Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2016-78. Ce qui blesse l’essence humaine ne peut pas servir le progrès humain (Gustave Thibon).

25 octobre,
Anniversaire de la victoire de Charles Martel à Poitiers (25 octobre 732).

fleur de lys

Voici encore quelques extraits du précieux chapitre de « Diagnostics » intitulé « Biologie des révolutions » publié par Gustave Thibon en 1942.
La pertinence et la profondeur de l’analyse de la genèse de l’esprit révolutionnaire sont aussi implaccables qu’elles sont lumineuses. Je l’écrivais déjà lors de la publication du précédent extrait (cf. > ici) mais j’insiste encore sur ce point : ces lignes véritablement prophétiques de Thibon éclairent d’une manière unique le présent de la société civile et religieuse, car elles mettent à nu les principes et les ressorts qui sont aux origines de notre actualité.

Caspar David Friedrich l'abbaye dans une forêt de chênes

Gaspard David Friedrich : l’abbaye dans une forêt de chênes (1809-1810)

Ce qui blesse l’essence humaine ne peut pas servir le progrès humain :

« On me reprochera peut-être de chercher trop bas dans l’homme les mobiles des révolutions et de ne pas assez tenir compte de l’idéalisme révolutionnaire. Quelles que soient la puissance et les capacités de métamorphose et de sublimation d’un sentiment comme l’envie (il y a un idéalisme et héroïsme de l’envieux), je ne prétends pas que cette passion entre seule en jeu dans la genèse psychologique des révolutions. L’esprit révolutionnaire est un complexe.  
(…) Quoi qu’il en soit, chacun m’accordera que tout vrai révolutionnaire est un homme que travaille l’impatience de détruire. Cet impératif : « Il faut tout changer ! » n’est pas devenu par hasard un slogan démocratique.
Le révolutionnaire croit à la possibilité d’une refonte de tout. « Détruisons tout cet édifice social impur, clame sa foi, dussions-nous, pour reconstruire, partir du néant ! »
- Hélas ! Dieu seul peut repartir du néant. Et Il ne le fait pas. Il préfère repartir chaque jour de la médiocrité et du mal humains. Nul n’est plus que Dieu lent à détruire ; Dieu se penche pour les sauver sur les moindres reliquats d’être et de vérité qui subsistent sous les scandales et les routines, ses mains sont avares du feu du ciel. Il est une chose à laquelle les chrétiens ne réfléchiront peut-être jamais assez ; un Dieu tout-puissant, créateur d’un monde si impur, n’a jamais détruit ni recréé ce monde !
Mais les hommes impuissants ne redoutent pas de détruire. La parabole de l’ivraie et du bon grain n’est jamais rentrée dans des oreilles révolutionnaires. Les moindres tares de l’autorité et de l’ordre sont, pour certains amants de l’humanité, prétexte à désirer un bouleversement universel. Il est amèrement instructif de les observer : au nom d’un scandale à supprimer, d’une injustice à réparer, ils n’hésitent pas à trancher les racines millénaires de la vie sociale ; ils provoquent un cancer pour guérir une égratignure ! A les voir s’agiter ainsi à rebrousse-nature, on se demande si leur prétention de tout reconstruire n’est pas simplement le voile et le passeport de je ne sais quelle volupté d’anéantir, d’une sorte de haine orgueilleuse et lâche de la condition humaine ?
Quand la mort a besoin d’un pseudonyme, elle choisit le mot de justice : la manière spécifiquement révolutionnaire de réaliser la justice, c’est de faire le vide dans les deux plateaux de la balance.
- Lorsque M. Georges Bernanos se console de la catastrophe espagnole en faisant observer que la nature, à mesure que s’élève chaque génération, détruit la génération précédente au lieu de la reformer, cette assimilation de la destruction humaine à la destruction cosmique nous cause quelque anxiété. Des démons habitent l’homme, qui n’habitent pas la nature. Il faut n’avoir jamais senti ce que l’homme porte en lui de malice et de folie pour comparer les bouleversements sociaux aux cycles biologiques. Ce que la nature tue est digne de mourir ; la mort chez elle est réglée par les exigences de la vie. Mais, dans les grandes crises humaines, la soif de détruire acquiert une espèce d’autonomie infernale et se dégage de toute autre finalité ; elle balaie simultanément ce qui est caduc et ce qui est sain ; la mort demande sa proie, non plus en tant que servante de la vie, mais en tant que reine du monde !
- Et puis, si les « révolutions » naturelles anéantissent les individus, elles respectent les espèces et laissent intactes les nécessités éternelles de la vie, tandis que les révolutions humaines s’attaquent surtout, à travers les personnes et les événements éphémères, aux fondements essentiels de l’existence et de l’ordre : plus que sur des êtres vivants, c’est sur la vie qu’elles s’acharnent ; derrière les hommes, elles mordent dans la nature de l’humanité. La destruction cosmique c’est, dans un fleuve, une vague qui pousse l’autre ; la destruction humaine, c’est l’empoisonnement de la source. La nature nie le passé pour assurer l’avenir ; elle sème les ruines comme un engrais. Mais la destruction révolutionnaire, en croyant nier le passé, nie en réalité la misère, les besoins éternels de l’homme. Et, par là, sa guerre conte le passé, au lieu de nourrir l’avenir, l’empoisonne. Ce qui blesse l’essence humaine ne peut pas servir le progrès humain… »

Gustave Thibon,
in « Diagnostics » (éd. de 1942 pp. 113-116)

A suivre…

Gaspard-David Friedrich détail

L’abbaye dans une forêt de chênes – détail.

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 25 octobre, 2016 |1 Commentaire »

2016-77. La corruption des dirigeants intensifie et fait exploser la haine et l’envie du peuple, elle ne les crée pas de toutes pièces (Gustave Thibon).

21 octobre,
Fête de Saint Ursule et de ses compagnes, vierges et martyres ;
Mémoire de Saint Hilarion de Gaza, abbé ;
A Laon, fête de Sainte Céline, mère de Saint Remi ;
Dans l’empire d’Autriche et le royaume de Hongrie, fête du Bienheureux Charles de Habsbourg.

Poursuivons notre lecture (cf. les publications précédentes > ici et > ici) du chapître « Biologie des révolutions » publié par Gustave Thibon en 1942 dans « Diagnostics ».
La méditation de ces lignes, profondes et pénétrantes « comme un glaive à double tranchant » (cf. Heb. IV, 12), peut éclairer de sa fulgurance la compréhension de ce qui se passe aujourd’hui, sous nos yeux, non seulement dans la société civile mais aussi dans la Sainte Eglise, nous aidant à « discerner les pensées et les intentions du coeur » (ibid.)…

Mattia Bortoloni construction de la tour de Babel

Construction de la tour de Babel
Mattia Bortoloni, fresque de la Villa Cornaro à Piombiono Dese (1717-1718).

La corruption des dirigeants intensifie et fait exploser la haine et l’envie du peuple,
elle ne les crée pas de toutes pièces.

« L’histoire montre assez que les révolutions sont toujours précédées et conditionées par une carence, une « démission » marquées des élites dirigeantes. Le mal part d’en haut et contamine le peuple. On a déjà beaucoup souligné ce point de vue. A mon gré, il est juste mais insuffisant.
Il n’est pas vrai que la responsabilité première des révolutions remonte tout entière aux « péchés » de l’élite. Même sous les gouvernements les plus sains, il existe, dans l’âme des masses, une espèce de mentalité révolutionnaire latente. Il s’agit là d’un simple cas particulier de la grande loi qui veut que la matière résiste à la forme, l’inférieur au supérieur. Comme les sens, même chez l’homme le plus sain, conservent toujours un minimum d’indiscipline et d’excentricité à l’égard du gouvernement de l’esprit, de même il existe, à l’intérieur du corps social, une certaine opposition naturelle des masses à l’autorité. Et cette tension, d’ordre en quelque sorte métaphysique, se trouve aggravée et envenimée par la malice humaine. La corruption des dirigeants intensifie et fait exploser la haine et l’envie du peuple, elle ne les crée pas de toutes pièces ! Prétendre – conformément à la démolâtrie moderne – que les catastrophes sociales procèdent uniquement des fautes de l’autorité, que tout le mal vient d’en haut, c’est proclamer implicitement que tout ce qui est en bas est pur par essence, qu’il suffit d’être en bas pour être pur. Comme si les masses ne portaient en elles aucun désordre et ne pouvaient recevoir le mal que d’en haut ! Comme si l’autorité la plus saine ne devait pas, elle aussi, compter avec la révolte et l’envie ! Sans doute, le pharisaïsme du chef fouette la révolte du subordonné. Mais, à regarder de plus près, on constate qu’au fond le révolutionnaire a terriblement besoin du pharisien. Il est si heureux de trouver dans la corruption pharisaïque un prétexte pour poursuivre et blesser à mort une beauté et une grandeur qu’il envie sans les comprendre.
En réalité, le mal vient simultanément d’en haut et d’en bas, des chefs et du peuple. Les fils d’Adam ont ce triste privilège commun d’être cause première dans le mal. Je crois cependant à une responsabilité plus lourde des élites. Je m’explique. Si, dans toute unité, toute synthèse (biologique ou sociale), l’inférieur résiste dans une certaine mesure au supérieur, il est aussi foncièrement attiré par celui-ci. Ainsi pour le peuple : quelle que soit sa situation vis-à-vis de l’élite, il reste toujours soumis à son attraction. Si l’élite est saine, ce magnétisme qu’elle exerce sur le peuple corrige et surmonte dans l’ensemble les tendances anarchiques de ce dernier, et l’équilibre social subsiste. Mais si l’autorité est pourrie, la séduction qui émane d’elle gâte le peuple et, ce faisant, stimule en lui l’instinct anarchique, car toute corruption est, par nature, une révolte contre l’harmonie et l’unité. Alors, on assiste à ce monstrueux paradoxe, qui est comme le noeud psychologique des révolutions : l’influence du supérieur sur l’inférieur tournant à la ruine du tout ; on se trouve en face de peuples révoltés contre le pouvoir de leurs maîtres, mais envieux de leur corruption, et qui, ouverts à toutes les maladies de l’autorité, repoussent la nature de l’autorité. »

Gustave Thibon,
in « Diagnostics » (éd. de 1942, pp. 111-113).

Babel détail Mattia Bortoloni

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 21 octobre, 2016 |1 Commentaire »

2016-76. Dans une révolution, ce n’est pas la vertu qui se venge, c’est le vice qui essaime (G. Thibon).

Jeudi 20 octobre 2016,
Fête de Saint Jean de Kenty,
Au couvent de la Trinité des Monts, à Rome, la fête de « Mater admirabilis » (cf. > ici et ici
).

Voici la suite des très pertinentes et judicieuses réflexions (cf. la première partie > ici) de Gustave Thibon dans le chapitre « Biologie des révolutions » de son ouvrage « Diagnostics » (Librairie de Médicis – 1942).

Tintoret le meurtre d'abel - Académie Venise

Le Tintoret : « le meurtre d’Abel » (1551-52 – Venise, gallerie de l’Académie)

Dans une révolution, ce n’est pas la vertu qui se venge,
c’est le vice qui essaime.

« La fonction normale des révolutions (j’allais dire leur fonction idéale, car, ici-bas, ce qui est réel n’est presque jamais normal !) consiste donc à purger et à assainir un ordre politique plus ou moins caduc et corrompu. Mais leurs résultats concrets et pratiques trahissent misérablement cette finalité supérieure. Il est historiquement acquis que les crises révolutionnaires (lesquelles devraient, en soi, provoquer dans la Cité une réaction salutaire, point de départ d’une nouvelle harmonie) finissent généralement très mal et cèdent la place en mourant à un régime plus impur que le régime qu’elles ont tué (…).
La fièvre révolutionnaire peut conduire à une santé plus parfaite. Mais à condition d’en guérir, – et d’en guérir complètement ! Or, les sociétés actuelles guérissent mal des révolutions : après la crise d’anarchie aiguë et le retour à une santé apparente, elles demeurent imprégnées du virus révolutionnaire ; l’infection s’installe en elle à l’état chronique et leur dernier état est pire que le premier. Ainsi pour la Révolution française. De Maistre voyait en elle avec raison un châtiment purificateur infligé par Dieu à des pouvoirs légitimes, mais dégénérés et pervertis. La crise passée, l’ancien régime devait se réveiller, rajeuni et fortifié. Seulement, cette saine ordination du mal a fait long feu. Après cent cinquante ans [note 1], les miasmes de 1789 continuent à corrompre le monde : la crise, grosse d’une résurrection, n’a enfanté que plus de marasme…
Cet avortement, au fond, n’a rien que de très logique. Les fruits des révolutions n’étonnent pas celui qui connaît la racine des révolutions. Voici un régime politique sain dans ses principes, mais corrompu dans ses représentants au pouvoir. En vertu même de la séparation des castes et de la rigueur de l’ordre établi, cette corruption reste en grande partie localisée dans les classes dirigeantes : elle est pour le peuple une source d’oppression plutôt que d’infection. Une révolution semble nécessaire pour assainir le régime. Fort bien. Mais ne raisonnons pas dans l’éther. Quelle fibre secrète les meneurs révolutionnaires devront-ils toucher et exploiter dans la conscience des peuples pour déclencher leur révolte destructrice ? La haine généreuse de la pourriture des gouvernants, la soif de la sainte justice sociale ? Allons donc ! Les hommes capables de détruire avec pureté sont rares comme le diamant.
L’éternel levain des révolutions, c’est la soif, chez l’opprimé, de partager la corruption de l’oppresseur, de goûter à ce fruit véreux que son envie et son ignorance nimbent de délices.
La qualité des mobiles révolutionnaires se reconnaît d’ailleurs aux résultats des révolutions (a fructibus eorum… [note 2]) : celles-ci ne réussissent qu’à propager dans l’ensemble du corps social, qu’à généraliser une corruption primitivement limitée en haut par les solides cloisons de la hiérarchie et de la discipline.
Amour, justice, vertu, – ces grandes choses n’existent pas ici dans leur densité, leur profondeur et leur réalisme ; elles servent surtout de pavillon et de masque. Dans une révolution, ce n’est pas la vertu qui se venge, c’est le vice qui essaime. Le résultat le plus clair de ces « colères sacrées des peuples », c’est la multiplication des convives au festin de la corruption. »

Gustave Thibon,
in « Diagnostics » (éd. de 1942 pp. 109-111).

à suivre > ici

[Note 1] : Il faut se souvenir que ces lignes ont été publiées en 1942.
[Note 2] : « A fructibus eorum cognoscetis eos » = Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ; règle de discernement donnée par Notre-Seigneur Jésus-Christ en Matth. VII, 16.

La nuit du 4 août ou le délire patriotique

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 20 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

2016-75. La révolution, une maladie infectieuse (Gustave Thibon).

Mercredi 19 octobre 2016,
Fête de Saint Pierre d’Alcantara,
Mémoire de Saint Théofrède,
Mémoire de la Bienheureuse Agnès de Langeac (cf. > ici).

Eglise St-Etienne Bar-le-Duc - transi de René de Chalon Prince d'Orange

Eugène Delacroix : « la liberté guidant le peuple »

La révolution, une maladie infectieuse…

« On ne saurait mieux définir une révolution qu’en la comparant à une maladie infectieuse. Jacques Bainville a dit quelque part que le peuple français en commémorant la prise de la Bastille, ressemblait à un homme qui fêterait l’anniversaire du jour où il aurait pris la fièvre typhoïde.
La fièvre typhoïde, en soi, est un mal. Mais il advient qu’elle « purge » et rénove un organisme et prélude à une phase de santé plus pure et plus riche. Ainsi des révolutions : leur existence ne peut se justifier que par les réactions salutaires qu’elles provoquent parfois dans une organisation sociale qui les précède, qui les supporte et qui leur survit. Si les révolutions « font du bien », ce bien présupose l’ordre et la tradition qu’elles bouleversent : il se réalise dans cet ordre ancien, à la fois rétabli et rajeuni, c’est-à-dire après la convulsion révolutionnaire, laquelle, considérée isolément, reste un mal. C’est dire qu’une révolution ne porte des fruits positifs qu’en mourant – qu’en cédant la place au vieil équilibre qu’elle est venue rompre – tout comme une fièvre dont les effets purifiants ne se font sentir qu’après la mort de l’infection et le retour de l’organisme à son rythme normal. L’expression « bienfaits d’une révolution » implique à la fois la mort de cette révolution et la survie (au moins dans ce qu’il a de conforme aux exigences essentielles de la nature humaine) de l’état social que cette révolution a voulu tuer.
Il est au contraire inhérent à un certain messianisme moderne de croire en la primauté, en l’autosuffisance, en la bonté absolue de l’esprit révolutionnaire. Le pur homme de gauche est tout prêt à chercher les bases d’une politique durable et constructive dans des idéologies qui sont, par essence, destructives et dont l’influence doit, sous peine de mort, rester strictement transitoire. L’idolâtrie révolutionnaire consiste à vouloir éterniser, comme conforme au bien suprême de l’homme, un état de crise qui ne peut se justifier que par un prompt retour de l’organisme social à son mode naturel de nutrition et d’échanges.
La preuve est faite par les plus ruineuses expériences que les mythes qui président à la marche des révolutions (lutte et suppression des classes, dictature du prolétariat, etc.) ne possèdent aucune force organisatrice, aucune vertu positive. Si ces utopies, dévorantes par elles-mêmes, portent parfois accidentellement de bons fruits, c’est en luttant et en mourant au service de leurs contraires, au service des vérités qu’elles nient : une inégalité mieux comprise entre les hommes, le gouvernement d’une élite régénérée, etc. – Ainsi, la Révolution française, voire la Révolution russe, pourront être appelées fécondes le jour où toutes les toxines qu’elles ont introduites dans l’économie sociale auront été éliminées et où l’esprit élargi et purifié de « l’ancien régime » aura succédé aux séquelles épuisantes de ces fièvres.
Comme toute erreur, toute aberration, – comme le mal en général, une poussée révolutionnaire, un bond à l’extrême gauche peuvent avoir une vertu purgative. Mais non nutritive. Le vrai révolutionnaire, celui qui croit en la valeur constructive et conservatrice de l’idéal égalitaire et démagogique et qui veut fonder un ordre stable sur cet idéal, ressemble à un médecin qui rêverait d’assurer la santé de ses clients en les nourrissant uniquement – de purgatifs !
L’idéal de la « révolution permanente » prêché par Lénine et les premiers bolchéviks est parfaitement conforme à cette folie : suprême extrait de l’illusion démocratique, il implique la poursuite contradictoire d’un ordre qui, loin de succéder au désordre, en serait la consolidation et l’épanouissement. Renié par Staline et encensé par Gide, le mythe russe de la révolution permanente est le digne prolongement du mythe français des « immortels principes ». L’un et l’autre reposent sur la confusion de la fièvre et de la santé, et demandent à une maladie, camouflée en essence, de fournir les normes immuables, le fondement naturel de la vie de la Cité. »

Gustave Thibon,
in « Diagnostics » (éd. de 1942, pp. 106-109).

à suivre > ici

Transi de René de Chalon, Prince d'Orange - Bar-le-Duc

Nous prions nos aimables lecteurs de nous pardonner une erreur tout à fait involontaire :
l’oeuvre présentée en haut de cette page et ci-dessus de manière plus détaillée,
est en réalité le « transi » de René de Chalons, Prince d’Orange,
oeuvre de Ligier Richier (vers 1545-1547),
dans l’église Saint-Etienne de Bar-le-Duc :
l’extrême parenté avec le tableau de Delacroix suffit à expliquer notre méprise,
absolument involontaire, j’insiste pour le redire…

pattes de chatLully.

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 19 octobre, 2016 |2 Commentaires »

2016-74. Le massacre de la Glacière, en Avignon.

17 octobre,
fête de Sainte Marguerite-Marie.

A la journée de recueillement qu’est tout 16 octobre, dans la pieuse mémoire de notre Souveraine martyrisée (cf. > ici, ou ici, ou encore ici et ici), succède aussitôt une autre journée de commémoraison de victimes de la satanique révolution : c’est en effet dans la terrible journée du 17 octobre 1791 que fut perpétré le massacre de la Glacière, en Avignon. En ce 17 octobre 2016, nous sommes donc à l’exact 225e anniversaire de l’horrible événement, qui a reçu son nom de l’une des tours du Palais des Papes : la tour de la Glacière (originellement tour des latrines), accolée à la tour de Trouillas, qui avait été aménagée en glacière au temps des vice-légats.

Tour de la Glacière sur le plan du palais des papes

Emplacement de la tour de la Glacière dans l’ensemble du Palais des Papes.

A – Le contexte :

Depuis la fin du XIIIe siècle, le Comtat Venaissin était propriété de la papauté.
Le pape Clément V, contraint par la situation de la ville de Rome, à trouver refuge en d’autres lieux, s’y installe en 1309. Ce n’est toutefois qu’en 1348 que le pape Clément VI acheta la ville d’Avignon à la reine Jeanne de Naples ; dès lors, tout en restant juridiquement deux réalités distinctes, les sorts de la ville d’Avignon et du Comtat furent liés.
Après le retour de la papauté à Rome, Avignon et le Comtat, demeurant Etats de l’Eglise, furent administrés par un gouverneur, la plupart du temps un grand personnage ecclésiastique qui avait le rang de vice-légat.

Au cours des siècles, les rois de France – dans les moments de crise aigües avec le Saint-Siège – annexèrent temporairement ou occupèrent le Comtat Venaissin ; ils avaient aussi imposé des droits de douane, parfois fort élevés entre les deux Etats.
Au début de la révolution, toute une partie de la population du Comtat, souvent une bourgeoisie marchande acquise aux idées nouvelles, dont le négoce se trouvait entravé par les droits de douane, était favorable au rattachement à la France. D’autres étaient hostiles à l’administration pontificale.
Le mouvement des idées qui agitait le Royaume de France ne s’arrêtait pas aux frontières du Comtat et d’Avignon : on vit bientôt se former deux partis : a) les « papistes », plutôt conservateurs, notables attachés à la religion et à l’administration pontificale ;  et b) les pro-révolutionnaires, acquis aux idées nouvelles, dans les rangs desquels pouvaient se côtoyer des paysans excédés par les droits de douane et les bourgeois libéraux cherchant à remplacer l’ancien système par des dispositions plus favorables au commerce et à la libre circulation des biens.

Il faudrait encore ajouter à cela 1) la vieille rivalité entre Carpentras – véritable capitale historique du Comtat – et Avignon, 2) puis les conséquences de la « grande peur » de l’été 1789 qui, ne s’arrêtant pas aux frontières, avait vu la création de milices bourgeoises, ainsi que 3) le contexte extrêmement tendu dans lequel se déroulèrent les élections municipales jusqu’à déclencher des rixes et des heurts… etc.
Bref ! L’année 1790 s’acheva dans la confusion civile et religieuse : les catholiques fervents étaient de plus en plus opposés au rattachement à la France, suspectée de devenir un royaume schismatique en raison de la constitution civile du clergé, dont la condamnation par le pape était annoncée, et ils furent profondément scandalisés par la décision du conseil municipal d’Avignon de confisquer l’argenterie des églises afin de la convertir en numéraire et subvenir aux besoins de la ville.

Matthieu Jouve, dit Jourdan coupe-tête

Matthieu Jouve, dit Jourdan coupe-tête

B – Matthieu Jouve, dit « Jourdan coupe-tête ».

Né le 5 octobre 1746 dans la paroisse de Saint-Jeures, en Velay, à une lieue et demi d’Yssingeaux, Matthieu Jouve mérite en toute justice d’être qualifié de monstre révolutionnaire.
On rapporte qu’il fut successivement apprenti maréchal-ferrant, garçon boucher, soldat, contrebandier (et pour ce fait condamné à mort par contumace à Valence).
Matthieu Jouve se cacha à Paris, sous le pseudonyme de Petit. Attaché un temps aux écuries du maréchal de Vaux, il semblerait qu’il fut même un temps au service du gouverneur de la Bastille. Au début de la révolution il aurait été cabaretier, profession en accord avec ses habitudes d’ivrognerie.

Plusieurs témoignages assurent que ce fut lui qui, lors du pitoyable 14 juillet 1789, égorgea l’infortuné marquis de Launay, son ancien maître. C’est de là que lui viendrait son surnom de « Jourdan coupe-tête ».
Un certain nombre de biographes le présente aussi comme l’un des meurtriers des gardes-du-corps massacrés à Versailles lors des journées d’octobre (toutefois d’autres prétendent que, dès cette époque, il exerçait comme voiturier en Avignon et dans les environs). 
Les troubles qui éclatèrent en cette ville, au mois d’avril 1791, à l’occasion du projet de réunion du Comtat Venaissin à la France, ayant donné lieu à la formation d’un corps de volontaires sous le nom d’armée de Vaucluse, Jourdan, qui ne savait ni lire ni écrire, et qui ne signait qu’au moyen d’une griffe, devint général en chef de cette troupe, après la mort du chevalier Patrix, assassiné par ses soldats. Sous ce nouveau chef, l’armée de Vaucluse mit tout à feu et à sang dans le Comtat, dévastant les moissons, incendiant les églises, les châteaux et n’épargnant pas les chaumières.
Comme, pour le massacre dont nous allons ensuite parler, il bénéficia d’un décret d’amnistie, il se serait ensuite établi dans le commerce de la garance.
De retour à Paris au début de l’année 1794, il reçut un accueil enthousiaste au club des Jacobins ; mais comme, peu après, il eut l’audace de faire arrêter le représentant Pélissié, envoyé dans le Midi par la Convention, il fut dénoncé et appelé à comparaître devant le tribunal révolutionnaire : il s’y présenta le 27 mai arborant sur la poitrine un grand portrait de Marat… qui ne le protégea pas, puisqu’il fut condamné et guillotiné le jour même.
Voilà donc le portrait du fameux « Jourdan coupe-tête », principal instigateur du massacre que nous commémorons.

Le massacre de la Glacière - gravure de 1844

C – Le massacre de la Glacière.

Comme nous l’avons vu ci-dessus, les remous révolutionnaires avaient eu leurs conséquences jusqu’en Avignon et dans le Comtat : entre les « papistes » (blancs) et les pro-Français (rouges) le climat était de plus en plus tendu, et le fut de plus en plus pendant toute l’année 1791 : la confiscation des biens de l’Eglise, la destitution de l’archevêque – réfractaire au serment constitutionnel – , l’expulsion manu militari des chanoines de la Métropole Notre-Dame des Doms, exacerbèrent l’opposition des catholiques fidèles.
Les pro-Français, travaillés en sous-main par les francs-maçons et par divers agents de la révolution installés dans le Comtat, dont « Jourdan coupe-tête », après avoir expulsé le vice-légat du pape et fait adopter la constitution française, décidèrent, lors d’une assemblée tenue dans l’église Saint-Laurent de Bédarrides le 18 août 1791, du rattachement à la France, au mépris des droits souverains du Saint-Siège.
Mise devant le fait accompli, l’assemblée Constituante proclama, le 14 septembre 1791, que les États d’Avignon et du Comtat faisaient désormais « partie intégrante de l’Empire français ».

Dans le même temps, un coup d’état militaire avait renversé la municipalité avignonnaise, jugée trop favorable aux « papistes », et les administrateurs confièrent le commandement du fort à « Jourdan coupe-tête ». La nouvelle municipalité décida la confiscation des cloches (il ne devait plus en rester qu’une seule par église) sous prétexte de récupérer leur métal pour fabriquer de la monnaie.
Les partisans de l’Etat pontifical et les catholiques fervents, de plus en plus scandalisés par l’anticatholicisme du mouvement révolutionnaire, firent placarder dans toute la ville d’Avignon, au matin du 16 octobre 1791, une affiche dénonçant le dépouillement des églises, la confiscation des cloches, et l’impiété de la « nouvelle patrie »…
En outre, le bruit courait qu’une statue de la Madone, dans l’église du couvent des Cordeliers, avait versé des larmes de sang. La foule s’y rendit, et cette chapelle devint le point de cristallisations des débats de plus en plus houleux entre « blancs » et « rouges ».
Le patriote Lescuyer, secrétaire-greffier de la municipalité, fut dépêché sur place : il voulut monter en chaire pour prendre la parole mais, pris à partie, il fut molesté et, dans la bagarre qui s’en suivit, alla cogner de la tête contre le piédestal d’une statue. Se relevant et tentant de fuir, il fut alors frappé d’un coup de bâton qui le laissa étendu au pied de l’autel.
« Jourdan coupe-tête », commandant du fort, et Duprat, commandant de la garde nationale, rassemblèrent leurs hommes, se rendirent à la chapelle des Cordeliers, y trouvèrent Lescuyer, baignant dans son sang mais vivant : avec des menaces de représailles,  ils le promenèrent à travers la ville ce qui l’acheva…
Leur volonté était d’arrêter tous ceux qui pouvaient avoir eu quelque part à l’agression, ou pouvaient être suspectés d’y avoir pris part.
On commença par prétendre instruire un procès, mais très rapidement tous se rangèrent à l’idée de mener une action « exemplaire » au cours de laquelle seraient directement exterminés tous les possibles suspects.

Au cours de la nuit du 16 au 17 octobre, une soixantaine de « suspects » fut arrêtée et emprisonnée dans les cachots qui avaient été aménagés dans l’ancien palais papal (certains auteurs avancent jusqu’au nombre de 73 personnes).
Le fils de Lescuyer, âgé de 16 ans, se présenta à la tête d’un groupe de jeunes gens et réclama le droit de venger lui-même la mort de son père : Jourdan et Duprat y consentirent et se retirèrent pour aller dîner dans une auberge des environs.

Les emprisonnés furent sortis de leurs cellules et exécutés les uns après les autres.
Ce fut un véritable massacre tant les exécuteurs, qui n’étaient pas de vrais bourreaux, n’avaient aucune habileté particulière à abréger les souffrances de leurs victimes.
Cette absence d’ordre augmenta d’ailleurs le nombre des victimes, puisque furent aussi massacrés d’autres prisonniers arrêtés pour d’autres faits bien avant la mort de Lescuyer.
Comme les cadavres s’amoncellaient, il fallut dégager le terrain : on pratiqua donc une ouverture dans la tour de la Glacière afin d’y jeter les corps.
Lorsqu’il ne resta que les prisonniers les plus populaires – les plus difficiles à tuer – , un détachement se rendit à l’auberge où soupaient Jourdan, Duprat et leurs amis, afin d’avoir leur avis. Jourdan approuva la poursuite du massacre.
Vers la fin de la nuit, alors qu’une odeur épouvantable commençait à se dégager de la Glacière, Jourdan donna l’ordre de recouvrir les cadavres avec de la chaux vive.

Deux jours plus tard, l’Assemblée générale des citoyens actifs décida que l’église des Cordeliers serait désormais fermée au culte et son clocher démoli : de fait, le clocher fut amputé de sa flèche et de son tambour mais, à ce moment, la démolition s’arrêta là.
Un mois plus tard, la municipalité ordonna l’ouverture d’une brèche au bas de la tour de la Glacière afin de retirer les restes de la soixantaine de cadavres qui s’y trouvaient. Leur extraction eut lieu du 14 au 16 novembre : le lendemain vingt caisses de restes humains furent convoyées vers le cimetière Saint-Roch.

L’affaire eut un certain retentissement. A Paris, l’ignoble Marat, dans « L’Ami du Peuple », jugea que « la mort de ces scélérats n’[était] que le juste châtiment de leurs infâmes machinations » et salua les « actes de justice que les patriotes d’Avignon [avaient] été forcés d’exercer pour leur salut »

Malgré les historiens officiels qui s’acharnent à vouloir faire croire que ces horreurs ne sont qu’un phénomène marginal lié aux péripéties du rattachement du Comtat et d’Avignon à la France, nous, nous ne pouvons pas ne pas y voir la manifestation de la réalité – terroriste par essence – de la satanique révolution, comme cela avait déjà été le cas les 13 et 14 juin 1790 à Nîmes (cf. > ici).

Lully.

Avignon, vestiges de l'église des Cordeliers - état actuel

Avignon, vestiges de l’église des Cordeliers :
en partie détruit au moment du massacre de la Glacière, l’édifice fut vendu après la révolution
et le couvent aussi bien que la chapelle furent livrés aux démolisseurs ;
il n’en subsiste aujourd’hui que la chapelle de l’abside et une partie du clocher.

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 17 octobre, 2016 |2 Commentaires »

2016-73. Le message si actuel de l’appel à la transcendance…

Lundi 10 octobre 2016.

Le 5 octobre de l’an 816, Louis 1er, dit le pieux, roi des Francs et empereur d’Occident, fut sacré : c’était le premier sacre célébré à Reims.
Après ce sacre d’un empereur carolingien en 816, il y eu trente souverains capétiens qui furent sacrés à Reims. Diverses associations ont oeuvré pour commémorer ce douzième centenaire et spécialement pour que, à cette occasion, soit posée dans la cathédrale une plaque commémorative de ces 31 sacres.
Ce 8 octobre 2016, donc, ont eu lieu le dévoilement de cette plaque, un colloque historique, puis un concert, sous la présidence d’honneur et en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Voici le texte de l’allocution prononcée à cette occasion par le Prince.

Louis XX à Reims 8 octobre 2016

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à Reims, ce samedi 8 octobre 2016.

Excellence,
Monsieur le Député-Maire,
Monsieur le Sénateur,
Cher Professeur,
Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Mesdames et Messieurs, Chers Amis

Certes le lieu n’est pas propice à un long discours, mais il m’appartient, comme Chef de la Maison de Bourbon, à ce titre héritier et successeur des Rois de France, de m’exprimer  au moment où un acte important vient d’avoir lieu dans la Cathédrale de Reims avec la pose de la plaque des 31 sacres. 

Mes premiers mots vont au Professeur Patrick Demouy puisque, si nous avons été réunis aujourd’hui, avec M. le Député-Maire, avec son Excellence l’Archevêque de Reims, c’est grâce à son heureuse initiative. Ainsi, je lui adresse tous mes remerciements. Il est devenu, au fil du temps, un des spécialistes des sacres, et par son énergie et sa force de conviction, il a groupé autour de lui à la fois les autorités religieuses et civiles, les chercheurs universitaires et les associations fidèles à défendre la mémoire de la Cathédrale et plus largement celle de notre histoire commune.  

Mes remerciements s’adressent aussi à l’Association des Amis de la Cathédrale et à son Président Monsieur Bernard Poret. Ils ont été pour beaucoup dans la réalisation de cette plaque, soutenue par le mécénat, que je salue, de l’Institut de la Maison de Bourbon. Les uns et les autres ont concilié les intérêts des diverses autorités, l’Archevêché, le clergé de la Cathédrale, les Monuments historiques.  

Ainsi une plaque est installée dans la cathédrale pour commémorer les 31 sacres  qui, depuis celui de Louis le Pieux, il y a 1200 ans, y ont été célébrés et notamment ceux des capétiens. Plusieurs fois par siècle cette cathédrale retrouvait la solennité des sacres,  véritable colonne vertébrale de la royauté.

En effet si le règne du roi commençait à la mort de son prédécesseur, seul, le sacre lui conférait cette dimension supérieure qui faisait de la royauté française un pouvoir différent des autres. 

Par le sacre, le divin et l’humain, se conjuguaient pour permettre au roi d’exercer sa mission au service du bien commun. La dureté du pouvoir des hommes se trouvait compensée par la charité du prince chrétien. Les promesses du sacre obligeaient le roi à tendre aussi vers la sainteté. Si Saint Louis en fut le modèle, tous les rois savaient qu’ils devaient se rapprocher de cet exemple. 

La ville de Reims demeure profondément marquée par ce rôle unique qu’elle eut dans l’histoire de notre pays. Et si quelques sacres eurent lieu ailleurs, c’est bien ici que la symbolique demeure la plus forte. Bien évidemment la ville le doit au baptême de Clovis qui en fut le théâtre à l’aube de la royauté franque puis aux sacres et notamment au premier. Le colloque qui se tiendra cet après-midi aidera à le comprendre et je remercie vivement ceux qui présenteront leurs recherches. 

Je me souviens de ma venue ici en 1996 et du privilège qui m’avait été donné de pouvoir tenir dans mes mains les restes de la Sainte Ampoule, conservant le Saint Chrême, miraculeusement conservée à l’Archevêché après qu’elle ait été profanée lors des journées révolutionnaires qui ensanglantèrent la ville.  

Oui, Reims s’inscrit dans une lignée de l’histoire de France qui peut paraître parfois si inactuelle,  où se côtoient Clovis, Louis-le-Pieux, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, où le toucher des malades le jour des sacres avait tant d’importance pour les présents, en un mot la lignée de tout ce qui a permis à la France de mériter le nom de fille aînée de l’Eglise. 

Mais au-delà, il y a le message si actuel de l’appel à la transcendance. A force de privilégier le matériel, le présent, une certaine facilité nimbée dans le cynisme et le scepticisme, nos sociétés ont perdu beaucoup. Perte de repères, de sens, jeunes plus ou moins déboussolés prêts à se jeter dans les mirages et craignant l’avenir. Le sacre nous rappelle l’autre versant du pouvoir, celui du bien commun et du don, celui de quelque chose qui nous dépasse et nous force à nous élever. Tel est bien le message d’espoir que nous retenons car il ouvre sur demain. 

Puissent Notre Dame, Saint-Louis et tous les saints, à travers toutes les prières qui durant des siècles et des siècles, ont accompagné les sacres, protéger la France et la maintenir dans sa tradition. 

Merci de m’avoir écouté. 

Louis, duc d’Anjou.

Grandes armes de France

Publié dans:Vexilla Regis |on 10 octobre, 2016 |3 Commentaires »

2016-66. A propos de la révocation de l’Edit de Nantes…

Jeudi 1er septembre 2016,
Fête de Saint Gilles, abbé et confesseur,
Anniversaire du rappel à Dieu de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV.

Coysevox  Louis XIV en empereur romain - Carnavalet

Sa Majesté le Roi Louis XIV figuré en empereur romain :
oeuvre d’Antoine Coysevox et destinée à l’Hôtel de Ville de Paris,
où elle fut inaugurée le 14 juillet 1689 ;
cette statue se trouve aujourd’hui dans la cour d’honneur de l’Hôtel Carnavalet, à Paris.

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Ce n’est pas pour rien que je me prénomme Lully : je suis un chat louisquatorzien !
A chaque 1er septembre, Frère Maximilien-Marie et moi évoquons avec émotion l’anniversaire du rappel à Dieu de celui qui demeure à jamais « le Grand Roi »
Nous étions heureux, l’année dernière à cette date, de pouvoir faire célébrer dans l’oratoire du Mesnil-Marie une sainte messe de requiem en sa pieuse mémoire à l’occasion du troisième centenaire de son trépas (cf. > ici).
Comme on continue de salir sa figure en colportant une légende noire, et tout spécialement à propos de la révocation de l’édit de Nantes (oui, même dans des pages qui se prétendent royalistes et légitimistes j’ai lu le texte odieux d’un auteur contemporain qui ternissait la mémoire du Grand Roi à ce propos !), nous continuerons à défendre l’honneur et l’action de ce Roi vraiment Très Chrétien, ainsi que je l’ai déjà fait par exemple > ici !
J’ai été particulièrement heureux que Mademoiselle Marie-Françoise Ousset, qui nous honore de son amitié, dans une nouvelle lettre à Louis XIV publiée sur le site d’ICHTUS ( nota : « nouvelle lettre » parce qu’il y avait déjà eu une première lettre ouverte à Louis XIV) rétablisse la vérité historique si malmenée (puisque, selon les dogmes de la pensée unique contemporaine il n’y a que de méchants catholiques pervers qui persécutent de gentils protestants aux moeurs pures) : qu’elle en soit très chat-leureusement remerciée !

Lully.

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Cher Louis XIV,

Comme vous le savez, sans doute, beaucoup vous reprochent encore de nos jours la « Révocation de l’Edit de Nantes ». Ce sont, en général des gens cultivés, scrupuleux ; les autres, lorsqu’ils entendent « lady de Nantes », pensent qu’il s’agit d’une jeune femme anglaise !

Je dois vous avouer, pour ma part, que j’ai toujours beaucoup aimé les protestants. Je les trouve mieux élevés, mieux habillés, plus sérieux que les cathos et puis le fait même de protester m’a toujours plus. Pour moi, ils avaient raison de protester contre ces méchants catholiques qui les empêchaient de pratiquer leur religion, avaient organisé le massacre de Wassy * en 1562, de la « St-Barthélémy » en 1572 et avaient donc fait 30.000 morts dans toute la France.

C’était aller un peu trop vite en la matière. D’abord, le mot « protestant » vient de pro-testarer = pour témoigner. De plus, bien avant la St Barthélémy ou Wassy, il y avait eu le Sac de Rome par les milices protestantes luthériennes du Connétable de Bourbon qui, comme d’autres français de haut lignage, était passé à la Réforme. En la fête de la Pentecôte, le 6 mai 1527, les romains étant à la messe, c’est l’assaut aux cris de « Vivat Lutherus Pontifex ». Le Pape doit se réfugier au Château St-Ange. Massacres, pillages, destructions dureront 8 jours, les tombeaux des Papes profanés, leurs cadavres aussi, des religieuses violées. Total : 20 à 40.000 catholiques tués. C’est ce que le Petit Robert avec une pudeur merveilleuse relate en une seule phrase : « le sac de la ville par les Impériaux permit finalement d’améliorer l’urbanisme » ! Mais, réfléchissez un peu, Petit Co…heu non ! Petit Robert ! A l’époque, les impériaux, c’est-à-dire l’armée de Charles-Quint, étaient pour la plupart espagnols et catholiques, donc, en principe, ils étaient à la messe eux aussi. Ceux qui ont attaqué ce sont bien les lansquenets luthériens. En revanche, on ne connait aucune riposte côté catholique.

Toujours bien avant Wassy, le protestant Caboche (tête dure sans doute !) avait tenté d’assassiner Henri II. Puis, le 13 mars 1560, c’était la Conjuration d’Amboise menée par Condé mais financée par l’Angleterre pour enlever le jeune François II à l’influence des Guise jugée trop catholiques. En 1560 et 61 c’est le ravage de la Provence par Antoine de Mauvans sur lequel les livres préfèrent nous laisser dans l’ignorance !

Peut-être, Sire, vous a-t-on appris, qu’en la seule année 1561 (toujours avant Wassy), à La Rochelle, le 9 juin, les protestants enferment les catholiques dans l’église St-Barthélémy et y mettent le feu ; le même jour, à Orange, le Président du Parlement, Perrinet Parpaille **, passe à la Réforme et à la tête de 1.500 huguenots, profane les églises, fait égorger les opposants et massacrer un millier de paysans avant de piller la cathédrale. A Montpellier le 13 juillet puis le 19 octobre, 800 protestants attaquent l’église St-Pierre : prêtres et fidèles sont égorgés. Le 20 au matin, les mêmes pillent les 60 autres églises et chapelles, égorgent plus de 200 catholiques, déterrent 40 cadavres et leur arrachent les entrailles. A Montauban : le 15 août, l’église St-Jacques est pillée, les catholiques rassemblés dans l’église tués. A Montpellier, le 19 octobre au soir, 800 huguenots attaquent l’église St-Pierre. Prêtres et fidèles sont égorgés : 50 morts. Le lendemain matin c’est plus de 200 catholiques qui le sont. Mais certains historiens disent que l’année fatale entre toutes pour l’art français fut 1562.

Etait-ce en réaction au « Massacre de Wassy » qui eut lieu le 1er mars ? C’est en tous cas le 8 mars que le Comte de Montgommery (celui qui tua Henri II d’un coup de lance dans l’œil) passé au protestantisme, saccage la cathédrale et le palais épiscopal d’Avranches ; en cette année que les calvinistes jouèrent à la boule avec la tête du roi Louis XI avant de brûler ses os ainsi que ceux de sa fille, Ste Jeanne de France qui avait créé l’ordre des Annonciades. Son corps était bien conservée pourtant disent les textes. Puis Tours est prise, Montbrison, et le Baron des Adrets force les catholiques à se jeter du haut d’une tour du château : 800 morts. A Orléans les églises furent mises à sac pendant 12 jours (Jeanne d’Arc devait « brûler » d’impatience de ne pouvoir reprendre l’étendard !).
Sans parler de l’abbaye de Fontevraud, de SaumurSt-Benoit sur LoireMehunAvranches, Meaux, et des abbayes des Hommes et des Femmes à Caen ! Au total : 22.000 églises et 2.000 couvents détruits. Calvin n’avait-il pas dit : « Des images en un temple sont une abomination, une souillure » ? Ce qui choquait aussi beaucoup le peuple était de voir les calvinistes jeter les hosties aux chiens, cirer leurs bottes avec l’huile sainte et souiller les bénitiers de leurs excréments.

La guerre continue sous la régence de Catherine de Médicis et le poète Ronsard lui reprochera son attitude fluctuante : « Si vous hussiez puni par le glaive tranchant le huguenot mutin, l’hérétique méchant, le peuple fut en paix : mais votre connivence a perdu le renom et l’empire de France ». Il dira aussi « Mais ces nouveaux Chrétiens qui la France ont pillée, volée, assassinée, à force dépouillée… Vivent sans châtiment, et à les ouïr dire, C’est Dieu qui les conduit… En la dextre ont le glaive, et en l’autre le feu, et comme furieux qui frappent et enragent, volent les temples saints et les villes saccagent. Et quoi ! Brûler maisons, piller et brigander, tuer, assassiner, par force commander, n’obéir plus aux rois, amasser des armées, appelez-vous cela Églises réformées ? »

Je préfère m’arrêter là, Sire, de peur de vous lasser. Ces faits sont consignés, entre autres, dans les livres éblouissants de clarté et de concision mentionnés à la fin de cette lettre ***, livres qui n’excusent pas la « St-Barthélémy » mais montrent qu’il y a eu beaucoup plus de « St Barthélémy» côté protestants.

Pour mettre fin à ces guerres, votre grand’père, Henri IV, en publiant ce fameux Edit de Nantes en 1598, confirme et multiplie les avantages déjà accordés aux protestants par les rois précédents. Par cet édit, les « Réformés » sont les maîtres à Chatellerault, La Rochelle, Royan, Saumur, Bergerac, Montauban, Nimes, Arles, Briançon et Montpellier. Ils avaient aussi 200 « places de sûreté ». Les catholiques n’y avaient aucun droit. De plus, une indemnité annuelle leur était versée par les finances royales. Alors qu’ils ne représentaient que 7 à 8 % de la population, ils possédaient en fait le quart de la France. Dans quel pays protestant, a-t-on jamais donné les mêmes avantages aux catholiques ? Aucun ! Bien au contraire, en Angleterre, tous les ans des jésuites sont pendus, souvent écartelés après (c’est quand même mieux que de l’être avant !). Que demande en contrepartie cet édit ? Que les réformés reconnaissent la religion catholique, rendent les biens pris à l’Eglise et paient la dime comme de vulgaires papistes !

Tout de même, Sire, pourquoi avoir révoqué l’Edit de Nantes ? Vous n’aviez pourtant aucune aversion contre les protestants : ils n’étaient pas interdits à Versailles. Souvenez-vous aussi que, tout jeune, en 1661, vous aviez même envoyé dans chaque province deux commissaires, l’un catholique l’autre réformé, chargés d’enquêter sur la situation réelle des protestants et, avant même les résultats de l’enquête, vous avez augmenté les libertés des protestants. Mais, en 1680, les résultats de l’enquête arrivent et montrent que les protestants perturbent encore les cérémonies catholiques, mettent le feu aux maisons des papistes, s’opposent à la collecte de la taille et à l’entretien des routes. Alors vous interdisez aux catholiques de se faire protestants ; vous faites démolir leurs temples ; des avantages fiscaux sont proposés à ceux qui se convertissent ; ceux qui tenteraient de fuir seraient condamnés aux galères. Parfaitement ! Les protestants sont partis contre votre gré, avec beaucoup d’argent (preuve qu’ils en avaient durant votre règne). Quelle perte pour la France tant d’intelligences en fuite ! (80 ou 100.000 d’après Vauban ; 200.000 d’après le protestant François Bluche). Bizarre que l’Allemagne, principale bénéficiaire de cette émigration, ne réapparaisse sur la scène internationale que 160 ans plus tard ! Ce n’est surtout pas, bien sûr, les deux millions de morts de la Révolution Française avec la fuite ou la décapitation systématique des élites pendant la Terreur qui fut une perte ! « La Révolution n’a pas besoin de savants » ! Cher Louis XIV ! Allez-voir Lavoisier : il vous expliquera ! Mais soyons honnêtes par cette Révocation, vous excluez aussi les protestantes des métiers de sages-femmes, les hommes de la Justice, puis de votre police (preuve qu’ils y étaient !). Vous allez me dire qu’en terre réformée cela fait 120 ans que les catholiques en sont exclus et qu’en France même, votre arrière grand’mère, la très protestante Jeanne d’Albret, épouse d’Antoine de Bourbon, avait non seulement interdit aux catholiques de pratiquer et d’enseigner sur ses terres, mais obligation leur était faite de loger des « ministres » calvinistes.

Ce qui m’a fort étonnée en l’apprenant c’est que les dragonnades, au départ, c’est cela, aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd’hui ! « Imaginées par l’intendant de Louis XIII, René de Marillac, elles consistaient, en ces temps où les soldats n’ont pas toujours de casernes, à imposer le logement et la rémunération d’un soldat aux sujets mauvais payeurs de taxes. Dorénavant, les réformés perdent le privilège qui les en dispensait et étaient ramenés au régime général ». Et oui ! Les protestants avaient beaucoup de privilèges ! Il est bien évident qu’il y eut des exactions côté catho. Mais il est bien évident surtout que les protestants formaient un état dans l’état. Ils étaient plus anglais que français, plus proches de votre grand ennemi Guillaume d’Orange que des légitimes rois de France. On pourrait facilement les accuser de « connivence avec l’ennemi ». Plusieurs fois la flotte anglaise avait essayé de prendre La Rochelle avec leur approbation. Les chefs protestants étaient tellement sûrs de leur victoire finale que Louis de Condé avait fait graver, le 10 novembre 1567, une médaille à son effigie sous le vocable de « Louis XIII » et Guillaume III d’Orange une en argent sur laquelle était gravé : « Guillaume III, par la grâce de Dieu, roi de Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, 1695 ». Ils se voyaient déjà rois de France ! Alors votre père, le vrai Louis XIII, a été très sévère : après avoir entouré la ville de bastions et de murailles, il l’affamée pour qu’elle se rende.

* * *

Mais, cher Louis XIV, ce n’est pas vous qui auriez dit : « Tous ceux qui le peuvent doivent assommer, égorger, passer au fil de l’épée, secrètement ou en public en songeant qu’il n’est rien de plus vénimeux, de plus nuisible de plus diabolique qu’un rebelle. Il faut l’abattre comme un chien enragé ». C’est Luther, texte publié le 15 mai 1525. Ce Luther qui se repentira à la fin de sa vie : « Notre doctrine n’a servi qu’à aggraver les désordres du monde… » a-t-il écrit,  « C’est le diable qui pousse les magistrats des villes et les burgraves des campagnes à piller et à voler les biens ecclésiastiques pour en faire un usage coupable. Autrefois, les rois et les princes dotaient et enrichissaient les lieux de culte. Aujourd’hui, ils les pillent au point de n’en laisser que les murs ».

Mais est-ce bien nécessaire de rappeler le passé alors que tous les chrétiens se sont réconciliés ? Parce que l’histoire est un éternel recommencement, que les erreurs du passé ressemblent souvent à celles du présent, que les connaître peut nous aider à ne pas y retomber ? Certes !

Ne vaut-il pas mieux se rappeler les beaux exemples, ceux qui peuvent rapprocher les gens ? Faire aimer les beautés de notre pays par exemple en faisant comprendre le poids d’amour et de patience qu’il a fallu pour les réaliser ? J’en suis encore plus convaincue et je sais que beaucoup s’y emploient déjà.

Alors, cher Louis XIV, sans vouloir vous déranger dans votre paradis, comme vous avez maintenant beaucoup de temps et comme nous savons depuis Pierre Desproges que « l’éternité c’est long surtout à la fin ! », si vous pouviez intervenir auprès des saints qui ont su avec bonté et intelligence, convertir beaucoup de nos frères protestants : St François de Sales, St François Régis, St Charles Borromée, par exemple. Qu’ils prient pour que nous sachions ce qu’il faut faire, pour que ces massacres ne recommencent pas car une nouvelle guerre de religion a déjà commencé.

En vous en remerciant par avance, je vous prie d’agréer, cher Louis XIV, l’expression de ma toujours « irrévocable » admiration.

Marie-Françoise OUSSET.

Coysevox bas-relief de la statue de Louis XIV - la religion terrassant l'hérésie

La religion terrassant l’hérésie,
bas-relief d’Antoine Coysevox ornant la statue de Louis XIV en empereur romain,
dans la cour de l’Hôtel Carnavalet, à Paris.

Notes :
* : parti avec sa femme et son fils, le duc de Guise va à la messe sur ses terres à Wassy accompagné de son escorte. Dans la grange face à l’église, 500 réformés venus de toute la région chantent des psaumes, cérémonie autorisée hors les murs de la ville mais non à l’intérieur. Il s’approche, est accueilli à coups de pierres, est blessé au visage. C’est alors que son escorte riposte : il y eut des blessés des deux côté : une vingtaine de morts côté protestants. Vincent Beurtheret *** avec humour fait remarquer qu’« Aucun paragraphe du code calviniste n’impose que les psaumes soient chantés une pierre à la main – même les bijoux étant interdits. On en doit déduire que le duc était attendu ». Tactique bien connue : provoquer, faire croire qu’on a été agressé pour mieux agresser à son tour. On pourrait ajouter que lorsqu’on veut « en découdre », on ne part pas avec femme et enfant.

** (le nom de « parpaillots » donné aux protestants ne vient pas de lui mais du fait que les protestants revêtaient souvent des tuniques blanches qui le faisaient ressembler à des papillons : parpayots en provençal !)

*** Lire :   « Frères réformés, si vous saviez » de Vincent Beurtheret ; « Le protestantisme assassin » de Michel Defaye – Ed. Le Sel de décembre 2006 ; « Histoire du vandalisme en France » de Louis Réau.

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Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 1 septembre, 2016 |1 Commentaire »

2016-65. Où la fête de Saint Raymond Nonnat procure au Maître-Chat l’opportunité de rappeler quelques vérités que beaucoup ne veulent pas entendre aujourd’hui.

Mercredi 31 août 2016,
Fête de Saint Raymond Nonnat.

Ordre royal de ND de la Merci

Blason de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint que l’on fête au 31 août me paraît particulièrement important pour les temps que nous vivons. La vie de Saint Raymond Nonnat (1204-1240) est en effet porteuse de riches leçons pour l’actualité du monde contemporain en général, de la vieille Europe spécialement, et de notre France d’une manière très particulière.

Raymond est issu d’une noble famille catalane et le surnom de « Nonnat » (en latin : « Nonnatus », contraction en un seul mot de « non natus : non né ») lui a été attribué parce que, alors que sa mère était morte d’une maladie contractée au septième mois de sa grossesse et que les médecins affirmaient que l’enfant était mort aussi, son père, qui ne pouvait se résoudre à perdre en un même temps et son épouse et son enfant, donna l’ordre à l’un des membres de sa famille qui se trouvait là, d’ouvrir avec son poignard le ventre de sa femme morte : c’est ainsi que le petit Raymond fut sauvé et qu’il put vivre, lui qui n’était en quelque sorte « pas né ».

Je ne vais pas détailler toute sa vie, mais je m’attacherai au point qui me paraît si important.
Raymond entra à l’âge de 18 ans (1222) dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, qui avait été fondé quatre ans plus tôt (1218) par Saint Pierre Nolasque.
On sait que les Mercédaires ont pour vocation propre de venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des mahométans et réduits en esclavage, d’oeuvrer pour leur libération en recueillant des sommes permettant de payer leurs rançons et – dans le cas où la somme ne peut être rassemblée – de s’offrir eux-mêmes en échange des esclaves chrétiens, restant otages des barbaresques jusqu’au moment où la rançon pourra être payée. 

Il ne faut surtout pas oublier que l’esclavage est une pratique courante dans les pays où la pseudo religion mahométane est dominante ; et il faut insister pour rappeler que c’est une pratique toujours actuelle.

Raymond donc, s’étant rendu à Alger pour y racheter des chrétiens captifs et ne disposant pas d’une somme suffisante pour payer la rançon de tous, tant ils étaient nombreux, conformément aux engagements prononcés dans sa congrégation, se livra lui-même aux mahométans, afin d’obtenir la libération de ces pauvres chrétiens réduits en servitude et exposés à l’apostasie.
Il fut traité très durement, mais, malgré tous les sévices qu’on lui infligeait, il se dépensait sans compter pour encourager, consoler et évangéliser ses compagnons d’infortune ; il baptisa même quelques anciens mahométans qu’il avait tirés des ténèbres de leur idolâtrie.

Pour réprimer et briser son zèle, les barbaresques le fouettèrent à plusieurs reprises jusqu’au sang, puis, pour l’empêcher de parler, lui percèrent les lèvres au fer rouge et les lui fermèrent à l’aide d’un cadenas qui n’était retiré que lorsqu’on voulait bien lui donner à manger : le but était de le faire souffrir au maximum sans toutefois causer sa mort, car ces trafiquants d’esclaves tenaient à récupérer la rançon qui serait versée pour sa libération.

St Raymond Nonnat - tableau de Vicente Carducho - Musée du Prado.

Supplice de Saint Raymond Nonnat,
tableau de Vicente Carducho (musée du Prado, Madrid)

Enfin, Saint Pierre Nolasque ayant réussi à réunir la somme nécessaire à son rachat, Raymond fut libéré et rentra en Catalogne. 

Ayant été informé de l’héroïsme et du zèle de ce religieux exemplaire, le pape Grégoire IX le créa cardinal du titre de Saint-Eustache. Toutefois Raymond mourut peu après, épuisé par les peines et les mauvais traitements endurés, avant d’avoir reçu le chapeau cardinalice. Il avait trente-six ans.

Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces chrétiens, de ces catholiques, de ces ecclésiastiques (parfois de haut rang) qui, aujourd’hui, prétendent que nous aurions le même Dieu que les mahométans, que l’islam serait une véritable religion, que son fondateur serait un prophète et que ses sectateurs seraient – en le suivant – sur une voie de salut équivalente à la Révélation chrétienne !
Quelle magistrale leçon à l’adresse de ces politiques – pour la plupart chrétiens apostats désormais inféodés à la maçonnerie ou aux lobbies mondialistes – qui favorisent le développement de cette secte, et qui l’instrumentalisent dans le but de contrer le rayonnement de la seule vraie religion et d’opposer un barrage au développement de l’Eglise (car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le fond) !

Il n’y a qu’un seul et unique Sauveur du monde ; il n’y a qu’un seul et unique Rédempteur des âmes : le Christ Jésus, Notre-Seigneur !
Et tout ce qui n’est pas avec le Christ et ne travaille pas pour le Christ vient de l’antéchrist et travaille pour lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et qui ne rassemble pas avec Moi disperse » (Matth. XII, 30).

Comment donc des chrétiens qui prétendent avoir la foi, comment donc des baptisés qui prétendent aimer Jésus, comment donc des consacrés – religieux, prêtres et évêques – qui ont, en principe, donné toute leur vie pour le saint service du Christ, unique Sauveur, et pour le salut des âmes, peuvent-ils – s’ils ont quelque reste d’intelligence, s’ils veulent être logiques et s’ils sont cohérents – répéter stupidement les sornettes d’un pseudo spiritualisme mondialiste et, malgré la défense formelle de Saint Paul, « former un attelage disparate avec les infidèles » (cf. 2 Cor. VI, 14) ?
En l’occurrence, il vaudrait peut-être mieux, pour leur propre salut, que leurs lèvres soient fermées par un cadenas, plutôt que de proférer des blasphèmes dont ils devront rendre compte au juste jugement de Dieu, et plutôt que d’égarer les âmes qui leur sont confiées dans des voies d’erreur et de perdition éternelle !

St Raymond Nonnat - Vicente Carducho - détail

Car la foi authentique de l’Eglise, depuis toujours, c’est que Dieu est Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est que Notre-Seigneur Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, deux natures en une seule Personne : celle du Verbe de Dieu qui S’est incarné ; c’est que Jésus-Christ est réellement mort sur la Croix, offrant un sacrifice de rédemption ; c’est qu’en Lui, la divine Révélation a été accomplie en plénitude et achevée ; c’est qu’Il a fondé l’Eglise et institué les sacrements pour communiquer aux hommes Sa vie divine – la grâce – et leur permettre d’arriver au Ciel…
Tandis que la pseudo religion de Mahomet nie violemment toutes ces vérités, les combat, depuis son origine, et – pour les combattre – depuis toujours s’en prend aux chrétiens, les spolie, les réduit en esclavage, les viole, les égorge, les émascule, les éventre, les massacre… et quelques autres diaboliques joyeusetés de ce genre.

Alors bien évidemment, aucun chrétien authentique – AUCUN ! – ne peut, s’il lui reste un peu d’intelligence, de logique et de cohérence, et même s’il risque aujourd’hui d’être attaqué et traîné en justice pour « islamophobie », accepter que les Vérités révélées par Dieu soient niées de cette manière ou placées sur une espèce de pied d’égalité avec les prétendues révélations d’un faux prophète aux innombrables turpitudes.

C’est ici qu’il convient de rappeler en quels termes le pape Clément IV (+ 1268) écrivait au roi Jacques 1er d’Aragon (1208-1276) :
« On a des exemples de la dangereuse affaire qu’est d’avoir des musulmans dans vos domaines… Il est certes aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si perfides et malfaisants, ou même de les avoir pour voisins que de se mettre un serpent dans le giron ou le feu dans son sein… Votre Créateur (…) souffre pendant que ces musulmans célèbrent le nom de Mahomet parmi les chrétiens… Vous devenez votre propre adversaire si vous persécutez les musulmans dans leurs propres terres mais les protégez patiemment dans les vôtres. Une fois tout cela débattu (…) il est indubitable qu’il serait conforme à vos excellentes œuvres que vous exiliez ces gens hors des frontières de vos domaines » (note 1).

Rappel anachronique ?
Non ! car au nom du « vivre ensemble » (note 2) et d’une – plus qu’utopique – paix sociale fondée sur de fausses valeurs (les fameuses « valeurs de la république » dont on nous rebat les oreilles), non seulement des chefs religieux en viennent à occulter la Vérité du dogme révélé mais en viennent à prêcher l’accueil du loup dans la bergerie.
Je ne résiste pas, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, à vous inviter à écouter ce remarquable sermon du Révérend Père Henri Boulaud sj., prononcé
 il y a quelques semaines dans l’église des jésuites d’Alexandrie :

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Lors de l’effondrement de l’empire romain d’Occident, les évêques assurèrent tout à la fois la défense matérielle de la cité, la résistance spirituelle aux forces de dissolution, la survie alimentaire des populations commises à leur garde et l’avenir de l’Eglise dans la préservation de la foi reçue des Apôtres.
Mais aujourd’hui, à part un tout petit nombre – qui, en France, ne dépasse peut-être pas le nombre des doigts d’une seule main – , ceux qui sont supposés représenter le pouvoir spirituel, dans leur ensemble, semblent ne pas avoir ce qu’il faut là où il faut pour amorcer la plus petite ombre de résistance et la moindre démarche salutaire, tant pour la civilisation que pour les âmes !
Le modernisme a fait d’eux pis que des bovidés atteints d’encéphalite spongiforme et, avec une naïve béatitude revendiquée, ils ouvrent tout grand la porte de la Cité sur les remparts de laquelles ils ont été établis veilleurs et gardiens (car le mot évêque – épiscope – signifie gardien, veilleur) à ceux qui vont les égorger et qui vont massacrer le troupeau confié à leur garde…

Patte de chatLully.

Lire aussi « Non, ce n’est pas le même Dieu »,
témoignage de notre amie Marie-Magdeleine, convertie de l’islam, > ici

frise

Note 1 : Citation extraite de l’article de Wikipédia consacré au pape Clément IV > ici.
Note 2 : « Vivre ensemble », définition proposée par Frère Maximilien-Marie : « vaste escroquerie intellectuelle et spirituelle qui est une tactique des ennemis du véritable catholicisme et de la civilisation occidentale chrétienne, pour pousser les occidentaux (et spécialement les cathos) – après les avoir culpabilisés sur tous les points de leur histoire et après avoir dénaturé la charité surnaturelle en dégoulinade de « bons sentiments » bisounourstesques – à se laisser abuser de toutes manières, puis égorger avec une conscience béatement pacifiée…  »

2016-63. « Je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir ».

Message de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à tous les Français,
à l’occasion de la fête de Saint Louis,
25 août 2016.

fleur de lys gif2

Jeudi 25 août 2016,
Fête de Saint Louis, Roi de France.

Quelle consolation et quel magnifique encouragement de recevoir, en cette fête de Saint Louis, le message que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, adresse en ce jour à tous les Français !
Nous ne pouvons que souhaiter la diffusion maximale de ce texte en tous points remarquable – qu’il faut lire, relire, approfondir et méditer – , dans lequel nous nous sommes permis d’imprimer en caractères gras les passages qui nous semblent les plus percutants.

Bonne et belle fête de Saint Louis à tous !

Bonne et belle fête surtout à notre Roi légitime !
Vive le Roi !

Mgr le duc d'Anjou de jure Louis XX

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

Mes chers compatriotes,

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques événements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ ennemi désigné.

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce qu’elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du matérialisme ; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Grandes armes de France

Dans ce blogue :
- Enseignements de Saint Louis à son fils > ici
- Récit de la mort de Saint Louis > ici
- Prières et litanies en l’honneur de Saint Louis > ici

Publié dans:Vexilla Regis |on 25 août, 2016 |2 Commentaires »
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