Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2018-98. Quelques nouvelles de la Légitimité.

Jeudi 13 décembre 2018 au soir,
Fête de Sainte Lucie ;
6ème jour dans l’octave de l’Immaculée Conception ;
465ème anniversaire de la naissance de SM le Roi Henri IV (13 décembre 1553).

Carapace berceau de Henri IV au château de Pau

Château de Pau : carapace de tortue qui fut le berceau du Roi Henri IV à sa naissance.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je veux profiter de ce jour particulier pour vous donner quelques nouvelles de la Légitimité.
Certains me demanderont peut-être : Pourquoi dites-vous que ce 13 décembre est un « jour particulier » ?
Mais c’est que c’est aujourd’hui le quatre-cent-soixante-cinquième anniversaire de la naissance à Pau de celui qui deviendra le premier Roi Bourbon : Henri IV le Grand.
Je vous ai déjà expliqué (cf. > ici et > ici) qu’en ce jour, à Rome, dans la cathédrale du pape – l’archibasilique du Très Saint Sauveur au Latran – chaque 13 décembre, en souvenir des bienfaits de Henri IV pour le chapitre cathédral de la Ville éternelle, est célébrée une Messe « pro felici ac prospero statu Galliae » : pour le bonheur et la prospérité de la France.
La tradition ne manque pas d’être observée cette année encore, ainsi qu’en fait foi cette annonce sur le site internet de l’ambassade de France près le Saint-Siège > ici.

En ce jour, en notre Mesnil-Marie, cela n’étonnera personne, nous ne boudons pas notre plaisir en reprenant à tue-tête avec ferveur le fameux et si populaire « Vive Henri IV ! » et en écoutant la sublime orchestration que Tchaikovsky en a faite (faire un clic droit sur l’image ci-dessous puis « ouvrir dans un nouvel onglet ») :

Image de prévisualisation YouTube

A – Un texte d’une importance capitale :

Il y a en premier lieu un texte d’une importance capitale sur lequel je veux attirer toute votre attention : il ne mérite pas seulement d’être lu, mais il est absolument indispensable de l’approfondir et de l’étudier avec le plus grand sérieux.
Ce texte a d’abord été publié en trois parties dans « Vexilla Galliae » et se trouve, depuis la fin du mois d’octobre, dans son intégralité sur l’excellent site « Vive le Roy » > ici.
Il montre d’une manière puissante la cohérence de la pensée et de l’action de notre Roi légitime dans ses interventions et prises de parole lors de cet été 2018. C’est pour cela qu’il s’intitule avec raison : « Eté 2018 : les combats de Louis XX pour l’unité nationale et la famille ».

En corollaire à cette étude, il est bon aussi de lire les interventions énergiques de notre Souverain sur les réseaux sociaux à propos des agissements ignobles du gouvernement espagnol dans l’affaire de l’exhumation de son bisaïeul maternel, le généralissime Francisco Franco.
On trouvera donc le communiqué du 20 octobre > ici et le mot d’humeur du 3 novembre > ici

Nous ne pouvons que nous réjouir profondément de la stature spirituelle et psychologique qui se révèle chaque jour davantage dans la personne de notre Roi !

B – La « grande presse » française a relayé l’intervention du Roi au sujet des « gilets jaunes » :

Ce message publié dans la journée du 8 décembre dernier et que nous avons nous-mêmes relayé le soir-même > ici, a été retenu et commenté par plusieurs médias : « Ouest-France », « Le Figaro », « Valeurs actuelles », « France info », « Les dernières nouvelles d’Alsace », « L’Est républicain », « Atlantico », « Le Parisien »
Bien sûr, on ne peut pas demander à ces organes de presse de comprendre du premier coup toutes choses de la personne du Roi et du sens de ses paroles, mais il est néanmoins remarquable que la parole royale trouve chez eux un écho, qui est en définitive plutôt sympathique.
On trouvera le compendium de ces articles de presse > ici

Intéressant aussi le fait que, à la suite de cela, en date de ce 11 décembre, « Le Figaro – Madame » présente un portrait du Prince qui malgré le côté « pipole » et plutôt superficiel de l’article, a l’effet d’une bénéfique « piqûre de rappel » > ici 

C – Le Prince Louis vient d’ouvrir un compte Twitter en français :

Il y a donc maintenant, et ce depuis ce lundi 10 décembre 2018, un moyen de recevoir directement de courts messages de notre Souverain légitime.
Le compte Twitter de Monseigneur se trouve > ici

Le lendemain de l’ouverture de son compte Twitter, Monseigneur le duc d’Anjou a réagi à l’annonce des crimes odieux commis à Strasbourg en publiant tout d’abord ce texte : « La violence islamiste a encore frappé ce soir des Français innocents à Strasbourg, faisant 2 morts et 7 blessés graves. Toute ma compassion aux victimes et à leurs familles ».
Puis Sa Majesté a ajouté ces lignes : « Il est temps de mettre en pratique une véritable politique volontariste sur l’immigration et l’Islam. Quelle responsabilité pour ceux qui viennent d’approuver le Pacte de Marrakech ! »
Et enfin : « Prions pour les victimes de l’attentat de Strasbourg. Il est évident qu’une fois de plus, les Français ont été attaqués par l’islamisme impérialiste. Combien de morts faudra-t-il pour que les responsables politiques comprennent que c’est l’identité de France, fille aînée de l’Église, qui est visée ? »

Nous sommes très reconnaissants envers notre Roi pour la sollicitude qui s’exprime à travers ces mots justes et forts !

Louis XX

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
aîné de tous les descendants de Hugues Capet, Saint Louis, Henri IV et Louis XIV,
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX

D – La réunion annuelle des présidents de Cercles et représentants de l’UCLF :

Frère Maximilien-Marie s’est rendu à Paris le 17 novembre dernier pour prendre part à la réunion annuelle où se retrouvent les présidents ou représentants des Cercles de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). Il y participait d’une part comme président – ou plus exactement « sénéchal » – du Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier, et d’autre part en tant que Prieur de la Confrérie Royale.

Il ne m’appartient pas de rapporter ici ce que furent les échanges et communications de cette excellente journée, mais en revanche je vous invite à découvrir le nouveau tract de présentation de l’UCLF qui a été dévoilé à cette occasion. Voir > ici 

La grande et bonne nouvelle que je peux vous révéler toutefois, c’est que le Cercle Légitimiste du Vivarais a été officiellement reçu comme membre approuvé de l’Union des Cercles Légitimistes de France.

agrégation cercle du Vivarais à l'UCLF

E – Approbation et érection canonique des Chanoines de Saint-Remi :

Vous savez enfin quels liens d’amitié nous lient avec Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil : nous vous avons déjà parlé d’eux et de leur fondation d’un ordre de chanoines séculiers voués à la prière pour la France (voir > ici, > ici, et > ici).
Pour conclure ces quelques nouvelles de la Légitimité, nous pouvons vous annoncer avec une immense joie et fervente action de grâces à Dieu Notre-Seigneur, qu’en date du 8 octobre dernier, au jour octave de la fête de Saint Remi, Son Excellence Révérendissime Monseigneur l’Evêque de Fréjus et Toulon a signé le décret d’érection canonique du Chapitre de Saint-Remi et a également érigé en collégiale l’église Notre-Dame de l’Assomption du Val où ils célèbrent les offices.
On peut trouver ces deux décrets, aux numéros 15 et 16 sur la page internet de la Chancellerie du diocèse de Fréjus et Toulon > ici.

Ce faisant, Monseigneur l’Evêque de Fréjus et Toulon a mis un terme à une injustice qui perdurait depuis l’inique « constitution civile du clergé » adoptée par l’assemblée constituante le 12 juillet 1790 et imposée au Roi et au Royaume avec les méthodes que l’on sait.
En effet ce texte avait alors supprimé, en même temps qu’il mettait fin à beaucoup d’autres choses saintes et vénérables, les chapitres de chanoines. Lors  du concordat de 1801, le rétablissement des chapitres cathédraux avait été permis de manière très parcimonieuse, mais les innombrables églises collégiales qui constellaient le paysage ecclésiastique du Royaume n’avaient pu retrouver leurs chapitres de chanoines dont la fondation, pour un très grand nombre, était due à la piété et aux libéralités de nos Princes…
La présente érection canonique referme donc une très triste parenthèse et nous espérons qu’elle marque l’aurore d’une véritable restauration.

Lully.

Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil

Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil,
fondateurs de l’Ordre canonial séculier de Saint-Remi

frise lys

2018-97. Ce 8 décembre 2018 au Mesnil-Marie.

Mercredi 12 décembre 2018,
Fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > ici).

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Voici, au moyen de quelques photographies, un petit compte-rendu de la très belle fête de la Conception immaculée de Notre-Dame au Mesnil-Marie, le samedi 8 décembre dernier.
C’était le jour de la réunion mensuelle du Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier, et, par bonheur et par grâce, nous avions un prêtre ami de passage, ce qui a permis de bénéficier de la Sainte Messe, qui a été chantée.

8 décembre 2018

Voici donc une photo de notre oratoire apprêté pour la Sainte Messe :

Oratoire du Mesnil-Marie 8 décembre 2018

Et voici l’autel plus en détail :

autel 8 décembre 2018

Du côté de l’épître se trouvaient un reliquaire contenant une parcelle du Saint Voile de Notre-Dame (le plus à droite) et un autre contenant une parcelle de bure de Saint Maximilien-Marie Kolbe, le « chevalier de l’Immaculée » :

autel 8 décembre 2018 - reliquaires côté épître

Tandis que du côté de l’Evangile, Frère Maximilien-Marie avait placé un reliquaire contenant des reliques du Bienheureux Pie IX, le pape de l’Immaculée Conception :

autel 8 décembre 2018 - reliquaire côté Evangile

Et voici la splendide chasuble de moire blanche brodée d’or que Monsieur l’Abbé a revêtue :

chasuble de Notre-dame

Après un délicieux déjeuner (les austérités de l’Avent étant suspendues en ce grand jour de fête), ainsi que je l’ai évoqué hier (cf. > ici), notre Frère a donné un enseignement sur « la Vierge Marie dans l’histoire de France ».
Puis, nos amis du Cercle Légitimiste ont repris la route et, le soir arrivant, nous nous sommes activés à allumer la centaine de lumignons déjà préparés et disposés sur les rebords des fenêtres du Mesnil-Marie :

8 décembre 2018

8 décembre 2018

Car nous sommes très attachés à la tradition initiée à Lyon le 8 décembre 1852 (cf. > ici).

8 décembre 2018

Or, cette année, profitant d’un anniversaire local dont je vous parlerai un peu plus loin, nous avions invité la population de Saint-Martial à suivre aussi cette belle tradition.
Un tract et des affichettes avaient été déposés chez les commerçants du village qui les avaient tous acceptés très volontiers. Afin que les non-catholiques ou les non-pratiquants eux-mêmes se sentent concernés et ne rechignent pas à placer des lumignons sur leurs fenêtres, ce tract avait été rédigé ainsi :

tract pour le 8 décembre 2018

Voici l’article que Frère Maximilien-Marie avait publié dans l’Hebdo de l’Ardèche après avoir interrogé les anciennes du village et qui vous renseignera sur l’histoire de cette statue dont ce 8 décembre a marqué le 80ème anniversaire de la bénédiction :

Hebdo de l'Ardèche - 29 novembre 2018

Mais les aînés du village avaient aussi demandé à Frère Maximilien-Marie d’acheter une guirlande électrique fonctionnant avec un petit capteur solaire et de l’installer, ce qu’il fit quelques jours avant la fête aidé par deux messieurs du village, et avec l’accord de Madame le Maire.
Sur cette photo on ne distingue pas très bien cette guirlande, à cause du flash qui s’est déclenché lors de la pris de vue, mais je vous assure qu’elle fait son petit effet et qu’elle met bien en valeur cette Madone octogénaire !

Statue de Notre-Dame de Rouveiller le 8 décembre 2018

Notre Frère a pris le volant et il est monté jusqu’au village, parcourant la rue principale, pour voir si l’invitation à mettre des lumignons sur les fenêtres avait été suivie.

Il faut savoir que la population de Saint-Martial est d’environ 250 habitants, mais loin s’en faut qu’il y ait 250 personnes au village : d’abord parce qu’il y a de nombreux hameaux éloignés et ensuite parce que certaines personnes officiellement domiciliées à Saint-Martial n’y habitent pas tout le temps. C’est ainsi que l’on voit au village de nombreuses maisons fermées qui ne sont occupées que l’été…

Eh bien, malgré cela, Frère Maximilien-Marie a été très heureux de constater qu’effectivement beaucoup de villageois présents ce 8 décembre avaient allumé de petites lumières sur au moins une ou sur plusieurs sde leurs fenêtres.
C’était aussi le cas pour les deux bars du village !!!…

fenêtres de Saint-Martial 8 décembre 2018

fenêtres de Saint-Martial 8 décembre 2018

fenêtres de Saint-Martial 8 décembre 2018

fenêtres de Saint-Martial 8 décembre 2018

J’espère que Notre-Dame a été touchée par ce modeste hommage et protègera maternellement notre village et ses habitants.

pattes de chatLully.

Trois lys blancs

2018-96. Où le Maître-Chat propose à nos amis éloignés la possibilité d’entendre la communication de Frère Maximilien-Marie sur la Vierge Marie dans l’histoire de France.

Regnum Galliae Regnum Mariae

« La Vierge Marie dans l’histoire de France » : ce titre est celui d’un ouvrage relativement célèbre dans les milieux catholiques traditionnels publié par le pseudo « marquis de La Franquerie ».
Propre à stimuler la dévotion à Notre-Dame, Reine et patronne principale du Royaume de France, ce livre, dans lequel on trouve de nombreuses vérités, n’est cependant pas exempt d’approximations, d’affirmations parfois un peu hasardeuses, ou d’interprétations très personnelles d’un auteur qui ne brille pas toujours par son jugement…

Le Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier avait l’une de ses réunions mensuelles ce samedi 8 décembre 2018 et – profitant de cette date si chère à la piété catholique et à la ferveur mariale – Frère Maximilien-Marie a très intentionnellement repris le même titre que l’ouvrage sus-cité pour l’enseignement qu’il a donné aux membres du Cercle présents ce jour-là au Mesnil-Marie.

Cette communication a été enregistrée.
Je vous préviens tout de suite : il ne s’agit ni d’un exposé exhaustif ayant la prétention d’épuiser son sujet, ni d’une conférence magistrale, mais cet enseignement se présente davantage comme un entretien amical, vivant et familier.
Nous avons toutefois pensé qu’il pouvait intéresser plusieurs de nos amis pour lesquels l’éloignement géographique et certaines difficultés de circulation ne permettaient pas d’être présents au Mesnil-Marie ce 8 décembre.

Les personnes qui souhaiteraient posséder cet enregistrement peuvent donc nous écrire pour nous le demander – > ici – et nous leur ferons alors bien volontiers parvenir un lien de téléchargement du fichier audio de cette conférence.

Lully.

Trois lys blancs

2018-95. Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, publié à l’occasion du 8 décembre 2018.

grandes armes de France

Message du Prince 8 déc 2018

Trois lys blancs

2018-94. « Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »

Lettre du Prieur de la Confrérie Royale
à l’occasion du début de l’année liturgique

armoiries confrérie royale

Confrérie Royale
Le Prieur

 Samedi 1er décembre 2018,
en la fête de Saint Eloi, évêque et confesseur ;
et du Bienheureux Charles de Jésus [de Foucauld], ermite et confesseur.

 « Nox praecessit, dies autem appropinquavit -
La nuit est déjà avancée, et le jour approche… »
Rom. XIII, 12 – épître du 1er dimanche de l’Avent.

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

« Nox praecessit » : la nuit est avancée, elle tend vers sa fin. Mais c’est encore la nuit ; les ténèbres règnent encore !
« Dies autem appropinquavit » : le jour approche ; sa venue est certaine. Mais il n’est pas encore là ; la lumière ne règne pas encore !
Il est tout aussi certain que le règne des ténèbres prendra fin qu’il est certain que le règne de la lumière va venir. Nous ne pouvons nullement en douter. Mais pour l’heure, c’est encore le règne des ténèbres et nous ne voyons la lumière que par les yeux d’une invincible espérance.

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »
Ces quelques mots de l’Apôtre, que nous lisons, approfondissons et méditons au premier dimanche de l’Avent, constituent non seulement le thème spirituel que la Sainte Eglise notre Mère nous donne pour commencer la nouvelle année liturgique et nous stimuler en entrant dans le saint temps de l’Avent, mais c’est aussi l’antienne que nous devons répéter inlassablement – presque à la manière d’un cri de guerre et de ralliement au cœur de la bataille- pour stimuler nos énergies, renforcer notre détermination, rassembler nos forces, décupler notre zèle, aiguillonner notre générosité, éperonner notre combativité, attiser notre ferveur, dynamiser nos engagements, exciter notre flamme, revigorer notre entrain et tonifier notre vaillance dans le grand combat spirituel qui est le nôtre au service de notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »
Oui, les ténèbres étendent encore leur règne, règne terrible et destructeur, sur le Royaume des Lys ! Oui, les ténèbres règnent encore dans les intelligences, dans les cœurs et dans les âmes de la majorité des Français ! Mais « nox praecessit » : la nuit, nous en avons la certitude, va vers son déclin – inéluctablement ! – et l’aube poindra. Nous ne savons pas encore quand, nous ne savons pas encore combien d’heures nous en séparent : mais elle poindra et sa clarté grandissante chassera peu à peu la noirceur et ses épouvantes mortifères : « dies autem appropinquavit ! » 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »
A l’épaisse nuit diabolique engendrée par le pseudo « siècle des lumières », succédera le jour victorieux de la grâce renaissante qui jaillit de la source vive de Reims, le baptistère dans les eaux duquel se sont unies la royauté franque et la foi de Nicée pour faire naître la France : notre France ! La France telle que voulue par Dieu ! La France catholique et royale !
« Sine paenitentia enim sunt dona et vocatio Dei : en effet les dons et la vocation de Dieu sont sans repentir ! » (Rom. XI, 29). C’est cela qui nous donne notre assurance, une assurance fondée sur les faits que Dieu a suscités et sur les promesses qu’Il a faites, en dépit de tous les éléments de découragement qui pourraient s’imposer à nous en considérant la situation actuelle selon des vues simplement humaines.

Mais notre confiance est en Dieu, qui ne peut « ni se tromper ni nous tromper » (cf. acte de foi), et c’est la raison pour laquelle, au début de cet Avent qui nous prépare à Noël, nous proclamons notre ferme espérance en associant au Noël de Bethléem où le Dieu-fait-chair a paru devant nos yeux et dont ce prochain Noël va liturgiquement renouveler les grâces, le Noël de l’an 496 où par le Baptême du Roi Clovis est né le saint Royaume de France.
Ce n’est pas par hasard que Dieu a disposé toutes choses pour que le jour de la naissance de Son Fils incarné soit aussi le jour de la naissance de la Royauté Très Chrétienne au Royaume des Lys !

Sus donc à toute forme de découragement larvé et de désespérance : « Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! » 

Chers membres de notre Confrérie Royale, plus que jamais et avec une ardeur renouvelée, « abjiciamus ergo opera tenebrarum et induamur arma lucis : rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière ! » (Rom. XII, 12 – épître du 1er dimanche de l’Avent).

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Blason Frère Maximilien-Marie

2018-84. Louis XX, ferme défenseur de la famille traditionnelle.

Discours
de

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX,
prononcé le vendredi 14 septembre 2018
à Chisinau (Moldavie)
à l’occasion du
12ème congrès mondial de la famille

Famille royale

Belle scène de vie de famille prise sur le vif :
Monseigneur le Prince Louis et la Princesse Marie-Marguerite
tiennent beaucoup à vivre avec leurs enfants une authentique vie de famille simple
imprégnée des valeurs traditionnelles

Du 14 au 16 septembre, à Chisinau, en Moldavie, s’est déroulé le 12ème congrès mondial de la famille, en présence de nombreuses personnalités tant de la société civile que du monde ecclésiastique.
SAR Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure SMTC le Roi Louis XX, y était invité à prendre la parole. 

Grâce au site de l’UCLF, nous avons eu connaissance de la traduction de ce discours que notre Souverain légitime a prononcé en anglais (pour ceux qui entendent cette langue, le site de l’UCLF permet aussi d’accéder à la vidéo de ce discours > ici, ainsi qu’à la vidéo de la rencontre de Monseigneur avec le Président de la république Moldave > ici).

Déjà, après l’annonce de la grossesse de la Princesse Marie-Marguerite (cf. > ici) puis après la précision donnée par le Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou en France que l’enfant attendu est un troisième garçon, le site « Boulevard Voltaire » (quel nom abominable !) avait présenté la Famille Royale comme un modèle (voir > ici).
Le discours du Prince, dont nous reproduisons ci-dessous la traduction, est donc manifestement une preuve supplémentaire de son investissement ferme et courageux dans la défense de la famille traditionnelle.
C’est en même temps un démenti cinglant aux affirmations perfides d’un certain journaliste et écrivain – lequel, du haut d’une apparence noble usurpée, se donnerait volontiers comme l’interprète autorisé de la pensée du Prince -, qui affirmait il y a quelques mois que la prise de position de Monseigneur le duc d’Anjou contre le « mariage pour tous », lui avait été en quelque sorte imposée par une faction de type intégriste mais ne correspondait pas à sa pensée véritable !

Armes de France

Monsieur le Président,
Votre Sainteté, Eminence,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Tout d’abord soyez remerciés de me donner l’occasion d’intervenir sur le sujet de la famille, à l’ouverture de ce colloque international. Ce sujet m’est cher ainsi qu’à mon épouse. Nous vivons, en effet, dans nos sociétés occidentales, un moment crucial quant au rôle et à la place accordés à l’institution familiale, confrontée à de nombreux assauts. En dressant un état des lieux et en appelant au renouveau qui s’impose, ce congrès international, placé sous la présidence du Président de Moldavie et sous le patronage du Patriarche Kyril, et du Cardinal Parolin marquera donc une étape.

Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes. Il n’est pas exagéré de dire que les familles, dans bien des pays, doivent s’affirmer en résistant aux nombreuses mesures insidieuses qui cherchent à les affaiblir. Des congrès comme celui-ci contribuent à cet esprit de résistance, en facilitant les échanges et les partages de connaissances. Ensemble, il est plus facile de discerner les enjeux et les risques et de réfléchir aux moyens de remédier à cette situation qui, si elle devait continuer, n’amènerait qu’à la ruine de la société, voire à celle de la Civilisation.

La question de la défense de la famille est d’une extrême gravité tant elle touche à l’essentiel. La famille par la transmission naturelle de génération en génération, est intrinsèquement liée à la vie, et l’attaquer mène à des attitudes mortifères. L’une ne peut aller sans l’autre, même si, de nos jours, certains voudraient nous égarer dans d’autres voies telles que la théorie du genre ou les méthodes contre-nature comme la gestation pour autrui, que l’on réduit souvent à ses initiales, GPA, cherchant à cacher l’horreur de la pratique que les mots évoquent. L’avenir ne se trouve pas là. Bien au contraire ! Nier la famille naturelle, c’est nier la vie. Les orateurs vont nous le rappeler.

Parlant en ouverture de ce congrès il m’appartient de poser les problèmes tels que je les vois, et cela sous trois aspects : comme chef de la Maison de Bourbon et successeur des rois de France ; comme chef de famille, comme personne engagée dans la vie sociale.

Tout d’abord en tant que Chef de la Maison de Bourbon, je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de 800 ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà.

Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes. Si toutes n’avaient pas les mêmes devoirs, toutes devaient concourir au Bien commun. L’aîné des mâles avait le devoir d’assurer la permanence de l’Etat, rôle principal de la fonction royale, mais les autres membres de la famille y concouraient que ce soit en étant héritier de droit, fonction du Dauphin ; en assumant la régence en cas de minorité du titulaire légitime, rôle souvent des mères ou des oncles ; ou en acceptant différentes fonctions pour les princes et princesses pourvus de charges de pouvoir… Cette manière de concevoir le pouvoir des dynasties n’est pas révolue. Dans les familles royales qui subsistent en Europe, dès leur plus jeune âge, les enfants et petits-enfants, les frères et sœurs participent à la fonction royale. Comment ne pas exprimer mieux, par cette pratique, combien le roi et sa famille sont au service de la société.

Au-delà, le roi, Chef de famille, symbolisait aussi l’unité de la société en étant le modèle de toutes les familles. Le lien qui unissait les Français entre eux était, avant tout, un lien de famille allant du plus humble jusqu’au roi. Ainsi loin d’être un objet de droit, chaque français était avant tout un sujet, c’est à dire une personne aux droits inaliénables. Ce lien entre le corps social et la tête manque actuellement. Ce lien organique est peut-être l’élément le plus important que la dynastie, la famille royale, a pu apporter. Ces principes furent compris, vécus et admis dès le grand Louis IX dont l’Eglise a fait un saint à la fin du XIIIe siècle. Ils n’ont pas varié durant des siècles car ils donnaient du sens à la vie en société, cette dernière étant bien plus qu’un ensemble d’individus tenus par des lois et de règlements mais une réelle communauté engagée par un même destin collectif. Voilà pourquoi la France ne fut pas seulement une réussite politique interne, mais avant tout un modèle de civilisation à partager. Et je le dis même pour aujourd’hui alors que notre pays semble parfois oublieux de ses grands principes, au point d’en renier certains, mais, voyez-vous, la force des principes est qu’ils demeurent contre vents et marées. Alors je préfère dire qu’ils sont en sommeil ! Comme l’exprimait déjà le Comte de Chambord, la France, peut renouer, du jour au lendemain avec ce qui demeure la force de la civilisation dont elle est porteuse qui repose sur le bien commun. Fruit du double héritage gréco-romain et chrétien, il passe par le statut donné à l’être humain qui trouve d’abord à s’épanouir au sein de la famille.

Mais je voudrais venir aussi à un second point, si le Chef de la Maison de Bourbon incarne, la famille royale et ses valeurs, il est aussi un chef de famille comme vous tous. Cette famille je la ressens dans mon être, au plus profond de moi. Cette famille ce sont ceux qui m’ont précédé et à qui je dois d’être ce que je suis. Voyez-vous, il n’y a pas un jour où je ne pense à mes aïeux qui m’ont légué une histoire qui parfois me dépasse ; où je ne pense à mon frère trop tôt perdu, à mon Père, mort alors que j’étais trop jeune, à mes grands-parents, à ma chère Grand-Mère décédée il y a quelques mois. D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à redécouvrir ou à attendre de l’Etat. Bien évidemment si cela s’applique à ceux qui nous ont précédés, cela est encore plus vrai pour ceux qui sont actuellement à mes côtés, chaque jour, chaque instant. Que serais-je sans ma femme, sans mes chers enfants et parmi eux j’inclue le quatrième qui est annoncé pour dans quelques mois, mais qui est déjà une personne au sein de notre famille. Cet aspect spirituel, est au cœur de la famille et fait partie de son mystère. La famille est une entité en elle-même, exactement comme le couple est plus que le mari et la femme. Ainsi s’attaquer à la famille, c’est ruiner l’équilibre naturel, c’est rompre la chaîne des générations qui va des origines du monde à ce qui sera sa fin. Cette dimension de la famille est essentielle et la remettre en cause revient à attaquer les plus grands fondements de la société humaine. Il nous appartient de la défendre, à nous parents.

Nous sommes responsables de cette cellule sociale, lieu de la vraie solidarité et rempart contre la précarité et l’isolement. Cette défense de la famille passe par celle de la vie, de sa conception à la mort naturelle et, au-delà, par le respect dû aux morts qui ne doivent pas devenir des enjeux de pouvoir; elle passe par la transmission des valeurs et notamment par l’éducation qui ne peut se limiter à l’instruction.

Voilà ce qu’il convient d’affirmer et surtout d’assumer malgré les embûches de législations souvent hostiles. Ceux qui attaquent la famille naturelle savent ce qu’ils font. Par la famille ils cherchent à atteindre la société toute entière et ses fondements. C’est ainsi que naissent les totalitarismes. Ce danger est actuel. Malheureusement !

Voyez-vous, et ce sera mon troisième point qui porte sur le rôle social de chacun d’entre nous. Il repose sur l’expérience de l’histoire et sur l’actualité récente. Lorsque certains cherchent à rompre le pacte social, s’ils combattent dans un premier temps ceux qui s’y opposent par les idées ou par les armes, très vite et toujours ils cherchent à briser les familles. Pensons à la Vendée où femmes et enfants étaient tués encore plus que les combattants eux-mêmes et de façons atroces ; souvenons-nous des Arméniens et des politiques génocidaires qui ont suivi et qui, sur bien des points du globe continuent; comme nous l’avons vu il y a encore peu, pour les chrétiens d’Orient. Chaque fois, sous le règne des totalitarismes rouge, brun et maintenant vert, les familles sont inquiétées pour ce qu’elles représentent, chaque fois il y a des séparations forcées, l’emprise sur les enfants pour en faire des enfant-soldats, et des mises en esclavages pour les filles et les femmes. Sur ce point les familles royales ont payé leur écot. Rappelons Louis XVI assassinés avec femme, fils et sœur ; Nicolas II avec femme et enfants.

Cela montre combien la famille malgré toute sa fragilité demeure pour certains l’ennemi principal. Il est donc du devoir de tous et notamment de ceux qui aspirent à des fonctions religieuses, sociales, politiques mais aussi culturelles, de défendre la famille, c’est-à-dire la vie.

Ainsi, pour terminer, après avoir rappelé le lien entre famille royale, famille naturelle et famille sociale, je ferai une proposition : pourquoi ne pas proposer à l’Unesco d’inscrire au patrimoine mondial, le modèle de la famille naturelle traditionnelle, un père, une mère, des enfants, modèle ayant fait largement ses preuves. Voilà qui insufflerait une réelle dynamique à l’institution familiale en en faisant un modèle aux valeurs irremplaçables pour demain ?

Merci de m’avoir écouté et que saint Louis, mon aïeul, le roi aux onze enfants, protège nos familles.

Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou
Chisinau (Moldavie)
Vendredi 14 septembre 2018

Trois lys blancs

2018-82. Messe vénitienne pour la naissance du Dauphin de France Louis-Dieudonné.

1638 – 5 septembre – 2018

Contribution
au
380ème anniversaire de la naissance

de
Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV

Armes de France & Navarre

« J’ai été appelé par Monseigneur de La Houssaye, ambassadeur de Votre Majesté, pour l’assister dans la célébration de la naissance du Grand Dauphin, célébrée en la basilique San Giorgio. Ce service, pour lequel j’ai été honoré d’être publiquement recommandé par ce gentilhomme, m’enhardit de Vous dédicacer ces œuvres musicales sacrées afin que je puisse immortaliser mon obligeance et me faire connaître en ce Royaume de France comme l’un des serviteurs de Votre Majesté ».
Ainsi s’exprime Giovanni Rovetta à l’adresse de SMTC le Roi Louis XIII dans l’épître dédicatoire qui préface cette messe composée pour les festivités vénitiennes commandées par l’ambassadeur de France auprès de la Sérénissime, en novembre 1638, afin de célébrer la naissance du Dauphin tant attendu : Louis-Dieudonné.
Les célébrations religieuses eurent lieu à la basilique San Giorgio, ainsi que le précise Rovetta lui-même ci-dessus : il y eut une somptueuse procession de gondoles, une grand’messe et des vêpres solennelles – c’est la partie religieuse -, mais également un banquet et des combats de taureaux organisés sur la place Saint-Marc… etc.
Le compositeur Giovanni Rovetta (né probablement en 1596) est un prêtre dont toute la carrière se fit à la basilique Saint-Marc, en tant que choriste, instrumentiste, basse, vice-maître de Monteverdi, puis successeur de ce dernier au prestigieux poste de maestro di capella depuis 1644 jusqu’à sa mort (survenue le 23 octobre 1668). Il exerça aussi conjointement en tant que maestro di musica dans diverses institutions vénitiennes et comme organiste. Lorsque l’ambassadeur de France à Venise le choisit pour composer la messe et les vêpres des festivités organisées à Venise en l’honneur de la naissance du Dauphin Louis-Dieudonné, Rovetta était donc alors assistant de Monteverdi.
Les chroniques de l’époque nous rapportent qu’il lui fut ordonné d’engager le plus de chanteurs et d’instrumentistes possible afin de donner le maximum de majesté et de solennité à ces compositions de circonstance.

Canaletto - Venise basilique San Giorgio

Venise : l’île et la basilique san Giorgo, par Canaletto.

On peut trouver aujourd’hui les enregistrements des Vêpres solennelles vénitiennes pour la naissance de Louis XIV (chez Harmonia Mundi Classique – 2001) interprétées par le Cantus Cölln sous la direction de Konrad Junghänel ; ainsi que la Messe pour la naissance de Louis XIV, interprétée par le Galilei Consort sous la direction de Benjamin Chénier (chez Alpha – 2016). Ce dernier enregistrement fut réalisé dans la chapelle royale de Versailles.
En réalité, la partition intégrale de la messe de Rovetta ne nous est pas parvenue, il ne nous en reste que le Kyrie, le Gloria et le Credo.
Les autres pièces que l’on trouve sur cet enregistrement, afin de donner le programme d’une célébration solennelle complète avec toutes ses parties, instrumentales et vocales, sont extraits des œuvres d’autres compositeurs vénitiens contemporains, comme par exemple cette toccata qui me conduit aux portes de l’extase (faire un clic droit sur l’image ci-dessous puis « ouvrir le lien dans un nouvel onglet ») :

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Après cette somptueuse introduction, je vous laisse découvrir par vous-même les trois pièces qui nous sont parvenues de la Messe pour la naissance de Louis XIV de Giovanni Rovetta.

1) Le Kyrie (faire un clic droit sur l’image, puis « ouvrir le lien dans un nouvel onglet ») :

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2) Le Gloria (faire un clic droit sur l’image, puis « ouvrir le lien dans un nouvel onglet ») :

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3) Le Credo (faire un clic droit sur l’image, puis « ouvrir le lien dans un nouvel onglet ») :

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Vous le voyez, ce n’est pas parce que je me prénomme Lully que je ne goûte que la musique versaillaise !
J’espère qu’en cet anniversaire de la naissance de celui qui, plus que tout autre, mérite d’être nommé « le Grand Roi », vous apprécierez aussi ces pièces magnifiques et qu’elles vous serviront pour élever vos âmes à Dieu, afin de Lui rendre grâce d’avoir donné à la France un tel Souverain.

Lully.

Voir aussi :
De l’anniversaire de la naissance de Louis XIV et de son prétendu refus d’obtempérer aux demandes du Sacré-Coeur > ici

Louis XIV enfant

Publié dans:Chronique de Lully, Memento, Vexilla Regis |on 4 septembre, 2018 |1 Commentaire »

2018-81. De la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié, qui joua un rôle fondamental dans la consécration du Royaume de France à Notre-Dame.

1653 – 4 septembre – 2018

365ème anniversaire du rappel à Dieu
de la
Réverende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié
née Anne de Goulaine

frise avec lys naturel

De la même manière que l’événement fondateur qu’est le Baptême de Clovis – en lequel se fait la naissance du Royaume de France – est entouré d’une pléiade de très grands saints, ainsi aussi cet autre événement majeur de notre histoire qu’est la consécration du Royaume à Notre-Dame par SMTC le Roi Louis XIII (cf. > ici) est lui aussi entouré d’une constellation de très grandes âmes, dont la plupart ne sont malheureusement pas assez connues aujourd’hui. 
Nous aurons l’occasion de parler prochainement plus en détail du Révérend Père Joseph de Paris, capucin, né François Le Clerc du Tremblay, un personnage-clef pour le règne de Louis XIII, mais en ce 4 septembre 2018, à l’occasion de l’exact 365ème anniversaire de son rappel à Dieu, le 4 septembre 1653, il faut prioritairement évoquer la figure de l’une de ses filles spirituelles, la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié, née Anne de Goulaine. Elle est en effet une mystique de tout premier ordre et son influence fut déterminante dans la maturation du Vœu de Louis XIII.

Rde Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié - Anne de Goulaine

La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié avec son ange gardien

Anne de Goulaine naquit le 20 septembre 1599, au château de Poulmic, édifié sur la presqu’île de Crozon (il n’en reste rien aujourd’hui).
Elle était la troisième fille de Messire Jean de Goulaine, seigneur et baron du Faoüet, cadet du marquis de Goulaine, et de Madame Anne de Ploeuc, sœur du marquis de Tymeur.
Dès son plus jeune âge, Anne fut favorisée de grâces extraordinaires, en particulier la compagnie visible de son saint ange gardien, mais également préscience et lecture dans les âmes…
A plusieurs reprises, elle fut miraculeusement soulagée dans ses maladies et consolée par la visite des saints. En contre partie de ces faveurs célestes, elle subit aussi de manière extraordinaire des vexations et attaques diaboliques.

Ses deux sœurs ainées étant entrées dans la congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire que venaient de fonder le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) et la Révérende Mère Antoinette de Sainte-Scholastique (née Antoinette d’Orléans-Longueville), ses parents résolurent de la marier. Mais Anne aspirait elle aussi depuis sa plus tendre enfance à la consécration totale et sa détermination inflexible, opposée au dessein de ses parents, fut à l’origine de longues années d’affrontements et de souffrances, chacun campant fermement sur ses positions.

A la mort de son père, qui rend son âme à Dieu revenu à des dispositions plus conformes aux desseins du Ciel sur sa fille, Anne ne peut toutefois pas encore réaliser sa vocation. Si sa mère a renoncé à la marier et lui laisse donner libre cours à sa dévotion, elle est cependant malade et c’est à Anne qu’incombent les responsabilités de gestion et d’administration des domaines familiaux et les devoirs mondains y afférant.
Elle passe alors la plus grande partie de ses nuits en oraison et emploie tout le temps libre que lui laisse sa charge à visiter et soigner les pauvres et les malades du voisinage.
Les vexations et sévices diaboliques s’intensifient, mais les grâces divines augmentent elles aussi : à plusieurs reprises elle est favorisée de visions de Notre-Seigneur ou de Notre-Dame.

Enfin, en 1629, une communauté de Bénédictines du Calvaire s’étant établie à Morlaix – communauté dont l’une de ses sœurs est sous-prieure -, et Madame de Goulaine ayant cédé, Anne peut réaliser sa vocation et entrer au couvent. Cela se fait donc le 4 août 1629 : Anne est âgée de 29 ans et un peu plus de dix mois, âge très avancé pour une entrée en religion à cette époque.
Ayant accompli le postulat canonique, qui est alors de trois mois, elle est admise à la vêture le 4 novembre 1629 et reçoit, en même temps que le saint 
habit, le nom de Sœur Anne-Marie de Jésus Crucifié.

Pendant son noviciat, Sœur Anne-Marie continue à être favorisée de grâces extraordinaires et à être terriblement attaquée par le démon. Ses supérieures la feront passer par de rigoureuses épreuves pour s’assurer que les voies de la jeune religieuse sont bien de Dieu. Mais force est de constater que « ce trait puissant qui la possédait et l’attirait à la conversation céleste, ne l’empêchait pas d’agir extérieurement et de vaquer aux œuvres de charité et d’obéissance et d’assister à toutes les observances ».
Le Vendredi Saint 29 mars 1630, à midi, en présence de toute la communauté assemblée, Sœur Anne-Marie reçoit les sacrés stigmates. Par la suite, tous les vendredis, ces plaies seront revivifiées.

Normalement, elle eût dû prononcer ses vœux solennels un an après sa prise d’habit, donc en novembre 1630 ; mais informés des phénomènes mystiques hors du commun dont était gratifiée la novice, les supérieurs de Paris avaient exprimé le désir d’examiner eux-mêmes la jeune religieuse avant de l’admettre à la profession solennelle. Finalement, le voyage à Paris ne put avoir lieu comme initialement prévu et la supérieure de Morlaix fut autorisée à recevoir les vœux de Sœur Anne-Marie, à condition que, sitôt après, cette dernière partirait pour la capitale.
Cette profession solennelle eut lieu le 27 juin 1631, qui était cette année-là le vendredi après l’octave de la fête du Très Saint-Sacrement, c’est-à-dire le jour que quelques années plus tard  Notre-Seigneur Lui-même désignera pour qu’y soit célébrée la fête de Son Sacré-Coeur.
Lors de cette profession, dont on peut deviner avec quelle ferveur Sœur Anne-Marie s’y prépara et l’accomplit, eut lieu un nouveau prodige : alors qu’elle venait de prononcer ses vœux devant le Saint-Sacrement exposé, un rayon sortit de la Sainte Hostie et vint se poser dans un cœur qu’elle avait dessiné au-dessous de sa signature, sur l’acte manuscrit de sa profession, y laissant une petite goutte de Sang que l’on peut encore voir aujourd’hui, puisque ce document est conservé (archives du ministère des Affaires étrangères).

Conformément aux ordres reçus, Sœur Anne-Marie de Jésus-Crucifié fut alors envoyée à Paris où elle arriva à la fin du mois d’août et où elle restera jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire pendant 22 ans.
Le couvent dans lequel elle a vécu, en bordure du Marais, est aujourd’hui détruit, son souvenir ne subsiste que par le nom d’un boulevard et d’une station de métro : « Filles du Calvaire ».
Le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) ne la ménagera pas, tout en étant absolument convaincu du caractère surnaturel divin des voies mystiques dans lesquelles elle avance : mais il est de son devoir de la prémunir contre toute espèce d’illusion, manque d’humilité, complaisance en soi-même et contre tout mouvement de vénération indiscrète. Sous sa direction ferme, Mère Anne-Marie continue à croître dans une union à Dieu toujours plus intense, en humilité et en charité, dans une vie immolée et souffrante, jusqu’au moment de sa sainte mort, survenue le lundi 4 septembre 1653, à quelques jours de son 54ème anniversaire.

Vœu de Louis XIII - Simon Vouet

Vœu de Louis XIII
par Simon Vouet (vers 1633)
Mairie de Neuilly-Saint-Front (Picardie)

Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié et le Vœu de Louis XIII :

Le Révérend Père Joseph de Paris fut surnommé, on s’en souvient, l’ « Eminence grise » : « grise » en raison de la couleur de sa bure délavée de capucin ; « Eminence » en raison du rôle très important qu’il joua auprès du Roi Louis XIII aux côtés de Son Eminence Armand du Plessis cardinal de Richelieu, dont il fut le principal et très sage conseiller.
Les Bénédictines du Calvaire, et tout spécialement celles de Paris qui avaient de fréquents contacts avec leur fondateur, le Père Joseph, étaient donc particulièrement sollicitées pour soutenir de leurs prières et de leurs sacrifices la Personne du Roi, lui obtenir toutes les grâces nécessaires dans l’accomplissement de sa charge, et seconder dans l’invisible la politique du Roi Très Chrétien.
Or les années 1635-1636 furent particulièrement critiques pour le Royaume.

Décidés à dégager la France de l’étau dans lequel la tient dangereusement la Maison de Habsbourg, le Roi et le Cardinal lui ont déclaré la guerre. Si les débuts de la campagne ont été ponctués par de brillants succès, les revers se produisent bientôt et les Espagnols envahissent les provinces septentrionales du Royaume, s’approchant dangereusement de Paris.
Déjà, depuis le début la décennie, l’idée d’un vœu du Souverain à la Vierge s’était fait jour et revenait de manière récurrente : malgré la paix d’Alais (1629) – véritable terme des guerres civiles dites « de religion » – on pouvait craindre à tout moment un sursaut de trahison des sectateurs de la religion prétendue réformée, toujours prompts à s’allier avec les ennemis du Royaume. Un Royaume dont l’avenir était incertain du fait de l’absence d’héritier…
Les ferventes supplications de tous les couvents du Royaume sont instamment sollicitées. Le Roi écrit aux évêques pour qu’ils prescrivent et instituent dans tous les diocèses des prières publiques solennelles.

Après la prise de Corbie (15 août 1636), les Espagnols arrivent aux portes de Compiègne : la route de Paris leur est ouverte.
Le Roi qui a imploré d’une manière particulière le secours de la Sainte Mère de Dieu et qui, en gage de ce recours particulier à sa protection, a offert une lampe d’argent à Notre-Dame de Paris, reçoit alors communication des révélations particulières qui ont été accordées par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié.
La moniale assure que Corbie va être reprise mais surtout elle fait porter à la connaissance du pieux monarque les grands desseins de Notre-Seigneur : « Je l’aime et l’aimerai s’il Me veut donner son cœur. Pour cela il faut qu’il M’aime plus qu’il ne fait… Il n’est pas né pour lui- même, mais pour Moi et son peuple (…). Je veux aussi qu’il fasse honorer Ma Mère en son royaume en la manière que Je lui ferai connaître. Je rendrai son royaume par l’intercession de ma Mère la plus heureuse patrie qui soit sous le ciel ».
Et c’est alors que tout semblait désespéré, alors que le Roi se murait dans sa mélancolie, alors que le Cardinal – devenu l’objet des huées de la foule – semblait perdre confiance en lui-même, alors que des trahisons se tramaient dans l’armée, alors que les Parisiens commençaient à s’enfuir en direction de Chartres ou d’Orléans, qu’un sursaut d’énergie, de patriotisme et de courage se produit : en quelques jours une armée de plus de quarante mille hommes est levée avec laquelle, ayant déjoué de nouveaux complots contre sa personne et évincé les chefs incapables, le Cardinal – présent lui-même à l’armée – reconquiert Corbie le 10 novembre de cette même année 1636, conformément aux prophéties de la religieuse.

L’année 1636 s’achève sur des succès militaires et dans l’action de grâces à Dieu.
Louis XIII et le Cardinal savent désormais que l’offrande d’un luminaire d’argent – fut-il somptueux – à Notre-Dame de Paris n’est point suffisant. Plusieurs témoignages nous assurent que Louis XIII consacre de manière privée sa Personne et son Royaume à Notre-Dame dans les premiers mois de l’année 1637 : mais cela non plus n’est pas suffisant.
On conserve, en date d’octobre 1637, plusieurs brouillons sur lesquels on voit, raturé et corrigé de la main du Cardinal, un projet de prières publiques pour la consécration du Royaume à la Vierge, et des lettres patentes que Sa Majesté présente finalement au Parlement au mois de décembre 1637 : lettres patentes par lesquelles, en vertu de son autorité souveraine, il déclare se mettre personnellement, lui et son royaume, sous la protection de la Très Sainte Vierge Marie.

La suite, on la connaît : le 10 février 1638 le Roi signe et promulgue l’Edit de Saint-Germain et c’est à Abbeville, où il se trouve au milieu de ses armées, que le 15 août 1638 il accomplira lui-même les cérémonies qu’il a prescrites dans tout le Royaume à perpétuité, et que nous nous faisons encore aujourd’hui un honneur et un devoir d’accomplir fidèlement tous les 15 août.

La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié va demeurer encore 15 ans sur cette terre après que sa « mission publique » a été conduite à sa réalisation : 15 années vécues encore dans d’extraordinaires voies de souffrance et d’amour ; 15 ans, c’est d’ailleurs aussi le temps que Notre-Dame est restée sur cette terre après l’Ascension de son divin Fils dans l’attente de Le rejoindre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Abraham Bosse voeu de Louis XIII

Le Vœu de Louis XIII (gravure d’Abraham Bosse) 

2018-80. « Louis XVIII n’eut pas de plus incommode sujet, ni ses meilleurs ministres de collègue plus dangereux. »

1768 – 4 septembre – 2018

à propos du
250ème anniversaire de la naissance
de
François-René de Chateaubriand

François-René, vicomte de Chateaubriand, est né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 : cela fait donc 250 ans.
Il s’est éteint à Paris dans sa 80ème année le 4 juillet 1848 : cela fait 170 ans.
Personnage complexe, Chateaubriand, qui fut parfois un assez bon serviteur de la Royauté, eut le génie de certaines phrases dont nous ne pouvons qu’admirer la justesse. Je pense par exemple à celle-ci que j’aime beaucoup : « Le trône de Saint Louis sans la religion de Saint Louis est une supposition absurde ». De là à faire du vicomte un authentique légitimiste et un grand serviteur du trône et de l’autel, il y a un précipice que je me garderai bien de franchir.
Chateaubriand fut un romantique.
Et son romantisme gâche sa pensée politique autant que sa pensée religieuse.
Si l’on ne peut nier l’influence qu’exerça son « Génie du Christianisme » sur le regain d’intérêt pour la religion catholique après la déchristianisation révolutionnaire, on doit toutefois déplorer que son argumentation se résume finalement preque uniquement en ceci : c’est vrai parce que c’est beau.
Ce sentimentalisme et ce subjectivisme – alliés à un « complexe d’excellence » démesuré – se retrouvent dans la manière dont il servira les Bourbons : s’alliant tantôt aux « ultras » tantôt aux libéraux, au gré de la rumination de ses amertumes et de ses rancœurs, il n’a pas su fonder sa pensée et son action politique sur les principes de la monarchie traditionnelle ni s’y soumettre. Si le littérateur déploie des pages admirables, ces apparences font qu’il n’en est parfois que plus dangereux. Ainsi que l’a écrit Charles Maurras : « Il est lamentable que des monarchistes puissent écrire le nom de Chateaubriand auprès de ceux de Maistre et de Bonald ».
Ce pourquoi, lors même que je ne suis pas maurrassien – loin s’en faut -, je n’hésite cependant pas aujourd’hui à publier ci-dessous l’analyse, impitoyable de juste lucidité, que Maurras a donnée de Chateaubriand dans son essai « Trois idées politiques ».
Je le fais pour donner à réfléchir à ceux qui, aujourd’hui, se prétendent légitimistes mais sombrent dans les mêmes abîmes d’incohérence que Chateaubriand et qui, en définitive, au lieu de s’en tenir à une exigeante formation, par l’étude approfondie des principes objectifs et un travail rigoureux de la pensée, en restent toujours, dans leur attachement à la Royauté, à un subjectivisme plus ou moins passéiste, romantique et sentimental, et s’illusionnent facilement ; car, alors, en prétendant servir l’idée royale et la Tradition monarchique – parfois avec beaucoup de sincérité d’ailleurs -, ils servent surtout leurs rêves, leurs ambitions et leurs propres fantasmes…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Voir aussi ce que nous avions publié à son sujet > ici

Chateaubriand vers 1828 - Pierre-Louis Delaval

François-René, vicomte de Chateaubriand
vers 1828
par Pierre-Louis Delaval

Chateaubriand ou l’anarchie.

« J’admire surtout l’égarement de la vieille France. Ce Régime ancien dont elle garde la religion, l’État français d’avant dix-sept cent quatre-vingt-neuf, était monarchique, hiérarchique, syndicaliste et communautaire ; tout individu y vivait soutenu et discipliné ; Chateaubriand fut des premiers après Jean-Jacques qui firent admettre et aimer un personnage isolé et comme perclus dans l’orgueil et l’ennui de sa liberté.

La vieille France avait ses constitutions propres, nées des races et des sols qui la composaient. Les voyages de Chateaubriand aux pays anglais marquent, avec ceux de Voltaire et de Montesquieu, les dates mémorables de l’anglomanie constitutionnelle ; il ne guérit jamais de son premier goût pour les plagiats du système britannique, libéralisme, gouvernement parlementaire et régime de cabinet.

La vieille France avait l’esprit classique, juridique, philosophique, plus sensible aux rapports des choses qu’aux choses mêmes, et, jusque dans les récits les plus libertins, ses écrivains se rangeaient à la présidence de la raison ; comme les Athéniens du Ve siècle, cette race arrivée à la perfection du génie humain avait, selon une élégante expression de M. Boutmy (note : Émile Boutmy, 1835-1906, fondateur en 1872 de l’École libre des sciences politiques, qu’il dirigera jusqu’à sa mort), réussi à substituer « le procédé logique » au « procédé intuitif » qu’elle laissait aux animaux et aux barbares ; Chateaubriand désorganisa ce génie abstrait en y faisant prévaloir l’imagination, en communiquant au langage, aux mots, une couleur de sensualité, un goût de chair, une complaisance dans le physique, où personne ne s’était risqué avant lui. En même temps, il révélait l’art romantique des peuples du nord de l’Europe. Quoiqu’il ait plus tard déploré l’influence contre nature que ces peuples sans maturité acquirent chez nous, il en est le premier auteur.

La vieille France professait ce catholicisme traditionnel qui, composant les visions juives, le sentiment chrétien et la discipline reçue du monde hellénique et romain, porte avec soi l’ordre naturel de l’humanité ; Chateaubriand a négligé cette forte substance de la doctrine. De la prétendue Renaissance qu’on le loue d’avoir provoqué datent ces « pantalonnades théologiques », ce manque de sérieux dans l’apologétique, qui faisaient rire les maîtres d’Ernest Renan. Examinée de près, elle diffère seulement par le lustre du pittoresque et les appels au sens du déisme sentimental propagé par les Allemands et les Suisses du salon Necker. On a nommé Chateaubriand un « épicurien catholique », mais il n’est point cela du tout. Je le dirais plus volontiers un protestant honteux vêtu de la pourpre de Rome. Il a contribué presque autant que Lammenais, son compatriote, à notre anarchie religieuse.

Si enfin le Génie du Christianisme lui donne l’attitude d’un farouche adversaire de la Révolution, de fait, il en a été le grand obligé.

Lorsque, ayant pris congé des sauvages de l’Amérique, François-René de Chateaubriand retrouva sa patrie, elle était couverte de ruines qui l’émurent profondément. Ses premières ébullitions furent, il est vrai, pour maudire dans un Essai (note : L’Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française, en 1797) fameux ce qui venait d’ainsi périr. Peu à peu toutefois, l’imagination historique reprenant le dessus, il aima, mortes et gisantes, des institutions qu’il avait fuies jusqu’au désert, quand elles florissaient. Il leur donna, non point des pleurs, mais des pages si grandement et si pathétiquement éplorées que leur son éveilla, par la suite, ses propres larmes.

Il les versa de bonne foi. Cette sincérité allait même jusqu’à l’atroce. Cet artiste mit au concert de ses flûtes funèbres une condition secrète, mais invariable : il exigeait que sa plainte fût soutenue, sa tristesse nourrie de solides calamités, de malheurs consommés et définitifs, et de chutes sans espoir de relèvement. Sa sympathie, son éloquence, se détournait des infortunes incomplètes. Il fallait que son sujet fût frappé au cœur. Mais qu’une des victimes, roulée, cousue, chantée par lui dans le « linceul de pourpre », fit quelque mouvement, ce n’était plus de jeu ; ressuscitant, elles le désobligeaient pour toujours.

Quand donc la monarchie française eut le mauvais goût de renaître, elle fut bien reçue ! Après les premiers compliments, faits en haine de Bonaparte et qu’un bon gentilhomme ne refusait pas à son prince, Chateaubriand punit, du mieux qu’il le put faire, ce démenti impertinent que la Restauration infligeait à ses Requiem. Louis XVIII n’eut pas de plus incommode sujet, ni ses meilleurs ministres de collègue plus dangereux.

Enfin 1830 éclate, le délivre. Voilà notre homme sur une ruine nouvelle. Tous les devoirs de loyalisme deviennent aussitôt faciles et même agréables. Il intrigue, voyage, publie des déclarations. « Madame, votre fils est mon roi ! » La mort de Napoléon II lui donne un grand coup d’espérance ; si le duc de Bordeaux, lui aussi… ? Mais le duc de Bordeaux grandit. Cette douceur est refusée à M. de Chateaubriand de chanter le grand air au service du dernier roi ; il se console en regardant le dernier trône mis en morceaux.

La monarchie légitime a cessé de vivre, tel est le sujet ordinaire de ses méditations ; l’évidence de cette vérité provisoire lui rend la sécurité ; mais toutefois, de temps à autre, il se transporte à la sépulture royale, lève le drap et palpe les beaux membres inanimés. Pour les mieux préserver de reviviscences possibles, cet ancien soldat de Condé les accable de bénédictions acérées et d’éloges perfides, pareils à des coups de stylet.

Ceci est littéral. À ses façons de craindre la démagogie, le socialisme, la République européenne, on se rend compte qu’il les appelle de tous ses vœux. Prévoir certains fléaux, les prévoir en public, de ce ton sarcastique, amer et dégagé, équivaut à les préparer.

Assurément, ce noble esprit, si supérieur à l’intelligence des Hugo, des Michelet et des autres romantiques, ne se figurait pas de nouveau régime sans quelque horreur. Mais il aimait l’horreur ; je voudrais oser dire qu’il y goûtait, à la manière de Néron et de Sade, la joie de se faire un peu mal, associée à des plaisirs plus pénétrants.

Son goût des malheurs historiques fut bien servi jusqu’à la fin. Il mourut dans les délices du désespoir ; le canon des journées de juin s’éteignait à peine. Il avait entendu la fusillade de février. Le nécrologue des théocraties et des monarchies, qui tenait un registre des empereurs, des papes, des rois et des grands personnages saisis devant lui par la disgrâce ou la mort, n’entonna point le cantique de Siméon sans avoir mis sur ses tablettes l’exil des Orléans et la chute de Lamartine.

Race de naufrageurs et de faiseurs d’épaves, oiseau rapace et solitaire, Chateaubriand n’a jamais cherché, dans la mort et dans le passé, le transmissible, le fécond, le traditionnel, l’éternel ; mais le passé, comme passé, et la mort, comme mort, furent ses uniques plaisirs. Loin de rien conserver, il fit au besoin des dégâts, afin de se donner de plus sûrs motifs de regrets. En toutes choses, il ne vit que leur force de l’émouvoir, c’est-à-dire lui-même. À la cour, dans les camps, dans les charges publiques comme dans ses livres, il est lui, et il n’est que lui, ermite de Combourg, solitaire de la Floride. Il se soumettait l’univers. Cet idole des modernes conservateurs nous incarne surtout le génie des Révolutions. Il l’incarne bien plus que Michelet peut-être. On le fêterait en sabots, affublé de la carmagnole et cocarde rouge au bonnet. »

Charles Maurras,
in « Trois idées politiques » (1898) – chap.1

En fin d’ouvrage, Charles Maurras a ajouté plusieurs notes développées dont il me semble aussi important de reproduire la quatrième :

Note IV -  Chateaubriand et les idées révolutionnaires.

Louis XVIII n’eut pas de plus incommode sujet, ni ses meilleurs ministres de collègue plus dangereux.

M. André Maurel a publié, à la librairie de la Revue blanche, un intéressant et profitable Essai sur Chateaubriand, écrit d’ailleurs avec un enthousiasme qui n’admet point de réserve.
Malgré d’extrêmes divergences dans l’appréciation, nous nous accordons, M. Maurel et moi, sur plus d’un point de fait. J’extrais du livre les textes suivants qui sont relatifs au héros. Page 158 : « Il a désiré le pouvoir et, dès qu’il le tient, il s’ennuie. » (C’est qu’il voulait non s’en servir pour le service d’une idée mais pour en jouir, assez noblement il est vrai.) Page 173 : « À vrai dire, l’opposition était l’atmosphère de ce passionné. » (Parce que c’est là que la personnalité politique se donne commodément et impunément carrière.) Page 205 : « La liberté !… Il la proclamait seule féconde. » (Il fut, en effet, toute sa vie un libéral, ou, ce qui revient au même, un anarchiste. Je ne suis pas de ceux qui font de vaines différences entre les idées de Jules Simon et celles de Ravachol ; ces deux esprits ne connurent que des désaccords de méthode.)
Dans son analyse des écrits politiques, M. André Maurel fait ressortit que Chateaubriand demeura toujours attaché aux idées de la Révolution. Il est donc lamentable que des monarchistes puissent écrire le nom de Chateaubriand auprès de ceux de Maistre et de Bonald.
Au contraire de ces deux philosophes royalistes, ce qu’il voulait, c’était les idées de la Révolution sans les hommes et les choses de la Révolution. Il opinait de conserver la doctrine et de biffer l’histoire. Or, ceci ne se biffe pas et cela ne se peut garder dans une tête saine. Les idées de la Révolution sont proprement ce qui a empêché le mouvement révolutionnaire d’enfanter un ordre viable ; l’association du Tiers État aux privilèges du clergé et de la noblesse, la vente, le transfert, le partage des propriétés, les nouveautés agraires, la formation d’une noblesse impériale, l’avènement des grandes familles jacobines, voilà des événements naturels et, en quelque sorte, physiques, qui, doux ou violents, accomplis sous l’orage ou sous le beau temps, se sont accomplis. Je les nomme des faits. Ces faits pouvaient fort bien aboutir à reconstituer la France comme fut reconstituée l’Angleterre de 1688 ; il suffisait qu’on oubliât des principes mortels. Les effets de ces mouvements une fois consolidés et ces faits une fois acquis, l’œuvre de la nature eût bientôt tout concilié, raffermi et guéri. Mais les principes révolutionnaires, défendus et rafraîchis de génération en génération (n’avons-nous pas encore une Société des Droits de l’Homme et du citoyen ?) ont toujours entravé l’œuvre naturelle de la Révolution. Ils nous tiennent tous en suspens, dans le sentiment du provisoire, la fièvre de l’attente et l’appétit du changement. Il y eut un ancien régime. Il n’y a pas encore de régime nouveau ; il n’y a qu’un état d’esprit tendant à empêcher ce régime de naître.
M. André Maurel exagère d’ailleurs les qualités et même, je crois bien, le rôle politiques de Chateaubriand. En fermant son Essai, il convient de relire les lettres du grand homme à Mme de Duras, avec les réponses de celle-ci. Cette correspondance est un antidote assuré contre tous les panégyriques.

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