Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2022-43. Présentation et actualité de Saint Jean Climaque.

30 mars,
Fête de Saint Jean Climaque, ermite et abbé, confesseur.

Saint Jean Climaque abbé et confesseur

Catéchèse de
Sa Sainteté le pape Benoît XVI
au cours de
l’audience pontificale générale
du
m
ercredi 11 février 2009

Saint Jean Climaque

Chers frères et sœurs,

Après vingt catéchèses consacrées à l’Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd’hui la présentation des grands Ecrivains de l’Eglise d’Orient et d’Occident de l’époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l’échelle (klímax). Il s’agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l’ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l’empire romain d’Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l’improviste, le cadre géographique de l’empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s’effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l’Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socio-culturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.

Jean vécut et raconta ses expériences spirituelles dans les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix. On conserve des informations le concernant dans une brève Vita (Patrologie Générale 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito :  à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l’abbé Martirio, un « ancien »; c’est-à-dire un « sage ». Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l’empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d’ermite, loin d’être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7).
Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l’amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais, quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d’ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.

Il devint célèbre, comme je l’ai déjà dit, pour l’œuvre intitulée l’Echelle (klímax), qualifiée en Occident comme Echelle du paradis (PG 88, 632-1164).
Composée sur la requête insistante du proche higoumène du monastère de Raito au Sinaï, l’Echelle est un traité complet de vie spirituelle, où Jean décrit le chemin du moine depuis le renoncement au monde jusqu’à la perfection de l’amour. C’est un chemin qui – selon ce livre – se développe à travers trente marches, chacune d’elle étant liée à la suivante. Le chemin peut être synthétisé en trois phases successives :  la première s’exprime dans la rupture avec le monde dans le but de retourner à l’état de l’enfance évangélique. L’essentiel n’est donc pas la rupture, mais le lien avec ce que Jésus a dit, c’est-à-dire revenir à la véritable enfance dans un sens spirituel, devenir comme les enfants. Jean commente :  « Une bonne fondation est celle qui est formée par trois bases et par trois colonnes:  innocence, jeûne et chasteté. Que tous les nouveau-nés en Christ (cf. 1 Co 3, 1) commencent par ces choses, en prenant exemple de ceux qui sont nouveau-nés physiquement » (1, 20 ; 636). Le détachement volontaire des personnes et des lieux chers permet à l’âme d’entrer en communion plus profonde avec Dieu. Ce renoncement débouche sur l’obéissance, qui est une voie vers l’humilité à travers les humiliations – qui ne manqueront jamais – de la part des frères. Jean commente :  « Bienheureux celui qui a mortifié sa propre volonté jusqu’à la fin et qui a confié le soin de sa propre personne à son maître dans le Seigneur :  en effet, il sera placé à la droite du Crucifié ! » (4, 37 ; 704).

La deuxième phase du chemin est constituée par le combat spirituel contre les passions. Chaque marche de l’échelle est liée à une passion principale, qui est définie et diagnostiquée, avec l’indication de la thérapie et avec la proposition de la vertu correspondante. L’ensemble de ces marches constitue sans aucun doute le plus important traité de stratégie spirituelle que nous possédons. La lutte contre les passions revêt cependant un caractère positif – elle ne reste pas une chose négative – grâce à l’image du « feu » de l’Esprit Saint :  « Que tous ceux qui entreprennent cette belle lutte (cf. 1 Tm 6, 12), dure et ardue [...], sachent qu’ils sont venus se jeter dans un feu, si vraiment ils désirent que le feu immatériel habite en eux » (1, 18 ; 636). Le feu de l’Esprit Saint qui est feu de l’amour et de la vérité. Seule la force de l’Esprit Saint assure la victoire. Mais selon Jean Climaque, il est important de prendre conscience que les passions ne sont pas mauvaises en soi ; elles le deviennent en raison du mauvais usage qu’en fait la liberté de l’homme. Si elles sont purifiées, les passions ouvrent à l’homme la voie vers Dieu avec des énergies unifiées par l’ascèse et par la grâce et, « si celles-ci ont reçu du Créateur un ordre et un début…, la limite de la vertu est sans fin » (26/2, 37 ; 1068).
La dernière phase du chemin est la perfection chrétienne, qui se développe dans les dernières sept marches de l’Echelle. Il s’agit des stades les plus élevés de la vie spirituelle, dont peuvent faire l’expérience les « ésicastes », les solitaires, ceux qui sont arrivés au calme et à la paix intérieure ; mais ce sont des stades accessibles également aux cénobites les plus fervents. Des trois premiers – simplicité, humilité et discernement – Jean, dans le sillage des Pères du désert, considère le dernier le plus important, c’est-à-dire la capacité de discerner. Chaque comportement doit être soumis au discernement ; en effet, tout dépend des motivations profondes, qu’il faut évaluer. On entre ici dans le vif de la personne et il s’agit de réveiller chez l’ermite, chez le chrétien, la sensibilité spirituelle et le « sens du cœur », dons de Dieu :  « Comme guide et règle en toute chose, après Dieu, nous devons suivre notre conscience » (26/1,5 ;1013). C’est de cette manière que l’on atteint la tranquillité de l’âme, l’esichía, grâce à laquelle l’âme peut se pencher sur l’abîme des mystères divins.

L’état de calme, de paix intérieure, prépare l’ »ésicaste » à la prière, qui chez Jean, est double :  la « prière corporelle » et la « prière du cœur ». La première est propre à celui qui doit s’aider de gestes du corps :  tendre les mains, émettre des gémissements, se frapper la poitrine, etc. (15, 26 ; 900) ; la deuxième est spontanée, car elle est l’effet du réveil de la sensibilité spirituelle, don de Dieu à ceux qui se consacrent à la prière corporelle. Chez Jean, elle prend le nom de « prière de Jésus » (Iesoû euché), et est constituée par l’invocation du seul nom de Jésus, une invocation continue comme la respiration :  « Que la mémoire de Jésus ne fasse qu’une seule chose avec ta respiration, et alors, tu connaîtras l’utilité de l’esichía », de la paix intérieure (27/2, 26 ; 1112). A la fin, la prière devient très simple, simplement le nom « Jésus » qui ne fait qu’un avec notre respiration.

Le dernier degré de l’échelle (30), teinté de « la sobre ivresse de l’Esprit », est consacré à la suprême « trinité des vertus »:  la foi, l’espérance et surtout la charité.
De la charité, Jean parle également comme éros (amour humain), figure de l’union matrimoniale de l’âme avec Dieu. Et il choisit encore l’image du feu pour exprimer l’ardeur, la lumière, la purification de l’amour pour Dieu. La force de l’amour humain peut être redirigée vers Dieu, de même que sur l’olivier sauvage peut être greffé l’olivier franc (cf. Rm 11, 24) (15, 66 ; 893). Jean est convaincu qu’une intense expérience de cet éros fait progresser l’âme beaucoup plus que le dur combat contre les passions, car sa puissance est grande. Ainsi prévaut le positivisme sur notre chemin. Mais la charité est considérée également en relation étroite avec l’espérance :  « La force de la charité est l’espérance :  grâce à elle, nous attendons la récompense de la charité… L’espérance est la porte de la charité… L’absence d’espérance anéantit la charité:  c’est à elle que sont liés nos efforts, c’est par elle que sont soutenus nos labeurs, et c’est grâce à elle que nous sommes entourés par la miséricorde de Dieu » (30, 16 ; 1157). La conclusion de l‘Echelle contient la synthèse de l’œuvre avec des paroles que l’auteur fait prononcer à Dieu lui-même :  « Que cette échelle t’enseigne la disposition spirituelle des vertus. Je Me tiens au sommet de cette échelle, comme le dit Mon grand initié (saint Paul) :  Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité (1 Co 13, 13) ! » (30, 18 ; 1160).

A ce point, une dernière question s’impose :  l’Echelle, œuvre écrite par un moine ermite qui a vécu il y a mille quatre cents ans, peut-elle encore nous dire quelque chose aujourd’hui ? L’itinéraire existentiel d’un homme qui a toujours vécu sur le mont Sinaï à une époque si lointaine peut-il être d’une quelconque actualité pour nous ?
Dans un premier temps, il semblerait que la réponse doive être « non », car Jean Climaque est trop loin de nous.
Mais, si nous observons d’un peu plus près, nous voyons que cette vie monastique n’est qu’un grand symbole de la vie baptismale, de la vie de chrétien. Elle montre, pour ainsi dire, en lettres capitales ce que nous écrivons jour près jour en lettres minuscules. Il s’agit d’un symbole prophétique qui révèle ce qu’est la vie du baptisé, en communion avec le Christ, avec Sa mort et Sa résurrection.
Pour moi, il est particulièrement important que le sommet de l’ »échelle », que les derniers degrés soient dans le même temps les vertus fondamentales, initiales, et les plus simples :  la foi, l’espérance et la charité. Il ne s’agit pas de vertus uniquement accessibles à des champions de la morale, mais des dons de Dieu à tous les baptisés :  en elles croît également notre vie. Le début est également la fin, le point de départ est également le point d’arrivée :  tout le chemin va vers une réalisation toujours plus radicale de la foi, de l’espérance et de la charité. Dans ces vertus, est présente toute la montée. La foi est fondamentale, car cette vertu implique que je renonce à mon arrogance, à ma pensée ; à la prétention de juger seul, sans m’appuyer sur les autres. Ce chemin vers l’humilité, vers l’enfance spirituelle, est nécessaire :  il faut surmonter l’attitude d’arrogance qui fait dire :  j’en sais plus, à mon époque du XXIe siècle, que ce que pouvaient savoir les hommes de l’époque passée. Il faut en revanche s’en remettre uniquement à l’Ecriture Sainte, à la Parole du Seigneur, contempler avec humilité l’horizon de la foi, pour entrer ainsi dans l’étendue immense du monde universel, du monde de Dieu. De cette façon notre âme croît, la sensibilité du cœur vers Dieu croît. Jean Climaque dit à juste titre que seule l’espérance nous rend capables de vivre la charité. L’espérance dans laquelle nous transcendons les choses de tous les jours, nous n’attendons pas le succès de nos jours terrestres, mais nous attendons à la fin la révélation de Dieu lui-même. Ce n’est que dans cet élargissement de notre âme, dans cette auto-transcendance que notre vie devient grande et que nous pouvons supporter les peines et les déceptions de chaque jour, que nous pouvons être bons avec les autres sans attendre de récompense. Ce n’est que si Dieu existe, cette grande espérance à laquelle je tends que je peux, chaque jour, accomplir les petits pas de ma vie et apprendre ainsi la charité. Dans la charité se cache le mystère de la prière, de la connaissance personnelle de Jésus :  une prière simple, qui tend uniquement à toucher le cœur du Maître divin. Et ainsi, on ouvre son cœur, on apprend de Lui la même bonté, le même amour. Utilisons donc cette « montée » de la foi, de l’espérance et de la charité ; nous parviendrons ainsi à la vraie vie.

Nota bene :
« L’Echelle Sainte » de Saint Jean Climaque est disponible en lecture gratuite en ligne > ici

Saint Jean Climaque l'échelle spirituelle

2022-41. La source du pardon est ouverte à quiconque veut vivre.

Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
la nécessité de confesser nos péchés
pour obtenir le pardon de Dieu

Pompeo Batoni - le retour de l'enfant prodique

Pompeo Batoni (1708-1787) : le retour de l’enfant prodigue

§ 1. Pour accorder aux hommes son pardon, Dieu les invite à se convertir, mais ils ne l’écoutent pas.

Jamais le Dieu tout-puissant ne refusera Sa miséricorde aux hommes qui obéiront avec foi à Ses commandements, et toutes les fois que notre cœur sera prêt à reconnaître ses fautes, le Seigneur nous en accordera aussitôt le pardon. C’est son désir constant, pourvu que le pécheur ne se complaise pas dans le mal ; car voici ce qu’il dit par l’intermédiaire du Prophète : « Revenez à moi, et je reviendrai à vous » (Zach. 1, 3). Il envoie des hérauts, on les méprise ; Il appelle à Lui les pécheurs, et les pécheurs ne se convertissent pas. Viendra le jour du jugement, où ils demanderont et ne seront pas exaucés. Le Sauveur leur dit : « Revenez de vos voies criminelles » (Zach. 1, 4) ; ils répondent : Nous resterons dans le mauvais chemin. Ne sont-ce point d’impudents contempteurs du Très-Haut ? aussi une condamnation à mort les attend. Puisse chacun de nous dire à Dieu : « J’ai péché » (2 Rois, XII, 13), car aussitôt Il répondra : J’ai pardonné. Par l’effet ordinaire de Sa bonté, Dieu veut accorder aux pécheurs le pardon de leurs fautes, mais, par l’effet habituel de leur malice, les coupables sont tout prêts à refuser leur grâce.

§ 2. Exhortation à ne plus vivre de la vie d’un monde qui passe. 

La source du pardon est ouverte à quiconque veut vivre. Mes frères, vivons, et vivons bien ; car la vie présente passera avec le temps, mais la vie future ne finira jamais. Mais on vous voit aimer cette vie terrestre de manière à réaliser en vous ce que dit Salomon : « Je me suis créé des musiciens et des musiciennes, des échansons et des femmes chargées de me verser à boire » (Eccl. II, 8), et le reste « et je n’ai rien trouvé de mieux que de boire et de manger » (Eccl. VIII, 15). Tu choisis volontiers un pareil genre de vie ; pourquoi donc ne pas faire encore ce qu’il ajoute : « Je n’ai rien trouvé de mieux que de boire et de manger, et cela est vanité des vanités ?» (Eccl. I, 2). C’était justice, car il n’y a vraiment en cela que vanité. Vivre et bien faire, voilà ce qui s’appelle vivre ; mais vivre et mal agir, ce n’est pas réellement vivre. Vivons donc ce petit espace de temps, de manière à mériter de vivre beaucoup dans le séjour éternel qui nous attend. Ici-bas, en effet, ne sommes-nous pas comme en un lieu de passage ? Un jour viendra où nous devrons en sortir, et tu nourris des désirs pareils à ceux que tu nourrirais si tu ne savais pas d’où tu viens. Le monde est devenu la demeure de ton corps, et celui-ci le domicile de ton âme. Ton corps est comme un prolongement du monde, et ton âme lui est étrangère. Le séjour de ton corps est ici-bas ; celui de ton âme, c’est le ciel ; car « ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit » (Jean, III, 6). La chair est venue de la terre et y retournera ; l’esprit est venu du ciel, et quand se briseront les liens qui l’unissent au corps, il y rentrera. Mais quelle dure nécessité, sortir de ce monde ! Où iras-tu donc à ce moment-là ? tu sortiras du monde pour aller au ciel. On redoute de pénétrer dans la maison d’un grand personnage inconnu : par quel moyen gravir les degrés de l’échelle qui aboutit au ciel ? Malgré une conscience pure, on tremble en face d’un tribunal de la terre ; la voix et l’aspect d’un juge remplissent l’âme d’épouvante quelles seront donc les émotions des pécheurs, quand il leur faudra paraître devant Dieu, eux que la seule vue des Anges suffit à jeter dans le trouble ?

§ 3. Excellence de la pénitence et de la conversion démontrée par l’exemple de Jonas et des Ninivites.

Si je ne me trompe, mes frères, la comparaison que je viens d’employer ne manque pas de justesse ; mais si la crainte a glacé nos coeurs, que la prière s’échappe vite de nos lèvres ; que notre pénitence efface, en un clin d’œil, les fautes que notre ignorance a été si longtemps à commettre. Croyez-moi, mes frères, puisqu’en agissant ainsi vous ajoutez foi, non pas à mes propres paroles, mais au commandement du Seigneur, que vous venez d’entendre. La population de Ninive vivait, mais elle ne vivait pas bien ; c’est pourquoi le Seigneur dit au prophète Jonas : « Va dans la grande ville ; là, prêche avec force contre elle, parce que le bruit de sa malice est monté jusqu’à Moi » (Jonas, I, 2). Sa mission avait été d’être un humble prédicateur, et, de fait, il se montra un grand contempteur. On l’avait envoyé à Ninive, et ce fut à Tarse qu’il se rendit. Il méprisa Dieu et s’enfuit dans un vaisseau, comme si la puissance de Dieu ne s’étendait pas jusque sur mer ! Alors il se mit à dormir ; sa sécurité était telle que, durant son sommeil, il ronflait. Pendant ce temps-là, les nautoniers jetaient à l’eau tous les vases qui se trouvaient sur le navire, ils pleuraient, car ils se croyaient condamnés à périr misérablement. Lève-toi ! s’écrièrent-ils enfin ; il faut que nous sachions par le fait de qui nous vient notre malheur. Désigné publiquement par les sorts, il ne chercha point à nier sa faute ; au contraire, il se condamna lui-même. « Prenez-moi », dit-il, « jetez-moi dans la mer, et la tempête s’apaisera » (Jonas I, 12). Les matelots le précipitèrent du haut du vaisseau et, en-dessous des flots, se trouva une baleine qui l’engloutit. Au sein des abîmes son tombeau fut le ventre d’un poisson, et celui-ci le garda intact, dans ses entrailles, l’espace de trois jours. Jonas en sortit aussi sain qu’il y était entré ; alors il se montra docile et accomplit les ordres divins qu’il avait d’abord méprisés et éludés ; aussi le peuple et la ville tout entière firent-ils pénitence en versant des larmes, tandis que Jonas attendait au loin que Dieu fît périr Ninive ; mais le feu, envoyé pour la réduire en cendres, s’éteignit sous le torrent des larmes de ses habitants. Dieu leur pardonna donc leurs égarements, et, au même instant, le Prophète fut saisi de douleur. Seigneur, dit-il, je savais que vous êtes prompt à pardonner, voilà pourquoi je m’étais enfui à Tarse, au lieu d’exécuter Vos ordres. Un peu de fatigue avait rempli son âme de tristesse, et nul sentiment de joie ne s’empara de son coeur, lorsque, à l’égard de Ninive, l’indulgence succéda aux menaces de la justice divine. Il en sortit donc et s’endormit bientôt ; car il avait vu un grand concombre élever au-dessus de sa tête son épais feuillage, pour le défendre contre les ardeurs brûlantes du soleil : cet arbrisseau, sorti de terre par l’ordre du Seigneur, sécha bientôt après sous l’influence de la même volonté divine. Subitement élevé, il disparut tout aussi vite. Il n’y avait pas d’autre nécessité à ce qu’il sortît de terre que celle-ci : Dieu avait promis Son pardon aux pécheurs, afin de les exciter à se convertir.
— Mais, me diras-tu, qui est-ce qui t’autorise à parler ainsi ? — Lis le livre de Jonas, et tu verras que le Prophète pleure sur le sort du concombre ; puis, si tu pousses plus loin la lecture, le Seigneur t’apparaîtra, comme épargnant la ville. « Jonas », dit-il, « tu gémis sur le sort d’une plante qui est venue sans toi, qui s’est accrue en une nuit et qui a péri le lendemain ; et Moi, Je n’épargnerais pas la grande ville de Ninive, où il y a plus de cent vingt mille hommes ? » (Jonas IV, 10-11).

§ 4. Il nous faut pratiquer la pénitence pour être dignes de participer aux mérites de la mort que le Christ a soufferte pour nous.

Mes frères, un seul : « Pardonne ! », suffit à délivrer de la mort un grand nombre. Il y en a beaucoup (je dirais même qu’ils sont en énorme quantité) pour dire : « Mangeons et buvons » (Isaïe, XXII, 13), car c’est notre nature : une fois enfermés dans le tombeau, nous n’avons plus de vie, nous n’avons plus de châtiment à redouter. Non, sans doute, tu n’éprouveras pas de châtiment si tu te convertis et obtiens ton pardon. Avant la passion de ton Sauveur, ton premier père ne pleurait-il pas ? Ignores-tu donc que si Jésus-Christ n’était pas venu, Adam aurait pour toujours été enseveli dans l’enfer ? Jésus-Christ homme est venu pour ce motif : Il S’est anéanti à cause de toi, et afin de te trouver. D’abord, tu avais péché par ignorance, et Il t’a purifié par l’effusion de Son Sang ; mais si, après avoir été instruit, tu recommences à pécher, il est sûr que tu éprouveras toute la sévérité de Sa justice. Donc, en tout ceci, mes frères, obéissons à Ses commandements, et nous deviendrons participants de la récompense qu’Il nous a promise. Ainsi soit-il.

Le retour du fils prodigue - détail d'un vitrail de l'église Notre-Dame du Rosaire Saint-Ouen

Le retour du fils prodigue,
détail d’un vitrail de l’église Notre-Dame du Rosaire, de Saint-Ouen.

 

2022-40. Méditation sur les sept douleurs de Saint Joseph.

Lettre aux membres et amis de la
Confrérie Royale

à l’occasion du 25 mars 2022

Blason de la Confrérie Royale

Méditation sur les sept douleurs de Saint Joseph

Chers Amis,

j’aimerais profiter de cette occasion qui m’est donné de vous écrire en ce mois de mars traditionnellement consacré à Saint Joseph pour méditer avec vous sur les sept douleurs de Saint Joseph. Aussi, je commencerai par une considération sur la vocation de Joseph. Cette considération, nous la trouvons contenue dans le premier panégyrique consacré au Grand Saint Joseph et qui est l’œuvre de Bossuet. L’auguste prédicateur s’exprime ainsi : « Entre toutes les vocations, j’en remarque deux, dans les Écritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des Apôtres, la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux Apôtres, pour l’annoncer par tout l’univers ; Il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les Apôtres sont des lumières, pour faire voir Jésus-Christ au monde. Joseph est le voile pour le couvrir ; et sous ce voile mystérieux on nous cache la virginité de Marie et la grandeur du Sauveur des âmes. Celui qui glorifie les Apôtres par l’honneur de la prédication glorifie Joseph par l’humilité du silence. »
C’est dans l’humilité de ce silence, c’est à travers ce voile mystérieux que je vous propose de méditer sur les douleurs de Saint Joseph. Ce qui revient à méditer sur les épreuves qu’il a dû traverser. Avant de commencer cette médiation, permettez-moi de faire brièvement un rappel sur l’origine de cette dévotion aux sept douleurs et aux sept joies de Saint Joseph. Plus largement, nous verrons le lien qui existe entre Saint Joseph et le royaume de France.
Cette dévotion a été recommandée par le Saint Patriarche lui-même à deux religieux franciscains qui avaient fait naufrage et qui se trouvaient en péril de mort. Dans leur malheur, ils restèrent trois jours et trois nuits au milieu d’une terrible tempête. Au milieu des flots déchaînés, nos deux religieux appellent Saint Joseph à leur secours. Le Grand Saint Joseph les délivra d’une mort certaine et il leur recommanda la dévotion à ses sept douleurs et à ses sept allégresses, promettant sa protection à ceux qui embrasseraient cette dévotion.
Plus largement, la dévotion joséphienne à été encouragée par le Roi. L’apparition de Saint Joseph au berger Gaspard Richard d’Estienne à Cotignac aura une grande influence. Le 7 juin 1660, alors qu’il souffre de la soif, Saint Joseph apparaît à ce berger et lui dit simplement : « Lève cette roche et tu boiras. » Obéissant, notre berger put soulever l’énorme pierre et voir l’eau jaillir et couler sans se tarir. En plus d’étancher la soif du berger, ceux qui malades ou infirmes vinrent boire de l’eau de cette source furent guéris. La nouvelle arrive rapidement jusqu’au roi. Remarquons que c’est ce même jour que Louis XIV fera la connaissance de sa future épouse, Marie-Thérèse d’Autriche à Saint-Jean-de-Luz. Louis XIV ne tardera pas à faire en sorte que tout le royaume honore Saint Joseph : le 12 mars 1661, soit deux jours seulement après avoir entamé son règne personnel, Louis XIV institue le 19 mars comme jour chômé dans tout le royaume pour honorer saint Joseph.

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Cotignac statue de Saint Joseph au lieu de l'apparition

Statue de Saint Joseph au lieu de son apparition à Cotignac 

À présent, commençons notre méditation :

I.
« Or la naissance de Jésus-Christ arriva ainsi. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils n’eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit.
Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout cela arriva afin que fût accompli ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : Voici que la Vierge sera enceinte et enfantera un fils; et on lui donnera pour nom Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous. Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé : il prit chez lui son épouse. Et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle enfantât son fils, et il lui donna pour nom Jésus. » (Mt.I,XVIII-XXV)

Avec ce premier épisode, nous pouvons contempler l’affliction et l’angoisse qu’a ressenti notre glorieux Joseph en son cœur. Imaginez la perplexité de la situation pour le chaste Epoux de la Vierge Marie : « Joseph, …qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement ». Quelle devait être grande votre douleur à la pensée de devoir renvoyer votre Epouse Immaculée !

Dans votre angoisse, l’ange de Dieu vient vous consoler en vous révélant le grand mystère de l’Incarnation : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. »
Depuis cet épisode, considérons combien d’hommes ont eu à affronter des difficultés à l’annonce d’une future naissance. Le constat est relativement simple à faire. Si l’homme est proche de Dieu, s’il a la crainte de Dieu au cœur et s’il désire Lui obéir et Lui plaire, alors tout se fera pour la vie, le bon accueil de l’enfant et le soutien de la mère. Par contre, si l’homme -et ils sont nombreux dans notre pays déchristianisé- est loin de Dieu, qu’il Le rejette et que la seule chose qui compte est son propre plaisir et son confort, alors la porte est ouverte aux pires choses, aux crimes les plus ignobles, c’est l’abandon et la mort. Pensons chers amis, à répondre à l’invitation de Son Excellence Mgr. Athanasius Schneider qui rappelle ce que nous pouvons faire pour aider l’Eglise en ces temps de confusion : « Contre le cinquième commandement (« Tu ne tueras pas »), à cause de l’horrible mécanique de l’assassinat de masse des enfants à naître et même de nouveau-nés, … » son Excellence invite à s’engager dans des actes de réparation et d’expiation pour les péchés contre la foi catholique et pour les péchés contre les commandements divins.

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II.
Pour contempler la deuxième douleur de Saint Joseph, père nourricier du Fils de Dieu, il nous faut aller à la crèche : « Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter s’accomplit, et elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » (Lc.II, III-VII)

Contemplons la tristesse avec laquelle Joseph a vu naître l’Enfant Jésus dans une si grande pauvreté…mais à nouveau la joie vient du ciel et les anges en concert chantent les louanges divines : « Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant :  » Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir !  » » (Lc.II, XIII-XIV) Considérons l’extrême pauvreté dans laquelle est venu le Fils de Dieu. Au dernier Noël, combien d’hommes ont laissé Jésus dans le froid. Leur cœur s’est refroidi, l’ardeur de leur âme s’est éteinte. Dans la consommation des fêtes, ils pensent – disent-ils – « croquer la vie à pleines dents », « profiter à fond » alors que finalement, ils se laissent dévorer et comme engloutir par l’esprit du monde et de ses séductions.

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III.
La troisième douleur de Joseph, très obéissant observateur des lois divines fût de voir le Sang précieux de l’Enfant versé lors de la circoncision : « Les huit jours étant accomplis pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom que l’ange avait donné avant qu’il eût été conçu dans le sein maternel. » (Lc II, XXI) et en même temps, le nom de Jésus vient combler de joie le cœur de Joseph qui sait que ce nom est le nom Sauveur.

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IV.
Avec la quatrième douleur de Saint Joseph, nous rejoignons la bienheureuse Vierge Marie, car c’est évidement Elle et l’Enfant Jésus qui sont visés par la prophétie du vieillard Syméon :
« Or, il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon; c’était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui. L’Esprit-Saint lui avait révélé qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc dans le temple, poussé par l’Esprit. Et comme ses parents amenaient l’enfant Jésus pour observer les coutumes légales à son égard, lui-même le reçut en ses bras, et il bénit Dieu en disant :  » Maintenant, ô Maître, vous congédiez votre serviteur en paix, selon votre parole ; car mes yeux ont vu le salut, que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière qui doit éclairer les nations et gloire d’Israël, votre peuple.  » Et son père et sa mère étaient dans l’étonnement pour les choses que l’on disait de lui. Et Siméon les bénit, et il dit à Marie, sa mère :  » Voici qu’il est placé pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction, vous-même, un glaive transpercera votre âme, afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre de cœurs. » (Luc II, XXV-XXXV)

À l’annonce des douleurs qui allaient toucher le cœur de Sa Très Sainte Épouse, Joseph partage cette douleur et en même temps son cœur est comblé de joie. Car si un glaive doit transpercer le cœur de Marie, …c’est « afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre de cœurs ». À l’heure des affrontements entre la Russie et l’Ukraine, nous pouvons reprendre la pensée et l’espérance de S.Ex. Mgr. Schneider : « J’espère, et je crois, qu’un jour, par un acte parfait de consécration de la Russie au Cœur Immaculé par un prochain pape, le ciel déversera de très abondantes grâces pour l’Église et pour l’humanité, et pour la pleine conversion de la Russie ».

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V.
Voyons à présent l’épisode de la fuite en Egypte qui est la source de la cinquième douleur de Saint Joseph : « Après leur départ, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit :  » Lève toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse; car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.  » Et lui se leva, prit l’enfant et sa mère de nuit et se retira en Egypte. » (Math.II, XIII-XIV)

Ainsi c’est de nuit que Saint Joseph doit fuir avec les deux « Sacrés dépôts »qui lui ont été confiés : Jésus et Marie. En contemplant cette cinquième douleur de Joseph, méditons sur la nécessité de notre fuite du péché et recherchons toujours notre refuge et notre joie en Jésus et Marie.

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VI.
La sixième douleur de Saint Joseph est étroitement liée à la précédente. En effet, nous lisons :
« Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Egypte, et lui dit :  » Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant sont morts.  » Et lui, s’étant levé, prit l’Enfant et sa Mère, et il vint dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il eut peur d’y aller, et, ayant été averti en songe, il gagna la région de la Galilée et vint habiter dans une ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qu’avaient dit les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. » (Math. II, XIX-XXIII)

Ainsi, nous voyons que la joie de ramener l’Enfant Jésus d’Égypte fut troublée par la crainte d’Archélaüs. Mais à nouveau un ange vient rassurer notre glorieux Joseph et lui offre la joie de l’existence cachée à Nazareth avec Jésus et Marie. « Demander à Dieu la grâce d’accepter les croix de cette vie terrestre par amour pour Lui et comme moyen d’intercession et d’expiation pour le salut éternel de tous les membres de la famille ».

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VII.
Enfin, la septième et dernière douleur de Joseph nous invite à contempler l’épisode si douloureux de la perte de Jésus à Jérusalem : « L’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. Or ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem, pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, comme ils étaient montés selon la coutume de la fête, et qu’ils s’en retournaient, le temps étant passé, l’Enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne le surent pas. Pensant qu’il était avec la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils s’en retournèrent à Jérusalem en le recherchant. Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ils furent stupéfaits, et sa mère lui dit :  » Mon Enfant, pourquoi nous avez-vous fait cela? Voyez, votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés. » (Lc II, XL-L)

Quelle douleur et quelle angoisse de perdre un enfant ! Mais quelle joie de le retrouver !
Prions Chers Amis, prions Saint Joseph et demandons-lui de ne jamais perdre Jésus. Si par malheur, il nous arrivait de nous en éloigner, demandons la force de retourner à Lui au plus vite dans la douleur et les pleurs, en criant de tout notre cœur : Jésus, notre joie !
Ainsi soit-il.

Abbé Louis-Samson de La Ferté

Saint Joseph - détail d'une bannière

Détail d’une bannière de Saint Joseph (XIXème siècle)

2022-39. Consécration au Cœur immaculé de Notre-Dame pour ce 25 mars 2022.

Jeudi 24 mars 2022,
Fête de Saint Gabriel, archange (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Siméon de Trente, enfant martyr.

Notre-Dame de Fatima

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cent-cinq ans après les apparitions de Notre-Dame à Fatima (1917-2022), et après moultes guerres et catastrophes, François, actuel occupant officiel du trône pontifical, vient d’annoncer qu’il consacrera solennellement la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie, demain vendredi 25 mars. On trouve le texte qu’il prononcera > ici.
Il a appelé tous les évêques à s’unir à lui ; les prêtres et les fidèles sont eux aussi fortement incités à s’associer à cet acte. Voilà pourquoi je vous invite à vous y unir vous aussi par la prière, par exemple par la récitation d’un chapelet, et autant que possible en groupe, suivi par la récitation d’un acte de consécration en union avec toute l’Eglise.
Ce peut être, ce vendredi 25 mars en même temps que la cérémonie pénitentielle qui sera célébrée à partir de 17 h dans la basilique vaticane (François récitant l’acte de consécration à 18 h 30 en simultané avec son aumônier au sanctuaire de Fatima), ou bien – si vous n’êtes pas disponible en fin d’après-midi – à un autre moment de la journée (à la fin de la Messe si vous avez la possibilité d’y assister, ou en conclusion du Chemin de Croix…) ; de préférence dans une église ou une chapelle, ou encore dans l’oratoire familial.

Nous avons tous conscience de l’importance et de l’actualité du message de Fatima pour obtenir la conversion de la Russie et des pécheurs, ainsi que la paix pour l’Église et le monde. L’acte décidé par François pour demain est attendu par le peuple chrétien fidèle depuis près d’un siècle.

Malheureusement, il manque à cet acte de consécration des éléments expressément demandés par la Très Sainte Vierge ; profitons toutefois d’un événement si exceptionnel pour nous y associer, quitte à le compléter par la formule que le Prévôt du Chapitre de Saint Remi a adaptée avec M. Yves de Lassus, spécialiste des apparitions de Fatima, et en lien avec le R.P. Jean-François Thomas, sj, prieur de la Confrérie Royale, qui la soutient et l’encourage parfaitement : explications et formule  ici
Rien n’empêche, si vous organisez une réunion de prières, de prononcer les deux actes, l’un au début, l’autre à la fin. Voici le lien des deux textes de consécrations > iciIl vous suffit de cliquer sur ce lien et d’imprimer le pdf qui s’ouvre.

En ce moment si solennel pour l’Église et pour le monde, en cette fête où « le Verbe S’est fait chair » (Verbum caro factum est) dans le sein très pur de Notre-Dame Immaculée, nous vous souhaitons une très sainte fête de l’Annonciation et Incarnation du Seigneur, sous la protection de l’Archange Saint Michel, de son collègue Saint Gabriel (célébré aujourd’hui 24 mars), de Saint Joseph (le mois de mars lui est consacré) et du Bon Larron Saint Dismas (fêté le 25 mars).

 Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis et dona nobis pacem !

Bonne, fervente et sainte fête de l’Annonciation de Notre-Dame.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Litanies et prières à Saint Gabriel archange

24 mars,
Fête de Saint Gabriel, archange (cf. > ici).

Archange Saint Gabriel - église Saint-Sulpice de Fougères - détail

L’archange Saint Gabriel
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Sulpice de Fougères, en Bretagne)

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Litanies en l’honneur de l’archange Saint Gabriel
(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Ô Christ, écoutez-nous.
Ô Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Marie, Reine des cieux, priez pour nous.
Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.

Saint Michel Archange, priez pour nous.
Saint Gabriel Archange, priez pour nous.
Saint Raphaël Archange, priez pour nous.

Esprits bienheureux des neuf chœurs des anges, priez pour nous.

Saint Gabriel, l’un des sept qui se tiennent devant la Face de Dieu, priez pour nous.
Saint Gabriel, dont le nom signifie « Force de Dieu », priez pour nous.
Saint Gabriel, Puissance de Dieu, priez pour nous.
Saint Gabriel, adorateur parfait du Verbe divin, priez pour nous.
Saint Gabriel, fidèle messager de Dieu, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui avez éclairé Daniel sur le temps de la venue du Messie, priez pour nous.
Saint Gabriel, ange des prophètes et des proclamateurs de la Parole de Dieu, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui avez annoncé à Zacharie la naissance du Précurseur du Seigneur, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui avez appris au Ciel le mystère sacré du Verbe fait chair, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui avez annoncé à Marie l’Incarnation du Verbe éternel, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui avez apporté à la terre le nom de Jésus, priez pour nous.
Saint Gabriel, ange de l’Annonciation, priez pour nous.
Saint Gabriel, ange qui conférez le sens du sacré et de la crainte de Dieu, priez pour nous.
Saint Gabriel, ange de l’humilité, priez pour nous.
Saint Gabriel, ange de la louange, priez pour nous.
Saint Gabriel, qui offrez nos prières au Très-Haut, priez pour nous.
Saint Gabriel, admirable lumière de l’Église, priez pour nous.
Saint Gabriel, protecteur des communications et de l’unité de l’Église, priez pour nous.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ Priez pour nous, Ô Glorieux Saint Gabriel, Messager de Jésus-Christ,
R/ Afin que nous soyons rendus dignes de ses promesses.

Prions :
Ô Dieu qui, parmi tous les Anges, avez fait le choix de l’Archange Gabriel pour annoncer le mystère de l’Incarnation de Votre Fils, accordez-nous qu’après l’avoir honoré sur la terre, nous goûtions dans le Ciel les effets de sa protection. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.
R/ Ainsi soit-il.

Saint Gabriel - église de Lunéville

L’archange Saint Gabriel
(église de Lunéville, en Lorraine)

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Prière en l’honneur de Saint Gabriel

Glorieux Archange Saint Gabriel,
je m’unis de tout cœur à la joie que vous avez éprouvée en portant le céleste message à la Très Sainte et Immaculée Vierge Marie.
J’admire le respect avec lequel vous vous êtes présenté devant elle, la dévotion avec laquelle vous l’avez saluée, l’amour avec lequel, le premier parmi tous les Anges, vous avez adoré dans son sein le Verbe de Dieu qui s’incarnait.
Je vous prie de m’obtenir de redire avec les mêmes sentiments que vous, lorsque je récite le chapelet et l’angélus, cette salutation que vous lui avez adressée, et d’offrir avec le même amour que vous les respects que vous avez présentés au Verbe fait chair, Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
Ainsi soit-il.

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Deux prières du Père Jean-Edouard Lamy (1853-1931)
à Saint Gabriel Archange :

« Saint Gabriel, vous qui êtes appelé à juste titre la force de Dieu, puisque vous avez été choisi pour annoncer à Marie le Mystère où le Tout-Puissant a déployé la force de Son bras, faites-nous connaître les trésors renfermés dans la personne du Fils de Dieu, et soyez notre protecteur auprès de Son auguste Mère. » 

« Saint Archange Gabriel,
messager de la miséricorde de Dieu en faveur des pauvres humains, vous qui avez salué la Très Sainte Vierge par ces paroles : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce », et qui en avez reçu une réponse d’une si grande humilité, protecteur des âmes, aidez-nous à devenir les imitateurs de son humilité et de son obéissance. »

Archange Saint Gabriel - basilique Nuestra Señora de los Desamparados à Valencia - détail

L’archange Saint Gabriel
(basilique Nuestra Señora de los Desamparados à Valencia – Espagne – détail)

2022-37. Messe propre de la fête du Saint Linceul de Notre-Seigneur.

Vendredi de la 2ème semaine de Carême,
Fête du saint Linceul de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dans les anciens missels d’un grand nombre de diocèses et congrégations, on trouve pour le vendredi de la deuxième semaine de carême la fête particulière du saint Linceul de Notre-Seigneur Jésus-Christ, célébrée selon le rit double majeur.
Cette fête a malheureusement disparu lors des réformes successives intervenues dans la liturgie depuis le milieu du XXe siècle. A strictement parler, elle n’a pas été supprimée, ainsi que quelques uns s’empresseraient de l’affirmer, mais on a appliqué envers elle la technique dite « du voleur chinois », stratégie au terme de laquelle ce qui était jadis une évidence a finalement totalement disparu de l’horizon des dévotions et usages liturgiques catholiques.

Voici donc les textes liturgiques de la Messe pour cette fête. En les lisant et les méditant, on comprend pourquoi les modernistes ont voulu la faire disparaître… 

Ensevelissement de NS et Saint Suaire - Giulio Clovio - Turin

« La très véritable reproduction du Saint Suaire de notre Sauveur Jésus-Christ »
fresque des frères G.B. et G.M. della Rovere dans la chapelle des Pénitents Rouges à Nice

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Feria VI post Dom. II Quadragesimae
in festo
SS. Sindonis D.N.J.C.

Introitus :
Humiliavit semetipsum Dominus Jesus Christus usque ad mortem, mortem autem crucis ; propter quod et Deus exaltavit illum, et donavit illi nomen quod est super omne nomen.
V./ Misericordias Domini in aeternum cantabo : in generationem, et generationem annuntiabo veritatem tuam in ore meo. Gloria Patri. Humiliavit.

Le Seigneur Jésus-Christ s’est humilié Lui-même jusqu’à la mort, et la mort de la croix ; voilà pourquoi Dieu L’a exalté, et Il Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.
V./ Je chanterai les miséricordes du Seigneur pour l’éternité : de génération en génération j’annoncerai par ma bouche Ta vérité. Gloire au Père… 

Collecta :
Deus, qui nobis in sancta Sindone, qua corpus tuum sacratissimum e cruce depositum, a Joseph involutum fuit, passionis tuae vestigia reliquisti : concede propitius, ut per mortem et sepulturam tuam, ad resurrectionis gloriam perducamur. Qui vivis et regnas.

O Dieu nous avez laissé les empreintes de Votre passion sur le saint Linceul dans lequel Votre corps très sacré descendu de la croix fut enveloppé par Joseph [d'Arimathie] : accordez-nous avec bienveillance que par Votre mort et Votre sépulture nous soyons conduits à la gloire de la résurrection, ô Vous qui vivez et régnez…

Lectio Isaiae Prophetae (Is. LXII & LXIII) :
Haec dicit Dominus Deus : Dicite filiae Sion : Ecce Salvator tuus venit : ecce merces ejus cum eo. Quis est iste, qui venit de Edom, tinctis vestibus de Bosra ? Iste formosus in stola sua, gradiens in multitudine fortitudinis suae. Ego, qui loquor justitiam, et propugnator sum ad salvandum. Quare ergo rubrum est indumentum tuum, et vestimenta tua, sicut calcantium in torculari ? Torcular calcavi solus, et de gentibus non est vir mecum : calcavi eos in furore meo, et conculcavi eos in ira mea : et aspersus est sanguis eorum super vestimenta mea, et omnia indumenta mea inquinavi. Dies enim ultionis in corde meo, annus redemptionis meae venit. Circumspexi, et non erat auxiliator : quaesivi, et non fuit qui adjuvaret ; et salvavit mihi brachium meum, et indignatio mea ipsa auxiliata est mihi. Et conculcavi populos in furore meo, et inebriavi eos in indignatione mea, et detraxi in terram virtutem eorum. Miserationum Domini recordabor, laudem Domini super omnibus, quae reddidit nobis Dominus Deus noster.

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Dites à la fille de Sion : voici que vient ton Sauveur : voici sa récompense avec lui. Quel est celui-ci qui vient d’Edom ; de Bosra, les vêtements teints ? Il est beau dans sa robe, avançant dans la grandeur de sa puissance.  C’est moi, qui parle justice, et je suis celui qui combat pour vous afin de vous sauver. Pourquoi donc votre habit est-il rouge, et vos vêtements comme ceux des hommes qui foulent dans un pressoir ? J’ai foulé le pressoir seul, et, d’entre les nations, il n’y a pas un homme avec moi : je les ai foulés aux pieds dans ma fureur, et je les ai foulés aux pieds dans ma colère : et leur sang a aspergé mes vêtements, et tous il a souillé tous mes habits. Car le jour de la vengeance est dans mon cœur, l’année de ma rédemption est venue. J’ai regardé autour de moi, et il n’y avait personne pour me venir en aide : j’ai cherché, et il n’y a eu personne qui m’aidât ; et mon bras m’a sauvé, et ma propre indignation m’est venue en aide. Et j’ai foulé aux pieds les peuples dans ma fureur, et je les ai enivrés de mon indignation, et j’ai renversé à terre leur force. Je me souviendrai des miséricordes du Seigneur, je chanterai la louange du Seigneur à cause de tout ce qu’a fait pour nous le Seigneur notre Dieu.

Graduale (Ps. LXVIII) :
Improperium expectavit cor meum, et miseriam : et sustinui, qui simul mecum constritaretu, et non fuit : consolantem me quaesivi, et non inveni.
V./ Dederunt in escam meam fel, et in siti mea potaverunt me aceto.

Mon cœur a attendu l’opprobre et la misère : et j’ai attendu avec constance quelqu’un qui prît part à ma tristesse, et nul ne l’a fait ; et quelqu’un qui me consolât, et je n’ai trouvé personne. V./ Pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et dans ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.

Tractus (Is. LIII) :
Vere languores nostros ipse tulit, et dolores nostros ipse portavit.
V./ Et nos putavimus eum quasi leprosum, et percussum a Deo, et humiliatum.
V./ Ipse autem vulneratus est propter iniquatates nostras, attritus est propter scelera nostra.
V./ Disciplina pacis nostrae super eum, et livore ejus sanati sumus.

Vraiment lui-même a porté nos langueurs, et lui-même a porté nos douleurs. V./ Et nous pensions qu’il était comme un lépreux, et frappé par Dieu, et humilié. V./ Or lui-même a été blessé à cause de nos iniquités, il a été écorché en raison de nos souillures. V./ Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris.

+ Sequentia sancti Evangelii secundum Marcum (Marc. XV) :
In illo tempore : Cum jam sero esset factum, (quia erat Parasceve, quod est ante sabbatum) venit Joseph ab Arimathaea, nobilis decurio, qui et ipse erat expectans regnum Dei, et audacter introivit ad Pilatum, et petiit corpus Jesu. Pilatus autem mirabatur, si jam obiisset. Et accersito centurione, interrogavit eum, si jam mortuus esset. Et cum cognovisset a centurione, donavit corpus Joseph. Joseph autem mercatus Sindonem, et deponens eum involvit Sindone, et posuit eum in monumento, quod erat excisum de petra, et advolvit lapidem ad ostium monumenti.

En ce temps là, alors que le soir était déjà venu (parce que c’était la Parascève qui est avant le sabbat) Joseph d’Arimathie, noble décurion, qui lui-même attendait le royaume de Dieu, vint et entra hardiment chez Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Or Pilat s’étonnait qu’il fût déjà mort. Et ayant fait venir le centurion il l’interrogea pour savoir s’il était déjà mort. Et lorsqu’il l’eut appris par le centurion, il donna le corps à Joseph. Et Joseph ayant acheté un Linceul et détaché Jésus de la croix, l’enveloppa avec le Linceul, et il le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l’entrée du sépulcre.

Credo.

Offertorium :
Ingressus Aaron tabernaculum, ut holocaustum offeret super altare pro peccatis filiorum Israel, tunica linea indutus est.

Aaron entra dans le tabernacle afin d’y offrir un holocauste sur l’autel pour les péchés des fils d’Israël, et il était revêtu d’une tunique de lin.

Secreta :
Accepta tibi, Domine, sint haec munera, cui pro mundi salute grata extitit Filii tui passio gloriosa. Per eumdem Dominum.

Que soient agréées de Vous, ô Seigneur, ces offrandes de reconnaissance, par lesquelles pour le salut du monde a été manifestée la glorieuse passion de Votre Fils. Nous Vous le demandons par ce même…

Préface de la Croix.

Communio :
Joseph autem mercatus Sindonem, et deponens eum involvit Sindone.

 Et Joseph ayant acheté un Linceul et détaché Jésus de la croix, l’enveloppa avec le Linceul.

Postcommunio :
Satiasti, Domine, familiam tuam muneribus sacris : quaesumus, ut per temporalem Filii tui mortem, quam mysteria veneranda testantur, vitam te nobis dedisse perpetuam confidamus. Per eumdem.

Vous avez rassasié Votre famille au moyen de Vos dons sacrés, Seigneur : nous Vous demandons que, par la mort temporelle de Votre Fils dont témoignent les mystères que nous vénérons, nous ayons confiance que Vous nous donnerez la vie perpétuelle. Par ce même Jésus-Christ…

Linceul de Turin face avant du divin Crucifié

2022-35. Septième pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay pour le Roi et la France.

Le Sacre des Rois

Sacre de Charles VII vitrail de l'église Saint André de Joigny

Sacre de Charles VII
vitrail de l’église Saint-André de Joigny (Bourgogne)

Communiqué du secrétariat de la Confrérie Royale :

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Après les années 2020 et 2021, marquées par des restrictions de déplacement ou de rassemblement qui nous ont contraints, pour pouvoir le maintenir, à déplacer à la fin août le pèlerinage annuel  de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, et à lui imposer quelques limitations, en cette année 2022, pour notre septième pèlerinage annuel, nous pouvons le replacer aux dates qui ont été convenues depuis 2017, c’est-à-dire depuis l’après-midi du jeudi de l’Ascension 26 mai jusqu’au samedi après l’Ascension 28 mai après-midi.
Il est certes possible de ne participer qu’à la journée du vendredi 27 mai, mais nous privilégierons évidemment les personnes qui souhaitent participer à la totalité.

Comme chaque année, ce pèlerinage est bâti autour d’un thème général et s’articule en temps de prière, en conférences et en visites dans la ville du Puy ou dans ses environs.
Nous insistons pour rappeler l’importance du Puy-en-Velay dans l’histoire religieuses du Royaume : de nombreux Saints, Rois et Papes se sont joints aux innombrables fidèles anonymes pour venir s’y recommander à la Très Sainte Mère de Dieu, en ce lieu qui est le tout premier dans le cycle des apparitions de Notre-Dame sur cette terre qui deviendra la France.
Nous insistons aussi pour rappeler l’importance qu’il y a à se réunir dans des lieux saints afin d’y prier pour notre Souverain légitime et pour notre patrie qui n’en finit pas d’être affligée par les conséquences de l’apostasie officielle initiée lors de la grande révolution.

Nous vous invitons à prendre connaissance des précisions suivantes avec la plus vive attention :

A) Le thème retenu pour ce septième pèlerinage annuel est « Le Sacre des Rois ».
Trois conférences seront dispensées au cours du pèlerinage : 1) La Royauté et le sacré, 2) Symbolique des cérémonies du Sacre français, 3) Le Sacre dans les autres royautés. Ces conférences constituent une formation doctrinale légitimiste en même temps que spirituelle dont nous ne soulignerons jamais assez l’importance.

B) Les Messes célébrées au cours du pèlerinage le sont évidemment selon le rite latin traditionnel.
Notez bien qu’une Messe lue sera célébrée le jeudi de l’Ascension 26 mai en fin d’après-midi (17 h 30) pour ceux qui, en raison de leur voyage jusqu’au Puy, n’auraient pas pu y assister le matin. Les vendredi et samedi ce seront des Messes solennelles.

C) Le programme précis et complet sera adressé aux inscrits par courriel personnel du secrétariat de la Confrérie.

D) Comme les années précédentes, la Confrérie Royale a retenu des chambres et prévu la restauration.
Toutefois, notez bien qu’il y a très peu de chambres individuelles dans cette structure : la plupart sont des chambres doubles (avec toilettes et douches sur le palier). Les pèlerins qui désireraient davantage de confort, peuvent prévoir eux-mêmes de retenir leur hébergement dans l’un ou l’autre des hôtels de la ville (cela ne les dispense néanmoins pas de s’inscrire au moyen du bulletin d’inscription qui leur sera adressé après contact avec notre secrétariat).

E) Les inscriptions ne sont validées qu’avec le versement d’un acompte (par chèque, en espèces ou par virement bancaire).

F) Néanmoins, les personnes qui auraient des difficultés financières ne doivent pas hésiter à nous en parler : nous essayons chaque année de mettre en place une « caisse d’entraide » que peuvent alimenter les pèlerins plus aisés et qui nous permet ainsi d’aider ceux qui seraient dans la gêne. Nous ne voulons pas qu’un embarras financier soit un empêchement à la participation au pèlerinage.
De même nous essayons de prendre en charge, au moins pour moitié, sinon en totalité, les frais d’hébergement et de restauration des prêtres, religieux et séminaristes : nous faisons dès à présent appel à la générosité des autres pèlerins, où de ceux qui, ne pouvant pas venir, voudraient parrainer par un don le pèlerinage d’un ecclésiastique.

G) Attention ! La période des inscriptions est dès à présent ouverte et elle ne dure que 4 semaines : elle sera close le dimanche des Rameaux 10 avril. Si donc vous comptez participer au pèlerinage, inscrivez-vous le plus rapidement possible, sans attendre la date butoir !

H) Pour les renseignements et les demandes d’inscription, une seule adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com
En cas de nécessité un numéro de téléphone : 04 75 65 49 20 (répondeur : laisser un message qui indique clairement votre nom et le numéro auquel on peut vous rappeler).

Pèlerinage légitimiste au Puy - message du Prince 4 juin 2016

2022.34. Le 15 mars, nous fêtons Saint Longin, légionnaire, pénitent et martyr.

15 mars,
en France, fête de Sainte Louise de Marillac, veuve et fondatrice ;
Mémoire de Saint Longin, légionnaire, pénitent et martyr.

Saint Longin, légionnaire et martyr

« A Césarée de Cappadoce, la passion de Saint Longin, soldat, que l’on croit être celui qui perça de sa lance le côté du Seigneur »
(Première notice du martyrologe romain pour le 15 mars)

Beaucoup d’auteurs pensent que saint Longin est ce centenier qui s’écria au moment de la mort de Notre-Seigneur : « Celui-ci était véritablement le Fils de Dieu ». Selon d’autres, c’est ce soldat qui ouvrit d’une lance Son côté sacré et qui en fit couler le sang et l’eau. Quelques-uns même soutiennent qu’il fut l’un et l’autre ; mais est-il croyable, se sont demandé quelques âmes pieuses, qu’après avoir confessé Sa divinité, il eût osé porter la lance dans son adorable poitrine ?
Nous pensons avec Saint Augustin, que quand le centenier reconnut Jésus-Christ pour Fils de Dieu, il ne donnait pas à cette expression l’étendue du sens qu’elle renferme ; il voulait faire entendre qu’il Le prenait pour un homme divin, et qu’il remarquait en Lui quelque chose d’extraordinaire, de surnaturel. Cette première lueur de la grâce ne l’aura pas empêchée d’accomplir sa tâche jusqu’au bout et de percer le flanc du Sauveur. La pieuse croyance du Moyen-Age semble confirmer notre manière de voir : aux termes de la légende, le Sang de Jésus-Christ jaillit sur le visage du centurion, au moment où il Lui perça le côté, et guérit ses yeux malades ; manière naïve de dire que la foi ouvrit les yeux de son âme aux pieds de la croix.
D’ailleurs l’acte qu’accomplit Longin en perçant le côté du Sauveur, loin d’être contraire à sa foi naissante, était un acte d’humanité, puisqu’en faisant sortir du sang et de l’eau du cœur du Sauveur, il épargnait à Son corps adorable le brisement des jambes que l’on faisait subir aux suppliciés à qui il restait un souffle de vie. Dans les peintures et sculptures du Moyen Âge, Longin est à genoux et dans une position si respectueuse, que la foi semble déjà née dans son cœur. À cause de ce ministère si honorable et de sa qualité de chevalier romain, Saint Longin, était en grand honneur parmi les hommes d’armes d’autrefois.

Saint Longin est témoin de la résurrection de Notre-Seigneur

Quoi qu’il en soit, d’après Métaphraste et son office dans la liturgie grecque, Saint Longin, ayant reçu l’ordre de garder le tombeau du Sauveur après Sa sépulture, fut témoin des grands miracles qui se firent au moment de Sa résurrection, et, par là, de plus en plus confirmé dans sa croyance.
Il vint raconter aux Princes des prêtres, aux Scribes et aux Pharisiens ce qu’il avait vu et entendu : ce qui les mit en grande peine. Craignant que le nom du Sauveur ne devînt plus illustre que jamais, ils s’efforcèrent de corrompre Longin par de riches présents et par de belles promesses ; ils lui voulaient faire dire que, ses soldats étant endormis, les disciples de Jésus-Christ avaient dérobé Son corps. Le saint soldat, qui était déjà tout changé et rempli de la lumière divine, refusa absolument d’être le ministre de cette imposture ; au contraire, il publia hautement la vérité, et fut un très-fidèle témoin de la résurrection de Notre-Seigneur.

Il prêche en Cappadoce

Les Juifs, voyant sa constance, résolurent de se venger de lui ; le pieux Longin, ayant découvert leur dessein, quitta la milice, et, abandonnant la Judée, il s’en alla de Jérusalem en Cappadoce, accompagné de deux soldats. Là, il commença à prêcher ce qu’il avait vu, et attira, par ses actions vertueuses et par ses paroles, plusieurs infidèles à la connaissance du Dieu vivant ; de sorte que la foi s’y accrut notablement, au grand opprobre des Juifs qui l’avaient crucifié. Ces impies firent tous leurs efforts pour faire condamner à mort cet admirable prédicateur, en l’accusant comme traître ; ils pressèrent tant Pilate, gouverneur de la Judée, qu’il envoya de ses archers en Cappadoce, pour le prendre et le faire mourir. Les soldats y allèrent pleins de fureur et d’impiété ; mais Dieu permit qu’ils s’adressassent à Longin même, sans le connaître, et qu’ils lui découvrissent le sujet de leur voyage.

Il se livre lui-même à ses bourreaux

Cette nouvelle le réjouit extrêmement ; même il les reçut et les traita splendidement dans sa maison, les assurant qu’il leur mettrait bientôt entre les mains celui qu’ils cherchaient, sans qu’ils se missent en peine de s’en informer davantage. Après leur avoir prodigué pendant trois jours l’hospitalité la plus cordiale, comme il brûlait du désir de répandre son sang pour Celui dont il avait fait couler le sang par un coup de lance, il se découvrit à eux, et leur dit : « Je suis Longin que vous cherchez : je suis prêt à endurer la mort, et si vous me la donnez, vous me paierez avec usure le bon traitement que je vous ai fait, car vous ne sauriez me récompenser mieux ». Ces soldats ne le pouvaient croire, tant cette résolution leur paraissait nouvelle et surprenante ; et, lorsqu’ils furent assurés que c’était effectivement Longin, ils sentirent une extrême répugnance à le faire mourir. Mais le désir qu’il témoignait de souffrir pour Jésus-Christ, et la crainte qu’eux-mêmes avaient d’être maltraités de Pilate, s’ils retournaient sans avoir exécuté ses ordres, les y fit enfin résoudre. Il commanda donc à un serviteur de lui apporter un habit blanc pour solenniser la fête des noces célestes, auxquelles il se voyait invité, puis il exhorta les deux soldats ses compagnons à la persévérance ; et, après les avoir embrassés, et avoir marqué le lieu où il voulait être enseveli, il eut, comme eux, la tête tranchée.

Ses miracles

Les bourreaux portèrent son vénérable chef à Pilate, qui le fit mettre sur la porte de la ville, pour donner satisfaction aux Juifs ; depuis, on le jeta à la voirie : mais Dieu l’en fit retirer d’une manière miraculeuse.
Une femme de Cappadoce, pauvre et aveugle, n’ayant pour consoler son veuvage qu’un fils qui la menait par la main, entreprit le voyage de Jérusalem, pour y prier Notre-Seigneur de la guérir et de la délivrer des calamités dont elle était accablée ; mais à peine fut-elle arrivée, que son fils mourut et la laissa sans guide et dans une désolation qui ne se peut exprimer. L’ennui dont elle était accablée, l’assoupit enfin et la fit dormir. Durant son sommeil, Saint Longin lui apparut et la consola, lui remontrant que les peines que Jésus-Christ avait souffertes pour nos péchés, étaient incomparablement plus grandes que les siennes. Ensuite, il lui commanda d’aller chercher son chef, qui était couvert de fumier, l’assurant qu’en le touchant elle recouvrerait la vue ; il lui promit aussi qu’il lui ferait voir son fils, dont elle pleurait amèrement la perte. La femme, encouragée par cette vision, se fit conduire à l’endroit qui lui était marqué, et, tirant ce précieux trésor du lieu infect où il était, elle reçut la grâce qui lui avait été promise. La nuit suivante, Saint Longin lui apparut encore, et, lui montrant son fils revêtu d’une merveilleuse clarté, il lui dit : « Ne pleurez plus comme malheureux ceux qui sont couronnés de gloire et qui bénissent éternellement Dieu. Prenez ma tête et ensevelissez-la avec le corps de votre fils, dans un même cercueil, et ne cessez de louer Dieu dans ses Saints ». Après cette vision, la pieuse femme prit ce vénérable chef, avec le corps de son fils, et les inhuma honorablement dans un village appelé Sardial, qui était le lieu de la naissance du saint Martyr.

Ses reliques

Pour le fer de la lance, dont on dit que Saint Longin perça le côté de Notre-Seigneur, il se gardait religieusement avant la Révolution française, en la Sainte-Chapelle, à Paris, où le roi saint Louis le mit avec les autres instruments de la Passion, que sa piété lui avait donné moyen de recouvrer de divers endroits de la chrétienté.
Saint Longin est représenté en armes, le casque en tête, l’épée au côté, au pied de la croix. Plusieurs peintres anciens lui font porter la main gauche à ses yeux, pendant que de la droite, il dirige sa pique vers le corps du crucifié, par allusion à sa guérison corporelle et spirituelle tout à la fois. Il aurait eu les yeux crevés avant sa décollation. Dans la posture de condamné à mort qu’on lui donne, il a donc quelquefois les yeux arrachés. Il passe aussi pour avoir terrassé un dragon : c’est sans doute par allusion à la prédication de l’Évangile qu’il fit dans la Cappadoce. Il porte quelquefois un vase de cristal dans lequel se trouvent deux ou trois globules qui s’expliquent comme on va le voir. La ville de Mantoue se glorifiait de posséder, avec le corps de saint Longin, quelques gouttes du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, recueillies par le Saint qui avait percé son côté. Le reliquaire du Saint Sang figure sur plusieurs monnaies anciennes de la cité de Mantoue : la découverte de ce trésor, au commencement du IXe siècle, donna lieu à l’érection d’un siège épiscopal dans cette ville. Saint Longin paraît avec cet attribut du reliquaire et des gouttes de sang dans un tableau du Louvre, peint par Jules Romain pour Mantoue

Mgr Paul Guérin, Camérier de sa sainteté Pie IX
« Les Petits Bollandistes – Vies des Saints », septième édition – Bloud et Barral – 1876

Saint Longin -  Giulio Romano - 1535 Louvre

Giulio Romano (Jules Romain) : Nativité entourée de Saint Longin et de Saint Jean l’Evangéliste (1535),
c’est le tableau du musée du Louvre mentionné ci-dessus par Mgr Guérin

2022-33. On ne peut en aucun cas considérer le péché comme une norme de vie, comme une simple variation du comportement humain.

Samedi 12 mars 2022,
Fête de Saint Grégoire le Grand (cf. > ici) ;
Fête et millénaire de Saint Syméon le Nouveau Théologien (cf. > ici et > ici) ;
Samedi des Quatre-Temps de printemps.

Patriarche Cyrille de Moscou

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Bien chers Amis,

Dimanche dernier, 6 mars 2022, à l’occasion du « dimanche du pardon » (dimanche qui précède l’entrée en carême dans la liturgie byzantine), Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a célébré la Divine Liturgie dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. A la fin du service divin, le Primat de l’Eglise orthodoxe russe a prononcé un sermon dont nous vous retranscrivons ci-dessous l’intégralité, dans une traduction en français que j’espère ne pas être trop fautive.

Il me paraît important de la porter à votre connaissance pour plusieurs raisons :
1) d’abord parce qu’il en a été publié plusieurs commentaires qui ne donnaient que quelques citations extraites de leur contexte et réinterprétées selon le prisme des journalistes occidentaux, dont on connaît l’impartialité et l’objectivité…
2) ensuite parce qu’il faut rétablir la vérité et qu’il ne s’agit pas, comme l’ont écrit certains, d’un soutien inconditionnel à la politique de Monsieur Vladimir Poutine transformant sans discernement toutes les actions militaires russes en « guerre sainte » ;
3) enfin, je ne crains pas de l’écrire en toutes lettres quelles que soient les conséquences que je doive en subir, parce que je souscris entièrement aux propos du Patriarche Cyrille qui nous livre ici une lecture métaphysique des événements actuels.

Le péché contre-nature – ce péché dont Saint Paul écrit qu’il ne faut même pas le nommer et qu’il n’évoque lui-même qu’en termes pudiques mais suggestifs (cf. 1 Cor. VI, 9-10) – crie vengeance vers le Ciel et en exclut ceux qui le commettent du Royaume des Cieux. Or la société anti-chrétienne veut aujourd’hui en faire une norme et en favoriser les pratiques, les banaliser, et amener à les faire considérer comme égales à ce qui est inscrit dans la loi naturelle. Or c’est bien l’un des véritables buts de la « politique » de l’Union Européenne, des USA et d’une manière générale de tous les pays « libéraux » et « démocratiques ».
L’actuel occupant du trône pontifical a lui-même sur ce sujet des propos et comportements dans lesquels on est très loin de trouver l’affirmation claire et nette des principes authentiquement chrétiens et l’écho sans ambigüité des paroles de la Révélation… hélas !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

PS : Nous mettons en caractères gras certaines des affirmations du Patriarche Cyrille en raison de leur importance.

Le Patriarche Cyrille de Moscou

nika

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

A vous tous, mes chers Seigneurs, Pères, Frères et Sœurs, je vous félicite de tout cœur en ce dimanche, dimanche du Pardon, dernier dimanche avant le début de la Quadragésime, le grand Carême !
De nombreux ascètes considèrent le carême comme un printemps spirituel. Il coïncide avec le printemps de la vie physique et est en même temps considéré par la conscience de l’Église comme un printemps spirituel. Et qu’est-ce que le printemps ? Le printemps est la renaissance de la vie, le renouveau, une nouvelle force. Nous savons que c’est au printemps que la sève puissante éclate à dix, vingt, cent pieds de haut, donnant vie à l’arbre. C’est en effet un étonnant miracle de Dieu, un miracle de la vie. Le printemps est la renaissance de la vie, un certain grand symbole de la vie. Et c’est pourquoi ce n’est pas tout à fait par hasard que la principale fête de printemps est la Pâque du Seigneur, qui est aussi un signe, un gage, un symbole de la vie éternelle. Et nous croyons qu’il en est ainsi, et cela signifie que toute la foi chrétienne, que nous partageons avec vous, est la foi qui affirme la vie, qui est contre la mort, contre la destruction, qui affirme la nécessité de suivre les lois de Dieu pour vivre, pour ne pas périr dans ce monde, ni dans l’autre.

Mais nous savons que ce printemps est assombri par de graves événements liés à la détérioration de la situation politique dans le Donbass, presque le début des hostilités. Je voudrais dire quelque chose à ce sujet.
Depuis huit ans, on tente de détruire ce qui existe dans le Donbass. Et dans le Donbass, il y a un rejet, un rejet fondamental des soi-disant valeurs qui sont proposées aujourd’hui par ceux qui prétendent au pouvoir mondial.

Aujourd’hui, il existe un test de loyauté envers ce pouvoir, une sorte de laissez-passer vers ce monde « heureux », un monde de consommation excessive, un monde de « liberté » apparente. Savez-vous ce qu’est ce test ? Le test est très simple et en même temps terrifiant : il s’agit d’une parade de la gay pride. La demande de nombreux pays d’organiser une gay pride est un test de loyauté envers ce monde très puissant ; et nous savons que si des personnes ou des pays rejettent ces demandes, ils ne font pas partie de ce monde, ils en deviennent des étrangers.
Mais nous savons ce qu’est ce péché, qui est promu par les soi-disant « marches de la fierté » (gay pride). C’est un péché qui est condamné par la Parole de Dieu – tant l’Ancien que le Nouveau Testament. Et Dieu, en condamnant le péché, ne condamne pas le pécheur. Il l’appelle seulement à la repentance, mais ne fait en aucun cas du péché une norme de vie, une variation du comportement humain – respectée et tolérée – par l’homme pécheur et son comportement.

Si l’humanité accepte que le péché n’est pas une violation de la loi de Dieu, si l’humanité accepte que le péché est une variation du comportement humain, alors la civilisation humaine s’arrêtera là. Et les gay pride sont censées démontrer que le péché est une variante du comportement humain. C’est pourquoi, pour entrer dans le club de ces pays, il faut organiser une gay pride. Pas pour faire une déclaration politique « nous sommes avec vous », pas pour signer des accords, mais pour organiser une parade de la gay pride. Nous savons comment les gens résistent à ces demandes et comment cette résistance est réprimée par la force. Il s’agit donc d’imposer par la force le péché qui est condamné par la loi de Dieu, c’est-à-dire d’imposer par la force aux gens la négation de Dieu et de sa vérité.
Par conséquent, ce qui se passe aujourd’hui dans la sphère des relations internationales ne relève pas uniquement de la politique. Il s’agit de quelque chose d’autre et de bien plus important que la politique. Il s’agit du Salut de l’homme, de la place qu’il occupera à droite ou à gauche de Dieu le Sauveur, qui vient dans le monde en tant que Juge et Créateur de la création. Beaucoup aujourd’hui, par faiblesse, par bêtise, par ignorance, et le plus souvent parce qu’ils ne veulent pas résister, vont là, du côté gauche.
Et tout ce qui a trait à la justification du péché condamné dans la Bible est aujourd’hui le test de notre fidélité au Seigneur, de notre capacité à confesser la foi en notre Sauveur.

Tout ce que je dis a plus qu’une simple signification théorique et plus qu’une simple signification spirituelle. Il y a une véritable guerre autour de ce sujet aujourd’hui. Qui s’attaque aujourd’hui à l’Ukraine, où huit années de répression et d’extermination de la population du Donbass, huit années de souffrance, et le monde entier se tait – qu’est-ce que cela signifie ?

Mais nous savons que nos frères et sœurs souffrent réellement ; de plus, ils peuvent souffrir pour leur loyauté envers l’Église. Et donc, aujourd’hui, en ce dimanche du pardon, moi, d’une part, en tant que votre berger, j’appelle tout le monde à pardonner les péchés et les offenses, y compris là où il est très difficile de le faire, là où les gens se battent entre eux.
Mais le pardon sans la justice est une capitulation et une faiblesse. Le pardon doit donc s’accompagner du droit indispensable de se placer du côté de la lumière, du côté de la vérité de Dieu, du côté des commandements divins, du côté de ce qui nous révèle la lumière du Christ, sa Parole, son Évangile, ses plus grandes alliances données au genre humain.

Tout cela dit, nous sommes engagés dans une lutte qui n’a pas une signification physique mais métaphysique.
Je sais comment, malheureusement, les orthodoxes, les croyants, choisissant dans cette guerre la voie de la moindre résistance, ne réfléchissent pas à tout ce sur quoi nous réfléchissons aujourd’hui, mais suivent docilement la voie qui leur est indiquée par les pouvoirs en place.

Nous ne condamnons personne, nous n’invitons personne à monter sur la croix, nous nous disons simplement : nous serons fidèles à la parole de Dieu, nous serons fidèles à sa loi, nous serons fidèles à la loi de l’amour et de la justice, et si nous voyons des violations de cette loi, nous ne supporterons jamais ceux qui détruisent cette loi, en effaçant la ligne de démarcation entre la sainteté et le péché, et surtout ceux qui promeuvent le péché comme modèle ou comme modèle de comportement humain.

Aujourd’hui, nos frères du Donbass, les orthodoxes, souffrent sans aucun doute, et nous ne pouvons qu’être avec eux – avant tout dans la prière.
Nous devons prier pour que le Seigneur les aide à préserver leur foi orthodoxe et à ne pas succomber aux tentations.
Dans le même temps, nous devons prier pour que la paix revienne au plus vite, pour que le sang de nos frères et sœurs cesse de couler, pour que le Seigneur accorde sa grâce à la terre du Donbass, qui souffre depuis huit ans et qui porte l’empreinte douloureuse du péché et de la haine humaine.

Alors que nous entrons dans la saison du Carême, essayons de pardonner à tout le monde.
Qu’est-ce que le pardon ?
Lorsque vous demandez pardon à quelqu’un qui a enfreint la loi ou vous a fait du mal et injustement, vous ne justifiez pas son comportement mais vous cessez simplement de le haïr. Il cesse d’être votre ennemi, ce qui signifie que par votre pardon vous le livrez au jugement de Dieu. C’est la véritable signification du pardon mutuel pour nos péchés et nos erreurs.
Nous pardonnons, nous renonçons à la haine et à l’esprit de vengeance, mais nous ne pouvons pas effacer la faute humaine au ciel ; c’est pourquoi, par notre pardon, nous remettons les fautifs entre les mains de Dieu, afin que le jugement et la miséricorde de Dieu s’exercent sur eux. Pour que notre attitude chrétienne à l’égard des péchés, des torts et des offenses des hommes ne soit pas la cause de leur ruine, mais que le juste jugement de Dieu s’accomplisse sur tous, y compris sur ceux qui prennent sur eux la plus lourde responsabilité, creusant le fossé entre les frères, le remplissant de haine, de malice et de mort.

Que le Seigneur miséricordieux exécute son juste jugement sur nous tous. Et de peur qu’à la suite de ce jugement, nous nous retrouvions du côté gauche du Sauveur venu dans le monde, nous devons nous repentir de nos propres péchés.
Aborder notre vie avec une analyse très profonde et dépassionnée, se demander ce qui est bon et ce qui est mauvais, et en aucun cas se justifier en disant : « J’ai eu une dispute avec ceci ou cela, parce qu’ils avaient tort ». C’est un faux argument, c’est une mauvaise approche. Vous devez toujours demander devant Dieu : Seigneur, qu’ai-je fait de mal ? Et si Dieu nous aide à prendre conscience de notre propre iniquité, nous devons nous repentir de cette iniquité.

Aujourd’hui, à l’occasion du dimanche du Pardon, nous devons accomplir l’exploit de renoncer à nos propres péchés et injustices, l’exploit de nous remettre entre les mains de Dieu et l’acte le plus important – le pardon de ceux qui nous ont offensés.

Que le Seigneur nous aide tous à traverser les jours du Carême de telle sorte que nous puissions entrer dignement dans la joie de la Résurrection du Christ. Et prions pour que tous ceux qui combattent aujourd’hui, qui versent le sang, qui souffrent, entrent aussi dans cette joie de la Résurrection dans la paix et la tranquillité. Quelle joie y a-t-il si les uns sont dans la paix et les autres dans la puissance du mal et dans la douleur des luttes intestines ?

Que le Seigneur nous aide tous à entrer dans le chemin du Saint Carême de telle manière, et pas autrement, qu’Il puisse sauver nos âmes et favoriser la multiplication du bien dans notre monde pécheur et souvent terriblement erroné, afin que la vérité de Dieu puisse régner et diriger le genre humain.

Amen.

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou

nika

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