Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2011-12. Très Saint-Père, nous Vous en supplions, fuyez « l’esprit d’Assise »!

Correspondance Européenne n° 229 du 31 janvier 2011

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Je viens de recevoir, ce 31 janvier au soir, le n°229 de « Correspondance Européenne« , publication du « Centro Lepanto« , et fort de l’autorisation que m’a donnée le professeur Roberto de Mattei, que je remercie encore très chaleureusement, je veux sans aucun retard répercuter sur ce blogue cette « lettre ouverte » à notre Saint-Père le Pape que viennent de publier des catholiques italiens «très reconnaissants», Le suppliant pour que ne soient pas renouvelées les confusions syncrétistes…

Assise 1986

 

Très Saint-Père, 

Nous sommes quelques catholiques très reconnaissants de l’œuvre accomplie par vous en tant que pasteur de l’Eglise universelle ces dernières années : reconnaissants pour votre grande estime pour la raison humaine, pour la concession du motu proprio Summorum Pontificum, pour votre relation fructueuse avec les Anglicans qui reviennent dans l’unité, et pour bien d’autres choses encore. 

Nous prenons l’audace de vous écrire après avoir entendu, précisément pendant le massacre de chrétiens coptes, votre intention de convoquer à Assise, pour le mois d’octobre, un grand rassemblement interreligieux, 25 années après « Assise 1986″. 

Nous nous souvenons tous de cet événement d’il y a si longtemps. Un événement médiatique comme peu d’autres, qui, indépendamment des intentions et des déclarations eut pour effet indéniable d’encourager dans le monde catholique l’indifférence et le relativisme religieux. 

C’est à partir de cet événement qu’apparaît dans le peuple chrétien l’idée que l’enseignement séculaire de l’Église, «une, sainte, catholique et apostolique», sur le caractère unique du Sauveur, était en quelque sorte relégué aux archives. 

Nous nous souvenons tous des représentants de toutes les religions réunis dans une église catholique, l’église Sainte Marie des Anges, avec un rameau d’olivier à la main : comme pour signifier que la paix ne passe pas par le Christ mais, indistinctement, par tous les fondateurs d’un credo quel qu’il soit (Mahomet, Bouddha, Confucius, Kali, le Christ…). 

Nous nous souvenons de la prière des musulmans à Assise, la ville d’un saint qui avait fait de la conversion des musulmans un de ses objectifs. 
Nous nous souvenons de la prière des animistes, de leur invocation aux esprits des éléments, et de celle d’autres croyants ou représentants de “religions athées” comme le jaïnisme. 

Ce “prier ensemble”, quel qu’en soit le but, qu’on le veuille ou non, a eu pour effet de faire croire à beaucoup que tous priaient “le même Dieu”, seulement avec des noms différents. Au contraire, les Écritures sont claires: «Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi» (premier commandement), «Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie: nul ne vient au Père que par Moi» (Joan. XIV, 6). 

Ceux qui écrivent ici ne contestent nullement le dialogue, avec chaque personne, quelle que soit sa religion. Nous vivons dans le monde et chaque jour nous parlons, discutons, aimons, même ceux qui ne sont pas chrétiens car ils peuvent être athées, dans le doute ou appartenir à d’autres religions. Mais cela ne nous empêche pas de croire que Dieu est venu sur la terre et s’est laissé tuer, pour nous enseigner justement le Chemin et la Vérité et pas seulement l’un des nombreux chemins et l’une des nombreuses croyances possibles. Le Christ est pour nous chrétiens, le Sauveur : l’unique Sauveur du monde. 

Nous nous rappelons donc avec consternation, revenant 25 années en arrière, les poulets décapités sur l’autel de Sainte-Claire selon des rituels tribaux et le sanctuaire de l’église Saint-Pierre profané par une statue de Bouddha placée sur l’autel, au-dessus des reliques du martyr Vittorino, tué 400 ans après Jésus-Christ pour témoigner de sa foi. 
Nous nous rappelons les prêtres catholiques qui se sont prêtés à des rites d’initiation d’autres religions : des scènes horribles car, si il est « stupide » de baptiser dans la foi catholique un adulte qui ne croit pas, il est tout aussi absurde qu’un prêtre catholique ait à subir un rituel dont il ne reconnaît pas la validité ou l’utilité. En faisant ainsi, on finit juste par faire passer une idée : que les rites, tous les rites, ne sont que des gestes humains vides de sens et sans effets. Que toutes les conceptions du divin se valent. Que toutes les morales qui émanent de toutes les religions, sont interchangeables. 

Voilà, cet “esprit d’Assise” sur lequel les médias et les secteurs les plus relativistes de l’Eglise ont brodé, jetant la confusion. Il nous semble étranger à l’Evangile et à l’Eglise du Christ, qui jamais, depuis deux mille ans, n’avait choisi d’agir ainsi. Nous aurions voulu réécrire alors ces observations ironiques d’un journaliste français : «En présence de tant de dieux, on croira plus facilement que tous se valent ou s’il y en a seulement un de vrai. Le parisien moqueur imitera ce collectionneur sceptique dont l’ami venait de faire tomber une idole d’une table : ‘Ah, malheureux, ce pourrait être le vrai Dieu’.» 

Nous trouvons donc un réconfort à nos perplexités dans de nombreuses déclarations de papes qui ont toujours condamné un tel “dialogue”. 
Un congrès de toutes les religions avait déjà été organisé, en effet, à Chicago en 1893 et à Paris en 1900. Mais le pape Léon XIII était intervenu pour interdire toute participation des catholiques. 

La même attitude fut celle de Pie XI, le pape qui condamna l’athéisme nazi et communiste, mais déplora dans le même temps la tentative d’unir les gens au nom d’un sentiment vague et indistinct, sans religion, sans le Christ. Dans son encyclique Mortalium animos (Epiphanie 1928), relativement aux congrès œcuméniques, le pape Pie XI affirmait: «Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. 

De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme». 

Avec le recul, nous pouvons dire que le pape Pie XI avait raison, même au niveau de la simple opportunité : quel a été, en fait, l’effet d’ “Assise 1986”, malgré les justes déclarations du Pape Jean-Paul II, visant à prévenir une telle interprétation? 

Quel est le message relancé par les organisateurs, les médias, et même de nombreux clercs modernistes, désireux de bouleverser la tradition de l’Église? 
Le message qui est passé auprès de beaucoup de chrétiens à travers les images qui sont toujours les plus évocatrices et à travers les journaux et la télévision est très clair : le relativisme religieux, qui est l’équivalent de l’athéisme. 

Si tous prient “ensemble”, ont conclu beaucoup, alors toutes les religions sont “égales”, mais si c’est le cas, cela signifie qu’aucune d’elles n’est vraie. 

À cette époque, vous, cardinal et préfet de la Congrégation de la Foi, avec le cardinal Giacomo Biffi, et avec plusieurs d’autres, avez été parmi ceux qui ont exprimé de sérieux doutes. Pour cette raison, dans les années suivantes, vous n’avez jamais participé aux répliques proposées chaque année par la Communauté de Sant’Egidio. 

En fait, comme vous l’avez écrit dans « Foi, Vérité et tolérance. Le Christianisme et les religions du monde », justement en critiquant l’œcuménisme indifférentiste, «il doit être clair pour les catholiques qu’il n’existe pas “les religions” en général, qu’il n’existe pas une idée commune de Dieu et une foi commune en lui, que la différence ne concerne pas uniquement la portée des images et des formes conceptuelles changeantes, mais les choix ultimes eux-mêmes». 

Vous êtes donc parfaitement en accord avec Léon XIII et Pie XI sur le danger de contribuer par des gestes comme ceux d’“Assise 1986” au syncrétisme et à l’indifférentisme religieux. Ce risque fut également mis en évidence par les Pères du Concile Vatican II, qui dans Unitatis Redintegratio, à propos de l’œcuménisme non avec les autres religions, mais avec les autres “chrétiens”, appela à la prudence: «Toutefois, la communication dans les choses sacrées ne devrait pas être considérée comme un moyen à utiliser sans distinction pour le rétablissement de l’unité chrétienne… »

Vous avez enseigné ces dernières années, sans être toujours compris même par des catholiques, que le dialogue a lieu et peut avoir lieu, non pas entre les différentes théologies, mais entre les différentes cultures, et non pas entre les religions, mais entre les hommes, à la lumière de ce qui nous distingue tous : la raison humaine. 
Et cela doit se faire sans recréer le Panthéon païen antique, sans que l’intégrité de la foi ne soit compromise par l’amour pour le compromis théologique, sans que la Révélation, qui n’est pas nôtre, ne soit modifiée par les hommes et les théologiens dans le but de concilier l’inconciliable, sans que le Christ, « signe de contradiction » ne soit mis sur le même plan que Bouddha ou Confucius qui d’ailleurs n’ont jamais dit qu’ils étaient Dieu.  

C’est pourquoi nous sommes ici pour vous exposer nos préoccupations. 

Nous craignons que, quoi que vous disiez, les télévisions, les journaux et de nombreux catholiques l’interpréteront à la lumière du passé et de l’indifférentisme en vigueur ; que, quoi que vous affirmiez, l’événement sera lu comme une continuation de la manipulation de la figure de François, transformé par les œcuménistes d’aujourd’hui, en un iréniste, un syncrétiste sans foi. C’est déjà le cas … 

Nous avons peur que quoi que vous direz, pour plus de clarté, les simples fidèles, que nous sommes aussi, partout dans le monde ne verront qu’un fait (et on ne lui montrera que cela, par exemple, à la télévision) : le Vicaire du Christ non seulement parlant, débattant, dialoguant avec les représentants des autres religions, mais aussi priant avec eux. Comme si la manière et le but de la prière étaient indifférents. 

Et beaucoup penseront à tort que l’Église a désormais capitulé et reconnaîtront, en accord avec la pensée du New Age, que prier le Christ, Allah, Bouddha, ou Manitou est la même chose. Que la polygamie animiste et islamique, les castes hindoues ou le spiritualisme animiste polythéiste peuvent aller avec la monogamie chrétienne, la loi de l’amour et du pardon et du Dieu Un et Trine. 

Mais comme vous l’avez aussi écrit dans l’ouvrage cité : «Avec l’indifférenciation entre les religions et l’idée qu’elles sont toutes certes discernables, mais malgré tout égales, on n’avance pas».

Très Saint-Père, nous croyons qu’avec un nouvel “Assise 1986”, aucun chrétien en terres d’Orient ne sera sauvé, ni en Chine communiste, ni en Corée du Nord ni au Pakistan ou en Irak… De nombreux fidèles, au contraire, ne comprendront pas pourquoi justement dans ces pays, il y en a encore qui meurent en martyrs pour ne pas renoncer à leur rencontre, non pas avec une religion, mais avec le Christ. Comme eux,  les Apôtres sont morts. 

En face de la persécution, il existe des voies politiques et diplomatiques, des dialogues personnels et d’Etat : c’est cette voie-là qu’il faut plutôt suivre, sans oublier Votre amour et Votre désir de paix pour tous les hommes. Mais cela doit se faire sans donner à ceux qui veulent semer la confusion et augmenter le relativisme religieux, antichambre de tous les relativismes, une occasion médiatique aussi appétissante que la réédition d’“Assise 1986”.

Avec une dévotion filiale.

Francesco Agnoli, Lorenzo Bertocchi, Roberto de Mattei, Corrado Gnerre, Alessandro Gnocchi, Camillo Langone, Mario Palmaro

2011-7. Vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa Personne, sa Famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.

Sa Majesté le Roy Louis XVI

Le triste anniversaire du 21 janvier nous a déjà fourni l’occasion de publier la relation des dernières heures de Sa Majesté le Roy Louis XVI (cf. > ici), le texte de son testament (cf. > ici) et celui de l’allocution consistoriale de Sa Sainteté le Pape Pie VI affirmant de manière péremptoire que Louis XVI est à proprement parler un martyr (cf. > ici).

Nous voulons aujourd’hui publier ci-dessous le texte du Voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus.

Quelques historiens en ont contesté l’authenticité.
Elle ne fait pour nous aucun doute
1) d’abord parce qu’elle a été attestée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même dans une apparition accordée, au moment de la Restauration, à Mère Marie de Jésus, une sainte religieuse – chanoinesse de Saint-Augustin au célèbre « Couvent des Oiseaux » – , dont les voies mystiques ont été en leur temps tenues pour véridiques par les autorités ecclésiastiques ;
2) ensuite parce que cette authenticité est également 
affirmée implicitement par Notre-Dame de Fatima lors d’une apparition à Soeur Lucie et consignée dans une lettre à son évêque en date du 29 août 1931.

Nous devons au Bienheureux Père François-Louis Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du Roy, la conservation de ce texte, qui avait été rédigé en deux exemplaires.
Selon toute vraisemblance, ce voeu du Roy martyr a été prononcé entre le printemps de l’année 1791 et la date butoir de la prise des Tuileries. Après le 10 août 1792 en effet, le Souverain ne reverra plus son confesseur puisque Sa Majesté sera détenue dans le sinistre donjon du Temple dans les conditions que l’on sait.
Le Révérend Père Hébert, lui aussi emprisonné, sera martyrisé aux Carmes le 2 septembre.
Avant le 12 août 1792, date de son arrestation, le Révérend Père Hébert avait eu soin de faire établir des copies du Voeu de Louis XVI et de les confier à d’autres personnes, si bien que dès la fin de l’année 1792 le texte en était connu et diffusé dans les milieux fervents et opposés à l’impiété révolutionnaire.
Ce n’est nullement un hasard si, dans toute les provinces du Royaume, les scapulaires représentant le Divin Coeur de Jésus furent arborées sur les poitrines de ceux qui se soulevèrent pour défendre le trône et l’autel.

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Vœu par lequel Sa Majesté le Roi Louis XVI
a dévoué sa Personne, sa Famille et tout son Royaume
au Sacré-Cœur de Jésus.

Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l’abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m’environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m’avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n’ai pas réprimé la licence du peuple et l’irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j’ai fourni moi-même des armes à l’hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l’audace de tout oser.

Je n’aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l’idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l’un et l’autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd’hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur? Ô Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c’est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J’appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l’assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m’inspire et que je vous offre comme l’expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l’intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;

2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiers institués par l’Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d’une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l’Etat ;

3° De prendre, dans l’intervalle d’une année, tant auprès du pape qu’auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l’octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d’une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;

4° D’aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l’église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l’offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l’exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;

5° D’ériger et de décorer à mes frais, dans l’église que je choisirai pour cela, dans le cours d’une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré ;

6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu’on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l’acte de consécration exprimé dans l’article quatrième, et d’assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd’hui prononcer qu’en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s’il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

Ô Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j’oublie ma main droite et que je m’oublie moi-même, si jamais j’oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il.

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2011-6. Gustave Thibon : dix ans déjà!…

2001 – 19 janvier – 2011

Ce 19 janvier 2011 marque le dixième anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon. Dix ans déjà!…

Je peux dire sans exagération que, depuis que j’ai découvert Gustave Thibon – j’avais à peine 15 ans – et plus encore depuis ce 19 janvier 2001 où il est entré dans son éternité, je n’ai pas été un seul jour sans me nourrir de ses écrits, de sa pensée, des leçons que j’ai reçues de luiIl a été et il demeure toujours, pour tout mon itinéraire personnel – intellectuel et spirituel – ce que l’étoile miraculeuse a été pour les Mages : une divine lumière pour éclairer ma marche dans la nuit de ce monde!
Comme je voudrais pouvoir écrire avec une exacte justesse et justice tout ce que je dois à Gustave Thibon : parviendrai-je à le faire un jour?
Tout simplement, à l’occasion de ce dixième anniversaire, je me bornerai à écrire, à crier pour toute oreille qui voudra bien l’entendre, et à chanter en direction du Ciel un immense
« Merci! ».

En 1993, à la suite de la parution du livre d’entretiens recueillis par Danièle Masson  intitulé « Au soir de ma vie » (éd. Plon), Gustave Thibon avait reçu plusieurs personnes, parmi lesquelles des journalistes, et répondu à leurs questions. J’avais alors soigneusement pris note de ses réponses : c’est une partie de cet échange, recopié de mes cahiers personnels, que je vous retranscris ci-dessous.

Frère Maximilien-Marie.

Gustave Thibon

- Quel est pour vous le comble de la misère?

G.T. : Ne plus aimer, ne plus être aimé.

- Où aimeriez-vous vivre?

G.T. : Là où je suis. « C’est d’âme qu’il faut changer, pas de lieu », disait Sénèque.

- Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence?

G.T. : Celles commises par amour… Même si on se trompe sur le niveau et la qualité de cet amour. L’amour humain peut être sacré ou profané, il n’est jamais totalement profane.

- Votre rêve de bonheur?

G.T. : Le bonheur ne se rêve pas. Il est partout à condition de tout accueillir comme don de Dieu.

- Votre passage d’Evangile préféré?

G.T. : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné! » Ce cri me touche de très près aujourd’hui. Sur la Croix, Dieu désespère de Lui-même, et, si j’ose dire, meurt athée. Je crois avec Chesterton que « notre religion est la bonne car c’est la seule où Dieu à un moment a été athée ». Je suis amoureux de ce Christ en agonie, l’Homme des douleurs, Dieu devenu infiniment faible, Dieu abandonné de Dieu. Si j’avais été religieux, j’aurais choisi le nom de ‘frère X. de Gethsémani’.

Le passage de la femme adultère m’est également très cher. Dieu est à la fois l’exigence infinie et l’indulgence infinie. Il nous pardonnera ce que nous n’osons pas nous pardonner à nous-mêmes. Cet apologue oriental me touche beaucoup : le diable dit à Dieu : « Ce qui m’étonne chez Toi, c’est que les hommes ne font que pécher et Tu leur pardonnes sans cesse, alors que moi, je n’ai péché qu’une fois et Tu ne m’as jamais pardonné! » Et Dieu lui répond : « Mais toi, combien de fois m’as-tu demandé pardon? »

- Comment définissez-vous l’enfer?

G.T. : Comme Simone Weil : « Se croire au paradis par erreur ».

- Et la mort?

G.T. : Comme Gabriel Marcel : « Le dépaysement absolu »… Un saut vertigineux que je m’interdis d’imaginer : il ne faut pas enlever sa virginité, dépuceler d’avance ce retour à la Patrie, puisque notre vie est un exil.

Nous serons stupéfaits quand nous verrons les lignes courbes par lesquelles Dieu a écrit droit, et à quel point le mal et le bien s’enchevêtrent. Je crois à la solidarité du bien et du mal, de l’ivraie et du bon grain. Il y a parfois des vertus qui perdent et des péchés qui sauvent, non par eux-mêmes, mais par rebondissement. Vient un moment où il faut se repentir de sa vertu comme on se repend de son péché.

- Le plus grand mal de notre époque?

G.T. : Exiger du temps qu’il tienne les promesses de l’éternel. Simone Weil a tout dit : « Dieu et l’homme sont comme deux amants qui se sont trompés sur le lieu du rendez-vous : l’homme attend Dieu dans le temps, et Dieu attend l’homme dans l’éternité ».

- La vertu la plus nécessaire aujourd’hui?

G.T. : La réaction contre le conformisme qui se cache sous le masque de la liberté… Ce que Gabriel Marcel appelait « le conformisme de l’aberrant ». Simone Weil disait : « Dieu t’a béni de naître à une époque où on a tout perdu ». Et où, par conséquent, on peut tout retrouver, plus personnellement, moins par pesanteur sociale.

Cette époque qui provoque les guerres les plus sanglantes au nom de la liberté constitue un scandale unique dans l’histoire. Etant donné le degré de moralité théorique du XXème siècle, de telles horreurs ne devraient pas être possibles. Notre temps est, plus que tout autre, le temps du pharisaïsme et de l’hypocrisie : c’est le règne des vérités chrétiennes devenues folles dont parle Chesterton.

- Votre principal sujet d’admiration?

G.T. :  La faiblesse de Dieu… Voir à quel point Dieu est désarmé. Il fait dépendre le plus haut du plus bas. Le supérieur dépend de l’inférieur, mais la réciproque n’est pas vraie : « la rose a besoin du fumier, mais le fumier se passe fort bien de la rose ». Dieu a besoin de l’homme mais l’homme se passe fort bien de Dieu. Il s’est rendu esclave des causes secondes.

- Etat présent de votre esprit?

G.T. : Celui d’une veilleuse éclairant des ruines. Cette veilleuse est ma conscience. Je me sens à la fois rejeté par le temps et indigne de l’éternité. Je n’ai pas la grâce de Simone Weil qui priait le Ciel de mourir gâteuse. On vieillit bien tant qu’on ne vieillit pas.

- Votre foi?

G.T. : Du désespoir surmonté. Une foi éprouvée, qui n’est plus une armure mais une blessure. Je parie Dieu. « Il faut aimer Dieu comme s’il n’existait pas », soutenait Simone Weil. Je sens en moi ce combat entre le croyant en Dieu et le croyant en l’absence de Dieu. Mère Marie-Thérèse, une carmélite d’Avignon, disait : « Ce n’est pas la vertu que Dieu demande, c’est d’être trouvé pauvre ». Et pauvre même de nos certitudes et de nos vertus! Dieu a d’abord été pour moi Puissance et Loi ; puis Lumière et Amour ; enfin Absence et Nuit. C’est peut-être en cela qu’Il ressemble le plus à Lui-même. Il me devient chaque jour de moins en moins étranger et de plus en plus inconnu : je suis devenu un agnostique adorateur.

- Votre mot de la fin?

G.T. : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains! » 

J’aime aussi le dernier mot de la dernière lettre que j’ai reçue de mon amie Marie-Noël : « Je tombe de sommeil en Dieu ». Elle avait pourtant perdu le Dieu de son enfance et découvert une nuit sans étoiles. Au bout de ce « combat désespéré pour sauver Dieu », elle constatait que « Dieu n’est pas un lieu tranquille ».

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NB. On trouvera ici > www, des éléments de biographie de Gustave Thibon que nous avions publiés il y a trois ans.

2010-47 b. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie).

Dans notre approche essayant de clarifier l’antagonisme qui existe entre l’Eglise et la franc-maçonnerie nous avons pu, dans une première partie (cf. ici), présenter les origines de l’une et de l’autre, ce qui explique déjà un certain nombre de choses. Attachons-nous maintenant à relever les points essentiels qui font que l’Eglise catholique considère les principes de la maçonnerie incompatibles avec sa Foi.

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III. Ce qui oppose irréductiblement l’Eglise et la maçonnerie :

III a – Opposition sur la conception du salut de l’homme :

1) Pour un chrétien, le Salut est une Personne : c’est Jésus, Fils de Dieu et Dieu Lui-même qui s’est incarné et qui s’est offert en sacrifice pour la Rédemption des hommes. 

En effet, depuis le péché originel, les hommes naissent privés de la grâce de Dieu et ne peuvent entrer dans son Ciel éternel. Le Christ Sauveur, par Sa mort, par Sa résurrection et  par Son ascension, rend aux hommes la possibilité de recevoir la grâce. La grâce est la communication de la Vie divine, elle est une communion surnaturelle et intime avec Dieu. La prière, qui est essentielle à une vie chrétienne authentique, n’est pas une introspection, un retour sur soi, mais elle est un des principaux moyens pour entrer et grandir dans la communion avec Dieu, parce qu’elle est une relation spirituelle avec Lui.

Le salut de l’homme s’accomplit par la poursuite de la sainteté, qui est l’imitation parfaite de Jésus-Christ. Pour cela, il faut vivre dans la Foi (la Foi est l’adhésion à Dieu qui se révèle) et dans la pratique des préceptes enseignés par Jésus, spécialement l’humilité et la charité.

2) Pour la franc-maçonnerie, le « salut » de l’homme est quelque chose de tout à fait différent : d’abord parce que la notion du péché n’existe pratiquement pas pour elle ;  la notion de la grâce – comprise comme une participation à la vie surnaturelle de Dieu Lui-même – n’a pas non plus de réalité pour un maçon, ce qui élimine tout à la fois la notion de rédemption, les sacrements et la prière. Si des maçons utilisent ces termes, ils prennent dans leurs bouches un tout autre sens que le sens précis que leur donne l’Eglise.

La « rédemption » maçonnique consiste essentiellement dans le passage de l’ignorance à l’ « illumination », à travers des initiations successives ; elle ne tend pas à établir l’homme dans une relation intime et amoureuse avec son Créateur et Sauveur, elle ne tend pas à la sainteté. Le « salut » maçonnique réside finalement dans une plus parfaite connaissance de soi et du monde afin de les mieux dominer (cette domination peut tantôt être entendu comme une forme de sagesse supérieure et de détachement, mais elle peut aussi être comprise comme une domination « politique », ce qui ouvre la voie à toutes ces « affaires » dans lesquelles nous savons que des maçons sont impliqués).

Le bien auquel tendent les maçons n’est jamais vraiment précisé, puisque – nous en reparlerons plus loin – la morale n’est jamais quelque chose de stable en référence à des valeurs éternelles ou à des préceptes divins.

Cérémonie d'initiation maçonnique

Rite d’initiation maçonnique : moment où le futur maçon découvre la lumière.

III b – Opposition sur la révélation et sa transmission :

1) Le christianisme est une religion révélée par Dieu lui-même : Dieu, pour amener l’humanité vers son salut, s’est révélé aux patriarches,  spécialement à Abraham, puis à Moïse. La révélation de l’Ancien Testament est une pédagogie qui prépare l’avènement de la plénitude de la révélation, qui est faite en et par Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Nous avons la connaissance du Christ et de son enseignement par les Saintes Ecritures, tout spécialement les Evangiles (qui ont été écrits sous l’inspiration et avec l’assistance du Saint-Esprit par des témoins privilégiés de la vie de Jésus), et par la Tradition vivante et authentique de l’Eglise, laquelle est consignée dans sa liturgie, dans les enseignements des Pères et Docteurs de l’Eglise, des Pontifes et des conciles, dans la vie de ses saints… etc.

Les dogmes du christianisme ne sont pas des inventions humaines, ils sont les vérités que Dieu a fait connaître sur Lui-même et sur son plan de salut. Ces dogmes sont résumés dans le Credo, et l’Eglise a la mission de les conserver purs de toute erreur pour les transmettre dans leur intégrité et leur intégralité.

L’Eglise n’est pas propriétaire des vérités révélées, elle n’en est que l’intendante : c’est pourquoi elle ne peut rien changer au dépôt de la Foi qui lui a été confié, elle ne peut que veiller fidèlement sur sa transmission. Toutefois, avec l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été envoyé à la Pentecôte, elle jouit d’une véritable autorité, d’une autorité divine, pour préciser, lorsqu’il y a des doutes ou des contestations, où se trouve la Vérité.

A l’Eglise ont aussi été confiés les sacrements, qui ne sont pas non plus des inventions humaines mais qui ont été institués par Jésus-Christ, afin de communiquer, d’entretenir et de développer la grâce dans l’âme des fidèles. L’Eglise est Mère et Maîtresse – Mater et Magistra – parce qu’elle a été voulue par Dieu pour transmettre la vie surnaturelle et dispenser l’enseignement du Christ Sauveur.

N’en déplaise à Dan Brown, il n’y a pas d’enseignements secrets ni de rites ésotériques cachés dans l’Eglise : sa Foi, ses dogmes, ses sacrements sont clairement exposés et sont accessibles à tous ceux qui veulent connaître la Révélation de Dieu et de son salut en Jésus-Christ ; la Bible, le catéchisme, tous les textes des conciles, des théologiens, des docteurs de l’Eglise et des Pontifes, les encycliques et tous les documents des Papes peuvent très aisément être consultés (même les archives dites « secrètes » du Saint-Siège où chaque jour 40 à 50 chercheurs sont habilités à travailler!); sans parler des cérémonies du culte et des prédications qui sont finalement ouvertes à tous, puisque il n’est pas exigé pour assister à un office religieux ou à un sermon de présenter une carte de membre à l’entrée de l’église!

Sainte Bible

La Parole de Dieu salvatrice est pour tous, elle n’est pas réservée à des « initiés ».

2) La Franc-maçonnerie prône une philosophie humaniste consacrée à la « recherche de la vérité », mais cette vérité n’est jamais totalement accessible. On la recherche sans cesse, on la trouve jamais totalement.

Pour la maçonnerie, il y a une « tradition primordiale », antérieure à l’histoire, qui a été en grande partie déformée et tronquée par les diverses traditions religieuses et n’a été maintenue ou retrouvée que par quelques « initiés » ou « illuminés ».

La maçonnerie nie implicitement tout surnaturel : il n’y a pas d’intervention divine ni de révélation infaillible dans le cours de l’histoire humaine ; il n’y a pas d’histoire sainte, pas de théophanies, pas de miracles, pas d’apparitions, pas de vie de la grâce (au sens théologique que nous avons expliqué ci-dessus). S’il y a un « Grand Architecte de l’Univers » (un être supérieur et spirituel qui a ordonné le monde), il n’intervient toutefois pas dans ce monde, sinon par des « illuminations » accordées à quelques rares initiés.

La franc-maçonnerie exclue le fait que Dieu prenne l’initiative de se faire connaître dans des Livres Saints inspirés et sans erreurs (il n’y a que des récits mythiques exprimant de manière symbolique et non réelle une approche parmi d’autres de la vérité) puis en Jésus-Christ, qui ne peut être la plénitude personnelle d’une révélation définitive. Dans le meilleur des cas Jésus n’était qu’un homme parvenu à un degré élevé de sagesse par l’ « illumination », mais l’Eglise romaine a pour ainsi dire séquestré son véritable enseignement et empêche les hommes d’y avoir accès.

En conséquence de tout cela, la maçonnerie rejette tout dogme et soutient le relativisme : a) relativisme religieux qui met toutes les religions sur le même plan puisque aucune ne peut prétendre avoir été instituée par un Dieu qui lui aurait transmis toute Sa vérité (mais il faut noter que la maçonnerie s’érige au-dessus de toutes les religions); et b) relativisme moral : pour elle il n’y a aucune règle morale qui soit d’origine divine. La morale est quelque chose de fluctuant, au gré du consensus des sociétés, car la loi  morale n’est en définitive que l’expression d’une règle voulue à une époque donnée par une majorité et établie par la coutume humaine en fonction des temps et des lieux.

La franc-maçonnerie dispense ses enseignements à travers des mythes symboliques plus ou moins mis en valeur selon les obédiences et les « rites ». Citons par exemple le mythe d’Hiram (architecte du temple de Salomon qui aurait été assassiné par trois mauvais compagnons), le mythe d’Hermès et de la table d’émeraude, le mythe de rites initiatiques qui remonteraient à l’antiquité égyptienne, le mythe d’une « tradition johannique » (Saint Jean l’Evangéliste aurait été le dépositaire d’un enseignement secret de Jésus qui aurait été confié à des ordres initiatiques successifs en passant par les Templiers)… etc. Tous ces mythes n’ont aucun  fondement historique ; aucun scientifique sérieux ne peut apporter en leur faveur l’ombre d’un commencement de preuve, mais cela ne contribue pas peu à « exciter »  tous les nombreux amateurs d’ésotérisme et de « mystères ». Ces mythes sont également exploités par des romanciers puis par des scénaristes (citons par exemple Christian Jacq ou Dan Brown) pour diffuser une image attrayante de la maçonnerie et discréditer la Foi chrétienne et l’Eglise.

Hiram

Hiram

Ces mythes servent donc de supports pour dispenser une formation ésotérique, des enseignements secrets qui sont progressivement donnés aux initiés selon leur grade, afin de leur révéler les mystères de « La Connaissance » (cette connaissance que les horribles dignitaires du catholicisme leur tiendraient cachés!!!). Tous les rituels font en effet miroiter aux yeux des initiés la découverte de cette prétendue « tradition primordiale » et d’une « Lumière » mystérieuse qui, dans le meilleur des cas, est celle d’une meilleure connaissance psychologique de l’initié par lui-même, mais nullement la lumière de gloire de Jésus transfiguré sur le Mont Thabor ou ressuscité au matin de Pâques.

On le voit, la franc-maçonnerie, tout en se réclamant d’idéaux et de pratiques démocratiques, fonctionne en réalité selon un élitisme impitoyable : ses systèmes de cooptation, d’initiations et de grades, ainsi que la coexistence de plusieurs structures parallèles et opaques, établissent les hommes dans de véritables castes où le « salut » n’est pas accessible à tous ni de la même manière!

III c – Opposition sur la conception même de Dieu :

1) Pour le chrétien, Dieu est un être personnel, avec lequel il est possible d’entretenir une relation d’amour : c’est tout le mystère de la grâce (participation à la vie divine) dont nous avons déjà parlé. La Foi chrétienne, selon les paroles mêmes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, croit en un Dieu qui est unique dans sa nature mais en même temps Trinité de Personnes. La vie chrétienne, par la prière et les sacrements, consiste à être « greffé » sur Jésus-Christ, deuxième Personne de la Sainte Trinité incarnée, pour être associé au mouvement même de la vie intime de Dieu : Par Lui, avec Lui et en Lui, rendre au Père tout honneur et toute gloire, dans l’unité du Saint-Esprit.

2) Pour un franc-maçon, Dieu est une entité totalement abstraite : il est le Créateur, certes, le « Grand Architecte de l’Univers » (GADLU), ou encore le « maître horloger » comme le nomme le pasteur Désaguliers et l’appellera aussi plus tard Voltaire : mais ce Dieu n’intervient pas dans les affaires des hommes et il n’est pas question d’avoir une relation intime avec Lui.

La « trinité » maçonnique, dont il est parfois question dans certains écrits, n’est qu’une méthode dialectique, inspirée par la philosophie d’Hegel, selon laquelle l’homme s’efforce de résoudre les contradictions et de ramener les choses à l’unité en faisant intervenir thèse, antithèse et synthèse.

Hiram

 

III d – Opposition sur les fins dernières de l’homme :

1) Pour le christianisme, l’homme est appelé à la vie éternelle, accordée par grâce. Cette vie éternelle sera une adoration et une louange sans fin, dans un face à face amoureux avec le Seigneur et dans une plénitude d’être parce que les corps eux-mêmes, ressuscités et devenus semblables au corps glorifié de Jésus-Christ, seront associés à cette béatitude. Mais pour ceux qui, par un choix libre et volontaire, auront refusé l’amour de Dieu, l’éternité se passera dans les tourments et la haine, en enfer.

L’Eglise ne cesse donc, puisque l’enjeu est éternel, d’avertir ses enfants pour les prémunir contre le péché qui peut les entraîner en enfer, et elle veut leur donner à tout moment – spécialement au moyen des sacrements – les forces spirituelles surnaturelles pour éviter le mal et pratiquer le bien. En outre, l’Eglise dans sa maternelle sollicitude accompagne ses enfants de prières particulièrement ferventes – des suffrages – dans leur dernier passage et dans les ultimes purifications des conséquences de leurs fautes, qui peuvent être encore nécessaires avant d’entrer dans la vision de Dieu.

2) Dans la franc-maçonnerie, ceux qui ne sont pas totalement matérialistes et qui croient à une forme de survie de l’esprit, considèrent parfois la mort comme le « passage à l’Orient éternel », mais ils ne donnent ni définition ni description de ce que peut-être leur au-delà.

Les francs-maçons manifestent certes une forme de respect pour leurs défunts, qui s’exprime en « hommages » et en « minutes de silence », mais pas en prières. Certains maçons s’engagent solennellement à refuser les sacrements de l’Eglise qui pourraient leur donner le pardon de leurs fautes et la paix de l’âme dans le moment de leur agonie, et  ils font parfois promettre à leurs amis de veiller à ce qu’au moment de leur mort aucun prêtre ne puisse s’approcher d’eux !

Tombe maçonnique

Monument funéraire maçonnique, sans crucifix bien sûr.

III e – Opposition en ce qui concerne la relation avec les autres religions :

1) Pour l’Eglise catholique, on doit le respect aux personnes qui appartiennent aux autres religions, on ne doit pas forcer les consciences qui n’ont pas encore été éclairées par l’Esprit Saint, mais on ne doit pas non plus trahir le commandement de Notre-Seigneur ordonnant à ses disciples de proclamer l’Evangile à toute la création, d’enseigner et de baptiser : Dieu en effet voudrait que tous les hommes parviennent à la connaissance de la pleine Vérité en Jésus-Christ et qu’ils obtiennent par Lui la vie éternelle. L’Eglise prie pour les infidèles et espère leur conversion.

Le respect de la conscience d’autrui se conjugue donc pour l’Eglise avec le devoir d’évangéliser qui lui a été donné par Jésus avant de monter au Ciel. La tolérance envers les convictions religieuses de ceux qui n’ont pas encore adhéré à la Foi, ne peut ni ne doit être comprise comme la reconnaissance que toutes les religions sont égales, sinon cela reviendrait à dire que l’incarnation, les enseignements, la mort rédemptrice, la résurrection et l’ascension de Notre-Seigneur, puis l’envoi de l’Esprit-saint et la fondation de l’Eglise ne sont que des « options », n’étaient pas absolument nécessaires !

Envoi en mission

« Allez donc enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à pratiquer tout ce que Je vous ai commandé. » (Matth. 28, 19-20)

2) Pour la franc-maçonnerie, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, toutes les croyances et philosophies sont des traditions humaines qui ont des aspects respectables mais aucune ne peut prétendre être une religion révélée ayant reçu la Vérité divine en dépôt. La maçonnerie considère qu’elle est une voie supérieure à toutes les religions  en raison de son caractère initiatique et de sa prétention à pouvoir conduire ses initiés à « La Connaissance ».

On trouve aussi dans la maçonnerie un goût prononcé pour le syncrétisme, c’est-à-dire la combinaison de différentes doctrines spirituelles et de diverses traditions religieuses dont, par la dialectique, on doit dépasser les contradictions et parvenir à les « relire » comme des mythes exprimant tous, selon des registres différents, une part de la « lumière » maçonnique. La maçonnerie encourage donc de diverses manières un faux oecuménisme, qui n’est que la subversion de la vraie Foi et l’affadissement du sel de la terre !  

III f – Opposition pour ce qui concerne les moeurs et la morale :

1) Pour l’Eglise catholique, bien évidemment, les moeurs et la morale doivent être l’application des commandements de Dieu et des préceptes évangéliques : l’Eglise n’est pas gênée par la sexualité, mais elle enseigne que le corps et les sens doivent rester soumis à la loi morale et être de bons serviteurs de l’esprit qui leur est supérieur. La sexualité est bonne, parce qu’elle voulue par Dieu, mais elle doit rester dans le cadre des préceptes divins qui ne font qu’exprimer et préciser ce qui est conforme à la nature humaine (6ème et 9ème préceptes du Décalogue).  Ainsi la morale sexuelle et conjugale de l’Eglise n’est pas « négative » mais elle est authentiquement « positive » puisqu’elle éduque au véritable amour, qui est essentiellement un don généreux de tout l’être, affranchi de l’esclavage d’une concupiscence égoïste.

2) Pour la franc-maçonnerie, redisons-le, c’est la sincérité (et non pas la vérité) qui est la norme de la conduite morale.  Elle en arrive ainsi à approuver toutes les moeurs, à partir du moment où ce sont des personnes libres et consentantes qui ont décidé de leurs comportements, et du moment qu’elles ne portent pas atteinte au consensus sociétal.

Dans le meilleur des cas, cela se concrétise par une forme d’épicurisme, sinon c’est la porte ouverte à l’hédonisme.

La franc-maçonnerie a élaboré, proposé et promu toutes les lois favorisant le divorce, la contraception, l’avortement, le PACS, les manipulations embryonnaires et, bientôt, la dépénalisation des drogues dites douces, ainsi que la légalisation de l’euthanasie. « C’est tout le concept de famille qui en train de basculer », selon ce qu’avait écrit en 1979 le Docteur Pierre Simon, qui fut grand maître de la Grande Loge de France (in « De la vie avant toute chose » éd. Mazarine).

* * * * *

Toutes obédiences confondues, en définitive, ce que la franc-maçonnerie professe c’est une absolue indépendance de l’homme vis-à-vis de Dieu et la négation d’un ordre surnaturel  qui dicterait la conduite de l’homme ici-bas.

En écrivant ceci, je ne peux m’empêcher de penser aussitôt à ce que notre glorieux Père Saint Augustin décrit de manière magistrale : « Deux amours ont bâti deux cités. L’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la Cité céleste. » La Franc-maçonnerie est-elle autre chose que cette entreprise d’édification de la cité terrestre dans l’indépendance totale – jusqu’à la négation – du Dieu qui s’est révélé, qui s’est incarné, qui s’est offert en sacrifice, qui est ressuscité et qui a ouvert pour ceux qui croient en Lui et vivent dans l’amoureuse soumission à sa Loi un Royaume éternel de charité ?

Enlèvement des Crucifix des écoles par la force armée

Note finale : Au terme de ce qui n’est qu’un résumé, une constatation s’impose : en lisant les thèses maçonniques, on se rend compte à quel point elles sont largement répandues dans la société occidentale contemporaine. Même les non maçons dans leur grande majorité admettent désormais l’une ou l’autre des idées de la maçonnerie au sujet de Dieu, de la révélation, de tel ou tel point de la foi chrétienne, de l’Eglise, des moeurs …etc. Beaucoup de ces conceptions maçonniques ont réussi à pénétrer dans l’Eglise, puisque de nombreux catholiques « modernes » se reconnaissent davantage en elles plutôt que dans la foi traditionnelle de l’Eglise.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs, Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 17 novembre, 2010 |Commentaires fermés

2010-47 a. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie).

Ma précédente publication (cf. > ici) n’était que le bref rappel des condamnations romaines de la franc-maçonnerie. En complément, et pour montrer que ce jugement de l’Eglise est raisonnablement fondé, il m’apparaît important d’exposer maintenant les motifs pour lesquels  « le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé« .

Je vais donc m’attacher à résumer (car en vérité il me faudrait écrire des livres entiers si je voulais être rigoureusement précis) d’une manière aussi claire que possible les principaux points qui font qu’on ne peut être en même temps catholique et franc-maçon.

Il va de soi que je me place ici dans la logique de la Foi de l’Eglise, puisque il s’agit d’exposer les principes qui, à ses yeux, fondent une irréductible incompatibilité entre l’appartenance à l’Eglise et l’adhésion à la maçonnerie. Ceux qui ne partagent pas cette Foi catholique pourront donc ne pas comprendre et ne pas adhérer à cette argumentation, c’est évident.

* * *

I. La franc-maçonnerie, nébuleuse complexe de structures parallèles.

Mais tout d’abord, une première question s’impose : peut-on définir ce qu’est la franc-maçonnerie?

Officiellement, la franc-maçonnerie est une association philosophique et philanthropique qui, dans sa forme actuelle (qu’on appelle la « maçonnerie spéculative »), a été fondée à Londres au début du XVIII° siècle (officiellement, le 24 juin 1717).

Les groupes de base qui réunissent les francs-maçons sont appelés « loges » ou « ateliers ». Chaque loge porte un nom spécifique et se réunit dans un « temple maçonnique ». On donne le nom d’ « obédiences » à des fédérations de loges : ces fédérations sont établies selon des affinités, des proximités de sensibilités et d’esprit. Les obédiences sont nationales : elles sont constituées dans le cadre géographique d’un état. Je ne veux pas m’attarder ici sur ce que j’appelle le « folklore » maçonnique (costumes, symboles, décoration des temples, rites observés dans les réunions… etc) : tout ceci est finalement très accessoire et risquerait de cacher le fond du problème sous un fatras de détails qui n’apportent pas grand chose.

2010-47 a. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie). dans Commentaires d'actualité & humeurs tabxixmaitrefs

Symboles maçonniques sur un tablier de « maître » du XIXème siècle.

Jusqu’ici tout peut sembler assez simple, mais en réalité tout devient beaucoup plus compliqué dès que l’on comprend qu’au sein d’une même obédience, voire d’une même loge, il existe plusieurs structures parallèles, parfois bien difficiles à distinguer.

En effet, à côté de structures rituelles et institutionnelles démocratiques qui permettent l’élection des responsables officiels et font l’objet de déclarations publiques (parce que les loges sont des associations déclarées selon la loi de 1901), il existe aussi  d’autres hiérarchies. On trouve ainsi des structures initiatiques avec des niveaux hermétiquement cloisonnés : le recrutement s’y fait par cooptation et la gestion en est absolument opaque aux profanes. Et il existe également des structures qui n’ont aucun statut officiel :  il y a en particulier les « fraternelles » qui regroupent des maçons d’obédiences différentes (lesquels peuvent en public se montrer ennemis voire s’invectiver de manière violente!), réunis par des affinités professionnelles, personnelles ou d’intérêt divers. C’est le terreau idéal du clientélisme, des compromissions et  des affaires de corruption. Ajoutons enfin qu’il existe des « clubs » ou des « cercles », des « O.N.G », des sociétés de bienfaisance ou des associations caritatives  qui, en dehors de l’organisation maçonnique à strictement parler, sont néanmoins aussi des lieux de regroupement d’intérêt ou d’exercice d’influence maçonnique.

* * *

II. Les origines de l’Eglise et celles de la franc-maçonnerie.

II a – Origine de l’Eglise.

« L’Eglise a son commencement et son achèvement dans le dessein éternel de Dieu. Elle a été préparée dans l’Ancienne Alliance par l’élection d’Israël, signe du rassemblement futur de toutes les nations. Fondée sur la parole et sur l’action de Jésus-Christ, elle s’est accomplie surtout par Sa mort rédemptrice et Sa résurrection. Elle s’est manifestée ensuite comme mystère de salut par l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Elle aura son achèvement à la fin des temps comme assemblée céleste de tous les rachetés » (abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique, §149).

Le fidèle qui a véritablement foi aux paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, croit donc que l’Eglise a été fondée par Dieu Lui-même, puisque Jésus est la deuxième Personne de la Sainte Trinité qui s’est incarnée : il est impossible dans le cadre d’un court exposé de rapporter toutes les citations de l’Evangile attestant cette fondation de l’Eglise par le Christ.

Le pouvoir des clefs (Le Pérugin - chapelle Sixtine)

Chapelle Sixtine – Le Pérugin : Le Christ remettant les clefs à Saint Pierre.

L’Eglise est une hiérarchie ; elle a une structure monarchique ; elle est – selon la promesse de Notre-Seigneur – assistée par le Saint-Esprit, troisième Personne de la Sainte-Trinité. La raison d’être de l’Eglise, c’est de perpétuer la mission de salut et de sanctification de Notre-Seigneur Lui-même par la diffusion de l’Evangile et la mise en oeuvre des sacrements : « L’Eglise, c’est Jésus-Christ continué » (Bossuet).

Chacune des affirmations énoncée ci-dessus est théologiquement fondée et je vous renvoie tout simplement au catéchisme et aux traités de théologie si vous voulez les approfondir, car ce n’est pas le lieu ici.

II b – Origine de la franc-maçonnerie.

Les origines de la maçonnerie sont purement humaines : les historiens peuvent montrer qu’elle résulte de la transformation de la « maçonnerie opérative » (celle des bâtisseurs de cathédrales). Les structures des corporations de bâtisseurs demeurèrent : toutefois elles n’ont plus été le cadre de la transmission d’un savoir-faire technique, mais sont devenues celui de cercles de réflexion.

L’acte de naissance de la « maçonnerie spéculative » se place à Londres en 1717 : les pères en sont deux pasteurs, Anderson  (presbytérien) et Désaguliers (anglican), influencés par le physicien Isaac Newton, hérétique notoire, qui – du reste – pratiquait la magie et l’alchimie!

Les constitutions fondatrices, dites constitutions d’Anderson (1723), ne mentionnent Dieu qu’une seule fois, dans une tête de chapitre. Quel est ce « dieu »? On peut légitimement se poser la question puisque, dans ces textes fondateurs, il n’est jamais question de la Sainte Trinité, pas plus que du péché, du Salut, de la Rédemption et de la mission du Saint-Esprit…! On peut de toute évidence en conclure que le « dieu » des maçons n’est pas exactement Celui de la Révélation chrétienne. On relèvera par exemple ces citations « surprenantes » : a) celle d’un “grand commandeur” américain, Albert Pike, qui déclara en juillet 1889 : “Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l’humanité contre Adonaï, le Dieu de l’obscurité et du mal” (*cf. note en bas de page); b) cette autre, d’Oswald Wirth, grand initié et initiateur, qui a écrit dans le “Livre du compagnon”: “…le Serpent, inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte,  fut maudit par les anciens théocrates, alors qu’il était en honneur parmi les initiés”

Scène d'initiation maçonnique au XVIIIème siècle

Gravure du XVIIIème siècle représentant une scène d’initiation maçonnique.

En France, la maçonnerie apparaît dès 1725 : l’un des premiers personnages célèbres à y adhérer est Montesquieu.

Le recrutement de la maçonnerie en France au XVIIIème siècle, se fait essentiellement dans une noblesse et dans une bourgeoisie qui se détachent des idéaux chrétiens traditionnels. Il s’effectue aussi dans certains milieux ecclésiastiques : il est d’ailleurs intéressant de noter que ces ecclésiastiques français qui adhèrent à la maçonnerie sont pour l’essentiel des gallicans, c’est-à-dire partisans de théories qui limitent considérablement l’autorité du Pape sur l’Eglise de France. Au XVIIIème siècle, les gallicans s’associèrent souvent aux jansénistes. Les jansénistes, s’ils sont bien issus de ce courant religieux fervent, professant des thèses théologiques condamnées au sujet de la grâce divine et du salut, sont surtout devenus au XVIIIème siècle une espèce de coterie politique contestataire.

Quoi qu’il en soit, la franc-maçonnerie apparaît comme une résurgence de la gnose. La gnose est une hérésie – ou plus exactement un ensemble de doctrines hérétiques – combattue dès le IIème siècle par Saint Irénée. Cette hérésie se retrouve sous diverses formes dans tous les ordres initiatiques. De manière très générale (parce que là encore cela demanderait de longs développements), on donne le nom de gnose à des théories  philosophico-religieuses plus ou moins complexes qui font consister le perfectionnement de l’homme dans des connaissances, transmises à une élite par des « illuminations » et des « initiations » graduelles.

Lire la suite de l’étude > ici.

* * *

(*) Note:

“Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l’humanité contre Adonaï, le Dieu de l’obscurité et du mal”. Ce haut gradé maçonnique semble donc professer la croyance en deux divinités opposées : un dieu du bien et un dieu du mal (on retrouve donc ici une forme du manichéisme déjà présent dans certaines religions de l’antiquité et renouvelé par la suite dans le catharisme). Le nom qu’il donne à son « dieu du bien » est celui de Lucifer -  mot qui signifie « porte-lumière »-; dans la Révélation judéo-chrétienne Lucifer est le nom d’un ange (une créature donc et non pas un dieu) qui, par orgueil, se révolte contre les desseins miséricordieux du Seigneur, veut se faire l’égal du Créateur, et en se coupant de la grâce devient le chef des démons. En revanche le nom qu’il donne à son « dieu de l’obscurité et du mal »Adonaï – est le mot hébreu qui signifie « le Seigneur » et par lequel on désigne dans les Saintes Ecritures le Dieu unique, créateur et sauveur. Force est donc de constater que nous avons dans cette citation une espèce de « profession de foi » qui, par une singulière inversion des valeurs, est en opposition absolue avec la Foi de l’Eglise.

C’est ce qui explique qu’en 1996 par exemple, au moment de la visite apostolique du Pape Jean-Paul II à Reims, à l’occasion du 15ème centenaire du baptême de Clovis, nous avons vu des manifestations d’opposition à cette visite conduites par des francs-maçons portant des « bannières » où était figuré Satan terrassant Saint Michel.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs, Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 17 novembre, 2010 |Commentaires fermés

2010-46. Les principes de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la doctrine de l’Eglise : les catholiques qui font partie de la maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion.

Porte de l'église d'Evron (Mayenne) fracturée en application des lois maçonniques en 1906

Porte de l’église d’Evron (Mayenne) fracturée en 1906 en application des lois maçonniques sur les inventaires.

L’incompatibilité entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique est une évidence pour toute personne de bon sens.

Mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée… Il me paraît donc utile et même nécessaire de rappeler une déclaration du cardinal Ratzinger, publiée lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Cette déclaration n’est pas un avis personnel, c’est un texte officiel dont la publication a été approuvée et ordonnée par le Souverain Pontife : il s’agit donc d’un acte normatif qui a valeur de loi et qui oblige tous les fidèles de l’Eglise catholique.

Cette publication de la fin novembre 1983 est intervenue comme une espèce de précision nécessaire à la suite de l’entrée en vigueur, au début de cette même année 1983, d’un nouveau Code de Droit Canonique (c’est-à-dire la loi propre de l’Eglise catholique), remplaçant le Code qui avait été promulgué en 1917.

En effet, le texte du Code de 1983 ne reprend pas le canon 2335 du Code de 1917 qui précisait que les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou à d’autres associations du même genre intriguant contre l’Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encouraient ipso facto l’excommunication réservée au siège apostolique. Mais ce Code de 1983 stipule simplement dans le canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit ». Certains donc, en ne voyant plus la mention explicite de la maçonnerie dans le Code de 1983 avaient conclu que la condamnation était abrogée.

Avec l’autorité du Souverain Pontife et par son ordre, le cardinal Ratzinger dut donc rappeler que « le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé » : sans faire de rappel historique développé, cela signifie toutefois que toutes les condamnations de la franc-maçonnerie fulminées par les Papes depuis 1738 sont toujours en vigueur et qu’aucune des mises en garde contre la maçonnerie et interdictions de s’y affilier n’est abrogée (voir la note en bas de page).

Malgré cela, nous savons de manière certaine qu’aujourd’hui des catholiques – et même des ecclésiastiques – se croient autorisés à passer outre et sont membres de loges ou de « groupes de réflexion et d’études » liés à des loges : je ne peux ni ne veux pas tout détailler ici, mais j’ai des témoignages certains et directs de personnes exerçant des responsabilités dans l’Eglise qui ne m’ont pas fait secret de leur appartenance à la maçonnerie et, lorsque je leur ai dit que c’était en contradiction avec la discipline ecclésiastique, qui m’ont répondu qu’elles avaient fait connaître leur affiliation à leur évêque (dans un cas précis il s’agit même d’un cardinal archevêque!) qui n’y avait fait aucune objection. Ces « catholiques francs-maçons » (!!!) prétendent que toutes les obédiences maçonniques ne sont pas hostiles à l’Eglise et que donc les condamnations romaines ne valent pas pour elles. Sophisme! Avant même les agissements, ce sont les principes mêmes de la maçonnerie qui sont incompatibles avec le catholicisme.

L’Eglise interdit à ses fidèles l’appartenance à toutes et à chacune des obédiences de la maçonnerie parce qu’au-delà de toutes les différences de rite ou de filiation, au-delà des distinctions de spiritualité, de conception de l’ordre du monde ou de la société, il y a des principes généraux communs absolument inconciliables avec la doctrine catholique ; ce pourquoi l’excommunication frappe toujours les catholiques affiliés à la franc-maçonnerie : ils « sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion ».

Malheureusement, il y a toujours – même parmi le clergé, même parmi les évêques – des naïfs (?), des « idiots utiles », des ignorants volontaires ou des orgueilleux qui – s’arrêtant aux aspects de la « recherche intellectuelle », de la « quête spirituelle symbolique » ou des beaux principes « humanistes et humanitaires » – ne voudront pas tenir compte des mises en garde du Magistère Romain et placeront leurs propres jugements au-dessus de celui du Vicaire de Jésus-Christ.

Lully.

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Déclaration du cardinal Ratzinger au sujet de la franc-maçonnerie publiée le 26 novembre 1983.

« Certains se sont demandés si la pensée de l’Eglise sur la franc-maçonnerie avait changée parce qu’il n’en est pas fait mention expresse dans le nouveau Code de Droit Canon comme c’était le cas dans l’ancien Code. 

La Sacrée Congrégation est en mesure de répondre que cet état de fait est dû à un critère utilisé pour la rédaction et qui a été observé également pour d’autres associations, passées de la même façon sous silence, dans la mesure où elles étaient comprises dans des catégories plus larges. 

Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion. 

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas la faculté d’émettre sur la nature des associations de la franc-maçonnerie un jugement qui entraînerait une dérogation à ce qui est mentionné ci-dessus, conformément à l’esprit de la Déclaration du 17 février 1981 de cette même Sacrée Congrégation. 

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée au sous-signé le Cardinal Préfet, a approuvé la présente déclaration adoptée au cours de la réunion ordinaire de cette Sacrée Congrégation et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au Siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 novembre 1983.« 

Joseph Cardinal Ratzinger, Préfet 
Fr. Jérôme Hamer, o.p., Archevêque titulaire de Lorium, Secrétaire.

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Note : La première condamnation solennelle de la franc-maçonnerie par un pape fut le fait de Clément XII par la constitution « In Eminenti » du 24 avril 1738. Elle fut réitérée par Benoît XIV le 18 mai 1751 dans la constitution « Providas » et régulièrement rappelée par les Pontifes tout au long des XVIIIème et XIXème siècles jusqu’à la publication du Code de Droit Canonique de 1917 qui a eut force de loi jusqu’en 1983. On trouvera les références détaillées et l’accès à tous ces textes depuis le XVIIIème siècle jusqu’à nos jours ici > www.

2010-45. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure : le « Saint du Poitou ».

Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure, naquit le 13 octobre 1766, à Versailles.
Il entra à l’école militaire à l’âge de 13 ans, et en ressortit 3 ans plus tard.
 
Sans doute traumatisé par l’attitude d’un père, malheureusement enclin au jeu et au libertinage (et laissera d’énormes dettes à son héritier !), Louis-Marie adopta une attitude toute contraire : profondément pieux, d’une grande rigueur morale, il se montrera toujours d’une austérité de vie quasi monastique.

Le 27 octobre 1791, il épouse une de ses cousines Marie-Louise-Victoire de Donissan (laquelle deviendra plus tard la marquise de La Rochejaquelein, puisqu’elle épousera en secondes noces, Louis de La Rochejaquelein, frère de Monsieur Henri), dont les mémoires sont restés célèbres.

Après son mariage, Louis-Marie de Lescure, son épouse et son cousin, Gaspard de Bernard de Marigny, avaient d’abord caressé l’intention de rejoindre les Princes en exil, mais voyant les dangers qui pesaient sur le Roi et les siens, ils décidèrent de rester pour protéger Leurs Majestés autant qu’il serait en leur pouvoir.

Le 10 août 1792, la lie du peuple attaque les Tuileries.
Lescure est à son hôtel, mais aussitôt qu’il l’apprend, accompagné de Bernard de Marigny, il tente de porter secours au Roi et de pénétrer dans le château. En vain : toutes les portes sont tenues par des piquets de la Garde Nationale et ils sont contraints de rebrousser chemin.

Le lendemain, alors que la famille royale est prisonnière, qu’un climat de terreur s’installe dans la capitale et que les derniers fidèles défenseurs de la monarchie sont impitoyablement traqués, Lescure et les siens décident de rentrer à Bressuire.
Grâce à son ancien gouverneur et ami, Thomassin, ils obtiennent de faux passeports avec lesquels ils parviennent, non sans difficultés, à franchir les très nombreux contrôles…

Prise des Tuileries le 10 août 1792

L’attaque des Tuileries, le 10 août 1792.

Dans son château de Clisson (rien à voir avec la ville de Clisson en Vendée : ce château se trouve à Boismé, dans l’actuel département des Deux-Sèvres), Lescure accueille ses cousins Gaspard de Bernard de Marigny et Henri de La Rochejaquelein (qui était présent lui aussi aux Tuileries le 10 août) qui ne sont plus en sécurité chez eux. 

En avril 1793 (le soulèvement vendéen en est à ses premières semaines), suspecté de sympathies royalistes, Lescure est arrêté et incarcéré chez l’officier municipal de Bressuire avec sa femme, son beau-père (le marquis de Donissan), et Bernard de Marigny.
Henri de La Rochejaquelein, reparti un peu plus tôt, a échappé à l’arrestation. Ce même La Rochejaquelein, avec l’armée du Poitou, dont il a pris la tête, et l’armée d’Anjou qu’il a rejointe, vient délivrer les prisonniers. : à l’approche des insurgés, les républicains ont pris la fuite, en oubliant leurs captifs.

Aussitôt libre, Lescure rejoint la grande armée.
A la tête des hommes de Bressuire, il est de toutes les batailles, toujours aux avant-postes : le 5 mai à Thouars, le 25 à Fontenay le Comte… etc.
A Fontenay, sa répartie est restée célèbre : après que l’assaut a commencé, ses hommes s’arrêtent pour prier au pied d’un calvaire ; on le presse de les faire avancer mais Lescure répond : « Laissez-les prier, il se battront mieux ensuite ! »

Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure

Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou ».

Blessé le 9 juin 1793, pendant la bataille de Saumur, il participe néanmoins  le lendemain à l’élection du premier généralissime de l’Armée catholique et royale : Jacques Cathelineau. 

Le 29, juin, pendant que les Vendéens attaquent Nantes, Lescure reste en repli dans les Deux-Sèvres pour stopper l’avancée de Westermann.
Mais pendant que Cathelineau – le « Saint d’Anjou » – est mortellement blessé à Nantes, il peine face à Westermann : obligé de reculer d’abord à Parthenay, il lâche le Bois-aux-Chèvres puis Châtillon (aujourd’hui Mauléon) .

Le 5 juillet, les Vendéens qui ont échoué à Nantes se replient sur leurs terres.
Sur le chemin du retour, ils attaquent Westermann par surprise. Aux ordres de Bonchamps, derrière Lescure et Marigny, les Vendéens se battent trois jours durant contre les républicains. Au prix de combats acharnés, les insurgés reprennent Châtillon (Mauléon) mettant en déroute quelques 12 000 républicains.
Marigny, dont la pitié n’était pas la principale vertu, poursuit les fuyards et sabre ceux qui sont à sa portée. Lescure, qui est un homme juste et qui n’a jamais fait couler le sang par plaisir, s’interpose. Avec beaucoup de difficultés, il arrêtera son cousin. Ce jour là Lescure a, plus que jamais, mérité le surnom de « Saint du Poitou » que lui ont donné les paysans en armes…

Scapulaire Sacré-Coeur

Le 30 juillet, les Vendéens lancent une offensive sur Luçon.
Les généraux Vendéens ne sont pas d’accord sur la stratégie à adopter. Lescure s’acharne à imposer un plan auquel pourtant personne ne croit. Force sera de constater que ce plan n’était pas bon : les Vendéens ne peuvent tenir leurs positions, et face au républicain Thunk, finissent par reculer.
Lescure, qui n’est pas un grand tacticien, portera la responsabilité de cette défaite ; elle va ternir son image, jusqu’alors sans tache.

Le 19 septembre, Lescure et les Vendéens, sous le commandement de Bonchamps, remportent une belle victoire à Torfou.
Deux jours plus tard, d’Elbée (élu généralissime pour succéder à Cathelineau), en accord avec Bonchamps, décide d’attaquer Clisson. Pour cela, il requiert la présence de Charette et de Lescure. Les deux généraux doivent rejoindre Bonchamps pour prendre à revers les Mayençais à Clisson.
Mais Lescure et Charette préfèrent attaquer Saint-Fulgent et régler leur compte aux républicains qui cantonnent dans la région. Le temps de faire mordre la poussière aux bleus, les deux généraux en oublient de prêter main forte à Bonchamps et diffèrent d’obéir aux ordre de leur chef. Du coup, Bonchamps et ses hommes subissent une cuisante défaite, tandis qu’avec Charette, le 22 septembre, Lescure enlève la ville de Saint-Fulgent.

Le 15 octobre, pendant qu’il attaque la Tremblaye (près de Cholet), Lescure est blessé à la tête par une balle : la balle d’un Vendéen, semble-t-il !
Après la défaite de Cholet, le 17 octobre, et bien que mourant, il suit les Vendéens outre Loire. Il ne peut plus marcher, et c’est traîné dans une berline qu’il accompagne les Vendéens à travers la terrible « virée de Galerne ».
Le 19 octobre, le conseil de guerre se réunit à Varades pour élire le nouveau généralissime, en remplacement de d’Elbée, grièvement blessé pendant la bataille de Cholet, Lescure propose Henri de la Rochejaquelein. Sa proposition est adoptée.

Scène de la virée de Galerne

Scène de la « Virée de Galerne ».

Louis-Marie de Lescure meurt des suites de ses blessures, le 4 novembre 1793, sur la route entre Ernée et Fougères, au lieu-dit « les Besnardières » : il n’était âgé que de 27 ans.
Le service funèbre est célébré le lendemain dans la ville de Fougères.
Son corps est enterré près d’Avranches, en pleine nuit, pour éviter que les républicains ne le retrouvent, ne l’exhument et ne se livrent à d’ignobles profanations sur sa dépouille. Le lieu de sa sépulture a été si bien tenu secret que sa tombe n’a jamais été retrouvée.

Scapulaire Sacré-Coeur

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 4 novembre, 2010 |3 Commentaires »

2010-44. De l’épopée des Zouaves Pontificaux, depuis 1861 jusqu’à la spoliation de Rome.

I. Les Zouaves Pontificaux  de 1861 à 1867.

Constitués en bataillon en 1861 après le désastre militaire de Castelfidardo (comme nous l’avons vu ici > www), les tirailleurs franco-belges, devenus les Zouaves Pontificaux, brûlaient du désir de se battre pour la cause du Souverain Pontife ; toutefois leur ardeur fut pendant longtemps soumise à l’épreuve de la patience. En effet de 1861 à 1867, les combats furent rares et limités à des escarmouches avec de petits groupes ennemis qui, aussitôt repérés, s’empressaient de repasser la frontière.

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Pour occuper les Zouaves Pontificaux privés de combats, le gouvernement pontifical leur confia la charge de réprimer le brigandage qui sévissait depuis des décennies dans les États de l’Eglise. Ces « brigands romains » (comme ils sont appelés dans les textes de l’époque) n’étaient pas des partisans acquis à une cause politique mais de simples bandits de droit commun, précurseurs de la Maffia : ils utilisaient les mêmes procédés d’enlèvements de personnes ou de biens afin d’extorquer des rançons aux familles de leurs victimes. Ces brigands sévissaient principalement dans les Abruzzes, région montagneuse où il leur était facile de trouver des refuges et de dérouter leurs poursuivants.

Déçus d’être considérés comme de simples gendarmes, quelques Zouaves Pontificaux rentrèrent chez eux à la fin de leur premier contrat d’engagement : c’est ce qui explique ces baisses ou stagnations d’effectifs que nous avons signalées dans notre précédent exposé (cf.> www). Toutefois il faut remarquer que la majorité d’entre eux accepta de bon cœur cette mission policière, et prit parfois goût à la vie aventureuse dans les montagnes  : cela les changeait de la monotonie de la vie de caserne.

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Les combats étaient peu fréquents et peu meurtriers pour les Zouaves car les brigands, quoique bien armés, évitaient l’affrontement et cherchaient toujours à passer la frontière au-delà de laquelle les troupes pontificales ne pouvaient les poursuivre. Les autorités piémontaises, elles, laissaient les brigands en paix – quand elle ne les encourageait pas tacitement – parce qu’elles les considéraient comme des auxiliaires utiles pour l’affaiblissement de l’Etat Pontifical! 

Lorsqu’ils n’étaient pas en campagne, les Zouaves Pontificaux résidaient le plus souvent en garnison dans de petites localités comme Tivoli et Monterotondo (à l’est de Rome), Anagni ou Velletri (au sud), Viterbe, Bagnorea ou Montefiascone (au nord). Leur vie quotidienne était marquée par une pratique religieuse assidue, sous la direction vigilante des aumôniers. Les nombreux néerlandophones avaient évidemment les leurs. Les aumôniers des Zouaves français furent en particulier Monseigneur Jules Daniel et l’Abbé Peigné, tous deux originaires de Nantes.

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En septembre 1864, Napoléon III et Victor Emmanuel II avaient signé un accord au sujet des États Pontificaux : le Royaume d’Italie s’engageait à ne pas porter atteinte à l’intégrité territoriale du Patrimoine de Saint Pierre et de la défendre, si besoin par la force, contre toute attaque extérieure (mais non intérieure) et, de son côté, l’Empire Français retirerait progressivement ses troupes dans un délai de deux ans à mesure que l’armée pontificale serait capable de prendre la relève.

Les derniers soldats français du corps expéditionnaire quittèrent Rome en décembre 1866. La défense de l’État Pontifical reposait dorénavant  uniquement sur sa petite armée – principalement sur les Zouaves Pontificaux – et la « Légion d’Antibes » (dont nous avons aussi évoqué la création dans notre précédent article).

II. Mentana.

En septembre 1867, Garibaldi, résolu « à casser la baraque pontificale » (sic), reprit l’offensive sur la frontière nord près du lac de Bolsena, sans que les forces piémontaises ne s’interposent. Avec ses « chemises rouges », il investit les villes d’Aquapendante, Bagnorea et Monterotondo. Dans la même période, à Rome même, le 22 octobre 1867, un attentat dans la caserne Serristori fit plus de vingt morts parmi les Zouaves. La plupart des victimes étaient italiennes.

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Le dégagement des victimes après l’attentat de la caserne Serristori.

Inquiète de la tournure que prenaient les événements, l’opinion publique catholique française fit pression sur le gouvernement impérial. Napoléon III, qui avait besoin du soutien politique des catholiques, se vit contraint, malgré les engagements pris avec Victor Emmanuel II, d’envoyer un nouveau corps expéditionnaire dans les États Pontificaux.

Commandées par le Général de Failly, les troupes françaises débarquèrent à Civitavecchia le 29 octobre 1867. Déjà Garibaldi et ses « chemises rouges » avaient atteint le Monte-Sacro, à quelques kilomètres seulement de la Ville Sainte, dont il avait résolu de faire le siège. Le courage des troupes pontificales, l’arrivée du corps expéditionnaire français ainsi que les nombreuses désertions parmi les « chemises rouges » l’en dissuadèrent et il se replia alors sur Monterotondo.

Le Général Hermann Kanzler, qui avait succédé à Monseigneur de Mérode comme ministre des armées du Saint-Siège, tenta d’obtenir du Général de Failly que la totalité des troupes françaises se joignent aux siennes pour poursuivre Garibaldi. Il obtint seulement l’appui direct d’une brigade de 2.000 hommes commandés par le Général de Polhes. Les forces pontificales quant à elles se montaient à 5.000 hommes, parmi lesquels 2.000 soldats français et 1.500 Zouaves Pontificaux.

Le 2 novembre 1867 les Pontificaux arrivèrent devant Mentana, petite ville au Nord de Rome, dans laquelle les garibaldiens s’étaient retranchés.

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Zouaves Pontificaux devant le château de Mentana.

La bataille fut engagée le 3 novembre au matin et elle fut acharnée. Malgré le pilonnage intensif de l’artillerie pontificale et les charges furieuses des Zouaves, les « chemises rouges » résistèrent longtemps. L’armée du Saint-Siège se battit héroïquement.

Les soldats français du Général de Polhes (qui restèrent assez en arrière) étaient équipés avec de nouveaux fusils Chassepot qui se chargeaient par la culasse et dont la portée de tir était nettement supérieure à celles des autres armes utilisées sur le champ de bataille. C’est ce qui permit au Général de Failly, le lendemain, de télégraphier au ministre des affaires étrangères impérial la fameuse dépêche : « Les chassepots ont fait merveille… ».

Les Zouaves Pontificaux eurent à déplorer 39 morts et de nombreux blessés. Du côté des garibaldiens il y eut 150 morts, 240 blessés et 1.600 prisonniers. Garibaldi s’était enfui avant l’assaut final ; il fut arrêté deux jours plus tard sur le territoire italien, par ordre du roi Victor Emmanuel II, et fut enfermé dans la forteresse de Varignano puis exilé sous étroite surveillance dans l’île de Caprera.

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Médaille de Mentana.

III. De Mentana à la prise de Rome.

La victoire de Mentana procurera un sursis de trois ans à l’État Pontifical. Les années 1868 et 1869 furent calmes : les Zouaves Pontificaux furent de nouveau affectés à la garde des frontières et à la poursuite des « brigands romains ». L’opinion publique catholique savait cependant que ce calme était précaire, car Victor Emmanuel II n’avait pas renoncé, malgré ses promesses, à réaliser l’unité de l’Italie à son profit et à faire de Rome la capitale du nouveau royaume.

En France, à l’appel de Monseigneur Pie, évêque de Poitiers et futur cardinal, des comités de soutien à la cause pontificale, appelés « comités de Saint Pierre », se créèrent dans plusieurs villes : leur but était de recueillir des fonds afin d’aider  à l’équipement des troupes pontificales. Une souscription ouverte en Bretagne et en Vendée permit de faire fabriquer par l’arsenal de Liège (en effet, les arsenaux français avaient refusé de s’en charger!) six canons rayés du dernier modèle. Les souscriptions lancées dans d’autres diocèses permirent également d’acheter 230 mousquetons Remington, soixante mulets pour l’artillerie de montagne, deux canons de montagne, 4.000 fusées pour obus, soixante caisses de munitions. Les diocèses de Paris et de Normandie prirent à leur compte l’achat et le transport de 90 chevaux. Un demi million de francs récolté en France fut consacré aux travaux de renforcement des fortifications de Rome.

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Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, futur cardinal,
ardent zélateur du soutien aux Zouaves Pontificaux.

En juillet 1870, la France déclara la guerre à la Prusse. Cet événement allait poser un cas de conscience pour les Zouaves Pontificaux français. Devaient-ils quitter l’Italie pour aller combattre en France? Beaucoup de ceux qui étaient astreints aux obligations militaires comme réservistes rentrèrent, d’autres, s’estimant liés par leur engagement au service du Pape restèrent. Mais la guerre franco-prussienne allait aussi changer les rapports de force. Napoléon III rappela le corps expéditionnaire du Général de Failly, affaiblissant ainsi la défense militaire du Souverain Pontife. Le 2 septembre 1870, après la défaite française de Sedan, Victor Emmanuel II, n’ayant plus à craindre une intervention française, décida du dernier assaut.

IV. 20 septembre 1870 : la prise de Rome.

Victor Emmanuel II commença par envoyer à Pie IX un plénipotentiaire qui lui proposa d’accepter que les troupes italiennes entrent dans Rome : le prétexte était qu’elles pourraient y maintenir l’ordre qui risquait d’être troublé par des bandes révolutionnaires. Le Souverain Pontife rejeta bien évidemment cette proposition hypocrite.

Le 12 septembre 1870, cinq divisions italiennes, déjà massées en Toscane et en Ombrie, franchirent la frontière et marchèrent sur Rome. L’armée pontificale se replia sur la capitale, mais pas sans une défense courageuse : ainsi, à Civita-Castellana, 200 Zouaves enfermés dans le château résistèrent pendant cinq heures à 15.000 italiens!

Le Général Kanzler mit la Ville Sainte en état de défense : 22 kilomètres de remparts pas toujours en très bon état.

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Le Général Hermann Kanzler.

Le 17 septembre 1870, l’Armée italienne commença le siège. Le 19 septembre (anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de la Salette, qui avait prophétisé ces malheurs), Pie IX fit sa dernière sortie dans Rome : il se rendit à la Scala Santa qu’il gravit à genoux en pleurant. Le peuple romain l’acclama, pria avec lui, pleura avec lui…

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Pie IX bénissant les troupes pontificales.

Le 20 septembre, dès 5 heures du matin, l’artillerie piémontaise commença un tir intensif sur tout le pourtour des remparts. Toutefois les bersaglieri concentrèrent leurs attaques du côté de la Porta Pia, qui était défendue par le Capitaine du Réau de La Gaignonière. Les Piémontais n’attaquèrent pas la Porta Pia elle-même, mais  à quelques dizaines de mètres de là, parce qu’ils avaient été informés que la muraille était particulièrement fragile à cet endroit. C’était en effet le fond des jardins de la Villa Bonaparte, où résidait Napoléon-Charles Bonaparte, troisième Prince de Canino et Musignano (petit-fils de Lucien Bonaparte). Ce Bonaparte, quoique bénéficiant de l’hospitalité du Saint-Siège, s’était opposé au renforcement de la vieille muraille du fond de sa propriété et l’avait lui-même fait savoir aux Piémontais : la fameuse « brèche de la Porta Pia » est donc due en grande partie à l’ingratitude et à la trahison!

C’est donc vers 9 heures du matin que la muraille céda à la mitraille italienne au fond des jardins de la Villa Bonaparte. Les soldats italiens s’engouffrèrent dans la brèche tandis que les Zouaves Pontificaux tentaient vainement de les arrêter, d’abord par un feu de salve puis par une attaque à la baïonnette. Mais à 10 heures, l’ordre du cessez le feu arriva.

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La Porta Pia et, sur la droite du cliché, la brèche pratiquée dans la muraille au fond des jardins de la Villa Bonaparte dont on aperçoit le toit.

Le Pape Pie IX avait voulu une défense de protestation contre l’agression des troupes de Victor Emmanuel II, pour bien montrer qu’il ne cédait qu’à la force ; il se refusait  toutefois à voir se prolonger les combats et à laisser répandre le sang de ses courageux défenseurs. A partir de ce jour, le Bienheureux Pie IX considéra qu’il était l’otage du nouveau royaume d’Italie. Il faudra presque soixante ans pour que soit réglée la « Question Romaine » par la création de l’Etat de la Cité du Vatican (11 février 1929).

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Tiare du Bienheureux Pie IX.

V. Après la fin des combats.

La convention de capitulation fut signée à midi à la Villa Albani, par le Général Kanzler pour l’armée pontificale et par le Chef d’état major Rivalta et le Lieutenant-Général Cadorna pour l’Armée italienne. Elle stipulait que les troupes étrangères se retireraient avec les honneurs de la guerre et devaient être regroupées dans la Cité Léonine (c’est à dire dans l’enceinte du Vatican et du Château Saint Ange).

Les Zouaves Pontificaux, qui déploraient la perte d’une dizaine des leurs, vécurent alors une de leur plus dure épreuve. En effet, au mépris de la convention de capitulation, une partie du bataillon fut emmenée et les hommes traités comme prisonniers de guerre passèrent la nuit dans des camps improvisés. Les autres purent, non sans difficultés, sous les huées et les insultes, se regrouper au Vatican.

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Troupes pontificales massées sur la Place Saint-Pierre en 1870.

Le 21 septembre au matin, tout ce qui restait des troupes pontificales était réuni sur la place Saint-Pierre. A une fenêtre du Palais Apostolique, le Pape Pie IX les bénit en pleurant. Tout était fini.

A ce jour, sur la place Saint-Pierre, les Zouaves Pontificaux comptaient 1.172 Néerlandais (dont 7 officiers), 760 Français (dont 78 officiers), 563 Belges (dont 21 officiers), 297 Canadiens, Britanniques et Irlandais (dont 4 officiers), 242 Italiens (dont 9 officiers), 86 Prussiens (dont 2 officiers), 37 Espagnols (dont 1 officier), 19 Suisses (dont 5 officiers), 15 Autrichiens (tous hommes de troupe), 13 Bavarois (dont 1 officier), 7 Russes et Polonais (dont 1 officier), 5 Badois, 5 ressortissants des États-Unis d’Amérique, 4 Portugais, 3 Hessois, 3 Saxons, 3 Wurtembergeois, 2 Brésiliens, 2 Equatoriens, 1 Péruvien (officier), 1 Grec, 1 Monégasque, 1 Chilien, 1 Ottoman et 1 Chinois. Ces chiffres comprennent les 4 aumôniers, le chirurgien-major et ses 4 aides-majors.

VI. Les Zouaves renvoyés chez eux.

Les officiers français des Zouaves Pontificaux furent dirigés le jour même sur le port de Civitavecchia où ils embarquèrent, avec les autres officiers européens, anglo-saxons et sud américains, sur la frégate « l’Orénoque », de la marine de guerre française, qui y stationnait. Les hommes de troupe français montèrent à bord d’un paquebot des Messageries Maritimes « l’Ilyssus » qui avait été détourné pour l’occasion. Débarqués à Toulon le 27 septembre 1870, ils y  eurent la désagréable surprise de croiser leurs ennemis d’hier, un groupe de « chemises rouges » venues s’engager comme volontaires dans la Légion Garibaldienne pour défendre la France républicaine! …

Les Zouaves Pontificaux Néerlandais et Belges, y compris leurs officiers, furent rapatriés par voie ferroviaire, à travers  la Suisse et l’Allemagne.

La spoliation des Etats de l’Eglise et la fin de la souveraineté temporelle du Bienheureux Pie IX mettait un terme à l’aventure italienne des Zouaves Pontificaux, mais pas à leur histoire : très rapidement les Zouaves Pontificaux français allaient écrire de leur sang une nouvelle et glorieuse page de l’histoire de l’héroïsme catholique, dont nous ferons plus tard le récit.

(à suivre)

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Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 3 novembre, 2010 |9 Commentaires »

Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ Roi.

La prière de consécration du genre humain au Sacré-Coeur a d’abord été promulguée par le Pape Léon XIII en complément de l’encyclique « Annum Sacrum » du 25 mai 1899 dans laquelle il prescrivait que cette consécration devait être faite dans toutes les églises de l’univers catholique à l’occasion d’un triduum solennel célébré à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, les 9, 10 et 11 juin suivants. Par la suite , Saint Pie X décréta que cette consécration devait être renouvelée chaque année, devant le Saint Sacrement exposé, à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur.

Le 11 décembre 1925, par l’encyclique « Quas Primas », le Pape Pie XI institue la fête du Christ Roi et il prescrit que dorénavant c’est à ce jour – dernier dimanche d’octobre – que sera lu dans toutes les églises cet acte de consécration qui reçoit une nouvelle formulation (celle que nous publions ci-dessous) : « En vertu de notre autorité apostolique, nous instituons la fête du Christ-Roi. Et nous ordonnons qu’elle soit célébrée le dernier dimanche d’octobre, dimanche qui précède immédiatement la fête de tous les saints. Nous ordonnons également que soit renouvelée chaque année et ce même jour de la fête du Christ-Roi la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, dont notre prédécesseur de sainte mémoire Pie X avait déjà ordonné le renouvellement annuel… »  Et ce même Pie XI (encyclique « Miserentissimus Redemptor » du 8 mai 1928) accentua le caractère de réparation de la fête du Sacré Coeur en prescrivant ce jour-là en remplacement de l’acte de consécration une « amende honorable » solennelle.

Au moment des réformes promulguées sous les pontificats de Jean XXIII et de Paul VI, la fête du Christ Roi fut déplacée au dernier dimanche de l’année liturgique (voir ce que nous avons écrit sur ce déplacement qui marque aussi un déplacement du sens de la fête > ici) et l’acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur est demeuré attaché à cette fête, mais amputé de la partie que nous signalons ci-dessous entre [...].

A la récitation publique de cette prière devant le Très Saint Sacrement exposé, le jour de la fête du Christ-Roi, la Sainte Eglise attache le don d’une indulgence plénière, aux conditions habituelles.

Christ Roi

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous, et afin de vous être plus fermement unis, voici que chacun d’entre nous se consacre spontanément à votre Sacré Cœur.

Beaucoup ne vous ont jamais connu, beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres et ramenez-les tous à votre Sacré Cœur.

Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faites qu’ils rentrent bientôt dans la maison paternelle pour qu’ils ne périssent pas de misère et de faim.

Soyez le roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin que bientôt il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur.

[Soyez le roi de tous ceux qui sont encore égarés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme, et ne refusez pas de les attirer tous à la lumière de votre royaume.

Regardez enfin avec miséricorde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre préféré ; que sur eux aussi descende, mais aujourd’hui en baptême de vie et de Rédemption, le sang qu’autrefois ils appelaient sur leurs têtes.]

Accordez, Seigneur, à votre Eglise une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l’ordre et la paix. Faites que d’un pôle du monde à l’autre une seule voix retentisse : « Loué soit le divin Cœur qui nous a acquis le salut! A lui, honneur et gloire dans tous les siècles des siècles! »

Ainsi soit-il. 

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