées à la Conciergerie et condamnées à mort, sans témoins, par le tribunal révolutionnaire « pour leur fidélité à la vie religieuse et leur grande dévotion au Sacré Cœur » : des images, des scapulaires et un cantique avaient été saisis chez elles, et constituaient le principal chef d’accusation !!!

Le martyre des Carmélites de Compiègne

Le 17 juillet, en marchant vers leur martyre, elles prient et chantent le Miserere, le Salve Regina et le Te Deum.
Au pied de l’échafaud, installé alors sur la place du Trône, alors « place du trône renversé » et actuelle « place de la nation », elles entonnent le Veni Creator et renouvellent les promesses de leur baptême et de leurs vœux religieux.
Sœur Constance de Jésus (Meunier), novice, est appelée la première. Elle demande à la Mère prieure sa bénédiction et la permission de mourir. Elle gravit ensuite les marches de l’échafaud en chantant le Laudate Dominum omnes gentes.
La même scène se reproduit pour les autres moniales. La Prieure est immolée la dernière.

Leurs corps furent jetés dans une fosse commune du proche cimetière de Picpus.
Elles ont été béatifiées par le Pape Saint Pie X, le 27 mai 1906.

Plaque du cimetière de Picpus commémorant le lieu où sont ensevelies les corps des Carmélites de Compiègne

« Quel bonheur de mourir pour son Dieu ! » s’était écriée l’une d’elles. « Soyons les dernières à mourir. »
En effet, dix jours après leur sacrifice la grande terreur prenait fin par la chute de Robespierre et la tourmente qui, pendant deux ans, avait répandu le sang des Fils de France, s’apaisa pour un temps.

Gertrud von Le Fort, saisie par l’héroïsme spirituel de ces femmes, en a fait l’objet d’une nouvelle intitulée « La dernière à l’échafaud » (c’est elle qui inventa le personnage de Soeur Blanche de la Force, qui n’a pas existé) ; cette nouvelle inspirera Georges Bernanos pour la rédaction du scénario des « Dialogues des Carmélites » ; et ce film sera à son tour l’inspirateur de l’opéra de Francis Poulenc qui porte le même nom.
Cependant la réalité historique est bien plus abrupte et bien plus belle que les oeuvres artistiques qu’elle a suscitées… et c’est à cette source que nous devons puiser pour découvrir le vrai visage de ces authentiques filles de Sainte Thérèse martyres.

* Nota bene :
Mademoiselle Lidoine en entrant au Carmel de Compiègne avait pris le même nom de religion que la fille de Louis XV, Madame Louise, devenue carmélite à Saint-Denys (voir ici > ici), justement en reconnaissance envers cette princesse qui lui avait permis de réaliser sa vocation.

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis | le 17 juillet, 2008 |Pas de Commentaires »

Prière à Notre-Dame du Mont Carmel.

La Vierge remet le scapulaire à St Simon Stock

Sur le Mont Carmel, le saint prophète Élie avait confondu les prêtres de Baal et ramené le peuple d’Israël à adorer le Dieu vivant (3e Livre des Rois, chap. XVIII).
La tradition ajoute que dans le petit nuage annonciateur de la fin de la sécheresse (cf. 3 Reg. XVIII, 44), Saint Elie avait eu une vision mystique de la Vierge qui apporterait au monde le Sauveur, et que depuis lors des fils spirituels d’Elie menaient sur la sainte montagne une vie conjuguant érémitisme et vie communautaire.

Au temps des croisades, ces ermites se constituèrent en véritable ordre religieux, recevant de Saint Albert, Patriarche de Jérusalem, une règle écrite au début du XIIIème siècle : ce sont les Carmes, voués à la vie contemplative sous le patronage de la Sainte Mère de Dieu.
La conquête de la Terre Sainte par les musulmans contraignit les Carmes à trouver refuge en Occident.

D’origine anglaise, Saint Simon Stock (+ 1265) était supérieur général de l’Ordre des Frères de Notre-Dame du Mont Carmel à ce moment où, fuyant la Terre Sainte, les moines vinrent s’implanter en Europe.
Profondément dévot à la Vierge Marie, dans la nuit du 16 juillet 1251, il fut favorisé d’une vision de cette Mère bénie au cours de laquelle elle lui remit le scapulaire en disant : « Voici le privilège que je te donne, à toi et à tous les enfants du Carmel. Quiconque meurt revêtu de cet habit sera sauvé. »

C’est le 16 juillet 1858 que la Vierge Immaculée apparut à Sainte Bernadette pour la dernière fois dans la grotte de Lourdes : elle ne portait pas ce jour-là la robe blanche ceinte de bleue, mais la livrée du Carmel, et Bernadette dira : « Jamais je ne l’avais vue aussi belle!« .
A Fatima également, lors de l’apparition du 13 octobre 1917, au cours du miracle du soleil, Notre-Dame se montra aux trois enfants revêtue de l’habit du Carmel, pour évoquer les mystères glorieux du Saint Rosaire.

Invoquons avec confiance Notre-Dame du Mont-Carmel :

Vierge Immaculée, Marie,
Lumière et Gloire du Mont Carmel,
Jetez sur moi un regard de bonté,
Et gardez-moi sous Votre protection maternelle.
Fortifiez ma faiblesse par Votre puissance,
Et dissipez par Votre lumière
Les ténèbres de mon cœur.
Augmentez en moi la Foi,
L’Espérance et la Charité.
Ornez mon âme de toutes les vertus
Afin qu’elle devienne de plus en plus
Chère à Votre Divin Fils.
Assistez-moi pendant la vie,
Consolez-moi par Votre présence
A l’heure de la mort,
Et présentez-moi à la Sainte Trinité,
Comme Votre enfant,
Afin que je puisse Vous louer,
Et Vous glorifier éternellement
Dans le Ciel.

Ainsi soit-il!

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 15 juillet, 2008 |5 Commentaires »

2008-37. « C’est quand le puits est sec que l’eau devient richesse ».

Lully prend un bain

Samedi soir 12 juillet 2008.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cet ancien proverbe m’a paru très approprié comme titre pour ma chronique de ce soir. Vous le savez, en effet, notre nouveau « Mesnil-Marie » n’est jusqu’à ce jour pas encore alimenté en eau courante. Cette carence permet une excellente prise de conscience du bien précieux qu’est l’eau dans une maison.

Les générations du passé n’avaient souvent pas les moyens techniques pour installer l’eau courante dans les habitations, mais elles avaient multiplié les systèmes – de manière parfois très ingénieuse – pour bénéficier de ses bienfaits et pour l’avoir à proximité car, ainsi que l’affirme une expression familière, « l’eau, c’est la vie!« .

Ici, il y avait autrefois une rigole qui acheminait l’eau d’une source jusqu’à un bassin tout près de l’entrée de la maison, mais la petite canalisation n’a pas été entretenue : elle se trouve actuellement ensablée, recouverte de végétation et les partages de terrain au moment des successions ont entraîné la disparition du droit de passage de cette eau ; la source elle-même est littéralement parasitée par les frênes, qui se sont développés de manière anarchique, et elle tarit en période estivale.

Travaux de préparation des canalisations dans la maison

A l’intérieur du Mesnil-Marie, il a fallu faire de gros travaux – casser du rocher! – pour faire passer les conduites d’eau et prévoir les évacuations…

En sus de cette eau de source, je vous avais expliqué que, au pied de notre « Mesnil-Marie« , passe un petit canal – une « béalière » (ou encore « bièlière« , selon les déformations locales) – qui amène une eau abondante et pure captée en amont : c’est elle qui, grâce à des pompes ou par infiltration, alimente les maisons ou les puits de tout le hameau, parce qu’il n’y a ici aucun réseau de distribution d’eau.

Travaux de restauration de la béalière

Travaux de restauration de la béalière et de captage de l’eau pour notre Mesnil-Marie.

Je tiens cependant tout de suite à vous rassurer sur un point : même si jusqu’à présent nous n’avons pas d’eau dans la maison, notre voisine et désormais amie, Pascale, offre « l’hospitalité sanitaire« (toilettes, douche, vaisselle…) à notre Frère qui, selon  son expression, n’a nullement vocation à devenir « un moine puant« !!!
Que Pascale soit donc ici chaleureusement et solennellement remerciée ; vous le savez, nous autres, les chats, nous aimons la propreté et je ne pourrais pas vivre en compagnie d’un Frère sale et malodorant…

La semaine qui s’achève a été marquée par de grosses avancées pour les travaux d’assainissement et d’alimentation en eau de notre « Mesnil-Marie » : 1) la « béalière« , dont il avait fallu pendant tout un temps interrompre le fonctionnement, a été réparée, parce qu’elle fuyait de toutes parts sous nos murs ; 2) à l’occasion de ces travaux de restauration, ont commencé d’être mises en place les structures (puisard, canalisations, citerne… etc.) qui permettront de faire arriver l’eau « au robinet » dans la maison ; 3) ces travaux permettront aussi à trois autres maisons du hameau de voir arriver l’eau chez elles…

Travaux pour faire monter l'eau au Mesnil-Marie

Travaux préparant la « montée » de l’eau au Mesnil-Marie.

Cela étant fait, la remise en eau de notre « béalière » a été faite ce jeudi 10 juillet au soir, et le chant de l’eau qui coule se fait à nouveau entendre dans notre hameau…

 

Je vous souhaite un beau et fervent dimanche et vous adresse mes ronronnements les plus distingués.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 12 juillet, 2008 |2 Commentaires »

Recette du Mesnil-Marie: Gâteau aux amandes extra-simple et… extra-bon!

Mon ami Grisou, de Chartres, dans le message qu’il m’a envoyé à l’occasion de mon anniversaire – et dont je le remercie du fond du coeur – (cf. www le 3ème commentaire), me demandait une recette typiquement vivaroise… Je n’en connais pas encore, mais par contre je peux vous communiquer à tous ici la recette du gâteau très simple mais cependant délicieux que nous avons dégusté le soir où nous avons fêté l’anniversaire de Frère Maximilien-Marie:

Gâteau aux amandes

La préparation ne demande que 5 minutes. En revanche, pour la cuisson, il faudra prévoir 45 minutes. Les ingrédients sont les suivants (pour 6 personnes) : – 250 g d’amandes en poudre – 200 g de sucre – 6 oeufs.

Préchauffez votre four pendant la préparation.

Mélangez les trois ingrédients dans un récipient, beurrez votre moule (ou mettez-y du papier sulfurisé), versez votre préparation dans le moule et enfournez…

Laissez cuire environ 45 minutes à 150°C (thermostat 5) et surveillez la cuisson.

Vous le dégusterez de préférence froid… Nous l’avons servi accompagné d’une confiture de bananes réalisée par Frère François-Marie et dont je vous donnerai peut-être la recette un autre jour. Ce gâteau peut aussi accompagner de la glace, ou une crème.

Bon appétit !!!

Recette du Mesnil-Marie: Gâteau aux amandes extra-simple et... extra-bon! dans Chronique de Lully 90chatgourmandtn

Publié dans : Chronique de Lully, Recettes du Mesnil-Marie | le 11 juillet, 2008 |1 Commentaire »

10 juillet 2008 : Lully a deux ans!

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Oui, cher Lully, en ce 10 juillet, Frère Maximilien-Marie et les Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion s’associent à ces trois charmants minous pour te présenter des voeux fervents et affectueux et pour te souhaiter une longue et heureuse vie dans ton nouveau « Mesnil-Marie« !

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Publié dans : Annonces & Nouvelles | le 9 juillet, 2008 |4 Commentaires »

2008-36. Notre déménagement…

Mardi soir 8 juillet 2008.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce soir, je me mets (« Enfin! » me direz-vous) en devoir de vous narrer par le menu notre déménagement. Je devrais d’ailleurs plutôt employer un pluriel car il s’est agi en réalité d’un certain nombre de « chargements » qui, tout au long de ces derniers mois, se sont dirigés depuis le Vexin jusqu’en notre Vivarais, car à chaque fois que Frère Maximilien-Marie faisait la route pour préparer la maison et commencer les travaux, il remplissait (bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer) notre BX de cartons – grands et petits – et de sacs. Et je ne vous ai aussi déjà parlé du camion de 16m3 qui a déjà été rempli au mois d’avril (cf. > www)…

Néanmoins, le gros du déménagement a été accompli au cours de la dernière semaine du mois de juin. Le lundi 23 au matin, notre Frère est parti de l’Ardèche au volant d’un camion de location de 3,5 tonnes (capacité de 20m3). Le soir, à peine était-il arrivé à la porte de notre ancien « Mesnil-Marie« , que les voisins accouraient pour l’aider à charger meubles et cartons… Ce fut un véritable jeu de puzzle en trois dimensions : tout était calculé soigneusement et minutieusement mesuré pour qu’il n’y ait pas la moindre perte de place et que le maximum de choses tienne dans le minimum d’espace!!!

Le mardi 24 au matin, Frère Maximilien-Marie put repartir : le voyage fut long et pénible car la chaleur était lourde et le camion peinait parfois à avancer en raison de la charge. Mais ce sont les 15 derniers kilomètres qui furent la partie la plus périlleuse du voyage : en effet, il faut alors descendre une route étroite et en lacets, avec des virages en épingle à cheveux, pour lesquels Frère Maximilien-Marie dut même rétrograder jusqu’en première. Mais tout s’est bien achevé… et à minuit moins le quart, le camion s’arrêtait en dessous de notre nouveau « Mesnil-Marie« . Notre charmante voisine, Pascale, qui recevait des amis ces jours-là, l’attendait avec eux pour lui offrir une infusion réconfortante qui fut avalée avec grand plaisir.

Frère Maximilien-Marie a donc dormi pour la première fois dans notre nouvelle maison au soir de cette fête de Saint Jean-Baptiste, la Noël de l’été. Le lendemain, mercredi 25, il fallut décharger le camion et acheminer tout son contenu jusque dans la maison… Fort heureusement, une famille d’amis ardéchois vint à sa rescousse. Il faut en effet vous représenter que le camion – comme d’ailleurs les automobiles (hormis les véhicules tout-terrain) – ne peuvent pas arriver jusqu’à la maison mais doivent rester en stationnement au bord de la route : il fallait donc gravir le chemin – caillouteux par endroit, herbeux à d’autres, escarpé et glissant presque partout! – les bras chargés de paquets, de cartons ou de meubles sur une cinquantaine de mètres… Le soleil fut de plomb une grande partie de la journée, et il était indispensable de faire des pauses pour souffler et se désaltérer!

A la fin de l’après-midi, au moment où ils rentraient de leur excursion en moto, les hôtes de Pascale apportèrent une aide précieuse pour le transport des grosses armoires et du congélateur. A peine ce dernier était-il rentré dans la maison qu’un orage violent éclata et que des trombes d’eau se déversèrent sur le hameau : seuls quelques cartons et petits meubles restaient encore à monter… et c’était une chance! En effet, la pluie rend cette « grimpette » terriblement glissante et il eût été impossible, si l’orage avait éclaté un peu plus tôt, d’y acheminer les objets les plus lourds et les plus volumineux.

Ce fut vraiment une rude journée dont les genoux, les colonnes vertébrales et les muscles endoloris gardèrent le souvenir pendant plusieurs jours! Voici une photo immortalisant l’arrivée de notre congélateur :

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Mais il restait encore quelques affaires dans le Vexin et le Frère dut donc repartir quelques jours plus tard, cette fois uniquement avec la BX. Ce furent les dernières embrassades avec les voisins : moments chargés d’émotion… puis la restitution des clefs de notre ancien et premier « Mesnil-Marie« , et à nouveau quelque 700 km de route.

Notre déménagement aux allures de feuilleton prenait fin : nous étions au 30 juin et la page de notre présence à Labosse fut définitivement tournée. Or, sans qu’aucun calcul humain soit intervenu pour cela, il se trouve que le 30 juin est justement le jour de la fête de Saint-Martial, le céleste protecteur de notre nouvelle paroisse : ne peut-on voir là un nouveau clin d’oeil de la Providence (Frère Maximilien-Marie dirait « un clin-Dieu« )?

En ce qui me concerne, le lendemain mardi 1er juillet, Frère Maximilien-Marie est venu me chercher chez sa Maman, chez laquelle j’étais en pension depuis environ deux mois. Cela fait donc exactement huit jours ce soir que j’ai pris possession de notre nouvelle maison et que notre embryon de communauté est reconstitué : ma joie est indescriptible de me trouver à nouveau avec Frère Maximilien-Marie. En outre, cet endroit me paraît véritablement paradisiaque parce qu’il y a plein de souris et de mulots autour de la maison!!!

Deux jours après mon arrivée, nous avons organisé une petite fête pour l’anniversaire de Frère Maximilien-Marie. Ce n’était pas à proprement parler une pendaison de crémaillère, car les travaux d’aménagement sont loin d’être achevés, mais c’était l’occasion de fêter notre arrivée ici en invitant les plus proches voisins, qui nous aident journellement, les personnes qui ont aidé à trouver cette propriété, ainsi que Monsieur le Maire qui s’est montré très accueillant. Le repas était délicieux et fut vraiment très apprécié par les convives. Ce fut une belle et joyeuse soirée dont voici deux clichés (cliquer dessus pour les agrandir) :

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Mais il se fait tard. Je vais vous quitter pour cette fois, mais pas sans vous adresser mes ronronnements les plus distingués.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 9 juillet, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-35. Le 9 juillet nous fêtons les Bienheureuses Martyres d’Orange.

Pendant la grande révolution, furent arrêtées et rassemblées à la prison d’Orange, cinquante-deux religieuses, appartenant à divers ordres religieux implantées dans les environs. Elles étaient accusées « d’avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition » !!!
Leur crime consistait en réalité à avoir refusé d’abandonner la vie religieuse, d’avoir persévéré autant qu’elles avaient pu dans la vie communautaire, et de ne pas avoir prêté les serments révolutionnaires.

Condamnées à mort par une « commission populaire » siégeant dans la chapelle Saint-Louis, trente-deux d’entre elles furent exécutées : 16 Ursulines, 13 Sacramentines, 2 Cisterciennes et 1 Bénédictine.
Les vingt autres furent sauvées par la chute de Robespierre (le 28 juillet 1794) et libérées en 1795.

Ces moniales passaient la plus grande partie de leur temps d’incarcération à prier.
On connaît par les archives la manière dont elles avaient organisé leurs journées dans la prison :

- 5 heures : lever et méditation, récitation des prières de la messe .
- 7h : déjeuner
- 8h : litanies des saints et autres prières
- 9h : c’était généralement le moment où certaines d’entre elles étaient appelées à comparaître devant le tribunal et, comme elles n’avaient aucune illusion sur ce simulacre de justice, elles se disaient alors un à-Dieu joyeux. Celles qui restaient priaient pour celles qui partaient et méditaient le chemin de la croix.
- 18h : le roulement de tambour annonçait que les condamnées montaient à l’échafaud ; les prisonnières récitaient les prières de la recommandation de l’âme et des agonisants. Quand le tambour cessait, elles chantaient le « Te Deum ».

Aucune n’avait peur ; aucune ne signa le serment qui lui eût épargné la mort mais qui eût été synonyme de parjure. Elles avaient même composé un hymne dont le refrain ne manquait pas d’humour : « Bien loin que la guillotine me cause quelque frayeur, mon Dieu me fait voir en elle un moyen très précieux qui, par une voie nouvelle, me conduit droit aux Cieux ».

Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud

Les Bienheureuses Martyres au pied de l’échafaud

Voici les noms de ces vaillantes martyres dans l’ordre de leur exécution :

-  le 6 juillet, Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (dans le siècle Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741),

- le 7 juillet, Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène ( dans le siècle Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761),

- le 9 juillet, Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755),

- le 10 juillet, Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750).

- le 11 juillet, Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint-Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740).

- le 12 juillet, Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit ( Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753).

- le 13 juillet, Sœur Madeleine, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756),

- le 15 juillet, Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749),

- le 16 juillet, Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (Marie-Anne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754),

- le 20 juillet, Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733),

- le 26 juillet, Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719),Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth-Thérèse de Consolin, née à Courthézon en 1766).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ».

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832.
Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie Xl le 10 mai 1925.
Leur fête se célèbre le 9 juillet.

La chapelle de Gabet

Vue ancienne de la chapelle de Gabet,
élevée sur les lieux où les corps des Bienheureuses Martyres furent ensevelis.

Publié dans : Nos amis les Saints | le 8 juillet, 2008 |9 Commentaires »
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