Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2019-55. Le 26 juin, nous fêtons les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la révolution.

26 juin,
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, vierges et martyres ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste.

Arras - le beffroi et la petite place

Arras : le beffroi et la petite place

A la veille de la révolution, la « maison de Charité » d’Arras est une ruche active : sept sœurs de Saint Vincent de Paul y assurent les soins aux malades, la visite des familles pauvres et éduquent les jeunes enfants. Leurs services sont très appréciés de la population.
Comme dans tout le Royaume, à Arras, la révolution va rapidement révéler son véritable visage et les lois anti-catholiques vont poser des cas de conscience aux religieuses. L
e 9 avril 1792, la supérieure générale des Filles de la Charité, avait adressé aux sœurs un courrier dans lequel on pouvait lire, entre autres : « Je vous prie de ne pas abandonner le service des pauvres, si vous n’y êtes forcées… Pour pouvoir continuer le service des pauvres, prêtez-vous à tout ce que honnêtement on pourra exiger de vous dans les circonstances présentes, pourvu qu’il n’y ait rien contre la religion, l’Eglise et la conscience. »

Après l’emprisonnement de la Famille Royale, lorsque la situation devient de plus en plus difficile, la supérieure de la petite communauté d’Arras laisse à ses sœurs le choix de rentrer dans leurs familles, si elles le souhaitent ; une seule d’entre elles le fait. Mais lorsque la Terreur va s’installer de manière plus violente dans la capitale de l’Artois, la supérieure va alors ordonner aux deux plus jeunes de la communauté de partir pour l’exil.
A la fin de l’année 1793, quatre sœurs se trouvent donc à Arras et continuent leurs activités.
Ce sont :
- Sœur Marie-Madeleine Fontaine, originaire d’Etrépagny (Vexin normand), entrée dans la Compagnie en 1748 à l’âge de 25 ans. Supérieure de la communauté, sa sagesse et sa compétence sont largement appréciées.
- Sœur Marie-Françoise Lanel, née en 1745 à Eu (Normandie), entré dans la Compagnie des Filles de la Charité à l’âge de 19 ans.
Sœur Thérèse Fantou, née à Miniac-Morvan (Bretagne) en 1747, devenue Fille de la Charité à 24 ans.
- Sœur Jeanne Gérard, née à Cumières (Lorraine) en 1752, et entrée dans la Compagnie des Filles de la Charité en 1776.

Joseph Lebon

Joseph Lebon, prêtre oratorien apostat

Le prêtre apostat, Joseph Lebon, envoyé à Arras par le comité de salut public fait régner dans la ville un climat de violence et de peur. La maison de Charité devient « maison de l’Humanité » ; un directeur pointilleux y est installé, surveillant l’activité des sœurs ; les vexations s’intensifient ; les faux témoignages se multiplient. Les héroïques filles de Saint Vincent de Paul sont plusieurs fois sommées de prêter le serment dit de « liberté-égalité », mais elles le repoussent énergiquement comme contraire à leurs consciences.
Le pape Benoît XV a loué leur attitude en ces termes : « Elles refusèrent de prêter un serment pour des lois iniques, parce qu’elles voulurent garder immaculée leur foi, parce qu’elles n’écoutèrent que la voix de la conscience, qui les avertissait de ne pas s’écarter non seulement des commandements, mais des conseils du Chef suprême de l’Eglise. »

Le 14 février 1794, les sœurs sont arrêtées et conduites à l’abbatiale Saint-Vaast, transformée en prison, puis à celle de la Providence. Près des prisonnières, désemparées devant l’incertitude de leur avenir, elles apportent écoute et compassion. Sept semaines après leur incarcération, le 4 avril, les sœurs subissent un premier interrogatoire devant deux membres du comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard, décidés à ne pas traîner. Le principal chef d’accusation sera qu’on a découvert dans leur maison des exemplaires de publications contre-révolutionnaires (sans doute mises là par le directeur qu’on leur avait imposé).
Voici le procès verbal de l’interrogatoire de Sœur Marie-Madeleine Fontaine :
« L’an deuxième de la République une et indivisible, le quinze germinal, en exécution de l’arrêté du Comité de surveillance et révolutionnaire de ce jour, a été amenée, pardevant les membres qui le composent, Madeleine Fontaine, laquelle a répondu de la manière suivante aux questions qui lui ont été proposées :
Interrogée de ses nom, surnom, âge, qualité et demeure – A répondu s’appeler Madeleine Fontaine, âgée de soixante onze ans, cy-devant soeur de la Charité d’Arras, actuellement en la maison d’arrêt dite de la Providence.
A elle demandé si elle sait pourquoi elle est en la maison d’arrêt. – A répondu que non.
A elle demandé si elle en soupçonne le motif. – A répondu qu’elle soupçonne que c’est à cause qu’elle a refusé de prêter le serment, ne le devant pas, n’étant pas religieuse [Note : en effet, selon l’usage de l’époque, les Filles de la Charité, qui ne prononcent pas des vœux solennels et ne sont pas des cloîtrées, ne sont pas considérées comme des religieuses au sens canonique strict, et de ce fait donc elles arguent ne pas être obligés par le serment que la loi impose à tous les religieux et religieuses] .
A elle demandé qu’elles (sic) étoient ses liaisons pendant qu’elle étoit sœur de la Charité. – A répondu qu’elle n’en a eu qu’avec les pauvres au service desquels elle s’étoit dévouée.
A elle demandé si elle lisoit les papiers publics, et si elle en recevoit pour sa maison. – A répondu que non, qu’elle n’étoit pas assez riche pour cela.
A elle demandé si personne ne les lui faisoit passer journellement. – A répondu que non, qu’elle n’avoit pas le tems de s’abonner.
A elle demandé si elle n’a pas lu l’Ami des Campagnes et la Protestation des catoliques d’Alais et le Courrier Boîteux. – A répondu que non.
A elle demandé si elle a connoissance qu’il ait été déposé ches elle, quelques paquets de Gazettes Marchand, un paquet du Courrier Boîteux et les brochures cydessus. – A répondu que non.
A elle représenté lesdits paquets et demandé si elle les a vus ou s’ils ont appartenu à sa maison. – A répondu que non.
Lecture faite à laditte Fontaine de ses réponses aux interrogats (sic) cydessus. – Elle a déclaré qu’elles contiennent vérité et a signé.
Madeleine FONTAINE - PATER - BOIZARD, président. »

Dans la soirée de ce 4 avril, le Comité de surveillance se réunit pour la seconde fois et prit l’arrêté suivant :
« Vu la dénonciation couchée, cejourd’hui, sur le registre reposant en la secrétairerie du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, par le citoyen Mury, directeur de la Maison de secours dite de la Charité, la déposition d’Eugénie Mury sa fille, aussi de cejourd’hui, les réponses des nommées Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, actuellement détenues en la maison d’arrêt dite de la Providence, aux interrogats (sic) qui leur ont été aussi cejourd’hui proposés.
L’Assemblée, considérant qu’il résulte des pièces ci-dessus une violente présomption que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard ont caché en la maison par elles ci-devant habitée, des papiers de gazettes contre-révolutionnaires et tendant à exciter à la révolte et allumer la guerre civile dans ce département.
Arrête, que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard seront conduite en la maison d’arrêt du tribunal révolutionnaire du département, et que les pièces ci-dessus reprises, ensemble le présent arrêté, seront envoyés à l’Administration du District d’Arras dans les vingt-quatre heures, conformément aux dispositions de la loi du dix-huit nivôse dernier.
BOIZARD, Président - GUILLEMAN, Secrétaire. »

Ainsi de la négation unanime des quatre accusées, jointe à l’invraisemblance du fait reproché, et à l’impossibilité de trouver une preuve juridique, il résulte pour les juges de Joseph Lebon « une violente présomption » que les soeurs sont coupables.
Elles sont alors conduites à la maison d’arrêt des Baudets. Le registre aux écrous de cette prison fait mention de leur entrée, à la date du 16 germinal (5 avril) :
« L’an 2e de la République une et indivisible ont été amenées en la maison des Baudets, les citoyennes Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, transférées de la maison de la Providence, et ce, par ordre du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, avec défense au gardien de les laisser sortir avant qu’il en soit autrement ordonné. » 

Dans leur nouvelle prison, les soeurs trouvèrent plus de désolation et de tristesse que dans la maison de la Providence. La maison d’arrêt des Baudets d’Arras était de fait, comme la Conciergerie à Paris, le vestibule du tribunal révolutionnaire, sinon le premier degré de l’échafaud.
Elles y furent retenues 
quatre-vingt-deux jours, du 5 avril au 25 juin. Pendant les douze semaines de cette détention en ce lieu de tourments, les soeurs virent de plus près les souffrances, parfois atroces, de leurs malheureux compagnons de captivité.

Quelques rares échos de leurs sentiments intimes sont arrivés jusqu’à nous. La soeur Fantou parvint à donner des nouvelles à sa famille ; une lettre longtemps conservée et malheureusement perdue aujourd’hui, résumait l’état d’âme des Filles de Saint Vincent.
Vivement frappées de la désolation qui régnait autour d’elles, elles souffraient surtout de voir tant d’innocents jetés chaque jour dans les cachots, puis, appelés pour être contraints de monter dans les fatales charrettes qui les emmenaient à Cambrai où était dressée la guillotine. Sans illusions pour elles-mêmes, elles n’attendaient plus que la mort et se préparaient généreusement à consommer leur sacrifice.
La soeur Fantou avait appris la terrible persécution qui sévissait en Bretagne, au lendemain de la défaite de la Grande Armée Catholique et Royale, et, du fond de sa prison, elle recommanda aux siens d’être fidèles à la Religion et à Dieu, et de tout souffrir plutôt que d’abandonner leur Foi.

Le dimanche 25 juin, un convoi régulier était déjà parti. Après les transes mortelles de l’appel des condamnés et la tristesse des adieux, les détenus des Baudets se croyaient pour ce jour, à l’abri de nouvelles alertes, quand tout à coup arriva de Cambrai une lettre de l’accusateur public Caubrière, disant au citoyen Ansart, agent national près le District :
« Frère, fais partir, sitôt la réception de la présente, les quatre ci-devant soeurs de la Charité dont l’administration a fait passer les pièces au représentant. Ne perds pas un instant. Fais-les venir la nuit au grand trot. Je compte sur ton zèle pour la punition des conspirateurs : je les attends donc demain de très grand matin.

J. CAUBRIERE. »
La suscription portait ces mots significatifs : « Très pressé : par ordonnance. »
Un convoi extraordinaire fut aussitôt organisé, qui s’ébranla à 1 h du matin.

transfert des soeurs d'arras à cambrai

Transfert des Filles de la Charité d’Arras vers l’échafaud
(tableau, dans l’église de Miniac-Morvan, village natal de la Sœur Thérèse Fantou)

A son arrivée à Cambrai, vers 8 h 30, la charrette fut dirigée sur la maison d’arrêt du tribunal, située rue de la Force, tout près de l’Hôtel-de-Ville. Le geôlier n’attendait pas les nouvelles venues : mécontent, il prétexta le trop-plein de la prison. La voiture dut se remettre en marche et prendre le chemin de l’ancien séminaire où on les enferme dans la chapelle. La nouvelle se répandit très vite que des soeurs d’Arras venaient d’arriver et qu’elles étaient conduites directement au tribunal et à l’échafaud. Des femmes du peuple très émues de ce douloureux spectacle et ne voulant pas se trouver sur la place en face de la guillotine, quand coulerait le sang des vierges consacrées à Dieu, vendirent au plus tôt, presque pour rien, leurs légumes, beurre ou autres produits, et quittèrent le marché.

Le moment arriva pour les soeurs de comparaître devant ces hommes qui n’avaient rien d’humain. Elles suivirent le couloir intérieur de la salle, gravirent l’escalier rapide de la grande estrade et parurent aux regards d’une foule plutôt sympathique ; mais la condamnation à mort était inévitable, elle ne se fit pas attendre.

La Soeur Marie-Madeleine Fontaine, principale accusée, fut condamnée la première comme « pieuse contre-révolutionnaire, ayant conservé pieusement et même caché sous un tas de paille une foule de brochures et de journaux renfermant le royalisme le plus effréné, ayant refusé le serment, ayant même insulté aux commissaires du district en leur disant que cela n’irait pas, qu’il n’y avait plus de diable (sic) dans l’enfer, qu’ils étaient sur la terre ».
La même peine était portée contre les soeurs Jeanne Gérard, Marie Lanel, Thérèse-Madeleine Fantou, « complices de ladite Madeleine Fontaine. »

Le peuple savait bien que la véritable cause de la prison et de la mort des soeurs, était leur titre de vierges consacrées à Dieu, leur attachement inébranlable à la religion chrétienne et à leur saint état. Aussi n’y eut-il aucun cri d’approbation ni applaudissement à l’énoncé de la sentence. Les sœurs  furent donc amenées aux bourreaux charger de procéder à leur « toilette ».
Les soeurs tenaient à la main leurs chapelets, dont la récitation les consolait et soutenait leur courage. Le bourreau voulut les leur enlever, pour leur lier les mains derrière le dos. Elles, jusque-là douces comme des agneaux et, en apparence, insensibles à tout, à l’exemple du divin Maître, elles s’étaient laissé arrêter, conduire dans différentes prisons, traduire devant les juges sans opposer la moindre résistance, pour la première fois, se montrèrent indignées, se redressèrent vivement, pressèrent le chapelet sur leur poitrine et refusèrent catégoriquement de s’en dessaisir. Un des accusateurs publics, Darthé, ordonna grossièrement d’aller de l’avant et de leur arracher ce qu’il appelait des amulettes ; l’huissier André, plus spirituel, voulut soulever l’hilarité des spectateurs habitués à se moquer des choses les plus saintes, et, dans ce but, il proposa de placer les chapelets en forme de couronne sur la tête des victimes, ce qui fut accepté.
Les soeurs virent dans cette couronne une preuve touchante de la bienveillance spéciale que leur témoignait leur Mère du Ciel, et 
parées de leur virginale couronne, fortes d’une fidélité inébranlable à leur vocation et à leurs vœux, elles allèrent à la mort et au triomphe avec une douce joie. Elles continuèrent de prier sous le regards de la foule pressée autour de la charrette, et en imposèrent aux plus malveillants. Le silence réservé, sympathique, qui avait accueilli leur condamnation, les accompagna dans les rues de Cambrai.

L’attitude de la Sœur Fontaine frappait plus particulièrement les assistants : elle était l’âme du groupe, elle avait davantage l’air inspiré et c’est elle surtout qui parlait et consolait au nom du Bon Dieu.

Filles de la Charité d'Arras

Le martyre des Filles de la Charité d’Arras
à Cambrai le lundi 26 juin 1794

Sur la Place d’Armes, au pied de la guillotine, les soeurs tombèrent à genoux et attendirent, dans la prière, le moment de consommer leur sacrifice ; bientôt elles gravirent lentement, l’une après l’autre, les degrés sanglants de l’échafaud ; on entendit plusieurs fois, coup sur coup, le cliquetis funèbre du lourd couteau et on vit rouler trois têtes.
La Sœur Fontaine mourut la dernière. Avant de se présenter au bourreau, elle voulut, une dernière fois, adresser des paroles de consolation et d’espérance au peuple assemblé qui n’avait cessé de les respecter, elle et ses compagnes. Elle s’avança vers lui, nous dit une lettre du temps, et, pleine de foi et de confiance, elle cria avec force : « Chrétiens, écoutez-moi. Nous sommes les dernières victimes. Demain la persécution aura cessé, l’échafaud sera détruit, et les autels de Jésus se relèveront glorieux. » Sa tête roula sur la place et alla heurter celles des trois compagnes, tandis que sa belle âme, unie aux leurs, montait au ciel.
Leurs corps furent jetés dans la fosse commune du cimetière de la porte Notre-Dame, appelé aujourd’hui cimetière Saint-Géry.

Elles ont été béatifiées le 13 juin 1920 par Sa Sainteté le pape Benoît XV.

nika

Oraison :

Dieu éternel et tout-puissant, Vous avez donné aux Bienheureuses Marie-Madeleine, Marie-Françoise, Thérèse et Jeanne, le courage de mourir pour la liberté de la Foi : que leur prière nous obtienne la grâce de supporter toute adversité par amour du Christ et de tendre de toutes nos forces jusqu’à Lui qui vit et règne avec Vous, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

palmes

2019-54. Du dernier « Ave, Maria » de Georges Cadoudal.

- 25 juin 1804 -

frise lys deuil

Georges Cadoudal

Georges Cadoudal

Je ne veux point aujourd’hui présenter ici une biographie de Georges Cadoudal (1771-1804), mais seulement rapporter une courte anecdote, qui m’a beaucoup marqué, et qui se place seulement quelques instants avant le moment où le couperet allait lui trancher la tête.

Le général chouan était un homme de conviction ; la foi était profondément ancrée en lui, en son âme, en sa vie, en ses réactions.
Ce 25 juin 1804, il est environ 11 heures du matin lorsqu’il arrive, avec ses onze compagnons, au pied de l’échafaud, dressé en place de grève. Il s’est dûment préparé à la mort, en vrai chrétien, et il est accompagné de son dernier confesseur, Monsieur l’abbé de Kervanan.
Georges Cadoudal, qui a refusé toute démarche de demande de grâce auprès du Buonaparte (lequel avait laissé entendre qu’il la lui aurait accordée : il espérait en effet le « retourner » et en faire un homme à lui), a demandé à être guillotiné le premier, contrairement à l’usage selon lequel le chef de bande était exécuté en dernier, afin que ses compagnons ne puissent douter de son engagement et penser qu’il pourrait accepter une grâce de dernière minute.
Il avance donc d’un pas résolu vers la guillotine et récite à voix haute « Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni ! Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant ! »
L’abbé de Kernavan, étonné de ne pas entrendre le chouan achever la prière, lui dit : « Continuez… »
Mais Cadoudal, hausse les épaules et esquisse un sourire : « A quoi bon, Monsieur l’Abbé ? Et à l’heure de notre mort, n’est-ce pas maintenant ? »

Avant que la lame ne lui tranche le cou, il a encore le cran de crier à trois reprises : « Vive le Roi ! »

frise lys deuil

2019-53. Du caractère sacré naturellement inhérent à la royauté.

« L’idée royale est en dernière analyse une idée religieuse. »
Gustave Thibon

Couronne

Voici quelques réflexions que le Maître-Chat Lully avait commencé à noter en vue d’une publication qu’il n’a pas eu le temps de mener à bien lui-même. Nul doute qu’il souhaitait approfondir encore un sujet qui retenait toute son attention et nourrissait ses méditations. J’ai choisi de vous les livrer telles qu’il les a laissées.

Lully défenseur de la couronne

Quelques réflexions félines  sur le caractère sacré naturellement inhérent à la royauté :

- « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi… »
Dans le Saint Evangile, Notre-Seigneur Jésus-Christ introduit à plusieurs reprises des paraboles par ces mots. D’ailleurs Il ne parle jamais que du « Royaume des Cieux », et non de la « république des Cieux » ou de la « démocratie des Cieux » !!!
L’un de nos chers amis prêtres faisait remarquer avec beaucoup de justesse que, contrairement à ce que pourraient imaginer quelques esprits ignorants de la réalité historique, au temps de Notre-Seigneur il n’y avait pas que des rois, et que ce n’est donc pas parce qu’il n’y aurait eu que cet unique mode d’organisation politique que notre divin Rédempteur, lorsqu’Il établit des paraboles mettant en scène une forme de gouvernement, parle exclusivement de « roi » et de « royaume ».
L’antiquité avait connu toutes les formes de gouvernement possibles et imaginables : des démocraties directes, des démocraties représentatives, diverses formes de républiques, des gouvernements oligarchiques, des aristocraties, des empires plus ou moins centralisés, des royautés monarchiques ou des royautés que l’on appelerait aujourd’hui « parlementaires », des monarchies héréditaires ou des monarchies électives, des dictatures ou des tyrannies… etc. Mais le seul et unique système de gouvernement qu’Il a trouvé parfaitement idoine à représenter l’autorité divine et la réalité spirituelle inaugurée par Son œuvre rédemptrice est la royauté héréditaire, de type paternel, absolue et de droit divin.

Couronne

- La notion de « Roi » est quasi naturelle et spontanée à l’homme pour exprimer l’excellence : une excellence exemplaire, une excellence qui attire les cœurs et qui génère l’amour, une excellence qui suscite l’enthousiasme, une excellence porteuse d’idéal, une excellence capable de fédérer les énergies, d’unir les volontés et de porter jusqu’au sublime tout ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, une excellence porteuse de beauté et de gloire.

C’est bien pour cela que l’on dit de manière naturelle et spontanée que le lion est « le roi des animaux », que le Rhône est un « fleuve-roi », que le Mont Mézenc est « le roi des Boutières », qu’un repas fin et succulent est « royal »… etc. …etc.
Personne n’aurait l’idée de dire que le lion est le président de la république des animaux, que le Rhône est un fleuve-présidentiel, que le Mézenc est le président des Boutières, et je ne suis pas certain que ce serait un compliment que de dire à une maîtresse de maison qu’elle vous a servi un repas présidentiel… 

Et par ailleurs, les enfants, même élevés et formatés à « l’école de la république », ne cessent néanmoins pas de jouer spontanément avec des rois et des princesses.
Je n’en ai encore jamais vu qui, dans leurs jeux, lorsqu’ils veulent être un grand personnage auréolé de prestige, de courage et de vaillance, et investi d’une autorité incontestable, veuillent s’identifier à l’un ou l’autre des présidents de la république.
Quant aux petites filles, lorsqu’elles rêvent d’être belles et admirées, elles choisissent spontanément d’être des princesses. Je n’ai encore jamais entendu parler qu’elles aient pour ambition de ressembler à quelque Carla, Julie ou Brigitte !!!

Couronne

- Il existe un lien véritablement ontologique entre la royauté et le sacré.
La royauté est une institution humaine en laquelle se trouve quelque chose qui dépasse infiniment le caractère simplement naturel de toutes les autres institutions humaines.
L’idée du roi est inséparable d’une forme de transcendance : il en a été ainsi depuis la nuit des temps, chez tous les peuples, et bien avant le judaïsme et la révélation chrétienne définitive.
L’idée de royauté est naturellement inséparable d’une vision sacrale de l’univers et de la société. Un roi est le signe visible d’une conception de l’univers et de la société soumis l’un et l’autre à la divinité.
Un roi est toujours bien plus qu’un simple gouvernant, bien plus qu’un simple chef politique ou qu’un simple conducteur d’homme, parce que le roi occupe toujours une place de médiation entre une portion de l’humanité, confiée à sa garde, et la divinité.

Couronne

- L’homme est naturellement religieux, et lors même qu’il fait la part entre le domaine à strictement parler religieux et le domaine de la vie ordinaire avec ses contingences triviales et matérielles, son univers n’est cependant jamais totalement profane : tout, dans l’univers et dans sa vie, lui parle de l’ordre voulu par Dieu ; tout, dans l’univers et dans sa vie, lui est occasion d’élever son coeur et son esprit vers Dieu…
Et celui qui est le chef de la société civile est naturellement le garant de l’ordre divin et des lois données par Dieu à Sa création.
Voilà pourquoi le roi est un intermédiaire entre Dieu et l’homme ; voilà pourquoi le pouvoir du roi est une délégation divine ; voilà pourquoi il y a un caractère quasi sacerdotal en tout roi.

Je parle de ce qui est normal, dans l’ordre naturel.
La Révélation divine et l’épanouissement du christianisme vont apporter un caractère surnaturel à cette compréhension naturelle de l’ordre du monde, et vont élever la royauté à un degré de perfection inégalé, capable aussi d’élever la société tout entière à un degré de civilisation incomparable.

Couronne

- La perte de l’esprit chrétien, le rejet du christianisme, l’apostasie massive des sociétés autrefois chrétiennes – à partir de la pseudo réforme protestante puis de la grande révolution -, ont dénaturé la compréhension profonde de ce qu’est la royauté, ont dénaturé jusqu’à la compréhension du caractère sacré naturel de la royauté qui existait déjà avant la Révélation chrétienne, et se sont employés à mettre à bas toutes les royautés chrétiennes ou à les vider de leur sens lorsqu’elles ont survécu.

C’est ainsi qu’actuellement, malheureusement, toutes les royautés contemporaines, en Europe notamment, ont perdu leur dimension sacrée, même lorsqu’elles ont conservé certaines apparences traditionnelles : elles ne vivent plus du tout de la verticalité qui est inhérente au pouvoir royal…
Et d’ailleurs, il n’y a plus de pouvoir royal à proprement parler puisque ces fantômes de monarchie ont rejeté la transcendance, ou du moins l’ignorent, et se prosternent devant ces idoles modernes que sont « la souveraineté populaire », la « démocratie », la « représentation nationale », la « majorité » obtenue par tel ou tel parti, l’ « alternance électorale », le « parlementarisme »… et autres foutaises héritées du nominalisme, du protestantisme, du jansénisme, des pseudo « lumières » et de la révolution.
Toutes les royautés européennes qui subsistent aujourd’hui ne sont plus – hélas ! – que des royautés profanées.

Le Roi est mort. Vive le Roi !

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 22 juin, 2019 |2 Commentaires »

2019-52. De la triple donation de la France.

- mardi 21 juin 1429 -

à Saint-Benoît sur Loire

Est-il besoin de présenter et de commenter longuement ce texte ?
Sa concision même et les paroles presque lapidaires de Sainte Jeanne d’Arc sont plus éloquentes que de longues démonstrations argumentées : la France est à Dieu, et Dieu la confie au Roi légitime en qualité de lieu-tenant.
C’est simple et limpide, et c’est tout le sens de nos engagements qui sont spirituels qui, en toute cohérence, ont nécessairement des conséquences temporelles.

Rencontre-Charles-et-Jeanne

Jeanne devant Charles VII
(enluminure du manuscrit de Martial d’Auvergne « Les Vigiles de Charles VII », vers 1484 – BNF)

Jehanne dit à Charles :

« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? »

Le Roi hésite, puis consent.

« Sire, donnez-moi votre royaume ».

Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille :

« Jehanne, je vous donne mon royaume ».

Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait :

« Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien ».

Puis aussitôt après, s’adressant aux secrétaires :

« Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ ».

Et bientôt après :

« Jésus rend le royaume à Charles ».

Père Jean Dupuy, o.p., Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, 1885, p. 652,
d’après le Breviarium historiale, texte rédigé au cours de l’été 1429.

Sacre de Charles VII - vitrail de l'église de Lunévillenéville - détail

Le sacre de Charles VII
(détail d’une verrière de l’église de Lunéville)

2019-50. Simples questions au jour anniversaire de la victoire de Patay.

Mardi 18 juin 2019,
Fête de Saint Ephrem, confesseur et docteur de l’Eglise ;
590ème anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429).

18 juin 1429 - bataille de Patay

La victoire de Patay (Lionel Royer – basilique du Bois-Chenu, à Domremy)

Imaginez un seul instant que, au lieu de prendre l’épée et d’entraîner les hommes d’armes à la bataille, Jeanne ait voulu susciter un grand défilé pacifiste « Je suis Charlie (VII) »
Imaginez un seul instant que, au lieu de flanquer de bonnes déculottées aux Godons et aux Bourguignons, elle ait organisé des « meetings » pour la paix, au nom de la fraternité universelle (obligatoire et laïque)…
Imaginez un seul instant que, au lieu de proclamer : « Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire », elle ait lancé des débats télévisés sur une chaîne d’information continue avec les représentants du « Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples », de la « Ligue des droits de l’homme », du « Conseil pontifical justice et paix » et de « l’Ordre indépendant du B’nai B’rith »
Imaginez un seul instant qu’au lieu de renvoyer de l’armée les ribaudes et d’inciter les guerriers à la confession, elle ait établi des « marches des fiertés » festives et colorées pour que tous les types de sexualité puissent s’épanouir librement parmi les soldats…
Imaginez un seul instant qu’au lieu d’entendre dévotement la Sainte Messe les deux genoux en terre et d’y communier, elle ait préféré participer à des rencontres œcuméniques où chacun serait venu dire son sentiment avec la certitude que l’Esprit-Saint lui parle directement au cœur…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de s’obstiner à vouloir conduire à Reims pour y être sacré un Roi qui doutait de sa propre légitimité, elle ait coordonné un référendum d’initiative populaire où chacun se serait exprimé sur la forme du gouvernement à donner à la France…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de rappeler que le Roi légitime est lieu-tenant de Dieu en France, elle ait institué le suffrage universel  (à la proportionnelle) en affirmant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation »
Imaginez qu’au lieu de s’acharner à « bouter l’Anglois hors de France », elle se soit érigée en prophétesse de l’accueil indifférencié de tous les hommes et de toutes les différences…

C’est en se posant de semblables questions, qui pourraient alors donner lieu à la rédaction d’époustoufflantes uchronies que nous pouvons mesurer à quel point Chesterton était un véritable prophète lorsqu’il écrivait en 1908 : « Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles… » (Gilbert Keith Chesterton, « Orthodoxie »).

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise la décadence absolue de notre époque, tant sur le plan intellectuel que spirituel, la décadence de la pensée politique et de la pensée religieuse.

C’est en se posant de semblables questions que l’on perçoit de manière irréfragable que si Jeanne avait agi ainsi elle ne serait pas devenue sainte, la sainte que nous aimons, admirons et vénérons.

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise que s’il en eût été ainsi en 1429, nous ne serions sans doute aujourd’hui ni français ni catholiques, parce qu’il n’y aurait probablement plus depuis belle lurette ni France ni catholicisme !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2019-47. Université d’été légitimiste Saint-Louis.

Le Refuge Notre-Dame de Compassion ne peut qu’encourager tous ceux qui ont le désir d’une véritable formation politique solide et saine à participer à l’université d’été Saint-Louis, organisée par l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). 

Cette université d’été n’est pas réservée à une tranche d’âge spécifique : elle est ouverte à tous. 
Elle fournit des outils intellectuels et pratiques fondés sur l’ordre naturel et sur l’ordre chrétien surnaturel (qui ne s’opposent évidemment pas) pour approfondir sa connaissance de la Légitimité et former des militants « efficaces ».

Université d'été Saint-Louis 2019

Publié dans:Annonces & Nouvelles, Vexilla Regis |on 12 juin, 2019 |2 Commentaires »

2019-46. Compte-rendu du quatrième pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay.

Mardi de Pentecôte, 11 juin 2019.

Dix jours après le quatrième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, qui s’est déroulé du 30 mai au 1er juin, j’en ai publié hier, lundi de Pentecôte 10 juin, un compte-rendu sur « L’Ami de la Religion et du Roi », qui est le blogue officiel de la Confrérie Royale dont j’ai le redoutable honneur d’avoir été désigné Prieur par le conseil des fondateurs le 21 novembre 2017 (cf. > ici). Il m’a semblé important de reproduire aussi ce texte dans les pages du blogue de Lully, puisque cette responsabilité et les engagements qui en découlent sont, bien évidemment, très présents dans la vie de notre Mesnil-Marie.       

La Croix et lys - le Puy 2019

La Croix et les Lys (salle de conférence – pèlerinage au Puy mai 2019)

Bien chers Membres et sympathisants de notre chère Confrérie Royale,

Il m’incombe de vous donner un compte-rendu de notre quatrième pèlerinage annuel dans la ville sainte du Puy, les 30-31 mai et 1er juin derniers.              

Avant toutes choses, nous devons rendre à Dieu de très vives et ferventes actions de grâces pour le bon déroulement de ce pèlerinage, pour la ferveur des pèlerins présents, pour les délicates attentions de la divine Providence dont nous avons été entourés, pour la bienveillance avec laquelle nous avons été reçus par les autorités ecclésiastiques, pour la force et la beauté des enseignements reçus à travers nos conférenciers, et pour les bénédictions spirituelles que chaque participant a reçues, et dont la joie spirituelle qui rayonnait sur le visage de chacun à l’issue de ces trois jours de grâce était un éloquent témoignage.
Merci à tous ceux qui ont contribué au bon déroulement de ce pèlerinage : les bénévoles qui ont aidé pour le secrétariat et les inscriptions, ceux qui ont été présents pour l’accueil et ceux qui ont offert leurs bras pour transporter du matériel, porter bannières et étendards, et – à la fin – contribuer aux rangements et au ménage ! 
Merci à nos prêtres pour leur présence rayonnante et pour les magnifiques cérémonies ; merci aux jeunes gens qui se sont montrés d’une édifiante application et compétence dans le service de l’autel ; merci au maître de chœur et aux chanteurs qui ont soutenu de leurs voix nos belles célébrations.
Merci à tous les bienfaiteurs dont la générosité à permis aux ecclésiastiques et à quelques pèlerins aux moyens plus limités à être pris en charge totalement ou partiellement.
Merci à Son Excellence Monseigneur Luc Crépy, évêque du Puy, à Monsieur le Recteur de l’insigne basilique-cathédrale, à Monsieur le Recteur de la Confrérie des Pénitents Blancs et à leur aumônier, pour leur accueil si sympathique.                                

Le Puy-en-Velay

La toujours impressionante silhouette de la ville haute du Puy avec l’ensemble cathédral
et la statue de Notre-Dame de France au sommet du rocher Corneille

La majorité des pèlerins (nous étions une « bonne cinquantaine ») est arrivée au Puy dans l’après-midi du jeudi de l’Ascension. 
Certains venaient de fort loin : Lorraine, Catalogne, Ile-de-France, Champagne, bas Languedoc, Provence… et d’autres de provinces plus proches : Bourbonnais, Auvergne, Vivarais, Dauphiné, Lyonnais… etc. Certains autres étaient du Velay même. 
Mais nous avons été particulièrement touchés par la présence d’un pèlerin de nationalité américaine venu spécialement de Riga (Lettonie) où il réside habituellement.

L’une des nouveautés de cette année résidait dans le lieu d’hébergement et d’accueil.
En effet, le « grand séminaire – accueil Saint-Georges » ne pouvait nous recevoir, et nous avons été très heureux d’être reçus dans les locaux neufs du Lycée Saint Jacques de Compostelle, sis au pied de l’ensemble cathédral : nous y avons disposé de prestations très satisfaisantes, tant pour ce qui concerne la restauration que pour ce qui concerne le couchage et la salle de conférence, particulièrement agréable.
  

Après les installations, les pèlerins qui avaient voyagé une grande partie de ce jour et n’avaient pu assister à la Sainte Messe, ont pu participer à celle qui fut célébrée dans la très belle chapelle dite « des reliques », à la cathédrale.
Dans cette chapelle se trouve une statue de facture relativement récente qui restitue la célèbre Vierge Noire rapportée d’Egypte par Saint Louis, selon les descriptions et croquis détaillés qu’en avait fait, au XVIIIe siècle, Faujas de Saint-Fons qui avait pu l’examiner en détail sans ses robes d’apparat.                  

Messe de l'Ascension - chapelle des reliques

Messe vespérale de l’Ascension dans la « chapelle des reliques »
en la basilique-cathédrale Notre-Dame du Puy

Après le dîner, il revint au Prieur de la Confrérie Royale, de donner lecture d’un message du Président de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) qui, ne pouvant être des nôtres cette année, nous assurait de sa communion d’esprit et de prière, et nous adressait ses encouragements chaleureux. 
Dans la causerie introductive que je fis ensuite, je pus présenter dans une vue d’ensemble l’historique du Vœu national au Sacré-Cœur et de l’édification de la basilique de Montmartre, puisque cette année 2019 marque le centenaire de sa dédicace, et puisque de ce fait le thème choisi pour notre pèlerinage allait nous permettre d’approfondir trois éléments fondamentaux, résumés par la mosaïque du sanctuaire de cette basilique et essentiels à l’esprit de notre Confrérie : la pénitence, le vœu, et l’action de grâces - « Gallia pœnitens, et devota, et grata ».

Cette conférence fut suivie du chant des Complies.     

Salle de Conférence

Salle de conférence du lycée qui nous hébergeait,
dans laquelle furent dispensés les enseignements de ce pèlerinage

La matinée du vendredi 31 mai fut un moment d’intense approfondissement spirituel au moyen des deux conférences développant les thèmes de la pénitence et du vœu. Conférences entrecoupées de temps d’échanges… et, pour nos choristes, de répétitions des parties propres des messes                        

Après le déjeuner, se placèrent les visites, à la fois culturelles et spirituelles : 
- un premier groupe put découvrir ou approfondir la connaissance de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation ;
- un second se rendit à l’église communément dite « du Collège » (parce qu’elle fut l’église du collège des Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles), et devenue aujourd’hui sanctuaire de vénération de Saint Jean-François Régis dans la ville du Puy, car c’est ici que, entre ses tournées missionnaires dans les campagnes du Velay et du Vivarais, le saint jésuite célébrait habituellement sa messe, confessait et enseignait… etc. Cette église est la première de « style jésuite » construite en France et on y retrouve toutes les caractéristiques du premier baroque romain.
- D’autres pèlerins choisirent librement de visiter d’autres sanctuaires de la cité.                                      

A 15 h 30, nous nous retrouvions tous au pied des marches de la cathédrale dans laquelle nous eûmes la joie de célébrer la Messe solennelle de la fête de Marie Reine, au maître-autel de la Vierge Noire.

Messe solennelle au maître-autel - Cathédrale du Puy

Messe solennelle au maître-Autel de la basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
aux pieds de la célèbre Vierge Noire

A l’offertoire de cette Sainte Messe, notre Confrérie a eu la joie de recevoir les engagements de douze nouveaux membres
Nous sommes particulièrement heureux du fait que, pour la première fois, deux époux ont fait – lors de la même cérémonie – leur vœu de consécration à la Couronne de France.

Elévation du Sacré Corps du Christ

L’élévation du Corps Sacré de Notre-Seigneur à la sainte messe solennelle de la fête de Marie Reine

En fin d’après-midi, avant le dîner, la troisième conférence de cette journée permit d’approfondir le sens et les motifs de la gratitude, de l’action de grâces que nous devons à Dieu notre Seigneur.

Cette action de grâces, nous avons un motif très articulier de la faire monter vers le Ciel à la suite de ce pèlerinage, en raison d’une grâce qui fut reçue ce 31 mai par l’une des pèlerines qui nous en a mis le témoignage par écrit ; je vous le livre ici, sans qu’il soit besoin de longues gloses, tel que je l’ai reçu :

« Bonsoir mon Frère,
Voici mon témoignage.
Depuis plus d’une année je souffrais du genou droit. Un menisque fissuré me gênait puis, au fur et à mesure du temps, toute l’articulation est devenue vraiment très douloureuse. J’avais des difficultés à marcher, et monter les escaliers était vraiment très difficile.
Vendredi après la messe solennelle de Marie Reine, je suis allée sur la pierre des fièvres demander à Notre-Dame de bien vouloir me soulager. Et, la Très Sainte Vierge m’a exaucée.
La douleur a maintenant disparu. Je ne ressens que la gêne du menisque fêlé et, 3h après ma demande, je ressentais un soulagement inimaginable. Plus de douleur persistante et de longs, très longs moments, sans avoir mal alors que la douleur était présente tout le temps et me réveillait la nuit. J’ai pu monter à Notre Dame de France presque sans y penser.
Deo Gratias à Notre Dame.
Je ferai dire une messe d’action de grâce.
Voilà ma Joie. Je vous dit à très bientôt. »

Pierre des fièvres - Cathédrale du Puy

La « pierre des fièvres » dans la cathédrale Notre-Dame du Puy

Dans la soirée de ce vendredi 31 mai, nous avons rejoint la procession aux flambeaux qui, partant de la cathédrale, est montée jusqu’aux pieds de Notre-Dame de France
Cette procession est organisée par le clergé de la cathédrale et la Confrérie des Pénitents Blancs, chaque année pour conclure le mois de Marie.

procession aux flambeaux du 31 mai

La procession sort de la cathédrale pour faire l’ascension du rocher Corneille
au sommet duquel est érigée la statue de Notre-Dame de France

procession aux flambeaux vers Notre-Dame de France

… un moment d’une grande ferveur…

Pénitents blancs du Puy

Quelques uns des Pénitents Blancs

Cette année, au cours de cette procession, Monseigneur l’Evêque du Puy a procédé à la bénédiction des croix rénovées du chemin de Croix qui a été érigé en 1944 tout le long de la montée : les croix d’origine étaient celles qui avaient été portées deux ans plus tôt, lors du grand pèlerinage de pénitence et d’espérance de la jeunesse de France, le 14 août 1942. 
Mais ces croix d’origine, jamais restaurées, étaient désormais très abîmées et la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy s’est employée à les refaire à l’identique, à les remettre en place, ainsi qu’à restaurer la plaque commémorative.

Plaque commémorative du chemin de croix montant à Notre-Dame de France   

Bénédiction du chemin de croix restauré par Monseigneur Crépy

Bénédiction des Croix restaurées,
par Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Puy

A l’issue de cette procession, nous avons assisté avec plaisir à la projection qui est faite sur la façade de la cathédrale et qui évoque l’histoire du pèlerinage et du sanctuaire, depuis la neige miraculeuse du 11 juillet de l’an 45 et l’intervention du cerf délimitant l’endroit qui devait être consacré au culte de la Sainte Mère de Dieu, jusqu’à nos jours, en passant par les diverses phases d’agrandissement du sanctuaire, du développement du pèlerinage, l’évocation des chemins de Saint Jacques de Compostelle, des fêtes médiévales, de l’art de la dentelle… etc.
Puis, nous tournant encore vers Notre-Dame de France, nous lui redîmes la consécration prescrite pour ce jour par le vénérable Pie XII, et lui adressâmes un dernier « Salve Regina » avant de nous retirer pour un repos bien mérité.

Statue de Notre-Dame de France

Le samedi matin 1er juin, Marie-Magdeleine, baptisée il y a 17 ans, alors qu’elle était née dans une famille mahométane pratiquante, et Marie, baptisée lors de la dernière nuit pascale, née dans une famille de culture musulmane mais passée elle-même par le communisme, ont donné le témoignage de leur découverte de Notre-Seigneur et de leur conversion à la vraie foi révélée : ce fut un moment particulièrement intense et générateur de beaucoup d’espérance surnaturelle.

Porte de la chapelle des pénitents blancs

Chapelle des Pénitents Blancs – détail de la porte d’entrée

Nous nous rendîmes ensuite à la chapelle des Pénitents Blancs, voisine de la cathédrale. 
Monsieur le Recteur de cette Confrérie, fondée en 1584, nous y attendait pour nous présenter brièvement sa Confrérie et cette chapelle, dont la beauté a enthousiasmé tous nos pèlerins…

Chapelle des pénitents blancs du Puy - intérieur

Chapelle des Pénitents Blancs – l’intérieur

Nous avons été particulièrement sensibles à son somptueux plafond à caissons, où les lys de France, le monogramme de Louis XIII et de nombreux angelots, entourent une représentation de l’Assomption de Notre-Dame.

chapelle des pénitents blancs - plafond

Chapelle des Pénitents Blancs – le splendide plafond à caissons

C’est dans cette chapelle que fut célébrée la dernière Sainte Messe de notre pèlerinage de cette année. C’était la messe de la fête (reportée en raison de la fête de l’Ascension) de Sainte Jeanne d’Arc, céleste protectrice de la France en second après Notre-Dame de l’Assomption.

Cette année 2019, ne l’oublions pas, est celle du 590ème anniversaire du commencement de la mission publique de la Pucelle, et donc, alors qu’elle-même se rendait à Chinon auprès du Roi, celle aussi du 590ème anniversaire de la venue au Puy de sa mère et de ses frères, envoyés par Jeanne au jubilé du Vendredi Saint 25 mars 1429.                            

Après le déjeuner, nous nous sommes rassemblés une dernière fois dans la salle de conférence pour quelques derniers avis, pour chanter un vibrant « Magnificat », et pour recevoir la bénédiction de nos prêtres.
Ce furent ensuite les au-revoir pleins d’émotion, nous donnant déjà rendez-vous pour le 5ème pèlerinage de prière pour la France et le Roi organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, les 21, 22 et 23 mai 2020 (dates à réserver impérativement dans vos agendas dès à présent !).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

chapelle des pénitents blancs - fin de la Messe

Chant final de la Messe du 1er juin 2019 dans la chapelle des Pénitents Blancs

lys.gif

2019-45. Neuvième anniversaire de Monseigneur le Dauphin Louis et de son frère jumeau Monseigneur le duc de Berry.

Ce mardi 28 mai 2019, en fin de matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un message à l’occasion du neuvième anniversaire de la naissance de ses fils, NN.SS. les Princes Louis et Alphonse de France, respectivement d’une part duc de Bourgogne et Dauphin de France, et d’autre part duc de Berry (cf. > ici).

« Chers Louis et Alphonse,
Vous voir grandir dans la santé et la joie est, depuis votre naissance, ma priorité.
Vous êtes des enfants responsables, appliqués, affectueux, généreux, bien élevés, c’est pourquoi je suis très fier de vous.
Bon anniversaire et continuez à être ainsi.
Votre père qui vous aime. »     

Baptême des Princes Louis et Alphonse de France

Sous le texte de ce message, le Prieur de la Confrérie Royale a envoyé ce commentaire :

« Les membres de la Confrérie Royale prient avec une ferveur particulière en ce jour pour Monseigneur le Dauphin Louis et pour Monseigneur le duc de Berry. 
Longue et heureuse vie à nos chers petits Princes ! »

Trois lys blancs

2019-42. Vincent Lambert : le soutien de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et l’engagement de l’Union des Cercles Légitimistes de France.

Ce lundi 20 mai dans l’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux et sur son blogue le communiqué suivant :

Communiqué de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon
en soutien à Vincent Lambert :

« Je tiens à exprimer mon soutien le plus ferme aux parents de Vincent Lambert qui se battent pour le maintien en vie de leur fils hospitalisé au CHU de Reims.
Il n’est pas imaginable dans une société civilisée que soit mis un terme à l’hydratation et l’alimentation, c’est à dire tout simplement à la vie d’un être humain qui, quoique fragile et actuellement diminué, n’est cependant aucunement en fin de vie. 
Ceci reviendrait en effet à froidement le condamner à mort. Je souhaite donc vivement que son cas soit traité avec toute l’humanité, la compassion et la sagesse possible. 
S’agissant d’un innocent handicapé, incapable de se défendre, le choix de la vie doit toujours l’emporter sur celui de la mort. 
Ce choix est celui de l’humanité et de l’Espérance. »

Vincent Lambert

Le soutien sans réserve de
l’Union des Cercles Légitimistes de France
à Vincent Lambert et à ses parents

« J’avais soif et vous m’avez donné à boire. »

 Le CHU de Reims l’a annoncé : son personnel « soignant » arrêtera dans la semaine du 20 mai l’hydratation et l’alimentation de Vincent Lambert.

Depuis plusieurs années, les parents de Vincent Lambert et plusieurs membres de sa famille luttent pour que ne soit pas mis fin à la vie de leur fils, de leur frère. Cette affaire revêt aujourd’hui une importance particulière. Elle se place au cœur de la défense pour la vie. Si Vincent est mis à mort, l’un des derniers garde-fous de notre civilisation tombera, parce que ceux qui veulent le tuer entendent par là-même ouvrir la voie à la légalisation et à l’institutionnalisation du meurtre par euthanasie.

L’UCLF invite à prendre part à la bataille qui se déroule à Reims aujourd’hui. Elle invite ses membres à prier et à jeûner pour Vincent et sa famille, pour la France.

Elle invite surtout les légitimistes à continuer sans cesse leur combat pour le retour de l’union du trône et de l’autel, seul véritable remède à cette peste révolutionnaire qui ne cesse depuis plus de deux cents ans de nuire toujours plus à l’homme et d’offenser son Créateur.

Pierre Bodin,
président de l’Union des cercles légitimistes de France

 * * * * * * *

« Les contre-vérités au sujet de Vincent Lambert. Dans cette affaire, répétons-le : AUCUN acharnement thérapeutique ; AUCUNE machine ne retient Vincent en vie de manière artificielle ; nourrir, donner à boire à un homme malade, à un enfant, à un bébé qui ne peut le faire seul n’a jamais été considéré comme un acte d’acharnement thérapeutique… Donner à manger et à boire à un malade est au contraire un soin élémentaire et a toujours été considéré comme tel…

 Comment peut-on ne serait-ce qu’envisager d’arrêter d’hydrater et d’alimenter un malade ? Vincent est gravement handicapé depuis dix ans… Il n’est pas en fin de vie.

Sa présence depuis DIX ANS dans une unité de SOINS PALLIATIFS (dix ans en soins palliatifs !?!)… Encore plus une aberration qu’un paradoxe !

VINCENT EST EN VIE. Ils disent vouloir le « laisser mourir », mais il existe une grande différence entre « laisser mourir » et « tuer ». L’affaire Lambert, c’est l’enjeu d’une vie, c’est aussi un enjeu de civilisation. »

* * * * * * *

On pourra aussi relire le communiqué publié conjointement le 17 avril 2018 par l’Union des Cercles Légitimistes de France et la Confrérie Royale > ici

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