Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

Promenades contées « Sur les pas du Grand Chanéac » (été 2013)

Promenades contées

Dès 1791 et jusqu’en 1801, les Hautes Boutières et le Plateau Vivarois ont été le théâtre de véritables faits de chouannerie.
Jean-Pierre François Chanéac - dit « le Grand Chanéac » - a été l’une des figures emblématiques de ce mouvement et un chef chouan très populaire sur les paroisses de Saint-Andéol de Fourchades, Saint-Martial, Les Sagnes et Sainte-Eulalie (voir > www).

Pendant les mois de juin, juillet et août, l’association Refuge Notre-Dame de Compassion propose des promenades contées à ceux qui désirent mieux connaître ce personnage qui a marqué les mémoires et l’imaginaire local, et qui veulent approfondir le contexte de la grande révolution à la limite des Hautes Boutières et du Plateau Vivarois.

chouan10 grand Chanéac dans Vexilla Regis

promenades contées

Sur les pas du Grand Chanéac, 

le Chouan des Hautes Boutières,

sur des lieux où il a vécu, où il a combattu et où il est mort :

les samedis 8 juin, 6 juillet, 3 août et 31 août 2013

(et à la demande pour des groupes constitués)

coeurvendeen promenades contées

Modalités pratiques :

Durée : environ 4 heures.
Participation : 5 € / pers. Inscription préalable souhaitée.

Point de départ : aire de stationnement de la ferme de Bourlatier à 14h, aux dates indiquées ci dessus.
Prévoir : chaussures de marche (et éventuellement bâton de marche), couvre-chefs, gourdes, coupe-vent…

Renseignements et inscriptions : 04 75 65 49 20

Publié dans:Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis |on 1 mai, 2013 |1 Commentaire »

2013-41. Fête catholique et légitimiste le samedi 1er juin

Nous avons fêté avec une grande ferveur, hier 25 avril, le trente-neuvième anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné de tous les Capétiens et, selon les Lois Fondamentales du Royaume, héritier du trône de France.

C’est avec joie que, à l’occasion de cet anniversaire, nous relayons dans les pages de ce modeste blogue l’annonce de la 

Grande Fête Catholique et Légitimiste

du Lyonnais et de la Bourgogne
(et des provinces avoisinantes) 

organisée pour la troisième année consécutive par
les Cercles Légitimistes
et l’association PSB (Présence du Souvenir Bourbonien) de Lyon
réunis au sein de l’Union Légitimiste

le Samedi 1er juin 2013 à Attignat (Bourg-en-Bresse)

2013-41. Fête catholique et légitimiste le samedi 1er juin dans Annonces & Nouvelles prince-louis-et-princesse-marie-marguerite

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et son épouse, la Princesse Marie-Marguerite.

Voici le tract contenant toutes les indications pour la participation et les inscriptions à cette fête pour le succès de laquelle nous prions de tout notre coeur :

annonce-fete-legitimiste-1er-juin-2013 1er juin 2013 dans Vexilla Regis

Informations et renseignements complémentaires :
- guy.m.boyard@orange.fr  / tél. : 06 87 31 20 27
- psblyon@free.fr / tél. : 06 76 79 63 60

lys2 fête catholique et légitimiste

2013-40. « Benoît Labre, c’est la contre-révolution en personne ! »

16 avril, fête de Saint Benoît-Joseph Labre.

       Nous avons vu ce qu’avaient été les derniers jours et la mort de Saint Benoît-Joseph Labre (cf. > ici). Voici maintenant quelques éléments de réflexion et de méditation, mettant en évidence les leçons que sa vie et ses exemples donnent aux fidèles d’aujourd’hui.

   A la suite de la béatification du saint pèlerin et mendiant, célébrée à Rome le 20 mai 1860 par le Bienheureux Pie IX devant quelque 40000 fidèles, le diocèse d’Arras, Boulogne et Saint-Omer organisa un triduum solennel : le jour de la clôture de ces fêtes de béatification, le 18 juillet 1860, Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers et futur cardinal, prononça un splendide panégyrique qui occupe presque quarante pages à la fin du troisième volume de ses oeuvres complètes.

   Il ne nous est bien sûr pas possible de reproduire ici cette magnifique oeuvre oratoire dans sa totalité ; toutefois je ne peux résister à la tentation d’en copier quelques morceaux choisis, extraits de la seconde partie de ce panégyrique, parce que – plus d’un siècle et demi après l’époque où ils furent prononcés dans la chaire de la cathédrale d’Arras et peut-être plus encore qu’alors – ils restent d’une saisissante actualité, au point qu’on pourrait dire que ce sont des paroles véritablement prophétiques.
En les lisant, il vous sera aisé d’établir des liens avec les circonstances actuelles de l’Eglise, du monde et de la France…

2013-40. « Benoît Labre, c'est la contre-révolution en personne ! » dans Chronique de Lully cardinal-edouard-pie

S.Exc. Mgr. Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers

   « A ne considérer que toute une grande portion de l’humanité contemporaine, on pourrait dire, mes Frères, que le détrônement de la chose chrétienne est un fait accompli ; que la face du monde est changée, renouvelée ; que le christianisme a disparu sans retour, qu’il est vaincu, enterré, remplacé. Le christianisme, c’est l’édifice de la grâce s’élevant sur les ruines de la nature.
Or, le monde moderne, c’est la nature reprenant fastueusement ce qu’elle appelle ses droits, étalant hautement ses titres, dilatant sans réserve ses moyens d’action et de jouissance. Concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, orgueil de la vie : voilà la triple puissance que le christianisme entend briser. Or, le monde moderne a cassé ce triple anathème ; et, des trois choses renversées par le Christ, il a fait la triple colonne du temple de l’humanité émancipée, le trépied de la chaire où elle trône et d’où elle rend ses oracles. Prêtez l’oreille à ses enseignements, et vous reconnaîtrez qu’elle a ses dogmes, sa morale, son culte, ses sacrements, ses béatitudes, son ciel, son enfer, qui forment l’exacte contre-partie de tout le système chrétien.
Il est vrai, dans ce temple nouveau, tout n’est pas encore harmonie. Au sein de ce vaste naturalisme, il reste des dissensions, des guerres intestines. En face du sensualisme repu qui jouit et qui veut conserver, se dresse le sensualisme affamé qui conspire et qui veut partager. Au-dessus du sensualisme abaissé qui s’arrête et se complaît dans la jouissance animale, s’élève le sensualisme raisonné qui veut devenir une doctrine et prétend à la dignité de l’idée. Conservatorisme donc et communisme ou socialisme ; spiritualisme et matérialisme ; libéralisme et despotisme ; déisme même et athéisme : tout cela, comme on le voit, forme un concert assez discordant, et présente la religion moderne sous des noms et des aspects assez divers. Mais enfin toutes ces nuances savent se rapprocher et se fondre ; toutes ces lignes aboutissent dans un cadre commun, toutes ces diversités se relient dans un même symbole, se rencontrent dans un même programme, à savoir, la supplantation de l’élément révélé par l’élément humain, la substitution des droits de l’homme aux droits du Christ et de Son Eglise, le triomphe du naturalisme sur le christianisme.
Aussi trouve-t-on de toutes parts le même patois sur toutes les lèvres, la même fièvre dans toutes les âmes. Civilisation, progrès, conquêtes de l’humanité ; industrie, spéculation, agiotage ; émancipation de l’esprit ou de la chair, sécularisation de la loi et du pouvoir : que sais-je? complétez un peu cette énumération, et vous aurez tout le bagage de mots, d’idées et d’aspirations qui font un homme de ce temps, véritable antipode de tout ce qui constitue la doctrine, la morale et la discipline chrétienne.
Or, mes Frères, à cette génération qui ne connaît, ne sert et n’adore que la nature, voici que la Providence vient opposer un phénomène inattendu. C’est un homme qui foule aux pieds tous les dons, tous les droits, tous les avantages même les plus légitimes de la nature, et qui embrasse volontairement et par vertu le genre de vie le plus opposé à la nature ; c’est un homme qui, prenant les préceptes et les conseils de l’Evangile pour la règle unique de son esprit et de ses actions, abandonne sa famille, son patrimoine, traite son corps en ennemi, épouse la pauvreté, l’abjection, le mépris, et ne vit ici-bas que pour Dieu ; c’est un homme qui immole complètement le sens humain et la prudence de la chair pour n’obéir qu’à la sagesse surnaturelle ; un homme qui prise si haut la virginale intégrité de la foi, la pureté de l’orthodoxie, qu’il ne peut supporter la rencontre d’un hérétique, et qu’il n’hésite point à tripler la fatigue d’un voyage pour éviter de mettre le pied sur une terre protestante. Et cet homme, que notre siècle serait si enclin à ne pas regarder, à dédaigner, à insulter, voici que, bon gré mal gré, notre siècle est obligé à lui prêter son attention. Car enfin, Dieu S’est encore réservé des moyens de Se faire entendre ; Sa voix a des accents qui dominent toujours tous les bruits de la terre (…).
C’est un principe de la science que les contraires sont guéris par les contraires. Tout était contesté dans le code moral de Jésus-Christ : voici ce code observé dans sa dernière rigueur. L’Evangile était déclaré absurde, impossible : le voici pratiqué au pied de la lettre. Le remède est proportionné au mal, la résistance à l’attaque. Seigneur tout-puissant, cette fois encore vous aurez choisi ce qu’il y a de plus faible pour confondre ce qu’il y a de plus fort (1 Cor. I,27). Le naturalisme, comme un fleuve qui a brisé toutes ses digues, allait engloutir la terre. Un humble serviteur de Dieu s’est levé pour repousser le torrent dévastateur. Benoît Labre a planté sur le sol son bâton de pèlerin ; et le flot s’est arrêté, et le naturalisme a fait un pas en arrière. »

(Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers – Tome III – pp. 663-666) 

st-benoit-joseph 18 juillet 1860 dans De liturgia

Saint Benoît-Joseph pèlerin
(tableau de l’église d’Erin – Artois)

   « (…) Le saint français de la seconde moitié du XVIIIe siècle sera issu des rangs de cette petite bourgeoisie, de cette condition moyenne, qui allait opérer la plus grande révolution qu’ait jamais vue  le monde. Mais sa carrière aura été à l’inverse de toutes les idées, de toutes les aspirations, de tous les entraînements de sa caste. Laissez-moi le dire ainsi : Benoît Labre, c’est le révolutionnaire retourné, c’est la contre-révolution en personne, c’est l’homme du XVIIIe et du XIXe au rebours. Aussi, ne le cherchez point parmi les philosophes ou les encyclopédistes, point parmi les constituants ou les conventionnels, point parmi les présidents de district ni parmi les patriotes renommés. Non, à l’heure où s’ouvriront les états généraux qui préluderont au renversement de la monarchie, à l’heure où la plus ancienne dynastie du monde descendra les marches du trône et gravira celles de l’échafaud, Benoît-Joseph, par une mort prématurée et par les prodiges accomplis autour de sa tombe ou dus à son invocation, aura déjà commencé à monter les degrés de l’autel sur lequel il doit être publiquement honoré au siècle suivant. Et les siens, durant les jours de la tempête, protégés par son souvenir et par leurs traditions héréditaires, figureront au dehors parmi les émigrés et les confesseurs de la foi, au dedans parmi les suspects et les recéleurs de prêtres.»

(ibid. p. 668)

amettes-maison-natale-calvaire béatification dans Nos amis les Saints

Amettes : le grand calvaire érigé au sommet de la prairie devant la maison natale de Saint Benoît-Joseph

   « Benoît Labre, ai-je dit, est une grande leçon donnée à un monde qui n’est plus chrétien. Oui, car la nature, aux yeux du monde actuel, est quelque chose de saint et sacré. Notre siècle s’indigne à l’idée que nous soyons dans un état de dégradation et de péché où la vie de la nature doive être refrénée, doive être circonscrite, doive être immolée, pour faire place à la vie de la grâce ; il va jusqu’à considérer comme un outrage au Créateur, comme un attentat et une insulte à Sa sagesse, la répression des sens, la mortification de la chair, la circoncision de l’esprit et du coeur, le retranchement du bien-être et des douceurs de la vie ; la première condition qu’il entend faire à la religion, c’est qu’elle restera compatible avec le plein usage de ce qu’il nomme les droits de la nature. Or, notre siècle aura beau faire et beau dire, la parole de Jésus-Christ restera dans toute sa force : « Si votre main ou votre pied vous est un sujet de scandale et une occasion de péché, coupez-les et jetez-les loin de vous ; car il vaut mieux pour vous d’entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds et d’être précipité dans le feu éternel. Et si votre oeil droit vous tend des pièges, arrachez-le et jetez-le loin de vous : car il vaut mieux pour vous qu’un de vos membres périsse, que si tout votre corps était jeté dans l’enfer » (Matth. V, 28-30 & XVIII, 8-9).
Ainsi a fait notre Bienheureux. Il ne s’est pas littéralement mutilé : il savait que telle n’est pas la signification de la sentence évangélique. mais tout ce qui, dans la vie naturelle, aurait pu le souiller, le pervertir, l’énerver, l’amoindrir, il l’a résolument abandonné et sacrifié. Il a su acheter la vie future aux dépens de la vie présente. C’est ainsi, par exemple, qu’aux dangers de la séduction que ses charmes naturels pouvaient faire naître, il n’hésita point à opposer ces dehors qui vous révoltent (…). Et, en pourvoyant ainsi à son propre salut, il a sciemment réagi contre une société sybarite, il a expié et réparé le sensualisme qui débordait dès lors dans le monde et jusque dans l’Eglise. Car, malgré son humilité, Benoît Labre a eu la conscience de son rôle ; il a compris qu’il était une victime, un contrepoids, et qu’il serait une leçon. C’est ce sentiment qui faisait sa force, comme il constitue sa vraie grandeur (…).

   L’exemple de Benoît-Joseph est donc grandement opportun pour un monde qui avait cessé d’être chrétien. J’ai dit aussi, et je finis par là, qu’il vient à propos pour un monde qui ne l’est plus assez.
Beaucoup d’hommes de ce temps, mes Frères, non-seulement ne connaissent et ne pratiquent plus qu’un christianisme très imparfait, mais s’érigent en oracles et en docteurs pour canoniser ce christianisme appauvri.
A les en croire, l’Eglise chrétienne n’est plus et ne peut plus être qu’un grand institut mitigé, où la première intégrité de la règle ne saurait jamais renaître ; où les esprits les plus sages et les plus pratiques seront désormais les plus condescendants, ceux qui sauront faire la part du temps, et sacrifier quelque chose de l’antique dépôt dans le but de sauver le reste. Dans ce christianisme attempéré, les anciennes et larges thèses de la foi se laissent modestement mesurer les ailes au compas de la philosophie ; l’antique folie de la Croix se dissout, s’évapore, et, pour ainsi parler, se volatilise dans je ne sais quel creuset. Le droit public des âges chrétiens s’efface avec respect devant les grands principes, les principes réputés immortels de l’ère moderne ; et, quand il ne désavoue pas son origine et son passé, il confesse du moins la légitimité de sa défaite et proclame la supériorité de son vainqueur. La morale évangélique elle-même se prête à des complaisances, à des accomodements ; elle se laisse tirer, allonger en divers sens, à la façon de ces trames élastiques si usitées dans l’industrie actuelle. Enfin la discipline est sommée de retirer peu à peu toutes ses prescriptions gênantes pour la nature ; et volontiers on laisse entrevoir un progrès de la loi d’amour et de liberté dans l’abaissement de la loi d’expiation et de pénitence. Que sais-je, mes Frères? il y a ainsi toute une synthèse de théologie rajeunie, tout un évangile de nouvelle fabrique. Jugez si ces théories sont accueillies, si l’amolissement intellectuel et moral des âmes s’accomode de cette atténuation des doctrines et des pratiques, si la tendance naturaliste et semi-pélagienne de notre temps déguste et savoure avec plaisir ce christianisme édulcoré (…).

   Mes Frères, ce que Jésus-Christ a fait par Lui-même, ce qu’Il a fait par Sa doctrine et par Sa vie, Il continue de le faire dans Son Eglise par la doctrine et par la vie de Ses saints. Un saint, à lui tout seul, fait reculer toute la génération contemporaine, il a raison contre tous, et il reste maître du terrain (…). Oui, un saint replace une vérité dans tout son jour, il la remet en crédit, il la venge, il la ressuscite, il la popularise.
Théophantes de je ne sais quelle nouvelle ère chrétienne, faites de la théologie de transaction et d’accommodement ; montrez-nous votre Eglise réformée ou transformée ; tracez-nous le programme d’un nouveau régime religieux ; acclamez comme une forme perfectionnée du progrès chrétien les axiomes et les principes que Rome repousse ; donnez des armes à ses adversaires et aux vôtres en caressant des utopies tout à fait analogues à celles dont ils poursuivent l’application ; mettez-vous en quête d’un second Charlemagne dont la gloire sera d’avoir assujetti l’Eglise aux exigences de l’idée moderne, comme ce fut la gloire du premier d’avoir organisé la société laïque en conformité avec l’idée chrétienne, alors toute puissante ; jetez vos sarcasmes ingénieux aux défenseurs d’une orthodoxie arriérée ; enfin, lancez-vous dans mille témérités de mots, d’idées et de systèmes. La Providence, qui vous voit faire et qui vous entend dire, nous envoie au même instant un chrétien de la plus dure trempe et du plus rude calibre ; un chrétien de la vieille espèce, qui immole toute la sagesse humaine devant la folie de la Croix, qui bâtit le règne de la grâce sur les débris de la nature, qui soumet son intelligence sans réserve à l’autorité de la foi et de l’Eglise, qui dit solennellement anathème à l’esprit du monde, à ses pompes et à ses oeuvres. Et tandis que cet homme fait ainsi revivre dans sa personne toute la première austérité de la croyance, toute la première vigueur de la pratique chrétienne, le Ciel vient mettre sur sa tête la sanction du miracle, l’Eglise vient y mettre la sanction de son culte.
Tous vos raisonnements, toutes vos susceptibilités, tous vos ménagements et vos compromis viendront échouer là (…).
Tant pis pour les programmes de conciliation, pour les théories d’économie religieuse et sociale dont le cadre ne comporterait pas une existence comme celle de notre Bienheureux. C’est par des coups de cette portée que Dieu sauve intégralement dans le monde Son esprit, Sa vérité, Sa loi ; c’est ainsi qu’Il fait acte conservatoire, qu’Il empêche et arrête la prescription. Force reste à l’Evangile et à la Croix de Jésus-Christ (…)».

(Ibid. pp. 675-680)

portrait-via-dei-serpenti contre-révolution dans Vexilla Regis

Portrait de Saint Benoît-Joseph au-dessus de l’autel de la chapelle aménagée dans la chambre où il mourut dans la maison du boucher Zaccarelli (via dei Serpenti)

   « Benoît Labre est un saint, il a été un héros, il a été presque un martyr, il est un thaumaturge. Mais, dans le plan d’En-Haut, il est en outre un docteur. Il l’est à notre profit à tous.
Est-ce que, même chez les âmes chrétiennes, même dans les ministres du sanctuaire, l’estime de la pénitence, la pratique de la pénitence, l’esprit de la pénitence n’aurait pas faibli dans ces derniers temps?
Est-ce que les privations, les veilles, les jeûnes volontaires ne seraient pas sortis des habitudes de ceux-là même qui veulent servir Dieu et sauver leur âme?
Est-ce que l’efficacité même des sacrements ne serait pas souvent compromise par l’absence de la vertu de pénitence?
Est-ce que l’enfer ne se peuplerait pas de nos immortifications?
Notre Bienheureux n’a-t-il pas dit que le manque de contrition et de satisfaction y fait descendre à toute heure les âmes par milliers, comme tombent les flocons de neige dans un jour d’hiver?
Merci, ô Bienheureux Benoît, merci de vos instructions, merci de vos exemples qui resteront pour nous des leçons (…).

   Merci pour nous donc. Merci aussi pour l’Eglise. O Sainte Eglise de Dieu, on avait dit que vous étiez trop affaiblie pour produire des chrétiens comme ceux d’autrefois, pour refaire des ascètes comme ceux du désert, on vous croyait réduite à ne plus donner que des avortons. Vous voici revenue à votre première puissance, vous n’avez rien perdu de votre énergique fécondité, vous savez encore enfanter des pénitents dignes de vos plus belles années.
O Seigneur Jésus, dans ce visage amaigri de notre Benoît-Joseph, dans ces joues hâves et creuses, sur ce front couvert de rides prématurées, ce que j’aime et ce que je vénère avec transport, c’est le visage de Votre Eglise, qui ne vieillit point, elle, qui n’a ni taches ni rides, et qui sait retrouver jusqu’à la fin d’admirables retours de jeunesse et de virilité (…). » 

(Ibid. pp. 680-681)

cesare-tiazzi-buste-de-benoit-joseph-labre-realise-en-1784 Monseigneur Pie

Cesare Tiazzi : buste de Benoît-Joseph Labre réalisé en 1784 (année qui suivit sa mort)
d’après les descriptions de ceux qui l’avaient connu à la fin de sa vie.

2013-34. Le dernier Jeudi Saint de la Monarchie Très Chrétienne.

2013-34. Le dernier Jeudi Saint de la Monarchie Très Chrétienne. dans Chronique de Lully ami-de-la-religion-et-du-roi-1830

       J’ai sous les yeux les pages 259 et 260 du soixante-troisième volume (année 1830) du journal ecclésiastique intitulé « L’Ami de la Religion et du Roi » où l’on trouve, à la rubrique « nouvelles ecclésiastiques », le compte-rendu de la dernière Semaine Sainte de la Monarchie Très Chrétienne : moins de quatre mois plus tard en effet, le trône de Charles X – dernier de nos Rois à avoir reçu les saintes onctions du Sacre – serait, hélas! renversé.

   Je ne résiste pas à la tentation de vous en livrer ci-dessous les extraits, qui montrent de quelle manière les Rois Très Chrétiens accomplissaient leurs devoirs religieux, et en particulier comment ils accomplissaient eux-mêmes le Jeudi Saint le rite para-liturgique du lavement des pieds, appelé aussi « Mandatum ».
En effet, le Roi de France était, du fait de son Sacre, établi dans une catégorie à part où il était équiparé à un évêque pour certaines fonctions : « l’évêque du dehors », selon l’expression consacrée.

   On notera aussi que le souci des pauvres et l’attention à leurs besoins ne sont pas une préoccupation récente de la Sainte Eglise et de ses fidèles ; et on remarquera en même temps que la pratique de la charité et de l’aumône ne requièrent pas non plus cette espèce de dépouillement ostentatoire tels que certains le pratiquent aujourd’hui et qui constitue finalement davantage une insulte pour les pauvres qu’il ne les honore…

nouvelles-ecclesiastiques-semaine-sainte-1830-1 1830 dans De liturgia

nouvelles-ecclesiastiques-semaine-sainte-1830-2 Charles X dans Memento

Nota bene – Précisions au sujet du Jeudi Saint des Rois de France :

   En raison de quelques questions qui m’ont été posées, je me dois d’apporter ici quelques précisions en complément parce que, de nos jours, beaucoup sont dans l’ignorance de ce que sous-entendent les textes que j’ai publiés :

   1) Le « Mandatum » (c’est-à-dire la cérémonie du lavement des pieds) était un rite traditionnel auquel se sont soumis pratiquement tous les Rois de France (sauf par exemple Louis XVIII qui ne possédait pas les conditions physiques pour l’accomplir mais sous son règne la cérémonie avait cependant bien lieu et c’était son frère, futur Charles X, qui lavait les pieds des pauvres au nom du Roi : on en trouve le compte-rendu dans d’autres numéros de l’ « Ami de la Religion et du Roi » que j’ai pu lire).
Pour une plus ample connaissance sur la pratique de nos Rois, voir l’article publié > ici.

   2) D’un point de vue liturgique, le « Mandatum » n’a été intégré dans la Messe du Jeudi Saint qu’avec la réforme des rites de la Semaine Sainte promulguée par Pie XII en 1955. Jusqu’alors il constituait un rite liturgique à part, accompli en dehors de la Messe, par les évêques, par les curés de paroisses, par les supérieurs de communautés religieuses… etc., dans la journée du Jeudi Saint.

   3) Dans l’article sus-cité, nous voyons Sa Majesté le Roi Charles X, le Dauphin (futur Louis XIX) et les deux princesses (c’est-à-dire Madame la Dauphine – Marie-Thérèse, fille de Louis XVI – , et Madame la Duchesse de Berry) aller « faire leurs Pâques » à Saint-Germain l’Auxerrois : ceci appelle deux explications. Tout d’abord, il est bon de rappeler que la famille royale assistait quotidiennement à la Sainte Messe dans la chapelle du château des Tuileries ; mais, d’autre part, selon les règles canoniques alors en vigueur, chacun était tenu d’accomplir le précepte de la Communion Pascale dans sa paroisse.
Le palais des Tuileries se trouvant sur le territoire de la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, c’est la raison pour laquelle la famille royale devait se rendre dans cette église pour satisfaire au devoir pascal, et ne pas se contenter d’assister aux offices de la Semaine Sainte dans la chapelle du château. En même temps le Souverain et ses proches donnaient par là un bel exemple d’observation des commandements de l’Eglise.

   4) L’article que j’ai publié mentionne aussi qu’après la Sainte Messe au cours de laquelle elle a communié, la famille royale a assisté à une seconde Messe, dite Messe d’action de grâces.
Il faut bien comprendre que la communion fréquente n’est qu’une pratique extrêmement récente : jusqu’aux permissions données par Saint Pie X, les fidèles et les religieux eux-mêmes, ne pouvaient pas communier tous les jours, même s’ils assistaient quotidiennement à la Sainte Messe. Les jours où la Sainte Communion était permise, on avait coutume d’assister – aussitôt après la Messe au cours de laquelle on avait communié – à une autre Messe, la Messe d’action de grâces,  qui – comme son nom l’indique – était offerte à Dieu en remerciement du bienfait incommensurable du sacrement que l’on venait de recevoir. Cette manière de faire peut paraître curieuse à beaucoup de nos contemporains, mais du moins avait-elle le grand mérite de ne pas banaliser la Sainte Communion – comme c’est trop souvent le cas de nos jours – et d’en mettre en valeur toute l’extraordinaire grandeur.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

saint-louis-lavant-les-pieds-des-pauvres Jeudi Saint dans Vexilla Regis

Saint Louis lavant les pieds des pauvres (manuscrit du XVe siècle)

2013-32. Passion, Résurrection et triomphe final de Jésus-Christ en Son Eglise.

par Monseigneur Louis-Gaston de Ségur.

2013-32. Passion, Résurrection et triomphe final de Jésus-Christ en Son Eglise. dans Chronique de Lully mgr-de-segur

Monseigneur Louis-Gaston de Ségur (1820-1881)

        Louis-Gaston de Ségur, descendant d’une très ancienne famille de la noblesse française et fils de la célèbre comtesse – née Sophie Rostopchine – , est né à Paris le 15 avril 1820.
Après des études de droit et une courte carrière diplomatique, passé d’une relative indifférence religieuse à une vie de fervente dévotion, il entre au séminaire de Saint-Sulpice : il est ordonné prêtre par S. Exc. Monseigneur Affre, le 17 décembre 1847.
Avec quelques prêtres qui sont, comme lui, épris de pauvreté et dévorés de zèle pour le salut des plus humbles et des délaissés, il exerce d’abord son apostolat envers ce que l’on appelle aujourd’hui « les milieux défavorisés ». Il s’y épuise et tombe malade.
Lorsqu’il est rétabli, le « prince-président », Louis-Napoléon Bonaparte, le nomme auditeur de Rote pour la France ; en cette qualité, il séjourne à Rome à partir de 1852.
Le Bienheureux Pie IX l’apprécie grandement.

   En 1854, âgé de 34 ans, il perd définitivement la vue. Cela le décide, en 1856, à renoncer à son poste et à rentrer en France. Le Bienheureux Pie IX lui confère la dignité de protonotaire apostolique. 
Désormais, et jusqu’à la fin de sa vie, depuis son appartement du n° 39 de la rue du Bac, il exerce un apostolat très actif consacré à la sanctification du clergé (il fonde l’Oeuvre de Saint François de Sales), à l’évangélisation des milieux les plus pauvres, à l’assistance charitable, et à cette suprême charité qu’est la direction spirituelle.
Il compose et dicte de nombreux ouvrages qui font un bien immense (opuscules, instructions, traités de spiritualité, d’apologétique, de doctrine, qui avec autant de fermeté que d’onction corrigent et combattent les erreurs modernes…).
« (…) Ce qui me frappe et ce qui saisit toutes les âmes de bonne foi, c’est l’enchaînement et la puissance de votre argumentation, la sûreté de votre doctrine, l’évidence de vos démonstrations », lui écrit le Comte de Chambord en 1871, ajoutant au sujet de sa publication sur la Souveraineté Royale : « Je voudrais, dans l’intérêt de la vérité de notre chère et malheureuse France, que ce livre fût dans toutes les mains »
Monseigneur de Ségur combat autant qu’il le peut l’esprit de la révolution et la maçonnerie.

   Il rend sa belle âme à Dieu, le 9 juin 1881, âgé de soixante et un ans et deux mois, dans son appartement de la rue du Bac.

   En ces jours de la Passion et de la Pâque de Notre-Seigneur, il nous a paru opportun de reproduire ci-dessous le texte, en quelque sorte prophétique, dans lequel ce saint prélat réunissant et résumant les prophéties de la Sainte Ecriture sur la fin des temps, a établi une sorte de parallèle entre la Passion de Notre-Seigneur et les épreuves finales de la Sainte Eglise.

Biographie plus détaillée de Mgr de Ségur > ici

antonio-ciseri-ecce-homo-1891 Antéchrist dans Lectures & relectures

Ecce Homo – Antonio Ciseri 1891.

* * *

De la Passion, de la Résurrection
et du triomphe final de Jésus-Christ en Son Eglise

   Jésus-Christ et l’Église forment un tout indivisible. Le sort de l’un, c’est le sort de l’autre ; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en Jésus-Christ durant Sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en Son Église durant sa vie militante d’ici-bas.
Jésus-Christ a eu Sa Passion et Son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final.
Jésus-Christ est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur Jésus-Christ, entrouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec Sa sainte Mère et tous Ses Anges.
Enfin, Jésus-Christ, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec Jésus, pour jouir avec Lui, dans le sein de Dieu, de la béatitude éternelle.
Nous ne connaissons d’une manière certaine « ni le jour ni l’heure » (Matth. XXV, 13) où se passeront ces grandes choses.

   Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de Dieu, c’est que « la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples » (Ibid. XXIV, 14).
Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (2 Thess. II, 3), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Cornelius a Lapide).
Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera « l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités » (Matth. XXIV, 12).

   Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, Il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Matth. XXIV, 10-11) ; puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats ; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid. 6-7) ; qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid. 7). « Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs » (Ibid. 8).

   Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église ; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’œuvre de Dieu. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc. XII, 9-12), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’à la fin sous les influences malfaisantes des mauvais esprits.
Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue ; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en Son corps très-sacré, à partir de la trahison de Judas.

   Dans l’Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections ; devant l’astuce des persécuteurs et l’horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des évêques ; « les étoiles des cieux tomberont », dit l’Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Matth. XXIV, 5-9).

   Alors celui que Saint Paul appelle « l’homme du péché et le fils de perdition » (2 Thess. II, 3), l’Antéchrist, commencera son règne satanique et dominera tout l’univers.

   Il sera investi de la puissance et de la malice de Satan (Apoc. XIII, 2). Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de Dieu ; il se fera adorer comme Dieu, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (2 Thess. II, 4).
L’Antéchrist sera une sorte de César universel, qui étendra son empire sur tous les rois, sur tous les peuples de la terre ; ce sera une infâme parodie du royaume universel de Jésus-Christ.
Satan lui suscitera un grand-prêtre, parodie sacrilège du Pape ; et ce grand-prêtre fera prêcher et adorer l’Antéchrist par toute la terre. Par la vertu de Satan, il fera de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel en présence des hommes ; et, au moyen de ces prestiges, il séduira l’univers. Il fera adorer, sous peine de mort, l’image de l’Antéchrist ; et cette image paraîtra vivre et parler ; également sous peine de mort, il commandera que tous, sans exception, portent au front ou sur la main droite le signe de la bête, c’est-à-dire le caractère de l’Antéchrist. Quiconque ne portera point ce signe, ne pourra ni vendre ni acheter quoique ce soit (Apoc. XIII, 11-17). Autour des images de l’Antéchrist, les prestiges de Satan seront tels, que presque tout le monde les prendra pour de vrais miracles ; et les élus eux-mêmes auraient pu être séduits à la longue ; mais, à cause d’eux, le Seigneur abrégera ces jours (Matth. XXIV, 22-24).
« L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint » (Ibid. 15) pendant « trois ans et demi, pendant quarante-deux mois » (Apoc. XIII, 5), correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de Jésus, le Vendredi-Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil.

   Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.
Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre ; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid. 7, 8, 4).
Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de Néron n’ont été qu’un pâle symbole? L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur.

   Mais en ces temps-là, comme nous l’apprennent et l’Écriture et la Tradition, s’élèveront contre l’Antéchrist « les deux grands témoins » (Ibid. XI, 3) de Jésus-Christ, réservés pour ces derniers jours, à savoir le Patriarche Hénoch et le Prophète Élie, qui ne sont pas morts, comme l’enseigne expressément l’Écriture.
Ils viendront prêcher les voies du Seigneur. Ils prêcheront Jésus-Christ et le règne de Dieu pendant douze cent soixante jours, c’est-à-dire pendant la durée presque entière du règne de l’Antéchrist. La vertu de Dieu les protégera et les gardera. Ils auront le pouvoir de fermer le ciel et d’arrêter la pluie pendant tout le temps de leur mission. Ils auront le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de plaies (Ibid. 3-6). Ils feront des miracles sans nombres, semblables à ceux de Moïse et d’Aaron, lorsque ceux-ci combattirent en Égypte l’impie Pharaon et préparèrent la délivrance du peuple de Dieu. Comme Moïse et Aaron, les deux témoins de Jésus-Christ ébranleront l’empire et le prestige du Maudit.
Celui-ci néanmoins parviendra à s’emparer d’eux, et ils subiront le martyre, « là où leur Seigneur a été crucifié » (Apoc. XI, 8), c’est-à-dire à Jérusalem ; ou bien peut-être à Rome, où le dernier Pape aura été crucifié par l’Antéchrist, suivant une tradition immémoriale.
Après trois jours et demi, les deux grands précurseurs du Roi de gloire ressusciteront à la face de tout le peuple ; et ils monteront au ciel, sur une nuée, pendant qu’un terrible tremblement de terre jettera partout l’épouvante (Ibid. 11-13).
Pour relever sa puissance, l’Antéchrist, singeant la triomphale ascension du Fils de Dieu et des deux grands Prophètes, tentera, lui aussi, de monter au ciel, en présence de l’élite de ses adeptes.
Et c’est alors que Notre-Seigneur Jésus-Christ, « semblable à la foudre qui de l’orient à l’occident déchire le ciel, apparaîtra tout à coup sur les nuées, dans toute la majesté de Sa puissance » (Matth. XXIV, 27-30), frappant de Son souffle et l’Antéchrist (2 Thess. II, 8) et Satan et les pécheurs. Tout ceci est prédit en termes formels (1 Thess. IV, 15).

   Comme nous l’avons dit, l’Archange Michel, le Prince de la milice céleste, fera retentir toute la terre du cri de triomphe qui ressuscitera tous les élus (Matth. XXIV, 31). Ce sera le « Consummatum est » de l’Église militante, entrant pour toujours dans la joie du Seigneur.
Cette « voix de l’Archange » sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, Jésus-Christ doit venir juger le monde par le feu (Rituel Romain). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera « une nouvelle terre et des nouveaux cieux » (Ps. CIII, 30 & Apoc. XXI, 1). Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous.

   Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante ; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, telle sera la Passion de l’Église ; telle sera sa résurrection suivie de son triomphe.
Corps mystique du Fils de Dieu, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais.

Texte composé d’extraits de l’opscule « Je Crois »,
tiré des « Œuvres de Mgr de Ségur », 10e tome, page 69
(Paris, Librairie Saint-Joseph, TOLRA, Libraire-éditeur, 112, rue de Rennes, 1887)

tiarepie9 eschatologie dans Nos amis les Saints

2013-27. L’expression « fille aînée de l’Eglise » est-elle due à la France?

2013-27. L'expression

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Il y a un certain nombre de choses qui sont répétées de manière indéfinie comme des certitudes intangibles. Si vous avez un jour l’audace – au nom de la simple vérité historique – de dire qu’elles ne sont pas exactes, vous allez passer, dans le meilleur des cas, pour un original qu’on regardera avec une certaine condescendance, sinon pour une espèce d’iconoclaste, voire pour un hérétique, un dangereux révolutionnaire ou un traître infiltré par quelque secte satanique dans les rangs des « bien-pensants »… (j’espère que vous êtes sensibles aux nuances de la gradation!).

- Une question :

   Voilà déjà plusieurs années que j’ai cherché à connaître l’origine de l’expression « fille aînée de l’Eglise » attribuée à la France. Expression dont de nombreux catholiques français s’enorgueillissent et dont, à l’occasion, ils font une espèce de slogan pour s’opposer à la déchristianisation et aux lois impies.
Leur conviction sur ce point est quasi dogmatique, s’appuyant en particulier sur les fameuses dernières phrases de l’homélie prononcée par feu le Pape Jean-Paul II lors de la Messe célébrée le dimanche 1er juin 1980 au Bourget :
« Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger : France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? Permettez-moi de vous demander : France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la Sagesse éternelle?… » (cf. > ici).

   D’aucuns d’ailleurs se sont étonnés ou attristés que lors de ses autres voyages en France, et spécialement au mois de septembre 1996 à l’occasion des célébrations du seizième centenaire de la mort de Saint Martin, à Tours, puis du quinzième centenaire du Baptême de Clovis, à Reims, le pape Wojtyla n’ait pas réutilisé l’expression « fille aînée de l’Eglise » qui eût pu alors sembler si adaptée…

- Un sondage et ses résultats :

   Au mois de janvier 2013, j’ai lancé auprès des lecteurs de ce blogue un petit sondage (mais la fonction « sondages » proposée par le site qui héberge ce blogue n’est pas très au point), que j’avais également proposé sur Facebook.
Il était ainsi  formulé :

sondage-fille-ainee-de-leglise fausses opinions dans Commentaires d'actualité & humeurs

   Ainsi que je m’y attendais, j’ai vu la première proposition arriver en tête : environ soixante pour cent de ceux qui ont répondu sont convaincus que l’expression « fille aînée de l’Eglise » a été appliquée à la France depuis la conversion du peuple Franc et le baptême du Roi Clovis 1er le Grand.

   Sur Facebook, comme le prouve la saisie d’écran reproduite ci-dessus, environ quinze pour cent de ceux qui ont répondu se sont prononcés en faveur de la deuxième proposition, faisant remonter l’attribution de ce titre à l’époque du Pape Etienne II et du Roi Pépin 1er dit le Bref ; tandis que quelque vingt-cinq pour cent des réponses se portaient sur la troisième proposition : l’expression a été inventée au XIXème siècle et constitue une usurpation.
Sur ce blogue en revanche, les proportions pour les réponses deux et trois étaient exactement inversées : vingt-cinq pour cent pour Etienne II et Pépin le Bref, et quinze pour cent pour l’invention au XIXème siècle.

   Je considère que les réponses récoltées sur le blogue sont plus représentatives de la pensée générale. En effet, ceux qui sur Facebook ont coché la troisième proposition appartiennent tous à ce que je pourrais appeler un « cercle rapproché », attentif depuis des années à mes publications et remarques…

- La bonne réponse :

   Après cet examen général des résultats, il me faut maintenant dire qu’elle est la bonne réponse. Certains l’auront déjà deviné à ma précédente remarque, c’est la troisième proposition qui est la vraie.

   Je sais que certains risquent de tomber des nues, d’être décontenancés ou profondément peinés, pourtant c’est historiquement absolument certain, l’expression « fille aînée de l’Eglise » attribuée à la France, a été inventée au XIXème siècle.

   Sa première utilisation est parfaitement datée : c’est le Rd Père Henri-Dominique Lacordaire qui applique pour la première fois de l’histoire l’expression « fille aînée de l’Eglise » à la France ; cela se passait le 14 février 1841, à Notre-Dame de Paris, et c’était dans son « Discours sur la vocation de la nation française ».
Je ne l’invente pas : le baron Hervé Pinoteau, historien dont le sérieux n’a d’équivalent que la pointilleuse rigueur pour tout ce qui touche à la symbolique de l’Etat français au cours des différents régimes, après de longues et patientes recherches a pu l’attester (cf. « Le chaos français et ses signes », PSR éditions – 1998).

   Cinquante-cinq ans après le discours du Père Lacordaire, à l’occasion des célébrations du quatorzième centenaire du Baptême de Clovis, Monsieur le Cardinal Benoît-Marie Langénieux, archevêque de Reims, reprit l’expression : c’est à partir de là qu’elle fit florès, jusqu’à être utilisée par plusieurs Pontifes Romains.

   Il est à noter que, après l’homélie du Bourget sus-citée, le pape Jean-Paul II ne l’utilisera plus, parce que les remarques respectueuses d’historiens sérieux, jusqu’au sein même de la Curie Vaticane, remontèrent jusqu’à lui afin de lui faire observer l’absence de fondements historiques à cette expression.

bapteme-clovis-versailles-cathedrale-copie fille aînée de l'Eglise dans Lectures & relectures

- La France n’est pas la première nation chrétienne :

   Un grand nombre de ceux qui pensent que la France est la « fille aînée de l’Eglise » le justifient en ajoutant que c’est parce que « la France a été la première nation baptisée » (ou bien « la première nation chrétienne »).

Nous avons déjà – dans les pages de ce blogue (cf. > ici) – publié une réfutation de cette erreur historique : le premier royaume dont le Roi se fit baptiser et fit du christianisme la religion de l’Etat, fut l’Arménie, en 301 ; vinrent ensuite l’Ethiopie, puis l’Empire Romain dans lequel le christianisme, déjà placé à un rang éminent depuis l’édit de Constantin (313), fut promu religion d’Etat par l’édit de Théodose le Grand, en 380.
Le Royaume des Francs arrive en quatrième position (peut-être même seulement cinquième parce que la date de 496 n’est pas historiquement certaine et qu’il serait possible que la conversion au catholicisme du Roi des Burgondes Saint Sigismond soit antérieure à celle de Clovis).
Je le redis : la France n’est pas la première nation chrétienne de l’univers, mais le peuple Franc est le premier – parmi les peuples barbares païens qui ont mis fin à l’Empire Romain d’Occident – à avoir été baptisé dans la foi de Nicée (les autres peuples barbares étaient chrétiens avant les Francs mais professaient l’hérésie arienne).
Pendant ce temps là, l’Empire Romain d’Orient, dont la capitale était Byzance-Constantinople, demeurait l’héritier de l’Empire chrétien théodosien, et il le demeurera jusqu’en 1453.

- La seule mention ancienne de cette expression ne concerne pas la France :

   Pendant les presque treize siècles de Royauté française, depuis Clovis jusqu’à la grande révolution, c’est-à-dire pendant tout le temps où elle fut un Royaume officiellement catholique, JAMAIS la France n’a été appelée « fille aînée de l’Eglise », ni par aucun Pontife Romain, ni par aucun de ses Rois, ni par aucun des ses juristes, ni par aucun de ses sujets !

   La seule et unique occasion où l’expression « fille aînée de l’Eglise » s’est trouvée dans la bouche d’un dignitaire ecclésiastique sous l’Ancien Régime, fut en février 1564 et elle n’était pas pour désigner la France, mais la Reine Catherine de Médicis : c’était lorsque le nonce apostolique, Prospero di Santa Croce, la salua alors qu’il venait traiter avec elle de l’application des décrets du Concile de Trente au Royaume de France (bien que son fils Charles IX eût été déclaré majeur l’année précédente et qu’elle ne fut plus officiellement régente elle continuait à exercer la réalité du pouvoir).

- C’est le Roi de France qui est le « Fils aîné » :

   Moins d’un siècle plus tôt, précisément le 19 janvier 1495, l’expression « Fils aîné de l’Eglise » apparaît pour la première fois dans l’histoire, et elle désigne le Roi de France par la bouche d’un Pape.
Dans des circonstances difficiles, le Pape Alexandre VI accueillit le Roi Charles VIII et ses troupes, sur le chemin de Naples. Le Souverain français déclara : « Saint-Père, je suis venu pour faire obédience à Votre Sainteté comme ont eu accoutumée de faire mes prédécesseurs, Rois de France ». Le Pape, prenant de sa main gauche la main droite du Roi, lui répondit en l’appelant son « Fils aîné ».

   Depuis déjà plusieurs siècles, le Roi de France était appelé « Sa Majesté Très Chrétienne ». Antérieurement à ce 19 janvier 1495, on trouve sous la plume des Pontifes Romains, lorsqu’ils écrivent aux Rois de France, les expressions « cher Fils », « Fils très cher », ou encore parfois « Fils de prédilection » mais, je le redis, l’expression « Fils aîné » ne remonte pas au-delà d’Alexandre VI.

   On la retrouve ensuite le 21 avril 1505 lorsque, dans un consistoire, l’ambassadeur du Roi Louis XII présente son Souverain à Jules II en ces termes : « Premier Fils du Saint-Siège par la naissance ». Ce titre sera également évoqué le 11 décembre 1515 lors de l’entrevue de Bologne qui vit la rencontre de Léon X et de François 1er.

   Par dessus-tout, ce seront les Rois Bourbon qui s’enorgueilliront de ce titre de « Fils aîné de l’Eglise » que nul, ni dans l’Eglise ni dans la société civile, ne leur contestera : Henri IV le revendiquait dès avant sa conversion ; Louis XIV en obtiendra d’Alexandre VII la mention dans le traité de Pise du 12 février 1664 (*) ; et lors de la Restauration Louis XVIII s’adressera à Léon XII en ces termes : « Animé des mêmes intentions que les Rois, mes prédécesseurs, je me plais de déclarer à Votre Sainteté qu’en ma qualité de Fils aîné de l’Eglise je regarde comme un devoir de justifier ce titre glorieux… »

- Sainte Pétronille, fille aînée de Saint Pierre, protectrice des Rois de France :

   Je ne vais pas reprendre ici ce que j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer très longuement et auquel je vous renvoie tout simplement (cf. > ici) : depuis Pépin le Bref et le Pape Etienne II, le patronage spécial de Sainte Pétronille, dont la tradition fait la fille aînée de Saint Pierre, a été accordé à la dynastie royale franque.
Etienne II avait même écrit à Pépin et à ses deux fils, Charles (futur Charlemagne) et Carloman en faisant parler Saint Pierre lui-même pour leur donner le nom de « fils adoptifs ».

   Dans l’actuelle basilique de Saint Pierre au Vatican, l’autel de Sainte Pétronille demeure aujourd’hui une « chapelle » dédiée à la prière pour la France :

auteldestepetronillevatican Fils aîné de l'Eglise dans Vexilla Regis

- Du « Fils aîné » à la « fille aînée » ?

   Arrivé à ce point de nos explications, nous pouvons très légitimement nous demander pourquoi le Rd Père Lacordaire s’est autorisé un tel « glissement » : prendre l’expression traditionnelle qui désigne la personne sacrée du Roi, pour l’attribuer à la « nation » (l’idée même de nation, telle qu’elle est aujourd’hui comprise, étant pétrie par l’idéologie révolutionnaire!) ?

   La première explication est liée au contexte historique : en février 1841, il n’y avait plus en France de « Fils aîné de l’Eglise ». La révolution de 1830 avait chassé de France la branche aînée des Bourbons ; Charles X, dernier Roi à avoir reçu l’onction du Sacre, était mort en exil ; l’héritier légitime du trône était son fils, Louis XIX de droit, qui portait en exil le titre de comte de Marnes ; le trône avait été usurpé par le duc d’Orléans, imprégné d’esprit voltairien et traître à la conception traditionnelle de la monarchie française, Louis-Philippe, auquel il eût été risible de décerner les titres de « Très Chrétien » et de « Fils aîné de l’Eglise »…

   La seconde explication tient à la personnalité et aux convictions du Père Lacordaire lui-même qui, indépendamment de ses talents de prédicateur, de ses vertus et de la restauration de l’Ordre de Saint-Dominique, n’en demeure pas moins un des premiers représentants et propagateurs des erreurs du « catholicisme libéral », pénétré par les pernicieuses influences de la révolution.
Il ne faut point dès lors s’étonner de le voir exalter la « nation » et lui transposer les prérogatives des Souverains sacrés.

- Non possumus !

   C’est la raison pour laquelle, nonobstant toutes les « bonnes intentions » (celles-là même qui peuvent paver l’enfer) de ceux qui, dans le sillage du Père Lacordaire prétendent aujourd’hui défendre « la civilisation chrétienne » en reprenant pour le compte de « la France » l’expression « fille aînée de l’Eglise », je n’hésite pas à affirmer haut et fort qu’elle constitue à proprement parler une usurpation, que je réprouve de toutes mes forces!

   Pendant longtemps, j’ai moi-même cru – comme beaucoup – que cette expression était ancienne, vénérable et juste : mais, après ces recherches, que je vous ai ici résumées, et la découverte de sa véritable histoire, je m’insurge au nom de la Vérité et au nom de la Légitimité contre son emploi, qui ne peut que – de manière subreptice et insidieuse – contribuer à instiller les erreurs du nationalisme, forme dévoyée et révolutionnaire de l’amour naturel de la Patrie (en vérité la Patrie est la « terre des pères », avec ce qu’elle porte d’héritage et de devoirs, elle n’est pas cette « patrie » idéologique exaltée par l’hymne fanatique et sanguinaire que l’on connaît)...

Lully.               

fleurdelys2 France

   (*) Et l’on sait que lorsque Sainte Marguerite-Marie recevra de Notre-Seigneur des messages destinés au Grand Roi, en 1689, Jésus dira en parlant de Louis XIV : « Va dire au Fils aîné de Mon Sacré-Coeur… »

2013-10. La messe de Requiem à la mémoire de Sa Majesté Très Chrétienne le Roy Louis XVI composée par Luigi Cherubini.

Luigi Cherubini (1760 – 1842) fut nommé par le Roi Louis XVIII « surintendant de la musique du Roy », en 1816, à la suite du décès de Jean-Paul Egide Martini (+ 14 février 1816). A ce titre, Sa Majesté le Roi Louis XVIII lui commande un Requiem pour la cérémonie du 21 janvier de l’année suivante célébrée à la basilique nécropole royale de Saint-Denys.

C’est donc le mardi 21 janvier 1817 – deux ans après le transfert solennel à la nécropole royale de Saint-Denys des dépouilles mortelles de leurs majestés le Roy Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici et > ici) – , pour le service funèbre anniversaire du martyre du Roy, que fut interprétée pour la première fois, à Saint-Denys, la « Messe de Requiem à la mémoire de Sa Majesté Très Chrétienne le Roy Louis XVI », plus communément appelée « Requiem en Ut (C) mineur », pour choeur mixte.

Pompe funèbre du 20 janvier 1816 à Saint-Denis

Pompe funèbre pour Sa Majesté le Roy Louis XVI à la basilique de Saint-Denys le 20 janvier 1816.

Ce Requiem fit l’admiration de Beethoven, qui le trouvait supérieur à celui de Mozart, et c’est d’ailleurs celui qui sera interprété pour ses funérailles.

En février 1820, à l’occasion des funérailles du Duc de Berry, Cherubini lui ajoutera une marche funèbre.
En 1834, l’archevêque de Paris interdira l’interprétation de ce Requiem en Ut mineur dans le cadre liturgique parce qu’on y entend des voix de femmes. Cherubini composera alors le Requiem en Ré mineur où n’interviennent que des voix masculines et qui sera joué en 1842 pour ses propres funérailles.

A l’occasion de l’anniversaire de l’exécution du Roy-martyr, nous pouvons ré-écouter cette oeuvre magistrale.
Vous en trouverez ci-dessous deux versions :
- une enregistrée par Riccardo Muti, grand « chérubinien » ;
- la version enregistrée par le Boston Baroque Orchestra, dirigé par Martin Pearlman, version suivie par la « marche funèbre » composée par Cherubini en 1820, toujours interprêtée par le Boston Baroque.

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Retrouvez aussi dans les pages de ce blogue :
– le Testament de Sa Majesté le Roy Louis XVI > ici.
– le récit des dernières heures du Roy-martyr > ici.
– le discours de Sa Sainteté le Pape Pie VI attestant que Louis XVI est un martyr > ici.
– le Voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur > ici.
– les Maximes  de Sa Majesté le Roy Louis XVI > ici.

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 20 janvier, 2013 |9 Commentaires »

2013-9. Du cantique « Mère de l’Espérance » qui fut chanté au cours de l’apparition de la Très Sainte Vierge à Pontmain.

 17 janvier,
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain.

       A la suite de ma publication relatant l’apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Pontmain, le 17 janvier 1871 (cf. > ici), un de nos fidèles amis m’a fait parvenir quelques documents des plus intéressants dont je tiens à vous donner un aperçu en les condensant ci-dessous à votre intention.
Que soit très chat-leureusement remercié Monsieur D.A., qui me précisait qu’il a reçu le sacrement de confirmation des mains de Son Excellence Monseigneur Paul-Marie Richaud (futur cardinal archevêque de Bordeaux) dans la basilique de Pontmain le 6 juin 1944, jour du débarquement des forces alliées en Normandie… 

Lully.

2013-9. Du cantique

Note concernant le cantique Mère de l’Espérance

       En 1848, en plein orage révolutionnaire, Monsieur le chanoine Prud’homme eut l’inspiration de fonder une vaste association de prières pour le salut de la France. Cette association prit de l’ampleur jusqu’à devenir l’Archiconfrérie de Notre-Dame d’Espérance.
Pour appuyer cette oeuvre il composa le fameux cantique Mère de l’Espérance qui se répandit rapidement dans toute la France. En voici les paroles : 

R./ Mère de l’Espérance,
Dont le nom est si doux
Protégez notre France.
Priez, priez pour nous ! (bis)

Souvenez-vous, Marie,
Qu’un de nos Souverains
Remit notre Patrie
En vos augustes mains.

La crainte et la tristesse
Ont gagné notre cœur.
Rendez-nous l’allégresse,
La paix et le bonheur.

Vous calmez les orages,
Vous commandez aux flots,
Vous guidez au rivage
Les pauvres matelots.

De la rive éternelle,
Secondez nos efforts ;
Guidez notre nacelle
Vers les célestes ports.

En ces jours de souffrances
Sauvez-nous du danger ;
Épargnez à la France
Le joug de l’étranger.

Des mères en alarmes
Raffermissez les cœurs ;
Venez sécher leurs larmes,
ô Mère des douleurs !

Au chemin de la gloire,
Conduisez nos soldats
Donnez leur la victoire
Au jour des saints combats.

Et si, pour la Patrie,
Bravant les coups du sort
Ils vont donner leur vie,
Ah ! couronnez leur mort !

   Le cantique fut adopté dans la paroisse de Pontmain : il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il fut au programme des prières entonnées par les paroissiens pendant le temps l’apparition. Or c’est à ce chant, écrira plus tard Joseph Barbedette, que « la Très sainte Vierge devait réserver son plus beau sourire de toute l’apparition ».
Elevant les mains à hauteur des épaules, elle se mit à remuer les doigts, paraissant accompagner le chant avec une extrême délicatesse. Elle était radieuse. Aussi la joie des enfants devint-elle à ce moment-là exubérante : « Voilà qu’Elle rit, voilà qu’Elle rit ! » disaient-ils, « Oh ! qu’elle est belle ! Oh ! qu’elle est belle ! »

   Arrivé au septième couplet toutefois, l’avant-dernier du cantique, où l’on demandait : « Au chemin de la gloire Conduisez nos soldats ; Donnez-leur la victoire… », la banderole qui s’étendait aux pieds de la Vierge ne subsista pas dans le ciel.

   Le surlendemain de l’apparition, le chanoine Prud’homme apprit par une lettre ce qui s’était passé, et il ne put retenir ses larmes quand il sut que la Très Sainte Vierge avait honoré de son sourire sa composition. Cette émotion devait lui rester jusqu’à la fin de sa vie.

   En ce qui nous concerne, nous sommes aujourd’hui vivement choqués du fait qu’on a donné au cantique qui avait réjoui le coeur de Notre-Dame une tonalité toute différente de celle qui a prévalue à Pontmain durant tout un siècle.
En effet, dans les années qui ont suivi le second concile du Vatican et ont été marqué – spécialement en France – par cette démangeaison maladive d’entendre des nouveautés et de marquer une certaine forme de rupture, les paroles du cantique « Mère de l’Espérance » ont été totalement remaniées, au point que l’intention profonde initiale dont il était l’expression a disparu. Voici le texte de cette nouvelle version : 

R./ Mère de l’Espérance
Dont le nom est si doux,
Madone de l’enfance,
Demeure auprès de nous ! (bis)

Tu es bien notre Mère,
Toi qui as visité
sur leur lointaine terre
les enfants extasiés.

Apparaît ton sourire
Dans la nuit étoilée,
Il fait toujours revivre
Les cœurs désemparés.

Apprends-nous la prière,
Icône de beauté ;
Dieu n’est-il pas le Père,
Tout Amour et Bonté ?

Mère de toute grâce,
A l’univers troublé,
Fais resplendir la face
De ton fils Bien-Aimé.

Ta douleur nous oppresse
Devant le Crucifié,
Tu mets nos cœurs en liesse:
Christ est ressuscité !

Messagère joyeuse
De la Sainte Cité,
Guide-nous, Bienheureuse,
aux chemins de la paix.

   Notre ami fit partie de ceux qui protestèrent, en disant que c’était un abus de remplacer ainsi des paroles qui avaient été l’objet d’un sublime échange entre le ciel et la terre, ce qui leur donnait une haute valeur historique déjà, si ce n’est surnaturelle, et qui – de ce fait – ne nous appartenaient plus.
Il rappela à ce propos la lettre pastorale que Monseigneur Richaud, alors évêque de Laval, avait publié le 2 janvier 1940 :

« La corrélation est évidente entre la cessation de l’invasion ennemie, à sa pointe la plus avancée et l’événement de Pontmain ! Une corrélation non moins claire est indiquée par la Très Sainte Vierge entre l’intervention de la Providence et la supplication nationale qui s’élevait de toutes parts. A l’heure même de l’apparition et tandis que les villageois de Pontmain priaient la Madone qui apparaissait à leurs enfants, prières et cantiques, supplications et promesses jaillissaient à Notre-Dame de l’Espérance à Saint-Brieuc et à Notre-Dame des Victoires à Paris. Dans toute la France se répandaient depuis plusieurs mois les circulaires du P. Ramière en faveur d’une Consécration de la France et M. Legentil, quelques jours plutôt, le 11 janvier, avait prononcé à Poitiers la première formule du Voeu National. Tel est le sens des mots : « Mon Fils se laisse toucher » et encore, Nous ne parlons pas des autres voeux qui furent, à la même époque, émis en de nombreux sanctuaires.
Mais l’on peut bien dire que Marie, à qui Louis XIII avait autrefois consacré officiellement son royaume, a, d’une manière manifeste, pris en charge à Pontmain le salut de la France et a voulu marquer, en ce lieu béni de notre chère Mayenne, de quelle façon elle encourageait toutes nos supplications patriotiques. Son message est aussi bien un message d’espérance, de prière et de sacrifice, et il vaut pour toutes les situations personnelles et familiales qu’on vient lui confier. Mais il intéresse, directement et au premier chef, la Patrie. Notre-Dame de Pontmain, si toutes les Madones ont leur spécialité, c’est la Madone de la France en péril ».

X  Paul-Marie Richaud, évêque de Laval

   Et notre ami conclut par ces lignes, dont nous avons nous-mêmes éprouvé la vérité puisque -ayant eu l’occasion de passer à Pontmain il y a quelques années – nous nous sommes faits doucement « rabroués » par la personne de l’accueil lorsque nous commîmes « l’erreur » (presque impardonnable) de lui rappeler que le sanctuaire devait être un lieu spécifique de prière pour la France :  « On ne prie plus officiellement pour la France à Pontmain depuis quarante ans, et, dans la pénombre qui nous fait aujourd’hui aller à tâtons, on peut se dire qu’il est bien vrai que nous n’avons de grâces que celles de nos prières ! »

   Rappelons-le, l’invocation officielle à Notre-Dame de Pontmain – assortie alors de précieuses indulgences – était originellement celle qui figure sur l’image que nous reproduisons ci-dessous : « Notre-Dame de Pontmain, priez pour nous, pour l’Eglise et pour la France ! »

pontmain-image-devotion 17 janvier dans Commentaires d'actualité & humeurs

2013-4. Maximes et pensées de Sa Majesté le Roy Louis XVI.

2013-4. Maximes et pensées de Sa Majesté le Roy Louis XVI. dans Chronique de Lully fleur-de-lys

       En préparation des commémorations du 21 janvier, j’ai l’habitude de publier chaque année quelque texte en rapport avec le Roy-martyr.
Après le discours de Sa Sainteté le Pape Pie VI proclamant de manière formelle que c’est bien en haine de la foi que le Souverain avait été exécuté (cf. > ici), après le testament du Roy (cf. > ici) et le récit de ses dernières heures (cf. > ici), après le texte de son vœu au Sacré-Cœur de Jésus (cf. > ici), voici donc trente maximes et pensées écrites par Sa Majesté le Roy Louis XVI

Je les ai trouvées dans le deuxième tome d’un ouvrage intitulé « œuvres de Louis XVI », publié – sans nom d’auteur – à Paris en 1864, aux pages 1 à 6 ; leur intitulé exact y est : Maximes écrites de la main de Louis XVI.

Voici en outre le texte de la note qui les présente :

      »Louis XVI, en cherchant à se représenter, sous des formes nouvelles, des vérités qui sont de tous les temps, a suivi l’exemple des auteurs qui ont écrit des observations morales, auxquelles on est convenu de donner le nom de Maximes. Les moralistes les plus célèbres n’ont fait que répéter ce que d’autres avaient dit et souvent publié avant eux. Il n’y a que la forme de changée ; et quoiqu’on nous dise que la vérité doit être absolument nue, les écrivains, les poètes surtout, ne s’occupent qu’à la parer d’ornements qui lui donnent plus de majesté ou plus de grâce ; mais c’est surtout à lui donner un air de nouveauté que les écrivains s’exercent ; et voilà pourquoi la plupart, en cherchant l’originalité, n’atteignent que la bizarrerie.
Ce n’est point comme moraliste, ou comme littérateur, que Louis XVI a écrit ces Maximes, qui ne sont en quelque sorte que des souvenirs. Les vérités qu’il a retracées lui paraissaient sans doute usuelles, car la plupart sont relatives au poste auguste où la Providence l’avait placé. On ne doit donc point les juger comme ces pensées où un auteur peint le genre de son esprit et le caractère de son style, plus encore que la morale qui lui est propre ; ici je ne vois point l’écrivain, mais j’admire les vertus du Prince : c’est toujours Louis XVI se peignant lui-même. Sous ce point de vue, le seul véritable, et qui me dispense d’établir un parallèle entre ces maximes et celles d’autres moralistes, ce petit Recueil de pensées me paraît précieux, parce que les principes que le monarque y rappelle sont en harmonie parfaite avec ceux de ses autres écrits, et avec sa conduite dans les circonstances les plus difficiles. Sous d’autres rapports encore, ces Maximes pourraient paraître remarquables, car une expérience fatale a dû nous apprendre que plusieurs renferment de hautes leçons de sagesse. »

Sans nul doute, ces Maximes sont-elles l’expression de la réflexion et des convictions du Souverain : on y reconnaîtra son souci de la justice, aussi bien que la profondeur de sa culture, sa recherche de la vertu – inspirée par la foi – , et la maturité de son jugement… etc.
A cette lecture, toute personne sensée se prend à rêver d’avoir aujourd’hui en France, à tous les niveaux, des chefs formés à un tel souci du bien commun et animés de semblables convictions, à la place des pantins et marionnettes que l’on voit s’agiter de tous côtés…

Lully.

buste-de-louis-xvi-par-boizot-1777 21 janvier dans Lectures & relectures

Sa Majesté le Roy Louis XVI (buste par Boizot en 1777 – Versailles)

Maximes écrites de la main de Louis XVI.

I

Il ne dépend pas toujours du Roy de rendre ses sujets heureux ; mais il dépend toujours de lui de s’en servir utilement, en les employant à ce qu’ils savent faire.

II

Faire du bien, entendre dire du mal de soi patiemment, ce sont là des vertus de Roy.

III

Faire du bien aux autres, c’est en recevoir soi-même.

IV

La meilleur manière de se venger, est de ne point ressembler à celui qui nous fait injure.

V

Celui qui refuse d’obéir à la raison universelle et politique, c’est-à-dire à la Providence, ressemble à un esclave fugitif ; celui qui ne la voit pas est aveugle.

VI

Il ne faut pas recevoir les opinions de nos pères comme des enfants, c’est-à-dire par la seule raison que nos pères les ont eues et nous les ont laissées, mais il faut les examiner et suivre la vérité.

VII

Etre heureux, c’est se faire une bonne fortune à soi-même, et la bonne fortune, ce sont les bonnes dispositions de l’âme, les bons mouvements et les bonnes actions.

VIII

Il faut recevoir les bienfaits de ses amis, sans ingratitude et sans bassesse.

IX

Une franchise affectée est un poignard caché.

X

Donnons à tout le monde ; plus libéralement aux gens de bien, mais sans refuser le nécessaire à personne, pas même à notre ennemi ; car ce n’est ni aux moeurs, ni au caractère, mais à l’homme que nous donnons.

XI

C’est une grande ressource que le témoignage d’une bonne conscience.

XII

La Religion est la mère des vertus ; le culte que l’on doit à Dieu doit être préféré à tout.

XIII

Pour aimer, il faut connaître ; pour connaître, il faut éprouver. Je ne donne mon amitié qu’avec une extrême précaution.

XIV

Les mauvais musiciens et les mauvais poètes sont insupportables à ceux qui les écoutent ; mais la nature les a mis en possession d’être enchantés d’eux-mêmes.

XV

Applaudir aux injures, goûter le plaisir de la médisance, quoiqu’on n’en fasse pas soi-même les frais, c’est devenir coupable.

XVI

Les querelles de parti ne sont que des étincelles passagères, quand le souvenir ne s’en mêle pas ; elles deviennent des incendies et des meurtres, lorsqu’il leur donne du poids.

XVII

Les fausses marques d’estime et d’amitié semblent permises en politique, mais elles ne le sont jamais en morale ; et, à bien les examiner, la réputation de fourbe est aussi flétrissante pour un prince, que nuisible à ses intérêts.

XVIII

Un prince avare est pour les peuples comme un médecin qui laisse étouffer un malade dans son sang ; le prodigue est comme celui qui le tue à force de saignées.

XIX

Quiconque veut assujétir ses égaux, est toujours sanguinaire ou fourbe.

XX

La mauvaise fortune est aussi le thermomètre qui indique en même temps le refroidissement de ses amis.

XXI

C’est dans l’âme de Marc-Aurèle, bien plus que dans ses maximes, qu’il faut juger l’homme et le monarque.

XXII

Un ouvrage écrit sans liberté ne peut être que médiocre ou mauvais.

XXIII

Une chose ne mérite d’être écrite qu’autant qu’elle mérite d’être connue.

XXIV

L’institution du soldat est pour la défense de la patrie ; le louer à d’autres, c’est pervertir à la fois le but du négoce et de la guerre ; s’il n’est pas permis de vendre les choses saintes, eh! qu’y a-t-il de plus sacré que le sang des hommes?

XXV

En politique, on devrait faire un recueil de toutes les fautes que les princes ont faites par précipitation, pour l’usage de ceux qui veulent faire des traités et des alliances. Le temps qu’il leur faudrait pour les lire, leur donnerait celui de faire des réflexions qui ne sauraient que leur être salutaires.

XXVI

Il faut distinguer la flatterie de la louange. Trajan était encouragé à la vertu par le panégyrique de Pline. Tibère était confirmé dans le vice par les flatteries des sénateurs.

XXVII

Les fléaux célestes ne durent qu’un temps ; ils ne ravagent que quelques contrées, et les pertes, quoique douloureuses, se réparent : mais les crimes des roys, font souffrir longtemps des peuples entiers.

XXVIII

Les princes de Machiavel sont comme les dieux d’Homère que l’on dépeignait robustes et puissants, mais jamais équitables. Louis Sforce avait raison de n’être que guerrier, parce qu’il n’était qu’un usurpateur.

XXIX

Il serait à souhaiter pour le bonheur du monde, que les roys fussent bon, sans être cependant trop indulgents, afin que la bonté fut en eux toujours une vertu et jamais une faiblesse.

XXX

Un roy qui règne par la justice, a toute la terre pour son temple, et tous les gens de bien pour ministres.

fleur-de-lys Louis XVI dans Memento

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