Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2007-36. De la Présentation de Marie au Temple.

21 novembre.

La fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple est un jour particulièrement cher à ceux qui se consacrent à Dieu, en particulier dans « l’Ecole Française » de spiritualité : dans le sillage de Saint François de Sales, du Cardinal de Bérulle, de Monsieur Olier, de Saint Jean Eudes, de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort et du Vénérable Père Libermann (pour ne citer que quelques un des plus grands noms) beaucoup de sociétés ecclésiastiques ou de congrégations placent en ce jours le renouvellement des voeux de religion ou des promesses cléricales.

Toute la Tradition, en Orient comme en Occident, honore en effet en ce jour – plus qu’un événement extérieur qui pourrait paraître seulement anecdotique – le don plénier que la Vierge très pure fit d’Elle-même, en entrant dans cet espèce de « pensionnat » dans lequel des « jeunes filles de bonnes familles », particulièrement choisies, étaient admises pour – en sus de l’éducation soignée qui leur y était dispensée – œuvrer à l’ornementation du Temple, travailler à la confection et à l’entretien des ornements sacrés, participer plus assidûment aux cérémonies du culte divin.

Les Saints et les mystiques de tous les temps, depuis les premiers siècles, ont développé de magnifiques considérations sur les dispositions intérieures de Notre-Dame en cette circonstance.

Cette fête d’une richesse spirituelle extraordinaire a aussi été illustrée par de nombreux artistes qui ont tenté de traduire dans leurs oeuvres la résolution ferme, la détermination courageuse et la maturité d’âme de cette toute petite fille qui est la véritable Arche d’Alliance.

Je veux retranscrire pour vous ci-dessous la traduction de l’hymne particulier qu’on trouve au propre de l’archidiocèse de Paris et dont Frère Maximilien-Marie a fait la base de sa méditation ce matin.
Nous restons bien évidemment unis par la ferveur et la joie spirituelle en cette belle fête, présentant au cœur très pur de Marie toutes les intentions que nous portons en nos propres cœurs, si souvent chargés de soucis et d’inquiétudes diverses…

Lully.                                       

Nota bene :
vous trouverez aussi dans ce blogue d’autres textes concernant cette fête :
1) la méditation de Jean-Jacques Olier pour la fête de la Présentation de la Vierge > ici.
2) un extrait des « Gloires de Marie » de Saint Alphonse de Liguori, dédié à ce mystère > ici.
3) un extrait d’un sermon de Saint François de Sales > ici.

Présentation de Marie (Le Titien-détail)

Comme elle est belle, la fille du Roi
s’avançant vers le seuil du Temple qu’elle a hâte d’atteindre !
Elle prélude ainsi à l’offrande qu’elle fera bientôt
d’une victime plus parfaite.

Des bras de sa mère, enfant,
d’un pas sûr elle vole vers le Cœur de Dieu.
Vierge qui sera l’autel de Dieu,
elle s’offre aux autels comme victime.

Elle consacre son jeune corps à Dieu qu’elle choisit comme Epoux,
Elle lui dédie l’intime de son cœur de vierge ;
Elle qui est réservée au Verbe, comme mère,
Elle consacre au Verbe ses entrailles.

Pendant que vous vous vouez à Dieu, Vous et tout ce que Vous avez,
ô Vierge qui tenez pour rien les biens de la terre,
avec quels intérêts Dieu qui est l’hôte de votre cœur
Vous rémunère-t-il !

Pourquoi de mauvais plaisirs nous enchaînent-ils ?
Pourquoi n’avons nous pas encore l’énergie pour briser nos liens ?
La Vierge Prêtre nous montre le chemin :
Elle se hâte vers Dieu, suivons-la !

Maintenant donc votre race choisie se consacre à Vous,
Vous demeurez donc notre part d’héritage,
ô Dieu, qui, né de la Vierge,
souvent par nous renaissez.

Gloire suprême soit au Père,
Gloire suprême soit au Fils,
Gloire égale à Vous, ô Saint-Esprit !
Si de votre amour vous enflammez nos cœurs,
d’un cœur pur nous offrirons le saint sacrifice !

Ainsi soit-il !

2007-35. « Personne n’en est jamais revenu pour nous en attester l’existence… »

Mardi 20 novembre 2007.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté comment, dernièrement encore, il a dû « remettre les pendules à l’heure » auprès d’une personne – se prétendant chrétienne – qui se moquait de la croyance en l’enfer : elle affirmait que c’était complètement « ringard », qu’au XXIème siècle on ne pouvait pas reprendre tels quels les mythes du Moyen-Age qui procédaient d’une pédagogie dépassée, basée sur la crainte, qu’enfin nous étions affranchis de ces fariboles par la connaissance du Dieu-Amour, qu’il était grand temps de dépasser une conception de Dieu vétéro-testamentaire, et que d’ailleurs personne n’était jamais revenu de l’enfer pour nous en prouver l’existence… etc.

Je lui ai donc demandé ce qu’il fallait répondre à cela. Il m’a alors dit qu’un prêtre qu’il avait connu se contentait de répondre par l’histoire suivante :

Poissons

« Il y avait une fois deux jeunes poissons qui se promenaient ensemble.
Soudain, l’un d’eux s’écria : « Hé, dis donc, regarde un peu ce joli petit ver tout dodu… Nous allons nous faire un petit goûter bien sympa! »

- Non, non! répondit son compagnon. Ce joli petit ver appétissant est accroché à un hameçon ; l’hameçon est attaché à un fil invisible ; le fil invisible est retenu par une canne à pêche ; et au bout de la canne à pêche il y a un homme ! Si tu avales le petit ver, tu seras pris à l’hameçon et l’homme, tirant la canne à pêche, te sortira de l’eau et tu finiras dans une poêle à frire…

- Ha ha ha ! ricana le premier. Cette histoire de la poêle à frire, ma grand’mère me la racontait déjà quand j’étais petit pour me faire peur et m’empêcher ainsi de faire des bétises ! Mais ta poêle à frire n’est qu’une sorte de mythe moralisateur pour nous apprendre à rester dans le bon chemin, rien de plus… D’ailleurs aucun des poissons qui se sont affranchis de cette vieille histoire n’est jamais revenu pour nous en attester l’existence de ta fameuse poêle à frire ! Tu peux bien en rester à ces racontars de grand’mère, mais en ce cas tu ne seras jamais vraiment un poisson adulte, tu resteras dans un esprit de crainte puérile n’osant pas faire les expériences qui te permettent de juger par toi même…

Il alla donc croquer le petit ver dodu, fut tiré hors de l’eau, et finit lui aussi dans cette poêle à frire, dont il ne revint pas plus que les autres pour en attester l’existence à ses frères poissons. »

* * * * * * *

Dieu est amour, nous n’en doutons pas un seul instant.
C’est bien justement parce qu’Il nous aime qu’Il veut nous arracher au pouvoir de Satan et au péril de la damnation. Mais l’amour ne s’impose pas : Dieu nous a créés libres et, ce faisant, Il respecte notre liberté jusqu’à nous laisser le choix de refuser son amour en toute responsabilité et conscience.

Dieu ne ment pas : Il ne peut ni se tromper ni nous tromper.
Or la Révélation, contenue dans les Saintes Ecritures inspirées, nous enseigne de manière catégorique la réalité de l’enfer. Et si le Fils de Dieu S’est incarné, dans le but de souffrir la Passion ; s’Il est mort sur la Croix dans des tourments inouïs, c’est justement pour nous racheter par Son Sang précieux…
Etait-il besoin de toute cette souffrance et de ce sacrifice, sans cesse réactualisé et offert sur l’autel de la Sainte Messe, si tous les hommes étaient automatiquement sauvés ?

Les Saints Evangiles parlent en de nombreux endroits du « feu éternel préparé pour le démon et ses anges », de la « géhenne de feu », des « ténèbres extérieures, là où sont les cris et les grincements de dents » …etc.
Le Christ, en nous avertissant ainsi, ne nous prend pas pour des enfants, des éternels mineurs, des personnes incapables de choisir : bien au contraire, Il travaille à former notre jugement et à nous donner les éléments pour décider en toute liberté et responsabilité.

En ces dernières semaines de l’année liturgique, les textes que la Sainte Eglise soumet à notre méditation sont axés sur les fins dernières, non pour nous maintenir dans une crainte servile et paralysante, mais pour nous encourager à être pleinement adultes dans nos choix de vie, nos orientations, nos décisions quotidiennes, au regard de l’éternité…

Et Jésus lui-même a répondu à l’argument de ceux qui prétendent que personne n’est jamais revenu de l’enfer : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent… S’ils n’écoutent ni Moïse ni les prophètes, quelqu’un pourrait bien revenir de chez les morts qu’ils ne le croiraient point » (Luc XVI, 29-31).

Lully.

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant…

16 novembre.

C’est aujourd’hui la fête de Sainte Gertrude d’Helfta. Bien que le prénom Gertrude prête un peu à sourire en France (il y a même des amis du Mesnil-Marie dont l’automobile est ainsi nommée!), Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que c’est une très grande sainte ; d’ailleurs on l’appelle Sainte Gertrude la Grande!
Comme je lui demandai pour quelle raison elle était ainsi surnommée, il m’a expliqué que c’était pour la distinguer de plusieurs autres saintes (au moins cinq) qui ont porté le même prénom – dont une qui fut sa contemporaine et vécut dans le même monastère qu’elle – et aussi parce que les révélations dont elle fut gratifiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ la mettent à une place éminente dans l’histoire de la sainteté et de la spiritualité.

Ces quelques mots me donnèrent envie d’en savoir davantage, et je priais donc Frère Maximilien-Marie de me raconter la vie de cette Sainte Gertrude :
Oh, me répondit-il, on ne sait finalement pas beaucoup de choses sur sa vie elle-même. Née probablement en 1256, dans une famille noble, elle fut confiée dès l’âge de cinq ans aux moniales de l’abbaye cistercienne d’Helfta – près d’Eisleben, en Saxe – qui était alors dirigée par l’abbesse Sainte Gertrude de Hackeborn (une puissante famille apparentée aux Hohenstoffen). La soeur de Sainte Gertrude de Hackeborn est aussi une sainte: Sainte Mechtilde, qui sera la maîtresse des novices et l’amie de Sainte Gertrude d’Helfta… Tu ne t’embrouilles pas trop dans toutes ces Gertrude, mon petit Lully?

Il est vrai que ce n’était pas très facile à suivre toutes ces généalogies de saintes moniales, d’autant plus que – je l’avoue – mon attention avait été un peu distraite par un petit mouvement de fierté en pensant que, moi, j’étais entré au couvent encore plus jeune que Sainte Gertrude : je n’avais qu’un mois et demi!…
Bref, j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie de continuer la suite de l’histoire.

Ste Gertrude

Donc, la petite Gertrude – qui deviendra la Grande Sainte Gertrude – a passé toute sa vie, depuis l’âge de cinq ans, dans ce monastère dont elle n’est jamais sortie, jusqu’à sa mort qui survint le 17 novembre de l’année 1302: elle avait donc environ 46 ans!
Sa vie avait été tout ordonnée à l’étude et à la contemplation. Elle acquit une science tout à fait hors du commun et fut favorisée de visions qu’elle consigna par écrit en cinq volumes. On peut dire à juste titre qu’elle fut l’une des plus grandes mystiques du XIIIème siècle…
Les biographes ne peuvent guère dire davantage. Le plus important est ce qu’elle a rapporté dans ses ouvrages, dans lesquels la dévotion au Coeur de Jésus – telle que Notre-Seigneur viendra en demander l’établissement officiel dans l’Eglise quatre siècles plus tard – se trouve en quelque sorte annoncée et préparée. Ecoute bien

Sainte Gertrude, le jour de la fête de Saint Jean l’Evangéliste (27 décembre), reçut dans sa prière la visite de ce « disciple que Jésus aimait », et il l’entraîna dans une expérience mystique peu commune : il lui fit partager ce qu’il avait vécu et éprouvé le soir de la Sainte Cène quand il reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur.
Gertrude rapporte elle-même qu’il lui fut donné de goûter d’ineffables délices en percevant les pulsations du Sacré-Coeur. Elle demanda à Saint Jean s’il avait ressenti cela au soir du Jeudi Saint, et l’Apôtre lui répondit que oui.
Alors elle se permit de lui faire une sorte de reproche 
: « Pourquoi donc avez-vous gardé un tel silence sur ce mystère, et n’en avez-vous pas écrit un seul mot pour notre profit spirituel? »
Et Saint Jean de répondre : « Ma mission fut d’écrire, pour l’Eglise naissante, au sujet du Verbe incréé de Dieu le Père, une seule parole: une parole qui suffirait jusqu’à la fin du monde pour nourrir l’intelligence humaine, bien qu’elle ne puisse jamais être parfaitement entendu de quiconque… Mais de dire la suavité de ces battements a été mis en réserve pour les derniers temps, afin que lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant, il éprouve un renouveau de ferveur à la révélation de semblables merveilles… »

Moi, je sais bien ce que c’est que d’être tenu tout contre le coeur plein d’amour de quelqu’un qu’on aime passionnément parce que je demande souvent à Frère Maximilien-Marie de me prendre dans ses bras où j’aime à me blottir en ronronnant voluptueusement… Alors je n’ai pas de difficulté à imaginer ce que ce doit être auprès du Coeur de Jésus qui est la source de tout amour, un amour brûlant et infini, dont les litanies nous disent qu’il est comparable à une fournaise ardente!
Mais Frère Maximilien-Marie a continué son récit :

Ainsi donc, à la fin du XIIIème siècle, Sainte Gertrude a reçu l’annonce que la révélation du Coeur de Jésus était réservée pour les derniers temps comme un remède au refroidissement de la charité dans le monde.
C’est ce qui s’est passé, en effet : au XVIIème siècle, Sainte Marguerite-Marie (cf. > ici), au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, a reçu de Jésus la mission de transmettre au Roy de France et à toute l’Eglise Ses demandes concernant l’établissement du culte de Son Sacré-Coeur. Il disait que par cette dévotion il tentait « un dernier effort » pour retirer les hommes du chemin de la perdition. S’il est intervenu à la fin du XVIIème siècle, ainsi qu’il l’avait fait savoir à sainte Gertrude, c’est bien parce que nous sommes entrés dans une phase déterminante de l’histoire du monde et de l’Eglise, une période particulièrement importante « en ces temps qui sont les derniers »(Heb. I,2), qui sont tellement perturbés par un assaut plus intense des forces d’opposition à l’oeuvre divine.
Vois-tu, l’esprit qui tend à dominer le monde depuis la fin du Moyen-Age – cet esprit qui a paru triompher dans les périodes troubles et violentes, marquées par de nouvelles persécutions comme on n’imaginait plus qu’il puisse y en avoir depuis la conversion de l’Empire – est fondamentalement destructeur pour les valeurs spirituelles. Seul l’amour véritable, puisé à la Fontaine de grâce et de charité qu’est le Coeur de notre divin Sauveur, permet de résister et de s’opposer aux flots corrupteurs et destructeurs par lesquels l’enfer déchaîné voudrait engloutir l’humanité. Aujourd’hui, donc, nous demanderons à Sainte Gertrude d’Helfta de nous aider à être attentifs aux suaves pulsations du Sacré-Coeur de Jésus, de nous apprendre à recevoir de Lui une plus grande charité, et d’être ainsi de bons et fidèles chevaliers au service du Règne de Dieu dans les coeurs!

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant... dans De liturgia patteschatsLully.                        

Voir aussi la B.D. et la prière tirée des oeuvres de Sainte Gertrude publiés > ici 

sacrec15 16 novembre dans Lectures & relectures

N.B. : Il ne faut pas confondre Sainte Gertrude d’Helfta – appelée aussi « la Grande » – avec une autre sainte qui porte le même prénom et qui est la céleste protectrice des chats : Sainte Gertrude de Nivelles > ici.

Neuvaine à « Marie qui défait les noeuds » du 12 au 20 novembre, pour préparer la fête de la Présentation de Marie au Temple.

Nous vous proposons une neuvaine de prière du 12 au 20 novembre, pour préparer la fête de la Présentation de la Sainte-Vierge au Temple (21 novembre).

Comme il y a de nombreuses intentions douloureuses dans celles qui nous sont confiées (maladies graves, soucis de famille et de travail, décès récents, projets apostoliques ou éducatifs qui rencontrent des obstacles… etc.), nous vous proposons d’adresser cette neuvaine à « Marie qui défait les noeuds », en utilisant la prière suivante :

Prions aux intentions des uns et des autres, prions pour demander la triomphe de la charité en nous, prions aussi aux grandes intentions de l’Eglise et pour notre Pape, prions enfin pour que l’oeuvre du « Refuge Notre-Dame de Compassion » se développe selon la Sainte Volonté de Dieu.

Maria Knotenlöserin

Neuvaine à Marie qui défait les nœuds.

* * * * * * *

 » Très Sainte Vierge Marie, Mère du bel Amour,

Mère qui n’avez jamais abandonné un enfant qui crie au secours,

Mère dont les mains travaillent sans cesse pour vos enfants bien aimés,

car elles sont poussées par l’Amour divin et l’infinie Miséricorde qui déborde de votre cœur, tournez votre regard plein de compassion vers nous.

Voyez le paquet de « nœuds » qui étouffent nos vies…

Vous connaissez nos épreuves et nos difficultés.

Vous savez combien ces nœuds nous paralysent.

Marie, Mère que Dieu a chargée de défaire les « nœuds » de la vie de vos enfants,

nous déposons le ruban de nos intentions dans vos mains.
Personne, pas même le Malin, ne peut le soustraire à votre aide miséricordieuse.
Dans vos mains, il n’y a pas un seul nœud qui ne puisse être défait.

Mère toute puissante, par votre grâce et par votre pouvoir d’intercession auprès de votre Fils Jésus, notre Rédempteur, recevez aujourd’hui ces « nœuds »……

(les nommer, si possible)

Pour la gloire de Dieu, nous vous demandons de les défaire,

et de les défaire pour toujours.

Nous avons confiance en Vous.

Vous êtes la grande Consolatrice que Dieu nous a donnée,

vous êtes la forteresse pour nos forces fragiles, la richesse pour nos misères, la délivrance pour tout ce qui nous entrave dans notre marche ici-bas…
Accueillez nos appels.

Gardez-nous, guidez-nous, protégez-nous.

Marie, Vous qui défaites les nœuds, priez pour nous! « 

2007-29. Déclarations du secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, secrétaire de la « Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements » (c’est-à-dire l’organe de gouvernement du Saint-Siège concernant la liturgie) a accordé un entretien au site italien d’information religieuse « Petrus » (http://www.papanews.it/default.asp#a) qui l’a publié ce lundi 5 novembre. Nous en avons assuré une traduction :

Question: Excellence, quel accueil a reçu le motu proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Sainte Messe selon le rite tridentin? Quelques uns, dans le sein même de l’Eglise, ont un peu « tordu le nez »… (note du traducteur: expression italienne que nous reportons littéralement en français en raison de l’image éloquente).

Réponse: « Il y a eu des réactions positives et, inutile de le nier, des critiques et des prises de positions contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et aussi des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et – pourquoi pas? – de rébellion contre le Pape. J’invite tout le monde, mais par dessus tout les pasteurs, à obéir au Pape, qui est le successeur de Pierre. Les évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife: qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement. »

Question: A votre avis, à quoi sont dues ces manifestations contraires au motu proprio?

Réponse: « Vous savez qu’il y a eu, de la part de quelques diocèses, aussi des documents d’interprétation qui visent inexplicablement à limiter le motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d’une part
Des préjugés de type idéologique et d’autre part l’orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète: j’invite tout le monde à obéir au Pape. Si le Saint Père a retenu de devoir publier le motu proprio, il a eu ses raisons que pour ma part je partage pleinement. »

Question: La libéralisation du rite tridentin décidée par Benoît XVI est perçue comme le juste remède à tant d’abus liturgiques tristement enregistrés après le concile Vatican II avec le « novus ordo »…

Réponse: « Faites attention, je ne veux pas critiquer le « novus ordo ». Cependant je me prends à rire quand j’entends dire, même par des amis, que dans une paroisse un prêtre est saint en raison de l’homélie ou de la manière dont il parle. La Sainte Messe est un sacrifice, un don, un mystère, indépendamment du prêtre qui la célèbre. Il est important, voire fondamental, que le prêtre se mette de côté: le protagoniste de la Messe, c’est le Christ. Je ne comprends pas, donc, les célébrations eucharistiques transformées en spectacle avec des ballets, des chants ou des applaudissements, comme malheureusement cela arrive souvent avec le « novus ordo ».

Question: Monseigneur Patabendige, votre Congrégation a plusieurs fois dénoncé ces abus liturgiques…

Réponse: « C’est vrai. Il existe tellement de documents que cependant ils sont de façon déplaisante restés lettre morte, oubliés dans des rayons poussiéreux ou, pis encore, à la corbeille à papiers. »

Question: Un autre point: de nombreuses fois on assiste à des homélies très longues…

Réponse: « Ceci aussi est un abus. Je suis opposé aux ballets et aux applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont pas un cirque ni un stade. En ce qui concerne les homélies, elles doivent regarder exclusivement l’aspect catéchétique, comme l’a souligné le Pape, en évitant la sociologie et les bavardages inutiles. Comme exemple, souvent les prêtres la font porter sur la politique parce qu’ils n’ont pas bien préparé l’homélie, qui au contraire doit être étudiée scrupuleusement. Une homélie excessivement longue est synonyme de peu de préparation: le temps juste pour une prédication doit être de 10 minutes, au maximum 15. Nous devons bien nous rendre compte que le moment culminant de la célébration est le mystère eucharistique, je ne le dis pas diminuer la liturgie de la Parole mais pour clarifier de quelle manière une liturgie correcte est mise en œuvre. »

Question: Revenant au motu proprio, quelques uns critiquent l’emploi du latin durant la Messe…

Réponse: « Le rite tridentin fait partie de la tradition de l’Eglise. Le Pape a convenablement expliqué les raisons de sa mesure, un acte de liberté et de justice envers les traditionalistes. Pour ce qui est du latin, je voudrais souligner qu’il n’a jamais été aboli, et qu’en plus il garantit l’universalité de l’Eglise. Mais je le répète: j’invite les prêtres, les évêques, les cardinaux à l’obéissance, laissant de côté tout type d’orgueil et de préjugés. »

Publié dans:De liturgia |on 5 novembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-28. Des Saintes Reliques.

frise fleurs de lys

Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – la plupart du temps le 5 ou plus rarement le 6 novembre -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué la chose aujourd’hui, puisque je vous ai déjà signalé sa vénération pour elles.

Notre Frère m’a expliqué que, dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.
La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » 
(Sap. III, 2-5).

Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :

a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique« - et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Reliquaire

Reliquaire de la sacristie du Mesnil-Marie dans lequel se trouvent plusieurs petites reliques de deuxième classe appartenant à plusieurs saints de l’Ordre Capucin

Nous possédons au Mesnil-Marie un certain nombre de reliquaires : la plupart se présentent comme des médaillons, quelques autres ont la forme de monstrances destinées à être posées sur les gradins de l’autel les jours des grandes fêtes.

Beaucoup de ces reliquaires que nous possédons ici ont été sauvés de la destruction ou de la profanation : la crise doctrinale, spirituelle et liturgique qui a suivi le second concile du Vatican – une espèce de vent de folie ! – a poussé des prêtres ou des communautés religieuses à se débarrasser de ce qu’ils se sont mis à considérer comme des vieilleries ou des superstitions d’un autre âge. C’est ainsi qu’on a retrouvé des reliquaires aux puces, dans des brocantes, voire dans des tas de détritus ou des poubelles !!!
D’autres fois encore ce sont des congrégations qui, ne se renouvelant plus, ont dû fermer certaines de leurs maisons et ont « liquidé » le contenu des sacristies…
Enfin Frère Maximilien-Marie, à la suite de récentes béatifications ou lors de ses pèlerinages à Rome, a pu obtenir dans certains couvents ou auprès de certains prélats des reliquaires de saints 
récents avec leurs certificats d’authenticité.

C’est donc ainsi que nous conservons au Mesnil-Marie des reliques de la Sainte Croix, du Voile de la Très Sainte Vierge Marie, de Saint François de Sales, de Sainte Jeanne de Chantal et de Sainte Marguerite-Marie, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, des Visitandines Martyres de Madrid – tuées par les « rouges » en 1936 – et de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, du Bienheureux Charles de Foucauld et de la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi, de Saint Gabriel dell’Addolorata et de Saint Paul de la Croix, de Sainte Gemma Galgani et de Sainte Maria Goretti, des Saints Apôtres Pierre et Paul, du Bienheureux Pie IX et de Saint Benoît, de Saint François d’Assise et de Saint Dominique, de Saint Pie X et de Saint Maximilien-Marie Kolbe … etc …etc.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints dans notre Mesnil-Marie, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

frise fleurs de lys

2007-26. De la commémoraison des trépassés.

2 novembre

Le 2 novembre est le jour de la commémoraison solennelle des fidèles défunts : il ne s’agit pas d’un jour de fête – comme l’était hier la fête de tous les Saints – mais d’une commémoraison, empreinte d’une sobre gravité.
Au Mesnil-Marie, nous ajoutons le jeûne et l’abstinence aux prières particulièrement instantes de ce jour pour le soulagement et la délivrance des âmes du Purgatoire.

La Sainte Eglise, en effet, dans une prière suppliante et encore plus ardente qu’à l’accoutumée (car c’est chaque jour qu’elle fait monter vers le Ciel ses prières pour les âmes du Purgatoire), implore le Dieu trois fois saint pour qu’il accorde une prompte délivrance à ses enfants que les conséquences de leurs fautes retiennent encore captifs dans le Purgatoire.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté qu’à Rome, dans un local attenant à la sacristie de l’église du Sacré-Cœur du Suffrage, il y a le musée du Purgatoire (voir > ici). Ce terme est un peu grandiloquent puisque, en fait de musée, il s’agit d’une grande vitrine présentant une collection d’objets qui gardent les traces d’apparitions de défunts.
En effet, Dieu a parfois permis que des personnes mortes apparaissent pour demander des prières qui leur permettraient d’achever leur temps de purification ; et pour attester que leurs apparitions étaient bien réelles et non le produit de l’imagination ou de l’illusion, ces défunts ont laissé des preuves tangibles : brûlures sur des meubles, du linge, des livres, comme si ces objets avaient été touchés par des mains de feu…

La constitution de ce petit musée du Purgatoire a été expressément encouragée par le Saint Pape Pie X, pour que les fidèles soient confortés dans la Foi catholique.

Malheureusement, la réforme issue du second concile du Vatican a porté atteinte à la Foi, au point que les textes de la liturgie du 2 novembre dans le Missel de Paul VI ne présentent plus à Dieu des prières pour la délivrance des âmes du Purgatoire, mais demandent seulement de faire « grandir notre foi » (celle des vivants) dans le Christ ressuscité « pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de nos frères défunts » !!!
Ces citations sont extraites de l’oraison de la messe et du bréviaire réformés, et donnent justement le sentiment que ce sont des conceptions protestantes qui ont prévalu ici, à l’encontre de la Foi catholique traditionnelle !

D’ailleurs, cette négation factuelle des purifications nécessaires – parfois longues – avant l’admission dans le Royaume céleste se retrouve dans nombre de célébrations des funérailles.
La plupart du temps, les gens ne viennent plus aux enterrements que pour « rendre hommage »  au défunt ; les pseudo-liturgies d’obsèques ne sont plus d’insistantes prières pour le repos de l’âme du disparu, mais une sorte d’apothéose où les éléments sentimentaux prédominent sur la prière et sur la Foi.
Facilement, on entend dire que le défunt est déjà « ressuscité »  ou bien qu’il a déjà été accueilli par Dieu à bras ouverts, ou encore qu’il est directement « entré dans la maison du Père »… etc.
On fait de ces funérailles des espèces de canonisations au rabais qui ne sont rien moins que mensongères 
!

Messe/Purgatoire

Bref ! Tout cela pour vous dire que, dans notre Mesnil-Marie, nous croyons à la réalité du Purgatoire et que notre prière de ce jour n’est pas un « hommage » aux défunts (ceux qui sont morts en état de grâce et qui se trouvent au Purgatoire, pas ceux qui sont morts en dehors de l’état de grâce pour lesquels on ne peut malheureusement plus rien), mais un « suffrage » pour que leurs âmes soient purifiées des conséquences de leurs fautes et soient rapidement introduites dans la béatitude du Paradis !

Lully.

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus.

Dernier dimanche du mois d’octobre.

Le dernier dimanche du mois d’octobre, la liturgie – dans son calendrier traditionnel auquel nous tenons d’une manière très spéciale – nous donne de fêter le Christ, Roi de l’univers.

Il y avait une volonté explicite du Pape Pie XI dans le choix spécial de ce dimanche, lorsqu’il institua cette fête, puisqu’il écrivait dans l’encyclique « Quas primas » du 11 décembre 1925 :
« …Plus que tout autre, le dernier dimanche d’octobre Nous a paru désigné pour cette solennité : il clôt à peu près le cycle de l’année liturgique ; de la sorte, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l’année trouveront dans la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement et, avant de célébrer la gloire de tous les Saints, la liturgie proclamera et exaltera la gloire de Celui qui triomphe en tous les Saints et tous les élus ».

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus. dans De liturgia christroi02

La réforme liturgique issue du second concile du Vatican a opéré un double déplacement de cette fête :

a) un déplacement de date : du dernier dimanche d’octobre au dernier dimanche de l’année liturgique,

et

b) un déplacement de sens : de la proclamation d’une royauté qui doit être universelle dès ici-bas – par une obéissance de tous les hommes et de toutes les sociétés à la loi d’amour et de sainteté du Christ, non seulement dans le domaine privé des consciences mais aussi dans le domaine public – , à une dimension uniquement eschatologique, c’est-à-dire une royauté qui ne s’exercera plus que dans le Royaume éternel, après le jugement dernier.

Ce changement de perspective correspondait à un abandon pur et simple de la doctrine de la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette mutation du sens donné à cette fête allait de pair, sous le règne de Paul VI, avec une véritable rupture dans la pratique multiséculaire du Saint-Siège cherchant à favoriser la reconnaissance, la garantie et l’institutionalisation, dans la sphère politique et sociale, des devoirs et des droits humains en pleine conformité avec la Loi divine.

On le sait bien, et Pie XII l’avait rappelé à plusieurs reprises de manière magistrale, la forme prise par la société temporelle, dans ses structures politiques et sociales, est véritablement déterminante pour le salut ou la perte de nombreuses âmes.
L’enjeu du salut éternel des âmes fait à l’Eglise une obligation d’intervenir
dans l’ordre temporel (sans confusion des pouvoirs toutefois), et de favoriser les structures sociétales qui sont le plus idoines à l’épanouissement de la sainteté. L’Eglise obéit en cela à la parole de Saint Paul : « Oportet illum regnare : il faut qu’Il règne! »

En plaçant la fête du Christ-Roi au dimanche précédant immédiatement la Toussaint, Pie XI rappelait que la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ s’épanouit logiquement en fruits de sanctification et prépare heureusement les âmes à la gloire céleste.
Tandis que la proclamation d’une royauté seulement eschatologique, à la fin des temps, allant de pair avec l’abandon des « revendications » traditionnelles de l’Eglise dans ses relations avec les états (par une sorte de « rousseauisme spirituel »), ne pouvait qu’entraîner une accélération du laïcisme, de l’indifférentisme, du relativisme… etc., ne pouvait que favoriser le développement de la propagation de doctrines contraires ou même foncièrement opposées à la Vérité révélée, ne pouvait être que très dangereux et dommageable pour les âmes, davantage exposées à l’erreur et aux multiples tentations du monde.

On a bien vu que le virage consécutif à la fameuse « ouverture au monde » en laquelle on a prétendu résumer « l’esprit du concile », loin de favoriser le développement de la vie chrétienne a tout au contraire produit un déficit considérable pour ce qui est de la pratique religieuse, de la vie spirituelle des fidèles, de leur formation intellectuelle, de l’efficience des mouvements d’apostolat, du recrutement des vocations… etc.

« Toute âme qui s’élève élève le monde »!
Et pour qu’une âme s’élève, il faut autant que possible favoriser des conditions propices à une élévation morale, intellectuelle, psychologique et spirituelle. Il faut que les cadres temporels eux-mêmes soient favorables à cette élévation.

N’importe quel jardinier intelligent sait qu’on ne peut permettre à une plante de croître et de s’épanouir dans un terrain inapproprié et dans des conditions d’ensoleillement et d’irrigation inadaptées à sa nature.
Ce qu’un jardinier pratique obligatoirement et comme par instinct, sous peine d’accumuler les échecs, pourquoi les conducteurs spirituels du « Peuple de Dieu » l’ont-ils oublié et nié dans les faits? Pourquoi se sont-ils comportés comme des jardiniers qui auraient détruit leurs serres et leurs systèmes d’arrosage en disant: « Ces structures sont d’un autre âge, il faut que les plantes soient responsables d’elles-mêmes et sachent mettre à profit les conditions, même défavorables, dans lesquelles elles se trouvent, afin de parvenir à leur état adulte libérées des structures étrangères à leur nature… »

Celui que se lamente parce que « les fumées de Satan se sont introduites dans le sanctuaire » alors qu’il a lui-même contribué à ouvrir les fissures par lesquelles ces fumées se sont infiltrées manifeste – pour le moins – un singulier déficit de lucidité et de responsabilité !

En fêtant, ensuite, tous les Saints, c’est-à-dire tous ceux qui sont parvenus à la gloire céleste – et souvent à travers des combats héroïques contre l’esprit du monde – nous n’omettrons pas de leur demander la grâce de nous donner à nous qui peinons, « gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes », la force et le courage de travailler énergiquement au rétablissement du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, générateur de sainteté.
Et pour que le règne du Christ s’épanouisse dans la société, il faut travailler à ce que l’idée même triomphe des erreurs du temps dans l’intelligence et dans le coeur de nos contemporains, clercs et laïcs!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

couronneroifrance Christ-Roi dans Vexilla Regis

Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi prescrit pour cette fête (et assorti du don d’une indulgence plénière) > ici.

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels, Vexilla Regis |on 31 octobre, 2007 |7 Commentaires »

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges…

Mercredi 24 octobre 2007.

C’était aujourd’hui la fête de Saint Raphaël, comme c’est un archange, il n’y a pas vraiment de « vie » écrite à son sujet que j’aurais pu lire par dessus l’épaule de mon papa : ce que l’on sait de lui se trouve essentiellement dans le livre de Tobie, dont l’épître de la Messe de ce jour nous donnait un extrait.

J’ai en effet été très attentif aux lectures de la Messe, puisque nous avons eu la joie de recevoir aujourd’hui un prêtre ami (vraiment un prêtre très gentil et très bien puisqu’il aime les chats !), ce qui fait que la Sainte Messe a été célébrée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Je sais que notre Frère a prié tout particulièrement pour les malades, pour tous ceux qui ont besoin d’être guéris par Dieu dans leur âme ou dans leur corps, car on recommande souvent à l’intercession de cet archange des malades ou des personnes qui subissent diverses épreuves ou difficultés.

L’archange Saint Raphaël porte un nom qui signifie « Dieu guérit« . En effet, Dieu par son ministère a guéri la cécité du vieux Tobie, il a aussi combattu victorieusement le démon qui affligeait la pauvre Sarah. Pour cette raison, Monsieur l’Abbé a également procédé à une nouvelle bénédiction de notre Mesnil-Marie, pour en éloigner toutes les influences malfaisantes et le mettre sous la protection très spéciale des Saints Anges de Dieu.

* * * * * *

Moi, ce soir, j’ai demandé à mon papa si les petits chats avaient un ange gardien comme les hommes… et comme Milou (vous savez le chien de Tintin).

Frère Maximilien-Marie m’a d’abord fait un grand sourire, puis il m’a dit que le Bon Dieu qui a créé les chats aussi bien que les hommes, aimait et protégeait chacune de ses créatures avec beaucoup de tendresse mais que la Révélation contenue dans les Saintes Ecritures ne permettait pas de répondre à ma question, toutefois il m’a donné une très belle image qui m’a rempli de joie, et que je vous communique volontiers à mon tour :

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges... dans Chronique de Lully chatange

Chers Amis lecteurs, n’oubliez jamais de vous recommander avec grande ferveur à la protection de votre Saint Ange Gardien ; ouvrez tout grand les oreilles de votre âme pour écouter attentivement dans le silence ses bonnes inspirations et les conseils qu’il vous prodigue avec une tendre sollicitude!

Lully.

Voir aussi l’article consacré à Saint Raphaël en 2008, en cliquant > ici.

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