Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2008-46. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI met en évidence deux saints : Thérèse-Bénédicte de la Croix et Maximilien-Marie Kolbe :

   En ce mercredi 13 août 2008, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI – rentré à Castel Gandolfo après quelques jours de repos dans la province du Sud Tyrol – , s’est montré au balcon de la Cour intérieure du Palais Apostolique pour rencontrer les fidèles rassemblés pour l’Audience générale du mercredi. Dans le discours en langue italienne, le Pape s’est arrêté sur les figures de deux Saints fêtés ces jours-ci : Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (dans le monde Edith Stein) et Saint Maximilien-Marie Kolbe. Après le Pater Noster et la Bénédiction Apostolique, le Saint Père a adressé des salutations en diverses langues aux groupes de fidèles présents.

Catéchèse du Saint-Père en langue italienne :
l’exemple de deux saints martyrs d’Auschwitz,
Saint Maximilien-Marie Kolbe
et
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

   Chers frères et sœurs !

   Rentré de Bressanone, où j’ai pu passer une période de repos, je suis content de vous rencontrer et de vous saluer, chers habitants de Castel Gandolfo, et vous, chers pèlerins, qui êtes venus aujourd’hui me rendre visite. Je voudrais encore une fois remercier ceux qui m’ont accueilli et ont veillé sur mon séjour en montagne. Ces journées ont été des journées de détente sereine, où je n’ai pas cessé de rappeler au Seigneur tous ceux qui se confient à mes prières. Et ceux qui m’écrivent en me demandant de prier pour eux, sont vraiment très nombreux. Ils me manifestent leurs joies, mais aussi leurs préoccupations, leurs projets de vie, mais aussi les problèmes familiaux et de travail, les attentes et les espoirs qu’ils portent dans leur cœur, à côté des inquiétudes liées aux incertitudes que l’humanité vit en ce moment. Je peux assurer à tous et à chacun mon souvenir, tout particulièrement dans la célébration quotidienne de la Sainte Messe et dans la récitation du Saint Rosaire. Je sais bien que le premier service que je peux rendre à l’Église et à l’humanité est vraiment celui de la prière, parce qu’en priant je mets avec confiance dans les mains du Seigneur, le ministère que Lui-même m’a confié, avec le destin de la communauté ecclésiale et civile tout entière.

   Celui qui prie ne perd jamais l’espérance, même lorsqu’il lui arrive de se trouver dans des situations difficiles et même humainement désespérées. C’est ce que nous enseignent les Saintes Écritures et ce dont l’histoire de l’Église témoigne. Combien d’exemples, en effet, nous pourrions évoquer de situations dans lesquelles la prière a vraiment été un soutien sur le chemin des saints et du peuple chrétien! Parmi les témoignages de notre époque, je voudrais citer celui de deux saints dont nous célébrons la mémoire ces jours-ci : Thérèse-Bénédicte de la Croix, Edith Stein, dont nous avons célébré la fête le 9 août, et Maximilien-Marie Kolbe que nous célèbrerons demain, 14 août, veille de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie. Tous les deux ont terminé par le martyre leur expérience terrestre dans le camp d’Auschwitz. Apparemment, leurs existences pourraient être retenues comme une défaite, mais c’est précisément dans leur martyre que se reflète l’éclat de l’amour qui vainc les ténèbres de l’égoïsme et de la haine. On a attribué à Saint Maximilien Kolbe les paroles suivantes qu’il aurait prononcées dans la pleine fureur de la persécution nazie : « La haine n’est pas une force créatrice : c’est seulement l’amour ». Et la preuve héroïque de l’amour fut le don généreux qu’il fit de sa personne en échange de son compagnon de captivité, don qui a culminé quand il est mort de faim dans le bunker, le 14 août 1941.

   Edith Stein, le 6 août de l’année suivante, à trois jours de sa fin dramatique, en approchant quelques sœurs du monastère d’Echt, en Hollande, leur a dit : « Je suis prête à tout. Jésus est même ici parmi nous. Jusqu’à présent, j’ai pu très bien prier et j’ai dit avec tout mon cœur : ‘Ave, Crux, spes unica’ ». Des témoins qui réussirent à fuir l’horrible massacre, racontèrent que Thérèse-Bénédicte de la Croix, alors qu’elle était vêtue du vêtement carmélitain et avançait consciente vers la mort, se distinguait par son comportement empli de paix et par son attitude sereine, par son comportement calme, et attentive aux nécessités de tous. La prière fut le secret de cette Sainte copatronne de l’Europe, qui « après être parvenue à la vérité dans la paix de la vie contemplative, elle dût vivre jusqu’au bout le mystère de la Croix » (Lettre Apostolique « Spes aedificandi » : Enseignements de Jean Paul II, XX, 2, 1999 pag.511).

   « Ave Maria ! » : ce fut la dernière invocation sur les lèvres saint Maximilien-Marie Kolbe alors qu’il tendait le bras à celui qui le tuait par une injection d’acide phénique. Il est émouvant de constater que le recours humble et confiant à la Vierge Marie est toujours source de courage et de sérénité.
Alors que nous nous préparons à célébrer la solennité de l’Assomption, qui est une des célébrations mariales les plus chères à la tradition chrétienne, renouvelons notre confiance à Celle qui, du Ciel, veille avec un amour maternel sur nous à tout moment. C’est en effet ce que nous disons dans la prière familière de l’Ave Maria Lui demandant de prier pour nous « maintenant et à l’heure de notre mort ».

Saint Maximilien-Marie Kolbe

2008-40. 22 juillet, fête de Sainte Marie-Magdeleine.

22 juillet,
Fête de Sainte Marie-Magdeleine, pénitente.

En ce jour de la fête de Sainte Marie-Magdeleine, nous reproduisons ici le texte d’une conférence donnée par Mgr Jean-Pierre Ravotti à la Sainte Baume le lundi de Pentecôte 5 juin 2006. Mgr Ravotti, qui a grandi à Saint-Maximin à l’ombre du couvent des dominicains abritant les reliques de sainte Marie-Magdeleine, nous livre ici les raisons de son attachement à cette haute figure de sainteté que les Provençaux continuent d’honorer et aimer eux aussi .

2008-40. 22 juillet, fête de Sainte Marie-Magdeleine. dans Chronique de Lully reliquaire2copie

Reliquaire du chef de Sainte Marie-Magdeleine dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin.

« Avant d’aborder mon sujet, je voudrais apporter quelques précisions que je considère comme importantes car, d’une part, elles me permettent de délimiter l’argument – le thème de ma « conversation (conversazione comme on dit de façon si charmante en italien) » – et, d’autre part, elles vous permettent, à vous qui m’écoutez, de ne pas attendre de moi ce que je ne suis nullement en mesure de vous offrir.

Première précision : je ne suis ni un exégète ni un historien. Je n’ai donc aucune compétence particulière pour vous parler de Marie-Madeleine, un personnage évangélique d’autant plus attrayant qu’il demeure par certains aspects bien mystérieux. L’histoire s’est bien vite emparée de ce personnage, sans toutefois parvenir à élucider complètement le mystère. L’essai de Dan Brown – le fameux « Da Vinci Code » – truffé d’erreurs historiques n’y est d’ailleurs pas plus parvenu que d’autres bien plus sérieux et crédibles ! J’éviterai donc de me lancer dans des discussions exégétiques ou historiques dont je me sens bien incapable… Accueillez ce que je vais vous dire simplement comme un témoignage. Je n’ai que mon cœur d’homme et que ma foi de chrétien et de prêtre pour vous parler de celle «que mon cœur aime», selon l’expression du Cantique des Cantiques, texte biblique que la tradition liturgique a mis sur les lèvres de Marie-Madeleine. Et vous le savez bien, mes amis, vous surtout les Provençaux, on parle toujours volontiers de ceux que l’on aime !

Deuxième précision : je suis mû par une autre conviction, qui s’est affermie au cours des années. Ce n’est pas nous qui choisissons les saints ; ce sont eux, au contraire, qui nous choisissent et qui s’imposent à nous. Je veux dire par là que ce que nous recevons d’eux est infiniment plus important et plus déterminant, infiniment plus précieux que le peu que nous pouvons leur offrir ou que tout ce que nous pouvons imaginer à leur sujet.
J’ai grandi à l’ombre de la Basilique de Saint-Maximin. J’en connais tous les recoins. La Madeleine de mon enfance était liée aux fastes des célébrations en son honneur. Il n’y avait pas que Huysmans – pardonnez-moi la comparaison – qui était sensible à cette beauté parlante de la liturgie ! En mûrissant – non pas au sens populaire de l’expression : «Il est mûr !» – j’ai mieux appris à découvrir cette présence de Marie-Madeleine comme un don et une grâce offerts à ma vie, en particulier à ma vie de prêtre. Aussi je fais mienne la conviction du Père Vayssière, gardien de la Grotte de la Sainte-Baume, qui rétorquait à des touristes ou à des pèlerins curieux de savoir si Marie-Madeleine était vraiment venue sur nos terres provençales : « Je ne sais pas si elle est venue, je ne sais pas si elle n’est pas venue, ce que je sais c’est qu’elle y est !»

Une dernière précision. La Marie-Madeleine à laquelle je pense et que j’aime, parce que je dois non pas expliquer mais raconter les raisons d’un amour – du reste, un amour ne s’explique pas, il ne peut que se raconter ! – est celle qui a toujours été reçue à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume, au moins depuis Charles II d’Anjou. C’est la Madeleine de Grégoire le Grand, pour qui la pécheresse de saint Luc, la sœur de Marthe et de Lazare et la femme qui est clairement nommée dans les Évangiles Marie la Magdaléenne ne font qu’un. Je sais toutes les querelles, anciennes et modernes, que cette identification a suscitées. Comme je l’ai déjà dit, je n’entends pas m’introduire dans ces délicates questions d’exégèse. Permettez-moi cependant de préciser – et je ne suis pas le seul à le penser – qu’il est tout à fait légitime de défendre la figure évangélique de cette Marie-Madeleine qui, comme le dit Régis Burnet , «parle davantage au cœur».

Je ne m’en tiendrai donc – il va s’en dire – qu’à la Marie-Madeleine des Évangiles canoniques telle que l’a reçue la tradition occidentale latine, qui, si elle a en saint Grégoire le Grand son interprète le plus autorisé, n’en est pas moins confirmée par de nombreux Pères de l’Église (saint Augustin [Commentaire de l’Évangile de Jean], Hippolyte de Rome…). Les Évangiles «apocryphes» n’offrent aucune crédibilité car ils sont nés de courants minoritaires influencés par le gnosticisme.

Cette Marie-Madeleine «composite», comme la définissent les auteurs modernes – le Père Bruckberger parlait d’elle comme de «la femme coupée en morceaux» – recèle bien des richesses et des subtilités. Elle laisse entrevoir une figure certes complexe, mais, aux détours d’un cheminement long et fécond, d’une profonde unité psychologique et spirituelle – une figure très vraisemblable, donc! Rien de paradoxal, sinon en apparence, rien de décousu, rien de choquant dans cette existence pourtant si mouvementée, mais une tension continuelle et persévérante vers une parfaite unité. Marie-Madeleine est l’image d’une existence, d’une vie humaine « unifiée » par la foi en Jésus-Christ. La convertie devient disciple, car se convertir signifie marcher à la suite du Christ, et le disciple devient apôtre, puisque l’on ne peut être disciple sans être témoin de Jésus et porteur de son Évangile. Tous les convertis se reconnaissent en Marie-Madeleine. Comme elle, ils retrouvent en Jésus-Christ le sens et l’unité de leur vie. Je ne retiendrai qu’un nom, Charles de Foucauld, qui à trois reprises (1900, 1902 et 1913) est venu à la Grotte de la Sainte-Baume et a beaucoup écrit sur sainte Marie-Madeleine.

Mais le temps passe… et il faut encore que je vous dise pourquoi j’aime Marie-Madeleine.

1. Une femme

J’aime Marie-Madeleine – faudrait-il le taire ? – d’abord et surtout parce qu’elle est une femme. C’est bien ainsi que nous la présente saint Luc dans son Évangile de la pécheresse pardonnée : «Et voici qu’une femme…» (Luc VII, 37). N’allez pas croire à une figure figée, embaumée, mièvre, comme certains imaginent les saints… Pensez plutôt à ces belles femmes au passage desquelles on se retourne pour les contempler plus longuement. Une femme en chair et en os, quoi ! L’iconographie plus récente privilégie d’ailleurs cette image. Il n’y a pas que des Madeleine exsangues et décharnées, dont l’abondante chevelure est le seul vêtement. Dans tout l’Évangile, Marie-Madeleine apparaît bien comme une femme avec une sensibilité, des réactions, des gestes de femme. Vous voyez un homme parfumant les pieds ou la tête de Jésus !

Marie a bien un cœur de chair, qui vibre, qui s’émeut, qui se passionne, qui gémit aussi, qui cherche, qui s’accroche, avec cette ténacité et cette fidélité, ce courage, dont les femmes seules sont capables. Comme le fait la liturgie, aussi bien l’ancienne liturgie de sainte Marie-Madeleine que la nouvelle, on peut bien lui prêter les confidences de l’Épouse du Cantique des Cantiques : «J’ai cherché celui que mon cœur aime [...], je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas» (Cant III, 1.4). Remarquez combien ce texte se rapproche de la page de saint Jean racontant la rencontre de Marie de Magdala avec le Ressuscité au matin de Pâques. Toujours ces mêmes attitudes de femme empressée, désireuse de retrouver et de retenir l’objet de son amour : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? [...] Cesse de me tenir (ou : Ne me retiens pas ainsi)… » (Jean XX, 15.17).

Mes amis, la vie chrétienne est sans cesse un appel au dépassement, à la conversion, à la vie nouvelle. Mais Dieu ne saurait nous demander de renoncer à notre humanité, lui qui nous a créés «à son image et à sa ressemblance» (cf. Gen I, 27), Lui qui en Jésus-Christ a pris chair, notre chair, de la Vierge Marie. La foi n’exige nullement le reniement de notre humanité, mais bien plutôt sa transfiguration. Nous sommes appelés à la vivre, à l’incarner, à lui donner chair, dans nos cœurs et dans nos corps, sur cette «terre douloureuse, dramatique et magnifique», comme le disait Paul VI dans son testament. Alors, il n’est pas indifférent que nous soyons des hommes ou des femmes. Femmes qui m’écoutez, laissez-moi chanter en Marie-Madeleine et dans vos vies cet éternel féminin qui est plus à même d’accueillir, de comprendre et de vivre le mystère, et donc plus à même d’aimer ! Lorsque vous entendez dire que la religion est une affaire de femmes, réjouissez-vous : on vous fait le plus beau compliment !

2. Une pécheresse

J’aime Marie-Madeleine – oserais-je le dire ? – parce qu’elle est pécheresse, se sait pécheresse et ne cache pas sa misère. La pire des illusions consiste à l’oublier et à se croire justes, alors que nous avons tous infiniment besoin du pardon de Dieu. Laissez-moi vous dire à ce propos que l’abandon de la confession n’est sûrement pas un gain, mais bien plutôt une perte : perte du sens de Dieu, perte du sens du péché, perte de notre capacité de pardon, de notre capacité à accueillir et à offrir le pardon. Je suis souvent impressionné par la dureté et la raideur de notre monde. On ne veut plus de normes, surtout morales, tout est enfin permis… mais lorsqu’un pauvre homme tombe, lorsque le scandale éclate, on devient impitoyable. L’Église, qui expérimente elle aussi sa misère, fait tout le contraire. Elle nous rappelle, parfois dans le désert, que nous ne saurions vivre sans une loi morale et des principes éthiques, mais lorsque quelqu’un succombe, elle est toujours prête à lui offrir sa miséricorde, qui n’est autre que celle de Dieu.

J’ai évoqué tout à l’heure le souvenir de Charles de Foucauld. Qu’il me soit permis de vous rappeler que sa conversion est née de sa confession à l’abbé Huvelin, en l’église Saint-Augustin de Paris, un jour de fin octobre 1886. Il y était allé pour s’entretenir avec un prêtre, pour lui demander des explications, pour «s’instruire», nous dit-il. Le prêtre l’invita simplement à se reconnaître pécheur et à accueillir le pardon de Dieu.

C’est cette même vérité que j’aime en Marie-Madeleine. Elle ne triche pas avec Dieu : elle reconnaît sa faute et elle pleure son péché, en appelant à la seule miséricorde de Jésus. Marie-Madeleine devient ainsi porteuse d’un suave parfum d’espérance. Les icônes orientales et les plus anciennes peintures de l’Occident la représentent très souvent comme la «myrophore», la femme aux parfums, du matin de Pâques. Ne vous étonnez pas de la trouver dans le jardin du tombeau. Elle n’y va pas pour embaumer un corps, mort, mais pour y rencontrer la vie qui naît et renaît sans cesse du pardon de Dieu.

Mes amis, il est bienfaisant de nous reconnaître pécheurs. Sachons être comme ces frères dominicains qui entraient jadis au couvent en demandant, selon la formule d’admission dans l’ordre des Prêcheurs, «la miséricorde Dieu et celle de leurs frères».

3. Une femme d’audace

J’aime aussi Marie-Madeleine parce qu’elle n’est pas un personnage étriqué, guindé, ni une sainte nitouche, ni une vieille fille renfrognée, mais une femme d’audace, une chrétienne qui ose. Le Père Bruckberger l’a si bien dit : «Elle voit grand, elle aime grand, elle ne frappe qu’aux portes dont le marteau est à hauteur de cavalier. Par sa seule beauté, par son style, pas la hardiesse et la justesse de ses gestes, elle est trop spectaculaire. Elle est provocante. Elle provoque l’admiration et du côté de l’ombre, la colère.»

Rien ne l’arrête, Madeleine. Elle ne recule devant rien, ni devant les «qu’en dira-t-on» des bien-pensants, ni devant l’incrédulité de tant de contemporains de Jésus, ni devant l’insécurité et la souffrance de la Passion, alors que tous se sont enfuis, ni devant l’obscurité du chemin qui mène au tombeau. Marie connaît des gestes fous et l’étonnante prodigalité de l’amour. Elle ose approcher le Maître, le toucher, lui saisir les pieds, les baigner de ses larmes et les essuyer de ses cheveux dénoués, les couvrir de baisers et les oindre d’un parfum au prix aussi démesuré que son geste. Cette audace impressionne tellement l’évangéliste Jean que lorsqu’il raconte la résurrection de Lazare et fait allusion, au début du récit, à sa sœur Marie, il prend soin de préciser, faisant probablement allusion au récit plus ancien de Luc, que c’était celle-là même «qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux» (Jean 11, 2).

Dans le cortège des saints, il y a plus de fous – ces «fols en Dieu» comme les appelle la tradition spirituelle de l’Orient chrétien – que de gens sagement alignés. C’est là un des aspects les plus déconcertants de la sainteté ! Pensez à François d’Assise distribuant aux pauvres toute la fortune paternelle et se présentant nu devant l’évêque d’Assise pour pouvoir désormais dire en toute vérité : «Notre Père…» A saint Dominique décidant de disperser ses premiers frères, alors que l’Ordre pouvait paraître encore si fragile. A Catherine de Sienne exhortant le Pape, avec quelle tendresse et quelle fougue !, à quitter Avignon et à regagner le Siège de Rome. A Don Bosco, que certains confrères de Turin auraient voulu faire enfermer. A Charles de Foucauld, vivant à Nazareth dans une cabane de jardinier. A Mère Térésa dans un mouroir de Calcutta… Notre monde repu et enlisé, notre Église qui tourne parfois en rond autour de ses problèmes internes et où l’on perd souvent son temps dans des discours inutiles, ont tant besoin de témoins de cette sainte folie de l’Évangile. Si sainte Marie-Madeleine pouvait nous donner l’audace de l’annonce, le courage des gestes toujours un peu fous de la miséricorde gratuite, inventive et prévenante !

Puissions-nous, comme elle, être des chrétiens qui osent, qui risquent…!, qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent, même si personne ne semble nous entendre, qui osent aller là où personne ne va, qui osent faire ce que les autres refusent de faire, qui osent s’approcher de ceux que tous récusent ou repoussent, qui osent des gestes de vérité et d’amour, alors que la plupart s’enferment dans leurs préjugés et leurs jugements impitoyables.

4. Une sainte

J’aime Marie-Madeleine parce qu’elle est la compagne et la complice des saints. Il n’y a pas que la sordide solidarité du mal et dans le mal. Pensez à tous ces liens de misère qui enchaînent parfois des groupes et lient les hommes les uns aux autres ; les scandales finissent souvent par éclabousser bien des gens…

Il existe aussi une solidarité du bien et dans le bien. Marie-Madeleine est une femme qui fascine car le témoignage de sa vie résonne comme un puissant appel, comme une provocation à la sainteté. Je ne m’étonne pas qu’elle ait eu, de tout temps, tant d’amis, non seulement parmi les pécheurs, mais aussi parmi des gens en quête de Dieu et de sainteté. J’ai parlé il y a peu de saint Grégoire le Grand, mais comment oublier Louis IX – saint Louis – qui vint en pèlerinage à la Sainte-Baume, sainte Catherine de Sienne, saint François d’Assise, sainte Catherine de Ricci, sainte Thérèse d’Avila… Plus prés de nous, Charles de Foucauld – qui a été enfin béatifié le 13 novembre 2005 -, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le Père Lacordaire, à qui nos lieux magdaléniens doivent tout, le Père Vayssière, le Père Lataste (fondateur des dominicaines de Béthanie pour le rachat et la réhabilitation des prisonnières et des prostituées)…

Lorsqu’on considère le nombre d’ouvrages qui paraissent chaque année sur Marie-Madeleine, on se dit qu’elle n’a pas fini d’attirer l’attention et de susciter un intérêt certain.

5. Une femme enveloppée de mystère

J’aime enfin Marie-Madeleine – et c’est peut-être la seule vraie raison d’un amour qui au fond demeure inexplicable -, parce qu’elle reste enveloppée de mystère. Qui est-elle au juste, cette femme ? Est-elle bien venue chez nous ou ne sommes-nous pas plutôt allés à elle ? Personnage déconcertant et fascinant, Marie de Magdala n’en finit jamais de nous interroger et de plonger nos vies dans le mystère même de Jésus, le Fils de Dieu fait homme. Lui aussi on croit le connaître, et pourtant, comme elle, il reste sans cesse à découvrir.

La seule chose dont je suis sûr c’est, pour reprendre le mot du Père Étienne Vayssière, que Marie-Madeleine est bien ici. Elle est dans notre Fenestrado Basilico à la gloire dédiée. Elle est au cœur de l’histoire de Saint-Maximin et de la Sainte-Baume comme elle est au cœur de nos vies. Qu’elle y enracine la foi. Qu’elle y fasse fleurir un feu de son amour!

 * * * * * * *

Je voudrais vous citer, pour (au moins) finir en beauté, les derniers mots du Père Lacordaire dans son admirable petit livre sur sainte Marie-Madeleine. Ce fut sa dernière œuvre, écrite en 1860, sur son lit de mort, et il est significatif qu’il l’ait dédié à Marie-Madeleine, cette femme que lui aussi aimait tant.

Le P. Lacordaire conclut : «Oh ! qui que vous soyez… si jamais vous avez connu les larmes du repentir, ou celles de l’amour, ne refusez pas à Marie-Madeleine qui a tant pleuré et tant aimé, une goutte de ce parfum dont elle embauma les pieds de votre Sauveur.»

J’espère, mes amis, vous avoir offert un peu de cette fragrance d’amour pour Marie-Madeleine dont mon cœur est comblé. »

2008-35. Le 9 juillet nous fêtons les Bienheureuses Martyres d’Orange.

Pendant la grande révolution, furent arrêtées et rassemblées à la prison d’Orange, cinquante-deux religieuses, appartenant à divers ordres religieux implantées dans les environs. Elles étaient accusées « d’avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition » !!!
Leur crime consistait en réalité à avoir refusé d’abandonner la vie religieuse, d’avoir persévéré autant qu’elles avaient pu dans la vie communautaire, et de ne pas avoir prêté les serments révolutionnaires.

Condamnées à mort par une « commission populaire » siégeant dans la chapelle Saint-Louis, trente-deux d’entre elles furent exécutées : 16 Ursulines, 13 Sacramentines, 2 Cisterciennes et 1 Bénédictine.
Les vingt autres furent sauvées par la chute de Robespierre (le 28 juillet 1794) et libérées en 1795.

Ces moniales passaient la plus grande partie de leur temps d’incarcération à prier.
On connaît par les archives la manière dont elles avaient organisé leurs journées dans la prison :

- 5 heures : lever et méditation, récitation des prières de la messe .
- 7h : déjeuner
- 8h : litanies des saints et autres prières
- 9h : c’était généralement le moment où certaines d’entre elles étaient appelées à comparaître devant le tribunal et, comme elles n’avaient aucune illusion sur ce simulacre de justice, elles se disaient alors un à-Dieu joyeux. Celles qui restaient priaient pour celles qui partaient et méditaient le chemin de la croix.
- 18h : le roulement de tambour annonçait que les condamnées montaient à l’échafaud ; les prisonnières récitaient les prières de la recommandation de l’âme et des agonisants. Quand le tambour cessait, elles chantaient le « Te Deum ».

Aucune n’avait peur ; aucune ne signa le serment qui lui eût épargné la mort mais qui eût été synonyme de parjure. Elles avaient même composé un hymne dont le refrain ne manquait pas d’humour : « Bien loin que la guillotine me cause quelque frayeur, mon Dieu me fait voir en elle un moyen très précieux qui, par une voie nouvelle, me conduit droit aux Cieux ».

Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud

Les Bienheureuses Martyres au pied de l’échafaud

Voici les noms de ces vaillantes martyres dans l’ordre de leur exécution :

-  le 6 juillet, Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (dans le siècle Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741),

- le 7 juillet, Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène ( dans le siècle Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761),

- le 9 juillet, Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755),

- le 10 juillet, Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750).

- le 11 juillet, Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint-Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740).

- le 12 juillet, Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit ( Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753).

- le 13 juillet, Sœur Madeleine de la Mère de Dieu, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756),

- le 15 juillet, Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749),

- le 16 juillet, Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (Marie-Anne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754),

- le 20 juillet, Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733),

- le 26 juillet, Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth-Thérèse de Consolin, née à Courthézon en 1766).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ».

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832.
Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie Xl le 10 mai 1925.
Leur fête se célèbre le 9 juillet.

Voir aussi le texte publié > ici.

La chapelle de Gabet

Vue ancienne de la chapelle de Gabet,
élevée sur les lieux où les corps des Bienheureuses Martyres furent ensevelis.

2008-34 b. Premier anniversaire du motu proprio “Summorum Pontificum cura” (2ème partie).

« Paix liturgique«  (cf.www) nous a très aimablement autorisés (et nous en remercions chaleureusement les responsables) à reproduire ici la très pertinente analyse de Madame Henriette Ouliès parue dans « la lettre de Paix liturgique » N°117, en date du 4 juillet 2008. Ce texte présente une réflexion réaliste sur la situation à laquelle se trouvent confrontés la plus grande partie des fidèles demandant la mise en oeuvre des dispositions du motu proprio « Summorum Pontificum cura » dont nous célébrons le premier anniversaire.

Pourquoi nous est-il toujours aussi difficile de dialoguer avec nos pasteurs ?

1 – Négociation(s), dialogue(s) et rencontre(s) : d’abord quelques rappels

 

Une rencontre, fortuite ou arrangée, permet à deux parties de se faire face. La rencontre, hostile ou conviviale, stérile ou porteuse d’espérance, permet la reconnaissance de « l’autre ».

 

Le dialogue ne nécessite pas la volonté de parvenir à un accord, mais, en revanche, ne se justifie que si l’on cherche à mieux faire comprendre sa position et à mieux appréhender la position de son interlocuteur.En cas contraire, on parlera de « dialogue de sourds ».

 

L’art de la négociation réside dans la capacité du négociateur à définir l’attente de l’autre partie et les conditions que cette dernière est susceptible d’accepter afin d’obtenir satisfaction. Ceci présuppose que l’on souhaite parvenir à un accord y compris en concédant certains avantages à la partie adverse.

 

2 – Une situation étonnante pour les hommes ordinaires que nous sommes

 

Force est de constater que des milliers de fidèles attachés au rite extraordinaire de l’Eglise,depuis plus de 20 ans , ont en vain, chacun avec son charisme, essayé de rencontrer les autorités ecclésiastiques, d’amorcer un dialogue, de négocier l’application du Motu Proprio.

 

Comment expliquer cette situation sans jeter l’anathème sur ceux qui se dérobent à leur mission de Père, de Pasteur ?

 

Pour certains de nos interlocuteurs, la stratégie consiste à nous nier : « Je n’ai aucune demande… ou peut-être une ou deux ». Pour d’autres, à nous discréditer : « On ne peut pas dialoguer avec vous ».

 

Un grand nombre de prêtres interrogés se déclarent non concernés : « … essayez de voir à l’Evêché » ou peureux : « Je ne peux pas proposer ça à mon conseil paroissial ».

 

Certains interlocuteurs plus diplomates proposent, faute de possibilité dans leur paroisse, d’aller voir « ailleurs » ou de revenir en septembre prochain, « le temps d’y voir clair ».

 

D’autres enfin profitent du premier haussement de voix habituel dans la vie courante pour se déclarer attaqué, agressé, violenté, insulté… donc enfin en bonne position pour légitimement… cesser un dialogue qui n’avait pas commencé.

 

S’agit-il d’une stratégie concertée imposée par leurs auteurs à tous leurs confrères ou d’une attitude propre au clergé ?

 

Nous ne pouvons pas nier que l’épiscopat français ne partage pas notre sensibilité et que peu d’évêques souhaitent le succès d’une application généreuse des dispositions du Motu Proprio. Cependant, réduire la position de nos interlocuteurs à une sombre théorie du complot n’explique pas leur « comportemental ».

 

En fait, le refus de nous « rencontrer » relève d’une manière générale d’un état proche de la paranoïa, caractérisé par la surestimation pathologique du moi, la méfiance, la fausseté du jugement et l’inadaptation sociale et, pour certains d’entre eux, d’une perte du contact avec la réalité de nature schizophrène.

 

Ce constat est patent : Comment « nous » rencontrer, si « nous » n’existons pas ?. Comment accepter que nous existions alors qu’ils avaient décidé que nous n’existerions plus après quelques années d’interdiction de la Messe Tridentine ?

 

Vous pouvez les inviter aux pèlerinages de Chartres, à de grands rassemblements scouts… Ils ne voient qu’une assemblée de pauvres jeunes manipulés par des vieillards d’extrême droite.

 

Vous pouvez recueillir plus de 1 000 signatures sur une seule paroisse (comme à Versailles…) pour l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum… Vous serez, au mieux, « pas représentatifs ».

 

LEUR PATHOLOGIE DU MOINECESSITE NOTRE NEGATION

 

En leur imposant de NOUS voir, de NOUS rencontrer, nous déclenchons chez eux un mécanisme de méfiance maladive. Qui êtes-vous ? De quelle paroisse dépendez-vous ? Où allez-vous à la Messe ? Vous habitez où ? Vous appartenez à quel groupe? Qui vous envoie ? Qui vous manipule ?

 

Cette méfiance est d’autant plus aiguë que leur fausseté de jugement nous avait « caractérisé » faussement. Ainsi, dans l’évêché de Nanterre, les fidèles qui depuis des années demandaient l’application du Motu Proprio (d’abord de 1988 puis de 2007) avaient été traités soit « d’anciens militants de l’Action Française, de Vichystes ou de Pétainistes, de nostalgiques de l’ OAS à relents d’antisémitisme » soit, ailleurs, « de provocateurs » ou « de simples d’esprit ». Etonnant quand on sait que la plupart de ces demandeurs n’ont pas trente ans…

 

Subitement confronté à des « Tradis » polymorphes, l’interlocuteur, bloqué dans ses certitudes, ne peut que refuser le dialogue. Nous n’existions pas, voilà que nous sommes différents de ce que nous devrions être ! « Vous êtes des Trotskystes » déclarait voici plus d’un an un jeune curé de Boulogne peu désireux d’entrer en dialogue avec ceux qui n’existaient pas !

 

Comment peuvent-ils comprendre qui nous sommes quand, autorisant « à titre testuel » une Messe, ils voient une assemblée jeune, socialement représentative de l’environnement, culturellement mélangée ?

 

Ils nous voulaient sectaires, ils découvrent des familles issues de leur paroisse qui viennent leur demander l’application du Motu Proprio. Ils nous imaginaient introvertis, ils voient des assemblées conviviales qui ne refusent pas de boire un kir après la Messe. Ils nous croyaient « hors du monde », ils font face à des gens responsables et dont certains sont emblématiques de leur métier. Ils croyaient aussi, peut-être, que nos femmes, nos filles, nos sœurs portaient le voile ?

 

La confrontation à la réalité conduit nos interlocuteurs à pallier leur inadaptation sociale par une attitude réactionnaire : « Comprenez que l’Eglise n’est pas une démocratie » ; « ce n’est pas parce que vous souhaitez me rencontrer, que je suis obligé de vous recevoir » ; « je suis le Curé, je suis seul à décider » ; « depuis quand les fidèles décident ? »

 

Cette attitude réactionnaire présente l’avantage de la confrontation à la réalité. Pour agressante qu’elle soit, cette phase est nécessaire à la reprise du contact avec le réel.

 

Nous pouvons observer des décisions mettant en évidence une perte du contact avec la réalité. Tel, voici un an, l’arrêt de « l’expérience » de Sainte-Marie-de-Fontenelles à Nanterre ; des lieus de cultes, chichement accordés ces derniers mois, vont être suspendus comme à Saint Pierre de Montrouge « afin de permettre une analyse de la situation et de prendre les décisions qui en découleront ». Ces attitudes sont d’un autre temps et disqualifient les néo-cléricalistes qui en usent.

 

Que faire ? Continuer à se faire connaître, en famille, individuellement, en groupe constitué. Ne pas les abandonner à leur malaise existentiel. Oublier leur colère, leur sursaut d’autorité, leurs erreurs de jugement passées et les conduire à nous aimer dans notre diversité pour réapprendre à vivre ensemble. Ne pas oublier que pour nous, tout est plus facile. Nous avons vécu depuis des années dans un bi-ritualisme PAS EUX. Nous assistons parfois, dans nos familles ou durant les vacances, au rite ordinaire, la réciproque n’était PAS VRAIE POUR EUX. Nous sommes demandeurs d’unité dans la diversité PAS EUX. Nous les connaissons, nous connaissons nos paroisses, ils ne nous connaissent pas… Pour eux, l’accueil des différences, l’enrichissement mutuel va devoir passer de la théorie… à la réalité bien matérielle.

 

Bien sûr, ils devraient le faire, gageons que cela leur est le plus souvent impossible ! Les rares cas où le dialogue s’instaure rend notre réflexion plus cruelle encore, lorsque nous voyons un homme cultivé et intelligent ne pas parvenir à sortir du carcan des modèles construits, ne pas être capable, ou très difficilement, de saisir le réel…

 

Mais que cela ne nous freine pas : des rencontres providentielles avec des hommes brillants qui se situaient aux antipodes de nous, ont montré que rien n’est impossible ! Ceux qui ont participé aux premiers colloques du C.I.E.L. et ont eu le privilège de dialoguer avec le père Gy peuvent en témoigner : lorsque la bonté et la charité sont au rendez-vous, le dialogue est non seulement possible mais fécond… D’autres rares exemples le confirment. Ainsi, avec la prière, il n’y a pas d’autre issue pratique pour sortir de cet enfermement.

Henriette Oulès

Membre du bureau du Mouvement pour la Paix liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Publié dans:De liturgia |on 7 juillet, 2008 |1 Commentaire »

2008-34 a. Premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura » (1ère partie).

Nous nous permettons de reproduire ici un article publié il y a déjà quelques semaines par Monsieur l’Abbé François Clément, de Lausanne (Suisse), chapelain des fidèles attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle, sur le site de l’association Saint Nicolas de Flüe. Nous partageons bien des points de vue exprimés par Monsieur l’Abbé Clément et c’est pourquoi, indépendamment de ce qui est propre à la situation en Suisse, à l’occasion du premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura », ce 7 juillet 2008, nous tenons à répercuter ici ce texte.

* * * * * * *

Une année après le Motu proprio
par l’abbé François Clément, prêtre du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

 » Unus abhinc annus… Une année après…

Dans quelques semaines, nous fêterons le premier anniversaire du Motu Proprio : ce peut être l’occasion d’un premier bilan, ou en tous cas de quelques réflexions salutaires pour la suite des événements. Je me limite, bien sûr, à ce qui se passe dans notre diocèse, sachant que beaucoup de choses ont « bougé » en France et ailleurs.

La raison fondamentale de se réjouir, au-delà de certaines difficultés d’application, me semble être que l’on ne peut plus, désormais, nous accuser d’être de « mauvais élèves ». Jusqu’ici, en effet, beaucoup pensaient que nous étions des nostalgiques qui n’avaient pas réussi à se convaincre pleinement de la richesse de la réforme liturgique et que nous étions une épine dans le pied de sa complète réalisation. On tolérait donc de plus ou moins bonne grâce cette « parenthèse miséricordieuse » en attendant que le problème se règle par extinction. Désormais, on parle autrement (le Cardinal Hoyos encore récemment) : la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain est une richesse positive de l’Eglise qu’on ne peut plus lui arracher. Il n’y a donc plus de risque de voir disparaître le rit qui nous fait vivre… Mais cela a plusieurs autres conséquences.

La première est la formulation du Motu Proprio lui-même. S’il n’y a, de par la volonté du Souverain Pontife, qu’un seul rit romain, avec deux formes, l’une ordinaire, actuelle et majoritairement utilisée dans l’Eglise latine, et l’autre dite « extraordinaire », utilisant la langue latine, plus traditionnelle et de fait préférée par des communautés et paroisses numériquement moins nombreuses mais significatives, aucune de ces deux formes ne peut faire comme si l’autre n’existait pas… Les tensions qui ont suivi, à la fin des années 60, la suppression « de facto » de ce qu’on appelait alors « l’ancien rit » ont eu pour effet d’abord des affrontements parfois violents (S. Nicolas du Chardonnet, Port-Marly ou, chez nous, Riddes, par exemple), puis, lentement, l’instauration d’un état de fait où l’on s’ignorait concrètement, avec des lieux de culte parfaitement étanches et parallèles. Aujourd’hui, le Pape dit à toutes les âmes de bonne volonté – il y en a, Dieu merci, des deux côtés ! – : «Rencontrez-vous, connaissez-vous, vivez comme des chrétiens et cultivez la charité dans la vérité !» On faisait remarquer fort à propos que le Motu Proprio concerne tous les catholiques : ceux qui en usent habituellement doivent accepter que l’Eglise a continué de vivre après le 11 octobre 1962 (à cet égard, la modification par SS. le Pape Benoît XVI de la prière pour les juifs du Vendredi Saint est un bon indice : ce missel qui était « congelé » depuis lors continue donc à vivre, comme cela a été le cas à de nombreuses reprises depuis sa première promulgation en 1570), et ceux qui sont les habitués du « rit ordinaire » ne peuvent plus agir comme si rien n’avait précédé cette pratique. Autrement dit : d’un côté comme de l’autre, il faut s’efforcer d’agir non en opposition systématique mais pour des raisons positives et en sachant que l’autre existe. Un travers courant de nos milieux a parfois été de vouloir à tout prix « faire Tradi », c’est-à-dire systématiquement le contraire des « autres »…Des pratiques aberrantes, qui portent souvent sur des détails, de part et d’autre, alimentent des séparations et des éloignements inutiles. Cela semble traduire davantage une faiblesse et une peur qu’une paisible conviction du bien.

La deuxième est de se donner du mal pour que nos messes soient encore plus belles et plus « convaincantes », plus paisibles et plus priantes. Si la liturgie n’est qu’un prétexte voilé à je ne sais quels combats personnels, si elle ne conduit pas à une vraie intimité avec le Christ et n’est pas l’expression d’une intériorité qui en est la source et le sommet, alors elle n’est qu’une coquille vide qui décevra rapidement, et apparaîtra en outre caricaturale aux non-initiés. Dom Edouard Roux, premier abbé de Fontgombault qui fut pendant des années maître des novices à Solesmes, aimait à dire, sachant qu’à l’époque tout le monde admirait à juste titre la perfection de la liturgie clunisienne dont l’abbaye chef d’Ordre était l’héritière : « L’action de grâces silencieuse dans les stalles après les messes basses du matin, ça c’est le vrai et le grand Solesmes… » Ne soyons jamais des consommateurs en liturgie : il faut que chacun pense qu’il peut y apporter quelque chose, pour le chant (il y aurait là aussi beaucoup à dire, entre perfection raisonnable à chercher et acceptation humble de la réalité, les « privilèges de tribune » et les autismes qui font fuir ceux qu’on taxe un peu vite de béotiens, ou une manière hautaine de dissuader les simples fidèles de répondre à la messe !…), le service d’autel pour lequel il faut apprendre avec patience, les fleurs et le linge d’église qui doivent rester des services à partager et non devenir des royaumes exclusifs, le souci de soutenir de son obole la marche matérielle de chaque communauté, et bien sûr la ferveur commune et silencieuse, etc… Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement tous ceux qui assurent déjà tout cela, et je lance un appel pour que l’on ne pense pas trop vite que je ne parle qu’au voisin… Là on voit clairement que la liturgie est une œuvre de charité et que cela suppose des renoncements à soi qui peuvent être coûteux mais infiniment profitables à l’Eglise, car on n’est jamais l’Eglise à soi tout seul !

La troisième est d’user de patience. Il a fallu plus de 30 ans pour arriver à la situation actuelle. Des améliorations notables se sont déjà fait jour, qu’il devient même un peu long d’énumérer. Après le temps des galetas, des garages et des catacombes, on commence vraiment à émerger en surface, et souvent avec la bienveillance des autorités sur le terrain. On ne peut donc exiger la lune à court terme. « Comment se fait-il que les Evêques ne nous ouvrent pas toutes les églises, que l’on a pas la messe tous les jours, on a assez souffert, etc… ! ». Cela provoque d’autres réactions, du style : « On ne va tout de même pas donner raison à ces gens-là qui nous volent notre concile, qui ont toujours désobéi, etc… ! ». La première chose à faire est de multiplier les contacts chaque fois qu’ils sont possibles. Non pas pour exiger, mais pour se connaître, pas pour régler aigrement ses comptes mais pour témoigner paisiblement de ce qui nous fait vivre. Un indice me semble prometteur à cet égard au sein du jeune clergé, par exemple : contrairement à leurs prédécesseurs, les jeunes prêtres ont grandi dans une situation de pluralisme. Ils sont donc moins tentés de désirer une situation tyranniquement uniforme. Dans la palette si diverse des expressions de la foi dans l’Eglise, nous avons désormais une place au moins théoriquement indiscutée : à nous d’être assez bons pour que la comparaison que les fidèles ne manqueront pas de faire joue en notre faveur…

Ce qui est juste et vrai ne peut pas mourir. Ce qui a été inspiré par l’Esprit de Dieu, poli par les siècles et gardé vivant est encore là, sous nos yeux éblouis. La guerre cesse parfois aussi faute de combattants et on ne va pas se plaindre d’une certaine paix retrouvée, même s’il arrive que certains opposants aux décisions pontificales soient précisément encore en retard d’une guerre… L’Eglise dans son ensemble a les promesses de la vie éternelle. Permettez-moi de citer Julien Green dans sa conclusion de cette espèce d’autobiographie qu’il écrivit au soir de sa longue existence : « Dans l’inoubliable journée du 29 mai 1453, quand les Turcs se ruèrent à l’intérieur de Sainte Sophie pour massacrer les chrétiens, une Messe se disait. Une tradition veut qu’alors le mur s’ouvrit derrière l’autel pour laisser passer le prêtre te ses acolytes, puis se referma sur eux. Un jour, dit-on, la messe interrompue s’achèvera là où elle a commencé. L’image est belle et plus que jamais chargée de sens, car il y aura toujours une Sainte Sophie à envahir et des croyants à exterminer, mais le Christ a dit de ne pas craindre parce qu’Il a vaincu le monde. C’est la promesse de l’amour. « ( J. Green, Ce qu’il faut d’amour à l’homme, 1978, librairie Arthème Fayard, Paris 1996, p.195)  »

Abbé F. Clément, Chapelain diocésain

Publié dans:De liturgia |on 6 juillet, 2008 |Pas de commentaires »

2008-32. De l’icône miraculeuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours.

En ce 27 juin, tous les dévots enfants de Marie ont à coeur de fêter Notre-Dame du Perpétuel Secours.

Histoire de l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours :

L’image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône réalisée dans un style byzantin relativement tardif (du XIIIe ou du XIVe siècle), qui s’inspire du modèle dit « Madone de saint Luc » mais plus exactement selon un type iconographique connu en Orient sous le nom de Mère de Dieu de la Passion (il s’agit donc d’une Vierge de Compassion, ce pourquoi nous avons une très grande vénération pour elle en notre Mesnil-Marie, où nous célébrons cette fête sous le rit double de 2ème classe).

2008-32. De l'icône miraculeuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours. dans De liturgia eglise-st-alphonse-via-merulana-interieur

Cette icône qui se trouve aujourd’hui à Rome (dans l’église Saint-Alphonse, via Merulana, photo ci-dessus), n’y a pas toujours été : elle était préalablement honorée dans une église de Crète.
Lorsque, au XVe siècle, l’île fut envahie par les Turcs, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de nombreuses églises, beaucoup s’enfuirent. L’un d’eux – un marchand, selon la tradition – prit la sainte image, et s’embarqua avec son trésor pour l’Italie. Il fut reçu à Rome par un ami, marchand lui aussi, chez lequel il tomba malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il confia l’icône à cet ami en lui demandant de la donner à une église où elle serait convenablement honorée.
Le marchand romain, sous la pression de son épouse (qui souhaitait garder le précieux tableau chez elle), tarda à accomplir la dernière demande de son ami, et il fallut que la Vierge Marie Elle-même se manifestât par des apparitions. Elle fit savoir qu’elle voulait être honorée sous le vocable de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », et désigna l’endroit où elle voulait que la sainte icône fût exposée : l’église Saint-Matthieu, sur le Mont Esquilin, toute proche de la Basilique de Sainte Marie Majeure, et desservie par les moines de Saint Augustin.
Elle y fut placée avec de grands honneurs en 1499 et y demeura pendant trois siècles, objet d’une grande vénération.

En 1798, les troupes de la révolution française envahirent et occupèrent Rome, où 45 églises furent détruites. L’église Saint-Matthieu était de ce nombre et la communauté des moines augustins, desservants du sanctuaire, fut chassée.
Les religieux emportèrent le tableau mais les malheurs de ce temps, la persécution, puis l’extinction progressive des religieux qui connaissaient l’histoire du tableau, eurent pour conséquence qu’on en perdit la trace… au point qu’on le crut à jamais disparu.

En 1863, un prêtre rédemptoriste qui, lorsqu’il était enfant, avait servi la messe du dernier moine augustin survivant de la communauté de Saint-Matthieu, réalisa à la suite d’un providentiel concours de circonstances que l’antique image dont on déplorait la perte était celle qu’il avait vue dans son enfance dans le petit oratoire du vieux moine ;  il se souvint que celui-ci lui avait un jour dit qu’elle avait été très vénérée et avait accompli de grands miracles.
Le Bienheureux Pie IX en fut instruit : il la fit rechercher pour qu’elle soit confiée aux religieux rédemptoristes dont l’église, placée sous le vocable de Saint Alphonse de Ligori, avait été édifiée précisément sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Matthieu.

eglise-st-alphonse-sur-lesquilin-xixe-siecle 27 juin dans De Maria numquam satis

Eglise Saint-Alphonse sur l’Esquilin (via Merulana) édifiée de 1855 à 1859
à l’emplacement de l’église Saint-Matthieu détruite par les révolutionnaires français. 

Lors de la cérémonie d’installation du tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l’église Saint-Alphonse, deux guérisons miraculeuses furent dûment constatées : celle d’un garçon de quatre ans, et celle d’une fillette de huit ans.
Depuis lors le culte de l’icône miraculeuse reprit de l’essor et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles en furent la conséquence.

Description et explication de la Sainte Image :

Le tableau n’a guère que cinquante centimètres de haut et quarante de large. Sur un fond d’or éclatant, est représentée la Vierge Marie, portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus. Un voile bleu foncé couvre sa tête et s’avance de manière à ne laisser entrevoir que la partie extrême du bandeau qui entoure son front. Sa tunique est de couleur rouge, avec des ourlets brodés d’or, comme ceux du voile. L’auréole assez large qui enveloppe sa tête, est ornée de dessins finement travaillés. Au-dessous de l’auréole, sur la partie supérieure du voile, apparaît une étoile rayonnante. Les plis et les ombres des vêtements sont indiqués par les filets d’or. Au-dessus de la Madone, on lit ces quatre lettres, MP. ThV., initiales et finales des mots grecs signifiant : Mère de Dieu. La robe pourpre de la Vierge est le symbole de son ardent amour, alors que le manteau sombre qui l’enveloppe est le signe de sa douloureuse union aux souffrances de son Fils.

Le divin Enfant est dans les bras de sa Mère ; mais, au lieu d’arrêter sur elle son regard, il rejette la tête un peu en arrière et tourne les yeux du côté gauche, vers un objet qui, en le préoccupant vivement, répand sur son doux visage un certain sentiment de frayeur. Ses deux petites mains serrent la main droite de sa mère, comme pour implorer sa protection. Il est revêtu d’une robe verte, retenue par une ceinture rouge, et cachée en partie sous un grand manteau d’un jaune presque brun. La couleur verte représente l’éternité et la divinité du Verbe tandis que le manteau symbolise son humanité, qui a en quelque sorte enveloppé et voilé cette divinité aux yeux de ses contemporains.

Sa tête est aussi entourée d’une auréole, un peu moins large et moins ouvragée que celle de la Madone. Au-dessus de son épaule gauche, on lit ces autres lettres grecques Is. Xs., c’est-à-dire Jésus-Christ. La pose de l’Enfant Jésus ainsi que le sentiment d’effroi peint dans tous ses traits, sont motivés par la présence d’un ange placé un peu plus haut, à gauche, et tenant dans les mains une croix surmontée d’un titre, qu’il présente à l’Enfant avec quatre clous. Au-dessus de l’envoyé céleste on trouve aussi les initiales de son nom : O. A. G. Elles signifient : L’Archange Gabriel. A la même hauteur, à droite de la Madone, on voit un autre ange portant dans ses mains un vase, d’où s’élèvent la lance et le roseau surmonté de l’éponge. Au-dessus de sa tête, on lit : O. A. M., c’est-à-dire : L’Archange Michel. Les deux Archanges porteurs des instruments de la Passion sont là pour montrer que le Christ, dès le premier instant de son Incarnation, était résolument orienté vers le mystère de la Rédemption, qu’il accomplirait le Vendredi Saint. Toutefois dans la sensibilité de sa nature humaine, Jésus-Christ était effrayé par les horribles supplices de la Passion et c’est ce qu’exprime son attitude : il a couru – tellement que sa sandale s’est détachée – chercher refuge dans les bras de sa Mère… non pas pour se dérober à sa mission, mais parce qu’il veut aussi pour cette mission recevoir l’aide et la compassion des âmes aimantes.

notre-dame-du-perpetuel-secours église Saint-Alphonse dans Prier avec nous

L’élan de Jésus vers sa Mère, et la tendre pression de leurs mains unies, nous disent que Marie fut pleinement associée par son divin Fils, dès avant le Calvaire, à ses souffrances et à son œuvre de rédemption. Jésus, de son côté, en se réfugiant dans les bras de sa Mère, nous apprend que ce cœur maternel est notre refuge assuré, perpétuellement offert à nos craintes et à nos afflictions. Ses mains abandonnées entre les mains de Marie nous disent que celles-ci disposent de sa toute-puissance. Dans le regard de Marie dirigé vers les assistants, comme dans toute sa physionomie, on sent je ne sais quelle indéfinissable et douce tristesse, mêlée à une tendre compassion. Elle aussi a vu la croix qu’on présente à son Fils ; son cœur souffre, mais avec calme, sérénité, et avec une compréhension pleinement surnaturelle des événements de la vie de son Fils! L’effroi du divin Enfant, en présence des instruments de supplice qu’on lui montre, ont rappelé à Marie ses autres enfants de la terre, qui cheminent péniblement, « dans cette vallée de larmes« , et que leur croix de chaque jour accable si souvent. Pénétrée de compassion, la Vierge semble nous adresser ces consolantes paroles :  » Ayez confiance en moi ! J’ai souffert, et je sais compatir ; je suis forte, et je puis secourir. Vous tous qui suivez, sur la terre, la voie qu’a suivie mon Fils, ayez confiance : je suis la toute compatissante, je suis la Mère du Perpétuel-Secours !  »

Et comme il l’a souvent été dit : pour bénéficier largement de ce perpétuel secours, il ne faut pas se lasser de le demander par un perpétuel recours.

Prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours :

O Très Sainte Vierge Marie,
qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel-Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu : dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort.
Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir.
Procurez-moi donc cette grâce des grâces : la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours
et la persévérance finale.
Bénissez-moi, ô tendre et secourable mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort.

Ainsi soit-il !

frise-avec-lys-naturel-300x40 icône miraculeuse

On trouvera aussi les litanies de Notre-Dame du Perpétuel Secours > ici

Prière à Saint Antoine de Padoue.

Le 13 juin, nous fêtons Saint Antoine de Padoue, l’un des saints les plus populaires de la chrétienté, dont la statue se trouve dans presque toutes les églises du monde (vous trouverez > ici, la présentation de sa vie et de son oeuvre par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI).
Il est connu pour aider à retrouver les objets perdus, mais en dehors de cet aspect un peu anecdotique de la dévotion à Saint Antoine, il est bien vrai qu’il est un très puissant thaumaturge et que depuis près de huit siècles il ne cesse d’obtenir à ceux qui le prient avec confiance des grâces remarquables. Nous vous recommandons donc de ne pas laisser passer le jour de sa fête sans l’invoquer avec ferveur et aussi de ne jamais oublier de le remercier des faveurs qu’il vous a obtenues…
 

* * * * * * *

Saint Antoine de Padoue

Saint Antoine de Padoue, grand et puissant thaumaturge, j’ai recours à vous dans mes nécessités ; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation.

Vous vous êtes toujours montré compatissant envers toutes les misères humaines, vous intervenez puissamment en faveur de ceux que l’épreuve fait gémir et vous ne négligez aucun des appels qui sont lancés vers vous.

Je viens donc vers vous avec ma pauvreté et ma faiblesse, mais plus encore avec une inébranlable confiance, certain que vous pourrez m’obtenir de notre Dieu si puissant et miséricordieux la (les) grâce(s) que je sollicite en toute humilité… (Ici l’on désigne la grâce ou les grâces que l’on souhaite obtenir.)

Bon saint Antoine, il est bien vrai que je me suis trop souvent montré tiède et pécheur, mais ce sont justement là les motifs qui me font recourir à votre intercession : je mets ma confiance en vous, sachant que je ne peux me prévaloir de mes propres mérites et que vous êtes toujours montré le bienfaiteur des hommes éprouvés. J’ai le ferme espoir que vous ne me refuserez pas votre aide paternelle et que vous ne cesserez d’intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu’au jour où ma demande sera agréée.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie)

En remerciement des grâces obtenues, vous pouvez faire un don en l’honneur de Saint Antoine de Padoue : les sommes récoltées ici nous aideront dans notre fondation religieuse, ainsi que pour la construction, l’aménagement et l’entretien de nos lieux de culte > 

Prière à Saint Antoine de Padoue. dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

Vous pouvez aussi laisser ci-dessous, en commentaire, le témoignage des grâces que vous avez obtenues par son intercession.

2008-26. « Summorum Pontificum cura » : nouvelles déclarations du Cardinal Castrillon Hoyos.

On serait tenté d’écrire : « Le Cardinal Castrillon Hoyos a encore frappé…« 

En effet, le Président de la Commission Pontificale « Ecclesia Dei », après les déclarations faites dans l’ Osservatore Romano du 28 mars dernier que nous avions relayées ici www, a récemment récidivé.

Dans un entretien mis en ligne par Vittoria Prisciandaro (www.sanpaolo.org), puis traduit et diffusé en France par le site « Eucharistie Sacrement de la Miséricorde » (et dont nous donnerons le lien à la fin de ce texte), le Cardinal Castrillon Hoyos laisse entendre un tout autre son de cloche que la plupart de Nos Seigneurs les Evêques de France, dont les manoeuvres pour entraver la mise en application du motu proprio « Summorum Pontificum cura » sont manifestement bien connues, et dont les pseudos arguments sont ici balayés de façon magistrale.

Outre qu’on peut remarquer l’insistance de Son Eminence pour affirmer que le mouvement lefebvriste n’est pas un schisme - ce qui nous stimule à prier et à oeuvrer pour que l’Eglise catholique retrouve une totale unité dans la vérité et la charité -, nous sommes encouragés à rendre à Dieu de très ferventes actions de grâces pour la sollicitude et l’action de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI et nous sommes également invités à supplier ardemment le Ciel de nous conserver un tel Pontife. Prions aussi pour que les Evêques, en France particulièrement, cessent de renacler et soient de bons collaborateurs du Saint-Père en se libérant des entraves idéologiques surannées qui les empêchent d’avancer.

Pour lire les déclarations du Cardinal Castrillon Hoyos, cliquer sur ce lien:

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1305081_mgr_hoyos

2008-24. Réponse à ceux qui font grief aux fidèles de la liturgie traditionnelle de ne pas participer à la vie de leur paroisse territoriale.

Il arrive fréquemment que l’on fasse grief aux fidèles attachés à la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle (et qui à cause de cela font souvent de nombreux kilomètres pour se rendre dimanches et fêtes dans une église où ce rite est célébré) de ne pas participer à la vie de leur paroisse territoriale.

Nous reprenons ci-dessous les réponses à cette objection précisées par un prêtre canoniste. Ce texte avait été publié il y a déjà plusieurs mois dans le bulletin de l’association Sanctus Lucianus (cf. www) et, bien que le temps passe, il n’a nullement perdu son actualité – bien au contraire – après la publication du motu proprio Summorum Pontificum cura. En effet les fidèles qui réclament la mise en oeuvre des dispositions prévues par notre Saint Père le Pape Benoît XVI sont toujours l’objet de semblables critiques : nous pensons donc important de diffuser ce texte. Il ne faut en effet pas se priver de faire usage de cette argumentation, auprès des curés et des évêques eux-mêmes.

* * * * * * *

« Le canon 515, qui définit la paroisse, le fait en partant non pas d’une idée territoriale mais d’une réalité sociale : la paroisse est un ensemble de fidèles confiés à un pasteur, qui a envers eux la même mission que l’évêque dans son diocèse, à savoir enseigner, sanctifier et gouverner son peuple (canon 519).

Même si le canon 518 dispose que la paroisse sera, en règle générale, territoriale, la comparaison de ces canons démontre que la territorialité n’épuise pas la notion de paroisse, ce qui est précisé par le même canon qui ajoute aussitôt : « Là où c’est utile, seront constituées des paroisse personnelles déterminées par le rite, la langue… 

Autrement dit, il est légitime d’ériger des communautés de fidèles et de les constituer en paroisses, alors même que ces fidèles demeurent dans une paroisse territoriale. Si, pour des raisons diverses (par exemple l’hostilité du clergé) il n’est pas possible d’ériger une communauté de fidèles non territoriale en paroisse, on peut l’ériger en quasi-paroisse, confiée à un prêtre comme à son pasteur propre. Ceci emporte donc qu’on peut jouir d’une DOUBLE appartenance : à une paroisse territoriale (puisqu’on réside forcément quelque part à un moment ou à un autre) ET à une paroisse ou quasi-paroisse personnelle. C’est en particulier le cas des militaires, et un évêque ne va pas s’élever contre cette réalité à la fois juridique et humaine. L’important, comme le souligne le code, est l’appartenance à une communauté de fidèles. Considérer que cela porte atteinte à la paroisse territoriale est confondre la fin et les moyens : l’unique fin est le salut des âmes, le reste ne sont que les moyens d’y parvenir.

C’est aussi confondre l’Eglise, corps mystique du Christ, avec une simple administration. On ne peut ni ne doit faire de l’acharnement thérapeutique sur une paroisse territoriale. Si elle se vide de ses membres il faut regarder la réalité en face : c’est que les choses dans cette paroisse sont inadéquates.

En outre, il convient de remarquer qu’une communauté de fidèles, avant d’être érigée en paroisse ou quasi-paroisse, doit exister en réalité : la création canonique d’une paroisse, quelque qu’elle soit, répond à un besoin concret, pas à une idéologie. Ne pas vouloir accepter cette réalité de bon sens, ce serait condamner le code lui-même.

En effet, il y a au départ un groupe de fidèles, qui pour des raisons diverses (rite, langue, cf supra) souhaitent constituer une communauté non plus seulement de fait, mais juridique. S’y opposer par principe serait aller contre la lettre et l’esprit du code.

Enfin il ne faut pas oublier qu’une paroisse territoriale, personnelle, ou une quasi-paroisse, sont créées par l’évêque qui les dote d’un pasteur propre : elles sont aussi sous sa juridiction, en communion avec lui, puisque partie intégrante de l’Eglise diocésaine dont elles constituent une force vive, l’une des nombreuses « facettes ».

Il y a là un enrichissement qui pousse l’Eglise à adapter sa structure locale au changement des réalités humaines. L’histoire même récente le prouve abondamment : création de diocèses ou de paroisses, suppressions d’autres, création de communautés, dissolution d’autres qui n’ont plus de quoi se perpétuer. Pensons aux synodes diocésains qui ont supprimé toutes les paroisses d’un diocèse pour en créer d’autres qui précisément répondent mieux au monde d’aujourd’hui. Il en va de même pour la création de communautés fondées sur un rite ou une langue (par exemple aussi les paroisses nationales à l’étranger…).

Ces questions nous ramènent en fait à la notion suprême qui gouverne toute l’oeuvre de l’Eglise, quel que soit le domaine : le salut des âmes. »

(Père P.L.)

Publié dans:De liturgia |on 6 mai, 2008 |1 Commentaire »
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