Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2020-88. « Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité. »

Dimanche soir 19 juillet 2020,
7ème dimanche après la Pentecôte ;
Mémoire de Saint Vincent de Paul (cf. > ici, > ici et > ici).

A la fin de l’après-midi de ce dimanche, au lendemain même de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un nouveau message relatif à ce dramatique événement.

En voici le texte, dans lequel nous nous permettons de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement forts :

Incendie de la cathédrale de Nantes - 18 juillet 2020

Passée la première stupeur devant un nouveau lieu de culte détruit par les flammes, le temps de la réflexion arrive avec la publication par le diocèse de Nantes des photos du terrible incendie qui vient de frapper la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul.
C’est une vision comme on ne les voit que dans les pays en guerre, comme chez nos chers et si persécutés frères Chrétiens d’Orient.

Ma première pensée se tourne vers les catholiques atteints en leur cœur.
Au-delà des dégâts matériels qui pourront être réparés, c’est surtout toute la vie sacramentelle du diocèse qui est atteinte, désorganisée.
L’Eglise de France n’a pas besoin d’épreuves de ce genre.
Ce nouveau drame arrive à un bien mauvais moment puisque les chrétiens n’étaient pas encore remis du confinement qui leur avait été imposé pour des raisons sanitaires, limitant grandement la pratique religieuse et l’accès au culte.

Avec cette nouvelle épreuve est-ce le temps d’une remise en cause profonde à opérer pour enfin répondre à la phrase si prophétique de Saint Jean Paul II, « France qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ».
Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité.
La France peu à peu n’a-t-elle pas perdu le sens de ses cathédrales, parce que l’histoire a voulu, qu’elles soient les plus belles du monde, en ne les appréciant plus qu’uniquement comme des témoignages culturels ?
En les voyant brûler nous sommes pourtant confrontés à une toute autre réalité. Une cathédrale qui brûle c’est avant tout un chemin vers Dieu, vers l’espérance et vers le salut des hommes qui se brouille.

En cette année johannique cette nouvelle épreuve par le feu est un symbole fort.

Que Saint-Pierre et Saint Paul, fondateurs de l’Eglise, et que Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, soutiennent les catholiques éprouvés et ouvrent les yeux aux Français.

intérieur de la cathédrale de Nantes après l'incendie

Que l’on nous permette quelques mots de commentaires :

Notre Roi légitime montre une fois de plus en ce communiqué à quel point il est conscient de la charge et des responsabilités que la Providence, par le moyen des Lois fondamentales du Royaume, a placées sur ses épaules : il est le « Fils aîné de l’Eglise » et s’exprime en cette qualité.

Le Roi est catholique, et il affirme clairement sa foi catholique.
Le Roi est, selon l’expression consacrée par les siècles, l’ « Evêque du dehors » : cela signifie que s’il n’appartient pas à la hiérarchie consacrée par le sacrement de l’Ordre chargée du gouvernement de l’Eglise, sa mission temporelle de Roi Très Chrétien à la tête du Royaume des Lys est néanmoins ordonnée au salut des âmes de ses sujets.
A ce titre, suivant en cela l’exemple de Saint Louis, son ancêtre et son saint patron, Sa Majesté, au-delà de l’expression de son indignation et de sa souffrance en face des graves dégâts matériels causés à la cathédrale de Nantes, manifeste une fois de plus sa capacité à prendre du recul par rapport à l’émotion du moment, pour nous amener à réfléchir sur les causes profondes, les causes morales et spirituelles, qui favorisent la genèse de semblables drames, non seulement préjudiciables au patrimoine architectural et artistique, mais plus encore dommageables au patrimoine spirituel et à la vie cultuelle et sacramentelle des catholiques.

Voilà pourquoi les appels de notre Roi à « une remise en cause profonde », la mention de la « priorité » de « la conversion sincère des cœurs et des âmes », l’invocation des saints Pierre et Paul et de sainte Jeanne d’Arc afin que leurs prières « ouvrent les yeux des Français », sont ce qu’il nous faut non seulement retenir, mais méditer, approfondir, et par dessus tout concrétiser dans chacune de nos existences afin d’œuvrer efficacement à une authentique restauration royale, qui ne peut passer que par les voies d’une fidélité renouvelée à l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims, ainsi que l’avait rappelé le pape Jean Paul II lors de son premier voyage apostolique en France en juin 1980. 

Notre Roi a témoigné a plusieurs reprises déjà que la question de Jean Paul II, citée ici encore une fois, – « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » - est fondamentale pour lui.
Dans la continuité de son précédent message publié à l’occasion de la fête de Saint Henri (cf. > ici et > ici), Sa Majesté montre à l’évidence que, comme Henri V l’avait exprimé : « Il faut pour que la France soit sauvée que Dieu y entre en Maître, pour que j’y puisse régner en Roi ».

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Tribune du Grand Orgue de la cathédrale de Nantes après l'incendie

2020-87. En quelques phrases concises, Sa Majesté nous a donné une grande leçon politique dont il convient de bien comprendre toute la portée…

Jeudi 16 juillet 2020,
Fête de Notre-Dame du Mont Carmel (cf. > ici).

Henri V comte de Chambord

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (cf. > ici), le communiqué de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Souverain légitime, publié à l’occasion de la fête de Saint Henri est un message d’une portée politique absolument remarquable dont il convient de bien prendre la mesure et de comprendre toute la portée.

Commençons donc, si vous le voulez bien, par relire avec attention ces phrases qui ont trait au Comte de Chambord :
« (…) Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai (…). »

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Soyons donc très attentifs aux mots et recevons ce que nous dit Sa Majesté :

1) Le Comte de Chambord est un prince « méconnu » et sa pensée est « travestie » :

« Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », nous dit notre Roi.
En commençant l’évocation de son prédécesseur, Louis XX ne veut-il pas nous faire comprendre qu’il est temps de cesser une bonne fois pour toutes de rabâcher les poncifs véhiculés au sujet de ce Prince dont l’histoire officielle fait un être borné et rétrograde, et que – c’est bien plus grave, hélas ! – un certain nombre de royalistes rendent responsable de l’échec de la restauration monarchique après l’écroulement du second empire et avant l’installation de la troisième république ?
Pour ces derniers, il eût importé de rétablir institutionnellement la royauté à tout prix, et plus encore à n’importe quel prix, c’est-à-dire en sacrifiant les principes mêmes de la royauté traditionnelle. Mais sacrifier les principes, c’est condamner inéluctablement à mort l’institution monarchique qui repose sur eux !

Bien souvent, ceux qui accablent de reproches le Comte de Chambord en le rendant définitivement coupable de l’échec de la restauration, s’attachent davantage au décorum et aux apparences de la royauté qu’à son essence ; ils seraient prêts à de nombreuses compromissions (en particulier en ce qui concerne le lien intrinsèque et substantiel de la monarchie française avec la Foi catholique et à ce qui en découle, spécialement la morale familiale, économique et sociale) pour sauver les apparences, et s’accommoderaient très facilement d’une forme de gouvernement comparable aux systèmes « couronnés » que l’on trouve aujourd’hui en Belgique, en Hollande, en Espagne… etc.
Ainsi, même s’ils nient de l’être, ces censeurs de l’attitude du Comte de Chambord ne sont en réalité rien moins que des libéraux qui ne font pas grand cas des principes fondamentaux de la royauté traditionnelle.

Par ces quelques mots : « Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », notre Roi légitime nous invite donc à approfondir notre connaissance du véritable Comte de Chambord et nous encourage, de ce fait, à étudier sa pensée, car il y a bien une pensée construite et raisonnée du Comte de Chambord : une pensée qui « apparaît dans toute sa force et son originalité », une pensée qui n’a rien à voir avec les caricatures simplistes qui en sont faites par des ignorants suffisants et satisfaits de leur crasse inculture.

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2) L’attitude du Comte de Chambord fut toute de « courage et abnégation » :

Sa Majesté se propose en quelques mots de nous éclairer sur l’attitude du Comte de Chambord : « Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution »

- « Couronner la révolution », c’est ce qu’ont fait à leur manière les usurpateurs – les deux Buonaparte et Louis-Philippe d’Orléans – et l’histoire nous montre où cela les a conduits…
« Couronner la révolution », c’est ce que voudraient les insensés – combien de fois n’ai-je pas entendu pareille sornette dans la bouche de certains royalistes ! – qui aujourd’hui réclament que le Prince Louis de Bourbon se présente aux élections républicaines pour recueillir une majorité de suffrages et restaurer ensuite la royauté sur la base d’une pseudo-légitimité qui lui viendrait des urnes, consacrant le faux principe – blasphématoire et étranger à la monarchie traditionnelle – selon lequel l’autorité serait une délégation de la « nation » ou une émanation de la « souveraineté populaire » !!!
« Couronner la révolution », ce serait encore accepter une couronne sous laquelle on ne remettrait pas en question la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, ni les lois contraire à la morale catholique (divorce, contraception, avortement, euthanasie, reconnaissance d’unions civiles contraires à la nature rendues équivalentes au mariage…) ni la « séparation de l’Eglise et de l’Etat » …etc.
« Couronner la révolution », c’est ce qu’accepterait sans difficulté le Prince Jean d’Orléans qui, en octobre 2018 dans un entretien accordé à un grand quotidien parisien (cf. note en bas de page), s’affirmait grand admirateur de la constitution de la cinquième république et se verrait bien à la tête de la France avec un type de gouvernement semblable, à la seule différence qu’un roi héréditaire y remplacerait un président élu.
« Couronner la révolution », c’est, cela ressort à l’évidence de la manière dont Sa Majesté énonce les choses, ce que ne veut pas Louis XX.

- Courage : En employant ce mot, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon fait ressortir que c’eût été lâcheté et trahison pour le Comte de Chambord que recevoir la couronne qui lui était due au prix de l’acceptation des faux principes issus de la philosophie du siècle des « lumières », de la révolution et du parlementarisme.

- Abnégation : parce que renonçant à l’exercice du pouvoir plutôt que de trahir les justes principes de ce pouvoir, le Comte de Chambord a en même temps renoncé à être bien vu de ses contemporains, bien vu de l’histoire officielle, et bien vu même d’une partie des légitimistes (ou prétendus tels).
Il a renoncé à une forme de gloire terrestre, et il a renoncé à quantité d’avantages personnels, pour vivre en exil, incompris du plus grand nombre et moqué de beaucoup, plutôt que de trahir sa conscience, plutôt que de trahir la doctrine royale héritée de ses prédécesseurs Hugues Capet, Saint Louis, Henri IV, Louis XIV…  plutôt que de trahir la confiance et l’espérance des authentiques légitimistes, plutôt que de trahir la pureté de l’héritage remis par la divine Providence entre ses mains !

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3) L’attitude du Comte de Chambord est le fait d’une profonde lucidité politique :

« Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » continue Louis XX.
Plusieurs expressions fortes émaillent ces deux phrases magnifiques :
- Parler d’ « un droit dévoyé au profit des majorités changeantes », c’est condamner les lamentables pantomimes électorales avec leurs pitoyables cortèges de flagorneries, de « promesses qui n’engagent que ceux qui y croient », et de mensonges qui tissent les courses aux mandats républicains.
Cette condamnation se fonde sur un droit pérenne, stable, immuable, fondé sur la Vérité.
La juste souveraineté, la juste autorité sont les émanations d’un droit divin, d’un droit objectif, délié (c’est le sens du mot « absolu » : qu’on pense à ce qu’est l’absolution qui délie une âme du joug de ses péchés) des fluctuations humaines qui sont les conséquences des « majorités changeantes », conséquences des troubles des passions, et conséquences du conflit entre les intérêts subjectifs.
- « La restauration de la monarchie traditionnelle » est l’unique moyen d’échapper aux « fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » : constat sans appel, puisque l’histoire même nous démontre par les faits que les idéologies mortifères des XIXe et XXe siècles (capitalisme, marxisme et ses avatars, nazisme, nationalisme, libéralisme… etc.) sont toutes filles de la révolution qui mit à bas la « monarchie traditionnelle ».

Ces paroles de notre Roi sont sans équivoque. En rendant justice à la lucidité du Comte de Chambord, elles nous rappellent qu’il ne faut point faire de concessions ni de compromissions avec la révolution mais que le combat légitimiste n’a qu’un seul but : « la restauration de la monarchie traditionnelle »

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4) L’attitude du Comte de Chambord non seulement n’est pas dépassée mais, avec le temps, elle a gagné en pertinence et en actualité :

« Alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité ».
Monseigneur le Duc d’Anjou affirme sans ambiguïté qu’il y a une solution forte et originale capable d’enrayer le processus de décadence de notre France et d’enfermement des Français dans les liens d’une dictature qui ne dit pas son nom mais s’exerce de manière de plus en plus coercitive : « la pensée de ce roi », la pensée d’Henri V. « Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai. »
Une autorité souveraine indépendante des « majorités changeantes », déliée (absolue) de la tyrannie d’un « droit dévoyé » et des « idéologies qui ne mènent qu’à la mort » peut seule « contribuer au bien commun » sur des principes objectifs découlant de la nature des choses voulue par Dieu.

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5) « L’affaire du drapeau blanc » n’est pas un détail insignifiant lié à une « crispation » engendrée par une excessive étroitesse d’esprit, mais elle est le signe d’une attitude politique éclairée et « nécessaire » que Louis XX justifie pleinement :

« Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité », ajoute encore notre Roi.
Cette phrase est tellement limpide et forte qu’elle se passe de tout commentaire : l’acceptation du drapeau tricolore repose sur l’abandon des principes de la monarchie traditionnelle, ce pourquoi le remplacement du drapeau de la république par le drapeau blanc de la Restauration s’impose aujourd’hui avec encore davantage de nécessité qu’en 1873 !

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Ainsi, par ce message de la Saint-Henri 2020, à l’occasion de la fête patronale de son prédécesseur Henri V en l’année du bicentenaire de sa naissance, Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, se place clairement dans la parfaite continuité de la ligne politique du Comte de Chambord.

Ceux donc qui, tout en affirmant la légitimité dynastique de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et ses droits à la Couronne, critiquent la monarchie capétienne traditionnelle, et voudraient la moderniser, la transformer en royauté constitutionnelle, ou encore conserver le drapeau tricolore – sur lequel par exemple on ajouterait les armes de France au centre -, se trouvent ici totalement désavoués par quelques phrases remarquablement ciselés, puisque leur habile concision est riche d’une portée infinie.

Nous sommes donc dans une profonde gratitude à l’adresse de Sa Majesté pour ce message qui vaut un manifeste politique, qui réjouit les cœurs de tous ceux qui sont investis dans la défense et la promotion de la monarchie traditionnelle et œuvrent à sa pleine restauration, et qui les remplit d’une magnifique espérance, car « la fonction royale (a) pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible ».

Que Dieu bénisse et protège Sa Majesté !

Vive le Roi Louis XX !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
(à la Chapelle expiatoire en janvier 2020)

Note :
« Le Figaro » - 9 octobre 2018 : entretien accordé par le Prince Jean d’Orléans > ici, où l’on peut lire par exemple « Il faut rétablir la Constitution dans la perspective tracée par de Gaulle » ou encore « (…) notre Constitution n’est pas à abolir mais à transformer et à accomplir dans la perspective, inaboutie, que le général de Gaulle avait tracée au cours de son long dialogue avec mon grand-père« .

2020-86. A l’occasion de la fête de Saint Henri, Sa Majesté le Roi Louis XX met en valeur son prédécesseur Henri V et souligne la justesse et l’actualité de son attitude.

15 juillet 2020,
Fête du Saint-Sépulcre de NSJC (cf. > ici),
Commémoraison de Saint Henri, empereur et confesseur ;
Commémoraison de Saint Basile (Vladimir), prince de Kiev, confesseur « égal aux Apôtres ».

St Henri - détail d'un vitrail de l'église Sainte Marie-Madeleine - Gennevilliers

Saint Henri
(détail d’un vitrail de l’église Sainte Marie-Madeleine de Genevilliers)

Lundi 13 juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié, sur les réseaux sociaux, le message suivant, à l’occasion de la fête de Saint Henri (date à laquelle il est fêté dans le calendrier réformé, car dans le calendrier traditionnel sa fête est célébrée au 15 juillet), fête patronale de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine.
Voici le texte de ce message qui va bien au-delà de simples vœux de fête à un enfant : la Saint-Henri n’est finalement ici qu’un prétexte pour délivrer un message d’une portée politique absolument remarquable, sur laquelle nous reviendrons.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les passages de ce texte qui nous paraissent particulièrement importants.

Le 13 juillet, l’Eglise catholique honore Saint Henri.
Au-delà de la pensée et des vœux que la Princesse Marie-Marguerite et moi-même adressons à notre troisième fils, cette fête me ramène au souvenir des rois qui ont porté ce prénom ponctuant l’histoire capétienne depuis le XIème siècle.
Je pense notamment au grand Henri IV, le premier monarque de la branche des Bourbons, mais aussi en cette année qui est celle du bicentenaire de sa naissance, au Comte de Chambord qui aurait dû devenir Henri V.

Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai.

Bonne fête de Saint Henri à tous.

Henri, comte de Chambord de jure Henri V

Henri V, dit « le Comte de Chambord »

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2020-85. Nous avons lu et nous avons aimé « Les Martyres d’Orange », par Alexis Neviaski.

9 juillet,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange ;
Au couvent de Picpus, à Paris, la fête de Notre-Dame de Paix.
palmes
Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
Dans les pages de ce blogue (très précisément > ici), feu le Maître-Chat Lully avait déjà succinctement évoqué les trente-deux religieuses guillotinées à Orange du 6 au 26 juillet 1794 : religieuses appartenant à plusieurs Ordres monastiques, mais pour le plus grand nombre Religieuses du Très Saint-Sacrement (appelées de ce fait « Sacramentines »), et provenant de plusieurs monastères ou couvents du Comtat ou de Provence.
Toutes furent jugées et exécutées à Orange, d’où le nom de « Martyres d’Orange » qui leur est habituellement donné.
Liturgiquement, on parle de la Bienheureuse Madeleine de la Mère de Dieu et de ses trente-et-une compagnes, vierges et martyres.
Cette année 2020 est celle du 95ème anniversaire de leur béatification (qui fut célébrée à Rome le 10 mai 1925), et nous nous réjouissons grandement de ce que, depuis plusieurs mois déjà, leur cause de canonisation a été réactivée par l’archidiocèse d’Avignon.
C’est dans la nouvelle dynamique insufflée à leur culte que les éditons Artège ont publié il y a quelques mois (novembre 2019), un nouvel ouvrage intitulé « Les Martyres d’Orange », que nous avons lu avec le plus grand intérêt et (en particulier parce que d’autres ouvrages plus anciens sont aujourd’hui difficiles à trouver) que nous nous permettons de recommander à nos amis.
Nous émettons seulement une réserve pour la postface, dont la lecture ne présente de toute manière pas grand intérêt, car sa creuse redondance semble vouloir à tout prix et à n’importe quel prix en profiter pour nous refourguer un concile vaticandeux et ses pseudo-prophètes, qui n’ont pas grand’chose à voir avec le très édifiant martyre de ces religieuses qui n’eussent sans aucun doute pas davantage souscrit à « Gaudium et Spes » et à « Dignitatis humanae » qu’elles ne le firent au serment de « liberté-égalité » !
Cela mis à part, le corps de l’ouvrage est un bon résumé de ce que fut la réalité de la révolution et nous fait entrer dans la très belle histoire de ces martyres, racontée dans un style alerte et vivant qui nous les rend extraordinairement proches et attachantes.
Vous trouverez donc ci-dessous, pour achever cette rapide présentation, le texte de la « quatrième de couverture » et une brève notice sur leur auteur que, à plusieurs détails significatifs dans la lecture de cet ouvrage, l’on comprend familier de la pratique de la liturgie latine traditionnelle : la liturgie intensément vécue et aimée des ces moniales exemplaires.
Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud
Quatrième de couverture :
Le rideau s’ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d’être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion Sœur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s’annonce…
Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l’Église, et somment les religieuses d’apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d’Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n’hésite et leur courage édifie jusque sur l’échafaud.
Les 32 martyres d’Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s’ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l’attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.

Les martyres d'Orange - Alexis Neviaski

L’auteur :
Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, « Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant », est paru chez Tallandier en 2015.

2020-79. La consécration individuelle au Sacré-Cœur de Jésus.

Vendredi après l’octave du Saint-Sacrement :
Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral d’un petit feuillet imprimé à Angers en 1914 avec les approbations de S. Exc. Mgr Joseph-Antoine Fabre qui était alors évêque de Marseille, du vicaire général du diocèse d’Angers, et l’imprimatur de S. Exc. Mgr. Jean-Baptiste Penon, évêque de Moulins.
Plus d’un siècle après sa diffusion, ce texte demeure d’une très pertinente actualité… 

Cathédrale de Convington

Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie
(vitrail de la cathédrale de Convington – Etats Unis d’Amérique)

Sacré-Coeur

La Consécration est le premier acte demandé par Notre-Seigneur à la Bienheureuse Marguerite-Marie pour les personnes, les familles et les nations.
Pressé de régner sur les cœurs et sur les peuples qu’Il a reçus de Son Père en héritage, Notre-Seigneur a inspiré à Léon XIII la pensée de consacrer le genre humain au Sacré-Cœur (note : la récitation publique et solennelle de cet acte de consécration est désormais prescrite pour la fête du Christ-Roi – cf. > ici). Mais le grand Acte Pontifical n’aura toute sa portée qu’autant qu’il sera ratifié par la Consécration individuelle ou collective à ce Très Divin Cœur. Que les fidèles de toutes les nations se lèvent donc, qu’ils se consacrent et forment nombreux et résolus, l’armée du Sacré-Cœur.

La franc-maçonnerie règne, Satan en est le chef, ses troupes sont disciplinées et pleinement soumises à son autorité, il édicte les lois et entraîne le nombre.

Le Sacré-Cœur est venu opposer l’amour à la haine, la vérité à l’erreur, vaincre Satan et ses suppôts. C’est sur Lui, a dit Léon XIII, que doivent se fonder toutes les espérances, de Lui qu’il faut solliciter et attendre le salut. Pourquoi n’aurait-Il pas Sa milice, Ses troupes, Ses apôtres ? Ne serait-Il pas obéi, ce Chef invincible ? N’a-t-il pas contre la haine victorieuse des réserves d’amour infini ?

Que demande-t-Il ?

Qu’on se donne à Lui !

Par la Consécration personnelle à Son Sacré-Cœur.

Par une adhésion entière et loyale à Son programme de salut et de conquête.

Tout le reste, Il le fera…

Il n’a besoin ni de la force ni du nombre, Il est la toute puissance, ce qu’Il attend, ce dont Il fait l’enjeu de la victoire,

ce sont les cœurs…

qu’ils se donnent sans réserve, il leur sera rendu sans mesure.

Les Consacrés au Sacré-Cœur s’engageront à célébrer la Fête du Sacré-Cœur de Jésus le Vendredi qui suit l’Octave du Très Saint-Sacrement (jour fixé par Notre-Seigneur Lui-même), et emploieront leur influence à en favoriser la solennisation.

Leur devise sera :

Tout pour le Sacré-Cœur !

Leur mot d’ordre :

Adveniat regnum tuum !

Sacré-Coeur

Acte de Consécration :

O Cœur Sacré, je me donne tout à Vous et Vous consacre mon cœur, mon âme, mon entendement, ma mémoire et ma volonté afin que tout ce que je ferai, dirai, penserai et souffrirai soit pour Votre amour et pour Votre gloire.
Cœur Sacré auquel je veux appartenir et pour qui je veux vivre, enflammez-moi, possédez-moi, transformez-moi en Vous. Faites que toutes mes démarches soient pour Vous servir, mes paroles pour Vous louer, mes pensées pour Vous connaître, les battements de mon cœur pour Vous aimer.
Pour mieux affirmer ce don que je Vous fais de tout mon être, je m’engage à solenniser la Fête de Votre Sacré-Cœur.
O Cœur divin je suis à Vous, soyez aussi éternellement à moi. Je me voue entièrement à Votre service, fortifiez-moi dans ma résolution de ne m’accorder aucun repos avant que soit établi Votre règne dans tous les cœurs.
O Roi d’amour, hâtez l’heure de Votre victoire, triomphez, commandez et régnez.

Ainsi soit-il.

Vu et approuvé
Marseille le 1er Mai 1914
+ Joseph Antoine, Ev. de Marseille.
Imprimatur :
Molinis die 16 mai 1914
+ Joannes Baptista Episc. Molinensis.
Permis d’imprimer :
Angers, le 20 mai 1914
J. Baudriller, vic. génér.

Cathédrale de Convington - détail

2020-76. Dixième anniversaire de Monseigneur le Dauphin et de Monseigneur le Duc de Berry.

Jeudi 28 mai 2020,
Octave de l’Ascension.

Ce jeudi 28 mai 2020, à l’occasion du dixième anniversaire de la naissance de Nos Seigneurs les Princes Louis, duc de Bourgogne et Dauphin de France, et Alphonse, duc de Berry (cf. l’annonce de leur naissance que nous avions faite « in illo tempore » > ici), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux cette photographie de ses deux fils jumeaux avec ce message, court mais rempli d’amour et de fierté paternels.

Nous nous unissons de tout cœur à la joie de cet anniversaire et prions avec ferveur pour que Dieu protège notre famille royale et la comble de grâces.

10ème anniversaire des Princes Louis et Alphonse 28 mai 2020

Nos jeunes princes à l’occasion de leur dixième anniversaire :
à droite, Monseigneur le Dauphin Louis, titré duc de Bourgogne,
et à gauche Monseigneur le Prince Alphonse, titré duc de Berry.

C’est avec beaucoup d’émotion que nos fils Louis et Alphonse atteignent aujourd’hui l’âge de Louis XVII.

Avec Marie-Marguerite, nous leur souhaitons un joyeux anniversaire et les incitons à continuer à être sages, responsables, généreux et gais.

Nous vous aimons et vous souhaitons une belle journée d’anniversaire en ces temps difficiles.

 Louis,
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2020-72. Vous avez dit : « ouverture au monde » ???

Mardi des Rogations 19 mai 2020,
Fête de Saint Yves Hélory de Kermartin, confesseur ;
Mémoire de Saint Pierre Célestin, pape et confesseur ;
Mémoire de Sainte Pudentienne, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Alcuin, abbé et confesseur, conseiller de Saint Charlemagne.

Siège d'une ville au Moyen-Age

Siège d’une ville au Moyen-Age.

Il y a, ce me semble, pour ce qui touche à la Sainte Eglise de Dieu, autant de bon sens, de réalisme et de prudence (humaine et surnaturelle) à parler d’ « ouverture au monde » qu’il y en avait de la part du gouvernement de la république à signer les funestes accords de Munich avec Hitler en septembre 1938.

Alors que la Sainte Ecriture, que toute la Tradition spirituelle de l’Eglise – fondée sur l’enseignements des Saints Apôtres (relire les épîtres de Saint Paul, de Saint Jean et de Saint Jacques par exemple) -, que les exemples des saints et que la doctrine des grands maîtres spirituels, nous enseignent à ne pas nous conformer sur ce monde (cf. Rom. XII, 2a : « Nolite conformari huic saeculo – ne vous conformez point à ce siècle »), est-il seulement envisageable pour un catholique raisonnable, lucide, cohérent avec sa foi, de parler d’« ouverture au monde », de vouloir « s’ouvrir au monde », d’ambitionner (comme s’il s’agissait d’un authentique progrès spirituel) de « s’adapter au monde » ?
Car, concrètement, le solde de ce que l’on nomme « ouverture au monde », ne revient pas à autre chose qu’à accepter des modes de pensée et des comportements qui sont en opposition plus ou moins tranchée avec la Révélation divine, qui est LA Vérité, qui est infaillible, qui est unique, qui est pour tous, et qui s’impose à tous !
C’est ici qu’il convient de rappeler une nouvelle fois cette citation, attribuée (voir note) à notre Bienheureux Père Saint Augustin :

 « A force de tout voir on finit par tout supporter…
A force de tout supporter on finit par tout tolérer…
A force de tout tolérer on finit par tout accepter…
A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »

St Augustin écrivant la Cité de Dieu - Bâle 1515

Saint Augustin écrivant « La Cité de Dieu »

L’authentique enseignement de l’Eglise dans sa grande tradition spirituelle a bien été synthétisé par notre Glorieux Père dans le justement fameux passage de « La Cité de Dieu » : « Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même, celle du ciel. L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le témoignage de sa conscience ; l’une marche la tête levée, toute bouffie d’orgueil, et l’autre dit-à Dieu : « Vous êtes ma gloire, et c’est Vous qui me faites marcher la tête levée » (Ps. III, 4) » (Saint Augustin, in « La Cité de Dieu » Livre XIV, citation plus complète > ici).

C’est également ce qu’a résumé Saint Ignace de Loyola dans la célèbre méditation sur les « Deux étendards » dans ses « Exercices spirituels ».

deux amours ont bâti deux cités

« Deux amours ont bâti deux cités… »

L’esprit de l’Evangile et l’esprit du monde sont incompatibles.
La doctrine du Saint Evangile et les doctrines du monde sont incompatibles.
Les modes de pensée qui président à une vie chrétienne véritable et les modes de pensée qui régissent le monde sont incompatibles.
Une vie réussie selon les critères divins de l’Evangile et une vie réussie selon les critères humains de ce monde ne sont pas du tout compatibles : elles ont pu l’être lorsque la société terrestre était la Chrétienté ; elles ne le sont plus aujourd’hui que les principes qui régissent la société et son organisation se revendiquent – sous le prétexte mensonger de la neutralité – affranchis de la loi divine, affranchis de l’idée même de Dieu.

Plus que jamais, depuis que notre société prétendument laïque s’est donné des fondements qui sont en une radicale opposition avec les principes de la Révélation et de la Sainte Eglise (c’est-à-dire depuis la blasphématoire proclamation des « droits de l’homme et du citoyen » du 26 août 1789), il est impossible d’établir une conciliation de l’esprit du monde et de l’esprit de l’Evangile.

Il n’existe que deux possibilités :
1) la conversion profonde et radicale du monde, qui est ce que la Tradition de l’Eglise préconise depuis le jour où notre divin Maître, montant aux Cieux, lui a ordonné : « Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; leur apprenant à garder Mes commandements » (Matth. XXVIII, 19), et : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira se sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc XVI, 15-16).
2) l’abandon des préceptes énoncés ci-dessus, au nom de l’acceptation de toutes les opinions et de toutes les religions (ou non-religions) mises sur un pied d’égalité : ce qui constitue de fait le refus de travailler à la conversion de tous les hommes et de toutes les sociétés, et constitue donc également une désobéissance à l’ordre explicitement donné par Notre-Seigneur.

Convertir le monde ou apostasier soi-même en pactisant avec le monde et ses doctrines, il n’existe en définitive pas d’autre alternative.

siège d'une cité

Depuis plus d’un demi-siècle, il ne s’est pas manqué d’ecclésiastiques pour déclarer, à grand renfort de slogans aux accents pacifiques et humanistes, qu’il fallait cesser de concevoir l’Eglise comme une forteresse assiégée.
Ils ont bénéficié d’une large audience ; mais il n’étaient rien d’autre que des faux prophètes : l
es faux prophètes de « l’ouverture au monde » ; les faux prophètes d’une « paix universelle » et d’une « fraternité universelle » établies sur un détournement des maximes du Saint Evangile récupérées par les Loges…

Parler « d’ouverture au monde » pour la Sainte Eglise catholique revient exactement à la même chose que si, dans un pays, on prônait le désarmement et la totale ouverture des frontières au moment même où le pays voisin, dirigé par des chefs animés d’intentions expansionnistes belliqueuses, serait en train de sur-entraîner et de sur-armer ses troupes !
Les clercs qui – jusqu’au plus haut de la hiérarchie – ont prêché de telles stupidités devraient être, comme cela doit être fait pour les officiers qui ont manqué à leurs devoirs, qui ont œuvré pour la défaite, qui ont trahi et qui ont travaillé pour l’ennemi, traduits devant une cour martiale et fusillés… et non pas canonisés !!!
Il ne peut en effet y avoir d’indulgence ou de miséricorde pour des traîtres lorsqu’ils sont impénitents.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Prise d'une ville

Note à propos de la citation attribuée à Saint Augustin : cette célèbre citation est toujours donnée comme étant de Saint Augustin sans qu’il soit jamais indiqué d’où elle est tirée. Si quelqu’un de nos lecteurs le savait et nous le pouvait préciser, il nous obligerait grandement.

2020-68. Nous avons écouté et nous avons aimé : les « Te Deum » qui furent interprétés pour célébrer la victoire de Fontenoy.

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne et confesseur, instituteur des Rogations ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (11 mai 1745).

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En octobre 1740, la mort de l’empereur Charles VI du Saint-Empire sans héritier mâle entraîne la guerre de succession d’Autriche. La France, d’abord simple soutien militaire dans la coalition anti-autrichienne, va bientôt devenir un belligérant à part entière, puis la clef de voûte de cette coalition. Pris dans l’engrenage de la guerre, Louis XV ne désire qu’une seule chose : en sortir ! Mais la paix ne peut être proposée qu’en position de force : il veut donc frapper un grand coup dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et décide de s’emparer de Tournai, bastion de la barrière des Flandres. Il confie le commandement des troupes au Maréchal Maurice de Saxe, qui s’est déjà brillamment illustré dans cette guerre, et se rend en personne sur le front, accompagné par le Dauphin (qui paraît pour la première fois sur un champ de bataille).
Le 11 mai 1745, dans la plaine de Fontenoy, les troupes françaises subissent un assaut féroce des troupes anglo-austro-hanovriennes, qui peu après midi, semblent l’emporter ; mais dans un sursaut héroïque, l’armée française transforme une défaite quasi-assurée en une victoire éclatante, provoquant la retraite anglaise : le Royaume des Lys vient de remporter la plus grande bataille du XVIIIème siècle, la dernière grande victoire terrestre de l’Ancien Régime.

Horace Vernet - Louis XV à Fontenoy - château de Versailles

Le Maréchal de Saxe présentant à Louis XV et au Dauphin les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi
à l’issue de la victoire de Fontenoy, le 11 mai 1745
(Horace Vernet – 1828 -  « galerie des batailles », au château de Versailles)

La nouvelle parvint rapidement à Versailles et dès le lendemain, 12 mai, un Te Deum fut chanté à la Chapelle Royale. Mais le grand hymne d’action de grâces à Dieu pour la victoire du Roi fut l’occasion de ce que l’on a appelé « la querelle des Te Deum« .

Le Surintendant le la Musique de la Chambre du Roi était, depuis 1719, François Colin de Blamont (1690-1760) et, se prévalant d’un usage ancien selon lequel en cette occurrence la direction du Te Deum à la Chapelle Royale lui revenait à lui et non aux Sous-Maîtres de la Chapelle, il se rendit en hâte à la chapelle. Mais Esprit Joseph Antoine Blanchard (1696-1770), l’un des Sous-Maîtres de la Chapelle, l’avait devancé, avait déjà distribué aux musiciens et chanteurs les partitions d’un « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » qu’il avait composé l’année précédente, et lança la musique sitôt que la Reine prit place, sans laisser à Colin de Blamont le temps d’intervenir.

L’affaire remonta jusqu’au front, et le duc de Richelieu, au nom du Roi, écrivit à Blanchard pour blâmer sa conduite. Aussi, quelques jours plus tard, ce fut le Te Deum de Colin de Blamont qui fut interprété à la Chapelle Royale pendant la Messe du Roi (qui était donc absent) pour célébrer la victoire de Tournai, tandis qu’à la Messe de la Reine, qui le soutenait, était redonné le Te Deum de Blanchard, lequel, depuis, reste souvent nommé « Te Deum de Fontenoy » !

La Guerre des Te Deum - CD

Dans un concert enregistré à la Chapelle Royale du château de Versailles le 30 juin 2018, l’ensemble Stradivaria, dirigé par Daniel Cuiller, et le Chœur Marguerite Louise ont interprété ces deux Te Deum concurrents pour célébrer la victoire de Fontenoy.
C’est un CD de la collection « Château de Versailles – spectacles » que nous avons fort prisé…
Nous espérons que, dans leur éternité, Blanchard et Colin de Blamont sont aujourd’hui réconciliés (!!!) et nous, ici-bas, sommes heureux d’élever notre âme à Dieu dans la louange et l’action de grâces en écoutant ces deux œuvres qui ne sont pas antagonistes dans notre cœur et notre prière…

Les deux Te Deum peuvent être également écoutés sur un site de vidéos à la demande très connu.
Vous pouvez donc entendre ici le « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » d’Esprit-Antoine Blanchard > ici
Et le Te Deum de François Colin de Blamont > ici

 » Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique « , a dit Platon.
En glosant sur cette réflexion du philosophe, et pour contrer les images calomnieuses que l’histoire républicaine a colportées et largement répandues, je veux simplement conclure en disant que si l’on veut en vérité connaître nos Rois, il faut écouter la musique sur laquelle ils priaient et faisaient prier le Dieu des Victoires au cœur de leur palais.  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Maurice Quentin de La Tour - Louis XV en armure

Louis XV en armure (Maurice Quentin de La Tour – 1748)

frise lys

2020-67. Message de Sa Majesté à l’occasion de la fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 10 mai 2020,
Fête nationale de Jeanne d’Arc ;
Solennité liturgique de Sainte Jeanne d’Arc (cf. > ici) ;
Anniversaire du martyre de Madame Elisabeth de France (cf. > ici).

Ce dimanche 10 mai au matin, deuxième dimanche du mois de mai, à l’occasion de la fête nationale et solennité liturgique de Sainte d’Arc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo sur laquelle il a enregistré un message à l’adresse de tous les Français.
Vous trouverez ci-dessous le texte de ce message et le lien vers cette enregistrement.

Vitrail Sainte Jeanne d'Arc - église Saint-Georges de Néris-les-Bains

Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu,
la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières

Chers Français,

Aujourd’hui, alors que nous commémorons le centenaire de sa canonisation, comme beaucoup de Français, je veux rendre hommage à Jeanne d’Arc. Elle est une des héroïnes les plus authentiques de l’histoire de France, puisqu’elle associe à sa sainteté, l’affirmation de ce qui représente le mieux le devenir d’un peuple, sa volonté de liberté et du bien commun.

Dès lors, on comprend l’identification de tous les Français, à la patronne extraordinaire de la France. Jeanne d’Arc, la Pucelle, apparaît à un moment crucial pour notre patrie.

Cette époque présente de nombreuses similitudes avec la nôtre : la France et les Français semblaient avoir perdu une grande partie de leur espoir, se sentant dépassés par les forces supérieures et diffuses qui leur inoculent l’incertitude de l’avenir, s’installant le doute puis le renoncement.

Heureusement, la fille aînée de l’Eglise n’est pas seule. La Providence s’est manifestée avec une force inhabituelle au cours de l´histoire de notre nation, depuis le baptême et le couronnement de Clovis, la sainteté de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volonté de Louis XIII de consacrer la France à Notre-Dame de l’Assomption.

Avec Jeanne d’Arc, le destin élira une personne humble, pour que la France puisse tenir ses promesses de fidélité. Une paysanne, sans expérience militaire ou politique, pour réaliser un double exploit inexplicable : chasser les ennemis du royaume en redonnant à tous les Français la dignité perdue et la foi.

À l’heure dramatique actuelle, certains souhaitent que cet anniversaire passe inaperçu, mais la France, toujours fidèle à ses traditions et, les Français voulant retrouver confiance dans leur avenir, ne peuvent manquer d’exprimer leur attachement à la Sainte. Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu, la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières.

Comme elle disait : « les hommes combattent et Dieu seul, donne la victoire », voilà le plus grand héritage et la référence sans équivoque de notre histoire, nécessaire pour construire l’avenir.

Vive Sainte Jeanne d´Arc, vive les Français, vive la France.

 Louis,
Duc d’Anjou.

Pour visionner l’enregistrement vidéo de ce message :
Faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »

Image de prévisualisation YouTube

grandes armes de France

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