Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2019-34. Message de Sa Majesté le Roi sur les réseaux sociaux ce lundi saint vers 20 h alors que la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris est la proie des flammes.

Message du Roi au moment de l'incendie de Notre-Dame de Paris

lys.gif

2019-33. Présentation de Monseigneur le duc de Touraine.

Ce samedi 13 avril 2019, soit presque un mois et demi après sa naissance (cf. > ici), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a Lui-même, par le moyen de Ses propres réseaux sociaux, fait la présentation de Son troisième fils, Monseigneur le Prince Henri de Jésus, duc de Touraine, avec le message et les photographies suivants :
« Je suis très heureux, avec la Princesse Marie-Marguerite, de vous présenter Henri de Jésus, Duc de Touraine entouré de sa soeur Eugénie et de ses deux frères, Louis et Alphonse. »

Présentation du Prince Henri de Jésus

Comme au jour de l’annonce de cette naissance (cf. > ici), nous nous réjouissons grandement du bonheur et de la prospérité de notre Famille Royale, pour laquelle nous prions avec ferveur chaque jour, demandant pour elle à Dieu, à Notre-Dame, Reine de France, aux Saints Anges et à tous les célestes protecteurs de la France et de la race royale, d’incessantes bénédictions et protections.

Trois lys blancs

2019-32. Message du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion de la Semaine Sainte et des célébrations pascales :

On ne restaurera pas le Royaume des Lys par d’autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement ! 

armoiries confrérie royale

 Message du Prieur de la Confrérie Royale

à l’occasion de 
la Semaine Sainte et des célébrations pascales

Vendredi de la Passion 12 avril 2019,
Commémoraison solennelle de la Compassion de Bienheureuse Vierge Marie.

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles,
Membres et Amis de la Confrérie Royale,

« La foi nous apprend, mes frères, et nous sommes fortement convaincus qu’un jour le Christ est mort pour nous : le Juste pour les pécheurs, le Maître pour des esclaves, le Libre pour des prisonniers, le Médecin pour ses malades, le Bienheureux pour les infortunés, le Riche pour les pauvres, pour les égarés Celui qui courait à leur recherche, le Rédempteur pour ceux qui s’étaient vendus, le Pasteur pour son troupeau, et, ce qui est plus admirable encore, le Créateur pour sa créature, ne perdant rien toutefois de ce qu’Il est éternellement, tout en donnant ce qu’Il S’est fait dans le temps ; invisible comme Dieu et visible comme homme, donnant la vie à cause de Sa puissance et acceptant la mort à cause de Sa faiblesse, immuable dans Sa divinité et passible dans Son humanité. Mais, comme s’exprime l’Apôtre : « S’Il a été livré pour nos péchés, Il est ressuscité pour notre justification » (Rom. IV, 25). Vous savez parfaitement que cela ne s’est accompli qu’une fois. Or, quoique toutes les voix de l’Écriture publient que cet événement ne s’est accompli qu’une fois, cette solennité le ramène, à des temps révolus, comme s’il avait lieu souvent. Toutefois il n’y a pas opposition entre la réalité et la solennité ; l’une ne dit pas vrai pour faire mentir l’autre, mais ce que l’une représente comme n’étant arrivé qu’une fois effectivement, l’autre le rappelle aux cœurs pieux pour le leur faire célébrer plusieurs fois » (Saint Augustin – sermon CCXX pour la veillée de Pâques au §1).

Nous allons une fois encore entrer dans la « grande Semaine », ainsi que l’appelaient nos pères dans la foi.
Nous voici aux portes de l’événement majeur de toute l’histoire de l’humanité.
Nous voici arrivés au point culminant de notre année liturgique.

Tant de choses ont été dites et écrites depuis près de deux-mille ans à ce sujet, que je n’ai nulle prétention à faire œuvre d’originalité en m’adressant à vous ce jour d’hui.

Mais s’il est une chose que je dois dire et redire inlassablement, c’est que c’est l’amour de notre divin Rédempteur que nous devons considérer en ces jours, auquel nous devons nous attacher, à travers lequel nous devons regarder toutes les réalités d’ici-bas, et au moyen duquel il nous faut juger de toutes choses : un amour pleinement surnaturel qui ne s’attache en rien à répondre aux prétentions et préventions de la nature, un amour pleinement surnaturel qui est ordonné aux seules réalités éternelles, un amour pleinement surnaturel qui ne se satisfait pas de demi-mesures, un amour pleinement surnaturel qui va jusqu’au bout de ses excès de compassion et de générosité, un amour pleinement surnaturel qui ne s’économise en rien, un amour pleinement surnaturel dont la Croix est à jamais le signe !

Que la générosité de Notre-Seigneur se donnant tout entier « usque ad mortem, mortem autem Crucis : jusqu’à la mort, et la mort de la Croix« , soit l’unique point de référence – le modèle et la norme – de notre engagement dans cette Confrérie Royale

Car « [Le Christ] n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais par Ses leçons et par Ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix. Ce sont là des enseignements qu’on aurait tort d’appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu’un humanitarisme sans consistance et sans autorité » (Saint Pie X, encyclique « Notre charge apostolique » du 25 août 1910).
La restauration d’un ordre temporel accordé aux desseins providentiels de Dieu sur ce Royaume de France, accordé à la volonté divine qui a si merveilleusement œuvré à l’établissement de notre royauté chrétienne traditionnelle – cette royauté qui demeure malgré tout le modèle inégalé de toutes les royautés chrétiennes dans le monde entier -, nécessite toujours plus de générosité.

En effet, je ne cesse de le dire et vous me l’entendrez dire encore de nombreuses fois,on ne restaurera pas le Royaume des Lys par d’autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement, c’est-à-dire la conversion profonde des esprits, des mentalités, des cœurs et des mœurs, et par la collaboration active et généreuse de nombreux saints à la geste de Dieu.

Cette humble Confrérie est au service de cette restauration ; elle est au service du Règne de Dieu sur la terre ; elle œuvre autant qu’elle peut à la sanctification de ses membres pour qu’ils deviennent de fidèles instruments de la grâce divine pour le rétablissement d’un ordre social conforme à la Sainte Loi de Dieu, et cette sanctification ne peut se faire sans une union de plus en plus grande au divin Cœur de Notre-Seigneur, qui a été ouvert et révélé sur la Croix. 

Puisse donc la générosité de Jésus-Christ en Sa bienheureuse Passion, être l’exemple amoureusement suivi par tous les membres de cette Confrérie !
La joie de la Résurrection ne peut être qu’à ce prix, et la joie de la résurrection de la France catholique et royale pour laquelle nous sommes engagés dans un combat spirituel sans merci ne peut être elle-aussi qu’à ce prix.

A vous tous, mes très chers Amis -  « ma joie et ma couronne » (Phil. IV, 1) -,
je souhaite une bonne, belle, fervente et très généreuse Semaine Sainte
et de très joyeuses fêtes pascales !

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Blason Frère Maximilien-Marie

 

 

Important :
Si vous n’êtes pas encore inscrit au Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay,
il est important de le faire sans retard !
Voir > ici

 

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels, Vexilla Regis |on 13 avril, 2019 |1 Commentaire »

2019-30. Chronique du Mesnil-Marie depuis le 1er dimanche du Carême 10 mars jusqu’à la veille du premier dimanche de la Passion 6 avril 2019.

Samedi soir 6 avril 2019,
Samedi de la quatrième semaine de Carême.

Capture d’écran webcam Chaudeyrolles 6 avril 2019 18 h

Ce que montre la webcam du village de Chaudeyrolles ce samedi 6 avril à 18 h !!!

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fin d’après-midi, le massif des Monts Mézenc et Gerbier de Jonc va s’endormir sous la neige : nous pourrions nous croire revenus au mois de décembre !
Dans notre hameau lui-même elle n’a pas tenu au sol, mais nous avons eu des averses tantôt de pluie, tantôt de neige pendant une grande partie de cette journée et, tandis que le jour baisse, depuis nos fenêtres nous voyons les sommets qui nous entourent qui, à partir d’environ 900 m d’altitude, sont encapuchonés de blanc.
Le cliché que je vous ai placé en tête de cette chronique est une saisie d’écran réalisée à partir de ce que diffuse la webcam placée dans le village de Chaudeyrolles (1280 m d’altitude), à quelques lieues d’ici.

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, je n’ai nulle envie de mettre le tiers d’un huitième de mes moustaches dehors : je suis resté voluptueusement allongé sur le tapis devant le poêle une grande partie de ce jour, tandis que mon papa-moine vaquait à ses occupations ordinaires, écrivait, répondait à des messages ou à des appels téléphoniques… etc.
Mais il est maintenant temps que je vous fasse un petit compte-rendu des principaux événements de notre Mesnil-Marie au cours du mois qui s’est écoulé, puisque ma dernière chronique date du 10 mars (cf. > ici).

Premières violettes au Mesnil-Marie le 15 mars 2019

Au Mesnil-Marie, les premières violettes ont fleuri le 15 mars

Je vous rassure pourtant, ainsi qu’en témoigne aussi la photo ci-dessus, le printemps est pourtant bien parvenu jusqu’en notre vallée de moyenne montagne : les hirondelles sont arrivées avant même la fin du mois de février, les premières violettes ont fleuri le 15 mars, sur la terrasse Saint-Charlemagne une première jonquille – bientôt suivie par d’autres – a montré sa corolle jaune le 30 mars ; nos tulipes et nos iris sont sorties de terre, mais n’ont pas encore formé leurs boutons ; partout les bourgeons se forment, et Frère Maximilien-Marie a repiqué de jolies pensées ; depuis quelques jours on entend le chant du coucou dans les bois voisins…
Bien sûr, nous pouvons observer que nous avons un bon mois de décalage avec d’autres endroits du Vivarais, plus au sud, voire avec d’autres provinces du Royaume, mais cela ne nous chagrine pas : nous savons que nous aurons encore de petits retours de froidure, et cela fait partie des caractères de ce pays, absolument splendide précisément parce qu’il est rude !

Au cours de ces dernières semaines donc, notre Frère, avec l’association qui promeut la randonnée dont il est le président, a commencé les réunions et préparations relatives à l’organisation de « La Ronde des Sucs au printemps », dans le cadre d’une grande opération fédérative qui a lieu sur tout le territoire des Boutières et intitulée « Le printemps de la randonnée ».
Il s’est également rendu à l’assemblée générale du C.I.C.P. (Centre international Construction et Patrimoine) à Viviers, association dont il est membre parce qu’il en apprécie beaucoup le sérieux et le travail.

Et puis, il y a eu la dernière Veillée Culture & Patrimoine de la saison. En effet, pendant toute la période hivernale, une fois par mois, au village, en collaboration avec l’Amicale Art-Création-Loisirs (une association locale avec laquelle nous sommes en excellents termes) le Refuge Notre-Dame de Compassion a proposé ces veillées aux thèmes variés.
Cette dernière veillée a eu lieu le 19 mars au soir ; elle était consacrée au Moyen-Age, et je vous invite à lire le compte-rendu qui en a été fait dans la presse locale : 

Article de « l’Hebdo de l’Ardèche » consacré à la Veillée Culture & Patrimoine du 19 mars
(faire un clic gauche sur l’image ci-dessous pour pouvoir lire l’article)

19 mars - Veillée C & P

Et puis il y a eu deux conférences qu’il est important de mentionner ici :

- La première était donnée par notre ami Emmanuel, dans l’église des Vans (à l’extrême sud de notre Vivarais) le dimanche 17 mars et s’intitule « Le Signe de Jonas » : à travers une approche rigoureuse et authentiquement scientifique du livre de Jonas, notre ami Emmanuel arrive à montrer d’une façon brillante combien les ricanements des rationalistes sont sans consistance.
Cette conférence est enregistrée et disponible sur You Tube. Je vous invite à l’écouter > ici.
Mais nous aurons aussi l’occasion d’en reparler, je pense.

- La seconde conférence était organisée par le Cercle légitimiste du Dauphiné Crillon le Brave, dont nous sommes très proches, et elle fut donnée par l’un des membres de ce cercle, titulaire d’un doctorat, et dressait un panorama complet de l’économie au Moyen-Age. Ce fut le samedi 23 mars à Valence.
Ce travail de synthèse (forcément, car le Moyen-Age dure mille ans) pose les bases d’approfondissements ultérieurs et de réflexions sur les fondements d’une économie conforme aux exigences morales du Saint Evangile.

L'oratoire du Mesnil-Marie pour la fête de Saint Joseph - 19 mars 2019

L’oratoire du Mesnil-Marie apprêté pour la célébration de la Sainte Messe
le mardi 19 mars 2019 pour la fête de Saint Joseph

Le mardi 19 mars, pour la fête de Saint Joseph – dont Louis XIV avait voulu qu’elle fut une fête chômée dans tout le Royaume -, nous avons eu la grande joie d’avoir un ami prêtre qui a célébré la Sainte Messe dans notre oratoire. De ce fait, un groupe d’amis fervents est aussi venu en notre Mesnil-Marie, et ce fut une belle journée d’amitié et d’échanges.

Puis il y eût la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, le lundi 25 mars, jour qui lui aussi, dans une société authentiquement chrétienne, doit être chômé (cf. > ici).
Frère Maximilien-Marie s’est rendu au Puy pour la Sainte Messe chantée, tout comme un dimanche, dans « notre » chapelle de l’ancien monastère Sainte-Claire, chapelle qu’à sa fondation Sainte Colette de Corbie a placée sous le vocable de l’Annonciation. Son nom traditionnel est en raison de cela : « chapelle de l’Ave Maria ».
Ainsi, cette fête de l’Annonciation est-elle tout à la fois la fête patronale de la chapelle de notre quasi paroisse, la fête patronale de la cathédrale, et la fête patronale du diocèse du Puy.
Frère Maximilien-Marie n’a bien sûr pas manqué de prendre un long temps de prière aux pieds de la célèbre Vierge Noire.

Maître-autel de la cathédrale du Puy avec la statue de la Vierge Noire - 25 mars 2019

Le maître-autel de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, au Puy,
le lundi 25 mars 2019

Cela me donne tout naturellement l’occasion de rappeler qu’il est encore temps de s’inscrire pour le pèlerinage au Puy, organisé par la Confrérie Royale les 30-31 mai et 1er juin prochains. Voir fichier pdf Présentation du pèlerinage – informations – bulletin inscription

Affiche pele ascension 2019 - allégée

Pour le service de la Légitimité, notre Frère a dû faire un rapide aller-retour à Paris, pour une très importante réunion le vendredi 29 mars.
Puis il a repris la route avant l’aurore le dimanche de Laetare, pour se rendre, après avoir entendu la Sainte Messe de ce dimanche rose à l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, auprès du nouveau Cercle légitimiste fondé en Provence et placé sous le vocable du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, dont il a animé la réunion.
Celle-ci achevée, après le chant des vêpres, il a aussitôt repris la route en direction de Perpignan, où le Cercle légitimiste Hyacinthe Rigaud l’avait invité (cf. > ici). Je reviendrai plus en détail sur les trois jours que Frère Maximilien-Marie a passés en Roussillon, parce qu’ils furent d’une rare intensité et qu’ils lui ont permis de magnifiques découvertes culturelles et artistiques, d’accomplir deux pèlerinages auxquels il tenait beaucoup, et de tisser des liens très forts avec les membres et sympathisants du Cercle Hyacinthe Rigaud.
Je veux ici remercier très chat-leureusement ces derniers pour l’accueil qu’ils ont réservé à mon papa-moine (dont je me suis certes un peu langui pendant son absence, mais nos voisins sont venus quotidiennement me visiter et s’occuper de moi). 

Conférence de Frère Maximilien-Marie le 2 avril 2019

Conférence de Frère Maximilien-Marie le 2 avril 2019
à l’invitation du Cercle légitimiste Hyacinthe Rigaud de Catalogne

Et nous voici entrés dans le Temps de la Passion : ces deux semaines vont nous conduire jusqu’au Triduum Sacré.
Comme vous pouvez le voir sur la photo publiée ci-dessous (quel contranste avec la photo de ce même oratoire en tenue de fête ci-dessus !), dans notre oratoire les croix, les statues, les bannières et les images saintes ont toutes été recouvertes de voiles violets, conformément à l’antique tradition liturgique.

Je termine cette chronique en vous souhaitant de vivre ce temps avec une ferveur et une générosité toujours plus grandes et je vous assure de notre profonde union dans le Cœur de Jésus et Marie.

pattes de chatLully.

Et pour soutenir et aider le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

L'oratoire du Mesnil-Marie samedi 6 avril 2019

L’oratoire du Mesnil-Marie ce samedi 6 avril 2019

nika

2019-29. Louis XX soutien du retour au réel des familles pour le bien commun de toute l’humanité.

Au mois de septembre dernier, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, invité à prendre la parole devant le douzième congrès mondial des familles (cf. > ici), s’était montré le ferme défenseur de la famille traditionnelle.
Le samedi 30 mars 2019, lors de l’ouverture de la treizième édition de ce congrés mondial des familles, qui s’est tenu à Vérone, notre Souverain légitime s’est montré encore plus ferme et courageux dans la dénonciation des attaques contre la famille et dans la défense des valeurs pérennes, conformes au droit naturel et à la doctrine chrétienne, qui sont les seules à garantir la dignité de la personne humaine et la stabilité de la société, par l’institution familiale.
C’est une fois encore un discours d’une très grande force qu’il convient de lire attentivement, de méditer et d’approfondir.

Louis XX à Vérone 30 mars 2019

Discours
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX,
prononcé le samedi 30 mars 2019
à Vérone (Italie)
à l’occasion du
13ème congrès mondial de la famille

Fleur de lys bleu

Monsieur le Président,
Cher Brian Brown,
Mesdames et Messieurs
Chers Amis,

Merci de me laisser un temps de parole pour exprimer, une nouvelle fois, l’importance que je j’accorde à la Famille et à sa défense. Actuellement un combat se joue entre deux modèles : celui d’un monde déshumanisé et celui d’une société -il faudrait dire d’une civilisation- qui donne à l’homme toute sa place.

Entre l’homme objet, soumis, esclave d’une globalisation excessive et celui que les institutions aident à s’élever, à se construire, c’est-à-dire sujet de droit, il ne s’agit pas d’un choix à faire entre deux conceptions qui se valent, mais il s’agit d’en rejeter une pour promouvoir l’autre. Tel est le but des  rencontres du Congrès mondial des Familles –WCF), et donc de leur importance. Il faut, en effet, sortir de l’équivoque dans laquelle les sociétés occidentales ont trop longtemps vécu, reposant sur un certain scepticisme et sur le relativisme. Les deux ont conduit à des impasses.
L’enseignement chrétien, socle de nos sociétés, est pourtant là pour nous rappeler qu’il n’y a pas place pour deux vérités.
Mais qu’a-t-on fait de ce message durant les deux derniers siècles ?
 Il a été battu en brèche en permanence, la religion étant présentée souvent comme source d’oppression voire « opium » du peuple. Mais qui sont ceux qui ont proféré ces idées ? Ceux qui ont menée aux Terreurs et aux totalitarismes. Maintenant que les historiens ont retrouvé une certaine liberté de pensée, Marx longtemps exalté, n’est plus que l’homme des cent millions de victimes accumulées dans le monde. Triste bilan. Les idéologies peuvent tuer !

Mais l’histoire nous apprend que l’excès mène toujours à la saine réactionNe la voit-on pas venir actuellement ? Elle passe par les familles qui, partout, commencent à réagir de multiples manières. 

  • Là c’est en reprenant ses droits naturels sur l’éducation et l’instruction ; 
  • là en recréant des structures pour la petite enfance, pour les personnes âgées ou handicapées ;
  • là en s’affirmant, comme en France actuellement, pour retrouver un niveau de vie décent et ne pas être accablées de taxes et règlements multiples n’ayant de sens que pour ceux qui les élaborent. 

Ce retour au réel est mené par les familles. Ce sont elles qu’il faut encourager en leur redonnant un cadre d’action précis. Celui-ci passe par trois points : 

  • la reconnaissance de la famille comme cellule de base de la société, celle dont découleront les autres, la commune, les communautés de travail qu’il soit manuel ou intellectuel et cela jusqu’à l’Etat qui peut ou non encourager les familles ; 
  • ce cadre doit ensuite exalter la vie dans toutes ses expressions c’est-à-dire rejeter ce qui la détruit avant la naissance comme au moment des dernières années. Nous devons donner à nos enfants comme à ceux qui nous ont précédés l’assurance d’une existence la plus paisible
  • Enfin le troisième pilier d’une société équilibrée est celui de la justice qu’il faut entretenir pour garantir à la société un équilibre entre ceux qui la composent

Nous savons qu’il y aura toujours des forts et des faibles, mais le bon gouvernement est celui qui permet au fort d’exercer ses talents et au faible de n’être pas opprimé.
Chacun à sa juste place, tel est le secret d’une société équilibrée
.
La France d’Ancien Régime l’avait compris et 
les Rois, mes ancêtres, génération après génération,  ont toujours eu à cœur de faire respecter cette justice qui était leur premier devoir dont le sacre était le garant.
Rompre cet équilibre en donnant la priorité non plus à la loi éternelle mais à la loi contingente que des majorités de hasard et de circonstance peuvent changer, est ce qui a entraîné nos sociétés dans l’impasse.

Il est temps qu’elles en sortent. Une réunion comme celle-ci y contribuera puisqu’elle permet aux uns et aux autres de mieux se connaître, de s’entraider dans leurs pratiques mutuelles, et surtout de reprendre espoir en demainCette espérance là aussi inscrite dans les gènes de la société chrétienne est ce qui nous aide tous. 

Que Saint Louis, mon aïeul, inspire nos dirigeants et que la Sainte-Famille demeure l’icône qui nous guide. 

Prince Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

LouisXX à Vérone le 30 mars 2019

2019-28. Conférence de Frère Maximilien-Marie en Roussillon, le 2 avril.

A l’invitation du Cercle Légitimiste du Roussillon Hyacinthe Rigaud, et en sa qualité de Prieur de la Confrérie Royale, Frère Maximilien-Marie donnera une conférence traitant des caractères divins particuliers de la Royauté française et des signes providentiels qui l’attestent, le mardi 2 avril 2019.

Toutes les personnes intéressées par la royauté traditionnelle ou qui, simplement, se posent des questions sur ce que fut vraiment la monarchie française, sont les bienvenues !
Merci de faire suivre l’information à vos amis et contacts qui se trouvent dans cette province ou dans les environs.

Toutes les indications pratiques se trouvent sur cette affichette >>>

Conférence Frère Maximilien-Marie en Roussillon le 2 avril 2019

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2019-24. Chronique du Mesnil-Marie depuis le dimanche de la Septuagésime jusqu’au premier dimanche de Carême.

Dimanche 10 mars 2019,
1er dimanche de Carême.

affichette à la porte du Mesnil-Marie pendant le Carême

Affichette à la porte du Mesnil-Marie pour ce saint temps de Carême

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici entrés dans la Sainte Quarantaine : j’espère que chacun de vous s’est engagé dans ce temps de combats et de grâces avec beaucoup d’ardeur, une très grande générosité et un zèle raffermi pour la pénitence et la mortification !
Plusieurs dizaines de mes lecteurs – réguliers ou occasionnels – se sont inscrits pour recevoir les envois quotidiens de Frère Maximilien-Marie avec des petits textes spirituels qui offrent chaque jour un support spirituel de réflexion et de méditation : s’il en est encore parmi vous qui souhaiteraient s’inscrire, c’est bien évidemment encore possible (par exemple en envoyant un message > ici).

nika

Bien que ma dernière chronique soit toute récente (cf. > ici), j’ai plusieurs avis ou nouvelles à vous communiquer :

A – Inscriptions pour le pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay :
Je vous en ai déjà fait l’annonce et donné tous les documents comprenant le programme et les indications pratiques (voir > ici), mais je me permets d’insister sur le fait que, si vous comptez y participer, vous ne devez pas tarder à renvoyer votre bulletin d’inscription.
N’attendez pas la dernière minute pour le faire, s’il vous plaît : même s’il reste quatre semaines pour arriver jusqu’au terme donné pour les envoyer au secrétariat de la Confrérie Royale, il vaut mieux s’en acquitter le plus tôt possible.
Frère Maximilien-Marie s’est rendu spécialement au Puy pour visiter les locaux dans lesquels le pèlerinage sera accueilli (repas, conférences, et hébergement pour ceux qui le souhaitent), c’était quelques jours avant leur mise en service et il en a été très heureux, tout y est lumineux, clair, spacieux, fonctionnel et agréable, au pied du Rocher Corneille qui porte la statue monumentale de Notre-Dame de France, et à moins de 10 minutes à pied du grand escalier de la cathédrale.
Sur la photo ci-dessous j’ai mis une grosse flèche blanche pour vous montrer ce grand bâtiment tout neuf.

Le Puy-en-Velay emplacement hébergement pèlerinage Confrérie Royale

Frère Maximilien-Marie travaille aussi avec soin aux ajustements du programme, et à tous les détails de l’organisation… et Dieu sait s’il y en a des détails auxquels il faut penser !!!

B – Déplacement en Provence pour la constitution d’un nouveau Cercle Légitimiste :
Mardi dernier, qui était le jour de la fête réparatrice de la Sainte Face (cf. > ici), notre Frère a été invité à rencontrer un groupe de personnes intéressées par la constitution d’un nouveau Cercle Légitimiste de l’UCLF, en Provence.
Il a pu exposer longuement à ces « âmes de bonne volonté », ce qu’est la Légitimité et son esprit, ce que sont les Cercles Légitimistes de l’UCLF et ce qu’on y fait… etc. Son auditoire a été très attentif et il y a eu beaucoup de questions.
En sus de la joie de voir se former un nouveau groupe d’étude et d’approfondissement qui augmentera encore le rayonnement de la Légitimité, nous nous réjouissons aussi grandement du fait que ce Cercle se place sous le vocable du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, dont vous n’ignorez pas qu’il est ce saint moine augustin choisi par la Très Sainte Mère de Dieu pour faire connaître à LL.MM. le Roi Louis XIII et la Reine Anne d’Autriche les admirables desseins de la Providence par lesquels prendrait fin la stérilité de leur couple, et serait donné à la France le Dauphin tant attendu : Louis-Dieudonné.
En effet, ce nouveau Cercle est géographiquement tout proche du sanctuaire de Notre-Dame de Grâces, à Cotignac, où repose le cœur du Frère Fiacre, et où Louis XIV vint en pèlerinage d’action de grâce.
Cela a donné l’occasion à Frère Maximilien-Marie, le lendemain pour l’entrée solennelle en Carême, d’assister à la Messe capitulaire du Chapitre de Saint Remi, dont vous vous souvenez qu’il est membre d’honneur, et d’y recevoir les Cendres.

Collégiale Notre-Dame, Le Val - mercredi des cendres

Sanctuaire de l’église collégiale Notre-Dame de l’Assomption, au Val,
prêt pour la célébration de la Messe capitulaire le mercredi des Cendres

C – Prions Saint Joseph !
Nous célébrons avec plaisir le mois de Saint Joseph, et je vous rappelle que c’est aujourd’hui, 10 mars, qu’il convient de commencer la neuvaine préparatoire à sa fête (voir > ici).
Pour marquer le commencement de cette neuvaine, Frère Maximilien-Marie, après la Sainte Messe, puisqu’il se trouvait au Puy, comme la plupart des dimanches, s’est rendu au sanctuaire Saint-Joseph de Bon-Espoir, à Espaly-Saint-Marcel.
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de ce sanctuaire (cf. > ici) où Saint Joseph se plaît à répandre ses grâces sur ceux qui viennent le prier. Notre Frère lui a présenté toutes les intentions qui lui sont recommandées et, avant de repartir, y a allumé deux grands cierges à ces intentions et les a placés le plus près de sa statue qu’il lui a été possible, dans la grotte-chapelle.

Cierges offerts à Saint Joseph au sanctuaire d'Espaly

J’en profite pour vous signaler que le mardi 19 mars prochain, pour la fête de Saint Joseph, nous aurons un prêtre ami de passage au Mesnil-Marie, et qu’il y aura donc une Sainte Messe célébrée dans notre oratoire. Tous ceux qui sont géographiquement proches et souhaitent y assister seront évidemment les bienvenus…

En attendant, je vous souhaite, bien chers Amis, une fervente neuvaine et un saint cheminement de Carême.

pattes de chatLully.

Grottes chapelles et statue monumentale - Saint-Joseph de Bon-Espoir - Espaly

Parvis des grottes-chapelles et statue monumentale
Sanctuaire Saint-Joseph de Bon-Espoir à Espaly-Saint-Marcel

2019-23. Pierre Mignard : « Madame de Maintenon représentée en Sainte Françoise Romaine ».

9 mars,
Fête de Sainte Françoise Romaine (cf. > ici).

« (…) Au reste, Madame, j’ai vu la plus belle chose qu’on puisse imaginer ; c’est un portrait de Madame de Maintenon, fait par Mignard ; elle est habillée en sainte Françoise Romaine : Mignard l’a embellie ; mais c’est sans fadeur, sans incarnat, sans blanc, sans l’air de la jeunesse ; et sans toutes ses perfections, il nous fait voir un visage et une physionomie au-dessus de tout ce que l’on peut dire ; des yeux animés, une grâce parfaite, point d’atours, et avec tout cela aucun portrait ne tient devant celui-là. Mignard en a fait aussi un fort beau du Roi (cf. note 1) ; je vous envoie un madrigal que mademoiselle Bernard (cf. note 2) fit impromptu en voyant ces deux portraits : il a eu beaucoup de succès ici : vous jugerez si nous avons raison (…) ».

Ainsi s’exprime Marie-Angélique de Coulanges (cf. note 2) dans une lettre du 29 octobre 1694 adressée à sa cousine, la marquise de Sévigné qui séjournait à Grignan depuis le mois de mai de cette année 1694 et ne reviendra jamais à Paris puisqu’elle y mourra un peu moins de dix-huit mois plus tard (cf. > ici).
Ce portrait de Madame de Maintenon, nous le connaissons bien et à l’occasion de cette fête de Sainte Françoise Romaine, en cette année du troisième centenaire de la mort de l’épouse secrète du Grand Roi (15 avril 1719), nous aurons plaisir à nous attarder un peu à l’admirer.

Pierre Mignard - Madame de Maintenon représentée en Sainte Françoise Romaine 1694

Madame de Maintenon représentée en Sainte Françoise Romaine
(Pierre Mignard – 1694)

Nous noterons d’abord que ce tableau, daté de 1694, est l’une des dernières œuvres de Pierre Mignard, puisque l’artiste s’éteindra le 30 mai 1695 dans sa quatre-vingt-troisième année. C’est une huile sur toile de 138  cm x 97 cm que l’on peut admirer à Versailles.

En 1694, Françoise d’Aubigné, née le 18 novembre 1635, est donc dans sa cinquante-neuvième année ; son royal époux est dans sa cinquante-sixième année et règne depuis cinquante-et-un ans : ils sont mariés depuis le 9 octobre 1683.

A la suite de l’abominable Princesse Palatine (Madame, épouse de Philippe, duc d’Orléans, frère puiné du Roi), laquelle dans ses lettres multiplie les termes injurieux et grossiers à l’encontre de sa belle-sœur ; à la suite du perfide Saint-Simon, écrivain de talent certes mais très petit par l’esprit, qui la détestait ; à la suite de Voltaire et, dans le sillage de ce dernier, de la majorité des historiens des XIXe et XXe siècles, on a souvent dressé de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, un portrait sombre inspiré par les jalousies et aigreurs d’estomac héréditaires de la branche d’Orléans ainsi que par les rancœurs calomnieuses des prétendus réformés, plus que par la vérité.
Car la vérité n’a rien à voir avec l’idéologie nourrie d’anticatholicisme qui se dresse toutes haines dehors dès que l’on évoque la figure de l’ « épouse secrète » de Louis XIV.
Mais nous aurons l’occasion d’en reparler. Revenons donc au portrait réalisé par Mignard.

Mignard - Madame de Maintenon - détail 1

Madame de Coulanges a écrit : « Mignard l’a embellie ; mais c’est sans fadeur, sans incarnat, sans blanc, sans l’air de la jeunesse ; et sans toutes ses perfections, il nous fait voir un visage et une physionomie au-dessus de tout ce que l’on peut dire ; des yeux animés, une grâce parfaite, point d’atours, et avec tout cela aucun portrait ne tient devant celui-là ».
Autant dire que Mignard n’a, ici, point fait de… mignardises !
Madame de Coulanges écrit pourtant que la marquise se trouve « embellie » sur ce portrait, qu’elle appelle : « la plus belle chose qu’on puisse imaginer ». On doit toutefois penser qu’il demeure fort ressemblant, naturel et criant de vérité, puisque « aucun portrait ne tient devant celui-là » : nous sommes donc bien en face d’un authentique portrait en lequel les contemporains reconnaissent bien la physionomie et l’expression de Madame de Maintenon, sans artifices de maquillage ou de vêture, mais dont on peut dire qu’il sublime sans flagornerie l’aspect de cette femme bientôt sexagénaire en la représentant dans une pose imprégnée de surnaturel.

En effet, l’attitude que Mignard a donnée à Madame de Maintenon se rapporte à une anecdote de la vie de Sainte Françoise Romaine, sa sainte patronne (dont nous avons par ailleurs présenté la biographie succincte > ici), pour laquelle elle nourrissait une fervente dévotion.
Alors qu’elle était encore dans les liens du mariage et se devait aux devoirs imposés par son rang : « Pour son mari, elle le considérait comme son maître, et comme celui qui tenait près d’elle la place de Dieu sur la terre ; elle lui était si soumise et obéissante, que, lors même qu’elle était occupée à la prière ou à quelque pratique de piété, elle laissait tout pour le satisfaire et vaquer aux obligations de son état : ce qui doit faire le principal objet de la dévotion d’une femme engagée dans le mariage. Aussi Dieu fit-il paraître, par une merveille, combien cette obéissance lui était agréable. Notre Sainte, récitant un jour l’office de Notre-Dame, fut tellement pressée de l’interrompre, pour satisfaire à quelque devoir de sa maison, qu’elle quitta par quatre fois un même verset ; mais, l’affaire faite, retournant à sa dévotion, elle trouva le verset écrit en lettres d’or, quoiqu’auparavant il ne fût écrit qu’en caractères communs. Quelque temps après, l’apôtre Saint Paul lui apparaissant en une extase, lui dit que son bon ange avait marqué lui-même ces nouveaux caractères, pour lui faire connaître le mérite de l’obéissance » (in « Vie des Saints » par le Rd Père Giry).

Mignard - Madame de Maintenon - détail 2

Comme on peut mieux s’en rendre compte en isolant, comme ci-dessus, les mains de Madame de Maintenon, on voit que sa main gauche (donc à droite pour nous) tient un livre d’heures, ouvert à la page de l’office de la Très Sainte Vierge Marie, et qu’un verset s’y trouve écrit en caractères dorés.
La main droite posée sur la poitrine est un geste dans lequel on peut voir exprimées en même temps la surprise de la Sainte quand elle constate le miracle, et son humble action de grâces à Dieu d’avoir fait l’objet d’une telle attention divine.

Mignard - Madame de Maintenon - détail 3

Au-delà de la représentation hagiographique, ne peut-on pas voir aussi dans le choix de ce miracle par lequel le Ciel a mis en évidence la soumission aimante de Sainte Françoise à son époux, un discret hommage à l’attitude humble et soumise de la marquise de Maintenon envers son royal époux, qu’elle a aimé passionément mais sans se permettre jamais aucune familiarité, en se tenant toujours dans une attitude de réserve et d’humble service, dans un effacement et une discrétion qui sont les marques d’une haute vertu ?
La citation de la vie de Sainte Françoise Romaine que nous avons faite ci-dessus : « Pour son mari, elle le considérait comme son maître, et comme celui qui tenait près d’elle la place de Dieu sur la terre ; elle lui était si soumise et obéissante, que, lors même qu’elle était occupée à la prière ou à quelque pratique de piété, elle laissait tout pour le satisfaire et vaquer aux obligations de son état : ce qui doit faire le principal objet de la dévotion d’une femme engagée dans le mariage », s’accorde parfaitement à ce que fut Madame de Maintenon dans la rôle qu’elle tint auprès du Grand Roi.
Louis XIV ne s’y trompait pas lorsque, avec une affectueuse taquinerie, dans l’intimité, il surnommait son épouse secrète « Sainte Françoise » !

Un autre détail est significatif, dans le décor particulièrement dépouillé de ce tableau : vous aurez remarqué en effet qu’il n’y a en arrière-plan ni tenture, ni décor lambrissé, juste une halo de lumière surnaturelle qui rayonne dans le coin supérieur gauche ; vous pouvez aussi voir que Sainte Françoise Romaine est assise sur une simple chaise (son siège n’a pas d’accoudoirs), même si l’on aperçoit un coussin sous son séant ; vous constatez aussi que la petite table à laquelle elle est accoudée est recouverte d’un jeté sans ornementation.
En revanche, sur cette table, on peut voir un unique objet : un sablier.

Le sablier est chargé de symboles.
Il figure d’abord, tout naturellement, le temps qui passe dans un inexorable écoulement : en ce sens, il représente la vanité des choses d’ici-bas au regard de l’éternité. C’est une sorte de « memento mori », et ce rappel de la mort constitue un  appel à se mettre en règle avec Dieu avant qu’il ne soit trop tard.
Mais en allant un peu plus loin, les deux parties du sablier, communiquant par un étroit goulot et qui se remplissent l’une l’autre alternativement lorsqu’on le retourne, sont aussi le symbole de la communication entre le ciel et la terre : ce qui a été en haut descend pour remplir ce qui est en bas, puis ce qui est en bas va à son tour remplir ce qui se retrouvera bientôt en haut.
Ne peut-on là aussi voir une discrète évocation du rôle de Madame de Maintenon, dont l’exigeante fidélité à Dieu a ramené le Roi dans l’observance des préceptes divins, puis dont la présence continue à ses côtés en qualité d’épouse a été pour le Grand Roi un constant soutien dans la pratique d’une vie chrétienne exemplaire, et donc une médiation de grâce ? 

Mignard - Madame de Maintenon - détail 4

Autre détail, si l’on peut dire, car il revêt une grande importance : ce sont les vêtements dont est parée cette Sainte Françoise Romaine.
Sa robe n’est point une robe du XVIIe siècle, mais elle évoque bien la coupe des robes de femmes de l’aristocratie romaine au XVe siècle, et son riche tissu de brocart, particulièrement bien rendu par le pinceau de l’artiste, fait bien penser aux tissus italiens du « quatrocento », sans rapport avec ce que les témoins ont rapporté de la manière de se vêtir de Madame de Maintenon.

En revanche, par dessus cette robe, Sainte Françoise Romaine est drapée dans un manteau bleu de France doublé d’hermine, ce qui n’est pas vraiment caractéristique de la sainte, puisque, au Grand Siècle, c’est le symbole évident d’un caractère princier.

On raconte que Mignard fit demander au Roi par sa fille, Madame de Feuguières, s’il pouvait mettre au portrait de Madame de Maintenon un manteau doublé d’hermine.
Or l’on sait que le Roi conserva toujours une certaine forme d’ambigüité sur la manière dont il manifesta – ou cela – la nature exacte de son lien avec la marquise : si tout le monde finit par penser qu’il l’avait épousée, cela ne fut toutefois jamais révélé de manière officielle, bien que le Roi marquât pour elle des attentions et des prévenances révélatrices.
La question de Mignard revenait à demander à Louis XIV : « Madame de Maintenon est-elle bien votre épouse ? » Si donc le Roi répondait : « Oui, vous pouvez mettre à Madame de Maintenon un manteau doublé d’hermine », c’était une façon de dire : « Oui, elle est bien mon épouse et elle a rang de reine ».
Mais cette fois encore le Grand Roi se montra plus rusé que le questionneur et maintint le suspense en faisant porter au peintre cette réponse pleine d’esprit et non exempte d’humour : « Sainte Françoise le mérite bien ! »

Lully.

Mignard - Madame de Maintenon - détail 5

Notes :
1 – Ce portrait « fort beau » du Roi peint par Pierre Mignard dans le même temps que cette « Madame de Maintenon représentée en Sainte Françoise Romaine », est celui de Louis XIV en armure, qui fut alors placé dans la galerie d’Apollon.

2 - « Mademoiselle Bernard » : Catherine Bernard (Rouen 1663 – Paris 1712), poétesse, romancière et dramaturge, est la première femme dont une tragédie entre au répertoire de la Comédie Française. Illustre par son esprit et son talent, elle est aussi entre autre le premier auteur du conte « Riquet à la houppe » qui sera ensuite repris par Charles Perrault. Elle fut plusieurs fois couronnée par l’Académie Française et plusieurs fois récompensée par les Jeux Floraux de Toulouse. Le madrigal dont il est ici question ne figure pas dans le corps de la lettre elle-même et semble avoir été perdu.

3 – Marie-Angélique de Coulanges : Marie-Angélique du Gué de Bagnols, née probablement en 1641, épousa en 1659 Philippe-Emmanuel de Coulanges, cousin germain et grand ami de Madame de Sévigné. Elle fréquente alors les beaux esprits du Marais : Madame de La Fayette, Madame de Richelieu, Madame Scarron, et bien sûr sa cousine Madame de Sévigné avec laquelle elle est liée d’une amitié très forte. Elle conserve l’amitié de Françoise d’Aubigné lorsque celle-ci de « veuve Scarron » devient Marquise de Maintenon. Après 1690, la très brillante et pétillante Madame de Coulanges, dont Saint-Simon dit toutefois qu’elle fut « toujours sage et considérée », c’est-à-dire qu’elle ne fut jamais une coquette dont on put douter de la vertu, devint plus grave, plus austère et plus pieuse. Elle mourut âgée de 82 ans  en 1723 dans son hôtel particulier de la rue des Tournelles à Paris.

Blason d'Aubigné

Blason de la famille d’Aubigné

2019-21. Du quatre-cent-vingt-cinquième anniversaire du Sacre de Sa Majesté le Roi Henri IV.

1594 – 27 février – 2019

Armes de France & Navarre

Ce mercredi 27 février 2019 en fin de matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure SMTC le Roi Louis XX, a publié sur son compte Twitter le message suivant :

Tweett de Louis XX le 27 février 2019

Il y a vingt-cinq ans, le dimanche 27 février 1994, pour l’exact quatrième centenaire de ce Sacre, Monseigneur le Prince Louis (qui avait alors à peine 20 ans) s’était rendu à Chartres où il avait assisté à la Sainte Messe dominicale dans cette cathédrale où le premier Roi Bourbon avait reçu les onctions sacrées.

Mais au fait, savez-vous pourquoi Henri IV fut sacré à Chartres et non à Reims ?

Né le 13 décembre 1553 (cf. > ici et > ici), Henri, fils d’Antoine de Bourbon-Vendôme et de Jeanne d’Albret, fut baptisé dans la religion catholique. La mésentente et séparation de ses parents, lorsque Jeanne d’Albret devint reine de Navarre puis embrassa le protestantisme, fut la cause de plusieurs changements de confession pour le jeune Henri : lorsqu’il succèda à sa mère sur le trône de Navarre (1572), ce petit royaume pyrénéen était entièrement huguenot et le catholicisme en était banni. Nous avons pourtant plusieurs témoignages attestant que Henri de Navarre avait gardé, malgré son protestantisme officiel, une tendre dévotion à la Madone et qu’il portait le scapulaire !

Lorsque le Roi de France Henri III, alors son beau-frère, meurt assassiné par un dominicain fanatique (2 août 1589), il n’a pas de postérité.
Henri III de Navarre est son plus proche parent mâle par ordre de primogéniture, issu d’un mariage catholique (car même si Jeanne d’Albret apostasia ensuite, le mariage avec Antoine de Bourbon était un mariage catholique). Mais Henri de Navarre, quoique baptisé catholique, est alors calviniste : il manque donc une condition pour qu’il soit pleinement dynaste, puisque, selon les Lois fondamentales du Royaume, le Roi ne peut pas être d’une autre religion que la catholique.
Le Roi de France ne peut pas être sacré avec un rituel catholique, au cours d’une liturgie catholique pendant laquelle est célébrée la Sainte Messe catholique, et communier aux Précieux Corps et Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, s’il n’adhère pas à toute la foi catholique !

C’est la raison pour laquelle, derrière la fameuse Ligue et derrière les Guise, un grand nombre de catholiques considèrent que les conditions requises par les Lois fondamentales n’étant pas remplies en la personne d’Henri de Navarre, c’est le plus proche parent du Roi défunt remplissant toutes ces conditions qui est le Roi légitime, en l’occurrence le frère puiné d’Antoine de Bourbon-Vendôme (et donc oncle d’Henri de Navarre) : Charles de Bourbon, cardinal de Vendôme, archevêque de Rouen et primat de Normandie, que le parlement de Paris proclame Roi sous le nom de Charles X.
Malchance pour les ligueurs, leur « roi-cardinal » meurt le 9 mai 1590 ! Et le Royaume de France continue à se déchirer au cours d’une interminable guerre civile.

abjuration à Saint-Denys 25 juillet 1593

La solennelle abjuration de l’hérésie à Saint-Denys le 25 juillet 1593

Le 4 avril 1592, Henri de Navarre annonce son intention d’être instruit dans la foi catholique, et seize mois plus tard, le 25 juillet 1593, en la basilique nécropole royale de Saint-Denys, il abjure solennellement l’hérésie protestante.
Il est absolument certain que la phrase « Paris vaut bien une messe » n’est pas authentique, et même si l’intelligence politique n’est pas absente de cette conversion, il existe de multiples témoignages sérieux attestant dès lors de la profonde sincérité de l’adhésion d’Henri IV à la foi catholique.
La loi de catholicité étant pleinement remplie à la suite de toutes les autres Lois fondamentales, Henri est bien désormais sans conteste possible le Roi légitime de la France.

Henri IV devra toutefois encore affronter pendant de longs mois les ligueurs qui ne veulent le reconnaître. Et justement ce sont eux qui tiennent Reims : impossible de s’y rendre pour le Sacre. Or même si ce dernier ne fait pas le Roi, son importance est déterminante pour reconstituer l’unité du Royaume ; il importe donc de ne pas tarder pour le recevoir.
Les Bourbon-Vendôme ont un lien fort avec la cathédrale de Chartres : au XVème siècle, un ancêtre d’Henri, Louis 1er de Bourbon-Vendôme, a fait édifier, en action de grâces à la suite d’un vœu, une chapelle de style gothique flamboyant sur le bas-côté sud de la cathédrale, dite d’ailleurs « chapelle de Vendôme ».
Ainsi que le dit la chronique, la décision de faire de la cathédrale de Chartres le lieu de son Sacre tient à « la particulière dévotion que ses ancêtres, ducs de Vendômois, comme diocésains et principaux paroissiens, y avaient toujours portée ».
Ajoutons à cela que l’évêque de Chartres Nicolas de Thou est un vrai fidèle : opposé à la Ligue, il avait participé en 1591 à l’assemblée du clergé qui avait déclaré la bulle du pape Grégoire XIV excommuniant Henri de Navarre « nulle, injuste et suggérée par la méchanceté des ennemis de la France ». Il était présent à Saint-Denys pour l’abjuration solennelle du Roi.

sacre d'Henri IV à Chartres 27 février 1594

Sacre de SM le Roi Henri IV à Chartres le 27 février 1594

La sainte ampoule de Reims se trouvant aux mains des ligueurs, pour suppléer à son chrême miraculeux on fit venir une autre sainte ampoule conservée dans l’abbaye de Marmoutier, près de Tours, en laquelle était contenu un baume lui aussi miraculeux apporté du ciel par des anges pour guérir les blessures de Saint Martin.
Nicolas de Thou se hasarda même à affirmer que cette origine miraculeuse, attestée par Saint Sulpice-Sévère, Saint Venance Fortunat, Saint Paulin et le Bienheureux Alcuin, était plus certaine que celle de la sainte ampoule de Reims, dont ni Saint Remi ni Saint Grégoire de Tours n’avaient fait mention (!!!).

Pour ce Sacre du 27 février 1594, on déploya la plus grande pompe possible : la cathédrale avait été parée de façon somptueuse et tous les princes et grands seigneurs qui y assistèrent rivalisèrent de luxe.
Selon le témoignage d’un chroniqueur contemporain, les évêques de Nantes, de Digne, de Maillezais, d’Orléans et d’Angers, y figuraient comme pairs ecclésiastiques, subrogés aux évêques de Laon, de Langres, de Chalons et de Noyon, « les uns desquels étaient absents, ou mal disposés, ou morts ». Quant aux anciens pairs laïques, les ducs de Bourgogne, de Normandie et d’Aquitaine, les comtes de Toulouse, de Flandre et de Champagne, ils furent représentés par trois princes du sang (Conti, Soissons, Montpensier), et par trois ducs (Luxembourg-Piney, Retz et Ventadour). Le maréchal de Matignon remplit les fonctions de connétable. Le chancelier (de Chiverny), le grand maître (comte de Saint-Pol), le grand chambellan (duc de Longueville), et le grand écuyer (duc de Bellegarde), étaient présents.

Le lendemain, Nicolas de Thou remit au Roi, dans la forme accoutumée, le collier de l’ordre du Saint-Esprit.

Henri IV touchant les écrouelles

Henri IV touchant les écrouelles : « Le Roi te touche, Dieu te guérit ».

C’est donc avec une ferveur particulière en ce 27 février que nous avons repris les paroles du si populaire chant « Vive Henri IV » : « Au diable guerres, rancunes et partis ! Comme nos pères, chantons en vrais amis, au choc des verres les roses et les lys ! » Puis tournant notre pensée et notre cœur vers l’aîné de ses descendants, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon : « Chantons l’antienne qu’on chantera dans mille ans : que Dieu maintienne en paix ses descendants ! »

Vivent les Bourbons !
Vive la descendance d’Henri IV !
Vive le Roi Louis XX !

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