2008-12. Où Lully expose les raisons et les péripéties d’un voyage en Vivarais.

Jeudi de la Passion 13 mars 2008.

Chers Amis,

Voici une semaine que le Frère et moi sommes partis en direction du sud-est de la France : non pas pour de la villégiature et du farniente, mais – compte-tenu de la situation dont je vous en parlais dans mon courrier du 5 mars (cf.www) – pour y prospecter, dans l’espoir d’y trouver le nouveau lieu d’implantation de notre « Mesnil-Marie« .

 » Pourquoi dans le sud-est? «  Me demanderez-vous peut-être.

Parce que, n’ayant aucune proposition de mise à disposition à titre gracieux, aucune offre de prêt ou de don, Frère Maximilien-Marie pense sérieusement à une acquisition, en utilisant pour cela quelque somme qu’il avait pu mettre de côté pour la réalisation des travaux d’aménagement de la chapelle pour cette propriété de L******.

Or il est bien évident que cet argent qui aurait permis de restaurer les toitures et de restaurer la grande salle qu’il destinait à devenir notre chapelle ne représente pas une somme suffisante pour l’achat d’un bien dans les régions voisines de Paris… même dans un très large périmètre!

Une acquisition n’est envisageable que si elle peut effectivement permettre d’implanter et de développer l’association « Refuge Notre-Dame de Compassion« .

Cela peut paraître une évidence, mais ce n’est pas aussi facile que cela à trouver : en effet – même si tout n’est pas dès le départ totalement conforme à ce qui serait idéal pour un lieu de vie religieuse – il faut que les lieux, par leur superficie et leur disposition, se prêtent au moins à des aménagements et à des travaux qui permettront d’avoir les espaces de prière, de vie et de travail, en conformité avec l’esprit de la fondation.

Ce problème d’argent oblige forcément à rechercher 1) dans des régions un peu reculées, où il n’y a pas une grande « demande » ; 2) du côté des biens à restaurer.

Le facteur de l’adéquation des lieux amène à regarder du côté des vieilles fermes dont le potentiel bâti, peut généralement se prêter à des aménagements conformes à la vie d’une petite communauté… En outre, cela peut aussi présenter l’avantage de disposer d’un peu de terrain qui offre tout à la fois un espace de calme et la possibilité de cultiver un jardin (à ces deux arguments humains, ma sensibilité féline doit en ajouter un troisième qui me paraît vraiment essentiel : dans les vieilles fermes et à leurs abords, on trouve des souris, des mulots, des campagnols, des musaraignes, des rats des moissons, des taupes, des lézards et autres délices de ma race chasseresse!).

Voilà donc les raisons qui ont poussé Frère Maximilien-Marie à retourner faire de nouvelles investigations du côté de son Vivarais natal en me prenant avec lui : nous pouvons en effet rayonner sur les régions avoisinantes à partir de la propriété de sa maman (que je peux bien considérer comme ma « mamie » puisque Frère Maximilien-Marie est mon papa!). Depuis notre dernier passage dans cette ancienne et très belle province, on avait signalé à notre Frère quelques biens dont les caractéristiques pourraient s’accorder à notre recherche, et je sais qu’effectivement il en est qui ont retenu son attention…

Pour l’anecdote, je peux vous montrer deux clichés (cliquer dessus pour les agrandir) pris au tout début de la soirée du 10 mars : de retour d’une visite, Frère Maximilien – qui était accompagné de sa maman ce jour-là – a dû emprunter une route de montagne…

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Sur ces hauts plateaux ardéchois, alors que rien ne le laissait envisager, ils se sont trouvés pris dans une véritable tourmente : la neige tombait en abondance et avait recouvert la route, qu’on ne pouvait repérer que grâce aux piquets fluorescents plantés en bordure des fossés, le vent soufflait violemment et faisait tourbillonner les flocons autour de la voiture, le brouillard étendait en certains endroits des nappes d’une effrayante densité rendant la progression des plus difficiles. Les villages semblaient morts, les routes étaient désertes… et il a fallu une heure et quarante minutes pour parcourir une distance de soixante kilomètres : Frère Maximilien-Marie et sa maman sont rentrés épuisés, transis et affamés… Moi, je les attendais bien au chaud, pelotonné sur un fauteuil, mais un peu inquiet tout de même de ne pas les voir rentrer à l’heure annoncée.

Et puisque nous parlons de voyage, je n’omettrai pas de vous signaler qu’avant de rentrer à L****** Frère Maximilien-Marie a taillé des oliviers (c’est la saison), et en a profité pour remplir le coffre de notre automobile d’une importante charge de leurs rameaux… Ainsi, Monsieur l’Abbé et les paroissiens de T***, ce prochain dimanche, auront-ils le bonheur de faire bénir, de tenir dans leurs mains et d’emporter dans leurs maisons et sur les tombes de leurs proches, de véritables rameaux d’olivier, conformément au récit évangélique et aux textes de la liturgie, pour acclamer Notre-Seigneur Jésus-Christ faisant son entrée messianique dans la Ville Sainte où il vient accomplir sa Passion.

A très bientôt. Je suis votre bien félinement affectionné,

Lully.

Prières de confiance et d’abandon dans l’adversité.

Vierge de Pitié de Chaumeil (Corrèze)

Seigneur,

quand l’aventure devient inextricable,

quand l’effort d’intelligence et de volonté que Vous exigez de vos créatures

se heurte à la muraille, définitivement impuissant,

c’est que Votre heure est venue

et que, désormais, le travail à faire vous incombe…

N’abandonnez pas ceux qui mettent leur confiance et leur espoir en Vous!

 

* * * * * * *

Invocation familière à Sainte Thérèse Couderc :

 

« Ô Vierge Marie,

qui avez arrangé les affaires de tous les siècles,

arrangez encore celle-ci… « 

 

Publié dans : Prier avec nous | le 5 mars, 2008 |2 Commentaires »

2008-11. Où il est question des inquiétudes de Lully au sujet du « Refuge Notre-Dame de Compassion ».

Mercredi 5 mars 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion »,

Lully internaute La plupart d’entre vous le savent bien, notre « Mesnil-Marie » n’est plus à L****** que pour quatre mois à peine*.

Depuis des mois et des mois, Frère Maximilien-Marie a passé des annonces, lancé des appels sur internet ou dans des périodiques, prospecté, contacté quantité de personnes par téléphone, par courrier, par des visites… etc. afin de trouver un autre lieu que celui d’où nous allons être mis à la porte, et dans lequel le « Refuge Notre-Dame de Compassion » pourra être transplanté, pour prendre un nouvel essor. Mais jusqu’à présent cette quête est malheureusement restée infructueuse.

Je ne vous en ferai pas un secret, cela m’angoisse un peu parfois et j’en parle à Frère Maximilien-Marie en me pelotonnant dans ses bras : je lui fais part de mon inquiétude… Mais lui il me rassure en me certifiant que la fondation – même si elle traverse en ce moment une certaine forme d’épreuve – ne peut être compromise et que nous ne serons jamais abandonnés. Il m’assure que la divine Providence ne manquera pas de nous venir en aide, à son heure… qui sera peut-être même le moment où nous nous y attendrons le moins et où humainement nous serons le plus tentés par le découragement.

Je sais bien qu’il porte plus que moi les soucis liés à la précarité de notre situation et cependant je suis impressionné par la Foi qui l’habite et par la confiance tranquille qui en résulte concrètement pour lui au quotidien. Il m’a dit un soir : « Dieu est notre Père et il nous aime, nous ne pouvons pas envisager un seul instant qu’il nous abandonnera, qu’il nous laissera sans secours!… Marie est notre Mère, une Mère aimante dont le coeur déborde de compassion et de tendre sollicitude: nous sommes réunis sous sa protection et il est impensable qu’elle ne puisse pas nous venir en aide! Sois en certain, mon Lully, Notre-Dame va nous permettre de trouver la solution qui sera non pas nécessairement la plus facile, mais certainement la plus profitable pour cette oeuvre et pour chacun d’entre nous qui vivons dans sa Maison. La Sainte Ecriture et les Saints – par leurs paroles et par leurs exemples – nous l’enseignent de milles manières : Ceux qui placent en Dieu leur confiance ne seront point confondus et ils obtiendront de lui à la mesure de leur Foi et de leur amoureuse confiance…« 

Ces paroles m’ont fait beaucoup de bien : elles m’ont stimulé dans la confiance et dans l’espérance, ce pourquoi je me suis permis de les retranscrire, pour vous qui êtes nos amis et dont les fidèles prières nous soutiennent en cette période difficile. Soyez remerciés pour ces prières, pour cette sollicitude, pour cette amitié, et soyez certains que nous ne vous oublions pas…

Lully.

* En effet, la propriété dans laquelle nous sommes actuellement établis avait fait l’objet d’une mise à disposition à titre gracieux, avec promesse de don, par une vieille personne désireuse de faire servir ce lieu à une oeuvre de prière et de rayonnement apostolique: c’est ainsi que le « Refuge Notre-Dame de Compassion » (qui existait déjà juridiquement sous la forme d’une association et qui organisait des activités ponctuelles : retraites, camps d’été, pèlerinages… etc. ) est devenu un lieu concret, existant par lui-même et que notre petite communauté a pu se réunir de manière stable (cf.www). Toutefois diverses pressions se sont exercées sur cette vieille personne pour la contraindre à revenir sur sa parole et l’amener à annuler les dispositions auxquelles elle s’était engagée; c’est ainsi que nous nous sommes vus signifier notre expulsion…

Publié dans : Chronique de Lully | le 5 mars, 2008 |2 Commentaires »

Prières à Saint Joseph pour le mois de mars.

St Joseph charpentier (Georges de La Tour)

Prière à Saint Joseph, patron de l’Église universelle
(publiée par ordre du Pape Léon XIII)

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph : et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage.

Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel, dont vous avez entouré l’Enfant-Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours, dans nos besoins.

Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Eglise de Dieu, des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle. Ainsi soit-il.

Fleur de lys bleu

Prière de Saint François de Sales à Saint Joseph

Glorieux Saint Joseph, époux de Marie, accordez-nous votre protection paternelle, nous vous en supplions par le Coeur de Jésus Christ.
O vous dont la puissance s’étend à toutes nos nécessités et sait nous rendre possibles les choses les plus impossibles, ouvrez vos yeux de père sur les intérêts de vos enfants.
Dans l’embarras et la peine qui nous pressent, nous recourons à vous avec confiance. Daignez prendre sous votre charitable conduite cette affaire importante et difficile, cause de nos inquiétudes. Faites que son heureuse issue tourne à la gloire de Dieu et au bien de ses dévoués serviteurs. Ainsi soit-il.

Fleur de lys bleu

Le « Souvenez-vous » à Saint Joseph
(du  Bienheureux Pie IX en 1863)

Souvenez‑vous, ô très chaste époux de la Vierge Marie, ô mon aimable protecteur, Saint Joseph, qu’on n’a jamais entendu dire que quelqu’un ait invoqué votre protection et demandé votre secours sans avoir été conso­lé. Animé d’une pareille confiance, je viens à vous et je me recommande à vous de toute la ferveur de mon âme. Ne rejetez pas ma prière, ô vous, qui êtes appelé le père du Rédempteur, mais daignez l’accueillir avec bonté. Ainsi soit‑il.

Fleur de lys bleu

On trouvera aussi dans les pages de ce blogue
- une proposition de neuvaine pour préparer la fête de St Joseph > www ;
- les salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > www ;
- une prière à Saint Joseph de Bon Espoir > www ;
- le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle » > www.
Plus plaisamment, vous pourrez aussi vous reporter aux deux petites B.D. consacrées à Saint Joseph :
« Saint Joseph et le placage », ici > www,
et « Ite ad Ioseph ! », ici > www .

Publié dans : Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 1 mars, 2008 |1 Commentaire »

Recette du Mesnil-Marie : Gâteau aux fruits au sirop.

Jeudi 28 février : Mi-Carême!

Nous avons parcouru la moitié de ce temps béni qui nous prépare aux célébrations pascales et il est même permis de relâcher un peu nos privations… Voilà pourquoi, comme je ne peux pas aller courir à l’extérieur (en plus il y a du brouillard et il pleut…) et que je m’ennuie un peu, Frère Maximilien-Marie m’a proposé de l’aider à préparer un gâteau tout simple pour « marquer le coup »: cette proposition m’a bien plu et je ne veux pas manquer de vous en faire profiter vous aussi afin que votre estomac participe un peu à cette joie qui ressortira tout spécialement dans la liturgie de ce prochain dimanche, le dimanche de « Laetare« !

* * * * * * *

Ingrédients:

60 grammes de beurre ; 3 cuillers à soupe d’huile ; 85 grammes de sucre en poudre ; 2 oeufs entiers ; 170 grammes de farine ; 1 paquet de levure ; 1 boite de fruits au sirop (ananas, pêches, poires, prunes… ) .

Laisser ramollir le beurre et le mélanger avec le sucre et l’huile, ajouter les deux oeufs battus puis la farine et la levure *. Verser dans un moule à tarte préalablement graissé et disposer les fruits sur la pâte. Laisser cuire pendant environ 1/2 heure (à four chaud) mais 5mn avant la fin de la cuisson sortir le plat du four et verser sur le gâteau le sirop des fruits avant de remettre au four pour achever la cuisson.

Bon appétit !

* [ Cela n'est pas dans la recette originelle, mais Frère Maximilien-Marie ajoute à la pâte une cuillerée d'armagnac et je vous assure que je ne m'en plains pas!]

Publié dans : Chronique de Lully, Recettes du Mesnil-Marie | le 28 février, 2008 |Pas de Commentaires »

2008-10. La catéchèse de Benoît XVI sur Saint Augustin (4ème & 5ème parties).

Voici les deux dernières des cinq catéchèses du mercredi que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a consacrées à Saint Augustin. Puissent ces textes inciter beaucoup de fidèles à se plonger dans les écrits du grand Docteur de l’Occident et à s’imprégner de ses enseignements…

Saint Augustin

Saint Augustin écrivant (enluminure médiévale)

Audience générale du mercredi 20 février 2008 :

L’importance majeure des écrits de Saint Augustin :

Chers Frères et Sœurs,

Après la pause des exercices spirituels de la semaine dernière, nous revenons aujourd’hui à la grande figure de Saint Augustin, duquel j’ai déjà parlé plusieurs fois dans les catéchèses du mercredi. C’est le Père de l’Église qui a laissé le plus grand nombre d’œuvres, desquelles je voudrais aujourd’hui parler brièvement. Quelques uns des écrits augustiniens sont d’une importance capitale, et non seulement pour l’histoire du christianisme mais pour la formation de toute la culture occidentale : l’exemple le plus clair est celui des Confessions, sans doute l’un des livres de l’antiquité chrétienne parmi les plus lus. Comme différents Pères de l’Église des premiers siècles, mais dans une mesure incomparablement plus importante, l’Évêque d’Hippone a en effet exercé une influence étendue et persistante, comme il apparaît déjà de la surabondante traduction écrite à la main de ses œuvres, qui sont vraiment très nombreuses.

Lui-même passa en revue quelques années avant de mourir, dans les Rétractations et peu après sa mort, elles furent soigneusement enregistrées dans l’Indiculus (= liste) ajoutée par son fidèle ami Possidius à la biographie de Saint Augustin, Vita Augustini. La liste des œuvres d’Augustin fut réalisée avec le but explicite d’en sauvegarder la mémoire pendant que l’invasion vandale envahissait toute l’Afrique romaine et compte bien mille trente écrits numérotés de leur auteur, avec d’autres «qui ne peuvent pas être numérotés, parce qu’il n’a apposé aucun numéro». L’évêque d’une ville voisine, Possidius, dictait ses paroles précisément à Hippone – où il s’était réfugié et où il avait assisté à la mort de son ami – et il se basait presque seulement sur le catalogue de la bibliothèque personnelle d’Augustin. Aujourd’hui, il y a plus de trois cents lettres de l’évêque d’Hippone qui ont survécu et presque six cents homélies, mais à l’origine elles était beaucoup plus nombreuses, peut-être même entre trois mille ou quatre mille, le fruit de quarante ans de prédication de l’antique orateur qui avait décidé de suivre Jésus et de parler non seulement aux grands de la cour impériale, mais aussi à la population simple d’Hippone.

Et encore ces dernières années, les découvertes d’un groupe de lettres et de certaines homélies ont enrichi notre connaissance de ce grand Père de l’Église. «Beaucoup de livres – écrit Possidius - furent composés et publiés par lui, beaucoup de sermons furent tenus dans les églises, transcrits et corrigés, aussi bien pour réfuter les différents hérétiques mais aussi pour interpréter les Saintes Écritures en vue de l’édification des saints fils de l’Église. Ces œuvres – souligne l’Évêque ami – sont si nombreuses qu’un spécialiste peut avec peine toutes les lire et apprendre à les connaître» (Vita Augustini, 18, 9).

Parmi la production littéraire d’Augustin – plus de mille publications subdivisées en écrits philosophiques, apologétiques, doctrinaux, moraux, monastiques, exégétiques, antihérétiques, en plus des lettres et des homélies – se détachent quelques œuvres exceptionnelles d’une grande portée théologique et philosophique. Avant tout, il faut rappeler déjà mentionnées les Confessions, écrites en treize livres entre 397 et 400, en louange à Dieu. Ce sont une sorte d’autobiographie sous la forme de dialogue avec Dieu. Ce genre littéraire reflète justement la vie de Saint Augustin, qui était une vie pas refermée sur elle, dispersée dans de nombreuses choses, mais vécue substantiellement comme un dialogue avec Dieu et ainsi une vie avec les autres. Le titre Confessions indique déjà la spécificité de cette autobiographie. Ce mot Confessions dans le latin chrétien développé par la tradition des Psaumes, a deux significations, qui toutefois se recoupent. Confessions indique, en premier lieu, la confession de ses faiblesses, la misère de ses péchés ; mais, en même temps, Confessions signifie louange de Dieu, reconnaissance à Dieu. Voir sa misère dans la lumière de Dieu devient louange à Dieu et action de grâce parce que Dieu nous aime et nous accepte, il nous transforme et il nous élève vers lui. Sur ces Confessions qui furent un grand succès déjà du vivant de Saint Augustin, il a écrit lui-même: «Elles ont exercé sur moi une telle action pendant que je les écrivais et l’exercent encore lorsque je les relis. Il y a de nombreux frères auxquels ces œuvres plaisent» (Retractationes, II, 6) : et je dois dire que moi aussi, (ici Benoît XVI fut très applaudit), je suis un de ces « frères ». Et grâce au Confessions, nous pouvons suivre pas à pas le chemin intérieur de cet homme extraordinaire et passionné de Dieu. Moins répandues mais tout aussi originales et importantes, sont ensuite les Retractationes, composées en deux livres autour de 427, dans lesquelles Saint Augustin, désormais âgé, accomplit une œuvre de « révision » (retractatio) de toute son œuvre écrite, laissant ainsi un document littéraire singulier et très précieux, mais aussi un enseignement de sincérité et d’humilité intellectuelle.

Le De civitate Dei – une œuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l’histoire – fut écrite entre 413 et 426 en vingt-deux livres. Elle a été écrite à l’occasion du sac de Rome perpétré par les Goths en 410. De nombreux païens encore vivants, mais même beaucoup de chrétiens avaient dit : Rome est tombée, maintenant le Dieu chrétien et les apôtres ne peuvent pas protéger la ville. Pendant la présence de la divinité païenne, Rome était caput mundi, la grande capitale, et personne ne pouvait penser qu’elle serait tombée entre les mains des ennemis. Maintenant, avec le Dieu chrétien, cette grande ville n’apparaissait plus sûre. Donc le Dieu des chrétiens ne protègeait pas, ne pouvait pas être le Dieu auquel se fier. À cette objection, qui touchait profondément aussi le cœur des chrétiens, répond Saint Augustin par cette œuvre grandiose, le De civitate Dei, en expliquant ce que nous devons attendre de Dieu et ce que nous ne pouvons pas, quelle est la relation entre le domaine politique et le domaine de la foi, de l’Église. Même aujourd’hui, ce livre est une source pour bien définir la véritable laïcité et la compétence de l’Église, la grande espérance véritable que nous donne la foi.

Ce grand livre est une présentation de l’histoire de l’humanité gouvernée par la Providence divine, mais actuellement divisée par deux amours. Et ceci est le dessein fondamental, son interprétation de l’histoire, qui est la lutte entre deux amours : Amour de soi «jusqu’à l’indifférence de Dieu», et l’Amour de Dieu «jusqu’à l’indifférence de soi», (De civitate Dei, XIV, 28), à la pleine liberté de soi pour les autres dans la lumière de Dieu. Celui-ci, donc, est peut-être le plus grand livre de Saint Augustin, d’une importance permanente. Le De Trinitate, œuvre en quinze livres sur le noyau principal de la foi chrétienne, la foi dans le Dieu trinitaire, écrit en deux temps, est aussi très important : entre 399 et 412, les premiers douze livres, publiés à l’insu d’Augustin, qui vers 420, les compléta et revit l’œuvre entière. Ici il réfléchit sur le visage de Dieu et cherche à comprendre ce mystère du Dieu qui est unique, l’unique créateur du monde, de nous tous, et toutefois, précisément cet unique Dieu est trinitaire, un cercle d’Amour. Il cherche à comprendre le mystère insondable : justement l’être trinitaire, en trois Personnes, est la plus réelle et plus profonde unité de l’unique Dieu. Le De doctrina Christiana est par contre une véritable introduction culturelle à l’interprétation de la Bible et en définitive au christianisme-même, qui a eu une importance décisive dans la formation de la culture occidentale.

Malgré toute son humilité, Augustin fut certainement conscient de sa dimension intellectuelle. Mais pour lui, porter le message chrétien aux gens simples était plus important que de faire des grandes œuvres théologiques. Son intention très profonde, qui a guidé toute sa vie, apparaît dans une lettre écrite au collègue Evodio, dans laquelle il communique sa décision de suspendre pour l’instant la dictée des livres de De Trinitate, «parce qu’ils sont trop difficiles et je pense que peu de personnes peuvent le comprendre ; pour cela, il est plus important de rédiger d’autres textes que nous espérons plus utiles à un grand nombre» (Epistulae, 169, 1, 1). Il était donc plus utile pour lui de communiquer la foi de manière compréhensible à tous, que de ne pas écrire de grandes œuvres théologiques. La responsabilité ressentie vis-à-vis de la divulgation du message chrétien est ensuite à l’origine d’écrits comme le De catechizandis rudibus, une théorie et aussi une pratique de la catéchèse, ou le Psalmus contra partem Donati. Les donatistes étaient le grand problème de l’Afrique de Saint Augustin, un schisme africain. Ils affirmaient : la véritable chrétienté est la chrétienté africaine. Ils s’opposaient à l’unité de l’Église. Le grand Évêque a lutté contre ce schisme toute sa vie, en cherchant de convaincre les donatistes que c’est seulement dans l’unité que l’africanité peut être vraie. Et pour se faire comprendre de ceux qui étaient simples, qui ne pouvaient pas comprendre le latin du rhéteur, il a dit : je dois écrire même avec des erreurs de grammaire, dans un latin très simplifié. Et il l’a fait surtout dans ce Psalmus, une sorte de poésie simple contre les donatistes, pour aider tous les gens à comprendre que seulement dans l’unité de l’Église se réalise réellement pour tous, notre relation avec Dieu et la paix grandit ainsi dans le monde.

Dans cette production destinée à un public plus large, le nombre des homélies, souvent prononcées en improvisant, transcrites par des tachygraphes pendant la prédication et vite mises en circulation, revêt une importance particulière. Parmi celles-ci, se détachent les très belles Enarrationes en Psalmos, beaucoup lues au moyen âge. La pratique de la publication des milliers d’homélies d’Augustin – souvent sans le contrôle de l’auteur – explique leur diffusion et leur dispersion, mais aussi leur vitalité. En effet, les sermons de l’évêque d’Hippone devenaient très vite, pour la renommée de leur auteur, des textes très recherchés et servaient aussi pour d’autres Évêques et prêtres comme modèles, adaptés toujours à des nouveaux contextes.

La tradition iconographique, déjà dans une fresque du Latran remontant au VIe siècle, représente Saint Augustin avec un livre en main, certainement pour exprimer sa production littéraire, qui influença beaucoup la mentalité et la pensée chrétienne, mais pour exprimer aussi son Amour pour les livres, pour la lecture et la connaissance de la grande culture antérieure. À sa mort, il ne laissa rien, raconte Possidius, mais «il recommandait toujours de conserver avec diligence pour les générations à venir, la bibliothèque de l’église avec tous les codex», surtout ceux de ses œuvres. Dans ces œuvres, souligne Possidius, Augustin est « toujours vivant » et procure un grand bonheur à ceux qui lisent ses écrits, même si, conclut-il, « je crois que ceux qui purent le voir et l’écouter quand il parlait en église personnellement, et surtout ceux qui faisaient partie de sa vie quotidienne ont pu davantage tirer profit de son contact » (Vita Augustini, 31). Oui, même pour nous, il aurait été beau de pouvoir l’entendre de son vivant. Mais il est réellement vivant dans ses écrits, est présent en nous et ainsi nous voyons aussi la vitalité permanente de la foi pour laquelle il a donné toute sa vie.

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Audience générale du mercredi 27 février 2008 :

Les trois étapes de la conversion de Saint Augustin
sont un modèle pour nos propres conversions :

Chers Frères et Sœurs,

Avec la rencontre d’aujourd’hui, je voudrais conclure la présentation de la figure de Saint Augustin. Après s’être arrêtés sur sa vie, sur ses œuvres et sur quelques aspects de sa pensée, aujourd’hui je voudrais revenir sur son histoire intérieure, qui en a fait un des plus grands convertis de l’histoire chrétienne. J’ai dédié tout particulièrement ma réflexion à son expérience pendant le pèlerinage que j’ai accompli à Pavie, l’année dernière, pour vénérer les dépouilles mortelles de ce Père de l’Église. De cette manière, j’ai voulu exprimer l’hommage de toute l’Église catholique, mais aussi lui montrer ma dévotion personnelle et toute ma reconnaissance vis-à-vis d’une figure à laquelle je me sens très lié pour le rôle qu’il a joué dans ma vie de théologien, de prêtre et de pasteur.

Aujourd’hui encore, il est possible de parcourir l’histoire de Saint Augustin grâce surtout aux Confessions, écrites en louange à Dieu et qui sont à l’origine d’une des formes littéraires les plus spécifiques de l’Occident, l’autobiographie, c’est-à-dire l’expression personnelle de la conscience de soi. Eh bien, celui qui s’approche de ce livre extraordinaire et fascinant, encore beaucoup lu aujourd’hui, s’aperçoit facilement que la conversion d’Augustin n’a pas été soudaine ni pleinement réalisée dès le début, mais peut être définie plutôt comme un véritable chemin, qui reste un modèle pour chacun de nous. Cet itinéraire trouva certainement son point culminant par la conversion et ensuite par le baptême, mais ne s’acheva pas dans cette veillée pascale de l’année 387, lorsque à Milan, le rhéteur africain fut baptisé par l’évêque Ambroise. En effet, le chemin de conversion d’Augustin continua humblement jusqu’à la fin de sa vie, au point qu’on peut vraiment dire que ses différentes étapes – on peut en distinguer facilement trois – sont une unique et grande conversion.

Saint Augustin a été un chercheur passionné de la vérité : il l’a été dès le début et ensuite pour toute sa vie. La première étape de son chemin de conversion s’est réalisée précisément dans l’approche progressive au christianisme. En réalité, il avait reçu de sa mère Monique, à laquelle il resta toujours très lié, une éducation chrétienne et, bien qu’il avait vécu pendant les années de sa jeunesse une vie assez dissipée, il ressentit toujours une profonde attirance pour le Christ, en ayant bu l’Amour pour le nom du Seigneur avec le lait maternel, comme il le souligne lui-même (cf. Confessions, III, 4,8) . Mais même sa philosophie, surtout celle inspirée par Platon, avait contribué à l’approcher encore plus du Christ en lui manifestant l’existence du Logos, la raison créatrice. Les livres des philosophes lui indiquaient qu’il y a la raison, de laquelle vient ensuite tout le monde, mais ils ne lui disaient pas comment atteindre ce Logos, qui semblait ainsi lointain. Seulement la lecture des lettres de Saint Paul, dans la foi de l’Église catholique, lui révéla pleinement la vérité. Cette expérience fut synthétisée par Augustin dans une des pages les plus célèbres des Confessions : il raconte que, dans le tourment de ses réflexions, alors qu’il s’était retiré dans un jardin, il entendit tout à coup une voix d’ enfant qui répétait une cantilène, jamais entendue auparavant : tolle, lege, tolle, lege, «prends, lis, prends, lis» (VIII, 12.29). Il se rappela alors de la conversion d’Antoine, père du monachisme, et et avec hâte il revint au codex paulinien qu’il avait peu avant entre ses mains, l’ouvrit et son regard tomba sur le passage de l’épître aux Romains où l’Apôtre exhorte à abandonner les œuvres de la chair et à se revêtir du Christ (Rom. XIII, 13-14). Il avait compris que ces paroles à cet instant lui était personnellement adressées, venaient de Dieu par l’Apôtre et lui indiquaient ce qu’il devait faire à cet instant. Ainsi il se sentit libéré des ténèbres du doute et se retrouva finalement libre de se donner entièrement au Christ : «Tu avais converti mon être à toi», commente-t-il (Confessions, VIII, 12.30). Voilà la première et décisive conversion.

Le rhéteur africain arriva à cette étape fondamentale de son long chemin grâce à sa passion pour l’homme et pour la vérité, passion qui le conduisit à chercher Dieu, grand et inaccessible. Sa foi dans le Christ lui fit comprendre que ce Dieu, apparemment si loin, en réalité ne l’était pas. En effet, Il s’était fait proche de nous, en devenant l’un d’entre nous. En ce sens, la foi dans le Christ porta à son accomplissement, la longue recherche d’Augustin sur le chemin de la vérité. Seulement un Dieu que l’on pouvait toucher, l’un de nous, était finalement un Dieu qu’on pouvait prier, pour lequel et avec lequel on pouvait vivre. Voilà un chemin à parcourir avec courage et en même temps avec humilité, dans l’ouverture à une purification permanente dont chacun de nous a toujours besoin. Mais avec cette veillée pascale de 387, comme nous l’avons dit, le chemin d’Augustin n’était pas terminé. Revenu en Afrique et après avoir fondé un petit monastère, il se retira avec quelques amis pour se consacrer à la vie contemplative et d’étude. C’était le rêve de sa vie. Maintenant, il était appelé à vivre totalement pour la vérité, avec la vérité, dans l’amitié du Christ qui est la vérité. Un beau rêve qui dura trois ans, jusqu’à lorsque il fut, malgré lui, consacré prêtre à Hippone et destiné à servir les fidèles, en continuant certes à vivre avec le Christ et pour le Christ, mais au service de tous. C’était très difficile, mais il comprit dès le début que c’est seulement en vivant pour les autres, et pas simplement pour sa contemplation privée, qu’il pouvait réellement vivre avec le Christ et pour le Christ. Ainsi, renonçant à une vie seulement de méditation, Augustin apprit, souvent avec difficulté, à mettre à la disposition des autres, le fruit de son intelligence. Il apprit à communiquer sa foi aux gens simples et vivre ainsi pour eux dans cette ville qui devint sa sienne, en réalisant sans se lasser, une activité généreuse et lourde qu’il décrit ainsi dans un de ses très beaux sermons : « Continuellement prêcher, discuter, reprendre, édifier, être à la disposition de tous – c’est une charge considérable, un grand poids, une fatigue immense » (Serm. 339, 4). Mais ce poids, il le prit sur lui, en comprenant que c’est précisément ainsi qu’il pouvait être plus proche du Christ. Comprendre qu’être au service des autres avec simplicité et humilité, était sa véritable et seconde conversion.

Mais il y a une dernière étape du chemin augustinien, une troisième conversion : celle qui le porta chaque jour de sa vie à demander pardon à Dieu. Au début, il avait pensé qu’une fois baptisé, dans la vie de communion avec le Christ, dans les Sacrements, dans la célébration de l’Eucharistie, il serait arrivé à la vie proposée par le Sermon sur la montagne : à la perfection offerte dans le baptême et reconfirmée dans l’Eucharistie. Dans la dernière partie de sa vie, il comprit que ce qu’il avait dit dans ses premières prédications sur le Sermon sur la montagne – c’est-à-dire que maintenant nous en tant que chrétiens, nous vivons cet idéal d’une façon permanente – il s’était trompé. Seul le Christ lui-même réalise vraiment et complètement le Sermon sur la montagne. Nous avons toujours besoin d’être lavés par le Christ, qui nous lave les pieds, et renouvelés en Lui. Nous avons besoin d’une conversion permanente. Jusqu’à la fin, nous avons besoin de cette humilité qui reconnaît que nous sommes des pécheurs en chemin, jusqu’au jour où le Seigneur nous donnera sa main définitivement et nous introduira dans la vie éternelle. Dans cette dernière attitude d’humilité, vécu jour après jour, Augustin est mort.

Cette attitude d’humilité profonde devant l’unique Seigneur Jésus, l’introduisit à l’expérience d’une humilité aussi intellectuelle. Augustin, en effet, qui est une des plus grandes figures dans l’histoire de la pensée, voulut depuis quelques années de sa vie soumettre à un examen lucide critique toutes ses très nombreuses œuvres. Ce furent ainsi l’origine des Retractationes (des «révisions»), qui de cette façon, insèrent sa pensée théologique, vraiment grande, dans la foi humble et sainte qu’il appelle simplement avec le nom de catholica, c’est-à-dire de l’Église. «J’ai compris – écrit-il justement dans ce livre très original (I, 19, 1-3) – qu’un seul est vraiment parfait et que les paroles du sermon de la montagne sont totalement réalisés en un seul : en Jésus Christ lui-même. Toute l’Église par contre – nous tous, y compris les apôtres – nous devons prier chaque jour : tu nous remets nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs».

Converti au Christ, qui est vérité et Amour, Augustin l’a suivi pour toute sa vie et est devenu un modèle pour chaque être humain, pour nous tous à la recherche de Dieu. Pour cela, j’ai voulu conclure mon pèlerinage à Pavie en remettant à l’Église et au monde, devant la tomba de ce grand amoureux de Dieu, ma première encyclique, intitulée « Deus caritas est« . Cette encyclique doit en effet beaucoup, surtout dans sa première partie, à la pensée de Saint Augustin. Même aujourd’hui, comme à son temps, l’humanité a besoin de connaître et surtout de vivre cette réalité fondamentale : Dieu est Amour et la rencontre avec Lui est la seule réponse aux inquiétudes du cœur humain. Un cœur qui est habité par l’espérance, peut-être encore obscur et involontaire auprès de nombreux de nos contemporains, mais qui pour les chrétiens nous ouvre déjà aujourd’hui à l’avenir, si bien que Saint Paul a écrit que «dans l’espérance nous avons été sauvés» (Rm. 8, 24). À l’espérance j’ai voulu consacrer ma seconde encyclique, « Spe salvi« , et elle aussi est largement débitrice aux confrontations avec Augustin et à sa rencontre avec Dieu.

Dans un très beau texte, Saint Augustin définit la prière comme l’expression du désir et affirme que Dieu répond en élargissant à Lui notre cœur. De notre part, nous devons purifier nos désirs et nos espérances pour accueillir la douceur de Dieu(cf. In Ioannis, 4, 6). C’est seulement, en nous ouvrant aussi aux autres, que nous pourrons être sauvé. Prions donc que dans notre vie, il nous soit chaque jour accordé de suivre l’exemple de ce grand converti, en rencontrant comme lui à tout instant de notre vie le Seigneur Jésus, l’unique qui nous sauve, qui nous purifie et nous donne la véritable joie, la véritable vie. Merci. 

armoiries de Benoît XVI

2008-9. Après un mois d’absence et de silence…

Mardi 26 février 2008,

fête de la Bienheureuse Isabelle de France.

Chers Amis du « Mesnil-Marie« ,

Voila exactement un mois que je n’ai rien publié sur mon blogue! Je vous avais annoncé que je partais pour « une dizaine de jours » (sic), mais ni Frère Maximilien-Marie ni moi n’imaginions alors que nous serions restés absents aussi longtemps de notre « Mesnil-Marie« .

Je sais que certains d’entre vous s’en sont étonnés et j’en profite d’ailleurs pour remercier tous ceux qui ont appelé sur le téléphone portable de Frère Maximilien-Marie pour prendre de nos nouvelles ou qui nous ont envoyé de petits textos amicaux. J’espère du fond du coeur que vous allez tous bien et que ce saint temps de Carême (déjà bien entamé puisque ce sera ce prochain jeudi la mi-carême!) est pour chacun d’entre vous un vrai temps de grâce et de croissance spirituelle…

Il y aurait, certes, beaucoup de choses à vous raconter au sujet de ces quatre semaines de déplacement, mais je suis dans l’impossibilité d’écrire très longuement ces jours-ci parce que je suis blessé à la patte avant gauche, ainsi que je vous l’expliquerai un peu plus loin.

Toutefois ce qu’il faut de retenir de plus important au sujet de notre absence, c’est que – profitant de l’hospitalité de plusieurs amis et des circonstances providentielles – Frère Maximilien-Marie s’est livré à une grande prospection pour essayer de trouver le lieu où nous pourrons dans quelques mois déménager et développer notre « Refuge Notre-Dame de Compasion« . Vous savez en effet que nous serons contraints de quitter la propriété du Vexin où nous sommes présentement établis par suite de l’annulation de la convention de mise à disposition avec promesse de don dont nous bénéficiions jusqu’ici…

Notre Frère a donc multiplié les démarches et les contacts, les visites et les prospections toutes ces dernières semaines, mais il n’y a malheureusement rien de concluant pour le moment. Je sais qu’il ne se décourage pas mais qu’il persévère dans la Foi et l’Espérance surnaturelles, malgré de nombreuses déceptions, malgré les contradictions et les incompréhensions et aussi avec beaucoup de fatigue et de soucis.

C’est pourquoi aussi je vous demande instamment de prier avec ferveur Saint Joseph afin qu’il assiste Frère Maximilien-Marie dans cette quête et qu’il nous aide à trouver la solution la plus appropriée… Peut-être, dans quelques jours, Frère Maximilien-Marie lui-même vous donnera-t-il de plus amples nouvelles, mais pour l’instant il doit travailler sur une conférence importante qu’il doit donner à la fin de la semaine.

Pour terminer, comme je vous l’ai promis plus haut, je vais vous expliquer ce qui m’est arrivé.

Malheureusement pour moi, j’ai été agressé sauvagement par un autre matou qui ne supportait pas de me voir me promener sur son territoire : il était plus âgé et plus fort que moi et j’ai finalement dû m’enfuir pour que la pénible expérience de l’automne dernier ne se renouvelle pas… Pour comble de malchance, dans cette course je me suis déchiré l’aisselle gauche sur un piquet rouillé caché dans des herbes folles (cela se passait de nuit). Même si j’ai essayé de rester très courageux et de ne pas montrer ma douleur à mon Papa, que je ne voulais pas inquiéter, il s’en est tout de même rendu compte et il a été effrayé : en effet ma peau était littéralement arrachée sur une surface circulaire de presque 3cm de diamètre! C’était samedi dernier et la soirée était déjà bien avancée, néanmoins Frère Maximilien-Marie a téléphoné à un vétérinaire qui lui a donné quelques conseils et dès le lendemain matin il fonçait dans une pharmacie pour me faire commencer un traitement avec des antibiotiques… Ensuite, lundi matin 25 février, je suis entré à la clinique vétérinaire et j’ai subi une anesthésie générale pendant laquelle le Docteur m’a recousu la blessure et fait cet énorme pansement que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. Je vais le garder pendant une quinzaine de jours au bout desquels le Docteur m’a promis que je gambaderai comme avant… Les souris n’auront alors qu’à bien se tenir parce que pour le moment, ce n’est pas très facile de leur courir après avec un tel bandage, mais je me rattraperai!!!

Pansement spectaculaire

Allez, je vous laisse pour aujourd’hui, mais j’espère avoir très bientôt de vos nouvelles à vous aussi.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully | le 26 février, 2008 |3 Commentaires »

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes, du 2 au 10 février 2008, pour préparer le 150ème anniversaire de sa première apparition.

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI accorde l’indulgence plénière pour l’année jubilaire marquant le 150ème anniversaire des apparitions de Lourdes. Un décret de la Pénitencerie apostolique, signé du Cardinal James Francis Stafford, Grand Pénitencier, et de Mgr.Gianfranco Girotti, OFM.Conv., Régent de la Pénitencerie apostolique, fixe les modalités selon lesquelles on peut obtenir cette indulgence.

Ainsi, outre les conditions habituelles (c’est-à-dire le repentir, la confession, la sainte communion et la prière aux intentions du Souverain Pontife), pour obtenir le don de l’indulgence plénière les fidèles devront :

A – A Lourdes même, à partir du 8 décembre 2007 et jusqu’au 8 décembre 2008 compris : accomplir dans un esprit de pèlerinage et selon un ordre préférentiel les visites suivantes : 1) aux fonts baptismaux de la paroisse de Lourdes où Bernadette fut baptisée, 2) à la maison Soubirous dite « le Cachot », 3) à la grotte de Massabielle, 4) à la chapelle de l’hospice où elle fit sa première communion. A chaque fois il est demandé de prendre un moment de recueillement et de méditation conclu par le Pater, la Profession de foi (Credo) , la prière jubilaire ou une autre prière mariale.

B – Dans tout l’univers catholique, à partir du 2 février 2008 et jusqu’au 11 février suivant, fête liturgique de Notre-Dame de Lourdes et 150 anniversaire de la première apparition, s’acquitter de la visite spirituelle de toute église, chapelle ou oratoire consacré à l’Immaculée : en y accomplissant quelque exercice de dévotion mariale devant son image ou en se recueillant et en méditant selon les mêmes conditions qui ont été précisées en A.

En cas de maladie ou d’empêchement légitime de quitter sa résidence, tout fidèle peut obtenir l’indulgence plénière chez lui après un acte de contrition et un engagement à accomplir dès que possible les conditions habituelles entre le 2 et le 11 février : visite spirituelle des lieux indiqués, récitation de prières et offrande de ses souffrances à Dieu par l’intercession de Marie.

Pour préparer la fête du 11 février par une neuvaine, nous vous proposons le texte suivant, qui sera précédé de la récitation du chapelet (ou au moins d’une dizaine) :

La grotte de Massabielle à l'époque des apparitions

Notre-Dame de Lourdes, qui avez voulu apparaître dans la grotte de Massabielle pour nous témoigner votre bonté maternelle, pour ramener les coeurs des hommes vers Celui de votre divin Fils, et pour nous rappeler la pratique de la prière et de la pénitence, en ces temps où, avec toute l’Eglise, nous célébrons dans la joie et la ferveur le 150ème anniversaire de vos apparitions, écoutez nos supplications, et exaucez-les si elles doivent, en se réalisant, procurer la gloire de votre divin Fils et le salut de nos âmes.

Notre-Dame de Lourdes, nous voici à vos pieds pour solliciter tout particulièrement la grâce de…………

Notre confiance en votre pouvoir est inébranlable, vous pouvez tout obtenir de votre divin Fils : Vous qui avez daigné descendre sur la terre pour nous apporter les grâces de ce même Fils, obtenez-nous la grâce de les mériter.

Notre-Dame de Lourdes, santé des infirmes, vous qui guérissez les corps afin de mieux guérir les âmes, soyez l’espoir de nos chers malades : que leur confiance en vous soit couronnée de succès. Vierge toute miséricordieuse, dont le nom seul évoque de merveilleuses guérisons, montrez-nous encore votre pouvoir. Intercédez pour nous et pour les êtres qui nous sont chers.
Notre-Dame de Lourdes, notre Mère Immaculée : les affligés, les malheureux, ceux qui souffrent, dans leur âme ou dans leur corps, se tournent vers vous avec confiance et ils espèrent vos bienfaits ! O puissante Reine, usez en leur faveur de la puissance que vous avez sur le Cœur de votre Fils : comme autrefois à Cana, commandez, et vous serez écoutée. Voyez notre pauvreté, nos nécessités et nos misères et laissez parler votre coeur, Mère pleine de tendre compassion! Puisez à pleine mains dans les trésors célestes et répandez-les sur ceux qui vous prient : si vous le voulez, aucun de ceux qui vous invoquent ne s’en ira sans avoir éprouvé l’effet de votre puissante intercession. 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous!
O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous!
Sainte Bernadette, priez pour nous!

* * * * * * *

Vous trouverez ici > www une autre neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame de Lourdes, spécialement à l’intention des malades.

Publié dans : De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 26 janvier, 2008 |1 Commentaire »

2008-8. Du martyre de Sa Majesté le Roy Louis XVI.

Discours de Sa Sainteté le Pape Pie VI

prononcé au Consistoire secret du 11 juin 1793.

Statue du Roy martyr à la Chapelle Expiatoire

Statue du Roi-martyr à la Chapelle Expiatoire (Paris)

« Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur sans bornes que Nous sommes obligés de manifester devant vous en vous retraçant le spectacle que l’on vit à Paris le 21 du mois de janvier dernier.

« Le Roi très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de la sentence. La Convention Nationale n’avait ni droit ni autorité pour la prononcer.

« En effet, après avoir aboli la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de chose par la vérité et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé, entraîné à tous les excès, ingrat, arrogant, cruel… La portion la plus féroce de ce peuple, peu satisfaite d’avoir dégradé la majesté de son Roi, et déterminée à lui arracher la vie, voulut qu’il fût jugé par ses propres accusateurs qui s’étaient déclarés hautement ses plus implacables ennemis. Déjà, dès l’ouverture du procès, on avait appelé, tour à tour, parmi les juges quelques députés plus particulièrement connus par leurs mauvaises dispositions, pour mieux s’assurer de faire prévaloir l’avis de la condamnation par la pluralité des opinions.

« On ne put cependant pas assez augmenter le nombre pour obtenir que le Roi fût immolé en vertu d’une majorité légale. A quoi ne devait-on pas s’attendre et quel jugement exécrable à tous les siècles ne pouvait-on pas pressentir en voyant le concours de tant de juges pervers, et de tant de manœuvres employées pour capter les suffrages.

« Toutefois, plusieurs d’entre eux ayant reculé d’horreur au moment de consommer un si grand forfait, on imagina de revenir aux opinions, et les conjurés ayant ainsi voté de nouveau, prononcèrent que la condamnation était légitimement décrétée. Nous passerons ici sous silence une foule d’autres injustices, de nullités et d’invalidités que l’on peut lire dans les plaidoyers des avocats et dans les papiers publics. Nous ne relevons pas non plus tout ce que le Roi fut contraint d’endurer avant d’être conduit au supplice : sa longue détention dans diverses prisons d’où il ne sortait jamais que pour être conduit à la barre de la Convention, l’assassinat de son confesseur, sa séparation de la Famille Royale qu’il aimait si tendrement ; enfin cet amas de tribulations rassemblé sur lui pour multiplier ses humiliations et ses souffrances. Il est impossible de ne pas en être pénétré d’horreur quand on n’a point abjuré tout sentiment d’humanité. L’indignation redouble encore de ce que le caractère de ce Prince était naturellement doux et bienfaisant ; que sa clémence, sa patience, son amour pour son peuple furent toujours inaltérables…

« Mais ce que Nous ne saurions pas surtout passer sous silence, c’est l’opinion universelle qu’il a donnée de sa vertu par son testament, écrit de sa main, émané du fond de son âme, imprimé et répandu dans toute l’Europe. Quelle haute idée on y conçoit de sa vertu ! Quel zèle pour la religion catholique ! Quel caractère d’une piété véritable envers Dieu ! Quelle douleur, quel repentir d’avoir apposé son nom malgré lui à des Décrets si contraires à la discipline et à la Foi orthodoxe de l’Église. Prêt à succomber sous le poids de tant d’adversités qui s’aggravaient de jour en jour sur sa tête, il pouvait dire comme Jacques Ier, Roi d’Angleterre, qu’on le calomniait dans les Assemblées du peuple, non pour avoir commis un crime, mais parce qu’il était Roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes…

« Et qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? Déjà depuis longtemps les calvinistes avaient commencé à conjurer en France la ruine de la religion catholique.

« Mais pour y parvenir, il fallut préparer les esprits et abreuver les peuples de ces principes impies que les novateurs n’ont ensuite cessé de répandre dans les livres qui ne respiraient que la perfidie et la sédition. C’est dans cette vue qu’ils se sont ligués avec des philosophes pervers. L’Assemblée Générale du Clergé de France de 1755 avait découvert et dénoncé les abominables complots de ces artisans d’impiété. Et Nous-mêmes aussi, dès le commencement de Notre Pontificat, prévoyant les exécrables manœuvres d’un parti si perfide, Nous annoncions le péril imminent qui menaçait l’Europe dans Notre Lettre Encyclique adressée à tous les Évêques de l’Église Catholique…

« Si l’on avait écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires.

« Ces hommes dépravés s’aperçurent bientôt qu’ils avançaient rapidement dans leurs projets ; ils reconnurent que le moment d’accomplir leurs desseins était enfin arrivé ; ils commencèrent à professer hautement, dans un livre imprimé en 1787, cette maxime d’Hugues Rosaire ou bien d’un autre auteur qui a pris ce nom, que c’était une action louable que d’assassiner un souverain qui refuserait d’embrasser la réforme ou de se charger de défendre les intérêts des Protestants en faveur de leur religion.

« Cette doctrine ayant été publiée peu de temps avant que Louis fût tombé dans le déplorable état auquel il a été réduit, tout le monde a pu voir clairement quelle était la première source de ses malheurs. Il doit donc passer pour constant qu’ils sont tous venus des mauvais livres qui paraissaient en France, et qu’il faut les regarder comme les fruits naturels de cet arbre empoisonné.

« Aussi a-t-on publié dans la vie imprimée de l’impie Voltaire, que le genre humain lui devait d’éternelles actions de grâces comme au premier auteur de la Révolution Française.

« C’est lui, dit-on, qui en excitant le peuple à sentir et à employer ses forces, a fait tomber la première barrière du despotisme : le pouvoir religieux et sacerdotal. Si l’on n’eût pas brisé ce joug, on n’aurait jamais brisé celui des tyrans. L’un et l’autre se tenaient si étroitement unis que le premier, une fois secoué, le second devait l’être bientôt après. En célébrant comme le triomphe de Voltaire la chute de l’Autel et du Trône, on exalte la renommée et la gloire de tous les écrivains impies comme autant de généraux d’une armée victorieuse. Après avoir ainsi entraîné, par toutes sortes d’artifices, une très grande portion du peuple dans leur parti pour mieux l’attirer encore par leurs œuvres et par leurs promesses, ou plutôt pour en faire leur jouet dans toutes les provinces de France, les factieux se sont servis du mot spécieux de liberté, ils en ont arboré les trophées et ils ont invité de tous côtés la multitude à se réunir sous ses drapeaux. C’est bien là, véritablement, cette liberté philosophique qui tend à corrompre les esprits, à dépraver les mœurs, à renverser toutes les lois et toutes les institutions reçues. Aussi fut-ce pour cette raison que l’Assemblée du Clergé de France témoigna tant d’horreur pour une pareille liberté, quand elle commençait à se glisser dans l’esprit du peuple par les maximes les plus fallacieuses. Ce fut encore pour les mêmes motifs que Nous avons cru, Nous-mêmes, devoir la dénoncer et la caractériser en ces termes :

« Les philosophes effrénés entreprennent de briser les liens qui unissent tous les hommes entre eux, qui les attachent aux Souverains et les contiennent dans le devoir. Ils disent et répètent jusqu’à satiété que l’homme naît libre et qu’il n’est soumis à l’autorité de personne. Ils représentent, en conséquence, la Société comme un amas d’idiots dont la stupidité se prosterne devant les prêtres et devant les rois qui les oppriment, de sorte que l’accord entre le Sacerdoce et l’Empire n’est autre chose qu’une barbare conjuration contre la liberté naturelle de l’homme. Ces avocats tant vantés du genre humain ont ajouté au mot fameux et trompeur de liberté cet autre nom d’égalité qui ne l’est pas moins. Comme si entre des hommes qui sont réunis en société et qui ont des dispositions intellectuelles si différentes, des goûts si opposés et une activité si déréglée, si dépendante de leur cupidité individuelle, il ne devait y avoir personne qui réunît la force et l’autorité nécessaires pour contraindre, réprimer, ramener au devoir ceux qui s’en écartent, afin que la Société, bouleversée par tant de passions diverses et désordonnées, ne soit précipitée dans l’anarchie et ne tombe pas en dissolution.

« … Après s’être établis, selon l’expression de Saint Hilaire de Poitiers, Réformateurs des Pouvoirs publics et arbitres de la religion, tandis que le principal objet est au contraire de propager partout un esprit de soumission et d’obéissance, ces novateurs ont entrepris de donner une constitution à l’Église elle-même par de nouveaux décrets inouïs jusqu’à ce jour.

« C’est de ce laboratoire qu’est sortie une constitution sacrilège que Nous avons réfutée dans Notre réponse du 10 mars 1791 à l’exposition des principes qui Nous avait été soumise par cent trente Évêques. On peut appliquer convenablement à ce sujet ces paroles de Saint Cyprien : « Comment se fait-il que les Chrétiens soient jugés par des hérétiques, les hommes sains par des malades … les juges par des coupables, les prêtres par des sacrilèges ? ».

« Que reste-t-il donc de plus que de soumettre l’Église au capitole ? Tous les Français qui se montraient encore fidèles dans les différents ordres de l’État et qui refusaient avec fermeté de se lier par un serment à cette nouvelle Constitution, étaient aussitôt accablés de revers et voués à la mort. On s’est hâté de les massacrer indistinctement ; on a fait subir les traitements les plus barbares à un grand nombre d’ecclésiastiques. On a égorgé des Évêques … ceux que l’on persécutait avec moins de rigueur se voyaient arrachés de leurs foyers et relégués dans des pays étrangers, sans aucune distinction d’âge, de sexe, de condition. On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ; et cependant la seule religion catholique était proscrite.

« Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. Ils ne pouvaient trouver aucune sûreté dans les États voisins où ils étaient venus chercher asile … Tel est le caractère constant des hérésies. Tel a toujours été, dès les premiers siècles de l’Église, l’esprit des hérétiques, spécialement développé de notre temps par les manœuvres tyranniques des calvinistes qui ont cherché avec persévérance à multiplier leurs prosélytes par toutes sortes de menaces et de violences. D’après cette suite ininterrompue d’impiétés qui ont pris leur origine en France, aux yeux de qui n’est-il pas démontré qu’il faut imputer à la haine de la religion les premières trames de ces complots qui troublent et ébranlent toute l’Europe ? Personne ne peut nier que la même cause n’ait amené la mort funeste de Louis XVI. On s’est efforcé, il est vrai, de charger ce Prince de plusieurs délits d’un ordre purement politique. Mais, le principal reproche qu’on ait élevé contre lui, portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et la lettre qu’il écrivit à l’Évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ?

« … Mais, d’après ce que nous avons entendu, on opposera ici, peut-être, comme un obstacle péremptoire au martyre de Louis, la sanction qu’il a donnée à la Constitution, que Nous avons déjà réfutée dans Notre susdite réponse aux Évêques de France. Plusieurs personnes nient le fait et affirment que lorsqu’on présenta cette Constitution à la signature du Roi, il hésita, recueilli dans ses pensées, et refusa son seing de peur que l’apposition de son nom ne produisit tous les effets d’une approbation formelle. L’un de ses ministres que l’on nomme, et en qui le Roi avait alors une grande confiance, lui représenta que sa signature ne prouverait autre chose que l’exacte conformité de la copie avec l’original, de manière que Nous, à qui cette Constitution allait être adressée, Nous ne pouvions sans aucun prétexte élever le moindre soupçon sur son authenticité.

« Il paraît que ce fut cette simple observation qui le détermina aussitôt à donner sa signature. C’est aussi ce qu’il insinue lui-même dans son testament quand il dit que son seing lui fut arraché contre son propre vœu.

« Et, en effet, il n’aurait pas été conséquent et se serait mis en contradiction avec lui-même, si, après avoir approuvé volontairement la Constitution du Clergé de France, il l’eût rejetée ensuite avec la plus inébranlable fermeté, comme il fit lorsqu’il refusa de sanctionner le Décret de déportation des Prêtres non assermentés, et lorsqu’il écrivit à l’Évêque de Clermont qu’il était déterminé à rétablir en France le culte catholique.

« Mais quoiqu’il en soit de ce fait, car Nous n’en prenons pas sur Nous la responsabilité, et quand même Nous avouerions que Louis, séduit par défaut de réflexion ou par erreur, approuva réellement la Constitution au moment où il souscrivit, serions-Nous obligés pour cela de changer de sentiment au sujet de son martyre ? Non, sans doute. Si Nous avions eu pareil dessein, Nous en serions détournés par sa rétractation subséquente aussi certaine que solennelle et par sa mort même qui fut votée en haine de la religion catholique ; de sorte qu’il paraît difficile que l’on puisse rien contester de la gloire de son martyre.

« … Appuyé sur cette raison, celle du Pape Benoît XIV, et voyant que la rétractation de Louis XVI, écrite de sa propre main et constatée encore par l’effusion d’un sang si pur, est certaine et incontestable, Nous ne croyons pas Nous éloigner du principe de Benoît XIV, non pas, il est vrai, en prononçant dans ce moment un Décret pareil à celui que Nous venons de citer, mais en persistant dans l’opinion que Nous Nous sommes formée du martyre de ce Prince, nonobstant toute approbation qu’il avait donnée à la Constitution Civile du Clergé quelle qu’elle eût été.

« Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !

« Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant, tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique.

« Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner !

« Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. Tu as voulu encore la signaler après sa mort sur ses tristes dépouilles ; car tu as ordonné que son cadavre fut transporté et inhumé sans aucun appareil d’une honorable sépulture.

« Ô jour de triomphe pour Louis XVI à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice !

« Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels.

« Saint Bernard nous apprend dans ses lettres au Pape Eugène, son disciple, ce qu’exige de Nous dans ces circonstances Notre ministère apostolique, lorsqu’il exhorte à multiplier ses soins afin que les incrédules se convertissent à la Foi, que ceux qui sont convertis ne s’égarent plus et que ceux qui sont égarés rentrent dans le droit chemin. Nous avons, Nous aussi, pour modèle la conduite de Clément VI, Notre prédécesseur, qui ne cessa de poursuivre la punition de l’assassinat d’André, Roi de Sicile, en infligeant les peines les plus fortes à ses meurtriers et à leurs complices, comme on peut le voir dans ses Lettres Apostoliques. Mais que pouvons-Nous tenter, que pouvons-Nous attendre, quand il s’agit d’un peuple qui, non seulement n’a eu aucun égard pour Nos monitions, mais qui s’est encore permis, envers Nous, les offenses, les usurpations, les outrages et les calomnies les plus révoltantes ; et qui est enfin parvenu à cet excès d’audace et de délire, de composer sous Notre Nom des lettres supposées et parfaitement assorties à toutes les nouvelles erreurs.

« Laissons-le donc s’endurcir dans sa dépravation puisqu’elle a pour lui tant d’attraits, et espérons que le sang innocent de Louis crie en quelque sorte et intercède pour que la France reconnaisse et déteste son obstination à accumuler sur elle tant de crimes, et qu’elle se souvienne des châtiments effroyables qu’un Dieu juste, Vengeur des forfaits, a souvent infligés à des Peuples qui avaient commis des attentats beaucoup moins énormes.

« Telles sont les réflexions que Nous avons jugées les plus propres à vous offrir quelques consolations dans un si horrible désastre.

« C’est pourquoi pour achever ce qui Nous reste à dire, Nous vous invitons au Service solennel que Nous célébrerons avec vous pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI, quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque Saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières… »

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Vous pouvez aussi lire le récit des dernières heures du Roy-martyr  : ici > www
et le texte de son testament, ici > www

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis | le 21 janvier, 2008 |1 Commentaire »
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