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Prière pour l’Eglise et pour le Souverain Pontife par l’intercession du Bienheureux Pie IX.

Prière pour l'Eglise et pour le Souverain Pontife par l'intercession du Bienheureux Pie IX. dans De liturgia DSC09776-2-193x300

Le Bienheureux Pie IX assisté par Notre-Seigneur et Notre-Dame
maintient fermement le gouvernail de la barque de Pierre dans la tempête.

Ô mon Dieu, daignez recevoir favorablement dans le sein de votre infinie miséricorde, les prières que nous faisons monter vers Vous, par l’intercession de votre glorieux serviteur le Bienheureux Pape Pie IX, pour la Sainte Eglise et pour notre Saint Père le Pape.

Aujourd’hui encore, comme jadis sur le lac et comme tant de fois dans son histoire bimillénaire, la barque de Pierre, l’Eglise que Vous avez fondée, est assaillie par la tempête : les flots grondants du monde qui refuse l’obéissance aux lois divines, et les vents violents des révolutions humaines sont déchaînés ; l’esprit d’impiété et de révolte s’est répandu partout ; le manque de zèle et de ferveur s’est introduit jusque dans le sanctuaire…
Voyez, ô Seigneur, l’affliction de votre peuple : il n’est pas un pays, pas une société, pas une famille, pas un coeur dans lesquels votre règne de grâce et d’amour ne soit en proie à la contradiction, voire à la persécution, physique ou psychologique!

C’est en Vous seul, Dieu des victoires, que nous plaçons notre espérance : Vous qui avez promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient point contre votre Eglise et qui lui avez promis votre secourable présence jusqu’à la consommation des siècles!
Venez donc à notre aide et soutenez-nous, de la même façon que Vous avez assisté et rendu inébranlable le Bienheureux Pie IX dans les épreuves et les contradictions qui assaillirent l’Eglise sous son pontificat!

A la prière du vaillant et glorieux Pie IX, assistez d’une manière toute particulière notre Saint Père le Pape Benoît en ces temps de confusion, et ne lui ménagez pas vos grâces de force et de lumière, afin qu’il présente sans cesse à la face du monde le témoignage de la vraie foi et de la plus héroïque charité, dans une patience et un courage invincibles!

Nous le croyons fermement, Vous êtes et vous serez toujours, ô Dieu, notre refuge et notre force, notre aide en toute tribulation! Nous ne craindrons point si la terre est bouleversée et si les montagnes elles-mêmes sont ébranlées, si les flots mugissent et s’enflent et si des royaumes chancellent, car vous demeurerez avec nous, ô Seigneur des armées! (cf. Ps. XLV)

Ainsi soit-il!

Bienheureux Pie IX, priez pour l’Eglise du Christ!
Bienheureux Pie IX, soutenez et fortifiez notre Saint Père le Pape!
Bienheureux Pie IX, intercédez pour nous! 

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Bx-Pie-IX-237x300 Bienheureux Pie IX dans Intentions de priere

Portrait du Bienheureux Pie IX
soutenu par la figure allégorique de l’Eglise militante et par un Zouave Pontifical. 

Prière pour demander la glorification du Bx Pie IX et obtenir des grâces par son intercession > ici.

Prière pour la glorification du Bienheureux Pie IX et pour obtenir des grâces par son intercession.

7  février : fête du Bienheureux Pie IX.

Vous avez déjà pu vous en rendre compte en raison de nos publications relatives à l’épopée des Zouaves Pontificaux (cf. > ici, et > ici, encore > ici et > ici), au Mesnil-Marie nous avons une dévotion toute particulière envers le Bienheureux Pie IX.

Né le dimanche 13 mai 1792, à Senigallia (Marche d’Ancône), dans la famille des comtes Mastaï-Ferretti, le petit Jean-Marie fut baptisé et consacré à Notre-Dame de l’Espérance le jour même de sa naissance.
Ordonné prêtre en 1819, il est d’abord directeur spirituel d’un orphelinat, puis fait partie d’une mission diplomatique au Chili. Il est nommé archevêque de Spolète en 1827 (il a 35 ans), est transféré au siège d’Imola en 1832, puis est élevé au cardinalat en 1840.
A la mort de Grégoire XVI, le 16 juin 1846, il est élu deux-cent-soixantième successeur de Saint Pierre : il est âgé de 54 ans. Il prend le nom de Pie IX, en hommage au Pape Pie VII auquel il doit son sacerdoce.
Son Pontificat est le plus long de toute l’histoire de l’Eglise (31 ans, 7 mois et 22 jours). C’est aussi l’un des plus mouvementés (en raison des agitations politiques de cette époque) et des plus riches : Pie IX entretient des relations d’amitiés avec de nombreux saints et avec notre cher Comte de Chambord ; c’est sous son règne que la Très Sainte Vierge apparaît à La Salette, à Lourdes, à Pontmain et à Pellevoisin ; il convoque le 1er concile du Vatican, définit les dogmes de la Conception immaculée de Notre-Dame et de l’infaillibilité pontificale, béatifie la Visitandine Marguerite-Marie et étend la fête du Sacré-Coeur de Jésus à l’Eglise universelle, proclame Saint François de Sales docteur de l’Eglise, publie le fameux « Syllabus », et sous son Pontificat le catholicisme connaît une expansion et un renouveau prodigieux… etc.
Prisonnier dans la Cité Vaticane depuis le 20 septembre 1870, il s’éteint entouré de la vénération unanime des fidèles et de la haine des francs-maçons et des libéraux, le 7 février 1878 dans sa 86ème année.
Aussitôt, les miracles et les grâces obtenus par son intercession se multiplient, mais – en raison des oppositions politiques et de l’agitation des modernistes à l’intérieur de l’Eglise – il a fallu attendre le 3 septembre 2000 pour qu’il soit béatifié.

Son corps incorompu repose dans la basilique de Saint Laurent hors les murs, tout près du cimetière du Verano où reposent les Zouaves Pontificaux tombés pour la défense du Patrimoine de Saint Pierre (cf. photographie de Benoît XVI priant devant sa châsse > ici).

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Calotte du Bienheureux Pie IX conservée au Mesnil-Marie.

Coeur Sacré de Jésus, exaucez notre prière et daignez glorifier votre serviteur le Bienheureux Pie IX qui Vous a consacré l’Eglise universelle.

Pater noster.

O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous : exaucez notre prière et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamée Immaculée.

Ave Maria.

Saint Joseph, très chaste époux de la Vierge Marie, exaucez notre prière et glorifiez votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, qui vous a proclamé patron de l’Eglise universelle.

Gloria Patri.

Coeur Sacré de Jésus, Vierge immaculée – notre espérance – , saint Joseph, exaucez nos prières et veuillez glorifier votre serviteur, le Bienheureux Pie IX, en nous accordant par ses mérites et son intercession les grâces que nous sollicitons instamment (les nommer)

Pater noster – Ave Maria – Gloria Patri.

(prière traduite de l’italien, publiée avec l’approbation ecclésiastique)

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Reliques du Bienheureux Pie IX conservées au Mesnil-Marie :
1) plusieurs fragments de soutane ; 2) cheveux ; 3) parcelles de la chemise qu’il portait en mourant ;
4) fragments de la paillasse sur laquelle il est mort ; 5) parcelle de l’un de ses bas ;
6) morceau d’une manche (avec la date : 2 juillet 1867).

Prière pour l’Eglise en proie aux épreuves par l’intercession du Bienheureux Pie IX > ici.

2012-3. Du 6 janvier de l’an de grâce 2012 : Epiphanie, anniversaires et réflexions d’actualité.

2012-3. Du 6 janvier de l'an de grâce 2012 : Epiphanie, anniversaires et réflexions d'actualité. dans Chronique de Lully 12-bas-adoration-des-mages-tableau-14--200x300

Vitrail de l’adoration des Mages
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand format)

Vendredi soir 6 janvier 2012,
fête de l’Epiphanie de Notre-Seigneur.

I. Comment nous avons célébré l’Epiphanie :

Au Mesnil-Marie, nous aimons très spécialement la fête de l’Epiphanie : les textes liturgiques sont d’une extraordinaire richesse et les traditions populaires, nombreuses, lui apportent en outre un écrin de véritable magnificence et de joie (rappel : j’avais publié l’an dernier la recette pour confectionner un gâteau des rois selon la tradition du sud de la France, ici > www).

Notre Frère Maximilien-Marie avait, bien évidemment, prévu de se rendre à la Sainte Messe dans sa paroisse de rite latin traditionnel, mais après avoir mis plus de vingt minutes pour atteindre le village de Borée, à quelque huit kilomètres de notre Mesnil-Marie, il a dû rebrousser chemin…
En effet, il est tombé un peu de neige ce matin : après la pluie de la nuit et le gel du petit matin, la route était une véritable patinoire. Les services de l’équipement étaient bien passés sur la route qui relie notre hameau au village de Borée – on pouvait donc y circuler à condition d’être très prudent – , mais ils n’avaient pas continué au-delà de ce village pour ouvrir la voie qui traverse le Mézenc.
Très contrarié, notre Frère a donc fait demi-tour mais avant de reprendre la descente en lacets il s’est arrêté pour prendre une photo :

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Le Mont Gerbier de Joncs et le Suc de Sara vus de Borée ce 6 janvier 2012
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Bien sûr, il assistera à la Messe de l’Epiphanie dimanche prochain, puisque c’en sera la solennité reportée, mais il eût bien aimé le faire en ce jour qui est le vrai jour de la fête pour l’Eglise universelle.
A défaut de pouvoir assister réellement à la Sainte Messe, nous avons suivi (j’écris « nous » car je me suis mis sur les genoux de Frère Maximilien-Marie) la chapelle papale de l’Epiphanie, grâce à la TV Vaticane qui diffuse sur Internet.

C’était la Messe selon la « forme ordinaire du rite romain », mais nous avons pu apprécier la manière dont elle était célébrée, véritablement somptueuse : la richesse des chasubles romaines classiques et des dalmatiques, brodées d’or ; la mitre précieuse du Souverain Pontife ; les parements et l’agencement de l’autel (puisque les antependia sont à nouveau utilisés, que la Croix est revenue au centre de l’autel et que le septième chandelier a repris du service) ; la proclamation de la date de Pâques et des fêtes mobiles qui en dépendent par le diacre après le chant de l’Evangile (Noveritis, fratres cf. > www) ; la splendeur d’un calice ancien constellé de pierreries ; l’emploi du canon romain ; la manière de distribuer la Sainte Communion ; le retour des trompettes d’argent et du chant romain traditionnel ; le notable relèvement du chant polyphonique du choeur de la Sixtine (qui était tombé si bas sous les précédents pontificats)… etc.
En pensant à l’indigence et au misérabilisme de la plupart des cérémonies célébrées en France par les évêques, on comprend tout de suite ce que demande le Souverain Pontife lorsqu’il a écrit aux évêques du monde entier – en accompagnement du motu proprio Summorum Pontificum – que les deux formes du rite romain « peuvent s’enrichir réciproquement » : si pour l’ancien missel il évoque seulement la possibilité d’ajouter quelques préfaces et de nouveaux saints au calendrier, il insiste pour que dans la célébration selon le nouveau missel la sacralité soit « manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent »

1288327_3_9a98_celebration-de-l-epiphanie-au-vatican-300x202 Benoît XVI dans De liturgia

Pendant que nous étions à prier en union avec la cérémonie célébrée par le Saint-Père, à l’extérieur du Mesnil-Marie la neige tombait… à certains moments avec force.
Après la récitation de l’Angélus et l’annonce du consistoire du 18 février prochain au cours duquel seront créés vingt-deux nouveaux cardinaux (il n’y en aura pas de français), alors que Frère Maximilien-Marie préparait le déjeuner, le soleil a soudain brillé un moment et fait fondre la neige : au moment où je vous écris on ne l’aperçoit plus que sur les sommets qui nous entourent.

II. Les anniversaires de ce jour glorieux.

Outre la fête de l’Epiphanie, la date du 6 janvier est riche de plusieurs anniversaires que nous ne voulons jamais oublier : ainsi, nous nous souvenons de l’apparition miraculeuse de la Sainte Face de Notre-Seigneur sur le voile de Sainte Véronique, dans la basilique de Saint-Pierre au Vatican, le 6 janvier 1849 (j’en avais parlé en détail ici > www), nous faisons aussi mémoire de l’exécution de Maurice d’Elbée, le 6 janvier 1794, à Noirmoutiers (voir ici > www), et de la mort du général Hermann Kanzler (le 6 janvier 1888), qui exerça le commandement suprême sur l’armée pontificale et dont nous avons évoqué la figure en parlant de l’épopée des Zouaves Pontificaux (ici > www).
Mais cette année – bien entendu – nous célébrons aussi avec une profonde action de grâces le sixième centenaire de la naissance de Sainte Jeanne d’Arc (6 janvier 1412).

J’ai déjà consacré plusieurs publications à Sainte Jeanne d’Arc dans les pages de ce blogue (un extrait du panégyrique prononcé par le futur cardinal Pie, ici > www ; une prière pour la France et le cantique composé par le Père Doncoeur, ici > www ; des réflexions sur le fait qu’elle est la sainte de la légitimité dynastique, ici > www).
A l’occasion de ce sixième centenaire, il y a déjà eu quelques parutions intéressantes sur lesquelles je ne veux pas surenchérir – du moins aujourd’hui – , et je me contenterai de faire ici quelques réflexions périphériques…

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III. « Puisque les évêques ont des courages de filles, les filles doivent avoir des courages d’évêques ».

Cette phrase n’est pas de moi, elle fut écrite par Soeur Jacqueline de Sainte-Euphémie, qui était née Jacqueline Pascal, soeur du célèbre Blaise (duquel nous commémorerons le trois-cent-cinquantième anniversaire de la mort le 19 août prochain).

J’ai pris connaissance de cette citation grâce à une allusion dans l’une des publications faites par nos amis de Riposte Catholique. J’y ai beaucoup repensé depuis.
J’y pensais en méditant sur le témoignage si fort de Jeanne d’Arc, suscitée par Dieu pour défendre la foi en même temps que la patrie (cf. oraison de la sainte), quand des évêques se faisaient les serviteurs complaisants de l’occupant.
J’y pensais en réfléchissant à toutes les récentes et nombreuses occasions que nos évêques ont manquées d’être les énergiques défenseurs de la foi quand l’honneur du divin Sauveur a été bafoué.
J’y pensais particulièrement en parcourant un florilège de messages de voeux rédigés par les évêques de France à l’occasion de la nouvelle année : la plupart sont d’une insipidité sans nom, la langue de buis s’y étale dans toute sa consensuelle médiocrité ; un grand nombre sont rédigés dans ce lourd jargon du modernisme ecclésiastique qui n’a pas grand chose de commun avec la fluide beauté de notre langue française ; beaucoup donnent l’impression de ne pas croire au surnaturel tant ils semblent bornés à des vues terrestres ; le salut et la sanctification des âmes n’y sont quasi jamais évoqués…

La palme d’or du surréalisme épiscopal pourrait sans conteste revenir à celui qui a adressé à ses diocésains un message dans lequel le mot « Dieu » n’apparaît jamais et où le très saint Nom de Jésus – et a fortiori celui de Marie non plus – n’est pas cité (cf. Riposte Catholique, ici > www)… Ce qui fait écrire avec raison à Maximilien Bernard : « Pas une touche de catholicité, aucun terme spirituel, aucune mention de Notre-Seigneur ni de sa Sainte Mère. Est-ce là le propos d’un évêque catholique ou celui d’un païen ? »
Moi, j’ai envie d’ajouter que, de nos jours, lorsque certains évêques en France parlent de Dieu, on n’a plus la certitude qu’ils parlent du vrai Dieu, Dieu de la Révélation chrétienne, Dieu Trinité – selon la foi divine précisée par les conciles de Nicée, Constantinople, Ephèse et Chalcédoine – tant ils semblent plutôt prêcher le « dieu » abstrait et droits-de-l-hommesque des loges maçonniques! (cf. la B.D. intitulée « Concurrence », ici > www).

En tout cas, je constate que si certains politiques refusent la « Légion d’honneur » (cf. > www), et justement au nom d’une certaine forme de l’honneur, les mitrés français ne semblent pas avoir de cas de conscience, eux (cf. > www), à être décorés par une république maçonnique qui refuse de reconnaître le fait historique de l’héritage chrétien dans notre culture, dont les lois bafouent de plus en plus la loi naturelle (notamment en ce qui touche au respect de la vie), dont certains ministres ont insulté le Souverain Pontife et qui attente de manière récurrente aux droits et à la liberté de l’Eglise et des fidèles.
Je n’ai pu m’empêcher de penser au Saint Curé d’Ars refusant la « Légion d’honneur » qui lui avait été attribuée à son insu…

A l’heure où le Saint-Siège publie un certain nombre d’indications concernant cette « année de la foi » voulue par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI (cf. > www), qui désire ardemment voir toute l’Eglise se replonger dans une meilleure connaissance du contenu spécifique de la Révélation chrétienne et se renouveler dans une ardeur missionnaire conquérante, il importe que tous les humbles fidèles montrent un zèle chrétien et un courage spirituel d’autant plus ardents qu’ils semblent faire défauts à ceux qui devraient les promouvoir.

Lully.

fleurdelys2 courage dans Nos amis les Saints   fleurdelys2 Epiphanie dans Vexilla Regis   fleurdelys2 Jeanne d'Arc

L’an dernier, Lully a publié le récit d’une merveilleuse visite reçue au soir de l’Epiphanie > www.

2011-90. Du quinzième centenaire de la mort du Roi Clovis et d’une idée fausse qu’il convient de rectifier.

Mardi 29 novembre 2011,
785ème anniversaire du sacre de Saint Louis.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Aujourd’hui, je ne viens pas vers vous pour développer quelque question de spiritualité, mais pour vous livrer mes réflexions au sujet d’un anniversaire qui, sauf auprès de cercles relativement restreints de passionnés, d’historiens et de personnes qui aiment vraiment la France (*), n’a pas « fait la une » des informations de ce dernier dimanche : je veux parler du quinzième centenaire de la mort de celui que – après Dieu – l’on peut considérer comme le fondateur du Royaume de France, le roi Clovis 1er le Grand.

Clovis 1er

En tout premier lieu, je voudrais dire combien je suis scandalisé par le fait qu’il n’y a eu aucune célébration d’envergure nationale pour célébrer cet anniversaire. Il n’y a pas même eu un timbre poste à son effigie, si je ne m’abuse… et pourtant, quinze siècles ce n’est pas rien!

En évoquant avec tristesse ce singulier manquement à ce fameux « devoir de mémoire » dont on nous rebat pourtant régulièrement les oreilles, je ne peux faire autrement qu’ajouter ceci : tous les partis politiques et toutes les personnes qui prétendent au pouvoir, en nos temps malheureux, ont ici clairement manifesté
1) d’une part combien ils sont sans culture et
2) d’autre part à quel point ils s’occupent de tout autre chose que des véritables intérêts de la France!
En effet, peut-on aimer la France aujourd’hui si on ne s’inscrit pas dans une continuité, et si on est en rupture avec son histoire? Peut-on avoir une vision constructive pour l’avenir de la France et travailler à son véritable relèvement si l’on n’est pas profondément attaché à ses racines?

Je ne veux pas écrire ici l’histoire de Clovis : d’autres – plus qualifiés que moi – l’on déjà fait.

Je voudrais toutefois faire remarquer que lorsque Clovis, âgé de 15 ans, est élevé sur le pavois à la tête des Francs Saliens, il y a la Gaule romaine, livrée à l’anarchie, envahie, désorganisée, en crise, divisée entre peuplades germaniques rivales et population gallo-romaine souvent découragée ; en revanche, lorsque, 30 ans plus tard, ce même Clovis décède, on peut dire que la France est née.

Oh! Certes, il faut se garder d’une vision simpliste idéalisée et se préserver de toute simplification hâtive car il faudra encore de longs siècles de construction et d’harmonisation, de pacification et d’équilibrage, néanmoins, ce 27 novembre de l’an 511 quand Clovis rendit sont âme à Dieu tous les fondements de la France avaient été posés.

La France est née de la rencontre, de l’union, de l’alliance de deux éléments : la foi catholique et la royauté franque. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler (ici par exemple > www) et je ne m’y étendrai pas cette fois.

Grandes armes de France

Il y a un deuxième point sur lequel je voudrais insister ce soir : il convient de rectifier une idée fausse, qui est pourtant largement répandue, en particulier dans les affirmations de certains jeunes catholiques français, qui ont sans doute plus de « bons sentiments » que de rigueur et de véritable science.
Voici une citation que j’ai relevée il y a peu de temps : « …depuis le baptême de Clovis la France est devenue « la première nation chrétienne » et c’est en raison de cela que depuis lors elle a été appelée « fille aînée de l’Eglise ».

Si l’on veut être crédible, il faut dire des choses vraies et il convient aussi d’être rigoureux et précis dans la manière de les dire.
On n’a pas le droit de raconter n’importe quoi pour justifier ses convictions et ses engagements, même quand il s’agit de défendre des choses aussi sacrées que la foi chrétienne et la vocation – bien réelle – de notre France.

En effet, il est faux de prétendre que la France est la « première nation baptisée ». Pour le prouver, il suffit d’apporter quatre dates :

1) C’est en l’an 301 que le Roi d’Arménie Tiridate IV et tout son peuple embrassent la foi chrétienne à la suite de la prédication de Saint Grégoire l’Illuminateur. Le premier Etat qui devint officiellement chrétien, est le Royaume d’Arménie.

2) Esuite, entre 320 et 340, c’est l’Ethiopie (en ce temps-là on parlait plutôt d’Abyssinie) qui se convertit grâce à l’apostolat de Saint Frumence : le Roi Ezana fit du christianisme la religion d’Etat de son royaume.

3) Ce n’est qu’ensuite, en 380, que l’édit de Théodose 1er le Grand fit du christianisme la religion officielle de l’Empire Romain.

4) Le baptême de Clovis et la conversion de son peuple n’arrivent enfin qu’en quatrième position : en 496 selon la date couramment admise.

Il faut bien prendre conscience de cela et je le redis : la France n’est pas la première nation chrétienne de l’univers, mais le peuple Franc est le premier – parmi les peuples barbares qui ont mis fin à l’Empire Romain d’Occident – à avoir été baptisé dans la foi de Nicée (les autres peuples barbares étaient chrétiens avant les Francs mais ils professaient l’hérésie arienne).
Pendant ce temps là, l’Empire Romain d’Orient, dont la capitale était Byzance-Constantinople, demeurait l’héritier de l’Empire chrétien théodosien.

Je me propose, dans la continuité de ce que j’avais publié le 31 mai 2010 au sujet de Sainte Pétronille et de sa protection particulière sur la France (cf. > www) d’expliquer un jour dans ce blogue combien il faut être prudent et nuancé dans l’utilisation de l’expression « fille aînée de l’Eglise » au sujet de la France.

pattes de chatLully.                      

Voir aussi « L’expression « Fille aînée de l’Eglise » est-elle due à la France ? « , ici > www

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(*) Je signale en particulier le colloque intitulé « Clovis, aux origines de la France », qui fut organisé le samedi 26 novembre dernier, à Paris, par notre cher Institut de la Maison de Bourbon.

2011-83. Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Coeur.

Sermon de Monsieur l’Abbé Henri Vannier

à l’occasion de la Fête du Christ Roi
- dimanche 30 octobre 2011 -

Premier vendredi du mois, 4 novembre 2011.

Le premier vendredi du mois est, selon la demande adressée par Notre-Seigneur Lui-même à Sainte Marguerite-Marie, particulièrement dédié à honorer le Sacré-Coeur de Jésus.
Voilà pourquoi, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je livre aujourd’hui à votre lecture et à votre méditation le texte de la prédication faite par Monsieur l’Abbé Vannier – desservant de notre quasi paroisse selon le rite latin traditionnel -  à l’occasion de la Fête du Christ Roi, dimanche dernier.

Les illustrations qui accompagnent cette publication présentent la chasuble du Christ Roi que nous conservons en notre Mesnil-Marie, très beau travail de broderie et de ferveur réalisé par des religieuses.

Chasuble du Christ Roi (Mesnil-Marie)

Cette Fête du Christ Roi – fixée à la fin de l’année liturgique – conclut et récapitule la célébration des mystères de Jésus-Christ et de notre salut.
Après les mystères de Noël et de l’Epiphanie, le mystère pascal de la Passion et de la Résurrection, après la gloire de l’ascension, l’Eglise, instruite par l’Esprit-Saint, nous montre le Christ Roi : Roi du Ciel et de la terre, siégeant à la droite du Père et régnant ici-bas par la Croix victorieuse, source de justice et de paix.

Toute l’histoire de l’humanité apparaît comme un jour, le jour du Seigneur, autour de la venue du Christ, Soleil de lumière, de vie et d’amour.
Alors que le monde était plongé dans les ténèbres de la mort et attendait son Salut, Il est venu, Lui, le Verbe éternel et le Fils unique du Père, dissiper la nuit obscure du péché et de l’ignorance, et apporter aux hommes le don de l’héritage de la Patrie céleste.
Et si, avec le temps, le monde vieillit au point que la nuit semble tomber et envahir l’Eglise elle-même, l’espérance assure que le soleil couchant annonce à l’horizon un jour nouveau, celui du retour glorieux du Christ à la fin des temps, lorsque Il viendra juger les vivants et les morts, et introduire le peuple des élus dans l’éternité bienheureuse!

Au rythme des célébrations et des Messes, la sainte liturgie rassemble l’Eglise et fait avancer ses membres pas à pas, au-delà du cycle sacré de chaque année, vers le Royaume des Cieux, à la suite du Christ Roi.

ange brodé sur le devant de la chasuble

Le Christ est donc Roi?

Assurément!
Par nature, il est le Verbe par qui tout a été fait ; par conquête, Il est le Sauveur du genre humain attirant tout à Lui du haut de la Croix.
Le Christ est Roi à double titre : en tant que Créateur et en tant que Rédempteur, ayant restauré la création et relevé l’humanité jusqu’à la dignité la plus haute.

Sans Sa grâce, en dehors de Lui, la nature, l’univers et, bien sûr, toute l’humanité se condamneraient à s’autodétruire.

Tout Lui appartient, même le temporel, le profane et la sphère privée. Rien ne peut échapper à l’influence de Sa grâce. C’est une Royauté universelle.

Le Christ est le Roi des nations parce qu’il n’y a de salut – mais aussi de justice, de paix, de prospérité, de liberté et de fraternité entre les hommes – que dans la mesure où les nations reconnaissent Ses droits en tant qu’Auteur de la nature et Rédempteur du genre humain.
Il est le Roi des rois en ce sens que les gouvernements doivent se soumettre à Sa Royauté universelle, à laquelle ils participent et de laquelle ils reçoivent leur pouvoir et leur légitimité : César doit rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu!

détail de l'ange brodé dans le dos

Cependant, si la Royauté du Christ est universelle, elle n’est pas immédiatement et directement temporelle : c’est une Royauté spirituelle et surnaturelle qui inonde le monde de la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, grâce descendue du Ciel qui oriente tout le domaine temporel vers l’éternité de son destin.

Le Christ respecte l’ordre naturel dont Il est l’Auteur : Il rend à César ce qui appartient à César.
Mais tout – le politique, le social, l’économie, le domestique, la technique et l’art -, tout est au service du bien et du salut des hommes que Jésus est venu apporter au monde.
Royauté universelle : tout est par Lui mais aussi pour Lui!

Certes – hélas! – l’histoire de l’humanité, dominée toujours par la victoire du Christ, est cependant marquée par l’infidélité, l’apostasie voire la révolte : lorsque le Peuple de Dieu proteste qu’il n’a pas d’autre roi que César, lorsque une république révolutionnaire proclame des droits de l’homme sans Dieu, lorsque l’on déclare que la loi civile de l’Etat arbitraire est au-dessus de la loi divine, mais aussi lorsque des hommes d’Eglise laissent entendre que l’on peut se sauver sans le Christ et lorsque, depuis Rome et Assise, on prétend que la paix peut se répandre dans le monde sans proférer la moindre allusion à Jésus-Christ, Prince de la Paix!

Ils L’ont découronné!
Ou pire, ils L’ont couronné d’épines!

Détail de la chasuble du Christ Roi : couronne

En conséquence, ce n’est pas seulement l’heure de la grande apostasie, mais c’est aussi fatalement l’heure de la révolte et du refus le plus funeste : le monde ne veut ni du Christ, ni du Salut que Celui-ci propose avec tant d’amour et de miséricorde. Jésus crucifié!

Mais – et c’est le sens de l’histoire – le Christ règne par la Croix ; Il construit Ses victoires et relève l’humanité pécheresse à partir des péchés et des prétentions des hommes.

Dieu ne peut permettre non seulement que les élus eux-mêmes se perdent, mais que les hommes puissent perdre en eux toute étincelle d’espoir et de vie.

Le monde d’aujourd’hui court à sa perte, les gens ont peur de l’avenir, ils ne savent plus à quoi se raccrocher, ils désespèrent.
On n’a jamais autant parlé de liberté, de paix, de démocratie… et voyons quel constat s’impose de plus en plus à tous!

Le Christ à pitié de cette foule.
S’Il veut régner, c’est par la vertu de Son Sacré-Coeur!

motif central

Le Christ Roi n’est ni un dictateur ni un démagogue, profitant de la faiblesse des hommes et flattant leurs passions.
Le Christ ne recherche pas Sa propre gloire. Sa Royauté n’est pas domination : c’est une Royauté d’Amour!
Ce qu’Il veut, c’est le bonheur des hommes.
Il a conquis Son Royaume en portant sur Lui les péchés du monde et Il connaît le pécheur par la tendresse de Son Coeur.

Qui a le mieux chanté la victoire du Christ Roi, sinon la sainte Vierge, proclamant les grandeurs et la puissance de son Fils?
« Fecit potentiam in brachio Suo, dispersit superbos mente cordis sui. Deposuit potentes de sede : Il a déployé la force de Son bras, Il a dispersé les hommes orgueilleux ; Il a renversé les puissants de leurs trônes! »

C’est à la Messe que l’Eglise célèbre par excellence la Roayuté du Christ, et nous la communique : en nous et autour de nous, dans nos familles et nos communautés.
Il y a les chants du Gloria et du Credo, les lectures – Epître et Evangile qui proclament la Parole du Roi -, et bien sûr le renouvellement du Sacrifice : « Il est digne, l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur ; à Lui la gloire et l’empire pour les siècles des siècles! » (
introït de cette fête) ; puis le chant solennel du Pater – « Que Votre Règne arrive! » car il appartiendra à Jésus de remettre Son Royaume entre les mains de Son Père, principe de toute autorité et de tout don -; enfin, à la Communion, le Corps du Christ fait partager à Ses fidèles Ses prérogatives royales : avec le Christ, les chrétiens unis au Christ participent à Ses mystères pour faire des élus un peuple de rois et de saints : ce que nous contemplerons à la Toussaint.

détail du motif central, le Sacré-Coeur

On peut lire – ou relire – aussi sur ce blogue :
- « De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus », ici > www.
- L’Acte de consécration au Sacré-Coeur qui doit être publiquement récité à l’occasion de cette fête > www.

2011-77. In memoriam : le Général Athanase de Charette.

La date du 9 octobre est riche en anniversaire : c’est au premier chef la fête de Saint Denys, premier évêque de Paris et c’est également le dies natalis du vénérable Pie XII, dont nous attendons avec une certaine impatience la béatification (cf. > ici).
A ces grandes commémorations, il convient d’ajouter l’anniversaire de la mort d’un grand héros chrétien : le général baron Charles Marie Athanase de Charette de La Contrie, qui rendit son âme à Dieu le 9 octobre 1911.

Tous nos amis savent combien nous sommes attachés aux Zouaves Pontificaux, dont nous avons déjà publié dans ce blog un résumé de l’épopée depuis leur création jusqu’à la prise de Rome (voir ici et > ici) ; ils savent également de quelle manière nous nous efforçons de mieux faire connaître et pratiquer la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus ; ils  n’ignorent pas non plus à quel point nous cherchons à informer des desseins particuliers du Coeur de Jésus concernant la France…

Tous ces éléments font que nous ne pouvons bien évidemment pas laisser passer ce centenaire sans publier l’éloge d’Athanase de Charette.

Par son père, il était le petit-neveu du chevalier François-Athanase de Charette de La Contrie, le fameux généralissime vendéen ; par sa mère, il était petit fils du duc de Berry et donc arrière-petit-fils du Roi Charles X.
En exil avec sa famille, il est élève à l’académie militaire de Turin de 1842 à 1846 ; en 1852, il est sous-lieutenant au service du duc de Modène dont il devient officier d’ordonnance de 1856 à 1859 ; à cette date il démissionne pour ne pas avoir à combattre contre les troupes françaises engagées en Italie.
En mai 1860, il rejoint l’armée pontificale, devient capitaine du corps des volontaires franco-belges et il est blessé à Castelfidardo.
Figure emblématique du corps des Zouaves Pontificaux, il est lieutenant-colonel en 1867 et s’illustre de manière particulière à Mentana.
Après la prise de Rome, il embarque pour Marseille et organise les Zouaves Pontificaux rebaptisés Volontaires de l’Ouest pour lutter au côté des troupes françaises régulières contre le rouleau compresseur prussien qui écrase la France. C’est alors qu’a lieu le célèbre épisode de Loigny (dont nous reparlerons).
Général de brigade en janvier 1871, il est en Bretagne en train d’organiser un bataillon de mobiles quand il apprend la signature de l’armistice.

Pendant les quarante années qui lui restent à vivre, il sera le principal animateur du groupe français des survivants des Zouaves Pontificaux et sera présent à de très nombreuses manifestations catholiques, la plupart du temps apportant avec lui la bannière de Loigny.

Nous ne pouvions faire mieux que de donner ici la parole au lieutenant-colonel Armel de Charette, son descendant, qui nous honore de son amitié et que nous remercions chaleureusement de sa contribution.

Frère Maximilien-Marie.

Athanase de Charette

Eloge

du Général Athanase de Charette

commandant le régiment
des Zouaves Pontificaux et Volontaires de l’Ouest

par son descendant
le lieutenant-colonel Armel de Charette

(d’après le n°502 de l’Avant Garde – du 15 octobre 1911 – bulletin bi-mensuel des Zouaves Pontificaux)

Armoiries de la famille de Charette

Nous sommes le 9 octobre 1911, à 12h 58 le général de Charette vient de rendre sa belle âme à Dieu, à l’âge de 79 ans. C’est une perte irréparable pour le régiment des Zouaves Pontificaux.

Nous ne ferons qu’esquisser aujourd’hui la carrière du soldat : elle est connue du monde entier. Depuis Castelfidardo jusqu’à Loigny, c’est une série ininterrompue d’exploits, dignes des paladins du Moyen-Age.

En 1860, à Castefidardo, c’est le jeune et brillant capitaine qui pousse l’héroïsme à son plus haut degré, heureux de faire ses premières armes, fier de verser son sang pour la plus noble des causes : le pouvoir temporel du Saint Père.
En 1867, à Mentana, c’est le vaillant colonel, audacieux entraineur d’hommes, qui, au moment psychologique, sait d’un mot électriser ses compagnons d’armes et les lancer dans la mêlée.
En 1870, pendant l’invasion italienne des Etats Pontificaux, c’est le chef prudent et avisé qui exécute une retraite difficile, au milieu de tout un corps d’armée ennemi.
Le 2 décembre 1870, à Loigny,  c’est toujours le chef qui commande et qui, froidement, accepte le sacrifice lorsque le salut de l’armée l’exige.
Pendant l’armistice de 1871, c’est le général qui sait organiser une division de 15 000 combattants et façonner les hommes à son image.

La dernière période de la vie du général de Charette est moins connue; ce fut – du moins pour le public – une période d’inaction qui dura quarante ans, tout entière faite d’abnégation, de sacrifices, de déceptions et de souffrances.
Aux élections législatives, le général de Charette est nommé député de Marseille ; il refuse ce mandat, ne se sentant aucun goût pour le parlementarisme.
Au mois d’août 1871, M. Thiers lui offre le grade de général de division dans l’armée française ; il refuse « ce qu’il appelait la plus belle des récompenses et le plus grand honneur qu’il put ambitionner » ; il veut rester à la disposition du Pape, à la disposition du comte de Chambord qui incarnait pour lui la Patrie.
Pendant douze ans, il est prêt pour l’action, il attend l’heure de Dieu. Hélas! cette période se termine par une amère déception : le comte de Chambord meurt et avec lui ses projets de restauration.
Charette suivra la même tradition avec le duc d’Orléans et ne perdra pas une occasion pour affirmer sa foi monarchique.

La cause du Pape n’en restera pas moins la première de ses préoccupations et, pendant quarante ans, il continue sa croisade à travers le monde. Il parcourt la France, la Belgique, la Hollande, le Canada, groupe ses anciens soldats et leur fait part de son inaltérable espérance. Il veut maintenir les traditions du régiment et les léguer à nos enfants.
Il faut avoir été témoin de ces réunions plénières pour comprendre l’enthousiasme qui animait ceux qui avaient répondu à l’appel, et la communauté de sentiments qui existait entre le chef et les soldats.
Presque chaque année, le général de Charette se rendait à Rome pour rappeler au Souverain Pontife qu’il était avant tout le serviteur de l’Eglise et pour lui rendre un témoignage de soumission, de fidélité et de dévouement.
Léon XIII et Pie X accueillaient avec joie et bonté l’ancien commandant des Zouaves Pontificaux.

Mais ce qui caractérisait surtout le général de Charette, c’était son grand esprit de foi ; il fut le soldat catholique dans toute la force du terme ; il fut le fervent soldat du Sacré-Coeur.
Dans un siècle d’indifférence et d’irréligion, il avait compris qu’il devait, comme soldat, affirmer publiquement sa foi et rendre à Dieu un solennel hommage.
Le grand Charette, son grand oncle, avait donné aux paysans de la Vendée l’image du Sacré-Coeur, image placée sur leurs poitrines pendant la guerre de 1793 ; le général de Charette voulut faire une manifestation analogue sur le champ de bataille de Loigny, en arborant la bannière du Sacré-Coeur.
On se rappelle que cette précieuse bannière, teinte du sang de plusieurs de nos camarades, lui arriva providentiellement, pour ainsi dire par la main des anges.
Après la guerre, il consacra son régiment au Sacré-Coeur et fit le serment de propager sa dévotion.

Il continua plus tard de marcher dans cette voie, en participant à l’érection de la basilique de Montmartre ; il fut l’un des membres les plus assidus du Comité du Voeu National.
Le 19 juin 1875, à la pose de la première pierre de la Basilique, Charette et sa bannière étaient là.
Le 17 octobre 1899, à la plantation de la croix monumentale qui domine le dôme central de la Basilique du Sacré-Coeur, Charette et sa bannière étaient là, tout là-haut, sur la dernière plate-forme.

Le plan du général de Charette éclate aux yeux de tous ; dans sa sphère et dans la mesure de ses forces, il avait le désir de réaliser les demandes du Divin Maître à Sainte Marguerite-Marie : l’image du Sacré-Coeur sur le drapeau de la France, l’érection d’un temple national sur les collines de Paris, Gallia poenitens et devota : la France pénitente et dévouée (inscription du frontispice de la Basilique).

Notre bon général était un fervent chrétien dans tous les actes de sa vie : il était servant de Messe le plus souvent possible ; il participait avec ferveur aux adorations nocturnes du Saint-Sacrement ; il récitait son chapelet plusieurs fois par jour.
Un souvenir de quelques mois à peine : nous étions à la Basse-Motte, midi sonne, le général s’élance vers la chapelle de la commanderie, sonne la cloche et récite l’angélus.
Sa vie a été pour nous tous un exemple continuel.

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Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 8 octobre, 2011 |2 Commentaires »

2011-74. In memoriam : Monsieur l’Abbé Jean Carmignac (1914-1986).

Vendredi 30 septembre 2011, fête de Saint Jérôme.

Saint Jérôme étudiant les Saintes Ecritures

Je veux profiter de la fête de Saint Jérôme, le « Prince de l’exégèse chez les latins », pour publier simultanément trois textes importants, par leur longueur autant que par leur contenu, qui ont un rapport certain aux Saintes Ecritures et qui, une fois de plus, risquent de ne pas plaire à certains, j’en ai bien conscience.

Saint Jérôme demeure un modèle pour tous les fidèles en raison du zèle avec lequel il s’est nourri spirituellement de la Bible, dont il a cherché à vivre les enseignements avec toute l’ardeur d’un très riche tempérament ; il est aussi un modèle pour tous les savants, biblistes, chercheurs, traducteurs, exégètes et commentateurs de la Sainte Ecriture, en raison de la rigueur scientifique conjuguée avec une stricte fidélité aux enseignements de l’Eglise, dont il fit montre dans ses travaux.

Ce n’est cependant pas de Saint Jérôme que je veux vous entretenir, mais de l’un de ses plus éminents continuateurs et modernes émules, dont ce 2 octobre 2011 marque le 25ème anniversaire du rappel à Dieu : je veux parler de Monsieur l’abbé Jean Carmignac.

Parmi les très grandes grâces que la divine Providence a accordées à Frère Maximilien-Marie, il y a eu celle d’avoir un peu connu et approché Monsieur l’abbé Carmignac, dont il parle toujours avec vénération et admiration parce qu’il fut tout à la fois un très grand savant et un homme d’une très haute spiritualité.
Il est donc impossible de laisser passer ce 25ème anniversaire sans rappeler qui il fut et ce que furent ses travaux, ce qui – inévitablement – nous portera à dire un mot des polémiques qu’ils ont suscitées.

Je vais pour cela reprendre ici des éléments qui ont été déjà publiés, en particulier sur le site de notre chère Association Jean Carmignac, qui a pour but de faire connaître l’oeuvre spirituelle et scientifique de ce prêtre et, à sa suite, celle de tous les chercheurs qui défendent comme lui l’historicité des Evangiles, en s’appuyant sur des arguments incontestables émanant de sciences telles que l’histoire, la philologie, l’archéologie, la papyrologie… etc.

Qui   est   l’abbé   Jean   Carmignac ?

Monsieur l'Abbé Jean Carmignac

Il naquit à Paris, le vendredi 7 août 1914, et y passa sa petite enfance, mais en juillet 1919 ses parents s’installèrent en Lorraine, dont Madame Carmignac était originaire, et le petit Jean grandit donc à Marey, village situé à quelque vingt kilomètres au sud de Vittel. L’abbé dira lui-même à propos de cette enfance en milieu rural : « Je me sens profondément ‘paysan’ et j’ai si bien pris l’accent des Vosges que je le garde toujours, paraît-il ».

A l’âge de 12 ans, son attrait pour le sacerdoce est déjà mur et sa décision irrévocable : « Très jeune j’ai voulu consacrer ma vie à quelque chose d’utile et j’ai bien vite compris que rien ne serait plus utile que de devenir prêtre et de travailler au salut des âmes ».
Après avoir triomphé de l’opposition de son père (qui avait duré quatre ans), il entre au petit séminaire de Mattaincourt (1925-1931), puis au grand séminaire de Saint-Dié (1931-1934).
Ses maîtres sont frappés par sa vive et brillante intelligence, par son goût des études en même temps que par sa foi profonde, si bien que, pour répondre au désir que Pie XI avait exprimé à l’évêque de Saint-Dié d’avoir un étudiant de son diocèse à Rome, c’est lui qui fut désigné pour le Séminaire Français Pontifical. Il y resta de 1934 à 1939 et obtint des licences en théologie et en Ecriture Sainte. C’est aussi à Rome qu’il commença l’étude de l’Hébreu biblique.
Mais bien évidemment Rome n’est pas seulement pour lui un lieu d’études supérieures. Il dira de ces années : « …. (ce) fut un  enchantement à la fois intellectuel et spirituel : l’Italie m’a beaucoup marqué et j’ai laissé à Rome la moitié de mon coeur« .

Il avait été ordonné sous-diacre à Saint-Dié le 11 octobre 1936, diacre à Rome le 19 décembre 1936 et prêtre le samedi saint 27 mars 1937, dans la chapelle du grand séminaire de Saint-Dié.
Il achève ses études à Rome alors que la guerre va éclater. Toutefois l’abbé Carmignac n’est pas mobilisé, parce qu’il est atteint de lésions pulmonaires.

Il est d’abord nommé professeur d’Ecriture Sainte et de Morale Fondamentale au grand séminaire de Saint-Dié, où il crée aussi un cours d’Hébreu.
Bientôt, parce que beaucoup de prêtres professeurs sont au front ou en camps de prisonniers, on lui ajoute l’économat. Il lui faut trouver de quoi nourrir quotidiennement 175 personnes, en période de rationnements : « De nuit j’allais avec une camionnette à gazogène, souvent en panne, chercher du ravitaillement dans les régions agricoles et le jour je faisais mon travail de professeur ».

Mais au bout de quelques mois à ce rythme, il est terrassé par la tuberculose. En juillet 1943 il doit partir au sanatorium du clergé, à Thorenc, où il subit deux pneumothorax.
C’est, peut-on dire, « grâce à la tuberculose » qu’il échappe à la déportation, puisqu’en novembre 1944 les Nazis envoient tous les hommes de la région de Saint-Dié à Dachau.

L’abbé Carmignac quitte le sana de Thorenc en juin 1945 et il est nommé aumônier d’un petit hôpital, ce qui lui laisse d’amples loisirs pour approfondir ses études hébraïques de l’Ancien Testament.
Il est ensuite aumônier militaire dans des hôpitaux en Allemagne (mais sa santé y pâtit du climat), puis à nouveau aumônier d’un petit hôpital près de Saint-Dié.

Son évêque lui propose alors de poser sa candidature pour une bourse à l’Ecole Biblique et Archéologique française de Jérusalem : l’ayant obtenue, il part en septembre 1954 pour la Terre Sainte.
Chez lui, le prêtre et le savant coexistent dans une très grande harmonie. Jérusalem est pour lui avant tout le lieu où Jésus a accompli la rédemption en souffrant pour nous par amour : « Chaque matin je célébrais la Messe au Lithostrotos, là où Jésus a été condamné par Pilate ; le vendredi je participais au chemin de la croix dans les rues de la ville ; souvent je pouvais aller prier à Gethsémani ou au Calvaire ».

« Ma bourse comportait l’obligation de rédiger un travail pour l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. J’ai choisi l’étude du déchiffrement d’un manuscrit de la Mer Morte, et cela m’a amené à me spécialiser dans les fameuses découvertes faites à Qumrân, près de la Mer Morte. Quand j’ai quitté Jérusalem, en avril 1956, j’avais terminé la rédaction de l’ouvrage qui a été publié en 1958 chez Letouzey et Ané sous le titre : « La Règle de la Guerre des Fils de Lumière contre les Fils de Ténèbres. Texte restauré, traduit, commenté ».
A mon retour en France, mon évêque a jugé qu’il valait mieux que je continue dans cette ligne et il m’a conseillé de demander un poste de vicaire auxiliaire à la paroisse Saint-Sulpice (…). Ainsi j’avais la chance de partager mon temps entre deux activités qui me passionnaient l’une et l’autre : le ministère paroissial, surtout par la confession et la direction de conscience, me fournissait l’occasion d’aider les âmes dans leur vie spirituelle, et les recherches hébraïques me faisaient mieux découvrir l’ambiance religieuse dans laquelle ont été composés nos Evangiles »
.

Devenu l’un des plus grands experts mondiaux de l’hébreu qumrânien, l’hébreu du temps du Christ, il fonde en 1958 la « Revue de Qumrân« , seule revue au monde consacrée à ce sujet.
Tout en restant très attentif à son ministère sacerdotal (ses qualités de confesseur et de directeur spirituel ont laissé des souvenirs particulièrement riches et durables), il poursuit ses recherches et ses traductions. C’est ainsi que sont publiés chez Letouzey et Ané, en 1961 et 1964, les deux volumes des « Textes de Qumrân traduits et annotés ».

C’est peu après que l’existence de l’abbé Carmignac va connaître un tournant dramatique : « (…) ma vie a été bouleversée par un évènement dont vous aurez peut-être du mal à comprendre l’importance. Quand j’ai appris qu’une nouvelle traduction française du « Notre Père » allait contenir la formule « ne nous soumets pas à la tentation », j’ai été indigné, d’abord parce que cette traduction est fausse, et surtout parce qu’elle constitue un outrage à Dieu, qui n’a jamais soumis personne à la tentation. J’ai donc protesté auprès des autorités responsables de cette erreur, mais je n’ai pas réussi à les faire modifier cette regrettable traduction. Persuadé que la vérité finit toujours par s’imposer, je me suis mis à préparer une thèse de doctorat sur le « Notre Père ». Je l’ai soutenue le 29 janvier 1969 et elle est parue en juillet de la même année avec le titre : « Recherches sur le Notre Père » (Letouzey et Ané); c’est un gros volume de 608 pages, qui pèse plus d’un kilo! Plus tard je l’ai abrégé en un petit volume de vulgarisation : « A l’écoute du Notre Père« .

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« Bien entendu, cette opposition, que ma conscience m’imposait à la fois par loyauté scientifique et par respect de Dieu, n’a pas été appréciée par les autorités ecclésiastiques et j’ai dû quitter mon poste à Saint-Sulpice pour me réfugier à la paroisse Saint-Louis d’Antin, puis en 1967 à la paroisse Saint-François de Sales… »

L’abbé Carmignac va donc rester à Saint François de Sales jusqu’à la fin de sa vie, de plus en plus écarté du ministère : en 1981, il confiait à Frère Maximilien-Marie qu’on ne lui laissait plus célébrer que la messe de 7h du matin – messe au cours de laquelle il n’utilisa jamais la traduction fautive et blasphématoire du Notre Père, puisqu’il la célébrait en latin! – et que son curé ne lui permettait pas de prêcher aux messes dominicales (sauf en période de vacances quand les autres vicaires étaient absents), ni de faire le catéchisme… Il peut continuer son ministère de confession et de direction spirituelle (parce que les autres prêtres n’en veulent pas) et emploie tout le reste de son temps à ses recherches bibliques.

L’opposition à son encontre prendra même la tournure d’une véritable persécution (par ses confrères!) et retardera pour un temps ses publications scientifiques, lorsque on commencera à apprendre que ses travaux exégétiques sur les sémitismes attestent l’origine hébraïque des Evangiles ainsi qu’une datation proche des événements qu’ils relatent.
En 1979 il publie « Mirage de l’Eschatologie, Royauté, Règne et Royaume de Dieu… sans Eschatologie« , où il dénonce la grave et fréquente confusion entre les notions de « fin des Temps » et de « Royaume de Dieu », livre fondamental pour la compréhension du Nouveau Testament et de l’Apocalypse en particulier.

Travaillant pendant plus de vingt ans à accumuler tout le matériel nécessaire à une publication scientifique capable de convaincre ses pairs du substrat hébraïque des Evangiles, il collationne à travers toute l’Europe plus de quatre-vingt rétroversions des Evangiles en Hébreu et, tout en publiant cinq tomes de ces rétroversions entre 1982 et 1985, il réalise la première rétroversion en hébreu qumrânien de l’Evangile selon Saint Marc, travail très important pour la confirmation de ses hypothèses.

Mais voyant courir le temps encore nécessaire pour achever l’ouvrage scientifique décisif qu’il préparait sur les sémitismes – dont, répétons-le, découle sa conviction de savant de l’origine hébraïque des Evangiles et de leur datation proche des événements relatés – il se décida en 1984 à publier l’essentiel de ses conclusions dans le livre « La Naissance des Evangiles synoptiques« , dont les rééditions postérieures comportent ses réponses, point par point, aux virulentes critiques dont ce livre fut l’objet.

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Atteint d’une grave bronchite, il meurt dans la solitude le 2 octobre 1986, à Paris.

Monsieur l’abbé Carmignac laissait de très abondantes notes et études, et même le manuscrit d’un ouvrage quasi prêt pour la publication.

Quelques lignes rédigées d’une écriture tremblante sur une enveloppe à l’hôpital désignaient un exécuteur testamentaire et demandaient que l’ensemble de ses papiers soit déposé à l’Institut Catholique de Paris afin d’y créer un fond d’études et de recherches dans la continuité de ses propres travaux.

Nous connaissons, par le témoignage direct de la personne qui prépara les cartons de documents dans l’appartement de l’abbé après sa mort, l’importance de ce qui fut envoyé aux archives de l’Institut Catholique… mais nous sommes bien forcés de dire aussi que les dernières volontés de l’abbé ne furent pas respectées :
- pendant des années, les personnes qui demandèrent à avoir accès au « fond Carmignac » se heurtèrent à une fin de non recevoir (et aujourd’hui encore il faut faire face à une soupçonneuse inquisition pour obtenir de parcimonieuses autorisations de consultation);
- un éditeur polonais, qui avait reçu de l’abbé les droits pour la publication  de son étude sur le Benedictus et le Magnificat, finit, quelque quinze ans après la mort de l’abbé, par obtenir le manuscrit mais ce fut bien autre chose pour la parution en langue française ;
- tout porte à penser (mais ce jugement n’engage que moi) que l’abbé Pierre Grelot (1917-2009), exégète de tendance moderniste de l’Institut Catholique qui s’opposa de manière violente aux conclusions de l’abbé Carmignac, s’est emparé de certains documents laissés par l’abbé Carmignac ;
- il semblerait aussi, par certains témoignages reçus par Frère Maximilien-Marie, que l’archevêché de Paris soit intervenu pour faire retirer du « fond Carmignac » légué à l’Institut Catholique un certain nombre de documents importants dont on ne peut dire aujourd’hui ni où ils sont ni si on les reverra un jour…

La disparition prématurée du cher abbé Carmignac (il n’avait que 72 ans lorsqu’il nous fut enlevé et il avait dit en 1981 à Frère Maximilien-Marie : « L’entreprise dans laquelle je me suis lancé pourrait me demander facilement vingt ans de recherches et de travaux! ») a été une perte considérable pour la véritable exégèse scientifique catholique, mais – malgré les oppositions pleines de hargne qu’il a suscitées et les multiples tentatives pour ensevelir ses conclusions scientifiques et sa mémoire – ses travaux sont au nombre de ceux qui ont ouvert une brèche considérable dans la chape de béton armé que le modernisme faisait peser sur le monde des études bibliques.
L’Association Jean Carmignac, déjà citée au début de ce bref exposé, demeure en particulier l’un des organes les plus fidèles à l’esprit qui anima ce très grand savant, ce prêtre, ce spirituel hors du commun, cet homme de Dieu!

Lully.

Pour approfondir :
- Témoignage de Vittorio Messori sur l’abbé Carmignac, ici > www.
- Frère Maximilien-Marie nous livre ses souvenirs de quelques conversations avec Monsieur l’abbé Carmignac, ici > www.

2011-72. Chevaliers des temps modernes.

Jeudi 22 septembre 2011,
fête de Saint Maurice et ses compagnons martyrs de la légion thébaine.

J’ai une dévotion particulière pour les « saints qui ont manié le glaive » : Saint Michel, Saint Maurice – que nous célébrons aujourd’hui -, Saint Georges, Saint Martin, le Bienheureux Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jehanne d’Arc… Et je ne veux pas omettre ceux qui ne sont pas officiellement béatifiés ou canonisés mais qui donnèrent de si beaux exemples de courage chrétien dans l’adversité : de Godefroy de Bouillon à Baudoin IV de Jérusalem, de Jacques Cathelineau à Louis-Marie de Lescure et à Maurice d’Elbée, d’Andreas Hofer à notre « Grand Chanéac » local, de nos chers Zouaves Pontificaux au Maréchal de Lattre de Tassigny… etc.

Toutefois – faut-il le préciser? – ce sont moins les faits d’armes que les vertus humaines autant que surnaturelles qu’ils sous entendent qui me fascinent en tous ces héros : tant d’illusions concernant l’amour et la vie – je ne dis pas « la vie chrétienne » mais bien « la vie » d’une manière générale – ont cours en nos temps où sont largement répandues une mauvaise compréhension de la paix et de ses véritables qualités!

Que nous le voulions ou non, la vie de l’homme est un combat (cf. > www) et ceux qui refusent cette évidence ne peuvent aller que d’échecs en échecs.

J’ai donc été particulièrement heureux, ce matin, de recevoir le texte si lucide et si vrai écrit par Isabelle, une amie qui a connu beaucoup d’épreuves et de souffrances : texte qu’elle a intitulé « Chevaliers des temps modernes » et auquel je souscris pleinement. Elle m’a autorisé à le reproduire ici, et je l’en remercie très chaleureusement.

Je souhaite que les mots d’Isabelle – qu’il faut savourer lentement et méditer longuement – soient pour chacun de vous lumière et force.

 Frère Maximilien-Marie.

le combat de St Georges contre le dragon (bréviaire de Martin d'Aragon - XVe siècle)

St Georges combattant le dragon : miniature du bréviaire de Martin d’Aragon (XVème siècle)

Chevaliers des temps modernes.

« Je m’insurge toujours contre tous les discours trop mielleux qui veulent faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ce sont là paroles pour endormir. Comme si l’on pouvait tout bonnement endormir la douleur ; en réalité de tels discours endorment l’esprit!

La souffrance sera toujours un élément de ce monde. Personne ne peut y échapper.
Toutefois c’est apprendre à l’affronter, autrement, qui nous grandit, dans un combat spirituel et non pas uniquement par l’une ou l’autre méthode, technique, croyance toute limitée par nos limites humaines.
J’utilise sciemment le terme « combat » en parlant de cette confiance en plus grand que nos seules forces humaines, cette foi, car la foi n’est pas facile, faire confiance est difficile, c’est même la « chose » la plus difficile qui soit. Ce n’est pas un élan naturel de l’homme. C’est pourtant vers cela que nous sommes appelés : à cet abandon confiant en ce qui nous dépasse et dont nous sommes.
Ainsi, je m’aperçois que je reviens toujours à ce que j’ai écrit au coeur de l’épreuve du deuil : ne pas esquiver nos peurs, les épreuves, la souffrance mais sans s’y arrimer. Sans s’y attacher…  Les laisser s’exprimer pour les écouter et en apprendre qu’il y a là une marche à gravir, une nouvelle marche, une de plus, du grand escalier de la vie et que l’on doit accepter de la gravir, faute de stagner ou de redescendre.
Parfois, oui, bien sûr, il arrive de descendre, de faire du sur place, le temps de reprendre son souffle, mais ce n’est jamais pour en rester là ; sinon à quoi servirait l’escalier?

Me reviennent les paroles de mon mari : il faut parfois descendre bien bas pour grimper plus haut. Handicapé, il savait ce que voulait dire monter les marches…
Monter est un effort, une énergie à déployer, et pour la personne malade – et nous sommes tous des malades en voie (quête) de guérison –  c’est un « combat » POUR monter.
C’est ce combat POUR cette ascension qui permet de CONTRER tout ce qui s’y oppose.

Je pense aux contes de notre jeunesse, aux grands mythes universels, mythes « fondateurs » : les héros sont toujours ceux qui n’esquivent pas l’obstacle, qui prennent le temps de s’y confronter avant d’engager la lutte et vaincre en sachant perdre…
Forêts obscures des egos ignorés, de notre néant, départs impromptus, abandon de tout le connu derrière soi, rencontre de l’étrange(r), anges et démons, bêtes féroces, elfes et génies, du mystère (ce « noir » de nos enfances) qui effraie, plaies et blessures qui suppurent l’oubli, l’aveuglement, fin’amor qui ouvre la fine pointe de l’âme, conquête de La Dame d’Amour, de la Lumière, de Vérité, de la Beauté (intérieure), de le Sagesse, Source de jouvence qui est Source de Vie guérissant les plaies dont la cicatrice rappelle la lutte menée jusqu’au bout.
La victoire est toujours de « haute lutte », loin des chemins d’un bien-être mollasson parcouru à coups de pratiques méditatives en « groupe » (encore la peur de la solitude au combat), de paroles usées, de croyances en kits, de thérapies à la petite semaine.
Les mythes nous exhortent à être ces Gilgamesh, Ulysse, Jacob, Job, Jonas, Chevaliers de la Table Ronde…
C’est un chemin héroïque, qui exige persévérance et humilité : le chevalier est celui qui est capable de s’agenouiller devant plus grand que lui (c’est apprendre à connaître son petit moi et le quitter pour trouver l’Autre), il est celui qui n’a pas peur de s’incliner sachant qu’il sera invité à se relever, à s’élever. C’est le mouvement de l’adoubement…

Est chevalier celui qui passe les épreuves une à une, armé du silence et de la patience, armé de confiance, de foi… »

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2011-71. Pour un combat cohérent…

Avec l’autorisation de l’auteur, que nous remercions très chaleureusement, nous reproduisons ci-dessous l’éditorial du N°83 de « La Blanche Hermine » (publication bimestrielle de la Fédération Bretonne Légitimiste – renseignements et abonnements : F.B.L. – B.P. 10307 – 35703 Rennes Cedex 7).
Monsieur Pierre Bodin, qui signe cet article, est également le président en exercice de l’Union des Cercles Légitimistes de France (U.C.L.F.).
Sans doute ce texte pourrait appeler des développements, ou être explicité par certains exemples… Mais outre le fait que je n’ai pas le temps de m’y consacrer présentement, je pense que nos lecteurs seront assez intelligents pour faire le lien avec tel ou tel scandale de ces derniers mois, qui a suscité des protestations ou manifestations dont nous ne nions pas les intentions louables, mais qui en définitive n’ont eu qu’un effet médiatique inverse, ainsi que le fait remarquer Monsieur Bodin.

Ainsi que l’affirmait en son temps Joseph de Maistre : « La contre-révolution n’est pas une révolution contraire, mais le contraire de la révolution ».
Il y a donc une question de cohérence essentielle, pour tous ceux qui en sont convaincus, à ne pas se servir des outils mêmes de la révolution pour tenter un authentique et sérieux travail contre-révolutionnaire.

Frère Maximilien-Marie.

Grandes armes de France

Pour un combat cohérent :

Les profondes mutations qui affectent notre pays ne peuvent laisser indifférents les catholiques et, au-delà, tous ceux qui reconnaissent l’impérieuse nécessité du respect de la loi naturelle.
Profanations, sacrilèges et blasphèmes se multiplient et rien ne semble pouvoir arrêter les progrès de l’anti-culture de la mort.
Depuis 1830, depuis la chute de la monarchie légitime, la législation a supprimé, l’une après l’autre, les dispositions visant à interdire les agressions contre la religion.
Au nom des « Droits de l’Homme » et de la tolérance, toutes les attaques sont autorisées, tout au moins envers l’Église Catholique.

Les oppositions à cette dégénérescence de la société ont été nombreuses. Si l’on ne considère que leur aspect politique, il est possible de les classer en deux grandes catégories, les défensives et les offensives.

Parmi les défensives, on peut distinguer d’abord celles qui sont purement réactionnelles. Elles sont le plus souvent le fait de personnes qui se soucient fort peu du bien commun ou qui se contentent habituellement de se lamenter sur l’état de la société mais, touchées de près par un événement ou sensibilisées occasionnellement à une cause, elles réagissent. Leur échec est assuré et leur réaction aboutit même souvent à un effet inverse, leur adversaire se parant à bon compte du statut de victime de leur intolérance.

Mais les opérations défensives peuvent aussi être plus réfléchies, plus structurées. Laissant délibérément de côté les événements imprévus, les organisateurs repèrent le scandale annoncé et préparent la riposte : l’avant (la mobilisation), le pendant (les opérations) et l’après (l’exploitation médiatique).

Pour séduisante qu’elle soit, cette tactique est aussi le plus souvent vouée à l’échec parce que le pouvoir médiatique des adversaires est aujourd’hui infiniment plus fort.

Surtout, la défense seule ne peut s’en prendre qu’aux effets. C’est oublier le conseil de Goethe : « On veut combattre le mal à la place où il se montre et l’on ne s’inquiète nullement du point où il prend son origine, d’où il exerce son action » (1).

Les politiques offensives ont au moins le mérite de viser l’origine, la source première des maux. Encore faut-il ne pas se tromper sur les remèdes à mettre en oeuvre.
Chacun ici garde en mémoire l’erreur politique du pape Léon XIII prônant le ralliement à la république.
Combien d’autres cherchent sincèrement à combattre efficacement le mal et sont prêts pour cela à faire alliance avec d’autres révolutionnaires, à épouser des idéologies contraires à la loi naturelle. Comme le pape du ralliement, ils espèrent envers et contre tout que la loi du nombre jouera un jour en leur faveur ; ils oublient que ce qui semblait encore réalisable en 1892 dans une France chrétienne à 90% l’est moins que jamais aujourd’hui dans un pays qui ne compte plus que 4,5% de pratiquants.
Dans notre démocratie française, la loi du nombre n’a jamais été qu’un mirage.

Averti par l’échec de son prédécesseur, saint Pie X conseillera différemment les Français : « Qu’ils soient persuadés (…) qu’il lui [l'Église] suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes » (2).

Par « les organismes brisés par la Révolution », le saint Pape désigne clairement la monarchie traditionnelle et les corps intermédiaires.
Durant quatorze siècles, la monarchie légitime a su s’adapter sans jamais renier les principes qui ont fait sa grandeur.
Si après deux cents ans d’interruption l’adaptation exige un grand effort, elle est réalisable, à condition que les combattants acceptent de s’imprégner des principes.

Inutile de tergiverser, l’heure n’est pas aux compromissions, elle est à la cohérence. Rappelons-nous l’avertissement du Comte de Chambord : « Mais la France, cruellement désabusée par des désastres sans exemple, comprendra qu’on ne revient pas à la vérité en changeant d’erreur, qu’on n’échappe pas par des expédients à des nécessités éternelles » (3).

N’engageons pas nos forces dans des réactions vouées à l‟échec, l’heure est au rassemblement, au service de la monarchie légitime, seule institution capable de tarir la source de la décadence.

Pierre Bodin

1 – Cité dans « L’Action », de Jean Ousset, p.18 – Édition 1972.
2 -  Saint Pie X – « Notre charge apostolique ».
3 – Comte de Chambord – Manifeste du 5 juillet 1871.

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