Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2026-21. Les saintes haines.

Vendredi après la Sexagésime.

Prêt pour la lutte - blogue

       A la lecture du titre de cet article – intentionnellement provocant, je le confesse -, il ne manquera sans doute pas de personnes pour s’interroger : « Saintes haines ? Qu’est-ce donc que cela ? Une haine peut-elle être sainte ? De quoi s’agit-il encore ?… »

   Avant toute autre chose donc, il importe de définir, afin de mieux comprendre.

   La haine est une vive répugnance, une aversion profonde, une forme de dégoût qui pousse au rejet radical, un sentiment violent de détestation qui pousse à vouloir du mal ou parfois à s’emporter ; il n’y a souvent qu’un pas de la haine à la colère, ou vice versa.
La haine est le contraire de l’affection, de l’amitié, de l’amour. De l’adoration aussi.
La haine marche de pair avec la mésentente, la dissension, la guerre ; elle s’éloigne des voies de l’entente, de la commisération et de la miséricorde, de la concorde et de la fraternité.

   Ce qui est saint est conforme à l’ordre divin, aux préceptes divins, à la volonté divine. Ce qui est saint est assorti d’une forme de perfection et de pureté.

   Parler de sainte haine, c’est donc parler de répugnance vive conforme à l’ordre divin, d’aversion profonde accordée aux préceptes divins, de dégoût radical pour ce qui est contraire à la volonté de Dieu, de détestation résolue de ce que Dieu défend, de rejet déterminé et absolu de ce que Dieu interdit, de guerre pratique et concrète contre ce que Dieu nous demande de nous éloigner, de refus d’entente et de paix avec tout ce que Dieu nous ordonne de refuser… etc.

   Par la bouche du psalmiste, le Saint-Esprit nous dit : « Vous qui aimez le Seigneur, haïssez le mal : Qui diligitis Dominum, odite malum«  (Ps. XCVI, 10a) ; et, à la suite du saint roi David, à la suite des prophètes et des apôtres, à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même et de Sa Très Sainte Mère, à la suite de tous les saints et justes qui ont repris ces paroles inspirées pendant les vingt siècles de prière et de liturgie de la Sainte Eglise, nous disons nous aussi, poussés par l’Esprit-Saint : « N’ai-je pas haï, Seigneur, ceux qui Vous haïssaient ?… D’une haine parfaite je les haïssais, et ils sont devenus pour moi des ennemis : Nonne qui oderunt te, Domine, oderam ?… Perfecto odio, oderam illos, et inimici facti sunt mihi ?«  (Ps. CXXXVIII, 21a.22).
On appréciera au passage  ce « perfecto odio : d’une haine parfaite » : mots choisis par Dieu pour bien nous faire comprendre que toute haine n’est pas détestable et que toute détestation n’est pas haïssable !
Une haine parfaite, c’est-à-dire une sainte haine, une haine sainte, une haine voulue et finalement ordonnée par Dieu Lui-même, une haine entretenue et nourrie par l’amour de Dieu, une haine tournée vers tout ce qui s’oppose à Dieu, à Ses volontés, à Ses préceptes et à Ses desseins.

   Celui qui aime Dieu DOIT haïr le mal.
Celui qui aime Dieu a l’impérieux devoir de haïr le péché et tout ce qui conduit au péché ; l’impérieux devoir de haïr jusqu’aux occasions du péché.

   Le péché est un mal ; le péché s’oppose à la sainte volonté de Dieu ; le péché contrevient aux lois justes et pures données par Dieu ; le péché éloigne de Dieu et nous peut séparer grièvement de Lui ; le péché peut nous conduire en enfer ; le péché est haïssable ; le péché doit être haï sans compromission ni tergiversation.
On ne peut pas aimer Dieu et ne pas haïr le péché, ne pas haïr les occasions de pécher, ne pas haïr tout ce qui, d’une manière ou d’une autre conduit au péché.

   « La crainte du Seigneur hait le mal : Timor Domini odit malum«  (Prov. VIII, 13).
Avant d’entrer en Carême, et dans ces jours où nous peaufinons nos plans et résolutions (car, bien sûr, vous n’avez pas attendu la dernière minute pour établir votre stratégie de guerre quadragésimale, n’est-ce pas ?) pour ce temps du grand combat spirituel qui nous conduira jusqu’à la Passion et à la Pâque du Seigneur Jésus-Christ, il est bon de revivifier en nous toutes les saintes haines nécessaires à cette lutte sans merci, puisque – j’aime souvent à le rappeler – ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! (cf. > ici).

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Sainte Bible - blogue

2026-20. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives à Notre-Dame de Lourdes.

11 février,
Fête de l’apparition de la Bienheureuse Vierge Marie immaculée, à Lourdes (11 février 1958 – double majeur) ;
Anniversaire de l’encyclique « Vehementer nos » (11 février 1906 – cf. ici).

Image d'Epinal apparition de Lourdes

A – Prières en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes :

- Litanies de Notre-Dame de Lourdes > ici
- Prière du Vénérable Pie XII à Notre-Dame de Lourdes > ici

B – Textes pour méditer sur le message de Notre-Dame à Lourdes et sur le sens de son apparition :

- La compassion aimante et souriante de Notre-Dame à Lourdes (homélie de Benoît XVI) > ici
-

C – Sanctuaires et « grottes » érigés en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes à travers la Chrétienté :

- La « grotte de Lourdes » des jardins du Vatican > ici
- Le sanctuaire champêtre du Rosaire, à Gravières, dans le diocèse de Viviers > ici
- A l’occasion d’un pèlerinage à la grotte de l’ermite Saint Montan, on parle aussi brièvement de la reproduction de la grotte de Lourdes qu’on peut visiter au village de Saint-Montan > ici

D – Et aussi au Mesnil-Marie :

- Une relique de la grotte de Massabielle en notre Mesnil-Marie > ici
- Notre projet de « grotte de Lourdes » au Mesnil-Marie > ici

Tota pulchra es o Maria - la Vierge immaculée

2026-19. Le très original sanctuaire en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes, érigé à Gravières dans le sud de notre diocèse.

11 février,
Fête de l’apparition de la Bienheureuse Vierge Marie immaculée, à Lourdes (11 février 1958 – double majeur ; cf. > ici) ;
Anniversaire de l’encyclique « Vehementer nos » (11 février 1906 – cf. > ici).

Gravières paroisse de l'ancien Uzège

Gravières, dans le sud du département de l’Ardèche, au pied des Cévennes,
appartenait avant la grande révolution au diocèse d’Uzès.

       Dans le sud de l’actuel département de l’Ardèche, à l’ouest du gros bourg des Vans, se trouve le très ancien village de Gravières, au pied des contreforts cévenols.
Située sur la rive droite du Chassezac, qui fait, peu ou prou, la limite entre le Vivarais et l’Uzège, c’est historiquement une paroisse du diocèse et du duché-pairie d’Uzès.

   En 1874, sous l’impulsion de l’Abbé Maurice Canaud (né en 1821, vicaire puis curé à Gravières de 1846 à sa mort en 1896), prêtre pieux, pasteur zélé et véritable érudit, fut érigé, à moins d’un quart de lieue au sud du centre du village, un original sanctuaire en pierres de quartz (matériau particulièrement résistant mais très difficile à tailler) : il se compose d’une chapelle en forme de tour crénelée, surmontée d’une statue de Notre-Dame de Lourdes, entouré de quinze petits oratoires dédiés à chacun des quinze mystères du Rosaire.
Une petite sacristie en pierres de schiste disposées en arêtes de poisson fut adjointe à cet ensemble.
Entre l’église paroissiale et ce sanctuaire champêtre, le chemin fut jalonné des quatorze stations du chemin de la Croix.

   Nous en donnons ci-dessous deux photographies : la première, prise en hiver, présente l’avantage d’avoir une vue dégagée des feuilles et branchages, qui, en été – comme on le voit sur la deuxième – donnent à ce lieu un aspect plus riant et agréable.

Gravières - Le Rosaire vue d'ensemble - blogue

L’ensemble du « Rosaire » avec les oratoires des quinze mystères
disposés autour de la tour-chapelle.

Gravières - Le Rosaire vue d'ensemble en été - blogue

   Faisant face à la statue de la Vierge immaculée, qui culmine à une quinzaine de mètres de hauteur, a été également placée, sur un piedestal, une statue de Sainte Marie-Bernard Soubirous (Bernadette), à genoux en prière.

   Il y a eu une période faste, à la fin du XIXème et dans la première moitié du XXème siècle, où ce sanctuaire fut très fréquenté : le principal pèlerinage avait lieu le 9 juillet, pour la fête des Prodiges de la Bienheureuse Vierge Marie (une fête qui se trouve au propre des Ermites de Saint Augustin – voir > ici – ainsi que dans le propre à certains autres lieux ou congrégations), et les pèlerins avaient à disposition de l’eau de la source miraculeuse de la grotte de Massabielle, à Lourdes, qu’on faisait venir spécialement.
L’historien Albin Mazon – dit Docteur Francus -, incontournable historien vivarois, et en outre ami du curé Canaud, écrit que l’on a vu quelque cinq mille pèlerins à ce pèlerinage.

   La Sainte Messe était originellement célébrée toutes les semaines dans la tour-chapelle.
Mais après la première guerre mondiale le pèlerinage amorça un déclin, jusqu’à ce que, après la seconde guerre mondiale, on n’y célébrât plus la Messe que deux fois l’an : une fois en mai, pour le « mois de Marie », et une autre fois en octobre, pour le « mois du Rosaire ».

   Les conséquences du concile vaticandeux (perte du sens du sacré, déclin de la dévotion mariale, clergé moderniste hostile aux pèlerinages et au culte de la Très Sainte Vierge, chute drastique des vocations et de la pratique religieuse… etc.) aboutirent à un quasi abandon du lieu qui, au début de ce XXIème siècle, présentait un état de délabrement inquiétant, même si, en 1974, des travaux avaient été réalisés sur la tour et la toiture de la sacristie.

La tour-chapelle du Rosaire à Gravières

La tour-chapelle du « Rosaire » de Gravières.

Sacristie du Rosaire à Gravières

La sacristie en pierres de schiste disposées en arêtes de poisson,
mode de construction traditionnel dans les Cévennes.

   En 2001, des amoureux du patrimoine ont constitué une association pour la restauration et l’entretien du site : grâce à la générosité de donateurs et aux aides publiques (Conseil général, DRAC, municipalité), les quinze oratoires ont été restaurés, ainsi que la sacristie, en 2003-2004.

  Les niches des oratoires ont été décorées de carreaux de faïence blanche créés et peints par l’artiste-peintre local Jean-Marc Fraisse, qui a représenté de façon stylisée, en quelques traits et jets de couleurs bleue, jaune, ocre et verte, les scènes du Nouveau Testament que l’on médite au long des quinze mystères du Rosaire.

   Nous nous réjouissons grandement de voir ce sanctuaire champêtre, en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes et de la prière du saint Rosaire, sauvé de la ruine ; et nous espérons le jour où la ferveur qui a suscité sa création refleurira, grâce à une nécessaire conversion, et permettra à notre Mère immaculée de répandre à nouveaux laargement ses grâces et d’accomplir de nouveaux prodiges…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

L'oratoire de la Visitation au Rosaire de Gravières

2026-18. Leçons historiques des matines de la fête de Saint Cyrille d’Alexandrie.

9 février,
Fête de Saint Cyrille d’Alexandrie, évêque et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. ici, et ici) ;
Mémoire de Sainte Apolline d’Alexandrie, vierge et martyre ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin, mémoire de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, vierge de notre Ordre.

St Cyrille d'Alexandrie - blogue

Leçons historiques

du deuxième nocturne des Matines

de la fête de

Saint Cyrille d’Alexandrie :

Quatrième Leçon : 

   Cyrille d’Alexandrie, dont l’éloge n’est pas seulement appuyé sur le témoignage de quelques-uns, mais dont les louanges sont même célébrées dans les actes des Conciles d’Ephèse et de Chalcédoine, naquit de parents illustres ; il était neveu de Théophile, évêque d’Alexandrie.
Dès son adolescence, il donna des marques évidentes de son esprit supérieur. Parfaitement instruit des lettres et des sciences, il se rendit auprès de Jean, évêque de Jérusalem, pour se perfectionner dans la foi chrétienne. Comme il revenait à Alexandrie, Théophile étant mort, il fut élevé à son siège.
Dans l’exercice de cette charge, il eut toujours devant lui le type du pasteur accompli, tracé par l’Apôtre, en sorte qu’il acquit à bon droit la réputation glorieuse d’un très saint prélat.

Vignette typographique saint évêque

Cinquième Leçon : 

   Enflammé de zèle pour le salut des âmes, il mit tous ses soins à maintenir dans la foi et l’intégrité des mœurs, le troupeau qui lui était confié, et à le détourner des pâturages empoisonnés des infidèles et des hérétiques ; il s’efforça d’expulser de la ville les sectateurs de Novat, et de punir conformément aux lois les Juifs qui, dans leur frénésie, avaient conspiré le massacre des chrétiens.
Mais le zèle de Cyrille pour l’intégrité de la foi catholique se déploya surtout contre Nestorius, évêque de Constantinople, lequel prétendait que Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, était homme seulement et non Dieu, et que la divinité Lui avait été accordée à cause de Ses mérites.
Ayant vainement tenté d’obtenir l’amendement de l’hérésiarque, il le dénonça au saint Pontife Célestin.

Vignette typographique saint évêque

Sixième Leçon : 

   Par délégation de Célestin, Cyrille présida au concile d’Ephèse ; l’hérésie nestorienne y fut entièrement proscrite, et Nestorius condamné et déposé de son siège. Le dogme catholique d’une seule et divine Personne dans le Christ, et de la divine Maternité de la glorieuse Vierge Marie, y furent affirmés aux applaudissements du peuple entier, qui, manifestant une joie indicible, reconduisit les évêques dans leurs demeures en portant des torches allumées.
Ayant eu à subir, à cause de cela des calomnies, des injures et de nombreuses persécutions de la part de Nestorius et de ses partisans, Cyrille les supporta avec sa plus grande patience ; soucieux des seuls intérêts de la foi, il ne comptait pour rien tout ce que les hérétiques disaient et entreprenaient contre lui.
Enfin, ayant accompli les plus grands travaux pour l’Eglise de Dieu, publié plusieurs écrits, soit pour réfuter les païens et les hérétiques, soit pour expliquer les Saintes Ecritures et les dogmes catholiques, il s’endormit dans une sainte paix en l’an quatre cent quarante-quatre, la trente-deuxième année de son épiscopat.
Léon XIII, Pontife, étendit à l’Eglise universelle le grand office et la messe de cet illustre défenseur de la foi catholique et lumière de l’Eglise d’Orient.

concile d'Ephèse fresque XVIe s - blogue

Le concile d’Ephèse en 431 (détail d’une fresque du XVIème siècle)

2026-16. Fête réparatrice de la Sainte Face au Mesnil-Marie.

Mardi 17 février 2026

au Mesnil-Marie

Fête réparatrice de la Sainte Face

Sainte Véronique présentant la Sainte Face - Fr.Mx.M. - blogue

Programme :

10 h : Instruction de préparation au Carême.

11 h 30 : Sainte Messe chantée.

Repas partagé : inscriptions obligatoires (au plus tard le samedi 14 février), au moyen de l’espace des commentaires ci-dessous (ce ne sera pas publié).

15 h : Chapelet des Sept-Douleurs & Bénédiction du Très Saint Sacrement.

Merci de nous signaler dans les meilleurs délais (et au plus tard le samedi 14 février) si vous participerez à cette mini récollection.

Couronne d'épines gravure - vignette

2026-14. Des dates et des événements à noter dans vos agendas pour cette année 2026.

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

   Voici une sorte de calendrier prévisionnel d’activités qui, au long des prochains mois, vont

- soit se dérouler au Mesnil-Marie même,
- soit auxquelles le Refuge Notre-Dame de Compassion en tant que tel, ou bien le Cercle légitimiste du Vivarais, ou encore la Confrérie Royale participeront à des degrés divers,

et que vous pouvez dès à présent noter dans vos agendas.

   Pour toutes ces activités, nos amis sont les bienvenus, bien sûr.
Nous insistons toutefois sur la nécessité de signaler sa venue : d’une part pour que nous préparions l’Oratoire et éventuellement la salle à manger, en conséquence ; et d’autre part pour que, en cas d’imprévu (problèmes de circulation, liés à la météorologie par exemple), nous puissions contacter sans retard les personnes et les en informer.

   1) Chaque premier samedi du mois, de mars à novembre (au Mesnil-Marie):
C’est-à dire les samedis 7 mars, 2 mai, 6 juin, 4 juillet, 1er août, 5 septembre, 3 octobre et 7 novembre [nota bene : en avril, le premier samedi du mois coïncidera avec le Samedi-Saint et il ne pourra donc y avoir le programme habituel] : matinée de services au Mesnil-Marie, et, l’après-midi, enseignement spirituel, possibilité de se confesser, chapelet, méditation silencieuse, Sainte-Messe (cf. > ici).

Philippe de Champaigne : Sainte Face

   2) Fête réparatrice de la Sainte Face (au Mesnil-Marie)Le mardi de la Quinquagésime (mardi gras) 17 février : petite récollection de préparation au carême (cf. > ici).

   3) Fête de Saint Joseph (au Mesnil-Marie)Jeudi 19 mars (cf. > ici).

   4) Commémoraison solennelle de la Compassion de Notre-Dame [fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion]Vendredi 27 mars.  

   5) Semaine Sainte (au Mesnil-Marie) :
Toute la liturgie de la Grande Semaine : à partir du samedi de la Passion 28 mars au lundi de Pâques 6 avril.

   6) Fête du Patronage de Saint Joseph (au Mesnil-Marie) : mercredi 22 avril (cf. > ici).

   7) Pèlerinage avec la Fédération légitimiste rhodanienne : samedi 25 avril (jour de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi).

   8) Procession des Rogations (au Mesnil-Marie) : mercredi 13 mai.

Le Puy-en-Velay

   9) Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay « Pour la France et le Roi » : du jeudi de l’Ascension 14 mai au samedi 16 mai (cf. > ici).

Notez aussi que la Confrérie Royale aura son chapitre propre lors du Pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres (23, 24 et 25 mai) : le Chapitre Saint Léonard de Noblat.

   10) Fête du Sacré-Cœur de Jésus (au Mesnil-Marie) : Vendredi 12 juin (voir > ici).

   11) Journée contrerévolutionnaire organisée par la Fédération légitimiste rhodanienne, le mardi 14 juillet : cf. > ici.

   12) Camp chouan de formation légitimiste : du dimanche 26 au vendredi 31 juillet, sous l’égide de l’Union des Cercles légitimistes de France, en Dauphiné (à une centaine de kilomètres au sud de Lyon), dans une belle propriété privée (cf. > ici).

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

   13) Fête de Sainte Philomène (au Mesnil-Marie) : Mardi 11 août.

   14) Fête de Saint Louis, Roi de France (au Mesnil-Marie), avec la Fédération légitimiste rhodanienne : Mardi 25 août.

   15) Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie (au Mesnil-Marie) : Mardi 8 septembre.

   16) Fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs (au Mesnil-Marie – fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion pour une seconde fois) : Mardi 15 septembre.

Notez également que la Confrérie Royale aura son chapitre propre lors du Pèlerinage traditionnel en Provence « Nosto Fe », de Cotignac à Saint-Maximin(3 & 4 octobre) : le Chapitre Sainte Pétronille.

   17) Sainte Messe de Requiem à la pieuse mémoire de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette (au Mesnil-Marie) : Samedi 17 octobre.

  18 ) Fête de la Conception immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie (au Mesnil-Marie – sous réserve des conditions météorologiques) : Mardi 8 décembre.

Vierge immaculée Fr.Mx.M. - blogue

2026-13. Du « songe des deux colonnes » dont fut gratifié Saint Jean Bosco.

31 janvier,
Fête de la Bse Marie-Christine de Savoie, Reine des Deux-Siciles (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Véron de Lembecq, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

Tableau représentant le songe des deux colonnes - basilique de Marie Auxiliatrice Turin

Basilique de Notre-Dame Auxiliatrice (Turin), chapelle du Sacré-Cœur :
tableau représentant le songe de Saint Jean Bosco appelé « songe des deux colonnes ».

   Parmi les moyens dont Dieu Se sert pour faire connaître aux hommes Ses desseins, il y a les songes.
Gardons-nous bien de confondre les rêves et les songes : les rêves appartiennent au fonctionnement naturel de l’âme (et pas seulement de l’âme humaine, puisque les animaux aussi rêvent), tandis que les songes sont un mode surnaturel de communication de Dieu avec l’âme humaine pendant le sommeil corporel.
L’interprétation des rêves est du domaine de la science – très relative – humaine (psychologie, psychiatrie… etc.), tandis que l’interprétation des songes est donnée par Dieu soit à la personne-même qui en est favorisée soit à un prophète (comme on le voit par exemple avec le prophète Daniel qui interprète le songe de Nabuchodonosor). 

   Dans l’Ancien Testament, Dieu S’est communiqué par des songes aux saints patriarches Jacob et Joseph d’une façon très spéciale. Dans le Nouveau Testament, Saint Joseph et les Saints Rois Mages en sont gratifiés.
Tout au long de l’histoire de l’Eglise, certains saints ont eux aussi bénéficié de songes : commes les visions spirituelles et les apparitions, cela fait partie des « grâces mystiques » par lesquelles s’opèrent les « révélations privées », au sujet desquelles il convient toujours d’observer la plus grande prudence.
A l’époque moderne, Saint Jean Bosco (1815-1888) est connu pour certains de ses songes. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute celui qu’on appelle le « songe des deux colonnes », qu’il raconta lui-même aux quelque cinq-cents garçons qui fréquentaient alors son œuvre, au soir du 30 mai 1862 (la date est certaine), en disant que ce songe lui avait été donné « il y a quelques jours ».

Saint Jean Bosco - blogue

Saint Jean Bosco (1815-1888)

   Voici la traduction très exacte du récit de Saint Jean Bosco racontant ce songe aux enfants et adolescents qui se trouvaient à l’Oratoire :

       « (…) Imaginez-vous avec moi au bord de la mer, ou plutôt, sur un rocher isolé, ne voyant d’autre étendue de terre que celle qui se trouve sous vos pieds. Sur cette vaste surface d’eau, vous voyez une multitude innombrable de navires prêts au combat, dont les proues sont terminées par un éperon de fer acéré comme une flèche, qui, où qu’il soit poussé, blesse et transperce tout. Ces navires sont armés de canons, chargés de fusils, d’autres armes de toutes sortes, de matières incendiaires, et même de livres , et ils avancent vers un navire bien plus grand et plus haut que tous les autres, cherchant à le frapper avec son éperon, à l’incendier ou à lui causer tous les dommages possibles.

   Ce majestueux navire est escorté par de nombreuses petites embarcations qui reçoivent ses ordres et exécutent des manœuvres pour se défendre contre les flottes ennemies. Le vent leur est contraire et la mer agitée semble favoriser l’ennemi.

    Au milieu de l’immensité de la mer, deux colonnes robustes et très hautes émergent des flots, non loin l’une de l’autre. Au-dessus de l’une se trouve la statue de la Vierge Immaculée, à laquelle est suspendue une grande pancarte portant l’inscription : « Auxilium Christianorum ». Sur l’autre, beaucoup plus haute et plus imposante, se trouve une hostie de taille proportionnelle à la colonne, et en dessous une autre pancarte portant l’inscription : « Salus credentium ».

   Le commandant suprême du grand navire, le pape, voyant la fureur des ennemis et la détresse de ses fidèles, décide de réunir les pilotes des navires secondaires en conseil afin de décider de la marche à suivre. Tous les pilotes embarquent et se rassemblent autour du pape. Ils tiennent l’assemblée, mais comme le vent et la tempête redoublent de violence, ils sont renvoyés à la barre de leurs propres navires.

   Après un bref calme, Le pape rassemble une seconde fois les pilotes autour de lui, tandis que le navire du capitaine poursuit sa route. Mais la terrible tempête se lève à nouveau.

   Le pape se tient à la barre et concentre tous ses efforts pour diriger le navire entre les deux colonnes, au sommet desquelles pendent de nombreuses ancres et de grands crochets reliés à des chaînes.

   Les navires ennemis se jettent tous sur elle, usant de tous les moyens pour l’arrêter et la couler. Certains tentent de jeter à bord les écrits, les livres et les substances incendiaires qu’ils contiennent ; d’autres utilisent canons, fusils et évents : les combats s’intensifient. Les proues ennemies la frappent violemment, mais leurs efforts sont vains. Ils recommencent en vain, gaspillant leurs forces et leurs munitions : le grand navire poursuit sa route, sûr et confiant. Parfois, frappé par des coups formidables, il subit une large et profonde brèche dans sa coque, mais aussitôt, un souffle d’air s’engouffre par les deux piliers, les fuites se referment et les trous sont colmatés.

   Pendant ce temps, les canons des assaillants explosent, les fusils, toutes les autres armes et les évents sont brisés ; de nombreux navires sont détruits et sombrent dans la mer. Alors, les ennemis furieux se battent à mains nues, à coups de poing, en proférant blasphèmes et malédictions.

   Alors, voici que le Pape, grièvement blessé, s’effondre. Aussitôt, ceux qui l’accompagnent accourent à son secours et le relèvent. Le Pape est frappé une seconde fois, retombe et meurt.
Un cri de victoire et de joie retentit parmi les ennemis ; une jubilation indescriptible se fait sentir sur leurs navires. Mais à peine le Pontife meurt-il qu’un autre Pape prend sa place. Les pilotes réunis l’ont élu si soudainement que la nouvelle de la mort du Pape arrive en même temps que celle de l’élection de son successeur. Les adversaires commencent à perdre courage.

   Le nouveau Pape, déjouant et surmontant tous les obstacles, guide le navire jusqu’aux deux colonnes et, s’étant positionné entre elles, l’amarre, à l’aide d’une chaîne suspendue à la proue, à une ancre de la colonne où se trouve l’Hostie. Puis, avec une autre petite chaîne suspendue à la poupe, il l’amarre, du côté opposé, à une autre ancre de la colonne où est placée la Vierge Immaculée.

   Alors se produit un grand bouleversement. Tous les navires qui, jusqu’alors, avaient combattu celui sur lequel était assis le Pape, fuient, se dispersent, s’entrechoquent et s’écrasent les uns contre les autres. Certains coulent et tentent d’en couler d’autres. Quelques petites embarcations qui avaient vaillamment combattu le Pape sont les premières à venir s’amarrer à ces colonnes.

   De nombreux autres navires, qui, ayant battu en retraite par crainte du combat, se trouvent au loin, observent prudemment, jusqu’à ce que l’épave de tous les navires naufragés, ayant disparu dans les tourbillons de la mer, rament avec grand effort vers ces deux colonnes, où, arrivés, ils s’attachent aux crochets qui y pendent et là ils demeurent calmes et en sécurité, avec le navire principal sur lequel est assis le Pape.
Un grand calme règne sur la mer ».

Saint Jean Bosco et les adolescents - blogue

   A ce moment-là, Don Bosco se tourna vers son collaborateur (et futur successeur), Don Rua, et lui demanda : « Que pensez-vous de cette histoire ? »
Don Rua répondit : « Il me semble que le navire du Pape est l’Eglise, dont il est le Chef : les navires sont les hommes, la mer est ce monde. Ceux qui défendent le grand navire sont les justes, dévoués au Saint-Siège ; les autres sont ses ennemis, qui, par tous les moyens, tentent de le détruire. Les deux piliers du salut me semblent être la dévotion à la Vierge Marie et au Très Saint Sacrement de l’Eucharistie ».

   Le Bienheureux Michel Rua ne parla pas du Pape déchu et mort, et Saint Jean Bosco garda également le silence à ce sujet, ajoutant seulement :

   « Vous avez raison. Il suffit de corriger une expression. Les navires des ennemis sont les persécutions. De très graves troubles se préparent pour l’Eglise. Ce qui s’est passé jusqu’à présent n’est presque rien comparé à ce qui va arriver. Ses ennemis sont représentés par les navires qui tentent de couler, s’ils y parviennent, le navire amiral. Il ne nous reste que deux moyens de nous sauver dans un tel chaos : la dévotion à la Vierge Marie et communier fréquemment, en utilisant tous les moyens et en faisant de notre mieux pour les pratiquer et les faire pratiquer partout et par tous… »

   On le voit – sans qu’il soit besoin de gloser davantage -, ce songe n’est pas celui des « trois blancheurs » : cette expression n’a jamais été utilisée par Saint Jean Bosco, par ses successeurs et par les éditeurs de ses textes, qui, en revanche, l’ont toujours nommé « songe des deux colonnes ».
Il ne constitue pas un exposé symbolique des critères de catholicité, mais il est une prophétie concernant l’avenir de l’Eglise : Saint Jean Bosco est formel : « Ce qui s’est passé jusqu’à présent n’est presque rien comparé à ce qui va arriver » !

   Et « ce qui s’est passé jusqu’à présent » (donc jusqu’en mai 1862), ce sont les conséquences de la révolution française, exportée dans toute l’Europe – et spécialement en Italie – par les troupes du Directoire, du Consulat et de l’Empire : l’équilibre politique multiséculaire a été déstabilisé ; les Français ont emmené à deux reprises les papes en captivité (Pie VI puis Pie VII) ; les ferments d’impiété ont germé et se sont répandus ; le Bienheureux Pie IX a été chassé de Rome par une révolution qui a proclamé à Rome une éphémère république ; et désormais, le royaume de Piémont-Sardaigne soutenu par les sectes maçonniques, est engagé dans la spoliation des Etats Pontificaux, laquelle sera consommée le 20 septembre 1870.

   La fin des Etats Pontificaux et du pouvoir temporel des Papes, n’était elle-même qu’une étape dans une vaste entreprise de perversion interne de l’Eglise contre laquelle le Bienheureux Pie IX (encyclique « Quanta cura » et catalogue des idées condamnées intitulé « Syllabus ») et Saint Pie X (tous les textes destinés à dénoncer et contrer le modernisme) opposèrent des barrages, qui retardèrent précisément d’un siècle (1862-1962) la catastrophe entrevue par Saint Jean Bosco.

   Le « songe des deux colonnes » est une prophétie des menaces qui pesaient dès cette époque sur l’Eglise catholique romaine, et qui allaient se déployer et s’amplifier jusqu’à nos jours ; ainsi qu’une leçon forte sur les remèdes à cette crise majeure dont nous sommes encore aujourd’hui les témoins attristés.

Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster

Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster (1880-1954)

   Le 13 septembre 1953, à l’occasion de la Messe pontificale de clôture du Congrés eucharistique national de Turin, où il était légat pontifical, le Bienheureux Alfred Ildefonse Schuster (1880-1954), cardinal-archevêque de Milan, dans sa prédication, insista sur l’actualité de ce songe, disant notamment :

   « En cette heure solennelle, dans le Turin eucharistique de Cottolengo et Don Bosco, une vision prophétique me revient à l’esprit, celle que le fondateur du Temple de Marie Auxiliatrice fit à ses disciples en mai 1862. Il lui sembla voir la flotte de l’Eglise ballottée par les vagues d’une terrible tempête ; à tel point qu’à un certain moment, le commandant suprême du navire amiral – Pie IX – convoqua un concile des hiérarques des navires plus petits.

   Malheureusement, la tempête, qui rugissait de plus en plus menaçante, interrompit le concile du Vatican en son milieu » (Il est à noter que Don Bosco avait annoncé ces événements huit ans avant qu’ils ne se produisissent). Durant ces années tumultueuses, les Grands Hiérarques eux-mêmes furent soumis à l’épreuve à deux reprises. Lors de la troisième apparition, deux colonnes commencèrent à émerger de l’océan déchaîné, surmontées des symboles de l’Eucharistie et de la Vierge Immaculée.

   A cette apparition, le nouveau Pontife, le bienheureux Pie X, prit son courage à deux mains et, à l’aide d’une solide chaîne, attacha le navire du Capitaine Pierre à ces deux piliers inébranlables, puis jeta l’ancre à la mer. Alors, les embarcations plus petites se mirent à ramer avec force pour se rassembler autour du navire du Pape et ainsi éviter le naufrage.

   L’histoire a confirmé la prophétie du Voyant. Le début du pontificat de Pie X, avec l’ancre sur ses armoiries, coïncida précisément avec le cinquantième jubilé de la proclamation dogmatique de l’Immaculée Conception de Marie, et fut célébré dans tout le monde catholique. Nous, les plus âgés, nous souvenons tous du 8 décembre 1904, lorsque le Pontife, en la basilique Saint-Pierre, orna le front de l’Immaculée Conception d’une précieuse couronne de pierres précieuses, consacrant à la Mère toute la famille que Jésus crucifié lui avait confiée.

   Conduire les enfants innocents et les malades à la Table eucharistique devint également une part du programme du généreux Pontife, qui souhaitait restaurer le monde entier dans le Christ. Ainsi, durant le pontificat de Pie X, il n’y eut pas de guerre, et il gagna le titre de Pontife pacifique de l’Eucharistie.

   Depuis lors, la situation internationale ne s’est guère améliorée. Ainsi, l’expérience de trois quarts de siècle nous confirme que le navire du pêcheur, en pleine tempête, ne peut espérer le salut qu’en s’ancrant aux deux colonnes de l’Eucharistie et de Marie Auxiliatrice, apparues en songe à Don Bosco ».

(Texte paru en italien dans « L’Italia », 13 septembre 1953).

   Le même saint cardinal Schuster dit un jour à un salésien : « J’ai vu la reproduction de la vision des deux colonnes. Dites à vos supérieurs de la faire reproduire sur des estampes et des cartes postales, et de la diffuser dans tout le monde catholique, car cette vision de Don Bosco est d’une grande actualité aujourd’hui : l’Eglise et le peuple chrétien seront sauvés par ces deux dévotions : l’Eucharistie et Marie Auxiliatrice ».

 songe des deux colonnes - détail

2026-12. Leçons du deuxième nocturne des matines de la fête de Saint Charlemagne :

28 janvier :
En certains lieux, fête de Saint Charlemagne, roi des Francs et empereur d’Occident, confesseur (cf. > ici).

Buste reliquaire du chef de Saint Charlemagne

Basilique-cathédrale d’Aix-la-Chapelle :
buste-reliquaire du Chef de Saint Charlemagne.

Armoiries de Charlemagne

Leçons du deuxième nocturne

des matines de la fête de

Saint Charlemagne

(citées par Dom Prosper Guéranger, dans « L’Année liturgique »)

Quatrième leçon :

   Le Bienheureux Charles eut pour père Pépin, qui était fils du duc de Brabant, et qui fut dans la suite élu au trône de France, et pour mère Bertrade, fille de l’empereur des Grecs.
Il se montra digne, par ses hauts faits et son zèle pour la Religion chrétienne, d’être surnommé le Grand ; et un Concile de Mayence lui donna le titre de Très Chrétien. Après avoir expulsé les Lombards d’Italie, il fut le premier qui mérita d’être couronné Empereur, par les mains du Pape Léon III.
A la prière d’Adrien, prédécesseur de Léon, il entra en Italie avec une armée et rendit à l’Eglise son patrimoine, et l’Empire à l’Occident. Il vengea le pape Léon des violences des Romains qui l’avaient traité injurieusement, durant la grande Litanie, et chassa de la ville ceux qui s’étaient rendus coupables de ce sacrilège.
Il fit beaucoup de règlements pour la dignité de l’Eglise ; entre autres il renouvela cette loi, ordonnant que les causes civiles seraient remises au jugement de l’Eglise, lorsque l’une des parties le demanderait.
Quoiqu’il fût de mœurs très douces, il réprimait cependant les vices avec une grande sévérité, surtout l’adultère et l’idolâtrie, et établit des tribunaux particuliers revêtus d’un pouvoir étendu, qui, jusqu’à ce jour, existent encore dans la Basse-Saxe.

Saint Charlemagne présentant la Cathédrale d'Aix-la-Chapelle

Cinquième leçon :

   Après avoir combattu trente-trois ans contre les Saxons, il les soumit enfin, et ne leur imposa d’autre loi que de se faire chrétiens.
Il obligea à perpétuité les possesseurs de terres à élever des croix de bois dans leurs champs, afin de confesser ouvertement leur foi au Christ.
Il purgea la Gascogne, l’Espagne et la Galice des idolâtres qui s’y trouvaient, et il remit en honneur le tombeau de Saint Jacques, comme il l’est aujourd’hui.
Dans la Hongrie, pendant huit ans entiers, il soutint le Christianisme par ses armes ; et il se servait contre les Sarrasins de cette lance toujours victorieuse dont un soldat avait ouvert le côté du Christ.
Dieu favorisa de plusieurs prodiges tant d’efforts pour l’extension de la foi : ainsi les Saxons qui assiégeaient Sigisbourg, frappés de terreur par la main de Dieu, prirent la fuite ; et, dans la première révolte de ce peuple, il sortit de terre un fleuve abondant qui désaltéra l’armée des Francs privée d’eau depuis trois jours.
Un si grand Empereur se montrait vêtu d’un habit qui le distinguait à peine du peuple ; presque habituellement il portait le cilice ; et ce n’était qu’aux principales fêtes de Jésus-Christ et des Saints que l’or paraissait sur lui. Il défrayait les pauvres et les pèlerins, tant dans son propre palais que dans les autres contrées, par les aumônes qu’il, envoyait de toutes parts.
Il bâtit vingt-quatre monastères, et remit à chacun ce qu’on appelait la bulle d’or, du poids de deux cents livres. Il établit deux sièges métropolitains et neuf évêchés. Il construisit vingt-sept églises ; enfin, il fonda deux universités, celle de Pavie et celle de Paris.

Charlemagne et Alcuin

Sixième leçon :

   Comme Charles cultivait les lettres, il employa le docteur Alcuin pour l’éducation de ses enfants dans les sciences libérales, avant de les former aux armes et à la chasse.
Enfin la soixante-huitième année de son âge, après avoir fait couronner et élire roi Louis, son fils, il se donna tout entier à la prière et à l’aumône.
Sa coutume était de se rendre à l’église le matin et le soir, souvent même aux heures de la nuit ; car ses délices étaient d’entendre le chant grégorien, qu’il établit le premier en France et en Germanie, après avoir obtenu des chantres d’Adrien Ier. Il eut soin aussi de faire transcrire en tous lieux les hymnes de l’Eglise. Il écrivît les Evangiles de sa propre main, et les conféra avec les exemplaires grecs et syriaques.
Il fut toujours très sobre dans le boire et dans le manger, ayant coutume de traiter les maladies par le jeûne, qu’il prolongea quelquefois jusqu’à sept jours.
Enfin, après avoir beaucoup souffert de la part des méchants, il tomba malade en la soixante-douzième année de son âge. Ayant reçu la sainte communion des mains de l’évêque Hildebalde, et fait lui-même, sur chacun de ses membres, le signe de la croix, il récita ce verset : « Je remets, Seigneur, mon esprit entre Vos mains », et rendit son âme à Dieu le cinq des calendes de février, plein de nombreux mérites.
Il fut enseveli dans la Basilique d’Aix-la-Chapelle, qu’il avait bâtie et enrichie de reliques des Saints. Il y est honoré par la piété et l’affluence des pèlerins, et par les faveurs que Dieu accorde à son intercession.
Sa fête est célébrée dans la plupart des diocèses d’Allemagne, du consentement de l’Eglise, depuis le pontificat d’Alexandre III, comme celle du principal propagateur de la foi dans le Nord.

Aix-la-Chapelle reliquaire

Basilique-cathédrale d’Aix-la-Chapelle : principal reliquaire de Saint Charlemagne.

Prière à Saint Jean Chrysostôme composée par Dom Prosper Guéranger :

27 janvier,
Fête de Saint Jean Chrysostôme, évêque de Constantinople, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. ici et > ici) ;
Anniversaire de l’exécution d’Antoine-Philippe de La Trémoïlle, Prince de Talmont (27 janvier 1794 – cf. > ici). 

Saint Jean Chrysostôme - blogue

Prière de Dom Guéranger

en l’honneur de Saint Jean Chrysostôme :

       Que de couronnes ornent votre front, ô Chrysostôme !
Que votre nom est glorieux dans l’Eglise de la terre et dans l’Eglise du ciel !

   Vous avez enseigné avec vérité, vous avez combattu avec constance, vous avez souffert pour la justice, vous êtes mort pour la liberté de la Parole de Dieu.
Les applaudissements des hommes ne vous ont point séduit ; le don de l’éloquence évangélique, dont l’Esprit-Saint vous avait enrichi, n’était qu’une faible image de la splendeur et de la force des feux dont le Verbe divin remplissait votre cœur.
Vous l’avez aimé, ce Verbe, ce Jésus, plus que votre gloire, plus que votre repos, plus que votre vie.

   Votre mémoire a été poursuivie par les hommes, des mains perfides ont effacé votre nom des tables de l’autel ; d’indignes passions ont dicté une sentence dans laquelle, comme votre Maître, vous étiez mis au rang des criminels, et vous avez été précipité des degrés de la chaire sacrée.
Mais il n’est pas au pouvoir des hommes d’éteindre le soleil, ni d’effacer la mémoire de Chrysostôme. Rome vous a été fidèle ; elle a gardé avec bonheur votre nom, comme aujourd’hui encore elle garde votre corps sacré, près de celui du Prince des Apôtres. Le monde chrétien tout entier vous proclame comme un des plus fidèles dispensateurs de la Vérité divine.

   En retour de nos hommages, ô Chrysostôme, regardez-nous du haut du ciel comme vos brebis ; instruisez-nous, réformez-nous, rendez-nous chrétiens.
Comme votre sublime maître Paul, vous ne saviez que Jésus-Christ ; mais c’est en Jésus-Christ que tous les trésors de la science et de la sagesse sont cachés. Révélez-nous ce Sauveur qui est venu à nous, avec tant de charmes et de douceur ; faites-nous connaître Son Esprit ; enseignez-nous la manière de Lui plaire, les moyens de L’imiter ; faites-Lui agréer notre amour.

   Comme vous, nous sommes exilés ; mais nous aimons trop le lieu de notre exil ; nous sommes souvent tentés de le prendre pour une patrie. Détachez-nous de ce séjour terrestre, et de ses illusions. Que nous ayons hâte d’être réunis à vous, comme vous fûtes réuni à Basilisque, afin d’être avec Jésus-Christ, en qui nous vous retrouverons pour jamais.

   Pasteur fidèle, priez pour nos Pasteurs ; obtenez-leur votre esprit, et rendez leurs troupeaux dociles.
Bénissez les prédicateurs de la Parole Sainte, afin qu’ils ne se prêchent pas eux-mêmes, mais Jésus-Christ.
Rendez-nous l’éloquence chrétienne qui s’inspire des Livres saints et de la prière, afin que les peuples, séduits par un langage du ciel, se convertissent, et rendent gloire à Dieu.

   Protégez le Pontife Romain dont le prédécesseur osa seul vous défendre ; que son cœur soit toujours l’asile des évêques persécutés pour la justice.

   Rendez la vie à votre Eglise de Constantinople, qui a oublié vos exemples et votre foi. Relevez-la de l’avilissement où elle languit depuis trop longtemps.

   Touché enfin par vos prières, que le Christ, Sagesse éternelle, se souvienne de Son Eglise de Sainte-Sophie, et qu’Il daigne la purifier, et y rétablir l’autel sur lequel Il S’immole durant tant de siècles.

   Aimez toujours les Eglises de l’Occident, auxquelles votre gloire a constamment été chère.

   Hâtez la chute des hérésies qui ont désolé plusieurs de nos chrétientés, dissipez les ténèbres de l’incrédulité, ranimez la foi parmi nous et faites fleurir les vertus !

Ainsi soit-il !

Dom Prosper Guéranger osb
in « L’Année liturgique ».

Basilique vaticane chapelle du Chœur - urne de Saint Jean Chrysostome

Basilique vaticane, chapelle de l’Immaculée Conception,
dite aussi chapelle du Chœur (c’est-à-dire des chanoines) :

l’autel est constitué par une urne de marbre vert antique
à l’intérieur de laquelle se trouve le corps de Saint Jean Chrysostome.

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