Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2010-35. Versailles, 8 h 23, ce 1er septembre 1715 : le Grand Roi rend son âme à Dieu.

« Dieu seul est grand, mes frères et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre ».

(J.B. Massillon : Oraison funèbre du Roi très chrétien, Louis le Grand)

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1er septembre 2010

La date du 1er septembre vient rappeler à notre souvenir le jour où le Grand Roi -Louis XIV – rendit son âme à Dieu. Il était dans sa 77ème année et avait régné 72ans sur la France.

Malgré toutes les caricatures, malgré toutes les interprétations déformantes imposées par l’histoire républicaine officielle, malgré tous les jugements simplistes, malgré toutes les représentations erronées et les fables, malgré enfin la presque interminable et désolante déclinaison des incompréhensions de ce que furent sa  véritable personnalité et son règne (à commencer par celles dont le très mesquin Saint-Simon fait étalage à presque chaque page), la figure du Roi Soleil ne cesse cependant pas d’exercer une espèce de fascination sur le monde entier.

A mon humble avis, le « Louis XIV » de François Bluche demeure l’un des meilleurs ouvrages qui a jamais été écrit : très abordable, je le recommande instamment à tous ceux qui veulent approfondir avec honnêteté leur connaissance du Grand Roi, de sa personne et de son règne.

A l’occasion du 295ème anniversaire de sa mort, je tiens à publier les lignes par lesquelles Voltaire – dans son « Siècle de Louis XIV » – a rapporté les derniers instants du Souverain.  Est-il utile de préciser que le persifleur de Ferney ne fait pourtant pas partie de mes auteurs favoris? Ses appréciations toutefois font ici montre d’un grand équilibre et de beaucoup de justesse et je souscris entièrement à cette affirmation: « …ses grandes qualités et ses actions l’ont emporté sur ses fautes ».

Buste de Louis XIV - Le Bernin

« Louis XIV fut attaqué, vers le milieu du mois d’août 1715, au retour de Marly, de la maladie qui termina ses jours. Ses jambes s’enflèrent ; la gangrène commença à se manifester. Le comte de Stair, ambassadeur d’Angleterre, paria, selon le génie de sa nation, que le roi ne passerait pas le mois de septembre. Le duc d’Orléans, qui, au voyage de Marly, avait été absolument seul, eut alors toute la cour auprès de sa personne. Un empirique, dans les derniers jours de la maladie du roi, lui donna un élixir qui ranima ses forces. Il mangea, et l’empirique assura qu’il guérirait. La foule qui entourait le duc d’Orléans diminua dans le moment. «Si le roi mange une seconde fois, dit le duc d’Orléans, nous n’aurons plus personne». Mais la maladie était mortelle. Les mesures étaient prises pour donner la régence absolue au duc d’Orléans. Le roi ne la lui avait laissée que très limitée par son testament, déposé au parlement ; ou plutôt il ne l’avait établi que chef d’un conseil de régence, dans lequel il n’aurait eu que la voix prépondérante. Cependant il lui dit : «Je vous ai conservé tous les droits que vous donne votre naissance». C’est qu’il ne croyait pas qu’il y eût de loi fondamentale qui donnât, dans une minorité, un pouvoir sans bornes à l’héritier présomptif du royaume. Cette autorité suprême, dont on peut abuser, est dangereuse ; mais l’autorité partagée l’est encore davantage. Il crut qu’ayant été si bien obéi pendant sa vie, il le serait après sa mort, et ne se souvenait pas qu’on avait cassé le testament de son père. (…)

Quoique la vie et la mort de Louis XIV eussent été glorieuses, il ne fut pas aussi regretté qu’il le méritait. L’amour de la nouveauté, l’approche d’un temps de minorité, où chacun se figurait une fortune, la querelle de la Constitution qui aigrissait les esprits, tout fit recevoir la nouvelle de sa mort avec un sentiment qui allait plus loin que l’indifférence. Nous avons vu ce même peuple qui, en 1686, avait demandé au ciel avec larmes la guérison de son roi malade, suivre son convoi funèbre avec des démonstrations bien différentes. On prétend que la reine sa mère lui avait dit un jour dans sa grande jeunesse : «Mon fils, ressemblez à votre grand-père, et non pas à votre père». Le roi en ayant demandé la raison : «C’est, dit-elle, qu’à la mort de Henri IV on pleurait, et qu’on a ri à celle de Louis XIII».

Quoiqu’on lui ait reproché des petitesses, des duretés dans son zèle contre le jansénisme, trop de hauteur avec les étrangers dans ses succès, de la faiblesse pour plusieurs femmes, de trop grandes sévérités dans des choses personnelles, des guerres légèrement entreprises, l’embrasement du Palatinat, les persécutions contre les réformés : cependant ses grandes qualités et ses actions, mises enfin dans la balance, l’ont emporté sur ses fautes. Le temps, qui mûrit les opinions des hommes, a mis le sceau à sa réputation ; et malgré tout ce qu’on a écrit contre lui, on ne prononcera point son nom sans respect, et sans concevoir à ce nom l’idée d’un siècle éternellement mémorable. Si l’on considère ce prince dans sa vie privée, on le voit à la vérité trop plein de sa grandeur, mais affable, ne donnant point à sa mère de part au gouvernement, mais remplissant avec elle tous les devoirs d’un fils, et observant avec son épouse tous les dehors de la bienséance : bon père, bon maître, toujours décent en public, laborieux dans le cabinet, exact dans les affaires, pensant juste, parlant bien, et aimable avec dignité.

D’ailleurs personne n’ignore avec quelle grandeur d’âme il vit approcher la mort, disant à Madame de Maintenon : «J’avais cru qu’il était plus difficile de mourir» ; et à ses domestiques : «Pourquoi pleurez-vous? m’avez-vous cru immortel?» donnant tranquillement ses ordres sur beaucoup de choses, et même sur sa pompe funèbre. Quiconque a beaucoup de témoins de sa mort meurt toujours avec courage. Louis XIII, dans sa dernière maladie, avait mis en musique le De profundis qu’on devait chanter pour lui. Le courage d’esprit avec lequel Louis XIV vit sa fin fut dépouillé de cette ostentation répandue sur toute sa vie. Son courage alla jusqu’à avouer ses fautes. Son successeur a toujours conservé, écrites au chevet de son lit, les paroles remarquables que ce monarque lui dit, en le tenant sur son lit entre ses bras : ces paroles ne sont point telles qu’elles sont rapportées dans foules les histoires. Les voici fidèlement copiées :

«Vous allez être bientôt roi d’un grand royaume. Ce que je vous recommande plus fortement est de n’oublier jamais les obligations que vous avez à Dieu. Souvenez-vous que vous lui devez tout ce que vous êtes. Tâchez de conserver la paix avec vos voisins. J’ai trop aimé la guerre ; ne m’imitez pas en cela, non plus que dans les trop grandes dépenses que j’ai faites. Prenez conseil en toutes choses, et cherchez à connaître le meilleur pour le suivre toujours. Soulagez vos peuples le plus tôt que vous le pourrez, et faites ce que j’ai eu le malheur de ne pouvoir faire moi-même, etc.»

Ce discours est très éloigné de la petitesse d’esprit qu’on lui impute dans quelques Mémoires… »

Voltaire – « Le Siècle de Louis XIV »,  chap. XXVIII.

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Prières et litanies en l’honneur du Roi Saint Louis.

La fête de Saint Louis IX est l’occasion de prier d’une manière toute particulière pour la France et pour la famille royale : demandons au saint Roi de veiller du haut du Ciel sur le Royaume des Lys et de protéger sa descendance.
Notons au passage que Monseigneur le Duc d’Anjou, de droit Louis XX, est né 760 ans jour pour jour après son saint ancêtre.

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Regardez-nous du haut du Ciel, Ô Saint monarque ! Et dans cette félicité éternelle que vous possédez, soyez sensibles à nos misères : tout indignes que nous sommes de votre secours, ne nous le refusez pas.

Regardez d’un œil favorable ce royaume que vous avez si sagement gouverné, et si tendrement aimé. Si, par la corruption des vices qui s’y sont introduits depuis votre règne, la face vous en paraît défigurée, que cela même soit un motif pour vous intéresser, comme son roi, à le renouveler : si vous y voyez des scandales, aidez-nous à les retrancher.

Étendez surtout votre protection sur notre auguste monarque. C’est votre fils, c’est le chef de votre maison, c’est l’imitation de vos vertus, c’est la vive image de vos héroïques et royales qualités : car il est comme vous le zèle de Dieu, il est comme vous le protecteur de la vraie religion, le restaurateur des autels, l’exterminateur de l’hérésie.

Obtenez-lui les grâces et les lumières dont il a besoin pour achever les grands desseins que Dieu lui inspire ; que cet esprit de Sainteté qui vous a dirigé dans toutes vos voies vienne reposer sur lui ; qu’il nous anime nous-mêmes, et qu’il nous conduise tous à l’éternité bienheureuse. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Ainsi soit-il.

(Bourdaloue – Péroraison du sermon pour la fête de Saint-Louis)

Saint Louis adorant l'Enfant Jésus que lui présente la Vierge

St Louis faisant hommage de sa couronne et de ses armes à l’Enfant Jésus.

Litanies de Saint Louis

 (extraites du Manuel du Tiers Ordre de Saint François)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis)
Seigneur, ayez pitié de nous (bis)
Jésus-Christ, écoutez-nous (bis)
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis)

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, conçue sans péché, priez pour nous
Sainte Mère de Dieu,
Sainte Vierge des Vierges,

Saint Louis, prince admirable, priez pour nous
Saint Louis, lis de pureté,
Saint Louis, exemple d’humilité,
Saint Louis, image de vertu,
Saint Louis, prodige de pénitence,
Saint Louis, flamme d’amour et d’oraison,
Saint Louis, lampe ardente et brillante,
Saint Louis, vase d’élection,
Saint Louis, vase insigne de religion,
Saint Louis, miroir de la perfection chrétienne,
Saint Louis, très dévot à notre Père saint François,
Saint Louis, contempteur du monde et de ses honneurs,
Saint Louis, plein de zèle pour la maison de Dieu,
Saint Louis, tendre père des pauvres,
Saint Louis, remède des malades,
Saint Louis, appui de la veuve et de l’orphelin,
Saint Louis, juge béni des peuples,
Saint Louis, rédempteur des captifs,
Saint Louis, prédicateur des infidèles,
Saint Louis, deux fois victime pour les Lieux saints,
Saint Louis, terrible dans les combats,
Saint Louis, puissant dans les fers,
Saint Louis, gardien de la France,
Saint Louis, modèle des rois,
Saint Louis, digne de la couronne des rois sur la terre,
Saint Louis, plus digne de la couronne des saints dans le ciel,
Saint Louis, protecteur des armées françaises,
Saint Louis, protecteur du Tiers-Ordre séraphique , priez pour nous

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur

V. Priez pour nous, glorieux saint Louis
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de N.-.S.J.-C.

Oraison :

Ô Dieu, qui avez transféré votre confesseur saint Louis d’un royaume terrestre à la gloire céleste, rendez-nous, par ses mérites et son intercession, participants du bonheur du Roi des rois, Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Sire le Roi, qui envoyiez vos plus beaux chevaliers en escoutes à la pointe de l’armée chrétienne, daignez vous souvenir d’un fils de France qui voudrait se hausser jusqu’à vous pour mieux servir sire Dieu et dame sainte Eglise. Donnez-moi du péché mortel plus d’horreur que n’en eut Joinville qui pourtant fut bon chrétien, et gardez-moi pur comme les lys de votre blason.
Vous qui teniez votre parole, même donnée à un infidèle, faites que jamais mensonge ne passe ma gorge, dût franchise me coûter la vie.
Preux inhabile aux reculades, coupez les ponts à mes feintises, et que je marche toujours au plus dru.
O le plus fier des barons français, inspirez-moi de mépriser les pensées des hommes et donnez-moi le goût de me compromettre et de me croiser pour l’honneur du Christ.
Enfin, Prince, Prince au grand coeur, ne permettez pas que je sois jamais médiocre,mesquin ou vulgaire, mais partagez-moi votre coeur royal et faites qu’à votre exemple je serve à la française, royalement.

Ainsi soit-il.

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Texte des Enseignements de Saint Louis à son fils, ici > www.

2010-32. Centenaire du Serment anti-moderniste (1er septembre 1910).

Le 1er septembre 1910, par le motu proprio «Sacrorum antistitum» le Pape Saint Pie X promulguait le « Serment anti-moderniste ».

Pour lutter contre les idées pernicieuses et destructrices de la foi, telles que le naturalisme, le libéralisme, le panthéisme et l’évolutionnisme spéculatif en matière dogmatique, Saint Pie X avait promulgué en 1907 l’encyclique «qui condamnait  avec vigueur ces erreurs modernes. Il jugea nécessaire de compléter cet enseignement par une cérémonie de prestation de serment par laquelle chaque nouveau prêtre, le jour de son ordination sacerdotale, ou quiconque parmi les clercs devant accéder à une chaire d’enseignement ou à un office ecclésiastique (et même les laïcs appelés à enseigner dans les universités catholiques), devait solennellement abjurer, toutes les inexactitudes doctrinales dénoncées par la sus-dite encyclique.

En 1917, lors de la publication du Code de Droit Canonique, ce serment fut mis en tête de l’ouvrage. Mais cinquante ans plus tard, en 1967, dans les illusoires euphories de « l’après concile », Paul VI l’abrogea : plus de quarante années de recul nous permettent d’apprécier la pertinence et la sagacité d’une telle mesure…!!!

Même si Jean Paul II, en 1998, par la lettre apostolique « Ad tuendam Fidem« , a institué un nouveau serment destiné à garantir la fidélité des théologiens et des prêtres, on peut néanmoins dire que cette  dernière profession de foi n’a pas la même vigueur ni la même précision que le « Serment anti-moderniste« . Aussi, puisque nous approchons du centième anniversaire de la publication de ce dernier, il nous paraît opportun d’en publier ici le texte qui appartient toujours aux « Symboles et définitions de la Foi catholique ».

Saint Pie X

Moi, N…, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.

- Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » [Rom. I,20], c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.

- Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.

- Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Eglise, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.

- Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Eglise a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Epouse du Christ, pour qu’elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.

- Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur.

Je me soumets aussi, avec la révérence voulue, et j’adhère de tout mon cœur à toutes les condamnations, déclarations, prescriptions, qui se trouvent dans l’encyclique Pascendi et dans le décret Lamentabili, notamment sur ce qu’on appelle l’histoire des dogmes.

De même, je réprouve l’erreur de ceux qui affirment que la foi proposée par l’Eglise peut être en contradiction avec l’histoire, et que les dogmes catholiques, au sens où on les comprend aujourd’hui, ne peuvent être mis d’accord avec une connaissance plus exacte des origines de la religion chrétienne.

Je condamne et rejette aussi l’opinion de ceux qui disent que le chrétien savant revêt une double personnalité, celle du croyant et celle de l’historien, comme s’il était permis à l’historien de tenir ce qui contredit la foi du croyant, ou de poser des prémices d’où il suivra que les dogmes sont faux ou douteux, pourvu que ces dogmes ne soient pas niés directement.

Je réprouve également la manière de juger et d’interpréter l’Ecriture sainte qui, dédaignant la tradition de l’Eglise, l’analogie de la foi et les règles du Siège apostolique, s’attache aux inventions des rationalistes et adopte la critique textuelle comme unique et souveraine règle, avec autant de dérèglement que de témérité.

Je rejette en outre l’opinion de ceux qui tiennent que le professeur des disciplines historico-théologiques ou l’auteur écrivant sur ces questions doivent d’abord mettre de côté toute opinion préconçue, à propos, soit de l’origine surnaturelle de la tradition catholique, soit de l’aide promise par Dieu pour la conservation éternelle de chacune des vérités révélées ; ensuite, que les écrits de chacun des Pères sont à interpréter uniquement par les principes scientifiques, indépendamment de toute autorité sacrée, avec la liberté critique en usage dans l’étude de n’importe quel document profane.

Enfin, d’une manière générale, je professe n’avoir absolument rien de commun avec l’erreur des modernistes qui tiennent qu’il n’y a rien de divin dans la tradition sacrée, ou, bien pis, qui admettent le divin dans un sens panthéiste, si bien qu’il ne reste plus qu’un fait pur et simple, à mettre au même niveau que les faits de l’histoire : les hommes par leurs efforts, leur habileté, leur génie continuant, à travers les âges, l’enseignement inauguré par le Christ et ses apôtres.

Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres.

Toutes ces choses, je promets de les observer fidèlement, entièrement et sincèrement, et de les garder inviolablement, sans jamais m’en écarter ni en enseignant ni de quelque manière que ce soit dans ma parole et dans mes écrits. J’en fais le serment; je le jure. Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles.

Armoiries de Saint Pie X

2010-28 : L’encyclique « Miserentissimus Redemptor ».

Nous pensons important de publier le texte suivant,
1) parce que ce texte précise bien l’esprit particulier de la réparation qui est indissociablement lié à la dévotion envers le Coeur adorable de Notre-Seigneur,
2) parce que ce texte est assez difficile à trouver (il n’en existe pas de traduction française sur le site officiel du saint-Siège alors qu’on y trouve les textes anglais, espagnol, italien et latin!!!)
et enfin 3) parce que ce texte garde une très grande actualité.

On parle de l’amour du Coeur de Jésus sans expliquer que cet amour est trop souvent méconnu et méprisé et que l’essentiel du message confié à Sainte Marguerite-Marie et authentifié par l’Eglise est un appel à la réparation…

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Lettre Encyclique
« Miserentissimus Redemptor »
de Sa Sainteté le Pape Pie XI
sur
notre devoir de réparation envers le Sacré-Coeur de Jésus

- 8 mai 1928 -

Introduction : La promesse du Christ d’assister son Église.

Notre Rédempteur très miséricordieux venait d’opérer, sur le bois de la Croix, le salut du genre humain ; sur le point de remonter de ce monde vers son Père, il dit à ses Apôtres et à ses disciples pour les consoler : Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. Cette parole, outre qu’elle est très agréable à entendre, est génératrice d’espérance et de sécurité, c’est elle, Vénérables Frères, qui Nous réconforte toutes les fois que, du haut de ce Siège, comme d’un observatoire élevé, Nous parcourons du regard soit l’ensemble de la société humaine entière, accablée de maux et de misères si nombreuses, soit l’Église elle-même, livrée à des attaques et à des embûches incessantes.

C’est cette divine promesse qui, à l’origine, éleva le courage des Apôtres abattus, les enflamma d’un zèle ardent pour répandre à travers le monde entier la semence de la doctrine évangélique; c’est elle encore qui, dans la suite, a soutenu l’Église dans sa lutte victorieuse contre les portes de l’enfer. L’assistance de Notre Seigneur Jésus-Christ, il est vrai, n’a jamais fait défaut à son Église. Toutefois, son secours et son appui furent d’autant plus présents qu’elle était assaillie de dangers ou de calamités plus graves ; les remèdes les mieux en rapport avec les conditions des temps et des circonstances lui étant alors fournis par cette divine Sagesse qui atteint avec force d’une extrémité à l’autre et dispose tout avec douceur.

Objet de l’Encyclique, son opportunité.

Même en ces derniers temps on ne peut vraiment dire que la main du Seigneur se soit raccourcie, et plus spécialement lorsqu’une erreur s’insinua et se propagea si loin que l’on pût craindre que, les âmes détournées de l’amour de Dieu et de la familiarité avec lui, les sources mêmes de la vie chrétienne vinssent, en quelque sorte, à se dessécher. Les plaintes que le Christ très aimant fit entendre dans ses apparitions à Marguerite-Marie Alacoque, les désirs aussi et les volontés qu’il signifia à l’adresse des hommes et pour leur bien, certains peut-être les ignorent encore, d’autres les négligent. C’est pour cette raison, Vénérables Frères, que Nous voulons vous entretenir quelques instants du devoir qui nous incombe de faire amende honorable au Cœur sacré de Jésus, pour Nous servir de l’expression courante. Nous avons la conviction que vous déploierez votre zèle pour instruire chacun de vos fidèles de toute la doctrine que Nous allons vous transmettre et que vous les encouragerez à la mettre en pratique.

I – Le Coeur de Jésus :

A.  Symbole de charité et de paix.

Parmi les nombreuses preuves de l’infinie bonté de notre Sauveur, il en est une qui brille d’un éclat tout particulier. Alors que la charité des fidèles allait se refroidissant, ce fut la charité même de Dieu qui se proposa pour être honorée d’un culte spécial, et les trésors de sa bonté se répandirent largement, grâce à la forme du culte rendu au Cœur sacré de Jésus, dans lequel sont cachés tous les trésors de la science et de la sagesse.

Jadis, à la sortie de l’arche de Noé, Dieu notifia par un signe son pacte d’amitié avec le genre humain, en faisant briller un arc resplendissant dans les nuées. De même, à l’époque si troublée où se répandait l’hérésie, perfide entre toutes, du jansénisme qui étouffait l’amour et la piété dus à Dieu, en le présentant moins comme un Père digne d’amour que comme un juge à craindre pour sa sévérité implacable, Jésus vint, dans sa bonté infinie, nous montrer son Cœur sacré tel un symbole de paix et de charité offert aux regards des peuples; c’était un gage assuré de victoire dans les combats. Aussi Notre prédécesseur d’heureuse mémoire, Léon XIII, considérant justement, dans sa Lettre encyclique Annum sacrum, l’admirable opportunité du culte envers le Cœur sacré de Jésus, n’hésitait pas à dire : »Quand l’Église, encore toute proche de ses origines, gémissait sous le joug des Césars, une croix apparut dans le ciel à un jeune empereur; elle était le présage et la cause d’un insigne et prochain triomphe. Aujourd’hui, un autre symbole divin d’heureux augure apparaît à nos yeux : c’est le Cœur très sacré de Jésus, surmonté de la croix et resplendissant d’un éclat incomparable au milieu des flammes. Nous devons placer en lui toutes nos espérances, c’est à lui que nous devons demander le salut des hommes, et c’est de lui qu’il faut l’attendre. »

B. Synthèse de la religion.

Et c’est à juste titre, Vénérables Frères. Car ce signe éminemment propice et la forme de dévotion qui en découle ne renferment-ils point la synthèse de la religion et la norme d’une vie d’autant plus parfaite qu’elle achemine les âmes à connaître plus profondément et plus rapidement le Christ Seigneur, à l’aimer plus ardemment et à l’imiter avec plus d’application et plus d’efficacité ? Qu’on ne s’étonne point dès lors que Nos prédécesseurs aient constamment défendu cette forme si excellente de dévotion contre les accusations de ses détracteurs, qu’ils l’aient couverte de louanges et qu’ils aient mis tout leur zèle à la propager, suivant les exigences des temps et des lieux. Sous le souffle de Dieu, la piété des fidèles envers le Cœur sacré de Jésus n’a point cessé de croître ; d’où l’éclosion de toutes parts des confréries vouées à la diffusion du culte du Sacré-Cœur; de là encore l’usage de la communion du premier vendredi du mois, conforme aux désirs du Christ-Jésus lui-même, et maintenant répandu à peu près partout.

II. Formes du culte du Sacré-Coeur :

A. La consécration au Sacré-Cœur.

Parmi toutes ces pratiques de la dévotion au Sacré-Cœur, il en est une remarquable qui mérite d’être signalée, c’est la pieuse consécration par laquelle, offrant à Dieu nos personnes et tous les biens que nous tenons de son éternelle bonté, nous les vouons au divin Cœur de Jésus. Ce devoir de piété que Notre-Seigneur voudrait voir tous les hommes lui rendre et qu’il réclame moins en raison de ses droits qu’en vertu de son immense amour pour nous, il l’enseigna lui-même à Marguerite-Marie, la très fidèle servante de son Cœur. Elle et son directeur spirituel, Claude de la Colombière, furent les premiers à le lui offrir; avec le temps, d’autres ont suivi : des hommes isolés d’abord, puis des familles, des associations, enfin même des magistrats, des villes et des nations. 

B. Pratique et diffusion de cette consécration.

Au siècle dernier et jusqu’au nôtre, des impies en sont venus, par leurs machinations, à faire repousser l’empire du Christ et à provoquer une guerre ouverte contre l’Église; on promulgue des lois et des décrets contraires au droit divin aussi bien qu’au droit naturel, bien plus, on clame dans des assemblées: Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous. Mais, en revanche, par la consécration dont Nous venons de parler, une voix unanime éclate, celle des fidèles du Sacré-Cœur, s’opposant vaillamment à celle de ses ennemis, pour venger sa gloire et affirmer ses droits: Il faut que le Christ règne – Que votre règne arrive. Voilà pourquoi, fort heureusement, le genre humain tout entier – que le Christ, en qui seul tout peut être restauré, possède par droit de nature – fut, au début de ce siècle, consacré au Sacré-Cœur par Léon XIII, Notre prédécesseur de glorieuse mémoire, aux applaudissements de l’univers chrétien.

Ces débuts si heureux et si réconfortants, ainsi que Nous le disions dans Notre Lettre encyclique Quas Primas en donnant suite aux vœux persévérants et nombreux des évêques et des fidèles, Nous avons pu, avec la grâce de Dieu, les compléter et les parachever quand, à l’issue de l’Année Sainte, Nous avons institué la fête du Christ Roi de l’univers et prescrit de la célébrer solennellement dans toute la chrétienté. Ce faisant, Nous n’avons pas seulement mis en lumière l’empire souverain du Christ sur toutes choses, sur la société tant civile que domestique et sur chaque homme en particulier, mais Nous avons encore fait entrevoir les joies de ce jour, heureux entre tous, où le genre humain, de son plein gré, se soumettra à la souveraineté infiniment douce du Christ-Roi. Pour cette raison, Nous avons ordonné que dès lors chaque année, au jour fixé pour cette fête, on renouvelât cette consécration, pour en obtenir des grâces plus certaines et plus abondantes, au profit de l’union de tous les peuples par les liens de la charité chrétienne et de la paix dans le Cœur du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs.

C. La réparation due au Sacré-Cœur.

A tous ces hommages, et principalement à cette consécration si féconde, que vient sceller en quelque sorte la fête solennelle du Christ-Roi, il faut ajouter encore autre chose. C’est le sujet, Vénérables Frères, dont il Nous plaît de vous entretenir plus longuement dans cette Lettre : à savoir l’amende honorable ou la réparation selon l’expression courante à offrir au Cœur sacré de Jésus. Si, dans la consécration, le but premier et principal pour la créature est de rendre à son Créateur amour pour amour, il s’ensuit naturellement qu’elle doit offrir à l’égard de l’amour incréé une compensation pour l’indifférence, l’oubli, les offenses, les outrages, les injures qu’il subit: c’est ce qu’on appelle couramment le devoir de la réparation. 

1) Motif de justice.

Si les mêmes raisons nous obligent à ce double devoir, cependant le devoir de réparation et d’expiation s’impose en vertu d’un motif encore plus impérieux de justice et d’amour : de justice d’abord, car l’offense faite à Dieu par nos crimes doit être expiée, et l’ordre violé doit être rétabli par la pénitence; mais d’amour aussi, car nous devons « compatir au Christ souffrant et saturé d’opprobres », et lui offrir, selon notre petitesse, quelque consolation. Tous nous sommes des pécheurs ; de nombreuses fautes nous chargent; nous avons donc l’obligation d’honorer Dieu non seulement par notre culte, par une adoration qui rend à sa Majesté suprême de légitimes hommages, par des prières qui reconnaissent son souverain domaine, par des louanges et des actions de grâces pour son infinie bonté; mais à ce Dieu juste vengeur nous avons encore le devoir d’offrir satisfaction pour nos innombrables péchés, offenses et négligences. Ainsi à la consécration, par laquelle nous nous donnons à Dieu et qui nous mérite d’être voués à Dieu, avec la sainteté et la stabilité qui, suivant l’enseignement du Docteur angélique sont le propre de la consécration, il faut donc ajouter l’expiation qui répare entièrement les péchés, de peur que, dans sa sainteté, la Souveraine Justice ne nous repousse pour notre impudente indignité et, loin d’agréer notre offrande, ne la rejette.

2) Nécessité de cette réparation.

En fait, ce devoir d’expiation incombe au genre humain tout entier. Comme nous l’enseigne la foi chrétienne, après la déplorable chute d’Adam, l’homme, infecté de la souillure originelle, esclave de la concupiscence et des plus lamentables dépravations, se trouva ainsi voué à la perte éternelle. De nos jours, des savants orgueilleux nient ces vérités et, s’inspirant de la vieille erreur de Pélage, vantent des vertus innées de la nature humaine qui la conduiraient, par ses seules forces, jusqu’aux cimes les plus élevées. Ces fausses théories de l’orgueil humain, l’Apôtre les réfute en nous rappelant que, par nature, nous étions enfants de colère. Dès les débuts, en réalité, la nécessité de cette expiation commune a été reconnue, puisque, cédant à un instinct naturel, les hommes se sont efforcés d’apaiser Dieu par des sacrifices même publics.

3) Sa subordination au sacrifice du Christ.

Mais aucune puissance créée n’aurait jamais suffi à expier les crimes du genre humain si le Fils de Dieu n’avait assumé la nature humaine pour la relever. Le Sauveur des hommes l’a lui-même annoncé par la bouche du Psalmiste : Vous n’avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais vous m’avez formé un corps; vous n’avez pas agréé les holocaustes pour le péché. Alors j’ai dit : Me voici, je viens. Et de fait, il s’est vraiment chargé de nos infirmités, il a porté lui-même nos douleurs; il a été broyé à cause de nos iniquités; il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, détruisant l’acte qui était écrit contre nous et nous était contraire avec ses ordonnances; et il l’a fait disparaître en le clouant à la croix… afin que, morts, au péché, nous vivions pour la justice. 

4) Notre participation.

La surabondante Rédemption du Christ nous a fait remise de toutes nos fautes. Cependant, par une admirable disposition de la Sagesse divine, nous devons compléter dans notre chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église. En conséquence, aux louanges et aux réparations « dont le Christ s’est acquitté envers Dieu au nom des pécheurs » pouvons-nous, et même devons-nous ajouter encore nos louanges et nos expiations. Mais nous ne devons jamais l’oublier, toute la vertu d’expiation découle uniquement du sacrifice sanglant du Christ, qui se renouvelle sans interruption, d’une manière non sanglante sur nos autels, car « c’est toujours une seule et même victime, c’est le même qui s’offre maintenant par le ministère du prêtre et qui s’offrit jadis sur la croix; seule la manière d’offrir diffère. » C’est pour cette raison qu’au très auguste Sacrifice eucharistique les ministres et le reste des fidèles doivent joindre leur propre immolation, de sorte qu’ils s’offrent eux aussi comme des hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu. Bien plus, saint Cyprien ne craint pas d’affirmer que « le sacrifice du Seigneur n’est pas célébré avec la sainteté requise si notre propre oblation et notre propre sacrifice ne correspondent pas à sa Passion ». Pour cette raison encore, l’Apôtre nous exhorte à « porter dans notre corps la mort de Jésus, » à nous ensevelir avec Jésus et à nous greffer sur lui par la ressemblance de sa mort non seulement en crucifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises en fuyant la corruption de la concupiscence qui règne dans le monde, mais encore en manifestant la vie de Jésus dans nos corps et, unis à son éternel sacerdoce, à offrir ainsi des dons et des sacrifices pour nos péchés.

A ce sacerdoce mystérieux et à cette mission de satisfaire et de sacrifier ne participent pas seulement les ministres choisis par notre Pontife, le Christ Jésus, pour l’oblation immaculée qui se doit faire en son nom divin depuis l’Orient jusqu’à l’Occident mais encore le peuple chrétien tout entier, appelé à bon droit par le Prince des Apôtres race élue, sacerdoce royal; car soit pour eux-mêmes, soit pour le genre humain tout entier, les fidèles doivent concourir à cette oblation pour les péchés, à peu près de la même manière que le Pontife choisi parmi les hommes est établi pour les hommes en ce qui concerne les choses de Dieu.

Plus notre oblation et notre sacrifice ressembleront au sacrifice du Christ, autrement dit plus parfaite sera l’immolation de notre amour-propre et de nos convoitises, plus la crucifixion de notre chair se rapprochera de cette crucifixion mystique dont parle l’Apôtre, plus abondants seront les fruits de propitiation et d’expiation que nous recueillerons pour nous et pour les autres. Car entre les fidèles et le Christ il existe une admirable relation, semblable à celle qui relie la tête aux divers membres du corps; mais de plus, par cette mystérieuse communion des saints que professe notre foi catholique, les hommes et les peuples non seulement sont unis entre eux, mais encore avec Celui-là même qui est la tête, le Christ. C’est de lui que tout le corps, coordonné et uni par le lien des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d’activité, grandit et se perfectionne dans la charité. C’est la prière qu’avant de mourir le Christ Jésus, médiateur entre Dieu et les hommes, adressait lui-même à son Père : Que je sois en eux et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un. 

D. Motif d’amour pour la réparation.

1) L’union des fidèles dans le Christ.

Par conséquent, de même que l’union avec le Christ trouve son expression et sa confirmation dans l’acte de consécration, de même l’expiation sert de prélude à cette union en effaçant les péchés, elle nous perfectionne en nous associant aux souffrances du Christ, elle la parachève enfin en offrant des victimes pour le prochain. Ce fut là bien certainement la miséricordieuse intention de Jésus quand il nous présenta son Cœur portant les insignes de la Passion et d’où s’échappaient des flammes d’amour; en nous découvrant ainsi la malice infinie du péché, d’une part, et en nous faisant admirer, d’autre part, l’infinie charité du Rédempteur, il voulait nous inspirer une haine encore plus vive du péché et plus d’ardeur à répondre à son amour.

2) La réparation mendiée par Notre-Seigneur.

Du reste, l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré Cœur de Jésus; rien n’est plus conforme à l’origine, à la nature, à la vertu et aux pratiques qui caractérisent cette dévotion; d’ailleurs, l’histoire, les usages, la liturgie sacrée et les actes des Souverains Pontifes en portent témoignage. Dans ses apparitions à Marguerite-Marie, quand il lui dévoilait son infinie charité, le Christ laissait en même temps percevoir comme une sorte de tristesse, en se plaignant des outrages si nombreux et si graves que lui faisait subir l’ingratitude des hommes. Puissent les paroles qu’il employait alors ne jamais s’effacer de l’âme des fidèles : « Voici ce Cœur ― disait-il ― qui a tant aimé les hommes, qui les a comblés de tous les bienfaits, mais qui, en échange de son amour infini, non seulement ne reçoit pas de reconnaissance, mais ne recueille que l’oubli, la négligence et des injures, et cela parfois de la part de ceux-là même qui sont tenus de lui témoigner un amour spécial. »

Pour l’expiation de ces fautes il recommandait, entre autres, comme lui étant particulièrement agréables, les pratiques suivantes : participer, dans un esprit d’expiation, aux saints Mystères en faisant la « communion réparatrice »; y joindre des invocations et des prières expiatoires pendant une heure entière, en faisant, comme on l’appelle justement, « l’heure sainte »: exercices qui non seulement ont été approuvés par l’Église, mais qu’elle a enrichis d’abondantes indulgences. 

3) Considération du Christ dans sa Passion.

Mais, dira-t-on, quelle consolation peuvent apporter au Christ régnant dans la béatitude céleste ces rites expiatoires ? Nous répondrons avec Saint Augustin : « Prenez une personne qui aime : elle comprendra ce que je dis. » Nulle part d’ailleurs ces paroles ne trouvent une application plus juste.

Toute âme aimant Dieu avec ferveur, quand elle jette un regard sur le passé, peut voir et contempler dans ses méditations le Christ travaillant pour l’homme, affligé, souffrant les plus dures épreuves, pour nous autres hommes et pour notre salut, presque abattu par la tristesse, l’angoisse et les opprobres ; bien plus, « broyé sous le poids de nos crimes, il nous guérit par ses meurtrissures ». Tout cela, les âmes pieuses ont d’autant plus de raison de le méditer que ce sont les péchés et les crimes des hommes commis en n’importe quel temps qui ont causé la mort du Fils de Dieu; ces mêmes fautes, maintenant encore, causeraient la mort du Christ, entraîneraient les mêmes douleurs et les mêmes afflictions, puisque chacune d’elles, ainsi qu’on l’admet, est censée renouveler à sa manière la Passion du Seigneur : Crucifiant de nouveau pour leur part le Fils de Dieu et le livrant à l’ignominie. Que si, à cause de nos péchés futurs, mais prévus, l’âme du Christ devint triste jusqu’à la mort, elle a, sans nul doute, recueilli quelque consolation, prévue elle aussi, de nos actes de réparation, alors qu’un ange venant du ciel lui apparut, pour consoler son cœur accablé de dégoût et d’angoisse.

Ainsi donc, ce Cœur sacré incessamment blessé par les péchés d’hommes ingrats, nous pouvons maintenant et même nous devons le consoler d’une manière mystérieuse, mais réelle, d’autant que le Christ lui-même se plaint, par la bouche du Psalmiste, ainsi que la liturgie sacrée le rappelle, d’être abandonné de ses amis : Mon cœur a attendu l’opprobre et la misère; j’ai espéré celui qui s’affligerait avec moi et il n’est point venu, celui qui me consolerait et je ne l’ai point trouvé.

4) Les souffrances du Corps Mystique.

Ajoutons encore que la Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : « Le Christ a souffert tout ce qu’il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps ». Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l’apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l’Église visaient et atteignaient le divin Chef de l’Église lui-même. C’est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l’exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi ».

E. Nécessité actuelle de la réparation

1) L’Église persécutée.

A quel point cette expiation, cette réparation sont nécessaires, surtout de nos jours, on le comprendra sans peine, comme Nous le disions au début, en considérant d’un regard le monde plongé dans le mal. De partout, en effet, montent vers Nous les gémissements des peuples dont il est vrai d’affirmer que les chefs ou les gouvernants se sont dressés et ligués contre le Seigneur et son Église. En ces pays, tous les droits, divins ou humains, se trouvent confondus. Les églises sont abattues, ruinées de fond en comble, les religieux et les vierges consacrées sont expulsés de leur demeure, livrés aux insultes et aux mauvais traitements, voués à la famine, condamnés à la prison, des multitudes d’enfants et de jeunes filles sont arrachés du sein de l’Église leur mère; on les excite à renier et à blasphémer le Christ; on les pousse aux pires dégradations de la luxure; le peuple entier des fidèles, terrorisé, éperdu sous la continuelle menace de renier sa foi ou de périr, parfois de la mort la plus atroce. Spectacle tellement affligeant qu’on y pourrait voir déjà l’aurore de ce début des douleurs que doit apporter l’homme de péché s’élevant contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte.

2) Le mal parmi les chrétiens.

Mais plus attristant encore, Vénérables Frères, est l’état de tant de fidèles que le baptême a lavés dans le sang de l’Agneau immaculé et comblés de grâces; à tous les rangs de la société il s’en trouve qui, aveuglés par une ignorance incroyable des choses divines, empoisonnés d’erreurs, se traînent dans le vice, loin de la maison du Père; nul rayon de lumière de la vraie foi ne les éclaire, nulle espérance de la félicité future ne les réjouit, nulle ardeur de la charité ne les anime et ne les réchauffe; ils semblent vraiment être plongés dans les ténèbres et assis à l’ombre de la mort. Bien plus : chez les fidèles grandit l’indifférence à l’égard de la discipline ecclésiastique et des institutions anciennes qui forment la base de toute vie chrétienne, régissent la famille et protègent la sainteté du mariage, l’éducation des enfants est négligée, sinon faussée, par une affection trop indulgente; l’Église est frustrée de son droit d’élever la jeunesse chrétienne; dans la vie courante, la pudeur chrétienne est lamentablement oubliée, surtout dans la mode féminine; on ne voit que poursuite effrénée des biens passagers, que prédominance sans frein des intérêts civils, que recherche immorale de la faveur populaire, rébellion contre l’autorité légitime, enfin mépris de la parole divine, aboutissant à un affaiblissement grave, sinon à la perte de la foi.

3) Le mal parmi les clercs.

A ces maux vient mettre un comble soit la mollesse ou la lâcheté de ceux qui – tels les disciples endormis ou fugitifs, chancelant dans leur foi – désertent misérablement le Christ agonisant dans l’angoisse ou entouré par les satellites de Satan, soit la perfidie de ceux qui, à l’exemple du traître Judas, ont l’audace de participer au sacrifice de l’autel de manière sacrilège ou de passer à l’ennemi. On ne peut vraiment pas s’empêcher de penser que les temps prédits par Notre-Seigneur semblent être proches, où, à cause des progrès incessants de l’iniquité, la charité d’un grand nombre se refroidira.

4) L’esprit de réparation.

Il n’est pas un seul fidèle qui puisse méditer ces choses sans s’enflammer d’amour pour le Christ souffrant, avec un zèle plus vif, tous voudront expier leurs fautes et celles d’autrui, réparer les torts faits à l’honneur du Christ et travailler au salut éternel de leurs âmes. Comme elle est vraie cette parole de l’Apôtre: Là où la faute abonda, la grâce surabonda, et comme, en un sens, elle peut servir à peindre notre époque! Car en dépit de la perversité croissante des hommes, il est merveilleux de voir grandir, sous l’inspiration du Saint-Esprit, le nombre des fidèles des deux sexes qui, d’un zèle plus ardent s’efforcent de réparer tant d’insultes au divin Cœur, n’hésitent pas à s’offrir eux-mêmes comme victimes au Christ.

Celui qui médite, en effet, avec amour sur tout ce que Nous venons de rappeler, s’en imprégnant, si l’on peut dire, jusqu’au plus profond de son être, ne peut faire autrement que de ressentir de l’horreur pour tout péché et de s’en abstenir comme du mal souverain, plus encore, il s’appliquera à s’abandonner tout entier à la volonté de Dieu et à réparer les outrages faits à la divine Majesté par tous les moyens en son pouvoir : prières incessantes, souffrances librement consenties, épreuves éventuelles patiemment acceptées; en un mot, par une vie entièrement consacrée à ce désir d’expiation.

5) Les associations réparatrices.

De là sont nées toutes ces familles religieuses d’hommes et de femmes qui, rivalisant en quelque sorte avec l’Ange du Jardin des Oliviers, s’imposent, jour et nuit, le devoir de consoler Jésus; de là encore ces confréries pieuses, approuvées par le Siège apostolique et enrichies d’indulgences, qui, elles aussi, ont assumé ce devoir d’expiation en s’imposant la pratique d’exercices religieux et de vertus en rapport avec cette tâche; de là, enfin, puisqu’on ne peut tout dire, les réparations offertes à l’honneur divin sous forme d’amendes honorables et de cérémonies solennelles, non pas seulement de la part de fidèles isolés, mais aussi, ça et là, de paroisses, de diocèses et de cités.

6) La Fête du Sacré-Cœur, fête de réparation.

C’est pourquoi, Vénérables Frères, de même que la pratique de la consécration, après des débuts modestes, s’est bien vite répandue au loin et a reçu finalement de Notre confirmation tout l’éclat désirable, de même Notre plus vif désir est de sanctionner officiellement de notre autorité apostolique la pratique déjà connue et propagée de l’expiation et de l’amende honorable et de la voir célébrée solennellement dans tout l’univers catholique.

Dans ce but, en la fête du Sacré Cœur de Jésus – qu’à cette occasion Nous décidons d’élever au rang de double de première classe avec octave – Nous décrétons et ordonnons que chaque année, dans toutes les églises du monde entier, on récite solennellement, d’après la formule jointe à cette lettre, la protestation ou amende honorable a Notre-Seigneur, dans laquelle toutes nos fautes sont déplorées, et hommage est rendu aux droits violés de notre Roi et de notre Seigneur très aimant.

7) Les effets qu’on peut en attendre.

Sans nul doute, Vénérables Frères, l’institution de cette solennité sainte et sa généralisation dans l’Église universelle produiront des fruits nombreux et excellents non seulement pour chacun en particulier, mais pour la société tout entière, religieuse, civile ou familiale. Notre Rédempteur lui-même a promis, en effet, à Marguerite-Marie que « tous ceux qui, de la sorte, honoreraient son Cœur seraient comblés d’abondantes grâces célestes « . Les pécheurs même, en regardant celui qu’ils ont transpercés se sentiront émus par les gémissements et les pleurs de l’Église entière, déploreront à leur tour les insultes adressées au Souverain Roi et rentreront en eux-mêmes; ils craindront qu’endurcis dans leurs fautes ils ne pleurent trop tard et en vain sur lui, lorsqu’ils verront venir sur les nuées du ciel celui qu’ils ont transpercé. Quant aux justes, ils deviendront plus justes encore et plus saints; ils se voueront tout entiers et avec une ardeur renouvelée au service de leur Roi, qu’ils voient si méprisé, si attaqué, si souvent outragé, par-dessus tout, ils brûleront de zèle pour procurer le salut des âmes, en ayant toujours présente à la mémoire la plainte la divine Victime : A quoi donc sert mon sang ? et aussi la joie qu’éprouvera le Cœur sacré de Jésus pour un seul pécheur faisant pénitence !

Notre souhait le plus vif et Notre espoir le plus ferme, c’est que la justice de Dieu, qui eût, dans sa miséricorde, pardonné à Sodome pour dix justes, pardonne plus volontiers au genre humain, parce que la communauté tout entière, de tout lieu et de toute race, aura répandu ses instantes supplications et ses réparations efficaces, en union avec le Christ, son Médiateur et Chef.

Conclusion : Marie réparatrice.

A Nos vœux et à Nos efforts, que Marie la Vierge très bienveillante et la Mère de Dieu daigne sourire, elle qui nous donna Jésus notre Rédempteur, qui l’éleva, qui l’offrit comme victime au pied de la croix, et qui, par sa mystérieuse union avec le Christ et par une grâce particulière reçue de lui, fut aussi Réparatrice et est pieusement appelée de ce nom. Plein de confiance en son intercession auprès du Christ qui, seul Médiateur entre Dieu et les hommes, a voulu cependant s’associer sa Mère comme avocate des pécheurs et comme dispensatrice et médiatrice de ses grâces, Nous vous accordons du fond du cœur, comme gage des faveurs célestes et en témoignage de Notre bienveillance paternelle, à vous, Vénérables Frères, ainsi qu’à tous les fidèles confiés à vos soins, la Bénédiction Apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre le 8 mai 1928, la septième année de Notre Pontificat.

PIE XI, PAPE.

2010-24. De Sainte Pétronille et de sa protection sur la France.

31 mai, fête de Sainte Pétronille.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est aujourd’hui – en plus de la fête de Marie Reine, instituée par le vénérable Pie XII en 1952 pour conclure solennellement le « mois de Marie » – la mémoire liturgique de Sainte Pétronille dont la fête fut extrêmement populaire jadis en France, comme en témoigne un certain nombre de dictons. J’ai retenu celui-ci : « Pluie de Sainte Pétronille, quarante jours mouillera nos guenilles ». Cela ne me réjouit guère parce qu’il a plu une grande partie de la matinée et, même si la fin de l’après-midi a été radieuse, je crains  très fort que nous n’ayons un été pourri…

Mais revenons à la sainte elle-même.
Elle est malheureusement bien oubliée à notre époque et c’est fort dommage. En effet, depuis le temps de Pépin le Bref, elle a été considérée comme une protectrice spéciale du Royaume de France.
Il faut d’ailleurs noter que chaque année, depuis des siècles et jusqu’à nos jours, cette fête est marquée, dans la basilique Saint-Pierre du Vatican, par une messe particulière célébrée pour la France à l’autel où sont conservées les reliques de Sainte Pétronille.

Cette tradition m’a amené à chercher des explications, que je voudrais vous faire connaître à mon tour. Cet approfondissement n’est que la préparation à quelques réflexions que je me propose de publier une prochaine fois au sujet d’une expression assez couramment  employée pour parler de la France.

Avant de vous livrer les éléments de cette étude sur Sainte Pétronille, je vous rappelle que le mois de juin qui commence est consacré au Sacré-Coeur de Jésus et je vous encourage chaleureusement à approfondir chaque jour les mystères d’amour contenus dans « ce Coeur qui a tant aimé les hommes » mais qui ne reçoit bien souvent en contrepartie qu’indifférences, ingratitudes ou mépris…

Lully.                 

* * * * * * *

1- Qui était Sainte Pétronille?

Dans son ouvrage « Rome et ses vieilles églises« , Emile Mâle écrit :

« Il y avait chez certains membres de la famille des Flaviens une inquiétude religieuse qui leur faisait prêter l’oreille à tout ce qui venait de la Judée. Vespasien, avant le siège de Jérusalem, avait consulté le mystérieux oracle du Mont Carmel. Titus avait vécu entouré de Juifs ; il avait reçu dans son intimité le juif Josèphe qui écrivait l’histoire de sa nation, et il avait aimé une juive, la séduisante Bérénice. On assurait qu’il avait voulu sauver le temple de Jérusalem, que ses soldats avaient détruit malgré sa défense. Les Flaviens ne pouvaient ignorer ni le Dieu unique des Hébreux, ni leurs espérances messianiques, et l’on comprend que quelques uns d’entre eux aient été préparés à accueillir le christianisme.

« Parmi ces convertis de la famille flavienne, il y eut, outre Flavius Clemens et Domitille, une jeune fille du nom de Petronilla, à qui une inscription donne le titre de martyre. Son nom est un diminutif féminin de Petro, et elle descendait de Titus Flavius Petro, le grand père de Vespasien. C’est pourquoi elle fut ensevelie dans les Catacombes de Domitille qui étaient celles de sa famille. »

Emile Mâle décrit les galeries des catacombes de Domitille, puis la basilique souterraine des Saints Nérée et Achillée renfermant leurs tombeaux.
Il dit alors :

« Un autre tombeau attirait aussi les prières des fidèles, celui de Petronilla. Il se trouvait dans une petite chapelle, communiquant avec la basilique et décorée d’une curieuse fresque : une jeune sainte, qu’une inscription nomme Petronella martyr, introduit dans le ciel une chrétienne appelée Veneranda (…). Petronella, que les textes nomment toujours Petronilla, était aussi vénérée dans la basilique souterraine que Nérée et Achillée, car les anciens guides des pèlerins associent son nom à celui des deux martyrs. Il ne subsiste malheureusement aucun témoignage des premiers siècles sur sainte Pétronille, et son histoire véritable est inconnue. Au VIème siècle, on lui créa une légende. L’auteur de ce petit roman, imaginant que le nom de Petronilla était un diminutif féminin de Petrus, fit de la jeune sainte une fille de saint Pierre. Un comte romain, nommé Flaccus, séduit par sa beauté, la demande en mariage ; mais la jeune fille, qui a fait voeu de se consacrer à Dieu, refuse de l’épouser. Le comte la menace de la faire mettre à mort comme chrétienne, si, au bout de trois jours, elle ne lui donne pas une réponse favorable. Pétronille prie et jeûne pour s’affermir dans sa résolution et, à la fin du troisième jour, Dieu voulant lui épargner le martyre, qu’elle a accepté dans son coeur, la rappelle à Lui. Le comte Flaccus ne peut qu’assister à ses funérailles.

Le Guerchin - Funérailles et apothéose de Sainte Pétronille

Le Guerchin : Funérailles et apothéose de Sainte Pétronille.

« Ce récit, où rien ne rappelle la Rome des Césars et l’âge des persécutions, fut tenu pour authentique. Pétronille fut désormais appelée la fille de saint Pierre, et on racontait aux pèlerins que l’inscription qu’ils lisaient sur son tombeau : Aureliae Petronillae filliae dulcissimae, avait été gravée par saint Pierre lui-même.

« Le sarcophage de sainte Pétronille resta dans les catacombes de Domitille jusqu’au VIIIème siècle, c’est alors qu’il en fut retiré et transporté à Saint-Pierre. Chose extraordinaire, le transfert des reliques de sainte Pétronille est associé à de grands événements de l’histoire de la papauté et de l’histoire de la France » (Rome et ses vieilles églises, Flammarion 1965 pp. 34-36).

* * * * * * *

2- Pourquoi Sainte Pétronille est-elle considérée comme l’une protectrice de la monarchie française?

Continuons la lecture d’Emile Mâle :

« En 753, le pape Etienne II était menacé par les Lombards. Leur roi, Astolphe, voulait achever la conquête de l’Italie centrale, s’emparer de Rome et en faire sa capitale. Le pape, convaincu qu’il n’avait rien à attendre de l’empereur d’Orient, franchit les Alpes et vint demander aide et protection à Pépin le Bref. Le roi envoya à sa rencontre son fils aîné, Charles, celui qui devait être Charlemagne, puis il l’accueillit lui-même avec le plus profond respect : on vit alors, pour la première fois, un souverain marcher, comme un écuyer, près du cheval du pape. Pépin lui promit son appui et il tint sa promesse. Il fit deux expéditions victorieuses en Italie et enleva à Astolphe une partie de ses conquêtes pour en faire hommage au pape. Afin d’assurer pour l’avenir l’indépendance de la papauté, il créa l’Etat pontifical, qui devait durer plus de mille ans.

« Une fresque du XVIème siècle, dans la Sala Regia, au Vatican, montre Pépin s’avançant en triomphateur : il est vêtu en empereur romain, mais il a sur le front la couronne fleurdelisée des rois de France. Devant lui Astolphe, couronné du cercle de fer des rois Lombards, marche dans l’attitude humiliée d’un vaincu. Un jeune guerrier porte sur un plateau une statuette d’or : ce sont les Etats de l’Eglise personnifiés que le vainqueur vient offrir au pape.

« Ainsi, au XVIème siècle, la papauté exprimait encore sa reconnaissance au roi des Francs, qui s’était fait le chevalier de l’Eglise. Elle la lui avait exprimée, dès le VIIIème siècle, d’une autre façon.

« Le pape Etienne II, étant à Saint-Denis, donna à Pépin le Bref, comme protectrice, sainte Pétronille, et il lui promit de transférer ses reliques des Catacombes où elles reposaient, dans une chapelle de Saint-Pierre, qui deviendrait celle des rois Francs.

« Ce choix de sainte Pétronille semble fort extraordinaire et les vieux chroniqueurs ne nous l’expliquent pas. Mais nous en devinons la raison. En défendant le pape, en lui donnant un royaume, Pépin le Bref devenait le fils de l’Eglise, le fils de saint Pierre. Dans une lettre qu’Etienne II lui avait envoyée et que saint Pierre lui-même était censé avoir écrite, il faisait dire à l’apôtre que Pépin et les deux jeunes princes, Charles et Carloman, étaient « ses fils adoptifs ». Il paraissait donc naturel que sainte Pétronille, fille de saint Pierre, devint la patronne des rois Francs, qui semblaient maintenant faire partie de sa famille. C’était une soeur qui protégeait ses frères.

« Le pape Etienne II mourut sans avoir pu tenir sa promesse, mais un des premiers actes de Paul Ier, son successeur, fut de transporter le sarcophage de sainte Pétronille à saint Pierre. Il ne fut pas placé dans l’église même, mais dans un monument voisin. Il y avait, sur la gauche de la basilique, deux mausolées, qui avaient été élevés pour servir de sépulture à la famille de Théodose ; ils étaient circulaires, comme les tombeaux d’Hadrien et d’Auguste, mais n’en avaient pas les dimensions colossales. La famille de Théodose, qui s’était promis de longues destinées, laissa ces deux monuments presque vides. L’un d’eux, cependant, avait reçu le tombeau de l’impératrice Marie, femme d’Honorius : c’est là que fut placé le sarcophage de sainte Pétronille. »

Emile Mâle – je ne puis tout recopier ici – détaille ensuite la façon dont les rois Francs et les pontifes embellirent et ornèrent cette chapelle, qui devint en quelque sorte le symbole de l’alliance de la papauté et de la monarchie franque.
Le culte de la martyre romaine se répandit en France. Nombre de femmes reçurent son prénom ou les formes qui en sont dérivées : Perrine, Pernelle, Perronelle…
Louis XI fit faire des prières spéciales à Sainte Pétronille quand le Dauphin fut gravement malade. Et lorsque celui-ci – reconnaissant de devoir la vie à l’antique protectrice des rois francs – fut devenu le roi Charles VIII et vint à Rome, il « toucha les écrouelles » et fit des guérisons, dans cette chapelle de Sainte Pétronille où il était venu rendre grâces.

Quelques années plus tard, le cardinal français Jean de Bilhères Lagraulas voulut orner la chapelle de Sainte Pétronille d’une statue de la Vierge de Pitié. Il en passa commande à un jeune sculpteur de 23 ans qui commençait à avoir quelque réputation : Michel-Angelo Buonarotti…
C’est ainsi que la fameuse Pietà de Michel-Ange vit le jour !
Toutefois ce chef d’oeuvre ne resta pas longtemps dans la chapelle des rois de France. : en 1544, elle fut détruite – comme l’ensemble de la basilique constantinienne et des bâtiments qui l’entouraient – pour permettre la construction de l’actuelle basilique vaticane.
Le nouveau Saint-Pierre accueillit la Piétà dans la première chapelle à droite de l’entrée et le sarcophage de Sainte Pétronille fut placé dans un autel qui lui fut consacré dans le bras septentrional du transept. Au dessus de l’autel, une mosaïque reproduit le tableau du Guerchin.

Basilique de Saint-Pierre au Vatican : autel des reliques de Sainte Pétronille

Basilique Saint-Pierre au Vatican :
autel contenant le sarcophage de Sainte Pétronille,
mosaïque reproduisant le tableau du Guerchin et lampe votive pour la France.

Cette chapelle de Sainte Pétronille perpétue le souvenir de l’antique alliance de la papauté et des Francs.
En 1889, Léon XIII fit suspendre en avant de l’autel une lampe dont la flamme ne doit jamais s’éteindre et dont l’inscription dédicatoire dit : « Elle semblera prier sans cesse pour la France ».
C’est à cet autel que, chaque année, à l’occasion de la fête de Sainte Pétronille, comme nous le disions au début, une messe est célébrée pour la France : tous les Français se trouvant à Rome y sont invités… Le gouvernement français y est officiellement représenté par le personnel de son ambassade près le Saint-Siège.

2010-22. Nous avons un Dauphin!

Armes de Monseigneur le Dauphin

Notre « Mesnil-Marie » est dans une allégresse incroyable en ce soir du 28 mai 2010.

Dès qu’il a appris la nouvelle j’ai vu Frère Maximilien-Marie verser des larmes d’émotion et de bonheur, puis se précipiter pour sonner la cloche à toute volée et allumer un cierge en action de grâces devant l’image de la Madone.

Nous avons appris la naissance des petits Princes Louis, duc de Bourgogne et Alphonse, duc de Berry, nés aujourd’hui à 15 h 33 et 15 h 38, heures de Paris ; ils sont les fils jumeaux du Prince Louis, Chef de la Maison de Bourbon, et de la Princesse Marie-Marguerite, qui – selon le bref communiqué officiel dont nous avons eu connaissance – se porte au mieux.

Nous avions prié et fait prier pour cette heureuse délivrance (cf. > www).

Les deux enfants royaux pèsent  respectivement 3,340 et 3,710 kilos et mesurent 51 et 52 centimètres.

Que Dieu bénisse la Famille Royale!

Par cette double naissance, Il semble assurer la pérennité du sang de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV.

Grandes armes de France

Que, par l’intercession de Notre-Dame de l’Assomption, de Sainte Jehanne d’Arc et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à la prière de Saint Michel, de Sainte Geneviève et de Sainte Clotilde, de Saint Remi et de Saint Martin, de Saint Louis et  de tous les Saints de France, Sa Main toute-puissante protège nos Princes et le Royaume des Lys en le ramenant dans la fidélité à sa vocation scellée dans la fontaine baptismale de Reims!

Lully.

On relira avec grand profit le « Discours sur la Vocation de la France » prononcé dans la chaire de Notre-Dame de Paris par le Cardinal Pacelli, futur Pie XII > ici.

2010-19. « Le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c’est notre sainte religion… »

8 mai…

Le 8 mai 1429, Sainte Jeanne d’Arc fit son entrée triomphale dans la ville d’Orléans dont elle avait fait lever le siège mené depuis plusieurs mois par les troupes anglaises.
Cette date marque le renouveau de l’espérance pour les peuples de la France envahie, humiliée, désemparée… Chaque année, les fêtes johanniques d’Orléans célèbrent le souvenir de ce haut fait et du retentissement qu’il eut par tout le Royaume.

Le 24 juin 1920 – quelques semaines après la canonisation de Jehanne (16 mai 1920) – à l’initiative de Joseph Fabre, une loi fut adoptée qui instituait le deuxième dimanche du mois de mai comme fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.
Aussi lorsque en 1922 le Pape Pie XI la déclara patronne de la France en second (expression qui est préférable à celle de « patronne secondaire ») - la patronne principale étant Notre-Dame de l’Assomption – , la fête liturgique de Sainte Jeanne d’Arc (le 30 mai) devint une fête qui, dans toute la France, se devait d’avoir une célébration reportée au dimanche. La solennité en fut alors naturellement fixée non pas au dimanche qui suivait le 30 mai, mais également au deuxième dimanche de mai pour la faire correspondre à la fête nationale.

Nous ne pouvons que déplorer et réprouver la manière dont, dans le calendrier liturgique réformé, la célébration de la fête de Sainte Jeanne d’Arc a été rétrogradée par les instances épiscopales françaises au mépris de toutes les règles liturgiques, pour des raisons qui semblent tout à fait idéologiques. Le tristement célèbre Pierre Cauchon, vendu à l’envahisseur et ennemi de la légitimité dynastique, aurait-il eu une descendance dans les évêques du XXème siècle ?

Pour marquer la célébration de la fête nationale et la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, je livre aujourd’hui à votre méditation ces lignes extraites de l’éloge de Jeanne d’Arc (elle n’était alors même pas béatifiée) prononcé dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans le 8 mai 1844 par Monseigneur Louis-Edouard Pie, qui n’était encore que vicaire général du diocèse de Chartres, et deviendrait quelques années plus tard évêque de Poitiers.

2010-19. « Le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c'est notre sainte religion... » dans Lectures & relectures lenepveujeannedarcausigedorlanscopie

« Souffrez qu’en face des autels, je proclame ces grands principes qui seront toujours compris en France : que c’est la justice qui élève les nations, et que c’est le péché qui les fait descendre dans l’abîme ; qu’il est une Providence sur les peuples, et qu’en particulier il est une Providence pour la France ; Providence qui ne lui a jamais manqué, et qui n’est jamais plus près de se manifester avec éclat que quand tout semble perdu et désespéré ; que le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c’est notre sainte religion catholique, et qu’un Français ne peut abdiquer sa foi sans répudier tout le passé, sans sacrifier tout l’avenir de son pays.

(…) Jehanne d’Arc est de Dieu ; elle est l’envoyée de Dieu ; elle n’a cessé de le dire. Et quel Français se sentirait le triste courage de nier le témoignage des paroles de Jehanne, si magnifiquement confirmé par le témoignage de ses oeuvres et par le témoignage de sa vie et de sa mort? Et cela pour ne pas vouloir reconnaître cette vérité si consolante, savoir : que Dieu aime la France et qu’au besoin il la sauve par des miracles.

« Prince de Bourgogne, écrivait Jehanne à l’ennemi de son Roi, je vous fais asçavoir de par le Roy du Ciel, pour votre bien et votre honneur, que vous ne gaignerez point bataille à l’encontre des loyaulx Françoys et tous ceux qui guerroyent contre le Roy Jhésus, Roy du Ciel et de tout le monde ; s’il vous plaît aguerroyer, allez sur le Sarrazin.« 

Vous l’entendez, Messieurs, le saint royaume de France, le royaume des loyaux Français, c’est le royaume de Dieu-même ; les ennemis de la France, ce sont les ennemis de Jésus. Oui, Dieu aime la France, parce que Dieu aime son Eglise, rapporte tout à son Eglise, à cette Eglise qui traverse les siècles, sauvant les âmes et recrutant les légions de l’éternité ; Dieu, dis-je, aime la France, parce qu’il aime son Eglise, et que la France, dans tous les temps, a beaucoup fait pour l’Eglise de Dieu. Et nous, Messieurs, si nous aimons notre pays, si nous aimons la France, et certes nous l’aimons tous, aimons notre Dieu, aimons notre foi, aimons l’Eglise notre Mère, la nourrice de nos pères et la nôtre.

Le Français, on vous le dira du couchant à l’aurore, son nom est CHRETIEN, son surnom CATHOLIQUE. C’est à ce titre que la France est grande parmi les nations ; c’est à ce prix que Dieu la protège, et qu’il la maintient heureuse et libre. Et si vous voulez savoir en un seul mot toute la philosophie de son histoire, la voici : « Et non fuit qui insultaret populo isti, nisi quando recessit a cultu Domini Dei sui : et il ne s’est trouvé personne qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné du Seigneur son Dieu » (Judith V, 17). »

blasonjdarc dans Memento

Voir aussi le discours du Cardinal Eugenio Pacelli sur la Vocation de la France, prononcé dans la chaire de Notre-Dame de Paris le 13 juillet 1937 > www.

Prière (pour neuvaine) et cantique en l’honneur de Sainte Jeanne d’Arc, ici > www.

2010-8. Deuxième centenaire de la mort d’Andreas Hofer, le « Chouan du Tyrol ».

20 février 1810 – 20 février 2010

En 1805, par le traité de Presbourg, consécutif aux défaites d’Ulm et d’Austerlitz, l’Autriche fut contrainte de céder le Tyrol au jeune royaume de Bavière, totalement soumis à la tyrannie napoléonienne.

Les anciens droits des Tyroliens furent alors annulés par les Bavarois, qui exigeaient – entre autres – que les jeunes gens effectuent un service militaire de six ans dans les armées de celui auquel on n’a pas sans raison donné le surnom d’ «ogre corse». Les coutumes des Tyroliens et leurs pratiques religieuses étaient menacées : en particulier les pèlerinages, les processions et les manifestations extérieures de la foi furent interdits.

Le mécontentement de cette population si fortement ancrée dans la religion catholique et si attachée à la Maison de Habsbourg alla croissant et entraina en 1809 un mouvement de résistance armée, comparable à celui qui avait soulevé les provinces de l’ouest de la France en 1793. La figure centrale en fut un habitant de la vallée du Passeiertal, au Tyrol du Sud, Andreas Hofer.

Destin hors du commun que celui de ce paysan-aubergiste, robuste père de famille, simple et pieux, dont la figure n’est pas sans rappeler celle de Jacques Cathelineau.

Andreas Hofer

Andreas Hofer, homme de foi et de détermination héroïque.

Devenu par nécessité régent du Tyrol au nom des Habsbourg, en entraînant ses montagnards au cri de « Pour Dieu, l’Empereur et la Patrie », Andreas Hofer a pris place parmi les plus grands héros de la résistance catholique contre l’impiété révolutionnaire, car Napoléon ne fut jamais rien d’autre que « la révolution couronnée ».

On doit à Jean Sévillia une magnifique biographie de ce « Chouan du Tyrol » : son livre raconte une épopée passionnante et révèle un personnage malheureusement encore trop méconnu en France.
Ce récit, clair et rigoureux, renverse le mythe officiel de la « France libératrice de l’Europe ».

2010-8. Deuxième centenaire de la mort d'Andreas Hofer, le

Les troupes franco-bavaroises du maréchal Lefèbvre et du prince Eugène de Beauharnais, sous-estimant totalement ces « péquenauds », subirent de cuisantes défaites. Elles étaient habituées à des combats ouverts sur les champs de bataille et furent déroutées par cette guérilla populaire. Les Tyroliens combattaient avec ce dont ils disposaient : fourches, faux, fusils de chasse… Leur courage était galvanisé par le soutien massif des religieux.

Par trois fois, le puissant ennemi se fit repousser de la province alpine, mais le destin du Tyrol se jouait bien loin de là, sur les champs de bataille européens et à la table des conférences de paix. A la fin de l’année 1809, alors que bien des insurgés avaient été tués, que des centaines de villages et de fermes avaient été réduits en cendre, que la famine et la misère régnaient sur le Tyrol, ces héroïques chouans durent rendre les armes. Andreas Hofer, trahi par un voisin, fut livré aux troupes françaises et emprisonné à Mantoue au début de l’année 1810.

Arrestation d'Andreas Hofer

Arrestation d’Andreas Hofer

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

On raconte que Napoléon donna l’ordre d’un « juste procès avant de le descendre » : ce trait est bien dans le style de ce dictateur – qu’on se souvienne de l’exécution du duc d’Enghien – même si plus tard il prétendra auprès de Metternich qu’Hofer avait été exécuté, contre sa décision. Andreas Hofer fut fusillé par les français le 20 février 1810

Des monuments honorent la mémoire d’Andreas Hofer aux quatre coins du Tyrol. L’un des plus importants se situe au Bergisel, proche d’Innsbruck, lieu d’une importante victoire.

Monument d'Andreas Hofer à Innsbruck (Bergisel)

En 1823, les restes d’Andreas Hofer furent ramenés à Innsbruck et reposent depuis lors, dans l’attente de la résurrection, dans « l’église de la Cour » (Hofkirche), parfois nommée l’église « des bonshommes noirs » ou des franciscains.

La mémoire d’Andreas Hofer fut honorée comme celle d’un martyr au Tyrol et en Autriche. Son nom devint une sorte de point de ralliement contre le pouvoir de Napoléon.
Le chant « Zu Mantua in Banden » (« Emprisonné à Mantoue ») qui retrace la mort du héros, est devenu l’hymne du Tyrol. La fête du Sacré-Coeur de Jésus, dont les résistants à Napoléon arboraient l’image sur la poitrine, est depuis lors la grande fête de cette province qui reconnaît en Andreas Hofer une sorte d’incarnation de ses sentiments de foi et de patriotisme.

Image de prévisualisation YouTube

Nous ne pouvions laisser passer le bicentenaire de l’exécution de ce héros catholique sans en faire mention ici.

Lully.

Armoiries du Tyrol

Armoiries du Tyrol

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 18 février, 2010 |8 Commentaires »

Prières pendant la grossesse de la Reine :

Le 25 novembre 2009, le Secrétariat en France de Monseigneur le Duc d’Anjou a confirmé par un communiqué officiel la rumeur selon laquelle la Princesse Marie-Marguerite est en attente d’un heureux évènement. L’accouchement de jumeaux est annoncé pour la fin du printemps 2010. Dans l’attente de cette naissance, nous publions un texte de prière pour obtenir à la Princesse Marie-Marguerite une grossesse sans problème et, s’il plait à Dieu, la naissance d’un Dauphin.

* * * * * * *

La Vierge Noire du Puy

Antiphona B.M.V. de Podio (1) :

Salve, Regina, Mater misericordiae. Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria!
V. Regina Aniciencis.
R. Ora pro nobis.
V. Domine, salvum fac Regem.
R. Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.
V. Deus, judicium tuum Regi da.
R. Et justitiam tuam filio Regis.
Oratio pro impetrando Delphino (2) :

Oremus : Deus, regnorum omnium regumque moderator, precibus nostris propitiatus intende, et da Christianissimo Regi nostro Ludovico filium secundum Cor tuum, ad Regni Francorum perenitatem et pacem. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

* * * * * * *

Antienne de N.D. du Puy (1):

Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut.
Vers vous, enfants d’Eve exilés, nous faisons monter nos cris.
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
De grâce donc, ô notre Avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux.
Et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
V. Reine du Puy.
R. Priez pour nous.
V. Seigneur, accordez le salut à notre Roi.
R. Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons.
V. Ô Dieu, donnez votre jugement au Roi.
R. Et votre justice au fils du Roi.
Oraison pour obtenir un Dauphin (2)

Prions : Ô Dieu qui êtes le gouverneur de tous les royaumes et de tous les rois, écoutez favorablement nos prières, et donnez à Louis, notre Roi Très-Chrétien, un fils selon votre Coeur, pour la pérennité et la paix du Royaume de France. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il!

* * * * * * *

(1) L’insigne basilique-cathédrale du Puy est l’un des plus antiques et des plus célèbres sanctuaire du royaume en l’honneur de la Vierge Marie, il est associé à toutes les supplications qui furent faites pour la paix et la prospérité de la France et aux pieds de la Vierge Noire, Notre-Dame du Puy, une vingtaine de nos Souverains vinrent jadis en pèlerins.

(2) Oraison tirée du propre du diocèse de Paris.

Lys de France

Publié dans:Prier avec nous, Vexilla Regis |on 25 novembre, 2009 |Commentaires fermés
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