2026-143. In memoriam : Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793).
25 juillet,
Fête de Saint Jacques le Majeur, apôtre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Christophe, martyr ;
Anniversaire de la clôture du premier concile de Nicée (25 juillet 325 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’abjuration d’Henri IV (25 juillet 1593 – cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793) ;
« 25 du mois » qui, dans la Confrérie Royale » est dédié à prier davantage pour Sa Majesté le Roi et à offrir de plus généreux sacrifices à son intention.
Ce texte constitue la lettre mensuelle adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale pour le 25 juillet 2026.
Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (1739-1793)
Le général vendéen Louis Célestin Sapinaud de la Verrie n’est pas le plus illustre de tous les chefs de l’insurrection vendéenne. Même l’iconographie semble l’avoir malheureusement oublié car à part la gravure – dont on ne sait pas exactement si elle rapporte, plus ou moins fidèlement, ses traits – reproduite ci-dessus, on ne trouve pas de représentation de sa personne.
On n’est pas davantage chanceux avec les gravures ou photographies des lieux où il s’illustra : du « logis Sapinaud » où il habitait, et qui devint plus tard le presbytère de l’église Saint-Maixent de La Verrie (vaste édifice néo-gothique du XIXème siècle qui a remplacé l’église d’avant la révolution), il ne reste que deux arceaux de granit, quant à la petite ville de La Verrie, elle n’existe même plus vraiment puisque, en 2019, elle a fusionné avec une bourgade voisine pour former la commune de Chanverrie !
Famille Sapinaud de La Verrie :
d’argent à trois merlettes de sable.
La famille Sapinaud comportait deux lignées : 1) celle de la Rairie (un manoir près de Bazoges-en-Paillers), de laquelle est issu Charles Henri Félicité Sapinaud de La Rairie (1760-1829) – neveu de celui qui nous intéresse aujourd’hui, et qui combattra sous les ordres de cet oncle – ; et 2) celle de Bois-Huguet, dont la terre se situait entre Mortagne et Le Puy-Saint-Bonnet, à laquelle échut aussi La Verrie au XVIIIème siècle.
La Verrie est à peu de chose près équidistante de Mortagne-sur-Sèvre et de La Gaubretière, à moins de deux lieues à l’ouest de Saint-Laurent-sur-Sèvre.
Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie, comme son nom l’indique donc, appartenait à la seconde branche des barons de Sapinaud. Né le 6 novembre 1739 au domaine familial (paroisse de Saint-Hilaire-de-Mortagne), il était le fils de Charles-François de Bois-Huguet et de Charlotte-Angélique Imbert. Il épousa le 21 novembre 1775, à Thouarcé, en Anjou, Catherine du Verdier de La Sorinière (+ 1788) : cette dernière est la sœur, la belle-sœur et la tante de quatre Bienheureuses Martyres d’Angers et d’Avrillé (voir > ici).
Louis-Célestin Sapinaud de Bois-Huguet, ou de La Verrie, avait servi pendant vingt-cinq années dans la Garde du Corps du Roi, mais en 1789 – âgé de 50 ans – il s’est retiré de la carrière militaire.
Comme nombre de nobles au début de la révolution, il avait d’abord placé quelque espoir dans les « nobles idéaux » de la révolution, mais le cours des événements lui avait ouvert les yeux : il avait été douloureusement blessé par le sort réservé à la Famille Royale, scandalisé par l’exécution du Roi, et n’approuvait évidemment pas la persécution contre les « bons prêtres ».
Il était aussi témoin de l’agitation qui sourdait dans le bocage à l’annonce de la conscription.
Louis Célestin entre véritablement dans l’histoire le 11 mars 1793, lorsque une bande de paysans des environs, révoltés, viennent le chercher en son logis, le priant de se mettre à leur tête pour conduire leur soulèvement.
Monsieur le Chevalier, ainsi que l’appelaient ses métayers, était un homme prudent : il mesura tout de suite les conséquences de cette révolte, appela les Bocains à la raison et… les pria de rentrer chez eux.
Mais ces valeureux paysans ne s’en tinrent pas là. Ils surveillèrent discrètement le logis durant la nuit, afin d’empêcher que son propriétaire ne se soustraie à ce qu’ils estimaient être son devoir.
Puis, dans la matinée du 12 mars, ils se présentèrent à nouveau à son portail.
L’unique vestige du « Logis Sapinaud » à La Verrie : le double portail
(la grand arche servait aux voitures et cavaliers, la petite aux piétons) ;
et, ci-dessous, la plaque commémorative qui y a été apposée par
Le Souvenir Vendéen.
Cette fois les paysans s’étaient rassemblés en plus grand nombre, au son du tocsin.
Monsieur de Sapinaud tenta de les apaiser, mais les gars de La Verrie l’interpelèrent : Ils refusaient la conscription et réclamaient leurs bons prêtres. Pourquoi aller se battre aux frontières pour les « patriotes » qui n’avaient pour eux, pour leur foi et leurs traditions, que du mépris ?
Louis Célestin les prévint : « C’est le pot de terre contre le pot de fer, nous serons écrasés ! »
Mais cette perspective n’effraya pas les insurgés, bien résolus à partir au combat.
Monsieur le Chevalier finit par céder, mais à la condition que tous lui jurassent une obéissance aveugle.
« Nous le jurons ! » répondirent-ils. Alors Sapinaud leur commanda de se préparer à marcher vers la paroisse voisine : La Gaubretière. Là, les hommes s’étaient regroupés autour d’un notaire royal : Jacques Forestier.
Comme à Saint-Florent-le-Vieil ce même jour, comme au Pin-en-Mauges, avec Jacques Cathelineau, et comme en de nombreux villages où sonnait le tocsin, tous les hommes en âge de prendre les armes quittèrent les champs et se cherchèrent des « chefs de paroisse » et des « Messieurs » pour les conduire : la guerre venait de commencer sur ces terres d’Anjou et du bas-Poitou dans lesquelles Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, par sa prédication, avait enfoui en profondeur d’authentiques semences de foi et de vaillance…
Ainsi se fit le départ vers une aventure tragique, faite d’héroïsme : le jeune département de « Vendée », à la jonction des anciennes provinces, devint une entité redoutable qui aller faire trembler la république !

Au nord de Chantonnay, près du château de l’Hébergement, au Camp de l’Oie, Sapinaud rassemble des troupes qui forment « l’Armée du Centre », qui, grâce aux armes et munitions prises aux Bleus, parvient à empêcher les troupes républicaines de pénétrer par le sud dans le bocage.
Toutefois, le 28 juin, Sapinaud et ses hommes échouent à s’emparer de Luçon, tout comme, dans le même temps, la « Grande Armée catholique et royale » commandée par Jacques Cathelineau échoue à Nantes.
Après l’élection de Monsieur d’Elbée comme généralissime en remplacement de Cathelineau (+ 14 juillet 1793) le commandement de l’ « Armée du Centre » est donné à Charles Aimé de Royrand de La Roussière, dit Royrand, et non à Sapinaud, qui se plie aux ordres donnés pour faire une nouvelle tentative à Luçon.
Cependant, le 25 juillet 1793, les républicains regroupés à Luçon lancent une attaque nocturne vers Chantonnay : l’affrontement a lieu au sud de la ville, au Pont-Charron : le chevalier de la Verrie est tué au cours du combat, et sa sépulture est demeurée inconnue jusqu’à ce jour.
Il nous est toujours bon et profitable, spirituellement autant que politiquement, de nous replonger dans les exemples que, comme Sapinaud aujourd’hui, nous ont laissés les glorieux combattants du trône et de l’autel !
Il nous est toujours bon et profitable de nous souvenir que la victoire n’est pas nécessairement matérielle et physique, mais que, en dépit des échecs terrestres et humains, il y a une victoire surnaturelle supérieure obtenue par la foi, par le don de soi jusqu’au sacrifice de sa propre vie, par la générosité et la fidélité dans les combats qui nous sont proposés ou ménagés par la divine Providence.
Nous n’y gagnons certainement pas une notoriété mondaine, ni une place aux côtés immédiats d’un souverain terrestre dans sa gloire (comme la demandait à Jésus la mère des « fils de Zébédée », ainsi que nous le lisons dans la péricope évangélique lue en cette fête de Saint Jacques le Majeur – cf. Matth. XX, 20-23), mais nous y trouverons immanquablement une part au Calice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puis une couronne immarcescible et éternelle dans le Royaume des Cieux.
Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
prieur de la Confrérie Royale.






























