Archive pour la catégorie 'Vexilla Regis'

2021-24. Vœux de Sa Majesté le Roi Louis XX aux Français à l’occasion de la fête de Pâques 2021.

Samedi Saint 3 avril 2021.

A la veille du Saint Jour de Pâques, ce Samedi Saint 3 avril 2021, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux, un peu après 22 h 30, ce message de Pâques à l’adresse des Français :

Illustration vœux royaux Pâques 2021

Chers Français,

Après 2019 où la France était meurtrie par l’incendie de Notre-Dame de Paris survenu durant la Semaine Sainte ; après 2020, où les fêtes de Pâques furent presque celles du retour à une Eglise des catacombes, voici qu’une nouvelle fois nous vivons une Semaine Sainte et une Fête de Pâques dans des conditions anormales.
Quand donc retrouverons nous la possibilité d’exprimer librement, en famille, dans la joie de la Résurrection, la Foi bi-milllénaire de la fille aînée de l’Eglise ?
Que l’on soit croyant ou non, les fêtes religieuses font partie de notre héritage et de la mémoire de la France. Ne pas pouvoir les vivre dans leur plénitude est une atteinte à ce qui unit tous les Français dans une histoire où tous puisent de communes racines.
Mes pensées et celles de la Princesse Marie-Marguerite se tournent vers toutes les familles et particulièrement les personnes seules et les malades afin que, malgré les conditions difficiles, elles puissent retrouver dans cette Fête de Pâques, l’Espérance dont elles ont toutes un si grand besoin.

Que Notre-Dame, que Saint-Louis et tous les saints et saintes de France protègent les familles.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

grandes armes de France

2021-21. Faire connaître à notre France en péril les bienfaits qui découleraient d’un retour fidèle à sa tradition monarchique et à la foi de ses pères…

A l’occasion du début de son Priorat à la tête de la Confrérie Royale, ce 25 mars 2021, le Révérend Père Jean-François Thomas, a adressé à tous les membres une belle lettre que je ne peux manquer de publier aussi dans les pages de ce blogue.

 Blason de la Confrérie Royale

Lettre du Révérend Père Jean-François Thomas
aux membres de la
Confrérie royale
à l’occasion du début de son Priorat

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Mes Frères,
Chers Membres de la Confrérie Royale,

Par le Fiat de la Très Sainte Vierge au jour de l’Annonciation, s’ouvrit pour le monde une ère nouvelle. Son acceptation totale pour répondre à cette mission surnaturelle n’était que l’aboutissement d’une consécration personnelle dès sa naissance, en aval de sa conception immaculée. Les écrits apocryphes qui relatent la vie de la Sainte Vierge insistent sur cette préparation spirituelle de Marie au cours de son enfance. Ainsi, même pour Celle qui est l’Immaculée, choisie de toute éternité, il a été voulu par Dieu qu’Elle fût instruite peu à peu des mystères de la foi et qu’Elle grandît dans l’accueil de la grâce insigne qui lui était réservée. Personne d’autre qu’Elle ne connaîtra jamais plus une telle perfection sur cette terre, et aucun homme ne bénéficiera jamais plus de telles visites archangéliques. En revanche, chacun peut reconnaître soigneusement et avec reconnaissance les messages ordinaires que Dieu lui envoie, la protection quotidienne de son ange gardien, les grâces offertes jour après jour. Nos annonciations sont modestes mais elles n’en existent pas moins. Pour les reconnaître, les yeux du cœur doivent se dessiller.

L’Annonciation est le commencement, le basculement, la révolution copernicienne de la Révélation. Il est bon de la contempler sans cesse comme la source de notre salut puisque le portail royal s’ouvre alors, première étape menant jusqu’à la Résurrection de Notre Seigneur. Choisir cette date pour recevoir une nouvelle charge, avec humilité, est une bénédiction. Le cher Frère Maximilien-Marie a désiré passer le flambeau et je le reçois avec respect et crainte car notre petite confrérie est ambitieuse spirituellement. Il s’agit de prier pour la France comme royaume, pour son Roi légitime Louis, et d’offrir des sacrifices, des pénitences afin que ce règne soit réellement rétabli en notre pays. La tâche est rude et elle nous dépasse, mais nous avons choisi de suivre cet étendard, sachant que le monde le raille et que le Malin le méprise. Il faut le porter sans ostentation et sans timidité, sans se lasser lorsque objet de moquerie ou d’ironie. Il est nécessaire, dans ce domaine, d’être prosélyte, comme dans le domaine religieux. Si nous n’annonçons pas, beaucoup de personnes de bonne volonté ne connaîtront pas la richesse de l’histoire de leur terre paternelle et ne pourront pas se raccrocher à ses racines. Aujourd’hui, la plupart des hommes sont ignorants, involontairement. Il suffit qu’ils croisent sur leur route un témoin fidèle pour qu’ils découvrent ce qui se trouvait en eux à l’état de braises mourantes. La France atteint un état de déliquescence bien pire que celui de la révolution car, désormais, les pasteurs et les sages ont disparu, les foules sont manipulées avec des moyens sophistiqués, le terreau catholique a été emporté par les crises et les démissions. Une renaissance passera uniquement par des individus, souvent isolés, toujours en minorité. Cela demande de notre part une constance et une confiance décuplées.

Soyons donc des ferments, modestes, effacés mais efficaces. Le temps n’appartient qu’à Dieu et non point aux hommes, contrairement à ce qu’ils croient avec assurance. Le temps de Dieu n’a pas disparu, même s’il n’est reconnu que par une poignée. Ce temps divin demeure dans la pâte et la fera lever lorsque Dieu le jugera opportun. Auparavant, il est nécessaire de traverser une période de purification. Toute restauration a besoin de préparation qui nettoie, rabote.

Ensemble, sous le regard de Dieu, serrons-nous les coudes afin de faire connaître à notre France en péril les bienfaits qui découleraient d’un retour fidèle à sa tradition monarchique et à la foi de ses pères. Tant d’âmes attendent, assoiffées, curieuses, fatiguées. Il est toujours temps de retourner vers la maison paternelle abandonnée.

P. Jean-François Thomas s.j.
Dimanche de la Passion
21 mars 2021

Strozzi Bernardo - Annonciation 1643-44

Bernardo Strozzi : Annonciation (1643-44)

2021-20. A compter du 25 mars, la Confrérie Royale sera dirigée par un nouveau Prieur.

Vendredi 19 mars 2021,
Fête de Saint Joseph ;
Vendredi de la IVe semaine de Carême.

 armoiries confrérie royale

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Membres de la Confrérie Royale,

La fête du grand Saint Joseph m’est l’occasion de vous annoncer que notre chère Confrérie Royale va avoir l’honneur et le bonheur d’avoir, à compter du 25 mars prochain, fête de l’Annonciation, un nouveau Prieur en la personne du Révérend Père Jean-François Thomas s.j., qui a accepté avec une générosité toute surnaturelle d’endosser cette responsabilité, en sus de ses travaux intellectuels et de ses responsabilités apostoliques.

Au bout de presque trois années de priorat, j’ai demandé à être remplacé, convaincu qu’un autre que moi pourrait contribuer davantage au rayonnement et au développement de la Confrérie Royale en portant ses membres à toujours plus de ferveur.

Faut-il présenter le Révérend Père Thomas ?
Je ne le pense pas : ses activités, ses publications, sa prédication et ses interventions, toujours sages, mesurées et percutantes, d’une absolue rigueur dogmatique et d’une extraordinaire profondeur spirituelle, sont déjà connues du plus grand nombre d’entre vous.
Une respectueuse amitié et une grande confiance me lient à lui, et ce m’est un véritable bonheur de remettre entre ses mains la charge spirituelle de notre chère Confrérie.
Pour la petite histoire, j’ajoute ici que lorsque, dans une publication faite sur « Le Blog du Mesnil-Marie » le 25 août 2015 (cf. > ici), j’ai annoncé la fondation de la Confrérie Royale, le Révérend Père Thomas a été d’une réactivité exceptionnelle, m’envoyant dès réception un message chaleureux pour me dire : je veux en être ! Il était le premier prêtre, le premier religieux, à répondre à cet appel, et à manifester sa ferme volonté de rejoindre le groupe des fondateurs !

J’ai évoqué ci-dessus les publications du Révérend Père Thomas : je n’en dresserai pas une liste, mais d’une manière très spéciale, à la veille d’entrer dans le temps de la Passion, je vous encourage à vous procurer et méditer avec son « Chemin de Croix » (éd. Via Romana – 2017).

Il me reste à vous remercier pour votre patience à me supporter , pour toutes les marques d’encouragement et de bienveillance témoignés dans le temps de ce priorat qui s’achève, et à me confier encore une fois à vos charitables prières, vous assurant des miennes, fidèles et amicales, pour nous soutenir et stimuler les uns les autres au service conjoint de Dieu, notre Roi céleste, et de son lieu-tenant en terre, notre Roi légitime : SMTC le Roi Louis XX.

« Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum :
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Armoiries Frère Maximilien Marie

2021-18. Nous avons lu : « Marie-Clotilde de France, la sœur oubliée de Louis XVI » de Dominique Sabourdin-Perrin.

7 mars,
Dies natalis de la Vénérable Marie-Clotilde de France (cf. > ici).

La Vénérable Marie-Clotilde de France en habit de tertiaire

La Vénérable Marie-Clotilde de France, Reine de Piémont-Sardaigne
(23 septembre 1759 – 7 mars 1802)

Lorsque, en 2015, j’avais rédigé dans les pages de ce blogue (cf. > ici) une notice biographique sur « Madame Clotilde », j’écrivais ces lignes : « (…) il n’existe pas de biographie récente en langue française, et il faut déployer des trésors de patience et de persévérance pour mettre la main sur les ouvrages anciens ». L’année 2020 aura permis un changement en ce domaine puisque Madame Dominique Sabourdin-Perrin, historienne qui a déjà été remarquée par ses ouvrages – entre autres – sur la Famille Royale pendant la révolution, a fait paraître aux éditions Salvator un livre de plus de 300 pages intitulé « Marie-Clotilde de France, la sœur oubliée de Louis XVI ».

La lecture de cet ouvrage est aisée, presque pédagogique pourrait-on dire, et tout en nous plongeant dans l’histoire, elle nous livre une assez bonne présentation de la vie de cette Fille de France devenue Reine de Piémont-Sardaigne qui est parvenue à un très haut degré de perfection chrétienne.

Quatrième de couverture :

Qui se souvient de la vénérable Marie-Clotilde de France (1759-1802), la sœur oubliée de Louis XVI et de Madame Élisabeth, dont pourtant le pape Jean-Paul II a reconnu en 1982 l’héroïcité des vertus ? Son mariage a été le dernier célébré à Versailles en 1775, juste après le sacre de Louis XVI. Elle épouse alors le prince de Piémont-Sardaigne et part vivre à Turin. Avec son mari, elle va recevoir à sa cour toute l’émigration française, dont ses frères, les futurs rois Louis XVIII et Charles X. Mais devenue reine de Piémont-Sardaigne en 1796, elle doit s’exiler avec sa famille à travers l’Italie, de crainte d’être enlevée par les Français. Elle témoigne en dépit de ces événements d’une foi profonde, faite de piété et d’austérité. Elle instaure ainsi le culte de Notre-Dame de Pitié dans ses États, avant de mourir, à Naples, à l’âge de 42 ans. 

Marie-Clotilde de France par Dominique Sabourdin-Perrin

Remarques personnelles :

Bien écrit et de plutôt « bon esprit », ce livre présente l’avantage indéniable d’offrir à nos contemporains une biographie de « Madame Clotilde » qui ne se limite pas aux seuls faits historiques, mais nous montre aussi un peu de l’âme de cette Princesse et de son ascension spirituelle. Un peu seulement, car du point de vue spirituel, l’ouvrage de Monseigneur Luigi Bottiglia, publié en 1816, c’est-à-dire seulement 14 ans après la mort de la Souveraine (et du vivant même du Roi Charles-Emmanuel IV son époux), dédié au pape Pie VII qui venait de la déclarer Vénérable, est d’une bien plus grande profondeur… mais il est plutôt difficile à trouver de nos jours.
Je regrette que Madame Sabourin-Perrin, à plusieurs reprises, cède au poncif mille fois répété par les chroniqueurs mondains et superficiels selon lequel la cour de Turin aurait été « ennuyeuse », car cela dénote une certaine incompréhension de ce que doit être la cour de souverains véritablement catholiques respectueux des préceptes de la Sainte Eglise et de leurs peuples, mais je ne m’étendrai pas là-dessus.

armes Reine Clotilde de Sardaigne

2021-10. Deuxième anniversaire de Monseigneur le Duc de Touraine.

Lundi 1er février 2021.

Ce 1er février, sur les réseaux sociaux, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à l’occasion du deuxième anniversaire de la naissance (cf. > ici) de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine, a publié la photographie suivante accompagnée de ces quelques lignes :

2 ans du Prince Henri de France

« Avec mon épouse Marie-Marguerite, nous souhaitons un joyeux anniversaire à notre fils Henri qui nous comble de joie depuis 2 ans.
Nous t’aimons et te souhaitons une belle journée d’anniversaire en ces temps difficiles. »

duc de Touraine

 

2021-9. « En puisant dans l’histoire, je peux proposer quelques réflexions pour préparer l’avenir et assurer la préservation même de notre pays.»

C’est devenu une habitude depuis quelques années : à un bref message de vœux au moment même de la nouvelle année (pour 2021 > ici), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, ajoute, vers la fin du mois de janvier, un message plus long, sorte de « discours du Trône », dans lequel il tire quelques leçons de l’année écoulée et développe des points de réflexion et des orientations politiques capables de guider et d’éclairer notre réflexion et notre action pour l’année qui vient de commencer.
Cette année, Sa Majesté a choisi de diffuser son message le samedi 30 janvier, trente-deuxième anniversaire de la mort de son regretté père, le Roi Alphonse II, et de son propre avènement.
Ce message, enregistré aussi en vidéo (toujours disponible > ici) et diffusé à partir du bureau de Sa Majesté, porte de grandes leçons qu’il nous appartient maintenant d’approfondir et de méditer afin de nous en mieux pénétrer, de les faire nôtres, et d’y puiser l’inspiration de notre action en ce monde.

Louis XX - Vœux 2021

Message de Monseigneur Louis de Bourbon, Duc d’Anjou,

Chef de la Maison de Bourbon,

de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,

- 30 janvier 2021 -

Alors que 2020 vient de s’achever dans un contexte marqué par de nombreuses incertitudes, la princesse Marie Marguerite et moi, en union avec nos quatre enfants, éprouvons d’autant plus le besoin d’adresser à vous-mêmes, vos familles et à ceux qui vous sont proches, nos vœux chaleureux de prospérité, de santé et de bonheur pour l’année qui s’ouvre.

Notre pays, par l’action d’un insidieux virus, a été confronté à la maladie, aux souffrances et au malheur qui a frappé de nombreuses familles. Nous savons aussi que de graves conséquences économiques et sociales accompagnent cette crise sanitaire, alors que notre pays se trouve affaibli après de nombreuses années d’imprévoyances et de choix risqués sur les plans économique, financier, industriel et scientifique, ayant contribué, année après année, à son amoindrissement.

La France paye cher, également, une crise de l’intelligence collective qui lui fait oublier sa nature et son identité ; une crise qui l’a conduite à favoriser dans les années récentes, avec le déni du spirituel, la promotion de l’individualisme, la perte des valeurs, l’absence d’une saine compréhension de la nature et de l’environnement, la course au profit immédiat, au lieu de s’attacher en premier lieu à la recherche du bien commun. Les conséquences de cette crise sont graves, particulièrement auprès des plus fragiles : personnes âgées, travailleurs précaires, jeunes. D’autant plus graves que le devenir du contexte international est lui aussi inquiétant, ne serait-ce qu’en raison des déséquilibres démographiques et de la montée des extrémismes, alimentés par le reniement de notre souveraineté bafouée par ceux mêmes qui devraient la garantir.

Mais il ne s’agit pas de baisser les bras ; il faut reconstruire. L’histoire de notre pays a montré à plusieurs reprises que la France est sortie renforcée par ses épreuves. Dans la présente crise, nombre d’entre vous ont déjà fait preuve d’initiative et d’adaptation, vis-à-vis de situations d’autant plus terribles qu’elles n’avaient pas été anticipées. Par votre bon sens, par votre abnégation, par votre courage, vous avez su réagir dans l’épreuve. Les actions d’entraide, la réaffirmation des solidarités familiales et, pour ceux qui le pouvaient, le retour vers un environnement plus humain, dessinent déjà un cadre pour des actions à engager en vue d’une nécessaire reconstruction. Comment ne pas saluer aussi les efforts des nombreux acteurs qui ont accepté avec courage de maintenir leurs activités, le dévouement exceptionnel des personnels de santé, l’action des forces de sécurité et des armées qui ont su, malgré leurs moyens comptés, relever tous les défis allant parfois jusqu’au sacrifice de leur vie ? L’ordre naturel et la subsidiarité ont montré leur puissance par rapport aux errements de ceux qui auraient dû prendre les mesures nécessaires. Vous avez pallié les négligences coupables.

Vous êtes nombreux à vous tourner vers moi et encore plus vers le principe que j’incarne, pour chercher comment œuvrer à la nécessaire reconstruction à laquelle la société aspire. Je suis conscient, vous le savez, de mon devoir de demeurer auprès de vous le témoin du passé glorieux de la France afin que ce dernier serve de repère.

Il ne m’appartient pas de donner un programme, mais, en puisant dans l’histoire, je peux, en ce début d’année, – et sans doute est-ce mon devoir d’héritier ? – proposer quelques réflexions pour préparer l’avenir et assurer la préservation même de notre pays.

Ma première réflexion porte sur la nécessité pour la France de renouer avec une identité dont elle doit être fière ; de renouer aussi avec le sens de la mission qui lui incombe tant vis à vis d’elle-même que du reste du monde. La France n’a nullement à se repentir de ce qu’elle a réalisé et apporté au monde au long de son histoire. Elle a formé longuement, grâce à des institutions faites d’équilibre et de pragmatisme, l’un des foyers majeurs de la civilisation occidentale. Notre pays a encore son rôle à jouer pour renouer avec la société d’équilibre dont le monde moderne, frappé par tant de crises et désastres, éprouve tant le besoin.

Il nous faut, en second lieu, rendre leur place au sacré et au spirituel ; c’est-à-dire à la nécessaire part de gratuité dans l’action humaine. Tel est bien le meilleur rempart à toutes les dérives des sociétés marchandes dont les ambitions sont uniquement matérielles. Sachons ainsi nous souvenir que, dans notre pays, si la société ancienne a pu être forte et porter des fruits, c’est justement parce qu’elle était à la fois profondément humaine et tout autant profondément religieuse. Pour notre civilisation, Dieu et César doivent, tous les deux, avoir leur place, distinctes, mais étroitement complémentaires, dans une relation d’équilibre ordonné. Quand le premier est exclu, comme le voudraient certains, le corps social entier est déséquilibré.

Enfin, il s’agit de rendre à l’homme sa dignité, de sa conception à sa mort. L’homme n’est ni une denrée, que l’on pourrait acheter pour son plaisir, ni un robot qu’il faudrait augmenter ou diminuer à la convenance de maîtres tout puissants. L’homme est fragile comme le nouveau-né de la crèche – symbole éternel –. Il doit être protégé et non instrumentalisé.

Voilà quelques pistes que je propose en ce début d’année, à ceux qui ont conscience de l’importance des années que nous vivons, afin qu’elles soient celles d’un renouveau tant espéré. J’offre tout particulièrement ces vœux aux jeunes ménages et à leurs enfants, à ces familles qui sont à l’image de celle que nous formons, mon épouse la Princesse Marie-Marguerite et moi-même, avec nos quatre enfants. C’est pour eux qu’il faut avoir la force que donne l’espérance afin que le siècle qui est le nôtre soit plus beau et plus humain que l‘ancien.

Pour 2021, que Notre Dame, saint Louis et sainte Jeanne d’Arc vous protègent, protègent vos familles, protègent vos proches et protègent la France.

Louis de Bourbon,
           Duc d’Anjou.

Grandes Armes de France

2021-8. « On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt. »

Nous sommes infiniment reconnaissants à Monsieur l’Abbé Sébastien Dufour de nous avoir transmis et permis de publier ici le texte de sa très poignante et magnifique prédication de ce 21 janvier 2021, prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qu’il a célébrée en l’église Notre-Dame, à Valence.
Nous ne doutons pas qu’elle fera du bien à l’âme de beaucoup de nos lecteurs et qu’elle les fortifiera dans leur attachement à la Royauté traditionnelle et dans leur fidélité catholique et royale.

Valence - 21 janvier 2021

frise lys

On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

L’exécution du Roi Louis XVI le 21 janvier 1793 est le symptôme le plus sensible de cette maladie mortelle qui s’est attaqué à tout le corps de notre pays, de l’Etat (en haut) jusqu’à la famille (en bas), je parle de la Révolution ; et la foi catholique, meilleure défense immunitaire contre cette maladie, ne protège plus qu’une minorité de Français.

Oui, la Révolution atteint tout le corps social jusqu’à la famille : éclatement de la famille ; destruction de l’autorité paternelle ; déchéance de la beauté maternelle ; profanation de la sainteté du lit conjugal ; disparition des traditions familiales ; vulgarité et corruption des enfants par l’impureté et l’ivresse ; infanticide de plus de 200 000 enfants chaque année par le crime odieux de l’avortement.

Tout ce que vit aujourd’hui la famille est déjà en germe dans la Révolution.

Car ce que vit aujourd’hui la famille, n’est-ce pas ce qui arriva d’une certaine manière à la famille royale de France ?

L’autorité du père fut abattue lorsque le Roi Louis XVI fut guillotiné.
Cette violence faite au père de la Patrie n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur la religion, c’est-à-dire sur les rapports entre l’homme et ce Dieu trinitaire qui nous demande de l’appeler « Père ».
C’est ce dont témoigna le petit Dauphin lorsque sa mère, la Reine Marie-Antoinette vint le réveiller le jour du 21 janvier : « Mon enfant, il faut penser au Bon Dieu » ; « Maman, répondit le Dauphin, moi aussi, j’ai bien pensé au Bon Dieu, mais quand j’appelle la pensée du Bon Dieu, toujours l’image de mon père descend devant moi ».

La beauté de la figure maternelle est souillée en la personne de la Reine Marie-Antoinette qu’on insulta et calomnia sans mesure et, lors de son procès inique, qu’on accusa du pire des crimes que puisse commettre une mère à l’endroit de son enfant.
Finalement la Reine aussi sera guillotinée le 16 octobre 1793.

Après l’exécution de leur père et de leur mère, puis de leur sainte tante, Madame Elisabeth, le 10 mai 1794, les deux enfants royaux restent seuls, Marie-Thérèse n’a que 14 ans et le petit roi Louis XVII n’a que 8 ans.

Ce que l’on fit subir à cet enfant-roi résume toute l’ignominie de la Révolution.

Car que fit-on subir à cet enfant encombrant ?
Ne pouvant ni l’exiler, ni l’empoisonner, ni l’exécuter, on décide de « s’en défaire ».
Le procédé consistait à conduire à la mort, par un abrutissement lent, l’héritier du sang royal.
Le responsable des prisonniers affirme : « Je l’éloignerai de sa famille, pour lui faire perdre l’idée de son rang. »

Le 3 juillet 1793, le petit garçon déjà malade est arraché sans ménagement à l’amour de sa mère qui lui dit d’une voix douce : « Mon enfant, souvenez-vous de vos devoirs quand je ne serai plus auprès de vous pour vous les rappeler. N’oubliez jamais le bon Dieu qui vous met à l’épreuve, ni votre mère qui vous aime. Soyez sage, patient et honnête, et votre père vous bénira du haut du ciel. »

Ce petit Roi désormais solitaire est confié à la garde d’un cordonnier illettré appelé Simon et de sa femme, qui travaillent à sa dépravation morale : on lui apprend à jurer, à blasphémer, à renier son origine, on le coiffe du bonnet révolutionnaire, on l’abreuve d’alcool pour lui faire chanter la Carmagnole et lui faire dire des grossièretés.
Pour le faire obéir, Simon le gifle et le menace de la guillotine, menace qui, pour le fils de Louis XVI, n’a rien de théorique et qui le plonge dans une profonde terreur.

On empêche même le petit roi de prier.
Une nuit du mois de janvier, son geôlier le surprit les mains jointes et à genoux, priant Dieu.
Il se leva aussitôt et versa sur la tête de l’enfant une cruche remplie d’eau glacée : « Je t’apprendrai, lui dit-il, à faire tes patenôtres et à te lever la nuit comme un trappiste. »
Puis, s’armant de son soulier à gros clous, il frappa furieusement l’enfant.

Le 6 août, une ville s’était soulevée au cri de « vive le Roi Louis XVII ! », Simon se moqua du petit roi en annonçant : « Voici le Roi. Je m’en vais l’oindre, l’encenser et le couronner ! » ; et, joignant le geste à la parole, il l’oignit en lui renversant son verre sur la tête et en lui frottant cruellement les tempes, l’encensa en lui soufflant des bouffées de tabac au visage et le couronna en le coiffant du bonnet phrygien.
Devant la petite figure rouge de colère et de honte de Louis XVII, Simon demanda alors : « Que me ferais-tu, Capet, si tes amis te délivraient et si tu devenais Roi de France pour de vrai ? »
Et alors cet enfant imposa le silence et le respect à tout le monde en répondant : « Je vous pardonnerais ».

Malgré tout ce que Louis-Charles avait déjà subi, le pire n’arriva que le 19 janvier 1794, quand la Convention décida qu’elle avait assez perdu de temps avec le petit roi.
Commence alors la période de l’emmurement.

Le jeune roi, qui va sur ses neuf ans, est jeté au fond de sa chambre, dont on condamne porte et fenêtre.
Il vivra désormais dans cette pièce minuscule, où n’entre pas même la lumière.
La nourriture lui est passée à travers un guichet.L’enfant malade va vivre pendant six mois sans interruption au milieu des ordures, sans visite, ni lumière, ni livre, ni jouet pour se distraire.

Après la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794, Barras se rend au Temple et découvre dans une chambre ténébreuse, un enfant de neuf ans, incapable de marcher, à demi enveloppé d’un linge crasseux et d’un pantalon en guenilles, et qui gisait, immobile sur un lit sale, le visage maigre et ravagé par la misère.
Sa tête et son cou étaient rongés par des plaies purulentes.
La vermine lui couvrait aussi tout le corps et la saleté collait ses beaux cheveux blonds qu’aurait du ceindre un jour la couronne de France.
Il était trop tard pour faire quoi que ce soit pour sauver l’enfant-roi qui disait : « Et pourtant, je n’ai fait de mal à personne ! ».

Dans la nuit du dimanche au lundi 8 juin 1795, l’enfant agonise. Au matin il prend la main de son gardien qui lui demande :
« J’espère que vous ne souffrez pas dans ce moment ?
- Oh, si ! je souffre encore, mais beaucoup moins : la musique est si belle !
- De quel côté entendez-vous cette musique ?
- De là-haut ! Est-ce que vous n’avez pas entendu ? Écoutez ! Écoutez ! »
Et l’enfant, d’un geste vif, indique le Ciel.
Puis, après quelques instants, l’enfant tressaille et s’écrie : « Au milieu de toutes les voix, j’ai reconnu celle de ma mère ! ».
Alors le petit roi rendit son âme angélique à Dieu et rejoignit le Ciel pour y retrouver et reformer sa royale famille.

Le « sang » qui abreuve le sillon de notre hymne national, c’est celui d’un roi et d’une reine innocents, c’est celui de tout un peuple persécuté pour sa foi et sa fidélité à l’Eglise Catholique.
C’est aussi celui d’un petit enfant martyr, victime d’une révolution qui prétendait instaurer la fraternité, enfant qui n’avait commis d’autre crime que celui d’être un descendant de saint Louis.

Clémenceau a dit : « La Révolution c’est un bloc ». Il a raison. Et c’est parce que c’est un bloc qui nous la rejetons en bloc.
Alors non, non, non, nous n’irons pas jouer le jeu de la république laïque et révolutionnaire car on ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

La sainte icône de la famille royale martyre
(explication > ici)

frise lys

2021-7. « Notre Dieu est un feu dévorant ! »

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la
Confrérie Royale

- 25 janvier 2021 -

Blason de la Confrérie Royale

Rappel :

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.
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* * * * * * *

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »

Extrait d’une lettre de Joseph de Maistre à Louis de Bonald.

 

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale, 

Contrairement aux années précédentes, même si j’ai eu l’occasion de présenter mes vœux de manière individuelle à plusieurs d’entre vous avec lesquels j’ai eu un contact personnel direct ou de manière épistolaire particulière, je n’ai pas encore pris le temps de le faire en ma qualité de Prieur de la Confrérie à l’ensemble de ses membres et sympathisants : voilà donc pourquoi, quoique m’étant acquitté de la lettre mensuelle, le 25 décembre dernier, je reprends « la plume » (électronique) pour vous rejoindre tous en cette fin janvier 2021 afin de vous adresser une fois encore des vœux de fervente et sainte année.

Nous n’avons guère d’illusions sur la réalité de la situation politique et sociale de notre pauvre Royaume de France, sur la réalité de la crise sanitaire et des mesures « liberticides » (pardonnez-moi cette expression issue de la grande révolution) dont elle est le prétexte, et sur la réalité des desseins poursuivis par les Pinocchio politiciens exécuteurs visibles des mesures décidées dans les officines secrètes qui veulent décider du sort des peuples et des individus par tous les moyens à leur disposition, au premier rang desquels figurent le crime et le mensonge.

Cela ne m’empêche pas, dans une espérance purement surnaturelle, qui n’a rien à voir avec les constats que nous pouvons mener de manière naturelle, de vous souhaiter une année la moins mauvaise possible, avec beaucoup de courage et de force morale pour affronter les épreuves qui se profilent, avec beaucoup de foi et de sérénité intérieure pour tenir bon contre les multiples vexations qui vont se multiplier contre les catholiques très spécialement, avec beaucoup de ferveur et de générosité pour étreindre la Croix et vous sanctifier envers et contre tout, tous les jours et chaque jour.

La sortie de la crise ne pourra se faire que « par le haut », c’est-à-dire par les moyens spirituels et surnaturels.

Sachez et soyez certains que, dans la solitude bénie de mon ermitage et dans le merveilleux silence de mon oratoire, votre Prieur (car je ne le suis que pour vous et le service de cette Confrérie Royale) pense à vous, prie pour vous, vous porte dans une sollicitude réelle et une affection toute spirituelle.

Ces choses étant dites, et parce que je veux insister à temps et à contretemps selon la recommandation de l’Apôtre (cf. 2 Tim. IV, 2), permettez-moi de vous « sermonner » une fois encore en rabâchant au sujet des dispositions qui doivent animer les membres de notre chère Confrérie.

* * * * * * *

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. » 

Plus terribles et plus redoutables que les rigueurs de l’hiver physique le plus éprouvant, sont les implacables morsures de la froideur spirituelle qui engourdit les âmes et les paralyse peu à peu, annihile leurs capacités de réaction et fait vertigineusement dégringoler toute leur ardeur.

Nous sommes tous menacés par le refroidissement, par simple contagion de la glaciation ambiante.
Nous sommes tous menacés d’être transformés en glaçons : immobiles et sans plus aucune ferveur.
Le monde entier s’alanguit dans le froid.
L’Eglise tout entière semble sombrer dans la torpeur qui précède la mort par le froid.
Les âmes par millions se laissent congeler, devenues de moins en moins ardentes à force de manquer d’amour, de manquer de générosité, de manquer de combativité…

C’est un constat.
Chacun de nous peut le faire.
Chacun de nous le voit dans son entourage et en souffre.

Alors, sombrerons-nous dans le fatalisme ?
Nous enfermerons-nous dans la résignation ?
Nous replierons-nous sur de stériles regrets ?
Nous laisserons-nous décourager par la froideur que nous voyons autour de nous ?

Mais non !
La lucidité ne se peut résoudre en regrets stériles et en lamentations sans effets !

« Notre Dieu en effet est un feu dévorant », nous redit Saint Paul (Hébreux XII, 29) en reprenant le Deutéronome (IV, 24) : « Etenim Deus noster ignis consumens est » !

Donc, « ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »

Si vous êtes vraiment chrétien,
si vous vivez de la grâce de Dieu,
si vous êtes véritablement en communion de vie et d’amour avec ce Dieu qui, au saint baptême, a déposé en votre âme une part de Sa flamme dévorante, vous n’avez aucune – réellement AUCUNE ! – raison de céder aux tentations de découragement que suggère la froideur ambiante :« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous… »

Si vous êtes vraiment chrétien,
si vous vivez de la grâce de Dieu,
si vous êtes véritablement en communion de vie et d’amour avec ce Dieu qui, au saint baptême, a déposé en votre âme une part de Sa flamme dévorante, vous êtes des porteurs de flamme, des porteurs de la flamme divine pour en brûler vous-mêmes et pour la communiquer.

Vous devez être des pyromanes : des communicateurs de la flamme divine, des propagateurs de ses ardeurs, des antidotes à la froideur qui stérilise le monde et l’Eglise : « Allez ! Et mettez tout en feu ! »

Aimez ! Laissez-vous embraser par le Saint Amour de Dieu !
Laissez-vous consumer par la divine flamme de la Charité éternelle et sans limite…

Mais pour qu’elle brûle et s’étende, il vous faut alimenter cette flamme, il vous faut la nourrir de combustibles propres à la faire danser ardemment, propre à la faire illuminer la nuit, propre à lui donner la capacité à faire fondre la glace…

Et quel est le meilleur de tous les combustibles ?
C’est le don de vous-mêmes !

Beaucoup de catholiques, quoi qu’ils en prétendent, ne sont pas véritablement donnés à Dieu.
Beaucoup de consacrés, beaucoup de religieux et beaucoup de prêtres – beaucoup trop – ne sont pas vraiment donnés à Dieu.
C’est tout juste s’ils se prêtent à Lui, plus ou moins entièrement…

Ces fidèles, ces consacrés gardent pour eux-mêmes quelque chose qu’ils n’ont pas vraiment livré à leur Souverain Seigneur, quelque chose dont ils répugnent à se dessaisir, quelque part d’eux-mêmes plus ou moins secrète à laquelle ils se cramponnent misérablement, et qu’ils ne veulent pas lâcher : et c’est pourquoi ils ne peuvent vraiment être livrés à la flamme divine, c’est pourquoi ils ne peuvent vraiment être embrasés, c’est pourquoi le feu est en eux hésitant et si peu communicatif.

Lorsque j’étais jeune religieux, j’ai été marqué à vie par quelques phrases du Révérend Père Joseph de Guibert, prêtre éminent de la Compagnie de Jésus, lues dans l’article « abnégation » du « Dictionnaire de spiritualité », que j’ai recopiées et très souvent relues en mes quarante années de vie religieuse. Je vous les livre ci-dessous :
« Qu’on étudie la vie des ‘saints manqués’, je veux dire prêtres, religieux et simples fidèles, fervents et zélés, pieux et dévoués, mais qui cependant n’ont pas été des saints tout court : on constatera que ce qui a manqué, ce n’est ni une vie intérieure profonde, ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais une certaine plénitude dans le renoncement.
Aimer Dieu, Le louer, se dévouer, se fatiguer, se tuer même à Son service, autant de choses qui attirent les âmes généreuses, mais mourir totalement à soi, obscurément, dans le silence intime de l’âme, se déprendre, se laisser détacher à fond de tout ce qui n’est pas Dieu, voilà l’holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes, le point exact où leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de haute sainteté ».

Or, devant Dieu, en ma qualité de Prieur, je suis responsable de votre progression non pas simplement vers une « honnête moyenne » de piété et de ferveur, mais vers une véritable sainteté, de votre progression vers la plus haute sainteté que Dieu veut pour chacun d’entre vous, de votre progression vers la sainteté plénière à laquelle le Très Haut vous invite chacun de manière individuelle et très personnelle, Lui qui nous commande : « Soyez saints car Moi, le Seigneur, Je suis saint » (Lév. XIX, 2).

Que chacun s’examine donc sur les parts plus ou moins secrètes de lui-même qu’il refuse, plus ou moins consciemment de donner entièrement à Dieu.
Que chacun s’emploie donc à débusquer ces scories d’égoïsme qui ne peuvent permettre le plein épanouissement du feu divin, son rayonnement, son expansion.
Que chacun s’engage donc résolument dans la guerre continue contre ces freins intérieurs au don complet de soi qui entravent sa marche vers la sainteté que Dieu veut et ordonne.
Que chacun donc, sans complaisance, s’adonne à pourchasser les obstacles à la pleine action du Feu divin en lui. 

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Le monde, l’Eglise, la France sont ce magasin à poudre, encore très tranquille – parce que saisi par la froideur paralysante générale, et parce que ceux qui portent ou devraient porter la flamme pure, vivante et ardente, ne viennent pas le faire sauter, n’osent pas s’en approcher.

Pour qu’il soit changé en brasier, « il ne faut que du feu ».
Pour que la période de glaciation du monde, de l’Eglise et de la France arrive à son terme, « il ne faut que du feu ».
Membres de la Confrérie Royale : soyez ces porteurs de feu, soyez ces incendiaires !
Vous êtes membres de la Confrérie Royale pour être des pyromanes qui mettront fin à l’ère glaciaire qui, sinon, s’intensifiera encore et paralysera tout.
« Il ne faut que du feu ».

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Oui, c’est nous qui l’avons !
Nous l’avons reçu au saint baptême. Et si nous avons eu le malheur de le laisser s’éteindre par le péché, courons au confessionnal afin d’y rallumer la flamme, afin qu’un souffle divin écarte les cendres froides accumulées et redonne vie au foyer de notre âme.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu et le pouvons recevoir encore, et encore et toujours, dans le contact vivant et quotidien avec « notre Dieu (qui) est un Feu dévorant », au moyen de la prière : une prière non pas formaliste et routinière, mais une prière ardente qui soit un élan d’amour.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu en outre par la compréhension de la vérité : en particulier pour ce qui concerne cette suprême charité sociale qui est la vraie politique accordée aux desseins de Dieu, Lequel souhaite que la Cité terrestre se bâtisse et s’organise sur le modèle de Sa Cité céleste.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu : nourrissons-le, entretenons-le, rendons-le conquérant par le don entier et sans réserve de nous-mêmes.
Il n’existe pas de bois plus propre à entretenir le brasier de l’amour divin que le bois du sacrifice !

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. » 

Je souhaite – je nous souhaite – que bientôt, très bientôt, nous nous trouvions à l’instant de cette demi-seconde qui décidera de l’explosion et de l’embrasement général.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Dimanche 24 janvier 2021,
troisième dimanche après l’Epiphanie.

feu de la Saint-Jean 6

2021-6. Deux clichés, une grande leçon.

Samedi 23 janvier 2021,
Fête des Epousailles de Notre-Dame avec Saint Joseph ;
Mémoire de Saint Barnard de Vienne ;
Mémoire de Sainte Emerentienne ;
Mémoire de Saint Raymond de Penyafort ;
2ème jour dans l’octave de Saint Vincent, diacre et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le dessin ou la photographie peuvent parfois en dire plus et de manière plus éloquente que de longs discours.
Dans le contexte des ferventes célébrations qui ont lieu chaque année à l’occasion du 21 janvier ou dans les jours à l’entour, permettez-moi de vous adresser deux simples images et leur commentaire laconique.

1

Note :
Ce splendide tableau de l’adoration des Rois n’a-t-il pas reçu une illustration et actualité nouvelles à travers la magnifique photo de famille avec laquelle Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a voulu accompagner ses vœux du jour de l’an (cf. > ici) ?
Et, d’une manière plus argumentée et développée, je vous renvoie également à ce que feu le regretté Maître-Chat Lully a écrit sur le caractère sacré naturellement inhérent à la Royauté (cf. > ici), et à ce qu’il avait proposé comme formation politique solide dans une publication plus ancienne (cf. > ici), renvoyant en particulier au « De Regno » de Saint Thomas d’Aquin et à l’incomparable « Politique tirée des  propres paroles de l’Ecriture Sainte » de notre merveilleux Bossuet.

* * * * * * *

2

Note :
En complément de cette seconde photographie, je vous renvoie à ce que Monseigneur le Maître-Chat avait expliqué dans son article « Lucifer ange tutélaire de la république maçonnique » (cf. > ici), développé dans deux autres articles : « De la religion officielle de la république française » (cf. > ici) et « Quand les propos d’un ancien président du « Conseil constitutionnel » viennent confirmer les affirmations du Maître-Chat Lully » (cf. > ici). On pourra enfin compléter ces lectures par cette étude sur l’incompatibilité du catholicisme avec la franc-maçonnerie (cf. > ici et > ici) et sur les infiltrations maçonniques dans l’Eglise (cf. > ici).

La Croix et lys - le Puy 2019

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