Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2012-84. Abbé Bryan Hougthon : vingt après, un exemple qu’il convenait de mettre en valeur.

Lundi 26 novembre 2012
Fête de Sainte Geneviève des Ardents,
céleste protectrice de la Gendarmerie Française (cf. > ici)

2012-84. Abbé Bryan Hougthon : vingt après, un exemple qu'il convenait de mettre en valeur. dans Chronique de Lully nd-de-la-rose-montelimar-25-nov-2012

Montélimar, chapelle Notre-Dame de la Rose – 25 novembre 2012.

Si le ciel est resté obstinément gris à Montélimar, ce dimanche 25 novembre 2012, vingt-sixième et dernier dimanche après la Pentecôte, je crois que cela a été pour mieux faire ressortir la splendeur de la lumière intérieure qui a éclairé les âmes de ceux qui ont pu participer à cette journée de commémoration et d’hommage à Monsieur l’abbé Bryan Houghton, à l’occasion du vingtième anniversaire de son rappel à Dieu (cf. > ici).

Une assemblée fervente remplissait la chapelle pour la Messe solennelle, chantée par Monsieur l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, assisté – officiant comme diacre – du Révérend Père Cyrille, osb, représentant l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, et – officiant comme sous-diacre – de Monsieur l’abbé Brice Meissonnier, supérieur de la maison Padre Pio de la FSSP à Lyon, chargée de desservir la chapelle.
Il est probable que cette vénérable chapelle n’avait pas vu de célébration de la Messe avec diacre et sous-diacre depuis très longtemps… Peut-être avant la révolution?
Monsieur l’abbé Meissonnier avait déployé tout son zèle pour donner à cette liturgie un maximum d’éclat, étant venu avec quatre servants d’autel bien formés et ayant aussi apporté de très beaux ornements anciens.

celebrants-et-servants-25-nov-2012-nd-de-la-rose 25 novembre 2012 dans Commentaires d'actualité & humeurs

Les officiants et les servants d’autel devant la porte baroque de la chapelle Notre-Dame de la Rose
dimanche 25 novembre 2012

les-officiants-25-nov-2012-nd-de-la-rose abbé Houghton dans De liturgia

Au centre, Monsieur l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP,
à droite Dom Cyrille, de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux,
à gauche Monsieur l’abbé Brice Meissonnier, supérieur de la maison Padre Pio de la FSSP à Lyon.

Monsieur l’abbé Meissonnier a transmis aux fidèles le message d’encouragement et la bénédiction du Souverain Pontife envoyés pour l’occasion par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.
Au cours de son homélie, Dom Cyrille, en développant les deux mots qui constituent le titre de l’autobiographie de l’abbé Houghton« Prêtre rejeté » – a mis en lumière l’amour indéfectible de cette grande âme pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour le Saint-Sacrifice de la Messe et pour l’Eglise.

Le déjeuner, copieux et succulent (ne convenait-il pas que les corps fussent associés à la joie des âmes?), et pour lequel il faut souligner la présence amicale du curé de la paroisse de « rite ordinaire » de Montélimar, fut suivi d’un temps d’échanges, très riche : ceux qui ont connu l’abbé Houghton, par leurs souvenirs, l’ont ainsi rendu plus proche et en quelque sorte présent pour ceux qui n’ont pas eu la grâce de le connaître (voir aussi > ici).
Précisions biographiques, témoignage de celui qui a servi la dernière Messe de l’abbé au maître-autel de la cathédrale de Viviers (photo de cet autel > ici), témoignages concernant son zèle pour les âmes, témoignages sur la souffrance et la solitude morales dans lesquelles il s’est trouvé en raison des vexations et mesquineries ecclésiastiques, témoignages sur sa délicatesse d’âme et les inquiétudes qui l’ont tenaillé parfois, témoignages sur son réalisme spirituel et son espérance surnaturelle, témoignages aussi – bien sûr – des traits de son célèbre humour…

abbe-bryan-houghton Bryan Houghton dans Memento

Un fascicule imprimé, reprenant quelques articles de l’abbé Houghton qu’il est assez difficile de retrouver à l’heure actuelle, a été remis aux participants.

Cette belle journée de prière, d’amitié, de commémoration, de ferveur filiale dans l’amour du Christ Rédempteur, dans l’amour de la Messe et dans l’amour de l’Eglise, a été clôturée par le chant des Vêpres et le Salut du Très Saint-Sacrement, présidés par Dom Cyrille.

En sus des ecclésiastiques présents, que soient chaleureusement remerciés les fidèles, et tout spécialement les responsables et membres de l’association des Amis de la Chapelle Notre-Dame de la Rose (siège social : c/ M. Pierre Sirot – 6, rue Rabelais, 26200 Montélimar) qui maintiennent sur place le souvenir vivant et agissent pour que perdure l’oeuvre de l’abbé Houghton qui rendit cette antique chapelle au culte pour lequel elle avait été construite.
Souhaitons, pour terminer, que les démarches entreprises en vue de la mise hors d’eau et la restauration nécessaire de ce bel édifice soient promptement couronnées de succès, afin que le trésor inestimable de la Sainte Messe traditionnelle soit célébré dans un écrin pleinement digne de lui! 

fin-de-la-messe-nd-de-la-rose-25-nov.-2012 Montélimar dans Vexilla Regis

2012-82. « Et il y a déjà beaucoup d’antéchrists ».

XXIVème et dernier dimanche après la Pentecôte.

       Nous voici dans les derniers jours de l’année liturgique.
Le dernier dimanche après la Pentecôte nous fait entendre une nouvelle fois les versets 15 à 35 du vingt-quatrième chapitre de l’Evangile selon Saint Matthieu rapportant les paroles tellement fortes et saisissantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les signes annonciateurs de la fin des temps.
C’est la volonté de Dieu, exprimée à travers la Tradition et la sainte liturgie de Son Eglise, que nous nous attachions à méditer en ces jours les graves avertissements de Notre-Seigneur et de Ses Saints Apôtres.

   Or parmi les signes avant-coureurs de la fin des temps, nous savons qu’il y aura la parution de l’antéchrist« l’homme du péché, le fils de la perdition » (2 Thess. II, 2) – mais la Tradition chrétienne, à la suite de Saint Jean, désigne en fait sous ce nom deux réalités : a) une personne physique, faux-messie, instrument privilégié de Satan, qui étendra sa domination politique sur le monde dans les derniers temps ; mais aussi b) les faux-docteurs, faux prophètes et séducteurs des nations qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, tentent de corrompre la vraie foi et d’égarer les fidèles par leurs doctrines fallacieuses.

   Vous allez trouver ci-dessous un texte particulièrement pertinent et « percutant », publié en 1863 par Monseigneur Pie , évêque de Poitiers et futur cardinal, commentant les paroles de l’Apôtre Saint Jean : « Et il y a déjà beaucoup d’antéchrists » (1 Johan. II, 18).
Cette Instruction Pastorale qui a quelque cent cinquante ans me paraît d’une singulière actualité : ce pourquoi je vous engage à la lire avec une extrême attention et en méditer tous les points, parce qu’ils peuvent s’accorder à la perfection au contexte actuel de l’Eglise et de la société.

Lully.

2012-82.

Mgr. Louis Edouard Pie (1815 – 1880), évêque de Poitiers,
cardinal-prêtre du titre de Sainte-Marie de la Victoire en 1879.

Instruction Pastorale
sur cette parole de Saint Jean :

« Et il y a déjà beaucoup d’antéchrists »

(carême 1863) 

Nos Très Chers Frères,

   I. Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit : « Veillez à ce que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront en mon nom et diront : Je suis le Christ, et ils séduiront un grand nombre d’âmes… Et beaucoup de faux christs et de faux prophètes surgiront, et ils feront des signes et des prodiges étonnants, à ce point que les élus eux-mêmes, si cela se pouvait, seraient induits en erreur. Je vous prédis ces choses, afin que vous vous teniez pour avertis » (Matth. XXIV, 4-5, 24-25).
Cet avertissement du Sauveur, N.T.C.F. (*), vos pasteurs ont reçu la mission de vous le répèter souvent, mais particulièrement à ces époques de confusion et de crise où il semble que les légions infernales aient reçu une plus grande puissance de tromper et de nuire. Tels étaient les temps de saint Hilaire. Aussi est-ce sa voix et sa doctrine que nous venons vous faire entendre dans cette courte instruction pastorale.
Ce saint docteur, en expliquant l’Evangile à vos pères, s’est souvent attaché à leur donner le signalement de l’antéchrist ; et non seulement de cet antéchrist individuel et personnel qui accomplira un rôle si terrible dans les derniers jours du monde, mais encore des ces antéchrists nombreux et presque innombrables qui doivent, sur tout le parcours de la ligne des siècles, préparer la venue et faciliter la mission de l’antéchrist final.
Mes enfants, disait ce grand pontife s’appropriant les paroles de saint Jean, Filioli, parce que vous avez entendu dire peut-être que l’antéchrist vient, et que la dernière heure approche, ce que personne ne sait, moi je vous dis une chose certaine, « c’est qu’il y a déjà beaucoup d’antéchrists » (I Johan. II, 18). Que l’antéchrist, qui sera un et individuel à la fin des âges, soit auparavant nombreux et multiple, c’est ce que le témoignage de l’Ecriture rend incontestable. Quiconque nie le Christ tel qu’il a été annoncé par les apôtres, celui-là est un antéchrist. La signification propre du nom d’antéchrist, c’est d’être contraire à Jésus-Christ (St Hilaire, contra Auxentium, 2).
Or, s’il est écrit que les temps de l’antéchrist seront périlleux, que la bonne foi de beaucoup sera surprise, il ne faut pas moins de précautions envers ses devanciers et ses précurseurs. « Je n’ai qu’un avis à vous donner : Prenez garde à l’antéchrist, ayez peur de l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum » (ibid. 12).
Et si vous me demandez  où se trouve aujourd’hui cet antéchrist dont vous avez tant à vous garder, il me serait vraiment plus facile de vous dire où il n’est pas.

   II. Antéchrist, celui qui nie que Jésus soit Dieu ; antéchrist, celui qui nie que Jésus soit homme ; antéchrist, celui qui nie que Jésus soit Dieu et homme tout ensemble.
Celui-là est un antéchrist, dit saint Jean, qui nie le Père, puisqu’en niant le Père, il nie le Fils : Hic est antichristus qui negat Patrem et Filium (1 Johan. II, 22). En effet, il n’y a pas d’antichristianisme plus radical que celui qui nie la divinité à sa source, à son principe. Comment le Christ serait-il Dieu, s’il n’y a pas de Dieu? Or, la négation de l’être divin, de la substance divine, de la personnalité divine, et l’introduction de je ne sais quelle théodicée sophistique qui, tout en maintenant la dénomination de Dieu, en supprime la réalité, et lui substitue des abstractions et des rêves qui flottent entre l’athéisme et le panthéisme ou qui n’ont aucun sens : voilà le symptôme capital de la situation intellectuelle du moment, voilà l’enseignement qui remplit les livres et qui inspire les leçons de toute une école nombreuse et puissante. En présence de ces doctrines, « je n’ai qu’un avis à vous donner : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo, cavete antichristum ».
Saint Jean poursuit : « Quiconque nie le Fils, n’a point le Père, et il n’a pas la vie. Celui qui croit dans le Fils de Dieu a pour soi le témoignage de Dieu. Celui qui ne croit pas au Fils, rend Dieu menteur, parce qu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a donné de son Fils (1 Johan. III, 23 – V, 10, 12). Beaucoup de séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ soit venu dans la chair : quiconque nie cela, est un séducteur et un antéchrist : Qui non confitetur Christum in carne venisse, hic est seductor et antichristus » (2 Johan. 7). Or, si vous écoutez ce qui se dit, si vous lisez ce qui s’écrit à cette heure, vous apprendrez ou bien que le personnage historique de Jésus n’a pas même existé, du moins tel qu’il est représenté par les Evangiles, ou bien qu’il a été un des types humains en qui s’est davantage manifesté cet idéal de sagesse, de raison, de perfection qu’on est convenu de nommer Dieu. On ne vous accordera point que le Fils de Marie soit le Fils de Dieu fait homme, le Verbe descendu dans la chair, celui en qui réside corporellement la plénitude de la divinité (Coloss. II, 9), et, pour tout dire, l’Homme-Dieu. Epouvanté de ces blasphèmes, qui sont le complet renversement du symbole chrétien, « je n’ai qu’une chose à vous dire : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Que dirai-je encore? Antéchrist, celui qui nie le miracle, celui qui enseigne que le miracle n’a pas sa place possible dans la trame des choses humaines : car le Christ, encore bien que ses paroles eussent un accent qui pouvait mériter créance, n’a cependant établi sa divinité que par l’argument décisif du miracle (Johan. X, 25, 37, 38) ; et il a donné à ses apôtres, comme moyen de persuasion et de conquête, la puissance du miracle (Johan. XIV, 12 – Marc. XV, 20) ; et sa venue dans la chair, l’union de la nature humaine et de la nature divine en sa personne unique, c’est le miracle par excellence (Coloss. I, 26). Supprimer le miracle, c’est supprimer tout l’ordre surnaturel et chrétien. Ici encore : « Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Antéchrist, celui qui nie la révélation divine des Ecritures : car ce sont les prophéties inspirées divinement qui nous ont annoncé le Christ ; et ce sont les Evangiles écrits sous la dictée de l’Esprit-Saint, ainsi que les actes et les lettres des apôtres, qui nous font connaître le Christ (2 Petr. I, 31). Nous avons à alléguer ici les propres paroles de saint Hilaire : « Quiconque nie le Christ tel qu’il a été annoncé par les apôtres, celui-là est un antéchrist : Quisquis enim Christum, qualis ab apostolis est praedicatus, negavit, antichristus est ». Si donc vous entendez donner le démenti aux livres saints, si leur autorité est ravalée au niveau des conceptions et des productions de l’esprit humain, « j’ai un conseil à vous donner : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Antéchrist, celui qui nie la divine institution et la divine mission de l’Eglise : car le terme des oeuvres, des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, ç’a été la fondation de son Eglise. « Jésus-Christ a aimé son Eglise, et il s’est livré lui-même pour elle afin de la sanctifier, après l’avoir lavée dans le baptême d’eau par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n’ayant ni tache, ni ride, ni quoi que ce soit de défectueux, mais étant sainte et irrépréhensible » (Eph. V, 25, 27). Or, si l’Eglise n’a pas un caractère surnaturel, si elle est seulement une institution terrestre, un des établissements religieux destinés à jouer un rôle plus ou moins long au sein de l’humanité, une société exposée aux vicissitudes et aux défaillances des choses d’ici-bas, une école plus ou moins respectable de philosphie et de philanthropie, en un mot, si l’Eglise n’est pas divine, c’est que le Christ son fondateur, n’est pas Dieu. Rejeter la divinité de l’oeuvre, c’est rejeter la divinité de l’ouvrier. « J’ai toujours la même recommandation à vous faire : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Antéchrist, celui qui nie la suprême et indéfectible autorité de Pierre. En effet, Jésus-Christ, après avoir regardé cet homme au visage, lui a dit : « Simon, fils de Jean, ton nom va être changé. Désormais tu t’appelleras Céphas, ce qui veut dire Pierre (Johan. I, 42) ; et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les puissances de l’enfer ne prévaudront point contre elle ; et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans le ciel ; et tout ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans le ciel » (Matth. XVI, 18-19). Et le même Jésus lui a dit encore : « Simon, Simon, voici que satan vous a demandés tous pour vous cribler comme un froment. Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras converti, confirme tes frères » (Luc. XXII, 31-32). Or, si ces paroles de Jésus-Christ n’ont pas fait de Pierre le fondement inébranlable de l’Eglise, le roc immuable de la vérité, l’oracle infaillible de la foi, c’est que celui qui les a prononcées n’avait pas la puissance de les rendre efficaces. Toucher à Pierre, c’est toucher à la tête vivante, au chef invisible de l’Eglise chrétienne, qui revit et qui subsiste en lui. « Je vous crie donc encore : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Antéchrist, celui qui nie ou qui déprime le sacerdoce chrétien. Car Jésus-Christ ressuscité a dit à ses apôtres : « Comme mon Père m’a envoyé, ainsi je vous envoie (Johan. XX, 21). Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ; et voici que moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles » (Matth. XXVIII, 18-20). Or, si les pouvoirs ainsi conférés par Jésus ne sont pas les pleins pouvoirs d’enseigner la vérité au nom de Dieu par la prédication, d’administrer la grâce par les sacrements, de pourvoir à l’observation des préceptes divins par le gouvernement ecclésiastique, et si, dans l’exercice de ces pouvoirs, le sacerdoce chrétien n’est pas soutenu par une assistance continue et par une présence journalière du Christ en lui ; ici encore, il faut admettre que le Christ a dit plus qu’il n’a pu faire, et que, par conséquent, il n’est pas Dieu. Et sachant que le Seigneur a dit des lévites mêmes de l’ancienne loi : « Ne touchez pas à mes christs » (1 Paralip. XVI, 22), et qu’il a dit aux ministres de la loi nouvelle : « Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé » (Matth. X, 40) ; quand je vois la langue de mon pays se dépraver jusqu’à changer en titre d’insulte et de dédain cette première initiation sacerdotale et royale qui s’appelle la cléricature, et que les vocabulaires avaient longtemps donnée comme synonyme du savoir et de l’instruction libérale, je me sens épris d’une immense pitié pour une génération dont les sommités mêmes peuvent descendre à un pareil abaissement et se montrer coupables d’un tel oubli de respect envers ce que tous les peuples ont eu de plus sacré ; et « je redis toujours la même leçon : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».
Antéchrist, celui qui nie la supériorité des temps et des pays chrétiens sur les temps et les pays infidèles ou idolâtres. Car si Jésus-Christ, qui nous a illuminés alors que nous étions assis dans les ténèbres et dans les ombres de la mort (Luc. I, 79), et qui a donné au monde le trésor de la vérité et de la grâce (Johan. I, 14), n’a pas enrichi le monde, je dis même le monde social et politique, de biens meilleurs que ceux qu’ils possédait au sein du paganisme, c’est que l’oeuvre du Christ n’est pas une oeuvre divine. Il y a plus : si l’Evangile, qui fait le salut des hommes, est impuissant à procurer le véritable progrès des peuples ; si la lumière révélée, profitable aux individus, est préjudiciable aux sociétés ; si le sceptre du Christ, doux et bienfaisant aux âmes, peut-être même aux familles, est mauvais et inacceptable pour les cités et les empires ; en d’autres termes, si Jésus-Christ, à qui les prophètes ont promis et à qui son Père a donné les nations en héritage (Psalm. II, 8), ne peut exercer sa puissance sur elles qu’à leur détriment et pour leur malheur temporel, il en faut conclure que Jésus-Christ n’est pas Dieu. Car, ni dans sa personne, ni dans l’exercice de ses droits, Jésus-Christ ne peut être divisé, dissous, fractionné ; en lui la distinction des natures et des opérations ne peut jamais être la séparation, l’opposition ; le divin ne peut être antipathique à l’humain, ni l’humain au divin. Au contraire, il est la paix, le rapprochement, la réconciliation ; il est le trait d’union « qui a fait les deux choses une : ipse est pax nostra qui fecit utraque unum » (Ephes. I, 14). C’est pourquoi saint Jean nous dit : « Tout esprit qui dissout Jésus n’est pas de Dieu, et c’est proprement lui qui est cet antéchrist dont vous avez entendu dire qu’il vient, et qu’il est déjà maintenant dans le monde : Et omnis spiritus qui solvit Jesum, ex Deo non est ; et hic est antichristus de quo audistis quoniam venit, et nunc jam in mundo est » (1 Johan. IV, 3). Lors donc que j’entends certains bruits qui montent, certains aphorismes qui prévalent de jour en jour, et qui introduisent au coeur des sociétés le dissolvant sous l’action duquel doit périr le monde, « je jette ce cri d’alarme : Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavete antichristum ».

   III. Nous pourrions, N.T.C.F. (*), étendre encore le détail des erreurs qui s’accréditent chaque jour autour de nous, et qui constituent tout ce système qu’on peut appeler l’antichristianisme. Ce que nous avons dit est plus que suffisant pour exciter votre vigilance, et pour vous rendre de plus en plus défiants envers toute doctrine qui ne procède pas de l’Eglise, et qui n’est pas conforme à ce qui vous a été enseigné par vos légitimes pasteurs. Retenez fortement gravés dans votre esprit les paroles solennelles qu’adressait saint Paul à nos pères : « J’admire, écrivait-il aux Galates, que vous vous laissiez détourner si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer avec tant de facilités à un autre évangile : ou plutôt, il n’y a pas d’autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser et changer l’Evangile de Jésus-Christ : nisi sunt aliqui qui vos conturbant, et volunt convertere Evangelium Christi. Mais quand nous vous annoncerions nous-mêmes, ou quand un ange du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème. Oui, nous vous le répétons : si quelqu’un vous enseigne un évangile autre que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème. Car je vous le déclare, mes Frères : l’Evangile que je vous ai prêché, n’a rien de l’homme ; en effet, je ne l’ai reçu ni appris d’aucun homme, mais de la révélation de Jésus-Christ » (Galat. I, 6-12).
Demeurez donc fermes dans la foi antique et invariable de la sainte Eglise, N.T.C.F. (*) ; « soyez des hommes, et ne soyez pas des enfants qui flottent et qui se laissent aller à tous les vents des opinions, séduits par les tromperies humaines et par les menées astucieuses de l’erreur qui les circonviennent » (Ephes. IV, 14). Le divin Sauveur a dit, en prédisant le temps de la ruine de Jérusalem : « Malheur à quiconque sera alors dans les douleurs de l’enfantement ou dans la période de l’allaitement! » (Matth. XXIV, 19). Ce que saint Hilaire explique ainsi : « Dans les jours orageux et difficiles de l’Eglise, malheur aux âmes travaillées par le doute, et chez qui la foi, la piété ne seront encore qu’à l’état de conception ou de première nutrition. Les unes, surprises dans l’embarras de leur incertitude, et attardés par les irrésolutions de leur esprit en travail, seront trop pesantes pour échapper aux poursuites de l’antéchrist ; les autres, n’ayant encore que dégusté les mystères de la foi, et n’étant imbues que d’une faible dose de la science divine, manqueront de la force et de l’habileté nécessaires pour soutenir de si grands assauts » (comment. in Matth. XXV, 6). C’est cet alourdissement et cette débilitation des âmes qui rendront les derniers temps si pernicieux, et qui occasionneront tant de défections.
En revanche, saint Augustin fait ressortir combien ces jours d’épreuve donnent de lustre et d’accroissement au mérite des âmes fidèles. Commentant ces mots de l’Apocalypse : « Il faut ensuite que le diable soit délié quelque temps » (Apoc. XX, 3), il montre que le démon n’est jamais lié d’une façon absolue pendant la vie de l’Eglise militante, mais que pourtant il l’est souvent en ce sens qu’il ne lui est pas permis d’user de toute sa force ni de toute sa ruse pour séduire les hommes. Car, s’il avait cette pleine puissance durant le cours de tous les siècles, l’infirmité du grand nombre est telle que beaucoup de faibles, dont il plaît à Dieu de grossir et de remplir son Eglise, seraient détournés de croire ou deviendraient apostats de leur croyance : ce que Dieu ne veut pas souffrir ; et voilà pourquoi le démon est en partie lié (De civitate Dei, Libr. XX, cap. VIII – De alligatione et solutione diaboli, n. 1 et 2). Mais, d’autre part, s’il n’était jamais déchaîné, la puissance de sa malice serait moins connue, la patience très fidèle de la cité sainte serait moins exercée, et l’on comprendrait moins l’immense fruit que le Tout-Puissant a su tirer de l’immense force du mal (ibid. 2). Le Seigneur le déliera donc pour un temps, afin de faire éclater l’énergie avec laquelle la cité de Dieu aura surmonté un si terrible adversaire, et cela à la grande gloire de son rédempteur, de son aide, de son libérateur (ibid.). Et le saint docteur va jusqu’à dire à ses contemporains : « Pour nous, mes frères, que sommes-nous, et quel mérite avons-nous en comparaison des saints et des fidèles qui seront alors, puisque, pour les éprouver, ce même ennemi sera déchaîné, que nous avons déjà, nous, tant de peine à combattre et à vaincre alors qu’il est lié » (ibid.).

   IV. Courage, donc, N.T.C.F. (*). Plus la religion est attaquée, plus l’Eglise est battue en brêche de toutes parts, plus les doctrines d’erreur et de perversion morale envahissent les discours, les livres, les théâtres et remplissent tout l’air de leurs miasmes pestilentiels, plus aussi vous pouvez acquérir devant Dieu de grandeur, de perfection, de mérite, si vous parvenez à éviter la contagion, si vous ne vous laissez ébranler dans aucune de vos convictions, et si vous demeurez pleinement fidèles au Seigneur Jésus que tant d’autres ont la faiblesse et le malheure d’abandonner. Ne vous laissez point éblouir par la force et le nombre des assaillants, ni par les avantages des adversaires de Jésus-Christ. Il est écrit que les méchants et les séducteurs réaliseront un progrès sur la terre, le prgrès dans le mal, le prgrès dans la destruction, le prgrès dans la désorganisation : proficient in pejus (2 Tim. III, 13) ; mais il est écrit aussi que ce genre de succès ne durera jamais longtemps, et que les hommes qui résistent à la vérité, gens corrompus dans leur esprit et réprouvés au regard de la foi, ne tarderont pas à être convaincus de folie comme tous leurs devanciers dans la même voie (2 Tim. III, 8-9).
Persévérez dans la foi, N.T.C.F. (*) ; persévérez aussi dans les oeuvres, surtout dans les oeuvres de la charité. C’est une doctrine constante, et qu’on ne doit pas abandonner à aucun prix, qu’il appartient à ceux qui croient à Dieu de se mettre en tête des bonnes oeuvres : l’humanité et principalement l’humanité souffrante trouvera toujours son avantage à ce qu’il en soit ainsi (Tit. III, 8). N’avons-nous pas entendu dire, en ces derniers jours encore, que l’aumône faite par un sentiment surnaturel et selon les traditions de la piété chrétienne, n’est plus de mise au sein de nos sociétés, et que son cachet « ecclésiastique » est une atteinte à la dignité de ceux qu’elle entreprend de soulager? Ainsi, dans l’ardeur qu’il met à séculariser toutes choses, le naturalisme entend que la bienfaisance demeure humaine, demeure profane, et qu’elle n’ait rien en commun avec l’ordre de la grâce et du salut. Propos exécrable, et qui, s’il pouvait parvenir à décourager la charité chrétienne et sacerdotale, n’aboutirait à rien moins qu’à tarir les plus abondantes et les plus opportunes ressources des malheureux. Ah! vous dirai-je encore ici : « Prenez garde à l’antéchrist : Unum moneo : cavet antichristum ». Ou plutôt, ayez les yeux toujours attachés sur le Christ, sur l’enfant-Dieu de l’étable de Bethléem, sur l’ouvrier-Dieu de l’atelier de Nazareth (Marc. VI, 3), sur celui qui, étant riche par nature, s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa détresse (2 Corinth. VIII, 9), sur celui qui sera un jour notre juge, et qui, en considération de ces multitudes d’ouvriers indigents et privés de travail que vous aurez soulagés par amour pour lui, vous mettra en possession du royaume que son Père vous a préparé (Matth. XXV, 34-35).

(in « Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers » – Tome IV pp. 581-594)

(*) N.T.C.F. : abréviation de « Nos Très Chers Frères ». Cette abréviation se trouve dans le texte imprimé de l’Instruction Pastorale et nous avons respecté cette graphie originelle.

luca-signorelli-lantechrist-prechant-detail Antéchrist dans Commentaires d'actualité & humeurs

Luca Signorelli : l’antéchrist prêchant, inspiré par le diable (détail)

2012-81. « Je voudrais Vous aimer mille fois plus encore ! »

16 novembre,
fête de Sainte Gertrude d’Helfta.

       J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Sainte Gertrude « la Grande » (voir > ici - et qu’il ne faut pas confondre avec Sainte Gertrude de Nivelles, céleste protectrice des chats, dont j’avais parlé > ici) dont nous célébrons la fête ce 16 novembre.

   J’en profite donc pour publier une prière extraire des œuvres de Sainte Gertrude : une prière pour demander la grâce de mieux aimer soi-même Notre-Seigneur et pour qu’Il soit mieux aimé sur toute la terre.

   Mais en guise d’introduction à cette prière et à la réponse que le divin Sauveur Lui-même adressa à Sainte Gertrude en retour, permettez-moi de vous faire connaître cette modeste bande dessinée :

2012-81.

propos-dun-chat-a-une-souris-2 amour divin dans Chronique de Lully

coeurdejsuscopie bande dessinée dans De liturgia

Prière  pour demander le Saint Amour de Dieu
extraite des oeuvres de Sainte Gertrude :

   Dieu de mon cœur, je Vous aime de tout mon cœur, et je voudrais Vous aimer mille fois plus encore.
Oh ! que ne puis-je, que ne puis-je mille fois, mieux que toute autre créature, Vous louer, Vous aimer, Vous remercier, souffrir avec Vous, et exercer toutes les vertus dans le degré le plus parfait ! Avec quelle ardeur, avec quelle joie je le ferais, pour plaire souverainement à Votre divin Cœur !

   Ô mon doux Amour, si je pouvais réunir devant Vous, mon Seigneur et mon Dieu, tous les hommes, avec lesquels Vous faites vos délices d’habiter, je voudrais de tout mon cœur, pour y réussir, parcourir, nu-pieds, tout l’univers jusqu’au dernier jugement, et après avoir trouvé un de ceux dont le cœur est pour Vous, ô mon Amour, un séjour agréable, le porter sur mes épaules et venir Vous le présenter, afin de pouvoir ainsi satisfaire, au moins en quelque chose, les désirs infini de Votre très doux, de votre divin Amour.
De plus, s’il était possible, je voudrais diviser mon cœur en autant de parties qu’il y a d’hommes sur la terre, pour pouvoir leur communiquer à tous la sainte volonté de Vous servir et réjouir ainsi souverainement votre divin Cœur.

(Ste Gertrude, L. IV, ch. 21)

Et voici la réponse que Notre-Seigneur fit à sainte Gertrude après qu’elle eut fait cette prière :

   « Si de votre côté vous trouvez dans votre cœur, que vous voudriez en agir ainsi, soyez bien assurée que de Mon côté Je ne resterai pas en arrière, et que Ma générosité l’emportera d’autant plus sur la vôtre, que Je vous suis supérieur en tendresse et en amour » (L. IV, ch. 26).

coeurdejsuscopie chat dans Lectures & relectures

2012-79. 13 novembre 1962 : la mention de Saint Joseph est rajoutée au canon de la Messe.

Contribution féline
à la célébration du cinquantième anniversaire
du second concile du Vatican (cinquième partie).

* * * * *

Mardi 13 novembre 2012.

L’un de nos amis – expert en dates, anniversaires et commémorations – nous rappelle que c’est aujourd’hui, 13 novembre 2012, le cinquantième anniversaire de l’annonce qui fut faite dans l’aula conciliaire de « la souveraine décision » (sic) du Pape Jean XXIII d’insérer le nom de Saint Joseph dans le texte du Canon Romain
Ce même 13 novembre 1962, un décret de la Sacrée Congrégation des Rites, signé par le cardinal Arcadio-Maria Larraona, préfet, et par Monseigneur Enrico Dante, secrétaire, rendait cette insertion officielle et obligatoire à partir du 8 décembre suivant.
Ce fut le premier changement qu’on fit sur l’édition typique du Missel Romain de 1962, lequel avait été promulgué le 23 juin de cette année-là.

C’était surtout la première fois, depuis des siècles, que l’on se permettait de modifier le texte même du vénérable Canon Romain.
Aucun de tous les Pontifes qui s’étaient succédés pendant le millénaire médiéval, qui avaient mis en oeuvre le Concile de Trente, qui avaient enrichi, codifié et précisé les règles de la liturgie à l’époque baroque, aux temps classiques et dans le cours des XIXe et XXe siècles ne s’était autorisé l’ajout du moindre iota dans la formulation sacrée de ce qui constitue le coeur même du rite du Saint-Sacrifice.
Même si l’intention pouvait paraître pieuse et louable, elle créait un précédent, dans lequel s’engouffreront les modernistes : il n’y avait désormais plus rien qui ne fût intouchable ou irréformable dans le missel… et l’on ne se priverait pas d’en user et d’en abuser.

Lully.

2012-79. 13 novembre 1962 : la mention de Saint Joseph est rajoutée au canon de la Messe. dans De liturgia canon-missae-1962

Voici maintenant un extrait du livre «Le Rhin se jette dans le Tibre» du R.P. Ralph Wiltgen, verbite -correspondant au second concile du Vatican – , relatant la genèse de cette décision de Jean XXIII :

« Le dernier orateur à prendre la parole le 30 octobre fut Mgr Sansierra, auxiliaire de l’évêque de San Juan de Cuyo en Argentine. Il exprima l’espoir que ne serait pas oublié «le désir qu’avaient un très grand nombre d’évêques et de prêtres» de voir le nom de saint Joseph inclus au Canon de la Messe. Le 5 novembre, la même demande fut faite avec plus de 15 détails par Mgr Cousineau, évêque de Cap Haïtien à Haïti, ancien supérieur de l’Oratoire de Saint-Joseph à Montréal, qui demanda que «le nom de saint Joseph, époux de la Très Sainte Vierge Marie, fût introduit dans la Messe chaque fois qu’y était mentionné le nom de la Très Sainte Vierge».

A la fin de la dix-huitième Congrégation générale, tenue le 13 novembre, le cardinal Secrétaire d’Etat fit une déclaration à ce propos. Le Saint-Père, dit-il, désireux de se conformer au vœu «exprimé par de nombreux Pères conciliaires», avait décidé d’insérer le nom de saint Joseph dans le Canon de la Messe, aussitôt après celui de la Très Sainte Vierge Marie. Cette mesure devait servir à jamais à rappeler que saint Joseph avait été le saint patron du deuxième Concile du Vatican. «Cette décision du Saint-Père, ajouta le cardinal, entrera en vigueur le 8 décembre prochain, et entre-temps la Sacrée Congrégation des rites préparera les documents nécessaires».

Le cardinal Montini devait dire plus tard que cette initiative inattendue avait été «une surprise faite au Concile par le Pape».

Certains milieux critiquèrent sévèrement Jean XXIII d’avoir pris ce qu’ils appelaient une mesure indépendante pendant que le Concile œcuménique était à l’œuvre. En fait, ce décret n’était que l’aboutissement de campagnes, sporadiques mais intenses, menées depuis 1815 : des centaines de milliers de signatures d’évêques, de prêtres et de laïcs étaient parvenues au Vatican. Les campagnes avaient été particulièrement intenses lors de l’annonce de la convocation du premier Concile du Vatican par Pie IX, et de celle du deuxième Concile du Vatican par Jean XXIII. Sitôt après cette dernière, Mgr Joseph Phelan, de l’église de Saint-Joseph de Capitola en Californie, avait diffusé, avec l’aide de ses paroissiens, une pétition qui recueillit quelque 150.000 signatures.

La principale responsabilité de la mesure prise par Jean XXIII incombait cependant aux PP. Roland Gauthier et Guy Bertrand, directeurs du Centre de recherches et de documentation de l’Oratoire de Saint-Joseph de Montréal, qui en 1961 avaient rédigé une brochure de 75 pages où était retracée l’histoire de ces campagnes. Ils exposaient que l’insertion du nom de saint Joseph après celui de la Très Sainte Vierge Marie dans le Canon de la Messe aurait pour effet, doctrinalement et liturgiquement, de reconnaître officiellement l’éminence de la sainteté de saint Joseph sur celle des autres saints, Marie exceptée. En collaboration avec les Carmes déchaux de la Société ibéro-américaine de joséphologie de Valladolid et avec les Pères de saint Joseph du bienheureux Léonard Murialdo du Centre de recherches Saint-Joseph de Viterbe, ces deux Pères de la Sainte-Croix avaient pu faire publier des traductions anglaise, française, espagnole, portugaise et italienne de leur brochure, et en avaient adressé aux Pères conciliaires, bien avant l’ouverture du Concile, une copie à laquelle était jointe une pétition.

A la mi-mars 1962, six volumes renfermant des pétitions signées de 30 cardinaux, 436 patriarches, archevêques et évêques et 60 supérieurs généraux avaient été remis à Jean XXIII qui, après avoir examiné les signatures, avait dit : «Quelque chose sera fait pour saint Joseph». Ces signatures ne faisaient que confirmer son désir personnel de faire effectivement quelque chose de particulier en l’honneur de saint Joseph, envers qui il avait eu depuis son enfance une dévotion particulière.

Le 19 octobre, trois jours avant que la discussion du schéma sur la liturgie ne fût ouverte dans l’aula, le P. Edward Heston, des Pères de la Sainte-Croix, qui avait remis les pétitions au nom des trois centres mentionnés plus haut, avait été officiellement informé que le Souverain Pontife avait décidé de donner suite à la proposition, et qu’il allait décréter l’insertion du nom de saint Joseph dans le Canon de la Messe. »

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Autres articles relatifs au cinquantenaire du concile Vatican II :
- Notre-Dame pleurait
sur les irrévérences des prêtres et leur impiété à célébrer les Saints Mystères > www

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Publié dans:De liturgia |on 13 novembre, 2012 |2 Commentaires »

2012-75. « Je me suis rendu aujourd’hui aux funérailles d’une vieille amie… »

Lundi 5 novembre 2012.

Mon très cher Lully,

Tu m’as demandé de mettre par écrit ce que je t’ai raconté tout à l’heure en rentrant. Je m’en acquitte bien volontiers.
J’ai bien conscience toutefois – puisque ton blogue est public et qu’il n’y a pas que les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion qui peuvent en lire les textes – que cela risque de me susciter de nouvelles critiques et inimitiés. Je n’en ai cure, puisque ce que je vais écrire n’est que vérité et qu’il ne peut donc y avoir que des ennemis de la vérité pour y trouver à redire.

* * * * * * *

Je me suis rendu aujourd’hui aux funérailles d’une vieille amie, décédée dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Elle priait à mon intention avant même que je ne la connaisse – au temps de mes lointaines années de lycée! – parce qu’elle avait entendu parler de moi par des amis communs.
Ce n’est qu’après être entré dans la vie religieuse que je l’ai rencontrée pour la première fois et, depuis lors, nous sommes toujours restés en contact.

Native de la petite ville où j’ai moi-même passé mon enfance et mon adolescence, l’église dans laquelle ses funérailles étaient aujourd’hui célébrées – église dans laquelle elle avait été baptisée et confirmée, église dans laquelle elle avait fait sa première communion et s’était mariée – est aussi l’église où j’ai moi-même reçu les sacrements de baptême, de confirmation et d’Eucharistie, église où ont mûri beaucoup de choses dans mon âme, église dans laquelle je n’entre jamais sans une profonde émotion spirituelle…

2012-75.

Cependant le bonheur intérieur que j’ai toujours à retourner dans « mon » église était aujourd’hui – et il en est ainsi toutes les fois où les convenances m’obligent à assister à une cérémonie religieuse en dehors des églises où est célébré le rite latin traditionnel – mêlé à de la crainte et à de l’appréhension.
Je pense que beaucoup de fidèles catholiques pratiquant la « forme extraordinaire du rite romain » doivent éprouver les mêmes inquiétudes que moi chaque fois qu’ils doivent assister à un culte « post-conciliaire ».

Qui va célébrer? Ce prêtre sera-t-il vraiment catholique? Comment va-t-il célébrer? Que vais-je devoir subir comme entorses aux règles liturgiques? Quelles chansonnettes insipides mes oreilles vont-elles devoir supporter? Quelles âneries, quelles erreurs ou même quelles hérésies vais-je encore devoir entendre au sermon?… etc.
Toutes ces questions, je ne peux pas faire autrement que de me les poser car si (heureusement!) il existe des diocèses où la messe montinienne est célébrée de manière convenable, avec toute la Foi de l’Eglise, dans une très grande majorité de paroisses, tu sais, mon cher Lully, que c’est – hélas! – quelque chose de tout à fait exceptionnel sur le territoire de ce diocèse-ci.

Et – tu le sais aussi d’expérience – il est vain de tenter de respectueuses protestations auprès de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements puisque la réponse sera ce qu’elle a déjà été : « Ce Dicastère vous invite à porter vos observations à l’attention de votre Evêque, qui est compétent pour connaître les affaires relatives à la célébration de la liturgie dans son diocèse » (sic), et que par ailleurs l’exemple des entorses aux règles de la liturgie est donné par ceux-là mêmes dont la charge serait de les faire appliquer!…

Bref! Comme chaque fois que je ne peux faire autrement que d’assister à une cérémonie en dehors de la « forme extraordinaire du rite romain », je me suis donc préparé à y assister comme on va assister à un rite étranger, et en m’efforçant malgré tout de prier intérieurement pour le repos de l’âme de ma vieille amie, indépendamment de ce qui se passerait dans le sanctuaire ou autour de moi.
Je dis bien : « Comme à chaque fois que je ne peux faire autrement… » Ces circonstances qui ne permettent pas de faire « autrement » ce sont essentiellement, comme aujourd’hui, des funérailles auxquelles les convenances ainsi que l’amitié que vous portiez au défunt ne vous autorisent pas de vous dérober.

Les dimanches et fêtes, la question ne se pose pas : je vais dans une église dont je suis certain que le prêtre est catholique, la liturgie catholique, l’enseignement catholique… quand bien même il me faut pour cela parcourir habituellement 120 kilomètres, et parfois 220.
Les quelques dimanches où les conditions de circulation ne me permettent pas de me rendre dans ma paroisse – pleinement catholique – , je sanctifie le dimanche de mon mieux au Mesnil-Marie, paisiblement, sans chercher à me rendre à tout prix – à 15 km de là – dans une église de ma paroisse territoriale où il y a une « messe » : en effet je doute fermement qu’elle remplisse les conditions de validité de la célébration du Saint-Sacrifice.

Ce ne sont pas là des paroles en l’air.
Pour qu’une Messe soit valide, il faut qu’elle soit célébrée par un prêtre validement ordonné, qui prononce, sur le pain et sur le vin, les paroles de la consécration reçues par l’Eglise, avec l’intention de faire ce que veut faire l’Eglise.
L’intention du prêtre n’est pas son intention « subjective », mais l’intention qu’il manifeste à travers le rite qu’il utilise.
Je me répète et j’insiste :
il est nécessaire que le prêtre aie l’intention de faire ce que l’Eglise fait. Or ce que l’Eglise fait est codifié par le rite et par les règles liturgiques précises qui ont été édictées par le Saint-Siège.

Un prêtre qui, malgré ce qui est écrit dans le missel et malgré les multiples rappels à l’ordre de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, n’utilise pas les ornements prescrits, invente les oraisons ou va les prendre dans des « fiches » non approuvées par l’autorité compétente, modifie les textes, fait des ajouts ou bien retranche des parties entières des formules liturgiques, montre à l’évidence qu’il se fiche complètement de ce que veut faire l’Eglise.
Si, en outre, dans une discussion, ce même prêtre a nié devant vous la doctrine catholique du Saint-Sacrifice telle qu’elle a été définie par le Concile de Trente comme aussi d’autres points non négligeables de la foi catholique, et que vous savez qu’il lui arrive de « concélébrer » avec un pasteur, il vous est très légitimement permis de douter de la validité de la « messe » (ou prétendue telle) qu’il célèbre.

J’ai été long, mais il fallait redire ces choses pour bien faire comprendre que ces craintes et appréhensions que j’éprouvais en me rendant aux funérailles de ma vieille amie ne sont pas d’ordre subjectif mais sont au contraire pleinement fondées.

* * * * * * *

C’est bien ce que je redoutais auquel j’ai assisté aujourd’hui.

J’ai beau « pratiquer » avec la messe latine traditionnelle, je connais néanmoins les règles liturgiques du nouvel ordo.
Il était donc difficile que je ne remarquasse pas les irrégularités de cette « messe » : le « salut à l’assemblée » a consisté en un interminable laiüs dont je ne suis pas parvenu à comprendre le sens ; le texte de la « préparation pénitentielle » n’appartenait pas aux formules proposées par le missel ; tous les « le Seigneur soit avec vous » prescrits ont été omis par le célébrant ; il n’y a pas eu d’acclamation liturgique de l’Evangile (qui est devenue « bonne nouvelle ») ; dans la lecture de la péricope évangélique nous avons eu droit à « venez à moi, vous tous et vous toutes, qui ployez sous le poids du fardeau… » parce que, de toute évidence, il convenait de faire ressortir que Notre-Seigneur Jésus-Christ n’était pas machiste ; le sermon était un charabia incompréhensible ; à l’offertoire « le travail des hommes » a été remplacé par « le travail de tous » (tiens! nous n’avons pas eu droit à « et de toutes ») et à donné lieu à une glose de tonalité syndicale ; le lavabo a disparu ; le « sanctus » était trafiqué ; la prière eucharistique (numéro deux bien évidemment : il faut faire vite!) a subi un soudain développement sur l’assemblée plénière des évêques de France ; l’embolisme du Pater est passé à la trappe ; l’ « Agnus Dei » était un « chant de paix » ; l’oraison après la communion était de toute évidence une improvisation dont la conclusion s’adressait au Fils par le Père (oui, oui! j’ai bien entendu) et dont le Saint-Esprit s’était envolé ; l’absoute a consisté en un dernier prêchi-prêcha qui n’était pas une prière ; l’aspersion du corps par le célébrant avec l’eau (était-elle bénite?) ressemblait à une grimace mais pas à un signe de croix… (je ne dirai rien des cantiques très « datés » qui nous ont été infligés : hérités des années soixante-dix du siècle passé, ils ne constituent nullement une prière pour les défunts).

A côté de ce « célébrant principal », il y avait un prêtre concélébrant, très digne, ami de la défunte : c’est lui qui lui a donné les derniers sacrements. Je sais qu’il a la foi catholique, et il avait l’air bien ennuyé de la tournure de ces funérailles.
Lorsque j’ai été le saluer après la cérémonie, il m’a confié qu’il n’était pas certain que le célébrant principal avait consacré réellement, mais que lui-même avait dit les paroles correctes et que la messe était valide…

Tout cela est absolument affligeant et l’on se trouve bien loin de la plénitude de paix et d’espérance que donne la célébration des funérailles selon la « forme extraordinaire du rite romain » avec les sublimes pièces de la « messe des morts »!
Pour moi, vous vous en doutez bien, je ferai célébrer des Saintes Messes de Requiem, dans le rite latin traditionnel, à l’intention de ma vieille amie.
Et vous, qui m’avez lu, ayez la charité, je vous le demande, de réciter à son intention un « De Profundis » ou un « Requiem aeternam ». Soyez en remerciés!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

2012-74. Des indulgences applicables aux défunts.

2 novembre, Jour des morts.

       Profitons de cette commémoraison solennelle des fidèles trépassés pour évoquer la doctrine catholique des indulgences et les normes actuellement en vigueur.
Les indulgences sont en effet un moyen précieux pour aider au soulagement et à la délivrance des âmes du Purgatoire.
Je ne vais pas exposer ici la théologie des indulgences (on se reportera pour cela aux ouvrages spécialisés) mais seulement rappeler quelques éléments d’ordre pratique. 

   Est-il nécessaire de préciser que contrairement aux mensonges colportés par un certain nombre de clercs modernistes – et ignorants – , les indulgences n’ont pas été « supprimées par le concile » (que ne lui fera-t-on pas dire à celui-là!)?
En effet, « depuis le concile », la doctrine et la pratique en ont été plusieurs fois réaffirmées, clarifiées et précisées par le Magistère ecclésiastique.

   Par une Constitution Apostolique intitulée Indulgentiarum doctrina, en date du 1er janvier 1967, Paul VI, après avoir résumé la doctrine catholique, ordonnait la révision de l’ensemble des concessions d’indulgences accumulées depuis des siècles et la préparation d’un nouveau recueil (texte complet de cette Constitution > ici).
C’est ainsi que, un an et demi plus tard, à l’occasion de la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 1968, un décret de la Sacrée Pénitencerie Apostolique approuvé par le Souverain Pontife rendait public et faisait entrer en vigueur les normes et les concessions d’un Enchiridion Indulgentiarum (en Français : manuel des indulgences), dans lequel il était précisé que toutes les indulgences précédemment concédées et qui n’étaient pas reprises dans ce recueil étaient abrogées et sans valeur désormais.

   L’année suivante, les éditions Lethielleux faisaient paraître la traduction française autorisée par le Saint-Siège de cet Enchiridion Indulgentiarum, sous le titre « Manuel des Indulgences – normes et concessions ».
Ce petit ouvrage en langue française a été réédité sans modifications plusieurs fois depuis et il peut se trouver assez facilement en librairie de nos jours, alors qu’en réalité le texte latin officiel a reçu plusieurs modifications depuis 1968, ce qui fait que les catholiques français n’ont généralement pas accès aux normes et concessions réellement en vigueur. 

   La plus récente des mises à jour de l’Enchiridion Indulgentiarum, contenant les dispositions actuelles, est la quatrième édition depuis le règne de Paul VI. Elle date de 1999 et elle est entrée en vigueur en vertu d’un décret de la Pénitencerie Apostolique signé le 16 juillet 1999.
Le texte latin officiel en est disponible sur le site internet du Saint-Siège > ici.

2012-74. Des indulgences applicables aux défunts. dans Chronique de Lully tiarepie9 

   Pour rendre service à un certain nombre de mes lecteurs, qui ne sont pas toujours à l’aise avec la langue latine en dehors des textes qu’ils pratiquent habituellement dans leur missel, voici résumées ci-dessous les principales normes et concessions actuelles concernant les indulgences applicables aux défunts.

   On ne peut obtenir qu’une seule indulgence plénière par jour – sauf pour le cas particulier d’une personne qui aurait obtenu une indulgence plénière et qui, se trouvant ce même jour en péril de mort, recevrait l’indulgence plénière in articulo mortis -, mais on peut obtenir plusieurs indulgences partielles chaque jour (N°18 des Normes).

   Il faut ensuite savoir que toute indulgence – plénière ou partielle – peut être appliquée à un défunt particulier ou aux défunts de manière générale par mode de suffrage (N°3 des Normes).

   Dans les « concessions générales » il est tout d’abord statué que les fidèles peuvent quotidiennement obtenir des indulgences partielles lorsque
- 1) ils font monter vers Dieu de pieuses invocations – et même si ce n’est que mentalement – au cours des occupations habituelles de leur devoir d’état et dans les difficultés et épreuves de la vie, avec foi et humilité ;
- 2) ils s’appliquent au service de leurs frères nécessiteux et aux oeuvres de miséricorde, en esprit de foi ;
- 3) mus par l’esprit de pénitence, ils s’abstiennent volontairement de choses normalement permises ;
- 4) ils rendent ouvertement témoignage de leur foi devant les autres.
Toutes ces indulgences partielles peuvent donc être obtenues à plusieurs reprises tout au long de nos journées et être offertes à l’intention des défunts.

   Il y a aussi quatre indulgences plénières qui peuvent être obtenues quotidiennement (aux conditions habituelles des indulgences plénières mais – redisons-le – on ne peut en gagner qu’une seule par jour) et offertes à l’intention des défunts :
- 1) si l’on adore le Très Saint Sacrement pendant au moins une demi heure ;
- 2) si l’on médite le Chemin de la Croix ;
- 3) si l’on récite le Saint Rosaire (ou l’hymne acathiste) en commun, dans une église, un oratoire, en famille, en communauté religieuse ou avec quelque groupe de prière ;
- 4) si l’on s’applique à la lecture de la Sainte Ecriture pendant au moins une demi-heure.

   Je ne peux pas faire ici la liste de toutes les nombreuses concessions particulières habituelles, qui sont regroupées en 33 paragraphes, auxquelles s’ajoutent des concessions extraordinaires promulguées à l’occasion des jubilés ou aussi – depuis la mi-octobre 2012 et jusqu’à la fin novembre 2013 – dans le contexte particulier de l’Année de la Foi (voir > ici, et > ici).
Toutefois, en ce « jour des morts », j’attire votre attention sur le paragraphe 29 des concessions particulières dont je vous reproduis ci-dessous le texte officiel.

indulgences-pour-les-defunts 2 novembre dans De liturgia

En voici une traduction :

§ 1. L’indulgence plénière, applicable seulement aux âmes retenues dans le Purgatoire, est concédée au fidèle qui
tous les jours, du premier jusqu’au huit novembre, effectuera une pieuse visite de cimetière et y priera pour les défunts, même si c’est seulement mentalement.
le jour de la commémoraison des fidèles défunts (ou, selon les dispositions de l’Evêque du lieu, soit le dimanche précédent soit le dimanche suivant, soit le jour de la Toussaint), visitera une église ou un oratoire et y récitera le Pater et le Credo.

§2. L’indulgence partielle, applicable seulement aux âmes retenues dans le Purgatoire, est accordée au fidèle qui
1° effectuera une pieuse visite de cimetière et y priera pour les défunts, même si c’est seulement mentalement.
2° récitera avec piété les laudes ou les vêpres de l’Office des Défunts ou bien l‘invocation « Requiem aeternam… »

- Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Requiescant in pace. Amen ( traduction : « Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans déclin brille pour eux. Qu’ils reposent en paix. Ainsi soit-il! »)

   Enfin, l’Enchiridion Indulgentiarum précise que les conférences épiscopales auront le soin d’ajouter dans les éditions nationales de ce recueil les prières pour les défunts qui sont les plus usitées ou les plus chères aux fidèles sur le territoire où s’exerce leur compétence.

tiarepie9 défunts dans Lectures & relectures

Complément :
Que signifie exactement « prier aux intentions du Souverain Pontife » ?
C’est l’une des conditions générales, en effet, pour obtenir une indulgence plénière.
La réponse est > ici.

Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > ici
Le Musée du Purgatoire, à Rome > ici
A propos du 2 novembre > ici

2012-72. Inhumation ou incinération?

Mardi 30 octobre 2012.

A l’approche de la commémoraison solennelle des trépassés, le 2 novembre, et aussi parce que la tradition spirituelle a spécialement consacré le mois de novembre à la méditation des fins dernières, j’avais le désir – en corollaire de cette thématique – de publier sur ce blogue un texte rappelant les règles de l’Eglise Catholique à propos de la crémation des corps des défunts.

C’est alors que, fort opportunément, m’est arrivé le n°39 (novembre 2012) de « La Barrette de Saint-Pierre des Latins », bulletin mensuel destiné aux membres de la communauté Summorum Pontificum du diocèses de Nancy & Toul (cf. > www).
Comme à l’accoutumée, ce bulletin est d’une excellente teneur spirituelle, doctrinale, culturelle… et ne manque pas d’humour, aussi je ne peux que vous engager à le lire dans son intégralité en cliquant ici > www.
Justement, on peut y lire ce mois-ci un texte consacré à la crémation et contenant, à peu de choses près, ce que je me préparais moi-même à écrire : ce pourquoi, avec la très aimable autorisation de Monsieur l’abbé F. Husson - zélé pasteur des fidèles Summorum Pontificum du diocèse de Nancy & Toul, que je remercie très chat-leureusement - , je reproduis tout simplement ci-dessous ce qu’il a publié dans « La Barrette de Saint-Pierre des Latins ».

2012-72. Inhumation ou incinération? dans De liturgia patteschatsLully.           

le-guerchin-et-in-arcadia-ego-1618-22-copie-300x252 2 novembre dans Lectures & relectures

Le Guerchin : « Et in Arcadia ego ».

* * * * *

Inhumation ou incinération : Réflexions.

Commençons le propos par deux anecdotes significatives.

Une de mes connaissances me raconta avoir fait l’acquisition dans une brocante d’un vase en marbre de style incertain « Gréco-Napoléon III ». Il trouvait que l’objet serait décoratif et qu’il aurait sa place dans un certain endroit de sa maison.
Curieusement, le vase Gréco-Empire second (et non pas le second en pire!) était bouché. Toutefois, il nettoya le lourd objet d’art et le plaça à l’endroit voulu. Seulement, l’épouse de notre amateur d’antiquités voulait un vase à fleurs et non pas un objet encombrant de plus. Donc, mon bonhomme s’acharna à déboucher son acquisition. Il y parvint et découvrit que son vase contenait des cendres.
En réalité, il s’agissait d’une urne funéraire. Comment s’était-elle retrouvée dans une brocante, c’est un mystère et cette histoire bien réelle ne le dit pas.

Je vous conte ici une seconde anecdote authentique avant d’évoquer l’essentiel de mon propos.

Ce jour-là, dans sa propriété campagnarde, une de nos amies attendait avec impatience et émotion un colis postal en provenance d’Allemagne où elle avait vécu avant de s’installer en Lorraine.
Le facteur rural arriva dans la petite voiture jaune canari que l’on connaît. Il fit signer les papiers d’usage et remit le colis à notre amie qui ne put cacher son émotion. Prenant le paquet dans les bras, elle s’écria, les larmes aux yeux : « Maman! »… En effet, il s’agissait des cendres de sa mère qui s’était fait incinérer et qui lui parvenaient par colis postal.
L’urne funéraire fut conservée un temps au-dessus de la cheminée du salon. Finalement, notre amie décida de l’enterrer au fond de son jardin, où quelque temps plus tôt elle avait enterré son chien.

On peut se demander quel est le sort des urnes renfermant les cendres des défunts « crématisés » qui ne sont pas déposées dans les cimetières?
Le général Marcel Bigeard voulait que ses cendres soient dispersées sur Dien-Bîen-Phû. Malheureusement, son souhait n’a pas été respecté. L’urne funéraire a été confisquée et déposée au Panthéon. 
J’ai une amie qui a balancé à la mer les cendres de son mari à l’endroit où ils affectionnaient d’aller en vacances… Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela n’est pas sérieux.

urne-funeraire crémation

L’eglise a toujours refusé l’incinération des défunts, pratique impie, prônée jusqu’à présent par les seuls libre-penseurs et les francs-maçons.
Pourtant cette pratique est aujourd’hui adoptée par les baptisés. Elle est anti-naturelle et anti-catholique. Cette coutume barbare et impie se dresse contre la piété chrétienne et naturelle. L’Eglise a le respect de la dépouille mortelle, d’ailleurs exprimé dans le rite funéraire. Le corps est le temple du Saint-Esprit (1 Cor. III, 16). Le corps temple de Dieu, car sanctifié par les sacrements, doit être déposé en terre bénite, où il se consume naturellement en attendant la résurrection des morts. 
A la fin du XIXe siècle et avec les lois anti-religieuses, les loges maçonniques ont préconisé et se sont efforcées d’introduire l’usage de la crémation des corps des défunts. L’Eglise alors s’éleva avec force contre cette pratique qu’elle sanctionna des plus sévères condamnations. Cette discipline fut pourtant atténuée en 1963, lors du concile (*).

Voyons la signification des mots :

- La crémation désigne brûler les corps au lieu de les inhumer.
- L’inhumation (in et humus) est la déposition d’un cadavre humain en terre (dans le même sens on dit enterrement).
- Incinération est le terme employé pour la crémation des ordures ménagères.
- Cimetière : champ du repos (**) dans l’attente de la résurrection.

On enterre les morts, même ses ennemis. Il y a piété de la pratique chrétienne d’inhumer les corps pour les laisser à la décomposition naturelle dans l’attente de la résurrection. Dieu avait dit à Adam : « Tu retourneras à la terre d’où tu as été tiré » (Genèse III, 19).

La révolution, foncièrement anti-catholique, a voulu favoriser la crémation en 1796, mais le sujet est resté sans écho. C’est en 1886 que la chambre des députés adopta le projet de loi sur la liberté d’être incinéré. Un four crématoire fut alors établi au cimetière du Père Lachaise à Paris. La loi fut rendue  exécutoire le 27 avril 1889.

Durant des années, on a évoqué avec horreur les fours crématoires des camps Nazis et aujourd’hui, on accepte ce mode d’effacement des corps.

Il y a actuellement une volonté d’empêcher d’aller se recueillir sur les tombes. Le but est de faire disparaître toutes traces de Christianisme. La crémation-incinération est désacralisante. Elle est l’oeuvre mise en place par la subversion anti-chrétienne organisée. Elle porte également atteinte au culte des reliques en vue de les faire disparaître.

Que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix…
Et nous, va-t-on nous fiche la paix avec l’incinération qui devrait seulement être réservée aux ordures ménagères! 

Jean-Marie Cuny.

(*) L’une des principales raisons invoquées pour cet assouplissement de la discipline est le fait qu’il est impossible, voire interdit, dans certains pays d’Extrême-Orient d’ensevelir les défunts.

(**) Du grec « Koimitirion », lieu où l’on dort.

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Cheminées du four crématoire au cimetière du Père Lachaise – Paris.

* * * * *

Le droit actuel de l’Eglise :

Voici ce que dit aujourd’hui le Droit Canon à propos de l’incinération :

canon 1176 – §3 : L’Eglise recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la foi chrétienne.

canon 1184 – §1 : Doivent être privés des funérailles ecclésiastiques, à moins qu’ils n’aient donné quelque signe de pénitence avant leur mort : 1) (…) 2) les personnes qui auraient choisi l’incinération de leur propre corps pour des raisons contraires à la foi chrétienne.

Il est à noter que les évêques italiens ont interdit la sépulture ecclésiastique dans le cas de défunts demandant l’incinération et ensuite la dispersion de leurs cendres (le général Bigeard n’aurait pas pu avoir une cérémonie religieuse en Italie pour ses obsèques, suite à son désir de dispersion des cendres). De même, il y a interdiction si les héritiers veulent « conserver » l’urne. Les obsèques religieuses ne sont donc permises en Italie que si les cendres sont placées dans un colombarium dans un cimetière.

D’autres part, selon les directives romaines, les obsèques religieuses ne peuvent se faire en présence de l’urne, elles doivent se faire avant l’incinération. Et la cérémonie religieuse ne peut avoir lieu sur le lieu de l’incinération.

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Enluminure du XIVe siècle représentant une inhumation.

Sujets connexes abordés dans ce blogue :
- De la commémoraison des trépassés > www.
- Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > www.
- A Rome, le Musée du Purgatoire > www.
- Catholicisme et franc-maçonnerie > www.

Publié dans:De liturgia, Lectures & relectures |on 30 octobre, 2012 |1 Commentaire »

2012-70. In hoc signo vinces !

2012-70. In hoc signo vinces ! dans Chronique de Lully labarum-4

ἐν τούτῳ νίκα

         Les heureuses dispositions du calendrier font que, chaque année, le dernier dimanche d’octobre, jour établi pour la fête du Christ Roi (cf. > ici) se trouve de ce fait très proche (il arrive même parfois que ces deux dates coïncident) del’anniversaire de la victoire de Constantin sur Maxence au Pont Milvius, le 28 octobre de l’an 312.

   Flavius Valerius Aurelius Constantinus, que nous appelons communément Constantin, est le fils de Constance, surnommé Chlore (c’est-à-dire « au teint pâle »), et d’Hélène, future sainte.
Né en 272, il a été proclamé trente-quatrième empereur de Rome, à York, par les troupes de son père à la mort de ce dernier, le 25 juillet 306.

   L’empire est alors dans une période de troubles en raison des divisions et querelles sans fin engendrées par le délitement de la tétrarchie.
Constantin reconquiert la péninsule italienne contre son rival Maxence : l’engagement décisif a lieu sur la via Flaminia, à une dizaine de kilomètre au nord-est de Rome, au lieu dit des Saxa Rubra (les roches rouges) en avant d’un pont de pierre qui enjambe le Tibre, le Pont Milvius.

L’armée de Maxence est défaite, et Maxence lui-même meurt noyé dans le Tibre.

   Constantin, fils d’une chrétienne, inclinait déjà vers le monothéisme depuis plusieurs mois. Il assurera avoir eu une vision, en plein midi, suivie d’un songe nocturne : la vision lui montrait une croix lumineuse au dessus du soleil avec l’inscription « ἐν τούτῳ νίκα – in hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras) et le songe lui enjoignait de mettre le signe divin sur les boucliers de ses soldats et sur les enseignes de son armée. 
Lactance, apologiste chrétien et rhéteur, écrit : « Il fit marquer la lettre X traversée d’un trait recourbé à son sommet, c’est à dire le monogramme du Christ ». C’est la superposition des deux lettres grecques X (chi) et P (rhô) : les deux premières lettres du mot Christos, écrit en grec.

chi-rho 28 octobre 312 dans Commentaires d'actualité & humeurs

       Si les historiens modernes, lobotomisés par le rationalisme et l’esprit des prétendues lumières, remettent en doute la vision et le songe de Constantin, ils le font en opposition avec une tradition unanime et continue de l’Orient comme de l’Occident.
L’apposition du Xhi-Rho sur les insignes impériaux est de toute façon absolument certaine et la victoire sur Maxence ne peut être mise en doute, pas plus qu’on ne peut remettre en question la conséquence directe de cette victoire : la pleine liberté de culte donnée aux chrétiens qui avaient jusque là été les cibles des persécutions du pouvoir impérial.
Quelques mois plus tard, en effet, sera promulgué l’Edit de Milan (avril-juin 313), qui permettra à l’Eglise de sortir des catacombes et qui sonnera le glas du paganisme à l’agonie.

   Oui, ce 28 octobre 312 est l’une des grandes dates de notre histoire, l’une de ces dates qui a changé le cours de l’histoire.
En 2012 et 2013, le dix-septième centenaire de la victoire du Pont Milvius et de l’Edit de Milan eût dû être marqué par des réjouissances publiques et solennelles, des Etats eux-mêmes, et à combien plus forte raison dans la Sainte Eglise !
Mais nous ne sommes plus dans des Etats chrétiens, et à l’intérieur de l’Eglise romaine elle-même voilà déjà plusieurs décennies que des voix influentes – lorsqu’elles ne sont pas carrément encouragées par les hiérarques soucieux de plaire au monde et à ses modes antichrétiennes – appellent à se démarquer de l’héritage constantinien, alors que nous eussions été en droit d’espérer que l’année 2013 - comme cela avait été le cas en 1913 – vît la promulgation conjointe, par les Eglises de Rome et de Constantinople, d’un jubilé constantinien.

constantin-dans-la-bataille-du-pont-milvius-raphael Annum sacrum dans De liturgia

Raphaël : Constantin dans la bataille du Pont Milvius
(détail de la grande fresque représentant la bataille dans les « Stanze Vaticane »)

   Vous trouverez, ci-après (> ici) le texte même d’Eusèbe de Césarée relatant ces évènements, dont Eusèbe affirme qu’il tient le récit de la bouche même de Constantin.
J’ai choisi de le publier intégralement parce que justement la plupart des historiens l’évoquent sans même le citer, du fait qu’ils ne lui accordent que peu de crédibilité, pour des raisons essentiellement idéologiques.

   Pour l’heure, rapprochant cet anniversaire avec la célébration proche de la fête du Christ Roi, je ne peux omettre de citer le Pape Léon XIII qui écrivait en 1899, dans l’encyclique « Annum sacrum », par laquelle il prescrivit pour toute l’Eglise la récitation de l’acte de consécration du genre humain au Sacré-Cœur, dont le texte doit désormais être repris en cette fête du Christ Roi (cf. > ici) :

    »A l’époque où l’Eglise, toute proche encore de ses origines, était accablée sous le joug des Césars, un jeune empereur aperçut dans le ciel une croix qui annonçait et qui préparait une magnifique et prochaine victoire. Aujourd’hui, voici qu’un autre emblème béni et divin s’offre à nos yeux. C’est le Cœur très sacré de Jésus, sur lequel se dresse la Croix et qui brille d’un magnifique éclat au milieu des flammes. En lui nous devons placer toutes nos espérances ; nous devons lui demander et attendre de lui le salut des hommes. »

   Aussi, malgré la tristesse des temps dans lesquels nous vivons, nos cœurs sont-ils soulevés par une joyeuse espérance en nous souvenant des paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même à Sainte Marguerite-Marie : « Ne crains rien, Je règnerai malgré Mes ennemis et tous ceux qui voudront s’y opposer. [...] Il règnera ce divin Cœur, malgré ceux qui voudront s’y opposer. Satan demeurera confus avec tous ses adhérents » !

Lully.                 

nika Christ-Roi dans Lectures & relectures

2012-69. « Dieu vivra, Il régnera pleinement et éternellement… »

Dernier dimanche d’octobre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au dernier dimanche du mois d’octobre - selon le calendrier liturgique traditionnel – nous célébrons la fête du Christ Roi.

J’insiste toujours sur la date normale à laquelle cette célébration doit avoir lieu et sur le sens que revêt cette date : le dernier dimanche d’octobre faisant comme une sorte de préparation à la fête de tous les Saints.

Frère Maximilien-Marie s’est déjà exprimé au sujet du déplacement de sens signifié et matérialisé par le déplacement de date de cette célébration dans le calendrier imposé par la réforme de 1969 : je ne vais pas réécrire ici ce qu’il a synthétisé dans le texte intitulé « De la Royauté du Christ à la gloire de ses élus », mais je vous engage à le relire (cf. > ici) parce que ce qu’il met en évidence me semble capital et explique bien des choses.
Je ne vais pas non plus répéter ce que Monsieur l’Abbé Vannier a magnifiquement exprimé dans le sermon qu’il avait prononcé l’année dernière et que j’ai publié > ici.

Je vous encourage cependant à relire et surtout méditer avant dimanche l’acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi (cf. > ici) : il convient de s’en nourrir, d’en faire l’objet d’une prière personnelle fervente dès avant la fête, afin que  justement, dimanche prochain lorsqu’il sera publiquement et solennellement lu devant le Très Saint-Sacrement exposé, vos coeurs soient mieux et davantage unis aux paroles et à l’esprit de la Sainte Eglise.

D’autre part, en cette année du sixième centenaire de la naissance de Sainte Jeanne d’Arc, les Français peuvent et doivent se souvenir avec une ferveur particulière de la très officielle donation du Royaume de France au Christ, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, accomplie par le Roi Charles VII à l’instigation de la Pucelle.

2012-69.

Dans la basilique nationale du Bois-Chenu, à Donremy, la mosaïque de l’abside de la chapelle sud du transept, reproduite ci-dessus, célèbre cette donation et porte pour légende : « Messire Dieu vray Roy de France de qui Charles a reçu commende », rappelant que le pouvoir des rois, des hommes d’état, de tous ceux qui exercent un rôle dans la cité terrestre ne leur appartient pas mais leur est délégué par Dieu au service de l’ordre voulu par le Créateur et, à la fin de toute chose, au service du salut éternel de ceux sur qui ils ont reçu autorité.

Si Notre-Seigneur Jésus-Christ a enseigné à ses disciples à distinguer ce qui est de Dieu et ce qui est de César, afin de rendre à César en toute justice ce qui lui est dû, il n’a pour autant pas affranchi César de l’autorité de Dieu : comme tout un chacun, César doit en toute justice rendre à Dieu ce qui Lui est dû

Malheureusement, nombre de chrétiens aujourd’hui, nombre d’ecclésiastiques et de pasteurs d’âmes n’osent plus affirmer la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ telle qu’elle a été  solennellement définie par Pie XI dans l’encyclique « Quas primas » (on peut relire cette encyclique > ici).
Le sel s’est affadi : la charité apostolique et le zèle pour le salut des âmes se sont refroidis par l’effet des hérésies modernistes.

Dans nos sociétés occidentales – jadis chrétiennes – le laïcisme se fait plus agressif, le sectarisme maçonnique devient toujours plus arrogant, l’intégrisme antichrétien est de jour en jour plus virulent, l’indifférentisme gagne du terrain, la saine formation intellectuelle et philosophique est en faillite et fait le lit des théories les plus opposées au bon sens et à la nature, l’erreur et les fausses religions sont favorisées par les pouvoirs publics…

Aussi, pour nourrir notre espérance surnaturelle et nous permettre en même temps de garder un sain recul par rapport à une actualité source de beaucoup d’inquiétudes, me semble-t-il judicieux de vous retranscrire ici un texte du grand cardinal Edouard Pie, évêque de Poitiers, vaillant défenseur des droits de Dieu et de Son Eglise, champion de la doctrine de la Royauté du Christ :

« (…) A mesure que le monde approchera de son terme, les méchants et les séducteurs auront de plus en plus l’avantage : Mali autem et seductores proficient in pejus (2 Tim. III, 13 : « les hommes méchants et séducteurs s’enfonceront toujours plus dans le mal »). On ne trouvera quasi plus la foi sur la terre (Luc XVIII, 8), c’est-à-dire, elle aura presque complètement disparu de toutes les institutions terrestres. Les croyants eux-mêmes oseront à peine faire une profession publique et sociale de leurs croyances. La scission, la séparation, le divorce des sociétés avec Dieu, qui est donné par saint Paul comme un signe précurseur de la fin : nisi venerit discessio primum (2 Thess. II,3 : « …avant que ne soit venue la séparation » – souvent traduit par « l’apostasie »), ira se consommant de jour en jour.
L’Eglise, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques. Elle qui disait à ses débuts : « Le lieu m’est étroit, faites-moi de l’espace où je puisse habiter : Angustus est mihi locus, fac spatium mihi ut habitem » (Is. XLIX, 20), elle se verra disputer le terrain pied à pied ; elle sera cernée, resserrée de toutes parts ; autant les siècles l’ont fait grande, autant on s’appliquera à la restreindre. Enfin il y aura pour l’Eglise de la terre comme une véritable défaite : « Il sera donné à la Bête de faire la guerre avec les saints et de les vaincre » (Apoc. XIII, 7). L’insolence du mal sera à son comble.

Or, dans cette extrémité des choses, dans cet état désespéré, sur ce globe livré au triomphe du mal et qui sera bientôt envahi par la flamme (2 Petr. III, 10-11), que devront faire encore tous les vrais chrétiens, tous les bons, tous les saints, tous les hommes de foi et de courage?
S’acharnant à une impossibilité plus palpable que jamais, ils diront avec un redoublement d’énergie, et par l’ardeur de leurs prières, et par l’activité de leurs oeuvres, et par l’intrépidité de leurs luttes : ô Dieu, ô notre Père qui êtes dans les cieux, que votre Nom soit sanctifié sur la terre comme au ciel, que votre Règne arrive sur la terre comme au ciel : sicut in caelo et in terra! Sur la terre comme au ciel…!
Ils murmureront encore ces mots, et la terre se dérobera sous leurs pieds. Et comme autrefois, à la suite d’un épouvantable désastre, on vit le sénat de Rome et tous les ordres de l’Etat s’avancer à la rencontre du consul vaincu, et le féliciter de ce qu’il n’avait pas désespéré de la république ; ainsi le sénat des cieux, tous les choeurs des anges, tous les ordres des bienheureux viendront au-devant des généreux athlètes qui auront soutenu le combat jusqu’au bout, espérant contre l’espérance même : contra spem in spe (Rom. IV, 18).
Et alors, cet idéal impossible, que tous les élus de tous les siècles avaient obstinément poursuivi, deviendra enfin une réalité. Dans ce second et dernière avènement, le Fils remettra le royaume de ce monde à Dieu Son Père ; la puissance du mal aura été évacuée à jamais au fond des abîmes (1 Cor. XV, 24) ; tout ce qui n’aura pas voulu s’assimiler, s’incorporer à Dieu par Jésus-Christ, par la foi, par l’amour, par l’observation de la loi, sera relégué dans le cloaque des immondices éternelles. Et Dieu vivra, et il régnera pleinement et éternellement, non seulement dans l’unité de Sa Nature et la société des Trois Personnes divines,, mais dans la plénitude du corps mystique de Son Fils Incarné, et dans la communion de Ses saints (Eph. IV, 12). » (*)

A vous tous, chers Amis, bonne, fervente et sainte fête du Christ-Roi!

Lully.

 cardinal Pie dans De liturgia

(*) Conclusion du discours prononcé le 8 novembre 1859 dans l’église cathédrale de Nantes à l’occasion de la réception des reliques de Saint Emilien – in « Oeuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers », tome III, pp. 526-528. 

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