Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2008-58. Le 23 octobre, nous fêtons les Bienheureuses Ursulines martyres de Valenciennes :

En 1790, trente-deux religieuses habitaient le couvent des Ursulines de Valenciennes : conformément à leur vocation, elles se consacraient à l’éducation des jeunes filles.
Quand, le 18 août 1792, les congrégations religieuses enseignantes furent contraintes de se disperser, les Ursulines durent abandonner leur maison et s’exilèrent en Belgique, à Mons (deux religieuses Brigittines, chassées de leur couvent, s’intégrèrent alors à la communauté).

Au printemps 1793, les troupes autrichiennes occupèrent Valenciennes.
Les religieuses revinrent alors dans leur couvent, rouvrirent leurs classes et reprirent leur apostolat auprès de la jeunesse de la ville.
Cette situation dura plus d’un an.

Mais, en août 1794, l’armée autrichienne dut abandonner la ville qui fut investie par les troupes révolutionnaires.
Les « patriotes » valenciennois s’empressèrent d’incarcérer plus d’un millier de personnes, considérées comme ennemies de la république et accusées – selon la terminologie en vogue – d’être des « aristocrates » et des « fanatiques ». Parmi elles, dix religieuses Ursulines (dont les deux anciennes Brigittines) et une ancienne Clarisse qui avait rejoint la communauté des Ursulines, où sa soeur de sang était religieuse, parce que son monastère était supprimé : arrêtées le 3 septembre 1794, elles furent emprisonnées… dans leur propre couvent !
Notons au passage que la tête de Robespierre était tombée depuis déjà plusieurs semaines et que les livres d’histoire nous enseignent que, depuis lors, la « Terreur » était terminée…

Néanmoins, quelques jours après, les habitants de la place d’armes virent se dresser une guillotine à l’endroit traditionnel des exécutions capitales, soit, à quelques mètres près, entre l’entrée de la rue de Paris et celle de la ruelle Burianne.
Les Ursulines furent tenues au courant ; Soeur Anne-Marie Erraux avoua avoir une grande frayeur à se présenter devant le bourreau si cela devait se produire. La Mère Supérieure lui rétorqua : « Je passerai devant vous pour vous montrer l’exemple ».

Le 13 octobre, sept personnes (dont trois prêtres) furent condamnées à mort.
Le 15 octobre, sept autres prêtres furent guillotinés.
Enfin, le 17 octobre, cinq Ursulines et trois prêtres comparurent devant le tribunal.

Mère Marie-Clotilde avait donné ordre à ses Sœurs de déclarer qu’elles n’avaient pas émigré, puisqu’elles étaient allées à Mons avec un laisser-passer en règle et qu’elles n’étaient rentrées que pour rendre service aux habitants qui leur avaient demandé de reprendre l’instruction de leurs enfants.
Elles s’en tinrent à cette défense face au président qui les interrogeait. Puisqu’elles étaient sorties du territoire avec des papiers en règle, que pouvait-on encore leur reprocher ? Rien … et le tribunal ne pourrait que les relâcher.
Mais la « justice » révolutionnaire ne voyait pas les choses de la même façon et, surtout, elle ne pouvait admettre que les Ursulines eussent repris leur vie communautaire et réorganisé l’enseignement catholique dans une ville occupée par les Autrichiens.

Le Tribunal voulait donc  leur mort ; aussi rédigea-t-il une sentence où l’injuste se mêlait à l’infâme : « Les susnommées se sont rendues coupables du crime d’émigration en abandonnant, de leur propre et entière volonté, le territoire de la République. Au mépris des lois elles y sont revenues exercer, sous la protection de l’ennemi, des fonctions qui leur avaient été interdites. Nous avons jugé à l’unanimité qu’elles ont encouru la peine de mort prononcée par les décrets des 23 et 25 octobre 1792 ».

On peut imaginer l’émotion qui étreignit les cinq Ursulines en retrouvant leurs sœurs dans la prison et en leur apprenant la condamnation dont elles venaient d’être frappées.
L’éxécution eut lieu le même jour…

guillotine

Simplement vêtues d’un jupon et d’une chemise, les cheveux coupés courts pour faciliter le travail du couperet, elles s’avancèrent vers la guillotine en priant à haute voix avec une dignité et un calme qui impressionnèrent tous les spectateurs. A leur vue, la foule ne proféra ni cris de mort ni insultes. Des témoins déclarèrent ensuite avoir vu des gens pleurer, d’autres dirent avoir entendu ces paroles d’une religieuse à ses compagnes : « Courage, mes Sœurs, nous allons au ciel ! »

Les cinq autres Ursulines et la Clarisse ne doutaient point du sort qui les attendait.
Mère Marie-Clotilde put faire passer à l’une de ses nièces une lettre, conservée depuis lors avec piété par sa famille, dans laquelle elle exprimait les sentiments qui l’animaient à l’approche de la mort. Elle y disait notamment que le moment lui tardait de verser son sang pour sa Foi et ajoutait : « Prenez part à mon bonheur ! »

Le 23 octobre, elle furent convoquées devant la commission militaire.
Même interrogatoire, mêmes réponses, même sentence.
La supérieure eut beau vouloir tout prendre sur elle, les juges demeurèrent implacables.

Elles furent également exécutées le jour même.
Mère Marie-Clotilde déclara aux soldats de l’escorte : « Citoyens, nous vous sommes fort obligées, ce jour est le plus beau de notre vie ! »
Elle monta la première sur l’échafaud, en chantant le Magnificat, et montra, en ce suprême instant, toute la force d’âme dont elle avait donné tant de preuves durant sa vie.

Les corps des victimes furent transportés au cimetière Saint-Roch, récemment créé, mais on n’a jamais pu retrouver le lieu exact de leur inhumation.

Ces onze religieuses martyrisées furent béatifiées le 13 juin 1920 par le pape Benoît XV.
Voici les noms de ces femmes héroïques :

1 – Mère Marie-Clotilde de Saint-François-Borgia (née Clotilde-Angèle Paillot),  guillotinée à l’âge de 55 ans ;
2 – Soeur Marie-Ursule de Saint-Bernardin (née Hyacinthe-Augustine Bourla), 48 ans ;
3 – Soeur Marie-Cordule de Saint-Dominique (née Jeanne-Louise Barré), 44 ans ;
4 – Soeur Marie-Augustine du Sacré-Coeur (née Marie-Madeleine Déjardins), 34 ans ;
5 – Soeur Marie-Louise de Saint-François-d’Assise (née Marie-Geneviève Ducrez), 38 ans ;
6 – Soeur Anne-Marie (née Augustine Erraux), ancienne Brigittine, 32 ans ;
7 – Soeur Marie-Françoise (née Liévine Lacroix), ancienne Brigittine, 41 ans ;
8 – Soeur Marie-Scholastique de saint-Jacques (née Marie-Marguerite Leroux), 43 ans ;
9 – Soeur Marie-Laurentine de Saint-Stanislas (née Marie-Reine Prin), 47 ans ;
10 – Soeur Marie-Nathalie de Saint-Louis (née Marie-Louise Vanot), 66 ans,
11 – Soeur Joséphine (née Anne-Joseph Leroux), Clarisse, âgée de 47 ans.

Oraison : 
Seigneur notre Dieu, Vous avez glorifié par le martyre la bienheureuse Marie-Clotilde et ses compagnes ; faites, nous Vous en prions, que suivant l’exemple de leur foi et de leur charité apostolique, nous soyons affermis dans Votre amour de sorte que rien ne puisse nous séparer de Vous. Nous Vous le demandons par Jésus, Christ, Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.

Ursulines martyres de Valenciennes

2008-57. Les promesses du Sacré-Coeur en faveur de ceux qui pratiqueront cette dévotion.

A l’occasion de la fête de Sainte Marguerite-Marie (17 octobre – voir aussi l’article publié l’an dernier à cette même date, en cliquant ici > www), nous tenons à publier ici le texte des promesses que Notre-Seigneur Jésus-Christ a faites en faveur des personnes qui pratiqueraient la dévotion envers son Sacré-Coeur. Ces douze promesses constituent un résumé des paroles que Notre-Seigneur a adressées à Sainte Marguerite-Marie en diverses circonstances et en plusieurs occasions. Elles ont été (bien évidemment!) contestées mais il est facile à une personne familière des écrits de Sainte Marguerite-Marie de démontrer qu’elles sont authentiques même si, pour des raisons pratiques, elles ont été rédigées de manière plus simple.

Jésus manifestant son Coeur à Ste Marguerite-Marie

1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.

2. Je mettrai la paix dans leur famille.

3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.

4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à l’heure de la mort.

5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

9. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.

10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé.

12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

Voir aussi les prières en l’honneur du Sacré Coeur de Jésus que nous avons déjà publiées :
- la neuvaine de confiance > www ;
- la prière composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat > www ;
- le « Souvenez-Vous » au Sacré-Coeur > www ;
- l’acte d’offrande de Saint Claude de la Colombière > www.

Prières et litanies en l’honneur de Saint Michel Archange.

Nous avions déjà évoqué (cf. > ici) les origines de la fondation de l’abbaye du Mont Saint-Michel, mais nous ne pouvons passer sous silence, en ce 16 octobre 2008, le treizième centenaire de la consécration du premier sanctuaire élevé sur le « Mont Tombe » par Saint Aubert, le 16 octobre 708. En cette circonstance, nous vous proposons quelques textes de prières à Saint Michel, toujours utiles dans les combats de notre vie spirituelle…

St  Michel au péril de la mer

Prière de Saint Louis de Gonzague à Saint Michel:

O Prince invincible, gardien fidèle de l’Eglise de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la gloire et l’honneur que nous devons tous à notre Dieu en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés. Ainsi soit-il.

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Litanies de saint Michel

(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.
Saint Michel Archange, priez pour nous.
Saint Michel, princes très glorieux, priez pour nous.
Saint Michel, fort dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, vainqueur de Satan, priez pour nous.
Saint Michel, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Michel, prince de la milice céleste, priez pour nous.
Saint Michel, héraut de la gloire divine, priez pour nous.
Saint Michel, joie des Anges, priez pour nous.
Saint Michel, honoré des Elus, priez pour nous.
Saint Michel, qui présentez au Très-Haut nos prières, priez pour nous.
Saint Michel, défenseur des âmes justes, priez pour nous.
Saint Michel, messager de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, dont la prière conduit aux cieux, priez pour nous.
Saint Michel, soutien du peuple de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, gardien et patron de l’Eglise, priez pour nous.
Saint Michel, bienfaiteur des peuples qui vous honorent, priez pour nous.
Saint Michel, porte-étendard du salut, priez pour nous.
Saint Michel, notre défenseur dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, ange de la paix, priez pour nous.
Saint Michel, introducteur des âmes dans la lumière sainte, priez pour nous.
Saint Michel, prévôt du Paradis, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

V./ Priez pour nous, saint Michel Archange.
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Oraison :

Dieu tout puissant et éternel, qui avez établi saint Michel gardien de l’Eglise et prévôt du paradis, accordez par son intercession, à l’Eglise la prospérité et la paix, à nous la grâce en cette vie et la gloire dans l’éternité. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Imprimatur : Coutances, le 9 mars 1929. Théophile-Marie, évêque de Coutances et Avranches.

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Prière à saint Michel, pour tous nos besoins :

O bienveillant Archange, votre puissance est si grande sur le Cœur de Dieu qu’il ne vous a jamais rien refusé, et votre charité pour nous est telle que tous ceux qui vous invoquent sont assurés de votre perpétuel secours. Pleins de confiance en votre protection, nous venons vous exposer humblement nos besoins. Vous savez s’ils sont nombreux et pressants. Dissipez nos ténèbres, conduisez-nous dans la voie, défendez-nous contre nos ennemis, guérissez nos plaies et prodiguez-nous toutes les tendresses qu’un saint amour peut vous inspirer envers vos fidèles clients. Ainsi soit-il.

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées > ici.

2008-51. A Lourdes, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a parlé de la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame:

Nous ne publions pas ici l’intégralité des textes (discours, messages & homélies) que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a donnés à l’occasion de son voyage apostolique en France – vous pouvez les retrouver > ici - mais en cette fête de Notre-Dame des Douleurs – fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion - , au cours de la Sainte Messe qu’il a célébrée sur le parvis de la basilique du Rosaire à l’intention des personnes qui souffrent, il a prononcé une homélie qui nous touche particulièrement puisqu’elle met en valeur la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame. Ce pourquoi nous en retranscrivons le texte intégral ci-dessous.

Piéta de Villeneuve les Avignon par Enguerrand Quarton (XVème siècle)

Chers frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,
Chers frères et sœurs !

Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l’instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd’hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l’affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion(cf. Homélie pour le dimanche dans l’Octave de l’Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son cœur de mère est transpercé(cf. Lc 2, 35)par le supplice infligé à l’Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré(cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l’abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l’a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d’accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l’esprit » (cf. Jn 19, 30) : devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).

Marie est aujourd’hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L’intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l’histoire l’atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du « Souvenez-vous » exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d’une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l’heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance;  elle les aime tout simplement parce qu’ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix. Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l’instigation de la Parole inspirée de l’Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s’adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu’ils puissent y trouver le réconfort et l’apaisement. Rechercher le sourire de Marie n’est pas le fait d’un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l’expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n’est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L’Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu’elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu’elle devienne la nôtre. Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l’apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l’Immaculée Conception », Marie lui fit d’abord connaître son sourire, comme étant la porte d’entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.

Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d’enfants de Dieu, cette dignité qui n’abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d’une espérance invincible. Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d’une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l’homme ne peut soutenir seul, sans l’aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s’affirme le besoin d’une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l’amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l’Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu’il « n’est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d’elle se trouve également la grâce d’accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l’heure voulue par Dieu.

Comme elle était juste l’intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L’âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n’est pas un pieux enfantillage, c’est l’aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c’est-à-dire dans l’ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu’est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l’amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c’est d’abord cueillir la gratuité de l’amour ; c’est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu’elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira »(cf. Jn 2, 5).

Le sourire de Marie est une source d’eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d’eau vive qui viennent irriguer l’histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l’humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n’ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s’attachant à elle pour mieux s’attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d’amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s’affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l’éducatrice de l’amour. C’est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l’unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.

Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d’un handicap, à travers la grâce de l’onction des malades. Pour chacun, la souffrance est toujours une étrangère. Sa présence n’est jamais domesticable. C’est pourquoi il est difficile de la porter, et plus difficile encore – comme l’ont fait certains grands témoins de la sainteté du Christ – de l’accueillir comme une partie prenante de notre vocation, ou d’accepter, comme Bernadette l’a formulé, de « tout souffrir en silence pour plaire à Jésus ». Pour pouvoir dire cela, il faut déjà avoir parcouru un long chemin en union avec Jésus. Dès à présent, il est possible, en revanche, de s’en remettre à la miséricorde de Dieu telle qu’elle se manifeste par la grâce du Sacrement des malades. Bernadette, elle-même, au cours d’une existence souvent marquée par la maladie, a reçu ce Sacrement à quatre reprises. La grâce propre à ce Sacrement consiste à accueillir en soi le Christ médecin. Cependant, le Christ n’est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l’isolement que provoque la douleur. L’homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s’offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l’enfantement de la nouvelle création.

Sans l’aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d’autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu’il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J’invite les personnes qui recevront l’onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance.

Le Concile Vatican II a présenté Marie comme la figure en laquelle est résumé tout le mystère de l’Église (cf. « Lumen Gentium »  n. 63-65). Son histoire personnelle anticipe le chemin de l’Église, qui est invitée à être tout aussi attentive qu’elle aux personnes qui souffrent. J’adresse un salut affectueux à toutes les personnes, particulièrement le corps médical et soignant, qui, à divers titres dans les hôpitaux ou dans d’autres institutions, contribuent aux soins des malades avec compétence et générosité. Je voudrais également dire à tous les hospitaliers, aux brancardiers et aux accompagnateurs qui, provenant de tous les diocèses de France et de plus loin encore, entourent tout au long de l’année les malades qui viennent en pèlerinage à Lourdes, combien leur service est précieux. Ils sont les bras de l’Église servante. Je souhaite enfin encourager ceux qui, au nom de leur foi, accueillent et visitent les malades, en particulier dans les aumôneries des hôpitaux, dans les paroisses ou, comme ici, dans les sanctuaires. Puissiez-vous, en étant les porteurs de la miséricorde de Dieu (cf. Mt 25, 39-40), toujours ressentir dans cette mission importante et délicate le soutien effectif et fraternel de vos communautés !

Le service de charité que vous rendez est un service marial. Marie vous confie son sourire, pour que vous deveniez vous-mêmes, dans la fidélité à son Fils, source d’eau vive. Ce que vous faites, vous le faites au nom de l’Église, dont Marie est l’image la plus pure. Puissiez-vous porter son sourire à tous !

En conclusion, je souhaite m’unir à la prière des pèlerins et des malades et reprendre avec vous un extrait de la prière à Marie proposée pour la célébration de ce Jubilé : « Parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l’Esprit Saint, parce que tu as choisi Bernadette dans sa misère, que tu es l’étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée, Notre-Dame de Lourdes », avec nos frères et sœurs dont le cœur et le corps sont endoloris, nous te prions ! Amen.

2008-48. In memoriam : Victimes et martyrs des massacres de septembre 1792.

2 septembre,
Fête des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792.

Du 2 au 7 septembre 1792, à Paris, mais aussi dans d’autres villes (Versailles, Orléans, Meaux, Reims…) on assista à un déferlement de violences à peine imaginables , qui sont restées dans l’histoire sous le nom de « Massacres de Septembre ».
On peut voir dans cet épisode – pieusement minoré par les chantres de la grande, belle et généreuse révolution – le préambule de la grande terreur.

Le 2 septembre 2007 coïncidait avec un dimanche et Frère Maximilien-Marie, puisque le Mesnil-Marie était encore établi tout proche de Paris, avait pu contribuer à l’organisation d’une célébration en l’honneur non seulement des martyrs mais aussi des autres victimes (non béatifiées) – trop souvent tombées dans l’oubli – de ces massacres.

Cet fut une Sainte Messe latine traditionnelle, célébrée par Monsieur l’Abbé M******, dans la chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière.
Pourquoi en ce lieu?
Parce que justement l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière fut l’un de ces lieux où quelques centaines de malheureuses victimes périrent de manière horrible.
Les chants de cette très belle célébration avaient été assurés par la Schola Sainte Cécile et vous pourrez aussi vous reporter à ce qui fut p
ublié sur le site de cette excellente formation en cliquant > ici .

Chaque année, au retour de cette date du 2 septembre, il est de notre devoir – par la pensée et la prière – de rejoindre ces glorieux témoins de la Foi et de la fidélité héroïque à la Sainte Eglise Romaine.

Pour moi, je suis allé rechercher dans les archives de Frère Maximilien-Marie le texte par lequel il avait introduit la célébration de ce 2 septembre 2007 car, indépendamment des points de circonstance, il s’y trouve des éléments importants dont il convient de garder le souvenir et d’alimenter notre réflexion…

Lully.

Scène de massacre à la Salpêtrière - septembre 1792

Scène de massacre dans la cour de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en septembre 1792

Introduction à la Sainte Messe du dimanche 2 septembre 2007
en la chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière.

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« Le lundi saint dernier, à l’issue d’une conférence que je venais de donner, un ami (qui n’est pas né en France et dont l’humilité souffrirait que je dévoile ici son nom) me faisait part de son étonnement en constatant que la commémoration des martyrs de septembre et des victimes de la révolution, en dehors des offices célébrés autour du 21 janvier, du 8 juin ou du 16 octobre passait inaperçue, même dans beaucoup de milieux dits « tradis » ; et il me demandait ce qui empêcherait d’organiser une célébration de plus grande envergure que les messes « ordinaires » célébrées sans grande solennité ni – qu’on me pardonne ce mot – publicité.
Après avoir réfléchi et prié, j’ai pris la décision de relever le défi et de tenter d’organiser « quelque chose ».
Or justement, en cette année 2007, le 2 septembre correspond avec un dimanche, jour où – par principe – davantage de personnes sont disponibles pour participer à un rassemblement… surtout religieux.
Le 2 septembre est en effet le jour de la fête liturgique des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792, même si la célébration du dimanche ne permet pas de célébrer la messe propre de la fête. C’est en effet du 2 au 7 septembre 1792, que plusieurs milliers de victimes furent atrocement massacrées dans les prisons de Paris : au Châtelet,  à la Conciergerie, à la Force, dans les maisons religieuses transformées en lieu de détention : l’Abbaye, Saint-Firmin, les Carmes, dans les hôpitaux comme Bicètre, ou ici même, à la Pitié Salpêtrière.

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En tout premier lieu, nous devons donc adresser de chaleureux remerciements à Monseigneur Gilles Annequin, responsable de l’aumônerie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et Vicaire Épiscopal chargé de la Pastorale de la Santé, ainsi qu’à ses collaborateurs : ce sont eux qui nous accueillent ici, dans cette chapelle fondée par Louis XIV.
Au cours de cette Messe nous n’omettrons pas de prier à l’intention de ceux qui aujourd’hui sont aux prises avec la souffrance, du corps ou de l’âme, et nous demanderons à Dieu et à ses saints martyrs, de leur donner des grâce de force, de consolation, et – s’il est possible – de guérison…
Nous aurons également à cœur de prier pour que la mission pastorale de Monsieur l’Aumônier et de son équipe porte des fruits de grâce.
Mes remerciements vont bien sûr à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre vont permettre le bon déroulement de la liturgie : choristes, organiste, servants d’autel… et tout particulièrement aussi à notre célébrant, Monsieur l’abbé M******, auxiliaire de l’institut de droit pontifical du Bon Pasteur, au Centre Saint-Paul.
Des remerciements aussi à tous les journalistes, de la presse écrite ou de la radio, remerciements à tous les responsables d’associations, de mouvements ou de sites internet et remerciements à tous les « blogueurs » qui ont relayé l’information…
Et des remerciements enfin à vous tous pour votre présence…

Je voudrais ensuite ajouter deux avis pratiques :
a) Le premier, au sujet de… la quête !
Elle servira à régler les honoraires du célébrant, le cachet de l’organiste et à laisser une offrande, que je souhaiterais la plus généreuse possible, pour cette chapelle dont l’entretien et la restauration de certains éléments du mobiliers s’avère nécessaire : et j’en profite pour saluer le combat (le mot n’est pas trop fort) que mène Monseigneur Annequin pour conserver à cette chapelle son caractère de lieu de culte, consacré à Dieu, alors que certains voudraient l’utiliser à d’autres fins.
b) Le second pour vous signaler qu’à l’issue de la célébration, vous pourrez si vous le désirer emporter un feuillet récapitulatif des événements de septembre 1792, mais aussi acheter un livret…

Si d’aventure les exemplaires ici disponibles se révélaient insuffisants, vous pourriez nous laisser vos coordonnées et nous procéderions à un nouveau tirage.

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Quel sens faut-il donner au rassemblement de ce jour ?
Notre réunion en ce lieu, pour honorer le souvenir des martyrs et des victimes de la grande révolution, n’est pas une manifestation « politique » (du moins au sens courant de ce mot) et elle n’est pas non plus « partisane ».
A une époque où on nous rebat les oreilles avec le « devoir de mémoire », mais où justement la « mémoire officielle » se fait singulièrement sélective – partielle et partiale – notre identité catholique nous oblige à dire et à répéter, à la suite d’un grand nombre de pontifes et de saints, que l’idéologie des prétendues « lumières » et la révolution de 1789, sous le couvert de fallacieux slogans humanitaires, sont une impasse qui entraînent l’humanité vers une effrayante déshumanisation, ramènent l’homme à un état de brute pire que l’animal, et conduisent le monde à la ruine.

Nous le savons bien, l’essence de la révolution tient dans la révolte contre un ordre temporel qui, parce qu’il est humain, ne peut certes jamais être parfait, mais dont les références étaient prioritairement le Christ et Sa Loi.

Derrière les atrocités de la révolution, notre regard – exercé par la contemplation des réalités surnaturelles – nous montre indubitablement l’action de l’ennemi du plan de Dieu, l’ennemi du salut des hommes, l’ennemi du bonheur de l’homme, lui qui est « menteur et homicide dès le commencement », lui qui, aux origines du monde, a crié « non serviam : je ne servirai pas ! » , lui qui, par le biais de mille séductions, porte l’homme à crier à son tour : nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous !
Voilà pourquoi les conséquences de l’idéologie des prétendues « lumières » et de la révolution de 1789 se retrouvent dans tous les systèmes totalitaires qui, depuis près de deux siècles, ont voulu re-former l’homme et la société en dehors de sa nature et en dehors de sa vocation surnaturelle.

Réunis dans le souvenir de ces milliers de nos frères, immolés dans une fureur sanguinaire difficilement concevable, notre présence ici, aujourd’hui, dans ce lieu, est une forme de protestation contre les attentats sacrilèges, répétés et toujours amplifiés, qui portent atteinte aux droits et la royauté de Dieu, et par conséquence logique aussi qui portent atteinte à la dignité de l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, et appelé au partage de la béatitude divine.

Nous ne sommes pas venus pour assister à un « meeting » politique, mais pour participer de toute la ferveur de notre âme à la Sainte Messe catholique,  c’est à dire au renouvellement mystique de l’acte sublime du Calvaire, par lequel le Christ notre Roi opère le salut de l’humanité et nous obtient toutes les grâces nécessaires pour parvenir à notre fin surnaturelle et éternelle.
Nous assisterons à la Sainte Messe dans le souvenir de ces martyrs glorieux, que l’Eglise a élevés aux honneurs des autels, et dont le sang, généreusement versé à la suite du Christ immolé, a permis un vrai renouvellement de l’Eglise de France : le sang des martyrs est toujours semence de chrétienté !
Mais nous nous souviendrons aussi de ces victimes, connues ou inconnues, qui furent sauvagement assassinées à seule fin d’instaurer une politique de terreur : prisonniers politiques, gardes suisses, prisonniers de droit commun, malades, aliénés, orphelins, handicapés… sacrifiés par l’idéologie révolutionnaire en invoquant une liberté, une l’égalité et une fraternité dont on peut – selon la recommandation du Saint Evangile – juger de la vérité par les fruits.

Lorsqu’ils refusent l’ordre voulu par Dieu, les plus nobles idéaux se pervertissent ; quand il refuse le Sang versé par son Rédempteur, l’homme s’enfonce dans les plus sanguinaires folies ; quand elles refusent la royauté du Sacré-Cœur de Jésus, les sociétés accumulent les ruines !

Nous ne sommes pas ici parce que nous serions des « passéistes », congelés dans un sempiternel regret d’époques révolues ; nous ne sommes pas des « rétrogrades », dont la seule ambition tendrait à une forme de revanche aigrie sur l’histoire… Nous sommes des catholiques qui, avec les critères de l’Evangile diagnostiquons le mal qui ronge et détruit le monde dans lequel la Providence nous a placés, et qui voulons – avec l’humilité des serviteurs de la Vérité – qu’il revienne à la santé et à la vie.
Qui oserait traiter le médecin qui travaille à rendre la santé à son patient de « rétrograde » ?
Quel homme de bon sens pourrait prétendre que lorsqu’un malade recouvre la santé il retourne en arrière et fait du passéisme ?
Notre monde est malade, notre société est malade, la France est malade… et nous en souhaitons la guérison, le retour à la vie. Voilà pourquoi nous nous tournons vers Celui qui affirme « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », et qui dit encore « Je suis venu pour les malades et les pécheurs ».
Nous nous tournons vers Lui en Le suppliant pour qu’Il guérisse les plaies, cicatrise les blessures, et ressuscite ce qui a été touché par la mort spirituelle : Que le Christ soit victorieux de toutes les forces de mort et de corruption, que le Cœur du Christ touche et guérisse le cœur de notre pauvre humanité, que l’Amour du Cœur du Christ règne dès à présent et pour toujours, voilà notre souhait, notre prière, et l’objet de notre combat.

« Christus vincit !  Christus regnat !  Christus imperat ! »

palmes

On trouvera le décret du Saint-Siège relatif au martyre des victimes de septembre 1792 > ici 

2008-46. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI met en évidence deux saints : Thérèse-Bénédicte de la Croix et Maximilien-Marie Kolbe :

En ce mercredi 13 août 2008, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI – rentré à Castel Gandolfo après quelques jours de repos dans la province du Sud Tyrol – , s’est montré au balcon de la Cour intérieure du Palais Apostolique pour rencontrer les fidèles rassemblés pour l’Audience générale du mercredi. Dans le discours en langue italienne, le Pape s’est arrêté sur les figures de deux Saints fêtés ces jours-ci : Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (dans le monde Edith Stein) et Saint Maximilien-Marie Kolbe. Après le Pater Noster et la Bénédiction Apostolique, le Saint Père a adressé des salutations en diverses langues aux groupes de fidèles présents.

Catéchèse du Saint-Père en langue italienne

 » Chers frères et sœurs !

Rentré de Bressanone, où j’ai pu passer une période de repos, je suis content de vous rencontrer et de vous saluer, chers habitants de Castel Gandolfo, et vous, chers pèlerins, qui êtes venus aujourd’hui me rendre visite. Je voudrais encore une fois remercier ceux qui m’ont accueilli et ont veillé sur mon séjour en montagne. Ces journées ont été des journées de détente sereine, où je n’ai pas cessé de rappeler au Seigneur tous ceux qui se confient à mes prières. Et ceux qui m’écrivent en me demandant de prier pour eux, sont vraiment très nombreux. Ils me manifestent leurs joies, mais aussi leurs préoccupations, leurs projets de vie, mais aussi les problèmes familiaux et de travail, les attentes et les espoirs qu’ils portent dans leur cœur, à côté des inquiétudes liées aux incertitudes que l’humanité vit en ce moment. Je peux assurer à tous et à chacun mon souvenir, tout particulièrement dans la célébration quotidienne de la Sainte Messe et dans la récitation du Saint Rosaire. Je sais bien que le premier service que je peux rendre à l’Église et à l’humanité est vraiment celui de la prière, parce qu’en priant je mets avec confiance dans les mains du Seigneur, le ministère que Lui-même m’a confié, avec le destin de la communauté ecclésiale et civile tout entière.

Celui qui prie ne perd jamais l’espérance, même lorsqu’il lui arrive de se trouver dans des situations difficiles et même humainement désespérées. C’est ce que nous enseignent les Saintes Écritures et ce dont l’histoire de l’Église témoigne. Combien d’exemples, en effet, nous pourrions évoquer de situations dans lesquelles la prière a vraiment été un soutien sur le chemin des saints et du peuple chrétien! Parmi les témoignages de notre époque, je voudrais citer celui de deux saints dont nous célébrons la mémoire ces jours-ci : Thérèse-Bénédicte de la Croix, Edith Stein, dont nous avons célébré la fête le 9 août, et Maximilien-Marie Kolbe que nous célèbrerons demain, 14 août, veille de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie. Tous les deux ont terminé par le martyre leur expérience terrestre dans le camp d’Auschwitz. Apparemment, leurs existences pourraient être retenues comme une défaite, mais c’est précisément dans leur martyre que se reflète l’éclat de l’amour qui vainc les ténèbres de l’égoïsme et de la haine. On a attribué à Saint Maximilien Kolbe les paroles suivantes qu’il aurait prononcées dans la pleine fureur de la persécution nazie : « La haine n’est pas une force créatrice : c’est seulement l’amour ». Et la preuve héroïque de l’amour fut le don généreux qu’il fit de sa personne en échange de son compagnon de captivité, don qui a culminé quand il est mort de faim dans le bunker, le 14 août 1941.

Edith Stein, le 6 août de l’année suivante, à trois jours de sa fin dramatique, en approchant quelques sœurs du monastère d’Echt, en Hollande, leur a dit : « Je suis prête à tout. Jésus est même ici parmi nous. Jusqu’à présent, j’ai pu très bien prier et j’ai dit avec tout mon cœur : ‘Ave, Crux, spes unica’ ». Des témoins qui réussirent à fuir l’horrible massacre, racontèrent que Thérèse-Bénédicte de la Croix, alors qu’elle était vêtue du vêtement carmélitain et avançait consciente vers la mort, se distinguait par son comportement empli de paix et par son attitude sereine, par son comportement calme, et attentive aux nécessités de tous. La prière fut le secret de cette Sainte co-patronne de l’Europe, qui «après être parvenue à la vérité dans la paix de la vie contemplative, elle dût vivre jusqu’au bout le mystère de la Croix (Lettre Apostolique « Spes aedificandi » : Enseignements de Jean Paul II, XX, 2, 1999 pag.511).

« Ave Maria! » : ce fut la dernière invocation sur les lèvres saint Maximilien-Marie Kolbe alors qu’il tendait le bras à celui qui le tuait par une injection d’acide phénique. Il est émouvant de constater que le recours humble et confiant à la Vierge Marie est toujours source de courage et de sérénité. Alors que nous nous préparons à célébrer la solennité de l’Assomption, qui est une des célébrations mariales les plus chères à la tradition chrétienne, renouvelons notre confiance à Celle qui, du Ciel, veille avec un amour maternel sur nous à tout moment. C’est en effet ce que nous disons dans la prière familière de l’Ave Maria Lui demandant de prier pour nous «maintenant et à l’heure de notre mort».

Saint Maximilien-Marie Kolbe

2008-35. Le 9 juillet nous fêtons les Bienheureuses Martyres d’Orange.

Pendant la grande révolution, furent arrêtées et rassemblées à la prison d’Orange, cinquante-deux religieuses, appartenant à divers ordres religieux implantées dans les environs. Elles étaient accusées « d’avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition » !!!
Leur crime consistait en réalité à avoir refusé d’abandonner la vie religieuse, d’avoir persévéré autant qu’elles avaient pu dans la vie communautaire, et de ne pas avoir prêté les serments révolutionnaires.

Condamnées à mort par une « commission populaire » siégeant dans la chapelle Saint-Louis, trente-deux d’entre elles furent exécutées : 16 Ursulines, 13 Sacramentines, 2 Cisterciennes et 1 Bénédictine.
Les vingt autres furent sauvées par la chute de Robespierre (le 28 juillet 1794) et libérées en 1795.

Ces moniales passaient la plus grande partie de leur temps d’incarcération à prier.
On connaît par les archives la manière dont elles avaient organisé leurs journées dans la prison :

- 5 heures : lever et méditation, récitation des prières de la messe .
- 7h : déjeuner
- 8h : litanies des saints et autres prières
- 9h : c’était généralement le moment où certaines d’entre elles étaient appelées à comparaître devant le tribunal et, comme elles n’avaient aucune illusion sur ce simulacre de justice, elles se disaient alors un à-Dieu joyeux. Celles qui restaient priaient pour celles qui partaient et méditaient le chemin de la croix.
- 18h : le roulement de tambour annonçait que les condamnées montaient à l’échafaud ; les prisonnières récitaient les prières de la recommandation de l’âme et des agonisants. Quand le tambour cessait, elles chantaient le « Te Deum ».

Aucune n’avait peur ; aucune ne signa le serment qui lui eût épargné la mort mais qui eût été synonyme de parjure. Elles avaient même composé un hymne dont le refrain ne manquait pas d’humour : « Bien loin que la guillotine me cause quelque frayeur, mon Dieu me fait voir en elle un moyen très précieux qui, par une voie nouvelle, me conduit droit aux Cieux ».

Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud

Les Bienheureuses Martyres au pied de l’échafaud

Voici les noms de ces vaillantes martyres dans l’ordre de leur exécution :

-  le 6 juillet, Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (dans le siècle Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741),

- le 7 juillet, Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène ( dans le siècle Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761),

- le 9 juillet, Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755),

- le 10 juillet, Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750).

- le 11 juillet, Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint-Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740).

- le 12 juillet, Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit ( Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753).

- le 13 juillet, Sœur Madeleine de la Mère de Dieu, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756),

- le 15 juillet, Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749),

- le 16 juillet, Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (Marie-Anne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754),

- le 20 juillet, Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733),

- le 26 juillet, Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth-Thérèse de Consolin, née à Courthézon en 1766).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ».

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832.
Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie Xl le 10 mai 1925.
Leur fête se célèbre le 9 juillet.

Voir aussi le texte publié > ici.

La chapelle de Gabet

Vue ancienne de la chapelle de Gabet,
élevée sur les lieux où les corps des Bienheureuses Martyres furent ensevelis.

2008-34 b. Premier anniversaire du motu proprio “Summorum Pontificum cura” (2ème partie).

« Paix liturgique«  (cf.www) nous a très aimablement autorisés (et nous en remercions chaleureusement les responsables) à reproduire ici la très pertinente analyse de Madame Henriette Ouliès parue dans « la lettre de Paix liturgique » N°117, en date du 4 juillet 2008. Ce texte présente une réflexion réaliste sur la situation à laquelle se trouvent confrontés la plus grande partie des fidèles demandant la mise en oeuvre des dispositions du motu proprio « Summorum Pontificum cura » dont nous célébrons le premier anniversaire.

Pourquoi nous est-il toujours aussi difficile de dialoguer avec nos pasteurs ?

1 – Négociation(s), dialogue(s) et rencontre(s) : d’abord quelques rappels

 

Une rencontre, fortuite ou arrangée, permet à deux parties de se faire face. La rencontre, hostile ou conviviale, stérile ou porteuse d’espérance, permet la reconnaissance de « l’autre ».

 

Le dialogue ne nécessite pas la volonté de parvenir à un accord, mais, en revanche, ne se justifie que si l’on cherche à mieux faire comprendre sa position et à mieux appréhender la position de son interlocuteur.En cas contraire, on parlera de « dialogue de sourds ».

 

L’art de la négociation réside dans la capacité du négociateur à définir l’attente de l’autre partie et les conditions que cette dernière est susceptible d’accepter afin d’obtenir satisfaction. Ceci présuppose que l’on souhaite parvenir à un accord y compris en concédant certains avantages à la partie adverse.

 

2 – Une situation étonnante pour les hommes ordinaires que nous sommes

 

Force est de constater que des milliers de fidèles attachés au rite extraordinaire de l’Eglise,depuis plus de 20 ans , ont en vain, chacun avec son charisme, essayé de rencontrer les autorités ecclésiastiques, d’amorcer un dialogue, de négocier l’application du Motu Proprio.

 

Comment expliquer cette situation sans jeter l’anathème sur ceux qui se dérobent à leur mission de Père, de Pasteur ?

 

Pour certains de nos interlocuteurs, la stratégie consiste à nous nier : « Je n’ai aucune demande… ou peut-être une ou deux ». Pour d’autres, à nous discréditer : « On ne peut pas dialoguer avec vous ».

 

Un grand nombre de prêtres interrogés se déclarent non concernés : « … essayez de voir à l’Evêché » ou peureux : « Je ne peux pas proposer ça à mon conseil paroissial ».

 

Certains interlocuteurs plus diplomates proposent, faute de possibilité dans leur paroisse, d’aller voir « ailleurs » ou de revenir en septembre prochain, « le temps d’y voir clair ».

 

D’autres enfin profitent du premier haussement de voix habituel dans la vie courante pour se déclarer attaqué, agressé, violenté, insulté… donc enfin en bonne position pour légitimement… cesser un dialogue qui n’avait pas commencé.

 

S’agit-il d’une stratégie concertée imposée par leurs auteurs à tous leurs confrères ou d’une attitude propre au clergé ?

 

Nous ne pouvons pas nier que l’épiscopat français ne partage pas notre sensibilité et que peu d’évêques souhaitent le succès d’une application généreuse des dispositions du Motu Proprio. Cependant, réduire la position de nos interlocuteurs à une sombre théorie du complot n’explique pas leur « comportemental ».

 

En fait, le refus de nous « rencontrer » relève d’une manière générale d’un état proche de la paranoïa, caractérisé par la surestimation pathologique du moi, la méfiance, la fausseté du jugement et l’inadaptation sociale et, pour certains d’entre eux, d’une perte du contact avec la réalité de nature schizophrène.

 

Ce constat est patent : Comment « nous » rencontrer, si « nous » n’existons pas ?. Comment accepter que nous existions alors qu’ils avaient décidé que nous n’existerions plus après quelques années d’interdiction de la Messe Tridentine ?

 

Vous pouvez les inviter aux pèlerinages de Chartres, à de grands rassemblements scouts… Ils ne voient qu’une assemblée de pauvres jeunes manipulés par des vieillards d’extrême droite.

 

Vous pouvez recueillir plus de 1 000 signatures sur une seule paroisse (comme à Versailles…) pour l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum… Vous serez, au mieux, « pas représentatifs ».

 

LEUR PATHOLOGIE DU MOINECESSITE NOTRE NEGATION

 

En leur imposant de NOUS voir, de NOUS rencontrer, nous déclenchons chez eux un mécanisme de méfiance maladive. Qui êtes-vous ? De quelle paroisse dépendez-vous ? Où allez-vous à la Messe ? Vous habitez où ? Vous appartenez à quel groupe? Qui vous envoie ? Qui vous manipule ?

 

Cette méfiance est d’autant plus aiguë que leur fausseté de jugement nous avait « caractérisé » faussement. Ainsi, dans l’évêché de Nanterre, les fidèles qui depuis des années demandaient l’application du Motu Proprio (d’abord de 1988 puis de 2007) avaient été traités soit « d’anciens militants de l’Action Française, de Vichystes ou de Pétainistes, de nostalgiques de l’ OAS à relents d’antisémitisme » soit, ailleurs, « de provocateurs » ou « de simples d’esprit ». Etonnant quand on sait que la plupart de ces demandeurs n’ont pas trente ans…

 

Subitement confronté à des « Tradis » polymorphes, l’interlocuteur, bloqué dans ses certitudes, ne peut que refuser le dialogue. Nous n’existions pas, voilà que nous sommes différents de ce que nous devrions être ! « Vous êtes des Trotskystes » déclarait voici plus d’un an un jeune curé de Boulogne peu désireux d’entrer en dialogue avec ceux qui n’existaient pas !

 

Comment peuvent-ils comprendre qui nous sommes quand, autorisant « à titre testuel » une Messe, ils voient une assemblée jeune, socialement représentative de l’environnement, culturellement mélangée ?

 

Ils nous voulaient sectaires, ils découvrent des familles issues de leur paroisse qui viennent leur demander l’application du Motu Proprio. Ils nous imaginaient introvertis, ils voient des assemblées conviviales qui ne refusent pas de boire un kir après la Messe. Ils nous croyaient « hors du monde », ils font face à des gens responsables et dont certains sont emblématiques de leur métier. Ils croyaient aussi, peut-être, que nos femmes, nos filles, nos sœurs portaient le voile ?

 

La confrontation à la réalité conduit nos interlocuteurs à pallier leur inadaptation sociale par une attitude réactionnaire : « Comprenez que l’Eglise n’est pas une démocratie » ; « ce n’est pas parce que vous souhaitez me rencontrer, que je suis obligé de vous recevoir » ; « je suis le Curé, je suis seul à décider » ; « depuis quand les fidèles décident ? »

 

Cette attitude réactionnaire présente l’avantage de la confrontation à la réalité. Pour agressante qu’elle soit, cette phase est nécessaire à la reprise du contact avec le réel.

 

Nous pouvons observer des décisions mettant en évidence une perte du contact avec la réalité. Tel, voici un an, l’arrêt de « l’expérience » de Sainte-Marie-de-Fontenelles à Nanterre ; des lieus de cultes, chichement accordés ces derniers mois, vont être suspendus comme à Saint Pierre de Montrouge « afin de permettre une analyse de la situation et de prendre les décisions qui en découleront ». Ces attitudes sont d’un autre temps et disqualifient les néo-cléricalistes qui en usent.

 

Que faire ? Continuer à se faire connaître, en famille, individuellement, en groupe constitué. Ne pas les abandonner à leur malaise existentiel. Oublier leur colère, leur sursaut d’autorité, leurs erreurs de jugement passées et les conduire à nous aimer dans notre diversité pour réapprendre à vivre ensemble. Ne pas oublier que pour nous, tout est plus facile. Nous avons vécu depuis des années dans un bi-ritualisme PAS EUX. Nous assistons parfois, dans nos familles ou durant les vacances, au rite ordinaire, la réciproque n’était PAS VRAIE POUR EUX. Nous sommes demandeurs d’unité dans la diversité PAS EUX. Nous les connaissons, nous connaissons nos paroisses, ils ne nous connaissent pas… Pour eux, l’accueil des différences, l’enrichissement mutuel va devoir passer de la théorie… à la réalité bien matérielle.

 

Bien sûr, ils devraient le faire, gageons que cela leur est le plus souvent impossible ! Les rares cas où le dialogue s’instaure rend notre réflexion plus cruelle encore, lorsque nous voyons un homme cultivé et intelligent ne pas parvenir à sortir du carcan des modèles construits, ne pas être capable, ou très difficilement, de saisir le réel…

 

Mais que cela ne nous freine pas : des rencontres providentielles avec des hommes brillants qui se situaient aux antipodes de nous, ont montré que rien n’est impossible ! Ceux qui ont participé aux premiers colloques du C.I.E.L. et ont eu le privilège de dialoguer avec le père Gy peuvent en témoigner : lorsque la bonté et la charité sont au rendez-vous, le dialogue est non seulement possible mais fécond… D’autres rares exemples le confirment. Ainsi, avec la prière, il n’y a pas d’autre issue pratique pour sortir de cet enfermement.

Henriette Oulès

Membre du bureau du Mouvement pour la Paix liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Publié dans:De liturgia |on 7 juillet, 2008 |1 Commentaire »

2008-34 a. Premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura » (1ère partie).

Nous nous permettons de reproduire ici un article publié il y a déjà quelques semaines par Monsieur l’Abbé François Clément, de Lausanne (Suisse), chapelain des fidèles attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle, sur le site de l’association Saint Nicolas de Flüe. Nous partageons bien des points de vue exprimés par Monsieur l’Abbé Clément et c’est pourquoi, indépendamment de ce qui est propre à la situation en Suisse, à l’occasion du premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura », ce 7 juillet 2008, nous tenons à répercuter ici ce texte.

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Une année après le Motu proprio
par l’abbé François Clément, prêtre du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

 » Unus abhinc annus… Une année après…

Dans quelques semaines, nous fêterons le premier anniversaire du Motu Proprio : ce peut être l’occasion d’un premier bilan, ou en tous cas de quelques réflexions salutaires pour la suite des événements. Je me limite, bien sûr, à ce qui se passe dans notre diocèse, sachant que beaucoup de choses ont « bougé » en France et ailleurs.

La raison fondamentale de se réjouir, au-delà de certaines difficultés d’application, me semble être que l’on ne peut plus, désormais, nous accuser d’être de « mauvais élèves ». Jusqu’ici, en effet, beaucoup pensaient que nous étions des nostalgiques qui n’avaient pas réussi à se convaincre pleinement de la richesse de la réforme liturgique et que nous étions une épine dans le pied de sa complète réalisation. On tolérait donc de plus ou moins bonne grâce cette « parenthèse miséricordieuse » en attendant que le problème se règle par extinction. Désormais, on parle autrement (le Cardinal Hoyos encore récemment) : la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain est une richesse positive de l’Eglise qu’on ne peut plus lui arracher. Il n’y a donc plus de risque de voir disparaître le rit qui nous fait vivre… Mais cela a plusieurs autres conséquences.

La première est la formulation du Motu Proprio lui-même. S’il n’y a, de par la volonté du Souverain Pontife, qu’un seul rit romain, avec deux formes, l’une ordinaire, actuelle et majoritairement utilisée dans l’Eglise latine, et l’autre dite « extraordinaire », utilisant la langue latine, plus traditionnelle et de fait préférée par des communautés et paroisses numériquement moins nombreuses mais significatives, aucune de ces deux formes ne peut faire comme si l’autre n’existait pas… Les tensions qui ont suivi, à la fin des années 60, la suppression « de facto » de ce qu’on appelait alors « l’ancien rit » ont eu pour effet d’abord des affrontements parfois violents (S. Nicolas du Chardonnet, Port-Marly ou, chez nous, Riddes, par exemple), puis, lentement, l’instauration d’un état de fait où l’on s’ignorait concrètement, avec des lieux de culte parfaitement étanches et parallèles. Aujourd’hui, le Pape dit à toutes les âmes de bonne volonté – il y en a, Dieu merci, des deux côtés ! – : «Rencontrez-vous, connaissez-vous, vivez comme des chrétiens et cultivez la charité dans la vérité !» On faisait remarquer fort à propos que le Motu Proprio concerne tous les catholiques : ceux qui en usent habituellement doivent accepter que l’Eglise a continué de vivre après le 11 octobre 1962 (à cet égard, la modification par SS. le Pape Benoît XVI de la prière pour les juifs du Vendredi Saint est un bon indice : ce missel qui était « congelé » depuis lors continue donc à vivre, comme cela a été le cas à de nombreuses reprises depuis sa première promulgation en 1570), et ceux qui sont les habitués du « rit ordinaire » ne peuvent plus agir comme si rien n’avait précédé cette pratique. Autrement dit : d’un côté comme de l’autre, il faut s’efforcer d’agir non en opposition systématique mais pour des raisons positives et en sachant que l’autre existe. Un travers courant de nos milieux a parfois été de vouloir à tout prix « faire Tradi », c’est-à-dire systématiquement le contraire des « autres »…Des pratiques aberrantes, qui portent souvent sur des détails, de part et d’autre, alimentent des séparations et des éloignements inutiles. Cela semble traduire davantage une faiblesse et une peur qu’une paisible conviction du bien.

La deuxième est de se donner du mal pour que nos messes soient encore plus belles et plus « convaincantes », plus paisibles et plus priantes. Si la liturgie n’est qu’un prétexte voilé à je ne sais quels combats personnels, si elle ne conduit pas à une vraie intimité avec le Christ et n’est pas l’expression d’une intériorité qui en est la source et le sommet, alors elle n’est qu’une coquille vide qui décevra rapidement, et apparaîtra en outre caricaturale aux non-initiés. Dom Edouard Roux, premier abbé de Fontgombault qui fut pendant des années maître des novices à Solesmes, aimait à dire, sachant qu’à l’époque tout le monde admirait à juste titre la perfection de la liturgie clunisienne dont l’abbaye chef d’Ordre était l’héritière : « L’action de grâces silencieuse dans les stalles après les messes basses du matin, ça c’est le vrai et le grand Solesmes… » Ne soyons jamais des consommateurs en liturgie : il faut que chacun pense qu’il peut y apporter quelque chose, pour le chant (il y aurait là aussi beaucoup à dire, entre perfection raisonnable à chercher et acceptation humble de la réalité, les « privilèges de tribune » et les autismes qui font fuir ceux qu’on taxe un peu vite de béotiens, ou une manière hautaine de dissuader les simples fidèles de répondre à la messe !…), le service d’autel pour lequel il faut apprendre avec patience, les fleurs et le linge d’église qui doivent rester des services à partager et non devenir des royaumes exclusifs, le souci de soutenir de son obole la marche matérielle de chaque communauté, et bien sûr la ferveur commune et silencieuse, etc… Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement tous ceux qui assurent déjà tout cela, et je lance un appel pour que l’on ne pense pas trop vite que je ne parle qu’au voisin… Là on voit clairement que la liturgie est une œuvre de charité et que cela suppose des renoncements à soi qui peuvent être coûteux mais infiniment profitables à l’Eglise, car on n’est jamais l’Eglise à soi tout seul !

La troisième est d’user de patience. Il a fallu plus de 30 ans pour arriver à la situation actuelle. Des améliorations notables se sont déjà fait jour, qu’il devient même un peu long d’énumérer. Après le temps des galetas, des garages et des catacombes, on commence vraiment à émerger en surface, et souvent avec la bienveillance des autorités sur le terrain. On ne peut donc exiger la lune à court terme. « Comment se fait-il que les Evêques ne nous ouvrent pas toutes les églises, que l’on a pas la messe tous les jours, on a assez souffert, etc… ! ». Cela provoque d’autres réactions, du style : « On ne va tout de même pas donner raison à ces gens-là qui nous volent notre concile, qui ont toujours désobéi, etc… ! ». La première chose à faire est de multiplier les contacts chaque fois qu’ils sont possibles. Non pas pour exiger, mais pour se connaître, pas pour régler aigrement ses comptes mais pour témoigner paisiblement de ce qui nous fait vivre. Un indice me semble prometteur à cet égard au sein du jeune clergé, par exemple : contrairement à leurs prédécesseurs, les jeunes prêtres ont grandi dans une situation de pluralisme. Ils sont donc moins tentés de désirer une situation tyranniquement uniforme. Dans la palette si diverse des expressions de la foi dans l’Eglise, nous avons désormais une place au moins théoriquement indiscutée : à nous d’être assez bons pour que la comparaison que les fidèles ne manqueront pas de faire joue en notre faveur…

Ce qui est juste et vrai ne peut pas mourir. Ce qui a été inspiré par l’Esprit de Dieu, poli par les siècles et gardé vivant est encore là, sous nos yeux éblouis. La guerre cesse parfois aussi faute de combattants et on ne va pas se plaindre d’une certaine paix retrouvée, même s’il arrive que certains opposants aux décisions pontificales soient précisément encore en retard d’une guerre… L’Eglise dans son ensemble a les promesses de la vie éternelle. Permettez-moi de citer Julien Green dans sa conclusion de cette espèce d’autobiographie qu’il écrivit au soir de sa longue existence : « Dans l’inoubliable journée du 29 mai 1453, quand les Turcs se ruèrent à l’intérieur de Sainte Sophie pour massacrer les chrétiens, une Messe se disait. Une tradition veut qu’alors le mur s’ouvrit derrière l’autel pour laisser passer le prêtre te ses acolytes, puis se referma sur eux. Un jour, dit-on, la messe interrompue s’achèvera là où elle a commencé. L’image est belle et plus que jamais chargée de sens, car il y aura toujours une Sainte Sophie à envahir et des croyants à exterminer, mais le Christ a dit de ne pas craindre parce qu’Il a vaincu le monde. C’est la promesse de l’amour. « ( J. Green, Ce qu’il faut d’amour à l’homme, 1978, librairie Arthème Fayard, Paris 1996, p.195)  »

Abbé F. Clément, Chapelain diocésain

Publié dans:De liturgia |on 6 juillet, 2008 |Pas de commentaires »
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